17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 06:44

 

Le pacifisme de l’Empire, au Honduras comme ailleurs :OPTOR et ses contre révolutions

 

 

 

Le pacifisme de l’Empire, au Honduras comme ailleurs

 

Au sujet de OTPOR, NarcoNews et CIA...

OTPOR la marque transnationale putschiste dont le chemin est tracé  par les USA pour la dénonciation et le renversement du gouvernement de Slobodan Milosevic en Yougoslavie, de Chavez au Venezuela, de Evo Morales en Bolivie et une longue liste de etc., … vint « conseiller » la résistance hondurienne quelques petites semaines après le coup d’état du 28 juin 2009. Que faisait là-bas ce groupe ? Collecter des intelligences ? Opérer un travail de diversion ? « Influencer »  d’une manière ou d’une autre les évènements ? Laver la façade de la Maison Blanche ? Toutes ces choses en même temps ?

A la fin juillet 2009, pendant que le peuple du Honduras se battait dans les rues contre les putschistes, parmi les groupes de résistance circulait une invitation pour assister à une projection du film »Renverser un dictateur », un film au sujet de la chute de Milosevic en Servie, « non par la force des armes, comme beaucoup l’avaient prédit, sinon par une ingénieuse stratégie non-violente d’élections transparentes et de désobéissance civile massive. L’organisateur de la projection qui se déroula dans le local du syndicat des professeurs COLPROSUMAH, était « Le programme des Amériques de l’organisation progressiste étasunienne « Non-violence International »

Ce fait, qui fut débattu en son temps dans des cercles réduits de la solidarité étasunienne avec l’Amérique Latine (quoiqu’on passa outre dans notre région) certainement projettera plus de lumière sur l’histoire récente de ce pays d’Amérique Centrale. Cependant ses implications peuvent aussi contribuer à révéler les stratégies de l’empire pour détruire les luttes des peuples au-delà de l’Amérique Latine, de Tripoli à Bengazi, jusqu’à New-York et au <Caire.

 

Whashington frappe « par la droite » 

Ici on en sait beaucoup sur l’implication de Washington dans le coup d’état contre Zelaya « par la droite », et spécialement le rôle joué par des agents comme Jacqueline Foglia Sandoval, qui oublia sa serviette  avec  tous les détails de la conspiration dans le lobby d’un hôtel . On connait aussi ses manœuvres pour neutraliser Zelaya et la ALBA au niveau international :

Comme le dit l’investigatrice Eva Golinger, « Washington manipulait  l’Organisation des Etats Américains pour faire rallonger le temps de débats concernant ce qu’il fallait faire et de cette manière ne pas appuyer le retour immédiat du président Zelaya au pouvoir, cela faisait partie d’une stratégie qui tenait la route et cherchait simplement à légitimer le gouvernement fantoche et à dégoûter le peuple du Honduras qui déjà résistait au coup d’état. Et aussi frappait « par la gauche »

Toutefois on en sait beaucoup moins sur le travail des USA pour influencer les forces de la résistance « par la gauche ».

Par exemple, en juillet 2010, un groupe d’ONG étasuniennes demanda à la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton que son gouvernement dénonce les violations des droits humains et que l’aide au Honduras soit conditionnée par des enquêtes à ce sujet, qui produisent des réformes du régime de censure, etc.  Cependant,  d’aucune manière elles ne présentèrent la demande de garantir les conditions d’un retour au pays de Zelaya au pays avec tous ses ministres le plus rapidement possible, ou qu’une assemblée constituante soit convoquée. En plus les signataires considéraient que la justice post-putschiste (et co-putschiste, parce qu’elle fut partie active du coup d’état)était compétente pour juger et punir les crimes commis.

Toutes ces revendications, dans ce contexte, étaient clairement exprimées pour réaliser une normalisation du coup d’état.

Rappelons que les élections  par lesquelles fut élu Pepe Lobo avaient été boycottées tant par la résistance, que par l’Organisation des Nations Unies, que par la OEA. Il est impossible de savoir combien de gens ont réellement participé au scrutin, mais beaucoup ne se rendirent pas aux urnes à cause du climat de répression dominant à cette époque et parce qu’il n’y avait aucun candidat qui représenta l’anti-putschisme qui participe à la compétition. Une semaine après la signature de la lettre, les Etats-Unis reconnaissaient Pepe Lobo comme président.

Parmi les noms des signataires de cette lettre, sautait aux yeux un très spécial : celui de Joy Olsen, Directrice Exécutive du Bureau Américain en Amérique Latine (WOLA), un influant groupe libéral (progressiste aux USA) de conseillers étasuniens.

L’anthropologue Adrianne Pine, dans un excellent travail sur l’organisation, constate que « bien que beaucoup de Latino-Américains pensent que le projet des USA au Honduras est la continuation des méthodes impérialistes adoptées dans la région pendant le siècle passé, dans le cas du Honduras se manifeste une nouvelle orientation : une grande partie du travail que le Département d’Etat réalisa dans l’ombre d’une  des ONG qui défendent les droit humains les plus respectée à Washington : « la Wola ».

 

Putschistes habilitant des antiputschistes ? 

La présence de OTPOR  au Honduras quelques semaines après le Putsch est un autre élément qui fait un peu plus de lumière sur les interventions politiques de l’Empire pour influencer les mouvements populaires ?

Le rédacteur du site web  « indépendant » The Narcos News Bulletin, Al Giordano, décrivit un des ateliers que le vétéran serbe de OTPOR Ivan Marovic donna à Tegucigalpa en cette occasion :

Après la projection du documentaire « … plus de cent participants de base de la résistance civile hondurienne et quelques-uns de ses leaders connus sortirent pour parler avec Ivan Marovic(…) c’était une parmi 3 sessions, la seule ouverte à tous publics » expliqua Giordano.

« Le jeu consiste à prévoir les pas suivants, mettre l’adversaire dans une position telle qu’il ne peut réagir de manière adéquate. » expliqua Ivan Marovic aux activistes honduriens. « Dix personnes dans la rue, ce n’est pas une nouvelle » dit-il. « Mais dix personnes qui font quelque chose de fou, cela est une nouvelle » ajouta-t-il.

Pour le vétéran d’OTPOR, le fondement de la lutte non violente, qui est supposée conduire le groupe à grandir de 10 à des centaines de milliers d’activistes en quelques années, se base sur la planification adéquate et l’exécution de « dilemmes »  d’action » qui tournent en ridicule les forces de répression.

Ainsi, lâcher un paon sur une place avec un clou dans la tête (tout à fait charmant et pacifiste NdT) - ornement distinctif de la veuve de Milosevic - OTPOR mit les policiers serbes dans la ridicule situation d’avoir à arrêter un animal ; minant ainsi le moral de l’institution et l’image du gouvernement.

Adapté à la situation hondurienne des semaines postérieures au coup d’état, selon Al Giornano, « le dilemme » (que la Résistance hondurienne) donnerait au régime putschiste est le suivant : s’il envoie la police et les militaires attaquer une marche pacifique, non seulement le régime apparaîtra comme autoritaire, mais également comme stupide. S’il n’envoie pas les forces de répression pour attaquer, la marche, l’importante taille de la manifestation qui va converger mardi qui vient dans les deux plus grandes villes du pays sera saisissant et démontrera une fois de plus (…) que la quantité de honduriens qui se sont mobilisés contre le coup d’état, des centaines de mille, est plusieurs fois plus importante que toutes les concentrations en faveur du coup d’état réunies. »

Des articles (ou panagériques) qu’aécrit Giordano sur Marovic il est difficile d’inférer l’influence réelle des idées du serbe sur la résistance hondurienne. Une chose cependant est notoire, c’est que à la différence des serbes, las forces de la répression du Honduras étaient  - et sont toujours - dépourvues du moindre sens de l’humour. Milosevic, par exemple n’envoya pas d’escadrons de la mor, assassiner des leaders des mouvements comme OPTOR, mais les fascistes du Honduras eux ne cessent de le faire en permanence contre les résistants.

De fait, la « révolution » d’OTPOR et ses acolytes  ne fut pas aussi pacifique et humoristique qu’il le disait. Ilsfurent impliqués dans l’incendie du parlement, la mise à sac des locaux du parti socialiste, la destruction de la station de Télévision Serbia (la même qui quelques mois plus tôt avait été bombardée par l’Otan) et l’attaque de civils qui de partageaient pas les idées des insurgés.

La « révolution » de OTPOR en Serbie ne fut pas une révolution, ce fut un coup d’état propagandiste contrerévolutionnaire réalisé avec l’appui des USA contre une nation décimée par presque une décennie de guerres et agressions politiques instiguées par l’OTAN pour détruire l’état le plus fort des Balkans.

Et en réalité le film (« renverser un dictateur » qui fut projeté à la résistance du Honduras) de peut être vu que comme un morceau de propagande éhontée en faveur des interventions des USA et de l’OTAN dans le pays des Balkans. De là, son utilité pour contrer le coup d’état contre Zelaya est plus que contestable.

La non-violence de l’Empire le plus violent 

A travers le documentaire présenté au Honduras on rencontre le centre International Sur les Conflits Non Violents (ICNC) une supposée entreprise personnelle du multimillionnaire et membre du Conseil des Relation Extérieur (CFR NdT)  des USA, Peter Ackerman. Le président de l’ICNC, Jack Duvall est le directeur du film ;et son producteur, Ackerman lui-même.

Pendant que Duvall fondait avec son ami ex-directeur de la CIA, James Woosley, l’institut Arlington, spécialisé dans le « penser les futurs globaux et tenter d’influencer des changements rapides et positifs », Ackerman était  un des directeur de la notoirement célèbre institution Albert Einstein Institution, fondée en 1983 par le docteur Gene Sharp et ‘dédiée à promouvoir l’étude et l’usage de moyens stratégiques non-violents dans les conflits du monde entiers ».

Ce furent ces cercles qui au début des années 2000 entrainèrent et  financèrent OPTOR.

Après le coup d’état contre Milosevic, OTPOR changea son nom en Centre pour l’Application des Actions et Stratégies Non-Violentes (CANVAS) afin d’étendre les techniques du coup d’état doux dans des pays comme la Géorgie, la Biélorussie et l’Ukraine. Selon l’enquêtrice Eva Golinger, « une semaine avant les élections présidentielles de 2006 au Venezuela, des représentants de CANVAS, (membres de OTPOR) arrivèrent au Venezuela pour former des jeunes vénézuéliens aux mêmes techniques. Peu après, naquit un groupe vénézuélien, le pan V dont la stratégie était identique à celle d’OTPOR et ses affiliés en Europe de l’Est.

Rapidement, l’activité de OTPOR dans les organisations fascistes de la droite s’étendit au reste des pays de l’ALBA. Par exemple, Golinger mentionne que le cadre vénézuélien Jan Goicoechea, formé par OTPOR et la Albert Einstein Institution , voyagea en Bolivie durant 2007 et 2008 pour travailler avec et entraîner le Mouvement des Jeunes Crucenista, de la one de Santa Cruz, Bolivie, connu pour ses attitudes et ses actions racistes, violentes et sécessionnistes. En mai 2008, Goicoechea se rendit en Equateur, entraînant et fondant la formation d’un mouvement étudiant de la droite de ce pays, « Manos Blancas » pour contrecarrer la politique socialiste du Gouvernement de Rafael Correa.

Au Nicaragua on connait les différentes initiatives promues pas les USA pour créer des groupes de jeunes a partir de la marque OTPOR, et cela sous le nom de Mouvement des Jeunes Nicaraguïta, REJUDIN, Nicaragua 2.0 ou Frente Amplio de Oposicion – il est difficile de se maintenir à jour avec les changements de sigles quoique tous portent la même estampille droitière impossible de dissimiler derrière un langage faussement juvénile.

En réalité, la multinationale OTPOR a joué un rôle important dans diverse partie du globe, par exemple dans les révoltes au Moyen-Orient, et par-dessus tout en Egypte, où le 2 février, le gouvernement égyptien a interdit de sortir du pays au directeur de l’Institut Républicain International (IRI) et a divers cadres des ONG toxiques « promotrices de la démocratie » comme le IDI et la Freedom House. Et dans le mouvement Occupy Wall Street des USA, on voit le cadre de OPTOR Ivan Marovic, le même qui visita le Honduras en 2009, qui apparaît haranguant les manifestants. OTPOR et la non-violence impériale n’ont rien à voir avec la promotion de la démocratie, ni ne portent de l’avant des révolutions, mais contribue à déstabiliser des gouvernements pour des raisons géopolitiques, et mène à terme des contrerévolutions et manipuler les aspirations populaires de manière que le résultat des protestations soit celui désiré par Washington et les puissances de l’OTAN.

Amis ou agents ennemis ? 

L’organisation qui patronnait la projection du documentaire d’OTPOR au Honduras quelques semaines après le coup d’état était le « Programme des Amériques » de l’organisation progressiste étasunienne « Non-Violence Internationale ». Le responsable du Programme des Amérique de l’organisation est l’activiste Urugayo- Etasunien André Thomas Canteris, qui a un impressionnant curriculum vitae dans lequel se retrouvent des mérites comme d’avoir mené à bien une grève de la faim de 40 jours devant la Maison Blanche revendiquant la fin de l’occupation US  dans l’iles portoricaines de Vieques, avoir dénoncé à travers de multiples campagnes les crimes de l’Ecole des Amériques et avoir été un des fondateurs du projet de communication Democracy Now ! Avec plusieurs années de travail dénonçant les violations de droits humains au Honduras, Thomas Conteris fut le seul étranger qui resta au côté du président Manuel Zelaya Rosales quand celui-ci fut encerclé par les militaires à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa pendant plus de 4 mois entre septembre 2009 et janvier 2010.

Toutefois Non-Violence Internationale a des liens qui se contredisent avec ses lettres de créances progressistes; comme d’être l’organisation qui décerna au moyen de la Fondation de Charité El Hibri, la Prix d’Education El Hibri 2011, ni plus ni moins qu’à Gene Sharp, le fondateur de la Albert Einstein Institution et théoricien qui se trouve derrière les réseaux du « pacifisme » impérial. Selon les investigations de Eva Golinger, en décembre 2004, Gene Sharp déclara au quotidien Suisse Le Temps, « L’institution Albert Einstein collabore avec la Freedom House, le Centre International des Conflits Non Violents, Le Open Society Institute. Aujourd’hui je ne suis plus si jeune, et je pense que OPTOR devrait prendre la relève. »

De Tegucigalpa aux sables de Lybie. 

 « En Lybie, aucune évidence de la présence de Freedom House, USAID, etc… Si ces organisations furent actives en Egypte, écrivait sur son compte Twitter depuis Benghazi celui qui est alors reporter de teleSur, Lindsay Reed, le sept mars 2011. Depuis son arrivée dans le pays d’Afrique du Nord à la fin de février de cette année, la couverture du correspondant US déconcerte et pas qu’un peu les anti-impérialistes désireux d’obtenir une information fiable sur les évènements. A ce moment le public de Tele Sur ne sait qui croire au sujet de la Lybie. A Jordan Rodriguez envoyé à  Tripoli ou a Reed envoyé à Benghazi ?

 

Le vénézuélien Rodriguez informe au sujet d’un mauvais début dans le pays ; il a été arrêté deux fois et aussi frappé par des agents du gouvernement libyen. Il écrit aussi des choses comme : « Je vais me coucher avec l’image d’un enfant coupé en deux par une bombe » et « j’ai vu un journaliste mentir à mes côtés, ne pas enregistrer, ni écrire, ni rendre compte, parler de choses qu’il ne voit pas et je me demande si cette nuit je vais pouvoir dormir tranquillement »

Pour sa part, l’étasunien écrit sur son compte Twitter que « Les habitants de Benghazi disent qu’ils n’accepteront pas d’armes des USA ni d’aucun autre pays » et « demandent que les gouvernements de l’ALBA abandonnent Kadhafi et appuient la lutte révolutionnaire du peuple Libyen »

Depuis les commencements des bombardements de l’Otan jusqu’à la mi-mars, quand Lindsay Reed fut relevé de ses fonctions dans le bastion mercenaire de Benghazi, la moitié de la couverture de TeleSur sur la Lybie consista à se faire l’amplificateur des points de vue de Al Jazeera, de CNN et d’autres chaînes de la machine de propagande de l’Alliance Atlantique. La gauche européenne succomba grande partie aux mensonges et au manque d’honnêteté de beaucoup de ses intellectuels. Dans ces cercles, Reed est toujours une figure respectée,  et malgré que maintenant soit connue  la vérité sur les nommés ‘rebelles » libyens, il persévère  à affirmer que tout ce qui arriva en Lybie fut une révolution populaire… et retournons en Amérique Latine

Avant son service (conscient ou non) de l’OTAN en Lybie, la carrière de Reed est impressionnante, Il a été chef de l’officine de Washington de TeleSur, ainsi que correspondant en Haïti dévastée par le tremblement de terre et au Honduras même après  le coup d’état.

Reed a été formé dans une école de journalisme « indépendante » qui a des liens forts avec les organisations d’intervention pacifique de Washington. L’école de Journalisme Authentique de NarcoNews au Yucatan, Mexique.

En février 2010, 22 étudiants et professeurs de cette école dans une lettre ouverte prirent leurs distances avec le fait qu’un des financiers de l’école, le fameux Jack Duvall de OTPOR et ICNC ait été impliqué dans l’entraînement en « résistance civile » de groupes vénézuéliens dans la ville de Boston en 2005 à charge de la INC – un fait que Duvall lui-même confirma.

 « Nous exprimons notre appui à la construction d’un journalisme authentique, libre de toute obligation, indépendant de l’appui économique que reçoit cette école, et nous dénonçons publiquement toute tentative de nous associer au Centre International Sur les Conflits Non-Violents et à ses objectifs » affirme le dernier paragraphe de la lettre.

Parmi les signataires, (voir la liste en fin d’article) il y avait une groupe de journalistes de TeleSur qui avait évidemment échoué à découvrir que la main de L’ICNC leur avait tendu un piège, ainsi qu’au Venezuela, à Cuba et aux pays de l’ALBA et à tous les communicateurs qui pensaient qu’ils participaient à une entreprise de journalisme généreusement alternative ?

L’ICNC ne fait pas que financer les activités, elle fournit aussi des membres de l’équipe des professeurs, parmi eux Jack Duvall lui-même. Le coordinateur du cursus, Al Giordano, répondit aux signataires de la lettre, dans ce qui semble être son style personnel, que l’ICNC avait payé leur billet d’avion pour Mexico et que pour cela ils devraient danser au son de leur baguettes ; il menaça de ne plus jamais inviter TeleSur a participer aux activités de l’école de « Journalisme Authentique » à moins que ce ne soit sous ses conditions et accusa ses journalistes de s’être autorisés à refuser de participer à « un échange d’idées » avec la même organisation qui promeut la sédition contre le Venezuela et l’ALBA,. Giordano et Honduras.

Depuis longtemps, Giordano est associé à l’ONG des afro descendants ODECO et à son leader, Celeo Alvare Casildo, de la municipalité de la Ceiba au Honduras. De ce groupe, il a dit évidemment que c’était le meilleur et qu’il avait le projet d’organisation communautaire le plus avancé dans tout(…) le Honduras.

Toutefois groupe, qui en Août 2011 avait organisé une Conférence Mondiale des Afro descendants, et ouvertement rejeté par les organisations des peuples noirs du Honduras qui forment partie de la Résistance.

« Au nom du Peuple noir du Honduras se tient une conférence mondiale mais nous les peuples n’y participons pas » dit le représentant de l’Alliance 2-14, Organisation Fraternelle Noire du Honduras (OFRANEH) et la Coordination des Organisations Noires (CON) qui réunit en son sein plus de 20 organisation de population noires en annonçant la tenue d’un forum parallèle au sujet de «l’accaparement des terres et territoires en Afrique et en Amérique Latine ». A la conférence organisée par ODECO et soutenue par par Giordano vint assister le controversé président Pepe  Lobo.

Les organisations d’afro descendants liés à la Résistance critiquent la majorité des dirigeants de l’ODECO, les disant « opportunistes et toujours aux côtés du gouvernement, indépendamment de son idéologie ou couleur politique »

Au milieu du mois d’Août 2010 ; des membres de la Coordination départementale de Atlantida et de la municipalité de La Ceiba, membres du Front National de Résistance Populaire (FNRP) démentirent  les déclarations d’un journal local qui affirmait que la Résistance avait participé à des réunions de la Commission de la Vérité émanant du même gouvernement controversé de Pepe Lobo. A cette réunion participa ODECO et son dirigeant Celeo Alvarez Casildo « qui n’est pas membre et n’a jamais participé aux actions de la Résistance » assure une note publiée par le site officiel du mouvement.

En avril 2011 une multitude d’hommes, de femmes et de jeunes Garifuna avec 214 tambours symbolisant le nombre d’années que ce peuple a vécu en tant que peuple sur le territoire du Honduras, manifesta dans les rues de Tegucigalpa jusqu’à la résidence présidentielle demandant le respect de ses droits humains. En plus, les manifestants exprimaient leur mécontentement avec les projets récemment approuvés par le Congrès National, comme ceux des « Cités Modèles » (Zones de non droit offertes aux multinationales NdT) et les concessions pour des projets hydroélectriques aux bénéfices de l’oligarchie intéressée à saigner le pays de ses ressources..

Pendant que les activistes des organisations garifunas comme OFRANEH et COPINH manifestent à la base contre le gouvernement, à l’intérieur de la résidence présidentielle, les dirigeants de ODECO papotent avec le président Lobo au sujet des « 214 années de présence africaine au Honduras ». « Nous n’irons pas à la résidence présidentielle pour être reçu par quelqu’un qui n’a pas été capable de résoudre, à travers le dialogue le conflit avec les organisations de professeurs, nous ne voulons pas célébrer et nous n’avons aucune raison de le faire affirme la dirigeante de OFRANEH, Miriam Miranda.

Pour Al Giordano, le dirigeant de l’organisation qui papote avec Lobo, Celeo Alvarez Casildo, et « un des plus respecté et représentatif» des organisateurs communautaires du continent. Il déclare qu’il fera partie de l’équipe d’enseignants de son école de « journalisme authentique »

La meute de l’empire 

 « Il l’appelle démocratie et cela ne l’est pas ! » disent les Indignés d’Espagne. Aux USA les occupants de Wall Street disent « La seule chose que nous ayons en commun, c’est que nous sommes les 99 % qui à présent ne tolérons plus la convoitise et la corruption du 1 %. Ce sont les cris de désespoir de ceux qui voient la ruine de l’état Providence européen ou du Grand Rêve Américain.

Ils sont à la fois les voix héritières d’une tradition de résistance experte en divisions sectaires ; soumise à la forme la plus raffinée de cooptation et d’infiltration de la part des états impérialistes hautement centralisés. Ils sont aussi le produit d’une hégémonie occidentale en état de décomposition avancée qui a s’est imbibé et a imbibé les consciences de ses sujet de la Paranoïa universelle – ils feraient difficilement un référent utile pour les peuples du Sud en lutte pour leur libération.

La prolifération de sigle créés et financés par l’OTAN, particulièrement par les USA semble promouvoir la démocratie, la liberté, la non-violence, le milieu ambiant, les droits de la femme, les droits des peuples indigènes, les droits des peuples humains et les droits humains en général, ce sont des artefacts uniquement et exclusivement fabriquées afin de subvertir toutes et chacune de ces causes.

Il est temps que nos peuples, et dans le cas de celui qui est à l’origine de ces lignes, le peuple du Honduras apprennent la leçon qui dit que rien de bon ne peut venir des « aides » de politiciens payés par le Nord. Il est extrêmement important qu’ils apprennent à reconnaitre les sinistres réseaux par lesquels opèrent la contrinsurrection de l’empire.

Signataires de la lettre de l’école de « Journalisme Authentique :: Amanda Huerta Morán (Venezuela), Maylin Alonso (Cuba), Lourdes Zuazo (Argentina), Paloma Garcia (Argentina), Geovani Montalvo (El Salvador), Sunny Angulo (Estados Unidos), Wendy Martinez (Honduras), Noah Friedman–Rudovsky (Estados Unidos), Marianne Simons (Brasil), Marine Lorman (Francia), Karina Gonzalex (México), Jesee Freston (Canadá), Ter Garcia (España), Sandra Cuffe (Canadá), Kaelyn Fonde (Estados Unidos), Anne Vigna (Francia), Charles Hardy (Estados Unidos), Omar Vera (Colombia), Jean Friedman-Rudovsky (Estados Unidos), Jill Freidberg (Estados Unidos). Natalia Viana (Brasil) y Greg Berger (Estados Unidos) firmaron la carta pero sin adherirse al párrafo final de la misma.

http://www.rlp.com.ni/articulos/3935

Por Jorge Capelán, Radio La Primerísima, Tortilla con Sal.

 

Source originale en Espagnol :  Honduras y el pacifismo del imperio - [La Revolución VIVE]

Voir aussi la belle présentation des Garifuna par Cocomagnanville

Amérique centrale : Les garifunas - coco Magnanville


 Traduction Anne Wolff

 

 

 

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 19:58

Vici ce que vient de m'envoyer Jocelyne (CAP 2012)

je vais marteler ça sur twitter et demander que ce soit retwitté  au max
DE Jeanne Llabres
"VENEZUELA
Bonjour a tous, Je vous envoie les dernières nouvelles mes camarades a Caracas.
"Coromoto Manrique :
Paola Sabogal : "Peuples du monde, peuple du Venezuela.
Je veux communiquer au monde que notre Patrie est en ce moment victime de la violence et du fascisme. À cette heure, des secteurs de la droite ont assassiné quelques camarades chavistes. Ils brûlent les centres de santé des missions socialistes. Ils ont agressé les médecins cubains, ils sont tombés aux coups à la maison d'Aristóbulo Istúriz, le gouverneur d'Anzoátegui, ils ont brûlé 2 maisons du Parti socialiste Unifié du Venezuela, et on essayé de brûler des maisons de la "mission habitat" qui donnent refuge a des sinistrés. Ils ont essayé de brûler la maison du père d'Andrés Izarra, l'ex-ministre de la Communication et d'Information. Ils ont assiégé la maison de la Rectrice du Centre National Électoral. Et on entouré VTV, canal 8, canal de l'État. En entourant TELESUR, ils ont saqués plusieurs supermarchés populaires : mercal. A Táchira, ils ont retenu 4 stations service, assiègent PDVSA Apure....

Peuples du monde, C'EST UN PLAN DE COUP D'ÉTAT EN PLEIN DÉVELOPPEMENT, CONTRE LA DÉMOCRATIE VÉNÉZUÉLIENNE, Aidez-nous à le répandre. Que le sache le monde : DROITE VÉNÉZUÉLIENNE S'ATTAQUE AU PEUPLE CHAVISTE ET A LA PATRIE...""

Résumé en video: https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=RnUwx6exsys
  • Danielle Triay aime ça.
  • Danielle Triay TRES BIEN FAIT, JOCELYNE!!! LES FASCISTES SONT SORTIS POUR TUER... ILS ONT INSTALLÉ DES POSTES SUR LES ROUTES POUR CAPTURER LES CHAVISTES... MES ENFANTS ONT FAILLI TOMBER DANS LEURS MAINS...
  • Danielle Triay C'EST UN PLAN ORCHESTRÉ A L'AVANCE PAR NOUS SAVONS QUI. L'ARMÉE EST SORTIE DANS LES RUES POUR ARRETER LES ASSASSINANTS DE CAMARADES... MERCI DE TON APPUI....
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Published by Anne Wolff - dans Sud Amérique
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 16:20

 

 

 

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Le Venezuela répondra en éteignant par la loi les actions violentes et de nature  putschiste.

Extraits du discours du Président Maduro du mardi 16 avril 2013

 

 

 

“Qui vient avec la violence rencontrera l’Etat” a affirmé le président du Venezuela depuis le Cartel de la Montaña, à Caracas, où c’était réuni le Haut Commandement politique du Gouvernement National afin d’évaluer la situation dans le pays.

Le président de Venezuela, Nicolas Maduro, a prévenu, ce lundi dans la nuit, les troupes de chocs antichavistes, qui causent des troubles à travers tout le pays, que le Gouvernement affrontera la loi à la main  toutes les actions putschistes entreprises par ces secteurs [de l’opposition] et que « qui vient par des chemins de violence rencontrera l’Etat »

Ainsi s’est exprimé Maduro depuis le Cuartel de la Montaña, à Caracas, où le Haut Commandement politique du Gouvernement National tenait une réunion pour évaluer la situation dans le pays, récemment affecté par des attaques violentes de groupes partisans du candidat présidentiel de la droite,  deux fois mis en déroute, Henrique Capriles Radonski.

“Ils veulent multiplier les foyers de violence dans le pays, comme cela s’est passé en Syrie et en Lybie. (Et comme le prévoit la doctrine de guerre en 6 points d’Obama NdT). Ce sont de petits groupes, ils ont attaqué en premier lieu de nombreux CDI (maison de la santé installées par la révolution bolivarienne au cœur des quartiers populaires. NdT), des constructions populaire de la Grande Mission Logement, des locaux du Parti Socialiste Unifié. J’imagine qu’ils crieront démocratie quand il poseront des bombes et les feront exploser » exprime Maduro.

En plus, il rejette le fait que les hordes antichavistes ont tiré contre des groupes humains et attaqué les logements personnels de fonctinnaires de l’état, comme par exemple, celui de Tibisay Lucena (Qui préside le conseil électoral, CNE NdT)

 

Nous allons agir, nous avons les vidéos, nous en avons parlé avec la Procureure (Générale de la République) et cela ne sera pas accepté. Tous ceux qui sont en train de promouvoir la violence, déjà ont instigué au délit, à la haine, à la non reconnaissance des institutions. Nous allons agir légalement et tout qui s’attaque à la maison d’un fonctionnaire ira en prison » assure-t-il. 

Dans une entrevue accordée au canal d’état vénézuélien, Maduro rejette catégoriquement les diverses actions et faits de violence qui se sont produits dans le pays après les élections de dimanche.

« La loi à la main nous allons préserver la paix (…) L’action correcte des organismes de l’Etat, dans le respect de la Loi sera maintenue. Tous ceux qui attaquent la maison d’autres citoyens iront en prison » réaffirme-t-il.

De même, il assure que “que qui vient par des chemins de violence, par la voix du sabotage, rencontrera l’Etat de front. Nous allons agir (…).Ce sont des minorités violentes qu’il s’agit d’isoler, et qui doivent répondre face à la Loi. »

Les responsables

Le Président dénonce que les troubles sont provoqués par des groupes fascistes qui reçoivent l’appui des Etats-Unis (voir à ce sujet les formations paramilitaires qui leur ont été prodiguées par Optor et les subsides versés aux « « « ONG » » ad hoc NdT,), de l’auto dénommée Table d’Unité Démocratique de la droite vénézuélienne et de Capriles Radonski.

« Nous savons qui dirige cela. Ils sont sortis des frontières de la Constitution et de la loi dans leur délire, ils sont entrés dans une phase de guarimba (stratégie insurrectionnelle) en folie » déplore Maduro.

De même, il invite le peuple à s’imaginer « ce qu’ils auraient fait s’ils avaient gagné les élections. Alors ce qui se produit maintenant aurait semblé un enfant de lait à côté de ce qu’ils auraient fait ».

C’est pour cela qu’il informe de la réunion déjà tenue du “commando anti-putsch et que nous sommes occupés a confronter les rapports et évaluations pour la correcte mise en œuvre du plan République et des organismes de la sécurité de l’Etat, dans le respect de la loi, et avec l’appui de tous les gouverneurs.

 

 Àppel à la paix

Le Président du Venezuela affirme que la réponse du gouvernement est très claire :”continuer à travailler et gouverner” De même, il demande à tous les révolutionnaires vénézuéliens d’éviter de céder aux provocations et à ne pas entrer en confrontation.

« J’en appelle à tous les collectifs, et groupes sociaux, c’est le moment de la sérénité, de la tranquillité, d’être certains de ce que nous entreprenons de faire, de démontrer à quel point nous sommes forts. La Paix, la paix c’est cela qui est fondamental » précise-t-il. 

D’un autre côté, il appelle le peuple à se mobiliser pacifiquement ce mardi dans tous les états du pays, “ nous sommes déployés, travaillant avec le peuple dans la rue »

Il convoque également une manifestation pour vendredi à Caracas afin d’accompagner la prestation de serment, pendant qu’il annonce qu’un défilé militaire aura lieu l’après-midi »

 

“Là il y aura la justice et la paíx, l’oligarchie se trompe. Nous appelons toutes les institutions à poursuivre le travail : face aux appels à la grève générale qu’ils lancent, travail général ; face aux tentatives de sabotage et de violence, j’appelle au travail, au contrôle de soi, à la légalité, à la justice, à l’efficience » explique-t-il.

Madur désigne les forces de chocs antichavistes comme promotrices de la « destruction, la mort, le sabotage permanent, le putschisme, le comportement antipatrie. Nous sommes l’amour, la patrie, le progrès, l’avenir du pays » achève-t-il.

“Que se passerait-il si je devenais fou et appelait le peuple à la arrechera –à s’exciter – dans les rues ? Que se passerait-il si j’appelais le peuple et les Forces Armées à sortir dans la rue ? Combien de millions se lanceraient dans les rues ? ? Que se passeraient-ils si nous allions dans les rues pris par la folie et allions à votre encontre ? Que se passerait-il dans ce pays ? » demande-t-il.

Et immédiatement il répond lui-même « nous ne le ferons pas. Ce pays a besoin de paix pour se développer. Les gringos souhaitent que nous cédions à la folie, et que nous entrions dans une guerre du peuple contre le peuple ».

Enfin, il appelle l’opposition à la réflexion. « S’il reste quelque politique censé dans l’opposition. Qui de vous aura la vaillance de lancer la première pierre et de dire la vérité qui est à dire. Où sont les politiciens de l’opposition qui croient en la démocratie. En reste-t-il ? Qu’ils se montrent, qu’ils soient sensés » demande-t-il.

« Tout ce qui se passe à une raison dans la vie. Dieu sait ce qu’il fait disait notre Commandant. Nous sommes ici nous autres, sereins, tranquilles, travaillant » cnclut Maduro.

http://www.telesurtv.net/articulos/2013/04/16/nicolas-maduro-advierte-a-grupos-violentos-que-respondera-con-el-peso-de-la-ley-4515.html 

 

Via
Venezuela responderá apegada a la ley las acciones violentas y golpistas

Traduction Anne Wolff

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:11

 

 

A travers tout le Venezuela les hordes fascistes au service de l’opposition  se déchaînent. Quatre chavistes ont été assassinés à travers le pays.  Des sicaires armés se déplacent à moto, incendient, détruisent  et tirent sur qui voudrait s’interposer puis filent comettre d’autres dégâts. Comme Aube Dorée qui pénètre en Grèce dans les hôpitaux pour violenter ceux qui à  leurs yeux n’ont pas droit aux soins, elles s’en sont pris à travers tout le pays aux Centres Médicaux Populaires des quartiers pauvres qu’elles ont incendiés ainsi que plusieurs sièges du PSUV, et autres espaces communautaires, des habitations de militants chavistes et des logements construit dans le cadre de la « Grande mission logement » ainsi que les Mercals, magasins ou les produits de bases sont vendus aux plus pauvres à prix coutant. Le siège de TéléSur a lui aussi été attaqué, ainsi que plusieurs médias communautaire, elles s’en prennent également aux journalistes qui les filment en action.

D’autre part des manifestations de protestations ont réuni quelques dizaines de milliers de personnes dans le pays. Fort peu comparé aux mobilisations chavistes qui se comptent parfois par millions. Fort peu si l’n sait les budgets alloués à la déstabilisation à travers différentes ONG et autres associations conçues à cet effet. Pas très productif comme système. Dans l’état de Miranda, celui dont Caprilès est gouverneur, ce sont des policiers en armes venus de tout le pays qui se sont joints aux manifestants. Les bandes fascistes ont été jusqu’à aller agresser à son domicile le père d’un militant du PSUV. Il y a donc deux mouvements synchrone, d’une part des milices formées pour des opérations de commando, qui mettent un maximum de chaos et n’hésitent pas à tuer. D’autres manifestations plus traditionnelles ont également eu lieu pour protester contre le résultat des élections, des manifestations de rue, très répercutées ici, mais qui ne regroupent qu’un nombre fort limité de personnes.

Rappelons qu’hier dès avant la proclamation du résultat officiel de Maduro, 54% des votes avaient été recomptés sans qu’apparaisse aucune fraude, mais qu’importe puisque cela n’est qu’un prétexte pour semer la déstabilisation et promouvoir un nouveau coup d’état. Sans doute Capriles est-il nostalgique de celui de 2002 quant au mépris du droit international il pénétrait dans l’ambassade cubaine, avant de lui faire couper l’approvisionnement en eau !

Les cibles même de ces destructions ne devraient laisser aucun doute sur les buts de l’opposition. La destruction des centres de santé et magasins du peuple, ces acquis précieux de la révolution qui répondant aux besoins essentiels d’un peuple qui vivait dans la misère, ceux justement qui lui ont permis de retrouver sa dignité, cela montre bien ce que l’opposition ne pardonne pas à Chavez et aux bolivariens : avoir fait du Venezuela le pays ou l’indice Gini qui mesure le taux des inégalités dans le pays est le plus réduit de la région. Si les médias de la désinfo nous parle de famine au Venezuela, la FAO par contre prétend que la faim a été éradiquée dans le pays. Qui a raison ? Les chiens de garde ou l’institution officielle des Nation Unie ?


 

L’opposition révèle son vrai visage  au Venezuela, celui d’agitateurs qui n’ont d’autre but que de déstabiliser le pays. Après l’opération Relampago, une opération tweeter destinée à jeter le discrédit sur le résultat électoral avant même que les élections n’ait commencé et Avalanche qui consistait à appeler les jeunes électeurs à voter en masse en fin de scrutin, c’est l’appel à l’agitation qui est lancé. Parallèlement des cyber attaques ont menées pendant le scrutin contre de les comptes tweeter de Maduro, du PSUV et autres sites chaviste, obligeant le CNE à demander une coupure temporaire d’Internet pour éviter le piratage du système du système électoral !

Capriles qui fut déjà participant actif au coup d’état avorté de 2002 semble avoir envie de remettre cela… enfin « Capriles », c’est beaucoup dire, il s’agirait plutôt de ses sponsors, les mêmes que ceux de 2002 cette oligarchie transnationale qui comme le disait Zelaya ne supporte pas que l’on prenne un sous de ses poches débordantes pour le donner à ceux qui sont dans le besoin.

Je suis tout de même toujours étonnée de voir qu’alors que nous sommes les victimes du même pouvoir central globalisant qui est en train de jeter dans la misère des dizaine de millions d’Européens au nom d’une dette odieuse qui sert de prétexte à la privatisation et à la confiscation du bien public, alors que nous pouvons en mesurer les effets concrets au quotidien, quand il s’agit des pays d’Amérique Latine qui en sont les proies avec une intensité belliqueuse que nous ne connaissons pas (encore) ici, rares sont ceux qui font par le rapprochement… La mainmise sur la planète, ses habitants et ses ressources, c’est le même pouvoir central des méga-transnationales qui sévit ici et là-bas. Sauf qu’ici au lieu d’assassiner les gens directement, ils en sont encore à préférer les autodestructions induites, suicides rapides ou lente agonie, mais le pouvoir tue ici comme ailleurs et « nous n’avons encore rien vu ». Un petit aperçu peut-être en Grèce avec Aube Dorée en action « répressive »,  rien à voir avec les assassinats quotidiens de résistants dans les pays non rebelles d’Amérique Latine.

Je voudrais tout de même revenir sur certaines comparaisons qui peuvent être faites entre les pays de l’Occident et le Venezuela.

En ce qui concerne les élections, Maduro élu au premier tour avec 50% des voix alors que le taux de participation est de 80% est tout de même nettement plus représentatif du peuple vénézuélien que ne l’est par exemple Hollande élu au second tour avec un faible taux de participation  du peuple français. Ce qui n’empêche pas ce dernierd’agir à l’encontre de ce peuple sans le consulter. Si nous comparons l’élection du Venezuela avec le système étasunien, là, vraiment aucun doute quant à la légitimité de Maduro, qui remporte l’élection dans 16 états sur 24 et dans le district capital.

Je voudrais revenir aussi sur l’argument évoqué  ad nauseum, qui repproche à Maduro de se présenter comme héritier de Chavez. Chavez avait été élu en octobre avec 56% des voix qui reflétaient la volonté d’une majorité de la population de voir se poursuivre la révolution. Sachant que la mort le traquait il a désigné comme successeur de son choix, celui qui travaillant avec lui depuis plus de 20 ans, lui semblait le plus apte à mettre en œuvre ce programme, choisi par le peuple,  si lui-même venait à disparaître. Ce choix a été ultérieurement ratifié par le PSUV. Et Maduro au cours de sa campagne a promis de mettre effectivement en œuvre ce programme qui avait déjà été ratifié par le peuple, dont un peu plus de 50% lui a manifesté sa confiance dimanche. Et pas n’importe quel 50%, des personnes dotées de conscience politique, un peuple activement engagé et avec détermination dans la prise en main et la transformation de son destin.

Un résultat qui a une amère saveur en comparaison des résultats pronostiqués par les sondages, qui l donnait Maduro gagnant avec entre 6 et 20% d’avance mais qui est tout de même plus qu’honorable pour qui prétend succéder à l’irremplaçable Hugo Chavez et après que celui-ci ait reçu l’aval comme candidat du PSUV, une consécration par le peuple. Très loin de pronostiques qui affirmaient que Chavez ne laissant pas de successeur digne de ce nom, le PSUV s’écroulerait de lui-même pour cause d’incapacité et de rivalité interne. Nous avons reçu une leçon d’union, de cohérence et de discipline interne du PSUV depuis la disparition de Chavez, dont nos gauches morcelées et chicaneuses feraient bien de prendre de la graine. Le résultat n’est décevant qu’en fonction des résultats prévu par des sondages erronés. Sinon pour l’héritier d’un dictateur, le résultat est encourageant. Qui dit mieux au sein de la « « « gauche » » » européenne ?

Notons aussi que les jeunes de l’opération Avalanche, n’ont pas connu l’avant Chavez. Et je peux constater à travers les commentaires des jeunes opposés à la gauche dans la région que beaucoup le sont sur base d’une image déformée de l’Occident, Un Occident où tous les jeunes vivent à Berverly Hills, totalement ignorant par exemple de ce millions d’enfants des USA sans foyers ou de ces familles qui seraient mortes de froid en hiver sans le fuel de chauffage fournit gracieusement par le Venezuela. Ils n’ont pas la moindre idée des crises que nous endurons ici, l’Occident est à leur yeux monde d’argent et plaisirs faciles.

Nous qui vivons les retombées du « Rêve américain » sous forme par exemple de la multiplication des matelas posés sur les trottoirs par ceux qui vivent dans la rue, nous devrions être un peu plus critiques puisque nous savons que ce rêve prend peu à peu les formes du pire cauchemar collectif qu’ait connu l’humanité. Et je ne parle même pas de l’horreur qui sévit contre les populations en général et les dissidents en particulier dans les pays Latino sous tutelle US comme la Colombie, le Honduras, le Mexique…

Caracas ville la plus violente au monde titre Arte ! Que dire alors de l’état de Juarez au Mexique, ou du Honduras qui a lui dans son ensemble depuis le coup d’état de 2009 gagné le grand privilège d’être le pays ayant le plus fort taux d’homicide au monde, une partie d’entre eux étant les meurtres de journalistes, de militants des droits de l’humain , de paysans protégeant leur droit à la terre… (cibles tout aussi privilégiée au Mexique et en Colombie). Rappelons aussi qu’au Venezuela même hormis Caracas, c’est l’état de Miranda (celui de dont Capriles est gouverneur) qui se distinguent par sa violence et que Washington par exemple n’a rien à leur envier. Ni aucun de ces lieux où les riches habitent des quartiers cernés de grilles et protégés pas des gardes en armes.

Quant aux dénigrements de l’état de l’économie, il y aurait beaucoup à dire si on entre dans les comparaisons. L’économie du Venezuela est engagée dans les processus de reconversion de l’économie capitaliste vers une économie socialiste soucieuse des problèmes environnementaux dans une vision à long terme orientée vers la Souveraineté Alimentaires et la satisfaction des besoins essentiels de la population dans un monde globalement menacé par la famine et la misère. Le gouvernement du Venezuela en plus de soulager les souffrances les plus immédiates, s’est engagés dans des investissements témoignant d’une vision à long terme, Souveraineté Alimentaire, mais aussi Recherche, l’éducation et l’accès à la culture pour tous. Vision d’avenir et discernement, ce dont aucun de nos gouvernement occidentaux ne fait preuve, préférant jouer le clientélisme dans l’immédiateté, le temps pour les élus de remplis leur propres poches.  Il est tout de même aberrant que les USA par exemple, qui sont endettés dans des proportions incommensurables, non pour le bien du peuple mais pour mener des guerres au service des transnationales, en plongeant le peuple dans une terrible misère, sacrifiant l’avenir en sacrifiant l’éducation et la culture, la santé, critique un endettement qui a permis un soulagement immédiat de la misère et la mise en place de processus de transition vers une économie visant à éradiquer dans le long terme définitivement cette misère et ces causes.

Jamais je n’avais vu une application de la paille et la poutre aussi flagrante qu’en ce qui concerne le Venezuela.

Quant à Maduro, ce n’est pas un chauffeur de bus devenu président. C’est un gars qui s’est engagé tout gamin, on pourrait presque dire qu’il est né militant contre les injustices du monde. Comme moi aussi j’avais 12 ans lors de mon premier engagement politique, je sais très bien que des choix fait très jeunes peuvent se voir confirmés tout au cours de l’existence, et réaffirmés cherchant la meilleure forme d’expression selon la contingence. En ce qui me concerne, il m’est difficile d’être de gauche dans quelque groupement que ce soit en Europe aujourd’hui. Aucun doute par contre que dans un contexte comme celui du Venezuela, j’aurais participé à la révolution tout en étant dans la critique constructive de gauche. Alors Nicolas Maduro a aussi été chauffeur de bus pendant six ans de ces 50 d’existence, comme il a aussi été un excellent Ministre des Affaires Etrangères pendant 6 autres années au cours desquelles il a été un des principaux acteurs de l’intégration régionale et comme il est aussi depuis toujours un animal politique membre à part entière de cette humanité en devenir dont se sont exclus les racistes du monde entier qui prétendent la détruire. Il est clair que ce n’est pas un technocrate et on l’en félicité.

Le recompte se fera à la demande de l’ensemble des partis de gauche qui face à l’insistance de l’opposition ont insisté pour qu’il en soit ainsi, non pour complaire à l’opposition, mais aucun de la démocratie de  la paix du pays. Rappelons que les 54 qui avaient déjà été recomptés quand les manifestations ont commencé n’ont pas révélé la moindre trace de fraude. Rappelons aussi que Capriles n’avait pas remis en cause la fiabilité du système quand il lui a permis récemment d’être élu gouverneur de l’état de Miranda., ce qui lui a permis de fermer bibliothèque et lieu de culture mis à disposition du peuple.

J’espère que pour ceux qui n’ont pas une connaissance approfondie des processus de déstabilisation mis en œuvre au Venezuela par l’Empire du Nord ou des liens qui unisse Capriles à Uribe et son groupe nazi UnoAmerica, entre autre, pour ceux qui ne font pas le lien entre la convocation des membres de la Fondation Libertad réunissant droite et extrême-droite internationale à Rosario (Argentine) pendant les élections avec ce thème au centre de la réunion, que la violence déployée par les groupes fascistes qui se sont déchaînés depuis hier au Venezuela, et la nature de certaines de ces cibles - les acquis condition de la santé et de la dignité du peuple - la nature de l’opposition deviendra un peu plus évidente  ainsi que la nature de la transformation qu’elle prétendrait imposer au pays en cas de victoire de son coup d’état annoncé.

Je compte bien suivre autant que possible le déroulement des évènements et transmettre autant d’information que je le peux sur ce qui se passe actuellement dans la Patrie de Chavez. Le peuple du Venezuela est en danger, il appelle le monde à se mettre à l’écoute et à la solidarité..

Anne Wolff

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 12:44

 

 

Face au capitalisme productiviste, des luttes silencieuses pour de nouveaux paradigmes

Il est de ces luttes dont on parle peu… parce qu’elles demeurent silencieuses, en apparence marginales ou marginalisées, réduites à l’insignifiance face aux logiques de guerre économique… Et pourtant, ces luttes participent patiemment à la construction de nouveaux paradigmes pour les sociétés de demain, en inventant et en expérimentant de nouvelles alternatives à un système qui, dans les faits, est synonyme d’échec à la fois social, économique, démocratique, culturel et environnemental.

Les graves crises systémiques que nous connaissons ont, contre toute attente, renforcé le positionnement de la plupart des élites mondiales. Elles continuent de s’accaparer les terres, d’exploiter à outrance les ressources encore disponibles dans le but de réaliser toujours plus de profit. Par définition, nos sociétés capitalistes ont conduit à la marchandisation de l’ensemble du monde, de manière spéculative. Les biens communs (eau, semences, terres, etc.) sont parmi les cibles centrales de cette logique. Le productivisme et le consumérisme à outrance génèrent ainsi depuis des décennies des logiques mortifères, la destruction de notre « environnement » et la production d’inégalités inacceptablesLe champ politique, loin de prendre en compte les défis à relever, provoqués par l’échec de notre modèle de civilisation, ne propose aucune solution pour nous en sortir. Il n’en appelle qu’à toujours plus de croissance, réelle cause de notre situation critique, alors que les citoyens s’extraient de cette logique pour raisonner en termes de besoins essentiels. 

Considérer avec lucidité ces logiques destructrices et mortifères est tout aussi important que de changer notre regard sur ce qui se passe du côté « des forces de vie ». Car dans un même temps, de nombreuses résistances se manifestent à travers le monde.

En effet, quantités d’alternatives émancipatrices se déploient en même temps que les logiques régressives. Mêmes silencieuses et tranquilles, elles n’en demeurent pas moins fondamentales et nécessaires. Elles participent à une transformation sereine et profonde d’un monde bouleversé par les crises qu’il traverse… Confrontés à des situations de détresse liées aux conséquences d’un système basé sur la compétition, il est pertinent de relever dans le monde entier, comment des groupements de personnes s’auto-organisent pour reprendre la main sur tous les terrains fondamentaux du « bien-vivre » ensemble. Il ne s’agit pas uniquement de recenser les initiatives pour lesquelles une résilience collective est à l’œuvre de manière novatrice, mais bien plus d’évaluer la pertinence de ces expérimentations concrètes, comprendre leurs modes de fonctionnement et de diffusion à l’ensemble de la société. Prendre le temps de décrire ces stratégies, les mettre en exergue, les médiatiser, est avant tout un acte politique. Donner de la visibilité à ces mutations multidimensionnelles, internationales, sans passer par la « pensée du but et du plan », c’est accepter que les mouvements qui s’opèrent créent un espace particulier, fondamentalement indéterminable. Celui-ci porte un nom : transition.

« La transition est imperceptible mais elle conduit sous nos yeux au complet renversement. Si toute révolution est suivie d’une contre-révolution, la transformation silencieuse, elle, s’installe. » [1].

Des alternatives marginales ?

Le terrain prouve que des expérimentations collectives peuvent toucher beaucoup de personnes, et se diffuser d’un lieu à un autre, faisant exemple par leur réussite. Ce qui se passe dans une ville comme Detroit, aux Etats-Unis, en constitue un exemple parfait. Là bas, des dizaines d’initiatives sont en cours qui mobilisent des milliers de personnes.

Cette capitale de l’automobile nord-américaine a subi une désindustrialisation massive. La fermeture d’usines a entraîné le départ d’une grande partie de la population. La ville considérablement dépeuplée (elle a perdu un quart de sa population entre 2000 et 2010), n’atteignant à présent que 714 000 habitants, compte un habitant sur trois vivant en dessous du seuil de pauvreté (soit trois fois plus que dans le reste des Etats-Unis). Reliant problématiques sociales, environnementales et alimentaires, des fermes et jardins urbains, entre autres, se sont créés afin de remédier au chômage et à la pénurie alimentaire en cultivant des fruits et des légumes biologiques. L’idée d’auto-suffisance alimentaire a touché une grande partie des habitants qui se sont formés au maraîchage, travaillant collectivement, créant du lien social et du « vivre-ensemble » : un jardin communautaire ne produit pas que des légumes !

Contrairement à la majorité du pays qui dépend, pour son alimentation, de denrées produites ailleurs, Detroit a su inventer un approvisionnement en circuit court, local et accessible à tous. Même si la municipalité « reconnaît la valeur sociale de l’agriculture urbaine, ses effets positifs sur la santé, l’aspect de la ville et la paix sociale  », elle peine toutefois à renoncer aux revenus fiscaux que des industries ou des bureaux généreraient…

Cette relocalisation de ce que consomment les citoyens existe dans d’autres villes du pays. On peut citer l’expérience développée par l’organisation à but non lucratif Green Guerilla [2]. Celle-ci a généré l’existence de 800 jardins communautaires à New York. Le phénomène se retrouve dans plusieurs pays : en Argentine pour répondre aux besoins urgents provoqués par la crise économique des années 2000, au Royaume-Uni, en France (avec le renouveau des jardins ouvriers) et dans toute l’Europe, en Inde… Que ce soit sur les toits, les terrasses ou en utilisant les friches industrielles, entre les autoroutes, les citoyens se réapproprient l’espace, dans les villes et ailleurs, pour échapper à l’insécurité alimentaire, la malbouffe industrielle, et l’individualisme de notre société.

Au-delà des initiatives ponctuelles, c’est la démocratie participative qui est à l’œuvre. Les citoyens se trouvent appeler à décider démocratiquement de l’usage des terres, de la réappropriation de l’eau et des autres biens communs, de comment et quoi fabriquer, distribuer ou vendre, offrir aux passants ou réserver aux participants.

Utopie ? 

Quand on est dans l’obsession de la compétitivité, l’argent devient le seul marqueur de réussite. Si on remet cela en cause, on remet en question le ressort même du vivre ensemble de nos sociétés. En effaçant les frontières, c’est le monde entier que les dominants ont cherché à mettre en concurrence… Dans le cadre du système actuel, l’abandon de la compétition paraît idéaliste : pourquoi les individus décideraient d’arrêter ? Ne faudrait-il pas que tout le monde décide de sortir de ce système concurrentiel en même temps pour que cela puisse avoir une chance de fonctionner sous peine de rester complètement marginal ?

Nous ne croyons pas à cela car l’observation des évolutions concrètes indique que ce n’est pas ce qui est en train de se passer. Alors même que la logique guerrière de la compétitivité finit par produire des situations de détresse et de chaos social, nous constatons la multiplication d’expériences ancrées dans le réel où la créativité de la vie est capable de s’exprimer pour développer de véritables logiques de coopération.

Les alternatives prennent formes sans attendre de reconnaissance officielle des institutions. Les citoyens diagnostiquent de ce qui pose problème dans leur lieu de vie et démarrent un projet sans attendre une illusoire prise de pouvoir ou prise en compte des gouvernements. Partout dans le monde, la société civile innove et crée les conditions de résolutions des handicaps locaux (sécheresse, dépendance à l’alimentation importée ou à des semences propriétés de grandes firmes agro-alimentaires, manque de logements, etc.) amenant les autorités à prendre en considération leurs résultats et éventuellement à les soutenir.

Le politique peut certes freiner l’extension de ces initiatives. On peut penser également que le capitalisme, se définissant par un productivisme effréné, ne soutiendra jamais suffisamment ces luttes pour qu’elles deviennent bel et bien une alternative à nos modes de vie actuels. Même si elles sont essentielles au niveau social lorsqu’elles réussissent, elles ne suffiront pas, à elles seules, à transformer la société oligarchique actuelle. Penser une transformation politique demeure donc nécessaire, mais non suffisant, pour contrer les méfaits du capitalisme, tout comme ces alternatives demeurent fondamentales, mais non suffisantes, pour proposer de nouveaux paradigmes. Elles sont par définition complémentaires d’une action au niveau politique. Ces deux engagements, l’un collectif et l’autre politique, doivent être menés de front pour permettre l’amorce vers la transition. 

Simultanément, dans divers lieux très éloignés géographiquement, se mettent en place les contours de ce que pourraient être demain des sociétés de transition. Une nouvelle forme politique reste à inventer pour les accompagner...

"Pour réussir la mutation, il faut associer plusieurs paramètres que j’appelle « Rêve » : résistance créatrice, vision transformatrice, expérimentation anticipatrice et évaluation démocratique." [3]

Sources :

  • Bénédicte Magné, Un million de révolutions tranquilles, Les liens qui libèrent, Paris, 2012.
  • Film-documentaire Détroit, je t’aime http://detroitjetaime.com/fr
  • Patrick Viveret, La cause humaine : du bon usage de la fin d’un monde, Les liens qui libèrent, Paris, 2012.
  • François Julien, Les transformations silencieuses, Grasset, Paris, 2009.

 

Notes

[1] François Jullien, Les transformations silencieuses, Grasset, Paris, 2009.

[2] En savoir plus : http://www.greenguerillas.org/

[3] Patrick Viveret, La cause humaine : du bon usage de la fin d’un monde, Les Liens qui libèrent, Paris,2012.

 

Source : Face au capitalisme productiviste, des luttes silencieuses pour de nouveaux paradigmes - Mémoire des luttes

Via : Les Dernières Nouvelles du Monde | Scoop.it

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 11:45

 

 

 

Maduro 50,66%  Capriles 49,07%


Il serait dangereux de se voiler la face, la faible victoire de Maduro face à Capriles, à peine plus d'un point d’écart, quelques 200 OOO voix, crée les conditions propices à la déstabilisation du pays préméditée par la droite internationale qui se réunissait au cours des derniers jours dans l’état de Rosario en Argentine à l’appel de la fondation « Libertad ». Le Venezuela étant un des thèmes privilégié de cette réunion. On y retrouve les dirigeants du fascisme international de Aznar à Uribe. Uno America, organisation qui regroupe l’extrême droite latino-américaine, dont de nombreux militaires ayant soutenus ou participer aux dictatures dans la région et le PP espagnol, qui a à présent vocation de former un parti transnational en Amérique Latine sont des participants majeurs de cette réunion, des députés de l’opposition vénézuélienne y ont également participé..

Pour beaucoup d’entre nous, la déception est grande. Si peu de temps après la mort de Chavez qui fait encore couler bien des larmes, le scrutin est une défaite. Seul un raz-de-marée en faveur de Maduro aurait permis la poursuite de la révolution bolivarienne sans compromis. Actuellement les deux partis accusent d’ailleurs l’autre de refuser le pacte de compromis qu’il aurait proposé à l’autre partie.

Capriles ainsi qu’il l’avait annoncé refuse de reconnaître les résultats officiels des élections et demande un recompte des votes qui prolonge d’autant l’angoisse qui habitent ceux pour qui la poursuite de la révolution est la garantie de pouvoir conserver leur dignité.

Cette nuit, une série d’attaques cybernétiques - menée depuis l’extérieur - contre les comptes tweeters de Maduro, du parti socialiste et d’une ministre par un groupe de hackers - qui a été désavoué par Anonymous Venezuela – a entraîné une coupure temporaire d’internet. Des coups de feu ont été tirés contre des journalistes du média populaire Catia TV, « Ne regarde pas la télé, fais-là » un de ces nombreux médias populaires mis en place au cours des dernières années. D’autres ont blessé un journaliste de BarrioTV qui est à l’hôpital mais à présent hors de danger. El Pais et autres journaux espagnols à la solde du PP poursuivent leurs campagnes de désinformation avec le but très clair de contribuer à la déstabilisation du pays. Un des scénario envisagé étant celui de créer les conditions de chaos qui permettrait à l’opposition de faire appel à une intervention « humanitaire » extérieure. Le cauchemar de Chavez qui redoutait par-dessus tout de voir le peuple de son pays confronté à ces guerres nucléaires à l’uranium appauvri, qui ne disent pas leur nom mais produisent les effets terribles de destruction lentes que subissent déjà les pays victimes des précédentes opérations « humanitaires », Kosovo, Afghanistan, Irak, Lybie et qui menace à présent également le peuple syrien et affecte aussi de nombreux vétérans de l’armée US qui eux aussi mettent au monde ces petits êtres mutés en conséquence de l’exposition aux radiations. Horreur et inhumanité comme produit de cette haine de l’humain que professe les racistes de la White Supremacy.

Avant de repartir à Cuba pur une nouvelle opération, Chavez avait mené une autocritique incitant les membres du gouvernement à faire de même : il n’y avait pas de réelle avancée de l’état communal et cela traduisait le manque de volonté effective de la part des mandataires, il avait alors confié à Maduro la mission de mener à bien la réalisation de la commune bolivarienne « comme il lui aurait confié sa propre vie ». Or le seul échec électoral de Chavez fut celui du référendum pour une modification de la constitution qui aurait instauré cet état communal, suivit d’une victoire pour celui qui lui avait permis de briguer un nouveau mandat. La mise en place de l’état communal et l’avancée vers la Souveraineté Alimentaire étant les points clé de cette nouvelle phase de la révolution.

Je ne suis pas et de très loin une spécialiste du Venezuela, les questions que je pose sont celle d’une observatrice « avertie ? ». Des questions, pas des théories. Je me demande aujourd’hui dans quelle mesure, la partie de l’électorat espéré, qui n’a pas soutenu Maduro, serait celle qui a bénéficié passivement de la révolution et qui faisait confiance à Chavez pour continuer à prendre « les choses en main », mais qui ne se sent pas trop prête à devenir co-auteure d’une révolution communale qui impliquera une participation accrue ? Ce qui impliquerait que les électeurs de Maduro sont en grande partie cette composante active du peuple qui participe à la réalisation effective de la révolution ? Si cela était vrai, et je l’espère, l’espoir résiderait alors dans la large victoire chaviste (malgré une faible participation) aux élections régionales qui a permis que sur 23 gouverneurs, 2O soient des membres du parti de la révolution. L’alliance des mandataires régionaux et d’un peuple déterminé permettrait alors de créer la base communale nécessaire pour renforcer les acquis de la révolution. Et, résister à une autre menace dramatique, l’introduction des OGM et la reconnaissance des droits intellectuels sur le vivant qui ne sévissaient pas au Venezuela, qui en étroite collaboration avec la via Campesina et le Mouvement des Sans Terre un programme de développent et de perfectionnement de l’agriculture traditionnelle qui implique la préservation des semences locales et la mise en place d’une agriculture urbaine. Ceux qui sont convaincu des dangers que représentent les OGM pour la santé et la diversité des espèces, mais aussi du rôle que joue les droits intellectuels dans l’expulsion de la petite paysannerie en faveur de grands groupes transnationaux comme Monsanto (dont certains actionnaires comme Bill Gates sont des eugénistes actifs) qui s’approprie ainsi la mainmise sur la chaîne alimentaire menaçant les peuples de famines et à terme de disparition.

Si j’ai quelque chose à déplorer dans cette inconscience actuelle d’une partie de la population planétaire, c’est son inconscience du caractère nucléaire des guerres de l’OTAN et le caractère primordial du retour à la Souveraineté Alimentaire, deux points clés pour Chavez qui démontraient sa faculté de vision à long terme et que Maduro n’a pas réussi à mettre en avant pendant sa campagne. Mais Maduro n’est ni un paysan, ni un militaire ce qu’était Chavez.

 

S’il ne fait aucun doute que les tentatives de déstabilisation vont s’intensifier et se multiplier à travers tout le pays et que la faible victoire électorale de Maduro ne lui laisse qu’une très faible marge de manœuvre, la question est de savoir sous quelle forme afin de pouvoir anticiper. Il est clair que parmi les agents actifs de cette déstabilisation se retrouvent des groupes d’extrême-droite intérieurs et extérieurs au pays et qui bénéficient des formations et d’un large soutien, y compris financier, de Washington via Miami. Le journal d’extrême-droite ABC qui avait fortement contribué à créer la matrice d’opinion qui a débouché sur la destitution du président Lugo au Paraguay, annonce que Capriles s’est réuni, cette nuit en réunion privée,  avec les chefs de la hiérarchie – cupula –militaire du Venezuela. On ignore ce qui s’est dit au cours de cette réunion.  

C’est donc un sentiment d’incertitude quant à la suite des évènements qui prédomine actuellement.

Anne Wolff

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 20:21

 Dix essais avant que le texte sur les élections au Venezuela ne passe finalement sous un autre titre... cela m'énerve, cela m'est arrivé quelques fois au cours des dernières semaines et toujours avec des textes concernant le Venezuela, hasard ?,je ne sais ,finalement le texte est passé sous un autre titre sans l'illustration que voici.

 

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 20:15

 

 

 Cela fait la nième fois que des textes ne passent pas et toujours ceux qui concernent le Venezuela ???

Et nième tentative de faire passer ce texte.

Aperçu de la situation ce matin

 

 

 

Je n’ai pas beaucoup de temps, voici les dernières nouvelles concernant les manœuvres de déstabilisation de l’oligarchie vénézuélienne et de ses alliés du nord pour discréditer des élections dans lesquels ils partent présent. L’opération relampago a commencé à 7h30 GMT (3h heure locale). Elle consiste en une opération tweeter de discrédit jeté sur les résultats électoraux, avant même que les votes l’aient commencé. Je sais que c’est quasi impossible, mais ce serait rigolo que Capriles gagne mais que son élection soit remise en question par sa propre campagne, mais le brave peuple du Venezuela qui déjà avait démonté les matrices d’opinion de l’extrême droite en 2002, lors du coup d’état, ne se laisse pas avoir par la démagogie interrompue par de brusque accès de haine du candidat Capriles, participant actif à ce coup d’état vite avorté, grâce à l’incroyable faculté d’autoorganisation du peuple pour défendre sa révolution. Depuis avril 2002 le peuple du Venezuela est bien conscient qu’il aurait un jour à défendre la révolution sans la présence d’Hugo Chavez  - comme il l’a fait avec succès ces jours-là - et s’y est préparé. L’opération relampago se double d’un appel à la mobilisation qui ne présage rien de bon. Les petites frappes des groupes d’extrême droite entraînées notamment dans le cadre d’Opror, comme la « Main Blanche » ont montré leur agressivité et leur violence de manière sporadique tout au cours de la campagneL’opposition oligarchique c’est également réunie dans l’état de Bolivar avec Elisabeth Hofmann, seconde secrétaire de l’ambassade US pour planifier le processus de déstabilisation, en particulier ses aspects médiatiques, mais aussi la poursuite des sabotages des installations électriques. . Ils prévoient la mobilisation de 86 OOO personnes pour protester contre les soi-disant fraudes électorales cette nuit.

 

Résumé de Comando antichavista prepara la "Operación Relámpago" para deslegitimar elecciones del 14- A

 

Face à la manifeste volonté de désinformation que manifestent, une fois de plus nos médias, quelques impressions et résumé de cette campagne, dont un des candidats refuse de signer les accords électoraux et se voyant plus que probablement perdant appelle ses supporters à semer le chaos après les élections. Ce qu’ils font déjà, les groupes d’extrême-droite de la « main blanche » entre autres multipliant les actes de violence et de vandalisme, alors que plusieurs équipes de paramilitaires infiltrés et revêtus des uniformes de l’armée du Venezuela ont été capturés sur le territoire au cours des derniers jours et que des équipes de saboteurs ont provoqués des pannes générales d’électricité à travers le pays.  Et souillent de « Viva el cancer ! » les portraits de Chavez.

Capriles peut bien appeler son équipe de campagne Simon Bolivar, et se parer d’autres attributs bolivariens, le peuple n’est pas dupe. Entre les déguisements de fêtes des chavistes qui mènent une campagne joyeuse, retournant avec humour les attaques haineuses de l’opposition et la triste mascarade des opposants qui adorent montrer leur derrière nus en signe de protestation, il y a un monde de différence. Lorsqu’au début de la campagne, l’opposition tente de dénigrer Maduro, ancien chauffeur d’autobus (mais aussi militant dès l’enfance, accompagnant Chavez depuis le début des années 90, ministre des affaires étrangère acteur incontournable de la construction régionale pendant 6 ans, vice-président, puis président en fonction), ce dernier se ressaisit de ce qui pour l’opposition est une insulte mais pour le peuple, la garantie que c’est bien l’un des leurs qui se propose de le représenter, un des slogans de campagne sera » Nicolas le Conducteur », et c’est au volant d’un bus qu’il arrive au meetings de campagne. Alors que Capriles, lui, se déplace dans un jet appartenant à ses sponsors étasuniens et commettant maladresses – difficile de dissimuler le racisme et l’élitisme quand ils font partie intrinsèque de votre personnalité - après maladresses semble toujours d’avantage perdre les pédales.

L’alliance de l’opposition, la MUD s’est fissurée au cours de cette brève campagne et différents groupes s’en sont démarqués, les uns rejoignant le parti du peuple, les autres affirmant qu’ils refusent de se joindre au tentatives de déstabilisation qui s’y prépare, et que sans virer de bord, ils refusent d’être mêlés à la nouvelle tentative de coup d’état qu’y  s’y prépare.

Rappelons que Capriles fut un acteur de la tentative de 2002, au cours de laquelle il avait violé toutes les règles du droit internatinal  en pénétrant de force à l’intérieur de l’ambassade cubaine. Rappelons que l’ex-chouchou de Miami, Washington et du fasciste Uribe, avait vu au cours de la campagne de 2012 son programme de destruction immédiate des acquis de la révolution au bénéfice de politiques ultra-libérale révélé, et que la démagogie avec laquelle il essaye de rectifier le tir ne leurre pas plus le brave peuple du Venezuela, qu’il ne fut leurré en 2012 par les mensonges des putschistes et de leurs médias toujours amplement dominants.

Il ne leurre même pas ses commanditaires qui voudraient bien s’en débarrasser et menaçaient de l’éliminer en faisant porter le chapeau au peuple bolivarien.

Aujourd’hui le candidat de l’opposition promet le retour de la démocratie et de l’argent dans les poches, mais tous savent bien que cela serait promesses non tenues et que ce que le peuple a à perdre, c’est sa dignité retrouvée, que les racistes de l’opposition s’empresseraient de réduire à néant, c’est l’accès à la santé, mais aussi à la culture qui lui donne les moyens de prendre toujours d’avantage en mains son destin.

Si Nicolas Maduro  qui aime chanter, danser et jouer des percussions peut apparaître à certain comme un candidat folklorique, jamais en manque d’humour de la veine la plus populaire, il ne faudrait pas pour autant négliger les talents politiques dont il a fait preuve tut au cours de sa carrière et particulièrement au cours des derniers mois. Il ne faudrait pas minimiser non plus le fait que plus qu’un homme de pouvoir, il est un homme de conciliation, désigné par Chavez comme son successeur pour mener à bien le projet d’état communal et que depuis il ne cesse de prouver qu’il est l’homme de la situation. Rien à dire, « chapeau bas ! », il faut de solides épaules pour prendre la succession de Chavez. Il faut des nerfs d’acier pour assumer sans vaciller le fait d’être devenu une des cibles privilégiées des assassins aux ordres de l’Empire du Nord.

Rappelons aussi le soutien apporté à Maduro par la Via Campesina et le Mouvement des Sans Terre, partenaires privilégiés du gouvernement bolivarien dans la mise en œuvre du programme de Souveraineté  Alimentaire dans un pays libre d’OGM et de droit intellectuels. N’en déplaisent à Monsanto, affameur de peuple et co-auteur du coup d’étatqui a destitué Lugo au Paraguay.

Voici donc en vrac, quelques éléments qui me sont apparus au cours de cette campagne. Personne ne doute aujourd’hui que Maduro, et donc le petit peuple, ne remporte haut la mains  les élections de demain. C’est en ce qui concerne ce qui se passera après que nous pouvons avoir des inquiétudes légitimes. L’empire du Nord dans son entreprise de néo-colonisation, ne peut se permettre un nouvel échec, en Amérique Latine en général, au Venezuela en particulier et tous les gros comploteurs de l’extrême-droite (PP espagnol inclus) se sont retrouvés ces derniers jours en Argentine dans l’état de Rosario pour préparer la déstabilisation des régimes rebelles. A suivre, de très près.


 

 

 

 

 

 

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 23:16

 

 

par Ignacio Ramonet




 

« Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change [1] », Hugo Chavez, décédé le 5 mars dernier en plein essor politique, rejoint désormais, dans l’imaginaire des humbles d’Amérique latine, la petite cohorte des grands défenseurs de leur cause : Emiliano Zapata, Che Guevara, Salvador Allende... Mais, au départ, rien ne le vouait à une si légendaire destinée.
 
En effet, Hugo Chavez est venu au monde au sein d’une famille très pauvre au fin fond du « far west  » vénézuélien, à Sabaneta, un petit village des Llanos, ces Grandes Plaines infinies qui vont buter contre la chaîne des Andes. Quand il est né, en 1954, ses parents n’avaient pas vingt ans. Instituteurs intérimaires dans un hameau perdu, mal payés, ils durent confier leurs deux premiers enfants (Hugo et son frère aîné Adan) à la grand-mère paternelle des petits. Métisse afro-indigène, Rosa Inés les éleva donc jusqu’à ce qu’ils eurent 15 ans. Très intelligente, très pédagogue, dotée d’un remarquable bon sens et débordant d’amour, cette grand-mère va exercer une influence déterminante sur le petit Hugo.
 
En lisière du village, Rosa Inés habite une maison indienne au sol de terre battue, aux murs de pisé, recouverte de feuilles de palmier. Sans eau courante, ni électricité. Dépourvue de ressources pécuniaires, elle vit de la vente de gâteaux qu’elle-même élabore avec les fruits de son petit jardin. Dès sa première enfance, Hugo apprend donc à travailler la terre, à tailler les plantes, à cultiver le maïs, à récolter les fruits, à s’occuper des animaux... Il s’imprègne du savoir agricole ancestral de Rosa Inés. Participe à toutes les tâches ménagères, va chercher l’eau, balaie la maison, aide à faire les gâteaux... Et, dès l’âge de six ou sept ans, s’en va les vendre dans les rues de Sabaneta, aux sorties du cinéma, aux arènes de combats de coqs, au marché...
 
Ce village - « quatre rues en terre battue, racontera-t-il, qui, à la saison des pluies, se transformaient en bourbiers apocalyptiques [2 » - représente, pour le jeune Hugo, tout un monde. Avec ses hiérarchies sociales : les « riches » habitent le bas de la ville dans des maisons en pierre et à étages ; les pauvres sur le versant de la colline dans des cases aux toits de chaume. Ses distinctions ethniques et de classe : les familles d’origine européenne (Italiens, Espagnols, Portugais) détiennent les principaux commerces ainsi que les rares industries (scieries) tandis que les métisses constituent la masse de la main-d’œuvre.
 
Son premier jour d’école est resté gravé dans la mémoire de ce « petit chose [3] » vénézuélien : il est renvoyé parce qu’il porte des espadrilles de chanvre et pas des chaussures en cuir comme il se doit... Mais il saura prendre sa revanche. Sa grand-mère lui a appris à lire et à écrire. Et, très vite, il va s’imposer comme le meilleur élève de la petite école, le chouchou des maîtresses. Au point que, lors d’une visite solennelle de l’évêque de la région, c’est lui que les éducateurs choisiront pour lire l’allocution d’accueil au prélat. Son premier discours public...
 
Sa grand-mère lui parle aussi beaucoup d’histoire. Elle lui en montre même les traces à Sabaneta : le grand arbre centenaire à l’ombre duquel Simon Bolivar s’est reposé avant son exploit du passage des Andes en 1819 ; et les rues où résonne encore le galop des fiers cavaliers d’Ezequiel Zamora allant livrer, non loin de là, la bataille de Santa Inés en 1859... Le petit Hugo grandit ainsi dans le culte de ces deux figures : le Libertador, père de l’indépendance ; et le héros des « guerres fédérales », défenseur d’une réforme agraire radicale en faveur des paysans pauvres dont le cri de ralliement était : « Terre et hommes libres. » Chavez apprendra d’ailleurs qu’un de ses aïeux a participé à cette fameuse bataille et que le grand-père de sa mère, le colonel Pedro Pérez Delgado, surnommé Maisanta, mort en prison en 1924, fut un guérillero très populaire dans la région, sorte de Robin des Bois qui dépouillait les riches pour donner aux pauvres.
 
Il n’y a pas de déterminisme social mécanique. Et Hugo Chavez, avec cette même enfance, aurait pu connaître un tout autre destin. Mais il se trouve que, très tôt, sa grand-mère lui a inculqué des valeurs humaines fortes (solidarité, entraide, honnêteté, justice). Et ce qu’on pourrait appeler un puissant sentiment d’appartenance de classe : « J’ai toujours su où étaient mes racines - dira-t-il -, dans les profondeurs du monde populaire ; c’est de là que je viens. Je ne l’ai jamais oublié [4]. »
 
Admis au lycée, le jeune Hugo quitte Sabaneta et s’installe à Barinas, capitale de l’Etat du même nom. Nous sommes en 1966, la guerre du Vietnam est à la « une » des journaux et Che Guevara va bientôt mourir en Bolivie. Au Venezuela, où la démocratie a été rétablie en 1958, il y a aussi des guérillas ; de nombreux jeunes rejoignent la lutte armée. Mais Chavez est un adolescent qui ne s’intéresse pas à la politique. A l’époque, ses trois passions dévorantes sont : les études ; le base-ball ; et les filles.
 
C’est un lycéen brillant, surtout dans les matières scientifiques (maths, physique, chimie), qui donne volontiers des cours de rattrapage à ses camarades moins doués. Au fil du temps, il va acquérir un prestige au sein de l’établissement en raison de ses bonnes notes et de son sens de la camaraderie. Les différentes organisations politiques du lycée - dont celle de son propre frère Adan, militant d’extrême gauche – se disputent son recrutement. Mais Chavez ne pense qu’au base-ball. Il en est littéralement obsédé. C’est un « pitcher  » (lanceur) gaucher redoutable, et participe avec succès aux championnats lycéens. La presse locale parle de lui, de ses exploits sportifs. Ce qui ajoute à son aura personnelle.
 
Pendant ces années de lycée, sa personnalité s’affirme. Il est sûr de lui, parle bien, manie l’humour et se sent à son aise partout. Il devient ce qu’on appelle un « leader naturel », premier de la classe et très fort en sport. C’est d’ailleurs parce qu’il veut devenir un professionnel du base-ball que, une fois son baccalauréat obtenu, il va choisir de passer le concours d’entrée à l’Académie militaire. Il y réussit et le voilà en 1971, lui, le bouseux venu de sa province lointaine, à Caracas, capitale aussi futuriste et terrifiante à ses yeux que la Metropolis de Fritz Lang.
 
La chose militaire va immédiatement le passionner. Oublié le base-ball. Chavez fonce à corps perdu dans les études militaires. Celles-ci viennent d’ailleurs d’être modifiées. Ce sont désormais des bacheliers qui sont admis à l’Académie, et non plus des élèves de niveau brevet. Le corps professoral aussi a été renouvelé. Y ont été versés des officiers considérés comme les « moins sûrs » ou les plus « progressistes » par les autorités qui rechignent à placer des troupes sous leurs ordres... mais n’hésitent pas à leur confier la formation des futurs officiers... Depuis 1958 et la chute du dictateur Marcos Pérez Jiménez, les principaux partis –notamment Action Démocratique (social-démocrate) et Copei (démocratie chrétienne) - ont établi un accord entre eux, le pacte de Punto Fijo, et se partagent le pouvoir en alternance. La corruption gangrène le pays. Des officiers, alliés à des organisations d’extrême gauche, se sont déjà révoltés, en 1962, à Puerto Cabello et à Carupano. D’autres militaires ont rejoint les diverses guérillas dans les montagnes. La répression est atroce. Les exécutions sommaires, la torture et les « disparitions » sont monnaie courante. La présence de représentants des Etats-Unis est très ostensible, non seulement dans les lieux d’exploitation pétrolière mais également au sein même de l’état-major des forces armées. La Central Intelligence Agency (CIA) y a dépêché nombre de ses agents et aide à traquer les insurgés.
 
Chavez « boit » littéralement l’enseignement théorique qu’il reçoit à l’Académie. L’un de ses professeurs, le général Pérez Arcais, grand spécialiste d’Ezequiel Zamora, va exercer sur lui une influence déterminante. Il l’éduque au bolivarianisme. Chavez lit tout Bolivar. L’apprend par cœur. Est capable de reproduire en détail, sur une carte, les yeux fermés, la stratégie de chacune de ses batailles. Il lit aussi Simon Rodriguez, le maître encyclopédiste de Bolivar. Et développe bientôt sa thèse des « trois racines » : Rodriguez, Bolivar, Zamora. Dans les textes politiques de ces trois auteurs vénézuéliens, il puise les thèses de l’indépendance et de la souveraineté ; de la justice sociale, de l’inclusion, de l’égalité ; et de l’intégration latino-américaine. Thèses qui vont devenir les principaux piliers de son projet politique et social.
 
Chavez a une tête bien faite, de scientifique, et il est par ailleurs hypermnésique. Il ne va donc pas tarder à devenir l’un des meilleurs étudiants et le « leader » des élèves officiers. Il lit (en cachette) Marx, Lénine, Gramsci, Fanon, Guevara... Et se met à fréquenter, hors de l’Académie, divers cercles politiques d’extrême gauche : le Parti communiste (PCV), La Causa R, le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), le Mouvement vers le socialisme (MAS)... Rencontre clandestinement leurs dirigeants. Là encore chacun veut le recruter. L’entrisme au sein des forces armées étant une vieille ambition gauchiste. Après avoir bien étudié les révoltes militaires au Venezuela, Chavez est persuadé qu’il est possible de prendre le pouvoir pour en finir avec la pauvreté endémique. Mais que le seul moyen d’éviter les dérives « gorillistes  » (dictatures militaires de droite) c’est de forger une alliance entre les forces armées et les organisations politiques de gauche. Ce sera son idée-force : l’ « union civico-militaire ».
 
Il se penche sur l’expérience au pouvoir des militaires révolutionnaires de gauche en Amérique latine, en particulier : Jacobo Arbenz au Guatemala, Juan José Torres en Bolivie, Omar Torrijos au Panama et Juan Velasco Alvarado au Pérou. Il rencontre celui-ci à Lima, au cours d’un voyage d’études, en 1974, et il en sera fortement marqué. Au point que, vingt-cinq ans plus tard, parvenu au pouvoir, il fera éditer la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela, adoptée par référendum en 1999, sous la même forme que le « petit livre bleu » de Velasco Alvarado...
 
Entré à l’Académie militaire sans la moindre culture politique, Chavez en ressort quatre ans plus tard, en 1975, à l’âge de 21 ans, avec une seule idée en tête : en finir avec le régime corrompu et refonder la République. Dès cette époque, il est donc le Chavez que nous connaîtrons plus tard. Dans son esprit, tout est déjà très clair. Politiquement et stratégiquement. Il est « habité » par le projet bolivarien de reconstruction politique et sociale.
 
Mais il lui faudra encore attendre vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans de conspirations silencieuses au sein des forces armées. Et le concours de quatre événements décisifs : la grande révolte populaire - le « Caracazo » - contre la thérapie de choc néolibérale en 1989 [5] ; l’échec de la rébellion militaire de 1992 ; l’expérience féconde de deux années de prison ; et la rencontre, en 1994, avec Fidel Castro. A partir de là, sa victoire électorale est certaine. Comme cela se vérifiera en 1998. Parce que, disait-il en citant Victor Hugo, « rien n’est plus puissant au monde qu’une idée dont le temps est venu ».
 
1er avril 2013    
 
- Ignacio Ramonet est Président de l’association Mémoire des Luttes
 
 
Notes
 
[1] Vers de Stéphane Mallarmé, tiré de : « Le tombeau d’Edgar Poe  » (1877).
 
[2] Conversation avec l’auteur.
 
[3]  Cf. Alphonse Daudet, Le Petit Chose (1868), roman autobiographique.
 
[4] Conversation avec l’auteur.
 
[5] Dictée par le Fonds monétaire international (FMI) et imposée par le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez, cette « thérapie de choc » est un véritable plan d’ajustement structurel qui se traduit par des mesures d’austérité, un démantèlement de l’embryon d’Etat-providence et des hausses des produits de première nécessité. Le 27 février 1989, le petit peuple de Caracas s’insurge et saccage plusieurs quartiers de la capitale. C’est la première rébellion au monde contre les politiques néolibérales. Le gouvernement « socialiste » fait donner l’armée. La répression est féroce : plus de 3 000 morts. Hugo Chavez dira : « Le peuple nous a devancés. Et le gouvernement s’est servi des militaires comme si c’était l’armée d’invasion du FMI contre nos propres citoyens. »
 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 20:26

 

 

Leaders émergents
Pour imposer la démocratie, tous les moyens sont bons !

 

German-Foreign-Policy.com

Traduit par Michèle Mialane

 Original: Die Demokratie fördern, mit allen Mitteln
Traductions disponibles : English  Español 

L’UE a créé une nouvelle fondation pour soutenir les forces subversives chez ses voisins. Cette institution, qui s’est baptisée «  European Endowment for Democracy » (EED, « Fondation européenne pour la démocratie ») dispose d’un budget s’élevant à des millions d’euros et se destine à soutenir les forces d’opposition dans les pays situés aux frontières Sud et Est de l’UE. Son but officiel est de « favoriser la démocratisation » ; mais en réalité les conseillers gouvernementaux berlinois exigent, lorsqu’il s’agit de renverser rapidement un régime, de se résigner à soutenir également des groupes qui «  devraient se révéler par la suite être des non-démocrates.» 

 Elle prend explicitement pour modèle la fondation UD-américaine « National Endowment for Democracy» (NED), dont on dit à Washington qu’elle poursuit publiquement des actions de déstabilisation autrefois entreprises par la CIA. Deux députés allemands au Parlement européen détiennent des poste-clés à l’EED. Le gérant en est un diplomate polonais qui déclare, le cas échéant, pouvoir lancer dans les zones ciblées par l’EED des actions contraires au droit en vigueur. La constellation où recrute l’EED indique clairement que ses premières activités se dérouleront sans doute dans les pays frontaliers de l’UE à l’Est, en particulier le Bélarus et l’Ukraine. Les premières opérations doivent démarrer cet été.

Pro-occidentale et d’opposition

Démocratie: pile ou face?

 

La fondation de l’EED remonte à une initiative prise fin 2010 par Radosław Sikorski, le Ministre polonais des Affaires étrangères. En décembre 2010, le Président du Belarus, Alexandre Loukachenko,  qui refuse obstinément d’aligner son pays sur les conceptions politiques germano-européennes, a remporté les élections. Bien que des diplomates allemands, entre autres, admettent à demi-voix que Loukachenko dispose réellement d’une majorité dans sa propre population, Berlin et tout l’Occident poursuivent leur campagne pour le renverser. Il y a des années que la Pologne joue un rôle éminent dans ce processus, d’où la tentative de Sikorski de prendre la tête du combat contre le régime et sa proposition de créer dans les pays voisins de l’UE une organisation "maison",  modulable selon les besoins et dédiée au soutien de l’opposition biélorusse ainsi que d’autres forces d’opposition pro-occidentales. En février 2011, la présidence européenne polonaise a présenté officiellement ce projet à Bruxelles et en décembre 2011 les États de l’UE - entre autres sous le choc des évènements dans les pays arabes - ont décidé de fonder l’EED (1). Ce qui a été rendu tout à fait officiel le 9 janvier 2013.

 

Soutien aux partis

Selon son statut, l’EED est destinée à « soutenir par les moyens dont elle dispose des « courants et autres acteurs favorables à la démocratie », des mouvements sociaux, ONG et médias indépendants et surtout des « leaders émergents » (2). Ces moyens sont surtout financiers : le budget de départ de l’EED se chiffre à 14 millions d’euros. Mais la fondation doit aussi avoir en plus la possibilité de développer sur place des activités propres, sans définition plus précise. Le soutien à des partis politiques n’est pas exclu - une ingérence flagrante dans les élections démocratiques de pays tiers. Dans le tissu fort complexe de l’organisation, deux députés allemands au Parlement européen détiennent des poste-clés : Elmar Brok (CDU) dirige le Conseil d’administration de la fondation (Board of Governors), qui assure la liaison avec les États membres de l’UE et le Parlement européen ; en outre Alexander Graf (FDP) fait partie des 7 membres du Comité exécutif (Executive Committee). Le directeur opérationnel n’est autre que Jerzy Pomianovski, ex-Secrétaire d’État aux Affaires étrangères polonaises. 

Agir ouvertement et non plus en secret

Comme le dit Pomianovski, l’EED est conçue selon le modèle de la fondation usaméricaine «  National Endowment for Democracy». On s’inspire des activités de la NED en Europe de l’Est « avant et après la chute du communisme. » (3) La presse « main stream » des USA les avait déjà analysées au début des années 90. On y lisait que sur la fin des années 80 la NED avait « fait ouvertement ce qui autrefois avait été accompli dans le plus grand secret » par la CIA - « financer les forces anticommunistes derrière le rideau de fer» (4) : forums citoyens, revues, centres vidéos ; c’est au grand jour que la NED avait remis des fonds aux partisans de sa propre cause, au nom de la société civile et de la démocratie. Le vieux « concept de la ‘Covert action’ (action occulte) cher à la CIA », utilisé autrefois et « qui avait créé tant de difficultés à ce service au cours des 40 dernières années » était probablement « obsolète ». De nos jours, il « était vraisemblablement préférable de se livrer ouvertement à des activités sensibles en faveur des amis de l’Amérique à l’étranger. » Elles incluaient aussi des « opérations de soutien politique à des militants pour la démocratie » qu’il « était préférable d’abandonner au nouveau réseau agissant publiquement.»
 

Les fondations proches des partis

Or la République fédérale est depuis longtemps active dans ce domaine - par le biais de fondations proches des partis et de leurs activités à l’étranger - ce qui dans un premier temps provoqué des frictions dans l’affaire EED. Les fondations allemandes voyaient en elle une concurrente ; on a parlé de structures parallèles dépensant à foison. Il semble désormais qu’on ait trouvé un terrain d’entente ; la présence des deux députés européens allemands dans les instances dirigeantes de l’EED pourrait faciliter les choses. Comme la fondation de l’UE souhaite se consacrer d’abord aux voisins de l’Est et du Sud, de toute façon seules certaines fondations sont concernées, par exemple celles qui sont actives au Belarus et en Ukraine. (5) Toutefois l’exemple des fondations allemandes proches des partis indique que le soutien apporté aux forces d’opposition dans les pays voisins ne se limite nullement au soutien exclusif des forces démocratiques. Quelques-unes de ces fondations bien sûr dédiées à la démocratie ne cessent de soutenir des putschistes : par exemple en Thaïlande (6) au Honduras (7) ou au Paraguay (8).

Même en contradiction avec le droit

 

Démocratie "militaire"

 
La volonté de subversion de certains régimes peut, même à l’EED,  primer sur l’engagement en faveur de l’État de droit: c’est ce que nous enseignent certains propos du directeur opérationnel ainsi que de certains conseillers gouvernementaux allemands. Il est normal de soutenir les groupes d’opposition même si ce soutien s’apparente à un acte d’agression, a récemment déclaré Jerzy Pomianowski dans une interview radiodiffusée. La fondation n’a « peut-être pas partout le droit formel d’intervenir » a-t-il déclaré à la presse. « Mais il est possible que nous le fassions ».(9)

Des non-démocrates

 Déjà, l’an dernier, on avait entendu dire à la Fondation « Science et politique » SWP qu’il fallait souvent du temps pour s’assurer que les groupes-cibles de l’EED « recélaient véritablement, sous leur rhétorique démocratique, les valeurs et prises de position correspondantes ». Si l’on veut renverser rapidement un régime, « on ne peut éviter de soutenir des forces qui plus tard s’avéreront n’être pas démocratiques.» Selon le SWP, c’est inéluctable. L’EED doit appuyer «consciemment et activement » des groupes « dont l’évolution est imprévisible.»
 
 

[1] voir Der Schleier demokratischer Rhetorik (Sous la rhétorique démocratique)

[2] Statuts: European Endowment for Democracy

[3] Does Europe Need an Endowment for Democracy? carnegieeurope.eu 14.01.2013

[4] Innocence Abroad: The New World of Spyless Coups; The Washington Post 22.09.1991

[5] voir Deutschlands Netzwerke im Osten( Les réseaux allemands à l’Est), Der Schlag des Boxers (I) und Der Schlag des Boxers (II) (Le coup de poing du boxeur I et II)

[6] voir Ein entspannter und gemütlicher Putsch (Un putsch décontracté et sympa)

[7] voir Die Naumann-Fraktion (La fraction Naumann)

[8] voir Ganz liberal geputscht (Un putsch très libéral)

[9] Neue Stiftung soll Demokratie rund um die EU fördern (La nouvelle fondation doit favoriser la démocratie aux abords de l’Europe); www.welt.de 11.01.2013

[10] Solveig Richter, Julia Leininger: Flexible und unbürokratische Demokratieförderung durch die EU? Der Europäische Demokratiefonds zwischen Wunsch und Wirklichkeit, (L’UE apporte-t-elle à ladémocratie un soutien flexible et non bureaucratique? Le fonds européen pour la démocratie entre rêve et réalité), SWP-Aktuell 46, août 2012. Voir aussi Der Schleier demokratischer Rhetorik

 





Merci à Tlaxcala
Source: http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58554/print.
Date de parution de l'article original: 06/03/2013
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9450

 

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Published by Anne Wolff - dans Eurocrassie
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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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