9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 15:51

 

La Belgique a besoin de personnalités politiques qui élèvent et élargissent le débat avec des arguments fondés et rationnels pas de pourriture qui joue sur le plus bas niveau émotionnel pour gagner des voix... il ferait mieux de se reconvertir dans la littérature pornographique, sa véritable place. Ce machin inqualifiable est la honte de la Belgique décente, il détourne l'attention des vrais problèmes urgents posé par une globalisation qui nous étouffe à petit feu, pas des histoires de culs relayées dans le plus pur style de la presse à scandale...

 

 


 

Laurent Louis est-il vraiment anti-système ?
Ricardo Gomez

 

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MICHEL COLLON : Des lecteurs belges me demandent si je soutiens Laurent Louis, candidat aux prochaines élections. On leur a dit que j’en étais proche. Pas du tout. J’ai toujours dit que face au système injuste dans lequel nous vivons, avec ce croissant écart riches – pauvres, provoqué par l’exploitation des multinationales, nous avons besoin d’une transformation progressiste à la Chavez ou à la Evo Morales. Et pas d’un programme d’extrême droite qui renforce cette exploitation économique. Il vient même de conclure une alliance technique avec le parti « La Droite » en réalité d'extrême droite qui dénonce une « atmosphère étouffante » à Bruxelles à cause de « l'islamisation ». Tout vote pour Louis peut faire élire un député raciste et islamophobe. Aucun principe ! Quand on a commencé à parler de Laurent Louis, je l'ai rencontré pour voir si une évolution progressiste était possible. J’ai demandé s’il comptait prendre ses distances avec l’extrême droite, mais ce n’était pas le cas. Je suis opposé au fait qu’on interdise ces opinions, je suis même prêt à débattre avec lui pour réfuter ses thèses. Mais il faut de la clarté, pas de la confusion fourre-tout. Aujourd’hui, beaucoup de gens sont dégoûtés du système politique et certains voient en Laurent Louis le seul qui s’oppose à l’élite dirigeante. Vérifions les faits…



Laurent Louis est une girouette politique. Entre juin 2010 et novembre 2013, il est successivement passé de la droite du MR à l’extrême droite du Parti populaire (PP). Il en est exclu et fonde le MLD, qu’il dissout pour passer au parti Islam. Il en est rapidement exclu après s’en être autoproclamé président, et finit par créer Debout les Belges.

Laurent Louis dit tout et son contraire. Au PP, il défend des positions islamophobes, et a même proposé la suppression du financement public des cultes. Mais un an et demi plus tard, il se rallie au parti Islam. Comment interpréter un tel revirement ?

Laurent Louis est un opportuniste. Parti de l’extrême droite, il essaie de rallier à lui les musulmans et rejoint Islam. Ses anciens alliés y voient une trahison, mais il les rassure. En mars 2013, la militante d’extrême droite Géraldine Feuillien, qui avait soutenu le député, diffuse un échange de SMS dans lequel Laurent Louis s’explique : « Tu ne vois pas que c’est stratégique ? ISLAM, DLR, les Congolais et demain, rdv avec Parti Antisioniste. » Et ensuite : « Sans siège en 2014 je perdrai toute ma crédibilité au parlement. » 

Laurent Louis est un menteur.
Il essaie de séduire les musulmans mais s'allie pour ces élections avec le parti "La Droite", une liste d'extrême droite qui dénonce l'islamisation de Bruxelles Capitale et son "atmosphère étouffante". Pour grappiller des voix, il est prêt à tout, même à faire élire des fascistes.
 
Laurent Louis a été un parlementaire antisocial. Toutes ses propositions au Parlement vont dans le sens de l’ultralibéralisme. En vrac, il a défendu : la dénonciation des réfugiés par les CPAS, la limitation des allocations de chômage, le travail forcé pour les détenus, le retrait de la nationalité pour certains citoyens qui ne sont pas « Belges de souche » (sic), la suppression de la prépension, la suppression des primes de naissance, la suspension du paiement des allocations familiales en cas de condamnation d’un mineur…

Le programme de Debout les Belges est toujours antisocial. On y trouve des propositions telles que plafonner l’impôt à 35 %, un cadeau en or pour les plus riches, qui n’en demandaient pas tant. Le gouvernement avait déjà ramené ce plafond à 50 %, au grand plaisir des patrons et des plus fortunés. Il veut aussi mettre les chômeurs au travail forcé, comme les ultralibéraux le proposent dans plusieurs pays d’Europe.

Laurent Louis est tout sauf éthique. Il parle de replacer l’« éthique » au centre de la politique. Pourtant, il n’hésite pas à exhiber publiquement les photos d’autopsie de Julie et Mélissa pour faire le buzz. Il n’a aucun respect pour les victimes d’un pédophile. 

(et les rapports d'autopsie avec tous les détails... un nectar pour les pédophiles qui voteront certainement pour ce fournisseur bénévole de pédopornographie la plus ignoble et qui n'apportait rien en matière de justice... Anne)

Laurent Louis se nourrit du système. Il fait partie de cette élite sur laquelle il prétend cracher. Il a été élu en 2010 avec le score bas de 1345 voix etgrâce à l’astuce juridique de l’apparentement. Grâce à ça, il gagne 5729 euros par mois pour siéger au Parlement… Il se nourrit de la colère et du dégoût légitimes que provoque ce système pour en faire l’instrument de sa réélection.

Laurent Louis n’a aucune vraie critique du système. Pour lui, tous les malheurs viennent des personnes d'origine juive et/ou des francs-maçons. On oublie le fait que les milliers de familles mises au chômage chez ArcelorMittal sont le fait du patron Lakshmi Mittal, qui n’est ni juif ni franc-maçon. On oublie que la crise financière de 2008 et la folie spéculative qui l’a précédée n’ont ni nationalité ni religion. Des banquiers belgo-belges comme Maurice Lippens, de chez Fortis, et Albert Frère en sont la preuve.

Laurent Louis n’a pas d’explication sur d’où viennent les inégalités. Dans le monde, 85 personnes possèdent autant que la moitié de l’humanité. Ça, Laurent Louis ne l’explique pas. Il ne critique pas le système économique actuel, basée sur le profit, qui permet à une minorité de s’enrichir sur le dos des autres.

Laurent Louis n’a pas d’alternative au système. Aucune de ses propositions ne change la logique du système. Jamais il ne parle des travailleurs qui se battent, jamais il ne dénonce les profits des multinationales, jamais il ne propose un projet de société. La plupart de ses propositions socio-économiques se retrouvent dans les programmes des partis libéraux et ultralibéraux.

Laurent Louis renforce le système. Sa stratégie provocatrice et son absence de critique du système renforcent le système. Laurent Louis légitime avec ses provocations un organisme comme la LBCA de Joël Rubinfeld qui veut faire taire toute critique d’Israël en Belgique au nom de la lutte contre l’antisémitisme.

Laurent Louis veut se faire passer pour un martyr, celui qui s’oppose à l’élite et défend le peuple contre une classe dirigeante « pourrie ». Mais la vérité, c’est que Laurent Louis sert de bouffon aux partis traditionnels. Nous avons besoin de penser en dehors du système actuel, mais ce que fait Laurent Louis n’est que trop profitable au système. L’alternative, il faudra la chercher ailleurs. Aucun doute là-dessus ...


Liste de quelques propositions de lois déposées par Laurent Louis au Parlement :
- le 11 mars 2011 : une exception au secret professionnel auquel sont tenus les agents du CPAS, afin de leur permettre de dénoncer des réfugiés à la police et de les exclure s’ils les soupçonnent d’avoir de faux papiers. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/1291/53K1291001.pdf)
- le 31 mars 2011 : pour les chômeurs, abolir les allocations d’attente et limiter la durée des indemnités à un maximum de trois ans. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/1341/53K1341001.pdf)
- le 28 avril 2011 : ramener l’âge de la majorité pénale à seize ans. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/1359/53K1359001.pdf)
- le 8 juin 2011 : restaurer le travail forcé pour les détenus. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/1551/53K1551001.pdf)
- le 14 juin 2011 : retirer la nationalité pour les citoyens qui ne sont « belges de souche » (sic) s’ils ont commis des crimes ou délits.
- le 9 août 2011 : suppression de la prépension conventionnelle. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/1711/53K1711001.pdf)
- le 19 septembre 2011 : suppression des primes de naissance. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/1742/53K1742001.pdf)
- le 8 février 2012 : suspension automatique du paiement des allocations familiales en cas de condamnation d’un mineur et sanctions à l’encontre des parents. (http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/2047/53K2047001.pdf)

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 13:20

Qui est qui ? Qui veut quoi ? Quelle place pour les peuples dans le « partage du gâteau-monde » ? Quel sont les articulations de la nébuleuse fasciste qui émergeant de l’ombre où elle s’est cantonnée, s’est renforcée et multipliée pendant des décennies, et qui apparaît actuellement comme un vecteur déterminant du pouvoir global ? Quels sont les réels enjeux de l’affrontement US/UE/OTAN – Russie ? Qui en sont les véritables protagonistes ? Quelques-unes des questions qui sous-tendent mes recherches.

Une première conclusion, alors que je n’ai pas encore élucidé les méandres complexes – et fondé sur des bases conceptuelles différentes du pouvoir occidental - des structures du pouvoir de la Russie comme membre à part entière du pouvoir global, c’est que la lutte dont Poutine est la pointe visible, est une lutte pour le partage du monde entre Corporations dans le cadre de ce Nouvel Ordre Mondial, dont les oligarques russes ambitionnent de faire partie des sphères dirigeantes, bénéficiant d’une bonne part du gâteau. Pour appuyer ce propos, en vertu du principe qui veut que pour la critique, il n’est pas de meilleure source que les dires ou écrits la personne ou du groupe concerné, je commencerai par reprendre quelques extraits du programme de politique étrangère, présenté par Poutine lors de sa dernière campagne électorale présidentielle.  En particulier la partie qui concerne son projet pour l’Europe. L’intégralité de ce texte publié sous le titre « La Russie et l’évolution du monde » se trouve ICI1 et ICI2.

Une autre conclusion est que cette lutte se mène entre des sphères oligarchiques qui ont en commun de s’arranger entre elles pour ne laisser aux peuples que la portion minimale, qui lui permette d’une part d’être opérationnel dans la production de plus value qui constitue le butin de cette oligarchie, et de ne pas constituer un problème par les troubles que son mécontentement pourrait provoquer, usant à la fois de la carotte pour les uns et du bâton pour les autres, voir éliminant physiquement ceux qui constituent la dissidence à ce projet de monde.

Une troisième conclusion, c’est qu’il serait erroné de croire que dans la phrase « Washington lance une offensive contre Moscou », Washington et Moscou représente des gouvernements et encore moins les peuples des Etats-Unis ou de la Russie. Cette offensive est un moment de la transition des gouvernements des peuples vers la gouvernance mondiale, une gouvernance qui concentre le pouvoir de direction du monde entre les sphères dirigeantes des Grandes Corporations, la lutte ici n’est pas celle des peuples, mais celle que mènent les Corporations « Occidentales » qui entendent s’approprier tout le gâteau (unipolarité) contre les Corporations Chinoises et Russes qui réclament leur part (bi ou tripolarité) qui ne remet pas en cause le dit néo-libéralisme, le Système-Monde-Marchand, avec ses règles de concurrence et de « loi du plus fort », et son principe inhérent : les peuples si besoin est doivent être sacrifiés sans état d’âme à nos intérêt. Un principe que partagent les Corporations Occidentales, Russes et Chinoises, malgré les histoires et structures qui les différencient. Aujourd’hui c’est le peuple d’Ukraine qui est sur l’autel du sacrifice et se fait dépecer morceau par morceau, par ceux qui veulent avoir la mainmise sur l’ensemble du pays. Et si je souscris tout à fait à la thèse qui pose l’Occident comme agresseur, je ne souscris pas par contre à celle qui prétend que la Russie aurait des but plus « noble » et « défendrait » les intérêts du peuple d’Ukraine.

Mais que racontait donc Poutine lorsqu’il définissait le programme d’insertion de la Russie dans la gouvernance mondiale corporatiste ?

 

« Nous poursuivrons, évidemment, une politique proactive et constructive, visant à renforcer la sécurité globale, à renoncer à la confrontation, à réagir efficacement aux défis tels que la prolifération des armes nucléaires, les conflits régionaux et les crises, le terrorisme et le trafic de drogue. Nous ferons tout pour que la Russie dispose des derniers acquis du progrès scientifique et technologique, et pour assurer à nos entreprises une place importante sur le marché mondial.

Nous ferons tout pour que la mise en œuvre du nouvel ordre mondial, basé sur les réalités géopolitiques contemporaines, se déroule de manière progressive, sans perturbations inutiles.


D’emblée la couleur est clairement annoncée, aucun doute n’est possible, son programme se place dans le cadre du Nouvel Ordre Mondial, dans lequel son but est d’assurer la meilleure place sur le Marché, qu’il ne remet nullement en question.

Ensuite nous abordons les « révolutions de couleurs et autres printemps, et cela va nous permettre de démonter son actuel discours sur l’Ukraine.


(…)Il est préoccupant de voir que bien que nos "nouvelles" relations avec l’Otan n’aient pas encore acquis une forme définitive, l’Alliance commet déjà des actes qui ne contribuent en aucun cas à l’établissement d’un climat de confiance. En elle-même, une telle pratique affecte le calendrier international, empêche de définir un ordre du jour positif dans les relations internationales et ralentit les changements structurels.


Nouvel Ordre Mondial Marchand, Calendrier des changements structurels, qui nous le verrons dans les passages relatifs à l’Europe sont bien ceux préconisés par le néo-libéralisme.


Des « printemps arabes, des « interventions « humanitaires » qui ont suivit - détruisant tout sur leur passage - et du remplacement de régimes pires par encore plus pire sans avoir eu recours à l’ONU, gouvernance mondiale des conflits….

(…)Nul n’a le droit de s’octroyer les prérogatives et les pouvoirs de l’ONU, notamment en ce qui concerne l’utilisation de la force contre des États souverains.


Dans le discours de Poutine, l’ONU apparaît comme l’organisation de transition vers cette gouvernance mondiale, et le lieu où les décisions et partages doivent se faire « entre pairs », les 3 pays à droit de veto.


(…) Pire encore, (la logique même d’un tel comportement est pernicieuse) elle déstabilise davantage l’ensemble du système international de sécurité et détériore l’autorité et le rôle central de l’ONU. Rappelons que le droit de veto n’est pas un caprice, mais une partie intégrante de l’ordre mondial consacrée par la Charte des Nations Unies – sur l’insistance des États-Unis, d’ailleurs. Ce droit implique le fait que les décisions auxquelles s’oppose au moins un membre permanent du Conseil de sécurité ne peuvent pas être cohérentes et efficaces.

(…)Et il existe également un autre aspect. Il s’avère que dans les pays touchés par le printemps arabe, de même qu’en Irak à l’époque, les sociétés russes cèdent leurs positions acquises au cours des décennies sur les marchés locaux et perdent des contrats commerciaux importants. Et les créneaux vacants sont récupérés par les acteurs économiques des pays qui ont contribué au renversement des régimes en place.

On pourrait penser que dans une certaine mesure, ces événements tragiques n’ont pas été motivés par le souci du respect des droits de l’homme, mais par la volonté de redistribuer les marchés. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons bien sûr pas rester les bras croisés. Et nous avons l’intention de travailler activement avec les nouveaux gouvernements des pays arabes afin de rétablir rapidement nos positions économiques.


Il y a donc une rhétorique, de renvoi de balles dans le jeu destinés à « l’opinion publique internationale » qui consiste à se positionner comme le « vrai défenseur » des Droits Humains mais dont la conclusion donne l’enjeu réel. Le vrai problème ce ne sont pas les violations de ces droits en tant que tels, mais le fait que les révolutions de couleur et autres printemps sont en fait un des modes de la guerre d’appropriation du monde instrumentalisant des révolte populaire spontanées ou provoquées pour installer des gouvernements favorables aux intérêts occidentaux. Il ne parle pas de rétablir les peuples victimes de l’instauration de nouvelles dictatures, pires comme il le reconnaît, mais bien de travailler avec ces nouveaux gouvernements dont il a lui-même reconnu qu’ils sont pires afin de rétablir la position économique de la Russie…

Ce même type de propagande est abondement utilisée actuellement par les 2 parties dans la guerre d’Ukraine.

Ensuite viennent les BRICS


 (…)La Russie attache actuellement et continuera à attacher dans le futur une importance prioritaire aux relations avec ses partenaires du groupe BRICS. Cette structure inédite créée en 2006 est la démonstration la plus spectaculaire du passage d’un monde unipolaire à un ordre mondial plus équilibré. Le groupe réunit cinq pays dont la population s’élève à près de trois milliards de personnes, et qui sont dotés des plus importantes économies émergentes, de gigantesques ressources naturelles et de main-d’œuvre, ainsi que de marchés intérieurs colossaux. Après l’adhésion de l’Afrique du Sud, le groupe BRICS a acquis une dimension réellement mondiale, et il génère déjà plus de 25% du PIB de la planète.


Pas grand-chose à dire, c’est une autre analyse que le rôle des BRICS dans ce partage du monde, je ferai juste remarquer, que ressources naturelles et humaines sont placé sur pied d’égalité et prises comme facteurs de l’économie de marché. Point. Pas comme des populations dont le bien être seraient la priorité d’une saine et éthique économie, celle pour qui le système devrait être conçu dans un monde de Souveraineté Populaire… Vous en doutez ? Attendez la suite, nous abordons l’Europe vue par Poutine !

 

La Russie est une partie intégrante et organique de la Grande Europe, de la civilisation européenne au sens large du terme. Les citoyens russes se considèrent comme des Européens. Nous sommes loin d’être indifférents à l’évolution de l’Union européenne.

C’est la raison pour laquelle la Russie initie la transformation de l’espace situé entre les océans Atlantique et Pacifique en une entité économique et humanitaire unifiée que les experts russes qualifient d’Union de l’Europe et qui renforcera davantage les moyens et les positions de la Russie dans le cadre de son revirement économique vers l’"Asie nouvelle."


Et ne me dites pas qu’il parle d’espace humanitaire… c’est un mot à la mode, intervention humanitaire, donne une bonne vision de ce que les globalistes entendent par ce terme.


Dans le contexte de l’essor de la Chine, de l’Inde et d’autres économies émergentes, les chocs financiers et économiques qui secouent l’Europe, auparavant oasis de stabilité et d’ordre, ne nous laissent pas indifférents. La crise de la zone euro concerne forcément la Russie, étant donné avant tout que l’Union européenne est le plus grand partenaire économique et commercial de notre pays. Il est évident que la situation en Europe est largement déterminante pour les perspectives de développement du système économique mondial dans son ensemble. 


Qui voudrait réellement créer une Europe humanitaire, commencerait par remettre en cause ce système économique, la suite confirme qu’il n’en est pas question pour Poutine :


La Russie a activement rejoint les mesures internationales visant à soutenir les économies européennes en difficulté, elle participe constamment à la prise de décisions collectives au sein du Fonds monétaire international (FMI). La Russie n’exclut pas en principe la possibilité d’offrir, dans certains cas, une aide financière directe.


Et oui, le sauveur aux yeux de certain est un « sauveur FMI ». Vous doutez toujours ? Voyons la suite :


Néanmoins, j’estime que les injections financières en provenance de l’étranger ne peuvent constituer qu’une solution partielle. Le règlement intégral du problème nécessite des mesures énergiques systémiques. Les dirigeants européens sont confrontés à la nécessité de mettre en œuvre des réformes d’envergure visant à remanier foncièrement plusieurs mécanismes financiers et économiques destinés à assurer une véritable discipline budgétaire. La Russie a intérêt à avoir affaire à une Union européenne forte, correspondant à la vision de l’Allemagne et de la France, car nous souhaiterions concrétiser le puissant potentiel de partenariat entre la Russie et l’UE.

L’interaction actuelle de la Russie avec l’Union européenne n’est tout de même pas à la hauteur des défis mondiaux, avant tout sur le plan du renforcement de la compétitivité de notre continent commun. Je suggère de nouveau qu’un effort soit fait afin de créer une communauté harmonieuse d’économies entre Lisbonne et Vladivostok. Et à terme, il s’agit de créer une zone de libre-échange, voire des mécanismes encore plus sophistiqués d’intégration économique. Cela nous permettrait de bénéficier d’un marché commun continental se chiffrant à plusieurs milliers de milliards d’euros. Se trouve-t-il des gens pour douter que ce serait une excellente idée et que cela correspondrait aux intérêts des Russes et des Européens ?


Oui, Monsieur Poutine, nous sommes nombreux à douter que ces recettes du FMI, que vous adoptez avec un bel enthousiasme soit dans l’intérêt d’aucun peuple qui en fait les frais. Ce sont des recettes qui contribuent à augmenter les écarts entre les quelques plus riches et les plus pauvres, qui démantèlent l’économie de bien commun et l’état de bien être d’un pays au détriment des populations au bénéfice d’intérêts privés nationaux ou étrangers.

Non Monsieur Poutine, vous ne m’avez pas convaincue qu’il serait bon pour le peuple de mon pays, pour les pays voisins de se rapprocher de la Russie que vous incarné. Et je publie ceci justement pour dessiller les yeux de ceux que votre rhétorique actuelle de défenseur du Droit Internationale leurrent parce qu’il s’imagine que vous défendes des droits humains, alors qu’en réalité, ce qui vous importe, c’est la défense des intérêts des corporations russes dont vous êtes le représentant. La dernière partie concerne l’insertion de la Russie dans le monde marché, en particulier via l’OMC et autres organisation clés du système néo libérale, elle renforce ce qui a été dit auparavant… Poutine ne remet en rien ce système, il cherche seulement à y assurer la meilleure place pour lui et ses  commanditaires qui ne sont pas le petit peuple de Russie, mais les oligarques en compagnie de qui il dirige le pays.


(…)En décembre 2011, la Russie a adhéré à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) En toute honnêteté, ce processus long et ardu nous a souvent donné envie de "claquer la porte" et de tout abandonner. Toutefois, la Russie n’a pas cédé aux émotions. Au final, notre pays a obtenu des compromis avantageux : les intérêts des producteurs industriels et agricoles russes ont été respectés dans l’attente d’une concurrence accrue de la part des entreprises étrangères. Les acteurs économiques russes bénéficieront de nouvelles possibilités considérables pour accéder au marché mondial et pouvoir y protéger leurs droits de manière civilisée. Pour moi, c’est cela qui constitue le principal résultat et non pas le fait symbolique de l’adhésion de la Russie au "club" mondial du commerce.

(…)En analysant notre façon de promouvoir les intérêts économiques russes sur l’échiquier mondial, on se rend compte que nous en sommes encore à l’étape de l’apprentissage pour le faire de manière systémique et cohérente. Contrairement à nos divers partenaires occidentaux, nous ne possédons pas encore la technique pour promouvoir correctement les mesures profitables aux entreprises russes sur les plateformes où s’effectuent les échanges commerciaux internationaux.

(…)Le gouvernement et les associations des milieux d’affaires russes devraient coordonner plus précisément leurs efforts dans l’arène internationale, mieux promouvoir les intérêts des entreprises russes et les assister dans l’implantation sur de nouveaux marchés.


Quelques formulations caractéristiques qui confirme que la Russie de Poutine ne constitue en rien une alternative au système, mais cherche à s’y insérer au mieux des intérêts des entrepreneurs locaux sans le remettre en question en quoi que se soit. Et à voir l’état des droits des travailleurs en Russie, à voir son enthousiasme pour les restructurations qui permettraient de faire le la grande Europe centrée sur la Russie un marché du travail compétitif, permettez-moi de douter que nous tourner vers la Russie pour nous débarrassez de 70 ans de colonisation US, serait seulement un changement de maître alors que rien ne nous garanti que le nouveau serait meilleur que l’ancien.

L’étape suivante consisterait à analyser les structures de pouvoir russes dont la pénétration maffieuse n’a rien à envier au narco capitalisme occidental. Et a montrer pourquoi à l’heure où l’occident dans ces tentatives d’installer son hégémonie globale utilise en Ukraine comme au Venezuela les organisations nazies et les fanatiques islamistes dans d’autres régions du monde, la Russie a établit un partenariat politique avec les extrême-droites européennes « institutionnalisée ». Ce qui nous conduira aux liens qui unissent ces partis européens avec des organisations comme la Tea Party aux USA, et pourrait nous mener à la conclusion que les gouvernements au sens ou nous les connaissons sont proches de la disparition… le nouveau gouvernement mondiale étant sur le point d’instaurer sa gouvernance dans un nouvel ordre mondial où la gestion des « ressources » humaines comprises par une oligarchie aura définitivement éliminé les concepts dePolitique - Mandataires du PeuplesGouvernement

A moins que… les peuples ne se réveillent avant d’être plongé trop loin dans le cauchemar pour espérer en sortir. Et cessant de prendre partie pour l’un des prédateurs-corporations qui se battent entre eux pour s’attribuer la plus belle part du gâteau monde, qu’ils leur volent ils ne trouvent ensemble les formes d’auto-organisation qui lui permettent de se réapproprier et le monde et le pouvoir de prendre collectivement les décisions qui les concernent.

A suivre

Anne Wolff

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 08:52

 

Par Jean Guy Allard


 


 

Il a prétendu représenter la liberté de la presse pendant toutes ces années pendant lesquelles il dirigea Reporters Sans Frontière (RSF) qu’il avait créé, moyen par lequel il s’est consacré à attaquer Cuba et les pays progressistes. Il a nié énergiquement être un agent nord-américain et des grandes corporations alors que de nombreuses preuves s’accumulaient contre lui le démontrant. Robert Ménard maintenant fait tomber définitivement le masque en se faisant élire comme maire de la ville française de Bézier, avec le soutien total du Front National, le parti d’extrême-droite gaulois. 

RSF, façade de la NED nord-américaine, de la CIA et de plusieurs géants français des communications, continue à être cité comme une référence en matière de liberté d’expression par divers organes de la presse internationale qui dénient la complicité criminelle de RSF avec Washington dans ces opérations de désinformation.

Les liens de Ménard avec des organismes de renseignement nord-américain, alors qu’il régnait littéralement comme secrétaire général de son organisation, ont atteint des niveaux d’une surprenante grossièreté. Pendant qu’il déchaînait des campagnes de propagandes contre Cuba, avec une hystérie inégalée, il se permettait d’effectuer des voyages à Miami et d’y célébrer bruyamment ses attaques contre l’île avec des éléments de la mafia cubano-américaine la plus identifiée à la CIA.

“Les campagnes d’information que nous réalisons pour les touristes qui vont à Cuba sont conçues par notre agence, Saatchi & Saatchi”, se vantait Ménard, sans préciser que Saatchi & Saatchi sont subsidiés par Publicis, la première agence publicitaire de France, la troisième du monde qui réalise des campagnes millionnaires pour l’US Army, Bacardi et jusqu’au Mossad israélien (service d’espionnage hébreux).

Le site Web nord-américain Counterpunch, a publié en août 2007 un articles des enquêteurs Diana Barahona et Jeb Sprague, où est mise en évidence l’alliance entre RSF et le Département d’État US à travers des contrats conclus avec la National Endowment for Democracy (NED) et l'International Republican Institute (IRI) deux des intermédiaires utilisé depuis l’administration de Ronald Reagan pour détourner des fonds publics vers des organisations étrangères.

Depuis des années, Ménard avait associé RSF à cette mafia des hiérarques de la Presse continentale appelée Société Intercontinentale de Presse (SIP, une vieille créature de la CIA dont le siège et à Miami et porte le nom de son « refondateur », l’agent Jules Dubois, illustre membre du renseignement nord-américain.

A l’heure de la défaite du coup d’état contre le Président Hugo Chávez, en avril 2002, la représentante de RSF, Maria José Pérez Schael, fit l’apologie des putschistes dans la presse locale et en 2004, RSF fit campagne contre la « Loi de Responsabilité Sociale en Radio et Télévision de la République Bolivarienne du Venezuela », défendant clairement les intérêts des grands médias commerciaux, en particulier ceux du magnat Gustavo Cisneros.

En 2008, après 23 ans, l’apparemment inamovible fondateur de Reporters Sans Frontières (RSF), Robert Ménard, annonça à la surprise générale qu’il abandonnait sa charge de secrétaire général de l’organisation controversée. Le défenseur suprême de la Liberté de la Presse acceptait de signer un contrat millionnaire avec l’Émir du Qatar… pays qu’il dénonçait jusque-là comme un véritable enfer pour les journalistes.

Ses amours avec l’émirat ne durèrent pas même un an. Celui qui prêchait la haine de Cuba et du Venezuela avec des subsides du Département d’État, réapparu à Paris en juin 2009, se réincarnant comme défenseur des droits de l’extrême-droite.

En d’autre temps Robert Ménard avait étudié dans un collège catholique et songeait au sacerdoce. Ensuite il fut successivement militant trotskyste et anarchiste.

A présent il s’exhibe avec des mouvements d’extrême-droite et en avril 2011 il publia « Vive Le Pen », un éloge du Front National (FN) d’extrême-droite caractérisé par son discours anti-immigrants et les sorties antisémites de son fondateur, Jean-Marie Le Pen, père de l’actuelle dirigeante du parti.

La revue française, Le Nouvel Observateur, dans un portrait qui retrace le parcours de Ménard jusqu’à son élection à Bézier, signale ce fait curieux, l’auto-proclamé militant de la liberté de la Presse s’est associé à Omar Harfouch un « turbulent play-boy libano-ukrainien » prétendument ami de Mouammar Kadhafi, qui soutint RSF avant de se consacrer à autre chose… le concours de Miss Europe.

L’importante publication française souligne également que Ménard en 2001 préféra ignorer le journaliste Sami Al-Haj, arrêté par les troupes nord-américaines en Afghanistan et emprisonné dans le camp de concentration de Guantanamo. Il ne prêta attention au cas de son collègue qua quand il ne put plus faire autrement, en 2006.

Dans les cas de l’assassinat des journalistes, Tars Protsyuk de Reuters et de José Causo de la télévision espagnole, Ménard alla jusqu’à affirmer que ce fut par hasard qu’un tank étasunien ouvrit le feu contre l’hôtel de Bagdad dans lequel ils se trouvaient.

Caméléon qui privilégie avant tout son compte bancaire, Ménard révèle une fois de plus la vraie nature de son « combat » pour la liberté. Entendrons-nous un de ces jours les agences de presse qui font référence à RSF comme source indiscutable d’information en matière de communication, dénoncer le sale travail de cet autre outil de désinformation de la CIA ?

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TWITTER:  @AllardJeanGuy

Alcalde fascista: así termina el ex capo de Reporteros sin Fronteras | CONTRAINJERENCIA


La guerre de 4ème génération


La définition d’un modèle d’ingérence et d’intervention qui a été appliqué au monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale pour déstabiliser les nations et faire tomber les gouvernements non affiliés aux intérêts des pays centraux (E.U. et Union Européenne) se radicalisa en 1989 quand depuis le Pentagone des officiers de l’Armée et l’Infanterie de Marine des USA produisirent un document intitulé « Le visage changeant de la guerre jusqu’à la quatrième génération ». A partir de là fut développée une théorie de la Guerre de Quatrième Génération associant le concept de Guerre Asymétrique à celui de « la lutte contre le terrorisme » que décrétera le gouvernement de George W. Bush.

En 1991, deux ans après ce premier document, le professeur Martin Van Creveld de l’Université Hébraïque de Jérusalem publia le livre « La transformation de la guerre » qui synthétise et complète la théorie de la guerre de Quatrième Génération. Dans ce modèle prévaut la substitution des bases militaires traditionnelles par d’autres cachées et des entrepôts ; Le contrôle de la population se fera non plus à travers une occupation militaire mais bien par un mélange de propagande et de terreur. Il prédit en plus la disparition des systèmes de combat traditionnels (armée contre armée) et sa transformation en conflit de basse intensité (également nommés Guerres Asymétriques).

Dans la Guerre de Quatrième Génération “Les tactiques et stratégies militaires sont remplacées par des tactiques et stratégies de contrôle social, au moyen de la manipulation de l’information et de l’action psychologique de manière à diriger le comportement social des masses. Les cibles ne sont pas physiques (comme dans l’ordre militaire traditionnel) mais psychologique et sociales. L’objectif ne vise plus la destruction d’éléments matériels (des militaires, soldats, infrastructures civiles, etc.) mais le contrôle du cerveau humain. Les grandes unités militaires (marine, aviation, tanks, sous-marins, etc.) sont remplacées par un grand appareil médiatique composé par les grandes rédactions et les studios de radio et télévision. Le bombardement militaire est remplacé par le bombardement médiatique. Les slogans et les images remplacent les bombes, les missiles et les projectiles du domaine militaire. L’objectif stratégique n’est alors plus la conquête et le contrôle des espaces physiques (populations et territoires, etc.) mais bien l’appropriation et contrôle du comportement social de masse.

La formule de la guerre de 4ème génération a été employée dans le monde entier dès avant sa formulation théorique (par exemple au Chili en 1973), mais au cours des dernières années et face aux échecs successifs de la méthode de la guerre conventionnelle pour occuper des pays (Irak, Afghanistan) cette forme d’intervention est devenue la forme préférée des interventions impériales. Elle a été utilisée contre l’Iran, la Syrie et la Lybie et dans notre Amérique Latine contre le Honduras, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela avec des degrés de succès divers.

 

 

Por Miguel Guaglianone 

 

Extrait de VENEZUELA/ De la “violencia civil” al terrorismo | ecopopular 

Traduction Anne Wolff

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 15:18

 

 

Aujourd’hui, je ne peux que vous conseiller la lecture de deux excellents textes, très complémentaires, publiés par Le Grand Soir :

Le premier Comment l’Occident fabrique les mouvements d’opposition de Andre VLTCHEK est un des meilleurs que j’ai lu sur ce thème, l’auteur est à la fois analyste et témoin en différents lieux de la planète et son texte est décapant.

Extraits :

Venezuela, Ukraine, Syrie, Thaïlande : des édifices publics ravagés, saccagés, violence, morts... Les gouvernements paraissent désarmés, trop craintifs pour intervenir. Que se passe-t-il ? Les gouvernements du monde démocratiquement élus sont-ils en train de devenir illégitimes à mesure que l’Occident crée puis soutient des mouvements d’opposition violents et conçus pour déstabiliser tout Etat qui se dresse debout contre sa volonté de contrôler totalement la planète ?

(…)La liberté, la légitimité et la transparence, voilà les vrais enjeux. J’ai quitté Bangkok, et alors que je suis dans l’avion, une pensée me hante : beaucoup de lieux sur lesquels j’ai écrit dernièrement vivent une situation similaire à la Thaïlande. Ceux qui sont élus démocratiquement, les progressistes les plus fervents, tous ces gouvernements à travers le monde sont sous le feu nourri d’attaques menées par des voyous, des bandits, des éléments antisociaux, voire carrément des terroristes.

(…)Dans ces pays où des gouvernements patriotes et progressistes ont été élus, ce sont les élites locales qui recrutent ces voyous pour le compte de l’Empire Occidental. Et avant eux, les soi-disant ‘’élites’’ sont recrutées, financées, entrainées ou à tout le moins éduquées par l’Occident. Sur un plan intellectuel, les médias privés se livrent une concurrence acharnée pour savoir qui d’entre eux sera le plus soumis au maître étranger. L’armée et les forces féodales les plus rétrogrades, dont les forces fascistes à travers le monde (voyez l’Ukraine par exemple), sont ainsi remises en selle, bénéficiant et profitant pleinement de la situation.

Tout ceci se passe à divers niveaux et à des degrés de brutalité très variables : Thaïlande, Chine, Egypte, Syrie, Ukraine, Venezuela, Bolivie, Brésil, Zimbabwe et de nombreux autres lieux à travers le monde.

Le procédé et la tactique sont quasiment toujours les mêmes : des médias financés par l’Occident, voire des médias Occidentaux eux-mêmes, jettent le discrédit sur les gouvernements élus par les peuples, participent à la création de scandales, tressent des lauriers aux mouvements d’opposition nouvellement créés.

 


Je vous laisse découvrir le reste par vous-même, je cite le passage suivant qui concerne l’Egypte

Je multipliais à ce moment-là les aller-retour en Egypte depuis plusieurs mois, tournant un documentaire pour la Chaine de Télévision Sud-Américaine, Telesur. J’ai vu avec désespoir mes amis révolutionnaires se terrer, disparaître de la surface de la terre. Pendant ce temps, des familles célébraient honteusement et ouvertement les morts causés par l’armée.

 


J’ai vu avec désespoir mes amis révolutionnaires se terrer, disparaître de la surface de la terre.


J’ai une hypothèse assez terrible, au cours de ces manipulations, et de ce coup de force qui fait disparaître dans une explosion de violence, est-ce que ce n’est pas aussi le moment où sont éliminés profitant du chaos les leaders de la réelle révolte populaire, repérés et ciblés lors des précédentes étapes, qui serait opposés au projet final et capables de mobiliser des forces populaire pour empêcher son bon déroulement ? Je voudrais savoir ce qu’en pense l’auteur parce qu’il donne là un début de confirmation à mes pires soupçons….

 

 

 

L’autre texte : de salubrité publique Indymedia Paris et les "antifas" soumis au détecteur de mensonge démonte quelques pièces importantes de cette immense arnaque que constitue le « mouvement anti-fa ». Je ne suis pas d’accord avec les auteurs quand il qualifie systématiquement les « anti-fa » de petites frappes. Si ceux qui les manipulent sont d’ignobles crapules, beaucoup d’entre eux sont des petits gars incultes et de bonne volonté, conditionnés pour servir l’opposé des intérêts qu’ils croient défendre. On peut se référer à l’article   Des droites au look de gauche par Raúl Zibechi

 pour voir démontée une – parmi tant d’autres - de ces manipulations qui instrumentalisent les jeunes de bonne volonté, de la même manière qu’elle utilisera les pulsions sadiques et crapuleuses des jeunes néo-nazis de première ligne…. « Diviser pour régner, instrumentaliser dans un camps comme dans l’autre, anticiper les révoltes pour les faire exploser en les canalisant dans le sens désiré, en profiter pour éliminer physiquement ou politiquement les leader de la Souveraineté Populaire, etc… ». Venezuela, théorie de Coups d’États « Doux » ; une pratique paramilitaire de violence et terreur nous donne aussi quelques recettes de comment faire diriger une révolte sincère de gauche, par des extrémistes de droite au service de Washington.

 

La première fois que j’ai vu cette annonce « Rejoins-nous. Toi aussi créée ton comité anti-fa dans ton quartier » (je ne sais plus si le terme était comité), un souvenir cinquantenaire a surgi immédiatement, dans les années 60 alors que l’Europe devait éliminer ces excédents de lait, le journal de Mickey lançait un appel « Toi aussi devient brigadier M » M pour Milk, il s’agissait d’inciter les jeunes à boire du lait parce que « c’est bon pour la santé ». C’était exactement le même procédé de recrutement, ayant aussi l’éthique comme prétexte. Nourriture saine, corps sain et tout le saint tremblement. J’avais juste envie d’y ajouter une mention utile, pour ceux qui auront à voir des rouge-brun partout « Si pas daltonien s’abstenir »

Ensuite je n’ai pas été surprise en fait de savoir que Clément Méric était mort après avoir participer conjointement avec des néo-nazis à une vente de vêtements de marque qui sont leur commun uniforme, seul change les insigne (et encore pas tous !). Je peux vous mettre ne série d’images d’émeutes devant les yeux, si aucun de ces symboles n’apparaît clairement sur la photo, je vous défie de me dire lesquelles sont fa et lesquelles sont « anti-fa ». Et je suis désolée de dire que ce sont souvent les mêmes moteurs émotionnels et les mêmes refus politiques superficiels du corporatisme dominant qui sont les ressorts de la manipulation des uns comme des autres. Mais aussi la même fin de destruction sans réel programme politique, sans projet de société qui permettent aux uns comme aux autres de déchaîner leur trop plein de violence adolescente (en crise prolongée pour certains).

Au-delà, on trouvera dans la hiérarchie des uns comme de autres de fins réelles de la manipulation, je doute que les propagandistes de Libération, article 11 et autres instruments de la manipulation médiatique destinée a discréditer l’opposition réelle, soit tout à fait innocents et inconscients de ce qu’il vont réellement, mais je douté également que tous ceux qui travaillent pour ces outils des nouveaux Goebbels, aient conscience de ce à quoi ils participent, sans des idiots utiles sincères et de bonne foi pour maintenir la couverture, les procédés seraient trop apparents.

Extraits deIndymedia Paris et les "antifas" soumis au détecteur de mensonge 

   que vous pouvez lire en totalité :

Depuis quelques années nous avons vu fleurir de nombreux groupuscules se réclamant de la lutte antifasciste. Mais s’agit-il d’une protestation de bonne foi ? Ces activistes sont- ils les dignes héritiers de l’antifasciste historique, celui issu de la coalition de partis de gauche à l’origine de la formation du Front populaire qui, sous l’occupation, résista à l’Allemagne nazie et au régime de la collaboration ? Quelles sont leurs sources ? Leur raisonnement tient-il debout ? Qui se cache derrière ?

(…)Derrière une façade pétrie d’idéaux et de symbolique d’inspiration libertaire, il s’agit pourtant bien d’outils de propagande néoconservatrice, donc raciste et guerrière.

(…)Les personnes décriées, intimidées, diabolisées, ont pour seul point commun la contestation du leadership étatsunien sur le reste du Monde, et de la politique d’apartheid et de spoliation du gouvernement israélien contre le peuple palestinien. Nous retrouvons constamment les mêmes cibles : Des gens de gauche, de droite et d’extrême droite, systématiquement assimilés sans distinction. Par ailleurs, l’extrême droite y représente un point d’ancrage argumentaire permanent, signe d’une manipulation évidente également en usage dans les rangs des réseaux néocons comme nous allons le voir.

Contenu :

I- L’alerte antifasciste : décryptage d’une manipulation

A- Une source néoconservatrice commune à ces pseudo alertes antifascistes

B- Trois marqueurs révélateurs de l’idéologie contenue dans la pseudo alerte antifa 

II- Deux poids deux mesures, ceux que l’alerte antifasciste épargne

A. L’extrême-droite d’obédience néoconservatrice, systématiquement épargnée 

B. Les théoriciens de l’islamophobie, eux aussi systématiquement épargnés

III- Ceux qui sont ciblés par l’alerte antifasciste

A- Pourquoi les militants anti-guerres de gauche en sont arrivés à accepter les bombardements de l’OTAN ? 

B- Les "mauvais régimes" selon les imposteurs maquillé en antifascistes

C- Syrie : point Godwin pour un massacre

D- Une propagande identique servit de prétexte en Irak 

(…) Si le régime irakien n’était pas un régime souple, les pires crimes infligés à la population irakienne ne sont pas imputables à Saddam Hussein mais à l’alliance atlantique. On estime qu’entre 1991 et 2003, un million d’enfants irakiens sont morts suite à l’embargo imposé par les Etats-Unis. La liste des produits interdits allait de simples denrées alimentaires à la quasi totalité des produits pharmaceutiques. En 1996, ce crime fut assumé par Madeleine Albright, secrétaire d’État de l’administration Clinton (et le bon docteur Kouchner NdL). Des informations qui ne posent pas le moindre problème de conscience à nos super résistants « antifas ». 10 ans plus tard, la Libye puis la Syrie ont droit au même traitement de mauvaise foi : l’intervention des intellectuels français.

IV- Leur but non-avoué : interdire le débat public contre le néocolonialisme

(…)Selon lui (Michel Collon), la propagande de guerre repose sur 5 principes :

  1. Occulter l’histoire
  2. Occulter les intérêts économiques
  3. Diaboliser l’adversaire
  4. Présenter notre camp comme n’attaquant pas un peuple, mais seulement un dirigeant
  5. Monopoliser l’information, empêcher le vrai débat

 

V- L’exemple type : Indymedia Paris soumis à l’épreuve du détecteur de mensonges

 

A- Les régimes réellement fascistes épargnés

B- L’assimilation du défenseur des opprimés à un oppresseur fasciste

VI- Extrême droite en Ukraine : sans surprise, pas d’alerte antifa

Conclusion :

Il arrive que l’histoire se répète, les corbeaux sont là pour nous le rappeler : à l’instar des militants de l’extrême droite identitaire des années 60 et 70 qui produisaient des brochures anonymes anti-Mitterrand et anti-communistes via la « Société d’Etudes et de Recherches Visuelles d’Impression » financée par l’UIMM (la caisse noire du patronat), les petites frappes de la nébuleuse néocon utilisent la même stratégie d’intimidation. Une seule différence : la couleur des publications, adaptée à notre époque. Elles ont viré aux couleurs libertaires et altermondialistes, dans des publications qui se réclament de l’antifascisme. Pour le reste, très peu de différences : le corbeau de droite d’hier était un jeune cogneur nostalgique du colonialisme, alors que le néo-corbeau d’aujourd’hui est un défenseur acharné du néocolonialisme guerrier sur fond de thèses fascistes. Cependant, vous en conviendrez, l’erreur serait impardonnable de confondre quelques barbouzes au service de la pensée néoconservatrice prédatrice et fascisante avec le véritable esprit libertaire, solidaire et pacifiste.

 

Bonne lecture....

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 11:36

«Closer», combien de subventions ?


Corinne Morel Darleux          

Alors que j'étais plongée dans la lecture d'un article du Monde Diplomatique sur le Japon, que vois-je là, dans l'edito... Mince, sérieux ? Télé 7 Jours favoriserait 38 fois plus la « libre communication des pensées et des opinions » que Le Monde Diplo ? Intriguée, je remonte à la source et de fait. La lecture des chiffres 2012 des aides à la presse est très instructive. On y apprend ainsi que pour dévoiler les amours secrètes du Président de la République, Closer reçoit 558 000 euros de la part de l’État. On ne sourit pas.
Plus sérieusement, juste pour savoir : qu'est-ce qui justifie l'attribution de ces fonds publics à Auto-Moto ou à Mieux vivre votre argent ? Je ne suis pas une experte du monde professionnel des médias, mais je suis élue de la République. Et à la Région, je peux vous dire qu'avec ma camarade du PG, Elisa Martin, on épluche tous les dossiers de subvention en se posant à chaque fois la même question : où doivent aller les fonds publics, l'impôt de nos concitoyen-ne-s ? Dans certains cas, c'est facile. Pour STMicroelectronics, entreprise de droit hollandais dont le siège est en Suisse, qui dégage 830 millions de résultat net et licencie un peu partout dans le monde, la subvention de 25 millions, pour nous c'est non. D'autres fois c'est plus délicat, il faut peser l'intérêt général, l'utilité d'attribuer une aide, estimer à quoi ça sert, si c'est utile, ce qui se passerait si on ne la versait pas, tout en essayant de ne pas faire de la Région un palliatif aux déficiences de l’État. C'est le cas pour les hôpitaux de proximité, avec des maternités menacées par la tarification à l'acte (T2A) et la loi HPST dite Bachelot, que le gouvernement avait promis d'abroger et qui continue d'étrangler les petits établissements de santé comme chez moi, dans le Diois. Évidemment c'est du ressort de l’État, garant des solidarités et de la santé publique, mais on ne peut pas les laisser crever comme ça. Alors on vote pour, tout en rappelant le gouvernement à ses responsabilités.

Bref, pour en revenir aux aides à la presse : en quoi Télé 7 Jours (7 millions d'euros d'aides publiques), Télé Star (5 millions), Télé Loisirs (4,5 millions), Télé Z (3,7 millions), Télé Câble (3,3 millions), Télé Poche (1,7 million), Télé 2 semaines (1,2 million), TV Grandes chaînes (1 million) et Télé Magazine (0,2 million) contribuent-ils à l’intérêt général ?  Pour près de 28 millions d'euros tout de même...  28 millions d'euros, tiens, c'est aussi le montant de l'amende imposée par l'Union européenne pour entrave à la concurrence au « cartel de la crevette ». Sûr que là, la pluralité du programme télé est assurée.
28 millions d'euros... Quand on passe notre temps à entendre le discours euro-libéral débordant d'austérité du président Hollande et les appels à se serrer la ceinture ? Alors qu'on nous annonce une hausse de la TVA pour réduire les déficits publics et répondre à l'injonction de la « règle d'or » de la Commission européenne ? Sérieux, 28 millions d'aides publiques pour connaître les programmes télé, à l'ère de l'Internet ?


Internet parlons-en d'ailleurs, car il ne se trouve curieusement que très peu de sites d'information en ligne dans ce tableau des aides à la presse : epresse.fr, 20minutes.fr et slate.fr. Quant à Mediapart, Terra Eco ou Arrêt sur Images (qui explique pourquoi il dit non aux aides), le gouvernement s'en occupe d'une autre manière, en leur envoyant des contrôles fiscaux. La raison ? Tous ont pris la décision, au sein du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (SPIIL) d'appliquer le taux réduit de TVA de 2,1 %, le même que celui de la presse imprimée. L’administration fiscale, elle, veut leur imposer un taux de 19,6 %, comme d'autres services en ligne. Donc, si on récapitule : Télé 7 Jours c'est de l'information à subventionner avec un taux de TVA réduit, Mediapart c'est du service en ligne. Ah.
Les liens entre télévision et obésité
Avec une recherche rapide sur Internet, on se rend compte que 28 millions d'euros, c'est aussi ce qu'a perçu David Beckham pour faire de la publicité, via ses sponsors
, entre juin 2011 et 2012, selon le magazine américain Forbes. Ou encore, c'est le montant qu'un Canadien a gagné à la loterie avant de décider de tout reverser à des œuvres caritatives.
Voilà comment d'un article sur la bataille du Pacifique, percutée par une actualité de brève de comptoir, on s'en retrouve au cocktail télé, charité, publicité, loto et foot-business. Panem et circenses. On n'en sort donc jamais ?

Mur en pierres sèches.
Corinne MOREL DARLEUX 
Conseillère régionale Rhône Alpes et Secrétaire nationale à l'écosocialisme du Parti de Gauche

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 10:26

 

 

La calotte bipolaire


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L’austérité, c’est quand les riches vous accusent de ne pas ramer assez rapidement pour accélérer le bateau-banque de leur richesse.

On ne vous dira pas que si le niveau des mers monte et gruge  les bords des océans, c’est à cause de gens qui transpirent trop à travailler pour un bateau qui n’a pas d’autre destination que  les banques.

Gaëtan Pelletier

Source :

LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 10:54

 

de Farida Bemba Nabourema

 


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"Dans nos colonies, nous n’avons jamais appliqué l’Apartheid. On peut en faire une fierté " (Marion Maréchal Le Pen) Mlle Le Pen, je peux écrire 1000 tomes d’un livre d’1 million de pages chacun pour vous relater la politique nauséabonde de votre chère France dans ses anciennes colonies... Je peux peindre avec le sang des dizaines de millions personnes que la France a bombardées, fusillées, pendues, trempées dans de l’acide, brulées vives, décapitées, enterrées vivantes, chacun des millions de murs en France, et toujours manquer de place pour y peindre les larmes qu’ont fait couler et continue à faire couler votre France dans ses anciennes colonies... Mlle Marion Le Pen, je souhaiterais avant tout vous informer que la France ne possède plus de colonies à moins que vous ne désigniez par-là la Corse ; ce dont je doute. Depuis de nombreuses années que je tombe à chaque fois par hasard sur les déclarations des membres de votre parti le Front National, et plus précisément de ceux de votre famille à savoir votre grand-père Jean-Marie Le Pen et votre tante Marine Le Pen, je n’ai jamais jugé bon de répondre aux multiples inepties que vos proches ont tendance à pondre. Mais cette fois, suite à votre déclaration incongrue qui sans nul doute affiche votre ignorance béante de ce pays que vous prétendez représenter à l’Assemblée Nationale, j’ai décidé de vous répondre car je n’ose pas croire que vous êtes une imbécile pour vous répondre par mon silence comme j’en ai pris l’habitude avec votre tante Marine. Mlle Marion Le Pen, par cette déclaration "Dans nos colonies, nous n’avons jamais appliqué l’Apartheid. On peut en faire une fierté » que vous aviez faite sur BFM TV le 16 Décembre dernier lors d’une émission au cours de laquelle vous sembliez rendre hommage à Nelson Mandela, ce monsieur que votre « papy Jean Marie » traitait affectueusement de « terroriste » dans les années 80, vous ne m’avez point choquée car je sais que la France dans laquelle vous aviez grandi ne vous a jamais appris dans ses écoles, les horreurs qu’elle a commises dans ses anciennes colonies. Vous êtes de cette génération à qui la France ment et à qui la France cache son linge sale que vous avez pourtant le devoir de laver afin de réduire le degré de haine et de dégout que ressentent ceux-là que votre pays dont vous êtes si fière a humiliés, déshumanisés, torturés, exploités, opprimés, réprimés et continue de martyriser. Comment pouvez-vous laver le linge sale de votre chère France si durant toute votre vie, les gens, comme votre grand-père, qui avaient soutenu l’Apartheid, ont passé leur temps à vous faire croire que la France n’a fait qu’aider les « autres » à se « civiliser ». Oui, la civilisation de la sauvagerie et de l’avilissement ! Mlle Le Pen, à 24 ans, vous êtes la plus jeune députée de France, et étant votre cadette de quelques mois seulement, je peux donc conclure que vous et moi sommes de la même génération et pourrai alors dire qu’à cet âge et avec le poste que vous occupez, vous devriez connaitre la vraie histoire de votre pays la France... si et seulement si vous eûtes fait preuve de moins de paresse intellectuelle en ne vous contentant pas que des histoires que vous raconte « Papy Jean-Marie » mais hélas ! Je vais donc vous rendre un très petit service en parcourant avec vous quelques-unes des politiques de la France dans ses anciennes colonies qui étaient pires que l’Apartheid en Afrique du Sud. Avant tout, laissez-moi vous rappeler que vos ancêtres font partie de cette espèce d’êtres humains qui ont jugé noble d’acheter, de vendre d’opprimer et de massacrer d’autres êtres humains. Le Code Noir qui désigne l’ensemble de textes juridiques codifiant la vie des esclaves noires dans les anciennes colonies françaises (Indes françaises) est ordonné par le roi Louis XIV en 1685. Dans ce code, l’un des rois les plus adulés des « français de souches » comme vous Mademoiselle, a tout simplement animalisé les Noirs (pratique que des membres de votre parti telle qu’Anne-Sophie Leclère continuent) et dénigré d’autres peuples pour le simple fait que ceux-ci avaient une couleur de peau ou pratiquaient une religion différente de la vôtre. L’article 1er du Code Noir nous dit : « Voulons que l’Édit du feu roi de glorieuse mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles ; se faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos dites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. » Le Code Noir chère Mlle Le Pen est le fondement même des systèmes de ségrégation raciale et raciste comme l’Apartheid et l’on peut dire que les Boers d’Afrique du Sud se sont inspirés de la cruauté de vos ancêtres pour établir une version beaucoup plus diluée du Code Noir en Afrique du Sud. De la même manière que les Noirs étaient interdits de se regrouper durant l’Apartheid, Le Code Noir stipule dans son article 16 : « Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s’attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l’un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys ; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort ». En Afrique du Sud, bien que les Noirs fussent extrêmement sous-payés, ceux-ci recevaient quand même une compensation, aussi infime soit elle, pour leur travail, et avaient le droit d’exercer certaines petites activités commerciales. Mais dans l’article 18 du Code Noir, Mlle Le Pen, il est dit ceci : « Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit, même avec la permission de leurs maîtres, à peine du fouet contre les esclaves, de 10 livres tournois contre le maître qui l’aura permis et de pareille amende contre l’acheteur. » car vos ancêtres voulaient absolument éviter que les Noirs ne disposent de ressources financières qui risqueraient de leur permettre d’acheter leur liberté à leurs maitres comme c’était le cas dans certaines colonies britanniques et portugaises. Dans les anciennes colonies françaises, les esclaves ne pouvaient même pas rêver acheter leur propre liberté. Durant la période de l’esclavage, de nombreux historiens révèlent que plus d’un million de Noirs ont été massacrés dans les colonies françaises seules. Vous me répondrez peut être que la République Française et plus précisément la 5ème République du héros Charles De Gaulle n’a rien à avoir avec cette France esclavagiste. Et bien c’est vrai ! Votre 5ème République Française est pire que la France de Louis XIV : elle est la France de la barbarie pure et simple. Mlle Le Pen, serez-vous toujours fière de votre chère France en apprenant que celle-ci a massacré froidement et sans remords 120 mille camerounais en trois ans, de 1959 à 1962 pour le simple fait que ceux-ci ont réclamé leur droit le plus inaliénable qui est celui de l’auto-détermination ? Je n’invente pas les chiffres car c’est le journaliste du Monde André Blanchet qui le dit suite à ses enquêtes alors que les camerounais quant à eux parlent de plus de 200 mille morts. En Algérie, il fut question de 700 mille morts durant cette guerre coloniale que la France niait jusqu’en 1999 et qu’elle désignait affectueusement par « évènements d’Algérie ». Au cours de la guerre d’Algérie, la France de De Gaulle avait créé des camps de concentration qu’elle avait rebaptisés « camp d’internement » dans lesquels elle torturait et abattait sauvagement les arabes qu’elle y emprisonnait. Des milliers de jeunes filles, pour la plupart des adolescentes, ont été arrachées à leurs parents qui furent exécutés, et réduites en esclaves sexuelles que les soldats français, que votre 5ème République a fièrement décoré plus tard, violaient passionnément et collectivement. Certaines des survivantes raconteront plus tard qu’elles étaient violées par au moins 100 soldats en une seule journée. Nombreuses furent celles qui tombèrent enceinte et eurent des « enfants sans père » qu’aujourd’hui vos camarades appellent amicalement « la racaille ». Mlle Le Pen, comparer l’Apartheid aux bestialités de la France dans ses anciennes colonies est comme comparer une gifle à une décapitation. Loin de moi l’intention de minimiser les exactions du régime de l’Apartheid contre les Noirs d’Afrique du Sud ou encore moins de justifier l’Apartheid mais il est important que je vous apprenne que votre France, dont vous êtes si fière, fut et continue d’être l’une des puissances impérialistes les plus cruelles de l’histoire de l’humanité. Dans mon pays le Togo, durant la conquête coloniale, les soldats français ont coupé les deux pouces à l’aide d’une hache, aux guerriers de l’ethnie Konkomba qui résistaient à l’occupation française munis de leurs arcs et flèches. Mlle Le Pen, s’il vous est difficile d’imaginer la douleur que ces milliers d’hommes ont ressenti, je me propose de vous faire cette expérimentation mais malheureusement j’ai peur d’abimer vos maigres doigts qui n’ont surement jamais tenu une houe et un coupe-coupe de leur existence. C’est avec ces outils rudimentaires que des millions d’Africains ont cultivé des centaines de milliers d’hectares de force pour épargner la famine à votre peuple avant, pendant et après les deux guerres mondiales et la crise économique de 1929 qui ont rendu la France plus pauvre et plus féroce qu’elle ne l’était déjà . Votre pays la France a établi après l’abolition de l’esclavage et bien entendu du Code Noir, un autre code cordialement appelé « Le Code de L’Indigénat ». Ce code qui fut adopté en Juin 1881 et imposé aux peuples des colonies françaises en 1887, « distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français (les indigènes). » Ce complexe de supériorité qui régente votre peuple et que votre parti ne cesse de témoigner à travers ses discours provocateurs vous donne le droit d’appeler les autochtones des pays que vous êtes partis piller, des « indigènes ». Ce code de l’indigénat réduisait de nouveau les Noirs à l’esclavage ; rebaptisé en « travaux forcés ». Dans les anciennes colonies françaises, les Noirs devaient travailler de force pour la France sans compensation aucune. Certains avaient le devoir de cultiver le café, le cacao, le coton et autres produits agricoles qui ne peuvent jamais germer sur votre pauvre sol français. D’autres devraient quant à eux construire les chemins de fer et les wharfs qui devraient permettre à la France d’exporter les produits qu’elle volait aux colonies et d’autres enfin, devraient servir les administrateurs de colonies comme hommes de chambres, cuisiniers, vaguemestres, coursiers etc. La punition était les coups de fouet, l’amputation, ou la mort pour ceux qui voulait résister à la bestialité française. Entre 1908 et 1909, plus de 1500 « infractions » au Code de l’Indigénat ont été réprimées au Congo-Brazzaville seul et « en 1928, Albert Londres journaliste au Petit Parisien » découvre que la construction des voies ferrées ou les exploitations forestières provoquent un nombre effroyable de morts parmi les travailleurs africains du Sénégal au Congo et dans son article il écrira ceci : « Ce sont les nègres des nègres. Les maîtres n’ont plus le droit de les vendre. Ils les échangent. Surtout ils leur font faire des fils. L’esclave ne s’achète plus, il se reproduit. C’est la couveuse à domicile. » La répression dans les colonies françaises était si aigüe que des millions de personnes ont fui leurs villages pour s’installer dans les colonies britanniques. Robert Delavignette haut fonctionnaire, directeur de l’École de la France d’outre-mer et spécialiste des questions coloniales a rapporté la migration de plus de 100,000 Mossis de la Haute Volta (actuelle Burkina Faso) à la Gold Coast britannique (actuel Ghana). Le journaliste Albert Londres quant à lui, révéla aussi que plus de 600,000 personnes ont fui les colonies françaises d’Afrique de l’ouest vers la Gold Coast et plus de 2 millions ont fui les colonies d’Afrique centrale et une partie de l’Ouest vers le Nigeria qui était aussi une colonie britannique. La barbarie inouïe des colonisateurs français était insupportable aux « indigènes » qui ont préféré la domination britannique à la domination française. Ne dit-on d’ailleurs pas « qu’entre deux maux il faut choisir le moindre ? » Cependant, notez-bien Mademoiselle que la cruauté de cette France dont vous êtes si fière ne s’est pas arrêtée là. Afin de combler le vide dans ses colonies que les populations désertaient du faite de sa répression intense, la France « exportait » de force, comme des troupeaux, les Africains d’un pays à un autre pour les faire travailler dans ses plantations. Des milliers de personnes ont été parachutées de la Cote d’Ivoire à la Centre Afrique, du Sénégal au Congo et j’en passe. Et quand ces dernières se sont décidées à obtenir leurs liberté de la France et à mettre fin à leur exploitation, domination, oppression et répression, la France les a massacré comme au Cameroun, en Algérie ou encore au Madagascar ou plus de 100,000 Malgaches ont été massacrés par les soldats français suite à leur soulèvement en 1947. Mlle Le Pen, je peux écrire 1000 tomes d’un livre d’1 million de pages chacun pour vous relater la politique nauséabonde de votre chère France dans ses anciennes colonies. Je peux également passer des années à réciter les exactions commises par votre adorable France dans ses anciennes colonies qui surpassent de très loin ce que les Noirs d’Afrique du Sud ont connu avec les Boers. Je peux peindre avec le sang des dizaines de millions personnes que la France a bombardées, fusillées, pendues, trempées dans de l’acide, brulées vives, décapitées, enterrées vivantes, chacun des millions de murs en France, et toujours manquer de place pour y peindre les larmes qu’ont fait couler et continue à faire couler votre France dans ses anciennes colonies. Et pour finir, notez pour votre gouverne que les Mandela de ces anciennes colonies à savoir Toussaint Louverture, Sylvanus Olympio, Ruben Um Nyobé, Barthélémy Boganda, Félix Moumié, Outel Bono, Modibo Kéita, Marien N’Gouabi, Ali Soilih, Mahamoud Harbi Farah, Germain Mba, Aline Sitoé Diatta, Thomas Sankara pour ne citer que ceux-la, ont été exécutés par cette France dont vous êtes si fière. Ne venez surtout pas Mademoiselle remuer le couteau dans notre plaie qui refuse de guérir parce que des ignares se permettent à chaque fois de débiter des sordidités comme vous le faites. Farida Nabourema, Washington, le 19 Décembre 2013.

* http://faridabemba.over-blog.org/article-droit-de-reponse-a-marion-mar...

Via Droit de Réponse à Marion Maréchal Le Pen -- Farida Bemba Nabourema

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 08:14

 

Julien Salingue : « Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique »

Par Aurore Van Opstal, 05 janvier 2014

Julien Salingue est membre de l’observatoire des médias, Acrimed, et docteur en science politique de l’Université Paris 8. Le 22 novembre dernier, il s’est exprimé dans Ce soir (ou jamais !)  (France 2) au sujet du discours médiatique français et des dangers qui planent sur la liberté d’informer. Le site d’ Égalité et Réconciliation (E&R), mouvement dirigé par Alain Soral, a ensuite diffusé un extrait de ses propos. De son côté, Julien Salingue demandera un droit de réponse et une confrontation publique avec Soral. Il est l’un des rares en France à avoir suggérer ce type de rencontre avec le polémiste. Suite à l’effervescence médiatique et politique françaises autour du geste de « la quenelle », FDC interroge Salingue sur la popularité de ce geste, les suites de son échange avec Soral, sur ce qu’incarne politiquement le duo ‘Soral-Dieudonné’, sur les raisons de leur succès et sur ce qu’ils symbolisent de dangereux politiquement dans un climat français inquiétant.

J. Salingue photo

Julien Salingue, 33 ans, est docteur en science politique de l’Université Paris 8. Ses recherches ont notamment porté sur le mouvement national palestinien.

Femmesdechambre.be : Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer la proposition d’une confrontation publique avec Alain Soral sur les ondes de la radio française Beur FM ?

Julien Salingue : Tout d’abord, je souhaite préciser que j’ai accepté de répondre à cette interview dans la mesure où celle-ci me permet de sortir du « tête-à-tête » dans lequel Alain Soral semble vouloir m’enfermer depuis quelques semaines. Mon objectif est de discuter du fond politique, et non de polémiquer avec cet individu. Ceci étant dit, je tiens à rappeler que je n’ai pas lancé, sur Beur FM, de proposition de confrontation publique avec Soral. Comme je l’ai rappelé récemment sur mon blog, « l’histoire » a commencé plusieurs jours auparavant, lorsque le site d’’Égalité et Réconciliation’ (ER) a publié un extrait de l’une de mes interventions lors de l’émission de Frédéric Taddeï, dans une version retouchée puisqu’une incrustation a été rajoutée qui affirme que je mets une « quenelle » à Laurent Joffrin (Directeur de la rédaction du journal Le Nouvel Observateur, ndlr).

Après avoir reçu de nombreux messages me demandant si j’avais rejoint ER et/ou le « mouvement de la quenelle », j’ai décidé d’écrire au site en leur demandant un droit de réponse et une hypothétique confrontation avec Soral. Mon objectif était simple : faire la démonstration du caractère antagonique des positions politiques de Soral/ER et des miennes, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Quelques jours plus tard, ER a rendu public mon mail et m’a répondu : j’ai dès lors accusé bonne réception de cette réponse, en direct, lors d’une émission sur Beur FM.

FDC : A la fin de sa dernière vidéo, Alain Soral vous reproche de ne pas avoir accepté le débat, il discrédite votre discours et plus particulièrement votre critique des médias en invoquant une de vos références : « Bourdieu, c’est de la merde » et enfin, il vous reproche « un paternalisme à la socialiste » envers la population maghrébine en vous rendant sur Beur FM. Que lui répondez-vous ?

J.S. : Je ne vois pas bien ce que Soral discrédite dans sa dernière vidéo, si ce n’est lui-même. Fidèle à ses méthodes malhonnêtes, il ne parle pas de ce que je dis ou ce que j’écris, mais utilise de risibles raccourcis pour essayer de me discréditer. Il commence par expliquer que je suis docteur en science politique de l’Université Paris VIII et que ma pensée est donc celle de Pierre Bourdieu. Alain Soral devrait se renseigner : contrairement à Deleuze, Foucault ou Bensaïd, Bourdieu n’a pas enseigné à Paris VIII, mais à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et au Collège de France. À l’appui de sa « démonstration », Soral met en avant un court extrait vidéo dans lequel j’évoque, lors d’une conférence, un article fondateur de Pierre Bourdieu sur les sondages (« L’opinion publique n’existe pas »), puis un extrait de Bourdieu lui-même, avant de laisser entendre que comme « Bourdieu, c’est de la merde », alors Salingue doit être de la merde aussi.

Une belle manipulation : à aucun moment Soral ne parle de ce que je dis ou écris. Même procédé avec Beur FM : je participe régulièrement à une émission d’actualité sur cette station de radio, et Soral se contente de stigmatiser le patron de Beur FM pour disqualifier ma personne, sans toutefois citer aucun de mes propos pour appuyer les siens. Chacun avouera que ces procédés sont la preuve d’une rigueur intellectuelle à toute épreuve ! Mon rôle n’est pas ici de défendre les uns ou les autres, même si je dois avouer que les jugements péremptoires de Soral sur Bourdieu ont tendance à me faire sourire, mais seulement de signaler ceci : alors que j’ai écrit plusieurs dizaines d’ouvrages, chapitres d’ouvrages ou articles, Soral n’en cite aucun, tout en prétendant me critiquer. Pour quelqu’un qui se dit intellectuel, c’est un peu léger. Mais révélateur.

Idem pour les propos imbéciles tenus par Soral à mon encontre : sur son Twitter, il a affirmé que j’avais fait « caca culotte », et il m’appelle désormais « la vache qui rit » car je porte des boucles d’oreille… Je rappelle que Soral aime à dire qu’il est «très très bon sur le plan du concept»…

FDC : N’y a-t-il pas eu maladresse de votre part en demandant à Soral une confrontation de point de vue pour finalement écrire que ce n’est pas débattre avec lui qui vous intéresse mais obtenir un droit de réponse sur le site d’Égalité et Réconciliation’ ?

J.S. : Si maladresse il y a eu, c’est d’avoir cru l’espace d’un instant que Soral et ‘Égalité et Réconciliation’ (ER) ne manipuleraient pas mes propos et ma démarche. Je le répète : j’ai dès le début demandé un droit de réponse sur le site d’ER. La proposition de confrontation publique ne venait qu’après. Et qu’on ne s’y trompe pas : mon seul objectif était de rendre visible l’antagonisme entre nos orientation politiques, pas de deviser poliment avec un individu qui se définit lui-même comme « national-socialiste »… Le ton de la réponse d’ER et le déchaînement de haine et d’insultes qu’elle a déclenché, avec l’accord tacite d’ER puisque ce site est modéré et a accepté la publication de plusieurs dizaines de commentaires sexistes, homophobes et antisémites me visant nommément. Tout cela m’a suffi. Sans même parler des propos de Soral sur Twitter qui me traite, après m’avoir « invité à débattre dans les locaux d’ER » et alors que je n’ai pas encore répondu à cette proposition, de « petit prétentieux gauchiste »… Les choses sont désormais claires : je n’ai rien à voir avec Soral et ER, dont la vision du monde repose entre autres sur le culte du chef et l’apologie des violences homophobes, sexistes et antisémites ; et je n’aurais eu besoin ni de droit de réponse ni de confrontation publique pour le démontrer.

FDC : Vous êtes un des rares en France à avoir osé publiquement haranguer Alain Soral et lui proposer un vrai débat contradictoire. Comment expliquez-vous, qu’en France, si peu de journalistes ou d’intellectuels osent l’affronter ? 

J.S. : Je ne suis pas dans la tête de ces journalistes et intellectuels. Je pense que certains d’entre eux pensent qu’il ne faut pas faire de publicité à Soral, tandis que d’autres refusent de le considérer comme un intellectuel avec qui il y aurait lieu de débattre.

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J. Salingue écrit pour Acrimed, premier site d’analyses et critiques des médias créé en 1996.

FDC : Un livre intitulé : « Dialogues désaccordés », signé Éric Naulleau et Alain Soral est paru récemment. Ce qui ressort de différentes sources l’ayant lu, c’est que Naulleau botte en touche sur des vraies problématiques comme l’homogénéisation du discours dans les médias français. N’accorde-t-on pas un crédit à Alain Soral en ne répondant pas aux éléments réflexifs pertinents qu’il amène sur la place publique?

J.S. : Cette interview n’est évidemment pas le lieu pour entrer dans le détail du discours de Soral, qui nécessite une étude rigoureuse et systématique. Que certains ont d’ailleurs déjà entreprise. Mais l’exemple de l’homogénéisation du discours dans les médias français est intéressant … Est-ce une trouvaille de Soral ? Absolument pas ! Cela fait près de 20 ans que ce sujet est traité de diverses manières, par des intellectuels, des militants, des journalistes… Je me contenterai de deux exemples : l’observatoire des médias Acrimed propose depuis plus de 15 ans des analyses précises, argumentées, sourcées, sur cette question (entre autres) ; le documentaire « Les Nouveaux chiens de garde », qui a connu un vrai succès en salles malgré une quasi-absence de promotion dans les médias, démontre lui aussi que le pluralisme dans les médias n’est, dans la quasi-totalité des cas, qu’un leurre, dans la mesure où les éditorialistes et experts qui monopolisent la parole médiatique sont, finalement, d’accord sur l’essentiel.

Éric Naulleau botte en touche ? Il n’est pas le premier ! Et ce n’est pas « grâce » à Soral que l’on a pu le découvrir, même s’il aime se présenter comme un pionnier en la matière. Comme dans bien d’autres domaines, il ne fait en réalité que reprendre, en les déformant et en les colorant de théories complotistes (« manipulation triangulaire », « loi du Talmud », « oligarchie mondialiste », etc.), des thèses qui ont été développées, et qui le sont toujours, par d’autres. Je pourrais également prendre ici l’exemple de la critique d’Israël et du sionisme : personne n’a attendu Soral pour le faire, et ce de manière plus précise et pertinente que lui.

FDC : Que révèle selon vous cet engouement autour de « la quenelle » ? Rappelons qu’Alain Soral a fait ce geste devant le Mémorial de la Shoah de Berlin …

J.S. : Je n’ai pas spécialement envie de rejoindre la cohorte de celles et ceux qui, ces derniers jours, prétendent expliquer de manière univoque ce que signifie la « quenelle », en général et dans l’esprit de ceux qui se photographient en faisant ce geste. Pour certains d’entre eux, il s’agit probablement d’un geste qui dit « ras-le-bol de se faire manipuler, voilà ce qu’on pense du système », et on ne saurait leur reprocher de vouloir exprimer ce ras-le-bol. Pour d’autres, qui se font photographier devant des synagogues, d’autres lieux associés au judaïsme ou pire, comme Soral, à proximité de lieux commémorant le génocide juif, la portée antisémite du geste est incontestable. Enfin, quand des hiérarques du Front National s’y mettent, on est à mi-chemin entre la fausse posture « antisystème » du FN et le vrai fond antisémite qui imprègne toujours de nombreux cadres du parti.

J’invite toutefois ceux qui croient que ce geste est juste « anti-système » à se demander quel point commun ils ont avec le négationniste Faurisson, le président d’honneur du FN Jean-Marie Le Pen, des policiers ou des militaires d’extrême-droite qui posent devant la « rue des Juifs » et, dans un autre registre, le multimillionnaire Nicolas Anelka, qui vit du « système » en faisant de la publicité pour Quick, pour le groupe Danone ou pour la marque Puma, ou avec le multimillionnaire Tony Parker (Kellog’s, Renault, SFR, etc.). Il n’y a pas de « mouvement de la quenelle », mais une juxtaposition composite de personnes qui font ce geste pour des raisons très diverses, avec de bonnes ou de mauvaises intentions. Le problème est que ce sont les malintentionnés qui raflent la mise, en instrumentalisant un ras-le-bol bien réel pour appuyer une idéologie nauséabonde.

FDC : Ceux et celles qui veulent interdire les spectacles de Dieudonné ou qui se lancent dans une « chasse à l’homme » envers les auteurs du geste ne leur font-ils pas de la pub et ne sont-ils pas contre-productifs dans leur combat contre ce geste ?

J.S. : Oui, d’ailleurs, j’invite également tous ceux qui depuis quelques jours délirent, car il n’y a pas d’autres mots, autour de la « quenelle », à arrêter les frais : ne se rendent-ils pas compte qu’en traitant indifféremment les « quenelles ras-le bol » et les « quenelles » antisémites ils contribuent à créer cette cohésion, cette cohérence, que les malintentionnés souhaitent précisément revendiquer ? Ne se rendent-ils pas compte qu’ils contribuent à transformer en hérauts de la lutte contre le « système » des individus qui n’avaient jamais rêvé d’avoir une telle publicité ? Quand on voit que c’est Meyer Habib, député ultra-sioniste représentant notamment les Français d’Israël, qui déclare qu’il s’agit désormais de légiférer pour interdire la « quenelle », on se dit que pour certains, c’est l’occasion rêvée : utiliser cette affaire pour faire taire toute critique d’Israël en prétendant qu’elle serait nécessairement antisémite…

Il faut remettre les choses à leur place : il y a des antisémites en France, et il s’agit de les combattre implacablement. Mais il ne faut pas tout confondre. On assiste en effet à un dangereux jeu de miroirs, avec d’un côté de faux rebelles antisémites qui surfent sur un vrai ras-le-bol à l’égard des dégâts du système capitaliste, et de l’autre des vrais défenseurs de ce système qui tentent de faire taire toute contestation en prenant pour cible symbolique ces faux rebelles. Le problème est de remettre de la politique dans tout ça, au-delà des « quenelles », et de regrouper celles et ceux qui en ont vraiment ras-le-bol autour d’objectifs concrets et de luttes réelles et non dans un soi-disant défi symbolique par un geste ambivalent.

Où sont les Soral & Co lorsqu’il s’agit de soutenir des salariés en lutte, de demander des augmentations de salaires, d’exiger l’interdiction des licenciements boursiers ou de défendre les services publics ? Nulle part. Et ce n’est pas avec des « quenelles » qu’on va obtenir tout ça… Sans même parler de combattre effectivement la politique de l’État d’Israël, beaucoup plus inquiet du développement de la campagne internationale de Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) que des élucubrations canapesques d’un Soral, qui semble avoir découvert le mois dernier l’existence d’une campagne qui dure pourtant depuis plus de 8 ans !

FDC : L’auteur du geste de la quenelle est l’humoriste Dieudonné. Ce dernier s’affirme « côté à côte avec Alain Soral ». Que pensez-vous de ce compagnonnage ?

J.S. : Je dois reconnaître que pendant très longtemps Dieudonné m’a fait rire. J’étais de ceux qui connaissaient ses sketches par cœur, qui les récitaient en soirée, etc. Lors de l’affaire du sketch chez Marc-Olivier Fogiel, j’ai défendu Dieudonné, par écrit et dans des réunions politiques, estimant que même si le sketch n’était pas très drôle il n’avait rien d’intrinsèquement antisémite. Puis il y a eu la suite, le rapprochement avec Le Pen, le happening avec Faurisson, l’obsession de plus en plus maladive sur les Juifs, et les propos indubitablement antisémites. Et donc, de mon point de vue, un fossé.

Il n’est pas étonnant que dans cette lente dérive, il ait fini par croiser la route d’Alain Soral, qui a parcouru, à l’égard de Dieudonné, le chemin inverse du mien. Rappelons en effet que Soral écrivait, il y a un peu plus de 10 ans, que Dieudonné était « inculte » et « pas drôle », lui reprochant notamment de ne pas dénoncer « cette « communauté invisible » certes surreprésentée dans le show-biz en termes de quotas, mais à laquelle il doit son doux statut de rigolo ». Chacun aura compris qui est la « communauté invisible » dénoncée par Soral, qui considère désormais que Dieudonné est « le comique le plus doué de sa génération ». Les temps changent…

Dieudonné et Soral se retrouvent aujourd’hui dans une dénonciation commune des méfaits du « lobby sioniste », de la supposée influence démesurée des Juifs, mais également dans une posture de victime du « système », ostracisée et censurée car proférant des vérités que « certains » ne veulent pas entendre. Ils sont en quelque sorte des compagnons d’infortune, davantage réunis dans une posture commune et face à un ennemi commun que par un quelconque projet politique ou même une idéologie commune.

Cette alliance entre l’ancien militant antiraciste et l’ancien cadre du Front National est finalement dans l’air du temps, où l’on a du mal à distinguer la gauche de la droite, la droite de l’extrême-droite, le racisme anti-Roms de Manuel Valls et celui des élus locaux de l’UMP, le tout sur fond de crise économique et sociale. Il n’est finalement pas étonnant, mais si on peut le regretter, que le déchaînement quasi-unanime contre Dieudonné suite à son sketch chez Fogiel l’ait conduit, petit à petit, à se rapprocher d’un individu qui se pose comme « anti-système » et dénonce l’influence du « sionisme » dans l’ensemble des sphères de pouvoir.

Signalons toutefois que Dieudonné-Soral, ce n’est pas le comique stupide et le politique malin. Dieudonné fait de la politique en-dehors de ses sketchs, il prend des positions politiques, il fait des déclarations politiques et s’en félicite.

TAUBIRA

Dans une tribune publiée sur Le Huffington Post, Christiane Taubira, ministre française de la Justice, se dit attristée par « les pitreries obscènes d’un antisémite multirécidiviste ».

FDC : Pensez-vous qu’il faille interdire les spectacles de Dieudonné comme le suggère le Ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls (PS) ?

J.S. : Non, je suis évidemment contre toute interdiction des spectacles de Dieudonné, pour une raison de principe (la défense de la liberté d’expression) et pour une raison de circonstance (cela ne peut que lui faire encore plus de publicité). À cet égard, je trouve cela particulièrement déplacé, pour ne pas dire honteux, qu’un Manuel Valls, qui explique que les Roms « n’ont pas vocation à s’intégrer en France » ou qui s’en prend régulièrement aux Musulmans, devienne soudain un antiraciste qui va interdire les spectacles de Dieudonné. De même, je pense que Christiane Taubira, qui fait partie du même gouvernement que Valls et qui a même fait tribune commune avec lui lors d’un meeting du PS « contre le racisme » (sic), aurait mieux fait de s’abstenir. Ils n’ont aucune légitimité pour faire des déclarations dénonçant le racisme anti-juifs de Dieudonné et contribuent même, en donnant l’image de pouvoirs publics voulant faire taire un individu, à entretenir l’image de « victime du système » dans laquelle il se complaît.

Mais je suis également contre que l’on considère que Dieudonné soit idéologiquement « protégé » par son statut d’artiste : il fait de la politique, et il en fait avec des individus clairement identifiés à l’extrême-droite. Il ne doit donc pas être, idéologiquement, ménagé.

FDC : Vous avez beaucoup écrit sur le conflit israélo-palestinien, notamment un ouvrage intitulé : «Israël, un État d’apartheid ?», co-​​édité avec Céline Lebrun et votre thèse de doctorat portait sur le sujet. Selon vous, Soral exagère-t-il l’influence du lobby pro-israélien sur la politique française ?

J.S. : Il existe un lobby pro-israélien en France, et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. J’en ai moi-même fait les frais à plusieurs reprises, entre autres lorsque le colloque duquel a été tiré l’ouvrage que vous évoquez a été frappé d’une mesure d’interdiction suite à diverses pressions politiques, entre autres du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, ndlr). Le problème n’est donc évidemment pas question de nier l’existence de ce lobby ou de sous-estimer son influence, qu’il s’agisse de ce type de censure ou de la criminalisation du mouvement BDS (la campagne internationale BDS – Boycott Désinvestissement Sanctions – appelle à exercer des boycotts économiques, académiques, culturelles et politiques sur l’État d’Israël, ndlr).

Le problème avec Soral et son discours sur le lobby pro-israélien n’est finalement pas quantitatif mais qualitatif. Pour le résumer simplement en une question : ceux qui font la politique étrangère de la France (politiques, hauts fonctionnaires) pensent-ils en priorité, au-delà des désaccords qu’ils peuvent avoir entre eux, aux intérêts de la France ? Pour moi la réponse est clairement oui. Il existe un impérialisme français, et la France essaie de défendre et/ou d’étendre ses intérêts à l’étranger, par la diplomatie et par les guerres. Pour Soral, la réponse n’est pas celle-ci, et il accuse divers politiques et intellectuels de faire primer les intérêts d’Israël sur ceux de la France. En d’autres termes, en raison de l’influence du lobby pro-israélien, la politique étrangère de la France se ferait à l’avantage des intérêts d’Israël et au détriment des intérêts français.

C’est là où il y a un problème majeur. Imaginez-vous sérieusement une réunion avec Hollande, Ayrault, Le Drian, Fabius, etc… où ces braves gens se demanderaient « Qu’est-ce qui est le mieux pour Israël ? » sans se demander d’abord ce qui est bon pour la France ? Une réunion qu’ils concluraient par « Bon, c’est mauvais pour nous, mais comme c’est bon pour Israël, on va quand même le faire » ?

FDC : Avez-vous un cas concret où la France fait primer ses intérêts sur ceux d’Israël ?

J.S. : Oui, le cas de la guerre en Libye est exemplaire ! Par raccourcis, Soral explique que cette guerre a été conduite par la France pour protéger Israël. Comment ça marche ? 1) Bernard-Henri Lévy a été à la pointe du combat idéologique pour l’intervention française en Libye. 2) Or, Bernard-Henri Lévy a déclaré que les « printemps arabes » étaient une bonne nouvelle pour Israël. 3) Donc la guerre en Libye a été menée pour les intérêts d’Israël.

On se rend bien compte de la faiblesse de l’argumentation… Chacun s’accordera à constater que c’est aux États-Unis que le lobby pro-israélien est le plus fort. Cela n’a pas empêché les États-Unis, récemment, de parrainer un « deal » au sujet du nucléaire iranien qui a fait hurler de rage le gouvernement israélien. Pourquoi l’ont-ils fait ? Parce qu’ils ont pensé que c’était bon pour les intérêts des États-Unis. Pourquoi la France a tenté de s’opposer à ce deal ? Parce qu’ils ont pensé qu’il était défavorable aux intérêts français…

Alors oui, bien sûr, le lobby pro-israélien tente de peser, et pèse souvent, sur la politique française. Mais il ne faut pas renverser la perspective : la France est un vieil impérialisme, en déclin mais aguerri, qui pense avant tout à ses propres intérêts. Si ceux-ci passent par une alliance avec Israël, alliance il y aura. Si ceux-ci passe par un refroidissement des relations avec Israël, refroidissement il y aura. Prétendre que c’est le lobby pro-israélien qui ferait la politique étrangère de la France est non seulement erroné sur le plan de l’analyse, mais dangereux idéologiquement (ce que Soral sait très bien), car ceux qui, en dernière analyse, pourraient faire primer les intérêts d’Israël sur ceux de la France sont, bien évidemment, les Juifs.


Dans un entretien exclusif accordé à notre site, l’humoriste controversé déclare au sujet d’Alain Soral : « Nous participons chacun à écrire une page de l’histoire de ce pays…». ©Audrey Cerdan/Rue89

FDC : Le soutien populaire important que reçoit d’une part Soral et d’autre part Dieudonné est-il révélateur d’un malaise français ? Finalement, qu’incarnent-ils comme problèmes politiques ?

J.S. : Je me garderais bien de parler de « soutien populaire important » concernant Soral. Rien ne permet de le mesurer, à moins de considérer que l’importante fréquentation du site ER équivaille à un « soutien populaire ». Je n’y crois pas. Les réunions ou apparition publiques d’ER et les conférences de Soral restent relativement confidentielles, ce qui est un indicateur qui me semble beaucoup plus pertinent que la fréquentation d’un site. Le succès de Dieudonné est quant à lui incontestable, ne serait-ce que par la fréquentation de ses spectacles ou par la diffusion de ses vidéos. Cela équivaut-il toutefois à un « soutien » ? Je n’en sais rien, car rien ne permet aujourd’hui de le mesurer. Je rappelle que l’alliance Dieudonné-Soral sur la « la liste antisioniste » a fait un bide monumental…

Il ne s’agit toutefois pas de sous-estimer l’ampleur du phénomène, a fortiori ces dernières semaines avec l’hypermédiatisation de Dieudonné et des « quenelles ». Dieudonné, et il le dit lui-même, incarne quelque chose qui le dépasse largement. Provocation, irrévérence, défi à l’égard de certains représentants du « système » (notamment Manuel Valls)… tout ceci fait évidemment écho à ce ras-le-bol que j’évoquais tout à l’heure et à un désenchantement, pour ne pas dire un dégoût, à l’égard de la politique, du politique et des hommes politiques.

Nous sommes gouvernés par des gens qui avaient promis un changement qui n’est jamais venu. Nous sommes gouvernés par des gens qui théorisent, explicitement ou implicitement, l’impuissance du politique face à la finance et aux firmes multinationales. Nous sommes gouvernés par des gens qui prétendent être « de gauche » et qui continuent à expulser les sans-papiers, refusent le droit de vote aux étrangers et mènent des expéditions militaires néo-coloniales. Et j’en passe. Et, face à cela, les résistances sont relativement faibles et, surtout, les victoires sont quasi-inexistantes. On lutte pour défendre son emploi, on lutte contre les délocalisations, on lutte contre les baisses de salaire… mais à de rares et remarquables exceptions près, on perd.

Tout ceci constitue selon moi un cocktail explosif qui peut donner des résultats assez improbables, dont le « phénomène Dieudonné » fait partie : un ras-le-bol des élites politiques et médiatiques, une prise de distance par rapport aux vecteurs traditionnels de mobilisation (partis, syndicats, associations), et la montée des violences sociales (réelles ou symboliques) et de l’exaspération, sans que celle-ci ne trouve à s’exprimer. L’audience de Dieudonné et, dans une certaine mesure, de Soral, est à penser dans ce contexte : leur non-appartenance à la sphère des élites politiques (et l’hostilité qu’ils subissent de la part de ces dernières), leur posture hors-système, voire anti-système, l’apparente radicalité de leur discours, leur vision du monde articulée autour des réseaux, des lobbys, des groupes occultes, etc. Aussi : la crudité, voire la violence, de certains de leurs propos, peuvent « coller » et correspondre à un ras-le-bol, à une volonté de mettre les pieds dans le plat.

Tout ceci est inquiétant dans la mesure où finalement les accointances de Soral et de Dieudonné avec l’extrême-droite organisée, de même que le fond antisémite de leur discours, sont finalement passés, par une partie de leur public, par pertes et profits. Or, il faut se dire les choses clairement : ils feront campagne pour le FN lors des prochaines élections nationales, comme Soral l’a déjà fait en 2007 et en 2012.

FDC : En Belgique, d’aucun trouve la situation française inquiétante : les importantes manifestations contre le mariage homosexuel, la montée en puissance de Marine Lepen, les propros de Valls sur les Roms, etc. Le discours de Soral est aussi racialiste, homophobe, misogyne : participe-t-il d’une radicalisation globale du discours français ?

J.S. : La situation en France est en effet, à bien des égards, inquiétante. Deux éléments se conjuguent : la défaite de la droite aux dernières élections nationales et la politique menée par le gouvernement PS depuis un an et demi.

Beaucoup, à droite, ne se sont pas remis de la défaite. Cela faisait 10 ans qu’ils étaient aux commandes du pays, et une certaine génération politique, la « génération Sarkozy », n’avait jamais été réellement dans l’opposition. Cela suscite chez eux une rancœur et un ressentiment qui les amène à tout envisager pour revenir au pouvoir, y compris des alliances directes et ouvertes avec le FN ou, pour les moins « radicaux », une extrême-droitisation du discours qui ne s’encombre guère de détails humanistes. Mais cela réveille aussi plus généralement, dans la France de droite, les vieux démons de la réaction : on déserte le champ politique, dans lequel on est minoritaire, pour occuper celui des « valeurs », de la « tradition » ; on s’en prend à tous ceux qui ne sont pas la « vraie France » ; et on se contrefiche des règles de la démocratie parlementaire qui ne font pas partie en réalité, à l’échelle de l’histoire des « Républiques » en France, du patrimoine génétique de la droite.

Le PS, quant à lui, mène une politique dans la continuité de celle des gouvernements précédents, et refuse d’apporter de véritables réponses à la crise. Je n’entrerais pas dans le détail ici, me contenant de souligner que cette continuité n’est pas seulement législative mais aussi une continuité vécue, dans leur chair, par des millions de personnes en France, dont la situation ne cesse de se dégrader depuis de longues années. La droite a échoué et ne propose rien car la gauche fait ce qu’elle aurait fait : voilà qui offre un boulevard au FN et aux divers pourfendeurs de « l’UMPS » (expression régulièrement employée par Soral). A fortiori dans la mesure où la gauche radicale est en crise, minée notamment par des débats sur son rapport au PS et à l’exercice du pouvoir, sa sous-estimation de la racialisation des rapports sociaux et de la puissance du racisme comme arme d’oppression et de division massive, et par la succession de défaites sociales au cours des dernières années, qui tend à décrédibiliser les solutions collectives prônées par les divers courants qui se situent à la gauche du PS.

FDC : Peut-on parler d’une radicalisation globale du discours politique en France ?

J.S. : Je crois qu’il est trop tôt pour le dire. Ce qui est certain, c’est que la droitisation du PS, l’extrême-droitisation de l’UMP et la banalisation du FN participent d’un déplacement du centre de gravité de la vie politique vers la droite, très très à droite. C’est dans ce contexte que les idées de Soral et des siens peuvent vivre et se développer. Quand bien même, Soral et ER se situent essentiellement au niveau du discours, et non de la construction de structures politiques classiques.

C’est finalement la force et la faiblesse de ce type de courant politique. La force, car leur discours mouvant et souvent protéiforme peut séduire des publics divers et apparaître crédible comparé aux fausses promesses des partis de gouvernement. Mais c’est également leur faiblesse, car ils se développent principalement à cause d’une démoralisation générale et est liée à une perte de crédibilité de la perspective de réellement « changer les choses ». C’est à cela qu’il faut s’atteler aujourd’hui : si la lutte contre l’influence de Soral et consorts passe par un combat sur le plan idéologique, celle-ci ne sera pas victorieuse si elle ne s’accompagne pas de la (re-)construction, par en bas, de cadres de solidarités et de luttes collectives, antiracistes, progressistes, internationalistes, contre les dégâts de la crise, pour une vraie répartition des richesses et pour une démocratie réelle.

Source : Julien Salingue : « Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique » « Femmes De Chambre

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 13:49

 

Comme nous le verrons par la suite, il ne s'agit pas d'une découverte anodine mais la poursuite d'un vieux programme qui a pour fin le contrôle des consciences.

 

 Découverte ?Comment éliminer les mauvais souvenirs avec des électrochocs

Les scientifiques ont découverts une manière d’éliminer les souvenirs douloureux ou non désirés à travers une intervention médicale par usages de chocs électriques.


Dans le film étasunien “Eternelle splendeur d’un mental sans souvenirs” (Oublie moi ¡ en Espagne) deux amants décident d’éliminer leurs souvenirs douloureux en utilisant un procédé expérimental de traitement neuronal du cerveau. Malgré qu’il s’agisse d’un film de fiction, aujourd’hui se débarrasser du passé non désiré est toujours plus près de se convertir en réalité.

 

Une équipe internationale de scientifiques a trouvé la manière de réduire les souvenirs négatifs spécifiques de la mémoire du patient par le moyen d’un sorte d’impulsion électrique, informe la revue “Nature”

« Ceci est une nouvelle occasion par laquelle la science a surpassé l’art » affirme Karim Nader, neuroscientifique de l’Université MgGill du Canada.

 D’après Nader, la thérapie électroconvulsive, connue précédemment comme électrochoc stimule les convulsions, en faisant passer un courant électrique à travers le cerveau par le moyen d’électrodes fixées sur le cuir chevelu.

Malgré la réputation négative de l’électrochoc, cette méthode à l’occasion s’utilise come une technique extrêmes pour soigner les dépressions aiguës, entre autre usages. Selon les scientifiques hollandais, utilisée au bon moment la thérapie électroconvulsive peut éliminer complétement les moments désagréables de la mémoires du patient.

La science a surpassé l’art

La théorie de la reconstruction affirme que chaque souvenir fait que le cerveau extrait l’information de la mémoire, la traite et la renvoie. En ce point, les souvenirs sont particulièrement vulnérables et peuvent être transformés ou même éliminés.

Les scientifiques réalisèrent une expérience avec la participation de 42 patients qui souffraient de dépression et qui furent choisis pour être soumis à un traitement par décharges électriques.

 

Pendant l’expérience, les enquêteurs découvrir que l’électrochoc n’élimine pas les souvenirs, sinon qu’il bloque le processus de reconsolidation qui d’habitude s’accélère quelques temps après l’ultime apparition des souvenirs.


Cependant les scientifiques admettent que la nouvelle méthode est toujours loin d’être universelle, mais pourrait être utilisée avec efficacité à l’avenir pour le traitement des symptômes de stress post traumatique et la dépression inclue.

 

Traduction Anne Wolff

Source en espagnol :


Texto completo en: http://actualidad.rt.com/ciencias/view/115142-borrar-recuerdos-desagradables-electrochoque

 

 

 

Quand je traduis ce genre de texte qui nous présente sous un ton lénifiant des techniques dont un mésusage pourrait avoir des conséquences gravissimes, je suis toujours choquée de voir comment la locution « les scientifiques » est utilisée comme une sorte de mot de passe magique qui est censé disqualifier d’avance les objections de tous les autres, les non-scientifiques (et donc « non-experts »), qui n’ont plus qu’à s’incliner sans interroger d’avantage les conséquences d’une découverte et de ses applications.

Nous verrons ici que "les scientifiques" désigne un groupe spécifique de chercheurs qui poursuivent des recherches très controversées de contrôle mentale menées dans les années 60 conjointement par la CIA et l'université MGGill ainsi que 150 et quelques autres centres de recherches et/ou d'expériementation.

 

 

 

Si mon imagination me déroule en arrière-plan des petits films pendant que je traduis, c’est que ma mémoire, va sélectivement chercher des souvenirs pertinents pour insérer le contenu du texte dans un cadre plus « global ».

Exemple de ces associations MgGill/MK Ultra ou Chocs post traumatiques/lobotomie en particuliers celles de soldats sur qui de telles mutilations ont été pratiquées contre leur volonté à leur retour de la Seconde Guerre Mondiale. (voir La lobotomie, symptôme d'une idéologie proche de la folie )

 

 

J'anticipe aussi à partir de ces éléments d’autres scénarios possibles pour l’avenir.

Avec cette méthode, fini les Bradley Manning, les souvenirs de soldats qui n’auraient pas supporté d’être associés à une entreprise criminelle et en concevraient des problèmes de conscience, seraient immédiatement traités…  plus de souvenirs, plus de problèmes… le prix : il en est fini par la même occasion de la conscience de la personne !!!

On peut imaginer sans problème l’usage qui pourrait être fait de telles méthodes dans le « traitement de la dissidence », pour effacer les souvenirs des violences institutionnelles…

 

Je vous donne ici quelques éléments pour comprendre pourquoi l’article ci-dessus m’alerte très fortement. Et j’insiste, faites vos propres recherches, je me limite à ces quelques citations aussi parce qu'overblog limite fortement la longueur des articles et que j'ai du faire de grosses coupures... Voici néanmoins de quoi jeter une début de lumière sur la continuité des recherches décrites ci-dessus et un vieux projet de contrôle mental ené par la CIA...


Anne Wolff

 

 

Au sujet de MKUltra


(…)La CIA voulait percer les mystères du cerveau humain et trouver une faille dans le libre-arbitre de chacun (…)

(…)Des révélations ultérieures d’anciens agents CIA ont confirmé les craintes que ces expériences n’avaient pas été stoppées.

Le projet MK-ULTRA, les expériences de contrôle mental de la CIA 

(…)they were known as the “mind control” studies done at McGill and were reported as a brainwashing conspiracy from the CIA and the Canadian government (…)

(…) elles sont connues comme les études de “contrôle » mental faite à l’université MgGill et ont été réliées à la conspiration de lavage de cerveau de la CIA et du gouvernement canadien

The McGill Daily » MK-ULTRAViolence 

« 

[…]Origines 

 

Dirigé par le Dr Sidney Gottlieb, le projet MK-ULTRA fut lancé sous l'impulsion du directeur de la CIA Allen Dulles le 13 avril 19532, en réponse à des utilisations supposées de techniques de contrôle mental qui auraient été faites par l'Union soviétique, la Chine et la Corée du Nord sur des prisonniers de guerre américains lors de la guerre de Corée. La CIA voulait développer des techniques similaires. L'agence voulait aussi être capable de manipuler des dirigeants étrangers et tentera d'ailleurs d'utiliser certaines de ces techniques sur Fidel Castro.

[…] Canada

Une partie de ces expériences eurent lieu au Canada après que la CIA eut recruté un médecin d'Albany, le Dr Donald Ewen Cameron, auteur d'un article dans l'American Journal of Psychiatry sur le psychic driving (instinct psychique) que la CIA avait trouvé particulièrement intéressant9. Cameron y décrit sa théorie de correction de la folie qui consistait à effacer la mémoire du sujet et à la reconstruire complètement. Il faisait l'aller-retour chaque semaine à Montréal pour travailler à l'institut Allan Memorial, un institut de santé mentale situé sur le mont Royal, et fut payé 69 000 $ au total entre 1957 et 1964. Il semble que la CIA lui avait confié les expériences les plus dangereuses à tester sur des ressortissants étrangers.

Projet MK-Ultra - Wikipédia

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 12:28

 

 

 

 

 

L’actuelle pandémie de maladies du cerveau n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. » 

 

« N’affolez pas la population. Surtout, ne créez pas de panique !  »

Comme la prévention n’a rien de rentable, personne ne s’en charge.


La recherche médicale est désormais totalement vampirisée par le privé 

 

- la maladie d’Alzheimer – 800 000 à 1 million de Français en souffrent déjà, 225 000 nouveaux cas sont recensés chaque année

-plus de 38 % des habitants de l’Union européenne souffrent de maladies ou troubles neurologiques.

-les projections s’avèrent effrayantes : elles prévoient de 115 à 130 millions de malades d’Alzheimer dans le monde à l’horizon 2050

-on dénombre 600 000 personnes autistes en France, et le nombre d’enfants concernés a été multiplié par 50 en 17 ans


-des centaines de milliers de personnes sont traitées avec ces médicaments dangereux et inutiles.


Des solutions concrètes existent. Il faut se battre à tous les niveaux 

 

MALADIES NEURODÉGÉNÉRATIVES : « RIEN N’EST FAIT POUR ENRAYER LA PANDÉMIE »

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer – youpi. L’occasion de rappeler que si médias et spécialistes évoquent souvent l’explosion du nombre de malades, les causes de cette explosion sont rarement abordées, voire jamais. Un « oubli » que tentent de réparer Marie Grosman et Roger Lenglet, auteurs de « Menaces sur nos neurones. Alzheimer, Parkinson… et ceux qui en profitent. » Entretien.

Cet entretien a été publié dans le numéro 9 de la version papier d’Article11

***

C’est un livre uppercut, dérangeant. Et qui assène des vérités que bien peu veulent entendre. Dans Menaces sur nos neurones (Actes Sud, 2011), Marie Grosman et Roger Lenglet1 dissèquent au scalpel l’affolant développement des maladies neurologiques en France. Au premier rang de celles-ci, la maladie d’Alzheimer – 800 000 à 1 million de Français en souffrent déjà, 225 000 nouveaux cas sont recensés chaque année –, mais aussi la maladie de Parkinson, l’autisme, la sclérose en plaques, etc. Là où pouvoirs publics et instances médicales officielles s’entendent pour ne parler que de traitements, les auteurs de Menaces sur nos neurones mettent à jour les causes de cette explosion et les raisons de la paralysie de la prévention.

S’appuyant sur de multiples études scientifiques publiées dans des revues internationales de référence, l’ouvrage trace un tableau effrayant des agressions contemporaines subies par nos cerveaux : mercure, pesticides, aluminium, plomb, PCB, PBDE, particules ultrafines, ondes électromagnétiques… Une « folle bacchanale » d’éléments neurotoxiques conséquence d’« un demi-siècle de prolifération de substances chimiques, de lobbying industriel, d’indulgences calculatrices et de refoulement des questions de santé embarrassantes  ».

En 1999, lors de la présentation d’une étude menée sur la présence d’aluminium dans l’eau du robinet, un haut fonctionnaire avait supplié Marie Grosman et Roger Lenglet, qui l’avait rédigée, de rester discrets : «  N’affolez pas la population. Surtout, ne créez pas de panique !  » Les instances officielles voudraient qu’il en soit aujourd’hui de même pour leurs conclusions sur les maladies neurodégénératives. Peine perdue : ils comptent bien continuer le combat.

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Quand vous avez commencé cette enquête, vous pensiez déboucher sur un constat si accablant ?

Roger : « En partie. Pour les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, les chiffres montrant qu’il y a une véritable explosion du nombre de malades sont connus depuis un certain temps. Mais nous n’imaginions pas que l’ensemble des maladies du cerveau soit concerné. Ni que la catastrophe progresse aussi rapidement. Ça paraît pourtant évident dès qu’on se penche sur les études épidémiologiques, les témoignages des professionnels de la santé ou les conclusions des colloques en neurologie.

L’ampleur du déni nous a également soufflés. Alors que le niveau de connaissances est désormais très élevé, la prise en compte de ces données se révèle d’une faiblesse hallucinante. Ce que nous avions déjà remarqué sur nos sujets de prédilection (le scandale du mercure pour Marie, celui de l’aluminium pour moi), à savoir l’immobilisme absolu en matière de prévention, se vérifie en fait à tous les stades. »

Marie : « Une étude du Collège européen de neuropsychopharmacologie, publiée en septembre 2011, a montré que plus de 38 % des habitants de l’Union européenne souffrent de maladies ou troubles neurologiques. Ces affections sont responsables de plus de la moitié des Années vécues avec une incapacité (AVI2), bien davantage que le cancer ou le diabète. Et les projections s’avèrent effrayantes : elles prévoient de 115 à 130 millions de malades d’Alzheimer dans le monde à l’horizon 2050. Malgré ce constat terrible et ces perspectives accablantes, rien n’est fait pour enrayer la pandémie. »

Pourquoi le volet prévention est-il si négligé ?

Roger : « L’attention de l’ensemble des acteurs de la santé se polarise sur les profits potentiels : traitements et accompagnement, maisons médicalisées, recherches de brevets pour de nouveaux traitements et pour des tests de diagnostic précoce, etc. Comme la prévention n’a rien de rentable, personne ne s’en charge. Quelle entreprise va investir dans une campagne contre les expositions aux produits neurotoxiques sans le moindre bénéfice en vue ? Par contre, les investissements dans les traitements sont d’autant plus lucratifs que la pandémie est quasi exponentielle.

La recherche médicale est désormais totalement vampirisée par le privé. Même la recherche publique est devenue la sous-traitante des intérêts du privé. Si l’État ne met pas un centime dans la prévention, personne ne le fera.

S’y ajoute le fait que les études mettant en évidence les causes de ces maladies ne sont lues que par les spécialistes du sujet. Nous nous trouvons dans une situation schizophrénique, comparable à celle de l’amiante dans les années 1990 : il a fallu que les malades eux-mêmes se mobilisent massivement pour finalement imposer l’idée qu’il fallait interdire la substance cancérigène. »

Marie : « Il est difficile de faire passer un message de prévention quand les causes sont multiples. Pour les maladies du cerveau, c’est souvent le cas : s’il y a des situations où la substance neurotoxique est assez puissante pour provoquer à elle seule la maladie neurologique (c’est le cas du mercure et de certains pesticides), nous sommes généralement plutôt confrontés à un « effet cocktail ». La configuration idéale pour un déni massifmême si les différents facteurs de risque sont identifiés, notamment grâce aux recherches épidémiologiques et toxicologiques. »

La situation semble sans issue…

Marie : « Notre cerveau est soumis à une multitude de toxiques présents à faible dose dans notre environnement, et agissant souvent en synergie. Mais il serait dramatique de prendre prétexte de cette complexité pour ne rien faire. D’autant que ce n’est pas insurmontable : il est possible d’abaisser l’exposition à telle et telle substance en remplaçant son usage par des produits non-toxiques. L’interdiction d’utiliser le plomb comme additif dans l’essence a ainsi réduit de façon importante l’exposition de la population à ce redoutable neurotoxique, responsable de déficits cognitifs chez de nombreux enfants. »

Roger : « Des solutions concrètes existent. Il faut se battre à tous les niveaux, comme ça a été le cas contre l’amiante ou contre les éthers de glycol, malgré les pressions des industriels concernés. Le règlement REACH, qui impose d’enregistrer et d’évaluer les substances chimiques au niveau européen, en est une belle illustration, même s’il comporte encore des failles importantes pour les substances dont la production ne dépasse pas une certaine quantité. Depuis 2006, la majorité des substances mises sur le marché doit faire l’objet d’une évaluation, avec le risque d’un éventuel retrait de licence. Les industriels parlaient d’ « Armageddon économique », mais REACH a finalement vu le jour. C’est un début.

Nous nous sommes également rendus compte qu’il était possible d’imposer des accords commerciaux à condition que les ONG s’organisent pour amplifier leur pression. Ce que fait Marie avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en est un bon exemple : elle est la représentante pour la France et l’Europe des ONG mobilisées pour l’interdiction de l’usage du mercure. Sur ce dossier important, un accord international d’interdiction avec 125 pays est sur le point d’aboutir. L’argument qui consiste à dire que la machine infernale est lancée et impossible à stopper est criminel. La situation exige simplement toute notre énergie face à des lobbies industriels capables de payer des légions de représentants à longueur d’année pour défendre leurs produits délétères. »

L’explosion de ces pathologies est toujours imputée aux deux mêmes causes : le vieillissement de la population et l’amélioration du diagnostic. Que répondez-vous lorsqu’on vous oppose ces arguments ?

Marie : « L’amélioration du diagnostic est une évidence, mais il faut garder à l’esprit les proportions. Prenons l’exemple de l’autisme : un diagnostic plus précoce ne suffit pas à expliquer la multiplication sidérante des cas. Aujourd’hui, on dénombre 600 000 personnes autistes en France, et le nombre d’enfants concernés a été multiplié par 50 en 17 ans. Par définition, le vieillissement de la population n’est évidemment pas en cause pour l’autisme.

Même dans le cas de la maladie d’Alzheimer, considérée comme une maladie du grand âge, de plus en plus de « jeunes » sont touchés : la France compte aujourd’hui de 30 à 50 000 malades de moins de 60 ans. Même les adolescents commencent à être concernés : le plus jeune cas a été décelé à 13 ans. »

Roger : « Si les personnes âgées sont plus touchées, c’est essentiellement en raison du temps de latence entre l’exposition aux causes et le déclenchement de la maladie. Il en va de même pour les cancers. C’est ce délai qui permet tous les scandales sanitaires. Plus le temps de latence est long, plus il est facile d’ignorer les causes. L’amiante avait donné lieu à un discours semblable, façon : «  C’est une maladie de vieux, il faut bien mourir de quelque chose.  » Mais les expositions à l’origine de la maladie remontaient à 30 ou 40 ans auparavant ! Imputer la maladie à la vieillesse est un abus de langage qui crée un obstacle intellectuel. C’est confondre la cause et le contexte d’apparition. »

Marie : « De nombreuses études permettent de comprendre la progression de l’épidémie et le fait qu’elle n’est pas liée à la vieillesse. Une étude de l’université de Southampton, portant sur tous les pays de l’Union européenne, a par exemple analysé l’évolution des décès dus à des maladies neurologiques entre 1979 et 1997, chez les personnes de moins de 74 ans. Sa conclusion : le nombre de ces décès a été multiplié par trois en moins de 20 ans. L’auteur principal, Colin Pritchard, a confié : « Ce qui me fait réellement peur, ce n’est pas qu’ils sont plus nombreux, mais qu’ils sont de plus en plus jeunes.  » Bien que l’étude ait été publiée dans un journal scientifique réputé (Public Health), personne n’en a parlé en France. »

Les médicaments contre Alzheimer sont inefficaces ou dangereux, à l’image de l’Aricept dont vous écrivez que « le rapport bénéfice/risque est caricatural  ». Pourquoi continuent-ils à être prescrits en masse ?

Marie : « C’est un scandale. Concernant ces médicaments, tout le monde est d’accord, sauf les labos et leurs porte-voix : à quelques exceptions près, ces traitements sont inefficaces et n’améliorent pas le bien-être. Ils ont par contre des effets indésirables, dont certains très graves, ce que démontrent plusieurs études. Il y a également eu des alertes récurrentes de la revuePrescrire à ce sujet.

Nous pensions que les choses changeraient après la plainte d’une association contre la Haute Autorité de Santé (HAS), l’accusant de n’avoir pas respecté ses propres règles déontologiques sur les conflits d’intérêts (notamment la règle consistant à écarter les avis des experts rémunérés par les producteurs des médicaments concernés). Il semblait impossible que la HAS maintienne sa recommandation en faveur de ces médicaments. Ce fut pourtant le cas : si le « service médical rendu » a été abaissé d’« important  » à « faible  », ces traitements continuent à être remboursés à 65 %. C’est aberrant : des centaines de milliers de personnes sont traitées avec ces médicaments dangereux et inutiles. »

Vous écrivez en conclusion : « Le mélange de genres entre l’affairisme, l’expertise et la recherche a littéralement endigué la prise en compte des données scientifiques qui échappent aux injonctions lucratives et aux perspectives de brevets. » Comment en est-on arrivé là ?

Roger : « Se pose d’abord la question de l’omerta, qui ne concerne pas uniquement la rétention volontaire d’information, mais également l’autocensure, la peur de dire des choses, la discrétion… En outre, les différents acteurs de cette tragédie forment un puzzle, imbriquant aussi bien les labos que les leaders d’opinion ou les politiques. On y retrouve tous les ingrédients typiques du lobbying, avec des gens qui manipulent l’opinion et ont intérêt à ce que rien ne change. Notamment à cause de l’effet d’aubaine économique autour de ces maladies. D’où le déni, ce désir général de ne pas soulever le tapis.

Autre ingrédient classique : le son de cloche officiel est donné par ceux-là mêmes qui ont des intérêts dans la manière de poser le sujet et les solutions. Une configuration qu’on retrouve dans de nombreux scandales sanitaires (sang contaminé, nuage de Tchernobyl, amiante, éthers de glycol, exposition des ouvriers aux radiations dans les centrales nucléaires…). »

Marie : « Même lorsque les responsables sont pris les doigts dans le pot de confiture, comme dans le cas du Mediator, la réforme en profondeur – pourtant promise – ne vient jamais. Ce qui est fait reste très superficiel. »

Roger : « La prévention n’est envisagée que si elle ne menace aucun intérêt important. Par exemple s’il s’agit de causes infectieuses : alerter sur les dangers d’un microbe est plus facile que pointer la responsabilité d’une substance commercialisée par de grands groupes industriels. D’autant que ces derniers financent des études pour obtenir des résultats favorables à leurs produits. L’exemple des méfaits du téléphone portable est significatif. Dès la fin des années 1990, deux sortes d’études sont apparues – celles financées par les opérateurs affirmaient que l’usage du portable était inoffensif ; les autres concluaient à près de 80 % à sa nocivité.

Nous sommes tous embarqués à bord d’un avion de plus en plus grand et de moins en moins stable. Ceux qui en ont clairement conscience ne sont pas assez nombreux ni pris au sérieux. Pour le portable, massivement utilisé dans le monde entier, les risques encourus s’avèrent pourtant énormes. La mondialisation du risque nous promet le pire. L’actuelle pandémie de maladies du cerveau n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. »

Alors que votre livre traite d’une question de santé publique fondamentale, les médias n’en ont quasiment pas parlé…

Roger : « Nous nous y attendions. Les journalistes ont peur de s’aventurer dans des domaines qu’ils ne maîtrisent pas et qui mettent gravement en cause des personnalités de premier plan, aussi bien des politiques (je pense en particulier aux ministres de la Santé et de l’Environnement) que des chefs d’industrie et des experts officiels. C’était pareil pour l’amiante avant 1995 : les journalistes craignaient la technicité des dossiers et se montraient incrédules devant l’énormité du déni. Et puis, les lobbies ont eu toute liberté pour répandre leur propagande dans les médias, notamment à la télévision.

Ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change matraquent le public. Le discours des gros leaders d’opinion sur la maladie d’Alzheimer, des gens ayant souvent des liens d’intérêt avec les firmes concernées (rémunérations pour les expérimentations sur les patients, participations financières…), est très représentatif. Le simple fait de rappeler leur situation schizophrène les rend furieux. À l’image du professeur Dubois : ce chef du service neurologique de la Pitié-Salpêtrière s’est offusqué du fait qu’un journaliste de France soir ose le lui rappeler. Dans son cas, pourtant, il s’agissait seulement d’admettre une évidence. Cette attitude est d’autant plus regrettable que la loi impose aux professionnels de santé de faire mention de ces liens d’intérêt chaque fois qu’’ils s’adressent au public. »

Marie : « Beaucoup de spécialistes refusent de prendre un peu de hauteur vis-à-vis du consensus dominant. Quand je suis passée sur France Culture, le responsable de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière de la Salpêtrière, le Pr Agid, devait être présent. Mais il a annulé sa venue après avoir lu notre ouvrage, qu’il a qualifié de «  livre anti-scientifique et anti-médical  ». Un comble au regard du nombre d’études sur lesquelles nous nous appuyons. De telles critiques font penser à celles de Claude Allègre : désigner les contradicteurs comme obscurantistes permet d’éviter de débattre avec eux. »

Roger : « Ce monsieur Agid oublie nos parcours respectifs et les dossiers que nous avons défendus depuis vingt ans : affaires de l’amiante, du mercure, de l’aluminium, du manque d’indépendance de l’agence du médicament, etc. S’agit-il de combats obscurantistes ? En réalité, le milieu des mandarins n’a pas fait ce travail de synthèse et d’alerte. Leur cécité se trouve du même coup gravement mise en cause. »


1 Marie Grosman, agrégée en Sciences de la vie et de la terre, est spécialiste en santé publique et en santé environnementale. Roger Lenglet est philosophe et journaliste d’investigation en santé publique.

2 Terme médical. Il s’agit de mesurer les années de vie perdues parce que vécues dans un état autre que « en pleine santé ».

 

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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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