12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 10:06

 

Voici deux textes qui offrent un violent contraste, celui des situations qu’ils évoquent. C’est en traduisant le second que j’ai été remuée, très fort. Sans doute parce que je me rendais compte à quel point le contenu du premier à présent nous le recevons comme une sorte d’inéluctable du devenir de cette Europe dans laquelle nous vivons. Alors que le second évoque lui la réalisation concrète de nos rêves d’antan que  la misère étouffe.

En cherchant une traduction adéquate pour les Casa de la Plata, j’en ai vu de multiples exemples, avec des visages heureux de personnes actives et créatrices, auxquels se superposait l’image de tous ceux qui en Espagne, aux USA ou ici en Belgique se retrouvent en cellule, gavés de médicaments qui calment mais ne soignent pas avant d’être jetés sur le trottoir sans soins ni protections… et la mort comme issue.

"les ateliers dans lesquels je peux partager avec mes compagnons, développer mes capacités créatives, explorer mes potentialités et laisser de côté les exigences sociales qui auparavant me faisaient mal"


Cette phrase exprime en quelques mots cette lutte de beaucoup d'entre nous, si riches de potentialités mais qui ne peuvent les exprimer dans les carcans d'éxigences sociales qui font si mal à certains. Ce gaspillage de talents qui conduit vers la mort ou l'exclusion, les plus sensibles et les plus riches d'entre nous qui ont besoin d'affection, de douceur, de protection pour donner le meilleur d'eux-même pour le plus grand bien de tous (sauf les ordures de Profiteurs Sadiques qui n'auront de fin que de s'être accaparé d'un monde dont ils auront détruit la vie et les richesses)

Anne

 

De l’abandon des malades mentaux dans les prisons andalouses

ADPHA/rebelion

 

 

Les administrations compétentes continuent d’ignorer les besoins sanitaires et sociaux des personnes affectées. 

 

 

Les malades mentaux continuent à être placés dans les centres pénitenciers où ils vivant mal la double condamnation, celle d’être malades et celle d’être sans protection dans un lieu qui ne leur correspond pas et qui n’est pas préparé à les héberger.

Des 15 5OO internés andalous, environs 1250 souffrent de troubles mentaux et de la personnalité  graves et 6 200 souffrent de troubles mentaux et de la personnalité. La majorité d’entre eux se retrouvent en prison parce qu’il n’existe aucun autre recours communautaire pour eux, et leur passage dans des ambiances si dures aggrave dans pratiquement tous les cas leurs pathologies. La prison se convertit en un substitut inapproprié pour ces malades face à l’inexistence de recours d’assistance, montrant le grand échec de notre société en cette matière.

Le Gouvernement d’Andalousie n’agit pas de manière à leur prêter une assistance sanitaire, sociale et encore moins de façon à faciliter leur intégration dans la société. L’insuffisance des ressources ne justifie pas de laisser les malades mentaux pourrir en prison. Les ressources se distribuent selon les besoins mais, aux politiques, ces malades importent peu. Le gouvernement s’est engagé à élaborer une enquête et à étudier les modalités d’une intervention efficace et globale, et non comme c’est le cas actuellement où cela se produit pour quelques chanceux et de manière ponctuelle.

L’administration pénitentiaire, du Ministère de l’Intérieur, pour sa part réduit son Budget de dépenses sanitaires et de médicaments en prison de 7,83%.

La moyenne de population recluse concernée est de 1500 à 1800 prisonniers dans chaque prison, pour lesquels il apparait clairement que la seule assistance qu’ils ont est la prescription pharmacologique qui en plus a été restreinte.

La coordination existant entre les deux administrations, services médicaux de la prison et santé mentale du service Andalou de Santé (à part le volontarisme de certains professionnels) continue a être très limitée et celle avec les services sociaux est nulle, ce qui fait qu’à leur sortie de prison les malades sont abandonnés à leur sort ; s’ils ne disposent pas d’un lieu d’accueil et de moyens, ces malades peuvent se retrouver, littéralement, jetés à la rue.

En Andalousie, les ressources socio-sanitaires spécifiques, comme la réhabilitation pour récupérer des capacités de sociabilité et d’insertion sociale et par le travail en régime ambulatoire, les programmes résidentiels, les programmes d’occupation par le travail, les programme de loisirs, ne se dispensent pas aux personnes malades dans les prisons ordinaires (à l'exception du module thérapeutique de Albotole)

La convention de l’année 2006 qui oblige le gouvernement d’Andalousie à travailler à la remise en liberté et à la mise en œuvre des ressources communautaires adéquates n’a jamais été réalisée. Actuellement, la convention, après 5 années, n’est toujours pas appliquée et les ressources communautaires adéquates ne sont ni créées ni prises en compte dans les budgets prévus. Le plus honteux est que toutes les Administrations impliquées et malgré qu’elles soient obligées légalement d’assister ces malades andalous, quand des questions leur sont posées au Parlement concernant les raisons pour lesquels elles n’exécutent pas cette convention, répondent sans aucune pudeur que les prisonniers andalous qui souffrent d’infirmité mentale ne sont pas de leur compétence mais de celle du Ministère de l’Intérieur. Et pour finir de fermer le cercle des dénis de responsabilités, les Institutions Pénitentiaires du Ministère de l’Intérieur répondent que l’attention spécialisée et hospitalière des internés n’est pas de sa compétence mais celle des services de santés de chacune des Communautés Autonomes.

Malgré tout cela, aujourd’hui (1O/1O NdT), journée internationale de la santé mentale, la Conseillère pour l'Egalité, la Santé et des Politiques Sociales, essayera de vendre l’image de tout ce qui est fait pour cette collectivité prioritaire pour son administration.

Asociación ProDerechos Humanos de Andalucía (APDHA)Association pour les Droits Humains d’Andalousie (APDHA)

Version originale en Espagnol

Rebelion. Abandono de los enfermos mentales en las prisiones andaluzas

Traduction Anne Wolff

 

 

 

Histoires de ceux qui ont vaincu l’enfermement et commencent une autre vie.

Un total de 1208 patients de psychiatrie ont été remis en liberté dans la Province de Buenos aires, ce qui leur a permis de commencer une nouvelle vie, comme celles de Marta Morillo et Oscar Zerpa, qui se sont mariés et depuis deux ans vivent ensemble après avoir vaincu l’enfermement.

 

 

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Marta et Oscar ont pu surmonter l’enfermement qu’ils partageaient à l’hôpital Melchor Romero de la Plata, et après deux années de mariage, ils célèbrent aujourd’hui la Journée Mondiale de la Santé Mentale, qui en Argentine depuis mise en application de la loi 26.652 cherche à éviter les internements par les traitements ambulatoires et communautaires des personnes affectées.

 

L’histoire qui se termine par un mariage commence en 2000, quand ils se sont rencontré à la Casa de Pre Alta ( Foyers d’accueil, lieux de convivialité et créativité où les malades mentaux externes ou en passe d’externalisation peuvent tisser des liens et explorer leurs potentialités NdT)  que l’hôpital possède dans la rue 56 de la ville de la Plata, où le couple commença une nouvelle vie.

« Pablo venait me rendre visite deux fois par jour, une fois dans l’après-midi et une autre le soir. Je lui servais chaque fois du café, je ne savais pas que cela lui faisait du mal et lui avait honte de me le dire » raconte Marta qui a 60 ans et qui avec son mari vit dans une pension avec salle de bain privée et cuisine commune.

 

“Nous travaillons tous les jours pour que les internements soient l’ultime recours thérapeutique de santé mentale et pour que les patients se réintègrent dans la société, pour que tombent les murs des enfermements psychiatriques et pour que soient respectés tous leurs droits de citoyens », dit le Ministre de Santé Provincial, Alejandro Collia qui précise que » de l’ensemble des personnes internées en 2012, 70% ressortirent dans la même année »

Selon les données du Ministère de la Santé de Buenos Aires,  1208 personnes furent externalisées et à présent continuent leur traitement de manière ambulatoire, dans des maisons conviviales, des hôpitaux de jours ou des Casa de Pré Alta.

En 2012 des 3600 personnes qui furent internées dans des hôpitaux pour des raisons de santé mentales, 2500 sont sorties au cours  de cette même période.

 

A ce sujet, Collia remarque que depuis la mise en application de la nouvelle loi de Santé Mentale où la santé mentale est reconnue comme bien-être émotionnel, psychique et social et cela permet de mener de l’avant le défi de parvenir à une vie en communauté pour les patients, dans laquelle leurs choix et désirs sont ce qui compte comme dans le mariage de Marta et Oscar.

 

Dans ce contexte, dans la Province de Buenos Aires, la promotion est faite des « Ateliers pour Vivre », qui font partie des programmes pour la réinsertion sociale des patients après qu’ils aient obtenu leur permission médicale de sortie.

« Beaucoup tardent à décider que faire de leur vie quand ils sortent de l’hôpital. Par chance, j’ai trouvé les ateliers dans lesquels je peux partager avec mes compagnons, développer mes capacités créatives, explorer mes potentialités et laisser de côté les exigences sociales qui auparavant me faisaient mal » raconte Jorge Deodato de 32 &ns.



Deodato, après avoir été interné pendant deux ans à l’hôpital Romero, fait partie du Programme de Réhabilitation et Externalisation Assistée (PREA)

 

Il a commencé par vivre plusieurs années dans une maison conviviale partagée avec d’autres patients externes et cette année, par sa propre décision, il a choisi de déménager dans une chambre dans une pension pour vivre seul.

Avec le désir d’aller de l’avant, Jorge se rappelle son passé difficile, alors qu’il était déjà patient ambulatoire de l’hôpital Borda, vivant à la rue et ne désirant, ni n’espérant rien de la vie.

Aujourd’hui il étudie le chant et la guitare et participe à une programme de radio tous les 15 jours dans la Station FM Sud de la Plata,  il suit des formations dans un atelier d’ébénisterie et fait partie d’une association civile (OIKOS) qui s’est fondée à la Casa de la Plata, ou il passe une grande partie de ses journées.

 

Source espagnole :  

Historias de quienes vencieron el encierro y comenzaron otra vida - Télam - Agencia Nacional de Noticias 

Traduction française Anne Wolff

Et pour rappel...

 

 

Deux millions de malades mentaux dans les prisons des villes et des comtés étasuniens

 

 

prison

 

De nombreuses prisons aux USA deviennent des institutions de santé mentale de facto pour un grand nombre de prisonniers qui souffrent de maladies mentales par manque d’alternatives psychiatriques.

Tous les ans plus de deux millions de nord-américains qui souffrent de maladies mentales terminent dans des centres de détention des villes et des comtés. Et d’après les experts, ce nombre augmente encore considérablement qi on prend en compte les prisons fédérales et des états.

Cette situation existe depuis des décennies, depuis que le pays a fermé beaucoup de grands hôpitaux psychiatriques dans les années 70. L’attention médicale des communautés devait se substituer aux hôpitaux, mais rien ne s’est passé comme prévu.

En conséquence : des milliers de malades mentaux ont fini dans la rue, où ils eurent des problèmes et atterrirent dans le seul lieu où on pouvait les conduire : les prisons.

Dans le comté de Los Angeles, le complexe pénitencier « Twin Towers » détient près de 4 000 reclus – une majorité d’entre eux sont considérés comme des malade mentaux, selon ce que déclare un superviseur du Département du Sheriff, interviewé par la National Public Radio (NPR).

Au niveau national, la proportion est encore plus grande. Le Département de Justice des USA dit que jusqu’à 64% des reclus des prisons locales ont des problèmes de santé mentale.

Le département déclare également que de nombreux détenus parmi ceux qui sont identifiés comme ayant des problèmes mentaux graves disent être victimes d’abus sexuels de la part des autres détenus. 3,6 % d’entre eux contre 0,7 pour les internés sans problème de santé mentale.

“Pour certaines personnes, cela vaut parfois mieux que d’être dans la rue » estime le chroniqueur Steve Lopez du Los Angeles Times. « Mais cela ne veut pas dire que la prison est un espace thérapeutique, cela ne veut pas dire que ceci est une politique publique correcte et cela ne veut pas dire qu’il faut trouver cela acceptable ».

La rue est le lieu où aboutissent les malades mentaux une fois qu’ils ont purgé leur peine pour les délits qui les ont conduits en prison. Et une fois qu’ils sont dehors, ils n’ont aucune relation que ce soit avec aucun type de centre de traitement basé dans la communauté » ajoute Lopez.

Dans le complexe pénitencier Twin Tower du centre de Los Angeles, il n’y a que trente lits disponibles pour les cas psychiatriques aigus.

On envisage de construire une nouvelle prison qui n’abriterait que les malades mentaux.

Le coût serait de 1 million de dollars.

 allgov.com

Source espagnole : DDHH: Encarcelados, 2 millones de norteamericanos con enfermedades mentales | CONTRAINJERENCIA

Traduction Anne Wolff

 

 


 

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Published by Anne Wolff - dans univers carcéral
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