7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 16:10

 

Des paysans africains se réunissent au Zimbabwe pour renforcer leur lutte sur la souveraineté des semences

Avis aux Médias – La Via Campesina

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Harare, le 6 novembre 2013 – Plus de 40 paysans et paysannes de différents pays africains, représentant les organisations africaines  membres de la Via Campesina, et leurs alliés, se réuniront au Zimbabwe du 12 au 14 novembre 2013 afin de débattre des menaces qui pèsent sur le système de semences des petits paysans du continent. Ils aborderont plus particulièrement la question de l’harmonisation récente des lois et des règlements régionaux en Afrique et travailleront sur les réactions nécessaires face à de telles menaces. L’hôte de la conférence sera le “ Zimbabwe Organic Smallholder Farmers Forum” (ZIMSOFF), membre de la Via Campesina.

Cette conférence aura lieu quelques semaines à peine après que la FAO ait formalisé un accord de coopération avec la Via Campesina, reconnaissant le rôle essentiel des petits producteurs alimentaires du monde, petits paysans africains inclus.

Malgré cette reconnaissance, les petits producteurs et les producteurs familiaux en Afrique, y compris au Zimbabwe, sont sous pression pour que soient adoptées les semences génétiquement modifiées. Leurs semences sont aussi menacées  par l’harmonisation des lois et des règlements relatifs aux semences dans les pays africains. Selon un rapport du Centre Africain de Biosécurité (ACB), les gouvernements africains sont amenés à harmoniser les lois des semences dans le cadre de mesures de contrôle des frontières, de contrôle phytosanitaire, de systèmes d’homologation des semences. Ils doivent se mettre en conformité avec les normes de certification et des lois sur la protection des variétés inspirées de l’UPOV 1991 (Union des protections des obtentions végétales), au détriment des petits paysans africains et de leurs systèmes de semences. Si cette harmonisation est menée à son terme,  les paysans et les paysannes perdront le contrôle sur les semences traditionnelles et indigènes. Ceci aura un effet dévastateur sur la sécurité alimentaire et la biodiversité agricole.

Elizabeth Mpofu, présidente du ZIMSOFF et Coordinatrice Générale de la Via Campesina déclare : Les petits paysans en Afrique jouent un rôle vital dans le maintien des prix alimentaires bas et contribuent énormément au développement de semences localement adaptées et appropriées et à la diversité des cultures. Les modifications faites aux lois africaines des semences ne soutiennent et ne promeuvent pas les systèmes gérés par les paysans et les paysannes. Au contraire, ces changements les impactent négativement en criminalisant l’échange de semences paysannes”.

Invitation à la Conférence de Presse:
Pourquoi les agriculteurs défendent les semences natives ?"


Le ZIMSOFF et la Via Campesina Afrique invitent les médias à une conférence de presse pour partager les conclusions de la Conférence. Lors de la conférence de presse, nous allons lancer la publication « Les semences, notre future”. La publication met en lumière quelques uns de ces endroits où ont lieu les luttes quotidiennes pour nos semences. La publication témoins des échanges, résistances, découvertes et solidarités mises en œuvre par les paysannes et paysans d'Asie, d'Afrique, d'Europe et des Amériques. Ce sont ces peuples et ces agricultures qui font La Via Campesina, et assurent notre avenir.


Lieu: Fambidzanai Permaculture Center*
Adresse: 4 Dovedale Road, Mt Hampden, Harare
Jour et heure: le 14 novembre 2013, à 11h00


Pour plus d’informations et interviewer les participants:

Nelson Mudzingwa: (+263 775 380240) ou Boaventura Monjane: (+263 782049558 - à partir de 12 novembre)
Email: nelson.mudzingwa@gmail.com ou boa.monjane@viacampesina.org

Website: http://viacampesina.org

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* Le Centre se situe à environ 22 km du centre de Harare.

 

Source : Des paysans africains se réunissent au Zimbabwe pour renforcer leur lutte sur la souveraineté des semences

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 15:51

 

 

 

 

 

Darío Aranda 

Página/12

  Des représentants des paysans de pays latino-américains, avec l’appui du CELS, ont dénoncé devant la CIDH la violation des droits humains dans les secteurs ruraux du continent.

Privatisation des semences, terres concentrées entre peu de mains, criminalisation, réforme agraire et souveraineté alimentaires furent quelques uns des mots qui résonnèrent à Washington pendant l’audience de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) dont les protagonistes étaient des paysans. Avec à leur tête la Coordination Latino Américaine des Organisations des Campagnes (CLOC-Via Campesina) et avec l’appui du Centre des Etudes Légales et Sociales (CELS), ils ont établi comme une constante que dans le secteur rural « le schéma récurrent du continent » est la violation des droits humains « et sa relation immédiate avec les corporations transnationales et le modèle d’agriculture industriel ». Le rôle des ses entreprises et la subordination  

Diego Monton, originaire de Mendoza (Argentine) de la CLOC, dénonce l’avancée des entreprises dans la potentialisation de la nature. Le maïs permet de l’exemplifier. « Pendant 10 000 mille ans les générations successives des paysans améliorèrent les semences, produisirent le maïs et en prirent soin. Et maintenant, les entreprises y mettent des brevets et se font propriétaire d’une création de générations entières », dénonce-t-il et il lance l’alerte, en Argentine, une loi est en préparation (baptisée « loi Monsanto ») qui restreindra l’usage des semences créoles.

Au cours de l’audience, qui s’est tenue le 28 octobre, Monton explique la proposition de la CLOC : “Les semences ne peuvent avoir de propriétaires. Elles sont un patrimoine au service de l’humanité ». Il plaide également pour le droit à l’alimentation, compris comme le droit pour les peuples de décider de leur système alimentaire. Il rappelle que les paysans « avec seulement un quart des terres agricoles alimentent 70% de la population ».

“L’agriculture industrielle, entre les mains des transnationales, promeut un modèle de privatisation et de mercantilisation des aliments”, converti la nourriture en marchandise soumise à la spéculation financière” spécifie-t-il.

La CLOC a 20 ans d’histoire et est composée de 84 organisations provenant de 18 pays du continent. Pendant l’audience, l’usage massif d’agro-toxiques a été dénoncé, les problèmes de santé que la science a prouvés, l’exode rural, les agro combustibles et la subordination des états aux entreprises.

L’Amérique Latine a une population de 595 million de personnes. 20,5% d’entre elles, vivent en zone rurale (122 millions).Selon le Fond International pour le Développement de l’Agriculture, la pauvreté dans les zones rurales d’Amérique Latine et des Caraïbes est le double de celle qui règne dans les Centres Urbains. 8O% des personnes qui souffrent de la faim et 75% de celles qui vivent dans une pauvreté extrême se trouvent en milieu rural. »Les statistiques révèlent les conséquences des politiques néo libérales et du modèle de production agricole industriel, qui ont une incidence négative sur les Droits Humains des Paysans », précise le rapport présenté devant le CIDH.

Le texte vise le secteur privé. L’exemple est donné de Monsanto, qui contrôle « les 90 pourcents du marché mondial de semences transgéniques et, jointe à 10 autres entreprises, gèrent 90% des agro chimiques. En ce qui concerne la commercialisation des graines, quatre corporations (ADM, Bunge, Cargill et Dreyfus) contrôlent 90% du marché mondial. Le rapport attire également l’attention sur la violence en Colombie, au Paraguay et au Honduras. Il fait remarquer les similarités entre le Brésil et l’Argentine : concentration des terres entre peu de mains et avancées des entreprises sur les territoires paysans et indigènes.

Daniel Pascual du Comité Unité paysanne du Guatemala, précise que dans tout le continent se produisent des avancées de la monoculture, minières, hydroélectriques et pétrolières qui” approfondissent la crise des terres et des aliments”. Il affirme que quand les entreprises ne peuvent s’emparer des terres paysannes et indigènes, «les ministères et tribunaux interviennent pour criminaliser et poursuivre » ceux qui luttent. Il assure que l’unique issue rurale à la faim et à la pauvreté tient en trois paroles : réforme agraire intégrale.

Le commissaire de la CIDH, Rodrigo Escobar demanda s’il existait quelque “bonne pratique » dans un quelconque pays de la région. Diego Monton mentionne la Bolivie et Cuba qui ont des expériences de politiques d’accès à la terre. Le fonctionnaire de la CIDH lance alors une autre question : « La position paysanne est le rejet de l’agro industrie, pose-t-elle qu’elle ne doit pas être promue, ou existe-t-il quelque mécanisme pour concilier l’agro-industrie avec l’économie Paysanne ? ».

Monton rappelle que les paysans n’acceptent pas que « la nature soit brevetée » (par exemple, les semences) .Daniel Pascua résume « La monoculture et l’agro-industrie ne sont pas compatibles avec la souveraineté alimentaire et avec le respect des droits des paysans ».


Traduction Anne Wolff

Source en espagnol :

http://www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-232809-2013-11-04.html

 

Notes de lectures

Quelques remarques au sujet de ce texte qui illustre très bien quelques-uns des aspects du Mouvement Paysan. Tout d’abord sa caractéristique de mouvement transrégional et transnational. 18 représentants de 18 pays, cela veut dire des représentants de quasi tout les pays d’Amérique Latine, se sont mis d’accord sur une position commune qu’ils défendent ensemble.

La Via Campesina compte 200 millions de membres effectifs dans le monde, et est un courant de pensée et d’action bien plus vaste si on y ajoute tous ceux qui la soutiennent sans en être membres officiellement. S’il s’agit d’une minorité, et nous savons que les agriculteurs paysans sont une espèce menacée dans le monde, il s’agit d’un minorité significative et qui s’attire la sympathie de tous ceux pour qui « le droit à l’alimentation, [doit être] compris comme le droit pour les peuples de décider de leur système alimentaire".

Paysan ou non, habitants des villes et des campagnes,je rencontre autour de moi de nombreuses personnes pour qui ce concept de souveraineté alimentaire fait sens. En Afrique, au Zimbabwe, en fin de semaine, se réuniront 40 membres d’organisations regroupées dans la Via Campesina* pour défendre la liberté de l’usage des semences. En Asie, les organisations liées à la Via Campesina se regroupent autour de cette figure de proue qu’est Vandana Shiva.

Nous sommes donc face à un courant mondial significatif – pour le moins quelques centaines de millions de personnes - capable de s’entendre et de défendre des positions communes et qui a établi entre  les différents courants qui la constituent les relations fortes et fluides d’un rhizome, relations de solidarité sans concentration de pouvoir, développant des complémentarité et des solidarités transnationales, transcontinentales.

A travers le texte ci-dessus, nous découvrons également que ces positions communes participent d’une même conception du monde, d’un même projet de monde résolument incompossible (qui ne peut se développer et exister simultanément) avec le projet de monde néo libéral et que ce qui fonde cette différence se trouve – aussi - dans les notions propriété-concurrence-exploitation pour les seconds, alors que les premiers font exister un modèle d’appartenance de la personne à la planète en tant que milieu ambiant qui  implique l communalité – coopération - « prendre soin de », une cosmovision dont le principe fondateur est le « bien vivre » ..

C’est également une réponse pour ceux qui s’interrogent sur certains choix de traduction que je peux faire… la communalité n’est pas le communisme européen, comme la notion de « milieu ambiant » est un concept autre que celui d’environnement qui suppose en anthropocentrisme implicite, l’homme propriétaire de la terre. « Homme » pas humain, en ce sens que les métaphores qui ont présidé à la naissance de la science moderne comme référent d’un mode d’exploitation, sont celle du viol, de la domination, de la virilité soumettant la féminité de la Terre. Je ne les ai pas en tête, mais par exemple, Gilbert Hottois dans son livre « Qu’est-ce que la bioéthique » nous en donne un joli florilège.

Ce qui n’apparaît pas dans ce texte, mais dans beaucoup d’autres, c’est ce projet paysan comme projet de monde qui va au-delà de l’unique monde paysan. La proposition d’un mode de culture qui refroidit le climat, le soucis de préparer des lieux d’accueil pour ceux que la montée des eaux va submerger, les multiples expériences d’agriculture urbaine qui se développent un peu partout dans le monde, l’analyse de la nouvelle phase d’accumulation du capital et de ces conséquence pour les peuples de la planète, et bien d’autres aspects en font un réel mouvement politique d’avant-garde, une écosophie ou « sagesse de l’habiter ».

Anne W

 

*Des paysans africains se réunissent au Zimbabwe pour renforcer leur lutte sur la souveraineté des semences


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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 21:18

 

 


 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source photo ¡ LIBRE, la victoria se aproxima! Vos El Soberano

 

  par Mark Weisbrot *

Le peuple hondurien a-t-il le droit délire ses propres président et congrès ? La réponse varie selon la personne à qui vous posez la question.

En 2009, le président de centre-gauche de ce pays, Mel Zelaya, fut renversé par un coup d’état militaire qui fut appuyé en grande mesure (et selon Zelaya, organisé) par le gouvernement US. Après 6 mois et une grande vague de répression politique, le gouvernement putschiste fut restitué par une élection que presque tout l’hémisphère – à l’exception de…, si, vous avez deviné, les Etats-Unis d’Amérique – rejeta en la considérant comme illégitime.

Quatre ans plus tard, ce 24 novembre, les électeurs honduriens se rendront encore une fois aux urnes pour participer à un combat entre le parti pro démocratie LIBRE, fondé par des individus qui se sont opposés au coup d’état, et le parti officiel, le Parti National, dont le champion sera Juan Orlando Hernandez, président du Congrès National, qui appuya le coup d’état militaire de 2009.

S’il s’agissait d’une lutte régulière, il est fort probable que LIBRE, dont la candidate présidentielle est Xiomara Castro, épouse de Mel Zelaya, triompherait. La situation économique joue un rôle important dans la majorité des élections, et en général un gouvernement qui a présidé à une détérioration des niveaux de vie de la majorité de la population est évincé du pouvoir. Les données des enquêtes montrent que 80% des Honduriens pensent que leur situation actuelle est pire qu’il y a quatre ans, et les faits renforcent cette opinion. Les 10% les plus élevés sont ceux qui ont obtenu la majeure partie des 100% d’augmentation des rentrées durant les deux années ayant suivi le renversement de Zelaya, inversant de façon marquante une forte tendance à une plus grande égalité durant les années Zelaya.

Le nombre des personnes qui contre leur volonté travaillent à mi-temps a connu une augmentation de 176%. La pauvreté a également augmenté, alors qu’elle s’était réduite de manière importante avec Zelaya qui accorda une augmentation du salaire minimum de quasi 1OO% en termes réels durant ses 3,5 années de pouvoir. Même les investissements privés, malgré les doléances des entrepreneurs qui appuyèrent le coup d’état, grandirent à un rythme beaucoup plus rapide avec Zelaya qu’avec le régime actuel.

Comme on l’imagine, ces élections ne se disputeront pas dans des conditions équitables. Durant les derniers six mois, tous deux, le Sénat et la Chambre des Représentants des E.U. ont envoyé des lettres au secrétaire d’état John Kerry exprimant de sérieuses préoccupations concernant la répression politique et ses implications pour les élections du mois prochain au Honduras. La lettre du Sénat met en évidence un « schéma de violence et de menaces contre les journalistes, défenseurs des droits humains, membres du clergé, leaders syndicaux, membres importants de l’opposition, étudiants, petits agriculteurs et activistes de la communauté LGTB », ainsi que des exécutions extra-judiciaires. La lettre du 15 octobre de la part de la chambre des représentants mentionne « au moins 16 activistes et candidats de LIBRE ont été assassinés depuis juin 2012. En plus nous avons été informés que le gouvernement du Honduras n’a pas mené d’enquête ni poursuivit les responsables de ces assassinats. »

« Les abus contre les droits humains se poursuivent sous le gouvernement actuel menaçant les libertés civiles basiques, les candidats de l’opposition ne disposent pas de conditions équitables et les forces de sécurité de l’Etat jouent un rôle toujours plus important et inquiétant dans le contexte des élections. »

Nous sommes particulièrement alarmés de découvrir que le parti officiel et son candidat présidentiel, Monsieur Juan Orlando Hernandez, dominent actuellement toutes les institutions clés du gouvernement, incluant les autorités électorales du pays et l’armée, laquelle distribue les bulletins de vote - ce qui limite les options des citoyens honduriens au cas où se commettraient des fraudes durant le processus électoral alors que les violences contre les droits humains continuent à être une menace contre un débat ouvert.

Le problème, c’est que le gouvernement d’Obama ne respecte ni le droit à des élections libres, ni les droits humains fondamentaux au Honduras. Ils ont fait de grands efforts en 2009 pour défaire le président démocratiquement élu et ils en payèrent le lourd coût politique dans l’hémisphère : à ce moment, tous les gouvernements d’Amérique du Sud espéraient qu’Obama agirait d’une manière différente de son prédécesseur et l’ont cru quand il avait promis de ne pas donner son appui au coup d’état. Ils ont souffert plus qu’une déception, l’appui du gouvernement d’Obama au putsch et sa manipulation de l’Organisation des Etats Américain à cette fin, ont entraîné la fondation d’une nouvelle organisation hémisphérique, la Communauté des Etats Latinoaméricains et des Caraïbes, laquelle exclu les Etats-Unis d’Amérique et le Canada.

Dès lors, que peut-on faire ?

Les gouvernements d’Amérique du Sud doivent s’exprimer énergiquement en faveur d’élections libres et du respect des droits humains au Honduras. Etant donné que la gauche Latinoaméricaine a un respect profondément enraciné de la souveraineté nationale, les gouvernements progressistes sont réticents concernant toute action qui ressemble à une interférence dans les affaires internes des autres pays. Cela les met en désavantage vis-à-vis de Washington qui n’a pas ce type de scrupule et qui intervient avec des millions de dollars dans la campagne actuelle.

Mais l’Amérique du Sud a montré fréquemment son soutien aux gouvernements qui sont menacés ou accusés par les USA : récemment dans le cas du Venezuela, après les élections présidentielles d’Avril et dans celui de la Bolivie quand l’avion d’Evo Morales fut forcé d’atterrir en Europe en juillet passé. Il s’est également manifesté en 2009 pour freiner Washington dans sa tentative d’augmenter sa présence militaire en Colombie, qui fut ressentie comme une menace pour la région. Comme le signale le président Rafael Correa d’Equateur, en 2009, le coup d’état de Washington au Honduras fut également une menace pour la région, ainsi que sa collaboration avec le gouvernement qui en résultat pour empêcher que se tiennent des élections démocratiques. Comme est aussi une menace la militarisation du Honduras avec l’augmentation, de la part des Etats-Unis d’Amérique, des leurs bases dans ce pays. Cela fait partie de la réponse de Washington face à l’élection de gouvernements de gauche dans la plus grande partie de l’hémisphère : augmenter leur présence militaire et solidifier leur contrôle, dans les rares lieux où, grâce à l’extermination de la démocratie, ils prennent encore leurs aises.

Les leaders sudaméricains doivent rappeler au monde qu’il s’agit d’une lutte pour l’autodétermination – que les honduriens ne renoncent pas à leurs droits civils et nationaux seulement parce que les Etats-Unis d’Amérique ont des bases dans leur pays et pensent que cela est plus important de permettre des élections libres.

Mark Weisbrot pour The Guardian

Original : «  South American leaders should help Hondurans fighting for democracy  ». The Guardian, 29 de octubre de 2013.

Traduction française  Anne Wolff pour El Correo

*Mark Weisbrot est co-directeur du Center for Economic and Policy Research de Washington, D.C. Il est également president de [Just Foreign Policy.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 20:24

 

 

 

 

HORACIO VERBITSKY / PAGINA12 – Le Commandement Sud des USA recommande à la Junte Interaméricaine de Défense (JID sigle en espagnol), que les Forces Armées du Continent participent à un plan de sécurité du milieu ambiant et de sécurité énergétique et l’Argentine s’y oppose. Le contrepoint, qui se produit, mardi passé, pendant une réunion informelle de la JID qui se tint à Washington, constitue un pas de plus dans l’escalade US pour brouiller les frontières entre les fonctions de défense et de sécurité, et continuera le mercredi pendant les session ordinaire de la Commission  de Sécurité Hémisphérique de l’OEA (Organisation des Etats Américains). En Argentine plusieurs candidats des partis d’opposition, comme Ricardo Alfonsin, Sergio Massas et Gabriela Michetti, préconisent la sanction d’une loi de peine de mort sans jugement préliminaire pour les présumés narcotrafiquants, de l’application de laquelle, se chargeraient les Forces Armées. 

A l’intérieur de leur territoire, les USA maintiennent la séparation dans les termes en vigueur depuis 1878 de la loi Posse Comitatus, mais ces derniers temps ils ont un penchant à doter les forces de police d’équipements de guerre lourds qui jusque-là était considérés comme du domaine strictement militaire. Par contre, en Amérique Latine, ils proposent que les Forces Armées se dédient à des tâches relevant de la police, en raison de la doctrine des nouvelles menaces, déjà en vigueur depuis une décennie.

L’article 2 des statuts de la JID dit que l’objet de l’organisme est de prêter à l’OEA et ses pays membres « des conseils techniques, consultatifs et éducatifs sur des thèmes en relation avec les domaines militaires et de défense de l’hémisphère », mais ne mentionne pas les questions de sécurité. C’est la même chose pour le Plan Stratégique de la JID. C’est pour cela, que lors de la réunion du mercredi 16, les USA ont tenté de redéfinir la portée des termes « questions militaires et de défense » et les concepts de Défense et de Sécurité. Il est probable que la question revienne sur le tapis entre le 21 et le 25 octobre, pendant la Conférence Interaméricaine de Logistique, qui est financée par des entreprises privées et se tiendra également à Washington.

Un programme de gouvernement 

Le programme de travail de 2013-2014 de la JID, signé par son directeur, le vice-amiral Bento Costa Lima Leite de Albuquerque Junior, constitue un chapitre d’un programme de gouvernement. Loin de thèmes militaires et de défense, il adjoint que la JID s’occupera également de « disciplines connexes en relation avec l’hémisphère ». Il se propose de promouvoir la présence dans différentes activités de la JID, de la Commission de Sécurité Hémisphérique et du Sous-secrétariat de Sécurité Multidimensionnel, deux chemins pour éluder la séparation des fonctions.

Un autre objectif du plan de travail est de constituer la JID en tant « qu’organisme de conseil technique permanent de la Conférence des Ministres de la Défense et d’établir des relations de coopération avec les organisations hémisphériques régionales et sous régionales de défense et de sécurité ». Il se propose également de participer à la coordination entre Forces Armées et de Sécurité « dans le combat contre le narcotrafic » en Amérique Centrale et d’assister à la 4ème Conférence des Ministres de la Sécurité des Amériques.

La JID va jusqu’à se proposer pour ’instruire le Comité Interaméricain contre le Terrorisme dans le domaine de la “protection des droits humains et des libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme”, d’harmoniser son plan de travail avec celui de la Commission de Sécurité Hémisphérique et de convertir le Collège Interaméricain de Défense en une institution éducative d’excellence qui offre des cours de post graduat non seulement en matière de défense mais aussi de sécurité. A ce plan de travail de la JID, la délégation des USA ajoute une recommandation personnelle : que la JID accepte la proposition présentée par le Commandement Sud et travaille conjointement avec ses autorités dans « le développement d’un Plan de Coopération Régionale sur le Milieu Ambiant et la Sécurité Energétique ». La délégation argentine à présenté une série d’objections à ce plan :

- en ce qui concerne l’objectif d’aide humanitaire et d’auxiliaire en cas de désastres naturels, la Déclaration de San Salvador sur la Sécurité Citoyenne à été invoquée,  il est proposé un suivi des phénomènes qui ne concordent pas avec l’énoncé général, comme les migrations, le trafic de personnes et la délinquance transnationale. Mais la Déclaration de San Salvador se réfère à des questions de sécurité publique et ne concerne pas les thèmes à caractère militaire ou de défense, les seuls pour lesquels une intervention de la JID a été habilitée. Cette thématique est exclusive des compétences de la JID, dont les statuts ne la prévoient pas. 

- Les nouvelles menaces considérées dans les approches multidimensionnelles n’obligent pas à une neutralisation par des instruments militaires. En Argentine, la réponse concerne les Ministère de la Sécurité et de la Justice.

- la coordination proposée de la JID avec le Secrétariat de Sécurité Multidimensionnel doit exclure l’usage des Forces Armées dans la sécurité publique des états, la lutte contre les drogues, les migrations, la traite des personne et le terrorisme, dont la compétence relève d’autres organismes de l’OEA, comme la Commission Interaméricaine contre l’Abus des drogues (CICAD) et le Comité Interaméricain contre le Terrorisme (CICTE). Il est tout aussi inadmissible que la JID participe à des forums, conférences et organismes qui traitent ces thème, qui ne font pas partie des attributions de la Junte Interaméricaine de Défense.  

- la JID a pour mission d’appuyer le Secrétariat Pro Tempore de la Conférence des Ministre de la Défense (qui est toujours à charge du pays amphitryon) et de conserver sa mémoire historique, mais elle n’est pas habilitée à se convertir en son Secrétariat Technique Permanent, vu que la Conférence est un forum de dialogue politique entre les ministres et la JID un organe d’assistance technico-militaire de l’OEA.

- Il faut également clarifier le fait que ces fonctions de soutien ne doivent s’exercer qu’à l’appel du Secrétariat Pro Tempore

- l’Argentine n’accepte pas non plus la proposition “d’alignement des stratégies de défense et de sécurité que devrait soutenir la JID

- en se référant aux instruments qui composent le Système Interaméricain de Défense, le plan de la JID lui assigne des fonction de coopération avec d’autres organismes interaméricains, alors qu’elle a seulement été autorisée à le faire dans le processus de révision du Système, qu’impulsa l’Argentine et dont la JID devrait prendre note.

La JID s’arroge comme « tâches implicites » des tâches qui excèdent ses fonctions et missions. Elle mentionne parmi celles-ci la demande aux états d’informations déterminées qui ne sont pas de la compétence de la JID, comme par exemple des données sur la technologie et l’industrie.

Les conclusions de la JID ne mentionnent pas le complément de mandat de la Conférence des Ministre de la Défense et de l’Assemblée Générale de l’OEA, qui’ contraindrait à la révision de tous les instruments et composants du Système Interaméricain de Défense. Cela incluant de manière centrale la JID elle-même.

 

Le conflit se définit en termes clairs. Pendant que l’Argentine réclame que le système politique représenté par les Ministres de la Défense et l’Assemblée Générale conduise la révision de la Junte Interaméricaine, la JID, qui a son siège à Washington et dont le financement est étasunien, résiste à la révision de son rôle et prétend avancer avec de nouveaux diktats pour les organes représentatifs de la volonté populaire.

Pendant la réunion informelle de mercredi passé, ce n’est pas seulement l’Argentine qui contesta la prétention étasunienne qui voudrait que le Commandement Sud recommande à la JID la manière dont elle devra participer à la sécurité énergétique et du milieu ambiant, créant un nouveau topique des relations entre les Forces Armées de la région, fondé sur les modèles qu’appliquent les Nations Unies et l’OTAN . Le Canada soutint que la création d’un commandement opérationnel nécessite de plus grandes discussions, et il mit en doute le fait que la JID soit compétente en cette matière. Les Etats-Unis nièrent avoir proposé un rôle opératif pour la JID.

En plus de coïncider sur ces points avec le Canada, le Mexique rappela que chaque pays a des organismes spécialisés dans la sécurité énergétique et du milieu ambiant, matières pour lesquelles, les militaires, dans le meilleur des cas, n’ont qu’une compétence subsidiaire, et suggère que les pays qui sont d’accord avec la proposition puissent la réaliser de manière bilatérale avec le Commandement SUD.

Cela, c’est la logique qui depuis des années préside les avancées étasuniennes dans la région : une proposition générale que l’OEA n’accepte pas et qui s’impose ensuite à travers la relation bilatérale avec différents pays, en commençant par les plus faibles, que ce soit  face aux menaces décrites , ou face au Pentagone et son Commandement Sud, véritable artisan et réalisateur des politiques de son pays en Amérique du Sud. L’Argentine réitère quelques propositions quelle avait formulées lors de la réunion ordinaire de la JID du mois passé. En cette occasion, elle affirme que comme les autres pays sud-américains, elle donne priorité à la coopération dans ces matières au cadre sous régional de l’UNASUR et qu’il est inconvenant de mêler la JID à des thèmes éloignés de la défense.

La dérive des frontières 

La séparation nette entre Défense Nationale et Sécurité Intérieure, est un des accords fondamentaux de la démocratie argentine et se cristallise dans 3 lois et un décret sanctionné sous quatre gouvernements différents. La loi de Défense Nationale fut promulguée en 1988 par le président Raul Alfonsin, celle de Sécurité Intérieure en 1992 par le président Carlos Menem, celle de Renseignement National en 1991 parle président Fernando de la Rua, et le décret réglementant la Loi de Défense, le fut par le président Kirchner en 2006.

Dans l’article ‘4 de la loi de Défense établit que “il faudra prendre en compte en permanence la différence fondamentale qui sépare défense nationale de la sécurité intérieure”. Mais 18 ans s’écouleront avant sa réglementation. Horacio Jaunarena, qui fut ministre des ex présidents Raul Alfonsin, Fernando de la Rua et de l’ex sénateur en charge du pouvoir exécutif Eduardo Duhalde, confie dans un séminaire organisé par Eduardo Menem et Roberto Dromi que jamais il ne l’a réglementée parce que il n’était pas d’accord avec le texte et l’esprit de la loi.

Les considérants du décret réglementaire, que la ministre Nilda Garré signa conjointement avec Kirchner, écarte de manière expresse l’utilisation de l’instrument militaire pour des fonctions éloignées de la défense, “usuellement connues sous la dénomination de nouvelles menaces”.  Dans le cas contraire, il se produirait « une sévère et inexorable crise de la doctrine, de l’organisation et du fonctionnement d’un outil fonctionnellement conçu pour accomplir des responsabilités distinctes de celles typiquement policières”. Depuis, sous la présidence de CFK (Cristina Fernandez de Kirchner), trois projets furent présentés au Congrès qui rebroussent le chemin parcouru. Le premier en 2010, porte la signature de Francisco de Narvez et d’autres députés du Péronisme d’Opposition (Dossier de la Chambre des Députés 6657-D-2010. Procédure parlementaire 130, O9/O9/2010, Défense Nationale contre les menaces aériennes)

Le second date de 2011, il fut présenté par la député du PRO, Gabriela Michetti, accompagnée du même de Narvaez et plusieurs députés des deux partis, (Dossier de la Chambre des Députés, 1791-D-2011. Procédure Parlementaire OO28, 13/04/2011. Création du Plan National de Protection Aérienne de la Frontière Nord). Le troisième, date de cette année, et émane du député radical Ricardo Alfonsin et d’autres législateurs de son parti (Dossier 4817-D-2013. Processus Parlementaire O73, 18/06/2013) Loi de lutte intégrale contre le narcotrafic)

Ils coïncident tous à commander aux Forces Armées la destruction d’aéronefs qui ne répondent pas aux sommations transmises par radio, signaux visuels ou tirs d’urgence avec des munitions traçantes (De Narvaez) ; la destruction devra être autorisé par le président de la Nation ou par les autorités déléguées par le Chef d’Etat Major des Forces Aériennes ou par l’autorité déléguée par le chef d’Etat Major de la Force Aérienne (Alfonsin) et « en aucun cas, il ne sera permis aux aéronefs irréguliers, suspects ou hostiles de s’échapper en territoire étranger » (Michetti). Le projet de Michetti est le plus explicite, les hypothèses de conflit « dans le sous-continent » (sic) ont disparu et à présent les ennemis de l’état « sont le terrorisme, la narco guérilla, les mouvements séparatistes, la piraterie, etc. ».

Ces menaces “sont d’une telle ampleur qu’elles doivent être considérées comme des matières propres à la défense nationale ». A ce groupe, c’est ajouté cette semaine le candidat député pour le Front Rénovateur, Sergio Massa, qui vendredi affirma, qu’il était urgent de promulguer une loi qui permettra « de détourner les avions des narcos qui entrent dans le pays ». L’officialisme s’oppose de façon explicite à une telle réforme.  De fait, dans l’Opération Fortin Norte, l’Armée ne reçu pas, de la part du Ministère de la Défense, de règles d’engagement, seulement des schémas de comportements qui excluent l’engagement du combat, et la semaine passée à Rio Gallegos, le Ministre de la Défense Augustin Rossi ordonna de se limiter à occuper la partie du terrain qui est propriété de l’Armée pour qu’il n’y ait pas d’intrusion, sans même porter d’armes à feu. Les projets de Massa, Michetti, Alfonsin et De Narvaez habiliteraient les Forces Armées a appliquer la peine de mort sans jugement préalable, en se basant sur la seule suspicion, y compris à qui se serait éloigné du territoire national. Par chance, il est douteux que ces propositions progressent au Congrès étant donné la confortable majorité de l’officialisme.

Traduction Anne Wolff

Source en espagnol Argentina: EEUU propicia intervención militar y la oposición lo acompaña | CONTRAINJERENCIA

 

En juin dernier, les pays de l'Alba ont annoncé leur sortie du Conseil Interaméricain de défense :

 

Les pays membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) ont annoncé jeudi leur retrait du Conseil Interaméricain de Défense (JID en espagnol) de l’OEA, considérant que continuer à en faire partie n’avait aucun sens..

 

Cette annonce a été faite par les représentants du Nicaragua, du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur lors d’une conférence de presse dans le cadre de la 43ème assemblée générale de l’Organisation des Etats Américains (OEA) qui s’est tenue dans la ville guatémaltèque d’Antigua.

Le Ministre des Affaires Etrangères de Bolivie, David Choquehuanca a annoncé que le retrait des pays de l’ALBA de la JID était examiné depuis plusieurs mois et qu’il sera officialisé après l’Assemblée Extraordinaire des chefs d’états de cette alliance qui se tiendra le 13 juilet prochain à Guayaquil (Equateur.)

 

Aguila rapaz devora américa del sur

 

en savoir plus :

L’ALBA annonce sa sortie du Conseil Interaméricain de Défense de l’OEA

 

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 14:59

 

Hongrie : Les sans-abri sont désormais considérés comme des criminels

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Un spectre hante l’Europe, celui des boucs émissaires, celui de la peur entretenue de glisser dans la catégorie stigmatisée parce que le chômage, la misère sont là et qu’il est tellement plus facile de s’acharner sur plus misérable que soi…

Stupeur pour les organisations de défense des Droits de l’Homme. Les parlementaires du gouvernement hongrois de Victor Orban ont voté lundi une loi permettant la criminalisation des sans-abri.

La loi qui autorise les municipalités à poursuivre les sans-abri qui vivent sur l’espace public ou fouillent les poubelles a été acceptée par 245 voix pour et 45 contre ce lundi 30 septembre. Le gouvernement a prétexté un maintien de l’ordre public, de la sécurité, de la santé et des valeurs culturelles en faisant adopter cette loi.

« Ils veulent cacher les SDF, en pensant que cela va améliorer l’image de la ville. C’est très problématique, parce que cela va à l’encontre de droits humains tels que la liberté de mouvement » a dénoncé Rita Bence, responsable de TASZ, l’Union hongroise pour les libertés civiles.Pour l’ONG Human Rights Watch, cette décision est insupportable. Les sans-abri qui sont déjà souvent victimes de leur situation pourront être condamnés à des travaux d’intérêt général, voir même à de la prison s’ils récidivent. Il y a quelques mois déjà, la municipalité de Budapest avait fait voter un décret permettant d’emprisonner les SDF qui ne paieraient pas leur amende de 180 € pour avoir occupé l’espace public.Pourtant, la cour constitutionnelle hongroise avait rejeté une loi similaire en 2012, estimant qu’elle serait une violation de la dignité humaine.

« Plutôt que de respecter la décision de la cour, le gouvernement, grâce à sa majorité absolue au Parlement, a répondu en faisant inclure au mois de mars une disposition dans la Constitution permettant la criminalisation des sans-abri » dénonce Human Rights Watch.Pour les 30 000 sans-abri hongrois, l’arrestation est maintenant un risque de tous les jours.Source : Human Rights Watch – See more at: http://citizenpost.fr/hongrie-les-abri-desormais-consideres-criminels/#sthash.cP4cUyoB.dpuf

 

Source : histoireetsociete | dieu me pardonne c'est son métier…

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 14:33

 

 

Est-ce que vous mesurez vos responsabilités?

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A propos d’une photographie *

 

Tant qu’un véritable mouvement né d’une prise de conscience de ce que représentent les réseaux sociaux et "la rumeur" ne créera pas les conditions d’une régulation démocratique nous n’avancerons pas… Déjà il y a des gens qui ont risqué leur vie et leur avenir et qui sont traqués à travers la planète qui tentent de nous prévenir…

les gens sont si naifs, par exemple ils croient être protégés quand il écrivent des "messages" personnels, rien de plus ouvert que ce système où se déverse n’importe quoi… Vous vous dites c’est de la paranoïa parce que tout cela n’a aucune importance…

mais réfléchissez au fait qu’aujourd’hui encore les types torturés à Guantanamo ont été pris de telle sorte que le trois quart reste totalement innocent de toutes accusations dont ils sont l’objet, quand ils n’ont pas été "vendus" un bon prix comme des terroristes par des compatriotes douteux… Sous couvert de lutte contre le terrorisme un système totalement fasciste de lois, de pratiques est désormais installé et seule la fiction que nous sommes en démocratie permet de l’ignorer. Il est des peuples entiers qui à l’inverse des Européens connaissent déjà le prix de ce viol du droit impérialiste…

Souvenez-vous qu’il existe tout autour de la planète des centres de détention dans lesquels des "fantômes" hors droit sont torturés, ces centres sont délégués à des pays "amis" comme l’Egypte de Moubarak… En Europe même… l’arbitraire règne nous nous croyons protégés parce que nous sommes les enfants gâtés du système mais demain celui-ci peut parfaitement être utilisé contre n’importe qui à travers des délations imbéciles comme celles des forums… C’est ça l’enjeu du monde dans lequel nous sommes et c’est pour cela que les lanceurs d’alerte sont des gens courageux qu’il faut soutenir et dans le même temps refuser l’univers de délation généralisé d’un bavardage irresponsable sur les personnes…

Nous ne savons même pas ce que sera l’Europe dans trois ans, quelles forces seront au pouvoir et nous continuons à agir comme des irresponsables… Nous acceptons déjà de nous faire l’écho de toutes les désinformations pour avoir l’air de savoir et de nous lancer dans de véritables fiches de police sur les individus. Jusqu’où irons-nous?

Danielle Bleitrach

 

*Cette photographie prise samedi dernier à La Valette (île de Malte) est belle. Scandaleusement belle quand on sait que les trois personnes qui y figurent sont des migrants, sans doute venus de Syrie, ayant survécu au chavirement de leur embarcation au large de Malte tandis que trente-quatre de leurs compagnons se noyaient. Mais c’est justement la beauté de cette image qui surpasse son scandale.

 

Source

Et aussi

Le fascisme est-il une question d’idéologie ou d’intérêts capitalistes, l’exemple de franco et d’Abdullah le Saoudien

 

Génération identitaire veut faire des «tournées de sécurisation»

 

Prisons secrètes : 54 pays ont collaboré avec la CIA

 

la réflexion de ce jour et d’autres : cette France où l’on se croit insolent quand on est seulement ignoble…

 

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 11:51

 

 

Enregistrez vos meuh!……..


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Depuis que je "fréquente" la toile, je dois bien avoir lu des milliers d’articles sur l’art de changer le monde, le comprendre, mais écrire pour le changer. Et j’écris pour le changer…

Nous avons bien appris la leçon: tout écrire pour changer les choses, mais ne rien faire.  C’est ainsi que fonctionnent les "gouvernements": des paperassiers, des commissions d’enquête, du papier, du papier, des avocats, des juges, etc. Le singe appliqué se prend pour un génie. Il est embouteillé…. Comme les bateaux en bouteilles.

Si nous ne voulons rien faire, tant mieux. Alors ne faisons vraiment rien… Il suffirait de ne rien faire pendant 30 jours. 30 jours assis, sans travailler, après s’être préparés pour que le système cafouille comme un moteur qui n’a plus d’essence. Puisque nous sommes l’essence de ce moteur affolé. Je suis une goutte. Tu es une goutte. Il est une goutte.

Puisque les banques, les dirigeants sont des pirates de citoyens, il faut tout simplement arrêter de transporter la cargaison d’esclaves: nous.

Dans la division et l’égoïsme cultivé, il n’y a pas de "nous". Nous sommes des agglutinés sociaux rongés jusqu’à l’os.

L’homo habituus est habité-habitué.

Un État laïc et la pire des religions, car elle confirme une neutralité moutonnière. Nous acceptons notre condition de bétail. Nous sabrons notre connaissance en autre chose qu’une machine de chair à vider, évider.

Dans moins d’une décennie, personne ne pourra aller nulle part pour jouer à l’autarcie. Tout aura été gobé, classé, javellisé.

Et la Terre sera la prison ronde.

Nous en travaillons les barreaux, la pierre, la structure. On nous dit artisans d’un pays… Nous sommes le noir sur un bateau rond dans l’Univers. Encagé. Fourbi.

Oui Msieux!

Oui Pa(l)tron!

Oui Maître!

Meuh! après meuh(s)’…. rien ne se créé. La bombe à cravate et à discours insidieux aura tout raflé.

 

 

 

art-and-fury:Garden -  Maggie Taylor

Image, source: http://missimpar.tumblr.com/


Silence! On ne tourne plus…

 

Gaëtan Pelletier

novembre 2013

Source LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

 


PS : je vous conseille un petit détour par chez les castors, vous savez, ceux dont Leibnitz disait déjà que nous ferions mieux de nous inspirer de l’esprit de coopération plutôt que de nous focaliser sur une loi du plus fort qui dans la nature fait figure d’exception.

Petit castor à banques

Et quelques feuilles d’automne qui remettent de la beauté dans le paysage désolé du monde dévasté par les hommes.

Papillons d’automne

 

 

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 11:21

 

Crise: En 2012, un record, 120 000 portugais ont quitté leur pays !


Crise : Le Portugal se vide de sa population

 

 

 

brain20drain.jpgUn record dont il se serait passé: en 2012, le Portugal a perdu 10.000 personnes par mois selon l’Institut national des statistiques. De quoi plomber un pays, à peine sorti de la récession.

 

L’exode portugais se prolonge. Pire, il progresse. Le Portugal vient de battre son triste record des années 1960. 121.418 personnes se sont expatriées en 2012 contre 120.239 en 1966, sous la dictature d’Antonio d’ Oliveira Salazar.

 

D’après le quotidien Diário de Notícias, les Portugais privilégient les destinations européennes, dans l’espoir de trouver un travail. La France, le Luxembourg, la Suisse et le Royaume-Uni sont les plus concernés. Les chômeurs portugais sont même prêts à renouer avec l’Angola. L’ancienne colonie jouit d’un véritable boom économique ces dernières années.

 

La nouvelle marque le début d’une catastrophe pour le pays. Avec son faible taux de natalité, un solde migratoire négatif et l’augmentation constante du nombre de morts (plus de 100.000 personnes tous les ans) le pays traverse une crise démographique importante. Depuis 1982, le seuil de renouvellement de la population est dans le rouge.

 

Depuis 2011, le pays perd 55 000 Portugais par an. De quoi alarmer des économistes comme Carole Pereira Da Silva, qui déclare dans Diário de Notícias:

 

Il ne peut y avoir de reprise économique stable si toute la population, âgée de 15 à 64 ans, fuit le pays […] La crise que nous traversons est plus grave que celle des années 60. A l’époque, les migrants étaient majoritairement des ouvriers non qualifiés. Ils envoyaient l’argent qu’ils gagnaient au Portugal. Maintenant, nous perdons essentiellement des jeunes diplômés qui partent travailler et faire leur vie dans d’autres pays européens. Ces pays n’ont pas dépensé un centime pour leur éducation et aujourd’hui ils en récoltent tous les fruits. »

 


http://fr.myeurop.info/2013/10/31/chiffre-du-jour-le-portugal-se-vide-de-sa-population-12507

 

Via Crise: En 2012, un record, 120 000 portugais ont quitté leur pays ! - WikiStrike.com

Ps : Mais pourquoi, pourquoi faut-il toujours que les choses soient évaluées dans les termes d'une économie dont il s'agit avant tout de se débarrasser pour la remplacer par une autre plus humaine et rationnelle ?

N'oublions pas non plus la quantité de jeunes diplômés qui désertent le Portugal à destination du Brésil et l'Espagne pour l'Argentine et d'autres destinations d'une Amérique Latine plus prospère que la vieille Europe.

Anne W



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Published by Anne Wolff - dans Eurocrassie
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 10:24

 

Quand j’étais ado, j’ai appris que je faisais l’objet d’une surveillance spéciale de la part de la sûreté de l’état de mon pays et de nos voisins français. Comme j’ai appartenu depuis à deux organisations dont les membres font l’objet d’une surveillance continue, et que j’ai repéré quelques-unes des grandes oreilles qui de temps à autres viennent aux nouvelles, quand je surgis d’un de mes ermitages par exemple, j’ai appris à vivre avec ce genre d’inconvénient qui me faisait plutôt rigoler.

Je ne vole pas dans les magasins mais j’aime beaucoup y balader les surveillants que mes allures marginales égarent, je fais ma petite étude de marché, viens, repars, hésite, ce qui donne aux vrais voleurs qui ont toute ma sympathie l’occasion de travailler à l’aise. Voilà qui leur apprendra à juger sur les apparences. Je partais du même genre de point de vue pour cette surveillance qui me semblait des plus ridicules, je ne suis certainement pas une terroriste, jamais je ne donnerai ma caution à quelque forme de terreur ou de violence aveugle que ce soit.

Mais il me semble qu’à présent la donne a changé. N’aspirant qu’à une vie simple qui se déroulerait autant que possible dans les circuits amicaux de créativité et d’économie parallèle, je trouvais plutôt débile de la part de la « sûreté » de s’occuper de moi avec une telle obstination, mais si cela pouvait les distraire et qu’ils avaient le goût de partager les piments de mon existence, soit…

Si je n’ai pas changé, par contre les règles du jeu, elles, l’ont fait… j’envisage par exemple de me recycler dans la fabrication de manteaux un peu spéciaux, dont, à la plus grande mode des anciens vendeurs d’images pornos –d’avant Internet – l’intérieur serait garni d’une multiplicité de petites poches, afin de pouvoir y mettre des semences interdites à échanger – sous le manteau -  «Voyez bonnes gens mes variétés de carottes prohibées !».

Il semble bien que je commettrais là, un acte, qui bientôt sera assimilé, sinon à du terrorisme du moins à de l’insurrection anti-UE, un acte désormais puni en Grèce – et bientôt dans le reste de l’UE - de 6 mois à 2 ans de prison… 6 mois si je me contente de fabriquer le manteau ; deux ans si j’en use ?

Bon dorénavant si je sors et constate que d’aucun s’intéresse de près à mes pelisses, devrais-je en déduire que je suis repérée, et n’aurais pas du divulguer ce projet sur le Web ? Dois-je faire mon examen de conscience en tenant compte de ces nouvelles règles du jeu pour en déduire tout ce qui fait, aujourd’hui, de moi une insurgée potentielle ou une terroriste avérée ?

Dois-je soupçonner tous ceux que je rencontre d’être soit un espion, soit une de ces personnes dotée d’un grand sens civique d’un nouveau genre ? Comme la copine qui après quelques tapages nocturnes a eu droit face au juge à un dossier de 8 pages concocté en commun par de charmants voisins, notant ses entrées et sorties et celles de ses visiteurs, la dame du dessus allant jusqu’à coller son oreille au plancher pour en savoir plus sur les complots qui se tramaient chez F.

Ce n’est pas drôle, mais il me semble cependant qu’il serait de bonne guerre d’ajouter quelques (bonnes mauvaises) herbes dans la choucroute, pour distraire ces « braves gens » dont la vie est consacrée à l’espionnage amateur ou professionnel. En ce qui concerne l’information circulante, un premier tri des infos est opéré par des robots qui sans réel discernement réagissent à certains stimuli, voici un premier champ d’action possible. Ensuite les contrôleurs « humains » prennent la relève pour dépouiller les résultats de cette première sélection. Nous pourrions avoir l’obligeance de les distraire un peu (6 mois ?), si non de les égarer (2 ans ?), de leur offrir les divertissements d’un labyrinthe de la surinformation dans lequel ils pourraient baguenauder aux frais du contribuable. Hé ! qui les paye ? Le premier qui me dit qu’il est fier de payer des impôts je lui en colle une au nom de la « liberté d’expression »… mais non, c’est juste une image.

Je rigole, même si je sais que ce n’est vraiment pas drôle et que se mettent en place toutes les conditions d’un état totalitaire militarisé, et formé pas par n’importe qui, les O.P. des USA eux-mêmes, qui préparent, conseillent et équipent dorénavant, nos gardiens d’un ordre toujours plus noir,  à la guerre contre-insurrectionnelle. Des O.P, eux-mêmes en contacts rapprochés avec ses militaires israéliens spécialistes en techniques d’apartheid et génocide, fruit d’une longue expérience avec les Palestiniens (zut,, je devrais la boucler, le Mossad, dont nous savons à présent que lui aussi nous espionne, ne plaisante pas avec ces choses-là et ce ne sont assurément pas des gentils !) Alors que la population est à présent invitée à participer activement à ce néofascisme en pratiquant la délation comme un sport civique de premier plan, chaque jour de nouveaux actes innocents tombant sous le coup de la loi ou de quelques nouveaux règlements, ou objet de soupçons légitimés.

J’ai déjà évoqué cette scène, quand les drones de surveillance, ayant repéré que je cueille gentiment ma salade de pissenlits, en avertirons les répresseurs, qui viendront me chercher afin que j’accomplisse quelques travaux d’intérêt général rééducatifs dans un champ d’OGM du tout puissant croque-mitaine Monsanto, pendant que des mouches tout aussi OGM dotées de caméras minuscules viendront examiner mon logement et y faire leur nid, de mini-surveillants. Subversive, insurgée, pissenlits interdits ! Pour me protéger contre   moi-même, dit le personnel politique européens, nos mandataires à qui on en demandait pas tant. Si si, allez voir leurs débats, cela revient comme un leitmotiv, à se demander si ce sont d’horribles hypocrites ou de complets débiles.

Je trouve cela plutôt triste, et n’en rigole que parce que je n’ai pas l’intention de me laisser démoraliser par leur APC (Agissements Pervers Conjoints).

Et pire que tout, plutôt que de créer de l’emploi en engageant toujours plus de nouveaux espions, ils utilisent les robots et les services gratuits de la population. Une question, je connais quelques personnes tout de même à qui la police de mon quartier à proposé de travailler comme indicateur rémunéré. Ces rémunérations sont-elles censé figurer dans la déclaration d’impôt de ces personnes ? Si non, sont-elles passibles de poursuites pour fraude ? Y a-t-il un fiscaliste dans la salle ? Des traqueurs de fraudeurs ?

L’heure est grave, un néofascisme parasite fait son nid dans nos démocraties qu’il s’apprête tout bonnement à phagocyter. De nouvelles Inquisitions et agents de contrôle et de répression se mettent en place, tout doucement sans faire de bruit. Connaissant le rôle des medias aux ordres, et surtout leur principaux propriétaires, les matrices d’opinions qu’ils ont véhiculé et qui contribuent aujourd’hui à faire de prises de position et de certaines actions, - hier strictement prohibées - de l’extrême-droite, des actes éminemment respectables, seuls quelques daltoniens chasseurs de rouge-bruns et autres traqueurs de complotistes fanatiques ou autres abrutis, n’y reconnaîtraient pas la mise en œuvre d’un schéma, d’un plan global à grande échelle, qui à force de petits changements quantitatifs, sous forme de restrictions progressives d’espace de liberté, nous conduit vers un changement qualitatif, une mutation, une bifurcation, le passage d’une démocratie certes imparfaite à un totalitarisme, un absolutisme.

 

Anne Wolff

 

 […] la société sera dominée par une élite de personnes libres de valeurs traditionnelles qui n’hésiteront pas à réaliser leurs objectifs aux moyens de techniques épurées avec lesquelles ils influenceront le comportement du peuple et contrôleront la société dans tous les détails, jusqu’au point où il sera possible d’exercer une surveillance quasi permanente sur chacun des habitants de la planète.

 […] cette élite cherchera tous les moyens pour parvenir à ses fins politiques, comme de nouvelles techniques pour influencer le comportement des masses, ainsi que pour obtenir le contrôle et la soumission de la société »

Zbigniew Brzezinski (Les 4 lieutenants des Rockefeller)

 

 


 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 08:45

 

 

 

Europe USA

De nouveaux documents fournis par Edward Snowden, l’ex-agent de laNational Security Agency (NSA), et présentés dans un article du Guardianrévèlent le partenariat étroit entre les services de renseignement européens et la NSA dans la surveillance de masse d’Internet et des communications téléphoniques au cours des cinq dernières années. Ils donnent un aperçu de la manière dont un système d’espionnage paneuropéen a émergé, dirigé contre l’ensemble de la population européenne et de la population mondiale.

Les programmes révélés par le Guardian montrent pourquoi les gouvernements européens ont minimisé les premières révélations sur l’espionnage d’Internet de la part des agences de renseignements américaines et britanniques en juin. Une crise diplomatique majeure a néanmoins éclaté il y a deux semaines quand il est apparu que les États-Unis espionnaient également la chancelière allemande Angela Merkel.

Le directeur des services de renseignements américains James Clapper a admis en toute candeur que les services de renseignements surveillaient des milliers de politiciens dans les gouvernements et les partis d’opposition des pays « alliés. »

Dans ce scandale international grandissant au sujet de la NSA, les gouvernements européens n’agissent aucunement pour défendre les droits démocratiques. Tout en ayant des objections à la surveillance massive de leurs propres communications par la NSA, ils travaillent avec celle-ci pour espionner le trafic Internet mondial et créer à leur propre usage les infrastructures de surveillance dont auraient besoin des états policiers en Europe.

Les documents publiés par le Guardian montrent que les services de renseignements Français, Espagnols, Suédois, Hollandais et Allemands coopèrent dans le cadre d’un système de surveillance paneuropéen comparable au réseau de surveillance mondial de la NSA. Ces agences se branchent directement sur les câbles en fibre optique et développent des relations secrètes avec les compagnies de télécommunications nationales, comme la NSA l’a fait avec Google et Facebook.

Au cœur de ce réseau d’espionnage, il y a le Governement Communications Headquarters (GCHQ) britannique. L’agence de renseignement du Royaume-Uni occupe une situation privilégiée en raison de sa position géographique à l’entrée des câbles transatlantiques qui relient les États-Unis et l’Europe, de ses liens particuliers avec la NSA, et de son contexte législatif très favorable à l’espionnage créé par les décisions de gouvernement travaillistes et conservateurs successifs.

En 2008, le système « Tempora » a été développé par le GCHQ, il surveille systématiquement toutes les communications entrantes et sortantes par son accès aux câbles en fibre optique par lesquels passe tout le trafic Internet du Royaume-Uni. Les documents qui ont été révélés montrent que près de 600 millions d’appels sont surveillés chaque jour en se branchant sur plus de 200 câbles en fibre optique;

La même année, les responsables du GCHQ ont exprimé leur admiration pour le Service des renseignements fédéraux allemand (BND) quant à ses capacités technologiques, et déclaré qu’ils avaient « un énorme potentiel technologique et un bon accès au cœur de l’Internet – ils voient déjà certains porteurs [terme qui désigne les câbles en fibre optique] fonctionner à 40 Go/s et 100 Go/s. » Go/s (Gigaoctets par secondes) indique la vitesse de transfert des données.

Les responsables britanniques admireraient le BND parce qu’ils n’ont pas pu surveiller autant de câbles que leurs homologues allemands. En 2012, ils n’étaient toujours capables que de surveiller les câbles à 10 Go/s et cherchaient un moyen de développer la capacité de se brancher sur les nouveaux câbles à 100 Go/s.

L’agence de renseignement du Royaume-Uni a aidé le BND à contourner les lois allemandes qui limitent sa capacité à utiliser cette technologie. L’article duGuardian rapporte : « Nous avons aidé le BND (ainsi que le SIS [sécurité extérieure anglaise] et la sécurité intérieure) à argumenter en faveur d’une réforme ou d’une réinterprétation des lois très restrictives sur les interceptions de communications en Allemagne. »

Le GCHQ loue également la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française et les relations qu’elle a établi avec une compagnie de télécommunications qu’elle ne nomme pas. « La DGSE est un partenaire très motivé, techniquement compétent, qui a fait preuve d’une grande volonté de s’engager sur les questions d’adresses IP [Internet Protocol], et de travailler avec le GCHQ sur une base de « coopération et de partage. »

Les services de renseignements britanniques ont également entraîné des techniciens de la DGSE. Le document affirme, « Nous avons pris contact avec le principal partenaire de la DGSE dans l’industrie, qui a quelques approches innovatrices dans certains défis relatifs à Internet, qui augmentent le potentiel pour le GCHQ d’utiliser cette compagnie dans le secteur du développement des protocoles. » En 2009, les deux agences ont collaboré pour briser des méthodes de cryptage sur le réseau.

LE GCHQ a également collaboré avec le Centre espagnol des renseignements nationaux (CNI), qui pratique une surveillance de masse d’Internet grâce à ses liens avec une compagnie de télécommunications britannique qui n’est pas nommée, leur donnant « de fraîches opportunités et montrant certains résultats surprenants. » D’après la loi espagnole, la capture en masse des communications de manière indiscriminée est illégale.

Le CNI, comme le GCHQ, occupe également une position stratégique pour intercepter et surveiller les appels. Le câble transatlantique Columbus III qui relie la Sicile et la Floride passe par la ville de Conil dans la province de Cadix, il est utilisé par des millions de gens chaque jour.

L’article dit, « le partenaire commercial a fourni au CNI certains équipements tout en nous maintenant informés, ce qui nous a permis d’inviter le CNI à des discussions concentrées sur la question des IP cet automne [2008]. » Il a conclu que le GCHQ « a trouvé un homologue très capable dans le CNI, en particulier sur le terrain des Opérations secrètes sur Internet. »

La même année, le GCHQ a applaudi la nouvelle loi passée par le Parlement suédois qui permet à l’Organisme de défense radio national (Försvarets Radioanstalt - FRA) de surveiller tous les emails et appels téléphoniques qui entrent, sortent ou ne font que passer par la Suède. La nouvelle loi, qui ressemble au programme d’écoutes du gouvernement Bush mis en place en 2001 n’exige pas qu’un mandat soit obtenu pour pratiquer cette surveillance. (Lire en anglais : Swedish government adopts invasive wire-tapping measures).

« Le GCHQ a déjà fourni beaucoup de conseils sur ces questions et nous attendons de pouvoir aider le FRA encore plus une fois qu’ils auront développé un plan pour faire avancer ce travail, » affirme ce rapport.

Le GCHQ maintient également des relations étroites avec les deux agences de renseignements hollandaises, mais « les Hollandais ont certains problèmes législatifs sur lesquels ils doivent travailler avant que leur environnement législatif leur permette d’opérer comme le fait le GCHQ. Nous donnons des conseils juridiques à des avocats hollandais sur la manière dont nous avons réglé certaines de ces questions. »

Toutes les agences de renseignements européennes sont complices de l’espionnage de la NSA, elles fournissent à l’agence américaine de grandes quantités de métadonnées – l’origine des appels, à qui ils sont passés, l’heure et la durée des appels, ainsi que les lieux depuis lesquels ils sont passés.

L’expert en terrorisme Jean-Charles Brisard a déclaré à El Pais, « les Européens ont des capacités qui sont très proches de celles des Américains pour intercepter, mais d’un autre côté, ils n’ont pas les mêmes ressources pour traiter cette information. C’est pourquoi ils transmettent ces données brutes pour qu’elles soient décryptées. »

Alejandro Lopez

Article original, WSWS, paru le 4 novembre 2013

 

Via Les renseignements européens et la NSA collaborent pour espionner en masse la population européenne | Mondialisation

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Published by Anne Wolff - dans univers carcéral
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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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