4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 18:13
Covid-19 et le troupeau déconcerté

Face à la narrative apocalyptique qui accompagne la pandémie de COVID-19, il n’est pas vain de nous rappeler ce que disait le père de la propagande Edward Bernays. [ce neveu de Freud qui est aussi : source d’inspiration pour Goebbels, l’inventeur des guerres psychologiques que la CIA inaugure avec le coup d’état au Guatemala en 1954. C’est encore lui qui organisera avec un grand succès et l’aide de Hollywood les campagnes de pub destinées à transformer les femmes en fumeuses. NdT]

Théorie d’une grande actualité que celle concernant le « troupeau déconcerté » de Walter Lippman, influant journaliste étasunien convaincu que les intérêts de la société doivent être maniés par « une classe spécialisée » capable de prendre les décisions que les gens du commun, selon Lippman, ne sont pas habilités à prendre. [un point de vue entièrement partagé par Obama. NdT]

Cette « classe spécialisée », est intégrée d’après Lippman par une minorité de gens « responsables » pratiquant la planification et la fonction exécutive de la vie économique, sociale et politique d’une majorité qualifiée par l’étasunien de « troupeau déconcerté », irresponsable et ignorant qui doit se borner à être spectateur plutôt que de participer activement à la conception et aux maniements quotidiens des intérêts communs.

L’intellectuel étasunien Noam Chomsky explique que, d’après la théorie de Lippman, les élites dominantes (classe politique et entrepreneurs) ne doivent pas permettre au gens de se charger leurs propres affaires, parce qu’il sont irresponsables et incapables de le faire, c’est pourquoi l’information diffusée par les médias doit être strictement contrôlée avec le propos de confectionner ou fabriquer le consensus de la dite « opinion publique »


 

En temps de « pandémie », de peur et alors que quasi la totalité du monde est déconcertée, les élites dominantes ne renoncent d’aucune manière à leurs croyances, et encore moins à leurs intérêts.

L’intellectuel français Thierry Meyssan, affirme dans son article Des putschistes à l’ombre du coronavirus, que face à la pandémie, l’état profond étasunien est tapi dans l’ombre et il avertit :

« Historiquement, dans toutes les crises, on tente d’utiliser l’argument de l’« urgence » pour modifier le Pouvoir sans que le public ait le temps de réfléchir, et souvent on y parvient. »

Certains sont-ils en train de se servir de la crise du Covid-19 pour opérer une transformation du pouvoir mondial, pendant que le « troupeau déconcerté » reste enfermé dans son habitation de même que sa capacité de réfléchir et de penser ?

Fake News est une des étiquettes à la mode pour se référer à ce qui est en réalité un vieil ennemi de la démocratie : la propagande. Sans vouloir insinuer d’aucune manière que le coronavirus serait une invention, ce qui serait irrationnel, il n’est pas vain face à la narrative apocalyptique qui accompagne la pandémie, de se rappeler les parole du neveu de Freud et père de la propagande Edward Bernays :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. Nous sommes gouvernés, nos esprits sont formés, nos goûts éduqués, nos idées suggérées, en grande partie par des hommes, dont nous n'avons jamais entendu parler. […] Cela est le résultat logique de la manière dont est organisée notre société démocratique» Propaganda, Edward Bernays

Source Entre Noticias, traduction Anne Wolff


 

L'ordre et le progès ne sont possible que lorsque les individus renoncent et délèguent leur pouvoir à un souverain tout puissantL'ordre et le progès ne sont possible que lorsque les individus renoncent et délèguent leur pouvoir à un souverain tout puissant
L'ordre et le progès ne sont possible que lorsque les individus renoncent et délèguent leur pouvoir à un souverain tout puissant

L'ordre et le progès ne sont possible que lorsque les individus renoncent et délèguent leur pouvoir à un souverain tout puissant

Je vous ai renvoyé à la vidéo où figure Obama, pour rappeler que cela ne sont pas des conceptions désuètes appartenant à un siècle révolu, mais bien une idéologie véhiculée parmi les auto-proclamées « élites », y compris chez celles que l’on ne soupçonnerait peut-être pas de faire partie des adeptes de cette confiscation progressive, en voie d’accélération, de la démocratie. Maintenant, en positif, on peut rappeler le constat désespéré du grand adepte et promoteur de ces théories qu’était Zbigniev Brezinski qui déclare peu avant sa mort… le troupeau n’est pas si déconcerté que cela, et bien plus capable d’éveil qu’il ne le pensait quand il a accès à la « bonne » information :

Brzezinski a déclaré que la domination américaine n’était plus possible du fait d’un changement social allant en s’accélérant par le moyen “de communication de masse instantanée telle la radio, la télévision et l’internet”, qui ont ensemble stimulés cumulativement  “un réveil universel de la conscience politique de masse”.

Ce qui met en évidence le rôle pervers d’une information-propagande sous contrôle qui est en fait ce qui fabrique la déresponsabilisation. Déresponsabiliser, rendre irresponsables, c’est le travail de l’école autant que des médias, qui fabriquent des populations soumises, là où l’éveil de la conscience de responsabilité collective est potentielle. C’est justement ce qu’ils veulent tuer dans l’œuf, une amputation de la faculté de réfléchir aux décisions qui nous concernent.

 

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 18:41

 

En 2019, les USA ont apporté 893 millions de dollars à l’OMS, le second bailleur de fond, la Fondation Bill et Melinda Gates 531 millions, suivent le Royaume Unis avec 392 millions et GAVI (The Vaccin Alliance) 371 millions ; viennent ensuite l’Allemagne, la Chine et la Russie avec respectivement 231, 76 et 28 millions de dollars.

Gavi est une organisation public/privé de promotions de la vaccination universelle fondée en 1999 à l’initiative de Bill Gates qui lui fait un premier don de 750 millions de dollars . Y participent l’OMS, l’UNICEF, la fondation des Gates et l’industrie pharmaceutique.

Quand on voit ces chiffres une première constatation saute aux yeux, alors que l’OMS est présentée comme l’organisation internationale censée veiller sur la bonne santé de l’humanité, des organisations privées qui ne représentent que leurs propres intérêts et ceux de leurs alliés, y jouent un rôle déterminant. Le monde ne dispose donc pas d’une organisation mondiale qui serait le lieu où les gouvernements des pays (en principe représentatifs de leurs populations respectives) de la planète s’organisent pour faire face aux problèmes de santé mondiale ou organiser les solidarités avec les pays et régions connaissant des problèmes spécifiques.

Vous trouverez plus de détails dans le documentaire qui suit L’OMS dans les griffes des lobbystes

L’actuelle pandémie est la première crise de santé globale que doit affronter l’humanité. Il semble fort probable que ce ne soit pas la dernière. Cette pandémie avait été annoncée et décrite comme très probable dans de multiples rapports d’anticipation et gestion de populations, certains d’une redoutable précision a priori, ceux la Fondation Rockefeller en 2010, du Pentagone dès 2003 il me semble, par Bill Gates en 2015 et bien d’autres et rien n’a été fait pour s’y préparer de manière effective.

 

Au contraire nous avons vu l’OMS formulant dans l’urgence des directives qui impliquaient non seulement une restriction de nos droits à décider librement de la manière dont nous prenons soin de notre santé, mais ces directives impliquent aussi des choix politiques, économiques et culturels imposés à l’humanité, des atteintes à des droits considérés jusque-là comme fondamentaux. Ce en quoi elle agit comme une sorte de super-expert dirigeant mondial incontestable donnant aux gouvernements des directives qu’ils étaient sommés de suivre sous peine de se voir rejetés par la « communauté internationale » pour une présumée irresponsabilité aux conséquences transfrontalières.

 

 

A présent quelques semaines après l’alerte générale et la prise de mesure qui a réduit au confinement des milliards de personnes nous pouvons prendre un peu de recul critique pour évaluer l’efficacité de ces mesures. En termes de lutte efficace contre les progrès de la pandémie, mais également en termes de conséquences émergentes, bien que pour évaluer la gravité ces dernières il faudra plusieurs années. Et aussi comme modification irréversible de l’ensemble de nos modes de vie. En quel sens ?

 

Ce sens à venir, il dépend de chacun d’entre nous. Il dépend de la responsabilité que nous prendrons – ou non – de nous donner les moyens de participer aux décisions à venir, et de le faire en personne bien informée.

 

Et pour commencer, il s’agit de comprendre un peu mieux ce qu’est l’OMS, qui sont ces « influenceurs » principaux, en fonction de quelle idéologie font-il leurs choix et pour le bien de qui ?

 

Anne W

 

 

 

 

 

 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 22:01

 

Un reportage de Cash Investigation, qui produit d’excellents reportages, des enquêtes approfondies menées par des journalistes qui n’hésitent pas à poser les questions qui dérangent aux politiques, aux actionnaires de multinationales ou à leurs cadres. Excellent pour un confinement édifiant.

Si la pandémie de coronavirus n’est pas pure invention, ce qui laisse à désirer c’est la narrative construite autour de cette pandémie et relayée avec un bel ensemble par les grands médias planétaires.

En ce qui concerne le coronavirus nous avons pu voir une première phase totalement alarmiste qui donnait à ce virus un haut pouvoir de contagion, beaucoup à présent font marche arrière et revoient à la baisse ces statistiques affolantes. Non seulement la maladie n’a pas un taux de mortalité aussi élevé qu’annoncé dans des premières statistiques, mais le nombre de personne ayant une immunité naturelle serait bien plus élevé que celui projeté initialement. Et cela à l’heure où certains prétendent nous imposer la vaccination universelle. De quoi se poser des questions.

Avec Les vendeurs de maladie, nous ne sommes pas dans le même cas de figure mais dans la construction d’une narrative pour vendre une nouvelle molécule, un nouveau médicament en inventant littéralement la maladie que guérirait miraculeusement ce remède opportun. Pas sans effets secondaires.

De quoi nous donner (ou augmenter) des doutes quand à la « bienveillance » des sociétés pharmaceutiques envers leurs clients – les malades réels ou imaginaires.

 

Apprendre à déconstruire leur discours pour nous en protéger est une question de légitime défense, celle de notre santé.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 17:16

 

L'espoir, au contraire de ce que l'on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c'est ne pas se résigner.

Albert Camus, Noces

 

Les idées, disons-nous depuis des lustres, sont épidémiques. Elles circulent de tête en tête plus vite que l’électricité. Une idée qui s’empare des têtes devient une force matérielle, telle l’eau qui active la roue du moulin. Il est urgent pour nous, Chimpanzés du futur, écologistes, c’est-à-dire anti-industriels et ennemis de la machination, de renforcer la charge virale de quelques idées mises en circulation ces deux dernières décennies. Pour servir à ce que pourra.

 

Leurs virus, nos morts

1) Les «maladies émergentes» sont les maladies de la société industrielle et de sa guerre au vivant

La société industrielle, en détruisant nos conditions de vie naturelles, a produit ce que les médecins nomment à propos les «maladies de civilisation». Cancer, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires et neuro-dégénératives pour l’essentiel. Les humains de l’ère industrielle meurent de sédentarité, de malbouffe et de pollution, quand leurs ancêtres paysans et artisans succombaient aux maladies infectieuses. C’est pourtant un virus qui confine chez lui un terrien sur sept en ce printemps 2020, suivant un réflexe hérité des heures les plus sombres de la peste et du choléra. Outre les plus vieux d’entre nous, le virus tue surtout les victimes des «maladies de civilisation». Non seulement l’industrie produit de nouveaux fléaux, mais elle affaiblit notre résistance aux anciens. On parle de «comorbidité», comme de «coworking» et de «covoiturage», ces fertilisations croisées dont l’industrie a le secret1

.«"Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l'air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir", alerte Sara De Matteis, professeur en médecine du travail et de l'environnement à l'Université de Cagliari en Italie. C'est principalement dans les grandes villes que les habitants seraient les plus exposés à ce risque2.» Encore plus efficace : la Société italienne de médecine environnementale a découvert un lien entre les taux de contamination au Covid19 et ceux des particules fines dans l’air des régions les plus touchées d’Italie. Fait déjà constaté pour la grippe aviaire. Selon Gianluigi de Gennaro, de l'Université de Bologne,« Les poussières transportent le virus. [Elles] agissent comme porteurs. Plus il y en a, plus on crée des autoroutes pour les contagions3

Quant au virus lui-même, il participe de ces «maladies émergentes» produites par les ravages de l’exploitation industrielle du monde et par la surpopulation. Les humains ayant défriché toute la terre, il est naturel que 75% de leurs nouvelles maladies soient zoonotiques, c’est-à-dire transmises par les animaux, et que le nombre de ces zoonoses ait quadruplé depuis 50ans4. Ebola, le SRAS, la grippe H5N1, le VIH, le Covid-19 et tant d’autres virus animaux devenus mortellement humains par le saccage des milieux naturels, la mondialisation des échanges, les concentrations urbaines, l’effondrement de la biodiversité..

La sédentarisation d’une partie de l’espèce humaine et la domestication des animaux avaient permis la transmission d’agents infectieux des animaux aux hommes. Cette transmission s’est amplifiée avec l’élevage industriel, le braconnage, le trafic d’animaux sauvages et la création des parcs animaliers. La déforestation, les grands travaux, l’irrigation, le tourisme de masse, l’urbanisation, détruisent l’habitat de la faune sauvage et rabattent mécaniquement celle-ci vers les zones d’habitat humain. Ce ne sont pas le loup et la chauve-souris qui envahissent les villes, mais les villes qui envahissent le loup et la chauve-souris.

La société industrielle nous entasse. Dans les métropoles, où les flux et les stocks d’habitants sont régulés par la machinerie cybernétique. La métropole, organisation rationnelle de l’espace social, doit devenir, selon les plans des technocrates, l’habitat de 70 % des humains d’ici 2050.

Leur technotope. Ville-machine pour l’élevage industriel des hommes-machines5. Entassés sur la terre entière, nous piétinons les territoires des grands singes, des chauves-souris, des oies sauvages, des pangolins. Promiscuité idéale pour les contagions (du latin tangere: toucher). Sans oublier le chaos climatique. Si vous craignez les virus, attendez que fonde le permafrost. Faut-il le rappeler? L’humain, animal politique, dépend pour sa survie de son biotope naturel et culturel (sauf ceux qui croient que «la nature n’existe pas» et qui se pensent de pures (auto)constructions, sûrement immunisées contre les maladies zoonotiques). La société industrielle prospère sur une superstition: on pourrait détruire le biotope sans affecter l’animal.

Deux cents ans de guerre au vivant6 ont stérilisé les sols, vidé forêts, savanes et océans, infecté l’air et l’eau, artificialisé l’alimentation et l’environnement naturel, dévitalisé les hommes .Le progrès sans merci des nécrotechnologies nous laisse une Terre rongée à l’os pour une population de 7 milliards d’habitants. Le virus n’est pas la cause, mais la conséquence de la maladie industrielle. Mieux vaut prévenir que guérir. Si l’on veut éviter de pires pandémies, il faut sortir de la société industrielle. Rendre son espace à la vie sauvage- ce qu’il en reste -, arrêter l’empoisonnement du milieu et devenir des Chimpanzés du futur: des humains qui de peu font au mieux

1Rappel: la pollution de l’air tue chaque année 48000 Français et plus de 100 Grenoblois.

2www.actu-environnement.com, 20/03/20

3Idem

4Revues Nature et Science, citées par Wikipedia.

5 Cf.Retour à Grenopolis, Pièces et main d’œuvre, mars 2020, www.piecesetmaindoeuvre.com

6Cf. J.-P. Berlan, La guerre au vivant, Agone, 2001

 

 

Leurs virus, nos morts

2) La technologie est la continuation de la guerre - de la politique -par d’autres moyens. La société de contrainte, nous y entrons.

Nul moins que nous ne peut se dire surpris de ce qui arrive. Nous l’avions prédit, nous et quelques autres, les catastrophistes, les oiseaux de mauvais augure, les Cassandre, les prophètes de malheur, en 2009, dans un livre intitulé À la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025: rudiments d’histoire contemporaine:

«Du mot "crise" découlent étymologiquement le crible, le crime, l’excrément, la discrimination, la critique et, bien sûr, l’hypocrisie, cette faculté d’interprétation. La crise est ce moment où, sous le coup de la catastrophe – littéralement du retournement (épidémie, famine, séisme, intempérie, invasion, accident, discorde) –, la société mise sens dessus dessous retourne au chaos, à l’indifférenciation,à la décomposition, à la violence de tous contre tous (René Girard, La Violence et le Sacré, Le Bouc émissaire, et toute la théorie mimétique).

Le corps social malade, il faut purger et saigner, détruire les agents morbides qui l’infectent et le laissent sans défense face aux agressions et calamités. La crise est ce moment d’inquisition, de détection et de diagnostic, où chacun cherche sur autrui le mauvais signe qui dénonce le porteur du maléfice contagieux, tremblant qu’on ne le découvre sur lui et tâchant de se faire des alliés, d’être du plus grand nombre, d’être comme tout le monde. Tout le monde veut être comme tout le monde. Ce n’est vraiment pas le moment de se distinguer ou de se rendre intéressant. […]

Et parmi les plus annoncées dans les années à venir, la pandémie, qui mobilise aussi bien la bureaucratie mondiale de la santé, que l’armée et les autorités des mégalopoles. Nœuds de communication et foyers d’incubation, celles-ci favorisent la diffusion volontaire ou accidentelle de la dengue, du chikungunya, du SRAS, ou de la dernière version de la grippe, espagnole, aviaire,mexico-porcine, etc. [...]

Bien entendu, cette "crise sanitaire" procède d’une "crise de civilisation", comme on dit "maladie de civilisation", inconcevable sans une certaine monstruosité sociale et urbaine, sans industrie,notamment agro-alimentaire et des transports aériens. […] On voit l’avantage que le pouvoir et ses agents Verts tirent de leur gestion des crises, bien plus que de leur solution. Celles-ci, après avoir assuré pléthore de postes et de missions d’experts aux technarques et aux gestionnaires du désastre, justifient désormais, dans le chaos annoncé de l’effondrement écologique, leur emprise totale et durable sur nos vies. Comme l’État et sa police sont indispensables à la survie en monde nucléarisé, l’ordre vert et ses technologies de contrôle, de surveillance et de contrainte sont nécessaires à notre adaptation au monde sous cloche artificiel. Quant aux mauvais Terriens qui – défaillance ou malfaisance – compromettent ce nouveau bond en avant du Progrès, ils constituent la nouvelle menace pour la sécurité globale7

Au risque de se répéter: avant, on n’en est pas là; après, on n’en est plus là. Avant, on ne peut pas dire ça. Après, ça va sans dire. L’ordre sanitaire offre une répétition générale, un prototype à l’ordre Vert. La guerre est déclarée, annonce le président Macron. La guerre, et plus encore la guerre totale, théorisée en 1935 par Ludendorff, exige une mobilisation totale des ressources sous une direction centralisée. Elle est l’occasion d’accélérer les processus de rationalisation et de pilotage des sans-pouvoir, au nom du primat de l’efficacité. Rien n’est plus rationnel ni plus voué à l’efficacité que la technologie.

Le confinement doit être hermétique, et nous avons les moyens de le faire respecter. Drones de surveillance en Chine et dans la campagne picarde ; géolocalisation et contrôle vidéo des contaminés à Singapour; analyse des données numériques et des conversations par l’intelligence artificielle pour tracer les contacts, déplacements et activités des suspects en Israël8. Une équipe du Big Data Institute de l’université d’Oxford développe une application pour smartphone qui géolocalise en permanence son propriétaire et l’avertit en cas de contact avec un porteur du virus. Selon leur degré de proximité, l’application ordonne le confinement total ou la simple distance de sécurité, et donne des indications aux autorités pour désinfecter les lieux fréquentés par le contaminé9.

«Les données personnelles, notamment les données des opérateurs téléphoniques, sont aussi utilisées pour s’assurer du respect des mesures de quarantaine, comme en Corée du Sud ou à Taïwan. C’est aussi le cas en Italie, où les autorités reçoivent des données des opérateurs téléphoniques, ont expliqué ces derniers jours deux responsables sanitaires de la région de Lombardie. Le gouvernement britannique a également obtenu ce type d’information de la part d’un des principaux opérateurs téléphoniques du pays10.» En France, Jean-François Delfraissy, le président du Comité consultatif national d’éthique et du «conseil scientifique» chargé de la crise du coronavirus évoque l’éventualité du traçage électronique au détour d’un entretien radiophonique.

« La guerre est donc un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté.» Ceux-là même qui n'ont pas lu Clausewitz, savent aujourd'hui que la technologie est la continuation de la guerre par d'autres moyens. La pandémie est le laboratoire du techno-totalitarisme, ce que les opportunistes technocrates ont bien compris. On ne rechigne pas en période d’accident nucléaire ou d’épidémie. La technocratie nous empoisonne puis elle nous contraint, au motif de nous protéger de ses propres méfaits. Nous le disons depuis quinze ans: «La société de contrôle, nous l’avons dépassée; la société de surveillance, nous y sommes; la société de contrainte, nous y entrons.» Ceux qui ne renoncent pas à l’effort d’être libres reconnaîtront avec nous que le progrès technologique est l’inverse et l’ennemi du progrès social et humain.

7Pièces et main d’œuvre, À la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025: rudiments d’histoire contemporaine, Editions L’Echappée, 2009

8«Israel approves mass surveillance to fight coronavirus»,https://www.ynetnews.com,17/03/20

9https://www.bdi.ox.ac.uk/news/infectious-disease-experts-provide

10Le Monde, 20/03/20

 

 

Leurs virus, nos morts

3) Les experts aux commandes de l’état d’urgence: le pouvoir aux pyromanes pompiers.

Nous ayant conduit à la catastrophe, les experts de la technocratie prétendent nous en sauver, au nom de leur expertise techno-scientifique. Il n’existe qu’une seule meilleure solution technique, ce qui épargne de vains débats politiques. «Ecoutez les scientifiques!» couine Greta Thunberg. C’est à quoi sert l’état d’urgence sanitaire et le gouvernement par ordonnances: à obéir aux«recommandations» du «conseil scientifique» et de son président Jean-François Delfraissy.

Ce conseil créé le 10 mars par Olivier Véran11, à la demande du président Macron, réunit des experts en épidémiologie, infectiologie, virologie, réanimation, modélisation mathématique, sociologie et anthropologie. Les prétendues «sciences humaines» étant comme d’habitude chargées d’évaluer l’acceptabilité des décisions techniques – en l’occurrence la contrainte au nom de l’intérêt supérieur de la santé publique. Excellent choix que celui de Delfraissy, un homme qui vit avec son temps, ainsi que nous l’avons découvert à l’occasion des débats sur la loi de bioéthique: «Il y a des innovations technologiques qui sont si importantes qu’elles s’imposent à nous.[...] Il y a une science qui bouge, que l’on n’arrêtera pas.12»

Ces cinquante dernières années en effet, les innovations techno-scientifiques se sont imposées à nous à une vitesse et avec une violence inégalées. Inventaire non exhaustif: nucléarisation de la planète; OGM et biologie synthétique; pesticides, plastiques et dérivés de l’industrie chimique; nanotechnologies; reproduction artificielle et manipulations génétiques ; numérisation de la vie; robotique; neuro-technologies; intelligence artificielle; géo-ingénierie… Ces innovations, cette «science qui bouge», ont bouleversé le monde et nos vies pour produire la catastrophe écologique, sociale et humaine en cours et dont les progrès s’annoncent fulgurants.

Elles vont continuer leurs méfaits grâce aux 5 milliards d’euros que l’État vient de leur allouer à la faveur de la pandémie, un effort sans précédent depuis 1945. Tout le monde ne mourra pas du virus. Certains en vivront bien. On ignore quelle part de ces 5 milliards ira par exemple aux laboratoires de biologie de synthèse, comme celui du Génopole d’Evry. La biologie de synthèse, voilà une «innovation si importante qu’elle s’impose à nous». Grâce à elle, et à sa capacité à fabriquer artificiellement des organismes vivants, les scientifiques ont recréé le virus de la grippe espagnole qui tua plus que la Grande Guerre en 191813. Destruction/réparation: à tous les coups les pyromanes pompiers gagnent. Leur volonté de puissance et leur pouvoir d’agir ont assez ravagé notre seule Terre. Si nous voulons arrêter l’incendie, retirons les allumettes de leurs mains, cessons de nous en remettre aux experts du système techno-industriel, reprenons la direction de notre vie.

11Le nouveau ministre de la Santé est un médecin grenoblois, député LREM aorès avoir été suppléant de la socialiste Geneviève Fioraso, ex-ministre de la Recherche. Selon Le Monde, «un ambitieux "inconnu"» qui «sait se placer» (lemonde.fr, 23/03/20).

12Jean-François Delfraissy, entretien avec Valeurs actuelles, 3/03/18.

13Virus recréé en 2005 par l’équipe du Professeur Jeffrey Taubenberger de l’Institut de pathologie de l’armée américaine, ainsi que par des chercheurs de l’université Stony Brook de New York

 

 

Leurs virus, nos morts

4) L’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine.

L’effet cliquet de la vie sans contact.Le contact, c’est la contagion. L’épidémie est l’occasion rêvée de nous faire basculer dans la vie sous commande numérique. Il ne manquait pas grand-chose, les terriens étant désormais tous greffés de prothèses électroniques. Quant aux attardés, ils réduisent à toute allure leur fracture numérique ces jours-ci, afin de survivre dans le monde-machine contaminé: «Les ventes d’ordinateurs s’envolent avec le confinement.[...] Tous les produits sont demandés, des équipements pour des vidéoconférences à l’ordinateur haut de gamme pour télétravailler en passant par la tablette ou le PC à petit prix pour équiper un enfant. Les ventes d’imprimantes progressent aussi. Les Français qui en ont les moyens financiers sont en train de reconstituer leur environnement de travail à la maison14.»Nous serions bien ingrats de critiquer la numérisation de nos vies, en ces heures où la vie tient au sans fil et au sans contact. Télétravail, téléconsultations médicales, commandes des produits de survie sur Internet, cyber-école, cyber-conseils pour la vie sous cloche - «Comment occuper vos enfants?», «Que manger?», «"Tuto confinement" avec l’astronaute Thomas Pesquet», «Organisez un Skypéro», «Dix séries pour se changer les idées», «Faut-il rester en jogging?». Grâce à WhatsApp, « "Je ne me suis jamais sentie aussi proche de mes amis", constate Valeria, 29 ans, chef de projet en intelligence artificielle à Paris15»

Dans la guerre contre le virus, c’est la Machine qui gagne. Mère Machine nous maintient en vie et s’occupe de nous. Quel coup d’accélérateur pour la «planète intelligente» et ses smart cities16. L’épidémie passée, quelles bonnes habitudes auront été prises, que les Smartiens ne perdront plus. Ainsi,passés les bugs et la période d’adaptation, l’école à distance aura fait ses preuves. Idem pour la télémédecine qui remplacera les médecins dans les déserts médicaux comme elle le fait en ces temps de saturation hospitalière. La «machinerie générale» (Marx) du monde-machine est en train de roder ses procédures dans une expérience à l’échelle du laboratoire planétaire.Rien pour inquiéter la gauche et ses hauts-parleurs. Les plus extrêmes, d’Attac à Lundi matin,en sont encore à conspuer le capitalisme, le néolibéralisme, la casse des services publics et le manque de moyens.

Une autre épidémie est possible, avec des masques et des soignants bien payés, et rien ne serait arrivé si l’industrie automobile, les usines chimiques, les multinationales informatiques avaient été gérées collectivement,suivant les principes de la planification démocratique assistée par ordinateur. Nous avons besoin de masques et de soignants bien payés. Nous avons surtout besoin de regarder en face l’emballement du système industriel, et de combattre l’aveuglement forcené des industrialistes. Nous, anti-industriels, c’est-à-dire écologistes conséquents, avons toujours été minoritaires. Salut à Giono, Mumford, Ellul & Charbonneau, Orwell et Arendt, Camus, Saint Exupéry, et à quelques autres qui avaient tout vu, tout dit. Et qui nous aident à penser ce qui nous arrive aujourd’hui. Puisque nous avons du temps et du silence, lisons et méditons. Au cas où il nous viendrait une issue de secours .

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14www.lefigaro.fr, 19/03/20.

15Le Monde, 19/03/20.

16 Cf. «Ville machine, société de contrainte», Pièces et main d’œuvre, in Kairos, mars 2020 et sur www.piecesetmaindoeuvre.com

 

Pièces et main d’œuvre

Grenoble, 22 mars 2020

 

Vous pourrez y lire également leurs Dernières livraisons

-Le Progrès arrive en gare de Lhassa le 19 avril 2020 par Renaud Garcia

- Appel à manifester dans la rue le 1er Mai 2020 le 14 avril 2020 par Philippe

-Le virus de la contrainte le 12 avril 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Lille : la société vivante fête la friche le 4 avril 2020 par P.A.R.C Saint-Sauveur

-Retour à Grenopolis Tout ce que nous cachent les élections municipales
le 8 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Ville-machine, société de contrainte le 7 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Mila, ou le déshonneur d’un certain féminisme le 5 février 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Conférences-débats : Contre l’eugénisme technologique le 30 janvier 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Et moi, je hurle avec les loups le 29 janvier 2020 par Croc-Blanc

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 19:57

 

 

Quelques nouvelles de Bolivie, en vrac, parce que les nouvelles sont rares et arrivent dispersées depuis que la dictature au pouvoir a expulsé la presse internationale et muselé ceux qui sont sur place. Terrorisme et sédition sont les accusations lancées contre tout qui proteste contre le coup d’état, ses auteurs et leurs pratiques. Ce groupe extrêmement minoritaire utilise également ces mêmes arguments « flous » pour démanteler les forces de résistance à ce projet de dictature fasciste, raciste.

Marches d'opposition qui seront récupérées par le coup d'état fasciste

Marches d'opposition qui seront récupérées par le coup d'état fasciste

Après que Evo Morales ait renoncé à son mandat présidentiel, qui ne devait prendre fin qu’un janvier 2020, le rapport de force a changé en Bolivie. Beaucoup de ceux qui ont manifesté pour le départ d’Evo, en pensant que cela permettrait d’opérer « un retour à la démocratie » ont compris qu’ils avaient été abusés, manipulés, utilisés pour favoriser un coup d’état de l’extrême-droite dont les premières expressions de victoires furent des explosions d’un racisme longtemps refréné : Whipalas brûlées et piétinées, femmes indigènes agressées et humiliées, satanisation des croyances des peuples originaires avec exorcismes à la clé…. Et la violence brutale de l’agression de ce pouvoir qui – à cause de son absolu manque de représentativité – ne peut se maintenir que par un usage démesuré de la force brutale de l’armée et la police d’une part, et d’autres part de groupes qualifiés de « société civile » qui sont composés en grande partie de délinquants payés pour semer la terreur.

Ce sont ces groupes violents qui ont agressé les législateurs ou leur famille quand il ne pouvait les atteindre directement, forçant ainsi à démissionner : Morales, le vice-président Linera, Salvatierra la présidente du Sénat, etc... afin de créer le vide politique qui permettrait à Añez de s’autoproclamer présidente avec une fiction de légalité. Ensuite on le sait, la plus brutale et cruelle répression s’est déchaînée contre la population indigène en générale, en résistance contre le coup d’état en particulier, facilité par le décret 4708 de la présidente : les forces de l’ordre seront exemptées de responsabilité pénale pour les exactions de la répression. Tirer dur le peuple était comme une sorte divertissement pour les militaires de Santa Cruz (fief des fascistes) venu réprimer la résistance de l’Alto. Beaucoup tirent aux jambes (témoignage du journaliste argentin Fernando OZ) + vidéo de témoignage d’un de ceux qui a eu la jambe brisée par les balles des militaires.

Des jeunes fascistes et des délinquants incarnent la "société civile"

Des jeunes fascistes et des délinquants incarnent la "société civile"

En même temps que les élections présidentielles d’octobre controversées, un sujet pour lequel aucun rapport concluant n’a été produit jusqu’ici, ont eu lieu des élections législatives, le MAS a reculé mais dispose toujours de la majorité des sièges des assemblées. Pour le mandat en cours lui aussi jusqu’au 20 janvier 2020 ; le MAS dispose au Congrès de presque 2/3 des représentants,

Et donc le MAS et autres organisations sociales, syndicales, paysannes ont adopté, à contrecœur, une position conciliatrice pour tenter de replacer la lutte sur le terrain politique qu’ils dominent et mettre un terme à la violence dévastatrice de l’affrontement entre force de l’ordre puissamment armées qui massacrent un peuple dont les luttes sont majoritairement pacifiques, alors que les mieux « armés » n’ont que des pierres à opposer aux fusils. Un rapport de force totalement défavorable.

La clé de voûte et la cheville ouvrière de cette réactivation politique, c’est la nouvelle présidente du Sénat, Eva Copa, une jeune femme de 32 ans qui a déjà derrière elle une longue carrière politique puis qu’elle a commencé à militer dès l’adolescence. Une jeune femme simple, sensible et forte, intelligente et courageuse, qui a assumé sans faiblir les responsabilités que lui a donné un improbable destin. La journaliste Maria Galinda  a réalisé une longue interview radiophonique   (esp), de la nouvelle présidente du sénat, elle dira « Depuis 13 ans que je fais ce métier, j’ai interviewé des tas de gens, personne jusqu’ici ne m’avait inspiré un aussi grand respect qu’Eva ». Je cite parce que je partage ce point de vue. Jusque-là Eva était une sénatrice de profil bas, plus intéressée par le travail à la base que par la fréquentation des sommets. Evo Morales, elle ne l’a rencontré que quelques fois lors de la campagne présidentielle, sans avoir avec lui aucun contact particulier. Il faut dire les hautes sphères du Mouvement vers le Socialisme étaient toujours plus coupés de la base, y compris ses législateurs qui sont en majorité des gens simples, des gens du peuple ayant une pratique de luttes sociales et populaires locales et régionales.

Présidente du Sénat, c’est le deuxième échelon au haut de la hiérarchie politique, juste après la présidente. On a pu lire et entendre un peu partout dans les médias que la présidente avait promulgué une Loi Électorale. Impasse sur le fait que cette loi est avant tout l’œuvre des législateurs du MAS et des mouvements sociaux, qui se sont assis à la table de négociation avec les tortionnaires du peuple, en présence des médiateurs de l’église catholique, de l’ONU et de l’UE, sous la direction d’Eva Copa, qui a rappelé ces jours-ci que les putschistes faisaient tout pour déstabiliser ce pouvoir législatif en reconstruction : menaces contre eux et leurs familles, arrestations arbitraires et disparitions forcées… + vidéo (esp) témoignage des tortures subies par le frère de l’ex-président de la Chambre des Députés, en guise de pression pour le forcer à renoncer à ses fonctions.

Eva et la présidente de fait signant la loi électorale

Eva et la présidente de fait signant la loi électorale

Je l’ai dit je ne prendrai pas position concernant ce qu’a fait ou non Evo Morales pendant ses mandats successifs. Il y a trop de désinformation en circulation, et en plus c’est aux boliviens de juger de cela. Ce que j’ai pu entendre en échos d’une manière générale, c’est que pendant ces deux premiers mandats, il avait fait un travail formidable et s’il avait quitté la présidence après ces mandats, il serait resté dans la mémoire collective, le meilleur président qu’ait jamais eu la Bolivie. Cela se traduit par les 64 % qu’il a obtenu au premier tour lors de sa troisième élection. Mais depuis, il a perdu une grande partie de la confiance dont il jouissait jusque-là, et pas seulement parce que Washington menait une rude guerre psychologique contre son gouvernement. Penser cela serait un grand mépris du peuple et de son intelligence. Ce qui me dérange profondément, c’est que depuis qu’il est au Mexique, Evo la ramène (entre autres) avec cette dernière « victoire » obtenue avec 47 % de voix (une chute de 17 % par rapport aux précédentes élections). Je n’entre pas non plus dans la question de savoir s’il y a eu ou non fraude, ce qui m’importe ici, c’est que je n’ai pas entendu de questionnement de sa part sur cette chute drastique de la confiance que lui accordait le peuple, pas l’ombre d’une autocritique ni d’une volonté de redéfinir son projet de pays en consultant les bases qui ne le soutiennent plus. Je l’ai dit, on ne peut opérer la transformation radicale d’un pays avec le soutien d’une minorité d’électeurs.

Et malheureusement, la campagne électorale a commencé en Bolivie, et à droite comme à gauche, règne la division. Les manifestations post coup d’état réunissaient dans un immense mouvement populaire des pour et contre Evo, ensemble, unis dans la même volonté de renverser le pouvoir usurpateur confisqué par la plus radicale extrême-droite. Une magnifique occasion de repartir sur de nouvelles bases, avec un MAS prêt à pratiquer une radicale autocritique afin de redéfinir un projet qui réponde majoritairement aux aspiration de la population. Mais ses différents candidats potentiels font campagne avec encore et toujours ce triomphalisme qui n’est pas de mise.

Eva Copa, elle à d’ores et déjà annoncé qu’à la fin de son mandat actuel, prévu pour janvier, (mais il est question de prolonger cette législature jusqu’à la tenue de nouvelles élections), elle ferait une pose dans sa carrière politique pour se consacrer à sa famille, à ses enfant une petite fille de quelques mois, un petit garçon de 4 ans confiés actuellement à sa maman, pour des raisons de sécurité, mais aussi parce que son travail actuel ne lui permet pas de s’éloigner de La Paz, les législateurs travaillent presque 24/24. Elle voudrait aussi pouvoir se consacrer au travail social pour lequel elle a été formée à l’Université Publique del Alto, la ville dont elle est originaire. Je sais qu’elle est sincère, et j’espère qu’elle pourra faire cette pose, à 32 ans elle a encore une longue carrière politique devant elle, et prendre de la distance est souvent salutaire.

Adriana et Andronico canditats potentiels du MAS aux élections 2020
Adriana et Andronico canditats potentiels du MAS aux élections 2020

Adriana et Andronico canditats potentiels du MAS aux élections 2020

Je l’ai dit je ne prendrai pas position concernant ce qu’a fait ou non Evo Morales pendant ses mandats successifs. Il y a trop de désinformation en circulation, et en plus c’est aux boliviens de juger de cela. Ce que j’ai pu entendre en échos d’une manière générale, c’est que pendant ces deux premiers mandats, il avait fait un travail formidable et s’il avait quitté la présidence après ces mandats, il serait resté dans la mémoire collective, le meilleur président qu’ait jamais eu la Bolivie. Cela se traduit par les 64 % qu’il a obtenu au premier tour lors de sa troisième élection. Mais depuis, il a perdu une grande partie de la confiance dont il jouissait jusque-là, et pas seulement parce que Washington menait une rude guerre psychologique contre son gouvernement. Penser cela serait un grand mépris du peuple et de son intelligence. Ce qui me dérange profondément, c’est que depuis qu’il est au Mexique, Evo la ramène (entre autres) avec cette dernière « victoire » obtenue avec 47 % de voix (une chute de 17 % par rapport aux précédentes élections). Je n’entre pas non plus dans la question de savoir s’il y a eu ou non fraude, ce qui m’importe ici, c’est que je n’ai pas entendu de questionnement de sa part sur cette chute drastique de la confiance que lui accordait le peuple, pas l’ombre d’une autocritique ni d’une volonté de redéfinir son projet de pays en consultant les bases qui ne le soutiennent plus. Je l’ai dit, on ne peut opérer la transformation radicale d’un pays avec le soutien d’une minorité d’électeurs.

Et malheureusement, la campagne électorale a commencé en Bolivie, et à droite comme à gauche, règne la division. Les manifestations post coup d’état réunissaient dans un immense mouvement populaire des pour et contre Evo, ensemble, unis dans la même volonté de renverser le pouvoir usurpateur confisqué par la plus radicale extrême-droite. Une magnifique occasion de repartir sur de nouvelles bases, avec un MAS prêt à pratiquer une radicale autocritique afin de redéfinir un projet qui réponde majoritairement aux aspiration de la population. Mais ses différents candidats potentiels font campagne avec encore et toujours ce triomphalisme qui n’est pas de mise.

Eva Copa, elle à d’ores et déjà annoncé qu’à la fin de son mandat actuel, prévu pour janvier, (mais il est question de prolonger cette législature jusqu’à la tenue de nouvelles élections), elle ferait une pose dans sa carrière politique pour se consacrer à sa famille, à ses enfant une petite fille de quelques mois, un petit garçon de 4 ans confiés actuellement à sa maman, pour des raisons de sécurité, mais aussi parce que son travail actuel ne lui permet pas de s’éloigner de La Paz, les législateurs travaillent presque 24/24. Elle voudrait aussi pouvoir se consacrer au travail social pour lequel elle a été formée à l’Université Publique del Alto, la ville dont elle est originaire. Je sais qu’elle est sincère, et j’espère qu’elle pourra faire cette pose, à 32 ans elle a encore une longue carrière politique devant elle, et prendre de la distance est souvent salutaire.

Les candidats potentiel du MAS qui se distinguent aujourd’hui sont l’ex-présidente du Sénat Adriana Salvatierra, et Andrónico Rodríguez Ledezma, vice président des fédérations de cocaleros de Cochabamba. Un fait remarquable : à deux ils totalisent tout juste 60 ans. Ils sont en quelque sorte des prolongations désignées par Evo pour lui succéder, il n’y a pas non plus – que je sache – de remise en question de leur part, d’interrogation sur la perte de confiance des anciens électeurs du MAS, ce qui a pour déplorable résultat que d’autres mouvements populaires ont décidé de présenter leur propre candidat, et que la division règne, là où l’unité permettrait un raz-de-marée populaire aux prochaines élections. Je les ai écouté tous les deux, avec le peu d’infos qui nous parviennent et donc je peux me tromper… je l’espère.

La droite aussi se chamaille. Le leader de l’extrême-droite et agent de Washington Camacho a décidé de se présenter, il se dispute déjà avec son complice et binôme Pumari chacun veut occuper la première place : Président de Bolivie. Mesa, le candidat de droite second derrière Evo aux élections d’octobre a annoncé qu’il serait candidat au prochain scrutin. Et donc la division règne à droite comme à gauche.

D’autre part le gouvernement de transition qui devrait se borner à la gestion courante et l’organisation des nouvelles élections s’est lancé à fond dans un programme néolibéral de privatisation, d’explosion des tarifs de l’énergie, le prix de l’électricité a augmenté de près de 500 %, la nourriture est exportée plutôt que de contribuer à la souveraineté alimentaire du pays.

Après que sous la pression des organisations internationales de Droits humains constatant les crimes de lèse-humanité et autres massacres commis par les forces de répression dans le pays après la publication du décret 4708, la présidente ait été contrainte à l’abroger jeudi dernier, de nouvelles inquiétudes se dessinent. Hier a été crée le GAT, un groupe de « répression antiterroriste » de choc intégré par 70 effectifs, il sera équipé d’armes semi-automatique et de longue portée et a officiellement pour mission de « démanteler les cellules terroristes » qui génèrent l’insécurité dans le pays. Tout un programme qui plane comme la menace de nouveaux massacres, tortures, exécutions extra-judiciaires, viols et autres disparitions forcées. Et qui éveille, une fois de plus le douloureux souvenir des escadrons de la mort de « l’époque des dictatures » réactivés déjà au Honduras depuis le coup d’état militaire de juin 2009.

Le plus horrible, c’est de savoir que seront qualifiés de terroriste et séditieux tout qui s’opposent à ses sadiques, alors que les « forces civiles » que ces fascistes utilisent pour imposer leur pouvoir, tuent, torturent, violent les résistants, détruisent et brûlent leurs biens personnels ou collectifs, impunément, avec la très chrétienne bénédiction du pouvoir aux yeux duquel ils sont « les bons » les défenseurs de « la démocratie et la liberté ».

Voilà, un peu en désordre, un peu comme cela me parvient un bilan partiel de la situation en Bolivie ce mercredi 4 décembre.

 

Anne W

Les GAT, nouveaux agents de la répression du peuple en résistance en Bolivie

Les GAT, nouveaux agents de la répression du peuple en résistance en Bolivie

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 14:58

Message de Murillo, pseudo-ministre de l’intérieur de Bolivie à une délégation de Défenseurs de Droits Humains venue de la voisine argentine enquêter dans le pays: « Étrangers qui venez dans ce pays, a essayer d’incendier le pays, avancez avec précaution, nous vous observons, nous vous suivons,, nous voyons ce que vous faites. Au premier pas de travers que vous ferez pour faire du terrorisme ou de la sédition ; vous aurez affaire à la police. Les policiers sont attentifs et ont reçu des ordres pour ne pas permettre qu’on nuise à notre pays ».

Les Défenseurs de Droits Humains Argentins sont menacés par le gouvernement at agressés par la "Société Civile"

Il y a deux semaines, la ministre factice des communications, avait tenu un discours similaire aux journalistes étrangers qui se trouvaient encore dans le pays. Et les journalistes ont quitté le pays, non parce qu’ils redoutaient d’être accusés de sédition, mais parce qu’ils craignaient pour leur vie. Cette fois, le ministre s’adresse à une délégation argentine de droits humains qui après avoir été persécutée par les policiers à leur arrivée, avec des interrogatoires approfondis (on leur exige de donner les noms et autres données de ceux dont ils vont recueillir le témoignage) et des fouilles au corps, se sont vu insultés et menacés par un groupe de la « société civile ». La délégation argentine n’a pu faire qu’une partie de l’enquête qu’elle avait prévu de mener, ses membres aussi se sont sentis en danger. Ils ont néanmoins pu récolter de nombreux témoignages et preuves de crime de lèse humanité commis par l’extrême-droite qui s’est emparée du pouvoir.

Le régime fait tout pour pouvoir agir loin des regards. Il a essayer de faire gober au public international, sa version qui raconte que les morts, ce sont les indigènes qui se sont entre-tués et que les militaires, la police n’ont pas tirer un seul coup de feu sur les manifestants. Une bonne raison pour contribuer faire connaître les crimes qu’il pensait pouvoir commettre en toute impunité, et qui sont d’ores et déjà qualifiés par les organisations de défense des droits humains de crime de lèse humanité, des crimes pour lesquels il n’y a pas de prescription. Le plus horrible, c’est que certaines des victimes, le sont simplement, parce qu’elles sont indigènes et que le décret 4708 promulgué par la « présidente » qui exempte de responsabilité pénale, les forces de l’ordre pendant les actes de répression, sont pour certains policiers et militaires fascistes, racistes, que cela démangeaient depuis longtemps, un droit de tuer, de blesser, de torturer des « indios » à volonté. Ce décret a été abrogé jeudi dernier mais cela c’est le chapitre suivant.

Les témoignages des derniers journalistes restés sur le terrain, sont concordants, et font échos les uns aux autres. Chacun a vu des morts, des blessés à qui les soins étaient refusés par mauvaise volonté ou par manque de moyens, et d’autres qui n’osaient aller se faire soigner de peur de se faire arrêter. Un de ces journalistes qui a fait un travail d’une grande humanité, Esteban Trebucq a réuni les témoignages recueillis sur place dans une vidéo bouleversante que vous pouvez voir en espagnol. Parmi les récits a posteriori des journalistes que j’ai écouté, j’ai retenu celui-ci particulièrement illustratif des horreurs commises par ce régime putschiste. C’est celui du journaliste Fernando Ortega Zabala, plus connu comme OZ, que je vous résume ici. Il est interviewé un journalistes de America TV. Âmes sensibles s’abstenir.

Le témoignage de Fernando OZ

Fernando OZ raconte qu’il s’est retrouvé entouré de morts, qui étaient tombés juste à côté de lui. Qu’il a vu mourir des gens sous ses yeux. Quatre personnes sont mortes devant lui. Les forces de l’ordre tiraient sur tout ce qui bougeait. « A un moment, j’ai voulu traverser une rue, j’ai crié je vais traverser, j’ai montré ma carte de presse,, je montrais ma carte, et ils ont tiré vers moi 2 fois. S’ils avaient voulu me tuer, ils l’auraient fait, mais c’était leur manière de se divertir. C’étaient des militaires. Ils avaient le champ libre, parce qu’à ce moment-là la présidente avait promulgué un décret, une espèce de patente pour tuer. […] A un moment, je me suis rendu compte qu’il y avait une question… je ne sais pas si pour eux c’était du divertissement, mais ils tiraient dans les jambes, et cela produisait beaucoup de blessés. Il y a eu beaucoup de blessés. Ils ont clairement passé les limites » Les deux sont d’accord pour le dire : ce sont des criminels, totalement.

OZ a été témoin du massacre de Senkata, alors que la presse ne pouvait y pénétrer. Il pensait y passer quelques heures, mais il s’est fait piéger sur place, en même temps qu’un journaliste mexicain travaillant pour une chaîne française, ils étaient les deux seuls journalistes présents sur place et ils étaient là par hasard et ils ne pouvaient pas sortir de la zone où ils étaient. Ils avaient peur qu’on les recherchent, les habitants les ont cachés. […] OZ n’a pas été blessé, mais il s’est retrouvé avec le visage enflammé (par les gaz) dans la manifestation qui descendait del Alto, avec des gens venus de différents lieux de la province . Il a essayer d’aider des blessés, mais les médecins n’avaient aucun matériel pour les soigner, ils n’avaient rien. […] Mauro demande : « Ils veulent tuer les gens pourquoi ? Ils veulent tuer pour tuer ? » OZ :  « Cela a été un massacre. Réellement je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. » Il fait alors remarquer que l’ensemble des militaires présents venaient d’autres régions, principalement de Santa Cruz, le fief fasciste de Bolivie. Comme toujours quand il faut éviter que les militaires qui vont devoir tirer sur le peuple se retrouvent face à leur mère, leur sœur, leur cousin, leur proches… « Et les militaires qui sont venus ont ouvert le feu et il y a eu beaucoup de blessés ». Les militaires tiraient littéralement sur tout ce qui bougeait et des enfants ont également été blessés. OZ, comme l’ont fait d’autres journaliste reconnaît que c’était une expérience réellement traumatisante. « On a une dose d’adrénaline qui maintient extrêmement vigilant, on ne sait pas ce qui va se passer. Nous étions encerclés. On ne sait pas ce qui pourrait se passer. Les deux, nous étions recherchés. » OZ va raconter comment ils ont passé la nuit, ils ont dormi dans l’endroit même où étaient les cadavres. Ils ont dormi à côté des corps privés de vie. En réalité, ils ont à peine dormi et toute la nuit ils entendaient les détonations. « C’était impressionnant de voir ça. Je l’avais vu dans des films. Voir comment les hélicoptères lançaient les gaz." Pour lui, cela évoque le Vietnam. Et pourtant, il ne voulait pas partir, il a eu mal à monter dans l’avion, il ressentait la nécessité de continuer à couvrir ce qui se passait. Il se sentait mal aussi de ne pas connaître les noms des morts., Surtout ceux des 4 qui sont morts sous ces yeux. […] « Il y a un manque de respect de la vie. » et de la mort, comme il a le pu voir, quand un million de personnes descendaient en manifestation pacifique, portant les morts dans leur cercueils, et les gazéifications massives font fuir la foule en deuil et les porteurs et que les cercueils gisent abandonnés dans les rues.

Il termine en disant qu’il y a eu aussi de la répression en Équateur, qu’il y a de la répression au Chili, mais là-bas, la presse est présente, la particularité de la Bolivie, c’est que le gouvernement fait tout pour qu’aucun journaliste, aucun témoin ne puisse en rendre compte. Comme je disais plus haut, se faire accuser de sédition par ce gouvernement de pacotille ne faisaient pas peur aux journalistes. Par contre voir circuler dans les réseaux sociaux des proches du régime leur photo accompagnée de cette même accusation les exposait à la violence de « la société civile ». Ceux qui connaissent les stratégies de coups d’état dit doux et assimilés savent que ce terme de « société civile » est utilisé pour qualifier les groupes de déstabilisation formés depuis Washington à travers des organisations comme la NED et l’USAID, des groupes systématiquement chapeautés par l’extrême-droite locale, qui confisquera le mouvement son heure venue. Des journalistes, avec des dizaines d’années de métiers, de couvertures de situations de crise dans le monde entier, ont des témoignages concordant : jamais ils ne s’étaient sentis aussi personnellement menacés pour faire honnêtement leur travail.

Depuis une semaine, depuis la signature de la loi électorale, qui a ramené la lutte sur le terrain politique, et la pachamama dans le palais présidentiel, un calme relatif est revenu en Bolivie, en surface, parce que la répression, les menaces contre les membres du Mouvement pour le Socialisme, en particulier dirigées contre ses Parlementaires continuent, Démocratiquement parlant, sur le plan politique, le rapport de force est favorable au MAS et autres organisations sociales et populaires en lutte contre la dictature et le fascisme qui ont volé le pouvoir du peuple. Et cela les usurpateurs, avec leur 4% de représentativité, ne peuvent l’accepter.

Et cela, c’est le chapitre suivant

Anne W.

Andronico probable candidat présidentiel du MAS rencontre la jeunesse d'Eterazama

Pour fini sur une note d’espoir : Andronico probable candidat présidentiel du MAS aux prochaines élections prend un bain de jeunesse. Les plus jeunes, parfois révoltés contre le gouvernement autoritaire d’Evo Morales, ne savaient pas avant les dernières semaines ce qu’était une réelle dictature. Cette expérience a éveillé leur conscience, et réuni dans un même combat contre la dictature des jeunes pro et anti Evo, Les jeunes d’une municipalité de Cochabamba ont convoqué une réunion politique dont Andrinico est l’invité.

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 14:15

 

 

En Bolivie, on a pu voir au cours des derniers jours les équipes d’enquêtes de différentes organisations de droits humains recueillant les témoignages bouleversants des victimes de massacre. Des proches de ceux qui sont morts, en larmes, amènent aux enquêteurs les balles des militaires qui ont tué ceux qui leur êtres chers et les vêtements des défunts transpercés par ces balles. Des gens ont été tués non parce qu’il étaient « séditieux » ou terroriste mais bien parce qu’ils étaient indigènes. Je vais vous traduire ce qu’en dit le Haut Commissaire du Comité International des Droits Humains :

LeHaut commissaire aux Droits Humains déclare :

"La situation en Bolivie est alarmante, très préoccupante. Au point que je commence par la fin et je vous dis : la commission va établir, je suis autorisé à le révéler, que doit être constitué un groupe interdisciplinaire et international d’experts qui puissent être constitué dans le pays et enquêter, approfondir les fait qui ont eu lieu après le renoncement du président Morales et l’annulation électorale qui ont causé au moins deux massacres clairement vérifiés dans l’Alto et l’autre à Cochabamba où il y a eu une vingtaine de personnes qui sont mortes par balles dans des opérations conjointes des forces armées et de la police malgré que l’information officielle parle de morts qui se seraient produites dans des affrontements entre civiles. Nous pensons que cela exige une enquête internationale parce que nous ne rencontrons pas de garanties internes d’enquête impartiale et ferme. Nous allons également poser que la Commission Inter-américaine doit réaliser rapidement une visite dans le pays intégrées par les commissionné(e)s afin de dialoguer, vérifier sur les lieux et amplement avec les autorités, avec les organisations de la société civile, avec la presse, avec les victimes, avec leurs proches sur les faits qui se sont déroulés. Il est également très alarmant de constater que un de ces massacres s’est produit le jour qui a suivit la promulgation de ce décret très questionnable par lequel le gouvernement intérimaire dispose des forces armées et décide que cette intervention sera exempte d’enquête et de tout type de responsabilité. Répression pour les anciennes autorités, répression et réduction au silence d’une partie de la presse et silence délibéré pour l’autre. [une enquête aussi] concernant les personnes qui considèrent avoir été victimes de leurs violation de droit humains pendant le gouvernement d’Evo Morales avant les élections et également victimes postérieures au thème électoral. Il y a une situation très alarmante, un polarisation, des discours de haine, de violence de la part de groupes armés et cela est quelque chose de très sérieux."

 

Il faut remarquer que si il y aura bien une enquête concernant d’éventuelles violations contre les droits humains de la part d’Evo Morales et de son gouvernement, les crimes contre l’humanité sont eux de la seule responsabilité de l’extrême-droite au pouvoir.

Ce qui frappe en premier lieu, c’est que le délégué du CIDH est dans ce même état de choc de témoins de l’horreur que l’étaient les journalistes internationaux qui filmaient la réalité de la répression et les témoignages des victimes et de leurs proches avant de devoir abandonner le pays à cause des menaces que proférait contre eux le pouvoir putschiste. Le même état de choc dans lequel je me suis retrouvée quand les premières vidéos nous parvenaient qui montraient des scènes de massacres, de rafles de la population civile, des hôpitaux de rue où des volontaires médecins, infirmiers, personnes de bonne volonté tentent de soigner au mieux les blessés alors que certains d’entre eux sont arrêtés pour sédition. Une manifestation pacifique de deuil bombardée de gaz lacrymogène forçant les participants à fuir abandonnant les cercueils qu’ils portaient au milieu des rues. Ils ne respectent vraiment rien.

Le décret promulgué par la présidente usurpatrice, qui a signifié le droit de tuer pour les militaires, le décret 4078 a été abrogé jeudi. Mais ce décret, semble-t-il, n’exemptera pas le pouvoir factice des crimes dont il est responsable face à la communauté internationale.

Les groupes de l’extrême-droite paramilitaires avaient déjà été mis en cause par les organisations de droits humains dès 2008 pour les crimes dont ils étaient responsables, assassinats et agressions de militants du MAS, paysans, ouvriers syndicalistes, et les crimes selon les termes du FIDH, commis contre des personnes « simplement parce qu’elles sont indigènes ou sympathisante du MAS ». C’est ce qui a eu lieu aucours des dernières semaines, des personnes ont été assassinées simplement parce qu’elles étaient indigènes ou opposées au coup d’état.

Samedi dernier lors des débats de la table de négociation entre les mouvements sociaux et le gouvernement de fait, une discussion avait opposé la présidente assassine et le « ministre » de la défense, un personnage répugnant, aux représentants des associations qui exigeaient l’abrogation de ce décret. Et cela donnait envie de vomir. Nous seulement le ton utilisé par le ministre qui semble prendre les militants indigènes qui lui font face pour des imbéciles, mais aussi les mensonges qu’il profère avec beaucoup de conviction comme l’affirmation ceux que l’armée combat  sont des étrangers qui se seraient introduits dans le pays pour y semer le chaos. Si,si, il le dit et le répète avec une grande conviction : nous devons combattre les forces étrangères qui ont envahi notre pays. « Tout cela, c’est de la démagogie » lui rétorque un représentant des mouvement sociaux. A d’autres moments l’argument du pouvoir étaient que les morts et les blessés par balles auraient été le résultat d’affrontements entre civiles. Ce que réfute le CIDH. L’attitude tant du « ministre » que de la « présidente » dévoile aussi qu’à leur yeux le vandalisme mérite la peine de mort… et que l’interdiction de tuer le peuple à vue est pour eux une grande frustration, en particulier pour le ministre.

Le CIDH, heureusement, n’est pas dupe et je sais que nous sommes beaucoup à espérer que les enquêtes conduiront le gouvernement putschiste et ses complices devant les Cours de Justice Internationale pour y être jugés pour crime contre l’humanité. Un avertissement pour l’extrême-droite bolivienne et latino qui rêve de pouvoir partir à la chasse aux indigènes sans rencontrer de résistance. Nous sommes tout aussi nombreux à souhaiter que la présence des organisations internationales qui vont enquêter sur le terrain dissuadera les tyrans sanguinaires qui ont confisqué le pouvoir exécutif en Bolivie de perpétuer de nouveaux massacres et tout autre forme d’atteinte aux droits humains et aux droits politiques des personnes.

 

Anne W

Une vidéo qui montre ce qui s’est déroulé après la confiscation du pouvoir par l’extrême-droite putschiste, comment se sont déroulées les rafles qui se sont produites à ce moment, comme un relent de nazisme :

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 15:31
La Pachamama est de retour au palais présidentiel
La Pachamama est de retour au palais présidentielLa Pachamama est de retour au palais présidentielLa Pachamama est de retour au palais présidentiel

La Pachamama est de retour au palais présidentiel

Le Mouvement pour le Socialisme a montré ces derniers jours qu’il est une force politique bien implantée dans la population, capable de se recomposer même après une attaque féroce, comme le coup d’état qui a tenté de le détruire. Les putschistes ne se sont pas contentés de renverser Evo Morales, ils s’en sont pris aussi au dirigeants et cadres du mouvements, forçant les uns à fuir le pays, emprisonnant d’autres et tentant de semer la terreur dans l’ensemble du mouvement.

Il y a à peine quelques jours, la Bolivie était plongée dans la violence, et la situation semblait désespérée. Les usurpateurs du pouvoir avaient déchaîné une violence qui plus que les coups d’états qui ont mis au pouvoir des dictatures en Amérique Latine évoquait la montée au pouvoir des nazis en Allemagne. Non sans raison sans doute, puisque les principales forces des putschistes viennent de la Media Luna bolivienne, une région qui a eu le triste privilège d’être une foyer d’accueil de l’essaimage nazi, un des pires d’entre eux ,Klaus Barbie y trouva un refuge, protégé par les USA pour les services qu’il leur avait rendus dans la « lutte contre le communisme ».

Le fascisme en accédant au pouvoir pratique systématiquement un nettoyage ethnique, un nettoyage politique et un nettoyage social. La cible ethnique des néo-fascistes et autres nazis d’Amérique Latine, ce ne sont pas les juifs, mais bien les populations indigènes, leur mot d’ordre : achever la Conquista en apportant une solution finale à la « question indigène », l’ extermination définitive des peuples originaires. Un des vecteurs de ce courant est religieux, c’est un courant évangélique en pleine croissance. Il sévit en Amérique du Nord au Sud et compte des dizaines de millions d’adeptes, 20 millions au Brésil où ils ont porté Jair Bolsonaro au pouvoir.

Mais il existe également des courants catholiques qui servent la même cause, comme on a pu le voir récemment au Mexique quand un prêtre demande à ses disciples de prier pour délivrer ce pays de Satan auquel l’aurait livré le président Andrès Manuel López Obrador et de détruire toutes les institutions du pays, alors qu’en Bolivie, de bons chrétiens pratiquent des exorcismes collectifs pour chasser Satan, la Pachamama (enceinte de l’antéchrist) du pays. Le coup d’état a été dirigé par Luis Fernando Camacho, qui bien que catholique est un proche de Bolsonaro et des fondamentalistes évangéliques. Il dirige l’Union des Jeunes Cruzénistes, mouvement d’extrême-droite, paramilitaire dont la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, déjà en 2008 dénonçaient les exactions commises par ce groupe paramilitaire « parmi lesquelles figurent les harcèlements, menaces, assassinats de défenseurs de droits humains et de paysans qui luttent pour une juste répartition des terres mais qui mènent aussi des attaques contre des personnes ou des groupes du seul fait qu’ils sont indigènes ou partisans du gouvernement »….. « 

Nettoyage ethnique, nettoyage politique, nous avons pu voir leurs troupes à l’œuvre au cours des dernières semaines, cette fois ils bénéficiaient de la protection de la police et de l’armée.

Le coup d’état consommé, Camacho qui ne s’est jamais présenté à aucune élection entre au palais présidentiel en vainqueur et prononce cette phrase qui fera le tour de la planète « Le Christ est de retour, plus jamais la Pachamama n’entrera dans ce palais ».

La répression se déchaîne alors, ciblée ou « aveugle », le paysage du pays se couvre de champs de bataille, des batailles ignobles tant les forces sont inégales. C’est clair toute la violence ne vient pas du côté des putschistes, il y a des groupes violents qui s’opposent au nouveau pouvoir et des actes de vandalisme, dont on ne sait qu’elle fut la part de provocation et le rôle qui aurait joué des membres du MAS. Mais l’immense partie du mouvement de résistance qui se lève est pacifique, et d’autres qui le sont moins opposent des pierres aux fusils des militaires qu’un décret promulgué d’urgence par la pseudo-présidente a exempté de toute responsabilité pénale pour les actes commis pendant cette sanglante répression.

Officiellement c’est une trentaine de personnes qui sont tombées, en majorité tuées par les balles des militaires, mais il y a de nombreux disparus et des témoignages affirment que les militaires ont fait disparaître des corps en différents lieux du pays. Les hôpitaux sont fermés ou débordés, pour soigner les centaines de blessés, des médecins, infirmiers et autres volontaires installent des hôpitaux de rue, plusieurs d’entre eux seront arrêtés pour cela sous prétexte de sédition. Un mot à la mode à ce moment en Bolivie, le même qui a obligé les journalistes internationaux a quitter le pays, une autre décret les menacent de se voir accusés de sédition si dans la pratique de leur métier, plutôt que de chanter les louanges du nouveau pouvoir, ils filment la terrible réalité du terrain et recueillent des témoignages qui permettent au monde d’en prendre connaissance. Les journalistes sont également menacés physiquement, ils ne s’approchent plus des fenêtres, de peur que quelque franc-tireur les prenne pour cibles, la situation devient intenable. J’ai pu voir une partie de l’évacuation épique de plusieurs journalistes argentins, en état de choc, choqués parce qu’ils avaient pu voir, choqués de s’être vu menacés de mort pour simplement faire leur boulot.

Mais déjà le rapport de force se déplace. Le projet de pays d’Evo Morales avait perdu une grande partie de son soutien. De plus de 60 % des voix, il tombe à 47 % (toute question de fraude présumée mise à part), clairement il est en désaffection. Un projet de transformation radicale comme le menait Evo Morales n’est viable que si l’adhésion qu’il rencontre est en permanente augmentation. Un projet de changement radical pour s’imposer quand moins de la moitié du pays le soutient, demande sinon une dictature, du moins un régime autoritaire afin de contraindre les opposants à se soumettre au nouveau modèle.

Pourquoi ce projet est tombé en désaffection, j’ai des pistes et mon opinion, mais pas encore assez documentée pour mener une plus ample analyse. Je suis cependant toujours surprise de voir que la gauche crie au miracle parce qu’un président socialiste à un taux de croissance élevée, alors que même des économistes de droites commencent à reconnaître que les taux de croissance positifs sont synonymes d’écocide et que l’importance du PIB comme ont la vu pour le Chili, n’est en rien une garantie de réduction des inégalités et de la pauvreté d’un pays. Que pendant ses deux premiers mandats Evo ait accomplit un travail formidable pour améliorer les conditions de vie, l’accès à l’éducation et à la santé d’une grande partie de la population la plus pauvre, la plus abandonnée, la plus démunie et exclue, c’est certain. Qu’il ait contribué à la possibilité pour la population originaire, jusque-là marginalisée, de prendre place à part comme sujet à part entière dans l’activité politique du pays, cela aussi il faut le mettre à son actif. Mais petit à petit, le pouvoir s’est stratifié, et les hautes sphères du MAS ce sont coupées des militants de base du parti et de leur implantation populaire. Les témoignages se recoupent, si de nouvelles têtes apparaissent dans le cénacle dirigeant ce n’est plus parce qu’elles ont été élues par la base, mais bien parce qu’elles ont été cooptées par Evo.

Le mécontentement grandit, et quand Evo annonce qu’il est réélu président, il se déchaîne sous forme de massives protestations. Des protestations qui ont certes deux composantes, une qui est le résultat du travail de sape qui fait partie du coup d’état préparé depuis Washington avec des complicités locales depuis l’accession au pouvoir d’un président socialiste, exactement comme ce fut le cas au Venezuela, où renverser Hugo Chavez était devenu une priorité pour Washington et l’oligarchie locale dés sa première élection en 1998. Il y a beaucoup de points communs dans les mouvements subversifs et putschistes qui sévissent dans ces deux pays et de liens entre les membres de ces 2 factions qui font partie d’un même courant et reçoivent les mêmes formations de la NED, l’USAID et autres ONGs de la subversion US. Mais où je voulais en venir, c’est que si comme au Chili ou en Colombie, se retrouvent dans les soulèvements des gens qui ont été mobilisés par des « agitateurs professionnels », ils sont une petite partie d’immenses mouvements de légitime mécontentement populaire, c’est important, j’y reviendrai plus tard, quand Piñera, Duque ou le « ministre de la défense » du gouvernement de fait de Bolivie Luis Fernando López Julio justifient la répression militaire par la présence d’une « attaque d’origine étrangère », ils insultent un peuple capable de décider seul que la manière dont il est gouverné ne lui convient pas.

Et donc dans la première phase de soulèvement populaire en Bolivie, il y a beaucoup de gens qui sont là parce qu’ils aspirent réellement à un changement à la tête du pays, des gens qui se sentiront trahis et utilisés quand l’extrême-droite confisquera le mouvement puis le pouvoir. La grande erreur de cette clique usurpatrice a été de déchaîner leur racisme triomphant dès les premières heures de leur victoire. Des sinistres relents d’un passé pas si lointain, d’une cruelle domination et exploitation de la majorité indigène du pays par cette même minorité blancoïde a ouvert les yeux de ceux qui manifestaient contre Evo, mais certainement pas pour l’accession au pouvoir d’une extrême droite raciste, cruelle, et fanatique religieuse.

La composition des manifestations avant et après la victoire du coup d’état n’est pas la même, le rapport de force change et le peuple uni commence a se réorganiser. Le nouveau pouvoir débordé par la force de la réaction déchaîne une répression démesurée. Il espère semer la terreur parmi la population, la forcer à dégager les routes et les rues, c’est le contraire qui se produit, au-delà de la douleur, la colère et la détermination populaire s’intensifient.

Pendant ce temps, le nouvel exécutif formé totalement des fidèles de ce courant qui a emporté 4 % des votes aux dernières élections, tente de détruire les assemblées législatives où le MAS occupe presque deux tiers des sièges. Les représentants du peuples sont sauvagement agressés, leurs familles sont séquestrées, leurs maisons brûlées, d’autres sont emprisonnés, d’autres encore entrent dans la clandestinité où prennent le chemin de l’exil. Des députés, des sénateurs ne peuvent tout simplement plus quitter leur région pour se rendre au siège du gouvernement faute de moyens de transport.Tout semble perdu…

Eva Copa Présidente du Sénat de Bolivie

Eva Copa Présidente du Sénat de Bolivie

Soudain pourtant le processus s’inverse. Des députés et sénateurs du MAS se sont accrochés, pour pouvoir continuer à travailler certains campent sur place dans les locaux du Congrès , ils ont peur s’ils sortent soit de se faire arrêter, soit d’être empêchés de rentrer par des forces de l’ordre qui ont battus l’ancienne présidente du sénat, toujours sénatrice, pour l’empêcher de pénétrer dans les locaux.

Une jeune femme va prendre la direction de la réorganisation des forces. Elle s’appelle Eva Copa Murga, elle a 32 ans, militante dès l’adolescence, elle a déjà derrière elle un long parcours politique. Je n’ai pas tous les détails de toutes les étapes des événements qui vont suivre, mais une bonne idée générale. Le 14 novembre Eva est élue, dans le respect des règles constitutionnelles, présidente du Sénat. Le but : remettre le législatif au travail pour pouvoir opposer aux putschistes à la légitimité nulle, une force politique légitime, cohérente et représentant la majorité du pays. Parce que dehors le massacre se déchaîne, que l’armée tire sur des gens désarmés, parce que les représentants du peuples sont menacés de mort. Il faut avant tout arrêter le massacre et ensuite, couper court à la volonté clairement et activement manifestée des usurpateurs de se maintenir au pouvoir. Il ne faut pas laisser se prolonger le vide législatif qui leur permet de gouverner par « décret suprême ». Il ne faut pas leur permettre d’organiser seuls de nouvelles élections dont ils décideraient des règles. Je ne sais pas exactement comment les Assemblées ont pu se remettre au travail, mais elles l’ont fait. Et sous supervision de représentants de l’église, de l’Union Européenne et de l’ONU, des tables de négociations ont eu lieu réunissant le pouvoir de fait, le pouvoir législatif et les représentants des organisations sociales. Le samedi 23 novembre sont proposées face à cette assemblées les versions finales de deux projets de loi, la première concerne la pacification du pays, la seconde l’organisation des élections, elles seront signées le le lendemain. Quatre vidéos d’un peu plus d’une heure chacune rendent compte de ces débats, j’ai regardé la dernière, je vous en rendrai compte par la suite, parce qu’il y apparaît beaucoup de choses importantes pour comprendre les forces en confrontation et que ce moment est une incontestable victoire du peuple obtenue par des négociations qui ont ramené la Pachamama de pied ferme, la voix haute, claire portant un discours intelligent et déterminé, au cœur du palais présidentiel.

 

Anne W

 

 

Le pouvoir factice n'en mène pas large, la "présidente" et le "ministre de la Défense ont perdu leur suberpe
Le pouvoir factice n'en mène pas large, la "présidente" et le "ministre de la Défense ont perdu leur suberpeLe pouvoir factice n'en mène pas large, la "présidente" et le "ministre de la Défense ont perdu leur suberpe

Le pouvoir factice n'en mène pas large, la "présidente" et le "ministre de la Défense ont perdu leur suberpe

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 03:34

 

 

 

La situation en Amérique Latine ne cesse de se complexifier, comme le jeu qui consiste à pêcher des gouttes de vérité dans des océans de fausses nouvelles et de propagande plus ou moins élaborée, selon les publics cibles. Des sites auxquels j’ai pu faire confiance pendant des années, soudain semblent changer de bord, un site indigène (Pérou) publie une ode à Camacho, un site de gauche (Espagne) traite AMLO de fasciste…

Camacho "Jamais la Pachamama ne reviendra dans ce palais" dit-il en pénétrant dans le palais présidentiel

Camacho "Jamais la Pachamama ne reviendra dans ce palais" dit-il en pénétrant dans le palais présidentiel

 

 

La situation en Amérique Latine ne cesse de se complexifier, comme le jeu qui consiste à pêcher des gouttes de vérité dans des océans de fausses nouvelles et propagande plus ou moins élaborée, selon les publics cibles. Des sites auxquels j’ai pu faire confiance pendant des années, soudain semblent changer de bord, un site indigène (Pérou) publie une ode à Camacho, un site de gauche (Espagne) traite AMLO de fasciste…

Les fachos de la Media Luna Bolivienne, cela fait des années que je les suis, irrégulièrement, mais j’ai visité plusieurs de leurs sites, lu des centaines des commentaires qu’ils échangent entre eux avec leurs amis d’extrême-droite d’autres pays, d’autres contrées, les appels à exterminer les populations indigènes qu’ils se répètent ad nauseam, et récemment j’ai trouvé un article-enquête qui faisait une synthèse élargie de ce que j’avais pu apprendre jusque-là et qui ne laisse aucun doute Fundamentalista, paramilitar, fascista y millonario: Luis Fernando Camacho, líder del golpe en Bolivia il mériterait une traduction complète… comme tant d’autres sujets… je vais vous en donner quelques éléments qui concordent avec ce que j’ai pu vérifier par ailleurs. Vous trouverez quelques vidéos illustratives sur le lien donné ci-dessus.

C’est un texte de Max Blumenthal, le fait qu’il soutienne clairement Evo Morales n’enlève rien à la valeur informative de l’enquête. Qui est Camacho, qu’est l’Union des Jeunes Cruzenistes qu’il dirige, comment il va émerger du néant politique pour devenir le leader du coup d’état contre Morales alors que quelques jours avant presque personne ni en Bolivie, ni ailleurs n’avait entendu parler de lui, sinon dans les laboratoires de déstabilisations des USA, qui utiliseront les médias aux ordres pour le transformer en un instant en leader de la « révolution démocratique » en Bolivie.

Aujourd’hui quand j’entends les termes Démocratie, Liberté, Société Civile, je cherche la tentacule de la pieuvre fasciste qui se cache derrière les écrans de la désinformation, de la manipulation des consciences, de même que je prend des pincettes quand je vois les mêmes propagandistes matraquer du dictateur, narco-régime, terroriste, non pas pour JOH au Honduras, un des chouchous de Trump, mais bien pour Evo Morales ou autres des hommes à abattre.

Je suis critique de Morales, en fonction de ma propre vision d’avenir, cela n’efface pas tout ce qu’il a fait de bien pour son pays et pour ses habitants. Le taxer de dictateur narco-terroriste, se servir de cette requalification abusive pour le transformer en Cheval de Troie involontaire de l’invasion armée dont les USA menace le Mexique qui l’a accueillit, cela se sont des mensonges, des manipulations de l’histoire inacceptables. L’ex-indigène, oxygénée, remodelée et mal blanchie, qui joue en ce moment le rôle de Présidente très chrétienne (et raciste) de Bolivie, Jeanine Añez, dépose plainte contre AMLO à la Cours Internationale de Justice de la Haye parce qu’il « protège un terroriste ». Tout cela semblerait ridicule, si cela ne s’articulait pas avec d’autres mouvements et tactiques de l’extrême droite américaine (du nord, du centre, du sud) pour déstabiliser le Mexique et l’ensemble de la région. Ce sont des infos qui arrivent dispersées, un puzzle dont les pièces rassemblées montrent le sinistre dessein de la préparation d’un coup d’état au Mexique. Requalifier Evo de terroriste et faire de même avec les organisations du crime organisé, une autre grande manipulation en chantier (voir l’affaire LeBaron) permettraient aux USA de mener une invasion armée au Mexique sans autre forme de procès… mais les préparatifs de putsch au Mexique, bien que fortement lié est un autre sujet.

Revenons à nos Cruzénistes, mouvement notoirement connu en Bolivie, de longue date, pour son idéologie raciste et les violences qu’il commet contre la population indigène et les installations du gouvernement (ce que confirme un rapport de l’ambassade US, qui ajoute que leurs actions sont plus racistes que politiques). Ses membres reçoivent une formation paramilitaire, et pratiquent le salut nazi. Il faut rappeler que la Media Luna bolivienne dont ils sont originaires fut un des nombreux berceaux latinos de l’essaimage nazi, un des lieux où les héritiers d’Hitler se sont enracinés et reproduits, transmettant leur funeste idéologie à leurs descendant et gagnants de nouveaux adeptes à leur cause.

Dès que Evo Morales arrive à la présidence en 2006, ils sont outragés, humiliés d’être subordonnés à un sous-homme, un cafard indigène… je n’exagère même pas un tout petit peu, loin de là. Ils commencent à préparer leur revanche. En 2002, à l’âge de 23 ans, Camacho a été élu vice-président de l’Union des Jeunes Cruzénistes (UJCà.

Ils sont séparatistes et prêchent pour l’autonomie de leur région, et pour réaliser leurs projets ils ont formé une « garde civile », qui selon eux compterait 7000, un chiffre sur-évalué, toujours selon l’ambassade (US en Bolivie).

Après avoir visiter les membres de la UJC en 2007, le journaliste Benjamin Danglo les décrit comme « le poing de fer » du mouvement séparatiste de Santa Cruz et écrit à leur sujet :

« L’Union Juvenile est connue pour frapper et fouetter les paysans qui marchent en faveur de la nationalisation du gaz, lancer des pierres sur les étudiants qui se sont organisés contre l’autonomie, lancer des cocktails Molotov sur la télévision de l’état et attaquer brutalement le mouvement des Sans Terre qui luttent contre les monopoles agricoles ».

En 2008, Camacho a trouvé un ami et complice en la personne de Branko Marinkovic, président du Comité Civique pro-Santa Cruz, organisation marraine de UJC, dénoncé par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme en tant qu’acteur et promoteur du racisme en Bolivie. Quand Marinkovic dénonce Evo Morales devant cette organisation pour les soi-disant persécutions politiques dont il serait l’objet, la FIDH lui répond par une lettre dans laquelle elle dénombre les actes de violence dont lui-même et son organisation se sont rendus coupables !

En Bref :  La FIDH exprime sa profonde préoccupation pour la recrudescence des actes violents fondés dans l’intolérance, la discrimination et le racisme pratiqués par le Comité pro-Santa Cruz et l’Union Juvénile Cruzéniste  – qualifiée par le FIDH « d’espèce de groupe paramilitaire » - parmi lesquelles figurent les harcèlements, menaces, assassinats de défenseurs de droits humains et de paysans qui luttent pour une juste répartition des terres mais qui mènent aussi des attaques contre des personnes ou des groupes du seul fait qu’ils sont indigènes ou partisans du gouvernement…..

En 2013, alors que les USA soutiennent ces organisations dans leur préparation d’un coup d’état contre EVO, le New York Times évoque une autre organisation membre du complot, la Phalange Socialiste (en souvenir du National Socialisme d’Hitler) Bolivienne, fondée sur le mode des Phalanges espagnoles de Franco, elle accueillera le bourreau nazi Klaus Barbie, avant que la CIA ne le recycle dans l’Opération Condor qui installe les dictatures militaires d’Amérique Latine à la fin du siècle dernier. Dans ce cadre la Phalange avait mené en Bolivie en 1971 le coup d’état qui avait renversé le gouvernement de gauche, son chef le général Hugo Banzer Suares s’attribua la présidence. Le précédent président avait commis le crime de nationaliser les industries du pays et d’en expulser les agences vecteurs d’ingérences de Washington…. Déjà vu ?

 

En 2019, ce sont ces mêmes organisations qui après des années de préparation et plusieurs échecs ont dirigé le mouvement qui a mis Evo Morales en déroute et à présent ce sont les mêmes Organisations Cruzénistes et leurs émules qui accompagnent police et militaires, au service du pseudo-gouvernement, dans des opérations destinées à remettre, par l’épouvante, à leur place d’esclaves et de bétail, les populations indigènes et les partisans d’Evo, et à les dissuader par la menace de tenter de participer à l’avenir à la vie politique du pays.

Et si demain l’occasion leur était donné de tuer massivement tout habitant originaire non exploitable sans merci pour leur propre profit, je n’ai aucun doute il le feraient, sans hésitation, ni état d’âme, ni remords…. Qui parlait d’éternel retour du même ? J’espère que non et que la réorganisation qui se produit au sein des mouvements ouvriers, paysans, indigènes arrivera à empêcher ce coup d’état de se perpétuer lors de prochaines élections. Mais cela c’est la suite de l’histoire.

L’article est encore long, il donne des éléments de la préparation de ce coup d’état militaire et paramilitaire, montre ses liens avec Washington et avec une nébuleuse fasciste internationale, etc.

Ce que je voulais mettre en évidence ici c’est la continuité et la répétition de politiques d’ingérence US en Amérique Latine et leur utilisation systématique d’organisations d’extrême-droite pour parvenir à leur fin. Ainsi que la menace que ces gens et les groupes auxquels ils appartiennent font peser « contre des personnes ou des groupes du seul fait qu’ils sont indigènes ou partisans du gouvernement….. » Afin de mettre en lumière les raisons d’une modification du rapport de force, nous ne sommes plus dans la lutte entre pro et contre Evo, mais dans un combat différent qui oppose les putschistes qui voudraient s’installer au pouvoir de manière durable à tous ceux qui par le passé ou récemment ont souffert des actes violents fondés dans l’intolérance, la discrimination et le racisme pratiques récurrentes des groupes suppôts de ce pouvoir fasciste.

La résistance s’organise et une jeune femme de 32 ans, Eva Copa Murga, membre du MAS a été élue constitutionnellement Présidente du Sénat. De nouveaux leaders apparaissent, qui réorganisent les forces politiques de manière critique et autocritique… Lien vers l’entrevue (en Esp) réalisée par radiodeseo, Eva y explique que sa première motivation pour accepter d’assumer cette lourde charge, c’est pouvoir contribuer à mettre un terme à la répression et restaurer un ordre constitutionnel dans le pays. Elle a pris en main les négociations avec la pseudo-présidente pour l’organisation d’élections et un accord a été signé dimanche. Mais cela je vous en parlerai par la suite

Anne W

 

Pour finir sur une note d’espoir, Eva Copa Murga, nouvelle présidente du Sénat que je soutiens de tout cœur, vous pouvez la voir ici une vidéo de quelques secondes qui ne peut être reproduite sans droits d'auteur...

Eva la courageuse

Eva la courageuse

Autres vidéos qui dressent un panorama de la situation Noticias Bolivia., la plupart sont courtes et illustratives.

 

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 23:19

 

Il devient de plus en plus difficile de savoir ce qui se passe vraiment en Bolivie Profonde. Au cours des derniers jours, à travers toutes les sources, dans toutes le régions, revenait ce même appel chargé de douleur et de colère des populations originaires : « Ils nous tuent comme des chiens et la presse est absente. S’il vous plaît, aidez-nous, montrez ce qui se passe ici, nous avons besoin de tous les soutiens »

Je viens de publier une traduction, d’une vidéo qui décrit le coup d’état made in USA en 1954 au Guatemala. Pendant toute la traduction, je sens la résonance avec ce qui se produit en Bolivie, même si Evo Morales n’a plus la popularité incontestable dont il jouissait lors des précédentes élections, il effectuait toujours le mandat en cours jusqu’au 22 janvier 2020 pour lequel il a été élu avec plus de 60 % des voix, il a été forcé à démissionner sous la pression dans une mauvaise farce de soulèvement populaire préparé depuis Washington. Ma traduction suivante sera celle d’une vidéo qui analyse, documents à l’appui ce coup d’état « made in USA ». Et montre que le soulèvement au cri de « fraude » était déjà programmé de toute façon au cas plus que probable ou Evo gagnerait les élections et que le rapport de l’OEA au sujet de cette fraude a été critiqué de manière convaincante, plus que les arguments que ce rapport bâclé et inexacte présente

 

Pour comprendre ce que rétablir la démocratie veut dire pour les USA, il suffit d’aller voir ce qui se passe au Honduras depuis plus de 10, une triste histoire… une histoire de terreur et de misère qui pousse une grande partie de la population à fuir le pays, coûte que coûte. Alors que l’immense majorité des habitants demandent le départ d’un président élu de manière inconstitutionnelle doublée d’une fraude, la preuve est faite depuis New-York où son frère vient d’être condamné pour trafic international de drogue à haut niveau et autres bagatelles (j’ai oublié les termes techniques), la preuve est faite que le président Juan Orlando Hernandez (JOH) a été bénéficiaire de l’argent de la drogue de son frère, qui a – entre autre – financé ses campagnes électorales, et que la femme de ce JOH a contribué au blanchiment de cet argent sale. JOH fait l’objet d’une enquête de la DEA depuis 2012, le fils du précédent président a également été condamné aux USA pour trafic de drogue. La violence a explosé dans le pays depuis le coup d’état, alors que la misère touche une majorité de la population. Les opposants, les journalistes sont harcelés, menacés, assassinés ou disparaissent, comme la militante lenca du COPINH, Berta Caceres, assassinée de deux balles dans la tête, le 3 mars 2016, alors que les organisations internationales de Droits Humains avaient exigé du gouvernement qu’elle bénéficie de mesures de protection. Etc…

Mais Trump a félicité en personne JOH pour l’excellent travail qu’il fait… On croît se retrouver en plein cauchemar, quand tout perd son sens parce que les mots disent le contraire de ce qu’ils signifient réellement.

C’est ce que vivent les habitants originaires et légitimes de Bolivie en ce moment. Une presse prostituée qui présente une réalité inventée du pays, pendant qu’ils se font humilier, battre, assassiner, emprisonner… Le cri d’alerte aujourd’hui qui fait écho en différents lieux du pays : le gouvernement fait disparaître les corps des morts.

Une image parle plus que des mots...les petits points verts…

Brèves du jour 21 11 2019

Le coup de force de ce coup d’état, c’est que par un des tours de passe passe auquel la CIA voudrait nous habituer, un parti tout aussi extrêmement minoritaire qu’il est sans contestation possible raciste et d’extrême-droite, par une manipulations des faits et des circonstance, organisée, préparée de toutes pièces a pris le pouvoir. Dans la distribution des sièges parlementaires en Bolivie, le parti du nouveau pouvoir est représenté par les petits points verts.

 

Aujourd’hui se déroule en Colombie une grève générale, un arrêt du pays, en protestation contre des mesures néolibérales, l’absolue incapacité du président Duque a gouverner le pays, les assassinats constants de militants et autres dirigeants populaires, le retour de la terreur dans la « guerre contre la drogue » qui a causé dernièrement la mort de 8 enfants, la persistance de la violence paramilitaire d’extrême-gauche, comme d’extrême-droite, etc.

En vue de la manifestation, Duque a mis les casernes en état d’alerte et déclaré à partir d’aujourd’hui un couvre feu… je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir en détail comment se passe les manifestations…. Un autre bon élève de Washington

Une bonne nouvelle : au Chili les forces de l’ordre n’ont dorénavant plus le droit d’utiliser les cartouches qui ont rendu plus de 200 chiliens partiellement ou totalement aveugles. Mais. Trop de témoignages confirment que certains carabiniers tiraient volontairement de près et au visage, pour douter que ces sadiques trouveront d’autres manières de faire souffrir le peuple rebelle…. Et autres mauvais traitements.

 

Je voulais surtout vous inviter à ne pas détourner le regard de ce qui se passe en Bolivie, même s’il est de plus en plus difficile de trouver des sources qui rendent compte de la situation de terrain en différents lieux du pays.

A suivre

Anne

La presse d’ici ne dit rien, elle parle seulement de pacification. Le jeune montre sur l’écran de son téléphone, le corps de son beau-frère traversé de part en part par une balle des militaires. Il montre ensuite le corps d’une femme de pollera (jupe traditionnelle) morte [...] et cette fois encore « Il n’y a pas de justice, ils nous dirent, comme des chiens, comme des animaux. Je l’ai vu avec nons propres yeux, ils nous tirent dessus »

Démenti du Ministre de la Justice qui affirme que l'armée n'a pas tiré

La presse d’ici ne dit rien, elle parle seulement de pacification. Le jeune montre sur l’écran de son téléphone, le corps de son beau-frère traversé de part en part par une balle des militaires. Il montre ensuite le corps d’une femme de pollera (jupe traditionnelle) morte [...] et cette fois encore « Il n’y a pas de justice, ils nous dirent, comme des chiens, comme des animaux. Je l’ai vu avec mes propres yeux, ils nous tirent dessus »

 

Mais encore

Arrestation d’un médecin qui soignait les blessés (23s)

 

Vous trouverez d’autres courtes vidéos qui montrent ce qui se passe en Bolivie profonde sur Noticias Bolivia. qui est régulièrement actualisé.

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.