12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 22:48

 

Les bons vieux procédés, on prend un patient pour qui les méthodes de soin connues ne peuvent plus rien et avec la fallacieuse et ignominieuse excuse de lui donner une chance…peut-être, sait-on jamais… on le transforme tout à la fois en cobaye et en précédent… un seuil est franchi, une nouvelle porte ouverte ves de nouvelles dérives.


 

Soigner l'autisme par la neurochirurgie ?

 

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Quand la neurochirurgie tente de soigner l'autisme

 

Des médecins allemands ont implanté des électrodes dans le cerveau d'un enfant atteint de symptômes sévères associés à une forme d'autisme spécifique.

Pour la première fois au monde, la stimulation profonde, une technique neurochirurgicale consistant à implanter des électrodes dans le cerveau, a été utilisée dans l'autisme. Les résultats ont été publiés le 21 janvier dans une revue médicale secondaire, Frontiers in Human Neuroscience. Ils n'auraient peut-être pas retenu l'attention si l'opération n'avait pas été effectuée par le célèbre neurochirurgien allemand de l'hôpital universitaire de Cologne, Volker Sturm. Pour l'instant, les experts interrogés par Le Figaro y voient plus une piste de recherche qu'un espoir de traitement. D'autant qu'il s'agit d'un cas très particulier.

 


Le jeune garçon de 13 ans qui a été opéré est atteint d'un autisme de Kanner sévère avec un comportement d'automutilation mettant sa vie en danger. À tel point qu'il doit être attaché la plupart du temps. Il souffre également d'une infirmité motrice cérébrale et se trouve confiné au fauteuil, incapable de se tenir debout ou de marcher sans aide. Or, deux ans après l'opération, ces symptômes semblent s'être améliorés grâce aux électrodes placées au cœur même de son cerveau, dans l'amygdale, une petite structure aux multiples fonctions.

 


Le risque de faux espoirs

Dans le cas précis du petit patient allemand, l'impasse thérapeutique était totale puisque même les médicaments neuroleptiques utilisés aux doses maximales ajoutés à des sédatifs ne parvenaient pas à éviter les comportements auto-agressifs, ce qui a décidé l'équipe allemande à agir. «Des nouveaux traitements plus efficaces sont absolument nécessaires pour aider de tels patients. Il faut féliciter l'équipe de Sturm qui a cherché à résoudre cette situation difficile et tout fait pour aider le patient», estime ainsi Andres Lozano, professeur de neurochirurgie à l'Université de Toronto (Canada) et lui-même engagé dans des recherches sur la stimulation cérébrale profonde (voir vidéo sous l'article) dans la maladie d'Alzheimer (nos éditions du 7 décembre 2011).

 


Plus réservé, le Pr Sylvie Tordjman, responsable du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de Rennes, craint que l'annonce de ce cas unique, pour un enfant associant de surcroît plusieurs troubles, ne suscite de faux espoirs: «Il est un peu réducteur de penser qu'une zone cérébrale égale une fonction tant sur le plan comportemental que cognitif. Cela dit, cette approche ouvre tout de même des perspectives de recherche intéressantes car l'amygdale intervient aussi dans l'anxiété, fréquente chez les autistes.»

 


Mais avoir choisi une cible aussi peu spécifique que l'amygdale est précisément ce qui ennuie le Pr Marc Vérin, chef du service de neurologie du CHU de Rennes: «Les fondements anatomiques de cet essai sont contestables. On sait que dans l'autisme les lésions sont extrêmement diffuses, remarque ce spécialiste. Si les neurochirurgiens visaient les comportements d'automutilation, pourquoi ne pas avoir mis les électrodes dans le pallidum interne? La stimulation profonde de cette région, moins dangereuse et mieux connue, permet en effet d'éliminer l'auto-agression, parfois présente, dans le syndrome de Gilles de la Tourette (tics associés à des troubles du comportement, NDLR)».

 


Solange Guenez, responsable des programmes de recherche médicale à la Fondation de France, note que «de plus en plus de projets de recherche portent sur le développement normal et pathologique du cerveau. Certains supposent que l'autisme n'est pas qu'une question de lésions d'aires cérébrales mais aussi un problème de connexions, ce qui complique les choses».

 


L'amélioration des symptômes observée par l'équipe allemande interpelle le Dr Éric Lemonnier, psychiatre au CHU de Brest, en particulier à propos de l'auto-agressivité. Selon lui, «le score amélioré est celui des symptômes les moins spécifiques de l'autisme». L'initiative du Pr Sturm peine visiblement à convaincre.

 

Figaro santé

  via http://www.mleray.info/article-soigner-l-autisme-par-la-neurochirurgie--115176782.html

 

Pour en savoir d'avantage sur ces projets d'implantation d'électrodes dans le cerveau et autres joyeuse nanaotechnologies l'incontournable,
: Pièces et Main d'Oeuvre

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Published by Anne Wolff - dans Planète urgence
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 21:23

Voilà qui conforte ce que je disais ci-dessous, heureuse coïncidence !

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(Source : Melty.fr via SOTT)

via Le racisme rendrait idiot « État du Monde, État d'Être

C’est une étude surréaliste mais pourtant très sérieuse qui vient d’être publiée dans la très honorable revue Psychological Science. Une équipe de chercheurs a établi un lien clair entre racisme et manque de créativité. melty.fr vous en dit plus.

Le racisme rend crétin. Si beaucoup d’entre nous s’en doutaient déjà , une étude extrêmement sérieuse publiée dans la revue spécialisée Psycological Science atteste désormais que bêtise et préjugés ne font souvent qu’un. Le psychologue israélien Carmit Tadmer et ses équipes de chercheurs ont révélé un lien de corrélation entre notre « degré de racisme » et notre créativité.

En sommes, plus on est raciste, moins on est cultivé et créatif. Pour cela les chercheurs ont fait subir toute une batterie de tests à 72 étudiants divisés en trois groupes, conditionnés pour adhérer ou pas aux théories racistes. Il a suffi pour cela de faire croire aux sujets que le racisme était un fait scientifiquement prouvé. Avant de subir les tests, le groupe 1 a lu un article scientifique légitimant le racisme, le groupe 2 a compulsé des thèses hostiles au racisme et le groupe 3, un article scientifique sur l’eau.

Une fois « conditionnés », les étudiants ont subi un test de créativité, via un exercice d’association d’idées. Ils devaient trouver le mot qu’avaient en commun trois termes très différents. Par exemple, à la question : quel mot associer aux termes « ping pong », « manger » et « cartes »? La bonne réponse serait le mot « table » (table de ping pong, manger à table, cartes sur table). Afin de réussir ce test, il est nécessaire de faire preuve de créativité et d’imagination. Les sujets ont par la suite, dû remplir un questionnaire évaluant leur degré d’adhésion aux théories racistes.

En recoupant les réponses données aux questionnaires avec les résultats obtenus au test de créativité, les chercheurs se sont aperçu que les participants du groupe 1 (conditionnés au racisme) avaient obtenu les moins bons scores au test de créativité. Après avoir reconduit l’expérience mais cette fois aux États-Unis sur trois groupes constitués d’asiatiques et de caucasiens, les équipes de Carmit Tadmer ont dû se rendre à l’évidence. Le racisme rend idiot, comme en atteste l’intervention de ce politicien antisémite qui a récemment insulté Mila Kunis.

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Published by Anne Wolff
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 19:55

Plus j’avance dans mes découvertes concernant le passé du nazisme et sa contemporanéité, plus je suis interpellée, et dégoûtée aussi par l’ampleur d’un mouvement nazi international qui s’affiche de plus en plus ouvertement avec une arrogance extrême dans certains cas.

Le nazisme dans toutes ses composantes est certainement le plus grand problème politique (au sens de vivre ensemble) que l’humanité ait à résoudre aujourd’hui que ce soit à travers des mouvements ou des personnes qui s’affichent ouvertement comme telles, que ce soit celles qui porte le masque de la très, très droite néanmoins politiquement correcte ou les parties souterraines de ce mouvement et ces alliances internationales.

Plus j’avance et plus aussi je trouve de liens passé et présent entre ce cercle central du pouvoir de l’ombre qui après avoir armé l’Allemagne nazie et facilité l’évasion et récupération des nazis après qu’ils furent vaincus, n’a cessé de les utiliser dans tous ces plans les plus tordus, les plus immondes.

Je suis ressortie nauséeuse cet après-midi de quelques incursions dans ce monde glauque et je sais combien il est difficile pour des personnes tranquilles, pacifistes, qui n’aspirent qu’à vivre en paix et relation cordiales avec leurs voisins de l’ensemble de la planète de se dire que malgré soi on se trouve confronté à la résurgence de cette idéologie nauséeuse de telle manière que nous sommes chaque jour d’avantage placés dans une situation qui fut celles des Allemands de l’entre-deux guerre, une montée irrésistible de forces de l’ombre qui mise sur la bestialité de certains pour assurer son pouvoir.

Mêmes causes mêmes effets, l’Allemagne exsangue à cause de la dette odieuse qui lui a été imposée à l’issue de la première guerre mondiale se cherche des boucs émissaires. Ceux qui ont perdu leur identité, leur racines, qui ‘ont pas su préserver leur culture, ne pouvant se valoriser à partir de ce qu’ils sont ont besoin d’un « autre » vis-à-vis de qui ils s’instituent élites avec l’aide de quelques gourous qui les brossent dans le sens du poil.

Seuls quelques-uns révèlent le meilleur d’eux-mêmes dans les situations de crise, en tout cas dans nos régions qui après l’éviction des hérétiques par l’Inquisition sont livrées aux attaques conjuguées de l’acculturation US et de la secte de l’athéisme universaliste.

A part quelques rares exceptions, Don quichottes égarés par des mythes de chevalerie, les adeptes de l’extrême-droite que j’ai rencontrés sont tous extrêmement limités intellectuellement. Soit par des carcans de formatage fort, de ceux qui dès l’enfance forcent au déni de réalité, soit de cette connerie hargneuse dont peu de peuples sont exempts.

Voir par exemple Guerre sale et mégaprojets : Colombie, La Marina Qui illustre à merveille cette figure du délateur qui devient une figure courante ici aussi, de grande campagne de propagandes encouragent la délation en la valorisant sous le nom glorieux de civisme. On retrouve les mêmes réactions que ce soit sous l’Inquisition, pendant le franquisme en Espagne ou à La Marina de Colombie. Et c’est pareil pour tous ces minables et j’en ai vu pas mal qui se sentent soudain valorisés d’être Belgo-belges, leur grosse panse de buveur de bière et leur face bouffie de bouffeur de porcs devenant des signes extérieurs d’appartenance à l’élite. Ils me font gerber. |

Ce sont les mêmes à Athènes et ici ou dans les villages perdus de Slovaquie où ils assassinent des Rroms, en Russie ou le mouvement d’extrême-droite est puissant et assassins, dans les courants sionistes d’extrême-droite, dans la Média Luna de Bolivie, les bourreaux de l’Amérique Latine d’hier et d’aujourd’hui sont leurs enfants, leurs neveux de sang ou idéologique et je découvre l’existence de mouvements néo-nazis dans les pays Musulmans ou d’autres nazis ont essaimés.

La différence consiste en la manière dont ils sont combattus, tolérés ou encouragés par une partie suffisante de l’opinion publique et des institutions, ce qui se passe à Athènes peut très bien devenir le quotidien de Paris, Bruxelles, Anvers, Lyon… les Wallons sont moins réceptifs ainsi que quelques régions de France, mais le problème est de taille et il ne faut en minimiser ni l’ampleur, ni le caractère international, ni la faveur dont ils jouissent aujourd’hui venant d’une partie de l’opinion publique dans le monde entier.

De plus, ils ont depuis des décennies infiltré petit à petit les forces de répression et reçoivent dans le cadres des formations des opérations conjointes de la lutte contre insurrectionnelle un entraînement par les Forces Spéciales US des formations mises au point par l’Ecole des Amérique, l’école des tortionnaires et des assassins de tout qui est partisan d’un idéal contraire aux intérêt de ceux qui se cachent derrière le terme Etats-Unis. De tout qui refuse le formatage, la société de contrôle et l’idéologie totalitaire du système de la pensée unique.

Alors ce qui se passe à Athènes, prenez-en de la graine… comment o réagit face à cela ???

 

 

Grèce : Sur fond de crise, l’inquiétante ascension des néonazis

A Athènes ou au Pirée, la vie des réfugiés est devenue un enfer. En journée, la police recherche les sans-papiers pour les déporter. Le soir, des néonazis organisent des ratonnades, sous l’œil complice de la police. Face au chômage qui touche 2 millions de Grecs, le parti néonazi Aube dorée propose sa solution finale.

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« Chaque matin, je me pose la question : comment échapper à la police ? Et chaque soir : comment échapper aux racistes ? Voilà à quoi ressemble ma vie ici. » (1) Saleh Ibrahim, jeune Somalien de 26 ans et sans-papier, a été agressé par un groupe de néonazis qui lui ont cassé le bras alors qu’il traversait la place Aghios Pantéléïmonas, dans un quartier populaire au Nord d’Athènes.

La situation des immigrés et réfugiés en Grèce s’est considérablement dégradée depuis les élections du 6 mai, quand les néonazis d’Aube dorée sont entrés pour la première fois au parlement. Aube dorée a obtenu 6,9 % des voix et 18 sièges au parlement aux élections du 17 juin.

« Ils frappent pour tuer »

Contrairement à d’autres partis d’extrême droite en Europe à la façade légaliste, Aube dorée affiche ouvertement ses symboles nazis. Ses membres portent la croix gammée, des T-shirt de la Waffen SS et font le salut nazi. La principale activité d’Aube dorée aujourd’hui, c’est l’organisation de pogroms dans les rues d’Athènes et d’autres villes.

« Il y a des attaques tous les jours, explique Reza Gholami, qui dirige une association de réfugiés afghans. Ces types ne veulent pas seulement effrayer les gens, ils frappent pour tuer. » Dans la nuit du 12 août, un jeune irakien de 19 ans a été assassiné. Selon la police, il a été poignardé à mort par cinq personnes qui se déplaçaient à moto. Les agresseurs avaient auparavant tenté de s’en prendre à des immigrants roumains et marocains (2).

Un réseau de 23 associations, regroupées autour de l’Agence pour les réfugiés des Nations Unies (UNHCR), a répertorié 87 agressions xénophobes de janvier à septembre, à Athènes, au Pirée et à Patras. Les agresseurs ont utilisé généralement des armes, comme des bâtons, des barres de fer, des chaînes, des couteaux ou des bouteilles cassées. Le réseau dénonce également le comportement de la police dans 15 de ces cas. Plutôt que d’enquêter sur les incidents, la police a mené l’enquête sur la validité du séjour des victimes. Certaines victimes sans papier ont été menacées d’arrestation et de déportation et parfois brutalisées dans les commissariats.

Pour le réseau, ces 87 agressions ne sont que le sommet de l’iceberg. L’Association des travailleurs immigrés estime ainsi qu’il y a eu quelque 500 agressions à caractère raciste les six premiers mois de l’année. «  La plupart des incidents ne sont pas connus, parce que les immigrés ne déposent pas plainte. Ils ont peur parce qu’ils n’ont pas de titre de séjour ou parce qu’ils n’ont pas l’argent pour payer le dépôt de plainte (4) », déclare Reza Ghomali, de l’association des réfugiés afghans.

Le réseau antiraciste s’est donné pour objectif de mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces attaques. Car pour l’heure, aucune condamnation n’a été prononcée contre des auteurs d’agression raciste. Pourtant, dans la majorité des cas répertoriés, la présence de membres d’Aube dorée a été constatée.

Le 31 octobre, un groupe de 150 personnes, dont trois députés d’Aube dorée (Ilias Panagiotaros, Kostas Barbaroussis and Nikolaos Michos) ont attaqué des immigrés et endommagé leurs commerces dans le quartier d’Aghios Panteleimonas. Barbaroussis est également impliqué dans un assaut similaire en septembre à Mesolongi, à l’ouest du pays. Le parlement grec vient de voter la levée de son immunité et de celle de trois autres députés néonazis pour ces agressions.

« Aube dorée a infiltré la police »

Les liens étroits entre Aube dorée et certains commissariats sont connus depuis longtemps. Lors des dernières élections, près de la moitié des policiers ont voté pour les néonazis. L’ancien ministre de la Protection du Citoyen (ministre de l’Intérieur), Michalis Chrysochoidis a déclaré lors d’un interview pour le magazine Unfollow : « Je ne sais pas si c’est 50 % ou 60 %, mais ils sont nombreux. Même si c’est 40 %, c’est trop. » Et quand on lui a demandé comment c’était possible, il a répondu que les policiers sont « induits en erreur », qu’ils recherchent une « protection politique ».

Récemment, le quotidien britannique The Guardian a recueilli le témoignage d’un officier supérieur. Il déclare que les gouvernements successifs en Grèce ont permis à Aube Dorée d’infiltrer la police à plusieurs niveaux. Par ses services de sécurité, l’État est bien informé des activités d’Aube dorée, explique-t-il. Les chefs de la police avaient la possibilité d’isoler et de liquider ces « poches de fascisme », mais ont décidé de ne pas le faire. « L’État fait cela délibérément utiliser les fascistes à ses propres fins ».

« Les néonazis peuvent ainsi être utilisés contre la gauche » qui mène des actions de protestation contre l’austérité. Ils peuvent aussi agir comme agents provocateurs pendant les manifestations, témoigne l’officier.

Les autorités continuent de nier ces liens. Pourtant, un policier vient récemment d’être suspendu pour avoir participé à une attaque d’Aube dorée contre des immigrés sur un marché le 8 septembre (5).

Le 30 septembre 2012, un groupe de motards antifascistes ont manifesté contre Aube dorée, qui faisait la chasse aux immigrés. La police, arrivée en force, a arrêté 23 antifascistes et deux membres d’Aube dorée. Ces derniers ont été libérés après quelques heures, mais les antifascistes ont été transférés à l’état-major de la police. Ils déclarent avoir été torturés durant la nuit par la police, ce qui a été confirmé par des constats médicaux ultérieurs.

Pour la journaliste et élue du Parti communiste de Grèce (KKE) Liana Kanelli, Aube dorée remplit « la mission que le système lui assigne ». Aube dorée agit aussi en soutien des employeurs qui exploitent la main-d’œuvre immigrée. « Quand un employeur veut vous faire chanter, il menace d’appeler Aube dorée. Des bandes fascistes viennent tabasser des travailleurs qui réclament leurs droits (6) », explique Javed Aslam, dirigeant de la communauté pakistanaise en Grèce.

Un climat raciste entretenu au sommet

Le 4 novembre, Walid, 29 ans, travailleur immigré égyptien était retrouvé enchaîné et couvert de blessures dans l’île de Salamine, près du Pirée. L’ouvrier boulanger a été enlevé et torturé pendant 18 heures par son employeur grec et trois autres hommes liés à Aube dorée, dans le but de lui voler ses économies. Le patron, membre de la Nouvelle Démocratie, est adjoint au maire d’Ambelakio. La victime était parvenue à s’échapper avant de s’effondrer au pied d’un arbre. Une ambulance a été dépêchée sur les lieux, ainsi que la police et les pompiers, qui ont dû intervenir pour couper la grosse chaîne attachée autour du cou de la victime, avant que celle-ci ne soit transférée à l’hôpital. Après avoir reçu les premiers soins, Oualid a été arrêté et menacé d’expulsion faute de titre de séjour valable. Ses tortionnaires ont eux été libérés le 8 novembre (7). La communauté égyptienne a manifesté à deux reprises devant l’ambassade d’Egypte pour demander une protection adéquate contre les attaques racistes.

A Xanthi, au nord-est de la Grèce, où vit une importante minorité musulmane depuis des siècles, des fascistes harcèlent les musulmans. Et même des touristes d’Egypte, de Corée du Sud ou des États-Unis ont été victimes des fascistes ou des rafles de la police. La situation est telle que l’ambassade des États-Unis recommande la prudence à ses ressortissants « d’origine africaine, asiatique, hispanique ou moyen-orientale » (8). Ces actes sont le résultat d’un climat de haine raciste entretenu au sommet de l’État.

Les dirigeants d’Aube dorée peuvent ouvertement débiter leurs propos racistes et fascistes sur les chaînes de télévision. L’un d’eux a même agressé physiquement deux députées, de Syriza et du KKE, lors d’une émission en direct. Et les déclarations xénophobes de certains ministres et députés de la Nouvelle Démocratie ne font que renforcer sa popularité. Selon divers sondages récents, Aube dorée est crédité de 9 à 12 %.

En avril, avant les élections, le ministre de l’Intérieur, du Pasok (Parti socialiste), Michalis Chrysochoidis, a organisé une vaste opération de contrôle dans le centre d’Athènes, dans le but d’arrêter les sans-papiers. Et il a annoncé à grand fracas la construction de 30 « centres de rétention » pour candidats réfugiés en attente d’expulsion. « Les immigrés clandestins devraient être expulsés du pays, ils sont devenus les tyrans de la société », a déclaré alors son challenger, l’actuel premier ministre, Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie, conservateurs). Il s’était engagé à « reconquérir » les villes et arrêter « l’invasion » de l’immigration illégale. Tout en ajoutant : « Il n’y a plus de place pour les Grecs dans les jardins d’enfants. Nous allons y mettre fin. (9) »

La chasse aux sans-papiers a repris début août, quand le nouveau ministre de l’Intérieur, Nikos Dendias, de la Nouvelle Démocratie, a lancé l’opération « Xenios Zeus » (Dieu de l’hospitalité !). « La question de l’immigration illégale est l’un des grands problèmes du pays avec celui de l’économie (10) », a dit Nikos Dendias. 7 300 demandeurs d’asile ont déjà été interpellés et 1 596 arrêtés et transférés en vue de leur déportation.

« Non, l’extrême droite néonazie ne grandit pas comme une force externe au système démocratique. Le système démocratique l’a incorporée en son sein et se nazifie en reproduisant son programme comme un dogme d’organisation sociale et comme une méthode de gouvernement. En ce sens, Aube dorée est déjà au pouvoir », écrit le journaliste grec Augustine Zenakos (11).

Le dernier rassemblement des néonazis sur l’île de Crète le 25 novembre, montre bien leur vision de la société. Devant leurs partisans, les députés néonazis ont déployé le drapeau de la junte fasciste (1967-1974). Ils avaient même projeté de faire un tour de Crète. Mais ils en ont été empêchés par des centaines de manifestants antifascistes qui ont encerclé la salle où ils étaient réunis. La télévision grecque a montré le porte-parole d’Aube dorée, Kasidiaris, invectiver la police et exiger qu’elle chasse les manifestants antifascistes. Et celui-ci d’ajouter : « On va les baiser ! Il y aura des morts ici ce soir ! Je vous en donne ma parole ! »

Dans un autre reportage, on peut voir Kasidiaris expliquer comment les 18 députés d’Aube dorée tirent avantage de leur immunité parlementaire : « Nous pouvons désormais porter légalement des armes et nous ne serons pas arrêtés sur place en cas d’incident. Cela nous permet d’être un peu plus à l’aise dans nos mouvements.(12) »

Comment expliquer leur ascension ?

Aux dernières élections, 425 000 Grecs ont voté pour ce parti néonazi. Bien peu connaissent pourtant son idéologie et le pedigree de ses 18 élus. Aube dorée s’affiche « contre le système » et dénonce les « voleurs », les « banques », les « politiciens corrompus ». Il déclare qu’il veut protéger les Grecs et sa « solution » est « de chasser les immigrés ».

Certains commentateurs qualifient ce parti de nationaliste. Ils ont tort. Les tirades d’Aube dorée contre Merkel et les Allemands, c’est pour la galerie. Aube dorée entretient des liens avec d’autres partis néonazis. En 2005, il a rejoint le parti allemand NPD dans une cérémonie d’hommage à Hitler. Et en 2010, son dirigeant faisait un discours devant les militants néofascistes italiens du parti Forza Nuova (13). Ilias Kasidiaris, le porte-parole d’Aube dorée, a écrit récemment un article à l’occasion de l’anniversaire d’Hitler, qu’il qualifie de « grand réformateur social et organisateur d’un État modèle ».

« Ils ne comprennent pas », déclare le leader d’Aube dorée, dans un discours en 2011 (14). « Quand nous deviendrons forts, nous serons sans pitié ! S’il le faut, nous salirons nos mains ! Nous ne sommes pas des démocrates ! »

Mais tout cela, beaucoup d’électeurs ne le savent pas. Ils ne savent pas non plus qu’Aube dorée soutient les armateurs, les plus riches capitalistes du pays.

Alors que la population se débat dans la misère, les armateurs grecs à la tête de la 1e flotte au monde, ne paient toujours pas d’impôts. Ce privilège est inscrit dans la Constitution depuis 1967. Le parlement grec compte revoir cela. Ilias Panagiotaros, député d’Aube dorée, a exprimé au parlement, son soutien aux armateurs (15) : « Le pays va recevoir 80 millions d’euros en taxant les bateaux avec pavillon grec. Quoi de plus facile pour les armateurs grecs de changer leur pavillon pour sauver leur argent ? Au lieu de cela, un accord devrait être trouvé pour qu’au lieu des 2-3 Grecs maximum sur chaque navire – dont le capitaine et le premier mécano – le reste de l’équipage soit aussi grec. »

Selon le politologue Christophoros Vernardakis, les électeurs d’Aube dorée sont principalement issus de la petite classe moyenne qui s’est rapidement appauvrie avec la crise. On y trouve des petits indépendants, commerçants, agriculteurs, petits employés sans emploi et des policiers. Aube dorée exploite le désespoir, l’ignorance et la peur. Il désigne les immigrés comme responsables de la crise, alors qu’ils en sont, comme les travailleurs grecs, les premières victimes. Et en plus, il se propose de faire le sale boulot avec la complicité de la police. Il détourne ainsi une partie de la population de la lutte contre les véritables responsables du pillage du pays.

« Le parti est fort dans les zones les plus touchées par la crise, mais aussi dans d’anciens fiefs des bataillons de sécurité (16) », les milices armées par l’Allemagne pour lutter contre la résistance communiste, explique le politologue Elias Nikolakopoulos. C’est ainsi que l’on peut expliquer les scores du parti néonazis dans certaines régions rurales où il y a peu d’immigration.

Saccage des revenus et des droits démocratiques

« Aube dorée a toujours offert ses services au patronat et aux organisations patronales, selon le KKE. A plusieurs occasions, ses militants ont été utilisés pour briser des grèves. Leur violence avait aussi pour but d’effrayer les travailleurs pour leur faire abandonner la lutte. » « Il faut dénoncer son rôle de soutien au système, explique Aleka Papariga, secrétaire générale du KKE. Aube dorée doit être combattue par un mouvement organisé, sur les lieux de travail, dans les secteurs, les organisations populaires. »

L’ascension d’Aube dorée s’inscrit dans le saccage généralisé des revenus, des services et de l’ensemble des droits démocratiques des travailleurs et de la population en Grèce.

Les conventions collectives, les obstacles au licenciement et le salaire minimum ont été abolis par les gouvernements de la Nouvelle Démocratie et du Pasok. Le 9 octobre dernier, le gouvernement a utilisé une loi datant de la junte fasciste (1967-1974) pour interdire une partie d’Athènes aux manifestants. Cette loi n’avait pas été utilisée depuis 1974 (17). La liberté d’expression est également menacée. Le journaliste Kostas Vaxevanis peut en témoigner. Il a été arrêté pour avoir publié, dans son magazine Hot Doc, la liste des 2 000 grands fraudeurs qui avaient ouvert un compte en Suisse. Cette liste avait été remise au gouvernement grec en 2010, qui n’en n’avait rien fait, puisqu’il l’avait « perdue ».

« Tout le monde n’est pas responsable de la crise en Grèce, écrit Vaxevanis (18). Et tout le monde ne paye pas cette crise. Le petit club corrompu au pouvoir tente de s’en sortir en prétendant qu’il fait des efforts pour sauver la Grèce. En réalité, il exacerbe les contradictions, tandis que la Grèce est amenée au bord du gouffre. »

Les 2,3 millions de Grecs vivant sous le seuil de pauvreté, les 2 millions de sans-emploi, les deux tiers de la population qui ne parvient plus à payer ses factures, sont littéralement amenés au bord du gouffre. Au lieu de les aider, Aube dorée va les pousser dans l’abîme, tout en protégeant une poignée de riches qui ont planqué leur fortune en Suisse et ailleurs.

D’abord les immigrés, puis les communistes, les homosexuels, les handicapés…

« Quand Aube dorée sera au Parlement, nous allons mener des raids dans les hôpitaux et les crèche pour jeter les immigrés et leurs enfants dans la rue, afin que les Grecs puissent prendre leur place (19) », a déclaré un candidat du parti néonazi avant les élections. Le parti néonazi vise aussi les soupes populaires et les bureaux de chômage, qu’il veut interdire aux étrangers.

Les immigrés sont des « sous-hommes qui transportent toutes sortes de maladies (20) », a déclaré au parlement Eleni Zaroulia, députée d’Aube dorée et épouse du leader du parti. Cette députée est aussi membre du comité pour l’égalité et la non-discrimination du Conseil de l’Europe…

Le parti néonazi a récemment demandé au ministre de l’Intérieur de fournir le nombre d’enfants étrangers accueillis dans les écoles maternelles du pays. Et le député néonazi Panayiotis Iliopoulos a écrit à l’Université de l’Egée (île de Lesbos) pour demander combien d’étudiants étrangers étaient hébergés. Le vice-recteur s’est senti « insulté » par cette question (21).

Face au désespoir de la population, Aube dorée prône un nettoyage ethnique : l’emploi, les services publics, l’enseignement, les soins de santé… réservés aux Grecs. Aube dorée annonce ses nouvelles cibles : après les immigrés, il veut s’attaquer aux homosexuels et aux handicapés, comme on peut le lire dans leur dernier tract.

Aube dorée ne vise pas seulement les immigrés, explique Liana Kanelli, députée du Parti communiste de Grèce (KKE). « Il menace aussi les communistes et dit ouvertement : “Nous allons faire de vous du savon”.  » Le 7 novembre à Thessalonique, deux membres d’Aube dorée ont attaqué avec des bâtons et des couteaux trois jeunes communistes qui distribuaient des tracts en faveur de la grève générale. Ces jeunes ont pu s’en tirer grâce à l’aide de travailleurs en grève d’une usine proche. La police n’a toujours pas arrêté ces individus.

Le mois dernier, quatre députés et des membres d’Aube dorée, avec des intégristes et prêtres orthodoxes, ont attaqué le théâtre où se jouait la pièce de Terrence McNally Corpus Christi, où Jésus et les apôtres sont une communauté gay vivant au Texas. La police anti-émeute a encerclé le théâtre. Mais le directeur n’a pas osé sortir car les néonazis étaient toujours présents. « La dernière fois qu’une pièce de théâtre était jouée sous la garde de la police, c’était pendant la junte. Je ne veux pas croire que c’est de nouveau la junte », a-t-il déclaré.

Un journaliste témoin de la scène a été tabassé par les fascistes, devant les policiers qui n’ont rien fait. Le journaliste n’a pas porté plainte, de crainte que son adresse ne soit transmise à Aube dorée (22).

« L’homophobie a toujours existé en Grèce », déclare Andrea Gilbert (23), porte-parole d’Athens pride, une organisation de défense des droits des homosexuels. « Mais depuis un an, il y a une nette augmentation des attaques anti-gay. Les auteurs agissent avec impunité… avec le même scénario que les attaques d’Aube dorée contre les immigrés. Ces gens haïssent les immigrés, les gays, les étrangers, les femmes. Ils haïssent tout le monde. »

Cécile Chams

Source : PTB

1. RFI, 30 juillet 2012

2. Ekathimerini, 14 août 2012

3. http://1againstracism.gr/racist-violence-recording-network-f…, 23 octobre 2012

4. Ekathimerini, 12 juin 2012

5. Ekathimerini, 11 septembre 2012

6. The Guardian, 26 octobre 2012

7. I efimerida ton syntakton, 9 novembre 2012

8. Ambassade des USA, 16 novembre 2012

9. The Guardian, 26 octobre 2012

10. La Libre Belgique, 9 août 2012

11. Augustine Zenakos, “The literality of nazism”, 13 octobre 2012

12. Kathimerini, 26 novembre 2012

13. Augustine Zenakos, 25 octobre 2012. Op. cit.

14. Augustine Zenakos, 25 octobre 2012. Op. cit.

15. Rizospastis, 8 novembre 2012

16. Le Monde, 6 octobre 2012

17. Okeanos, 12 octobre 2012

18. The Guardian, 30 octobre 2012

19. The Guardian, 12 juin 2012

20. Ekathimerini, 18 octobre 2012

21. Ekathimerini, 23 octobre 2012

22. Okeanos, 12 octobre 2012

23. Greek Reporter, 26 novembre 2012

Source : legrandsoir.info

Via : Les Dernières Nouvelles du Monde | Scoop.it

et Grèce : Sur fond de crise, l’inquiétante ascension des néonazis | ActuWiki

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Published by Anne Wolff - dans Métastases du nazisme
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 12:36

Nous sommes quelques-uns a attirer l’attention sur ce fait qui est toujours d’avantage mis en lumière dans sa concrétisation le projet de gouvernance globale est un projet de gestion technocratique de la planète.

Une fiction est à la base de toutes les propagandes entourant ce projet, celle de l’objectivité scientifique comme référence ultime dans lequel les promoteurs du projet, qui ne sont pas des comploteurs rappelons-les, mais de nouveaux despotes fort peu éclairés, fondent la validité de leur projet en évacuant les questions éthiques. Face à la prétendue omniscience dont leurs sbires technocrates seraient les détenteurs, toute objection éthique est disqualifiée a priori pour cause de subjectivité.

L’Europe est déjà de fait soumise a une telle gouvernance, chaque jour quelques vestiges de pouvoir  émanant du peuple (et non de la nation, cette fiction commode pour qui veut accaparer le pouvoir), est mis à mal. Mettre en résonance est la meilleure manière de comprendre le caractère homogénéisant de cette globalisation technocratique totalitaire (le mythe de l’objectivité est de nature intrinsèquement totalitaire).  

Un programme globalisant (pas un complot, restons politiquement correcte !), conçu hors de la volonté des Peuples, est mis en œuvre partout dans le monde, les différences sont fonction de la diversité des situations originelles. La stratégie de la tension s’adapte au terrain mais ne change pas fondamentalement ses méthodes et son but est unique.

Que la nécessité de mettre un gouvernement technocratique en place dans certains délais un gouvernement technocratique en Tunisie nous donne une hypothèse quant au mobile des crimes,  dont l’assassinat de Chokri Belaïd qui se produit de manière tellement opportune pour la réalisation de ce programme. Y compris en envoyant un message très clair à ceux qui voudraient prendre le risque de le contester… la terreur pour les opposant potentiels, fait partie des méthodes récurrentes de cet ordre technocratique, l’objectivité scientifique mise à cette sauce ne fait aucun cas de la volonté des peuples et encore moins de la vie humaine ou du respect de l’existant.

Voici de quoi étayer cette hypothèse, une piste. Parmi d’autres ?

Je sais par expérience que les résonances ont tendance a échaper à la plupart des Européens,  y compris de """gauche""" trop imbus d'eux mêmes, comment reconnaître que nous avons été traités par nos colonisateurs de la même manière que ces peuples qu'ils prennent pour inférieurs alors que malheureusement la "civilisation occidentale" n'est pas à la hauteur de ces prétetion,c'est le moins qu'on puisse dire !

 

Partenariat de Deauville : pierre angulaire de l'ingérence internationale en Tunisie


Pour nous contacter : contact@economie-tunisie.org    
 
À la suite du 14 Janvier 2011 et de la fuite de Ben Ali, l'effervescence internationale cachait mal le malaise de certaines puissances de n'avoir pu anticiper un tel événement. Suite à un certain nombre de tergiversations, parmi lesquelles nous pouvons citer la sortie de Michelle Alliot-Marie, alors Ministre de l'Intérieur en France, lesdites puissances ont décidé de réagir pour ne pas se laisser dépasser par les événements. C'est cette histoire que nous allons exposer ici en décrivant, en décryptant la réaction de ces dites puissances, s'inscrivant dans ce qu'il est convenu d'appeler le Partenariat de Deauville.
I. Le contexte de l'émergence du Partenariat de Deauville
1. Avant le G8 de Deauville
Alors que les gouvernements se succèdent en Tunisie suite aux pressions populaires des différentes Kasbah, la France, premier partenaire économique de la Tunisie, organise son premier voyage le 20 et 21 Avril 2011 sous l'égide du Ministre des Affaires étrangères, M. Juppé, et invite officiellement la Tunisie à participer au sommet du G8 qui se déroulera les 26 et 27 Mai 2011 à Deauville dans le nord-ouest de la France. Le gouvernement tunisien est alors composé de plusieurs technocrates, sous le Premier ministère de Béji Caïd Essebsi, et notamment de son ministre des Finances, M. Jaloul Ayed, technocrate et banquier de carrière ayant survécu à la chute du gouvernement de Mohammed Ghannouchi. C'est dans ce cadre que vont commencer à se mettre en place les premières pierres de l'édifice du Partenariat de Deauville.
Une semaine avant le sommet du G8 à Deauville, M. Ayed effectue alors une visite officielle à Washington du 16 au 18 Mai, et y rencontre de hauts responsables de l'administration, le Congrès américain, le FMI et la Banque mondiale afin de préparer le sommet du G8. Il rencontre aussi Michael Forman, Conseiller adjoint à la Sécurité nationale, chargé des affaires économiques internationales et représentant personnel du président Barack Obama aux sommets du G8 et du G20,David Lipton, assistant spécial auprès du président américain pour les affaires économiques ainsi que les sénateurs John Mc Cain et Joseph Lieberman à qui il fait un exposé sur le développement de la situation en Tunisie.
C'est lors de cette rencontre que seront mis sur la tableles plans du Partenariat de Deauville.
Le 25 mai 2011, le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré à Londres, lors d’une conférence de presse avec le président Barack Obama que « Londres et Washington vont promouvoir un «programme de soutien» politique et économique au «printemps arabe» lors du G8 en France ».
2. Le sommet du G8 de Deauville
Le sommet du G8 à Deauville, sous la Présidence de la France de Nicolas Sarkozy, a permis à la France de prendre le leadership du Partenariat de Deauville durant sa présidence du G8. C'est lors de ce sommet, les 26 et 27 Mai 2011, que le Partenariat de Deauville a été officiellement lancé. Plusieurs actions ont alors été entreprises : premièrement, le G8 a exigé de la part du gouvernement de transition tunisien un plan économique sur 5 ans ; deuxièmement, la Banque mondiale a octroyé un prêt d'1 milliard de dollars dans un programme « Gouvernance et Opportunités », en partenariat avec la Banque Africaine de Développement, l'Agence Française de Développement et l'Union Européenne.
3. Après le sommet
Quatre mois plus tard, en septembre 2011, les ministres des Affaires Étrangères du Partenariat de Deauville se sont réunis à New York afin d'acter de la stratégie officielle du Partenariat de Deauville et ainsi de mettre en exergue le grand nombre d'acteurs internationaux impliqués dans ce partenariat. C'est à cette occasion que le gouvernement de transition tunisien a présenté son plan économique sur 5 ans : le « Plan Jasmin ». Le ministre des Finances, Jaloul Ayed, célèbre banquier et homme d’affaire tunisien, qui a concocté ce plan économique, avoue dans son livre sorti en janvier 2013 que ce nom de « Plan Jasmin » lui a été suggéré par le Président de la Banque mondiale de l'époque, M. Zoellick, et ce, en référence au Plan Marshall des États-Unis en Europe après la Seconde Guerre Mondiale.

Le 10 janvier 2012, Houcine Dimassi, désigné ministre des Finances depuis quelques jours, a rencontré Gordon Gray, ambassadeur des États-Unis d'Amérique, à Tunis. C’était pour appeler les États-Unis à concrétiser leurs promesses à la Tunisie lors du sommet du G8 à Deauville. Et pour leur faire comprendre que le nouveau gouvernement allait rester sur la même stratégie que celui qui précédait et qu’il n’allait pas sortir du cadre des conventions de Deauville. 



 


Le jeudi 12 janvier 2012, Hédi Ben Abbes, Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères chargé de l’Amérique et de l’Asie, a reçu Mme Caroline Atkinson, Directrice des Affaires Économiques Internationales au Conseil américain de Sécurité Nationale, accompagnée de M. Andrew Baukol, Assistant du Secrétaire américain au Trésor. L’entretien a été l’occasion de discuter les préparatifs du Sommet du G8 2012 qui était présidé par les États-Unis d’Amérique et qui s’est tenu en mai 2012 à Chicago, afin de concrétiser les engagements annoncés à Deauville. Ben Abbes y appelé les grandes puissances économiques mondiales à soutenir davantage la Tunisie lors du prochain sommet.
En août 2012, Ridha Bettaieb, a annoncé , lors d’une interview sur ExpressFM que le département américain du Commerce se chargera du benchmarking entre les codes d’investissement de pays comparateurs comme la Malaisie, Turquie, Jordanie et Maroc, la Banque européenne d’investissement (BEI) étudiera le rapport compétitivité-emploi, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) évaluera le rendement des incitations, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) étudiera l’intégration socio-économique de l’investissement et l’International Financial Corporation (IFC ou SFI) payera les experts devant contribuer à l’élaboration de ce code.
Le même ministre, enverra le 9 octobre 2012, une lettre à Jim Yong Kim, Président de la Banque mondiale qui porte comme titre : « Lettre de politique de développement », dans laquelle il reprendre les points cités dans ses déclarations antérieures et dans laquelle il dit clairement que « Les réformes économiques s’inscriront dans un processus d’approfondissement de la libéralisation extérieure […] » et que « Le processus de libéralisation sera consolidé à travers l’approfondissement de la coopération avec l’Union européenne pour un partenariat privilégié ».Il explique aussi que « le processus de libéralisation des mouvements de capitaux sera poursuivi graduellement […] ».

Le 12 décembre 2012, Alistair Burt, le ministre britannique chargé des Affaires duMoyen-Orient et de l'Afrique du Nord, rencontre le ministre tunisien de l'Investissement et de la Coopération internationale, Riadh Bettaieb, pour lui communiquer « la volonté de son pays, qui présidera le G8, à partir de 2013, de concrétiser l'initiative du partenariat de Deauville ».
Le lendemain, c’est-à-dire le 13 décembre 2013, le ministre de l’Investissement et de la Coopération Internationale publie un communiqué où il a met l'accent sur les réformes adoptées dans le domaine économique, notamment celles relatives à l'amélioration du climat des affaires et des investissements. On y parle aussi de la concrétisation du Partenariat Public/Privé (PPP).
Le 14 décembre 2012, un communiqué de TAP intitulé : « Jebali exhorte le G8 à concrétiser les promesses du partenariat de Deauville » rapporte qu’à la clôture de la 9e session du Forum pour l'Avenir, Jebali a appelé les pays du G8 à concrétiser les points du programme sur lequel le gouvernement tunisien et les participants aux G8 se sont mis d’accord. Selon ce communiqué, il leur affirma aussi que « Le gouvernement tunisien s'emploie à réformer les systèmes financier et bancaire et à réviser le code d'incitation à l'investissement ».

II. Les objectifs du Partenariat de Deauville

1. Les acteurs en présence
Avant de rentrer dans le vif du sujet des objectifs annoncés par le Partenariat de Deauville, il est nécessaire de mesure l'ampleur de ce partenariat qui implique un nombre impressionnant d'acteurs internationaux de premier plan. Voici donc la liste des acteurs ayant conclu ce Partenariat de Deauville :
Le G8 (France, États-Unis, Russie, Japon, Allemagne, Canada, Italie, Grande-Bretagne) , l'Union Européenne, l'Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, le Koweït, les Émirats Arabes Unis, ainsi qu'une multitude d'institutions internationales : Banque Africaine de Développement (BAD), Fonds Arabe pour le Développement Économique et Social (FADES), Fonds Monétaire Arabe (FMA), Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD), Banque d'Investissement Européenne (BEI), Banque Islamique de Développement (BID), Société Financière Internationale (SFI) (membre de la Banque Mondiale), Fonds Monétaire International (FMI), Fonds OPEC pour le Développement International (FODI), Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), Banque mondiale (BM).
En ce qui concerne les pays récipiendaires de ce Partenariat, il s'agit tout d'abord de la Tunisie, de l'Égypte, du Maroc et de la Jordanie auxquels s'est rajoutée en Septembre 2011 la Libye. La France ayant insisté pour que des pays comme le Maroc et la Jordanie ne soient pas mis de côté et soient impliqués dans ce partenariat.

2. Les objectifs
Les objectifs présentés par le Partenariat de Deauville se répartissent sur deux piliers essentiels, un pilier politique et un pilier économique. Dans l'idée, la symbiose entre le renforcement d'un État de droit (pilier politique) et le soutien à la croissance (pilier économique) permettrait aux pays concernés de répondre aux besoins de leur population. En principe, le pilier politique porterait sur le renforcement d'un État de droit, le soutien à la société civile, ainsi que sur l'amélioration de la formation professionnelle dans ces pays. Le pilier économique porterait sur le renforcement du développement économique et le soutien à une intégration régionale et mondiale. Néanmoins, en pratique et d'un point de vue bilatéral, les objectifs ont été largement influencés par la Présidence du G8 : la France en 2011 et les États-Unis en 2012. D'un point de vue multilatéral, ce sont principalement la Banque mondiale et le FMI qui ont influencé le contenu de ce Partenariat.

Parmi les objectifs cités par le gouvernement français concernant le Partenariat de Deauville en 2011, nous pouvons citer l'Office euro-méditerranéen de la jeunesse dont l'objectif serait de former des jeunes de la rive sud en Europe puis de les aider à s'insérer dans leur propre pays ainsi qu'un vaste projet  d'installation de gigantesques fermes solaires dans la rive sud de la Méditerranée sous l'égide d'un duo franco-allemand (installation des fermes solaires par l'Allemagne – projet Desertec – et installation de l'interconnexion euro-méditerranéenne par la France – projet Medgrid).
Des points de ce programme sont cités dans un document du FMI publié le 10 Septembre 2011.
Lors du changement de Présidence du G8 à Camp David aux États-Unis les 18 et 19 Mai 2012, l'influence américaine a pu mieux se faire sentir, et les objectifs ont été présentés dans le détail. En effet, des fiches d'informations 1 ont été publiées par le Département d'État américain détaillant les programmes du Partenariat de Deauville pour les cinq pays concernés :
Développement des PME passant par les actions suivantes : création d'un fonds de soutien pour les PME administré par le FADES ; assistance technique au développement des PME sous l'égide du FMI et d'autres banques multilatérales ; réduction des barrières à l'investissement des pays en transition ; accroissement des efforts pour stimuler le commerce et l'investissement dans la région en renforçant les Accords d'Agadir, le GAFTA, et en élargissant les Accords de Libre-Échange avec d'autres pays ; recommandations concernant le meilleur moyen pour les PME de créer de l'emploi sous l'égide de la plate-forme des institutions financières internationales ; ouverture des marchés des pays en transition et appui technique pour améliorer leur compétitivité au sein des pays du G8 : création d'associations d'entreprises dans les pays du G8 qui créeront des partenariats avec leurs homologues des pays en transition.

Gouvernance ouverte et participation passant par les actions suivantes : mise en place des réformes pour être éligible à l'Open Government Partnership (OGP) ; création d'un Corps de Conseil en Services Financiers, issus du public et privé pour développer un secteur financier fort, stable, transparent et accessible ; poursuivre la mise en place de la Convention des Nations-Unies contre la Corruption.

• Élargissement des prérogatives de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement : création d'un fonds spécial de transition en 2012 d'un montant allant jusqu'à 1,3 milliards de dollars et jusqu'à 4 milliards sur les trois années suivantes ; la BERD a principalement pour mission de soutenir le secteur privé et d'accompagner les pays en transition vers une économie de marché.

• Échanges internationaux d'ici fin 2013 passant par les actions suivantes : échange entre les membres du corps législatif, assistance technique pour les assemblées des pays en transition ; échange dans le domaine judiciaire pour une justice indépendante ; échange entre les pouvoirs régionaux et locaux ; échange entre les syndicats.

Plan d'action de recouvrement des avoirs passant par les actions : publication d'un guide pour le recouvrement des avoirs ; aide à l'écriture de lois ayant trait à cette question et formations ; soutien au lancement du Forum Arabe pour le Recouvrement des Avoirs ; les pays en transition doivent renforcer la prévention et les outils contre la corruption.
• Finance passant par les actions suivantes : lancement d'une Initiative d'Accès aux Marchés de Capitaux en prenant exemple sur l'accord pour une garantie de prêt signé entre les États-Unis et la Tunisie en 2012 ; lancement d'un Nouveau Fonds de Transition à l'égard des pays en transition sous la forme d'assistance technique pour implémenter des réformes critiques dans les domaines : de la gouvernance économique, de l'intégration, du commerce et de l'investissement, ainsi que dans le domaine des réformes institutionnelles ; création d'une plate-forme de coordination des Institutions Financières Internationales, avec la BAD en premier chef de coordination et dont les réformes prônées pour l'année 2012 sont :
prêt sur la gouvernance, le secteur privé, les marchés domestiques en Tunisie (BAD et BM), en Jordanie (BM) et au Maroc (BM)
lignes de crédits pour les PME et pour les infrastructures rurales pour une croissance inclusive en Tunisie (BAD)
soutien des Partenariats Public-Privé via l'Arab Financing Facility for Infrastructure lancée en 2011 par la BM et la BID.
Développement de compétences pertinentes dans l'enseignement supérieur dans la région à travers l'initiative « e4e Initiative for Arab Youth ».
• la BERD et le FMA font la promotion des marchés de capitaux en Égypte, Jordanie, Tunisie et au Maroc.

Nous pouvons ainsi mesurer l'étendue du programme du Partenariat de Deauville touchant ainsi à tous les domaines de la politique économique d'un pays. La question de la transition n'a dont pas été prise à la légère par les pays partenaires de Deauville. Certaines mesures concernant les réformes structurelles seront très difficiles à mettre en place du fait de leur impopularité, d'où notre intérêt pour décrire la stratégie mise en place par les acteurs du Partenariat de Deauville.

III. Stratégie des acteurs du Partenariat de Deauville
1. Traitement de choc
Au vu des moyens considérables mis en place, institutions et chancelleries mobilisées, moyens financiers gigantesques (plus de 80 milliards de dollars en tout), il est clair que les pays en transition concernés ne font pas le poids. Le Partenariat de Deauville est une vaste entreprise à l'égard des pays du « printemps arabe » et dont l'objectif principal est de garder sous contrôle ces pays afin qu'ils ne sortent pas du cadre établi par le modèle de démocratie de marché et ainsi faire en sorte qu'ils restent sous influence atlantiste (la Russie, seul pays du G8 non atlantiste, ne joue aucun rôle dans le Partenariat). Pour mettre en place toutes les réformes nécessaires et douloureuses pour imposer le modèle de démocratie de marché à ces pays, les acteurs du Partenariat de Deauville doivent donc établir une stratégie gagnante. Pour comprendre un des fondements de cette stratégie, il faut revenir à l'étude que Naomi Klein avait publiée en 2007, la Stratégie du Choc, et dont le fondement est le suivant : à la suite d’un choc violent (révolution politique, guerre, catastrophe naturelle, assassinat politique, ...), il s’agit à chaque fois de profiter du « choc » pour s’introduire et faire perdre à une entité ou un État sa souveraineté, son self-control, pour la placer sous un contrôle extérieur. Friedman, soutenant l'ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d'imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n'aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de traitement de choc. Le mieux étant de déléguer les rênes des pays concernés à des technocrates qui feraient croire à leur neutralité et à leur objectivité mais qui, au final, défendraient bec et ongle le modèle d'ultralibéralisme, ce sont ceux que Naomi Klein a appelé les Chicago Boys.
2. Diviser pour mieux régner
Un des points essentiel de cette stratégie du traitement de choc est de faire en sorte de créer une diversion capable d'absorber toute l'énergie des forces vives des pays en proie à ce traitement, en alimentant les divisions capables de cristalliser le plus de tension possible. En ce qui concerne les pays cibles du Partenariat de Deauville où un contrôle est nécessaire du fait de leur instabilité (Tunisie, Égypte), le choix a été vite fait d'alimenter la division entre laïcs et islamistes, entre modernistes et conservateurs. L'objectif étant, nous le rappelons, de cristalliser les forces vives des pays et donc de les paralyser afin qu'elles ne se préoccupent pas ou peu des réformes douloureuses à faire passer. Pour bien comprendre cette stratégie, il suffit d'observer l'alliance autour du Partenariat de Deauville où des pays laïcs et progressistes (tels que la France) et des pays islamistes et conservateurs (tels que le Qatar) ont su transcender et dépasser l'opposition ; opposition qu'eux même alimentent à travers leurs médias dans les pays cibles en la faisant passer pour irréductible.

IV. Implications pour la Tunisie
1. Implications économiques
Le Partenariat de Deauville ayant commencé à être mis en œuvre en 2011, nous pouvons d'ores et déjà faire une sorte de bilan des conséquences qu'a eu ce Partenariat sur la Tunisie. S'il est un bilan à tirer de la politique économique de la Tunisie depuis 2011, c'est qu'elle n'a fait l'objet d'aucun vrai débat sur la scène nationale. Et pour cause, la quasi-totalité des réformes entreprises depuis 2011 l'ont été sous la tutelle du Partenariat de Deauville. En effet, par exemple la plupart des réformes entreprises par le gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi ont été conduites sous la tutelle de la BM, et ces réformes ont fait l'objet d'une enquête2 de la part de l'association ACET qui a prouvé que les réformes allaient à l'encontre des intérêts de la plupart des Tunisiens. De même, suite aux élections du 23 octobre 2011 et la mise en place du gouvernement de Hamadi Jebali, toutes les réformes entreprises en 2012 ont été littéralement dictées par la BM, il suffit pour s'en convaincre de comparer le tableau des réformes de la Présidence du Gouvernement avec celui qui apparaît dans le document de prêt de la BM 3: ce sont exactement les mêmes. Pourtant ces réformes n'apparaissaient pas dans le programme d'Ennahdha lors des élections, ce qui montre que ces réformes sont le fait de l'initiative de la BM dans le cadre du Partenariat de Deauville.
De même, il est significatif d'observer que la signature d'un accord pour un Partenariat Privilégié avec l'Union Européenne n'est pas passée par l'ANC et continue d'être négocié par une administration sans que les députés de l'ANC soient consultés, montrant ainsi que des négociations aussi cruciales échappent à la souveraineté du pays.
Les velléités récentes du FMI de faire passer un Programme d'Ajustement Structurel début 2013 s'inscrit, selon le Gouverneur de la BCT, dans le cadre du Partenariat de Deauville. D'ailleurs quelques jours avant son assassinat, Chokri Belaïd et son Front Populaire étaient allés contre ce PAS du FMI.
Les conséquences économiques sont désastreuses, en effet, d'un point de vue du compte courant, les négociations avec l'UE vont accroître de déficit de la balance commerciale du pays, d'un point de vue du budget, les prêts octroyés par les IFI ne générant aucune ressource propre permettant leur remboursement, vont accroître le déficit budgétaire par une fuite en avant, d'un point de vue du système financier, une plus grande ouverture vers une économie de marché exposera encore plus l'économie tunisienne à la prochaine grande crise qui arrivera suite à l'inéluctable effondrement du dollar. Les réformes concernant les subventions, la caisse  des retraites, la fiscalité ou encore le droit du travail vont encore plus fragiliser une population déjà très vulnérable. Nous fournirons une étude plus poussée sur ces réformes structurelles imposées par le FMI.
2. Implications politiques

Du point de vue politique, l'application de la stratégie du choc a pour conséquence directe la perte de souveraineté de l'État tunisien. Comme décrit dans le chapitre précédent, que ce soit avant ou après les élections, l'État tunisien n'a absolument pas le pouvoir de décider de sa propre politique économique, sociale ou même institutionnelle. Le manque de marge de manœuvre, de moyens humains et financiers, fragilisent les institutions démocratiques telles que l'ANC qui n'ont pas les moyens de faire leur travail dans de bonnes conditions (peu de formations, peu de moyens humains pour assister les députés, etc.). Ainsi, la Tunisie se trouve enfermée dans un piège où son supposé manque de ressources l'oblige à se soumettre aux conditions du Partenariat de Deauville pour accéder à des ressources financières, conditions qui ont pour conséquence de diminuer encore plus les ressources disponibles augmentant ainsi sa dépendance vis-à-vis des acteurs de ce Partenariat. Ce piège repose entièrement sur le paradigme de l'État Mendiant n'ayant pas de ressources alors que la fuite des capitaux représente deux fois plus que le montant total du stock de la dette, et que la Tunisie dispose de ressources naturelles suffisantes à son indépendance budgétaire.
V. Conclusions

Nous avons voulu ici décrire le processus, les acteurs et les enjeux que couvre le Partenariat de Deauville. Ce sujet a été peu traité par les médias tunisiens et le nombre d'acteurs et d'interlocuteurs de la Tunisie n'aide pas à voir toute la cohérence de cette entreprise menée depuis 2011. Il nous a été impossible d'analyser de manière exhaustive et analytique le rôle de chacun des acteurs de ce Partenariat, que ce soit du côté des partenaires laïcs ou des partenaires islamistes, et nous pensons que cela doit faire l'objet d'études ultérieures. Les Tunisien(ne)s doivent être au courant de cette initiative qui modèle, influe et encadre le processus d'émancipation des peuples arabes. Nous appelons à la vigilance, à la probité et au respect des principes qui font qu'un peuple est souverain et qu'il peut construire son avenir sur ses propres bases.

1 fiches d'informations   
2 http://zelzel.net/deconstruire/contre-revolution-en-tunisie-la-strategie-du-choc-et-la-banque-mondiale
3 http://pdfcast.org/pdf/document-de-programme 

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Published by Anne Wolff - dans L'empire : hégémonie
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 11:20

 

Thérapie du choc et stratégie du chaos : premiers éléments pour comprendre l'assassinat de Chokri Belaïd en Tunisie

 

 

Description : http://www.tlaxcala-int.org/upload/aut_2866.jpg

Collectif Les déconstructeurs du virtuel Collective for The deconstruction of the virtual Coletivo Os desconstrutores do virtual Kollektiv Die Dekonstruierer des Virtuellen

 

La Tunisie et l'Égypte sont en train de vivre une involution parallèle et similaire. Voici quelques-uns des traits communs aux deux pays :

1-Une "révolution" virtuelle

Dans les deux pays, rien n'a changé pour que tout change : les dictateurs – qui n'étaient que des "dictés" - ont été renversés, des élections démocratiques ont été tenues, les "islamistes modérés" se sont retrouvés au "pouvoir". Mais il est clair que le pouvoir réel ne se trouve pas dans les fauteuils qu'ils occupent. En Égypte, c'est le Conseil suprême des forces armées qui conserve le pouvoir réel et tire les ficelles, en étant en contact direct et permanent avec ses parrains et protecteurs à Washington. En Tunisie, la situation est beaucoup plus opaque, et la réponse à la question "qui détient le pouvoir réel" est beaucoup plus difficile. Disons pour commencer que c'est le cartel mafieux (affairistes, bureaucrates, policiers)  de l'ancien régime, dont certains piliers se sont laissé pousser une barbe.

2-Thérapie du choc

 

 

Les "pouvoirs démocratiques" issus de ces "révolutions" ont en commun d'être docilement soumis aux ordres des "donneurs d'ordres": Banque mondiale, FMI, OMC, UE, USA et pétromonarchies du Golfe. Le conglomérat de ces donneurs d'ordres n'a qu'un souci : empêcher que les peuples arabes (et les autres aussi, d'ailleurs) ne réussissent à mener des véritables révolutions, qui remettraient leurs sociétés à l'endroit, en établissant la justice sociale et en leur permettant d'exercer leurs droits fondamentaux de citoyens d'un État de droit. En premier lieu la jouissance souveraine des ressources énergétiques dont regorge le sous-sol de leurs pays et des autres biens communs (eau, terre, patrimoine etc.).

La thérapie appliquée a plusieurs volets :

a. Les gouvernements en place doivent payer rubis sur l'ongle le service de la dette odieuse dont ils ont hérité des dictateurs/dictés déchus, condition unique posée pour leur "octroyer" d'autres crédits qui ne font que les endetter encore plus;

 

    b. Les gouvernements en place doivent poursuivre le travail de "nettoyage", déjà bien engagé par leurs prédécesseurs : liquidation des services publics et donc de ceux qui les défendent, privatisations, bradage des richesses du pays aux multinationales, mise en place de structures de contrôle de la population rebelle, en premier lieu les salariés syndiqués et la jeunesse précarisée (les "diplômés chômeurs"). Pour éponger les dégâts sociaux de ce "nettoyage", la solution trouvée est la "charité islamique", en lieu et place des droits sociaux légitimes;

      c. La pacification de la société : des centaines de millions d'Euros sont déversés par l'UE et les fondations US, allemandes et autres, sur la société civile organisée, avec un seul but : la contrôler, la discipliner et l'orienter vers un processus de « justice transitionnelle*» qui ne remet pas en cause le système en place. Principal objectif : empêcher que la jeunesse diplômée active n'accède au niveau de la politique réelle, c'est-à-dire l'organisation du peuple pour la satisfaction de ses demandes d'accès à la citoyenneté et aux biens communs.

Description : http://4.bp.blogspot.com/-WG8eY-0P-kw/URbTBU8H6LI/AAAAAAAAABw/eIEZaOkuj1k/s1600/bOLOGNA+cARROSSO.JPG

Le massacre de la gare de Bologne (Italie), qui fit 85 morts et 200 blessés le 2 août 1980, vu par l'artiste Carlo Carosso

     

3-Stratégie du chaos

La stratégie à l'œuvre dans les deux pays est fondamentalement la même que celle qui a été mise en œuvre dans la Grèce de 1967, l'Amérique latine et la Turquie, l'Italie (la "stratégie de la tension") et le  Liban des années 1970 et 1980, l'Algérie des années 1990, avec des ajustements tactiques pour l'adapter à chaque situation particulière. Les armes principales de cette stratégie sont :

a.      L'utilisation de la violence armée groupusculaire manipulée –ce qu'on appelle le "terrorisme" – pour semer la peur, déstabiliser les gens et les faire renoncer à la lutte pacifique, de masse, démocratique et transparente. L'objectif est de casser toutes les structures (partis, syndicats, mouvements) susceptibles de freiner la "libéralisation" de l'économie.

b.      La polarisation entre courants "idéologiques" dans lesquels on veut forcer l'ensemble de la société à entrer, ce qui conduit à une logique de "camps" retranchés s'excluant mutuellement et se combattant violemment. Une nouvelle variante du "diviser pour régner" : en haut, une bourgeoisie "moderniste, laïque, démocratique" s'opposant à une bourgeoisie "conservatrice, islamique, démocratique", en bas un peuple "progressiste, libertin, révolutionnaire" s'opposant à un peuple "traditionnel, bigot, fascisant". Bref, le seul moyen trouvé par les appareils du pouvoir réel pour perdurer, c'est la guerre civile, celle du frère contre le frère, de la sœur contre la sœur, des parents contre les enfants, des "libérés" contre les "enturbannés", par des alliances entre exploiteurs et exploités au nom de clivages qui n'ont rien à voir avec les besoins réels et les intérêts de classe des gens.

c.      La manipulation diabolique du couple infernal complot-émeute. En Égypte, comme en Tunisie, comme dans l'Algérie de 1988, la révolte légitime de la jeunesse précaire est canalisée par les réseaux mafieux-policiers vers des violences nihilistes encagoulées qui se manifestent à l' occasion des rassemblements populaires. Objectif : susciter la demande d'un pouvoir fort assurant la sécurité. Dernier exemple en date : l'apparition d'un "Black Bloc" au Caire à l'occasion du 25 janvier 2013. Un "Black bloc" tout aussi infiltré par la police que l'étaient ceux de Gênes en 2011, de Montréal, de Toronto, de Londres, de Strasbourg ou de Heiligendamm.

d. Les assassinats ciblés de personnages-clé, décidés et organisés par les réseaux occultes du pouvoir réel. Attribués simultanément à d'autres, ils ont pour but de provoquer un clivage irréversible de la société (voir point a).  L'assassinat de Chokri Belaïd, comme ceux de Tahar Djaout, Abdelkader Hachani, Mohamed Boudiaf et tant d'autres (Liabes, Boucebsi, Flici, Mahiou, Merbah, Belkaid, Alloula, Bouslimani, et Cheikh Sahraoui) en Algérie, s'inscrit dans cette stratégie. 

Les mouvements sociaux, progressistes ou révolutionnaires, doivent être pleinement conscients de cette stratégie à l’œuvre. Au risque de tomber dans un piège mortel. Et de connaître le sort du taureau qui fonce sur le tissu rouge sans voir la main du torero qui lui plantera l'épée dans la nuque.

 

Note

* Justice transitionnelle : processus destiné à pacifier la société en mettant en place un mécanisme se substituant à la justice en place pour « tourner la page » du sombre passé de dictature ou de guerre civile et mettre un « point final » aux demandes de justice des victimes. L'exemple le plus propagé est celui de la Commission Vérité et réconciliation en Afrique du Sud. Dans le monde arabe, le Maroc est le seul pays à ce jour à avoir institué une telle commission, l'Instance équité et réconciliation. En Tunisie, le ministère des Droits de l'homme vient de signer un accord de partenariat avec le Centre international pour la justice transitionnelle (basé à New York). “En vertu de l'accord, le centre s'engage à fournir au ministère une aide technique en matière de justice transitionnelle à travers ses divers axes, notamment, la recherche de la vérité, le dédommagement, la justice pénale et la réforme institutionnelle, constitutionnelle et judiciaire. Le CIJT est, également, appelé à apporter une aide technique pour la création d'une commission Vérité et pour mettre sur pied un programme de réparation des préjudices.”

 

 Auteurs 

  Collectif Les déconstructeurs du virtuel

Paraphrasant ce bon vieux Marx, nous pourrions dire : "Les philosophes      n'ont jusqu'ici fait que déconstruire les textes, il s'agit maintenant de déconstruire le virtuel pour accéder au réel". Ce virtuel dans lequel nous sommes presque tous immergés, et dans lequel les jeunes générations se plongent au risque de s'y noyer, en le prenant pour le réel, construisant un monde imaginaire qui les rend inaptes à l'action. Nous nous proposons donc de redonner le sens du réel en reconstruisant la réalité qui se cache derrière les miroirs de la propagande multimédias tous azimuts, et en intervenant sur les événements qui nous frappent, qui nous interpellent, qui nous concernent pour partager nos analyses et réflexions et aider les gens à comprendre ce qui leur arrive. Notre collectif est ouvert à toute coopération.

Écrire à
deconstruire[at]gmail.com

 

 



Merci à Collectif Les déconstructeurs du virtuel
Source: http://deconstructeurs.blogspot.com/2013/02/therapie-du-choc-et-strategie-du-chaos.html
Date de parution de l'article original: 09/02/2013
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9139

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 10:13

 

 

 

Discrètement, Manuel Valls  a ordonné la mobilisation des services secrets et de la police pour mettre sous surveillance les travailleurs

 

5215792_7783274.jpgLe gouvernement du Parti socialiste français du président François Hollande a ordonné la mobilisation des services secrets et de la police pour mettre sous surveillance les travailleurs qui se battent contre le chômage de masse et les fermetures d'usines. 

Le ministre de l'Intérieur français, Manuel Valls, a révélé mardi dernier que sa police politique est pleinement mobilisée pour espionner la révolte grandissante des travailleurs des usines où sont prévus des licenciements ou bien qui seront fermées. Il a dit que ces mesures étaient nécessaires compte tenu du risque d'«implosions ou explosions sociales». 

Interviewé sur BFM TV, il a ajouté: «La colère sociale, avec les conséquences de la crise économique et financière, la précarité, le chômage, les plans de licenciements, elle est là, elle gronde depuis des années.» 

Les services de renseignement de la police (SDIG) ont reçu le 30 janvier l'ordre de suivre «au plus près les entreprises en difficulté.... de suivre au plus près la situation des entreprises et filières fragilisées, ou susceptibles de le devenir» et d'anticiper «les mobilisations», ainsi que les «risques d'incidents» ou d'éventuelles «menaces sur l'outil de production en cas de radicalisation d'un conflit». 

Valls a donné des instructions à la police pour qu'elle surveille les entreprises où les travailleurs sont en lutte pour défendre leur emploi tels PSA Peugeot-Citroën, Renault, Goodyear, la raffinerie Petroplus et l'aciérie d'ArcelorMittal à Florange. Il a clairement reconnu la possibilité que de telles luttes échappent au contrôle de la bureaucratie syndicale qui s'est discréditée en trahissant systématiquement les luttes contre les programmes d'austérité du gouvernement. Valls a fait remarquer qu'il y avait moins de mobilisations organisées mais que le danger «d'explosions sociales» était plus important. 

La police française ne se limite pas surveiller les protestations des travailleurs. Elle se montre aussi plus violente à leur égard. 
Mercredi dernier, 6 février, plus de 1.500 travailleurs des aciéries d'ArcelorMittal ont convergé sur le Parlement européen à Strasbourg pour protester contre les fermetures à Liège (Belgique), Schiffange (Luxembourg) et Florange (France). Leurs dirigeants syndicaux avaient rendez-vous avec le président du parlement, Martin Schulz. 

L'arrivée des 23 cars belges a été strictement filtrée. Arrêtés sur une aire d'autoroute à neuf kilomètres de Strasbourg, complètement fouillés, tout comme leurs occupants, les véhicules ont dû attendre d'être escortés par les gendarmes pour se rendre au parlement, de sorte que leur arrivée a été étalée sur plus de deux heures. «On nous traite comme des bandits,» a commenté un Liégeois en descendant du car. 
Deux cars amenant des travailleurs de Florange ont subi le même traitement. Les fouilles ont été organisées sur réquisition du procureur de la République, au vu des violences intervenues en Belgique le 29 janvier dernier où cinq policiers ont été blessés 

Quand la police a empêché les sidérurgistes d'approcher le Parlement européen, ils ont crié: «Pas de Français ici, on est tous métallos!» Selon les reportages du journal belge Le Soir, les manifestants coincés entre quatre artères obstruées par des cordons de gendarmes mobiles, à trois cents mètres du Parlement, ne pouvaient pas plus former de cortège que faire entendre leur voix. Les plus remontés ont tenté de forcer le passage mais ont été repoussés à coup de gaz lacrymogènes. Ils ont riposté en se saisissant de tout ce qui leur passait par la main comme projectile. Des œufs, des bouteilles, des fumigènes...... des blocs de pierre. Un jeune sidérurgiste belge de 25 ans, John David a perdu un oeil. Il y a eu trois arrestations. 

Les travailleurs de l'usine Renault Flins ont ressenti l'intensification du harcèlement policier ordonné par Valls. Ali Kaya, délégué CGT (Confédération générale du travail) a fait remarquer: «Il y a de plus en plus de présence policière autour de l'usine avec plusieurs voitures banalisées.... La police a contacté des délégués syndicaux». 

Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT, a dit que ce genre de présence policière sur le lieu des usines sensibles devrait être évité car il serait ressenti comme une «provocation». Mickaël Wamen, représentant CGT de Goodyear à Amiens a décrit la présence de la police politique comme visant à «criminaliser notre action». 

Des protestations verbales aussi timorées de la part de la CGT ne valent rien, étant donné que le syndicat n'a pas soutenu les travailleurs en lutte attaqués par la police. Un exemple particulièrement honteux est la complicité de la CGT avec la police pour casser la grève des raffineries au moment critique du mouvement de défense des retraites en 2010. 

Quatre cents travailleurs de l'usine PSA d'Aulnay près de Paris sont en grève depuis plus de 3 semaines et ont arrêté la production pour obliger l'entreprise à entrer dans des «négociations sérieuses» sur les indemnités et les reclassements après la fermeture du site. 
Les grévistes subissent l'intimidation de l'entreprise: quatre travailleurs risquent d'être renvoyés dont une mère de deux enfants en bas âge. L'entreprise a porté plainte contre huit travailleurs qu'elle accuse d'avoir physiquement attaqué un huissier à l'intérieur du site. 

Une armée de vigiles privés est positionnée autour du site pour empêcher toute action solidaire. Il y a deux semaines, des centaine de police anti-émeute ont empêché les travailleurs d'Aulnay d'organiser un piquet de soutien aux collègues de l'usine PSA de Poissy. 

Manuel Valls ne sera pas moins brutal avec les travailleurs français qu'il ne l'est pour réprimer les sans-papiers, dont 36.822 ont été expulsés en 2012 contre 32.912 en 2011 - un record dépassant de loin les chiffres de l'ex-président Sarkozy. Le gouvernement PS surpasse la politique réactionnaire du gouvernement Sarkozy dans tous les domaines.

 

Source: WSWS

 

Via :
Discrètement, Manuel Valls a ordonné la mobilisation des services secrets et de la police pour mettre sous surveillance les ouvriers - WikiStrike.com

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 08:39

 

Quand le capitalisme fait main basse sur l’agriculture biologique

 

L’agriculture biologique ne pourra pas nourrir la planète si nous ne changeons pas de système politique.

La bio doit nous amener à envisager une société beaucoup plus juste que celle dans laquelle nous vivons. Il existe aujourd’hui un mouvement social diffus et encore peu organisé, mais porteur d’un nouveau projet de société, à l’instar de la lutte du Larzac ou celle de Notre-Dame-des-Landes. Une agriculture biologique ne peut être que paysanne. Si elle est livrée à l’industrialisation, elle ne fera qu’accélérer la disparition du monde paysan.

 

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L’agriculture biologique prise au piège de la grande distribution

 

Les produits biologiques ont envahi les rayons des supermarchés. Mais derrière l’étiquette « bio », on trouve aussi des gigantesques fermes, une main d’œuvre sous-payée et sans droits, des aliments importés de l’autre bout du monde. Les produits chimiques en moins, le label bio en plus. Des dérives de « l’industrie du bio » dénoncées par le journaliste Philippe Baqué [1] dans son ouvrage La Bio entre business et projet de société. Entrez dans les coulisses du nouveau business mondial.

 

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On trouve de plus en plus de produits biologiques dans les rayons des supermarchés. Mais la surface agricole cultivée en bio stagne à 3 % en France. Comment expliquer ce décalage ?


Philippe Baqué   : On assiste depuis 15 ans à un développement fulgurant de l’agriculture biologique. Environ 40 millions d’hectares seraient certifiés bio aujourd’hui dans le monde, selon l’Agence Bio (soit l’équivalent de l’Allemagne et de la Suisse, ndlr). Les deux tiers de ces surfaces sont des prairies qui appartiennent à de grandes exploitations, où paissent des troupeaux qui pour la plupart ne sont même pas vendus en bio. C’est le cas en Argentine où 90 % des 4,4 millions d’hectares labellisés bio sont des terres consacrées à l’élevage de moutons appartiennant à d’immenses fermes.

 


En dehors de ces prairies, la majeure partie des surfaces certifiées bio appartiennent à de grandes exploitations, spécialisées dans des monocultures d’exportation – soja, huile de palme, blé ou quinoa. Cette agriculture biologique certifiée se développe surtout en Amérique latine (+26% entre 2007 et 2008), en Asie (+10 %), en Afrique (+6 %), sur des terres où les habitants ne consomment pas, ou très peu, leurs propres productions [2]. Celles-ci sont exportées vers l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord. Cette agriculture bio reproduit le modèle économique agro-industriel dominant qui met les paysans du Sud au service exclusif des consommateurs du Nord et les rend de plus en plus dépendants.


 

Sur quelle stratégie commerciale se fonde ce « bio-business » ?


C’est une véritable OPA de la grande distribution, qui a vu dans le bio un marché qu’elle devait investir à tout prix. Aujourd’hui, en France, 50 % des produits bio sont vendus dans les grandes surfaces. C’est énorme ! Les hypermarchés basent leur stratégie sur la « démocratisation » des produits biologiques. Cela se traduit par de grandes campagnes publicitaires, comme celle d’Auchan qui propose 50 produits à moins de un euro. Ce qui conduit au développement d’une agriculture biologique industrielle intensive, avec l’importation d’une grande quantité de produits à coûts réduits. La France est ainsi devenue importatrice de produits bio, après en avoir été exportatrice.

 


Dans le secteur des fruits et légumes, la grande distribution reproduit dans le bio ce qu’elle fait dans le secteur conventionnel. Elle participe à la spécialisation de bassins de production : la province d’Almería en Andalousie s’est ainsi spécialisée dans les légumes ratatouille (tomates, poivrons, courgettes, aubergines...), la région de Huelva dans les fraises. On trouve les mêmes produits dans la plaine d’Agadir au Maroc ou dans le sud de l’Italie. Les producteurs sont mis en concurrence sur l’ensemble du bassin méditerranéen. Si le coût des tomates d’Andalousie est trop élevé, on ira en chercher au Maroc. Le seul coût qui peut être ajusté, c’est celui de la main d’œuvre agricole, exploitée à outrance, immigrée et sans droit.

 


Cette stratégie commerciale n’est-elle pas en contradiction avec la réglementation européenne ? Le droit du travail est-il soluble dans l’agriculture biologique ?


La nouvelle réglementation européenne concernant l’agriculture biologique, entrée en vigueur le 1er janvier 2009, a été taillée sur mesure pour favoriser le développement de cette agriculture industrielle et intensive, et la mise en concurrence de ces bassins de production. Elle se réduit à des principes agronomiques, techniques, et ne fixe aucun critère social. La main d’œuvre n’est pas du tout prise en compte, pas plus que les tailles des fermes.

 

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La question du transport est aussi évincée. Le fait que des tomates d’Andalousie ou des carottes d’Israël soient exportées par des norias de camions dans toute l’Europe n’entre pas en contradiction avec la réglementation européenne. Nous citons l’exemple du soja bio importé du Brésil, qui provient d’énormes exploitations de 5 000 à 10 000 hectares, conquises sur des forêts primaires dans l’État du Mato Grasso. La réglementation n’interdit pas que des produits bio soient cultivés sur des terres récemment déboisées ! Même chose pour l’huile de palme bio massivement importée de Colombie : des paysans ont été violemment chassés de leurs terres pour pouvoir lancer cette culture.

 


N’y a t-il pas un risque que le consommateur trompé se détourne des produits bio ?


Si cette logique se poursuit, les gens finiront par ne plus s’y reconnaître. On est très loin de l’esprit des fondateurs et de la charte de 1972 de l’organisation internationale de la bio (IFOAM), avec des principes agronomiques très forts, mais aussi écologiques, sociaux et politiques. Il était question de transparence, de prix équitable, de solidarité, de non-exploitation des pays du Sud, de fermes à taille humaine, diversifiées et les plus autonomes possible, de consommation de proximité... Aujourd’hui, les cahiers des charges officiels de la bio ont totalement échappé aux paysans, même si les organisations professionnelles sont invitées à en discuter. Au final, ce sont des techniciens à Bruxelles, soumis à tous les lobbies, qui définissent cette réglementation. Et interdisent aux États d’adopter une réglementation plus stricte. Il y a un risque véritable que la bio soit totalement vidée de son sens.


 

Heureusement, des marques et mentions ont un cahier des charges plus rigoureux que la réglementation européenne. A l’instar de Nature et Progrès, Demeter, BioBreizh ou Bio Cohérence, qui se démarquent clairement de la bio industrielle. Certains producteurs ne veulent pas de la certification européenne et ont contribué à la mise en place de systèmes de garantie participatifs : un contrôle fondé sur la confiance, en présence d’un consommateur et d’un producteur. S’ils détectent quelque chose qui ne fonctionne pas bien, ils voient avec le paysan comment l’aider à améliorer ses pratiques. C’est une logique d’échange et de solidarité.

 


Vous ne voulez pas diaboliser ces agriculteurs, dites-vous. Ceux qui sont dans le système de la bio industrielle peuvent-ils en sortir ?


Les paysans deviennent des sous-traitants. Ils sont tenus par des contrats avec les toutes-puissantes coopératives agricoles. La filière des élevages intensifs de poulets bio, dominée par des coopératives comme Terre du Sud, MaïsAdour ou Terrena, illustre cette évolution. Dans le Lot-et-Garonne par exemple, Terre du Sud a récemment recruté des producteurs, souvent endettés, pour faire du poulet bio. Elle leur garantit des contrats avec la grande distribution et la restauration collective. La coopérative aide à trouver les financements, fournit les bâtiments, le matériel, les conseils de ses techniciens... En contrepartie, le producteur signe un contrat d’intégration : il s’engage à acheter à la coopérative les poussins, la totalité des aliments pour ses volailles, ainsi que les produits phytosanitaires et médicaux [3]. Il doit vendre toute sa production à la coopérative qui est la seule à déterminer les prix.

 


Un exemple : le producteur signe pour un élevage de 40 000 poulets. Il doit investir 250 000 euros. La coopérative l’aide à obtenir 50 000 euros de subventions, le reste provient d’un prêt du Crédit agricole. Endetté dès le départ, le paysan est entièrement soumis à la volonté des coopératives qui peuvent décider du jour au lendemain de convertir son exploitation dans une autre production, si elles jugent que celle du poulet bio n’est plus assez rentable.

 

  

Dans chacune de ces filières industrielles – volailles, soja, café, huile de palme, fruits et légumes – existe-t-il des alternatives biologiques locales ?


Dans chaque pays où nous avons voyagé, nous rendons compte de cette autre agriculture biologique en rupture avec le système agro-industriel, qu’elle soit certifiée ou pas. J’ai été très marqué par une rencontre avec un producteur à Almería (Andalousie), la plus grande région de concentration de serres au monde. Ses parents ont été pris dans cet engrenage de production de fruits hors-saison destinés à l’exportation. Pendant plusieurs années, il a refusé de cultiver. Il a beaucoup voyagé pour rencontrer d’autres agriculteurs en bio. Aujourd’hui, en plein milieu de cette mer de plastique, sur deux hectares de serres et deux hectares en plein champs, il fait de l’agriculture biologique paysanne, produisant un grand nombre de variétés à partir de semences paysannes et vendant uniquement aux consommateurs andalous. Partout, les résistances abondent. Avec une très grande richesse dans les formes – ferme familiales, coopératives, communautés, groupements – ou les méthodes de culture – cultures associées, systèmes d’agroforesterie, permaculture...

 


Le changement des pratiques ne passe-t-il pas aussi par une réflexion autour de la distribution  ?


Le système des Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) a encouragé l’activité de milliers de maraîchers en France. Les groupements d’achats se développent aussi de façon spectaculaire. Dans le Lot, par exemple, ce sont des personnes bénéficiaires du RSA qui ont décidé de se regrouper afin d’accéder à une alimentation biologique locale. Avec une critique assez radicale de la grande distribution et l’envie d’une relation directe avec les producteurs. Dans l’Aveyron, un groupement a aidé l’un de ses membres à s’installer comme producteur de pâtes locales. Une réflexion plus globale autour de l’alimentation s’amorce.

 


La question du prix est-elle essentielle ?


Des prix de plus en plus bas, la défense du pouvoir d’achat, c’est le combat de la grande distribution. Mais on ne parle jamais du vrai prix des produits « conventionnels », de ce qui n’apparait pas. Pour une tomate « conventionnelle » produite de façon industrielle en Espagne, on ne parle pas du coût du transport, de son coût environnemental, des aides publiques dont cette production bénéficie. Et encore moins des coûts sanitaires dus aux pesticides. Si on prend tout en compte, et que l’on réduit les marges des intermédiaires et des supermarchés, le prix d’une tomate biologique ne serait pas si éloigné du prix d’une tomate conventionnelle. Il n’est pas normal non plus que ce soit les producteurs bio qui paient la certification. Ce devrait être aux pollueurs de payer. Et les maraîchers travaillent 14 heures par jour, six ou sept jours par semaine. Il est essentiel de payer leur travail au juste prix.

 


L’agriculture biologique peut-elle être porteuse d’un projet de société ?


L’agriculture biologique n’est pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans un mouvement général basé sur le respect de l’humain et de la nature. On assiste à une querelle d’experts, pour savoir si l’agriculture biologique pourra nourrir ou non la planète en 2050. L’agriculture biologique ne pourra pas nourrir la planète si nous ne changeons pas de système politique. Si nous n’arrêtons pas le transfert massif de populations paysannes vers les bidonvilles des mégalopoles. Si nous n’arrêtons pas de transformer leurs terres en monocultures industrielles destinées à nourrir les élevages des pays riches ou les véhicules. Si nous ne sortons pas de ce capitalisme financier, le plus sauvage à avoir jamais existé.

 

La bio doit nous amener à envisager une société beaucoup plus juste que celle dans laquelle nous vivons. Il existe aujourd’hui un mouvement social diffus et encore peu organisé, mais porteur d’un nouveau projet de société, à l’instar de la lutte du Larzac ou celle de Notre-Dame-des-Landes. Une agriculture biologique ne peut être que paysanne. Si elle est livrée à l’industrialisation, elle ne fera qu’accélérer la disparition du monde paysan.

 


Propos recueillis par Sophie Chapelle


BASTA

 

http://www.mleray.info/article-agriculture-biologique-114867792.html 

 

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Notes

 

[1] Philippe Baqué est journaliste indépendant, collaborateur du Monde diplomatique, de Politis, de Silence, de Témoignage Chrétien, auteur du livre Un nouvel or noir (Paris Méditerranée, 1999) et réalisateur de films documentaires : Carnet d’expulsion, de Saint-Bernard à Bamako et Kayes ; Melilla, l’Europe au pied du mur ; L’Eldorado de plastique ; Le Beurre et l’argent du Beurre. Il a coordonné l’ouvrage collectif La Bio entre business et projet de société, paru aux éditions Agone en 2012.

[2] Chiffres cités par le rapport annuel de l’Agence Bio Les chiffres clés de l’agriculture biologique, la Documentation française, 2010.

[3] notamment allopathiques, désormais permis par la nouvelle réglementation

Source :
Quand le capitalisme fait main basse sur l’agriculture biologique - Cri du Peuple 1871

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 23:22

Colombie: La répression et la terreur d’État se "consolident" à La Marina, Chaparral (Tolima)

José Antonio Gutiérrez D.

Traduit par Pascale Cognet
Edité par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le Sud du Tolima a été touché par le conflit social et armé comme peu de zones de Colombie l’ont été, avec une longue histoire de conflits agraires qui remonte aux années 30.

Le territoire  de La Marina, commune de Chaparral, connaît depuis quelques années une militarisation croissante, par le biais des zones dites de consolidation militaire, qui a intensifié la violence du conflit [1].C’est là qu’opèrent la Fuerza de Tarea Conjunta Vulcano [NdT:Force conjointe d’action Volcan] et le 17ème Bataillon d’Infanterie "José Domingo Caicedo" de la Sixième Brigade de l'armée de terre.


Carte des mégaprojets dans le Tolima : or, pétrole, irrigation, routes et barrages

Guerre sale et mégaprojets

Cette force militaire a mené une campagne anti-insurrectionnelle intense dans un des bastions des FARC-EP [2], dont le Front 21 est actif dans cette zone et l’armée a décidé de l’éradiquer par le biais d’une guerre sale et en terrorisant la population civile. Pour cela, le Bataillon Caicedo a utilisé tous les moyens légaux et illégaux à sa disposition, s’alliant étroitement aux paramilitaires. Au début de 2012, six militaires de ce bataillon ont été arrêtés avec d’autres mafieux pour appartenance à la bande "Los Urabeños", dédiée à des tâches de harcèlement politique, de contre-insurrection et  de "nettoyage social" ainsi qu'au narcotrafic [3]. Les "Aigles Noirs", qui opèrent également  dans la zone n’ont jamais été inquiétés par les autorités. Les paysans du coin disent que, dans le même style que les anciens "chulavitas" [membres de groupes paramilitaires des premières années de la Violencia, NdT], ce seraient les soldats du Bataillon Caicedo en personne qui sortent cagoulés et en civil pour intimider la population. On entend de toutes parts des rumeurs comme quoi "les paracos [paramilitaires] vont arriver, que s’ils ne partent pas ils seront massacrés à la tronçonneuse… sous la consolidation militaire, les enfants grandissent dans la peur".



Check-point militaire sur une route de Chaparral à La Marina

À La Marina, tout le monde dit que derrière cette militarisation et para-militarisation se cachent des intérêts qui vont au-delà de la simple contre-insurrection. On dit que l’objectif n’est pas seulement de déloger  les guérilleros mais aussi tous les paysans qui résistent au projet hydro-électrique qui doit être développé dans la zone vers la fin mars ; c'est-à-dire qu’il s’agit de «  nettoyer » le territoire de façon à ce que ce projet puisse avancer sans rencontrer la moindre résistance qu’elle soit armée ou civile.
 
Une paysanne de la zone raconte:
«  Il n’y avait jamais eu autant de militaires, autant d’arrestations, on était bien tranquilles. Mais en 2008, on a commencé à parler d’un projet hydro-électrique au fil de l’eau, par tunnel, qui serait réalisé par une entreprise de Medellin appelée ISAGEN…il y en a qui disaient que cela allait changer le cours de l’eau et assécher la terre, mais l’Etat disait que le sous-sol lui appartenait et pas à nous, que peu importait que nous ayons ou non notre ferme. Nous avons vu ce qui s’est passé à San José de Las Hermosas, où ils ont fait la même chose et des fermes qui donnaient 125 quintaux de café à l’année, maintenant ne récoltent plus rien. Ils veulent en faire quatre de plus à Rio Blanco… mais nous, on n’a rien à dire, on n’a qu’à ravaler notre salive si on n’est pas content ».
Les paysans et habitants du coin, inquiets face à cette situation, informés de ce qui s’était passé à Las Hermosas avec le projet hydro-électrique, ont constitué une association appelée Asoembeima ; l’association paysanne du secteur, ASTRACATOL (membre de la FENSUAGRO) s’est également prononcée contre ce projet. Dès lors a commencé une histoire de persécution qui n’en finit pas.

La "consolidation" contre les paysans: délation rémunérée et fausses démobilisations

Les paysans considèrent que c’est avec l’arrivée du lieutenant John Jairo Vélez à  La Marina en 2010, qu’a commencé une politique systématique de harcèlement à leur encontre, ils se plaignent  que des mandats d'arrestation aient commencé à pleuvoir contre eux et que du jour au lendemain, ils se sont tous retrouvés suspectés d'être des miliciens [civils sympathisants des FARC, dont ils constituent des bases d'appui, NdE].
 
Appliquant le célèbre maxime “Diviser pour régner”, l’Etat s’est employé à opposer entre eux les membres de la communauté pour pouvoir développer son plan anti-insurrectionnel de contrôle social et de mégaprojets. Ils ont d’abord commencé par les réseaux d’informateurs, cherchant ainsi à diviser la communauté en semant le doute et la méfiance en son sein.
 
Reinel Villabón, ancien inspecteur de police à La Marina  et dirigeant de SINTRAGRITOL (Syndicat des travailleurs Agricoles de Tolima) raconte que « le plus grave c’est qu’on est en train de fabriquer des démobilisés pour pouvoir traîner en justice les gens qui travaillent. D’après la Constitution, la peine de mort n’existe pas mais dans la réalité, on sait bien qu’elle existe. Parce que bombarder des gens en train de dormir, ou bien les attraper, dire que ce sont des miliciens et les tuer, c’est appliquer la peine de mort ». Sur les fausses démobilisations, rappelons que c’est précisément dans le sud du Tolima que s’est forgée la démobilisation massive d'au moins deux fausses structures qu'on a fait passer pour des guérilléros : le soi-disant Bloc Cacica La Gaitana et la prétendue colonne Norma Patricia Galeano [4]. Ce ne sont que deux cas parmi les plus connus et reconnus mais il y en a beaucoup d’autres d’après Villabón :
Jugez vous-même, ils sont arrivés une fois chez un Monsieur qui est muletier, que je connais et ils lui ont dit ’démobilisez-vous et on vous donne un petit peu d’argent’ et si les gens refusent de participer à cette comédie, alors on leur dit qu’ils en subiront les conséquences…la radio du Bataillon Caicedo faisait des signalements de gens, en donnant des noms, et les enjoignant à se démobiliser….le lieutenant John Jairo Vélez a donné un numéro de téléphone à Chaparral pour les dénonciations, le   rendez-vous avait lieu dans le parc. Ils ont ainsi proposé à une femme très pauvre de la coopérative, Lucero Váquiro, d’améliorer ses conditions de vie et elle a fini par dénoncer beaucoup de gensˮ.
Une paysanne nous explique qu’ils connaissaient Lucero Váquiro depuis toujours, qu’elle n’avait jamais été ni milicienne, ni guérillera. Elle nous dit que tout ça était une vaste farce et que par nécessité économique, elle a commencé à dénoncer tous ceux qu’elle a pu. Elle ajoute que sur les 30 soi-disant démobilisés qu’on utilise aujourd’hui pour entamer des procès contre les paysans, pas un seul n’est un ancien guérillero. Un autre paysan dit : « ils achètent des témoins ici, des fainéants à qui on offre de l’argent pour dénoncer n’importe qui, s’il n’y avait pas ce foutu système de récompenses, rien de cela n’arriverait ».

La "consolidation"  contre les paysans: l’assassinat

Toute cette politique de répression et de terreur contre la communauté ne s’est pas arrêtée à la délation. Le 30 mars 2011 deux paysans, Gildardo Garcia et Héctor Orozco, ont été assassinés alors qu’ils se rendaient de Chaparral à La Marina, au niveau d’Espiritu Santo à Albania. L’assassinat s’est produit entre deux barrages du Bataillon Caicedo et jusqu’à aujourd’hui il reste totalement impuni. Qui étaient les deux personnes assassinées ? D’après Villabón, c’était «  des gens bien, des travailleurs. C’était des paysans qui cultivaient des haricots, des mûres, du café, des tomates arbustives et des narangilles. Garcia était membre d’ASTRACATOL. Ils l’ont appelé à Orozco pour une fausse démobilisation, il a refusé. Comme il avait une petite boutique à San Fernando, sur les hauteurs de la Marina, ils l’ont accusé d’aider la guérilla parce qu’il leur vendait des choses ».
 
Cela faisait un an qu’ils harcelaient Héctor Orozco. Les militaires le recherchaient, ils le traitaient de milicien, « camarade » sans lui montrer d’ordre de capture, et en plus ils l’appelaient pour qu’il participe à une fausse démobilisation. Au poste, ils ont commencé à le harceler en lui demandant pour qui il achetait les marchandises. D’après sa femme, « le lieutenant Vélez était celui qui s’acharnait le plus, quand il le voyait il lui disait qu’il avait déjà eu 47 guérilleros, qu’il lui en fallait trois de plus et qu’il s'offrirait des vacances bien méritées. Il l’autorisa seulement à se déplacer entre Chaparral et La Marina, uniquement sur ce tronçon. Il lui demandait pourquoi il alimentait la guérilla, ils ont commencé à nous rationner et à nous affamer, jusqu’à ce qu’il lui donne trois mois de délai pour renoncer à ASTRACATOL et devenir informateur. Comme il a refusé, ils l’ont assassiné ».
 
Selon Villabón, celui qu’ils voulaient assassiner vraiment, c’était Orozco, mais en contrôlant Gildardo Garcia et en voyant son nom de famille, ils l’ont tué aussi : «  Voyez, ici le lieutenant Vélez a déclaré que tous les Garcia étaient un objectif militaire, parce que l’un d’entre eux était parti dans la montagne avec la guérilla. Alors toute la famille Garcia est recherchée, on leur met la pression, on les tue. Auparavant, ils avaient torturé et assassiné Don Tiberio Garcia dans le hameau Brisas de San Pablo ».

On a rapporté aussi le cas de faux positifs dans la zone: le 3 juin 2007, l’armée et le Gaula [Groupe d’action unifiée pour la liberté personnelle, unité anti-kidnapping de l'armée colombienne entraînée par les USA, NdT] ont assassiné Jaro Eber Morales à Santa Ana (ainsi que trois autres personnes) en prétendant que cela s’était passé lors d'un affrontement armé ; le 19 juillet 2007 ils ont également assassiné Camilo Avila  et Don Jesus Maria Rianos au carrefour de Rio Blanca en venant de La Marina.

Chaque capture de guérillero fait l'objet d'une mise en scène comme ici, en novembre 2011, la capture de ‘Fabián’ ou ‘El Calvo’ (Le Chauve), présenté comme deuxième commandant de la colonne mobile ‘Daniel Aldana’ des FARC, suivie de celle des 5 paysans accusés de faire partie des milices bolivariennes d'appui aux FARC.

La "consolidation" contre les paysans: les arrestations

En novembre 2011, sous l’inculpation de « rébellion et financement de groupes terroristes », on arrête les frères Edwin Lugo Caballero et José Norbey Lugo Caballero,  Arcesio Díaz, Aycardo Morales Guzmán, Saan Maceto Marín et Fredynel Chávez Marín (ce dernier originaire de Las Hermosas). Tous appartenaient à ASTRACATOL, c’étaient des personnes qui s’étaient mises en avant pour la défense des droits des paysans et du territoire. Ils arrêtent aussi Alexander Guerrero Castañeda, président de l’Assemblée d’Action Communale de La Marina ainsi qu’Armando Montilla Rey, membre de l’Assemblée d’Action Communale de La Esperanza, du Rio Blanco.
 
Selon l’avocate Karen Tapias, de la Fondation Lazos de Dignidad chargée de défendre les prisonniers d’ASTRACATOL, il s’agit d’un dossier particulièrement léger et rempli d’irrégularités : « Avant tout, les 30 témoins de l’accusation sont supposés être des réinsérés. Cependant, des guérilleros qui ont plus de dix ou vingt ans dans les FARC-EP, qui se trouvent en prison, disent ne pas les connaître, et qu’ils sont en train d’utiliser des civils à qui cela procure des avantages économiques. Il est certain que ces soi-disant démobilisés ont bénéficié d’avantages économiques, éducatifs  ou en logements ». Pompilio Diaz, père d’Arcesio Diaz, un des détenus, a dit qu’ils avaient « acheté son fils pour cinq millions de pesos » [2000 €].
 
L’avocate dit que” le texte de l’accusation est basé sur un témoignage supposé d’une personne que l’on n’a pas identifiée…nous n’avons pas la certitude que le témoignage ait existé ou bien s'il ait été inventé par la police judiciaire, il n’y pas de preuve qu’une personne appartenant à l’insurrection ou à la population civile soit venue faire la dénonciation… José William Devia Moreno, en charge de l’investigation, a dit qu’il a reçu le témoignage mais qu’il n’a jamais vu la source humaine ».
 
D’après Tapias, ces procès sont d’une nature éminemment politique. « C’est quelque chose qui existe depuis quelque temps, mais qui a augmenté maintenant parce qu’il y a un besoin particulier, avec la construction de ce barrage et que les gens qu’on accuse en ce moment d’appartenir au Front 21 sont tous des paysans qui se sont élevés contre ce projet. De plus, ASTRACATOL est associée à la Marche Patriotique et nous connaissons tous les stigmatisations dont fait l’objet ce mouvement, il ne s’agit pas de faits isolés ». Le père d’un des détenus en est conscient quand il rappelle que « les soldats savent que mon fils n'a rien à se reprocher, mais ils disent que c’est la faute de la famille qui est mouillée, parce que nous faisons partie de la Marche Patriotique ».
 
Les audiences du procès contre les 8 détenus reprendront le 25 janvier à Ibagué, avec les 25 témoins de la défense [audience reportée au 14 février, NdE]. Pendant ce temps-là, ces prisonniers supportent des conditions déplorables dans la prison de Picaleña, où règnent un manque d’eau pratiquement constant, des abus de pouvoir de la part des gardiens, ainsi qu’une carence en soins médicaux. Il est nécessaire de mobiliser toute la solidarité parce qu’il ne s’agit pas ici d’un cas judiciaire mais d’une attaque frontale contre le peuple qui s’organise.

 

La "consolidation" militaire comme forme de violation permanente contre la population

La dégradation de la situation, fruit de la militarisation par la consolidation, touche même les rangs de l’Armée. Quatre soldats de La Marina, qui étaient en train de faire leur service, ont également été arrêtés en septembre 2011, pour collaboration supposée avec l’insurrection. Vilman Useche Pava, Wilmer Javier Pérez Parra, Isidro Alape Reyes et Jason Orlando Castañeda ont été arrêtés alors qu’ils étaient en service sur la base de Piedras à Ibagué. Leurs accusateurs sont les  faux démobilisés eux-mêmes qui accusent les prisonniers d’ASTRACATOL et des JAC [Juntas de Acción Comunal =Groupes d'Action Communale, comités d'habitants ayant une existence légale, NdE]. En ce moment, l’armée lance toute une série d’ordres de capture contre des infirmiers et des médecins pour une supposée collaboration avec l’insurrection et parce qu’ils soignent les guérilleros. Il y a également des ordres de capture de commerçants, supposés aider financièrement l’insurrection et de faire du commerce avec les guérilleros; on menace aussi les proches des guérilleros et on les arrête pour crimes de sang ; une véritable offensive contre toute personne qui exprimera une opinion à l’encontre des 7 projets hydro-électriques en cours dans le sud du Tolima.
 
Pour Tapias, il existe une situation humanitaire grave, où l’on observe “un contrôle des aliments qui entrent dans la zone comme de tout autre type de vivres et de médicaments, c’est l’armée qui décide de ce que mange la population et dans quelle proportion, et quels sont ses besoins en médicaments… par le biais de l'émetteur radio du Bataillon Caicedo de l’armée nationale on désigne des personnes de la région par leur nom et prénom comme étant des miliciens du Front 21 des FARC, sans qu’il existe de procédures juridiques à leur encontre  et ils sont invités à se démobiliser. Ils font du porte-à-porte, offrent de l’argent à la population et demandent qui sont les guérilleros dans la zone…nous avons entendu des dénonciations qui lient les paramilitaires à  l’armée, c’est une situation extrêmement grave »
 
Quand on demande aux paysans si l’armée a apporté la sécurité au village, les paysans sont virulents: « Ce que l’armée a apporté, c’est la violence, surtout les soldats professionnels qui viennent tous d’ailleurs. Les garçons d’ici qui sont dans l’armée ne s’en mêlent pas, ils ne veulent pas se battre, ce sont ceux  qui viennent de l’extérieur qui réellement apportent la violence. » Tous se plaignent quedepuis que l’armée est arrivée, on a cherché à opposer les voisins entre eux et on a semé la discorde avec le système des informateurs. Ils ont aussi utilisé d’autres méthodes comme d’envoyer des colis au nom des paysans avec des tracts pour obtenir des récompenses pour augmenter les suspicions que tel ou tel paysan sert d’informateur et dégrader le climat de cette façon en augmentant la méfiance. Dans cette atmosphère, ils espèrent rendre difficile l’organisation et la résistance des paysans aux expropriations.
 
Villabón Leal  nous dit : “avec la consolidation, le problème du déplacement s’aggrave, parce que les paysans ne peuvent plus cultiver parce qu’on les bombarde, on leur lance des bombes, on mitraille les  cimes et les vallons,  on vous repère, on vous contrôle comme si on était dans une  prison, avec des appareils numériques pour relever les empreintes, avec des photos... le seul but de la consolidation territoriale, c’est de faire entrer les multinationales ».Fernando Chacón, dirigeant d’ASTRACATOL à Chaparral est aussi d’accord avec cette analyse quand il dit que le climat de terreur constante avec les mitraillages et les bombardements, doublé de persécution que l’on fait subir aux organisations sociales a à voir avec le fait de « vider cette zone stratégique de ses paysans pour leurs projets de pseudo-développement , qui enrichit seulement quelques-uns, venus d’ailleurs…pour cela, ils veulent en finir avec notre culture, avec notre manière de vivre, notre personnalité de paysans ».
 
Ce qui est certain, malgré tout, c’est que les paysans font preuve d’une admirable résistance pour ne pas disparaître. Les organisations paysannes se renforcent dans tout le pays, malgré la militarisation, la persécution et la menace. Les organisations restent debout, en pleine rigueur de consolidation territoriale. Il est de notre devoir de continuer à brandir la bannière de la solidarité et de n' oublier ni les prisonniers, ni les paysans qui continuent à exiger une réforme agraire, au nom de la devise Terre et Liberté, si vieille et si actuelle.
 

Notes

[1] Pour connaître quelques antécédents sur la situation à La Marina, lire une interview précédente de Javier Orozco de la Commission Asturienne en  2010 http://anarkismo.net/article/21147

[2] Dans la commune de Chaparral les guérillas communistes ont agi depuis 1949, elles étaient à l’origine des groupes d’autodéfense paysanne face à la violence des gros propriétaires.

 [3] http://www.lanacion.com.co/2012/03/15/militares-integraban-banda-delictiva/

http://www.qhuboibague.com/blog/2012/03/15/los-urabenos-delinquian-en-el-tolima.html

http://www.elnuevodia.com.co/nuevodia/actualidad/judicial/136807-genesis-y-homicidios-de-la-bacrim-del-batallon-caicedo

[4] http://www.elpais.com.co/elpais/colombia/noticias/del-cacica-gaitana-unica-desmovilizacion-falsa-ex-guerrillero

 





Merci à Tlaxcala
Source: http://tinyurl.com/aa6269w
Date de parution de l'article original: 18/01/2013
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9102

 
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 23:01

 

 

Un"diktat" Français


Nous présentons ces thèmes peu répandus sur la toile, en dehors des zomes. Il est en, avant propos, important de souligner que ces types de constructions ne sont pas réalisables avec un permis en France. Les normes de constructions sont très strictes et, comme l'explique Véronique Willemin architecte et -auteur du livre ci contre-, nous possédons l'administration la plus stricte après l'Inde pour l'habitat notament au niveau des chartes départementales. Ceci n'est ni une question de couleur politique, ni une question d'époque. Il serait possible pourtant de créer quelques zones franches pour de beaux projets individuels.

En conséquence cet état de fait a crée un désintérêt des Français pour l'architecture et nombre de professionnels sont partis exercer à l'étranger, en Suisse, en Allemagne et en Asie. Comme nous le soulignons sur le site, les auto-constructeurs en France seront montrés du doigt et pourtant nos chers et beaux villages s'entourent de plus en plus de cubes douteux, dupliqués, en crépis machines roses, la sempiternelle arcade de section carré et les menuiseries PVC ou aluminium blanches tellement pratique avec les télécommandes... La "sinistrose" architecturale n'est pas de mise, par contre, pour les bâtiments publics, les ouvrages d'arts, les mannes financières classiques en somme.

Dans les seventies, la maisons Unal en ardèche fut construite sur des plans Haüsermann, architectes pionniers du voile béton, sur un terrain sans eau ni electricité et ce pendant plusieurs décennies. Comme celle d'Antti Lovag, ces organismes de béton ont reçu le label patrimoine national alors qu'elles sont issues de constructions sauvages dans nos campagnes. Voilà rien que pour vos yeux.

::Unal/ Haüsermann-Costy

::Antti Lovac

Le voile béton


Les constructions que vous pouvez visualiser ci dessus font partie des techniques du voile béton.

Ces procédés furent en vogue à partir des années 60 dans l'auto-construction et l'unité amateur pour les voiliers de plaisance. Nous traitons de ce sujet dans le cadre de solutions éventuelles dans l'auto-construction.

Cela dit, nous occultons le débat momentanément sur l'empreinte écologique de ce type de construction afin d'ouvrir en grand le champ des possibles. Certaines solutions partielles comme les alcoves, les passerelles intérieures toute en courbes, les ouvertures en forme pourront vous interpeller.

Dans les styles Earth sheltered comme les annoncent les Anglo-saxons, on trouve des formes futuristes et parfois organiques. Ce terme est souvent associé aux maisons en étroite liaison avec la terre. Ces constructions seront pratiquées jusqu'au début des années 80. Les noms des chefs de file seront Lovag, Untal, Chanéac, Maneval et les époux Haüsermann entre autres. Ils réaliseront des maisons particulières, des écoles, des hôtels et restaurants .

::architecturedecollection.fr Haüsermann

Les formes sont des alternatives aux angles à 90° et on peut s'autoriser tous les rêves d'alcoves futuristes, d'igloos multipliants, de refuges à hublots, d'habitats dédiés à la contemplation, à la création. Un tas de concepts dont nous nous sommes relativement éloignés depuis les seventies, poussés par l'efficacité toujours requise par une société en crise.

Ces techniques sont avant tout à mettre sous le compte de méthodologies rigoureuses mais pas forcément complexes.

On va démarrer sur une étude de radier. Le radier, en architecture est une base ou une plate-forme stable sur laquelle reposent d’autres éléments pour renforcer les constructions dans des zones que l'on considererait à risque pour de simples fondations. Il est important de bien jauger les contraintes du milieu.

-Il y aura 4 étapes pour le radier:

  • Le terrassement: un travail rigoureux car irréversible.
  • La pose de lits isolants: Certains utilisaient des remblais de débris de tuiles ,ou de matériaux similaires
  • Le ferraillage: Isolation avec un film et pose de deux niveaux de nappes de treillis soudés calées sur les hauteurs choisis. C'est parasismique et cette base servira aux départ des ferraillages de Ø 10 mm des cloisons.
  • Le coulage du béton: Plus ou moins liquide selon la trame via un camion malaxeur.

-Concernant les parois:

Les parois auront des épaisseurs de bétons allant jusqu'à 70 mm, les ferraillages naissant tous les 25 cm en moyenne du radier seront repris par des méridiens découlant d'un mat central. Arceaux et triangularisation au final apporteront les points de rigidité et surtout empêcheront les ensembles de vriller.

Puis interviendra la pose des parallèlles pour un maillage de 25 cm et enfin aggraphage d'un grillage à mailles serrés pour recevoir une couche de mortier projeté, ou glissé entre un deuxième grillage garni sur un autre ferraillage de Ø 6. Ces données sont purement indicatives afin de résumer grossièrement les étapes.

construction d'un habitat important de type organique, exemple des ferraillages. Earth house by Peter Vetsch

Cette photo est très représentative d'une technique bien maitrisée, rapide et pouvant déboucher sur toutes les formes imaginables.

Peter vetsch est l'un des architecte le plus connu dans ce domaine. Nous vous invitons à parcourir son site en cliquant sur l'image ci dessous: :

La forme organique a souvent été plébiscité pour ses côtés harmonisants au quotidien et également, sur un point de vue technique, pour une résistance aux phénomènes naturels tels que les tremblements de terre.

Dans les années 70, de nombreux constructeurs amateurs de voiliers, souvent groupés sous l'association "Unité Amateur" ont utilisé la technique du "ferro ciment" pour construire, à moindre cout et en compagnie de copains, leurs propres bateaux et la plupart naviguent encore. Les anecdotes de comptoirs rapportent qu'une fois le grillage en place, un gros week end entre potes (assez nombreux) suffisait à faire naître une coque pontée de 11 mêtres. Ca laisse rêveur. On doit reconnaitre que le fini et la résistance du bâti résident dans la qualification et l'approche coordonnée des travailleurs pendant la phase de coulée car il s'agit de recouvrir le squelette d'un mortier impeccable... en temps et en heure.

Voir sur ce site les possibles adaptations Hobbits.

Le site dédié à Lovag:

logo du site antti lovag

Earth shelters et Earthship


 L'Earthship est une construction originale pour réduire les pertes de chaleur, maintenir facilement une température constante de l'air à l'intérieur et surtout pour les Earthship récupérer la grande partie des matériaux de construction: Pneumatiques, bouteilles, tout est bon pour les amateurs des Earthships.

. L'Earth shelter a de nombreux adeptes aux USA notamment et parmi les défenseurs de l'architecture solaire passive et durable. Cependant ce type de bâti est jugé non conventionnel par les architectes. Ces méthodes ont atteint un point culminant pendant la première crise pétrolière en 1973, cela emboîtait le pas aux mouvements de retours à la terre.

:::earthship.com

Les avantages techniques sont liés à l'inertie thermique de la terre. En raison sa forte densité , le changement de température de la terre se produit lentement. Ceci est connu sous le nom de «décalage thermique."

Souvent enterrés ou semi enterrés les problèmes techniques résident dans les infiltrations d'eau  qui se produisent autour des zones où les couches d'étanchéités ont été perturbées. Les évents et les conduits sortant de la toiture peuvent causer des problèmes spécifiques en raison de la possibilité de mouvement.

Les dalles préfabriquées en béton peuvent avoir une variation de 1 à 2 cm ou plus, lorsque la terre est mise en place. Si les conduits sont maintenus sans possibilité de jeux au cours de cette variation, le résultat est généralement l'échec de l'imperméabilisation. Pour éviter ce problème, les évents peuvent être placés sur les côtés de l'édifice (en plus du toit) ou bien des segments distincts de canalisations ou tuyaux peuvent être installés: Un petit dans un plus grand. Les soucis d'infiltration d'eau, de condensation et la qualité d'un air confinépeuvent tous être surmontés grâce à l'étanchéité et la ventilation. (à suivre)

[haut de page]

Les hogans Navajos


Le système du hogan Najavo ou est intéressant dans la mesure ou l'on emploie des techniques de terres pour réaliser des bâtis. Il s'agit d'une construction, à la base, très ressemblante à la yourte. Les techniques de gestion de la structure se rejoignent.

Dome navajo structuré avec des tasseaux de bois

On retrouve ce genre d'habitat dans les versions du premier film de la guerre des étoiles, l'actuel volet 6. Ici les décors se trouvent en Tunisie. Dans ce film, on est agréablement surpris de trouver un habitat semi-enterré assez réaliste et surement efficace dans la mesure ou on appréhende un climat très chaud.

paysage de star wars avec une maison dome dans le desert et deux lunes.

[haut de page]


 

 

Lire la suite : Habitat alternatif :: La page des solutions alternatives pour l'auto-construction.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:39

 

 

Brics-Syrie: Géodiplomatie contre Géostratégie.

 

Par Camille Loty Malebranche

map_GEM_geopolitique_generaleLes forces de l’Histoire, se manifestent à travers l’évolution des modes politiques et économiques pour révéler les faiblesses, les vices de construction des systèmes et empires dominants. Ainsi, imparablement, le fleuve de la temporalité de la vie des puissances mondiales, condamne lesdites puissances – à travers les  nouvelles donnes en émergence qui émanent du statu quo ante encore en cours tant dans les nécessités et les contingences de l’évolution du monde – à une fatale sénescence systémique voire à des degrés divers de déchéance, selon l’aptitude ou non des puissances vieillissantes à s’adapter à temps au génie du temps et du nouveau qui surgit pour limiter le recul par vétusté, et garder une certaine fraîcheur de prépondérance.

La position du BRICS face à la géostratégie de l’occident en Syrie ne manque pas de signifier ce que nous appelons la géodiplomatie régionale et suprarégionale des blocs d’influence qui se fait actuellement dans la politique mondiale. Il est à noter ici, que la position de l’Onu est carrément prise de cours dans une réalité imprévisible qui va de toute façon, dans les années à venir, bouleverser la configuration, la forme d’influence notamment au conseil de sécurité.

Revenons aux récents faits en Syrie. Les turpitudes occidentales voulant à tout prix intervenir ont porté le Brics à s’opposer formellement à toute intervention militaire en Syrie, tout en suggérant avec force que le plan d’Assad pour un accord de paix, écarté et critiqué par l’occident et Ban Ki-moon, soit considéré en vue d’une résolution du conflit. Ban Ki-moon ressassant, à la suite des occidentaux, ces maîtres en instrumentalisation de l’Onu, des accusations contre le régime d’Assad, en déplorant mollement les pires crimes et actes de terrorisme de la soi disant «Armée syrienne libre» (Asl), ne peut plus imposer le point de vue onusien aligné comme il voudrait le faire.

D’ailleurs aligné trop souvent à l’occident et passablement désavoué par son inféodation aux Etats-Unis et puissances coloniales européennes, l’Onu devra s’ajuster et être réformé ou il perdra tout pouvoir et toute crédibilité dans la résolution des conflits au 21ème siècle.

Déclassement et relativisation imparable de la prépondérance occidentale

L’occident a beau vouloir aller à contre courant de l’histoire en freinant l’irrépressible montée de la multipolarité induite par des regroupements rivaux, la nouvelle donne qui se profile ne se peut freiner. La sanction de l’Histoire est sans appel pour les vieux maîtres de échiquier politique mondiale de l’après soviétisme.

Un autre défi occidental qui relève de la gageure et de l’imbroglio, est que le verbiage des droits de l’homme est dépassé. Les Etats-Unis, grands donneurs de leçons démocratiques, sont constamment mis en cause pour leur violation des droits humains sur leur propre territoire et ailleurs dans des assassinats, la maltraitance de prisonniers, l’incursion meurtrière de drones sicaires. Cela tient désormais de l’affabulation convenue des pays et de la presse de l’occident de s’attribuer la palme de la démocratie. On ne peut être démocratique tout en étant ploutocratique avec des banquiers qui créent des crises et ensuite en profitent sur le dos de la planète entière. On ne peut être démocratique à certains degrés chez soi, tout en favorisant du terrorisme, faisant pacte avec les pires voyous sur le territoire de pays dont on n’aime pas les dirigeants, afin de les renverser. On en peut être démocratique en prétendant aider arrogamment le sud alors que l’on fait de la singerie et de l’esbroufe international, puisqu’on ne fait que nourrir ses propres fonctionnaires expatriés via des O.n.g. que l’on crée tout en insultant des pays périphériques paupérisés par des politiques qu’on leur a imposées depuis des décennies voire des siècles.

Un autre dilemme du prétendu apport des occidentaux à la libération de peuples sous la dictature que nous convenons tous comme déplorable et à renverser en y instaurant un chaos ou des gouvernements fantoches au gré de ses propres moindres intérêts? Autre question anthopoculturelle épineuse, comment forcer des sociétés théocratiques ou quasi théocratiques de la sacralisation naturelle du chef? Comment heurter le pouvoir sacré par la démocratie profane? Comment forcer des sociétés théocratiques ou quasi théocratiques de la sacralisation naturelle du chef? Peut-on sortir des pays conçus dans la dictature de monarques et présidents autocrates sans basculer dans le chaos ou l’interventionnisme néocolonialiste qui ne sont et ne sauraient être guère meilleurs? À toutes ces questions qui ne peuvent être répondues de manière expéditives – moi, je subodore un apaisement par le dialogue des cultures et un partage de bons procédé vraiment démocratiques sans arrière activité de colonialisme masqué – comme le fait si souvent l’occident à coup de bombes de l’Otan ou de voyoucratie géostratégique criminelle. Nous ne pouvons que constater que l’approche occidentale est dépassée, malséante et suicidaire.

Après les années de grâce qui auront duré une décennie, une décennie et demi après l’effondrement du communisme institutionnel et la disparition de l’Union Soviétique, le répit conflictuel de blocs adverses qui avait cédé le pas à un monde unipolaire aux basques des États-unis et de leurs alliés serviles, se profile cette fois sous forme de conglomérat d’États puissants éparpillés sur divers continents. Va-t-on vers une entité armée pour, comme ce dont disposait le Pacte de Varsovie, contrecarrer le sempiternel et combien hyperactif Otan aujourd’hui reconfiguré afin de porter par le feu les interventions des Usa et des vieilles puissances européennes, tous décadentes aujourd’hui? Je réponds que ce n’est qu’une question de temps. Car avec et fors les deux grandes puissances militaires nucléaires Russie et Chine qui tiennent le sommet militaire et onusien face aux Etats-Unis et à leurs alliés, il est d’usage, par principe d’élargissement international, qu’un regroupement comme le Brics se constitue une force de respect et d’intervention en tant qu’organisme supranational.

Il est aussi intéressant de constater la suprarégionalité que constitue l’implication du Brics dans ce conflit syrien. Après le Pacte de Varsovie, l’Otan trouve peu à peu, à qui se confronter et, dans le cas de heurts armés, qui affronter. D’abord l’alliance informelle russo-chinoise (je préfère ce prédicat à l’usuel sino-russe, vu la prépondérance diplo-militaire de la Russie), qui a fait efficacement obstacle par position de veto au conseil de sécurité dans l’actuel guerre syrienne, puis l’inlassable et brillante diplomatie russe rivant le clou aux multiples tentatives occidentales de trouver des prétextes d’intervention, la Russie anticipant tout ce qui pourrait favoriser une justification directe de l’occident dans ce conflit alimenté par les occidentaux via les groupes armés qu’ils financent sur place pour éluder tout règlement non à leur avantage de cette guerre, où comme en Libye, en Irak, en Afghanistan, leur seul but, est de démanteler tout État fort arabe sous prétexte de dictature. Ainsi, le chaos est planifié au service des prédateurs occidentaux voulant se doter d’espaces pour leur mainmise pétrolière, militaire à travers une géopolitique contre-nature parce que si loin de l’empire étasunien et de l’Europe. Les Etats-Unis et l’Europe sentant finir le temps de la mondialisation par leur colonialisme et le néocolonialisme des siècles antérieurs, font feu de toutes bombes, ronge à tous les râteliers bellicistes, à travers une cygénétique guerrière douteuse qui part chasser des espaces partout au monde sans vergogne ni égard pour les peuples sacrifiés à leur frénésie de maintien d’un ordre qui change, d’une histoire qui, imparablement, évolue…

Les temps d’aujourd’hui augure de la fin du fait classique de superpuissances mondiales telles qu’établies au 20ème siècle à l’heure du monde bipolaire est-ouest et rase à jamais toute perspective d’un monde unipolaire sous férule d’une unique mégapuissance planétaire. Nous sommes actuellement dans l’avant-définition d’un monde multipolaire à influence de Conglomérats d’États avec leur intervention diplomatique, militaro-industrielle et qui bousculera une bonne fois pour toute la prépondérance économique et politique mondiale de l’occident que les É-U. en déclin et l’Europe, fortement en crise et en passe de déclassement, ne pourront plus tenir. Quant aux Etats-Unis, ils auront beau s’agiter et Obama a beau instruire le Pentagone de frapper au nucléaire  » la grande muraille  souterraine de la Chine« , cela ne les empêchera point de devenir juste une grande puissance nord-américaine dont la préséance ne dépassera pas l’isthme de l’Amérique centrale, vu le développement exponentiel de la puissance brésilienne sous l’Équateur du continent américain.

Le vent tourne, le temps des empires exclusifs, toujours les mêmes, faisant et défaisant la loi et le droit, est phagocyté dans la temporalité qui emporte les vieilles puissances dont la durée désormais comptée, est en phase de déclin. L’adaptation à une donne qui blesse leur orgueil, plonge les ex actuels impérialistes et néocolonialistes dans l’amertume et les troubles d’humeur où leur cruauté de bête blessée – rongeant l’être au monde de nombreux États par l’instabilité, l’intrusion d’armées mercenaires, les bombardements, l’utilisation de terroristes – ne fait que confirmer leur faiblesse et agitation, ces caractéristiques de tout système déclinant. Leur affolement est signe de l’asthénie frénétique entraînée par tout déclin. Car si la puissance est par nature, sûre d’elle, sereine et tranquille, la peur du déclassement rend les vétustes puissances mondiales frileuses, leur enlevant la placidité léonine et dominatrice qu’elles manifestaient en leur règne. Aujourd’hui ce ne sont d’anciennes douairières furieuses de leur perte d’importance et craignant même, de perdre jusqu’à la face…

Quel que soit l’issue que connaîtra le conflit syrien, quel que puisse être le sort à venir d’Assad, le cas de figure syrien, laisse entrevoir la nouvelle configuration du monde au 21ème siècle. Configuration sans appel: le monde sera mené par de puissants conglomérats étatiques qui imposeront le faciès de la politique internationale par l’économie, la géopolitique et une redéfinition de la diplomatie mondiale par régions selon et les blocs constitués et les alliances. Bref, ce que nous appelons une géodiplomatie transrégionale selon les intérêts politiques des conglomérats en présence, dont le Brics intervenant sur la Syrie contre les É-U. et l’U.E., augure des futurs pouvoirs et influences.

En attendant, sur l’échiquier syrien, la géodiplomatie du Brics et sa décence auront enfoncé encore plus profondément le clou de l’évidence d’immoralité et de déclassement au front ridé de flaccidité et d’obsolescence qu’arborent les vieux empires bellicistes et prédateurs qui aimeraient croire à une naturalité transcendante de  leur suprématie au teint blême et sanglant.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

Source : Brics-Syrie: Géodiplomatie contre Géostratégie.

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Published by Anne Wolff - dans L'empire : hégémonie
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