12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 21:47

 

 

 

 

 

Alors que le Copinh se solidarise avec le peuple vénézuélien en lutte contre une tentative de coup d'état menée par les mêmes qui ont enfoncé leur griffes dans le Honduras, depuis le golpe de juin 2009, qu'ils déchiquètent pour en accaparer les morceaux, audétriment des habitants, la petite famille de Maria Santos Domingo et elle-même se remttent aussi bien que posible après l'agression dont ils ont été victimes

 Honduras : le sang Lenca coule à nouveau !
Suite de :

Le peuple lenca du honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 1


Au Honduras, il est habituel que crimes et attaques contre des militants des associations paysannes, indigènes, de droits humains, journalistes, militants de gauches, etc... restent impunis. Ci-dessous un modèle de lettre et adresses où l'envoyer pour faire part de sa préoccupation et demander que justice soit faite pour la famille Santos Domingo,  le meurtre Tomas Garcia, et autres violences, que la consultation obligatoire du peuple Lenca concernant tout projet sur son territoire ait lieu, et que le peuple Lenca soit protégé contre les attaques dont il est l'objet.

 

 

Estimadxs señoras y señores
Les escribo expresando mi profunda preocupación por la nueva escalada de violencia en la región Río Blanco, Departamento Intibucá. El 5 de marzo la Defensora de Derechos Humanos María Santos Domínguez fue atacada por siete personas con machetes, palos y piedras cuando estaba en el camino a su casa. Asimismo fueron agredidos y gravemente heridos su esposo Santos Roque Domínguez y su hijo de 12 años, Paulo Domínguez. Lxs tres miembrxs del Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras, COPINH se encuentran en un estado delicado de salud.
María Domínguez es Coordinadora de Organización del Consejo Indígena de Río Blanco. Ella y su familia participan activamente en la resistencia pacífica contra el proyecto hidroeléctrico Agua Zarca. Según el COPINH los responsables del ataque violento son simpatizantes del proyecto hidroeléctrico. Los mismos hechores ya amenazaron en varias ocasiones en el pasado a la familia Domínguez y en una ocasión destruyeron los cultivos de la familia.
Desde casi un año la población indígena de varias comunidades del sector de Río Blanco se defiende en contra del proyecto hidroeléctrico. Según lxs pobladores, el proyecto viola su derecho a la consulta, garantizado en el convenio 169 de la OIT. Honduras ha ratificado el convenio 169 en el año 1995 y en 2007 firmó la declaración de las Naciones Unidas sobre los derechos de los pueblos indígenas.
La implementación del proyecto Agua Zarca en contra la voluntad de la mayoría de lxs habitantes afectadxs, ha causado frecuentes violaciones de Derechos Humanos y agresiones en contra de opositores del proyecto por parte de fuerzas de seguridad estatal y empleados de la Empresa Desarrollos Energéticos S.A. DESA, responsable del proyecto. En julio 2013 un miembro del Ejército de Honduras en el marco de una acción de protesta pacífica, asesinó al líder comunitario Tomas García. Hasta ahora todos las agresiones y amenazas en contra de opositores del proyecto quedan en impunidad.
Por el reciente ataque en contra de opositores del proyecto hidroeléctrico en Río Blanco exijo:
  • La adopción de medidas efectivas en coordinación con lxs afectadxs para garantizar la seguridad y la integridad física y psíquica de la familia Domínguez y lxs habitantes de las comunidades lencas, quienes se expresaron en contra de la construcción del proyecto hidroeléctrico “Agua Zarca” en el Río Gualcarque.
  • Una investigación independiente, exhaustiva e imparcial de los hechos de violencia que se llevaron a cabo el día 5 de marzo del 2014 en Río Blanco, departamento Intibucá. El anuncio publico de los resultados de las investigaciones y la acusación de los responsables.
  • De no dejar en la impunidad el caso de Tomas García, asesinado por un miembro del Ejército de Honduras y las otras agresiones contra miembros y miembras Lencas del COPINH en Río Blanco.
  • Es deber del Estado hondureño garantizar que los pueblos indígenas afectados por proyectos como el de “Agua Zarca” sean consultados de modo previo, libre e informado. Según la información recibida este no fue el caso en Río Blanco donde, entre otros, el estudio sobre los impactos ambientales del proyecto no fue publicado y los resultados de varios cabildos abiertos (ej. del 10 de octubre de 2011) no fueron tomados en cuenta, sino al contrario: Lxs habitantes opositores de la hidroeléctrica denunciaron varias veces intimidaciones, amenazas, seguimiento y agresiones físicas en su contra.
Atentamente:

Lieu, date

nom

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 

Emails (o llamadas) se puede hacer a los siguientes direcciones:

S.E. Presidente Juan Orlando Hernández Oficina del Presidente Casa Presidencial Barrio Las Lomas Boulevard Juan Pablo II Tegucigalpa Honduras Fax +504 2290 5088 info@presidencia.gob.hn
S.E. Presidente Juan Orlando Hernández Oficina del Presidente Casa Presidencial Barrio Las Lomas Boulevard Juan Pablo II Tegucigalpa Honduras Fax +504 2290 5088 info@presidencia.gob.hn

 S.E. Presidente Juan Orlando Hernández
Oficina del Presidente Casa Presidencial
Barrio Las Lomas Boulevard Juan Pablo II
Tegucigalpa Honduras
Fax +504 2290 5088
Email: info@presidencia.gob.hn

S.E. Presidente Juan Orlando Hernández Oficina del Presidente Casa Presidencial Barrio Las Lomas Boulevard Juan Pablo II Tegucigalpa Honduras Fax +504 2290 5088 info@presidencia.gob.hn
S.E. Presidente Juan Orlando Hernández Oficina del Presidente Casa Presidencial Barrio Las Lomas Boulevard Juan Pablo II Tegucigalpa Honduras Fax +504 2290 5088 info@presidencia.gob.hn


Carla Eugenia Cueva
Sub Secretaria de Justicia y Derechos Humanos
tlf. 99955297/22320231
e-mail: karlacueva2003@yahoo.com.mx


Fiscal general 
Oscar Chinchilla Banegas 
Fax: +504 2221 5667 
Twitter: @MP_Honduras 

Ministro de Seguridad 
Arturo Corrales
e-mail: oaseguridad@hotmail.com y comunicacionCNDS@gmail.com
tlf. 94771646

Viceministro de Seguridad,
Francisco Javier Lima Bueso
tlf. 95001106

Comisario de la Policía de Intibucá 
(504) 9711-8034 y
(504) 2783-1006


Martiniano Domínguez Meza, 
Alcalde de Intibuca
Telf. (504) 783-0660/0069

congreso de honduras

Empresa DESA:


Et s'il vous plait encoyer une copie de la lettre  a hondurasblog2010@gmail.com y copinh@copinh.org


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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 12:22

 

Maria Santos Domingo Photo  G. Trucchi  

Une tentative d'assassinat d'une famille Lenca a eu lieu jeudi, le 6 mars.

Il s’agit de Maria Santos Domingo, son époux, son fils, une famille qui se distingue dans la lutte du Rio Blanco et membres du Conseil Civique des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras (COPINH)

Le COPINH dénonce et condamne la tentative d’assassinat perpétuée contre la compagnonne Maria Santos Dominguez, Coordinatrice du Conseil Indigène de Rio Blanco et du Secteur Nord de Intibucá, leader emblématique de la lutte pour la défense du Rio Gualcarque et du territoire Lenca,  de son fils Paulo, âgé de 12 ans et de son mari Santos Roque Domingo, tous deux combattants communautaires, ont également été attaqués. Il est important de signaler que les 7 individus qui les attendaient dissimulés et les ont attaqué, avaient déjà proféré des menaces de mort contre la compagnonne et sa famille en diverses occasions.

Hier, à la mi-journée, la compagnonne Maria rentrait chez elle après avoir participé à la préparation des repas scolaires, pendant qu’elle était sur le chemin habituel, son mari Roque, à cause de l’inquiétude constante provoquée par les menaces, lui fit plusieurs appels téléphoniques pour s’assurer que tout allait bien. Au quatrième appel Maria averti Roque qu’elle était encerclée, à ce moment notre compagnon sorti de sa maison, en compagnie de son fils Paulo, et partit à la recherche de sa compagne , quand ils la trouvèrent elle avait déjà des blessures profondes dues à des coups de machettes et continuait à être frappée par des bâtons et des pierres par la horde déchaînée, Roque tenta de leur faire entendre raison et les pria de ne pas tuer son épouse, pendant que son fils essayait de venir en aide à sa mère, c’est alors que l’un des individus d’un coup de machette arracha l’oreille droite et une partie du visage du petit, avant d’attaquer le compagnon Roque lui causant plusieurs graves blessures. Cette action criminelle contre les compagnons les laissent grièvement blessés. 

Tant Maria, que Roque et Paulo, ont participé très activement à la défense des droits du Peuple Lenca, ils ont été exposés à une série de menaces et d’agressions en raison de leur lutte digne, parmi celles-ci, certaines provenaient de ce groupe qui hier les a attaqué et qui dans une occasion antérieure avait détruit les cultures de Maria et Roque, les mêmes acteurs sympathisants du projet hydroélectrique de Agua Zarca qui se montrent hostiles parce que le compagnons sont membres de COPINH et parce qu’ils sont le fermes défenseurs de la cause indigène.

Nous exigeons des autorités qu’elles ne laissent pas ce crime impuni, comme ce fut le cas pour le meurtre du compagnon Tomas Garcia, assassiné par un membre de l’armée du Honduras ou comme pour tellement d’agressions contre de nombreux membres Lencas du COPINH à Rio Blanco, qui poursuivent depuis plus d’un an, les processus de contrôle du territoire et l’exercice de l’autonomie indigène.

Nous exigeons la justice, la fin de la violence et des menaces contre le droit à la vie, les droits individuels et collectifs du Peuple Lenca du Rio Blanco.

Fait à Intibucá, mars 2014.

 

Coordinación General COPINH

 

 

 

 



Traduction Anne Wolff

Articles qui expliquent ce qu'est la Copinh, qui sont les Lencas, qu'elle est leur lutte :

Le peuple lenca du honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 1

Honduras : utopia, centre des rencontres, de l'amitié et des rêves concrétisés du copinh

Non à la criminalisation des populations lenca

 

 



Source en espagnol :

Honduras: Intentan asesinar a dirigenta indígena en lucha

 


 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 21:47

 

Honduras : le sang du Peuple Lenca coule dans sa lutte contre le projet de centrale hydroélectrique qui s’approprie leurs terres.

 

 

par Dick et Mirian Emanuelsson

 

Videos:
Reportaje de Rio Blanco (31 min): http://vimeo.com/82020819,
YouTube: http://youtu.be/cXD6Ha2opZ0 
La entrevista con Bertha Cáceres: (61 min): http://vimeo.com/82083040,
YouTube: http://youtu.be/Yiu_G9gdQ4g

 

 

 

L’indigène Lenca Maria Paulina Gómez, tante de Paula González qui fut la première victime de la lutte contre le “Projet électrique de Agua Zarca”.

 

Lundi 13 janvier 2014.

Dans le Nord-Ouest du Honduras, depuis plus de neuf mois, se déroule une intense bataille, menée par le peuple indigène Lenca contre la construction d’une centrale hydroélectrique qui a pour nom  “Projet hydroélectrique Agua Zarca”

- La plus grande entreprise de construction de barrage du monde, Sinohydro a fini par plier et, face à la fermeté et la détermination du peuple Lenca prêt lutter jusqu’aux ultimes conséquences, elle a abandonné le projet.

- Au cours de cette lutte, deux membres de la résistance du peuple Lenca ont été assassinés. Tomás Garcia a été assassiné en juillet 2013 quand les militaires ont ouvert le feu contre les indigènes.

- En conséquence de sa lutte contre le projet, Bertha Cáceres, coordinatrice du COPINH, Conseil Civique des Organisations Populaires et Indigènes a été traînée devant les tribunaux et condamnée à la prison.

 


Rio Blanco/Honduras nord-occidental/- Ceci sont les cartouches (qui ont été tirée contre les indigènes résistants), dit Francisco Javier Sánchez, président de Copinh, et il étend la main vers nous pour que nous voyions mieux les 4-5 cartouches de munitions.

 

 

Francisco Javier Sanchez,
président de Copinh

 

 

-  « La compagnie croit qu’elle peut nous intimider. Mais nous ne nous laissons pas intimider, nous n’avons pas peur, dit-il en souriant malicieusement. Malgré que deux compagnons aient été assassinés au cours de cette longue lutte de neuf mois, nous continuons d’exiger le droit aux terres qui appartiennent au Peuple Lenca. »

 

Une centaine de personnes du peuple indigène Lenca nous entoure. Ce peuple vit et travaille la terre dans les départements de Intibuca, Santa Barbara, Lempira et La Paz, départements limitrophes du Salvador où vivent également des communautés Lencas. Face à nous, ce sont regroupés une dizaines de gardes armés et nerveux. Ils sont ici, disent-ils, pour protéger les bureaux de l’entreprise qui a obtenu du Congrès National la concession pour construire et administrer la centrale hydroélectrique. Cependant, malgré que le projet ait débuté il y a neuf mois, jusqu’ici seules quelques baraques qui servent de bureau ont été construites.

Pendant une heure, nous avons descendus des chemins de montagne et c’est avec appréhension que nous envisageaons le terrible retour par les sentiers qui grimpent abruptement dans ces montagnes. L’équipement d’appareils photographiques et de vidéo, le trépied, les sacs à dos et les câbles, cela pèse …

 

LA NATURE ET LES PAYSAGES dans cette partie du Honduras sont impressionnament beaux. Les montagnes s’élèvent majestueusement, les bois de conifères et les cultures de maïs sont lumineuses et se balancent divinement vertes et jaunes dans le vent. La plus grande entreprise de construction hydroélectrique au monde, la chinoise Synohydro, croyait pouvoir construire de nombreuses centrales hydroélectriques au Honduras. Mais le peuple Lenca et l’organisation du COPINH l’en ont empêché. Les Chinois se sont retirés malgré que l’état ait construit un poste de police et que l’armée ait envoyé des troupes sur le site de l’éventuelle construction. Francisco et son peuple ont refusé d’abandonner les lieux qu’ils ont occupés durant les neufs derniers mois.

 

* « Avec quoi avez-vous répondu aux balles des gardes ? », demandons-nous à Francisco. « Avec des pierres, avec les machettes, ou… ? »

- « Avec les mache… ? Non ! A mains nues et parfois, avec des bâtons. Mais… nous autres nous n’agressons pas, ce sont eux qui nous agressent », répond le leader de petite taille dont les yeux expriment la forte détermination de ne pas se rendre.

 

LES NUAGES DESCENDENT LENTEMENT le long des montagnes, et littéralement les enserrent dans un énorme et doux manteau blanc. Les femmes et les enfants, les vieux comme les jeunes rient avec timidité quand nous leur posons des questions sur la façon dont ils parviennent à tenir le coup, jour après nuit, jour après jour, mois après mois.

L’obscurité s’installe sur « El Roble ». C’est le lieu où le COPINH depuis neuf mois a élevé une barricade faisant obstacle dans le chemin pour empêcher que la prochaine constructrice puisse faire passer des véhicules pesants et accède au chantier de la rivière. C’est un poste stratégique avec une vue sur toute la région, sur la vallée qui serait submergée par les eaux quand et si la digue devait être construite.

- Nous sommes onze hameaux engagés dans la lutte contre le barrage, sur pied de guerre jusqu’à la mort.

*D’après l’entreprise, elle voudrait commencer à construire le « rideau » maintenant. Que se passerait-il dans cette partie basse où nous sommes en ce moment ? 

-Ils inonderaient les terres que nous travaillons et les villages aussi.

*Qu’est-ce que vous cultivez ici ?

-Nous cultivons le maïs, les frijoles (haricots blancs NdT), le café de Palo, le yucca, le guineo, des oranges, des limes et toutes sortes de variétés de fruits tropicaux. Avec le barrage, ils disparaîtraient, ajoute Franscisco Sánchez et Maria Paula Gómez, une des femmes, maigre mais forte, commente :

-Dans cette lutte, ils ont abattu ma nièce Paula Gonzáles, qui est morte. Elle a donné sa vie pour ce combat pour les forêts et les rivières, qui sont d’autant plus sacrées que l’esprit de la jeune fille est avec eux. C’et pour cela que nous, en tant qu’indigènes Lenca, nous n’oublions pas qui nous sommes et que nous défendrons toujours nos terres.

Jeune indigène Lenca avec sa casquette du Che

 

*Dans cette lutte, il n’y a pas seulement les hommes, tout un peuple y est mêlé ?

-Oui, tout un peuple. Parce que nous autres, nous sommes chez nous ici, nous sommes nés ici !

Si quelque chose est remarquable, c’est bien la présence de femmes et de jeunes filles. Et le fait d’être femmes ne les intimide pas pour prendre la parole. Au contraire, des femmes comme Maria Paula Gómez, nous en avons vu et écouté dans tout le Honduras. Celui qui s’imagine que la femme Lenca reste muette et soumise devant les hommes, il se trompe.

 

Les femmes indigènes sont très actives, peut-être parce qu’elles sont plus proches et responsables des enfants et du foyer. Elles mènent une lutte quotidienne pour que les enfants puissent manger. Elles voient aussi comme ils sont affectés par toutes sortes de maladies alors que l’état est absent et ne garantit pas le plus élémentaire des droits humains, le droit à la vie.

 

 

Une femme indigène de l’Amazonie équatorienne chemine dans le désastre écologique créé par Chevron-Texaco 

 

LES MEGA-PROJETS EN AMÉRIQUE LATINE comme la construction de Centrales Hydroélectriques ou l’exploitation minière, sont confrontés chaque jour à la résistance croissante des peuples. Cela n’a rien d’étonnant que les peuples originaires soient les premiers affectés quand les transnationales - avec la généreuse bénédiction de gouvernements successifs - veulent exploiter les énormes richesses naturelles que recèle le continent américain. Mais à présent un réseau s’est développé entre les peuples et nations en Amérique Latine et Caraïbe, à tel point que fréquemment, des réunions sont organisées pour échanger des expériences de lutte sur la manière de combattre les pilleurs de ressources naturelles. Le 14 mars a même été déclaré jour de lutte contre les plans et chantiers de barrages et de mines.

 

Le mouvement populaire est lui aussi toujours d’avantage impliqué dans la lutte parce que ces richesses naturelles doivent être distribuées aux peuples et non, comme c’est le cas actuellement, procurer de gros bénéfices à des actionnaires et des administrateurs de fonds dans le monde industrialisé à Montréal, New York, Paris, Beijing ou Vienne.

 

L’EXEMPLE DE LA BOLIVIE et du gouvernement d’Evo Morales est un parmi d’autres exemples de la manière dont les politiques peuvent être fructueuses si elles sont mises au service de la majorité du peuple. Le gouvernement de Morales, quand il assuma la charge en 2005, a immédiatement pris le contrôle du le pétrole et du gaz, il a augmenté drastiquement les impôts des compagnies pétrolières qui désiraient rester en Bolivie, et diminué les conditions imposées au gouvernement. Les détracteurs de Morales prirent pour argument que toutes les entreprises étrangères allaient fuir le pays,  que tous les investissements étrangers cesseraient.

 

En réalité, ce fut le contraire et confirma que les énormes bénéfices que les entreprises retiraient de la Bolivie pouvaient  tout aussi bien être investis dans plus d’écoles, de professeurs, d’hôpitaux, de médecins et aussi dans des augmentations de salaires. En Bolivie, une petite mais symbolique pension pour les plus pauvres parmi les anciens a été introduite.

Traduction Anne Wolff

Source espagnole

HONDURAS, Dick & Myriam Emanuelson

 

Lire le tout

 

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 1

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 2

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 3

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 21:35

 

 

Cinq familles contrôlent presque tout le Honduras.

·         40% du PIB se retrouvent entre les mains d’une poignée de noms d’origines juives et palestinienne.

·         Quasiment toutes ces familles contribuent économiquement aux deux partis libéral et national.

·         Une poignée de familles qui sont reliées entre elles ; avant et depuis le coup d’état.

Les Rosenthal, les Facussé, les Larach, les Nasser, les Kafie et les Goldstein. Cinq noms qui contrôlent les maquilas (industries d’assemblage), l’énergie thermique, les télécommunications, le tourisme, les banques, les finances, les moyens de communication, les cimenteries et le commerce, les aéroports ou le Congrès. Pratiquement tout en fait. Elles sont le noyau dur de ces 3% d’Honduriens qui contrôlent 40% de la production nationale. Ce sont les élus d’un pays qui compte 70% de pauvres, résume le journal de droite espagnol El Mundo du 28 novembre 2009, citant le livre « Honduras pouvoirs de fait et pouvoir politique coordonné » par Victor Meza.

 

“Ce sont des familles comme les Atala, propriétaires de la Banque Ficohsa ou les Kofie, puissants parmi les puissants ».

D.E.

 

La Bolivie a également donné au monde une profonde leçon de démocratie, en particulier aux démocraties auto-proclamées d’Europe et des EU. Le gouvernement de la Paz a montré qu’il se trouvait d’avantage à l’écoute des indigènes, lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec le gouvernement central, qu’à celle des investisseurs étrangers qui ont toujours présenté des paquets d’exigences qu’ils désirent voir accomplies avant d’investir.

La participation électorale est un indicateur de la démocratie et le 6 décembre de 2009, 80% de l’électorat a participé à l’élection présidentielle dans laquelle Evo Morales a bénéficié d’une confiance renouvelée avec 64,22% des voix. Son parti, le Mouvement vers le Socialisme (MAS) a gagné la majorité qualifiée au Sénat et à la Chambre des Députés.

 

Les exemples de la manière dont la démocratie a été appliquée en Bolivie ont eu pour domaines : l’investissement des bénéfices produits par les ressources naturelles ; la question de la construction de routes sur les territoires indigènes constitutionnels. Une nouvelle Constitution a été rédigée et confirmée par un referendum.  La nouvelle Constitution donne aux 50 différents peuples originaires des droits auxquels avant ils n’avaient même pas songé. Et avec cela comme support, les peuples indigènes ont affronté à de multiples reprises le gouvernement de La Paz.

 

 Le gouvernement d’Evo Morales a pris le contrôle des ressources naturelles et une nouvelle constitution donne une légitimité à ses décisions. Les secteurs oligarchiques et la Maison Blanche ont systématiquement essayé de déstabiliser le processus politique. Mais 65% de la population soutient le gouvernement.

 

CES DROITS ET CETTE CONSTITUTION AVANCÉE manquent au peuple Lenca et aux autres communautés indigènes du Honduras. Par contre, la répression s’est intensifiée à mesure que le Congrès du pays a donné son consentement à non moins de 47 concessions à des entreprises étrangères ou nationales, depuis à peine quelques jours après le coup d’état militaire du 28 juin 2009. Le second pays le plus pauvre d’Amérique est en même temps, paradoxalement, un des plus riches en ressources naturelles. Mais une politique de la richesse sans économie distributive n’est pas au service de la communauté des Honduriens, Les bénéfices vont à un petit groupe d’entreprises étrangères et nationales.

 

Un des indigènes qui fut affecté par la croissante répression contre le peuple Lenca fut Tomás Garcia. Le 15 juillet de l’année passée, il fut la cible de militaires de l’armée. 106 jours de résistance avaient été accomplis, il était sur la route quand l’Armée a tiré de manière indiscriminée contre les indigènes, assassinant Tomás Garcia et blessant gravement son fils.

 

Blessé par les balles de l’armée, Alan Garcia, fils de Tomás Garcia mort le 15 juillet 2013

La justice est accusée au Honduras d’être corrompue, le militaire qui a tiré est libre, alors que Bertha Cáceres, coordinatrice du Copinh, Conseil Civique des Organisation Populaires et Indigènes du Honduras sera inculpée par la justice quelques mois plus tard, accusée de rébellion et de possession d’armes. Bertha qualifie l’assassinat de Garcia de « réaction désespérée et criminelle » de la part des entreprises qui souhaitent construire le barrage au rio Gualcarque.

 

Nous l’avons rencontrée dans un lieu secret, car depuis l’année passée un ordre de capture et emprisonnement pèse sur sa tête. Elle aussi est la preuve que les femmes du Honduras ont conquis de nouvelles positions et une nouvelle conscience depuis le surgissement du Front National de Résistance Populaire, FNRP, le mouvement qui s’est formé le jour même du coup d’état.

 

Trois mois après l’assassinat de Tomás Garcia, en octobre 2013, Bertha Caceres a été condamnée à la prison, un verdict qui s’appliquerait en février 2014. Le tribunal avait également décidé que Cáceres ne pourrait revenir dans la région du Rio Blanco. La charge était la possession d’armes et l’intrigue de rébellion avec le peuple Lenca contre la construction de la centrale hydroélectrique de Rio Blanco.

 

Patrouille de l’armée et les indigènes Lenca sur la route

Malgré la militarisation de la région de Rio Blanco, la lutte contre le projet de barrage reste déterminée.

 

QUICONQUE CONNAIT BERTHA sait que cette accusation est absurde et qu’elle est le résultat d’une provocation. Quand Bertha et le véhicule qui appartient au Copinh se dirigeait vers El Roble, le site de l’occupation au Rio Blanco, ils chargèrent un monsieur qui cacha un pistolet dans le véhicule. Par pure coïncidence une patrouille de l’armée arrêta le véhicule, seulement quelques minutes après que l’ « auto-stoppeur » en soit descendu.

 

Depuis cette provocation, les menaces de mort contre la dirigeante de Copinh  ont augmenté. Le juge internationalement célèbre, Balthazar Garzón, qui exigea que Pinochet soit extradé depuis l’Angleterre, en Espagne où il serait jugé, présenta en novembre de l’année passée une liste de 18 honduriens, des personnes sur le point d’être assassinées. Bertha est parmi ceux qui se retrouvent placés dans ce corridor de la mort. « Par qui ? » Garzon exigea que l’Etat protège Bertha Cáceres au lieu de la poursuivre.

 

Liste des personnes sur le point d’être assassinées.

Bertha est en tête de liste.

 

- La décision de m’assassiner est la conséquence d’une lutte pour une cause collective. Nous l’avons déjà dit auparavant mais cela vaut la peine d’être répété : depuis des centaines d’années nous vivons dans l’enclave de sociétés minières, scieries, bananières, fruitières, maquila (usines d’assemblages en zones franches. NdT.) et aujourd’hui nous devenons l’enclave des « Cités Modèles ». Nous vivons dans une enclave dirigée par les transnationales avec un état qui devient toujours plus servile envers ces compagnies. Nous traversons une étape de grande agressivité de l’approfondissement de la trans-nationalisation. Tous les cadres juridiques ont été créés à cet effet. Des processus qui sont accompagnés de la militarisation dans laquelle le Honduras continue à être plongé, comme nous l’avons dit, un laboratoire pour les gringos, qui précisément s’accompagne du pillage de nos richesses. Mais il n’y a pas que cela. Le Honduras, dans cette politique impérialiste, reste un lieu que la géopolitique gringa considère comme étant d’une grande importance comme plateforme à partir de laquelle envahir les autres peuples pour mettre un terme aux mouvements d’émancipations des pillages de biens naturels. En 2010, c’est dans ce cadre qu’ils accordèrent des concessions mais, prenez bien note de cela, déjà trois jours après le coup d’état (28 Juin 2009) ils ont commencé à accorder des concessions.

 

Bertha Cáceres, coordinatrice du Copinh

 

 

ELLE NE VACILLE PAS D’UN POIL. Il semble que la lutte pour les montagnes et les forêts, les rios et les vallées se soit imprégnée de la détermination de cette combattante, mère de trois enfants. Comme authentique dirigeante de la lutte lenca, elle a voyagé dans de nombreuses parties du monde et elle y a apporté le message de lutte de son peuple.

Elle a été reçue avec respect et admiration et une énorme solidarité, en particulier en Amérique Latine,. Nora Cortiñas, âgée de 84 ans, fondatrice des Mère de la Plaza de Mayo, est venue à Rio Blanco y témoigner de sa solidarité. Elle a condamné la répression et exigé que cesse l’ouvrage (du barrage) et que soient respectés les droits du peuple Lenca.

 

Des dirigeants religieux des EU, et d’autres dirigeants d’organisations de droits humains ont également visité les lieux de l’occupation, cependant certains représentants internationaux ne purent parvenir jusque-là, ils ont également été la cible des militaires sur le chemin, à huit heures de la capitale hondurienne.

Les entreprises qui furent bénéficiaires des 47 concessions donnèrent quasi toutes leur appui inconditionnel au coup d’état de 2009. Bertha soutient que derrières les façades des entreprises nationales honduriennes se dissimule presque toujours une compagnie transnationale.

 

LE COPINH A MENÉde nombreux débats sur le thème de l’énergie. Les médias officialistes et l’élite politique et économique critiquent l’organisation indigéniste la qualifiant d’ennemie de la création par le Honduras de ses propres sources d’énergie. « Mais », dit Bertha Cáceres, « nous ne sommes pas contre le fait que le pays créé ses propres sources d’énergie, c’est un droit humain, cependant le droit à l’énergie ne doit pas être lié à des intérêts capitalistes privés. Au Honduras, il l’est à 100 %. »

 

-Celui qui se présente comme président de l’entreprise DESA est David Castillo, il est agrégé de West Point (EU) (L’académie militaire des EU, USMA, créée en 1802), et spécialiste en renseignement militaire. Il est également conseiller de l’Etat Major (des Forces Armées du Honduras). Ensuite nous découvrirons que tous les mégaprojets hydroélectriques et miniers sont en lien avec les militaires, dit Cáceres.

 

Elle ajoute que le nouveau concept de « développement » qui s’est imposé est le concept de la Banque Mondiale. Une partie des concessions au Honduras ont été financée par des millions de dollars. Et ce ne sont pas seulement des concessions qui concernent la construction d’usines énergétiques mais plutôt des complexes de centrales hydroélectriques et de mines.

 

Pour le Copinh et Bertha Cáceres, le concept de développement doit aller de pair avec la création d’un pouvoir populaire depuis la base, la construction d’un peuple puissant, entre et par les habitants des villages et des communautés autonomes. Elle dit que non seulement l’énergie est fondamentale mais aussi la question de l’eau. « C’est crucial et fondamental pour nos communautés », ajoute-t-elle. Actuellement il est impossible de mener à bien une activité d’extraction sans avoir accès à d’énormes quantités d’eau.  Et le peuple Lenca a le privilège de vivre dans des sierras qui disposent de grandes quantités d’eau. Ce ne sont pas seulement les Lencas (principalement agriculteurs) mais ce sont aussi les habitants de la zone frontière au Salvador qui survivent grâce à l'eau qui provient du coté hondurien et des régions lencas.

L’entreprise de Développement Energétique S.A. (DESA)

L’entreprise fut créée en 2008 par le clan familial Atala-Faraj, d’origine cubano-palestinienne. « C’est une des entreprises les plus compromises dans le renversement du Président de la République, Manuel Zelaya Rosales », le 28 juin 2009, écrit dans un article Radio Progreso.

Camilo Atala est le propriétaire de la Banque Centroaméricaino, BAC-Bamer. « Les familles Atala-Faraj sont également les propriétaires du groupe financier Ficohsa, qui comprend la Banque Ficohsa, Interaamericana de Seguro, Ficohsa Express, PSI-Proyectos y Servicios Inmobiliarios –, Dicorp – Divisas Corporatives - et Fondación Ficohsa. Pour leur part, les Faraj sont propriétaires de la chaîne de magasins Diunsa et des supermarchés La Colonia », ajoute Radio Progreso dans son résumé.

 

LA PLUS GRANDE ENTREPRISE DE CONSTRUCTION du monde pour les centrales hydroélectriques, l’entreprise d’état chinoise Sinohydra, avait reçu l’adjudication du contrat de construction de l’usine d’énergie du Rio Blanco. Mais elle a été expulsée grâce à la lutte persévérante des indigènes Lenca.

« Cette lutte titanesque contre des monstres transnationaux », dit Bertha Cáceres, démontre que les personnes sont capables et sont suffisamment fortes pour faire reculer ces méga projets de mort et les obliger à se retirer.

 

 Ils ont expulsé Sinohydro. Ce qui a déchaîné la fureur des puissants qui considèrent cela comme un “mauvais exemple” pour d’« autres mouvements » au Honduras qui participent de la même lutte que nous ». DESA n’a pas été capable de contracter une nouvelle entreprise de construction qui veuille bien construire l’usine. « Ce n’est pas en vain que nous sommes les fils et les filles de Lempira », dit Bertha Cáceres et ses yeux brillent littéralement à chaque syllabe.

 LES GARDES DE SÉCURITÉ ARMÉS sont encerclés par les indigènes. Le directeur de l’entreprise de surveillance et son adjoint ont fait leur apparition. Malgré leurs armes à feu, les gardes observent avec des visages préoccupés les indigènes qui frappent sur leurs machettes, conscients de leur supériorité numérique. L’ambiance est tendue et si cela n’avait été de notre présence, « International Press », il est possible que la situation ait tourné différemment.

 « Les entreprises qui ont reçu des concessions du Congrès pour construire des usines énergétiques, des “parcs” éoliens ou des concessions minières, possèdent de véritables armées paramilitaires », tonne David Romero directeur de Radio Globo, le canal de radio sans doute le plus populaire du Honduras grâce à son attitude ferme contre le coup d’état militaire de 2009. Ici, au Rio Blanco, il y a dix représentants d’une de ces entreprises de sécurité dirigées par Bustillo, un ex lieutenant de l’armée hondurienne. Nous écoutons les accusations d’avoir dirigé des groupes d’assassins et de kidnappeurs que les Lencas lancent à Bustillo. Et quand nous le filmons et le photographions, il en fait de même avec nous.

-Non, ils (les indigènes) ne sont pas guérilleros, dit-il quand nous l’avons interrogée. La compagnie (Desa) dit qu’elle a des papiers, qu’elle a acheté la terre des indigènes, nous sommes ici pour assurer  que la propriété ne subit pas de dommage ou d’intrusions, dit l’homme avec un sourire - comme pour montrer au cent Lencas présents qu’ils ne lui font pas peur, ou qu’il veut provoquer les originaires à effectuer des actions inconvenantes, en notre présence.

 

 

 

Douglas Bustillo ex lieutenant  de l’Armée à présent chef de l’entreprise de sécurité au service du Consortium Desa.

 

 

Traduction Anne Wolff

Source espagnole
HONDURAS, Dick & Myriam Emanuelson

 

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Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 1

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 2

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 3

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 21:25

 

TOUTES LES ENTREPRISES QUI PRÉTENDENT détenir des papiers officiels sur cette terre ont essayé par tous les moyens imaginables d’acheter la terre et les titres. Les vendeurs souvent ne savent ni lire, ni écrire, à cause de l’analphabétisme qui est élevé dans cette région du Honduras. Les entreprises vont jusqu’à falsifier les signatures, soutient le président de Copinh, Francisco Javier Sanchez. Les histoires qui courent sur les méthodes dont usent l’entreprise pour amener les indigènes à signer, fait penser aux histoires africaines, alors que les colonialistes arrivaient avec des miroirs, des caramels ou de l’eau de vie. Dans la région de Rio Blanco ou de San Francisco de Opalaca les entreprises ont offert des confiseries, un sac de maïs, des haricots ou 100 à 500 Lempiras, plus ou moins 5 à 25 dollars. Face au système judiciaire totalement corrompu, les plaignants se trouvent complétement privés de recours.

 

Qui sont finalement les propriétaires de l’entreprise Desa ? demandons nous à Bertha. Elle répond que c’est une famille oligarchique ayant des investissements dans le milieu bancaire et à présent également dans la dite « énergie renouvelable ».

Ils font passer les humains après la construction de centrales hydroélectriques dans le Rio Blanco. Parmi les propriétaires de Desa il y a le clan familial Atala, Camilo Atala est le propriétaire de Banco Centroamericano., BAC Bamer. Son frère, Pedro est le président de la ligue professionnelle de football du Honduras. Le troisième Atala est le vice-président du Conseil Industriel Latino Américain de Commerce et propriétaire de Motagua, la seconde meilleure équipe de football du Honduras.

 

Les Peuples originaires du Honduras

Le recensement officiel dénombre une population de 8 045 990 habitants, parmi laquelle 496 600 appartiennent aux peuples indigènes Chorti, Lenca, Miskito, Nahua, Pech ou Paya, Tawahka ou Sumo et Tolupán ou Xicaque. Selon les estimations de leurs propres organisations, le nombre des indigènes, est de 607 300 auxquels il faut ajouter près de 200 000 personnes descendant des noirs caraïbes, les Garifunas. Ils appartiennent, comme beaucoup d’autres, au secteur le plus pauvre et abandonné du pays. Les organisations de l’ONU estiment qu’ils vivent dans un état d’« extrême pauvreté » dans quelques 4000 villages, une situation qui s’est accentuée au cours des siècles, depuis la colonisation espagnole, en conséquence du manque d’accès à l’éducation, à la santé, à la sécurité, à la terre et aux ressources naturelles. Le territoire réclamé par les peuples indigènes est d’approximativement 2 millions d’hectares faisant partie d’un territoire national qui en compte 11,2. Actuellement seulement 10% d’entre eux détiennent un titre de propriété valide sur leurs propres terres.

 

Source  Pueblos Originarios en América

 

 

CONSTRUIRE UN BARRAGE est une tâche complexe et particulièrement coûteuse. Le projet à Rio Blanco ‘El Proyecto Agua Zarca » a reçu le feu vert de CAMIF (el Central American Mezzanine Infrastructure Fund) un sous-organe de la Banque Mondiale, qui est un organisme qui stimule l’investissement privé dans les infrastructures en Amérique Centrale.

 

Le Copinh dans un communiqué à la Banque Mondiale l’a prévenue, avant qu’elle ne prenne sa décision, des conséquences sociales, environnementales et historiques d’un prêt à la construction du barrage. Les organisations appelaient également  à une réunion entre la banque et le peuple Lenca pour que la banque puisse entendre ceux qui se verraient affectés par le projet.

 

Le Fond du Développement de la Hollande était également sur le point d’accorder un prêt millionnaire à Desa. Copinh et cinq organisations européennes des droits humains ont écrit au Fond hollandais et mis l’accent sur le fait que le fond se rendrait complice de violation de la Convention 169 de l’OIT sur les droits indigènes et l’autonomie, et qu’ils contribuaient à la militarisation de la région et à l’augmentation des violations des droits humains.

 

-Le Fond avait envoyé des consultants au Honduras et ils répondirent qu’ils avaient déjà consulté. Ils ont totalement ignoré les dénonciations faites par Copinh. Ce sont des gens arrogants, dominateurs qui ne s’aventurent pas à donner une réponse directe à Copinh. Ils disent « que oui » mais ils mentent.

 

-Ils ont aussi déclaré que leur interlocuteur valable pour le peuple indigène est le Secrétariat des Peuples Indigènes et Afrohonduriens. Comment l’Etat lui-même et le gouvernement peuvent-ils être interlocuteurs, ces gens ne représentent pas les peuples indigènes, ils sont un ministère du gouvernement.

-Ils disent également que la représentation (du peuple Lenca de Rio Blanco) est détenue par un groupe organisé et patronné par la DESA. Il est composé de quatre personnes qui sont employées par Desa qui ont été amenés à la Casa Presidencial en compagnie de quelques autres représentants d’organisations soi-disant indigènes, dont la base est également contre la signature de ce projet. Le Fond des Pays Bas dit que ce sont eux leurs interlocuteurs communautaires valables.

 

 

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LA DIRIGANTE DE LA COPINH dit avoir subi des pressions afin qu’elle s’asseye à la table de négociations avec l’entreprise et que le chef de la compagnie lui a proposé un pot-de-vin pour qu’elle accepte la construction du barrage. Mais Bertha Cáceres affirme que jamais elle n’acceptera de telles propositions qui violent toute dignité humaine et la confiance que le peuple Lenca a placée dans ses dirigeants. Depuis son refus, elle a été soumise à plusieurs provocations et la liste de mort sur laquelle son nom est enregistré avec celui de 19 autres honduriens a été publiée.

-J’ai même reçu sur mon téléphone cellulaire des messages y compris de harcèlement sexuel, provenant de Douglas Bustillo, le vice-chef de Sécurité de l’entreprise. C’est une situation très compliquée pour le Copinh dans ce contexte de criminalisation croissante - même si, depuis ses débuts, le Copinh a toujours été criminalisé. Nous avons reçu beaucoup de menaces et 8 compagnons ont été assassinés. Ce n’est nouveau, mais en ce moment, alors qu’il existe un scénario national dangereux de criminalisation grandissante des mouvements sociaux, que je me retrouve accusée de «complot contre l’Armée, de possession illégale d’arme, en préjudice à la Sécurité Interne de l’Etat du Honduras  – s’il vous plait ! - c’est risible mais cela montre aussi de quoi ils sont capables. Nous devons faire une lecture de ces événements en tant qu’ils sont une manifestation d’une stratégie gringa de Contre-insurrection.

L’assassinat d’un dirigeant indigène, Tomás Garcia par l’armée le 15 juillet 2013, a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le peuple Lenca. Il a placé l’entreprise constructrice Sinohydro face à un ultimatum : soit vous vous retirez, soit vous rester et vous en affrontez les conséquences. Les chinois se sont rendu compte que la réalisation du projet était insoutenable avec les communautés en lutte contre eux et ont choisi de se retirer. Depuis ce jour le projet hydroélectrique est sur le tapis mais ne trouve pas de constructeurs.

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Ignocencio Gómez, indigène qui possède sa maison, destinée à disparaître avec la construction du barrage, au bord du Rio Gualcarque.

 

LA MILITARISATION ET LA « COLOMBIANISATION », s’incarnent dans des groupes paramilitaires qui font le “sale” travail de l’état ou avec des militaires qui patrouillent le jour et se mettent la nuit le brassard du paramilitarisme et partent assassiner l’opposition politique et populaire. Actuellement, au Honduras la similitude (avec la Colombie) est évidente, dit Bertha Cáceres :

 

-Comme nous l’avons toujours dénoncé, c’est la copie de l’Armée Colombienne et du Paramilitarisme de là-bas. Et qui sont derrière ? Les Gringos. Pourquoi les gringos ont-ils six bases militaires au Honduras ? Pourquoi construisent-ils leur plus grande base maritime d’Amérique Latine au Honduras ? Que font ces gringo à Caratasca ? Pourquoi construisent-ils des souterrains ?  Ce n’est pas pour combattre le narcotrafic, Qu’ils ne viennent pas nous raconter leurs contes, ce sont des mensonges !, dit la dirigeante du Copinh et elle conclut :

-A Rio Blanco, il y a une armée de paramilitaires. Je les ai vu et nous savons comment ils opèrent, jouant avec les besoins des gens ou utilisant les mêmes méthodes. Ils payent mille lempiras (100USD) pour saboter la voiture du Copinh. Quand l’armée m’a capturée le 24 mai 2013, il y avait six hommes en civil prêts à canarder la voiture du Copinh. Quatre fois ils m’ont menacée de mort (ce jour-là), Francisco Sanchez, président du Copinh est dans la même situation mais, jusqu’ici, il s’en est sorti. Aujourd’hui il faut être bien préparé pour supporter cela parce que ce n’est pas facile.


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APRÈS QUE NOUS AYONS TERMINÉ LE REPORTAGE A RIO BLANCO et l’entrevue avec Bertha Cáceres à la mi-décembre 2013, la Cour d’Appel de Comayagua a prononcé un non-lieu provisoire en faveur de Bertha Cáceres, Aureliano Molona et Tomás Gómez Membreño.

 .

Le communiqué du Copinh déclarait que “l’équipe de défense continuera a travailler pour le prononcé d’un non-lieu définitif dans les cas de persécution judiciaire contre les trois compagnons et autres membres du Copinh qui font l’objet de ce genre de répression et sont confrontés également à des menaces contre leur vie et des accusations judiciaires. Nous épuiserons tous les recours en justice et poursuivrons notre lutte pour la justice et la vérité, même si nous savons en faveur et au service de qui les instances judiciaires se positionnent. Le COPINH averti que l’entreprise Desa - en association avec le Ministère Public, dont nous déplorons le rôle servile - continue à mener des poursuites qui sont des menaces contre l’intégrité de notre organisation et de ses militants : non seulement à travers la criminalisation des luttes du COPINH par la voie judiciaire mais aussi par des campagnes sales et de discrédit, des attaques cybernétiques, des harcèlements et la militarisation. »

 

Nous avons obtenu une victoire partielle de tout le peuple Lenca et de la solidarité nationale et internationale, affirme l’organisation du peuple Lenca.

 

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Barrage du chemin qui résiste depuis plus de neuf mois.

 

 

Voir tout le reportage de Rio Blanco et l’entretien avec Bertha Cáceres :

Videos:

Reportaje de Rio Blanco (31 min): http://vimeo.com/82020819,

YouTube: http://youtu.be/cXD6Ha2opZ0

La entrevista con Bertha Cáceres: (61 min): http://vimeo.com/82083040,

YouTube: http://youtu.be/Yiu_G9gdQ4g

 

Lempira (cacique Lenca)

Lempira (m. 1537) était un capitaine de guerre du peuple des Lencas qui lutta contre les espagnols durant la décennie de 1530, dans les documents écrit de la période de la conquista espagnole, il est mentionné sous le nom de El Lempira.

C’était un indigène d’origine Lenca, de haute stature, aux larges épaules et aux membres épais. Il était brave et depuis sa tendre jeunesse il a fait preuve d’un grand courage, il avait un amour profond pour son peuple, sa terre, ses lois et ses coutumes.

 

Le nom de Lempira, d’après ce que soutient Jorge Lardé Y Lain, provient de la parole Lempaera, qui a son tour procède de deux vocables de la langue Lenca : Lempa qui signifie “seigneur » - titre de haute dignité ou hiérarchie – et de era, qui signifie « colline ou sierra ». Ainsi donc, Lempira signifierait Seigneur de la Sierra ou Seigneur des collines.

Lempira reçut d’Entepica la mission d’organiser la résistance à la pénétration des troupes espagnoles en 1537, en prenant pour base la colline de Cerquin. Quand les Espagnols parvinrent à Cerquin, Lempira se trouvait en lutte avec les caciques voisins, à cause de cette menace, Lempira fit alliance avec le sous-groupe Lenca des Cares et parvint à réunir une armée de presque 30 000 soldats, provenant de 200 villages.

Grâce à lui, d’autres groupes se soulevèrent aussi et prirent les armes dans la vallée de Comayagua, à Olancho. Les tentatives espagnoles de les mettre en déroute, dirigées par Francisco de Montejo et son lieutenant, Alonso de Cáceres restèrent infructueuses avant 1537.

 

Source: Wikipedia

 

Traduction Anne Wolff

Sources espagnoles :


Agencia de Noticias Nueva Colombia, ANNCOL

Web:
www.anncol.eu, Redacción: anncol@anncol.eu,
YouTube: http://www.youtube.com/user/anncol4?feature=mhee

 

 

Honduras. Corre la sangre del Pueblo Lenca en su lucha contra el proyecto de la central hidroeléctrica que ahogará sus tierras

 

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Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 1

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 2

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 3

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 19:03

LIBRE manifeste le jour de la prise de pouvoir du président par confiscation d'élection

 

La farce « démocratique » continue au Honduras

 


Maurice LEMOINE

Ce 27 janvier, dans la capitale Tegucigalpa que quadrillaient six mille policiers et militaires, c’est dans l’enceinte à moitié vide du Stade national Tiburcio Carías que M. Juan Orlando Hernández (« JOH »), candidat du Parti national (PN) déclaré élu par le Tribunal suprême électoral (TSE) à l’issue de l’élection présidentielle du 24 novembre 2013, avec 36,89 % des voix, a été investi dans ses fonctions. Tant le TSE que la Cour suprême de justice (CSJ) ont refusé de prendre en considération le « recours en nullité pour fraude » déposé par la candidate de Liberté et refondation (LIBRE), Mme Xiomara Castro (créditée de 28,78 % des suffrages), et celui du Parti anticorruption (PAC), M. Salvador Nasralla (13,43 %), malgré le dossier circonstancié fourni, en particulier par LIBRE, à l’appui de ses allégations (voir les précédents articles de notre dossier «  Honduras 2013 »).

Au nom de LIBRE, bras politique du Front national de résistance populaire (FNRP), né dans la rue en réaction au coup d’Etat qui, en 2009, a renversé son époux Manuel Zelaya, Mme Castro a déclaré considérer comme « illégitime » le « président » Hernández.

 

JOH enfrenta una difícil situación económica, social y política: ICEFI

                                           Le pseudo-président

Pour celui-ci, dans des conditions normales, la situation serait passablement complexe à gérer. Dans un Congrès de cent vingt-huit députés, il a besoin d’une majorité simple de soixante-cinq élus pour pouvoir gouverner à sa guise (et de quatre-vingt-quatre voix pour atteindre la majorité qualifiée permettant des réformes constitutionnelles). Or, si le PN et le chef de l’Etat Porfirio Lobo disposaient de cette majorité (soixante et onze députés) depuis le scrutin de novembre 2009, destiné à « blanchir » le golpe et marqué par plus de 50 % d’abstentions, elle a été perdue au terme de ces élections générales. Avec seulement quarante-huit représentants, les « cachurecos » [1] doivent désormais compter avec LIBRE, qui en aligne trente-sept, et avec le PAC, qui en a obtenu treize – donc cinquante à eux deux.

« Frère ennemi » du PN, avec qui il a gouverné le pays en alternance, le Parti libéral (PL) subit une véritable déroute en ne faisant élire que vingt-sept représentants [2] : sans surprise, il paie pour avoir trahi le président Zelaya, issu de ses rangs, lors du coup d’Etat de 2009. On ne mentionnera que pour mémoire les « partis bonsaï » – Démocratie chrétienne, Union démocratique (UD) et Parti d’innovation et unité (PINU) –, avec un député chacun [3].

Cette configuration nouvelle, dans un pays soumis au bipartisme PN-PL depuis plus d’un siècle, pose un problème majeur à M. Hernández : lorsque la nouvelle Chambre des députés aura pris ses fonctions, le 25 janvier, aucun parti – à commencer par le sien – n’y disposera de la majorité et, en présence d’une opposition forte de LIBRE et du PAC, il lui faudra passer des alliances – mais avec qui ? – pour gouverner. Dès lors, conscient des possibles conséquences d’un fonctionnement démocratique, le pouvoir a pris les devants. Usurpant les fonctions du prochain Congrès, les soixante et onze parlementaires PN en fin de mandat viennent de faire passer à la hâte, dans ce qu’il convient d’appeler une « hémorragie législative », une vingtaine de lois, quatre-vingts décrets et une grande quantité de réformes et de nominations. En une poignée de semaines (dont celle de Noël, contrairement à tous les usages), davantage que pendant l’ensemble de l’année 2012 et les onze premiers mois de 2013 !

Dans le cadre de ce « paquetazo » (« gros paquet »), on notera, entre autres, la présence de : la loi d’ordonnancement des finances publiques ; l’augmentation de l’impôt sur les ventes (ISV, l’équivalent de notre TVA), affectant les produits de première nécessité ; l’élargissement (vers le bas !) de la base de perception de l’impôt sur le revenu ; le gel du salaire de certaines catégories de fonctionnaires ; la réduction des subventions à l’électricité ; des contrats de concession d’exploitation en matière d’énergie, d’eau, de téléphonie, etc. ; la privatisation de l’Entreprise hondurienne des télécommunications (Hondutel) ; la loi de l’emploi… à l’heure (combattue avec vigueur, depuis des années, par les syndicats) ; et même le budget de la nation pour 2014 !

 

Los hondureños ya no pagarán impuestos por ningún producto de la canasta básica.

Panier de base menacé

Pour faire bonne mesure, lors de sa dernière session, le Congrès a élu les magistrats du prochain Tribunal suprême électoral, renouvelant son actuel et très controversé président David Matamoros avec… cinq mois d’anticipation.

En résumé : moins malléable, le prochain Congrès peut partir en vacances, tout a été bouclé et bien bouclé !

Si le PN et le PL, malgré leur rivalité historique, ne sont séparés par aucune divergence idéologique, LIBRE et le PAC n’appartiennent pas au même champ politique. Alors que le premier se réclame d’un socialisme du XXIe siècle, le second ne conteste nullement le système néolibéral ; simplement, comme son nom l’indique, il s’oppose à la corruption systémique enkystée sous la houlette des deux partis jusque-là dominants. Toutefois, face au « détournement de démocratie » auquel se livre à nouveau le pouvoir, et à l’initiative de Xiomara Castro, Manuel Zelaya et Salvador Nasralla, auxquels s’est joint l’unique députée du PINU, Doris Gutiérrez, LIBRE et le PAC ont souscrit, le 15 janvier, un « Grand accord de l’opposition pour la gouvernabilité du Honduras ». Au rejet des mesures contenues dans le « paquetazo », ils ajoutent leur volonté de rédiger, dans les meilleurs délais, une nouvelle loi électorale incorporant le vote électronique, afin d’en finir avec « les formes traditionnelles de fraude » dont ils ont été victimes le 24 novembre dernier.

Restait, avant la prise de possession de « JOH », à faire désigner, par les députés nouvellement élus, le Bureau directeur (junta directiva) et le président du Congrès qui siégera au long de la période 2014-2018. Qui allait se porter au secours du PN, décidé à voir accéder l’un des siens à ce poste clé ? « Le Parti libéral se retrouve entre le mur et l’épée, a lucidement grimacé son dirigeant Yani Rosenthal, alors que tous les yeux se tournaient vers lui. Il doit choisir le moindre mal. Toutes les options étant mauvaises, le parti ne va rien gagner. » De fait, pour ce représentant d’une faction de l’oligarchie, LIBRE est l’ « ennemi principal » ; mais appuyer le PN, leur traditionnel adversaire, alors qu’ils sont déjà considérablement affaiblis, s’apparente à un quasi-suicide politique pour les « libéraux ». C’est pourtant, la voie qu’ils ont choisie, pour barrer la route à l’opposition. En deux sessions, cette Sainte Alliance qu’on rejoint la Démocratie chrétienne et Unification démocratique – partis sans poids réel, mais habitués, selon les circonstances, à se vendre au plus offrant – a porté au perchoir le député « nationaliste » Mauricio Oliva Herrera [4]. Comme il se doit, cette élection s’est déroulée dans le registre « República Banana ». Alors qu’ils souhaitaient soutenir une motion dans laquelle ils présentaient leurs candidats communs, les députés de LIBRE, du PAC et du PINU se sont vu refuser le droit à la parole. C’est aux cris de « dictature ! » et dans un chaos total que s’est terminée cette dernière élection.

 

Pseudo président avec son nouveau jouet préféré, qu'il a fabriqué avec l'aide de ses

amis US et d'Israël... il les aime tant qu'il veut les voir à tous les coins de rue,

à tous les croisements de sentiers de campagne.

Alors que, ce 27 janvier, seuls quatre présidents latino-américains classés à droite – Juan Manuel Santos (Colombie), Ricardo Martinelli (Panamá), Laura Chinchilla (Costa Rica), Danilo Medina (République dominicaine) – avaient fait le déplacement pour assister à l’investiture de M. Hernández, en compagnie des chefs d’Etat du Kosovo et de Taiwan, ainsi que du secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) José Miguel Insulza, les députés de LIBRE ont boycotté la cérémonie. Ils ont rejoint, dans la rue, les milliers de manifestants réunis à l’appel du parti et du Front national de résistance populaire. Sans surprise, mais sans incident notable, cette démonstration pacifique a été très rapidement bloquée dans son avancée par un cordon disproportionné de militaires et de policiers.

Maurice Lemoine

Photographies : Maurice Lemoine

[1] Cachureco (personne très religieuse) : diminutif des membres du Parti national.

[2] Marquant la fin du bipartisme, le Parti libéral n’arrive qu’en troisième position à la présidentielle, son candidat Mauricio Villeda ne recueillant que 20,28 % des suffrages.

[3] N’ayant fait élire aucun député, le Parti démocrate chrétien (DC) n’a obtenu que 0,17 % à la présidentielle ; l’Alliance patriotique (AP), de l’ex-général putschiste Romeo Vásquez Velásquez, 0,20 % ; l’alliance Front élargi politique électoral en résistance (Faper ; créé à la hâte, avec l’appui du gouvernement, pour prendre des voix à LIBRE)-Union démocratique (UD), 0,10 %.

[4] Ayant voté avec le PN et le PL, Eduardo Coto Barnica, député récemment élu de LIBRE, a été immédiatement exclu par le parti. Celui-ci ne conserve donc, dans son groupe parlementaire – que dirige Manuel Zelaya – que trente-six représentants.

 

L'opposition proteste à l'assemblée
»» http://www.medelu.org/La-farce-democratique-continue-au
URL de cet article 24247
“La represión nos infundirá más fuerza y disposición a la movilización” Bertha Cáceres del Copinh
Bertha Caceres COPINH
Tête de liste des 20 Résitants à abattre en
priorité .
Myriam Miranda OFRANEH
http://2.bp.blogspot.com/-j4Qo9M3Vof4/UupIuD-99CI/AAAAAAAAbpo/6wwK99HHZdY/s1600/20140130_bertha_oliva-610.JPG
Bertha Oliva COFANEH
Trois grandes résistantes du Honduras et du monde
Ces trois femmes défendent aussi notre avenir !
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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 16:45

 

 

 

Nous ne demandons rien, nous exigeons !

 

 

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Elles se sont donné le nom de 

"Filles des sorcières qui ne se laissèrent pas brûler ».

Alors que la ville était totalement sous contrôle militaire et policier - un état devenu quasi permanent, s’intensifiant à mesure que grandit la protestation populaire, - samedi dernier (25/01/14) pour la Journée de Femme du Honduras, , alors que les environs du Parlement étaient entièrement bouclés, nos Sorcières ont réussi, comme par magie à apparaître devant le parlement sous les yeux éberlués des forces de l’Ordre. Nul n’a réussi à percer le mystère de leur apparition en ces lieux, alors que parmi les autres groupes de la nombreuse foule manifestant ce jour-là, aucun n’avait réussi à franchir ce barrage, imperméable aux personnes comme aux véhicules.

Les sorcières – ainsi qu’une grande partie de la population, après des élections confisquées - réclament la révocation des élus « TILIN TILIN », les beaux parleurs qui trompent le peuple, les démagogues qui confisquent le pouvoir et cèdent le pays, ses ressources naturelles par régions entières ainsi les droits, voir les vies de ses habitants, à des entreprises privées, tout en développant des forces de répression toujours plus similaires dans leurs agissements à celles qui formaient les sinistres Escadrons de la Mort des années 80.



Notre corps n’est pas un champ de bataille !

 

clament nos Sorcières.


Détruire le corps des femmes, le pénétrer, le torturer, le tuer, le détruire est devenu une stratégie guerrière globale de plus en plus universellement utilisée dans les conflits toujours plus nombreux qui déchirent la planète., le féminicide se répand dans toutes les zones de conflits depuis les guerres insurrectionnelles, terroristes, civiles au narco-guerres, il est aussi le lot des femmes exploitées dans les usines des zones franches qui leur servent de lieux de travaux forcés sous haute surveillance.


 

 

 GUERRE AU FÉMINICIDE !


Comme la Colombe de l’Enchanteur, après leurs exploits , après avoir clamé leurs slogans auxquels se mêlaient des insultes - dignes de poissonnières un jour de marché - dirigées vers le nouveau gouvernement terroriste, nos Sorcières ont disparut tout aussi  miraculeusement qu’elles étaient apparues.

Anne Wolff

D’après HONDURAS TIERRA LIBRE: HONDURAS: “Hijas de brujas” burlan dispositivo de seguridad

 


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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 20:00

 

La Banque mondiale épinglée au Honduras
Published: 13 Jan 2014
Posted in:  Honduras | IFC | World Bank
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Des agents de la police hondurienne arrêtent des leaders paysans de Bajo Aguán qui manifestent dans le capital, Tegucigalpa. Photographe : AFP/Getty Images
Financial Afrik | 12 January 2014

L’édito de Jean-Michel Meyer:

La Banque mondiale épinglée au Honduras

Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret.

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

Bien entendu, toute ressemblance ou similitude avec des faits constatés sur un autre continent seraient forcément fortuite.
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Source: Financial Afrik
- See more at: http://farmlandgrab.org/post/view/23017-la-banque-mondiale-epinglee-au-honduras#sthash.ysG4JKz4.dpuf
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e zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant. - See more at: http://farmlandgrab.org/post/view/23017-la-banque-mondiale-epinglee-au-honduras#sthash.ysG4JKz4.dpuf
e zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant. - See more at: http://farmlandgrab.org/post/view/23017-la-banque-mondiale-epinglee-au-honduras#sthash.ysG4JKz4.dpuf
e zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant. - See more at: http://farmlandgrab.org/post/view/23017-la-banque-mondiale-epinglee-au-honduras#sthash.ysG4JKz4.dpuf
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Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant. - See more at: http://farmlandgrab.org/post/view/23017-la-banque-mondiale-epinglee-au-honduras#sthash.ysG4JKz4.dpuf

 

 

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Arrestation de paysans du Bajo Aguan

qui manifestent pour leurs terres.

 

L’édito de Jean-Michel Meyer:

Des agents de la police hondurienne arrêtent des leaders paysans de Bajo Aguán qui manifestent dans le capital, Tegucigalpa. Photographe : AFP/Getty Images - See more at: http://farmlandgrab.org/post/view/23017-la-banque-mondiale-epinglee-au-honduras#sthash.ysG4JKz4.dpuf
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Des agents de la police hondurienne arrêtent des leaders paysans de Bajo Aguán qui manifestent dans le capital, Tegucigalpa. Photographe : AFP/Getty Images
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Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret. 

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

 


C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte  à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

Bien entendu, toute ressemblance ou similitude avec des faits constatés sur un autre continent seraient forcément fortuite.

Source L’édito de Jean-Michel Meyer: La Banque mondiale épinglée au Honduras | Financial Afrik

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HONDURAS: ATENCIÓN mucha ATENCIÓN Detienen a dirigente campesino de la comunidad de Panamá en el Bajo Aguán. // Banco Mundial financia una empresa implicada en abusos de derechos humanos en Honduras‏‏

 

A voir, version espagnole ou en français, le cri pour la terre


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Albasud - Video: Bajo Aguán: Grito por la tierra


"Bajo Aguán: Grito por la Tierra"

 

La militarisation du Bajo Aguan

(FOTOS) Honduras: Bajo Aguán militarizado

© Fotos Giorgio Trucchi - Rel-UITA

Reportage, en entier ici Lista Informativa Nicaragua y más (español): (FOTOS) Honduras: Bajo Aguán militarizado


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Matías Valle fue abatido a tiros por dos hombres encapuchados que se conducían en una motocicleta, el pasado 20 de enero

 

Un parmi 126 paysan du Bas Aguan assassinés au cours des 5 dernières années (depuis le coup d'état)

 

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La Banque mondiale épinglée au Honduras
Published: 13 Jan 2014
Posted in:  Honduras | IFC | World Bank
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Des agents de la police hondurienne arrêtent des leaders paysans de Bajo Aguán qui manifestent dans le capital, Tegucigalpa. Photographe : AFP/Getty Images
Financial Afrik | 12 January 2014

L’édito de Jean-Michel Meyer:

La Banque mondiale épinglée au Honduras

Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret.

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

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La Banque mondiale épinglée au Honduras

Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret.

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

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Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret.

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

Bien entendu, toute ressemblance ou similitude avec des faits constatés sur un autre continent seraient forcément fortuite.
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Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret.

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

Bien entendu, toute ressemblance ou similitude avec des faits constatés sur un autre continent seraient forcément fortuite.
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L’édito de Jean-Michel Meyer:

La Banque mondiale épinglée au Honduras

Toute ressemblance ou similitude avec des faits réels, etc, etc… L’avertissement est connu des cinéphiles. Et la mésaventure qui vient d’arriver au Honduras à la Société financière internationale (SFI), le bras armé de la Banque mondiale pour financer le secteur privé, aurait pu servir de base à la trame d’un scénario pour un thriller financier comme Hollywood en a le secret.

A coup sûr, les producteurs auraient choisi de situer l’intrigue en Afrique plutôt qu’en Amérique centrale pour gagner en crédibilité. Le hic ? Ce n’est pas une banque africaine, mais bel et bien la SFI qui est montrée du doigt pour avoir financé au Honduras une entreprise soupçonnée de trafics de drogue et du meurtre de dizaines de paysans.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. En effet, la Banque mondiale s’est bâtie un business qui consiste à imposer aux Etats les politiques publiques à suivre, quitte à modifier les règles à 180° plusieurs années après, et à donner des leçons de bonne gouvernance à la planète entière, et à l’Afrique en particulier. Là, un audit interne de la Banque met en cause la SFI pour avoir octroyé en 2009 un prêt de 30 millions de dollars à la société Dinant pour étendre son site de production d’huile de palme dans la vallée d’Aguan, au nord du Honduras.

Un prêt accordé deux mois après que la Banque mondiale a gelé au plan mondial les investissements dans l’huile de palme… De plus, Dinant a une réputation sulfureuse, dont la SFI n’a pas tenu compte. « La SFI aurait dû être davantage consciente des allégations publiques à l’encontre de son client et de son image négative », indique le rapport du Compliance Advisor ombudsman (CAO), l’un des organismes internes de contrôle de la Banque mondiale, critiquant une supervision « inadéquate. »

Dinant est accusée par plusieurs ONG (Oxfam, Global witness,…) d’avoir fait exécuter une centaine de paysans pour s’emparer de leurs terres pour exploiter des palmiers à huile. Des propriétés de la société Dinant réputées également, indique le CAO, être des points de ravitaillement pour les trafiquants de drogue. Même s’il ne s’agissait que de rumeurs, insiste le CAO, leur simple existence aurait dû alerter la SFI dans le but « de préserver la réputation de la Banque mondiale. » L’institution vient d’apprendre à ses dépens que le risque zéro n’existe pas. Espérons qu’elle s’en souviendra quand elle jugera à l’avenir les bilans des Etats.

Mais la leçon peut aussi intéresser les Africains. Petit pays, pauvre, mais très fertile, le Honduras était considéré comme l’archétype, dans tous les sens du terme, de la république bananière : un pays dirigé par quelques familles très riches, proches de multinationales, comme Chiquita, l’ex United fruit company. Les entreprises bananières ont quitté le Honduras dans les années 1930, et la banane a partagé la terre du pays avec la noix de coco, l’ananas et les pamplemousses. Mais depuis trois ans, la culture du palmier à huile connaît une progression exponentielle sans précédent, portée par des sociétés sans scrupules comme Dinant.

Bien entendu, toute ressemblance ou similitude avec des faits constatés sur un autre continent seraient forcément fortuite.
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Source: Financial Afrik
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:48

 

 

Foto G. Trucchi | LINyM

Je continue à suivre ce qui se passe après les élections au Honduras, et de nouveaux éléments qui montrent la genèse d’une fraude électorale qui va bien plus loin qu’un tripotage des urnes – même à aussi grande échelle – ne cesse de s’ajouter à d’autres. Et je sens bien cette incrédulité partagée : comment une fraude aussi monumentale peut elle être construite sur une durée de plusieurs années, impliquant des convergences de méthodes dont une grande partie sont documentées et accessibles, et être passée sous silence par une presse aux ordres qui aussi bien au Honduras qu’en Occident acclame unanimement la « victoire » du candidat de l’oligarchie transnationale Juan Orlando Hernandez, devenu JOH, symbole de l’horreur continuée pour un peuple hondurien qui rêvait d’un avenir à nouveau  confisqué.

Tout commence en 2008, quand l’Empire soucieux de ramener sous sa tutelle un Honduras qui s’en émancipe, renvoie sur place en ambassade, Negroponte, le sulfureux ambassadeur des Contras, qui – ambassadeur au Honduras au début des années 80 - accorda soutien et complicité aux escadrons de la mort de sinistre mémoire. L’homme des mauvais coups, celui qui fut envoyé au Mexique pour mater les zappatistes ou en Irak pour assurer le contrôle étasunien sur les pays implosé par la guerre de conquête US après la mise hors jeu de Saddam Hussein.

Depuis nous pouvons suivre les étapes d’une main mise continuée des transnationales sur le gouvernement du Honduras, sa population, son territoire, ses richesses naturelles. Quand Negroponte, au grand scandale des populations victimes de ses exactions, débarque au Honduras le 3 juin 2008, le signe est clair, la première étape vient d’être franchie qui annonce le retour du pire, la trame se tisse alors qui conduira un an plus tard, le 28 juin 2009 au coup d’état militaire qui renversera Mel Zelaya, le président libéral qui soucieux du bien être du peuple opère un glissement à gauche. (*Honduras : analyse d’;un coup détat 1: Le mythe de la réelection. - Le blog de Anne Wolff)

2009 personne ne peut croire qu'un coup d'état militaire condamné unanimement par  l'ONU va se poursuivre.

Il n’est pas le premier, de Castro à Zelaya en passant par Chavez, nous voyons des souverainistes, se radicaliser quand ils comprennent que jamais l’empire du Nord ne tolérera que les peuples du Sud se libèrent de sa tutelle, comme il lui est inacceptable que les pays du Sud mettent en danger « ses intérêts »,autrement dit mette en marche des mesures de répartition de richesse, qui donnent accès au peuple aux conditions du bien être mais diminue des profits qui ne peuvent être maximaliser que par l’exploitation sans contrepartie des ressources naturelles de ces pays et la soumission des populations au joug de l’esclavages, dans les mines ou les plantations, dans les fabriques des zones franches. Pour ce faire l’empire du nord va s’inféoder une oligarchie locale qu’il créera éventuellement de toute pièce, une classe de nouveaux riches, exempte d’éthique, qui lui sera d’autant plus dévouée qu’elle lui doit tout.

 


C’est donc bien avant le coup d’état 2009 qu’a commencer la mise en place de la construction qui permettrait aux transnationales d’imposer leur candidat comme président légitime à la suite de l’élection du 24 novembre dernier. Après le renversement de Zelaya, les élections de novembre 2009 s’étaient déroulées dans un climat de répression, boycottée par les partisan du président légitime, de telle manière qu’il manquait au gouvernement qui en était issu, les apparences d’une légitimité avérée.

C’est ce plus de légitimité que devait assurer le 24 novembre des élections entièrement manipulées, à travers une préparation continuée depuis le coup d’état. Non seulement le candidat du Parti National en tant que président du Congrès, avait concentré le pouvoir de manière à contrôler tout à la fois, le tribunal électoral, mais aussi l’armée chargée de la logistique électorale et des interventions d’intimidations tant des électeurs que des observateurs étrangers les plus malvenus. Le statut d’observateur a même été refusé à l’ex président du Brésil Lula da Silva, à la Prix Nobel de la Paix Rigoberta Menchu et à l’ex juge B ; Garzon. Ce dernier viendra néanmoins y apporter le grain de sable de son observation et de son témoignage à charge contre une fraude organisée conjointement par les officialistes et l’ambassade des E.U. L’ambassadrice de ce pays, Kubiske, apparaîtra tout au long de la campagne comme une sorte de porte-parole du gouvernement hondurien, organisant la partie technique de l’élection, accordant une formation à 6OO OOO honduriens à qui l’ambassade étasunienne fait distribuer des cartes d’électeurs accompagnées d’une formation au bon vote. En autres formes d’ingérence flagrante (La embajada de EEUU “enseñó a votar” a 600 mil hondureños - Por: Norelys Morales Aguilera)

 


L’église également y a été de son “coup de crosse” contre le parti Libre, Liberté et Refondation, mené par Xiomara Castro qui avait pris la tête de la résistance populaire lors du coup d’état en 2009. Elle a même fait très fort, puisque le vice-président de la Confraternité évangélique – qui compte près de 2 millions de fidèles - est apparu à la télévision, Roy Santos, il y a un peu plus d’un mois pour annoncer que Dieu lui-même lui était apparu pour critiquer la candidature de Xiomara Castro, menaçant de châtier le pays (Dieu) si les Honduriens ne respectait pas les conséquences du coup d’état qu’il (dieu) avait organisé en juin 2009 en votant pour l’axe du mal (Libre) plutôt que pour les continuateurs de son (dieu) putsch militaire redresseur de tort. Si, si, il a osé, pas dieu, Roy Santos… Bref le coup d’état planifié par Washington et réalisé avec sa participation, s’avère soudain être la réalisation d’un plan imaginé par Dieu lui-même. On aura tout vu.

Et oui, en plus des campagnes de dénigrements dans la presse qui renversent entièrement les rôles et font des auteurs du coup d’état militaire des braves bergers venus chasser les loups communistes (Zelaya) et son équipe qui conduirait le pays vers la misère, et aussi, on vient de le voir, voter pour Libre serait s’exposer à la perte de son âme.

Ajoutons à cela des tripotages de votes qui amènent à se poser des questions sur le bourrage d’urnes avant ouvertures des bureaux, en faveur de JOH, en faisant voter y compris les morts, les transferts douteux des bulletins, que ce soit par système électronique ou les mallettes à charge de l’armée, les incohérences dans les retranscriptions de résultats et les bulletins écartés ou disparus (400 OOO) pour des raisons restées mystérieuses… au bas  mot 8OO OOO votes litigieux ou envolés, on a assisté à une fraude d’une ampleur inédite, à la fabrication confiscation d’une élection à travers une machination polymorphe de longue durée… Nous voyons que des observateurs s’indignent du silence qui leur a été imposé (Honduras : un observateur électoral de l'Union européenne dénonce… -- Maurice LEMOINE   ) quand aux tricheries dont ils furent témoins, alors que d’autres après avoir été enlevés ou intimidés par l’armée ou des paramilitaires, ont tout simplement renoncé à leur fonction, par peur pour leur intégrité personnelle… je ne vais pas reprendre la listes de tous les éléments, j’en avais rassemblé quelques-uns dans de précédents bilans, je voulais surtout revenir sur cette incrédulité qui transparaît de toute part : comment une élection peut-elle avoir été manipulée à ce point, alors qu’une certitude grandissante habite les membres et les sympathisants de Libre, malgré le recomptage des votes qui a leur demande se fera très probablement, sans pourtant changer des résultats très clairement écrit d’avance par les employeurs de Kubiske, ambassadrice yankee qui n’a pris aucune précaution pour dissimuler ce qui est une ingérence flagrante, allant jusqu’à prévenir qu’elle déciderait du moment opportun pour annoncer les résultats des votes, le TSJ étant sommé de ne présenter de résultats que ceux qui se conformeraient aux résultats – décisions – de l’ambassade..

Comment face à une fraude d’une telle ampleur, sentons un tel sentiment d’impuissance, celui né de la quasi certitude que le rétablissement de l’équité ne se fera pas par une rectification de la fraude et que le peuple du Honduras va devoir trouver d’autres moyens pour se préserver et vaincre ce que la résistante lenca Bertha Caceres coordinatrice de la COPINH, particulièrement menacée de mort à présent, qualifie à juste titre de Dictature transnationale ? (Les mouvements sociaux à l’épreuve d’une « dictature transnationale » - Mémoire des luttes)

 

Depuis ces élections des manifestations ont eu lieu, en particulier une mobilisation étudiante anti-JOH s’organise. La manifestation de Libre dimanche a Tegucigalpa était endeuillée par l’assassinat la veille d’un de ses motards militants par des sicaires, qui a fait son dernier voyage au sein de la manifestation, couché dans son cercueil.

Donc si les assassins ne chôment pas au Honduras, les répresseurs non plus puisque les militaires de l’opération Xatruch organisait en fin de semaine dernière une chasse aux militants dans le Bajo Aguan, alors que le gouvernement de transition négocie la cession d’une nouvelle étendue de quelques trente mille KM (la Belgique) carré de fond marins, après celle équivalente accordée au groupe BG  aux larges de la Moskita (Honduras, pétrole, le groupe bg et la farce de la “consultation” à la mode serna ) et l’installation d’une base étasunienne plus grande encore que celle de Palmerola dans la même région.

Je crois que l’essentiel a été dit concernant les élections et leur confiscation. Commence à présent pour les Honduriens une période plus dure encore que celle qui a précédé et ressemble toujours d’avantage, à l’horreur des années 80, avec quelques perfectionnement dans le régime de terreur. Une fois de plus les Honduriens ont fait appel à la protection de la communauté internationale, une fois de plus leur cri a été étouffé par l’indifférence de l’opinion publique, Le peuple du Honduras a donc repris le flambeau de ce combat qu’il doit mener sans attendre de soutien extérieur.  Et il le fait puisque la constitution des dossiers de fraude qui ont été déposé lundi au Tribunal Suprême Electoral a demandé la participation de dizaines de milliers de personnes pour les collecter et les rassembler, l’action collective d’une population consciente qui se bat pour son droit à la vie d’abord et à une bonne vie, et ce n’est pas gagné !

 


 

Je continuerai les suivi des exactions du régime hondurien, et de celles qu’il autorise les transnationale à pratiquer sur son territoire grâce à leurs armées de quelques 60 000 mercenaires et plus présent sur le territoire de ce petit pays d’Amérique Centrale. J’espère pouvoir relater de nombreuses victoire et avancée d’un mouvement populaire engagé dans un combat à mort.

Et bien des images le disent, si le peuple du Honduras, débordants d’énergie et d’enthousiasme luttait en 2009, les yeux brillant pour le retour de Mel Zelaya  qui construisait avec et pour ce peuple un nouveau destin, un avenir meilleur, aujourd’hui, les visages souvent ravagés par la souffrance, avec le regard sombre de ceux qui doivent au quotidien vaincre la terreur ambiante, parlent d’un peuple qui se bat avec l’énergie du désespoir.

Je continuerai donc a relayer ces luttes pour une meilleure planète, que mènent des populations lointaines,  toutes conscience et intelligence collective en éveil,  rempli d’une courageuse détermination d’affronter la mort plutôt que de se soumettre, mais je n’attendrai plus de voir mes voisins se solidariser, comment le pourraient-ils, ces troupeaux qui se laissent aujourd’hui mener à l’abattoir avec la soumission de ceux qui croient que l’austérité et la misère sont inéluctables.  Là haut l’Olympe a décidé. Car c’est cela, mes voisins sont des esclaves pour qui cette notion d’une sorte d’Olympe dirigeante fait sens et qu’ils acceptent sans trop rechigner, et c’est cela justement que combat la population éveillée du Honduras, la notion même d’Olympe, non pas des maîtres mais bien des ennemis qu’il s’agit de remettre à leur juste place, sur le plancher des vaches, au raz des pâquerettes…

 


Anne Wolff 

 

source photo :  Giorgio Trucchi | LINyM

 

Libre y Fnrp se movilizaron en Honduras contra el fraude electoral

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Foto G. Trucchi | Opera Mundi


les étudiants sont mobilisés pour leur avenir



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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 13:10


 Imagen activa


 (PL)  Les processus électoraux de cette année en Amérique Latine ont rencontrés de sévères menaces de multiples sortes. Les medias de masse, intégrés dans le réseau mondial de la désinformation et de la contre-insurrection ont joué un rôle clé.

Au Venezuela (en avril 2013) s’est produite une “guerre sale, qui s’est terminée la nuit du 14 avril par un déchaînement de violence de l’opposition putschiste. En Argentine sévit une campagne permanente de dénonciations mensongères anti-gouvernementale, destinée à semer le doute, la suspicion et l’incrédulité, visant des fonctionnaires et la figure présidentielle, dans ce cas, avec l’incorporation d’une extrême violence de genre contre la présidente Cristina Fernandez de Kirchner, dans des programmes de télévision, de radio, la presse, avec pour objectif d’influencer le cours des élections législatives de juin passé, parmi d’autres actions non moins graves et violentes.

Au Chili plus récemment, l’ingérence médiatique a également mené son jeu, avec des subtilités marquées. Une série d’Organisations Gouvernementales travaillèrent également pour affaiblir la candidate préférée, l’ex présidente Michelle Bachelet, favorisée par l’effet dynamisant de la lutte étudiante qui exige l’éducation gratuite et des changements dans une société qui se retrouve encore dans l’ombre de l’ex dictateur Augusto Pinochet, lovée dans diverses structures.

Les marches étudiantes, durement réprimées, créèrent les conditions d’un renouvellement grâce à une marée juvénile qui déborda les impasses politiques et réveilla les secteurs endormis de la société. Le triomphe de Bachelet fut indiscutable (presque 47% des votes) suivi de loin par l’officialisme quoiqu’il ne lui permit pas de remporter dès le premier tour.

Si les secteurs de la gauche qui participèrent aux élections dans des mouvements politiques mineurs et sans aucune possibilité de gagner avaient compris le moment politique que vit la région, il n’y aurait pas eu besoin d’un second tour, qui bien que l’élection soit assurée, donne du temps aux vieux putschistes armés pour imposer d’autres conditions. Au moment de l’incendie on ne joue pas avec le feu. Et il est certain que la phrase « ce sont tous les mêmes » est antidialectique par excellence.

Les faits qui se sont produits au Venezuela avec un arsenal contre-insurrectionnel évident (guerre sale, illégale), très similaire à celui qui précéda le coup d’état de septembre 1973, qui installa la cruelle dictature d’Augusto Pinochet au Chili, rendent compte de ce que les éternelles ingérences dans notre région, se font toujours plus actives.

A la guerre médiatique qui envenime la réalité vénézuélienne s’additionnent des sabotages permanents, et une guerre économique impitoyable et brutale, qui a été combattue heure par heure au cours des derniers jours par le président Nicolas Maduro. Le rêve d’aligner la vieille et rebelle « arrière-cour », a mené jusqu’à l’annonce que serait donné  un coup final à la Doctrine de Monroe, de 1823, qui postule que Notre Amérique est seulement pour les « américains », ce qui signifie en l’occurrence  pour les Nord-Américains.

En réalité, nous vivons sous une invasion silencieuse des Fondations créées par le Renseignement des Etats-Unis et ses réseaux d’organisations Non Gouvernementales (ONG) qui parsèment le territoire d’Amérique Latine et des Caraïbes, tapies comme les béliers de cette contre-insurrection, unie à la croissante militarisation régionale. La Doctrine de Monroe est encore en vigueur comme toujours, de même que la mentalité des fondamentalistes de la Guerre Froide n’a jamais disparu.

Honduras sous le feu

Les regards doivent se porter sur le Honduras où la situation est grave, parce que c’est le processus électoral le plus important après tant d’années de démocraties falsifiées et de dictatures Dans ce petit pays d’Amérique Centrale converti depuis les années 30 en une plate-forme militarisée des États-Unis, le peuple hondurien est une éternelle victime.

Ce fut depuis le Honduras que parti l’avant-garde de l’invasion du Guatemala, pour renverser le populaire président Jacob Arbenz Guzman en 1954. Dans les années 80, il n’y aura pas seulement des bases disséminées au Honduras pour le projet étasunien de la guerre sale et prétendument sous-couverture contre le Nicaragua sandiniste, mais aussi un Centre d’Entraînement pour ceux qui auront à combattre les mouvements de libération du Salvador et du Guatemala et d’autres pays. Il y eu des disparus honduriens sous le règne de l’ambassadeur étasunien John Negroponte et la « collaboration » de militaires argentins et des agents du bataillon 601 avec les mercenaires de la « contra » qui assiégèrent les populations du Nicaragua.

Tout cela constitue la véritable histoire du Honduras. C’est pour cela que c’est un moment d’une aussi grande importance pour ce peuple qui a vécu un bref printemps, sous le gouvernement de l’entrepreneur du vieux parti libéral Manuel Zelaya, qui eu le courage d’écouter pour la première fois les voix de son peuple et de commencer a leur donner des réponses. Et pour couronner le tout, il commit le « sacrilège » de s’allier aux pays de l’ALBA, chapeautés par le Venezuela.

Il y aurait bien plus à dire, mais il suffit de savoir qu’a été appliqué dans ce cas le coup d’état « doux », quoique pas si doux que ça puisque que ce furent des militaires d’élites qui ont séquestré Manuel Zelaya ce 28 juin 2009 pour l’emmener vers une base nord-américaine au Honduras et de là à Costa Rica.

Negroponte,  était alors envoyé par le département d’Etat depuis juillet 2008 pour “remettre le Honduras à sa place”,  il avait obtenu de coopter les députés libéraux de Zelaya et avait présenté la liste des juges que ce Congrès devait élire pour intégrer la Cour Suprême. Il n’est donc pas surprenant que cette Cour ait considéré qu’il n’y avait pas eu de coup d’état au Honduras et qu’en réalité proposer un plébiscite pour changer la constitution était antidémocratique.

Les élections actuelles sont celles qui ont connu la plus grande participation enregistrée, avec des partis comme Libre (Liberté et Refondation), né de la résistance au coup d’état, qui se poursuit jusqu’aujourd’hui, malgré les persécutions et assassinats commis au cours des quatre dernières années de coup d’état continué et dont la candidate est Xiomara Castro, épouse de l’ex président Zelaya.

Cette femme a fait preuve d’un courage surprenant en prenant la tête des marches contre le coup d’état alors que son époux était séquestré à l’extérieur du pays. La campagne du pouvoir hégémonique et la guerre médiatique prirent la forme d’intimidations des citoyens, qui ont visé également des observateurs étrangers du processus électoral. Deux groupes furent pris en otage, dans le cadre d’une militarisation illégale.

La guerre de la peur est accompagnée par le nombre douloureux des victimes qui se mit à croître à partir du coup d’état de juin 2009 ; plus de 40 journalistes, cameraman et des dizaines de paysans, travailleurs, professeurs, dirigeants populaires de la résistance furent assassinés. Il y eu une instauration de la violence avec l’incursion des « maras » créées dans les bidonvilles latino des Etats-Unis pour être exportées dans leur pays d’origine et y amener l’insécurité et la terreur. Au moins 22 personnes meurent chaque jour au Honduras à cause de la violence. Tout cela depuis le golpe (coup d’état) venu « sauver la démocratie ».

Il y a eu des intimidations en tous genres  jusqu’aux jours précédents les élections, des humbles dirigeants du Parti Libre furent séquestrés, torturés, assassinés.

Ceci donne du crédit aux propositions du gouvernement issu du putschisme de militariser la société et de préserver l’existence des bases militaires des Etats-Unis comme celle de Palmerola, stratégique sur la carte de la domination régionale ou celle de Gracias a Dios, entre autres structures qui ont conduit à la misère et au féminicide.

La majorité des travailleurs honduriens gagnent un dollar par jour et la pauvreté a augmenté notablement depuis le coup d’état touchant à présent 66,7% de la population. Les escadrons de la mort des années 80 avaient converti le Honduras en une immense base pour la guerre sale contre le Nicaragua sandiniste, comme le bataillon 3-16 qui continue à être d’actualité et appuie le candidat officiel. En, plus, depuis le coup d’état sont arrivés dans le pays des autres groupes étrangers et des conseillers qui forment un réseau d’escadrons paramilitaires.

Porfirio Lobo dirige le pays conjointement avec le candidat officiel Juan Orlando Hernandez du Parti National, une des formations traditionnelles de l’oligarchie. Comme président du Congrès jusqu’ici Hernandez s’est occupé de préparer le chemin de la continuité créant une police militaire soi-disant pour combattre l’insécurité et il a fait passer une série de lois redoutables.

Parmi les récits de la terreur, les militaires entrèrent à l’improviste dans un siège de Libre deux jours avant les élections et la nuit les précédant ils prirent les antennes de Radio et  de TV-Globo de Cantagallo.

« Nous avons à élire entre un chemin de vie ou continuer à mourir de misère, de persécution et de meurtre », dit un dirigeant populaire de Olancho. Quoi qu’il se passe au Honduras, les pays de la région ne doivent pas oublier que là aussi se définit l’avenir de l’Amérique Latine et des Caraïbes.

Stella Calloni est une journaliste argentine et correspondante dans son pays du journal La Jornada. Elle est l’auteur de « Les années du Condor ».

Traduction française Anne Wolff

Source en Espagnol HONDURAS TIERRA LIBRE: América Latina: Elecciones amenazadas 

 

 

Notes de traduction

Stella Calloni, journaliste et chercheuse est aussi l’auteur de Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse.Par stella calloni. Partie 1 - Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. Partie 2 bis (bolivie) - Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. Partie 2 (venezuela) -Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. Partie 3 (fin)  texte par lequel elle retrace les réseaux de la toile d’araignée des associations créées dans le but de déstabiliser les gouvernements progressistes d’Amérique Latine, par des outils de guerre psychologique amplement subsidiés. Ces associations ne se limitent pas toujours à la guerre de désinformations, leur manipulation de mécontentement de certaines parties de la population peut se doubler de formation de type para militaire, comme ces entraînements para militaires à Miami dont le dirigeant de la droite vénézuélienne a fait la promotion ce mois-ci ((VIDEO) J.V. Rangel: Leopoldo López ofreció financiamiento a jóvenes venezolanos para entrenarse como paramilitares en Miami) , mais rien de nouveau sous le soleil du sud puisque OPTOR, devenu JAVU sévit tant au Honduras, qu’au Venezuela ou en Bolivie (Le pacifisme de l’Empire, au Honduras comme ailleurs :OPTOR et ses contre révolutions)

Comme nous le dit Stella Calloni, ancienne qui a traversé le pire, le temps des dictatures et y a survécu, et ensuite a vu s’incarner dès l’aube du 21ème siècle l’espoir- – aujourd’hui gravement menacé - quand  de nouvelles formes de gouvernements ouvrent vers de nouveaux possibles, aussi imparfaits ou critiquables soient-ils par ailleurs. Pour comprendre l’alternative proposée par l’élection de dimanche passé au Honduras, on peut se référer à l’entrevue avec la meneuse de l'organisation indigène COPINH, Bertha Caceres, réalisée par Mémoire des luttes (Les mouvements sociaux à l’épreuve d’une « dictature transnationale »  ). Tant  cette association indigène,  que l’association fraternelle des noirs garifuna OFRANEH sont fort critiques de la transformation de la branche politique du Front National de la Résistance Populaire (au coup d’état) en un parti dont l’essentiel de l’énergie a été investi dans la bataille électorale au détriment d’un travail de renforcement de la base, de décolonisation comme dit l’anthropologue quechua Ollantay Itzamna (Honduras : leçons et défi du processus électoral apparent) alors que dénonçant le rôle joué par le déstabilisateur professionnel JJ Rendon, l’association OFRANEH met en évidence  la soigneuse préparation de la fraude (Honduras : JJ Rendon, la droite fasciste et la fraude annoncée).

Je constate à travers mes diverses lectures que les moyens sont tellement diversifiés, fait d’une multitude de petits actes convergeant tous pour confisquer les résultats de l’élection en faveur du Parti National, qu’il faut parcourir une multiplicité de textes pour avoir une faible idée de l’immense ampleur de cette fraude réellement monstrueuse menée avec les éminents conseils "techniques" de l’ambassade des Etats-Unis, il faudra lire les rapports qui recueillent les diverses manifestations de l’intimidation et de la fraude que préparent tant Libre, le Parti Anticorruption et le parti Libéral que diverses associations de défense des droits humains ou d'observateurs pour trouver réunis les éléments qui permettent de mesurer l’incroyable ampleur des méthodes mises en œuvre de manière coordonnée pour que le Parti au pouvoir ( et donc l’oligarchie locale et transnationale) puisse confisquer cette élection, et le pays.

 

N’empêche, le Honduras est aujourd’hui le maître domino de la pénétration des transnationales en Amérique Latine (et une des clés pour leur domination globale) et l’élection de dimanche dernier incarnait donc l’alternative d’un futur de douleurs et de larmes dans un pays littéralement confisqué par des transnationales ou la possibilité pour le peuple du Honduras, de se remettre tout simplement à respirer pour travailer à réduire les inégalités dans un pays sorti de la terreur et pour l’alternative qui à ma sympathie, la possibilité de continuer à l’avenir le combat pour un "habiter raisonnable" de notre planète qui s’incarne aujourd’hui dans l’avant-garde que constituent les mouvements paysans de la Terre, représentés au Honduras par la Copinh, Ofraneh, et autres groupements paysans, réunis dans la Via Campesina qui accorde son soutien à Libre et sa candidate présidentielle Xiomara Castro, l’alternative est limpide : Soit une démocratie avec ses imperfections et ses espaces de liberté, soit l’avènement d’une dictature transnationale aggravée, comme nous le dit la résistante Lenca Berta Caceres, pour qui le résultat confisqué des élections a une conséquence très claire : sa vie ne tient qu’à un fil :

Et pour terminer, une petite note personnelle, je souscris tout à fait aux paroles de Stelle Calloni quand elle parle du surprenant (et admirable courage) de Xiomara Castro, qui lors du coup d’état à pris la tête du mouvement populaire, face à l’armée, risquant sa vie avec une détermination sans faille. J’ai écris à l’époque que cette Dame ferait une bonne présidente, même si je suis plus proche des projets de monde de la COPINH ou d’OFRANEH que du programme de Libre, je suis persuadée qu’à ce moment-ci de l’histoire Xiomara Castro est sans aucun doute et de loin la meilleur présidente dont puisse rêver le Honduras qui dans sa majorité a d’ailleurs voter pour le projet populaire qu’elle incarne..

 Alors que tous ceux qui essayent de la faire passer pour un satellite de son mari, se réfèrent aux documents de l'époque du coup d'état, Xiomara Castro a construit son leadership dans la rue à la tête du mouvement populaire de résistance, en faisant face avec détermination aux forces de répression alors qu'il aurait été bien plus facile pour elle de rejoindre son mari à la grande satisfaction des putschistes.

 

 

Ici Honduras : analyse d'un coup détat 1: Le mythe de la réelection.

  la prétendue cause du coup d'état, les raisons pourlesquelles Zelaya a été écarté comme "dictateur


Première phase d'un coup d'état continué, juillet 2009

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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