16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:21
Humeur de guerre, humeur de paix  ?

 

 

Commencé comme réponse au commentaire de Souris que la Goutte d’eau que je suis remercie, mon humeur du jour qui parle de guerre et paix.

Merci,

Cela réchauffe le cœur, ce que j’ai pu observer autour de moi au cours de cette dernière année me désespère vraiment. Et si je suis sincère ce ne sont pas tant les avancées de la globalisation qui m’interpellent, parce qu’elle poursuit sa logique de destruction d’un monde et de ses habitants pour en édifier un nouveau où ne doit être conservé que ce qui s’intègre à la bonne marche du système. Mais cela c’est sa logique, intrinsèque, sa nature. Je l’ai dit ailleurs, je ne crois pas tant au complot se perpétuant de génération en génération explicitement en tant que « complot contre l’humanité’’ mais bien à une idéologie pernicieuse qui est le conditionnement des classes dites dirigeantes, et qui ne laisse à leurs membres que peu de libre arbitre pour imaginer d’autres possible que ceux qui leur ont été bourrés dans le crâne dès l’enfance. Une situation confortable qui détermine pour ceux qui la vivent un avenir tout tracé. Je ne la qualifierais pourtant pas de privilégiée. Les valeurs que véhiculent ce système sont vraiment tristounettes…austérité et quoi encore. Associer d’emblée pauvreté et austérité, cela a quelque chose de religieux, au sens de poursuite de l’Inquisition par d’autres moyens, comme l’est ce besoin de contrôle des comportements et de répression de tout ce qui est ciblé comme constituant les nouvelles hérésies, même si les Thatcher et autres Reagan leur attribuait le beau nom d’Alternative lorsqu’ils affirmaient qu’elles avaient à disparaître.

Ce que je suis encore, ces jours-ci, en train d’observer sur un autre terrain que celui de la cité, dans le monde rural, alors que je suis en opération sauvetage de ma caravane et que je suis confrontée cette fois à l’éradication de toute forme de vie alternative en Wallonie qui passe par l’éradication de l’habitat alternatif ; la seule tolérance étant de ne pas détruire absolument systématiquement de celui qui existe déjà (5 OOO euros de prime pour détruire sa caravane habitat principal… dérisoire pour vendre son âme). Et là encore, on en parlait hier, l’associatif institutionnalisé à trahi. Ceux qui hier défendaient l’habitat alternatif le stigmatise aujourd’hui et en échange de subsides deviennent les premiers agents de cette destruction et contrôleurs sociaux de la population ainsi relogée. Obtenir la confiance des habitants et contrôler qu’ils remplissent ensuite les conditions de bons locataires, (payer ses charges, son loyer, mais aussi avoir un comportement socialement recevable) ainsi que produire les rapports qui décrivent ce processus, c’est écrit en toutes lettres dans le programme qui porte le nom de HP ou habitat permanent. Globalisation.

Ce qui m’afflige ce n’est donc pas tant le programme systémique, même s’il est irrecevable par toute personne bienveillante et sensée, mais bien la complaisance que ceux qui en sont les victimes mettent à se laisser faire. Déresponsabilisation tant de sa propre vie que du devenir collectif.

Et ceux qui m’énervent le plus sont ceux qui prétendent profiter du système ». Ils m’énervent de deux manières (surtout quand ce sont des amis que je vois se détruire ainsi complaisamment… pour le système) d’une part quand j’observe leur manière de vivre, et les effets négatifs pour leur santé morale et physique et d’autre part cette absence total de prise de responsabilité collective qui nuit à tous ceux qui se retrouvent inclus dans la « mise au rebut » (dans la trilogie des glissements progressif de marginal jusqu’aux 70, exclus fin du 20ème siècle, jusqu’à la notion de rebut du 21ème glissement conceptuel s’accompagnant d’un changement de statut et condition de vie), je vais le dire « familièrement », comme je peux le dire la Grande Sœur que je suis quand je vois les amis complaisants et acteurs de leur propre destruction ; « Mais putain les mecs, bouger vous le cul ! Avant qu’il ne soit trop tard » désolée pour la formulation, mais oui, quand je vois des amis qui font le chemin qui les conduisent droit vers la mort prématurée (pour beaucoup à la quarantaine) ou vers toutes les diminutions de soi qui sont les conséquence de la mauvaise vie, bien sûr, je suis partagée entre tristesse et colère. Et je le dis.

Je ne crois pas que la vie soi sécurité en soi. Une caractéristique de la vie et de l’évolution, c’est la prise de risque et la preuve s’il en faut c’est l’humain. Qui pourrait signifier la fin et la destruction de tous ces processus complexe de l’évolution qui lui a donné jour. Humain qui aujourd’hui se subdivise toujours plus entre les aspirants à une surhumanité et transhumanité, l’humanité proprement dite et l’infra humanisation, celle qui résulte pour des êtres humains de la privation des conditions de la dignité..

Surhumain, ce sont eux qui le pensent et le prétendent. Ma vision des choses c’est plutôt que ceux qui nient le caractère humains d’autres au nom de la race, de la position dans la hiérarchie sociale se placent eux-mêmes hors humanité, comme l’ont fait les nazis (et comme ils continuent de le faire, ainsi que cet inquiétant mouvement White Supremacist qui prend une ampleur qu’il n’aurait jamais du prendre si le fascisme n’était pas la vocation finale du capitalisme).

Ajoutons cette question terrible : « Comment poser les bases d’un monde meilleur, alors que les gens gentils qui le souhaitent ne sont en général vraiment pas formés pour affronter ces machines de guerre fabriquées en série que sont les Soldats d’Opérations Spéciales et autres Terroristes). Si, si, sans nul doute, les OP sont bien des Terroristes, leur formation implique les moyens de semer la Terreur parmi des populations civiles pour les réduire à l’impuissance. Je ne vais pas épiloguer là-dessus ici, comme pour beaucoup de sujet ainsi je dispose de tous les éléments à l’état de matière brute qui permettent de le comprendre. Pas des conditions de temps et tranquillité pour mettre tout cela en forme. J’ai d’autres urgences en ce moment.

Y compris des remises en questions de moi qui plongent jusque dans mes racines les plus profondes. Toutes les conséquences dont je n’avais pas mesuré jusque-là l’ampleur d’avoir été dès ma conception malvenue. Ce n’est pas « que cela » qui détermine mon sens des responsabilités collectives, mais cela en fait partie et d’une manière dont je pourrais dire qu’elle est souvent contre-productive, une forme de Don Quichotisme qui nuit au Robin qui est en moi. Pour l’anecdote, j’ai été conçue à l’orée de la forêt et certains que je serais un garçon mes parents avaient décidé de m’appeler Robin. Cela me fait rire, heureusement ils ne m’ont pas appelée Robine ce qui aurait été plutôt dur à porter.

Je n’avais pas eu à me poser ce genre de questions jusqu’ici parce qu’il y avait assez d’espace dans le monde pour construire ma vie en des lieux, avec des collectifs où elles n’interféraient pas. A présent que de fait la guerre nous rattrape et que le monde ainsi que le proclame l’actuel programme du Pentagone* est devenu le foyer d’’une guerre qui ne dit pas toujours son nom, avec son concept de « guerre diffuse à multiples foyers » et de domination du spectre complet », nous sommes appelés à développer de nouvelles formes de vigilance, et d’impeccabilité de comportements. Et donc à nous redéfinir en fonction de cet état de guerre en tant que résistante en ce qui me concerne puisque depuis longtemps j’ai choisi mon camp.

Comprendre ces nouvelles formes de La Guerre est essentiel pour en reconnaître les manifestations, y compris dans à travers la Propagande qui en est un outil majeurs. La concentration des médias entre quelques mains, quelques grands groupes qui ne s’est pas faite en un jour, (A qui appartiennent les médias ?) est une manifestation de volonté continué de prendre le contrôle des inconscients collectifs, des masses. La notion de masse dont use si souvent des personnes ou groupes de gauche est par nature antithétique d’une société de liberté et d’épanouissement personnels et collectifs. Le monde auquel j’aspire est fait de personnes déterminées qui ne suivent pas aveuglément des mouvements de masses, mais sont capables de formes d’auto-organisations différenciées, une qualité commune à de nombreux groupes d’autochtone du continent dit Amérique du Nord au Sud.

Questionnement, je l’ai dit en ce moment je suis une sorte de questionnement ambulant, Ce qui prouve que je suis toujours vivante.

Anne

*Je renvoie à ce texte Projet global d'instrumentalisation des armées mondiales au service "des intérêts et de la sécurités des USA"  qui contient d’autres référence à la guerre du 21éme siècle et à ceux qui suivent :

 

Quelques traductions inédites sur ces thèmes

En ce qui concerne ce programme J.V. 2020, une description et analyse ici

Militarisation impérialiste : nouveaux masques pour de vieux projets

Par Rina Bertaccini et sur le même thème Ana Esther Ceceña

La domination du spectre complet en Amérique (et dans le monde)1

La domination du spectre complet en Amérique (et dans le monde) 2

La domination du spectre complet en Amérique (et dans le monde) 3

En ce qui concerne son application deux textes clés de Nick Turse , initialement publié sur TomDispatch qui les résume fort bien

 

La nouvelle doctrine d’obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. Ou comment mettre la planète à feu et à sang…

Les opération spéciales "us" mènent guerre secrète dans 120 pays

Et, parmi bien d’autres, dont les premiers cités, nous permettent d’établir les liens entre eux, qui décrivent applications et ramifications

"culture stratégique" : le commandement sud et la militarisation des universités

Décrit la mise au service du projet global des universités mais aussi de la société civile et qui fonctionne déjà en France sous le nom de clubs « société défense », par exemple à Lille, alors que le projet militaire conjoint de lutte contre-insurrectionnel y a pour nom « Opération Scorpion »

Un exemple d’application de cette « culture stratégique »

L’avant-garde yanqui en Amérique Centrale : peuples indigènes en grand danger !

Un des visages de la doctrine dite d’Obama, la fusion des armées officielles et privées, ainsi que des entreprises et services de renseignement dont le rôle de garde-chiourme et assassins au service des transnationale est très, très, très clairement démontrés en Amérique Latine :

Les entreprises militaires privées pénètrent l’Amérique Latine

 

On pourra également se référer à celui-ci qui met en évidence le rôle de la propagande dans la guerre de quatrième génération.

Annexe extraite de Ménard, maire fasciste, la fin du capo de RSF (arme de quatrième génération de la CIA)

 

 

La guerre de 4ème génération

La définition d’un modèle d’ingérence et d’intervention qui a été appliqué au monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale pour déstabiliser les nations et faire tomber les gouvernements non affiliés aux intérêts des pays centraux (E.U. et Union Européenne) se radicalisa en 1989 quand depuis le Pentagone des officiers de l’Armée et l’Infanterie de Marine des USA produisirent un document intitulé « Le visage changeant de la guerre jusqu’à la quatrième génération ». A partir de là fut développée une théorie de la Guerre de Quatrième Génération associant le concept de Guerre Asymétrique à celui de « la lutte contre le terrorisme » que décrétera le gouvernement de George W. Bush.

En 1991, deux ans après ce premier document, le professeur Martin Van Creveld de l’Université Hébraïque de Jérusalem publia le livre « La transformation de la guerre » qui synthétise et complète la théorie de la guerre de Quatrième Génération. Dans ce modèle prévaut la substitution des bases militaires traditionnelles par d’autres cachées et des entrepôts ; Le contrôle de la population se fera non plus à travers une occupation militaire mais bien par un mélange de propagande et de terreur. Il prédit en plus la disparition des systèmes de combat traditionnels (armée contre armée) et sa transformation en conflit de basse intensité (également nommés Guerres Asymétriques).

Dans la Guerre de Quatrième Génération “Les tactiques et stratégies militaires sont remplacées par des tactiques et stratégies de contrôle social, au moyen de la manipulation de l’information et de l’action psychologique de manière à diriger le comportement social des masses. Les cibles ne sont pas physiques (comme dans l’ordre militaire traditionnel) mais psychologique et sociales. L’objectif ne vise plus la destruction d’éléments matériels (des militaires, soldats, infrastructures civiles, etc.) mais le contrôle du cerveau humain. Les grandes unités militaires (marine, aviation, tanks, sous-marins, etc.) sont remplacées par un grand appareil médiatique composé par les grandes rédactions et les studios de radio et télévision. Le bombardement militaire est remplacé par le bombardement médiatique. Les slogans et les images remplacent les bombes, les missiles et les projectiles du domaine militaire. L’objectif stratégique n’est alors plus la conquête et le contrôle des espaces physiques (populations et territoires, etc.) mais bien l’appropriation et contrôle du comportement social de masse.

La formule de la guerre de 4ème génération a été employée dans le monde entier dès avant sa formulation théorique (par exemple au Chili en 1973), mais au cours des dernières années et face aux échecs successifs de la méthode de la guerre conventionnelle pour occuper des pays (Irak, Afghanistan) cette forme d’intervention est devenue la forme préférée des interventions impériales. Elle a été utilisée contre l’Iran, la Syrie et la Lybie et dans notre Amérique Latine contre le Honduras, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela avec des degrés de succès divers.

 

 

Por Miguel Guaglianone 

  Extrait de VENEZUELA/ De la “violencia civil” al terrorismo | ecopopular 

Traduction Anne Wolff

 

 

Ce n’est qu’un aperçu des textes et traductions inédites concernant ces thèmes de la guerre contemporaine figurant sur ce blog. Figurent aussi une élucidation des méthodes de coups d’états doux, j’aurais certainement de bonnes occasions d’y revenir. Un aspect tout aussi importantsur lequel je reviendrai en bonne écosophe est la mise de l'écol.ogie au service de la guerre globale et des intérêts et de la sécurité des Transnationales qui l'inventent et la dirigent

 

 

 

 

Humeur de guerre, humeur de paix  ?
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 07:31
Petite note pour les amis de passage

 

Je ne sais si vous voyez la même publicité obscène que moi alors que je passe sur mon blog, mais moi elle me fout la gerbe. Pour le dire poliment. Dans l’ancienne formule, accepter de la publicité sur son blog signifiait qu’on avait conclu un accord de « droits d’auteurs » avec Overblog. Ce n’est plus le cas. Je tenais à faire cette précision, Les Etats d’Anne sont un acte gratuit qui participe de ce grand mouvement du web, par lequel des personnes partagent et échangent gracieusement informations et idées.

Cela étant dit, les commentaires auxquels je n’ai pas répondu s’accumulent. Pour cause d’absence prolongée. J’ai voulu commencer à y répondre ce matin. A nouveau ce n’est pas clair, rien ne m’indique la différence entre ceux auxquels j’aurais répondu et les autres et même le renvoi depuis courriel n’est pas clair. Je vais donc faire une réponse plus générale. Pour en finir d’emblée avec les fâcheux fachos et autres, sachez que je n’ai résolument rien à vous dire et que je ne vous aurais de toute manière pas répondu, les dialogues de sourds n’ayant aucun intérêt. Je n’ai pas envie de faire de prosélytisme, et n’ai aucun goût pour les échanges d’injures et autres méchancetés. Je n’ai nulle intention de partager votre haine, ni aucune autre d’ailleurs, par chance la vie m’a épargné ce genre de sentiments destructeurs avant tout pour l’intégrité de ceux qui les professent. Ya basta ! Place aux relations de bonne concordance et convivialité. C’est un suffisamment beau défi à présent de s’entendre entre amis que de ne pas perdre son temps à se colleter avec ses ennemis sans enjeux significatifs.

Je remercie par contre du fond du cœur tous ceux qui m’ont encouragée, remerciée pour mon travail. Dans les épreuves que j’ai traversées au cours des derniers mois, vous avez contribué à faire la différence. A ne pas laisser tomber, la vie, la dignité, la combativité pour rejoindre ceux qui furent il n’y pas si longtemps des amis et qui à présent comme de vilains vampires détruits par la misère, m’invitent ou parfois tentent de me forcer à les accompagner dans leur glissade vers le fond du gouffre, néant d’être de celui qui a abandonné sa conscience pour entrer dans le magma indifférencié de la déstructuration mentale.

J’ai beaucoup de leçons à tirer des épreuves (défis ?) que j’ai traversées depuis un an que j’étais de retour à Bruxelles, Certaines leçons ne se tirent qu’en prenant de la distance. Je dois à présent désengluer ma vie de ce marasme collectif et repartir sur d’autres bases.

Je voudrais pouvoir dire que j’exagère alors que je suis sans doute encore au-dessous de la vérité. Je n’explique rien, je constate qu’infra humanisation est un mot qui prends sens concret pour des personnes gentilles dont le plus grand tort était d’être faibles, de ne pas être armés pour un monde de concurrence, de rivalité, de compétitivité et n’avaient pas non plus la combativité pour défendre leur droit à l’existence personnelle sans changement de leur personnalité, adaptation sociale délétère. Quand l’intégration sociale exige une désintégration de la personnalité avec tous les effets destructeurs que cela entraîne pour la santé morale et la santé physique, qui sont étroitement liées. Quand les petites pilules de l’acceptation viennent suppléer au manque à être des zombies sociaux.

J’ai la chance immense de ne pas avoir d’addiction à l’alcool, je ne consomme pas non plus de médicaments. Je vois les amis qui partent en cure de désintoxication. Une première phase, le sevrage, se déroule en surdose de valium. L’occasion pour certain de se créer une nouvelle addiction. Ensuite une semi-liberté pour voir si le sujet résiste à la tentation. Je ne suis pas bien renseignée sur le déroulement de cette seconde phase, je le serai d’avantage d’ici quelques jours, peu importe. Le constat général est que la nième phase est presque à coup sûr, celle de la rechute.

Je n’ai pas non plus connu les affres de la dépression. Même si quelque fois nous avons flirté ensemble la dépression et moi, j’ai les ressorts intérieurs qui me permettent d’y échapper. Pratique intensive d’une activité constructive, celle qu’il est possible ici et maintenant, tout en changeant ce qui dans mes conditions d’existence génère cette crise. C’est ma réponse au risque de la dépression. Et (jusqu’ici) cela marche. Avec des hauts et des bas. La vie comme prise de risque dans la pauvreté volontaire devient toujours plus difficile à assumer au quotidien.

Je vous ai parlé des faibles, gentils qui ne tiennent pas le choc de civilisation que représente la mise aux normes du Nouveau Monde pour la Vieille Europe. Et puis il y en a d’autre pour qui c’est l’occasion de faire exploser sur la place publique leurs pires instincts. Le premier constat que j’ai fait dès mon premier retour en 2005, c’est le dénigrement devenu manière de se mettre en valeur pour ceux qui n’avaient plus de vie propre. Alors on cherche le pire chez l’autre ou du moins on l’invente. Nous étions un petit groupe qui vivait une bonne convivialité,une quarantaine de personnes constituaient le noyau qui attirait de bonnes énergies d’autres personnes qui venaient passer de bons moment avec nous.2008 plus ou moins, marque un tournant, la crise s’aggrave et en particulier celle du logement. Beaucoup d’amis perdent alors le leur sans en retrouver d’autres. La solidarité joue encore, Des amis hébergent d’autres amis, toujours plus dans des conditions toujours plus difficiles, dans des espaces toujours plus restreints. Certains hébergeurs perdent leur logement pour avoir héberger des « personnes peu délicates ». De nouveaux venus s’imposent qui amènent des logiques d’agressions. Les tensions montent, agressions verbales, physiques, apparition et multiplication d’armes blanches.

J’ai quelques témoignages de personnes dites schizophrènes qui m’expliquent qu’elles ont toujours entendu des voix dans leur tête mais qu’avant de prendre des médicaments ces voix étaient gentilles alors que sous l’influence de ces derniers elles incitent à la méchanceté, à la violence. Pour quelques thèmes, comme celui là, j’ai accumulé pas mal de données qu’il faudrait mettre en forme. Comme j’ai pratiqué une politique de l’urgence, tenté de créer les structures qui permettraient de sauver qui et ce qui pouvait l’être. Encore une fois j’ai échoué.

Sans doute parce que j’ai trahi une de mes propres règle, on n’aide personne, on s’entraide et que ceux auquel je m’adressais pendant mes trois ans d’absence avaient cessé même de pouvoir s’aider eux-mêmes. La méchanceté, l’agressivité, la violence, sont devenus pour beaucoup ce qi les tiens debout. Alors que les plus gentils n’ont pas la force souvent de résister à cette double attaque, sociale (globale) d’une part et venant d’anciens amis, de l’ancien groupe de convivialité d’autre part. J’ai été une des dernières à m’entendre avec quasiment tous. A présent c’est bien fini. Je suis d’un naturel plutôt gentil, j’ai une certaine tendance à jouer les bonnes poires, j’ai aussi un amour de la vie qi me fait considérer avec tristesse ceux qui acceptent sans réagir de se livrer à des programmes d’autodestruction dans lesquels ils entraînent leur entourage.

Un autre fait à signaler, l’arrivée massive, pendant cette période, d’héroïne de mauvaise qualité. J’ai toujours été prise dans cette dualité, de penser qu’il fat vraiment être stupide pour même seulement goutter à l’héroïne alias que les témoignages concernant les risques et dégâts qu’elle produit abondent. Et la compassion pour ceux qui ayant céder fusse une fois à la tentation se retrouvent pris dans l’engrenage. Je ne compte plus les morts que cette substance a provoqués autour de moi. Toujours des personnes avec de beaux potentiels, et une grande fragilité affective qui constituaient leur principal handicap. Je ne compte plus non plus les personnes dégradés par la prise de méthadone, qui devient un palliatif permanent, plus de vingt ans parfois, pour ceux pour qui, selon certains médecins véreux, elle sera le neutralisant qi évitera qu’il se transforme en junkies pris comme nuisances sociale.

L’absence d’empathie qui accompagne la prise de cette substance, quand elle se prolonge, fabriquent de vrais sociopathes, qui ne se contentent plus ‘arracher le sac des vigiles dames pour se payer leur « doses ». No comment. Et je ne parle pas de ce qu’est l’invivable expérience de ceux qui partagent le quotidien de ceux qui ne réagissent plus aux stimuli de l’affect, largués sur la planète indifférence, où plus rien ne les atteints.

Cependant je ne suis plus aussi naïve qu’avant, et je dois accepter à présent que la gentillesse n’est pas la tendance spontanée de l’humain et qu’il existe également des gens méchants, nuisibles qui n’attendent que l’occasion pour tomber le masque de la civilité. Idiote, j’ai eu mille occasions de m’en rendre comte avant, dès l’enfance. Et je ne parle pas ici de ces petits bourgeois (requalifiés de classe moyenne selon les catégories propres au fascisme) qui étalent à présent leur vindicte comme un trophée qui démontre leur caractère d’élite par rapport à d’autres qu’ils dénigrent et dont ils souhaitent la disparition. Voir les commentaires qui se multiplient dans certains torchons médiatiques belges. Mais instrumentaliser ces catégories joviales, leur faire croire qu’ils sont une sorte d’élite, cela aussi fait partie de la propagande fasciste qui crée ce climat favorable à l’implantation de l’extrême-droite dans nos contrées.

J’essayerai d’approfondir et développer tout cela si l’occasion m’en est donnée, parce que cela aussi fait partie intrinsèque de la globalisation et de ses manifestations locales. Là j’ai du boulot pour sortir ma propre vie de ce fossé où elle s’est engluée. Heureusement je peux encore compter avec quelques  amis qui eux aussi tentent de garder la tête hors de la boue qui toujours d’avantage nous entoure et nous englue.

Je ne regrette pas je préfère avoir pris le risque, tenté de relever le défi et avoir échoué que d’avoir accepté ce qui apparaît à présent comme inéluctable sans lever le petit doigt. J’ai refait ces jours-ci quelques ballades dans des sites latinos, ai pu constater de visu la vitalité créative d’amis africains avec qui nous parlons le même langage, fait d’abord de simplicité joyeuse, vitalité. Je n’approuve aucune satisfaction à bien m’en tirer, et pourtant je le sais, il faut que je donne à ma vie un nouveau départ avec des personnes gentilles, actives et consciente du problème écosophique majeur que traverse notre planète.

Désolée pour les fautes et autres coquilles, faut que je me mette au boulot pour sauver ma charmante petite caravane. Bien le bonjour à tous (les amis)

Anne

 

Petite note pour les amis de passage
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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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