17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 08:46
Revue 4 : partage de notre monde

Revue 4 : partage de notre monde

 

Nous vivons dans un monde surarmé, avec un potentiel suffisant pour détruire plusieurs fois la planète, alors que les foyers de tensions se multiplient. Nous ne savons pas grand-chose, en réalité, de ce qui se décide et nous concerne en ce moment inédit de l’histoire, alors que trois grandes puissances se partagent le monde-marché. Une chose est certaine, c’est que la dérive économiste et son corporatisme triomphant est un mal qui gangrène le monde dans son ensemble. La marchandisation du monde veut que jusqu’au dernier brin d’herbe soit évalué en terme de profit potentiel, les humains ne font pas exception, réduit aux termes de travailleurs et consommateurs, eux aussi sont évalués en termes de marché.

J’écoute les « experts » de la géopolitique internationale, et je constate que dans leur équation, les grands absents sont les peuples. Tout se joue dans des affrontements au sommet, dont nous n’apprenons que ce que les « Puissants » veulent bien nous en dire. C’est ce qui m’a le plus interpellé au cours des dernières semaines, dans ce partage du monde, la volonté des peuples semble être un facteur négligeable dans les équations des « Puissances ».

Les négociations vont bon train entre Chine, Russie et USA, les rencontres se multiplient qui décident du sort de régions du monde sans que les habitants concernés ne soient consultés à quelque titre que ce soit.

Des choix ont été fait à notre insu, qui développent des outils de contrôle du comportement toujours plus performant, la Chine est de loin en tête de la recherche et mise en application de ces technologies, la 5G est développée au service du système de « crédit social » dont la mise en place devrait s’achever d’ici quelques mois. Nous attendions Big Brother, c’est Big Sister qui se pointe et relègue le petit frère à la préhistoire du contrôle social. Tout est passé au crible, votre manière de marcher, ce jour-là quand vous vous rendiez à votre travail, l’appréciation de votre entourage envers vous mais aussi le niveau de crédit de vos relations, votre consommation, vos sorties, vos rencontres, vos activités de loisirs,… Votre accès à la consommation, au logement, votre droit de voyager ou non, votre mise à l’index de la «  société  conforme» se jouent à travers cette évaluation permanente, qui devrait pénétrer jusque dans les foyers - quand ne pas accepter se laisser filmer en permanence devient une manifestation d’anti-socialité.

La publicité nous fait avaler le morceau en montrant tous les avantages que va nous procurer le monde 5G, comme celui de pouvoir voir 200 films en même temps, en haute définition ! Le bonheur ? Mais du rôle que joue cet outil dans le contrôle des personnes on nous parle peu, alors qu’il s’agit d’une transformation qualitative irréversible de nos modes de vie, de celle qui demanderait des consultations des habitants, qui auraient auparavant eu les moyens de disposer d’une information de qualité.

Je glane des infos, alors que la guerre médiatique bat son plein et que foisonnent les gros mensonges et les contrevérités, répercutées en chaîne par les médias de propagandes et par les réseaux sociaux. Quelques-uns sont en train de décider pour nous tous de l’avenir du monde, et ce n’est pas le moment de les perdre de vue.

L’arrivée de Trump au pouvoir aux USA est aussi une victoire des nationalistes contre les auteurs-acteurs de la globalisation. Il tellement de contradictions dans ses politiques, dans son gouvernements, son comportement caractériel ne facilite pas l’analyse de son rapport au concept d’Ordre Mondial. Si Poutine, comme Xi Jiping adhèrent au concept de Nouvel Ordre Mondial, le premier le fait en prônant une vision plus « raisonnable » de sa mise en place, alors que Xi s’enorgueillit d’avoir apporté des modifications essentielles à ce concept. Lesquelles ? Là il nous faut faire la différence entre le magnifique discours de propagande « soft power » de la Chine et les applications pratiques de ses politiques de conquêtes de ressources et de marchés.

Que veut dire Nouvel Ordre Mondial dans ce contexte, c’est ce qui se joue à présent, ce que nous découvrons petit à petit. Ce que la Chine annonce clairement, c’est qu’elle veut à terme (d’ici à 2030) y jouer un rôle hégémonique : une humanité, un destin un foyer et la Route de la Soie conçue comme Ceinture, le PCC comme une araignée au centre de sa toile planétaire, c’est le projet de Xi. La volonté de la Chine de devenir puissance hégémonique mondiale est une ligne de force que nous ne pouvons pas perdre de vue. Alors que la Russie serait prête à prendre sa place dans une tri-polarité équilibrée. Quand aux USA, qui n’ont vu venir ni l’une ni l’autre de ces concurrentes, ils essayent tant bien que mal de se raccrocher à une hégémonie qui n’est déjà plus de mise. Depuis que le Projet pour un Nouveau Siècle « américain », qui supposait l’absence de concurrents, a fait long feu, le pays vit dans l’improvisation sa confrontation avec les puissances montantes. Le pays sombre dans la décadence, les infrastructures se délitent, la drogue et la misère font des ravages, 1 % des adultes sont en prison, des gamins accros aux réseaux sociaux sombrent dans la folie, l’extraction non-conventionnelle du pétrole pollue irréversiblement les ressources d’eau potable du pays, ... Les soldats du Commandement Sud ont pris place autour du Lac Guarani, ils veillent sur la quatrième source mondiale d’eau potable. Ils se préparent pour la Guerre de l’Eau.

 

Quel désastre, pendant que la dispute sur le réchauffement climatique bat son plein, les ressources d’eau potable de la planète se raréfient drastiquement en conséquences de nos modes d’exploitation des ressources limitées et non renouvelables de la planète, ou de leur conséquences catastrophiques qui ont mis un terme aux équilibres des cycles de l’eau, un thème qui devrait faire la Une dans le monde, parce qu’il concerne chacun d’entre nous. Vous pouvez avoir autant de réserves de pétrole qu’il faut pour alimenter des jets, de puissantes voitures, etc. sans eau,... vous êtes mort. L’ONU a lancé l’alerte, d’ici a 2030, c’est la majorité de la population de la planète qui n’aura plus accès à l’eau potable. Mais sans doute une majorité d’occidentaux se fient à la qualité de leurs armées pour aller s’approprier l’eau là où elle se trouve au détriment des habitants. C’est un problème actuel et qui va en s’intensifiant. Une question vitale. Une question qui prend place aussi dans le partage du Monde.

 

J’ai collecté des échos de mauvaises pratiques de la Chine : des prêts usuraires qui grèvent d’hypothèque les matières premières et des infrastructures construites grâce à ces prêts par une main d’œuvre qualifiée chinoise, quand le débiteur ne peut faire face au remboursement de la dette ou même au payement des intérêt, la Chine s’approprie le pétrole mis en gage, le port qu’elle a construit…

Destruction du milieu ambiant par les minières chinoises qui privent les habitants de leurs sources de revenus traditionnels alors que les entreprises chinoises ne tiennent leurs promesses ni en matière de création d’emploi, ni dans celle du relogement des déplacés. Au Venezuela la participation de la Chine à l’exploitation de l’Arc Minier de l’Orénoque (112 000 km²) contribue à une catastrophe écologique de grande ampleur incluant la pollution irréversible des réserves d’eau potables du pays. Au Chili, détournement d’une rivière, au profit de producteurs chinois de cerises destinées à la classe moyenne de leur pays, alors que les habitants de la région privée d’eau vivent une mortelle sécheresse. Mais aussi ce grand projet de Chavez, des milliers d’hectares de riziculture et projets annexes, contrats avec des entreprises chinoises évalués à trois milliards de dollars et qui n’a jamais produit le moindre grain de riz. Il y a des torts partagés dans cet inaccomplissement, mais pour une grande partie les entreprises chinoises impliquées n’ont pas tenu leurs engagements, ont abandonné les chantiers en cours de route, laissant le matériel mis en place à disposition des voleurs qui ont pillé tout ce qu’ils ont pu , alors que des dizaines de corrompus ont engrangé 100 millions de dollars de subornation, 12 d’entre eux sont objet d’une enquête à Andorre pour blanchiment de l’argent de la corruption.

Ce dernier exemple a fait l’objet il y a quelques jours d’un long article de Reuters, il donnait la réponse a une de mes questions : je me rappelais avoir vu Chavez parcourir fièrement les terres destinées à un projet de riziculture, qui devait contribuer à assurer la Souveraineté Alimentaire du pays et au cours de ces dernières années, alors que la proportion de population du Venezuela en dénutrition ne cesse de croître, forçant des millions de personnes a abandonner le pays, il n’avait plus jamais été question de ces méga-rizières, jusqu’à ces derniers jours. Aujourd’hui leur unique rôle est de servir pour des firmes privées de lieu d’emballage pour du riz d’importation. Des grands projets qui débouchent sur… rien, et pire puisqu’ils laissent derrière eux un endettement qu’aucune production ne permet de rembourser. C’est une des méthodes d’endettement déjà pratiquée par les usuriers du Plan Marshall : fonder des prêts sur une hypothétique production à venir, qui n’adviendra jamais. La Chine a retenu la leçon et applique la méthode.

La faillite de l’agriculture illustre mieux que toute exemple la totale faillite économique du Maduro-chavisme. Bien sûr il y a la guerre économique et des sanctions inhumaines, ces derniers jours les USA ont bloqués des bateaux de l’Inde et de la Chine qui transportaient des médicaments génériques au Venezuela. Mais Trump et cie stigmatisent le madurisme qui ne peut approvisionner les hôpitaux et pharmacies en médicaments, c’est plus plus qu’absurde, c’est tout simplement ignoble.

Mais ce qui me préoccupe moi ici, c’est la question de la Souveraineté Alimentaire et pourquoi ce projet prioritaire pour Chavez a été réduit à presque rien. Un pays n’a pas besoin de dollars pour parvenir à la souveraineté alimentaire, il lui faut de bonnes terres (le Venezuela n’en manque pas, et la terre on peut l’enrichir), des semences de qualité (dont la reproduction est gratuite), des manches retroussées et de la sueur (l’amour du travail de la terre) et des transmetteurs de savoirs (ce qui ne manque pas non plus dans cette région et des meilleurs). De tout cela le Venezuela redondait. Or en ce qui concerne l’agriculture, le Venezuela, c’est le chaos quasi-total. Le choix de Maduro, c’est de privilégier avec une inefficience éprouvée l’agro-industrie à la culture paysanne. Des bonnes volontés et des communes productives, il en existe, mais elles doivent se battre contre le système pour continuer d’exister, ainsi que contre l’oligarchie des propriétaires terriens et autres maffias de la Terre dont font partie des fonctionnaires du régime, des membres des forces de répressions de l’officialisme. Ici aussi les paysans sont assassinés par des tueurs à gage, emprisonnés, menacés, etc. Quant aux potagers urbains, ils ont pour la plupart été abandonnés offrant le triste spectacle d’une terre nue et sèche. En résumé : le Venezuela disposait des terres, du potentiel de bonne volonté et de savoirs pour parvenir à la Souveraineté Alimentaire. Pourquoi des projets qui ont coûté de milliards de dollars ont conduit à… rien. Pourquoi aujourd’hui une grande partie de la population dépend de l’aide alimentaire (majoritairement d’importation, insuffisante et inadaptée aux besoins essentiels) du gouvernement dont la distribution (CLAP) est fonction de la possession d’un Carnet de la Patrie, qui détermine la distribution de nourritures et autres avantages à travers un système qui se rapproche de celui du crédit social chinois.

Il suffit de regarder un événement qui réunit des membres du PSUV, pour constater que les militants du parti sont nettement mieux nourris que l’ensemble de la population. Il faut dire que la réponse aux convocations du parti, en plus d’avoir des répercutions sur le crédit social dont chacun dispose (ou non) s’agrémente de distributions de nourriture et boissons, dont les militants ramènent l’excédent à la maison, un apport bienvenu en période de pénurie. Donnant donnant, dit textuellement Maduro, tu me donnes ton vote, je te donne à manger, un logement sinon tu peux te brosser » Il y a là un véritable chantage à la survie. Il avait été question pendant la campagne électorale présidentielle que les votants, qui auraient enregistré leur participation via le Carnet de la Patrie reçoivent une rétribution en espèce, idée finalement rejetée pour son inconstitutionnalité, mais oui, c’est comme cela que ça fonctionne. Un salaire minimum d’un mois, suffit tout juste pour acheter un kilo de fromage, de poulet ou une trentaine d’œufs, alors que le gouvernement met un terme aux conventions collectives de différents secteurs, réduisant une grande partie des travailleurs au bénéfice du seul salaire minimum indépendamment de leur degré de formation ou de leur ancienneté. Les travailleurs de tous les secteurs liés au « domaine public » se voient soumis à une loi d’exception qui leur interdit tout droit de grève ou de protestation qui sont requalifiées d’Atteinte à la Sécurité de l’État. Et Maduro connaît les classiques : qui domine la Chaîne Alimentaire, domine le Peuple.

 

Ici quelques précisions, Maduro qui s’auto-accorde des pouvoirs d’exception indéfiniment prolongés gouverne en grande partie par des décrets ayant rang, valeur et force de loi organique, c’est le cas du décret 1473 du 19 novembre 2014 qualifié de Loi organique de la Sécurité de la Nation qui réduit les droits des travailleurs des secteurs publics. Autant pour la démocratie.

Il n’y a pas que les paysans qui font l’objet de disparitions forcés, de menaces, d’emprisonnement, les dirigeants syndicaux et ouvriers sont eux aussi des cibles du gouvernement. Qui profite amplement de l’état de guerre induit par les USA, pour élargir toujours d’avantage les domaines de définition de la notion de « traître à la Patrie ». Les actions de déstabilisations menées par les USA, la menace d’intervention militaire, sont utilisées par le régime pour poursuivre sa dérive autoritaire. Les USA jouent de cette manière un rôle déterminant dans la fracturation et la répression des mouvements qui pourraient constituer une unité de résistance. Je ne sais pas où Maduro veut en venir, ni son équipe. Par contre dans ses discours des dernières semaines, je constate qu’il appelle à se préparer à la guerre, appelant l’armée à se tenir prête, mettant l’accent sur l’entraînement et l’armement des milices de citoyens. Rien de tel qu’une menace de guerre pour favoriser un « état fort ».

Des négociations avec l’opposition commence aujourd’hui en Norvège. Quelle opposition ? Guaido, après son dernier soulèvement raté a perdu son pouvoir de mobilisation, et s’est ouvertement tourné vers le Commandement Sud des USA, il joue sur les mots, remplaçant intervention militaire, par coopération militaire, mais personne n’est dupe. Et des dirigeants des autres partis d’opposition, les uns après les autres, s’indignent de cet appel à l’ingérence et s’en désolidarisent ouvertement.

Un des grands problème de l’opposition, c’est quelle n’a aucun candidat valable à produire qui ferait le poids face à Maduro au cours de nouvelle élection. Guaido a échoué a créer un mouvement de masse en sa faveur, au contraire son pouvoir de mobilisation n’a cessé de diminuer, alors que ses actions révélaient son aventurisme et son inconsistance, sa dépendance vis-à-vis de Washington. L’opposition est divisée en une vingtaine de petits partis d’importance variable, qui n’ont plus réussi promouvoir un candidat commun depuis 2013 (Capriles) Et le parti de Guaido, Volontad Popular moins que d’autres, personne n’ignore au Venezuela les liens qu’entretient son leader, Leopoldo Lopez, avec le mouvement d’ultradroite régional dirigé par l’ex-président colombien Alvaro Uribe Velez.

Je peux rêver d’un Venezuela communaliste parfait, mais il serait comme le postulat d’un Venezuela majoritairement socialiste, un déni de réalité, le déni du droit à exister comme sujet politique de la moitié de la population. Mais c’est une question qui se pose aussi dans nos régions, comment mettre un frein à la croissante polarisation politique antagoniste de la population ?

Je sais très bien quel monde je voudrais voir exister, un monde où les humains auraient une « empreinte écologique » positive. Un choix largement partagé mais qui n’est pas le choix de tous, alors quoi ? On va continuer d’utiliser les mêmes vieilles méthodes absolutistes, coercitives, de table rase (élimination des non conformes idéologiquement) ou enfin nous allons apprendre à penser au pluriel dans la diversité ? C’est un enjeu palpable au Venezuela, se multiplient les tentatives qui – enfin – commencent à prendre forme de créer de larges plateformes unissant les ni Guaido, ni Maduro, ni surtout, avant tout, par dessus tout l’ingérence militaire étasunienne et les sanctions criminelles. En un peu plus d’un an, j’ai vu émerger 10, 15 de ces tentatives de reconstruire une option de gauche hors madurisme. Seulement voilà, chacun essayait de tirer la couverture à soi, la sauce jusqu’ici n’a pas pris, faute d’objectifs prioritaires communs clairement définis. Mais un nouveau rapport de force se dessine… à suivre, au goutte à goutte des infos significatives.

Alors que à d’autres échelles :

Quand on parle de partage du monde, on pense bien sûr aux derniers échanges, la telenovela des rapports d’amour haine entre « puissants » - entre Trump et Poutine au téléphone, Pompeo et Lavrov en Russie, les discussion Russie – USA – Chine, qui décident du sort de la Libye, de la Syrie, de l’Afghanistan, de l’Ukraine ou de l’Iran et du Venezuela (points brûlants). On se doute bien que dans ce genre de marchés, il y a des avancées, des terrains cédés pour se mettre d’accord sur les conditions d’une « partage équitable », un équilibre de la balance des Marchés et du Pouvoir, des zones d’influences.

 

On se doute que tout cela ne se déroule pas toujours avec le sourire, que les menaces et exhibition de force jouent un rôle crucial. Si l’entente entre Mogherini et Pompeo (venu à Bruxelles lundi avant de se rendre en Russie) semble plus que cordiale et détendue, je n’en dirais pas autant du climat qui régnait lors de la Conférence de Presse de Lavrov et Pompeo après leurs entretiens. Lavrov langue de bois et préoccupé à coté d’un Pompeo affichant un grand sourire triomphant,… les deux offrent un concentré de généralités qui ne nous informe en rien du contenu concret des débats ou de leurs résultats. Juste une impression, j’ai déjà vu Lavrov, ce vétéran de la diplomatie en meilleure forme, remettre les USA en place avec assurance et une tranchante concision, là, il tergiverse et énonce un maximum lieux communs et de pieux souhaits concernant le rétablissements de bonnes relations d’associés, ouvertes et loyales, respectueuses entre les deux nations.

Moi, je n’ai pas éliminé la volonté des peuples dans l’équation du devenir du monde. Il ne faut pas oublier l’autre bout de la lorgnette. Ce n’est pas parce que ces gens pensent qu’ils peuvent décider entre eux du sort et de l’avenir du monde que les peuples n’ont pas leurs propres scénarios à proposer. En réalité, je ne suis pas très optimiste quand au proche avenir, trop de processus destructeurs des conditions de possibilité de la Vie à renverser, de bombes à désamorcer, trop de psychopathes puissants et autres machines à tuer à neutraliser, ... pourtant je ne perds pas l’espoir que toutes ces petites expériences de bonne volonté, à dimension humaine qui fleurissant partout sur la planète, toujours menacées, souvent éphémères, puissent devenir un jour ce qui fera sens. Pas sans que ne s’allonge la liste déjà bien trop longue des martyrs, paysans, leaders sociaux, journalistes, militants ouvriers, peuple « surnuméraires » :l’intensité de la répression augmente . Les champs de guerre vont continuer de s’étendre, pour un temps indéfini, et le risque d’une guerre totale existe. Une partie du monde continue à vivre comme si de rien n’était, déni de vérité ou manque d’intérêt, et cela m’interpelle, tant d’inconscience, d’indifférence, de vanité.

Empoderamiento (émancipation, autonomisation, responsabilisation), c’est un mot qui fait sens, en particulier au Venezuela. Peut-être que le chavisme à conduit à une trahison de l’espoir qu’il avait suscité : être le chemin qui conduisait à une véritable souveraineté populaire. La Souveraineté populaire communaliste est antithétique du socialisme. La commune n’a pas a entrer dans le moule que lui impose quelque idéologie que ce soit, elle est le résultat toujours contingent de l’entente pratique des voisins qui décident ensemble de la manière dont ils vont concrètement habiter leur territoire, en prendre soin, et se donner les moyens de bonne vie. Si on prend l’exemple de la commune indigène de Cheran (Michoacan, Mexique), en plus de chasser les cartels de leur territoire, ils en ont également bannis les partis politiques, à leurs yeux une invention occidentale qui sert surtout à semer la division entre voisins, et dont on se passe très bien en la remplaçant par une Assemblée des Voisins.

 

Je suis tout à fait d’accord avec Trump, il faut en finir avec le Socialisme, avec toutes les formes de socialismes. Là s’arrête notre point notre point de vue commun, je pense qu’il faut également en finir avec le Corporatisme, le Capitalisme, et un système qui porte au sommet de l’ex-première puissance mondiale (le titre est en jeu et le combat en cours) un gugusse caractériel de son acabit. Poutine et Xi sont des pro de la politique, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits et ont eu toute la vie pour peaufiner le plan qui les a conduit au Pouvoir, pour mettre en place les rétroactions qui leurs permettent de s’y maintenir. A côté de ces professionnels de haut niveau, Trump est un novice, un amateur, il improvise tant bien que mal, entouré d’’une équipe qui le manipule en fonctions d’intérêts occultes qui le dépasse. Il est offensé d’avoir été à ce point désinformé sur la situation réelle au Venezuela or j’ai beaucoup de mal à croire que les Services Secrets étasuniens et autres Mossad, hyperactifs au Venezuela soient à ce point à côté de la plaque. Pas à ce point. Qui est maître du Jeu ?

On voit se poursuivre les opérations d’étouffement, lente agonie à laquelle la guerre économique soumet la population la plus fragile (40 à 50 %, les chiffres varient selon les sources, mais c’est un ordre de grandeur), de mêmes que les opérations de déstabilisation, psychologiques, médiatiques, de terrain.

Je ne crois pas dans un premier temps à une intervention militaire officielle des USA, une guerre proxy par armées brésilienne et colombienne interposées semble aussi exclue, trop de résistance au sein de ces deux armées et des populations, en particulier de la part des Colombiens qui sont plongés dans un état de guerre permanent depuis plus d’un demi-siècle et qui voudraient bien voir la fin du tunnel. Une intervention au Venezuela aurait toute les chances de provoquer une guerre qui aurait également la Colombie pour champ de bataille. Je crois d’avantage aux opération sous couverture, à l’utilisation de mercenaires comme les 5000 soldats de Blackwater mis à disposition de Guaido, et à l’intensification des affrontements entre groupes armés de l’officialisme et ceux de opposition radicale. Opérations sous fausses bannières, accidents frontaliers, et tout ce qui pourrait favoriser l’éclatement d’une guerre civile, jusqu’à ce qu’une intervention militaire « Humanitaire » soit justifié. Et cela ferait certainement des centaines de milliers voir des millions de morts. Il est clair que le projet des USA pour le Venezuela, au-delà des discours de propagande, ne permet pas la survivance d’une résistance chavistes et autres mouvements de Souveraineté Nationale qui seraient en permanence en résistance contre l’envahisseur, contre le capitalisme et en particulier sa forme Corporatiste.

S’il y a un espoir pour le Venezuela, il passe par la fin du socialisme. Le pays est endetté pour des générations, les structures productives sont inexistantes, la haine fait son chemin dans des familles, entre voisins, tout est à reconstruire alors qu’il faut mettre d’urgence un terme au silencieux génocide indigène (les populations indigènes sont victimes de rougeole, de malaria, d’un taux très élevés d’une souche de VIH qui tue, rapidement, de préférence les hommes, les pollutions minières amènent d’autres maladies et provoquent des déplacements qui sont autant d’errances misérables). Reconstruire demande de se retrousser les manches, sans se demander à quel parti appartient celui qui travaille avec vous, mais bien comment on va s’y prendre ensemble pour atteindre un objectif : faire revivre un potager, reconstruire des structures productives, déterminer des objectifs de productions raisonnables depuis l’échelle locale. Si d’une part les tensions montent, d’autre part les dramatiques coupures d’électricité dans tout le pays ont également mis un terme à la distribution de l’eau courante. Et des voisins se sont organisés de manière solidaire, sans soucis d’appartenance politique, pour essayer de pourvoir ensemble aux besoins de la communauté. Comme on a toujours vu lors d’incendies, les habitants de villages habités par de vieilles querelles, prendre place ensemble dans la chaîne de l’eau quand le feu menace le hameau.

Ainsi que… ce n’est bien sûr pas un passage en revue exhaustif… trop d’événements actuels sont pareils à des puzzles évolutifs dont il est possible de s’approprier quelques pièces sans pouvoir toujours en deviner le dess(e)in.

La fin du socialisme ne devrait pas être un retours en arrière fondé dans le mythe d’une ancienne prospérité capitaliste du Venezuela, dont jamais bénéficié qu’une minorité de la population. Le dépassement du socialisme, je crois qu’il est nécessaire, pas le renoncement, mais le passage au crible de la critique historique entre les belles idées porteuses d’un projet de monde harmonieux et leurs perversions et mauvaises pratiques. Il ne peut y avoir de dépassement heureux du socialisme sans que soit mis un terme à l’ère capitaliste. Je les entends les nouveaux croisés de la chasse aux sorcières communistes et socialistes, qui stigmatisent les résultats terrifiants de ces deux idéologies pour les populations qui les ont vécues en pratique. Et ils n’ont pas tout à fait tort, mais où je ne les suis pas c’est dans ce nouveau catéchisme capitaliste… « Sans le capitalisme, il paraît, que nous vivrions toujours dans les arbres » et autres apologies en déni de réalité du genre. Personnellement je me sentirais sans doute mieux à ma place parmi les habitants des arbres que parmi ceux de villes, mais cela c’est personnel. De plus en plus le monde édifié par les humains me semble absurde, contre nature, et c’est bien en ce sens qu’il s’est construit, contre la nature, qu’il fallait dominer, violer, exploiter, ce sont les métaphores qui président à la naissance de la Science Moderne. C’est toute la différence entre le monde pris comme environnement sur lequel on est en quelque sorte posé ou comme milieu ambiant dont on est partie intégrante.

Deux axes de lutte voisinent et parfois se confondent, d’une part la défense de principes d’autodétermination de peuples qui doivent résoudre des contradictions internes de projets de personnes aux aspirations distinctes - que la politisation fait souvent apparaître comme incompatible - la possibilité de décider entre voisins, entre habitants, sans être soumis à l’hégémonie d’une « grande puissance » quelle qu’elle soit, de la manière d’habiter un territoire et d’en partager les ressources.

D’autre part, avec une urgence croissante, un axe qui implique une dimension mondiale, planétaire, la nécessité d’une concertation pour mettre un terme aux atteintes à la Vie en inventant d’autres manières d’habiter la planète.

 

Anne W

 

 

 

 

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 23:23

Pourquoi le socialisme du 21ème siècle a foiré ?

Le socialisme du 21ème siècle – ou chavisme - a foiré, de cela je n'ai aucun doute. Chavez en est en partie responsable, mais pas seul. Loin de là.

La remise en question que je fais ici « Le socialisme a-t-il sa place au 21ème siècle ? » est un questionnement qui a guidé toutes mes recherches (de la gauche perdue) préalables. Ma réponse est NON. Pourquoi ? La pensée et les pratiques de Chavez en tant que tentative d'articulation (ratée) du modèle communaliste et du socialisme est une illustration du conflit majeur entre les héritiers de la gauche au 21ème siècle.

 

En quoi. Pour certains aspects, cela saute aux yeux, parce qu'ils sont intrinsèques à un modèle politique qui associe un modèle communaliste, inspiré par le modèle indigène (pré-colonial) et le socialisme (mode de penser imposé par les colonisateurs) qui sont deux chemins différents, opposés, antithétiques. L'organisation communale, qui est auto-organisation spontanée, autogérée, est le résultat de la rencontre entre les habitants qui décident ensemble de ce qui doit être fait pour se donner les moyens du bien vivre, avec les potentiels dont la commune dispose, compétences humaines enracinées dans un territoire. La commune politique idéale, c'est le cercle des voisins, sans position prédominante, quand le pouvoir-parole circule fluidement, s'enrichissant des apports de chacun. Une bonne illustration de ce modèle est la commune indigène de Cheran (ici, par exemple) au Mexique où les habitants ont mis dehors autant les cartels qui semaient la terreur et pillaient les arbres des collines, que les partis politiques, cette invention coloniale qui sème la zizanie entre voisins  et dont la protection du territoire est réalisée par la garde indigène, mais qui reste contrairement au Zapatistes et leur autonomie-autarcie, en interaction hybride avec l’état.

 

Une bonne question ? Est§il possible voir souhaitable d'en finir avec les Partis Politiques ? Dont beaucoup sont conscients aujourd'hui qu'ils ne représentent plus que leurs propres intérêts acquis à de lointains Maîtres qui fixent les règles du jeu. La gouvernance n’est pas le gouvernement. Est-il possible de concevoir et mettre en pratique d'autres formes d’organisation politique humaine ? Et dans quelle mesure est-il possible de le faire sans inventer de nouvelles formes d'exclusion ?

Je ne crois pas au socialisme du 21ème siècle, parce que le socialisme fait partie intrinsèque du modèle industrialiste qui lui a donné naissance et que, si ce que nous voulons, c'est la survie d'une humanité en paix, il est chaque jour plus urgent d'en finir avec le modèle extractiviste consumériste et de redevenir (occidentaux et assimilés) un peu plus raisonnables dans nos désirs de « richesse ».

Le progressisme est une doctrine de l'industrialisme, les gouvernements progressistes d'Amérique Latine ont contribué à la création de classes moyennes qui après se sont retournées contre eux, quand les globalistes ont coupé les rentrées de ces modèles rentistes en faisant chuter les prix des matières premières, pétrole en tête. Pourtant Chavez dit (dans Alo Presidente consacré aux Communes), que le chemin de sa révolution ce n'est pas de prendre modèle sur le consumérisme, au contraire, il veut fonder l'enrichissement dans d'autres valeurs. Il ne l’a pas fait, mais d’autres ont continuer d’appliquer cette idée.

Une chose sont les moyens de la dignité, qui sont une urgente nécessité d'enrichissement matériel pour les plus misérables, autre chose c'est de continuer à en vouloir toujours plus une fois ces moyens acquis. Parce que les richesses qui rendent heureux ne sont pas de cet ordre. J'ai fait vœu de pauvreté il y a quarante ans, j'ai tenu ma promesse et cela a été un enrichissement permanent, apprendre à faire avec les moyens du bord, et surtout prendre le temps de la Rencontre. J'ai quelque fois quand même vécu sur le fil qui sépare Pauvreté de Misère (infra-humanisation quand une personne ne dispose plus des moyens de la dignité). La Pauvreté est une bénédiction, la Misère est inacceptable. Elle est aujourd'hui une arme du chantage capitaliste. Ceux qui refusent de se couler dans le moule seront réduits à la misère. J'ai vu ce principe en action autour de moi, alors que les trottoirs de ma ville comptaient toujours plus d'habitants de la Rue, exclus urbains. Comme partout, Bruxelles, Los Angeles, Caracas... Je ne vais pas faire défiler le monde. 7,8 millions de déplacés internes en Colombie, d'autres qui créent leur favelas au Brésil..... l'expropriation paysanne est aussi cause majeure de misère, dans le monde.

 

Revenons au Venezuela.

Maduro a achevé de brouiller les pistes, il jure en 2012 sur l'épée de Bolivar « Comuna o nada » mais adopte en 2018 totalement, inconditionnellement, sans réserve, le socialisme de Xi Jinping... achevant de pousser le Venezuela dans l'enfer de l'extractivisme pour satisfaire les besoins des petits chinois envers qui le pays a une dette de plus de 50 milliards de dollar.... Ce qui revient à dire que la Chine est aujourd'hui propriétaire d'une grande partie des ressources du Venezuela, hypothéquées pour les besoins de survie politique à court terme de Maduro.

Des petits farceurs ont mis bout a bout le discours récurrent de Maduro depuis son arrivée au Pouvoir. Il y refait en moyenne tous les 6 mois presque dans le même termes, les mêmes promesses. Chaque fois il a trouvé LA recette pour le redressement économique du Venezuela, pour en faire une Grande Puissance pleine de Croissance et de Prospérité. Chaque fois, c’est l’échec. Et d’échec en échec, le Venezuela continue à s'enfoncer. Et les emprunts qu'il a contracté ? Qui viennent grossir ceux immenses faits par Chavez (mais avec Chavez, quand il en prenait conscience, était capable de reconnaître ses erreurs, comme en 1992, voyant que sa tentative de coup d'état était mise en échec, il s'était rendu, assumant la responsabilité de ses actes, pour éviter un bain de sang)... Maduro, il aurait mieux fait d'aller jouer l'avenir du Venezuela au Casino, au moins, il aurait eu une – petite- chance de gagner.

Pourquoi lui et ses petits copains s'accrochent-ils au pouvoir au point de faire des déclarations – quand la population proteste dans les rues  - aussi irrecevables que « Nous autres, nous irons au combat, et ce que nous n'avons pu obtenir par les votes, nous l'obtiendrons par les armes » ? (Merci La Pulla, qui immortalise ce chef d’œuvre de l'anthologie Maduriste, voir revue 2). Ils l’affirment haut et fort, les dirigeants du Parti et membres du gouvernement, ils sont les Propriétaires de La Vérité, ils ont le Devoir de l'imposer au Peuple du Venezuela, et qui résiste est par nature un traître à la Patrie.

Un vieux refrain que Lénine lui-même avait déjà chanté sur tous les tons. Avant même de s'en prendre aux capitalistes, il fallait nettoyer les rangs de la gauche en éliminant tous les éléments dissidents ou divergents du bolchévisme.

La Purge fait partie intrinsèque du marxisme-léninisme, Lénine, Staline, Mao et depuis Xi et Maduro en ont une grande pratique. Normal le marxisme est un scientisme e les scientismes ont la sale habitude de nier ce(ux) qui n'obéit pas à leurs lois, voir de l'éliminer purement et simplement, cela s'appelle créer des conditions objectives favorables. Les scientismes sont des réductionnismes. Quand ils sont appliqués aux sciences humaines, c'est autant de têtes qui tombent pour rendre le projet viable.

Le capitalisme se fonde dans ses propres scientismes, dont l'aboutissement, pour faire exister leur modèle, tant globaliste que nationalisme suprémaciste blanc, passe par l'infra-humanistation ou l'éradication pure et simple des peuples qui ne s'intègrent pas à ce modèle, d'autant plus s'ils ont le malheur d'habiter les territoires riches en ressources naturelles convoités par leur Corporations.

Un lapsus révélateur de Trump (lors de sa réunion avec la femme de Guaido) à ce sujet : « Le Venezuela est une Compagnie [sic] d'un grand potentiel... après, il va se reprendre et parler de pays. Venezuela S.A.…

 

Quand à la Chine, avec son socialisme nationaliste sauce chinoise, qui fonce à toute allure dans le modèle industrialiste - consumériste, au point d'avoir rendu l'air de ses villes irrespirables, de polluer ses ressources en terre, en eau, elle devient un nouveau co-auteur frénétique, coresponsable du grand désastre mondial. Je réponds à ceux qui utilisent naïvement l'idée que contrairement aux USA, la Chine n'a jamais envahi personne (ils oublient le Tibet), et qu'on peut donc lui faire confiance. Ils ne prennent pas en compte le fait que jamais la Chine n'avait eu simultanément le projet de faire accéder la plus grande partie de sa population de 1,4 milliards d'habitants au statut de classe moyenne, ni les moyens économiques et militaires d'imposer sa volonté au reste du monde. Et Xi insiste beaucoup sur l'utilisation du Soft Power, une version perfectionnée du modèle utilisé par les USA, pour coloniser culturellement l'Europe ce qui revenait à la rendre dépendante de produits Made in USA - en utilisant par exemple la télévision, cet outil de propagande chéri de Goebbels. Oui, mais les USA, eux c'est des bons, il l’ont fait pour notre bien... rétrospectivement, vous y croyez ? Et pourtant Xi est parti à la conquête du monde sur base des mêmes promesses. Je n'y crois pas d'avantage... et la réalité ne cesse de me donner raison.

J'insiste là dessus, pour comprendre la manière dont la Chine s'approprie des régions du monde, des ressources extra-territoriales, il faut comprendre qu'elle n'utilise pas les règle du jeu d'échec, mais celles du jeu de Go. La Route de la Soie, une Ceinture un Chemin (il y a d'autres traductions) il s'agit bien de s'approprier des territoires en les encerclant... la Route de la Soie qui est censée ouvrir la Chine au Marché Monde, avec ses TGV, ses routes maritimes et aériennes - qui pourraient aussi s'avérer très utiles et efficaces pour opérer des projections de forces militaires rapides en n'importe quel point du monde, ou procéder à l'installation massive de Colonies de peuplement - et une prise de positions sur un Goban. C'est exactement ce que la Chine avait fait au Tibet. Proposer au Dalaï Lama de l'époque de construire routes et voies de chemins de fer pour lui ouvrir l'accès au monde « civilisé ». A peine les chemins ouverts, la Chine les a utilisé pour transformer le Tibet en colonie de peuplement en envoyant massivement sur place des dizaines ? centaines ? de milliers de chinois exploiter le Tibet. Tss, Tss... puce à l'oreille ? Et gare à ceux qui ne peuvent rembourser les généreux prêts donnant-donnant accordé par la Chine, en matière de contrats léonins et d’usure elle en connaît aussi un bout.

Je l'ai dit ce n'est pas humainement possible de transmettre avec détails et précision l'ensemble de mes recherches... mais pour moi cela se confirme, le néo- néo-colonialisme Chinois, ne fait doute, de nouveaux exemples ne cessent de le montrer.

Le rêve chinois de Xi est l'adaptation du « Rêve Américain », à la sauce chinoise, sauf que Xi le dit clairement: dans l'étape actuelle de développement de son modèle, le peuple, entièrement soumis au PCC, jouit de droits économiques, pas de droits politiques... c'est la Toute Puissance du Parti Communiste Chinois et de son leader Xi Jinping, de sa Pensée Unique, pour le « bien » du peuple Chinois ?

Et ne perdons pas de vue que le modèle de Xi est un modèle nationaliste revendiqué... Suprémacisme Jaune contre Suprémacisme Blanc... comment s'intègrent les Slaves de Poutine dans cette équation, cette confrontation de forces ?Il est difficile de le savoir avec certitude, les accords réellement déterminants de ce partage du monde entre les trois empires se concluent entre les représentants des plus hautes sphères politiques, dans le plus grand secret. Mon point de vue :Poutine reste raisonnable, sa première ambition est la reconstruction de la Russie et sans les pressions US, il aurait sans doute consacré plus de moyens à ce projet qu'à la course à l'armement indispensable pour une guerre entre les 3 Empires... quel gâchis, quel gaspillage, dilapidation éhontée de ressources consacrées à la promotion de la haine et de la destruction, plutôt qu'au Bien Être de la population.

On peut spéculer, guerre mondiale ou pas. J'aime bien la vision du mexicain Jalife « Pas de panique, la guerre mondiale n'aura pas lieu. Par ce que si même elle éclate, nous n'aurons pas le temps de nous en rendre compte »... les armes existent, les puissances montrent les dents... le risque n'est pas nul...loin de là. Mettre une flamme allumée au-dessus d'un baril de poudre, c'est risqué. Un geste maladroit et BOUM ! Entraînant une réaction en chaîne... et la tension croissante entre différents groupes géopolitiques, c'est autant d'augmentation du risque que ce « geste maladroit » se produise.

Poutine comme Xi sont des enfants de dictatures socialistes, alors que Trump est entouré des héritiers du National-Socialisme d'Hitler, dont la meilleur illustration est le nazifasciste (expression lation) Bolsonaro son grand pote en Amérique Latine.

Il serait temps d’inventer autre chose que le Socialisme pour en finir avec le Capitalisme.

Je vous renvoyais précédemment une « critique du capitalisme d’Etat comme idéal pragmatique de Lénine, du centralisme bolchévique, de son scientisme et de sa logique d'élimination des oppositions en-dehors et au sein du parti ». On y trouve une compilation de citations de Lénine à ce sujet et ceux qui se revendiquent encore du léninisme aujourd'hui devraient s'y rafraîchir la mémoire pour voir si vraiment c'est vraiment ce modèle qu'ils veulent appliquer dans Notre Monde.

A titre d'exemple

 « À l’ordre du jour s’inscrivent en particulier les mesures à prendre pour renforcer la discipline et accroître la productivité du travail. […] Il s’agit, par exemple, d’introduire le salaire aux pièces, d’appliquer les nombreux éléments scientifiques et progressifs que contient le système Taylor […] La soumission pendant le travail, et une soumission absolue aux ordres personnels des dirigeants soviétiques, dictateurs élus ou nommés par les institutions soviétiques, investis de pleins pouvoirs dictatoriaux […], est assurée d’une façon encore insuffisante » (Lénine, Œuvres, tome 27, pp. 329-330, cité dans Skirda 2000, p. 88)

 

Les autres citations sont à l'avenant... n'oublions pas que le socialisme, étape préalable au communisme s'incarne dans le capitalisme d'état et la dictature du Prolétariat. Je vous recommande vraiment la lecture de ces citations, je me rends compte à quel point, même moi qui suis en lutte contre cette idéologie depuis l'âge de 18 ans, j'avais oublié jusqu'où allait le délire dictatorial et meurtrier de Lénine, qui est une application de la soi-disant eschatologie marxiste. Qui a inventé le Prolétariat pour les besoins de la cause... sa cause

Je ne mets pas sur le même plan les luttes ouvrières de l'Europe Occidentale qui depuis la fin du 18ème siècle, jusqu'à la première moitié du 20ème ont conquis pour les classes travailleuses et les désoccupés du modèle industriel des droits qui depuis ont remis en cause et confisqués. C'est une autre philosophie qui habite ces luttes, une vision du monde sans dictature ni exploitation, sans stratification sociale. N'oublions pas non plus que la Russie pré-communiste est un pays fondé sur le servage. Un terrain différent de celui de ma chère Belgique et ses voisins.

Quand le progressiste d’avant-garde, Leon Tolstoï veut libérer les serfs de sa propriété de Iasnaïa Poliana, les serfs refusent « Qui alors serait responsable de nous ? Qui nous donnerait notre thé quotidien ? ». Des décennies plus tard, dans un essai « Ni liberté, ni égalité, ni fraternité », le logicien dissident Zinoniev, montre que cet état d'esprit n'a pas changé et que les dissidents d’URSS qui se sont échappés vers les USA considèrent que la Liberté, cette obligation d'avoir à sans cesse choisir son destin, est plus un poids qu'un avantage.

Je vous donne cet exemple, parce qu'il soulève une question d'importance : dans nos sociétés coexistent des personnes pour qui cette liberté de choix est la condition du bonheur alors que d'autres sont prêtes à s’accommoder d'un contrôle, jusque dans leur comportement, pour autant qu'ils disposent de droits économiques et de Sécurité. Tous n'ont pas le « goût du risque ». On ne se surpasse pas sans se mettre en risque, mais tous n'ont pas envie de se surpasser, et c'est légitime.

J'ai des réponses à proposer à cette question, elles vont dans ce sens : il n'y aura pas de Paix dans le monde sans que soit mis un terme à toute forme d'exploitation (entre humains et de la nature) qui est un mode de rapport au monde dont on peut très bien se passer. L'exploitation c'est une forme de vol, ne vole pas ton voisin, si tu ne veux pas d'ennuis... C'est une manière d'être au monde. Toute la différence entre la conception du monde comme environnement, qu'il faut contrôler, dont il faut se protéger , un monde dans lequel chacun est d'emblée seul contre tout et tous. Les métaphores qui président à la naissance de la science moderne vont en ce sens : il faut la violer, la dominer, la contrôler... la nature. La science moderne, se construit contre la conception du monde comme « milieu ambiant » auquel chacun participe au devenir comme partie intégrante de ce milieu dont il prend soin. Cela se traduit dans les conflits entre monde urbain comme déracinement et monde ruraux originaires - que l'industrialisme agraire transforme et détruit irrémédiablement : il annule les habitants, il détruit les modes de vie, paysages, manière de produire. L'expropriation rurale a fait que récemment le nombre des urbains a dépassé dans le monde celui des ruraux avec pour conséquence une multiplication du sans-abrisme et des bidonvilles. Génocide c’est aussi la mort d’un peuple comme culture.

Le socialisme marxiste-léniniste est intrinsèquement lié à la tradition urbaine. Il appartient à la culture urbaine industrielle et considère que la paysannerie est par nature une force petite bourgeoise, égoïste et réactionnaire. Jean Ziegler raconte les dégâts qui ont été commis dans le tiers monde par des militants de bonne volonté qui ont poussé à l'industrialisation de leur pays en dehors de tout bon sens, pour avoir sous la main une nouvelle classe, révolutionnaire dans son essence, le Prolétariat.

Dans la partie communaliste de sa vision Chavez place en priorité l'agriculture artisanale, la souveraineté alimentaire dans un pays sans OGM, avec des semences libres de droit. Cela fait partie de ce que j'appelle les « Belles idées de Chavez », une partie de sa vision du monde avec laquelle j'étais en coïncidence totale.

Entramos en PETARE, el barrio más peligroso de VENEZUELA en VO

L'expression « Les belles idées de Chavez », me vient d'une brave (au sens littéral) dame, habitante de Petare, considéré comme le barrio le plus dangereux du Venezuela.

 

 

Parmi les vidéos du youtuber voyageur, Lethal Crysis, celles consacrées à Cuba qui sont pleines de tendresse et rendent différents points de vue des habitants et celles qu'il a tourné au Venezuela en particulier, celle qui nous montre sa visite à Petare, en grande partie en caméra cachée. Petare, c'est un quartier où on peut se faire descendre pour moins que cela, pour rien, une mauvaise conjonction de hasard. La dame en question travaille dans une cantine sociale du quartier. Maduro elle ne l'encadre pas et émet un silence sceptique quand aux pratiques de Chavez, pourtant elle affirme que « Il faut continuer à appliquer les Belles Idées de Chavez ». C'est une expression que j'ai adopté parce qu'elle décrit très bien cette différence entre les habitants de terrain qui poursuivent la mise en pratique les « Belles Idées de Chavez » et des dirigeants des hautes sphères de pouvoir, sans enracinement, qui en ont exacerbé les mauvaises manières. Manière au sens de comportement avec cette culture politique de l'insulte qui prend le pas sur l'argumentation, qui nie ou réprime la pensée dissidente, et manière au sens de manière de gérer l'économie du pays.

Chavez a amené énormément de bonnes choses dans toute l'Amérique Latine, mais sans même prendre en compte ses contradictions personnelles en tant qu'être humain, corriger ses erreurs oblige à être critique tant de sa théorie politique pragmatique et évolutive que de ses pratiques concrètes toujours moins de commune, toujours plus de socialisme ;le principe de « convaincre pas de contraindre », lui-même y contreviendra. Et vous avez vu plus haut (La Pulla) Maduro est résolument passé au chantage... « tu ne votes pas , pour moi tu te brosses » « Tu t'opposes, je t'envoie mes troupes armées »... Il le dit, ....

Avec, La Revue, c'est aussi cela ce que je voudrais, ce n'est pas donner des réponses sans équivoques, ni essayer d'imposer « Le Bon Choix » par rapport à d'autres qui ne le seraient pas. Ce que j'aimerais, c'est ouvrir des pistes de réflexions, inciter certains nostalgiques de la gauche du 20ème siècle, dont les romantiquement fans de Maduro à se poser des questions sur le modèle qu'ils défendent. Je ne voudrais pas qu'ils se réveillent comme Sarte un beau matin, horrifié. Après avoir fait une visite guidée de l'URSS, il était revenu en vanter les merveilles... plus tard quand les horreurs et terreurs du Stalinisme ont été révélée, il s'en est amèrement voulu de s'être fait avoir.

Je suis vraiment tombée en amour de ces petits bijoux, les épisodes de La Pulla. Encore un sujet que j'aimerais approfondir. Pour les jeunes journalistes il y a beaucoup à apprendre de cette expérience, menée par une équipe d'un des plus anciens quotidiens de Colombie, elle a conquis les jeunes et moins jeunes publics de youtube, ramenant la politique dans les foyers. A les regarder je me suis délectée, j'ai appris plein de choses, en peu de temps et souvent en riant. C'est l'invention d'un nouveau journalisme, brillant, engagé et bienveillant, ce qui m'impressionne par dessus tout : la capacité de synthèse sur base d'une abondante documentation sans failles. Avec une présentation incisive, pleine d'humour qui vous tient en haleine. Et qui a rencontré un immense succès qui a surpris jusqu'à ses inventeurs. Maria Pauline Baena qui incarne La Pulla (la verve) raconte que la caissière d'un supermarché la reconnaît et lui dit « Je ne suis d'accord avec pratiquement rien de ce que vous dites, mais on vous regarde en famille et cela nous permet de discuter »... La Pulla on en parle et en parler, c'est participer au débat politique. Et de cela ses inventeurs sont très contents.

 

Et là, je vais aller prendre mon bain d'infos quotidiennes, tout va très vite en ce moment, en différents lieux de la planète impliqués comme enjeux de cette guerre qui apportent leur propre réponse. Les nouvelles alliances Iran, Irak, Syrie constituent une réponse locale qui change l'équilibre globale. La guerre entre l’Inde et le Pakistan et celle d’Ukraine. La charmante petite lettre dans laquelle Xi Jinping fait une déclaration d'amour et proposition de partenariat à la Ligue Arabe, nouvel élément révélateur de sa stratégie (de conquête de l'hégémonie planétaire) La guerre déclarée par le Washington Post à Donald Trump est une déclaration de guerre de la direction des démocrates. Les négociations d’AMLO président Mexique qui discute les nouvelles règles de voisinage et échanges avec les USA dont l'enjeu dépasse vers le Sud le seul Mexique…. Autant d’événements et encore bien d’autres, qui sont partie des mouvances de la tectonique géopolitique du monde, quand une étincelle en un lieu pourrait embraser la planète.

Rappelons que Trump ne se contente pas d'un mur frontière Mexique et USA déjà construit aux 2/3, par ces trois prédécesseurs à son arrivée au pouvoir. pays. Non, il veut en construire 3, trois « frontières intelligentes » un second à la frontière Sud du Mexique avec le Guatemala, et un autre plus au Sud... alors qu'il vient d'annoncer la fin de l'aide que les USA apportait au gouvernement du Honduras, du Salvador et 3.. du Guatemala ?, des pays dont les habitants fuient la misère et la violence en masse. Selon Trump, ces trois pays n'étaient pas capables de garder leur infra-humains d'habitants, drogués, voleurs, tueurs, délinquants en tous genre, à l'intérieur de leur frontières. Les USA qui continuent à semer toujours plus de misère et de violence en AL prévoient donc la construction de trois murs successifs qui maintiendront les populations affamées, agonisantes, armées de leur colère voir de leur haine dans leur Prison-région, loin de la cause de leur malheur, dont le centre de commande est à Washington.

 

Maintenir les conditions de la vie sur notre (encore, malgré tout) belle planète implique passe en priorité par la recherche des moyens pour désarmer cette tentation de la violence avant qu'elle n'éclate. Ici encore le Venezuela est exemplaire. Le régime arme des groupes de citoyens, y compris des prisonniers alors que l'opposition fait de même de son côté, elle arme les groupes d'extrême-droite qui ont reçu des formations paramilitaires et des bandes de délinquants, souvent payés pour semer le désordre. Alors beaucoup de brave gens, comme notre brave dame de Petare, comme une majorité de gens au Venezuela et dans le monde, s'interrogent : comment empêcher l'explosion d'une violence fratricide, un suicide pour le pays.

 

Désarmer la violence, apprendre à s'entendre entre voisin sur l'essentiel et sauver ce qui peut l'être pour ne pas nous voir remplacé demain par des robots seuls capable d'exister dans les nouvelles conditions de la planète... je ne dis pas qu'on en est là, mais c'est cette direction que prenne les choses... et quand on écoute les inventeurs d'intelligence artificielle, la plupart d'entre eux pensent que celle-ci produira des individus plus sages, plus raisonnables que cet échec de la vie : l'Homme. Encore une fois, le Venezuela est malheureusement pour lui un point focal de ces tensions mondiales et locales, de leurs interactions... un pays dans lequel il a été clairement établi que l'immense majorité des habitants ne veulent ni d'une guerre civile, ni d'une intervention extérieure… mais désarmer la violence, partout à toute échelle, c’est un devoir pour ceux qui veulent voir advenir l’humanité.

 

Anne W

 

 

 

 

 

 

 

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 21:16

Hier j'ai passé la journée à traduire mes encyclopédies vivantes mexicaines avec un plaisir que j'avais un peu oublié. Pendant les premières années de ce blog qui aura 10 ans ce mois-ci, l'Amérique Latine dite progressiste était une source d'espoir pour la « gauche ? », aujourd'hui c'est douleur, douleur, douleur de toutes parts, deuil multiple qui se prolonge et se répète.. Chaque jour amène son lot de militants assassinés, emprisonnés, de paysans déplacés, de conditions de vie revues à la baisse (infra-humanisation) alors que le fascisme le plus dur ne cesse de gagner du terrain. L'élection de Bolsonaro, pur nazifasciste au Brésil m'a profondément affectée...

 

10 ans de blog et 50 ans (septembre, à l’anniversaire de mes 12 ans) depuis mon premier engagement politique conscient et volontaire, avec une première promesse tenue depuis : « Je serai toujours du côté des enfants qui n'ont pas eu leur chance ».... Conscient et volontaire, parce que Bolsonaro m'a fait découvrir que j'avais un engagement antérieur, constitutif de qui je suis : « Plus jamais ça, pour personne, nulle part ». Et le ça, avant même de parler de politique évoque tous les comportements cruels, sadiques, méprisants, destructeurs, brefs malveillants, malfaisants, que peuvent avoir les Hommes avec des humains ou d'autres habitants de la planète.

 

Les plus grands génocides planétaires ont eu lieu bien avant l'arrivée du nazisme, ce sont les génocides indigènes, sinistre prélude à l'invention de l'Amérique et celui des esclaves africains. Ceux que Bolsonaro remet aujourd'hui ouvertement à l'ordre du jour.

J’ai lu beaucoup les natifs des USA, et toutes les méthodes de la sale guerre était déjà en action à l’époque, pour les exterminer, y compris la guerre biologique, avec les couvertures infestées de varioles, ou l’utilisation du virus de la grippe, deux maladies contre lesquels les natifs n’étaient pas immunisés. Ce génocide était sadique, cruel, sans pitié… c’est le péché originel (je ne crois pas en la Bible, eux oui) des WASP et autres élitistes blancs qui ont inventé les USA en détruisant un peuple et un pays… à travers l’histoire des différentes tribus, on apprend que quand les blancs débarquent, non contents d’éliminer les habitants, de les enfermer dans les camps de concentration que sont les réserve, ils déboisent sans compter, des dizaine de milliers de kilomètres carré de forêt, de même qu’ils vont exterminer les bisons. L’invention des USA est une opérations de destruction massive des peuples originaires et du territoire occupé. Un comportement qu’ils ont exporté un peu partout dans le monde…

OK, ils ne sont pas les seuls, malheureusement, mais personne avant eux n’avait eu l’occasion de prouver son universelle malveillance à échelle planétaire, et même aujourd’hui en pleine décadence, ils continuent à semer la guerre, la maladie (Round Up digne héritier de l’Agent Orange, Uranium appauvri et autres saloperies qui affectent l’avenir d’un peuple par leur action mutagène irréversible… des moyens plus ignobles les uns que les autres).

{Petite parenthèse, aujourd’hui les populations indigènes du Venezuela meurent à vitesse accélérée à cause de conditions de vie de misères aggravées, des déplacements forcés, d’actes de violence divers de la part de forces du gouvernement mais aussi de forces paramilitaires colombiennes, de maffias minières et autres tueurs à gage, mais aussi de maladies épidémiques : de rougeole, de malaria, mais surtout d’un étrange virus du Sida, un natif su 6 serait séropositif, et ce virus tue rapidement et sélectivement uniquement des hommes. Alerte. Il y a un moment, depuis que la situation se dégrade, que le Venezuela n’offre plus de statistiques officielles, donc pour les chiffres à voir, mais pour le problème des épidémies, du sida en particulier, il est réel. Qu’est-ce qui se passe ? }

 

Alors oui AMLO, le président du Mexique met du baume sur ces blessures ouvertes de l'Amérique Latine assassinée, dont la jeunesse sacrifiée sur l'autel du profit. J'ai beaucoup insisté sur les raisons de mon mépris pour Maduro, des bonnes raisons. J'y ai passé beaucoup de temps parce que chercher la vérité qui se cache au milieu de la guerre médiatique forcenée qui se mène au et au sujet du Venezuela, c'est comme de chercher l'aiguille de la réalité dans la botte de foin des faux-semblant… et c’était aussi une recherche de la « gauche perdue » dans le chaos du Venezuela, et j’ai beaucoup appris. Et aussi pour le dire en quelques mots au risque de réduire, pour illustrer, j’ai appris à faire la différence entre ceux, souvent pauvres, à la base qui continuent à vouloir envers et contre tout et tous, appliquer les « belles idées » de Chavez et ceux souvent au sommet qui ont hérité de ses mauvaises manières, et les perpétuent de manière exacerbée.

Gauche ? 50 ans d'engagement politique... dont 40 à la recherche d'une gauche perdue, cette grande famille internationale, unie malgré ses divergences face à un ennemi commun, le capitalisme et son système d'exploitation absolu. J'ai appris très vite que je n'aimais pas plus le capitalisme d'état , qu’il s’appelle communisme, socialisme, ni l’URSS, ni la Chine de Mao que je n'aimais celui qui nous venait des USA. – par Plan Marshall interposé, imposé sans dire ce qu'il était vraiment. (ici, quelques citations de Lénine révélatrices de ce qu’il entend par capitalisme d’état, beurk définitivement) 

Je crois que c’est dans « Que faire ? » que Lénine explique que la première tâche des bolcheviques après la révolution sera d’éliminer les Mencheviks et autres dissidents de la gauche… ma philosophie politique est une philosophie de l’existant, faire avec ce qui est : « Toute personne a droit au respect et aux moyens de la dignité du simple fait qu’elle existe » Un principe casse-tête au 21ème siècle avec tous les psychopathes et autres sociopathes lâchés dans le monde qui se sont (ont été ? soldats sans âme et sans pitié, enfants tueurs...) multipliés au cours des dernières décennies, et je ne parle même pas des fascistes ordinaires.

 

 

Des seuils ont été franchis, le capitalisme actuel n’a plus rien à voir avec les petites usines et fabriques en Europe au début du 20ème siècle. Taylorisme et Fordisme (Ford, une des plus grand sympathisant et soutien d’Hitler ; Taylor, un modèle d’organisation pour Lénine) sont passé par là, multinationales à tendance monopolistique, anonymes, etc… le capitalisme a changé muté et dévoile mieux que jamais son aboutissement comme fascisme universel. Le Capital, n’est plus garantit "objets" réels, il n’a plus de référent concret, il joue de la planche à billets et de jeux d’écritures financiers, il pratique une usure forcenée pour capturer le monde. Rentabilisation, fondée dans le rationalisme et le scientisme, qui sont des perversions de la rationalité et de la Science, des réductionnismes : ce qu’on ne comprend pas, ne domine pas, on le nie, au besoin ont le fait disparaître. On peut aussi construire des laboratoires : systèmes fermés dans lequel l’expérimentateur garde le contrôle des conditions aux limites (du système), la Chine aux frontières fermées de Mao devient le Laboratoire de la Révolution Culturelle, pure horreur… et Terreur Totale. Où capturer le monde réel grâce à des actes virtuels… Nietsche prédisait le devenir Laboratoire du Monde.

Comme je l’ai dit à multiples reprises, il est urgent de redéfinir ce que richesse veut dire. De mon point de vue, cela n’a rien à voir avec la production de biens de consommations, surtout quand à terme cela menace de nous priver d’eau potable, d’air respirable et de territoires pour habiter le monde. Il y a quarante ans j’ai fait vœu de Pauvreté matérielle… (tant que tous n’auraient pas les conditions d’une vie digne sur cette planète... ) et cela a été une source d’enrichissement sans limites. Et j’ai rencontré plus qu’il ne faut de belles personnes du monde entier (et de salauds aussi) pour être certaine qu’il n’y a pas un peuple en soi qui mérite ou dispose de quelque droit divin de vivre mieux que les autres, aux dépends des autres sur cette planète. Il y a des personnes bienveillantes et d’autres qui ne le sont pas. La rencontre de ces belles personnes, fait partie de mes richesses personnelles.

 

Bolsonaro comme Maduro sont des héritiers du socialisme, celui d'Hitler pour le premier, celui de Staline-Mao pour l'autre qui adhère aujourd'hui au socialisme à la chinoise de Xi.

Même les marxistes devraient comprendre cela, la théorie des contradictions nous apprend que thèse et antithèse finissent par être subsumées sous la pression de nouvelles réalités qui les dépassent et les englobent. Accumulation, passage d’un seuil et changement de nature. En théorie du chaos : passage par un point de bifurcation (seuil), la trajectoire du système passe par un moment d’imprévisibilité totale, avant de prendre une direction nouvelle. C’est ce que nous vivons en ce moment. La contradiction principale a changé de nature.

Mais cela j'y reviendrai.

 

Les premières images qui me sont parvenues du Venezuela du 21ème siècle sont celle d'un peuple debout, Constitution à la main, qui grâce à la détermination de sa conscience, sa faculté d’auto-organisation, sa discipline et sa vaillance met en échec, en 2002, un coup d'état organisé par les USA. Amour, dignité, intelligence… Dans mes montagnes perdues, sans médias, sans électricité, (1999-2005) je n’avais même jamais entendu parler de Chavez. J’ai eu envie d’en savoir plus sur celui qui avait catalysé une si belle résistance. Constitution à la main, cela parle d’un peuple informé de ses droits et capable de les défendre. Une bonne prémisse. Qu’est-ce qui a foiré ?

En 2013, pendant la tentative de Coup d’État après la mort de Chavez et la première élection de Maduro, il y avait encore cette unité, cette mise en commun de toutes les ressources d'intelligence et de bonnes volontés de la « gauche » en général, autoorganisée pour résister à une nouvelle tentative de coup d’état. Tous n'accordaient pas à Maduro la confiance qu'ils avait en Chavez, mais tous étaient alors d'accord pour lui donner l'occasion d'être la chance du Pouvoir Populaire du Venezuela. Et bien non… Depuis, ce que j’observe, c’est cette implosion, parcellisation, atomisation des forces de gauches , y compris à la base du madurisme qui me fait vraiment penser à celle dont j'ai été témoin en Europe, au siècle dernier. L’auto-organisation existe encore pour des petites structures, plus à l’échelle d’un peuple…

La construction du Pouvoir Populaire comme force politique à part entière n’a pas eu lieu. Au contraire, le régime de Maduro est une confiscation continuée de ce pouvoir... qu'est-ce qui s'est passé ? Dans quelle mesure cet aboutissement tragique était enraciné dans le chavisme ? Dans le socialisme ? Dès ses débuts ? Plus tard lors des coups de timon de Chavez qui le lie toujours d'avantage à la Révolution Cubaine ?

 

Deux apports intéressants pour cette recherche, au cours des derniers jours que je vais essayer de vous résumer. Le premier, là présentement, le suivant dans la Revue 3. Les deux donnent une vision de « torts partagés ». Celui-ci me vient de La Pulla (qui signifie commentaires audacieux, piquants et véloces, plein de verve), une critique colombienne de l'actualité, intelligente, bien informée, synthétique, compacte et percutante, présentée avec humour par María Paulina Baena. En l'occurrence il s'agit d'un duo avec une invitée vénézuélienne Nina Rancel , le titre « Venezuela esta jodida por todos los lados » (joder : baiser), alors que Maduro s'accroche au pouvoir, l'opposition n'amène vraiment rien de positif.

Ce que cela raconte :

 

Maduro n'est pas entièrement responsable de ce qui se passe aujourd'hui, il y a des décennies que le Venezuela est comme une casserole à pression, bien avant même l’arrivée de Chavez au pouvoir. Un pays où le pétrole coule des robinets, à tel point que tous les gouvernements se sont fondés sur les revenus de la rente pétrolière sans se soucier de construire le pays. Quand Chavez est arrivé au pouvoir plus de la moitié du pays vivait dans des conditions de misère. Alors oui, il a dilapidé la rente pour éduquer la population et réduire la pauvreté, seulement il a tellement dépensé qu'il a plongé le pays dans un gouffre d'endettement sans générer de nouvelles sources de revenus par une diversification de la production. Il a fermé les yeux sur la corruption généralisée, arrosant des pays de flots de pétrole pour se faire des amis. Et pire, il ne s'est pas soucié d'entretenir et améliorer l'industrie de production de pétrole.

1. Maduro

Et quand ce génie de Maduro est arrivé au pouvoir, il a terminé de noyer le pays. Et aujourd'hui le Venezuela possède une montagne de pétrole, mais ni nourriture, ni médicaments, ni argent... Le salaire minimum d'un mois atteint environ 10$. L'équivalent d'1 $ ce sont des dizaines de billets en bolivares. Des produits courants, quand ils ne sont pas en pénurie, sont hors de la capacité de pouvoir d'achat pour les plus pauvres qui sont redevenus une majorité dans le pays. 85% de médicaments d'usage courant manquent à l'appel, mais Maduro continue à rejeter l'entière culpabilité de la situation sur le dos du capitalisme. En plus il veut se faire passer pour plus que ce qu'il est [président entre grenouille et bœuf, pour ceux qui connaissent Jean de la Fontaine] alors qu'il est arrivé à la présidence avec à peine quelques voix, 385.000 (soit 50,61 % des votes) d'avance sur le candidat de l'opposition Capriles. Faut dire qu’il n'a jamais rien eu le charisme inspirateur de Chavez.

Comme il n'a pas aimé perdre les élections législatives de 2015, il menace les gens de les priver le logements. Passage sur Maduro (3mn41s) qui dit : « Je pensais construire 500 000 logements l'année qui vient, mais là,... j'ai des doutes. Pas que je ne puisse pas les construire, je peux les construire, mais je t'ai demandé ton soutien (au peuple) et tu ne me l'as pas donné !» {authentique… Il peut le faire, sans commentaire,  c’est ce qu’il appelle sa relation donnant-donnant, voir discours électoral 2018. Tu votes pour moi, je donne, tu votes pas pour moi, tu peux te brosser. Confirmé par d’autres sources. Attention ! }

Après il y a l'annulation abusive du référendum révocatoire, il a bloqué l'Assemblée Nationale... tout cela il peut le faire parce qu'il concentre la direction de tous les Pouvoirs – exécutif, législatif, judiciaire, électoral – tout est entre les mains de ces amis. Personne ne va le contredire. Il a eu aussi la brillante idée de proclamer des états d'exception grâce auquel il va jusqu'à annuler la Constitution de Chavez pour pouvoir devenir -enfin - le dictateur qu'il a toujours voulu être !

Re Maduro (4mn23s) Alors que 3 millions de personnes protestent dans les rues, Maduro annonce :  « Nous autres, nous irons au combat, et ce que nous n'avons pu obtenir par les votes, nous l'obtiendrons par les armes » {Ok Nicolas, mais alors n’essaye pas de nous faire croire que tu es un grand démocrate!} Résultat : des morts, des blessés et des montagnes d'emprisonnés. Maduro a une parano terrible par rapport aux gens qui ne pensent pas exactement comme lui. Il est obsédé par l'idée d'envoyer des militaires de toutes part et de les laisser faire ce que bon leur semble. Et en plus il donne des armes à des collectifs (civils) pour qu'ils défendent la Révolution. Vous mélangez le tout, vous agitez, et qu'est-ce qu'il en sort : des gens qui tuent sans peur.

« Nicolas, ..., si ta prémisse est défendre le peuple, pourquoi est ce que tu le fais tuer ? »

2.L'opposition

L'autre partie, c'est l'opposition, concentrée dans la MUD, une vingtaine de partis qui se sont unis pour vaincre le chavisme dans l'hystérie. Leopoldo « biceps d'acier » Lopez et sa femme Lilian « instagram » Tintori, Enrique « Casquette » Capriles, Julio « réprimé dans toutes les manifs » Borgez, la Maria Corina «  putschiste » Machado et Enri Ramos (?) Allup...

Ensemble ils ont gagné les élections législatives de 2015, du coup l'Assemblée Nationale a été annulée par Maduro, et depuis, ils s'en sortent comme ils peuvent. Ils ont protesté dans les rues, dénoncé Maduro devant l'OEA et l'ONU.... rien n'y fait.

Mais l'opposition n'a pas vraiment un passé brillant. Deux de ces partis ont été au pouvoir et ils ont volés des millionssss de dolars. Rappelez vous que je disais qu'avant Chavez, le pays était déjà dans la panade. Ceux qui dénoncent aujourd'hui la dictature de Maduro avaient volé à ne plus compter, plongé les habitants dans la misère (66% de grande pauvreté) et le pays dans une terrible crise, ils avait monopolisé le pouvoir sans partage.

Admettons, que ce qui c'est passé est du passé, que l'opposition est rénovée, on ne peut pas oublier que l'opposition a tenté de renverser Chavez par un coup d'état en 2002 et tenter d'éliminer la Constitution votée par des millions de Vénézuéliens.

Si on prend par exemple Enri Ramos Allup. Il était un des chefs des partis au pouvoir lors du Caracazo (émeutes de la faim) de 1989. Il n'a pas bougé quand l'armée tirait sur le peuple affamé, faisant des centaines de morts (398 selon HRW) et des milliers de disparus. C'est le même qui se pose aujourd'hui en grand défenseur des droits de l'homme, stigmatisant Maduro, parce qu'il réprime les gens ! Et le couple le plus glamour du Venezuela, Lopez-Tintori... Lopez a été condamné à 14 ans de prison pour des manifestations qui ont fait 43 morts {du fait de ses disciples de Leopoldo, qu'il incitait ouvertement à la violence, et dont fait partie Guaido}, ce Paulo Coelho du Venezuela qui a écrit « En prison mais libre », un type qui aime l'agitation violente. Déjà en avril 2002, il propose "soit un coup d'état rapide et sec, soit Chavez renonce". A présent sa femme s'est convertie en sa plus grande fan (8mn34s) protectrice de la patrie entière , Force et Foi... il amène la Force, elle la Foi. On espère que telemundo {Chaîne hispanophone étasunienne, anti-communiste, et très glamour} leur proposera bientôt un contrat en or.

Alors que Maduro gouverne le pays sur le mode « Dieu pourvoira aux besoins du Venezuela », notre charmant couple veut rétablir l'importance de la Famille et la Foi, celle de grenouilles de bénitiers. Ils vivent pour l'église...

En plus dans l'opposition, ils ont une certaine tendance à se cannibaliser entre eux - comme ce pauvre Capriles qui est de loin le moins pire, mais qui se retrouve à présent complètement isolé - et elle ne propose absolument rien pour sortir le Venezuela du bourbier . Ils sont tellement obsédés par l’idée de faire dégager Maduro qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper des problèmes des gens de « a pie ». Quand ils rencontrent quelqu'un qui agonise dans la rue, ils lui offrent... un paquet de chewing gum {don de l’USAID?}. Ils n'ont pas proposé de changements pour l'économie, ni de manière de régler le problème des taux de changes. Ils n'ont pas expliqué comment leur néolibéralisme va en finir avec la pauvreté et les inégalités.

 

3.Alors que peut-on faire ?

Il n'y a pas d'issue facile. Regardez ce que peuvent faire ces gens. Ils recueillent des signatures pour un referendum révocatoire et Maduro les envoie dans les roses. Ils gagnent des élections et Maduro n'en tient pas compte. Le Pape est intervenu comme médiateur et cela n'a rien donné. Maduro veut changer la Constitution alors que personne ne le lui avait demandé. En plus il invente des règles pour que l'opposition n'ait pas de représentation. L'opposition a un plébiscite pour mettre un frein à la Constituante et Maduro se moque d'eux. Beaucoup de pays font pression sur Maduro, mais cela ne vaut même pas un bolivar. Ils descendent dans les rues, on les tue. La situation est asphyxiante. Mais l'appel à assassiner Maduro

« Les gens de bien (...) doivent comprendre que la mort de Maduro devient nécessaire pour garantir la survie de la République » publié dans El Heraldo (quotidien colombien) n'est pas une solution.

La barbarie n'est pas compatible avec la démocratie. Les coups d'état n'amènent pas de bonnes choses. Les Vénézuéliens doivent savoir qu'il ne sont pas seuls, on sait que les choses sont difficiles mais il faut continuer à réclamer le pays avec des bonnes manières. Et rappelons qu'il n'y a pas de mal qui dure cent ans, ni de bananes qui ne pourrissent.

 

Message PS de la Vénézuélienne Nina Rancel qui remercie la Colombie de l'avoir accueillie. Elle sait que cela lui donne une responsabilité qu'elle assume et s'engage à lutter pour le bien de ce pays d'accueil.

Fin de la video

Revue 2 : La contradiction principale a changé de nature

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans cette petite vidéo. La moindre n’est pas, au moment où un racisme anti-vénézuélien se développe en Amérique Latine, de montrer qu’il existe aussi cette solidarité croisée d’une jeunesse militante, qui est l’avenir de la région. J’espère parce que ce sont aussi les cibles désignées d’un nouveau Plan Condor. Ne l’oublions pas. Elle montre aussi que les exilés ne sont pas la lie du pays, comme voudrait le faire croire le régime de Maduro, il y a des jeunes qui sont exilés politiques et tous ne sont pas des crétins (désolée cela m’a échappé) d’extrême-droite comme L.S., je ne dirai pas son nom, parce que le but n’est pas d’insulter les gens, mais de combattre les idées qui amènent la violence, la ségrégation, … etc, on connaît la chanson.

 

Suite au numéro 3...

 

Anne W

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 20:36

 

En ce moment je suis lancée dans des recherches multiples, concourantes, convergentes, dont 99 % ont des sources hispanophones, comme je ne peux pas tout traduire, j’ai décidé de faire des « revues » de quelques unes des questions abordées dans ces recherches. Ceux qui ont aimé les sciences savent bien que poser la bonne question, revient à trouver la bonne équation et donc la réponse.

Il y a des moments où « las noticias », les nouvelles du monde semblent tout droit sorties d’un bouquin de Kafka, d’Huxley et autres Orwell, ou du fin fond de l’esprit tordu de quelque conspirationniste repenti enfermé dans un asile d’aliéné, à moins qu’elles ne soient le fait de nouveaux journalistes issus de programmes d’éducation pour défavorisés mentaux. Il y a aussi de la bonne information et quelques excellents analystes et journalistes... quand même ! Mais l’information valable, il faut la dégoter au milieu du fatras de la guerre médiatique mondiale comme on cherche un trésor dans le fouillis de Puces géantes. Fake news, désinfo organisée à échelle mondiale, confusion provoquée et entretenue, trop de concepts polysémiques qui font que trop souvent des personnes qui utilisent les mêmes mots parlent en fait de choses différentes.

Pendant plusieurs années ont retenu mon attention, deux de ces concepts qui se retrouvaient sur le devant de la scène géopolitique : « démocratie » et « liberté », mis à toutes les sauces, ils sont aujourd’hui des outils d’occurrences réitérées de la propagande la plus férocement fasciste qui se prévaut de défendre ces valeurs « fondamentales » contre un « socialisme » qui en représenterait la négation. Socialisme, voici bien un autre mot qui a été mis à toutes les sauces, et ces dernières semaines je me suis organisé un petit parcours de révision de différentes facettes de ce concept. Définit-il ces socialo-communistes qui dans mon pays ont lutté pour et obtenu des droits, qui bien qu’ils se réduisent comme peau de chagrin, font toujours de nous des privilégiés de ce monde où tant de personnes sont privées du droit à une existence digne, voir du droit à l’existence tout court. S’agit-il de la version nationaliste du socialisme hitlérien ou du nouveau socialisme à la sauce chinoise de Xi… je vous laisse passer en revue le panorama des modèles que génère ce concept polysémique jusqu’à l’antithétique.

A l’heure où Trump a ré-officialisé, dans un discours tenu à Miami devant un ramassis de l’extrême-droite latino, une croisade contre le socialo-communisme, qui se déroulait en souterrain depuis la sinistre époque du MacCarthysme, la question est de rigueur : de quel socialisme est-il question dans cette déclaration de guerre ? Pour le savoir, il faut non seulement retraverser l’histoire.

Il est également important de retrouver les fils qui conduisent droit du Suprémacisme Aryen d’Hitler au Suprémacisme Blanc de Trump, je me suis donc offert un petit voyage de quelques jours dans l’Allemagne Hitlérienne avec en prime une visite du nid d’aigle des Alpes Bavaroises du Führer où se retrouvaient les principaux leaders du nazisme, filmé dans l’intimité par Eva Braun. J’ai ensuite voyagé en divers pays d’Amérique Latine, un aperçu de l’essaimage nazi post-guerre, quand CIA, Vatican, membres corrompus de la Croix Rouge s’allient pour trouver pour ces criminels des lieux d’exil, de nouveaux champs d’action… ils seront utilisés dans la lutte contre le communisme, le grande priorité des USA, certains viendront en renfort des dictatures d’Amérique Latine, d’autres serviront d’espions et agent d’intelligence aux service de la CIA et des services secrets allemands, britanniques et autres pendant la guerre froide, certains seront récupérés pour poursuivre des recherches prometteuses en techniques de sales guerres…

Où je veux en venir ici, c’est qu’il y a une filiation directe entre les groupes nazis qui font leur sortie du placard aujourd’hui en Amérique Latine comme dans d’autres endroits du monde et les néonazis expatriés (avec l’aide de qui on sait) qui ont créé de nouvelles colonies sur les territoires de leur essaimage, pendant que partout dans le monde des organisations (Plan Marshall, stay behind et autres gladios en Europe, Condor en Amérique Latine...) made in USA, préparaient le terrain de leur résurgence, s’acharnaient à détruire les mouvements de gauche – par la guerre ouverte, l’affrontement physique, l’infiltration subversive de trolls de terrain, qui transformant les mouvements de l’intérieur et semant la zizanie ont provoqué le morcellement et l’implosion de la gauche, un détournement de sens, ou qui promouvaient des méthodes terroristes pour créer un rejet par l’opinion publique - partout où existaient des mouvements socialo-communistes ou de souveraineté populaire, partout où il fallait en écraser le germe avant qu’il ne puisse croître.

Pour commencer à distinguer les fils conducteurs de ces deux mouvements simultanés, il faut accepter les alliances improbables qui ont été nouées au cours de cette période de détournement de l’Histoire. Pour vous illustrer mes propos, un exemple concret, celui de Walter Rauff… je reprends ici les données wikipédia hispanophone, les autres documents que j’ai consultés 1)sont en espagnol et 2)je n’ai pas fait de compilation systématique des données, je cherchais les grands courants. A lire à ce sujet « L’opération Odessa » de Frédéric Forsyth, un des premiers à lever le voile. J’ai choisi Walter Rauff parce qu’il reprend un grand ensemble d’éléments caractéristiques de ces parcours d’après guerre de notables criminels nazis.

En 1924, il entre dans la Marine de Guerre Allemande, il découvrira alors l’Amérique Latine. En 1938, il entre en contact avec Heydrich il travaillera dans les services d’intelligence avant d’être promu aux services techniques ou son rôle sera de mettre au point des méthodes efficaces d’élimination des humains indésirables. Il dirigera l’élimination de 200 000 handicapés mentaux, une tâche pour laquelle il aura l’idée géniale, d’utiliser des camions à gaz, à l’époque, faute de mieux, il utilise pour ce faire le monoxyde de carbone.

Et pour tous les révisionnistes… quand bien même il n’y aurait pas eu de chambres à gaz, tous le reste, tous les crimes contre l’humanité, peuple allemand inclus, commis par les nazis suffit à en faire des criminels, des maîtres de l’horreur, de la bestialité et de la cruauté concertées, des pires lâcheté et bassesse qu’avait jusque-là produit l’humanité. Le débat révisionniste comme celui sur le réchauffement climatique sont des diversions. Blablabla,... et pendant ce temps les grands extractivistes continuent par exemple, à polluer irréversiblement toutes les ressources d’eau potables de la planète et autres méfaits, comme l’usage d’agents radioactifs ou de substances chimiques mutagènes, cancérigènes… la liste est longue et létale à court terme… Aller demander aux enfants vietnamiens victimes aujourd’hui des mutations provoquées par l’agent orange, père du Round UP, répandu massivement par les USA sur leur pays il y à un demi-siècle, ce qu’ils pensent de ce crime de lèse-humanité qui affecte irréversiblement le potentiel génétique de leur pays.

 

Je ne peux pas poursuivre mon résumé de ce CV nazi type, sans faire une pose, parce que je ne suis pas indifférente, parce qu’écrire ces lignes me bouleverse, ... . Le fascisme comporte 3 grands axes de « Purification » : la purification sociale, la purification politique et la purification ethnique. On les retrouve aujourd’hui à l’œuvre dans les mouvements nazis contemporains. Bolsonaro au Brésil est une illustration intéressante des « alliances hybrides » qui sèment la confusion dans notre perception du phénomène, puisque Bolsonaro est à la fois nazi et sioniste, soutien inconditionnel du mouvement sioniste israélien, il a reçu son baptême évangélique dans les eaux du Jourdain et a transféré l’ambassade du Brésil à Jérusalem. Ses boucs émissaires ethniques sont les populations natives et afro-descendantes du Brésil. Le principe de la Race Supérieure est conservé mais il ne s’agit plus d’une suprématie aryenne, mais d’un suprémacisme blanc, qui inclus l’auto-proclamé « peuple élu ».

Je ne peux pas établir d’échelle de valeur entre les différentes victimes, ethniques, politiques, sociales du nazisme originaire, chacune en soi est conséquence de la même cruauté inhumaine, le même cri de souffrance qui déchire l’âme des humains sensibles. Comme a aussi été victime des nazis, la jeunesse allemande, endoctrinée, fanatisée, depuis la plus tendre enfance qui a servi de chair à canon, sacrifiée sur l’Autel de la Folie d’Hitler et de ses collaborateurs.

 

« Plus jamais ça ! Pour personne ! Nulle part ! ». C’est un des premiers principes que j’ai choisi d’adopter, il fait partie constitutive de qui je suis. Plus jamais les crimes nazis, plus jamais l’incendie de Dresde, plus jamais Hiroshima et Nagasaki, plus jamais les déchaînement de violence et viols massifs commis par les armées d’URSS dans leur conquête de l’Allemagne.

L’élection « démocratique » du nazifasciste Bolsonaro en 2018 au Brésil, est un échec de la partie de ma génération qui s’était engagée dans ce combat du « plus jamais ça ! ». C’est aussi un échec personnel, une lourde et pénible coresponsabilité.

 

 

Avec le fascisme, le nazisme, avant toute massification dans un mouvement politique, il est question d’un comportement inhumain individuel envers des êtres humains ou d’autre vivant. Il est question de cruauté, de sadisme. Insensibilité totale ou jouissance perverse, peu importe pour celui qui subit la souffrance volontairement infligée. Comme le disait si bien Deleuze, tout grand mouvement fasciste est composé de tous ces micro-fascismes que chacun porte en soi. Le fascisme comme sa branche nazie peuvent changer de forme, ils ne changent pas de nature : une inhumaine cruauté lâchement justifiée une massification de ces micro-fascismes. Des masses d’Allemands humiliés par les Alliés pour leur défaite de 1918, réduit à la misère par la dette odieuse que leur impose les vainqueurs de la guerre. Ces masses, nazifiées, se voient requalifiée d’élite, libres de laisser libre court à leur haine, à leur ressentiment, elles déchaînent leur violence contre les plus faibles de ce moment de l’histoire, requalifiés eux d’infra-humains. Ce que provoque volontairement les USA aujourd’hui au Venezuela, avec leurs sanctions économiques, c’est la même chose, l’infra-humanisation préalable, par privation des moyens de la dignité, de l’ennemi à abattre, le peuple chaviste autant que Maduro, et peu importe que souffre, dommage collatéral, ce peuple métis en général, il ne fait de toute façon pas partie des Élus.

Alors oui, j’ai mal aussi pour les juifs parmi les personnes cibles de cette abjection, ni plus, ni moins que pour chacune des victimes, 60 millions de morts et combien de survivants marqués à jamais, de cette guerre, dont les raisons ne nous sont pas expliquées dans les livres d’Histoire. Qui a subsidié les nazis ? Pour quelles vraies raisons ? Qui les a utilisé après la guerre ? Comment le mouvement nazi s’est-il transformé en mouvement mondial depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ? Quel est le degré d’unification, de coordination, de coopération entre ces différents mouvements qui sévissent aujourd’hui à Kuala Lumpur, Kiev, Stockholm, Houston, Santiago de Chili, Mexico et des dizaines d’autres pays de la planète ? Ceux qui veulent changer le cours de l’histoire pour un monde plus doux, plus tendre, bienveillant et amoureux de la Vie, ne peuvent faire l’économie de la connaissance de ces processus, l’histoire des fascismes, du nazisme depuis son apparition il y a environ un siècle jusqu’à nos jours. Cette logique de surhomme qui est surtout une déshumanisation.

 

Et j’en reviens à Walter Rauff, qui nous donne un chemin parmi d’autres de cette filiation entre nazis et néonazis.

 

En 1943, après un séjour en Tunisie, W R arrive à Rome où il entre en contact avec le Saint Siège et les Services Secrets des USA, l’OSS ancêtre de la CIA, basés en Suisse. Un autre chapitre mystérieux de cette histoire du nazisme. Rauff n’est pas le seul nazi qui collabore avec l’OSS et son chef Allen Dulles. Allen et son frère Foster sont des incarnations des liens, entremêlements et subordination des Services Secrets US avec les Corporations. Ces mêmes Corporations qui après avoir promu, subsidié, armé, habillé Hitler et les nazis, ont organisés des dizaines de coups d’états et guerres, assassinats sélectifs, opération de terreur en Amérique Latine, et ailleurs, mais cela c’est la suite de la même histoire.

A la fin de la Guerre, les USA lui permettent de travailler avec l’état major Syrien. Après quoi il devra coopérer avec les israéliens qui veulent connaître les secrets de l’armée syrienne et l’état d’avancement de leurs recherches nucléaires. Et enfin, grâce à Alois Hudal, évêque pro-nazis du Vatican qui dirige (avec la complicité d’agents corrompus de la Croix Rouge) une filière d’expatriation de SS vers l’Amérique Latine, il débarque d’abord en Équateur. Il va y travailler dans diverses entreprises Allemandes et Étasunienne, avant de rejoindre ses fils qui sont élèves dans une école militaire du Chili. A côté de boulot en entreprises, il y travaillera pendant 5 ans pour les Services Secrets Allemands. Après le coup d’état il collaborera avec le régime de Pinochet et sera instructeur de la DINA, la police politique de la dictature chilienne. Les cours se donnent à Colonia Dignidad, une colonie fondée par des immigrants nazis au Chili, un de ces lieux d’ensemencement des mauvaises graines nazies après l’essaimage. Un lieu que fréquente également Joseph Mengele et autres nazis notoires.

 

J’ai choisi parmi tant d’autres similaires, le parcours de Rauff, parce qu’il est particulièrement illustratif de tous ces éléments qui viennent contredire l’histoire officielle qui voudrait que le nazisme ait été éradiqué à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Illustratif aussi des alliances hybrides qui jalonnent l’histoire de l’anticommunisme (voir par exemple 40 ans d'ingérence israélienne en Amérique Latine). Des histoires comme celle-ci, il y en a des dizaines de variantes. Des nazis ont été collaborateurs, conseillers, instructeurs de torture, paramilitaires dans toutes les dictatures militaires imposées par les USA en Amérique Latine. Ils y ont fondé des Colonies (Argentine, Brésil, Chili, Paraguay, Media Luna bolivienne...) et créé des réseaux, ils ont interagi avec leur émules locaux, il y ont procréé et y ont fait du prosélytisme… Ils ont travaillé avec la CIA complice de leur évasion, soucieuse de ne pas laisser se perdre leurs connaissances pratiques, si utile pour la lutte contre le Communisme. Ils ont travaillé avec le Mossad en AL à l’éradication du communisme latino. Et regardez le monde aujourd’hui… Leurs héritiers sont là, parmi nous.

 

 

Je fais beaucoup de recherches sur ce thème et d’autres, le problème c’est que l’immense majorité de mes sources sont en espagnol et que synthétiser-traduire, ce n’est pas possible, il faudrait que j’ai comme le Professeur d’Université et analyste mexicain Jalife une équipe de chercheurs avec qui collaborer. Je prends le géopoliticien Jalife comme exemple à dessein, puisque AMLO, depuis un peu plus de cent jours président du Mexique est aussi un « sujet d’intérêt général »… Je ne sais pas si c’est un scoop en français, mais Trump ne veut pas construire un mur, il veut en construire trois, le deuxième au Sud du Mexique dans les Chiappas et un troisième au Nord de l’Amérique Centrale. Les maîtres d’œuvre de ces construction de mur seraient… israéliens. Ce qui va dans le sens de mon hypothèse  : Trump qui a pour volonté exprimée de s’en prendre à toute l’Amérique Latine, gouvernements et/ou peuples, socialo-communiste, sait très bien que cela provoquera d’immenses vagues de migration. On le voit bien avec le cas du Honduras, depuis le coup d’état de 2009, destiné à « rétablir la démocratie » dans le pays, la population prise dans la misère, entre terrorisme d’état et violence de rue fuit le pays qui comme le voisin Salvador se retrouve en état de guerre. Les Maras, bandes violentes, de jeunes originaires des USA, sèment la terreur en Amérique Centrale (illustration, en français, au Salvador). Imaginez ce que l’on peut ressentir dans une ville dont des quartiers entiers seraient occupés par Al-Qaida, c’est pas le même phénomène bien sûr, mais les sponsors et promoteurs originaires, ainsi que la terreur si, ce sont les mêmes. Être en permanence en risque de prendre une balle perdue, de se faire agresser, enlever, violer, exécuté ; emprisonné et torturé pour la résistance, c’est la Terreur.

Mettre l’Amérique Latine, comme l’Afrique et autres Régions à feu et à sang, les plonger dans un primitivisme d’infra-humanisation, c’est un des paradigme du Pentagone (Le projet militaire des Etats-Unis pour le monde. Le nouveau paradigme), de ceux qui semblent incroyable de cynisme mais dont la progression se vérifie, malheureusement, chaque jour, sur le terrain.

 

Mais je reviens au Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) actuel président va-t-il réussir à redresser la barre d’un pays pillé par les transnationales et livré à la violence des forces de répressions privées ou publiques à la solde des Corporations, des cartels et autre pandillas ? Le Mexique et le Venezuela sont aujourd’hui les deux grands fronts de la lutte contre l’ingérence US en Amérique Latine… c’est un autre axe de recherche…

 

Je continue à suivre quotidiennement l’enchaînement des événements au Venezuela et les prises de position des acteurs impliqués dans ce conflit qui conjugue une multiplicité de composantes des jeux politiques à différentes échelles. Depuis les relations de terrain entre voisins dans un pays où la polarisation politique est exacerbée par les sales jeux d’une « société civile » made in USA, et ceux d’un régime discriminatoire du parti au Pouvoir qui ne considère comme citoyen à part entière que la partie de la population qui le soutien (et vote pour lui). La bonne nouvelle, face à l’adversité, beaucoup de voisins se sont organisés indépendamment de toute appartenance ou neutralité politique. Ma question : est-ce que cette population unie par un même refus d’ingérence, de moins en moins confiante dans le régime de Maduro pour les inconditionnels, va réussir à se réorganiser et mettre en échec les Empires qui veulent se partager le Venezuela et ses immenses richesses ?

Implications internationales d’un conflit qui est le point focal des contradictions entre trois empires qui luttent pour le partage du Marché-Monde. La Chine a poursuivit son avancée en Amérique Latine en Afrique, sans rencontrer jusqu’ici de résistance. C’est sa première confrontation de terrain avec les USA pour la main mise sur la même part du gâteau terre.

 

Que veulent les USA ? Que veut la Russie ? Que veut la Chine ? Comment ces conflits d’intérêts s’affrontent-ils sur le terrain au Venezuela. Quels sont les autres points de confrontations ? Maduro a hypothéqué une grande partie des immenses ressources naturelles du pays qui est endetté jusqu’au fin fond de ses profonds puits de pétroles, de ces multiples mines d’or et de coltan. Le plus grand propriétaire potentiel des ressources du Venezuela, c’est la Chine, suivie par la Russie… Dans quelles mesures ? C’est difficile de le savoir, puisque Maduro, à qui des promulgation d’états d’exception sans cesse reconduits confient les Pleins Pouvoirs, règne en toute opacité, ne publie rien à ce sujet, ni concernant tant de thèmes d’importance pour lesquels il prend des décisions et des engagements à long terme, au nom du Peuple !

Il faut ajouter que Maduro a fait allégeance à Xi et à son projet de monde, voir Le voyage en Chine de Maduro Compte-rendu de la conférence de presse du Mardi 18 septembre 2018.

« Moi (Maduro) j’adopte complètement la doctrine de communauté de destin unique pour l’humanité qu’a exposé le Président Xi Jinping […] je l’assume complètement dans tous ses concepts » Et pour confirmer qu’il s’exprime en toute connaissance de cause, il ajoute une peu plus loin « Et la Chine est un grand exemple, qui veut se faire super-puissance du 21ème siècle. » Depuis, je me suis informée, Xi le dit clairement, il veut que la Chine devienne La Super Puissance Hégémonique du 21ème Siècle, alors que la faction au pouvoir aux USA continue de se battre pour leur projet de Nouveau Siècle Étasunien, et que Poutine (faute de moyens?) reste plus raisonnable, il veut une part congruente du Marché pour les Corporations Russes et une codirection du Nouvel Ordre Mondial.

 

 

 

Le fantoche de Washington, Guaido annonce des manifestations pour la semaine qui vient. Le but : s’emparer du Palais Présidentiel de Miraflore avec l’aide des militaires US s’il le faut. Et non, les militaires vénézuéliens n’ont pas cédé à ses chants de sirène, et seule une toute petite partie du peuple le soutien. Logique il n’arrête pas de se réjouir du succès des sanctions et de l’intensification des pressions (souffrances) auquel la déstabilisation US soumet les habitants du pays, alors que se multiplient les déclarations de politiciens et autres notables de l’opposition qui se démarquent résolument de cette stratégie d’ingérence. Ils ne veulent pas de sanctions dont la première victime est la population. La chute du régime illégitime oui, mais pas au prix d’une intervention étrangère qui confisquerait le Pouvoir et le pays.

 

Le pays est pour la plupart du temps privé d’électricité et d’eau courante depuis plusieurs semaines, parfois dans sa totalité. J’ai confronté les deux thèses : acte de terrorisme sous égide US ou conséquence de l’abandon de l’entretient des circuits par Maduro, corruption et incompétence du régime. Si vous suivez au quotidien ce qui se passe au Venezuela, vous savez que les coupures d’électricité et le manque d’accès à l’eau sont des phénomènes locaux, régionaux récurrents qui ne cessent de gagner en intensité au cours des dernières années. Chaque jour, il y a dans le pays, plusieurs manifestations de voisins mécontents qui réclament par manque d’eau, parce que l’eau qui leur parvient est de mauvaise qualité, parce qu’ils subissent des coupures prolongées et/ou récurrentes d’électricité… Des enquêtes ont mis en évidences des détournement de fond destinés à l’entretien du système, ainsi que l’incompétence de ceux qui en ont la responsabilité, mais confirmé par un des derniers discours de Guaido… il semble bien que cette fois-ci la dite « opposition » a donné un coup de pouce, pour parvenir à un effondrement total du système, puisque le fantoche insiste sur le fait que tant que Maduro restera au pouvoir les failles se multiplieront, les attaques s’intensifieront, et que dès qu’il quittera le pouvoir, le système se rétablira et tout rentrera dans l’Ordre. Un chantage en quelque sorte…

 

Et la je termine cette revue sur un sujet d’importance, la 5G. Et pour une fois je suis tout à fait d’accord avec Trump : laisser la Chine maître de ce système hyper-centralisé de contrôle total des populations et de leur mode de vie, c’est du délire. C’est comme de se livrer à un ennemi pied et poing lié. Ennemi, j’ai un immense respect pour Xi, pour son intelligence et la détermination sans faille qui lui ont permis de gravir étape par étape le chemin du pouvoir. Mais son projet de monde me fait froid dans le dos, et dans la mesure où il me concerne, où il concerne mon pays, l’Europe, le Monde, je le considère comme un ennemi valable. Souveraineté Populaire et auto-organisation, auto-détermination des habitants contre impérialisme et autoritarisme sous toutes les formes qu’ils peuvent adopter, c’est le monde dont je voudrais qu’il devienne avenir d’une humanité enfin réconciliée avec elle-même. Savoir que je n’en serai pas contemporaine, ne veut pas dire que je ne continuerai pas à défendre ce projet de monde et ceux qui le partagent. Et qui chaque jour meurent en raison de leur résistance en défense de la Vie, de sa spontanéité, son inventivité et de sa diversité...

Et donc, forcément, je suis contre le principe de l’hyper-centralisation, l’exemple de la faille électrique du Venezuela illustre parfaitement ce qui arrive quand un pays centralise sa distribution d’électricité et que le contrôle ou hacking des points centraux G chinoise s’installe en Europe, inconscience ou collaboration de nos mandataires abuseurs ? Dans un monde sur pied de guerre, alors que paradent des armées des Empires capables chacune d’en finir plusieurs fois (une suffit) avec la totalité de la planète… décentraliser me semble sage. Mais cela ne convient pas au Nouvel Ordre Mondial, ni dans sa version US (de plus en plus brutale), ni dans les versions plus raisonnables (Poutine) et améliorées (Xi Jinping), qui a pour fondement le contrôle absolu des comportements des populations par un commandement centralisé.

Fin de la revue qui n’est qu’un très bref aperçu de la quantité d’infos que j’ai engrangée au cours des dernières semaines… je repars… au Mexique.

 

Anne

 

 

 

 

 

 

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.