25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 20:53

 

 

Pelotón de militares hondureños en opersa

Les militaires aux ordres du TSE

 

En vrac, quelques précisions sur le déroulement d’un processus électoral moins « tranquille » qu’il n’y paraissait à première vue. Une première partie concerne le traitement des résultats, la deuxième est un premier relevé des exactions commises par l’armée, et des paramilitaires pour empêcher la libre participation principalement des électeurs de Liberté et Refondation, ainsi que ceux du Parti anticorruption ou pour empêcher des observateurs nationaux ou internationaux d’effectuer leur mission.

Le Honduras se prépare à faire face aux conséquences de ce qui pour le Parti Libre et ses électeurs constitue un vol des élections. Des observateurs, - de plusieurs partis ou officiels - dénoncent des contradictions entre les résultats constatés dans les bureaux de vote et ceux proclamés ultérieurement par le Tribunal Suprême Electoral qui dénotent une manipulation lors de la transmission des résultats. D’autre part, d’autres anomalies ont déjà fait l’objet de plaintes. Votes de personnes décédées, personnes ayant voté plusieurs fois, et aussi la rétention par le TSE de certains résultats provenant de bureaux dans lesquels Libre obtenaient une ample victoire, ainsi 20% des résultats (représentant 400 000 voix) transmis au TSE lors de la dernière proclamation de résultats (54% du total) ont été écartés comme devant faire l’objet d’un décompte spécial (sic) sans explications. De quoi poser la question de la validité de ces élections.

Cette situation avait été dénoncée à différentes reprises pendant la campagne, sous la forme d’une chronique d’une fraude annoncée. L’organisation des élections avec l’aide technique des USA, mise en pratique par une armée et un TSE sous contrôle du candidat du parti National dans son rôle de président du Congrès, amplement favorable à l’implantation des transnationales dans le pays, et jouant la carte sécuritaire, laissait prévoir des dérives et manipulation des résultats. Ajoutons les distributions faites par le parti National à des électeurs potentiels, de bons de nourriture, de cadeaux divers jusqu’à des cartes de crédits et nous aurons un tableau de la mise en scène électorale.

Le TSE devrait donner la suite des résultats cet après-midi heure locale alors que jusqu’ici il apparaît que les résultats défavorables au candidat officiel avaient vu leurs décomptes gelés, détournés ou simplement annulés pour des raisons restées mystérieuses. Le parti Libre a convoqué une réunion d’Urgence de ses principaux dirigeants afin de déterminer la conduite à tenir et annonce déjà que par les voies légales ou dans la rue, le peuple défendra son droit à des élections transparentes.

En Octobre dernier a été constituée une Table d’Analyse des Elections qui comprend d’une part des organisations honduriennes comme El Movimiento  de Mujeres por la Paz Visitación Padilla; el Centro de Estudios de la Mujer  Honduras, CEM-H, el Centro de Derechos de Mujeres, CDM, el COFADEH  (Comité des familles de détenus et disparus du Honduras) et le  Sindicato de Trabajadores de la Industria de la Bebida y Similares, STIBYS.
 , la Fédération Internationale des Droits Humains et des observateurs extérieurs comme Luís  Guillermo Pérez Casas y el Juez Baltazar Garzón, parmi d’autres personnes venues dans le pays à cette occasion. Rappelons aussi que des personnalités jugées trop partiales comme l’ex-président du Brésil Lula ou Rigoberta Manchu se sont vu refuser le statut d’observateurs officiels alors que l’ambassadrice des USA n,’a cessé d’intervenir tout au long d’un processus mis en œuvre avec l’aide technique des USA.

Voici quelques uns des constats opérés par cette table d’analyse.

Durant la nuit de samedi, dans les états de Lempira et de La Union, des hommes armés ont envahi les rues et apeuré la population, ils ont menacé certains candidats comme Noé Alvadaro du parti Libre qui dénonce le fait que des hommes fortement armés ont cernés sa maison. Alors que dans la journée, dans la municipalité de El Paraiso dans le département de Copan, quelques 50 personnes qui avaient été désignées pour faire partie des tables électorales se sont vues enfermées dans un hôtel par plus de 100 hommes en armes qui ont menacés de mettre le feu à l’hôtel si elles tentaient de rejoindre les tables auxquelles elles étaient affectées.

Un ’autre groupe qui était en chemin vers 10 centres de votes a été arrêté par des hommes en camionnettes qui leur ont mis le couteau sur la gorge et les ont menacées de mort si elles poursuivaient leur chemin.

La police a réussi a venir à la rescousse des 50 personnes retenues dans l’hôtel qui plus tard furent rattrapées, enfermées en un autre lieu et dépouillées des accréditations leur permettant de siéger aux tables électorales.

Les actes précédemment mentionnés ont effrayé les personnes qui en furent victimes qui ont préféré s’éloigner de la région car elles avaient peur pour leur vie.

Toujours dans le département de Coplan, précisément dans la municipalité de San Jeronimo, des hommes armés ont empêché toute entrée et sortie de la localité, semant la peur d’exercer le droit de vote.

Dans la capitale, la militarisation des medias de gauche Radio Globo, Globo TV, Canal 11 et Hondured, a été dénoncée. A quoi le général Romero a répondu qu’elle avait été autorisée par la Commission Nationale des Communications à des fins de protection. Ce qui ne manque pas de surprendre puisque des mesures de protections de ces medias et de leurs journalistes qui ont été ordonnées depuis le coup d’état de 2009 n’ont jamais été appliquées, ce qui a permis l’assassinat de plusieurs d’entre eux.

Rappelons que lors du coup d’état au contraire l’armée avait envahi ces medias et détruits leur matériel pour les empêcher d’informer la population de la situation. Comme un relent de déjà vu de mauvaise augure, donc.

Dans la capitale, deux bus décorés de bannières de Libre ont également été retenus.

Ces exemples sont issus d’un premier rapport publié par la table d’Analyse,  Voici le résumé d’un second rapport (les deux sont en espagnol ici HONDURAS TIERRA LIBRE: HONDURAS: Comunicado de la Mesa de Análisis sobre Violación a Derechos Humanos en el Proceso Electoral hondureño // Mesa de Análisis discute sobre grave situación de derechos humanos este domingo en las elecciones  )

Certains des mille observateurs extérieurs venus observer le processus électoral ont fait l’objet de menaces, de harcèlement et de tentatives d’intimidations, et certains ont eu à subir des injures xénophobes. Ceci s’est déroulé dans presque tous les départements, en particulier sur les lieux où les observateurs étaient logés. Dans le départements de Yoro, dans un centre de capacitation, à Choluteca les agressions ont eu pour cadre 9 hôtels, d’autres agressions ont été signalées dans d’autres départements et dans la capitale, c’est jusque dans les restaurants où déjeunaient des délégués internationaux que les tentatives d’intimidation ont eu lieu.

Des membres des Tables Electorales affiliés à Libre ont subit des harcèlements, emprisonnements et menaces de la part de paramilitaires, aux exemples cités plus haut,   ce sont ajoutés ceux de Lempira ou à Ocotepeque où des membres de Libre - Julio Ramón Araujo Maradiaga (67) y María Amparo  Pineda Duarte (52) - victimes d’un attentat étaient) assassinés, des candidats  du Pac (parti anticorruption ont également fait l’objet de menaces.

En plus d’autres malversations comme l’achat de votes par le parti national, des membres de ce parti ont proféré des menaces de mort contre des membres de Libre siégeant à la même table électorale qu’eux.

La liste n’est pas exhaustive et d’autres faits continuent à parvenir à la table d’analyse alors que les dirigeants de Libre et de la Pac s’attachent à mettre en évidence les dérives du processus lui-même et de chercher les manières de rétablir le droit du peuples à choisir souverainement ses mandataires politiques.

Le but des  exemples rassemblés ici était de mettre en évidence des faits passés sous silence par les medias aux ordres : tant Libre que le Pac ont d’excellentes raisons de mettre en cause la validité des élections.

A suivre

Anne Wolff

 



 

 

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