16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 10:15

 

 

Pérou, dégats causé par la mine illégale de Madre de Dios

Source photo Servindi » Piden a presidente Humala declarar “Estado de Emergencia Ambiental” en Madre de Dios 

 

 

  

Pérou : conflits socio-ambiantaux et balkanisation de l’état 

Luis Hallazi 

Rebelión 

 

Conga

 

 Quelle est la relation entre la conflictivité socio-ambiantale, les mouvements sociaux et de droits humains dans le Pérou contemporain ?

Il est certain que  des interprétations plus extensives concernant les droits actuels et aussi de nouveaux droits humains apparaissent constamment. Ceci est dû à l’augmentation de la conflictivité socio-ambiantale et à l’impulsion que les différents mouvements sociaux sont en train de donner à ces droits, prenant en compte des aspects chaque fois plus spécifiques et il est clair que cela est dû à la position géostratégique du Pérou dans le contexte de nouveaux scénarios. Ceci nous mène à réfléchir sur les cause et conséquences et je m’arrêterai à une de ces conséquences : la balkanisation de la notion d’Etat-Nation. Ce concept même sur lequel sont construites beaucoup de nos institutions et identités. Le fondement même de la doctrine des droits humains, laquelle depuis 1948 tente d’équilibrer (toujours moins) cette logique économiste culturelle et économiquement réglée qui prédomine.

 

En même temps que nous assistons à un affaiblissement de l’état, nous observons le renforcement du pouvoir du marché transnational, de ses acteurs financiers qui à travers des entreprises ou des alliances multinationales et des consortiums économiques définissent des politiques économiques qui ont une incidence alarmante sur toute la planète. L’essor du capitalisme et du crédo néolibéral est également acteur de l’affaiblissement de l’Etat-Nation, cette pensée unique se consolidé chaque fois d’avantage dans des scénarios nouveaux et incertains qui ont pour cadre la globalisation économique et politique, à laquelle les mouvements sociaux cherchent à donner un tournant politique.

Les Droits Humains Emergents supposent une nouvelle conception de la participation citoyenne, qui donne la voix aux acteurs nationaux et internationaux qui traditionnellement on eut un poids nul ou faible dans la configuration des normes juridiques nationales et internationales. Les mouvements sociaux ont été les véhicules par lesquels ils ont été impulsés et doivent continuer de l’être si nous voulons une société de justice sociale, de justice ambiantale et de solidarité transnationale dans la défense des territoires et des ressources naturelles. Qui peut nier, par exemple, l’apport de la conscience ambiantale dans le cas de Conga et sa valeur juridique en regard d’un milieu ambiant sain et du droit humain à l’eau.

Ces revendications des mouvements sociaux se traduisent dans un agenda de droits à partir duquel nous attendons des réponses. Il est question  du Droit, conçu comme Droit transformateur, qu’il est nécessaire de  doter d’une source d’inspiration qui réinterprète notre réalité et permette de générer un équilibre face à l’actuelle architecture normative asymétrique édifiée par le Droit corporatiste. A partir de cette prémisse nous pouvons établir des formulations comme la Déclaration Universelle des Droits Humains Emergents, proposée dans le cadre du Forum Universel des Cultures de Barcelone en septembre 2004 et approuvée au Forum de Monterrey (Mexique) en 2007. 

Dans cette perspective, beaucoup de droits ont été configurés, parmi eux, des droits nouveaux sans aucun précédent ou des droits faiblement liés à des droits reconnus juridiquement, comme le droit au revenu de base ou le droit à la paix, et d’autres droits déjà connus ont donné lieu à des interprétations créatives comme le droit à habiter la planète et le milieu ambiant, le droit à la résistance ou le droit à la vérité et à la justice, qui sont des exemples qui réactivent une logique de droits humains fondés dans la dignité qui permettent de générer des mécanismes effectifs pour garantir le projet de vie des individus et des communautés à la lumière de notre époque.

Cependant, l’Etat péruvien et son inefficacité grandissante à comprendre la conflictivité socio-ambiantale contribue à la déstructuration de cette fragile construction  de l’Etat-Nation. Pour nous référer à un seul indicateur : nous avons une institutionnalité de l’état précaire, ce diagnostic coïncide aussi avec celui des analyses les plus approfondies du secteur des entreprises extractivistes. C’est dire que la société civile organisée et le secteur des entreprises extractives arrivent à la même conclusion : il est nécessaire de travailler à l’institutionnalité de l’état.

La différence est que dans la pratique la CONFIEP[i] et ses principaux porte-parole font pression sur le gouvernement pour “débloquer” des projets, ce qui implique concrètement l’assouplissement des instruments de contrôle ambiantal, (étude d’impact ambiantal EIA, CIRA,…), l’assouplissement des mécanismes de participation politique (restriction du droit à la consultation prévue des peuples indigènes), assouplissement du droit du travail, etc. Ceci est la réponse du secteur des entreprises extractiviste qui ne fait rien d’autre que contribuer à la précarisation des institutions. 

L’état pour sa part prend l’engagement de mettre en place des mesures qui permettent de « débloquer » des projets[ii] qui réduisent ses marges d’action à un rôle de simple facilitateur sans capacité de garantir des droits. Les questions que se posent certains d’entre nous sont : Combien de temps encore cette institutionnalité précaire, pourra-t-elle soutenir le flux des investissements, qui comme le signale le Président, augmente à un rythme de 35%[iii] annuels dans les activités extractives ? Quelle est la frontière entre le principe de conflits sociaux et ambiantaux comme précurseurs de changements institutionnels, sociaux et ambiamtaux, et un Etat réduit à sa plus minime expression du modèle néolibéral ?

Le gouvernement prend des engagements qu’il ne peut pas tenir envers les populations affectées ; d’autre part il prend de nouveaux engagements à long terme, vis-à-vis des investisseurs nationaux et étrangers, qui ont un énorme impact social et ambiantal sur les populations. Cette double irresponsabilité du gouvernement et des investisseurs et entrepreneurs nationaux du secteur extractiviste, eux-mêmes, va générer d’avantage de tensions qui finiront par déborder et générer différentes causes de conflictivité entraînant des changements dans la configuration territoriale.

 

Nous sommes donc face à une balkanisation de l’Etat national et l’échec de la construction d’un projet d’Etat-Nation selon l’ancien usage. A la place nous avons l’implantation d’un état néolibéral, qui d’autre part aura à faire front aux conséquences des engagements non tenus du gouvernement, ce qui induira une crise de légitimité et de gouvernabilité, indicateurs qui ont peu d’intérêt dans une société néolibérale pour laquelle le « succès » économique est l’unique préoccupation.

Face à cette réalité, les défis restent les mêmes, il est nécessaire de générer un rassemblement des forces qui prétendent équilibrer le panorama actuel, ce qui signifie travailler d’une manière plus coordonnées et stratégique. Les corporations d’entreprises extractives, nationales et internationales sont les moteurs qui impulsent ces changements.

De ce point de vue, un Droit transformateur doit activer tous les mécanismes juridiques, politiques et communicationnels pour garantir les droits des populations vulnérables. Des interprétations créatives des corpus juridiques et de diagnostiques politiques sont nécessaires, de telle manière que soient mises œuvre toutes les actions possibles d’exigeabililité et de justiciabilité contre les violations de différents droits humains qui lamentablement sont systématiquement vulnérabilisés par les impacts des entreprises transnationales et nationales non seulement au Pérou, mais sur la planète entière.

Louis Hallazi est avocat et politologue, conseiller de la Coordination Andine des Organisations Indigènes-CAOI, spécialiste en Droits Humains à l’Université Carlos III de Madrid, en Sciences politiques et Relations Internationales pour l’Université Autonome de Madrid, actuellement candidat doctorant pour la même université.

 

Contacto: luis.hallazi@gmail.com



i] La CONFIEP est la Confédération Nationale des Institutions d’Entreprises Privées..

 

ii Discours du président de la République à la Cérémonie de Fermeture de PERUMIN-31; Convention Minière 20-09-2013 Arequipa.

 

iii Ce sont les données présentées par le Président dela République à la cérémonie de fermeture de PERUMIN-31, à quoi il ajouta que leur montant atteignait un total de presque que 60 000 mille millions de dollars
Traduction Anne Wolff
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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 22:49

 

 

Pérou president

Comme le Chili et la Colombie, le Pérou est un pays que les États-Unis ne peuvent pas se permettre de perdre. C’est à Lima qu’est née l’Alliance du Pacifique qui unit les pays sud-américains obligés d’être amis avec Washington et qui forme un mur géographique ininterrompu entre les membres du Mercosur et la Chine.

Pourtant, le 5 juin 2011, la population péruvienne élisait un président nationaliste et progressiste, Ollanta Humala, qui devenait le premier chef d’État pro-intégration latino-américaine d’un pays du Pacifique partageant une frontière avec le Brésil.

«Le Brésil a besoin d’un partenaire stratégique de notre côté du Pacifique et le Pérou est idéal pour remplir ce rôle», déclarait alors le candidat Humala à la revue brésilienne Isto E, le 20 avril 2011.

À peine un an plus tard, la situation du président Humala ressemble à s’y méprendre à celle de son ex-homologue, le paraguayen Fernando Lugo, au moment du coup institutionnel du 22 juin dernier.

L’économiste péruvien, Oscar Ugarteche, dénonce une alliance, commandée par les États-Unis et les forces armées péruviennes, entre l’ex-président Alan Garcia et les secteurs de l’extrême-droite liés à un autre ex-président, Alberto Fujimori, qui purge une peine de 25 ans d’emprisonnement pour crimes contre l’humanité et le trafic de la drogue. Cette alliance vise à isoler le président en éloignant toutes les personnalités de gauche de son entourage politique.

Après l’élection, nous dit Ugarteche, la droite profite du conflit social autour du projet minier Conga, dans l’état du Cajamarca, conflit que Garcia avait soigneusement «chauffé» avant de céder le pouvoir à son successeur.

Après avoir pris des mesures jugées insuffisantes pour assurer l’accès à l’eau potable de la population affectée par la mine, Humala tombe dans le piège de la répression.

Il déclare l’état d’urgence dans le Cajamarca, emprisonne les responsables politiques régionaux venus négocier à Lima, bloque les fonds fédéraux aux États en conflit et somme publiquement son premier ministre de gauche, Salomon Lerner Ghitis, de cesser toute négociation.

S’ensuit un véritable carnage politique quand onze ministres de gauche sur les dix-sept du cabinet démissionnent ou sont remplacés par le président. Cela, écrit Ugarteche, privait Humala de ceux-là même qui l’ont appuyé comme candidat, ont écrit ses discours et amassé l’argent de sa campagne électorale.

Lerner Ghitis est remplacé par Oscar Valdez, ex-lieutenant de l’armée et partisan de Fujimori. Comme il fallait s’y attendre, écrit David Urra, du portail internet Contrainjerencia, les partisans de la main de fer dans le nouveau cabinet aggravent le conflit et permettent aux médias de générer une matrice d’opinion qui rend seul responsable le président Humala.

Comme en Bolivie et en Équateur, l’une des stratégies de la droite consiste à pousser les groupes indigènes, qui ont un poids important dans la population péruvienne, à affronter le gouvernement. Des ONG, analyse Urra, s’emparent de certaines revendications des groupes indigènes et les magnifient vers de tels extrêmes que le conflit devient ingérable.

D’un côté, la droite accuse le président de faiblesse et exige de lui une guerre totale contre la résistance et la subversion mais, de l’autre, sûre de sa propre force, elle lui reproche hypocritement le non respect de son agenda de gauche.

Depuis septembre, suite à une nébuleuse affaire de violence contre des policiers, la droite exige maintenant la révocation de la mairesse de Lima, une femme de gauche honnête et énergique, qui s’est attaquée à la corruption et que plusieurs voient comme candidate aux présidentielles de 2016.

Enfin, le 3 novembre, tombait l’ambassadeur péruvien en Argentine, Nicolas Lynch Gamero, au seul motif qu’il avait accepté une lettre des mains de représentants du MOVADEF (Mouvement pour l’amnistie et les droits fondamentaux), un groupe allié à la guérilla du Sentier lumineux.

Tout comme Lugo, au Paraguay, déplore Urra, Humala est ainsi isolé parce qu’il n’a réalisé aucun changement structurel dans le pays. Il a simplement laissé courir les choses, gardant intacts les pouvoirs de l’oligarchie et sa structure de gouvernement.

De plus, après avoir pris en considération une douteuse demande de pardon pour raisons humanitaires concernant Alberto Fujimori, Humala assiste impuissant à une série de jugements qui rejettent les unes après les autres les accusations pourtant amplement documentées de crime contre l’humanité et de trafic de drogue contre l’ex-directeur de la police secrète de Fujimori, Vladimiro Montesinos.

Le pouvoir judiciaire, dit Ugarteche, cherche à restituer le prestige des forces armées péruviennes, très liées aux États-Unis, et à réintroduire Montesinos en politique..

Humala gouverne maintenant avec ceux qui ont perdu les élections. Le colonel Estuardo Loyola est le chef du Bureau de prévention et de sécurité du Congrès, le colonel Adrian Villafuerte est conseiller du président en matière de sécurité et de défense tandis que le général Benigno Cabrera est en voie de devenir le chef du commandement conjoint des forces armées péruviennes. Les trois militaires ont signé, le 13 mars 1999, un acte de sujétion et de loyauté à Montesinos.

Du projet de « Grande transformation » mis de l’avant par Humala au cours des présidentielles, il ne reste que les programmes sociaux, constate pour sa part le sociologue péruvien, Omar Coronel. Le président a abdiqué. Il a laissé tomber l’instauration d’une loi générale du travail, d’un impôt sur les profits des compagnies minières, d’un zonage écologique du pays et d’une loi de consultation des communautés affectées par les projets miniers.

Il a maintenu le décret d’Alan Garcia permettant aux militaires accusés de violation des droits humains d’être jugés par leurs pairs, a laissé pourrir des conflits de travail comme ceux des enseignants et des professionnels de la santé, mais annonce fièrement qu’en 2015, le Pérou sera le siège de l’Assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale.

Lors de la dixième Conférence des ministres de la Défense des Amériques, à Punta del Este, en Uruguay, tenue du 7 au 10 octobre dernier, le ministre de la Défense péruvien, Pedro Cateriano, défendait l’incroyable demande états-unienne d’instaurer le principe d’accords entre les forces armées des pays latino-américains sans passer par les instances politiques.

Cateriano défend aussi le document que le Secrétaire d’État à la Défense états-unien, Léon Panetta, est venu présenter à Lima, le jour même de la réélection du président Chavez, au Venezuela. Ce document fait appel aux alliés latino-américains des États-Unis pour que leurs forces armées coopèrent dans le but de soutenir le leadership mondial de ce pays et de garantir sa sécurité et ses intérêts.

En septembre dernier, le ministre péruvien de l’Économie, Miguel Castilla, décidait que le Pérou ne dirigera pas le Groupe d’intégration financière de l’UNASUR, ce que son pays doit pourtant faire à titre de président pro-tempore de l’organisme d’intégration sud-américain. La décision a eu préséance sur l’intérêt maintes fois déclaré du président Humala pour l’UNASUR!

Clairement, conclut Ugarteche, celui qui décide n’est pas Humala. Il ne décide ni des questions de politique extérieure (intégration et rapports avec les États-Unis) ni des questions de politique intérieure (pardon à Fujimori, jugements de Montesinos, épuration des éléments de gauche).

Tout indique que les États-Unis sont loin d’avoir perdu le Pérou.

André Maltais

 

Source : La survie politique du président péruvien ne tient qu’à un fil | Mondialisation
La survie politique du président péruvien ne tient qu’à un fil | Mondialisation

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 18:58

 

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Et de la Colombie d'hier et d'aujourd'hui, hop un saut au Pérou, la maintenant... pour rappeler que ce n'est pas qu'en Colombie que les multinationale font la loi... 

 

Pérou: d'un conflit minier à l'autre


Le conflit autour de la mine Conga n'est toujours pas éteint, et depuis dix jours un cas assez proche - mais celui-ci largement relayé par la presse francophone -, celui de l'entreprise suisse Xstrata, dans la région de Cusco.

Dans le cas de Cajamarca (projet Conga) comme dans celui de Espinar (entreprise Xstrata), la population se révolte pour préserver ses ressources en eau: des lagunes qui doivent être asséchées à Conga, deux rivières polluées à Espinar.

Dans les deux cas aussi, les populations revendiquent implicitement ou explicitement une répartition plus équitable des bénéfices générés par les mines, alors que ce sont eux qui continueront à vivre sur place quand les entreprises minières - toutes étrangères - seront reparties une fois les veines vides. A Espinar, Xstrata reverse 3% de ses bénéfices - soit 30 millions de dollars chaque année - à la commune dans le cadre d'un "apport volontaire". Le maire d'Espinar demande que cet apport volontaire passe à 30% , ce que refuse l'entreprise, arguant du fait que la réalisation du projet Antapaccay (destiné à prolonger la "vie utile" de la mine Tintaya) entraînera une augmentation des bénéfices et donc du montant reversé à la population. Accessoirement elle considère que céder serait un "précédent néfaste ". Dans le cas de Cajamarca, le gouvernement national a suggéré à la compagnie Yanacocha un certain nombre de mesures qui bénéficieraient aux populations locales, afin de faciliter l'acceptation du projet.

Dans les deux cas toujours, l'état d'urgence  a été décrété pour un mois pour bloquer les mobilisations et garantir l'activité économique, et les leaders des mobilisations (l'activiste Wilfredo Saavedra  à Cajamarca, le maire  à Espinar) ont été arrêtés. A Cajamarca, ça n'avait pas calmé le jeu: une partie de la population rejette toujours le projet  de développement minier, et de son côté Isaac Humala, le père du président, met de l'huile sur le feu en soutenant le mouvement et en traitant le premier ministre d'idiot . Ambiance assurée!

 

Articles en français sur Xstrata (beaucoup dans la presse suisse, évidemment, mais pas seulement):

 

Photo: message sur le rideau de fer d'une boutique à Quito (Equateur): "Fermez les mines, que le dernier éteigne la lumière". MC

 

Source : Pérou: d'un conflit minier à l'autre | Hispanioo

 

Pérou

État d’urgence pour protéger une multinationale minière

Par Sophie Chapelle (1er juin 2012)

L’état d’urgence a été décrété depuis le 27 mai dans le sud-est du Pérou, à la suite du mouvement social déclenché contre le groupe suisse minier Xstrata. De violents heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont fait quatre morts et plusieurs blessés. Les autorités régionales d’Espinar accusent la multinationale de polluer deux cours d’eau, les fleuves Salado et Cañipa, proches de la mine de Tintaya, et exigent une étude environnementale. En réponse, le président Ollanta Humala a décrété l’état d’urgence, ce qui suspend pendant trente jours les garanties constitutionnelles concernant la liberté et la sécurité des personnes, ainsi que la liberté de réunion et de circulation dans le territoire. Une décision perçue par l’ONG Tierra y Libertad comme une façon de criminaliser le mouvement de protestation.

Xstrata, qui détient quatre mines de cuivre au Pérou, n’en est pas à sa première controverse. Le géant minier, qui prévoit de fusionner avec la multinationale suisse Glencore (lire notre enquête), partage avec elle les accusations de pollution de l’environnement, de violation des droits humains, de travail des enfants, d’expropriations forcées, d’appel à des milices armées pour protéger leurs sites.

Xstrata et Glencore sont également accusées par les associations locales d’être installées en Suisse « pour optimiser leurs impôts » (sic). Selon les projections, les revenus combinés de Glencore et de Xstrata devraient s’élever à 209 milliards de dollars, et générer des bénéfices de l’ordre de 16,2 milliards de dollars. Le groupe rejoindra le club des grands groupes miniers comme Vale et Rio Tinto. Aucun doute que la rémunération des actionnaires du groupe sera bien supérieure à ce que l’entreprise versera à ses employés.

 

Source : État d'urgence pour protéger une multinationale minière - Pérou - Basta !

 

 

1er juin 2012

Pérou : Arrestation d’un leader de la lutte contre l’extraction minière

Au lendemain de la déclaration de l’état d’urgence dans la province d’Espinar (région de Cuzco - sud du pays), la police a arrêté le leader du mouvement anti-mine qui proteste depuis plus d’une semaine contre un projet d’extraction de l’entreprise suisse Xstrata. Les manifestants dénoncent le montant des royalties que la société souhaite payer aux autorités locales, mais aussi le niveau des salaires ainsi que la politique environnementale. Deux manifestants ont été tués lundi, et le même jour, le gouvernement déclarait l’état d’urgence pour une durée de trente jours. Mardi, la police a arrêté Herbert Huaman, chef de file du mouvement de protestation, pour avoir appelé à la fin de l’état d’urgence. Les autorités l’accusent également d’avoir appelé à de nouvelles mobilisations populaires. 24 autres personnes ont été arrêtées depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence.

Voir le dossier: Amérique Latine avec les tags: - -

3 juin 2012

Pérou : Prolongation de l’état d’urgence

L’état d’urgence a été prolongé de deux moix dans tous les districts des provinces de Huanta y La Mar, Tayacaja y Satipo et à d’autres sept districts des départements de Cusco et de Junín. Les forces armées gouverneront directement ces régions où le PCP-SL est actif. Les droits constitutionnels y sont suspendus.

Source  : Pérou : Prolongation de l'état d'urgence - Secours Rouge/APAPC

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 10:17

 

Au Pérou, un café bio pas très équitable

 

Ça commence comme un titre d'un roman de Vargas Llosa : « La “gringa” aux yeux bleus et le café bio ». Une jeune femme, Christelle Bittner, journaliste et blogueuse française, se plaît au Pérou. Elle pose ses valises dans un coin reculé de la selva Central, à Pichanaki. Une région que les Péruviens des montagnes, en mal de terres, sont venus coloniser et apprivoiser au milieu du siècle dernier.

Bravant la jungle, ils sont arrivés là avec leurs mules chargées de sucre et de sel. A coups de machette, ils ont déblayé la terre et ont fini par la rendre productive : ils ont réussi à faire pousser du maïs, du cacao, des agrumes, des bananes et du yucca pour se nourrir, et du café pour le vendre.

Lucía, productrice de café dans les années 60

Parmi les premiers colons, une femme, Lucía Cárdenas, crée le village Union Pucusani et une plantation de café de 100 hectares dans les années 1960.

Christelle est accueillie par cette famille. La jeune femme raconte :

« Ce sont des gens qui offrent tout alors qu'ils n'ont rien. Un paysage magnifique, sauvage, qu'eux appelaient leur “enfer vert”. Mais un enfer que les cultivateurs de café ont fini par aimer, au fil du temps. »

Pourtant, malgré cet attachement à la terre et au café, de nombreux cultivateurs commencent à quitter la selva (la forêt) pour « descendre » en ville : la culture du café bio (en Amérique latine on dit « organique ») est fragile : asperger la plante de produits chimiques est un geste plus facile puisqu'il permet d'augmenter la production (même si le chimique a un coût) ; ne pas l'asperger signifie faire la sélection à la main, produire moins et plus lentement.

Pour des questions économiques, la culture du café bio, à Union Pucusani, est donc essentiellement artisanale.

Le café bio, plus cher à produire et vendu au même prix

Le problème ? « Un café bio et équitable, plus cher à produire, est vendu – c'est aberrant – au même prix que le café qu'on appelle “ conventionnel ”, cultivé avec des pesticides et des produits chimiques à tout va », explique Juan Carlos, petit-fils de Lucía qui s'est lancé dans la production du café bio.

Ce qui veut dire que le prix du café bio ne tient pas compte des efforts et de la qualité qu'assurent ses producteurs, contrairement au discours marketing que nous servent les grandes marques qui nous vendent de l'équitable en France, selon lequel « acheter un produit bio labellisé permet de consommer juste ».

Le discours marketing autour du bio, pas la réalité...

 

 

Pour lire la suite, deux sites à visiter, celui de de Christelle: Un Autre Pérou | Chroniques d'une Gringa dans la jungle péruvienne 

et celui de l'auteur de l'article avec des commentaires instructifs sur le commerce  soi disant"équitable"

Au Pérou, un café bio pas très équitable | Rue89

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 18:50

 

 




Le 5 juin dernier, au Pérou, Ollanta Humala, chef du Parti nationaliste et candidat de la coalition Gana Peru, était élu président de l’un des trois bastions restants du néolibéralisme pro-états-unien en Amérique du Sud.

Dans son message inaugural devant le Congrès de la République, le 28 juillet, le nouveau président annonçait « plus d’état et plus de patrie », qualifiant son modèle de pays « d’économie nationale de marché, ouverte au monde et à fort contenu social. »

Humala montrait tout de suite ses couleurs en prêtant serment, non seulement sur la constitution néolibérale en vigueur, mais aussi sur la précédente charte nationaliste, abolie en 1993 par Alberto Fujimori qui purge une peine d’emprisonnement de 25 ans pour corruption et violation des droits humains.

Dès maintenant, le nouveau gouvernement renforcera les entreprises nationales d’hydrocarbures (Petro Peru), des ports, de navigation ainsi que les arsenaux des Forces armées. Il ressuscitera également la compagnie aérienne nationale privatisée par Fujimori.

Il augmentera de 25% le salaire minimum, construira des hôpitaux dans les départements du pays qui en sont dépourvus et implantera des programmes d’assistance tels Cuna mas, destiné aux enfants de moins de trois ans, Beca 18, aux étudiants des familles pauvres et Pension 65, aux personnes âgées.

Humala promet de financer ces projets au moyen d’impôts sur les profits des transnationales minières et pétrolières qui devront être renégociés en 2013 alors que prend fin l’Accord de protection des investissements, l’une des pièces maîtresses de la constitution fujimoriste.

Mais la tâche sera difficile car, depuis deux ans, le modèle économique extractiviste et les dommages sociaux et environnementaux qu’il provoque soulèvent la colère des populations aussi bien dans le nord amazonien que dans le sud andin du pays.

Le mouvement est né après que le prédécesseur d’Humala, Alan Garcia, eut divisé en lots vendables tout le territoire amazonien. Les indigènes du nord-est péruvien ont alors affronté, à Bagua, les concessions pétrolières avec un bilan de 30 morts.

Depuis, les populations se sont mobilisées contre plusieurs projets comme ceux des mines Tia Maria, à Cocachacra, et Santa Ana, exploitée par la canadienne Bear Creek Mining, de même qu’Inambari, une série de cinq barrages hydroélectriques destinés à approvisionner le Brésil

Au moment d’écrire ces lignes, dans le département andin de Puno, un soulèvement compte déjà 45 jours de grèves et six morts. À deux reprises, en pleine campagne électorale présidentielle, la population organisée autour du Front de défense des ressources naturelles a occupé l’aéroport de Juliaca avant d’en être violemment chassée.

Alan Garcia laisse en héritage au nouveau gouvernement 227 conflits sociaux non résolus contre 80 à son arrivée au pouvoir, en 2006.

En 2009, selon le sociologue péruvien, Jorge Lora Cam, 82,3% des exportations des pays andins (Pérou, Bolivie, Équateur, Colombie et Venezuela) provenaient de l’extraction des ressources naturelles. Au Pérou, les concessions offertes aux entreprises minières, gazières et pétrolières couvrent quasiment 70% du territoire national, menaçant sérieusement la survie des communautés indigènes et paysannes.

En plus d’affronter les populations de régions qui ont parfois voté à 80% en sa faveur, Humala devra compter avec les pressions déstabilisatrices d’une oligarchie qui a bénéficié d’un cycle de 35 ans de gouvernements néolibéraux pour s’implanter à tous les niveaux du pouvoir

Mais, d’abord étiqueté pro-Chavez lors des présidentielles de 2006, Humala, cette fois aidé de conseillers personnels de l’ex-mandataire brésilien, Lula da Silva, a mis l’emphase sur l’intégration régionale et le modèle brésilien de « croissance avec inclusion sociale » des majorités pauvres.

Ce pragmatisme n’a pas empêché, dès le lendemain de son élection, une chute de 12,5% de la bourse de Lima provoquée par les transnationales minières (dont beaucoup de canadiennes) qui en sont les principales cotisantes.

Mais, selon le dirigeant populaire péruvien, Ubaldo Tejada, depuis déjà quelques années, la gauche sud-américaine est plus qu’une simple idéologie. Les nouveaux gouvernements progressistes comme celui d’Humala ne sont désormais plus laissés à eux-mêmes, car l’influence du Brésil et de l’ensemble des pays de l’Unasur fait sérieusement contrepoids aux États-Unis.

Ainsi, dès l’élection d’Humala officialisée, l’Unasur envoyait un message fort à la droite péruvienne aussi bien qu’internationale, en annonçant la tenue de son prochain sommet des chefs d’état à Lima, le jour même de l’intronisation du président péruvien.

Le sommet s’est conclu sur un engagement des pays membres à atteindre l’inclusion sociale et la participation citoyenne, deux points importants du programme de gouvernement d’Humala.

La priorité d’un nouvel axe Pérou-Brésil, écrit le journaliste uruguayen Raul Zibechi, ira aux projets de développement de l’Initiative d’intégration des infrastructures régionales sud-américaine (IIRSA), c’est-à-dire les infrastructures de transport, de communication et d’énergie traversant le territoire péruvien et reliant le Brésil à l’Océan Pacifique et à l’Asie.

Pourtant, il y a quelques mois, rappelle l’économiste péruvien Oscar Ugarteche, l’Alliance du Pacifique s’était formée à la hâte avec deux objectifs: empêcher la constitution d’un bloc régional et voir à ce que personne d’autre que les alliés régionaux des États-Unis ne contrôle les minéraux stratégiques, tel le cuivre dont le Pérou est le second producteur mondial après le Chili.

Outre ces deux derniers pays, la Colombie et le Mexique intégraient la nouvelle alliance qui prend déjà l’eau de partout, avec la victoire d’Humala, au Pérou, la contestation sociale grandissante au Chili, le probable retour au pouvoir du PRI, dès 2012, au Mexique, et le virage économique sud-américain du président Santos, en Colombie.

Ce dernier vient même de proposer la création d’une monnaie commune aux pays de l’Unasur pour éviter que les problèmes du dollar ne dévaluent les réserves des banques centrales sud-américaines.

Washington constate aussi que les traités de libre-échange conclus avec des pays comme le Pérou et le Chili, n’empêchent pas la Chine de devenir leur premier partenaire commercial, ni le Brésil de s’y implanter à pas de géants.

Mais les États-Unis ont d’autres cartes dans leur jeu, avertit Ugarteche. Ainsi, les Forces armées péruviennes sont activement liées au Commandement Sud états-unien, au point de constituer un « deuxième canal diplomatique » entre les deux pays.

Le Pérou, résume pour sa part Raul Zibechi, « se retrouve maintenant dans l’œil de la tourmente géopolitique entre le projet d’Alliance du Pacifique de Washington et l’Unasur/Mercosur où le Brésil joue un rôle déterminant. L’un et l’autre s’appuieront sur des forces internes, au Pérou

Washington tient à la longue frontière péruvienne avec le Brésil, qui est la plus rapprochée des ports stratégiques sur le Pacifique et à partir de laquelle plusieurs bases militaires surveillent le géant sud-américain.

Quant au Brésil, la présidente, Dilma Rousseff, annonçait récemment qu’il domine maintenant tout le cycle nucléaire en plus d’être l’instigateur, au sein de l’Unasur, du nouveau Centre d’études stratégiques pour la défense (CEED) du territoire sud-américain. Cela, ajouté à son impressionnant dynamisme économique, fait de Brazilia un allié régional incontournable.

La victoire d’Humala, dit Zibechi, désarticule la stratégie militaire états-unienne qui dépend maintenant d’une Colombie de moins en moins fiable.


André Maltais est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de André Maltais publiés par Mondialisation.ca

 

Source : Pérou : la victoire d’Humala rebrasse les cartes géopolitiques


 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 20:27

 

 


de : sting
mercredi 24 août 2011 - 18h16

Le nouveau président, le nationaliste de gauche Ollanta Humala, s’était engagé pendant sa campagne …….

L’Etat péruvien devra dorénavant consulter les communautés indiennes sur les projets de concessions minières sur leurs territoires. Le Parlement a adopté une loi dans ce sens, mardi 23 août, alors que les indigènes réclamaient ce droit de longue date.

La précédente législature avait déjà voté la loi en mai 2010, mais le président de centre-droit d’alors, Alan Garcia, redoutant que les indiens ne puissent ainsi exercer un droit de veto contre les investissements, l’avait renvoyée devant le Parlement avec des observations. Elle y était restée enlisée depuis.

Le Parlement issu des élections générales d’avril l’a débattue de nouveau et l’a adoptée à l’unanimité des présents, par 113 voix (sur 130 sièges). Le nouveau président, le nationaliste de gauche Ollanta Humala, s’est engagé pendant la campagne électorale à la promulguer et la soutenir.

Le premier député indien amazonien de l’histoire du Pérou, Eduardo Nayap, de l’ethnie awajun, élu en avril, a félicité ses ’compatriotes pour cet événement qui entrera dans l’histoire et dont les peuples amazoniens seront reconnaissants’.

CONSENSUS RESPECTANT LES DROITS INDIGÈNES

Le texte pose le droit des communautés indiennes à être consultées sur des projets les affectant, comme souvent en Amazonie ou dans les Andes, riches en minerais. Elle ne crée pas un droit de veto sur un projet, mais oblige l’Etat à trouver, en cas de litige, une solution de consensus respectant leurs droits.

La loi, selon ses partisans comme Nayap, pourra éviter les conflits sociaux ayant trait à la défense de l’environnement, comme celui qui avait fait 34 morts et 200 blessés en juin 2009 lors d’affrontements à Bagua entre indiens amazoniens et police, les plus meurtriers des vingt dernières années au Pérou.

Cette loi dite ’de consultation préalable’ place le Pérou en conformité avec une convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les droits des (...)

 

Lien (mais l'article ne va pas plus loin?) : Au Pérou, les Indiens devront être consultés sur les concessions minières - sting - BELLACIAO

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 20:04

 

Aujourd'hui et demain sont jours de grève générale au Chili. Des actions qui s'inscrivent dans un mouvement de lutte qui traverse le pays et à comme exigence entre autre la création d"une assemblée constituante. J'ai cherché quelqu'article en français bien fait qui parlerait de cette grève. Si jamais vous avez quelque bon lien. Il me semble que le web a aussi ces phénomènes de mode médiatique. La lutte du peuple chilien devrait être mieux relayée. j'ai trouvé ce bon article pour marquer le coup de de cette lutte si proche des nôtres

Anne

mercredi 24 août 2011

Des centaines de milliers de personnes dans les rues des grandes villes du pays (1), et ce depuis plusieurs mois ; un maire, celui de Santiago, qui suggère de faire appel à l’armée pour éviter que la commémoration du 11 septembre 1973 (date du coup d’Etat contre le président Salvador Allende) ne fasse l’objet de débordements : le Chili vit une période inédite.

Jamais, depuis la fin de la dictature, en 1990, le pays n’avait connu d’aussi importantes mobilisations. Jamais, depuis 1956, un gouvernement démocratique n’avait fait face à une telle contestation populaire.

 

 

Lirela suite : En finir (vraiment) avec l’ère Pinochet

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 13:41

 

 

investiture-Humala-Ollanta.jpg

 

Joaquin Rivery Tur

UNE présence accrue de l’État dans l’économie, l’inclusion sociale et la lutte contre la corruption, constituent l’essence du message prononcé devant le Congrès du nouveau président péruvien, Ollanta Humala, lors de son investiture.


Humala (du parti Gana Peru), n’a pas prêté le serment sur la dernière constitution approuvée sous le gouvernement d’Alberto Fijimori, l’ancien président corrompu, mais sur la Constitution rédigée en 1979 par une Assemblée constituante.


Avant même de prendre ses premières mesures, les premières attaques de l’oligarchie pleuvent contre le président. Il suffit de lire le titre du journal El Correo : « Rejet », pour comprendre la bataille qui l’attend.


Humala a annoncé que le Pérou construirait sa « propre voie de développement qui prendra comme exemple ce qu’il y a de positif dans d’autres expériences », ajoutant qu’« il n’y aura ni calque ni copie, mais une création héroïque » pour paraphraser le patriote péruvien José Carlos Mariategui.


Il a demandé à ceux qui exigent des salaires et des droits « de ne pas renoncer à leurs revendications, mais ils doivent savoir que tout changement, pour être durable, doit être graduel et rationnel ». Puis il a confirmé son intention d’introduire des mesures sociales, mais échelonnées dans le temps.


Par contre, il a insisté sur le fait que « les bénéfices extraordinaires des entreprises minières doivent contribuer à l’effort national en faveur du combat contre la pauvreté », reprenant ses propositions de la campagne électorale.


Le nouveau président du Pérou a souligné qu’« il est urgent de réparer les injustices, de repartir dans la bonne direction et de rétablir le dialogue dans notre société ».


Respecter les promesses sociales ne sera pas tâche facile pour le nouveau gouvernement. Humala doit faire face à un système néolibéral avec des lois dictées ouvertement en faveur de l’oligarchie et au détriment de la qualité du niveau de vie de la population, surtout dans les zones rurales péruviennes que le grand José Carlos Mariategui appelait le « Pérou profond ».

Ollanta Humala n’ignore pas la force médiatique de la droite nationale et internationale et, même si sa représentation au Congrès est la plus importante, il ne possède pas la majorité pour imposer des lois, de sorte qu’il se verra obligé de passer des accords avec d’autres organisations politiques.


On sent déjà les pressions des entreprises du secteur minier privé pour empêcher Humala de tenir sa parole d’appliquer plus d’impôts aux entreprises qui ont tiré d’énormes profits de la hausse du prix des minerais sur le marché international.


Quant aux secteurs sociaux, ils espèrent que le président tiendra les promesses de son programme, qui inclut une réforme fiscale qui apporte des fonds au budget afin de financer les programmes sociaux.


« Humala veut faire quelque chose qu’ils (les autres gouvernements) n’ont pas fait depuis de nombreuses années : gouverner pour nous, pour le peuple. Cela me plaît l’idée qu’il augmente le salaire minimum... C’est bien, parce que nous travaillons beaucoup et comme des mules pour un salaire de misère », a dit Luis Ramirez,un chargeur de marchandise de 45 ans cité par l’agence AP.


On attend que le Président aille à pas mesurés, en manœuvrant en cédant du terrain et en reprenant l’initiative, en temporisant et en imposant, quand cela sera possible, dans le cadre législatif néolibéral péruvien. Le parti Gana Peru, une alliance de partis de gauche, représente, avec 47 députés, la plus grande force politique, mais moins de la moitié des 130 membres du Congrès.


Joaquin Rivery Tur

http://www.granma.cu/frances/notre-amerique/4agost-ollanta.h...

URL de cet article 14338
http://www.legrandsoir.info/perou-les-premieres-attaques-contre-ollanta-humala.html
granma.cu - Les premières attaques contre Ollanta Humala
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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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