3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 09:31

 

 

Etats-Unis: la ville de Columbia chasse les SDF du centre-ville !

11 Nov
Etats-Unis: la ville de Columbia chasse les SDF du centre-ville

Flickr via St Stev

 

Dans le quartier d’affaires de la ville de Columbia aux Etats-Unis, vous ne risquez pas de croiser unSDF. En effet, la municipalité n’a laissé que deux choix à ces personnes démunies: quitter le centre-ville ou se faire arrêter par la police.

La semaine dernière, le conseil municipal de la ville de Caroline du sud a adopté à l’unanimité une mesure intitulée «La réponse d’urgence pour les sans-abri», comme le rapporte le site américainThinkProgress. Ce plan prévoit que les policiers qui patrouillent dans le centre-ville obligent les SDF à s’en éloigner. Ils ont pour consigne de renforcer la «qualité de vie» dans la ville en traquant toutes les petites infractions. Et pour bien s’assurer qu’aucun SDF ne continue à dormir au cœur de Columbia, une hotline a été mise en place pour que les commerçants et les habitants puissent signaler les sans-abri à la police.

Un seul choix: «la prison ou une pseudo-prison»

Pour accueillir tous ces sans-abri chassés du quartier d’affaires, la municipalité va ouvrir, en partenariat avec un organisme de bienfaisance local, un refuge d’urgence située en périphérie de la ville. Cependant, comme le précise Thinkprogress, il est peu probable que ce lieu pouvant accueillir 240 personnes puisse suffire alors que la ville compte six fois plus de personnes sans logement. Le plan va encore plus loin puisque les sans-abri ne seront pas autorisés à marcher en dehors du refuge et qu’un agent de police aura la charge de surveiller la route menant à l’abri afin de vérifier que les SDF ne fassent pas le chemin inverse. Pour partir, ces derniers seront contraints de se signaler à l’avance et de faire la navette avec un van dédié au trajet. Une situation qui se résume à «la prison ou une pseudo» prison pour le site américain.

Michael Stoops, membre de la Coalition nationale pour les sans-abri, a affirmé à Thinkprogress que cette mesure était «la plus anti-SDF qu’il n’ait jamais vu appliqué dans n’importe quelle ville au cours des trente dernières années». Des associations de défense des sans-abri pourraient déposer plainte prochainement pour faire arrêter ce plan de la ville de Columbia. Ils estiment que ce régime viole les droits des citoyens sans-abri à se réunir en toute liberté. La directrice juridique du groupe de défense des SDF a estimé pour sa part que «l’idée sous-jacente est qu’ils veulent (les membres du conseil municipal, ndlr) que les sans-abri ne soit plus visibles dans le centre-ville. C’est, en fait, un abus de pouvoir», a t-elle ajouté. 

http://www.newsring.fr/actualite/1007043-etats-unis-la-ville-de-columbia-chasse-les-sdf-du-centre-ville

 

Source : Etats-Unis: la ville de Columbia chasse les SDF du centre-ville ! « Le Blog de la Résistance

Un "additif" au post précédent, L’ONU accuse les E.U. de traitement cruel, dégradant et inhumain envers les pauvres les nouvelles formules de semi-liberté sont à présent appliquées dans plusieurs états. Un système qui s'importe en Europe... pas mal pensé : créer une masse de "non productifs" en quantité industrielle, diriger vers eux la vindicte populaire, des personnes à charge - ce qui est réel, ce ne sont pas les multinationales qui payent les charges additionnelles mais bien les travailleurs… Etapes suivantes : d’une part créer des réserves de travailleurs au rabais avec l’assentiment de la population travailleuse, sur le mode « Offrez vous une nouvelle domesticité » publicité d’une officine de mise à l’emploi partiel sous payé des « assistés sociaux », vu dans un quartier de la haute bourgeoisie bruxelloise. Les crétins applaudissent des deux mains, ils ne pensent pas que demain cela risque bien d’être le sort de leurs gamins.

Une méthode encore plus rentable toujours pour les mêmes : la prison-usine associée à la tolérance zéro. Après licenciements et expulsions massifs, celui qui vole un pin devient bon pour l’esclavage… un raccourci ? Certainement en ce qui les concerne mais de ma part, un simple constat.  Et les mêmes crétins continuent à applaudir des deux mains et se mettent à voter pour ceux qui mettront de telles mesures de nettoyage social des rebuts de leur société le plus rapidement et drastiquement possible…

C’est avant tout un constat que j’ai pu faire sur le terrain… punir la misère, créée par les Corporation, devient la règle, les matrices d’opinion sont matraquées par leur médias qui rendent l’opinion publique favorable à cet ensemble de mesure qui constituent un système mis en place de manière préméditée, et il n’existe actuellement en tout cas en Belgique aucun mouvement social qui s’attaque à cette dangereuse dérive… j’ai beaucoup cherché, je n’ai trouvé qu’un associatif institutionnalisé aux ordres, ayant « bénéficié » du genre de formations prodiguées par Soros et cie, sous « fausses bannières » dont les mécanismes sont parfaitement décrits dans Des droites au look de gauche par raúl zibechi

Globalisation !Tout un programme, un triste programme ! Et combien de bonne inconscience populaire réprobatrice non des accapareurs mais de leurs victimes !

Anne

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 09:58

 

 

 

En réponse à : La politique bruxelloise autorisera-t-elle un projet social essentiel de se réaliser ?

DoucheFLUX ASBL

  Il est question des difficultés rencontrées pour l’installation d’un Centre de Jour pour personnes sans-abri, qui offre la possibilité de garder cette dignité d’une bonne hygiène en offrant aussi des douches, et des machines à laver.

(…)DoucheFLUX favorise la revalorisation de soi et la confiance en soi, ingrédients indispensables à l’autonomisation / la réinsertion de la population fragilisée.

Voici ce que j’en pense

 

 

Nous avons en Belgique une loi magnifique qui date de 1993, la « loi d’urgence contenant un programme pour une société plus solidaire ». Cette loi dit que les bâtiments vides, en priorité ceux appartenant aux pouvoirs publics, doivent être mis à la disposition de personnes sans abri. En 2010, cette loi avait été appliquée 2 fois. Il y a aujourd’hui en Belgique bien plus de bâtiments vides que ne pourraient en occuper tous les sans-abri réunis.

Je ne sais pas comment est fait le décompte des sans-abri en Belgique actuellement, il y a quelques années, les associations se partageaient le terrain et les dénombraient chacune dans un secteur, ce qui donne une sous-évaluation. Squat éphémère, les bonnes planques (dormir dehors, c’est dangereux), les « à gauche et à droite), avec les bonnes âmes qui transforment leur logement en dortoir pour les amis dans la galère… etc…

Mais surtout, le vrai problème, pour beaucoup n’est pas de retrouver une confiance en soi, c’est dans la société qu’ils n’ont plus confiance. Après avoir suivit le parcours du combattant de celui qui n’a plus rien, après s’être lassé d’avoir du se définir face à des assistants sociaux contrôleurs dans des termes qui ne sont pas les siens, pour être recevable, c’est dans la société que les gens qui vivent cette situation n’ont plus confiance. Ils ont vu le dessous des cartes, ils ont compris les mythes et les mensonges d’une « lutte contre la pauvreté » qui est d’abord une lutte contre les pauvres et une sorte de crible qui sert à discriminer ceux qui sont réutilisables pour les emplois de la société néo-libérale (fasciste) de ceux qui ne le sont pas. Certaines communes vont jusqu’à organiser des stages d’apprentissage de la « soumission au principe de subordination » qui caractérise « le droit du travail ».  Il y a alors une rupture irréversible… on ne la leur fait plus…

Il m’aura fallu le temps pour que le déclic se fasse et pour que j’identifie, ce point commun, à beaucoup de ceux qui tentent de survivre, dans un monde qui leur a clairement signifié que s’ils n’acceptent pas le reconditionnement des nouveaux conformismes, il n’y aura plus de place pour eux, et ils peuvent tout aussi bien crever, inutile, poids social, rebut de la société, charge, sont les mots qui les désignent de plus en plus couramment à présent…

Pour ne pas se voir exclure des maigres revenus qui leur permettent de survivre, un chemin leur est tout indiqué, il leur reste à médicaliser "leur" problème. C’est évident non, ils ne sont pas « normal » et qui n’est pas normal, c’est devenu une sorte d’obligation sociale, doit se faire soigner. Et les suites sont dramatiques, entre les médicaments qui décervellent, mais surtout déconnectent les volontés de se rebeller, entre l’alcool pour que le temps passe autrement, entre les autres drogues comme celles qui vous donne pour un moment le sentiment d’exister vraiment, commence une agonie plus ou moins prolongée dans le temps. C’est « la chronique d’une autodestruction induite ».

Pour tous ceux là, dont tellement sont bourrés de talents, mais inaptes à l’emploi, ou simplement de bonne volonté, tout plein de richesse à apporter dans une convivialité, il n’y a qu’une seule issue : c’est la société qui doit changer.

Seulement voilà, la société change dans l’autre direction, celle de toujours plus d’exclusion de ceux qui ne sont pas conformes, de ceux qui ne se soumettent pas aux normes, soit qu’ils n’en soient pas capables, soit qu’ils ne veulent pas, souvent les deux.

Les dernières décennies ont connu un véritable effacement de la marge. Un réaménagement du territoire qui ne laisse plus de place à l’imagination, à l’invention d’autres possibles. Pour rendre confiance en la société à tous ceux qui ont « bénéficié » souvent par la force des choses, de ce plus de lucidité irréversible, il n’y a qu’une solution : c’est la société qu’il faut changer.

Ce qui ne diminue pas l’apport positif incontestable, de ce droit à la dignité que constituent des douches et des lieux de rencontre… mais cela reste du moins pire. Et même pour cela, il faut mener combat contre les "autorités", pour le confort moral desquelles il est plus confortable de penser que ce sont de véritables d'infra-humains qu'elles assainissent ainsi la société. Un vrai cauchemar !

Anne

PS : c'est déjà une vieille habitude aux USA, cela le devient en Espagne, pour ceux qui ne trouvent pas à se loger, ou pour ceux qui ont de véritables problèmes mentaux et plus d'hôpitaux ou se soigner,  il reste les prisons, toujours d'avantage gérées par des sociétés privées qui s'enrichissent de ce commerce. Certaines sont des leiux de travail obligatoire qui correspondt à une nouvelle forme d'esclavage. Je vous donne quelques lien, bien trop peu pour rendre la totalité du problème mais aussi pour démontrer ce que de nombreux indicateurs dénoncent la mise en place d'un système où les prisons jouent le rôle de lieu d'enfermement de la différence. Comme dit Angela Davis :
“Les prisons ne font pas disparaître les problèmes, elles font disparaître les êtres humains.


et c'est bien ce modèle qui se met en place, une invisibilisation des pauvres  mis en prison, ou contenus dans le ghettos de quartiers de misère entourés de barrages et barrières dont on ne sort qu'en montrant "patte blanche" au gardiens de service. Il faudrait que je vous parle un peu del'Espagne, et des cris d'alerte que lancent dans ce pays ceux qui voient s'installer chez eux ce cauchemar étasunnien, la prison pour les pauvres, pour celui qui vole un pain.

Et tout cela me ramène en droite ligne au Honduras et au Venezuela, aux ghettos, aux "quartiers sûrs", dont je vous parlerai ensuite, une même main derrière des pratiques identique du gouvernement (issu d'unputsch) du Honduras et des puschistes actuels au Venezuela ....


 

A ce sujet :

 

 

Les prisons privées aux états-unis : un commerce plus lucratif que la drogue.

La folie comme richesse (argentine), la folie mise en prison (espagne usa et…)

Dans les prisons françaises : travail en prison = esclavage légal

Le travail dans les prisons des états-unis : prélude aux camps

 

Construire « 30 000 » nouvelles places de prison est un non sens humain, économique et juridique en France)

 

 

 

Rêve "américain" : en prison les fous !

65 000 enfants en prison aux etats-unis

 

 

 

Les prisons, une source de profit très rentable

 

 

 

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 15:48
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 15:26

 

Pour ceux qui désirent en savoir un peu plus sur la réalité de ceux qui résistent à la stigmatisation sociale dans des conditions plus que précaire, je vous renvoie au Collectif SDF Alsace .

Alsace, Belgique, même combat et les constats faits par les auteur(e)s de ce blog, correspondent pour la plupart à ceux que j'ai pu faire ici. Non seulement les politiques y font tout pareils des promesses qui sont destinées à calmer les éventuelles questions de l'opinion publique.Le résultat une stigmatisation grandissante..."ils sont encore dans la rue à se bourrer la gueule et mendier - ces *** - avec tout ce qu'on fait pour eux... c'est qu'ils le veulent bien.

Ensuite la SINECURE, celle des associations qui se font un sacré pognon à pondre des jolis rapports bien conformes au désir du pouvoir,qui ne recouvre aucune réalité concrète,je vous promets,je peux en écrire 10 d'affilés en utilisant les concepts ad hoc,sans que finalement ilne soit question d'aucune action concrète et utile,mais donnant l'impression d'un activisme débordant. Ou d'autres, comme celui de 40 pages de tissus de M**** expertes, qui après longue enquête et traitement   scientifique des données en arrive à la conclusion qu'en Europe, les degrés de pauvreté sont similaires en Wallonie avec les situtions grecque et chypriote. Allez, on leur pardonne, on sait bien que des gens aussi sérieusement occupés n'ont pas le temps d'aller vérifier la validité de leurs résultats sur le terrain... et puis les pauvres ne sont fréquantables pour vcertains que sous forme de chiffre dans des tableaux.. c'est bien connu, et puis nous savons tous à présent que quand la réalité dément la science, c'est forcément la réalité qui se trompe.

Enfin l'INSERTION SOCIALE,je vous laisse l'auteur vous décrire son expérience d'insertion, elle exprime très bien certaines choses que j'aurais aimé dire à ce sujet...mais ça m'énerve !

 

 

Vient dans mon chantier d'insertion qu'il est beau

Envoyé là par ma conseillère d'orientation de mission locale, je n'ai pas eut le choix. Je dois y aller et bosser pour ce chantier dont la réputation n'est pas bonne. Malheureusement les oreilles de nos chers fonctionnaires pôle emploi, mission locale et subventionneurs restent hermétiques. Un boulot c'est un boulot.

Je suis accueilli par personne. Du monde autour de moi mais le patron n'a pas prévenu. Et le patron n'est pas là et personne ne sait si il vient ni quand. J'ai pas un rond et la machine à café me fait de l'oeil. Je demande à téléphoner à ma conseillère mais on peut pas ou on veut pas. Je profite que la nana quitte son bureau pour téléphoner… Elle va voir, elle ne comprend pas, elle va joindre le mec sur son portable, bref elle ne sait pas non plus mais je dois attendre. La nana revient, elle comprend que j'ai téléphoné … elle me propose un café. Je dois attendre que je lui dis. Elle soupire, moi aussi dit-elle. Le téléphone sonne, des fournisseurs qui veulent leur fric. C'est flippant.

Une heure de plus passe et le type arrive. Plein de gens l'arrête et lui parle, il faut régler des trucs, prendre des décisions, téléphoner à des gens. Le type écoute un peu il dit oui et arrive vers moi. La nana lui parle des fournisseurs mais ils peuvent attendre et téléphoner. C'est très flippant.

On visite le chantier. Il se marre, il à l'air heureux, des bénévoles l'embrasent, des salariés lui tournent le dos, des en insertion baissent la tête. C'est de plus en plus flippant. Il tape à une porte. On entre. Nous voilà dans un atelier, un cagibi rempli de bordel et rempli de fumée… Fumée de shit.

Je sors de cure et je suis un programme méthadone. C'est là que vous allez travailler me dit-il comme si de rien n'était. Le mec rigole et le patron me dit que c'est mon encadrant. On repart au bureau.

Le contrat n'est pas fait puisque personne n'était informé de ma venue. La matinée ne compte pas puisque je n'ai pas travaillé. Pour le déjeuner je devrais me débrouiller. Surtout, c'est important je dois pointer.

Je prends le téléphone j'appelle ma conseillère et je lui raconte tout devant le mec et la secrétaire… Elle me demande de tenir 4 mois et de ne pas faire ma mauvaise tête. Le patron sourie et me dit à demain, soyez à l'heure.

Une semaine après

Je fais déjà comme tout le monde. Je suis gentil et poli avec les bénévoles, les vieilles ont les appelle. J'ai mon café gratis et un pain au chocolat mais surtout elles me foutent la paix et font un gentil rapport au patron. Il passe parfois, il est rarement là et personne ne sait où il est. Parfois une vieille demande un coup de main, une autre en profite pour protester parce que je dois aller là ou là-bas. En fait pour le boulot je n'ai pas d'outils, le patron ne veut pas en acheter. J'espère que ceux qui achètent des vélos ici sont bricoleurs. C'est limite dangereux mais tout le monde s'en fiche. Pas d'outil donc je vais à droite à gauche quand on m'appelle. En fait en se planquant un peu tu peux glander toute la journée. Sauf que les encadrants ne bossent pas alors ils se souviennent de toi, ce sont les plus chiants. C'est mieux de se faire câliner par les vieilles sauf qu'elles te racontent des saloperies sur les autres toute la journée.

Un mois

Je dois rencontrer l'assistante sociale pour parler de mon projet professionnel. mais elle peut pas, elle est débordée. Elle et la secrétaire bossent beaucoup. On dirait que c'est elles qui font tout. Je prends le téléphone j'appelle ma conseillère de dehors et je lui dis que mon projet attendra. Ben oui, moi aussi j'attends.

Le bouffon

Secrètement c'est comme ça que je l'appelle ce patron. Je comprends pas ce qu'il fiche dans ce boulot. En même temps l'entrepôt se rempli, les bennes aussi. Les en insertion comme moi arrivent et partent. En un mois et demi j'en ai vue 8 qui se sont barrés après une semaine au max.

Je vais tenir parce que sinon je perds tous mes droits…

Mes droits à quoi, parfois je me demande. Le bouffon passe parfois, il est toujours excité. Il arrive il aboie des trucs tout le monde s'en branle il repart on continue. Je résiste aux pétards qui tournent partout. Je veux vraiment me débarrasser de tout ça, je ne veux pas retourner en prison. Il y a d'autres ex taulards, eux aussi sont les plus futés et les plus coincés dans ce bordel, mais on sait serrer les dents, on connait l'enjeu. Faut se débarrasser du contrôle Spip et ne pas risquer une remarque, un avertissement. Ici la solidarité est sur une pancarte à l'entrée mais c'est tout.

Trois mois

Je vais rencontrer l'assistante sociale. Mais ça sert plus à rien. J'ai des gens qui m'ont aidé pour un logement. J'ai fait tout seul ma carte d'identité. Finalement c'est ma conseillère de mission Locale qui m'a trouvé une place en formation à l'Afpa. Je lui dis. Elle note ça. Je sais que je gonfle le chiffre de "réussite" du bouffon. Je lui dis, elle sourie et me répond que sans ce passage au chantier rien ne pouvait se faire. Je me lève, je ne réponds pas. Elle est très bien mais elle me dégoute.

Fin

J'ai tenu. J'ai tenu dans ce bordel. Aujourd'hui je connais le dégout. Je commence ma formation dans 15 jours et c'est tout ce qui compte.

 

Source :
Collectif SDF Alsace

Aussi :

Pendant ce temps là on est tous sous la pluie, dans le froid

 

INVITATION école d'architecture et SDF Alsace

Abris parasites, œufs dorés, cabanes-tricycles: «Changer de regard» sur les SDF

Intéressante d'expérience collective avec des étudiants en Architecture pour construire des abris, des logements.

allo la fnars ? vos rapports vous pouvez vous les foutre au cul

 

Alors ils sont passés où les millions ?

Etc...

 


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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 08:32

 

Halte aux chômeurs qui dorment tard !

Thomas Grunzig
Le « Café serré » de Thomas Gunzig du mardi 22 octobre sur la Première radio…
Bonjour Georges, bonjour tout le monde.
Alors, vous le savez, la semaine dernière, Rik Daems a émis cette idée assez subtile et totalement révolutionnaire que l’on pourrait contraindre les chômeurs au chômage depuis un an à rendre de menus services d’intérêt généraux à la société.
Voilà, donc, nous allons le voir, Rik Daems, en toute bonne place sur les listes du prix Nobel d’économie. Car en effet, quelle bonne idée que personne n’avait eue avant lui : contraindre les chômeurs, qui n’ont donc pas de travail, à travailler pour rien sur des petites tâches susceptibles de les épanouir : un peu de classement, une petite corvée administrative, un peu de jardinage dans le parc, un peu de nettoyage de trottoir. Enfin, bref, n’importe quel chouette petit truc, histoire qu’ils se rendent un peu utiles pour une fois, nom de Dieu.
Et que surtout, comme le disait Christine Defraigne avant-hier dans Mise au point, je la cite : « pour qu’ils se lèvent le matin ». Et ça, c’est vrai que c’est ça le plus énervant avec ces chômeurs, c’est bien le fait qu’ils dorment le matin. C’est un phénomène bien connu qui a valu d’ailleurs à l’auteur de sa découverte le prix Nobel de biologie. C’est scientifique, les chômeurs dorment tard.
Nous autres, les travailleurs, nous nous levons à l’aube, nous travaillons plus pour gagner… heu… enfin, nous travaillons plus. Et pendant ce temps, le chômeur, lui, il dort bien à l’aise dans ses draps de soie sous une couette en duvet d’oie dans sa chambre dorée parfumée à la lavande avec à côté de lui, sa magnifique compagne chômeuse qui, bien entendu, dort aussi. Et ce chômeur qui dort le matin, et ça c’est vraiment le plus choquant, peut-être même qu’il rêve. Alors, à quoi il rêve ? Ça, ça reste un mystère, dans la mesure où sa vie, nous le savons, est déjà un rêve. Sinon, d’ailleurs, pourquoi y en aurait-il autant de ces chômeurs ?
Évidemment, ce chômeur qui dort le matin, il finit par se réveiller. Eh bien oui, même un chômeur doit pisser de temps en temps. Là au moins, nous sommes à égalité. Alors il se lève, il ouvre la fenêtre et il regarde la vue sur Venise, la lagune. Un domestique accourt et lui apporte ses Cracottes à la truffe et il se dit « Encore une belle journée au crochet de ceux qui se lèvent tôt. ». Oui, Georges, oui Bertrand, pour les bourreaux du travail que nous sommes, cette réalité est insupportable. Et c’est pour ça aussi que l’idée de Rik Daems, c’est d’abord une bonne idée pour empêcher ces fichus chômeurs de dormir le matin, nom de Dieu.
Et puis, bien entendu, l’autre avantage de l’idée de Rik Daems, c’est bien entendu que les types qui faisaient un peu de classement, qui se tapaient les corvées administratives, qui se coltinaient le jardinage ou le nettoyage du trottoir, et qu’on devait payer, eh bien, on pourra les virer vu qu’ils seront remplacés par des chômeurs. Et ça, c’est bien parce que du coup, ça va faire des économies à la collectivité.
Alors, attention Georges, je l’entends d’ici votre objection : « Oui, mais alors, Thomas, espèce de crétin, les anciens travailleurs remplacés par les chômeurs ne sont-ils pas devenus eux-mêmes des chômeurs ? ». Mais, mon cher Georges, réfléchissez deux minutes. Bien entendu qu’ils seront devenus chômeurs. Mais un an plus tard, il faudra que, eux aussi, ils remplacent pour rien des gens qui travaillent et qui de ce fait deviendront chômeurs et qui à leur tour remplaceront d’autres travailleurs.
Si bien qu’à la fin, il n’y aura plus que des chômeurs chômant qu’on empêchera de dormir mais travaillant pour rien. Économie substantielle, énorme gain d’argent que nous pourrons consacrer à la relance.
Non, Bertrand, ne demandez pas à la relance de quoi. Dans la relance, ce n’est pas ce qu’on relance qui compte mais bien le fait que ce qu’on ait relancé ne revienne jamais. Et ça, c’est une phrase à méditer jusqu’à demain.


avanti4.be

Via Humeurs de Marissé

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 18:51

Etrange comme on retrouve des schémas similaires en France et Belgique en ce qui concerne le logement. Alors que me résonne en tête « Arrêtez de me protéger, j’étouffe »,je constate que les lois du logement qui sont censées protéger les locataires des mauvais propriétaires, ont en période de crise aiguë du logement souvent un effet inverse.

Les cas se multiplient de personnes qui doivent rester ou se retrouve sans abri pour cause d’application de normes de code du logement dont elles n’ont que faire. Bien sûr les cas cités dans l’article ci-dessous sont un pur scandale, un double scandale. Le premier étant que faute de logement adaptés des familles se retrouvent à se loger dans des espaces tellement exigu qu’il n’est pas question d’y bouger sans se concerter, et le deuxième est évidement que ce soit les familles qui soient financièrement sanctionnée à cause d’une situation – un cas manifeste de fraude, sans doute ? – dont la responsabilité incombe aux pouvoirs publics qui ne remplissent pas leurs obligations en matière de logement.

Mais tout aussi scandaleux des cas comme le suivant. J’en cite un à titre d’exemple, mais ils sont nombreux, un gars vit dans la rue depuis deux ans. Il touche un RIS (RAS). Il trouve un appartement qui lui convient, pas très grand mais mignon, sec et clair, dans le quartier où il a ses habitudes et ses copains. Tout le monde fait la fête et se réjouit. Pierre a trouvé un « super » appart, et lui entrevoit le bout d’un long tunnel.

Oui mais. En tant « qu’assisté » social, la signature du bail ne peut se faire avant que « son » assistante sociale (AS) ait donné son accord. La visite a lieu. Et non !Il manque un mètre a la cuisine pour que l’appartement soit aux normes du code du logement. Pierre restera dans la rue ! Je ne vous dis pas, Pierre il a un solide mélange de haine et de désespoir. Le genre de coup dur après lequel n’importe qui aurait du mal à se relever. Un cas parmi d’autre. Complètement arbitraire, certains AS auraient fermés les yeux.

D’autres cas sont ceux où locataire et propriétaire sont content l’un de l’autre. Le logement n’est pas tout à fait aux normes mais à d’autres avantages, le loyer est raisonnable, tout le monde est content. Ben non, v’là que les services sociaux viennent mettre leur nez dans l’histoire, vous savez, ceux qui prétendent éradiquer la pauvreté pour 2020, les services « d’hygiène » interviennent,  notre locataire qui ne retrouve pas d’autre logement même « moins bien » se retrouve dans la rue et le propriétaire sommé de faire des travaux qu’il n’a peut-être pas les moyens de payer (tous les proprio ne sont pas richissimes !) se retrouve en plus avec un procès sur les bras…

En bonus : le logement reste vide, se dégrade, et en plus selon les cas, le propriétaire doit payer la taxe sur les logements inhabités…

Et ce genre de chose, cela arrive tous les jours. Il serait temps d’être un peu raisonnable et de regarder la situation en face. La crise du logement ne cesse de s’aggraver.

Et je ne vous parlerai pas aujourd’hui des victimes de la lutte contre les logements alternatifs, comme ma charmante caravane, parce que cela me met en colère…

 

Trop pauvres pour louer un appartement décent, la CAF leur coupe les aides au logement
Des dizaines de familles sont concernées
samedi 5 octobre 2013
 

Par Mathieu Molard

Quand la CAF considère qu’un appartement est trop petit pour accueillir une famille, elle coupe en toute discrétion les aides au logement. L’organisme nie la pratique mais StreetPress a des preuves. Comme quoi tout le monde n’est pas traité à la même enseigne...

« Je ne sais pas comment je vais faire pour payer mon loyer ce mois-ci », s’inquiète Abel. [1] « Sans les aides au logement, c’est impossible. » Attablé à une terrasse de bistrot parisien, ce père de famille de 45 ans détaille timidement sa situation : « Nous partageons à 4 un 15 m². Ce n’est pas facile tous les jours », commente-t-il, laconique. S’il partage un si petit appartement avec sa femme et ses enfants de 2 ans et 10 mois, c’est que leurs revenus sont bien trop faibles pour prétendre à autre chose. Abel avait tenté de monter sa boîte, ça n’a pas marché. Aujourd’hui il est sans emploi comme sa femme, et ils ne survivent que des minimas sociaux. Pourtant, leur loyer de 680 euros, ils s’en acquittent consciencieusement chaque mois. « Le 23 », souligne-t-il avec la précision de ceux qui comptent le moindre centime pour survivre.

Aides au logement coupées Ce 29 juin, il explique que pour la première fois il n’a pas payé son loyer : en cause, les 470 euros d’aides au logement qui ne sont pas tombés. Première semonce en décembre dernier. Abel reçoit un courrier de la CAF parisienne lui indiquant que son « logement n’a pas la surface minimum exigée compte tenu du nombre de personnes qui y vivent. » La lettre, que StreetPress a pu consulter, indique toutefois que l’organisme continuera « exceptionnellement à vous verser votre allocation de logement jusqu’en mai 2013. » « Avec cette lettre, il y avait un dossier. Je l’ai rempli, je pensais que ça permettait d’être prolongé donc je ne me suis pas inquiété plus que ça », se souvient Abel. Mais 6 mois plus tard le couperet tombe, la somme tant attendue n’apparaît pas sur son compte en banque.

Double peine Supprimer les aides de ceux qui ne peuvent se payer un appartement décent, drôle d’initiative de la part de la CAF. Pourtant elle est tout à fait légale. Le code de la sécurité sociale prévoit qu’en fonction du nombre d’occupants, un logement doit avoir une surface minimale. Pour une famille de quatre, comme celle d’Abel, il impose une surface d’au moins 34 m². En-dessous, le logement est en situation de « sur-occupation ». Un dispositif mis en place, à l’origine, pour protéger les familles des marchands de sommeil. Dans la réalité, c’est la double peine : « Je n’ai pas les moyens de me payer un appartement plus grand et pour cette raison on me supprime les aides », s’indigne Abel. Il multiplie pourtant les démarches pour être relogé. Le privé est au-dessus de ses moyens et le parc HLM n’a rien à lui proposer. Une situation constatée par un tribunal dans le cadre de la loi DALO.

Chut ! Pris à la gorge sans les aides au logement, Abel se rend à la CAF de son arrondissement. Il trouve porte close : l’établissement a fermé pour rattraper son retard dans le traitement des dossiers. Les galères s’accumulent. Finalement c’est le Collectif des Mal-Logés en Colère qui intervient auprès de la CAF. « Un mois plus tard il est miraculeusement rétabli dans ses droits avant tout passage en commission, au grand étonnement de la CAF locale », ironise une militante de l’association. La CAF aurait fait preuve d’empressement devant la mobilisation des militants. Une façon, peut-être, de renvoyer sous le tapis des méthodes qu’elle ne veut pas ébruiter ? C’est que l’organisme nie l’existence de la pratique. Le 15 mars 2012, le collectif avait occupé les locaux de la CAF Paris 5 pour dénoncer les « menaces de suppression d’aide au logement pour sur-occupation ». « Allégations mensongères, voire calomnieuses », répondait la CAF dans un communiqué. En substance, « circulez, il n’y a rien à voir. »

Loyers impayés Jointe, la direction de la CAF confirme à nouveau qu’« il n’y a pas de suppression des aides aux logements, ni même d’interruption temporaire. » Si des familles se font couper leurs aides au logement pour sur-occupation, c’est à cause d’ « erreurs techniques » et ce sont « des cas isolés » : « genre à 10 dans 5m² ! » Pourtant le cas d’Abel est loin d’être unique, comme nous le démontre, documents à l’appui, un représentant syndical qui siège en conseil d’administration d’une autre CAF en Île-de-France. Le 18 juin dernier, il assiste « comme chaque mois », à une commission chargée de statuer sur la réattribution des aides au logement supprimées pour sur-occupation. Un à un les cas défilent, 12 au total. Nous avons pu consulter l’ensemble des dossiers présentés en « commission prestation information » ce jour-là. Une fiche d’une page résume la situation de la famille concernée. Ici, un jeune couple sans emploi avec un enfant qui loge depuis 2010 dans un 23m². « Surface requise pour 3 personnes : 25m² », précise le document. 2 petits m² manquent. Depuis mai 2012, leurs 411,36 euros d’aides au logement ont été coupées au motif de « surpeuplement à l’OD » (sur-occupation en jargon de la CAF). Au moment de l’examen du dossier, cela faisait 12 mois que la famille s’acquittait d’un loyer de 557,95 euros avec pour seul revenu 869,83 euros de RSA.

Cas par cas « Souvent, c’est avec l’arrivée d’un nouvel enfant qu’ils dépassent le seuil légal », note le délégué syndical. Ce 18 juin, la commission se prononce en faveur de la réattribution des aides au logement pour les 12 familles dont les dossiers ont été étudiés. « Généralement il y a consensus. Le problème c’est que ces commissions arrivent très tard. » Et en attendant les loyers impayés s’accumulent. Difficile de savoir combien de familles sont concernées par la suppression des aides au motif de sur-occupation. Selon l’Insee, en 2009 1,8 % des ménages seraient en situation de sur-occupation manifeste (au regard des critères appliqués par la CAF). La suppression des aides au logement n’est pas automatique. « Chaque département gère à sa manière », assure le délégué syndical cité plus haut.

Joint, un représentant syndical d’une CAF du Calvados explique que dans son département « si la sur-occupation est constatée dès la demande d’aide au logement, il n’y a pas d’ouverture des droits ». Par-contre si la sur-occupation intervient alors que des droits sont déjà ouverts (l’arrivée d’un nouvel enfant, par exemple), « les droits sont maintenus pendant un an et les services sociaux sont prévenus afin de permettre un relogement. » Jointe également, la direction de la Caf, n’a pas souhaité nous recevoir. « Donnez-nous des noms, nous vérifierons », propose-t-on simplement au service presse.

streetpress.com

 
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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 17:17

 

 

 

Il a vingt ans, il est généreux, sincère et il témoigne avec ses mots, entre émotion, révolte et poésie… Bouleversant !

La pauvreté en péremption

Bonjour à tous, je suis un jeune rêveur, un bac scientifique en poche, une petite année sur les routes de campagne avec une bande de potes plus fêtards qu’anars et une première expérience du monde du travail en milieu informatique.

Ces huit derniers mois, j’observais le monde depuis deux écrans, celui d’un ordi dernier cri et celui de ma fenêtre en bord de mer, donnant sur un phare, une image qui me colle à la peau depuis l’enfance. Je ne vais pas vous raconter ma vie, juste vous faire part d’une déception qui ne me quitte pas depuis la rentrée.

Je n’avais pas de projet pour cet été, ni l’envie d’en profiter, mais on ne vit pas longtemps, et je voulais donner un peu du mien, pour « ceux qui n’ont plus rien », comme disait Coluche.

La municipalité de ma commune a mit en place ce qu’on appelle une « épicerie sociale », gérée par des membres bénévoles de la croix rouge. Il recherchait des personnes disponibles pour « accompagner les démunis » lors de leurs emplettes. J’ai postulé et fut accepté. Il serait aisé de critiquer l’endroit, la disposition des lieux, etc, mais on est dans le « social » comme on dit, alors je me suis acclimaté.

La formation dura deux heures, on m’expliqua que les prétendants à cet « avantage » (ce sont les termes employés) vivaient des situations difficiles et qu’il fallait les aider à se repérer, les guider dans le choix des produits et bien gérer leur « portefeuille ».

Quand le chef eut fini le breifing, il demanda si quelqu’un avait une question à poser ou remarque à faire. J’ai juste dit en souriant « On n’est pas dans une grande surface, ça devrait aller. » Bien mal m’en a prit, tous les regards se sont posés sur moi, comme si ce n’était pas « social » de dire ça.

Premier jour, premier « client ». Un homme, retraité, je lui aurais donné 70 ans, arrive avec son ticket, accompagné du responsable du service (la seule personne rémunérée qui a son bureau tout décoré dans le local). Et là, il dit au monsieur :

« Je vous présente votre accompagnateur, il va vous aider à faire vos courses, conservez bien votre ticket, ne dépassez le montant autorisé, car tout est rationné. »

Le bonhomme me regarde et je lis dans ces yeux ce qu’il voit sur ma joue, une larme. Rationnement, ticket, pas très rationnel comme mots pour un milieu « social ».

Bonjour lui dis-je, comment vous appelez-vous ? Il n’a pas eu le temps de répondre, le boss m’a regardé et coupé court à la discussion. « On ne demande pas leur nom aux gens, la situation est déjà suffisamment pénible pour eux, respectez leur intimité. »

Je voulais juste créer du « lien social » en me mettant à la hauteur de cet homme, moi qui suis un gamin à ses yeux, me voilà prétendument supérieur à lui, parce qu’il a le ticket du pauvre et moi le badge du gentil bénévole. Je remballe ma rancœur et m’affaire à ma tâche, jouer au bon aidant, en imaginant que le boss punit dans son bureau avec un bonnet d’âne.

Les allées furent vite passées dans ce triste local, les denrées choisies par ce monsieur anonyme remplirent bientôt son maigre panier d’osier, car son ticket ne représentait que peu d’oseille, sa liste tenait sur un bout de papier froissé, aussi ridé que son visage fatigué. Il y avait une consigne qui nous avait été donnée lors du briefing, pour les « pauvres » qui n’abusaient pas du système (toujours les mots employés pour former les bénévoles), à propos d’une étagère en fin de parcours : « Les produits gratuits ».

Nous étions autorisés à donner certains aliments sans cocher notre grille, juste au jugé de la « pauvreté réelle ». Ce serait ma vengeance contre ce système dégradant m’étais-je dit, ce monsieur recevrait ainsi toute ma gratitude enfouie sous l’interdiction qui m’était faite de pouvoir lui témoigner mon humanité.

Je lui donnait gâteaux, café, conserves, huile, farine, etc, estimant que sa pauvreté ne pouvait être remise en cause, soulageant cette étagère de misère du lourd poids qui lui fallait supporter. Une fois ma B.A. terminée, j’indiquais à ce monsieur « la caisse » et lui fis mes adieux d’un simple signe de tête, car le boss me surveillait du coin de l’œil, comme un mauvais signe. Ce passage douloureux ne méritait sûrement pas l’humiliation supplémentaire qu’aurait pu causer mon accompagnement imaginais-je, ce doit donc être ça « faire du social ».

Bref, je tournais les talons et attendis mon prochain « client ». Ma permanence continua de la même façon mais je ne pouvais m’empêcher de repenser à ce monsieur, qui était-il ? Quel était son nom ? Son passé ? Quel chemin l’avait conduit jusqu’à moi qui ne m’étais pas toujours bien conduit dans la vie ?

14h arriva et le boss vint me voir pour me dire que je pouvais partir maintenant. Retour au vestiaire, pause café avec l’équipe des bénévoles, pas un mot de ma part, je sentais une ride se former sur mon front, était-ce cela de découvrir la vie de l’entraide sociale ? Je quittais les lieux aussitôt la tasse reposée, je n’avais qu’une envie, retrouver ma chambre, ma fenêtre et sa vue sur le phare.

Quelques mètres à peine après la sortie, je devinais de dos assis sur un banc, cet homme, ce pauvre monsieur qui semblait manger les gâteaux qui je lui avais offert. Que faire ? Passer derrière sans m’arrêter, ou laisser ma curiosité prendre le dessus ? Même si le boss me voyait, c’était maintenant du ressort de la vie privée, alors j’allais m’asseoir à ses côtés.

Il ne mangeait pas, il pleurait, oh mais pas à chaudes larmes alors je lui pris la main, elle était gelée. Il leva la tête, me regarda fixement, esquissa un sourire amical et me tendit le paquet. J’avais faim il est vrai, comment refuser de partager sa misère si là était ce qu’il pouvait me montrer de ses valeurs, je pris donc un biscuit et le dirigeai à ma bouche.

Il attrapa délicatement mon poignet et retourna le paquet, désignant amèrement une date, celle de péremption, elle était dépassée depuis trois mois, je n’en revins pas. Je lui demandais la permission de vérifier l’ensemble des cadeaux et ma surprise fut de taille à un excès de colère : tous les produits issus de cette étagère était périmés depuis belle lurette, des conserves au café, de l’huile au sucré.

Voilà donc comment l’on aide les pauvres après sélection de leur véracité, on leur refile l’invendable, le jetable, l’affable misère de notre société de consommation, s’en était trop, je fis demi-tour et cracha mon tablier à la figure de ce boss d’infortune sans mot ajouter. Il me fallait retrouver un regard et vite, alors j’invitais cet homme noble à un déjeuner de prince à la brasserie du coin, il me raconta sa vie, sa gloire, son métier, sa retraite, puis sa chute.

Depuis, chaque lundi nous nous retrouvons en bord de mer, il n’avait pas de petit fils et moi plus de grand-père, depuis nous sommes autant amis que l’horizon et la mer, depuis j’ai retrouvé mon phare et lui l’espoir.

Je n’espère pas que cela se passe comme ça dans toutes les épiceries sociales, je ne remets nullement en cause l’utilité de ces dernières, mais ce que j’ai vécu au sein de celle-ci m’a profondément choqué. Si d’autres on des expériences similaires ou contradictoires, merci de les faire partager.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-epicerie-sociale-et-l-etagere-de-141332

ou
L’épicerie sociale et l’étagère de la honte

 via Mes coups de coeur

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 09:33

 

Par Rédaction (19 avril 2012)

« Si je suis élu, d’ici deux ans il n’y aura plus un seul SDF dans les rues »

    promettait Nicolas Sarkozy en 2006.

 


Cinq ans plus tard, les sans-domiciles seraient 150 000 en 2011 soit deux fois plus qu’il y a 10 ans. Ce n’est pas tout. Environ 800 000 ménages sont officiellement en situation de surendettement, alors même que le gouvernement s’est toujours gardée de remettre en cause les crédits revolving. Quant au Smic, tout a été fait pour le casser.

Pauvreté : Réalité subie par plus de 8 millions de personnes en 2009, dans la 5e puissance économique du monde. La moitié perçoit moins de 773 euros par mois pour vivre, soit une somme inférieure à celle de la définition du seuil de pauvreté !

Ils étaient 8 millions à gagner moins de 954 euros par mois, soit 400 000 personnes de plus que l’année précédente, selon la dernière étude de l’Insee (datant de 2009 !). Près de 20 % des mineurs vivent dans une famille pauvre ; un étudiant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté ; comme une famille monoparentale sur trois (essentiellement des femmes) et 35 % des chômeurs.

La pauvreté concerne aujourd’hui la ville comme la campagne, qui tend à devenir le réservoir des laissés-pour-compte. Les ruraux sont en moyenne plus souvent pauvres que les autres. Le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7 %, contre 11,3 % dans l’espace urbain. En outre, dans plus d’un tiers des départements de France métropolitaine, le taux de pauvreté dans la population rurale dépasse 19 %.

Au final, la pauvreté concerne, en tout, 13,5 % de la population française. C’est le chiffre le plus mauvais enregistré depuis de nombreuses années. Pourtant, en 2006, Nicolas Sarkozy déclarait : « Si je suis élu, d’ici deux ans il n’y aura plus un seul SDF dans les rues ». Ils seraient 150 000 en 2011, soit un nombre deux fois plus élevé que voilà dix ans quand, dans le même temps, les revenus des 0,01 % des ménages les plus riches s’élève à 13 millions d’euros par an, soit plus de un million d’euros par mois, l’équivalent de 1 000 Smic et 2 200 RSA.

Cette hausse inédite de la pauvreté s’explique par la politique menée par l’équipe Sarkozy, qui ajoute de la crise à la crise : inaction coupable face aux licenciements des plus fragiles et à l’explosion des inégalités, baisse des allocations logement, hausse d’impôts indirects, diminution du taux d’indemnisation des arrêts maladie, réduction de plus d’un quart des budgets de l’hébergement d’urgence (Samu social), au prétexte que cela coûte trop cher. Ainsi, rien qu’en Île-de-France, 5 000 places d’accueil des sans domicile vont devoir être supprimées, alors qu’on estime à près de 15 000 le nombre de lits déjà manquants.

Surendettement : Situation personnelle de crise vécue par au moins 800 000 ménages ; fruit d’une mécanique organisée par le secteur bancaire profitant de l’insuffisance structurelle des revenus, liée à la faiblesse des salaires et à la précarisation de l’emploi.

Les ménages pauvres et modestes n’arrivent plus à « joindre les deux bouts ». Pour s’en convaincre, il suffit de lire le rapport du Secours populaire de 2011, qui pointe l’augmentation de près de 20 % du nombre de personnes aidées. Dès le 10 du mois, les trois quarts des revenus des ménages les plus fragiles sont déjà partis pour payer les dépenses incompressibles et pré-engagées – qui augmentent depuis une décennie : loyers, charges locatives, assurances, téléphone… Résultat : le nombre de ménages en situation de surendettement a considérablement augmenté ces dernières années. Fin 2009, environ 800 000 ménages étaient officiellement en situation de surendettement, sans compter tous ceux qui n’avaient pas déposés de demande, par crainte d’être stigmatisés ou par méconnaissance des procédures. Entre mars 2007 et mars 2009, selon la Fédération française des banques, la proportion de ces ménages se déclarant en difficulté financière est passée de 20 à 50 %. Le nombre de demandes de dossiers de surendettement a lui-même augmenté de près de 20 % en deux ans. Une autre preuve de la détérioration de la situation financière des ménages réside dans l’augmentation du niveau moyen d’endettement, qui s’élevait en 2009 à environ 40 000 d’euros.

Les crédits revolving, proposés par les banques aux ménages les plus pauvres, sont l’une des causes principales d’endettement de ces populations. Ce système, particulièrement pervers, consiste à proposer des prêts à la consommation, de faibles montants, mais à des taux prohibitifs pour des personnes qui ne peuvent, faute de revenus suffisants, se vêtir ou se nourrir sans utiliser cette carte de crédit.

Les propositions des associations de consommateurs, visant à interdire ce type de prêts, n’ont bien sûr jamais été entendues compte tenu des intérêts bancaires auxquelles elles se heurtent. La ministre de l’économie s’est d’ailleurs bien gardée de les remettre en cause quand elle en a eu l’occasion.

Smic : Salaire minimum que l’équipe Sarkozy s’est refusée à augmenter au-delà du minimum légal, pour le plus grand bénéfice du patronat (0,20 euro de gain de pouvoir d’achat du Smic horaire en cinq ans, dont 0,01 euro en 2011 !)

Le Smic est le plus bas salaire dû par l’employeur pour un travail effectué. Ce n’est ni une allocation, ni une assistance, ni un revenu. C’est un salaire interprofessionnel et un salaire de croissance pour assurer aux travailleurs une participation au développement du pays. C’est une question de justice sociale, de reconnaissance du travail, et d’efficacité économique. C’est aussi un outil pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes : toute hausse du Smic fait baisser l’écart de salaires, puisque les femmes sont deux fois plus souvent au Smic que les hommes (c’est le cas de 20 % d’entre elles contre 11 % des hommes). Or, le cap décidé par l’équipe Sarkozy est le même que celui de Reagan et de Bush avant lui : à savoir, organiser la diminution du salaire minimum pour mieux le supprimer, et créer de cette manière une armée de réserve propre à tirer l’ensemble des salaires à la baisse.

C’est ainsi, d’abord, que le report de la fixation du taux du Smic, du 1er juillet au mois de janvier de chaque année, vise à tirer vers le bas les négociations de branche ou d’entreprise, qui ont lieu en début d’année. Ensuite, cette fixation se fait sur les propositions d’une « commission d’experts », prétendue indépendante, selon le souhait de Laurence Parisot, patronne du syndicat patronal (Medef).

De surcroît, et jusqu’en 2013, le gouvernement a supprimé les sanctions éventuelles applicables aux entreprises bénéficiant d’exonérations de cotisations (à hauteur de 20 milliards d’euros), mais ne respectant pas le Smic. Enfin, les branches dont le salaire minimum conventionnel est inférieur au Smic ont obtenu l’autorisation de rester dans cette situation illégale pendant deux ans.

Bref, tout a été fait pour casser le Smic pendant ce quinquennat. Le prétexte ? Ne pas pénaliser l’emploi ou la hiérarchie des salaires, parce que le Smic serait trop contraignant, trop élevé, etc. C’est évidemment faux puisque que les cotisations sociales des employeurs ont baissé de 40 à 14 % depuis 1993. La moyenne de nos salaires, non seulement, n’est pas trop élevée, mais elle est dans la moyenne de ceux de l’UE. Dans un pays comme l’Espagne, où les salaires sont plus bas, il y a davantage de chômage que dans les pays scandinaves, où les salaires sont plus élevés. Ce sont les pays les plus pauvres qui ont les temps de travail les plus importants. Ce sont les travailleurs ayant les plus bas salaires et le moins de qualifications reconnues qui sont les plus exposés au chômage. Les salariés de la restauration, par exemple, qui ne sont soumis à aucune concurrence internationale, ont le plus triste sort.


Quel bilan dresser du quinquennat qui se conclut ? En partenariat avec la Fondation Copernic, qui regroupe des syndicalistes, des acteurs des mouvements sociaux et des chercheurs, Basta ! vous propose chaque jour un abécédaire des « maux » du quinquennat extrait du livre Sarkozy, bilan de la casse, aux éditions Syllepse [1].

Notes

[1] Collection "Les Notes et Documents de la Fondation Copernic", février 2012


Source : Comment Sarkozy a multiplié par deux le nombre de sans-domicile - Le bilan du quinquennat #09 - Basta !


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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 10:53

 

Le cri de Françoise Hardy : l’immobilier des stars survivra-t-il à Hollande ?

 

 

Variae2

 

 

SAINT-TROPEZ. Propriétaires, rentiers, ou tout simplement riches, les artistes survivront-ils à l’instauration de la « taxe 75% » de François Hollande, ou devront-ils se débarrasser d’une partie de leur patrimoine immobilier ? C’est l’appel au secours lancé par François Hardy dans une interview à Paris Match. « Je crois que la plupart des gens ne se rendent pas compte du drame que l’ISF cause aux gens de ma catégorie. […] Si Hollande le multiplie par trois, qu’est-ce que je fais ? […] Tous les gens qui ont 150 000 euros de revenus […] et qui, en même temps, ont économisé toute leur vie pour avoir un patrimoine immobilier, résidence principale et résidence secondaire, se retrouvent dans cette situation épouvantable ».

« Drame », « épouvantable » : si les experts ont pour le moment du mal à s’accorder sur les effets envisageables d’une hausse de la taxationdes hauts revenus, tous reconnaissent le danger d’une augmentation en flèche du mal-logement chez les artistes. « Ce qui est dommage, c’est qu’une des rares catégories sociales à avoir échappé au descenseur social risque désormais de s’y retrouver exposée. On peut envisager plusieurs types de déclassements : devoir louer une partie de son hôtel particulier ; le revendre pour investir dans un arrondissement parisien moins cher ; voire, dans les cas extrêmes, quitter Paris, pour se replier, faute de mieux, dans une résidence secondaire dans le Var ou en Corse », analyse Bernard-Marie Galouzeau de Vabres, directeur du Centre de Chrématistique Immobilière. Les risques sanitaires de ce type de dégradation de la vie quotidienne sont mal connus, et varient selon les personnes. « A la différence de vous ou moi, chaque artiste est un individu unique, avec une sensibilité à fleur de peau. », explique Stève Casiraghi, directeur de recherches au RIMEL (Rothschild Institute for Mental and Emotional iLlness). « Les symptômes peuvent aller de rougeurs passagères à des crises de sanglots, voire, dans des cas extrêmes, à des phases de désorientation. Où est passé mon bistro favori, pourquoi n’ai-je plus ma table réservée ? Tous ces petits privilèges qui rendaient leur quotidien supportable et qui, du jour au lendemain, disparaissent ».

 

Cet avènement d’une société plus « horizontale » risque surtout de rejaillir négativement sur la qualité de la scène artistique française. « On le sait depuis les premiers penseurs grecs, le peuple a besoin de savoir qu’il existe une petite « élite » échappant aux soucis du commun pour rêver, pour s’enthousiasmer par identification à elle », rappelle Fernando Von Furstenberg, chercheur à l’Institut Supérieur Téléologique de Budapest (IST Business School), et biographe d’Ivana Trump. « Savoir que Françoise Hardy vit dans une maison luxueuseà Paris, c’est un peu y vivre soi-même. D’où d’importantes économies d’échelle : la maison d’un ouvrier profite à ce seul ouvrier, tandis que la maison de François Hardy peut profiter à 1000, 10 000 ouvriers qui lisent Gala ou Paris Match par capillarité. C’est un enjeu de développement durable dans la société de parcimonie qui s’annonce. Acheter un disque de François Hardy, c’est contribuer à ce mode de vie qui rejaillit sur toute une population, c’est dans l’esprit des Français populaires une forme de don, un peu comme on en faisait aux dieux il y a quelques siècles. Si son standing se dégrade, ses ventes de disques risquent de chuter, et c’est vrai pour tous les artistes de son rang. Que va devenir la scène musicale française ? ».

 

L’acharnement fiscal contre les vedettes les conduit à mettre en place des stratégies de survie inédites. « On a vu se développer ces dernières années des formes de nomadisme, d’errance, de la part d’artistes chassés de leur propriété parisienne », rappelle Bernard-Marie Galouzeau de Vabres. « C’est un phénomène comparable aux bandes de jeunes, la violence en moins », indique-t-il, en évoquant le cas de Sheila ou Stone & Charden, et de leur tournée dite « des idoles ».

 

Restent la solidarité et le soutien réciproque. Selon nos informations, sur le modèle des Restos du Cœur s’apprêterait à être lancé un concept intitulé le « Salut des copains », avec des concerts caritatifs et la réalisation d’un album collectif, dont les bénéfices serviraient à abonder un fonds pour maintenir les célébrités dans leur demeure parisienne. Pour la première édition, une reprise chorale de « VIP » de Françoise Hardy serait déjà en cours d’enregistrement.

 

Reportage réalisé par Romain Pigenel pour l’Agence de Presse Variae

Source : Le cri de Françoise Hardy : l’immobilier des stars survivra-t-il à Hollande ? - Le blog de DA.Estérel 83

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 10:36

 

Pour ceux qui se font encore des illusions, pour tous ceux qui croient que la volonté de l'état, et les situations sont similaires dans toute l'Europe est de venir en aide "aux pauvres" plutôt que de leur faire une guerre impitoyable. Pour tous ceux qui pensent que la Grèce, c'est sur un autre continent et que nous sommes à l'abri parce que nous aurions quelque valeur supérieure aux yeux des profiteurs, que de toute façon si on est pauvres, c'est qu'on la mérité... apprenez pour commencer qu'il n'est plus question aujourd'hui de pauvreté, mais de misère. Je suis comme beaucoup d'autres acquise à ce bonheurque peut donner la pauvreté, je l'ai choisie depuis longtemps et apprécie les richesses qu'elle me donne et valent bien plus pour moi que des accumulations matérielles et autres surconsommation. Maisaujourd'hui tout est fait pour acculer à la misère etceux qui ont fait de tels choix et couches par couches, toujours plus précaire une partie toujours plus grande de la population. Ce monde,cette planète sont riches, dans un monde de coopération plutôt que de concurrence tous pourraient connaître le bien-être et pratiquer avec joie des métiers choisis et utiles pour le bien de tous. Mais non quelques accapareurs n'ont que faire de cela. De plus en plus d'enfants d'occidents connaissent lavie sans logis, la faim, les maladies qui ne peuvent être soignées faute de mouyens financiers... un autre monde est possible, un monde créatif, inventif, productif... il "suffit" pour cela de nous débarasser des parasites, les Profiteurs...

 

Logement : un violent plan d’austérité en préparation

01-Mediapart

 

 

C’est une mesure encore confidentielle dont le candidat Nicolas Sarkozy se garde bien de parler quand il bat les estrades de la campagne présidentielle : Bercy a reçu la consigne de préparer un plan d’austérité sur les crédits budgétaires alloués au logement. Les instructions données visent à réduire d’environ 30 % les montants dédiés actuellement aux aides au logement, qui atteignent actuellement près de 15 milliards d’euros, et à raboter d’environ 600 millions d’euros les crédits inscrits dans deux programmes, celui des aides à la pierre et celui de l’hébergement et accompagnement pour les personnes les plus défavorisées, qui disposent actuellement de près de 1,7 milliard d’euros.

Jusqu’à présent, on ne connaissait que les grandes lignes du plan de rigueur que Nicolas Sarkozy voudrait mettre en œuvre s’il était réélu. Et nul n’a vraiment pu prendre la mesure concrète de l’austérité qui, secteur par secteur, en découlerait. Dans son programme (il est ici), le président sortant rappelle ainsi qu’il s’appliquerait à trouver 115 milliards d’euros pour parvenir à l’équilibre des finances publiques en 2016, conformément au programme de stabilité transmis à Bruxelles, dont 40 milliards de recettes supplémentaires et 75 milliards d’euros d’économies sur les dépenses. Sur ces 75 milliards d’euros d’économies à réaliser d’ici 2016, 39 milliards d’euros ont déjà été annoncés dans le cadre du budget de 2012 ou de la Révision générale des politiques publiques (réforme des retraites, réduction du nombre des fonctionnaires, etc.). Nicolas Sarkozy a donc annoncé, dans un curieux euphémisme, qu’il reste 36 milliards d’euros à « documenter ».

Pour ces 36 milliards, le programme de Nicolas Sarkozy ne donne qu’une décomposition générale qui, elle-même, ne permet pas plus de prendre la mesure de la purge sociale qui en découlerait : il est question pêle-mêle de 7 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de personnel de l’État et des collectivités territoriales, de 16 milliards sur les dépenses de fonctionnement et d’intervention de l’État, ou encore de 13 milliards d’économies sur les dépenses de l’assurance maladie.

Mais concrètement, quelles seraient les conséquences de ces économies sur la vie quotidienne des Français ? À ce niveau de généralités, les citoyens ne peuvent pas le mesurer. Ils sont de la sorte invités à penser que Nicolas Sarkozy est un gestionnaire avisé et rigoureux, mais ils n’ont pas de raison de penser que ces réductions des dépenses d’intervention de l’État vont, en fait, se traduire par une sorte de guerre aux pauvres.

 

Guerre aux pauvres

Et c’est tout l’intérêt de ces informations dont a eu connaissance Mediapart sur les scénarios confidentiels sur lesquels travaillent dès à présent les services du ministère des finances, dans un secteur particulier, celui du logement. Elles permettent, dans un domaine au moins, de prendre une mesure très concrète de ce qui est dès à présent dans les tuyaux.

Il faut bien mesurer l’importance qu’a le système français de l’aide au logement pour les foyers modestes. Près de 15,9 milliards d’euros de prestations d’aides personnelles au logement ont ainsi été versées en 2010 à environ 6 310 000 ménages, dans le domaine du locatif aussi bien que de l’accession à la propriété. Et ces aides, qui sont dégressives en fonction du revenu (elles varient d’environ 40 euros à un peu moins de 400 euros, selon la taille du foyer et selon les régions), profitent donc aux Français les plus démunis. Selon le rapport sur ces crédits présenté à l’automne dernier à l’Assemblée nationale (il est ici, voir en particulier page 20), « 76 % des ménages locataires bénéficiant d’aides au logement ont des revenus inférieurs au Smic et 99 % à deux fois le Smic ». En clair, ces aides, précise le rapport,« figurent parmi les aides sociales les plus redistributives », ou si l’on préfère, parmi les aides qui sont parmi les plus indispensables aux foyers modestes. Plus on est pauvre, plus on est aidé…

Le rapport apporte ces autres précisions : « Les aides touchent en majorité des “petits ménages” : 3,7 millions de ménages sont composés d’une personne seule ou d’un couple sans enfant (…)Les personnes âgées de plus de 65 ans constituent une part importante de ces effectifs (environ 19,5 % des bénéficiaires). Les jeunes de moins de 25 ans non étudiants sont environ 410 000. »

CQFD ! Si 30 % de ces crédits étaient supprimés, ce serait bel et bien une guerre aux pauvres qui serait alors engagée.

En outre, des instructions ont été données pour raboter violemment d’autres crédits, notamment ceux du programme dit 135, qui concerne les aides à la pierre, et ceux du programme dit 177, qui profite à l’hébergement et à l’accompagnement des personnes en grandes difficultés.

Au total, sur ces deux programmes, ce seraient donc 600 millions d’euros d’économies qui seraient recherchés sur des crédits qui au total avoisinent 1,7 milliard d’euros. Et dans ce cas-là, ce serait une déclaration de guerre non plus aux pauvres. Non ! Aux super pauvres…

Cela donne-t-il un avant-goût du tour de vis budgétaire que Nicolas Sarkozy engagerait s’il était rééelu ? Si c'est le cas, mieux vaudrait que cela soit clairement annoncé et détaillé avant l'élection...

Source : Logement : un violent plan d’austérité en préparation - Le blog de DA.Estérel 83

Via : Les Dernières Nouvelles du Monde | Scoop.it

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Published by Anne Wolff - dans précarités
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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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