Dimanche 28 septembre 2014 7 28 /09 /Sep /2014 13:16

 

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Après un été à constater sur le terrain de la vie quotidienne dans la dite « Capitale de l’Europe » les effets délétères de la globalisation, je ne suis pas très optimiste en ce qui concerne l’avenir de mon pays.

Je renoue avec les luttes pour le droit à un logement digne. Traversée du monde des squats, des occupations temporaires où se côtoient le meilleur et le pire. Depuis la zone interlope des Petits Profiteurs qui à mes yeux ne valent guère mieux que ceux qui sévissent au sommet de la hiérarchie sociale jusqu’aux lieux qui réunissent des personnes qui portent avec une conscience politique en éveil des projets de monde alternatifs, je parcours un microcosme de l’univers parallèle des occupations – squats, occupations précaires, occupations temporaires, trois manières de se réapproprier le territoire en investissant quelques-uns des logements abandonnés, 15 à 30 mille logements vides pour un total de 550 000 dans la Capitale de l’Europe, alors que les soi-disant associations de lutte contre le sans-abrisme et la pauvreté sous évalue systématiquement le nombre des personnes sans logement. Et ce d’autant plus que Bruxelles attire aujourd’hui en plus de réfugiés extra-européens, des dizaines milliers de réfugiés d’une Europe touchée de plein fouet par les conséquences de l’accumulation de capital par expropriation à laquelle s’adonnent sans vergogne les Corporations des Profiteurs, depuis l’expropriation agraire, à celle industrielle et commerciale (éradication des petites entreprises et intégration sous des statuts de fausse indépendance de celle-ci à leur chaîne de productions) en passant par l’expulsion des habitants de leurs logements alors que la spéculation exclus toujours d’avantage les populations de l’accès à la propriété.

Un reste de réputation de notre ex-excellent système social détruit par l’Europe washingtonienne amène ici les largués qui ne trouveront pas leur place et dont une partie viendra rejoindre les rangs en augmentation des délinquants locaux. C’est un vaste sujet, que je ne ferai qu’effleurer. Alors que toute ma vie j’ai évolué dans des milieux multiculturels enrichissants et harmonieux, que la première fois que des étrangers m’ont importunée, il s’agissait des baudruches de fonctionnaires européens qui nous gâche le paysage, et contribuent à nous imposer les valeurs marchandes de concurrence comme mode d’être et de vie, j’ai cette fois été confrontée à des européens du Sud et de l’Est qui ont tenté de m’imposer leurs valeurs primitives, machisme et rapine, alors qu’eux-mêmes restaient totalement hermétiques à notre belgitude, celle dont je suis si fière, celle qui faisait de notre pays, en particulier la partie francophone, une terre d’accueil et de bonne intégration de tous, de partage. J’ai depuis toujours des amis arabes, des amis musulmans qui jamais n’ont tenté de m’imposer leurs valeurs et v’là que débarquent les européens qui veulent m’imposer les leurs, soumission de la femme à l’homme entre autres, application de la loi du talion, et les rapines – tout ce qu’on peut voler on le prend… quand les différents se règlent à coup de poings, à coups de battes, voir à coup de couteaux… un net recul pour le pays hautement civilisé que nous sommes encore malgré quelques décennies de colonisation yankee..

Je ne vais pas revenir là-dessus, mais oui, la grande majorité des associations de « lutte contre la pauvreté » me foutent tout simplement la gerbe… la pauvreté étant le moyen de se fabriquer des boulots sinécures manipulant les discours ad hoc pour obtenir les subsides qui leur permettent une vie de classe moyenne aisée avec des boulots non-contraignant, pour la plupart, alors que d’autres y trouvent le moyen de se donner de l’importance personnelle à travers la fréquentation du gratin politique… beaucoup de blabla et peu, pas d’actions concrètes efficaces quand elles ne sont pas tout mal-ement contre-productives. Et donc les problèmes qui se posent à ceux qui aujourd’hui veulent se donner les moyens d’une débrouille honnête et constructive sont tout autant de créer leurs propres associations en renouant avec des modes associatifs anciens et de se démarquer de cette lie alcoolique et droguée, qui ne vise que la consommation sans contrepartie. Se procurer alcool et drogue par le vol pour pouvoir se passer la journée écroulés devant les écrans de la connerie systémique. Non, je n’exagère pas au contraire… Une nouvelle faune qui contribue à la dégradation du paysage et des mœurs.

 

Mon retours à Bruxelles commence par un décompte des amis morts, assassinats qui ne disent pas leur nom, trop de misère, trop de douleur, la lente noyade de ceux après naufrage n’ont plus espoir d’atteindre un jour le port de la Sérénité.

Des processus récurrents, quand les conversations tournent autour des dernières hospitalisations des uns et des autres, les diverses cures d’ordre psychologique pour cause de dépression et/ou d’addictions diverses ou de somatisation du mal de vivre, c’est encore et toujours le même refrain, quand la société médicalise ceux qui ne tolèrent plus ses dérives, la lobotomie chimique est de mise qui tue à petit feu, mine de rien avec toute les apparences de l’autodestruction, ceux qui ne trouvent plus leur place dans ce monde où les alternatives sont toujours plus drastiquement réduites. Ce problème je l’ai déjà évoqué, il a pour moi les visages de ceux qui ne sont plus là pour le dire, une acre de saveur de tristesse et de deuil continué. Il a le visage d’amis que je vois glisser inéluctablement vers le fond du gouffre avec ce sentiment ravageur d’impuissance…

Et puis il a la rage aussi, cette sourde colère, contre ceux qui tirent les ficelles du génocide polymorphe et planétaire, rayant de la carte ceux qui n’ont pas place dans leur système. Au-delà des guerres militarisées, il y a des guerres qui ne disent pas leur nom, mais qui toutes ont des cibles similaires, les irréductibles, les non-intégrables au projet de monde global, mais aussi les habitants pauvres des pays qui recèlent les matériaux que les corporations qui dominent le monde doivent s’approprier pour se perpétuer.

Et j’ai bien conscience que la faune évoquée plus haut de même que les pandillas d’Amérique Centrale qui ont été générée dans le contexte des prisons étasuniennes avant d’être lâchées comme de facteurs de déstabilisation violente dans les pays d’origine plus souvent de leurs parents que d’eux-mêmes font partie de la même équation qui implique la nécessité d’un chaos provoqué pour favorisé l’instauration d’un Ordre Nouveau après réduction drastique de la population planétaire : génocide, cette fois au sens le plus littéral du terme.

Depuis que j’ai pris conscience qu’il n’est plus ici question de profit, mais bien de pouvoir et de domination, de fanatisme idéologique – sinon pour quoi une telle volonté d’accumulation, de concentration de ce qu’ils appellent « richesses » mais qui est surtout une déperdition de bon sens, un reniement d’humanité ? Passé un certain seuil de fortune, il n’est plus question de jouir du bien-être que procure l’aisance, mais bien des stratégies guerrières mie en œuvre pour conserver les biens mal acquis. Une machine emballée d’une idéologie mortifère… Non nous ne sommes pas « trop » sur terre, les seuls qui soient réellement surnuméraires sont les accapareurs, ceux qui trouvent normal de tuer, de torturer, d’affamer voir d’assoiffer, d’empoisonner par centaines de millions ceux qui ne sont plus depuis longtemps leurs semblables, le peuple des humains. Et que faire des toujours plus nombreuses machines à tuer que fabriquent en surnombre leurs industries de la mort. Entre les lignes, j’ai continué cette été mon approche d’un nazisme omniprésent qui n’a de néo que le nom, mais aussi de cette formation accélérée partout sur la planète des « machines de guerre »,tueurs et bourreaux d’origine humaine, selon les méthodes éprouvées et sans cesse affinées de l’Alliance Pentagone-Mossad-Nazis, une alliance qui à travers l’Ecole –militaire - des Amériques, par exemple, à permis le meurtre de centaines de milliers de souverainistes populaires latino-américains au siècle passé, une éradication qui reprend chaque jours de l’ampleur comme en témoigne chaque jours les dizaines de meurtres de militants du Mexique à la Terre de Feu….

Plus que jamais aussi se renforce ce constat, il n’est plus question ici ni d’origine ethnique, sociale ou culturelle, mais bien de cette volonté commune de vivre en bons voisins, dans le respect, une histoire de sensibilité, une histoire d’amour du prochain, ceux qui ne sont pas capables de vivre repus en bonne conscience tout en regardant avec mépris sur l’écran de la propagande les enfants des peuples « inférieurs » qui hurlent sous les bombes du génocide planétaire, prélude à la société de contrôle totale dont ils sont les pions, sacrifiables comme les autres mais tellement gavés de ce pseudo-élitisme induit qu’ils ne réalisent pas que demain cela pourrait être eux, et que ces étranges maladies dont pâtissent leur enfants, leurs petits enfants sont la conséquence directe de leur acceptation du pire pour les autres.

Soit, les classes moyennes, cet héritage du nazisme, n’ont pas le monopole de la connerie fascisante, elle est bien loin cette classe ouvrière digne, luttant pour les droits humains de manière organisée, et là, un nouveau lumpen a vu le jour, des profiteurs de bas étage, mais qui ne valent finalement pas mieux que les Profiteurs du sommet, ce sont les même pulsions, celles qui conduisent à « baiser la gueule » des autres pour s’approprier des biens mal-acquis.

Cela a été une dure leçon pour moi au cours de ces dernières années, une leçon que je partage avec beaucoup d’autres, celle qui nous dit que pour construire des alternatives qui tiennent la route, il faut se démarquer et exclure de nos projets ces petits profiteurs-saboteurs, qui n’hésitent pas à voler les plus pauvres pour satisfaire leurs compulsions addictives, de même que nous devons nous démarquer de ces associations aux beaux discours qui vivent dans l’illusion bien entretenue qu’il existe des solutions à la pauvreté au sein du système qui ne relèvent ni de la destruction des pauvres, ni de leur incarcération-esclavage, et de l’éternelle poursuite d’une Opération Condor qui vise à éradiquer – sans en avoir l’air – les créateurs d’alternatives.

Juste en passant, ce petit aperçu d’un été chaud… et petit clin d’œil à qui se reconnaîtra

A suivre

Anne

Ps… ceci dit ma petite caravane reste le logement le plus approprié à mes besoins que j’ai jamais eu parmi les centaines que j’ai expérimenté, mais si cela participe de la même lutte pour le droit au logement choisi, c’est une autre étape et je cherche toujours un endroit où la poser cet hiver, alors que je me concentre sur les moyens de la bonne vie par récupération, production et partage de savoir.

 

 

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Par Anne Wolff - Publié dans : anne humeur du jour
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Dimanche 18 mai 2014 7 18 /05 /Mai /2014 14:13

 

 

 

Odessa, le cri de ceux qui après avoir échappé à l'incendie de la maison des syndicats, ont été emprisonnés comme terroristes et libérés par un vaste mouvement populaire.

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Leurs bourreaux,conditionnés et instrumentalisés pour réaliser le travail de destruction de ceux pour qui la haine du vivant et de l'humain est la racine de leur être au monde et utilisent à leur profit la guerre fratricide

 

 


Le cri, Munch

Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale
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Dimanche 18 mai 2014 7 18 /05 /Mai /2014 13:45

Rumeurs de guerre

Avant de partir vers d’autres cieux, je vous annonce la création future de deux nouveaux blogs, un qui me servira à donner des humeurs, des impressions comme on écrit des lettres à ses amis, un autre qui sera consacré aux luttes de souveraineté populaire et alimentaire de l’Amérique Latine et aux traductions de textes hispanophones.

Les derniers progrès dans l’installation d’une dictature mondiale sous le nom de « démocratie globale », depuis surtout que le gouvernement transitoire de Kiev donne à cette démocratie la forme d’un gouvernement « transitoire » clairement fasciste et clairement installé avec l’aide et le soutien de nos semi-dictatures occidentales, crée parmi ceux qui s’en sont aperçu, ce sentiment d’angoisse latente qui est le premier pas vers un régime de terreur.

Il est effarant de voir que ce gouvernement putschiste, issu d’un coup d’état à connotation nazie, se comporte comme un gouvernement démocratiquement élu, hypothéquant l’avenir du pays en contractant des dettes non remboursables à long terme, cédant les droits souverains du peuple aux corporations et après avoir déclarer la guerre aux minorités ethniques par des lois liberticides et privatives de dignité,  se lance dans une guerre réelle, concrète, qui fait couler le sang des mouvements antifascistes, à l’Est comme à l’Ouest du pays.

Ce qui est le plus dur à concevoir, surtout pour ceux qui n’ayant jamais rouvert les chapitres de l’histoire du nazisme au 20ème siècle, c’est que ce régime a été installé grâce aux moyens conjugués de l’EU/UE/OTAN en toute connaissance de cause. Pour ceux là, le choc est violent et le réarrangement narratif presque impossible. Pour ceux qui ont rouvert ses chapitres de l’histoire officielle pour s’intéresser à l’histoire réelle, le choc est rude certes, mais surtout en ce qu’il met en évidence une urgence.

Les corporations ont à présent presque totalement pris le pouvoir à « Washington », en tant que boîte noire, centre du pouvoir global, d’avantage représenté et intrinsèquement lié au Pentagone qu’au dit « gouvernement des États-Unis » dont le dernier fantoche, agissant comme un leurre, à surtout servi à faire diversion alors que l’agenda de transmission de transfert du pouvoir global vers la gouvernance des Grands Marchands et de déstabilisation mondiale se poursuivait, dans l’ombre, à coup de lois liberticides et de guerres de conquête du territoire planétaire qui ne disent pas leur nom.

En rouvrant ces fameux chapitres de l’histoire, on s’aperçoit alors que ces mêmes corporations dont les actuels dirigeants sont souvent les descendants de ceux de l’époque, et d’autres acquis à la même idéologie – mécaniste et industrialiste - ont été cooptés, sont celles qui au cours des années 30 du siècle passé avaient déjà armé le fascisme et le nazisme, dans un premier temps pour installer Franco en Espagne avec la complicité des gouvernements « alliés » et ensuite pour permettre à Hitler, la guerre éclair qui a fait de l’Europe pour 5 ans un continent fasciste.

Ensuite apparaît un double but de cette manœuvre criminelle, d’une part l’Europe fasciste avec sa population sous contrôle convenait particulièrement bien à l’instauration du Monde Marché, mais aussi les armées nazies étaient censées en finir une bonne fois pour toute avec l’Union Soviétique. Un plan qui nous le savons a échoué. De là à prétendre que les Soviétiques furent de philanthropiques sauveurs de l’Europe, il y a un immense fossé que je me garderai bien de franchir. Que l’Union Soviétique nous ait sauvés, c’est un fait, mais c’est surtout un accident de l’histoire, celui qui fait que pour défendre son propre territoire, il lui fallait mettre un terme au nazisme.

TATATAM, c’est là que la cavalerie arrive à la rescousse. Les USA qui ne sont pas intervenus tant que le projet de fascisation de l’Europe suivait son cours, se voient dans l’obligation de sauver leur marché européen du double risque de l’appropriation par l’URSS et de la création d’une grande puissance communiste.

J’ai eu l’occasion au cours des dernières semaines de voir monter au créneau pour disserter au sujet de l’Ukraine les vieux Stal ‘ et autres marxistes-léninistes dépoussiérés pour l’occasion, toujours dans l’illusion, quelques mondes en retard, allant jusqu’à confondre la Russie néo-libérale de Poutine avec leur vieux mythe d’une URSS qui pas plus que le « Rêve Américain » n’a jamais existé dans la réalité. Les vieux fantasmes ont la peau dure. Et nombreux sont les esprits « révolutionnaires » qui évoluent dans un monde qui n’existe plus, qui n’est jamais advenu, incapable de s’adapter à une réalité inédite qui demande de nouveaux cadres interprétatifs comme guides pour la pratique.

Sincèrement je ne suis pas certaine que j’aurais préféré grandir dans un monde régit par Staline, que comme je l’ai fait dans celui où les « alliés » forcés de lâcher du lest, pour contrecarrer le danger soviétique, tout autant que tout inventeur d’alternatives cohérentes au Monde Marché, nous ont offert, à nous européens cul-dans-le-beurre, au prix bien sûr du sang et des larmes d’autres peuples - mais qui s’en préoccupe finalement – quelques décennies de liberté et de bien être.

Du meurtre de Lumumba à celui d’Allende, de tout ceux qui – par dizaines de millions - sont tombés victimes de la nécessité où se trouvait la gouvernance globale d’annihiler d’une part cet idéal d’un monde équitable, mais aussi les habitants des régions riches en ressources du globe pour fournir à bas prix les drogues consuméristes le temps d’accrocher nos fameuses classes moyennes à ce besoin de « pouvoir d’achat » qui leur a finalement ôté toute dignité. Aujourd’hui, belles et biens accros, elles sont prêtes à tous les sacrifices, pour quelques verroteries dont la possession est devenue leur manière d’être au monde.

Un monde dans lequel l’imagination sert de guide à l’invention continuée de la vie par des créations adaptées à ce qui est sa nature même, l’évolution qui en ce qui concerne l’espèce humaine demande la création intelligente et réfléchie de solutions harmonieuses et simples, qui conduisent au bien-être, est l’issue à ce pari morbide de domination du spectre total, dont le Pentagone est le bras actif, dans une guerre de quatrième génération dont les outils sont tout autant que les armes au sens traditionnels, les médias, que les modes de consommations induits… et autres outils de la culture stratégique.

La vie qui a inventé l’humain sans son intervention n’à rien a voir avec cette compulsion spasmodique : la vie comme ce que l’on achète au supermarché du coin, pour la masse ou dans les boutiques de luxe pour les castes de cadres du système, qui entourent de toujours d’avantages de murs et de systèmes de sécurité les oasis qu’elles se réservent pour y dérouler le luxe qui pour les populations dans leur ensemble devient toujours plus inaccessibles. Tout cela sont par nature des actes de négations de la vie, et des formes plus ou moins développées de la haine du vivant.

Autant dire, rien qui me parle, rien qui me donnerait envie de me bouger le matin pour aller gagner le droit à quelques leurres, même si cela peut sembler étrange à beaucoup, bien que fort triste et inquiète pour notre avenir, je préfère les veillées fiévreuses de traductions qui relaient les paroles de ceux qui nous parlent d’autres possibles, à dimensions humaines, dans la tranquillité de l’âme et de l’esprit que donne le sentiment d’accomplir ce qui est juste à un moment de l’histoire. Que cela paraisse étrange que je me sente enrichie par ce travail, bien plus que part une accumulation de biens matériels, conquis en écrasant ma conscience pour ne pas voir que le travail mercenaire que j’accomplis quelques soient les déguisements dont il se pare, contribue de fait à l’accroissement du malheur du monde, c’est pourtant ma réalité.

Là, clairement au cours des dernières semaines, un seuil a été franchi et les corporations qui n’ont jamais cessé depuis des décennies leur étroite collaboration avec les nazis quand il s’agissait de réprimer les peuples en quête de souveraineté ont cessé de se cacher mettant ouvertement en place en Europe un gouvernement nazi, alors qu’une partie de l’opinion publique européenne abrutie par 70 ans de propagande n’en a pas même pris conscience, et que ceux qui le réalisent manque des concepts fondateurs d’une résistance efficace, là seule, celle qui cesserait de nourrir le monstre en recréant les conditions d’une économie alternative, au prix sans doute de sacrifices matériels, mais peut-être aussi en y gagnant cette joie qui naît du sentiment d’avoir accomplit une œuvre –vitale- qui a du sens en terme de bien-être collectif. Je ne vous dis pas tous les bons délires que j’ai partagés avec d’autres dans ce genre de boulot de fous qui ne souffre pas de contraintes syndicales, mais qui font que chacun se met à la tâche avec ardeur sans compter, pour le plaisir du résultat, un moment de fête. Des boulots souvent peu rétribués financièrement, mais qu’importe quand le travail en soi est un bonheur et l’occasion de relever victorieusement des défis qui contribuent au bien-être collectif,  créer un peu de joyeux bien-commun,  préserver un lieu, un espace, un écosystème de la dégradation ambiante… avoir du plaisir à faire ce que l’on fait, c’est en ce qui me concerne une première exigence en matière de travail… même si cela n’exclut pas les moment pénibles, fastidieux et même douloureux quand il faut se surpasser pour parvenir au but. Je ne sais comment traduire ce sentiment, quand le résultat à atteindre malgré toutes les difficultés vous anime, une énergie motrice ancrée dans le futur. Création.

C’est de cela que je ne veux pas abdiquer, c’est cela qui constitue mon trésor, intérieur et non matériel et que je ne veux pas renoncer à faire croître et fructifier au nom d’une sécurité mortifère – et qui plus est toujours plus illusoire puisque les banques ont fini de s’accaparer des mutuelles et fonds de pensions, tout ce labeur populaire qui leur sert à expulser d’avantage d’habitants de la terre et à créer les armes, les tortionnaires et systèmes de contrôle pour neutraliser ceux qui leurs résistent. Ouvrons les yeux, nous voyons que partout les conditions de l’univers carcéral sous forme de prison comme lieu de travail obligatoire ont le vent en poupe, alors que les enfants des plus misérables n’ont plus comme écoles que celles militaires où ils sont éduqués à devenir de « volontaires chair à canon », heureux de servir « leur » pays… c’est tout bonnement à dégueuler. Jeunes sicaires, jeunes soldats et le nombre croissant de jeunes de part le monde qui sont enrôlés dans les milices nazies, c’est tout bonnement à vomir. A cela on peut ajouter l’encouragement à la création de bandes criminelles, les pandillas d’Amérique Latine, par exemple, trouvent leur origine dans les prisons californiennes.

A de mes formation sur le tas, j’allie un bac (jury central) de math, une année réussie d’étude d’ingénieur agronome, 3 ans de philo orientés vers l’écologie politique et un diplôme de comptabilité obtenu avec grande distinction. Autant d’occasions pour moi de me confronter à cette nécessaire rigueur qu’imposent les dizaines d’épreuves de l’examen passées avec succès. Une discipline et un athlétisme – parfois- de la pensée qui sont un préalable à la critique constructive. Rigueur oui, austérité, allez vous faire voir !

Tout cela poussée par ce besoin de comprendre le monde, et aussi surtout de voir par quel chemin, il serait possible un jour de faire de la Terre un lieu où la gentillesse aurait droit de cité, comme qualité valorisée entre toutes. Pour me donner les moyens de replacer mon expérience dans le cadre du monde. Et les dernières années ont été très dures moralement, parce que nous le savons à présent, les gens gentils, pourtant si agréables à fréquenter, sont méprisés et exclus de fait d’un système qui se fonde dans la relation de concurrence du tous contre tous, de la rivalité comme fondatrice de toute relation. Une rivalité induite par ceux pour qui « diviser pour régner » est une condition d’existence, celle sans laquelle il leur serait impossible d’imposer aux peuples dans leur presque totalité leur système de malheur.

Le premier pas à accomplir pour sortir d’une Union Européenne mortifère serait de refuser un système qui pose pour principe fondateur la « concurrence libre et non faussée »… Un principe dont la conjugaison d’études de philosophie des sciences et de comptabilité m’ont appris que non seulement il était de l’entière fabrication de ceux à qui profite le crime, sans qu’aucune référence scientifique – d’une science digne de ce nom – puisse lui servir de justificatif, mais aussi que tel qu’il était conçu et mis en place, il trahissait les principes mêmes établis par cette « science économique » qui est surtout une science de dépouillement organisé des peuples, qui s’approprie non seulement leurs territoires par des mécanismes d’usure mais leur esprit grâce à cette science connexe, la psychologie comportementaliste, qui  est un outil de contrôle du comportement des masses.

C’est contre cela que je m’insurge et contre ce fatalisme induit qui fait que dans leur ensemble les populations européennes en sont venues à considérer ce système comme inéluctable, incontournable, seul possible, ne cherchant plus de solutions que comme formules d’aménagement « moins pires ». C’est pour cela que je m’apprête à quitter l’Europe pour partir à la rencontre de ceux qui mettent en pratique, au quotidien l’invention d’un monde dont le principe fondateur est de complémentarité dans une optique de bien vivre.

L’Europe meurt de son racisme et de son colonialisme intrinsèque qui lui permet de tolérer sans en être affectée outre mensure l’iniquité des relation nord-sud, elle meurt aussi parce qu’accro à la consommation elle ne trouve plus les ressorts de dignité et d’humanité qui lui permettrait de mener une critique hors de cadres imposés par le système alors même qu’il s’apprête à réduire les citoyens européens au même statut que celui des peuples qui pendant longtemps ont été sacrifiés à leur bien être, celui d’esclave dont la valeur est une valeur marchande, évaluée dans un bilan financier comme le chiffre qui le représente à l’actif de ce bilan. Toute qualité niée, il ne reste plus aux habitants d’Europe pour les représenter que ce chiffre mesure de leur droit à l’existence et aux conditions de celle-ci. Contre cela oui, je m’insurge. Mais comme je n’ai aucune envie de me sacrifier pour une cause perdue pour une durée indéterminée, que je ne vois pas trop à quoi je peux encore être utile ici, sur place dans les conditions actuelles, mais surtout c’elles d’un avenir proche qui s’annonce plus que menaçant pour les résistants, toutes les petites alertes de dangers sont allumées, tout ce que j’ai pu apprendre des « révolutions de couleurs » grâce aux analystes latinos, fait du massacre d’Odessa un signal  très clair adressés à ceux qui ne veulent pas du Nouvel Ordre Mondial, soutenu tant par Washington que par Moscou, qui n’hésite pas à sacrifier le peuple d’Ukraine dans un combat pour le partage des marchés entre leurs corporations respectives, et de partage d’influence au sein de la « démocratie globale », une lutte qui les voit déjà d’accord pour transformer en champs de batailles les pays dont les ressources sont enjeux, liquidant de manière arbitraire une population  « superflue » - en terme de chiffre dans le bilan – mais aussi tous ceux dont l’élimination ciblée porte un coup à l’organisation d’une résistance au système lui-même, car incarnant le germe d’une souveraineté populaire dans un monde débarrassé de l’économie de Marché, du pouvoir de ceux qui la promeuvent et leurs profits éhontés ayant été supprimés  pour le plus grand bien du peuple des humains.

Je n’ai aucun doute que cette guerre des corporations ne se soucie pas du sacrifice et de la douleur des peuples, un chiffre, cela ne souffre pas. La question qui se pose aujourd’hui est donc de trouver les chemins qui permettraient à ceux qui de fait s’acceptent déjà comme chiffre, de retrouver leur dignité de vivants et d’humains et le pouvoir créatif qui est le propre de la vie qui n’a d’autre certitude que la mort et d’autre sécurité  que l’environnement harmonieux que crée le bien être. Et c’est clairement un chemin d’amour et de partage. 

Aujourd’hui l’Europe moribonde a besoin de se ressourcer à l’expérience des mouvements sociaux qui tissent à travers toute l’Amérique latine cette trame de complémentarité amicale pour le bien-être de tous. Malgré la guerre qui est le quotidien de beaucoup de résistants de cette région qui chaque jour voit s’allonger la liste de ceux qui tombent sous les balles des armées de Washington (US, locales, privées et parallèles) mises au service des corporations qui poursuivent le génocide indigène et l’exode paysan, pour se faire maître de leurs ressources et de leur terre. Et là non plus, le combat est loin d’être gagné, mais au moins, des dizaines de millions de gens le mènent en conscience et détermination au quotidien. Puisse l’Europe en prendre de la graine, de la bonne graine non contaminée par les manipulations morbides de Monsanto une de ces Corporations qui nous dicte au quotidien nos manières de vivre.

 

Anne

 

Par Anne Wolff - Publié dans : Amie de la tendresse - Communauté : Pensées sur la vie...
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Mercredi 14 mai 2014 3 14 /05 /Mai /2014 14:18

 

 

 Les états d’Anne vous disent au revoir. L’horizon est sombre. Partout dans le monde des milices d’extrême-droite et leurs équivalents islamistes sont entraînés aux techniques de la mort violente et de la torture perfectionnée, dans un but précis.

L’Europe s’apprête à sombrer, fascisme à l’Ouest, fascisme à l’Est. Incapable de recomposer les forces d’un vrai front antifasciste, elle fait le choix du moins mauvais maître... un maître tout de même.

L’Ukraine est dépecée alors que pour le plus grand plaisir des occidentaux comme des russes, les forces de résistance sont assassinées. La haine de l’occident jette une grande partie de la gauche européenne dans les bras du psychopathe Poutine, alors que le reste à depuis longtemps BHL comme nounou.

Le Venezuela résiste, avec la peur au ventre sachant que les listes des chavistes à lyncher sont dressées et circulent et se précisent et que les armées de l’ombre campent à la frontière prêtes à déferler sur le pays. Des bases militaires et des troupes conjointement entraînées régleraient alors leur compte à tous les porteurs de projets souverainistes de la région.

Oui, c’est une grande déferlante du fascisme universel qui s’apprête à massacrer tous ceux qui sont encore porteur d’une alternative, souveraineté populaire, souveraineté alimentaire, prédominance du monde rural sur le monde urbain, de l’agriculture sur l’industrie ou tout simplement sans aller aussi loin, antifascistes sincères, épargnés par la haine.

Les classes moyennes sont une pure invention fasciste. L’évolution n’aime pas la moyenne, elle trouve ses sources dans l’excentrique, l’originalité, les rêveurs fous dont l’imagination fertile à l’inattendu perpétuellement renouvelé que constitue la vie. Les classes moyennes c’est le mythe du « Rêve Américain » couvant le cauchemar étasunien.

Sombre horizon et le bruit des chaînes des jeunes recrues du fascisme mondial qui tintent à l’horizon. Fascisme du super chaos à l’ouest, fascisme de l’ordre maladif à l’est. Rien qui dépasse, rien qui diverge, et surtout pas de démesure…pauvre Tchékhov.

Le monde des états nations s’apprête à rendre l’âme. Il y a peu de chance qu’Obama survive à son mandat, il en sait trop, il est déjà mort, le sale travail est fait. Bientôt la dictature des corporations installera sa gouvernance mondiale, la grande machine cybernétique, dont les instances dictatoriales sont déjà effectives. Le grand nettoyage liquidera d’un même mouvement meurtrier, les dissidents et ceux qui ne sont pas adaptés aux fonctions du système. Le peuple aura des boucs émissaires pour libérer les pulsions de sa vindicte.

Je ne connais pas la haine, elle ne peut donc m’aveugler. Je ne peux que constater cela, du Honduras à l’Ukraine les armées des corporations dépècent les pays. Alors que la Chine, comme elle l’a fait il y a longtemps au Tibet installe les infrastructures qui lui permettront le jour venu d’épancher le trop plein de son immense population dont les terres, les eaux et l’air contaminé de son pays ne peuvent plus assouvir les besoins vitaux.

Je ne me fais pas d’illusions, les trois géants, USA, Russie et Chine ne mènent pas le combat pour le bien de leurs peuples respectifs mais dans une conquête de territoires pour leurs corporations respectives qui déjà les dirigent. Une fois éliminé dans l’embrasement mondial la population « superflue » ils se partageront le butin et fixeront leurs limites de leurs propriétés, le prix étant le sacrifice des peuples sur l’autel du Profit.

Sombre vision de l’avenir, et pourtant réaliste. Sinon pourquoi tous ces camps où sont entraînées les armées du capital qui à présent s’empare des âmes des l’enfance pour les mettre au service de leur projet de mort. Le Pape remet à la mode les exorcismes… cela me ferait rigoler si effectivement je ne voyais éclore de toutes parts pas les fleurs sulfureuses de la haine et quand le conditionnement ne suffit pas qu’importe, il y a pour stimuler l’instinct de destruction les substances de la fabrique de bourreaux, mises au point par les laboratoires du pourvoir, et les ondes qui influent sur le comportement des masses.

Les sites dormants de la propagande russe sont entrés en action drainant des millions de gens dans les chemins de la pensée unique du régime de Poutine, alors que d’autres ont choisi les écussons nazis pour incarner leur révolte. L’Europe va mourir de son égoïsme, de son avidité, de sa paresse et de son trop grand besoin d’un « bon maître », d’un bon patron, de dirigeants.

L’Amérique Latine est menacée parce qu’en ce moment de l’histoire, elle ne veut plus de maître, mais bien des mandataires, qui soutiennent le cheminement des peuples vers la commune, et aident à son avènement. Que comme le dit Itzamna :  «  Nous ne voulons pas continuer à être les cendres des énergivores sociétés du Nord ! »

C’est cela la mort de l’Europe, c’est de s’être construite à droite comme à gauche sur les cendres des peuples dont le massacre et le pillage a garanti le droit de ses classes moyennes a consommer sans se poser de questions, se faisant laver le cerveau par le cheval de Troie de la télévision.

Nous avions comme tous les adolescents rêvés d’être ceux qui mettraient un terme à l’injustice et contribueraient à l’avènement d’une l’humanité, organistique, harmonieuse, coopérative et solidaire. Je n’ai que faire d’un monde mécaniste, de concurrence. Je n’ai pas choisi cette Europe là, ni mon voisin si je l’en crois, mais lui oui a abdiqué de ses rêves pour le « pouvoir d’achat ». Brassens pleure dans sa tombe. Nous n’avons pas construit ce monde, les plus sincères d’entre nous ont pris le chemin de la marge et construit tant que ce fut possible, les modes de vie d’une simplicité joyeuse. Ils ont presque fini d’effacer la marge. Je m’étais fait deux promesses, il y a des décennies : d’être toujours du côté de ces enfants à laquelle la société n’a pas donné leur chance, et ne pas consommer plus que ce qui m’était nécessaire tant que l’équité, celle qui permettrait à chacun sur cette planète de disposer des moyens de la dignité ne serait pas chose réalisée.

Cela ne sera pas, pas de mon vivant. J’ai vu au contraire au cours des dernières années une accélération insensée du dépouillement des peuples, jusqu’à l’horreur de la transformation des plus pauvres en réserve d’organes pour les riches. Un comble de l’horreur marchande. L’implosion est proche. 

C’est dans ce monde au bord de l’embrasement que je m’en vais chercher une petite place, où poser mes pénates, loin d’internet outil précieux d’information mais illusion en termes de résistance.

Je remercie, là où elles sont à présent, s’il existe, certainement au paradis des résistantes, ma grand-tante Stella Wolff et son amie et complice de toujours, Georgette Ciselet, qui m’ont appris dès l’enfance que le bien le plus précieux dont dispose un humain, la condition première de la dignité est l’intégrité de sa conscience, sa rectitude morale.


Anne Wolff.

 

 

 

 

Par Anne Wolff - Publié dans : Amie de la tendresse - Communauté : Pensées sur la vie...
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Lundi 12 mai 2014 1 12 /05 /Mai /2014 19:20

 

Par Ganna Goncharova

 

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Ganna Goncharova est ukrainienne, socialiste, elle est née à Kramatorsk dans la région du Donbass en 1972 dans une famille de membres du parti communiste de l’Union Soviétique (PCUS). Son grand-père maternel et son père dirigeaient des organisations du parti dans les universités où ils étaient professeurs. Elle fut membre du Komsomol dès 1986 jusqu’en 1991. Elle obtint la double licence en ingénierie et économie à l’Académie de l’État du Donbass et obtint ensuite un master en Direction d’Entreprises. Pendant un temps elle travailla comme gestionnaire économique à divers postes de l’administration publique ukrainienne et comme auditeur des comptes de l’état. Ensuite elle s’est incorporée à l’entreprise privée et a travaillé comme directrice financière. Après avoir épousé en 2009 Alberto Montaner Frutos, professeur à l’Université de Zaragoza elle est venue vivre en Espagne. Grande connaisseuse de la réalité politique de son pays, détenant de l’information de première main, elle s’exprime à ce sujet dans deux entrevues avec Marquetalia.org | Artículos para la reflexión política     Celle-ci se déroule avant le massacre d'Odessa

 

Le monde a été témoin des spectaculaires images diffusées autour de tout ce qui s’est produit au cours des derniers mois en Ukraine. Les nouvelles se sont d’abord focalisées sur Maidán – la place de l’indépendance à Kiev – ensuite vers la Crimée et à présent sur Donetsk, Jarkov, Odessa et les autres régions du Sud-est ukrainien.

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On peut observer une multitude d’images de groupes fascistes lors des troubles de Maidán et de partis d’extrême-droite comme Svoboda et Pravyi Séktor qui se révéleront être des acteurs clé des protestations. Quel a été leur rôle exact ? Étaient-ils là dès le début ? Raconte-nous comment tout à commencer ?

GG Les concentrations ont commencé sans les nationalistes d’extrême-droite même si il y avait des nationalistes dès le départ. Elles ont commencé spontanément à travers les réseaux sociaux quand les gens sont venus à Maidán pour exprimer leur désaccord avec la décision du gouvernement de suspendre les négociations sur l’association de l’Ukraine avec l’Union Européenne. Ces négociations se déroulaient depuis longtemps déjà. Cependant, tant qu’a duré le gouvernement de Yushenko, en permanence pourrissait les relations avec la Russie, le résultat de ces négociations n’importait pas beaucoup à l’UE, elle n’avait pas grand intérêt à ce qu’elles avancent et encore moins d’exiger de sa marionnette, Yushenko, la signature d’un quelconque document à ce sujet, étant donné qu’ils étaient conscients de ce que l’accomplissement des conditions que proposait et continue de proposer l’Europe conduiraient l’état ukrainien à la ruine définitive et le convertirait en une colonie allemande, prenant en compte le fait, que jusqu’aujourd’hui, l’Allemagne est le plus grand investisseur de l’économie ukrainienne après les oligarques ukrainiens eux-mêmes. Cependant quand Ianoukovitch a gagné les élections de 2012 et que sous sa direction insensée, le pays s’est retrouvé au bord de la rupture, l’’Occident s’est senti menacé par un possible rapprochement entre l’Ukraine et la Russie, sur base d’un possible accord financier, d’une diminution du prix du gaz et d’autres avantages que l’Europe ne pouvait ni ne voulait offrir (ou au moins promettre). Du coup, ils ont commencé à mettre une grosse pression sur Ianoukovitch forçant la conclusion des accords. Étant donné que le gouvernement ukrainien corrompu s’était déshabitué depuis longtemps de se soucier de l’opinion publique, - il en était arrivé, en certaine occasion, à appeler, en privé, le peuple « le bétail » - ils ne se sont pas fatigués à rendre publiques les clauses de l’accord avec l’Union Européenne, ni même à en faire la traduction provisoire en ukrainien ou dans une autre langue qui pourrait être entendue par la majorité de la population (autrement dit, le russe). Par conséquent, tous les gens qui sympathisaient avec l’idée de l’union (en réalité seulement une association) avec l’Europe, en se rendant à Maidán, en réalité, n’avait pas une idée très claire de ce qu’ils demandaient. Ils ne savaient pas que la signature du dit accord supposait, pour commencer, la paralysie de toute l’industrie ukrainienne, étant donné que celle-ci, même en plusieurs années, ne pouvait se convertir aux exigences des normes techniques européennes, sans compter l’investissement que nécessiterait ce changement. De fait, cela non seulement aurait empêché la ventes des produits ukrainiens à l’Union Européenne, mais aussi en Ukraine même. Ils ne savaient pas non plus que l’agréable perspective de remplir l’Europe de la production agricole ukrainienne ne pourrait se réaliser à cause des quotas de la politique agricole de l’UE, au contraire les actuelles exportations se verraient considérablement diminuées. En plus les manifestants avaient l’impression fausse que les accords contenaient la possibilité de la libre circulation en Europe pour les Ukrainiens et l’ouverture du droit de travailler dans n’importe quel pays européen. Alors que dans les clauses de l’ébauche d’accord, il n’y avait rien de tout cela. Et cela sans compter que pour quelque étrange raison, tous ces gens pensaient que des relations étroites avec l’Europe élimineraient par une sorte de miracle toute forme de corruption en Ukraine, sans qu’ils aient à faire quoi que ce soit pour cela, et bien sûr, qu’immédiatement ils allaient obtenir des salaires et des pensions au niveau européen, du montant desquels ils ont une vision trop optimiste.

Le gouvernement ukrainien du moment n’a pas daigné exposer tout cela, en conséquence de quoi, les gens ont organisé une mutinerie spontanée, et l’extrême-droite en a rapidement profité pour changer le sens des protestations vers la démission du gouvernement d’Ianoukovitch, ce qu’au début personne n’exigeait. En Ukraine il y a de fortes rumeurs au sujet de ce type de révolte d’extrême-droite qui aurait été programmée pour 2015, si lors des élections présidentielles prévues pour novembre de cette année, c’était à nouveau un candidat des régions de l’est, qui gagnait. Depuis plusieurs années, ils entraînent des milices de jeunes néonazis dans le cadre du plan Hitlerjegend, dans des camps dans les Pays Baltes et selon certaines sources, avec des instructeurs étasuniens, ainsi qu’une finalisation de  l’entraînement par la participation à des opérations en Tchétchénie contre les Russes comme ce fut le cas pour le récemment assassiné (selon la rumeur, par le  Ministère de l’Intérieur ukrainien lui-même) d’Aleksandr Musichko, un des leaders de Pravyi Séktor. Bien sûr, j’insiste, sur le fait que le candidat à abattre devrait être des régions de l’Est et non des « régions pro-russes », parce que, jusqu’à aujourd’hui, alors que l’affrontement n’est plus entre les forces d’extrême-droite et le gouvernement d’Ianoukovitch, mais entre l’Est et l’Ouest du pays, d’après les enquêtes, seulement 18% de la population ukrainienne orientale serait disposée à considérer la possibilité de l’union du Donbass et de la Fédération de Russie.

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Nous avons pu voir les acteurs les plus disparates parmi l’opposition à Ianoukovitch ; le boxeur Vitali Klichko, l’antisémite Oleg Tiahnybok ou une des protagonistes de la « révolution orange » de 2004, l’ex présidente Yulia Timoshenko entre autres. Pourrais-tu nous expliquer de manière schématique quels sont les intérêts sous-jacents sous cette hétérogène panoplie de leaders d’opposition ?

Deux choses rassemblent l’opposition ukrainienne des droites, personnifiée par Klichko, Tiahnybok et Yatseniuk, comme nous le savons à présent : la nécessité de se libérer sur le plan politique du puissant clan des oligarques orientaux (sans entrer pour le moment dans la sphère économique), représenté par le Parti des Régions ; et le financement de Petro Poroshenko, (un oligarque de second rang et actuellement principal candidat aux élections du 25 mai prochain) utilisé dans ce but. Pour le reste, leurs orientations politiques à l’intérieur d’un nationalisme commun sont relativement différentes. Alors que Tiahnybok est plus proche des néonazis de Pravyi Séktor de Yarosh, Klichko et Yatseniuk incarnent la typique droite parlementaire.

 

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Vu le soutien que les USA et l’UE ont apporté aux protestation de Maidán, il est impossible de ne pas se demander quel intérêt géostratégique se cache en Ukraine. Le renversement d’Ianoukovitch est-il le fruit des clameurs populaires ou un coup d’état au service des intérêts des puissances occidentales ? De quelle légitimité démocratique crois-tu que dispose le gouvernement né des protestations de Kiev ?

Si on parle des intérêt des USA, nous devons nous rappeler des éternelles tendances géopolitiques anglo-saxonnes, héritées de l’Empire Britannique par les USA, et leur obsession pour le leadership mondial en vertu de laquelle ils sont disposés à détruire n’importe quel pays, société ou système qui, de leur point de vue, menace leur suprématie et à user de n’importe quelle méthode pour y parvenir. En plus, ils savent tirer profit des problèmes internes de leurs adversaires. Chaque fois que la Russie, que ce fut comme Principauté de Moscou, Empire Russe ou Union Soviétique, a atteint un niveau de stabilité interne suffisant pour s’intéresser à ses affaires extérieurs et acquérir de l’influence, l’Empire Britannique et après ses successeurs, les USA, ont mis la main à l’ouvrage (parfois accompagnés d’alliés, comme la France, l’Allemagne, la Turquie, ou la Pologne selon les conjonctures) pour renvoyer les Russes (ou les slaves orientaux en général) à ce qu’ils considèrent comme leur état naturel, autrement dit « asiatiques » ou sauvage.

Confronter l’Ukraine et la Russie, n’est pas une idée originale, déjà Bismarck était conscient de ce qu’il était nécessaire d’exploiter chaque désaccord ou insatisfaction mutuelle pour réduire la force russe. Étant donné, qu’à chaque époque le territoire qu’aujourd’hui nous appelons Ukraine fut une plateforme idéale pour toute guerre contre la Russie qu’elle soit économique ou belliqueuse, la première chose que fit le gouvernement étasunien après s‘être confronté à la Russie dans les affaires du Moyen Orient (particulièrement en Syrie), c’est de mettre en marche tous ses projets politiques en Ukraine. Ceci doit son succès en grande partie à la grande diaspora d’ukrainiens occidentaux aux USA, qui dans sa plus grande partie sont des descendants des nationalistes ukrainiens radicaux qui se réfugièrent là-bas après les deux Guerres Mondiales. (Principalement des nazis après la seconde NdT). Ce qui favorise aussi les plans étasuniens, c’est le rejet de l’actuel régime politique de Poutine en Russie par la majeure partie de la population ukrainienne, vu que les tendances monarchiques dans toutes leurs manifestations, inclue la variante dictature unipersonnelle, non jamais été le propre du peuple ukrainien au sens large, plus en référence au territoire qu’aux ethnies. Cela est du aux modes de vie de la population aux moments où s’est formée la conscience nationale, chaque tentative d’imposer un régime politique féodal que ce soit de la part des Polonais ou des Russes à toujours rencontré la plus grande résistance sur ces territoires. Nous devons à ces luttes l’existence de l’institution du kozáchestvo  ou « cosaquez », autrement dit un groupe de gens qui se considèrent comme libres (originairement, les cosaques) et dont les valeurs sont à la base de la conscience nationale ukrainienne, laquelle, certainement n’a rien à voir avec le nationalisme, étant donné que les cosaques acceptaient parmi les leurs toute personne qui était disposée a respecter les règles de la fraternité. D’un autre côté, cela a imprimé à leur personnalité une fréquente tendance individualiste qui contraste fortement avec la tendance grégaire propre à la Russie profonde.

Quand à l’Union Européenne, qu’un de ces jours, sans aucun doute, nous pourrons appeler le IVème Reich allemand, le détonateur de sa participation à ces événements fut probablement la crise du gaz de 2007, quand soudain, l’élite politique allemande se rendit compte que la stabilité énergétique de l’Europe Centrale dépendait de quelques milliers de kilomètres de gazoducs qui passent par les territoires ukrainiens et sont la propriété d’un peuple sur lequel, en réalité, eux n’exercent aucune sorte d’influence et dont les actes sont imprévisibles. D’autre part, une fois qu’ils se sont mis à y réfléchir, ils se sont rendu compte qu’en hypothéquant le gouvernement ukrainien au moyen de prêts, ils pouvaient obtenir le contrôle et même la propriété de l’entreprise d’état de laquelle dépend le gazoduc, et bien plus que cela. Les 600 000 km2 du territoire ukrainien (dont 58% sont utilisés pour la production agricole et qui sont les meilleures terres de culture d’Europe sinon du monde) sont également des propriétés de l’état. La discipline de fer néo libérale européenne qui est clairement dirigée aujourd’hui par le gouvernement de Merkel obligerait l’Ukraine à privatiser cet immense trésor. Les agriculteurs ukrainiens actuellement ne disposent pas de l’argent suffisant pour acquérir en cas de privatisation, la terre qui aujourd’hui leur est donnée gratuitement en usufruit. Les oligarques industriels seraient ligotés par l’obligation d’adapter de leurs usines aux normes européennes parce qu’eux non plus ne pourraient pas mobiliser suffisamment d’argent, et je doute également que les agriculteurs espagnols ou italiens participeraient au partage du butin. Du coup, l’Allemagne pourrait enfin réaliser, au moins en partie, son vieux rêve d’amplification de son Lebensraum ou espace vital, qui ne lui a pas trop réussi en d’autres occasions, en 1918 et en 1944, quand en deux occasions, elle fut expulsée d’Ukraine par l’Armée Rouge.

En ce qui concerne les raisons du renversement d’Ianoukovitch, je pense que, dans sa grande majorité, le patient et indulgent, peuple d’Ukraine aurait continué d’attendre jusqu’aux élections légitimes de 2015, parce qu’on n’a pas vu non plus une totale démonstration d’indignation à son encontre de la part de la population. Que représentaient ces manifestants et l’assaut des sièges du gouvernement à Kiev et dans différentes régions d’Ukraine comparés au nombre total de citoyens ukrainiens ? Nous parlons de 43 millions de personnes, face à quelques milliers de manifestants. Le soutien massif de la part de l’Union Européenne et des USA aux putschistes, le silence opportun des anciens copains d’Ianoukovitch comme par exemple le plus grand  oligarque d’Ukraine, Rinat Ajmetov (qui, pour sûr, est député au parlement, mais n’a pas daigné adresser une seule parole aux électeurs pendant toute cette crise, jusqu’à la semaine passée), l’appui financier des oligarques de seconde zone (qui veulent être calife à la place du calife) et la propre mesquinerie personnelle d’Ianoukovitch, sont les causes qui rendirent  possible un coup d’état fasciste en Ukraine qui, assurément, fut dénoncé en différentes occasions par les partis de gauche (le Socialiste et le Communiste), de ceux que l’Occident préfère ne pas entendre.

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L’arrivée au pouvoir des secteurs les plus réactionnaires nous a fait voir de terribles scènes comme l’assaut des sièges du Parti Communiste d’Ukraine (PCU), l’incendie de leurs livres et une infinité d’agressions contre leurs militants, comme par exemple la tentative de lynchage de son secrétaire dans la ville de Lvov, Rostislav Vasilko. Elle l’a également rendu illégal dans certaines régions, de même que le Parti des Régions d’Ianoukovith. Y a-t-il une persécution politique en Ukraine aujourd’hui ? Quelle est la situation des membres et des sympathisants du PCU et du reste des partis et organisations interdites et persécutées ?

L’interdiction du Parti des Régions et du Parti Communiste dans la région de Ternopil et Ivano-Frankivsk est complétement illégale et va à l’encontre de la Constitution Ukrainienne. Néanmoins, une des principales caractéristiques de la droite ultra-nationalise ukrainienne a toujours été la politique du double standard. Le gouvernement putschiste n’ira pas, de sa propre initiative, à l’encontre de ses principaux partisans. Les ultimes événements en Ukraine ont conduit les membres de ces partis vers une semi clandestinité sauf dans les territoires orientaux. Les nationalistes n’ont eu aucun scrupule à frapper publiquement dans le Parlement le leader communiste Petro Simonenko, en plus de brûler sa maison. La dirigeante du Parti Socialiste, Natalia Vitrenko, a également dénoncé devant le Parlement Européen le soutien de l’Union Européenne à un gouvernement néonazi et les agressions de l’extrême-droite dont elle, comme d’autres membres de son parti ont été l’objet, sans que les euro-parlementaires fassent quoique ce soit à ce sujet. Le fait est que rien de tout cela n’a surpris, ni les Russes, ni les Ukrainiens, et ne devrait pas surprendre non plus ni les juifs, ni les Polonais, s’ils n’ont pas complétement perdu la mémoire historique, étant donné que 200 000 de leurs compatriotes furent éliminés par les ultra nationalistes ukrainiens dans le nettoyage ethnique de la Gallitsia pendant l’occupation allemande, entre 1941 et 1944. Pas besoin de comprendre le russe ou le polonais pour comprendre le matériel présenté dans le livre d’Alexander Karman à ce sujet, dont la section graphique peut se voir à http://slavgromada.wordpress.com/history/oun-upa/ et c’est seulement une petite partie des crimes commis sous le prétexte de la défense du peuple ukrainien dans les territoires des Carpates, l’épicentre (bien qu’historiquement excentrique) de l’ultra nationalisme ukrainien. Des centaines de spécialistes techniques, de médecins, de professeurs, y compris de l’ethnie ukrainienne, envoyés après la Seconde Guerres mondiale sur ce territoire par les autorités soviétiques furent torturés et assassinés, ceci sans compter probablement des milliers de fonctionnaires, de militaires, de policiers ou de membres des services secrets soviétiques tombés dans la lutte contre les nationalistes ukrainiens, qui commença en 1939 avec l’annexion des territoires de Transcarpathie à l’Union Soviétique, en conséquence du Pacte Molotov-Von Ribbentrop et dont le contenu est resté d’application  une fois les combats terminés pratiquement jusqu’aux années 70. Sans aucun doute, on trouve en tête de cette liste, le Général Batutin, mortellement blessé en 1944 dans une embuscade de la UPA (les milices ultra nationalistes à qui on doit le cri si souvent entonné de Slava Ukrayini = Gloire à l’Ukraine, avec sa réponse Geroyam Slava = Gloire aux héros), que le reste de l’Ukraine considère comme celui qui les a libérés des troupes hitlériennes. Bon, toutes ces horreurs les nationalistes ukrainiens les justifient jusqu’à présent, comme la réponse aux représailles de la part des communistes depuis le pacte cité. Dans ce cas, il convient de se demander ce qu’on en commun les Polonais et les Juifs, les maîtres d’écoles et les médecins (ou leurs enfants, en particulier des enfants de 2, 4 et 5 ans) avec ces représailles. Le problème c’est que le monde stupéfié par les crimes du nazisme, passe sous silence ceux qui se produisirent à l’ombre des Carpates, au sujet desquels, seuls ont enquêté, les services de sécurité soviétiques, qui aujourd’hui pour diverses raisons ne disposent plus d’une grande crédibilité, mais dans ce cas cela devrait leur en accorder. En regard, de tout ce qui é été exposé, le Parti des Région, pour étrange que cela puisse paraître, aux yeux des ultra nationalistes est l’héritier du Parti Communiste, ils le prennent pour son allié, sans se rendre compte à quel point c’est ridicule.

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L’Ukraine est un pays aux nationalités fort variées. Penses-tu qu’étant donné la structure ethnique, culturelle et historique du pays nous soyons face à une possible balkanisation du conflit ? Crois-tu que les tensions pourraient déclenchera une guerre civile en Ukraine ou un conflit international de grande envergure ? 

En Ukraine vivent des personnes ressortissant de plus de 150 nationalités et ethnies. Pourtant le conflit principal se développe entre les nationalistes ukrainiens et tous les autres, alors que les premiers sont l’ethnie majoritaire en Ukraine, puisque, si on fait crédit aux statistiques, des 45 millions de citoyens ukrainiens, ceux de l’ethnie ukrainienne constitue les 77,8% de la population. Qui pourrait croire qu’une telle quantité de gens puisse se sentir menacée par les 22,2% restants de la population ? Il faudrait que ceux-ci soient réellement des ogres pour constituer concrètement une menace. Pourtant, ces 22,2% avec l’arrivée du gouvernement putschiste sont eux réellement menacés, d’autant que jusqu’ici nous n’avons pas eu le temps d’oublier les méthodes par lesquelles les nationalistes ukrainiens « assimilent » les minorités ethniques. Mais que peuvent-ils faire concrètement face à cette menace, étant donné leur relative faiblesse numérique et leur absence de fanatisme ? En Yougoslavie toutes les parties disposaient d’une certaine égalité de forces. Par malheur, le scénario le plus probable n’est pas une guerre civile, mais bien un génocide perpétré contre les minorités ethniques pendant que les puissances étrangères (la Russie inclue) siffloteront en regardant d’un autre côté, ou bien l’Ukraine deviendra le champ de bataille entre ces puissances étrangères selon le modèle de la guerre délocalisée instauré par la guerre de Corée au début de la Guerre Froide. Il est certain qu’un conflit ayant ces caractéristiques, au cœur de l’Europe, pourrait déclencher une troisième guerre mondiale. 

 

  Source en espagnol :        

BUCEANDO EN LA CRISIS POLÍTICA DE UCRANIA. Entrevista con Ganna Goncharova. - Marquetalia.org | Marquetalia.org

 

Traduction Anne Wolff

De la même auteure : 

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.1

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.2

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 1

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Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 3

Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale - Communauté : Résistance 2007
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Lundi 12 mai 2014 1 12 /05 /Mai /2014 18:40

Par Ganna Goncharova


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L’épicentre des protestations contre le gouvernement ce situait à Kiev. Mais nous pouvons constater qu’une fois qu’Ianoukovitch a été renversé le conflit s’est déplacé vers d’autres régions comme la Crimée au départ et Donetsk et Jarkov actuellement. Dans ces régions se sont développés de même qu’à Lungansk ou Odessa de puissants mouvements populaires opposés au gouvernement de Maidán. Quelle est la situation dans chacune de ces régions ? Comment s’agence la corrélation des forces existantes dans la distribution géographique du pays ?

Nous devrions revoir notre perception de la fissure interne de l’Ukraine, si nous prêtons attention aux faits suivants : les régions de droite et de centre droite qui sont touchées par le nationalisme sont des régions agricoles, alors que les régions dans lesquelles le Parti Communiste et les partis de gauche en général jouent encore un rôle dans la vie politique en général, sont des régions qui ont une industrie développée, autrement dit, prolétaires. Même le Parti des Régions, qui à d’emblée été créé par de hauts fonctionnaires et oligarques, parfois, en particulier au niveau régional se voit obligé, parfois, de défendre les intérêts des travailleurs étant donné qu’ils constituent la majorité de leur électorat. Ceci nous donne des raisons de nous demander si nous ne sommes pas confrontés à une moderne manifestation de la lutte de classe, étant donné que, pour dire la vérité, le Parti Communiste n’a jamais domestiqué les paysans, et que n’importe quel agriculteur depuis les petits propriétaires, a toujours tendance à être conservateur en raison même de la propriété, pour misérable qu’elle soit. Finalement, nous avons d’un côté l’avancée du capitalisme occidental qui en a presque fini avec les droits des travailleurs en Europe et aux États-Unis, alors qu’avance une dictature de droite dans la Russie actuelle, qui ignore tout type de droits humains en général. Jusqu’à il y a peu, pour aussi propagée que fut l’expression impropre de « régime d’Ianoukovitch », les citoyens ukrainiens avaient la liberté d’expression et d’association et pouvaient continuer à compter sur un système social, en partie hérité de l’Union Soviétique et en partie adapté ultérieurement à cause des difficultés économiques du pays dans les années 90. Tout cela permet de suspecter que le conflit apparemment ethnique, n’est rien d’autre que le masque qu’adopte un affrontement structurel plus profond.

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Le peuple de Crimée a voté dans sa majorité pour son annexion à la fédération de Russie. Quel fut le dispositif d’organisation du peuple pour résister à l’entrée des activistes de Maidán ? Comment s’est déroulé le changement de statut de la Crimée ? Penses-tu que les autres régions à majorité russes dans leur population suivront le même chemin. ?

Pour commencer, il faut souligner que, comme je le disais plus haut, les insurgés de Maidán ne sont pas plus d’une minime partie de la population ukrainienne, y compris parmi ceux de l’ethnie de ce nom. En Crimée, en réalité il n’y avait pas de partisans de Maidán , malgré qu’ils aient menacé de venir dans un « train de l’amitié » depuis Maidán, cela n’alla pas plus loin que des paroles. Il faut mettre en évidence le fait que la Crimée à toujours été une région à part, à l’intérieur de l’Ukraine post soviétique, y compris administrativement. Psychologiquement, ils n’ont jamais assumé leur annexion à l’Ukraine et leur relation avec le peuple russe sont dans une autre dimension. Nous ne devons pas oublier que les humeurs nationalistes ne sont pas l’apanage des seuls nationalistes ukrainiens, que les nationalistes russes aussi les partagent. Les idées nationalistes russes, alimentées par les conflits du Caucase, et la prise de distance de la part de l’Occident, ont été développées dernièrement, soutenues par le gouvernement de Poutine, jusqu’à des niveaux d’un absurde total. Ils en sont pratiquement arrivés à croire sérieusement qu’ils sont l’authentique race aryenne, supérieure aux autres. Je ne dis pas que toute la population russe pâtit de ce trouble, mais il a de fortes répercutions, surtout dans la jeunesse, spécialement sensible à ce genre de virus, et dans les couches de la population semi-analphabète qui ont augmenté drastiquement au cours de 20 dernières années dans toutes les républiques ex-soviétiques. Aux yeux des nationalistes russes, la population russophones de Crimée continue à être considérée comme russe, alors que la population des régions orientales à leurs yeux sont des « petits-russes » (d’après la terminologie tsariste), donc des russes de seconde catégorie, au sujet desquels, est permise une large panoplie d’aphorismes dénigrants, de préjugés, de moqueries.

Ce qui n’aide pas non plus, c’est qu’au cours des 20 dernières années les citoyens russophones ukrainiens ce sont habitués à disposer de plus de liberté individuelle que les russes. En plus il est certain que la population dans les régions de l’Est de l’Ukraine est fort métissée et pratiquement tous ceux qui sont nés là-bas sont incapables de déterminer avec certitude leur ethnie, étant donné que nominalement ils peuvent s’appeler russe, tartare ou ukrainien ou juif, mais en réalité compter des dizaines de composantes ethniques dans leur famille. Peu des gens savent que dans l’Union Soviétique, un couple, en enregistrant son enfant, pouvait quasi librement lui assigner la nationalité de l’ethnie qu’il considérait comme opportune. Ce qui a entraîné des problèmes, en particulier pour les jeunes juifs qui voulaient émigrer en Israël dans les années 90 et dont deux générations d’ascendants étaient nominalement russes, pères et mères (par-dessus tout pour ces derniers pour des raisons de détachement ethnique judaïque) malgré qu’ils aient eu un nom clairement juif. Cela est inacceptable pour le concept d’un vrai russe, étant donné qu’un nationaliste russe est aussi antisémite et xénophobe que l’Ukrainien. Peu de gens ici savent que dans la perception populaire russe, toute la population du bassin de la méditerranée, en partant du Caucase et jusqu’au Finistère sont des « gitans » ou des « nègres », ce qui dans leur subconscient est en soi insultant. La population russophone d’Ukraine a une perception consciente ou inconsciente de cela. Aussi, à la différence des Criméens, la majorité, comme je le disais n’est pas disposée à passer sous contrôle russe. La preuve de cela, c’est qu’actuellement la majorité de ceux qui manifestent contre le gouvernement ukrainien n’exigent pas la séparation, malgré qu’on les appelle séparatistes (pour justifier leur répression) mais exigent la fédéralisation de l’Ukraine, une configuration dans laquelle, à leurs yeux, il sera plus facile de résister à l’oppression des nationalistes ukrainiens. Il est clair qu’à présent ils peuvent aussi avoir recours à la Russie pour contenir les nationaliste ukrainiens et éviter de se faire écraser, mais il s’agit d’un mouvement plus tactique que stratégique.

 

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Merci Ganna d’avoir répondu à nos questions. Veux-tu ajouter quelque chose ?

  Pour finir, je voudrais souligner que ceci est ma propre opinion, fondée dans mon appartenance à une famille multi ethnique et dans ma formation que certains peuvent considéré comme compromise avec l’idéologie soviétique, dans mon travail comme fonctionnaire de l’état d’Ukraine et comme exécutive des entreprises industrielles du Donbass. Je voudrais ajouter, que d’autre part je suis bilingue, russe et ukrainien, que j’ai voté en faveur de l’indépendance de l’Ukraine en 1991 et que je n’ai jamais donné mon vote au Parti des Régions, ce que je n’ai jamais caché, même en travaillant comme je le faisais dans une entreprise du conglomérat de Ajmétov, sans que cela ait jamais eu aucune répercussion sur ma carrière, mon salaire ou n’importe quel autre domaine. Je doute que les partisans de ce parti, de même que les communistes et les socialistes puisse en dire autant aujourd’hui en Ukraine Occidentale.

                                                                                                                                        Source en espagnol :        

BUCEANDO EN LA CRISIS POLÍTICA DE UCRANIA. Entrevista con Ganna Goncharova. - Marquetalia.org | Marquetalia.org

 

Traduction Anne Wolff

De la même auteure : 

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Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale - Communauté : Esprits libres
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Dimanche 11 mai 2014 7 11 /05 /Mai /2014 23:09
TERROR FASCISTA EN UCRANIA

 

 

Par Ganna Goncharova et  Alberto Montaner.

 

 

Ganna Goncharova est ukrainienne, socialiste, elle est née à Kramatorsk dans la région du Donbass en 1972 dans une famille de membres du parti communiste de l’Union Soviétique (PCUS). Son grand-père maternel et son père dirigeaient des organisations du parti dans les universités où ils étaient professeurs. Elle fut membre du Komsomol dès 1986 jusqu’en 1991. Elle obtint la double licence en ingénierie et économie à l’Académie de l’État du Donbass et obtint ensuite un master en Direction d’Entreprises. Pendant un temps elle travailla comme gestionnaire économique à divers postes de l’administration publique ukrainienne et comme auditeur des comptes de l’état. Ensuite elle s’est incorporée à l’entreprise privée et a travaillé comme directrice financière. Après avoir épousé en 2009 Alberto Montaner Frutos, professeur à l’Université de Zaragoza elle est venue vivre en Espagne. Grande connaisseuse de la réalité politique de son pays, détenant de l’information de première main, elle s’exprime à ce sujet dans deux entrevues avec Marquetalia.org | Artículos para la reflexión política  ce texte-ci est chronologiquement le deuxième, s’il traite des derniers événements (avec le décalage de traduction), il nous donne aussi une vision qui associe une bonne connaissance du terrain et nous aide à mieux comprendre qui sont les gens en contre-insurrection en Ukraine, pourquoi et contre quoi – le fascisme – ils se sont levés, pour l’immense majorité, à visage découvert et sans armes,  à cette connaissance profonde de la réalité ukrainienne et aux onformation de première main dont dispose l’auteure est associé un travail d’analyse, une compilation de centaines de documents, de enregistrements vidéo, blogs, commentaires de la récente et tragique actualité de l’Ukraine…

 

 

Nous ne prétendons pas que notre version soit absolument indiscutable ni que nous disposons de suffisamment d’information pour détenir la vérité, d’autant plus que dans tout conflit chaque partie à sa propre vérité qui n’est pas toujours dénuée de fondement. 

Dans notre première entrevue publiée le 16 avril dernier dans Marquetalia  nous signalions que de la manière dont évoluaient les choses, “ le scénario le plus probable n’est pas une guerre civile [en Ukraine] mais bien un génocide perpétué contre les minorités ethniques, par les puissances étrangères (la Russie inclue) se déroulant pendant que l’on regarde d’un autre côté ». Malheureusement, cette prévision se voit confirmée par les faits qui se sont déroulés le 2 mai. Notre objectif dans ces lignes est de donner l’information les plus précise possible sur ce qui s’est réellement produit dans les régions en contre-insurrection en Ukraine (entendu au sens où elles s’opposent à l’insurrection de Maidán et son gouvernement putschiste) et de le dénoncer face à l’opinion publique, en particulier les lecteurs conscients de la désinformation qui, comme c’est le cas depuis le début de la crise Ukrainienne, s’est diffusée en Occident.

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Nous commencerons par répliquer à l’intervention des représentants de plusieurs pays européens face à l’assemblée de l’ONU lors de sa session de ce même 2 mai, qui ont accusé les activistes du Donbass de « terroriser la population civile » et d’être des troupes russes infiltrées appuyées par « de rares manifestants ». Il serait difficile d’être moins informé ou moins trompeur, parce que la résistance du Donbass, dont les membres, là-bas s’appellent « volontaires » (opolchentsy) est composée justement de cette même population civile et quiconque détient de l’information de première main sait que la seule terreur qu’on les habitants de Donbass est celle de voir débarquer les troupes des milices néonazies de Praviy Sektor, ou selon leur version officialisée, de la Garde Nationale. Quand à la présence de l’armée russe, rappelons simplement que jusqu’à l’amiral finlandais Georgij Alafuzoff, ex chef de l’intelligence militaire de Finlande et Directeur du Renseignement de l’Etat Major de l’Union Européenne a reconnu le 15 avril dernier qu’il la considérait comme « improbable », et selon nos informations, sauf peut-être à Slaviansk, elle est inexistante.

 “Terrorisme” et double standard

Les furieuses protestations de l’Occident, qui pour le moins donnent dans la caricature, n’apportent rien d’autre que la mise en évidence du double standard qui, selon ce qui est habituel en politique, et particulièrement en politique internationale, s’applique dans ce cas. Et l’on se demande en quoi se différencie la prise d’édifices publics, l’installation de barricades ou l’appropriation des armes de la police pendant Maidán, où ces actions furent applaudies, et dans les régions sud-occidentales (que nous nous refusons à qualifier tendancieusement de « pro-russes ») où ces mêmes actions sont condamnées sans recours. Les premiers, malgré qu’ils aient utilisé des cocktails Molotov depuis janvier de l’année en cours - ce que nous pas encore fait les contre-insurgés - et plus tard des armes à feu, ont été encouragés et applaudis à chaque moment depuis l’Occident. Les seconds qui n’ont réagi qu’après le coup d’état à Kiev et qui n’ont pas utilisé jusqu’à présent la mortelle combinaison, sont qualifiés de « terroristes » et toutes les forces armées Ukrainiennes et l’opinion publique occidentale s’excitent contre eux. En résumé, les moyens et les circonstances qui conditionnent l’utilisation de ce terme s’avèrent en soi non pertinents et ont pour fins celles qui conviennent à la partie intéressée, dans le cas présent l’axe Berlin-Washington.

Concernant la qualification de terrorisme, il faut également mettre en évidence les déclarations de l’actuel Ministre de l’Intérieur ukrainien, Arsén Avákov, qui sur les réseaux sociaux, a signalé que « Ils ont donné l’ordre aux groupes terroristes de se vêtir de noir et de tirer contre des civile, imitant les actions de la milice ukrainienne. Je demande aux citoyens de Kramatorsk et Slaviansk de ne pas sortir dans les rues et j’ai donné l’ordre aux commandos du Ministère de l’Intérieur d’en finir avec la provocation ». Selon les informations que nous détenons, l’unique groupe qui pourrait agir de cette façon (et selon tous les indices et d’après ce dont ils se sont montrés capables à Maidán), c’est le Pravyi Séktor, les milices néonazies émanant des partis ultra nationalistes de l’extrême-droite Trizub de Iarosh et Svoboda de Tiahnybok. Ils sont aussi les seuls qui ont les moyens de se procurer le genre de fusils qu’utilisent les francs-tireurs, sauf que du matériel de ce genre a été découvert et saisi dans un véhicule intercepté dans un contrôle routier à proximité de Slaviansk la nuit du 19 au 20 avril, au début de la période pascale, un événement qui s’est conclu par un solde de cinq morts. L’accusation lancée par Avákov, délibérément floue, vise bien les prétendus infiltrés russes (dont la présence, nous l’avons dit n’a pu être démontrée par personne), elle vise aussi les prétendus « terroristes » et « séparatistes » du Donbass, mais il serait préférable de la lire comme un prétexte et non des moindres dont le but est de couvrir ses arrières si, finalement les véritables terroristes, autrement dit, les miliciens de Pravyi Séktor ou leurs collaborateurs étrangers (un possibilité que nous aborderons plus loin), arrivent à prendre position, et commencent à assassiner des gens.

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La réaction en Transcarpathie  

Avant de nous préoccuper des régions qui font l’objet de l’offensive de la Junte, comme les mouvements de résistances ont baptisé l’auto-proclamé gouvernement de Kiev (en comparaison avec les gouvernements putschistes d’Amérique Latine des 70), il faut préciser que la menace fascistoïde est ressentie non seulement dans les régions sud-orientales à majorité russophone, mais également dans les autres régions. C’est ce qui se passe dans la région extrême orientale du pays, la Transcarpathie (Zakarpastka Óblast’), dans laquelle il y a une notable présence « ethnique » de Ruthènes, Hongrois et Roumains, entre autres. Là, comme dans d’autres régions, les ultra nationalistes ukrainiens ont pris le contrôle de la situation, occupant les édifices publics, et, dans un putsch localisé, le gouvernement régional, contre la volonté de la majorité de la population. D’après une enquête récente, 80,8% des personnes interrogées soutiennent l’initiative qui vise à exiger du gouvernement de Turchynov, la libération des immeubles occupés : 80% pensent qu’il faut mener une enquête contre les assaillants et les participants au putsch régional, et le même nombre exige que le Service de Sécurité d’Ukraine (SBU, successeur ukrainien du KGB) suspendent les poursuites concernant ceux que les dites autorités de fait qualifient de « séparatistes ruthènes ».

La résistance régionale, ancrée dans le Congrès de la Ruthénie Carpatique, qui avait déjà proclamé en 2008 la République de Ruthénie Subcarpatique (Podkarpatska Rus’), a rendu public un manifeste, divulgué également sur les réseaux sociaux, dans lequel elle exige du gouvernement de Kiev et ses alliés l’application de l’accord conclu à Genève le 17 avril passé, celui qui inclus la remise des armes par les formations paramilitaires illégales, la libération de tous les édifices administratifs illégalement occupés , ainsi que des voies publiques bloquées, et l’amnistie de tous les prisonniers politiques sans délit de sang. On se souviendra des exigences de la part de “la Junte” demandant que les activistes sud-orientaux exécutent l’accord unilatéralement, étant donné qu’eux ne se sentaient pas concernés, niant la principale raison par laquelle traité pour un moment, pouvait désactiver la spirale de violence. A ce sujet, la résistance ruthène considère que le dialogue pan-ukrainien sans participation de la République Populaire de Donetsk (Donetskaia Naródnaia Respúblika) ou la République de la Ruthénie Subcarpatique manque politiquement de sens.  

En plus d’exposer ces exigences générales, le manifeste inclue les exigences suivantes concernant le cas de la Transcarpatie spécifiquement : la libération immédiate des édifices occupés de la région, l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre les assaillants de ceux-ci, et que soient abandonnées les poursuites à l’encontre des « séparatistes ruthènes », le désarmement en application del’article 17 de la constitution d’Ukraine, de tous les groupe illégaux, à commencer par Pravyi Séktor, les reconnaissances des ruthènes comme « ethnie subcarpatique avec les droits politiques et culturels annexés à  la condition d’ethnie officiellement reconnue, l’interdiction du SBU et d’autres organes de persécutions ethnique des Ruthènes ainsi que de représailles contre eux, et finalement la présence d’observateurs internationaux pour contrôler ce processus.


 

Óblast de Zakarpatia (La Transcarpatia)

Óblast de Zakarpatia (La Transcarpatia)

La cuenca minera de Donets (Región de Donbass)


Bassin minier de Donetz (Région du Donbass)

La región considerada el Donbass es la zona de color rosa, pero las fronteras oficiales de las regiones (óblast) son las lineas de color negro.

La région considérée comme Donbass est la zone de couleur rose, mais les frontières officielles de la région (óblast) sont les lignes de couleur noire.


 

 

Sources en espagnol :

   http://marquetalia.org/2014/05/07/terror-fascista-en-ucrania-por-ganna-goncharova-y-alberto-montaner-frutos/

Terror fascista en Ucrania 

Traduction Anne Wolff

 

 

De la même auteure : 

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.1

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.2 

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 1

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 2

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 3

Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale - Communauté : Résistance 2007
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Dimanche 11 mai 2014 7 11 /05 /Mai /2014 23:03

 

 


Par Ganna Goncharova et  Alberto Montaner.

 

 

Les événements d’Odessa

Le 24 avril, lors de la session de l’assemblée du Gouvernement Régional d’Odessa, le chef de la Direction Régionale du Ministère de l’Intérieur, Piotr Lutssiuk, signale aux députés la nécessité de faire quitter la région aux groupes paramilitaires qui, s’étaient maintenus à Kiev sans aucun contrôle, et furent envoyés par les nouvelles autorités à Odessa pour se débarrasser d’elles provisoirement. Selon ce que rapporte Lutssiuk, ces groupes (qui d’après certaines sources, atteindraient les 3OOO membres) ont établi dans la région 12 postes de contrôle routier illégaux. Dans lesquels, montent la garde, par tournante, environ 1 500 personnes. En plus, la semaine précédente à la session à laquelle il est fait référence, la police locale a découvert à Odessa un dépôt d’arme appartenant à Pravyi Séktor, lequel contenait des balles, armes blanches, matraques, bouteilles de cocktails Molotov et des paquets d’explosif.

*Les médias locaux ont pour leur part rendu compte de multiples conflits qui ont eu lieu aux postes de contrôles illégaux entre des miliciens néonazis et des voyageurs d’Odessa ou des visiteurs de la ville. D’après ce qui a été dénoncé, les premiers rompaient les vitres des automobiles, maltraitaient les voyageurs et exigeaient de l’argent pour accorder le passage. Du coup, le gouverneur nommé par les illégales autorités de Kiev, Vladimir Nemirovsky, a tenu un discours en défense des dits contrôles qui, selon son opinion, sont nécessaires pour contrôler les activités de la police. (sic !!!)s

C’est dans ce climat qu’ont eu lieu les tragiques événements du 2 mai, dont les antécédents sont (en plus de la pré-mentionnée arrivée massive de membres de Pravyi Séktor), d’une part, l’existence préalable d’un camp d’activistes anti-Maidán à Kulivovo Pole (un parc au centre de la ville),qui avait déjà souffert de nombreux assauts de la part tant de la police que d’éléments nationalistes radicaux, et d’autre part la convocation d’une manifestation nationaliste des supporters des factions ultra-nationalistes radicales des deux équipes qui jouaient ce jour là à Odessa, le Chernomórets local et le Metallist de Járkov. Au début, on supposait que ces manifestations allaient rester pacifiques. Dans une video qui montre les débuts de la marche on peut voir un bien connu « centurion » de Pravyi Sektor (à Maidán ces groupes s’organisaient dans des groupes de cent néonazis.NdT) revêtu d’un gilet pare-balles, parler avec quelqu’un, d’après le contenu de la conversation, on a supposé que son interlocuteur aurait pu être le ministre Avakov lui-même, qu’il trompe sans vergogne en disant que ses « gars » étaient désarmés et que lui-même avait été blessé par une pierre envoyée par les « séparatistes » encore que ces deux derniers faits soient démentis par cette vidéo (antérieure au début des affrontements) et celles qui furent enregistrées pendant l’assaut de l’édifice des syndicats. Là déjà, parmi des individus revêtus de tenues de camouflages et armées de bâton et de barres métalliques, un des gardes du corps du « centurion », en uniforme paramilitaire, dit à un policier : « Faites nous faire un bout de chemin et nous ferons notre travail ». Il est donc hors de doute que la manifestation ait été planifiée comme une attaque organisée.

Pendant de temps des activistes de la dite Odésskaia Druzhina ou Masnada Odesita, (mouvements de contre-insurgés) campaient à Kulikovo Pole, en recevant des nouvelles de cette manifestation, ils se divisèrent entre ceux qui pensaient qu’il valait mieux rester pacifiquement dans le campement et ceux qui se décidèrent de partir à la rencontre (de la manifestation) car ils pensaient, et avait bien raison, que l’objectif réel de la marche était un nouvel et définitif assaut du campement. Ainsi alors que 100 à 150 personnes sont restées au camp, un autre groupe de 150, est parti rejoindre la manifestation, identifiés par des rubans de l’Ordre de Saint-Georges qui sont utilisés comme signes distinctifs de la contre-insurrection (car ils sont associés à la victoire sur les troupes nazies de la Seconde Guerre Mondiale). Ce groupe, portant des objets contondants et dans certains cas protégés par des casques et des boucliers comme en utilisent les anti-émeutes, s’est dirigés vers les manifestants qui s’étaient regroupés sur la place Sabórneia, lesquels étaient occupés à crier des slogans ultra-nationalistes de types fasciste Slava Ukraiiny ! et lançant des slogans contre les moskaly (littéralement « moscovites », appellation exprimant le profond mépris dans lequel les ukrainiens tiennent les russes). Ceux qui arrivèrent de Kulikovo Pole se trouvèrent là, face à quelques 1 500 personnes, c’est pourquoi, lors des affrontements qui ont suivi, ils ont eu la pire part.

C’est alors que se déroule la partie la plus confuse des événements, pour laquelle les témoignages sont, c’est logique, contradictoires. Les manifestants nationalistes accusent la police d’avoir agit en faveur des « activistes pro-russes », les défendant en constituant un bouclier humain. Même comme cela, les deux parties commencèrent à se lancer mutuellement des pierres et n’importe quel objet lançable qui leur tombait sous la main. Ceci suggère que la police tenta sans succès d’établir un cordon de sécurité entre les deux groupes, mais que finissant par être débordée, elle décida de se tenir à l’écart. Cependant dans une autre vidéo on constate que le comportement de la police (dont quelques membres portaient des brassards rouge, comme certains des nationalistes) est extrêmement déconcertant, parce qu’on les y voit ouvrir une brèche dans le dit cordon, permettant le passage à l’un et l’autre des groupes qui s’affrontaient.

De là, nous avons déduit que leur intention était de chauffer l’ambiance de manière à ce que les hostilités dérivent d’elles-mêmes sur un assaut du campement cité, mais ce qu’ils n’ont pas bien calculé c’est que le point d’ébullition serait atteint aussi rapidement avec des résultats tellement dramatiques. Confirment ce point de vue les images de cette même vidéo dans laquelle on voit le chef de la police d’Odessa mêlés aux manifestants et la disparition des participants au ruban rouge (ceux-ci réapparaîtrons parmi les assiégeants de la maison des syndicats) quand les manifestants nationalistes s’achemineront enfin vers Kulikovo Pole. Quoiqu’il en soit, ce qui n’admet aucun doute, c’est la passivité ultérieure des forces de sécurité ; ce qui constitue un des catalyseurs de la tragédie.*

Dans le feu de l’action, les nationalistes ont poursuivi leurs adversaires dans ce parc et une partie de ceux qui étaient là à camper, plus quelques passants non prévenus, finirent par se réfugier dans le bâtiment des syndicats, où ils se retrouvèrent encerclés par les manifestants de signe contraire. Selon le témoignage d’un de ces derniers, en conséquence des mouvements spontanées des affrontements, une partie des « agresseurs pro-russes » s’est réfugié dans le dit édifice entre les feux croisés des cocktails Molotov. Dans l’une des vidéos diffusées sur internet il y a quelques images, à première vue confuses, dans lesquelles on voit comment un cocktail Molotov, soi-disant lancé par un des réfugiés dans le bâtiment, tombe sur un appareil d’air conditionné, ce qui aurait provoqué l’incendie, donnant aux nationalistes la possibilité de parler d’auto-immolation. Selon cette même version, la police est restée sur place et les pompiers ont accompli leur mission, pendant que les membres de « l’autodéfense de Maidán » (autrement dit ceux de Pravyi Sektor) auraient aidé les gens à sortir des flammes, les défendant des coups des supporters furieux.

Cependant, les multiples vidéos enregistrées, plus ou moins en caméra cachée, pendant l’assaut, révèlent une situation très différente. Commençons par la vidéo mentionnée comme preuve par les manifestants nationalistes, là, il est évident que le rez-de-chaussée et la porte principale de l’édifice sont déjà en train de brûler quand le cocktail Molotov est lancé. En plus, même en ne prêtant pas grande attention, on constate parfaitement que la trajectoire de la bouteille n’est pas verticale mais décrit une parabole, dans laquelle elle tourne plusieurs fois sur elle-même, jusqu’à aller s’écraser contre l’appareil d’air conditionné, ce qui prouve factuellement qu’elle a été lancée depuis l’extérieur. En plus, sur l’omniprésent et quasi omniscient internet nous pouvons trouver des photos de joyeuses jeunes filles qui posent pendant qu’elles préparent des cocktails Molotov pour Pravyi Séktor, photos qu’elles diffusent elles-mêmes sur les réseaux sociaux, fières de leur travail au service de la patrie ukrainienne. En ce sens il n’y a pas le moindre doute que l’immeuble fut incendié par ses attaquants et le fait qu’ils ont commencé par incendier les portes révèle l’intention d’empêcher la sortie des occupants. De fait il y a une autre vidéo dans laquelle on entend un des assaillants crier : « Ecoutez, nous allons brûler ces putains de pédés dans le bâtiment ».

Dans ce même enregistrement, on entend clairement les coups de feu répétés et on voit les manifestants nationalistes, plusieurs d’entre eux en uniforme paramilitaire incluant des casques de l’armée, armés de bâtons et pour la plupart, portant un masque. On remarque aussi le dit « centurion » de Pravyi Séktor (sans blessure aucune, pour sûr) qui tire plusieurs coups de son pistolet en direction de la corniche du second étage où un des assiégés tente de fuir les flammes. sans qu’aucun des assiégeants lui vienne en aide, alors que de nouveaux cocktails Molotov frappent continuellement contre les portes et la façade de l’édifice et que l’on entend l’un des assiégeant dire à quelqu’un qui tentent de fuir par les fenêtres. “Tiens ! Prends pour te rafraîchir !”, cri qui s’accompagne clairement du lancement d’un autre cocktail Molotov. Ce type d’action explique pourquoi dans le bâtiment certains des corps, ont seulement la tête et les mains brûlées, et pas le reste du corps. Dans une autre vidéo ont entend une femme qui appelle à l’aide depuis une fenêtre de dernier étage, peut après, on voit trois manifestants nationalistes s’accouder à cette fenêtre, arborant un drapeau ukrainien. Grâce à la position de la fenêtre, la femme qui criait a été identifiée, dans les photographies prises postérieurement du cadavre d’une femme enceinte, étranglée avec un fil électrique, il s’agit d’une travailleuse des syndicats qui étaient sur place pour réaliser des travaux d’entretien. Pendant tout ce temps, la police brille par son absence, soulignée par la voix off de l’auteur de la prise de vue, qui se réfère régulièrement aux assiégés comme « les 300 Spartiates », en claire allusion à ceux qui sont tombés face aux Perses en défendant le défilé des Thermopiles. La police anti-émeutes arrivera seulement lorsque que certains des assiégés ont commencé à sauter depuis l’immeuble en flammes, ce qui indique qu’elle était dans les environs, mais n’osait pas intervenir (ou avait l’ordre de ne pas le faire jusqu’à ce que la situation devienne tout à fait insoutenable. Pour rendre justice à tous, il faut reconnaître qu’alors la police et une partie de ceux qui entouraient l’édifice (parmi lesquelles il y avait des gens en attente en plus des manifestants) tentèrent de créer un couloir pour évacuer avec sécurité les assiégés qui arrivaient à sortir du bâtiment (une sécurité telle que la plupart on été arrêtés sous inculpation de terrorisme, 69 d’entre eux ont été libérés le lendemain par la foule en colère. NdT), pendant qu’une partie des assiégeants continuaient à lancer des pierres contre les rescapés, en criant Slava Ukraiiny !. L’opérateur de la vidéo demandent alors qu’ils aident ceux qui tentent de sortir et quelques-uns de manifestants lui répondent « Ces chiens !à Kiev, on leur coupe la tête aux activistes et à leur pute de mère ! » ; ce qui se référant aux habitants d’Odessa est une accusation qui n’a pas de sens , en plus de fait, on a pas constater qu’à Maidán quiconque ait été décapité, ce qui révèle la haine absolue et irrationnelle qui a rendu possible la tragédie.

Toutes les circonstances, d’un autre côté sont loin d’avoir été mises en lumière. D’après les témoignages de plusieurs survivants, a l’intérieur du bâtiment il pourrait y avoir eu, non par une cinquantaine de victime, chiffre reconnu jusqu’à présent, mais au moins 200, vu qu’au début de son occupation, les membres de Pravyi Séktor ont poursuivit « les activistes pro-russes » et ont abattu à coups de feu plusieurs d’entre eux, ce qui explique également les photos des cadavres, plusieurs présentent à la tête des blessures par armes à feu. Selon les dire des témoins, plusieurs réfugiés auraient été conduit dans les caves où ils ont été exécutés ».

Par conséquence, l’incendie n’aurait pas eu pour but unique d’en finir avec ceux qui étaient encerclés dans le bâtiment, mais bien aussi de faire disparaître les traces des assassinats qui ont été perpétrés là-bas.  Il est évident que pour faire toute la lumière sur ce qui s’est passé, il faudrait l’intervention d’une instance compétente et neutre, mais les actuelles autorités putschistes ukrainiennes qui ont célébré de manière réitérée l’action de leurs « patriotes » dans cette « action antiterroriste », jamais ne vont autoriser une enquête approfondie examinant les détails de la tragédie. Pour le moment, qui se sentirait capable de le faire peut voir les terribles images captées à l’intérieur de l’édifice, ainsi que les doutes, questions suscités par les mêmes concernant le déroulement des faits, au sujet desquels nous n’avons pas la compétence nécessaire pour nous prononcer, mais qu’il serait très éclairant de voir contestés par quelqu’un de qualifié.

A tout cela on peut ajouter les enregistrements faits par les assiégeants à l’entrée de l’édifice, après que l’incendie soit éteint, on les voit qui pillent les cadavres et qui se moque des missels et icônes miniatures que certains portent dans leurs poches. Pour compléter le tableau, dans les pages web pro-nationalistes il a été diffusé pour se référer aux morts la dénigrante désignation de la « centurie enfumées » en claire et ironique contre-désignation de la « centurie céleste » c’est-à-dire les victimes (martyrs dans leur terminologie) des actions de Maidán. Les déclarations faites au sujets de ces événements par des politiciens opportunistes comme Yulia Timoshenko, où d'authentiques fanatiques ultra-nationalistes comme la députée de Svoboda Irina Farión, ne font rien d’autre que d’augmenter le climat de haine ethnique le poussant à l’exaspération de même que le communiqué du SBU sur la présence complètent fausse de « provocateurs russes’ qui seraient en train de « déstabiliser » Odessa, Donetsk et d’autres villes ukrainienne offrant ainsi aux illégitimes autorités surgies du coup d’état du 22 février et à ses bases armées, les milices ultra-nationalistes d’extrême-droite, l’excuse pour déchaîner la présente vague de terreur, dont la victime potentielle est l’ensemble de la population qui ne partage pas l’idéal fascistoïde. En définitive, c’est une excuse pour assassiner leurs propres citoyens. 

Tout en reconnaissant l’imprudence de la contre-insurrection d’Odessa (encore qu’il soit possible qu’à la fin la mesure n’aurait pas été une meilleure parade), il est clair que ce qui s’est produit dans l’immeuble des Syndicats d’Odessa constitue un lynchage en bonne et due forme, qui est totalement inadmissible même s’il avait concerné un authentique groupe terroriste, puisque la présomption d’innocence et le droit à une justice équitable font partie des plus élémentaires des droits humains. Mais il est évident que dans la situation actuelle de l’Ukraine, nous sommes confrontés au plus absolu mépris de ceux-ci, a fortiori de l’état de droit. C’est seulement de cette manière que l’on peut comprendre que le gouverneur Nemirovsky ait « promulgué » depuis sa page facebook ( !!!) une « édit » prenant date ce jour même du 2 mai, dans lequel il déclare à l’encontre de toute loi et de tout principe éthique, que « Toute action des habitants d’Odessa qui sera dirigée vers la neutralisations et la détention des terroristes armés sera considérée comme légale ». Comme il fallait le rédouter la chasse est ouverte.

 

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Sources en espagnol :

   http://marquetalia.org/2014/05/07/terror-fascista-en-ucrania-por-ganna-goncharova-y-alberto-montaner-frutos/

Terror fascista en Ucrania 

Traduction Anne Wolff

 

 

De la même auteure : 

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.1

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.2 

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 1

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 2

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 3

 

Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale - Communauté : solidar' infos
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Dimanche 11 mai 2014 7 11 /05 /Mai /2014 22:49

 

 

Par Ganna Goncharova et  Alberto Montaner.

 

La réaction dans les régions sud-orientales

Le 7 avril, la contre-insurrection de la région de Donetsk proclame la souveraineté nationale de la République Populaire de Donetsk (Donétskaia Naródnaia Respublika), ce qui immédiatement a permis au gouvernement de fait ukrainien de taxer de « séparatiste » quiconque dans cette région s’oppose à ces actes ou qui exprime l’idée de la fédéralisation du pays, même quand cela n’a rien à voir avec l’auto-proclamée république souveraine, sinon tout le contraire. Avec le prétexte de la proclamation de la RPD, a commencé l’occupation par certains des contre-insurgés des bâtiments de l’Administration et toute la population dans la rhétorique officielle des autorités de Kiev est devenue immédiatement “terroriste” oubliant les actions similaires dans la capitale avant le coup d’état. L’expédient est facile et commode ; amalgamer dans le même schéma presque onze millions de personnes sans faires de nuances, ni, par dessus tout, s’embêter à comprendre le pourquoi ou, encore mieux, à l’assumer parce qu’il paraît impossible qu’ils ne se rendent pas compte, malgré l’aveuglement congénital du nationalisme de tout ce qui, de leur côté de la barrière identitaire, permettrait d’expliquer cette situation aberrante.

Le gouvernement de Kiev, euphorique grâce à l’approbation consentie par l’Union Européenne et les États-Unis, au moment même auquel il procédait à la destitution de Ianoukovitch, a complétement oublié qu’il n’était qu’un gouvernement provisoire ce qui, - même s’il avait été légitime - l’oblige à limiter ses fonctions aux tâches courantes de maintenance du pays et à la préparation des élections présidentielles prévues pour le 25 mai. Les nouvelles autorités n’ont pas entendu que le sud-est du pays, qui s’est tu pendant qu’elles manifestaient à Maidán, agissait ainsi, non pour un  plein soutien à ses exigences, buts, motivations et actions, mais parce qu’il ne considérait pas comme possible qu’un gouvernement démocratiquement élu puisse être destitué de cette manière, ni ne pensaient que le soutien de l’Occident en viendrait à être aussi éhonté ni qu’une fois que ce serait produit le coup d’état, ils oseraient s’immiscer dans les régions dont les activités industrielles constituent la base économique du pays, celles qui lui apportent la moitié de son PIB.

La première vague d’indignation parmi la population russophone (qui n’est pas ethniquement russe et encore moins par définition “pro-russe ») a eu lieu quand, au lieu de se préoccuper de résoudre les graves problèmes économiques dont souffre le pays, la Rada ou Parlement, dirigé par des éléments putschistes et sous la menace des armes de Pravyi Séktor, a supprimé la loi des langues, qui garantissait un statut spécial au russe, parlé par l’immense majorité des populations de ces régions, ainsi qu’à d’autres langues minoritaires comme le hongrois, le transcarpatien (mais pas le ruthène considéré comme un dialecte de l’ukrainien) ou au roumano-moldave à Chernivtsi et Odessa. Cette décision, prise le 23 février, fut répudiée y compris par le commissaire de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération Européenne) pour les affaires des minorités ethniques, qui averti qu’une telle initiative parlementaire pourrait aggraver la situation du pays, par-dessus tout dans les régions dans lesquelles la question de la langue est considérée comme importante. Pour sa part, la porte-parole du Conseil de la Fédération de Russie, Valentine Matviienko, prévint alors que cette décision allait constituer le début du séparatisme en Ukraine. Ce sujet, aux yeux de beaucoup d’habitants d’Europe, ne constitue pas une raison suffisante pour un affrontement comme celui qui s’est produit. Cependant, les citoyens ukrainiens russophones dès le début de Maidán recevaient des signaux verbaux et graphiques du parti-pris idéologique de l’opposition qui ensuite deviendra le gouvernement provisoire. La symbolique fasciste qui apparaît sur les drapeaux, les peintures, les vêtements et les pancartes de beaucoup d’activistes de Maidán démentent les déclarations de cette opposition qui prétend agir au nom de toute l’Ukraine - et ce malgré la participation du parti ultra nationaliste Svoboda - et que son objectif serait d’unir toute l’Ukraine indépendamment de l’ethnie, dans une avancée vers des valeurs démocratiques. Malgré tout, les gens se sont armés de patience et ont attribué l’usage des slogans et emblèmes de type fasciste d’avantage à la ferveur patriotique de l’opposition qu’à ses véritables intentions d’exécuter le programme politique de Svoboda, dont le contenu pour quiconque connaît un peu l’histoire remonte au Munich de 1933 et au Lvov de 1942.

De toute façon, cela a été démenti, dès leur accès au pouvoir, par la dite abolition de la loi des langues et parce que le gouvernement provisoire au lieu de désarmer les unités paramilitaires néonazies de Pravyi Séktor, leur a permis pratiquement de contrôler les régions occidentales d’Ukraine, sans exiger qu’ils abandonnent les bâtiments occupés et, pour abonder dans ce sens, tente de les légaliser comme partie de la Garde Nationale, en une sorte d’éruption schizoïde qui prétend unir les unités militaires du Ministère de l’Intérieur du dissous Bérkut avec ses adversaires antérieurs dans les rues de Kiev. Conjointement à cette offensive, de manière tout à fait évidente pour qui connaît la situation de l’Ukraine, se produit la signature précipitée, sans autorité légale ou morale pour cela des sections politiques (Titre I et II) de l’accord contesté d’association de l’Ukraine et de l’Union Européenne, qui pour les mineurs et les ouvriers de l’industrie du Donbass signifierait (en cas d’application de sa partie économique) la fermeture des entreprises correspondantes et la perte de leur poste de travail, comme cela s’est produit en Espagne, dans des circonstances similaires lors de ce qui est appelé par euphémisme la « reconversion industrielle ».

Ainsi allèrent les choses, le 28 février, le leader de la contre-insurrection Pavel Gubarev comparaissait devant l’assemblée régional de Donetsk, appelant les députés a réagir face aux autorités putschistes de Kiev et à défendre la région de “la Junte” sans aucun résultat. Le premier mars, pendant une manifestation, la multitude à élu Gúbarev comme « gouverneur populaire », contre le gouverneur imposé par Kiev, l’oligarque Serguéi Taruta, mais le 6 mars il fut arrêté, accusé de « actions dirigées vers le changement forcé, et la vulnération de l’Ordre Constitutionnel ou assaut au pouvoir de l’état », ainsi que d’attentat contre l’unité et l’inaliénabilité de l’Ukraine », ce qui ne laisse pas d’être ironique venant d’un gouvernement coupable précisément de ces mêmes charges. Cette inculpation fut sans doute une des premières démonstrations du double standard employé depuis systématiquement par le nouveau gouvernement et un catalyseur pour le développement du mouvement de résistance à “la Junte”. D’un autre côté, Gubarev appelait à la fédéralisation de l’Ukraine et pas à la Sécession du Donbass, une opinion qui était encore majoritaire fin mars, selon une enquête réalisée entre le 16 et le31 de ce mois par Ukrainian Sociology Service, qui révèle que seulement 18% de la population des régions orientales est partisane d’une sécession. Cette proposition de fédéralisation, que propose pour la première fois le 30janvier de 2013 le député pour le parti des régions Vadim Kolesnichenko, fut la première tentative de la part de la population des régions sud-orientales d’offrir une sortie rationnelle et pacifique à la situation de la part de quelques citoyens qui pour des raisons expliquées lors de l’entrevue citée au début de ces lignes, ne veulent pas en venir à faire partie de la Russie, ni être citoyens de seconde Zone dans leur propre pays.

Cependant, à cause du rejet par l’assemblée régionale des propositions de Gubarev et ensuite de sa détention, les manifestations à Donetsk ont commencé et elles ont grandi. Alors la Rada, alors que la sécession de la Crimée s’était déjà produite, adopta immédiatement une posture d’extrême agressivité et le 13mars, elle changea la loi électorale pour l’élection présidentielle, à laquelle fut ajoutée une clause : « La Commission Électorale centrale est obligée d’établir les résultats des élections présidentielles indépendamment de la quantité de districts électoraux dans lesquels les élections ont été menées à leur terme », autrement dit, elle élimine la nullité des élections faute de quorum, à manœuvre grossière au sujet de laquelle tout commentaire serait superflu. De surcroît, l’amendement suivant a été adopté “Si les élections ne sont pas menées à leur terme dans certains districts électoraux, les résultats des votes au jour des élections pour le Président de l’Ukraine s’établiront à partir des résultats des autres districts électoraux”. Il a également été établi que « le jour même des élections ne pourront être célébré aucun referendum ni de l’état, ni locaux ». Le fondement de ces modifications légales est constitué par la sécession non reconnue de la Crimée, où il y a près d’un million d’électeur, et aussi la possibilité d’un boycott électoral dans les régions du sud-est, en plus d’offrir la possibilité de manipuler les résultats électoraux, cherchant des excuses pour invalider les votes « inconvenants » de districts déterminés, sans avoir à recommencer les élections. Ces dispositions furent suivie d’action de protestation qui dans certains cas se sont terminées par l’occupation de bâtiments officiels, en prenant précisément comme modèle celles qui furent menées lors du Maidán, mais à la différence de ces dernières, celle-ci furent taxées de « séparatistes », en application de la morale de double standard. D’autre part, ces accusations semblent pouvoir s’enraciner dans la profusion de symbolique pro-russe parmi la contre-insurrection sud-orientale. Pour comprendre ce phénomène il faut comprendre que malgré que les autorités de Kiev et leurs médias affins, le nient constamment, le schéma de leurs actions révèle l’application du programme de l’extrême-droite nationaliste ukrainienne, c’est pourquoi dans les dites région on l’appelle « la Junte » et ses actions sont considérés quasi unanimement comme fascistes. Dans la mémoire collective de ces régions, fortement affectées par l’occupation nazie, la libération elle-même est associée de manière indélébile à l’armée soviétique (de là l’emploi mentionné du ruban de Saint-Georges, l’unique décoration tsariste reconnue par le régime soviétique). A son tour, l’armée russe est considérée de manière plus ou moins consciente, comme son héritière. De là l’adoption d’une symbolique qui, quoique dans certains cas elle corresponde réellement à une volonté séparatiste, pour la majorité des gens, elle exprime seulement un principe, son profond sentiment antifasciste.

 

 

 

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L’“opération antiterroriste” du Donbass

Le 13 avril, les autorités de Kiev ont annoncé le lancement de l’opération antiterroriste contre les régions du Sud-est, après la prise le 12 avril, de la mairie de Slaviansk par la contre-insurrection. Avant de poursuivre, il est indispensable de se demander : de quel terrorisme sommes-nous en train de parler ? Jusqu’à ce moment, dans les dits territoire, il n’y avait pas eu de prises d’otages, aucune explosion n’avait été provoquée, ou séquestration, il n’y avait pas eu de morts, sauf celle du porte-parole de Svoboda dans le Donbass, causée par un coup de poing au cours d’un affrontement entre des activistes pro et contre Maidán. Il est clair donc, que parler dans ce cas de terrorisme c’est simplement avoir recours au mot magique qui au moins depuis le 11 septembre, justifie en occident n’importe quelle classe de violation de droits.

De fait, le premier affrontement de la population civile avec les unités de l’armée s’est produit le 17 avril, quand les gens, surpris face à la grande affluence de véhicules militaires sur les routes se placèrent face à une colonne de tanks. Avec les débuts de cette opération, la population civile, qui fondamentalement était restée tranquille, par pure inertie, même si son opinion coïncidait avec celle de activistes commença à s’alarmer, d’autant plus que tout le monde savait que les troupes ne peuvent être mobilisées sans la déclaration préalable de l’état d’urgence. En plus, les troupes qui tenaient mobilisées avaient leurs quartiers à Dnepropetrovsk, elles étaient basiquement composées par les recrues originaires de la région de Donetsk, Lugansk et Jarkov. Les gens se rendaient compte que le gouvernement, au lieu d’agir ponctuellement contre les occupants de certains bâtiments généraux, envoyait directement l’armée, dont on ne savait pas comment elle allait agir.

Ainsi, malgré ce qu’affirmait le gouvernement de Kiev, les gens qui sont sortis pour arrêter les chars n’étaient ni armés, ni achetés par personne, il ne s’agissait pas non plus de russes infiltrés ou d’agents à la solde de Moscou. Quelle serait la réaction de n’importe quelle population du monde que son gouvernement déclarerait « terroriste » dans son ensemble et le lendemain lui enverrait l’armée ? Faut-il supposer que quelqu’un les a achetés pour qu’ils tentent de faire quelque chose ? Les gens qui ne voulaient pas que cela dégénère en conflit sanglant sont sortis, hommes, femmes, enfants, désarmés et le visage à découvert, pour demander aux militaires qu’ils partent de là. Dans certains cas, comme à Kramatorsk, le 16 avril, les soldats, qui n’avaient aucune idée d’où on les envoyait ni de qui les envoyaient, se sont indignés et sont passés à la contre-insurrection. Dans d’autres cas, les soldats, sans présenter de résistance et pour démontrer qu’ils n’allaient pas entreprendre d’action militaire, ont démonté leurs armes, confiant à leur commandant les verrous. Dans certains cas, les gens s’en sont allés avec des caisses de munitions qu’ils ont remises à la police. Nous ne pouvons pas non plus garantir qu’il n’y ait pas eu des cas dans lesquels les contre-insurgés ont conservé les armes réquisitionnées, mais nous ne l’avons pas constaté, parmi des centaines d’enregistrements et commentaires qu’il y a sur internet au sujet des événements. Les uniques affrontements ont eu lieu durant cette première phase de l’ « opération anti-terroristes », ce sont produits aux barrages routiers (presque tous sans armes et à visage découvert) pour éviter la venue des commandos paramilitaires de Pravyi Séktor. Quand leurs troupes étaient détectées, le feu était mis au pneumatiques de la barricade pour aviser les groupes d’autodéfense, qui, eux oui, étaient armés. C’est ce qui s’est produit dans l’escarmouche de la nuit du 19 au 20 avril près de Slaviansk, qui fut le plus grave des événements jusque là. 

Face à l’échec de cette première offensive, le gouvernement de Kiev, déclarant qu’il ne lancerait pas les troupes contre la population, a renforcé la Garde Nationale avec l’équipement de l’armée et a commencé à organiser des groupes irréguliers qui normalement s’identifient comme Pravyi Sektor, quoique en réalité on ait aucune certitude quand à leur composition réelle. De fait, de nombreux témoins signalent que parmi eux on a détecté des participants étrangers qui parlent en anglais et en polonais, et des rumeurs circulent concernant le recrutement des mercenaires de l’entreprise internationale Greystone, mais il n’y a pas de preuves avérées de cela. Ce qui est confirmé, oui, c’est que le gouverneur de Dnepropetrovosk, Igor Kolomoiskyi, forme à ses frais une unité de volontaires pour combattre les « séparatistes ».

Une fois ses effectifs réorganisés, le gouvernement de Kiev a décidé de lancer une seconde et puissante offensive le 2 mai passé. Alors que les gens du village de Adréievka, situé entre Kramatorsk et Slaviansk, conscients de ce que le même jour à Slaviansk les contre-insurgés livraient de durs combats contre la Garde Nationale et « compagnie », décidèrent d’arrêter une colonne de véhicules blindés qui se dirigeait vers une colline où se trouve la tour de la télévision, qui n’était pas en soi l’objectif, mais la position même, vu qu’elle est un des rares lieu en hauteur ou pouvait être ’installé l’artillerie, tant visant Slaviansk que visant les quartiers ruraux de Kramatorsk. De fait, ce fut déjà une position importante et disputée pour cette raison, lors des batailles de la Seconde Guerre Mondiale. Depuis les premières heures de la matinée jusqu’au crépuscule, la majorité de la population de Andréievka, complétement désarmée, a tenté de convaincre les effectifs de la Garde nationale de se retirer, alors qu’eux répondaient qu’ils venaient uniquement pour les terroristes, à quoi les habitants répondaient que les uniques terroristes qu’eux connaissaient sont ceux de Pravyi Séktor et le gouvernement putschiste ukrainien, et que les gardes feraient mieux de retourner à Kiev pour la nettoyer des nazis armés qui se baladent dans les rues, alors qu’ici, c’est-à-dire dans le Donbass, il y a seulement des gens normaux, qui veulent qu’on respecte leur droits. Pendant ce temps, les gens amenaient de l’eau pour donner à boire aux gardes, vu que, il faut le faire remarquer, les autorités de Kiev ne se sont pas préoccupées d’assurer le ravitaillement de leurs propres troupes. Cela c’était déjà produit lors de la première d’offensive, pendant laquelle les « séparatistes » et les « terroristes » ont du alimenter (par charité pour le dire ainsi) les troupes envoyées de Dnepropetrovsk.

Quand au crépuscule, les gardes décidèrent de faire demi tour, les habitants leurs demandèrent de remettre leurs armes, pour garantir contre le risque d’une attaque dans le dos. Et ils proposèrent en échange, pour ne pas qu’ils soient accusés d’avoir déposé les armes de vider les chargeurs en tirant en l’air. A ce moment, alors qu’il faisait déjà sombre, quelqu’un lança un feu de Bengale faisant du bruit et de la lumière (de ceux qui faisaient partie de l’équipement de la Garde, et on n’a pas constaté qu’il y en avait entre les main de la contre-insurrection), ce à quoi dans la multitude quelqu’un répondit en lançant un cocktail Molotov, en plus, à ce moment, on voit apparaître un garde avec une blessure au cou, ce qui a provoqué la réaction des autres gardes qui ont ouvert le feu. A partir d’ici les versions divergent. Selon le commandant de la garde nationale, les terroristes étaient cachés dans la multitude d’où ils tiraient à la kalachnikov (ce dont nous constatons que c’est faux), avec pour résultat deux gardes morts et aucun civil. sD’après les habitants, ceux qui ont provoqué l’affrontement, ce furent les « commissaires politiques » incorporés à cette colonne. Selon Viacheslav Ponomariov, le leader de la résistance de Slaviansk, il y a eu 15 morts, parmi lesquels 4 militaires et 11 civils, plus des dizaines de blessés. D’après son communiqué ceux qui ont commencé à tirer, ce furent plusieurs radicaux d’un groupe de Pravyi Sektor qui faisaient partie de la colonne, qui ont tiré quand ils ont vu qu’elle allait se replier. 

Cet affrontement peut être considéré comme déterminant, parce que jusqu’à ce moment la contre-insurrection appliquait la politique de ne pas tirer contre les membres des forces de sécurité de l’état, en partant du principe qu’elles étaient en service commandé, et de ne le faire que contre des unités paramilitaires. Cependant, en conséquence de cet affrontement, les soldats et les membres de la garde nationale ont été avertis que cette immunité a été suspendue. Cet affrontement a aussi initié les attaques des troupes régulières contre la population, celle-là même qu’ils étaient supposés venir défendre contre les « terroristes ». En parallèle, les habitants de Slaviansk et Kramatorsk ont dénoncé les actions indiscriminées des francs-tireurs, parmi les victimes desquels ont trouve par exemple Iuliia Izotova, une aide sanitaire abattue d’un tir dans le dos pendant qu’elle tentait de s’aligner d’une escarmouche à un poste de contrôle de la route dans lequel elle travaillait comme infirmière volontaire.

 

 

Réflexion finale

Nous ne prétendons pas que notre version soit absolument indiscutable ni que nous disposons de suffisamment d’information pour détenir la vérité, d’autant plus que dans tout conflit chaque partie à sa propre vérité qui n’est pas toujours dénuée de fondement. Cependant, il est clair qu’en mettant l’information dans la balance la partie qui coule dans ce cas, c’est la version des autorités de Kiev, et de ses partisans qui, avec l’intervention et l’aide pour le moins complaisante de l’Occident, diffuse une vision pour le moins partiale, quand elle n’est pas totalement fallacieuse, de la plus grande partie des événements d’Ukraine, afin de justifier ses actes, qui sont eux terroristes, contre ceux de ses propres concitoyens qui ne sont pas disposés à se soumettre à un gouvernement putschiste d’inspiration néonazie, soutenu par la « dialectique des poings et des pistolets » 

 

Sources en espagnol :

   http://marquetalia.org/2014/05/07/terror-fascista-en-ucrania-por-ganna-goncharova-y-alberto-montaner-frutos/

Terror fascista en Ucrania 

Traduction Anne Wolff

En traduisant ce texte, j’ai traversé d’intenses moment d’émotion, d’empathie, celle que ressent tout humain face à l’horreur qui détruit la vie de la manière la plus ignoble et sadique qui soit, mais aussi cette empathie avec des antifascistes qui eux ont à combattre le monstre en face à face et pour la plupart à main nue. Je rends hommage à ce peuple d’Ukraine qui a choisi de risquer sa vie pour combattre le fascisme et se bat aujourd’hui aussi pour ma liberté, demain. ) J’aimerais aussi traduire le premier qui nous donne une vision historique de l’Ukraine par une personne informée, qui change un peu du son de cloche des expert internationaux qui évaluant les positions stratégiques et actions des grandes puissances, ont un peu trop tendance à oublier l’essentiel, le peuple qu’elles utilisent comme des pions dans leur jeu.

Et pour ceux qui lisent l’espagnol, deux autres témoignages de militants de gauche depuis Kiev. Ucrania: dos miradas desde abajo y la izquierda  Un apport précieux pour tous ceux qui savent que construire un véritable front antifascistes antinazis est urgent et que nous devons tirer les leçons de l’échec des antifascistes ukrainiens qui débordés n’ont pas réussi à arrêter le coup d’état fasciste avant qu’il soit trop tard.

Anne W


De la même auteure : 

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Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 9 mai 2014 5 09 /05 /Mai /2014 21:03

 

Le commandant en chef de Kiev
Dix tanques ont attaqué la ville de Mariupol avec à leur bord des paramilitaires nazis et probablement des mercenaires, les habitants de Mariupol ont réussi à capturer un tank

 

 

 

 

Voyez les "militaires" ukrainiens qui entrent dans la ville

 

Des affrontements très durs ont eu lieu entre ces bandits et la police qui a refusé d'exécuter les ordres de la Junte Nazie de Kiev de tirer sur la population.

Les bandes fascistes ont, elles, tiré sur des civils sans défense, il y a eu plusieurs morts

Les milices antifascistes de la ville de Donetsk se sont dirigées vers Mariupol pour apporter leur soutien a la population, rapporte Ria Novosti.

En ce moment il n’est pas question de combats importants au sens d’une attaque militaire classique. Ce qui donne à penser qu’il s’agit d’une nouvelle action des bandes de Praviy Sektor et de mercenaires de Blackwater, intégrés dans ce que Kiev appelle Garde Nationale. Nous l’avons rebaptisée Garde National-Socialiste.


D’après les dernières nouvelles les bandes fascistes auraient abandonné la ville.

 

D’autre part les guarimberos vénézuéliens semblent avoir repris leurs attaques en coordination avec leurs frères de Maidan. Aujourd’hui ils ont assassiné un Policier National Bolivarien. Blessé il est emmené par ses camarades(Qui dégageait une de leur barricade NdT)




Traduction Anne Wolff
Par Anne Wolff - Publié dans : Putsch en Ukraine et guerre globale - Communauté : La Cyber-résistance
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Halte ! Ethnocide !

 

Déplacés, affamés, assassinés, emprisonnés

Discrètement mais sûrement l'ethnocide des

peuples originaires, jour après jour,

se poursuit dans le silence et l'indifférence

Une source d'espoir pour le monde

se tarit,  une sagesse disparait

Une résistance grandit, s'organise

un exemple, un modèle qu'il convient

d'écouter, de partager.


Pour qui ? Pour Quoi ?

Chávez, étoile de l’espoir

 

 

 

 

 

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SAUVAGE

 

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    Sauvage est un mot qui me parle de beauté.

Là-haut  dans   la montagne, ils m’appellaient la « salvaje », la sauvage et j’aimais bien car je savais ce que civ ilisé à l’oc cidental peut con tenir de mesquinerie, de dévitalisation, de déshumanisation, d’apologie de l a haine. J’en avais fini avec le mythe du progrès. Je n’avais pas encore compris ce que les horreurs du 20ème siècle avait de concerté, de prog rammé, de volontaire, mais je savais par contre que si l’humanité survivait aux conséquences des désastres produits par l’occident universaliste triomphant, ce siècle apparaîtrait comme la genèse de l’horreur absolue : celle de « l’ Homme » détruisant l’humanité en gestation.

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Aujourd’hui j’en sais trop, je ne crois pas que je pourrais jamais retrouver cette vie de plénitude sereine de fille des bois sans que se rappelle à moi la destruction organisée de notre monde. Mais ce qui motive avant tout mon combat, c’est la survie de la vie sauvage. Une vie où même les mots proie et prédateur participent de la survie et n'ont pas le sens comme c’est le cas avec les Hommes, de la destruction de toute vie, de toute tendresse, de toute compassion sur la planète. Mais je n
 e suis pas un Homme, je suis une humaine,…

Anne 

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Ukraine avenir de l'Europe?

Odessa, le cri de ceux qui après avoir échappé à l'incendie de la maison des syndicats, ont été emprisonnés comme terroristes et libérés par un vaste mouvement populaire.

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Leurs bourreaux,conditionnés et instrumentalisés pour réaliser le travail de destruction de ceux pour qui la haine du vivant et de l'humain est la racine de leur être au monde et utilisent à leur profit la guerre fratricide

Des liens et d'autres

microfascime

 

 

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Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […]. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma.

 
Gilles Deleuze, février 1977.

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