4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 16:10

Un reportage d'ARTE

Message officiel diffusé en Chine dans le train Shangaï-Pékin au moment du départ

« En accord avec les départements d’état en charge du Crédit Social, les passagers sont soumis au système de notation des citoyens. Les personnes les moins bien notées seront limitées dans leurs déplacements.

Nous vous rappelons qu’il faut respecter la loi ou le règlement ,pour que cela n’affecte pas votre score de Crédit Social. »


 

Le crédit social, voici comment le présente une vidéo pédagogique du PCC au pouvoir en Chine

« Depuis 2013, nous avons mis en place un système de crédit social dans la province du Shandong. Nous avons attribué à toute la société des notes allant de AAA à D.

-J’ai un niveau de crédit AA, y a-t-il des avantages ? Vous pouvez être considéré comme un modèle. Il vous sera possible d’adhérer au parti, de bénéficier prioritairement de soutiens politiques et d’avoir un prêt sans hypothèque.

-J’ai conduit sous alcool et mon niveau de crédit a été rétrogradé à B ? Désolé vous ne pouvez donc pas adhérer au parti et vous ne pouvez pas être maire de village.

-J’ai été en détention administrative et mon niveau de crédit a été rétrogradé à C. Désolé, une fois que vous êtes discrédité vous avez des limites partout. Vous ne pouvez pas avoir de prêt.

-Je suis souvent passé en justice et mon niveau de crédit a été rétrogradé à D. Vous serez puni et vous serez intégré sur la liste noire des discrédités. Vous ne pourrez postuler à des postes de fonctionnaire, ni entrer dans l’armée, ni prendre l’avion. Vous ne pourrez bénéficier du soutien de l’état.

Respirez librement

Sentez-vous libre à Rongcheng »

Si nous ne pensons pas à la Chine, la Chine elle pense à nous, du moins son suprême dirigeant Xi Jiping, qui depuis qu’il a été intégré au projet de Nouvel Ordre Mondial né aux USA, a décidé de réinventer cet ordre à la sauce chinoise : il invente une communauté de destin pour l’humanité qui est décrite dans ses grandes lignes par XinHuan, presse chinoise en français, Xi Jinping : le concept de communauté de destin pour l'humanité se concrétise, je vous invite chaudement à lire cet article dont extrait :

« Dans son discours, M. Xi a indiqué que construire une communauté de destin pour l'humanité consistait, en substance, à relier étroitement l'avenir et le destin de chaque nation et de chaque pays, à partager le bonheur et le malheur, et de faire de la planète Terre une famille harmonieuse.

Il a souligné que des efforts étaient nécessaires pour bâtir un monde sûr et sans peur. Selon lui, un pays ne peut pas connaître la sécurité si les autres n'en bénéficient pas. Les menaces auxquelles font face les autres pays pourraient également le menacer.

"Face à des menaces de plus en plus complexes et intégrées, nous ne devons pas lutter seul, ni vénérer la force militaire", a-t-il souligné, ajoutant que tous les pays devaient poursuivre un nouveau concept de sécurité caractérisé par le développement commun, complet, coopératif et durable.

Tous les pays doivent créer un environnement de sécurité juste, équitable et partagé afin d'éliminer conjointement la cause fondamentale des guerres et d'aider les personnes à sortir des douleurs de la guerre, a-t-il poursuivi. »

un environnement de sécurité juste, équitable et partagé les beaux discours du soft power chinois, c’est bien joli, j’espère que le reportage d’Arte vous aidera à comprendre ce qui se cache derrière ces mots, à la lumière de la manière dont le PCC applique ces concepts à ses propres citoyens, et pourquoi je dis que la Chine non seulement pense à nous, mais pire, prétend penser POUR nous.


 

Je crois que cette pandémie est aussi l’occasion d’une réorganisation des sphères de pouvoir mondial, à travers la guerre interne des tendances qui le compose.

En ce qui concerne les Globalistes et la Chine, je vous propose le changement radical d’attitude de George Soros en 1O ans – alors que d’autres parts j’ai entendu des allusions aux globalistes qui seraient toujours en alliance avec le PCC – pour montrer que rien n’est simple, que ce mouvement de strates de pouvoir ne se fait pas sans fissures et recomposition.

En 2009, George Soros un des chefs de file des Globalistes insiste pour que la Chine soit d’avantage intégrée à la construction du Nouvel Ordre Mondial, un Nouvel Ordre Financier, il préconise même qu’à terme elle en prenne la direction.

Dix ans plus tard, en 2019 à Davos, c’est un tout autre de cloche, le même Soros se lance dans une diatribe contre la Chine. Il lance l’alerte contre les développement chinois de ‘l’intelligence artificielle qui entre les mains d’un régime répressif constitue un danger mortel. Il présente alors Xi Jinping contre le plus grand danger auquel doivent faire face les sociétés ouvertes. Il stigmatise le système de crédit social qui doit permettre au PCC d’évaluer le comportement de chaque citoyen du pays, de sa vie sociale jusqu’au plus profond de sa sphère privée, afin de déterminer l’intensité de son allégeance au PCC, qui déterminera ses droits économiques. Rappelons qu’en Chine, les citoyens ont des droits économiques, pas de droits politiques.


 

Si mon projet de monde est en guerre avec celui d’un Trump ou d’un Soros, je ne peux qu’être d’accord avec eux quand ils signalent le danger qu’il y a à faire de la Chine notre principal pourvoyeur de technologies, en particulier celles qui prennent le comportement des habitants pour cible. A quand le Snowden chinois ? Parce que nous ne le voyons pas dans ce reportage, mais il existe une résistance en Chine, et parmi cette résistance beaucoup de hackers et autres spécialistes des technologies de pointe.

Nous ne devons jamais oublier non plus que la Chine contemporaine et son suprême dirigeant en particulier, sont les héritiers de la « Révolution Culturelle » un lavage de cerveau généralisé – un grand traumatisme collectif - à l’échelle d’une nation dont les concepts et pratiques sont toujours en vigueur dopés par les progrès de la technologie.

 

Mao : les humiliés de la révolution culturelle dont faisait partie le père de Xi ancien haut fonctionnaire du PCC

Mao : les humiliés de la révolution culturelle dont faisait partie le père de Xi ancien haut fonctionnaire du PCC

Du côté de la résistance :

Comme je suis une grande patriote, je suis heureuse de vous annoncer que plus de 900 professionnels de la santé de Belgique dont plus de 400 médecins ont signés une pétition qui exige un moratoire sur l’installation de la 5G dans notre pays. Nous n’aurons pas non plus de traçage des condamnés personnes contaminées par Sars-cov-2, mais un système comme celui qui avait été mis en place en Allemagne, un réseau de télécommunication chargé de prévenir les personnes qui auraient été en contact avec une personne porteuse du coronavirus…


 

Je crois qu’il est temps de se réveiller et de s’intéresser de plus près à ces gens qui veulent notre bien – y compris malgré et contre nous - et disposent d’un pouvoir d’influence mondiale, que soit Gates, Xi Jinping ou d’autres.

Anne W


 

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 22:23

 

Appel au boycott de l’application Stop-COVID19

Écran Total, 27 avril 2020

Ne nous y trompons pas, la distance sociale a commencé il y a des années.

Ne nous y trompons pas, la distance sociale a commencé il y a des années.

La crise sanitaire a des chances importantes de précipiter l’avènement d’un nouveau régime social

Du point de vue sanitaire, l’épidémie de COVID-19 mettra du temps à livrer tous ses mystères. Le brouillard qui entoure l’origine de la maladie, sa diffusion et sa létalité ne pourra se dissiper que lorsqu’elle cessera de frapper dans autant de pays à la fois. A ce jour, personne n’a l’air de savoir quand une telle accalmie se produira. D’ici là, pour continuer de vivre, nous ne devons ni sous-estimer, ni surestimer cette épidémie en tant que telle.

Par contre, ce que nous sentons très clairement, c’est que la crise sanitaire a des chances importantes de précipiter l’avènement d’un nouveau régime social : un régime basé sur une peur et une séparation accrues, encore plus inégalitaire et étouffant pour la liberté. Si nous prenons la peine de lancer cet appel, c’est que nous pensons que cela n’est pas joué d’avance et que des possibilités vont se présenter, pour les populations, de l’empêcher. Mais alors que nous, simples citoyens, ressentons violemment la fragilité de nos existences face à la menace du virus et d’un confinement long, l’ordre politique et économique en vigueur semble, lui, à la fois ébranlé et renforcé par la secousse en cours. Il paraît en même temps fragile, et très solide sur ses bases les plus « modernes », c’est-à-dire les plus destructrices socialement.

Bien sûr, il n’a pas échappé à grand-monde que la situation présente a permis aux gouvernements de nombreux pays de tétaniser, pour un temps indéterminé, les contestations parfois extrêmement vives dont ils faisaient l’objet depuis plusieurs mois. Mais ce qui est tout aussi frappant, c’est que les mesures de distanciation interpersonnelle et la peur du contact avec l’autre générées par l’épidémie entrent puissamment en résonance avec des tendances lourdes de la société contemporaine. La possibilité que nous soyons en train de basculer vers un nouveau régime social, sans contact humain, ou avec le moins de contacts possibles et régulés par la bureaucratie, est notamment décelable dans deux évolutions précipitées par la crise sanitaire : l’aggravation effrayante de l’emprise des Technologies de l’information et de la communication (TIC) sur nos vies ; et son corollaire, les projets de traçage électronique des populations au nom de la nécessité de limiter la contagion du COVID-19.

« Restez chez vous »… sur Internet « du lit à l’ordi »

Dès les premiers jours du confinement, il était clair qu’une des conséquences sociales immédiates de la pandémie, en Espagne et en France, serait la radicalisation de notre dépendance à l’informatique. Au train où allaient les choses, il semblait pourtant difficile d’accélérer ! Mais avec l’enfermement au domicile, pour beaucoup, les écrans deviennent un mode quasi-exclusif d’accès au monde ; le commerce en ligne explose, et même l’organisation de réseaux d’approvisionnements locaux en légumes et produits frais passe souvent par des sites Internet ; la consommation de jeux vidéo s’envole ; le nombre de consultations de « télémédecine » montent en flèche (alors qu’elles n’apportent rien de plus en général qu’une conversation téléphonique) ; la « continuité pédagogique » se fait aussi par ordinateur, au mépris de toutes les recommandations médicales de limiter l’exposition des enfants aux écrans ; et des millions de personnes se retrouvent à travailler chez elles – non plus « métro-boulot-dodo », mais directement « du lit à l’ordi ».

Les grands médias ne voient en général rien d’inquiétant à cette réduction de toutes les activités humaines à une seule. Au contraire, ils applaudissent d’autant plus les initiatives de solidarité qu’elles passent par un site, une plateforme, un groupe sur messagerie… Ils encouragent tout un chacun à se résigner au fait de prendre l’apéritif seuls-ensemble [1], « par » Skype, et trouvent même des croyants ravis de communier pour Pâques par écrans interposés.

A cette campagne incessante de promotion de la vie numérique ne répond aucune alarme dans le débat d’idées : l’informatisation totale ne semble un problème pour personne. Des journalistes, des économistes, des hommes d’État, des deux côtés des Pyrénées, nous serinent qu’il faudra à l’avenir ne pas rester si dépendants de l’industrie chinoise pour les médicaments, le textile, etc. ; mais leur souci d’indépendance nationale les amène rarement à se préoccuper du fait que le secteur du numérique tout entier repose sur les mines et les usines asiatiques, souvent de véritables bagnes industriels qu’il est très difficile d’imaginer « relocaliser ». D’autres voix s’élèvent, qui ne s’en tiennent pas à la critique de la mondialisation des échanges, et réclament un changement profond de « notre modèle de développement ». Mais elles éludent la place centrale du numérique dans ce modèle, et ne signalent pas que rien ne pourra changer en matière de précarisation sociale et d’écologie si nous continuons de tout faire par Internet.

Les start-up nations : un monde profondément déshumanisé et kafkaïen.

Le président Macron, quant à lui, se permet de faire des allusions répétées au programme du Conseil national de la Résistance et à son esprit de compromis social ; mais dans les faits, le projet de conversion de la France en start-up nation n’est nullement en pause, au contraire il connaît un grand bond en avant. Cette nouvelle ère de travail sans contact permet de compléter l’offensive contre les salariés entamée bien avant le coronavirus : suppression massive de postes au profit d’applications, de plateformes et de robots ; réduction du travail relationnel au profit de réponses automatisées pilotées par algorithmes ; perte de sens du travail supplanté par d’absurdes routines bureautiques ; exploitation accrue, et affaiblissement des capacités de résistance des salariés, de plus en plus isolés les uns des autres.

Le confinement est ainsi une aubaine pour s’approcher de l’objectif de remplacement de tous les services publics par des portails en ligne, fixé par le plan Action publique 2022. Comme on le voit avec la suppression des guichets SNCF, cette numérisation accélère la privatisation des services publics, par le transfert de leur travail à des plateformes commerciales aux pratiques opaques, fondées sur le profilage massif des individus. Elle évince violemment l’ensemble des usagers peu ou pas connectés – un cinquième de la population, parmi lesquels les personnes âgées, les plus vulnérables économiquement et les récalcitrants. Elle oblige désormais des catégories en voie de paupérisation massive à s’acheter parfois autant d’équipements informatiques « de base » (PC, smartphone, imprimante, scanner…) que le foyer compte de membres Elle nous fait basculer dans un monde profondément déshumanisé et kafkaïen.

« La numérisation de tout ce qui peut l’être est le moyen pour le capitalisme du XXIe siècle d’obtenir de nouvelles baisses de coût […] Cette crise sanitaire apparaîtra peut-être rétrospectivement comme un moment d’accélération de cette virtualisation du monde. Comme le point d’inflexion du passage du capitalisme industriel au capitalisme numérique, et de son corollaire, l’effondrement des promesses humanistes de la société [de services]. » [2]

La stratégie du choc numérique

Cette analyse de bon sens n’est pas le fait d’un contempteur du néolibéralisme, en colère contre les choix politiques faits depuis quarante ans sous la pression des milieux d’affaires. Elle est d’un économiste de centre-gauche, participant au Conseil de surveillance du journal Le Monde. Elle suffit pour comprendre que si « stratégie du choc » [3] il y a, dans le contexte actuel, elle se trouve en bonne partie sous nos yeux, dans ce surcroît de numérisation de la vie domestique et économique.

Il nous semble juste de parler de stratégie du choc numérique, au sens où la crise sanitaire crée l’occasion de renforcer la dépendance aux outils informatiques, et de déployer des projets économiques et politiques pré-existants : enseignement à distance, recours massif au télétravail, « e-santé », Internet des objets et robotisation, élimination de l’argent liquide au profit de la monnaie électronique, promotion de la 5G, smart city… On peut aussi faire figurer dans ce tableau les projets de suivi des individus par leur smartphone, au-delà de ce qui se pratiquait déjà en matière de surveillance policière, de marketing, ou de rencontres amoureuses par applications dédiées. Ainsi le risque n’est-il pas seulement que les choses restent « comme avant », mais qu’elles empirent nettement.

Harmonie à la Chinoise (19ème congrès du PCC)

Harmonie à la Chinoise (19ème congrès du PCC)

Quand la Chine s’éveille en nous ?

Il est à peu près acquis que plusieurs gouvernements européens vont mettre en place de nouveaux dispositifs de surveillance par smartphone, en contrepartie de la sortie, ou du relâchement, du confinement. Alors qu’à la peur de tomber malade s’ajoute la lassitude et l’impossibilité économique de rester confinés pendant des mois, c’est un véritable chantage auquel les populations sont soumises.

Prenons la mesure de l’imposture : dans un contexte de pénurie grave des moyens ordinaires pour lutter contre la contagion (trop peu de masques et de blouses à l’hôpital, manque de soignants et de lits à l’hôpital et en dehors, peu de tests), on nous propose à la place un gadget de science-fiction, les applications de détection électronique de la transmission du coronavirus. Aucune annonce claire n’est faite dans le sens d’un soutien financier massif et structurel aux hôpitaux publics pour faire face à une crise qui va durer ; par contre, on s’apprête à franchir un nouveau cap dans la traçabilité systématique des déplacements et des relations sociales – au moins, dans un premier temps, pour ceux qui l’acceptent. Les résultats sanitaires sont plus qu’incertains ; les conséquences politiques, elles, ne font pas de doute.

Car le fait de se savoir tracé en permanence est source de conformisme et de soumission aux autorités, même quand on ne vit pas sous une dictature [4]. Les éléments de langage gouvernementaux assurent que les informations données par les applications de traçage des personnes porteuses du COVID-19 seront anonymisées puis détruites, mais il suffit de lire les mémoires d’Edward Snowden à propos de la surveillance électronique pour voir que ce genre de garantie ne tient pas [5]. Qui plus est, un coup d’œil à l’histoire récente des technologies montre qu’il n’y a pratiquement jamais de retour en arrière avec les dispositifs liberticides introduits en temps de crise : si elles sont mises en œuvre à grande échelle sous l’égide de l’État, les applications de traçage resteront, et il sera difficile d’en empêcher l’extension à toute la population. Pensons au fichage ADN, introduit à la fin des années 1990 suite à une série de meurtres à caractère sexuel et dont les ministres de l’époque juraient qu’il resterait toujours limité aux grands criminels – de nos jours, il est devenu quasi-automatique, quand on est arrêté pour être resté un peu tard en manifestation. Pensons aussi, tout simplement, que nous n’avons aucune idée de la durée de l’épisode épidémique où nous sommes entrés début mars – six mois ? trois ans ? bien plus ?

En tous cas, cet épisode est marqué par l’idée que l’efficacité, en matière de lutte contre les coronavirus, serait à chercher du côté de l’Asie en général et de la Chine en particulier. En France, médias et politiques portent plutôt leur regard vers la Corée du Sud, Taïwan ou Singapour, dont l’hyper-modernité technologique n’est pas associée (à tort ou à raison) au despotisme politique. En Espagne, par contre, le début de la crise sanitaire a vu la presse dominante se demander ouvertement si la « démocratie » n’est pas un fardeau qui condamne à l’inefficacité, tandis que de vieux politiciens « libéraux » faisaient part de leur admiration pour l’autoritarisme chinois high tech : géolocalisation des téléphones mobiles, systèmes de notation sociale [social ranking] alimentée par les données recueillies en permanence sur les citoyens avec Internet, reconnaissance faciale, usage de drones pour surveiller et sanctionner la population. C’est un des éléments du tournant que nous vivons peut-être : nous avons été habitués depuis des décennies à lire notre avenir dans les évolutions de la société nord-américaine, et tout à coup, c’est la Chine post-maoïste qui semble devenir notre horizon – elle qui fait un usage véritablement décomplexé des innovations de la Silicon Valley.

La surenchère technologique ne peut que nourrir les effondrements écologiques et sanitaires

Pour l’heure, le recours par les autorités politiques européennes aux applications de traçage des smartphones pour traquer le COVID-19 relève d’une forme de bluff [6]. C’est une mesure d’accompagnement psychologique, pour donner l’impression qu’elles agissent, qu’elles peuvent quelque chose, qu’elles ont des idées pour maîtriser la situation. Alors qu’il est manifeste qu’elles ne maîtrisent rien, en tous cas dans des pays comme les nôtres ou comme l’Italie. Par contre, dans toute l’Europe, elles emboîtent le pas aux milieux d’affaire qui réclament la reprise du travail et la relance de l’économie ; il est donc d’autant plus urgent de sortir des « applis » magiques de leurs chapeaux, puisqu’elles n’ont visiblement rien d’autre à leur disposition pour protéger les populations.

Des dispositifs comme la géolocalisation électronique servent en fait à assurer le maintien d’une organisation sociale pathologique, tout en prétendant limiter l’impact de l’épidémie que nous connaissons aujourd’hui. Le traçage du coronavirus vise à sauver (momentanément) un type de monde où l’on se déplace beaucoup trop, pour notre santé et celle de la Terre ; où l’on travaille de plus en plus loin de chez soi, en côtoyant au passage des milliers de gens qu’on ne connaît pas ; où l’on consomme les produits d’un commerce mondial dont l’échelle exclut toute régulation morale. Ce que les promoteurs de la géolocalisation cherchent à préserver, ce n’est donc pas d’abord notre santé, ni notre « système de santé » : c’est la société de masse. C’est même une société de masse renforcée, au sens où les individus qui la composent seront encore plus esseulés et renfermés sur eux-mêmes, par la peur et par la technologie.

Alors que la pandémie actuelle devrait nous inciter à transformer radicalement une société où l’urbanisation galopante, la pollution de l’air et la surmobilité peuvent avoir des conséquences aussi incontrôlables, le déconfinement géré par big data menace de nous y enfoncer un peu plus. L’émergence du COVID-19, comme celle des autres grands virus depuis l’an 2000, est reliée par de nombreux chercheurs à la déforestation qui oblige beaucoup d’espèces animales à se retrouver en contact imprévu avec les humains. D’autres mettent en cause les élevages intensifs concentrationnaires, arrosés d’antibiotiques mutagènes. Dire que la réponse au COVID-19 doit être technologique (comme Stéphane Richard, le PDG d’Orange dans Le Monde du 1er avril), c’est poursuivre la fuite en avant dans une logique de puissance et de maîtrise illusoire de la nature, dont la crise écologique nous montre chaque jour l’échec. L’impact de l’industrie numérique sur les écosystèmes est déjà intenable. Elle a créé une ruée sur les métaux qui dévaste les zones les plus préservées de la planète. Elle s’appuie sur une industrie chimique particulièrement polluante et engendre des montagnes de déchets. Du fait de la multiplication des data center et de l’augmentation permanente du trafic Internet, elle fait carburer les centrales électriques et émet autant de gaz à effet de serre que le trafic aérien [7].

Qui plus est, le mode de vie connecté est globalement nocif pour notre santé. Addictions, difficultés relationnelles et d’apprentissage chez les plus jeunes, mais aussi électro-hypersensibilité : l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) estime ainsi à 3,3 millions le nombre de Français qui disent en souffrir (soit 5 % de la population), et affirme la nécessité d’importantes recherches pour comprendre comment ces souffrances se déclenchent et s’amplifient [8]. Ajoutons à cela les doutes qui entourent le caractère cancérogène des ondes électromagnétiques artificielles, considéré comme possible par l’OMS. Les liens établis entre tumeurs au cœur (chez des rats) et ondes 2G/3G par le National Toxicology Programm américain en 2018 [9] ne font pas l’objet d’un consensus scientifique, mais le doute est toujours à décharge pour les industriels de la téléphonie mobile : il sert de justification à la fuite en avant, jamais au principe de précaution.

D’ailleurs, au premier rang de la stratégie du choc menée par le gouvernement français figure l’installation simplifiée des antennes-relais, contestées par tant de riverains et d’associations, notamment pour motifs de santé. La loi d’urgence du 25 mars 2020 permet leur déploiement sans l’accord de l’Agence nationale des fréquences. Dans le même temps, l’explosion du trafic Internet lié au confinement justifie la poursuite du déploiement du réseau 5G – c’est en Italie que les choses s’accélèrent le plus [10]. Alors que des scientifiques et des citoyens du monde entier s’y opposent depuis plusieurs années, la presse rabat les inquiétudes qui s’expriment à ce sujet, en différents endroits du monde, sur des thèses improbables reliant la propagation du COVID-19 aux ondes 5G. Les Gafam vont jusqu’à envisager ces derniers jours de supprimer de nombreuses publications en ligne qui alarment sur les effets de cette nouvelle étape dans l’intensification des champs électromagnétiques artificiels. Or, ces alarmes sont souvent parfaitement légitimes : d’une part parce que déployer, sans en connaître les effets, une source de pollution électromagnétique au moins deux fois supérieure à celle de tous les réseaux déjà existants est une aberration du point de vue du principe de précaution ; d’autre part parce que le danger le plus avéré du réseau 5G est qu’il doit servir d’infrastructure à la prolifération des objets connectés, des voitures automatiques et, globalement, d’une société hyperconsumériste dont les effets sociaux et écologiques sont intenables.

Arrêter l’escalade

Bref, les technocrates du monde entier prétendent nous préserver du coronavirus aujourd’hui, en accélérant un système de production qui compromet déjà notre survie demain matin. C’est absurde, en plus d’être voué à l’échec.

Nous n’avons pas besoin de technologies qui nous déresponsabilisent, en disant et décidant à notre place où nous pouvons aller. Ce dont nous avons besoin, c’est d’exercer notre responsabilité personnelle, pour pallier les défaillances et le cynisme des dirigeants. Nous avons besoin de construire par le bas, avec l’aide des soignants, des règles de prudence collective raisonnables et tenables sur la longue durée. Et pour que les inévitables contraintes fassent sens, nous n’avons pas seulement besoin de savoir en temps réel quelle est la situation dans les services d’urgence. Nous avons besoin d’une réflexion collective et conséquente sur notre santé, sur les moyens de nous protéger des multiples pathologies que génère notre mode de vie : les futurs virus, autant que leurs divers facteurs de « co-morbidité », tels que l’asthme, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le diabète et bien sûr le cancer [11].

Cette crise met une fois de plus en évidence le problème de la dépendance des peuples envers un système d’approvisionnement industriel qui saccage le monde et affaiblit notre capacité à nous opposer concrètement aux injustices sociales. Nous percevons que seule une prise en charge collective de nos besoins matériels, à la base de la société, pourrait permettre, dans les troubles à venir, de trouver à manger, de se soigner, d’accéder aux services de base. Il faut comprendre que l’informatisation va à l’encontre de ces nécessaires prises d’autonomie : le système numérique est devenu la clé de voûte de la grande industrie, des bureaucraties étatiques, de tous les processus d’administration de nos vies qui obéissent aux lois du profit et du pouvoir.

Il se dit régulièrement qu’à un moment donné de cette crise, il faudra demander des comptes aux dirigeants. Et comme à l’accoutumée, les réclamations en matière de dotations budgétaires, d’abus patronaux et financiers, de redistribution économique, ne manqueront pas. Mais à côté de ces indispensables revendications, d’autres mesures sont à prendre nous-mêmes ou à arracher aux décideurs, si nous voulons préserver notre liberté – c’est-à-dire si nous voulons préserver la possibilité de combattre les logiques de concurrence et de rentabilité, de construire un monde où la peur de l’autre et l’atomisation de la population ne dominent pas pour longtemps.

  1. Ces jours-ci, il semble que de nombreuses personnes laissent leur smartphone chez elles, quand elles quittent leur domicile. Nous appelons à la généralisation de ce genre de geste et au boycott des applications privées ou publiques de traçage électronique. Au-delà, nous invitons chacun et chacune à réfléchir sérieusement à la possibilité d’abandonner son téléphone intelligent, et de réduire massivement son usage des technologies de pointe. Revenons enfin à la réalité.

  2. Nous appelons les populations à se renseigner sur les conséquences économiques, écologiques et sanitaires du déploiement planifié du réseau dit 5G, et à s’y opposer activement. Plus largement, nous invitons chacun et chacune à se renseigner sur les antennes de téléphonie mobile qui existent déjà près de chez soi, et à s’opposer aux installations de nouvelles antennes-relais.

  3. Nous appelons à une prise de conscience du problème de la numérisation en cours de tous les services publics. Un des enjeux de la période d’après-confinement (ou des périodes entre deux confinements ?) sera d’obtenir que des guichets physiques soient encore ou à nouveau disponibles pour les habitants des villes et des campagnes, dans les gares, à la Sécurité sociale, dans les préfectures et autres administrations. Des batailles mériteraient d’être engagées pour la défense du service postal (essentiel par exemple à la circulation d’idées sans numérique) et le maintien d’un service de téléphone fixe, bon marché et indépendant des abonnements à Internet.

  4. Une autre bataille essentielle pour l’avenir de la société est le rejet de l’école numérique. La période critique que nous vivons est mise à profit pour normaliser l’enseignement à distance par Internet, et seule une réaction d’envergure des enseignants et des parents pourra l’empêcher. Malgré toutes les critiques qu’on peut faire de divers points de vue à l’institution scolaire, la période actuelle devrait illustrer aux yeux d’un grand nombre qu’il y a du sens à apprendre à plusieurs et qu’il est précieux pour les enfants d’être au contact d’enseignants en chair et en os.

  5. L’économie n’est pas et n’a jamais été à l’arrêt ; les conflits sociaux ne doivent donc pas l’être non plus. Nous soutenons toutes celles et ceux qui se sentent mis en danger, du point de vue de la santé, à leur poste de travail habituel ou dans leurs déplacements. Mais nous attirons aussi l’attention sur les abus et les souffrances dans le cadre du télétravail, à domicile. Certains d’entre nous dénoncent l’informatisation du travail depuis des années ; il est clair que l’extension du télétravail contraint est un processus à endiguer par de nouvelles formes de luttes, de boycott, de retrait.

  6. Du point de vue économique, les mois à venir s’annoncent terribles. Un appauvrissement très important des populations est possible, au même titre que des effondrements bancaires et monétaires. Face à ces périls, il nous faut penser à comment manger et comment cultiver des terres ; comment s’inscrire dans des réseaux d’approvisionnement de proximité, et comment étendre ces possibilités au plus grand nombre ; comment soutenir les agriculteurs qui produisent de la nourriture saine près de chez nous et comment aider d’autres à s’installer. Ce que nous avons dit plus haut explique pourquoi nous pensons que le recours à la technologie de pointe pour faire tout cela n’est pas une solution humaine et pérenne.

  7. Enfin, il va nous falloir défendre les moyens de nous rencontrer physiquement, inventer ou retrouver des lieux de discussion publique dans ce contexte difficile où vont se jouer des batailles décisives. Bien sûr, il faudra prévoir des modalités qui prennent en compte les risques de contagion. Mais la vie connectée ne peut durablement se substituer à la vie vécue, et les succédanés de débats par Internet ne remplaceront jamais la présence en chair et en os, le dialogue de vive voix. Chacune et chacun doit réfléchir dès maintenant à la manière dont il est possible de défendre ce droit à la rencontre (réunions d’habitants, assemblées populaires, manifestations), sans lequel aucun droit politique n’est possible, et sans lequel aucun rapport de force, pour quelque lutte que ce soit, ne peut jamais se constituer.

Confinés à distance les uns des autres, nous avons élaboré cet appel par Internet et nous nous appuyons sur des revues et journaux en ligne, en France et en Espagne (traduction en cours), pour le faire connaître. Nous le faisons toutefois aussi imprimer, pour le faire circuler dès ces jours-ci, de toutes les façons qui nous sembleront adaptées à la situation. Vous pouvez demander le texte aux éditions La Lenteur, 13 rue du Repos, 75020 Paris (adresse de circonstance) : contribution libre, en chèque à l’ordre des éditions ou tout simplement en timbres postaux.

Texte initié parle collectif Ecran total (résister à la gestion et l’informatisation de nos vies) et le groupe de travail «digitalizacion, TIC y 5G » de l’organisation Ecologistas en accion. 

 

Contacts en France :
Écran total, Boîte postale 8 ;
3 et 5 rue Robert Judet,
23 260 Crocq ;
ou <ecrantotal[-at-]riseup.net>

 

Publié sur le site de Terrestres, revue des livres, des idées et des écologies le 27 avril 2020.

 


[1] Référence à l’ouvrage de Sherry Turkle, Seuls ensemble. De plus en plus technologie, de moins en moins de relations humaines, traduction française éd. L’Echappée, 2015.

[2] Extrait de l’interview de Daniel Cohen, “La crise du coronavirus signale l’accélération d’un nouveau capitalisme : le capitalisme numérique”, Le Monde, 3 avril 2020. Cette citation n’implique évidemment pas un accord profond avec les catégories employées par Cohen : en réalité, le numérique approfondit le caractère industriel du capitalisme, et la société post-industrielle dont il parle n’existe pas.

[3] Référence à la formule et à l’ouvrage de Naomi Klein, La Stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre, traduction française éd. Actes Sud, 2008. Ce livre partait de l’exemple des opportunités ouvertes aux milieux d’affaires américains par l’ouragan Katrina en Louisiane, en 2005.

[4] Voir à ce sujet le chapitre 2 de l’ouvrage du Groupe MARCUSE, La Liberté dans le coma. Essai sur l’identification électronique et les motifs de s’y opposer, Vaour, La Lenteur, 2019, notamment les pages 121 à 131.

[5] Edward Snowden, Mémoires vives, Paris, Seuil, 2019. Pour être précis, Snowden insiste sur l’impossibilité de faire disparaître définitivement des données enregistrées. Quant à l’impossibilité de les anonymiser, on peut se référer aux analyses de Luc Rocher, “Données anonymes, bien trop faciles à identifier”, 17 septembre 2019, sur le site The Conversation <www.theconversation.com>.

[6] Voir l’analyse à ce propos de l’association La Quadrature du Net, publiée sur leur site le 14 avril, qui souligne entre autres le manque de fiabilité de la technologie Bluetooth, son manque de précision pour indiquer des contacts avec des personnes testées « positives » notamment dans les zones densément peuplées, et la difficulté à l’utiliser/l’activer pour beaucoup de gens.

[7] Voir entre autres la synthèse de Cécile Diguet et Fanny Lopez dans le cadre de l’Ademe, L’impact spatial et énergétique des data centers sur les territoires, en ligne sur <www.ademe.fr>.

[8] Voir l’article de Pierre Le Hir, “Electrosensibles : des symptômes réels qui restent inexpliqués”, Le Monde, 27 mars 2018.

[9] Sur le site de l’association Priartem.

[10] En Espagne, au contraire, une pause a été décrétée.

[11] Rappelons simplement que selon une étude publiée dans le journal scientifique The Lancet en 2017, la pollution de l’eau, de l’air et des sols tue 9 millions de personnes chaque année ; voir Le Monde, 20 octobre 2017.

Source : Et vous n’avez encore rien vu

 

Digifascination

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 16:16

 

 

 

Décorations florales colorées à l'entrée du Forum de la route de la soie pour la coopération internationale à Pékin, le 14 avril  2019. Photo : IC

Décorations florales colorées à l'entrée du Forum de la route de la soie pour la coopération internationale à Pékin, le 14 avril 2019. Photo : IC

Connue comme le plus grand projet d'infrastructure de tous les temps, l’initiative chinoise la Ceinture et la Route (Belt and Road Initiative ou BRI en anglais) a déjà déplacé des milliers de petits producteurs et menace d'en déplacer des centaines de milliers supplémentaires. Il causera aussi une irréversible perte de biodiversité et aggravera significativement la crise climatique mondiale. Plutôt que de répondre aux besoins des communautés affectées, le gouvernement chinois a récemment commencé le verdissage de ses investissements BRI. Qu'elles soient nationales ou internationales, les organisations de la société civile qui surveillent le développement des projets sur le terrain demandent au gouvernement chinois de rendre l'initiative la Ceinture et la Route plus transparente, d'écouter les personnes concernées et d'apporter de véritables solutions climatiques.
 
Le second Sommet de la Route et la Ceinture a eu lieu à Pékin, en Chine, du 25 au 27 avril 2019, deux ans après le premier sommet. Avec la participation de 38 chefs d'Etats venus des quatre coins du globe, du Secrétaire Général des Nations Unies António Guterres et de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, le sommet de cette année fut plus imposant que le premier.
 
Un communiqué de presse commun paru à l'issue du sommet affirmait, entre autres choses, que l'initiative la Ceinture et la Route (BRI) vise à faire progresser les chaînes de valeur mondiales et la connectivité de la chaîne logistique. On y lisait également que la BRI s'assurerait de la protection de l'environnement, de la biodiversité et des ressources naturelles, et s'occuperait des effets négatifs des changements climatiques.  
 
Revenons à aujourd'hui. Cela fait six ans que la BRI a été lancée et les critiques et préoccupations au sujet du programme phare du président chinois Xi Jinping sont de plus en plus nombreuses. Elles ont notamment trait aux questions liées à la dette et à la souveraineté nationales, à l'accaparement des terres, aux déplacements de populations, aux violations de droits humains dans les zones de conflit, aux impacts environnementaux, aux problèmes de santé publique et aux violations du droit du travail. Certains pays, comme la Malaisie et les Maldives, réévaluent actuellement leur participation à la BRI et aux investissements chinois.
 
Répondant aux critiques sur les impacts environnementaux de la BRI, le communiqué commun issu de ce deuxième sommet exposait une vision de haute qualité et durable pour la Ceinture et la Route, soulignant et faisant la promotion d'un développement vert et d'un financement vert. La Chine est en train d'élaborer des Principes d'Investissements Verts pour le Développement de la Ceinture et la Route afin d'essayer de "verdir" la BRI. Mais il n'est fait mention nulle part de l'accaparement des terres et de la perte des droits des communautés rurales et indigènes sur leurs territoires et de leurs moyens de subsistance dans le cadre d'une BRI "verte" et du développement continu des infrastructures et des corridors économiques, qui est hautement loué dans le communiqué.
 
À y regarder de plus près, le modèle d'une croissance économique axée sur les infrastructures tel que promu par la BRI est fondé sur l’accaparement de vastes superficies de terres et de territoires à convertir en couloirs économiques. Concernant l'agriculture, la BRI est censée stimuler les investissements chinois à l'étranger en agrobusiness ainsi que les dépenses d'infrastructure de base afin de faciliter l'augmentation du commerce agricole. Selon des officiels du Bureau de Coopération     Étrangère du Ministère chinois de l'Agriculture et des Affaires rurales, le pays compte à présent 657 projets agricoles dans différents pays de la BRI, pour une valeur d'environ 9,4 milliards de dollars, représentant une progression de 70 pour-cent par rapport à il y a seulement cinq ans. Cela implique forcément la perte de milliers d'hectares de terres agricoles qui seront nécessaires à la réalisation de ces projets, de moyens de subsistance traditionnels et de biodiversité, ainsi que de nombreux paysans déplacés. Au Pakistan, la BRI facilite l'expansion de blé hybride, qui remplace les variétés traditionnelles de blé des paysans, au profit d'entreprises chinoises d'intrants agricoles telles que Sinochem Group.
 
La majorité des projets agricoles développés dans le cadre de la BRI sont industriels. Le système agro-alimentaire actuel est d'ores et déjà responsable de près de la moitié des émissions globales de gaz à effets de serre. Des villageois du Myanmar rapportent que des milliers de camions entrent et sortent de l'Etat du Kachin avec des cargaisons de bananes. Cette région est ciblée comme zone d'expansion pour les plantations de bananes destinées à l'export vers la Chine, menant à l'expulsion des propriétaires indigènes qui dépendent de la terre pour se nourrir et pour vivre. L'approvisionnement en eau est également touché, vu que l'eau est polluée ou détournée des communautés pour irriguer les plantations chinoises. Certains rapports font également état d’un déclin de la qualité du sol dans les plantations chinoises, dû à des pratiques agricoles utilisant lourdement les intrants. En conséquence, les protestations contre les investissements chinois se sont multipliées au cours de l'année écoulée au Myanmar. Aux Philippines, les méga-projets financés par la Chine, tels que le projet de barrage New Centennial Water Source de Kaliwa auraient causé des accaparements de terres et des déplacements de communautés indigènes. 
 
En outre, tandis qu'elle s'engage à diminuer l'usage du charbon sur son territoire, la Chine est en train d'ouvrir neuf nouvelles mines et de construire plusieurs grandes centrales à charbon à l'étranger, via la BRI. Rien qu'au Pakistan, les investissements chinois dans le charbon ont dépassé les 10 milliards de dollars. Pendant ce temps, l'Indonésie travaille à une nouvelle proposition pour quatre projets de centrales à charbon qui seront financés par la Chine. Les projets énergétiques de la BRI se concentrent de manière disproportionnée sur les énergies fossiles.
 
En tant qu'organisations de la société civile, nationales et internationales, qui surveillons activement l'implémentation du projet BRI sur le terrain, nous nous inquiétons du manque de consultation des communautés locales au sujet de ces projets. Cela conduit à une perte de terres, et montrent une incapacité des projets d'infrastructure et de connectivité de la chaîne d'approvisionnement à en faire bénéficier populations locales. À la place, nous sommes témoins d'effets négatifs sur les droits des communautés locales et sur leurs conditions de vie.
 
Nous appelons le gouvernement chinois à rendre l'Initiative la Ceinture et la Route plus transparente, car il n'existe aujourd'hui aucune information officielle fiable sur le montant exact des projets bilatéraux, les conditions de prêt, les normes et critères d'octroi, le financement et leurs effets généraux. Nous appelons les pays partenaires à rendre publiques toutes les informations ayant trait aux projets BRI relevant de leur juridiction. Tant la Chine que les pays partenaires devraient ouvrir les processus de consultation et demander l'avis des autres parties prenantes, afin que l'argent public ne soit pas gaspillé pour des projets indignes et destructeurs. Et aux gouvernements des pays de la BRI de conduire une étude d'impact adéquate et approfondie des projets de la BRI sur les droits humains.
 
Nous appelons également le gouvernement chinois et la communauté internationale impliquée dans le verdissement de l'Initiative de la Ceinture et la Route à prendre la mesure radicale qui consiste à écouter les personnes touchées par ces projets. S'ils le faisaient, ils soutiendraient les petits paysans et les communautés rurales comme urbaines avec des systèmes alimentaire, énergétique et de transport décentralisés, afin de parvenir à de véritables solutions climatiques et non à un écran de fumée verte devant l'Initiative la Ceinture et la Route.
 
Pour plus d'informations contactez :
Kartini Samon, GRAIN
Téléphone: +6281314761305
 
Publié par :
Asia Pacific Research Network (APRN)
Asia Peasant Coalition (APC)
GRAIN
Madhyam
People’s Coalition on Food Sovereignty (PCFS)
 
Source : GRAIN

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 19:29

Hier Juan Guaido, représentant des intérêts de Washington au Venezuela - dont le chef direct Eliott Abrams n'arrive toujours pas à expliquer si finalement où non il est « président par intérim » du Vezuela » - mettait en scène la répétition générale de ce nouvel épisode de l' « Opération Liberté ». En plus de 300 lieux du pays étaient prévues des manifestations locales, massives, placées sous la direction de «Comités de Liberté et Aide   », chargés d'organiser sous leur commandement des cellules locales et de tisser entre elles des réseaux de communication et assistance logistique.

Ce qui est au programme : faire monter la tension, rallier les militaires à la cause de Guaido et marcher sur le Palais Présidentiel, parce que le pauvre ? - on ne sait pas trop quel en fait sont réel statut - à besoin d'un bureau d'où diriger ses sales petites affaires de livraison du pays aux USA... le bureau présidentiel.

Selon Abrams, tant que Maduro n'aura pas dégagé, la période de 30 jours à l'issue de laquelle la Constitution impose au président par intérim d'organiser des élections, ne prendra pas cours. Bref on nage en pleine embrouille.

Si les USA, face à la désapprobation généralisée de la communauté internationale, de la grande majorité des pays d'Amérique Latine et du peuple du Venezuela ne peuvent se permettre en ce moment une intervention militaire dans le pays, rien ne les empêchent de fournir conseil, formation, armes, logistique et autant d'agents sous couverture qu'il faudra. Cela fait longtemps qu'ils sont actifs dans l'organisation de la déstabilisation du Venezuela. Et cette fois parmi leur affirmations récurrentes et indéfiniment réitérée domine le « Cette fois nous irons jusqu’au bout ».

Plusieurs dirigeants de différents partis d'opposition ont exprimé au cours des derniers jours leur rejet des stratégies de Guaido. Ils s’indignent de le voir appeler ouvertement une intervention militaire étasunienne dans le pays. Ils considèrent que c'est totalement irresponsable et ne pourrait qu'aggraver la situation. Ils s'indignent aussi de voir cette marionnette de Washington se réjouir à chaque durcissement de tension des sanctions prises par les USA qui sont cause directe de mort, de souffrances, d'une dégradation générale irréversible d’infrastructures vitales (comme le reconnaît l'ONU) qui affectent la population du Venezuela dans son ensemble. Et ils font la relation avec cette scandaleuse déclaration de Guaido, pour qui les morts ne sont pas des coûts, mais des investissements pour son avenir. Il n'a pas même pris le temps d'adresser des condoléances aux familles des morts de son premier Jour J, ni de demander à ses supporters un moment de recueillement pour ceux qui avaient payés de leur vie cette première offensive. Mais bon, la majorité faisaient partie de la population indigène Pémon, qui avaient été envoyés se battre en première ligne, car un indigène comme tout le monde sait, cela ne vaut pas grand-chose, moins en tout cas qu’un blanc riche et instruit, c’est de la bonne logique économique, pour le néo libéralisme. La mort de quelques indigène un faible coût (une pierre deux coups plutôt) pour les grands dessins de Juanjo, cela ne vaut même pas la peine qu'on en parle, ni de les remercier de leur sacrifice. Quelques membres de ces populations gênantes éliminés, pour les projets de ces maîtres, finalement c'est tout bénéfice.

En ce qui concerne le ralliement des militaires à Guaido, une chose est leur loyauté à Maduro, autre chose est d'être traîtres à leur matrie. C'est un terme apparu en Amérique Latine qui me plaît beaucoup et qui permet de faire une démarcation entre les « Traître à la Patrie » que Maduro fabrique en masse : tous ceux au Venezuela qui ne sont pas inconditionnellement d'accord avec lui, en font potentiellement partie et d’autres qui aime leur terre et ses habitants, pas Maduro.

Mettez-vous à leur place... soit Maduro et son royaume ubuesque, soit Guaido, ce qui revient pour eux à se placer sous la direction deu Commandement Sud de l'Armée des USA... je n'appelle pas cela un choix ! Eux non plus je pense.

En plus les quelques militaires qui ont désertés pour rejoindre le jeune leader de l'avenir du Venezuela, ce « petit con » les a laissé en plan, à Cucuta. Petit con, parce que cela me semble une grossière erreur pour qui veut s’attirer les faveur de l’armée et occuper fut-ce temporairement le poste de Commandant en Chef de ces Forces. Je n'ai pas suivi les nouveaux développements. Mais au moment où cet autre scandale était médiatisé dans le monde, Guaido était parti faire une tournée des mandataires amis de la régions alors que ses partisans avait quitter la ville en laissant le chaos derrière eux. Les quelques 300 militaires abandonnés étaient priés de quitter le camp où ils avaient été accueillis provisoirement. Pour refaire leur vie dans un pays où la plupart n'ont pas de connaissances, ils ont été dotés d'un matelas, de draps et de l'équivalent de 100 euros. Sans moyens de vivre, ni de subvenir aux besoins de leurs famille. Nous espérons que la CIA aura profité de l’opportunité pour leur offrir un boulot bien rémunéré comme putschistes… Non, bien sûr que non… mais on se demande où Eliott avait la tête, pourquoi laisser passer une telle opportunité de former des groupes d’intervention ? Cela montre un certain degré d’improvisation malheureuse dans toute cette histoire.

Et donc, ben oui, quand même, je ne sais pas si les USA n'avaient pas mieux sous la main, s'ils estimaient qu'il était temps de rentabiliser l'investissement Guaido, des années de formation, ce qui est certain, c'est que ce dernier manque de pratique et que dans son grand enthousiasme, il met un peu trop de cartes sur la table, celle sur laquelle sont aussi posées « toutes les options »... montrant clairement ce que veux dire cette formule « toutes les options son sur la table », qui signifie en fait : l'option militaire est le but, mais elle viendra en son temps.

La phase actuelle est la préparation de ces conditions de possibilité, par une déstabilisation généralisée du pays. Et cette déstabilisation du pays, si nous regardons les interventions des USA dans le monde nous voyons qu'elle est à la fois Moyen et fin de ces interventions. Réduire toute capacité de résistance des populations envahies fait partie du programme. Jamais les USA ne pourraient se sentir à l'aise au Venezuela sans avant avoir au préalable mis à genou le peuple patriote, en particulier chaviste qui doit disparaître en temps que courant de pensée et formes d'organisation. Ce peuple est autant que Maduro, une cible en soi de cette guerre. Et comme les USA ne s’embarrassent pas d'états d'âme, peu leur importent si dans la foulée doivent disparaître des dizaines (centaines?) de milliers de personnes qui leurs sont favorables dans ce pays. On le sait bien que c'est comme ça que ça marche. Et c'est bien ce qui suscite le rejet de Guaido. Le suivent les anciens privilégiés d'avant Chavez qui rêvent de retrouver la direction du pays autant que leur position incontestée de classes hautes, prolongeant par d'autres moyens la mise en esclavage du petit peuple. Il y a toujours les mêmes hystériques à bijoux, qui se plaignent de mourir de faim, sans qu'il n'en paraissent rien, en tout cas, elles n’en sont pas encore à vendre leurs bagues, bracelets, colliers, boucles d’oreilles pour s’acheter un morceau de fromage. Il y a les mêmes gamins élitistes, rejetons de ces mêmes classes hautes, pour qui les USA après une intervention ciblée qui ne ferait tomber que la tête du régime, une guerre éclaire et ultra-sélective (Ils le disent, le répète, s’en persuadent, je l'ai lu, entendu des centaines de fois), viendront installer sur les côtes du Venezuela une version locale ce Miami Beach.

Malgré tout cette fois (par rapport à des tentatives précédentes) Guaido a rallié d'autres parties de la population, c'est clair. Combien ? C'est difficile de le dire. Par exemple les manifestations d'hier étaient des protestations contre le gouvernement, pour les coupures d'électricité (apagon) qui ont affecté le pays, entraînant un manque d'approvisionnement en eau généralisé... le pire.

Deux théories se confrontent... coupures dues à des attaques terroristes de la droite fasciste sous les ordres du Ku Klux Klan de Washington, dit le gouvernement de Maduro. Pour l'opposition la culpabilité est à attribuer aux chavistes qui depuis leurs débuts n'ont jamais pris soin d'entretenir ce qui était le meilleur système électrique de la région, et les fonds qui devaient être consacrés à un minimum d'entretien ont disparus dans le gouffre sans fond de la corruption sans limites qui sévit dans le pays.

Mais manifester contre l'incompétence, la corruption et la superbe indifférence des dirigeants du Parti au Pouvoir, ne veut pas dire pour autant que l'on soutien Guaido, loin de là Je pense justement qu'un des buts de la répétition générale d'hier étaient de repérer et organiser le groupes noyautables au sein de ces protestations.

Parmi tous les arguments donné par les uns et par les autres : une chose est certaine, c'est que les coupures de courant sont récurrentes au Venezuela, dans tout le pays, depuis des années, avant le Grand Apagon du mois passé. Certaines régions n'ont plus d'électricité que de manière rationnée. Par exemple, l’articuliste d'Aporrea Oscar Heck qui vivait dans une région frontalière avec la Colombie où l’électricité se faisait de plus en plus rare, a du déménager pour installer son atelier dans une région où il pourrait disposer de l'approvisionnement en électricité indispensable à son travail. Quand à ce qui concerne l'eau, potable et courante, il ne se passe pas de jour au Venezuela sans que des quartiers, des villages, des régions ne manifestent pour être privés d'eau par fois depuis des mois.

D'autre part, face à l'ensemble des arguments qui plaident en faveur du terrorisme, ma conclusion personnelle, c'est que Washington par l'intermédiaire de ces agents locaux a donné un coup de pouce pour généraliser la situation en agissant sur des points clés d’un réseau que sa dégradation rend particulièrement vulnérable. Ce qui a achevé de me convaincre, ce sont les affirmations réitérées de Guaido : il suffirait qu'il arrive au Pouvoir, pour que les coupures immédiatement s'arrêtent...à bon entendeur… il en joue comme d’une menace, comme d’un chantage...

Or les rapports les plus optimistes prévoient qu'il faudra des années pour réparer le système. Les plus pessimistes qui viennent justement de l'opposition vont jusqu'à parler d'une période de 10 ans...

D'autres sources parlent d'un autre but, qui était de paralyser les installations militaires fournies par les russes, une partie des militaires russes entrés dans le pays dernièrement sont les experts chargés de remettre le réseau de commandes en communication de ce système en état.

Depuis 2011 le Venezuela a investi énormément d’argent qu’il n’avait pas dans l’achat d’armement Russe. La dette impayée avait été renégociée à l’automne dernier. Le Venezuela devait payer 100 millions de dollars, qui sont seulement des intérêts de la dette, pour la fin mars. Ils ne l’ont pas fait, un nouveau délai court jusqu’à la fin de ce mois… que se passera-t-il si le pays ne peut toujours pas faire face à cette échéance à un moment où cet armement en bon état de fonctionnement est vital pour sa survie ? Quelle ressource non renouvelable du pays Maduro est-il prêt à livrer aux Russes cette fois ? Dans quel mesure la protection des intérêts de la Russie au Venezuela dans la situation de crise lui importe plus, dans l’immédiat, que ce payement d’intérêts ?

Car la Russie, comme la Chine sont des parties de ce conflit qui est un des champ de confrontation du partage du monde entre grandes puissances. Or nous vivons une intensification des tensions dans cet affrontement, sur divers front, alors que les armes en présence si elles étaient utilisées pourraient tout aussi bien détruire la planète. Cela je pense que chacune de ces « Grandes Puissances » en est consciente. Ce n'est pas la répétition des mêmes jeux que nous avons pu voir au préalable. Les interventions en Irak et Libye, la Russie regrette amèrement de ne pas être intervenue, elle y a perdu de précieux marchés (Poutine, discours de politique étrangère 2012). Une erreur qu'elle ne répétera pas en Syrie, alors qu'un autre conflit ouvert en Ukraine fait de ce pays un champ de bataille Russie – Occident. Et depuis la Chine et son armée sont devenues partie prenante de ce jeu des 3 Empires qui implique d'exhibition « dissuasive » des forces nucléaires de chacun.

Je suis sceptique, soupçonneuse quand il s'agit des « hautes sphères » de la géopolitique internationale, je pense que les vrais débats, discussions, partages se font lors de négociations secrètes et que ce que nous en savons est la mise en scène décidée plus ou moins de commun accord par les participants. Et une question me vient naturellement à l'esprit : quel scénario pour l'Europe, rien moins qu'une grande puissance, dans ce jeu qui mélange poker-monopoly, échecs et go. Mais cela c'est une autre histoire.

Je suis également sceptique quand au mode d'évaluation des puissances des différentes armées. Admettons que la Guerre Mondiale éclate, mais que nul ne soit assez fou quand même pour en faire une guerre nucléaire... quelle forme prendrait-elle alors. Dans quelle mesure par exemple, les innombrables soldats chinois, bien entraînés, sans état d'âme, disposant des routes de la Soie pour ses projections de forces pourraient faire la différence ? Dans quelle mesure Xi est-il prêt à user des enfants de la Chine comme chair à canon ? Je ne suis pas spécialiste en matière militaire, ... mais bon, les USA la guerre, ils n'ont jamais cessé de la mener depuis des décennies, en tous lieux de la planète sous différentes formes. Sans rencontrer d'opposition majeure depuis la chute de l'URSS. Mais à présent ils sont en conflit ouvert direct avec la Russie en Ukraine et en Syrie, et le Venezuela me semble vivre les préludes de ce qui en ferait un nouveau champ de bataille, sauf que cette fois, la Chine est partie prenante du conflit. Non seulement le Venezuela lui doit plus de 50 milliards de dollars, mais aussi surtout, la garantie de ce prêt ce sont les ressources naturelles du Venezuela. Des ressources indispensable à la Chine pour la poursuite de son « développement » accéléré et de sa quête d'hégémonie mondiale.

Les USA ont interdit au Mexique de commercer avec la Chine et lui a lancé des menaces pour son refus d’intervenir dans le conflit politique du Venezuela... or le Mexique est aussi un facteur à prendre en compte dans cette équation. Le Mexique est en Reconquista de son indépendance, de sa dignité, de ses capacités d'auto-détermination, et son succès est dans la balance de l'indépendance de l'Amérique Latine.C’est un autre sujet, complexe et remplis de défis et difficultés. Jusqu’où Andres Manuel Lopez Obrador cédera-t-il aux pressions de Washington et Miami ?

Maduro a lancé un appel au groupe de Montevideo (Mexique, Uruguay, Bolivie et quelques autres pays d'Amérique Latine plus la diplomatie européenne) pour qu’il réunisse d'urgence la commission technique que ces pays ont formés afin qu’elle poursuive le travail qu’elle mène mène au Venezuela pour trouver la forme et mettre en œuvre les moyens d’une solution pacifique du conflit. Besoin de temporiser ou réelle volonté de Maduro de chercher une solution ?

 

Que nous soyons en train de voir et de vivre les étapes d'un partage du monde entre « Grande Puissances » cela ne fait aucun doute. Que ces 3 puissances sont trois grandes puissances nationalistes, cela aussi c'est assez évident. Or jusque-là, les USA étaient les inventeurs et dirigeants de la Globalisation. Mais l'arrivée de Trump met un terme à ce processus. Qu'est-ce que cela implique pour les formes de cette réorganisation du monde ? Où veulent-ils en venir ? Et verrons-nous à l'avenir, depuis le Venezuela, se multiplier les champs de bataille où les grandes puissances se feront la guerre par procuration, armant les parties dont ils se servent sans se manifester ouvertement ? Une manière de transformer le monde excepté leurs pays respectifs en champs de bataille tout en évitant l’affrontement direct et la guerre nucléaire qui ne profiterait à personne, même pas ces auteurs.

Les réponses, l'avenir nous les donnera…

 

Prochain mouvement de l'Opération Liberté, les manifestations convoquées par Guaido, pour mercredi prochain...

 

Tant pour ce qui concerne le Venezuela que le monde, les décisions essentielles du grand mouvement tectonique géopolitique mondial, sont prises en toute opacité par les « Maîtres du Jeu ». Sans que les populations concernées ne soient ni consultées, ni informées. Ce que nous pouvons en connaître, c'est que nous en apprenons par l'observation des déplacements des « facteurs de terrain ». C’est que nous pouvons décrire et interpréter, tout en faisant la part des inconnues. Les inconnues nous pouvons les mettre en évidence et en déterminer la nature, mais pas prévoir leur évolution de manière certaine. Un des effets de la globalisation a été une augmentation sans précédent des relations d'interdépendance dans le monde, ce qui augmente aussi le risque de voir un événement local produire des conséquences planétaire. Je peux illustrer par l'exemple du grand Apagon du Venezuela : si le Venezuela avait organisé son système de production d'électricité avec des centres de productions locaux, avec des sources multiples et indépendantes (hydrauliques, éoliennes, solaires), il aurait été beaucoup plus compliqué, voir impossible de le paralyser dans son ensemble. Or cette ultra-centralisation des centres de pouvoirs vitaux est une règle à présent dans l’ensemble du monde « Qui dominera la 5G, dominera le monde » dit-on...

 

Je ne vais pas enchaîner là-dessus maintenant, ni sur la question de l'imprévoyance de Chavez et par la suite de Maduro, qui ne sont pas de la même nature, mais participent ensemble à la responsabilité du désastre vénézuélien actuel. Ce sont des questions importantes pour ceux qui cherchent là, maintenant des issues pacifiques et viables au Venezuela, avec le Venezuela. Ils sont nombreux... j'espère qu'ils vont trouver. Et je m'en vais lire ce qu'ils racontent...

 

Anne W

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 15:37

La Chine Le dragon à mille têtes

La Chine, on en parle beaucoup mais personne ne semble vraiment savoir où elle veut en venir. Je me suis donc plongée dans le Monde de XI, avec petite piqûre de rappel du « temps de Mao ». Un vaccin, puisque j’ai passé un peu moins de 2 ans de ma vie dans une organisation maoïste (16-18, 73-75). Ce que j’y ai appris, c’est que si l’on veut pouvoir résister aux tentatives de lavage de cerveau , il faut acquérir des connaissances théoriques et un savoir de pratiques éprouvées, qui constituent le meilleur des boucliers contre toute tentative de manipulation.

Les Petits Chinois eux n’ont pas eu cette chance, Xi Jinping pas plus que les autres, il n’y avait pas d’échappatoire. On ne peut comprendre ni la Chine, ni celui qui la dirige aujourd’hui, sans se rappeler que la Chine est cet immense territoire qui a fonctionné pendant des décennies comme un système fermé alors que toute la population était soumise à un lavage de cerveau en masses. Le système s’est ouvert, mais le lavage de cerveau est toujours d’actualité.

Ici je vous propose deux documentaires. Le premier vous montre les méthodes, souvent « déloyales » que la Chine a utilisé pour s’approprier les connaissances technologiques mondiales.

 

Le second qui fait partie d’un ensemble de documentaires de propagande chinoise à destination de la francophonie - que vous trouverez sur youtube sous le titre générique La CHINE RESPLENDISSANTE - montre la manière particulièrement efficace dont ces connaissances, centralisées par le Gouvernement-Parti, ont été utiliséeS pour développer le pays à vitesse accélérée.

Beaucoup font remarquer que la Chine, contrairement aux USA n’a jamais envahi personne (ils oublient le Tibet) et qu’on peut donc lui faire confiance. Ils ne tiennent pas compte du fait que le monde a changé, les limites du « développement soutenable » ne cessent de se rétrécir. Dans ses projections la Chine n’en tient pas compte. Pour faire parvenir l’immense majorité de sa population à un niveau de développement industriel qui lui permet de créer une classe moyenne consumériste, comme elle se propose de la faire, la Chine a donc besoin d’une grande partie des ressources de la planète.

 

Mon but ici n’est pas de préjuger de ce qui serait ou non le meilleur des mondes. Mon but est de relayer de l’information qui peut aider chacun à comprendre quels sont les enjeux planétaires pour la Chine et comment Xi se propose de réaliser son rêve de destin commun pour le Monde.

Après, alors que chacun aura été bien informé, en cherchant ses propres sources, on pourra en débattre. Mais pour le moment, je trouve que même parmi les « experts », les discours sur la Chine brassent surtout beaucoup de vide présomptueux.


Anne W

La Chine resplendissante - Réalisation des rêves

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 11:56

 

Selon diverses enquêtes, 95 à 98% de la population pense que le pays va mal, voir très mal. Des enquêtes précédentes, au cours des ans ont montré que le peuple du Venezuela polarisé est d'accord sur une chose au moins : le refus de toute intervention militaire étrangère, de toute ingérence US dans le pays. La « communauté internationale » divisée quand à savoir si Maduro doit dégager ou non, est, elle aussi, d'accord dans son ensemble, à quelques rares exceptions près : les problèmes du Venezuela doivent se régler pacifiquement, et toute intervention militaire US ou proxy est exclue.

Pourtant le bulldozer de l'intervention militaire US avance inexorablement, et rien ne semble pouvoir la détenir.

Trump s'est entouré, pour « résoudre » le problème de l'Amérique Latine,  d'une clique d'assassins patentés, dont certains (Abrams, Cruz) ont acquit leur expérience de soumission des peuples à la domination US pendant la période des dictatures;. Experts en meurtres sélectifs, en torture, en disparitions forcées et escadrons de la Mort, experts en Terreur qui brise les Peuples, ils exercent aujourd'hui leurs talents contre le peuple rebelle (ou non) du Venezuela.

Que la gestion de Maduro soit une catastrophe, je n'ai aucun doute à ce sujet. Que les réseaux d'approvisionnement en électricité, en eau sont dans un état déplorable, chaque jour, ces dernières années, le confirme des dizaines de protestations de voisins de tout le pays qui vivent ces coupures d'électricité récurrentes, qui parfois pendant des mois n'ont pas d'accès à l'eau potable, c'est un fait. Mais le grand Apagón (coupure d'électricité qui affecte également la distribution de l'eau) soit une recette assassine made in USA, me semble plus que plausible : la recette annoncée pour la suite des événements par Bolton et autres Abrams consiste à créer les conditions d'une révolte du peuple contre Maduro en produisant pour ce peuple les conditions d'une lente agonie. Capables du fait, qui en doute ? Logique dans le programme de déstabilisation en cours. Et cela c'est insupportable.

Maduro a été réélu président avec 30% de soutien. Quelques 6 millions de voix d'un corps électoral de 20 millions d'inscrits. Guaido est membre de Volontad Populaire, un parti minoritaire de l'extrême droite dont la population a déjà rejeté les méthodes de déstabilisations violentes qui l'affecte dans son ensemble, sans distinction d'opinion. Il se vante d'avoir 90% du peuple derrière lui, alors que si 20% le suivent, c'est beaucoup En moins de 2 mois, il a réussi à perdre son potentiel de popularité. Il n'est que trop évident qu'il est un pion des USA et que sa mission est de créer le condition d'une" intervention humanitaire" ou de "devoir de protéger" dans le pays.

Et comme il est complètement stupide, il annonce clairement la couleur : « Les morts (de son coup d'état) ne sont pas un coût pour nous, ils sont un investissement dans le futur. » Aller dire cela aux familles des investis... si possible des indigènes ou des gamins «des quartiers les plus pauvres, où l'ont retrouve cette terrible déliquescence des jeunes qui sévit dans une grande partie de l'Amérique (USA compris). Des enfants sont armés souvent dès l'âge de 12 ans, parfois d'armes lourdes, le seul apprentissage qui leur est offert est celui de la mort. Las Pandillas et autres Maras, sont aussi au départ un phénomène promu depuis les USA pour déstabiliser l'Amérique Latine afin de mieux pouvoir la piller. Ces gamins l'opposition les arment en ce moment, (selon différentes sources avec des armes de guerre) en vue d'une intensification des processus de déstabilisation. Maduro et cie arment eux aussi des civiles. Les conditions d'un carnage se mettent en place.

« Avant d'écouter ce que les gens disent, regardez ce qu'ils font »... la protection humanitaire des USA assure souvent à ses protégés la plus grande des stabilités : la mort. Plonger des peuples dans une lente agonie, ils sont experts, ils ont au cours du temps et de multiples interventions de déstabilisations dans le monde perfectionné la méthode avec un sadisme consommé. S'il y a bien un métier à création d'emplois permanente aux USA, c'est celui de tortionnaire aux Ordres du Pouvoir des Corporations dont la sécurité des Biens et Intérêts motivet les guerres US, militaires, armées privées, paramilitaires ou cartels, en fonction de la stratégie du moment alors que pour les jeunes psychologues qui voudraient faire une belle carrière, la voie est tracée, devenir Maître en « Art d'infliger la souffrance » est un créneau prometteur. Souffrance individuelle, souffrance collective pour les peuples chez qui il faut détruire toute capacité de rébellion ultérieure. Avec le Venezuela, ils ont affaire à forte partie, nulle doute que leurs méthodes seront à la hauteur du défi.

C'est insupportable !

La guerre économique est une réalité qui affecte la vie de la population, l'incompétence du gouvernement aggrave les choses. Pour tous ceux qui s’obstinent à ne vouloir voir qu'un responsable de la tragique situation actuelle : torts partagés.

Maduro a bien donné un coup de timon. Mais il l'a fait en trahissant son serment « Comuna ou nada », « la Commune ou rien ». Au lieu de développer les conditions du pouvoir populaire, il l'a confisqué et à mis en place un régime de centralisme-démocratique, dans la plus pure tradition Mao-Stal. Les informations circulent du bas vers le haut de la hiérarchie du Parti, les ordres viennent d'en-haut. Nous savons qu'au cours de son histoire à géométrie variable, la démocratie s'est appliquée à des catégories plus ou moins restreintes de citoyens, les habitants d'un territoire qui disposent du « Droit de Cité ». Pour Maduro comme dans la Chine de Mao, les citoyens sont ceux qui lui rendent un culte de personnalité, qui adhèrent inconditionnellement à la « Vérité du Parti », les autres au mieux des inutiles gênants; au pire, une catégorie qui ne cesse de trouver de nouvelles victimes de la vindicte du pouvoir : des Traîtres à la Patrie.

Comme Xi Jinping a qui il a fait officiellement allégeance, il est un héritier de Mao, seulement voilà, il est beaucoup moins intelligent que Xi et perdu dans les contradictions de sa duplicité : construire un régime totalitaire tout en tenant un discours de « pouvoir populaire »... socialisme est un concept dont l'Histoire nous a appris qu'il pouvait être accommodé de bien des manières, y compris les plus objectivement fascistes d'entre elles, comme le nazisme ou l'actuel modèle chinois. « Pour le peuple des droits économiques, pas de droits politiques » dit Xi.

« Si o Si » fascisme de l'ultradroite ou fascisme de l'ultragauche, pour le peuple le résultat est le même, une intolérable souffrance.

Mao dansait à Shangaï alors que 20 à 50 millions de chinois mourraient des conséquences de ses choix erronés, la Grande Famine fut le résultat du Grand Bond en avant, qui a échoué également à industrialiser le pays. Lui aussi niait la réalité de l'agonie de millions de paysans. Maduro danse à Caracas, pendant que le peuple s'entre-déchire aux frontières. Au moment même où son Ministre Bernal nous dit que de vieilles dames de la milice populaire ce sont vaillamment battues aux côtés de l'armée, sous le feu croisé des balles contre un ennemi dix foix supérieur en nombre ! Lui aussi nie la réalité de la crise humanitaire bien réelle qui affecte le pays. Mais danser pendant que le peuple s'entre-déchire pour lui conserver le Pouvoir ?

Le Venezuela est un terrain fertile pour qui voudrait analyser les contradictions de gauche qui ont conduit à son atomisation, suivie d'une dissolution dont elle ne s'est jamais remise, un processus bien connu en Europe. En quelques années, en observant ce qui se produisait au Venezuela depuis la mort de Chavez, j'ai revécu la crise des années 7O, quand la gauche européenne, qui malgré ces divergences, formait une grande famille capable de s'unir contre un ennemi commun est devenue le champ des zizanies internes qui l'ont rendu inefficiente.

Le mois dernier, à Miami, Trump a lancé sa grande croisade contre le Socialo-communisme international. Un climat de chasse au sorcière, alimentée par une intense diffusion de propagande rallie les adeptes de l'éradication de la gauche, requalifiée de peste, dans le monde. Xi Jinping sa propre croisade, son rêve pour le monde, un Nouvel Ordre Mondial, sous hégémonie chinoise. Tout un programme de « rééducation » des consciences et de maîtrise des ressources de la planète dont les chinois seraient les bénéficiaires privilégiés. Encore une fois, un sujet bien mieux documenté en espagnol qu'en français. En tout cas en ce qui concerne la meilleure des sources, les déclarations de Xi en personne.

Le problème auquel je dois faire face, comment - au milieu des experts qui débattent du Venezuela en s'apprêtant à compter les morts des deux camps comme autant de victoires, d'investissement de part et d'autre pour des projets de monde que refusent la majorité des habitants de la planète – faire entendre les voix multiples du peuple du Venezuela qui ne soutient ni Guaido, ni Maduro et qui est le grand oublié des débats qui se tiennent à son sujet ? C'est un problème récurrent. On peut observer le même phénomène partout dans le monde, des options politiciennes désavouées par les peuples s'imposent alors qu'inexorablement TINA « There is no alternative » au Nouvel Ordre Mondial avance contre la volonté de la majorité des habitants de la planète.

Poutine, comme Xi, l'a affirmé dans ses discours de politique étrangère. Il souscrit totalement au principe de l'établissement d'un Nouvel Ordre Mondial, mais il souhaite que sa mise en œuvre soit plus « raisonnable » que celle appliquée par les USA. Je pense que contrairement à Xi, il n'a pas les moyens de se porter candidat à l'hégémonie. Son combat est celui d'un partage équitable des marchés entre Corporations Russes, Chinoises et US. Pour chacune de ces versions de l'Ordre, les peuples sont des réservoirs de main d’œuvre et des créateurs de richesses, qui ne leurs sont destinées que dans la mesure où cela favorise la Paix Sociale et la Productivité. Des miettes. Chacun de ces projets aussi implique la création d'une catégorie de citoyens privilégiés qui reçoivent de belles miettes du gâteau terre, alors que le reste de la population est réduite à un statut d'infra-humanité. C'est un raccourci, mais on peut le voir aux USA par exemple, avec les dizaines de milliers de fois où se reproduit cette scène horrible, des personnes agonisent dans les affres du manque crée par de nouvelle drogues pharmaceutiques, héroïne X 10, au milieu des tentes et autres abris de fortune qui sont devenus le mode de vie de la population sans cesse croissante des sans abris, parmi laquelle on retrouve plus de 50 000 vétérans.

Si le socialisme réel a été un échec, le capitalisme ne vaut pas mieux. Un des travail de sape de la conscience populaire menée par la CIA et agences apparentées dans le monde a été de créer une polarisation des peuples qui conduit à la guerre entre voisins, à la guerre entre frères, pendant que les Maîtres accaparent les ressources du pays. Il fallait aussi rendre toute existence d'une Europe forte et unie impossible, l'Europe comme annexe des lobbyistes de Washington, chargée d'ouvrir de nouveaux marchés pour les Transnationales US. Pourtant face à la crise du Venezuela l'Europe ébauche une position indépendante et rebelle : pas d'intervention militaire; Pour le Venezuela il faut une solution pacifique. Ce qui lui a valu d'être déclarée par Trump, ennemie des USA. Va-t-on changer de maîtres, de satellite des USA à subordonnés de la Russie ou vassaux de la Chine ? Notre sort est intimement liés à celui de l'Amérique Latine, dont le potentiel et la pratique de Résistance et l'intelligence collective sont à présent bien plus vitaux, énergiques que les nôtres.

C'est cela aussi, le Nouvel Ordre Mondial, une interdépendance accrue entre chaque point du globe, une interdépendance centralisée dont le programme 5G représente le modèle le plus aboutit, antennes, relais et caméras intelligente partout, C'est la Chine qui domine ce Marché qui a pour enjeu le contrôle du monde. On attendait Big Brother, c'est Big Sister qui se pointe encore bien plus redoutable, issue d'un pays où le lavage de cerveau est une pratique de masse, fruit d'une déjà longue expérience.

Le Venezuela pourrait devenir un modèle de résistance. Pas de quoi se réjouir cependant, parce qu'il le paye très cher en terme de souffrance, infligée volontairement par tout ceux qui veulent le réduire à une masse soumise, Maduro, Guaido, les USA ou la Chine - qui en a déjà accaparé les ressources, l'usure chinoise bénéficie de l'expérience du Plan Marshall et autres USAID : Comment s'approprier un pays en l'amenant à s'endetter au-delà de ses capacités de remboursement, tout en jouant les gentils bienveillants. Tous sont d'ores et déjà les bourreaux du Venezuela.

Voilà pourquoi, bien que je suive attentivement le déroulement des événements, j'ai du mal à les rapporter. Cela n'a rien de réjouissant. Je ne veux pas compter les points, personnes sacrifiées pour l'intérêt d'autrui. La question aujourd'hui est au Venezuela comme ailleurs : Comment unir les populations qui sont les victimes d'intérêts impérialistes de toutes parts ? Comment construire leur (notre) statut de sujet politique (souveraineté populaire) à part entière ?

La réponse au Venezuela, je la trouve dans les Communes. Pas celles socialistes placées sous la domination du Parti, mais dans toutes ces expériences communales spontanées, vivantes et pleines d'espoir, quand des voisins s'organisent pour se donner ensemble les moyens de vivre au mieux, de résister ensemble aux effets de la crise. C'est le premier sourire depuis le début de ce texte, je vois les voisins de barrios de Caracas qui organisent la distribution de l'eau, les familles paysannes qui reprennent les terres oisives de l'état et leurs installations vandalisées, des projets initiés au temps de Chavez que Maduro a littéralement saboté, destruction de l'agriculture paysanne au profit d'une agro-industrie qui comme tout ce qu'il a initié est résolument improductive. Là oui, je vois de belles personnes, pleines de détermination, sourire aux lèvres et manches retroussées œuvrer ensemble pour le Bien Commun. Et elles, me donnent envie de continuer malgré la tentation du désespoir, a relayer à la mesure de mes petits moyens le combat du peuple du Venezuela pour son droit à l'autodétermination. Cela ne se joue pas qu'avec des armes, cela se joue dans l'efficacité d'un quartier d'une commune où les voisins organisent la distributions de l'eau, source première de la vie. Un problème auquel nous risquons d'avoir à faire face au cours des décennies qui viennent. L'ONU met en garde, d'ici à 2030, ce sont 60 à 90% de la population mondiale qui sont menacés de manque d'eau potable.

Dans le dilemme priorité à l'Agriculture Paysanne ou Industrialisation, pays en état de Souveraineté Alimentaire ou Grande Puissance affamée,  on retrouve également un parallèle avec l'histoire maoïste de la Chine, réforme et contre-réforme agraire, jusqu'à la stérilisation des campagnes.

Quand même, avant de vouloir construire une grande puissance, établir les conditions de la Souveraineté Alimentaire est une priorité. Tout était en place pour y parvenir au Venezuela quand Chavez est mort. Tout a été détruit ou abandonné, par les choix de Maduro. Un peuple qui se donne les moyens de bien manger, ne dépend plus d'une aide de l'état qui le rend docile. Souveraineté alimentaire et souveraineté populaire vont de paire. La première chose que les USA se sont attaché à détruire en Europe, c'est l'agriculture paysanne nous livrant au bon vouloir des multinationales et de leur Super Marché. Qui détient la nourriture détient le pouvoir...

Le Venezuela est le point focal d'enjeux planétaires, Nouvel Ordre Mondial à toutes les sauces ou Souveraineté Populaire. Que va faire la Chine, dont les "investissements" au Venezuela sont menacés par la reprise en main US, ce qui ferait reculer irrémédiablement leur avancée triomphale, vitesse TGV, vers l'hégémonie mondiale ?  Des enjeux qui nous concernent.

 

Anne W

 

 

 

 

 

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 22:11

Au cœur des robots

Nous sommes à la veille d’une révolution, celle des humanoïdes. Ces robots à visage humain sont de plus en plus performants : ils marchent, voient, entendent, parlent... Un documentaire captivant et vertigineux sur les relations entre l’homme et les machines, au coeur des laboratoires où s’inventent les humanoïdes de demain

Robot et son double humain

Robot et son double humain

Après avoir regardé un reportage sur le grand défilé des armées de Xi ; son playmobil géant, qui fait froid dans le dos, où les humains s’effacent pour se faire mécaniques, j’ai fait une plongée dans le monde, au Japon, où les robots ressemblent toujours d’avantage à des plus qu’humains.

Alors qu’aux USA, à la fin du reportage la robotique, tournée vers des fins militaires, se penche sur « le droit de tuer chez les robots autonomes »…

Devenir mécanique de l’humain et devenir humain du robot, deux dimensions du monde qui coexistent alors que l’humain jamais n’est devenu pleinement humain. Au meilleur de lui-même. Au contraire l’humanité chaque jour se dissout d’avantage dans un pire de bien mauvaise augure.

Alors, après nous les robots ?

Les playmobils de l'armée de Xi

Les playmobils de l'armée de Xi

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 16:20

Les coulisses de l'Histoire | Mao, le père indigne de la Chine moderne | ARTE

Après Le monde selon Xi Jinping, un rappel de la Chine de Mao dont Xi est, aussi, l’héritier. Les USA sont en pleine décadence, et du coup, toujours plus imprévisibles et ravageurs, dans leur volonté à présent absurde, de s’accrocher à l’hégémonie mondiale. La Chine est la puissance montante. Celle qui affiche ouvertement sa volonté de prendre la tête de l’hégémonie mondiale et de diriger le destin de l’humanité. Elle conquiert du terrain sur le goban-planète, à grande vitesse, dans toutes les directions et utilise une propagande (soft power) faite sur mesure pour conquérir les cœurs et les esprits. Et beaucoup, étrangement s’y laissent prendre. Pourtant chaque jour des échos des pratiques chinoises démentent les beaux discours.

Pour comprendre la Chine de Xi, son rêve pour le monde, il faut revisiter la Chine de Mao, la démythifier.

Pour Xi « le développement économique doit d’abord passer par le totalitarisme et la stabilité, les progrès sociaux et les progrès politiques doivent venir plus tard. » Il est fier d’avoir produit une version revue et corrigée, bien plus efficiente, du projet de Nouvel Ordre Mondial version occidentale. C’est facile, il ne doit pas, lui, sauver les apparences de la démocratie, son système n’a que faire de ce concept. Et nous ?

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 13:47

Un outil incontournable pour qui veut comprendre la Chine actuelle et son ambition de devenir première puissance hégémonique mondiale. Et chaque jour elle gagne du terrain transformant la planète en un immense goban, un territoire à conquérir. Comprendre la Chine et le « rêve » de Xi Jinping, c’est comprendre qui veut nous diriger et nous dominer demain, afin de pouvoir choisir en personne bien informée si nous acceptons ou non le monde selon Xi Jinging et les concepts inhérents à cette nouvelle version (5G) d’un Nouvel Ordre Mondial duquel nul habitant de la planète ne pourrait se soustraire, auquel ne pourrait échapper car tout serait entièrement sous contrôle, le moindre lopin de terre, le moindre recoin de notre conscience.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 00:42

 

 

La souveraineté alimentaire de la Suisse mise en péril par l'accord de libre échange entre la Suisse et la Chine

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(Genève, le 9 décembre 2013) Le 6 juilliet la Suisse a signé un accord de libre-échange avec la Chine. Les jubilations et hochements approbateurs de l'ensemble de la classe politique laissent songeurs. Le soutien de l'Union Suisse des Paysans est encore plus incompréhensible. Alors que cette organisation s'active pour défendre la sécurité de l'approvisionnement, elle ne craint pas de s'enliser dans des contradictions insurmontables en soutenant cet accord de libre-échange. 

En Suisse, à l'envers de tout bon sens, l'idée maîtresse en matière de politique agricole consiste toujours à tout miser sur le libre-échange. Bien que la croissance débridée et une concurrence illimitée ont des effets dévastateurs sur les populations, l'environnement et les systèmes politiques. Ainsi cet accord est le 27ème accord bilatéral que la Suisse a signé. Les caisses fédérales se privent de recettes douanières qu'elles devront retrouver ailleurs. Dans la foulée des taxes douanières sont remplacées par des taxations du marché intérieur. Les contribuables suisses seraient bien avisés de réfléchir aux conséquences de tels accords.

Par ailleurs, le chômage de masse européen découle en partie de la destruction de la substance industrielle européenne provoquée par ces politiques. Pendant ce temps la Chine investit dans des infrastructures européennes, tels que des ports par exemple et des industries de transformation, telles que charcuteries, laiteries, conserveries. Parallèlement elle s'engage en première ligne dans la bataille mondiale pour les terres arables. De fait, les décisions chinoises en matière de politique agricole concernent également la population suisse et il est impératif qu'au moins les organisations paysannes portent un regard critique sur la logique de libre-échange et ses effets négatifs.

 Les 800 millions de paysans chinois représentent près du tiers des paysans mondiaux. La Chine, un des berceaux de l'agriculture, possède un héritage d'une culture agricole florissante*. Cette haute culture paysanne est cependant sujette à une destruction systématique. Cette tendance s'intensifie  plus particulièrement depuis le début de la réforme en 1978 par la mise en place forcée d'une agriculture industrielle. La Chine continue d'être un système de ségrégation dans lequel les droits paysans sont fondamentalement niés: pas de liberté d'organisation syndicale, pas de justice économique (taxations arbitraires, revenu de moitié inférieur au revenu médian), pas de droit à l'accès à la terre (expulsions), pas de liberté de mouvement à l'intérieur de la Chine (passeport intérieur).

Malgré cela un des plus grands mouvements migratoires mondiaux se déroule en Chine. Depuis trois décennies près de 280 millions de paysans ont quitté les zones rurales pour les zones urbaines. Ils y travaillent en tant que migrants illégaux, dépourvus de droits sociaux et de scolarisation pour leurs enfants dans l'industrie d'exportation. Avec sa population de près de 1,4 milliards la Chine est le plus grand marché alimentaire mondial. Elle ne possède cependant que 9% des réserves d'eau potable et 8% des surfaces agricoles utiles.

Pour le gouvernement chinois, il s'agit de garantir un approvisionnement bon marché en viande de porc et de volaille pour les populations urbaines. L'alimentation de 700 millions de porcs représente un défi énorme. Ces dernières années la Chine est devenu le plus grand importateur mondial de soja et de maïs. Ces importations ont provoqué des changements dramatiques. Ainsi 30 millions d'hectares, accaparés dans le cône sud de l'Amérique Latine ont été transformés en monocultures de soja pour la production d'aliments bon marché. Les plus grands élevages de porcs et de volailles se trouvent en Chine. Dans ce contexte se situe la chute des prix à la production à laquelle font face les paysans chinois. Cette évolution a poussé des millions de paysans à abandonner leur ferme au seul profit  des grandes sociétés. 

Les effets sont déjà palpables et s'accentuent: pollution des eaux et des sols, émissions croissantes de gaz à effet de serre, résistance aux antibiotiques, destruction de la biodiversité génétique, problèmes de sécurité alimentaire et de régime alimentaire, maladies chroniques, frais médicaux en rapport avec le développement et la diffusion d'épizooties, oppression des petits paysans et l'accroissement des inégalités entre les pauvres et les riches. Ceci devrait être de bonnes raisons pour impulser un changement de cap afin de garantir à long terme et durablement tant la sécurité alimentaire que le développement. Selon le rapport agricole mondial la poursuite des politiques agricoles actuelles n'est pas une option. Il faut des solutions pour une agriculture productive, écologique et sociale. En vue de la limitation des terres cultivables, des défis climatiques et d'alimentation, l'alternative est une agriculture multifonctionnelle, locale et de petite structure. Il n'y pas qu'en Chine où les politiques agricoles et alimentaires doivent orienter les conditions cadres des marchés dans cette optique. Les petits producteurs occupent une position clé dans le système alimentaire chinois et ils ont besoin d'être soutenus pour le développement d'un avenir durable. En reconnaissant ces faits, au lieu de s'adonner à une jubilation aveugle en faveur du libre-échange, le Conseil fédéral et l'Union Suisse des Paysans pourraient apporter leur contribution à la solution des ces questions d'importance globale.

Uniterre. 

*King, Farmers of Forty Centuries, Or Permanent Agriculture in China, Korea, and Japan, 1911

 

Source : La souveraineté alimentaire de la Suisse mise en péril par l'accord de libre échange entre la Suisse et la Chine

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