20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 09:31

Appel à la solidarité Internationale.

Photo: Oswaldo Rivas pour The New York Times

Photo: Oswaldo Rivas pour The New York Times

Le Conseil des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras (COPINH) dénonce : dans la nuit du 16 juillet des membres de la famille Madrid, associés de la famille Atala Zablah, ont détruit toutes les récoltes de la communauté de Rio Blanco organisée dans le COPINH dans les lieux-dits la Vega del Culatón et el Achotal.

Ce sont des terres ancestrales convoitées par l’entreprise DESA qui prétend les utiliser pour y développer un projet hydroélectrique « Agua Zarca », contre lequel luttait la leader indigène Berta Cáceres.

Dans la nuit du 2 au 3 mars 2016, plusieurs hommes ont enfoncé la porte et sont entrés dans la maison de Berta. Le défenseur mexicain du milieu ambiant, Gustavo Castro Soto était dans la maison. Il a entendu Berta demander « Qui est là », puis il a entendu les coups de feu…ils ont tué Berta, ensuite les tueurs ont tiré sur lui, il a fait le mort, ils sont partis…mais dit-il : « Ils m’avaient « seulement » arraché une partie d’une oreille ». A cause des menaces qu’elle recevait en permanence contre elle et contre sa famille, plusieurs proches de Berta avaient dû quitter le pays. Le Commissaire des Droit de l’Homme pour le Honduras et d’autres organisations avaient exigé du gouvernement que Berta bénéficie de mesures de protection, qu’il lui avait accordées ! Une mesure de plus de l’inefficacité de ce non-gouvernement !

Les auteurs matériels du crime sont passé en jugement, mais la famille, le COPINH et tous ceux qui les soutiennent veulent que soient jugés les auteurs intellectuels. La famille Atala Zabla a été mise en cause comme auteurs intellectuels de l’assassinat de Berta, mais le principal témoin de l’accusation a été « retrouvé mort » au début de ce mois. La famille Atala – associée du projet DESA - fait partie des 5 familles (dans un pays d’environs 9 millions d’habitants) les plus riches du Honduras qui ensemble possèdent 75 % de la fortune du pays réduisant à la misère 70 % de la population.

Une semaine avant sa mort, Berta demandait justice pour 4 autres défenseurs assassinés et dénonçait les agressions, harcèlements et menaces permanentes contre les communautés et les défenseurs de la Vie. La communauté du Rio Blanco a subi au moins 22 autres attaques depuis l’assassinat de Berta. Dans tous le pays les communautés indigènes vivent un climat d’agressions permanent.

Le 15 juillet 2019 à 17h30, un groupe d’une dizaine de personnes ont tiré sur des membres de la communauté de Somologua, San Juan état de San Barbara. Les 25 familles étaient sur les terres récupérées qui leur appartiennent légitimement. Le COPINH exige que l’Institut National Agraire agisse immédiatement pour mettre fin au conflit agraire.

Le 9 juillet 2019, 18 personnes qui étaient arrêtées dans le cadre d’un autre conflit agraire qui concerne 190 familles en lutte pour obtenir le titre de propriété collective des terres qu’elles travaillent. Lors de l’arrestation la police a battu Francisco Solano López agé de 78 ans.

Le 1er juillet 2019, c’est la communauté de Montana Verde qui était attaquée, parmi les agresseurs se trouvaient des militaires. Après voir détruit le seul chemin d’accès à la communauté, ils ont menacé de la bombarder… Leur présence menaçante est depuis ostentatoire et permanente.

ETC.


 

Honduras : Stop aux attaques contre les communautés indigènes !
Honduras : Stop aux attaques contre les communautés indigènes !

Cette fois, le 16 juillet 2019 les criminels s’en sont pris aux récoltes détruisant 15 champs de maïs, cultivés collectivement par 25 familles, les privant de leur principale source de nourriture.

Le COPINH met en cause l’état du Honduras responsable de ces actions violentes par son manque de clarté juridique quant à la propriété des terres et pour l’impunité des agressions commises contre la communauté. Elle responsabilise également l’Institut National Agraire INA, le Ministère Public, la direction Nationale des Peuples Indigènes et AfroHonduriens DIFRANOH. Pour la sécurité et l’intégrité physique des compagnons et compagnonnes de la communauté, le COPINH lance l’appel à la solidarité nationale et internationale.

A la communauté nationale, la demande de solidarité la plus urgente est celle de nourriture et d’argent (lempiras) - pour pouvoir en acheter, à verser sur le compte de la Banco de Occidente 21 301 029 1959

Elle lance un appel urgent à la solidarité internationale pour dénoncer cette nouvelle attaque. Et faire pression sur le gouvernement pour lui rappeler que face aux graves menaces, agressions et assassinats ciblés dont sont victimes les défenseurs du milieu ambiant au Honduras , il a déjà été à diverses reprises rappelé à l’ordre par la Commission Inter-américaine des Droits de l’Homme qui met en cause son manque de volonté, son incapacité à prendre des mesures de protection efficaces.

Rosalina Dominguez dénonce la destruction de la récolte

Rosalina Dominguez dénonce la destruction des champs de maïs de sa communauté. Elle nous montre la récolte qui a été systématiquement détruite. La communauté recevait des menaces depuis le 18 avril. La famille Madrid les harcelait, les menaçant de détruire leur récolte s’ils ne partaient pas. Ce n’était pas une menace en l’air. Ils ont également proféré des menaces de mort contre plusieurs membres de la communauté dont Rosalina. « Mais la communauté va se battre pour que ses coquins ne restent pas dans l’impunité», dit-elle. Pour eux la destruction de cette récolte est un désastre. Mais la communauté ne va pas se laisser faire, elle continuera à planter du maïs sur leurs terres, comme ses membres continueront à protéger le Rio Blanco, peu importe les harcèlements, les attaques. Elle appelle le soutien de la communauté internationale pour faire pression sur le président Juan Orlando Hernandez afin qu’il fasse appliquer les lois et que leur accorde la protection de la police. Les membres de la communauté peuvent à tout moment être assassinés, mais jamais on ne voit une seule patrouille pour venir défendre la vie de ses compagnons.

« C’est pourquoi nous sommes indigné(e)s et que cette lutte nous allons la gagner, avec la compagnonne Berta Cáceres. Ils l’ont assassinée, mais elle est présente en esprit, gardienne de notre Rio et de notre terre, pour lesquels nous luttons depuis bien longtemps. Cela fait des milliers d’années que nous devons lutter, aussi cette lutte nous allons la gagner ! »


 

Sources : Desinformemonos, Rebelión, COPINH, Centre pour la Justice et le Droit International

Traduction et relais d’infos : Anne Wolff


 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 21:15
Mémoire vive : Sabino Romero cacique Yupka

Honte sur moi, j’avais enregistré ce trésor, une vidéo, de 2015, sous-titrée en français, où les yupkas parlent de leur lutte. Il a fallu une panne d’internet pour que je la découvre cachée parmi tant d’autres trésors que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir.

Je n’arrive pas à mettre la vidéo sur le blog, mais vous pouvez la voir ici.

Mémoire vive : Sabino Romero cacique Yupka

Sabino Romero, cacique meneur des luttes indigène au Venezuela a été assassiné le 5 mars 2013, deux jours avant la mort de Chavez qui a occulté l’importance de l’assassinat de Sabino, autre « épine » dans le pied de l’empire.

La situation des peuples originaires n’a jamais cessé d’être difficile au Venezuela.Mais Chavez avait fait des choix qui protégeaient leurs droits et les droits de la vie. Il renonce a exploiter la Faja de l’Orénoque  :

« Entre la forêt et le charbon, je suis du côté de la forêt, de la rivière, du milieu ambiant ».

 

A présent les choix et les décisions de Maduro, et son Arc Minier de l’Orénoque, débouchent sur un génocide indigène au Venezuela. Déplacement, pollution des lieux de vie, militarisation des territoires et présence agressive des mafias minières, meurtres réguliers de leaders et autres résistants indigènes, misère par privation de ressources, terre, moyens et modes de productions, épidémies sans traitement (malaria, rougeole et VIH)… ces choix contribuent aussi à une dégradation du milieu ambiant qui aura des conséquences incalculables dans l’avenir proche pour toute la population, pour toutes les générations à venir: pollution irréversible des ressources d’eau potable et pollution des terres par les rejets de l’extractivisme, déboisement massif. L’Arc Minier de l’Orénoque et ses 112 000 km 2, c’est à peu près trois fois le territoire de mon pays, ma bien aimée Belgique.

Mémoire vive : Sabino Romero cacique Yupka

La vidéo est tournée avant que cet Arc ne mette en action un nouveau génocide indigène au Venezuela. En 2015, 4 femmes yupka de la Sierre Perija racontent les luttes de Sabino Romero. Ce sont sa mère, sa veuve Lucia et ses filles Zénaida et Guillerma, sa cousine Anita et la fille de celle-ci, Ana Maria. Elles racontent aussi la lutte spécifique des femmes indigènes qui dans cette société génocidaire souffrent plus que les hommes, alord que les femmes indigènes sont souvent à la tête et à l’avant-garde des lutte.

 

N’oublions tout de même que l’histoire des guerres est aussi celles de femmes qui doivent accomplir à la fois les tâches de l’homme et de la femme, quand les hommes sont partis pour un combat dont ils ne reviendront peut-être pas et que les femmes – pendant que les hommes font œuvre de mort - doivent assurer seules tous la satisfaction des besoins vitaux. Je déteste le féminisme occidental actuel, égoïste, geignard, revendicatif, agressif envers l’homme (notre seconde moitié d’orange comme disent les espagnol(e)s), comme si les femmes étaient faibles par nature et l’homme un mal qu’il faut combattre et dominer. Les femmes fortes ne sont pas une invasion récente… ce sont le courage, l’inventivité, la persévérance de femmes fortes et humbles qui ont permis la perpétuation de la vie et cela fait partie intrinsèque de l’histoire de l’humanité. La lutte des femmes indigènes perpétue cette tradition de lutte pour la vie, Bertha Caceres, indigène lenca du Honduras assassinée le 2 mars 2016, incarne aussi cette lutte de femme.

 

La fille de Sabino mène la lutte

La fille de Sabino mène la lutte

« Cette vision anti-patriarcale traverse toutes les aires de l’organisation puisque ce que nous souhaitons, c’est un changement de la culture machiste, pour conquérir l’égalité des droits et une participation aux bénéfices du travail et à l’organisation, en prenant en compte que nous les femmes sommes des personnes différentes, avec des histoires différentes mais pas avec des droits inégaux.  Nous demandons par cette lutte que les décisions et modes de pensées des femmes pour la famille, l’économie, la politique, le développement organisé du pays et du monde soient valorisées. »

Berta Caceres

Le but ce n’est pas de devenir des Thatcher, Allbright ou Hillary Hyène Clinton… ce n’est pas un féminisme de lave-vaisselle, quand ni l’homme ni la femme ne veulent faire la vaisselle parce que c’est une tâche domestique donc dévalorisée. En occident, tous le monde exige de trouver des chiottes propres, cela fait partie de la dignité, mais celui ou celle qui les nettoie, les chiottes, est renvoyé au bas de la hiérarchie sociale…. Un des plus beaux compliments qu’on m’ait fait venait de ces anciennes de la montagnes qui m’avaient surnommée la Mujer Valiente, la femme courageuse parce que selon elles j’accomplissais seule le travail de l’homme et celui de la femme… enrichissement à peu de frais, avec beaucoup de travail heureux. Et portant mes voisins continuaient à me trouver féminine… Le devenir Forte de la femme, est tous le contraire d’une « hominisation ».

La lutte pour la défense de la vie, pour la défense de la nature qui en est le foyer, est une lutte pour la valorisation de l’essentiel, la guerre du pétrole n’est rien à côté de la guerre de l’eau, déjà en cours. L’ONU annonce qu’elle va s’intensifier dramatiquement dans le décennie à venir alors que toujours moins de personnes n’auront plus d’accès à l’eau potable et saine (60 à 80 % de la population de la planète) et pourtant le fracking méthode qui pollue d’immense quantité d’eau se met en place à tours de bras, provoquant aux USA des coupures d’eau de plus en plus fréquentes, alors que leur commandement Sud veille sur l’appropriation du las Guarani quatrième réserve d’eau de la planète. Et Maduro sacrifie les ressources d’eau du Venezuela pour son intérêt à court terme. La Belgique avec ses centrales nucléaires vétuste a de plus en plus de mal à faire face aux besoins en électricité du pays… à quand les coupures, le rationnement programmé… J’ai vécu 6 ans en montagnes, sans électricité, mais il y avait de l’eau à volonté et du bois mort tout plein pour se chauffer… le scier aussi, par les froids matins d’hiver, cela réchauffe et cela met en forme. Je ne dis pas que tout le monde doit vivre comme cela, j’ai pu constater que beaucoup d’urbains n’en sont tout simplement pas capables. Il y a quelques années, quand je n’avais pas encore conscience de la gravité du problème, je demandais qu’au moins on laisse ceux qui avait fait ce choix d’une vie simple, saine, à « empreinte «écologique » faible, voir positive (réparation et entretient d’écosystèmes, jardiniers de planète), vivre comme ils le souhaitaient pour le bien de tous. Mais rien n’est plus subversif, plus dangereux pour le système que des pauvres heureux, c’est pourquoi il ne tolère pas d’alternatifves. Et nous en sommes arrivé à de telles extrémités dans notre destruction des conditions de possibilité de la Vie, que cela devient un problème dont nous sommes tous co-responsables.

Où je veux en venir, c’est que mon partage des luttes indigènes est un partage de coïncidences de goût et de choix de manière de vivre, d’être au monde faisant partie du milieu ambiant. C’est triste des enfants qui ne connaissent même pas la campagne, ce sont des enfants fragiles et sans racines. Ce choix, à présent à la Vie pour enjeu , il devient une nécessité… Sauf pour ceux qui trouvent normal que leur droit une vie de dilapidation de richesses naturelles et d’énergie, leur donne le droit de piller d’autres peuples, voir de les exterminer. Cela n’a jamais été mon cas. Mais c’est cela le dilemme : poursuite d’un mode de vie qui dilapide les ressources de la planète et nous rend complice de crimes. Et les plus d’un milliards de Chinois, ce sont joints à la grande fête, au Sacrifice Consumériste.

 

Maduro va en finir avec l'eau potable du Venezuela

Maduro va en finir avec l'eau potable du Venezuela

Depuis l’assassinat de Sabino, trois de ces fils Alexander, José Luis y Cristóbal ont également été assassinés. J’ai évoqué Berta Caceres, parce que c’est une histoire que je connais mieux, mais le meurtre de Berta comme celui de Sabino s’inscrit dans une hécatombe, qui se répète dans toute l’Amérique Latine. Voir ce que raconte les trois vétérans du Mexique, - alors que dans l’actuelle balkanisation du Mexique sont apparus les 'whitexicans' des Mexicains plus gringos que les gringos - et la terrible conclusion du Docteur Jalife, pour l’intégration étasunienne « Nord Américaine » USA Canada Mexique : un bon mexicain est un mexicain mort, en particulier les peuples indigènes, les paysans qui habitent les terres que s’approprient les Corporations.. En notre nom, au nom de nos modes de consommation. C’est nous qui en consommant leurs produits leur avons donné le Pouvoir dont elles disposent à présent et qui nous sommes rendus complices des crimes commis en notre nom, pour piller les ressources qui nous permettent de satisfaire des désirs qui ne nous rendent pas plus heureux. Des désirs meurtriers qui multiplient les causes d’insécurité dans le monde et deviennent une menace contre la Vie.

De quel droit affirme-t-on que nos choix sont les meilleurs et que les autres peuples ont une aspiration naturelle à vouloir vivre comme nous. Ce n’est pas vrai. Beaucoup voient bien que nous ne sommes pas heureux, jamais satisfaits, sacrifiant du précieux temps de vie pour acquérir l’équivalent des verroteries sans valeurs que les colons étasuniens offraient aux populations indigènes en échanges de ressources de vie qui n’ont pas de prix.

Anne

 

Faire partie de la nature

Faire partie de la nature

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 22:55
Message d'"El Maizal" commune d'espoir

Dans le chaos du Venezuela actuel, des Communes continuent à résister contre l’adversité. Parmi elle, la Commune productive agricole del Maizal est emblématique, elle lance aujourd’hui un message au Venezuela et au monde. Ce message je le relaie, c’est la voix du Venezuela qui parle à mon cœur.

Les différentes communes sont intégrées à des municipalités, celle d’El Maizal fait partie de la municipalité de Simon Planas,(35 000 habitants), dans l’état de Lara. J’avais évoqué sur ce blog, la manière dont le régime de Maduro y avait empêché l’élection libre lors des dernières élections municipales. Le peuple avait sans contestation possible choisi le comunero Angel Prado pour Maire, mais c’est un dirigeant du PSUV (parti unique au pouvoir) qui avait été parachuté par la hiérarchie du parti pour accomplir cette fonction. (Venezuela : le pouvoir populaire et les élections municipales confisquées de Simon Planas). C’est cela aussi le Venezuela, un peuple organisé fidèle aux « belles idées de Chavez » même s’il est plus ou moins critique de ses pratiques. Parmi ce peuple organisé une partie continue à soutenir Maduro, mais de moins en moins. Les comuneros ont pris conscience à la dure (répression et expulsions, manque de soutien, déni au profit de l’agro-industrie – qui ne fonctionne pas) que poursuivre le projet communaliste aujourd’hui au Venezuela est aussi un combat contre Maduro, son « centralisme démocratique autoritariste,(les info vont du bas vers le haut et les ordres en sens inverse en toute opacité, son socialisme à la chinoise (mao-stalinien) et les éléments corrompus de son administration..

Comme je l’évoquais dans la Revue qui précède, rien de plus polysémique que le concept de socialisme. Personnellement, je m’en passe très bien pour évoquer le monde que je voudrais voir exister. Pourtant la Commune Socialiste « El Maizal » fait partie, incontestablement, à part entière partie de ce monde. Elle se vit aujourd’hui sur le mode ZAD, zone autonome à défendre. Si j’ai des raisons de garder un peu d’espoir pour le proche avenir, El Maizal en est une.

Message d'"El Maizal" commune d'espoir

28 mars 2019 - « Avec notre production nous couvrons presque tous les besoins de la municipalité ». conte Alexander Gutiérrez, intégrant de la commune « El Maizal » qui a inclus dans ces activités un magasin dans la municipalité, à juste prix contrairement à ceux pratiqués par les spéculateurs, commerçants et entreprises privées. « Dans la configuration de la crise, l’inflation, le pays-désastre, une option consistante face à la rhétorique impérialiste, est d’incarner une alternative concrète, avec une production diversifié, depuis le maïs au café, depuis les viandes de bœuf et porcine, jusqu’au gaz.


 

Depuis 10 ans, nous avons commencé à développer le processus de construction [de la commune] qui se poursuit aujourd’hui, depuis le travail de la terre pour la communauté et avec elle, jusqu’à la possibilité de rencontrer d’autres manières d’entrer en relation entre comuneros et comuneras qui génèrent un système socio-économique qui est réellement une dissidence à l’intérieur d’un système mondial violent, inégal et brutalement exploiteur. La commune « El Maizal » souscrit au socialisme qui se construit depuis la base, avec les habitants, avec peu ou sans aucune intervention de l’état, en soutenant le projet de Chavez, comme une brèche dans l’histoire du Venezuela qui ouvre de nouvelles possibilités pour l’organisation et le pouvoir populaire, favorisant le transfert en transparence du pouvoir au peuple afin de créer de la souveraineté, de l’autogestion, de l’autonomie.


 

Le président Chavez, a été une oasis au milieu d’années de politiques néolibérales du Venezuela. Il est arrivé à Lara pour une de ses émissions « Alo Presidente », en 2010, il s’est assis sous un arbre « El Saman » [arbre à pluie] et ici même nous avons fondé la commune avec le soutien de cet autre habitant des Plaines Vénézuéliennes, qui est arrivé comme un rebelle romantique aux poreuses sphères du pouvoir, allant de l’avant sans peine ni gloire en compagnie des gens du peuple. Malgré la quantité de mauvaises décisions ont été prises par le gouvernement révolutionnaire de Chavez, nul ne peut dire qu’il n’aura pas jusqu’à la fin accompagné le peuple dans ces processus d’organisation, de recherche de formes de résistance, d’indépendance, d’auto-gouvernement, de socialisme ; ou pour le moins toutes les précédentes jointes à’une authentique recherche du socialisme depuis une identité singulière territoriale et culturelle.


 

Par des temps de disputes et de guerre au plus large sens de ce terme, avec les multiples formes d’attaques contre la décision de se libérer d’un contexte de contrôle et d’autorité mondiale, ces initiatives doivent être protégées. A la militance internationale, à la perspective internationale de la gauche anticapitaliste nous demandons accompagnement, appui, et de montrer la capacité d’unité des travailleurs paysans, du peuple militant. Contre la rhétorique du pouvoir, il faut réunir la force de ceux d’en-bas.


Traduction depuis aporrea

Message d'"El Maizal" commune d'espoir
Message d'"El Maizal" commune d'espoir
Message d'"El Maizal" commune d'espoir
Message d'"El Maizal" commune d'espoir
Simon Planas et El Maizal en lutte contre la confiscation de l'élection municipale de 2017 par le PSUV

Simon Planas et El Maizal en lutte contre la confiscation de l'élection municipale de 2017 par le PSUV

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 13:04

 

 

Europe : la liberté de cultiver entravée par les futurs traités de libre-échange

par Sophie Chapelle 29 avril 2014

Des centaines de tonnes de semences détruites au prétexte qu’elles n’ont pas été brevetées par des multinationales. C’est ce qui arrive aux paysans colombiens, et c’est bien ce qui pourrait se produire aussi en France et en Europe à cause du traité de libre-échange discuté entre l’Union européenne et le Canada. Cet accord commercial « brade les droits des agriculteurs au profit de l’industrie semencière », alertent de nombreuses organisations de la société civile. Alors que ce traité doit être ratifié par le Parlement européen, les candidats se positionneront-ils d’ici les élections ? Décryptage.

Les traités de libre-échange constituent-ils une menace pour la liberté de ressemer ses semences ? C’est l’alerte lancée par plusieurs organisations associatives et syndicales après avoir analysé une version confidentielle du projet d’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (AECG), datée du 20 décembre 2013 [1]. « Nous avons notamment eu connaissance du chapitre sur la propriété intellectuelle, raconte Birgit Muller du Réseau semences paysannes. A sa lecture, « il apparaît clairement que ce traité de libre échange, comme les précédents, brade les droits des agriculteurs au profit de l’industrie semencière ».

L’article 18.3 du traité mentionne ainsi qu’un agriculteur en possession de semences d’une variété contenant un caractère breveté pourrait voir ses « biens saisis » et ses « comptes bancaires gelés » ! « S’il n’est pas en mesure de fournir des preuves formelles de la provenance des semences utilisées, l’agriculteur peut être soupçonné de "recel de contrefaçon" », explique Birgit Muller. L’article 16.2 précise également que cette saisie peut se faire sur simple présomption de contrefaçon. En clair, un paysan qui continuerait de faire ce qu’il a toujours fait, garder une partie de sa récolte pour ensemencer ses champs, se verrait donc menacer d’amendes et de poursuites judiciaires.

Extrait du chapitre sur la propriété intellectuelle de l’AECG :

Des réglementations européennes et nationales contournées

Si l’accord entre l’Union européenne et le Canada est ratifié en l’état, « il annulerait les avancées que nous avons obtenues en France dans le cadre de la loi sur les contrefaçons », souligne Roxanne Mitralias de la Confédération paysanne. Pour rappel, ce projet de loi discuté au Sénat en novembre 2013 a suscité de vives réactions en France (nos articles sur ce sujet). C’est à la suite de menaces de grèves de la faim par des paysans, que les députés ont finalement adopté en février 2014 un amendement stipulant qu’un agriculteur qui multiplie et ressème des graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière ne peut pas être poursuivi pour contrefaçon.

Selon Birgit Muller, le projet d’accord commercial contient des dispositions qui ont également été refusées par le Parlement européen en juillet 2012 dans le cadre de l’ACTA, l’Accord commercial anti-contrefaçon. Ce dernier visait à renforcer l’application des droits de propriété intellectuelle et la collaboration des États dans la lutte contre les contrefaçons, en les mettant directement au service des entreprises. La mobilisation citoyenne contre cet accord, au-travers de nombreuses manifestations et d’une pétition ayant recueilli 2,8 millions de signatures, a finalement conduit au rejet massif de l’ACTA par les eurodéputés (478 contre, 39 pour, 165 abstentions). La ratification de l’accord commercial entre l’UE et le Canada permettrait donc de contourner la réglementation européenne et française.

Monsanto et Syngenta s’imposent en Colombie

Ce type d’accord commercial bilatéral favorise les prérogatives des entreprises et s’impose au droit national. Les paysans colombiens l’ont découvert à leurs dépens : en 2011, 1167 tonnes de semences, principalement de riz, mais aussi de pommes de terre, de maïs, de blé, de plantes fourragères et de haricots rouges, sont retirées de la circulation. L’année suivante, l’Institut agroalimentaire colombien (ICA) confisque ou détruit près de 2800 tonnes de semences. Motif : l’accord signé avec les États-Unis contient une clause qui oblige les paysans à cultiver des « semences certifiées », c’est-à-dire produites par les sélectionneurs industriels comme Monsanto ou Syngenta.

Pour se mettre en conformité avec cet accord, l’ICA publie un texte en 2010 – la résolution 9.70 – qui rend illégale la vente de semences issues de la sélection paysanne, au motif que leurs qualités sanitaires ne sont pas garanties. La mobilisation de dizaines de milliers de Colombiens dans les rues de Bogotá à l’été 2013 conduit le gouvernement à annoncer le 6 septembre la suspension de la résolution pendant deux ans. Toutefois, « l’ICA continue à aller de ferme en ferme pour demander si les semences utilisées sont certifiées » témoigne Victoria Solano, auteure du documentaire « 9.70 ». La pression étatique sur l’autonomie des petits agriculteurs se poursuit.

Droits des peuples à une alimentation locale

« Les accords de libre-échange ont des effets importants sur la vie sociale et économique de pays qui devraient vraiment être discutés avec les citoyens », estime Birgit Muller. Outre les enjeux autour des semences se pose aussi la question du droit des municipalités à se fournir auprès d’un producteur local. « Ce droit aussi va être limité par l’accord économique entre l’Union européenne et le Canada, illustre t-elle. Au-dessus d’une certaine somme, les municipalités devront ouvrir leurs marchés publics à tous les fournisseurs européens. L’université de Toronto par exemple a un partenariat avec les producteurs locaux et biologiques. Mais si l’accord est adopté, elle devra se fournir auprès de producteurs européens si leurs produits sont moins chers. »

La position du prochain Parlement Européen sur ces accords de libre-échange sera donc décisive pour l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. Dans un appel publié le 29 avril, 23 organisations, dont des producteurs bio, des syndicalistes des douanes, des organisations de commerce équitable [2], alertent sur les conséquences de ce traité qui sera ratifié par les futurs eurodéputés. Ce texte « comprend un important volet sur les droits de propriété intellectuelle et impacte par conséquent le droit des paysans à utiliser leurs propres semences », écrivent les organisations signataires. « Ce modèle d’accord est reproduit de traité en traité, tant qu’aucun frein n’y est mis. Vous avez le pouvoir de le stopper. » Les signataires demandent aux candidats d’annoncer, avant le premier tour des élections européennes le 25 mai, le rejet de l’accord entre l’Union européenne et le Canada. Les critiques des candidats seront-elles aussi vives que celles exprimées contre TAFTA, le projet d’accord commercial entre l’UE et les États-Unis [3] ?

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo : CC Lifesupercharger

Pour aller plus loin, le documentaire « 9.70 » (en espagnol) de Victoria Solano :

Notes

[1Le 18 octobre 2013, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Stephen Harper, Premier ministre du Canada, ont annoncé la conclusion du traité entre l’Union européenne et le Canada.

[2Liste des signataires : FNAB, OGM Dangers, Bio Consom’acteurs, Attac, Chrétiens dans le Monde Rural (CMR), FIAN, Réseau Semences Paysannes, Les Poissons Roses, Confédération Paysanne, Fédération Nature & Progrès, Solidaires Douanes, FNCIVAM, Amis de la Terre, CNDSF, Fédération Nationale Accueil Paysan, Fondation Sciences Citoyennes, AITEC, Artisans du Monde, Syndicat Simples, Demeter France, MIRAMAP, Agir Pour l’Environnement, GIET.
Avec le soutien de : (en région) Bio Consom’acteurs PACA, Filière Paysanne, Consommateurs pas Cobayes, UDB - Union Démocratique Bretonne, Bio de
Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’Union Nationale des Fermiers du Canada

[3Voir nos articles à ce sujet

 

Source : Europe : la liberté de cultiver entravée par les futurs traités de libre-échange - Basta !

 

A lire aussi, la manière dont le mouvement de résistance à la "Loi Monsanto" au Chili a créer les alliances et le dispositif  qui lui ont permis une première victoire

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 11:10

 

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a récemment annoncé que la Russie n'importer plus des produits contenant des OGM, affirmant que la nation a suffisamment d'espace et de ressources suffisantes pour produire de la nourriture organique.



Si les Américains aiment manger des produits contenant des OGM, qu'ils mangent  Nous n'avons pas besoin de le faire; nous avons assez d'espace et la possibilité de produire des aliments biologiques "-. Medvedev

La Russie envisage de rejoindre la longue liste (et sans cesse croissante) des pays anti-OGM . Il le fait après qu'un groupe de scientifiques russes a exhorté le gouvernement à envisager au moins un moratoire de 10 ans sur les OGM et d'étudier de manière approfondie leur influence sur la santé humaine.
"Il est nécessaire d'interdire les OGM, d'imposer un moratoire (sur) pendant 10 ans. Alors que les OGM seront interdits, nous pouvons planifier des expériences, des essais ou peut-être même de nouvelles méthodes de recherche qui pourraient être développés. Il a été prouvé que non seulement en Russie, mais aussi dans de nombreux autres pays dans le monde, les OGM sont dangereux. Méthodes d'obtention des OGM ne sont pas parfaits, donc, à ce stade, tous les OGM sont dangereux. 

La Consommation et l'utilisation des OGM obtenus d'une certaine manière peut conduire à des tumeurs, les cancers et l'obésité chez les animaux. La Bio-technologies devraient certainement être développés, mais les OGM devraient être arrêtés. Nous devrions cesser de les propager. "- Irina Ermakova, vice-président de l'Association nationale pour la sécurité de la Russie génétique
Un certain nombre de scientifiques du monde entier ont clairement souligné les dangers potentiels associés à la consommation d'OGM. J'ai récemment publié un article intitulé "10 études scientifiques démontrant que les OGM peuvent être nocifs pour la santé humaine", vous pouvez lire que dans plein ici . Ce ne sont que quelques-uns choisie parmie les centaines d'études qui sont maintenant disponibles dans le domaine public, il semble qu'ils continuent de faire surface année après année.
La Russie interdit complètement les OGM, comme un grand, pays développé c'est un grand pas en avant dans la création d'une plus grande sensibilisation en ce qui concerne les OGM. Demandez-vous, pourquoi tant de pays interdit les OGM et les pesticides ? C'est parce que la preuve pointe vers le fait qu'ils ne sont pas sûrs, ils sont jeunes, et ne savent pas assez sur eux pour consommer en toute sécurité. Ils ne sont pas nécessaire, alors pourquoi ils les produisent?
Au cours des dernières années, la sensibilisation sur les OGM a grimpé en flèche. Activisme a joué un rôle important dans le réveil d'une grande partie de la population de la Terre en ce qui concerne les OGM. Les gens commencent à poser des questions et obtenir des réponses.
En Février, la Douma d'Etat a présenté un projet de loi interdisant la culture de produits alimentaires OGM. Le président Poutine a ordonné que les citoyens russes soit protégés des OGM. Le Comité de l'agriculture Unis ont appuyé la recommandation de l'interdiction par le parlement russe, et la résolution entrera pleinement en vigueur en Juillet 2014.

Juste pour montrer ce que nous pouvons faire lorsque nous nous réunissons et le changement de la demande et du partage de l'information à l'échelle mondiale. Le changement se produit, et un réveille à de nouveaux concepts de notre réalité tous les jours. OGM ne sont que le début, nous avons beaucoup de choses à débarrasser sur notre planète. Nous commençons tous à voir à travers les fausses justifications pour une nécessité des OGM;
Sources:

 

commentaire anonyme :

Je rajoute que la Russie a aussi interdit en 1976 le four micro onde car c'est vraiment dangereux ( comme au Japon ) , les molécules sont trop chauffés et tue toutes les vitamines , minéraux ,bref les molécules sont transformés , le micro onde est nuisible à la santé , perso j'ai jeté depuis longtemps mon micro onde .


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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 18:23

 

Servindi 20 mars 2014 – Le retrait de la loi Monsanto sur la privatisation des semences paysannes et la non adhésion à la Convention UPOV 91 sur la protection de l’obtention des végétaux sont célébrées par les citoyens chiliens qui se mobilisent activement en défense de la production agro-écologique et de la culture familiale paysanne.

La pression est née d’un ample mouvement, de la campagne et de la ville, en défense des semences libres de brevets, non transgéniques et contre les pesticides, articulé dans la Campagne « Yo no quiero transgénicos en Chile » RAP-Chile.

La Présidente Bachelet et sa coalition au gouvernement ont annoncé le 17 mars le retrait du projet connu sous la dénomination de Loi Monsanto et qui avait été déposé au parlement en 2009 par la présidente elle-même au cours de sa précédente administration.

L’initiative légale prétendait accorder aux entreprises transnationales, comme Monsanto, Syngenta, Pioneer/Dupont et Bayer, productrices de semences hybrides et transgéniques d’amples garanties au prix des droits des paysans et paysannes et du patrimoine génétique du pays.

La campagne a suscité une mobilisation massive, des échanges de semences et le déploiement de ressources visuelles sur les réseaux sociaux.

Un rôle remarquable a été joué par les femmes paysannes et indigènes, les agriculteurs biodynamiques, conjointement avec des associations socio-ambiantales, indigènes, de consommateurs et des familles, chacun d’entre eux concernés par la possibilité bénéficier d’une alimentation saine et sûre. Ensemble ils formèrent le cœur du mouvement de défense des semences.

Il faut faire remarquer qu’au cours des dernières années, au Chili, la redécouverte des valeurs de l’agriculture familiale paysanne, et de l’agro-écologie - comme alternatives concrètes pour affronter un changement climatique, également en réponse à la nécessité pour la population de disposer d’une  plus grande quantité et d’une meilleure alimentation - a pris de l’ampleur

L’eau, la terre et les semences sont des éléments essentiels pour parvenir à la souveraineté alimentaire, objectif poursuivit par la campagne Yo no quiero trangenicos en Chile, entendu comme le droit de tous et de toutes a décider librement des aliments qu’ils consomment, prenant en considération la culture traditionnelle, sans que celle-ci soit remise entre les mains des transnationales qui monopolisent le commerce des semences.

L’ex sénatrice Ximena Rincón, actuelle ministre secrétaire générale du gouvernement, était à la tête de l’opposition au projet de loi au Sénat et grâce à la vigilance citoyenne une majorité de législateurs furent informés et s’unirent dans l’opposition à la loi.

L’organisation internationale Via Campesina célèbre cette décision qu’elle considère comme un triomphe du mouvement citoyen, mais elle avertit : il faut rester vigilant face au danger que représente UPOV 91 avec laquelle, on en a pas fini puisque le gouvernement ne « s’est pas engagé à développer un nouveau projet de loi en faisant appel aux différents secteurs impliqués et affectés ».

A ce sujet, elle ajoute qu’il n’y a pas le moindre doute, les entreprises feront des campagnes millionnaires de lobbying et de désinformation, y compris de cooptation d’organisations à travers lesquelles elles espèrent pouvoir continuer à défendre leurs mythes, menaces et mensonge » affirme-t-elle.

La Sénateur Alejandro Navarro, président du parti MAS, exprime : « Cela ne s’arrête pas ici, parce que l’analyse annoncée par l’exécutif requiert une consultation indigène. Piñera fut le maître des consultations indigènes faussées, le champion pour n’appeler au dialogue que ceux qui approuvaient ses projets, dans respecter les réquisits de la consultation tel qu’ils sont définit dans les traités internationaux ».

« C’est ce qui s’est produit avec la loi sur la pêche, avec la loi forestière et avec la loi des concessions électriques. J’espère qu’en tant que Nouvelle Majorité nous ne ferons pas de mëme, des consultations indigènes frauduleuses, allant à l’encontre des droits des peuples indigènes » , déclare Navarro.

Convention UPOV

Le mouvement citoyen dénonce un lobbying exercé par Monsanto depuis six ans faisant pression pour que le Chili signe la Convention UPOV 91, un traité promut par le secteur privé et qui est périodiquement actualisé de manière à augmenter les bénéfices des entreprises.

Il indique que cette convention n’a pas reçu le patronage des Nations Unies et que plusieurs des pays qui enregistrent des semences hybrides au Chili, comme la Nouvelle Zélande, le Canada, l’Afrique du Sud n’ont pas souscrit à UPOV 91.

Ne l’ont pas fait non plus les pays qui valorisent leur patrimoine génétique comme le Brésil, le Pérou et la Chine, parce qu’il n’est pas nécessaire de signer l’actualisation de l’année 1991 (UPOV 91) de cette Convention.

Proposition de Loi des Semencess

La proposition de la Société Civile chilienne est de mettre en gestation une nouvelle loi de Semences qui permette d’avancer dans la direction de la Souveraineté Alimentaire, établissant des programmes de production et de distribution de semences paysannes locales.

La loi doit permettre la commercialisation des semences paysannes locales, reconnaissant le rôle autonome des communautés dans la récupération des semences traditionnelles pour les champs et potagers urbains. *

La proposition citoyenne propose en plus de soutenir le moratoire sur les cultures transgéniques, un moyen de protéger la diversité et d’exiger l’étiquetage des aliments transgéniques qui consacre le droit pour les consommateurs de choisir des aliments sains.

Un autre aspect concerne l’élimination du registre du Service d’Agriculture et d’Elevage (SAG sigle en espagnol) des pesticides hautement toxiques (PAP) et dommageables pour les abeilles.

Et également de soutenir dans chaque région du Chili la créations de ferias locales et de pouvoirs d’achat dans les organismes del’Etat, comme les hôpitaux, les écoles, pour permettre l’approvisionnement de la population avec des aliments agro-écologiques produits de manière saine et sans agro-toxiques.

 


Déclaration de la CLOC-Via Campesina - Chile au retrait du processus législatif de la loi sur les obtentions.

 


Les organisations de la CLOC-Via campesina- Chile nous célébrons la décision du gouvernement de la Présidente Bachelet de retirer du processus législatif le Projet de Loi de Protection des Droits des Obtentions Végétales, projet qui cherche à implanter au Chili, UPOV 91, plus connu sous le nom de Loi Monsanto.

Ceci est une grande victoire obtenue par de multiples actions, réunions, forums, entrevues et des larges initiatives et mobilisations de la CLOC- Via Campesina – Chile et des mouvements sociaux qui permirent une bonne compréhension du problème par les citoyens, grâce au développement d’une solide argumentation et un travail de diffusion massive qui a inclus des centaines de communautés paysannes et indigènes, ainsi qu’une discussion efficace et méthodique avec une grande quantité de Sénateurs.

La CLOC – VC- Chili nous sommes fiers d’avoir participé de manière permanente et sans vaciller à ce processus de résistance sociale, d’avoir impulsé des processus de convergence et de mobilisation malgré les incompréhensions et l’appui apporté au projet de loi par des autres organisations paysannes auxquelles nous avons été confrontés. Cela nous fait plaisir d’avoir contribué à désarmer l’ensemble de mythes qui sont défendu par les appareils de lobbying des entreprises, d’avoir été capables de rompre l’encerclement communicationnel et de nous être fait écouter, malgré que notre voix ait été initialement bloquée et sabotée dans les débats parlementaires et au Tribunal Constitutionnel pendant que les entrepreneurs y étaient amplement entendus. Notre voix a  fini par être bénéficier d’une large audience. Nous nous sentons stimulé(e)s de voir que nos analyses et propositions ont contribué à la lutte contre UPOV 91 et contre la loi des semences de nos frères de la CLOC et de La Via Campesina dans les autres pays confrontés à cette offensive du capital.

Comme nous l’avons affirmé : si elle avait été approuvée, la loi aurait converti en délits les pratiques paysannes et indigènes millénaires – comme celle de sélectionner, prendre soin, conserver et échanger les semences – elle aurait permis que les entreprises s’approprient les semences paysannes, et elle aurait permis des punitions comme des destruction de culture et des confiscation de récoltes.

Nous devons garder présent le danger de UPOV91, ce n’est pas finit. Le gouvernement ne s’est pas engagé à développer un nouveau projet de loi dont l’élaboration fasse appel aux différents secteurs concernés et affectés.

Aucun doute quant au fait que les entreprises vont dépenser des millions à travers de campagne de lobbying et de désinformation, comprenant la cooptation d’organisations à travers lesquelles ils espèrent pouvoir continuer à diffuser leurs mythes, menaces et mensonges.

Nous devons rester en alerte et maintenir notre campagne d’information avec encore d’avantage de détermination, continuer les conversations rigoureuses et fondamentales avec les parlementaire, les organisations, les citoyens, développant nos arguments de manière toujours plus claire. Nous savons que la vérité et la justice sont de notre côté. Et donc nous nous battons pour que la participation des organisations paysannes et des peuples indigènes dans la discussion d’une nouvelle loi soit effective et suffisamment large et représentative, et que nous puissions avoir la garantie d’être écoutés.

Il y a de nombreux sénateurs et sénatrices envers lesquels nous sommes reconnaissant pour leur disposition à écouter et à étudier nos arguments, ainsi que pour la manière honorable dont ils expriment leurs idées et établissent des compromis. Nous remercions en particulier l’ex-sénatrice Ximena Roncón, pour nous avoir écoutés et soutenus dès le départ.

Nous avons gagné parce que nus avons fait un énorme travail collectif et une diffusion sociale massive de notre position. Dans ce processus, nous remercions et valorisons l’implication, les apports et efforts de GRAIN qui a mis à notre disposition ses synthèses et analyses participant de manière active et permanente à la discussion, aux débats et à l’élaboration collective de position.

Nous lançons un appel à toutes les organisations sociales et en particulier  aux organisations des campagnes à s’informer et s’intégrer dès maintenant dans les processus en cours. Le droit paysan et indigène millénaire de prendre soin, conserver et échanger des semences est la baes de la souveraineté alimentaire des peuples et doit être défendu par tous.

LES SEMENCES SONT UN PATRIMOINE DE NOS PEUPLES INDIGENE ET DESPAYSANS DE LEURS FEMMES - PRINCIPALES GARDIENNES - ET CE SONT NOS PEUPLES QUI GENEREUSEMENT LES ONT MIS AU SERVICE DE L’HUMANITÉ !

POUR LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE ET POPULAIRE, NON A LA PRIVATISATION DES SEMENCES ! NON A UPOV 91 !

LES SEMENCES INDIGÈNES ET PAYSANNES SONT LA GARANTIE DE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE DES PEUPLES

ANAMURI CONAPROCH CONFEDERACION RANQUIL ANMI

CLOC – VIA CAMPESINA - CHILE

 

Au même sujet en espagnol :

Información relacionada publicada en Servindi:

Servindi, 7 de marzo, 2013.- Una denuncia presentada por diversas organizaciones indígenas ante el relator de la ONU James Anaya ha llevado a que el Congreso de Chile aplace hasta nuevo aviso el debate del proyecto de ley calificado de protransgénico y conocido como “Ley Monsanto”. Seguir leyendo…

 

Por Lucía Sepúlveda Ruiz

23 de enero, 2014.- José Pizarro Montoya, 38 años, agricultor sin tierra, y ex productor de transgénicos en la temporada 2009-2010 en Melipilla (RM), es el primer chileno y quizás el único latinoamericano que le ha ganado una demanda a Monsanto/ANASAC por incumplimiento del contrato. Seguir leyendo…

 

- Denuncian vínculo de Mayol Bouchon con mercado de semillas “transgénicas”.

Servindi, 3 de enero, 2014.- Organizaciones sociales y ambientalistas de Chile otorgaron el “Premio Semillas de Maldad 2013” al ministro de Agricultura de Chile, Luis Mayol Bouchon, por su expresa intención de promover la “Ley Monsanto” en su país.  Seguir leyendo…

 

Adital, 12 de diciembre, 2013.- La industria multinacional de agricultura y biotecnología Monsanto está muy cerca de cambiar los rumbos de la producción y comercialización de semillas. Basada en el Acuerdo de Asociación Transpacífico (TPP), un gran proyecto de libre comercio que incluye 12 países, entre ellos Chile, Perú y México, la empresa puede recurrir a las leyes del acuerdo para tener libre la rotulado de alimentos transgénicos, limitando la siembra y la comercialización sólo para la empresa. Seguir leyendo…

 

Servindi, 8 de diciembre, 2013.- Organizaciones sociales y ambientales emplazaron a la candidata Michelle Bachelet a fijar posición y marcar distancia frente a los transgénicos y la Ley Monsanto. Asimismo, asumir compromisos a favor de la producción de alimentos sanos que protejan el ambiente. Seguir leyendo…

- Monsanto está a punto de celebrar su gran golpe maestro: tenemos hasta el fin de semana para detenerlo.

Servindi, 6 de diciembre, 2013.- La comunidad activista Avaaz lanzó una campaña para evitar que empresas como Monsanto se salgan con la suya y doce países suscriban el Acuerdo de Asociación Transpacífico (TPP por sus siglas en inglés), un pacto ultra secreto y de altísimo alcance que otorgará a las grandes corporaciones un poder sin precedentes. Seguir leyendo…

Otras noticias:

 

Traduction Anne Wolff

Source espagnole ;Chile celebra triunfo contra Ley Monsanto y Convenio UPOV

 


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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 15:01

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João Pedro Stedile: “L’avancée du Capital empêche la réforme agraire”

Par Mário Augusto Jakobskind (ABI)

7 janvier 2014

 

 

 


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MAJ – Selon des informations récurrentes le gouvernement de Dilma Roussef n’a pas fait avancer la réforme agraire en 2013 ?

Joao Pedro Stedile - Le bilan de la réforme agraire sous le gouvernement de Roussef est malheureusement négatif. Honteux, dirais-je. En termes statistiques seules 4.700 familles ont bénéficié d’expropriations de  grands domaines … soit moins de ce que le militaire président Figueiredo [1979-1985] a fait dans sa dernière année.

Tropa de choque da PM fica em área invadida após saída dos sem-terra (Foto: Felipe Néri/ G1)

La réforme agraire est bloquée à cause de la concentration de la propriété de la terre et du contrôle croissant de l’agriculture par le capital. La conjugaison de plusieurs facteurs rendent la situation très difficile pour les travailleurs ruraux sans terre. D’abord, le déferle

ment de capitaux internationaux sur les ressources naturelles brésiliennes, qui fuient la crise globale et spéculent avec nos terres, avec l’ét

hanol, l’hydro-électricité, et même en crédit de carbone avec les titres d’oxygène de nos forêts.

L’augmentation des produits provoquée par la spéculation a entraîné une rente extraordinaire dans les zones rurales, qui a attiré de nombreux capitalistes et a fait s’envoler le prix des terres.

Troisièmement la coalition de forces du gouvernement de Roussef marque une forte hégémonie de l’agro-business. Citons par exemple la sénatrice Katia Abreu, éminente représentante du latifundisme rétrograde de Tocantins, qui appuie le gouvernement et se réunit fréquemment avec la présidente.

Quatrièmement les grands médias de la bourgeoisie brésilienne, avec à leur tête TV Globo, Veja et leurs relais, ont fabriqué une opinion publique qui fait de l’agro-business le meilleur des mondes. Ils cachent les effets pervers comme les inondations qui affectent tous les ans le Sud-Est et les conséquences du déboisement et de la monoculture dans la región amazonienne et dans le Centre-Ouest du Brésil.

Face à une corrélation de forces aussi rude, le monde du travail s’est paralysé et les grandes occupations de terre et les mobilisations en zone rurale ont diminué.

 

 


MAJ – Des multinationales comme Monsanto et d’autres continuent à mettre en oeuvre leur agenda au Brésil pratiquement sans le moindre obstacle. Que s’est-il passé ?

Joao Pedro Stedile – Le capital international et financier a pris possession de nos ressources nature???????????????????????????????lles et de l’agriculture à travers son bras économique : les entreprises transnationales de l’agro. Elles contrôlent des intrants tels que semences et engrais, la technologie, les machines et ensuite, grâce au contrôle du marché des produits, imposent leurs prix et s’emparent de la majeure partie du bénéfice généré par l’agriculture. Par conséquent pour chaque segment de l’agriculture il y a un oligopole d’entreprises transnationales aux commandes. Pour les semences et les grains, il y a Monsanto Cargill, Bungue, ADM et Dreyfuss. Pour le lait, il y à Nestlé, Parmalat et Danone. Pour la cellulose, on compte quatre ou cinq entreprises, et ainsi de suite…

 


    

Leur pouvoir est immense, le gouvernement ne les contrôle pas, et apprend leurs opérations par voie de presse. Je vais vous donner un exemple de leur autonomie et de la perte de souveraineté de notre pays sur son agriculture. Depuis deux ans le Nord-Est vit la pire sécheresse de son histoire. On estime que plus de dix millions de têtes de bétail (bovin, ovin et caprin) sont mortes surtout par manque de nourriture. Le gouvernement avait décidé que le CONAB (compagnie nationale d’approvisionnement) achèterait du maïs pour le distribuer aux agriculteurs de la région. Mais le CONAB a échoué à le faire. Pourquoi ? Parce que l’an passé, Cargill, Bungue et ADM, les trois entreprises états-uniennes qui contrôlent l’agro et l’éthanol, ont exporté 18 millions de tonnes de maïs brésilien aux États-Unis. Nous avons perdu un patrimoine énorme de bétail et nous avons risqué de perdre des milliers de vie humaines en échange… d’éthanol pour les voitures nord-américaines.

 


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João Pedro Stedile (à gauche) parmi les militants du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (Goianuia, 17/04/2010)

MAJ – Quelles sont les attentes du Mouvement des Travailleurs Ruraux sans Terre pour 2014 ?

Joao Pedro Stedile – Nous souhaitons qu’en 2014 se poursuivent les mobilisations de masse au Brésil, et que s’instaure un véritable débat politique dans la rue. En tant que Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre et organisations paysannes, nous faisons partie d’une vaste assemblée plénière de tous les mouvements sociaux, pour lancer le débat das la société sur la nécessité d’une réforme politique. Nous allons débattre avec le peuple sur ce qu’il veut changer dans la politique. Et montrer que les changements dont a besoin le pays passent par une réforme politique et par l’instauration d’une véritable démocratie au Brésil. Le 7 septembre 2014, nous mènerons un plébiscite populaire pour demander aux citoyens s’ils veulent ou non convoquer une Assemblée Constituante souveraine. A partir de là nous pourrons défendre ces résultats dans une grande manifestation à Brasília, pour faire pression sur les trois pouvoirs.

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Le modèle actuel du lulisme – ce pacte gouvernemental avec tous – a atteint ses limites. Nous avons besoin de changements structurels pour améliorer les conditions de santé, d’éducation, de transport public et la réforme agraire. Cela dépend de l’usage de l’excédent qui pour l’heure va aux banques. Ce qui suppose une réforme fiscale et une réforme judiciaire, ainsi qu’une modification des règles électorales qui font actuellement des gouverneurs et des parlementaires les otages des entreprises qui financent leurs campagnes. Nous ne pourrons y arrive

r qu’à travers une réforme politique, et celle-ci n’aura lieu que si le peuple descend dans la rue. J’espère qu’il y reviendra bientôt.


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Un militant du Mouvement des Travailleurs sans Terre du Brésil brûle des graines de soja transgéniques lors d’une manifestation précédant la cérémonie d’ouverture de la huitième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la biodiversité (COP 8) à Curitiba, au Brésil, le 27 mars 2006. On estime à 88,8 % le soja transgéniquement modifié cultivé au Brésil.

 


MAJ – En octobre 2014 plus de 120 millions de Brésiliens se rendront aux urnes pour élire le Président  de la République, les gouverneurs et les législateurs des États fédéraux et du Sénat. Quel est votre point de vue sur cette échéance ?

Joao Pedro Stedile – La bourgeoisie brésilienne contrôle le Congrès, le pouvoir judiciaire et les médias. Elle est unie en tant que classe. Électoralement, elle va défendre ses intérêts en pondant ses oeufs dans chacun des trois niveaux de candidatures. Il est donc très probable que la présidente Dilma soit réélue. Mais le fait le plus important est que même avec la réélection de la Presidente Dilma Roussef la corrélation de forces ne changera pas pour effectuer les transformations nécessaires. Au contraire la droite va élire un congrès encore plus conservateur et va déployer son énergie dans l’élection des gouverneurs. Notre analyse, en tant que mouvements sociaux, est que les prochaines élections ne feront pas bouger la ligne de forces. D’où le besoin de débattre, de retourner à la rue pour qu’une réforme politique ouvre des brèches pour les réformes structurelles.images?q=tbn:ANd9GcSnbWaXinW256F4DFG9SRU


MAJ – Un message pour les jouralistes brésiliens, en particulier pour les membres de l’ABI (Association Brésilienne de Presse) qui célèbrera en avril ses 106 ans d’existence ?

Joao Pedro Stedile – L’ABI a toujours été une tranchée de lutte démocratique, favorable aux changements sociaux au Brésil, sous toutes les périodes historiques. Cela fait d’elle aujourd’hui une référence politique, non seulement pour la catégorie professionnelle des journalistes ou pour les journalistes comme acteurs politiques, mais pour tous les militants populaires, pour toute la société.

C’est pourquoi il est très important que la direction de l’ABI contribue, stimule et participe au débat politique nécessaire sur les réformes politiques dont les brésiliens ont besoin. Une réforme majeure concerne les médias. Le projet de loi présenté au Congrès est le fruit d’innombrables consultations et de la Conférence Nationale de la Communication. Nous sommes engagés dans une campagne de signatures pour faire pression sur les députés. Ici aussi ce projet de démocratiser les médias ne s’incarnera qu’en se politisant dans la rue. L’ABI peut jouer un rôle prépondérant pour nous aider à porter ce débat partout. Par ailleurs, j’espère que les journalistes qui travaillent dans les médias bourgeois cesseront d’être les carpettes de leurs patrons et exercent leur profession avec éthique, en s’engageant aux côtés de la population.

 

 


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MAJ – Le MST tiendra son congrès national du 10 au 14 février, qu’attendez-vous de ce congrès ?

Joao Pedro Stedile – Ce que nous appelons le Congrès est en fait un événement qui couronne un long processus de discussions organisées au cours des deux dernières années avec toute notre base militante, avec tous les secteurs et instances du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre. En février, nous serons 15.000 militants à Brasilia pour des retrouvailles fraternelles, pour célébrer l’unité autour de nouvelles idées, fruits des débats menés dans tout le pays.

 

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Les idées-maîtresses sont qu’il nous faut un nouveau programme de réforme agraire qui intéresse non seulement les paysans et les travailleurs sans terre mais l’ensemble du peuple, la société tout entière. Une réforme agraire qui vise non seulement à sauver les paysans sans terre mais priorise la production de nourriture saine, sans pesticides. Qui développe une nouvelle matrice technologique sur base de l’agro-écologie pour produire sans déséquilibres naturels. Ces idées parmi d’autres s’incarneront dans le nouveau programme agraire des Sans Terre qui sera synthétisé et lancé à Brasilia en février 2014.

Source : http://www.mst.org.br/node/15598

Traduction du portugais : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p27hZR-pA

 

Pour en savoir plus, le blog francophone du Mouvement des Sans Terre du Brésil est une source incontournable, un récit fait de pages d'humanité qui parle d'un monde de dignité, de solidarité, d'intelligence, de résistance et d'amour:
mouvementsansterre | Solidarité avec le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre du Brésil (MST, www.mst.org.br ), nous vous informons en français des initiatives, luttes et formations organisées par ce mouvement social. Vous pouvez le soutenir concrètement en écrivant à: Salete Carollo prointer@mst.org.br

 

 

Nini-semterrinha

 

 

 

 


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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 13:51

 

Ecrit pour  alainet   

17 de janvier de 2014

Pour suivre le fil

Un premier épisode qui raconte la lutte des mères d'Ituzaingo, comment elles se sont rencontrées, ont mené l'enquête sur les effets des fumigations, leur combat jusqu'à une première victoire, une condamnation de Monsanto

Ogm, pesticides et monsanto : a ituzaingo, ils nous enfument avec le cancer.

Un autre article de Zibechi qui nous décrit l'essentiel les luttes contre l'extractivisme dans la région et en particulier décrit le projet d'usine

Quand le peuple met en déroute monsanto et les extractivistes

 

 Monsanto: vecinos de Malvinas Argentinas bloquean la planta. (Foto archivo)  

 Les habitants de Malvinas bloquent le chantier

Les multinationales ne peuvent être déroutées que s’il existe un puissant mouvement de la société appuyé par une portion significative de la population. Un tribunal provincial de Cordoba a juger que Monsanto devait interrompre la construction de l’usine de traitement de semences de maïs transgéniques, située à Malvinas Argentinas , en réponse  à un recours de protection introduit par les habitants de la zone qui campent depuis trois mois aux portes du chantier. 

La mobilisation a été impulsée par des petits groupes, les Mères d’Ituzaingó, l’Assemblée de Malvinas Argentina en Lutte pour la Vie et les habitants autoconvoqués, entre autres, et trouva la vertu de se mobiliser dans la durée malgré les menaces du gouvernement provincial et du syndicat de la construction. La population de Malvinas Argentinas a sympathisé et a appuyé la résistance, ce qui amena la justice a prendre la résolution de paralyser la construction le 9 janvier passé.

Ce sont toujours de petits groupes qui prennent l’initiative, sans prendre en compte le « rapport de force » mais bien la justice dans leur action. Après, parfois, beaucoup plus tard, l’Etat finit par reconnaître que les critiques sont fondées. Alors ceux qui furent criminalisés sont reconnus comme des héros y compris par ceux qui les ont réprimés. Le point crucial, de mon point de vue, c’est le changement culturel, la diffusion de nouvelles manières de voir le monde, comme l’enseigne l’histoire des luttes sociales.


Manifestación contra Monsanto en Córdoba

Manifestation contre Monsanto à Córdoba

Avant que ne tombent les lois ségrégationnistes aux Etats-Unis, les discriminations firent mises en déroute dans les faits. Le 1er décembre 1955 une femme du commun, Rosa Parks, refusa de s’asseoir dans l’autobus dans les sièges pour noirs et s’assit ceux réservés aux blancs. Elle fut arrêtée pour avoir violé la loi à Montgomery, états d’Alabama. De dizaines de personnes suivirent son exemple, et d’autres dizaines l’avaient précédé. Son action de désobéissance eut un impact parce qu’elle fut suivie par beaucoup.

Franklin McCain, un activiste noir de 73 ans de Caroline du Nord, en 1960 s’assit avec 3 amis au bar d’une cafétéria de la chaîne Woolworth dans la ville de Greensboro. C’était un site exclusivement réservé aux blancs. Ils demandèrent un café et attendirent toute la journée mais on ne les servit pas. Le jour suivant ils revinrent malgré les insultes des blancs et les menaces de la police. En fin de semaine, ils étaient des centaines et la protestation s’étendit à des dizaines de villes. La chaîne « Woolworth se vit obligée de permettre l’accès aux noirs. Récemment en 1964 et 1965, l’État se vit forcé d’éliminer les lois sur la discrimination raciale, quand il y eut un gouvernement qui selon les paramètres actuels – et compte tenu de ce qu’il s’agissait des États-Unis – que nous appellerions « progressiste ».

 

Monsanto


Je crois que ceci est un des enseignements les plus importants que nous donne la victoire de la population de Las Mavinas Agentinas contre Monsanto. Nous devons faire les choses les plus intelligentes et lucides possibles, mais par-dessus tout des actions réalisées par et qui ont du sens pour des gens du commun, des actions sensées, pacifiques, capable de mettre à nu les problèmes qui nous affligent, comme de s’asseoir à la place que l’on souhaite dans un autobus, et pas dans celle à laquelle on t’oblige à le faire, ou camper face à une des plus puissantes multinationales.

 


Visite de Manu Chao aux campeurs

 

 

La suite ne dépend déjà plus de nous. Qu’une partie significative de la population soit d’accord avec nous et nous accompagne, qu’elle vienne participer d’une manière ou d’une autre à la protestation dépend de facteurs que personne ne contrôle, et pour lesquels il n’y a pas de recettes ni de tactiques préétablies. Depuis le point de vue du mouvement social et des changements nécessaires, nous ne pourrons pas dérouter l’extractivisme en réclamant des lois à l’Etat. Les lois viendront quand le modèle aura déjà été dérouté culturellement et politiquement.
Il est certains que les gouvernements de la région, au-delà de leur orientation concrète dans chaque pays s’appuient sur l’extractivisme. Mais ce sont les gens du commun, organisés à qui revient de dérouter l’extractivisme, avec des milliers de petites actions, comme celles que développèrent les Mères de Ituzaingó et à présent les participants à Malvinas Agentinas.

Raúl Zibechi, est un journaliste uruguayen, il écrit dans Brecha et La Jornada et et collaborateur de ALAI

Traduction Anne Wolff

Source en Espagnol 

Fuente: http://alainet.org/active/70496


Campaña ¡NO a la privatización de las semillas!

 



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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 18:57

 

Peinture de Brigida pour commémorer le massacre de La Unión.

Peinture de Brigida pour commémorer le massacre de La Unión.

Source des photos, à visiter : LA STRATÉGIE DU GRAIN DE SABLE | Communauté de Paix San José de Apartadó – COLOMBIE | Page 3

 

 

COLOMBIE – Des paysans spoliés de leur terre

 

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Ce texte d’Orsetta Bellani, publié sur le site de Noticias Aliadas le 23 janvier 2013 présente avec une grande clarté l’enjeu que constitue la propriété de la terre en Colombie, comme ailleurs, et les luttes dont elle fait l’objet.


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La violence et les dettes dépouillent les agriculteurs de leurs terres.

En 2006, un groupe d’agricultrices de San Cayetano, une communauté de la zone Montes de María dans la région caribéenne de la Colombie, a monté l’Association féminine agropastorale de San Cayetano (AFASAN).

Grâce au soutien financier de l’ONG locale, Corporation du développement solidaire (CDS), elles sont parvenues à acheter à des propriétaires privés 9,5 hectares de terres qui nourrissent aujourd’hui 16 familles.

« Nous cultivons des légumes, nous élevons du bétail, nous avons un projet d’apiculture et un autre de pisciculture. Nos maris nous aident dans le travail mais c’est nous, les femmes, qui prenons les décisions » nous a expliqué Duvis Ballesteros, présidente de l’AFASAN lors du Forum de la terre – Amérique latine et Caraïbes, évènement régional sur le droit à la terre qui a eu lieu les 27 et 28 novembre 2012 à Cartagena de Indias. Aujourd’hui, notre exploitation est autosuffisante et nous voulons accroître la production ».

 

 

Malgré le vol de têtes de bétail et malgré les menaces que les adhérentes de l’association ont reçues de la part de groupes armés illégaux, l’AFASAN est reconnue comme un projet réussi sur des terres difficiles : Montes de María a été l’une des zones les plus affectées par les conséquences du conflit colombien. Selon les sources officielles, la moitié de la population a été déplacée sous la pression des acteurs du conflit armé qui opèrent dans cette zone : la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et les paramilitaires du Bloc Héros de Montes de María appartenant aux Autodéfenses unies de Colombie (AUC), créées en 1998.

À vingt minutes de San Cayetano se trouve San Basilio de Palenque, où ont été déplacés les habitants de la communauté La Bonga.

 

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« Le 5 avril 2001 quelques “messieurs” des AUP sont arrivés à La Bonga. Ils distribuaient des tracts disant que les habitants devaient quitter la communauté dans les 48 heures sans quoi ils seraient expulsés » raconte Primitivo Pérez, de La Bonga. « C’est comme ça que nous sommes partis et que nous nous sommes réinstallés à San Basilio de Palenque, où nous avons pu reconstruire nos maisons grâce à l’aide de quelques ONG. Par contre, nous n’avons reçu aucune aide du gouvernement. La majorité d’entre nous continue à travailler sa parcelle à La Bonga, ce qui nous oblige à parcourir 12 km. Un jour, des fonctionnaires de l’INCODER (Institut colombien de développement rural) sont venus nous proposer des terrains encore plus éloignés. Nous leur avons répondu que les fonds dont ils disposent, ils feraient mieux de les investir dans des aides à notre travail sur la terre que nous possédons déjà, mais ils sont partis. Plus tard, on a vu arriver des entrepreneurs qui nous ont proposé d’acheter nos parcelles ; un seul d’entre nous a accepté. En avril 2012, nous avons obtenu le titre de propriété collective de nos terres, de telle sorte que personne ne puisse vendre ».

 

 

C’est un évènement encore plus tragique qu’a vécu Luis Alfredo Torres de la communauté El Salado, située dans les Montes de María où les AUC ont commis une de leurs actions les plus sanguinaires : en février 2000, une incursion paramilitaire a fait 66 victimes et a provoqué le déplacement de plus de 600 familles.

« À cette époque, dans la région de Montes de María, nous avons vécu des déplacements qui, en réalité, sont des spoliations dissimulées : sous le poids des pressions, par peur, les gens vendent leurs terres à bas prix aux grandes entreprises » commentait Torres.

 

Mulatos - commémoration du massacre célébrée par le père Javier Giraldo - 21 février 2012

Mulatos – commémoration du massacre – 21 février 2012

 

La Resbalosa - commémoration du massacre - 21 février 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Resbalosa commémoration du massacre – 21 février 2012

Pression des banques

Les dettes que les paysans de Montes de María avaient contractées auprès des banques représentent un élément de pression. L’origine de ces dettes c’est l’effondrement du prix du riz, au début des années 2000. Or cette culture avait été encouragée par le gouvernement au moment de la réforme agraire avortée, dans les années soixante. Quand le marché colombien s’est ouvert au riz des États-Unis et de la Chine, ça a été la faillite et les paysans qui ne produisaient rien d’autre ont commencé à s’endetter.

En 2004 les paramilitaires ont été démobilisés et en 2007 Gustavo Rueda Díaz, connu sous le nom de Martín Caballero, chef du Front 37 rattaché au Bloc caraïbe des FARC est mort. Dans les années qui suivirent, la violence a diminué dans les Montes de María. Mais l’achat massif des terres des paysans endettés ne s’est pas arrêté pour autant.


Tout membre de la Communauté de Paix peut participer à l’assemblée communautaire. De nombreux points sont discutés par hameaux avant de porter leur parole en assemblée.

 

En octobre 2010, le législateur Iván Cepeda a demandé des comptes au Ministère de l’agriculture sur les achats massifs de 37 273 hectares de terres dans la zone de Montes de María, tout en dénonçant que ces formes apparemment légales d’acquisition se pratiquaient dans une zone où 120 000 personnes avaient été déplacées.

D’après le journal La Silla Vacía [« La Chaise vide »] le résultat de l’enquête menée par la Surintendance du notariat et du registre révèle que les 133 titres examinés sont entre les mains de quelques entreprises intéressées par l’agro-industrie, la reforestation et l’exploitation pétrolière et qu’elles sont toutes administrées par des fidéicommis.

 

 

Zone de réserve paysanne

Quoi qu’il en soit, dans un entretien au journal El Tiempo, le chef d’entreprise Álvaro Ignacio Echeverría a déclaré que « sur l’ensemble des terres, 1000 hectares seulement appartenaient à des petits propriétaires et que personne n’avait fait pression sur eux. Tout est légal ». Cependant, l’enquête de la Surintendance du notariat et du registre a dénoncé aussi des irrégularités qui ont favorisé le regroupement des terres comme, par exemple, la falsification de documents ou l’achat d’une Unité agricole familiale (UAF).

 

 

Montes de María est une zone de réserve paysanne (ZRC) – il y en a sept en Colombie actuellement – entité définie par la Loi 160 de 1994 qui détermine l’existence de zones géographiques bien délimitées où les paysans ne peuvent posséder qu’une seule UAF et où, en accord avec le gouvernement, ils doivent établir un projet de développement durable.

« Dans les Zones de réserve paysanne, les Unités agricoles familiales ont été créées pour déterminer la superficie maximum de terre que peut posséder une famille, dans une zone précise. Aucune famille ne peut avoir plus d’une UAF afin d’éviter le regroupement des terres. Nous observons que, bien souvent, la Loi 160 a été violée et nous enquêtons là-dessus », nous a expliqué Jennifer Mojica, de l’INCODER, pendant le Forum de la terre.

« Cette loi est violée en permanence » dénonce César Jerez, de l’Association nationale des zones de réserve paysanne (ANZORC), au cours du même forum. « Le modèle de gouvernement colombien est agro-exportateur ce qui nécessite beaucoup de terres. Nous devons élaborer un nouveau modèle de développement pour apporter des solutions structurelles ».

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- Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3242.
- Traduction de Michelle Savarieau pour Dial.
- Source (espagnol) : Noticias Aliadas, 23 janvier 2013.

En cas de reproduction, mentionner au moins l’autrice, la traductrice, la source française (Dial - www.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.

 

 

Via COLOMBIE – Des paysans spoliés de leur terre | Mondialisation

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 17:23

 

Faisons connaissance avec Talato,

sa famille et son village

Qui est cette jeune fille avec une cruche sur la tête?

Retournons vers Talato et les siens

Faisons connaissance avec Talato

Talato, en moore, (la langue des mossis, une des 60 langues du Burkina) veut dire mardi. Talato est née un mardi. C'est pour cela que ses parents l'ont appelée ainsi.

Mais pour nous, elle représente toutes ces filles nées dans un des 8 000 villages du Burkina Faso. Car c'est la vie au village que nous voulons vous faire découvrir. Et nous nous promènerons à travers tout le Burkina.

Au village, il n'y a pas "l'eau courante", pas de robinet à ouvrir pour laisser couler l'eau. Il faut aller chercher l'eau au fond du puits, souvent à plus de 15 m de profondeur, parfois à plus de 50 m.

Et ça, c'est le travail des filles et des femmes.

Matin et soir, c'est la corvée d'eau. Mais c'est aussi l'occasion de se communiquer les nouvelles.

La préparation de la nourriture demande beaucoup de temps. Il n'y a pas de boites de conserves, ni de plats préparés !

Même la préparation de la farine de mil est à faire. Il faut commencer par  piler le grain (photo), puis  le vanner.

Ensuite il faudra l'écraser (le moudre) pour en faire une fine farine.
Après, c'est la cuisine proprement dite.

La nuit, pas facile de surveiller la cuisson quand il n'y a pas de lumière : ni électricité, ni lampe à pétrole.

Alors, on allume une paille pour s'éclairer et jeter un coup d'œil dans la marmite.

Malgré tous ces travaux, les filles trouvent quand même le temps de jouer ! Elles aiment bien se retrouver entre elles pour chanter et danser; surtout la nuit quand il y a clair de lune !

 

Visitons son village

Ces cases rondes, avec un toit en paille sont typiques de l'habitat mossi. C'est que chaque ethnie a sa façon de construire.

Chez les samos, les maisons et les cours sont très proches les unes des autres. Chez les mossi ou les dagara, l'habitat est dispersé, avec des champs autour des maisons.

Quand la récolte a été bonne, aussitôt, il faut penser à construire des greniers pour la protéger des animaux.

Dans un bon grenier, le mil peut être conservé plusieurs années.

Tous les paysans font un petit élevage de volailles :
des poules, comme sur cette photo, mais aussi des pintades.

Beaucoup ont aussi quelques chèvres et moutons.

Les chrétiens font également l'élevage des porcs.

Les villageois construisent eux-mêmes leur maison. Si le village a de l'eau en abondance, ils feront ce travail pendant la saison sèche.

Si non, ils profiteront des premières pluies pour s'y mettre; surtout quand une bonne pluie arrive en avance !

 
Talato en famille Imprimer Envoyer
Souvent, toutes les filles du quartier se retrouvent pour piler ensemble.

Comme ça, elles travaillent dans la bonne humeur, en chantant au rythme des pilons.

La grand-mère de Talato a fini de préparer la farine de mil.

Il est temps d'aller la porter à la cuisine pour le repas du matin.

Talato prépare le tô, appelé saghabo en mooré (prononcez sarabo !). Il s'agit d'une sorte de semoule épaisse préparée avec de la farine de mil ou de sorgho (cela ressemble beaucoup à la polenta des italiens ou des savoyards).

Il faut également préparer la sauce qui sera servie à part.

Très tôt, chez Talato, les enfants apprennent à rendre service.

Comme ces deux enfants qui s'entraident pour se coiffer.

Ici, les filles ne perdent pas de temps.

Tout en vendant des galettes de mil et des oignons, la sœur de Talato coiffe son amie !


Talato et Fati  ont passé la nuit dans une des maisons de cette cour.

Elles se lèvent en même temps que le soleil.

Pendant que Talato et sa maman vont au puits, Fati s'occupe de sa petite sœur.

Un jour, quelqu'un demandait à Fati : "Tu n'es pas fatiguée de porter un lourd fardeau comme cela sur ton dos?"

Elle répondit : "Ce n'est pas un fardeau ! C'est ma petite sœur !"

Au puits, Talato et sa maman retrouvent les autres femmes du village. Chaque matin, chaque soir, il faut puiser l'eau nécessaire aux besoins de la famille.

Parfois, comme dans ce puits, l'eau est à plus de 50 m de profondeur.

Les travaux de constructions sont réservés aux hommes et aux garçons. Ils se font le plus souvent pendant la saison sèche. Ou au moment des premières pluies, dans les villages qui manquent d'eau.
Les filles sont chargées d'apporter l'eau nécessaire à ces travaux.

Tout le monde participe, même les plus jeunes !

Chacun selon ses forces !

 
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Une saison de culture

Quand tombent les premières pluies, ceux qui pratiquent la culture attelée, préparent le sol.

Comme ce jeune homme de Loroni, avec sa sœur. Dans le nord du pays, le plus souvent, ceux sont les ânes qui tirent la charrue.

D'autres se précipitent pour semer sans préparer le sol. 

Pour ce travail, certains se courbent toute la journée, mettant les graines en terre à la main, et refermant le poquet avec leurs pieds.

Ailleurs, ce travail se fait en deux temps. Quelqu'un prépare les trous avec un semoir fixé au bout d'un long bois. Puis une autre personne passera mettre les graines en terres et les recouvrir.

Bientôt ce sera le temps des cultures. C'est une course de vitesse entre le mil et les mauvaises herbes.

Pendant un mois, il faut travailler dur pour arracher les mauvaises herbes.

Au mois d'août, quand le mil a grandi, il faut repasser déherber à nouveau, mais cette fois on est un peu moins pressé : le mil a déjà gagné la partie.

Pendant ce temps les enfants sont chargés de garder le petit bétail : les chèvres et les moutons.

Cela se fait souvent par quartier. Toutes les bêtes d'un même quartier sont rassemblées en un seul troupeau, et les enfants de ce quartier les gardent ensemble.

Quand les pluies sont abondantes, les récoltes sont bonnes, et c'est la joie au village.

Cette année 2000, au Burkina, la situation n'est pas la même pour tous. Les récoltes sont bonnes dans le sud-ouest du pays. 

Par contre, dans le nord et l'est du pays, c'était la sécheresse. Certains n'ont presque rien récolté. 

 
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Gilles Deleuze, février 1977.