7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 15:03

 

 

 

Comme beaucoup, me voici repliée sur l’action locale, quotidienne… la vie politique communaliste à la racine, celle qui noue entre voisins en quête de dignité et d’une bonne vie les liens de solidarité et de complémentarité qui nous rendent plus aptes à résister à la dégradation de l’ambiance globale.

J’ai beau être fidèle à mon « vœu de pauvreté » (tant que chacun n’aura pas sur cette planète le minimum de moyens vitaux je vivrai dans la frugalité), je finis comme toujours baignant dans l’abondance. Juste une question de débrouille et d’huile de bras. L’austérité, très peu pour moi… et toute cette grisaille, aille, aille, aille, chacun y contribue ou non par des choix quotidiens… faute de cultiver mon jardin je joue avec les couleurs et j’aime ça.

Me déplaçant beaucoup à travers la ville, à pied et en transport en commun j’observe les passants, les autres voyageurs, le gris est la couleur de l’air du temps. Très peu portent des vêtements colorés et les mines sont le plus souvent amères ou renfrognées ; la résultante de sinistrose est devenue un mal à combattre en se retroussant les manches au quotidien pour faire exister autre chose, des petits îlots où la joie, la couleur et l’espoir trouvent leur place.

Tout au fond du grenier d’une maison délabrée j’ai construit une cabane improbable où abriter mes rêves, où les concrétiser ou abriter aussi les moments de tristesse, de détresse quand tous les petits gestes de bien-faire qui défient la morosité ne suffisent plus à contrebalancer un amère sentiment d’impuissance face à la dégradation accélérée du bien-être global.

Et pourtant je dois le reconnaître : souvent je m’amuse. Les récupérations d’objets abandonnés, leur restauration, les petites créations quotidiennes, un trait de peinture, un assemblage de perles ou quelques points de couture sont une source de joie dont je ne me lasse pas. Aux yeux d’autres, tout pleins de sériosité et qui ont ce regard sombre et tourmenté des consciences malheureuses et vaguement coupables qui ne cessent de s fuir, il s’agit là d’un délire et s’ils n’ont sans doute pas tout à fait tort, il s’agit bien d’un délire mais c’est un bon délire et je m’y tiens. Cet forme minimale de l’objection de conscience et de la résistance aux application d’un système économique qui est certainement l’idéologie la plus contraignante et la plus pernicieuse que l’on ai vu de mémoire humaine.

Une idéologie d’une puissance opérationnelle inédite qui ne dit pas son nom mais nous pourrit les fondations de l’existence jusqu’aux plus petites radicelles de la vie baignant dans une ambiance toujours plus délétère. Or si une chose est certaine, c’est bien que les tenants de cette idéologie - tous puissants qu’ils soient aujourd’hui - ne peuvent à terme « gagner ». Leur projet de monde prévisible et contrôlable est incompatible avec la vie même, constante évolution imprévisible par nature.

A présent, leur relatif triomphe se mesure aux toujours plus dégâts qu’ils réussissent à produire transformant dans une accélération terrifiante la Terre en lieu non propice à la vie, planète inanimée. Quel que soient les mythes qu’ils continuent de produire et leur pouvoir de produire et contrôler l’information diffusée, le hiatus toujours plus profond entre discours et réalité se mesure à l’œil nu en place publique et privée. Ils ne peuvent que conduire à leur perte toujours plus de vivants et eux-mêmes dans la foulée… combien d’espèces qui chaque jour disparaissent au profit de machines… quand le drone abeille fait son apparition, c’est la fin d’un monde vivant qui se manifeste ainsi. Ce n’est pas un complot, c’est une Machination au sens littéral comme au figuré.

La notion d’emploi est une des manifestations de ce devenir machine de l’humain avec les redoutables conséquences que l’ont sait et les immenses bénéfices que tirent les Sociétés Pharmaceutiques de la conjugaison d’une société malade et des traitements iatrogènes.

Et si donc je travaille beaucoup, nul ne m’emploie et c’est très bien comme cela. Guidée par des principes d’écosophie - habiter sagement la planète et donc en bons voisins et cela est d’autant plus crucial que plus nombreux nous sommes, l’issue n’est pas dans la guerre du tous contre tous mais bien dans le partage de nos complémentarités – je pratique la Débrouille au quotidien. Etre débrouillarde est bien une qualité en soi…non ? Rien n’avoir ni avec la magouille et ni le profitage mais bien avec la polyvalence des savoirs d’autant plus grande que nous sommes plus de débrouillards de bonne volonté à mettre en commun, chacun à sa mesure nos connaissances, nos savoir-faire, nos outils et un idéal de bien-faire.

Le politique y retrouve son sens fondateur la manière dont des personnes s’arrangent entre elles pour vivre au quotidien dans l’idéal partagé du bien-vivre singulier et collectif : communalisme des habitants d’un territoire géographique et/ou culturel, fondation créatrice d’un monde sans état - mes voisins n’ont pas droit à la citoyenneté dans ce pays à la vie duquel par leurs actions ils participent positivement.

Il est aussi question de ne pas se donner trop d’importance personnelle, de ne pas perdre de vue que nous sommes à peine une étincelle dans l’espace et la durée de l’univers. De l’amour propre bien sûr… comme condition de possibilité de l’amour en soi. Et de mettre du cœur à l’ouvrage, prémisse du bonheur, participation au miracle de cette création continue, suite d’inventions géniales que l’on appelle La Vie. Le courage comme exigence face au cadeau qu’est la vie qu’il ne faut pas dilapider. Le courage comme facteur de bien-être.

J’ai donc déserté Internet et les expériences de survol de la pensée par-dessus les champs dévastés de la politique globale pour me reconcentrer sur le micro-terrain de la vie quotidienne retrouvant parmi mes amis vagabonds, les survivants d’un génocide annoncé et qui frappe de manière très ciblée ceux que les adeptes – souvent inconscients – du système requalifient comme rebuts, inutiles ou nuisibles à l’établissement de ce que leurs dirigeants qualifient de « Nouvel Ordre Mondial », un grand désordre mortifère et très laid – sinistrose généralisée (austérité) grissaillerie et conformité sociale - de mon point de vue mais soit… Il ne doit pas y avoir d’alternative à l’Economisme comme idéologie opérative et totalitaire et ceux qui incarnent d’autres possible doivent donc disparaître de la surface de la planète de même que les peuples « surnuméraires » dont l’existence fait obstacle à l’appropriation et aux pillages des richesses de leur territoire au profit d’un petit nombre de dé-générés.

La Globalisation c’est aussi la multiplication des moyens destinés à éradiquer ceux qui ne conviennent pas au Système. Depuis la nourriture-venin des supermarchés jusqu’aux radiations létales de l’uranium appauvri les dirigeants auto-proclamés du monde ne manquent pas d’imagination et d’astuce quand il s’agit de nuire aux ennemis qu’ils se désignent. Alors les survivants resserrent les rangs et se dressent entre amour de la vie et colère contre l’inacceptable pour combattre ceux qui ont décrété leur fin.

Depuis ma cabane, éphémère, improbable, faite de tuiles, de bois, de toiles et de cartons, j’écris ces quelques lignes avec la sérénité que confère ce détachement qui s’impose quand trop c’est trop et que le ressenti de la douleur du monde vous paralyse, inconcevable horreur produite par des êtres qui ne méritent plus le nom d’humains. Au cours des derniers mois, j’ai continué à temps perdu à lire entre les lignes de l’histoire officielle la réalité du monde entre ceux qui y vivent et ceux qui en tirent les ficelles depuis leurs forteresses de bêton armées.

Une engeance tellement inconcevable pour un esprit simple et sain que je comprends fort bien que l’hypothèse extra-terrestre vienne à notre secours pour expliquer l’inexplicable même si personnellement elle ne me parle pas plus que cela puisque la question qui me préoccupe est de savoir comment nous pourrions nous arranger pour vivre en bons voisins conviviaux et heureux dans un monde ou prendre soin de notre habitat et de ceux qui le peuplent avec amour et bienveillance ferait sens. Un vrai problème en l’état actuel des choses et l’avenir comme référence ultime.

Petit à petit, info par info, recoupement par recoupement soulevant le voile j’ai appris, Hitler mort à servi de masque et de leurre à la prolifération d’un nazisme qui avait préparé soigneusement écrémage, essaimage et prolifération à venir bien avant la Fin de la Guerre officielle. J’ai appris que de même que lors de la guerre de Sécession les yankees se sont battus pour s’approprier les terres du Sud et soumettre noirs et autre main d’œuvre prolétaire aux conditions de l’esclavage industriel, de même ; jouant sur les deux tableaux ils ont contribués avec leurs alliés locaux à accélérer la destruction de l’Europe pour s’en rendre maîtres et en transformer le paysage géographique et culturel en fonction des besoin de leur Marché et de la dictature corrélative qu’il implique. Colonisation.

Ainsi à présent chaque œuvre d’artisan sauvée, chaque création artisanale réalisée sont les actes de résistance que je pose face à cette dictature. Racines contre Machine avec de la débrouillardise et de l’huile de bras dans le choix volontaire de l’instabilité créatrice, refus du conformisme et de la normalité… humblement et insoumise… mais tout de même entre les lignes de joie que je pose ainsi sur la portée de la vie il y a ce contrepoint lancinant : quel gâchis … le Monde.

Voilà c’était encore une fois en passant comme une lettre pour les amis du Web qui, comme j’ai tenté de le faire, essayent chacun à sa mesure de faire apparaître la réalité derrière les apparences des matrices fabriquées manipulatrices des inconscients collectifs au service de la caste des usurpateurs criminels qui s’approprient le monde. Une grande famille de ceux qui refusent de s’en laisser compter et à leur manière contribuent à écrire une Autre Histoire.

Et la suite ? Je ne sais pas.

 

Anne

 

 

 

 

Débrouille et huile de bras
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 12:45

Rumeurs de guerre

Avant de partir vers d’autres cieux, je vous annonce la création future de deux nouveaux blogs, un qui me servira à donner des humeurs, des impressions comme on écrit des lettres à ses amis, un autre qui sera consacré aux luttes de souveraineté populaire et alimentaire de l’Amérique Latine et aux traductions de textes hispanophones.

Les derniers progrès dans l’installation d’une dictature mondiale sous le nom de « démocratie globale », depuis surtout que le gouvernement transitoire de Kiev donne à cette démocratie la forme d’un gouvernement « transitoire » clairement fasciste et clairement installé avec l’aide et le soutien de nos semi-dictatures occidentales, crée parmi ceux qui s’en sont aperçu, ce sentiment d’angoisse latente qui est le premier pas vers un régime de terreur.

Il est effarant de voir que ce gouvernement putschiste, issu d’un coup d’état à connotation nazie, se comporte comme un gouvernement démocratiquement élu, hypothéquant l’avenir du pays en contractant des dettes non remboursables à long terme, cédant les droits souverains du peuple aux corporations et après avoir déclarer la guerre aux minorités ethniques par des lois liberticides et privatives de dignité,  se lance dans une guerre réelle, concrète, qui fait couler le sang des mouvements antifascistes, à l’Est comme à l’Ouest du pays.

Ce qui est le plus dur à concevoir, surtout pour ceux qui n’ayant jamais rouvert les chapitres de l’histoire du nazisme au 20ème siècle, c’est que ce régime a été installé grâce aux moyens conjugués de l’EU/UE/OTAN en toute connaissance de cause. Pour ceux là, le choc est violent et le réarrangement narratif presque impossible. Pour ceux qui ont rouvert ses chapitres de l’histoire officielle pour s’intéresser à l’histoire réelle, le choc est rude certes, mais surtout en ce qu’il met en évidence une urgence.

Les corporations ont à présent presque totalement pris le pouvoir à « Washington », en tant que boîte noire, centre du pouvoir global, d’avantage représenté et intrinsèquement lié au Pentagone qu’au dit « gouvernement des États-Unis » dont le dernier fantoche, agissant comme un leurre, à surtout servi à faire diversion alors que l’agenda de transmission de transfert du pouvoir global vers la gouvernance des Grands Marchands et de déstabilisation mondiale se poursuivait, dans l’ombre, à coup de lois liberticides et de guerres de conquête du territoire planétaire qui ne disent pas leur nom.

En rouvrant ces fameux chapitres de l’histoire, on s’aperçoit alors que ces mêmes corporations dont les actuels dirigeants sont souvent les descendants de ceux de l’époque, et d’autres acquis à la même idéologie – mécaniste et industrialiste - ont été cooptés, sont celles qui au cours des années 30 du siècle passé avaient déjà armé le fascisme et le nazisme, dans un premier temps pour installer Franco en Espagne avec la complicité des gouvernements « alliés » et ensuite pour permettre à Hitler, la guerre éclair qui a fait de l’Europe pour 5 ans un continent fasciste.

Ensuite apparaît un double but de cette manœuvre criminelle, d’une part l’Europe fasciste avec sa population sous contrôle convenait particulièrement bien à l’instauration du Monde Marché, mais aussi les armées nazies étaient censées en finir une bonne fois pour toute avec l’Union Soviétique. Un plan qui nous le savons a échoué. De là à prétendre que les Soviétiques furent de philanthropiques sauveurs de l’Europe, il y a un immense fossé que je me garderai bien de franchir. Que l’Union Soviétique nous ait sauvés, c’est un fait, mais c’est surtout un accident de l’histoire, celui qui fait que pour défendre son propre territoire, il lui fallait mettre un terme au nazisme.

TATATAM, c’est là que la cavalerie arrive à la rescousse. Les USA qui ne sont pas intervenus tant que le projet de fascisation de l’Europe suivait son cours, se voient dans l’obligation de sauver leur marché européen du double risque de l’appropriation par l’URSS et de la création d’une grande puissance communiste.

J’ai eu l’occasion au cours des dernières semaines de voir monter au créneau pour disserter au sujet de l’Ukraine les vieux Stal ‘ et autres marxistes-léninistes dépoussiérés pour l’occasion, toujours dans l’illusion, quelques mondes en retard, allant jusqu’à confondre la Russie néo-libérale de Poutine avec leur vieux mythe d’une URSS qui pas plus que le « Rêve Américain » n’a jamais existé dans la réalité. Les vieux fantasmes ont la peau dure. Et nombreux sont les esprits « révolutionnaires » qui évoluent dans un monde qui n’existe plus, qui n’est jamais advenu, incapable de s’adapter à une réalité inédite qui demande de nouveaux cadres interprétatifs comme guides pour la pratique.

Sincèrement je ne suis pas certaine que j’aurais préféré grandir dans un monde régit par Staline, que comme je l’ai fait dans celui où les « alliés » forcés de lâcher du lest, pour contrecarrer le danger soviétique, tout autant que tout inventeur d’alternatives cohérentes au Monde Marché, nous ont offert, à nous européens cul-dans-le-beurre, au prix bien sûr du sang et des larmes d’autres peuples - mais qui s’en préoccupe finalement – quelques décennies de liberté et de bien être.

Du meurtre de Lumumba à celui d’Allende, de tout ceux qui – par dizaines de millions - sont tombés victimes de la nécessité où se trouvait la gouvernance globale d’annihiler d’une part cet idéal d’un monde équitable, mais aussi les habitants des régions riches en ressources du globe pour fournir à bas prix les drogues consuméristes le temps d’accrocher nos fameuses classes moyennes à ce besoin de « pouvoir d’achat » qui leur a finalement ôté toute dignité. Aujourd’hui, belles et biens accros, elles sont prêtes à tous les sacrifices, pour quelques verroteries dont la possession est devenue leur manière d’être au monde.

Un monde dans lequel l’imagination sert de guide à l’invention continuée de la vie par des créations adaptées à ce qui est sa nature même, l’évolution qui en ce qui concerne l’espèce humaine demande la création intelligente et réfléchie de solutions harmonieuses et simples, qui conduisent au bien-être, est l’issue à ce pari morbide de domination du spectre total, dont le Pentagone est le bras actif, dans une guerre de quatrième génération dont les outils sont tout autant que les armes au sens traditionnels, les médias, que les modes de consommations induits… et autres outils de la culture stratégique.

La vie qui a inventé l’humain sans son intervention n’à rien a voir avec cette compulsion spasmodique : la vie comme ce que l’on achète au supermarché du coin, pour la masse ou dans les boutiques de luxe pour les castes de cadres du système, qui entourent de toujours d’avantages de murs et de systèmes de sécurité les oasis qu’elles se réservent pour y dérouler le luxe qui pour les populations dans leur ensemble devient toujours plus inaccessibles. Tout cela sont par nature des actes de négations de la vie, et des formes plus ou moins développées de la haine du vivant.

Autant dire, rien qui me parle, rien qui me donnerait envie de me bouger le matin pour aller gagner le droit à quelques leurres, même si cela peut sembler étrange à beaucoup, bien que fort triste et inquiète pour notre avenir, je préfère les veillées fiévreuses de traductions qui relaient les paroles de ceux qui nous parlent d’autres possibles, à dimensions humaines, dans la tranquillité de l’âme et de l’esprit que donne le sentiment d’accomplir ce qui est juste à un moment de l’histoire. Que cela paraisse étrange que je me sente enrichie par ce travail, bien plus que part une accumulation de biens matériels, conquis en écrasant ma conscience pour ne pas voir que le travail mercenaire que j’accomplis quelques soient les déguisements dont il se pare, contribue de fait à l’accroissement du malheur du monde, c’est pourtant ma réalité.

Là, clairement au cours des dernières semaines, un seuil a été franchi et les corporations qui n’ont jamais cessé depuis des décennies leur étroite collaboration avec les nazis quand il s’agissait de réprimer les peuples en quête de souveraineté ont cessé de se cacher mettant ouvertement en place en Europe un gouvernement nazi, alors qu’une partie de l’opinion publique européenne abrutie par 70 ans de propagande n’en a pas même pris conscience, et que ceux qui le réalisent manque des concepts fondateurs d’une résistance efficace, là seule, celle qui cesserait de nourrir le monstre en recréant les conditions d’une économie alternative, au prix sans doute de sacrifices matériels, mais peut-être aussi en y gagnant cette joie qui naît du sentiment d’avoir accomplit une œuvre –vitale- qui a du sens en terme de bien-être collectif. Je ne vous dis pas tous les bons délires que j’ai partagés avec d’autres dans ce genre de boulot de fous qui ne souffre pas de contraintes syndicales, mais qui font que chacun se met à la tâche avec ardeur sans compter, pour le plaisir du résultat, un moment de fête. Des boulots souvent peu rétribués financièrement, mais qu’importe quand le travail en soi est un bonheur et l’occasion de relever victorieusement des défis qui contribuent au bien-être collectif,  créer un peu de joyeux bien-commun,  préserver un lieu, un espace, un écosystème de la dégradation ambiante… avoir du plaisir à faire ce que l’on fait, c’est en ce qui me concerne une première exigence en matière de travail… même si cela n’exclut pas les moment pénibles, fastidieux et même douloureux quand il faut se surpasser pour parvenir au but. Je ne sais comment traduire ce sentiment, quand le résultat à atteindre malgré toutes les difficultés vous anime, une énergie motrice ancrée dans le futur. Création.

C’est de cela que je ne veux pas abdiquer, c’est cela qui constitue mon trésor, intérieur et non matériel et que je ne veux pas renoncer à faire croître et fructifier au nom d’une sécurité mortifère – et qui plus est toujours plus illusoire puisque les banques ont fini de s’accaparer des mutuelles et fonds de pensions, tout ce labeur populaire qui leur sert à expulser d’avantage d’habitants de la terre et à créer les armes, les tortionnaires et systèmes de contrôle pour neutraliser ceux qui leurs résistent. Ouvrons les yeux, nous voyons que partout les conditions de l’univers carcéral sous forme de prison comme lieu de travail obligatoire ont le vent en poupe, alors que les enfants des plus misérables n’ont plus comme écoles que celles militaires où ils sont éduqués à devenir de « volontaires chair à canon », heureux de servir « leur » pays… c’est tout bonnement à dégueuler. Jeunes sicaires, jeunes soldats et le nombre croissant de jeunes de part le monde qui sont enrôlés dans les milices nazies, c’est tout bonnement à vomir. A cela on peut ajouter l’encouragement à la création de bandes criminelles, les pandillas d’Amérique Latine, par exemple, trouvent leur origine dans les prisons californiennes.

A de mes formation sur le tas, j’allie un bac (jury central) de math, une année réussie d’étude d’ingénieur agronome, 3 ans de philo orientés vers l’écologie politique et un diplôme de comptabilité obtenu avec grande distinction. Autant d’occasions pour moi de me confronter à cette nécessaire rigueur qu’imposent les dizaines d’épreuves de l’examen passées avec succès. Une discipline et un athlétisme – parfois- de la pensée qui sont un préalable à la critique constructive. Rigueur oui, austérité, allez vous faire voir !

Tout cela poussée par ce besoin de comprendre le monde, et aussi surtout de voir par quel chemin, il serait possible un jour de faire de la Terre un lieu où la gentillesse aurait droit de cité, comme qualité valorisée entre toutes. Pour me donner les moyens de replacer mon expérience dans le cadre du monde. Et les dernières années ont été très dures moralement, parce que nous le savons à présent, les gens gentils, pourtant si agréables à fréquenter, sont méprisés et exclus de fait d’un système qui se fonde dans la relation de concurrence du tous contre tous, de la rivalité comme fondatrice de toute relation. Une rivalité induite par ceux pour qui « diviser pour régner » est une condition d’existence, celle sans laquelle il leur serait impossible d’imposer aux peuples dans leur presque totalité leur système de malheur.

Le premier pas à accomplir pour sortir d’une Union Européenne mortifère serait de refuser un système qui pose pour principe fondateur la « concurrence libre et non faussée »… Un principe dont la conjugaison d’études de philosophie des sciences et de comptabilité m’ont appris que non seulement il était de l’entière fabrication de ceux à qui profite le crime, sans qu’aucune référence scientifique – d’une science digne de ce nom – puisse lui servir de justificatif, mais aussi que tel qu’il était conçu et mis en place, il trahissait les principes mêmes établis par cette « science économique » qui est surtout une science de dépouillement organisé des peuples, qui s’approprie non seulement leurs territoires par des mécanismes d’usure mais leur esprit grâce à cette science connexe, la psychologie comportementaliste, qui  est un outil de contrôle du comportement des masses.

C’est contre cela que je m’insurge et contre ce fatalisme induit qui fait que dans leur ensemble les populations européennes en sont venues à considérer ce système comme inéluctable, incontournable, seul possible, ne cherchant plus de solutions que comme formules d’aménagement « moins pires ». C’est pour cela que je m’apprête à quitter l’Europe pour partir à la rencontre de ceux qui mettent en pratique, au quotidien l’invention d’un monde dont le principe fondateur est de complémentarité dans une optique de bien vivre.

L’Europe meurt de son racisme et de son colonialisme intrinsèque qui lui permet de tolérer sans en être affectée outre mensure l’iniquité des relation nord-sud, elle meurt aussi parce qu’accro à la consommation elle ne trouve plus les ressorts de dignité et d’humanité qui lui permettrait de mener une critique hors de cadres imposés par le système alors même qu’il s’apprête à réduire les citoyens européens au même statut que celui des peuples qui pendant longtemps ont été sacrifiés à leur bien être, celui d’esclave dont la valeur est une valeur marchande, évaluée dans un bilan financier comme le chiffre qui le représente à l’actif de ce bilan. Toute qualité niée, il ne reste plus aux habitants d’Europe pour les représenter que ce chiffre mesure de leur droit à l’existence et aux conditions de celle-ci. Contre cela oui, je m’insurge. Mais comme je n’ai aucune envie de me sacrifier pour une cause perdue pour une durée indéterminée, que je ne vois pas trop à quoi je peux encore être utile ici, sur place dans les conditions actuelles, mais surtout c’elles d’un avenir proche qui s’annonce plus que menaçant pour les résistants, toutes les petites alertes de dangers sont allumées, tout ce que j’ai pu apprendre des « révolutions de couleurs » grâce aux analystes latinos, fait du massacre d’Odessa un signal  très clair adressés à ceux qui ne veulent pas du Nouvel Ordre Mondial, soutenu tant par Washington que par Moscou, qui n’hésite pas à sacrifier le peuple d’Ukraine dans un combat pour le partage des marchés entre leurs corporations respectives, et de partage d’influence au sein de la « démocratie globale », une lutte qui les voit déjà d’accord pour transformer en champs de batailles les pays dont les ressources sont enjeux, liquidant de manière arbitraire une population  « superflue » - en terme de chiffre dans le bilan – mais aussi tous ceux dont l’élimination ciblée porte un coup à l’organisation d’une résistance au système lui-même, car incarnant le germe d’une souveraineté populaire dans un monde débarrassé de l’économie de Marché, du pouvoir de ceux qui la promeuvent et leurs profits éhontés ayant été supprimés  pour le plus grand bien du peuple des humains.

Je n’ai aucun doute que cette guerre des corporations ne se soucie pas du sacrifice et de la douleur des peuples, un chiffre, cela ne souffre pas. La question qui se pose aujourd’hui est donc de trouver les chemins qui permettraient à ceux qui de fait s’acceptent déjà comme chiffre, de retrouver leur dignité de vivants et d’humains et le pouvoir créatif qui est le propre de la vie qui n’a d’autre certitude que la mort et d’autre sécurité  que l’environnement harmonieux que crée le bien être. Et c’est clairement un chemin d’amour et de partage. 

Aujourd’hui l’Europe moribonde a besoin de se ressourcer à l’expérience des mouvements sociaux qui tissent à travers toute l’Amérique latine cette trame de complémentarité amicale pour le bien-être de tous. Malgré la guerre qui est le quotidien de beaucoup de résistants de cette région qui chaque jour voit s’allonger la liste de ceux qui tombent sous les balles des armées de Washington (US, locales, privées et parallèles) mises au service des corporations qui poursuivent le génocide indigène et l’exode paysan, pour se faire maître de leurs ressources et de leur terre. Et là non plus, le combat est loin d’être gagné, mais au moins, des dizaines de millions de gens le mènent en conscience et détermination au quotidien. Puisse l’Europe en prendre de la graine, de la bonne graine non contaminée par les manipulations morbides de Monsanto une de ces Corporations qui nous dicte au quotidien nos manières de vivre.

 

Anne

 

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 13:18

 

 

 Les états d’Anne vous disent au revoir. L’horizon est sombre. Partout dans le monde des milices d’extrême-droite et leurs équivalents islamistes sont entraînés aux techniques de la mort violente et de la torture perfectionnée, dans un but précis.

L’Europe s’apprête à sombrer, fascisme à l’Ouest, fascisme à l’Est. Incapable de recomposer les forces d’un vrai front antifasciste, elle fait le choix du moins mauvais maître... un maître tout de même.

L’Ukraine est dépecée alors que pour le plus grand plaisir des occidentaux comme des russes, les forces de résistance sont assassinées. La haine de l’occident jette une grande partie de la gauche européenne dans les bras du psychopathe Poutine, alors que le reste à depuis longtemps BHL comme nounou.

Le Venezuela résiste, avec la peur au ventre sachant que les listes des chavistes à lyncher sont dressées et circulent et se précisent et que les armées de l’ombre campent à la frontière prêtes à déferler sur le pays. Des bases militaires et des troupes conjointement entraînées régleraient alors leur compte à tous les porteurs de projets souverainistes de la région.

Oui, c’est une grande déferlante du fascisme universel qui s’apprête à massacrer tous ceux qui sont encore porteur d’une alternative, souveraineté populaire, souveraineté alimentaire, prédominance du monde rural sur le monde urbain, de l’agriculture sur l’industrie ou tout simplement sans aller aussi loin, antifascistes sincères, épargnés par la haine.

Les classes moyennes sont une pure invention fasciste. L’évolution n’aime pas la moyenne, elle trouve ses sources dans l’excentrique, l’originalité, les rêveurs fous dont l’imagination fertile à l’inattendu perpétuellement renouvelé que constitue la vie. Les classes moyennes c’est le mythe du « Rêve Américain » couvant le cauchemar étasunien.

Sombre horizon et le bruit des chaînes des jeunes recrues du fascisme mondial qui tintent à l’horizon. Fascisme du super chaos à l’ouest, fascisme de l’ordre maladif à l’est. Rien qui dépasse, rien qui diverge, et surtout pas de démesure…pauvre Tchékhov.

Le monde des états nations s’apprête à rendre l’âme. Il y a peu de chance qu’Obama survive à son mandat, il en sait trop, il est déjà mort, le sale travail est fait. Bientôt la dictature des corporations installera sa gouvernance mondiale, la grande machine cybernétique, dont les instances dictatoriales sont déjà effectives. Le grand nettoyage liquidera d’un même mouvement meurtrier, les dissidents et ceux qui ne sont pas adaptés aux fonctions du système. Le peuple aura des boucs émissaires pour libérer les pulsions de sa vindicte.

Je ne connais pas la haine, elle ne peut donc m’aveugler. Je ne peux que constater cela, du Honduras à l’Ukraine les armées des corporations dépècent les pays. Alors que la Chine, comme elle l’a fait il y a longtemps au Tibet installe les infrastructures qui lui permettront le jour venu d’épancher le trop plein de son immense population dont les terres, les eaux et l’air contaminé de son pays ne peuvent plus assouvir les besoins vitaux.

Je ne me fais pas d’illusions, les trois géants, USA, Russie et Chine ne mènent pas le combat pour le bien de leurs peuples respectifs mais dans une conquête de territoires pour leurs corporations respectives qui déjà les dirigent. Une fois éliminé dans l’embrasement mondial la population « superflue » ils se partageront le butin et fixeront leurs limites de leurs propriétés, le prix étant le sacrifice des peuples sur l’autel du Profit.

Sombre vision de l’avenir, et pourtant réaliste. Sinon pourquoi tous ces camps où sont entraînées les armées du capital qui à présent s’empare des âmes des l’enfance pour les mettre au service de leur projet de mort. Le Pape remet à la mode les exorcismes… cela me ferait rigoler si effectivement je ne voyais éclore de toutes parts pas les fleurs sulfureuses de la haine et quand le conditionnement ne suffit pas qu’importe, il y a pour stimuler l’instinct de destruction les substances de la fabrique de bourreaux, mises au point par les laboratoires du pourvoir, et les ondes qui influent sur le comportement des masses.

Les sites dormants de la propagande russe sont entrés en action drainant des millions de gens dans les chemins de la pensée unique du régime de Poutine, alors que d’autres ont choisi les écussons nazis pour incarner leur révolte. L’Europe va mourir de son égoïsme, de son avidité, de sa paresse et de son trop grand besoin d’un « bon maître », d’un bon patron, de dirigeants.

L’Amérique Latine est menacée parce qu’en ce moment de l’histoire, elle ne veut plus de maître, mais bien des mandataires, qui soutiennent le cheminement des peuples vers la commune, et aident à son avènement. Que comme le dit Itzamna :  «  Nous ne voulons pas continuer à être les cendres des énergivores sociétés du Nord ! »

C’est cela la mort de l’Europe, c’est de s’être construite à droite comme à gauche sur les cendres des peuples dont le massacre et le pillage a garanti le droit de ses classes moyennes a consommer sans se poser de questions, se faisant laver le cerveau par le cheval de Troie de la télévision.

Nous avions comme tous les adolescents rêvés d’être ceux qui mettraient un terme à l’injustice et contribueraient à l’avènement d’une l’humanité, organistique, harmonieuse, coopérative et solidaire. Je n’ai que faire d’un monde mécaniste, de concurrence. Je n’ai pas choisi cette Europe là, ni mon voisin si je l’en crois, mais lui oui a abdiqué de ses rêves pour le « pouvoir d’achat ». Brassens pleure dans sa tombe. Nous n’avons pas construit ce monde, les plus sincères d’entre nous ont pris le chemin de la marge et construit tant que ce fut possible, les modes de vie d’une simplicité joyeuse. Ils ont presque fini d’effacer la marge. Je m’étais fait deux promesses, il y a des décennies : d’être toujours du côté de ces enfants à laquelle la société n’a pas donné leur chance, et ne pas consommer plus que ce qui m’était nécessaire tant que l’équité, celle qui permettrait à chacun sur cette planète de disposer des moyens de la dignité ne serait pas chose réalisée.

Cela ne sera pas, pas de mon vivant. J’ai vu au contraire au cours des dernières années une accélération insensée du dépouillement des peuples, jusqu’à l’horreur de la transformation des plus pauvres en réserve d’organes pour les riches. Un comble de l’horreur marchande. L’implosion est proche. 

C’est dans ce monde au bord de l’embrasement que je m’en vais chercher une petite place, où poser mes pénates, loin d’internet outil précieux d’information mais illusion en termes de résistance.

Je remercie, là où elles sont à présent, s’il existe, certainement au paradis des résistantes, ma grand-tante Stella Wolff et son amie et complice de toujours, Georgette Ciselet, qui m’ont appris dès l’enfance que le bien le plus précieux dont dispose un humain, la condition première de la dignité est l’intégrité de sa conscience, sa rectitude morale.


Anne Wolff.

 

 

 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:18


 

 

 

En 1953 déjà, Allen W Dulles, cofondateur et futur directeur de la CIA, dans son livre « L’art du renseignement » exposait, s’en aucune gêne, la stratégie étasunienne face à leurs principaux ennemis d’alors, l’Union Soviétique :

« Les états Unis possèdent 50% des richesses du monde en ayant seulement 6% de sa population. Notre tâche consiste à maintenir cette disparité sans que ce soit au détriment de notre sécurité nationale… Pour y parvenir nous devons renoncer à des objectifs irréalistes comme les droits humains, l’amélioration des niveaux de vie et la démocratisation. 

Les États-Unis doivent imposer leur vision, leur style de vie et leurs intérêts particuliers au reste du monde… La littérature, le cinéma, le théâtre, devront exalter les plus bas sentiments humains… nous ferons incomber aux dits artistes, la tâche d’inculquer à la conscience humaine le culte du sexe, de la violence, du sadisme, de la trahison … et tous les types d’immoralité ». 

Nous sèmerons le chaos en URSS, sans que ce soit perceptible, nous substituerons à leurs valeurs de fausses valeurs et nous les obligerons à croire en elles. Nous trouverons nos alliés et coreligionnaires dans la Russie elle-même… Seuls quelques-uns seront assez judicieux pour comprendre ce qui leur arrive réellement… Notre principal appui sera la jeunesse. Nous la corromprons, nous la démoraliserons et nous la pervertirons. 

  L’objectif final de cette stratégie à l’échelle planétaire est d’éradiquer du terrain les idées d’alternatives à notre domination… obtenir que les victimes en viennent à comprendre et partager la logique de leurs bourreaux. »

 
Allen W Dulles

Celui-ci fait partie de quelques passages de mes dernières publications que j’avais envie de remettre en évidence et qui concerne la manière dont les « décideurs de Washington » entendent imposer au monde la suprématie de leurs intérêts et de leur sécurité au détriment des peuples.

Nous le constatons aujourd’hui, la haine de la Russie survit à la chute de l’URSS. Elle est constitutive de ce vieux fou de Brezinski - mais qu’est-ce qu’il fait encore là celui-là à nous pourrir la planète. Mais Dulles n’est pas mal non plus, j’ai chez moi un livre où il raconte les négociations secrètes qu’il a menées avec les généraux nazis pour négocier la reddition de l’Allemagne quand il est apparu que, « merde ! », les Russes étaient en train de fiche en l’air tous les beaux plans d’Europe fasciste concoctés par un groupe de Corporations. Le début d'une longue histoire qui sur divers terrains associera USA, Israèl et nazis dans la lutte contre le "communisme", jusqu'à nos jours avec une intensité menaçante ces temps-ci.

Il faut lire leurs textes pour comprendre leur vision du monde. C’est bien au-delà encore de la pourtant fertile imagination des complotistes qui inventent des extra-terrestres, si besoin est, solution ad-hoc aux solutions de continuité de la théorie du complot.  

Ce sont de "ces décideurs de Washington » eux-même qu’il faut apprendre, ce qu’ils veulent et comment ils entendent y parvenir. Et la sénilité aidant le vieux Brez nous en livre aussi quelques-unes, des clés de son délire. Là, il n’y a plus aucun doute possible. Ce sont des fanatiques, totalement irrationnels et absurdement rationalistes, niant la réalité quand elle ne leur convient pas, détruisant systématiquement tout ce qui s’oppose à leur conception de ce que devrait être le monde.

Des fanatiques dangereux, disposant d’une puissance inouïe et tout imbibés d’esprit d’Inquisition, les Inquisiteurs, ces grands pervers sadiques, qui ont transformé la planète en enfer pour ceux qui se trouvaient sur leur chemin. On en a toujours pas fini avec l’Inquisition, et ses pervers sadiques qui ne pensent qu’à punir l’humain en tant que tel, il serait temps pourtant ! Ils ne voient que le mal et du coup le fabrique, comme Dulles avoue sans gène qu'il s'attachera à le faire au cours des décennies qui suivront.

Un autre passage que je voulais mettre en évidence de ceux publiés ces jours derniers, est le suivant :

Compulsion vengeresse et férocité

Après une chasse à l’homme, ils sont capturés et enfermés dans un camp de prisonniers (…) où les (...) tentent de les priver de leur identité en les isolant, en les empêchant de dormir, en les exposant à des bruits assourdissants, (...) en leur faisant subir ou assister à une séance de waterboarding.

(…)j’ai vécu comme un animal. J’ai été encagoulé, battu, affamé,
dénudé et douché dans l’air froid de décembre jusqu’à l’hypothermie. À un moment, je ne pouvais plus parler parce que je tremblais si fort. Jeté dans une cage d’un mètre carré avec juste une boîte de café rouillée pour pisser dedans, j’ai été averti que le pire allait encore venir. J’ai été violemment interrogé à trois reprises.
Comme j’avais oublié mon numéro de prisonnier, j’ai été attaché à un chariot et forcé à regarder un codétenu subir une simulation de noyade à quelques centimètres de moi. Je n’oublierai jamais le son de ce jeune matelot suffocant, apparemment si proche de la mort, payant pour mon erreur. » En quelques jours, ce jeune lieutenant vit ses repères s’effondrer et crut réellement se
trouver dans une espèce de no man’s land où régnait l’arbitraire : « J’étais sûr que mes geôliers, qui portaient des uniformes de style soviétique et parlaient avec des accents slaves, iraient jusqu’au bout s’il le fallait. »
Un autre cadet de la US Air Force (…) subit le même traitement (…)
« J’ai été enfermé dans une très petite boîte. Comme j’étais un joueur de football à l’université, je leur ai dit de ne pas me mettre là-dedans car j’avais eu des opérations au genou et ce genre de choses. Ils m’y ont mis quand même. [...] Ils passaient en boucle un poème de Rudyard Kipling appelé Boots [...] qui pouvait vous rendre fou à l’entendre sans arrêt sur ces haut-parleurs. Ils passaient de la musique siamoise. Ils passaient une sonnerie de téléphone, ce genre de choses. Et pendant tout ce temps, ils ne vous laissaient pas vous asseoir sur le sol. Une fois dans la grande boîte, ils vous sortaient et vous mettait en position de stress. Ils vous mettaient à genoux sur un morceau de bois et vous faisaient tenir vos bras en l’air en même temps. Pendant tout ce temps, ils vous harcelaient. »

 Ceci ne sont pas des scènes de prisons secrètes, ce sont les techniques « enseignée » à l’École de survie de la US Air Force basée à Fairchild près de Spokane (Washington). Cette Académie fondée pendant la Guerre froide et baptisée SERE – pour Survival, Evasion, Resistance and Escape – est censée renforcer la résilience des soldats capturés par l’ennemi. Pendant plusieurs semaines, les jeunes cadets sont soumis à des situations de stress d’intensité croissante.

A l’École des Amériques, école militaire étasunienne, qui a formé les tortionnaires de l’Amérique Latine entre autres, le jeune cadet doit élever et prendre soin d’un animal familier. Puis il devra l’étrangler de ces propres mains et le manger. Dans l’école des Kaibils du Guatemala qui en est issue, et crée des soldats entièrement dévoués aux intérêts de Washington, les « étudiants » doivent manger de la chair vivante…

Les passages que j’ai reproduits ici sont extraits de Dérives de la psychologie américaine  un très long texte, mais qui vaut la peine d’être lu pour comprendre comment se forgent les méthodes d’une psychologie dont le but est le contrôle des comportements individuels et collectifs. Il nous parle du chemin de dégradation des consciences qui a été volontairement pratiqué pour mettre sous contrôle les populations de la planète.

Le dernier extrait, lui nous montre que ces méthodes évoquées ci-dessus sont en réalité des puissantes armes dans une guerre d’un genre nouveau qui implique la dégradation massive de l'intelligence, de la conscience et de la bienveillance Humaines.

 

La guerre de 4ème génération

 

La définition d’un modèle d’ingérence et d’intervention qui a été appliqué au monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale pour déstabiliser les nations et faire tomber les gouvernements non affiliés aux intérêts des pays centraux (E.U. et Union Européenne) se radicalisa en 1989 quand depuis le Pentagone des officiers de l’Armée et l’Infanterie de Marine des USA produisirent un document intitulé « Le visage changeant de la guerre jusqu’à la quatrième génération ». A partir de là fut développée une théorie de la Guerre de Quatrième Génération associant le concept de Guerre Asymétrique à celui de « la lutte contre le terrorisme » que décrétera le gouvernement de George W. Bush.

En 1991, deux ans après ce premier document, le professeur Martin Van Creveld de l’Université Hébraïque de Jérusalem publia le livre « La transformation de la guerre » qui synthétise et complète la théorie de la guerre de Quatrième Génération. Dans ce modèle prévaut la substitution des bases militaires traditionnelles par d’autres cachées et des entrepôts ; Le contrôle de la population se fera non plus à travers une occupation militaire mais bien par un mélange de propagande et de terreur. Il prédit en plus la disparition des systèmes de combat traditionnels (armée contre armée) et sa transformation en conflit de basse intensité (également nommés Guerres Asymétriques).

Dans la Guerre de Quatrième Génération “Les tactiques et stratégies militaires sont remplacées par des tactiques et stratégies de contrôle social, au moyen de la manipulation de l’information et de l’action psychologique de manière à diriger le comportement social des masses. Les cibles ne sont pas physiques (comme dans l’ordre militaire traditionnel) mais psychologique et sociales. L’objectif ne vise plus la destruction d’éléments matériels (des militaires, soldats, infrastructures civiles, etc.) mais le contrôle du cerveau humain. Les grandes unités militaires (marine, aviation, tanks, sous-marins, etc.) sont remplacées par un grand appareil médiatique composé par les grandes rédactions et les studios de radio et télévision. Le bombardement militaire est remplacé par le bombardement médiatique. Les slogans et les images remplacent les bombes, les missiles et les projectiles du domaine militaire. L’objectif stratégique n’est alors plus la conquête et le contrôle des espaces physiques (populations et territoires, etc.) mais bien l’appropriation et contrôle du comportement social de masse.

La formule de la guerre de 4ème génération a été employée dans le monde entier dès avant sa formulation théorique (par exemple au Chili en 1973), mais au cours des dernières années et face aux échecs successifs de la méthode de la guerre conventionnelle pour occuper des pays (Irak, Afghanistan) cette forme d’intervention est devenue la forme préférée des interventions impériales. Elle a été utilisée contre l’Iran, la Syrie et la Lybie et dans notre Amérique Latine contre le Honduras, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela avec des degrés de succès divers. 

 

Por Miguel Guaglianone  

Extrait de VENEZUELA/ De la “violencia civil” al terrorismo | ecopopular 


Ces trois extraits témoignent de théories et pratiques qui sont nées de l’échec de la  Campagne de Russie par l’Allemagne nazie, pourtant bien armée par les Corporations étasuniennes, les mêmes qui remettent cela aujourd’hui, alors que le pouvoir de décision du gouvernement étasunien est passé, petit à petit entièrement entre leur mains. Alors que depuis quelques années ils ont impulsés partout dans le monde un immense essor de fanatisme hitlérien… même des fanatiques musulmans, rappellent qu’Hitler était l’ami de leurs Imams. A faire le tour du monde de ce mouvement, il semble bien qu’à part les Juifs non Israéliens, les Tsiganes, les Russes et les mouvements sociaux de Souveraineté populaire, chacun puisse d’une manière ou d’une autre se proclamer ami d’Hitler. Des gamins de Kuala Lumpur, à ceux de Mexico dans un grand tour du monde de la renaissance nazie qui n’a de néo que le nom.

Des vieux fous pour des raisons historico-personnelles, émotionnelles, de frustration et de rage de l’échec à écraser la Russie, celle de Staline, comme celle de Poutine, sans commune mesure, nous conduisent vers notre destruction.

Je voulais ici, à travers quelques textes parmi d’autres, beaucoup, donner un aperçu de LEUR vision du monde. Et des actions néfastes de destructions des consciences, des cultures, des pays, des crimes innombrables qu’ils ont commis en toute « bonne conscience » pour parvenir à des fins qui leur sont propres et ont pour corollaire la haine de l’humanité, sa destruction morale ou physique.


La victoire de Kramatorsk

Les peuples qui se lèvent en Ukraine pour défendre leurs droits sont composés en grande partie d’antifascistes déterminés. A Kramatorsk, la junte U.S.-U.E. de Kiev a envoyé ses chars pour « écraser les terroristes, sans pitié ni merci ». Des femmes de Kramatorsk ont fait une chaîne humaine pour arrêter les chars, en expliquant aux soldats qui les conduisaient qu’elles n’était pas des terroristes, mais des simples femmes, mamans, travailleuses, ménagères qui défendaient leur droit et l’avenir de leurs enfants. Six de ces chars sont aujourd’hui à leur côté portent le drapeau russe.

Respect pour ces femmes dont le combat et aussi le mien.


Et respect pour Poutine dont je ne sais toujours pas à terme s’il est mon ennemi ou mon ami, mais dont je sais qu’aujourd’hui, qu'il est sur la scène international celui qui incarne la rationalité, l’intelligence et la mesure face à des fous dangereux et compulsifs qui n’ont d’autres objectifs que de plonger la planète à feu et à sang pour se l’approprier pendant que les pauvres à leur instigation s’entre-tuent et qu’ils dégradent et pervertissent les consciences humaines pour mieux les contrôler.


Anne W

 

 

 

 

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 08:11

 

 

 

Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire-atlantique, Mr. Christian de Lavernée.

mardi 25 février 2014.

 
Je me fais un devoir et un plaisir de relayer cette lettre ouverte des « Black Ploucs » au préfet de Loire-atlantique.

Sur la zad, le lundi 24 février 2014

Cher Christian,

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir à votre tour briser des vitrines. Mais après la manifestation de samedi, autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel et bien un mouvement armé.

Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives, de palettes et de vis, de pierres parfois - même s’il y a ici plus de boue et de prairies, de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs, d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche, de courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes, de masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux, d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et râteaux, de binettes, marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flèches pour faire plaisir à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad. Vous ne nous ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez vous d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ?

Les Black Ploucs

 

 

(JPEG)

 

(JPEG)

 

 

Source Lettre ouverte du mouvement armé au préfet de Loire-atlantique, Mr. Christian de Lavernée.

Via Mes coups de coeur   que je remercie d'avoir attiré mon intention sur cette info terriblement inquiétante dans un contexte de criminalisation croissante des luttes humaines, vitales, contre le fascisme qui vient

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 12:20

 

 

Plume d'ange

 Claude Nougaro


Vous voyez cette plume?
Eh bien, c´est une plume... d´ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l´air.
J´ouvre les yeux, que vois-je?
Dans l´obscurité de la chambre, des myriades d´étincelles... Elles s´en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques, un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l´accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grands ailes de lait.
Comme une flèche d´un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :

 
"C´est une plume d´ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu´un seul humain te croie et ce monde malheureux s´ouvrira au monde de la joie.
Qu´un seul humain te croie avec ta plume d´ange.
Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "




Et l´ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d´extase, lissant la plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d´une passion néfaste.
J´allume, je la réveille :

"Mon amour, mon amour, regarde cette plume... C´est une plume d´ange! Oui! un ange était là... Il vient de me la donner... Oh
ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu vas voir... le monde! "


La belle, le visage obscurci de cheveux, d´araignées de sommeil, me répondit :
"Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané Népal! "
Elle me tourne le dos et merde!

Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l´Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considération admirative.


Image de Claude Nougaro

 

Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste :
"Tu m´entends bien, André, qu´on me prenne au sérieux et l´humanité tout entière s´arrache de son orbite de malédiction guerroyante et funeste. A dégager! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent! "
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m´entraîna dans la cuisine et devant un café, m´expliqua que moi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos... L´air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais!

Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire? Que faire?
" Monsieur l´agent, regardez, c´est une plume d´ange. "
Il me croit!
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s´aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs
volants et s´embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux!
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci? La petite dame?
Et soudain l´idée m´envahit, évidente, éclatante... Abandonnons les hommes!
Adressons-nous aux enfants! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.

Fonds d'écran Fantasy et Science Fiction femme fantasy

Les enfants... Oui, mais lequel?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de
visages d´enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j´attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en min
ois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l´école, une petite fille s´est arrêtée. Dans la vive lumière d´avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un
peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j´ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.

 



 

 

Le lendemain je revins à la sortie de l´école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s´appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l´aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée,
ma pâleur mortelle, vitale?
Alors, qu´est-ce que je fais? Je me tue? Je l´avale, ma plume? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J´ai précipité mon pas, j´ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où j´allais l´atteindre, sur ma propre épaule, une
pesante main s´est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau : "Suivez-nous."

 



Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r :
" Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous. Alors comme ça, on suit les petites filles?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m´a fait m´approcher de cette enfant.
Je sors ma plume et j´y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j´en suis certain, m´aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c´était fini, envolé!
- Voyons l´objet, me dit le commissaire.
D´entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C´est de l´oie, ça..., me dit-il, je m´y connais, je suis du Périgord.
- Monsieur, ce n´est pas de l´oie, c´est de l´ange, vous dis-je!
- Calmez-vous! Calmez-vous! Mais vous avouerez tout de même qu´une telle affirmation exige d´être appuyée par un minimum d´enquête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s´occuper de vous. Gentiment hein? gentiment. "

 


On s´est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l´on m´héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s´ébattent ou s´abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C´est un vieil
homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement le
s bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J´ai fini par m´approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd´hui, nous sommes amis. C´est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu´il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c´est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les m
ystiques, les métaphysiques, les philosophies s´unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.

Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l´eau fraîche et limpide de l´intelligence alliée
à l´amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu´il brise d´un seul coup
dans sa paume, crac! pour me les offrir.


Un jour où il me parle d´ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l´écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l´ange t´a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c´est lui, il est là, dev
ant toi!
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
" Quel magnifique spécimen de plume d´ange, vous avez là, mon ami.
- Alors vous me croyez? vous le savez!
- Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s´y méprendre.
Je puis même ajouter qu´il s´agit d´une penne d´Angelus Maliciosus.
- Mais alors! Puisqu´il est dit qu´un homme me croyant, le monde est sauvé...
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n´êtes pas un homme?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous êtes noyé?
- Non. Je suis un noyer. L´arbre. Je suis un arbre. "

Il y eut un frisson de l´air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l´épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturi
sé, l´ange malicieux qui m´avait visité.
Tous les trois, l´oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...
Le fou rire, quoi!


Arbre_noyer : arbre

 

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 14:23

 

 

Sous le règne de Ponzicius


Ponzifius 2

"Celui qui sait obéir saura ensuite comment commander"  Confucius 

****

Un système de Ponzi (Ponzi scheme en anglais) est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l’escroquerie n’est pas découverte, elle apparaît au grand jour le jour où elle s’écroule, c’est-à-dire quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients1. Elle tient son nom de Charles Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une opération basée sur ce principe à Boston dans les années 1920. Wikipedia 

Le clone du 21 ième siècle 

Nous vivons maintenant dans un format OGN globalisé sous le règne de  dictateurs  mélange de Ponzi et de faux Confucius qui se reproduisent  …en chaîne de Ponzi.

D’apparence sage, ce roi du Big Business, de la globalisation  encensée, est un minable fraudeur. Jésus marchait sur les eaux, lui marches sur les os. Le "petit" holocauste auquel s’acharne Dieudonné  n’est sans doute qu’un moustique, "la mouche du cocher".

Le passé nous fascine, mais nous nageons dans le présent: nous avons peur de l’eau. L’océan du temps est trop immense.  Si on pouvait "miniaturiser" l’Histoire, franchement, nous en serions à une seule formule: massacre à la tronçonneuse. La sophistiquée… L’arsenal payé par le petit qui trime, qui transpire, appauvri par la machine, mais qui continue d’y croire.

L’Homme lavabo 

Le dernier des sages est un est un amalgame en développement exponentiel fort ressemblant  au clan nazi: dans un organigramme complexe, chacun devient le levier blanc, sans tache, le travailleur "parfait". Devant l’échec de la globalisation , notre serviteur modèle continuera de croire qu’il n’existe pas de modèle autre. Pour fouetter le citoyen, on distribuera des médailles, des récompenses, mais surtout des titres. Avec un dénominateur commun: spécialiste.

On voulait le tout.

On les voulait tous comme travailleurs obligatoires… pour servir leur propre cause. C’est là l’argument des prolifiques propagandistes à l’écoute de leur cerveau. Des emmurés gris.  Car une fois tous les  labeurs vendus , les âmes sculptées  par la "route" des  religions,  vivre sera  désormais un esclavagisme "libre"  né de pompeux et venimeux personnages que les masses monétaires accumulées mirent en place. Élection d’imbéciles  cacatoès  sculptées par une séquelle formatée d’homme d’affaires et d’autres "mis en place" pour un Nouvel Ordre Mondial.  Imbéciles pompeux, mais affamé de pouvoir. L’Homme évidé, narcissique, égotique. Le vrai. Le seul. Le malade mental qui a un seul hôpital: la Terre. Mais c’est lui qui possède l’hôpital…

La créature humaine est un missionnaire laïc qui sert de pion dans les guerres. On habille le pion et on  le solde. Une fois soldé, il est vendu au plus offrant. Nous parlons de guerre, mais la guerre économique est l’équivalent civil du combat "citoyen vs État".

L’humain "tritisé "

La titrisation (securitization en anglais) est une technique financière qui consiste classiquement à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels que des créances (par exemple des factures émises non soldées, ou des prêts en cours), en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux.

Wikipedia 

Dommage que l’on ne donne plus de cours "réels" en économie. Le Québec se prépare à instaurer des cours d’Histoire pour comprendre…le Québec. Le passé. Hélas! On ne peut plus comprendre le passé – à la manière "historique" – quand le présent avale tout. En l’espace de 5 ans, le monde a tellement "changé" que l’on ne peut plus inscrire le phénomène empoisonnant de la globalisation. Le reste est folklore…

Le folklore n’a jamais nourri personne. C’est une sorte de nostalgie issue du monolithisme des peuples "avant" , oui bien avant que l’on massacre hypocritement toutes les sociétés pour faire déménager des masses dites de "réfugiés", volontairement déchirées par la globalisation. Le "tissus" social et en lambeaux. Et Ponzifius est nourri par la masse.

La sueur de petit travailleur, la base économique de cette grandiose arnaque est l’abreuvoir des conglomérats qui déménagent au gré du plus "cheap labor".

On a cru que Frankenstein était horrible. Nous voilà avec un monstre pire encore: Frankeinstein. Le savoureux barbu qui carbure à la E=MC2  pour tuer. Ou le clone… La vie est désormais une entreprise qui avale toutes les entreprises.

On dira que c’est de la concurrence.

On achève bien les chevaux… 

Un fois dressé, bien dressé, pas un cheval ne se révoltera en arrachant ses harnais pour reprendre sa liberté.

cheval

Le cheval est un animal fier… Tout comme les humains.

Le salariat, c’est le foin…

Une fois débarrassé de son jardin ou de ses terres, ce qui nous reste est à la banque. Entassé pour ne rien nourrir, sauf le trou béant des psychopathes qui font le tour de la Terre pour devenir des rois.

Car les rois peuvent tout titriser.

Gaëtan Pelletier

5 janvier 2014

 

Source le blog de l'incontournable Gaëtan Pelletier, qui nous décape la cervelle avec des mots éclairs qui projettent sur le réel une lumière qui réveille les consciences endormies LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

 

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 15:41

 

 

LE Père Noël qui puait de la bouche

 

( Un "classique" de 2008 :-) )

Il neigeait à manger debout.

La ville était blanche. Pour une fois…

Roger, le mendiant barbu qui portait toujours tout ce qu’il avait dans un grand sac vert sur le dos, arpentait les rues. De son souffle court émanait une vapeur qui s’élevait vers le ciel.

On entendait des chansons des haut-parleurs de chaque vitrine. Les rues étaient bondées.

And so this is Christmas

And what have you done?

Another year over

A new one just begun

Une larme coulissait de sa joue. Il avait froid. Et sous sa tuque verte, élimée, en laine effilochée, sourdaient des cheveux blancs.

Montréal.

Il faisait un froid à ne pas mettre un chien dehors. Pourtant…

Alors il marchait, marchait, pour éviter que le froid le tue.

Il tomba pour la première fois.

Il se releva, reprit son souffle et repartit.

Quand il tomba la seconde fois, il resta un moment immobilisé. Il eut une légère perte de conscience. Et lorsqu’il rouvrit les yeux, il vit devant lui un portefeuille. Mais un portefeuille singulier. Il contenait beaucoup d’argent et de nombreuses cartes de crédit.

Il le prit, l’enfouit dans sa poche puis reprit sa route. Il rentra dans un restaurant. Un petit resto avec des bancs au rebord nickelé qui devaient dater des années 50. Il commanda trois cafés et un … déjeuner.

- Vous avez une belle barbe blanche, fit remarquer la serveuse.

Il sourit.

- Je suis le père Noël.

- Je n’en doute pas.

- Si je vous donnais un bon pourboire, pourriez-vous me trouver un flacon de whisky?

Elle sourit.

- Je vais faire un effort.

Il lui donna une vieille bouteille d’eau qu’il traînait toujours.

Elle se dirigea vers l’arrière, prit un grand flacon et remplit la bouteille.

Quand elle revint, il avait terminé son repas.

Il était presque deux heures.

Il sortit, héla un taxi, et demanda au conducteur de le conduire à l’adresse indiquée sur un carte trouvée dans le portefeuille.

*

Ding Dong!

Il n’avait pas vu un tel château depuis longtemps. Un château lumineux et bruyant. . Il y avait une file de voitures de luxe à l’entrée. Toutes de couleur acier ou argent.

Il sortit la bouteille et prit une lampée.

La porte s’ouvrit.

Apparut  un  garçon, cheveux courts, cravaté.

-  Êtes-vous le père Noël?

- Non.

La mère, juste derrière le garçon, prit ce dernier et le tira  derrière elle.

-  Vous êtes un mendiant? Ce n’est pas l’heure.

Il puait et elle ressentit un certain dédain.

- J’ai trouvé ceci dans la rue…

Il tendit le portefeuille.

Elle écarquilla les yeux.

-  Georges, quelqu’un a retrouvé ton portefeuille.

L’homme arriva aussitôt, souriant, mais il perdit son sourire en voyant le mendiant.

-  Bonne nouvelle!

Il regarda sa femme. Ils se demandaient comment ils allaient s’en débarrasser. Car il pouvait tout leur demander…

En arrière plan, une grande fête. Et des tables de nourriture, des vins, des bières… Et des gens bien vêtus…

-  Nous ne ….savons…

-  … comment vous remercier…, continua la dame.

Il haussa les épaules.

-  Ce n’est rien…

Il hésita.

- Sauf que j’ai pris un café et ai mangé un peu… En plus, le taxi…

Ils s’esclaffèrent. Soulagés…

-  Je veux voir le père Noël, demanda le garçon.

-  Qu’est-ce que tu as eu pour Noël mon garçon?

-  Je ne sais pas encore… Mais je crois que c’est un ordinateur et plein de jeux. Je voudrais voir votre sac… Est-ce que vous avez quelque chose pour moi?

-  On ne sait jamais…

L’homme et la femme cessèrent de sourire. Ils devinaient  ce que transportait l’homme.

-  Le monsieur doit repartir…

-  Oui, renchérit le propriétaire.

-  Mais pourquoi?

Ils ne surent que répondre.

-  On va fouiller le sac et si j’ai quelque chose que tu désires je te le donnerai. Je ne voudrais pas vous importuner plus longtemps…

-  D’accord.

Il répandit le sac sur le plancher et il apparut une navette spatiale qu’il avait lui-même sculptée.

-  Qu’est-ce que c’est ? demanda le garçon.

-  Un peu ma vie…

…..

-  …une sorte d’oiseau en bois qui représente la liberté.

-  Elle  peut voler?

-  Tout peut voler, il suffit d’y ajouter les ailes de l’esprit… Tu comprendras plus tard…

-  Quand je serai grand?

- Ça dépend… Pour être grand il faut toujours savoir rester un peu petit…

-  Pourquoi es-tu si sale?

- J’ai passé par toutes les cheminées du monde… On s’y brûle, on se salit, et… ce n’est pas le plus beau métier du monde…

-  Mais il n’y a qu’un père Noël?…

Il prit une lampée, pendant que les parents s’étaient éloignés.

- Oui… Exact… Il n’y en n’a qu’un… Celui que l’on voit… Et ce n’est pas ce qui nous est donné qui importe… C’est comme si le cadeau te cherchait et te trouvait…

Les yeux du garçon s’illuminèrent.

-  Je crois que vous êtes vraiment le père Noël.

-  On ne sait jamais… Car on ne donne que ce qu’on l’on a de plus précieux. Tu pourrais prendre tout ce qu’il y a dans ce sac… Mais ce que tu désires est ce que je désire aussi. Mais je suis vieux et malade… C’est un peu comme passer le flambeau…

- Vous pensez que je ferais un bon père Noël?

-  Je crois que oui… Voilà la navette … C’est ce que j’ai de plus cher au monde… Il vole seulement si on la  fait voler avec ce que l’on a d’enfant en soi. Les autres sont collés sur Terre…

-  C’est assez, Jérémie. Laisse le monsieur tranquille, il doit…

- Oui, je sais, il a un autre monde à visiter…

-  Oui.

- Vous voulez combien pour nous avoir ramené le portefeuille?

-  Rien. C’est votre cadeau… Votre fils est un garçon qui vient de me donner ce que je cherchais : croire. Croire qu’en chaque enfant il y a un… sauveur… Et il vivra si personne ne tue en lui la magie avec laquelle tout le monde est né…

…..

- Alors, je m’en vais… Bonne soirée à tous…

*

Il faisait froid, si froid… Il ouvrit une portière, deux portières… Du moins il essaya. Il trouva enfin son logis : une Mercédez. Il s’étendit sur le siège arrière.  À travers la vitre givrée il entrevit la silhouette du garçon dans une fenêtre du château.

Il prit une lampée et s’endormit.

*

Vers cinq heures on trouva l’homme mort dans la voiture. Tout le monde étant un peu soûls on décida de traîner le cadavre jusqu’à cette borne fontaine  au coin de la rue. On ne voulait pas avoir d’ennuis avec les policiers. Trop long…Trop embêtant…

*

Pendant la nuit, le garçon rêva que la navette volait dans l’espace immense toute picotée d’étoiles. Et son rêve était si merveilleux qu’il le raconta à ses parents le lendemain.

*

- Je me demande encore si le père Noël existe, dit le garçon…

L’homme et la femme se regardèrent. Ils ne surent que répondre. Mais ils pensèrent tous deux qu’il ne servait à rien. Ce n’était qu’une illusion.

Mais pendant qu’il mangeait, le jeune homme volait au-dessus de la ville, la navette posée  sur la table, souriant, se disant qu’un jour il serait le père Noël.

Gaëtan Pelletier

21 décembre 2000

Source :
LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 19:15

 

Un texte éclairant. Et qui parfois fait un peu froid dans le dos… je vous laisse découvrir l’histoire du petit bonhomme vert et du petit bonhomme bleu. La petite fille en moi, quien est restée au petit bonhomme vert voit confirmer untruc dont je me doutais depuis longtemps, j'ai loupé quelques étapes d'une évolution normale Et la vidéo, à la source.

 

 

Neurobiologie et éducation : conférence du Prof. Dr. Gerald Hüther (VOSTF)


Ceci constitue la transcription (libre) des sous-titres de la conférence donnée par Gerald Hüther à l’Institut Arno Stein, à Berlin, le 15 janvier 2011. Attention, ça décoiffe. La vidéo peut être consultée sur Youtube, c’est sans doute nettement mieux, pour une première découverte du propos. Mais je me suis dit que ça t’intéresserait peut-être d’y revenir, à tête reposée. Merci à Laure d’avoir colporté le lien sur Facebook. 

Pourquoi est-il si difficile de se débarrasser des schémas incrustés dans nos fonctionnements ?

On ne vient pourtant pas au monde avec cet état d’esprit. Il y a une étude extraordinaire qui nous ouvre les yeux. Elle démontre que beaucoup de nos schémas de pensée sont transmis à nos proches, à ceux avec qui nous vivons, donc à nos enfants, alors que nous ne sommes même pas conscients de cette transmission. Cette étude montre qu’à six mois, un enfant est déjà en mesure d’observer une petite scène, avec une colline au pied de laquelle arrive un bonhomme jaune (comme dans un dessin animé ) qui veut escalader cette colline. Il glisse et recule plusieurs fois et n’arrive qu’à grand peine au sommet. Le bébé de six mois assiste à la scène et n’en perd pas une miette. Fin de la première séquence. Deuxième séquence : de nouveau la colline, de nouveau le bonhomme jaune qui cherche à escalader la pente et là, apparaît un bonhomme vert qui l’aide, en se plaçant derrière lui pour le pousser jusqu’en haut. Fin de la deuxième séquence. Le bébé ne s’impatiente pas et observe aussi la troisième séquence. À nouveau le bonhomme jaune, qui tente à nouveau de grimper sur la colline, mais cette fois apparaît en haut un bonhomme bleu, qui le repousse tout en bas. Le bébé observe cela également. Juste après, on place chacun des bébés qui ont regardé ces représentations à une table où on leur présente le bonhomme vert et le bonhomme bleu qu’ils viennent de voir en action et on observe lequel des deux le bébé va prendre. Vous vous en doutez, les bébés de cet âge ne prennent pas ce qui ne leur plaît pas… Tous les enfants, tous les bébés de six mois, après avoir vu ces trois scènes, prennent le bonhomme vert, celui qui aide.

Aucun de nous ne vient au monde en consumériste, ou en égocentrique brutal et sans égards. Cet état d’esprit est donc une chose qui s’acquiert avec le temps. Eh oui, cela s’installe… et la bonne nouvelle pour tous ceux d’entre vous qui sont éducateurs ou parents, c’est que cela se met en place bien plus tôt que nous ne le pensions jusqu’à présent. On peut répéter cette expérience avec les mêmes enfants, six mois plus tard, quand ils ont un an. À nouveau les trois séquences, puis le bonhomme vert et le bonhomme bleu et tout à coup, 10 à 20% des enfants d’un an prennent le bonhomme bleu, celui qui repousse l’autre. Alors se pose la question : à ces enfants, qui ne parlent pas encore, qui a bien pu leur apprendre ça ? Et c’est là que vous comprenez ce que signifie la pensée systémique. C’est là que vous voyez ce qui réfrène nos découverte et nos pensées. Ces enfants n’ont fait qu’observer. Dans le système familial dans lequel ils grandissent se trouve quelqu’un qui arrive brillamment à ses fins, à l’intérieur du système familial, aux dépend des autres. Et vous ne pensez pas sérieusement que, pour un si petit enfant, il serait sensé,  qu’il serait biologiquement sensé de prendre exemple sur celui qui ne fait pas ça ? Les enfants prennent exemple sur ceux qui réussissent. Donc les enfants deviennent comme nous. C’est la première bonne nouvelle !

Deuxième bonne nouvelle : les enfants naissent avec une ouverture d’esprit incroyable, avec un cerveau qui met à disposition d’innombrables connexions, parce que justement, il n’y a aucun programme génétique qui puisse savoir à l’avance comment un cerveau humain sera utilisé. Parce que les programmes génétiques ne peuvent pas savoir si tel enfant va venir au monde au Moyen-âge – les programmes génétiques étaient alors les mêmes – ou si l’enfant va naître il y a cent mille ans, quand les programmes génétiques étaient aussi les mêmes, ou si cet enfant va naître de nos jour Esquimau, au cercle polaire, ou indien d’Amazonie au Brésil ou encore petit Chinois en Chine… Tout ça, les programmes génétiques ne le savent pas, et c’est pour ça qu’il nous équipent – c’est une découverte évolutionniste majeure – d’un cerveau avec lequel tout peut se faire. Trop, oui, trop de cellules nerveuses au début. Vous en avez tous possédé un tiers de plus dans votre cerveau qu’il ne vous en reste aujourd’hui. C’était avant la naissance. À l’époque, les programmes génétiques avaient fait une surestimation de ce qu’il faut à un bon cerveau humain. Nous sommes donc envoyés dans le monde avec du surplus. De même pour les connexions neuronales : beaucoup, beaucoup trop ! Au début, elles sont simplement mises à disposition. Cela commence à l’arrière, dans le tronc cérébral, puis séquentiellement, dans les diverses régions et (je vous le souhaite ) jusqu’au cortex frontal, où là, ça ne s’arrête plus. Là, elles sont toujours disponibles et l’on serait capable, sa vie durant, de penser et de sentir différemment, si seulement on avait une bonne raison, une raison assez forte pour le faire.

Et nous voilà arrivés à un autre point : Tous les enfants font, au début de leur vie et même avant la naissance, deux expériences majeures – vous les avez tous faites aussi – qui sont totalement banales tant qu’un enfant grandit dans le ventre d’une mère. Il éprouve la croissance d’une part, et, d’autre part, le lien. Ce sont deux expériences de base faites par chaque être humain. À partir de ces deux expériences majeurs donc, de l’expérience fondamentales de la croissance, quelque chose s’ancre dans le cerveau. Pour ainsi dire, l’expérience s’ancre dans le cerveau, là où se trouve aussi ce qu’on appelle le « système de la curiosité », qui utilise certains transmetteurs, tels la dopamine, et ce système – qui se forme lui-même en fonction des expériences intra-utérines, ce système fait que lorsqu’un enfant vient au monde, il y arrive avec l’espoir qu’il y aura, dehors, quelque chose à découvrir et quelque chose à faire. Il veut grandir, il veut montrer qu’il sait faire des choses, trouver des choses à faire qui le feront grandir. Il veut devenir autonome, et libre aussi. Voilà !

Quand à l’autre expérience prénatale, celle du lien, elle aussi se vit puis s’ancre profondément dans le cerveau. Pour ça aussi il y a un système, nommé système de l’attachement, qui travaille avec d’autres transmetteurs, comme l’ocytocine, la prolactine, et ce système se forme, lui aussi, en fonction des expériences prénatales, et chaque enfant vient alors au monde avec l’espoir que, dehors, il sera d’une manière ou d’une autre, bienvenu, qu’il trouvera quelqu’un qui le prendre dans ses bras, qui lui offrira proximité et sécurité.

Alors, ces enfants vont dans le vaste monde, et font des expériences. Les expériences les plus importantes sont toujours celles qui ont lieu quand il est possible de combiner ces deux expériences primitives. On se souvient que ça marchait à l’époque ! Pendant au moins 9 mois, on a pu vivre en même temps le lien et la croissance. Alors on se retrouve dehors, et parfois ce qu’on est ne convient pas tout à fait à la maman, ou au papa, ou à quelqu’un d’autre… On n’est pas accueilli tel que l’on est, des adultes se mettent à vous éduquer de partout, parce qu’ils voudraient qu’on soit comme eux, ou comme ce qu’ils auraient aimé être ou devenir. Mais on peut aussi être écrasé par ce que j’aime appeler l’amour-grappin, qui nous empêche de vivre notre besoin de croissance, et on se noie, en quelque sorte, dans le pot de miel de l’attachement. Situations aussi catastrophiques l’une que l’autre. Dans les deux cas – on le sait à présent, dans le cerveau ce sont les mêmes réseaux neuronaux qui sont activés – quand on vit cela, les circuits neuronaux sont également ceux qui s’activent quand on nous inflige des souffrances corporelles. Autrement dit, notre cerveau réagit de la même manière lorsque nous sommes exclus d’une communauté que lorsqu’il repère un dérangement dans notre relation avec notre corps. Quand ça ne va pas dans le corps, ça fait mal, quand ça ne va pas dans notre relation avec l’autre, ça fait mal aussi. Le même système. Dans les deux cas, ça fait mal et il nous faut une solution. Et voilà nos tout-petits déjà contraints de trouver une solution bizarre, et si les adultes ne leur montrent pas à quoi pourraient ressemble ces solutions – nous pourrons discuter un peu plus tard de ce à quoi elles devraient ressembler – si nous ne leur montrons pas, probablement parce que nous l’ignorons nous-mêmes, à quoi pourrait ressembler une solution pour être à la fois lié et libre, et bien alors, ils souffrent… Et comme il est insoutenable de souffrir tout le temps, nous avons besoin dès notre plus jeune âge et plus tard en tant qu’adulte, à chaque fois que nous ne pouvons pas recevoir ce dont nous avons besoin, de trouver quelque chose qui nous permette de le supporter. Quand on ne reçoit pas ce dont on a besoins, on prend ce qu’on arrive à prendre. À chaque fois qu’on y arrive, on en est un peu contenté. Cela active dans le cerveau ce que les neuro-scientifiques appellent le centre de gratification.

À chaque fois qu’on s’enthousiasme pour quelque chose, et ce sur quoi on s’enthousiasme importe peu au cerveau, il  a ce qu’on appelle des transmetteur neuroplastiques qui se déversent, et ces transmetteurs neuroplastiques sont comme de l’engrais pour le cerveau. Mais ces neurotransmetteurs, lorsqu’on nous fait apprendre l’annuaire par cœur ou bien lorsqu’on subit les conseils de gens avisés… ils ne sont pas déversés. Ces transmetteurs neuroplastiques ne se déversent que lorsque les centre émotionnels sont activés dans le cerveau, et pour qu’ils soient activés, il faut que quelque chose vous prenne aux tripes, il faut que quelque chose vous soit particulièrement important, par exemple, parce qu’il vous le faut absolument, parce que vous souffrez. Il vous faut un succédané, qui ramènera le calme dans votre cerveau.

Ces neurotransmetteurs savent faire une chose géniale : ils amènent les cellules nerveuses qui sont en dessous, par le biais d’un processus, induit par les récepteurs de transduction du signal, à initier une induction génétique. Comme ça, vous entendez que moi aussi, je sais parler comme un scientifique ! Ce que ça veut dire en réalité, c’est que les neurotransmetteurs amènent les cellules nerveuses d’en dessous à produire des protéines, qu’elles ont bien souvent cessé de produire depuis longtemps, de ces protéines nécessaires pour construire de nouveaux filaments, établir de nouveaux contacts, pour rendre les réseaux neuronaux plus denses. Et voilà qui éclaire merveilleusement comment, chaque fois que l’on s’enthousiasme pour quelque chose, un arrosoir déverse dans le cerveau cet engrais, ce « fertiliseur » qui fertilise le cerveau, mais seulement les zones que l’on utilise dans un état d’enthousiasme !

Nos jeunes ont, depuis dix ans, une région du cerveau qui reçoit tant d’engrais qu’elle a déjà doublé de taille : il s’agit de la région qui est chargée de la régulation des mouvement du pouce ! Ce dont vous vous doutez à présent – si vous ne le savez déjà – c’est que cet enthousiasme, nécessaire pour qu’il y ait des changement dans le cerveau, on ne peut pas l’avoir su ordonnance, ni l’engendrer par de savantes conférences. Non : il faut que les gens soient émus, touchés dans leur cœur. Il faudrait, comme le dit Hermann Hesse, que l’on soit empoigné au cœur, pour que ça marche. Si vous pensez au petit enfant de trois ans que vous avez tous été, vous savez qu’alors, 50 fois par jour – certains même 100 fois par jour, vous vous enthousiasmiez pour quelque chose. Pour chaque petit bout de fil qui dépasse là-dessous, un enfant de trois ans peut s’enthousiasmer pendant une demi-heure. L’arrosoir dans son cerveau est continuellement ouvert, l’engrais est répandu sans arrêt, et surtout, partout, car l’enfant s’enthousiasme pour tout et pas seulement pour la télévision, espérons-le… Et c’est ainsi que, pendant cette période, le cerveau reçoit tout le temps de l’engrais… Et puis, nous envoyons ces enfants à l’école ! Je ne veux pas prolonger, mais vous êtres en mesure de retracer vous-même ce qui vous est arrivé depuis, jusqu’où vous en êtes arrivés, ce qui en est aujourd’hui, et quand vous aurez mon âge, vous demanderez, vous aussi, à ceux qui vous entourent (ce que je fais moi-même ) à quelle fréquence il leur arrive encore de s’enthousiasmer, ce qui serait nécessaire pour qu’on puisse penser autrement, pour que puisse se constituer, dans le cerveau, un nouveau schéma de connexions. Pour certains, ça n’arrive qu’à Pâques et à Noël, pour d’autres plus du tout, depuis longtemps déjà.

Ce qui est intéressant, c’est que se serait possible ! Un Berlinois de 85 ans peut tout à fait apprendre le chinois… à 85 ans, mais probablement pas à l’université populaire de Berlin. Il faudrait plutôt qu’à nouveau, il s’enthousiasme, il faudrait que ça l’entraîne vraiment, il suffirait qu’il tombe tellement amoureux d’une jeune et jolie Chinoise de 65 ans, que, lorsqu’elle veut retourner en Chine central, dans son petit village de Ching Fung, il y aille aussi. Et voici le clou, le point culminant de cette petite session, de cette conférence : vous tous, vous tous qui êtes assis ici, savez que ce monsieur de 85 ans qui, dans son enthousiasme, va en Chine avec cette femme, aura appris le chinois en six mois. À 85 ans.

On n’a donc aucun problème technique dans le cerveau, si on ne peut plus apprendre le chinois à 85 ans, on a un problème d’enthousiames, et ce qui est grave, c’est que nous le savons tous ! Nous devrions pouvoir nous enthousiasmer pour quelque chose de différent de ce que nous connaissions jusqu’ici. Mais jusqu’ici, nous avons vécu tant d’expériences négatives ! Quand nous essayons de nous intégrer, quand nous cherchons des occasions de montrer que nous sommes capables, de devenir libres et autonome, ce faisant, nous avons vécu tant d’expériences négatives, nous sentons encore et toujours que ça ne marche pas, que c’est inconciliable… Alors nous cherchons des satisfactions de substitution. Et c’est ce que Juliet nous a admirablement présenté : le consumérisme. Bien sûr, quand on ne reçoit pas ce dont on a besoin, on prend ce qui est proposé ici ou là. Et il y a toute une industrie qui n’attend que ça, qu’il y ait autant de gens avec autant de besoins insatisfait que possible, car ce sont eux qui entretiennent l’économie. Ça veut dire qu’il nous faut des enfances qui rendent les enfants malheureux, il nous faut des enfances au cours desquelles les deux besoins de base des enfants ne sont pas satisfaits, car sinon, on n’aurait pas, à la fin, tous ces consommateurs qui achètent toute cette camelote dont personne n’a besoin quand ça va bien. Je vous remercie de votre attention.

Sous-titres : Pauline & André Stern copyright Institut Arno Stern, 2013.

http://www.le-carnet-de-jimidi.com/article-le-tres-enthousiasmant-professeur-gerald-huther-121134472-comments.html#anchorComment

 

Via :
LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!


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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 11:51

 

 

Enregistrez vos meuh!……..


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Depuis que je "fréquente" la toile, je dois bien avoir lu des milliers d’articles sur l’art de changer le monde, le comprendre, mais écrire pour le changer. Et j’écris pour le changer…

Nous avons bien appris la leçon: tout écrire pour changer les choses, mais ne rien faire.  C’est ainsi que fonctionnent les "gouvernements": des paperassiers, des commissions d’enquête, du papier, du papier, des avocats, des juges, etc. Le singe appliqué se prend pour un génie. Il est embouteillé…. Comme les bateaux en bouteilles.

Si nous ne voulons rien faire, tant mieux. Alors ne faisons vraiment rien… Il suffirait de ne rien faire pendant 30 jours. 30 jours assis, sans travailler, après s’être préparés pour que le système cafouille comme un moteur qui n’a plus d’essence. Puisque nous sommes l’essence de ce moteur affolé. Je suis une goutte. Tu es une goutte. Il est une goutte.

Puisque les banques, les dirigeants sont des pirates de citoyens, il faut tout simplement arrêter de transporter la cargaison d’esclaves: nous.

Dans la division et l’égoïsme cultivé, il n’y a pas de "nous". Nous sommes des agglutinés sociaux rongés jusqu’à l’os.

L’homo habituus est habité-habitué.

Un État laïc et la pire des religions, car elle confirme une neutralité moutonnière. Nous acceptons notre condition de bétail. Nous sabrons notre connaissance en autre chose qu’une machine de chair à vider, évider.

Dans moins d’une décennie, personne ne pourra aller nulle part pour jouer à l’autarcie. Tout aura été gobé, classé, javellisé.

Et la Terre sera la prison ronde.

Nous en travaillons les barreaux, la pierre, la structure. On nous dit artisans d’un pays… Nous sommes le noir sur un bateau rond dans l’Univers. Encagé. Fourbi.

Oui Msieux!

Oui Pa(l)tron!

Oui Maître!

Meuh! après meuh(s)’…. rien ne se créé. La bombe à cravate et à discours insidieux aura tout raflé.

 

 

 

art-and-fury:Garden -  Maggie Taylor

Image, source: http://missimpar.tumblr.com/


Silence! On ne tourne plus…

 

Gaëtan Pelletier

novembre 2013

Source LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

 


PS : je vous conseille un petit détour par chez les castors, vous savez, ceux dont Leibnitz disait déjà que nous ferions mieux de nous inspirer de l’esprit de coopération plutôt que de nous focaliser sur une loi du plus fort qui dans la nature fait figure d’exception.

Petit castor à banques

Et quelques feuilles d’automne qui remettent de la beauté dans le paysage désolé du monde dévasté par les hommes.

Papillons d’automne

 

 

 

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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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