5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 18:10

 

 

Je n’ai pas envie d’écrire un article là où il n’y a pas de mots pour le dire…

Quelques photos et des questions

Au Venezuela, des jeunes insurgés dirigés par des fascistes avérés pour qui les gens de couleurs et le petits peuples sont des animaux et des voleurs « par nature » arrêtent un passant, son crime : avoir le profil « type d’un voleur » et donc il mérite d’être châtié au nom de tous les siens (le point de vue de ces jeunes est que tout ce qui est dans ce pays redistribué au peuple plutôt que de filer dans les poches de l’oligarchie est du vol), ils affirment qu’ils sont l’avenir du Venezuela

 

 

Joven amarrado a un poste por manifestantes opositores en Los Mangos, Ciudad Guayana.

Joven amarrado a un poste por manifestantes opositores en Los Mangos, Ciudad Guayana.

Credito: Twitter @JRodriguezPSUV

"Pacíficos" manifestantes opositores amarran a joven a un poste, en el sector Los Mangos de Ciudad Guayana.

"Pacíficos" manifestantes opositores amarran a joven a un poste, en el sector Los Mangos de Ciudad Guayana.

Credito: Twitter @GNBCORE8

"Pacíficos" manifestantes opositores amarran a joven a un poste, en el sector Los Mangos de Ciudad Guayana.

"Pacíficos" manifestantes opositores amarran a joven a un poste, en el sector Los Mangos de Ciudad Guayana.

Credito: Twitter @GNBCORE8

Joven amarrado a un poste por manifestantes opositores frente a barricada en Los Mangos, Ciudad Guayana.

Joven amarrado a un poste por manifestantes opositores frente a barricada en Los Mangos, Ciudad

 

 

 

Il y a eu aussi des lynchages d’étudiants, des jeunes gens qui essayent de jeter de l’essence sur leur victime et l’ambulance qui tente de l’emmener pour y mettre le feu…. Et ils se préparent pour un massacre massif des chavistes et de leurs sympathisants dès que leurs chefs en donneront l’ordre. Une opération déjà plusieurs fois annoncée et retardée par le travail des enquêteurs qui arrivent à déminer l’histoire, mais leur leader Maria Machado parcourt en ce moment le pays pour leur dire de se tenir prêts, c’est pour bientôt… des listes des futures victimes et de leur habitudes circulent dans leur réseaux du net, des marques de reconnaissance ont été tracées sur les maisons des cibles.

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En Ukraine de charmantes jeunes filles préparent des cocktails molotovs destinés à tuer leurs « ennemis »

 


Pro-russes à Odessa/Images d'archives/Crédits photo/ Alexandre Sivov

  les « ennemis »



Voir l'image sur Twitter

 

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Les copains

 

 

 

Le résultat

 

 

 

Leurs copains achèveront à coups de bar de fer et de pierres les rescapés de l’incendie, la rumeur veut que certains auraient jeté de ce même napalm pour en jeter sur ceux qui ne brûlaient pas assez vite à leurs yeux....

 

 

 

Les images, les détails, les photos de toutes ces horreurs ne manquent pas.

 

Ils ont l’âge où ils devraient savourer les joies de la vie, la découvertes de l’amour, avoir les rêves des adolescents … un avenir.


Trop tard…d’autres ont décidé d’arrêter le cours de ce destin, de les utiliser de sacrifier non seulement leur vie mais aussi leur conscience, leur humanité pour un projet qui ne leur appartient pas.

Non savons qui sont ces « autres », ils ont installé à travers le monde leurs fabriques industrielles de Machines à tuer, le plus cruellement possible, de tortionnaires experts à distiller la douleur, les produits de leurs fabriques se retrouvent sur tous les continents. La seul réponse à leur donner est ce Tribunal des Peuples – pas ceux des oligarques où ils s’arrangent entre eux - pour juger les crimes de lèse–humanité dont ils ne cessent de se rendre massivement coupables. Le président de Bolivie Evo Morales à mainte fois lancé l’appel à la création d’un tel tribunal. Détruire la conscience d’un être, l’amputer de son avenir à la sortie de l’enfance en en faisant un monstre, un assassin, un tortionnaire est aussi un crime de lèse-humanité.



 

 

 

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 07:12

 

 

 

Egypte USA

Un tribunal militaire d’urgence a prononcé des condamnations à mort pour 683 accusés – des membres et des partisans présumés des Frères musulmans (FM) – au bout d’un procès qui n’a duré que cinq minutes et durant lequel ne juge ne permit pas que le moindre mot soit prononcé ou le moindre élément de preuve apporté à la défense des hommes condamnés, et dont la plupart n’étaient même pas présents au procès.

Le procès de masse et son verdict et ses sentences fixés d’avance font suite à un identique simulacre de justice qui eut lieu le mois dernier et durant lequel 529 personnes furent condamnées à mort par le même juge, Saed Youssef. Lors d’une décision distincte rendue lundi, Youssef a confirmé 37 de ces condamnations à mort et a commué toutes les autres en prison à vie.

A l’extérieur du tribunal lourdement gardé dans la ville de Minya, à environ 200 kilomètres au Sud du Caire, les proches des accusés en pleurs hurlaient leur indignation à l’égard de la junte dirigeante et de son dirigeant de fait, l’ancien patron des services de renseignement militaire sous Moubarak, le général Abdel Fattah al Sissi.

Les accusations portées contre 1.200 prévenus – tous risquant soit la potence soit la prison à perpétuité dans les prisons égyptiennes connues pour leur brutalité – découlent de la mort d’un seul policier durant les protestations organisées par les Frères musulmans contre le coup d’Etat militaire qui a renversé le président élu d’Egypte et membre des FM Mohamed Morsi. Durant cette même période, les forces de sécurité égyptiennes ont massacré jusqu’à 2.000 manifestants, dont un millier dans la même journée.

Comme le montre très clairement la parodie de justice de Minya, ce règne de terreur n’a fait que continuer en s’institutionnalisant encore plus fermement sous Sissi qui a démissionné dernièrement pour devenir candidat dans ce qui sera inévitablement des élections présidentielles truquées.

Outre les quelque 2.000 personnes tuées par la junte de Sissi, 21.000 autres ont été emprisonnées. Des milliers d’autres ont disparu dans un réseau de « sites noirs », des centres secrets de détention et de torture.

L’objectif de cette vaste machine de répression ne sont pas seulement les Frères musulmans, mais aussi les protestataires impliqués dans les manifestations qui ont entraîné en février 2011 la chute de l’ancien dictateur Hosni Moubarak. Trois d’entre eux – Ahmed Maher et Mohammed Adel, les dirigeants du Mouvement du 6-avril qui a maintenant été interdit sur la base d’accusations fictives d’espionnage et de diffamation envers l’Etat, et Ahmed Douma – ont été condamnés à trois ans de travaux forcés et à 7.000 dollars d’amende pour avoir contrevenu un décret interdisant toutes les protestations non autorisées. Ils ont déclaré être régulièrement passés à tabac par leurs geôliers. 

Toute cette répression féroce cible la classe ouvrière égyptienne, la force sociale qui a été le principal acteur, de par ses grèves et ses protestations de masse, dans l’éviction du régime de Moubarak. Ces grèves se sont poursuivies, par la cessation du travail dans le secteur du textile, de l’acier, des transports publics, le débrayage des postiers et des travailleurs portuaires, y compris ceux du stratégique Canal de Suez. Dans des conditions où la junte dirigeante est prête à adopter les drastiques mesures d’austérité dictées par le FMI, y compris la suppression des subventions sur le pain, l’électricité et le gaz, elle cherche désespérément à intimider les travailleurs égyptiens en appliquant la violence de l’Etat.

Rien que l’ampleur des procès et des condamnations à mort de masse en Egypte est sans précédent dans l’histoire récente, et rappelle le genre d’atrocités commises sous les nazis. De par ses paroles ambiguës et ses actes concrets, Washington se retrouve exposé comme le complice direct de ce crime, le président Barack Obama faisant tout ce qui est possible pour le faciliter.

Dans une déclaration débordant de cynisme, la Maison Blanche a dit lundi qu’Obama était « profondément préoccupé » par les condamnations à mort de masse en Egypte.

« Alors que l’indépendance des juges est un élément vital de la démocratie, ce verdict n’est pas conciliable avec les obligations de l’Egypte en vertu du droit international des droits de l’homme, » pouvait-on lire dans le communiqué de la Maison Blanche. Il lance un appel à Sissi et à ses collègues de la junte militaire de « prendre position contre cette action illogique. »

De qui se moquent-ils? Les subtilités de « l’indépendance des juges » ne jouent pratiquement aucun rôle en Egypte. Youssef, le juge de la mort – communément appelé « le boucher » – a été nommé par la junte à un tribunal spécial pour faire exactement ce qu’il est en train de faire. De plus, les sentences draconiennes rendues ont une logique très précise : elles sont un acte de terreur d’Etat visant à intimider les masses égyptiennes.

Le communiqué poursuit en disant: « Depuis la Révolution du 25 janvier, le peuple égyptien aspire à être représenté par un gouvernement qui gouverne équitablement, préserve sa dignité et offre des possibilités économiques. Les Etats-Unis soutiennent ces aspirations et veulent le succès de la transition de l’Egypte. »

Rien que des mensonges empilés les uns sur les autres. La réalité est que le gouvernement Obama a fait tout son possible pour garder au pouvoir son « fidèle allié » Moubarak en écrasant la Révolution du 25 janvier et en envoyant au dictateur égyptien les munitions pour le faire.

Après avoir échoué, il a cherché à assurer le transfert du pouvoir à Omar Suleiman, le chef des renseignements de Moubarak et une « ressource » de la CIA. A défaut de cela, il a soutenu l’arrivée au pouvoir du Conseil suprême des forces armées. Après avoir brièvement essayé d’utiliser le gouvernement de droite des Frères musulmans de Morsi pour sauvegarder ses intérêts en Egypte et dans la région, il a tranquillement soutenu le coup d’Etat militaire qui l’a renversé en juillet dernier en refusant d’appeler ce coup d’Etat un coup d’Etat de façon à pouvoir continuer à verser l’aide militaire.

Il est impossible de faire plus en fait de pur cynisme que la phrase disant qu’on « veut le succès de la transition égyptienne ». La « transition » aidée et soutenue par Washington s’est révélée être une dictature plus sanglante et plus répressive que celle même du détesté Moubarak déjà soutenu par les Etats-Unis.

Ce n’est pas par hasard que l’imposition en masse de la peine de mort a eu lieu quelques jours seulement après que Washington a approuvé la livraison de 10 hélicoptères d’attaque Apache, en plus de quelque 650 millions de dollars d’aide militaire à la junte égyptienne déjà autorisée pour le présent exercice. C’est la moitié de ce que le gouvernement voulait fournir aux forces répressives du pays, l’autre moitié étant retenue par les lois limitant l’aide à des régimes amenés au pouvoir par des coups d’Etat. 

L’achat des hélicoptères a été correctement interprété par la junte égyptienne comme étant le feu vert à l’escalade de sa brutale répression.

Rien ne pourrait mettre plus à nu la fraude hypocrite de la politique étrangère du gouvernement Obama en matière de « droits de l’homme ». Durant ces derniers mois, il s’est présenté comme le champion de la démocratie et des droits humains en Ukraine. Il s’est servi de ce qui représentait, par rapport à l’Egypte, un nombre relativement restreint de meurtres – dont les auteurs restent un sujet de débat – pour justifier un coup d’Etat mené par des fascistes et une politique de provocations antirusse continues qui risque de précipiter le monde dans une troisième guerre mondiale nucléaire.

De la même manière, au Venezuela, la mort, de 41 personnes dans de violentes manifestations – dont la cause reste contestée – a fait que le secrétaire d’Etat John Kerry dénonce le gouvernement pour mener une « campagne de terreur contre ses propres citoyens. » Aucune terreur de ce genre n’avait été perçue dans les massacres de milliers de personnes en août dernier dans les rues du Caire ou dans les condamnations à mort de masse rendues au cours de ces deux derniers mois.

L’Egypte révèle le véritable visage de la politique impérialiste américaine qui utilise la sanglante violence d’Etat et le militarisme pour poursuivre les intérêts de la couche dirigeante financière et patronale de l’Amérique en réprimant aux quatre coins du monde les luttes sociales et les aspirations démocratiques de la population laborieuse.

 

Article original, WSWS, paru le 29 avril 2014

Via 
Le régime égyptien, qui est soutenu par les États-Unis, condamne 683 personnes à mort | Mondialisation



 

Un texte qui trouve sa place parmi ceux qui élucident ce que sont vraiment les « révolutions de couleurs » et autres printemps, qui les dirigent et pourquoi. Elles sont une stratégie mise au point dans les hautes sphères de l’Ordre Marchand - un ordre dans lequel les lois du commerce établies par leurs dirigeants substituent aux gouvernements formés de mandataires du peuple, des gouvernances de gestionnaires au mieux de leurs intérêts qu’ils désignent (en bref) – pour prévenir, récupérer ou provoquer les révoltes qui naissent spontanément dans les populations que cet Ordre sacrifie sans scrupule à ces intérêts.  

L’allusion de Van Auken au Venezuela est déplacée – je ne vais pas revenir ici dans les détails - en ce sens que dans ce pays, comme le constate d’ailleurs des rapports du parti d’opposition la MUD, le constat est clair, non seulement le gouvernement n’est pas renversable par les urnes, mais il est également impossible d’y organiser une révolution de « couleur ».

Le but des Révolution de couleur est simple, remplacer un gouvernement qui ne se soumet pas aux règles de gouvernance imposées par le Monde-Marché-Unique (MMU) au pouvoir centralisé par une autre qui accepte les règles de ce « Nouvel Ordre Mondial », dans un processus appelé Transition. L’instauration de ce MMU suscite le mécontentement des peuples sacrifiés dans tous les cas aux intérêts des bénéficiaires (profiteurs ?) de cet ultime processus d’accumulation capitaliste. Les « révolutions de couleurs » sont les techniques mises au point pour récupérer cette révolte, la canaliser, et mettre « hors d’état de nuire » les leaders de la Souveraineté Populaire, les dirigeants des mouvements qui ont pour but une meilleure répartition du pouvoir politique et des richesses afin d’installer un gouvernement qui soit acquis au dirigeants de ce processus de Transition.

Au Venezuela, la « révolution ce couleur » a échoué parce que la majorité du peuple s’est solidarisé avec le gouvernement qui – avec toutes les critiques constructives qu’on peut et doit lui faire – lutte contre les diktats de cet ordre dans le but de mettre en place à terme un gouvernement du peuple par le peuple, dans un partage de pouvoir est des richesses le plus large possible. Un des cinq pouvoir constitutionnel est le Pouvoir Populaire (en grande part en gestation ou à différent niveau de réalisation), c’est ce Pouvoir Populaire qui a fait échouer le coup d’état contre Chávez en 2002 qui cette fois encore à fait échec à la tentative de révolution de couleurs, dont les principaux dirigeants ont été formé soit à Harvard ou 2 ex-leaders d’OTPOR Serbie sont aujourd’hui professeurs de ces techniques, soit directement en Serbie grâce à des bourses attribuées par Washington à des étudiants des Universités privées du Venezuela où les méthodes de déstabilisation de Gene Sharp font partie des matières enseignées aux étudiants. L’échec de la révolution de couleur et les nécessités de l’Agenda de « Domination du Spectre Complet » concept explicité par le programme du Pentagone – entièrement acquis aux Grands Marchands, alors que ce qui reste de gouvernement aux USA ne l’est pas encore totalement – rende la chute du gouvernement de Maduro, et l’éradication du chavisme (et des chavistes) obligatoire pour que le programme de domination globale se réalise. Obligatoire immédiatement parce que pour continuer leur conquête, les Corporations ont non seulement besoin de s’approprier rapidement la gestion du pétrole nationalisé du Venezuela, mais aussi de faire tomber le pôle autour duquel s’organisent les mouvements de Souveraineté Nationale ou Populaire de la région (et parfois du monde).

Donde Vamos, dans un article assez visionnaire qui date de février 2011 analyse la révolution de couleur en Egypte conclu par un paragraphe intitulé « La suivante au Venezuela ? », article que j’avais repris avec une illustration vénézuélienne lors des prémisses des événements actuel au Venezuela en mai 2013.

Comprendre les techniques utilisées dans les dites « révolutions », est non seulement indispensable pour comprendre les vecteurs, dispositifs et mécanismes de la géopolitique mondiale contemporaine, mais également un réflexe de survie parce que si l’affrontement qui oppose la Russie au USA actuellement dans leur volonté de s’approprier les plus grandes parts possible du gâteau marchand pourrait dégénérer en guerre, il est plus probable que les prédateurs en viennent à un compromis qui évite de trop bousiller ce gâteau, alors que dans le contexte d’austérité aggravé qui nous est imposé toujours plus drastiquement, comprendre comment les authentiques révoltes populaires sont récupérés, perverties et confisquées est de toute première importance. Qu’il ne nous arrive pas ce qui arrive à l’Ukraine, un peuple dépossédé de tout, autant par l’Est que par l’Ouest, poussé à la guerre civile - ce qui élimine de l’humain surnuméraire sans détruire les « richesses » contrairement à une guerre plus que probablement nucléaire si elle éclatait entre puissances marchandes concurrentes – qui n’a pas vu venir les fascistes qui ont récupéré Maidan, pas plus que les milices au service de la Russie, qui récupèrent elles, l’antimaidan en tant que mouvement antifasciste d’autodétermination populaire. Et que nous n’ayons jamais à nous dire comme les militants des mouvements de gauche et sociaux d’Ukraine, en conclusion d’une série d’autres haines et frustrations, regrets :

Je me hais moi et les autres compagnons de gauche, d’avoir perdu tant de temps et d’énergie à des discussions et disputes internes à la place de construire une véritable alternative politique, alors qu’au cours des derniers mois, nous ne pouvions déjà plus avoir aucune influence sur rien 

Le texte ci-dessous, nous montre que le résultat des révolutions récupérées par les Marchands installant leur Nouvel Ordre Mondial*,  est celui d’un progrès dans la domination du peuples, sa soumission politique, son acceptation de la misère de gré ou de force, y compris par les moyens les plus cruels que sont la Terreur comme quotidien, terrorisme d’état ou guerre civile, le Meurtre comme résolution ultime des problèmes de dissidence.

Et cela menace aussi l’Europe à court terme, il serait plus que temps de  construire une véritable alternative politique.

 

Anne

Un terme qu’utilise églament abondement Poutine, dans son discours de campagne électorale de « Politique Etrangère » manifestant sa volonté de tailler pour les corporations russes la plus grande part possible du gâteau-monde, tout en augmentant également les profits de ces corporations par des réformes structurelles type FMI, dans la grande Eurasie ; j’y reviendrai.(texteintégral ici

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 07:55

 

[Ukraine, quand l'Occident joue avec le feu nucléaire]



Un fait incontournable est étrangement omis quand il s'agit d'aborder la situation en Ukraine : la Russie voisine est la deuxième puissance nucléaire mondiale.
 
Les évènements récents en Ukraine provoquent naturellement des débats et discours très partisans. Il s'agit pourtant du type de situation où un certain recul et une analyse plus objective permettent de mieux saisir les enjeux concrets et les périls qu'ils impliquent.
En commençant par exemple par ne pas perdre de vue que Vladimir Poutine ne peut résumer à lui seul la vaste et diverse population russe ou son histoire. Il en va de même pour Barack Obama ou Angela Merkel, la personnification excessive nuit à la compréhension, elle brouille l'écoute.

Ensuite, avec la même distance, visualiser l'évolution récente d'une carte d'Europe et de Russie en mode accéléré, d'Ouest vers l'Est :
  • fin du Pacte de Varsovie, la plupart de ses anciens membres rejoignant l'Europe et l'OTAN,
  • fin de l'URSS,
  • implosion de la Fédération de Russie, dont certains Etats rejoignent l'OTAN (sans oublier la guerre en Yougoslavie et sa disparition),
  • à présent en Ukraine, l'Europe et l'OTAN influent et agissent à 500km de Moscou...Capitale de la deuxième puissance nucléaire mondiale.
Il ne s'agit pas ici d'approuver ou d'excuser l'attitude russe, juste de tenter d'appréhender les intérêts en présence. Cet exercice devrait déjà permettre de mesurer l'incongruité de vouloir reprocher à la Russie "de masser des troupes à ses frontières" ou de lire qu'"Obama appelle Moscou à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne", qui est aussi la frontière russe...
Il suffit d'imaginer un instant quelle serait l'attitude des USA si la Californie -qui aurait récemment pris son indépendance- était sur le point de rallier un "Pacte de Varsovie ressuscité", qui inclurait des troupes, chars et missiles nucléaires russes basés au Mexique. Car ni l'ALBA ni Cuba, particulièrement sans missile et l'URSS, ne suffiraient pour représenter une situation équivalente.

Et voilà que l'Europe et l'OTAN s'invitent en Ukraine tout en reprochant à la Russie de le faire en Crimée. Deux territoires voisins qui firent longtemps partie intégrante de la Russie impériale, soviétique puis fédérale. De fait, l’actuelle Ukraine est le berceau historique où naquit la première "Russie" (Rus' de Kiev). Ceci, une fois encore, non pour justifier mais pour tenter de se représenter la perception russe de la question, car il est illusoire de prétendre résoudre un conflit sans prendre en compte les divers intérêts qui s'opposent. Que ce soit aux Iles Malouines, en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, au Congo, au Mali…ou en Crimée.





Déni ou provocation nucléaire?

Le plus étrange restant l'omission systématique de la donne nucléaire*, particulièrement dans le chef de ceux qui d'ici, tiennent les discours les plus belliqueux et agressifs. Quels objectifs poursuivent-ils? Les possibilités ne sont pas légions, comptent-ils sur une réédition sans condition, clefs en main, de Moscou? Sur un effondrement si subit que la Russie ne pourrait utiliser ses "armes de dissuasions" nucléaires? Ou estiment-ils désormais qu'un conflit armé impliquant directement les premières puissances nucléaires mondiales, aux frontières de l'une d'entre elles, soit une option envisageable, sérieusement?

" - "Qu'allons nous faire des huit millions de Russes qui restent sur le territoire de l'Ukraine ? Ce sont des pestiférés", se demande Choufritch.
- "Putain, il faut les fusiller avec des armes nucléaires", répond Timochenko, selon l'enregistrement.
Dans une partie de la conversation dont elle ne conteste pas l'authenticité, Timochenko dit qu'elle va "utiliser tous ses contacts, soulever le monde entier, pour qu'il ne reste de la Russie pas même un champ brûlé"
. (Le Figaro)

Cette étrange omission de la part des "stratèges" et médias occidentaux* ne pose pas question, elle y répond de manière alarmante par un déni ou une omission volontaire de la réalité et du risque. S'il est possible de concevoir quels seraient les intérêts des USA dans un conflit opposant deux de ses principaux concurrents économiques et politiques. Il est plus difficile de comprendre ce qui motiverait l'Europe dans une confrontation militaire risquant -vu les multiples aggravations prévisibles en ces circonstances- de mener à un  suicide nucléaire mutuel, plus que probablement global?

Ce qui était rappelé avec instance et anticipation dans le cas de l'Iran et l'est lors de chaque essai Nord-Coréen, serait ignoré quand il s'agit de la Russie ? Lors de la crise des missiles à Cuba une grande partie de la planète mesurait soudain la réalité concrète et l'ampleur du délire morbide que représente la menace permanente d'un possible holocauste nucléaire. Aujourd'hui, tandis que la situation en Ukraine ferait bientôt passer la crise des missiles pour une démonstration de pondération, les "décideurs" comme les citoyens semblent ignorer allègrement le danger présent. Le péril le plus tangible et définitif qui n'ai jamais pesé sur l'humanité depuis son apparition, cette épée de Damoclès qu'elle a forgé de ses propres mains et qu'elle voudrait oublier?
Le nationalisme mène à la guerre, or un conflit armé aux portes de la Russie n'est plus une option depuis que des milliers d'ogives nucléaires russes, étasuniennes, anglaises et françaises contenant chacune plusieurs centaines, voire milliers, de fois Hiroshima sont pointées sur chacune des capitales et agglomérations européennes et russes, d'Est en Ouest. Si les politiques ne sont plus en mesure d'agir de manière responsable, il est grands temps que les citoyens se mobilisent, la crise ukrainienne démontre que le  désarmement nucléaire reste une priorité. La guerre froide ne s'est jamais terminée, dans ce jeu de dupes les Européens comme les Russes sont perdants.

Le capitalisme mondialisé ne profite qu'à une infime minorité qui a déjà démontré sa détermination et son cynisme aux niveaux sociaux, économiques, écologiques et militaires. Si ces dégâts pourront éventuellement êtres contrés à terme, un tel affrontement -risquant à chaque instant de dégénérer en conflit nucléaire- en Europe serait irrémédiable. Le fait qu'il semble falloir le rappeler donne la mesure de la situation.


* Contrairement aux médias et politiques Russes.
http://fr.ria.ru/defense/20140424/201052213.html (màj 24-04-14)
http://fr.ria.ru/defense/20140414/200965968.html (màj 14-04-14)
http://fr.ria.ru/world/20140325/200808422.html
http://fr.ria.ru/presse_russe/20140326/200814771.html
http://fr.ria.ru/presse_russe/20140331/200841412.html
http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/67041912/270315418/ 
http://french.ruvr.ru/2013_12_12/Dmitri-Rogozine-la-Russie-est-prete-a-employer-l-arme-nucleaire-contre-des-agresseurs-3365/ 
(publié en décembre 2013 ce dernier article fut à nouveau à la une du site récemment)
Source La Fourmi Rouge...: [Ukraine, quand l'Occident joue avec le feu nucléaire]   que je remercie pour ces infos édi-terrifiantes et cet autre lien sur le même thème :
Dedefensa.org : Qui a peur du nucléaire ?

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 06:37

Etat policier : Un sans-abri américain froidement abattu par la police

Grosse bavure au Nouveau-Mexique.Il s'appelait James Boyd, il était un sans-abri de 38 ans et campait illégalement dans les collines de la ville d'Albuquerque. Le 16 Mars, il a été interpellé par les forces de l'ordre qui lui ont intimé l'ordre de partir. Il finit par leur répondre "Ne changez rien à ce qu'on a dit. Je vais essayer de marcher avec vous". 
Et alors qu'il prend son sac à dos et se prépare à suivre les agents, l'incroyable se produit ! 

L'un des policiers lui décoche un tir de flahsball tandis que 2 autres se ruent sur lui et lui ordonnent de se coucher. Alors qu'il se penche vers le sol, un autre policier lui décoche une rafale de fusil-mitrailleur, James Boyd s'écroule face contre terre. Il gît blessé dans une mare de sang mais cela n'empêche pas les agents de lui demander de mettre les mains derrière le dos, il leur crie qu'il ne peut pas bouger. Pour s'assurer qu'il ne représente aucune menace un autre agent lui tire alors 3 balles de fusil. 

Constatant que les balles ne lui font aucun effet, ils finissent par envoyer le chien histoire d'être sûrs et certains que tout danger est écarté. 
James Boyd agonise criblé de balles, il avait pourtant accepté de faire tout ce qu'on lui disait mais ce jour là, il eut le malheur de croiser une équipe de décérébrés armés jusqu'aux dents. 

Pour leur défense, les policiers arguèrent que Boyd gardait un couteau dans sa poche. Selon le shérif , il représentait une «menace directe» pour les trois agents qui ne firent que se défendre. 

Boyd n'est que l'un des 36 hommes qui ont étés abattus la police d'Albuquerque depuis 2010, des centaines de citoyens de la ville ont organisé une manifestation pour dénoncer la brutalité policière.
Source : Rorschach

 

  http://rustyjames.canalblog.com/archives/2014/04/02/29574033.html

Via Etat policier : Un sans-abri américain froidement abattu par la police


Au-delà du « Rêve Américain », il est temps de lever l’écran hollywoodien d’une fiction de pays, pour découvrir « le cauchemar étasunien », la concrétisation d’une idéologie qui prétend nous façonner à son image.   


Au-delà du « Rêve Américain », il est temps de lever l’écran hollywoodien d’une fiction de pays, pour découvrir « le cauchemar étasunien », la concrétisation d’une idéologie qui prétend nous façonner à son image.  

36 pour Albuquerque, combien ailleurs ? On constate aussi au USA depuis quelques années une augmentation des meurtres de clochards accompagnés de torture commis par des enfants ou des adolescents.


Ce n’est pas une bavure, c’est une culture, une idéologie, qui fait des « surnuméraires » une proie pour ceux qui s’octroient le droit de vivre sur cette planète au détriment d’autres qui seraient « de trop » et dont la vie à moins de valeur que celle d’un animal d’élevage qui lui au moins « rapporte ».

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 13:35

 

 


Dérives de la psychologie américaine

par Marc-André Cotton  Partie 1

 

 

Pégagogie Noire : du comportemantalisme à la torture Partie 2

Cet article n’est pas complet, il manque les deux premières pages axées sur l’analysedu commencement de ces dérives aux Etats-Unis. Pour le lire dans son entier :
Regard conscient <regardconscient@orange.fr>


Résumé : La collaboration de psychologues dans la guerre contre le terrorismemenée par l’administration Bush a soulevé l’indignation, notamment du fait de leurimplication dans les tortures d’Abu Ghraib ou de Guantánamo. Pourtant, les spécialistes du comportement ont longtemps été applaudis pour leurs recherchesparfois douteuses visant à conditionner le cerveau humain.


Cette obsession de contrôle prend naissance dans lespremières souffrances de la séparation, in.igées aux nourrissons de façon routinière et exploitées plus tard par leurs éducateurs. Le rôle de premier plan joué par lescomportementalistes après le 11 Septembre 2001 doit nousrendre attentifs aux conséquences de ces formes de maltraitance. (...)

Une synergie historique
En considérant brièvement l’essor de la psychologie américaine depuis la .n de laSeconde Guerre mondiale, la détermination de l’APA à promouvoir les intérêts du département de la Défense – fussent-ils contraires à son serment de ne pas nuire – prend cependant une autre dimension.
Le con.it permit en effet aux psychologues de faire valoir leur expertise auprès desmilitaires pour soutenir l’effort de guerre. Certains aidèrent à la sélection des recruesou entreprirent de soulager les milliers de soldats qui rentraient au pays avec lessymptômes de ce qu’on appelait encore le «choc des tranchées». D’autres furentemployés par les états-majors pour étudier diverses opérations psychologiquesdestinées à saboter le moral de l’ennemi ou à endoctriner les troupes américaines. Legénéral Dwight D. Eisenhower lui-même insista sur le rôle de la psychologie dans lavictoire des Alliés (13).

Peinture de Marie-Danielle Koechlin
La colère


L’APA ressortit renforcée par cette collaboration de raison : la section de Psychologie
militaire fut créée après-guerre et le nombre de ses membres passa de 2’739 en 1940
à plus de trente mille en 1970 (14).
À la fin des années 1960, le DOD était le plus gros commanditaire de la profession
pour un budget annuel d’environ $ 40 millions consacrés aux recherches en
psychologie, soit plus que toutes les autres agences fédérales réunies (15).
Dès sa création en 1947, la Central Intelligence Agency (CIA) recruta elle aussi de
nombreux psychologues pour des opérations de propagande exercées à l’insu du
Parlement, alléguant notamment que les régimes communistes avaient mis au point
des méthodes sophistiqués de contrôle des esprits. À partir de 1950, l’agence engagea
divers programmes clandestins de recherches, dotés de budgets colossaux, dans un
effort que l’historien Alfred McCoy qualifia de « véritable Projet Manhattan de
l’esprit. » (16)
La peur fantasmatique du «lavage de cerveau» – un terme d’abord utilisé pour
décrire les techniques chinoises d’endoctrinement – obsédait la plupart des
Américains parce que cette seule évocation réactivait en eux des terreurs
profondément refoulées résultant de leurs propres conditionnements éducatifs (17).
Dans une déclaration publique adressée à d’anciens diplômés de Princeton en avril
1953, le directeur de la CIA Allen W. Dulles avança que le « lavage de cerveau »
était également l’une des armes les plus redoutables employée par les Soviétiques
pour mener la Guerre froide : « [...] la perversion des esprits d’individus sélectionnés
soumis à ces traitements [est telle] qu’ils sont privés de leur faculté à exposer leur
propre pensée.
Comme des perroquets, les individus conditionnés de la sorte peuvent à peine répéter
les idées qui ont été inculquées dans leurs esprits de l’extérieur. Dans ces
circonstances, leur cerveau ressemble en effet à un phonographe qui joue le disque
qu’un génie extérieur a posé sous son aiguille et sur lequel il n’a aucun contrôle. » (18)
Quelle que fut la réalité de ces menaces lointaines, l’avertissement avait d’abord pour
fonction de justifier les agissements de l’agence américaine. Trois jours après cette
déclaration, Dulles donnait en effet son accord à l’opération MKULTRA, le nom de
code de l’une des nombreuses séries d’expériences de manipulation mentale menées
secrètement par la CIA pendant plus de vingt ans.


Parallèlement, l’Office of Naval Research (ONR) lançait son propre programme
clandestin de recherche impliquant notamment cinquante-huit universités dans le
domaine encore balbutiant des sciences du comportement (19). Cette synergie entre la
CIA, les forces armées et de prestigieuses Facultés nord-américaines allait placer le
«contrôle mental» au coeur des préoccupations académiques et permettre à plusieurs
scientifiques – notamment à des psychologues – de s’élever dans la hiérarchie de leur
profession. Le Canadien Donald O. Hebb (1904-1985) par exemple, considéré
comme le père de la biopsychologie cognitive et futur président (1960) de l’APA,
obtint des subventions de son gouvernement pour des études sur les effets de la
privation sensorielle, l’un des concepts-clés des futures techniques coercitives
d’interrogation.

Peinture de Marie-Danielle Koechlin
Le Hublot ou Fille de Christophe Colomb


Ses recherches menées dès 1951 à l’université McGill de Montréal montrèrent
qu’une isolation de courte durée avait déjà des effets dramatiques sur les processus de
pensée.

Fig. 1 : Le caisson expérimental du Dr Donald Hebb construit à l’université McGill de Montréal
pour étudier l’effet de l’isolation prolongée (Scientific American).


Fig. 1 : Le caisson expérimental du Dr Donald Hebb construit à l’université McGill de Montréal
pour étudier l’effet de l’isolation prolongée (Scientific American).
Après quatre heures passées dans un caisson expérimental conçu pour supprimer
pratiquement toute stimulation des sens (fig. 1), les étudiants volontaires ne pouvaient
plus suivre une réflexion logique et si le supplice se prolongeait au-delà de quarantehuit
heures, la plupart d’entre eux éprouvaient des hallucinations comparablesà l’effet de puissantes drogues (20). La CIA fut prompte à reconnaître l’intérêt de ces
expériences puisqu’un rapport interne datant de 1954 conclut qu’elles permettaient de
«comprendre certains des facteurs psychologiques inhérents aux traitements des
prisonniers de guerre maintenus en isolement cellulaire.» (21) Lors d’un symposium sur
la privation sensorielle organisé en juin 1958 à l’université Harvard, le Dr Hebb
confirma que ses recherches à McGill étaient motivées par l’étude des manipulations
mentales et qu’elles avaient un caractère strictement confidentiel (22).
Au cours des années qui suivirent, plus de deux cents articles relatifs aux effets de
l’isolation sensorielle parurent dans les revues scientifiques les plus influentes.

En 1957 par exemple, le Dr Donald Wexler et trois collègues psychiatres de
l’université Harvard répétèrent une expérimentation similaire secrètement financée
par le programme de recherches en sciences du comportement de l’ONR. Dix-sept
volontaires rémunérés furent placés dans un caisson respiratoire faiblement éclairé,
conçu notamment pour empêcher les mouvements et les stimulations tactiles afin de
créer une monotonie sensorielle.


Seuls cinq participants achevèrent l’expérience prévue pour durer trente-six heures et
tous les volontaires manifestèrent divers degrés d’anxiété, la moitié rapportant
également avoir souffert d’hallucinations. À l’adresse de leurs puissants
commanditaires, les chercheurs conclurent que «la privation sensorielle [pouvait]
produire des altérations psychologiques et comportementales importantes chez une
personne » et recommandèrent son efficacité pour induire des psychoses (23).
En 1961, un ouvrage synthétisant l’ensemble des contributions de la science
comportementale aux techniques d’interrogations, The Manipulation of Human
Behavior, fut finalement publié par un éditeur respectable avec le soutien financier de
la U.S. Air Force (24).
Son rédacteur principal, le sociologue Albert D. Biderman, s’était longuement
entretenu avec des prisonniers de guerre revenant de Corée du Nord dans le cadre
d’un projet également financé par l’armée. Le contenu du livre laissait peu de doute
sur l’ardeur avec laquelle les militaires avaient orienté la recherche afin qu’elle servît
leurs objectifs stratégiques.
L’un des coauteurs écrivait : « Du point de vue de l’interrogateur, [l’isolation serait]
le moyen idéal de “briser” un prisonnier puisque pour un non initié, elle semble
créer exactement l’état que l’interrogateur peut souhaiter : malléabilité et besoin de
parler, avec l’avantage supplémentaire que l’on peut se faire croire qu’aucune force
ni coercition ne sont utilisées. » (25)

Deux ans plus tard, la CIA condensait ces travaux dans une brochure qui allait servir
de base aux sinistres méthodes de l’agence et à ses tactiques de contre-insurrection
pendant près de quarante ans : le manuel Kubark. Ses auteurs anonymes affirmaient
qu’il n’était plus possible de parler d’interrogation «sans faire référence aux
recherches psychologiques conduites durant la dernière décennie.» (26)
Le manuel Kubark citait explicitement les expériences du Dr Hebb à McGill et du Dr
Wexler à Harvard pour suggérer par exemple que «la privation de stimuli sensoriels
provoquait la régression» ou que « l’octroi calculé de stimuli pendant
l’interrogatoire » renforçait la dépendance (27). Plusieurs écrits de Biderman figuraient
également en bonne place dans sa bibliographie.
L’empreinte de l’arrachement relationnel
La question se pose de savoir pourquoi tant d’universitaires éprouvèrent cette
fascination pour un domaine de recherche qui impliquait de prescrire des souffrances
– en l’occurrence psychologiques – à des cobayes humains mal informés de leurs
répercussions éventuelles. Les séquelles de la Seconde Guerre et le climat de terreur
entretenu durant la Guerre froide expliquent en partie l’empressement avec lequel ces
scientifiques saisirent les opportunités qui leur étaient tendues. À bien des égards,
cette dynamique collective rappelle la période de l’après 11 septembre où l’on vit
d’éminents professeurs cautionner le recours à la torture dans l’intérêt mal compris de
la sécurité nationale.

VDS-77-Derives-P7.jpg


Ce décodage n’est cependant pas suffisant pour rendre compte de l’influence occultée
de traumatismes profondément enracinés dans les mémoires, toujours prépondérants
dans la remise en scène des rapports relationnels qui les ont entraînés. En
l’occurrence, une expérience d’isolement et de privation particulièrement dramatique
pour l’enfant est celle que lui impose le corps médical de façon routinière dès sa
naissance. Après un accouchement non perturbé, on sait que la mère et son bébé sont
naturellement tournés l’un vers l’autre et que ces premiers instants déterminent leur
devenir relationnel (28). Prenant le contre-pied de cet élan vital, le pouvoir patriarcal a
toujours perturbé l’intimité maternelle primordiale au nom de principes longtemps
inspirés par la Pédagogie noire.


Dès les années 1920, les pratiques de l’obstétrique et de la puériculture furent
orientées vers une stricte séparation de la mère et de l’enfant – une mesure supposée
d’hygiène sociale et d’éducation.
Dans un ouvrage très populaire en Allemagne entre-deux-guerres, la doctoresse
Johanna Haarer préconisait par exemple d’isoler le nouveau-né dans une chambre
après l’avoir examiné médicalement : «La séparation de la mère et de l’enfant
présente des avantages éducatifs extraordinaires pour ce dernier. Plus tard, nous
parlerons très largement du fait que le dressage de l’enfant doit commencer dès la
naissance.» (29)


Pionnier de la pédiatrie américaine, le Dr Luther Emmett Holt (1855-1924) en était
également convaincu. Dans un petit fascicule destiné aux futures mères, édité en
1915 par l’American Medical Association, il recommandait de placer le nouveau-né «
dans une pièce tranquille et sombre » – après avoir nettoyé ses yeux avec une
solution d’acide borique – et de « ne pas le mettre au sein avant cinq ou six
heures» (30). D’après lui, le nourrisson ne devait pas téter plus de quatre fois au cours
des premières vingt-quatre heures. Par la suite, il ne resterait pas au sein plus de vingt
minutes et l’allaitement serait « réglé par l’horloge. »
Cette discipline étant supposée rendre plus faciles les soins au bébé. De surcroît,
toutes les manifestations de souffrances résultant de ces privations devaient être
réprimées afin de briser très tôt la volonté de l’enfant.
Dans un ouvrage publié pour la première fois en 1894 et qui fit autorité jusque dans
les années 1940, The Care and Feeding of Children [Les soins et l’alimentation des
enfants], le Dr Holt exhortait notamment les parents à lutter contre les « mauvaises
habitudes » de leur progéniture, comme celles de sucer ses doigts, de se ronger les
ongles, de mouiller son lit ou encore de se toucher les parties génitales : «L’habitude
[du bébé] de sucer ses doigts peut souvent être maîtrisée en [lui] enfilant des
mitaines ou en attachant [ses] mains sur les côtés pendant [son] sommeil. Dans les
cas plus obstinés, il peut se révéler nécessaire d’immobiliser [ses] coudes avec des
petites attelles en carton-pâte pour empêcher l’enfant de plier son bras et de porter
ainsi la main à la bouche. » (31)
Au début de la Seconde Guerre, 55 % de toutes les femmes américaines accouchaient
en hôpital – contre 5 % en 1900 – et cette proportion devait atteindre 95 % en 1955 (32).
La médicalisation systématique des pratiques obstétricales et les rituels « éducatifs »
qui s’en suivaient eurent pour effet de généraliser l’extrême anxiété que provoque la
rupture de l’intimité naturelle avec la mère – une véritable expérience de torture que
l’enfant refoule aussitôt pour survivre.
Dès leur naissance, les bébés furent privés de caresses maternelles et placés en
pouponnière, derrière une vitre où les odeurs et les sons familiers ne leur parvenaient
plus. Ainsi esseulés, ils durent refouler la terreur insondable de perdre tout contact
avec l’être qui leur avait donné la vie, ce qui engendrait immanquablement la peur de
mourir.

Renforçant leur emprise sur les femmes en couches, le pouvoir médical
expérimenta de nouveaux anesthésiants comme la scopolamine, un puissant
amnésique induisant chez les parturientes un état comateux popularisé sous le nom de
«twilight sleep», et parfois des hallucinations (33). Administrée par voie intraveineuse
jusque dans les années 1960, cette substance se révéla très dangereuse, tant pour la
mère que pour l’enfant dont elle endommageait le système nerveux central.
La scopolamine fut testée entre autres drogues par diverses agences
gouvernementales dont la CIA, dans l’espoir qu’elle fournisse un «sérum de vérité»
susceptible de faciliter les interrogatoires.

Simon, né le 16 Février 2013
L’impact de tels traumatismes relationnels irradiant sur plusieurs générations n’a pas
manqué d’influencer les recherches en psychologie et leur cortège de mises en
scènes, dans lesquelles la prétention scientifique et l’obsession de contrôle se
disputaient les premiers rôles. Dans un ouvrage pédagogique publié en 1928, le
fondateur de l’école béhavioriste John B. Watson (1878-1958) assimilait le
nourrisson à «un morceau de chair animé et remuant, capable [seulement] de
quelques réactions simples » que les parents modelaient à leur guise dès la
naissance (34).
Il tenait l’amour maternel pour un « dangereux instrument » susceptible d’infliger au
bébé des blessures inguérissables et recommandait de traiter les enfants « comme s’ils
étaient de jeunes adultes » : « Habillez-les, baignez les avec soin et retenue. Que
votre comportement soit toujours neutre et aimablement ferme. Ne les prenez jamais
dans vos bras, ne les embrassez pas et ne les laissez pas s’asseoir sur vos genoux.
S’il le faut, embrassez-les sur le front lorsqu’ils disent bonne nuit. Serrez-leur la main
le matin. Donnez-leur une petite tape sur la tête s’ils ont fait un travail vraiment
extraordinaire dans une tâche difficile. » (35)
Dès 1916 et plus tard en tant que directeur du département de psychologie de l’
université Johns Hopkins (Maryland), Watson avait expérimenté ses théories
comportementales sur des bébés – notamment sur un petit Albert B. alors âgé de neuf
mois chez lequel il conditionna la peur d’un rat. Rejouant sur lui des terreurs issues
de sa douloureuse histoire personnelle, il effraya l’enfant plusieurs fois en cognant un
marteau contre une barre de fer. Par la suite, même la vue d’un lapin provoquait chez
le bébé l’affolement et les larmes (36).
Renvoyé de la Faculté pour une liaison scandaleuse avec sa jeune assistante, le
psychologue fut recruté par une agence de publicité réputée de New York où son
salaire quadrupla et s’efforça de transposer à la vente les techniques de
conditionnement issues de sa nouvelle science. Dans une campagne à promouvoir la
poudre pour bébés Johnson & Johnson par exemple, il invoquait la « pureté » du
produit et le danger que représentaient les infections infantiles. En stimulant l’anxiété
des jeunes mères, il espérait qu’elles doutent de leurs compétences maternelles et
utilisent plus fréquemment le talc du fabricant. En 1957, l’American Psychological
Association décerna à Watson sa plus haute distinction : une Médaille d’or pour sa
contribution au champ de la psychologie (37).


Ouvrir la « boîte de Skinner »
Dans le sillage de Watson, un autre béhavioriste devait marquer la discipline et à
travers elle toute la société américaine d’après-guerre : Burrhus Frederic Skinner
(1904-1990). Doctorant à Harvard au début des années 1930, le jeune psychologue
mit au point un dispositif destiné à étudier le comportement de petits animaux de
laboratoire soumis à diverses stimulations extérieures.
À l’origine, la « boîte de Skinner» était composée d’un caisson isolé assez grand pour
qu’un rat ou un pigeon puisse s’y mouvoir, d’un distributeur de nourriture, d’un
levier adapté susceptible d’être actionné par l’animal, d’une ou deux ampoules de
couleur et d’un plancher grillagé permettant de « punir » celui-ci par un choc
électrique. La notion classique de conditionnement impliquait qu’une stimulation
agréable ou au contraire douloureuse déclenchât une réaction de la part de
l’organisme. La singularité de Skinner fut de se concentrer sur la manière dont un
comportement pouvait être conditionné par ses conséquences et sur la mesure de
cette influence – ce qu’il nommera désormais le « conditionnement opérant » (38).
Après avoir affamé son sujet pendant quelque temps, Skinner le plaçait dans l’une de
ses boîtes et « renforçait » un certain comportement en laissant tomber un peu de
nourriture dans le distributeur chaque fois que l’animal s’y conformait. Ce dispositif
servit de modèle à des expériences innombrables sur la base desquelles Skinner allait
échafauder l’ensemble de son édifice conceptuel. Il observa par exemple qu’en
récompensant un rat de manière aléatoire, mais en moyenne stable, le rongeur était
d’autant plus attaché à reproduire le comportement attendu. À ses yeux, cette
observation expliquait également l’emprise d’une machine à sous sur le joueur
invétéré et la puissance des compulsions humaines. En complexifiant ses protocoles,
il finit par se convaincre que tout ce qu’exprimaient les organismes vivants pouvait
être décodé comme des comportements obéissant à quelques règles simples – y
compris les émotions, le langage et même la pensée (39).


Une question préoccupait particulièrement Skinner : comment les sociétés humaines
pourraient-elles cesser de punir et passer à d’autres formes plus efficaces de contrôle
des comportements ? Bien qu’agnostique, Skinner savait pertinemment que son
parcours et ses obsessions scientifiques devaient beaucoup à l’héritage du
protestantisme (40). La hantise des flammes de l’enfer avait marqué très tôt son jeune
esprit comme l’indiquait une note biographique personnelle écrite en 1927, un an
après son diplôme au Hamilton College :
« Le premier enseignement religieux dont je me rappelle se passa chez ma grandmère
Skinner. Elle voulait que je ne dise jamais de mensonges et s’efforça de m’en
décourager en décrivant avec conviction la punition qui m’attendait. Je me souviens
qu’elle me montra le feu dans le poêle à charbon et me dit que les petits enfants qui
racontaient des mensonges étaient jetés dans un endroit comme celui-là après leur
mort.» (41)
Une autre fois, l’enfant assista au spectacle d’un magicien dont la scène finale faisait
apparaître un démon. Il en fut terrifié et questionna son père pour savoir si ce genre
de créatures existait réellement – ce que l’adulte malheureusement confirma. Skinner
poursuivait :
«Je suppose que je ne me suis jamais remis de cette torture spirituelle. Peu de temps
après, j’ai effectivement raconté un mensonge pour éviter une punition et cela m’a
tourmenté pendant des années. Je me rappelle être étendu le soir dans mon lit en
sanglotant, refusant de dire ma peine à ma mère, refusant de l’embrasser pour la
nuit. Je peux encore sentir les remords, la terreur, le désespoir de mon jeune coeur à
ce moment-là... »


Son père William Skinner était un avocat prometteur et possédait sa propre étude
dans la petite ville de Pennsylvanie où le jeune Fred grandit. Souhaitant instruire son
garçon des dangers d’une conduite criminelle, il le conduisit un jour dans la prison
attenante au Palais de justice du comté. Trois ou quatre hommes se tenaient là
derrière des barreaux, mendiant quelques pièces pour acheter un peu de tabac.
À une autre occasion, les parents Skinner emmenèrent leurs deux enfants à une
conférence illustrée sur la vie des bagnards du pénitencier de Sing Sing (New York).
Lors de ces multiples mises en scènes à caractère éducatif, ils réactivaient
secrètement la terreur de l’abandon et de la mort sans pour autant recourir à la
violence physique.
Ce type de contrôle offrait l’avantage de passer inaperçu même aux yeux de Skinner
qui affirmait : « Je ne pense pas que cela ait été fait pour nous effrayer [...]. De
quelque façon qu’elle fût accomplie, ma formation éthique et morale fût efficace et
durable.» À une exception près où sa mère lui frotta la bouche avec du savon pour
une grossièreté, Skinner ne se souvenait pas avoir été agressé physiquement par ses
parents. Il était cependant angoissé à la seule idée de les décevoir et remarquait : «
J’ai dû être puni d’autres façons parce que la désapprobation parentale est quelque
chose que j’évitais soigneusement. »


Comme des milliers d’Américains qui grandirent à l’aube du XXe siècle, Fred et son
jeune frère Eddie furent marqués par ce mélange d’interdits et de bonnes manières
que la petite bourgeoisie s’infligeait avec le secret espoir de s’élever socialement.
Leur mère Grace Skinner née Burrhus était très exigeante en matière d’étiquette,
surtout envers son premier fils qu’elle prénomma d’après son nom de jeune fille :
« Ma mère s’alarmait toujours très vite si je m’écartais tant soit peu de ce qu’elle
considérait comme “juste”, mais il lui suffisait de dire “Tut tut,” ou de demander
“Qu’est-ce que les gens penseront ?” »
Afin d’échapper aux maltraitances, le petit Fred apprit à dissimuler ses actes et à
maîtriser ses émotions pour se conformer peu à peu aux contraintes que ses parents
lui imposaient. Ce profond désarroi issu de l’enfance et l’acharnement du jeune
Skinner à éduquer son propre comportement pour conjurer le spectre de la punition
eurent une influence déterminante sur ses convictions ultérieures.
Opposé aux châtiments corporels dont il dénonçait certains effets pervers, Skinner se
ferait le vibrant avocat de nouvelles méthodes de conditionnement – notamment le
«renforcement positif» qu’il estimait plus efficace en matière d’apprentissage et de
contrôle social (42). Dans Walden Two, une fiction controversée publiée en 1948, il
imaginerait même une communauté d’utopistes appliquant les principes de
l’ingénierie béhavioriste à tous les aspects de leur vie et d’abord à leurs enfants
élevés dès la naissance par des spécialistes du comportement (43).
Conditionner les comportements de l’enfant
Pour comprendre le sens de son idéation, il faut mettre à jour un concept sur lequel
Skinner construisit l’essentiel de son édifice théorique et sans lequel aucune de ses
expériences de conditionnement ne pourrait être reproduite : il s’agit de la
«privation».


On l’a vu, le traumatisme de l’isolement relationnel nous ramène au coeur de la
détresse enfantine et n’est pas sans rapport avec le rôle joué par certains
psychologues dans les interrogatoires coercitifs. En théorisant ce concept, le
scientifique cherchait une logique aux tortures dont il avait lui-même été l’objet car la
terreur l’empêchait d’incriminer directement ses parents. Cette fidélité névrotique à la
figure parentale explique sans doute que ses travaux aient été si souvent invoqués
pour justifier le fait de rejouer de telles tortures sur des animaux et des sujets
humains.

Dans son ouvrage Science and Human Behavior, Skinner souligne l’impor-tance de
la «privation» pour le conditionnement du comportement en utilisant une image : « Il
n’est décidément pas vrai qu’un cheval peut être conduit à l’eau mais ne peut pas
être forcé à boire. En lui imposant au préalable une privation sévère nous pourrions
être “absolument sûrs” que l’action de boire se produira. » (44)
Skinner suggère alors d’agir sur «les antécédents du sujet en relation avec l’action de
boire» et en particulier sur la soif provoquée délibérément par la privation d’eau ou
l’administration de sel. Ainsi mis en condition, le cheval se dirigera de lui-même vers
la bassine qu’on lui présente sans qu’un seul coup de cravache ne soit nécessaire.
Pour les mêmes raisons, le rat ou le pigeon affamé s’empressera de répéter le geste
qui lui valut un peu de nourriture et suivra bientôt le mouvement que lui inculque
l’opérateur.
Le renforcement abusivement qualifié de « positif » est donc indissociable de la
frustration qui le précède et n’agit pas sans elle (45). Considérée dans son ensemble,
cette forme de dressage se révèle être une manière plus sournoise de punir puisque les
contraintes exercées sur l’organisme ne sont pas immédiatement perceptibles. Bien
qu’il soit opposé à l’idée de punition, Skinner préconise d’appliquer ce même
«conditionnement opérant » aux humains. Dans une phrase résonnant comme un
terrible présage des procédures d’interrogatoire qui seront mises en oeuvre à
l’encontre des détenus soupçonnés de terrorisme, il explique : «Un examen des
évènements qui renforcent un individu donné est souvent nécessaire dans
l’application pratique du conditionnement opérant.» (46)


Outre les privations systématiques et les humiliations de la personne, rappelons en
effet que l’exploitation des phobies individuelles fait partie intégrante de cette sinistre
panoplie. Skinner lui-même envisage du reste la transposition de ses expériences aux
prisonniers de guerre sans faire état de préoccupations morales (47). Fidèle à l’esprit de
son époque, Skinner ne pouvait sans doute qu’entrevoir la puissance qu’exerçaient
sur lui les empreintes de son histoire refoulée, en premier lieu desquelles figurait un
traumatisme relationnel survenu dès sa naissance. Cette réalité non reconnue le
conduisit à consacrer l’essentiel de son énergie d’adulte à gérer les conséquences de
la torture que fut sa prime enfance plutôt qu’à résoudre cette douloureuse
problématique.

Dans la première partie de son autobiographie, il rapporte sobrement les
circonstances de sa venue au monde : « Ma naissance fut difficile et ma mère faillit
mourir – un fait qui me serait occasionnellement rappelé.» (48)

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Peut-être Grace Skinner pensait-elle encore à ce drame lorsqu’elle dit un jour à son
fils qu’un petit voisin « n’avait pas le droit d’être en vie » parce que sa mère était
morte en accouchant de lui (49). Quoi qu’elle lui eût inconsciemment reproché,
l’épreuve fut à coup sûr terrifiante pour le nouveau-né séparé brutalement du sein
maternel et ses parents se souvinrent longtemps de ses pleurs nocturnes (50). Les livres
du Dr Holt étant très populaires en ce début de XXe siècle, il ne fait guère de doute
que l’allaitement du nourrisson fût «réglé par l’horloge» plutôt qu’en fonction de ses
besoins ; on lui donna par la suite une purée de céréales appelée Force. Comme un
lointain écho de ce dressage précoce, les travaux scientifiques de Skinner porteront
notamment sur la manière la plus efficace de conditionner un petit animal en
contrôlant son nourrissage.

En bonne fille de l’Amérique victorienne, Grace Skinner condamnait également
l’expérience de la sensualité si nécessaire à l’équilibre émotionnel de l’enfant. Un
jour, elle aperçut deux bambins examinant secrètement leurs parties intimes et s’exclama :
« Si je surprenais mes enfants à faire cela, je les écorcherais vifs ! » (51) Fred comprit très vite le
sens de cet interdit et redoutait d’être découvert en train de se masturber. Vers l’âge de dix ans, il
construisit sa première « boîte » avec un carton d’emballage – un refuge idéal dans lequel il
s’introduisait en rampant. «Pour une raison ou pour une autre, confiait Skinner, il semblait que
c’était la meilleure place lorsque j’avais envie d’écrire quelque chose.» (52) Seul avec lui-même
à l’abri du regard parental, il intériorisait peu à peu les conséquences des ruptures et des
privations relationnelles qui lui avaient été imposées dès sa naissance et qui devaient
l’obséder toute sa vie.


En 1945, Skinner fit grand bruit en publiant dans une revue féminine le
compte-rendu d’une étrange mise en scène illustrant une nouvelle fois
comment les traumatismes du passé s’immiscent dans la vie de l’adulte sous
l’action inconsciente du rejouement. Son article intitulé Baby in a Box [Bébé
dans une boîte] présentait une invention destinée à simplifier le maternage : il
s’agissait d’une sorte de grande couveuse vitrée et isolée, équipée d’un
chauffage et d’air conditionné. Les Skinner y placèrent leur seconde fille
Deborah dès son retour de la clinique, la privant ainsi de tout contact direct
avec sa mère. À l’âge de onze mois, la fillette y passait encore le plus clair de
son temps et son père remarquait qu’elle avait ainsi une chambre séparée
à peu de frais. « Mais une possibilité plus intéressante – ajoutait-il – est que
nous pouvons modifier sa routine à notre convenance. » (54)
En élevant la température de la boîte par exemple, Skinner avait observé que sa fille
dormait plus longtemps ; en la rabaissant au contraire légèrement, il pouvait faire
taire les pleurs ou les protestations de l’enfant. Après trois mois, Deborah cessa de
pleurer à la satisfaction de ses parents et se mit à déployer une énergie considérable.
À sept mois, elle enclenchait avec ses orteils une boîte à musique suspendue audessus
d’elle et rythmait le refrain d’un battement de pied.
Des critiques surnommèrent l’appareil «heir conditioner» – un jeu de mots suggérant
que le scientifique conditionnait ainsi son héritière (en anglais «heir») et non l’air de
la boîte dans laquelle il l’avait enfermée...

Fig. 3 : Deborah Skinner dans sa boîte, en 1945
Lady’s Home Journal.


En dépit de quelques réticences, la notoriété de Skinner encouragea les Américains à
transposer ses travaux à l’éducation des enfants. Dans son manuel Dare to Discipline
publié en 1970, le psychologue évangélique James Dobson faisait ainsi l’éloge de la
«loi de renforcement» de Skinner et de son efficacité supposée dans le traitement de
l’autisme par exemple :
« [L’enfant autiste] est placé dans une petite boîte obscure, pourvue d’un volet de
bois coulissant. Le thérapeute est assis à l’extérieur, en face de l’enfant qui scrute
par cette ouverture. Tant que l’enfant regarde le thérapeute, la fenêtre reste ouverte.
Cependant, dès que son esprit se relâche et qu’il commence à se disperser, le volet
tombe, laissant l’enfant dans le noir pour quelques secondes. [...] la thérapie par le
renforcement a conduit certains de ces patients à adopter un comportement familier
et civilisé. La clé du succès a été l’application d’une conséquente plaisante au
comportement désiré. » (54)


Le Dr Dobson avançait que le renforcement immédiat était également «l’instrument
miraculeux» permettant d’inculquer à tous les enfants une attitude jugée responsable.
Réservant les châtiments corporels aux «défis à l’autorité parentale», il préconisait
selon l’âge de récompenser le comportement attendu par une sucrerie, un peu
d’argent ou même une quelconque flatterie. «Le renforcement verbal, écrivait-il,
devrait imprégner toute la relation du parent à l’enfant.» (55) Le concept béhavioriste
d’«extinction» consistant à éliminer un comportement indésirable en cessant de le
renforcer faisait aussi partie de ses outils éducatifs.
Dobson l’appliquait par exemple au cas d’une fillette qui pleure parce que sa mère se
montre indisponible :« Pour éteindre les pleurs, il faut simplement cesser de les
renforcer. Maman commencera par dire : “ Je ne t’entends pas parce que tu
pleurniches, Karen. J’ai de drôles d’oreilles qui n’entendent pas les pleurnichages.”
Après avoir répété ce message un jour ou deux, maman ne montrera aucune réaction
devant un ton larmoyant. Elle devra alors répondre immédiatement à une demande
formulée normalement. Si ce contrôle du renforcement est correctement utilisé, je
garantis qu’il produira les résultats désirés. » (56)


L’insensibilité confondante avec laquelle Dobson considérait la vie émotionnelle de
l’enfant était un produit de la dissociation psychique qu’il s’infligeait constamment
pour refouler les réminiscences d’une histoire particulièrement douloureuse.

Ainsi que nombre de ses contemporains, il trouvait dans la psychologie
comportementale un cadre théorique lui permettant de rester fidèle aux projections
que ses éducateurs avaient posées sur lui. Comparant volontiers les enfants à de petits
animaux susceptibles d’être dressés, il ne voyait aucun mal à mépriser leur sensibilité
naturelle pour obtenir une soumission exemplaire sans être remis en cause.

Zdzislaw Beksinski

De ce point de vue, le béhaviorisme radical popularisé par Skinner apparaît comme
une forme élaborée du déni séculaire infligé à la sensibilité de l’enfant. D’après cette
doctrine déshumanisante, les souffrances résultant de la privation de besoins
essentiels – comme l’accueil inconditionnel de la mère, l’allaitement prolongé à la
demande et la sécurité que procure un parent aimant et confirmant – sont interprétées
et manipulées pour accroître l’emprise de l’adulte sur l’enfant de sorte que la
violence du rapport éducatif n’est plus immédiatement perceptible.
Quand une nation tout entière se met au diapason de ses élites pour faire l’éloge de la
récompense et célébrer le culte de la réussite, il n’est guère surprenant qu’une foule
de frustrations refoulées cherche une voie de manifestation et finisse par éclater au
grand jour. Les mises en scènes collectives qui en découlent sont à la mesure des
sentiments d’impuissance dont elles sont l’exutoire. Leur précision sidérante nous
enseigne sur la force des processus sous-jacents mis en oeuvre dans la réalisation de la
conscience.

 

Source : http://www.voice-dialogue-sud.com/articles/Derives.htm

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 13:23

 


Dérives de la psychologie américaine

par Marc-André Cotton Partie 2

 

 

Pégagogie Noire : du comportemantalisme à la torture. Partie 1

 


Remettre en scène la torture de l’abandon et de la mort
Au cours des années 1960, tandis que les théories de Skinner triomphaient et
remodelaient peu à peu la société américaine, de jeunes chercheurs en psychologie
entreprirent cependant de contester leur hégémonie.
En infligeant des chocs électriques à des chiens de laboratoire qu’ils soumettaient à
divers apprentissages, le Dr Martin Seligman et ses collègues de l’université de
Pennsylvanie s’aperçurent en effet que certains de leurs sujets ne réagissaient pas à
une nouvelle secousse par un comportement d’évitement, comme le prévoyait le
béhaviorisme radical de Skinner, mais se couchaient pitoyablement sur le fond de
leur cage en attendant le choc suivant. Ils en déduisirent que ces animaux avaient été
conditionnés à l’impuissance et forgèrent le concept de learned helplessness ou
«impuissance acquise » (57).

Leur modèle fut ensuite étendu à l’être humain pour tenter notamment d’expliquer les
états de dépression caractérisés par une absence d’émotions et de réactions. D’après
ces psychologues, une personne qui éprouvait le sentiment de ne pas avoir de
contrôle sur sa vie souffrait probablement d’une «impuissance acquise» et pouvait
espérer y remédier en intégrant peu à peu des expériences gratifiantes qui stimulent
son amour-propre. Dans un élan utopiste que n’aurait pas renié leur illustre
prédécesseur, les scientifiques envisagèrent la création d’Instituts d’optimisme dans
lesquels des recherches sur le contrôle du comportement seraient menées et « ensuite
appliquées aux écoles, aux espaces de travail et à toute la société.» (58)
Ouvrant la voie à la psychologie positive, ces travaux furent largement salués et
divers programmes destinés « à protéger les enfants contre la dépression et à
construire une résilience pour la vie » fleurirent un peu partout aux États-Unis et dans
le monde (59). En 1996, le Dr Seligman fut élu président (1998) de l’American
Psychological Association avec une majorité historique et dirige aujourd’hui le
Centre de psychologie positive de l’université de Pennsylvanie.
C’est donc avec une certaine consternation qu’en juillet 2005, la journaliste Jane
Mayer du New Yorker révéla que les travaux du Dr Seligman avaient été utilisés par
la CIA pour perfectionner les tactiques visant à «briser» les détenus soupçonnés de
terrorisme (60). Lors d’une entrevue avec elle, le professeur expliqua avoir donné une
conférence de trois heures parrainée par la Joint Personnel Recovery Agency (JPRA),
à la base navale de San Diego au printemps 2002, devant une centaine de
responsables de la Navy et de la CIA (61).
À cette occasion, il aurait parlé de la manière dont les soldats américains tombés aux
mains de l’ennemi pourraient utiliser l’«impuissance acquise» pour résister aux
tortures et éluder efficacement les questions de leurs geôliers (62). Parmi ses auditeurs
attentifs figuraient notamment deux psychologues militaires dont les rôles devaient se
révéler déterminants dans l’actualisation des pratiques d’interrogation de l’agence :
les Dr John “Bruce” Jessen et James E. Mitchell. Le moment était décisif pour le
développement de ce que George W. Bush appellerait désormais « le Programme »,
car un combattant taliban du nom d’Abu Zubaydah, présenté comme «un officiel
d’Al-Qaida très haut placé» (63) – venait d’être capturé au Pakistan après un raid
sanglant et le Pentagone exigeait des méthodes radicales pour le faire parler. Mitchell
ne cachait pas son admiration pour le Dr Seligman et prétendait appliquer le concept
d’«impuissance acquise» à des suspects de cette importance.



Quand la CIA l’envoya en Thaïlande, dans la prison secrète où Abu Zubaydah avait
été transféré, ce dernier se trouva bientôt dévêtu et placé dans une petite boîte de
confinement – comme un chien justement. Un agent du FBI qui s’était occupé du
détenu blessé fut révolté par un tel traitement, mais Mitchell rétorqua : «La science,
c’est la science. Cette affaire relève du béhaviorisme.» (64)
Mitchell fut rejoint fin juillet par Jessen et l’agence demanda alors formellement au
département de la Justice l’autorisation de recourir à une dizaine de techniques
coercitives destinée à «convaincre Zubaydah que la seule manière d’agir sur son
entourage [était] de coopérer.» La réponse circonstanciée du juriste Jay Bybee –
également signataire, ce même 1er août 2002, de l’infâme avis de droit redéfinissant
la torture – montre tout ce que les méthodes «renforcées» d’interrogation adoptées
par la CIA doivent aux dérives des sciences du comportement (65).


Le mémorandum de Bybee reformulait tout d’abord la requête de l’agence qui
souhaitait faire passer les interrogatoires de Zubaydah à une «phase de pression
accrue» et utiliser ces techniques «d’une manière en quelque sorte graduelle,
culminant avec la simulation de noyade.» Celles-ci comprenaient également diverses
menaces physiques, une variété de positions de stress, le confinement dans une boîte
(petite ou plus grande, avec et sans insectes) et la privation de sommeil allant jusqu’à
onze jours consécutifs. L’observation du détenu, notamment sa peur des insectes, était
à l’origine de certains procédés spécifiques.
Le juriste s’étendait ensuite longuement sur le recours au waterboarding – une torture
inspirée de l’Inquisition espagnole qui déclenche automatiquement une sensation
physiologique de noyade que l’individu ne peut contrôler. Un rapport ultérieur du
Bureau de l’Inspecteur général de la CIA indique que les interrogateurs de Zubaydah
lui infligeront ce supplice « au moins 83 fois au cours du mois d’août 2002. » (66)
Interviewé par une délégation du Comité international de la Croix-Rouge après son
transfert à Guantánamo en septembre 2006, Abu Zubaydah tentera de mettre des mots
sur cette épreuve effroyable :
«Un tissu noir fut alors placé sur mon visage et l’interrogateur utilisa une bouteille
d’eau minérale pour verser de l’eau sur le tissu afin que je ne puisse plus respirer
[...]. Je me débattais avec mes liens, pour tenter de respirer, mais c’était sans espoir.
Je pensais que j’allais mourir. Je perdis le contrôle de mes urines. Depuis, je perds
toujours le contrôle de mes urines lorsque je suis soumis à un stress. » (67)

Dès leur incarcération dans les prisons secrètes de la CIA, Zubaydah et plusieurs de
ses codétenus furent soumis à divers types d’expérimentation visant à éprouver «le
Programme » alors en cours d’élaboration. Ils étaient fréquemment déplacés d’un lieu
de détention à un autre, parfois distant de plusieurs heures de vol, ce qui accentuait
leur sentiment d’abandon et d’impuissance. Des gardes les déshabillaient dès leur
arrivée et les maintenaient entièrement nus dans de petites cages conçues pour réduire
leurs mouvements.


Pendant plusieurs semaines, leur régime alimentaire se limitait à boire de l’eau et de
l’Ensure – une boisson vitaminée qui les faisait d’abord vomir – et tous perdirent
beaucoup de poids. L’air ambiant était conditionné et toujours très froid. Une
musique assourdissante tournait en boucle jour et nuit, parfois remplacée par des
sifflements ou des craquements aigus. Lors des séances de waterboarding toujours
conduites en présence de personnels médicaux, un appareil enregistrait l’évolution
des pulsations cardiaques et de l’oxygène sanguin. «J’ai perdu connaissance à
plusieurs reprises, confia Abu Zubaydah. C’était comme s’ils faisaient des
expériences et essayaient des techniques qui seraient plus tard utilisées contre
d’autres.» (68)
Un récent rapport de l’organisation Physicians for Human Rights confirme que tel a
bien été le cas. Les services médicaux de la CIA recueillirent des observations leur
permettant de raffiner le waterboarding – par exemple en remplaçant l’eau par une
solution saline afin de multiplier les séances (69). Ainsi, au cours du seul mois de mars
2003, l’agence appliqua cette torture à 183 reprises contre le cerveau présumé des
attentats du 11 septembre, le Pakistanais Khalid Cheikh Mohammed (70). Par la suite,
ce dernier confiera avoir inventé nombre de fausses informations pour tenter
d’écourter son supplice (71).
L’acharnement des interrogateurs à humilier et à dépersonnaliser leurs captifs défiait
également l’entendement comme le consignait encore avec effroi le rapport de la
Croix-Rouge.

Cette compulsion vengeresse témoignait de la férocité avec laquelle
ces jeunes soldats avaient eux-mêmes été offensés par leurs éducateurs et par leurs
instructeurs militaires au point de perdre le sens de leur propre dignité. Maintenus à
l’isolement et constamment menottés, les détenus restaient nus pendant plusieurs
semaines – même au cours des interrogatoires ou en présence de personnels féminins.
Lors des stations debout qui pouvaient durer dix jours, bras étendus au-dessus de la
tête, les suppliciés portaient des langes ou en étaient réduits à déféquer sur leurs
jambes.

Des vêtements leur étaient apportés lorsque leurs geôliers avaient quelque raison de
les féliciter, puis littéralement arrachés le lendemain. Parfois, les tortionnaires leur
passaient un collier de chien autour du cou et se servaient de la laisse pour les
promener dans les corridors ou pour lancer leur tête contre les murs...
Un funeste bizutage
En novembre 2008, le rapport d’une Commission sénatoriale (72) confirmera également
les rôles joués par les Dr Jessen et Mitchell dans l’élaboration de ces pratiques
dégradantes au point qu’un journaliste du New York Times présentera ces
psychologues comme «les architectes du programme d’interrogatoires le plus
important dans l’histoire du contre-espionnage américain.» (73)
L’un et l’autre ont longtemps enseigné à l’École de survie de la US Air Force basée à
Fairchild près de Spokane (Washington). Cette Académie fondée pendant la Guerre
froide et baptisée SERE – pour Survival, Evasion, Resistance and Escape – est
censée renforcer la résilience des soldats capturés par l’ennemi. Pendant plusieurs
semaines, les jeunes cadets sont soumis à des situations de stress d’intensité
croissante.


Ceux qui, comme les Marines ou les futurs pilotes, suivent le niveau C sont aussi
entraînés à résister aux interrogatoires. Après une chasse à l’homme, ils sont capturés
et enfermés dans un camp de prisonniers factice où les instructeurs tentent de les
priver de leur identité en les isolant, en les empêchant de dormir, en les exposant à
des bruits assourdissants, voire en leur faisant subir ou assister à une séance de
waterboarding.
Douteux mélange de Pédagogie noire et de science béhavioriste, la doctrine du
programme SERE suppose qu’en soumettant les jeunes soldats aux pires traitements
qu’ils puissent jamais rencontrer, mais d’une manière graduelle et contrôlée, ils
seraient en quelque sorte émotionnellement vaccinés et augmenteraient ainsi leurs
chances de résister à de « vraies » tortures (74).
En réalité, il s’agit bien là de tortures dont les séquelles marqueront durablement le
psychisme de leurs jeunes victimes. Un ancien Marine ayant subi le niveau C décrit
ce qui, d’après lui, ressemblait plus « à un rituel élaboré de bizutage qu’à une
véritable formation » :


«Dans cette école, j’ai vécu comme un animal. J’ai été encagoulé, battu, affamé,
dénudé et douché dans l’air froid de décembre jusqu’à l’hypothermie. À un moment,
je ne pouvais plus parler parce que je tremblais si fort. Jeté dans une cage d’un mètre
carré avec juste une boîte de café rouillée pour pisser dedans, j’ai été averti que le
pire allait encore venir. J’ai été violemment interrogé à trois reprises.
Comme j’avais oublié mon numéro de prisonnier, j’ai été attaché à un chariot et forcé
à regarder un codétenu subir une simulation de noyade à quelques centimètres de
moi. Je n’oublierai jamais le son de ce jeune matelot suffocant, apparemment si
proche de la mort, payant pour mon erreur. » (75)
En quelques jours, ce jeune lieutenant vit ses repères s’effondrer et crut réellement se
trouver dans une espèce de no man’s land où régnait l’arbitraire : « J’étais sûr que
mes geôliers, qui portaient des uniformes de style soviétique et parlaient avec des
accents slaves, iraient jusqu’au bout s’il le fallait. »
Un autre cadet de la US Air Force Academy, basée à Colorado Springs (Colorado),
subit le même traitement et devint par la suite un facilitateur. Vingt-cinq ans plus tard,
il en parle comme de l’expérience la plus intense qu’il ait jamais traversée :
« J’ai été enfermé dans une très petite boîte. Comme j’étais un joueur de football à
l’université, je leur ai dit de ne pas me mettre là-dedans car j’avais eu des opérations
au genou et ce genre de choses. Ils m’y ont mis quand même. [...] Ils passaient en
boucle un poème de Rudyard Kipling appelé Boots [...] qui pouvait vous rendre fou à
l’entendre sans arrêt sur ces haut-parleurs. Ils passaient de la musique siamoise. Ils
passaient une sonnerie de téléphone, ce genre de choses. Et pendant tout ce temps, ils
ne vous laissaient pas vous asseoir sur le sol. Une fois dans la grande boîte, ils vous
sortaient et vous mettait en position de stress. Ils vous mettaient à genoux sur un
morceau de bois et vous faisaient tenir vos bras en l’air en même temps. Pendant tout
ce temps, ils vous harcelaient. » (76)


L’expérience traumatisante de l’École de survie n’est certainement pas étrangère au
détachement avec lequel certains de ces diplômés reproduisirent des abus similaires
sur les détenus qu’ils avaient pour mission de séquestrer ou d’interroger.
Ce passage obligé est sans doute l’une des causes de la résignation collective qui
permit aux pratiques de tortures de se propager du haut de la chaîne de
commandement jusqu’aux geôles croupissantes de Bagram ou d’Abou Ghraib.

D’après une étude militaire réalisée en 2006, 44 % des Marines en service actif
pensaient en effet que la torture était légitime pour sauver la vie d’un camarade et
seuls 38 % estimaient que tous les civils devaient être traités avec dignité et respect (77).
Dans un contexte où leur propre survie était en jeu, l’aptitude à dissocier leurs
émotions du contexte initial qui les avait provoquées les précipitaient dans la remise
en scène de maltraitances cruelles.
Adeptes de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, plus connue sous le
nom d’Église mormone, les Dr Jessen et Mitchell avaient également une foi quasi
messianique dans les vertus supposées de la formation SERE (78). Après leurs services
respectifs à l’École de survie de Fairchild, le premier avait été nommé psychologue
en chef à la Joint Personnel Recovery Agency (JPRA) et le second travaillait en tant
que consultant privé pour la CIA.
Bouleversé par la tragédie du 11 septembre, Mitchell proposa à son ancien collègue
de rédiger un projet suggérant d’utiliser leurs méthodes contre Al-Qaida et de
transmettre celui-ci à sa hiérarchie. Les deux hommes prétendaient que la formation
SERE n’entraînait aucun préjudice pour la santé des jeunes recrues et que certaines
des techniques du niveau C pouvaient être en quelque sorte retournées et transposées
au contexte d’un interrogatoire.


D’après un rapport interne, seule une petite minorité des 26’829 cadets ayant subi
l’entraînement SERE de l’U.S. Air Force entre 1992 et 2001 avait dû s’y soustraire
pour des raisons psychologiques (79). De plus, le mémorandum signé par Bybee
affirmait «qu’aucun dommage mental durable ne résulterait de l’application de ces
méthodes à l’interrogatoire de Zubaydah.» (80)
N’étant pas considérées comme des tortures au sens du département de la Justice,
elles allaient trouver leur place dans la panoplie de tactiques susceptibles d’être
infligées aux détenus. Le Dr Jessen était favorable à ce que des instructeurs SERE
contribuent aux interrogatoires et ébaucha un programme de formation destiné à
Guantánamo81. Dès l’été 2002, la JPRA offrit également son assistance à la CIA en
organisant plusieurs cours d’entraînement aux techniques SERE destinés aux
personnels de l’agence.
Sous l’impulsion de ce nouveau paradigme, Guantánamo devint un véritable « banc
d’essai » pour les nouvelles techniques coercitives d’interrogation avant leur
approbation par le Pentagone en décembre 2002.

Le commandement de la base créa une première «équipe de consultation en sciences
du comportement» entraînée par le colonel et psychologue SERE Morgan Banks,
futur membre de la task force sur l’éthique mise sur pied par la direction de l’APA au
printemps 2005.


Le rôle de ces Behavioral Science Consultation Team (BSCT) – bientôt affectées
dans tous les centres de détention d’Afghanistan et d’Irak – sera notamment de
conseiller les interrogateurs sur les techniques de conditionnement, d’examiner les
dossiers des détenus pour déterminer leur profil psychologique et d’analyser leur
comportement pour orienter les interrogatoires.
Lors de la formation supervisée par Banks, il fut indiqué que « toutes les activités
quotidiennes devaient être irrégulières » afin de désorienter les prisonniers (82). Un
catalogue de mesures destinées aux captifs de culture arabo-musulmane fut présenté
– entre autres la tactique dite «invasion de l’espace personnel par une femme» bientôt
appliquée à l’interrogatoire du jeune Al-Qahtani – et l’on discuta du recours aux
phobies individuelles comme la peur des chiens.
Arguant des dangers inhérents au waterboarding et autres pressions physiques
utilisées par les instructeurs SERE, Banks suggéra de ne pas transposer ces dernières
aux interrogatoires et souligna leur caractère inefficace : «Si des individus sont
soumis à un inconfort suffisant, à la douleur par exemple, ils feront tout ce qu’ils
peuvent pour faire cesser cette douleur. Cela augmentera la quantité d’informations
qu’ils livreront à l’interrogateur, mais cela ne veut pas dire que ces informations
seront exactes. En fait, cela diminue généralement la fiabilité de l’information parce
que la personne dira tout ce qu’elle pense pouvoir faire cesser la douleur. » (83)
Au cours du mois de novembre 2002, des responsables du FBI et des Services
d’investigation criminelle des armées soulevèrent également des objections à l’usage
des techniques coercitives en faisant notamment valoir qu’elles exposaient leurs
personnels à des sanctions.
Mais le commandement de Guantánamo passa outre sous la pression directe du
secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz qui entretenait un contact permanent
avec la base. Un plan fut élaboré pour «casser» Mohammed Al-Qahtani et «établir
son rôle dans les attaques du 11 Septembre.» (84) Dans un premier temps, les
interrogateurs chercheraient à induire et à exploiter le syndrome de Stockholm en

utilisant un environnement austère et isolé dans lequel le détenu «deviendrait
complètement dépendant de ses interrogateurs.»


Dans un deuxième temps, les techniques SERE seraient utilisées pour «accroître son
sentiment d’impuissance» – y compris la simulation de noyade – et le contraindre à
coopérer. À quelques détails près, l’interrogatoire coercitif d’Al-Qahtani servira de
modèle aux procédures standard d’interrogation appliquées non seulement à
Guantánamo, mais également en Afghanistan et en Irak jusqu’à leur révocation par le
nouveau directeur de l’OLC Jack Goldsmith en décembre 2003.
Avec la formation et la dissémination de nouvelles équipes de comportementalistes
vers les centres américains de détention engagés dans la guerre contre la terreur, les
tortures et les mauvais traitements infligés aux détenus prendront des proportions
inédites surprenant bien des observateurs.


Cette pandémie est pourtant l’un des fruits délétères de la pensée éducative
dominante qui pose le Mal en l’homme et réprime la réalisation de sa conscience.
Prenant le relais du protestantisme dont elles n’ont pas remis en cause l’héritage, les
recherches en psychologie dictent de nouvelles façons de punir et favorisent des
mises en scène cruelles. Au sommet de la hiérarchie sociale et sous prétexte de
sécurité, le chef de l’État ordonne alors la liturgie d’une Passion vengeresse tout en se
persuadant qu’il oeuvre « pour le Bien ».
S’exprimant au dîner annuel de l’Economic Club de Grand Rapids (Michigan)
plusieurs mois après la fin de son mandat, George W. Bush admettra dans un élan de
candeur stupéfiant : « Oui, nous avons “waterboardé” Khalid Cheikh Mohammed
[et] je le ferais à nouveau pour sauver des vies. » (85)

Marc-André Cotton
© M. A. Cotton, 3.2013 / www.regardconscient.net

 

NOTES
13 « Sans aucun doute, la guerre psychologique a démontré qu’elle mérite une place de choix
dans notre arsenal militaire. » Dwight D. Eisenhower cité par Frank Summers, Making
Sense of the APA : A History of the Relationship Between Psychology and the Military,
Psychoanalytic Dialogues, Vol. 18, No 5, 2008, pp. 614-637.

14Chiffres fournis par Ellen Herman, The Romance of American Psychology, University of
California Press, Berkeley, 1995, p. 2.

15Lire Frank Summers, op. cit. Ce montant annuel représente environ 320 millions de
dollars actuels.

16Alfred McCoy, A Question of Torture, from the Cold War to the War on Terror,
Metropolitan Books, 2006, Holt Paperbacks, 2007, p. 7.

17Le psychiatre et psychohistorien Robert Jay Lifton rappelait que la culture populaire
dépeignait alors le « lavage de cerveau » communiste comme « une méthode absolue,
irrésistible, insondable et magique pour parvenir au contrôle total de l’esprit humain. »
Robert J. Lifton, Thought Reform and the Psychology of Totalism : A Study of Brainwashing
in China, University of North Carolina Press, 1989, p. 4.


18Allen W. Dulles, cité par Martin A. Lee et Bruce Shlain in Acid Dreams – The Complete
Social History of LSD : The CIA, the Sixties, and Beyond, Grove Press, 1994 (nouvelle édition), p. 27. Pour le texte original, voir Allen W. Dulles, Brain Warfare, 10.4.53, pp 2-3, http://
documents.theblackvault.com/documents/mkultra/ MKULTRA1/DOC_0000146077/

19Alfred McCoy, A Question of Torture, op. cit., p. 31.

20Alfred McCoy, A Question of Torture, op. cit., pp. 35-37.

21Cité par Alfred McCoy, A Question of Torture, op. cit., p. 38.

22Dans son introduction au Symposium, le Dr Hebb expliqua : « Les études que nous avons
faites à l’université McGill commencèrent en réalité avec le problème du “lavage de
cerveau”. Nous n’étions pas autorisés à le mentionner dans la première publication. Ce que
nous avons dit était cependant vrai – à savoir que nous nous intéressions aux effets de la
monotonie sur les personnes employées à des tâches de surveillance ou à d’autres travaux
du même genre. Mais l’impulsion essentielle découlait évidemment de la consternation
suscitée par le genre de “confessions” produites lors des procès de la Russie communiste.
L’expression de “lavage de cerveau” apparut un peu plus tard, appliquée aux procédures
chinoises. Nous ne savions pas ce qu’étaient les procédures russes, mais il semblait qu’ils
obtenaient des modifications étonnantes du comportement. Comment ? L’un des facteurs
possibles était l’isolation sensorielle et nous nous sommes concentrés là-dessus. » Philip
Solomon et al., Sensory Deprivation : A Symposium Held at Harvard Medical School,
Harvard University Press, 1961, p. 6.

23Donald Wexler et al., Sensory Deprivation : A Technique for Studying Psychiatric Aspects
of Stress, AMA Archives of Neurology and Psychiatry, Vol. 79, No 2, février 1958, pp.
225-233. Lire Alfred McCoy, A Question of Torture, op. cit., p. 40.

24Albert D. Biderman et Herbert Zimmer, The Manipulation of Human Behavior, John Wiley
& Sons, 1961, La contribution de la U.S. Air Force est mentionnée en page viii.
http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/Biderman_Manipulation_of_Human_Behaviour-4.pdf.

25Lawrence E. Hinkle, Jr., The Physiological State of the Interrogation Subject as it Affects
Brain Function, in Albert D. Biderman, The Manipulation of Human Behavior, op. cit., p. 29.

26Kubark Counterintelligence Interrogation, juillet 1963, p. 2, http://www.ethicalapa.com/
files/Kubark_1.pdf.

27Ibid., pp. 88-90, http://www.ethicalapa.com/files/Kubark_2.pdf.

28À ce propos, lire notamment Dr Michel Odent, L’Amour scientifié, les mécanismes de
l’amour, Jouvence éditions, 2001, p. 21 sv.

29Johanna Haarer, Die deutsche Mutter und ihr erstes Kind, Carl Gerber Verlag, München,
1940, p. 109.

30Dr Luther Emmett Holt et Dr Henry Shaw, Save the Babies, American Medical
Association, 1915, p. 6.

31Dr Luther Emmett Holt, The Care and Feeding of Children, A Catechism for the Use of
Mothers and Children’s Nurses, Appleton & Co, 1894, BiblioBazzar, 2008, p. 133. Ce livre
a connu soixante-huit éditions en anglais entre 1894 et 1935.

32Eric William Boyle, Childbirth and Reproduction, US History Encyclopedia, http://
www.answers.com/topic/childbirth-and-reproduction. Lire également Richard W. et Dorothy
C. Wertz, Lying In : A History of Childbirth in America, Yale University Press, 1989, pp.
132 sv.



33Sur l’engouement pour le «twilight sleep», lire notamment Dr Michel Odent,
Développement explosif de l’industrialisation de la naissance in Le Fermier et
l’Accoucheur, éditions Médicis, 2002, 2004, pp. 46-51. Dans ses recherches en santé
primale, le Dr Odent fait remarquer que l’âge du « twilight sleep » a été suivi par la «drug
culture» des années 1960, suggérant l’influence des drogues obstétricales sur la génération
«hippie».

34John B. Watson et Rosalie A. Rayner Watson, Psychological Care of Infant and Child,
Norton, 1928, p. 46. L’auteur principal ajoutait : « Il est particulièrement aisé de modeler la
vie émotionnelle à cet âge tendre. Je pourrais faire cette simple comparaison : le forgeron
prend la masse de métal chauffé, la place sur l’enclume et commence à la former en
fonction de ses ébauches. Parfois, il utilise un marteau lourd, parfois un outil plus léger ;
parfois il frappe un grand coup dans la masse malléable, parfois il ne fait que l’effleurer. De
la même manière, nous commençons dès la naissance à modeler la vie émotionnelle de nos
enfants. »

35John B. Watson et Rosalie A. Rayner Watson, Psychological Care of Infant and Child, op.
cit., pp. 80-81.

36John B. Watson et Rosalie A. Rayner, Conditioned Emotional Reactions, Journal of
Experimental Psychology, Vol. 3 (1), pp. 1-14, février 1920, http://psychclassics.yorku.ca/
Watson/emotion.htm.



37Pour une intéressante biographie de Watson, lire Kerry W. Buckley, Mechanical Man :
John Broadus Watson and the Beginnings of Behaviorism, Guilford Press.38Skinner en
résume les principes dans un texte non daté, A Brief Survey of Operant Behavior, site de la
B. F. Skinner Foundation, http://www.bfskinner.org/bfskinner/SurveyOperantBehavior.html.

39À ce propos, lire notamment William T. O’Donohue et Kyle E. Ferguson, The Psychology
of B. F. Skinner, Sage Publications, 2001, pp. 101-148.

40Dans le troisième volume de son autobiographie, Skinner écrit : « Beaucoup de mes
positions scientifiques semblent avoir débuté comme une théologie presbytérienne, pas très
loin de la congrégation [du prédicateur calviniste] Jonathan Edwards. » B. F. Skinner, A
Matter of Consequences, Knopf, 1983, p. 403.

41Les citations suivantes sont extraites de B. F. Skinner, Particulars of my Life, Knopf, 1976,
pp. 60-62.

42B. F. Skinner, Punishment in Science and Human Behavior, Macmillan, 1953, Free Press,
1965, pp. 182-193, http://www.bfskinner.org/bfskinner/PDFBooksSHB_files/
Science_and_Human_Behavior_1.pdf. Ce livre est paru en français sous le titre Science et
comportement humain, In Press, 2005.

43B. F. Skinner, Walden Two, Macmillan, 1948, Hackett Publishing Company, 2005. Ce livre
est paru en français sous le titre Walden 2 : Communauté expérimentale, In Press, 2005.

44Lire B. F. Skinner, Science and Human Behavior, op. cit., pp. 31 sv.

45Dans le chapitre Deprivation and Satiation, page 149, Skinner fait par exemple remarquer :
« [...] l’effet du renforcement opérant ne sera pas observé si l’organisme n’a pas été
convenablement soumis à une privation. » 46B. F. Skinner, Science and Human Behavior,
op. cit., p. 73.

47Dans Science and Human Behavior, Skinner écrit par exemple : « Une drogue est
administrée de façon répétée jusqu’à ce que son pouvoir de renforcement soit important.
Elle est alors utilisée pour renforcer le comportement désiré – par exemple, le
comportement d’un prisonnier de guerre dans ses réponses aux questions. La drogue lui est
retirée et la probabilité du comportement augmente grandement. » Op. cit., p. 152.



48B. F. Skinner, Particulars of my Life, op. cit., p. 23.

49B. F. Skinner, Particulars of my Life, op. cit., p. 43.
50Skinner rapporta : « Lorsque j’étais tout petit, mes parents m’emmenèrent à Milford, une station
touristique sur le Delaware, et on leur demanda de quitter le premier hôtel dans lequel ils
descendirent parce que je pleurais toute la nuit. » Particulars of my Life, op. cit., p. 23.

51B. F. Skinner, Particulars of my Life, op. cit., p. 64. La remarque était particulièrement
terrifiante puisque le nom de Skinner signifie justement “l’écorcheur”.



52B. F. Skinner, cité par Daniel W. Bjork, B. F. Skinner : A Life, Basic Books, 1993, APA,
1997, p. 21.

53B. F. Skinner, Baby in a Box, Ladies’ Home Journal, octobre 1945, http://www.uni.edu/
~maclino/cl/skinner_baby_in_a_box.pdf.

54James Dobson, Dare to Discipline, Tynale House Publisher, 1970, 1973, pp. 67-68.

55James Dobson, Dare to Discipline, op. cit., pp. 76-77.

56James Dobson, Dare to Discipline, op. cit., p. 79.

57Martin E. P. Seligman et Steven F. Maier, Failure to Escape Traumatic Shock, Journal of
Experimental Psychology, May 1967, p. 1-9.

58Christopher Peterson, Steven F. Maier et Martin E. P. Seligman, Learned Helplessness : A
Theory for the Age of Personal Control, Oxford University Press, 1993, 1995, p. 310.

59Martin E. P. Seligman et al., The Optimistic Child : A Revolutionary Program that
Safeguards Children against Depression & b 1995. Cet ouvrage a connu quinze éditions.

60Jane Mayer, The Builds Lifelong Resilience, Houghton Mifflin, Experiment, New Yorker,
11.7.05.

61La Joint Personnel Recovery Agency (JPRA) dépend du Département de la Défense. Elle a
notamment pour mission de prévenir l’exploitation par l’ennemi de renseignements
extorqués à des prisonniers américains. En 2002, elle a offert son assistance à la CIA dans
les interrogatoires coercitifs avec l’approbation de sa hiérarchie.

62Jane Mayer, The Dark Side : The Inside Story of How the War on Terror Turned into a War
on American Ideals, Double Day, 2008, Anchor Books, 2009, pp. 163-164.

63Gerry J. Gilmore, Rumsfeld Confirms Capture of Senior Al Qaeda Leader, American
Forces Press Service, 2.4.02, http://www.defense.gov/news/newsarticle.aspx?id=44203.

64Cité par Ali Soufan, in Michael Isikoff, “We Could Have Done This the Right Way”,
Newsweek, 25.4.09, http://www.thedailybeast.com/newsweek/2009/04/24/we-could-havedone-
this-the-right-way.html.

65Jay S. Bybee et John C. Yoo, Interrogation of al Qaeda Operative, Memorandum for John
Rizzo, Acting General Counsel of the Central Intelligence Agency, U.S. Department of
Justice, Office of Legal Counsel, 1.8.02, déclassifié par l’administration Obama le 16.4.09,
http://www.fas.org/irp/agency/doj/olc/zubaydah.pdf. Les citations suivantes sont extraites de
ce document.

66Counterterrorism Detention and Interrogation Activities (September 2001-October 2003),
Central Intelligence Agency, Office of Inspector General, 7.5.04, p. 90. Document
déclassifié par l’administration Obama en août 2009, http://www.gwu.edu/~nsarchiv/
torture_archive/20040507.pdf.

67Abu Zubaydah cité par le ICRC Report on the Treatment of Fourteen “High Value
Detainees” in CIA Custody, février 2007, p. 30, http://www.nybooks.com/media/doc/
2010/04/22/icrc-report.pdf. Ce rapport confidentiel fut envoyé au Conseiller juridique de la
CIA John Rizzo et divulgué par la presse en avril 2009. Torturé pendant la Guerre d’Algérie,
le journaliste français Henri Alleg rapporta un calvaire similaire dans La Question : «J’avais
l’impression de me noyer et une angoisse terrible, celle de la mort elle-même, m’étreignit.
Malgré moi, tous les muscles de mon corps se bandaient inutilement pour m’arracher à
l’étouffement. Malgré moi, les doigts de mes deux mains s’agitèrent follement.» Henri
Alleg, La Question, Les éditions de Minuit, 1958, pp. 39-40.

68Abu Zubaydah, cité par le ICRC Report, op. cit., p. 31.



69Experiments in Torture : Evidence of Human Subject Research and experimentation in the
“Enhanced” Interrogation Program, Physicians for Human Rights, juin 2010, p. 8, https://
s3.amazonaws.com/PHR_Reports/Experiments_in_Torture.pdf.

70Counterterrorism Detention and Interrogation Activities (Septembre 2001-Octobre 2003),
op. cit., p. 91.

71«Au cours de la période la plus dure de mes interrogatoires, j’ai donné beaucoup de
fausses informations pour tenter de satisfaire les interrogateurs et faire cesser les mauvais
traitements. [...] Je suis sûr que [celles-ci] leur ont fait perdre beaucoup de temps et ont
conduit à plusieurs fausses alertes rouges décrétées aux États-Unis.» Khalid Cheikh
Mohammed interviewé par la Croix-Rouge, ICRC Report, op. cit., p. 37.

72Inquiry into the Treatment of Detainees in U.S. Custody, op. cit., pp. 6-7.

73Scott Shane, 2 U.S. Architects of Harsh Tactics in 9/11’s Wake, New York Times, 11.8.09,
http://www.nytimes.com/2009/08/12/us/12psychs.html.

74La journaliste Jane Mayer compare la formation SERE a « une réserve des connaissances
mondiales en matière de tortures, en un sens l’équivalent militaire des spécimens de virus
mortels stockés dans les congélateurs des laboratoires des Centres de contrôle des maladies
infectieuses. » The Dark Side, op. cit., p. 158.

75David J. Morris, Cancel Water-Boarding 101, Slate, 29.1.09, http://www.slate.com/id/
2210059/.

76Dr Eric Anders interviewé par Amy Goodman, “The Task Force Report Should Be
Annulled” – Members of 2005 APA Task Force on Psychologist Participation in Military
Interrogations Speaks Out, Democracy Now !, 1.6.07, http://www.democracynow.org/
2007/6/1/the_task_force_report_should_be.

77Kimberly Johnson et Kelly Kennedy, Almost Half of Survey Troops Say Torture OK,
Military Times, 10.5.07, http://www.marinecorpstimes.com/news/2007/05/
marine_ethics_070503/. Pour un rapport plus précis de l’étude, lire Gén. James T. Conway,
Mental Health Advisory Team (MHAT) IV Brief, 18.4.07, http://www.militarytimes.com/
static/projects/pages/mhativ18apr07.pdf.

78À noter que le juriste Jay Bybee, signataire des « mémos de la torture », est également un
adepte de cette religion. Titulaire d’une licence en droit de l’université mormone de
Brigham Young dans l’Utah, il servit en tant que missionnaire au Chili après le coup d’État
de 1973. Lire Randy James, Jay Bybee : The Man Behind Waterboarding, Time, 29.4.09,
http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1894309,00.html.
29



79Jay Bybee, Interrogation of al Qaeda Operative, Memorandum for John Rizzo, op. cit., p.
5.

80Jay Bybee, Interrogation of al Qaeda Operative, Memorandum for John Rizzo, op. cit., p.
18.

81JPRA Prepares Draft Exploitation Plan in Inquiry into the Treatment of Detainees, op. cit.,
pp. 14-16.

82Instructeur SERE Joseph Witsch, cité dans Inquiry into the Treatment of
Detainees, op. cit., p. 45.

83LTC Morgan Banks, cité dans Inquiry into the Treatment of Detainees, op. cit., p. 53.

84Inquiry into the Treatment of Detainees, op. cit., pp. 76 sv.

85Paul Owen, George Bush admits US Waterboarded 9/11 Mastermind, guardian.co.uk,
3.6.10, http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/03/george-bush-us-waterboarded-terrormastermind.
30

 Source : http://www.voice-dialogue-sud.com/articles/Derives.htm

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 09:59
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Voilà comment on s’endort saine d’esprit pour se réveiller folle. Ce n’est pas que vous ayez changé non, c’est la société qui est devenue encore un peu plus répressive et a étendu son contrôle. Pour les uns la prison, pour les autres les cachetons,

FINIES LES DÉVIATIONS !

 

 


Créativité et non-conformisme désormais une maladie mentale

(Source : Ready Chimp – Traduction État du Monde, État d’Être)

 

Qu’arrive-t-il à une société lorsque « pensée à l’extérieur du cadre établi » ou être (avec raison) enragé contre votre gouvernement – allant visiblement dans la mauvaise direction – devient une raison pour être médicamenté et « rééduqué »?

L’Union Soviétique utilisait de nouvelles maladies mentales pour les répressions politiques.

Les gens qui n’acceptaient pas les croyances du Parti communiste développaient donc une nouvelle forme de schizophrénie.

Ils souffraient d’une forme de désillusionnement croyant que le communisme n’était pas une bonne chose. Ils ont été isolés, médicamentés de force et ont subi une thérapie répressive pour les ramener à la raison.

Maintenant, nous devons remercier les polices de la pensée étatsuniennes, l’American Psychiatric Association, pour les derniers ajouts au DSM-IV (Manuel de diagnostic et statistiques des troubles mentaux) qui mettent en place des diagnostics arbitraires pour n’importe quel « dissident ». 

Listé comme une nouvelle maladie mentale : une créativité et un cynisme au-dessus de la moyenne. Le manuel identifie cette maladie mentale comme « ODD », « désordre oppositionnel défiant » [Ndt : « oppositional defiant disorder »].

Défini comme « un comportement soutenu d’hostilité et de désobéissance », les symptômes incluent la remise en question de l’autorité, la négativité, la défiance, l’argumentaire et le fait d’être aisément irrité.

Un article du Washington Post observe que si Mozart était né aujourd’hui il serait diagnostiqué comme ayant un syndrome de déficit de l’attention et serait médicamenté jusqu’à ce qu’il redevienne « normal ». Ce que nous appelions des traits de personnalité sont dorénavant des maladies mentales. Et bien sûr, un traitement existe.

Lorsque la dernière édition du DSM-IV a été publiée, elle identifiait des symptômes de diverses maladies mentales chez les enfants et le résultat fut une augmentation significative de la médication de ces derniers. Certains états américains ont même des lois qui permettent aux agences de santé d’obliger une médicamentation sous peine d’amende ou d’emprisonnement.

Faites attention aux gens qui ont une forte individualité! Bien que les auteurs dudit manuel disent ne pas avoir d’agenda caché, étiqueter la liberté de pensée et la non-conformité en tant que maladie mentale est une bombe à retardement d’abus en tout genre. En tant qu’arme dans l’arsenal d’une société répressive, la réalité sociale semble se métamorphoser en un conte de fées pour autocrates tiré tout droit d’un roman de Phillip K. Dick.


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Source :
Créativité et non-conformisme désormais une maladie mentale « État du Monde, État d'Être

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 14:36

 

 

http://www.vertice102.com.mx/sitio/images/stories/airlines%20malasia.jpg

 

Les faits suivants seraient rapportés par d’autres que Percy Alvarado Godoy ou quelque autre de sa trempe, je n’y prêterais sans doute pas attention. Mais venant de cet ancien rompu aux stratégies de la guerre secrète, et dont j’ai toujours pu confronter le caractère fiable des informations qu’il relate, j’ai décidé de vous transmettre le contenu du dernier article qu’il a publié concernant le vol HM370 de la Malaysian Airlines, le pourquoi et le comment de sa disparition, même si c’est tellement gros que cela semble incroyable.

J'ai choisi de le faire parce que si c'est réellement ce qui c'est passé, cela confirmerait le fait que Washington est en train de franchir un seuil d'intensification de sa guerre pour l'hégémonie globale, ce qui aurait pour conséquence de nous mettre tous (ceux qui s'y opposent) en danger à court terme. Et comme les signes avant coureurs se multiplient de l'Ukraine au Venezuela, en passant par l'Espagne et la Grèce, je pense qu'il est important de redoubler de vigilance.


L’ensemble du récit repose sur des sources russes qui ne sont pas identifiée dans le texte :


Après que les services secrets russes aient été avertis anticipativement que ce vol représenterait un sérieux danger pour leur pays et la Chine parce qu’il était probablement porteur d’une charge de matériel radioactif ou d’armes biologiques, ils menèrent leur enquête.

Selon l’enquête préliminaire du GRU et de la FSB, la charge suspecte dont était porteur le HM370 fut transférée des EU via la République des Seychelles dans un bateau sous bannière étasunienne nommé MV Maersk Alabama. De là elle fut envoyée en Malaisie, en quelques heures, sous la protection de deux agents des renseignements de la Navy, Marco Daniel Kennedy de 43 ans et Jeffrey Keith Reynolds de 44 ans, qui après furent assassinés de manière suspecte.

Tous les deux étaient des spécialistes des transports d’arsenaux biochimiques et nucléaires, et étaient employés sous une couverture connue comme groupe Trident, fondé par le Pentagone et dont le siège se trouve à Virginia Beach, Virginie, pour servir de couverture aux Opérations Spéciales exécutées par les SEAL et à d’autres opérations secrètes réalisées par des groupes spéciaux à terre, parmi ces missions : les transports de matériel atomique et biologique dans le monde entier, ainsi des opérations noires, en particulier la réalisation d’opérations sous fausses bannières.


Quand le GRU s’est rendu compte que la charge avait été déposée dans le vol HM130 ayant pour destination la Chine, il avisa immédiatement le Ministère de la Sécurité de l’Etat Chinois (MSS) de la possibilité d’une dangereuse menace. La Chine, quant à elle, activa tous ses systèmes de défense et mobilisa ses systèmes permettant de récolter l’information en temps réel. La mesure principale adoptée par le MSS fut de dévier l’ avion vers une autre destination, non plus Bejing, mais un aéroport, Haikou Meilan International Airport (HaK), situé sur l’île de Hainan.

Dès lors tout avait été préparé par la Chine pour recevoir ce vol dangereux, mais il semble que des informations ont filtré qui ont mis les USA en état d’alerte, et qu’ils décidèrent de dévier le Boeing 777 – qui s’approchait à ce moment de la mer de Chine Méridionale, à proximité des Iles Spratly – vers Diego Garcia, distant de quelques 3 447 kilomètres.

Comment réussirent-ils à faire passer inaperçue cette manœuvre de détournement ?

Pour commencer (les USA) réussirent à mettre temporairement hors service l’activité de China Mobile en particulier les centres situés dans les Isles Spratly. Ensuite ils utilisèrent les moyens technologiques les plus sophistiqués à leur disposition pour faire « disparaître »l’avion. Pour réussir cet escamotage sous la vigilance des radars et satellites chinois, russes et d’autres nations, ils employèrent l’équipement dont disposait le Boeing 777-200ER, ils manipulèrent Fly-by-Wire (FBW)*, parvenant grâce à une interface électronique à le convertir en un énorme drone. Et l’avion se mit à voler tellement bas qu’il échappa aux radars. L’essentiel était de hacker également ses systèmes de communication, ce qui aurait été exécuté par un des passagers encore non identifié pour le moment.

Le reste était relativement facile parce que les satellites nord-américains couvrent cette zone en détail et disposaient d’information sur la déviation provoquée de l’avion jusqu’à l’Atoll de Diego Garcia, qui est un atoll de corail, considéré comme territoire du Royaume Unis mais utilisé par les EU qui la leur louent. Il est considéré comme une des bases les plus secrètes parmi les près de mille bases utilisées par le Pentagone et la CIA. Il a été employé de manière réitérée comme base d’espionnage dans l’Océan Indien et comme prisons pour ceux que le gouvernement étasunien voulait faire « disparaître ». Ce fut également un plateforme pour développer les guerres contre l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie et l’Iran.

On ne peut pas nier que cette trame d’espionnage, dans le style insolite des films de James Bond, a laissé les services de renseignement face à de multiples inconnues. Ce qui est certain c’est que la charge était une menace contre la Chine, de cela il n’y a aucun doute. Le matériel biologique, a été transféré avec la complicité de plusieurs nations et il avait pour objectif une attaque contre le pays asiatique, la Corée du Nord ou le Vietnam.

Des sources anonymes russes ont proposé au quotidien Komsomólskaya Pravda quelques hypothèses qui ont été utilisées par le GRU et le FSB de même que par le MSS. L’une d’elles se rapporte à la composition des passagers de l’avion. Sans certitude et de manière spéculative, le journal russe suggère ce qui suit : « On reste avec la sensation que l’ensemble des personnes qui voyageaient à bord de l’avion avait quelque chose d’étrange, le pilote faisait partie de l’opposition malaise, il y avait deux iraniens munis de faux passeports, trop de passagers chinois ayant le même patronyme, et un passager australien avant d’embarquer confia à sa femme son alliance et sa montre, et lui demanda de les remettre au premier de ses fils qui se marierait, comme s’il savait qu’il ne reviendrait pas ».

Ce qui est certain, c’est que parmi les passagers se trouvaient près d’une vingtaine d’employés étasuniens de l’entreprise Freescale Semi Conductor, dont le siège est à Austin, Texas, et qui appartient à la multinationale Blackstone, propriété du fameux multimillionnaire Jacob Rothschild,  une entreprise qui se consacre à mettre au point un avion invisible pour les moyens actuels de détection, ce qui a une remarquable importance militaire. D’après certaines sources, parmi ce groupe, il y avait 4 espions chinois qui transportaient de sensibles informations secrètes qui affecteraient les USA et qui devaient être éliminés avant qu’ils aient pu transmettre ces secrets.

Il est évident que cette large conspiration a été préparée de manière à cacher la vérité, manipuler l’opinion publique mondiale, avec l’appui des grands médias, qui produisent toutes sortes d’experts, élaborent des hypothèses et remplissant d’interrogations jusqu’aux services de renseignement de toute la planète eux-mêmes.

Une dizaine d’hypothèses ont ainsi été écartées en relation avec de possibles suicides, des actes de terrorisme, même une intervention extra-terrestre, la complicité des pilotes, détournement vers des pays comme l’Afghanistan et le Pakistan, il semble que ce qui a été occulté ne sera jamais révélée au public. Les enjeux sont de taille.

D’un autre côté existe des soupçons de ce que cette opération ai échappé aux mains du gouvernement des USA et qu’elle ait été filtrée par le Mossad, la FSB et d’autres services de renseignements. Il n’y a pas de doute, le sort des 239 passagers est et restera incertain, ainsi que les indemnisations dérisoires seront une faible compensation pour les proches des victimes.

Le gouvernement malais mis sous pression par les USA garde jalousement toute information en relation avec cette affaire et montre un intérêt marqués pour clore le pénible événement. Les pressions et promesses exercées sur lui ont du être fortes. Les près de 26 pays impliqués dans la recherche estiment que les dépenses s’élèveront à près de 400 millions de dollars, alors que certains continuent les recherches de vestiges qui indiqueraient sa localisation.

La Russie et la Chine malgré qu’elles aient reçu l’information en temps réel se voient frustrées de leur intention de doubler la CIA et le Pentagone en capturant la dangereuse charge qui arrivait dans le Boeing 777-200. Ils ont néanmoins obtenu une importante victoire en empêchant que le vol parvienne à sa destination initiale.

La question que nous nous posons tous concerne le fait de savoir si le Président Obama avait connaissance de cette opération noire réalisée par les services de renseignement de son pays, laquelle pourrait avoir eu 239 victimes pour conséquence. Ce serait une preuve de plus que son Prix Nobel de la Paix n’est pas mérité.

Un de ces jours, que nous espérons proche, les informations concernant ce triste épisode dans lequel sont mêlées l’indolence, l’impunité et l’abus de pouvoir sortiront à la lumière. Pour le moment la grande perdante c’est l’Humanité.

 

Percy Francisco Alvarado Godoy

 

Percy Francisco Alvarado Godoy.
Percy Francisco Alvarado Godoy.
Percy Francisco Alvarado Godoy.

* Système mis au point suite au détournement des avions de passagers qui ont mené l’attaque du 11 septembre et qui permet de manœuvrer un avion localisé en n’importe quel lieu depuis la terre pour rediriger son vol,. C’est pour cette raison que le Boeing 777-200 avait un Fly by Wire conçu pour réaliser cette opération en cas d’urgence et reprendre le contrôle de l’avion, y compris sans l’intervention du pilote, pour le diriger jusqu’à un lieu prédéterminé à terre. 

 

Article original en espagnol Conspiración negra contra vuelo #HM370  

 

Traduction Anne Wolff

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:52

par  Umar Farooq

 

 

Pakistan. Les activistes contre les drones qui incluent des gens qui ont perdu leurs grands-mères, frères et enfants dans des attaques à contrôle à distance des avions sans pilotes, voient clairement que le gouvernement pakistanais condamne publiquement les attaques étasuniennes mais qu’en privé, il les facilite, c’est pourquoi ils ont entrepris une série d’activités judiciaires et d’actions directes pour exiger qu’il y soit mis fin.

Un des critiques les plus virulent du programme de drones étasunien au Pakistan a été arrêté, torturé et interrogé par les agences d’intelligences du pays pendant 9 jours au mois de février. Il n’y a eu ni confirmation officielle ni explication concernant la détention de Kareem Khan, mais ce ne fut pas nécessaire.

Khan a irrité les agences de renseignement, tant pakistanaises qu’étasuniennes, avec un recours judiciaire. Le Gouvernement du Pakistan dénonce officiellement les attaques aériennes, mais en privé ses agences militaires et de renseignement facilitent le travail de la CIA. Plus de 3 000 personnes ont été assassinées dans ce pays par des avions sans pilotes depuis 2004.

Les attaques ont lieu dans les Zones Tribales sous Administration Fédérale (FATA), une région frontalière avec l’Afghanistan, qui fait partie du Pakistan mais n’est pas régie par sa constitution. La région est régie par le Règlement sur les Délits Frontaliers, une loi qui date de l’époque coloniale britannique et qui permet les châtiments collectifs, comme les incendies de hameaux entiers ou l’expulsion de tribus dont les membres agissent à l’encontre du gouvernement fédéral. Un fonctionnaire désigné par le gouvernement fédéral coordonne les activités avec les tribus et est l’unique autorité qui peut agir comme juge dans les cas pénaux. 

Ce précaire système légal rend difficile de faire mettre en jugement les autorités responsables des morts, que ce soit celles attribuées à des militaires - il y a plus de cent mille soldats étasuniens stationnés à FATA – ou dues à des attaques par avions sans pilote étasuniens.

Mais cela pourrait changer, à mesure que de plus en pus de personnes portent plainte, tant contre les autorités pakistanaises que contre les étasuniennes, pour la mort de leurs êtres chers morts dans les attaques de drones.

Il était 9h30 du soir le 31 décembre 2009,  quand la maison de Khan (au Waziristân du Nord, FATA, près de la frontière avec l’Afghanistan) fut attaquée par une série de missiles Hellfire depuis un avion sans pilote étasunien. Le fils de Khan, âgé de 18 ans, Zahinuallah, et son frère Asif Iqbal, de 35 ans, furent assassinés. Khaliq Dat, un maçon qui travaillait à la construction d’une mosquée locale et qui séjournait dans la Hujra, une habitation adjacente mourut lui aussi cette nuit là.

Khan présenta des charges d’homicide contre John Rizzo, ex directeur de la CIA, et Jonathan Banks, chef de l’Agence au Pakistan en tant que responsables du programme de drones. Le chef de la CIA au Pakistan est l’officiel le plus haut placé dans le pays et son identité est un secret bien gardé, ce qui fait que lorsque son nom apparut sur des documents judiciaires, il fut rapidement rappelé hors du pays. 

L’attaque aérienne qui a tué les proches de Khan, semblerait avoir également causé la mort de Hajji Omar, un ex haut commandant des talibans. Les rapports annonçant la mort de Hajji Omar étaient surprenants – il avait été rapporté qu’il était mort dans une autre attaque plus d’un an auparavant. Jusqu’à ce que Khan se présente avec sa version de l’histoire, les informations d’actualités citèrent des fonctionnaires Pakistanais et Étasuniens anonymes qui prétendaient qu’aucun civil n’était mort dans l’attaque. Pour les activistes anti-drones comme Khan, c’est cela le problème avec les avions sans pilotes. Les États-Unis insistent sur le fait que cette technologie permet un meilleur respect de la vie que la guerre conventionnelle, puisqu’ils peuvent faire la discrimination entre les militants et les civils. 

Les drones peuvent tourner au-dessus d’un lieu pendant plusieurs jours, espionnant les personnes pendant qu’elles effectuent leurs activités quotidiennes, en attendant l’opportunité claire pour tuer une personne sans dommages collatéraux. Mais même ainsi, les attaques assassinent des civils. Le fil de Khan, par exemple, travaillait comme gardien dans une école où son frère était professeur.

« Eux, (les étasuniens) ils tuent, tout simplement et peu leur importe qui », accuse Khan. « C’est seulement après qu’ils attribuent aux morts le statut de terroristes ».

 


Nabeela

Dans l’après-midi du 24 octobre 2012, Nabeela, de 8 ans était en train de récolter l‘okra dans les champs familiaux en compagnie de ses deux frères et de sa grand-mère, Mamana Bibi, de 68 ans. A ce moment, un drone, qui volait en cercle depuis des heures, lança deux missiles. « L’explosion eut lieu très près de nous. Elle fut tellement forte qu’elle me projeta en l’air avant de me plaquer contre le sol », raconte Nabeela aux enquêteurs d’Amnesty International. Quand elle est revenue à elle, Naabela a trouvé sa grand-mère, morte. « Nous avons rencontré son corps mutilé peu après. A cause de l’explosion il était fort loin. Nous avons ramassé les différentes parties du corps et nous les avons enveloppées dans un foulard ». 

Quand les frères de Nabeela accoururent sur les lieus pour porter secours, le drone lâcha contre eux une autre salve de missiles.

L’attaque s’est déroulée dans une zone rurale, non loin de la maison de Mamana Bibi, et à plus de 3 mille mètres de la route la plus proche, c’est pourquoi il est difficile de comprendre pourquoi l’opérateur de drones qui observait la grand-mère depuis des heures prit soudain la décision de l’attaquer.

A ce moment les actualités citèrent des fonctionnaires pakistanais anonymes qui déclarèrent que trois militants avaient été tués dans cette opération.

“Avant même que nous soyons nés, ils nous ont déjà catalogués comme terroristes” avertit Khan.

L’attaque qui a tué la grand-mère de Nabeela a entraîné d’autres plaintes devant les tribunaux pakistanais contre le personnel étasunien et en 2023 Nabeela s’est rendue à Washington pour témoigner devant le Congrès au sujet des drones.

 


En mai 2013, un tribunal supérieur du Pakistan émit un jugement historique, qui déclare que le gouvernement fédéral était complice et de voulait pas arrêter les attaques. La cours ordonna au Gouvernement de porter la question devant l’Organisation des Nations Unies (ONU) et, si le programme continuait, de prendre des mesures plus fortes, comme le gel du budget de ‘OTAN ou d’abattre les drones. Mais le gouvernement pakistanais n’accomplit pas la sentence. 

Les drones décollent de bases afghanes et sont contrôlé par des pilotes qui sont dans des sièges aux E.U.. Des caméras sophistiquées recueillent d’énormes quantités de données qui incluent les conversations sur téléphone cellulaire qui sont utilisés dans la zone - et qui sont transmises à travers les réseaux vers les pays européens. Il faut plus d’une centaine de personnes pour coordonner le vol d’un seul drone, incluant des experts du renseignement qui analysent les prises de vue depuis les drones, en direct, et les mettent en relation avec les contenus des conversations téléphoniques interceptées. Beaucoup d’entre aux travaillent en étroite collaboration avec des agences d’intelligences d’Europe, c’est pourquoi les victimes ont également déposé des plaintes contre les pays européens.

Noor Khan (sans relation avec Kareem Khan) dont le père a été assassiné dans une attaque au Waziristân du Nord en 2011, présenta son cas au Royaume Uni. Il demanda des explications aux agences de renseignement de ce pays pour son appui logistique au programme de drones des E.U. Autour de 10h45 du matin, le 17 mars 2011, des avions sans pilotes commencèrent à tirer contre une réunion de plus d’une centaine d’ancien des tribus qui réglaient une querelle au sujet d’une mine locale de chromite.

Les journalistes du Bureau de Journalisme d’Investigation, qui a son siège au Royaume Uni, rapportent que 42 civiles moururent ce jour-là, mais les fonctionnaires étasuniens continuent à d’affirmer que tous les morts étaient des Talibans.  « Ces personnes n’étaient pas réunies pour une vente de gâteaux », allègue un fonctionnaire étasunien au New York Times en 2011. « C’étaient des terroristes ».

Vu que les cas judiciaires contre des attaques avec des avions sans pilote s’amplifient, d’autres activistes se mettent à utiliser d’autres manières de faire pression sur les États-Unis.

A trente kilomètres à l’Est de la frontière avec l‘Afghanistan dans un kiosque d’une autoroute, les volontaires comme Nazzar Muhammad, de 55 ans, font une tournante pour vérifier les conteneurs de charges destinés à l’Afghanistan. Des centaines de camions passent par le kiosque tous les jours en route vers le passage de la frontière à Torkham. Les manifestants occupent le kiosque depuis décembre 2013, dans une tentative de couper la route de l’approvisionnement crucial entre la cité portuaire du Sud de Karachi et les troupes de l’OTAN en Afghanistan. 

L’Afghanistan ne dispose pas de sortie vers la mer, ce qui fait que tout ce qui est nécessaire aux troupes étasuniennes et de ‘OTAN doit passer par voie des airs ou dans des camions. Pendant la dernière décennie, la majorité des approvisionnements utilisés par les troupes étasuniennes en Afghanistan – depuis la nourriture jusqu’aux Humvees blindés – est arrivé par la route qui est bloquée par les manifestants près de Torkham ou par une autre route au sud-ouest de là, vers un autre passage de la frontière à Chaman.



 

“Nous n’abandonnerons pas tant que les drones ne cesseront pas” explique Mohamed. Il se tient debout au côté d’un flux constant de camions abondamment décorés et d’autobus pleins qui se dirigent vers la frontière, beaucoup actionnent leurs klaxons ou crient des slogans de soutient aux manifestants.

Avec le blocage de la route d’approvisionnement, les États-Unis doivent dépenser plus d’argent pour trouver des solutions de rechange, plus de cent millions de dollars par mois, selon les fonctionnaires étasuniens. A mesure que s’achèvera la guerre d’Afghanistan en 2014 et que les troupes et équipement devront être transportés, les routes d’approvisionnement seront toujours plus importantes.

« Je ne suis pas certains que les attaques de drones vont s’arrêter » fait valoir Kareem Khan. « Mais même si elles ne s’arrêtent pas nous continuerons à faire ce que nous pouvons ».

2 mars 2014

 

 

 

 

Traduction espagnole  Clayton Conn  pour

Pakistán, los ciudadanos contra los drones « Desinformémonos

Traduction française Anne Wolff

 

 


 

Kareem Khan source : Un conocido activista pakistaní anti-drones denuncia que fue secuestrado y torturado – RT

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 22:58

 

Histoire de surenchérir un bon coup sur  Les enfants soldats des Etats-Unis et aussi de poser la question : les enfants pauvres de demain seront-ils considérés comme  tout juste bon à servir de chair à canon dans les guerres multiples et sans fin de l’empire corporatiste, de donneurs d’organes (OMS : toutes les heures 3 personnes sont mutilées au assassinées pour prélever leurs organes) pour des privilégiés ou servir d’esclaves des travaux forcés des prisonniers de la tolérance zéro ?

Et question subsidiaires : Quel avenir pour ces enfants de la pauvreté qui se voient toujours plus nombreux à être arrachés à leurs parents ? L’armée ? La prison ? La mort sans trace au fond d’une fosse sans nom ?

 


[Jobat et la RTBF vous proposent un job : mercenaire]


Mercenaire en Afghanistan ou en Irak, "cela rapporte (plus de) 40.000 euros par an mais c’est pas évident comme job" ! Ou quand la RTBF et d'autres sites de médias nationaux promeuvent le mercenariat.

Sur le site de la RTBF un "publi-reportage" -aussi disponible sur d'autres médias nationaux- de l'agence d'emploi jobat suggère aux lecteurs de s'intéresser à "5 jobs bien payés mais pas évidents"…

Entre le comptable-senior, le pilote d'avion pulvérisateur et roughneck sur une plate-forme pétrolière, l'agence jobat soucieuse d'ouvrir de nouvelles perspectives aux chômeurs belges leur suggère aussi les secteurs prometteurs de la sécurité, de la guerre et du mercenariat!
L'agenda étant à la privatisation et aux milices quoi de plus pertinent en ces temps de crise, n'est-il pas?

En effet le deuxième paragraphe proposant le job "bien payé mais pas évident" de soldat en Irak ou en Afghanistan, s'ouvre très poétiquement sur:
"Aller se battre dans un trou perdu reste pour beaucoup un rêve d’enfant. Que vous gagnez un salaire bien copieux comme soldat ne surprendra personne."
Et fait ensuite judicieusement remarquer que "les soldats du privé vont un pas plus loin encore ; ils sont affranchis de l’armée et doivent se charger des missions les plus dangereuses. En tant que bouclier humain, vous gagnez environ 7.500 euros par mois."

Voilà de quoi faire saliver certains chômeurs, 7.500 euros par mois pour être armé mais "affranchi de l'armée", bref pour pouvoir tuer légalement des mécréants!

Notons aussi cette nouvelle définition du mercenariat, vous pensiez que les mercenaires étaient des brutes pour basses besognes, des assassins privés et légaux ? Comme vous aviez tort ! Ce sont de dévoués "boucliers humains" ou à la rigueur des "soldats du privé" voilà tout.

Les mercenaires de "Xe service" et les militants pacifistes ou non-violents s'interposant bénévolement et au péril de leur vie entre l'empire et ses victimes, en Palestine et ailleurs, sont heureux de se découvrir une si belle convergence, merci jobat!


   

Si les articles ne devaient plus êtres disponibles, voici les photos d'écrans ci-dessus et ci-dessous les url originales.

http://www.rtbf.be/partenaires/jobat/emploi/article?artid=61
http://content.jobat.be/fr/articles/cela-rapporte-40000-euros-par-an-mais-cest-pas-evident-comme-job/

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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