31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 13:46

 

Règlement Européen sur les semences : La biodiversité mise sous contrôle pour ouvrir le marché aux brevets

 
 


Le Réseau Semences Paysannes est reconnu d'intérêt général.









Réseau Semences Paysannes
Biodiversité des semences et plants dans les fermes
3, avenue de la gare
47190 Aiguillon
Tel : 05 53 84 44 05
Fax : 05 53 84 69 48
Mail: contact@semencespaysannes.org
Site internet : www.semencespaysannes.org


À Aiguillon, le 7 mai 2013
Règlement Européen sur les semences :
La biodiversité mise sous contrôle pour ouvrir le marché aux brevets
La Commission Européenne a adopté lundi 6 mai trois nouveaux règlements sur les semences, la santé des plantes et les contrôles, désormais soumis au Parlement et au Conseil européens. Au prétexte de simplification, de défense de la biodiversité, et de protection de la santé des plantes, cette proposition place toutes les semences sous le contrôle direct des titres de propriété de l'industrie : Certificat d'Obtention Végétale et brevets.
Le Réseau Semences Paysannes dénonce cette agression violente contre le droit des agriculteurs, des jardiniers, des consommateurs et des générations futures d'accéder librement à l'immense biodiversité végétale généreusement offerte par le travail de centaines de générations de paysans.

Ce hold-up sur les semences est soigneusement caché sous des centaines de pages de jargon réglementaire. L’office communautaire qui délivre les titres de propriété industrielle sur les variétés (Certificat d'Obtention Végétale) sera directement chargé du catalogue qui conditionne l'accès au marché des semences ; le marché sera désormais ouvert aux variétés et aux plantes brevetées ; les industriels pourront organiser eux-mêmes le contrôle de leurs semences, mais aussi de celles que les agriculteurs prélèvent dans leurs propres récoltes, pendant que des contrôles bureaucratiques insensés interdiront de fait aux agriculteurs d'utiliser et d'échanger leurs propres semences et restreindront l'accès au marché des semences traditionnelles, locales et biologiques.

Cette bureaucratie et le coût des contrôles risquent de réserver aux seules variétés et semences brevetées l'ouverture du marché à la biodiversité que constituent les nouvelles « variétés hétérogènes » et de restreindre à la portion congrue les nouvelles variétés de niche dont les semences pourront être commercialisées sans enregistrement au catalogue.
Le Réseau Semences Paysannes appelle l'ensemble des citoyens à interpeller leur gouvernement et leurs élus européens pour qu'ils révisent en profondeur ces nouveaux règlements, pour qu'ils n'abandonnent pas à la Commission mais définissent eux-mêmes leurs modalités d'application, et pour qu'ils barrent la route au vol de toutes les semences par les brevets. Le respect des droits des agriculteurs et des jardiniers d'utiliser, d'échanger et de protéger leurs semences, et d'avoir accès sur le marché à toute la biodiversité des semences paysannes disponibles, est la première condition du droit à l'alimentation et de la souveraineté alimentaire.
Contacts : Guy Kastler 06 03 94 57 21 ou Patrick De Kochko 06 17 06 62 60

cf. annexe technique en page suivante.
Annexe « technique » : Première analyse synthétique de la proposition de
règlement sur les semences de la Commission Européenne :

1) Ce paquet better regulation est d'abord un immense cadeau à l'industrie

a - Renforcement du contrôle du marché par les droits de propriété industrielle

Les semences de variétés hétérogènes brevetées pourront désormais avoir accès au marché sur la base de décisions (acte délégué) de la commission européenne. La directive 98/44 interdit le brevetage des variétés. L'Office Européen des Brevets ne refuse un brevet que s'il s'agit d'une variété homogène et stable telle que définie par l'UPOV, mais accorde des brevets sur des variétés hétérogènes. Cette proposition de règlement autorise la commercialisation des semences de ces variétés hétérogènes jusqu'à aujourd'hui interdite. Les semences de variétés paysannes hétérogènes sélectionnées et multipliées dans leurs conditions d'utilisation (le champ de production agricole) n'auront pas accès au marché. Seules les populations synthétiques ou les variétés hétérogènes brevetées de l'industrie pourront bénéficier de cet accès au marché.
Les variétés contenant des caractères ou des gènes brevetés pourront accéder beaucoup plus vite au marché sans avoir besoin de passer par les longues multiplications indispensables à l'homogénéisation et à la stabilisation des lignées dans lesquelles ont été introduits ces caractères ou gènes brevetés ;
En quelques années, l'ensemble des semences seront contaminées par des gènes brevetés ou contiendront des gènes "natifs" brevetés, propriété d'une poignée de multinationales détentrices des plus gros portefeuilles de brevets ;
L’Office Communautaire des Variétés Végétales gérera directement le catalogue selon les mêmes procédures que celles permettant d'obtenir un Certificat d'Obtention Végétale (COV), ce qui permet d'inscrire une variété protégée au catalogue sur la base des essais DHS (distinction, homogénéité et stabilité) déjà réalisés pour le COV et d'exclure du marché toute variété non protégeable par un COV, sauf les variétés hétérogènes ci-dessus.
Les obtenteurs disposeront de la liste de tous les paysans producteurs de semences de ferme , ce qui leur permettra de les poursuivre pour contrefaçon s'ils ne leur ont pas versé de royalties ou s'ils ont utilisé des semences de ferme d'espèces non dérogatoires ;
Un suivi électronique de tous les échanges de semences en Europe, détenu par l'administration au prétexte sanitaire, pourra être mis au service des détenteurs de COV et de brevet qui pourront s'en servir pour poursuivre les agriculteurs qui utilisent des semences de ferme de variétés protégées par un COV, des semences (du domaine public ou leurs propres semences paysannes) contaminées par des gènes brevetés ou contenant des caractères "natifs" brevetés ;
Opacité maintenue sur les procédés d'obtention, les brevets et l'origine des ressources génétiques utilisées. Les consommateurs et les paysans, bio ou conventionnels, qui ne veulent pas de plantes génétiquement manipulées par d'autres procédés que la transgenèse (mutagénèse dirigée, fusion cellulaire...) seront obligés d'en consommer sans le savoir. Les sélectionneurs et les paysans seront menacés de poursuite en contrefaçon de brevet sans pouvoir savoir s'ils utilisent ou non des semences brevetées achetées sur le marché ou contaminées dans les filières ou dans leurs champs par des gènes brevetés. Enfin, l'absence d'obligation d'information sur l'origine des ressources génétiques utilisées légalise de fait la biopiraterie ;
b - Les procédures d'accès au marché des semences sont allégées au profit des seuls gros opérateurs. Les auto-contrôles sous contrôle officiel et la multiplication des analyses obligatoires qu'ils entraînent sont une économie pour les gros opérateurs qui commercialisent de gros volumes, mais génèrent une bureaucratie et un coût inabordable pour les petits opérateurs. De plus, ils favorisent la fraude chez les gros opérateurs qui versent des sommes importantes aux organismes certificateurs privés chargés de contrôler leurs auto-contrôles
2) Ce paquet better regulation est une agression directe contre les semences de ferme, paysannes, biologiques, traditionnelles, locales... et les semences destinées à la culture pour l'autoconsommation (jardinage amateur)
Les semences de ferme, paysannes et amateurs, aujourd'hui hors du champ d'application des directives limité aux seules semences commercialisées "en vue d'une exploitation commerciale", seront réglementées.
a - Les paysans producteurs de semences de ferme et paysannes devront s'enregistrer sur une liste que les autorités pourront transmettre aux obtenteurs en vertu du règlement 1768/95 : ils seront de ce fait livrés aux poursuites des détenteurs de COV s'ils n'amènent pas eux-mêmes la preuve qu'ils n'ont pas fait de contrefaçon. Ils devront supporter et payer le coût des contrôles sanitaires et de biosécurité (ils ne seront exemptés que des frais connexes d'enregistrement), ce qui les incitera à abandonner leur activité pour se tourner vers les semences commerciales. Ils devront ensuite enregistrer tous leurs échanges de semences et tenir ces enregistrements à disposition de l'administration. Ils seront de ce fait livrés aux contrôles de légalité de ces échanges dont le statut n'est pas clarifié par la proposition de règlement de la Commission : ces paysans ne sont pas opérateurs au titre de l'article 1 PRM qui limite son objet à la production et à la commercialisation de semences destinées au marché. Ils devraient donc pouvoir bénéficier de l'exonération d'application du règlement au titre des "échanges en nature entre non opérateurs professionnels". Mais ils sont considérés comme des opérateurs professionnels au titre de l'article 3 qui concerne tout matériel de reproduction, qu'il soit ou non destiné au marché. Ils ne pourront donc que :
- soit échanger des semences dans le cadre "d'organisations de conservation de Ressources génétique" agrées par les autorités, sans qu'il soit précisé si la conservation à la ferme est reconnue ou non ;
- soit les commercialiser dans le cadre très restreint et très bureaucratique "des variétés de niche", sous réserve que la Commission publie les actes délégués nécessaires, ce qui risque de prendre de nombreuses années pour n'aboutir qu'à un règlement bureaucratique tout aussi inapplicable que la dernière directive "conservation". De plus, ce cadre les obligera à respecter les contraintes bureaucratiques et les autro-contrôles sous contrôle officiel, inabordables pour les petits volumes.
Ils devront aussi tenir à disposition des autorités un registre indiquant les noms de tous les agriculteurs ou autres professionnels avec lesquels ils ont échangé des semences.
b- Les artisans semenciers bénéficieront de quelques nouveautés :
- variétés de conservation. Si les limitations quantitatives et géographiques de commercialisation disparaissent (ce qui est un progrès), ces variétés devront toujours être stables, relativement homogènes et anciennes (commercialisées avant entrée en vigueur du règlement). Les variétés de conservation qui ne peuvent pas être maintenues ni reproduites dans leur région d'origine (la majorité des légumes qui viennent d'autres continents que l'Europe), ou qui n'ont pas de région d'origine déterminée, devront être enregistrées comme variété standard ou disparaître ;
- variétés hétérogènes, sous réserve que la Commission publie les actes délégués nécessaires, sans imposer des mesures bureaucratiques accessibles aux seules semences brevetées ;
- les variétés de niches peuvent constituer une réelle ouverture si la bureaucratie, les analyses et les autocontrôles sous contrôle officiel, inabordables pour les plus petits opérateurs et pour les petits volumes ne viennent pas annuler l'avantage de la non obligation d'enregistrement au catalogue. L'obligation d'enregistrer non seulement l'origine de tous leurs achats, mais aussi le nom de chaque acheteur de leurs semences parait totalement irréaliste
c- Les semences biologiques peu homogènes et peu stables seront toujours interdites, sauf évolution favorable de la fenêtre des variétés hétérogènes ?
Les citoyens européens doivent maintenant exiger de leurs élus européens et de leurs gouvernement :
- d'ouvrir largement l'enregistrement de variétés hétérogènes à toutes les espèces à condition d'y interdire l'inscription de toute variété contenant des plantes brevetées sous quelle forme que ce soit,
- ou d'obtenir dans le même temps l'interdiction de tout brevet sur les plantes, les semences, les portions de plantes...
- de rendre obligatoire lors de l'enregistrement l'information sur les procédés d'obtention et de sélection, sur tout titre de propriété industrielle et sur l'origine des ressources génétiques utilisées ;
- de garantir le droit des agriculteurs à la protection des informations à caractère privé, notamment celles concernant le choix de la semence utilisée ;
- d'ouvrir la commercialisation sans enregistrement obligatoire d'une part à toute semence non OGM commercialisée en vue d'une exploitation non commerciale (amateur...), d'autre part à toute remise directe de semences non OGM par le producteur (ou avec un intermédiaire au maximum à condition que le nom du producteur et sa région de culture soient indiqués sur chaque lot) au cultivateur final (y compris professionnel),
- ou monter le plafond de chiffre d'affaire tout en fermant l'accès aux producteurs de semences brevetées ;
- de reconnaître la sélection, la conservation et la gestion dynamique in situ à la ferme et les droits des agriculteurs qui en découlent d'utiliser et d'échanger librement leurs semences de ferme et paysannes, sans obligation d'enregistrement ni contraintes autres que celles concernant les organismes de quarantaine ;
- d'adapter les contraintes sanitaires, environnementales et de biosécurité aux semences biologiques ;
- de maintenir un service public d'enregistrement et de contrôle à la portée de tous les petits opérateurs qui en ont besoin ;
- de ne pas abandonner à la commission européenne, mais de contrôler eux-mêmes les modalités d'application de ce règlement, en toute transparence vis à vis du public.
Vous pouvez télécharger ce communiqué de presse en cliquant ici
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Published by Anne Wolff - dans Gardiens des Semences
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 13:17

 

 

Le titre de l’article relayé est un peu à côté de ma plaque…. Les emplois nous n’en avons que faire, ils appartiennent à un monde dont nous ne voulons pas, ce dont nous voulons c’est d’une vie active, créative et dont les productions enrichissent la communauté des habitants et pas les parasites-accapareurs.

Un changement de paradigme aura la paysannerie comme avant-garde ou  - d’une manière ou d’une autre notre Terre sera plus que jamais celle des exploiteurs, spécialistes des OGM, fromage de synthèse, nanobouffe et autres poisons.

C’était le propos de ce blog au départ de défendre ce droit à la vie simple et aussi le droit à disposer de la terre pour la bien traiter, bref d’y apposer son empreinte écologique positive… laisse cet endroit dans un état meilleur que tu ne l’as trouvé en arrivant.

Manque de bol, c’est bien cela aujourd’hui qui est subversif… vouloir vivre simplement, libre et heureux en faisant un boulot qui est un plaisir sans patron pour vous ponctionner les fruits de votre travail, mais en pouvant filer une caisse de légumes gratuite à qui en a besoin, sans se casser la tête.. normal !

 Il y a un obstacle de taille, les accapareurs de planète sont en train d’éradiquer l’agriculture paysanne traditionnelle, celle des jardiniers de planète.

Lu hier : Le prix moyen mondial de la terre agricole a augmenté de 1200% depuis 2000. (La narco-démocratie et les élections présidentielles au Paraguay)

 Et les expulsions se poursuivent à un rythme croissant. Alors que les terres communes se voient privatisées, clôturées, interdites au « public », une fois débarrassées de leurs habitants, une partie d’entre elles est réaffectée au « tourisme écologique »…. Leur écologie, pas mon écosophie. Dans mon monde on ne fait pas de tourisme, on voyage, et même beaucoup, de manière à ce que les habitants de la Terre rencontrent leurs voisins du bout du monde et découvrent et échangent et partagent.

Ce monde que depuis des siècles les Inquisitions assassinent et qui refuse de mourir puisqu’à chaque génération des légions se lèvent qui en reprennent le flambeau. Jusqu’à l’affrontement final qui est proche. Avec la paysannerie à l’avant-garde des luttes pour la survie de l’humanité. Et ceux pour qui une alimentation saine est une des fondations de la bonne vie. Et que cela une agriculture paysanne ancrée dans des millénaires de traditions, adaptées aux conditions locales est seule à même de donner toute en étant plus productive et en contribuant au refroidissement de la planète.  Et bon, une partie de nos ascendants ce sont battus pour que nous puissions un jour faire du travail un plaisir sans contraintes hiérarchiques. Et il y a assez de gens qui ont envie de faire ce métier par goût pour que la Main d’œuvre ne soit pas un problème, le problème aujourd’hui c’est l’accès à la Terre confisquée au profit une agriculture nocive, couteuse en énergie, destructrice des territoires et dont les profits vont à des parasites fortunés qui maintiennent le plus souvent les travailleurs dans des conditions de semi-esclavage.

Planète-jardin contre planète-usine. C’est l’enjeu. Les usines aujourd’hui n’ont plus grand besoin des humains, les robots et autres machines conviennent mieux la corporation des transnationales rachète la Terre, les moyens de production, vide nos poches jusqu’au dernier sous (et plus par la généralisation des dettes) et les parasites sont en plus eugénistes.

 

 

Manger local créerait 600 000 emplois

 

Sur IDEALMAG

Rédigé par Terre de Liens Normandie le Mercredi 3 Avril 2013 | Lu 3641 fois

Nous relayons cet article pour l'importance qu'il représente pour notre agriculture comme pour l'emploi.

Terre de Liens Normandie lance "Le Convertisseur alimentaire"
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Ce calculateur permet d’évaluer le nombre possible de nouveaux paysans si l’on passait à une politique d’alimentation produite localement.

Et si on décidait de protéger la terre agricole par notre alimentation ?

"Depuis 2003, Terre de Liens a accompagné (ou est en cours de finaliser) l'installation ou la consolidation de l'activité de 140 fermiers au travers de 87 fermes acquises (ou en voie de l'être) représentant 2 744 ha de terres protégées par un Bail Rural Environnemental, avec 52 maisons et 189 bâtiments grâce à l'utilisation de 20,1 M € d'investissements solidaires. (...) C'est la preuve que des citoyens et citoyennes solidaires peuvent contribuer à la création d'emplois agricoles de proximité. C'est la preuve que nous pouvons faire de ce que certains appellent « des contraintes environnementales », un atout à l'origine d'une richesse protectrice des terres agricoles grâce à la généralisation de l'agriculture biologique et paysanne. " Texte du site : http://convertisseur.terredeliensnormandie.org


On pourrait décider de se rendre solidaires des paysans et paysannes (qui souhaitent explorer et construire un véritable développement alimentaire soutenable...) en généralisant le commerce alimentaire équitable de proximité; un commerce qui permette à cette profession (et aux activités qui lui sont liées) de retrouver une vraie autonomie face à des marchés mondiaux dont ils ne maîtriseront probablement jamais la régulation.

Et si on développait notre citoyenneté économique créatrice d’emplois, partout, maintenant, pour montrer qu’elle est bien plus qu’un concept mais bien un acte probant, qui montre aux dirigeants de tous nos territoires et de tous bords politiques les voies possibles pour une économie agricole et alimentaire réellement soutenable, qui conteste aussi, en actes, le manque de légitimité sociale de l’actuelle PAC alors qu’une autre PAC est possible...

-1 187 847 : c’est le nombre (minimum !...) de paysans et paysannes (installé-e-s en bio) que nous devrions avoir en France (contre moins de 500 000 actuellement...) si tout le monde mangeait local.

-22 963 759 : c’est le nombre d’hectares de Surface Agricole Utile (SAU) que nous pouvons protéger de nombreux mésusages grâce aux nouvelle Dynamiques de Développement Économique par l’Alimentation Locale (new-DDEAL...).

Ce sont également autant de terres agricoles soustraites à la compétition économique alimentaire mondiale qui ruine les possibilités d’auto-développement et de souveraineté alimentaire des pays "dits" non ou peu développés.

-17 193 800 : c’est le nombre d’hectares de SAU nécessaires pour se nourrir localement si nous faisons évoluer notre régime alimentaire en diminuant notre consommation de viande rouge au profit de la viande blanche et des protéines végétales.

-5 769 959 : c’est la surface agricole que cette évolution progressive vers un régime alimentaire moins carné pourrait dégager ; autant de terres agricoles que nous pourrions alors destiner aux autres fonctions "oeconomiques" (se loger, se vêtir, se chauffer, etc.). Celles dans lesquelles il nous faut investir et innover pour réaliser la nécessaire transition agricole telle que la dessinent certains scénarios d’alter-développement comme Afterre 2050.

Terre de Liens Normandie vous invite donc à calculer le nombre de paysans que vous pouvez soutenir et installer près de chez vous et à passer à l’action solidaire et écologiquement responsable ici et maintenant.


Source : Convertisseur Terre de Liens Normandie

Ecouter par ailleurs : Qu’est-ce que Terre de Liens ?
Via 

CAP 2012



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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 11:14

 

 

 


Joao Paulo Rodriguez, de la direction nationale des Sans Terre : "Nous sommes persécutés et criminalisés parce que l’agro-business est hégémonique."

Joao Paulo Rodrigues

Joao Paulo Rodrigues

Entretien réalisé par Gerardo Elorriaga

A côté des immenses routes brésiliennes campent plus 150.000 familles paysannes qui aspirent devenir propriétaires d’une petite exploitation. Le Mouvement de Travailleurs Ruraux sans Terre (MST) soutient cette revendication des travailleurs agricoles (journaliers, précaires, saisonniers, etc.) depuis sa création il y a trois décennies. Aujourd’hui, cette organisation est devenue un des mouvements sociaux les plus importants de l’Amérique «latine». Il poursuit sa lutte dans un contexte encore plus complexe et mondialisé, dans lequel convergent d’énormes intérêts économiques et des affrontements sociaux d’ampleur. Joao Pablo Rodrigues Chaves, membre de la Coordination nationale du MST, vient de recevoir le prix Paix et Réconciliation 2013 de la mairie de Guernica [ville bombardée le 26 avril 1937 par les troupes franquistes et nazies et dont Picasso a peint un tableau entre mai et juin 1937], pour récompenser une lutte qui s’est vue entravée par la répression étatique et des assassinats «clandestins», par des malfrats au service des grands propriétaires.

Le conflit social se poursuit dans la campagne brésilienne. Au cours de ces trente dernières années, les progrès se sont-ils consolidés ou la situation s’est-elle aggravée?

Joao Pablo Rodriguez – Le MST a été fondé au cours d’une période de dictature [1964-1985; le MST a vu le jour officiellement en 1984 mais s’est développé au cours des années 1970], et pour nous, la consolidation d’un processus démocratique et les conquêtes économiques, tout comme la politique de crédits agricoles, l’introduction de l’énergie électrique ou l’éducation, constituent des avancées importantes pour les paysans,.

Pourtant, la concentration de la propriété s’est accentuée au cours de ces dernières décennies?

Les transnationales, qui achètent des terres pour les affecter à la monoculture d’exportation, constituent un nouveau facteur. Elles cultivent de la canne à sucre pour la production d’éthanol dans l’Etat de São Paulo ou dans le Nordeste du pays; ou plantent des eucalyptus pour faire de la pâte de cellulose à l’aide de capitaux finlandais ou de l’Asie du sud; ou encore se consacrent au marché du soya dans le centre ouest du pays.

Monsanto [un des deux grands groupes, avec Syngenta, des «sciences du vivant» dans l’agro], Bunge [transnationale du grain d’origine bréslienne, Bill Gates [fondateur de Microsoft], George Soros [fonds Quantum] et beaucoup d’autres sont entrés dans ce marché.

L’agriculture brésilienne est-elle un exemple de mondialisation commerciale?

Le capital transnational a pénétré dans notre pays à la recherche de possibilités d’investissements sûrs et rentables au cours d’une période de crise économique récurrente. Toute l’exportation de grains (blé, maïs, etc.) – sans mentionner le soja,  cette légumineuse – est répartie entre cinq ou six firmes. La production de viande est captée par trois chaînes frigorifiques. Ce phénomène nous met dans une situation très compliquée, car nous devons faire face non plus à un latifundiste local, mais à une grande entreprise transnationale dont le siège se trouve à New York ou à Helsinki.

Les gouvernements «progressistes» de Lula da Silva et de Dilma Rousseff soutiennent-ils ce développement ?

Dans la mesure où le modèle de développement brésilien est fondé sur le soutien à l’investisseur étranger, on peut dire que Lula a été le père des pauvres et la mère des riches. Le Brésil consacre en effet 2000 millions de dollars (1535 millions d’euros) à des prêts, des subsides pour des infrastructures ou des incitations pour les paysans, alors que les entreprises agro-industrielles disposent de 120.000 millions. Par exemple, le soya destiné à la consommation interne est soumis à l’impôt alors que celui destiné à l’exportation en est exempté.

Il y a une année trois de vos représentants ont été assassinés. Qui tue au Brésil?

C’est celui qui possède la terre qui tue. Les grandes entreprises sont très modernes, leurs plantations de São Paulo disposent de la technologie la plus récente, mais le même groupe peut posséder une exploitation tout à fait archaïque, avec un système d’esclavage et des milices armées à Maranhao, au nord-est du pays. Nous avons également des problèmes avec la police locale qui est dressée contre nous. Nous sommes persécutés et criminalisés parce que l’agro-négoce est aujourd’hui hégémonique. Ils considèrent les paysans sans terre, les indigènes, les syndicalistes et les écologistes comme étant les «méchants», les ennemis.

Est-ce que des fléaux comme l’esclavage et le travail des enfants persistent?

Ils persistent parce que l’agriculture est mixte. Il y a celle qui est moderne et celle qui est fondée sur le travail bon marché d’une main d’œuvre privée de droits. Cette agriculture détruit aussi les forêts et fait pression sur les petits propriétaires [ou ceux qui ont occupé des terres et les ont défrichées: posseiros] pour qu’ils vendent leurs terres. Dans leurs exploitations isolées, les travailleurs sont obligés de payer le logement, la nourriture et les vêtements. L’année passée, 2000 personnes qui se trouvaient dans cette situation [de travail forcé et de «consommation» contrainte] ont été libérées.

Est-ce que le pays est conscient des risques que pose cette monoculture intensive, non seulement sur le plan économique mais également sur le plan sanitaire, à cause de l’utilisation massive de pesticides qu’elle exige ?

Non. Le Brésil est le plus grand consommateur de produits agro-toxiques du monde, avec une moyenne de 5 kg par personne, soit presque cinq millions de kilos annuels. Le phénomène est très grave, car ces produits sont répandus par avion, ce qui affecte la santé des êtres humains. On fumige les pâturages et les cultures de soya, de maïs, d’eucalyptus, mais la production de haricots, de manioc ou de fruits comme la mangue stagne. Les prix des aliments sont les plus hauts d’Amérique latine, celui des tomates a augmenté de 150%, les rendant plus chers que la viande.

Ce modèle de développement est-il viable ?

Ce modèle n’est pas soutenable. Les pays émergents ont besoin de nouveaux procédés de production. Actuellement on n’investit avant tout dans la technologie destinée à la production de biodiésel. Nous sommes en train de perdre la souveraineté alimentaire; les paysans migrent vers les villes et les grands capitalistes veulent exploiter l’Amazonie pour en extraire le fer et d’autres ressources minérales et «biologiques». Nous allons avoir d’énormes problèmes sociaux et écologiques.

La classe politique ne semble pas avoir conscience des risques encourus, mais qu’en est-il de la société ?

On est conscient du fait que le pays s’enrichit face à un monde en grande partie en crise, qu’une dite classe moyenne réclame de bons logements, des voitures, des télévisions et des frigos… à crédit. La population brésilienne se concentre en cinq grandes villes: São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Fortaleza et Salvador. Elle se soucie bien peu de ce qui peut arriver au Mato Grosso ou dans l’Amazone, même si la production agricole, au sens large, reste le grand moteur économique du pays. Actuellement l’augmentation des cas de cancer préoccupe beaucoup, mais il n’y a pas de débat sur les causes de cet accroissement [liés à de nombreux facteurs dans le monde rural comme dans l’enfer urbain à la São Paulo]. «On» pense en termes de croissance économique mais non en termes développement social; les risques encourus ne sont pas appréhendés ou alors ils sont niés.

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Le contexte socio-économique du Brésil de la terre

Exportations agricoles: le Brésil occupe la troisième place à niveau mondial, après les Etats-Unis et l’Union européenne [la France en particulier].

Contrôle des terres: 50% de ses 65 millions d’hectares labourés se trouvent entre les mains de grands groupes économiques, et 54% des cultures sont transgéniques.

Superficie cultivée: les exploitations dépassant les 100’000 hectares ont passé de 22 en 2003 à 2008 en 2011.

Membres du MST: le MST compte 2,5 millions d’affiliés et a été [et est] le principal bras de levier pour l’établissement de 500’000 familles sur des terres.

Les victimes: depuis 1985, 1566 personnes ont été assassinées au Brésil, simplement pour avoir défendu leur droit à la terre. Seuls 8% de ces crimes ont été jugés.

Source : http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-entretien-avec-joao-pablo-rodriguez-chaves-dirigeant-du-mst.html

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/25/joao-paolo-rodriguez-de-la-direction-nationale-des-sans-terre-nous-sommes-persecutes-et-criminalises-parce-que-lagro-business-est-hegemonique/

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 10:39

 

 


La terre aux paysans

L’acampamento est le lieu qu’occupent les « sans terres », clandestinement. Lorsque son occupation est légalisée, ce dernier devient un assentamento. Sur l’assentamento  d’« Irmã Alberta »un vent frais souffle ce matin. Dans ses rues, des enfants rentrent de l’école, des chiens errent et  dans l’air une odeur nauséabonde se dégage. 

Un portail en bois refermant une maison hétéroclite qui abrite un couple de personnes âgées  ouvre ses portes. Cette maison de fortune à l’apparence misérable contient tout de même le strict minimum. En effet, malgré le sol bétonné, le toit instable qui laisse passer la lumière, les murs faits en fines planches de bois, la poussière et l’odeur d’humidité, l’habitation est dotée d’un ventilateur, d’un ordinateur et d’une télévision.

Au milieu de l’une des trois seules pièces de la maison, Maria Noémia et Benedicto Ozmar, 60 et 61 ans, sont là depuis  11 ans. Ils se remémorent leurs souvenirs en regardant les photos de l’un de leur 8 enfants parti étudié la médecine à Cuba. L’une de leurs filles habite à proximité avec son mari et ses deux enfants. Ses parents font sa fierté car ce sont eux qui lui ont appris à cultiver la terre, et à en tirer profit. D’ailleurs, le jardin de sa mère reflète sa main verte. Sa parcelle est très diversifiée : safran, menthe, manioc, pommes de terre, avocats et aricu(plante utilisé par les indien pour faire leur maquillages).

Au bout d’une pente, se trouve une autre parcelle appartenant à une autre famille. Iranis, 66 ans et Armindo, 64 ans résident aussi ici depuis 11 ans. Assis près de la télé Iranis sourire aux lèvres évoque la nouvelle réforme. En effet, le chemin à été long avant d’acquérir ce terrain. Il était prédestinée à être une décharge et prés de 900 personnes était en attente pour l’obtenir. Mais « Grâce à Dieu », dit-elle, il n’a pas été très long pour elle et sa famille de l’obtenir. Désormais, poules, coqs, oies et porcs se chamaillent dans le jardin sous les yeux du vieux couple. Sa terre aussi est fertile. C’est Armando qui la cultive, elle produit des oranges, des bananes, des citrons, du manioc et des haricots. Elle confirme d’un air heureuse : « cela nous suffit largement pour vivre, il n’y a aucun inconvénient à cette vie ».
Ecrit par Camelia, Inès, Karina et Cassandra. Photos : Mariana

Source : http://voyagebresil2013.blogspot.com/p/lacampamentoest-le-lieu-quoccupent-les.html

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/27/la-terre-aux-paysans/

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 09:10

 

 

Le contre-pouvoir autogestionnaire existe, se porte bien et ne demande qu’à se propager… L’exemple de Marinaleda en Andalousie


Depuis plus de 30 ans, Marinaleda est un phare de l’autogestion en Europe. La commune constitue l’exemple parfait d’un compromis entre une démocratie directe autogestionnaire de tendance anarcho-communiste tout en maintenant en l’ayant considérablement amélioré, les tenants illusoires de la "démocratie représentative". Ceci n’aura plus raison d’être plus tard, mais se doit sans doute d’exister pour être "reconnu" du système "social-démocrate libéral" obsolète.

En effet, si le portrait du Che pend au mur de la mairie de Marinaleda, il convient aussi de rappeler que l’anarchisme et les anarchistes eurent une grande part dans la révolution cubaine et que l’anarchiste Cienfuegos était chef d’état-major des rebelles cubains et que Castro mît un moment à déclarer la révolution "marxiste" comme le souligne cet article que nous avions publié…

Il est grand temps que des Marinaleda fleurissent partout. Le contre-pouvoir autogestionnaire est la solution à la crise systèmique, car il est évident  pour tous maintenant qu’il n’y a pas de solution au sein du système. Il faut en sortir et créer, ensemble, unis, au-delà des divisions factices entretenues par l’oligarchie à seuls fin de faire perdurer ce système capitaliste escroc et criminel.

Marinaleda sur Résistance 71

– Résistance 71 –

 

Acharnement politique et judiciaire contre Sanchez Gordillo et Marinaleda

La terre est aux chevaux et aux ânes qui y paissent…

 

Jean Ortiz

 

28 Mai 2013

 

url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/acharnement-politique-et-judiciaire-contre-sanchez-gordillo-et-marinaleda.html

 

Le secrétaire du Syndicat andalou des travailleurs et député ("Gauche Unie") au parlement andalou est traîné une nouvelle fois devant les tribunaux espagnols, pour avoir, le 24 juillet 2012 et durant l’été 2012, occupé, avec 500 ouvriers agricoles, une grande propriété improductive appartenant à l’armée ("Las Turquillas", 1200 hectares). L’armée y élevait , blague à part, quelques ânes, en attendant d’acheter des drônes…

En Andalousie la terre appartient à ceux qui ne la travaillent pas, qui la possèdent par héritage familial ou vol (après la Guerre d’Espagne, les "vainqueurs" s’approprièrent de nombreux biens de familles "rouges"). L’oligarchie néo-franquiste possède des "cortijos" (propriétés) à perte de vue, pendant que des milliers d’ouvriers agricoles attendent sur la place du village que "el amo" (le maître) vienne les embaucher quelques jours à l’année.

Le syndicat andalou SAT pratique donc la "désobéissance" face à un ordre injuste, et des actions "illégales", mais ô combien légitimes, pour obtenir une authentique réforme agraire. Il occupe les terres oisives… pendant que l’armée espagnole occupe des pays lointains. Pour avoir campé pacifiquement sur un bien du ministère de la Défense , le SAT et Juan Manuel Sanchez Gordillo, son secrétaire général, ainsi que 52 militants , sont accusés "d’usurpation", de "désobéissance, de vol et autres "dégâts", par le Tribunal de Justice d’Andalousie. Le Tribunal évalue les "dégâts" à 794,14 euros… Colossal !! Le millième d’une chasse royale à l’éléphant. Et quel peut être "le prix" des près de 37% de chômeurs andalous ? Le prix des malversations dont se sont rendus coupables le gendre du roi et son infante d’épouse, un temps mise en examen, puis relaxée sur intervention royale dit-on ?

Selon le magistrat instructeur, les manifestants brisèrent une chaîne (quel beau symbole !) pour pénétrer sur cette riche terre où paissent, sur 1200 hectares, quelques ânes et chevaux… Les occupants voulaient y travailler, la faire prospérer… Insupportable "délit d’usurpation" et d’atteinte à la tranquillité des bourrins, leur signifia la garde civile, qui pacifia si bien l’Espagne après la guerre. Les gueux eurent même le culot de mettre un panneau proclamant "Egalité et Terre". Le magistrat en est atterré. La garde civile filma le crime qui sera présenté à la prochaine mostra de Carabanchel (ex-prison franquiste madrilène). Les vandales, se croyant tout permis, installèrent un campement sauvage pour dormir sur place et travailler la terre occupée. Ils utilisèrent même des abreuvoirs comme douches et s’emparèrent d’outils de labour abandonnés par les militaires.

Le 26 juillet, ils firent flamber 18 fagots de paille avec risque d’incendie, sans doute pour fêter l’assaut de la caserne Moncada par Fidel Castro.

Le 7 août, le "tribunal d’instruction numéro un de Osuna" ordonna l’expulsion des intrus, qui refusèrent d’obtempérer pendant 48 heures.

Le capitaine de "l’Institut armé" qui se rendit sur le front, déclara , désarmé, "avoir eu un peu peur" en rencontrant les leaders des rebelles. A Bagdad, il aurait fait dans son froc…

Incorrigibles, le premier mai 2013, les sans terre andalous ont occupé à nouveau le terrain et refusent aujourd’hui de répondre aux questions de la justice ; ils ne se sont même pas rendus à sa convocation. Ne pas se rendre : un impardonnable délit ; un acte de courage qui mérite toute notre solidarité. Les insoumis risquent de lourdes peines… Marinaleda, une utopie concrète.

Jean Ortiz

Disponible : « Marinaleda, l’ardente impatience », vidéo-documentaire de Dominique Gautier et Jean Ortiz).

Vidéo “Marinaleda l’ardente impatience”:

http://www.youtube.com/watch?v=WEV5-KJv4LQ

durée: 11 min 35

Source : Resistance71 Blog | Résistance solidaire au Nouvel Ordre Mondial


 

Notes

Sur le meme sujet :

 

Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en europe

Des paysans occupent la terre en andalousie

Reprendre la terre, des paysans andalous le font !

Andalousie : des centaines d’ouvriers se réapproprient des terres livrées à la spéculation

La terre à ceux qui la travaillent

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 07:49

 

 

Petit rappel salutaire concernant  ce centre de pouvoir que constitue La Cité des Banquiers. Ceux dont l’argent a le pouvoir de façonner le monde.

Je savais que les Rothschild avaient subsidié tant les nazis que les alliés, faisant du monde le terrain de jeu au service de leurs seuls intérêts, mais je ne savais pas que ces pratiques avaient déjà cours à l’ère napoléonienne. On finirait par y croire au complot permanent contre l’humanité mené par ceux qui décident pur d’autres non parce qu’ils auraient des qualités particulièrement appréciables, qu’ils seraient plus intelligents ou compétents, non. Parce que le pouvoir de l’argent dont ils sont le plus souvent héritiers, leur permet de mettre en place un système qui fonctionne pour leur seul Profit, afin qu’eux-mêmes et leurs héritiers puissent continuer à mener leur vie stupide de fanatiques monomaniaques, en débarrassant la terre s’il le faut de la plus grande partie de ses habitants qui à leurs yeux encombrent leur terrain de jeux.

Et pour faire quoi au juste ? Lamentable !!! Le monde livré à des attardés mentaux amateurs de jeux pervers.

 

Oligarchie financière: La City de Londres, le nid de l’hydre à éliminer…

Rien ne se fait dans le monde, du moins pour sûr dans le monde occidental, sans l’aval de la City et son cartel banquier. Son influence sur le politico-économique a atteint son paroxysme et perdure depuis au moins les guerres napoléoniennes lorsque la banque Rotschild finançait les deux côtés de la belligérance. De fait, Wall Street n’existerait pas sans la city de Londres. Wall Street est inféodé à la City et non pas l’inverse. Les Rockefeller et autres Morgan, Warburg etc, sont les agents de la city au "nouveau monde", dans une Amérique soit disant "indépendante" de l’influence britannique. Le cartel des banques privées des banques centrales, incluant la Banque d’Angleterre et leur QG de la Banque des Règlements Internationaux de Bâle prennent leurs ordres à la City de Londres. La couronne d’Angleterre et sa banque sont inféodées à la City de Londres et non pas l’inverse.

La City de Londres est le nid de l’hydre, le mettre à bas serait un bon début…

– Résistance 71 –

 

La City de Londres capitale de la mafia planétaire !

 

Pierre Hillard

 

30 Mai 2013

 

url de l’article original:

http://www.bvoltaire.fr/pierrehillard/la-city-de-londres-capitale-de-la-mafia-planetaire,23788

 

Depuis 2007, la crise ne fait que s’accentuer. La récession s’impose et les États étouffent sous le poids de l’endettement. Cependant, il existe un monde parallèle qui agit comme une sève pour irriguer la gouvernance mondiale en formation : les paradis fiscaux. Ils sont définis par le journaliste économique Nicholas Shaxson comme un « lieu qui se propose d’attirer des activités économiques en offrant à des particuliers ou à des entités un cadre politiquement stable permettant de contourner les règles, les lois et les réglementations édictées dans les autres pays ». Appelés aussi « juridictions du secret », ces paradis fiscaux s’emploient à manipuler les mouvements d’argent internationaux.

On dénombre environ une soixantaine de ces « juridictions du secret » au cœur de la globalisation, qui se subdivisent en trois groupes :
1) Les paradis fiscaux européens comme le Luxembourg, le Liechtenstein ou Monaco ;
2) Les États-Unis, ses États fédérés (en particulier le Delaware) et les dépendances sous influence américaine (les îles Vierges, Panama, …) ;
3) la City de Londres organisée en 3 cercles concentriques : les dépendances de la Couronne (Jersey, Guernesey et l’île de Man), les quatorze territoires britanniques d’outre-mer (les îles Caïmans, les Bermudes, Gibraltar…) et des États entretenant des relations étroites avec l’ancien colonisateur : Hong Kong, Singapour, Dubaï…). Ces centres offshore combinent le secret bancaire et la non-imposition.

La capitale britannique est constituée de deux villes. La première est un vaste centre urbain de plusieurs millions d’habitants dirigé par un maire disposant de peu de pouvoirs. La deuxième est un espace de 3,16 km², appelé « City of London Corporation » ou « Square Mile », subdivisé en 25 quartiers appelés « wards » dont seuls quatre sont réellement habités, tandis que les autres regroupent les bureaux. Dirigée par un Lord-maire, véritable ambassadeur de tous les services financiers, la City est dotée d’un gouvernement (le « Guildhall »). Outre les 9.000 résidents de la City à voter, les représentants d’entreprises (23.000 personnes) ont aussi le droit de vote. Ainsi, Goldman Sachs, la banque Narodny de Moscou ou encore la Bank of China participent à la vie « démocratique » de la City. Ajoutons que des citoyens d’honneur anglais et étrangers appartiennent à ce corps électoral très particulier. Nous pouvons relever les noms de George Bush, Jr. et de Vladimir Poutine. La famille mondialiste est très variée.

La City est un véritable État dans l’État disposant d’un pouvoir total sans avoir de compte à rendre au Parlement de Westminster. Cette politique est rendue possible entre autres grâce au rôle du remembrancer (« remémoreur »), véritable lobbyiste et non-élu, qui est un relais entre la City de Londres et le Parlement anglais. Il est chargé de vérifier que les représentants du gouvernement ainsi que les différents ministères n’élaborent pas de mesures pouvant contrer la toute-puissance et l’indépendance de la City. Il est vrai que celle-ci concentre des intérêts jalousement gardés. Sur ce petit territoire, on trouve près de 550 banques, la moitié des assureurs de la planète — plus que ceux de New York, Paris et Francfort réunis — un volume d’affaires journalier cinq fois supérieur au PNB anglais, la moitié des entrées en bourse dans le monde et près de 80 % des hedge funds (fonds spéculatifs) européens. Comme l’a résumé joliment le député anglais Tony Benn, la City « est une île offshore amarrée sur la Tamise ».

Sachant que la quasi-totalité des investissements internationaux se fait via les centres offshore, en profitant au passage d’avantages fiscaux et de contraintes juridiques bien allégées, les multinationales s’en donnent à cœur joie. Pareille à une araignée au milieu de sa toile, la City de Londres régente tous ces flux financiers. La dérégulation des marchés qui s’est accélérée à partir des années 1980 a conduit à des volumes financiers colossaux transitant dans les paradis fiscaux. Selon l’économiste John Christensen, ils sont évalués à plus de 20.000 milliards de dollars (3). Une telle situation montre clairement que les politiques n’ont plus le pouvoir et que la finance a en main des atouts majeurs pour imposer un monde se rapprochant de l’idéal orwellien.

Vidéo en français sur la city de Londres:

http://www.youtube.com/watch?v=QNf78pfAYsg

Source : Resistance71 Blog | Résistance solidaire au Nouvel Ordre Mondial

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 07:37

 

 

 

Un petit rappel sanitaire de ce qui meut les militants d’extrême-droite, les réalités idéologiques derrière le cordon sanitaire du politiquement correct.

J’ai trouvé intéressante cette remarque : la montée de l’extrême-droite est une conséquence des atteintes à la liberté d’expression, du temps où ses représentants pouvaient dire exactement ce qu’ils pensaient sans censure, personne – ou presque n’avait envie de les suivre.

Je suis assez d’accord avec cela. En plus interdire de dire n’empêche pas de penser que… toute l’histoire démontre que jamais n’a réussi à arrêter un courant de pensée en le faisant taire. Il passe dans la clandestinité et grandit dans l’ombre renforcé par la discipline du silence.


Interdire est un aveu d’impuissance. Celle de rien avoir à proposer de plus convaincant et cela c’est gravissime.

En ce qui concerne la supériorité de l’homme blanc prouvée scientifiquement par le radicalisme, je conseille vivement la lecture de la partie de « La malmesure de l’homme » de Stephen Jay-Gould, en plus c’est drôle, une bouffonnerie. L’autre partie réglant gentiment son compte au QI.

Ses gens n’ont donc rien d’autre d’eux-mêmes à faire valoir que d’avoir à se rabattra sur la couleur de leur peau pour se donner quelque importance ?

DOMINIQUE VENNER

ET LE RENOUVELLEMENT DU RACISME

 

europe action

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Stéphane François et Nicolas Lebourg

 

 

En France, la principale structure qui fit la jonction entre les militants de la Seconde guerre mondiale et les jeunes générations de l’après-guerre fut Europe-Action. Son fondateur, Dominique Venner, est un militant d’extrême droite de longue date1.

En 1956, il devint membre de Jeune Nation, un groupuscule néofasciste fondé par les frères Sidos. Engagé volontaire à dix-huit ans dans les chasseurs parachutistes, il combattit en Algérie entre 1954 et 1956.

Il fut incarcéré à la prison de la Santé de 1961 à 1962.

A sa sortie de prison, il entreprit la prise de contrôle de la Fédération des Étudiants Nationalistes qui servait de cache-sexe à Jeune Nation après que le mouvement ait été deux fois dissout. Il est vrai que Venner a recruté dans le milieu estudiantin dès 1957 un groupe d’une quinzaine de militants et d’une soixantaine de sympathisants actifs.

En 1963, Venner fonda une revue qui fut aussi un mouvement, Europe-Action, aux aspirations déjà métapolitiques, auxquels participèrent d’anciens SS français, dont Jean Castrillo, Pierre Bousquet et Saint-Loup (pseudonyme de Marc Augier), des rescapés de la Collaboration comme Henry Coston, Jacques Ploncard (dit d’Assac) ou Saint-Paulien (pseudonyme de Maurice-Yvan Sicard), des écrivains militants comme l’ethnorégionaliste nordiciste Jean Mabire (qui devint son rédacteur en chef), qui se réclamait dans les années soixante de la SA2, et une jeune garde composée notamment d’Alain de Benoist – secrétaire de rédaction sous le pseudonyme de Fabrice Laroche –, de Jean-Claude Valla et de Pierre Vial

En effet, il s’agrégea autour d’Europe-Action plusieurs animateurs de la FEN, dont ceux qui ont participé à la rédaction du Manifeste de la classe 60, rédigé en juin 1960. Ce manifeste contient divers points qui figureront parmi les thématiques importantes d’Europe-Action : le nationalisme européen, le racialisme et le racisme, l’impérialisme… Finalement, l’équipe de la FEN qui animait la revue Les Cahiers universitaires fonda le GRECE en 1968. Dominique Venner fut l’un des membres fondateurs du GRECE sous le pseudonyme de Julien Lebel.

Europe-Action, nettement fascisant, se démarquait des nationalistes classiques par son européisme. De fait, son importance théorique est fondamentale pour établir la généalogie de l’extrême droite nationale-européenne, néopaganisante et racialiste3.

En effet, « Dans l’esprit de Venner et de ses amis, il s’agit de débarrasser le nationalisme et le fascisme de ce qu’ils ont d’un peu vieillot et de dépassé (l’antiparlementarisme, l’anti-intellectualisme, le patriotisme réduit à l’espace hexagonal), tout en se démarquant du nazisme, soit en admettant comme Bardèche qu’Hitler a “fait des erreurs”, soit en niant purement et simplement les crimes du iiieReich. C’est ainsi qu’Europe-Action accueillera très favorablement la publication en 1964 du Drame des juifs européens de Paul Rassinier, l’un des principaux représentants de l’“école révisionniste”.4 »

Dominique Venner et Europe Action contribuent à extraire l’extrême droite de l’obsession anticommuniste au profit d’un repositionnement racial. Le manifeste fondateur d’Europe-Action estime que tous les nationalistes d’Occident, tous les partisans de « la jeune Europe » doivent s’entraider « autour d’un thème central très simple : lutte contre le communisme et tous ceux qui le favorisent » grâce à un « organisme coordinateur laissant à chacun sa liberté d’action [et qui] devra recueillir les informations et les diffuser aux fins d’exploitation5 ».

« Jeune Europe » et « poumon extérieur » sont deux formules typiques du vocabulaire et de la pensée de Jean Thiriart : il s’agit donc bien de son influence mais avec une reprise a minima du fond idéologique que recouvre cette forme. Très vite, l’évolution d’Europe-Action l’entraîne vers sa position raciale et sa brochure Qu’est ce que le nationalisme ?, lorsqu’elle reprend le paragraphe ci-dessus cité, y apporte de considérables modifications : non seulement ces expressions ne sont plus de mise mais, dorénavant, les nationalistes d’Occident sont les « militants d’une nation blanche » dont le combat ne relève plus du domaine de l’anti-communisme mais de la lutte des races6.

Cette transformation, outre, fait fondamental, qu’elle souligne que dès ses plus lointaines origines la Nouvelle droite connaît des influences de Thiriart, démontre que le refus d’Europe-Action de souscrire au projet de Thiriart et Mosley de créer un parti nationaliste européen intégré, au nom du refus d’une tutelle étrangère, n’est pas d’ordre conjoncturel. Tandis que Thiriart évolue vers un pseudo national-communisme frénétiquement anti-américain, Europe-Action de juin 1964 considère que les Etats-Unis sont au même titre que la France ou l’Afrique du Sud de simples « provinces de cette grande patrie qu’est la race blanche7 ».

Sublimant la nation par l’apologie de la culture et de la race, Europe-Action a connu bien des soupçons de néo-nazisme, repoussés d’une main ferme. Car si Europe-Action se présente sans cesse sous l’angle européiste, son discours accumule néanmoins les ambiguïtés en amalgamant la question de la civilisation continentale à celles de l’Occident et de la lutte des races, le mouvement arguant que l’Europe est « un cœur dont le sang bat à Johannesbourg et à Québec, à Sidney et à Budapest8 ».

Le fait que les jeunes gens qui l’animaient aient attiré à eux les anciens Waffen S.S.Jean Castrillo et Pierre Bousquet ne relève pas de l’anecdote sans valeur, pas plus que sa mention du procès d’intention. Nous pouvons lire dans Europe-Action, dans un numéro concocté par Dominique Venner, cette représentation du nazisme :

« Mouvement populaire allemand qui fut appelé au pouvoir en 1933 sous la direction de son chef Adolf Hitler. En cinq années de paix, déploya une formidable énergie et transforma l’Allemagne, innovant en matière sociale, juridique et économique […]

Il réalisa l’unité allemande et mobilisa le peuple dans une puissante exaltation lyrique. On a pu dire du national-socialisme qu’il fut une dictature de la jeunesse.

À côté d’intuitions géniales, ses erreurs ont entraîné sa perte : hypertrophie de la notion du chef ; racisme romantique (non scientifique) uniquement destiné à renforcer un nationalisme étroit, revanchard, agressif ; politique européenne réactionnaire qui non seulement entraîna sa défaite, mais l’hostilité généralisée des peuples européens. Ces erreurs sont dues en grande partie à une absence de fondements doctrinaux suffisamment établis, aggravée par un puissant dynamisme propre à faire passer l’action avant la pensée… »9

La critique de Hitler est une constante chez Dominique Venner depuis cette époque jusqu’à nos jours. Il se présentait alors comme un révolutionnaire et surtout comme un défenseur du réalisme biologique, c’est-à-dire à la fois du darwinisme-social et du racialisme, amalgamant la question de la civilisation continentale à celle de la suprématie de la race blanche.

De ce fait, une partie de son discours était l’héritière d’autres discours, antérieurs à la Seconde guerre mondiale : à l’instar des européistes ayant collaboré, tel Joseph Pironne11, un militant actif de l’association Pan-Europe, l’européisme d’Europe-Action se structurait sur un triple refus : l’Amérique matérialiste, la Russie communiste et le réveil des peuples colonisés, en particulier musulmans…

Le discours d’Europe-Action était sous-tendu par deux thèmes principaux. Le premier portait sur le « réalisme biologique », qui prétendait fonder les inégalités individuelles et raciales sur l’observation scientifique. Ce concept a été fondé par René Binet (1913-1957). Militant communiste, puis doriotiste, puis cadre dirigeant trotskyste, enfin engagé dans la Waffen SS, il se fait le chantre de la rénovation du corpus doctrinal national-socialiste et est l’un des premiers à créer des organisations et des périodiques néofascistes après le semestre de prison que lui a valu son engagement sous l’uniforme allemand12. Binet cherche à affiner ses idées et, à partir de 1950, qualifie sa doctrine non de nazisme, non plus de « socialisme européen » (formule du dernier Marcel Déat),  mais de « réalisme biologique ». Il s’agit de présenter le projet comme étant la transcription dans le champ politique des "vérités" des sciences expérimentales, et le racisme comme étant ce qu’eût raté le marxisme : un socialisme scientifique. Binet argue que le capitalisme métisseur vise à « une barbarie uniforme », que « la lutte pour le véritable socialisme est un moyen d’atteindre à la libération de la race » afin d’instaurer « une ségrégation absolue à l’échelon mondial comme à l’échelon de la Nation »13. Le Nouvel Ordre Européen fondé par rené Binet préfigure à la fois le racialisme d’Europe Action et l’ethno-différencialisme du GRECE de par sa façon de défendre un deal planétaire biologico-culturel où chaque groupe demeurerait souverainement à sa place.

Ainsi « Gilles Fournier » et Alain de Benoist (sous le pseudonyme de « Fabrice Laroche ») se firent les propagateurs, à leur retour d’un voyage en République Sud Africaine, de la politique ségrégationniste et de la supériorité de la « race blanche » dans un ouvrage intitulé Vérité pour l’Afrique du Sud14, paru aux Éditions Saint-Just, la maison d’éditions d’Europe-Action.

Allant dans le même sens, « Fabrice Laroche » publia, lors d’un retour d’un voyage aux États-Unis, un article qui fit la promotion du ségrégationisme américain15.

Le second thème structurant Europe Action était un racialisme européen, promouvant la supériorité de la « race blanche ».. Ainsi, le « Dictionnaire du militant », paru dans le numéro 5 d’Europe-Action de mai 1963, définissait l’Occident comme une « communauté des peuples blancs » et une « communauté de culture » tandis que le peuple est vu comme « une unité biologique confirmée par l’histoire »16

Cette idée de communauté du peuple relève avant tout de l’organicisme völkisch en regroupant dans une même catégorie ceux du même sang, d’une même culture et du même destin. Dans cette optique, « le nationalisme » devient une « doctrine qui exprime en termes politiques la philosophie et les nécessités vitales des peuples blancs »17.

Cette supériorité de la race blanche aurait été, selon les animateurs de cette revue, inscrite dans l’hérédité. Une hérédité qui déboucherait sur des inégalités naturelles d’aptitudes intellectuelles, ces dernières se manifestant par l’incapacité à maîtriser la technique. Ce racisme biologique est parfaitement illustré par le slogan « sous-développés, sous-capables » mis en avant.

De ce fait, la revue Europe Action était l’une des premières à critiquer l’immigration (l’« invasion ») algérienne en France après l’accession à l’indépendance de ce pays et à inciter au rapatriement massif des étrangers, par hantise du métissage. En effet, elle n’hésitait pas à affirmer que « le métissage systématique n’est rien d’autre qu’un génocide lent »18, l’auteur de ces lignes, « Gilles Fournier », développant d’ailleurs une raciologie proche de celle théorisée par le national-socialisme19.

Quant à Dominique Venner, il affirme:

« En France, l’immigration importante d’éléments de couleur pose un grave problème […]. Nous savons également l’importance de la population nord-africaine […]. Ce qui est grave pour l’avenir : nous savons que la base du peuplement de l’Europe, qui a permis une expansion civilisatrice, était celle d’une ethnie blanche. La destruction de cet équilibre, qui peut être rapide, entraînera notre disparition et celle de notre civilisation »20.

Ce refus de l’immigration reste une constante de la pensée de Dominique Venner :

« Adoptant le métissage comme horizon,  la plupart des pays d’Europe occidentale ont favorisé les flots migratoires en provenance de l’Orient ou de l’Afrique. Au regard de nouvelles lois, par un complet renversement de la morale vitale, le coupable cessa d’être celui qui détruisait son peuple, pour devenir celui qui, au contraire, œuvrait pour sa préservation. » Il appuie son différentialisme sur l’attitude des pays décolonisés visant à exclure les minorités blanches au nom de leur « principe de l’homogénéité ethnique »21.

Ce ségrégationnisme était déjà présent dès le Manifeste des 60. Si la doctrine élaborée dans les années soixante par Dominique Venner et ses amis avait abandonné certains thèmes trop connotés par le nazisme, elle n’en défendait pas moins une conception raciale de l’histoire européenne.

Cependant, il ne faut pas oublier les origines nazies de ce nationalisme européen, qui furent reformulées à la suite à la conférence d’Uppsala et à la parution de ses « Protocoles », qui influencèrent directement les thèses racistes d’Europe-Action. Ils étaient présentés comme le résultat de « recherches » de « scientifiques » quant à la question de la race et des inégalités raciales. Elles mettaient en avant l’hérédité, issue elle-même de l’évolution et promeuvent la ségrégation et l’eugénisme. Ainsi, selon ses auteurs,

« Le cerveau blanc, le cerveau jaune et le cerveau noir sont trois ordinateurs électroniques de conception différente. S’ils sont à peu près équivalents en ce qui concerne leur capacité d’absorption d’informations (mémoire), ils sont par contre prodigieusement inégaux en ce qui concerne leur puissance de détection et de résolution des problèmes posés par ces informations (esprit d’invention et de synthèse). D’où la duperie de la comparaison entre Blancs, Jaunes et Noirs. […] Dès lors, il faut dénoncer la fausse doctrine de l’égalité des races […] De même, il faut dénoncer la violation des lois de la vie qu’est le métissage […] »22.

Évidemment, dans l’esprit des auteurs anonymes, la race blanche est au-dessus des autres, et pour ne pas qu’elle dégénère, celle-ci doit protéger sa pureté en éliminant son « écume » et éviter le métissage.

Sa conclusion est limpide :

« Nous refusons la guerre civile au sein de la patrie blanche. Les forces du monde blanc doivent être réservées à la race blanche. Nous ne demandons l’extermination de personne, mais qu’on nous entende bien : né dans un pays blanc, nous voulons vivre et mourir dans un pays blanc, et ainsi pour nos enfants et toute notre postérité jusqu’à la fin des siècles. Nous ne demandons l’extermination de personne, mais là où nos ancêtres ont vécu, nous sommes chez nous […] »23.

Selon Pierre-André Taguieff, « L’idée directrice de la stratégie culturelle ne date donc pas de 1968 : elle a surgi dans l’orbite du “réalisme biologique” et de la défense du “monde blanc” prôné par Europe-Action »24. Ses prémisses sont mêmes à chercher dans le Manifeste de la classe 60, dans lequel sont énoncés un antidémocratisme et un racisme virulent. Toutefois, le caractère agressif d’Europe-Action disparaîtra dans les discours du GRECE, bien que le personnel fondateur de Nouvelle École fût en majorité le même que celui d’Europe-Action.

Au-delà de cela, les thématiques d’Europe-Action se retrouvèrent par la suite dans les différentes revues de Dominique VennerEnquête sur l’histoire et La Nouvelle Revue d’Histoire, auxquels participèrent un grand nombre de collaborateurs issus de la Nouvelle Droite (Jean-Joël Brégeon, Philippe Conrad, Jean Mabire, Jean-Claude Valla, Christopher Gérard, etc.) ou des différentes familles politiques de l’extrême droite (Anne Bernet, Bernard Lugan, François-Georges Dreyfus, etc.) dont certains furent proches des milieux négationnistes, tel Jean-Claude Valla, qui prit la défense de Robert Faurisson25 dans un numéro du Figaro-Magazine26.

Dominique Venner diffuse encore largement l’idée d’une continuité de la filiation indo-européenne dans sa dernière revue, plutôt de bonne facture, La Nouvelle Revue d’Histoire27. Il y diffuse aussi l’idée de l’irréductibilité des civilisations les unes par rapports aux autres. En effet, Dominique Venner a su adapter sa thématique ethno-culturelle à celle du « Choc des civilisations ».

Ainsi, il écrit en 2003 que

« Comme les cultures, les civilisations sont irréductibles les unes aux autres. Ce sont des personnes ayant leur destin. Dans l’espace, elles étendent au-delà des limites des États et des nations. Réalités de longue durée, elles survivent aux bouleversements politiques, économiques ou religieux. Elles dépassent en longévité les autres réalités collectives. Elles ont l’éternité pour elles. Il en est ainsi de la civilisation européenne, en dépit de ce qui la défigure aujourd’hui et des menaces qui l’assaillent.28 »

À ce titre, le livre de Dominique VennerHistoire et tradition des Européens. 30 000 ans d’identité, paru en 2002, montre une belle continuité théorique de la part de son auteur en insistant sur les supposés 30 000 ans de civilisation européenne, c’est-à-dire d’une histoire européenne commençant à partir de la période à laquelle auraient vécu les Indo-Européens. De fait, ce livre est particulièrement représentatif de ce type de discours et de la constante idéologique de ce courant de pensée.

Europe-Action développa en outre un nationalisme-révolutionnaire à l’échelle européenne, fondé, fort logiquement, sur une conception raciale de l’histoire de notre continent. Ce nationalisme européen était plus qu’une doctrine politique : il s’agit d’une vision du monde conçu pour l’homme européen, largement influencée par le racialisme, visible chez certains dissidents de la Nouvelle Droite comme Guillaume Faye ou Robert Steuckers.

Écartant aussi bien la notion gaulliste d’Europe des patries ou des États, jugée désuète, que celle des États-Unis d’Europe des démocrates-chrétiens, Europe-Action promouvait une Europe des ethnies qui aurait fait disparaître les États-nations et aurait uni dans un puissant ensemble impérial les peuples de race blanche d’Europe, au-delà des clivages idéologiques.

Cette union aurait été complétée par une alliance avec des États racistes comme la Rhodésie et la République Sud-Africaine. Cette idée se retrouva dans les années soixante dans un mouvement politique piloté par l’équipe d’Europe-Action et de futurs néo-droitiers, le Mouvement Nationaliste de Progrès (MNP).

Ce parti défendait l’homme blanc, le colonialisme et la culture occidentale contre le communisme et l’immigration. Il avait d’ailleurs des relations très étroites avec certains responsables politiques de la Rhodésie et de la République Sud-Africaine qui donnèrent en retour des entretiens à Europe-Action. Le MNP créa aussi un comité France-Rhodésie présidé par l’ancien Waffen SS Marc Augier, dit Saint-Loup. Enfin, le MNP noua des liens avec des périodiques néonazis comme la revue allemande Nation Europa, ainsi qu’avec des partis racistes ou néonazis comme le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) en Allemagne, la John Birch Society, le Christian Nationalist Crusade, l’Odinist Movement, etc. aux États-Unis.

Europe-Action fut aussi le premier à développer une critique radicale du christianisme dans l’après-guerre. En effet, il fut violemment antichrétien, le christianisme étant perçu, par ces militants, comme une religion sémite et orientale venue pervertir l’esprit positif et scientifique, ainsi que l’ardeur combative de la « race occidentale », forcément païenne.

En retour, Europe-Action proposa, fort logiquement là-encore, le retour aux mythes indo-européens qui constituerait le fonds commun des populations européennes. Cette caractéristique est importante pour la suite : cela préfigure la Nouvelle Droite.

Il y a dix ans, Dominique Venner professait encore cet antichristianisme :

« La part romaine de la civilisation européenne avait semblé mourir quand lui fut imposé le christianisme, écrit-il en 2003. Mais un regard non convenu repérera sa survivance en Occident durant les siècles chrétiens et au-delà. Les révolutionnaires et Napoléon ne se voulaient-ils pas romains jusqu’à la caricature ?29 »

De fait, l’antichristianisme devint une caractéristique, voire l’un des marqueurs idéologiques, de toute une extrême droite racialiste.

La revue Europe-Action disparut en 1966 lors la faillite de sa maison d’édition, mais ses thèmes lui survécurent. Ainsi, un document datant de 1966 et reproduit par Joseph Algazy affirme que

« L’étude objective de l’histoire montre que seule la race européenne (race blanche, caucasoïde) a continué à progresser depuis son apparition sur la voie montante de l’évolution du vivant, au contraire des races stagnantes dans leur développement, donc en régression virtuelle. […] La race européenne n’a pas de supériorité absolue. Elle est seulement la plus apte à progresser dans le sens de l’évolution. L’originalité de sa culture traduit la complexité de son langage. La complexité de son langage traduit la spécialisation de sa technique »30.

Ce document est important pour nous car il fait le lien avec la Nouvelle Droite à naitre. En effet, les thèmes d’Europe-Action réapparurent – sous une forme édulcorée, il est vrai – dans la Nouvelle Droite, puis de manière de nouveau virulente dans des revues identitaires comme Réfléchir & agir31 ou Terre et Peuple. La première défend encore, outre l’origine circumpolaire des Européens, l’idée d’une supériorité intellectuelle de ceux-ci :

« il faut bien être conscient du fait que, comme le démontraient dès 1969 les professeurs Jansen puis Eysenck, avec l’abondance des races exotiques, nos sociétés à haut quotient intellectuel sont ramenées vers un modèle de société non qualifiée, glissant vers le Tiers-Monde. Nous sommes malades de voir mourir nos peuples qui avaient bâti ces merveilleuses sociétés dans lesquelles se mêlaient tradition et modernité. Nous devons être les dignes héritiers des guerriers, scientifiques, musiciens, architectes, écrivains qui ont couvert le monde de trésors inestimables.32 »

Les identitaires issus de la Nouvelle Droite sont à peine moins radicaux: « j’aurai, écrit Pierre Vial, toujours plus de choses en commun avec un Russe, un Irlandais, un Italien ou un Serbe qu’avec un Martiniquais ou un Guadeloupéen même si ces derniers possèdent la même carte d’identité que moi »33.

En effet, en 2000, Pierre Vial, un néo-droitier de tendance völkisch, ex-membre du FN et fondateur de l’association identitaire Terre et Peuple, est toujours fidèle à la défense de la « race blanche » :

« Si on prend la question de l’immigration, il faut dire très clairement qu’il s’agit d’un phénomène d’invasion de l’Europe par des populations non-européennes. Et il faut surtout bien faire la distinction entre ces populations et d’autres, européennes, installées en France au cours de son histoire […]. Pour être tout à fait clair, il est bien évident que je me refuse à appeler “immigrés” des gens venus d’Espagne, d’Italie, du Portugal, de Pologne qui sont des Européens et, par conséquent, appartiennent à la grande fraternité des peuples d’Europe, à ma patrie, la Grande Europe.34 »

Ainsi, Dominique Venner et Europe Action ont-ils contribué au renouvellement des thématiques raciales telles qu’issues du XIXè siècle, lors de l’ère industrielle et positiviste. La démonétisation qui a frappé ces conceptions après 1945, l’écroulement des Empires européens, la liquidation de la société industrielle furent autant de défis pour continuer à faire vivre cette vision du monde. Le thème identitariste a permis aux projets politiques basés sur des conceptions d’organisation ethno-culturelles d’y survivre.

 Notes

1Cf., son autobiographie Dominique Venner, Le Cœur rebelle, Paris, Les Belles Lettres, 1994.

2Jean Mabire, « 30 janvier 1933, trente ans après », L’Esprit public, n° 37, février 1963, pp. 14-17.

3Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1992, p. 45.

4Pierre Milza, L’Europe en chemise noire. Les extrêmes droites européennes de 1945 à aujourd’hui, Paris, Fayard, 2002, pp. 131-132.

5 Dominique Venner, Pour une critique positive, Ars Magna, Nantes, s.p.

6 Qu’est ce que le nationalisme ?Europe-Action, n°5, mai 1963, p.51. Dominique Venner est l’auteur principal de ce numéro.

7Cité dans P-A. Taguieff, « La Nouvelle droite à l’œil nu (1) », Droit et liberté, décembre 1979.

8 J. Mabire, « Notre nationalisme européen », Europe-Action, juillet-août 1965, cité dans A-M. Duranton-Crabol Visages de la nouvelle droite. Le G.R.E.C.E. et son histoire, 1988, p.27.

9Europe-Action, n°5, mai 1963, p. 72.

10Cf., Dominique Venner, Le Choc de l’Histoire. Religion, mémoire, identité, Versailles, Éditions Via Romana, 2011.

11Joseph Pironne, La Nouvelle Europe, Paris, J. Peyronnet, 1935, p. 136.

12Le Monde, 30-31 octobre 1949.

13René Binet, Théorie du Racisme, s.e., Paris, 1950, pp. 16-35 Le texte parodie dans le fond comme dans la forme le Manifeste du Parti communiste d’Engels et Marx.

14Gilles Fournier & Fabrice Laroche, Vérité pour l’Afrique du Sud, Paris, Saint-Just, 1965.

15« Je reviens d’Amérique », Europe-Action, octobre 1965, n°34, pp. 9-10 et 12.

16« Dictionnaire du militant », Europe-Action, n° 5, mai 1963, pp. 73-74.

17Cité in ibid., p. 26.

18« Gilles Fournier », « La guerre de demain est déjà déclenchée », Europe-Action, nº 16, avril 1964, p. 21.

19Pierre-André Taguieff, « L’héritage nazi. Des Nouvelles droites européennes à la littérature niant le génocide », Les Nouveaux Cahiers, nº 64, printemps 1981, p. 7.

20Dominique Venner, Europe-Action, nº 38, février 1966, p. 8.

21Dominique Venner, Histoire et tradition des Européensop. cit., p. 38.

22« Le message d’Uppsala », Psyché-Sôma, novembre 1960, pp. 18-19.

23Ibid., pp. 30-31.

24Pierre-André Taguieff, « La stratégie culturelle de la “Nouvelle Droite” en France (1968-1983) », in Robert Badinter (dir.), Vous avez dit fascismes ?, Paris, Arthaud/Montalba, 1984, p. 23.

25Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, Seuil, 2000, p. 315 et pp. 418-419.

26Jean-Claude Valla, « Un procès de Moscou à Paris », Figaro-Magazine, 23 mai 1980, p. 71.

27Cf., Christopher Flood, « The politics of counter-memory on the French extreme right », Journal of European Studies, n° 35 (2), 2005, pp. 221-236.

28Dominique Venner, « Éternité des civilisations », La Nouvelle Revue d’Histoire, n°7, juillet août 2003, p. 7.

29Dominique Venner, « Éternité des civilisations », art. cit., p. 7.

30Joseph Algazy, L’Extrême droite en France, Paris, L’Harmattan, 1989, p. 248.

31Voir par exemple le dossier « Nos origines raciales » inRéfléchir & agir, n° 14, printemps 2003, en particulier, « La question raciale à l’orée du xxe siècle », pp. 30-32, qui reprend le racialisme du GRECE du début des années soixante-dix et abandonné depuis.

32Le CREA, « Éditorial », Réfléchir & Agir, n° 14, printemps 2003, p. 17.

33Pierre Vial, Une Terre, un Peupleop. cit., p. 134.

34Ibid., p. 76.

 

Source :
canempehepasnicolas

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Published by Anne Wolff - dans Métastases du nazisme
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 23:31

 

 


Parce que « La verité n’a aucune importance. Seuls les objectifs sont importants »

par Paul Craig Roberts *

 

Vous êtes-vous jamais demandé comment la désinformation gouvernementale gagne t-elle du terrain ?

Ce que j’ai remarqué c’est que dès qu’un épisode choquant se produit, comme le 11 Septembre ou l’attentat à la bombe du marathon de Boston, presque tout le monde dans le spectre politique de droite et de gauche, avale l’explication du gouvernement, parce qu’ils peuvent rattacher leur agenda (politique) aux basques du gouvernement.

Les gauchistes aiment la version officielle des musulmans créant le chaos et le désordre aux Etats-Unis d’Amérique, car cela prouve leur théorie de l’effet boomerang et les satisfait en cela que les dépossédés et les opprimés peuvent se battre contre l’impérialisme.

La droite patriotique aime la version officielle, car cela prouve que les USA est attaquée à cause de sa bonté, ou parce que les terroristes sont entrés dans le pays à cause des autorités d’immigration et nourris par le système social, ou parce que le gouvernement, qui ne peut jamais rien faire correctement, a ignoré un certain nombre d’alertes.

Quoi que le gouvernement dise, quel que soit le problème, la version officielle gagne en momemtum par sa compatibilité avec des prédispositions existantes et les différents agendas politiques. Dans un tel pays, la vérité n’a aucune importance. Seuls les objectifs sont importants.

On peut voir cela partout. Je pourrai écrire des volumes illustrant comment des écrivains motivés par un agenda spécifique à travers le spectre politique, soutiendront des histoires improbables racontées par le gouvernement et ce malgré l’absence de toute preuve, simplement parce que la ligne du gouvernement peut être exploitée pour soutenir leurs agendas quels qu’ils soient.

Par exemple, un écrivain conservateur dans le numéro de Juin de Chronicles, utilise la théorie du gouvernement au sujet des soi-disant terroristes des attentats de Boston, les frères Tsarnaev, pour argumenter contre l’immigration, l’amnistie contre les illégaux et l’asile politique pour les musulmans. Il écrit : « Même le système de sécurité le plus incroyablement sophistiqué échouera inévitablement alors qu’il sera submergé par un flot d’immigrants hostiles et dangereux. »

L’auteur accepte toutes les déclarations improbables du gouvernement comme preuve de la culpabilité des frères Tsarnaev. Le frère blessé, qui était incapable de répondre au propriétaire du bateau qui l’avait découvert et qui a dû être placé en réanimation avait réussi, bien sûr, à écrire une confession à l’intérieur du bateau.

Dès que les autorités ont eu le frère blessé bouclé dans un hôpital en soins intensifs, des « officiels anonymes » établirent un récit dans les médias pour dire que le suspect était en train de signer des aveux écrits de sa culpabilité tout en étant placé en réanimation ; mais nous savons que ces aveux existent puisque le gouvernement et les médias nous le disent.

L’auteur conservateur sait que Dzokhar Tsarnaev est coupable parce qu’il est musulman et tchétchène. Ainsi, il n’apparaît aucunement à l’auteur de se demander quel pourrait bien être l’agenda des sources anonymes qui sont tant occupées à créer la culpabilité du plus jeune des frères. Cela assure qu’aucun juré n’osera voter un acquittement et qu’il devra expliquer son acte à sa famille et ses amis. Le concept d’innocent jusqu’à preuve du contraire dans une cour de justice, a été jeté par la fenêtre. Cela devrait inquiéter cet auteur conservateur, mais ce n’est pas le cas.

Cet auteur voit le fait d’être tchétchène comme une indication de culpabilité alors même que les deux frères ont grandi aux Etats-Unis comme des Américains normaux, parce que les Tchétchènes sont « engagés dans un djihad anti-russe ». Mais les Tchétchènes n’ont aucune raison d’être hostiles envers les USA. Comme les faits le montrent, Washington soutient les Tchétchènes dans leur conflit contre la Russie. En soutenant le terrorisme tchétchène, Washington viole toutes les lois qu’il applique sans merci à des citoyens usaméricains pleins de compassion qui donnent aux œuvres caritatives palestiniennes que Washington suppute être gérées par le Hamas, déclaré organisation terroriste par ce même Washington.

Il n’apparaît pas à cet auteur conservateur qu’il y a quelque chose qui ne va pas lorsque la loi martiale est appliquée sur une des villes principales américaine et sa zone métropolitaine, que plus de 10 000 hommes sont mis dans les rues avec des véhicules blindés et les citoyens sont ordonnés de sortir de chez eux avec les mains sur la tête, tout cela pour rechercher un seul jeune suspect fugitif de 19 ans, blessé. Au lieu de cela, l’auteur blâme « l’état de surveillance » pour « les conséquences inévitables du libéralisme suicidaire », qui a endossé « le plus vieux pêché du monde : la rébellion contre l’autorité ». L’auteur se délecte tellement de pouvoir utiliser la ligne directrice du gouvernement comme moyen d’excuser la romance conservatrice avec l’autorité et de porter des coups au libéralisme, qu’il ne voit pas qu’il s’est mis sur une ligne opposée à celle des pères fondateurs qui ont signé la Déclaration d’Indépendance et se sont rebellés contre l’autorité.

J’aurai tout aussi bien pu utiliser un écrivain de gauche pour illustrer l’opinion que des explications improbables sont acceptables si elles sont consistantes avec des prédispositions qui peuvent être employées pour satisfaire un agenda particulier.

Pensez-y. Ne pensez-vous pas que c’est extraordinaire que les seules enquêtes réelles qui ont été faites sur des évènements comme le 11 Septembre ou le marathon de Boston, sont des enquêtes privées, comme cette enquête sur les sacs à dos dans WhoWhatWhy

Il n’y a pas eu d’enquête sur le 11 Septembre. En fait, la Maison Blanche a résisté à toute demande d’enquête pendant un an et ce malgré les demandes insistantes faites par les familles des victimes. Le NIST n’a fait aucune enquête. Le NIST a juste construit un modèle informatique qui était en accord avec la théorie du gouvernement. La commission sur le 11 Septembre n’a fait que se réunir et écouter l’explication gouvernementale et l’a transcrite sur papier. Ceci ne constitue en rien des enquêtes.

Les seules recherches et enquêtes sont provenues d’un physicien qui a prouvé que la tour 7 du WTC (NdT : la 3ème tour…) s’est effondrée à la vitesse de la chute libre et que cela était le résultat d’une démolition contrôlée ; et par une équipe de scientifiques qui ont examinés la poussière des tours du WTC et y ont trouvé de la nano-thermite, par une équipe d’architectes et d’ingénieurs du génie civil ayant des décennies d’expérience sur le terrain, et par les équipes de premiers secours et les pompiers qui étaient sur place, dans les tours pour certains et qui ont vus et entendus des explosions partout dans les tours, y compris dans les sous-sols.

Nous avons atteint un point où la preuve n’est plus nécessaire. Les déclarations du gouvernement suffisent. Seuls des abrutis conspirationnistes produisent de vraies preuves.

En Amérique, les déclarations du gouvernement ont une autorité unique. Cette autorité provient du chapeau blanc que portaient les Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale et la guerre froide qui s’en est suivie. Il était très facile de diaboliser l’Allemagne nazie, le communisme soviétique et le maoisme chinois. Même aujourd’hui, lorsque des organes de presse russes me questionnent sur l’état périlleux des libertés civiles aux Etats-Unis et les attaques militaires incessantes de Washington dans des pays étrangers, je reçois parfois des messages de quelques Russes qui croient qu’un imposteur a été interrogé par leurs médias et non pas le véritable Paul Craig Roberts. Il y a des Russes qui croient que c’est le président Reagan qui a amené la liberté en Russie et comme j’ai servi dans le gouvernement Reagan, ces citoyens russes m’associent avec leur vision de l’Amérique comme étant une lumière sur le monde. Certains citoyens russes pensent vraiment que les guerres de Washington sont vraiment des guerres de libération.

Les mêmes illusions règnent au sein des dissidents chinois. Chen Guangchen est le dissident chinois qui chercha refuge dans l’ambassade des Etats-Unis en Chine. Il a été interviewé récemment par le BBC World Service. Il croit sincèrement que les Etats-Unis protègent les droits de l’Homme tandis que la Chine les supprime. Il s’est plaint à la BBC qu’en Chine la police arrête des citoyens et les maintient en détention pendant six mois sans dire qu’elle les détient. Il pensait que les Etats-Unis et le Royaume-Uni devraient publiquement protester contre cette violation des droits légaux, des droits de l’Homme. Apparemment Chen Guangchen n’est pas au courant que les citoyens des Etats-Unis sont soumis à des mesures de détention indéfinie sans recours légal, sans avocat et même sujet à des assassinats extra-judiciaires.

Le gouvernement chinois a permis à Chen Guangchen de passer et de quitter la Chine et de vivre aux Etats-Unis. Chen Guangchen est tellement imbu de ses illusions sur l’Amérique comme le phare des droits de l’Homme dans le monde qu’il ne lui est jamais apparu que le gouvernement chinois si oppresseur et violeur des droits de l’Homme lui a donné un passage libre vers l’extérieur, mais que quelqu’un comme Julian Assange, auquel l’asile politique a été accordé par l’Équateur, est toujours confiné dans l’ambassade de ce pays à Londres, parce que Washington ne permet pas à son état marionnette de Grande-Bretagne de lui donner un passage libre vers l’Équateur.

Peut-être que Chen Guangchen et les dissidents russes et chinois qui sont si amourachés des Etats-Unis, pourraient gagner un peu en perspective s’ils lisaient le livre du soldat Terry Holdbrooks au sujet du traitement donné aux prisonniers de Guantanamo Bay. Holdbrooks était là-bas, il fit partie du processus de détention et voici ce qu’il a dit à la chaîne de télévision russe anglophone Russia Today(RT) : « La torture et les méthodes d’extraction d’information que nous avons utilisées ont certainement créé beaucoup de doute et de questions dans mon esprit quant à savoir si cela était compatible avec mon Amérique. Mais j’ai bien réfléchi à ce que nous faisions là-bas et à la façon dont nous le faisions, cela ne ressemblait pas du tout à l’Amérique que je m’étais assigné de défendre. Cela ne ressemblait pas du tout à l’Amérique dans laquelle j’avais grandi et cela en soi, fut une énorme expérience de désillusion. »

Dans un article du Wall Street Journal du 17 Mai, Peggy Noonan écrivit que le président Obama avait perdu de sa superbe dans la moralité.

Qu’avait donc bien pu faire Obama pour avoir perdu cette superbe ? Est-ce parce qu’il s’assoit dans le bureau ovale pour approuver la liste de citoyens américains qui doivent être assassinés de façon extra-judiciaire ? Est-ce parce qu’il fait détenir des citoyens américains indéfiniment sans recours judiciaire en violation du Habeas Corpus ? Est-ce parce qu’il maintient ouverte la prison goulag de Guantanamo ? Est-ce parce qu’il continue les guerres que les néo-conservateurs ont commencées, malgré leurs promesses de les terminer et d’en avoir commencé de nouvelles ?

Est-ce parce qu’il fait attaquer des gens dans leur maison avec ses drones, ainsi que des centres médicaux et des endroits de la vie de tous les jours dans des pays avec lesquels les Etats-Unis ne sont pas en guerre ? Est-ce parce que son gouvernement corrompu espionne les citoyens américains sans mandats de justice et sans cause probable ?

Non. C’est pour aucune de ces raisons. D’après Noonan, ceci ne constitue pas le pourquoi les présidents, même des présidents démocrates, perdent de leur superbe morale. On ne peut plus avoir confiance en Obama, par que le fisc a harcelé quelques activistes politiques conservateurs.

Noonan est républicaine et ce qu’Obama a fait de mal a été d’utiliser l’agence du fisc (IRS) contre quelques républicains, Apparemment, il ne vient pas à l’esprit de Noonan que si Obama, ou quelque président que ce soit, peut utiliser l’IRS contre son opposition politique, il peut utiliser le Département de la Sécurité de la Patrie (NdT : le Department of Homeland Security ou DHS, la Stasi, Securitate américaine) et la police contre eux. Il peut utiliser la détention indéfinie contre eux. Il peut utiliser des drones contre eux.

Tout ceci sont des mesures bien plus graves. Pourquoi Peggy Noonan ne se sent-elle pas concernée ? Parce qu’elle pense que ces mesures ne seront utilisées que contre des terroristes, juste comme le fisc est supposé n’être utilisé que contre les fraudeurs.

Quand une population et les commentateurs qui sont supposés l’informer acceptent l’effondrement de l’autorité constitutionnelle et la mise au placard de leurs libertés civiles et fondamentales, se plaindre du fisc n’a aucun sens.

Paul Craig Roberts

Article original : Why disinformation works ?

 Traduit de l’anglais par Résistance 71  23 Mai 2013

* Paul Craig Roberts il a été rédacteur en chef du Wall Street Journal et secrétaire adjoint du Secrétaire au Trésor US. Il est l’auteur de «  How the Economy Was Lost : The Lost Economy/ War of the Worlds  », », publié par CounterPunch / AK Press. ISBN 978-1-84935-007-5.
Son dernier livre est «  Economies in Collapse : The Failure of Globalism  », publié en Europe, Juin 2012.
Vous pouvez le contacter via son site internet : http://www.paulcraigroberts.org

 

Source :
Pourquoi la désinformation fonctionne ?Parce que « La verité n’a aucune importance. Seuls les objectifs sont importants » - El Correo

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 23:09

 

 

 

Un bon article. A présent les élections ont eu lieu et Cartes a été élu, mais la passation de pouvoir ne va pas sans mal puisque son prédécesseur,  le président de fait Franco, est accusé – à son tour - de multiples malversations dont des détournements de fonds publics.

 

La narco-démocratie et les élections présidentielles au Paraguay

par Vicky Peláez

 

Le pouvoir d’inction par la corruption
est plus mortel que celui des pestes
(Augusto Roa Bastos, 1917 – 2005)

Dix mois ont passé depuis qu’au Paraguay la « quátriple » Alliance [1] MOICN (Monsanto, Oligarques, l’Église Catholique et les Narcos) ont présenté pour la première fois un nouveau type de coup d’État, appelé « Coup Express » ou « Coup Préventif » pour déloger de la présidence du pays, Fernando Lugo légitimement élu par son peuple en 2008.

Son prudent rapprochement à Hugo Chávez, ses timides tentatives de faire quelque chose pour améliorer la vie des 3,7 millions de pauvres (53 % de toute la population), son désir jamais réalisé d’augmenter les impôts sur les exportateurs du soja et de la viande de trois à quatre % (en Argentine ils sont de 30 % n’ont jamais autant irrité les puissants et riches nationaux et étrangers qui ont décidé de le déloger du pouvoir au « nom de la démocratie ».

Bien entendu, a aussi participé à ce complot la multinationale des transgéniques, Monsanto, à qui a déplu l’idée de Fernando Lugo d’abolir les royalties de quatre dollars que les producteurs de soja doivent payer pour chaque tonne récoltée avec sa biotechnologie « Soja Roundup Ready RR1 » et « Intenta RR2 Pro ». Il ne faut pas oublier qu’au cinquième jour de sa présidence, le nouveau président Federico Franco a octroyé de nouvelles facilités à Monsanto pour l’usage des graines transgéniques de coton, de maïs et de soja.

Les pauvres et les marginaux furent ceux qui ont le plus perdu durant ces 300 jours. Le mois suivant le coup d’état, le système de santé qui offrait une médecine gratuite aux habitants sans ressources a été aboli, de même que les allocations pour les 20 000 familles vivant dans une pauvreté extrême. Ont été votées les nouvelles lois de l’éducation qui ignorent encore plus les pauvres et l’aide sociale pour les paysans a été stoppée. Federico Franco a décidé d’effacer de la carte les organisations syndicales. Est apparue avec sa présidence une vague de persécutions politiques, de répression sociale et de licenciements massifs, alors qu’il avait déclaré que « les syndicats doivent disparaître », selon les leaders du syndicalisme national Miguel Zayas et Bernardo Rojas.

Le travail au noir a aussi vertigineusement progressé à 66 %, taux dépassé seulement par le Pérou (67 % et Haïti 92 %), absorbé par les paysans expulsés des champs par les producteurs de soja, Monsanto et Cargill qui avec leur biotechnologie industrialisent la production agricole et transforment les champs en « Désert Vert » hautement contaminé, qui implantent lentement un système « d’agriculture sans agriculteurs ». On estime que 100 000 paysans par an abandonnent leurs terres à cause des pressions et des évacuations forcées des grandes corporations et de la contamination. Si aux Etats-Unis, il y a deux semaines un texte a été approuvé, baptisé « Acte de Protection pour Monsanto » qui permet à la multinationale d’ignorer les ordres judiciaires de suspension de semence de cultures transgéniques, on peut déjà imaginer le pouvoir qu’a ce groupe dans un pays corrompu et sans loi comme le Paraguay.

Actuellement 70 % des producteurs de soja et de viande au Paraguay sont étrangers et l’actionnaire principal de l’une de ces corporations, Pampas Humedas et sa filiale Adecoagro est George Soros. Il a habilement mis de l’or et de l’argent sur la terre cultivable dont le prix mondial a monté depuis l’année 2000 de 1 200%. En même temps, il a envoyé son homme de confiance, Jordi Robinat à Asunción, la capitale du Paraguay, pour faire développer son patrimoine immobilier. Ils expérimentent aussi un développement accéléré d’entreprises d’assemblage gérant actuellement dans le pays 48 industries de ce type.

Il y a une sensation de ce que tout le pays est en vente et les scandales de corruption augmentent jour après jour. Cela fait déjà quelques jours qu’un procès a été lancé contre le président du congrès Jorge Oviedo Mato pour être le bénéficiaire de 12 millions de dollars pendant un obscur transfert d’une grande propriété rurale. Il semble que tous les hommes politiques à la veille des élections présidentielles qui auront lieu ce 21 avril essaient d’acquérir des étendues de terres appartenant à l’Etat, cultivables qui originellement étaient destinées aux 300 000 familles paysannes déplacées par les producteurs de soja. Le scandale a été si grand que le président Franco a du destituer le chef de l’Institut National de Développement Rural et de la Terre, Luis Ortigoza, un parent, qui, après avoir perdu son poste, n’a pas garder sa langue dans sa poche pour dire que la majorité des députés et de sénateurs lui ont demandé l’ attribution de terres pour eux-mêmes ou des entreprises.

La corruption est au coude à coude avec le trafic de drogue, bien qu’en 2011 le même Fernando Lugo ait signé un accord avec l’agence des Etats-Unis d’Amérique USAID , lui octroyant le contrôle sur le pouvoir judiciaire et la police nationale. Le trafic de stupéfiants a déjà plus de 40 ans dans le pays. Selon le livre d’Oliver Villar et de Drew Cottle, « Cocaine, Deathe Squads and the War on Terreur », le Paraguay s’était converti en un centre vital du cartel de la « Mafia de Corse » de la fameuse « French Connexion » au commencement des 1970. L’héroïne était transportée de la Turquie vers la ville de Marseille et de là, déplacée aux EU via le Paraguay. Les auteurs du livre disent que « par la suite la CIA a utilisé la même route qui passait par le Chaco paraguayen pour le transport de l’héroïne asiatique ».

Après s’est ajouté le trafic de cocaïne en utilisant la zone sauvage et dure du Chaco (une vaste région semi-aride et semi-humide dans la partie occidentale du pays) où existent pas moins de 900 pistes clandestines d’atterrissage et où on estime que circulent entre 60 à 70 tonnes de cocaïne par an, selon l’ex-ministre de l’intérieur, Carlos Filizzola. Ce qui est curieux, c’est que dans cette région il y a deux bases US. L’une, située dans la ville Pedro Juan Caballero, Département d’Amambay, et l’autre au Pentagone localisée dans l’aéroport Mariscal Estigarriba dans le Département de Boquerón, appartient au Drug Enforcement Agency (DEA), disposant d’une piste de décollage et d’atterrissage de 3 800 mètres de long.

Tout cela n’empêche pas que le pays soit le troisième producteur de marijuana au monde après les Etats-Unis d’Amerique (15 000 tonnes par an) et le Mexique (6 900 tonnes), selon les Nations Unies. On considère que le Paraguay apporte au marché mondial 15 % de marijuana qui oscille entre 5 900 et 10 000 tonnes par an et est très cotée dans le monde par son taux élevé d’alcaloïdes. Le gain que les cartels obtiennent par la marijuana n’est pas moins de 10 milliards de dollars par an.

Compte tenu de toute cette atmosphère de corruption, de trafic de stupéfiants et le repositionnement préélectoral des élites, qui domine la vie nationale dans le pays, on ne peut avoir de grand espoir dans les élections de ce 21 avril. Les partis de centre-gauche n’ont pu former un front uni et le Parti Guasú (FT) de Lugo a connu quelques désaccords. Fernando Lugo lui même est sur la liste de FT pour la Chambre de Sénateurs. Dans un pays avec une forte culture d’anticommunisme, les possibilités pour une gauche, y compris très modérée, ont toujours été lointaines.

Parmi les 11 postulants à la présidence, se distingue comme favori pour l’emporter le candidat de l’Action Nationale Républicaine (ANR) – du parti colorado, Horacio Cartes, homme d’affaires millionnaire, surnommé populairement le « Pablo Escobar paraguayen ». Le deuxième dans les enquêtes est le candidat par le Parti Libéral Radical Authentique (PLRA) - Parti bleu, Efraín Alegre, avocat de 50 ans et ex-ministre de Travaux publics et de la Communications pendant le gouvernement du Lugo.

Un analyste politique paraguayen respecté, Euclides Acevedo considère que « le succès des élections du 21 avril résidera dans la quantité de l’argent dont dispose chaque candidat. Seulement pour le jour« D » il doit être d’environ 1,5 millions de dollars ». De ce point de vue, Horacio Cartes dispose des plus grandes ressources mais son niveau de culture et sa mentalité pourrait s’exprimer sa déclaration suivante : « je me tire dans les couilles si un jour mon fils se déclare homosexuel ». Cependant, dans un pays plongé dans la corruption les attributs intellectuels ne sont pas requis, ni ne sont pris en considération, mais en revanche l’habileté de faire de l’argent. Cartes est pour cela en tête mais il est entouré de toutes sortes d’accusations, liées à son passé qui compte aussi un passage en prison.

En 2000 un petit avion a été confisqué par le secrétariat National Antidrogue (SENAD) avec 20 100 kilos de cocaïne et 348 850 kilos de marijuana pressée dans sa propriété le Nueva Esperanza, mais par la suite les autorités ont déterminé que l’avion avait été pris à environ trois mètres de la ferme de Horacio Cartes. En 2010 WikiLeaks a divulgué un câble de la DEA sur l’opération « Corazón de Piedra » [« Cœur de pierre »] à la Triple Frontière (Brésil, Argentine, Paraguay), en désignant Horacio Cartes « objet d’observation ». Les agents de la DEA « se sont infiltrés dans l’entreprise de blanchiment d’argent de Cartes, une organisation qui blanchit des grandes quantités de monnaie US générée de la vente de narcotiques depuis la Triple Frontière ». En 2012 la justice paraguayenne a reçu une demande de l’entreprise de tabac brésilienne « Souza Cruz », accusant celle de Cartes, « Tabesa » d’inonder le Brésil avec des cigarettes illégales. Une liste interminable d’accusations existe, mais l’homme le plus « populaire » du Paraguay les considère comme des « bêtises ».

Le deuxième préféré dans les enquêtes, est le candidat libéral, Efraín Aguirre qui a été ministre de Travaux publics et de la Communications de 2008 à 2011 pendant le gouvernement de Fernando Lugo, mais il a été destitué par le président et accusé d’un trou d’environ 30 millions de dollars. Comme Cartes, le candidat Aguirre, qui se présente avec le slogan « Alianza Paraguay Alegre », [« Alliance du Paraguay Joyeux »], n’a pas de programme politique et la seule chose qu’il promet est de créer 5 000 postes sur le champ. Il est accusé par les colorados d’être impliqué dans la vente du pays à l’étranger et de recevoir des dons des transnationales et de l’Argentine et de l’Uruguay. Ces accusations ont pris de l’ampleur après sa récente rencontre éclair avec le président de l’Uruguay, José Mujica où ils ont apparemment discuté de la vente de l’un des aéroports paraguayens.

En réalité, les libéraux parient sur leurs forces au congrès et l’appui des transnationales pour continuer avec leur politique de pillage du pays. Cependant, ils leur manquent les ressources financières qu’Horacio Cartes a pour acheter n’importe qui comme il a pu le faire pour entrer dans le Parti de l’Action Nationale Républicaine – Partido Colorado en achetant, selon le leader syndicaliste Bernardo Rojas, les 500 membres nécessaires pour changer le statut, puisque celui en vigueur ne lui permettait pas d’être candidat n’ayant pas assez d’années de militantisme dans le parti ».

Le fameux écrivain paraguayen, Augusto Roa Bastos a dit que « Chez tous les peuples existe un homme exceptionnel qui compense les différences du reste. Dans certains moments quand l’humanité se trouve collectivement en décadence, restent toujours ces êtres exceptionnels comme points de référence ». Si c’est réel, l’unique chose qui nous reste est de demander : Et au Paraguay où sont ces êtres exceptionnels ? Pourquoi n’apparaissent-ils pas ?

Vicky Peláez pour Ria Novosti

Ria Novosti. La Russie, le 19 avril 2013.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo. Paris, le 25 avril 2013 La narco-démocratie et les élections présidentielles au Paraguay - El Correo

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:53

 

 

   
Pantrarna för upprustning av förorten The Panthers For Suburbs Regeneration Les Panthères pour la régénération de la banlieue Die Panther für die Aufrüstung der Vororte

 


Les Panthères pour la régénération de la banlieue

Homa Badpa 

Les Panthères pour la régénération de la banlieueest une organisation qui, depuis deux ans,  réalise des actions directes et des programmes sociaux dans les quartiers de Biskopsgården à Göteborg et de Lindängen à Malmö.

Homa Badpa est vice-présidente de l'association.

Murat Solmaz est responsable de la formation.


Le poète John Anyuru mène dans le cadre de l'association un projet d'écriture avec des jeunes.

 

Homa Badpa

Murat Solmaz  

Murat Solmaz

Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Essayez de comprendre la main qui jette des pierres sur la police

 

"C'est une révolte". Plusieurs nuits de suite, des voitures ont brûlé à Husby, dans la banlieue de Stockholm. Aujourd'hui, le groupe d'écriture du mouvement des Panthères pour la régénération de la banlieue exprime son soutien aux jeunes de la banlieue de Stockholm et appelle à une action vigoureuse contre la violence policière. Photo: Per-Olof Sännäs

Nous écrivons d'abord et avant tout pour nos frères et sœurs de Megafonen [le Mégaphone, mouvement de jeunes de la banlieue de Stockholm, dont Husby. Leur devise :"Une banlieue unie jamais ne peut être vaincue", NdT]. Nous venons de nous parler au téléphone, et vous vous êtes interrompu-Es au milieu d'une phrase pour dire :" Y a encore une bagnole qui crame, on doit se casser".

Vous vous tenez au milieu de la tempête. Votre monde brûle. Et nous vous écrivons pour vous dire que nous savons ce que vous vivez, et que nous admirons la manière dont vous avez géré les événements des derniers jours.

Il ya quelques années des voitures ont brûlé dans notre quartier de Biskopsgården. Pendant ces nuits-là, la police fait ce qu'elle voulait, et le lendemain matin, les politiciens disaient ce qu'ils voulaient sur nous.

Vous savez bien : les épaves noircies, le verre brisé dans la rue: il semble si facile de condamner ça quand on le voit de l'extérieur. Et c'est ce qui est maintenant exigé de vous quand vous essayez de dire quelque chose sur la révolte: que vous n'expliquiez pas, mais que vous joigniez juste au chœur des condamnations, le chœur qui dit que c'est inexcusable de brûler une voiture, de briser une vitre. Mais quoi que vous disiez, ce ne sera jamais assez. Vous ne pourrez jamais dire et écrire suffisamment de fois ce que vous avez déjà clairement écrit et dit : que vous ne pensez pas que la violence est la bonne méthode pour changer la société.

Vous avez raison d'insister dans chacune de vos interventions sur les plateaux de télé et sur le ouèbe pour expliquer pourquoi ça brûle plutôt que de simplement condamner les jeunes. Celui qui se contente de condamner un acte sans l'expliquer condamne bien sûr aussi les sentiments et les expériences qui sont à l'origine de cet acte.

À ceux qui voient les événements de l'extérieur…

nous vous écrivons pour demander : pouvez- vous comprendre la main qui jette une pierre sur une voiture de police? Pouvez-vous essayer de comprendre?

Imaginez-vous d'avoir été comme enfant harcelé pour votre accent et votre apparence. L'exclusion ressentie. Les profs démotivés assis derrière leurs pupitres à gagner leurs salaires ridicules. Pour être populaire, tu allumes ta cigarette lorsque tu commences le collège. Tu te fais des copains pour garder les murs avec eux. C'est ce que tu vois qui te forme.

Il est difficile d'être fort s'il n'y a pas d'exemples à suivre autour de toi. Tu n'as peut-être pas le meilleur contact avec ta famille. Tu as peut-être perdu ta mère ou ton père pendant la guerre en Irak. Tu as peut-être perdu tes frères et sœurs pendant la guerre en Afghanistan. Ou tu as été blessé de guerre en Palestine.

Pendant toutes tes années d'adolescence, personne ne t'écoute. Personne vers qui te tourner. Tu essaies de construire ta vie quotidienne, mais il n'y a pas d'emploi. Tu cherches un emploi, mais Daniel Svensson a obtenu le poste avant toi chaque putain de fois. Tu perds espoir. Vous cherchez d'autres voies. Certains échouent sur les mauvaises pistes, d'autres s'en sortent.

Beaucoup de gens disent que tu dois combattre toi-même, mais ce n'est pas si facile. Tu as les porcs sur le dos tous les jours. L'espoir de s'en sortir disparaît. Autour de toi la beu circule. L'envie d'y goûter te démange. Est-ce que tu vas l'essayer ou faire marche arrière? La pression du groupe augmente, tu seras poussé à faire des choses que tu n'aurais peut-être jamais fait seul. Il y a un sentiment de no future. Tu es là avec une pierre dans la main. Tu es là avec ta vie dans la main. Est-ce que tu vas jeter ?

Mégaphone. Nous croyons que vous avez raison d'appeler les événements de cette semaine dans votre quartier une révolte de banlieue. Nous croyons qu'il est juste de souligner qu'il ne s'agit pas d'émeutes de jeunes ou de troubles apolitiques, mais justement d'une révolte, c'est-à-dire d'une réaction, comme vous l'écrivez dans votre dernier communiqué de presse: "Le chômage, les écoles déglinguées et le racisme structurel sont les causes sous-jacentes ce qui se passe aujourd'hui. "

Lorsque votre courage vacille, posez-vous cette question: si vous n'aviez pas été là, qu'est-ce qui serait alors arrivé durant cette semaine? Peut-être qu'un retraité aurait été tué par balle dans un appartement de banlieue sans que personne ne s'en soucie. Peut-être. Il y a une réponse: si vous n'aviez pas photographié le sac contenant  le corps qui a été emporté au milieu de la nuit, bien que la police ait affirmé que l'homme était mort à l'hôpital plusieurs heures plus tôt - peut-être alors personne n'aurait fait gaffe, et tout aurait continué  comme d'habitude.

Mais on a raison de se faire du souci quand quelqu'un meurt. On est en droit d'exiger que la police ne mente pas aux médias sur un cadavre.

Vous aviez raison d'organiser le rassemblement dont certains accusateurs disent maintenant  qu'il a été l'étincelle qui a allumé le feu de la révolte dans les banlieues.

Demandez-vous ceci : quel lien ont Hässelby ou Fittja [banlieues de Stockholm, NdT] - qui brûlent aussi en ces nuits d'été -  avec l'homme qui a été abattu dans un appartement à Husby? Aucun, peut-être. Quel lien aviez-vous, à Mégaphone, avec le mort? Il n'y avait aucun lien d'amitié ou familial. Mais il ya un lien entre tous les humains. Nous sommes en deuil quand quelqu'un meurt. Nous sommes solidaires les uns des autres. Nous vivons ensemble, dans la société.

Nous vous soutenons dans tous les sens. Nous savons que ça semble impossible de tenir la position où vous êtes, où vous expliquez plutôt que de condamner.

À Hammarkullen [banlieue du nord-est de Göteborg, NdT] la police montée est parfois sur la place. À Biskopsgården les caméras filment les cours intérieures. À Frölunda [quartier du sud-ouest de Göteborg, célèbre pour son club de hockey sur glace, Frölunda Indians, NdT], ce soir, circulent des informations sur une agitation – on murmure dans des conversations et des sms  que la révolte pourrait se propager à Göteborg, où nous nous coltinons les mêmes problèmes que vous à Stockholm: la militarisation des banlieues, le harcèlement policier, la régression sociale. L'été arrive, une année de plus. Les mobylettes vrombissent entre les maisons. Les banlieues débordent toujours de ce sentiment. Vous savez bien. Ce sentiment. Que personne n'écoute, que personne ne veut entendre ces histoires de flics racistes, de harcèlement, d'agressions. Qu'il faut peut-être que ça brûle pour que certaines voix se fassent entendre.

Maintenant, ça brûle. Nous sommes ici, ensemble. Les Panthères et Mégaphone.

Si nous n'existions pas, qui aurait pris la peine d'essayer de comprendre les ombres mouvantes qui se déplacent dans nos rues avec des pierres dans leurs mains? Ces ombres sont nées à l'hôpital suédois et ont été enregistrées auprès des autorités fiscales suédoises, elles sont allées dans des écoles suédoises, elles sont traîné dans des centres de loisirs suédois,  elles veulent travailler dans ce pays et payer des impôts et mourir ici, mais notre Premier ministre peut en faire des étrangers en disant que leurs actes sont le résultat de l'existence de «seuils culturels» - comme vous le savez à Mégaphone, c'est la seule explication qu'il a donné à la révolte de banlieue: il s'agit de jeunes hommes en colère qui doivent surmonter certains seuils culturels et entrer dans la société.

Nous n'avons pas la force d'expliquer à qui que ce soit à quel point cette déclaration est banale et raciste.

Les ombres se déplacent dans la nation.

À tous les politiciens de Suède ...

nous écrivons en revanche :
Vous êtes élus. Le peuple, c'est nous tous, ensemble. La police abuse de son pouvoir et nous voit, nous qui sommes sans uniforme, comme des déchets. C'est pourquoi nous les appelons les porcs. Simplement. Nous, on en a marre d'entendre le pouvoir dire quelques mots qui ne veulent rien dire du tout. Agissez au lieu de parler. Rendez-vous utiles. Établissez par exemple un organisme indépendant qui enquête sur la police.

C'est encore vous qui détenez le pouvoir dans vos mains, faites donc quelque chose pour aider les gens qui vous ont élus pour siéger et ramasser des millions sur vos comptes. Les salaires de merde des enseignants font qu'ils perdent espoir. Ils sont assis derrière leurs pupitres et s'en foutent. Et ainsi de suite. Cause et effet. Si vous insistez à réduire toutes les questions politiques à des questions de police, alors il va nous falloir tout simplement commencer à voter pour des flics au lieu de politiciens.

Une nouvelle partie de la société est morte dans cet appartement de Husby. C'est pour ça que ça brûle.

Mais ça, vous le savez déjà.

Et enfin. Pour tous les enfants de banlieue.

Toutes nos sœurs et frères. Restez calmes. Les médias vont bien sûr arrêter de produire leurs rapports quand çà se sera calmé dans vos quartiers. Ils vont plier bagage et disparaître pour cette fois-ci. Ils ne veulent pas entendre vos voix parler de la violence de la police, des mauvaises écoles, des maisons à rénover, des centres de loisirs désaffectés, de la discrimination. Ils veulent voir des voitures qui brûlent, des vitres brisées. Alors, quand la révolte sera terminée pour cette fois, vous devrez continuer à informer sur vos vies vous-mêmes.

Les médias vont salir vos quartiers et désinformer.
Exigez des rectificatifs.

Il ya une chose que nous pouvons apprendre. Nos voix comptent. Nous devons parler les uns avec les autres, si personne d'autre n'écoute.
Les Démocrates de Suède [parti d'extrême-droite, NdT] obtiendront peut-être quelques voix de plus, mais ne vous taisez jamais.  Nous ne resterons pas silencieux, nous allons parler, ensemble. S'ils cousent ensemble nos lèvres, vous ferez sauter les points avec vos voix.

Nos poches sont pauvres, mais nos yeux sont riches.
Tout le pouvoir au peuple.

Homa Badpa
Murat Solmaz

Les Panthères pour la régénération de la banlieue





Merci à Tlaxcala
Source: http://www.aftonbladet.se/kultur/article16832905.ab
Date de parution de l'article original: 24/05/2013
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9757

 
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Published by Anne Wolff - dans Eurocrassie
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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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