7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 07:01

 

Le S.O.S. des Prisonniers de Pelican Bay 

 

 

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Nous sommes prisonniers de la Prison d’État Pelican Bay (Californie, EU). Nous vivions depuis 15 ans enfermés 23 heures par jour dans des petites cellules sans fenêtres, sans pouvoir embrasser ou toucher nos proches, sans voir un oiseau, ni un arbre ou le monde extérieur, sans programmes ou possibilité de liberté conditionnelle. 

La Californie nous maintient dans ces conditions de torture non parce que nous avons commis quelque acte de violence, mais parce qu’elle croit que nous sommes membres d’une pandilla (bande), elle affirme cela en se basant sur des œuvres d’art et des photographie qui étaient en  notre possession, à cause des tatouages que nous portons, de la littérature que nous lisons, ce dont nous parlons ou de déclarations d’informateurs anonymes auquelles nous n’avons aucun moyen de répliquer.

Nous sommes à Pelican Bay non sur base d’une condamnation précise en termes de mois ou d’années pour la mauvaise conduite que nous aurions eue, mais de manière indéfinie, ce qui en pratique signifie pour toujours, à moins que nous acceptions de devenir informateurs.

L’été passé nous avons mené une grève de la faim. Nous étions prêts à mourir plutôt que de continuer à supporter ces conditions inhumaines pour toujours.

Nous avons arrêté la grève parce que plusieurs législateurs compatissants ont promis qu’ils demanderaient une audience. Elle se tient en ce moment.

Cependant, les législateurs écoutent les psychologues, les avocats, les experts et les fonctionnaires, mais ils n’entendent aucun d’entre nous, parce que les fonctionnaires des prisons de l’État de Californie (CDCR) se refusent à nous faire témoigner, ni même par des vidéos ou des enregistrements qui nous pourrions facilement faire.

Ceci est donc notre témoignage interdit : le CDCR affirme avoir initié une réforme des programmes. C’est une farce de même que la réforme qui a été établie il y a 10 ans suite à une convention judiciaire et qui n’a donné lieu à aucun changement concret.

Ce nouvel effort de réforme ne change rien aux conditions de base de Pelican Bay, nous continuerons à rester prisonniers en isolement pour affiliation à une bande à partir d’une vague enquête basée sur des œuvres d’art, de la littérature, des communications ou des informateurs, ce qui n’est pas conforme aux règles judiciaires de Californie pour les procès pénaux.

La Californie continue a être réticente à effectuer des changements concrets ayant comme principe fondateur l’attribution aux prisonnier de peines et conditions déterminées, après qu’ait eu lieu les audiences de justices requises dans laquelle nous aurions été jugés coupables de quelque faute grave comme agression, assassinat, cviol, trafic de drogues.

Au contraire les nouvelles politiques pourraient encore augmenter le nombre de prisonniers du fait qu’ils auraient été étiquetés comme membres d’une pandilla et qui seraient isolés à cause de cette étiquette. Ces politiques injustes et inefficaces sont très chères et ont coûté à l’État des millions de dollars d’impôts qui pourraient être mieux utilisés.

D’autre part, les prisonniers qui doivent être isolés de la population carcérale générale à cause des violences qu’ils ont commises en prison devraient être traités avec humanité. Il n’y a aucune raison pour que la Californie ne puisse avoir des prisons de haute sécurité qui permettent aux prisonniers détenus en ségrégation d’avoir des visites de familiers, de recevoir des appels téléphoniques de la famille et des amis, de bénéficier de programme de réhabilitation, d’avoir des cellules avec des fenêtres, des cours de récréation qui permettent à des petits groupes d’y séjourner ensembles et de pouvoir voir le monde extérieur. En peu de mot, la ségrégation de la population générale oui, mais ni la torture, ni la déshumanisation.

Nous avons envoyé des pétitions et des lettres au gouverneur, présenté une plainte collective, fait une grève de la faim cherchant à obtenir une réforme concrète. Il est temps que la Californie fasse ce qui est correct. Il est l’heure que la législature promulgue de significatives réformes

Todd Ashker , C58191 , D4 121

Arturo Castellanos, C17275 , D1 -121

Sitawa Nantambu Jamaa ( Dewberry ) , C35671 , D1 -117

Antonio Guillén, P81948 , D2 -106

Difundido por www.freedomarchives.org 

 

Traduction en espagnol CONTRAINJERENCIA.COM

EEUU: el SOS de detenidos de la cárcel de Pelican Bay | CONTRAINJERENCIA 

Traduction française Anne Wolff.

 


D'après un rapport chinois sur les violations des droits humains aux USA  


il y aurait dans ce pays 80 000 personnes en confinement solitaire, certaines y sont depuis plus de 40 ans


China denuncia confinamiento solitario en cárceles de EEUU | CONTRAINJERENCIA

 

 

confinamiento solitario

 

Je continue mes alertes sur les dérives carcérales de l’Europe qui suit le modèle du cauchemar étasunien, un pays où près d’ 1% des adultes sont emprisonnés, et dans quelles conditions ! Et pour quelles raisons !

Les résidents de Pelican Bay nous alertent quand à l’arbitraire et l’inhumanité des emprisonnements dans des prisons « à conditions de détentions » spéciales, un modèle que la Grèce s’apprête à adopter… et qui se sent venir de plus très loin en Espagne… et après ? La France, la Belgique… l’Europe-Marché Prison des Transnationale ?

Nous voyons que non seulement les conditions de détention que propose la loi grecques sont similaires à celles qui sévissent aux USA, mais que l’arbitraire quand aux raisons des détentions semble tout autant au programme, « tous ceux qui seront qualifiés de dangereux par les appareils répressifs de l’état », si ce genre d’affirmation peut sembler exagérée de premier abord, le témoignage des isolés de Pelican Bay leur donne une dramatique réalité, et non seulement les conditions de confinament seront similaires mais également celles qui débouche sur l’espoir d’une amélioration des conditions, d’une libération, le seul espoir….

« Par contre un traitement de faveur spéciale est prévu pour les balances pour lesquelles la loi prévoit une série de privilèges à conditions de donner des renseignements conduisant à la détention d’autres personnes »

Je crois que tout cela mérite que l’in s’en préoccupe avant qu’il soit trop tard ! Il est plus tard que nous ne pensons.

Grèce : création de prisons de “conditions de détention spéciales”


Le régime grec s’apprête à approuver la création de prisons de “conditions de détention spéciales” dans les prochains jours, une sorte de prison à l’intérieur de la prison.

 

Ces prisons sont destinées aux accusés détenus pour vol et extorsion, aux prisonniers politiques, à ceux dont la peine dépasse 10 ans, ceux qui auront participé à des mutineries et en général tous ceux qui seront qualifiés de dangereux par les appareils répressifs de l’état. Dans chacune de ces prisons un procureur pénitencier devra rendre compte au Régime.

Elles seront installées dans des ailes spéciales totalement isolées du reste de la prison, les prisonniers qui y séjourneront n’auront droit à solliciter aucune sortie ni suspension de peine. Les conditions de détention consisteront en un enfermement en isolement 23 heures sur 24 sans contact individuel ni collectif, mais sous surveillance permanente. Le nombre et les temps de visites et d’appels seront drastiquement restreints. Les gardiens y seront remplacés par des policiers seuls fonctionnaires en contact avec les prisonniers qui exerceront sur eux une surveillance 24 heures sur 24. Les dites « Unités Antiterroristes pourront pénétrer dans ces ailes quand bon leur semble et les prisonniers seront soumis à leur entier arbitraire.

Par contre un traitement de faveur spéciale est prévu pour les balances pour lesquelles la loi prévoit une série de privilèges à conditions de donner des renseignements conduisant à la détention d’autres personnes, privilèges qui pourront inclure la suspension de peine, et conduire à leur libération.

Un résumé de 

http://verba-volant.info/es/movilizaciones-contra-la-creacion-de-carceles-de-condiciones-de-detencion-especiales/ 

 


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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 08:50

 

 

 

poor usa

 

 

L’ONU accuse les E.U. de traitement cruel, dégradant et inhumain envers les pauvres du pays, après qu’ils aient emprisonné et provoqué la mort de Jerome Murdough en ex Marine malade mental qui vivait dans l’indigence.

 

Jerome Murdough cherchait seulement un lieu ou dormir par une glaciale nuit du mois de mars passé quand il se blottit dans un escalier couvert d’une habitation publique du quartier de Harlem, rapporte AlterNet.

C’est alors que Murdough a été emprisonné pour violation de la propriété privée. Une semaine plus tard, l’ex Marine fut retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Rikers Island, pratiquement « cuit » à cause de la température élevée qui y régnait, conséquence du mauvais fonctionnement du système de chauffage.

Les activistes pour les droits des prisonniers ayant des maladies mentales de New York dénoncent les failles du système de la justice étasunienne et affirment que ce qui est arrivé à Murdough “n’est pas un cas isolé”.

D’autre part, dans le rapport présenté récemment par le Comité des Droits Humains de l’ONU à Genève, l’Organisation condamne les E.U. pour « leur traitement cruel, inhumain et dégradant » envers les pauvres qui « viole les normes internationales des droits humains ».

“Je suis simplement perplexe face à l’idée que les personnes puissent se retrouver sans refuge dans un pays et être ensuite traités comme des criminels pour n’avoir pas de toit » dit Sir Nigel Rodley, président de la Commission dans les déclarations finales après l’évaluation de la situation des droits humains aux USA.

Le Comité demande aux E.U. qu’ils abolissent les lois et politiques qui criminalisent au niveau local et de l’état les personnes sans foyer et qu’ils intensifient les efforts pour trouver des solutions pour les personne sans abri, en accord avec les normes internationale des droits humains ratifiées par le pays.

Source La ONU acusa a EEUU de "trato cruel" hacia los pobres | CONTRAINJERENCIA

 

Rêve "américain" : En prison les fous !

 

 

Deux millions de malades mentaux dans les prisons des villes et des comtés étasuniens

 

 

prison

 

 

De nombreuses prisons aux USA deviennent des institutions de santé mentale de facto pour un grand nombre de prisonniers qui souffrent de maladies mentales par manque d’alternatives psychiatriques.

Tous les ans plus de deux millions de nord-américains qui souffrent de maladies mentales terminent dans des centres de détention des villes et des comtés. Et d’après les experts, ce nombre augmente encore considérablement qi on prend en compte les prisons fédérales et des états.

Cette situation existe depuis des décennies, depuis que le pays a fermé beaucoup de grands hôpitaux psychiatriques dans les années 70. L’attention médicale des communautés devait se substituer aux hôpitaux, mais rien ne s’est passé comme prévu.

En conséquence : des milliers de malades mentaux ont fini dans la rue, où ils eurent des problèmes et atterrirent dans le seul lieu où on pouvait les conduire : les prisons.

Dans le comté de Los Angeles, le complexe pénitencier « Twin Towers » détient près de 4 000 reclus – une majorité d’entre eux sont considérés comme des malade mentaux, selon ce que déclare un superviseur du Département du Sheriff, interviewé par la National Public Radio (NPR).

Au niveau national, la proportion est encore plus grande. Le Département de Justice des USA dit que jusqu’à 64% des reclus des prisons locales ont des problèmes de santé mentale.

Le département déclare également que de nombreux détenus parmi ceux qui sont identifiés comme ayant des problèmes mentaux graves disent être victimes d’abus sexuels de la part des autres détenus. 3,6 % d’entre eux contre 0,7 pour les internés sans problème de santé mentale.

“Pour certaines personnes, cela vaut parfois mieux que d’être dans la rue » estime le chroniqueur Steve Lopez du Los Angeles Times. « Mais cela ne veut pas dire que la prison est un espace thérapeutique, cela ne veut pas dire que ceci est une politique publique correcte et cela ne veut pas dire qu’il faut trouver cela acceptable ».

La rue est le lieu où aboutissent les malades mentaux une fois qu’ils ont purgé leur peine pour les délits qui les ont conduits en prison. Et une fois qu’ils sont dehors, ils n’ont aucune relation que ce soit avec aucun type de centre de traitement basé dans la communauté » ajoute Lopez.

Dans le complexe pénitencier Twin Tower du centre de Los Angeles, il n’y a que trente lits disponibles pour les cas psychiatriques aigus.

On envisage de construire une nouvelle prison qui n’abriterait que les malades mentaux.

Le coût serait de 1 million de dollars.

 allgov.com

Source espagnole : DDHH: Encarcelados, 2 millones de norteamericanos con enfermedades mentales | CONTRAINJERENCIA

Traduction Anne Wolff

 

 

L’Europe prend-elle le même chemin. En Espagne des mouvements sociaux sont inquiets. Des nouvelles lois de tolérance zéro, associées à la constructions de nouvelles prisons et à la privatisation de leur personnel, leur font redouter que la pays prenne le même chemin que les USA, pays où presque 1% de la population adulte est en prison, transformant l’incarcération en « mode de vie » pour de nombreux habitants du pays devenu incapables de retrouver leurs repère dans le « Monde Libre ». Faisant partie de ce même problème, un constat concernant la question des malades mentaux, qui sont devenus des clients du monde pénitentiaire dans les années 70 aux E.U. alors que les hôpitaux psychiatrique fermaient leur porte… phénomène qui touche à présent dramatiquement une Espagne qui voit son système de Santé réduit à néant petit à petit. Voici le cas de l’Andalousie.

Les sans abris sont également des cibles, aux USA, comme nous l'avons vu plus haut, la prison les guettent pour s'être abrités sur une propriété privée, mais également pour le "vol" d'un pain...

 

 

 

 

De l’abandon des malades mentaux dans les prisons andalouses

ADPHA/rebelion

 

 

Les administrations compétentes continuent d’ignorer les besoins sanitaires et sociaux des personnes affectées. 

 

 

Les malades mentaux continuent à être placés dans les centres pénitenciers où ils vivant mal la double condamnation, celle d’être malades et celle d’être sans protection dans un lieu qui ne leur correspond pas et qui n’est pas préparé à les héberger.

Des 15 5OO internés andalous, environs 1250 souffrent de troubles mentaux et de la personnalité  graves et 6 200 souffrent de troubles mentaux et de la personnalité. La majorité d’entre eux se retrouvent en prison parce qu’il n’existe aucun autre recours communautaire pour eux, et leur passage dans des ambiances si dures aggrave dans pratiquement tous les cas leurs pathologies. La prison se convertit en un substitut inapproprié pour ces malades face à l’inexistence de recours d’assistance, montrant le grand échec de notre société en cette matière.

Le Gouvernement d’Andalousie n’agit pas de manière à leur prêter une assistance sanitaire, sociale et encore moins de façon à faciliter leur intégration dans la société. L’insuffisance des ressources ne justifie pas de laisser les malades mentaux pourrir en prison. Les ressources se distribuent selon les besoins mais, aux politiques, ces malades importent peu. Le gouvernement s’est engagé à élaborer une enquête et à étudier les modalités d’une intervention efficace et globale, et non comme c’est le cas actuellement où cela se produit pour quelques chanceux et de manière ponctuelle.

L’administration pénitentiaire, du Ministère de l’Intérieur, pour sa part réduit son Budget de dépenses sanitaires et de médicaments en prison de 7,83%.

La moyenne de population recluse concernée est de 1500 à 1800 prisonniers dans chaque prison, pour lesquels il apparait clairement que la seule assistance qu’ils ont est la prescription pharmacologique qui en plus a été restreinte.

La coordination existant entre les deux administrations, services médicaux de la prison et santé mentale du service Andalou de Santé (à part le volontarisme de certains professionnels) continue a être très limitée et celle avec les services sociaux est nulle, ce qui fait qu’à leur sortie de prison les malades sont abandonnés à leur sort ; s’ils ne disposent pas d’un lieu d’accueil et de moyens, ces malades peuvent se retrouver, littéralement, jetés à la rue.

En Andalousie, les ressources socio-sanitaires spécifiques, comme la réhabilitation pour récupérer des capacités de sociabilité et d’insertion sociale et par le travail en régime ambulatoire, les programmes résidentiels, les programmes d’occupation par le travail, les programme de loisirs, ne se dispensent pas aux personnes malades dans les prisons ordinaires (à l'exception du module thérapeutique de Albotole)

La convention de l’année 2006 qui oblige le gouvernement d’Andalousie à travailler à la remise en liberté et à la mise en œuvre des ressources communautaires adéquates n’a jamais été réalisée. Actuellement, la convention, après 5 années, n’est toujours pas appliquée et les ressources communautaires adéquates ne sont ni créées ni prises en compte dans les budgets prévus. Le plus honteux est que toutes les Administrations impliquées et malgré qu’elles soient obligées légalement d’assister ces malades andalous, quand des questions leur sont posées au Parlement concernant les raisons pour lesquels elles n’exécutent pas cette convention, répondent sans aucune pudeur que les prisonniers andalous qui souffrent d’infirmité mentale ne sont pas de leur compétence mais de celle du Ministère de l’Intérieur. Et pour finir de fermer le cercle des dénis de responsabilités, les Institutions Pénitentiaires du Ministère de l’Intérieur répondent que l’attention spécialisée et hospitalière des internés n’est pas de sa compétence mais celle des services de santés de chacune des Communautés Autonomes.

Malgré tout cela, aujourd’hui (1O/1O NdT), journée internationale de la santé mentale, la Conseillère pour l'Egalité, la Santé et des Politiques Sociales, essayera de vendre l’image de tout ce qui est fait pour cette collectivité prioritaire pour son administration.

Asociación ProDerechos Humanos de Andalucía (APDHA)Association pour les Droits Humains d’Andalousie (APDHA)

Version originale en Espagnol

Rebelion. Abandono de los enfermos mentales en las prisiones andaluzas

Traduction Anne Wolff

 

 

Voir aussi

Les prisons privées aux états-unis : un commerce plus lucratif que la drogue.

Le travail dans les prisons des États-Unis : prélude aux camps (excellente description du système - lucratif pour les entreprises/esclavage pour les prisonniers - prison


Statistiques

97 % des 125 000 prisonniers fédéraux sont des délinquants non violents. On estime que plus de la moitié des 623 000 détenus des prisons municipales ou des comtés sont innocents des crimes qu'on leur impute. Sur ce chiffre, la grande majorité est en attente de jugement. Deux tiers du million de prisonniers d'État ont commis des délits non violents. 16 % des deux millions de détenus souffrent de l'une ou l'autre maladie mentale.


65 000 enfants en prison aux Etats-Unis (ce modèle dont certains veulent s'inspirer en France)

 

 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 18:10

 

 

Le régime grec s’apprête à approuver la création de prisons de “conditions de détention spéciales” dans les prochains jours, sorte de prison à l’intérieur de la prison.

 

Ces prisons sont destinées aux accusés détenus pour vol et extorsion, aux prisonniers politiques, à ceux dont la peine dépasse 10 ans, ceux qui auront participé à des mutineries et en général tous ceux qui seront qualifiés de dangereux par les appareils répressifs de l’état. Dans chacune de ces prisons un procureur pénitencier devra rendre compte au Régime.

Elles seront installées dans des ailes spéciales totalement isolées du reste de la prison, les prisonniers qui y séjourneront n’auront droit à solliciter aucune sortie ni suspension de peine. Les conditions de détention consisteront en un enfermement en isolement 23 heures sur 24 sans contact individuel ni collectif, mais sous surveillance permanente. Le nombre et les temps de visites et d’appels seront drastiquement restreints. Les gardiens y seront remplacés par des policiers seuls fonctionnaires en contact avec les prisonniers qui exerceront sur eux une surveillance 24 heures sur 24. Les dites « Unités Antiterroristes pourront pénétrer dans ces ailes quand bon leur semble et les prisonniers seront soumis à leur entier arbitraire.

Par contre un traitement de faveur spéciale est prévu pour les balances pour lesquelles la loi prévoit une série de privilèges à conditions de donner des renseignements conduisant à la détention d’autres personnes, privilèges qui pourront inclure la suspension de peine, et conduire à leur libération.

Un résumé de 

http://verba-volant.info/es/movilizaciones-contra-la-creacion-de-carceles-de-condiciones-de-detencion-especiales/ 

 

Non seulement ce genre d’établissement existe déjà aux Etats-Unis (pays où 1% de la population adulteest emprisonnée) et des dizaines de milliers de personnes à travers tout le pays en sont victimes mais en plus ces conditions peuvent aussi être imposées à ceux qui refusent d’accepter de travailler. Je crois que nous devons être très attentifs aux dérives vers la société-prison en Europe, parce

1) Nous prenons le chemin des USA qui consiste également à créer sous prétexte de tolérance zéro une réserve de main d'oeuvre en total esclavage... pire que l'ancien Sud.

2) Nous voyons que l’opinion publique, les personnes et associations en lutte contre les dérives de la société de contrôle et carcérale qui progresse à grand pas ici sont justement une partie de la société de plus en plus criminalisée et faisant partie des prisonniers politiques en puissance. Qui restera-t-il alors pour protester contre les abus ? Demander la libération des prisonniers politiques ou des conditions d’incarcération plus douces ?

 

Une question juste pour voir :


Vea a uno de los terroristas de la oposición tratando de incendiar a un GNB

 

Ceci se passe au Venezuela, il s'agit d'un manifestant pacifique qui lance un cocktail molotov sur un membre de la Garde Nationale Bolivarienne. Que ce passerait-il si  ce jeune homme se retrouvait emprisonné dans les conditions prévues par la Grèce, mais au Venezuela ? Il serait temps que nous exigions ici des droits de manifester aussi larges que ceux que les dictatures occidentales veulent imposer au Venezuela. 


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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:44

 

Estados Unidos: Escuelas cerradas

 

Une autre pièce du puzzle, USA univers carcéral qui ne laisse plus beaucoup d’autres choix aux jeunes issus de milieux pauvres et issus de l’immigration qu’entre l’incorporation comme chair à canon dans l’armée ou le chemin de prisons qui hébergent près d’un pourcent de la population adulte - principalement de ces mêmes origine - du pays. Dans de nombreuses prisons, privées, le choix est simple ; soit tu travailles soit tu es mis en isolement.  

Une situation qui ne cesse de se radicaliser et qui en l’occurrence semble déboucher sur un nouveau saut qualitatif négatif, l’abandon total de l’enseignement pour les plus défavorisés… de quoi se poser la question : « Quel sort leur est réservé, quel est le projet d’avenir que leur concocte les corporations sachant qu’elles n’ont aucune bienveillance pour les non productifs et les « surnuméraires » alors que la main d’œuvre humaine qui leur est indispensable ne cesse de se réduire ? ». Va-t-on reterritorialiser dans l’univers carcéral l’esclavagisme du vieux Sud, voir réactiver la peine de mort pour les esclaves qui auraient l’outrecuidance d’apprendre à lire et à écrire. 

On comprend mieux pourquoi ces gens ont la haine des processus d’éducation privilégiée et gratuite dont bénéficient les petits peuples des pays progressistes d’Amérique Latine… pourquoi parmi les cibles de leurs alliés sur place au Venezuela, une des cibles des « violents » comme on les appelle là-bas sont les écoles et les universités populaires qu’ils mettent à sac et tentent de détruire. 

 

Résumé de l’article de  Mumia Abu-Jamal 

Etats-Unis, écoles fermées. 



 

Les États-Unis franchissent un nouveau fossé d’iniquité. Les écoles de tous les USA noirs et des quartiers latinos ferment leurs portes et barricadent leurs fenêtres. Les villes utilisent les impôts pour renforcer la machine de répression au détriment de l’éducation dont l’accès est à présent clairement réservé aux riches, une faible partie de la population. 

 

Le terrain se prépare pour une corporatisation de l’enseignement. La notion d’école publique est renvoyée aux poubelles de l’histoire. Pourquoi ?

Diane Ravitch qui fut une ardente défenderesse de cette corporatisation s’est ravisé, elle explique :

« Aucune nation au monde n’a éradiqué la pauvreté avec une stratégie de renvoi des professeurs ou en confiant les écoles publiques à des intérêts privés.  L’inspection académique n’appuie pas de telles mesures. Mais ces inconvénients ne diminuent en rien la ferveur de ceux qui impulsent ces réformes. Cette nouvelle espèce de promoteurs inclus principalement des spécialistes de Wall Street dans les investissements de fonds libres, des officiels de fondations, des exécutifs de corporations, des entrepreneurs et ces concepteurs de politiques mais très peu d’éducateurs avec l’expérience des écoles. L’éloignement des réformateurs avec les réalités de l’enseignement et leur indifférence aux enquêtes académiques les conduit a ignorer l’importance de l’influence qu’on les familles et la pauvreté »*

Malgré cette pénétrante critique publiée dans une revue nationale, le processus continue. Les écoles charter (écoles privées subventionnées sont la nouvelle structure. Des écoles corporatives, des écoles pour les gens qui peuvent payer. Pour les pauvres – rien. Et cela est fait ouvertement. Pas la peine de se cacher, nous sommes à l’ère des grands négoces.

Les gens au pouvoir n’ont pas à se préoccuper de cela. Nous, oui, la fermeture des écoles signifie l’extension des prisons.

C’est simple… et c’est moche.

Depuis la nation incarcérée Mumia Abu-Jamal.

Mumia Abu-Jamal est un journaliste étasunien et militant, condamné à mort pour le meurtre d’un policier, il a vu sa peine commuée en prison à perpétuité pour vice de procédure sans que sa culpabilité soit remise en question par un nouveau jugement.

*[Fuente: Ravitch, Dian, “Schools We Can Envy”. New York Review of Books, Mar. 8. 2012 (vol. LIX: No. 4), pg. 19]

 Source en espagnol : Estados Unidos: Escuelas cerradas

 


Hasard ?Illustratif ? Anticipatif ? sur cette affiche consacrée aux droits des enfants pauvres en Belgique, les enfants symbolisés portent l'uniforme des prisons belges .....

 

 

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 12:49

 

Senado de EEUU lucha contra la violencia sexual en el Ejército

Descubriendo verdades (P.F. Alvarado Godoy)

 

Pas de commentaire, à lire à ce sujet :

Les enfants soldats des etats-unis


 

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 13:30

 

 

 

 

 

TELAM – Des décennies de politiques xénophobes et de main dure (tolérance zéro), et un système pénal ancré dans l’enfermement, ont créé aux États-Unis la plus grande population carcérale au monde et une industrie multimillionnaire de prisons privées.

Il y a un peu plus de 15 ans, la chercheuse étasunienne et militante des années 6O, Angela Davis, inventa le terme de « complexe industriel carcéral » et l’a comparé au puissant et redouté complexe militaro-industriel étasunien.

“Les prisons ne font pas disparaître les problèmes, elles font disparaître les êtres humains. Et la pratique de faire disparaître un grand nombre de personnes des communautés pauvres, immigrantes et racialement marginalisées est devenue littéralement un grand commerce », écrivait la dirigeante communiste.

La plus grande entreprise carcérale des États-Unis, Corrections Corporation of America (CCA) fut aussi la première de cette industrie innovatrice.

Créée en 1983, elle fut conçue par Jack Massey, le même homme qui à la fin des années 60 fonda l’’Hospital Corporation of America qui est aujourd’hui la plus grande entreprise d’hôpitaux et de centres de chirurgie privés des États-Unis.

L’année suivante, Wackenhut Corrections Corporation apparut sur le marché, une entreprise qui plus tard sera rachetée par le Groupe Geo, la seconde compagnie la plus grande du complexe industriel.

“L’industrie surgit dans un contexte dominé par la mentalité conservatrice de l’époque de Ronald Reagan et dans le cadre de la politique de la main dure, qui créèrent une demande suffisante pour convaincre un groupe d’investisseurs qu’il existait une opportunité pour les entreprises”, expliqua à Télam Donald Cohen, directeur exécutif de l’organisation In The Public Interest

D’après ce qu’il a raconté au téléphone depuis son bureau de Washington, les entreprises commencèrent par construire des « prisons spéculatives », autrement dit, elles construisirent sans encore avoir de contrats avec les gouvernements locaux ou des états.

Les premières prisons furent construites dans des villages petits et pauvres avec la promesse de garantir des emplois, d’augmenter la perception d’impôts et de diminuer les coûts que provoquait pour les gouvernements la population carcérale croissante.

Elles étaient soumises aux mêmes réglementations que les prisons publiques et, une fois mises en service, elles étaient soumises aux contrôles des mêmes entités gouvernementales, mais comme pour toute entreprise, leur objectif final était le profit.

Selon Cohen, depuis les débuts de l’expansion de cette industrie, elle se fonde dans le “coupe de fonctionnaires”

Cela a commencé par les municipalités, les gouvernements des états ont suivi, principalement dans le Sud du pays, près de la frontière avec le Mexique, et finalement, l’Etat Fédéral s’y est mis avec l’arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche,

Clinton a encore durcit la politique criminelle du pays, mais ce fut son implication  dans la fin de l’« ère du grand état » qui réduisit dramatiquement la bureaucratie publique qui ouvrit la porte au Département de Justice pour contracter des prisons privées où se retrouvaient par dizaines de milliers des migrants sans papiers et des criminels.

« Au milieu des 90, CCA était une de entreprise les mieux cotées à Wall Street », fait remarquer Judy Green, directrice de l’organisation Justice Strategies, une organisation spécialisée en politique criminelle basée à Brooklyn, New York. 

Mais le plus grand boom pour le complexe industriel carcéral naissant vint après la déclaration de « guerre contre le terrorisme » en 2001 et, en particulier, avec la politique pour freiner l’immigration du second mandat du républicain Georges W Bush.

A la fin de 2010 le complexe industriel carcéral hébergeait 8% des prisonniers du système fédéral et des états, et s’était installé avec diverses intensités dans 30 des 50 états du pays selon l’Office des Statistiques de la Justice étasunienne. 

En pourcentage, cela paraît peu, mais ce qui retient l’attention, c’est le rythme de croissance de cette industrie en fonction de l’augmentation du nombre de personnes détenues dans le pays.

Entre 1999 et 2010, la population carcérale aux États-Unis grandit de 18% mais le nombre de prisonniers dans les prisons privées fédérales et des états augmenta d’environ 80%. 

CCA possède 66 prisons avec une capacité de 91 000 prisonniers, alors que le Groupe Geo possède 65 prisons et peut héberger plus de 65 700 détenus. Leurs bénéfices annuels en 2011 furent de 1 700 millions et 1 600 millions de dollars respectivement.

Au niveau fédéral, cette croissance se base sur la privatisation d’une grande partie du système de détention des immigrants sans papiers, pendant que pour les états, elle fut obtenue grâce à « la coupe des fonctionnaires » par les autorités locales, qui permit la signature de contrat peu conventionnels.

Un rapport de 2012 d’In the Public Interest analyse 62 contrats d’entreprises carcérales avec des gouvernements d’états et révèle que plus de 65% contiennent des clauses qui obligent l’état à garantir une occupation minimale de 80 à 100% des « chambres », même si le taux de criminalité diminue.

Par exemple, dans le Colorado, le nombre de crimes s’est réduit d’un tiers dans la dernière décennie et cela permis la fermeture de 5 prisons publiques depuis 2009. 

A l’origine, le gouvernement du Colorado avait défendu la signature de contrats avec des prisons privées en usant de l’argument que les prisons étaient débordées.

Cependant, en 2012, après la fermeture de cinq prisons, le gouvernement local signa un contrat avec CCA pour leur garantir en 2013, l’arrivée d’au moins 3 300 prisonniers dans les trois prisons que l’entreprise possède dans cet état, pour un coût annuel de 20 000 dollars par prisonniers.

A l’égal de l’industrie militaire, l’industrie carcérale a acquis ses talents pour la négociation à coups de millions de dollars investis en lobbying et obtenu une partie de son influence grâce au groupe ALEC (Conseil d’échanges législatifs étasuniens)

ALEC n’est pas formellement un groupe de lobbying.

Son slogan est “gouvernement limité, liberté de marchés, fédéralisme”, sa fonction est de rédiger et promouvoir des projets de lois et ses membres comprennent plus de 2 000 législateurs de l’état et directeurs exécutifs de grandes corporations (jusqu’à il y a quelques années CCA et le Groupe Geo)

Leur regroupement est organisé par des commissions, comme celles du Pouvoir Législatif, et chacune d’elles est dirigée par un législateur en fonction et un entrepreneur impliqué dans le secteur en question.

Les medias étasuniens et parmi eux le New YorkTimes et la revue The Nation, relièrent ALEC avec des lois de main dure, comme celle qui permis aux citoyens de tirer quand ils sentaient que leur vie était en danger, ainsi qu’aux principales normes qui permirent la privatisation du système pénitencier.

« Les entreprises carcérales n’ont pas créée les lois, mais elles ont aidé à ce quelles soient approuvées… et cela à un sens. Si tu es côté à Wall Street, tu dois croître. Et pour que tes actions montent, ton marché doit s’agrandir », synthétise Judy Green.

Les 30 dernières années ont démontré que l’unique manière de s’agrandir du système carcéral ce sont les politiques criminelles dures.

Telam

 

Traduction Anne Wolff

Source en Espagnol Cárceles privadas en EEUU: un negocio millonario | CONTRAINJERENCIA

Notes de traduction,

résumé d’un commentaire

Certaines prisons privées se sont fait une spécialité des « immigrants sans papiers ». Les conditions de détentions abominables ont été stigmatisées par la LDDH. Les détenus, maltraités physiquement, qui n’y bénéficient d’aucuns soins de santé  et doivent dans certaines d’entre elles, payer eux-mêmes leur nourriture (rappelons que ces prisons sont subsidiées à hauteur de 20 000 mille dollars par an et par tête).

Un autre article que j’ai lu à ce sujet évoquait des juges peu scrupuleux qui prononçaient leurs sentences non plus en fonction de la gravité des faits, mais en fonction de quotas à atteindre pour remplir les prisons.

Et j’aimerais aussi attirer l’attention sur le fait que de nombreuses associations espagnoles, lancent l’alerte sur le fait que leur pays prends le même chemin de la dangereuse alliance entre tolérance zéro et privatisation des prisons.

Quelques chiffres et un graphique

 D’après l'étude réalisée en 2011 par Roy Walmsley, pour le Centre international d’études pénitentiaires :


 

Les États-Unis comptent (en 2011) 2 292 133 prisonniers pour une population de 3O8 497 039 habitants soit 743 prisonniers pour 100 000 habitants et 23% de la population carcérale mondiale. (et depuis l’ère Reagan se chiffre ne cesse de croître dans une proportion supérieure à 15% par an !)

En comparaison, la Russie compte 559 prisonniers pour 100 000 habitants, la Chine 122 et la France 1O2

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:50

 

La policía alemana bloquea a los manifestantes frente al Centro Social Rote Flora durante una manifestación el pasado 21 de diciembre contra el cierre del centro

 

Depuis plusieurs semaines 100 000 habitants de la ville de Hambourg sont soumis à l'état d'exception

 

Zones de danger à Hambourg

 

Résumé de l’article publié hier sur Apporea

Jusqu’ici nulle information n’a été donnée sur la durée de cet état d’exception qui permet à la police d’arrêter et demander les papiers de qui bon lui semble dans les quartiers centraux de St Pauli, Altona et Sternschanze, qui ont reçu pour l’occasion la dénomination de « zones de danger » (Gefarhrengebiet),  sans avoir à justifier d’aucune suspicion. 100 000 personnes vivent dans ces quartiers.

Une habitante du quartier dit : “Ces zones de dangers n’ont pas de sens. Il me semble que la police veut que les gens aient peur. Les seul qui fassent peur, c’est la police, pas les manifestant » Elle donne un exemple « Hier, une femme ne voulait pas être contrôlée par la police,la femme s’est retrouvée plaquée au sol et a finit menottée. Ils se mirent à trente policiers pour une seule femme. Cela me semble exagéré »

 


Les affrontements du 21 décembre

 


Demonstration im Schanzenviertel in Hamburg


L’état d’exception a pour origine les affrontements entre manifestants et policiers qui ont eu lieu le 21 décembre alors que 7000 personnes s’était rassemblées pour empêcher l’expulsion d’un Centre Social, un ancien théâtre le Rote Flora, un des plus vieux squats d’Allemagne occupé depuis 1989. Seize policiers furent blessés, ainsi que de nombreux manifestants.

Victimes également de la violence, un groupe de 300 réfugiés originaires de Lybie qui vivent cette ville depuis 2011 alors que l’Italie les avaient expulsés avec une « prime » de 500 euros. Les pouvoirs politiques ne leur ont offert aucune solution, et depuis leur arrivée ils vivent et dorment dans les rues. Les réfugiés ne voulant pas d’ennui avec la police ne participaient pas à la manifestation.

 

2013-12-21_Hamburg_Solidaritätsdemonstration_2


Le dispositif aauraient été mis en place parce que plusieurs attaques de commissariats ont eu lieu, le 20 et le 28 décembre dans lesquels des policiers auraient été grièvement blessés. Des primes de 10 000 euros sont offertes à qui dénoncera les coupables.

Cependant nombreux sont ceux qui comme Andreas Beuth, avocat du Centre remettent la version des policiers en cause et affirment qu’il n’y a pas eu de seconde attaque. « En aucun moment ni bouteilles, ni pierres n’ont été jetés contre le commissariat » « les affirmations du communiqués de presse de la police du 29 décembre sont, clairement, de fausses accusations », dit Beuth.

Les « zones de dangers » sont une pratique relativement courante à Hambourg depuis 2005 quand a été approuvée une loi pour « augmenter l’ordre et la sécurité ». Si elles ont été déclarées en 40 occasions, ce ne fut jusqu’ici que pour quelques heures, pendant la durée d’une action concrète.

 

2013-12-21_Hamburg_Solidaritätsdemonstration_9


Cette fois, l’état d’exception se prolonge et aucune date limite n’est donnée par les autorités d’Hambourg à cet état d’exception qui est perçu par beaucoup d’organisation sociale comme une atteinte directe aux libertés civiles. Si le SPD (sociaux démocrates) et le CDU (démocrates chrétiens) sont à l’origine de la mesure Die Linke et les Verts la dénoncent. Ces derniers dans un communiqués de presse, estiment que « le fait que les habitants de la ville soit placés en état de suspicion généralisé et limité dans leur liberté de mouvement, n’aide en rien à calmer la situation ». Quand à Die Linke, il déplore un état de siège dont la décision de la durée et l’application sont laissés à l’arbitraire de la Police.

 

Source :
100.000 alemanes en estado de excepci

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«

"L'autonomie n'est pas à vendre - la terre n'est pas redistribuable - La liberté pas gouvernable - La révolution : indispensable"

La banderole dit “L’autonomie n’est pas à vendre – la terre n’est pas redistribuable – La liberté pas gouvernable – La révolution : indispensable”

 

 

 

Dangereuses dérives, non seulement l’expulsion d’une occupation de longue date est toujours un mauvais signe, celui d’un accaparement de territoire, ici dans un but de gentrification du quartier. Alors que les espaces de liberté et de créativité se réduisent comme peau de chagrin chaque perte est une tragédie, un étouffement supplémentaire pour ceux qui inventent d’autres manières d’habiter le monde et des formes de solidarité en réponse à la misère qui frappent des couches toujours plus large des habitants de l’UE.

 

 

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Certains diront que certains manifestants étaient violents et c’est indéniable ? J’ai toujours refusé de participer à des actions violentes, mais quand nous avions 20 ans nous aurions pu poser les bases d’un autre monde et nous n’avons rien fait, nous avons laissé aller les choses jusqu’à cette situation catastrophique que nous connaissons aujourd’hui. Je me retrouve donc bien en peine de juger les jeunes générations qui voient l’horizon d’avenir plombé d’un univers carcéral enserrer toujours plus fortement toute perspective d’avenir.

Avant de juger, posez-vous la question, qu’avez-vous fait, que faites vous à présent pour ouvrir les portes d’un avenir de bien-être à ceux qui nous succèdent. Une question que chacun doit se poser face à se conscience.

 

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Non seulement cette fermeture de squats est inquiétante, mais l’est encore bien plus l’expérience de bouclage de quartiers entiers par des forces de répression qui usent de de violences et d’intimidation à l’égard de tous les habitants de ces quartiers. Nous savons tous qu’en UE, ce genre de choses n’arrive pas en un lieu, en un pays qu’elle ne se produise bientôt dans les autres.

 

Articles en Français sur ce thème et source des photos

[Allemagne] Sur la lutte contre le contrôle et la surveillance à Hambourg | Le Chat Noir Émeutier
Allemagne : La police d'Hambourg instaure des 'zones de danger' - Secours Rouge/APAPC

Hambourg: Énorme manif de solidarité avec le squat Rote Flora

 

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 17:58

 

La Turquie construit un mur à sa frontière avec la Syrie

Dossier: Situation politique en Syrie

La Turquie construit un mur à sa frontière avec la Syrie
18:47 02/01/2014
MOSCOU, 2 janvier - RIA Novosti

La Turquie a commencé la construction d'un mur le long d'une partie de sa frontière avec la Syrie dans la province de Gaziantep (sud-est), rapporte jeudi le journal Hurriyet citant les autorités locales.

La mise en place de ce mur de 4 mètres de haut sur une partie de la frontière turco-syrienne est destinée à endiguer l'afflux d'immigrés clandestins en provenance de Syrie.

En octobre dernier, les autorités turques ont entamé la construction d'un mur de séparation à proximité de la ville frontalière de Nusaybin (sud-est). Des habitants locaux et des membres du Parti pour la paix et la démocratie (BDP) pro-Kurde ont alors dénoncé la construction de la clôture, tandis que la maire BDP de Nusaybin, Ayşe Gökhan, a déclaré une grève de la faim en signe de protestation.

Source :
La Turquie construit un mur à sa frontière avec la Syrie | International | RIA Novosti

 

 

Le nouvel apartheid dresse ses murs partout sur la planète, et n'oublions pas ceux toujours plus nombreux qui "protègent" les quartiers réservés à des oligarques, ni ceux qui transformesnt en ghetto des quartierspauvres dont les habitants nepeuvent sortir sans montrer "Patte Blanche"...

 

Exemple du Honduras :

 

Opération quartiers sûrs”, contrôle des populations ou phase d’implantation du néo fascisme ?

 

 

 

 

 

Pour se faire une idée, à lire ici :
Le tour des Murs


| 21 000 km de mur-frontières qui entretiennent les conflits

Le tour des Murs


Les Murs

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BELFAST

Sans titre-1

Même les morts sont séparés. Dans le cimetière de Belfast, un mur souterrain construit en 1969 délimite les tombes catholiques et protestantes. Le temps de la réconciliation durable, y compris dans l’au-delà, n’est pas encore à l’ordre du jour.

Malheureusement, les murs ne sont pas uniquement enterrés. Ainsi la Ville de Belfast est entrecoupée de barrières physiques, pudiquement appelées par ses habitants des peacelines (lignes de la paix).
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INDE / PAKISTAN / CACHEMIRE

Sans titre-1La rivalité entre l’Inde et le Pakistan date de la « Partition » de l’Empire Britannique des Indes le 15 août 1947. Les Etats princiers comme le Cachemire devaient alors choisir entre le rattachement à l’Inde ou au Pakistan.

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CEUTA et MELILLA

PhotoMelilla est un territoire de 12,3 kilomètres carrés enclavé au Maroc depuis 400 ans, à l’époque ou les rois catholiques commencèrent à reconquérir la côte d’Afrique du Nord pour contrer l’influence croissante des Ottomans et protéger les routes commerciales en Méditerranée.

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CHYPRE - «La Ligne Verte»

Sans titre-1

Le 21 décembre 1963, un incident entre les deux communautés dégénère à Nicosie, provoquant une flambée de violence sur toute l’île et scellant une rupture définitive entre les Chypriotes Grecs et les Chypriotes Turcs par les exactions commises de part et d’autre. 2500 soldats de l’armée britanniques viennent s’interposer,

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MAROC / SAHARA OCCIDENTAL - Un Mur de sable au coeur du desert

Sans titre-1Sur un territoire de 60 000 kilomètres carrés prêté par les autorités algériennes, vivent, selon les estimations, entre 90 000 et 200 000 réfugiés sahraouis. La terre est aride et la végétation inexistante. Nous sommes dans le Lahmada, le désert du désert, dont la traduction littérale signifie : « Quelle chaleur, quel froid ».

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COREE DU NORD / COREE DU SUD - Un Mur d'une autre époque

Sans titre-1La chute du mur de Berlin ne doit pas faire oublier que la guerre froide nous a réservé un incontournable vestige entre les coréens du nord et ceux du sud qui ne communiquent plus depuis plus de soixante ans. Routes, voies ferrées, téléphone, internet sont devenus des moyens d’incommunication, la loi l’exige.

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ETATS-UNIS / MEXIQUE - Un Mur contre l'immigration

Sans titre-1Un mur de 3200 kilomètres, allant du Golfe du Mexique à l’océan Pacifique, séparera à terme le Mexique des Etats-Unis. Aux premières clôtures érigées spontanément par les propriétaires de ranch, le gouvernement américain avait répondu en 1937 par la construction de barrières dans les villes de Nogales, San Ysidro et El Paso.

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Israël / Territoires occupés

Sans titre-1Clôture de sécurité, barrière de sécurité, mur de séparation, séparation de clôture, mur de l’apartheid, Sharon’s wall, mur d’annexion....
Que de noms pour un amas de béton entouré de barbelés, de clôtures électrifiées, de capteurs, de détecteurs et surplombé de caméras, de miradors,

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LES AUTRES MURS »



1975


Afrique du Sud et Mozambique 120 km
Contre l’immigration

 

 


1991


Koweït / Iraq  193 km
Zone de conflit

 

 


1999


Ouzbékistan / Kirghizistan     870 km
Zone de conflit

 

 


2001


Turkménistan / Ouzbékistan  1 700 km
Contre l’immigration

Ouzbékistan / Afghanistan    209 km
Contre l’immigration

 

 


2004


Arabie saoudite / Yémen       75 km
Contre l’immigration

 

 


2003

Botswana / Zimbabwe   500 km
Contre l’immigration

 

 


2005


Brunei / Malaisie 20 km
Contre l’immigration

Charm el-Cheikh (Égypte)  20 km
Contre le terrorisme

 

 


2006


Chine / Corée du Nord          1 416 km
Contre l’immigration

Kazakhstan / Ouzbékistan     45 km
Contre le trafic de drogue

Mur de via Anelli (Padoue) Italie 0,085 km
Barrière interne

 

 


En construction


Egypte / Israël 250 Km
Contre l’immigration

Egypte / Gaza 15 Km
Contre le terrorisme

Émirats arabes unis / Oman    410 km
Contre l’immigration

Inde / Bangladesh      3 268 km
Contre l’immigration, les indépendantistes et le trafic de drogue

Inde / Birmanie 1 624 km
Contre le trafic de drogue et le terrorisme

Iran / Iran  456 km
Contre la contrebande

Kirghistan / Ouzbekistan (La vallée de Ferghana)
Contre le terrorisme

Russie / Georgie  85 km
Zone de conflit

 

 


En projet


Malaisie / Thaïlande   650 km
Contre le terrorisme

Pakistan / Afghanistan 2 400 km
Contre le terrorisme

Russie / Tchétchénie   700 km
Contre le terrorisme et zone de conflit

Irak / Syrie  650 km

Arabie Saoudite / Jordanie

   

 

 

 

Usa/Mexique

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 21:28

 

Parce qu'il faut en parler, parce qu'il est légitime de se poser des questions. Parce que ce n'est qu'un début... que d'autres comme moi ont pu observer sur le terrain la croissance et le durcissement des dérives policières, pas au service du peuple, au service d'un Ordre (comme me disait l'un d'eux, un grand blond aryen "Je n'ai pas à discuter je suis au service de l'Ordre", j'ai bien essayer de lui demander de quel Ordre il s'agissait, mais il n'était manifestement pas d'humeur... et je n'avais aucune envie de passer la nuit au fond d'un cachot avec le genou d'un flic qui me pousse sur la vessie pour me faire pisser dessus comme cela se pratique dans certain commissariat de cette ex charmante commune bruxelloise). Il était clair cependant que mes potes rigolos, clodos, poivrots... étaient de ceux dont il fallait protéger le "bon peuple", les délateurs, les fachos, les lyncheurs. Mais ce qui m'a le plus fait mal, c'est de voir que les copains ne réagissaient plus, si ce n'est pour me tirer en arrière et me dire de me taire pour ne pas leur attirer de problèmes.... mais eux savent, ils ont appris, profil bas si tu ne veux pas prendre de coups...

Cela se passe dans tous les pays d'Europe, et cela va s'intensifiant et chaque fois il y a ce truc innacceptable, on sent qu'ils savent bien qu'ils agissent en toute impunité...

Et bientôt... les milices.



Flashball, peur et mutilation

TRIBUNE.

PAR CLÉMENT ALEXANDRE, FLORENT CASTINEIRA, JOAN CELSIS, JOHN DAVID, PIERRE DOUILLARD, JOACHIM GATTI ET SALIM BLESSÉS ET MUTILÉS PAR LA POLICE FRANÇAISE

Nous avons en commun le fait d’avoir été blessés et mutilés par la police française après avoir reçu un tir de flashball en pleine tête. Etre touché par une de ces armes, c’est s’effondrer, être évacué, hospitalisé et subir par la suite un nombre considérable d’interventions chirurgicales lourdes qui s’étendent sur plusieurs mois. Les lésions sont nombreuses et irréversibles : œil crevé, décollement de la rétine, enfoncement du plancher orbital, multiples fractures, dents cassées, joue arrachée, etc. Pour plusieurs d’entre nous, l’implant d’une prothèse a été nécessaire. Sans parler des migraines, des cauchemars et de la peur chevillée au corps. A Marseille, un homme, Mostefa Ziani, est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été touché en plein thorax. Le flashball peut donc tuer à bout portant et il produit des dommages qui ne sont en rien des accidents. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, équiper la police avec ces armes, c’est lui reconnaître le droit de mutiler. Ce qu’elle a bien compris.

S’il n’existe aucune réparation possible, il est difficile de laisser le terrain libre à la violence policière. Plusieurs d’entre nous ont porté plainte contre l’auteur du tir. Sans succès. A Nantes, le policier qui a tiré sur Pierre Douillard en 2007 et dont l’identité est clairement établie bénéficie d’une relaxe : sa responsabilité ne peut être engagée puisqu’il a obéi à un ordre. A Toulouse par contre, pour Joan Celsis, blessé en 2009, le juge ordonne un non-lieu au motif cette fois que l’identité du tireur n’est pas établie. A Montreuil, pour Joachim Gatti, le procureur bloque le dossier depuis maintenant deux ans. Sans surprise, la justice couvre la police. Il y a belle lurette en effet que l’action de la police s’est affranchie du droit. Pour le flashball, les distances de sécurité et les zones autorisées ne sont jamais respectées, pas plus que le tir ne correspond à un état de légitime défense comme le prescrit pourtant la réglementation officielle.

Face aux limites du pénal, nous nous sommes lancés dans une nouvelle procédure. Clément Alexandre, le collectif Face aux armes de la police et leur avocat, Etienne Noel, ont déposé en octobre 2012 une requête au Tribunal administratif qui consiste à attaquer directement la responsabilité du préfet de police et plus seulement le policier qui tire en pleine tête, même si celui-ci mérite tout notre mépris. Pour la première fois, l’Etat a été condamné mercredi, le 18 décembre, à verser une indemnité et sa responsabilité est reconnue, tout comme le lien entre la blessure et le flash-ball. D’autres jugements sont attendus. Nous pensons que sur le terrain juridique, il est capital de multiplier ce type de riposte.

Toutes ces blessures rendent lisible la façon dont la police maintient l’ordre. Chaque fois derrière nos noms propres, il y a des complicités et des amitiés – souvent des luttes. A Nantes, des lycéens et des étudiants occupent un rectorat. A Toulouse, des dizaines d’étudiants sortent d’un Monoprix sans payer pour protester contre la précarité étudiante. A Montreuil, des habitants se rassemblent contre l’expulsion d’un squat. Et des lycéens bloquent leur établissement pour protester contre une énième réforme des retraites. A Notre-Dame-des-Landes, des milliers de personnes résistent à un projet d’aéroport : parmi les centaines de blessés, certains se retrouvent avec des bouts de métal sous la peau. A Strasbourg, des métallos manifestent contre ArcelorMittal. A Montpellier, c’est un groupe de supporteurs qui est visé. Dans les quartiers populaires, le flashball fait partie de la vie quotidienne et intervient systématiquement quand les habitants se révoltent contre la violence de la police. C’est le cas à Trappes pour Salim, qui cet été, a eu le malheur de se trouver à proximité du commissariat où des habitants protestent contre une arrestation musclée. Mais aussi à Montbéliard, Villemomble, etc.

Ce que la langue policière appelle littéralement «neutraliser une menace» désigne de toute évidence la nature réelle du flashball : écraser et faire taire ce qui échappe au pouvoir. C’est là le travail normal de la police. Mais ce qui est nouveau, c’est la méthode utilisée. Le flashball est le nom d’un nouveau dispositif politique qui repose sur la peur et la mutilation – en un mot la terreur. Il s’agit cette fois de frapper les corps mais aussi les cœurs et les esprits en nous marquant dans notre chair et dans celles de nos amis. Présenté comme défensif, le flashball est clairement une arme offensive qui donne à nouveau à la police le pouvoir de tirer sur la foule. Le déploiement de la violence policière, en l’état actuel du rapport de force, ne doit pas entraîner la mort. Mais la police doit être assurée de rester la plus forte pour que l’ordre soit maintenu.

Cette militarisation des opérations de police exprime la vérité d’une époque : le développement de ces armes depuis maintenant dix ans s’explique par le fait qu’elles ont manqué dans certaines émeutes. Qu’en Tunisie, une foule déterminée puisse faire tomber un gouvernement dont la longévité semblait assurée indique assez l’angoisse qui habite le pouvoir à tout moment. Le terrain d’intervention véritable du flashball, c’est la révolte.

En maintes occasions, la police se présente comme un obstacle – à nos mouvements, à nos désirs et à nos luttes. La question de savoir comment le défaire mériterait d’être prise au sérieux. Si les blessures se produisent toujours dans des moments de tension, se défendre et se protéger devient une question pratique dont la nécessité a pu être éprouvée en Grèce, comme à Notre-Dame-des-Landes où des boucliers sont apparus ; de la place Tahrir à la place Taksim, où des milliers de manifestants venaient casqués. Quand Michèle Alliot-Marie propose d’exporter le savoir-faire de la police française en Tunisie, nous pensons plutôt à importer la puissance des révolutions arabes.

C’est parce que nous demeurons attachés à nos luttes et à nos amitiés que nous ne nous laisserons pas terroriser par le flashball. Là où nous sommes attaqués, il y a à riposter collectivement pour être capable de penser et de contrer les pratiques policières. Et ça, on ne le fait pas dans l’enceinte d’un tribunal, mais on l’élabore avec tous ceux qui les subissent. Ici, comme ailleurs, ce qui relève du possible dépend d’un rapport de force. Nous lançons un appel à toutes les personnes blessées avec la certitude que nous avons plus à partager que nos blessures.

Pour Salim, ce sont ses proches qui signent la tribune. Contact : http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com

 

Source

Via Mes coups de coeur

Suivi de Tribune dans Libération – 22/12/13 | Face aux armes de la police

 

Mais que fait la police ?

Publié, le mardi 14 juillet 2009
Dernière modification : mercredi 7 mars 2012


Et oui, ma bonne dame, mon bon monsieur, que fait la police ?

Nous sommes bien à Montreuil, vous et moi : Montreuil, Seine-Saint-Denis. Qu’on y habite ou qu’on y passe, on a des yeux pour voir que ça ressemble peu à l’image qu’en donnent les journaux et les politiques. Aucune ville ne saurait ressembler à ces images abruties(-santes), alors j’ai décidé de commencer à décrire ce que c’est, aberrations optiques comprises.

Montreuil, c’est grand, ça fourmille de monde, c’est très complexe et c’est étonnamment tranquille. Sinon, ça ressemble beaucoup aux autres villes où j’ai vécu : l’Etat est partout et son administration nous octroie (ou pas) le droit d’être là, au prix de tous ces comptes à rendre sans cesse en montagnes de paperasse et de justifications d’existence. Il fait régner sa loi, sous l’infinie variété de ses uniformes, pour assurer le maintien d’un ordre réglé par le profit.

Lors d'une autoréduction dans un supermarché

Comme partout ailleurs, c’est ça que fait la police.

L’argent est partout, mais pas pour tout le monde, évidemment. Le travail ne manque pour personne - il faut réussir à survivre dans la métropole -, c’est le salaire qui est rare, puisqu’on n’arrive pas à échapper vraiment à toute cette marchandise qui s’étale. Même les besoins les plus primaires, se nourrir, se loger, se déplacer, sont soumis à la propriété que tout l’arsenal répressif sert à protéger.

Comme partout ailleurs, c’est ça que fait la police.

Malgré cela, ici, je connais des gens un peu partout. Ils sont très différents les uns des autres, mais ils me ressemblent plus que ceux des panneaux publicitaires (que l’on trouve en nombre grandissant dans la commune voisine de P., et qui sont blancs, jeunes, actifs...). En général, à leur façon, ils font comme moi : ce qu’ils peuvent. Et ils s’entraident. Ils s’organisent pour ne pas (trop) subir face aux patrons, aux Assedic, aux HLM, aux contrôleurs de tous poils. Souvent, ils travaillent à construire quelque chose qui leur plait : une maison, une crèche, un livre... Parfois, on partage une aversion certaine pour tout ce qui précède, on essaye de comprendre comment s’en débarrasser et quand on trouve une petite idée, on s’empresse de la mettre en oeuvre. Ça non plus, ce n’est pas vraiment une pratique spécifiquement montreuilloise. Ces derniers temps, ça a donné en vrac : des occupations de maisons, de CAF, de tours de la mairie, des manifs, des actes de résistance aux rafles de sans-papiers, de solidarité avec des grévistes, des assemblées, des bouffes, des chansons... et j’en passe...

Mercredi soir, à Montreuil, c’est sur tout cela que la police a tiré au flash-ball. Dans la tête. Ce qui s’est passé ce soir-là arrive dans beaucoup d’autres villes et dans des situations très diverses (manifestation, intimidation des habitants de certains quartiers...). Une fois de plus, parler de bavure serait tout simplement mensonger.

Car elle fait quoi la police, hein ? Qu’est-ce qu’elle fait la police à Montreuil ?

Elle joue au ball-trapp dans les rues de la ville, mon bon monsieur, ça tire sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui ne rentre pas dans le rang. Avis aux amateurs de démocratie participative : pour garantir la pérennité de ce beau système, la police républicaine vise à la tête !

Et oui, la police républicaine.

Celle qui fait des auto-temponeuses avec les mobylettes des adolescents - moratoire sur les voitures de police ! -, celle qui charge dans les avions des paquets humains en les étouffant avec des coussins - moratoire sur les coussins ! -, celle qui tamponne un procès-verbal de mise en garde à vue à 22h et un certificat de décès à 6h du matin - moratoire sur les gardes-à-vue ! - etc... La spécificité du recours systématique aux tirs de flash-ball, qui ont l’avantage pour les policiers qui les utilisent de mutiler sans tuer - ce qui les exposerait à quelques tracasseries administratives et à une légère prise de retard sur leurs points retraite -, doit être prise en compte mais il faut être particulièrement obtus ou parfaitement de mauvaise foi pour soutenir que la question de la violence de la police se résume à cela. Car au fond, ma bonne dame, mon bon monsieur, tout le monde sait ce qu’elle fait la police.

Tout le monde le voit, ça crève les yeux.

Un chat sauvage de la Boissière

Word - 23.5 ko
Mais que fait la police ?.doc

Nous avons besoin de maisons pour habiter le monde

SCANDALE ! (Le western est-il compatible avec l’écologie urbaine ?)

La clinique en exil : Condés hors de nos quartiers

À Montreuil, 13 juillet, de nouveau la police frappe pour mater les opposants

Refusons le gouvernement par la peur : Appel à manifester contre les violences policières lundi 13 juillet à 19h à Montreuil

8 juillet 2009 - Chasse à l’opposant à Montreuil : la police vise la tête, un manifestant perd un oeil

Montreuil : à Pôle Emploi comme ailleurs, ne pas se laisser faire

Lettre ouverte à la Maire de Montreuil, Dominique Voynet

ON HABITE PAS UNE LISTE D’ATTENTE : point d’information sur la lutte contre l’expulsion de Los Angeles / Montreuil

Montreuil - Bagnolet : Dégage, on aménage

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Habitants des Sorins, chassés de partout, toujours debout

 

Source  : CIP-IDF > Mais que fait la police ?

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Published by Anne Wolff - dans univers carcéral
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 10:05

 

 

 

Lettre de Bahar Kimyongür à l’opinion, rédigée en prison 10 décembre 2013

Nous revoilà repartis pour un tour...

Bahar KIMYONGUR

À propos des conditions de détention

Casa Circondariale di Bergamo, 6e jour de détention

« (...) Pour être honnête, ma cellule est une horreur. On dirait que tous les vents polaires s’y sont donnés rendez-vous. La "vitre" est un plexi irrégulier, incurvé qui ne tient avec du silicone que d’un seul côté. Un tiers de la "vitre" manque à l’appel. La partie manquante est couverte de pages de journal collées avec du dentifrice.
Pareil pour la petite salle de douche. Là, il manque carrément une vitre. Une lourde porte métallique sépare les deux pièces. Pour l’ouvrir, il faut la porter car elle a subi des dégradations. Comme elle ne se referme pas complètement, il y a un courant d’air permanent dans la cellule.

Notre lit superposé est composé de trois étages. La cellule où je me trouve est une cellule dite "d’accueil". Elle n’a pourtant rien d’hospitalier. En rentrant en prison, on m’a fait croire que l’on pouvait choisir une cellule "non fumeurs". Cette option se trouvait dans le formulaire d’accueil et naturellement, je l’ai cochée. Mais en raison de la surpopulation, les non fumeurs son obligés de partager leur cellule avec des fumeurs. Les conditions sanitaires son exécrables. Je n’ai pu balayer ma cellule crasseuse qu’au sixième jour de ma détention, c’est-à-dire aujourd’hui.

Ma cellule est un vrai moulin. Quatre détenus y ont déjà transité en 6 jours : Silvio, un colérique de 50 ans arrêté pour avoir battu son frère et ses parents. Monsieur Carbonara de Bari, un sexagénaire accusé de vol et libéré hier après moins de 48h de détention. Aujourd’hui, un jeune ressortissant marocain condamné pour trafic de drogue a débarqué.

Depuis hier, je partage ma cellule avec Stefano, un Roumain de 25 ans père d’un petit garçon de 3 mois. Il est très aimable, abattu par ce qui lui arrive et un peu timoré. Il a peur par exemple d’aller prendre l’air. A propos, "aria", la cour en principe destinée à prendre l’air, est un véritable fumoir. Quand une quarantaine de détenus fument en même temps, on n’a pas vraiment l’occasion de profiter de l’air pur qui nous vient des Alpes...

Ah oui, je dois aussi te parler du "café". On s’imagine qu’en Italie, même en prison, on a droit à du café italien... eh bien non. Au pays de l’espresso et du cappuccino, le café de la prison est un liquide trouble servi à la louche ! Tellement répugnant que je n’en ai plus repris depuis le premier matin.

Dans notre cellule, il n’y a qu’une petite table basse et un tabouret cassé, pour trois. Les murs sont sales, les sanitaires sont sales, le sol est sale. Alors, on se réfugie sous le drap de son lit comme on se cramponne à un radeau au milieu d’un naufrage.

Quand tu t’embarques dans une galère italienne, tu reçois un kit de survie incomplet. Pas de serviette. Pas de lingerie. Pas de chaussettes. C’est l’église catholique qui complète le kit. Encore faut-il pouvoir décrocher un rendez-vous avec le "prete", l’aumônier.

En cellule la seule "friandise", c’est le téléviseur. Il faut tordre le câble de mille et une manières pour pouvoir décrypter l’une des huit chaînes italiennes que nous sommes censés capter (...). »

Casa Circondariale di Bergamo, 10e jour de détention

Après les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne, c’est à l’Italie de m’ouvrir ses portes de fer et de les refermer aussitôt, cette même Italie où j’ai séjourné une quarantaine de fois sans le moindre souci malgré le mandat d’arrêt international lancé il y a 10 ans par un tribunal d’Ankara.

Aux Pays-Bas, mon arrestation survint alors que je circulais en voiture sur l’autoroute dans la périphérie de La Haye.

En Belgique, où j’ai subi un procès pénal inutile et coûteux qui a empoisonné quatre années de ma vie, le parcours fut plus classique : du tribunal de Gand à la prison de Gand.

En Espagne par contre, la police manifestement plus inspirée, m’a arrêté à l’intérieur de la Cathédrale de Cordoue avec ma femme et mes deux enfants.

En Italie, les unités de la DIGOS m’ont cueilli à l’aéroport Orio al Serio quelques minutes après l’atterrissage de mon avion en provenance de Charleroi. Les agents italiens m’ont ensuite emmené à la prison de Bergame où je croupis depuis une dizaine de jours dans des conditions indignes.

En provoquant ces arrestations en chaîne, les autorités turques espèrent m’intimider, me décourager, me fragiliser financièrement et faire douter les nombreux amis et camarades qui me soutiennent.

Pour banale qu’elle soit, la privation de liberté n’en est pas moins un châtiment d’une violence extrême dont les premières victimes sont les familles, en particulier les enfants.

Âgés de 3 et 5 ans, mes enfants comprennent des tas de choses.

Mais ils ne peuvent comprendre ni accepter que leur papa qui leur enseigne les règles de la vie en société, les valeurs humaines telles que l’honnêteté, la justice, l’amour et la solidarité, soit sans cesse puni à cause de ses écrits. Même les adultes ne peuvent comprendre un pareil acharnement.

Le sentiment d’injustice qui germe dans le cœur de mes enfants à cause du malheur insensé et irrationnel qui leur arrive ne peut que leur causer des blessures psychiques graves.

Il serait trop facile de jeter la pierre sur le seul régime turc et de dédouaner les États européens « victimes » de simples dysfonctionnements administratifs. Le monde a vu la férocité assumée et revendiquée de la police d’Erdogan lors de la révolte de la place Taksim durant l’été dernier.

L’Europe toute entière s’en est indignée. Cela n’a pas empêché les polices européennes de jouer les janissaires du sultan Erdogan.

A quoi bon être innocenté par la justice européenne si des forces de police européennes se mettent aux ordres du régime néo-ottoman et piétinent les décisions de cette même justice ?

Pourquoi un juge italien m’empêche de voyager, alors qu’un juge espagnol m’y autorise ?

Comment est-il possible qu’un organisme comme Interpol puisse se placer au-dessus des lois et échapper à tout contrôle ?

De quel droit Interpol se permet de convertir un signalement arbitraire et abusif en peine à perpétuité ?

Comment se fait-il qu’un régime comme celui d’Ankara qui chaque jour accueille des bataillons entiers de terroristes massacrant le peuple syrien, soit considéré comme un partenaire de l’Europe dans la lutte contre le terrorisme ?

Mes mésaventures auront eu au moins le mérite de faire la lumière sur certains côtés sombres de nos démocraties super-maxi-ultra-plus qui lavent toujours plus blanc que blanc.

En attendant ma libération, je remercie de tout cœur les milliers d’amis sur qui je peux toujours compter dans les moments heureux comme dans les moments difficiles et qui une fois encore, se sont mobilisés pour soutenir ma famille et porter haut l’étendard de nos idéaux communs.

Bahar Kimyongür

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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