28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 22:41

Pour que le covid ne nous mange pas aussi la tête (et les orteils selon certains experts équatoriens), un peu de la bonne humeur oreirienne.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 17:16

 

L'espoir, au contraire de ce que l'on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c'est ne pas se résigner.

Albert Camus, Noces

 

Les idées, disons-nous depuis des lustres, sont épidémiques. Elles circulent de tête en tête plus vite que l’électricité. Une idée qui s’empare des têtes devient une force matérielle, telle l’eau qui active la roue du moulin. Il est urgent pour nous, Chimpanzés du futur, écologistes, c’est-à-dire anti-industriels et ennemis de la machination, de renforcer la charge virale de quelques idées mises en circulation ces deux dernières décennies. Pour servir à ce que pourra.

 

Leurs virus, nos morts

1) Les «maladies émergentes» sont les maladies de la société industrielle et de sa guerre au vivant

La société industrielle, en détruisant nos conditions de vie naturelles, a produit ce que les médecins nomment à propos les «maladies de civilisation». Cancer, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires et neuro-dégénératives pour l’essentiel. Les humains de l’ère industrielle meurent de sédentarité, de malbouffe et de pollution, quand leurs ancêtres paysans et artisans succombaient aux maladies infectieuses. C’est pourtant un virus qui confine chez lui un terrien sur sept en ce printemps 2020, suivant un réflexe hérité des heures les plus sombres de la peste et du choléra. Outre les plus vieux d’entre nous, le virus tue surtout les victimes des «maladies de civilisation». Non seulement l’industrie produit de nouveaux fléaux, mais elle affaiblit notre résistance aux anciens. On parle de «comorbidité», comme de «coworking» et de «covoiturage», ces fertilisations croisées dont l’industrie a le secret1

.«"Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l'air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir", alerte Sara De Matteis, professeur en médecine du travail et de l'environnement à l'Université de Cagliari en Italie. C'est principalement dans les grandes villes que les habitants seraient les plus exposés à ce risque2.» Encore plus efficace : la Société italienne de médecine environnementale a découvert un lien entre les taux de contamination au Covid19 et ceux des particules fines dans l’air des régions les plus touchées d’Italie. Fait déjà constaté pour la grippe aviaire. Selon Gianluigi de Gennaro, de l'Université de Bologne,« Les poussières transportent le virus. [Elles] agissent comme porteurs. Plus il y en a, plus on crée des autoroutes pour les contagions3

Quant au virus lui-même, il participe de ces «maladies émergentes» produites par les ravages de l’exploitation industrielle du monde et par la surpopulation. Les humains ayant défriché toute la terre, il est naturel que 75% de leurs nouvelles maladies soient zoonotiques, c’est-à-dire transmises par les animaux, et que le nombre de ces zoonoses ait quadruplé depuis 50ans4. Ebola, le SRAS, la grippe H5N1, le VIH, le Covid-19 et tant d’autres virus animaux devenus mortellement humains par le saccage des milieux naturels, la mondialisation des échanges, les concentrations urbaines, l’effondrement de la biodiversité..

La sédentarisation d’une partie de l’espèce humaine et la domestication des animaux avaient permis la transmission d’agents infectieux des animaux aux hommes. Cette transmission s’est amplifiée avec l’élevage industriel, le braconnage, le trafic d’animaux sauvages et la création des parcs animaliers. La déforestation, les grands travaux, l’irrigation, le tourisme de masse, l’urbanisation, détruisent l’habitat de la faune sauvage et rabattent mécaniquement celle-ci vers les zones d’habitat humain. Ce ne sont pas le loup et la chauve-souris qui envahissent les villes, mais les villes qui envahissent le loup et la chauve-souris.

La société industrielle nous entasse. Dans les métropoles, où les flux et les stocks d’habitants sont régulés par la machinerie cybernétique. La métropole, organisation rationnelle de l’espace social, doit devenir, selon les plans des technocrates, l’habitat de 70 % des humains d’ici 2050.

Leur technotope. Ville-machine pour l’élevage industriel des hommes-machines5. Entassés sur la terre entière, nous piétinons les territoires des grands singes, des chauves-souris, des oies sauvages, des pangolins. Promiscuité idéale pour les contagions (du latin tangere: toucher). Sans oublier le chaos climatique. Si vous craignez les virus, attendez que fonde le permafrost. Faut-il le rappeler? L’humain, animal politique, dépend pour sa survie de son biotope naturel et culturel (sauf ceux qui croient que «la nature n’existe pas» et qui se pensent de pures (auto)constructions, sûrement immunisées contre les maladies zoonotiques). La société industrielle prospère sur une superstition: on pourrait détruire le biotope sans affecter l’animal.

Deux cents ans de guerre au vivant6 ont stérilisé les sols, vidé forêts, savanes et océans, infecté l’air et l’eau, artificialisé l’alimentation et l’environnement naturel, dévitalisé les hommes .Le progrès sans merci des nécrotechnologies nous laisse une Terre rongée à l’os pour une population de 7 milliards d’habitants. Le virus n’est pas la cause, mais la conséquence de la maladie industrielle. Mieux vaut prévenir que guérir. Si l’on veut éviter de pires pandémies, il faut sortir de la société industrielle. Rendre son espace à la vie sauvage- ce qu’il en reste -, arrêter l’empoisonnement du milieu et devenir des Chimpanzés du futur: des humains qui de peu font au mieux

1Rappel: la pollution de l’air tue chaque année 48000 Français et plus de 100 Grenoblois.

2www.actu-environnement.com, 20/03/20

3Idem

4Revues Nature et Science, citées par Wikipedia.

5 Cf.Retour à Grenopolis, Pièces et main d’œuvre, mars 2020, www.piecesetmaindoeuvre.com

6Cf. J.-P. Berlan, La guerre au vivant, Agone, 2001

 

 

Leurs virus, nos morts

2) La technologie est la continuation de la guerre - de la politique -par d’autres moyens. La société de contrainte, nous y entrons.

Nul moins que nous ne peut se dire surpris de ce qui arrive. Nous l’avions prédit, nous et quelques autres, les catastrophistes, les oiseaux de mauvais augure, les Cassandre, les prophètes de malheur, en 2009, dans un livre intitulé À la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025: rudiments d’histoire contemporaine:

«Du mot "crise" découlent étymologiquement le crible, le crime, l’excrément, la discrimination, la critique et, bien sûr, l’hypocrisie, cette faculté d’interprétation. La crise est ce moment où, sous le coup de la catastrophe – littéralement du retournement (épidémie, famine, séisme, intempérie, invasion, accident, discorde) –, la société mise sens dessus dessous retourne au chaos, à l’indifférenciation,à la décomposition, à la violence de tous contre tous (René Girard, La Violence et le Sacré, Le Bouc émissaire, et toute la théorie mimétique).

Le corps social malade, il faut purger et saigner, détruire les agents morbides qui l’infectent et le laissent sans défense face aux agressions et calamités. La crise est ce moment d’inquisition, de détection et de diagnostic, où chacun cherche sur autrui le mauvais signe qui dénonce le porteur du maléfice contagieux, tremblant qu’on ne le découvre sur lui et tâchant de se faire des alliés, d’être du plus grand nombre, d’être comme tout le monde. Tout le monde veut être comme tout le monde. Ce n’est vraiment pas le moment de se distinguer ou de se rendre intéressant. […]

Et parmi les plus annoncées dans les années à venir, la pandémie, qui mobilise aussi bien la bureaucratie mondiale de la santé, que l’armée et les autorités des mégalopoles. Nœuds de communication et foyers d’incubation, celles-ci favorisent la diffusion volontaire ou accidentelle de la dengue, du chikungunya, du SRAS, ou de la dernière version de la grippe, espagnole, aviaire,mexico-porcine, etc. [...]

Bien entendu, cette "crise sanitaire" procède d’une "crise de civilisation", comme on dit "maladie de civilisation", inconcevable sans une certaine monstruosité sociale et urbaine, sans industrie,notamment agro-alimentaire et des transports aériens. […] On voit l’avantage que le pouvoir et ses agents Verts tirent de leur gestion des crises, bien plus que de leur solution. Celles-ci, après avoir assuré pléthore de postes et de missions d’experts aux technarques et aux gestionnaires du désastre, justifient désormais, dans le chaos annoncé de l’effondrement écologique, leur emprise totale et durable sur nos vies. Comme l’État et sa police sont indispensables à la survie en monde nucléarisé, l’ordre vert et ses technologies de contrôle, de surveillance et de contrainte sont nécessaires à notre adaptation au monde sous cloche artificiel. Quant aux mauvais Terriens qui – défaillance ou malfaisance – compromettent ce nouveau bond en avant du Progrès, ils constituent la nouvelle menace pour la sécurité globale7

Au risque de se répéter: avant, on n’en est pas là; après, on n’en est plus là. Avant, on ne peut pas dire ça. Après, ça va sans dire. L’ordre sanitaire offre une répétition générale, un prototype à l’ordre Vert. La guerre est déclarée, annonce le président Macron. La guerre, et plus encore la guerre totale, théorisée en 1935 par Ludendorff, exige une mobilisation totale des ressources sous une direction centralisée. Elle est l’occasion d’accélérer les processus de rationalisation et de pilotage des sans-pouvoir, au nom du primat de l’efficacité. Rien n’est plus rationnel ni plus voué à l’efficacité que la technologie.

Le confinement doit être hermétique, et nous avons les moyens de le faire respecter. Drones de surveillance en Chine et dans la campagne picarde ; géolocalisation et contrôle vidéo des contaminés à Singapour; analyse des données numériques et des conversations par l’intelligence artificielle pour tracer les contacts, déplacements et activités des suspects en Israël8. Une équipe du Big Data Institute de l’université d’Oxford développe une application pour smartphone qui géolocalise en permanence son propriétaire et l’avertit en cas de contact avec un porteur du virus. Selon leur degré de proximité, l’application ordonne le confinement total ou la simple distance de sécurité, et donne des indications aux autorités pour désinfecter les lieux fréquentés par le contaminé9.

«Les données personnelles, notamment les données des opérateurs téléphoniques, sont aussi utilisées pour s’assurer du respect des mesures de quarantaine, comme en Corée du Sud ou à Taïwan. C’est aussi le cas en Italie, où les autorités reçoivent des données des opérateurs téléphoniques, ont expliqué ces derniers jours deux responsables sanitaires de la région de Lombardie. Le gouvernement britannique a également obtenu ce type d’information de la part d’un des principaux opérateurs téléphoniques du pays10.» En France, Jean-François Delfraissy, le président du Comité consultatif national d’éthique et du «conseil scientifique» chargé de la crise du coronavirus évoque l’éventualité du traçage électronique au détour d’un entretien radiophonique.

« La guerre est donc un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté.» Ceux-là même qui n'ont pas lu Clausewitz, savent aujourd'hui que la technologie est la continuation de la guerre par d'autres moyens. La pandémie est le laboratoire du techno-totalitarisme, ce que les opportunistes technocrates ont bien compris. On ne rechigne pas en période d’accident nucléaire ou d’épidémie. La technocratie nous empoisonne puis elle nous contraint, au motif de nous protéger de ses propres méfaits. Nous le disons depuis quinze ans: «La société de contrôle, nous l’avons dépassée; la société de surveillance, nous y sommes; la société de contrainte, nous y entrons.» Ceux qui ne renoncent pas à l’effort d’être libres reconnaîtront avec nous que le progrès technologique est l’inverse et l’ennemi du progrès social et humain.

7Pièces et main d’œuvre, À la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025: rudiments d’histoire contemporaine, Editions L’Echappée, 2009

8«Israel approves mass surveillance to fight coronavirus»,https://www.ynetnews.com,17/03/20

9https://www.bdi.ox.ac.uk/news/infectious-disease-experts-provide

10Le Monde, 20/03/20

 

 

Leurs virus, nos morts

3) Les experts aux commandes de l’état d’urgence: le pouvoir aux pyromanes pompiers.

Nous ayant conduit à la catastrophe, les experts de la technocratie prétendent nous en sauver, au nom de leur expertise techno-scientifique. Il n’existe qu’une seule meilleure solution technique, ce qui épargne de vains débats politiques. «Ecoutez les scientifiques!» couine Greta Thunberg. C’est à quoi sert l’état d’urgence sanitaire et le gouvernement par ordonnances: à obéir aux«recommandations» du «conseil scientifique» et de son président Jean-François Delfraissy.

Ce conseil créé le 10 mars par Olivier Véran11, à la demande du président Macron, réunit des experts en épidémiologie, infectiologie, virologie, réanimation, modélisation mathématique, sociologie et anthropologie. Les prétendues «sciences humaines» étant comme d’habitude chargées d’évaluer l’acceptabilité des décisions techniques – en l’occurrence la contrainte au nom de l’intérêt supérieur de la santé publique. Excellent choix que celui de Delfraissy, un homme qui vit avec son temps, ainsi que nous l’avons découvert à l’occasion des débats sur la loi de bioéthique: «Il y a des innovations technologiques qui sont si importantes qu’elles s’imposent à nous.[...] Il y a une science qui bouge, que l’on n’arrêtera pas.12»

Ces cinquante dernières années en effet, les innovations techno-scientifiques se sont imposées à nous à une vitesse et avec une violence inégalées. Inventaire non exhaustif: nucléarisation de la planète; OGM et biologie synthétique; pesticides, plastiques et dérivés de l’industrie chimique; nanotechnologies; reproduction artificielle et manipulations génétiques ; numérisation de la vie; robotique; neuro-technologies; intelligence artificielle; géo-ingénierie… Ces innovations, cette «science qui bouge», ont bouleversé le monde et nos vies pour produire la catastrophe écologique, sociale et humaine en cours et dont les progrès s’annoncent fulgurants.

Elles vont continuer leurs méfaits grâce aux 5 milliards d’euros que l’État vient de leur allouer à la faveur de la pandémie, un effort sans précédent depuis 1945. Tout le monde ne mourra pas du virus. Certains en vivront bien. On ignore quelle part de ces 5 milliards ira par exemple aux laboratoires de biologie de synthèse, comme celui du Génopole d’Evry. La biologie de synthèse, voilà une «innovation si importante qu’elle s’impose à nous». Grâce à elle, et à sa capacité à fabriquer artificiellement des organismes vivants, les scientifiques ont recréé le virus de la grippe espagnole qui tua plus que la Grande Guerre en 191813. Destruction/réparation: à tous les coups les pyromanes pompiers gagnent. Leur volonté de puissance et leur pouvoir d’agir ont assez ravagé notre seule Terre. Si nous voulons arrêter l’incendie, retirons les allumettes de leurs mains, cessons de nous en remettre aux experts du système techno-industriel, reprenons la direction de notre vie.

11Le nouveau ministre de la Santé est un médecin grenoblois, député LREM aorès avoir été suppléant de la socialiste Geneviève Fioraso, ex-ministre de la Recherche. Selon Le Monde, «un ambitieux "inconnu"» qui «sait se placer» (lemonde.fr, 23/03/20).

12Jean-François Delfraissy, entretien avec Valeurs actuelles, 3/03/18.

13Virus recréé en 2005 par l’équipe du Professeur Jeffrey Taubenberger de l’Institut de pathologie de l’armée américaine, ainsi que par des chercheurs de l’université Stony Brook de New York

 

 

Leurs virus, nos morts

4) L’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine.

L’effet cliquet de la vie sans contact.Le contact, c’est la contagion. L’épidémie est l’occasion rêvée de nous faire basculer dans la vie sous commande numérique. Il ne manquait pas grand-chose, les terriens étant désormais tous greffés de prothèses électroniques. Quant aux attardés, ils réduisent à toute allure leur fracture numérique ces jours-ci, afin de survivre dans le monde-machine contaminé: «Les ventes d’ordinateurs s’envolent avec le confinement.[...] Tous les produits sont demandés, des équipements pour des vidéoconférences à l’ordinateur haut de gamme pour télétravailler en passant par la tablette ou le PC à petit prix pour équiper un enfant. Les ventes d’imprimantes progressent aussi. Les Français qui en ont les moyens financiers sont en train de reconstituer leur environnement de travail à la maison14.»Nous serions bien ingrats de critiquer la numérisation de nos vies, en ces heures où la vie tient au sans fil et au sans contact. Télétravail, téléconsultations médicales, commandes des produits de survie sur Internet, cyber-école, cyber-conseils pour la vie sous cloche - «Comment occuper vos enfants?», «Que manger?», «"Tuto confinement" avec l’astronaute Thomas Pesquet», «Organisez un Skypéro», «Dix séries pour se changer les idées», «Faut-il rester en jogging?». Grâce à WhatsApp, « "Je ne me suis jamais sentie aussi proche de mes amis", constate Valeria, 29 ans, chef de projet en intelligence artificielle à Paris15»

Dans la guerre contre le virus, c’est la Machine qui gagne. Mère Machine nous maintient en vie et s’occupe de nous. Quel coup d’accélérateur pour la «planète intelligente» et ses smart cities16. L’épidémie passée, quelles bonnes habitudes auront été prises, que les Smartiens ne perdront plus. Ainsi,passés les bugs et la période d’adaptation, l’école à distance aura fait ses preuves. Idem pour la télémédecine qui remplacera les médecins dans les déserts médicaux comme elle le fait en ces temps de saturation hospitalière. La «machinerie générale» (Marx) du monde-machine est en train de roder ses procédures dans une expérience à l’échelle du laboratoire planétaire.Rien pour inquiéter la gauche et ses hauts-parleurs. Les plus extrêmes, d’Attac à Lundi matin,en sont encore à conspuer le capitalisme, le néolibéralisme, la casse des services publics et le manque de moyens.

Une autre épidémie est possible, avec des masques et des soignants bien payés, et rien ne serait arrivé si l’industrie automobile, les usines chimiques, les multinationales informatiques avaient été gérées collectivement,suivant les principes de la planification démocratique assistée par ordinateur. Nous avons besoin de masques et de soignants bien payés. Nous avons surtout besoin de regarder en face l’emballement du système industriel, et de combattre l’aveuglement forcené des industrialistes. Nous, anti-industriels, c’est-à-dire écologistes conséquents, avons toujours été minoritaires. Salut à Giono, Mumford, Ellul & Charbonneau, Orwell et Arendt, Camus, Saint Exupéry, et à quelques autres qui avaient tout vu, tout dit. Et qui nous aident à penser ce qui nous arrive aujourd’hui. Puisque nous avons du temps et du silence, lisons et méditons. Au cas où il nous viendrait une issue de secours .

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14www.lefigaro.fr, 19/03/20.

15Le Monde, 19/03/20.

16 Cf. «Ville machine, société de contrainte», Pièces et main d’œuvre, in Kairos, mars 2020 et sur www.piecesetmaindoeuvre.com

 

Pièces et main d’œuvre

Grenoble, 22 mars 2020

 

Vous pourrez y lire également leurs Dernières livraisons

-Le Progrès arrive en gare de Lhassa le 19 avril 2020 par Renaud Garcia

- Appel à manifester dans la rue le 1er Mai 2020 le 14 avril 2020 par Philippe

-Le virus de la contrainte le 12 avril 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Lille : la société vivante fête la friche le 4 avril 2020 par P.A.R.C Saint-Sauveur

-Retour à Grenopolis Tout ce que nous cachent les élections municipales
le 8 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Ville-machine, société de contrainte le 7 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Mila, ou le déshonneur d’un certain féminisme le 5 février 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Conférences-débats : Contre l’eugénisme technologique le 30 janvier 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Et moi, je hurle avec les loups le 29 janvier 2020 par Croc-Blanc

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 18:07
Humeur du jour : je suis en colère, et c’est très bien !

 

 

Toute la douleur du monde, et ce n’est pas ce qui manque, c’est accablant à la fin. Chance que je sois immunisée contre la dépression. Il n’y a pas à dire, le bilan de l’état de la planète est catastrophique, que ce soit la disparition de plus en plus rapide des conditions de possibilité de Vie sur Terre ou toute la douleur corrélative qui accompagne cette guerre à la vie que mène un système qui préfère les machines, jusqu’ici plus dociles que les vivants. Jusqu’ici parce que, avec les progrès de l’intelligence artificielle, le passage d’un seuil où le contrôle des robots échappe à leurs créateurs est une probabilité grandissante. Cela a été très vite, quelques décennies et ce qui semblait sortir de la folle imagination de petits génies de la science fiction c’est fait réalité…

Système ? Quel système ? Néolibéral ? Quand on a dit cela, on en dit trop ou trop peu. Il n’existe pas de claire définition de ce concept qui se traduit surtout par le malaise généralisé au sein des habitants de la planète, ceux « d’en bas » en particulier. En Bas de quoi ? De l’échelle sociale ? Ce machin sur lequel il faut écraser la tête d’autres pour gravir les échelons . Je préfère le plancher des vaches et le raz des Pâquerettes…

Et ceux d’en haut ? De qui parle-t-on quand on parle de décideurs planétaires ? Le terme s’utilise non ? Les décideurs. Et s’il y a des décideurs, cela veut dire que certains sont « décidés », par d’autres. Dans ce malaise généralisé, qui provoque de plus en plus de soulèvements populaires de par le monde, en Amérique Latine : au Chili, en Équateur, … mais aussi au « Moyen-Orient : Iran, Irak, Liban… et un peu partout dans le monde, derrière les revendications matérielles, qui sont devenues plus des questions de survie que d’amélioration de qualité de vie, s’élève une autre exigence, qui parcourt le monde : « Nous ne voulons plus que d’autres décident pour nous !». Il est question pour chacun de participer à la prise des décisions qui le concernent.

Nous savons finalement peu de choses concernant les réels décideurs, nous connaissons leurs façades, ceux qu’ils utilisent pour imposer leurs politiques, des noms circulent, et aussi des spéculations concernant les rivalités qui les opposent, mais pas besoin de noms pour constater dans la réalité les effets délétères des choix, des sacrifices qu’ils nous imposent. Des qualificatifs relevant du registre des pires maladies mentales circulent à leur sujet, et il y a tout lieu de penser qu’il ne s’agit pas d’exagération. Psychopathes, sociopathes désignent des gens qui ont un total manque d’empathie. Et ce sont des termes qui sont souvent utilisé à leur sujet. L’hyoer-capitalisme n’est pas sauvage, ne mélangeons pas tout, il est cruel, brutal et grossier.

Des sciences celle que je préfère, c’est bien sûr la biologie. Pas cette science usurpatrice du nom qui dans des laboratoires s’acharne à faire ressembler les vivants toujours d’avantage aux machines ou fabrique des êtres hybrides qui sont un peu des deux. Non, je parle de cette science qui approche le vivant, tel qu’il est dans son milieu naturel, et essaye de comprendre les mystère de la création, celle qui s’est déroulée avant que l’homme se prenant pour un dieu veuille recréér le monde à sa triste image. Parce que c’est bien cela qui se produit. Ceux qui se mêlent aujourd’hui de génétique, de robotique et compagnie, ne sont pas des biologistes, mais des physiciens mécanistes, ignorants de la vie, refusant son inventivité, sa créativité : ils ont peur de l’imprévu, il leur faut tout mettre sous contrôle, inventer un monde où tout est sous surveillance, et les in-conformités doivent être détectées et éliminées avant qu’elles puissent le temps d’éclore.

Cela aussi relève de la maladie mentale, et il n’est pas étonnant que la Chine, un pays qui a vécu le grand traumatisme collectif de la « Révolution Culturelle » soit à la pointe de ce délire paranoïaque de contrôle absolu. Je suis désolée, je n’ai pas envie de faire de la psychologie à bon marché, mais quand même, imaginez les traces que cela laisse chez des enfants – les adultes d’aujourd’hui, de voir soudain leurs parents livrés à la vindicte populaire, humiliés, emprisonné, tués parce qu’ils refusent de se conformer aux diktats du Parti Communiste, de se prêter de bonne grâce au lavage de cerveau qui veut les formater au plus profond de leur conscience… Des enfants fanatisés ont du espionner leurs parents, leurs proches et les dénoncer s’ils préféraient nourrir les oiseaux, alors que Mao avait décrété que les oiseaux ils faut les tuer tous, et les manger avant qu’ils mangent les récoltes…. (Un grand bonheur pour toutes sortes d’insectes qui ont proliféré, à eux les récoltes, l’équilibre écologique était rompu). Et Xi Jinping, homme tout puissant à la tête du tout puissant Parti Communiste de la Chine, en chemin vers l’hégémonie mondiale a vécu cela. Prince Rouge, comme on appelait les enfants des dirigeants du parti, il a vu le monde de son enfance dorée s’écrouler quand Mao a décidé de mettre de l’ordre à sa manière, d’éliminer toute concurrence potentielle dans l’exercice du pouvoir et de remodeler à la dure la conscience du peuple chinois. Son père déchu, soumis à toutes les brimades que subissaient les intellectuels, publiquement humilié et sommé de faire son autocritique et le jeune XI renvoyé à la boue des campagnes. Qu’on ne vienne pas me dire que cela ne laisse pas de traces. Depuis il a avec patience, intelligence et persévérance remonté un par un tous les échelons de la hiérarchie du parti. Développant simultanément un système de contrôle des populations toujours plus performant.

Pourquoi je parle ici de la Chine, parce qu’il y a trop longtemps que les USA sont les principaux ennemis du monde et de ses habitants, alors ils focalisent beaucoup de haine, de ressentiments, de rejets… et nombreux sont ceux qui ne mesurent pas le danger que la Chine représente aujourd’hui pour l’humanité comme espèce et dans ses manières d'être au monde. Beaucoup oublient que le Soft Power qui caractérise les stratégies de politique extérieure de la Chine, est justement ce concept inventé aux USA, qui consiste à coloniser un peuple, une région, en « douceur », en se faisant apprécier, en pénétrant insidieusement les consciences et les cœur, et sur le mode US, en remplaçant les cultures locales par l’acculturation yankee, une privation de culture qui permet de conditionner les inconscients collectifs en fonction des intérêts des Corporations Commerciales. La télévision a été un véritable Cheval de Troie de cette manipulation collective, installée dans tous les foyers, avec ses particularités locales à ses premiers temps, petit à petit, guerre psychologique oblige, elle s’est mise a diffuser quasi exclusivement la propagande du système.

Aujourd’hui la télé est de moins en moins présente, elle est remplacée par les « nouvelles technologies », et la Chine est à la pointe de ces technologie en particulier en ce qui concerne le contrôle des masses. Pour tous ceux qui sont tentés de croire que la Chine est « l’amie du monde », je vous conseille d’enquêter de manière plus approfondie. A l’intérieur, un peuple qui dispose de droits économiques mais pas de droits politiques, et le système de Crédit Social, un contrôle des comportements toujours plus perfectionné et pénétrant, surveillance absolue et évaluation de conformité qui décide de quelle part de « droits économiques » disposera chacun, cela concerne aussi bien des aspects strictement matériels, mais aussi un plus vaste registre des droits humains, comme par exemple la liberté de voyager qui  dans ce pays est fonction de votre conformité sociale… plus vous êtes conforme et plus loin vous pouvez voyager… mais les insoumis eux, seront cantonnés dans leur localité. Et à l’extérieur, je ne vais pas m’étendre sur ce sujet maintenant, mais les exemples s’amoncellent prouvant que le « donnant-donnant » de la Chine est un leurre, et qu’elle n’hésite pas à sacrifier les habitants des pays qu’elle exploite pour satisfaire les « droits économiques » de ses propres habitants et ressortissants, condition nécessaire de maintient au pouvoir du Parti Communiste.

Si je parle de la Chine, c’est parce que justement son modèle interne est celui qui est le plus contraire à cette aspiration qui se répand comme une traînée de poudre de soulèvements populaires : aspiration de décider personnellement et collectivement de nos destins. Le Chili montre cela très clairement. Le soulèvement qui a commencé pour une question matérielle, l’augmentation du prix du métro a changé de nature. Aujourd’hui le président Piñera pourrait annoncer que le métro est gratuit pour tous, il ne détiendra pas la colère du peuple qui demande une assemblée constituante populaire MAINTENANT !

Et c’est une des choses qui m’énerve depuis longtemps dans les conflits que j’ai suivi au cours des dernières années. D’une part, il y a ceux qui se focalisent sur la « guerre des 3 empires », qui est surtout un partage du monde entre corporations, une lutte pour 3 différentes versions d’un nouvel ordre mondial, économiste et non politique, un monde dans lequel les habitants sont un marché de l’emploi, mais un marché de l’emploi qui n’obéit plus aux règles officielles de l’économisme pour lesquelles sur le marché du travail, le travailleur offre sa force de travail en fixant ses conditions. A présent, le travail a été remplacé par  ‘emploi et ses demandeurs qui doivent accepter les conditions toujours plus proches de l’esclavagisme que lui impose ce nouvel ordre mondial. Comme je le disais plus haut, il est de moins en moins question d’améliorer ses conditions de vie, et de plus en plus d’accéder à des conditions de simple survie, alors que s’étend ce qui ressemble de plus en plus un génocide planétaire, polymorphe, sans restriction géographique, où seuls les conformes auront le droit de boire, pour prendre le point le plus dramatique de la raréfaction des conditions de possibilité de vie. Trois milliards de personnes n’ont pas accès à une eau saine et potable, et cette situation s’aggrave chaque jours à un rythme accéléré. L’extractivisme et ses hyper-pollutions des eaux, le gaspillage et la pollution consumériste irréversibles sont au cœur du problème. Et contre cela des peuples se soulèvent. Ils ne veulent plus que quelques-uns décident pour tous les autres qui a ou non le droit de vivre, ni qu’ils décident des étroites limites de conformité auxquelles chacun doit se soumettre pour avoir ce droit, dans un monde toujours plus carcéral. Il faut arrêter les dégâts, maintenant, tout de suite, se mettre à réparer la biosphère, les écosystèmes naturels pour diminuer la croissance inéluctable du nombre des victimes, et les souffrances du monde. Pour inverser les processus de destruction de la Vie sur Terre.

Cela fait partie de la grande croisade de la désinformation, la guerre psychologique dont les grands médias sont un des principaux outils que de nier l’existence de ce courant croissant, en mentant de manière éhontée, en proposant de constantes diversions… Vendredi Noir ! por favor ! voir des gens se battre entre eux pour se faire arnaquer est une triste allégorie de notre déchéance.

Ce courant refuse la politique comme polarisation gauche-droite, qui dresse les proches, voisins, amis, les uns contre les autres en vertu du vieil adage de Machiavel : « Diviser pour régner ». « Les partis politiques sont une invention de l’Occident pour diviser les voisins entre eux » disent les habitants de Cherán, Michoacán, Mexique, qui ont chassé de leur territoire ses importuns partis politiques - de même  que les cartels qui pillaient le bois de leurs collines et imposaient leur loi - et se sont réorganisé selon le mode communal de la tradition indigène. « La gauche ? La droite ? je ne vois pas pourquoi nous devrions nous définir en fonction de la position de français dans un hémicycle, au 19ème siècle. Nous avons nos propres traditions d’organisation politique » dit la porte-parole de la Minga de Colombie… Et pour en remettre une couche au sujet de la Bolivie, un reproche formulé par des Aymaras, nation dont il est originaire à Evo Morales : « Sa permanence au pouvoir va à l’encontre de nos traditions. Nous avons des mécanismes pour éviter justement toute concentration de pouvoir, des processus qui opèrent une constante redistribution du pouvoir entre tous dans le cercle des voisins. Et il les a abandonnés ».

Et partout ceux qui dressent l’oreille pour écouter la voix des peuples en rébellion, entendent en écho « Ni Maduro, ni Guaido », « Ni Moreno, ni Correa », « Ni Evo, ni Camacho ». Un autre exemple qui m’avait fait mousser à l’époque, il s’agit de l’Ukraine, en particulier du Donbass. Alors que le coup d’état installe un gouvernement néo-nazi à Kiev (une autre récupération d’un soulèvement populaire par l’extrême-droite…) et que la Russie annexe la Crimée, les autonomistes du Donbass affrontent les uns et les autres, ce qu’il veulent installer la souveraineté populaire dans leur région. Mais de la même manière que les médias nous parlent aujourd’hui en ce qui concerne la Bolivie des pro-Evo contre les « partisans de la démocratie » en ignorant toute autre proposition de pays, à l’époque en Ukraine les autonomistes étaient discrètement éliminés, dans le silence atterrant des médias… etc, je donne des exemples que j’ai suivi de plus près et qui ont des visages, Ce courant qui veut inventer d’autres modes politiques, inclusifs plutôt que discriminatoires, coopératifs et non plus concurrentiels, on va le retrouver un peu partout dans le monde. Et je suis convaincue que ceux qui se distinguent comme meneurs de ces mouvements de souveraineté populaire sont des cibles privilégiées des nouveaux pouvoirs lorsque l’extrême-droite ou d’autres agents de Washington, confisquent les mouvements populaires pour installer leurs dictatures au du moins des régimes autoritaires qui livreront le pays aux Corporations.

Je sais à quel point il peut être difficile pour ceux qui ont été toute leur vie sincèrement de gauche, de renoncer à cette étiquette sans se sentir traîtres, lâches...etc. Je suis une orpheline de la gauche, celle qui a implosé il y a longtemps et ne s’est pas recomposée depuis du moins en Europe. Et si la gauche est morte, c’est bien sûr en partie parce que nos colonisateurs US ont tout fait pour la faire imploser de l’intérieur en l’infiltrant, mais pas seulement, elle est morte aussi de tout les dirigeants qui ont sacrifié l’intérêt collectif à leurs ambitions personnelles, politiques, de notoriétés et/ou strictement matérielles et financières.

Un jour, il faut oublier les vieilles étiquettes écornées et se recentrer sur les valeurs qui nous ont fait adopter l’une plutôt qu’une autre. Je vois bien aussi ceux qui se laissent leurrer et voient la Russie et la Chine actuelles comme les héritières d’un mythe communiste qui a fait long feu de l’URSS à la Chine Populaire. Ce n’est pas vrai, ni la Chine, ni la Russie ne sont les grandes sœurs prêtent à tendre la main par pure générosité aux damnés de la terre.

L’exemple du Venezuela pour qui creuse un peu, un tout petit peu, est flagrant. Maduro peut vitupérer autant qu’il veut au sujet de l’impérialisme yankee, il ne se maintient au pouvoir qu’en livrant les ressources du pays à ses « alliés » de Chine (voir par exemple Le voyage en Chine de Maduro traduction de sa conférence de presse à l'issue de ce voyage) et de Russie qui se font payer très cher leur soutien aux ambitions personnelles de Maduro et de sa clique.

Voilà, c’est une des raisons de ma colère, ce déni, cette ignorance volontaire d’un courant mondial, tous ceux, de plus en plus nombreux, qui veulent réinventer ensemble nos manières d’habiter le monde, dans le respect de la Vie, du Bien Commun, de la dignité de chacun. Cette ignorance est une complicité tacite de l’élimination sélective de belles personnes qui luttent avec abnégation pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Ce n’est pas la seule raison , mais je vais en rester là pour aujourd’hui, cette négation systématique des aspirations des peuples toujours plus éloignées de ceux et celles qui prétendent les diriger, à gauche comme à droite

 

Anne W

 

 

 

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 01:21

Guaido FLOP ?

La mobilisation appelée aujourd’hui par Guaido a été ridiculement faible et absurdement inefficace. Ici vous trouverez un diaporama qui montre le caractère absurde de ces gens qui gesticulent devant des forces de l’ordre et des militaires qui n’en ont strictement rien à fiche.

Une question récurrente : il n’est pas possible que les USA qui ont organisé avec succès des dizaines de coups d’état en Amérique Latine soient à ce point à côté de la plaque pour ce qui concerne la situation au Venezuela et le pouvoir de résistance de sa population et de ses militaires. Alors que toutes les actions menées par Guaido jusqu’ici ont renforcé le pouvoir de Maduro. Où veulent-ils en venir ? La réponse la plus courante : à une guerre civile de celles qui durent, mettent un pays et sa population à terre, incapables de reconstruire, incapables de résister. Ce qui entraîne une autre question : comment comptent-ils y parvenir ? Nous avons appris hier, par le chef du Pentagone, qu’ils réévaluent en permanence les plans d’opérations militaires en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. Malheureusement, ces plans nous ne les connaissons pas.

Au début de l’invasion de la Syrie, beaucoup de ceux qui combattaient le gouvernement ont choisi de lutter d’abord contre l’envahisseur, remettant à plus tard le règlement de différents politiques internes. Les Vénézuéliens sont en général bien informés de ce qu’entraîne une invasion des armées US ou proxy, les guerres civiles fabriquées par l’Empire du Nord qui conduisent un pays au désastre, semant la haine, la destruction, usant de substances comme l’agent orange ou l’uranium appauvri qui sont une destruction du potentiel génétique d’une population ; ils ont pu voir ce qui s’est produit en Irak, en Libye, en Syrie, ils connaissent le long calvaire subit par l’Afghanistan depuis que Brezinski a eu l’idée lumineuse d’inventer les Talibans pour contrer les Russes, une erreur que l’humanité paye très cher aujourd’hui.

En Europe, on a pu voir la droite et la gauche lutter ensemble dans la résistance au nazisme, autant que de familles divisées entre ceux qui collaboraient contre l’occupant et ceux qui le combattait.

Les producteurs de Guaido ont remanié son discours, ses déclarations réitérées par lesquels il affirmait qu’il pourrait demander une aide militaire des USA, lui avaient très vite aliéné la sympathie d’une partie de la population. Elles ont disparus et ses discours puent le marketing politique. Et parmi ces partisans les plus fidèles, beaucoup se lassent de ces faux départs, de ces grandes déclarations sans fondements : « cette fois c’est la bonne, cette fois l’armée est avec nous ! ». Alors que jusqu’aux armées de Colombie et du Brésil sont rétives face à l’idée de participer une intervention militaire au Venezuela sous égide du commandement Sud US.

Alors peut-être qu’il y a beaucoup de militaires qui ne sont pas fanatiques de Maduro, mais qui finalement face à la menace d’invasion pensent que la véritable défense du peuple passe par le refus de l’ingérence étrangère, le refus de se rallier à celui qui appelle à une intervention, à des sanctions plus dures. Ils ne veulent pas participer à l’invasion de leur propre pays sous commandement US, et on les comprend.

Alors oui, je suis certaine que les analystes US ne disposent ni des outils moraux, ni des outils intellectuels pour comprendre un peuple éduqué politiquement, qui comprend les principes d’une guerre de l’information, d’un coup d’état doux, de la guerre de basse intensité. Presque tout ce que je sais d’essentiel concernant les coup d’états doux, je l’ai appris de tous ces vénézuéliens qui en 2013, pour résister à la tentative de golpe, se sont mis à étudier les manuels de Gene Sharp et à rassembler des documents pour analyser leurs applications pratiques et inventer des manières d’y résister.

6 ans et quelques de Maduro, la résistance a perdu ce caractère jubilatoire qu’elle avait en 2013, elle n’a pas disparu. Maduro a crée sa propre doctrine politique, et le chavisme s’est fissuré. Beaucoup de ceux qui continuent à le soutenir le font parce qu’ils pensent que c’est la meilleure manière d’être fidèles à Chavez. D’autres rejettent Maduro, mais restent inconditionnellement fidèles aux Idées de Chavez, même si certains ont conscience que les pratiques et les idées de Chavez pouvaient diverger et que de manière latente beaucoup des maux qui accablent le pays aujourd’hui étaient latents du temps de Chavez. Pas toujours par sa faute, mais parce que l’appareil du parti et de l’état avait dès le départ attiré les corrompus, les avides de pouvoir. Ce n’est pas propre au chavisme. Cela arrive régulièrement de voir des politiciens changer d’orientation politique pour se rallier à un créneau électoralement porteur. Je l’ai vu plus d’une fois en Belgique. Je peux même dire qu’une partie des militants de gauche avec qui j’ai partagé mon adolescence étaient là parce qu’il pensait que la gauche était l’avenir, leur engagement était d’avantage une quête d’importance personnelle et de pouvoir qu’une défense d’idéaux. Leur avenir l’a démontré.

Je peux reconnaître différents courants de pensée qui coexistent bien ou mal aujourd’hui dans la « gauche » vénézuélienne, mais il est difficile d’évaluer l’importance de chacun de ces courants. La « gauche » (si on considère le madurisme comme un courant de gauche) continue à constituer un courant qui rassemble environs 50 % de la population, plutôt plus que moins. Il faudrait nuancer, mais ici ce qui importe, c’est que la partie de la population toute tendance confondue qui voient en Guaido un problème de plus plutôt qu’une solution pour le pays constitue une immense majorité.

S’y unissent les courants de gauche, on y retrouve également une opposition pour qui la souveraineté, le droit à l’autodétermination, le refus de l’ingérence sont des valeurs importantes. Je pense à des projets comme celui d’Arbenz au Guatemala, renversé par un coup d’état de United Fruit USA en 1954, qui était un projet qui impliquait la disposition nationale des ressources du pays, la fin de leur exploitation par des corporations étrangères, mais impliquait l’existence d’un capitalisme local. Et il existe très clairement un courant capitaliste nationaliste qui refuse la domination US... Ce n’est pas mon idéal, mais mon idéal n’est pas de ce moment de l’histoire, sinon à travers des structures locales, des communes, souvent éphémères contre lesquelles le système mène une lutte sans merci. Et oui, Chavez a beaucoup apporté à ce courant. A sa mort de nombreux témoignages de mouvements populaires évoquait cela, leur projet ne faisait pas partie du socialisme du 21ème siècle, mais Chavez avait contribué à l’ouverture d’espace de libertés qui permettaient leur permettait d’exister et d’expérimenter.

Un des plus grand soutien de Lula au Brésil, était le mouvement des sans terres. Leur projet d’agriculture divergeait complètement de celui de Lula et de Dilma, mais pendant leurs mandats, les mouvements populaires ont disposés d’espaces de liberté, de lieux pour habiter le monde, sans contraintes ni répression. A peine Dilma destituée, l’armée prenait d’assaut le siège du MST.

Une chose est de voir le système dont on rêve appliqué partout de manière uniforme, autre chose est de chercher les possibilités de compossibilité (exister simultanément) de diversités.

Maduro n’a pas respecté cela, il a lutté contre de nombreux mouvements qui n’adhérait pas à l’idéologie toujours plus sectaire et messianique du PSUV qui s’affirme comme La Vérité. Des mouvements créatifs, productifs, des mouvements qui pouvaient apporter des outils de lutte contre la guerre économique. Cela fait mal au cœur, par exemple, de voir laissés à l’abandon les potagers de l’agriculture urbaine encouragée par Chavez.

Aujourd’hui le monde paysan est en lutte contre un régime qui a choisi de développer l’agro-industrie plutôt que l’agriculture paysanne. Et certains mènent cette lutte avec succès alimentant une commune, une municipalité, apportant leurs produits à juste prix sur des marchés locaux. Il y a une guerre contre la paysannerie, cela peut venir de groupes paramilitaires à la solde de gros propriétaires terriens, comme de fonctionnaires du régime, ils agissent parfois ensemble. Il y a des assassinats ciblés, des expulsions violentes, des récoltes ou une école brûlées, du matériel détruit, des paysans emprisonnés, des semences qui n’arrivent pas à temps, des promesses de l’état qui ne sont pas tenues… et pourtant des paysans s’acharnent et luttent pour le droit de produire une souveraine alimentation. C’est gens-là ne veulent pas de Guaido et de ses maîtres étasuniens. Je vous parle de ceux-là parce que la souveraineté alimentaire est une question qui m’intéresse beaucoup, et que donc c’est un aspect que je connais mieux. C’est une catégories parmi une multiplicité populaire qui rejette complètement le « titere » de Trump.

Mike Pompeo a appelé les vénézuéliens à ce soulever contre le régime. La semaine dernière Eliott Abrahms leur avait promis des montagnes de dollars s’ils choisissaient le « bon camp »… mais ce n’est pas cela que cherche la « gauche » vénézuélienne. Elle a goûté à ce sentiment de plénitude qu’éprouve un peuple qui peut décider de son destin, librement, collectivement, activement. Ce sentiment d’avoir partagé des idées qui vont faire partie des pratiques, d’avoir une influence sur son devenir personnel et collectif, participant à une commune création des moyens d’une bonne vie. Cela rend digne et heureux, alors les dollars cela reste des bouts de papier à valeur variable, cela fait partie de la grande arnaque.

Et quelles que soient les critiques que l’on peut faire, avec raison, à Chavez, par ailleurs, il a été un catalyseur de ces mouvements, dans toute la région, pas l’unique, mais un des plus importants, un courant qui a fleuri à un moment de l’histoire, et c’est cela aussi que Trump avec sa guerre au communisme, au socialisme promet de détruire. Et c’est pour cela que son représentant Guaido n’aura jamais un soutien populaire.

Mais Guaido occupe la scène pendant que l’essentiel se décide et se déroule en coulisse. Tout ce qui peut servir à détruire ce grand courant de pouvoir populaire, auto-organisé, autodéterminé, souverain, tout plein d’amour de la Vie qui a traversé et traverse encore l’Amérique Latine. Ce que Trump annonce c’est le passage d’une guerre de basse intensité qui s’est réactivé progressivement dans toute l’Amérique Latine depuis le coup d’état au Honduras en 2009, et qui chaque jour ajoute des noms à la listes des morts assassinés par les Corporations, du sang, des larmes, des dépossessions,… et Trump, et sa bande de conseillers assassins, ce qu’il voudraient c’est transformer cette guerre de basse intensité en guerre totale, pour en finir une fois pour toute avec toute velléité de souveraineté populaire.

Quand je vois le modèle de contrôle social mis en place en Chine, un contrôle absolu du comportement grâce à la technologie 5G, je vois que Big Sister laisse Big Brother loin, loin, dans la préhistoire du contrôle social absolu. Le système chinois, c’est bien la confirmation que ceux qui se battaient et se battent contre la volonté de contrôle des comportements, ne sont pas des zozos paranoïdes.

Alors, oui bien sûr je m’intéresse aux luttes pour le partage du monde, guerre entre trois empires, après tout, ils prétendent diriger nos destins et donc je me sens concernée. Ce qui me désole, c’est de voir que cela devient communément admis, que le monde des Empires, c’est cela l’avenir de l’humanité… ce qui me désole, c’est que les experts discutent de la grande télé-novela des amours et disputes entre Trump et Poutine, et Xi… un vrai feuilleton. Ce qui me désole, c’est que ces experts peuvent disserter pendant des heures, sans que jamais, la volonté des populations n’intervient comme un facteur capable d’influencer leur propre avenir. Dans leurs équations elle est un facteur négligeable. C’est normal, c’est comme cela, c’est déjà joué. Sans nous, en dehors de nous. Je ne sais pas trop comment on peut changer le cours des choses, mais je ne renoncerai jamais à chercher les moyens de le faire. Et je sais que je ne suis pas seule. Loin de là.

 

Pas de nouvelles des grandes réunions de critiques populaires convoquées par Maduro. Je ne lui fais aucune confiance. Les RAAS, cette organisation chargé de détecter l’ennemi historique dans chaque quartier, dans chaque foyer, doivent y participer, et je ne pense pas que Maduro ait l’intention d’abandonner le système de crédit social à la chinoise qu’il met en place. Mais peut-être se verra-t-il débordé par toute cette bonne volonté populaire désireuse de reprendre en main le pouvoir politique en tant que communes et assemblées de communes.

 

Ben voilà, il n’y avait pas grand-chose à dire de Guaido, Leopoldo, et l’Opération Liberté

 

Anne W

 

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 15:03

 

 

 

Comme beaucoup, me voici repliée sur l’action locale, quotidienne… la vie politique communaliste à la racine, celle qui noue entre voisins en quête de dignité et d’une bonne vie les liens de solidarité et de complémentarité qui nous rendent plus aptes à résister à la dégradation de l’ambiance globale.

J’ai beau être fidèle à mon « vœu de pauvreté » (tant que chacun n’aura pas sur cette planète le minimum de moyens vitaux je vivrai dans la frugalité), je finis comme toujours baignant dans l’abondance. Juste une question de débrouille et d’huile de bras. L’austérité, très peu pour moi… et toute cette grisaille, aille, aille, aille, chacun y contribue ou non par des choix quotidiens… faute de cultiver mon jardin je joue avec les couleurs et j’aime ça.

Me déplaçant beaucoup à travers la ville, à pied et en transport en commun j’observe les passants, les autres voyageurs, le gris est la couleur de l’air du temps. Très peu portent des vêtements colorés et les mines sont le plus souvent amères ou renfrognées ; la résultante de sinistrose est devenue un mal à combattre en se retroussant les manches au quotidien pour faire exister autre chose, des petits îlots où la joie, la couleur et l’espoir trouvent leur place.

Tout au fond du grenier d’une maison délabrée j’ai construit une cabane improbable où abriter mes rêves, où les concrétiser ou abriter aussi les moments de tristesse, de détresse quand tous les petits gestes de bien-faire qui défient la morosité ne suffisent plus à contrebalancer un amère sentiment d’impuissance face à la dégradation accélérée du bien-être global.

Et pourtant je dois le reconnaître : souvent je m’amuse. Les récupérations d’objets abandonnés, leur restauration, les petites créations quotidiennes, un trait de peinture, un assemblage de perles ou quelques points de couture sont une source de joie dont je ne me lasse pas. Aux yeux d’autres, tout pleins de sériosité et qui ont ce regard sombre et tourmenté des consciences malheureuses et vaguement coupables qui ne cessent de s fuir, il s’agit là d’un délire et s’ils n’ont sans doute pas tout à fait tort, il s’agit bien d’un délire mais c’est un bon délire et je m’y tiens. Cet forme minimale de l’objection de conscience et de la résistance aux application d’un système économique qui est certainement l’idéologie la plus contraignante et la plus pernicieuse que l’on ai vu de mémoire humaine.

Une idéologie d’une puissance opérationnelle inédite qui ne dit pas son nom mais nous pourrit les fondations de l’existence jusqu’aux plus petites radicelles de la vie baignant dans une ambiance toujours plus délétère. Or si une chose est certaine, c’est bien que les tenants de cette idéologie - tous puissants qu’ils soient aujourd’hui - ne peuvent à terme « gagner ». Leur projet de monde prévisible et contrôlable est incompatible avec la vie même, constante évolution imprévisible par nature.

A présent, leur relatif triomphe se mesure aux toujours plus dégâts qu’ils réussissent à produire transformant dans une accélération terrifiante la Terre en lieu non propice à la vie, planète inanimée. Quel que soient les mythes qu’ils continuent de produire et leur pouvoir de produire et contrôler l’information diffusée, le hiatus toujours plus profond entre discours et réalité se mesure à l’œil nu en place publique et privée. Ils ne peuvent que conduire à leur perte toujours plus de vivants et eux-mêmes dans la foulée… combien d’espèces qui chaque jour disparaissent au profit de machines… quand le drone abeille fait son apparition, c’est la fin d’un monde vivant qui se manifeste ainsi. Ce n’est pas un complot, c’est une Machination au sens littéral comme au figuré.

La notion d’emploi est une des manifestations de ce devenir machine de l’humain avec les redoutables conséquences que l’ont sait et les immenses bénéfices que tirent les Sociétés Pharmaceutiques de la conjugaison d’une société malade et des traitements iatrogènes.

Et si donc je travaille beaucoup, nul ne m’emploie et c’est très bien comme cela. Guidée par des principes d’écosophie - habiter sagement la planète et donc en bons voisins et cela est d’autant plus crucial que plus nombreux nous sommes, l’issue n’est pas dans la guerre du tous contre tous mais bien dans le partage de nos complémentarités – je pratique la Débrouille au quotidien. Etre débrouillarde est bien une qualité en soi…non ? Rien n’avoir ni avec la magouille et ni le profitage mais bien avec la polyvalence des savoirs d’autant plus grande que nous sommes plus de débrouillards de bonne volonté à mettre en commun, chacun à sa mesure nos connaissances, nos savoir-faire, nos outils et un idéal de bien-faire.

Le politique y retrouve son sens fondateur la manière dont des personnes s’arrangent entre elles pour vivre au quotidien dans l’idéal partagé du bien-vivre singulier et collectif : communalisme des habitants d’un territoire géographique et/ou culturel, fondation créatrice d’un monde sans état - mes voisins n’ont pas droit à la citoyenneté dans ce pays à la vie duquel par leurs actions ils participent positivement.

Il est aussi question de ne pas se donner trop d’importance personnelle, de ne pas perdre de vue que nous sommes à peine une étincelle dans l’espace et la durée de l’univers. De l’amour propre bien sûr… comme condition de possibilité de l’amour en soi. Et de mettre du cœur à l’ouvrage, prémisse du bonheur, participation au miracle de cette création continue, suite d’inventions géniales que l’on appelle La Vie. Le courage comme exigence face au cadeau qu’est la vie qu’il ne faut pas dilapider. Le courage comme facteur de bien-être.

J’ai donc déserté Internet et les expériences de survol de la pensée par-dessus les champs dévastés de la politique globale pour me reconcentrer sur le micro-terrain de la vie quotidienne retrouvant parmi mes amis vagabonds, les survivants d’un génocide annoncé et qui frappe de manière très ciblée ceux que les adeptes – souvent inconscients – du système requalifient comme rebuts, inutiles ou nuisibles à l’établissement de ce que leurs dirigeants qualifient de « Nouvel Ordre Mondial », un grand désordre mortifère et très laid – sinistrose généralisée (austérité) grissaillerie et conformité sociale - de mon point de vue mais soit… Il ne doit pas y avoir d’alternative à l’Economisme comme idéologie opérative et totalitaire et ceux qui incarnent d’autres possible doivent donc disparaître de la surface de la planète de même que les peuples « surnuméraires » dont l’existence fait obstacle à l’appropriation et aux pillages des richesses de leur territoire au profit d’un petit nombre de dé-générés.

La Globalisation c’est aussi la multiplication des moyens destinés à éradiquer ceux qui ne conviennent pas au Système. Depuis la nourriture-venin des supermarchés jusqu’aux radiations létales de l’uranium appauvri les dirigeants auto-proclamés du monde ne manquent pas d’imagination et d’astuce quand il s’agit de nuire aux ennemis qu’ils se désignent. Alors les survivants resserrent les rangs et se dressent entre amour de la vie et colère contre l’inacceptable pour combattre ceux qui ont décrété leur fin.

Depuis ma cabane, éphémère, improbable, faite de tuiles, de bois, de toiles et de cartons, j’écris ces quelques lignes avec la sérénité que confère ce détachement qui s’impose quand trop c’est trop et que le ressenti de la douleur du monde vous paralyse, inconcevable horreur produite par des êtres qui ne méritent plus le nom d’humains. Au cours des derniers mois, j’ai continué à temps perdu à lire entre les lignes de l’histoire officielle la réalité du monde entre ceux qui y vivent et ceux qui en tirent les ficelles depuis leurs forteresses de bêton armées.

Une engeance tellement inconcevable pour un esprit simple et sain que je comprends fort bien que l’hypothèse extra-terrestre vienne à notre secours pour expliquer l’inexplicable même si personnellement elle ne me parle pas plus que cela puisque la question qui me préoccupe est de savoir comment nous pourrions nous arranger pour vivre en bons voisins conviviaux et heureux dans un monde ou prendre soin de notre habitat et de ceux qui le peuplent avec amour et bienveillance ferait sens. Un vrai problème en l’état actuel des choses et l’avenir comme référence ultime.

Petit à petit, info par info, recoupement par recoupement soulevant le voile j’ai appris, Hitler mort à servi de masque et de leurre à la prolifération d’un nazisme qui avait préparé soigneusement écrémage, essaimage et prolifération à venir bien avant la Fin de la Guerre officielle. J’ai appris que de même que lors de la guerre de Sécession les yankees se sont battus pour s’approprier les terres du Sud et soumettre noirs et autre main d’œuvre prolétaire aux conditions de l’esclavage industriel, de même ; jouant sur les deux tableaux ils ont contribués avec leurs alliés locaux à accélérer la destruction de l’Europe pour s’en rendre maîtres et en transformer le paysage géographique et culturel en fonction des besoin de leur Marché et de la dictature corrélative qu’il implique. Colonisation.

Ainsi à présent chaque œuvre d’artisan sauvée, chaque création artisanale réalisée sont les actes de résistance que je pose face à cette dictature. Racines contre Machine avec de la débrouillardise et de l’huile de bras dans le choix volontaire de l’instabilité créatrice, refus du conformisme et de la normalité… humblement et insoumise… mais tout de même entre les lignes de joie que je pose ainsi sur la portée de la vie il y a ce contrepoint lancinant : quel gâchis … le Monde.

Voilà c’était encore une fois en passant comme une lettre pour les amis du Web qui, comme j’ai tenté de le faire, essayent chacun à sa mesure de faire apparaître la réalité derrière les apparences des matrices fabriquées manipulatrices des inconscients collectifs au service de la caste des usurpateurs criminels qui s’approprient le monde. Une grande famille de ceux qui refusent de s’en laisser compter et à leur manière contribuent à écrire une Autre Histoire.

Et la suite ? Je ne sais pas.

 

Anne

 

 

 

 

Débrouille et huile de bras

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 12:45

Rumeurs de guerre

Avant de partir vers d’autres cieux, je vous annonce la création future de deux nouveaux blogs, un qui me servira à donner des humeurs, des impressions comme on écrit des lettres à ses amis, un autre qui sera consacré aux luttes de souveraineté populaire et alimentaire de l’Amérique Latine et aux traductions de textes hispanophones.

Les derniers progrès dans l’installation d’une dictature mondiale sous le nom de « démocratie globale », depuis surtout que le gouvernement transitoire de Kiev donne à cette démocratie la forme d’un gouvernement « transitoire » clairement fasciste et clairement installé avec l’aide et le soutien de nos semi-dictatures occidentales, crée parmi ceux qui s’en sont aperçu, ce sentiment d’angoisse latente qui est le premier pas vers un régime de terreur.

Il est effarant de voir que ce gouvernement putschiste, issu d’un coup d’état à connotation nazie, se comporte comme un gouvernement démocratiquement élu, hypothéquant l’avenir du pays en contractant des dettes non remboursables à long terme, cédant les droits souverains du peuple aux corporations et après avoir déclarer la guerre aux minorités ethniques par des lois liberticides et privatives de dignité,  se lance dans une guerre réelle, concrète, qui fait couler le sang des mouvements antifascistes, à l’Est comme à l’Ouest du pays.

Ce qui est le plus dur à concevoir, surtout pour ceux qui n’ayant jamais rouvert les chapitres de l’histoire du nazisme au 20ème siècle, c’est que ce régime a été installé grâce aux moyens conjugués de l’EU/UE/OTAN en toute connaissance de cause. Pour ceux là, le choc est violent et le réarrangement narratif presque impossible. Pour ceux qui ont rouvert ses chapitres de l’histoire officielle pour s’intéresser à l’histoire réelle, le choc est rude certes, mais surtout en ce qu’il met en évidence une urgence.

Les corporations ont à présent presque totalement pris le pouvoir à « Washington », en tant que boîte noire, centre du pouvoir global, d’avantage représenté et intrinsèquement lié au Pentagone qu’au dit « gouvernement des États-Unis » dont le dernier fantoche, agissant comme un leurre, à surtout servi à faire diversion alors que l’agenda de transmission de transfert du pouvoir global vers la gouvernance des Grands Marchands et de déstabilisation mondiale se poursuivait, dans l’ombre, à coup de lois liberticides et de guerres de conquête du territoire planétaire qui ne disent pas leur nom.

En rouvrant ces fameux chapitres de l’histoire, on s’aperçoit alors que ces mêmes corporations dont les actuels dirigeants sont souvent les descendants de ceux de l’époque, et d’autres acquis à la même idéologie – mécaniste et industrialiste - ont été cooptés, sont celles qui au cours des années 30 du siècle passé avaient déjà armé le fascisme et le nazisme, dans un premier temps pour installer Franco en Espagne avec la complicité des gouvernements « alliés » et ensuite pour permettre à Hitler, la guerre éclair qui a fait de l’Europe pour 5 ans un continent fasciste.

Ensuite apparaît un double but de cette manœuvre criminelle, d’une part l’Europe fasciste avec sa population sous contrôle convenait particulièrement bien à l’instauration du Monde Marché, mais aussi les armées nazies étaient censées en finir une bonne fois pour toute avec l’Union Soviétique. Un plan qui nous le savons a échoué. De là à prétendre que les Soviétiques furent de philanthropiques sauveurs de l’Europe, il y a un immense fossé que je me garderai bien de franchir. Que l’Union Soviétique nous ait sauvés, c’est un fait, mais c’est surtout un accident de l’histoire, celui qui fait que pour défendre son propre territoire, il lui fallait mettre un terme au nazisme.

TATATAM, c’est là que la cavalerie arrive à la rescousse. Les USA qui ne sont pas intervenus tant que le projet de fascisation de l’Europe suivait son cours, se voient dans l’obligation de sauver leur marché européen du double risque de l’appropriation par l’URSS et de la création d’une grande puissance communiste.

J’ai eu l’occasion au cours des dernières semaines de voir monter au créneau pour disserter au sujet de l’Ukraine les vieux Stal ‘ et autres marxistes-léninistes dépoussiérés pour l’occasion, toujours dans l’illusion, quelques mondes en retard, allant jusqu’à confondre la Russie néo-libérale de Poutine avec leur vieux mythe d’une URSS qui pas plus que le « Rêve Américain » n’a jamais existé dans la réalité. Les vieux fantasmes ont la peau dure. Et nombreux sont les esprits « révolutionnaires » qui évoluent dans un monde qui n’existe plus, qui n’est jamais advenu, incapable de s’adapter à une réalité inédite qui demande de nouveaux cadres interprétatifs comme guides pour la pratique.

Sincèrement je ne suis pas certaine que j’aurais préféré grandir dans un monde régit par Staline, que comme je l’ai fait dans celui où les « alliés » forcés de lâcher du lest, pour contrecarrer le danger soviétique, tout autant que tout inventeur d’alternatives cohérentes au Monde Marché, nous ont offert, à nous européens cul-dans-le-beurre, au prix bien sûr du sang et des larmes d’autres peuples - mais qui s’en préoccupe finalement – quelques décennies de liberté et de bien être.

Du meurtre de Lumumba à celui d’Allende, de tout ceux qui – par dizaines de millions - sont tombés victimes de la nécessité où se trouvait la gouvernance globale d’annihiler d’une part cet idéal d’un monde équitable, mais aussi les habitants des régions riches en ressources du globe pour fournir à bas prix les drogues consuméristes le temps d’accrocher nos fameuses classes moyennes à ce besoin de « pouvoir d’achat » qui leur a finalement ôté toute dignité. Aujourd’hui, belles et biens accros, elles sont prêtes à tous les sacrifices, pour quelques verroteries dont la possession est devenue leur manière d’être au monde.

Un monde dans lequel l’imagination sert de guide à l’invention continuée de la vie par des créations adaptées à ce qui est sa nature même, l’évolution qui en ce qui concerne l’espèce humaine demande la création intelligente et réfléchie de solutions harmonieuses et simples, qui conduisent au bien-être, est l’issue à ce pari morbide de domination du spectre total, dont le Pentagone est le bras actif, dans une guerre de quatrième génération dont les outils sont tout autant que les armes au sens traditionnels, les médias, que les modes de consommations induits… et autres outils de la culture stratégique.

La vie qui a inventé l’humain sans son intervention n’à rien a voir avec cette compulsion spasmodique : la vie comme ce que l’on achète au supermarché du coin, pour la masse ou dans les boutiques de luxe pour les castes de cadres du système, qui entourent de toujours d’avantages de murs et de systèmes de sécurité les oasis qu’elles se réservent pour y dérouler le luxe qui pour les populations dans leur ensemble devient toujours plus inaccessibles. Tout cela sont par nature des actes de négations de la vie, et des formes plus ou moins développées de la haine du vivant.

Autant dire, rien qui me parle, rien qui me donnerait envie de me bouger le matin pour aller gagner le droit à quelques leurres, même si cela peut sembler étrange à beaucoup, bien que fort triste et inquiète pour notre avenir, je préfère les veillées fiévreuses de traductions qui relaient les paroles de ceux qui nous parlent d’autres possibles, à dimensions humaines, dans la tranquillité de l’âme et de l’esprit que donne le sentiment d’accomplir ce qui est juste à un moment de l’histoire. Que cela paraisse étrange que je me sente enrichie par ce travail, bien plus que part une accumulation de biens matériels, conquis en écrasant ma conscience pour ne pas voir que le travail mercenaire que j’accomplis quelques soient les déguisements dont il se pare, contribue de fait à l’accroissement du malheur du monde, c’est pourtant ma réalité.

Là, clairement au cours des dernières semaines, un seuil a été franchi et les corporations qui n’ont jamais cessé depuis des décennies leur étroite collaboration avec les nazis quand il s’agissait de réprimer les peuples en quête de souveraineté ont cessé de se cacher mettant ouvertement en place en Europe un gouvernement nazi, alors qu’une partie de l’opinion publique européenne abrutie par 70 ans de propagande n’en a pas même pris conscience, et que ceux qui le réalisent manque des concepts fondateurs d’une résistance efficace, là seule, celle qui cesserait de nourrir le monstre en recréant les conditions d’une économie alternative, au prix sans doute de sacrifices matériels, mais peut-être aussi en y gagnant cette joie qui naît du sentiment d’avoir accomplit une œuvre –vitale- qui a du sens en terme de bien-être collectif. Je ne vous dis pas tous les bons délires que j’ai partagés avec d’autres dans ce genre de boulot de fous qui ne souffre pas de contraintes syndicales, mais qui font que chacun se met à la tâche avec ardeur sans compter, pour le plaisir du résultat, un moment de fête. Des boulots souvent peu rétribués financièrement, mais qu’importe quand le travail en soi est un bonheur et l’occasion de relever victorieusement des défis qui contribuent au bien-être collectif,  créer un peu de joyeux bien-commun,  préserver un lieu, un espace, un écosystème de la dégradation ambiante… avoir du plaisir à faire ce que l’on fait, c’est en ce qui me concerne une première exigence en matière de travail… même si cela n’exclut pas les moment pénibles, fastidieux et même douloureux quand il faut se surpasser pour parvenir au but. Je ne sais comment traduire ce sentiment, quand le résultat à atteindre malgré toutes les difficultés vous anime, une énergie motrice ancrée dans le futur. Création.

C’est de cela que je ne veux pas abdiquer, c’est cela qui constitue mon trésor, intérieur et non matériel et que je ne veux pas renoncer à faire croître et fructifier au nom d’une sécurité mortifère – et qui plus est toujours plus illusoire puisque les banques ont fini de s’accaparer des mutuelles et fonds de pensions, tout ce labeur populaire qui leur sert à expulser d’avantage d’habitants de la terre et à créer les armes, les tortionnaires et systèmes de contrôle pour neutraliser ceux qui leurs résistent. Ouvrons les yeux, nous voyons que partout les conditions de l’univers carcéral sous forme de prison comme lieu de travail obligatoire ont le vent en poupe, alors que les enfants des plus misérables n’ont plus comme écoles que celles militaires où ils sont éduqués à devenir de « volontaires chair à canon », heureux de servir « leur » pays… c’est tout bonnement à dégueuler. Jeunes sicaires, jeunes soldats et le nombre croissant de jeunes de part le monde qui sont enrôlés dans les milices nazies, c’est tout bonnement à vomir. A cela on peut ajouter l’encouragement à la création de bandes criminelles, les pandillas d’Amérique Latine, par exemple, trouvent leur origine dans les prisons californiennes.

A de mes formation sur le tas, j’allie un bac (jury central) de math, une année réussie d’étude d’ingénieur agronome, 3 ans de philo orientés vers l’écologie politique et un diplôme de comptabilité obtenu avec grande distinction. Autant d’occasions pour moi de me confronter à cette nécessaire rigueur qu’imposent les dizaines d’épreuves de l’examen passées avec succès. Une discipline et un athlétisme – parfois- de la pensée qui sont un préalable à la critique constructive. Rigueur oui, austérité, allez vous faire voir !

Tout cela poussée par ce besoin de comprendre le monde, et aussi surtout de voir par quel chemin, il serait possible un jour de faire de la Terre un lieu où la gentillesse aurait droit de cité, comme qualité valorisée entre toutes. Pour me donner les moyens de replacer mon expérience dans le cadre du monde. Et les dernières années ont été très dures moralement, parce que nous le savons à présent, les gens gentils, pourtant si agréables à fréquenter, sont méprisés et exclus de fait d’un système qui se fonde dans la relation de concurrence du tous contre tous, de la rivalité comme fondatrice de toute relation. Une rivalité induite par ceux pour qui « diviser pour régner » est une condition d’existence, celle sans laquelle il leur serait impossible d’imposer aux peuples dans leur presque totalité leur système de malheur.

Le premier pas à accomplir pour sortir d’une Union Européenne mortifère serait de refuser un système qui pose pour principe fondateur la « concurrence libre et non faussée »… Un principe dont la conjugaison d’études de philosophie des sciences et de comptabilité m’ont appris que non seulement il était de l’entière fabrication de ceux à qui profite le crime, sans qu’aucune référence scientifique – d’une science digne de ce nom – puisse lui servir de justificatif, mais aussi que tel qu’il était conçu et mis en place, il trahissait les principes mêmes établis par cette « science économique » qui est surtout une science de dépouillement organisé des peuples, qui s’approprie non seulement leurs territoires par des mécanismes d’usure mais leur esprit grâce à cette science connexe, la psychologie comportementaliste, qui  est un outil de contrôle du comportement des masses.

C’est contre cela que je m’insurge et contre ce fatalisme induit qui fait que dans leur ensemble les populations européennes en sont venues à considérer ce système comme inéluctable, incontournable, seul possible, ne cherchant plus de solutions que comme formules d’aménagement « moins pires ». C’est pour cela que je m’apprête à quitter l’Europe pour partir à la rencontre de ceux qui mettent en pratique, au quotidien l’invention d’un monde dont le principe fondateur est de complémentarité dans une optique de bien vivre.

L’Europe meurt de son racisme et de son colonialisme intrinsèque qui lui permet de tolérer sans en être affectée outre mensure l’iniquité des relation nord-sud, elle meurt aussi parce qu’accro à la consommation elle ne trouve plus les ressorts de dignité et d’humanité qui lui permettrait de mener une critique hors de cadres imposés par le système alors même qu’il s’apprête à réduire les citoyens européens au même statut que celui des peuples qui pendant longtemps ont été sacrifiés à leur bien être, celui d’esclave dont la valeur est une valeur marchande, évaluée dans un bilan financier comme le chiffre qui le représente à l’actif de ce bilan. Toute qualité niée, il ne reste plus aux habitants d’Europe pour les représenter que ce chiffre mesure de leur droit à l’existence et aux conditions de celle-ci. Contre cela oui, je m’insurge. Mais comme je n’ai aucune envie de me sacrifier pour une cause perdue pour une durée indéterminée, que je ne vois pas trop à quoi je peux encore être utile ici, sur place dans les conditions actuelles, mais surtout c’elles d’un avenir proche qui s’annonce plus que menaçant pour les résistants, toutes les petites alertes de dangers sont allumées, tout ce que j’ai pu apprendre des « révolutions de couleurs » grâce aux analystes latinos, fait du massacre d’Odessa un signal  très clair adressés à ceux qui ne veulent pas du Nouvel Ordre Mondial, soutenu tant par Washington que par Moscou, qui n’hésite pas à sacrifier le peuple d’Ukraine dans un combat pour le partage des marchés entre leurs corporations respectives, et de partage d’influence au sein de la « démocratie globale », une lutte qui les voit déjà d’accord pour transformer en champs de batailles les pays dont les ressources sont enjeux, liquidant de manière arbitraire une population  « superflue » - en terme de chiffre dans le bilan – mais aussi tous ceux dont l’élimination ciblée porte un coup à l’organisation d’une résistance au système lui-même, car incarnant le germe d’une souveraineté populaire dans un monde débarrassé de l’économie de Marché, du pouvoir de ceux qui la promeuvent et leurs profits éhontés ayant été supprimés  pour le plus grand bien du peuple des humains.

Je n’ai aucun doute que cette guerre des corporations ne se soucie pas du sacrifice et de la douleur des peuples, un chiffre, cela ne souffre pas. La question qui se pose aujourd’hui est donc de trouver les chemins qui permettraient à ceux qui de fait s’acceptent déjà comme chiffre, de retrouver leur dignité de vivants et d’humains et le pouvoir créatif qui est le propre de la vie qui n’a d’autre certitude que la mort et d’autre sécurité  que l’environnement harmonieux que crée le bien être. Et c’est clairement un chemin d’amour et de partage. 

Aujourd’hui l’Europe moribonde a besoin de se ressourcer à l’expérience des mouvements sociaux qui tissent à travers toute l’Amérique latine cette trame de complémentarité amicale pour le bien-être de tous. Malgré la guerre qui est le quotidien de beaucoup de résistants de cette région qui chaque jour voit s’allonger la liste de ceux qui tombent sous les balles des armées de Washington (US, locales, privées et parallèles) mises au service des corporations qui poursuivent le génocide indigène et l’exode paysan, pour se faire maître de leurs ressources et de leur terre. Et là non plus, le combat est loin d’être gagné, mais au moins, des dizaines de millions de gens le mènent en conscience et détermination au quotidien. Puisse l’Europe en prendre de la graine, de la bonne graine non contaminée par les manipulations morbides de Monsanto une de ces Corporations qui nous dicte au quotidien nos manières de vivre.

 

Anne

 

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 13:18

 

 

 Les états d’Anne vous disent au revoir. L’horizon est sombre. Partout dans le monde des milices d’extrême-droite et leurs équivalents islamistes sont entraînés aux techniques de la mort violente et de la torture perfectionnée, dans un but précis.

L’Europe s’apprête à sombrer, fascisme à l’Ouest, fascisme à l’Est. Incapable de recomposer les forces d’un vrai front antifasciste, elle fait le choix du moins mauvais maître... un maître tout de même.

L’Ukraine est dépecée alors que pour le plus grand plaisir des occidentaux comme des russes, les forces de résistance sont assassinées. La haine de l’occident jette une grande partie de la gauche européenne dans les bras du psychopathe Poutine, alors que le reste à depuis longtemps BHL comme nounou.

Le Venezuela résiste, avec la peur au ventre sachant que les listes des chavistes à lyncher sont dressées et circulent et se précisent et que les armées de l’ombre campent à la frontière prêtes à déferler sur le pays. Des bases militaires et des troupes conjointement entraînées régleraient alors leur compte à tous les porteurs de projets souverainistes de la région.

Oui, c’est une grande déferlante du fascisme universel qui s’apprête à massacrer tous ceux qui sont encore porteur d’une alternative, souveraineté populaire, souveraineté alimentaire, prédominance du monde rural sur le monde urbain, de l’agriculture sur l’industrie ou tout simplement sans aller aussi loin, antifascistes sincères, épargnés par la haine.

Les classes moyennes sont une pure invention fasciste. L’évolution n’aime pas la moyenne, elle trouve ses sources dans l’excentrique, l’originalité, les rêveurs fous dont l’imagination fertile à l’inattendu perpétuellement renouvelé que constitue la vie. Les classes moyennes c’est le mythe du « Rêve Américain » couvant le cauchemar étasunien.

Sombre horizon et le bruit des chaînes des jeunes recrues du fascisme mondial qui tintent à l’horizon. Fascisme du super chaos à l’ouest, fascisme de l’ordre maladif à l’est. Rien qui dépasse, rien qui diverge, et surtout pas de démesure…pauvre Tchékhov.

Le monde des états nations s’apprête à rendre l’âme. Il y a peu de chance qu’Obama survive à son mandat, il en sait trop, il est déjà mort, le sale travail est fait. Bientôt la dictature des corporations installera sa gouvernance mondiale, la grande machine cybernétique, dont les instances dictatoriales sont déjà effectives. Le grand nettoyage liquidera d’un même mouvement meurtrier, les dissidents et ceux qui ne sont pas adaptés aux fonctions du système. Le peuple aura des boucs émissaires pour libérer les pulsions de sa vindicte.

Je ne connais pas la haine, elle ne peut donc m’aveugler. Je ne peux que constater cela, du Honduras à l’Ukraine les armées des corporations dépècent les pays. Alors que la Chine, comme elle l’a fait il y a longtemps au Tibet installe les infrastructures qui lui permettront le jour venu d’épancher le trop plein de son immense population dont les terres, les eaux et l’air contaminé de son pays ne peuvent plus assouvir les besoins vitaux.

Je ne me fais pas d’illusions, les trois géants, USA, Russie et Chine ne mènent pas le combat pour le bien de leurs peuples respectifs mais dans une conquête de territoires pour leurs corporations respectives qui déjà les dirigent. Une fois éliminé dans l’embrasement mondial la population « superflue » ils se partageront le butin et fixeront leurs limites de leurs propriétés, le prix étant le sacrifice des peuples sur l’autel du Profit.

Sombre vision de l’avenir, et pourtant réaliste. Sinon pourquoi tous ces camps où sont entraînées les armées du capital qui à présent s’empare des âmes des l’enfance pour les mettre au service de leur projet de mort. Le Pape remet à la mode les exorcismes… cela me ferait rigoler si effectivement je ne voyais éclore de toutes parts pas les fleurs sulfureuses de la haine et quand le conditionnement ne suffit pas qu’importe, il y a pour stimuler l’instinct de destruction les substances de la fabrique de bourreaux, mises au point par les laboratoires du pourvoir, et les ondes qui influent sur le comportement des masses.

Les sites dormants de la propagande russe sont entrés en action drainant des millions de gens dans les chemins de la pensée unique du régime de Poutine, alors que d’autres ont choisi les écussons nazis pour incarner leur révolte. L’Europe va mourir de son égoïsme, de son avidité, de sa paresse et de son trop grand besoin d’un « bon maître », d’un bon patron, de dirigeants.

L’Amérique Latine est menacée parce qu’en ce moment de l’histoire, elle ne veut plus de maître, mais bien des mandataires, qui soutiennent le cheminement des peuples vers la commune, et aident à son avènement. Que comme le dit Itzamna :  «  Nous ne voulons pas continuer à être les cendres des énergivores sociétés du Nord ! »

C’est cela la mort de l’Europe, c’est de s’être construite à droite comme à gauche sur les cendres des peuples dont le massacre et le pillage a garanti le droit de ses classes moyennes a consommer sans se poser de questions, se faisant laver le cerveau par le cheval de Troie de la télévision.

Nous avions comme tous les adolescents rêvés d’être ceux qui mettraient un terme à l’injustice et contribueraient à l’avènement d’une l’humanité, organistique, harmonieuse, coopérative et solidaire. Je n’ai que faire d’un monde mécaniste, de concurrence. Je n’ai pas choisi cette Europe là, ni mon voisin si je l’en crois, mais lui oui a abdiqué de ses rêves pour le « pouvoir d’achat ». Brassens pleure dans sa tombe. Nous n’avons pas construit ce monde, les plus sincères d’entre nous ont pris le chemin de la marge et construit tant que ce fut possible, les modes de vie d’une simplicité joyeuse. Ils ont presque fini d’effacer la marge. Je m’étais fait deux promesses, il y a des décennies : d’être toujours du côté de ces enfants à laquelle la société n’a pas donné leur chance, et ne pas consommer plus que ce qui m’était nécessaire tant que l’équité, celle qui permettrait à chacun sur cette planète de disposer des moyens de la dignité ne serait pas chose réalisée.

Cela ne sera pas, pas de mon vivant. J’ai vu au contraire au cours des dernières années une accélération insensée du dépouillement des peuples, jusqu’à l’horreur de la transformation des plus pauvres en réserve d’organes pour les riches. Un comble de l’horreur marchande. L’implosion est proche. 

C’est dans ce monde au bord de l’embrasement que je m’en vais chercher une petite place, où poser mes pénates, loin d’internet outil précieux d’information mais illusion en termes de résistance.

Je remercie, là où elles sont à présent, s’il existe, certainement au paradis des résistantes, ma grand-tante Stella Wolff et son amie et complice de toujours, Georgette Ciselet, qui m’ont appris dès l’enfance que le bien le plus précieux dont dispose un humain, la condition première de la dignité est l’intégrité de sa conscience, sa rectitude morale.


Anne Wolff.

 

 

 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:18


 

 

 

En 1953 déjà, Allen W Dulles, cofondateur et futur directeur de la CIA, dans son livre « L’art du renseignement » exposait, s’en aucune gêne, la stratégie étasunienne face à leurs principaux ennemis d’alors, l’Union Soviétique :

« Les états Unis possèdent 50% des richesses du monde en ayant seulement 6% de sa population. Notre tâche consiste à maintenir cette disparité sans que ce soit au détriment de notre sécurité nationale… Pour y parvenir nous devons renoncer à des objectifs irréalistes comme les droits humains, l’amélioration des niveaux de vie et la démocratisation. 

Les États-Unis doivent imposer leur vision, leur style de vie et leurs intérêts particuliers au reste du monde… La littérature, le cinéma, le théâtre, devront exalter les plus bas sentiments humains… nous ferons incomber aux dits artistes, la tâche d’inculquer à la conscience humaine le culte du sexe, de la violence, du sadisme, de la trahison … et tous les types d’immoralité ». 

Nous sèmerons le chaos en URSS, sans que ce soit perceptible, nous substituerons à leurs valeurs de fausses valeurs et nous les obligerons à croire en elles. Nous trouverons nos alliés et coreligionnaires dans la Russie elle-même… Seuls quelques-uns seront assez judicieux pour comprendre ce qui leur arrive réellement… Notre principal appui sera la jeunesse. Nous la corromprons, nous la démoraliserons et nous la pervertirons. 

  L’objectif final de cette stratégie à l’échelle planétaire est d’éradiquer du terrain les idées d’alternatives à notre domination… obtenir que les victimes en viennent à comprendre et partager la logique de leurs bourreaux. »

 
Allen W Dulles

Celui-ci fait partie de quelques passages de mes dernières publications que j’avais envie de remettre en évidence et qui concerne la manière dont les « décideurs de Washington » entendent imposer au monde la suprématie de leurs intérêts et de leur sécurité au détriment des peuples.

Nous le constatons aujourd’hui, la haine de la Russie survit à la chute de l’URSS. Elle est constitutive de ce vieux fou de Brezinski - mais qu’est-ce qu’il fait encore là celui-là à nous pourrir la planète. Mais Dulles n’est pas mal non plus, j’ai chez moi un livre où il raconte les négociations secrètes qu’il a menées avec les généraux nazis pour négocier la reddition de l’Allemagne quand il est apparu que, « merde ! », les Russes étaient en train de fiche en l’air tous les beaux plans d’Europe fasciste concoctés par un groupe de Corporations. Le début d'une longue histoire qui sur divers terrains associera USA, Israèl et nazis dans la lutte contre le "communisme", jusqu'à nos jours avec une intensité menaçante ces temps-ci.

Il faut lire leurs textes pour comprendre leur vision du monde. C’est bien au-delà encore de la pourtant fertile imagination des complotistes qui inventent des extra-terrestres, si besoin est, solution ad-hoc aux solutions de continuité de la théorie du complot.  

Ce sont de "ces décideurs de Washington » eux-même qu’il faut apprendre, ce qu’ils veulent et comment ils entendent y parvenir. Et la sénilité aidant le vieux Brez nous en livre aussi quelques-unes, des clés de son délire. Là, il n’y a plus aucun doute possible. Ce sont des fanatiques, totalement irrationnels et absurdement rationalistes, niant la réalité quand elle ne leur convient pas, détruisant systématiquement tout ce qui s’oppose à leur conception de ce que devrait être le monde.

Des fanatiques dangereux, disposant d’une puissance inouïe et tout imbibés d’esprit d’Inquisition, les Inquisiteurs, ces grands pervers sadiques, qui ont transformé la planète en enfer pour ceux qui se trouvaient sur leur chemin. On en a toujours pas fini avec l’Inquisition, et ses pervers sadiques qui ne pensent qu’à punir l’humain en tant que tel, il serait temps pourtant ! Ils ne voient que le mal et du coup le fabrique, comme Dulles avoue sans gène qu'il s'attachera à le faire au cours des décennies qui suivront.

Un autre passage que je voulais mettre en évidence de ceux publiés ces jours derniers, est le suivant :

Compulsion vengeresse et férocité

Après une chasse à l’homme, ils sont capturés et enfermés dans un camp de prisonniers (…) où les (...) tentent de les priver de leur identité en les isolant, en les empêchant de dormir, en les exposant à des bruits assourdissants, (...) en leur faisant subir ou assister à une séance de waterboarding.

(…)j’ai vécu comme un animal. J’ai été encagoulé, battu, affamé,
dénudé et douché dans l’air froid de décembre jusqu’à l’hypothermie. À un moment, je ne pouvais plus parler parce que je tremblais si fort. Jeté dans une cage d’un mètre carré avec juste une boîte de café rouillée pour pisser dedans, j’ai été averti que le pire allait encore venir. J’ai été violemment interrogé à trois reprises.
Comme j’avais oublié mon numéro de prisonnier, j’ai été attaché à un chariot et forcé à regarder un codétenu subir une simulation de noyade à quelques centimètres de moi. Je n’oublierai jamais le son de ce jeune matelot suffocant, apparemment si proche de la mort, payant pour mon erreur. » En quelques jours, ce jeune lieutenant vit ses repères s’effondrer et crut réellement se
trouver dans une espèce de no man’s land où régnait l’arbitraire : « J’étais sûr que mes geôliers, qui portaient des uniformes de style soviétique et parlaient avec des accents slaves, iraient jusqu’au bout s’il le fallait. »
Un autre cadet de la US Air Force (…) subit le même traitement (…)
« J’ai été enfermé dans une très petite boîte. Comme j’étais un joueur de football à l’université, je leur ai dit de ne pas me mettre là-dedans car j’avais eu des opérations au genou et ce genre de choses. Ils m’y ont mis quand même. [...] Ils passaient en boucle un poème de Rudyard Kipling appelé Boots [...] qui pouvait vous rendre fou à l’entendre sans arrêt sur ces haut-parleurs. Ils passaient de la musique siamoise. Ils passaient une sonnerie de téléphone, ce genre de choses. Et pendant tout ce temps, ils ne vous laissaient pas vous asseoir sur le sol. Une fois dans la grande boîte, ils vous sortaient et vous mettait en position de stress. Ils vous mettaient à genoux sur un morceau de bois et vous faisaient tenir vos bras en l’air en même temps. Pendant tout ce temps, ils vous harcelaient. »

 Ceci ne sont pas des scènes de prisons secrètes, ce sont les techniques « enseignée » à l’École de survie de la US Air Force basée à Fairchild près de Spokane (Washington). Cette Académie fondée pendant la Guerre froide et baptisée SERE – pour Survival, Evasion, Resistance and Escape – est censée renforcer la résilience des soldats capturés par l’ennemi. Pendant plusieurs semaines, les jeunes cadets sont soumis à des situations de stress d’intensité croissante.

A l’École des Amériques, école militaire étasunienne, qui a formé les tortionnaires de l’Amérique Latine entre autres, le jeune cadet doit élever et prendre soin d’un animal familier. Puis il devra l’étrangler de ces propres mains et le manger. Dans l’école des Kaibils du Guatemala qui en est issue, et crée des soldats entièrement dévoués aux intérêts de Washington, les « étudiants » doivent manger de la chair vivante…

Les passages que j’ai reproduits ici sont extraits de Dérives de la psychologie américaine  un très long texte, mais qui vaut la peine d’être lu pour comprendre comment se forgent les méthodes d’une psychologie dont le but est le contrôle des comportements individuels et collectifs. Il nous parle du chemin de dégradation des consciences qui a été volontairement pratiqué pour mettre sous contrôle les populations de la planète.

Le dernier extrait, lui nous montre que ces méthodes évoquées ci-dessus sont en réalité des puissantes armes dans une guerre d’un genre nouveau qui implique la dégradation massive de l'intelligence, de la conscience et de la bienveillance Humaines.

 

La guerre de 4ème génération

 

La définition d’un modèle d’ingérence et d’intervention qui a été appliqué au monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale pour déstabiliser les nations et faire tomber les gouvernements non affiliés aux intérêts des pays centraux (E.U. et Union Européenne) se radicalisa en 1989 quand depuis le Pentagone des officiers de l’Armée et l’Infanterie de Marine des USA produisirent un document intitulé « Le visage changeant de la guerre jusqu’à la quatrième génération ». A partir de là fut développée une théorie de la Guerre de Quatrième Génération associant le concept de Guerre Asymétrique à celui de « la lutte contre le terrorisme » que décrétera le gouvernement de George W. Bush.

En 1991, deux ans après ce premier document, le professeur Martin Van Creveld de l’Université Hébraïque de Jérusalem publia le livre « La transformation de la guerre » qui synthétise et complète la théorie de la guerre de Quatrième Génération. Dans ce modèle prévaut la substitution des bases militaires traditionnelles par d’autres cachées et des entrepôts ; Le contrôle de la population se fera non plus à travers une occupation militaire mais bien par un mélange de propagande et de terreur. Il prédit en plus la disparition des systèmes de combat traditionnels (armée contre armée) et sa transformation en conflit de basse intensité (également nommés Guerres Asymétriques).

Dans la Guerre de Quatrième Génération “Les tactiques et stratégies militaires sont remplacées par des tactiques et stratégies de contrôle social, au moyen de la manipulation de l’information et de l’action psychologique de manière à diriger le comportement social des masses. Les cibles ne sont pas physiques (comme dans l’ordre militaire traditionnel) mais psychologique et sociales. L’objectif ne vise plus la destruction d’éléments matériels (des militaires, soldats, infrastructures civiles, etc.) mais le contrôle du cerveau humain. Les grandes unités militaires (marine, aviation, tanks, sous-marins, etc.) sont remplacées par un grand appareil médiatique composé par les grandes rédactions et les studios de radio et télévision. Le bombardement militaire est remplacé par le bombardement médiatique. Les slogans et les images remplacent les bombes, les missiles et les projectiles du domaine militaire. L’objectif stratégique n’est alors plus la conquête et le contrôle des espaces physiques (populations et territoires, etc.) mais bien l’appropriation et contrôle du comportement social de masse.

La formule de la guerre de 4ème génération a été employée dans le monde entier dès avant sa formulation théorique (par exemple au Chili en 1973), mais au cours des dernières années et face aux échecs successifs de la méthode de la guerre conventionnelle pour occuper des pays (Irak, Afghanistan) cette forme d’intervention est devenue la forme préférée des interventions impériales. Elle a été utilisée contre l’Iran, la Syrie et la Lybie et dans notre Amérique Latine contre le Honduras, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela avec des degrés de succès divers. 

 

Por Miguel Guaglianone  

Extrait de VENEZUELA/ De la “violencia civil” al terrorismo | ecopopular 


Ces trois extraits témoignent de théories et pratiques qui sont nées de l’échec de la  Campagne de Russie par l’Allemagne nazie, pourtant bien armée par les Corporations étasuniennes, les mêmes qui remettent cela aujourd’hui, alors que le pouvoir de décision du gouvernement étasunien est passé, petit à petit entièrement entre leur mains. Alors que depuis quelques années ils ont impulsés partout dans le monde un immense essor de fanatisme hitlérien… même des fanatiques musulmans, rappellent qu’Hitler était l’ami de leurs Imams. A faire le tour du monde de ce mouvement, il semble bien qu’à part les Juifs non Israéliens, les Tsiganes, les Russes et les mouvements sociaux de Souveraineté populaire, chacun puisse d’une manière ou d’une autre se proclamer ami d’Hitler. Des gamins de Kuala Lumpur, à ceux de Mexico dans un grand tour du monde de la renaissance nazie qui n’a de néo que le nom.

Des vieux fous pour des raisons historico-personnelles, émotionnelles, de frustration et de rage de l’échec à écraser la Russie, celle de Staline, comme celle de Poutine, sans commune mesure, nous conduisent vers notre destruction.

Je voulais ici, à travers quelques textes parmi d’autres, beaucoup, donner un aperçu de LEUR vision du monde. Et des actions néfastes de destructions des consciences, des cultures, des pays, des crimes innombrables qu’ils ont commis en toute « bonne conscience » pour parvenir à des fins qui leur sont propres et ont pour corollaire la haine de l’humanité, sa destruction morale ou physique.


La victoire de Kramatorsk

Les peuples qui se lèvent en Ukraine pour défendre leurs droits sont composés en grande partie d’antifascistes déterminés. A Kramatorsk, la junte U.S.-U.E. de Kiev a envoyé ses chars pour « écraser les terroristes, sans pitié ni merci ». Des femmes de Kramatorsk ont fait une chaîne humaine pour arrêter les chars, en expliquant aux soldats qui les conduisaient qu’elles n’était pas des terroristes, mais des simples femmes, mamans, travailleuses, ménagères qui défendaient leur droit et l’avenir de leurs enfants. Six de ces chars sont aujourd’hui à leur côté portent le drapeau russe.

Respect pour ces femmes dont le combat et aussi le mien.


Et respect pour Poutine dont je ne sais toujours pas à terme s’il est mon ennemi ou mon ami, mais dont je sais qu’aujourd’hui, qu'il est sur la scène international celui qui incarne la rationalité, l’intelligence et la mesure face à des fous dangereux et compulsifs qui n’ont d’autres objectifs que de plonger la planète à feu et à sang pour se l’approprier pendant que les pauvres à leur instigation s’entre-tuent et qu’ils dégradent et pervertissent les consciences humaines pour mieux les contrôler.


Anne W

 

 

 

 

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 08:11

 

 

 

Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire-atlantique, Mr. Christian de Lavernée.

mardi 25 février 2014.

 
Je me fais un devoir et un plaisir de relayer cette lettre ouverte des « Black Ploucs » au préfet de Loire-atlantique.

Sur la zad, le lundi 24 février 2014

Cher Christian,

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir à votre tour briser des vitrines. Mais après la manifestation de samedi, autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel et bien un mouvement armé.

Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives, de palettes et de vis, de pierres parfois - même s’il y a ici plus de boue et de prairies, de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs, d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche, de courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes, de masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux, d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et râteaux, de binettes, marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flèches pour faire plaisir à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad. Vous ne nous ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez vous d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ?

Les Black Ploucs

 

 

(JPEG)

 

(JPEG)

 

 

Source Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire-atlantique, Mr. Christian de Lavernée.

Via Mes coups de coeur   que je remercie d'avoir attiré mon intention sur cette info terriblement inquiétante dans un contexte de criminalisation croissante des luttes humaines, vitales, contre le fascisme qui vient

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 12:20

 

 

Plume d'ange

 Claude Nougaro


Vous voyez cette plume?
Eh bien, c´est une plume... d´ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l´air.
J´ouvre les yeux, que vois-je?
Dans l´obscurité de la chambre, des myriades d´étincelles... Elles s´en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques, un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l´accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grands ailes de lait.
Comme une flèche d´un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :

 
"C´est une plume d´ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu´un seul humain te croie et ce monde malheureux s´ouvrira au monde de la joie.
Qu´un seul humain te croie avec ta plume d´ange.
Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "




Et l´ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d´extase, lissant la plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d´une passion néfaste.
J´allume, je la réveille :

"Mon amour, mon amour, regarde cette plume... C´est une plume d´ange! Oui! un ange était là... Il vient de me la donner... Oh
ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu vas voir... le monde! "


La belle, le visage obscurci de cheveux, d´araignées de sommeil, me répondit :
"Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané Népal! "
Elle me tourne le dos et merde!

Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l´Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considération admirative.


Image de Claude Nougaro

 

Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste :
"Tu m´entends bien, André, qu´on me prenne au sérieux et l´humanité tout entière s´arrache de son orbite de malédiction guerroyante et funeste. A dégager! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent! "
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m´entraîna dans la cuisine et devant un café, m´expliqua que moi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos... L´air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais!

Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire? Que faire?
" Monsieur l´agent, regardez, c´est une plume d´ange. "
Il me croit!
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s´aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs
volants et s´embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux!
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci? La petite dame?
Et soudain l´idée m´envahit, évidente, éclatante... Abandonnons les hommes!
Adressons-nous aux enfants! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.

Fonds d'écran Fantasy et Science Fiction femme fantasy

Les enfants... Oui, mais lequel?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de
visages d´enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j´attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en min
ois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l´école, une petite fille s´est arrêtée. Dans la vive lumière d´avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un
peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j´ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.

 



 

 

Le lendemain je revins à la sortie de l´école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s´appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l´aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée,
ma pâleur mortelle, vitale?
Alors, qu´est-ce que je fais? Je me tue? Je l´avale, ma plume? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J´ai précipité mon pas, j´ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où j´allais l´atteindre, sur ma propre épaule, une
pesante main s´est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau : "Suivez-nous."

 



Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r :
" Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous. Alors comme ça, on suit les petites filles?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m´a fait m´approcher de cette enfant.
Je sors ma plume et j´y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j´en suis certain, m´aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c´était fini, envolé!
- Voyons l´objet, me dit le commissaire.
D´entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C´est de l´oie, ça..., me dit-il, je m´y connais, je suis du Périgord.
- Monsieur, ce n´est pas de l´oie, c´est de l´ange, vous dis-je!
- Calmez-vous! Calmez-vous! Mais vous avouerez tout de même qu´une telle affirmation exige d´être appuyée par un minimum d´enquête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s´occuper de vous. Gentiment hein? gentiment. "

 


On s´est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l´on m´héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s´ébattent ou s´abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C´est un vieil
homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement le
s bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J´ai fini par m´approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd´hui, nous sommes amis. C´est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu´il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c´est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les m
ystiques, les métaphysiques, les philosophies s´unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.

Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l´eau fraîche et limpide de l´intelligence alliée
à l´amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu´il brise d´un seul coup
dans sa paume, crac! pour me les offrir.


Un jour où il me parle d´ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l´écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l´ange t´a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c´est lui, il est là, dev
ant toi!
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
" Quel magnifique spécimen de plume d´ange, vous avez là, mon ami.
- Alors vous me croyez? vous le savez!
- Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s´y méprendre.
Je puis même ajouter qu´il s´agit d´une penne d´Angelus Maliciosus.
- Mais alors! Puisqu´il est dit qu´un homme me croyant, le monde est sauvé...
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n´êtes pas un homme?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous êtes noyé?
- Non. Je suis un noyer. L´arbre. Je suis un arbre. "

Il y eut un frisson de l´air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l´épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturi
sé, l´ange malicieux qui m´avait visité.
Tous les trois, l´oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...
Le fou rire, quoi!


Arbre_noyer : arbre

 

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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.