3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 02:51

 

 

Une droite aussi pitoyable qu’extrême…

Paul C.

À force de taper sur la Gauche Roudoudou, j’en viendrais presque à oublier la Droite Radada, au risque de semer le doute dans l’esprit de mes lecteurs ou d’entretenir une équivoque qui n’a pas lieu d’être. Si je critique l’ersatz de socialisme qui nous est servi comme plat de résistance ces derniers temps, ce n’est pas par sympathie pour la clique réactionnaire d’en face. Je n’ai nulle envie de réclamer une assiette de cette daube mal réchauffée que nous servent actuellement les prophètes bien pensants d’une droite française méritant largement sa place dans l’Internationale de la Connerie (avec une majuscule). Il suffit de regarder les mots d’ordre affichés dans les manifs « pour tous » ou les manifs « contre » qui se succèdent actuellement, entre deux apéritifs franchouillards pour identitaires très identifiés… De quoi gerber… Je comprends que Jacquard ou Cavanna se soient fait la malle !
Si le mot « extrême » avoisine celui de « Droite » dans le titre que j’ai choisi, c’est qu’il devient de plus en plus difficile de démêler et de hiérarchiser les différents courants qui se déchainent pour attirer le chaland sur leurs stands de frites surgelées. Cela va du Pétainisme primaire, au libéralisme bien pensant, en passant par le catholicisme d’un intégrisme qui fleure bon l’Opus Dei, sans oublier les nostalgiques de la monarchie, ou les adorateurs d’Adolf et de ses différentes solutions finales. Cela est si vrai que l’on retrouve bras dessus bras dessous dans les manifs : des crétins congénitaux essayant de faire passer leur antisémitisme viscéral pour de l’antisionisme et leur lecture indigente du Coran pour une philosophie profonde, avoisinant quelques « Français de souche » (depuis une ou deux générations) rêvant de renvoyer de l’autre côté de la Méditerranée, tous les envahisseurs plus ou moins basanés dans des bateaux à fonds percés. On trouve aussi dans ce rassemblement aussi hétéroclite que nauséabond, des nostalgiques de (au choix) Jeanne d’Arc, Vercingétorix, Louis-Philippe, Goebbels, Pierre Poujade… Pour parfaire la mixture on saupoudre avec quelques « gauchistes » égarés qui n’ont vu que les pancartes « haro sur le PS » et qui se sont dit que l’occasion était bonne de défouler leur frustration récente. Ils ont voté « utile » pour des Hollande, des Ayrault, des Fabius, qu’ils estimaient dignes représentants du prolétariat et s’aperçoivent, mais un peu tard, qu’il s’agit là d’agents du Medef camouflés derrière un slip rose sans épines.
Que veut-elle cette mouvance de droite, réunissant, entre autres, Identitaires et Monarchistes, Fascistes bon teint et Catholiques intégristes ? Qu’est-ce qui peut bien pousser les opposants à Merkel, à l’écotaxe, au mariage homosexuel, à l’intervention en Syrie, à l’avortement, à Mme Taubira, aux licenciements, à la mosquée du coin, au lobby sioniste… (j’en passe, la liste est aussi longue que folklorique), à marcher au coude à coude et à étaler des slogans dont le seul point commun est le caractère primaire, généralement réactionnaire, sur des banderoles flambant neuves ? Vu le contexte européen, il est clair que tous ces gens pensent avoir le vent en poupe, mais ce n’est pas le seul déclencheur de ce déferlement conservateur.
N’ayant rien à reprocher sur le plan économique à nos braves Roudoudous qui mènent une politique aussi exemplaire que celle de leurs prédécesseurs de droite, il ne reste plus à ce conglomérat d’intérêts avariés, qu’à mener une campagne haute en couleurs sur les agissements moralement pervers de la « Gauche Satanique ». Nos gouvernants actuels conduisent – selon eux – le troupeau immaculé de la France profonde sur une voie directe pour l’enfer… Je ne peux résister à l’envie de vous donner un échantillon de tous ces graves problèmes qui préoccupent nos édiles droitifiants. Les jeunes, quand ils auront fini de se masturber à l’école et d’apprendre par cœur les textes des écrivains décadents, deviendront homosexuels, n’iront plus se marier à l’église et feront des enfants non baptisés avec des femmes (ou des hommes) de couleur. Les femmes impures avorteront à tour de bras, se mettront en couple avec d’autres pécheresses puis réclameront des fécondations selon des méthodes réprouvées par la morale, et adhèreront à des syndicats de prostituées pendant que leurs enfants traineront sur le trottoir. « Oui Monsieur, Hollande, Peillon et toutes ces femmes ministres avec des noms à coucher dehors, c’est ça qu’ils veulent ! ». Le programme d’action de tous ces braves gens est simple et facile à mémoriser : ne plus payer d’impôts ; ne plus entendre parler de réfugiés politiques, d’immigrés, de Juifs, d’écologistes, de pro-européens… Il faut que le nombre de fonctionnaires soit divisé par 100, mais que leurs enfants aillent dans des classes qui ne soient pas surchargées (de Maghrébins) ; le bureau de poste de leur quartier doit être ouvert la nuit, le dimanche et fermé seulement pour les fêtes religieuses nationales approuvées par le Vatican ; il faut que les trains roulent sur le corps des cheminots grévistes et que l’on crève les pneus du scooter de François Hollande ; la préférence nationale doit s’appliquer à tous ceux qui voteront comme eux aux Municipales…
Comme ils ne veulent surtout pas qu’on les confonde avec la Gauche, ils ajoutent à leur discours quelques autres mesures « radicales » : il faut réduire les charges patronales encore plus que les Bolcheviks roses actuellement au pouvoir ne le font, baisser les impôts des commerçants, augmenter ceux des fonctionnaires et financer la sécurité sociale avec une taxe réservée aux mères célibataires, aux prostituées étrangères et aux homosexuels fortunés. On doit impérativement laisser les frontières perméables aux mallettes de billets mais installer une filtration efficace contre les envahisseurs Roms venus de Mongolie extérieure… Ils sont d’accord avec les Palestiniens pour dénoncer le caractère impérialiste de l’État sioniste d’Israël, mais aussi avec le gouvernement israélien pour qu’il les débarrasse de tous les Arabes et de tous les Noirs. L’essentiel c’est que tout cela se déroule loin de chez eux. Quant à l’Afrique, cet immense Disney-Land, il n’y a qu’à rapatrier les mines de diamants et d’uranium en France, dans un coin pas trop peuplé, et laisser les tribus anthropophages gérer leurs problèmes entre elles. S’il faut envoyer l’armée pour des missions humanitaires, que ce soit la Légion Étrangère, et que ces expéditions soient financées non pas sur nos impôts, mais sur une taxe spéciale prélevée sur les transactions financières, taxe ne concernant que les monarchies arabes et les banques juives, bien entendu. Quant à la télévision, que toutes les chaînes soient privatisées, que l’on envoie les journalistes d’Arte dans un camp de rééducation chez Poutine et que sa sainteté JP Pernaut devienne ministre de l’information à vie.
Côté culturel ils ne savent pas trop ce qu’il faut faire, car ils ont encore quelques contradictions internes à gérer avant d’élaborer un programme, mais ils savent tout ce qu’il faut interdire. Certains préconisent de s’inspirer des conseils de Mr Himmler, un expert en la matière, d’autres pensent que l’on a suffisamment de bonnes idées dans l’hexagone pour ne pas faire appel à un métèque. Globalement, ils sont particulièrement fiers de certaines de leurs idées : rétablir l’enseignement obligatoire de la bourrée auvergnate à l’école ; utiliser les musées d’art contemporain pour créer des centres de rétention pour les immigrés clandestins (ils auront le droit de faire des coloriages à l’endroit ET à l’envers des tableaux pour s’occuper) ; diviser par dix le nombre des livres édités pour protéger les forêts et l’esprit de nos jeunes ; rendre obligatoire la messe du dimanche pour les bons croyants ou la gymnastique collective pour les autres. Comme ce sont des démocrates dans l’âme, ils estiment qu’une dispense pourrait être accordée à ceux qui préfèrent voir un match de foot à la télé en buvant une mauvaise bière d’importation.
Tout cela pour vous montrer que si la Gauche a quelques idées perverses, la Droite, elle, est prête à explorer un champ d’initiatives tout aussi nouvelles que salutaires. Leur conseil du moment : profitez des élections à venir pour faire le grand ménage… et rappelez-vous ce qui est prioritaire : défendre notre identité nationale avec un I et un N enluminés, pour ne pas dire luminescents ! Ça c’est l’opinion des plus modérés, jupes plissées et costume-cravate. D’autres lorgnent avec envie sur les agissements de certains de leurs confrères nationalistes en Ukraine…
Bref c’est pitoyable, mais notez que – pendant que l’on nous amuse avec toutes ces conneries – la grande braderie sociale continue. L’actualité ne se limite malheureusement pas aux errements conjugaux présidentiels, à l’enseignement de la masturbation en maternelle, aux prouesses verbales nauséabondes d’un comique en perte de vitesse, ou autres niaiseries médiatiques…
NDLR : un seul dessin, volé à « La Belette » sur son blog « fédérer et libérer ». Pas d’autre illustration de circonstance car je n’ai nulle envie de reproduire des photos de tous ces cons manifestant en portant des banderoles qui me donnent la nausée. Vous ne méritez pas ça, même si, du coup, la mise en page est un peu indigeste !
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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 19:53

 

Parce que cette enquête est vraiment intéressante, et non par prosélytisme politique. Je n’appartiens à aucun parti et suis bien en peine de savoir pour qui je vais voter aux prochaines élections. Mais j’apprécie la démarche, d’une enquête fort complète, avec la possibilité de réponses libres. Une enquête qui a suscité l’intérêt des 41.420 personnes qui y ont répondu, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, (entre 15 et plus de 90 ans) ; des Wallons, des Flamands et des Bruxellois, des travailleurs et d’autres qui ne le sont pas, des personnes ayant fait des études supérieurs ou non, tout cela fort bien distribué,  bref un beau panel d’une large représentation de personnes différentes,. Le PTB est manifestement mieux implanté en Flandre où il trouve ses origines, mais cela aussi rompt avec l’idée d’une Flandre près de tomber dans le nationalisme séparatiste et la fermeture sur soi que cela implique.

Il et certain aussi que ce n’est pas un échantillon représentatif de l’ensemble de la population, mais cela montre que des Belges, qui veulent le rester dans le cadre d’une Belgique solidaires et sans racisme, se sentent encore motivés par la politique et se retrouvent à travers un parti qui représente leurs aspirations.

Cela montre aussi que si les gens semblent se lasser de la politique, c’est surtout parce qu’ils ne se sentent plus concernés par des partis qui décident par-dessus-leurs têtes, sans les son consulter et le plus souvent méprisant carrément leur volonté, ils sont cependant sensibles et intéressés par une démarche de démocratie participative, pas celle actuelle où des « lobbies citoyens » auto-proclamés s'arrogent le droit de parler pour d'autres qu'ils font taire. J’espère que le PTB continuera dans cette voie et approfondira sa démarche non seulement de consultation mais en mettant en place une véritable participation des gens à la prise de décisions.

En tout cas des résultats qui me réconcilient avec une Belgique que je ne reconnaissais plus.

Les résultats marquants de l’enquête à grande échelle du PTB+ : Lutte contre la pauvreté, emploi, avenir de jeunes


Ce matin, le PTB a présenté à la presse les résultats de la grande enquête électorale qu'il a effectuée auprès de 41.420 Belges. Voici un aperçu des données les plus marquantes.

 

A l’automne 2013, le PTB+ a entamé sa campagne pour les élections de 2014 par une enquête à grande échelle. 41420 Belges ont exprimé leur opinion sur ce qui doit changer en Belgique et sur la manière dont ils voudraient que leur pays change. Pour élaborer cette enquête, nous avons impliqué nos membres et obtenu l’aide d’experts. L’analyse des résultats s’est effectuée en collaboration avec le groupe professionnel « Sociologie ».

La lutte contre la pauvreté, l’emploi et l’avenir des jeunes sont les trois thèmes les plus importants qui ressortent des préoccupations des personnes interrogées. Et celles-ci voudraient voir ces questions traitées selon la philosophie « Les gens d’abord, pas le profit ».

I. Thèmes: la pauvreté vient de loin en tête

Le PTB+ a présenté 24 thèmes. Parmi ceux-ci, 41.420 participants ont coché les thèmes les plus importants, prioritaires selon eux.  Top 3 des résultats (dia 18):

La pauvreté (27% comme thème n°1 + 43% plaçant ce thème dans le top3, voir plus loin)
L’emploi (9% comme thème n°1 + 28% plaçant ce thème dans le top3, voir plus loin)
Les impôts/fiscalité (7% comme thème n°1 + 17% plaçant ce thème dans le top3, voir plus loin)

Le thème de la pauvreté ressort très fortement : près d’1 sondé sur 3 estime que la lutte contre la pauvreté est le thème le plus important. C’est le surprenant « gagnant », et cela parmi toutes les catégories : tant parmi les actifs que les non-actifs, tant en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles.

« Notre parti en tiendra compte, parce qu’il s’agit d’un signal très important, déclare Peter Mertens, le président du PTB. Tant pour les gens qui ont des difficultés à nouer les deux bouts, mais aussi pour tous les autres. Cela contredit ce que l’on entend en permanence dans les médias, que les gens ne se soucieraient plus guère des autres, que la solidarité est devenue un concept vide. Lorsque l’on interroge plus de 40.000 personnes et qu’il en ressort que la pauvreté est pour eux le problème le plus important, c’est un signal très fort. Nous exigeons donc résolument que tous les revenus et allocations au-dessous du seuil de pauvreté soient augmentés à un niveau de vie décent. Il n’est pas acceptable que des pensionnés, des chômeurs, des handicapés ou des personnes dépendant du revenu de survie vivent sous le seuil de pauvreté dans un pays comme la Belgique. C’est tout bonnement scandaleux, et c’est une bonne chose que cela ressorte de la plus grande enquête politique jamais menée. Ramener toutes les  allocations au-dessus du seuil de pauvreté coûterait 1,5 milliard d’euros par an. C’est beaucoup d’argent, mais c’est parfaitement payable si l’on supprime les intérêts notionnels. Cette politique de cadeaux fiscaux coûte en effet 6,2 milliards par an à notre pays. Il s’agit donc de faire des choix. » Le PTB partage donc la revendication des Réseaux belges de lutte contre la pauvreté.

II. Thèmes pondérés, ou comment nous en arrivons au « parti des travailleurs, des jeunes et de tout ceux qui sont en difficulté dans la société »

Lorsqu’on ne prend pas seulement en compte le premier choix (thème le plus important) des répondants, mais que l’on considère les trois priorités (les répondants donnaient leur top 3), nous obtenons une liste différente (dia 19):

Pauvreté (43% placent ce thème dans le top 3)
Emploi (28% placent ce thème dans le top 3)
Avenir des jeunes (21% placent ce thème dans le top 3)

Outre les thèmes de la pauvreté et de l’emploi, ressort celui de « l’avenir des jeunes » : un répondant sur cinq place cette préoccupation dans son Top 3. « Nous tenons bien sûr compte de ces résultats, non seulement pour l’élaboration de notre programme, mais pour le rayonnement de notre parti. Nous sommes le parti du travail, celui des travailleurs. Et l’emploi atteint un haut score, chez tout le monde. Nous sommes aussi un parti en croissance, qui attire précisément énormément de jeunes. Nous sommes donc particulièrement heureux que l’avenir des jeunes s’avère une préoccupation largement partagée par tous les groupes de population. Nous nous soucions de tous ceux qui ont des difficultés dans notre société. Ce qui fait que notre parti pose des choix de société, nous choisissons un camp. Pas celui des multinationales sur-subsidiées, pas le camp des organisations patronales, pas celui du petit cercle du haut monde financier. Non, celui de la classe des travailleurs, des jeunes et de tous ceux qui sont en difficulté dans la société, conclut Peter Mertens. Et cela se voit également dans nos listes. Ce n’est pas un hasard si nous avons autant de jeunes en tête de liste. Et ce n’est pas un hasard si c’est Frédéric Gillot, ouvrier métallurgiste, qui tire notre liste à Liège. Et d’autres vont encore suivre. »

III. Solutions

Pour 9 des 24 thèmes, les personnes interrogées pouvaient choisir parmi trois propositions de solutions celle qui leur semblait être la meilleure, ou en suggérer une autre. Si l’on reprend les quatre thèmes les plus importants, voici ce qui ressort :

59% des répondants trouvent que « le droit au travail, un emploi stable avec un salaire décent » est la solution la plus importante pour offrir un avenir aux jeunes (dia 31)
46% des répondants trouvent que les échappatoires fiscales doivent être supprimées pour les multinationales et qu’elles doivent payer le taux légal de l’impôt des sociétés (dia 32)
43% des répondants trouvent que les emplois-relais est la solution la plus importante pour l’emploi : « Les jeunes doivent remplacer les plus âgés » (dia 30)

Le thème de l’emploi est également central comme solution contre la pauvreté. 42% pensent que le gouvernement doit combattre le chômage au lieu de combattre les chômeurs (dia 29).

Peter Mertens : « Le gens optent résolument pour des emplois stables avec un salaire décent. Cela diverge donc entièrement de la généralisation du travail intérimaire, de l’élargissement des chèques-services ou de faire travailler les gens plus longtemps. Sous-emplois, emplois sous-payés, flexibilité ou modèle allemand : une enquête auprès plus de 40.000 personnes démontre clairement que la population n’en veut absolument pas. Les gens veulent un emploi stable, et ils veulent aussi que le gouvernement montre l’exemple. Cette enquête nous apprend aussi que les gens veulent toujours que les travailleurs plus âgés puissent transmettre leur expérience aux jeunes, ce qu’on appelle des emplois-relais. »

46% des répondants trouvent que les échappatoires fiscales doivent être supprimées pour les multinationales, et qu’elles doivent donc payer le taux légal de l’impôt des sociétés. Il est connu que c’est l’une des revendications du PTB. « Les échappatoires fiscales pour les grandes entreprises sont gigantesques. Il n’est pas normal que la nettoyeuse chez ExxonMobil paye plus d’impôts que la multinationale ExxonMobil elle-même. Il faut supprimer ces échappatoires fiscales, et cela signifie que le systèmes des intérêts notionnels doit être immédiatement supprimé », déclare Peter Mertens.

IV. Résultats marquants : 89% veut que le gouvernement intervienne davantage selon la philosophie « les gens d’abord, pas le profit »

Nous voulions également connaître l’opinion des répondants à propos d’un certain nombre d’idées politiques qui vont entièrement à l’encontre du discours dominant. Des propositions différentes ont donc été présentées. Les résultats sont surprenants :

89% des répondants attendent du gouvernement qu’il intervienne activement dans l’économie, et ce en partant des besoins de la population.   60% se déclarent « tout à fait d’accord » avec la proposition : « Pour combattre la crise, l’Etat doit intervenir dans l’économie, en partant des besoins des gens, pas du profit. » En 29% se déclarent « d’accord ».
85% des répondants veulent une lutte active contre le racisme (dia 42). 57% sont « tout à fait d’accord » avec l’idée : « Le racisme sème la division entre les gens. Il faut profiter de la richesse de la diversité dans une société qui défend la solidarité, où il y a place pour chacun et où tout le monde a les mêmes droits. » Et 28% se déclarent « d’accord ».
81% des répondants se prononcent pour l’unité du pays (dia 43).  61% est « tout à fait d’accord » avec la proposition : « La Belgique doit rester unie. La scission serait un désavantage pour la population et coûterait beaucoup d’argent. » En 20% se déclarent « d’accord ».

« Un résultat totalement différent de ce à quoi on pourrait s’attendre lorsqu’on voit tous les jours les titres des journaux et les tweets de politiciens et chefs de grandes entreprises. La plupart des gens veulent précisément que le gouvernement intervienne activement dans l’économie, et cela non pas pour donner des cadeaux aux banques et aux multinationales, mais pour partir des besoins des gens, commente Peter Mertens. C’est un tout autre son de cloche qui vient d’en bas, de près de 40.000 personnes qui se retrouvent dans le slogan “les gens d’abord, pas le profit”. Et qui donc accordent de l’importance à un Etat actif, qui respecte les postiers, les accompagnateurs de train, les gens des services publics, et qui veulent que ces services soient étendus au lieu d’être saignés à blanc. »

L’antiracisme obtient également un haut score. « Il est très réjouissant de constater que 85% des répondants soutiennent une attitude antiraciste active, déclare Mertens. Cela montre qu’il existe une base réelle pour l’unité et la solidarité, et qu’une grande majorité  pense que l’unité dans la diversité est bien plus importante que tout tribalisme, nationalisme ou colonialisme mental par lesquels on veut nous diviser. Même chose à propos de l’unité de notre pays. L’enquête a été effectuée dans toutes les provinces, en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles. Et on constate que les préoccupations les plus importantes sont les mêmes dans tout le pays. Il existe donc deux opinions publiques totalement différentes. Les gens ordinaires, les travailleurs, les jeunes, ceux qui ont des difficultés partagent les mêmes préoccupations, quelle que soit la langue qu’ils parlent. »

V. « La démocratie en action »

Pour le PTB+, cette enquête à grande échelle marque le début de sa campagne électorale. « Les résultats de cette enquête sont d’une incroyable richesse. C’est un coffre au trésor. Nous en tirerons tous les enseignements possibles pour l’élaboration de notre programme », souligne le président du PTB.

« Il est absolument unique qu’une campagne électorale débute par une grande enquête auprès de la population. Qui fait cela ? Réponse : le PTB+. Pour nous, la démocratie ne signifie pas juste noircir une case le 25 mai et puis se taire pendant cinq ans. Non, la démocratie est une action, déclare Peter Mertens. La démocratie est un processus continu de questions-réponses, par lequel nous entamons notre campagne et que nous n’interrompons pas. C’est ancré dans notre fonctionnement. Nous ne faisons pas un rapide petit sondage, nous mesurons l’impact de propositions et solutions précises. Nous allons donc  dialoguer en permanence avec les gens sur notre programme et nos propositions. »

Le PTB a l’ambition d’entrer au Parlement. « Il y a bien trop peu de débat au Parlement, concernant le chômage, les cadeaux fiscaux aux entreprises, la législation SAC… Il y a bien trop d’unanimité, c’est une grande fanfare libérale, et c’est pour cela qu’il faut une voix neuve, une voix fraîche, la voix d’une gauche conséquente », conclut Mertens.

VI. Le Pr Jan Blommaert: « Les résultats contredisent le discours dominant »

« Le résultat de cette très large enquête auprès de 41.000 personnes démontre ce que , en fait, nous savions déjà, analyse le Pr Jan Blommaert : les gens ordinaires veulent la sécurité d’emploi et non la flexisécurité, ils veulent un salaire décent et des droits sociaux et non des sous-statuts et des salaires de misère, ils veulent une sécurité sociale solide basée sur la redistribution et la solidarité, et ils sont prêts à payer des impôts à cet effet-là ; ils s’opposent aux avantages fiscaux et au fricotage des entreprises et fortunes et demandent une fiscalité juste ; ils estiment que ceux qui gagnent trop sont au sommet de l’entreprise et non à sa base ; ils veulent un Etat de droit transparent et s’opposent aux amendes SAC ; ils veulent un gouvernement et un Etat intègres et transparents et une politique démocratique qui  donne la possibilité à la population de s’exprimer pour tout ce qui la concerne. »”

Il est intéressant de constater que le Pr Blommaert souligne surtout l’opposition entre les résultats de l’enquête et le discours dominant : « Les porte-parole de la droite affirment en permanence que "tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut réduire la charge salariale", que "chacun réalise qu’il va devoir faire un effort", que s’en prendre aux paradis fiscaux est "populiste", que la lutte contre la fraude est une "chasse aux sorcières" sur "celui qui entreprend, travaille dur et épargne", que "nous devons oser mettre en œuvre les réformes nécessaires" dans le système des pensions et qu’il faut s’en prendre durement à la petite fraude sociale car « sinon il n’y a pas de base pour la solidarité". Eh bien, cette enquête à grande échelle place tout-à-coup la question la question de cette "base" sous un tout autre jour. En effet, tout le monde n’est pas d’avis que nous devons gagner moins, que nous devons démanteler la sécurité sociale et la législation sur le travail, de laisser les capitaux bien tranquilles et de puiser dans la société les moyens pour faire des cadeaux fiscaux aux entreprises. En réalité, bien peu de gens sont de cet avis. La masse - la base démocratique, disons - pense dans une tout autre direction. C’est un des grands bénéfices de cette enquête d’avoir mis cela en évidence. »

Source Les résultats marquants de l’enquête à grande échelle du PTB+ : Lutte contre la pauvreté, emploi, avenir de jeunes

Via
Mes coups de coeur

 

 


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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 21:51

 

Dieudonné M’bala M’bala, le 45 tours

 

En 2004, le B’nai B’rith, d’abord inquiet de voir Dieudonné se produire au Festival Juste pour rire, au Canada, juge en définitive que le spectacle ne relève pas de la plainte en justice, et qu’il n’est « pas raciste » mais qu’il est « de mauvais goût » et généralement insultant pour tout le monde32. Wikipedia

 

 Quand on vient au monde, on est tous de la même couleur … mauve.

Yvon Deschamps

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FACE UN DU DISQUE

Est-ce si intéressant le « cas Dieudonné »?

Je n’avais nulle intention d’en parler puisque Dieudonné ne mérite pas que l’on consacre 17, 20 ou 30 articles.  Mais il est bon de « s’autoexorciser » pour s’en délivrer. Et après avoir lu des dizaines de « commentaires », il y là une encyclopédie d’insultes pour ceux qui veulent se consacrer, s’entre  conspuer à cet « art ».

Comment un type aussi « savoureux » a-t-il délaissé  sa carrière d’humoriste, son talent indéniable d’acteurs, champion de la mimique,   pour se livrer  à un combat politique sans finesse?

Un humoriste, c’est quelqu’un qui a le sens de l’humour…

On a oublié le génie de Coluche et    d’autres « grands »  qui ont su dénoncer les travers d’un peuple, d’un monde insensé sans,   pendant une décennie, seriner  le refrain de la Shoah!

Faut-il payer un ticket pour constater  que le sionisme  a passé La Palestine au séchoir? Et qu’il est actif partout  ( 1)

Si au Québec, on parle de « droit à la liberté de parole » – et que certains auteurs quittent des sites français pour pouvoir dire ce qu’ils ont à dire, – ce n’est pas parce que les humoristes ne se payent pas la tête des gens, et qu’ils ne ratent pas la cible,  c’est que nous avons un pouvoir d’autodérision sans doute plus grand.

Si Dieudonné n’est plus un humoriste, alors plusieurs  payent  pour aller voir un agitateur habile, un  politicien au but nébuleux. Sorte de harpe à trois cordes dont nous nous plaignons chaque jour à travers les politiciens et les banquiers, les « grands de ce monde ».  C’est à se questionner si Dieudonné n’est pas un manipulateur de ses « fans ».

Une caisse de son pour le peuple qui n’a d’autre moyen pour régler le sort du monde, ses faiblesses, ses injustices.

C’est jeter son argent par les fenêtres : nous en avons élus  et ils nous coûtent les yeux de la tête. Nous les avons élus pour changer le monde, et ils sont restés, en jouant à la chaise musicale. Le « régime globaliste » est là… Et Dieudonné est devenu une sorte de disque éraillé.

FACE DEUX DU DISQUE

Le « message » de Dieudonné et là. Le transport est visqueux, mais il est là. Ses petites fournées étirées embrasent les déchirés, les analystes perdus, engraissant les forums des grands journaux français pollués d’intellectuels au cerveau scalpel.

Le problème n’est pas qu’il a tort, le problème n’est pas non plus la liberté d’expression, car il finira toujours par l’avoir… Il pourra déménager en Russie comme Snowden… J

Alors qu’est-ce qui fait « fonctionner » Dieudonné? Le FIDÈLE  ET L’INFIDÈLE.

Plus humoriste, à peine homme politique, profiteur, il est devenu Gourou. Eh! Oui! Gouru.

Dieudonné est maintenant une religion : et comme dans  toutes les religions, mon Gourou est le meilleur que le tien. Scission! Guerres! Massacres !  La même formule…

Le peuple juif n’a peut-être pas le monopole de la souffrance, comme il se plaît à dire, mais elle est sans aucun doute, un petit lobby frustré qui n’est pas sans jouer de « la politique » pour faire taire la face deux du disque.

POST SCRIPTUM

Si les humoristes  québécois ont pu faire autant rire et autant dévoiler les travers du peuple québécois, c’est qu’ils ont eu des humoristes – pour la plupart de grands humanistes- sympathiques.

Sympathiques. Empathiques. Souvent acides, mais dans des méchancetés trafiquées. Car, au fond, c’est l’Homme derrière tout ça, celui qui transporte le message,  celui qui a b esoin de faire prendre conscience aux gens de leur identité, leurs tics sociaux. Alors, Monsieur Dieudonné est-il sympathique? Humaniste?

Je vais faire mon québécois: "Il est chiant comme un intellectuel français".  T’écris 10 lignes, il t’en envoie 100. Mais c’est pire en France: un Français écrit 100 lignes, il y a 100 intellectuels qui lui écrivent ce qu’ils savent de "mieux" sur le sujet.

C’est comme ça qu’est née la "querelle" et la quenelle  Dieudonné qui risque de provoquer un mouvement "d’arrêt sur image" de la liberté d’expression. Et c’est l’État qui en profitera.

Achetez donc des billets pour les spectacles -et non les réunion- d’Anne Roumanoff. Même si elle a des origines juives…

Sympathique! Drôle! Percutante! Intelligente! Elle ne changera pas le monde, mais elle vous changera…

Anne Roumanoff

Ajout

« Les Noirs ne sont autorisés que dans quelques plages d’expression : le sport et l’humour… et on ne pourra jamais aller plus loin, avoir des responsabilités car les Noirs ne sont que des grands enfants, des clowns pour le Blanc esclavagiste, le capitaliste puissant ; il n’y a pas beaucoup de différence entre les patrons de TF1 et le Blanc qui gérait les plantations aux Caraïbes ; ils considèrent les Africains et les Antillais comme des gens de carnaval, de fête ; on ne parle que pour faire rire ; jamais nous ne pourrons être des hommes de pouvoir [...] Lutter contre la discrimination raciale, c’est aussi demander au garant de cette soi-disant morale, le pape Jean-Paul II, de démissionner ; car il n’est pas l’envoyé de Dieu, c’est un homme comme les autres ; l’Église catholique cautionne l’argent, la différence et le racisme ; après avoir demandé pardon à Dieu, le pape aurait dû dire à l’humanité : « vous êtes libres », car aujourd’hui, les hommes n’ont plus besoin de leader. »

Ces propos lui vaudront un procès pour « diffamation raciale et religieuse » de la part de l’AGRIF, association de lutte contre le racisme anti-blanc et pour le respect de l’identité française et chrétienne, proche de l’extrême droite77. Condamné en première instance, Dieudonné est finalement relaxé en appel en mars 200278. Dieudonné

Au Québec, ce genre de propos aurait passé …libre et assez aisément.  Étrangement, la seule véritable plainte contre les humoristes québécois a été lancée par la Ligues des noirs du Québec  en 2008 dans un sketch banal. (2)

1-      http://www.mondialisation.ca/comment-fonctionne-le-lobby-sioniste-aux-usa/3203

2-      http://gaetanpelletier.wordpress.com/2009/01/11/bye-bye-2008-la-ligne-des-moirs-outree/

Comprendra qui comprendra, nous n’avons pas le même accent, mais nous faisons un effort.

Source : Dieudonné M’bala M’bala, le 45 tours | LA VIDURE 

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 20:40

 

 

[...] une lutte pour que nulle position ne puisse définir comme légitime la mise sous silence d’autres, qui sont censés ne pas compter 

 

Isabelle Stengers : « La gauche a besoin de manière vitale que les gens pensent »

 Enseignante à l’université libre de Bruxelles, la philosophe des sciences Isabelle Stengers dénonce la sorcellerie capitaliste et invite à croire dans la force d’un collectif puissant et multiple.

Isabelle Stengers 
a d’abord suivi une formation scientifique. Les travaux de cette physico-chimiste ont 
porté sur le temps 
et l’irréversibilité. 
Avec le physicien 
belge d’origine russe 
Ilya Prigogine, prix Nobel 
de chimie, elle a coécrit, en 1979, la Nouvelle Alliance. Élargissant son champ 
de compréhension, 
elle s’intéresse ensuite, en faisant appel aux travaux de Foucault et de Deleuze, à la critique de la science moderne. Isabelle Stengers devient philosophe des sciences. Elle travaille sur la critique de la psychanalyse et de la répression, par cette dernière, de l’hypnose. Dans la dernière période, elle se consacre à une réflexion autour de l’idée d’une « écologie des pratiques », d’inspiration constructiviste. 
En témoignent 
les sept volumes des Cosmopolitiques, mais aussi ses livres consacrés à l’économie et à la politique (la Sorcellerie capitaliste, avec Philippe Pignarre, 2005), ou encore à la philosophie (Penser avec Whitehead, 2006). Plus récemment, collaboratrice de la revue Multitudes, elle investit de plus en plus le champ politique avec Au temps des catastrophes (La Découverte, 2008). Dans son dernier ouvrage, Une autre science est possible ! (Empêcheurs de penser 
en rond/La Découverte, 2013), elle poursuit 
ce questionnement. 
Ses travaux, très denses 
et créatifs, sont une bouffée d’oxygène intellectuelle 
pour penser un autre monde possible et une source stimulante pour vivre 
les luttes anticapitalistes.

Dans Au temps des catastrophes, 
vous dites qu’une autre histoire 
a commencé. À partir de quand situez-vous la rupture ?

Isabelle Stengers. J’ai eu la conviction que quelque chose d’important était en train de se passer en 1995, lorsqu’un sondage a ­annoncé qu’une majorité de Français pensaient que leurs enfants vivraient moins bien qu’eux. Ils ne faisaient plus confiance au « progrès ». Depuis, nous avons eu les crises financières à répétition… Au temps des catastrophes a été écrit avant ces crises. À l’époque les émeutes de la faim liées à la spéculation financière et l’histoire de l’ouragan Katrina étaient déjà d’excellents exemples de ce qui pourrait bien nous attendre dans l’avenir. L’explosion des inégalités sociales, le désordre climatique, la pollution… feraient toujours plus de ravages, mais le cap de la ­croissance et de la compétitivité serait maintenu. J’ai écrit ce livre pour résister au désespoir, et pour ceux et celles qui tentent d’écrire une autre histoire, malgré les difficultés : il a été dit qu’il est plus facile aujourd’hui d’envisager la fin du monde et de la civilisation que celle du capitalisme. Mais ceux qui cherchent savent tous que l’impuissance que nous ressentons fait partie du problème.

Vous parlez d’une « Nouvelle-Orléans à l’échelle planétaire »…

Isabelle Stengers. À La Nouvelle-Orléans, on savait qu’un ouragan comme Katrina ­pouvait venir et que les digues ne tiendraient pas. On ­savait, mais on n’a rien fait. Comme nous ­savons aujourd’hui. Et quand Katrina est venu, en août 2005, les riches qui pouvaient s’enfuir l’ont fait, les autres sont restés, laissés à eux-mêmes. C’est ce qui est en train d’arriver à l’échelle planétaire : malheur aux vaincus, c’est-à-dire aux pauvres.

Votre propos est sous-titré « Résister à la barbarie qui vient » en référence à l’alternative de Rosa Luxemburg : « Socialisme 
ou barbarie ». Est-ce en ces termes que 
vous envisagez la possibilité d’un avenir ?

Isabelle Stengers. Lorsque la guerre de 
1914-1918 a éclaté, les prolétaires y sont allés, ils sont morts sur le champ de bataille avec aux lèvres un chant d’esclaves, écrit Luxemburg. C’est pour cela qu’elle crie que le socialisme n’est pas garanti, que la barbarie est une possibilité réelle. Nous sommes un peu dans la même situation. Tout le monde connaît les méfaits de la guerre économique de tous contre chacun. Et pourtant, on s’active en reprenant en chœur le refrain de la compétitivité glorieuse. « On sait bien, mais… » Un des « mais » les plus redoutables, c’est celui qui affirme que « les gens espèrent seulement tirer leur épingle du jeu, ils sont égoïstes et aveugles ». Or, il faut l’affirmer : nous ne savons pas de quoi « les gens » sont capables, car ils sont issus d’une opération de destruction systématique de leur pouvoir d’agir et de penser, c’est-à-dire de poser les problèmes qui les concernent collectivement. Le capitalisme, ce n’est pas seulement l’exploitation, c’est aussi, et même peut-être d’abord, l’expropriation, et cela depuis cette expropriation historique des « commons » en Angleterre, quand les paysans sans terre ont été jetés sur les routes. Une culture pratique de la vie ensemble a été détruite. Cette expropriation continue de plus belle aujourd’hui, au nom de la rationalisation, du gain de temps, de la nécessité de contrôler. Nous ne sommes pas impuissants, nous sommes réduits à l’impuissance.

Selon vous, « l’emprise du capitalisme » s’établit à partir d’« alternatives infernales » ?

Isabelle Stengers. Les alternatives infernales, c’est ce qui s’est déployé depuis que le progrès a perdu son pouvoir de mobiliser. Cela peut se résumer par : « Vous agissez pour une chose mais les conséquences seront pires. » Ainsi, « vous luttez pour un niveau de vie correct mais cela implique qu’il y aura des délocalisations », ou encore « vous voudriez plus d’équité par l’impôt mais cela va entraîner des fuites de capitaux ». Vous êtes comme pris à la gorge, réduit à ­l’impuissance. Et quand vous ­interrogez : « Oui, mais alors quoi ? », la seule réponse est : « Il faut lutter pour la croissance. » Avec ­Philippe ­Pignarre, dans la Sorcellerie ­capitaliste, nous avons décrit le montage de ces alternatives comme une attaque « sorcière » qui capture les puissances d’agir, d’imaginer, d’exister et de lutter.

Vous déconstruisez aussi bien les « lois 
du marché » que la « gouvernance » de 
« nos responsables »… Quel rôle l’État joue-t-il ?

Isabelle Stengers. Entre l’État moderne et le ­capitalisme, il faut faire une distinction. L’un n’est pas le reflet de l’autre. Il y a plutôt une sorte de pacte asymétrique qui définit ce que, à chaque époque, l’État laisse faire au ­capitalisme et ce que le capitalisme fait faire à l’État. Avec le néolibéralisme, il y a eu redéfinition de ce pacte sous le signe de la dérégulation. Nos ­politiques se sont défaits de tous les leviers qui leur ­permettaient d’agir au profit d’institutions non élues, apolitiques au service de la croissance, de la compétitivité, de la libre circulation des capitaux, etc. L’État n’en disparaît pas pour autant, mais il devient notre contremaître, chargé d’éviter la panique, l’insoumission, la démobilisation. Les politiques se prétendent « responsables », mais ils le sont seulement de nous, de ce que nous restions « motivés ».

Les « anticapitalistes doivent être capables 
de faire exister un autre possible ». À partir 
de quels leviers le peuvent-ils ?

Isabelle Stengers. Je ne suis pas d’un optimisme fulgurant. Pourtant, je constate que depuis dix ans il y a des luttes d’un style nouveau. Le combat contre les OGM a, par exemple, recréé une pensée politique au sujet du type d’agriculture et du monde que nous sommes en train de construire. Il a su relier des paysans, pour qui les OGM sont une nouvelle expropriation, des anticapitalistes en lutte contre l’emprise des brevets, des scientifiques alarmés par les conséquences. Ils ont appris les uns des autres et c’est pour cela que le mouvement est parvenu à faire bafouiller ce qui se proposait comme un progrès incontestable. Depuis, l’insoumission s’enrichit, s’empare de nouvelles questions. Le caractère inventif de ce genre d’alliance, qui crée des ­complicités, des connivences, des capacités neuves de résister là où le capitalisme divise – fait s’opposer les syndicats et les défenseurs de l’environnement, par exemple – me semble plus prometteur ­aujourd’hui que le « tous ensemble » qui donne à l’ennemi le pouvoir de choisir le point ­d’affrontement. Il nous faut des expériences de co-apprentissages mutuels afin de créer des causes communes multiples et mobiles, des solidarités de lutte contre le sentiment d’impuissance que fabriquent les divisions installées.

C’est ce que vous nommez 
la réappropriation ?

Isabelle Stengers. Se réapproprier, ce n’est pas seulement lutter contre l’exploitation, pour la redistribution des richesses produites. C’est guérir des effets de l’expropriation, ­redevenir capable d’affirmer et de lutter pour ce à quoi on tient. C’est la condition de ce qu’on ­appelle parfois une intelligence ­collective, ­chacun apprenant à penser par, grâce et avec les autres.

Le collectif est puissant de ce qu’il est ­multiple, de ce qu’il invente des manières de poser les problèmes dont chacun, isolément, serait incapable. Les activistes américains ont beaucoup appris à ce sujet, car ils ont compris que cette réappropriation ne peut attendre la « révolution », elle doit faire partie de la lutte elle-même.

Évoquant « l’intrusion de Gaïa », vous parlez 
de « situations qui produisent de l’égalité ». Peut-on y voir l’élaboration d’alternatives 
de progrès ?

Isabelle Stengers. Ce que j’ai nommé Gaïa fait intrusion au sens où elle met au défi nos ­catégories de pensée. Certains ont considéré que la Terre était une ressource à exploiter, d’autres qu’il fallait la protéger, mais on ne l’a jamais envisagée comme pouvoir redoutable, qui pourrait nous détruire, et à bref délai ! Ce constat change énormément de choses. Il ne s’agit plus d’exploiter ou de protéger mais d’apprendre à faire attention. Et pour de bon ! Les menaces de désordre climatique ne vont pas rentrer dans leur boîte, les humains doivent désormais composer avec ce pouvoir que leurs activités ont activé. Or apprendre à faire attention, c’est précisément ce que la version étatico-capitaliste du progrès nous a désappris. Mais cela demande d’apprendre à penser une situation dans toutes ses dimensions, avec toutes ses conséquences. À cet effet, nous avons besoin que cette situation « produise de l’égalité », qu’elle réunisse tous ceux qui sont concernés par elle et qu’ils soient tous habilités à faire valoir leur savoir ou leur expérience. C’est ce que nous avons désappris en donnant le pouvoir aux experts, mais le réapprendre demande l’invention de dispositifs opérants 
– l’égalité ne doit pas être formelle, elle doit être effective. Ce type d’invention est très différent des innovations techniques qui séparent plutôt les gens. Ici, il s’agit de susciter de la confiance en soi et dans les autres, de la lucidité, de la capacité d’échapper aux évidences toutes faites. Mesuré en termes de telles inventions, on aurait une tout autre définition du progrès !

Dans Une autre science est possible !, 
vous prônez une « slow science ». 
De quoi s’agit-il ?

Isabelle Stengers. Depuis que la recherche publique a été redéfinie en « économie de la connaissance », les liens de coopération critique se sont dissous. La réussite s’évalue maintenant à partir du brevet, mais cela n’a rien d’une réussite scientifique. Le capitalisme est en train de se retourner contre les chercheurs et de les détruire, après tant d’autres. Mais parler de « slow science » ce n’est pas seulement revendiquer « le temps et la liberté pour poser des problèmes qui en valent la peine ! ». Il s’agit aussi que les chercheurs deviennent capables de nouer d’autres liens que ceux, traditionnels, qu’ils ont avec l’industrie et l’État. Même s’il y a toujours eu des tireurs de sonnette d’alarme, l’institution scientifique a bel et bien promu un mode de développement que nous savons radicalement insoutenable. Les chercheurs ont l’habitude de mépriser l’opinion, de penser que c’est de la science que viendra la solution rationnelle aux problèmes de société. Une autre science est possible, mais elle exige ce qui est aujourd’hui pour eux une « perte de temps » : se réapproprier l’imagination nécessaire pour s’ouvrir aux préoccupations des autres, à leurs savoirs, à leurs objections. Ce n’est pas d’une meilleure information du public que nous avons besoin, mais de scientifiques capables de participer à une intelligence collective des problèmes.

Selon vous, le couplage entre lutte politique 
et création donne une capacité nouvelle 
qui procure de la joie. Est-ce cela être 
« de gauche » ?

Isabelle Stengers. Selon Gilles Deleuze, il existe une différence de nature entre gauche et droite. La gauche a besoin de manière vitale que les gens pensent. Cela ne veut pas dire qu’ils fassent des théories, mais qu’ils prennent en main ­collectivement les affaires qui les concernent. Au XIXe siècle, c’est ce qu’a fait la classe ouvrière lorsqu’elle a créé les mutuelles, les bourses du travail. La droite a besoin, elle, que les gens acceptent l’ordre établi, peu importe lequel, du moment qu’ils le respectent. Les dispositifs qui produisent de l’égalité sont donc « de gauche ». Ce qu’ils demandent est parfois dur, mais apprendre ensemble à être à la hauteur du problème posé, à ne pas le soumettre à des généralités est un événement créateur de joie. Lorsque des voix jusque-là étouffées et disqualifiées, réduites à des grognements, sont transformées en savoirs articulés, le problème devient meilleur à poser. Des alliances inattendues deviennent possibles. Ce qui nous menace est la division et le ressentiment : la joie est le contraire du ressentiment, et c’est elle qui peut être communiquée à d’autres. Il faudrait la faire sentir par des récits montrant comment des catalyses, des entraînements et des ouvertures d’imagination ont vu le jour alors que tout semblait bloqué : « Si c’est possible là alors cela peut l’être ici ! »

Source : Isabelle Stengers : « La gauche a besoin de manière vitale que les gens pensent » | Humanite

Bonus :

 

Science trop rapide n’est que ruine de l’âme


Une autre science est possible ! Manifeste pour un ralentissement  dans les sciences,  d’Isabelle Stengers. Éditions Les empêcheurs de tourner en rond. 2013, 200 pages, 16,50 euros. « Au moment où l’université est détruite, il peut paraître incongru de lier le thème de la slow science avec la question d’une université enfin civilisée, capable de cultiver d’autres modes de valorisation des savoirs qui la connectent avec ce qu’elle a su éviter, la complication du monde et l’épreuve de ce que serait un rapport démocratique au savoir. » C’est pourtant le pas de côté qu’Isabelle Stengers nous invite à faire dans ce bel ouvrage. De façon convaincante, elle forme des idées et fait des propositions pour penser une autre science.

Mais l’espace pour une telle « science civilisée » est étroit : « Comment empêcher que les scientifiques, se sentant attaqués, rigidifient encore leur opposition science/opinion et que ceux qui ont quelques raisons de se méfier de l’autorité que s’arrogent les scientifiques ne cèdent pas aux séductions du doute organisé ? » Selon Stengers, il s’agit d’abord d’éloigner le scientifique de cette figure de « somnambule phobique » qui semble le caractériser dans le cadre des « sciences rapides ». Le « somnambule phobique » est celui qui n’a jamais appris à faire un pas de côté et qui, selon Stengers, ne saurait ralentir sans perdre l’équilibre. C’est celui qui refuse les « grandes questions », affirme une dichotomie radicale entre faits et valeurs et développe une peur précisément phobique que les questions et les intérêts des autres le démobilisent ou lui fassent perdre son temps. Non pas qu’il soit aveugle du monde qui l’entoure mais parce qu’il « refuse à ce monde le pouvoir de le faire hésiter ».

De fait, pour Stengers, il ne s’agit pas tant de crier « sauvons la recherche », mais de se poser la question : « De quoi faut-il la sauver ? » Face aux sciences rapides et à leurs alliés industriels, qui désormais ne sont plus simplement les outils d’une économie de la connaissance mais d’une « économie spéculative et de la promesse », Stengers appelle à ralentir dans les sciences. Pour ce faire, elle propose de partir d’un « type de lutte en affinité profonde avec ce pourquoi les femmes ont lutté et luttent toujours : une lutte pour que nulle position ne puisse définir comme légitime la mise sous silence d’autres, qui sont censés ne pas compter ». Ainsi, ralentir dans les sciences, ce n’est pas imposer une norme du ralentissement mais adopter une autre posture, une forme d’attention aux pluralités, à l’hétérogène, à ce à quoi nous tenons. Ralentir, selon Stengers, « c’est redevenir capable d’apprendre, de faire connaissance avec, de reconnaître ce qui nous tient et nous fait tenir, de penser et d’imaginer, et, dans le même processus, de créer avec d’autres des rapports qui ne soient pas de capture ». Ralentir la science, c’est donc créer les conditions de sa réappropriation par les scientifiques et par les citoyens, le reclaim des mouvements citoyens américains. Ce livre s’adresse particulièrement aux scientifiques, il est une forme d’appel à la coconstruction d’une autre science, une slow science, où l’enjeu est de créer de multiples situations permettant aux savoirs d’être partagés, réappropriés, négociés, avec les scientifiques et en rapport à l’intérêt collectif. Et si l’emprise de l’évaluation quantitative et du néomanagement est bien réelle, les espaces de résistance et de liberté existent encore dans l’université. Ainsi, gageons que l’appel soit entendu !

Léo Coutellec

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 07:56

 

 

 

Message du Front de Libération des Petits Machistes

 

Ah bon, c’est ça La Vie ?

 

 

PCF-affiche.jpg

Mon commentaire :

Beurk !!!

Première impression : le PC et le FdG serait donc un ramassis de vieux dégueulasses avérés ou potentiels.

Atteints du complexe de Peter Pan ? Aux capacités affectives limitées aux relations de cul les plus primaires ?

D’accord avec Babelouest et ses commentaires, pour la honte comme pour le viagra qui risquerait de faire des dégâts parmi les vieux cracra.

Quel idéal tristounet ! Que la gauche n’ait rien de mieux à proposer, et on se demande pourquoi de plus en plus de français cèdent aux sirènes de La Marine ? Là, c’est un coup à faire virer leur cuti à un bon nombre de femmes !

Point de vue de femme qui aime les hommes : cette image est bien plus dégradante pour l’image qu’elle donne des hommes que pour les femmes.

 

 

Source :
Idées courtes au FdG-PCF ! - La République du peuple

 

 

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 08:00

 

Moi, # 2008, agent de conversation 

 


- Tu m’aimes-tu, même si je vis à 700 kilomètres du boulevard Saint-Laurent et que j’ai un panache d’orignal sur le hood ?

- T’es ben mieux de pas me faire suer avec tes commentaires et ton snobisme métropolitain. Lettre d’Abitibi, Le Devoir

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$

Broyé dans la grande machine de la mondialisation, aux prises avec des entre…prises gourmandes pour le profit, le l’humain est devenu une marchandisation d’esclaves au plus bas prix possible.

Le monde aura implosé dans sa bêtise.

Savamment et bêtement (sic) orchestrée, l’élitisme fruitée décadente est en plein dans les travaux de la fonte de la chair pour la survie des machines et des sommes colossales et inutiles, laissant en charpie la Vie même.

Dieu est mort parce que nous l’avons tué en nous. Nous nous sommes « auto-assassinés ». Ni plus, ni moins. Foi d’athée :-)

Le monstre cravaté, séché à froid, légume des tours à bureaux, est aveuglé par « ses idées », sa machinerie lourde, sans regard au futur humaniste.  Même si nous nous convainquons d’en avoir un tout petit, il faut se méfier: l’égo-éponge cherche le sang seigneur… Il a soif. C’est un amas de sable qui a besoin de créer le gros légume qu’il croit être.  En chacun de nous, dort un maringouin Abitibi.

Le but de la Vie a été dévié par une armée d’ignares sataniques, à l’ego démesuré.

La technologie vient accélérer cette dynamique de croissance. La robotique par exemple devient moins chère que le plus bas des bas salaires du monde. Ainsi, en Chine une entreprise a remplacé 500 000 ouvriers par des robots. Au Japon, une entreprise neuve de 15 ha, entièrement automatisée, produisant pour 2 milliards de dollars par mois fonctionne avec 15 salariés.

La mondialisation a enfanté un système à haute concentration de capitaux mais puissamment destructeur d’emplois. Cela est résumé par des bourses qui évoluent à l’opposé des niveaux de chômage et de paupérisation. Elle engendre la captation de l’outil de production par la haute finance doublée d’un sentiment de toute-puissance de la super-élite. C’est ainsi que dans une indifférence à la loi Minder, à l’opinion publique, aux normes de capitalisation et au sauvetage par l’argent public la direction d’UBS va se distribuer 2,5 milliards de francs pour se féliciter de la perte de 2,51 milliards sur 2012 et la promesse de destruction de 10 000 emplois. legrandsoir.info

La chair humaine n’est qu’une écorce défibrée, séchée à froid qui sert désormais à faire le chant des oiseaux de malheur de la gente issue des Wallstreeters qui enfantent de petits wallstreeters.

Nous n’avons désormais qu’un seul et réel numéro. C’est celui aura déclenché la plus grande guerre économique à finir. Nous ne sommes que des plaques d’immatriculation livrés à d’hypocrites maculés.

# 2008

L’ère du Christ vient de passer au crisse…

Une rue aura assassiné tous les sentiers du monde.  Quelqu’un m’a dit que j’avais une vision pessimiste du « monde »! . Pas du tout! Dans 50 ans, tout le monde mangera de la pizza congelé. Et les F-35 seront dans le désert du Névada. Pour la C.I.A, l’agent n’a pas d’odeur. Même putréfié , après service rendu et service funéraire…

Bienvenue dans l’enfer de Bosch.

Hell

Cette décrépitude au vernis du sirop des médias,  termine le fini délicat d’un monde mensonger, voleur, déchiqueteur, hypocrite.

La seule utilité de ces créatures est qu’elles seront un jour une poignée d’engrais, une fois passée l’incinérateur.

Pissenlit-8698

Il y a des trillions de fois plus de vie et de vérité dans un pissenlit que dans une meute de banquiers. C’est mai, ils arrivent! Sauvez-vous! Il y a quelques années, je les arrachais vertement avec un arrache-pissenlits. 21.95$ chez OM Hard-Where. Mon voisin a engagé une compagnie qui vous arrose tout ça, plante un piquet POISON, et s’en va. Le monde est vert… Si un jour je vois Sarkozy ou Harper,  ou l’autre, le négro spirituel à manettes de drones, dans mon petit coin de verdure, je m’abonne. C’est ça être « vert »…

En perdant ses terres, l’humain devient, à travers les « pouvoirés » un esclave à manipuler et à jeter.

Il n’est plus choisi pour sa force, il est choisi pour sa capacité à n’être qu’une éponge. Et les éponges boivent l’eau des épongés…

L’ego aura créé le troupeau. On disait que l’union fait la force…

L’ego aura créé le créateur du « machinarium » puissant et mondialiste.

Bloup! Avalé comme une moule après avoir déchiré la coquille. La limace est un vampire à limaces.

Le premier mai était la fête du travail. Quand vous entendrez l’expression « reprise économique », essayez de comprendre qu’elle n’est plus pour l’humain, mais pour la machine à fabriquer des zéros.

Chaque invention nouvelle, avalant les travailleurs, est une dent de requin  qui rend en charpie l’âme humaine. On aiguise les manières de se débarrasser des travailleurs qui…coûtent  trop cher.

Je le disais: Il n’y a plus rien d’humain.

Soyons polis! Passons tous au vernis…

Gaëtan Pelletier

4 mai 2013

En sus. Gratos. Une pensée de l’écrivain Alain Bésil.

 » Nous sommes plusieurs à vouloir être hun(s). »

Huns

P.S.: Désolé pour ceux qui aiment les analyses à paragraphes carrés. Le monde n’est pas carré. La conduite humaine non plus. Merci tout de même à ceux qui se tordent le cerveau pour jouer le même jeu que ceux qui nous tordent le corps, l’âme, et nos contes en banques.

___

La guerre des étoiles: « Que la farce soit avec toi ».

Un grand du chinéma américain.

Source :

LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 19:24

Avec ce communiqué nous voulons revendiquer les actions suivantes, comme faisant parti d’une lutte pour la destruction de l’État, du Capital, du patriarcat et tout système de domination, une lutte pour la création libre de relations volontaires et solidaires à niveau global et au niveau local; en d’autres termes, un lutte pour l’anarchie.

5 janvier : le soir nous avons conté une histoire à un enfant sur les maquis et la lutte anarchiste contre Franco et contre la démocratie.

13 janvier : nous avons cuisiné un repas sain pour une compagnonne qui a une maladie chronique.

17 janvier : nous avons écrit une lettre à un compagnon en prison pour avoir participé à une émeute.

12 février : nous avons gardé les enfants d’amis en situation de précarité économique obligés de se salarier.

16 février : nous avons discuté ouvertement avec nos voisins au sujet de la nécessité de brûler des banques et d’attaquer la police pour réaliser nos rêves.

19 février : nous avons dit à des activistes de gauche que les encapuchonnés n’étaient pas des flic infiltrés mais que c’était nous, et qu’il était bien de se mettre une capuche et de prendre les rues par la force.

28 février : nous avons offert des légumes de notre jardin à des amis et des voisins, sans argent ni contre-partie.

Pourquoi nous revendiquons ces actions ? Ces derniers mois nous avons aussi renversé des poubelles, brûlé des banques, blessé des journalistes, brisé des vitrines de magasin et attaqué des policiers.

Pour nous les attaques contre le système sont essentielles dans notre lutte. Mais nous nous sommes trompés nous-même. Une lutte ne consiste pas seulement en des attaques. Les attaques NE sont PAS plus importantes que la nécessité de prendre soin de nous, de maintenir et diffuser notre histoire collective, de créer des relations basées sur le don, la solidarité et la réciprocité, d’imaginer de nouveaux mondes et de nouvelles luttes, de confronter notre isolement et d’établir des relations subversives et honnêtes avec des gens qui sont en dehors du ghetto catégorique et politique dans lequel le Spectacle nous cache.

Il devient évident que nous avons perdu à plusieurs reprises dans le passé, et que le plus dur de tout est la fracture historique et la perte de notre mémoire de lutte; c’est de devoir partir de rien. L’hyper-aliénation, contre laquelle le nihilisme est la réponse logique, n’est pas plus que le résultat de la défaite dans des luttes passées. Nous nous trouvons dans un ensemble qu’il faut détruire, uniquement parce qu’il ne reste plus rien de ce que nous avons construit dans le passé. Pour ne pas tout perdre à chaque fois que nous nous soulevons, nous devons nous soutenir, pas comme des individus isolés mais comme une commune, comme une lutte collective et multi-générationnelle. Et ça, on ne peut pas l’obtenir en donnant une priorité exclusive aux attaques.

La hiérarchie des tactiques appartenant à la gauche a été très peu modifiée au sein du nihilisme : ils ont choisi le fer de lance, les actions soi-disant plus importantes, comme les seules qui importaient, et ils ont oublié le reste.

C’est une vision patriarcale et contre-productive. C’est l’oubli de toutes les actions, d’abord invisibilisées par le patriarcat, ensuite par le capitalisme, et enfin par la gauche soi-disant anticapitaliste, qui sont nécessaires pour la vie et aussi pour la lutte. La tactique la plus agressive n’a de sens et ne peut être soutenue que dans un complexe d’actions de tout type, tant qu’elles sont libertaires et directes. 

En ne comprenant pas que lutter signifie porter avec nous un nouveau monde qui attend de naître des cendres du système de domination, nous nous transformons en de simples armes contre le capitalisme, en outils destinés à détruire, sans les autres choses dont les humains avons besoin pour vivre et lutter. C’est le capitalisme qui veut nous traiter comme des outils. Nous ne devrions pas faire la même chose.

En vrai ça nous fait plaisir d’entendre parler des attaques des nihilistes et d’autres compagnons. Nous savons très bien que le courage et la rage sont deux des éléments les plus importants pour se rebeller. En particulier à Barcelone, il nous a semblé que c’était une erreur que ces dernières années il y ait moins d’attaques illégales alors que sont apparues plus d’opportunités de participer à des espaces larges. Naturellement, l’augmentation des attaques, réalisées par des nihilistes et par des compagnons plutôt “sociaux”, nous a plus. Et à un niveau global, nous avons ri lorsque nous avons appris que le directeur de la centrale nucléaire Ansaldo en Italie s’était pris une balle dans le genou et ça nous a fait plaisir de lire des cartes de compagnons (nihilistes et autres) emprisonnés en Grèce qui ne se sont pas laissé prendre par la peur.

Mais trop de fois nous avons vu des compagnons qui, à cause du désespoir, de l’impatience et de l’aliénation, se sont négligemment jetés dans la guerre contre l’État que nous vivons tous au quotidien. Ils ont toujours finis morts ou en prison, et ceci plusieurs fois en moins d’un an. Et ensuite qu’est-ce qui s’est passé ? Les compagnons qui avons survécu nous avons fait tout ce que nous pouvions pour nous entre-aider et aider les prisonniers, pour ne pas oublier ceux assassinés, pour ne pas laisser la répression prendre le dessus, pour ne pas perdre toute notre force et ne pas permettre une fracture historique qui nous enlèverait notre mémoire collective de lutte.

Mais peu à peu cette mémoire se perd, et tous les quatre ans apparait un nouveau groupe qui néglige les autres tâches de la lutte pour se consacrer uniquement à la destruction de notre ennemi commun. Et lorsque nous les soutenons mais aussi lorsque nous les critiquons, ou même parfois sans même les critiquer, ils nous traitent de lâches pour nous consacrer à d’autres tâches (bien que nous participons aussi aux émeutes ou aux actions nocturnes), pour diverger avec eux idéologiquement et ne pas glorifier leur groupe ou fédération informelle.

Ils ne savent pas à quel point ils ont déjà perdu, parce qu’une tâche qu’ils négligent c’est la transmission de la mémoire.[1] Au lieu d’une mémoire profonde, vivante et stratégique, ils ont seulement leurs martyrologies. Et ainsi nous devons voir comment nos amis et compagnons deviennent des symboles, et finalement des armes, de l’idéologie. Certains des compagnons morts étaient effectivement nihilistes. Mais au sein de la martyrologie nihiliste il y a aussi des compagnons qui sont récupérés et qui ne faisaient parti d’aucune de ces bandes, ou bien qui appartenaient clairement à l’autre bande de cette division stupide entre “sociaux” et “antisociaux” (comme Lambros Foundas). Leurs noms et images sont utilisées pour encourager des attaques, la destruction totale, sans s’arrêter pour réfléchir sur leur erreurs ou sur les vrais projets que ces compagnons avaient lorsqu’ils étaient vivants.

C’est évident que nous devons lutter, et ça implique des possibilités de mort ou de prison. Mais ça ne signifie pas que nous devons célébrer la mort ou la prison. Le suicide aussi est une forme de résistance, mais n’est pas révolutionnaire.

C’est évident que nous devons nous souvenir de nos morts et prisonniers, mais ça ne veut pas dire de les transformer en martyres ou héros.

En conclusion, nous voulons critiquer l’état actuel de la littérature anarchiste, comme étant basée de façon disproportionnée sur des communiqués superficiels qui manquent de contexte, d’analyses et de réflexion, et qui seulement mettent en valeur les attaques et pas les autres tâches que nous devons effectuer pour nous maintenir vivants et forts.

Bien sûr, cela nous aide à être au courant des actions clandestines faites par d’autres compagnons. Cela nous donne la force et la joie de lire qu’un symbole du pouvoir a été cassé ou brûlé. Mais c’est beaucoup plus utile de penser ( et écrire) au sujet des stratégies de conflictualité, selon chaque moment et lieu, au lieu d’encourager la vision quantitative de la lutte.

Nous refusons de convertir notre rébellion en une équation mathématique pour mesurer notre rage : plus nous donnons de coups et nous faisons des incendies, plus forts nous serons; plus importants sont les dommages, plus importante sera l’action. C’est la pensée d’un économiste, d’un général ou d’un idiot.

Pour toutes ces raisons, nous avons décidé d’écrire ce communiqué pour revendiquer une série d’actions que nous considérons aussi importantes que les attaques qui ont lieu actuellement. Ce sont des actions que nous faisons chaque semaine, normalement sans le penser deux fois ni le publier sur internet. Nous les publions maintenant pour rendre visible une préoccupation personnelle et une faiblesse généralisée à travers l’espace anarchiste.

CONTRE LES COMMUNIQUÉS !
POUR L’ANARCHIE ET TOUTES LES TÂCHES DE LA LUTTE !

 

Source : Barcelone : Communiqué d’actions anarchistes et réponse aux nihilistes « Contra Info

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 22:31

 

 

Je vais encore une fois jouer les "mauvaises", mais bon, ... j'assume.

Je ressors ce texte de Mélenchon,le premier dont j'ai pris connaissance après avoir lu avec une certaine surprise ses positions sur mon pays, sur ma région qu'il voudrait annexer à la France et qui témoignaient d'une totale méconnaissance de nos problèmes,  tant de leur historique que de leurs formes actuelles... affirmations péremptoires de causeur de salon ou d'hémicycles comme on veut. Peut importe, j'aurai certainement l'occasion d'en rajouter d'autres couches à d'autres moments... plus d'une chose m'interpelle dans ce texte mais une en particulier, la gauche c'est quoi au juste ? Voilà une intervew de Mélenchon, il pose la question, il donne sa réponse... et moi je trouve que c'est un peu court... Il y a beaucoup de questions qui peuvent se formuler autour de ce texte... mais je pose la question à tous ceux qui ce sont ralliés au FdG qui passeraient par ici, est-ce cela votre gauche de la gauche ?

 

Le cri d'alarme de Jean-Luc Mélenchon 'pour une gauche de gauche".

L’entretien que j’ai eu avec l’AFP ouvrait mon année. Il est paru  la veille du discours des vœux que j’ai prononcé à l’Usine, notre quartier général de campagne. Si j’ajoute ce texte à ce post, c’est parce cela me permet de faire connaître davantage son contenu que les brèves lignes qui en ont été tirées ici ou là. J’y tiens, dans la mesure où j’attache de l’importance à ce que j’avais décidé de dire à cette occasion.  Julie Ducourau, la journaliste qui a réalisé cet entretien l’avait titré de cette manière : « Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle, estime, dans un entretien à l'AFP, qu'il est "davantage" le candidat des socialistes que François Hollande et pousse un "cri d'alarme" pour une gauche de gauche ».

AFP : Quel bilan faites-vous du mandat de Nicolas Sarkozy ? Et quels sont vos vœux pour 2012 ?
Jean-Luc Mélenchon : Sa victoire en 2007 n'était pas seulement la déroute de la gauche organisée autour du PS. C’était un changement d’époque. Ca y est, il y avait le Thatcher français qui allait affronter les syndicats et l'Etat social né de la Libération. Il n'a pas traîné. Et puis cet homme a été fauché par quelque chose à quoi il ne s'attendait pas : l'heure avait sonné dans le monde de la fin du système libéral qu'il voulait mettre en place. Dès lors ses vœux du premier janvier étaient la récitation d’un catéchisme libéral crépusculaire. C’est un dogmatique ! Maintenant il veut même démanteler la protection sociale avec la TVA soit disant sociale. Nicolas Sarkozy est le premier démolisseur de France. Notre pays a les mains clouées sur la table et les clous s'appellent Sarkozy. Aucun changement de cap ne peut venir de lui. C’est un obstacle pour la sortie de crise du pays.

AFP : Face à la crise de la dette, quelles mesures préconisez-vous ?
Jean-Luc Mélenchon : Il faut trancher le nœud gordien, éteindre l'incendie. L’urgence c’est que la BCE prête directement aux Etats a un pour cent! Puis il faut briser les mécanismes spéculatifs. Et aussitôt il faut une harmonisation sociale et fiscale par le haut en Europe. Sinon où va-t-on ? Mauvais traitement des ouvriers, recul de l'Etat social, résultat : on vit moins longtemps déjà dans huit pays avancé en Europe dont en Allemagne. Tout ça pour, à la fin, dire sa fierté « Bien ! J'ai mon triple A, je suis une bonne andouillette de qualité". Et puis il faut oser être la France ! Nicolas Sarkozy se comporte comme un petit garçon face à Mme Merkel. On n'est pas que deux en Europe ! On doit aussi discuter avec les autres pays pour trouver des alliés. Et ne pas accepter le coup d’Etat des financiers qui ont déjà imposé comme chefs de gouvernement des fondés de pouvoir de la banque Goldman-Sachs comme en Italie et en Grèce.

AFP : Quels sont vos principaux thèmes de campagne ?
Jean-Luc Mélenchon : L'idée centrale est le refus des politiques d'austérité! La politique de l'Europe « austéritaire » est une vis sans fin. On ne sortira de la crise que par la relance de l'activité. D’abord avec un horizon commun de progrès : la planification écologique. Ensuite avec une méthode : le partage des richesses qui récupère la ponction faites sur la richesse produite des poches du travail vers les poches du capital. Il faut aussi introduire des mécanismes vertueux dans l'entreprise, avec l'instauration d'un salaire maximum et des droits de décision nouveaux pour les salariés. Nous allons donner deux mots d’ordre à notre campagne : « Résistez », «  Prenez le pouvoir ». Les deux parfois marchent ensemble par la grève et la transformation en coopérative des entreprises que les dirigeants veulent délocaliser ou abandonner. Ma campagne s’inscrit dans une perspective de longue durée, celle de la révolution citoyenne.

AFP : Comment pouvez-vous proposer un SMIC à 1700 euros en temps de crise ?
Jean-Luc Mélenchon : Augmenter le SMIC, c'est la gauche! Comment vivre sinon avec mille euros ? C'est le cri d'alarme que je lance : si la gauche ce n'est pas la retraite à 60 ans, l'augmentation des petits salaires et plus de démocratie, c'est quoi au juste? Je me considère comme le candidat de la gauche traditionnelle. Je suis autant le candidat des électeurs socialistes que François Hollande et, à certains égards, davantage. Je rappelle aussi à ceux qui se veulent les héritiers de François Mitterrand que, quand on a gagné en 1981, on a augmenté très fortement le SMIC. Quand on a un cœur et une tête socialistes, on est plus proche de Mélenchon que de Hollande, et ils sont nombreux à me le dire. Il veut donner un sens à la rigueur, je veux donner un sens à la gauche.

AFP : Finalement, cela vous arrange de l'avoir comme concurrent à gauche ?
Jean-Luc Mélenchon : Sa ligne tournée vers Bayrou et les politiques centristes est une ligne qui affaiblit toute la gauche. Quand le candidat de gauche qui est à 30% dans les sondages pense qu'il faut de l'austérité comme le candidat de droite, tous les repères sont brouillés et pour nous le travail de clarification est plus difficile. Les chefs socialistes espèrent que les ralliements se feront tous seuls. Leur arme de conviction massive c’est le trouillomètre du vote utile. Rien d’autre ! Mais cette élection est d'une volatilité inouïe. Le nombre de ceux qui rejettent tout le système n’a jamais été aussi élevé. Enfin c'est une erreur historique que de compter sur une élection par défaut, le pays à besoin d'enthousiasme. En toute hypothèse, déjà il n’y pas de victoire de gauche possible sans le Front de gauche. Je veux à présent que ce soit autour de lui que ça se fasse.

AFP : En cas de victoire de la gauche, le Front de Gauche, PCF en tête, devra bien conclure un accord avec le PS ?
Jean-Luc Mélenchon : Les partis du Front de Gauche se prononceront puis je m'exprimerai le dernier. A titre personnel je le répète, je ne siègerai dans aucun autre gouvernement que celui que je dirigerai. Et je préviens : aucun accord d'appareil d'aucune sorte ne pourra forcer la main ni tordre le bras des Français.

AFP : Quelle est votre stratégie pour lutter contre Marine Le Pen ?
Jean-Luc Mélenchon : Déminage, reconquête des endroits où plus personne ne touche terre, porte-à-porte dans les cités, argumentaire des syndicalistes dans l'entreprise. Le Front de gauche est la première force sur le terrain. La vérité est que le gros des milieux ouvriers de droite est passé au FN. Les ouvriers UMP ont suivi les idées de leurs chefs en quelque sorte. Pour nous le plus pénible est de se heurter au mur de consentement dont est entouré Mme Le Pen dans la sphère médiatique. Là, elle est autoproclamée représentante des préoccupations des travailleurs ! Pourquoi, alors qu'elle est contre l'augmentation du SMIC, la retraite à soixante ans, le blocage des loyers et le pôle public financier. Les Le Pen restent les diables de confort du système !

Source :

A la bonne cadence !

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 22:59

Bref survol du statut de l’école.

L’école, telle qu’elle est aujourd’hui, est l’ironie même de l’éducation - cet "educere" consistant à conduire et orienter le sujet humain par la transmission de valeurs pour la libération - en tant qu’elle impose un formatage officiel aliénant de l’esprit par la séduction (seducere) de la réussite égoïste dans la société, au mépris de toute mission moralisatrice voire libératrice de l’homme. Désapprendre l’habitus actuel d’enfermement dans la vision simpliste et plate du succès personnel pour apprendre à intégrer l’autre comme semblable à élever et servir par tout savoir et savoir-faire avant tout enrichissement matériel, telle doit être la téléologie socio-scolaire révolutionnaire de notre temps.

La question de l’école renvoie à celle de la société voire de l’humanité : Quel type de société et quelle sorte d’hommes voulons-nous ? Tout changement de société et d’humanité impliquera une réforme radicale de l’école qui, en forte part, structure les mentalités et prédétermine les rationalités en action dans le monde.

L’école est la matrice de structuration de l’humanité sociale. Aussi, est-elle le germe et la parturiente de tout un pan de la nature sociale, étant l’une des institutions fondamentales de reproduction de la société, déterminant ses modalités d’existence, ses valeurs, ses projets de maintien ou de transformation du collectif, ses assises du savoir et du savoir-faire !

On oublie trop souvent que l’école est le choix d’une société se projetant dans ses buts, ses attentes, sa construction de soi et sa définition de l’homme. Alors, la question appariée à celle de l’école et de ses modalités, est donc :

Faut-il changer la société ? Et, par voie de conséquence, la famille, la citoyenneté ? Faut-il revisiter et réviser nos fondements idéels et factuels d’humanité ?

La terre est devenue une géhenne et la société un bordel où tous les mérites authentiques spirituels, intellectuels et moraux sont rejetés, méprisés s’ils ne rapportent pécuniairement au système socioéconomique, s’ils ne sont prostitués à l’ordre économique malsain. Dès la petite enfance, nous mettons l’homme au pas par des sortes d’hexis bien inculquées sous forme d’ambitions, de rêves pour l’apprêter au service du Moloch institutionnel incarné par l’État qui garantit l’ordre social par ses lois, sa répression éducationnelle où tous sont à peu près esclaves de l’ordre imposé par et pour quelques-uns. Alors, oui, il faut tout changer, si un tant soit peu, nous croyons que l’homme prime les choses et les idéologies. Hélas, nous enseignons aux enfants des monstruosités comme la compétitivité féroce qui rend opportuniste et inhumain en percevant l’autre comme adversaire ennemi plutôt qu’une société de partage et de convivialité ; l’auto-évaluation par la consommation ; la foi aux clivages bêtes et indécents de notre société de malaise...

Il ne s’agit pas de favoriser la réussite sociale dans un monde en décomposition, non, mais de refaire le monde, la société au profit de l’Homme, où il a toutes les chances effectives d’être Esprit Libre qui se choisit sans être chose adaptée que l’ordre social manipule, que l’ogre du monde utilise !

Fonction téléologique de la société - en tant qu’elle permet au pouvoir social de former ceux sur qui dépend son maintien ou sa transformation dans la projection institutionnelle vers le futur collectif - l’école doit être prise en main par les partisans de la liberté ; et l’école nouvelle, libérée, moulera l’humain, le façonnera citoyen et s’érige voie et démarche d’avenir par où advient le devenir social désaliéné.

Le monde hideux de la ploutocratie actuelle fera tout pour maintenir l’école au stade d’usine de compétences immédiates au service de la professionnalisation-emploi qui sous-tend l’ordre de la production-consommation. Les ploutocrates continueront à élaborer une école où l’éveil à l’esprit critique sera marginalisé, maintenu parmi une infime minorité sous contrôle dans les universités où lesdits spécialistes en sciences humaines et en philosophie sont payés pour éviter les questions essentielles avec la société. Et, si jamais un ou deux d’entre les spécialistes vraiment doués - car plusieurs sont des affairistes et même des répéteurs médiocres de conneries officielles dans un langage scolaire - osent prendre position pour la vérité, la presse des riches ne manquent jamais de les faire passer pour des excentriques, des excessifs, des fous, des illuminés, des pédants, des extrémistes etc...

Comme dans la boutade d’Ivan Illich proclamant l’avènement d’"une société sans école", il faudra en quelque sorte, (fermer les écoles) pour une société autrement scolarisée, c’est-à-dire, sans le type d’école planétairement en vogue, qui ne cesse de vampiriser l’esprit des hommes dès l’enfance, au profit d’une minorité diabolique.

À ceux qui aiment la vérité, l’humanité et le changement, l’une des plus grandes batailles, sera celle de la réforme radicale de l’école pour une révolution de l’entendement et du comportement...

Tout le pari de l’éducateur digne de soi et respectueux de l’éduqué - le sujet humain à orienter - est de faire de la fonction essentielle de l’éducation et de toute pédagogie une orientation conductrice optimale qui outille l’homme de toutes les armes critiques pour comprendre et choisir sa vie, son monde en l’édifiant librement. Opérer l’éducation en tant que le lieu d’une édification de l’homme en collaboration consciente avec lui, loin de l’école d’asservissement et d’aliénation qui sévit aujourd’hui par le matérialisme sauvage la corruption, la construction-pérennisation des clivages grossiers de domination et d’exploitation de l’homme par l’homme.

Le combat pour la réforme de l’éducation planétaire via l’école sans mur et aspatiale (sans espace précis) parce que partout portée par la technologie et tous les moyens de communication dont nous disposons aujourd’hui, constitue ce que j’appelle, dans le titre de ce texte, sa téléologie ouverte, puisqu’elle visera la projection (téléologie collective) de l’humanité comme plus libérée, plus consciente, plus digne de ses facultés et attributs. Ladite téléologie éducative est donc ouverte comme porte de tous les possibles pour une libération sociale de masse.

Si nous avons parlé d’école sans murs, c’est parce que nous sommes pour le démantèlement jusque dans sa matérialité, du carcan de l’éducation actuelle. On se sert de l’école pour dresser des murs immatériels où l’on cloître les esprits, alors que l’Éducation, la grande, la vraie, est ravageuse de toute claustration, ennemie jurée de la servitude tant idéelle, idéologique que factuelle orchestrée par l’économie et la politique de l’État.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Vous pouvez retrouver Camille LOTY MALEBRANCHE sur http://intellection.over-blog.com/

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:51

 

 



Le feu i brûle : le ton des bons Français change
D'une crise à l'autre. Il y a plus de deux ans, la Réunion, dans la foulée des Antilles, manifestait dans la rue contre la vie chère. Quasi émeutes là-bas, manifs molles ici. Et en métropole, levée de boucliers de la part du parisianisme de plume, les éditorialistes à écharpe rouge, et de la part du bon peuple, internautes sans z, mais avec le zèle anonyme, du français moyen, pour qui le domien est un paresseux qui vit aux frais de l'Etat, et doit se contenter de fermer sa gueule en mangeant des bananes (exercice périlleux s'il en est).

Deux ans plus tard, un drame national survient. Un incendie criminel met le feu au coeur écologique de l'île de la Réunion, le parc national des hauts, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La Réunion hurle à l'abandon : l'Etat mettra plus de quinze jours avant de prendre en compte l'ampleur des dégâts, et la nécessité de secours appropriés.
Les Réunionnais ne sont pas contents. Et bizarrement, les Français de France sont d'accord. Sur les forums d'internet, sur les ites d'information, cette fois, nulle invective à l'encontre de ces "paresseux", nul appel à "leur donner l'indépendance", nul racisme sous-jacent, mais une forme de... solidarité. Etonnant, non ?

Des intervenants sur différents forums mettent en avant la menace sur des espèces endémiques, sur la flore "unique au monde", menacée par les flammes, et argumentent sur la nécessité absolue pour l'Etat de faire son devoir.
Que les Réunionnais (ou les autres Domiens) soient écrasés par des monopoles qui les étranglent, qu'ils soient soumis à des lois iniques, c'est une chose. Mais que des margouillats rares ou des plantes endémiques soient menacés de disparition par le feu, là, c'est une question brûlante.


On aimerait parfois avoir une gueule d'Endormi, ou de Tuit-tuit, pour qu'on nous regarde enfin comme des citoyens français. Pas plus, pas moins, enfin vous connaissez le refrain... Juste pareil. On n'est pas une espèce menacée. Endémique, un peu, oui. On n'a pas besoin de votre compassion. Juste de la solidarité nationale (nationale, comme ça se prononce). Merci au passage aux pompiers de dehors, venus en renfort, comme l'a souligné lourdement la presse régionale de métropole ("un pompier de garges-les-Gonnesses blessé à l'île de la Réunion". Non, celle-là, on l'a inventée, mais allez jeter un oeil sur Google actualités, c'est pas loin de la vérité). En fait, ce qui arrangerait Christophe Barbier, rigolo patron de l'Express, journal pas rigolo, c'est que la Réunion soit une île déserte. Après tout, les margouillats ne se plaignent pas que la vie soit trop chère. Et ils n'emmerdent pas les lézards bien français.

François GILLET

Photo Imaz press Réunion


Mardi 15 Novembre 2011
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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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