2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 16:49

 

 

Les auteurs de cet article : Camil Bouchard, Gérard Duhaime, Francine Lavoie, Georgia Vrakas, Dominique Arama, Marie-Claude Larrivée, Isabelle Boisvert et Émilie Ruffin

À la fin des années 1800, le gouvernement du Canada interdisait aux autochtones le recours à leur médecine traditionnelle et leurs rites religieux. Puis vinrent les écoles résidentielles. Les enfants y furent portés pensionnaires avec interdiction de parler leur langue : une tentative de génocide culturel dont la loi sur les Indiens adoptée à la fin des années 1880 et revue en 1951 consacre la légalité depuis lors. Cette loi enlève tout droit de propriété résidentielle aux autochtones, les confine à des réserves, les soustrait de toute responsabilité fiscale leur refusant du coup les droits et privilèges de citoyens responsables de leur destin. Cet effort soutenu d’assimilation des autochtones à la majorité Blanche ressemble à s’y méprendre à un apartheid ethnique, infantilise les membres des Premières nations et les piège jour après jour dans une dépendance économique, sociale et culturelle toxique. La suppression systématique de leur culture passe par la négation successive de leur spiritualité, de leur langue, de la relation nourricière avec la Terre. Les réserves sur lesquelles ils sont confinés sont continuellement menacées, perturbées ou inondées dépendant des calendriers de développement économique sur lesquels ils n’ont très souvent rien à dire. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les taux alarmants de suicides et de dépendance aux drogues chez les autochtones et leur méfiance à l’égard d’un système éducatif qui a broyé toute une génération et qui gomme leur appartenance culturelle.

C’est dans ce contexte aussi que s’inscrit l’attitude méprisante du gouvernement Harper dans la mise en tutelle de la municipalité d’Attawapiskat. Ce faisant, le gouvernement laisse entendre que le manque de logements salubres à Attawapiskat est le résultat d’une administration locale incompétente. Il a beau jeu de le faire, la recette est connue : vous refusez l’exercice des responsabilités civiques à un groupe, vous le confinez à des espaces de vie marginaux et insuffisants à ce que ses membres puissent assurer leurs besoins essentiels comme se nourrir, se loger et se vêtir, et vous les financez ensuite selon votre bon vouloir en les accusant de ne pas prendre leurs responsabilités. Cela relève de la plus haute hypocrisie et de la désinformation malfaisante. L’exemple des 90 millions$ versés à la communauté d’Attawapiskat est éloquent à cet égard. Alors que le gouvernement Harper affirme que ces 90 millions$ ont été octroyés pour la construction de logements, il sait pertinemment que ce n’est pas le cas. Cette somme sert à couvrir l’ensemble des programmes sociaux de la communauté : le logement (5,8 millions$), la santé, les écoles, les infrastructures de tout ordre. La somme dévolue au logement est à peine suffisante pour construire 23 logements alors qu’il en manque plus de 200. On induit sciemment une perception de générosité sans bornes du bon gouvernement canadien à l’égard des «Indiens irresponsables».

Durant ce temps, de l’autre côté de la Baie d’Hudson, dans les 14 communautés de la Baie James et de la Baie d’Ungava,  les Inuits du Nunavik continuent de s’entasser à qui mieux-mieux dans de petits logements dont il manque encore près de 1000 unités, de l’aveu même du gouvernement québécois. Alors que ce dernier annonce un investissement pour la construction de 500 logements supplémentaires (pour lesquels on espère que Québec honorera ses engagements…)  en sus des 340 prévus dans l’entente quinquennale avec Ottawa, le gouvernement Harper refuse toujours de reconnaître ce besoin criant des habitants du Nord. Attawapiskat vit un cauchemar aux yeux de tous. Les villages du Nunavik sont aux prises avec le même problème depuis longtemps et cela engendre des drames qui font quelquefois la manchette puis tombent dans l’oubli, la distance, l’isolement ou l’indifférence faisant leur oeuvre. L’attitude du gouvernement Harper devant la détresse des familles d’Attawapiskat nous fait imaginer le pire pour toutes les autres communautés autochtones. On comprend aisément pourquoi ce gouvernement s’est longuement fait tirer l’oreille avant de signer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le temps est venu de saisir l’ONU du peu de cas que fait le gouvernement canadien de ces droits.

http://www.centpapiers.com/canada-attawapiskat-ou-le-regne-du-mepris/89410

AP Photo/Adrian Wyld, The Canadian Press

AP Photo/Adrian Wyld, The Canadian Press

 

 

 

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LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 21:02

 

Carton Rouge : un concept intéressant

 

 

Marche à Houndé contre les OGM, l'accaparement des terre et l'agro-buisness le 29 janvier 2011
Marche à Houndé contre les OGM, l'accaparement des terre et l'agro-buisness le 29 janvier 2011

 

"CARTON ROUGE" :


tribune populaire libre de résistance, de dénonciation et de propositions

   Jeunesse opprimée, chômeurs, victimes  du système, militants des causes justes, combattants de la liberté, "CARTON ROUGE" est Votre cadre d'expression. Sortons nombreux pour construire une résistance forte contre les dérives politiciennes au Burkina Faso.


 

Le principe de carton rouge est simple:


1- C'est une tribune des opprimés, le micro est donc libre pour tout le monde. Tu viens, tu le prend et tu défends ton opinion. Tu distribue tes cartons rouges à qui tu veux sans exception.
2- c'est sans protocole , pas d'experts : seul le peuple est expert de sa misère, de son chômage et sa répression
3- Chacun utilise la forme d'expression qui lui convient: speech, chant, danse, dessin, etc.

Date: samedi 20 juillet 2013
Lieu: plateau Omnisports du secteur 21 (Tampouy)
Heure: 19h

Sortons nombreux pour dire non au sénat,
à une éventuelle modification de l’article 37 etc.

MSV-Burkina


"yiikignan'' (débout)

 

 

Lancement du concept "CARTON ROUGE'', une tribune populaire et libre de dénonciation, de résistance et de proposition le samedi 20 juillet 2013 à Tampouy

Au regard du con texte so ciopolitique que traverse le Burkina Faso et dans l’objectif d’apporter une réponse citoyenne à la qu estion de la mise en place du SÉNAT, à une éventuelle MODIFICATION DE L’ARTICLE 37, à la PROBLÉMATIQUE DE LA VIE CHÈRE, et aux différentes QUESTIONS POLITIQUES QUI DIVISENT la classe politique bu rkinabè, le MOUVEMENT DES SANS VOIX BURKINA (MSV-Burkina) organise une activité populaire dénommée « CARTON ROUGE» le samedi 20 juillet 2013 à TAMPOUY sur le plateau omnisports du secteur 21 à partir de 19h.

« CARTON ROUGE » est une tribune populaire libre de dénonciation, de résistance, de proposition et de lutte contre toute dérive politique pouvant compromettre le bon fonctionnement démocratique du pays et qui vise à sensibiliser et à mobiliser les populations surtout les jeunes pour faire face à ces dérives éventuelles et présentes.

« CARTON ROUGE » vise également à faire du peuple en général et des jeunes en particulier les véritables détenteurs du pouvoir politique au Burkina Faso. L’étape de Tampouy ouvre le bal d’une série de « CARTON ROUGE » qui va sillonner les différents quartiers populaires de la ville de Ouagadougou et au besoin les grandes villes du Burkina Faso.
Le Mouvement des Sans Voix Burkina Faso convaincu que sa démarche citoyenne et participative peut être la clé d’un mieux être, lance un appel à tous les jeunes des différents ghettos du Burkina Faso qui croupissent dans le chômage, dans l’extrême pauvreté, aux élèves et étudiants aux avenirs incertains, aux artistes muselés (musicien, graphistes, plasticiens, dessinateurs, comédiens etc.), aux activistes des droits de l’homme réprimés, aux femmes marginalisées, à toutes les couches sociales défavorisées, à sortir massivement lors du passage de « CARTON ROUGE» dans votre quartier.

 

affiche du forum des déguerpis organisé en septembre dernier à Ouagadougou avec l'appuis du réseau No-Vox
affiche du forum des déguerpis organisé en septembre dernier à Ouagadougou avec l'appuis du réseau No-Vox
 
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 20:50

 

 

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ANDRÉ LEFEBVRE

Étant un fervent téléspectateur des émissions sur l’histoire du Canada (et de l’histoire en général). Je trouve révoltant que l’on puisse mettre l’accent sur cette histoire selon la vision des USA, de l’Angleterre ou de la France. Quant à la version « québécoise », elle s’avère trop souvent tirée de ces « sources » biaisées par leurs intérêts particuliers, sinon, elle ne commence que depuis une centaine d’années. Ce qui confirme que nous avons perdu nos « sources » en tant que « nation ».

La réalité est que notre histoire est celle des Amérindiens et des « Canayens »; et de personne d’autre; le reste n’est que du « périphérique ». L’histoire d’un peuple n’est  pas un grand tissu de soie flamboyant vaguement vu de loin; c’est plutôt le travail déployé peu à peu sur chacun des petits liens tissés pour produire cette soierie. Ce tissage graduel est facile à trouver dans l’histoire des familles canadiennes.

Se révolter, vous me direz, c’est bien beau; mais « agir » contre ce qui nous révolte est beaucoup mieux. Je cesse donc de me plaindre et je raconte la vraie histoire du Canada, c’est-à-dire : l’Origine de ma « Nation ».

Sa découverte :

La découverte du Canada tient surtout à l’exploration du fleuve St-Laurent. Débarquer à Terre-Neuve n’est pas « découvrir le Canada ». Tout comme de débarquer sur l’île de Manhattan n’est pas « découvrir l’Amérique ».

Le premier Français qui navigue dans l’embouchure du Fleuve St-Laurent n’est pas Jacques Cartier; c’est Thomas Aubert de Rouen en 1508, capitaine du vaisseau La Pensée. Il ramène 7 Amérindiens Micmac à Dieppe en 1509 et apporte l’information de riches pelleteries dans le pays. Par contre, en 1534, c’est bien Jacques Cartier qui explore minutieusement le Fleuve St-Laurent. Lors de son deuxième voyage, en 1535, il se rendra jusqu’au site du futur Montréal, appelé à  l’époque Hochelaga, où des Iroquois ont un village fortifié d’une cinquantaine de « longues maisons ». Revenant à Stadaconé (Québec), autre village Iroquois, il y reste pris dans les glaces et doit y passer l’hiver. Les Européens sont sauvés, in extremis, du scorbut par une « médecine » amérindienne de cèdre blanc appelé « Annedda ».  Au printemps il amène le chef Iroquois Donnacona avec ses deux fils et sept autres guerriers pour les « présenter » à François 1er. Aucun des Amérindiens ne reviendra au Canada. Certains, semble-t-il se marièrent en France.

L’installation des Iroquois à Hochelaga et Stadaconé est pour contrôler les voies de commerce Amérindien d’Amérique du Nord. Ils y resteront jusque vers 1600. Ils déménagent vers l’Ouest et le Sud-ouest, là où le climat et la survie sont meilleurs et où le contrôle du commerce est aussi efficace.

Le troisième voyage de Cartier, en 1540, est sous le commandement de Larocque de Roberval, Huguenot (protestant) et corsaire mais « homme de cour » et courtisan de François 1er. Fatigué de l’attendre, Cartier part en premier et se rend à Stadaconé (futur Québec), habitation Iroquoise de 500 personnes qu’il connait déjà. Lors de son retour en 1542, il rencontre Roberval à Terre-Neuve qui le somme de revenir sur le Saint-Laurent. Cartier n’en tient pas compte et retourne en France avec sa cargaison de pyrite de fer et de quartz qu’il croit être de l’or et du diamant. Cartier meurt le 1er septembre 1557 probablement de la peste. Il laisse ses écrits « Relations » dont les manuscrits originaux sont perdus.

Fondation de Québec en 1608 :

Après avoir fondé un poste de traite à Tadoussac en 1603, Champlain comprenant l’importance de disposer d’un établissement permanent pour la traite des fourrures, fonde Québec en 1608. Voilà, exactement, la raison principale de la fondation de notre belle ville de Québec. Vous avez bien lu : la traite des fourrures.

Remarquez que Pierre Dugas de Mons, Huguenot inconnu mais en réalité plus important que Champlain, avait déjà établi un comptoir à Tadoussac en 1599 avec son copain Pierre Chauvin de Tonnetuit. Tous les deux sont « Réformistes » (Protestants) et reçoivent, du roi Français Henri IV, le monopole du commerce des fourrures. Seulement cinq des seize hommes survivent au premier hiver de 1600. Leur monopole dure jusqu’en 1607. Dugas de Mons, ne voulant pas perdre les avantages de la traite des fourrures, tout en gardant le titre de Lieutenant général pour la Nouvelle France, s’organise et finance alors Champlain pour que celui-ci vienne installer un établissement, où il le voudra bien,  sur « la grande rivière du Canada ». Champlain choisit le site de Québec en 1608.

Seul Henri IV pensait à une colonie française en Amérique; les autres ne faisaient qu’en parler. Le roi de France souhaitait-il créer un refuge pour les Huguenots de son époque? C’est possible puisqu’il avait été Huguenot lui-même et,  pour accéder à la royauté de France, avait déclaré en 1593 : « Paris vaut bien une messe! ». Il avait déjà, précédemment, changé de religion temporairement, lors du massacre de la St-Barthélémy en 1572. Ce massacre (60,000 personnes tués en trois jours) était suffisant, j’ai l’impression, pour faire penser au roi de déménager les Huguenots hors de France. Mais Henri IV, soutenant les Huguenots, est assassiné en 1610 et les Jésuites, appuyés auprès du roi par le P. récollet Le Baillif, viennent veiller sur la « catholicité » et ne laissent pas la colonie être envahie par les « réformistes ». La réalité est que les Jésuites importent la guerre des religions en Amérique. Ils encouragent constamment les « raids » contre la Nouvelle Angleterre « protestante » tout en « moussant » les affrontements entre les autochtones qui « reçoivent » leur message apostolique et ceux qui n’en veulent rien savoir. Mais encore là, cela fait partie du « périphérique » de notre histoire. Nous l’avons traversé avec les résultats obtenus.

Au printemps de 1609, sous Champlain, il ne reste que 7 Français dans l’habitation de Québec. Un bon matin, les Algonquins arrivent  pour obliger Champlain à remplir sa promesse de les assister dans leur lutte contre les Iroquois. C’est alors que commence la « merveilleuse » histoire officielle de la Nouvelle France. Champlain décide de participer à ce qu’il appelle lui-même, « la guerre » entre ses amis Algonquins et les « barbares » Iroquois. Et quelle guerre ce fut, mes aïeux! Champlain, rassemblant tout son courage et survoltant celui de son armée, composée de deux autres compagnons, triés sur le volet parmi les six qui avaient survécu à l’hiver, se lance dans la mêlée pour « sauver » l’établissement de la Nouvelle France qui, on le conçoit facilement, était menacé, ce jour-là,  par les Algonquin eux-mêmes, si Champlain refusait de les suivre.

Seigneur Jésus,  faites que nous n’ayons plus jamais à vivre une telle épreuve comme la guerre de ce jour-là! Imaginez seulement… trois coups d’arquebuses…Bang! Bang! Bang! Et …c’est fini! Cette guerre fut, si vous y tenez absolument,  « grandiose »; sauf qu’il est,  on doit l’admettre, complètement ridicule de rapporter l’histoire de cette façon. Ajoutons qu’en 1615, Champlain, avec une armée de Hurons, sera battu par les Iroquois; ce dont on ne parle pas beaucoup.

La réalité est que la gé-guerre en question n’est qu’une tentative des Algonquins pour transformer, à leur profit, la chaîne du commerce nord-américain, établi entre les différentes « ethnies » amérindiennes  depuis des centaines d’années. Les Iroquois, pratiquant l’agriculture plus que les autres tribus parce que leur territoire est plus productif, contrôlent en grande partie tout ce commerce. Ils le contrôlent puisqu’ils sont plus riches en produits d’échange. Ils sont, d’ailleurs, socialement beaucoup mieux organisés, plus sédentaires, etc.

Champlain, avec ses deux autres détenteurs de « bâtons du tonnerre », est donc, naïvement entraîné à détruire la structure commerciale des Amérindiens de tout l’Amérique du nord. Les Iroquois prendront 100 ans à pardonner aux Français, cette attaque sur leur réseau d’échanges. En ce sens, ce furent trois coups d’arquebuse historiques; je vous le concède.

Par contre, lorsque les « Canayens » apparaissent dans l’histoire, quelques années plus tard, les Iroquois reconnaîtront leur valeur et leur sens de l’équité individuel, et adopteront le plus de Canayens possible dans leur tribus, suite aux escarmouches et enlèvements. Ils ne refuseront jamais, non plus, de traiter avec des coureurs de bois « Canayens » pendant qu’ils combattent les autorités françaises. Les « coureurs de bois », quant à eux, vendent leurs fourrures en grande partie, en Nouvelle Angleterre où ils obtiennent de meilleurs prix et de meilleurs produits. La seule « denrée » française supérieure à l’anglaise est la poudre à fusil qui est de meilleure qualité.

Remarquons tout de suite qu’il n’existe qu’une seule « nation » amérindienne composée de plusieurs ethnies, quoi qu’en dise Mathieu Bock-Coté ou qui que ce soit d’autre. Tout comme il y a actuellement une seule nation « québécoise » composée, elle aussi, de plusieurs « ethnies ». Diviser les Amérindiens en plusieurs « nations » n’est que pour mieux les soumettre au contrôle gouvernemental. C’est peut-être le même but visé pour les Québécois, qui sait? Peut-être apprendrons-nous bientôt que la Province est composée d’une nation outaouaise, d’une nation montréalaise et d’une nation gaspésienne, sans oublier Québec et Rimouski.

Mais qui a fait apparaître les premiers « Canayens »?

C’est là où on doit créditer mille mercis à notre ami Français, Samuel de Champlain. C’est lui qui fut, sans le vouloir et par intérêt commercial,  le « créateur » de la nation « canayenne ».

Dans l’habitation de Québec, l’un des survivants à l’hiver 1609 s’appelle Étienne Brulé. C’est un jeune homme de 16 ans. En l’année de 1610, Champlain l’envoie hiverner chez ses amis Algonquins, sous la protection du chef Iroquet, toujours en fonction de la traite des fourrures. Étienne découvre la vie « sauvage » et append la langue des Algonquins. Il devient ainsi le premier « truchement » de Champlain. Il vivra chez les Hurons, qui sont des Iroquoiens, par la suite.

Mais le jeune Français s’est complètement transformé lors de cet « apprentissage ». Il a adopté la mode de vie des « sauvages ». Il a découvert et prit goût à la liberté individuelle totale et à la fraternité presqu’inconditionnelle existant chez ces peuplades supposément « non civilisée». Leur « barbarie » est étonnamment basée sur le respect de l’individu et les aptitudes personnelles de chacun. C’est alors qu’Étienne Brulé devient « Canayen »; autrement dit : il adopte la « nationalité » des gens qui vivent au Canada. Doit-on ajouter que ces gens sont les « Autochtones » amérindiens? Pour plusieurs d’entre nous, c’est une prise de conscience nécessaire. La « Patrie » d’Étienne Brulé est dorénavant le Canada et non la France. Il s’est joint à la nation « Autochtone ». C’est donc l’amalgame des Amérindiens avec les « Canadiens francophones » qui a produit la nation « Canayenne ». Amérindiens et « anciens Français » sont donc ceux qui sont « Canayens ».

C’est pourquoi, qu’à partir de ce jour, Champlain n’a plus d’emprise sur lui et doit se contenter de ce que Brulé veut bien lui donner comme renseignement. Brulé n’est ni le « premier Ontarien », ni le « premier Français » à parler Amérindien; il est surtout, le « premier canayen » qui adopte la nationalité des Autochtones.  Il ne fut pas le seul, loin de là. On peut nommer, entre autres, Nicolas Marsolet (1613), Jean Nicollet (1618), Olivier Letardif (1618), Thomas et Jean Godefroy (1626), François Marguerie, Jacques Hertel et un certain Gros-Jean, mentionné par Champlain. Il est difficile d’imaginer les aventures merveilleuses, dangereuses et héroïques que durent vivre ces premiers « Canayens » pour défendre les Récollets qu’ils mènent à travers le pays sans que leur nom soit même mentionné. Il est difficil pour l’histoire officielle de vraiment cacher ces « Canayens ». Par exemple; ceux qui ont vu le film « Robe noire » ont dû remarquer ce jeune homme sans inhibition qui accompagne le missionnaire dont l’esprit est constamment torturé par sa Foi et ses préjugés. Ce jeune homme est un « Camayen ».

Lors de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, Étienne Brulé, Nicolas Marsolet, Jacques Hertel, Jean Nicollet, Jean etThomas Godefroy et quelques autres restent au Canada devenu leur « Patrie ».

Un autre personnage de notre histoire, d’une importance considérable, est Louis Hébert qui arrive en Acadie en 1606. Il doit quitter en 1607 pour revenir de 1610 à 1613 où les Anglais, cette année-là, le renvoient, encore une fois, en France. Il revient avec Champlain en 1617. Cette fois-ci, sa femme, Marie Rollet, et ses trois enfants l’accompagnent. Il vient « s’établir » à Québec au lieu d’en Acadie.

La même année, sa fille Anne Hébert épouse, à Québec, Étienne Jonquest qui décèdera deux ans plus tard. La jeune mariée ne survit pas à son premier accouchement en 1619 et l’enfant meurt l’année suivante. En 1621, le 26 août, sa deuxième fille, Guillemette, épouse Guillaume Couillard arrivé au Canada en 1613 à l’âge de 22 ans. Ils auront dix enfants. Guillaume couillard sera le premier Canayen à mettre les bœufs derrière une charrue. Souvent, ceux qui l’avaient précédé, faisaient le contraire.

Louis Hébert décède durant l’hiver de 1627 et est inhumé à Québec le 25 janvier. Sa veuve Marie Rollet, épouse Guillaume Hubou nouvellement arrivé, le 16 mai 1629. Quatre mois plus tard, le 14 septembre, la famille Hébert de Marie Rollet demeure au Canada lors de la prise de possession de Québec par les frères Kirke qui sont des Huguenots français réfugiés en Angleterre. Curieusement, c’est en 1627 que les autorités françaises décrètent que les Huguenots ne peuvent plus venir en Nouvelle France; et c’est en 1628 que les frères Kirke, Huguenots et corsaires, tentent de prendre Québec. Ils ne réussiront qu’à la deuxième tentative l’année suivante. Cette volonté des corsaires Huguenots de prendre Québec est assez concevable lorsqu’on remarque que les principaux « fondateurs » de la Nouvelle France, Du Gua de Monts, Pierre Chauvin de Tonnetuit et Guillaume de Caen, étant ceux qui ont payé de leurs deniers pour l’établissement de la colonie, sont des Huguenots. Les Kirke voulaient-ils créer un pays-refuge Huguenots eux aussi? Si oui, l’entente France-Angleterre les en empêchera et ils devront remettre la colonie à la France trois ans plus tard.

Les autres familles, qui restent elles aussi, sont : 1) Guillaume Couillard avec sa femme Guillemette Hébert et ses trois enfants Louise, Marguerite et Louis, 2) Nicolas Pivert avec sa femme Marguerite Lesage et une nièce dont on ne connaît pas le nom, 3) Pierre Desportes avec sa femme Françoise Langlois et leur nièce (de nom inconnu), 4) Abraham Martin avec sa femme Marguerite Langlois (sœur de Françoise Langlois de Desportes) et leurs trois enfants dont au moins deux, Eustache et Marguerite, sont nés au Canada et 5) le chirurgien Adrien Duchesne et sa femme. Telles sont les premières familles à choisir, elles aussi, cette nationalité « canayenne » et laisser tomber la citoyenneté française. Ajoutons, encore une fois, à la liste des premier vrais « Canayens » qui ne sont plus du tout Français en 1629 et qui se réfugient chez leurs « frères » amérindiens : Étienne Brulé, Nicolas Marsolet, Thomas et Jean Godefroy, Jean Nicolet, Jacques Hertel, Olivier Le Tardif, Jean Manet (probablement le fameux Gros-Jean) et Jacques Richer, tous « truchements » de Champlain.

Lorsque l’Angleterre remet le Canada et l’Acadie à la France, en 1632, une partie considérable des « politiciens » français ne veulent pas les reprendre et font pression sur le roi. Champlain doit plaider sa cause au Cardinal de Richelieu qui finit par lui donner raison. Par contre l’opposition à posséder le Canada, demeurera active en France jusqu’à la « conquête », où les « Canayens » de Québec, pour des raisons économiques, ouvriront les portes de la ville aux Anglais sur le point de lever le siège.

Au retour de Champlain, le 22 mai 1633, il retrouve cette nationalité « canayenne » sans y porter tellement d’attention. Étienne Brulé, sur lequel il avait déjà perdu tout contrôle est décédé, tué par des Hurons. Évidemment, il n’a pas plus d’emprise sur les autres « Canayens »; mais arrivant avec plus de 200 Français qui tournent autour de lui, il ne s’en rend pas vraiment compte. Il décède deux ans plus tard le 25 décembre 1635.

La semence des « Canayens » commence alors à prendre souche. Ce sont définitivement les Amérindiens qui feront croître les racines de ce nouveau peuple. Ils seront les grands éducateurs méconnus, sinon reniés, de la nation « Canayenne ». Leur importance dans notre histoire ne peut plus être occultée. Les Amérindiens se révèlent de vrais « frères » de notre nation. Ils nous enseignent le respect de soi et de celui des différences chez les autres. Ce qui est totalement absent de la culture européenne de l’époque. Ils nous apprennent l’amour de la vie en nous faisant apprécier le plaisirs des risques mortels. Ils nous éduquent à vivre en symbiose avec et dans le respect des lois de la nature. Ils firent de nous des « Hommes » à caractères distincts. Ce sont eux qui sont responsables de l’existence d’un peuple reconnu mondialement pour son honorabilité, sa soif d’équité, son sens de la négociation pour la paix et son respect des différences. Caractéristiques canadiennes étant continues jusqu’à tout dernièrement.

La philosophie amérindienne est basée sur une logique indiscutable qu’on s’est empressé de qualifier faussement de « religion ». Une religion est basée sur la Foi; les Amérindiens basaient leur philosophie sur un seul « fait » : la « survie ». Pour eux, il existe deux influences opposées dans la nature : une influence ayant un résultat positif pour la survie qu’ils appellent « le Maître de la vie » et une influence négative, nommée « Manitou ». Ils tentent d’amoindrir les effets de  l’influence du « Manitou » en lui faisant de petites offrandes; mais savent bien que le Manitou, le plus souvent, ne fait « qu’à sa tête » et ils l’acceptent tel qu’il est. C’est de que l’on appelle aujourd’hui: de l’objectivité. Quant au « Maître de la vie », ils ne voient pas la nécessité d’essayer de l’influencer puisqu’au départ, « il est bon ». Ce qui est parfaitement « rationnel ». Quoi de plus « logique » comme raisonnement, et quel bouclier pour la liberté de pensée individuelle.

Quant à leurs danses culturelles, elles ne sont pas des « offrandes » à qui que ce soit, mais des moyens de motivation pour l’ensemble des individus vers un but envisagé. Une sorte de « réchauffement de l’auditoire ».

Ces supposés « sauvages » voient et acceptent les choses telles qu’elles sont. Le « Canayen » sera quelque peu marqué par cet « enseignement » de la logique Amérindienne; d’où sa soif d’équité et sa prédisposition pour la négociation et la paix. Sans oublier sa « patience » durant les périodes difficiles. Patience qui sera considérée par les Européens intransigeants comme de la soumission et du manque de caractère.

C’est dernières années nous nous sommes laissé entraîner vers une position plus  belliqueuse envers tout ce qui n’est pas « comme nous », ainsi qu’envers ceux qui refusent de reconnaître que nous détenons le seul système social « valable ». Il est clair que nous avons rejeté le « respect des différences »; ce qui nous pousse, inconsciemment, à rejeter notre propre « différence ». Notre gouvernement actuel nous fait perdre l’honorabilité internationale que nous avions acquit au cour de notre histoire, pour nous « fondre » dans le principe anglo-saxon  qui exige la soumission des autres à ses idées, au prix de massacres de femmes et d’enfants innocents. La « Sainte inquisition » espagnole  est devenue l’inquisition démocratique « politically correct » occidentale parrainée, depuis les débuts de son histoire, par les USA. La honte devant nos ancêtres devrait nous submerger individuellement. Si ce n’est pas le cas, c’est que l’âme de notre nation est morte.

Pour ceux que la honte touche, il est urgent de réagir. Il est plus que probable que nous ayons à revenir vers nos frères amérindiens pour créer une « prise de position » de puissance suffisante pour contrer cette tendance « élitiste » irresponsable et moyenâgeuse.

 

À suivre

André Lefebvre

 

Source : La naissance de ma nation | CentPapiers

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 21:23

 

J'ai décidé de vous présenter ce texte malgré quelques inexactitudes, le livre présenté ici comme une nouveauté date d'il y a quelques 20 ans, et la littérature indigène du nord compte de nombreux représentants, meilleurs les uns que les autres, de Welch à Owen en passant par Power, Momaday... , ..., ..., et l'incontournable Sherman Alexie dont un des livres "Indian Blues" reprend un thème évoqué ici... la récupération dénaturée de la culture indigène pour des motifs de lucre. Un phénomène récurrent, et il faut dire que la littérature indigène fourmille d'anecdotes croustillantes qui se moque de cet engouement caricatural. 

Même la traduction du titre "Ohitika Woman"  en "femme sioux", témoigne de la méconnaissance de l'éditeur francophone, sioux étant un nom péjoratif donné par leurs ennemis Ojibwe aux lakotas et qui signifie Serpent ou ennemi.

Ceci ne change rien à la qualité du témoignage de Mary Brave Bird, quelques pages d'une histoire trop peu connue et j'ai apprécié ses ouvrages et sa personnalité, sa sincérité, son humour...  


 

Notre religion n'est pas à vendre !

 


par Mary Brave Bird-Crow Dog, femme sioux

Partout aux États-Unis, et quelle que soit leur tribu, les Indiens sont en colère parce que les Blancs vendent nos cérémonies comme un passe-temps à la mode qui, peut-être, leur permettra de trouver un sens à leurs vaines existences. Notre religion est donc colportée et commercialisée par de faux hommes-médecine qui s'attribuent des noms indiens fantaisistes tels que Bison-qui-broute-sur-le-flanc-de-la-montagne, Aigle-d'or-s'élevant-dans-le-ciel ou encore Âme-libre-enveloppée-de-brume-matinale. Un gamin de dix ans vivant sur la réserve de Rosebud ne s'y laisserait pas prendre, mais il y a de quoi impressionner les crédules wasichus (blancs). À cause du New Age, le nombre de ces prétendus hommes (ou femmes)-médecine est en constante augmentation ; c'est un créneau qui peut rapporter gros, d'autant que les Indiens sont à la mode. Après la macrobiotique et le Zen, c'est au tour du « pauvre Indien en voie de disparition » d'alimenter les conversations de salon.

Ainsi, une Blanche prétend posséder des pouvoirs surnaturels que lui aurait transmis une femme-médecine et organise d'importantes conférences où, pour plus de trois cents dollars par personne, elle enseigne la sagesse et la spiritualité indiennes. Imaginez l'argent que se fait cette femme ! Des individus comme elle peuvent encaisser jusqu'à un million de dollars par an en vendant notre religion.

Cette exploitation ne date pas d'hier. Dans les années 1880 et 1890, de grosses compagnies patentées lançaient sur le marché de fausses potions indiennes censées guérir tous les maux. Je pense, entre autres, à la Great Oregon Indian Medicine Company, dont « les clients se comptaient par millions et les témoignages de reconnaissance par milliers ».

La Kickapoo Indian Medicine Company était la plus importante d'entre elles et prônait l'usage de l'« huile de serpent kickapoo », potion miraculeuse contre le ver solitaire, et de la fameuse sagwa, remède à toutes les maladies humaines connues à ce jour : « Existe-t-il quoi que ce soit qui puisse retarder, peut-être de plusieurs années, ce dernier moment avant qu'une main décharnée n'écrive votre nom sur le registre froid de la mort ? Eh bien, oui, Mesdames et Messieurs ! Prenez de la SAGWA DES INDIENS KICKAPOOS. C'est un remède infaillible. »

Cette compagnie avait installé des villages indiens publicitaires composés de douzaines de wigwams (tentes) où le public pouvait assister à la préparation du breuvage magique. Ses représentants de commerce étaient tous d'anciens éclaireurs renommés pour avoir combattu les Indiens et qui, « par leur courage en temps de guerre avaient acquis un tel ascendant sur l'Homme Rouge, qu'il leur avait bien volontiers cédé toute autorité ». La plupart des « acteurs indiens » participant au spectacle n'étaient pas kickapoos, certains étaient même d'origine péruvienne. La réserve des Kickapoos, en fait désertée et d'une extrême pauvreté, y était représentée comme un « véritable jardin d’Éden habité par une race primitive, bienveillante et noble, capable de sonder les secrets de la nature ». Pendant des années, la sagwa et l'huile de serpent kickapoo ont fait gagner des millions de dollars à cette compagnie. Aujourd'hui, la situation n'est pas très différente de ce qu'elle était alors.

La religion indienne est au centre de ma vie, elle représente le côté spirituel de mon être et fait partie intégrante de mon héritage. Elle m'a aidé à survivre. D'où ma colère lorsque je la vois profanée, exploitée, interprétée de façon erronée, vendue et achetée. Ces imposteurs trahissent nos croyances, falsifient nos traditions et donnent une représentation caricaturale et grotesque de nos rituels. Pour préserver notre foi de la souillure, on devrait interdire aux Blancs d'organiser des cérémonies indiennes. Afin de les mettre à l'abri des regards hébétés ou moqueurs, nous devrions également récupérer les sacs-médecine et autres objets sacrés qui nous ont été dérobés il y a des années et qui sont exposés aujourd'hui dans des musées ou dans des collections privées.

Avant les années trente, nous avions l'interdiction de prier dans notre langue et nos rites étaient proscrits. D'après la législation en vigueur, nous pouvions être emprisonnés pour avoir participé à l'inipi ; malgré cela, nos croyances survivaient dans la clandestinité et, dans des endroits cachés, loin du regard des missionnaires, notre peuple continuait à « danser face au soleil ».

Mais la situation actuelle est bien pire que toutes ces tentatives de destruction systématique. Les Blancs avaient essayé en vain de tuer notre foi en proclamant d'un ton triomphant la « Mort du Grand Esprit ». Mais, aujourd'hui, ils atteindront peut-être leur objectif en vendant notre religion, la pipe, la loge à sudation et en donnant au monde extérieur une fausse image de nos coutumes. Bientôt, ils vont s'imaginer pouvoir nous enseigner nos traditions et nous apprendre à utiliser le peyotl ; peut-être iront-ils jusqu'à affirmer qu'il est trop bon pour nous, stupides primitifs, et qu'ils se l'accapareront pour faire du profit en nous le revendant.

L'argent, encore l'argent, toujours l'argent ! Il n'y a pas si longtemps, on pouvait aller dans un parc national et se voir offrir gracieusement un crâne de bison pour nos cérémonies. Aujourd'hui, il faut payer car, avec le New Age, c'est devenu un objet de décoration recherché. Certains hommes-médecine bidons, dont des Indiens, vont jusqu'à demander sept cent cinquante dollars par personne pour un bain de vapeur, mille pour une quête de vision et deux mille cinq cents pour, en un week-end, transformer un Blanc crédule en homme-médecine lakota. D'autres vous déposeront en haut d'une colline, pourvu d'une pipe tape-à-l'œil et d'une plume d'aigle dans les cheveux et vous prendront jusqu'au dernier centime, alors qu'un véritable homme-médecine ne vous fera jamais rien payer. Nos cérémonies ne sont pas à vendre et, malheureusement, tous ces gens qui aiment l'argent facile portent atteinte à l'honneur de nos tribus.

Une fois, j'avais accepté de diriger une cérémonie de sudation à Santa Fe, mais j'ai aussitôt fait marche arrière lorsque l'on m'a demandé combien je prenais. Cette ignorance souille nos traditions : un bain de vapeur est bien plus qu'une simple expérience ; c'est un rite sacré qui nous relie au Créateur. Nombreuses sont les situations aberrantes auxquelles nous sommes confrontés si, à Los Angeles, vous pouvez prendre des cours collectifs de « sexualité indienne sacrée » en échange de plusieurs centaines de dollars, certains vont même jusqu'à utiliser notre médecine pour retenir un amant ou en guise d'aphrodisiaque. Ils veulent vivre de « véritables orgies indiennes ». Notre religion est alors réduite à peu de chose et devient simple objet d'échange.

Je me souviens également d'un film européen présentant la Danse du Soleil à travers le regard malade et enfiévré d'un Blanc : un seul danseur était suspendu à deux crochets de boucher avec, en guise de cache-sexe, une simple feuille de vigne. Je m'insurge contre ces profanations qui renvoient une image fausse et déformée de notre cérémonie la plus sacrée. Il n'y a là qu'exploitation par le biais du sexe et du sensationnel. Il est urgent d'y mettre un terme !

De telles situations abondent à travers le pays et chez nos voisins mexicains.

Ainsi, au Texas, une Blanche d'un certain âge est l'exemple même de la façon dont les wasichus s'immiscent dans notre médecine. Elle n'est que gentillesse et sincérité mais le fait d'avoir assisté à certaines de nos cérémonies lui est monté à la tête : elle s'imagine que Crow Dog est son grand-père et qu'« il lui a transmis un don » ; elle se croit donc habilitée à diriger des bains de vapeur, à emmener des gens en haut de la colline pour une quête de vision et à enseigner les coutumes lakotas. Avec cette éternelle rengaine : « Réservez dès maintenant. Pour cent cinquante dollars, vous pourrez, etc. Parking inclus. » Cette femme croit véritablement à ce qu'elle fait ; elle a bon cœur et fait preuve de générosité à notre égard. Mais il ne suffit pas d'avoir assisté à nos rituels pour devenir femme-médecine ou même Indienne. Des gens bien intentionnés peuvent nous faire autant de mal que nos adversaires les plus acharnés. Ce n'est pas le fait de passer quelques jours sur une réserve ou d'étudier nos traditions pendant quelques heures qui autorise qui que ce soit à organiser des simili-rites sioux.

J'ai même un ami qui, ayant assisté plusieurs fois à la Danse du Soleil, a soudain découvert son attachement à nos valeurs spirituelles et, du jour au lendemain, s'est mis à porter un nom indien. À croire que c'est une maladie contagieuse. Sans parler de ce danseur de ballet originaire de Grèce et du Proche-Orient qui se disait Indien et s'était doté d'un nom à l'avenant : pendant un temps, les Blancs l'ont considéré comme le grand porte-parole des tribus indiennes et il était devenu le chéri des médias. Lorsqu'il a fini par être dénoncé, il a simplement répondu aux journalistes qui l'interrogeaient : «Je suis indien parce que je vous le dis ! »

Tous ces gens appartiennent à la tribu des « Qui-Veulent-Être Indiens » et, souvent, ils font un mauvais usage de nos objets sacrés alors que ceux-ci doivent intervenir de façon très précise au cours de nos cérémonies.

L'hiver dernier, alors que je rendais visite à des amis californiens, j'ai fait la connaissance d'une femme blanche qui avait acheté une pipe lors d'un powwow (fête traditionnelle) et voulait s'en servir. Elle avait déjà accompli certains de nos rites mais souhaitait aller plus loin. J'ai eu l'impression qu'elle n'avait plus toute sa tête et j'ai tenté de lui expliquer combien il était important de connaître nos traditions à la perfection avant de faire usage de la pipe. Je ne voulais pas être agressive avec elle mais elle m'a fait une scène et je me suis aperçue qu'elle ignorait tout de la signification de cet objet sacré, le comparant à une espèce de cristal qui lui servirait d'intermédiaire pour communiquer avec les esprits. Je lui ai alors raconté l'origine de la pipe, ce qu'elle représentait à nos yeux et lui ai conseillé d'assister aux cérémonies en simple observatrice ; ainsi, en écoutant nos Anciens, elle apprendrait bien mieux. Je lui ai proposé de confier sa pipe à l'un d'entre eux, à qui elle pourrait parler lors de ses éventuelles visites et, finalement, elle a accepté.

Depuis des générations, nous versons sang, sueur et larmes pour défendre notre religion. Les Blancs veulent la découvrir à leur façon, sans écouter ce que nous pourrions avoir à leur dire.

Certains ont perdu leurs propres dieux et leurs âmes se sont égarées ; ils ont du mal à affronter la réalité et la mort et sont inquiets face à la dégradation de leurs villes remplis de sans-abri et à l'effondrement de leurs propres valeurs. Alors, devant toutes ces questions, ils attendent de nous une réponse que nous ne pouvons leur donner et désirent que nous remplissions le vide qui les habite.

J'aimerais dire à ces Blancs combien il est dangereux de jouer avec nos cérémonies : leur ignorance risque de leur faire du tort car les rites sacrés ont une force extraordinaire. L'attitude de ces wasichus prédit la fin prochaine de leur civilisation et je prie simplement pour que celle-ci ne nous entraîne pas avec elle.

Mary Brave Bird-Crow Dog, « Femme sioux envers et contre tout ».



Un proverbe cheyenne l'affirme : « Une nation n'est pas conquise tant que le cœur de ses femmes n'est pas à terre ». Mary Brave Bird-Crow Dog nous en apporte une nouvelle fois la preuve. Après la parution de Lakota Woman qui fut saluée comme un événement d'importance aux Etats-Unis, en France et dans le monde entier, Femme sioux envers et contre tout nous donne, en effet, un bel exemple de résistance. Résistance spirituelle, mais aussi résistance active d'une Indienne et de son peuple face aux dangers qui menacent les réserves dans l'Amérique d'aujourd'hui.

Reprenant le récit de sa vie au moment des événements de Wounded Knee, Mary Brave Bird-Crovv Dog raconte son militantisme au sein de l'American Indian Movement, son action en faveur de la tradition et son combat en tant que femme, mère et indienne. Elle retrace également la période de sa vie partagée avec Leonard Crow Dog, homme-médecine et traditionaliste lakota. Avec franchise, elle conte les jours heureux et les périodes difficiles d'une existence mouvementée. Mais avant tout, c'est le destin d'un peuple à la conquête de ses droits qu'elle nous dépeint — et plus encore, les constantes difficultés des femmes indiennes à se faire reconnaître. Par l'hommage qu'elle rend au courage et à la volonté de celles-ci, par sa dignité et sa force de conviction inébranlable, Mary Brave Bird-Crow Dog confirme qu'elle est porteuse d'une voix unique et majeure dans la littérature indienne.  


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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 22:53

 

 

 

L’AGE D’OR DES CHASSEURS-CUEILLEURS

‘Essayez d’imaginer un mode de vie où la terre, le logement et l’alimentation sont gratuits, et où il n’y a ni dirigeants, ni patrons, ni politique, ni crime organisé, ni impôts, ni lois. Ajoutez à cela l’avantage de faire partie d’une société où tout est partagé, où il n’y ni riches ni pauvres et où le bonheur ne signifie pas l’accumulation de biens matériels’ Kevin Duffy (Children of the forest)

A l’opposé de Descartes qui réservait l’âme aux humains en déclenchant ‘la querelle sur l’âme des bêtes’ (cf. premier encart), « les Achuar de l’Amazonie équatorienne, par exemple, disent que la plupart des plantes et des animaux possèdent une âme similaire à celle des humains, un faculté qui les range parmi les ‘personnes’ en ce qu’elle assure la conscience réflexive et l’intentionnalité, qu’elle les rend capable d’éprouver des émotions et leur permet d’échanger des messages avec leurs pairs comme avec les membres d’autres espèces dont les hommes » (Descola 1996). Georges Lapierre écrit dans ‘Le mythe de la raison’ : « L’idée d’une réciprocité possible ne nous vient pas à l’esprit, nous n’envisageons qu’un rapport d’appropriation. Chez les Indiens d’Amazonie ou du Grand Nord, tout rapport est un rapport d’échanges ; tous ces rapports d’échanges actualisent une vie sociale élargie entre les hommes, les plantes et les animaux. A tous ceux qui participent ainsi aux échanges est reconnue la qualité de sujet dans une relation réglée par une convention partagée, un contrat social, en quelque sorte. »

 

 

JPEG - 1.7 Mo (...) Tout cela se traduit, sur le plan de la vie économique, par le refus des sociétés primitives de laisser le travail et la production les engloutir, par la décision de limiter les stocks aux besoins sociopolitiques, par l’impossibilité intrinsèque de la concurrence –à quoi servirait, dans une société primitive, d’être riche parmi les pauvres ?- en un mot, par l’interdiction, non formulée mais dite cependant, de l’inégalité.…(...)

Pierre Clastres

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour lire la suite et faire une promenade dans le monde de Kamala, la Louve et de sa famille adoptive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://kamala-louve.fr/IMG/siteon0.jpg?1326327989

 

L’AGE D’OR DES CHASSEURS-CUEILLEURS - Kamala, la louve

Kamala, la louve

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 09:43

 

 

Les étudiants de l'université de Tel-Aviv bravent la loi israélienne et commémorent la « Nakba »

 


tel-aviv-nakba.jpg

 

La commémoration qui s'est tenue ce lundi 14 mai à l'Université de Tel-Aviv est historique. Au lieu de fêter la journée d'indépendance d’Israël, les étudiants ont organisé une initiative pour se souvenir de la Nakba, soit la catastrophe vécue par un peuple palestinien, déraciné et dépossédé, après la création de l’État israélien en 1948.

 

Organisée place Antine, à l'entrée de l'université, cette cérémonie est une initiative des étudiants du Hadash, cette coalition menée par les communistes, mais a su rassembler large puisque près d'un millier d'étudiants, juifs et arabes, sont venus se souvenir de ce moment douloureux de l'histoire du peuple palestinien.

 

Un acte courageux car depuis la « Loi sur la Nakba » adoptée en mars par la Knesset, toute commémoration de la journée d'indépendance Israélienne comme un jour de deuil est un délit.

 

Devant la mobilisation étudiante, l'Université a toléré cet événement tout en y posant des conditions draconniennes : refus de l'emplacement initial près du bâtiment des sciences sociales, rémunération des agents de sécurité de l'université par les étudiants, ou encore interdiction d'afficher des posters, signes distinctifs ou des drapeaux.

 

La cérémonie s'est déroulé de façon sobre avec la lecture d'un poème de l'écrivain Palestinien Mahmoud Darwich, une minute de silence, et une lecture alternative de la prière « Yikzor », réservée traditionnellement aux soldats morts au front.

 

Elle n'a été perturbée que par une contre-manifestation organisée par une petite centaine de militants de l'extrême-droite sioniste qui ont insulté les manifestants, leur lançant des « Retournez en Syrie », « Non à l'islam fasciste » ou encore « Traîtres de gauchistes ».

 

Toutefois, la manifestation, par son nombre et son caractère œcuménique n'en fut pas moins une réussite. Car la commémoration n'a pas été conçue comme une manifestation communautaire, mais bien comme une démonstration d'unité entre Juifs et Arabes autour d'une catastrophe humaine :

 

« Il s'agit d'une idée nouvelle, une cérémonie dans un cadre universitaire pas seulement pour les étudiants Arabes mais pour tout le monde », déclarait avant l'initiative Safi Kadaan, étudiant en sociologie et un des organisateurs.

 

« Nous parlons d'une catastrophe dont toute l'humanité doit être consciente. Le contexte historique sera présenté lors de la cérémonie, aucun hymne ne sera joué, car il s'agit d'une question humaine, pas seulement d'une question nationale. », a ajouté Safi Kadaan.

 

 

Autre organisatrice de l'initiative, membre du Comité central du PC d’Israël, Noa Levy, étudiante en droit, abonde dans le même sens, insistant sur la reconnaissance de cette tragédie :

 

« L'idée derrière la cérémonie, c'est qu'il y ait une reconnaissance concrète des souffrances et de la douleur qu'a causé le gouvernement à ces gens qui vivaient sur ces terres. C'est moins une question politique-nationale, et plus une question de reconnaissance de la tragédie qui s'est déroulé ici ».

 

L'occasion de conclure pour elle sur la nécessité de renforcer l'unité entre Juifs et Arabes contre les partisans du statu quo colonialiste :

 

« Chaque année, diverses formations politiques organisent des initiatives centrées sur la Nakba, dans une tentative d'en faire le point central des relations entre Juifs et Arabes dans le coin. Ce qui n'a jamais été fait, et l'heure est venue de le faire, c'est de commémorer la Nakba d'une autre façon, la rendant accessible au public Israélien – un événement pour se souvenir de la tragédie et des grandes souffrances endurées par ceux qui étaient ici avant 1948, nombre d'entre eux y vivant encore ».

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Cri du Peuple : http://www.mleray.info/article-les-etudiants-de-l-universite-de-tel-aviv-bravent-la-loi-israelienne-et-commemorent-la-nakba--105324213.html

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 13:50

 

Traoré Oumou Touré

2012-05-14, Numéro 240

http://pambazuka.org/fr/category/features/82146


cc T T
Dans le contexte de conflit et de trouble démocratique que connaît le Mali, les effets pervers pèsent particulièrement et injustement sur les femmes. Dès lors, pour la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali, une exigence s’impose : la participation égale des hommes et femmes à tous les paliers de décision peut permettre d’atteindre l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement et à la restauration réussie de la démocratie actuelle.

Lettre ouverte au Premier Ministre, chef du gouvernement
Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-nous, au nom de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO), une structure née le 24 mars 1992, regroupant 2295 organisations de base et ONG de femmes, présente sur toute l’étendue du territoire national, dans la sous- région et en Europe, jouissant de deux statuts consultatifs, celui des Nations Unies et de l’Union Africaine, de vous féliciter pour le choix porté sur votre auguste personne pour diriger la transition dans notre pays.

Egalement, Excellence, c’est avec un grand plaisir que nous avons accueilli la mise en place de votre gouvernement. Cependant, la CAFO, toujours fidèle à sa mission de défense des intérêts des femmes, consciente de son rôle de veille et de contrôle citoyen, ainsi que de sa force de participation responsable, voudrait attirer votre attention sur la faible présence des femmes au sein de votre équipe gouvernementale.

En effet, Excellence Monsieur le Premier ministre, nous tenons à vous rappeler que la représentation équitable des deux sexes dans la gestion des affaires publiques est non seulement une exigence fondamentale de développement, mais aussi un droit. C’est pourquoi, pour la CAFO, la présence des femmes aux instances de prise de décision dans le contexte actuel que vit notre pays est un besoin réel et une nécessité absolue.

Excellence Monsieur le Premier ministre, nous sommes conscientes des exigences en termes de résultats que vous devriez atteindre, mais nous sommes également convaincues que des femmes compétentes et douées existent dans notre pays.

L’avantage c’est qu’elles peuvent apporter une valeur ajoutée à la gouvernance de cette Transition qui, en plus de la compétence technique, nécessite des qualités spécifiques que nous retrouvons chez elles à cause du rôle et des responsabilités qu’elles jouent dans notre société.

Excellence Monsieur le Premier ministre, nous savons que cette forme de revendication d’un droit et de dénonciation d’une discrimination faite à l’égard des femmes est souvent perçue dans nos milieux, comme un combat élitiste et importé, or, nous nos références ne sont ni occidentales ni d’ailleurs, seulement nous savons que même les sociétés africaines assignent traditionnellement aux femmes le devoir de participer à la gestion de leur communauté tant au plan social et économique que sur le plan culturel et politique.

En demandant la pleine participation des femmes aux instances de prise de décisions de ce gouvernement spécial de Transition, les femmes maliennes membres de la CAFO n’ont fait que conforter leur africanité. C’est à ce titre que la CAFO s’est contentée de cet avantage socioculturel puisé dans notre terroir pour formuler cette demande en vue d’une participation équitable de tous (citoyens et citoyennes), surtout dans ce contexte de conflit et de trouble démocratique dont les effets pervers sont portés lourdement et injustement par les femmes.

Excellence Monsieur le Premier ministre, il n’y a pas de démocratie, ni d’équité ni de justice sociale dans un pays quand le critère de choix ne prend pas en compte l’équité et l’égalité du genre. C’est contre l’instauration de ce modèle de partage de responsabilités que les Maliennes se sont sacrifiées en Mars 91 et continuent toujours de se battre, car il est temps de joindre l’acte à la parole et de prendre des initiatives pour la promotion des droits citoyens des femmes pour consolider la démocratie nationale. Cela d’autant plus que notre pays a ratifié différents textes, notamment le Protocole Additionnel à la Charte Africaine des droits de l’Homme relatif aux droits des femmes, le Plan d’Action de la CEDEAO sur l’égalité Homme/Femme, les Résolutions 1325 et 1820 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur Femmes–Paix et Sécurité. Le respect de ces engagements pris devrait se refléter impérativement dans le choix qui a prévalu lors des consultations pour la mis en place d’un tel gouvernement.

Excellence Monsieur le Premier ministre, les femmes doivent bénéficier des mêmes chances et opportunités pour faire leurs preuves dans l’action publique, car seule une participation égale des hommes et femmes à tous les paliers de décision peut permettre d’atteindre l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement et à la restauration réussie de notre démocratie actuelle. Aujourd’hui, compte tenu du rôle que jouent les femmes, notre pays doit compter sur le potentiel de sa population féminine pour amorcer vrai changement démocratique.

Enfin, Excellence Monsieur le Premier ministre, en faisant le vœu pieux pour que vous réussissiez cette mission, les femmes de la CAFO espèrent que le courage et le patriotisme, qui vous ont motivé pour accepter cette mission exaltante et difficile, vous guideront dans vos choix et actions futures pour que cette occasion ne soit pas manquée.

La Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO) ne ménagera aucun effort pour vous apporter tout le soutien requis pour la réussite de cette phase très décisive de la vie de notre Nation.

Tout en souhaitant plein succès à vous et à toute votre équipe, nous vous prions, Excellence Monsieur le Premier Ministre, de recevoir l’expression de notre très haute considération.

Bamako, le 30 Avril 2012


CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS



 

A lire aussi ce document poignant, échange de lettres de deux femmes fortes et courageuses, de deux femmes sensibles et intelligentes et aussi d'une grande sagesse. Cette valeur baffouée dans nos contrées.

Un document poignant, un document qui témoigne une fois de plus de de qui nous unis de cette sensibilité commune, de cette intelligence commune de notre monde et de ce désir partagé de vivre en paix débarassés des exploitateurs, des dictateurs.

 

Chroniques

Luttes pour la terre promise : Lettres entre sœurs d’Afrique de l'Ouest

Assénatou et Maria

2012-05-14, Numéro 240

http://pambazuka.org/fr/category/features/82147


cc W B
Dans leur touchante simplicité, ces lettres échangées entre deux citoyennes d’Afrique sont pleines de gravité. Elles charrient les rêves, les douleurs, les espoirs et engagements citoyens pour que l’Afrique devienne cette terre promise où tout un chacun peut vivre dans la paix et la justice, la solidarité et la prospérité.
Vous trouverez sur le site Pambazuka News d'autres article concernant le Mali et d'autres thèmes d'Afrique
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 09:28

 

SIMPLES REGARDS SUR LE SUD KIVU, EST DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


J’ai été silencieux sur mon blog ces quelques jours. Mission oblige. J’étais en République Démocratique du Congo, non pour voter, mais pour appuyer une ONG locale qui travaille à la transformation des céréales locales pour améliorer les revenus des ruraux.
Je parle de vote car les élections présidentielles (à un tour !) et législatives avaient lieu le lundi 28 novembre. Du grand spectacle ! Mais commençons par le début de ce voyage.

Carte du Sud Kivu en RDC (source : populationDATA.net)


Trajet de l’aller

Départ à 6 heures de Villejuif (France, banlieue parisienne) en taxi pour Roissy. Vol sur Bruxelles puis vol sur Bujumbura. Nuit dans cette capitale du Burundi où j’ai enseigné à la Faculté de Sciences Economiques pendant quatre ans, il y a bien longtemps (1980 – 1984). Je dors dans une hôtellerie de sœurs. Sous mes fenêtres un sanctuaire, où des Burundais viendront  prier en masse. Je suis réveillé par les oiseaux puis par les cloches. Un pays tellement très pieux, comme le Rwanda, comme le Kivu, comme Haïti. Devant ce sanctuaire je me dis : « Comment les personnes de ces pays peuvent prier autant et être autant dans des situations catastrophiques ? Sûrement qu’elles devraient arrêter de prier !».
La responsable d’une ONG burundaise m’accompagne gentiment à la frontière entre le Burundi et la RDC. Elle ne peut traverser la frontière. L’ONG congolaise qui m’invite non plus. Nous franchirons à pied le pont qui sépare les deux pays, en roulant la valise. Nous avions rendez-vous à 8 heures du matin.
L’affaire aurait été relativement simple si un policier congolais, de l’autre côté de la frontière, ne s’en était pas mêlé. Il a arrêté la voiture de l’ONG qui venait me chercher en disant qu’elle n’avait pas le certificat de contrôle technique. En réalité, ce contrôle est introduit depuis peu. Mais depuis janvier, il n’existe pas de formulaire pour ce certificat. Le titulaire d’un véhicule paye à la banque (cela sécurise contre les détournements !) mais comme le formulaire n’a jamais été imprimé, il ne peut y avoir d’imprimé. Pourtant le policier le demande !
La plaisanterie a duré 4 heures jusqu’à ce qu’un général soit contacté par un de mes hôtes congolais pour faire cesser la stupidité et nous épargner les 130 US$ qu’il réclamait, ce qui aurait posé problème car mes hôtes n’avaient pas cet argent et moi je n’avais que des euros, peu prisés dans la région !
Donc nous roulons la valise, contrôle cool à la frontière congolaise (quand même avec empreintes digitales). Il faut prendre un taxi jusqu’à Uvira (+/- 10 km) car le véhicule de l’ONG congolaise est bloqué là-bas. Encore deux heures d’attente car le militaire en question (tout cela après une journée d’avion ! ). Je commence le bronzage. Heureusement que j’avais un bon bouquin et une bonne compagnie puisque la présidente de l’ONG burundaise a eu la patience d’attendre ces quatre heures avec moi.
La route parcourue


Campagne électorale : où sont les programmes ?
Et quatre heures de pistes dans des escarpements en 4X4 Toyota LANDACRUISER. Arrivée à 18 heures à Bukavu, soit 36 heures de voyage. Le long de la route nous croisons les véhicules des militants, les drapeaux des partis. Peu de marchandises à acheter le long de la route. Le manioc commence à faire son apparition et les femmes le sèchent en plein air. Elles ont d'ailleurs tendance à le vendre mal séché. Urgence de trouver de la liquidité oblige ! C'est aussi cela la pauvreté.   

Dix jours en République démocratique du Congo
Mon regard n’est pas celui qui tombe de la dernière pluie dans ces contrées (même s’il pleuvait beaucoup je n’étais pas arrivé dans les gouttes !).Haïti, Rwanda, Burundi, Palestine, Sénégal : l’histoire m’a immergé dans de nombreux pays où j’avais des yeux pour voir, qui restent innocents (presque). Mais non, je ne sais pas, après trente ans de développement. Haïti m’a confirmé la farce de l’aide internationale et la force de l’engagement de nationaux pour la réussite de leur pays.  Je retrouve des phénomènes semblables au Kivu. La MONUC, (force des Nations-Unies) est là, massivement. Les Congolais les appellent les inutiles. Même les gamins des rues, petits vendeurs, les raillent :"Ils n'achètent que des choses à un dollar et encore, ils discutent le prix".    

Je suis appelé à travailler en conseil à une ONG : le Comité Anti  Bwaki. A l’origine je ne voulais pas donner son nom. Mais pourquoi cacher des battants, des personnes qui œuvrent si fort pour leur propre développement ? Leur action touche 53 000 familles au sein de Comités de développement qu’ils ont créés depuis 50 ans dans les différents territoires (entités administratives) de la province du Sud Kivu.
Leur leader, Patient Bagenda, est écrivain à ses heures, engagé pour une vraie démocratie et une démarche citoyenne en RDC. A l’occasion des élections 2006, il a écrit une "lettre à nos élus : des promesses à tenir !". Que de bon sens, que de vérités ! J’en donne un extrait : « Après avoir corrompu les électeurs, certains parmi vous se préparent à corrompre les autres, à tendre leurs longs bras partout pour être nommés gouverneurs de province, Ministres ou Maires. Ils se voient déjà investis du pouvoir d’arriver là où ils veulent, de dire et de faire tout ce qu’ils veulent. De toute manière, ils feront tout  pour récupérer au quintuple les fortes sommes investies dans la campagne électorale, car, après tout, on n’est mieux servi que par soi-même, immunité parlementaire oblige ! D’ailleurs, comment feriez vous autrement étant donné que votre élection, c’est à votre argent que vous la devez et non à votre projet de société, encore moins à vos capacités de futur bon dirigeant ! ». Tout le texte est de la même veine. D’admiration, j’ai scanné son texte et le tiens à disposition de ceux qui seraient intéressés. Il pourrait aussi servir pour nos propres campagnes électorales en France !

J’en profite pour revenir sur la campagne électorale. Tous les habitants du Kivu soutiennent Vital Kamerhe, le numéro 5 (Tano en langue locale). Le signe de ralliement (la main ouverte montrant les 5 doigts) est brandi par tous sur toutes les routes. Pas de doute : il est le candidat préféré dans la région ! Natif du pays, il a aussi bonne réputation. De 2003 à 2004, il fut Ministre de la Presse et de l’Information du Gouvernement de Transition. De décembre 2006 à mars 2009, il fut Président de l’Assemblée Nationale. A ce titre, il a posé des actes reconnus par le amis du Kivu qui votent, pas seulement pour quelqu’un de leur région mais aussi pour quelqu’un de crédible. Ouf ! Cela est bon à entendre.
Je ne sais que penser de ces élections. Si on écoute France 24, les élections sont loin de s’être bien déroulées partout : les médias annoncent des morts, tout comme Human Rights Watch, dans plusieurs villes, des électeurs qui trouvent un bureau de vote sans documents ou  qui ne trouvent pas leurs bureaux de vote. Alors que les Congolais censés disent que la victoire pourrait revenir à Kamerhe ou Tshisekedi, les médias occidentaux donnent Kabila, le président sortant, vainqueur. Les premiers dépouillements confirment cette tendance. L’Union Européenne a dépêché des observateurs. Les Congolais rencontrés doutent tous de l’efficacité du système et attendent, très dubitatifs, les jugements des « observateurs internationaux ». A Bukavu, le soir des élections, la ville était calme et le restera jusqu'à mon départ.
Des affiches partout !
La RCD bat tous les records. Pour la présidentielle à un tour, il y avait onze candidats. Cela reste raisonnable. Les législatives ont lieu en même temps : 19 000 candidats pour 500 postes ! Il va y avoir de la perte ! En attendant la plupart ont imprimé affiches (qui couvrent les murs de Bukavu), casquettes, t-shirts, autocollants et drapeaux politiques qui flottent le long des routes ! Les plus malins des citoyens ont mis les drapeaux des 4 ou 5 candidats les mieux placés : autant assurer pour l’avenir !
Les premières élections libres eurent lieu en 2006. Les Congolais sont heureux de voter même s’ils savent que le jeu sera sûrement pipé. Au moins ceux qui sont dans l’opposition espèrent qu’une véritable opposition se mettra petit à petit en place au Parlement.
La presse à huile du centre de transormation
Je reviens sur la qualité du travail du « Comité anti Bwaki », dirigé uniquement par des Congolais avec l’appui de quelques organisations du Nord (Entraide et Fraternité, Miséréor) et de l’Union Européenne. Les réalisations sont innombrables pour de faibles moyens : banques semencières (pour le vivrier et pour le maraîchage), périmètres maraîchers aménagés, unité de transformation de céréales et de production d’huile de tournesol, coopératives, fosses fumières, latrines, mutuelles de solidarité et j’en oublie. Toutes les ONG n’ont pas la même efficience. Pourtant elles sont nombreuses dans la zone : plus d’une centaine d'ONG internationales ! Certaines se sont spécialisées dans le pillage des réalisations des autres : on photographie la pépinière d’une autre ONG et on la vend aux « bailleurs » comme étant sa propre réalisation. Certaines ONG ont des 4X4 « dernier cri », avec télé intérieure pour voir la route à l’arrière quand on recule. Je découvre au Kivu, dans les ONG, ce fleuron de la technologie… qui doit être nécessairement entretenu dans les garages des capitales voisines (Bujumbura au Burundi ou Kigali, au Rwanda !).
Les restaurants chics sont pleins de jeunes Européens et Américains dont la moyenne d’âge n’atteint pas 30 ans. Un responsable congolais d’association rigole et me dit : « Qe veux-tu qu’on fasse avec tous ces louveteaux et jeannettes ? ». Je ris à mon tour, arguant que c’est positif que des jeunes d’Occident puissent découvrir d’autres cultures mais qu’effectivement ils sont bien en peine de conseiller les vieux sages du développement que sont certains de nos amis congolais.
Le Sud Kivu est pauvre, très pauvre. Les mêmes images qu’il y a 20 ans à la seule différence que tous les Congolais ont des chaussures ! Plus de voitures aussi (mais pas pour tous (!), plus de coupures de courant (un vrai fléau présent dans un nombre de plus en plus grand de villes africaines). Mauvais pour l’activité économique et tous les petits métiers du secteur informel. Un rapport des Nations Unies de 2009 note : En ce qui concerne le Sud Kivu, on peut retenir que les conditions de vie des ménages y sont très mauvaises avec la pauvreté qui touche plus de huit ménages sur dix et un taux de chômage urbain plus élevé que la moyenne nationale. La majorité de la population travaille dans le secteur informel et particulièrement dans l’agriculture mais les revenus qu’elle en tire sont insignifiants. La guerre, qui y a sévi, a occasionné beaucoup de pertes en vies humaines, l’insécurité, des mouvements massifs des populations et la destruction des infrastructures socio-économiques de base. Cette situation a aggravé la paupérisation de la population. La quasi-totalité des ménages n’ont pas accès à l’électricité. L’accès à l’eau potable est limité. Près d’un ménage sur dix n’a pas de toilettes et les services de voirie sont inexistants. 
Cette situation conduit à une malnutrition et une mortalité infantile élevées et supérieures aux moyennes nationales. L’accès aux services de santé et d’éducation est limité, la barrière est plutôt financière que géographique. Le nombre d’habitants par médecin est environ 3 fois plus bas que celui des normes internationales. Enfin, d’importants progrès devraient être réalisés pour aller vers l’égalité des chances entre hommes et femmes, condition nécessaire pour combattre la pauvreté, notamment dans le domaine du marché de travail et l’éducation.
La province dispose de beaucoup de potentialités mais leur exploitation est soumise à des contraintes de divers ordres. […]. En ce qui concerne les mines : l’étain, le wolframite, le monazite, le diamant, l’or, le  colombo tantalite (coltan), le calcaire, le gaz méthane, les eaux thermales et la cassitérite sont exploités actuellement surtout de façon artisanale mais aussi par quelques entreprises modernes (SOMINKI, CIMENKI, …). Ce secteur connaît une fraude massive de la part d’exploitants d’origines diverses. (sic !). On notera les nombreux euphémismes de ce rapport qui n’ose pas dire que les ressources minières sont exploitées par des entreprises étrangères qui chassent les paysans de leurs terres et les relogent dans des boîtes à savon de 4x4 mètres comme nous disait un responsable d’association. Les chiffres issus de cette contradiction flagrante parlent d'eux-mêmes.
Paru dans l'étude PNUD 2009 sur le Sud Kivu

Tout est disponible au Sud Kivu pour de la création de richesses, sauf la terre… et la volonté politique. Au moins, en ce moment il y a une paix apparente, bien que, de l’avis de nos amis congolais, certaines zones ne sont pas sûres dans la province.
Sur le chemin du retour
En attendant, Bukavu patauge dans la boue. Il a plu beaucoup la nuit de notre départ. La vieille 4X4 Landcruiser du Comité Bwaki a bien assuré sur les routes glissantes, son chauffeur aussi. On pouvait d’ailleurs difficilement parler de routes puisque celles-ci étaient bloquées par des camions en travers ! Alors nous avons contourné par des petits chemins tortueux et ravinés. Puis quatre heures de pistes dans les escarpements. Mieux vaut avoir une colonne vertébrale en bon état.
Contrôle facile et sans complications à la frontière congolaise. Sympa aussi à la frontière burundaise. Avec juste une petite complication : l’ambassade du Burundi à Paris ne délivre des visas qu’à une entrée. J’avais besoin de deux entrées (une à l’aéroport, et l’autre au retour du Kivu) et je l’avais précisé lors de la demande à l’ambassade parisienne. La réponse fut qu’ils ne délivrent pas deux entrées, mais qu’à la frontière je n’aurai qu’à payer un supplément de 5 euros pour régulariser. En fait, il m’a été demandé de payer un visa de transit de 40 US$ ! J’avais un billet de 50 US $, refusé car il datait de 2001 et quelqu’un avait écrit sur le billet ! J’ai présenté mes euros mais ils n’étaient pas bienvenus. On dut donc trouver un changeur qui n’a pas tant de dollars que cela pour prendre mes euros : on fait un savant mélange entre US dollars et Francs burundais et l’affaire est conclue. Ce billet de 50 US $, refusé aussi à Bukavu, me brûlait les doigts. Je l'ai vite changé à la gare de l'Est à Paris, sans problème ! 
La faculté de Sciences économiques
Je me retrouve au Burundi. Le chauffeur de l’ONG est déjà là à m’attendre. Je retrouve ce pays que j’aimais à l’époque où j’étais prof d’Université à la faculté de Sciences Economiques. La faculté est en très bon état malgré ses 30 ans d'existence. Je cherche à revoir mes anciens collègues. La majorité d’entre eux sont décédés, pour des raisons que j’ignore. Je ne veux pas savoir. Je retrouve un des derniers survivants à l’hôpital, mal en point. Il me reconnaît à peine. Je repars, triste. Mais ceci est une autre histoire.
J’ai quitté Bukavu le mercredi matin à 8h00. J’ai mis les pieds dans mon appartement de Villejuif le lendemain à 14 heures. Trente heures de voyages et un retour gonflé à bloc car des amis congolais m’ont donné des leçons de vie. « C'est nos vies ! » comme disait un ancien ami ! 

 

Ce pays est un vrai continent et les disparités régionales sont fortes avec un dénominateur commun : richesses en sous-sol et pauvreté en surface. Les Chinois y sont effectivement bien présents et ratissent large que ce soit en matière de terres ou de minerais. Bradage à tour de bras. On m'a parlé d'une tranche de 300 000 hectares pour une bouchée de pain.

(...) "Départs" des collègues de la fac ? Dans ces pays les gens parlent aussi par euphémisme. Le palu est souvent l'explication "sortable". On ne peut poser des questions plus précises. Mais il est vrai que le SIDA a fait des ravages dans les grands lacs. Là encore bien des gens se battent pour changer la situation. Le SIDA est aussi un effet indirect des politiques débiles des Eglises, omniprésentes.
Quand aux ONG nous sommes contraints de garder notre lucidité et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain malgré des révoltes légitimes. Il y a le meilleur et le pire comme le montre l'article. Mais il est vrai que le pire est odieux. Un ami de Haïti vient de me dire qu'il retrouve dans mon article bien des caractéristiques de son pays en la matière.

 

Source : PASSIONS SUD: SIMPLES REGARDS SUR LE SUD KIVU, EST DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 22:51

 

Egypte: quand les pays du Golfe dopent le tourisme sexuel

 

Internationalnews

 

Slate Afrique

 

 
Par Arnaud Castaignet

  

De plus en plus de jeunes filles sont forcées de se prostituer ou «d'escorter» des hommes d'affaires.


Le départ d’Hosni Moubarak a entraîné un afflux d’hommes d’affaires issus des pays du Golfe en Egypte. Cependant, de nombreuses Egyptiennes dénoncent les crimes sexuels et abus de plus en plus fréquents de la part de ces«touristes» d’un nouveau genre.


Elle s’appelle Marwa, elle a 20 ans et son histoire a été vécue par de trop nombreuses jeunes Egyptiennes, raconte le site égyptien bikyamasr. «J’étais dehors avec des amis et nous avons un homme qui avait l’air très sympathique. Nous avons discuté puis il m’a proposé de le suivre pour aller boire un verre. Je me suis dit Pourquoi pas? Nous sommes dans un pays libre, après tout.». Arrivée dans la chambre d’hôtel de cet homme, un saoudien s’est jeté sur elle et lui a arraché ses vêtements. La suite de son histoire est particulièrement horrible.


«Il m’a violé plusieurs fois pendant des heures. C’était horrible, j’étais en pleurs. Ensuite, il m’a donné de l’argent puis un de ses amis est arrivé. Il a fait la même chose avant qu’un troisième homme ne prenne la suite. J’ai été emprisonnée pendant plusieurs jours. Ils m’ont donné de l’argent et ont dit que si je parlais à la police, ils raconteraient que je suis une prostituée.»


Tourisme sexuel et prostitution, dopés par les pays du Golfe


Le trafic d’êtres humains est en forte augmentation en Egypte, où de plus en plus de jeunes filles sont forcées de se prostituer dans des lieux sales et dangereux ou d’escorter des hommes d’affaires du Golfe. Ceux-ci sont en effet dénoncés comme étant la cause principale de cet essor de l’esclavage sexuel en Egypte, comme l’explique Waleed Abdelrahman, un tour-opérateur du Caire qui aide des ressortissants de pays du Golfe à trouver un appartement dans la capitale égyptienne.


«Je suis inondé d’appels de saoudiens qui me demandent les endroits où trouver les meilleures filles. (…) dans chaque hôtel 5 étoiles du Caire, il y a des dizaines de call girls attendant des hommes saoudiens pour une ou plusieurs nuits.»


L’Egypte n’a cependant pas attendu la chute d’Hosni Moubarak pour être un haut-lieu du tourisme sexuel. Depuis plusieurs années, le pays est connu pour être un pays de transit, de destination, mais aussi source de prostitution.


L'Egypte, une plaque tournante


D’après l’ONG ECPAT international, l’Egypte est un pays de transit pour de nombreuses filles ukrainiennes, moldaves ou russes, par exemple, qui se retrouvent en Egypte avant d’être envoyées être exploitées en Israël. L’Egypte est également une destination pour les esclaves sexuelles pour des hommes et des femmes d’Asie du sud-est, mais aussi du Soudan et d’Ethiopie. Ces personnes sont souvent des demandeurs d’asile ou des immigrants se retrouvant rapidement contraints au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle dans les boîtes de nuit cairotes.

 

Enfin, l’Egypte est un pays source de prostitution et d’exploitation notamment à cause de la pratique du «mariage temporaire», le «zawaj mutaa». Cette pratique chiite a toujours été déclarée contraire à la loi par l’orthodoxie sunnite, elle a néanmoins «fait son apparition en Égypte notamment pour éviter la police des moeurs aux riches estivants du Golfe qui contractent, contre quelques dollars, ce type d’engagement pour quelques semaines, voire quelques heures, avec de jeunes filles dans le cadre d’une prostitution déguisée.

 

« La famille reçoit souvent de l’argent lorsqu’une fille contracte un mariage temporaire avec un riche homme d’affaires du Golfe. Personne ne se plaint, du coup le gouvernement ferme les yeux», explique Dina Radwan, une jeune égyptienne, qui ajoute que le besoin d’argent du secteur du tourisme en Egypte fait partie de«l’hypocrisie croissante régnant dans le pays».

 

Société au double visage


«Ici, les mêmes personnes vilipendant les relations sexuelles hors mariage ou voulant envoyer des femmes en prison parce qu’elles embrassent quelqu’un dans la rue sont celles qui supportent la prostitution.  (…) Ils ne s’intéressent qu’à l’argent et c’est une des principales sources de revenus pour eux car les saoudiens payent énormément», dénonce-t-elle.

 

Yasmin Abdelrahman, une militante égyptienne des droits de la femme, abonde dans ce sens:

 

«Il faudrait un effort concerté afin de créer une société qui ne permette pas aux jeunes filles d’être considérées comme une source de revenus par la famille. (…) Ce phénomène est en constante augmentation et crée également de nombreux problèmes en terme d’accès à l’éducation pour les jeunes filles», expliquait-elle en août 2010.

 

L’Egypte n’est pas le seul pays frappé par l’exploitation sexuelle de «touristes» du Golfe. Au début du mois, le magazine kenyan Identity relatait l’explosion du nombre de kenyans se retrouvantesclaves sexuels aux Emirats Arabes Unis, au Qatar ou encore en Arabie Saoudite après s’être vus promettre de l’argent ou un emploi sans avoir la possibilité de porter plainte, l’homosexualité étant illégale aussi bien au Kenya que dans les pays du Golfe.

 

Dans un contexte de faibles perspectives économiques, l’argent des pétromonarchies est souvent vu comme une bouée de sauvetage. Il convient pourtant de s’interroger sur le sentiment d’impunité régnant chez certains de ces «touristes» bénéficiant de la mansuétude des conservateurs. Tant que les problèmes socio-économiques ne seront pas réglés et que l’Etat continuera de fermer les yeux sur les crimes subis par la population, l’esclavage sexuel ne pourra que perdurer.

 

Arnaud Castaignet


 

http://www.internationalnews.fr/article-egypte-quand-les-pays-du-golfe-dopent-le-tourisme-sexuel-103297935.html

En Arabie Saoudite, 25 domestiques indonésiennes attendent leur exécution

Arabie Saoudite : une femme décapitée pour sorcellerie  

Arabie Saoudite: la femme condamnée à 10 coups de fouets pour avoir conduit

Une « sorcière » décapitée en Arabie saoudite

En Arabie saoudite, les femmes n'ont pas le droit de conduire ...  

ARABIE SAOUDITE • Dans la peau d'une femme 

L'Arabie Saoudite n'envoie pas de femmes aux Jeux Olympiques

 

Slavery in Saudi Arabia (documentary, En)


Internationalnews A special documentary on slavery in Saudi Arabia Il existe un traffic d'esclaves entre les pays du Golfe et les pays les plus pauvres du monde, comme les Philippines. Les "maïtres" de Jesssica la battaient, lui crachaient à la figure. On confisque les passeports des esclaves pour les empêcher de s'enfuir. http://www.internationalnews.fr/article-slavery-in-saudi-arabia-documentar-103200679.html
Charia en Arabie Saoudite: Profession: coupeur de tête (interview vidéo)
Internationalnews L'Arabie saoudite est une théocratie obscurantiste qui a massacré des milliers de manifestants au Barhein depuis le début de 2011, pratique la charia et a financé les terroristes islamistes en Libye et en Syrie pour y instaurer la démocratie". Abdullah Al-Bishi est un coupeur de tête, un métier comme un autre dans la monarchie absolutiste sanguinaire révérée par la France de Sarkozy et les Etats-Unis d'Obama. Lire aussi: Charia: la condition féminine en Arabie Saoudite, […]

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:58

 

Remettre les horloges à l'heure, une fois de plus. Au Barheïn, des opposants au régime sont tués, emprisonnés, battus...

La manifestation pacifique qui voulait, le 14 de ce mois, fêter 1 an de révolution au Barheïn a subi une violente répression "préventive". Mais la Barheïn, comme d''autre pays où règne la dictature subit répression, exactions, emprisonnements et assassinats dans le plus grand silance médiatique. Pendant que la """gauche""" soutient les agressions de l'empire dans une belle manoeuvre de démagogie qui en dit long sur sa fiabilité.

Ce lifting de """gauche" qui n'a dégal que celui de la "très droite" fait que finalement tous se ressemblent, tous unis pour prendre comme cible des boucs émissaires... ce qui permet d'éluder les vrais problèmes.

 

Ce que je publie ici n'est ni exhaustif, ni même représentatif... juste pour dire qu'il se passe là quelque chose de grâve dont  les partisants du droit devoir d'ingérence feraient bien de ce soucier,  mais c'est tellement plus défoulant de hurler avec la horde dans ce nouveau "politiquement correct", de toutes les lâchetés, les compromissions,avec cet implicite que j'ai encore pu constater aujourd'hui dans un commentaire... rien ne sert de stygmatiser Guéant, ce sentiment intrinsèque et implicite de la suprématie  occidentale ... """universelle""" est partagé à gauche comme à droite,sous des formes différentes mais tout aussi odieuses.

 

Bahreïn doit libérer une militante condamnée pour avoir écouté de la musique "révolutionnaire"

Fadhila Mubarak © Private
Fadhila Mubarak © Private

[30/01/2012]

La Cour de cassation de Manama, la capitale du Bahreïn, a confirmé lundi 30 janvier la peine de 18 mois de prison prononcée contre Fadhila Mubarak car celle-ci avait manifesté et écouté de la musique "révolutionnaire".

Les autorités bahreïnites doivent remettre en liberté Fadhila Mubarak,  la première militante condamnée pour avoir participé aux manifestations en faveur de la réforme l’an dernier. La justice vient de rejeter le recoursv qu’elle avait formé et a confirmé sa condamnation.

Les autorités doivent diligenter une enquête indépendante sur les actes de torture dont elle aurait été victime et traduire les responsables présumés en justice.

Les autorités bahreïnites doivent la relâcher immédiatement et sans condition. La condamnation de Fadhila Mubarak ne fait qu’illustrer l’intolérance des autorités et les défaillances du système de justice.

Hassiba Hadj-Sahraoui
, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

 

Lire la suite : Bahreïn : militante condamnée pour avoir écouté de la musique | Amnesty International France

 


 

Quelques éléments de bases, bref résumé introductif sur le site "La révolution au Barheïn"


la révolution du Bahreïn - Situation

 

 

Le royaume du Bahreïn comprend une population à majorité chiite (70%), écartée du pouvoir par la famille royale ( Al-Khalifa) qui fait partie d'une minorité liée aux intérêts américano-sionistes. Khalifa Al-Khalifa (l'oncle du roi) est 1er ministre depuis l'indépendance du pays (1971), et donc il est 1er ministre depuis 40ans ! De plus, 20% de la population sont des personnes qui viennent de la Syrie,la Jordanie,le Pakistan,... ils obtiennent la nationalité bahreinienne (nationalisation) avec un job et une maison tandis que les habitants d'origine ne beneficient de rien!!! Cette nationalisation a pour but d'augmenter le nombre de partisans du gouvernement
(pour plus d'infos sur ce sujet : http://www.bahrainrights.org/en/node/2733
 

Cette majorité subit la discrimination dans tout les domaines (l'accès au logement, aux soins et aux emplois dans la fonction publique). Et bien sur cette situation date depuis la venue de la famille Al-khalifa dans le pays (1750).

Alors que l’exploitation du pétrole tend à s’épuiser, le Royaume de Bahreïn est devenu principalement une place financière, touchée elle aussi par la crise mondiale. Les causes les plus apparentes de la révolte des habitants sont la misère, le chômage,la discrimination ainsi que les frustrations quotidiennes pour une majorité d’entre eux. Mais une autre raison motive également les manifestants bahreïniens : le vent de liberté et de dignité qui souffle actuellement dans le monde arabe…


La place qu’occupe le Bahreïn parmi les pays du Golfe, ainsi que la composante majoritairement chiite de sa population, expliquent sans doute la brutalité de la répression. Par ailleurs, situé face à l’Iran, le Bahreïn abrite une importante base navale nord-américaine, rattachée à la Cinquième flotte US, et actuellement en travaux en vue de son agrandissement.


Une fois de plus, on remarquera des points communs à tous ces pays du monde arabe où la révolte éclate et s’intensifie. Ce sont d'une part tous des régimes impopulaires et coupés de leur peuple. Et d'autre part, ils représentent tous un intérêt militaire et stratégique pour Israel et les Etats-unis, qui tient à garder le contrôle de la région. C’est aussi pour cela que les morts de Bahreïn ne soulèvent aucune indignation dans les grands médias d’Occident. Pour tous ces donneurs de leçons « démocratiques », le sang bahreinien versé ne compte pas.

 

la révolution du Bahreïn - Evolution

*Petit résumé, pour suivre toutes les nouvelles de la révolution nous vous invitons de rejoindre notre page facebook 

Des jeunes créent une page sur Facebook et déclarent le 14 février 2011, jour de la colère au Bahreïn. Ils invitent tout les citoyens à manifester pacifiquement. Du début, le slogan de la révolution a été clair : NI SUNNITE et NI SHIITE, JUSTE BAHREINIEN.


Des hélicoptères survolent le centre de Manama, la capitale du Bahreïn, où les manifestants se rassemblent l'après-midi du 14 février pour une manifestation baptisée Jour de la colère, malgré une forte présence policière. La répression de cette première manifestation fait plus de 20 blessés et au moins un mort.

Les manifestations anti-gouvernement continuent le mardi 15 février, malgré l'interdiction mais reste bien sûr pacifiques. Quelques milliers de personnes défilent et la répression continue comme la veille. Le roi présente immédiatement des excuses pour la mort d’un manifestant la veille, mais la répression qui continue fait un nouveau mort.

Les élus de l'opposition chiites (wefaq) annoncent, le 15 février, qu'ils se retiraient du Parlement pour protester contre les violences des derniers jours. Face à la répression plusieurs milliers de manifestants ont passé la nuit dans un campement improvisé sur la place de la Perle, pour en faire un symbole du mouvement à l'image de la place Tahrir au Caire.

Les manifestants continuent de défiler dans les rues le 16 février, et ont accompagné en cortège la dépouille criblée de balles d'une des victimes morte deux jours plus tôt.Des chars et des véhicules de police ont fait leur apparition dans les rues de Manama le 17 février. L’assaut des policiers anti-émeutes pour disperser les manifestants qui occupent la place de la Perle, fait quatre morts, certains manifestants sont tués sous leur tente, dans leur sommeil.

L'armée et la police tirent sur des manifestants, faisant des dizaines de blessés, le 18 février. Les coups de feu intervenaient lors d'une journée de deuil durant laquelle des milliers ont participé a l'enterrement de plusieurs victimes des jours précédents. Paradoxalement, les tirs sont survenus alors que le prince héritier, s'exprimait à la télévision nationale pour promettre le retrait de l'armee et des forces de la place de la perle et d'engager un dialogue avec l'opposition. Les affrontements font 7 morts du 14 au 18 février.

Le 19 février, les manifestants reprennent la place de la Perle. Les manifestations dans la place durent sans interruption jusqu'au 16 mars.

La libération de 23 prisonniers politiques, le 23 février, ne fait pas diminuer la mobilisation, pas plus que la promesse d’un dialogue national sans restrictions (25 février) ou la grâce accordée à l’opposant en exil Hassan Maichamaa (26 février). Ce leader de l'opposition en profite néanmoins pour rentrer. En fait le peuple veut la chute du régime et non le dialogue avec une famille de dictateurs.

Le mouvement de jeunesse est alors rejoint progressivement par les organisations d’opposition. Ainsi, les dix-huit députés de l’opposition chiite démissionnent le 27 février. Les six partis de l'opposition demandent l'élection d'une assemblée constituante le 3 mars, avec pour objectif une monarchie constitutionnelle ou une république pour Hassan Machaimaa, chef du mouvement Haq et Abdelwahab Hussein, du mouvement Wafa

Malgrés la contre-révolution ( voir catégorie "La contre-révolution") et les pressions menées par le régime bahreinien et saoudien, les mouvements d’opposition ne renoncent cependant pas à contester le pouvoir royal. Le Wifaq appelle à manifester pacifiquement, pour le retrait des troupes étrangères et la libération des dirigeants de l’opposition arrêtés entre le 16 et le 17. Mais l’émir Hamad désigne la contestation comme un mouvement subversif mené de l’étranger, la disqualifiant par avance. La grève générale est arrêtée le 22 mars, avec la promesse du gouvernement de ne pas poursuivre les grévistes. L’opposition continue d’appeler à manifester « de chez soi » en scandant Allah Akbar le soir à heures fixes pour marquer le soutien à la révolution et les manifestations se déplacent dans les villages chiites. Mais même ces manifestations réduites sont durement réprimées à la grenade lacrymogène, dont les tirs sont guidés par hélicoptère ; les protestataires risquent tous arrestation et torture.

Le couvre-feu est levé le 2 juin 2011, avec deux semaines d'anticipation. Cette mesure est un signal envoyé aux investisseurs et aux puissances étrangères, les tentatives de manifestations étant toujours dispersées par la police.

A partir du mois de juin et jusqu'à aujourd'hui la situation reste la même : des manifestations tout les jours dans les villages et dans certains quartiers de la capitale... et aucunes réformes de la part du régime et du dicateur.

 

Mais encore :

La contre-révolution
  Victimes et arrestations
  Pourquoi ils ne mettent rien à la télé?
  images des martyrs!!!!
  mosquées brulées+détruits!!!
  Place de la perle
  REPORTAGES
  montages+caricatures
  videos-musiques

 

 

 

 

Et pour terminer, voici traduite par Allain Conny | Écrire sous les tropiques   la lettre envoyée par le Mouvement pour la Paix du Barheïn au Président Obama et au congrès étasunien

 

Lettre au président américain Barak Obama et aux membres du Congrès américain en relation aux crimes contre l'humanité qui ont lieu au Bahreïn. 
À l’honorable B. Obama et aux membres du Congrès des USA. Washington DC.
Re: Crimes contre l;’humanité au Bahreïn.
M. le Président MM les membres du Congrès
Nous élevons notre voix avec toutes les personnes qui demandant pour le Bahreïn une protection internationale en raison des crimes contre l'humanité qui sont perpétrés au Bahreïn par le régime.
C'est la première fois dans l'histoire moderne que le régime appelle des armées étrangères pour réprimer des manifestants pacifiques et tuer des civils face aux yeux du monde libre. Le Bahreïn ne possède aucun type d’armes capable de rivaliser avec les armes modernes des USA. Sincèrement, le peuple du Bahreïn subit un des plus grands crimes contre l'humanité, au moment même où je vous écris cette lettre. Ce qui se passe au Bahreïn est beaucoup plus grave de que ce qui s'est passé en Libye. Au Bahreïn manifestants pacifiques ne peuvent rien face à des chars modernes et aux hélicoptères de l’armée.
 Il est honteux que des armes américaines comme hélicoptères Apaches ou des armes à feu automatiques soient utilisées contre des civils, mais malheureusement l'administration américaine n'a pas condamné l'utilisation de ces armes utilisées pour faire taire ceux qui demandent pacifiquement la démocratie. L’armée du Bahreïn et l’armée l'Arabie Saoudite ont attaqué des hôpitaux et des centres de soins dans les villages chiites ; ces forces ont capturé blessés des manifestants alors que certains d'entre eux étaient dans conditions critiques. Certains d'entre eux sont morts immédiatement qu’on leur ait ôté les équipements médicaux qu’ils utilisaient. Ceci est totalement contraire à la loi internationale et des droits de l'homme
De nombreux médecins et le personnel soignant sont détenus parce qu'ils ont fourni des soins à des manifestants blessés ou parce qu’ils se sont adressés directement à des médias, comme le Dr Mahmood Asghar (chirurgien) qui est détenu sur de théâtre des opération, comme le Dr Ghassan Dhaif, le Dr Basim Dhaif, le Dr Mona Al-Sammak, le Dr Al-A.Khaliq Oraibi, le Dr Nada Dhaif ainsi que de nombreux autres soignants. 
L’armée du Bahreïn armée et l'armée saoudienne ont également attaqué l’organisation Croissant-Rouge de Bahreïn, quand ils ont essayé de pénétrer dans lhôpital principal de capitale Manama pour apporter de l’aide. La situation au Bahreïn est vraiment dangereuse. Nous avons besoin d'une aide d'urgence de l’organisation Médecins Sans Frontières, de la Croix-Rouge, des organisations internationales qui se préoccupent de droits de l'homme et des Nations Unies. Jusqu'à présent au moins 20 manifestants pacifiques ont été tués et des centaines de personnes blessées. Au moins 30 personnes sont portées disparues et le régime a refusé de mentionner quoi que ce soit à leur sujet et près de 500 militants politiques et manifestants pacifiques ont été arrêtés après que des attentats barbares aient été commis sur à leur domicile.
 
Sincèrement le peuple du Bahreïn à été choqué par la réponse de la ministre des Affaires étrangères des États-Unis Mme Clinton quand elle a affirmé, que le pouvoir du Bahreïn avait le droit de demander l’aide d’une autre armée (Arabie Saoudite) pour soutenir la sécurité à Bahreïn, mais malheureusement, elle n'a pas mentionné quoi que ce soit au sujet des massacres qui ont eu lieu au Bahreïn par l’armée saoudienne. Le pouvoir du Bahreïn et les saoudiens considèrent cette réaction comme un feu vert et rien ne pourra plus les arrêter maintenant. Ils sont en train de tuer des gens de sang froid et personne ne peut rien leur dire.
Nous somme une nation qui croit en la démocratie et dans les droits de l’homme et nous avons besoin du support du monde libre. Il est clair que nous ne toucherons pas les intérêts américains ou la Ve Flotte américaine stationné au Bahreïn si le Bahreïn devient une monarchie constitutionnelle dépendante de la famille royale Al-Khalifa ou même si la famille Al-Khalifa était déchue. Nous considérons la présence de l'armée américaine à Bahreïn comme un facteur important pour la stabilité de notre pays. Nous aimons les Américains et nous les considérons comme des amis. Sur un point de vue économique la présence de la flotte de cinquième flotte au Bahreïn représentent un bon apport à l'économie et aux finances du pays.
 Le régime du Bahreïn a démoli Pearl Square et ce symbole permet de croire à ce régime stupide que cela suffira à stopper les exigences de justice et de liberté du pays. Ce régime capable de tuer tous les manifestants pacifiques, de détruire l'ensemble de Bahreïn et tout le Moyen-Orient juste pour rester au pouvoir. Nous demandons instamment à l'administration la plus puissante du monde,l'administration américaine ainsi qu’à toute la communauté internationale de soutenir le peuple de Bahreïn et leur droit à la démocratie car il est clair que cette violence agressive contre les manifestants ne feront qu’empirer la situation.
Cet appel vient du cœur blessé d'un citoyen du Bahreïn qui aime son pays et est prêt à se sacrifier pour sa terre dans le cadre d’une intervention immédiate à Bahreïn. Il faut empêcher AL-KHALIFA et la famille royale de tuer des manifestants pacifiques. Le peuple du Bahreïn respecte les intérêts des États-Unis au Bahreïn et les garantira en toutes circonstances. Le peuple Bahreïn qui est une nation pacifique demande au président des États-Unis, et au Congrès américain et ainsi qu’à toute l'administration des États-Unis :
1.      De coopérer avec les Nations Unis pour protéger le peuple du Barheïn.
2.      Interdire la vente d'armes au régime du Bahreïn parce qu’elles peuvent-être utilisées contre le peuple.
3.      Faire pression sur le régime du Bahreïn pour libérer tous les militants politiques, les prisonniers pour délit d’opinion, les médecins et le personnel médical et de clarifier le sort des personnes portées disparues.
4.      Obliger le régime du Bahreïn à respecter les droits de l’homme de l’ONU et les traités signés par le régime du Bahreïn.
5.      Convoquer le régime du Bahreïn devant la CPI pour ses crimes contre l’humanité.
6.      Stopper le génocide du Bahreïn, le régime a naturalisé des milliers de sunnites pour changer la situation démographique du pays.
Sincèrement votre, au nm du peuple du Bahreïn.
Bahreïn le 14 février 2011, Mouvement pour la paix.
J'espère qu'il y aura un peu d'émulation,  et que d'autres s'intéresseront d'avantage à la situation du Barheïn, mais aussi d'autres pays dont les populations subissent l'opression et la répression mais dont on ne parle pas parce que leur désir de liberté ou de dignité nuit aux intérêts des EUA et/ou plus trivialement à ceux des consommateurs européens... plus facile de continuer les pillages que d'affronter les fabriquants de haine,ui eux, demain ne nous raterons pas parce que pour cette élite autoproclamée, votre vie ne vaut pas plus que celle de n'importe lequel de ces pays méprisés. regardez avec quelle facilité, les médias transforment le peuple de la Grèce berceau de la civilisation démocratique en appendice du tiers-monde avec les stygmatisations qui vont de paire.... Pour les psychopathes déshumanisés qui se prennent pour les Maîtres du Monde il n'y a ni amitié, ni pivilégié qui ne les servent... simplement la concurrence et le Profit. 

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Published by Anne Wolff - dans Peuples du monde
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Gilles Deleuze, février 1977.

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