Vendredi 28 août 2009
2009-08-26
Jennifer Moore


Hier, l’Organisation des États américains (OEA) a échoué dans sa tentative d’obtenir un accord sur le retour du président hondurien Manuel Zelaya. Pour Félix Molina, co-directeur de Radio Progreso, cet échec doit marquer le début d’une nouvelle étape.

Alors que la mission diplomatique de l’OEA quittait Tegucigalpa ce mardi, sans que le président de facto Roberto Micheletti ait accepté de signer l’accord de San José, le journaliste hondurien déclarait qu’il était nécessaire que de nouvelles sanctions soient prises. Des sanctions qui soient en lien avec les « aspects commerciaux, économiques, financiers, politiques et y compris migratoires ».

La mission, composée de sept membres accompagnés du secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, a tenu une conférence de presse à l’issue de sa visite de deux jours dans la capitale hondurienne. Elle a signalé que le président de facto et ses partisans sont les seuls à refuser tout compromis. Micheletti a exprimé son désaccord quand à la restitution de Manuel Zelaya à son poste de président de la République et quant à l’amnistie politique dont celui-ci bénéficierait, deux points clés de la proposition formulée par le président du Costa Rica, Oscar Arias. D’un ton défiant vis-à-vis de la délégation étrangère, Micheletti a dit aux représentants de l’OEA que son régime n’avait pas peur des sanctions.

Pour sa part, le président Zelaya a réitéré – à travers des déclarations de la Première dame, Xiomara Castro de Zelaya – sa décision d’accepter chacun des douze points qui figurent dans l’accord, même si celui-ci tronque le processus enclenché avant le coup d’État, de consulter les Honduriens sur leur volonté ou non de mettre en œuvre des réformes constitutionnelles.

Par ailleurs, la pression exercée par certains groupes favorables à la proposition d’Oscar Arias semble prendre de l’importance. Jesús Canahuati, président de l’Association des maquiladoras du Honduras a déclaré hier à Radio Globo, que son organisation était en faveur de l’accord de San José. Les forces armées sont visiblement en train de discuter de cette question, mais elles n’ont encore fait aucune déclaration publique.

Selon le journaliste Félix Molina, si une solution n’est pas rapidement trouvée, la situation va devenir plus compliquée et plus préoccupante encore. Dans un tel cas de figure, « la protestation sociale va s’amplifier, et avec elle la répression militaire et policière ».

La semaine dernière, une délégation de la Commission Interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a relevé des milliers de détentions arbitraires, l’usage disproportionné de la force publique contre les opposants au coup d’État et de sérieuses limites à la liberté de la presse lors des deux mois qui viennent de s’écouler. La délégation a conclu que « seul le retour de l’institutionnalité démocratique au Honduras permettra qu’existent les conditions pour un réel respect des droits humains de tous les habitants du Honduras ».

La Fédération internationale des droits de l’homme demande aussi des sanctions

« Au Honduras, la démocratie n’est pas garantie, pas plus que la liberté d’expression ou les libertés personnelles », déclarait mardi après-midi Luis Guillermo Pérez, Secrétaire général de la FIDH.

Lors d’une réunion à laquelle il a assisté cette semaine avec Carlos H. Reyes, candidat indépendant pour les prochaines élections présidentielles, et le député Marvin Ponce, il a pu constater que Reyes souffrait d’une fracture de la main, alors que Ponce souffrait lui de fractures du bras et de plusieurs côtes. Ces blessures leur ont été infligées par la police nationale. Pérez a reconnu le manque de garanties démocratiques pour les prochaines élections : « Nous continuerons d’insister sur le fait que le résultat des élections ne devrait pas être reconnu par la communauté internationale…, que toute forme de coopération avec les autorités putschistes devrait être suspendue, et que des sanctions économiques devraient être adoptées contre tous ceux qui ont appuyé ou qui soutiennent le coup d’État au Honduras ».

« Telle est la position de la FIDH, du Centre pour la justice et le droit international (CEJIL) et d’autres organisations qui ont décidé de mettre en place un observatoire international sur la situation des droits humains au Honduras. Nous adresserons des rapports mensuels sur l’évolution de la situation à différents organismes comme l’OEA, l’ONU et l’Union Européenne ».

Pérez pense que le coup d’État n’était pas dirigé contre Manuel Zelaya, dont le mandat présidentiel s’achève en novembre 2009, mais plutôt contre la majorité des Honduriens. La possibilité d’une réélection à la présidence de la République n’a jamais été mentionnée avant la consultation qui était prévue le 28 juin. Il était seulement question de demander aux Honduriens s’ils étaient favorables ou non à la présence d’une quatrième urne lors des prochaines élections, et que cette urne concerne un referendum sur la possibilité de convoquer une assemblée nationale constituante pour réformer la Constitution du pays. Pérez affirme avoir pu vérifier que 60% de la population hondurienne aurait voté en faveur de la proposition du président Zelaya, si la consultation avait eu lieu.

Pérez a conclu sa déclaration en citant l’article 45 de la Constitution du Honduras : « Est puni tout acte qui interdit ou qui limite la participation du citoyen à la vie politique du pays ». D’après lui, c’est dans la violation de cet article que réside le véritable crime commis par le régime de facto, et il est important d’y prêter une plus grande attention.

Des mesures concrètes

Les États-Unis ont franchi un pallier hier en faisant à nouveau pression sur le régime de facto pour qu’il accepte de signer l’accord de San José. Au-delà des aides qui ont déjà été suspendues, les Etats-Unis n’accorderont de visas qu’aux immigrés Honduriens et en cas d’urgence, tant que le régime de facto n’acceptera aucun compromis. De son côté le Canadien Peter Kent, membre de la mission de l’OEA et ministre d’État des affaires étrangères (Amériques), a dit que son pays refuserait de s’aligner sur les Etats-Unis et l’Union Européenne, pour la suspension des aides au Honduras.

Lorsque la question des sanctions lui a été posée, Peter Kent s’est bien gardé de mentionner une quelconque mesure concrète : « en ce moment, nous sommes encore en train de négocier et d’essayer de faire aboutir l’accord de San José ». Dimanche dernier, dans un entretien accordé à Embassy Magazine, il déclarait : « toute sanction ou suppression d’aide aura en premier lieu un impact direct sur les plus démunis dans cette crise, à savoir la population civile ».

Pourtant, sans de telles pressions, il est difficile d’envisager qu’un accord opportun puisse voir le jour. En dernière instance, la position du Canada éloigne ce pays de ceux qui demandent des mesures plus énergiques pour assurer la protection des Honduriens, déjà gravement affectés par la crise.

(Traduit et publié en français par info sud télé)

- Jennifer Moore, journaliste indépendante canadienne, écrit depuis Honduras pour ALAI et FEDAEPS.

SOURCE : La crise au Honduras exige de nouvelles sanctions - América Latina en Movimiento

 

Par Anne Wolff - Publié dans : Sud Amérique - Communauté : Résistance 2007
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Jeudi 27 août 2009
Sur le site bilingue El correa El correo (articles en français sur la sudamérique) une série d'article en français pour mieux comprendre historiquement ce qu'est le plan Condor

En voici le sommaire et un article


La garra brasileña del Cóndor.

Actualités

La connexion française du Condor.
Automoteurs Orletti, l'atelier assassin de Condor
L'idée d'une réactivation andine de ce que fut « l'Opération Condor » dans les années 70 grandit.
Une grand-mère témoigne au procès Scilingo : 27 ans à chercher son petit-fils
Procès à Madrid du tortionnaire argentin Adolfo Scilingo
Ya casi para de llover sobre Santiago : El segundo caso de desafuero del ex dictador Augusto Pinochet
L'Ambassade Argentine à Paris convoque à témoignage sur l'affaire ESMA en cour en Argentine
Indemnisation en vue pour les opposants à la dictature argentine
Mort du Colonel Emilio Cesar Anadon de l'intelligencia argentine pendant la dictature
Adolfo Scilingo et les atrocités commises en Argentine dans l'Escuela de Mecánica de la Armada.
Le Plan Condor vit encore. Accuse en Uruguay la senatrice chilienne Carmen Frei
Indemnisation des enfants des disparus argentins
Nouvelles inculpations de généraux sur les " disparus argentins"
L'ambassadeur en Irak de Bush, John Dimitri Negroponte reste l'ombre impunie de la terreur au Honduras de 1980
La fille d'une disparue parvient à faire condamner les tortionnaires de sa mère en Argentine
28 ans après le coup d'état militaire, le président Kirchner, au nom de l'Etat argentin, a demandé pardon pour son silence devant les crimes de la dictature
Dictature argentine : Le pardon au nom de l'Etat et Un musée de la mémoire
Plus de cent journalistes disparus et assassinés dans l'Argentine de Plomb
Petition contre les Charters / petition against Chartered flights
ESMA : Tuer fut un système et voler, une méthode. A la recherche des « partenaires » civils des militaires argentins.
Rejet d'une commission d'enquête sur le soutien de la France à la dictature Argentine
Procès en Espagne contre le tortionnaire argentin Adolfo Scilingo
Les " verts" veulent mener l'enquête sur le rôle de la France pendant la dictature argentine
L'audition de l'ambassadeur de France en Argentine à l'étude dans l'affaire Astiz
Astiz accuse à l'espionnage français de la disparition de deux religieuses françaises
Argentina : Astiz demande la comparution de personnalités françaises
Ce que la honte nationale et les intérêts étrangers ne veulent pas voir sur les Disparus en Argentine.
Respect des droits des prisonniers en Argentine
MM. Giscard d'Estaing et Messmer pourraient être entendus sur l'aide aux dictatures sud-américaines
Astiz demande à ne pas être extradé en France et à être jugé en Argentine
Astiz se trouve sur une base navale alors qu'il a perdu son statut de militaire en 1998
Les Forces Armées Agentines entre la dignité y el déshonor
Questions de principes
En Argentine, "l'affaire Noble"...
Henry Kissinger et ses crimes contra la Humanité
Soupçon d'adoption illégale sous la dictature argentine.
Une famille separée par l'Opération Condor se retrouve.
Manifestation contre la nouvelle École des Amériques.
Henry Kissinger a appuyé la dictature militaire en Argentine

Documents

« Opération Condor », cauchemar de l'Amérique latine
Des documents révèlent la participation de l'entreprise du barrage d'Itaipu au Plan Condor/Documents revelam participação d'Itaipu na Operação Condor
Informe de la Comisión Nacional Prisión Política y Tortura en Chile
Le Condor à l'export : Trafic de drogues, Terrorisme d'Etat et Démocratie militarisée
Opération Condor : Michelini, un meurtre sur ordre
Argentine "L'autre sale guerre d'Aussaresses"
Opération Condor : Kissinger a demandé à la dictature argentine que le massacre soit rapide.
10 décembre 1975
El Autentico
Histoire de la Triple A : annihiler les exilés

La convention militaire argentine avec les Etats-Unis du 10 mai 1964

Déclassifiés


Création structurelle

L'antenne de Montevideo de la CIA
15 octobre 1945.
L'Amiral S A Robinson pose la nécessité de la création d'une Agence d'Intelligence autonome.


Reactivation

Le Plan Condor arrive en Europe






Le Plan Condor arrive en Europe

Des citoyens arabes sont kidnappés par des agents américains en Allemagne, Italie et Suède pour être emmenés vers des pays arabes où ils sont torturés.


Par Pascual Serrano


Rebelión, 17 mars de du 2005.

Leer en español

L'histoire de plusieurs hommes d'origine arabe kidnappés dans différents pays d'Europe, et emmenés vers d' autres pays où ils sont torturés, avec toutes les enquêtes qui pointent vers la CIA transparaît seulement dans quelques pages de journaux. Le journal El Pais du 15 mars (Libération : Comment les Etats-Unis délocalisent la torture et Khaled El-Masri dans les griffes de la CIA)rapportait quelque chose répugnante qui ne semble pas réveiller l'indignation de personne. Dans une enquête de deux pages signée par des collaborateurs du journal à Rome, Berlin et Stockholm est rapporté avec tout les détails comment des citoyens résidants en Europe, certains avec un statut de réfugié, d'autres avec une nationalité européenne, sont kidnappés par des commandos et torturés dans des pays arabes.

Dans le centre de Milan deux agents des Etats-Unis, selon des procureurs italiens, enlèvent le 17 février 2003 à Asan Mustafá, un citoyen égyptien résidant en Italie. Ils l'introduisent dans un camion et ils le transportent à la base militaire américaine d'Aviano où ils lui donnent une raclée. De là, ils le transfèrent au Caire et il est torturé avec des décharges électriques et des séjours en chambre frigorifique pendant quatorze mois dans la prison de Tora.

En janvier 2004, un vendeur de voitures allemand d'origine libanaise de 41 ans est intercepté à la frontière entre la Serbie et la Macédoine et où on le retient avec son passeport. Il est emmené à un hôtel de Skopje la capitale de Macédoine où on le soumet à des interrogatoires pendant 23 jours. Ensuite , il est emmené dans un avion à Kaboul et là on l'enferme dans une cellule petite et immonde avec des gardiens qui parlent en Anglais avec accent américain. Pendant trois mois ils l'interrogent et le torturent. Le 29 mai on le laisse à nouveau à la frontière albanaise avec la Macédoine. L'analyse de laboratoire des cheveux ont confirmé qu'il a effectivement été à ces dates en Afganistan et le procureur allemand considère l'histoire totalement probable.

En Suède, deux citoyens égyptiens avec statut de réfugié dans ce pays et sans aucune accusation judiciaire sont arrêtés par des agents de la police de sécurité suédoise à Stockholm et à Kalstad le 18 décembre 2001 , sont livrés ensuite pieds et poings liés à des agents américains masqués, ceux-ci les dévêtent, leur donnent un narcotique, ils leur bandent les yeux et les mettent dans un avion du gouvernement américain vers l'Egypte où ils sont torturés.

Les pays latino-américains du Cône Sud se souviennent encore avec effroi comment les services secrets des dictatures des années 70 étaient coordonnés pour enlever et torturer des citoyens de tout pays sans respecter des frontières, législations ni souverainetés. Et, moins encore,les droits de l'homme.

En décembre dernier, le Venezuela et la Colombie ont vécu une crise diplomatique sans précédent alors que le gouvernement colombien avait corrompu des agents vénézuéliens pour qu'ils enlèvent à Caracas à un chef de la guérilla colombienne et le livrent à la police colombienne à la frontière. Avec une logique évidente, le gouvernement vénézuélien a compris qu'on avait violé sa souveraineté et transgressé la légalité internationale.

Et pendant ce temps, dans la légaliste Europe des droits de l'homme historiques tout paraît indiquer que les Etats-Unis enlèvent avec des commandos secrets des personnes sans accusation légale aucune pour les transporter dans des avions vers des pays tiers où ils sont torturés avec une impunité totale. Les politiciens européens regardent ailleurs, il paraît qu'ils sont occupés dans la campagne de défense de leur Traité constitutionnel.

 

SOURCE : El correo (articles en français sur la sudamérique)



Par Anne Wolff - Publié dans : L'empire : hégémonie ? - Communauté : Résistance 2007
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Jeudi 27 août 2009



Posted by libertesinternets under Bilderberg, Manipulation de l'opinion, Observatoire de l'empire

Dans cet article fort intéressant, la pépite est incontestablement le changement d’attitude et l’incrédulité croissante du journaliste du “Guardian”, habilité pour couvrir la réunion Bilderberg. Au début, comme tous les journalistes quand ils abordent les Bilderberg, il se la joue cynique et désabusé, “on ne me la fait pas à moi, je ne suis pas comme ces conspirationistes paranos…”. Et puis, au fur et à mesure de la rencontre, il commence à se rendre compte de choses bizarres, de contradictions entre le discours officiel et la réalité des contrôles et du secret dans lequel s’enveloppent ces “maitres du monde”. A la fin il en est tout retourné et prèche l’anti-Bilderberg avec un zèle de converti.

Mauvaise stratégie de comm’, Messieurs les Bilderbergiens… :-)

[Andrew Gavin Marshall  - Mondialisation.ca - 24 Juin 2009]

Du 14 au 17 mai l’élite mondiale a tenu une réunion secrète en Grèce dans le cadre de la conférence annuelle de Bilderberg sous l’attention éparse et restreinte des médias internationaux. Environ 130 des personnes les plus puissantes au monde se sont réunies afin de discuter des problèmes actuels urgents et de tracer une voie à suivre pour l’an prochain. Cette année, le principal sujet de discussion était la crise financière mondiale, ce qui n’est pas surprenant, si l’on considère que la liste des participants comprend bon nombre des premiers architectes de la crise ainsi que ceux étant sur le point de la « régler ».


L’objectif : la restructuration de l’économie politique mondiale

Avant le début de la rencontre, le journaliste d’enquête Daniel Estulin a fait un reportage sur le principal point à l’ordre du jour, que lui ont divulgué ses sources à l’interne. Bien que de tels reportages ne puissent être vérifiés, ses sources, ainsi que celles de Jim Tucker, traqueur vétéran du Groupe Bilderberg, ont fait preuve d’une extrême justesse par le passé. Il semblerait que le thème principal de la conférence cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient ». À l’ordre du jour figuraient d’autres sujets dont un plan pour « continuer à tromper des millions d’épargnants et d’investisseurs croyant au battage autour de la prétendue reprise économique. Ils sont sur le point de faire face à des pertes massives et à d’éprouvantes difficultés économiques dans les mois qui viennent ». Il y aura également « des pressions ultimes visant à promulguer le traité de Lisbonne, dépendant du vote irlandais en sa faveur en septembre ou en octobre [1] », ce qui donnerait à l’Union européenne d’énormes pouvoirs sur les pays membres en faisant d’elle un gouvernement régional supranational, reléguant chaque pays à un statut davantage provincial.

Peu après le début des réunions, le traqueur Jim Tucker signalait que ses sources à l’interne avaient révélé que le groupe a comme priorité « la planification d’un département mondial de la santé, d’une trésorerie mondiale et d’une courte dépression plutôt qu’un long déclin économique ». Tucker rapportait que Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et ancien premier ministre, « a fait un discours encourageant la transformation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en un département mondial de la santé, celle du Fonds monétaire international (FMI) en un département mondial du trésor, tous deux bien sûr sous les auspices des Nations Unies ». En outre, M. Tucker signalait que « le secrétaire au Trésor Geithner et Carl Bildt réclamaient une récession plus courte, non pas une récession de 10 ans […] en partie parce que cette dernière ferait du tort aux industriels du Groupe Bilderberg. Bien qu’ils désirent des départements mondiaux du travail et du trésor, ils font tout de même de l’argent et une longue récession de la sorte leur coûterait cher sur le plan industriel puisque personne n’achèterait leurs gadgets. […] Le penchant est pour une courte récession [2]. »

Daniel Estulin rapportait après les réunions que « selon lui, l’une des principales préoccupations du club Bilderberg est le danger que leur zèle à réformer le monde en engendrant le chaos afin d’implanter leurs objectifs à long terme ne mène à une situation hors de contrôle et qu’elle entraîne tôt ou tard un scénario où Bilderberg et l’élite mondiale en général sont dépassés par les événements et finissent par perdre leur contrôle sur la planète [3] ».

Le 21 mai, la Macedonian International News Agency affirmait qu’« un nouveau rapport du Kremlin sur l’obscur Groupe Bilderberg, qui tenait la semaine dernière sa rencontre annuelle en Grèce, mentionne que les membres de l’élite financière, politique et corporative de l’Occident ont émergé de leur conclave après être parvenus à l’entente selon laquelle il fallait ”complètement” détruire le dollar étatsunien s’ils voulaient continuer leur élan vers un nouvel ordre mondial dominé par les puissances occidentales ». De plus, ce même rapport non confirmé signalait que « lors d’une rencontre secrète à New York convoquée et présidée par David Rockefeller, la majorité des membres les plus riches de l’élite avaient convenu de conspirer l’effondrement du dollar étatsunien [4]. » Ce rapport, qui n’a pas été reconnu par d’autres sources médiatiques, doit être vérifié.


La réunion secrète des milliardaires

À la rencontre secrète dont il est question « une douzaine des personnes les plus riches au monde, invitées par Bill Gates et Warren Buffet, se sont rencontrées pour une réunion privée sans précédent pour discuter de dons d’argent ». La conférence se tenait à l’Université Rockefeller et comptait des philanthropes notoires tels Bill Gates, Warren Buffett, le maire de New York Michael Bloomberg, George Soros, Eli Broad, Oprah Winfrey, David Rockefeller Sr. et Ted Turner. Un des participants a déclaré qu’« elle n’était pas secrète [mais plutôt] censée être une réunion entre amis et collègues [et] dont les gens discutaient depuis longtemps. Bill et Warren espèrent le faire occasionnellement. Ils ont lancé une invitation et les gens sont venus ». L’éditrice de Chronicle of Philanthropy, Stacy Palmer, a déclaré : « Vu la gravité de la conjoncture économique, je ne crois pas qu’il soit surprenant que ces philanthropes se soient réunis. Il n’est pas typique qu’ils se rencontrent et se demandent des conseils », a-t-elle ajouté. Les trois hôtes de la rencontre étaient Bill Gates, Warren Buffett et David Rockefeller [5]. [Voir appendice 2 Bilderberg Connections to the Billionaire’s Meeting].

À la réunion, « les participants ont refusé catégoriquement de révéler le contenu de la discussion. Certains ont cité une entente visant à garder la rencontre confidentielle. Les porte-parole de MM. Buffett, Bloomberg, Gates, Rockefeller, Soros, de Mme Winfrey et d’autres ont scrupuleusement refusé de commenter, bien que quelques-uns aient confirmé leur présence [6]. » Des reportages indiquent qu’« ils ont discuté de la façon d’aborder la crise mondiale et d’élargir leurs activités charitables pendant le déclin [7]. »

Le journal The Times du Royaume-Uni rapportait que ces « éminents milliardaires se sont rencontrés en secret pour envisager la façon dont leur richesse pourrait être utilisée pour ralentir la croissance de la population mondiale [et qu’ils] avaient parlé de joindre leurs forces pour surmonter les obstacles politiques et religieux au changement ». Fait intéressant, « la séance informelle d’après-midi était si discrète que certains assistants de ces milliardaires se sont fait dire qu’ils assistaient à un “breffage sur la sécurité“ ». En outre, « on a alloué 15 minutes à chacun des milliardaires afin qu’ils présentent leur cause favorite. Pendant le dîner, ils ont discuté de la manière dont ils pourraient choisir une “cause d’ensemble“ pouvant servir leurs intérêts ». Ils ont par ailleurs « convenu que la surpopulation était une priorité ». Ultimement, « ils ont atteint un consensus selon lequel ils cautionneraient une stratégie où la croissance de la population serait taxée de potentielle menace environnementale, sociale et industrielle désastreuse [et qu’ils] doivent être indépendants des agences gouvernementales, lesquelles sont incapables de contrer le désastre imminent [qu’ils] voient tous ». Un des invités a déclaré qu’« ils désiraient discuter de riche à riche sans craindre que ce qu’ils disent se retrouve dans les journaux, les dépeignant comme un gouvernement mondial de rechange [8]. » (je peux pas m'empêcher de commenter sur le vif, un peu contradictoires les propos de nos joyeux "philantropes"...ils veulent décider à la place des gouvernements...ils sont quoi alors ? Anne)

Un rapport a fuité

Daniel Estulin aurait reçu de ses sources au sein de Bilderberg un résumé de la réunion de 73 pages destiné aux participants et révélant de sérieux désaccords parmi ceux-ci. « Les partisans de la ligne dure sont favorables à un déclin dramatique et à une dépression courte et sévère, mais d’autres pensent que les choses sont allées trop loin et que les retombées du cataclysme économique mondial ne peuvent pas être calculées avec exactitude si le modèle de Henry Kissinger est choisi. » Richard Holbrooke est l’un d’eux, mais on ignore pour l’instant si sont point de vue est en fait celui d’Obama. » La vision du consensus était que la récession empirerait et que la reprise serait « relativement lente et prolongée » et de chercher ces termes dans la presse durant les semaines et les mois à venir.

M. Estulin rapportait « que face au spectre de leur propre mort financière, certains éminents banquiers européens sont extrêmement préoccupés et qualifiaient cet exercice de haute voltige d’« insoutenable », et affirmaient que les déficits budgétaire et commercial pourraient engendrer l’effondrement du dollar ». (certains vassaux s'en prennent plein la gueule ? A.)Un membre de Bilderberg a admis que « les banques mêmes ne savent pas quand [le fond sera atteint] ». Tous paraissaient s’entendre sur le fait que « le niveau de capital dont les banques étatsuniennes ont besoin pourrait être considérablement plus élevé que ce que le gouvernement états-unien a suggéré lors de ses récents tests de tension ». De plus, « quelqu’un du FMI a souligné que sa propre étude sur les récessions historiques suggère que les États-Unis ne sont rendus qu’au tiers de celle-ci. Par conséquent, les économies s’attendant à se rétablir grâce à la résurgence de la demande provenant des États-Unis devront attendre longtemps. » Un des participant à déclaré que « les pertes en capitaux propres en 2008 étaient pires que celles de 1929 [et que] la prochaine phase du déclin économique sera également pire que dans les années 1930, surtout parce que les États-Unis sont chargés d’une dette excessive d’environ 20 billions de dollars. L’idée d’un boom [économique] sain constitue un mirage jusqu’à ce que cette dette soit éliminée [9] ».

Selon Jim Tucker, le Groupe Bilderberg travail à la tenue d’un sommet en Israël du 8 au 11 juin, où « les experts internationaux en réglementation [pourront] aborder la situation économique actuelle dans un forum ». En ce qui a trait aux propositions de Carl Bildt concernant la création d’une trésorerie et d’un département de la santé mondiaux menés par les Nations Unies, le FMI deviendrait le Trésor mondial alors que l’Organisation mondiale de la Santé serait transformée en département mondial de la santé. M. Bildt a également réaffirmé que les « changements climatiques » serviraient de défi clé servant à la poursuite des objectifs de Bilderberg, faisant référence à la crise économique comme « une crise ne se produisant qu’une fois par génération alors que le réchauffement climatique est un défi qui n’arrive qu’une fois par millénaire ». Il a aussi prôné l’expansion de l’ALENA à travers l’hémisphère occidental dans le but de créer une Union américaine en utilisant l’UE comme « modèle d’intégration ».

Le FMI aurait envoyé un rapport au Groupe Bilderberg préconisant son ascension à titre de département mondial du Trésor et « le secrétaire étatsunien au Trésor Timothy Geithner a cautionné ce plan avec enthousiasme, bien qu’il n’ait eu aucune assurance qu’il en serait le dirigeant ». Geithner a ajouté qu’« [ils] espéraient pouvoir travailler avec l’Europe à un cadre mondial, à une infrastructure mondiale pouvant effectuer une surveillance mondiale [10] ».

Le plan Bilderberg en marche?

 

Réformer la Réserve fédérale

À la suite de la rencontre du Bilderberg, plusieurs participants renommés ont fait des annonces intéressantes, particulièrement concernant la réorganisation de la Réserve fédérale. Le 21 mai, on rapportait que le secrétaire au Trésor Tim Geithner « était vraisemblablement fort enclin à donner un rôle majeur à la Fed dans la future réglementation [et] il est entendu que celle-ci effectuerait certaines des tâches de la Securities and Exchange Commission (SEC) étatsunienne [11] ».(pour rappel : la Fed ou réserve fédéral est un organisme privé ! A.)

Mercredi le 20 mai, Geithner a parlé devant le Comité des banques du Sénat (Senate Banking Committee), où il a déclaré que« des signes importants montrent que notre système financier commence à se rétablir ». À propos de la réglementation du système financier, il a ajouté : « Nous devons nous assurer que les règles financières internationales et les standard élevés que nous implanterons aux États-Unis sont cohérents [12]. »

Un article de Bloomberg révélait ceci : « L’administration Obama pourrait demander qu’on retire à la SEC certains de ses pouvoirs dans le cadre d’une réorganisation réglementaire. La proposition, toujours à l’ébauche, donnera possiblement davantage d’autorité à la Fed pour superviser les institutions financières jugées trop grosses pour faire faillite. La Fed héritera peut-être de certaines fonctions de la SEC, les autres pourraient être assumées par d’autres agences. » Fait intéressant, « l’agence de Mary Schapiro, présidente de la SEC, a été absente durant la majeure partie des négociations sur la refonte réglementaire et elle s’est dite frustrée qu’on ne l’ait pas consultée ».

Par ailleurs, on rapportait que « le secrétaire au Trésor Geithner était prêt à discuter de propositions pour changer les règles financières hier soir à un dîner en compagnie du directeur du Conseil économique national, Lawrence Summers, de l’ancien président de la Fed Paul Volcker, [qui étaient tous deux à la conférence Bilderberg], de l’ancien président de la SEC Arthur Levitt et de la professeure de droit de l’Université Harvard, Elizabeth Warren, à la tête d’un groupe de vigilance parlementaire pour le Plan de sauvetage des actifs à risques (Troubled Asset Relief Program (TARP)) de 700 milliards de dollars [13] ». La Réserve fédérale est une banque centrale privée, détenue par ses actionnaires, qui sont les plus grandes banques formant chacune des Fed régionales (les plus grandes étant JP Morgan Chase et la Federal Reserve Bank of New York). En gros, ce plan donnerait à une banque privée, laquelle possède une autorité gouvernementale, la capacité de réglementer les banques qui la détiennent. Cela équivaut à prendre un colonel pour veiller sur un général à qui il est directement redevable. C’est confier au renard la garde du poulailler. Il s’agit littéralement d’octroyer la propriété de la réglementation financière aux banques qui subissent la réglementation.

Comme le mentionnait Market Watch, une publication en ligne du Wall Street Journal, « la Réserve fédérale, créée il y a presque 100 ans dans la foulée d’une panique financière, pourrait être transformée en une agence différente au moment où l’administration Obama réinvente la façon dont le gouvernement interagit avec le système financier ». Concernant la présence de Geithner au Sénat, on mentionnait qu’« [il] a été bombardé de questions sur les relations étroites qu’entretiennent les grandes banques et les banques régionales de la Fed. Avant que Geithner ne se joigne au gouvernement, il était président de la Fed de NewYork, une étrange institution hybride publique-privée, en fait détenue et dirigée par les banques. » En réponse, « Geithner a insisté sur le fait que les banques privées n’ont pas leur mot à dire sur les politiques de la Fed de New York, mais a reconnu que celles-ci en ont un lors de l’embauche du président, qui, lui, fait les politiques. Le président de la Fed de New York, Stephen Friedman, a été contraint de démissionner plus tôt ce mois-ci en raison d’apparence de conflits d’intérêt dus à ses avoirs importants chez Goldman Sachs [14] ».

Le FMI comme trésorerie mondiale

L’objectif de Bilderberg visant à créer un trésor mondial avait déjà été mis en oeuvre avant leur réunion, avec les décisions prises lors du sommet financier du G20 en avril. Si le G20 semblait vouloir créer cette trésorerie en en faisant plutôt une banque centrale mondiale, il est probable que le FMI puisse assumer les deux rôles.

Après la réunion du G20 au début d’avril 2009, on mentionnait que « le monde a fait un pas de plus vers une monnaie mondiale, financée par une banque centrale mondiale, dirigeant une politique monétaire pour toute l’humanité », puisque le communiqué publié par les leaders du G20 indiquait : « Nous nous sommes mis d’accord pour soutenir une allocation générale de DTS, lesquelles injecterons 250 milliards de dollars (170 milliards de livres) dans l’économie mondiale et augmenterons la liquidité. Les DTS sont des droits de tirage spéciaux, un papier monnaie synthétique émis par le Fonds monétaire International qui dormait depuis un demi siècle. » Au fond, « il mettent en jeu une monnaie mondiale de facto. Elle n’est contrôlée par aucune entité souveraine [15] ». [Voir annexe 2: Creating a Central Bank of the World]

À la suite de la réunion de Bilderberg, « le président Obama a demandé au Congrès d’autoriser 100 milliards de dollars en prêts au FMI pour aider à la création d’un fonds de sauvetage mondial de 500 milliards », ce qui donnerait à cette institution le privilège exclusif essentiel d’un trésor mondial fournissant de l’aide financière aux pays dans le besoin autour du globe. De plus, « le projet de loi permettrait au FMI d’emprunter jusqu’à 100 milliards de dollars des États-Unis et d’augmenter sa contribution fiscale à l’organisation de 8 milliards ». Plus en détail sur le programme, on a mentionné que « les leaders internationaux ont commencé à mettre en œuvre l’initiative d’aide financière mondiale appelé Nouveaux accords d’emprunts (NAE) au sommet du G20 en avril. Le président a accepté à ce moment là de mettre les fonds additionnels à disposition. » Obama a écrit : « Le secrétaire au Trésor Geithner a conclu que la taille des NAE est lamentablement inadéquate pour affronter la nature grave de la crise économique et financière que nous vivons et je suis d’accord avec lui [16] ».

En ce qui a trait à la décision du G20 d’accroître l’usage des DTS du FMI, créant une monnaie mondiale de facto, on rapportait que « l’Afrique subsaharienne recevra environ 10 milliards du FMI en DTS afin d’aider ses économies à surmonter la crise financière mondiale. Dans le cadre d’un accord de 1,1 billion de dollars conclu au sommet du G20 en avril et visant à lutter contre le déclin économique mondial, le FMI émettra l’équivalent de 250 milliards de DTS, qui pourront servir à augmenter les réserves de devises étrangères ».

Des reportages récents ont également indiqué que le rôle du FMI dans l’émission des DTS va de pair avec la discussion de Bilderberg sur l’effondrement du dollar étatsunien et que « le fait de transformer l’étalon dollar en système basé sur les DTS constituerait une rupture avec la politique en vigueur depuis plus de 60 ans ». On signalait également ceci : « Il existe deux façons de réduire le rôle du dollar dans le système monétaire international. Une des possibilités serait son érosion graduelle comme monnaie de réserve en fonction du marché et en faveur de l’euro. Toutefois, même si le rôle international de l’euro a augmenté depuis son inauguration, particulièrement dans les marchés financiers, il est difficile d’envisager qu’il surpasse le dollar comme monnaie de réserve dominante dans un avenir rapproché. » Cependant, « puisque qu’il est improbable que l’hégémonie du dollar soit minée par les forces du marché, du moins à court ou moyen terme, la seule façon de provoquer une réduction majeure de son rôle comme monnaie de réserve assez rapidement est au moyen d’un accord international ». C’est là où les DTS entrent en jeu puisque « une façon d’[en] faire rapidement la principale monnaie de réserve serait de créer et d’allouer aux membres du FMI d’énormes sommes de DTS [18] ». Fait intéressant, c’est exactement ce qui se produit actuellement en Afrique avec le FMI.

L’ancien directeur général du FMI Jacques de Larosière a récemment déclaré que la crise financière actuelle, « compte tenu de son envergure, offre une chance unique d’améliorer les institutions et il y a déjà un risque de la rater si les différents acteurs n’arrivent pas à s’entendre sur les changements avant que la croissance économique ne reprennent ». Il est maintenant conseiller pour BNP Paribas, une compagnie fortement représentée aux réunions de Bilderberg, et il a été à la tête du Trésor de la France lors de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, un habitué du Groupe Bilderberg [19].


The Guardian couvre la rencontre de Bilderberg

Le journal britannique The Guardian a été le seul des grands quotidiens dominants à couvrir la réunion à chaque instant au cours de la fin de semaine. Les premières rubriques de Charlie Skelton étaient satiriques et légèrement railleuses, en faisant allusion à l’événement comme « un long weekend dans un hôtel de luxe, où les élites du monde peuvent se serrer la main, faire tinter leurs verres, mettre au point leurs projets mondiaux, se disputer à propos de celui qui possède la meilleure chaise longue. Je suppose que Henry Kissinger fait apporter la sienne par hélicoptère et la fait surveiller par une équipe d’opérations spéciales de la CIA [20] ». Mais au courant de la fin de semaine, le journaliste a changé de ton. La samedi il a déclaré : « Je sais que je me fais suivre. Je le sais car je viens de discuter avec le policier en civil que j’ai surpris en train de me filer. » Il a aussi été arrêté à deux reprises la première journée des réunions pour avoir tenté de prendre des photos alors que les limousines arrivaient à l’hôtel [21].

Il a mentionné plus tard qu’il n’était pas certain de ce dont ils discutaient à l’intérieur de l’hôtel, mais qu’il « sentait qu’il y avait quelque chose de corrompu en Grèce. Il a ajouté qu’« en trois jours [il] était devenu un suspect, un fauteur de trouble, un indésirable, [qu’il] se sentait mal à l’aise, fatigué et un peu craintif ». Il poursuit en écrivant « Bilderberg c’est une question de contrôle. Tout tourne autour de “qu’est ce que nous devrions faire ensuite?” Nous dirigeons déjà plein de trucs, et si on en dirigeait plus? Et si on en facilitait la maîtrise? Rendre le tout plus efficace. L’efficacité c’est bien. Ce serait tellement plus facile avec une seule banque, une seule monnaie, un seul marché, un seul gouvernement. Et s’il n’y avait qu’une seule armée? Ce serait vraiment super. Nous n’aurions alors plus de guerre. Ce cocktail de crevettes est BON. Et s’il n’y avait qu’une seule façon de penser? Et si Internet était contrôlé? » Et il ajoute, « et si… Non, je blague ».

Puis, il fait une remarque avisé, contrant l’argument fréquent voulant que Bilderberg n’est qu’un forum où les gens peuvent s’exprimer librement : « Je suis incroyablement écoeuré que le pouvoir soit influencé par le plus petit nombre. Je l’ai vu de mes yeux pendant trois jours et cela m’emmerde au plus haut point. Ça m’est égal si le Groupe Bilderberg envisage de sauver le monde ou de le mettre dans un mélangeur et d’en boire le jus, mais je ne crois pas que c’est la façon de faire de la politique. » L’auteur, déclare ensuite de manière éloquente : « S’ils tentent de guérir le cancer, ils pourraient le faire à la lumière du jour. » Il explique ensuite que « Bilderberg c’est une question de positions de contrôle. Je m’en approche à un demi mille et soudainement, je suis un des contrôlés. On me suit, me surveille, m’enregistre, me met en détention et encore en détention. C’est le “pouvoir” sur la route qui m’a mis dans cette situation [22] ».

Dimanche le 17 mai, Skelton a demandé au chef de police pourquoi on le suivait, celui-ci lui a répondu en lui demandant : « Pourquoi vous êtes là? » Le journaliste a répondu qu’il était là pour couvrir la conférence de Bilderberg, après quoi le chef lui a rétorqué : « Hé bien voilà la raison! Voilà pourquoi! Notre conversation est terminée! [23] » Les reporters se font-ils suivre et traquer par la police lorsqu’ils couvrent le Forum économique mondial? Non. Alors pourquoi est-ce le cas avec le Groupe Bilderberg, si cette conférence n’est vouée qu’à discuter d’idées librement?

Le lundi suivant la conférence, Skelton écrit : « Il n’y a pas que moi qui ait été arrêté pour avoir osé traîner à un demi-mille des portes de l’hôtel. Les quelques journalistes qui ont fait le voyage jusqu’à Vouliagmeni cette année se sont tous faits harcelés et ont senti la partie travaillante d’un talkie-walkie grec. Bon nombre ont été arrêtés. Bernie, d’American Free Press et Gerhard, le documentariste (on dirait un nom de personnage de Donjons et Dragons) ont affrété un bateau d’une marina à proximité afin d’essayer de prendre des photos par la mer. Ils ont été arrêtés à trois milles du complexe hôtelier. Par la marine grecque. » Comme l’a dit Skelton : « Mes dépêches sur la conférence de 2009, si elles signifient quoi que ce soit, ne représentent rien de plus évident que l’absence de couverture médiatique grand public approfondie [24]. »

L’article final de Skelton sur Bilderberg le 19 mai montre jusqu’où il est allé durant ces quelques jours de reportage : de l’écriture humoristique à la découverte de sa filature par le service de sécurité de l’État grec. Il a fait ces réflexions : « Alors, qui est le paranoïaque? Est-ce moi, qui se cache dans les cages d’escalier, observant le reflet de la chaussée derrière moi dans les vitrines de magasins, demeurant en public par mesure de sécurité? Ou Bilderberg, avec ses deux F-16, ses hélicoptères qui font des rondes, ses mitraillettes, ses commandos de la Marine et sa politique visant à détenir et harceler à répétition une poignée de journalistes? Qui est le plus cinglé? Moi ou Baron Mandelson? Moi ou Paul Volker, le dirigeant du Conseil consultatif pour la relance économique? Moi ou le président de Coca-Cola »?

Il ajoute : « La publicité est comme du sel pur sur la limace géante qu’est Bilderberg. Je suggère donc que l’on se pointe l’an prochain avec quelques pots à sel de plus. Si la presse dominante refuse de couvrir convenablement cet important événement annuel, alors les citoyens intéressés devrons le faire : les médias du peuple. »

Étonnamment, Skelton juge que ce qu’il a appris de la conférence Bilderberg est « notre devoir de nous battre, nous battre, nous battre, maintenant, dès maintenant, cette seconde même, avec chaque particule de notre âme,pour empêcher le projet des pièces d’identités, [puisque] tout tourne autour du pouvoir de demander à les voir, de l’obligation de les montrer, d’avoir à justifier son existence, du pouvoir de celui qui questionne sur la soumission de celui qui doit répondre. […] J’ai appris avec les fouilles aléatoires, les détentions, les coups des furieuses brutes de la sécurité et les bureaux de policiers sans numéros que j’ai cognés, que j’ai dû souffrir à cause de Bilderberg : j’ai passé la semaine à vivre à la fois le cauchemar d’un avenir probable et différentes versions d’un passé terrifiant. J’ai eu droit à un très petit aperçu d’un monde de vérifications ponctuelles et de forces de sécurité non contrôlées. Et j’en suis resté ébranlé. J’en suis resté marqué, littéralement. » Il explique ostensiblement : « la carte d’identité transforme le citoyen libre que vous êtes en suspect [25]. »

Qui était présent?

La royauté

Parmi les membres du Groupe Bilderberg, on trouve divers monarques européens. À la conférence cette année, il y avait la reine Beatrix des Pays-Bas, laquelle est justement l’actionnaire individuelle la plus importante de Royal Dutch Shell, une des plus grandes compagnies au monde. Elle était accompagnée d’un de ses trois fils, le prince Constantijn, qui a travaillé avec le Commissaire européen néerlandais pour l’Union européenne et comme expert-conseil en politiques stratégiques chez Booz Allen & Hamilton de Londres. Ce cabinet de consultants en stratégie et en technologie possède de l’expertise en Analyse économique et commerciale, en Analyse du renseignement et recherche opérationnelle, ainsi qu’en Technologie de l’information, parmi bien d’autres. Le prince Constantijn a également été chercheur en politiques pour la RAND Corporation en Europe. La RAND était initialement un groupe de réflexion destiné à offrir des recherches et des analyses aux Forces armées étatsuniennes, mais elle travaille maintenant avec des gouvernements, des fondations et des organisations internationales et commerciales [26]. Parmi les autres membres de la royauté européenne présents à la conférence, on trouvait le prince Philippe de Belgique et la reine Sofia d’Espagne.

Les banquiers

Comme d’habitude, la liste des participants était pleine de représentants des plus grandes banques au monde. Parmi ceux-ci, David Rockefeller, ancien PDG et président de la Chase Manhattan – maintenant JP Morgan Chase – dont il était jusqu’à récemment président du Conseil consultatif international. Aussi, il siège toujours à titre de président honoraire du Council on Foreign Relations, de président du Board of the Americas Society et du Council of the Americas, de président honoraire de la Commission trilatérale, qu’il a fondé aux côtés de Zbigniew Brzezinski, également membre fondateur du Groupe Bilderberg, éminent philanthrope et actuel doyen d’une des dynasties bancaires les plus riches et puissantes du globe.

Josef Ackermann était également de la partie. Le banquier suisse est PDG de la Deutsche Bank et directeur non exécutif de Royal Dutch Shell, vice-président de Siemens AG – la plus importante firme d’ingénierie européenne – membre du Conseil consultatif international du groupe Zurich Financial Services, président de l’Institut de finances internationales — la seule association mondiale d’institutions financières – et enfin vice-président du Conseil de fondation du Forum économique mondial [27].

Roger Altman, spécialiste des services de banques d’affaires, investisseur de capitaux propres et ancien secrétaire adjoint au Trésor du gouvernement Clinton participait lui aussi à cette rencontre. D’autres banquiers étaient du nombre, comme Ana Patricia Botin, présidente de la Banque d’Espagne, de Banco Español de Crédito et anciennement au service de JP Morgan; Frederic Oudea, PDG et récemment nommé président du conseil de la Société Générale, banque française; Tommaso Padoa-Schioppa, économiste et banquier italien, anciennement ministre de l’Économie et des Finances; Jacob Wallenberg président de Investor AB; Marcus Wallenberg, PDG de Investor AB et George David, PDG de United Technologies Corporation et membre du conseil d’administration de Citigroup, du Business Council, du Business Roundtable et vice-président du Peterson Institute for International Economics [Pour en savoir plus sur le Peterson Institute, voir Annexe 1]

Parmi les banquiers canadiens figuraient W. Edmund Clark, président et PDG du Groupe Financier Banque TD, membre de la direction de l’Institut C.D. Howe – un important laboratoire d’idées canadien; Frank McKenna, vice-président du Groupe Financier Banque TD, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, et enfin la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera, qui siège par ailleurs sur le conseil de la Banque Scotia, une des plus grandes banques du pays.

Dirigeants des banques centrales

Au sein des membres du Groupe Bilderberg, il y a bien sûr les dirigeants des banques centrales les plus importantes du monde. Cette année, il y avait le gouverneur de la Banque nationale de Grèce, celui de la Banque d’Italie, le président de la Banque européenne d’investissement, l’ancien président de la Banque mondiale, James Wolfensohn et Nout Wellink membre de la direction de la Banque des règlements internationaux (BRI) [28] et Jean-Claude Trichet président de la Banque centrale européenne [29]. Rien n’indique que le président de la Federal Reserve Bank of New York, William C. Dudley, ainsi que le gouverneur de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, y étaient, ce qui serait un étrange concours de circonstances si l’on considère que celui qui occupe ce poste est toujours présent aux rencontre du Bilderberg. J’ai contacté la Fed de New York afin de savoir si M. Dudley avait participé à des réunions en Grèce ou s’il y était allé du 14 au 17 mai ou si un autre haut représentant de l’institution y était allé à sa place. J’attends toujours une réponse.

Le gouvernement Obama à la conférence Bilderberg

Les membres de l’administration Obama étaient en grand nombre à cette conférence annuelle. Parmi eux, Keith B. Alexander, lieutenant général de la United States Army et directeur de la National Security Agency, l’agence d’espionnage monumentale des États-Unis; Timothy Geithner, secrétaire au Trésor et ancien président de la Federal Reserve Bank of New York; Richard Holbrooke, l’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan; le général James Jones, conseiller national pour la Sécurité; Henry Kissinger, envoyé spécial pour la Russie, membre de longue date de Bilderberg et autrefois secrétaire d’État et conseiller national pour la Sécurité; Dennis Ross conseiller spécial pour le golfe Persique et l’Asie du Sud-Ouest de la secrétaire d’État Hillary Clinton; David Patraeus commandant de CENTCOM (Commandement du Centre des États-Unis au Moyen-Orient), Lawrence Summers, directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche, ancien secrétaire au Trésor du gouvernement Clinton, ancien président de l’Université Harvard et ancien économiste en chef de la Banque mondiale; Paul Volcker, ancien gouverneur de la Réserve fédérale et chef du Comité consultatif de relance économique du président Obama; Robert Zoellick, ancien président de Goldman Sachs et actuel président de la Banque mondiale [30] et le secrétaire d’État adjoint James Steinberg [31].

Autres noms notoires

Parmi bien d’autres personnalités présentes à cette rencontre :

  • le vicomte Étienne Davignon, ancien vice-président de la Commission européenne et président honoraire du Groupe Bilderberg;
  • Francisco Pinto Balsemão ancien premier ministre du Portugal;
  • Franco Bernabè, PDG de Telecom Italia et vice-président de Rothschild Europe;
  • Carl Bildt, ancien premier ministre de la Suède;
  • Kenneth Clarke obscur secrétaire administratif au Royaume Uni;
  • Richard Dearlove, ancien chef du service de renseignements britannique MI6;
  • Donald Graham, PDG de la Washington Post Company;
  • Jaap De Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN;
  • John Kerr, membre de la Chambre des lords britannique et président de Royal Dutch Shell;
  • Jessica Matthews, présidente de la Dotation Carnegie pour la paix internationale;
  • Richard Perle de l’American Enterprise Institute;
  • Romano Prodi, ancien premier ministre italien;
  • J. Robert S. Prichard, PDG de Torstar Corporation et président émérite de l’Université de Toronto;
  • Peter Sutherland, ancien directeur général de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), premier directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et actuellement président de British Petroleum (BP) et de Goldman Sachs International ainsi que membre de la direction de la Royal Bank of Scotland, président de la Commission trilatérale, vice-président de la Table ronde des industriels européens et membre de longue date de Bilderberg;
  • Peter Thiel, membre du conseil d’administration de Facebook;
  • Jeroen van der Veer, PDG de Royal Dutch Shell;
  • Martin Wolf, rédacteur en chef adjoint et journaliste économique en chef du journal Financial Times et finalement Fareed Zakaria, journaliste étatsunien et membre de la direction du Council on Foreign Relations [32].

Certains reportages faisaient état de la présence d’Eric Schmidt, PDG de Google, et du rédacteur en chef du Wall Street Journal, Paul Gigot [33], tous deux présents à la rencontre de l’an dernier [34].

Conclusion

Il est évident que la prérogative de cette rencontre annuelle de Bilderberg était dexploiter au maximum la crise financière mondiale pour atteindre les objectifs que le groupe s’était fixés depuis de nombreuses années. Ceux-ci comprennent la création d’un département du trésor mondial, probablement en concomitance avec une banque centrale mondiale ou intégré à celle-ci, lesquels semblent en voie d’être incorporés au FMI.

Naturellement, ces rencontres de Bilderberg servent les intérêts des personnes et des organisations présentes. Étant donné la vaste représentation de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à cette réunion, il est surprenant qu’il n’y ait pas eu plus d’informations provenant de cette rencontre en ce qui concerne la politique étrangère des États-Unis, notamment au Pakistan et en Afghanistan.

Cependant, les États-Unis ont décidé récemment de congédier le général qui supervisait la guerre en Afghanistan et de le remplacer par « le lieutenant-général Stanley McChrystal, un ancien béret vert qui commandait il y a peu de temps les Forces d’opérations spéciales secrètes de l’armée en Irak [35] ». De 2003 à 2008, McChrystal était à la tête du Joint Special Operations Command du Pentagone (JSOC), lequel supervise les forces les plus cruciales de l’armée, y compris la Delta Force, « et que Seymour Hersh, journaliste d’investigation et récipiendaire du prix Pulitzer, a désigné comme le chef de “l’aile administrative d’assassins“ du vice-président Cheney [36].

Donc, vu les récents changements ainsi que le nombre élevé de représentants de l’establishment de la politique étrangère d’Obama à la conférence Bilderberg cette année, il est probable que des décisions aient été prises ou, à tout le moins, qu’il y ait eu des discussions concernant l’escalade de la guerre en Afghanistan et de son expansion au Pakistan. Toutefois, il n’est pas surprenant que le principal point à l’ordre du jour ait été la crise financière mondiale. La prochaine année sera sans aucun doute intéressante et l’élite espère certainement en faire une année productive.

Article original en anglais, The Bilderberg Plan for 2009: Remaking the Global Political Economy, publié le 26 mai 2009. Traduction : Julie Levesque, Mondialisation.ca.


Notes

[1] CFP, Annual Elite Conclave, 58th Bilderberg Meeting to be held in Greece, May 14-17. Canadian Free Press: May 5, 2009:
http://canadafreepress.com/index.php/article/10854

[2] Paul Joseph Watson, Bilderberg Wants Global Department Of Health, Global Treasury. Prison Planet: May 16, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-wants-global-department-of-health-global-treasury/

[3] Paul Joseph Watson, Bilderberg Fears Losing Control In Chaos-Plagued World. Prison Planet: May 18, 2009:
http://www.prisonplanet.com/bilderberg-fears-losing-control-in-chaos-plagued-world.html

[4] Sorcha Faal, Bilderberg Group orders destruction of US Dollar? MINA: May 21, 2009:
http://macedoniaonline.eu/content/view/6807/53/

[5] Kristi Heim, What really happened at the billionaires’ private confab. The Seattle Times: May 20, 2009:
http://seattletimes.nwsource.com/html/thebusinessofgiving/2009244202_what_really_happened_at_the_bi.html

[6] A. G. Sulzberger, The Rich Get … Together (Shhh, It Was a Secret). The New York Times: May 20, 2009:
http://cityroom.blogs.nytimes.com/2009/05/20/the-rich-get-together-shhh-it-was-a-secret/

[7] Chosun, American Billionaires Gather to Discuss Slump. The Chosun Ilbo: May 22, 2009:
http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2009/05/22/2009052200772.html

[8] John Harlow, Billionaire club in bid to curb overpopulation. The Sunday Times: May 24, 2009:
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/us_and_americas/article6350303.ece

[9] Press Release, Investigative Author, Daniel Estulin Exposes Bilderberg Group Plans. PRWeb: May 22, 2009:
http://www.prweb.com/releases/Bilderberg_Group_Meeting/Daniel_Estulin/prweb2453144.htm

[10] James P. Tucker Jr., BILDERBERG AGENDA EXPOSED. American Free Press: June 1, 2009:
http://www.americanfreepress.net/html/bilderberg_2009_179.html

[11] James Quinn, Tim Geithner to reform US financial regulation. The Telegraph: May 21, 2009:
http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance
/5359527/Tim-Geithner-to-reform-US-financial-regulation.html

[12] Greg Menges, U. S. Secretary of the Treasury Timothy F. Geithner speech before the Senate Banking Committee. Examiner: May 20, 2009:
http://www.examiner.com/x-8184-Boston-Investing-Examiner~y2009m
5d20-U-S-Secretary-of-the-Treasury-Timothy-F-Geithner-speech-before-the-Senate-Banking-Committee

[13] Robert Schmidt and Jesse Westbrook, U.S. May Strip SEC of Powers in Regulatory Overhaul. Bloomberg: May 20: 2009:
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a18ctNv3FDcw

[14] Rex Nutting, Fed could be completely retooled, Geithner says. Market Watch: May 20, 2009:
http://www.marketwatch.com/story/fed-could-be-completely-retooled-geithner-says

[15] Ambrose Evans-Pritchard, The G20 moves the world a step closer to a global currency. The Telegraph: April 3, 2009:
http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/5096524/The-G20-moves-the-world-a-step-closer-to-a-global-currency.html

[16] Marie Magleby, Obama Wants U.S. to Loan $100 Billion to Global Bailout Fund. CNS News: May 20, 2009:
http://www.cnsnews.com/public/content/article.aspx?RsrcID=48329

[17] Joe Bavier, Sub-Saharan Africa to receive $10 bln in SDRs-IMF. Reuters: May 25, 2009:
http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUSLP336909

[18] Onno Wijnholds, The Dollar’s Last Days? International Business Times: May 18, 2009:
http://www.ibtimes.com/articles/20090518/dollar-rsquolast-days.htm

[19] MATTHEW SALTMARSH, Former I.M.F. Chief Sees Opportunity in Crisis. The New York Times: May 22, 2009:
http://www.nytimes.com/2009/05/23/business/global/23spot.html?ref=global

[20] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: in pursuit of the world’s most powerful cabal. The Guardian: May 13, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/13/in-search-of-bilderberg

[21] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: They’re watching and following me, I tell you. The Guardian: May 15, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/15/bilderberg-charlie-skelton-dispatch

[22] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: I’m ready to lose control, but they’re not. The Guardian: May 15, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/15/bilderberg-charlie-skelton-dispatch1

[23] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: ‘You are not allowed to take pictures of policemen!’ The Guardian: May 17, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/17/charlie-skelton-bilderberg

[24] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: Fear my pen. The Guardian: May 18, 2009:
http://www.guardian.co.uk/world/2009/may/18/bilderberg-charlie-skelton-dispatch

[25] Charlie Skelton, Our man at Bilderberg: Let’s salt the slug in 2010. The Guardian: May 19, 2009:
http://www.guardian.co.uk/news/blog/2009/may/19/bilderberg-skelton-greece

[26] Dutch Royal House, Work and official duties. Prince Constantijn:
http://www.koninklijkhuis.nl/english/content.jsp?objectid=18215

[27] Deutsche Bank, Management Board. Our Company:
http://www.db.com/en/content/company/management_board.htm

[28] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/

[29] Demetris Nellas, Greek nationalists protest Bilderberg Club meeting. AP: May 14, 2009:
http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5jep_nbEq1srzJHFQ8fRGNQO3P38QD987H3200

[30] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/

[31] MRT, Top US official arrives in Greece. Macedonian Radio and Television: May 15, 2009:
http://www.mrt.com.mk/en/index.php?option=com_content&task=view&id=6112&Itemid=28

[32] InfoWars, Bilderberg 2009 Attendee List (revised). May 18, 2009:
http://www.infowars.com/bilderberg-2009-attendee-list/

[33] WND, Google joins Bilderberg cabal. World Net Daily: May 17, 2009:
http://worldnetdaily.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=98469

[34] Adam Abrams, Are the people who ‘really run the world’ meeting this weekend? Haaretz: May 14, 2009:
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1085589.html

[35] YOCHI J. DREAZEN and PETER SPIEGEL, U.S. Fires Afghan War Chief. The Wall Street Journal: May 12, 2009:
http://online.wsj.com/article/SB124206036635107351.html

[36] M.J. Stephey, Stan McChrystal: The New U.S. Commander in Afghanistan. Time Magazine: May 12, 2009:
http://www.time.com/time/politics/article/0,8599,1897542,00.html


Appendices (voir la version anglaise).

Notes pour les appendices.

[37] PIIE, About the Institute. Peterson Institute for International Economics:
http://www.petersoninstitute.org/institute/aboutiie.cfm

[38] PIIE, Board of Directors. Peterson Institute for International Economics:
http://www.petersoninstitute.org/institute/board.cfm#52

[39] Jeffrey E. Garten, Needed: A Fed for the World. The New York Times: September 23, 1998:
http://www.nytimes.com/1998/09/23/opinion/needed-a-fed-for-the-world.html

[40] Jeffrey Garten, Global authority can fill financial vacuum. The Financial Times: September 25, 2008:
http://www.ft.com/cms/s/7caf543e-8b13-11dd-b634-0000779fd18c,Authorised=false.html?_i_
location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2F7caf543e-8b13-11dd-b634-000077
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[41] Jeffrey Garten, We Need a Bank Of the World. Newsweek: October 25, 2009: http://www.newsweek.com/id/165772

[42] Ambrose Evans-Pritchard, IMF may need to “print money” as crisis spreads. The Telegraph: October 28, 2009:
http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans
_pritchard/3269669/IMF-may-need-to-print-money-as-crisis-spreads.html

Source : LE PLAN BILDERBERG 2009 : RÉFORMER L’ÉCONOMIE POLITIQUE MONDIALE « Libertes & Internets

 
Par Anne Wolff - Publié dans : L'empire : hégémonie ? - Communauté : Esprits libres
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Jeudi 27 août 2009
Entre troupes privées et militaires irakiens sous direction américaine, entre l'augmentation de la présence de l'OTAN en Afghanistan, on ne peut pas vraiment parler de démilitarisation au moyen-orient...qui sont ces troupes privées, comment fonctionnent-elles, quel est leur rôle dans la guerre moderne, où sont-elles déployées autant de sujets qui ont leur importance pour comprendre les mécanismes des sales guerres.  Vous pourrez constater aussi une fois de plus que Barack O. sénateur, n'est pas Barack O. président.
Nos pays sont engagés en Aghanistan et au Pakistan et à voir la politique belliciste du gouvernement "Obama" (voir l'article du courrier), nous risquons de nous trouver mêmer à d'autres sales histoire. un de ces quatre je vous publierai un texte, écrit au sujet d'un copain de banc public, vagabond, ancien militaire, arrivé en ex)yougoslavie plein d'illusion, il n'a eu d'autre choix que de devenir fou pour échapper à l'horreur. Il a tout perdu, mais cela lui semble préférable à être 'acteur" des sales guerres. Et vous, cela ne vous remue jamais la conscience d'en être les acteurs passifs ?

A lire :
 un article publié cette semaine par le Courrier International qui nous apprend que le gouvernement étasunien à toujours des contrats pour 400 millions de Dollars avec la société
Blackwater. ÉTATS-UNIS • Washington a du mal à rompre avec Blackwater | Courrier international

Pour en savoir plus au sujet de la société Dyncorp censé les remplacer, elle n'ont plus ne semble pa irréprochable :
LES MERCENAIRES CONTINUENT A TUER DES INNOCENTS EN IRAK… ET A SE REMPLIR LES POCHES « Libertes & Internets

sur la "privatisation" de la guerre, une analyse approfondie de Persee
persee.fr - Politique étrangère, Année 2004, Volume 69, Numéro 4, pp. 849-861

un article aussi sur le blog de Cubasi Lorraine  Guerre et torture rapportent aux USA... l'Humanité - Cuba Si Lorraine que je vous reproduit ici, il est suivi d'un article qui nous en dit un peu plus long sur cette société de milice privée.

Guerre et torture rapportent aux USA... l'Humanité



Washington.
 La privatisation des tâches les plus sordides de l’armée à la société Blackwater n’a pas cessé alors que de nouvelles révélations surgissent sur ses méthodes d’interrogation.


En avant-première, Newsweek publie cette semaine des extraits d’un long document officiel relatant comment la CIA confiait une partie du « sale boulot » de la guerre en Irak et en Afghanistan à une armée de mercenaires. Ils se chargeaient de la torture des détenus, simulant des exécutions, appliquant des électrodes, utilisant ce manuel mode d’emploi à destination des bourreaux dont la révélation avait déjà provoqué un débat sur les méthodes employées au temps de George Bush. Sauf que cette fois, il apparaît, selon d’autres sources, que la sous-traitance d’opérations de « sécurité » se poursuit .

La semaine dernière, le directeur de la CIA, Léon Panetta, avait informé le Congrès que la société Blackwater avait été chargée par la Centrale, en 2004, de mettre en œuvre un programme secret d’exécutions de dirigeants d’Al Qaida. Les assassins ayant raté leurs cibles le programme fut annulé, mais il reste que jamais le Congrès, sauf quelques « privilégiés », n’avait été informé, alors que cette décision devait avoir son approbation.

Le rapport de Leon Panetta a déclenché une série de révélations sur les activités de cette armée privée prête à fournir assassins, bourreaux ou agents de sécurité. Deux anciens mercenaires ont confié à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que leur compagnie avait été chargée de transférer des détenus de Guantanamo dans les prisons secrètes de la CIA au Pakistan, en Afghanistan et en Ouzbekistan. Des opérations qui se déroulaient alors que l’actuel ministre de la Défense, Robert Gates, était à la tête de la CIA. Leon Panetta n’a-t-il ouvert qu’une partie de la boîte à Pandore ?

Au lendemain de l’invasion de l’Irak, c’est à Blackwater que fut confiée la garde de la plus grande ambassade américaine du monde, celle de la zone verte à Bagdad et la sécurité des oléoducs irakiens. Blackwater est actuellement poursuivie aux États-Unis pour l’implication de ses mercenaires dans une intervention qui a fait 17morts en plein centre de la capitale irakienne. Elle est également accusée par les Irakiens de viols, de vols, de destructions…

Repliée en grande partie en Afghanistan, elle a été chargée récemment d’y remplacer, écrit le New York Times, les spécialistes de la CIA qui chargeaient les bombes et dirigeaient les avions robots en opération au Pakistan depuis des bases secrètes établies dans les deux pays. Jusqu’ici leur guidage, et les bombardements, était opérés sur des écrans d’ordinateurs depuis une base de la CIA située près de Los Angeles à partir des caméras de bords, par des opérateurs photographiés par Times magazine.

Blackwater a participé au conflit en Bosnie (début des années quatre-vingt-dix), à la « révolution des roses » en Géorgie (2003). La compagnie s’est installée dans la foulée du déploiement américain en Asie centrale, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, où elle veille sur l’oléoduc qui va de Bakou à Ceyhan, en Turquie.

Le PDG de cette prospère société, Erik Prince, un fondamentaliste chrétien, emploie des anciens des commandos de l’Apartheid, de l’armée de Pinochet, des ex-contras du Nicaragua, des escadrons de la mort du Honduras ou de Colombie, des anciens détenus…Tous sous la direction de cadres venus de la CIA qui font l’aller retour entre public et privé, plus rémunérateur. Le coût des opérations traités par Blackwater est bien plus élevé que celles de la CIA. Son compte a été ouvert sur le budget du Département d’État et partiellement du ministère de la Défense.

Blackwater domine un marché où les concurrents sont Triple Canopy et Dyn Corp. Les mercenaires représenteraient 27% des quelque 100000employés du renseignement, formant « l’armée privée la plus puissante du monde », selon le titre du livre que lui a consacré le journaliste américain Jérémy Scahill (Acte Sud).

Au temps de George W. Bush, le prix Nobel Joseph Stiglitz avait estimé dans son livre, Une guerre à 3000milliards de dollars (Fayard, 2008), à plus d’un milliard par an le coût de cette sous-traitance pour les contribuables. De quoi enrichir le débat sur les crédits qui devraient être affectés à une « option publique », une sorte de sécurité sociale, pour le système de santé qui fait scandale dans les rangs conservateurs et chez certains élus démocrates, au nom de la liberté d’entreprise des assurances privées et de l’industrie pharmaceutique de rançonner les malades.

Jacques Coubard
article repris sur camarade




L’ascension de Blackwater ou la privatisation de la guerre
par Jeremy Scahill





 


Blackwater a été fondée en 1996 par Erik Prince, un millionnaire chrétien conservateur  et ancien marsouin, rejeton d’une famille aisée du  Michigan, dont les donations généreuses ont aidé à l’ascension de la droite religieuse et à la révolution républicaine de 1994. À sa fondation, la société consistait largement en la fortune privée de Prince et en un terrain de 2500 hectares dans les marécages du Great Dismal [littéralement « le Grand Lugubre » : c’était bien trouvé ! NdT] à Moyock, en Caroline du Nord. La vision de Prince consistait à anticiper « la demande par le gouvernement d’ outsourcing des armes à feu et de la formation à la sécurité idoine ». Dans les années qui ont suivi, Prince, sa famille et leurs alliés politiques ont injecté de l’argent dans les campagnes des Républicains, soutenant la prise de contrôle par ceux-ci du Congrès et l’ascension de George W. Bush à la présidence.

 

 

 

 

Bienvenue à Moyock, où Blackwater offre aussi des "programmes d'aventure" aux familles

 

 

 

 

Alors que Blackwater avait déjà obtenu des contrats pendant l’ère Clinton, Qui était favorable à la privatisation, ce n’est qu’après le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme » que le moment de gloire de la société est arrivé. D’un jour à l’autre, suite au 11 Septembre, la société a été amenée à jouer un rôle central dans une guerre mondiale. « J’ai opéré dans le business de la formation depuis quatre ans et je commençais à devenir un peu cynique sur la question de savoir si les gens prenaient au sérieux les affaires de sécurité », déclarait Prince à l’animateur de Fox News Bill O’Reilly peu après le 11 Septembre. « Mas maintenant, le téléphone n’arrête pas de sonner.»

 

 

 Entraînement au tir sur cible à Moyock

 

Parmi ces coups de fil, il y en eut un de la CIA, qui donna un contrat à Blackwater pour travailler en Afghanistan au tout début des opérations US là-bas. Dans les années qui ont suivi, la société est devenue l’un des plus gros bénéficiaires de la « guerre contre le terrorisme », gagnant près d’un milliard de dollars dans des contrats non secrets, dont beaucoup étaient des arrangements hors adjudication.  En une décennie, Prince a étendu le QG de Moyock à 3500 hectares, en en faisant la plus grande base militaire privée du monde.  Blackwater a actuellement des effectifs de 2300 personnes déployées dans neuf pays, avec 20000 autres contractuels à disposition.   Elle a une flotte de plus de 20 engins aériens, dont des hélicoptères de combat , une division de renseignement privé et elle produit des dirigeables de surveillance et des installations de tir à la cible.

 

 

Deux produits Blackwater : le dirigeable de reseignement Polar 400 et transporteur  blindé de troupes Grizzly, garanti contre toutes sortes d'"engins explosifs improvisés"

 

 

 

En 2005 après le cyclone Katrina, elle a déployé ses forces à la Nouvelle-Orléans, facturant au gouvernement fédéral 950 $ par homme par jour,  encaissant jusqu’à  240 000 $ par jour. Au plus fort de son engagement, la société avait 600 contractuels déployés du Texas au Mississippi. Depuis Katrina, elle a mené une politique agressive de contrats domestiques, ouvrant une nouvelle division des opérations domestiques. Blackwater fait du marketing pour ses produits et services auprès du Département de la Sécurité intérieure et ses représentants ont rencontré le Gouverneur de  Californie Arnold Schwarzenegger. La société a déposé des demandes de licences pour opérer dans tous les États côtiers (des USA). Elle est aussi en train d’étendre sa présence physique à l’intérieur des frontières US, ouvrant des installations en Illinois et en Californie.

 

Le plus gros contrat qu’a pu obtenir Blackwater, a été celui avec le Département d’État concernant la sécurité des diplomates et installations US en Irak. Ce contrat a commencé en 2003 par un deal hors adjudication pour protéger le proconsul d’Irak d’un montant de 21 millions de dollars. Blackwater a fourni des gardes du corps aux deux ambassadeurs US successifs, John Negroponte et Zalmay Khalilzad, ainsi qu’à d’autres diplomates et officiers d’occupation. Ses forces ont protégé plus de 90 délégations du Congrès en Irak, y compris celle de la speaker du Congrès Nancy Pelosi. Selon les données fournies par le gouvernement, depuis juin 2004, Blackwater a reçu des contrats pour 750 millions de dollars rien que du Département d’État. Elle mène actuellement une intense campagne pour être envoyée au Darfour comme force privée de maintien de la paix.  En octobre dernier, le Président Bush a levé certaines sanctions contre le Sud-Soudan chrétien, ouvrant la voie à une mission de formation de Blackwater là-bas. En janvier 2007, le représentant à Washington du gouvernement régional du Sud-Soudan a déclaré qu’il s’attendait à ce que Blackwater commence l’entraînement des forces de sécurité du Sud très prochainement.



  

 

 

 

 

Depuis le 11 septembre, Blackwater a recruté dans sa direction exécutive quelques hauts responsables proches de l’administration Bush. Parmi eux il y a J. Cofer Black, ancien chef du contre-terrorisme à la CIA, qui a dirigé la chasse à Oussama  Ben Laden après le 11 Septembre, et Joseph Schmitz, un ancien inspecteur général du Pentagone, qui était responsable de la politique de gestion des sous-traitants comme Blackwater pendant une bonne durée de la « guerre contre le terrorisme », ce dont il a été accusé de ne pas s’être acquitté de manière efficace. Vers la fin de la période de fonction de Schmitz, le puissant sénateur républicain Charles Grassley a lancé une enquête du Congrès pour savoir si Schmitz avait “étouffé ou fait dévier deux enquêtes criminelles » sur des hauts responsables de l’administration Bush. Pris sous le feu des deux partis, Schmitz a démissionné et  a rejoint Blackwater.

 

Malgré son rôle central, Blackwater avait largement opéré dans l’ombre, jusqu’à ce qu’elle ait droit aux feux de la rampe lorsque, le 31 mars 2004, quatre de ses soldats privés en Irak furent tués dans une embuscade à Falloujah. Une foule déchaînée brûla les corps et les traîna dans les rues de la vlle, puis en pendit deux à un pont sur  l’ Euphrate. Cela marqua un tournant décisif dans la guerre d’Irak. Les forces US firent le siège de Falloujah quelques jours plus tard, tuant des centaines de gens et en déplaçant des milliers d’autres, enflammant la résistance irakienne acharnée qui harcèle les forces d’occupation jusqu’à ce jour. Pour la plupart des Américains, ce fut la première fois qu’ils entendirent parler de soldats privés. « Les gens ont commencé à se rendre compte qu’il s’agissait d’une véritable phénomène », dit le Représentant David Price, un Démocrate de Caroline du Nord, qui dit qu’il a commencé à surveiller le recours à des sous-traitants privés après Falloujah. « Comme la plupart des membres du Congrès, ce n’est qu’alors que j’ai commencé à être attentif et à développer un intérêt pour ça », après l’incident de Falloujah.

 

Ce que l’on sait moins, c’est que l’incident de Falloujah a donné un coup de fouet aux affaires de Blackwater à Washington, lui permettant de capitaliser la reconnaissance fraîchement acquise. Le jour suivant l’embuscade, elle a loué les services du  Alexander Strategy Group, une entreprise de lobbying de la rue K dirigée par des anciens membres du staff de l’ex-leader de la majorité (au Congrès) Tom DeLay avant le krach de l’entreprise dans la foulée du scandale Jack Abramoff. Une semaine après l’embuscade, Erik Prince était en réunion avec au moins quatre membres de la Commission sénatoriale aux services armés dont son président, John Warner. Le sénateur Rick Santorum avait organisé la réunion, à laquelle participaient Warner et deux autres sénateurs clé - le président de la Commission des attributions Ted Stevens de l’Alaska et George Allen de Virginie. Cette réunion faisait suite à une série de rencontres en tête-à-tête entre Prince est des puissants parlementaires républicains qui supervisaient l’attribution de contrats militaires. Parmi eux : DeLay; Porter Goss, président de la Commission parlementaire au renseignement  (et futur directeur de la CIA); Duncan Hunter, président de la Commission parlementaire aux services armés, et le Représentant Bill Young, président de la Commission parlementaire des attributions. L’objet des discussions lors de ces rencontres reste secret. Mais il est clair que Blackwater  était en tain de se positionner pour tirer le maximum de profit de sa nouvelle célébrité. Et de fait, deux mois plus tard, Blackwater se voyait attribuer par le gouvernement un des contrats internationaux de sécurité les plus juteux, d’un montant de plus de 300 millions de dollars. 

 

L’entreprise était aussi désireuse d’avoir une influence sur la définition des règles régissant les mercenaires sous contrat gouvernemental. « À cause des événements du 31 mars (à Falloujah), la visibilité de Blackwater et le besoin de communiquer un message consistant ont augmenté ici à Washington »,  devait déclarer Chris Bertelli, le nouveau lobbyiste de Blackwater. « Il y a maintenant divers règlements fédéraux qui s’appliquent à leurs activités, mais ils sont généralement larges. Une chose qui manque, ce sont des normes industrielles. C’est une chose dans laquelle nous voulons définitivement nous engager. »  Au mois de mai Blackwater dirigeait une opération de lobbying de l’industrie militaire privée pour essayer de bloquer les efforts du Congrès ou du Pentagone pour placer leurs forces sous la juridiction des cours martiales. 

 

Mais alors que Blackwater jouissait d’un nouveau statut de héros dans la guerre contre le terrorisme au sein de l’administration et du Congrès sous contrôle républicain, les familles des quatre hommes tués à Falloujah disaient avoir été menées en bateau par  Blackwater lorsqu’elles avaient essayé de savoir dans quelles circonstances leurs hommes avaient été tués.  Après ce qui à leurs dires a duré de longs mois pour obtenir des réponses claires, les familles ont déposé en janvier 2005 une plainte pour homicide par imprudence qui ouvre de nouvelles perspectives, accusant l’entreprise de ne pas avoir fourni aux hommes les garanties de protection stipulées dans leurs contrats.   Au nombre de leurs allégations : les hommes avaient été envoyés ce jour-là en mission à Falloujah avec des armes de moindre calibre que celles qu’ils auraient du avoir et dans des jeeps Pajero au lieu de véhicules blindés.  Ce dossier judiciaire pourrait avoir des effets de grande envergure et a été suivi de près par l’industrie des sous-traitants de guerre – l’ancienne filiale de Halliburton  KBR a même présenté au tribunal un mémorandum en faveur de Blackwater. Si la plainte a du succès, elle pourrait ouvrir la voie à un scénario de poursuites en cascade du type de celles engagées contre l’industrie du tabac, où l’on verrait les sous-traitants de guerre assaillis de plaintes légales de salariés tués ou blessés dans des zones de guerre.

 

Pendant que l’affaire poursuivait son chemin dans le système judiciaire,  Blackwater a engagé des puissants avocats républicains pour la défendre, parmi lesquels  Fred Fielding, récemment nommé par Bush conseiller à la Maison blanche en remplacement de Harriet Miers; et Kenneth Starr, l’ancien procureur dans l’affaire Whitewater (enquête sur les affaires immobilières des époux Clinton, qui est restée sans suite , NdT), et actuel conseil en chef de Blackwater. Celle-ci n’a pas engagé de débat formel sur les allégations spécifiques contenues dans la plainte, mais ce qui a émergé de ses documents transmis au tribunal, c’est une série d’arguments légaux destinés à étayer sa ligne de défense, à savoir qu’elle au-dessus de la loi. Blackwater prétend que si les tribunaux US permettent que l’entreprise soit poursuivie pour homicide par imprudence, cela pourrait mettre en danger les capacités de combat de la nation : « Rien ne pourrait être plus destructif pour le concept de Force totale, basée sur des volontaires, qui sous-tend la doctrine US en matière de main d’œuvre militaire, que d’exposer les composantes privées au système d’établissement de torts de 50 États, transporté outre-mer sur les champs de bataille », argumentait la société dans ses documents légaux. En février, Blackwater a subi une défaite majeure, lorsque la Cour suprême a refusé d’examiner le cas Falloujah, ce qui a donné le feu vert à un procès devant un tribunal d’État, dans lequel il n’y aurait pas de plafond aux dommages et intérêts qu’un jury pourrait décider.

 

Le Congrès commence à s’intéresser à cette affaire, qui risque d’en déclencher beaucoup d’autres. Le 7 février, le Représentant Henry Waxman a présidé des auditions de la Commission de supervision et de réformes gouvernementales. Alors que les auditions étaient destinées à examiner la dépendance US par rapport aux sous-traitants privés, elles se sont largement concentrées sur  Blackwater et l’incident de Falloujah. Pour la première fois, Blackwater s’est retrouvée forcée de partager une comparution publique avec les familles des hommes tués à Falloujah. « Les sous-traitants privés comme Blackwater travaillent en dehors du champ de la chaîne de commandement militaire et peuvent littéralement faire que bon leur semble sans avoir aucune obligation de rendre des comptes au gouvernement », a déclaré à la commission Katy Helvenston, dont le fils Scott était l’un des hommes tués. « C’est pourquoi Blackwater peut continuer à recevoir du gouvernement des centaines de millions de dollars des contribuables sans avoir à réponde à une seule question sur ses agents de sécurité. » Citant la plainte en cours, le défenseur de Blackwater, Andrew Howell, a refusé de répondre aux nombreuses accusations portées contre la société par les familles et a demandé à plusieurs reprises à la commission de poursuivre les auditions à huis clos. « Les hommes partis en mission le 31 mars, avaient chacun son arme et suffisamment de munitions »,  a dit Howell à la commission, ajoutant que les hommes étaient dans des véhicules « appropriés ». Cela été contesté avec force par les familles, qui ont rétorqué que pour économiser 1,5 million de dollars, Blackwater ne leur avait pas fourni de véhicules blindés. « Une fois qu’ils ont signé avec Blackwater et qu’ils ont été acheminés au Moyen-Orient, Blackwater les a traités comme des denrées périssables », a dit Helvenston dans son témoignage émotionnel devant les législateurs, livré au nom des quatre familles.

 

L’aspect qui a mis l’affaire sur le radar de Waxman est le labyrinthe des contrats de sous-traitance en cascade qui est à la base de la mission de Falloujah. Waxman a cherché à établir depuis novembre 2004 pour qui en fin de compte les hommes de  Blackwater travaillaient le jour de l’embuscade.  « Pendant plus de 18 mois, le Département de la Défense n’a même pas daigné répondre à mes questions », dit Waxman. « Quand il a enfin répondu en juillet dernier, il n’a même pas fourni l’état détaillé que j’avais réclamé.  En fait, il a nié que les sous-traitants privés de sécurité aient le moins du monde travaillé pour le Pentagone. Or nous savons que c’est faux. ». Le combat de Waxman pour suivre l’argent de ce contrat engageant des puissants sous-traitants de guerre comme   KBR illustre parfaitement la nature secrète de toute l’industrie de sous-traitance de guerre.

Ce qui ne fait pas l’objet de débat à propos de l’incident de Falloujah, c’est le fait que Blackwater travaillait avec une entreprise koweïtienne Regency sous un contrat avec la plus grande entreprise mondiale de fourniture de services de restauration, Eurest Support Services. ESS est un sous-traitant de KBR et d’un autre géant de la sous-traitance de guerre, Fluor, qui travaille en Irak dans le cadre du programme de sous-traitance du Pentagone. Un contrat couvrant la mission de Blackwater à Falloujah indique que cette mission avait été sous-traitée à Blackwater KBR. L’été dernier, KBR l’a nié. Puis ESS a écrit à Waxman pour dire que la mission était conduite dans le cadre du contrat de Fluor avec ESS. Fluor l’a démenti et le Pentagone a dit à Waxman qu’il ne savait pas à quelle société la mission était en dernière analyse liée. Waxman a allégué que Blackwater et les autres sous-traitants “ajoutaient des marges substantielles” à leurs sous-contrats pour les mêmes services de sécurité qui, selon Waxman, sont ensuite facturés aux ocontribuables US. « Il est remarquable que le monde des sous-traitants est si obscur que nous ne pouvons pas aller au fond, sans parler du calcul du nombre de millions de dollars perdus par les contribuables à chaque étape du processus de sous-traitance en cascade»,  dit Waxman.

 

Alors qu’il apparaissait lors de l’audition du 7 février que l’origine du contrat demeurerait obscure, cela soudain changé quand, vers la fin d l’audition, le Pentagone a révélé que le premier sous-traitant était en fait KBR. En violation de la politique militaire appliquée par le programme LOGCAP aux sous-traitants utilisant des forces privées de sécurité au lieu de troupes US, KBR avait souscrit un contrat avec ESS  qui était protégée par Blackwater; et les coûts pour ce contrat pour les contribuables avaient été de  19,6 millions. Blackwater dit qu’elle a facturé ses services à ESS pour 2,3 millions, ce qui signifie qu’une marge de 17 million a été en fin de compte facturée au gouvernement. Trois semaines après l’audition,  KBR a fait savoir à ses actionnaires qu’elle pourrait être oblige de rembourser 400 millions au gouvernement, suite à une enquête en cours de l’Armée de terre.

 

Cela a pris plus de deux ans à Waxman pour obtenir une réponse à cette simple question: qui les contribuables étaient-ils en train de payer pour ses services ? Mais comme la procédure sur Falloujah le montre, il ne s’agit pas seulement d’argent, mais de vies humaines. 

 

Un meurtre le soir de Noël

 

Alors que la publicité sur Blackwater vient surtout de l’affaire de Falloujah, un autre incident plus récent suscite de l’attention. Le soir de Noël, à l’intérieur  de la Zone verte de Bagdad, transformée en forteresse, un employé américain de Blackwater aurait tué un garde du corps irakien protégeant un haut responsable irakien. Pendant des semaines après la tuerie, des rapports non confirmés ont circulé sur Internet, selon lesquels l’alcool aurait été la cause des tirs mortels et que l’Irakien aurait reçu dix balles dans la poitrine.  L’histoire disait aussi que l’agent avait été exfiltré d’Irak avant de pouvoir être inculpé. Les enquêtes des médias ne donnèrent aucun résultat. L’ambassade US refusait de confirmer qu’il s’agissait d’un agent de Blackwater et la société se  refusait à tout commentaire.

 

Puis l’incident fut évoqué à l’audition du Congrès du 7 février. Alors que la séance allait être clôturée, le Représentant Kucinich s’est précipité dans la salle pour, disait-il, poser une dernière question. Il fit enregistrer une information des médias sur l’incident et demanda à l’avocat de Blackwater Howell s’il était exact que Blackwater avait rapatrié l’agent d’Irak après les tirs présumés. « Ce monsieur a été relevé de ses fonctions le jour même de l’incident », répondit Howell confirmant ainsi officiellement l’incident pour la première fois. « Blackwater l’a ramené aux USA. »

 

 

 

« Va-t-il être extradé en Irak pour meurtre, et sinon, pourquoi ? », demanda Kucinich.

 

 

« Monsieur, je ne suis pas chargé de faire appliquer la loi. Tout ce que je peux dire, c’est qu’une enquête est en cours », répondit Howell. «Nous coopérons et soutenons pleinement l’enquête»

 

Kucinich a répliqué : «Je voudrais juste signaler que cette question pourrait éventuellement faire des responsables de Blackwater des complices de la soustraction d’un suspect de meurtre à la justice.»

 

 

 

La guerre sur la colline (du Capitole)

 

Plusieurs lois font désormais leur chemin au Congrès pour établir une transparence dans la gestion des forces privées qui sont devenues des acteurs majeurs dans les guerres de l’après -11 septembre. À la mi-février, les sénateurs (démocrates) Byron Dorgan, Patrick Leahy et John Kerry ont introduit une législation  visant à empêcher les contrats hors adjudication et le copinage, sanctionnant par des peines allant jusqu’à 20 ans de prison et des amendes allant jusqu’à 1 million de dollars ce qu’ils appellent les “profiteurs de guerre”. Cela fait partie d’une approche qualifiée de “multi-fronts”. «Je pense que le nombre d’entre nous qui travaillent là-desssus atteint désormais une masse critique», dit le membre du Congrès du Price, qui représente l’État où est installée Blackwater (la Caroline du Nord, NdT). En janvier, il a introduit une loi étendant la Loi sur la juridiction militaire extraterritoriale de 2000 (MEJA) à tous les sous-traitants en zones  de guerre et pas seulement ceux travaillant pour ou aux côtés des forces armées. Le plus gros du travail de Blackwater en Irak est, par exemple, sous-traité par le Département d’État. Price a indiqué que la tuerie alléguée de Noël pourrait servir de test pour ce qui relève de cette loi. «Je vais suivre cette affaire et demander une enquête complète.» 

 

Mais il y a au moins une bonne raison de se méfier de cette législation : le bureau de Price a consulte le lobby militaire privé lorsqu’il était en train d’élaborer la proposition de loi, qui était fortement soutenue par l’industrie. Peut-être est-ce parce que la MEJA n’a été pour ainsi dire jamais appliquée. «Même dans des situations où des lois civiles US auraient pu être appliquées à des crimes commis par des sous-traitants, elles ne l’ont pas été», note P.W. Singer, un des principaux spécialistes des sous-traitants. Les procureurs américains ont déjà des ressources limitées dans leurs propres districts – comment pourraient-ils mener des enquêtes complexes en Irak ? Qui va protéger les enquêteurs et les procureurs ? Comment vont-ils faire pour interroger les victimes irakiennes ? 

 

Comment pourraient-ils superviser 100 000 hommes dispersés dans une dangereuse zone de guerre ? «C’est une bonne question» accorde Price. «Je ne dis pas que ce serait une mince affaire.» Il argue que sa proposition de loi est une tentative de «mettre tout le secteur de la sous-traitance dans une nouvelle situation où il aura à rendre des comptes. »


L’automne passé, adoptant une autre tactique, le sénateur républicain Lindsey Graham – avocat et ancien juge réserviste de l’Aviation – a tout bonnement introduit une clause dans l’Autorisation de défense 2007, que Bush a signée comme loi, qui place les sous-traitants sous la juridiction du Code uniforme de justice militaire  (UCMJ), communément appelé le système des cours martiales. Graham a introduit ce changement sans débat public et sans susciter de réactions au Congrès, mais les sous-traitants de guerre ont immédiatement remis en cause son caractère constitutionnel. De fait, cela pourrait offrir une occasion rare pour les mercenaires et les libertariens [partisans du moins d’intervention possible de l’État dans la vie des gens, NdT] de faire cause commune. Beaucoup de sous –traitants ne sont pas des combattants armés : ils travaillent dans la restauration, la blanchisserie et autres services d’appui. Alors qu’on peut arguer que les sous-traitants armés comme ceux travaillant pour Blackwater doivent être soumis à l’ UCMJ , le changement introduit par Graham pourrait avoir comme effet qu’un plongeur népalais travaillant pour KBR pourrait être poursuivi au même titre qu’un soldat US. Pour corser le tout, les militaires ont suffisamment de problèmes pour surveiller leurs propres forces massives pour qu’on s’attende à ce qu’ils aient du mal à surveiller en plus les 100 000 employés du personnel privé.  En outre, beaucoup de sous-traitants en Irak y sont dans le cadre de contrats passés avec le Département d’État ou d’autres agences civiles, qui ne relèvent pas du secteur militaire.

 

 

 

 

 

 

Barack Obama,

 

Dans une tentative de clarifier ces questions, le Sénateur Barack Obama a introduit une nouvelle législation complète en février. Elle requiert des règles d’engagement claires pour les sous-traitants armés, leur étend le champ d’application de la MEJA et enjoint au Département de la Défense d’ « arrêter et détenir » des agents privés suspectés de crimes et délits et de les remettre aux autorités civiles pour être poursuivis. Elle demande aussi au Département de la Défense de soumettre un rapport complet sur les enquêtes en cours concernant des abus commis par des employés de sous-traitants, sur le nombre de plaintes reçues contre des sous-traitants et d’enquêtes criminelles ouvertes.   Dans une déclaration à The Nation, Obama a dit que les sous-traitants « opèrent selon des lignes d’autorité qui ne sont pas claires et virtuellement sans aucune supervision du Congrès. Ce trou noir dans la responsabilité accroît les dangers pour nos troupes et pour les civils américains travaillant pour des sous-traitants. » Il a dit que sa législation « rétablirait le contrôle sur ces entreprises », tout en « mettant les sociétés sous l’emprise de la loi. »

 

La Représentante démocrate Jan Schakowsky, membre de la Commission parlementaire au renseignement, a été un des principaux critiques du système de sous-traitance militaire.  Sa Loi pour la transparence sur les contrats en Irak et Afghanistan, introduite en février et qui appuie celle d’Obama, se résume à ce que Schakowsky voit comme une mission d’enquête, qui aurait du être menée depuis longtemps, sur les méandres bureaucratiques des secrets de la sous-traitance. Entre autres dispositions, elle fait obligation au gouvernement de déterminer et de rendre public le nombre des sous-traitants employés en Irak et en Afghanistan; toute violation par des sous-traitants des lois des pays hôtes, internationales ou US ; les actions disciplinaires prises contre des employés en sous-traitance ; et le nombre total d’employés en sous-traitance tués ou blessés. Schakowsky dit qu’elle a à plusieurs reprises tenté d’obtenir ces informations ces dernières années mais qu’elle a été menée en bateau ou ignorée. « C’est de milliards et de milliards de dollars qu’on est en train de parler – certains ont estimé que 40 cents sur chaque dollar [dépensé dans l’occupation] va aux sous-traitants et nous ne pouvons pas avoir d’informations sur les pertes, les morts », dit Schakowsky. « Il a été virtuellement impossible de mettre en lumière cet aspect de la guerre, qui donc n’a pas été pris en compte dans les débats sur la guerre, son envergure, ses coûts, ses risques. Nous ne savons presque rien sur cette armée de l’ombre qui opère en Irak. Je pense que le peuple américain est loin de savoir de quoi il retourne dans cette guerre. »

À défaut de chiffres complets sur le nombre de pertes subies par les fournisseurs privés de services, le Département de la Défense a confirmé les chiffres suivants : 770 morts et 7761 blessés en Irak à la date du 31 décembre 2006. Mais ces chiffres ne prennent en compte que ceux dont les familles ont demandé à bénéficier des assurances gouvernementales. Des analystes indépendants disent que le nombre réel est vraisemblablement beaucoup plus élevé. Blackwater a elle seule a perdu au moins 27 hommes en Irak. Et puis il y a le coût financier : selon Waxman, presque 4 milliards de dollars ont été payés par les contribuables pour les forces de sécurité privées en Irak. Et malgré ces forces supplémentaires, les militaires rament pour être à la hauteur des exigences d’une Maison blanche engagée dans l’aventurisme militaire.

 

Une semaine après la fin du règne de Donald Rumsfeld sur le Pentagone, les forces US avaient été tellement  sollicitées que l’ancien secrétaire d’État Colin Powell déclarait : « l’Armée de terre d’active est pour ainsi dire brisée. » Plutôt que de repenser sa politique étrangère, l’administration a forgé des plans pour un “déferlement” de troupes sur l’Irak et Bush a lancé un plan pour ajouter aux militaires un Corps de réserve civil, ainsi présenté dans son discours de janvier sur l’état de l’Union : « Un tel corps fonctionnerait de manière très semblable à celle de notre réserve militaire. Il allègerait le fardeau qui pèse sur les forces armées en nous permettant d’engager des civils avec des compétences cruciales pour servir en mission à l’étranger quand l’Amérique a besoin d’eux. » Il semble que le Président ne faisait que donner là un nouveau nom fantaisiste à quelque chose que l’administration avait déjà réalisé avec sa “révolution” dans les affaires militaires et en faisant appel dans des proportions jamais vues auparavant aux fournisseurs privés. Mais alors que le « déferlement » proposé par Bush suscitait un vif débat au Congrès et dans l’opinion publique, le recours croissant par l’administration aux sous-traitants militaires privés était passé largement inaperçu et n’avait pas fait débat.

 « Le recours croissant aux sous-traitants privés, forces privées ou, comme diraient certains, « mercenaires », rend les guerres plus faciles à déclencher et à combattre – ça ne prend que de l’argent et pas de citoyens », dit Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels, qui a engagé des poursuites contre des fournisseurs privés pour des allégations d’abus commis en Irak.  «Lorsqu’une population est appelée à aller faire la guerre, il y a de la résistance, une résistance nécessaire pour empêcher que les guerres s’étendent d’elles-mêmes, des guerres folles et dans le cas des USA, des guerres pour l’hégémonie impérialiste. Les forces privées sont presque une nécessité pour des USA soucieux de maintenir à flot leur empire déclinant. »

 

Pour ce qui est du Corps de civil de réserve et de l’idée, promue par  Blackwater, d’une « brigade en sous-traitance privée » pour travailler avec les militaires, les congressistes qui ont une position critique sur la guerre sont en train de cibler ce qu’ils voient comme une escalade soutenue et non déclarée dans le recours aux forces privées. « Le « déferlement » implique une secousse qui a un début et une fin », dit Schakowsky. « Qu’entre un tiers et un quart des forces présentes sur le terrain ne soient pas inclues dans le débat est une chose très dangereuse pour la démocratie, car la guerre est la chose la plus grave que nous faisons.


De fait, les morts de sous-traitants ne sont pas comptabilisées dans le compte total des morts US, et leurs crimes et violations ne sont ni documentés ni punis, ce qui contribue encore plus à masquer les vrais coûts de la guerre. « Quand vous faites venir des sous-traitants auxquels la loi ne s’applique pas, ni les Conventions de Genève, ni les notions morales communes, on jette tout par la fenêtre », dit Kucinich. « Et ce que ça veut dire, c’est que ces sous-traitants privés sont en réalité le bras de l’administration et de sa politique. »

 

Kucinich dit qu’il a l’intention d’enquêter sur la possible implication des forces privées dans les opérations clandestines en Irak.  « Quelle différence y a-t-il entre des opérations clandestines et des opérations soi-disant transparentes sur lesquelles vous n’avez aucune information ? Il n’y a pas de différence», dit-il. . Kucinich dit aussi que le problème avec les privés  n’est pas seulement lié à la transparence. « C’est la privatisation de la guerre », dit-il.   L’administration est en train de «lier les profits des fournisseurs privés au fait de faire la guerre. Si bien que nous incitons les fournisseurs privés à faire du lobbying auprès de l’administration et du Congrès pour qu’ils créent plus d’occasions de réaliser des profits, et ces occasions, c’est plus de guerre. Et c’est pour ça que le rôle des fournisseurs privés devrait être fortement limité par le Congrès. »

 

 

 

Jeremy Scahill est un journaliste d’investigation qui a reçu de nombreuses recompenses. Il est correspondant du programme de radio-télévision Democracy Now!, et auteur invité de la Puffin Foundation au The Nation Institute. Il est l’auteur du nouveau livre  Blackwater: The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army (Nation Books), dont cet article est une adpatation.

 

Original : http://gnn.tv/articles/2977/Blackwater_Rising  

 

 

 

Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.

Source Mondialisation.ca :
Par Anne Wolff - Publié dans : Planète urgence - Communauté : La Cyber-résistance
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Jeudi 27 août 2009



lundi 5 mars 2007 par admin

L’article suivant m’a été envoyé par un membre de la liste de diffusion et l’auteur m’a accordé la permission de le diffuser partout. Il travaille en Inde pour documenter l’ampleur de la pollution par de l’uranium appauvri (UA) qui est sortie d’Afghanistan et est tombé sur le peuple de l’Inde. Ils travaillent sur la même ligne que nous, ici aux USA, pour d’abord prouver cela, et ensuite y mettent un arrêt et obtenir des soins médicaux pour les abandonnés et les négligés.

La récente Affaire Urgente entre Bush et l’Inde [1] pourrait être une « frappe préventive » pour arrêter les efforts faits en Inde afin de prouver que l’UA a aussi mordu les USA aux fesses.

Nous attendons toujours de voir si les nations d’Europe se réveillent au fait qu’elles ont aussi été « poivrées » avec de l’UA, depuis la découverte par hasard que de l’UA est fabriqué à Aldermaston [2] au Royaume-Uni. Voici l’article de Arun Shrivastava, je reviendrais ensuite à la fin avec des commentaires et des informations supplémentaires. Il est intéressant de voir comment les peuples des autres nations voient les USA et l’usage d’armes à l’UA par la cabale des Bush-Cheney.

Karl W B Schwarz kwbschwarz2@snet.net Le 20 mars 2006

Titre original de l’article : "They kill us for Sport" (Ils nous tuent pour le sport)

L’uranium appauvri (UA) est un jouet mortel dans la main des lignées dirigeantes. Une particule d’UA ingérée ou inhalée peut causer une ou plusieurs maladies (voir la liste des 91 maladies en annexe) parmi les plus gravement débilitantes, mortelles ou momentanément non létales. (1) La demi-vie de l’UA est de 4,5 milliards d’années, et il peut détruire les êtres vivants et l’environnement ; plus important, il peut détruire la vie parfaitement saine. (2)

L’UA a servi dans au moins les quatre dernières guerres des USA et de leurs alliés : Guerre du Golfe 1, Bosnie et Kosovo dans les Balkans, Afghanistan et Guerre du Golfe 2. Les deux dernières des quatre guerres, toutes illégales, ont eu lieu en 2001 (Afghanistan) et en 2003 (Irak). Les effets de la contamination peuvent se manifester en quelques heures et jusqu’à cinq ans après.

Des preuves indiquent nettement que l’UA est poussé par le vent partout dans le monde. (3) Ses effets sur la santé se révèlent dans les pays éloignées. D’abord, des vétérans de la guerre du Golfe et des civils locaux ont été affectés ; maintenant, en tous lieux, les USA montrent un accroissement au sextuple des seuls cas de cancer du poumon. (4)

Le rapport se fait jour

Les USA comptaient 298.298.906 habitants le 14 mars 2006, disons 298 millions. (5) Les 172.000 cas enregistrés de cancer du poumon en janvier et février 2006, équivalents à 5,7 cas pour 10.000 en deux mois, soit par an environ 34 personnes — hommes, femmes et enfants — plus haut que la tendance de la ligne normale qui était auparavant de 5,8 cas pour 10.000 personnes par an. Ce qui implique que les 28,2 cas pour 10.000 supplémentaires ont été ajoutés et enregistrés en peu de temps. Cela ne peut certainement pas être dû à davantage de fumeurs de cigarettes et certainement pas à cause « d’autres facteurs non expliqués » comme des changements dans le style de vie, qui évolue sur des décennies, pas en quelques années. Le plus plausible est que l’air respiré soit contaminé par de l’UA et qu’il tue les individus en bonne santé partout dans le monde.

Si le cancer du poumon a un accroissement aussi explosif dans la population US, qu’est-ce que cela sous-entend pour le reste du monde ? La population mondiale s’élevait à 6.503.376.192 à la même époque. En supposant un ratio identique à celui des USA, c’est-à-dire 28,2 cas en plus pour 10.000, le monde verra, ou probablement fait déjà face à 18,34 millions de cas de cancer irrémédiables supplémentaires par an, ou 1,52 million de cas par mois. Le savent-ils ?

Tabac et cancer du poumon

« Au 20ème siècle, dans le monde entier, à peu près 100 millions sont morts de maladies associées au tabac (cancer, affection pulmonaire chronique, maladie cardio-vasculaire et attaque) », dit un rapport de l’OMS. (6) Cela fait environ un million de morts par an, bien que l’on comprendra qu’il y a eu moins de cas au début du 20ème siècle qu’à la fin, quand le nombre atteignait presque 1,5 million. En 2001, on comptait 1,5 million de morts par cancer du poumon dans le monde entier [2,3 cas par an pour 10.000, NDT], soit 125.000 par mois. (7)

Maintenant, si en janvier-février 2006 les données US montrent 172.000 nouveaux cas, 86.000 cas en moyenne par mois, quelque chose de terrible est arrivé. Les cancers induits par les radiations nucléaires sont particuliers : Avec de bon équipements et des protocoles de tests convenables, les meurtriers ne peuvent pas se cacher. Avec soin, toute radiation induisant les 91 maladies, identifiées par Leuren, peut être tracée dans l’empoisonnement de l’irradiation [à l’uranium] appauvri.

La carte indique quelque chose

La pire contamination se produira bien sûr autour des théâtres de guerre, mais la région dans un rayon d’au moins 1000 miles (1610 kilomètres) fera face à une sérieuse contamination par de l’UA. (1)

Un rayon de 1000 miles signifie une surface totale de 3,14 millions de miles carrés. Les deux cercles dans la carte couvrent une aire de 6,28 millions de miles carrés et, en déduisant disons 20% pour les zones qui se chevauchent, la superficie affectée nette est exactement de 5 millions de miles carrés. La superficie mondiale des terres couvre environ 57,3 millions de miles carrés, ce qui sous-entend qu’en gros 8% de la superficie mondiale des terres est maintenant gravement contaminée. Et je ne compte pas les théâtres de guerre de Bosnie et du Kosovo, qui ont gravement affecté aussi bien les Balkans que les troupes de l’OTAN. (8)

(Commentaire de Karl W.B. Schwarz : Je me demande si le peuple d’Israël se rend compte que la politique désirée par leur gouvernement et les USA a en attaquant les nations arabes pollué leur pays avec de l’UA ? On peut aussi tracer les mêmes cercles autour des zones de cibles, d’essai et de bases militaires US, où des citoyens US ont été exposés. En plus, la circulation de l’air depuis l’Irak vers le Royaume-Uni aura fait traverser la contamination sur une grande partie de l’Europe.)

En se référant à la carte, avec Kaboul, capitale de l’Afghanistan, comme centre, la région affectée par l’UA englobe le Pakistan, le Nord-Ouest entier de l’Inde, une partie du Népal, une partie de la Chine, les principales régions des républiques d’Asie Centrale, l’Iran, et les pays de Golfe, avec Dubaï et Abou Dhabi, deux centres financiers et commerciaux majeurs. En prenant Bagdad comme centre, les régions affectées incluent l’Asie occidentale entière, une partie de l’Egypte, une partie de la Grèce, Chypre, des régions autour de la Mer Caspienne et des îles de l’Est Méditerranéen.

Il convient de noter que l’Iran et quelques États du littoral de la Mer Caspienne ont été frappés deux fois (zone de chevauchement des deux cercles) en deux ans : en 2001 et à nouveau en 2003. Ainsi l’effet le plus grave sera ressenti en Iran, dans quelques pays du Golfe, et dans quelques États d’Asie Centrale.

La population affectée

Le total estimé de la population dans les deux cercles était d’environ 857 millions (tableau ci-dessous) en juillet 2005. Si les USA montrent une brusque élévation de six fois dans l’incidence du seul cancer du poumon, quel sera le destin de ces 857 millions de personnes dans les régions centrales ? Washington est exactement à 6194 miles du radioactif Bagdad ; et Kaboul, aussi fortement radioactif, est juste un peu plus loin, à environ 6923 miles de distance. (9) Les capitales de 19 pays sont dans le rayon des 1000 miles, incluant New Delhi (621 miles), Islamabad (232), Bichkek (651), Beyrouth (515), Le Caire (806), Ankara (785), Jérusalem (546), Damas (468), Koweït (347), Nicosie (643), Téhéran (429), Abou Dhabi (856), Aman (503), Riyad (615), Achkhabad (645) et ainsi de suite. Et les américains attrapent le cancer du poumon par milliers ?

Des pays comme l’Inde, le Pakistan, le Népal, l’Afghanistan, l’Irak, et quelques États d’Asie Centrale ne sont même pas bien établis, avec des équipement de dépistage du cancer fiables, et encore moins déterminants si la maladie est due à la contamination par de l’UA ou par la manipulation imprudente de pesticides toxiques dans les fermes.

De Kaboul

Population

% affecté

Afghanistan

29 928 987

100

Iran

68 017 860

100

Pakistan

162 419 946

100

Inde (Nord-Ouest)

321 298 067

30

Tadjikistan

7 163 506

100

Ouzbékistan

26 851 195

100

Azerbaïdjan

7 911 974

100

Arménie

2 982 904

100

Koweït

2 335 648

100

Bahreïn

688 345

100

Qatar

863 051

100

Géorgie

4 677 401

100

Népal

13 838 274

50

Total

648 977 158

De Bagdad

Arabie Saoudite

26 417 599

100

Turquie

69 660 559

100

Syrie

18 448 752

100

Jordanie

5 759 732

100

Liban

3 826 018

100

Egypte

77 505 756

100

Chypre

780 133

100

Israël

6 276 883

100

Total

208 675 432

Grand total

857 652 590

Source : Données sur la population, du CIA Fact book

Estimations de juillet 2005, CIA Fact book

Les gouvernements continueront à tromper

Des études établissent une corrélation évidente entre le cancer et l’exposition à une décoction de pesticides utilisés dans les terres arables de certaines régions de l’Inde (surtout au Pendjab). L’incidence du cancer (du sang, des systèmes lymphatiques, de l’œsophage, des os, du cerveau, etc.) touche 5,12 à 10,3 pour 10.000 de la population. Aux USA eux-mêmes, le Centre de contrôle et de prévention des maladie (CDC), analysant des données sur les résidus de pesticides chez 9282 individus de tout le pays, a révélé que parmi ceux dont ont on a testé des échantillons de sang et d’urine, 100% montraient des résidus de pesticides. (10) Maintenant, c’est un phénomène global et cela a sans aucun doute posé de sérieux problèmes de santé (désordre immunitaire, poids des nouveau-nés insuffisant, et une foule d’autres maladies dégénératives. Mais un pic est absent.

« Nous pouvons nous attendre à voir de multiples cancers chez une seule personne. Ces multiples cancers indépendants chez un même individu ont été rapportés en Yougoslavie et en Irak dans des familles qui n’ont aucun antécédent du cancer. C’était inconnu dans les études précédentes sur le cancer », « un nouveau phénomène », dit Leuren Moret. Mais le point faible de la gestion des données, des techniques d’investigation, et de la formation du personnel médical et paramédical, sera usé jusqu’à la corde par les gouvernements dans les pays affectés, soudoyés par l’administration US et par les intérêts des sociétés, et endormis par la berceuse des grands médias, pour faire croire à la population que l’empoisonnement à l’UA est l’un des nombreux risques bénins de l’environnement et que nous devons vivre avec, tout comme a été faite par des analystes la « réduction de la matière grise » dans quatre études soutenues (directement ou indirectement) par le gouvernement US. (11, 12, 13, 14)

Conséquences à long terme

Dans notre mémoire vivante nous avons l’exemple de Chernobyl [3]. Les scientifiques disent que Chernobyl n’était pas une explosion nucléaire ; c’était juste un énorme feu ardent dans le combustible nucléaire. Néanmoins, les retombées radioactives de Tchernobyl ont contaminé les champs et le bétail autour de l’Europe et de la Scandinavie pour longtemps, et les radiations sont toujours décelables dans la terre et chez certains êtres vivante. Les régions entourant Chernobyl resteront inhabitables pour trois cent à six cents ans environ ! (15) L’UA est un peu plus pervers ; un fait qui découle de la maniaquerie omnicide [4] de ceux qui contrôlent l’administration des USA.

Maintenant, projetons ce fait scientifique sur seulement un pays, l’Inde. La région du nord-ouest entière, avec l’Himalaya, est affectée. Tous les fleuves intarissables s’écoulant de l’Himalaya dans les plaines gangétiques (les [fleuves] Ganga et Yamuna avec des centaines d’affluents) et au Pakistan (les cinq fleuves : l’Indus, la Satled, la Jhelam, la Ravi et la Chenab), contamineront la plus grande et plus ancienne région productrice de nourriture du monde. Cette région a un grand cheptel qui contribue au combustible, à la nourriture, et aux besoins agraires de l’Inde et du Pakistan. Il mourra ou devra être détruit à cause de la contamination.

La région du nord-ouest est aussi la région dont la croissance économique est la plus rapide de l’Inde, prévue rattraper l’Europe en 2020. La migration de la région orientale à la croissance plus lente a gonflé la population de passage en Inde occidentale, et nous parlons de la migration saisonnière de millions de paysans excédentaires sans terre, dont cinq millions en gros vivent seuls à Delhi en gagnant péniblement leur vie. Des pauvres, faibles physiquement à cause d’une nutrition insatisfaisante, sans accès aux équipements médicaux appropriés. Ces gens seront sévèrement affectés. Quand ils contracteront l’une des 91 maladies induites par les radiations, sauront-ils seulement ce qui les a détruit, ce qui a détruit leur famille, et ce qui les a ensuite tué ? Je parle de nombres s’élevant à des millions, chaque mois, dans les régions identifiées.

Destruction des civilisations les plus anciennes du monde

En revenant à ces régions comme à un tout, n’oublions pas qu’il a donné au monde toutes les religions modernes : Hindouisme, Bouddhisme, Jaïnisme, Judaïsme, Christianisme, Islam, Sikhisme, foi de Baha’i, et des centaines de petites religions. Les gens de partout dans le monde affluent dans ces régions pour présenter leur respect à leurs messies et à leurs dieux, à l’exclusion du pape, bien sûr.

Et en dépit de toute bonne fortune, ces régions ont soutenu la vie, créé la richesse, supporté une grande population jusqu’à ce que des colonialistes européens arrivent au début du 18ème siècle. Années après années, ils ont détruit la viabilité de cette région, pillé le peuple et ses ressources naturelles. Et quand leur empire a fait fiasco, ils ont passé le contrôle de ces régions aux USA. Et qu’a fait le gouvernement US ? Il n’a pas fait que détruire la plus grande civilisation que le monde ait jamais connu [5] ; il détruit son propre peuple.

Le Dr Rosalie Bertell dit, « Les vétérans et les civils (de ces guerres) ont été exposés à l’UA ; et cet UA inhalé représente une grave augmentation des risques de dommages pour le système immunitaire et de cancers mortels ». « Ceux immédiatement sous le vent mourront rapidement, en heures ou en jours. Ceux plus loin auront plus de temps. » (15) Ceux autour du monde entier souffriront incroyablement par la suite dans une atroce mort prématurée.

Que peuvent faire les gens ?

Ce n’est pas le moment de se morfondre. Les peuples du village mondial ont besoin de se prendre par la main dans un pacifisme global, non-violent, en non-coopération avec les gouvernements qui mentent et tuent. Formons de petits comités locaux et demandons à nos gouvernements de commencer à nettoyer l’UA. Mobilisons du soutien pour aider les vétérans et les civils qui souffrent, sans faire de différence entre races, castes, croyances ou religions. Dites à chaque personne en relation avec le gouvernement, la société civile, la police, et les membres des forces armées, qu’elle y est jusqu’au cou. Enfin, informez-vous vous-mêmes, instruisez votre famille et le voisinage ; lisez les centaines de documents qui font autorité, écrits par des scientifiques. Y a-t-il une raison de craindre alors que nous sommes tous condamnés à mort pour un crime qu’aucun d’entre nous n’a commis ? Si nous continuons à coopérer avec les quelques meurtriers maniaques nous les rendrons encore plus arrogants. Le pouvoir est entre vos mains.

Arun Shrivastava est accrédité consultant en gestion. Il est joignable à :

arun1951@yahoo.com

Notes

1) Depleted Uranium : The Trojan Horse of Nuclear War (UA : Le cheval de Troie de la guerre nucléaire), LEUREN MORET / World Affairs ­ The Journal of International Issues ; 1er juillet 2004.

http://www.mindfully.org/Nucs/2004/UA-Trojan-Horse1jul04.htm

2) Blowing in the wind (Poussé dans le vent), un documentaire à voir.

3) Articles du Dr Rosali Bertell : (i) Depleted Uranium as a Weapon of War, (L’uranium appauvri comme arme de guerre), août 1999 et (ii) Update on Depleted Uranium and Gulf War Syndrome, Parts 1 to 3 (Mises à jour sur l’uranium appauvri et le syndrome de la guerre du Golfe, partie 1 à 3) ; Human Studies ; 1er janvier 2005

4) « This is not just a little spike on the charts and much worse is coming » (ce n’est pas juste un petit pic sur les graphiques et bien pire est à venir), dit Karl WB Schwarz :

http://www.rense.com/general69/soar.htm

5) http://www.census.gov/main/www/popclock.html

6) http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2003/pr27/en

7) Khuri franc, Herbst RS, Fossella FV ; Emerging therapy in non-small call lung cancer (Thérapie naissante pour l’important besoin du cancer du poumon) ; Ann Oncol ; 12:739 - 44 ; 2001.

8) (i) Military Toxics Project : Information Sheet ­ June 2003 (Projet toxiques militaire : Feuille d’information de juin 2003 ;

(ii) Heads roll at Veterans Administration : Mushrooming depleted uranium (UA) scandal blamed (Les têtes tombent au ministère des anciens combattants : Le sacré scandale de la prolifération de l’UA) ; Bob Nichols ; Gagnant de la distinction Project Censored ;

http://www.motherspeak.org/news/troop%20news/headsrolll.html

(iii) Voir aussi : It Turns out Depleted Uranium Is Bad for NATO Troops in Kosovo ; [What About Everyone Else ? (Il s’avère que l’UA est mauvais pour les troupes de l’OTAN au Kosovo ; [Et tous les autres ?]) ; par Felicity Arbuthnot ; 26 octobre 2000.

9) http://www.wcrl.ars.usda.gov/cec/java/capitals.htm

10) Analyse des résidus de pesticide dans des échantillons de sang provenant des villages du Pendjab ; CSE/PML/PR-21/2005 ; conduite de concert par le Centre pour la Science et l’environnement et par le Laboratoire de surveillance de la pollution, New Delhi ; 2005. Cet article se réfère aux dires du rapport du CDC.

Les quatre articles suivants, 11 à 14, le moins que l’on puisse dire, minimisent les problèmes de l’UA. Au pire, ils sont mensongers. Vous voilà avertis.

11) Toxicological Profile for Uranium (Profil toxicologique de l’uranium). Washington, DC : ATSDR, US Public Health Service, US Department of Health & Human Services, septembre 1999.

12) Harley N, Foulkes E., Hilbourne L, Anthony R, Hudson A., A Review of the Scientific Literature As It Pertains to Gulf War Illnesses (Un examen de la littérature scientifique concernant les maladies de la guerre du Golfe), Volume 7 : Depleted Uranium, RAND Corporation, National Defense Research Institute, Santa Monica, CA, 1999.

13) Institute of Medicine, National Academy of Science. Committee on Health Effects Associated with Exposures During the Gulf War, Gulf War and Health, Volume 1. Depleted Uranium, Sarin, Pyridostigmine Bromide, Vaccines (Comité des effets de santé associés aux expositions pendant la guerre du Golfe, Guerre du Golfe et santé, Volume 1. UA, Sarin, bromure de Pyridostigmine, vaccins), 2000.

14) Office Of The Special Assistant To The Deputy Secretary Of Defense For Gulf War Illnesses. Environmental Exposure Report : Depleted Uranium (Rapport de l’exposition environnementale : UA), 13 décembre 2000.

15) Nuclear Bunker Buster Bombs against Iran : This Way Lies Madness (Bombes nucléaires brise bunkers contre l’Iran : Cette voie est folie) ; Stephen M. Osborn, 14 mars, GlobalResearch.ca http://www.globalresearch.ca/index.php ?context=viewArticle&code=OSB20060314&articleId=2093

1. Naissance anormale et anomalies de naissance.

2. Métabolisme anormal du sperme : contient de l’amine et de l’ammonium alcalin ; symptômes auto-immunes aigus (défaillance des poumon, du foie, des reins) ;

leucémie myéloïde aiguë (mortelle en jours ou en semaines).

3. Dépression aiguë du système immunitaire.

4. Défaillance respiratoire aigu.

5. Asthme.

6. Maladies auto-immunes.

7. Syndrome des Balkans - sang dans les selles et les urines.

8. Perte du contrôle de fonctions du corps.

9. Cancer des os.

10. Dommages au cerveau.

11. Tumeurs de cerveau.

12. Sperme brûlant.

13. Sensations brûlantes.

14. Pertes de calcium dans le corps.

Signes ou symptômes cardio-vasculaires.

15. Sensibilités chimiques.

16. Syndrome de fatigue chronique.

17. Désordres chroniques des reins et du foie.

18. Leucémie myéloïde chronique.

19. Infections respiratoires chroniques.

20. Cancer du colon.

21. Confusion.

22. Diarrhée.

23. Problèmes digestifs.

24. Etourdissement, vertiges, malaises.

25. Syndrome d’Epstein Barr.

26. Accumulation de fluides.

27. Fibromyalgie.

28. Signes/symptômes gastro-intestinaux.

29. Fatigue générale.

30. Altérations génétiques.

31. Carcinome glandulaire.

32. Syndrome de la Guerre du Golfe.

33. Maux de tête (graves).

34. Crises/maladies cardiaques.

35. Hypertension.

36. Mictions fréquentes.

37. Lymphome de Hodgkin.

38. Déficience du système immunitaire.

39. Infections.

40. Insomnie.

41. Mouvements involontaires.

42. Douleur aux muscles/articulations des jambes.

43. Défauts/dommages aux reins.

44. Leucémie.

45. Carcinome du foie.

46. Perte de sensibilité des doigts.

47. Maladie de Lou Gehrigs - ALS.

48. Faible saturation en oxygène du sang (bas HbO2).

49. Faible volume pulmonaire.

50. Dommages pulmonaires.

51. Cancer du poumon.

52. Cancer de la lymphe.

53. Lymphome.

54. Mélanome.

55. Perte de la mémoire.

56. Goût 56 métallique dans la bouche.

57. Infections du microplasma fermentans/incognitis.

58. Humeur tournant à la violence.

59. Homicide/suicide.

60. Cancers multiples.

61. Myélomes multiples.

62. Myélome.

63. Douleur aux muscles.

64. Nerfs endommagés.

65. Maladie dégénérative neuro-musculaire.

66. Lymphome non-Hodgkin.

67. Autres malignités.

68. Carcinome du pancréas.

69. Maladie de Parkinsons.

70. Accès de Petit & Grand mal (épilepsie).

71. Rougeurs, éruptions.

72. Maladie réactive des bronches.

73. Q.I. réduit.

74. Maux respiratoires.

75. Manque de souffle.

76. Maladies des sinus.

77. Cancer de la peau.

78. Peau endommagée : les glandes sudoripares piègent les particules d’UA.

79. Infections de la peau.

80. Peau mouchetée.

81. Perte de l’odorat.

82. Troubles du sommeil.

83. Raidissement des doigts.

84. Effritement des dents.

85. Cancer de la thyroïde.

86. Maladie de la thyroïde.

87. Incapacité à marcher.

88. Fièvres peu communes/sueur nocturne.

89. Perte peu commune des cheveux.

90. Problèmes de vision.

91. Perte de poids.

Suite de Karl Schwarz

Notre personnel de la filiale de Bahreïn a récemment été testé pour désintoxication, et il a vraiment été exposé à l’UA. Il ne constitue pas un groupe assez grand pour projeter le pourcentage de la population de Bahreïn positif à l’UA mais il sera assez élevé. En plus, c’est une exposition à l’UA qui n’aurait jamais dû arriver. Bahreïn se trouve sur la carte ci-dessus et vous pouvez voir dans le tableau combien de citoyens sont potentiellement affectés uniquement dans cette nation.

Dans la population témoin qui a été examinée, environ 80% d’entre elle était positive à l’UA.

Les implications sont bien plus grandes cependant quand on étudie le rapport d’Aldermaston sur les pics d’UA détectés aussi loin qu’au Royaume-Uni après les bombardements de l’Afghanistan en 2001 et de l’Irak en 2003 [2]. L’affaire Desert Storm [1ère Guerre du Golfe] ne s’est jamais terminée car pendant les 12 années de sanctions et d’interdiction des vols irakiens, les administrations Clinton-Gore et Bush-Cheney ont continué à bombarder avec des armes à l’UA en frappant même des cibles non militaires comme les usines de traitement des eaux usées, afin de « ramener l’Irak à l’Âge de Pierre », pour citer le néo-conservateur sioniste Edouard Luttwak.

La liste ci-dessus de maladies, connues résulter de l’exposition à l’UA, peut être reproduite pratiquement partout aux USA en interviewant les vétérans de tout groupe de l’armée US ou des Marines, et en effectuant les tests médicaux appropriés. Ce sont les mêmes types de tests que le Département des Affaires des Vétérans ne veut pas exécuter pour justement ne pas avoir à rendre compte de leur véritable état médical aux patients vétérans. Pourquoi ? Parce que cela deviendrait une preuve prima facia [directe] contre le gouvernement US.

Si le gouvernement US concédait cela et commençait à fournir des traitements appropriés, il admettrait ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité.

Un seul atome d’UA peut faire basculer la santé d’un corps humain et il est encore plus agressif si la personne est aussi exposée au strontium 90, à l’U-236, au plutonium 239 ou au Neptunium 239, qui se transmutent à nouveau en plutonium. Tous ces éléments sont synthétiques, issus uniquement de réactions nucléaires internes du noyau dans les centrales électriques nucléaires. Chacun de ces isotopes est connu être mortel ou extrêmement nuisible pour la santé de quiconque entrant en contact avec eux.

Les experts médicaux et scientifiques savent depuis des années que le radon est dangereux pour la santé. Il se concentre dans les sous-sols, et provoque entre autres le cancer du poumon. Le gouvernement US ne prétend même pas que le radon n’est pas nocif.

Ainsi, qu’est-ce que le radon ?

http://www.epa.gov/RadonPubs/physic.html

Le Radon-222 est un gaz radioactif libéré par la lente transmutation naturelle du thorium et de l’uranium, qui sont des éléments naturels communs de l’environnement, en quantités variables dans la roche et le sol. Inodore, invisible, et sans, goût le radon est un gaz mortel indétectable par les sens humains.

Le Radon-222 se transmute en éléments radioactifs, deux — dont le polonium-218 et le polonium-214 — émettent des particules alpha, qui sont très efficaces pour endommager les tissus pulmonaires. Les produits de transmutation du radon qui émettent des particules alpha ont été mis en cause dans le cancer du poumon des humains.

http://www.epa.gov/radon

« Nous savons que le radon est cancérigène. Cette recherche confirme que le radon inhalé à faible taux peut mener au cancer du poumon. »

Alors, s’il est mortel comme gaz dans les sous-sol, combien plus dangereux et mortel sera-t-il si la transmutation se passe dans le corps ?

Comme révélé dans la vingt et unième édition de Depleted Uranium, l’uranium est un métal de la classe des métaux actinides, qui peut s’allier à d’autres éléments pour créer des hydrures, des fluorures, des chlorures, des hydrures, des oxydes, des uranates, une forme hydrosoluble connue sous le nom d’uranyle, et des organométalliques. On lui connaît une affinité pour les phosphates qui peuvent aussi émettre des particules alpha capables de casser les deux chaînes de l’ADN parce qu’il s’agit pour ainsi dire de « tir à bout portant » à intérieur du corps humain.

J’ai été assommé et furieux quand médecins et infirmières de Landstuhl en Allemagne ont confirmé qu’ils trouvaient des soldats positifs à l’UA et qu’il leur a été ordonné de ne faire aucune note écrite sur les prises de sang. Ils les congèlent et le Pentagone vérifiera dans deux ou trois ans. Ces gens ne sont rien moins que la plus exacte définition des criminels par négligence.

Il faut faire une pause et considérer que les dirigeants du pays de la liberté et du pays des braves ne sont qu’un groupe de lâches et de criminels de guerre qui refusent de faire face aux conséquences de leurs propres actions.

Nos soldats sont parmi les gens les plus adaptés physiquement de cette planète en partant au service et ils rentrent à la maison avec une maladie chronique. C’est un fait que le gouvernement US ne veut pas que vous sachiez quelque chose. Pour être plus précis, ils ignorent le problème, mais nous disons assez c’est assez dans le dédain des morts, au figuré et littéralement.

Nous sommes en action pour utiliser un arsenal de méthodologies de désintoxication, de médecine interne et de nanotechnologie au niveau du corps humain et dans une nouvelle génération d’appareils médicaux.

Ce sera en quelques sortes une guerre d’un type différent. Une guerre pour sauver les négligés et les abandonnés de notre propre gouvernement.

La prochaine fois que vous verrez l’un des cinglés de Washington souriant devant la caméra avec les troupes, rappelez vous tous ce que vous avez appris au sujet de l’UA récemment. Ce ne sont pas de grands dirigeants ; ce sont des individus sans cœur et inhumains des deux côtés de l’allée [Républicains comme Démocrates]. Ce sont des criminels de guerre, coupables de génocide et ils devraient être regardés et traités comme tels.

SOURCE : URANIUM APPAUVRI - IMPACT MONDIAL ! - [IL FAUT LE SAVOIR ]


Par Anne Wolff - Publié dans : L'empire : hégémonie ? - Communauté : La Cyber-résistance
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