Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 23:59

Bref survol du statut de l’école.

L’école, telle qu’elle est aujourd’hui, est l’ironie même de l’éducation - cet "educere" consistant à conduire et orienter le sujet humain par la transmission de valeurs pour la libération - en tant qu’elle impose un formatage officiel aliénant de l’esprit par la séduction (seducere) de la réussite égoïste dans la société, au mépris de toute mission moralisatrice voire libératrice de l’homme. Désapprendre l’habitus actuel d’enfermement dans la vision simpliste et plate du succès personnel pour apprendre à intégrer l’autre comme semblable à élever et servir par tout savoir et savoir-faire avant tout enrichissement matériel, telle doit être la téléologie socio-scolaire révolutionnaire de notre temps.

La question de l’école renvoie à celle de la société voire de l’humanité : Quel type de société et quelle sorte d’hommes voulons-nous ? Tout changement de société et d’humanité impliquera une réforme radicale de l’école qui, en forte part, structure les mentalités et prédétermine les rationalités en action dans le monde.

L’école est la matrice de structuration de l’humanité sociale. Aussi, est-elle le germe et la parturiente de tout un pan de la nature sociale, étant l’une des institutions fondamentales de reproduction de la société, déterminant ses modalités d’existence, ses valeurs, ses projets de maintien ou de transformation du collectif, ses assises du savoir et du savoir-faire !

On oublie trop souvent que l’école est le choix d’une société se projetant dans ses buts, ses attentes, sa construction de soi et sa définition de l’homme. Alors, la question appariée à celle de l’école et de ses modalités, est donc :

Faut-il changer la société ? Et, par voie de conséquence, la famille, la citoyenneté ? Faut-il revisiter et réviser nos fondements idéels et factuels d’humanité ?

La terre est devenue une géhenne et la société un bordel où tous les mérites authentiques spirituels, intellectuels et moraux sont rejetés, méprisés s’ils ne rapportent pécuniairement au système socioéconomique, s’ils ne sont prostitués à l’ordre économique malsain. Dès la petite enfance, nous mettons l’homme au pas par des sortes d’hexis bien inculquées sous forme d’ambitions, de rêves pour l’apprêter au service du Moloch institutionnel incarné par l’État qui garantit l’ordre social par ses lois, sa répression éducationnelle où tous sont à peu près esclaves de l’ordre imposé par et pour quelques-uns. Alors, oui, il faut tout changer, si un tant soit peu, nous croyons que l’homme prime les choses et les idéologies. Hélas, nous enseignons aux enfants des monstruosités comme la compétitivité féroce qui rend opportuniste et inhumain en percevant l’autre comme adversaire ennemi plutôt qu’une société de partage et de convivialité ; l’auto-évaluation par la consommation ; la foi aux clivages bêtes et indécents de notre société de malaise...

Il ne s’agit pas de favoriser la réussite sociale dans un monde en décomposition, non, mais de refaire le monde, la société au profit de l’Homme, où il a toutes les chances effectives d’être Esprit Libre qui se choisit sans être chose adaptée que l’ordre social manipule, que l’ogre du monde utilise !

Fonction téléologique de la société - en tant qu’elle permet au pouvoir social de former ceux sur qui dépend son maintien ou sa transformation dans la projection institutionnelle vers le futur collectif - l’école doit être prise en main par les partisans de la liberté ; et l’école nouvelle, libérée, moulera l’humain, le façonnera citoyen et s’érige voie et démarche d’avenir par où advient le devenir social désaliéné.

Le monde hideux de la ploutocratie actuelle fera tout pour maintenir l’école au stade d’usine de compétences immédiates au service de la professionnalisation-emploi qui sous-tend l’ordre de la production-consommation. Les ploutocrates continueront à élaborer une école où l’éveil à l’esprit critique sera marginalisé, maintenu parmi une infime minorité sous contrôle dans les universités où lesdits spécialistes en sciences humaines et en philosophie sont payés pour éviter les questions essentielles avec la société. Et, si jamais un ou deux d’entre les spécialistes vraiment doués - car plusieurs sont des affairistes et même des répéteurs médiocres de conneries officielles dans un langage scolaire - osent prendre position pour la vérité, la presse des riches ne manquent jamais de les faire passer pour des excentriques, des excessifs, des fous, des illuminés, des pédants, des extrémistes etc...

Comme dans la boutade d’Ivan Illich proclamant l’avènement d’"une société sans école", il faudra en quelque sorte, (fermer les écoles) pour une société autrement scolarisée, c’est-à-dire, sans le type d’école planétairement en vogue, qui ne cesse de vampiriser l’esprit des hommes dès l’enfance, au profit d’une minorité diabolique.

À ceux qui aiment la vérité, l’humanité et le changement, l’une des plus grandes batailles, sera celle de la réforme radicale de l’école pour une révolution de l’entendement et du comportement...

Tout le pari de l’éducateur digne de soi et respectueux de l’éduqué - le sujet humain à orienter - est de faire de la fonction essentielle de l’éducation et de toute pédagogie une orientation conductrice optimale qui outille l’homme de toutes les armes critiques pour comprendre et choisir sa vie, son monde en l’édifiant librement. Opérer l’éducation en tant que le lieu d’une édification de l’homme en collaboration consciente avec lui, loin de l’école d’asservissement et d’aliénation qui sévit aujourd’hui par le matérialisme sauvage la corruption, la construction-pérennisation des clivages grossiers de domination et d’exploitation de l’homme par l’homme.

Le combat pour la réforme de l’éducation planétaire via l’école sans mur et aspatiale (sans espace précis) parce que partout portée par la technologie et tous les moyens de communication dont nous disposons aujourd’hui, constitue ce que j’appelle, dans le titre de ce texte, sa téléologie ouverte, puisqu’elle visera la projection (téléologie collective) de l’humanité comme plus libérée, plus consciente, plus digne de ses facultés et attributs. Ladite téléologie éducative est donc ouverte comme porte de tous les possibles pour une libération sociale de masse.

Si nous avons parlé d’école sans murs, c’est parce que nous sommes pour le démantèlement jusque dans sa matérialité, du carcan de l’éducation actuelle. On se sert de l’école pour dresser des murs immatériels où l’on cloître les esprits, alors que l’Éducation, la grande, la vraie, est ravageuse de toute claustration, ennemie jurée de la servitude tant idéelle, idéologique que factuelle orchestrée par l’économie et la politique de l’État.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Vous pouvez retrouver Camille LOTY MALEBRANCHE sur http://intellection.over-blog.com/

Par Anne Wolff - Publié dans : Point de vue de personnes - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 23:19

 

samedi 19 mai 2012


Aujourd’hui encore, les projectiles de l’OTAN sèment la mort au Kosovo et en Métohie parmi les Albanais et les Serbes, mais aussi parmi les soldats de la KFOR et le personnel de l’UNMIK.

Ce n’est pas sans raison que l’on a interdit aux militaires américains, à leur retour de la région, de se porter volontaires pour des dons de sang. On peut de même comprendre que certains experts militaires de la KFOR affirment que le séjour de leurs hommes au Kosmet constitue la plus grande expérimentation in vivo régie par les Américains. Il n’est pas sans logique que dans les têtes des stratèges US, il s’agisse là d’une étude des comportements et des apparitions de pathologies dans une guerre nucléaire à venir. Voilà ce qu’écrit le Pr Vujadin Otasevic, médecin pathologiste, professeur à la Faculté de médecine de Nis et directeur de l’Institut de médecine légale de la même ville, dans « Les nuages de mort du Kosovo-Métohie », un livre récemment publié par la Faculté. Pour les besoins du présent texte, nous nous sommes limités à la section intitulée « Empoisonnement et radiations dus aux bombardements » dans laquelle le Pr Otasevic rapporte des faits dûment attestés.

La catastrophe écologique, aux conséquences à long terme incalculables pour la santé et la vie des habitants, qu’ont provoquée les bombardements de l’OTAN, a connu dans sa forme la plus funeste l’utilisation de munitions à l’uranium appauvri (UA). « Cette utilisation a abouti à la libération d’importantes quantités de diverses substances dangereuses aux effets cancérigènes, sources de mutations et d’autres effets nocifs sur les humains, le monde végétal et animal », constate le Pr Otasevic en précisant que la plupart de ces substances ont aussi contaminé « la région des Balkans considérée dans son ensemble ».

Les avions A-10 ont largué sur leurs cibles des munitions de calibre 30 mm comportant en leur sein un projectile métallique d’U-238 radioactif, c’est-à-dire d’UA. « Avec une élévation très forte de la température il se produit un aérosol de fines particules d’uranium radioactives dont la poussière entre dans les poumons avec la respiration ou bien pénètre l’organisme avec de la nourriture ayant été en contact avec cette poussière. Une fois dans l’organisme, l’uranium irradie à faibles doses. La particule d’uranium se trouvant dans les poumons produit à chaque heure et jusqu’à la fin de la vie une irradiation comparable à un examen quotidien aux rayons X », indique le Pr Otasevic. Les particules radioactives restent dans le corps « sans se décomposer pendant dix années et plus, et une telle irradiation lente du corps entraîne maladies et mort prématurée ».

Le rapport de l’OTAN aux Nations Unies de septembre 2000 donne le chiffre de 30.000 projectiles à l’UA tirés sur des cibles en Yougoslavie, ce qui équivaut à environ 10 tonnes d’uranium.

Au terme de l’agression de l’OTAN, une équipe d’experts du programme de protection de l’Agence de l’ONU pour les établissements humains avait émis un avertissement concernant « des avortements, des malformations postnatales, des maladies incurables du système nerveux et du foie ». D’après l’agence de presse néerlandaise A & P, qui s’est procurée ce rapport, celui-ci « présente le tableau d’une tragédie plus grande que l’accident nucléaire à Tchernobyl en 1986. »

Dans son rapport préliminaire du 14 août 1999, l’équipe des experts internationaux avait conclu que « la Yougoslavie va connaître une catastrophe écologique si des mesures urgentes ne sont pas prises pour empêcher une possible débâcle écologique ».

Le Pr Otasevic rapporte les résultats d’une étude menée à l’hôpital de Kosovska Mitrovica d’après lesquels les apparitions de carcinomes se sont accrues de 200% au sein de la population serbe. Le directeur de l’Institut de radiologie de Pristina, Djevad Bitsaj, a dit par le passé que 3.500 cas de pathologies malignes avaient été relevés en 2004 et en 2005 parmi des Albanais de toutes les parties du Kosmet. Parce qu’elle soupçonnait des cas de leucémie et des carcinomes, la KFOR a retiré du Kosmet plus de 3.000 soldats, tandis que jusqu’à la mi-2006, 40 militaires italiens et 20 soldats français étaient décédés d’affections malignes.

Par rapport au début du siècle, constate le Pr Otasevic, « le nombre des pathologies malignes en Serbie s’est accru de quatre fois et demie ». Rien qu’en 2005, 18.000 personnes en sont décédées et 31.500 cas nouveaux ont été enregistrés. Dans le district de Nis, de 1997 à 1999, des pathologies malignes sont apparues chez 663 personnes, mais de 1999 à 2009, elles sont apparues chez pas moins de 18.247 individus. « La multiplication dramatique des pathologies malignes au cours des années consécutives à la guerre – entre deux et dix fois – est liée aux émissions radioactives causées par les bombardements de l’OTAN », conclut le Pr Otasevic.

Et il avertit : « Dans le monde et chez nous, il n’y a pas assez de résultats d’études scientifiques qui permettraient d’évaluer toutes les conséquences de l’utilisation de munitions à l’UA. La science est longtemps restée silencieuse sur ce problème, et aujourd’hui encore elle ne se prononce pas jusqu’au bout. C’est là probablement le résultat de l’influence de la politique et de la puissance armée sur la science pour éviter que l’on prenne connaissance des agissements inhumains et de leurs conséquences alarmantes pour la santé de l’homme et de son milieu vital ».

Par Slobodan KLJAKIC le 08/05/2012 Source Originale : B.I. Infos

Transmis par Linsay

Source : Rouge Midi

Par Anne Wolff - Publié dans : uranium appauvri et guerre sale - Communauté : Ecologie et Environnement
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 22:38

 

 

Colombie: L’Empire Contre-Attaque

Par Dan Kovalik, avocat américain des droits de l’Homme et des Travailleurs - voir le film L’Affaire Coca-Cola sur Youtube.

À la mi-avril, le Sommet des Amériques se tenait à Carthagène en Colombie. Bien sûr, on se souviendra davantage du Sommet pour le scandale des services secrets américains qui étaient là pour préparer la voie à la visite du président Obama, mais qui étaient plus intéressés à se mettre au lit avec des prostituées pour ensuite refuser de payer.

Toutefois, deux développements importants, et tout aussi troublants, ont également émergé du sommet : (1) le Président Obama a annoncé que les États-Unis mettraient en oeuvre l’Accord de Libre-Echange (ALE) avec la Colombie ce mois-ci ; et (2)  Obama a annoncé que les États-Unis enverraient des commandants de brigade U.S. pour conseiller l’armée et la police colombiennes dans leur campagne de contre-insurrection. Alors que la première annonce a été largement médiatisée, la seconde ne l’a pas été et celà, en dépit du fait que ces deux politiques sont étroitement liées.

L’ALE est conçu pour ouvrir la Colombie à une plus grande exploitation et pénétration par les multinationales, plus particulièrement celles des industries extractives, comme le pétrole, le charbon, l’éthanol (issu de l’huile de palme), l’or et autres métaux précieux. Comme l’explique un excellent rapport de Peace Brigades International (PBI), au cours des 10 dernières années (c’est-à-dire durant les années menant au passage définitif à l’Accord de Libre-Echange), 40% de tout le territoire colombien a été « attribué ou sollicité par des compagnies d’exploitation minière et de pétrole brut ». En outre le PBI explique :

Des 114 millions d’hectares du vaste et prospère territoire de la Colombie, plus de 8,4 millions ont été autorisés pour l’exploration des gisements minéraux et plus de 37 millions d’hectares sont autorisés pour l’exploration de pétrole brut. En outre, selon le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, plus de 5,8 millions d’hectares de terres ont été autorisés pour l’exploitation des ressources minières non renouvelables en 2010.

Comme l’explique le PBI, la Colombie est en effet un pays riche en ressources, avec un approvisionnement riche en or, émeraudes, argent, platine, nickel et cuivre ; les « plus grandes réserves de charbon de toute l’Amérique latine » ; et une production de pétrole comparable à celle de ses voisins du Vénézuela et surpassant celle de l’Égypte. Cependant, le prix pour l’extraction de ces ressources précieuses en Colombie est énorme, avec des millions de Colombiens payant littéralement pour cette extraction de leurs vies, leur terres et leurs maisons. Ainsi, le PBI rapporte que « 80% des abus des droits de l’Homme en Colombie au cours des dix dernières années ont été commis dans les régions minières et productrices d’énergie, et 87 % de la population déplacée de Colombie proviennent de ces lieux. » Un tel déplacement est sans précédent dans le monde, la Colombie possédant maintenant la plus grande population de déplacés internes sur terre avec plus de 5 millions (pour une population d’environ 45 millions d’habitants). En d’autres termes, comme conséquence directe des efforts miniers se déroulant en Colombie, plus de 10% de la population colombienne est maintenant en situation de déplacement interne - un chiffre qui a de quoi impressionner.

De plus, un tel déplacement se répercute de façon disproportionnée aussi bien sur les 102 groupes indigènes de Colombie que sur la population Afro-colombienne. Dans une interview que m’a accordée Gimena Sánchez du Bureau de Washington pour l’Amérique Latine (WOLA) pour cet article, celle-ci a expliqué :

Actuellement, plus de 30 groupes indigènes distincts courent le risque d’une extinction culturelle et physique en raison de la violence, du déplacement et du manque de protection de leurs droits fonciers collectifs. Des opérations d’exploitation minière à grande échelle qui font partie du moteur économique favorisé par l’Administration de Santos sont projetées dans nombreuses terres collectives indigènes et cela va aggraver la crise des droits humains à laquelle ils sont confrontés. Une situation semblable se déroule sur les territoires des communautés Afro-colombiennes, malheureusement, l’héritage de l’esclavage qui inclut la discrimination raciale a rendu le scénario Afrodescendant moins visible en Colombie et leurs cas ne sont pas aussi bien documentés que ceux des indigènes [...] les intérêts économiques étant sous-jacents dans beaucoup de déplacements violents actuels en Colombie. Une bataille pour le contrôle des territoires autochtones et Afro-colombiens se déroule au bénéfice d’intérêts économiques légaux et illégaux. La Colombie souhaite sécuriser ces zones militairement afin de pouvoir mettre en œuvre des projets de développement à grande échelle qui profiteront surtout aux entreprises multinationales et colombiennes. Le gouvernement colombien, les entreprises et les multinationales voient seulement le symbole du dollar lorsqu’il s’agit des terres collectives indigènes et Afro-colombiennes en raison des minéraux et de la biodiversité qu’ils contiennent.

Les États-Unis fournissent avec enthousiasme l’appui militaire pour permettre au gouvernement colombien d’arracher cette terre par la violence  aux groupes indigènes et Afro-colombiens. Ainsi, depuis 2000, les États-Unis ont versé environ 8 milliards de dollars en aide militaire à la Colombie, faisant de la Colombie l’un des plus grands bénéficiaires de l’aide militaire dans le monde. A présent, selon le Wall Street Journal, le Président Obama est en train d’augmenter la mise, en annonçant, lors du sommet des Amériques, que les États-Unis enverraient des « Commandants de brigade U.S. ayant une expérience pratique de contre-insurrection en Afghanistan et en Irak pour passer deux semaines avec des unités de l’armée et de la police colombiennes déployées dans les bastions rebelles » pour aider à maîtriser ces zones.

Ces commandants s’ajoutent aux 250 membres du personnel militaire américain déjà présents en Colombie – un chiffre qui, comme l’explique le Wall Street Journal, ne comprend pas les agents de la CIA et de la DEA dans ce pays. Alors que les États-Unis et la Colombie ont déjà « mis en place cinq Joint Task Forces dans les zones où les FARC » sont les plus actives, le but est de créer sept task forces. En outre, tandis que le Wall Street Journal affirme que les États-Unis examinent simplement la demande de la Colombie en drones pour aider dans les efforts de contre-insurrection, d’autres sources, notamment Le Washington Post (examen des documents de Wikileaks) et Business Insider, ont rapporté que les États-Unis ont fourni des drones à la Colombie depuis 2006, bien que les États-Unis continuent de prendre soin de les garder en-dessous des écrans radars.

Et bien que les États-Unis prétendent aider l’armée colombienne afin de soumettre les zones de lutte contre les drogues, il est en fait évident que les régions doivent être soumises à l’exploitation par les multinationales (principalement des États-Unis et du Canada) dans les industries extractives. Pas étonnant alors que les commandants américains opéreront depuis la base de Tibu en Colombie, laquelle abrite de vastes ressources de palme et de pétrole brut. En prime, Tibu est sur la frontière vénézuélienne, permettant aux États-Unis et à la Colombie d’intimider le Vénézuela et son Président, Hugo Chavez.

L’aide des Etats-Unis comprendra l’aide à la Colombie avec « sa propre version de l’armée américaine du Joint Special Operations Command pour mener des missions hunt-and-kill (1), » visant à nouveau exclusivement les rebelles FARC d’extrême gauche et non les groupes paramilitaires d’extrême droite qui sont alignés avec l’État colombien et qui sont responsables de la plupart des abus des droits de l’Homme en Colombie. En effet, comme l’explique une bonne analyse par Susana Pimiento et John Lindsay-Poland du Fellowship of Reconciliation :

La participation dans une telle campagne militaire U.S. agressive  pourrait saper les tentatives potentielles de négocier un règlement du conflit armé, qui connaît un soutien croissant en Colombie. La campagne qui apparemment ne cible pas les successeurs des groupes paramilitaires, est également susceptible de bénéficier à ces groupes qui continuent de commettre des atteintes aux droits de l’Homme, à se livrer au trafic de drogue et à opérer dans plus de 400 communes de 31 États colombiens, selon un rapport publié par l’Institut de Développement et de la Paix, INDEPAZ.

Déjà, l’annonce de la mise en œuvre imminente de l’ALE, en conjonction avec l’annonce du rôle militaire U.S. intensifié en Colombie, est en train d’encourager ces forces en Colombie (surtout ceux alignés avec l’État colombien), fait plier par de violentes répression ceux qui s’engagent sans violence dans la lutte pour les droits à la paix, à la terre et au travail. Ainsi, selon Justice For Colombia (2), l’armée colombienne a assassiné le dirigeant communautaire nommé Duvier Celeita Cifuentes, un organisateur avec le syndicat agricole Sintrapaz, qui a appelé à un règlement pacifique du conflit armé en Colombie le 26 avril. Le 27 avril, un garde du corps d’Alfonso Castillo, le président d’ANDAS (l’Association Nationale des Personnes Déplacées), a été assassiné. En outre, Martha Cecilia Guevara, une organisatrice locale de la marche nationale pour la paix qui s’est tenue à Bogota (La Marche Patriotique) a disparu le 18 avril alors qu’elle s’apprêtait à se rendre à la marche. De même, le 18 avril, Herman Henry Dias, un organisateur paysan avec FENSUAGRO, a été tué, probablement par l’armée colombienne, après qu’il ait organisé le contingent de Putumayo pour la Marche Patriotique.

Avec l’intensification de la poussée U.S. militaire et économique en Colombie, nous pouvons malheureusement anticiper encore plus de violences à l’égard des acteurs pacifiques en Colombie dans le but de sécuriser davantage le territoire colombien pour l’exploitation et l’appropriation massive. C’est cette violence et la perte de la vie qui sont le véritable coût de l’intervention U.S. en Colombie. En effet, le scandale des Services Secrets est devenu une métaphore juste de l’engagement américain en Colombie, et dans le reste de l’Amérique latine, les Etats-Unis continuant de faire à toute l’Amérique latine, ce qu’ont fait les Services Secrets à ces femmes à Carthagène.

(1)  ”chasser-et-tuer”.

(2) Justice For Colombia: ONG britannique.

Notes et traduction: Comité Libertad 95

source:

http://www.huffingtonpost.com/dan-kovalik/colombia-the-empire-strik_b_1500062.html

 

Colombie: L’Empire Contre-Attaque

Par Dan Kovalik, avocat américain des droits de l’Homme et des Travailleurs - voir le film L’Affaire Coca-Cola sur Youtube.

À la mi-avril, le Sommet des Amériques se tenait à Carthagène en Colombie. Bien sûr, on se souviendra davantage du Sommet pour le scandale des services secrets américains qui étaient là pour préparer la voie à la visite du président Obama, mais qui étaient plus intéressés à se mettre au lit avec des prostituées pour ensuite refuser de payer.

Toutefois, deux développements importants, et tout aussi troublants, ont également émergé du sommet : (1) le Président Obama a annoncé que les États-Unis mettraient en oeuvre l’Accord de Libre-Echange (ALE) avec la Colombie ce mois-ci ; et (2)  Obama a annoncé que les États-Unis enverraient des commandants de brigade U.S. pour conseiller l’armée et la police colombiennes dans leur campagne de contre-insurrection. Alors que la première annonce a été largement médiatisée, la seconde ne l’a pas été et celà, en dépit du fait que ces deux politiques sont étroitement liées.

L’ALE est conçu pour ouvrir la Colombie à une plus grande exploitation et pénétration par les multinationales, plus particulièrement celles des industries extractives, comme le pétrole, le charbon, l’éthanol (issu de l’huile de palme), l’or et autres métaux précieux. Comme l’explique un excellent rapport de Peace Brigades International (PBI), au cours des 10 dernières années (c’est-à-dire durant les années menant au passage définitif à l’Accord de Libre-Echange), 40% de tout le territoire colombien a été « attribué ou sollicité par des compagnies d’exploitation minière et de pétrole brut ». En outre le PBI explique :

Des 114 millions d’hectares du vaste et prospère territoire de la Colombie, plus de 8,4 millions ont été autorisés pour l’exploration des gisements minéraux et plus de 37 millions d’hectares sont autorisés pour l’exploration de pétrole brut. En outre, selon le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, plus de 5,8 millions d’hectares de terres ont été autorisés pour l’exploitation des ressources minières non renouvelables en 2010.

Comme l’explique le PBI, la Colombie est en effet un pays riche en ressources, avec un approvisionnement riche en or, émeraudes, argent, platine, nickel et cuivre ; les « plus grandes réserves de charbon de toute l’Amérique latine » ; et une production de pétrole comparable à celle de ses voisins du Vénézuela et surpassant celle de l’Égypte. Cependant, le prix pour l’extraction de ces ressources précieuses en Colombie est énorme, avec des millions de Colombiens payant littéralement pour cette extraction de leurs vies, leur terres et leurs maisons. Ainsi, le PBI rapporte que « 80% des abus des droits de l’Homme en Colombie au cours des dix dernières années ont été commis dans les régions minières et productrices d’énergie, et 87 % de la population déplacée de Colombie proviennent de ces lieux. » Un tel déplacement est sans précédent dans le monde, la Colombie possédant maintenant la plus grande population de déplacés internes sur terre avec plus de 5 millions (pour une population d’environ 45 millions d’habitants). En d’autres termes, comme conséquence directe des efforts miniers se déroulant en Colombie, plus de 10% de la population colombienne est maintenant en situation de déplacement interne - un chiffre qui a de quoi impressionner.

De plus, un tel déplacement se répercute de façon disproportionnée aussi bien sur les 102 groupes indigènes de Colombie que sur la population Afro-colombienne. Dans une interview que m’a accordée Gimena Sánchez du Bureau de Washington pour l’Amérique Latine (WOLA) pour cet article, celle-ci a expliqué :

Actuellement, plus de 30 groupes indigènes distincts courent le risque d’une extinction culturelle et physique en raison de la violence, du déplacement et du manque de protection de leurs droits fonciers collectifs. Des opérations d’exploitation minière à grande échelle qui font partie du moteur économique favorisé par l’Administration de Santos sont projetées dans nombreuses terres collectives indigènes et cela va aggraver la crise des droits humains à laquelle ils sont confrontés. Une situation semblable se déroule sur les territoires des communautés Afro-colombiennes, malheureusement, l’héritage de l’esclavage qui inclut la discrimination raciale a rendu le scénario Afrodescendant moins visible en Colombie et leurs cas ne sont pas aussi bien documentés que ceux des indigènes [...] les intérêts économiques étant sous-jacents dans beaucoup de déplacements violents actuels en Colombie. Une bataille pour le contrôle des territoires autochtones et Afro-colombiens se déroule au bénéfice d’intérêts économiques légaux et illégaux. La Colombie souhaite sécuriser ces zones militairement afin de pouvoir mettre en œuvre des projets de développement à grande échelle qui profiteront surtout aux entreprises multinationales et colombiennes. Le gouvernement colombien, les entreprises et les multinationales voient seulement le symbole du dollar lorsqu’il s’agit des terres collectives indigènes et Afro-colombiennes en raison des minéraux et de la biodiversité qu’ils contiennent.

Les États-Unis fournissent avec enthousiasme l’appui militaire pour permettre au gouvernement colombien d’arracher cette terre par la violence  aux groupes indigènes et Afro-colombiens. Ainsi, depuis 2000, les États-Unis ont versé environ 8 milliards de dollars en aide militaire à la Colombie, faisant de la Colombie l’un des plus grands bénéficiaires de l’aide militaire dans le monde. A présent, selon le Wall Street Journal, le Président Obama est en train d’augmenter la mise, en annonçant, lors du sommet des Amériques, que les États-Unis enverraient des « Commandants de brigade U.S. ayant une expérience pratique de contre-insurrection en Afghanistan et en Irak pour passer deux semaines avec des unités de l’armée et de la police colombiennes déployées dans les bastions rebelles » pour aider à maîtriser ces zones.

Ces commandants s’ajoutent aux 250 membres du personnel militaire américain déjà présents en Colombie – un chiffre qui, comme l’explique le Wall Street Journal, ne comprend pas les agents de la CIA et de la DEA dans ce pays. Alors que les États-Unis et la Colombie ont déjà « mis en place cinq Joint Task Forces dans les zones où les FARC » sont les plus actives, le but est de créer sept task forces. En outre, tandis que le Wall Street Journal affirme que les États-Unis examinent simplement la demande de la Colombie en drones pour aider dans les efforts de contre-insurrection, d’autres sources, notamment Le Washington Post (examen des documents de Wikileaks) et Business Insider, ont rapporté que les États-Unis ont fourni des drones à la Colombie depuis 2006, bien que les États-Unis continuent de prendre soin de les garder en-dessous des écrans radars.

Et bien que les États-Unis prétendent aider l’armée colombienne afin de soumettre les zones de lutte contre les drogues, il est en fait évident que les régions doivent être soumises à l’exploitation par les multinationales (principalement des États-Unis et du Canada) dans les industries extractives. Pas étonnant alors que les commandants américains opéreront depuis la base de Tibu en Colombie, laquelle abrite de vastes ressources de palme et de pétrole brut. En prime, Tibu est sur la frontière vénézuélienne, permettant aux États-Unis et à la Colombie d’intimider le Vénézuela et son Président, Hugo Chavez.

L’aide des Etats-Unis comprendra l’aide à la Colombie avec « sa propre version de l’armée américaine du Joint Special Operations Command pour mener des missions hunt-and-kill (1), » visant à nouveau exclusivement les rebelles FARC d’extrême gauche et non les groupes paramilitaires d’extrême droite qui sont alignés avec l’État colombien et qui sont responsables de la plupart des abus des droits de l’Homme en Colombie. En effet, comme l’explique une bonne analyse par Susana Pimiento et John Lindsay-Poland du Fellowship of Reconciliation :

La participation dans une telle campagne militaire U.S. agressive  pourrait saper les tentatives potentielles de négocier un règlement du conflit armé, qui connaît un soutien croissant en Colombie. La campagne qui apparemment ne cible pas les successeurs des groupes paramilitaires, est également susceptible de bénéficier à ces groupes qui continuent de commettre des atteintes aux droits de l’Homme, à se livrer au trafic de drogue et à opérer dans plus de 400 communes de 31 États colombiens, selon un rapport publié par l’Institut de Développement et de la Paix, INDEPAZ.

Déjà, l’annonce de la mise en œuvre imminente de l’ALE, en conjonction avec l’annonce du rôle militaire U.S. intensifié en Colombie, est en train d’encourager ces forces en Colombie (surtout ceux alignés avec l’État colombien), fait plier par de violentes répression ceux qui s’engagent sans violence dans la lutte pour les droits à la paix, à la terre et au travail. Ainsi, selon Justice For Colombia (2), l’armée colombienne a assassiné le dirigeant communautaire nommé Duvier Celeita Cifuentes, un organisateur avec le syndicat agricole Sintrapaz, qui a appelé à un règlement pacifique du conflit armé en Colombie le 26 avril. Le 27 avril, un garde du corps d’Alfonso Castillo, le président d’ANDAS (l’Association Nationale des Personnes Déplacées), a été assassiné. En outre, Martha Cecilia Guevara, une organisatrice locale de la marche nationale pour la paix qui s’est tenue à Bogota (La Marche Patriotique) a disparu le 18 avril alors qu’elle s’apprêtait à se rendre à la marche. De même, le 18 avril, Herman Henry Dias, un organisateur paysan avec FENSUAGRO, a été tué, probablement par l’armée colombienne, après qu’il ait organisé le contingent de Putumayo pour la Marche Patriotique.

Avec l’intensification de la poussée U.S. militaire et économique en Colombie, nous pouvons malheureusement anticiper encore plus de violences à l’égard des acteurs pacifiques en Colombie dans le but de sécuriser davantage le territoire colombien pour l’exploitation et l’appropriation massive. C’est cette violence et la perte de la vie qui sont le véritable coût de l’intervention U.S. en Colombie. En effet, le scandale des Services Secrets est devenu une métaphore juste de l’engagement américain en Colombie, et dans le reste de l’Amérique latine, les Etats-Unis continuant de faire à toute l’Amérique latine, ce qu’ont fait les Services Secrets à ces femmes à Carthagène.

(1)  ”chasser-et-tuer”.

(2) Justice For Colombia: ONG britannique.

Notes et traduction: Comité Libertad 95

source:

http://www.huffingtonpost.com/dan-kovalik/colombia-the-empire-strik_b_1500062.html

 

Via : www.libertad95.com

Par Anne Wolff - Publié dans : Colombie, Mexique, Chili - Communauté : Résistance 2007
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 16:10

 

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Nucléaire : Une épée de Damoclès plane sur nos têtes

 

 

Comme le démontre si bien l’économiste canadien, Michel Chossudovsky(photo), professeur à la faculté des sciences sociales de l'université d'Ottawa, la catastrophe de Fukushima au Japon a mis au premier plan les dangers des rayonnements nucléaires dans le monde. « La crise au Japon a été considérée comme "une guerre nucléaire sans une guerre". Le rayonnement nucléaire - qui menace la vie sur la planète terre – ne fait pas la Une des journaux en comparaison avec les faits divers qui intéressent le grand public, y compris les crimes sordides ou les potins concernant les célébrités de Hollywood. Il faut comprendre toutes les implications de ce rapport et l'opinion publique mondiale doit en être informée afin que des mesures importantes puissent être prises sans délai en collaboration avec les équipes japonaises.
 Envoyez ce rapport le plus largement possible. Il est essentiel de faire pression à tous les niveaux sur tous les gouvernements, de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une catastrophe imminente qui menace réellement l'avenir de l'humanité. »

Il faut savoir que selon les données américaines du Département de l'énergie, le total des stocks de combustible usé du réacteur sur le site de Fukushima-Daichi représente près de la moitié du montant total de Césium-137 qui aurait été libéré par tous les essais atmosphériques d'armes nucléaires, Tchernobyl, et les usines de retraitement dans le monde entier.

Selon Arnie Gundersen, expert nucléaire de réputation mondiale, des milliers de tonnes d'eau contaminée par du plutonium, de l'uranium et d'autres isotopes radioactifs très toxiques inondent le site et s'infiltrent dans la nappe phréatique environnante et l'océan. Ce qui le préoccupe particulièrement comme bien d’autres spécialistes mondiaux du nucléaire, c’est ce qui peut arriver avec le combustible entreposé dans les piscines. La piscine du réacteur 4, en particulier, est en très mauvais état et on a dû installer des piliers d’acier pour l’empêcher de s’écrouler (les piscines sont dans le haut des édifices). Si un tremblement de terre de magnitude 7 et plus survenait, il y a de fortes chances que cette piscine soit vidée de son eau. Et les experts géologues savent que les chances d’avoir un tel tremblement de terre sont très grandes pour les prochaines années, le Japon étant situé sur la ceinture de feu du Pacifique.

6976178785_73d4e9e5d2.jpgLa quantité de combustible nucléaire dans les piscines est dix fois plus importante que celle des réacteurs, car après plus de 30 ans d’utilisation des centrales, tous les déchets nucléaires s’y trouvent, particulièrement le plutonium, dont quelques millionièmes de grammes ingérés suffisent à donner un cancer.

Si une telle éventualité se produisait, les barres de combustible usées n’étant plus refroidies prendraient feu, envoyant des quantités prodigieuses d’éléments radioactifs dans l’environnement, bien plus importantes que ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que les piscines sont à l’air libre et n’ont pas d’enceinte épaisse en acier pour les contenir, comme c’est le cas pour les réacteurs. Si une seule piscine se vidait de son eau, et que son combustible soit projeté dans l’environnement, il faudrait évacuer Tokyo et cela mettrait en cause la survie de la race humaine et de nombreux animaux. Arnie Gundersen conseille de déménager au sud de l’équateur si une telle catastrophe se produisait.

Il faut être totalement inconscient pour ne pas s’inquiéter de ce très grave problème. Même Paul Quilès, ex-ministre français de la défense, s’insurge à son tour contre cette omerta dans son nouveau livre, Réflexions sur le désarmement nucléaire. à ses yeux, il est indispensable et urgent de sortir de ce « mensonge français » fait d’approximations, de contrevérités, de slogans répétés à l’envi, de silences et d’arguments d’autorité. L’absence de débat masque le caractère vital des enjeux.  

En outre, depuis 40 ans, le développement du nucléaire est justifié au nom de « l’indépendance énergétique » de notre pays. Pourtant, avant même la fermeture de la dernière mine d’uranium française, en 2001, le combustible nécessaire aux centrales françaises était importé en grande partie. Il l’est maintenant en totalité et si les sources d’approvisionnement se sont diversifiées, le sous-sol africain reste encore aujourd’hui indispensable au fonctionnement de notre parc nucléaire. à moins que nos dirigeants ne considèrent que le sous-sol des anciennes colonies françaises continue d’appartenir à l’ex-métropole, comment peut-on encore parler d’indépendance énergétique ?

Et non seulement personne n’a évoqué ces problèmes ni cette immense menace durant la campagne électorale, mais on nous a aussi caché que bien avant cette catastrophe de Fukushima, l'industrie nucléaire dans le monde était déjà en déclin selon un nouveau rapport publié par le Worldwatch Institute.

 5576356363_e9292a33a2.jpg« L'industrie nucléaire était déjà sans doute en sursis. Dans l'écriture de l'histoire de l'industrie nucléaire, Fukushima est susceptible d'être son dernier chapitre», a déclaré Mycle Schneider, consultant international sur les questions d'énergie et de politique nucléaire, auteur principal du nouveau rapport « The world nuclear industry status report 2010-2011 - Nuclear Power in a Post-Fukushima World 25 Years After the Chernobyl Accident ». 

Le rôle de l'énergie nucléaire dans la production d'énergie décline régulièrement et ne représente qu'environ 13 % de l'électricité produite dans le monde et 5,5% de l'énergie primaire commercialisée. 

Aux états-Unis, la part des énergies renouvelables dans les ajouts de nouvelles capacités de production d'électricité est passée de 2 % en 2004 à 55 % en 2009, sans qu'aucun réacteur nucléaire ne soit construit sur cette période.

En 2010, pour la première fois au monde, la capacité de production électrique des énergies renouvelables a dépassé celle de l'énergie nucléaire : 381 gigawatts (GW) contre 375 GW pour le nucléaire. L'investissement total dans les énergies renouvelables, sur cette même année, a été estimé à 243 milliards de dollars, ce qui dément aussi l’affirmation que l’abandon du nucléaire mettrait de nombreuses personnes au chômage. À titre d’exemple, d’après le Bundesministerium für Umweltschutz (Ministère fédéral de l'Environnement, Conservation de la Nature et de la sécurité nucléaire), les énergies renouvelables représentent actuellement 380 000 emplois en Allemagne. 

Quant aux nouvelles générations de réacteurs, le projet EPR en construction à Olkiluoto en Finlande, géré par le plus grand constructeur nucléaire au monde Areva, a tourné au fiasco financier. Le projet a déjà 4 ans de retard pour un coût total estimé à 5,7 milliards d'euros, soit 90 % de plus que le budget initial, ce qui remet aussi en cause le coût très peu élevé du nucléaire, déjà dénoncé par la Cour des comptes qui a mis à plat les coûts de production de l’électricité nucléaire, qu’il s’agisse des dépenses d’investissement passées, des dépenses courantes (charges d’exploitation) ou des dépenses futures (démantèlement et gestion des combustibles et des déchets). Les investissements publics et privés réalisés depuis les années 1970 dans l’électricité nucléaire en France s’élèvent selon la Cour des comptes à 228 milliards d'euros.

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En ce qui concerne le démantèlement des 19 centrales en fin de vie, il est estimé aujourd’hui à 18,4 milliards d’euros mais la Cour des comptes signale que les comparaisons internationales donnent des résultats très généralement supérieurs aux estimations d’EDF, tout comme la gestion des déchets radioactifs que l’EDF évalue à 23 milliards d’euros, alors que l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), chiffre à 36 milliards d’euros.  

Malgré tous ces arguments, notre nouveau Président, qui a clairement exprimé qu’il n’avait aucune intention de remettre en question l’arme nucléaire, fait également douter de sa capacité à tenir tête à un lobby nucléaire d’ailleurs fort influent au sein du PS lui-même. Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », seule la fermeture de la centrale Fessenheim reste à l’ordre du jour, repoussée à la toute fin du quinquennat alors que d’autres réacteurs sont à peine plus récents et probablement tout aussi dangereux.

Par ailleurs, comment Hollande espère-t-il tenir son engagement de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2025 avec son projet de fermer deux réacteurs pour en démarrer un presque deux fois plus puissant ? Pour « Sortir du nucléaire » : « Une telle proposition relève soit de la supercherie, soit de la paresse ». On est bien loin de l’accord signé en novembre avec EELV (Europe écologie, les Verts), qui prévoyait initialement la fermeture de 24 réacteurs et l’arrêt de la production de combustible MOX et renvoyé aux calendes grecques grâce à Bernard Cazeneuve, surnommé le « député Cogema » (l'ancienne dénomination d'Areva). Ce farouche partisan de l'énergie nucléaire, député de la Manche et premier vice-président de Basse-Normandie qui fournit à elle seule 17 % de la production nationale d'énergie atomique, compte sur son territoire le centre Areva de traitement des déchets nucléaires à La Hague. Il fait partie du nouveau gouvernement et pèsera forcément dans ce dossier, persistant à exercer un vif lobbying pour que notre nouveau Président ne cède pas aux pressions écologistes sur l'abandon du réacteur EPR de Flamanville et du retraitement des déchets nucléaires à lusine de la Hague. 

5840834638_aec139190c.jpgLe Réseau « Sortir du nucléaire » signale que d’ici 2017, près de 24 réacteurs auront dépassé les 35 ans de fonctionnement, durée à partir de laquelle l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) met en garde contre des risques de rupture brutale des cuves. « François Hollande souhaite-t-il rester dans les mémoires comme “le Président de l’accident” ?
Alors qu’une période de crise économique s’annonce, combien de milliards seront engloutis de manière indécente pour “moderniser” un armement nucléaire aussi inutile que dangereux ? Pour rafistoler tant bien que mal les réacteurs vieillissants, les 3,7 milliards par an évoqués par EDF étant probablement en-deçà de la réalité ? »

Espérons que Jean-Vincent Placé, numéro deux d'Europe écologie-Les Verts et Noël Mamère ne vont pas plier devant Bernard Cazeneuve qui est à « des années-lumière d'Europe écologie sur le nucléaire ».

« Tant qu'il n'est pas au ministère de l'Environnement ou au ministère de l'Industrie, il n'y aura pas de souci ! », a déclaré un parlementaire écologiste bien optimiste. Quel que soit le ministère de ce personnage, il est certain qu’il restera un ardent défenseur de ce qu’il appelle simplement « une filière d'excellence » et fera courir à Hollande le risque d’être « le Président de l’accident » et à nous tous d’en être les victimes, alors que d’après le dernier sondage de l’Ifop 77 % de la population française serait hostile à cette source d'énergie.

 

En outre, la production du Mégawattheure se révèle plus coûteuse qu'annoncée. Alors que le prix de la production de l’énergie nucléaire avait été évalué à 33,1 euros par la Commission Champsaur, la Cour des comptes propose de le réévaluer à hauteur de 49,5 euros. Quant au coût de production par l’EPR de Flamanville, il pourrait pour sa part être compris « au minimum, entre 70 et 90 euros par MWh », car l'évolution des dépenses de maintenance des installations, devrait s'élever à 3,7 milliards par an en moyenne entre 2011 et 2025, soit plus du double des montants dépensés entre 2008 et 2010.

 

Sources :

Le Nouvel Observateur du 22 décembre 2011 : « Dissuasion nucléaire : je maintiendrai ».

http://www.francetv.fr/info/cazeneuve-un-pro-nucleaire-dans-la-garde-rapprochee-d-hollande_28123.html

 http://groupes.sortirdunucleaire.org/Plus-aucune-centrale-nucleaire-en

http://www.fairewinds.com/fukushima

 

Source: Nucléaire : Une épée de Damoclès plane sur nos têtes - Sylvie Simon Santé/ Conscience Désinformation et Mensonges

Via : Les Dernières Nouvelles du Monde | Scoop.it

 

Par Anne Wolff - Publié dans : Planète urgence - Communauté : Ecologie et Environnement
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 16:00

 

 

Chères amies, chers amis,

Le jeudi 16 mai, j’ai participé [c'est Vicky Skoumbi qui parle. ndrl] à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe? http://videos.arte.tv/fr/videos/28_minutes-6654932.html

Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et j’en crois pas à mes yeux: le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successives ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays à une récession de l’ordre de 20% et en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu! Si vous regardez attentivement vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat.

De même est passé à la trappe, un passage vers la fin où j’avais évoqué une confrontation qui ne ‘est pas de nature nationale entre Grecs et Allemands, mais bel et bien entre deux camps transnationaux, c’est-à-dire entre ceux qui, en marchant littéralement sur des cadavres, défendent les intérêts du secteur financier d’une part, et, d’autre part, ceux qui défendent les droits démocratiques et sociaux et en fin de compte le droit à une vie digne de ce nom. Je prends à témoin Benjamin Coriat qui participait à l’émission et qui pourrait certifier que j’ai bien tenu ces propos dont la trace disparaît sous les ciseaux du censeur.

Car, cela relève tout simplement de la CENSURE. Une question s’impose : Qui donc contrôle Arte et qui filtre les infos ainsi?

Je l’avoue, je n’en reviens pas. L’émission a été enregistrée ‘dans les conditions du direct’ deux heures et demi avant sa diffusion et que je sache cette formule veut dire qu’on ne coupe pas, à la limite on refait une prise si on a un souci, ce qui a été le cas pour les présentations. Et même si la pratique établie est de couper un peu les longueurs, comment se fait-il que les deux coupes principales portent, comme par hasard, sur des propos concernant les vrais bénéficiaires de l’aide à la Grèce, c’est à dire les banques, ainsi que sur le caractère fallacieux de la supposée confrontation greco-allemande?

Comme vous pouvez d’ailleurs sans doute le constater vous-même, mon temps de parole correspond à un tiers -peut-être même moins- de celui de Monsieur Prévelakis. Celui-ci , avec sa proposition d’un médiateur, sous la tutelle duquel devrait se mettre la Grèce, proposait rien de moins que de suspendre les procédures démocratiques en Grèce et de placer Sarkozy (!) à la position d’un tuteur du peuple grec qui ne saurait être représenté par ses élus, surtout si ceux-là appartiennent par malheur au Syriza. J’ai bondi mais on ne m’a pas laissé le temps de réagir en coupant là l’émission.

Conclure l’émission sur ce propos est absolument scandaleux. Cela n’honore pas, loin de là, Arte qui se revendique d’une sensibilité démocratique. D’ailleurs, si vous regardez un peu attentivement le déroulement juste avant la fin, vous verrez que la dernière question s’adresse à moi, Mme Quin se tourne bien vers moi et non pas vers M. Prévélakis. Et ma réponse concernant les deux Europe qui s’affrontent et qui précédait la conclusion de Georges Prévélakis, est passée complètement à la trappe.

Bref, les coupures, la répartition inégale du temps de parole, la conclusion sur un appel à suspendre la démocratie en Grèce, tout cela, si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste?

Voilà bien de questions sur le traitement de l’information par une chaîne européenne qui se veut indépendante.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible et de l’afficher sur les réseaux, si vous voulez bien.

 

Source : LA DETTE, LA GRÈCE ET L'INFO : Lettre de Vicky Skoumbi dénonçant la censure sur ARTE

Via : Les Dernières Nouvelles du Monde | Scoop.it

Par Anne Wolff - Publié dans : Antidote à la désinformation - Communauté : solidar' infos
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 14:11

 

Le changement passera par la lutte

par Pedro Guerreiro,
membre du Comité central du PCP et député européen de 2005 à 2009

Bien que partant de situations différentes, les répercussions des résultats des récentes élections réalisées en Grèce et en France – par ce qu’elles expriment de rejet justifié des politiques de l’Union européenne,et de non-acceptation de leur fatalité, par ce qu’elles représentent de légitime volonté de changement, par ce qu’elles soulignent des contradictions de ce processus d’intégration capitaliste – sont des révélateurs de l’évolution prochaine de la situation dans l’Union européenne.

Au contraire de ce que certains cherchent systématiquement à escamoter, en pointant uniquement du doigt Merkel et Sarkozy, les résultats de ces élections traduisent, dans le fond, le rejet des politiques contraires aux intérêts des travailleurs et à la souveraineté des peuples, de politiques impulsées par l’Union européenne et par ceux qui en sont co-responsables, la social-démocratie et la droite.

Se faisant les défenseurs des intérêts du grand capital financier,la social-démocratie et la droite mènent l’intégration capitaliste européenne, c’est-à-dire qu’ils définissent et appliquent ses politiques, ses traités, son Marché unique, son Euro, sa stratégie de Lisbonne, aujourd’hui renommée « 2020 », parmi une multiplicité d’exemples.

La social-démocratie qui se gargarise de l’importance du sens de la victoire de Hollande contre Sarkozy, est la même qui exige de la Grèce qu’elle applique ses « mémorandums »- d’authentiques mécanismes d’extorsion, d’intensification de l’exploitation et de domination économique – imposés par l’Union européenne et appliqués avec enthousiasme par la social-démocratie, alliée à la droite dans le gouvernement grec.

Malgré tout, l’aiguisement de la crise structurelle du capitalisme, et par conséquent, de l’intégration capitaliste européenne, réveille des divergences qui ont été mises en évidence lors des récentes élections en France. Divergence entre la social-démocratie et la droite quant à la perspective d’une longue période de récession économique et ses conséquences pour la préservation du processus d’intégration européenne.

Divergence entre les intérêts et l’agenda immédiat du grand capital français et celui allemand, apparemment, voyant une « France » plus intéressée que l’ « Allemagne » dans l’accélération de la création de mécanismes et de répartition des coûts et des risques associés à l’Euro(avec ce que cela signifieraient en termes de déclin social et économique, de perte de souveraineté nationale pour les pays comme le Portugal et de renforcement du directoire franco-allemand).

Il n’y aura pas grand-chose à espérer sur le contenu effectif de la condition annoncée par Hollande à la ratification du traité budgétaire.

Jusqu’alors, Hollande n’a remis en cause aucun des aspects inacceptables contenus dans ce traité en cours de ratification, soulignant juste la nécessité de « l’améliorer » (tout comme le PS Portugais l’a déjà ratifié).

Or, contrairement à ce que la social-démocratie prétend, ce qu’il faut ce n’est pas une impossible « réforme » - par l’insertion d’un « protocole additionnel » - d’un traité budgétaire qui s’attaque aux souverainetés nationales et condamne le Portugal à être sous la tutelle permanente de l’Union européenne. Ce qui s’impose, c’est son rejet.

Ce qu’il faut, ce n’est pas remplacer une « austérité excessive » par une « austérité intelligente » qui continue à intensifier l’exploitation, à démanteler la Sécurité sociale et les services publics. Ce qui s’impose, c’est la rupture avec le pacte d’agression.

Autrement dit, ce qui est nécessaire ce n’est pas le renforcement et l’approfondissement de l’intégration capitaliste européenne– et de ses aspects inséparables néo-libéral, militariste et fédéraliste - mais l’affrontement et la rupture avec ses politiques, pour une Europe de coopération, de progrès et de paix.

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Source : Après les élections en France et en Grèce : le changement passera seulement par la lutte Pedro Guerreiro (CC du PCP) - COMITE VALMY

Par Anne Wolff - Publié dans : Eurocrassie - Communauté : Résistance 2007
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 12:06

http://3.bp.blogspot.com/-6095xRqgn2U/T7D9fGKdlDI/AAAAAAAAXGQ/eMS5wy89A_4/s320/0+Brunet+et+la+police.JPG

 

 

Un pas de plus parce qu'une fois de plus, il s'agit d'une action concertée dans les pays dits de l'Occident. Et une fois de plus nous voyons comment les médias préparent le terrain pour rendrel'opinion publique favorable aux restrictions de nos libertés fondamentales et aux droits de grèves et de manifestations qui sont les outils du peuple pour défendre ses droits.

Je suis toujours étonnée de voir les gens qui s'indignent et demandent aux Grecs avec parfois un brin de mépris pourquoi il n'ont pas encore foutu la Troîka à la porte du pays. Pour des gens dont le gouvernements viennent d'adopter ce MES et qui les dotent de la même Troïka sans qu'on ait vu aucun mouvement populaire s'insurger et s'opposer à cette décision, cela semble paradoxal.

Nous voyons que des lois similaires sont adoptées aux USA, au Canada et dans l'Union Européenne qui est tout sauf l'union consensuelle des peuples d'Europe. Et nous voyons partout que si quelques-uns s'émeuvent et s'inquiétent de mesures convergentes qui constituent le pas à pas de l'instauration d'une dictature... dans leur ensemble les populations sont amorphes, inertes, sans réactions.

Plus j'avance dans la tenue de ce blog, plus je me rend compte à quel point il serait utile de créer des sources d'informations concernant des thèmes précis, locaux et globaux qui centralisent les données et permettent de coordonner les luttes. A quel point a disparu le métier de journaliste d'investigation. Qui d'entre nous à les moyens de se rendre sur place et de recueillir des témoignages quand surgissent des phénomènes similaires aux antipodes, qui à le temps de faire des recherches exhaustives sur un sujet donné pour en mettre l'évidence toutes les facettes ?

Combien de fois ne m'arrive-t-il pas de publier un article pour attirer l'attention sur un thème important en déplorant de ne pouvoir aller plus loin dans les recherches, de ne pouvoir creuser, approfondir et dégager les éléments essentiels de ce thème.

Internet n'était pas encore inventé que déjà me préoccupait ces restrictions mises à nos libertés qui procédaient alors par glissements successifs, chacun à peine perceptibles. Aujourd'hui, nous sommes passés à une autre étape, le terrain est à présent bien préparé et de longue date pour que puissent s'opérer des réformes majeures, réductions drastiques des droits dit sociaux sans que les réactions ne soit plus qu'anodines. Pourtant il arrive que de vraies luttes se produisent, de vrais mouvements de protestations se lèvent, et on peut pronostiquer que l'austérité fabriquée en provoquera bien d'autres et plus intenses à l'avenir...

Et donc tout l'arsenal juridique se met en place pour d'une part criminaliser de tels mouvements et autoriser les formes de répressions violentes de la part des forces de l'Ordre.

A ce sujet, j'ai attiré l'attention sur l'infiltration des forces de l'Ordre par des mouvements d'extrême-droite... en Belgique, au Québec et en Grèce... pays au sujet desquels je dispose d'informations, voilà bien un de ces sujets évoqués ci-dessus. Nous percevons bien qu'il existe une internationale de l'extrême-droite, nous percevons bien que la tendance nazie y prend une place toujours grandissante, mais quel est l'état des lieux de la présence de ces mouvements au sein des forces de répression, de la police  de l'armée, de la nouvelle force de répression euopéenne EuroGenFor...

Criminalisation des mouvements sociaux et création d'une force d'extrême-droite, armée et couverte par son statut institutionnel sont deux composantes d'un même problème.


http://1.bp.blogspot.com/-0JgynV_i7SA/T5xYuVwiSwI/AAAAAAAAWzs/3kcrhBhspZ8/s640/O+Manif+%25C3%25A9tudiante+Montr%25C3%25A9al.JPG

 

Voici quelques approches du projet de loi  78

 

Extraits de Conflit étudiant: Le Barreau du Québec formule de sérieuses inquiétudes à l’égard du projet de loi 78

(...) Plusieurs articles du projet de loi limitent clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets.(...)

(...)« Le gouvernement rend plus difficile, par exemple, l’organisation de manifestations spontanées. Il limite la liberté d’expression. Cette disposition s’applique à toute personne, organisme ou groupement et prévoit même que les personnes qui participent à une manifestation, sans l’avoir organisée, doivent s’assurer que l’événement correspond aux renseignements fournis à la police. On est en droit de se demander qui osera encore aller manifester »(...)

(...)« Plusieurs dispositions du projet de loi portent atteinte au principe de la primauté du droit, laquelle exige, dans un effort de proportionnalité, que l'on n’écarte les règles du droit commun qu'en présence d'une justification convaincante. Je crains toutefois que ce projet de loi ne permette pas d’atteindre ces objectifs et porte atteinte à nos droits fondamentaux »


A part l'extrait de l'article LiberticideLes autres (et les photos) viennent du blog du Montréalais  Serge Adam chez qui vous trouverezun suivi dela grève et des interrogations qu'elle sucite au jour le jour depuis ses débuts.


Le projet de loi 78 prévoit des amendes salées pour ceux qui entraveront l'accès des étudiants et des enseignants dans les établissements d'enseignement.
Un citoyen s'expose ainsi à une amende de 1000 $ à 5000 $. L'amende variera entre 7000 $ et 35 000 $ dans le cas « d'un dirigeant, d'un employé ou d'un représentant, incluant un porte-parole, d'une association d'étudiants, d'une fédération d'associations ou d'une association de salariés, soit d'un dirigeant ou d'un représentant d'un établissement » qui organise une manifestation.
L'amende sera de 25 000 $ à 125 000 $ dans le cas d'une association d'étudiants, d'une fédération d'associations, d'une association de salariés ou d'un établissement, soit d'un dirigeant ou d'un représentant d'un établissement » qui organise une manifestation


Les montants prévus seront doublés en cas de récidive

Lire Projet de loi 78
http://www.scribd.com/Radio-Canada/d/93974369-Projet-de-loi-78

 

Extrait de Liberticide

 

Voyons l’article 29:

 



Voilà où nous en sommes. Même une omission est désormais passible d’amende.

 

 

 

 

 

Autres extraits choisis

Grève étudiante, Charest et sa loi matraque P78 ( Serge Adam)

 

(...)Des pouvoirs accrus aux policiers. Un droit de manifester restreint pour tout groupe de 10 personnes ou plus, avec obligation de fournir au moins 8 heures à l'avance son itinéraire aux policiers (qui pourront le modifier à leur guise). Une interdiction de manifester à moins de 50 m d'un cégep ou d'une université. Un retour en classe de force. La possibilité de juger les associations étudiantes coupables par association en leur faisant porter le fardeau de la preuve. La possibilité de leur couper les vivres. Des amendes sévères de 1000$ à 125 000$ par jour aux dissidents...(...)

 

http://3.bp.blogspot.com/-oUdrevt4tXM/T7cWXxNTYjI/AAAAAAAAXMA/H9tEuySMkCM/s320/0+a+Police+C%C3%A9gep+Lionel+Groulx+3.JPG

 

 

Intervention des forces de l'ordre sur le campus universitaire !!!

(...) Le sociologue Guy Rocher, un des grands penseurs du système d'éducation québécois, a dit hier à quel point il était inquiet. En 60 ans d'enseignement universitaire, il n'a jamais rien vu de tel. Il n'a jamais vu des policiers avec des matraques dans les couloirs de son université. «Jamais je n'ai vu l'avenir de mon université aussi inquiétant.» Il y a en effet de quoi être très inquiet. (...)

 

Québec, appel à la désobéissance civile

 

(...)« Dans son analyse préliminaire, le Barreau du Québec est notamment préoccupé par les limitations apportées au droit d’association et au droit de manifestation. De plus, nous critiquons la judiciarisation des débats et le recours à la justice pénale prévus dans le projet de loi »(...)

 

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Journalistes poivrés par la police

 

 

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Journaliste trainé par la police

 

En ce qui concerne la préparation du terrain :

Grève étudiante au Québec, crions, plus fort pour que personne ne nous ignore

(...)Tout mouvement de contestation provoque de vives réactions, des réactions qui – vous serez d’accord avec nous si vous avez suivi l’actualité depuis quelques semaines – frôlent parfois la pathologie. Les nombreux délires sur le « retour du communisme » et le « terrorisme étudiant » en constituent des preuves évidentes.(...)

(...)

Alors qu’on n’a jamais autant fiché, filmé, traqué, matraqué et gazé la dissidence, on en profite pour interdire le port du masque et les manifestations spontanées.
Alors que l’État déploie son arsenal de brutalité et massacre allègrement les droits fondamentaux d’association et de manifestation, ce sont les étudiantes et les étudiants qui sont considérés responsables de la violence.
Alors que l’escouade anti-émeute occupe nos cégeps et universités pour faire respecter des injonctions visant à casser un mouvement de grève qui s’appuie sur la démocratie des assemblées, ce sont ceux et celles qui résistent aux injonctions qui sont considérés « violents » et « antidémocratiques ».(...)

Des remarques qui valent pour toute montée du fascisme partout, extraite de

STRATÉGIES FASCISTES DANS LA GESTION DE CRISE AU QUÉBEC

 

(...)Pensez-vous que Hitler a pris le pouvoir en mettant les fours crématoires parmi ses promesses électorales? Détrompez-vous tout de suite. Le fascisme ne se vend pas comme un programme électoral, c’est un climat qui s’installe tranquillement, mais sûrement. Je répète : le fascisme ne défend pas une idéologie précise, c’est un état de la société qui se traduit par un mouvement politique cherchant à exploiter une crise pour en tirer profit et s’accrocher au pouvoir. Ça ne vous dit pas quelque chose?

Parce qu’il ne défend pas une idéologie précise, le fascisme est infiniment adaptable au contexte politique et économique des collectivités qui en voient la résurgence. Il ne s’affichera jamais ouvertement comme fasciste, ce qui lui barrerait le chemin de l’accession au pouvoir qui est son seul but, mais il est reconnaissable à une série de symptômes. Alors, tâchons de voir si ces symptômes sont présents au Québec au moment d’écrire ce texte.(...)
(...)Le gouvernement affirme qu’il faut dire « boycott », et non « grève », quand il s’agit bel et bien d’une grève étudiante et les journalistes transmettent sans broncher cette information comme si le gouvernement pouvait réécrire le dictionnaire à des fins politiques comme bon lui semble.(...)
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(...) les mass médias d’un régime fasciste ont le devoir de relayer le ressentiment et d’expliciter la « menace » à travers l’indécente absence de filtre que représente ses voix démagogiques.(...)

(...)Leur façon de victimiser la population devant les grévistes, d’inciter à la haine et à la violence, leur diabolisation des grévistes comme une menace à l’ordre établi, leurs tournures de phrase qui résonne comme des slogans, leurs raccourcis de pensée qui cache tant bien que mal le vide intellectuel et la défaillance d’esprit critique qui habitent leurs textes… ce sont là toutes des tactiques empruntées au fascisme.(...)

 

Une dynamique au service d'intérêts privés (la même que nous retrouveons dans l'UE) :

(...)C’est dans la misère intellectuelle que germe le fascisme. Comme les tenants québécois de cette stratégie politique ne recherchent que le profit économique et la préservation de cette misère intellectuelle, ils croient juste d’instrumentaliser l’enseignement de façon à ce qu’il soit profitable à l’économie de marché. Financer la recherche pour les intérêts des entreprises privées, plutôt que financer l’enseignement, c’est abaisser le savoir au niveau du marché. Faire de l’étudiant un consommateur-payeur de l’université, l’endetter jusqu’à plus soif, c’est l’assujettir à la répression économique qui fait régner l’ordre social.(...)

A la base de cette dynamique: La perte de confiance de la population à l’égard de ses institutions démocratiques(...)

(...)Dans un tel contexte, la liberté change de sens. Elle n’est plus rattachée à des valeurs universelles telles que la justice, la vérité, le bien commun, la compassion qui permet l’accomplissement individuel et collectif, mais plutôt à la satisfaction immédiate des désirs et des pulsions individuelles qui s’exprime dans le moi-je-moi je moi-je. C’est par l’aplatissement de la valeur universelle de liberté vers l’individualisme que sont permises les injonctions pour retour en classe au détriment du droit commun dans l’actuelle grève étudiante. Pour satisfaire ces pulsions individuelles à l’encontre des valeurs qui donnent un sens à la vie en communauté, le recours à la violence (judiciaire et policière) est accrédité comme gardien de l’ordre. Ça aussi, c’est du fascisme.

(...)Il n’y a pas 36 000 façons de résister au fascisme. C’est une politique de la haine à laquelle nous ne pouvons que répondre par la défense de ce qui nous unit.

 

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Etudiant blessé  à la tête par un coup de matraque

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Des extrémistes de droite dans les rangs de l'armée canadienne!

Des fachos dans l’armée Canadienne ?Par Québec facho watch
Étudiante blessée à Victoriaville
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Une dangereuse terrosiste

 

Par Anne Wolff - Publié dans : résistance concrète - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 11:10

 

Un article fondamental que je vous invite à aller lire... pour savoir ce qui arrive dans nos assiettes, pourquoi ? Comment ? A qui profite le crime en quelque sorte et les dangers qui en résultent pour notre santé.

Je vous l'aperçu des thèmes traités dans ce document.

 

Aux États-Unis, 200 000 kilos de viande contaminée par une bactérie mortelle résistante aux antibiotiques ont été servis aux enfants des écoles avant que le deuxième conditionneur de viande du pays n'émette un rappel en 2009.  En Chine, un an plus tôt, six bébés sont décédés et 300 000 autres ont été gravement malades des reins lorsque l'un des plus grands producteurs laitiers du pays a sciemment permis la présence d’un produit chimique industriel dans le lait qu’il fournissait. Partout dans le monde, des gens sont contaminés par leur alimentation et en meurent, à un niveau jamais atteint auparavant. Les gouvernements et les grandes entreprises réagissent en élaborant toutes sortes de règles et de réglementations, mais beaucoup n’ont rien à voir avec la santé publique. 

Les accords commerciaux, les lois et les normes privées utilisées pour imposer leur version de la « sécurité sanitaire des aliments » ne fait que renforcer les systèmes alimentaires des entreprises qui nous rendent malades et détruire ceux qui permettent vraiment de nourrir les populations en prenant garde à leur sûreté, ceux qui sont fondés sur la biodiversité, les savoirs traditionnels et les marchés locaux. 
Les populations résistent, que ce soit au travers de mouvements contre les OGM au Bénin ou contre la viande de « vache folle » en Corée, ou de campagnes pour défendre les vendeurs à la sauvette en Inde ou le lait cru en Colombie. La question de savoir qui définit la « sécurité sanitaire des aliments » est de plus en plus au cœur de la lutte pour l'avenir de l'alimentation et de l'agriculture.

 

Une menace mondiale croissante

Les aliments doivent être une source de santé, pas de nuisances. Pourtant la nourriture peut blesser, handicaper et tuer. (...)

 

 

Qu’est-ce qui rend les aliments dangereux ?

Ce qui fait qu’un aliment est sûr ou non est une question controversée. Toutes sortes de choses peuvent rendre les aliments dangereux : des mauvaises pratiques (hygiène, violence envers les animaux, recours à des antibiotiques et des pesticides), des technologies à risque ou qui n’ont pas fait leurs preuves (modification génétique, nanotechnologies, irradiation, clonage), la contamination délibérée (comme dans le cas de la fraude), ou tout simplement une mauvaise supervision. Une chose est claire cependant : le système alimentaire industriel est – en lui-même - la plus grande source de problèmes de sécurité alimentaire, en raison de ses pratiques intensives, de sa taille et du niveau de concentration et de pouvoir qu'il a accumulé. (...)

 

La sécurité sanitaire des aliments au pays du fast-food

La production à l’américaine représente-t-elle l’avenir de l’alimentation mondiale ? Peut-être. Certes, l’élite des leaders d’opinion et des décideurs occidentaux (les rédacteurs de The Economist, les administrateurs de la Bill and Melinda Gates Foundation, certains personnages clés de l’administration Obama) pensent que ce devrait être le cas. Il est donc utile d'examiner de quelle façon le régime de sécurité alimentaire aux États-Unis a répondu aux dilemmes d’échelle au cours des dernières années.(...)

 

 

C’est de la « sécurité alimentaire » ?

Si l’on se base sur l’action des gouvernements et des industriels, il semble qu’ils ne voient pas vraiment de problème fondamental dans la production alimentaire industrielle. Il est rare que leurs règlements ou leurs normes gênent les pratiques des entreprises de manière significative. Au contraire, elles ont tendance à renforcer le pouvoir de la grande industrie, tout en fragilisant, ou même en criminalisant la production à petite échelle et les cultures vivrières locales. La Colombie, par exemple, est en train de mettre en place une législation pour empêcher la vente de lait cru dans les zones urbaines. Plus de deux millions d'agriculteurs et de vendeurs dépendent pour leur subsistance de ces ventes de lait cru, et environ 20 millions de Colombiens, pour la plupart pauvres, se servent du lait cru comme d’une source d’alimentation abordable et essentielle, qu’il est facile de rendre saine en faisant bouillir le lait à la maison. Éprouvant des difficultés à justifier son initiative pour des motifs de santé publique, le gouvernement affirme que la loi fait partie de ses engagements vis-à-vis de l'OMC, et qu'elle contribuera à « moderniser » le secteur laitier, ce qui lui permettra de mieux concurrencer les importations lorsqu'une menace d’accord de libre-échange (ALE) avec l’UE se présentera. (...)

 

Super-bactéries et mégafermes

Le terme « super-bactéries » est utilisé pour décrire les bactéries qui ont acquis la capacité de résister aux antibiotiques couramment utilisés. L'une des plus célèbres est le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), qui a été découverte dans les années 1960 au Royaume-Uni et s'est depuis propagée à travers le monde, avec des conséquences fatales. Dans les seuls États-Unis, 17 000 personnes sont mortes d'une infection à SARM en 2005. i

Le SARM est habituellement associé aux hôpitaux, où la super-bactérie a tendance à pénétrer dans les plaies ouvertes et à causer des maladies difficiles à soigner. Mais ces dernières années ces superbactéries ont trouvé un endroit pour prospérer : les porcheries industrielles.(...)

 

La sécurité sanitaire des aliments et le commerce mondial : l'Europe et les États-Unis imposent leurs normes

Comme les deux exemples ci-dessus permettent de le voir, les accords commerciaux sont devenus le mécanisme de base pour développer et appliquer des normes de sécurité alimentaire dans le monde. Depuis les années 1980 et l'Uruguay Round des négociations du GATT, qui a donné naissance à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les marchés agricoles ont été profondément libéralisés, avec des tarifs douaniers et des quotas en baisse, en particulier dans les pays en développement. 8 Cela a conduit à une très forte progression du commerce alimentaire mondial, peu de pays étant libres d'imposer des tarifs douaniers ou de prendre des mesures similaires pour mieux réguler le flux des importations et des exportations. En conséquence, les gouvernements et les sociétés se sont tournés vers d'autres mesures pour manipuler l'accès et le contrôle du marché. Dans l'agriculture, la sécurité sanitaire des aliments est la principale méthode.(...)

 

Accord de libre-échange UE–Inde : mauvaises nouvelles pour les petits pêcheurs et les poissonniers
Un excellent rapport de Focus on the Global South, en collaboration avec Intercultural Resources, montre comment le futur accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde va avoir une incidence sur les petits pêcheurs et les poissonniers, en particulier les femmes, dans le sous-continent. Les conclusions peuvent être résumées ainsi : (...)

 

De nouvelles normes ouvrent de nouveaux marchés

La sécurité alimentaire, à proprement parler, est une question de prévention des maladies. Mais les limites de ce qu’on peut regrouper sous ce concept peuvent être élargies pour inclure des questions plus larges de qualité des aliments. Les aliments halal, sans OGM, sans cruauté envers les animaux et biologiques sont autant d'exemples de la croissance des marchés qui sont généralement traitées, pour des raisons pratiques, par le régime actuel de sécurité sanitaire des aliments (normes, audits, certification, traçabilité et mécanismes de règlement). De même, au niveau politique, ces considérations sont réglementées par les autorités de sécurité sanitaire des aliments, et dans les négociations commerciales, elles font partie des chapitres ou des accords sanitaires et phytosanitaires. 22 Bon nombre de ces préoccupations plus générales sur la qualité des aliments ne portent pas nécessairement sur les normes de produits, mais sur des processus. Par conséquent, elles ont tendance à être définies et contrôlées par le biais de dispositifs plutôt que des normes en elles-mêmes. Et si on n'y prend garde, elles peuvent être tout à fait arbitrairement définies pour répondre aux besoins des multinationales comme Cargill ou Carrefour, plutôt que par les besoins des communautés locales ou plus généralement par les besoins de santé publique.(...)

 

La religion, comme pratique d’un racket i

Pour certains, l'idée même de formaliser des normes et standards pour la production alimentaire halal a des relents de racket visant à faire de l’argent à partir de la sensibilité spirituelle des gens. Dans un pays musulman comme l'Algérie, pourquoi y aurait-il besoin de légiférer sur ce qui constitue la nourriture halal quand la nourriture produite en Algérie est halal ? La campagne visant à définir ce qui constitue l’alimentation halal, et à communiquer aux consommateurs sur ce sujet, vise en fait à vider les poches des consommateurs musulmans dans les pays chrétiens et non musulmans.(...)

 

La sécurité sanitaire des aliments, maintenant offerte dans les magasins Walmart

On aurait tort de prendre des querelles diplomatiques ou législatives pour preuve que les gouvernements commencent à prendre réellement au sérieux la sécurité sanitaire des aliments. Bien qu'ils ne regardent pas à la dépense pour s’assurer que les réglementations ne nuisent pas aux marchés à l'exportation de leurs entreprises agro-alimentaires, quand il s'agit de gérer les risques générés par le système alimentaire industriel, ce sont la déréglementation et les attitudes de non-intervention qui prennent le pas. Les gouvernements peuvent définir et administrer le cadre juridique de la sécurité sanitaire des aliments et des normes similaires, mais l'action et le programme sont pour l’essentiel laissés entre les mains du secteur privé. On pourrait même dire que la sécurité sanitaire des aliments reste à peine une question de politique publique dans la mesure où beaucoup de choses dépendent de normes privées, de contrôles volontaires et d’obscurs organismes industriels, tous sous la coupe des plus grandes sociétés agro-alimentaires. (...)

 

Walmart en Amérique centrale

Les marchés traditionnels sont en train de disparaître rapidement en Amérique centrale. Déjà plus d’un quart des quetzals servant aux Guatémaltèques pour leur alimentation sont dépensés dans un supermarché appartenant à Walmart, et c’est le cas d’un tiers des colones pour les Costaricains. Et pourtant, presque tous les produits horticoles achetés dans la région par les opérations de Walmart en Amérique centrale proviennent de sa propre filiale, Hortifruti, qui s’approvisionne auprès de quelque 1800 agriculteurs. Au Honduras, Hortifruti se fournit auprès de 395 producteurs horticoles sur un total de 18 000 dans le pays, et la plupart des produits proviennent d’un groupe de 45 producteurs préférés, qui ont au moins 4 ha en irrigation au goutte à goutte et disposent de leurs propres camions, tous formés par Bayer aux « bonnes pratiques agricoles ». i En outre, la moitié des produits vendus par les magasins Walmart en Amérique centrale sont importés, en grande partie de grandes exploitations au Chili. (...)

 

Résumé : Comment l'Union européenne et les États-Unis utilisent les accords de libre échange pour imposer leurs normes alimentaires

* Faire accepter les OGM (États-Unis).
* Dégager un espace pour élaborer des politiques sur les OGM en dehors du système des Nations Unies (États-Unis).
* Imposer des normes élevées pour limiter la concurrence (UE).
* Exiger l'ouverture des marchés à des aliments interdits ou indésirables (États-Unis).
* Créer des comités bilatéraux pour continuer à définir les politiques, à l’abri de la curiosité du public (les deux).
* Imposer des systèmes d'agrément au niveau de chaque exploitation agricole, qui entraînent une vulnérabilité face à une prise de contrôle par les grandes entreprises (les deux).
* Exiger une coopération bilatérale sur l'établissement de normes internationales, notamment l'élaboration de nouvelles normes (les deux).

 

Les petits agriculteurs sont les perdants

Une proportion de plus en plus importante des aliments achetés par les consommateurs leur est fournie par les chaînes d'approvisionnement de supermarchés et de sociétés de restauration multinationales (voir Encadré :  « Le tsunami des supermarchés »). Ces sociétés exercent maintenant un pouvoir considérable pour décider où l’alimentation est produite et où elle est vendue, et elles veulent de plus en plus souvent imposer exactement la façon dont les aliments sont produits et traités. Les normes alimentaires sont devenues pour ces entreprises un moyen essentiel d'organiser les marchés mondiaux.(...)

 

Le tsunami des supermarchés

Thomas Reardon et ses collègues économistes Spencer Henson et Julio Berdegué ont suivi le développement des supermarchés dans les pays du Sud. Ils constatent que le développement des supermarchés a évolué très lentement en dehors des pays industrialisés entre les années 1950 et 1980. Durant ces années, les supermarchés sont restés confinés à la petite niche de riches consommateurs dans les grandes villes, qui pouvaient se permettre des prix plus élevés. Mais les choses ont changé « de façon brutale et spectaculaire » dans les années 1990.(...)

 

Privatisation de la sécurité sanitaire des aliments dans les pays du Sud

En Chine, où les supermarchés se développent à un rythme effréné, cette évolution se fait durement sentir. Les grandes chaînes de supermarchés, à la fois nationales et étrangères, travaillent main dans la main avec les fournisseurs et les gouvernements locaux au développement d’exploitations agricoles pour fournir les fruits et légumes. Dans le cadre d'une campagne visant à améliorer la sécurité des aliments et intégrer ses 700 millions de petits agriculteurs dans des « filières alimentaires à haute valeur ajoutée » avec « des méthodes agronomiques scientifiques », le gouvernement chinois poursuit la mise en place d’une base pour la production de fruits et légumes en partenariat avec le secteur privé. Dans chacune de ces zones affectées à la production, les autorités locales négocient des accords avec des entreprises privées qui permettent à la société de s’installer, de louer des terrains auprès des agriculteurs qui les occupent actuellement ou d’en acquérir les droits d'utilisation, et de mettre alors en place une production à grande échelle, en embauchant les agriculteurs évincés comme travailleurs agricoles ou dans le cadre d’accords de production.(...)

 

Le piège des bonnes pratiques agricoles

En 2002, les États-Unis ont fermé leur frontière aux importations de melons cantaloup provenant du Mexique après la détection de plusieurs cas de salmonellose qui ont été attribués à la consommation de ces fruits mexicains. i Un an plus tard, en vertu d'un accord élaboré entre les autorités américaines et mexicaines, l'interdiction a été levée pour les cantaloups qui faisaient la preuve de leur conformité au « Programme d’exigences de reconnaissance fédérale pour la production, la récolte, le conditionnement, la transformation et le transport des melons cantaloup ». Mais avec la mise en œuvre de ce programme de bonnes pratiques agricoles (GAP), basé sur des normes établies par les distributeurs américains, peu de cultivateurs mexicains ont pu revenir sur le marché.(...)

 

La résistance des populations à la sécurité sanitaire alimentaire prônée par les entreprises

Ces dernières années, on a pu assister à l’émergence d’incroyables luttes sociales et à des initiatives très intéressantes pour lutter contre ce détournement dans l’élaboration des politiques et les pratiques de sécurité sanitaire des aliments par les entreprises. Certaines d'entre elles ont été déclenchées par la restructuration du commerce international des denrées alimentaires, telles que la résistance à la viande bovine américaine menée par des mouvements de citoyens à Taiwan, en Australie, au Japon ou en Corée du Sud. D'autres actions ont vu le jour en réaction à des catastrophes sanitaires nationales, comme l’action citoyenne en Chine après la tragédie du lait à la mélamine. De temps à autre, tous les pays sont secoués par des épidémies d’intoxications alimentaires de courte durée. Mais nous assistons de plus en plus souvent à une remise en cause plus structurelle et politique du système alimentaire industriel, du développement capitaliste. Il s’agit de savoir qui décide quoi, parce que la santé et les moyens de subsistance des populations sont directement touchés.(...)

 

 

Adieu à la biodiversité

L’un des projets du Partenariat de filière alimentaire de Bayer en Inde se fait en lien avec le géant des supermarchés indiens ABRL pour la fourniture de gombo de taille standardisée. Une vidéo promotionnelle de Bayer relate l'expérience d'un agriculteur qui est censé avoir participé au projet Bayer :

Dans le temps, nous cultivions notre propre alimentation ici dans de petits champs. Maintenant, sur une superficie d'environ 2,4 ha, je cultive le gombo. Nous, les agriculteurs, apprenons auprès des professionnels comment avoir des cultures durables conformes aux bonnes pratiques agricoles. ... Cela couvre l'utilisation contrôlée et écologique de produits phytosanitaires de pointe issus de la recherche Bayer CropSciences... Ces connaissances sont positives, pas seulement pour mon portefeuille mais aussi pour l’environnement... Avant, je ne cultivais que des variétés locales de gombo. Mais les experts du Partenariat de la filière alimentaire de Bayer CropScience India m’ont convaincu de cultiver la variété Sonal dans mes champs. Cette nouvelle variété de gombo de Nunhems est précisément adaptée aux conditions régionales et aux normes de plus en plus strictes des grands distributeurs alimentaires nationaux. Chaque étape de la culture et toutes les mesures de protection phytosanitaire sont enregistrées en détail dans mon passeport Bayer. Cela sert de preuve pour les distributeurs alimentaires et leur démontre que j’ai cultivé mes légumes correctement. i

i     Voir la vidéo à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=oVRMmYTqsCE(...)

 

Les agriculteurs ougandais sur la touche

En 2000, des investisseurs islandais ont créé une entreprise en Ouganda appelée Icemark Africa, pour assurer des opérations logistiques vers des marchés européens pour les exportations de poisson frais, avec une activité parallèle complémentaire pour les exportations de fruits et de légumes. Icemark est maintenant le plus grand exportateur de fruits et légumes frais en provenance d'Ouganda, avec trois vols par semaine assurant l’exportation des produits vers l’Europe. Il y a encore quelques années, 90 % des produits Icemark étaient achetés auprès de petits producteurs indépendants. Mais ensuite la société a commencé à créer ses propres exploitations agricoles, dans lesquelles la certification GlobalGAP est plus facile à obtenir. Elle achète maintenant 40 % de ses produits auprès de ses trois propres exploitations disposant de 270 ha dans le centre de l’Ouganda. i

i     Thomas Pere, « Mashamba: the identity of quality fruits, vegetables », The New Vision, http://www.enteruganda.com/brochures/manifesto_7.html

 

 

Le lobby qui n'ose pas mettre son nom sur les étiquettes

Les intérêts des grandes entreprises peuvent parfois échapper à l’attention du public pendant que gouvernements et législateurs marchandent ce qui semble être une politique publique. Prenons par exemple la lutte sur l’étiquetage alimentaire dans l’UE : la mondialisation dictée par les grandes entreprises et les changements de modes de vie entraînés par l'urbanisation et les nouvelles technologies sont en train de créer un nouvel ensemble de problèmes de santé liés à l'alimentation, en particulier l'obésité et le diabète de l'adulte. Ces problèmes ne sont pas limités à notre riche société occidentale ; ils progressent dans toutes les régions du monde, notamment en Chine et en Afrique, qui connaissent une évolution rapide. Ces maladies sont non seulement pénibles et handicapantes pour les familles affectées, mais elles entraînent aussi des coûts énormes pour la société.(...)

 

Conclusion

Dans la plupart des pays du monde, les secteurs agricoles sont rapidement restructurés pour laisser la place à un secteur agro-industriel en expansion. Les normes de sécurité sanitaire des aliments jouant un rôle essentiel dans la justification de nouvelles formes de contrôle des entreprises, il est grand temps de réévaluer ce que signifie la sécurité alimentaire. À l'heure actuelle, elle se traduit par une « culture d'audit », qui s’accompagne d’un transfert de pouvoir des populations (les consommateurs, les petits agriculteurs, les magasins d’alimentation, les marchés, les restaurants) vers le secteur privé (Cargill, Nestlé, Unilever, Walmart ... la liste est longue). Elle peut au contraire consister en un contrôle local et des systèmes agricoles et alimentaires plus communautaires. En fait, elle peut être beaucoup plus vigoureusement et explicitement intégrée dans des campagnes et initiatives populaires sur la souveraineté alimentaire. Dans ce processus, on pourrait complètement arrêter de parler de sécurité sanitaire des aliments et affirmer à la place nos propres exigences de qualité des aliments, ou quelque chose de global du même type.

La salubrité des aliments, ou la qualité des aliments en termes plus généraux, est un terrain sur lequel la grande agriculture industrielle et les cultures de supermarché ne peuvent pas surpasser les petits producteurs et les marchés locaux. Le défi est de faire en sorte que les petits acteurs locaux puissent survivre et tourner à notre profit les préoccupations qui se manifestent de plus en plus aujourd'hui vis-à-vis de la sécurité sanitaire des aliments.

 

ANNEXE - Sécurité sanitaire des aliments : qui fait quoi ?

Organisation mondiale du commerce (OMC)

Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, l'OMC est responsable de la mise en œuvre de l'Accord sur les normes sanitaires et phytosanitaires (Accord SPS) et dispose d'un Comité SPS composé des États membres pour cette tâche. L'Accord SPS énonce un certain nombre de règles qui visent à limiter le blocage des échanges agricoles dus à des problèmes de sécurité sanitaire des aliments, qu'il considère comme un obstacle au commerce. Une de ces règles est que les pays doivent utiliser les normes adoptées par les organisations intergouvernementales spécialisées, telles que l'OIE pour la santé animale et le Codex Alimentarius pour les produits alimentaires. Mais ces « normes » sont, dans de nombreux cas, des recommandations ou des directives. Les pays conservent le droit de pratiquer des normes de sécurité sanitaire des aliments « supérieures » à condition qu’elles s’appuient sur des motifs « scientifiques ». Ils peuvent même suivre des normes différentes qui produisent des résultats équivalents, s’ils parviennent à s’en sortir ainsi. Après tout, n'importe qui peut prétendre que ses motifs sont scientifiques. i Ce que nous obtenons, avec tout cela, ce sont des politiques du type « la force fait la loi » (certains pays intimident les autres et se fraient leur propre chemin), avec le risque que certains gouvernements suivent tout simplement les recommandations de l’OIE ou du Codex faute de meilleure alternative (comme le souhaite l’industrie).(...)

 

Codex Alimentarius

Le Codex Alimentarius (Codex en abrégé) est une commission créée en 1953 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l'Organisation mondiale de la Santé. Le Codex débat et adopte des lignes directrices, des normes et des recommandations relatives à la sécurité sanitaire des aliments, par exemple en ce qui concerne le niveau acceptable du pesticide x dans les bananes. En tant que tel, son but est d'arriver à un terrain d'entente en matière de santé et de sécurité pour les aliments.

Le problème est que le Codex ne fonctionne pas de façon démocratique et transparente. Il est composé de gouvernements, mais le secteur privé participe très activement à ses travaux, que ce soit dans le cadre des délégations gouvernementales officielles ou en tant qu'observateur. Les groupes d'intérêt public à but non lucratif, de santé publique ou de consommateurs, en revanche, y sont à peine représentés.(...)

 

Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

L'OIE joue un rôle similaire au Codex, mais pour le règne animal. Elle a été créée à Paris dans les années 1920 pour mettre un terme à une épidémie de peste bovine. Aujourd'hui, l'OIE est une institution intergouvernementale assez importante qui surveille et évalue les maladies animales (notamment celles qui affectent les humains, comme la grippe aviaire ou l’ESB) et établit des normes sanitaires pour le commerce mondial des produits d'origine animale. Comme le Codex, l'OIE s’est aussi vu attribuer par l’OMC un « vernis » d’autorité et de légitimité pour définir la politique nationale et internationale sur les questions de santé animale. Mais aussi, comme le Codex, elle est très déconnectée des gens dans la mesure où peu d'agriculteurs, de consommateurs ou de représentants d’organisations de défense de la santé publique semblent en avoir connaissance, et encore moins avoir une quelconque influence sur elle.(...)

 

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)/Organisation mondiale de la Santé (OMS)

Outre qu’elles accueillent le Codex Alimentarius, la FAO et l’OMS traitent toutes les deux la sécurité alimentaire des aliments depuis leur point de vue respectif (production alimentaire et santé), mais ils semblent très peu actifs dans ce domaine.(...)

 

GlobalGAP et l'Initiative mondiale de sécurité alimentaire (GFSI)

Au cours des dix dernières années, l'industrie alimentaire mondiale a sans doute élaboré des centaines, voire des milliers de dispositifs (qu’il peut être préférable de considérer comme des listes de contrôle) pour identifier les produits qui sont acceptable pour la consommation, de la ferme jusqu’à la table. Ces systèmes sont des ensembles de normes. Par exemple, elles peuvent dire que le piment jalapeño doit être d’un vert x, d’une épaisseur y et avec un indice thermique de z. La complexité de ces listes devient énorme (elle va jusqu’à la variété de semence que doit utiliser l’agriculteur), mais elles sont fondamentales dans le système alimentaire industriel. Les institutions qui contrôlent ces listes exercent un pouvoir caché dans la formulation de notre approvisionnement alimentaire.(...)

 

Aller plus loin

  1. GRAIN, « La sécurité sanitaire : les dés sont pipés”, Seedling, Juillet 2008, http://www.grain.org/seedling/?id=556
  2. Christine Ahn et GRAIN, « Food safety on the butcher's block », Foreign Policy In Focus, Washington DC, 18 avril 2008, http://www.grain.org/o/?id=83
  3. La section SPS-sécurité sanitaire alimentaire du site militant bilaterals.org présente une série d'articles spécialisés consacrés à la façon dont des pays utilisent les accords de commerce et d’investissement bilatéraux pour faire passer des normes et des politiques de sécurité sanitaire qui avantagent leurs entreprises. http://www.bilaterals.org/spip.php?mot185
  4. Sunita Narain, « Control your food. It’s your business », Centre for Science and Environment, New Delhi, 1er octobre 2010, http://www.cseindia.org/content/control-your-food-it-your-business
  5. Susan Freidberg, « Supermarkets and imperial knowledge », Cultural Geographies, 2007, http://www.dartmouth.edu/~geog/facstaff/ CVs/Freidberg/ImpKnowledge.pdf

 

Acronymes

ACP                Groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
AREA-AD      Association de réflexion, d'échanges et d'actions pour                                              l'environnement et le développement (Algérie)
ASEAN          Association des nations de l'Asie du Sud-Est
ASC                Aquatic Stewardship Council (Conseil de gestion de l’aquaculture - WWF)
ESB                 encéphalopathie spongiforme bovine
CDC                Centers for Disease Control and Prevention (États-Unis)
PDG                président-directeur général

 

Source : GRAIN — À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ? Les profits des entreprises contre la santé des populations

 

 

 

Par Anne Wolff - Publié dans : Planète urgence - Communauté : Ecologie et Environnement
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 10:43

 

 

Les étudiants de l'université de Tel-Aviv bravent la loi israélienne et commémorent la « Nakba »

 


tel-aviv-nakba.jpg

 

La commémoration qui s'est tenue ce lundi 14 mai à l'Université de Tel-Aviv est historique. Au lieu de fêter la journée d'indépendance d’Israël, les étudiants ont organisé une initiative pour se souvenir de la Nakba, soit la catastrophe vécue par un peuple palestinien, déraciné et dépossédé, après la création de l’État israélien en 1948.

 

Organisée place Antine, à l'entrée de l'université, cette cérémonie est une initiative des étudiants du Hadash, cette coalition menée par les communistes, mais a su rassembler large puisque près d'un millier d'étudiants, juifs et arabes, sont venus se souvenir de ce moment douloureux de l'histoire du peuple palestinien.

 

Un acte courageux car depuis la « Loi sur la Nakba » adoptée en mars par la Knesset, toute commémoration de la journée d'indépendance Israélienne comme un jour de deuil est un délit.

 

Devant la mobilisation étudiante, l'Université a toléré cet événement tout en y posant des conditions draconniennes : refus de l'emplacement initial près du bâtiment des sciences sociales, rémunération des agents de sécurité de l'université par les étudiants, ou encore interdiction d'afficher des posters, signes distinctifs ou des drapeaux.

 

La cérémonie s'est déroulé de façon sobre avec la lecture d'un poème de l'écrivain Palestinien Mahmoud Darwich, une minute de silence, et une lecture alternative de la prière « Yikzor », réservée traditionnellement aux soldats morts au front.

 

Elle n'a été perturbée que par une contre-manifestation organisée par une petite centaine de militants de l'extrême-droite sioniste qui ont insulté les manifestants, leur lançant des « Retournez en Syrie », « Non à l'islam fasciste » ou encore « Traîtres de gauchistes ».

 

Toutefois, la manifestation, par son nombre et son caractère œcuménique n'en fut pas moins une réussite. Car la commémoration n'a pas été conçue comme une manifestation communautaire, mais bien comme une démonstration d'unité entre Juifs et Arabes autour d'une catastrophe humaine :

 

« Il s'agit d'une idée nouvelle, une cérémonie dans un cadre universitaire pas seulement pour les étudiants Arabes mais pour tout le monde », déclarait avant l'initiative Safi Kadaan, étudiant en sociologie et un des organisateurs.

 

« Nous parlons d'une catastrophe dont toute l'humanité doit être consciente. Le contexte historique sera présenté lors de la cérémonie, aucun hymne ne sera joué, car il s'agit d'une question humaine, pas seulement d'une question nationale. », a ajouté Safi Kadaan.

 

 

Autre organisatrice de l'initiative, membre du Comité central du PC d’Israël, Noa Levy, étudiante en droit, abonde dans le même sens, insistant sur la reconnaissance de cette tragédie :

 

« L'idée derrière la cérémonie, c'est qu'il y ait une reconnaissance concrète des souffrances et de la douleur qu'a causé le gouvernement à ces gens qui vivaient sur ces terres. C'est moins une question politique-nationale, et plus une question de reconnaissance de la tragédie qui s'est déroulé ici ».

 

L'occasion de conclure pour elle sur la nécessité de renforcer l'unité entre Juifs et Arabes contre les partisans du statu quo colonialiste :

 

« Chaque année, diverses formations politiques organisent des initiatives centrées sur la Nakba, dans une tentative d'en faire le point central des relations entre Juifs et Arabes dans le coin. Ce qui n'a jamais été fait, et l'heure est venue de le faire, c'est de commémorer la Nakba d'une autre façon, la rendant accessible au public Israélien – un événement pour se souvenir de la tragédie et des grandes souffrances endurées par ceux qui étaient ici avant 1948, nombre d'entre eux y vivant encore ».

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Cri du Peuple : http://www.mleray.info/article-les-etudiants-de-l-universite-de-tel-aviv-bravent-la-loi-israelienne-et-commemorent-la-nakba--105324213.html

Par Anne Wolff - Publié dans : Peuples du monde - Communauté : La Cyber-résistance
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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 09:29

 

Où est  mis en évidence le rôle de la FAO, l'organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation. L'accaparement des terres est un phénomène mondial, il concerne tant les terres agricoles, que les zones sauvages, que l'espace urbain à tel point qu'on peut parler de confiscation du territoire. A tel point que devant ce danger qui présente une réelle menace j'en ai fait un des thèmes central de ce blog.

Je ne connaissais pas la position de la FAO, elle ajoute une donnée importante : la complicité ouverte de l'ONU dans ces processus d'accaparement. Et cela met aussi en évidence le rôle de "l'expertise" , autre phénomène que je remets en question régulièrement : qui est expert, de quoi et au service de qui ?

Dans ce domaine comme dans d'autres les organisations paysannes sont aujourd'hui à l'avant-garde des luttess : construisant leur propre expertise et se regroupant planétairement pour partager les fruits de leurs expériences, menant des combats communs pour la Terre, mettant en évidence ce qui préserve et améliore et aussi ce qui détruit, tant la qualité de le terre que nos modes de vie.

J'ai été volontairement provocatrice à plusieurs reprise en parlant des villes comme de structures parasites, mais l'exemple de la Grèce est parlant, quand la misère s'installe, quand il ne reste plus rien en ville, ni même les moyens de se nourrir,  la  campagne devient ce lieu de repli où il est possible de ce donner les moyens de la vie par son activité.

Ce combat contre l'accaparement des terres de la planète et leur destruction est un combat qui nous concerne tous !

 

Amérique Latine : l'accaparement des terres


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Les 120 membres de mouvements et d’organisations sociales d’Amérique latine et des Caraïbes qui se sont rassemblés à Buenos Aires du 22 au 25 mars dans le cadre de la IIIe Conférence spéciale pour la souveraineté alimentaire (antérieure à la 32e Conférence régionale de la FAO — Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) ont émis la Déclaration de Buenos Aires, dans laquelle ils questionnent la position adoptée par la FAO en ce qui a trait à l’accaparement de terres en Amérique latine.

 

Cette conférence a été organisée par le CIP [1], soit le Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire. Pendant 4 jours, plus de 100 organisations sociales provenant de plus de 20 pays d’Amérique latine ont débattu des problématiques les plus pressantes dans le continent, ainsi que de leurs propositions politiques et solutions possibles en faveur de la souveraineté alimentaire.

 

La problématique de la terre a pris une place primordiale dans tous les débats. Celle de l’accaparement des terres s’est avérée l’une des principales barrières au développement de la souveraineté alimentaire.

 

C’est pour cette raison que la présentation de la FAO, qui soulignait de récentes études sur l’accaparement de terres où l’on décrit le phénomène du land grabbing comme en étant à ses débuts et se limitant seulement à deux grands pays, soit l’Argentine et le Brésil, a alarmé les participants. Il a même suscité d’importants questionnements sur la position de la FAO dans le document final.

 

 

Antécédents

 

Devant l’accaparement global de terres qui prend place actuellement, la FAO encourage « l’investissement agricole responsable » en proposant « la création d’un consensus international sur les principes pour l’investissement agricole responsable (Principes IAR) [2] en collaboration avec d’autres institutions telles que UNCTAD (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement), le Fonds international du développement agricole (FIDA) et la Banque Mondiale.


 

Pendant le Forum social mondial de Dakar [3] et devant de telles propositions, les organisations de la société civile ont formulé l’Appel de Dakar contre l’accaparement de terres. Dans cet appel, on demande au Comité de sécurité alimentaire mondiale (CFS) de rejeter les principes d’investissement agricole responsable, car ils sont considérés comme un moyen illégitime et inapproprié pour confronter le phénomène de l’accaparement de terres.


 

En 2009, dans le contexte de la crise alimentaire globale, la FAO, l’IFAD et l’IIED (Institut international de l’environnement et du développement) ont publié un étude sur le progrès du phénomène du land grabbing, ou l’accaparement de terres en Afrique.

 

Dans ce contexte, le Bureau régional de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes (RLC), a pris l’initiative de chercher des antécédents qui permettraient de vérifier dans quelle mesure le phénomène de l’accaparement de terres se manifestait en Amérique latine, le cas échéant.

 

Ayant cet objectif à l’esprit, la RLC a commissionné l’élaboration d’études nationales sur la dynamique de la concentration de terres pendant le dernier quinquennat, et ce, dans dix-sept pays de la région.

 

Le 14 et 15 novembre 2011, la FAO a convoqué à Santiago, au Chili, une rencontre nommée « Dynamiques dans le marché de la terre en Amérique latine et les Caraïbes ». Les conclusions de ces études y ont été présentées, de même que la conclusion antérieurement mentionnée.

 

 

Est-ce une question de public / privé ?

 

Selon les mouvements sociaux établis à Buenos Aires, ce travail de la FAO « montre un très grave aperçu de la situation de la terre en Amérique latine, ainsi que du processus d’internationalisation et d’accaparement qui a lieu autant dans la production d’aliments de base que dans les biocarburants, la production forestière, le tourisme, l’exploitation minière ou la préservation ».

 

Ce qui a été étonnant, c’est le rapport final qui conclut que le phénomène du land grabbing (accaparement de terres) se trouve en phase initiale et limité à seulement deux grands pays, soit l’Argentine et le Brésil. Selon les organisations sociales, « ces conclusions sont le résultat d’une application des critères d’accaparement en un sens très limité : acquisition de larges étendues de terre destinées à la production d’aliments dans laquelle on retrouve au moins un gouvernement étranger parmi les agents/acteurs intervenants ». En effet, le bureau régional de la FAO en Amérique latine considère qu’on ne peut pas parler d’accaparement de terres lorsqu’il s’agit d’investisseurs privés. Selon la FAO, il ne peut y avoir accaparement que lorsqu’un investisseur souverain (d’État) y est impliqué.


 

Un grand nombre d’organisations de la société civile ne peuvent accepter cette position. Il vaudrait la peine de souligner que des arguments similaires émergent ailleurs dans le monde dans le but de limiter le débat. En Australie, par exemple, où 12 % des terres agricoles reposent entre les mains d’investisseurs étrangers, certains groupes tentent de faire la différence entre les investisseurs privés et les investisseurs souverains afin de limiter la recherche de meilleurs contrôles et régulations uniquement au secteur public. Comme si l’investissement privé était quelque chose d’incontestable, ce qui fait bouger le monde.

 

La prise de contrôle de vastes étendues de terres, de territoires et des droits qui y sont liés représente un problème pour le groupe Beidahuang (une entreprise d’État dans la province de Heioljiang) ou Hassad Food (crée par le gouvernement du Qatar) ou même pour une entreprise comme CalyxAgro (subsidiaire du groupe français Lois Dreyfus Commodities) ou Adecoagro (dirigé par l’investisseur américain hongrois George Soros).


 

Parmi les principales causes expliquant le développement de l’accaparement de terres en Amérique latine se trouve l’avancée brutale du l'agro-industrie dans tout le continent. C’est le même l'agro-industrie qui a mené l’humanité à la somme inédite de un milliard d’affamés. Il faut aussi souligner le rôle que joue l’exploitation minière dans des pays tels que l’Argentine, le Chili, le Pérou, l’Équateur, le Costa Rica, le Mexique et le Guatemala. D’égales importances, on retrouve les mégas projets hydroélectriques et les initiatives touristiques de grande envergure qui s’approprient des espaces communs. Finalement, parmi les causes d’accaparement de terres en Amérique latine, il est important de mentionner les fausses solutions au changement climatique, tels que les projets REDD+ et les plantations de monocultures pour la production de biomasse à des fins énergétiques.


 

Les groupes rassemblés à Buenos Aires ont également abordé les problèmes que posent un autre rapport daté de juillet 2011, intitulé Rapport du groupe d’experts de haut niveau du comité de sécurité alimentaire mondiale (CFS) sur la possession de la terre et les investissements internationaux en agriculture. Cet autre rapport, proposé pour agir comme guide à l’intérieur du débat, passe d’une simple dénonciation du land grabbing à la reconnaissance du potentiel des investissements étrangers dans les terres.

 

 

Ce qui est fondamental, ce n’est pas de trouver la définition

 

La Déclaration [4] qui fut présentée cette semaine à la 32e Conférence régionale de la FAO aborde la question de l’accaparement de terres comme suit :

 

« Nous manifestons notre désaccord avec le rapport final élaboré par la FAO-ALC, intitulé Dynamiques sur le marché des terres en Amérique latine et les Caraïbes, où l’on déclare que le phénomène du land grabbing (accaparement de terres) se trouve en phase initiale et qu’il se limite à seulement deux grands pays, soit l’Argentine et le Brésil. Ces conclusions sont le résultat d’une application très limitée des critères d’accaparement : acquisition de larges étendues de terre destinées à la production d’aliments dans laquelle on retrouve au moins un gouvernement étranger parmi les agents/acteurs intervenants. En plus, ce document qui propose le document daté de juillet 2011 intitulé Rapport du Groupe d’experts du Comité de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA) sur la possession de la terre et les investissements internationaux dans l’agriculture pour servir de guide à l’intérieur du débat, passe d’une simple dénonciation de l’accaparement de terres à la reconnaissance du potentiel des investissements étrangers dans les terres.


 

Bien que les documents inclus dans le rapport de la FAO-ALC montrent un très grave aperçu de la situation de la terre en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi que du processus d’internationalisation et d’accaparement qui a lieu autant dans la production d’aliments de base que dans les biocarburants, la production forestière, le tourisme, l’exploitation minière ou la préservation, nous comprenons que ces conclusions sont extrêmement dangereuses puisqu’on occulte et estompe, derrière une supposée rigueur scientifique et terminologique, un grave problème en ce qui concerne les superficies accaparées et les effets néfastes de l’accaparement sur les économies locales et sur la vie de millions de paysans de descendance africaine, d’autochtones, de petits entrepreneurs agricoles et de pêcheurs. »


 

« Nous luttons contre l’accaparement des terres dans le monde entier à partir des organisations et des mouvements sociaux. Nous exigeons que la FAO-ALC reconsidère d’urgence cette position en écoutant les voix et les demandes des peuples et qu’elle ajuste ses actions devant le processus mis en place par la FAO à l’échelle internationale. Ce qui est important, ce n’est pas de trouver la meilleure définition de ce qui constitue ‘l’accaparement de terres’, mais bien de mettre fin, de toute urgence, au processus qui expulse quotidiennement les peuples de leurs territoires.

 

Dans ce sens, nous rejetons également la définition de ‘forêts’ établie par la FAO, car elle encourage l’accaparement de terres pour y établir de vastes monocultures. Permettre de les définir comme des ‘forêts’ ne fait que légitimer la monoculture à l’échelle industrielle, responsable des innombrables effets négatifs, incluant l’expulsion des communautés paysannes et autochtones. »

 

 

Dire non à tous les accaparements

 

GRAIN, de même que des centaines d’organisations sociales, est convaincu que la seule solution pour mettre un terme à l’accaparement de terres à l’échelle mondiale tout en suivant les propositions de l’Appel de Dakar, c’est d’en appeler aux parlements et aux gouvernements nationaux pour mettre une fin immédiate à tous les accaparements massifs de terres actuelles ou futures, et de restituer les terres volées.

 

Le récent rapport de GRAIN [5], qui expose plus de 400 cas d’accaparements de terres sur une surface de près de 35 millions d’hectares dans 66 pays, est très éloquent à cet égard. Il est important de noter que parmi les cas répertoriés, des dizaines se trouvent en Amérique latine.

GRAIN

 

 


 

NOTES

1 - Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (CIP)   www.foodsovereignty.org/fr

2 - Investissements agricoles étrangers et sécurité alimentaire www.fao.org/economic/est/issues/investissements-etrangers-dans-lagriculture/fr/

3 - Appel de Dakar contre l’accaparement de terres www.dakarappeal.org/index.php/fr/

4 - Déclaration de la IIIe Conférence spéciale pour la souveraineté alimentaire pour les droits et pour la vie. www.radiomundoreal.fm/5319-solucion-verdadera

5 -GRAIN publie un ensemble de données comprenant plus 400 cas d’accaparements de terres agricoles à l’échelle mondiale.  /e/4482

Source : Cri du Peuple : http://www.mleray.info/article-amerique-latine-l-accaparement-des-terres-105283791.html

Par Anne Wolff - Publié dans : Planète urgence - Communauté : Ecologie et Environnement
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    Sauvage est un mot qui me parle de beauté.

Là-haut  dans   la montagne, ils m’appellaient la « salvaje », la sauvage et j’aimais bien car je savais ce que civ ilisé à l’oc cidental peut con tenir de mesquinerie, de dévitalisation, de déshumanisation, d’apologie de l a haine. J’en avais fini avec le mythe du progrès. Je n’avais pas encore compris ce que les horreurs du 20ème siècle avait de concerté, de prog rammé, de volontaire, mais je savais par contre que si l’humanité survivait aux conséquences des désastres produits par l’occident universaliste triomphant, ce siècle apparaîtrait comme la genèse de l’horreur absolue : celle de « l’ Homme » détruisant l’humanité en gestation.

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Aujourd’hui j’en sais trop, je ne crois pas que je pourrais jamais retrouver cette vie de plénitude sereine de fille des bois sans que se rappelle à moi la destruction organisée de notre monde. Mais ce qui motive avant tout mon combat, c’est la survie de la vie sauvage. Une vie où même les mots proie et prédateur participent de la survie et n'ont pas le sens comme c’est le cas avec les Hommes, de la destruction de toute vie, de toute tendresse, de toute compassion sur la planète. Mais je n
 e suis pas un Homme, je suis une humaine,…

Anne 

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