13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 21:42

 

 

 Un petit retour sur le passé, à la recherche d'autres pièces du puzzle. Des choses que beaucoup d'entre nous savent déjà, mais qu'il n'est pas mauvais de rappeler, des racines du présent qui peuvent nous aider à mieux comprendre ce qui se trame aujourd'hui. Tant il semble parfois que seul ceux qui ont appris l'histoire dans  les films de Walt Disney et autres Hollywood productions, où dans les programmes strictement dirigés de l'enseignement officiel peuvent ignorer que depuis des décénnies s'opérentune élimination systèmatique de ceux qui résistent à l'emprise hégémoniste de cet empire qui vise la domination du spectre total... spectre étant un mot qui lui ressemble. Nous ne sommesplus ici dans une histoire de couleur politique, mais bien dans la mise en évidence de ces fils qui tissent la trame du passé et servent de racines à l'avenir, Une petite prospection dans les archives de Voltaire, un texte d'avant le 11 septembre, une date fort surinvestie, un élément parmi d'autres qui n'a pris une telle ampleur que parce que chacun y a mis du sien pour la lui accorder, or de tout sens de la réalité qui nous dit que les morts des deux tours et les quelques dégâts latériel sont bien peu de choses à côtés des crimes, tortures et perversions pratiquées par ceux qui en ont pris prétexte pour intensifier leur marche hégémoniste. Le 11 septembre aurait du garder sa vraie dimension, celle d'une anectode dans une guerre longue et terriblement meurtrière et dans la genèse de ses Forces d'Opérations Spéciales telles qu'elles sont conçues et fonctionnent à présent dans une étroite collusion avec les métastases du nazisme à travers la planète.

 

 

Contrôle des démocraties

Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains


Suite aux enquêtes de deux juges vénitiens, le président du Conseil italien confirme en 1990 l’existence du réseau Gladio. Ce réseau émane d’une structure beaucoup plus vaste, le « stay-behind », mis en place par les américains après la seconde guerre mondiale pour lutter contre l’influence communiste. Les citoyens des démocraties occidentales sont-ils réellement libres de leurs choix ?

 

Réseau Voltaire | Paris (France) | 20 août 2001 ligne-rouge.gif

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Les réseaux d’ingérence américains


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Chargés d’instruire les affaires du crash d’un avion militaire secret, en 1973, à Maghera, et celle d’un attentat à la voiture piégée, à Paetano, les juges vénitiens Felice Casson et Carlo Mastelloni recueillent des témoignages et des documents tendant à prouver qu’un gouvernement secret contrôlerait l’Italie dans l’ombre des institutions officielles. Alors qu’ils convoquent en leur cabinet plusieurs dirigeants politiques du pays, le président du Conseil, Giulio Andreotti, rend publique le 27 octobre 1990 une déclaration authentifiant l’existence d’une telle superstructure, le Gladio : « Après la Seconde Guerre mondiale, la peur de l’expansionnisme soviétique et l’infériorité des forces de l’OTAN par rapport au Kominform conduisirent les nations d’Europe de l’Ouest à envisager de nouvelles formes de défense non conventionnelles, créant sur leur territoire un réseau occulte de résistance destiné à œuvrer en cas d’occupation ennemie, à travers le recueil d’informations, le sabotage, la propagande, la guérilla [...] À la lumière des événements récents et significatifs qui ont bouleversé l’Europe de l’Est, le gouvernement s’impose de revoir toutes les dispositions en matière de guerre non orthodoxe et de promouvoir toute initiative propre à vérifier, tant sur le plan politique que sur celui de la technique militaire, l’actuelle utilité et la validité des systèmes de protection du territoire national ».

Les révélations fracassantes de Giulio Andreotti débouchèrent sur une pénible question : tout au long de la guerre froide, les démocraties occidentales ont-elles été manipulées par les services spéciaux de l’Alliance atlantique, au point que la démocratie elle-même n’aurait été qu’un simulacre ? Pour y répondre, des commissions d’enquête parlementaires ont été constituées en Italie [1], en Suisse [2] et en Belgique [3]. Le résultat de ces investigations [4] est si pénible que d’autres États, comme la France, ont préféré s’enfoncer dans la dénégation.

L’existence des stay-behind était pourtant un secret de polichinelle. En 1952, la presse allemande avait révélé les activités d’un groupe d’extrême droite, le Bundesdeutscherjungend, dont les militants, armés par les services secrets de l’Alliance atlantique, préparaient l’assassinat des principaux leaders de la gauche en cas d’invasion soviétique. L’Alliance entendait ainsi prévenir la constitution d’un gouvernement fantoche imposé par l’Armée rouge.

Le réseau stay-behind est mentionné, en 1976, dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire américaine sur la CIA présidée par le sénateur Frank Church [5]. Des informations plus précises ont été rendues publiques, en 1978, par l’ex-chef des stay-behind et ex-patron de la CIA, William Colby, dans son autobiograhie [6]. De nombreux détails ont été publiés, en 1982, par le colonel Alfred H. Paddock [7], ancien commandant du 4e Groupe d’action psychologique. Toujours en 1982, l’enquêteur du Bureau des investigations spéciales [8], John Loftus, a révélé les conditions de recrutement des stay-behind parmi les agents nazis. Le journaliste et historien Gianni Flamini a décrit leur action en Italie dans son monumental ouvrage [9] (1981 à 1984). Enfin, la redéfinition des actions du stay-behind a été officiellement analysée lors d’un colloque organisé, en 1988, par l’US National Strategy Information Center [10].

Aussi abondante qu’elle soit, cette documentation reste parcellaire et donne une image biaisée du système. Des documents du département d’État américain, ultérieurement déclassifiés et publiés, la complètent utilement et font apparaître un dispositif global d’ingérence dans la vie démocratique des États alliés bien plus large que les seuls stay-behind.

Retracer la formation et l’histoire du plus secret des services secrets n’offre pas seulement un intérêt rétrospectif pour la face cachée de la politique occidentale depuis 1947. Ce service, dont l’existence n’a été reconnue que pour affirmer qu’il appartenait au passé, ne serait-il pas toujours actif ? Alors qu’il était censé n’avoir jamais existé, il a officiellement été dissous trois fois : d’abord en 1952, puis en 1973, enfin en 1990. Et, s’il est toujours actif, manipulant en sous-main les institutions publiques, les démocraties occidentales ne sont-elles que des leurres ?

La création du stay-behind

Pour répondre à ces questions, un retour historique s’impose. Dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, un service de contre-espionnage américain, la branche X2 de l’OSS (Office of Strategic Services), fut chargé de localiser les agents nazis restés sur place après le repli de la Wehrmacht : les « stay-behind ». Plutôt que de les arrêter et de les fusiller, James Jesus Angleton, patron du X2, et le général William J. Donovan, directeur de l’OSS, décidèrent d’en retourner le plus grand nombre et de les enrôler en vue de la Guerre mondiale suivante, celle qui opposerait le « monde libre » au « péril communiste » [11]. Il fallait faire vite, avant que les mouvements de résistance n’identifient eux aussi les stay-behind et ne les épurent.

Cette opération débuta en Italie avec le retournement du chef des escadrons de la mort (Decima Mas), le prince Valerio Borghese, qui révéla les noms de ses agents pour les sauver. Puis elle fut conduite dans tous les territoires anciennement occupés par le Reich. Ainsi, les stay-behind français furent identifiés et recrutés après le retournement du secrétaire général de la police, René Bousquet. À la capitulation de l’Axe, l’opération fut étendue à l’Allemagne elle-même jusqu’à retourner le général Reinhard Gehlen, ex-chef du service secret de la Wehrmacht sur le front de l’Est. Après dix mois de « traitement » aux États-Unis par Frank G. Wisner, Gehlen fut amnistié et se vit confier la création et la direction du Bundesnachrichtendienst (BND), le service secret de l’Allemagne fédérale [12]. L’opération fut planifiée par Allan Dulles, alors chef de poste de l’OSS à Berne. Il s’appuya sur les contacts informels qu’il avait eus, depuis la mi-1942, avec deux tendances du parti nazi en vue de conclure une paix séparée [13]. Les agents nazis, fascistes et oustachis, dont les fonctions étaient publiques ne pouvaient être réemployés en Europe. Ils furent donc déplacés en Amérique latine où ils pouvaient être utilisés. Leur exfiltration fut réalisée par le Saint-Siège, qui partageait leur logique, sous la responsabilité de Mgr Giovanni Battista Montini [14]. En France, le tri des agents de nationalité allemande fut opéré au camp d’internement du Coudray-Morancez (Eure-et-Loir), sous le couvert du séminaire de l’abbé Franz Stock [15].

En 1946, le président Harry S. Truman s’attela à la reconversion de l’économie et des institutions de guerre américaines. Prenant acte des difficultés que son pays avait rencontrées pendant la Seconde Guerre mondiale, il décida de doter les États-Unis d’une industrie de guerre et de services secrets permanents. Cette décision était légitime au regard de l’improvisation dans laquelle son pays s’était trouvé pendant le conflit, elle révélait aussi la difficulté de reconvertir l’énorme machine de guerre américaine à l’économie de paix. Truman dut faire face à de vives oppositions politiques, des deux bords, pour faire entériner sa décision. Selon les préconisations du général William J. Donovan, directeur de l’OSS, la nouvelle Agence centrale de renseignements (CIA) devait se substituer partiellement aux services de la Marine, de l’Armée de terre, et du Secrétariat d’État. Elle ne devait pas se contenter de recueillir des renseignements, mais devait aussi pouvoir agir à l’étranger, en violation de la souveraineté des États. Si Truman valida la première proposition, il renonça à la seconde. Officiellement, le National Security Act, validé par le Congrès en 1947, pérennise en temps de paix un dispositif militaire général qui comprend une agence de renseignements extérieurs, la CIA, dénuée de toute compétence pour conduire des « opérations spéciales ». L’Organisation Gehlen en Allemagne et le réseau stay-behind dans toute l’Europe n’avaient donc plus de raison d’être et auraient dû être démantelés.

Néanmoins, à l’occasion de débats sur les conditions d’occupation de l’Allemagne vaincue, la conférence des ministres des Affaires étrangères à Moscou montra qu’il était impossible aux pays tiers de ne pas se positionner dans le conflit USA-URSS. La première, la France choisit son camp, celui des Anglo-Américains. C’était le début d’une guerre non déclarée et sans opérations militaires conventionnelles, la guerre « froide ». Revenant illégalement sur la décision du Congrès, Harry S. Truman institua en secret un nouveau service pour conduire des opérations de guerre en temps de paix. L’Organisation Gehlen et le réseau stay-behind en fournirent immédiatement les fondements.

La seule base juridique des opérations spéciales est la National Security Council Directive on Office of Special Projects (NSC 10/2) du 18 juin 1948. Classée top secret, elle n’a été rendue publique que cinquante ans plus tard [16]. Cette directive stipule que les opérations du réseau seront planifiées et conduites sous l’autorité d’un Bureau administrativement rattaché à la CIA et, en temps de guerre, en coordination avec l’état-major. Le chef de ce bureau est nommé par le secrétaire d’État, agréé par le directeur de la CIA, puis confirmé par le Conseil national de sécurité. Initialement, ce Bureau disposait d’une autonomie complète et n’était rattaché à la CIA que pour bénéficier d’un financement légal. En cas de désaccord entre le Bureau d’une part, et directeur de la CIA d’autre part, ou le Secrétaire d’État, ou encore le Secrétaire à la Défense, le litige ne pouvait être tranché que par le Conseil national de sécurité. Chaque autorité concernée devait désigner un officier de liaison auprès du Bureau et lui transmettre toute information requise, de sorte que le secret de l’existence même du Bureau fut conservé. La compétence du Bureau est ainsi définie : « Toutes activités, conduites ou favorisées par le Gouvernement contre des États ou des groupes hostiles, ou de soutien d’États ou de groupes amis, mais qui sont planifiées et exécutées de sorte que la responsabilité d’aucun Gouvernement [successif] des États-Unis ne puisse apparaître aux personnes non-autorisées, ou que, si elles sont découvertes, le Gouvernement des États-Unis puisse en dénier plausiblement la responsabilité. Précisément, de telles opérations comprennent toute activité secrète en relation avec : la propagande ; la guerre économique ; l’action préventive directe, incluant le sabotage, l’anti-sabotage, les mesures de destruction et d’exfiltration ; la subversion d’États hostiles, incluant l’assistance aux mouvements de résistance, aux guérillas locales et aux groupes de libération en exil ; et le soutien aux éléments anticommunistes locaux dans les États menacés du monde libre. Ces opérations ne comprennent pas les conflits armés conduits par des forces militaires reconnues, l’espionnage, le contre-espionnage, la couverture ou la tromperie pour des opérations militaires ».

L’organisation interne du réseau a été définie dans un mémorandum secret, rédigé par le premier directeur du Bureau à l’attention du directeur de la CIA [17]. Il est divisé en cinq groupes fonctionnels :
- le Groupe de guerre psychologique (presse, radio, rumeurs, etc.) ;
- le Groupe de guerre politique (aide à la résistance dans les États communistes, aide aux mouvements en exil, aide aux mouvements anticommunistes dans les pays libres, encouragement aux transfuges) ;
- le Groupe de guerre économique (empêchement d’achat de fournitures, manipulation des marchés, marché noir, spéculation sur les monnaies, contrefaçon, etc.) ;
- le Groupe d’action directe préventive (aide aux guérillas, sabotage, contre-sabotage, destruction, exfiltration, stay-behind) ;
- le Groupe « divers ».

Pour Truman et son équipe, la nouvelle guerre n’est pas de type conventionnel et n’oppose pas les États-Unis à l’URSS, mais elle est politique, économique et psychologique et oppose l’Occident au communisme. L’intérêt des États-Unis devient la défense des valeurs de ses « pères fondateurs » [18], donnant ainsi une dimension religieuse, sinon mystique, à la guerre froide. Tous les moyens doivent être mobilisés pour que les Occidentaux se reconnaissent dans le camp américain, s’identifient au « monde libre », se préparent à se sacrifier pour lui.

Le stay-behind n’est qu’une arme particulière dans cette croisade. L’expression « stay-behind » était utilisée par les services britanniques pour désigner ses agents restés en arrière de la ligne de front. Ils pouvaient avoir pour mission d’organiser une résistance locale en bénéficiant du parachutage d’armes et de moyens de transmission. Pendant la guerre froide, l’idée de ne pas attendre une occupation soviétique de l’Europe occidentale pour y préparer l’infrastructure de réseaux de résistance parut logique. De même l’idée de recruter, pour un réseau atlantiste de ce type, des anticommunistes habitués à l’action secrète allait de soi. Outre les agents nazis retournés par l’OSS, Carmel Offie continua à recruter des personnels dans les milieux d’extrême droite pour la nouvelle structure américaine. Concernant la faction ultramontaine [19] des catholiques, les Anglo-Américains passèrent un accord global avec le Saint-Siège par l’entremise du cardinal Francis Spellman.

Développement du stay-behind

Si les stay-behind avaient pour seule finalité de préparer la résistance en cas d’occupation, chaque État aurait pu s’en doter, de sa propre initiative et sous sa seule autorité. Mais dans la mesure où l’on considérait que les communistes occupaient déjà partiellement, sur le plan idéologique tout au moins, l’Europe occidentale, il devenait indispensable que les stay-behind échappent à des gouvernements dans lesquels l’ennemi pouvait entrer par la voie électorale à tout moment.

Forts de ce raisonnement, des accords tripartites furent signés entre les États-Unis, le Royaume-Uni et chacun de leurs alliés autorisant Washington à agir sur leurs territoires à leur insu, de manière à les défendre face à l’infiltration communiste.

En 1949, les premiers accords furent intégrés dans un système multilatéral incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la France et le Royaume-Uni. Il était géré par le Comité clandestin de l’Union occidentale (CCUO). Suite à la signature du Traité de l’Atlantique-Nord, ce système fut ouvert à de nouveaux États, et plus tard encore à des États neutres géographiquement situés aux marges de l’OTAN. Le CCUO devint alors le Comité clandestin de planification (CPC, Clandestine Planning Committee) puis, en 1958, le Comité allié de coordination (ACC, Allied Coordination Committee).

Le fondement juridique de ce dispositif est fourni par des protocoles secrets du Traité de l’Atlantique-Nord. Il n’est pas intégré pour autant à l’Organisation du Traité (OTAN), de sorte que le retrait français de l’OTAN (1966-95) n’a nullement impliqué son retrait du dispositif. La supervision du CCUO-CPC-ACC est assurée par les Anglo-Américains qui se sont réparti des zones d’influence : aux Britanniques le Benelux et la péninsule ibérique, aux Américains, tout le reste. La présidence du Comité est « tournante », elle revient à tour de rôle à chaque État membre.

Selon le colonel Oswald Le Winter, ancien officier traitant du Gladio au sein de la CIA, les protocoles additionnels du Traité de l’Altantique-Nord stipulent notamment que les États membres renoncent à poursuivre les agissements de groupes d’extrême droite lorsque ceux-ci sont utilisés pour les besoins du service. Ces documents auraient été signés pour la France par Robert Schuman, alors président du Conseil.

Aux États-Unis, ce service secret fut initialement dénommé Bureau pour la coordination politique (OPC). Son premier directeur fut Frank G. Wisner [20]. Il a été choisi par le secrétaire d’État, le général George Marshall, sur une liste [21] de six noms établie par son conseiller George F. Keenan en relation avec Allan Dulles. Irving Brown, représentant du syndicat AFL-CIO à Paris, et Norris Chapman, diplomate en poste à Paris, y figurent. Décrivant cette période, William Colby écrit : « Débordant de dynamisme et d’intelligence, Wisner ne ménagea pas sa peine et, en quelques mois, faisant largement appel à ses anciens collègues de l’OSS, mit sur pied, dans le monde entier, une espèce de nouvel ordre des Templiers, chargé de défendre la liberté occidentale contre l’obscurantisme communiste... et la guerre ».

Au début des années cinquante, le général Walter B. Smith, nouvellement nommé directeur de la CIA, exigea que le Bureau ne soit pas seulement administrativement rattaché à l’Agence, mais qu’il soit subordonné à son autorité. Il finit par obtenir sa fusion avec la Direction de la planification de l’Agence, en août 1952. Les autorités américaines admirent à cette occasion que l’OPC avait existé et prétendirent qu’elles venaient de le dissoudre. Elles ne pouvaient en effet reconnaître la fusion puisque les activités de l’ex-OPC restaient illégales. Le général Smith s’adjoignit le concours d’Allan Dulles, ex-chef de l’OSS et frère du secrétaire d’État John F. Dulles.

En contrepartie de sa perte d’indépendance, Frank G. Wisner disposa de moyens accrus, notamment d’un Centre de guerre psychologique, installé à Fort Bragg sous le commandement du major-général Robert A. McClure. Ce Psychological Warfare Center prit ultérieurement le nom de Special Warfare School (1956-68), puis d’Institute for Military Assistance (1969-83), et enfin de John F. Kennedy Special Warfare Center and School (depuis 1983). Fort Bragg est devenu l’une des plus importantes bases militaires dans le monde. C’est là que stationnent les unités spéciales, les « bérets verts ».

Selon le rapport Church, le réseau disposait déjà, en 1952, de trois mille collaborateurs, de quarante-sept postes à l’étranger et d’un budget annuel de deux cents millions de dollars. Wisner a toujours revendiqué comme exploits de son service la création de syndicats non communistes en Europe (1947-50), le renversement de Mossadegh en Iran (1953) et celui de Jacopo Arbenz au Guatemala (1954). Des opérations moins probantes ont été conduites en Albanie, en Ukraine, en Pologne et en Corée [22]. L’OPC étendait donc ses activités hors d’Europe.

En 1958, Richard M. Bissell succéda à Frank G. Wisner. Puis, Richard M. Helms, Desmond Fritzgerald, Thomas H. Karamessines et William E. Colby.

Depuis 1968, le Comité de liaison (CCUO-CPC-ACC) a été renforcé, selon une articulation et des modalités obscures, par une réunion annuelle de contact des services secrets européens, le Club de Berne.

En mars 1973, le dispositif fut à nouveau remodelé et la Direction prit sa dénomination actuelle de Direction des opérations. Elle fut dirigée par William Nelson, puis William Wells, John N. McMahon, Max C. Hugel, John H. Stein, Clair E. George, Richard F. Stolz. C’est dans cette période que les activités du stay-behind furent renforcées en Amérique latine. Une coordination des services argentins, boliviens, chiliens, etc. est mise sur place pour terroriser et éliminer les leaders des oppositions. Cette coordination peut compter sur le soutien des stay-behind espagnols, français, portugais, etc. pour espionner et assassiner ceux qui s’enfuient en Europe. C’est l’opération Condor, dont la direction opérationnelle est confiée à Klaus Barbie. Les responsables militaires latino-américains du stay-behind furent formés à l’US School of Americas de Fort Benning (Géorgie), devenue en 2001 Western Hemispheric Institute for Security Cooperation (WHISC) par des professeurs provenant de Fort Bragg. L’École des Amériques a été vivement critiquée après la publication de ses manuels internes et la révélation des cours de torture qui y étaient prodigués.

Simultanément, le stay-behind met en place une organisation internationale politico-militaire, la loge Propaganda Due (P2), régulièrement affiliée au Grand Orient d’Italie. Elle sert d’instrument privilégié pour articuler guerre politique et opérations spéciales. Licio Gelli, le grand-maître de la P2, avait été l’officier fasciste de liaison entre l’X2 de l’OSS et la Decima Mas du prince Valerio Borghese lors de la constitution du stay-behind en Italie. Son association réunissait plusieurs milliers de personnalités du monde de la politique, des armées, de la finance, de l’Église et des arts, dont neuf cent vingt-trois Italiens. Gelli était devenu un personnage central du dispositif atlantiste au point de figurer comme invité spécial aux cérémonies d’investiture de Bush, Carter et Reagan. La P2 établissait un pont entre les stay-behind et les agents des autres groupes du dispositif. Elle a été dissoute et ses membres font l’objet de diverses poursuites judiciaires aussi bien pour leur implication dans des tentatives de coups d’État que pour leur rôle dans la faillite du Banco Ambrosiano. Seules les listes des membres italiens et argentins de la loge ont été publiées.

Selon nos informations, la loge P2 a été reconstituée sous le couvert d’une ONG suisse de jumelage de communes dans le monde. Cette association disposant d’un statut consultatif auprès des Nations Unies, le fils de Licio Gelli, qui en assure la présidence, a pu participer à la dernière assemblée générale de l’ONU.

En 1986, les armes du Gladio, enfouies dans des conteneurs disséminés dans toute l’Europe, furent remplacées. Le réseau fut doté du matériel de transmission crypté le plus sophistiqué, le Harpoon. Ces acquisitions furent facturées par les Américains à chaque État membre.

En 1990, éclata en Italie le scandale du Gladio. Officiellement les stay-behind furent dissous partout en Europe. En réalité, ils continuèrent à fonctionner sans rien changer, sous le commandement de Thomas A. Twetten, puis de David Cohen.

Actuellement, le « Maître plan » du Pentagone prévoit de séparer à moyen terme les activités de guerre politique, économique et psychologique, des opérations spéciales. De la sorte, les militaires ne seraient plus cantonnés à des opérations commandos, mais pourraient s’investir massivement dans la guerre spéciale, qui reste en temps de paix sous contrôle du Département d’État. Il semble néanmoins que cette restructuration soit difficile à mettre en œuvre. (cette option a été abandonnée, au profit des structures conjointes sous direction des opérations spéciales, du Pentagone et du président. Anne)

En outre, le développement d’une formation aux Affaires civiles à Fort Bragg a pour objet de préparer des personnels aptes à administrer des territoires occupés, dans le cadre de missions de maintien de la paix, et à y maximiser l’influence américaine [23].

Le stay-behind français

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Les dirigeants internationaux de l’AFL-CIO
A droite, Irwing Brown (1911-1989), responsable du stay-behind pour les milieux de gauche et étudiants en Europe. Il se vantait d’avoir financé aussi bien l’UNI que la MNEF et d’avoir formé personnellement Jean-Christophe Cambadélis et Lionel Jospin.

Pour ce qui concerne la France, en 1947, James J. Angleton prit contact avec Henri Ribière, le patron du SDECE. Ribière, qui revenait de déportation, étant malade, c’est son adjoint, le colonel Pierre Fourcaud, qui transmit la proposition au premier président du Conseil de la IVe République, Paul Ramadier, qui l’accepta. Le 4 mai, Ramadier renvoya les ministres communistes de son cabinet, puis il autorisa le ministre des Affaires étrangères, Georges Bidault, à négocier un accord militaire secret avec les États-Unis. Des discussions furent conduites par le général Pierre Billote et le général George Marshall, de décembre 1947 à mai 1948, dans un fort près de New York.

Selon les accords conclus, seul le président du Conseil est tenu informé de l’activation du « stay-behind » local, d’abord dénommé « Mission 48 », puis « Arc-en-ciel » [24]. Il peut se faire communiquer les noms des agents opérant sur son territoireen envoyant un émissaire consulter la liste mise à jour à son attention au siège de la CIA américaine ou de l’Intelligence Service britannique. Le réseau comprend une cellule occulte au sein des principaux services militaires officiels (Sécurité militaire, services extérieurs, etc.) et civils (Renseignements généraux, Secrétariat général de la Défense nationale, etc.). Ainsi, lors de la création du stay-behind, le service 259/7 du SDECE, dirigé par Jacques Locquin, reçoit comme instruction de préparer l’exfiltration du gouvernement vers l’Afrique du Nord en cas d’invasion soviétique. De même, le chef des forces françaises d’occupation en Allemagne, le général d’armée Pierre Kœnig, est chargé de mettre en place des nœuds d’interception le long des axes potentiels de pénétration de l’Armée rouge.

Les agents sont recrutés sur le double critère de la compétence et de l’anticommunisme. Compte tenu des réseaux cagoulards [25] du colonel Pierre Fourcaud, il peut s’agir aussi bien d’anciens résistants que d’anciens agents nazis retournés et recyclés. Ils peuvent recevoir une formation commando au sein de la 11e Brigade parachutiste de choc à Cercottes (Loiret). Cette unité est constituée par le capitaine Paul Aussaresses. Selon la hiérarchie officielle, elle dépend du service Action des services secrets extérieurs (SDECE) placé sous le commandement du colonel Jacques Morlanne [26] mais, selon la hiérarchie occulte, elle dépend de l’OTAN par l’entremise du lieutenant-colonel Jacques Foccart. Éventuellement, à partir de 1952, les agents peuvent recevoir une formation complémentaire en guerre psychologique au Psychological Warfare Center de la CIA à Fort Bragg (Caroline du Nord). Une cellule du stay-behind, liée au SDECE, le « Brain Trust Action », est subordonnée à l’« Executive Action » de la CIA, pour exécuter des meurtres politiques. Pour permettre à des civils de se former au 11e Choc, le ministre des Anciens combattants, François Mitterrand, autorise l’utilisation de l’Association des réservistes volontaires parachutistes (ARVP). Et pour faciliter leur disponibilité, les Américains proposent des emplois de couverture. Par exemple, deux responsables régionaux du stay-behind, Gilbert Beaujolin et François Durand de Grossouvre (alias « Monsieur Leduc »), créent une société commerciale qui bénéficie aussitôt de la concession exclusive d’embouteillage de Coca-Cola [27].

Des cellules du réseau sont installées à l’abri de structures acquises à la lutte anticommuniste. Ainsi le groupe de l’ex-milicien Paul Touvier se trouve-t-il organisé au sein d’un ordre secret de chevalerie, la Militia Sanctæ Mariæ ; celui d’André Voisin au sein de l’association Réconciliation française ; ou celui de Roger Patrice-Pelat à l’intérieur d’une société ésotérique, l’Ordre du Prieuré de Sion. Ces cellules peuvent être rattachées à divers organismes de l’OTAN. En général, elles obéissent au CCUO-CPC-ACC, mais elles peuvent aussi être directement subordonnées au Supreme Headquarter Allied Powers Europe (SHAPE).

En 1947, l’OPC fut impliqué dans le Plan Bleu, une tentative de libération des épurés emprisonnés à Fresnes et de renversement de la République au profit de l’amiral Paul Auphan. L’affaire ayant avorté avant d’être lancée, John Foster Dulles rencontra discrètement le général De Gaulle, en décembre, afin d’envisager avec lui une opération de ce type si les communistes gagnaient les élections. À la même période, c’est par le biais d’Irwing Brown [28] et de Carmel Offie [29] que l’OPC provoqua la scission de la CGT et la création de Force ouvrière, ainsi que l’instrumentalisation d’une dissidence trotskiste contre les communistes orthodoxes. En 1958, le Bureau organisa l’accession au pouvoir de De Gaulle. Mais c’est encore le Bureau qui, en 1961, songea à remplacer De Gaulle par un autre général et encouragea le putsch des généraux d’Alger.

À l’initiative du major belge, J-M. Bougerol et du baron Benoît de Bonvoisin [30], le Bureau a utilisé comme couverture plusieurs associations sectaires [31]. Elles étaient toutes financées par l’entremise du Public Information Office (PIO) [32] de l’OTAN à Bruxelles. Ainsi, dans les années 70, l’Ordre souverain et militaire du Temple de Jérusalem (OSMTJ) fut utilisé par Charly Lascorz et le député Claude Marcus en lien avec le SAC de Jacques Foccart ; de même pour l’Ordre rénové du Temple (ORT) de Raymond Bernard et de Julien Origas [33], puis de Luc Jouret. Enfin, l’Ordre du Temple solaire (ORT) de Luc Jouret [34] et Joseph Di Mambro.

Le 12 novembre 1990, alors que l’Italie se débattait dans le scandale Gladio, le ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, reconnu qu’un Glaive avait existé en France. Maniant la langue de bois, il assura qu’il était resté dormant et ne s’était jamais ingéré dans la vie politique intérieure. Le lendemain, le président François Mitterrand indiqua qu’il avait récemment ordonné au général Jean Heinrich [35], qui le dirigeait en qualité de chef du service Action de la DGSE, de le dissoudre.

Le stay-behind dans le monde

L’existence du stay-behind a été officiellement reconnue en Allemagne, en Autriche (réseau Schwert), en Belgique, au Danemark, en Espagne, en France (Rose des vents), en Grèce (Toison rouge), en Italie (Gladio), au Luxembourg, en Norvège, aux Pays-Bas, au Portugal, au Royaume-Uni, en Suède, en Suisse et en Turquie. Aucune investigation n’a été conduite au sein des institutions de l’Union européenne, bien que de nombreuses informations laissent à penser que le stay-behind en contrôle les rouages essentiels.

On peut citer plusieurs coups d’État, réussis ou manqués, qui peuvent lui être imputés : outre les événements de 1958 et 1961 en France, les complots Sogno et Borghèse en Italie, le coup des colonels en Grèce, celui contre Makarios à Chypre [36]. À ces opérations de vaste envergure, il convient d’ajouter de nombreuses opérations de déstabilisation politique et des assassinats comme celui du Premier ministre suédois, Olof Palme.

10_ArmeesOTAN_Web-vol.jpgPour en savoir plus : lire l’ouvrage de référence, Les Armées Secrètes de l’OTAN, par Daniele Ganser, éditions Demi-lune, 2007.

[1] Relazione sulla vicenda « Gladio » presentatat dal Presidente del Consiglio dei Ministri (Andreotti) communicata alla Presidenza il 26 febbraio 1991, Senato della Repubblica, X Legislativa, Doc XXVII, n° 6.

[2] Rapport de la Commission d’enquête parlementaire chargée de clarifier les faits d’une grande portée survenus au Département militaire fédéral, 1990.

[3] Rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur l’existence en Belgique d’un réseau de renseignements clandestin international Sénat, 1er octobre 1991, n° 1117-4.

[4] Gladio, sous la dir. de J. Willems, EPO éd., 1991 ; Gladio, Das Erbe des Kalten Kriesges, A. Müller, 1991 ; L’Affaire Gladio, les réseaux secrets américains au cœur du terrorisme en Europe, Jean-François Brozzu-Gentile, Albin Michel, 1994. Voir aussi le remarquable documentaire d’Allan Francovitch, Gladio, les meneurs de jeu, Observer Film Company, 1992.

[5] US Congress, Senate, Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Activities, Final Report, 94 th Cong., 2d sess., 1976. Des extraits du rapport Church ont été publiés en version française dans Les Complots de la CIA, manipulations et assassinats, Stock, 1976. Ils ne comprennent pas les passages relatifs au Gladio contenus dans les livres I et IV du rapport.

[6] Honorable Men, my Life in the CIA, traduit en français sous le titre 30 ans de CIA, William Colby, Presses de la Renaissance, 1978.

[7] US Special Warfare : its origins, Alfred H. Paddock, National Defence University Press, 1982.

[8] The Belarus Secret, 1982. Version française : L’Affreux secret, quand les Américains recrutaient des espions nazis. De Gehlen à Klaus Barbie. John Loftus, Plon, 1985.

[9] Il partido del golpe. Le strategie della tensione e del terrore dal primo centrosinistra organico al sequestro Moro, Gianni Flamini, Italo Bovolenta, 4 vol., 1981 à 1984.

[10] Political Warfare and Psychological Operations, Rethinking the US Approach, US National Strategy Information Center, National Defence University Press, 1989.

[11] OSS. The Secret History of America’s First Central Intelligence Agency, Tom Brower, University of California Press, 1972.

[12] L’Organisation Gehlen, Richard Gehlen, Presses de la Cité et Fayard, 1972. Une version abrégée a été publié par les éditions Saint-Clair, en 1975. Elle a été réalisée par un stay-behind, le négationniste David Irving.

[13] En violation de la Charte de l’Atlantique, l’OSS prit contact avec des dignitaires du Reich et de la Collaboration pour négocier une paix séparée USA-Allemagne et une alliance contre l’URSS. Il s’agissait en quelque sorte de renverser la logique cynique du pacte soviéto-germanique. La plupart des contacts eurent lieu à Berne, d’autres dans la péninsule ibérique. En 1942-43, Allan Dulles a notamment reçu en Suisse André Bettencourt, Pierre Guilhain de Bénouville et François Mitterrand.

[14] Futur pape sous le nom de Paul VI.

[15] Une messe solennelle a été célébrée à Chartres à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Franz Stock en présence du chancelier fédéral Helmut Kohl et du président du Sénat français, René Maunory. À cet occasion, M. Kohl a publié dans Le Monde du 25 février 1998 un hommage à l’abbé Stock, précurseur de la réconciliation européenne. Un procès en béatification a été ouvert à Rome.

[16] Foreign Relations of the United States, 1945-1950 Emergence of the Intelligence Establishment, Governement Printing Office, 1996.

[17] Op. cit.

[18] Les « pères fondateurs » sont des puritains, exilés par la Couronne britannique, venus trouver une « terre promise » dans le Nouveau monde.

[19] Les ultramontains sont des catholiques défendant la politique des papes contre les intérêts des Églises catholiques locales.

[20] Frank G. Wisner a dirigé le stay-behind de sa création à 1958. Il sombra dans l’alcoolisme et se serait suicidé en 1965. Son fils Frank Wisner II épousa Christine de Ganay (seconde femme de Pal Sarkozy) et s’occupa de Nicolas Sarkozy aux États-Unis.

[21] Mémorandum en date du 30 juin 1948 in Foreign Relations of the United States, 1945-1950 Emergence of the Intelligence Establishment, Governement Printing Office, 1996.

[22] Sur ces opérations, cf. The Use of Covert Paramilitary Activity as a Policy Tool : An Analysis of Operations Conducted by the US CIA, 1949-1951, Major D. H. Berger, US Marine Corps Command éd.

[23] Les Actions civilo-militaires. De l’urgence au développement : quels outils pour la France ?, rapport n° 3167, présenté par Robert Gaïa le 20 juin 2001, Assemblée nationale, Commission de la Défense. Ce rapport cite en exemple pour la France la cohérence de la doctrine américaine.

[24] Cf. la rubrique « stay-behind », in Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Jacques Baud, Lavauzelle éd., 1997. Voir aussi les rubriques « Opération Gladio » et « Des réseaux dormants dans toute la France » in Les Secrets de l’espionnage français de 1870 à nos jours, Pascal Krop, Jean-Claude Lattès éd., 1993.

[25] La Cagoule est un complot qui tenta de renverser la IIIe République. Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains de ses membres choisirent la Collaboration en considérant qu’ils pourraient ainsi réaliser leur projet fasciste pour la France ; d’autres, par nationalisme, entrèrent en résistance, pensant que l’Occupation était un tribut trop lourd pour parvenir à leurs fins. Sous Vichy comme à la Libération, les cagoulards se prêtèrent mutuellement assistance.

[26] Jacques Morlanne est le pseudonyme d’Henri Fille-Lambie.

[27] La distribution revient à la Société parisienne de boisons gazeuses et aux Glacières de Paris, filiales des Pastis Pernod.

[28] Éminences grises, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard, 1992 ; « The Origin of CIA Financing of AFL Programs » in Covert Action Quaterly, n° 76, 1999.

[29] Carmel Offie, qui a joué un rôle central dans l’implantation de l’OPC en France, a été écarté par les macarthistes d’une partie de ses responsabilités en raison de son homosexualité.

[30] De Bonvoisin and Co, Philippe Brewaeys et Jean-Frédérick De Liège, EPO, 1992.

[31] Faux chevaliers, vrais gogos. Enquête sur les faux ordres de chevalerie, Patrice Chairoff, Jean-Cyrille Godefroy éd., 1985. Rapport de la Commission d’enquête parlementaire visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu’elles représentent pour la société et pour les personnes, particulièrement les mineurs d’âge, Chambre des Représentants de Belgique, n° 313/7, 28 avril 1997.

[32] Le PIO a été fermé en 1978, mais ses activités subsistent sous une autre appellation. Le PIO manipulait également le NEM Club, le CEPIC, la Confrérie des hospitaliers de Notre-Dame-d’Aulne, et la Milice de Jésus-Christ.

[33] Julien Origas, grand maître de l’ORT sous le pseudonyme d’Hubert de Frankenburg.

[34] Luc Jouret, médecin homéopathe pour la galerie était paracommando belge, engagé volontaire lors de l’opération Kolwezi, en 1978. Il était membre du Gladio, rémunéré par le PIO.

[35] En 1998, le général Jean Heinrich a refusé sa 5e étoile et a démissionné des armées. Il dirige aujourd’hui la société de sécurité Géos qui emploie de nombreux anciens du 11e Choc.

[36] The Cyprus Conspiracy. America, Espionnage and the Turkish Invasion, Brendan O’Malley and Ian Graig, Tauris & Co éd., 2001

Source : .Stay-behind : les réseaux d'ingérence américains [Réseau Voltaire]

 
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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 06:59

 

Journée portes encore ouvertes dimanche 15 Juillet 16h à Fallot




Bonjour à tous, bonjour à toutes...

Voici quelques semaines que nous ne vous avons plus donné de nouvelles. Ces derniers jours ont été assez difficiles !
En effet tout s'est brutalement accéléré.

Tout d'abord où en sommes nous:

-La procédure judiciaire sensée nous laisser jusqu'à la mi-septembre s'est vue précipitée sous différentes pressions. En effet nous avons eu droit à la création d'une séance exceptionnelle pour nous juger et d'une séance exceptionnelle pour rendre le délibéré. Que d'honneurs.... !
Bref, le tribunal d'instance de Condom a rendu son verdict le 5 Juillet: Nous avons jusqu'au 20 Juillet pour quitter les lieux!
Cela malgré différents vices de formes et de fond (par exemple: Le Centre Contoloup Lavalée, propriétaire du hameau de Fallot, aurait du avant de lancer la procédure d'expulsion tenter une conciliation, selon le code des établissement publics administratifs)


Pourquoi ce silence:

Nous avons, ces dernières semaines tenté d'ouvrir le dialogue avec le directeur du centre et d'élaborer des propositions concrètes pour sortir de ce conflit.
Nous avons aussi tenté de prendre du recul sur la situation, beaucoup réfléchi et discuté de nos positions et des formes d'action à mener.
Aujourd'hui tout cela nous parait beaucoup plus clair.

Pendant ce temps:

Nous avons accueilli et accueillons encore plusieurs familles et leurs enfants que des travailleurs sociaux sans possibilité d’hébergement renvoient vers nous.
Nous avons, avec eux profité de ces dernières semaines pour continuer concrètement notre projet de Ferme Socio Expérimentale.
Nous avons mis en place un grand potager, un petit élevage, la bibliothèque , la salle de jeux, la friperie...



Aujourd'hui:


Le Directeur du Centre Cantoloup Lavallée (CCL) M.Lecocq, veut nous expulser par principe et non pour des raisons de trésorerie ou d'emplois menacés comme il le prétend depuis des semaines. Nous savons aujourd'hui que le seul acheteur sérieux qu'ils aient, n'est pas gêné par notre présence et nous propose de la prolonger après son achat sur le hameau. Nous ne bloquons donc pas la vente de Fallot, au contraire nous le valorisons en attendant qu'il soit vendu.

Si aucune urgence réelle n'existe pour nous expulser, alors pourquoi devrions nous accepter cette expulsion?
Aujourd'hui plusieurs familles et leurs enfants sensées vivre dans la rue ont trouvé refuge à Fallot, et nous expulser pour que Fallot reste vide encore plusieurs années est tout simplement inhumain.
Nous répétons que nous partirons le jour de la signature de l'acte, s'ils trouvent un acheteur.

Malheureusement le CCL refuse obstinément de nous rencontrer, de discuter et de trouver une solution amiable.

Peut être ignorent ils qu'en un peu plus de deux mois plus de 500 personnes sont passées nous rencontrer, discuter, nous soutenir, nous aider, danser chanter cultiver.....
Peut être ignorent-ils que nous avons à ce jour plus de 200 adhérents et soutiens.
Peut être ignorent ils que nous avons des soutiens tels que Emmaus, l’association Regar, le Secours Populaire, le 115 .
Peut être se réconfortent-ils à penser qu'il veulent expulser des truands.
Peut être oublient-ils que l'association La Paz, comme le centre Cantoloup est une association a vocation sociale. 
Nous allons leur prouver qu'ils se trompent et pour cela nous avons besoin de vous.

Si vous pensez comme nous que notre projet de Ferme Socio Expérimentale est indispensable à l'heure ou tout est incertain,qu'il permet par son aspect social et paysan de créer des perspectives et des alternatives à une société en crise, que dans l'avenir nous devrons nous réapproprier nos vies, notre alimentation, nos relations par le partage, l'entraide et la solidarité.

Envoyez nous des lettres de soutien que nous transmettrons à la préfecture, au Conseil général, et au centre Cantoloup-Lavallée.
Aujourd'hui plus que jamais venez nous rencontrer et nous aider ici à Fallot.

Rendez vous pour la journée " portes encore ouvertes" 

le dimanche 15 juillet 16h 

Pour montrer que nous ne sommes pas seuls

Nous ferons un bilan de ces deux mois intenses, nous vous ferons part des solutions que nous envisageons et que le CCL refuse d'entendre.
Comme d'habitude avec les copains et les petits plats...

Rien n'est joué, au contraire...

collectiflapaz.blogspot.fr 06.51.13.77.95/06.88.37.10.21 assolapaz@gmail.com

Remerciements et appel à manifestation festive

Ce samedi 9 juin 2012, environ 200 personnes sont venues nous rencontrer, nous soutenir, s’amuser, discuter, chanter et danser !!
On a vraiment passé un moment inoubliable et pour cela :
Merci aux musiciennes de Youshka (http://www.myspace.com/youshka23)
Merci aux musiciens de TOAD (cheztoad.fr)
Merci à Olivier pour son spectacle et encore désolé que finalement personne n’ait voulu lui acheter ses conneries !!  ;-)
Merci aux copains pour la projection sur les luttes de réappropriation à Somonte en Andalousie et au méxique.
Merci à la canaille du midi pour ses chants … et merci à Thierry pour les jeux que les enfants se sont fait le plaisir de désosser.
Merci aux copains et voisin pour nous avoir aidés à tout préparer.
Merci aux absents qui étaient quand même avec nous.
Merci à tous et à toutes de nous soutenir dans cette lutte joyeuse, mais difficile.
Si vous avez des photos ou des vidéos vous pouvez nous les envoyer à cette adresse : collectiflapaz@gmail.com
Nous les publierons bientôt avec les nôtres sur le blog. (collectiflapaz.blogspot.fr)

Malheureusement, ni le propriétaire, le directeur et du Centre Contoloup Lavallée (CCL) qui demande notre expulsion, ni le fraichement réélu Député, Président du Conseil Général du Gers Philippe Martin n’étaient là pour constater que ce que nous proposons et la manière dont nous le proposons intéresse pas mal de monde et fonctionne.

 

Nous souhaitons que le CCL retire sa procédure d’expulsion et que soient engagées des négociations afin de trouver une solution, permettant à l’association La Paz de pérenniser son action sur le hameau de Fallot. Nous savons que des solutions existent qui permettraient au CCL de ne pas être pénalisé financièrement, mais nous savons aussi que ces solutions impliquent l’Etat, dans le financement du CCL, duquel il s’est complètement désengagé.

 

Ce n’est pas la voie qui est engagée actuellement, au contraire même, puisque le tribunal va se réunir en séance extraordinaire le 25 juin pour juger notre affaire au plus vite. C’est pour cela que nous allons avoir besoin de votre soutien pour pouvoir continuer nos actions.

 

Nous avons besoin de lettres qui témoignent du sérieux et de l’intérêt de notre projet. Si vous désirez nous faire ces témoignages contactez nous au  06.51.13.77.95.

 

Un nouveau lieu de partage dans le Gers

 

lapaz.jpg

 

Appel du collectif LA PAZ, 
qui a réquisitionné un hameau 
et 5 hectares dans le Gers
(extrait)

« [...] Depuis le 22 avril, nous avons réquisitionné le hameau de Fallot, 
à l'Isle-Bouzon, dans le Gers, et à une dizaine (adultes, enfants, salariés, étudiants, paysans, précaires...) proposons ici et partout autour, avec nos voisins, nos amis et tous ceux qui nous entourent, de mettre en place et de préserver, tout ce qui nous paraît essentiel et qui disparaît chaque jour.

Nous proposons un lieu dans lequel...


• Par la mise à disposition d'espaces et d'outils, nous voulons créer
et recréer à une échelle locale un réseau d'entraide et de partage.


• Par la mutualisation de moyens matériels, nous voulons rompre
avec des habitudes consuméristes, individualistes et de gaspillage.


• Par l'élaboration, l'amélioration et l'apprentissage de techniques,
nous voulons construire, réparer et concevoir de manière pérenne, non polluante
et intelligente, tout ce qui constitue une nécessité ou un progrès.


• Par une gestion cohérente et réfléchie des déchets,
nous voulons limiter l'impact sur notre environnement.


• Par la mise en question des rapports humains établis, nous voulons gérer,
discuter et prendre des décisions de manière collective.


• Par l'ouverture, l'accueil et l'organisation d’événements culturels, festifs, ludiques et sportifs, nous voulons nous réapproprier un lien social et humain, indispensable au bonheur.


• Par le travail de la terre, respectueux des sols, des cycles, des saisons et du vivant.


• Par l'élevage, par l'échange et le troc, nous voulons nous alimenter
de manière saine et variée.


• Par la recherche et le développement de médecines multiples,
nous voulons appréhender différemment la maladie, le soin et la santé.


• Par l'échange, la critique et la réflexion, nous voulons partager et transmettre nos savoirs.

Pourquoi ici ?


Nous avons choisi Fallot car c'est un lieu où nous pourrions concentrer notre énergie,
nos savoirs et nos compétences pour proposer rapidement un lieu ouvert. En effet,
les 5 hectares de terres permettent la mise en place de cultures vivrières et d'élevages pour garantir une alimentation saine, variée et peu coûteuse à ceux qui y participent (création d'une ADAP – association pour le développement d'une agriculture participative). Une partie de ces terres sera aussi utilisée pour la formation, l'apprentissage et la transmission de techniques d'agriculture paysanne et naturelle. Enfin, ils constituent un moyen pour proposer des denrées, à un prix qui soit accessible à tous.

Les 1000 m² d'habitations permettent d'accueillir non seulement un certain nombre d'habitants permanents mais aussi, dans les cinq gîtes autonomes, de proposer un accueil temporaire pour des familles en difficulté. Une grande partie des bâtiments sera surtout dédiée aux activités. Les nombreux espaces seraient autant d' espaces ouverts à toutes les propositions des voisins et des associations locales œuvrant pour le partage, l'entraide, la formation et la culture accessible au plus grand nombre. D'ores et déjà, nous proposons ici une bibliothèque, un atelier, une salle de projection et de concert, une friperie, une salle de jeux, le tout participatif et à prix libre.

Ce lieu appartient à une structure publique. Le Centre médico-social Contoloup Lavallée (CCL) a acheté le hameau pour en faire un lieu de formation et d'apprentissage, mais au vu d'une situation financière catastrophique et faute de financement public, le centre n'a pu en faire usage pendant sept ans et se retrouve aujourd'hui dans l'obligation de le revendre. Cette vente est sensée renflouer provisoirement les déficits de la structure. Cependant, le CCL a déjà perdu 70 emplois ces dernières années, et ce, malgré des grèves et une forte mobilisation pour tenter de faire augmenter la contribution de l'Etat dans son financement. Ce dernier subventionne pourtant allègrement les grosses entreprises privés et le secteur de la finance. Ce n'est au final qu'une question de choix, et le CCL n'est autre qu'une des nombreuses victimes des politiques de destruction du service public.
Le CCL ne pourrait préserver ses emplois et son action, sans mettre à contribution l'Etat. C'est pourquoi nous pensons que l'initiative La Paz devrait être pérennisée par
un financement public au profit du CCL.

Nous avons aussi choisi "Fallot", car ce lieu a été bâti par des femmes et des hommes qui n'ont jamais reçu aucun salaire. Les anciens de l'association d'aide aux toxicomanes Le Patriarche, qu'ils aient volontairement donné de leur temps et de leur énergie pour ce lieu, ou qu'ils aient été abusés et exploités, ont bâti cet endroit afin qu'il serve à accueillir et aider des gens. Le vendre serait donc un mépris de leur travail et de leur volonté.
Nous avons choisi "Fallot" parce que ce lieu doit absolument rester d'utilité publique !!!

Nous appelons tous les habitants du village de l'Isle-Bouzon et des environs, tous les salariés du CCL et leurs familles, tous les anciens du Patriarche et tous ceux qui souhaitent faire de Fallot un lieu ouvert à toutes et à tous, à nous rejoindre, pour exiger que ni les salariés du CCL ni l'association La Paz ni les usagers des deux associations ne soient
les victimes d'une crise, qui fait la misère des uns pour le profit des autres.

 

fallot1.png

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez nous aider : 

• Vous pouvez écrire au Conseil général du Gers, au Conseil régional de Midi-Pyrénées, à l'Agence régionale de la santé, à la préfecture du Gers... pour exiger que soit immédiatement financé le Centre Contoloup Lavallée pour permettre que l'initiative La Paz, puissent continuer d’exister. Car l'Etat doit soutenir les initiatives solidaires et non les banques.


• Vous pouvez écrire également à la direction du CCL, pour qu'ils entendent combien de personnes soutiennent l'initiative La Paz et les salariés du CCL dans leur lutte. Exigez qu'ils retirent immédiatement la demande d'expulsion à l'encontre de l'association La Paz. Vous pouvez aussi imprimer la pétition sur le site du collectif, la remplir et nous l'envoyer.


• Vous pouvez prendre contact avec nous, nous rencontrer et participer directement à cette aventure. Venez nombreux ici à Fallot pour nous aider dans notre projet et notre lutte. Vous pouvez surtout diffuser très largement cet appel pour créer un mouvement qui soutient et s'approprie ces pratiques.

 

 

 

fallot2.png

 

 

 

A tous ceux et celles qui ne veulent plus être dépossédés de leurs vies.
A tous ceux et celles qui veulent bâtir un nouveau monde, le monde d'après... »

LA PAZ 

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 17:08

 

 

 

Une guerre secrète dans 120 pays

Nick Turse traduit de l’anglais en espagnol  pour Rebelion

 

En chaque endroit de cette planète, un commando étasunien est en train de mener à bien en ce moment une mission. Même si nous répétons cela 70 fois… cela n’aura pas suffi pour aujourd’hui. Sans que le peuple américain n’en sache rien, une force secrète à l’intérieur de l’armée des EU a entrepris toute une série d’opération dans une majorité des pays du monde. Cette nouvelle élite du pouvoir dans le Pentagone se livre à une guerre globale dont la taille et l’étendue n’ont encore jamais été révélées jusqu’ici.

Depuis qu’une SEAL (Sea, Air, Land, groupes conjoints dont l’emblème est le phoque. NdT) de la Marine US eut mis une balle dans la poitrine et une autre dans la tête de Osama Bin Laden, après avoir donné assaut au refuge dans lequel il était caché au Pakistan, une des plus secrètes parmi les unités d’opération sous couverture de l’armée US s’est convertie en centre de l’attention générale. Voilà qui est peu commun. Malgré que l’on sache que les Forces d’Opérations Spéciales des EU sont déployées dans les zones de guerre d’Afghanistan et d’Irak ; et qu’il soit toujours plus évident que ces unités interviennent dans des zones conflictuelles difficiles, comme le Yémen ou la Somalie ; l’extension totale de ces guerres, d’une ampleur mondiale est restée profondément enfouie dans l’ombre.

L’année passée, Karen De Young et Greg Jaffe, du Washington Post, donnèrent l’information : les forces Spéciales des EU étaient déployées dans 75 pays.  A la fin de la présidence de Georges W. Bush, ces forces se retrouvaient dans 60 pays. Le porte-parole du commandement des dites Opérations Spéciales Tim Nye, me dit que pour la fin de cette année (2011) ce chiffre atteindra probablement 120. « Nous n’arrêtons pas de nous déplacer, il ne s’agit pas seulement de l’Afghanistan et de l’Irak. » dit-il récemment. Cette présence globale ‘dans près de 60 % des nations du monde et beaucoup plus étendue qu’elle ne l’était reconnue antérieurement  – elle donne une nouvelle et surprenante preuve de l’existence et de la montée en pouvoir d’une élite clandestine à l’intérieur du Pentagone qui est en train d’entreprendre une guerre secrète dans tous les coins de la planète.

L’apparition d’une ”armée secrète” au sein de l’armée.

Apparu depuis l’échec de l’assaut de 1980 qui tentait de sauver les otages étasuniens en Iran, dans lequel 8 soldats étasuniens perdirent la vie, le Commandement des Opérations Spéciales étasuniennes (SOCOM) fut créé en 1987. Une fois que l’armée régulière surmonta la perte de confiance et la manque  de fonds des années post-Vietnam, les Forces d’Opérations Spéciales de rencontrèrent soudain unifiées, dotées un budget stable et d’un commandant 4 étoiles comme défenseur.

Depuis lors, SOCOM a grandi en proportion alarmantes en tant que force combinée. Elle est composée d’unités issues de toutes les branches de l’armée, incluant les « Bérets Verts » et les Rangers, les SEAL de la Marine, les Commandos des Forces Aériennes et les Equipes d’Opérations Spéciales du Corps des Marines, en plus d’équipages spécialisés d’hélicoptères, équipages de bateaux, personnel des affaires civiles, corps de secours paramilitaires jusqu’à des contrôleurs du trafic aérien de batailles et météorologues des opérations spéciales ; les SOCOM mènent les missions les plus secrètes et les plus spécialisées des EU.

Ces missions incluent les assassinats, attaques contre-terroristes, missions de reconnaissance de longue portée; analyse de renseignements, entraînement des troupes étrangères et opération de contre-prolifération d’armes de destruction massive.

Un de ses éléments clé est le Commandement des Opérations Spéciales Conjointes ou JSOC, un sous commandement clandestin qui a pour missions principales la poursuite et l’assassinat de terroristes supposés. Le JSOC présente ses rapports au président et agit sous son autorité, il maintient une liste noire globale qui inclut des citoyens des EU. Il développe une campagne de « chasse et capture » extra-légale que John Nagl, un ancien conseiller en contre-insurrection du général 4 étoiles et prochain directeur de la CIA David Petraeus,  appelle une machine a tuer des terroriste à dimension industrielle.

Ce programme de meurtres est accompli par des unités de commandos comme les SEAL de la Marine et les Forces Delta de l’Armée, tout aussi bien que par l’intermédiaire d’avions sans pilotes, qui font partie des guerres secrètes dans lesquelles la CIA est impliquée dans des pays comme la Somalie, le Pakistan, et le Yémen. En plus le commando dirige et contrôle un réseau de prison secrètes, sans doute jusqu’à 20 sites noires, rien qu’en Afghanistan, qui sont utilisée pour des interrogatoires.

Industrie en croissance

D’une forcé de quelques 36 000 membres au début de la décennie des 90, le personnel du commandement des opérations spéciales a augmenté pour atteindre 60 000 hommes, parmi lesquels un tiers son membres permanents de SOCOM ; les autres ont d’autres spécialités occupationnelles militaires et opèrent une tournante dans le monde entier.

La croissance des budgets de base de la SOCOM a été exponentielle depuis le 11 septembre, depuis 2001, ils ont presque triplé passant de 2300 millions de dollar à 6 300 millions. Et si on y ajoute le financement pour  les guerres d’Irak et d’Afghanistan, il a plus que quadruplé atteignant 9 800 millions de dollars au cours de ces années. Il n’est donc pas surprenant que le nombre de personnel déployé à l’étranger ait quadruplé lui aussi. Des nouvelles augmentations et des opérations plus larges se pointent aussi à l’horizon.

Le  général en fonction Denis Hejlik, qui auparavant était chef de Commandement des Opérations Spéciales des Forces du Corps des Marines –la dernière des branches de l’armée à incorporer la SOCOM en 2006 -  annonce qu’il prévoit de doubler son unité qui est composée de 2600 effectifs. « Je les vois comme une force qui disposera de 5 000 membres, l’équivalent du chiffre de SEAL qui est sur le champ de bataille. Entre 5000 et 6000 » dit-il lors d’un déjeuner célébré au moins de juin avec un journaliste du domaine de la défense de Washington. Les plans à longue échéance exigent que la force augmente déjà de 1 000 unités effectives.

Durant sa récente audition de confirmation au Sénat, le Vice-amiral de la Marine William Mac Raven, chef entrant de SOCOM et ancien chef de JSOC (celui qui commandait lors de l’attaque de Bin Laden) obtint un rapide taux d’augmentation de 3 % à 5 % par année, cependant il luttait pour obtenir d’avantage de ressources, incluant plus d’avions téléguidés et la construction de nouvelles installations pour les opérations spéciales.

Un ex SEAL qui  en certaines occasions accompagne encore les troupes sur le champ de bataille, Mac Raven, affirme que comme les forces conventionnelles sont en diminution en Afghanistan, les troupes des opérations spéciales devraient y tenir un rôle toujours croissant. En Irak, ajoute-t-il, ce serait tout bénéfice si les forces étasuniennes continuaient à travailler là une fois passée la limite de décembre 2011 pour un retrait total des troupes étasuniennes. Il assura aussi au Comité de Service Armé du Sénat que « comme ancien commandant de la JSOC, il peut affirmer qu’ils ont travaillé fort dur au Yémen et en Somalie »

Pendant un discours au Symposium Annuel des Conflits de Basse Intensité et des Opérations spéciales de l’Association Industrielle de la Défense Nationale célébré le premier de l’an, l’Amiral de la Marine Eric Olson, le chef sortant du commandement des Opérations Spéciales, signala une image de satellite obtenue de nuit. Avant le 11-s, on pouvait considérer comme zones clés les portions illuminées de la planète – dans leur majorité des nations industrialisées du Nord global – « Mais le monde a beaucoup changé au cours de la dernière décennie » dit-il. « « Notre point de vue a changé en grande mesure concernant le Sud… assurément à l’intérieur de la communauté des opérations spéciales, nous abordons les menaces émergentes depuis les zones qui ne sont pas illuminées ».

A cette fin, Olson lança le “Projet Lawrence », un effort pour augmenter les habilitations culturelles – comme les formations avancées en langues et une meilleure connaissance de l’histoire et des coutumes – pour les opérations à l’étranger. Le programme s’appelle ainsi à cause de l’officier britannique, Thomas Edward Lawrence (plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie) ; qui s’unit aux combattants arabes pour entreprendre une guerre de guérilla au Moyen-Orient durant la première guerre mondiale. Mentionnant l’Afghanistan, le Pakistan, le Mali et l’Indonésie, Olson a ajouté que le SOCOM nécessite à présent « Lawrence de toutes parts’.

Quoique Olson n’ai fait référence qu’à 51 pays qui constitueraient un objet de préoccupation pour SOCOM , Nye me dit un jour que les forces d’opérations spéciales étaient déployées dans plus ou moins 70 nations de tout le monde. Dans chacune d’elles, s’empresse-t-il d’ajouter, à la demande des gouvernements hôtes.

Selon le témoignage d’Olson au début de l’année devant  le Comité des Services des Armées du Congrès, environs 85% des troupes des Opérations Spéciales déployées à l’étranger se rencontre dans 20 pays de la zone d’opération de CENTCOM dans le Grand Moyen Orient : Afghanistan, Bahreïn, Egypte, Iran, Irak, Jordanie, Kazakhstan,  Koweït, Kirghizstan, Liban, Oman, Pakistan, Qatar, Arabie Saoudite, Syrie, Tadjikistan, Turkménistan, Emirats Arabes Unis, Ouzbékistan et le Yémen. Le reste étant dispersé dans le monde entier, depuis l’Amérique du Sud, au Sud Est Asiatique, quelques-unes en petit nombre, d’autres en grands contingents

Le Commando des Opération spéciale ne veut pas révéler dans quel pays ces forces sont localisées. « Il est clairement avantageux pour nous de ne pas révéler certains des lieux où nous sommes installés » dit Nye. « Toutes les nations hôtes ne désirent pas le savoir, quelles que soient les raisons, qu’elles soient internes ou régionales »

Mais ce n’est pas un secret, (ou alors bien mal gardé) que les troupes d’opérations spéciales noires, comme les SEAL et la forcé Delta, mènent des mission de capture et de meurtres  en Afghanistan,  en Irak, au Pakistan et au Yémen, pendant que les forces blanches comme les “Bérets vert” et les Rangers entraînent des forces indigènes pour faire face à une guerre secrète mondiale contre Al Qaeda et d’autres groupes militants.

Aux Philippines par exemple, les EU ont dépensé 50 millions de dollars par an dans un contingent de 600 effectifs des Forces d’Opérations Spéciales  de l’armée, les SEAL de la Marine, des opérateurs spéciaux de la Force Aérienne et d’autres qui mènent des opérations de contre-terrorisme avec des alliés philippins contre des groupes d’insurgés comme la Yemaah Islamiyah et Abu Sayaf.

L’année passée, comme le révèle une analyse de documents de SOCOM, de documents de sources ouvertes du Pentagone et de bases de données des missions des Opérations Spéciales compilées par la journaliste d’investigation Tara McKelvey (pour l’Initiative de Journalisme de Sécurité Nationale de la Faculté Medill de Journalisme), la majorité des troupes d’élite étasuniennes ont réalisé des exercices d’entraînement conjoint à Belize, au Brésil, en Bulgarie, au Burkina Faso, en Allemagne, en Indonésie, au Mali, à Noriega, à Panama et en Pologne.

Dans ce que nous faisons cette année, il y a eu des  missions d’entraînement semblables en République Dominicaine, en Jordanie, en Roumanie, au Sénégal, en Corée du Sud et en Thaïlande, et dans d’autres pays. En réalité me dit Nye, en ce moment, les travaux d’entraînement se poursuivent dans presque tous les pays dans lesquels les Forces Spéciales sont déployés. « Dans les 120 pays que nous aurons visité en fin d’année, je dirais que dans l’immense majorité il y a des exercices d’entraînement d’une manière ou d’une autre. Nous pourrions classifier cela comme des exercices d’entraînement »

L’élite au pouvoir au Pentagone.

En d’autres temps, pupilles abandonnées de l’establishment militaire, les Forces Spéciales ont grandi exponentiellement non seulement en taille et en budget mais aussi en pouvoir d’influence. Depuis 2002, SOCOM a été autorisé à créer ses propres Détachements Spéciaux Conjoints aux Philippines, une prérogative normalement réservée aux commandos combattants plus grands, comme le CENTCOM. Cette année, sans en faire de publicité, SOCOM a créé son propre Détachement Spécial des Acquisitions Conjointes, un groupe de concepteurs d’équipement et de spécialistes en acquisition.

Avec ce contrôle sur le budget, les formations et l’équipement de ses forces, des pouvoirs normalement réservés aux départements (comme le département de l’Armée ou le Département de la Marine) de ceux à qui se prodiguent des dollars à chaque budget du Département de la Défense et qui a d’influents défenseurs au Congrès, actuellement SOCOM est un acteur doté d’un pouvoir exceptionnel au sein du Pentagone.

Il est capable avec un poids réel de gagner des batailles bureaucratiques, d’acheter du matériel de technologie de pointe, de se dédier à des enquêtes marginales notamment concernant les transmissions de messages électroniques de personnalités influentes ou de développer dans l’ombre des technologies secrètes pour les troupes de terre. Depuis 2001, les contrats importants concédés aux petites entreprises – celles qui produisent généralement des équipements spécialisés et des armes – ce sont multipliés par 6.

Avec ces quartiers à la base de la Force Aérienne Macdill en Floride, mais opérant à l’extérieur de cette scéne, les commandos se répandent sur toute la planète, y compris Hawaï, l’Allemagne et la Corée du Sud, ils sont actifs dans une majorité de pays, le Commandement des Opérations Spéciales est actuellement une force en soi.

Comme chef sortant de SOCOM, Olson signala au début de l’année : SOCOM “est un microcosme du Département de la Défense, avec des composantes terrestres, maritimes et aériennes, une présence globale et une autorités et des responsabilités à l’image des départements militaires, des services de l’armée et des agences de la Défense. »

Chargé de coordonner tous les plans du Pentagone contre les réseaux globaux du terrorisme et, en conséquence, en étroite connections avec d’autres agences gouvernementales, des armées étrangères et des services de renseignement ; armé avec une immense panoplie d’hélicoptère espions, d’avions de pointe avec équipages et d’autres télécommandés super armés, avec des bateaux rapides dotés des technologies les plus perfectionnées. Humvees spécialisés et véhicules adaptés à tous terrains résistants aux mines et embuscades, ou MRAPs ainsi que d’équipements d’avant-garde (et d’autres sont en préparation), SOCOM représente quelque chose de nouveau au sein de l’armée.

Quoique que le défunt spécialiste du militarisme Chalmers Johson se soit référé à la CIA comme armée privée du Président , aujourd’hui le JSOC assume ce rôle., agissant comme chef exécutif des escadrons privés d’assassins et son parent SOCOM fonctionne comme une nouvelle élite de pouvoir au Pentagone, une armée secrète au sein de l’armée qui détient le pouvoir local d’une portée globale.

Dans 120 pays de toute la planète, les troupes du Commando des Opérations Spéciales mènent des guerres secrètes d’assassinats ciblés et de base intensité, des opérations de captures et de séquestrations, des attaques nocturnes de type « coup dans la porte », des opérations conjointes avec des forces étrangères et des missions d’entraînement avec des associés locaux, étant parties d’un conflit de l’ombre, de ceux aux sujet desquels les étasuniens ne sont pas informés. En d’autres temps « spéciales » s’entendait comme petites, peu consistantes, des équipe qui agissent loin, aujourd’hui elles sont spéciales par leur pouvoir, leurs accès, leur influence, leur rayonnement.

Ce rayonnement bénéficie à présent d’une campagne de relation publique bien orchestrée qui les aide à projeter une image surhumaine à l’intérieur et à l’extérieur, malgré qu’une grande partie de ses activités actuelles s’effectuent toujours plus dans l’ombre. La vision typique qu’ils essayent de diffuser peut se résumer dans la déclaration de l’Amiral Olson : « Je suis convaincu de ce que les forces … sont les associés les plus multiculturels, les chasseurs d’assassins les plus mortels et les conseillers, formateurs, solutionneurs de problèmes et guerriers les plus responsables, agiles, innovateurs et efficaces qu’aucune nation puisse offrir »

Récemment au Forum de Sécurité de l’Institut Aspen, Olson donna quelques commentaires aussi édulcorés mais aussi quelques informations mensongères en affirmant que les Forces d’Opérations Spéciales des EU étaient en train d’opérer dans 65 pays et impliquées dans des combats dans seulement 2 d’entre eux. Quand il fut interrogé au sujet des avions sans équipages au Pakistan, selon les informations, il répondit « Etes-vous en train de parler d’explosions non attribuées ? »

Cependant quelque chose lui échappa. Il signala par exemple que des opérations noires, comme la mission Bin Laden, avec des commandos aéroportés réalisaient des attaques nocturnes, et que c’était devenu quelque chose de très banal. Chaque nuit s’en mènent à bien une douzaine, dit-il. Cependant le commentaire qu’il fit concernant la taille du SOCOM est encore plus éclairant. En ce moment, souligna-t-il, les Forces des Opérations Spéciales des EU sont presque aussi grandes que toute l’armée du Canada en service actif. En réalité cette force est beaucoup plus grande que les armées en service actif de beaucoup de nations dans lesquels les troupes d’élite opèrent chaque année et il a été décidé qu’elles continueraient d’augmenter

Les étasuniens doivent être conscients de ce que cela signifie d’avoir des forces « spéciales » aussi immenses, aussi actives et aussi secrètes et il est fort probables qu’ils commenceront à l’être quand ils disposeront d’une meilleure information. Or cette information, ce ne sera ni Olson, ni ses troupes qui vont la dispenser. « Notre capacité d’accès [à des pays étranger] dépend de notre capacité de ne pas en parler » dit-il en réponse a une question au sujet de ce culte du secret de SOCOM. Quand les missions deviennent objet d’attention comme ce fut le cas avec Bin Laden, les troupes d’élites se sentent molestées. « L’armée secrète » de l’armée veut retourner dans l’ombre et faire ce qu’elle a à faire. »

 

A partir de la traduction espagnole réalisée pour Rebelión par Sinfo Fernández.

Nick Turse est historien, essayiste et journaliste d’investigation. Il est éditeur associé de TomDispatch.com y nouveau rédacteur de Alternet.org, Son dernier livre : The Case for Withdrawal from Afghanistan (Verso Books).

Este artículo es una colaboración entre Alternet.org y TomDispatch.com

Source espagnole : Diario La Izquierda: Una guerra secreta en 120 países (Nick Turse)

Traduction française Anne Wolff

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 11:23

 

 Ouf, enfin ! J’en ai fini avec cette traduction au sujet de l’Opération Condor. Cela a été dur, pénible même, non pas pour la traduction en soi, mais par tout ce qu’elle évoquait, le cortège de fantômes qui attendent toujours qu’on leur rende justice, les disparus que l’on retrouve ou pas, comme restes décomposés que les familles doivent tenter d’identifier… à quelques fragments de vêtements, contenu de poches encore discernables… et non, ce n’est pas lui ou elle, et il faudra recommencer alors que tous le savent, il n’y a plus d’autre espoir que la confirmation de l’évidence, et celui de peut-être donner une sépulture décente à un être aimé, de mettre fin à l’angoisse pour entamer le deuil.

Le photographe Gervasio Sanchez qui a parcouru le monde de l’Irak au Kosovo, et une grande partie de l’Amérique Latine rendant compte des charniers de l’abomination, raconte les familles divisées, les enfants qui en veulent aux parents qui les négligent pour se consacrer à la recherche puis à la mémoire des seuls disparus, les divorces entre celui ou celle qui voudrait pouvoir oublier et celui ou celle qui ne le peut et affronte au quotidien l’obsession angoissée du besoin de savoir.

Il y  avait aussi, pendant que je traduisais, les échos des cris de l’Amérique Latine torturée, qui résonnait entre les mots… j’ai publié récemment deux textes qui rendent compte de ces  horreurs en détails… heureusement ils étaient en français, je n’ai pas eu à creuser les montagnes de souffrances mot par mot jusqu’à la nausée.

Existe-t-il un mot pour qualifier le massacre de tous ceux qui dans une région du monde ont eu une pensée divergente de celle imposée par un Empire avide de piller un continent, de le réduire à sa merci… et un mot ne réduirait-il pas cette souffrance au cadre facile et banal comme ce génocide tellement rabâché qu’il ne suscite plus l’empathie du public et provoque même parfois cette lassitude qui vient de l’éternelle répétition du même.

Je pense qu’il n’est pas possible connaissant cette partie de l’histoire d’ignorer de quoi est capable cet empire… des mots comme conspiration prennent un autre sens quand on a conscience de cette conspiration menée pendant des décennies contre chacun de ceux qui a voulu lutter contre la colonisation et ses exactions et qui furent poursuivis et assassinés jusque dans leur retraite d’exil.

Il y a dans cette volonté que j’ai de transmettre cette histoire, dont j’ai compris à ma grande surprise qu’elle restait ignorée de beaucoup d’entre nous, bien sûr une part réservée au devoir de mémoire. J’ai essayé de relayer tant que j’ai pu des textes nous informant sur ce qui se passe en Colombie, pays qui n’a jamais rompu avec ce qui est devenu une tradition de l’horreur.

Mais il y a aussi, le désir que chacun comprenne ce que redoute aujourd’hui les habitants de l’Amérique Latine en lutte pour un monde meilleur qui fasse place à la souveraineté des peuples et à l’autodétermination des personnes quand toujours plus nombreux sont ceux qui lancent ce cri d’alarme : « Ils reviennent ! Faites le savoir. Faites connaître notre angoisse mais aussi notre détermination à ne pas laisser faire cette fois ! Nous défendrons la souveraineté conquise de notre continent, nous défendrons la beauté de ce que nous construisons, ce monde du Bien Vivre »

J’ai donc essayé de faire revivre ce cri des disparus aussi pour donner sens à celui des vivants en danger.  Pour que chacun puisse comprendre de quelle menace il s’agit. Il sont là, les Escadrons de la Mort, ils sont revenu au Honduras, ils sévissent au Mexique, ils se préparent au Chili, au Pérou,… à présent eu Paraguay - ils déferlent de toute part et instruisent les répresseurs locaux à leurs techniques de tortures et de contre-insurrection, améliorées par les tueries d’Irak, d’Afghanistan, et d’ailleurs - ils sont tranquillement installé aux Malouines attendant de fondre sur leur proie, un continent riches en ressources naturelles et surfaces cultivables que voudraient accaparer, qu’accapare déjà l’agro bizness… combien de paysans déjà chassés de leur terre, plus de 5  million pour la seule Colombie, combien de leaders paysans et de ceux qui les soutiennent assassinés dans ce même pays, au Honduras, au Brésil, au Mexique ? Ce ne sont pas des faits isolés, mais une grande menace qui se précise et menace de passer à nouveau un seuil vers le haut dans l’intensité de l’horreur, de la violence, de la destruction. Ce ne sont pas de vagues fantasmes conspirationistes mais bien le rendu d’un présent qui s’enracine dans un passé récent de terreur, qui n’a jamais cessé d’exister, avait seulement diminué d’intensité et reculé les limites de ces champs géographiques d’actions sous la pression des peuples en lutte pour leur souveraineté et pour la nôtre aussi puisque leurs ennemis sont les nôtre et que les modèles innovants que proposent ces peuples en pleine croissance de créativité autant dans les manières concrètes d’habiter la planète, que dans la croissance des modes d’organisation structurées, locaux, régionaux continentaux, générant une conscience politique partagée et en pleine création de la pensée politique qui les accompagne. Un Bien Vivre qui pourrait devenir aussi le nôtre pour autant que nous condescendions à descendre de nos piédestaux fissurés, prêts à s’écrouler pour tendre l’oreille et tourner le regard vers les peuples qui édifient une nouvelle civilisation, celle du Bien Vivre Ensemble, dans le respect et la dignité de chacun et chacune et de la Terre qui est notre foyer.

 

A ces sujets (* indique les inédits en français) :

Le FBI et l’Opération Condor*

Militarisation impérialiste : nouveaux masques pour de vieux projets*

"Culture Stratégique" : le Commandement Sud et la militarisation des universités*

Amérique Latine : L’avancée irrésistible de la militarisation

Les réseaux sociaux d'Amérique Centrale disent non à l'UE*

Honduras 3 ans de RESISTANCE !!!

Honduras, l'histoire d'une refondation d'un pays en marche vers la démocratie directe et l'équité 1*

Impérialisme et violence en Colombie*

Fondements nazis d'une certaine opposition vénézuelienne

Honduras : le sang répandu n'est pas négociable

Le pacifisme de l’Empire, au Honduras comme ailleurs :OPTOR et ses contre révolutions*

Il faut fermer l'école des Amériques et arrêter la militarisation des polices et des territoires*

L’intervention criminelle des Etats-Unis au Honduras, au Mexique et en Amérique Centrale

L'Equateur met fin à sa participation à "l'Ecole des Amérique"

Paraguay : Monsanto, USAID et le renversement du gouvernement*

Paraguay : Destitution de Lugo, manœuvre politique des Etats-Unis*

Bolivie : le scénario du coup d’Etat et la victoire populaire et paysanne*

La tentative de coup d'état se poursuit en Bolivie

SIP, cartel de la désinformation en Amérique*

Paraguay le pays de l'ordre noir

Mexique, l'état politico-militaire assassine, déporte,emprisonne. Le peuple résiste : Montes Azules

Offensive impérialiste sur l'Amérique Latine : l'Argentine

USAID et cie et les coups détats de l'administration US du 21ème siècle : Haïti et le Honduras

Usaid : déstabilisation et espionnage, des piliers de la guerre globale

Les griffes du Pentagones déchirent le Honduras 1*

Les griffes du Pentagone déchirent le Honduras 2*

Honduras 3... zoom sur les meurtres de la DEA(mis à jour 10 -06-12)

Honduras, de quel côté sont les Etats-Unis? 1*

Honduras, de quel côté sont les Etats-Unis? 2*

Les paramilitaires « Aigles noirs » menacent de tuer les membres de la Marche Patriotique de Colombie

Quand l’opposition au monopole capitaliste devient "délit de rébellion" : Les prisonniers politiques en Colombie entre torture et invisibilisation

 

Bolivie : Pour tordre le cou aux rumeurs

« J’ai demandé une arme pour me défendre » Rafael Correa

Honduras : Harpie Clinton, sinistre putschiste.

Mémoire oubliée d'un passé récent, d'un présent menaçant, d'un avenir possible

Amérique Latine : plus jamais ça !!! procès des bourreaux du Guatemala

Saura-t-on jamais où est passé Lovinsky Pierre Antoine ?

Mexique - Villes rurales durables: "Droits violés, paysans urbanisés"

Colombie : les damnés du pétrole

Colombie ; quand l'armée tuait "pour faire du chiffre"

Via Campesina a Rio... un autre monde en marche

50 000 personnes à Rio contre le néolibéralisme vert

Résistance à la biopiraterie, un combat qui nous concerne TOUS

Agriculture urbaine en Amérique Latine

Honduras : Utopia, centre des rencontres, de l'amitié et des rêves concrétisés de la COPINH

AMÉRIQUE LATINE – Souveraineté alimentaire : initiatives venues de la base.

Venezuela : pays de bonheur

Rio+20 : comment multinationales et marchés financiers comptent s’accaparer la nature

La nouvelle doctrine d’Obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. Ou comment mettre la planète à feu et à sang.*

et beaucoup d'autres textes qui concernent l'Amérique Latine mais aussi les enjeux qui nous sont communs, et un suivi au jour le jour (ici nuit après nuit) pendant deux mois du coup d'état  au Honduras et de ses suites immédiates avec tout mon respect pour le peuple du Honduras, sa dignité, sa détermination et sa créativité dans des formes originales de résistance qui unissent tout un peuple face aux escadrons de la mort, hier comme aujourd'hui, payant sa ténacité du prix du sang et de la douleur mais ne renonce pas, un peuple en lutte, uni, dont la conscience politique devrait susciter le respect et l'admiration de tous ceux qui aimeraient résister à l'implacable avancée de l'Empire... 


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Published by Anne Wolff - dans Sud Amérique
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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:10

 

Le FBI et l’Opération Condor


Par Percy Francisco Alvarado Godoy


Après l’échec de l’Alliance pour le Progrès, presque toutes les nations latino-américaines traversèrent une époque d’horreur, qui s’étendit à travers tout le continent sous la forme de dictatures militaires. La chute des démocraties fragiles  et questionnables donna le pas à des régimes dirigées par des généraux, appuyés sur les formes de violation des droits humains les plus brutales, les tortures et les disparitions,  sur les massacres et les assassinats sélectifs. Ce fut la nouvelle forme par laquelle les oligarchies exprimèrent leur totale soumission à Washington et mirent en valeur des ’individus sans scrupules dans le vieux style de Léonidas Trujllo, Anastasio Somoza, Fulgencio Batista et Alfredo Stroessner, mais cette fois le pouvoir dur paraissait n’avoir aucunes limites de perfidie en totale impunité. Des noms aux consonances macabres comme Rafael Videla, Augusto Pinochet, José Maria Bordaberry, Hugo Banzer et beaucoup d’autres, restèrent dans la mémoire historique de nos peuples comme un mauvais souvenir, comme une blessure ouverte et déchirante.

La CIA, le FBI et le Pentagone Nord-Américain aidèrent à perfectionner les organes de répression des pays latino-américains et à former leurs membres aux dernières techniques en matière de torture et de répression. La modernisation accélérée de l’armée, la diffusion des Doctrines de Sécurité Nationale, le perfectionnement des services de renseignement militaire et l’augmentation de l’assistance militaire nord-américaine débouchèrent sur un modèle de contre-insurrection basé sur la terreur. L’idéologie des généraux, influencée notablement par le fascisme et les doctrines de l’ultra droite conservatrice nord-américaine avait comme double objectif, d’une part de contenir la lutte légitime des peuples et d’autre part d’augmenter le niveau de la dépendance au capital d’origine étrangère. Tout cet amalgame idéologique soutenu par la Doctrine de Sécurité Nationale, reposait dans la défense outrancière du développement d’un capitalisme dépendant du capital étranger et sur stratégies de développement conçues par les théoriciens nord-américains, ainsi que dans la répression et la stigmatisation à l’encontre de quiconque proposerait d’autres alternatives de progrès. L’exemple cubain fut excommunié, censuré et persécuté, ainsi que tous ceux qui le défendirent comme alternative plus viable pour les pays concernés.

Les présidents des Etats-Unis impliqués dans l’opération Condor, dans une plus ou moins grande mesure, furent Lyndon Blaines Johnson (1963-1969), Richard Nixon (1969-1973) ; Gérald Ford (1974 -1977), James Carter (1977-1981) et Bush Père (1989-1993). Chacun d’eux à cautionner d’une manière ou d’une autre la participation nord-américaine à ces évènements sanglants.

Les antécédents de l’appui que donneraient les EU à leurs « répresseurs » de service – en ce qui concerne la fourniture des armements les plus sophistiqués de l’époque, l’envoi de conseillers, d’aide financière, la formation à la guerre psychologique et aux techniques antisubversives - pour mener à bien leur future Opération Condor, se détermina à la Conférence Panaméricaine à Chapultepec, organisée en février 1946, au Mexique, qui se matérialisa dans les accords bilatéraux de coopération militaire, en 1951, sur la base de la loi 165 de sécurité mutuelle, approuvée par le Congrès des Etats-Unis, et dans lesquels était inscrit le recours à l’Ecole des Amériques pour former les tortionnaires les plus prometteurs. Des années plus tard, en 1967, le secrétaire de Département de la Défense nord-américain d’alors affirma que : « L’objectif principal pour l’Amérique Latine était le développement de forces militaires et paramilitaires locales pour assurer la sécurité interne. » Ce n’est pas en vain que  les États-Unis, dédièrent en seulement trois ans, entre 1970 et 1973, la somme hallucinante de 4 300 millions de dollars à cette fin.

L’Institut de l’Hémisphère Occidental (= continent américain NdT) pour la Coopération et la Sécurité, connut également entre 1963 et 2001, comme l’Ecole des Amériques (alors déplacée à Fort Benning, mais temporairement située à Panama entre 1946 et 1984, à Fort Amador, et qui a présent se retrouve à l’Hôtel Melia Panama Canal) furent les principaux centres de la formation prodiguée par les EU pour initier aux techniques [de tortures] de basse intensité plus de 61 034 répresseurs et tortionnaires de l’Amérique Latine, nombre d’entre eux se distinguèrent par leur bestialité durant l’Opération Condor, comme ce fut le cas pour les Putschistes dominicains, Elias Wessin- Wessin ; le général bolivien Hugo Banzer ; le créateur des escadrons de la mort salvadoriens Roberto D’Aubuisson ; le général massacreur guatémaltèque Hector Granajo ; les généraux putschistes argentins Roberto Eduardo Viola et Léopold Fortunato Galtieri ; le tortionnaire corrompu péruvien Vladimiro Montessino ; le criminel en chef de la Dina chilienne, le général Manuel Contreras, le chef du récent coup d’état au Honduras, le général Roméo Vasquez Velasquez, ainsi qu’une longue liste de criminels en uniformes.

L’époque macabre des dictatures des généraux, se répandit de tous côtés, d’abord au Paraguay (1954) ; puis au Brésil (1964) ; ensuite dans d’autres nations du cône Sud comme le Pérou (1968), l’Uruguay (1972), Chili (1973), Argentine (1976) et en Bolivie. La modalité des juntes militaires putschistes ne fut pas l’unique forme qui incarna la répression institutionnalisée. Il y eut des exemples de gouvernements apparemment démocratiques, mais contaminés par un parrainage militaire- ainsi que cela se produisit en Uruguay, au Guatemala, au Salvador et au Honduras - qui se distinguèrent par leur extrême cruauté répressive.

Pendant que le Brésil étrennait la doctrine de Sécurité Nationale des Etats-Unis - approuvée par J. F. Kennedy en 1962 - depuis le coup d’état de Joao Goulart, la dictature de Stroessner au Paraguay, survécu depuis 1954 jusqu’en 1991. Le régime de Pinochet au Chili, pour sa part, après l’abominable coup d’état contre Allende se maintint au pouvoir de 1973 à 1990. L’Argentine, malheureusement, eut à pâtir de Videla, Viola et Galtieri de 1976 jusqu’en 1982 ; pendant qu’en Uruguay les gouvernements répressifs de Jorge Pacheco Areco et José Maria Bordaberry s’étendirent de 1966 à 1985. D’autres nations comme la Bolivie, le Guatemala et bien d’autres eurent à souffrir un tel panorama atterrant. 

Il n’est pas exagéré d’avancer que les victimes de cet épisode répugnant furent au nombre de 300 000; beaucoup d’entre elles disparurent et furent assassinées par la répression militaire de cette guerre sale imposée à nos peuples. Des générations entières disparurent, sans l’ombre d’un doute, dans des pays comme le Chili, le Guatemala, l’Argentine, le Salvador. Ce fut la jeunesse qui eut le plus à pâtir de la répression discriminatoire, quelques 80 % des assassinés et disparus avaient un âge qui oscillait entre 21 et 35 ans. D’autres durent se résoudre à un dur exil pour échapper au meurtre.

Cette trame bestiale et répréhensible eut un nom : Opération Condor et fut accomplie par les dictatures militaires et une centaine de terroristes cubains, avec la bienveillance de Washington et l’appui de la CIA et du FBI nord-américain. Pour cela, ils eurent recours au vieil héritage fasciste d’Adolph Hitler. Finalement Condor n’avait pas de différence essentielle avec les opérations nazies comme le fameux décret Nuit et Brouillard.

L’Opération Condor fut l’application des plans nord-américains pour garantir la sécurité de sa cours arrière dans la région et représenta l’internationalisation de la terreur de la part de militaires latino-américains, appliquant le schéma de contre-insurrection de la Guerre de Basse Intensité (GBI). Sans l’ombre d’un doute donc, les conditions organisatrices, techniques et financières  pour mener des opérations à grande échelle - coordonnées internationalement,  afin de réprimer conjointement toutes les forces progressistes de la région - furent établies lors d’une rencontre qui eut lieu fin novembre 1975 à Santiago du Chili sous la complaisante direction de Pinochet, à laquelle participèrent le Chili, l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l’Uruguay. Les Argentins, comme leurs associés Chiliens, Paraguayens, assumèrent et jouèrent un rôle significatif dans ces plans. Il importe de faire remarquer que les seuls militaires argentins disposèrent d’un nombre de 340 centres de torture et de détention  clandestins, dont les opérateurs étaient des répresseurs militaires.

Les volumineuses contributions apportées par les Etats-Unis pour mener à son terme l’opération Condor incluaient non seulement des grandes sommes d’argent mais aussi de volumineux échanges de renseignements, de conseillers en techniques de torture et des d’équipement prodigués par la Division des Services Techniques de la CIA.

Les opérateurs  de la DINA, une organisation du renseignement immédiatement subordonnée à Pinochet, furent ceux qui persécutèrent, séquestrèrent et « finalisèrent »  des personnalités démocratiques chiliennes  remarquables  - dont certaines furent assassinées hors du pays, parmi lesquelles les notables  général Carlos Prats et Orlando Letelier. Les membres de la DINA assassinèrent près de 45 OOO Chiliens, selon les sources de l’OEA, de l’ONU, du Conseil Mondial des  Eglises et du Parlement Européen. L’Argentine a pour sa part perdu des milliers de ses meilleurs enfants, pendant qu’en Bolivie au cours de 18 ans de dictature militaire de de René Barrientos, Alfredo Ovando, Hugo Banzer, Alfredo Natussh Bush, Garcia Leza et d’autres entre (1965 et 1982), des centaines de Boliviens furent assassinés, des milliers emprisonnés illégalement et plus de 6 OOO recoururent à l’exil

L’opération Condor trouva dans les militaires paraguayens d’efficients artisans des disparitions de citoyens argentins, uruguayens, chiliens, boliviens et d’autres nationalités, qui étaient séquestrés puis renvoyés dans leur pays respectifs pour y être immédiatement torturés et assassinés. En prix de ces faveurs, les militaires argentins, par exemple, assassinèrent 54 paraguayens exilés dans ce pays. Des enquêtes postérieurs indiquent que les militaires paraguayens se sont incorporés aux activités de Condor à partir de juillet 1976, à travers le Colonel Benito Guanes Serrano, chef des Services de Renseignement de l’Armée. Le niveau de répression déchaîné par Stroessner fut tel que 360 000 personnes sur un total de 3 millions d’habitants passèrent par les prisons, et presque 50 % des paraguayens eurent à s’exiler pour échapper à la répression.

La station de la CIA à Montevideo élabora des listings et exerça un contrôle permanent sur les activistes les plus notables et les opposants au gouvernement du moment Ce fut la CIA qui facilita les coordinations entre les militaires uruguayens et leurs collègues du Chili et d’Argentine, donnant lieu aux opérations conjuguées entre eux, déjà analysées, qui étaient prévues dans l’Opération Condor. Par exemple, on peut mettre en évidence le groupe de 32 Uruguayens et Argentins, détenus dans la prison secrète de « Automotoras Orletti » qui furent envoyés en Uruguay en octobre 1976, et là-bas postérieurement « finalisés ». Telle fut la complicité des militaires et groupes civils de pouvoir, associés aux militaires du Cône Sud et comptant sur l’aide et l’appui des États-Unis. La preuve de cela, ce fut que, en 1969, l’agence envoya en Uruguay le célèbre tortionnaire Dan Mitrione.

Pour sa part, le FBI collabora dans l’entraînement de nombreux sicaires et bourreaux maîtres en techniques de torture et de « persuasion » échangeant des informations, des communications et des capacitations policières en général.

 

L’Amérique Centrale n’échappa pas non plus à la sinistre emprise de Condor. L’incapacité de Miguel Idigoras Fuentes de contrôler le mécontentement populaire, amena l’armée à prendre le contrôle de la situation préparant de fait les conditions pour le coup d’état du 30 mars 1963, les militaires guatémaltèques s’étant approprié la doctrine de Sécurité Nationale, celle-ci prit toute son ampleur durant le gouvernement de Julio César Mendez Monténégro , exercé entre 1966 et 1970. Dans le style de ses homologues uruguayens, un pacte entre les militaires et les civiles sanctifia ce nouveau modèle de contre-insurrection. Le coup d’état qui porta à la tête du régime Enrique Peralta Azurdia jusque-là ministre de la Défense, entraîna mille jours de terreur et de répression contre les forces progressistes du pays. En Mars 1966, avec le transfert du gouvernement à l’avocat Julio Cesar Mendez Montenegro, la répression se perpétua mais sous un autre visage en apparence différent. Ce fut alors que furent capturés et disparurent 28 dirigeants politiques et populaires, par ordre express du ministre de la défense de l’époque, le colonel Arriaga Bosque.  Leurs corps disparurent dans ce style institutionnalisé déjà par l’opération Condor.

 

L’Amérique centrale eut aussi ces “escadrons de la mort”, similaires aux triple A d’Argentine. Il en vint à exister, pour le seul Guatemala,  près de 20 organisations de ce type. Le modèle répressif en vigueur au Guatemala, appuyé  par l’association entre les politiques, les entrepreneurs et les militaires s’étendit à la décennie des 70, avec l’entière domination de l’armée sur la vie publique. Les gouvernements militaires qui succédèrent à celui de Mendez Montengro, comme celui du colonel Carlos Manuel Arana Osorio (1970-1974) et celui du général Kjell Eugénio Laugerud Garcia (1974-1978) s’approprièrent l’institutionnalisation de la terreur, comme le firent plus tard les gouvernements militaires de Romeo Lucas Garcia, Efrain Rios Montt et Humberto Mejia Victores (1983-85). Ce fut l’époque obscure de la terre brûlée, des massacres de villages entiers, de l’assassinat de leaders et d’étudiants, de syndicalistes qui disparurent, de l’assassinat de 45 000 Guatémaltèques et de la disparition de près de 150 000 personnes.

Pour sa part, le Salvador, pour tenter en vain d’occulter la participation du gouvernement et de ses forces armées dans les fréquents assassinats politiques, créa, en 1967, un groupe paramilitaire connu sous le nom d’Organisation Démocratique Nationale (ORDEN), qui coïncide avec l’apparition des escadrons de la mort au Guatemala voisin. D’autres groupes de paramilitaires, dépendants de l’armée comme l’auto proclamée Brigade anti-communiste « Maximiliano Hernandez Martinez » et l’Armée Secrète Anticommuniste (ESA), commirent également des crimes abominables. Dans chacun d’entre eux étaient intégrés des militaires entraînés à l’Ecole des Amériques, par la CIA et par le FBI.

Ce fut particulièrement le FBI qui fut l’élément essentiel dans les plans de la répression en Amérique Latine, tant par les formations données aux tortionnaires que par un apport essentiel pour la capture et ultérieurement l’assassinat ou la disparition des persécutés politiques. Le FBI transféra en Amérique Latine ses modèles de contre-insurrection comme le programme de contre-renseignement connu comme COINTELPRO, qui avait déjà fait ses preuves à l’intérieur des Etats-Unis, il transféra aussi des fonctionnaires du FBI connus sous le nom de Légats et permit que la formation de répresseurs se fasse à l’Académie Nationale du FBI, elle-même. Plusieurs directeurs du FBI furent impliqués dans cette macabre conspiration de la terreur, tels que John Edgar Hoover, fondateur du FBI dès le 10 mai 1924 et qui en resta directeur jusqu’à sa mort en 1972, Louis Patrick Gray III, chef du bureau du 2 mai 1972 jusqu’en avril 1973, Clarence M. Kelley, en charge du bureau  du 7 juin 1973 jusqu’au 15 février 1978; James B. Adams, qui dirigea le FBI quelques semaines; William Hedgcock Webster, qui fut en charge du Bureau de 1978 à 1987, et dirigea ensuite la CIA de 1987 à 1991  et finalement, William Steele Sesiones, Directeur du FBI de 1987 à 1993.

 

Légats en Amérique Latine

 

Pendant plus de six décennies, le FBI a placé des officiers du Bureau dans les sièges diplomatiques de 75 villes du monde, couvrant presque tous les pays de la planète. Ayant le statut d’attachés légaux (Légats), ils ont la mission apparente de protéger les intérêts des EU et de leurs citoyens, d’effectuer des travaux de renseignements au sein des nations dans lesquels ils sont accrédités, d’échanger des informations avec les autorités et de les former. Les Légats dépendent directement du Bureau des  Opérations Internationales au siège du FBI à Washington, DC. Il existe depuis des décennies des Bureau de Légats à Buenos Aires, Brasilia, Santiago du Chili, Caracas, Bogota, Panama et Mexico.

Les débuts des Légats en Amérique Latine trouvent leur origine en 1941, quand l’ambassadeur des EU en Colombie  demanda l’assignation d’un agent spécial à l’Ambassade des EU à Bogota. Un an plus tard, en 1942, des agents spéciaux du FBI furent désignés pour l’ambassade nord-américaine à Mexico. Ce procédé s’officialisa en 1943 avec la désignation d’Attachés Juridiques ou Légats du FBI, dépendants du Bureau des Opérations Internationales au siège du FBI, Washington, DC et qui se chargent de la coordination inter agences avec le Département d’Etat, la CIA et le Pentagone.

En 1968, le Général nord-américain Robert W. Porter déclara que : « Afin de favoriser l’utilisation coordonnée des forces de sécurités intérieures et parmi les pays d’Amérique Latine, nous essayons de promouvoir entre les différents services et la coopération régionale, l’aide à l’organisation d’un commandement intégré et de centres de contrôle, l’établissement de procédures opératives communes, et la réalisation d’exercices d’entraînements conjoints et combinés. Condor fut le fruit de ces efforts.

Les légats coordonnèrent les efforts entre l’Opération Condor et le SIDE d’Argentine, la DINA chilienne, le DISIP et la direction du renseignement militaire vénézuélien, le Département d’Ordre Politique et Social (DOPS) et le Service du Renseignement National Brésilien, ce dernier se convertit plus tard en Agence Brésilienne de renseignement, ainsi que  les Divisions Régionales des Opérations de Renseignement et Coordination de la Défense Interne ; l’Organisation Coordinatrice des Opérations Antisubversives d’Uruguay (OCOA) et aussi les renseignements militaires du Guatemala, du Salvador et d’autres nations.

Le New York Times du 6 mars 2001 nous apprend l’existence en 1978 d’un centre de renseignement installé au Canal de Panama, crée par les EU, pour échanger de l’information entre la CIA et les services de renseignement des pays latino-américains, un de ses fournisseurs étant le FBI et ses Légats.

Dans un rapport du Colonel Robert Scherrer, Légat du FBI à Buenos Aires depuis 1972 ; daté du 22 septembre 1976, l’usage de Automotrices Orletti à Buenos Aires comme centre de détention et de torture est reconnu dans un rapport provenant du SIDE argentin, y furent torturés et assassinés les diplomates Cubains Crescencio Galenaga Hernandez et Jesus Cejas Arias, enlevés probablement le 9 août de 1976 dans les environs de l’ambassade Cubaine.

Scherrer imposa aussi à ses chefs du FBI,  dans un rapport au sujet des détails de l’assassinat à Washington, DC, de Orlando Letelier del Solar, ex ministre d’Allende à peine une semaine après que ce crime soit commis : « Opération Condor est le nom de code de la compilation, de l’échange et de l’archivage de données du renseignement [militaire] au sujet des personnes [qualifiées d’adversaires politiques], récemment établie entre les services qui collaborent entre eux afin d’éliminer [leurs adversaires politiques] dans ces pays. De plus, l’Opération Condor mènent à leur fin des opérations conjointes contre ses cibles dans les pays membres (…), le Chili est au centre de l’opération Condor, qui inclut également l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l’Uruguay, le Brésil a également accepté le principe de collaborer aux collectes de renseignement de Condor »

Une troisième phase, plus secrète, de Condor consiste à  former des équipes spéciales des pays membres pour qu’elles voyagent dans le monde entier, et dans des pays non membres; pour mettre en pratique les sanctions [qui incluent] l’assassinat, [des adversaires politiques] des pays membres de l’Opération Condor. Un exemple ; si un [adversaire politique] ou un [appui de l’organisation politique adversaire] est localisé en Europe, une équipe spéciale de l’opération Condor sera envoyée pour  localiser et  surveiller la cible. Quand la localisation et la surveillance ont abouti, une seconde équipe de Condor de rendra sur place pour mener à bien la sanction effective contre la cible. En théorie, un pays fournira de faux passeports à l’équipe d’assassins, formée par des agents d’un pays distinct. L’assassinat de Letelier pourrait avoir été l’œuvre d’une troisième phase de l’opération Condor.

Ce qui est surprenant dans tout cela, c’est que l’agent spécial Robert Scherrer, en plus de connaître l’activité répressive de la SIDE argentine, coordonna régulièrement avec Antoine Campos Alum, qui était alors directeur du Commandement  Des Affaires Techniques du Paraguay, diverses actions de renseignement concernant des personnalités et mouvements progressistes de  la région, donnant des directives à ce sujet comme le démontre une note envoyée par Scherrer à Campos Alum : « Je suggère de poursuivre les conversations avec le Directeur de la Mission des Opérations des Etats-Unis au Paraguay, afin d’établir quelque programme similaire dans le domaine de la Sécurité Publique »

Tel était la complicité entre le FBI et les répresseurs de l’Opération Condor que le propre directeur du Bureau, Clarence Kelley, ne vit pas d’inconvénients à envoyer ses vœux à Campos Alum - qui actuellement fuit la justice - à l’occasion de la fin de l’année 1976 : : « En ce Noël, je désire m’exprimer au nom de tous mes collaborateurs et vous remercier de tout cœur de votre coopération, qu’avec tant de bonne volonté vous avez prodigué au FBI. Je vous souhaite le meilleur que vous méritez au centuple. »

Ces félicitations furent sans doute la juste reconnaissance par le FBI envers les policiers paraguayens qui en maintes occasion se dédièrent  à lui fournir des informations, y compris au sujet d’activités de personnalités nord-américaines, comme cela se produisit en ce qui concerne le sénateur du Massachusetts, Edward Kennedy, qui lors d’une de ses visites à Buenos Aires eut une réunion avec différentes personnalités paraguayennes.

 Le contrôle et le rôle de conseillers du FBI concernant l’activité des groupes de répression de la région, renforcé par presque 100 terroristes d’origine cubaine, ne contredit  pas le fait que Scherrer lui-même ai eu connaissance de l’assassinat en Argentine de l’ancien président Bolivien Juan Jose Torres Gonzales, qui s’est produit en juin 1976, de celui de l’ancien Ministre de l’Intérieur et de la Défense du Chili Carlos Prats, de même que des assassinats des parlementaires uruguayens Hector Gutierrez Ruiz et Zelmar Michelini, durant cette même année. D’autre part, selon les archives du FBI de l’Opération Condor, la DINA chilienne a réalisé ou tenté de commettre des attentats terroristes en Espagne, France, Portugal, Italie, EU, Argentine, Chili et dans d’autres pays.

Une preuve de la compromission des Légats nord-américains avec le terrorisme anti cubain a été donnée quand le fonctionnaire accrédité à Puerta Espana, Trinidad et Tobago, donna sans difficulté un visa à Ricardo Lozano, le vénézuélien lié à Posada Carriles dans diverses actions terroristes - dont celle d’avoir placé une bombe en Guyane le 1er septembre 1976. Postérieurement, le bureau s’étonna de ce que le 8 octobre de 1976, ce terroriste fut arrêté sous l’inculpation de détournement d’un avion de Cubana Aviation en plein vol aux Barbades.

Un autre des détachés officiels du FBI qui agirent dans le cade de l’Opération Condor, en l’occurrence au Paraguay, ce fut le Colonel Robert Thierry, qui avait comme façade le titre de « conseiller en administration publique » de l’Administration de Coopération Internationale (AID)  et dont la mission consista à  servir de conseiller au Ministre de l’Intérieur du Paraguay, ainsi que de créer et de contrôler la Police Technique de ce pays

Un autre Légat du FBI à Buenos Aires, Calvin Clegg, a également été détaché pour récolter en permanence des informations concernant les personnalités progressistes de la région, ce pourquoi il était en interaction constante avec le SIDE. Lors d’une demande au répresseur et informateur paraguayen, Pastor Coronel, employé également à de nombreuses reprises par Scherrer, il lui demanda des informations au sujet du Conseil Mondial pour la Paix. « Est joint un rapport réservé, envoyé par le Bureau du FBI à  New-York. Le rapport décrit l’histoire et les antécédents du Conseil Mondial pour la Paix, une organisation qui servit comme instrument du Parti Communiste d’Union Soviétique. Il vous prie d’examiner vos archives cherchant toutes les informations relatives au Conseil Mondial pour la Paix - qui  est dirigé contre les EU et leur citoyens – dans votre pays »

Selon des archives de sécurité nationale déclassifiées, il y a peu,  un câble de Kissinger du 16 septembre 1976, contient des ordres expresses de Kissinger qui annule l’ordre donné un mois plus tôt, le 18 août, aux ambassadeurs de son pays en Argentine, au Brésil, Chili, Paraguay, Bolivie et Uruguay de prévenir les régimes militaires de la région de ne pas commettre une série d’assassinats internationaux. Les Légats du FBI se bornèrent à avertir leur Directeur de l’existence des plans d’assassinats prévus, mais ne firent rien pour les empêcher..

Aujourd’hui nous savons que beaucoup de gens, à l’intérieur des administrations nord-américaines, se sont, durant cette étape, timidement opposés aux crimes planifiés dans le cadre de l’Opération Condor, mais aucun d’entre eux n’eut à cette époque le courage de les dénoncer. Tel fut le cas de Ernest Siracusa, l’ambassadeur des Etats-Unis à Montevideo, des ambassadeurs du Chili de l’époque David Popper et Robert Hill, ainsi que d’autres fonctionnaires de moindre importance au sein du Département d’Etat. Ont prévalu les décisions du Pentagone, de la Cia, du FBI.

La marche arrière de Kissinger, par l’intermédiaire de son Secrétaire Adjoint pour l’hémisphère occidental, Harry Shlaudeman donna le feu vert à l’assassinat de Letelier et à d’autres crimes macabres commis à cette époque. A ce sujet, Peter Kornbluh, Directeur des Archives de Sécurité Nationale, qui a son siège à Washington, signalait : « Le câble du 16 septembre est la pièce qui manquait dans le casse-tête concernant le rôle joué par Kissinger, et  par le gouvernement des Etats-Unis, après qu’ils aient pris connaissance des conspirations de l’Opération Condor. (…) « Nous savons ce qui s’est passé : le Département d’Etat tenta de manière opportune de freiner les « Assassins et Cie » dans le cône Sud et Kissinger, sans explications, les contredit »

Il existe actuellement différents bureaux de Légats en Amérique Latine, comme c’est le cas de celui qui se trouve à l’ambassade de Bogota, Colombie, qui couvre ce pays et l’Equateur. D’autres se trouvent logés dans des ambassades nord-américaines qui ont leur siège à Brasilia, Brésil ; Bridgetown au Barbade ; ainsi qu’une sous officine qui se loge au consulat des Etats-Unis de Nassau, celles-ci couvrent un vaste territoire qui comprend Anguilla, Antigua et Barbade, Aruba, les Bahamas, , les Bermudes, Bonnaire, les Iles Caïman, Curaçao, la Dominique, la Guadeloupe, La Martinique, Montserrat, Saba, San Barthélemy, San Cristobal et Nevis, Saint Eustasies, St Lucia, St Martin, St Vincent et les Grenadines et les Iles Turcos et Caicos.

Les autres officines  de Légats d’ Amérique Latine se situent à Buenos Aires, Argentine, avec la mission de s’occuper de ce pays conjointement avec le Paraguay et l’Uruguay ; à Caracas au Venezuela ; une sous officine est située à Puerto Espana, Trinidad et Tobago qui travaille sur la Guyane Française, Surinam, Trinidad et Tobago et aussi au Venezuela. Au Mexique il y a une officine de Légats à l’ambassade des Etats-Unis qui se situe à Mexico, ainsi que des sous officines à Guadalajara, Hermosillo, Monterrey et Tijuana.

Conçu par Hoover le COINTELPRO s’appliqua avec succès non seulement aux États-Unis mais aussi à Porto-Rico, il fut implanté dans plusieurs pays Sud-Américain avec pour but de détruire de l’intérieur les forces progressistes, de fomenter la division et la perte de confiance et de parvenir à une pénétration effectives des informateurs du Bureau dans leurs rangs. Il faudra encore beaucoup enquêter pour comprendre comment a été orchestré ce programme en Amérique latine, mais il est possible d’affirmer que les Légats en usèrent systématiquement, pour créer une ambiance de méfiance entre personnalités de gauche et pour fomenter les divisions, ils incitèrent  certains de ses leaders à surdimensionner leur ego, tout en dénigrant leur image vis-à-vis de leurs compagnons.

 

Un autre élément à succès usé par le FBI dans l’opération Condor fut l’Académie nationale du FBI créée dès 1935 et qui commença à entraîner les policiers et les répresseurs latino-américains depuis 1962 de manière prioritaire, en arrivant à avoir entraînés en septembre 2008 presque 3000 personnes dont une grande part de latino-américains, avec comme mission avouée de « appuyer, promouvoir et améliorer le développement personnel et professionnel des leaders de l’application de la loi, les préparant aux défis complexes, dynamiques et contemporains à travers des techniques innovatrices, facilitant l’excellence dans l’éducation et l’investigation et la création d’associations dans le monde entier. En réalité des diplômés sortaient éminemment préparé en techniques d’interrogatoires de basse pression ; s’y entendant en tortures efficaces et autres méthodes modernes de contre-insurrection.

L’héritage laissé en Amérique Latine par l’Opération Condor est répugnant. C’est quelque chose que nos peuples n’oublieront jamais et les nouveaux pupilles du FBI devront en assumer la honte.

 

- Percy Francisco Alvarado Godoy es escritor guatemalteco. 

Traduction Anne Wolff

Source originale en espagnol : El FBI y la Operación Cóndor - América Latina en Movimiento

 

 

 

 

 

 

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 22:01

 

Un blog pour ceux qui voudraient en savoir plus sur ce qui se passe en Irak, zoom sur cette importation de la "démocratie et de la liberté" made in USA

 

Sale temps pour les Américains à Bagdad

par Gilles Munier (Afrique Asie – mars 2012)

La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.

Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s. Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si l’Iran est attaqué.

Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.

Finis les passe-droits

Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji. Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux  - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain amérivain Peter King pour les libérer.

Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières. Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’« ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !

Tuez-les, sans sommation

Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’ « agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives – accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).

(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1

Source : Sale temps pour les Américains à Bagdad - Le blog de Gilles Munier

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Published by Anne Wolff - dans Irak
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 04:35

Illusion démocratique: L’escroquerie électorale perçue comme telle… Reste à construire le contre-pouvoir autogestionnaire !…

le juillet 10, 2012 par Résistance 71

L’escroquerie électorale en perte de vitesse ?

 

Le Monde Libertaire

No 1679 du 28 Juin au 11 Juillet 2012

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/france/15832-lescroquerie-electorale-en-perte-de-vitesse%E2%80%88

 

 

Le taux d’abstention, selon le CSA, a atteint 44,4 % dimanche 17 juin dernier, soit un record absolu sous la Ve république à des élections d’échelle nationale. À rapprocher de l’abstention croissante aux élections cantonales (56 % en 2011), régionales (53,6 % en 2010) et européennes (59,4 % en 2009). Quant à l’abstention aux élections municipales – qui intéressent traditionnellement les électeurs du fait de l’enjeu local et de leur impact directement ressenti sur le lieu de vie –, elle n’est pas en reste : son taux est monté à 35,5 % en 2008.

Si l’on tient compte du fait que de 10 % à 13,3 % des gens potentiellement aptes à voter ne sont même pas inscrits, le constat est sans appel : hier, seuls entre 38,5 % et 40 % des gens en droit de voter en France ont jugé utile de désigner des élus pour les « représenter ».

Ainsi, les « élus à la majorité » sont propulsés « représentants des Français » par des votants de plus en plus minoritaires au sein des populations.

C’est une véritable inquiétude pour les institutions politiques, économiques et médiatiques, ressassant leurs injonctions culpabilisantes à accomplir le « devoir citoyen ». Leurs discours fébriles sur l’abstention et la perte du sens « civique » dissimulent mal le malaise de ces castes dominantes.

Celles-ci savent trop bien qu’elles ne nous dominent jamais par la seule force armée de leurs vigiles en uniformes, mais en imposant l’assentiment. Depuis la création des premiers états de l’antiquité, c’est-à-dire d’associations de bandes armées de racketteurs organisés, le meilleur arsenal du pouvoir autoritaire rassemble avant tout ce qui peut donner un semblant de légitimité à sa violence instituée. Avec l’avènement de la « démocratie », les balivernes religieuses ont peu à peu cédé la place à la mascarade électorale. Les élections sont redoutablement efficaces sur des populations dont on a brisé par la force toute possibilité collective réelle de décision et de révolte : les individus doivent être atomisés, isolés dans les rouages de la machine à obéir. Sans culture collective autre que celle du réflexe d’obéissance imposé par des années d’« éducation », la grande majorité des individus soumis adoptent les présupposés du système dominant, en les croyant leurs, en les faisant leurs.

On peut dès lors, lentement, passer du seul droit de vote des riches (suffrage censitaire), au suffrage dit « universel », avant d’y ajouter les femmes un siècle après… et peut-être les étrangers un jour, qui sait.

Ce qui compte, pour entretenir cette illusion que les dominants sont désormais « représentants » de leurs dominés, c’est que la « majorité » des exploités renouvelle, à intervalles réguliers, l’assentiment à ce que les puissants décident à la place de tous.

Peu importe aux détenteurs du capital qui sera élu préposé à la garde de leur coffre-fort, si le capital privé (ou étatique) demeure le monopole absolu de la décision économique, c’est-à-dire de la décision politique réelle. Les élections reposent sur le socle institutionnel des démocraties modernes, consistant depuis plus de deux siècles à relayer la conception de la liberté par la propriété, écrite et célébrée dans le marbre des droits de l’homme (riche).

Ainsi donc cette croyance, cette projection hallucinatoire de nos prétendues volontés dans un corps national éthéré, incarné dans un « élu », ce fantôme, se fissure en apparence. La bourgeoisie s’inquiète, à juste titre. En Grèce et ailleurs, la révolte gronde, malgré les larmes, les armes et la prison.

En France comme partout, la république est un cadavre, qui s’est construit sur des cadavres. La bourgeoisie s’acharne donc sur ce cadavre républicain, en rajoute dans un « pluralisme » bidon, ici rose ou bleu, là-bas salafiste ou bidasse, quitte à transformer le zombie en Frankenstein à grosses coutures maladroites. Le problème, c’est qu’il est tellement pourri qu’il fait la même bouillie indistincte, le même Flamby. On le met sous l’électrode « majorité », aujourd’hui rose, demain brune, peu importe… tant que la « majorité » croit qu’elle s’est exprimée. On bidouille des énièmes tours de passe-passe, pour que les pitoyables miettes de voix grappillées par un candidat au premier tour ressemble vaguement à une « majorité ». Le mensonge est énorme, peu importe. Les maîtres se moquent bien du bavardage des esclaves sur la gestion de leur servilité, au contraire ils l’encouragent, si cela peut aider les esclaves à oublier qu’ils ont des chaînes.

La société devient-elle anarchiste parce que l’abstention progresse aux législatives ? Quel doux rêve. On aimerait bien ! On aimerait que l’abstention se mue en abstention active, que les gens désobéissent, occupent leurs quartiers, leurs boîtes et leurs pôles emplois, investissent les logements vacants, se rencontrent, s’organisent, que leurs mandatés soient révocables et appliquent techniquement les résolutions adoptées en assemblées populaires… On l’aime cette révolution et on se battra toujours pour elle, parce qu’on se bat pour nous. Mais il faut remettre les pieds sur terre : l’abstention ne dit absolument rien sur la possibilité d’un basculement révolutionnaire dans l’anarchisme. Elle ne reflète qu’un désarroi de plus en plus lourd, pouvant tout aussi bien donner lieu à une révolution sociale et libertaire, qu’à la résignation la plus abjecte et à l’acquiescement au fascisme. On terminera cet article sur le chiffre obstinément bas depuis toujours, volontairement omis en introduction, de la faible abstention à l’élection précédente.

Ce sont les mêmes qui s’abstiennent aujourd’hui, qui ont voté hier en nombre à l’élection qui résume le principe même de l’aliénation au principe autoritaire représentativiste, poussé à son plus consternant paroxysme. La soumission au grand cadavre incarné, l’élection césariste par excellence inventée par Napoléon III : l’élection présidentielle. Peu importent les idées, peu importent le vernis des pinaillages politiciens : on sait trop bien qu’on ne décide de rien, que le vote aux élections législatives est au pire un réflexe d’animal de laboratoire, au mieux un pis-aller contre le candidat-épouvantail d’en face. Si la grande majorité ne vote plus, dans un summum de résignation et de soumission collective, que lorsqu’il s’agit d’élire un César, incarnant à lui tout seul le rôle grand-guignol de « représentant du peuple français », c’est parce que la France glisse vers le fascisme, et qu’il y a tout lieu de s’inquiéter. Le bloc rose triomphe, sur fond sonore d’expulsions d’étrangers à la Valls, d’éructations « moranesques » sur le vote des étrangers transformant la France en « Liban », de grognements lepénistes, de slurp d’écolos suçant de l’uranium. Et des cris de sept compagnons antifascistes, arrêtés le soir du deuxième tour des législatives à Hénin-Beaumont et emmenés au commissariat de Lens.

Vu ce qui nous pend au nez comme dévastation sociale, il serait peut-être temps de sortir de l’incantatoire et de nous organiser sérieusement.

 

Juanito, Groupe Pavillon noir de la Fédération Anarchiste

Source : Resistance71 Blog

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 03:59

 

Monsanto : Organisation Gravement Mercantile

Petit rappel :

 

Les risques pour l'environnement des OGM:

 

1. réduction de la biodiversité due à l’agressivité des caractères compétitifs que les plantes OGM (dites PGM) expriment vis à vis de la flore et de la faune.

 

2. dispersion des transgènes par voies de pollinisation, avec risque de dissémination de gènes de résistance à des herbicides par exemple. Des « mauvaises herbes » résistantes aux herbicides totaux apparaîtront alors qui nécessiteront l’emploi de pesticides encore plus toxiques pour s’en débarrasser.

 

3. se pose aussi la question de la coexistence de différents systèmes agraires puisque des cultures n’utilisant pas d’OGM peuvent être polluées.

 

4. adaptation des prédateurs aux toxines transgéniques qui deviendront inefficaces et destruction d’insectes auxiliaires utiles.

 

5. modification possible de microorganismes du sol

 

6. accentuation de la pollution par les pesticides

 

Rappel : 71% des OGM sont des plantes prévues pour supporter des traitements herbicides et 28% sont des plantes prévues pour sécréter leur propre insecticide : 99% des plantes OGM sont donc des ‘plantes à pesticides’ ! (1)

 

En effet, les plantes OGM ont été présentées au public comme étant des plantes appelées à résoudre, outre la faim dans le monde, les problèmes de pollutions par les pesticides, en réduisant l’emploi de ceux-ci en agriculture.

 

Or, les firmes de l’agro-industrie ont vu, avec l’exploitation agricole industrielle des OGM, la possibilité d’augmenter la vente de certains pesticides par la commercialisation de plantes OGM résistantes à ces herbicides particuliers, comme le fameux Round Up.

 

Le principe est simple : quand des semences sont tolérantes à un herbicide, elles sont les seules à le supporter et le produit tuera donc toutes les autres « mauvaises herbes » du champ. Pour les firmes le bénéfice est double car elles vendent à la fois leur semence OGM (plus chère que la semence classique) et leurs pesticides. La culture du soja transgénique résistant au RoundUp aux Etats-Unis a conduit à une augmentation des ventes de cet herbicide de 72% depuis 1997.

 

1 : « OGM, le vrai débat », Gilles-Eric Séralini.coll Dominos Flammarion, 2000.

 

Source : http://www.mdrgf.org/62.OGMenvironnement.html

 

 

Les "valeurs" selon Monsanto source : http://www.monsanto.fr/presentation/nos_valeurs.asp

 

 

Respecter partout dans le monde les opinions des individus en matière de religion, de culture et d´éthique. La sécurité de nos collaborateurs, des communautés auprès desquelles nous opérons, de nos clients, des consommateurs et de l´environnement est notre priorité absolue.

 

 

 

Comme disait Goebbels : « Plus le mensonge est gros, plus il passe. »

Pour info , d'après le wall street journal du 28 juin 2012, les gains de Mosanto ont augmentés de 35 % ...

 

Source : Le blog de hobo-lullaby

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 17:48

Plus j'avance dans mes recherches et plus je trouve de liens entre ceux qui sont chargés la "sécurité des "Etats-Unis"" et des groupes d'extrême-droite partout dans le monde.

Après avoir démythifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et découvert qu’un groupe d’industriels étasuniens avaient contribué à armer Hitler, l’avaient soutenu tout au court de la guerre et avaient permis l’évasion et favorisé le recyclage des nazis après la guerre, j’avais laissé tomber le sujet, tant il semblait impensable d’assister un jour à une résurgence du nazisme autrement que comme un épiphénomène, exutoire pour la hargne d’une infime minorité de décérébrés incapables de trouver d’autres chemins pour conjurer leur peur de l’inconnu que celui de la violence et cette volonté de détruire ce qu’ils ne comprennent pas, ce qui les dépassent….

Aujourd’hui la situation est vraiment très inquiétante. Nous voyons que les opérations conjointes du Pentagone s’appuie sur les réseaux d’extrême-droite partout dans le monde, que ce soit en Amérique Latine, parmi les Musulmans ou les Israéliens, que ce soit en Serbie ou dans d’autres régions ayant auparavant fait partie du « bloc de l’Est », les interlocuteurs privilégiés des forces de déstabilisation-répression sont les extrême-droite locales, dont certaines sont héritières directes du nazisme. L’article ci-dessous, souligne avec raison la passivité des institutions européennes, l’influence des lobbies de ceux que l’on appelle ultra droite à Washington est avérée.

Récemment ont été mis en évidence le noyautage des forces de répression (armées, polices) de différents pays, Grèce, Belgique, Québec… par des éléments d’extrême-droite. Partout en Europe on assiste à la montée décomplexée de partis et groupements ouvertement haineux, racistes, parfois violents. Aux Etats-Unis, les mouvements d’extrême-droite, souvent hyper armés sont puissants, et les liens entre les groupes militaires les plus dangereux et ces courants d’extrême droite internes ou avec ceux des pays où ils interviennent sont avérés…

En plus de nombreux groupements dit « antifas » ont également un comportement qui en fait objectivement des membres de ce qu’ils prétendent combattre, l’équivalent de n’importe quelle milice fasciste… particulièrement des SA.

Le fascisme actuel n’est donc pas un épiphénomène, marginal, mais bien un mal qui prend de l’ampleur, qui gangrène toute la société et qui tient une place non négligeable parmi les forces de répressions de l’empire et leurs alliés stratégiques. Pendant que la gauche européenne s’entredéchire à coup d’invectives souvent hargneuses, soutient l’intervention dans des pays souverains de ces forces armées dont une partie et surtout dans la direction sont fascistes ou en lien étroits avec ceux-ci, la fascisation de nos sociétés gagne du terrain.

La question se pose donc avec urgence et acuité… que faire, comment réagir de manière endiguer cette gangrène, ce monde du pire qui prend de l’ampleur et pourrait bien nous détruire si nous ne réagissons pas vite, unis dans la cohérence, tant dans nos analyses que dans nos pratiques….

PS : je ne crois pas que c'est en tentant une réhabilitation du stalinisme que nous y parviendrons, reconnaître le sacrifice des soldats russes qui a grandement contribué à nous sauver une premièrefois des griffes du nazisme est une chose, nier les "infanticides" commis par le "Petit père des Peuples" et l'élimination par Lénine avant lui de toute la gauche non bolchévique, refuser de critiquer un régime qui fut d'emblée totalitaire et en rupture totale avec le communisme idéaliste, c'est nous condamner à la répétition. Nous vivons dans un monde de diversité, et c'est très bien, comment faire coexister la diversité, comment permettre à chacun de participer d'une part de la souverainté collective et d'exercer on droit à l'autodétermination personnelle... c'est en ces termes que jepose la question de l'avenir.

 

 

Célébration du nazisme et persécution anticommunistes dans les pays Baltes

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Glorification des nazis et persécution des communistes dans les pays Baltes : une revanche historique sous les auspices de l'Union européenne

par Higinio Polo

 

 

En juin 2008, Vaclav Havel et d'autres représentants éminents issus des rangs de la droite et de l'anti-communisme ont défendu la Déclaration de Prague qui fut adoubée par l'Union européenne, et qui insistait sur l'idée de mettre sur le même plan nazisme et communisme, étendant une condamnation qui se voulait définitive.

Au-delà du manque de rigueur de tels déclarations et du recours aux mensonges les plus grossiers des pamphlétaires conservateurs, qui ignorent à dessein le lien évident entre le nazisme, le fascisme et le système capitaliste, l'idée n'est pas neuve et, en réalité, elle a des précédents dans la propagande américaine durant les années de guerre froide et, plus récemment, dans la politique des gouvernements des pays baltes, dont l'identité nationaliste actuelle conserve une filiation évidente avec le nationalisme fasciste, complice de l'Allemagne de Hitler pendant la seconde guerre mondiale, même si on cherche aujourd'hui à cacher ces liens.


Cette initiative de Havel (qui a été soutenue par plusieurs chambres législatives, comme en Bulgarie et au parlement Européen même, en 2009), et d'autres du même types ont donné un nouvel élan au révisionnisme historique en Europe, mettant l'accent sur la condamnation du communisme et rendant possible la réapparition des spectres du passé nazi de l'Europe, dans une folle course qui voit dans les pays Baltes ses principaux protagonistes et diffuseurs.

 

Car, en dépit de cette équivalence trompeuse, la vérité est que les communistes sont les seuls à être poursuivis en Europe aujourd'hui, tandis que les vétérans nazis et fascistes et leurs partisans sont soutenus par les gouvernements baltes ainsi que d'autres pays, tolérant leurs activités. Parmi de nombreuses dénonciations, celle d'Efraim Zuroff, historien d'origine nord-américaine qui dirige le Centre Simon Wiesenthal, a publié en 2010 un article dans The Guardian, où il attirait l'attention sur le développement des activités nazis en Lettonie et en Lituanie et sur les mots d'ordre contre les juifs qui voyageaient dans ces pays, comme si 70 ans ne s'étaient pas écoulés depuis la fin de la guerre. Zuroff a également dénoncé l'immobilisme de l'Union européenne vis-à-vis de l'activité des nazis. Il n'y a pas à s'en étonner, puisque tandis que les institutions européens n'ont pas lésiné sur les moyens (trahissant les convictions démocratiques affirmées) pour arrêter les dirigeants communistes ou tenter d'interdire certains partis communistes, ils ont observé stoïquement la glorification du nazisme qui se produit dans les confins de l'Union européenne.

 

Au sein des trois pays baltes, la situation est très préoccupante. Les gouvernements de ce pays, tout en maintenant un discours officiel qui tente de mettre sur un même plan communisme et nazisme, troupes de l'Armée rouge et nazis, l'Allemagne d'Hitler avec l'Union soviétique, confondant victimes et bourreau, traitant les vétérans nazis comme des "combattants pour la liberté", comme certains ministres ont osé les définir.

Ainsi, l'Estonie est devenue le lieu habituel de réunion des vétérans nazis des Waffen-SS avec l'appui du gouvernement, qui envoie également des messages de salutations aux participants et qui trouve dans le ministre de la Défense un de ses principaux propagandistes. Après des années de défilés, initiatives et rassemblements exaltant le nazisme, en 2004, apparaît la nouvelle dans la presse internationale sur l'intention d'ériger un monument pour les SS en Estonie et pour les vétérans de la 20ème division Waffen SS Grenadier 1/Estonie, qui ont collaboré avec les nazis et qui continueraient à organiser librement des réunions dans le pays. Il ne s'agit pas de petits groupes isolés: 60 à 70 000 estoniens ont rejoint les détachements nazis, combattant aux côtés de l'Allemagne d'Hitler.

 

A Sinimäe, où eut lieu la principale bataille entre l'armée allemande et les troupes soviétiques pendant la deuxième guerre mondiale, se rassemblent habituellement chaque année plusieurs centaines de personnes, accompagnées des autorités locales et des vétérans nazis de Lettonie, Lituanie, Danemark et d'Autriche ainsi que d'anciens membres des Waffen-SS, défilant sous les drapeaux nazis. Une de leurs revendications est que soit érigé un monument à Tallinn, la capitale estonienne, pour les vétérans de la « Seconde guerre de libération », comme ils appellent leur participation aux côtés des nazis pendant la guerre.

Après 1945, nombre de ces nazis ont continué à combattre l'Armée rouge dans des guérillas qui eurent le soutien de la CIA américaine et des services secrets britanniques, jusqu'à leur disparition dans les années Cinquante. Les livres de Mart Laar (qui fut premier ministre de l'Estonie et actuel ministre de la Défense) comme La légion estonienne et le Soldat estonien pendant la seconde guerre mondiale, dans lequel il conserve la mémoire et défend les agissements de ces hommes rangés aux côtés des nazis, sont habituellement vendus dans ces initiatives de propagande fasciste, sous la protection officielle du gouvernement estonien.


Autour de ces initiatives nazies, prolifèrent d'autres initiatives. Des groupes musicaux comme Untsakad ont publié des disques avec des chants nazis estoniens et en 2008 toutes les bibliothèques du pays offraient un calendrier avec des dizaines d'affiches de propagande de la 20ème Division Waffen SS. En dépit des protestations des citoyens de gauche, des groupes démocratiques et anti-fascistes, le gouvernement a continué à tolérer et protéger les activités nazis qui s'étendent aux pays voisins. A Helsinki, profitant d'une exposition annuelle promouvant les produits estoniens, sont souvent vendus des t-shirts glorifiant la légion estonienne des SS et des opuscules de guerre avec des appels à la guerre contre la Russie et à la destruction de Moscou. Le Comité anti-fasciste d'Estonie, qui cherche à limiter la diffusion des idées nazis, dénonce la justification dans ce pays des « crimes contre l'humanité » commis par les membres estoniens de la Waffen-SS.

 

La complaisance gouvernementale avec les activités nazies contraste avec l'activisme manifesté dans la persécution des communistes : en mai 2008, entrepreneurs et politiciens (parmi lesquels l'ancien premier ministre Mart Laar, le comte von Stauffenberg Damian, et l'homme d'affaires Meelis Niinepuu) présentèrent une fondation destinée à « enquêter sur les crimes du communisme », dirigée par Roosi Ranno, ancien attaché parlementaire de Lennart Meri (conservateur qui prit la présidence comme candidat d'Isamaaliitt – Patrie – mort en 2006).

Pour chercher à contourner les critiques internationales, les fonctionnaires du gouvernement estonien ont publié des déclarations rituelles de condamnation du communisme et du nazisme, même si son application pratique est limitée à la persécution des idées communistes et de tout ce qui touche à l'Union soviétique, comme le prouve la démolition et le démantèlement des monuments consacrés à l'Armée rouge ; la décision du gouvernement en 2007, dans le cadre d'une nouvelle provocation, de démanteler le monuments aux soldats soviétiques libérateurs de Tallinn, qui se trouvait dans le centre de la ville et de le transférer dans un cimetière militaire (mais il n'a pu empêcher que l'on continue à déposer des fleurs dessus) et le procès contre Arnold Meri, un vieil estonien récompensé du titre d'Héros de l'Union soviétique pour son activité de guérillero contre le nazi pendant la seconde guerre mondiale. La libération de l'Estonie des nazis a coûté à l'Armée rouge la vie de 150 000 soldats.


Les gouvernements conservateurs qui ont dirigé l'Estonie se sont engagés dans la dénonciation du prétendu « génocide estonien » qui aurait été organisé par l'Union soviétique entre 1940 et 1953, accusant Moscou de la mort de 60 000 estoniens dans la période. Toutefois, les chiffres furent révisés par l'historien Alexander Diúkov, qui en 2009, dans sa recherche (Le mythe du génocide. Répression soviétique en Estonie, 1940-1953), a abaissé le nombre à moins de 10 000 et déclarant que le génocide qui a eu lieu fut contre la population soviétique tuée par les nazis, avec plus de 2,5 millions de prisonniers de guerre soviétiques tués pour la seule année 1941.


En outre, on célèbre chaque année la Marche d'Erna, en mémoire du bataillon spécial des Waffen-SS, avec un nom qui rappelle le parcours menant de Tallinn à une ancienne base militaire nazie, sur près de 150 kms. Sous prétexte de réaliser un événement sportif, la marche est une glorification du nazisme et des actions de la Légion estonienne pendant la seconde guerre mondiale. Le soutien du gouvernement est allé tellement loin que la 17ème marche, en 2010, a été ouverte par l'ancien ministre de la Défense, Jaak Aaviksoo. Elle se déroule depuis 18 ans. La dernière provocation est venue de l'ancien ministre de la Défense, l'historien nationaliste et ancien premier ministre, Mart Laar, qui a lancé l'initiative de reconnaître les estoniens de la Waffen SS comme des « combattants de la liberté », mais face aux réactions internationales, le gouvernement a été contraint d'avancer masqué, publiant un communiqué en janvier 2012 où il déclare son intention de « reconnaître ceux qui ont combattu pour l'indépendance de l'Estonie », catégorie dans laquelle entrent les vétérans nazis du pays et pour l'étranger, et qui met sur le même plan les activités de l'Allemagne nazie avec celles de l'Union soviétique.

 

Le soutien non-dissimulé du gouvernement estonien à ces manifestations va jusqu'à les annoncer sur les pages web des organismes officiels, dans une tentative de faire des héros à partir des criminels d'hier. Collaborant dans la glorification du nazisme, le gouvernement pose tout un ensemble d'obstacles à la tenue de manifestations anti-fascistes, allant jusqu'à en faire du Comité anti-nazi de Lettonie un « danger pour l'Etat ». Les membres de l'organisation anti-fasciste Nochoy Dozor, entre autres, manifestent contre les agissements des nazis et continuent de déposer des fleurs en hommage aux soldats de l'Armée rouge et aux victimes estoniennes mortes dans les camps d'extermination nazis, mais de nombreux autres estoniens nationalistes restent complaisants face aux parades des vétérans nazis. Ce n'est pas une surprise, que des figures historiques du nationalisme estonien, comme Uluots Juri, premier ministre en 1940, aient lancé un appel à combattre l'Armée rouge avec les troupes nazies allemandes.

 
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les anciens combattants de laWaffen SS célèbrent l'entrée des nazis à Riga

 

En Lettonie, officiellement se déroule chaque 16 mars un hommage à la Légion lettone des Waffen-SS, initiative créée en 1994, peu après la chute de l'URSS. La légion lettone, qui a rassemblé jusqu'à 100 000 hommes, a participé au siège nazi de Leningrad qui a tué plus d'1 million de citoyens soviétiques, en dépit de cela les autorités lettones ont donné l'autorisation de publication et a permis la diffusion à grande échelle d'un film, The Soviet Story, qui présente de graves manipulations historiques. Vaira Vike-Fraiberga, ancienne présidente du pays et fille d'ancien collaborateur nazi, a décidé en 2001, pour éviter les critiques internationales, que la célébration continuerait mais de façon non-officielle. A Lestene, se trouve un monument en hommage aux nazis lettons, qui a été inauguré par des ministres du gouvernement et par des organisations comme Daugavas Vanagi qui soutiennent ouvertement les parades nazies. Daugavas Vanagi (Faucons de Daugava) est une organisation créée en Belgique en 1945 pour aider les prisonniers nazis lettons et qui a des bureaux aux Etats-unis, Canada, Australie et dans d'autres pays où il continue à être épaulé par des groupes de jeunes aux tenues para-militaires.

 

La parade actuelle de la Légion Waffen-SS a été interdite par le Conseil municipal de Riga, mais les juges ont abrogé la décision, recevant le soutien du président du pays jusqu'en 2011, Valdis Zatlers, qui a défendu publiquement les cérémonies rendant hommage aux vétérans nazis. Les lettons qui ont collaboré avec l'Allemagne nazie dans les camps d'extermination furent particulièrement sanguinaires. Les affrontements entre les participants aux marches nazies et les anti-fascistes (qui ont parfois défilé vêtus comme des prisonniers de camps d'extermination) ont été fréquents et la police lettone n'a pas hésité à arrêter les militants anti-fascistes comme le député Victor Dergunov. La complicité avec les nazis a atteint un tel point que l'ancien président letton, Valdis Zatlers, a déclaré en mars 2008 que l'opinion publique internationale se trompait lorsqu'elle qualifiait de nazis les anciens lettons membres de la Waffen-SS.

 

 

Une telle complaisance contraste avec l’obsession anti-communisme. Il suffit de rappeler qu'en Lettonie, le Parti communiste est interdit et que les communistes opèrent sous le nom de socialistes. Le principal leader communiste Rubiks Alfreds, a été plusieurs fois incarcéré par les gouvernements conservateurs, pour un total de six années de prison. L'obssession anti-communiste et anti-russe a porté le Parlement letton, le Seim, en février 2004, à annuler le droit des citoyens lettons à pouvoir éduquer leurs enfants dans la langue russe avec l'adoption d'une loi discriminatoire qui institue une véritable ségrégation pour les citoyens Lettons russophones. C'est incroyable que cela se déroule au sein de l'Union européenne, mais le nationalisme letton nie la citoyenneté à près de 20% de la population, qui n'a pas de droit, transformant des citoyens en apatrides bien qu'ils soient nés en Lettonie ; ils ne peuvent pas voter non plus. L'entrée dans l'OTAN et dans l'UE a encouragé les tentations ségrégationnistes du gouvernement conservateur, qui a considéré que ni l'alliance militaire occidentale, ni Bruxelles, ne s'opposeraient à cette décision, comme ce fut effectivement le cas.

 

Même le gouvernement letton a entamé le processus de révision de la Seconde guerre mondiale. Ainsi, Kononov, un partisan communiste, vétéran de près de 90 ans, a été accusé d'avoir tué des civils qui ont collaboré avec les nazis pendant la guerre. Kononov, dont la famille est morte dans les camps de concentration, est un letton qui a combattu contre les troupes nazies en Lettonie, détruisant des objectifs militaires avec des explosifs et faisant sauter des trains qui transportaient des armes. Il est passé six fois en jugement en Lettonie et a fait deux années de prison. Il a été accusé d'avoir exécuté des paysans qui avaient dénoncé des partisans soviétiques aux autorités nazies d'occupation. La sentence a été déclarée nulle par la Cour européenne des droits de l'Homme, mais en 2010 l'appel du gouvernement a réussi à renverser la sentence. Un des représentants du Comité antifasciste de Lettonie, Eduard Goncharov, a affirmé que le plan du gouvernement conservateur letton était d'ouvrir un procès pour constester le verdict du Procès de Nuremberg et cela est une forme de revanche : ceux qui ont fui avec les nazis quand ils se sont retirés de Lettonie, sont aujourd'hui au pouvoir dans la République. Ce n'est pas surprenant que dans ce pays la défense des idées communistes soit interdite, et, même si la diffusion des idées nazies est elle aussi interdite, la tolérance à leur égard est évidente.

 

 

En Lituanie, où les nazis ont tué plus de 200 000 juifs, les gouvernements conservateurs ont cherché d'effacer de l'histoire les massacres, l'implication du nationalisme et des volontaires lituaniens nazis. Ce n'est pas surprenant que ces massacres aient été réalisés par les lituaniens sur ordre des nazis, comme le nationalisme actuel au pouvoir tente de l'occulter. Ce n'est pas un hasard si le ministre de la Défense Jukneviciene Rasa, lors de sa visite aux États-Unis, a effectué une visite sur la tombe du général Povilas Plechavicius. Plechavicius est arrivé en Lituanie avec les troupes nazies pendant l'Opération Barbarossa et a combattu avec eux contre les guerriers polonais anti-fascistes comme des milliers de nationalistes lettons.

Le président du pays de 2004 à 2009, Valdas Adamkus, a combattu pendant la seconde guerre mondiale contre l'armée soviétique, aux côtés des troupes nazies, et quand la guerre fut finie, il est parti en Allemagne avec sa famille, et il ne s'agit pas d'un cas isolé parmi les politiciens nationalistes. Le Parlement (Seimas) a par ailleurs interdit en juin 2008 les symboles soviétiques et nazis, utilisant cette grossière équivalence entre idéologie fasciste et communisme que Vaclav Havel a introduit dans la Déclaration de Prague. Toutefois, en mai 2010, dans un acte révélateur, le tribunal lituanien a établi que la swastika nazie faisait partie du « patrimoine culturel du pays », pour cette raison elle pouvait être utilisée à la différence de la faucille et du marteau ou d'autres symboles communistes. Étant donné que l'esprit de compréhension pour le nazisme et la persécution du communisme viennent de loin, cela a permis d'ouvrir une brèche au sein des institutions européennes, avec cette passivité de l'Union européenne dénoncée par Efraim Zuroff.

 

Quelques mois auparavant, la Cour européenne des droits de l'Homme a émis un verdict qui repousse la plainte présentée (sept années auparavant!) contre les autorités lituaniennes pour l'arrestation et l'incarcération de dirigeant communistes, comme le docteur Mikolas Burokiavicius, qui fut secrétaire du Parti communiste lituanien, qui a passé onze ans dans les prisons depuis sa condamnation en 1994 pour sa participation aux activités du Parti communiste d'Union soviétique. Depuis 1991, des milliers de militants communistes ont subi une persécution politique. Avec ce verdict, il s'agit d'un véritable outrage fait à la justice, le Tribunal a compté de fait avec la collaboration d'institutions européennes passives, que ce soit l'Union et le Conseil européen, dans la restriction des droits des citoyens en Lituanie.

 

Cependant, tandis que les autorités tolèrent des manifestations avec des slogans racistes (« La Lituanie pour les lituaniens », évidemment dirigé envers ceux qui ne sont pas « comme eux »), et avec des symboles néo-nazis, la répression fait rage contre les communistes et la gauche. En avril 2011, s'est ouvert le procès contre le président du Front populaire socialiste Paleckis Algirdas, pour « négation de l'agression soviétique contre la Lituanie ». La base du procès était que Paleckis contestait la version officielle des événements de la tour de télévision de Vilnius, le 13 janvier 1991, où sont mortes 14 personnes qui auraient été tuées par les troupes soviétiques dans les mois d'agonie du gouvernement Gorbatchev.

Paleckis soutient, avec des preuves et des témoignages de première importance, que le massacre a été une provocation organisée par les nationalistes lituaniens, dont les forces armées (DTP/Département de protection du territoire) ont tiré sur la foule avec l'intention d'en faire porter la responsabilité ensuite par le gouvernement et par l'armée soviétique. Ils ont atteint leurs objectifs. Même si Paleckis a été acquitté en janvier 2012, le Procureur a lancé un appel, ré-ouvrant le procès.

 

En Lituanie, la dégradation politique du pays a conduit également à la destitution, en avril 2004, d'un président, Rolandas Paksas, pour ses liens avec la mafia. En 2009, il est apparu évident que le gouvernement avait permis la création en 2002 d'une prison secrète de la CIA nord-américaine dans la banlieue de Vilnius, où ont été torturés des prisonniers. L'actuelle présidente, Dalia Grybauskaite, n' « exclut pas la possibilité » de l'existence de cette prison secrète.

En Baltique, le nationalisme vise à contester l'issue de la seconde guerre mondiale et même, si possible, du procès de Nuremberg. Le racisme, le culte des armes et du militarisme, le mépris des minorités, la xénophobie et la haine envers les juifs et les roms, ont toujours été plus présents dans cette zone et dans d'autres régions d'Europe de l'est. La tolérance envers les actes de glorification de nazisme et du fascisme, le racisme nationaliste et le mépris des minorités, coexiste avec la répression du communisme et une préoccupante dérive anti-démocratique qui devrait inquiéter les citoyens et les institutions européennes car, par ailleurs, les signaux d'alarme ne viennent pas seulement des États baltes, bien qu'ils soient devenus le foyer le plus préoccupant.

Des tentations similaires sont apparues en Roumanie, Hongrie, où règne une violente persécution des communistes et en République tchèque (où la droite cherche de mettre hors-la-loi le parti communiste, un des plus importants du pays) ainsi qu'en Pologne. Et en conséquence de cette politique nationaliste et conservatrice, les mouvements fascistes sont en plein essor. Tandis que continue la chasse aux sorcières en Mer Baltique contre les communistes, aucun procès n'a été entamé jusqu'alors, contre les criminels nazis originaires d'Estonie, de Lettonie, ou de Lituanie et la persécution et la méfiance envers les juifs, les minorités et la gauche continuent à être la conduite habituelle des gouvernements de ces pays.


Le venin du serpent fasciste continue à envenimer le continent : personne ne peut imaginer, sans s'émouvoir, l'idée que puissent défiler des soldats nazis en Allemagne et c'est bien pour cela que l'on devrait s'inquiéter que des emblèmes nazis flottent encore au-dessus des pays nazis.


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Cri du Peuple : http://www.mleray.info/article-celebration-du-nazisme-et-persecution-anticommunistes-dans-les-pays-baltes-107813420.html

 

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Published by Anne Wolff - dans Métastases du nazisme
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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 07:17

 

Ben les petits gars, voilà qui semble fort intéressant. Ne nous laissons pas abuser plus longtemps... Coup d'état institutionnel réussi au Paraguay ; celui par mise d'un pays en ingouvernabilité échoué en Bolivie, les services de sécurité Venezueliens ont repéré des francs-tireurs infiltrés depuis la Colombie, quand on sait à quel point les "Etats-Unis"veulent la peau de Chavez -et pour cause - pas rassurant. Les nombreux échos qui me viennent d'Amérique Latine,  sont aussi des appels à relayer ce message : "L'empire s'apprête à intensifier sa reprise de mainmise sur le continent Sud, faite le savoir, rompez le silence"

La Syrie plongée dans le chaos par des fous armés par l'Empire, la Corne de l'Afrique devenue champ de bataille de la guerre USA-Chine, et le Mali plongé dans l'horreur....le programme de "domination du spectre total" répand ses foyers de guerre partout sur la planète

Mais nous aussi Européens avons doit à nos coups d'état. Comme je l'ai fait maintes fois remarquer, ses valets sont pour l'Empire des pions sacrifiable une fois qu'ils ont rempli leur rôle. Nous voyons bien aux continuités des politiques, que les alternances gauche-droite, républicains-démocrates, ne sont là que pour maintenir des fictions de démocratie et la division des peuples sur des questions fictives ou secondaires...  En Belgique, cela fait un moment que - quand ils arrivent à se constituer et se maintenir- nos gouvernements, fait de bric et de broc, n'ont que fort peu avoir avec une quelconque volonté des électeurs... d'ailleurs de plus en plus défaillante...

Et nous pouvons constater à présent que l'Europe a droit, elle aussi à ses coups d'état. Fondés dans des accusations de corruption, d'incompétence ou de défaillance de l'état national. Ils doivent permettre la mise en place de cette gouvernance économique technocratique (au service de qui on sait), destinée à devenir le modèle d'une gouvernance unifiée de l'Union Européenne.

Et contrairement à ce que prétendent certains qui s'enferment dans un nationalisme absolu et contre productif... ce n'est pas l'Europe des Régions le vrai problème... il est tout à fait possible d'imaginer une Europe des Régions solidaires, coopérants entre elles dans des alliances multipolaires ouvertes aussi vers d'autres continents, une Europe des Peuples ouverte, interactive ; non le problème c'est une Europe, quelle soit des nations ou des régions, affaiblie et divisée pour faciliter la mise en place d'une dictature technocratique.

Et donc soyons vigilants, les coups d'états européens sont des coups d'état technocratiques qui prennent  prétexte de la corruption d'un gouvernement, de son incompétence ou de sa faiblesse, dans ce jeu de domino qui consiste à installer nation par nation une dictature européenne, jusqu'à ce que la dictature technocratique unifiée nous enferme dans son monde unique de la pensée unique, tout profit pour quelques-uns, la misère et l'univers carcéral de la société souscontrôle pour les autres.

 

 

L’ancien premier ministre roumain est blessé par balle quelques heures après avoir été condamné à une peine de prison

 

 

 

Mondialisation.ca, Le 6 juillet 2012



Le 20 juin, l’ancien premier ministre de la Roumanie, Adrian Nastase, a été transporté à l’hôpital de Bucarest avec une blessure par balle au cou. Quelques heures plus tôt il avait été condamné à deux ans de prison par la cour suprême pour abus de pouvoir et financement illégal des partis. Ce jugement est sans appel.

 

Selon les comptes rendus dans les médias, l’ancien premier ministre a écouté le verdict avec calme. Lorsque les policiers sont arrivés chez lui pour l’emmener à la prison, Nastase a demandé de pouvoir disposer d’un peu de temps pour prendre des livres dans sa bibliothèque. C’est à ce moment, a dit la police qu’il a tenté de se tuer avec un pistolet.

 

Quelques jours plus tard, toutefois, des doutes sont apparus sur cette histoire de suicide. Le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung a fait remarquer que Nastase qui est droitier et un chasseur expérimenté possédant un permis de port d’arme, aurait tenté de se suicider de la main gauche.

 

Parmi un certain nombre d’autres incohérences, l’on a remarqué que bien qu’il ait été emmené à l’hôpital par une ambulance, il n’avait pas de pansement au cou au moment de son admission. L’hôpital est dirigé par un collègue et membre du parti social-démocrate de Nastase qui est également soupçonné de corruption.

 

Le verdict contre Adrian Nastase doit être vue dans le cadre de la crise politique actuelle en Roumanie. Début février, le gouvernement de centre-droit du premier ministre Emil Boc (Parti démocrate-libéral, PD-L) fut contraint de démissionner après des semaines de protestations et de manifestations de masse contre le programme d’austérité brutal du régime.

 

Durant son mandat de trois ans et demi, le gouvernement Boc a imposé le plus rigoureux des plans d’austérité de toute l’Europe. Bien qu’en Roumanie le salaire moyen ne dépasse pas 350 euros par mois, le gouvernement a réduit les salaires dans la fonction publique de 25 pour cent et augmenté la taxe à la valeur ajoutée de 19 à 24 pour cent. Plus de 200.000 fonctionnaires ont perdu leur emploi depuis 2009.

 

Le gouvernement Boc avait pris le pouvoir fin 2008, d’abord sous la forme d’une coalition avec les sociaux-démocrates du PSD. Dix mois plus tard, toutefois, le PSD retirait tous ses ministres du gouvernement après que des querelles portant principalement sur le ministère de l’Intérieur ont éclaté au sein du gouvernement. Boc a imposé le renvoi du ministre de l’Intérieur Dan Nica pour attribuer le poste à l’un de ses compères. Le ministère de l’Intérieur était chargé d'organiser les élections présidentielles en novembre 2009 et le PSD craignait que Boc ne truque le scrutin. Après le départ du PSD du gouvernement, Emile Boc a poursuivi sur la base d’un gouvernement minoritaire PD-L.

 

C’est à ce moment-là que la Direction nationale anticorruption (DNA) a formulé des accusations contre le président de longue date du Parti social-démocrate, Adrian Nastase. Les autorités l’ont accusé de « trafic d’influence ou d’abus de pouvoir en tant que président du parti pour avoir organisé un symposium de l’industrie du bâtiment appelé ‘Le Trophée de la Qualité’ dans le but de lever des fonds pour sa campagne présidentielle. »

 

Cette conférence était organisée par une agence de l’Etat. Les entreprises et les institutions ont donné des fonds s’élevant à 1,6 millions d’euros qui ont ensuite été consacrés à la campagne électorale de Nastase en 2004. « Le Trophée de la Qualité » a été un procès très long impliquant les interrogatoires d’un millier de témoins. C'était le premier de trois procès à l’encontre de l’ancien premier ministre Nastase et qui vient de s’achever la semaine passée.

 

Nastase est une figure bien connue de la scène politique roumaine. Il fait partie du groupe d’anciens staliniens qui, après la chute de Nicolae Ceauseşcu, ont proclamé leur conversion à l’économie libérale. En 1989, il était un fervent partisan de Ceauseşcu, occupant le poste d’ambassadeur de Roumanie en Chine. Un an plus tard, il devint porte-parole du Front du Salut national (FSN) et secrétaire du parti pour les relations internationales. Le FSN était constitué de fidèles de Ceauseşcu issus de l’armée, du service secret et de l’ancien Parti communiste roumain.

 

En mai 1990, il devint ministre des Affaires étrangères, fonction qu’il occupa de 1990 à 1992. Entre décembre 2000 et décembre 2004, il fut premier ministre. Son gouvernement prépara la voie à l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en imposant un programme d’attaques massives contre le niveau de vie, tout en permettant dans le même temps à une infime élite de s’enrichir considérablement.

 

Peu de temps avant sa destitution en 2004, le gouvernement Nastase vota un décret annulant des dettes de 400 millions d’euros envers l'Etat de deux raffineries de pétrole privées de l’Est de la Roumanie. Le principal propriétaire des raffineries, anciennes propriétés d’Etat, était Cornelius Iacobov, un membre influent du PSD. Aux côtés d’autres membres du parti et de partenaires d’affaires, Iacobov contrôlaient les deux raffineries qui furent privatisées en 2001 et vendues largement en dessous de leur valeur. Elles furent ensuite délibérément poussées au bord de la faillite alors que de vastes sommes d’argent étaient versées dans les caisses privées d’entreprises fictives.

 

La tentative actuelle de l’ancien premier ministre et dirigeant social-démocrate d’éviter une peine de prison n’est pas la première.

 

Nastase est déjà sorti indemne de deux autres affaires. Le 5 mai 2010, la DNA avait accusé Nastase d’avoir accepté, lui et son épouse Daniela Nastase agissant en complice, des pots-de-vin et de l’argent extorqué d’un chantage. L’affaire « Zambaccian » reposait sur les accusations selon lesquelles Nastase avait reçu environ 630.000 euros, soit directement soit au moyen d’intermédiaires.

 

Il a aussi tiré profit de marchandises importées de Chine et de l’exploitation des travailleurs impliqués dans la construction et la rénovation de ses propriétés à Bucarest et dans le village de Cornu.

 

Après l’audience, Nastase fut condamné à deux ans de prison ayant été reconnu coupable de chantage. Il fut acquitté dans l’affaire des pots-de-vin.

 

Un autre dossier controversé est celui de « La Tante Tamara » qui fut bouclé le 15 décembre 2011. Nastase fut acquitté, de même que deux autres inculpés, Ristea Priboi et Ioan Milinescu. En novembre 2000, Melinescu, membre de l’Office national pour la prévention et le combat du blanchiment d’argent (ONPCSB) avait contacté Nastase et Priboi les informant que l’institution enquêtait sur Daniela Nastase après qu’une somme de 400.000 dollars avait subitement apparu sur son compte bancaire. Pour empêcher que l’enquête ne progresse, Nastase aurait nommé Melinescu président de l’institution.

 

Un examen des circonstances concernant les 400.000 dollars placés sur le compte bancaire de Daniela Nastase a soulevé des questions quant à la légalité de la transaction. L’ancien premier ministre a déclaré que la somme provenait des revenus d’une vente de bijoux, de tableaux et autres objets précieux possédés par la tante âgée de 91 ans de Daniela Nastase, Cernasov Tamara, qui vivait seule dans un bloc d’appartements à Bucarest. Il n’y a aucune preuve toutefois que la Tante Tamara ait effectivement possédé les objets en question.

 

L’actuel premier ministre sortant, Victor Ponta (PSD), a depuis rendu visite à son « malheureux » prédécesseur à l’hôpital et a dit par la suite que Nastase était un « martyr ».

 

Ponta est aussi actuellement accusé d’allégations de plagiat et de corruption. Après sa victoire électorale au début de l’été, Ponta avait promis de diriger « le gouvernement le plus honnête… que la Roumanie ait jamais connu. » Maintenant, il est accusé, entre autres, d’avoir plagié la moitié de sa thèse de doctorat en droit, à partir de passages d’autres publications scientifiques.

 

Dans une autre affaire, un membre du groupe parlementaire social-démocrate, Catalin Voicu, a été condamné pour corruption à cinq ans de prison sans sursis par la cour suprême. Il avait mis en place un réseau criminel fondé sur la corruption, l’intimidation et l’extorsion.

 

De vastes structures de corruption de type mafieux se sont développées en Roumanie sous les yeux des commissaires et des représentants du Fonds monétaire international (FMI). La campagne actuelle contre la corruption est toutefois étroitement liée à la tentative d’imposer un soi-disant gouvernement d’experts qui pourra imposer bien plus efficacement les coupes sociales exigées par l’UE et le FMI.

 

 

Article original, WSW, paru le 29 juin 2012


 Articles de Diana Toma publiés par Mondialisation.ca

 Articles de Markus Salzmann publiés par Mondialisation.ca

 

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Published by Anne Wolff - dans Eurocrassie
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