19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 09:28
Frontère Serbie Hongrie. Source Aporrea 17/O9/2015

Frontère Serbie Hongrie. Source Aporrea 17/O9/2015

La Ceuta

La Ceuta

Et bien, nous y voilà, l’Europe vient de creuser à gros coups de bulldozer le lit de l’extrême-droite. Après ces annonces très médiatisée d’ouverture des frontières aux réfugiés ce qui n’a pas satisfait l’ensemble de la population, comme on s’en doute, l’angélisme n’est plus de rigueur, fermeture. Je me disais bien qu’il y avait vipère sous la roche. J’ai pu voir les réactions autour de moi, de tous ceux qui se sentent déjà lésés par les gouvernements de leur pays. « Ils ne font rien pour nous et ils accueillent des étrangers », « Ils ont expulsé une femme belge de son logement, avec sa petite fille pour y mettre des réfugiés », etc… que cette dernière assertion soit vraie ou fausse n’a plus aucune importance. Les missiles de la propagande ont atteint leur cible. Seules les très droite et extrême droite ont paru protéger cette population nationale précarisée pour qui la conscience politique est une grande inconnue, faisant naître une inquiétude qui portera ses fruits de peste brune aux prochaines élections. « Et s’ils recommençaient… à ouvrir les frontières », tous ceux qui ont joué la carte d’un humanitarisme de façade cette fois-ci. »

Je fais une petite parenthèse quand même aussi pour ceux qui « de gauche » ont marqué la différence entre les « réfugiés de guerre » et les « réfugiés économiques », les bons et les mauvais réfugiés, comme si la guerre n’était pas aussi économique, et que ceux qui quittent leur pays pour chercher un peu de bien être ou pour chercher les moyens d’envoyer à leur famille de quoi survivre ne le faisait pas chassés par une misère provoquée par une guerre globale vers des pays dont les habitants ont bénéficiés depuis les débuts de la colonisation ancienne et néo, en toute insouciance, des conforts ou luxe qui sont les produits de  ces pillages, de cette exploitation.

Il n’y a pas de bons et de mauvais réfugiés il y a une situation d’iniquité, quand ce le Nord fixe le prix des matières premières volées au Sud, où accepte d’importer des produits de manufactures esclavagistes, quand il n’en est pas lui-même propriétaire. Exploités de tous pays : Internationalisme OUI !  Compétitivité NON ! Non à la concurrence entre les habitants, non à la concurrence entre les peuple, elle est toujours au bénéfice des exploiteurs. Ce marquage de différence, sorte de frontière verbale entre les bons réfugiés et les autres, je l’ai lu venant de nombreuses plumes de gauche, et cela oui c’est du populisme… raison de plus pour m’interroger sur ce que ce mot gauche recouvre comme réalité concrète aujourd’hui en Europe, et quel sont les concepts promus. N’oubliez jamais qu’il existe une différence fondamentale entre populaire et populisme qui recouvre deux réalités différentes, l’un exprimant la voix du peuple et l’adhésion de ce dernier à ceux qui la porte, le second relevant du marketing qui vise à flatter le peuple y compris en ce qu’il a de plus vil dans le but d’en retirer des avantages, électoraux et autres. Populaire est du domaine politique, populisme s’apparente d’avantage au commerce.

L’ouverture des frontières a été un grand coup de bluff, dont les conséquences risquent d’être catastrophiques aux prochaines élections pour tous ceux qui savent que l’extrême-droite est ce qui leur peut arriver de pire, ainsi pour une partie de la population qui se laissera leurrer. Après il sera trop tard. Une fois que les outils de contrôle et de répression seraient au main d’une extrême-droite secondée par ses troupes paramilitaires qui se forment et préparent pour « une crise en Europe », un seuil aura été franchi.

Cette entrouverture ressemble à n coup de propagande et de populisme à contre-productif de la pire espèce. Il me reste une question, les auteurs de ce coup sont-ils cons ? Jouent-ils en réalité un jeu occulte sachant très bien vers quoi tout cela nous conduit ? On sait bien que Hollande n’est pas très fûût, fûût , certainement pas de gauche, et bouffi d’un orgueil que rien en justifie, mais Merkel n’est pas une imbécile. Alors quoi ?

 

 

 

Anne interpellée et incrédule

Mourir de soif... Goma, RDC Vivre près d’un grand lac et mourir de soif. Un autre aspect de la guerre

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Les enfants porteurs d'eau. Réfugiés économiques potentiels ? http://www.cooperation.ch/5512540

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 11:40
Leopoldo Lopez lors de sa participation au coup d'état contre Chavez en 2002

Leopoldo Lopez lors de sa participation au coup d'état contre Chavez en 2002

En attendant de vous fournir un travail plus approfondi et étoffé qui viendra confirmer et élargir les données de ce texte, je pense qu'il est opportun de remettre ce texte publié en février 2014 à la une à la suite de quoi,je donne une liste fort peu exhaustive, pour tout ce qui concerne la tentative de coup d'état conduite par Lopez, Machado et cie, vous pouvez vous référer aux archives du blog de février, mars et avril 2014. Pour tous ce qui concerne la nébuleuse d'extrême-droite sous égide d'Uribe en Amérique Latine, il faudra attendre que je puisse faire un travail de synthèsed'un ensemble de données à ce sujet. On pourra en atendant lire avec profit les textes de Stella Calloni qui est aussi auteure d'un livre au sujet de l'Opération Condor, de quoi rabattre le caquet à ceux qui prétendent que Washington n'est pas un des hauts lieux aù se fomentent des complots contre les démocraties qui leurs déplaisent

Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. Par Stella Calloni. Partie 1 

Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. Partie 2 (Venezuela) 

Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. Partie 2 bis (Bolivie)

 

Ainsi que tous les textes qui se rapporte à Optor,  la Ned, le Freedom Institut et autres organisations destiné à déstabiliser des états souverains pour y placer des gouvernements favorables ou laquais de Washington.

Et comme mon ordinateur à des ratés et que j'ai manqué  perdre ce travail, je vais en rester là pour le moment. Bonne lecture

 

 

 

Leopoldo López tel que le caractérise Ivina Cardinale est un « néonazi de confession, fasciste génétique putschiste de profession, qui offre un financement à de jeunes Vénézuéliens pour des stages d’entraînement paramilitaire à Miami ». Participant actif aux actions violentes du coup d’état de 2002 dont il un est des co-auteurs, Lopez était un des candidat aux primaires présidentielles de la MUD du 12 février 2012, mais sa candidature n’eut pas de succès et l’élection fut remporté par Henrique Caprilès Radonski.

Quelques mois auparavant, en décembre 2011, notre candidat malheureux, alors plein d’espoir, s’était rendu en Colombie pour y rencontrer l’ex-président Uribe afin de conclure avec lui un contrat de Conseil en Sécurité, pour sa future présidence.

En cette occasion López avait déclaré : « La Colombie est une référence absolument nécessaire et inégalable de ce que signifie le succès en matière de sécurité ». Alors qu’Uribe encensait ce candidat tout à fait à son goût : « Cela me préoccupe beaucoup que notre sœur Venezuela puisse se consolider en tant que dictature, un empire de destruction de la production, et aussi comme un refuge de la criminalité, c’est pourquoi, nous nous sommes réunit avec ce grand leader ».

Il avait alors mis à la disposition de López deux de ses « bras droits », Le premier José Obdulio Gaviria, avocat, cousin de l’ex chef du Cartel de Medellin Pablo Escobar, écrivait les discours d’Uribe et lui servait de conseiller politique chargé de donner une cohérence aux « théories » uribistes, surtout en matière de soutien et justification du paramilitarisme. Allant jusqu’à nier l’évidence des quelques 2000 cadavres victimes de ces escadrons de la mort retrouvés en 2O1O à La Macarena et les sordides assassinats de civils, faux positifs, tués pour que les militaires remplissent leur quota de guérilleros morts en les revêtant, après leur assassinat, de l’uniforme de la guérilla. Plusieurs mouvements populaires colombiens estiment que par ses liens actifs avec le paramilitarisme et le narcotrafic Obdulio Gaviria devrait être mené droit devant les tribunaux internationaux pour crime de lèse-humanité.

L’autre conseiller que Uribe mit à disposition de López est Alfredo Rangel, un défenseur inconditionnel du Plan Colombia et du leadership étasunien dans la mise en œuvre de ce plan dont il a été dit qu’il constituait une ingérence et une dépendance accrue de la Colombie vis-à-vis des EU qui fournissent les armes alors que les Colombiens, eux, fournissent les morts.

Un des objectif de López était de créer immédiatement des groupes paramilitaires légaux au Venezuela pour « lutter contre l’insécurité » en utilisant les méthodes colombiennes. Il n’est pas inutile de rappeler ici, que dans le cadre de cette lutte contre l’ « insécurité régionale » incarnée pour les yankees par le Venezuela bolivarien en général et son président Hugo Chavez en particulier, les Colombiens (et leurs maîtres militaires) avaient jugé bon d’infiltrer au Venezuela pas moins de 56 paramilitaires Colombiens, capturés en mai 2004, dans la propriété d’un membre de l’opposition, Roberto Alonsa, alors que revêtus de l’uniforme et des insignes de l’armée vénézuélienne, ils préparaient une tentative d’assassinat du président Hugo Chavez et de déstabilisation du pays, en se faisant passer pour des membres de l’armée nationale du Venezuela, la FANB.

On peut rappeler également que plusieurs groupes de paramilitaires avaient infiltrés le pays en Avril dernier, au moment des élections, encore une fois revêtus d’uniformes de la FANB, manque de bol, certains avaient été capturés parce qu’ils ne portaient pas le bon uniforme au bon moment. Actuellement des paramilitaires, en soutien aux teranientes, sèment la terreur dans la région frontalière, s’en prenant en particulier aux indigènes et petits paysans qui voudraient récupérer les terres dont ils ont été spoliés et qu’ils devraient récupérer dans le cadre de la Réforme Agraire entamée par Chavez. Fidèles à la bonne vieille méthode « sécuritaire » colombienne, qui, en semant la terreur, réduit les populations à l’impuissance, ils ont commis quelques meurtres et proférés pas mal de menaces contre les impudents qui voudraient faire valoir leurs droits, cette méthode à présent bien connue des mouvements sociaux d’Amérique Latine, du Pérou au Mexique en passant par le Honduras, porte le nom de Colombisation des Forces de Répression, et López en est un adepte inconditionnel. Nous verrons par la suite que des paramilitaires colombiens jouent également un rôle dans les processus de guérilla de la tentative de coup d'état actuel.

Mais là ne s’arrête pas les avancées de López dans la marche vers un conflit armé fratricide au Venezuela, puisqu’il a - il y a quelques mois - lancé un appel aux jeunes qui voudraient bénéficier d’une bourse pour participer à des stages de formations aux techniques paramilitaires à Miami. Stages qui ont effectivement lieu, et lors desquels les participants s’entraînent au tir de précision sur des cibles à l’effigie du Président Nicolas Maduro. Tout cela bien sûr sous prétexte de contribuer à établir la paix dans le pays et de créer un réseau de solidarité avec les « victimes du terrorisme marxiste ». Question "naïve", est-ce conforme aux règles du droit international, qu'un pays héberge et facilite l'entrainement de terroristes qui se préparent à renverser un gouvernement démocratiquement élu ? Rappelons qu'une enquête menée par un ensemble d'organisations non gouvernementales des EU, d'Amérique Latine, du Canada, établi que 87% des vénézuéliens ont confiance en leur démocratie, certainement un des chiffres les plus élevés au monde.

Miami, on ne présente plus, c’est le lieu où sont fomentés les complots qui visent à renverser les président(e)s progressistes d’Amérique Latine, le lieu ou depuis des décennies s’entraînent les terroristes qui les servent, le lieux où se réfugient les criminels recherchés dans leur pays, anciens bourreaux de Condor ou financiers corrompus, et c’est aussi un haut lieu du blanchiment de l’argent du narcotrafic auquel tout ce « beau monde » est plus ou moins liés et source de la fortune de plusieurs d’entre eux. Les liens en sac de nœuds qui lient entre eux dans des zones d’indiscernabilité, narcopoliticiens aux ordres, oligarchie vassale, DEA, « répresseurs nationaux et internationaux » de l’armée aux paramilitaires, comme les AUC, Autodéfenses Unie de Colombie. Une procédure judiciaire internationale est actuellement en cours contre Uribe, pour son rôle directeur de ces groupes de meurtriers – tortionnaires – violeurs. C’est aussi le lieu ou convergent et se nouent les associations avec le pouvoir de "Washington" qui par l’intermédiaire de diverses fondations et organismes subventionne la déstabilisation, les uns agissant ouvertement, les autres clandestinement.

La mainmise par les corporations sur les richesses des pays du Sud, par appropriation de la Terre est une réalité qui gagne du terrain et tue, affame, assoiffe, terrorise ou désespère,  chaque jour, des dizaines de millions de gens - et beaucoup de jeunes enfants chez qui un taux de suicide croissant cause une grande inquiétude -  cela  pour mener des projets d’agro-industrie, d’extractivisme, de tourisme « écologique », de zones franches, des projets de soustraction de territoire à la souveraineté nationale qui connaissent leur forme la plus aboutie dans les projets de « Cités Modèles » actuellement programmées au Honduras, et qui ont pour but de se répandre dans la région,… et dans le monde (voir la victoire contre Eurovegas en Espagne). De véritables enclaves néolibérales ayant leur propres lois, leurs propres services de répressions, leurs propres règlements d’esclavage des travailleurs et dont une association « sans but lucratif » fait la propagande dans le monde, entre chantage à la dette et promesse de création d’emplois.

C’est à la promotion de tels projets que travaille López, un gamin qui a grandit dans les quartiers réservés de l’Olympe Vénézuélienne, avant d’être envoyé au Kenyon Collège (haut lieu de recrutement pour la CIA) et à Havard au Kennedy School of Government dont un des célèbres anciens est le général Petraeus en personne…

Stella Calloni et Eva Golinger ont mené des enquêtes de grande ampleur pour démonter la toile d’araignée de l’invasion silencieuse de la CIA en Amérique Latine à travers des ONG de façade dont l’USAID est la plus connue, mais est loin d’être la seule - y sévit aussi sous le nom de JAVU, le programme de OTPOR/CANVA de Gene Sharp - et à travers lesquelles des milliards de dollars  ont été et sont consacrés à la déstabilisation de l’Amérique Latine Rebelle à la néo colonisation, tant peuples que gouvernements ; c’est dans cette mouvance qu’il faut placer López, Uribe ainsi que d’autres agents actifs de la déstabilisation régionale, comme le conseiller (d’origine vénézuélienne) des politiciens d’extrême-droite, JJ Rendon, qui après avoir dirigé la plus monstrueuse fraude électorale jamais menée au Honduras en décembre dernier, s’est retrouvé au Salvador pour la prochaine échéance présidentielle du continent, il n’est donc pas surprenant qu’il ait également été le conseiller de Capriles, une de ses spécialité consistant à salir les adversaires avec les plus ignobles mensonges « plausibles » que sa sinistre imagination produit.

On peut sans grand risque de se tromper considérer López, ou Caprilès, et d’autres comme fer de lance de la reprise en main du Venezuela par les pilleurs de planète, pour lesquels les morts d’une guerre civile sont autant de bouches inutiles à nourrir en moins, et les « interventions humanitaires » l’occasion de juteux contrats léonins, de même que les fumigations de Round Up et autres mortelles saloperies, plutôt en Amérique Latine qu’aux EU font partie de cette irréprochable logique économique énoncée sans détour par Lawrence Summer (ex-directeur du FMI et conseiller économique de Bush puis d’Obama de la première heure à la fin 2013), qui postule que les entreprises polluantes doivent être placées là « où les gens ont moins de valeur » (marchande..).

Ce qu’il faut retenir de López dans le cadre de la tentative de coup d’état actuel : son appartenance à une oligarchie vénézuélienne qui a en permanence un pied au Venezuela et l’autre à Miami et qui fait fait partie des serviteurs zélés de transnationales, qui leurs permettent en échange de participer aux modes de vie de l’Olympe apatride.

Que ce monde est profondément raciste, élitiste, méprisant le peuple et estimant que toute dépense pour lui accorder éducation, soin de santé, logement et autres composantes de la bonne vie, qui sont amplement mises en place au Venezuela, sont des gaspillages éhontés qui risquent de les priver des moyens d’acheter le dernier modèle de grand couturier de quelques cents mille dollars, la dernière voiture du plus grand luxe ou une nouvelle nième résidence, avec marina. C’est une réalité dont s’est plaint Manuel Zelaya, victime d’un coup d’état après avoir violé la règle de "tout pour l’oligarchie rien pour le peuple" et récemment le nouveau président du Paraguay a fait une déclaration en ce sens… encore un qui prend la mauvaise pente du socialisme du 21ème siècle ? une histoire d’humanité tout simplement ?

Comme je disais précédemment, malgré la mort de Chavez, tellement souhaitée et appelée (et provoquée ?) par ces pilleurs sans conscience, la révolution bolivarienne tient bon, et les échéances électorale qui devait en être les étapes de déstabilisation ont au contraire démontré sa solidité, sa large et profonde implantation. Si Chavez était grand, c’est qu’il s’était hissé, sur les épaules d’un peuple auquel il avait tendu la main pour qu’il se lève et se dresse de toute la hauteur de sa dignité nouvellement conquise, ne consentant à mettre « genou à terre » que pour faire allégeance non pas à un homme ou une femme mais bien à la Révolution de tout un Peuple. Chavez est un nom, "nous sommes tous Chavez", c’est cet ensemble où un peuple porte sur ses épaules celui qui a la vue la plus perçante, une vision d’avenir à long terme, mais aussi ce talent stratégique qui lui a permis de voir l’ennemi venir de loin et de construire la défense dissuasive du Venezuela contre ceux qui veulent en faire la proie de leurs pillages.

Chavez est bien sûr irremplaçable mais chacun s’efforce d’endosser l’héritage collectif - qui à travers les communes et autres mouvements sociaux sont la construction en acte du socialisme du 21ème -   que la révolution bolivarienne poursuive son chemin, conduisant vers la bonne vie, tous ceux qui sont prêt à participer à ce projet, fondé dans l’amour, la paix, le partage et la joie et aussi un immense pouvoir créatif d’intelligence collective.

 

A retenir donc, en ce qui concerne Lopez, son organisation de stages de paramilitarisation pour former des paramilitaires opposants sont la claire évidence d'une volonté de déstabilisation programmée. Des faits hautement condamnables lorsque ils ne sont pas menés avec l'aide, la bienveillance, et la collaboration active de "Washington". Mais qui avec son soutien et sa stratégie multimillionnaire de "diabolisation de l'ennemi" renverse les rôles et fait des bourreaux de peuples les chouchous de l'opinion publique internationale... pas tout à fait heureusement et un large mouvement de solidarité avec le vaillant et pacifique Peuple Bolivarien de Venezuela se fait entendre dans le monde entier...

 

Anne Wolff (février 2014)

 

Mais qui est donc Leopoldo Lopez ?

 

Quelques lectures complémentaires :

 

Raúl Capote, cubain,ex-agent double de la CIA et les "coups d'états doux" (24/03/2014)
Interview réalisée par Revista Chávez Vive 23 mars 2014 – Raúl Capote est cubain. Mais pas n’importe quel cubain. Dans sa jeunesse il a été recruté par l’Agence Centrale de Renseignement (CIA) des États-Unis. Ils lui ont offert de grosses sommes d’argent...Il évoque les formations données aux opposants étudiants du Venezuela en Serbie

...[. Par quoi ont-ils commencé au Venezuela ? Par envoyer des étudiants en Yougoslavie, financés par l’Institut Républicain International (IRI), qui lui est financé par l’USAID et par l’Albert Einstein Institut. Ils les ont envoyés par groupe de dix, avec leur professeur.

Tu as les noms des Venezueliens ?

Non, ils en ont envoyé des centaines. J’ai parlé avec le professeur, et j’ai vu que les groupes se succédaient, l’un à l’autre. Parce qu’ils travaillent dans le long terme. C’est le même plan que contre Cuba. Génesis promeut à l’intérieur des universités un plan de bourses de formation de leaders pour les étudiants et les professeurs cubains.]

Venezuela, théorie de Coups d’États « Doux » ; une pratique paramilitaire de violence et terreur

par rubèn ramos Dans cette troisième et dernière partie des trois articles sur le Venezuela et le “golpe” (coup d’état) qui prend d’assaut son processus de transformation révolutionnaire, je m’intéresserai à Gene Sharp, sa “lutte non violente”, comme...
 

10/03/2014

...[2. Une autre méthode de travail est le conseil à des mouvements concernant l’action et la capacitation de leaders, préalablement identifiés et évalués par eux (comme ce fut le cas avec Henrique Capriles, Leopoldo López, Alexandra Belandria, Yon Goicochea, cités dans « Analyse de la situation au Venezuela-CANVAS 2010 »

L’entraînement peut se faire in situ ou dans les centres et institutions des universités nord-américaines ou d’Europe avec lesquelles CANVAS à des accords. (a) Le John F. Kennedy School of Governement de l’Université de Harvard, par où est passé Leopoldo López et où Srdja Popovic et Slobodan Djinovic (les deux d’OTPOR) donnent des cours sur l’application stratégique de l’« Action non violente » depuis 2011, comprenant lectures, discussions et l’élaboration de projets concrets. (b)Le « Centre des Affaires Internationales de l’Université de Harvard. (c)Le « Programme sur les Sanctions Non Violentes et Survie » (PONSAC pour son sigle en Anglais), créé par Sharp et qui dépend du centre des Affaires Internationales de l’Université de Harvard (d) le « Projet OEA/Harvard » qui réunit le « Centre des Affaires Internationales de l’Université de Harvard » avec l’ « Unité pour la Promotion de la Démocratie de l’OEA ».]...

 

Des droites au look de gauche par Raúl Zibechi

Les récentes manifestations de masses générées par les droites dans les pays les plus divers, montre leur capacité à s’approprier les symboles qu’auparavant elles dédaignaient, semant la confusion dans les rangs des gauches.

Agences et instruments « made in USA » de la sédition au Venezuela

Par Atilio  A.Boron

... [

Pour intervenir dans ces pays, les États-Unis comptent un grand nombre d’agences et institutions, publiques, et d’autres semi-publiques et un autre grand nombre de caractère privé mais articulées autour des priorités de Washington. La CIA est la plus connue, mais elle est loin d’être la seule : le Fond National pour la Démocratie (National Endowment for Democracy, NED) est un de ses fers de lance de cette campagne mondiale. La NED est un « déstabilisateur invisible » comme l’appelle l’expert en cette matière, Kim Scipes, de l’Université Purdue.

Dans une note récente, cet auteur démontre que malgré que la NED prétende passer pour indépendante, elle fut créée par le Congrès des États-Unis pendant la présidence de Ronald Reagan (pas précisément un démocrate !) et grâce à un appel spécial de ce président archi réactionnaire. Pour son fonctionnement, elle compte sur d’importants fonds publics, approuvés par le Congrès et parmi les membres passés et actuels de son Directoire on compte les noms des principales figures de l’establishment conservateur des États-Unis, comme Henry Kissinger (selon Noam Chomsky, le plus grand criminel de guerre au monde), Madeleine Albright, Zbigniew Brzezinski, Frank Carlucci (ex directeur adjoint de la CIA, Paul Wolfowitz, le sénateur John McCain, et l’ineffable Francis Fukuyama entre autres faucons de la droite nord-américaine.]...

Petras : Arrêter le fascisme au Venezuela avant qu’il ne soit trop tard.

- Le pacifisme de l’Empire, au Honduras comme ailleurs :OPTOR et ses contre révolutions

(et son influence au Venezuela et en Bolivie)
- Les militants égyptiens formés à Washington et chez OTPOR – donde vamos

(et approche anticipative (2011) de la situation actuelle au Venezuela d’une grande clairvoyance) 

- Venezuela, les membres sifrinitos de JAVU s’en prennent aux enfants du peuple.

(exemple pratique des actions “non violentes” de JAVU = CANVAS Venezuela)
-L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA

(texte de référence )

Venezuela, Ukraine, Syrie, trois peuples différents, un ennemi commun
La marque d'Otpor/CANVA, celle des révolutions de couleurs est, cette fois au Venezuela, celle de JAVU et des Manitas Blancas, des mouvements ouvertement fascistes et (mains blanches) suprémacistes blancs ! Il est évident que les informations au sujet...

Le Venezuela devrait d'avantage s'inspirer de la démocratie étasunienne ! (04/04/2014)
3 avril - Une cinquantaine de manifestants, munis de cocktails molotov, battes, bouteilles et d’au moins 5 armes à feu s’emparent d’un étudiant chaviste. Ils le battent, lui cassant le nez et lui causant des fractures de la boîte crânienne ainsi que de...

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 22:52
Les médicaments contre la santé publique. Sociétés pharmaceutiques et lobbying

Alors que j’enrage de voir des amis se bousiller la santé à coup de médicaments généreusement prescrits par des médecins devenus agents commerciaux des sociétés pharmaceutiques sans trop de discernement, plusieurs quotidiens et autres sites publient les données relatives au lobbying pratiqué par les Sociétés pharmaceutique auprès de la Commission Européenne à Bruxelles. Dans celui publié par le journal le Monde, Un rapport pointe l’influence excessive du secteur pharmaceutique à Bruxelles, nous apprenons que le budget annuel (déclaré) consacré à cette activité qui s’apparente à la corruption atteindrait (pour 2015 ? ce n’est pas précisé) un montant de 40 millions d’euros, un montant officiel qui a cru de 700% depuis 2012.

Ce budget sert à faire tomber les barrières réglementaire qui freineraient ou empêcheraient la mise sur le marché de certains nouveaux médicaments, en rémunérant quelques 176 lobbyistes chargés d’obtenir pour les représentants de ces sociétés des réunions avec les plus hautes instances européennes concernées, les Directions générales de la Santé, Recherche et Développement, Commerce, Croissance,… Une cinquantaine de réunions se seraient ainsi tenues depuis décembre 2014, permettant à ces sociétés de faire passer des textes à la mesure de leurs intérêts.

Le texte se conclut en faisant remarquer qu’aux EU, ces mêmes compagnies vont jusqu’à financer des partis politiques. Une pratique qi si elle n’existe déjà en Europe ne saurait tarder à entrer en vigueur.

A cela je vais ajouter quelques petites remarques qui montrent que les opérations de propagandes des grandes firmes pharmaceutiques ne se bornent pas à exercer une influence sur la Commission Européenne. Elle en exerce directement sur les médecins, qui se voient offrir des cadeaux parfois somptueux par ces sociétés qui les invitent également à des séminaires et conférences dans des endroits de luxe. Donc le terme généreux dont je qualifiais ces médecins est un peu usurpé, qualifiant plus la quantité de substance prescrite que la conscience des médecins. Quels budgets sont consacrés à ces méthodes de subornation ?

Un autre budget qui doit être assez pharamineux est celui que ces compagnies consacrent à la publicité. La télévision ne fait vraiment pas partie de mon univers, sauf dans des périodes comme celle actuelle où je suis hébergée des amis chez qui elle fonctionne quasi en permanence. Non seulement je suis frappée par la quantité de publicité diffusée, mais aussi à l’intérieure de celles-ci par le grand espace occupé par des publicités consacrées à des productions pharmaceutiques. Ce qui conduit aussi des personnes à pratiquer des automédications douteuses.

Ainsi l’autre jour, alors que je souffrais de maux d’estomac, un ami bien intentionné voulait absolument me faire prendre un anti-inflammatoire bien connu pour en provoquer. Non merci, lui dis-je, je ne prends pas de médicaments. J’ai eu beau exhiber la notice indiquant que les maux d’estomac font partie des effets secondaires que peut provoquer ce médicament, il n’en démordait pas.

Je me suis fait un bon bol de flocon d’avoine et mes maux d’estomacs ont disparus. Si je laisse un peu aller les choses, je me composerai quelques menus à base d’aliments qui retapissent l’estomac et le tour est joué, sans ’effets secondaires, alors que la plupart des médicaments en provoquent.

J’ai lu quelques textes rapportant des scéances de la Commission Européennes qui visent à m’interdire ce genre de pratiques pour me protéger contre moi-même. J’ai appris par d’autres sources que les Sociétés Pharmaceutiques font également pression sur la Commission pour qu’elle dénigre ou interdise l’usage de plantes médicinales et autres recettes de grand-mère. N’empêche, je tiens une bonne partie de celles que j’utilise et qui m’ont maintenue en bonne santé jusqu’ici de ma grand-mère qui était veuve… de médecin.

De ce que je peux constater autour de moi, les effets iatrogènes des prescriptions médicamenteuses sont de loin supérieurs à leurs effets bénéfiques, mais cela les compagnies pharmaceutiques s’en fichent ou au contraire s’en réjouissent puisque leur but n’est pas de guérir les patients mais bien de réaliser les plus grands profits possibles en conquérant toujours d’avantage de nouveaux marchés. Ceux conséquences d’effets secondaires, tertiaire, quaternaire,… étant particulièrement rentables.

Bref une véritable opération d’empoisonnement massif des populations.

Et cela marche…

Anne

 

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 11:36
Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes

 

 

Je vous renvoie aujourd’hui à un texte important, publié par Pièces et Main d’œuvre : « Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes ». Un site incontournable qui va à l’essentiel, essence de l’humanité, essence de la vie et dénonce ce qui dans la société technocratique à vocation transhumaniste, celle de l’homme augmenté au cyborg, remet en question cette essence même.

Souvent quand je vois des reportages, des photos qui nous parle de pays lointains, je suis frappée de voir une homogénéisation de l’architecture, une homogénéisation de l’urbanisme. Pavillons pour classes moyennes, immeubles de bureaux des Centres Urbains, banlieues pourries de HLM,… partout c’est la même stérilité architecturale qui prévaut dont les angles tranchant blessent le regard. Surtout ceux qui sont habités par l’infinie diversité des possibles en matière d’habitat et la beauté du chaos organisé de la nature, reposant et régénérant pour les vivants que nous sommes (encore).

Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes
Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes

J’ai vu détruire l’âme de ma ville Bruxelles à coups de bulldozers qui en ont éradiqué l’histoire, la mémoire et l’âme. Cela ne s’invente pas, les sociétés qui ont commis ces ravages avaient pour nom Crèvecœur et Froiddecœur. Je ne sais pas quand j’ai compris que cette transformation du paysage était une des manifestations intrinsèques et obligée de la globalisation, mais il était alors déjà bien trop tard, ma ville n’était plus, elle ne renaîtrait pas de ces cendres, le Nouveau Monde avait pris place.

A cette même époque de destruction massive, l’alliance occulte entre le Bourgmestre de Bruxelles Paul Van Den Boeynants, qui utilise des hommes de pailles pour pratiquer une spéculation immobilière éhontée, que rendent possible ses choix en matière d’Urbanisme, sera déterminante pour le devenir de la ville. Quand la question se pose du choix entre une ville où les transports en commun prévalent sur l’automobile, les prodigieux profits qu’il pourra tirer de la propriété des parkings au centre de la ville dicte son choix assassin. Et des voies rapides de « pénétration urbaine des automobiles » rompent avec le rythme ancien et paisible de la ville piétonne.

Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes
Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes

Entre les souvenirs d’enfance, les récits de mes grands-parents et ce voyage que je viens de faire en image dans un passé pas si lointain qui évoque l’époque où monde urbain et rural fusionnaient dans les communes de la périphérie bruxelloise, je reçois une fois de plus confirmation de tous les sacrifices qui sont exigés de nous alors que la circulation automobile prévaut sur le bien-être des habitants.

Aujourd’hui je pense que la nouvelle version de la Place Flagey, sécuritaire et anti-conviviale n’est pas pour rien dans le phénomène de destruction massive que subit notre petit groupe d’amis qui avaient pris l’habitude de s’y retrouver. Dans le texte « Les espaces publics se défendent des indésirables », que j’avais relayé en septembre 2011, cette architecture sécuritaire de la nouvelle version de la Place Flagey est évoquée. En fait, c’est totalement contre productif, et jamais Flagey n’avait connu autant de délinquance, de violence et de misère stagnant sur ses bancs en rangs d’oignon contrecarrant toute possibilité de convivialité, d’intimité.

Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes

Le document que nous soumet Pièces et Main d’Œuvre illustre aussi très bien la manière dont des gouvernements dits de gauche, parfois croyant bien faire, installe le fascisme sur leur territoire par la forme des murs, habitats et autres bâtiments dont ils promeuvent la construction. C’est le cas actuellement au Venezuela où le « mission Vivienda » reproduit les mêmes erreurs qui ont été commises en France avec les HLM sans âme, loin de toute manifestation de la vie collective, ni magasins, ni lieux de loisirs. Générant par sa structure même ses formes de délinquance et de criminalité, ces propres maladies de l’âme pour ses habitants enfermés dans leurs petites boîtes trop étroites.

Parce que parfois,un miracle, lumière éphémère d'un coucher de soleil, rend à la place un semblant de magie

Parce que parfois,un miracle, lumière éphémère d'un coucher de soleil, rend à la place un semblant de magie

Les vrais « fascistes » de notre temps - Le Corbusier et les architectes urbanistes

vendredi 26 juin 2015 par Pièces et main d’œuvre

On sait que rien n’est plus galvaudé en France, aujourd’hui, que le terme de « fasciste ». Cela tient au confusionnisme général ; aux falsifications révisionnistes type Ni droite, ni gauche (Zeev Sternhell) et L’ idéologie française (BHL) ; aux manipulations de la gauche d’Etat qui se drape dans la pose avantageuse de la Résistance ; aux délires de convulsionnaires qui s’arrogent le titre d’« antifascistes » et le privilège de frapper d’infamie les gens qui contredisent leurs lubies.

Les mots « fascisme » et « fasciste » renvoient à un phénomène précis et daté : des mouvements de masse militarisés, dans l’entre-deux guerres, menés par des chefs charismatiques, mobilisant des idéologies archaïques, religieuses ou païennes, et les technologies les plus modernes, au service d’expansions nationalistes et futuristes.

Ce fascisme-là a toujours été minoritaire en France, même « aux heures les plus sombres de notre histoire », à Vichy et sous Pétain. Les Quarante millions de pétainistes (H. Amouroux) qui s’en remirent au vainqueur de Verdun entre juin 1940 et juin 1941, n’étaient pas des « fascistes », mais des orphelins en quête d’un père de la Nation. Les vrais fascistes, les maigres milices de Doriot, Déat, Deloncle qui déchaînèrent leurs exactions sous la botte de l’occupant, n’ont laissé que des fantômes d’ héritiers, tout juste bons à justifier un fantôme d’antifascisme. Aussi avons-nous toujours employé avec des guillemets et parcimonie ce mot de « fascisme ». (cf. Postures et impostures : au Grand Guignol de la Gauche (leur « antifascisme » et le nôtre). Cf. Le vrai « fascisme » de notre temps. Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme.)

Il se trouve que Le Corbusier fut un vrai fasciste, sans guillemets ni repentir. A la fois dans ses opinions et ses amitiés. Il se trouve que l’idéologue du modulor, de « l’homme standard » et de la « la machine à habiter », fut le maître à construire des communistes, des gaullistes, des dictateurs comme des démocrates, et de toute une génération d’architectes urbanistes, en France et dans le monde, après la défaîte des fascismes. C’est que par-delà leurs guerres pour la prise de l’Etat, fascistes, communistes, et républicains partageaient le même idéal technocratique de l’urbanisme fonctionnaliste. Tous s’inscrivaient avec ferveur dans ce mouvement techno-totalitaire : l’homme-machine dans sa machine à habiter, dans une ville-machine, dans un monde-machine. C’est qu’il ne suffit pas d’être antifasciste (communiste, "blanquiste", trotskyste, stalinien, castriste, maoïste, etc.) pour être antitotalitaire.

Hackers et « antifascistes », encore un effort pour être de votre temps. Il ne suffit pas de rabâcher la sempiternelle critique de la « gentrification », de l’éviction des habitants des quartiers populaires au profit de vos amis et congénères de la creative class (R. Florida), pour combattre les nouvelles Metropolis. En Chine, en Californie, comme à Nice, Paris et partout dans le monde voici la smart city, la cité machine automatisée, la version 2.0 de la police urbanistique. L’organisation optimale de l’ordre public. Mais cette « ville intelligente » criblée de capteurs, traversée de « flux » , de « réseaux », de « virtualités » innombrables, n’est-ce pas précisément votre matrice adorée, et donc, comment pourriez-vous la brûler ?

(Pour lire l’article, cliquer sur l’icône ci-dessous).

Description : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/prive/vignettes/pdf.png
Le Corbusier
Version prête à circuler
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 21:25

Par Manuel Legarda

Source Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel

PEROU | CHRONIQUES DE LA VRAE

Février 2015

Je me souviens de mon voyage dans la région de la VRAE des années auparavant, depuis Puerto Ocopa jusqu’à Puerto Cocos, à travers le fleuve Ene. Nous travaillions alors sur un projet de documentaire sur les campagnes de stérilisations forcées effectuées au Pérou. J’avais été très impressionné par la militarisation de la région, les nombreuses bases militaires et les contrôles que nous avions subis tout au long du voyage qui avait duré deux jours. Nous arrivions dans les villages dans la pénombre de la tombée du jour pour repartir avec les premiers rayons du soleil. Dans certains d’entre eux, un générateur électrique faisait parfois fonctionner un téléviseur autour duquel s’agglutinaient les enfants mais, en général, nous n’entendions que les concerts nocturnes de la faune infinie de la région. Je me demandais contre qui combattaient tous ces militaires. C’était en 2007 et à la capitale on parlait de l’existence de « derniers foyers subversifs ». La plupart des gens que je connaissais à Lima me disaient qu’il s’agissait d’ « actions très isolées des derniers narcoterroristes ».

En février de l’année dernière j’ai décidé de retourner à la VRAE afin d’essayer de comprendre la situation, principalement celle de ses habitants. D’Ayacucho à Pichari il y a 7 ou 8 heures de parcours qui peuvent se prolonger ou s’écourter selon le mode de transport choisi et les conditions météorologiques. Le choix se fait entre une camionnette collective dans laquelle voyagent environ 10 personnes avec un amoncellement de bagages sur le toit, la voiture dans laquelle voyagent 5 personnes et le pickup: 5 personnes  à l’intérieur mais aussi quelques-unes à l’arrière. Les prix varient en fonction du porte-monnaie. Mon voyage fut une torture, les pluies avaient décoré la route de trous et à certains endroits elle était même traversée par de petits ruisseaux. D’où les tressautements permanents tout le long du trajet. Après le village de Quinua et les hauteurs de Tambo, la route se transforme en chemin de terre, autant dire, en terre et en boue quand il pleut. Nous continuâmes vers Acco, Tutumbaru, Ayna, Machente (où nous fûmes arrêtés par un premier contrôle de police), San Francisco (surnommée amicalement San Pancho par ses habitants) et, finalement, Pichari. J’arrivai à midi. La chaleur était intense et je devins la cible préférée des moustiques. J’avais entendu que dans un village proche de Pichari le gouvernement avait approuvé la construction d’un aérodrome militaire états-unien. Je voulais interviewer à ce sujet le maire de Pichari, favorable à la construction de l’aérodrome et aussi Ruth Rodríguez Salvatierra, lieutenant-gouverneur d’Otari, le village où devrait se construire l’aérodrome, et opposée au projet.

À la Municipalité de Pichari  on m’a indiqua que le maire était à Lima et qu’il reviendrait deux jours plus tard. Les jours suivants j’y retournai à plusieurs reprises avec l’intention de l’interviewer, sans succès. Pichari est une petite ville mais des dizaines de camionnettes 4X4 se promènent dans les rues, certaines conduites par des habitants, des transporteurs et d’autres par des militaires, avec des soldats fortement armés à l’arrière. Cela me fait penser aux forces d’occupation, extérieures à la population, comme en Irak ou en  Afghanistan. Dès le matin, les camionnettes militaires circulent sans cesse dans les rues de Pichari. Dans la ville de Pichari se trouve le siège du Commandement spécial de la VRAE, formé par l’Armée, les Forces de l’air et la Marine de Guerre. La Police Anti-drogue (DIRANDRO) et la Police Anti-terroriste (DIRCOTE) sont aussi présentes dans la vallée.


LES PARADIS D’OTARI ET PUERTO MAYO: 
LA FUTURE BASE MILITAIRE ÉTATS-UNIENNE

À vingt minutes de Pichari par une route goudronnée on accède à Otari, terre asháninka (2) où arrivèrent des émigrants des Andes à la fin des années soixante pour vivre et travailler dans la région. Ce sont ces émigrants qui ont créé Otari Colonos. Les habitants ont de bonnes relations avec leurs voisins asháninkas, ils ont grandi ensemble, souffert ensemble et lutté ensemble dans de nombreux cas. De l’autre côté de la route se trouve Puerto Mayo, un beau village au bord du fleuve, avec une terrasse de végétation paradisiaque entourée de palmiers.



Je rencontrai Ruth Rodriguez Salvatierra, lieutenant-gouverneur du village Otari Colonos, à la terrasse d’un petit restaurant au bord de la route. Elle m’y expliqua les préoccupations des habitants de la région face au projet de construction de l’aérodrome militaire. À quelques mètres de nous, un groupe d’habitants fêtait un anniversaire au son de chansons andines interprétées par une bande de musiciens. L’un d’entre eux, interrogé au sujet de la construction de l’aérodrome, me dit: 
« Les gringos veulent venir se saisir de nos richesses, cela ne nous convient pas. Ils disent qu’ils vont construire un aérodrome militaire ici, c’est-à-dire que toute cette nature, où nous avons lutté, où nous vivons, ils vont la transformer en poussière. Les gringos ne viennent pas seulement pour éradiquer la coca, ils viennent se saisir de nos richesses. Il y aura des gringos armés. Cela ne nous convient pas ».

Otari a un sol riche qui produit du cacao, des bananes, du maïs, du manioc. Les agriculteurs ont à peine besoin d’engrais, les plantes poussent sans difficulté grâce à la qualité de la terre. De plus, une route traverse le village ce qui facilite le transport de ses produits. Il y a de l’électricité et quelques habitants ont même eu accès à l’université. Dernièrement, c’est devenu une zone très fréquentée par des visiteurs d’autres régions. Progressivement, elle est en train de se transformer en un endroit touristique comportant des zones de loisirs. C‘est dans cette belle région que le Commandement Sud des États Unis va construire un aérodrome militaire. Il faudrait pour cela quelques héctares (3), pourtant le plan de construction prévoit d’exproprier 475 hectares aux habitants. Ce qui fait penser à l’installation d’une base militaire plutôt  qu’à celle d’un simple aérodrome. Afin de concevoir la taille des expropriations on peut considérer que deux terrains de foot correspondent à un hectare. La taille du terrain exproprié serait équivalente à celle de 950 terrains de foot.

Un des agriculteurs nous expliqua que personne n’était venu leur demander leur avis sur la construction de l’aérodrome, mais qu’ils commencèrent à avoir des soupçons en 2003 quand ils virent arriver « des état-uniens grands, blancs, pour faire des études du sol en effectuant des forages ». Les habitants leur demandèrent pourquoi ils faisaient tout ça mais ils n’obtinrent aucune réponse, « ils ont simplement fini leur travail et sont partis ». C’est la raison pour laquelle ils se sont réunis en assemblée pour enquêter. « Plus tard, plusieurs militaires habillés en civil se sont présentés pour négocier au nom du gouvernement, ils ont essayé de faire signer aux habitants des documents en blanc pour qu’ils cèdent leurs terres pour la construction de l’aérodrome militaire […..] Ces terres on ne va pas les vendre, elles sont pour  ceux qui les travaillent. Ce paradis, dans quelques années ils vont vouloir le transformer en terre de larmes et de poussière, un scénario de guerre et de destruction ». 

Alors que le projet est en pleine préparation, puisque sa construction est prévue dans les deux ou trois ans à venir, le maire de Puerto Mayo, Primitivo Ramírez précise avoir demandé sans succès le dossier technique de la construction de l’aérodrome militaire  au responsable de CODEVRAE (Coordination du Développement de la Vallée des fleuves Apurímac et Ene), le colonel de l’Armée Luis Rojas Merino. « Il a déjà indiqué clairement ses intentions à la radio :  “nous avons besoin d’un aérodrome militaire afin de fournir un soutien logistique au quartier général et aux bases militaires de la VRAE” ».



 

Herminio Castañeda montre les fruits de cacao de sa récolte attaqués par les maladies. Les cultures alternatives proposées par le gouvernement, comme le café et le cacao sont souvent attaquées par les maladies et les plaies.


Le dirigeant asháninka Herminio Castañeda, à qui nous rendîmes visite dans la communauté de Quinquiviri Baja, est farouchement opposé à la construction de l’aérodrome militaire. « Qui dit militarisation dit viol. Il y aura de la violence, des états-uniens viendront. Que savent-ils des femmes autochtones? Ils vont violer. Nous ne voulons pas de ça. Ils sont méchants. Nous ne voulons pas de violeurs ici. Qu’ils aillent se battre contre les « oncles » qui sont dans le Vizcatán, qu’ils aillent là-bas, qu’ils fassent leur aéroport par là-bas, pas ici. Nous avons fait la pacification, maintenant les états-uniens veulent venir profiter de nous, les asháninkas. Qu’ils luttent comme moi j’ai lutté contre les oncles là-bas dans le Vizcatán ». Les« oncles » c’est le terme employé par les habitants de la région pour parler des guérilleros du PCP-Militarisé (4) dirigé par Víctor Quispe Palomino, le camarade José.

La construction de « l’aérodrome militaire » sera menée par BUILDING STRONG, le Corps d’Ingénieurs de l’Armée des États-Unis qui, comme indiqué sur leur site internet, « a pour objectif celui de  protéger les intérêts des Etats Unis à l’étranger à travers son expérience en ingénierie » . L’aérodrome sera construit à la demande du Commandement Sud. Ainsi, tout ce qui concerne sa construction est considéré comme secret défense et relevant de la sécurité nationale par le gouvernement d’Ollanta Humala. Comme à l’époque de Fujimori, aucune explication ne sera donnée aux péruviens ou au Congrès sur ces actes. « Nous, les asháninkas, avons notre pharmacie dans ces forêts, nous y obtenons nos médicaments, nous faisons notre marché dans les cours d’eau, qu’allons-nous faire si on nous les enlève ? ».Le constat d’Herminio Castañeda est amer.


 


 

Source: US Army Corps of Engineers
http://www.usace.army.mil/ 



LES NARCOTRAFIQUANTS

Qui trouve-t-on dans la prison de Yanamilla? se demande Primitivo Ramirez, le jeune maire de Puerto Mayo. « La plupart sont nos frères, nos amis, parfois du quartier, de la famille, des connaissances, des gens modestes, souvent sans éducation; mais avez-vous vu dans la prison les grands narcotrafiquants de la région, les grandes mafias ? Beaucoup d’entre eux sont habillés en costard cravate, beaucoup d’entre eux sont même des autorités ou des fonctionnaires de haut niveau. Ce sont eux les grands narcotrafiquants. Ce sont eux aussi qui permettent l’entrée des composants pour la fabrication de la cocaïne ». Selon Carmen Masías ex-cheffe de DEVIDA (5) 4.000 jeunes croupissent dans les prisons pour ces raisons.

 Le candidat à la mairie de Pichari, Hernán Palacios, résume la nouvelle militarisation contre le narcotrafic qui d’après lui n’est même pas efficace: « En 1994 quand le prix de la feuille de coca a baissé on n’a pas éradiqué le producteur paysan de coca, on a attaqué les narcotrafiquants. Si l’Etat voulait aujourd’hui poursuivre les narcotrafiquants, il ferait baisser le prix de la feuille de coca. De plus, maintenant on a la technologie, par exemple avec l’installation de scanners aux contrôles de police de Machente nous empêcherions l’entrée des composants dans la VRAE. Pourtant c’est tout le contraire qui arrive, il y a quelques années nous avons eu un chef de la police à Machente qui a été arrêté avec de la drogue à Arequipa. Deux tonnes, imaginez ». 

Pourtant, d’un autre côté, des dizaines de jeunes « mochileros », comme on appelle les transporteurs de pâte base de cocaïne, sont tués chaque année  avec 5 ou 6 kilos de celle-ci en leur possession, par l’armée et la police sur les routes de la VRAE. On découvre souvent leurs photos en première page des journaux, affichées comme celles des « narcoterroristes abattus ». Ces jeunes ne sont qu’un exemple de l’abandon dans lequel se trouve la région et les ravages dans ce qu’un pays a de plus précieux : sa jeunesse. Les « mochileros » constituent un petit maillon de la grande affaire du narcotrafic dans laquelle ils sont les premières victimes.

Au Pérou on ne saisit que 7% des composants nécessaires à la fabrication de la pâte de cocaïne et moins de 4% de la cocaïne produite. Le Pérou produit 350 tonnes de cocaïne desquelles seulement 7 tonnes en sont saisies. Par où sortent les 343 tonnes restantes alors que les contrôles de police, les bases militaires, les agents de la DEA pullulent dans toute la région de la VRAE et dans les autres régions de culture de feuille de coca? 80% de la cocaïne produite quitte le Pérou par voie maritime par le ports de Callao, Ilo, Chimbote et Paita. Le Pérou est devenu le premier exportateur mondial de cocaïne.(6) et selon l’ONU aussi le premier producteur.

Il était cinq heures de l’après-midi. En attendant à Quisto Valle une camionnette qui me ramènerait à Pichari je vis des dizaines de jeunes qui descendaient vers la route. Je discutai avec certains d’entre eux. Ils travaillaient dans les plantations de coca. Ils venaient  de terminer une dure journée dans les champs. Ils étaient issus de différentes régions: de Huancavelica, d’Andahuaylas. Ils arrivaient en familles ou en groupes, ils étaient tous très jeunes, des hommes et des femmes, à la recherche d’un avenir qu’aucun gouvernement ne leur a accordé. Une génération qui, comme celle de leurs parents, n’a jamais connu le « Señor Gobierno ». (7)

LA COCA OU LA MORT

Il est vrai, comme dit le maire de Puerto Mayo que « le paysan est très direct dans sa manière de résumer sa situation [….] Ils disent la COCA ou  la MORT, mais il ne faut pas l’interpréter comme du radicalisme ». Le paysan cultivateur de coca pense que l’éradication des plantations de feuilles de coca le mènera à une mort lente pour lui comme pour sa famille. Et il est certain que beaucoup d’entre eux s’opposeront et mourront si nécessaire en défendant leurs plantations. L’éradication annoncée va générer sans aucun doute un conflit social à grande échelle. Primitivo Ramírez prévient : « Attention, les populations et les communautés de la VRAE sont armées à cause des séquelles socio-politiques vécues pendant les violences politiques des années 80 et 90 ».


 


De l’autre côté du fleuve Ene, du côté d’Ayacucho, se trouve Sivia. Les habitants de la région décorent leurs embarcations et leurs maisons en vert émeraude, la couleur de la région de Huanta à laquelle appartiennent les différents villages de cette partie du fleuve. Sur la place centrale de Sivia, un paysan cultivateur de coca attendait assis avec sa fille l’ouverture de la filière de la Banque Agricole pour demander un crédit. Son visage et ses mains marqués sont les fidèles témoignages du dur labeur que doivent réaliser les habitants de la région. Il nous dit que l’éradication n’apporterait que plus de famine et de misère,« comme dans les années 90 beaucoup de jeunes se tourneront vers la subversion, la situation n’a pas changé, les militaires continuent de commettre des abus, ils rentrent dans les maisons et emportent nos affaires […..] Il y en a beaucoup qui disent que, si c’est nécessaire, nous laisseront nos vies en défendant la coca ». Il y avait de l’indignation et de la désolation dans son regard. L’abandon est le sentiment qui transparait dans ces terres, un abandon qui contraste néanmoins avec l’effort indescriptible effectué par ces paysans pour survivre et permettre à leurs familles de s’en sortir.

Ruth Villar Quispe, ex-dirigeante de la Fédération des clubs de mères de la Vallée des fleuves Apurimac et Ene , voit avec « inquiétude le trafic journalier des hélicoptères et des navires sur le fleuve. » Comme beaucoup d’autres mères, elle a souffert et vécu dans sa chaire la guerre interne, elle a perdu des membres de  sa famille. « L’Etat ne se rend pas compte qu’il est en train de traumatiser nos enfants. Pour les enfants, les hélicoptères sont des croquemitaines, le bruit est permanent, de jour comme de nuit. Nos frères, les agriculteurs, nos frères paysans, sont catégoriques, ils disent la coca ou la mort. Le seul moyen d’existence pour tous ici dans la VRAE c’est notre coca. Le gouvernement doit dialoguer avec les dirigeants pour qu’ils arrivent à un accord. Nous ne sommes pas d’accord pour qu’ils interviennent sans nous consulter au préalable ». Elle lance un appel au gouvernement d’Ollanta Humala afin qu’il réfléchisse avant toute éradication intempestive: « Qu’avait-il dit quand il était candidat ici à Ayacucho ? Je ne vais pas éradiquer la feuille de coca ! Je veux qu’il tienne parole parce qu’il nous a vraiment menti, il est arrivé au pouvoir avec un mensonge. Monsieur Humala, réfléchissez-y mille fois avant d’entrer dans la VRAE ».

De Sivia, nous partîmes en direction de Huamanpata, nous parcourûmes de petites collines et nous aperçûmes d’en haut la beauté du grand fleuve Ene et son épaisse végétation sous le concert mélodique de l’incommensurable population d’êtres vivants qui habitent la vallée. Huamanpata est un petit village. Dans la rue principale, les habitants sèchent les feuilles de coca sur de longues bandes en plastique noir et bleu. Un vieux monsieur nous accueillit et nous  souhaita la bienvenue. Nous parlâmes avec quelques habitants puis nous nous dirigeâmes à pied vers les parcelles pour dialoguer avec les paysans qui travaillaient encore sur la plantation. Nous fûmes été reçus sur une parcelle par Mario Gómez,  paysan de petite constitution. Sur une colline au milieu des cultures,  sous un soleil de plomb, les feuilles des arbustes de coca prenaient une couleur verte fluorescente. Les enfants jouaient dans les environs, apportant une note d’innocence et de gaité dans un paradis que l’on essaie de condamner à la désolation et à une perpétuelle misère. Avec son parler calme et précis, Mario nous expliqua peu à peu ses inquiétudes et ses préoccupations: « La politique répressive du gouvernement en place et de l’institution DEVIDA nous inquiète beaucoup à cause de la décision prise. Nous sommes des agriculteurs pauvres, de petits propriétaires, nous ne sommes pas des grands producteurs de coca comme ils  le pensent. Ils croient que, dans la vallée, même les chiens ont des dents en or. Ce n’est pas vrai. Cette éradication répressive, unilatérale qui nous arrive dessus nous inquiète beaucoup. […..] Comme vous le voyez, la vallée n’est pas comme l’imaginent les gens huppés de Lima, qui nous considèrent comme des terroristes, des narcoterroristes, des personnes de mauvaise réputation. Nous ne sommes pas comme ça ».


 



« Nous aimerions nous mettre au développement alternatif mais malheureusement il n’arrive pas dans cette zone. C’est vrai que DEVIDA  a un budget annuel énorme pour la vallée, des millions, mais finalement, cet argent n’arrive pas au petit propriétaire cultivateur de coca. [….] « 60% du budget reste à Lima. Ils ne nous ont donné que quelques sacs pour planter des pepinières et quelques scies. Je n’appelle pas ça du développement alternatif. […..] « Le plan de développement alternatif est un  échec cuisant. Allez-y,  visitez n’importe quelle parcelle et vous verrez qu’il n’est pas arrivé. Ils ont échoué parce qu’on ne prête pas vraiment attention à l’agriculteur cultivateur de coca. ENACO (l’entreprise publique en charge de l’achat et de la commercialisation des feuilles de coca) est un monopole qui nous achète la coca 80 soles, le prix de la deuxième qualité, et qui la revend 200 soles par la suite dans les montagnes. Elle a le monopole sur nous. Malheureusement, aucune entreprise ne peut la concurrencer”.
 Le gouvernement a décidé d’éradiquer de manière unilatérale 30.000 hectares de cultures de feuilles de coca dans la région, une mesure qui a été suspendue temporairement (8).

LA GUERRE POUR LES RESSOURCES

En 2005, le gouvernement péruvien a accordé par Décret Suprême N° 036-2005-EM, la licence d’exploration et  exploitation des hydrocarbures sur le LOT 108 à la filiale argentine de la multinationale PLUSPETROL Resources Corporation dont le siège social est en Hollande. Actuellement   PLUSPETROL possède plus de 85% des parts du Lot 108 et la compagnie australienne WOODSIDE PETROLEUM en possède15%. Le lot 108, qui se trouve  dans le bassin de la VRAE est une région étendue qui comprend les départements de Junín (Chanchamayo et Satipo), Cusco (La Convención), Ayacucho (Huanta et La Mar), Pasco (Oxapampa) et Ucayali (Atalaya), couvrant plus d’1,2 millions d’hectares. Dans une interview à un journal local, Gérman Jiménez représentant de PLUSPETROL au Pérou s’est montré très enthousiaste à l’idée du Lot 108: « C’est un lot qui peut devenir un autre Camisea de par son potentiel en gaz et en liquides et même en pétrole ». (9) 

La multinationale hollandaise PLUSPETROL est aussi une des sociétés exploitantes des gisements de gaz du lot 88 de Camisea et du lot 56 à Pagoreni, dans le Bajo Urubamba dans la région de Cusco. Néanmoins, ce sont surtout les lots d’exploitation PLUSPETROL 1AB et 8, situés dans la forêt nord du Pérou, qui ont créé des antécédents désastreux. L’extraction de pétrole dans ces deux lots a affecté la santé du peuple Achuar, aussi bien du côté péruvien que du côté équatorien, ainsi que la flore et la faune de la région. Dans un rapport de la Direction Nationale de la Santé Environnementale, il a été déterminé que plus de 98% des jeunes Achuar de moins de 18 ans dépassent les limites de cadmium dans le sang à cause de la grande toxicité de la zone. En 2006 pendant les manifestations des Achuar face à la terrible contamination de leurs terres de la part de PLUSPETROL, certains manifestants furent arrêtés par la DINOES (Police des Operations Spéciales), pour ensuite être emmenés dans le camp de la multinationale où ils furent torturés. Avec de tels antécédents, on se doute bien que l’exploitation du lot 108 dans la VRAE ne fera que militariser un peu plus la région et va générer une répression plus importante à l’encontre de ses habitants, sans compter les dommages incommensurables sur la santé des habitants et la destruction de l’écosystème de la région.


 

Source: PeruPetro


Les concessions pour l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz à des entreprises multinationales ont augmenté de manière dramatique dans l’Amazonie Péruvienne, passant de 15% en 2004 à 75% de nos jours. Parallèlement, la présence militaire états-unien au Pérou a aussi augmenté ces dernières années. On estime à plus de 85000 le nombre de militaires états-uniens qui sont entrés au Pérou entre 2003 et 2010.

Dans ce contexte, les expropriations des 475 hectares pour la construction de l’ « aérodrome militaire » dans le cœur de la VRAE prennent un relief tout particulier. Cette structure militaire deviendrait avec Pichari le centre névralgique pour la protection et la sécurité des entreprises dédiées à l’exploitation des ressources naturelles de la VRAE. Elle serait aussi le centre d’approvisionnement pour les autres bases qui opèrent dans la région contre le PCP-Militarisé qui empêche, d’après Plus Petrol, l’application des plans d’exploration et d’exploitation dans la partie sud du lot 108. Il faut rappeler que, dans les dernières années, le PCP-Militarisé a occasionné des pertes importantes à l’armée péruvienne et consolidé son influence dans la région. Comme affirmait Hernán Palacios: 

«Les états-uniens nous considèrent comme une colonie des États Unis. […..] ”La troisième guerre mondiale aura lieu à cause de l’eau et la plus grande réserve d’eau se trouve dans l’Amazonie et dans la VRAE qui en fait partie en tant qu’affluent de l’Amazone. [……] « Les États Unis ont l’ambition d’avoir une présence et un contrôle hégémonique. S’ils s’approprient 475 hectares c’est pour quelque chose d’important. […] La découverte du lot 108, la prospection de minéraux, c’est là que se trouvent les interêts des Etats-Unis dans la région. Nous sommes un pays souverain, nous devons défendre notre souveraineté ».

Quelques exemples récents ne font que confirmer les informations sur l’augmentation de la présence états-unienne sur le territoire péruvien. Dans la Base Naval d’Iquitos Sainte Clotilde, sur la rive gauche du fleuve Nanay se trouve le siège du Commandement Général des Opérations dans l’Amazonie (COMOPERAMA) appartennant à la Marine de Guerre péruvienne. Grâce au Plan Bilatéral du Programme des Opérations Fluviales signé entre le gouvernement péruvien et le gouvernement des Etats-Unis, les Forces Armées des Etats-Unis ont construit dans la Base Naval Sainte Clotilde l‘École des Opérations Fluviales, une  École de Combat Fluvial avec le financement du Commandement Sud et dans laquelle interviennent des instructeurs militaires étas-uniens. C’est ici que les Forces des Opérations Spéciales (FOES) et l’Infanterie de la Marine de Guerre qui combattent dans la VRAE reçoivent formation et entraînement. Le Plan comprend aussi la construction de 7 bases et Plate-formes Flottantes avec le financement de l’USACE (10) et de la DEA (11) et la livraison de 28 navires de patrouille ainsi que  d’armement. Le Plan Bilateral a établi un Centre d’Opérations Fluviales (Commandement d’Opérations), un Centre Logistique et d’Approvisionnement dans la Base Navale Teniente Clavero située à la frontière avec la Colombie. (12)

Mónica Bruckmann fait remarquer que le séjour   d’un militaire états-unien au Pérou  « dure en moyenne entre 12 et 67 jours pour réaliser des exercices d’entrainement militaire en mer, sur terre et dans les fleuves, un entrainement à la lutte anti-insurrectionnelle et au renseignement avec les forces armées et la police du Pérou et des exercices de reconnaissance du terrain dans des zones de  conflit social. Ainsi, les déplacements militaires se dirigent vers des zones stratégiques de contrôle du bassin amazonien et de ses principaux affluents, les principaux ports péruviens (Callao, Salaverry, Paita, Chimbote et Ilo), d’où sont expédiés par bateau le pétrole, le gaz, les minéraux que le pays exporte mais aussi  les régions de grand conflit social et de protestation (comme la Vallée des fleuves Apurímac et Ene, connue sous le nom de VRAE). » (13)


 

 


 

Source: Commandement Spécial de la VRAE-PÉROU


PERMIS DE TUER

En janvier 2014 le gouvernement a approuvé la loi 30151 : 

« LOI QUI MODIFIE LE POINT 11 DE L’ARTICLE 20 DU CODE PÉNAL RELATIF À L’USAGE D’ARMES OU TOUT AUTRE MOYEN DE DÉFENSE POUR LE PERSONNEL DES FORCES ARMÉES ET DE LA POLICE NATIONALE DU PÉROU 
Article 20.- Non-imputabilité
Est exempté de toute responsabilité pénale :
(….)
11. Le personnel des Forces Armées et de la Police Nationale du Pérou qui, dans l’accomplissement de son devoir  et en utilisant leurs armes ou tout autre moyen de défense, entraine des blessures ou la mort ».


La loi 30151 qui modifie le point  11 élimine du texte “en utilisant leurs armes de manière réglementaire” pour le remplacer par « en utilisant leurs armes » et offre plus de liberté d’action en ajoutant « ou tout autre moyen de défense ». Le point 11, créé par le gouvernement d’Alan García en 2007, accordait déjà l’impunité aux membres des forces armées et de la police; la présente modification ne fait que l’élargir. Ce sera la porte ouverte pour que, dans des scénarios  de protestations sociale où des moyens dissuasifs devraient prévaloir, les forces de police et les forces armées fassent emploi d’armes létales en occasionnant des victimes sans ménagements. C’est ce que confirme la mort de plus de 20 personnes au cours des protestations sociales pendant le gouvernement d’Ollanta Humala et les plus de 150 victimes pendant le gouvernement d’ Alan García. En outre, cette modification couvrira d’un voile d’impunité toute enquête ou dénonciation des abus et des morts occasionnés par les forces armées et la police, puisque la loi les exempt de toute responsabilité quant aux pertes humaines et dommages matériels occasionnés.

Dans la région de la VRAE ceci risque d’entrainer non seulement des abus plus importants contre la population mais aussi la mort légalisée de toute opposition à l’éradication de la feuille de coca qui concerne la plupart des habitants de la région. C’est extrêmement inquiétant. Dans une région où les habitants sont taxés de « narcoterroristes » cette loi condamnera les paysans qui défendront leurs cultures à l’arrivée de l’éradication forcée de la feuille de coca pour les présenter ensuite comme des« narcoterroristes abattus ». Quand la nouvelle loi parle d’ « autre moyen de défense » on peut se demander si elle se réfère par exemple aux bombardements et au harcèlement permanent que subissent les populations de la VRAE et de l’impunité totale pour les pertes humaines et les dommages matériels occasionnés.

PAPA, POURQUOI TIRENT-ILS SUR LES LUCIOLES?

 Nous étions partis à l’aube, nous traversâmes le fleuve en mettant le cap sur Canaire. Nous arrivâmes le matin pour le petit déjeuner. L’ambiance était lourde, la base militaire contre-subversive a été construite dans le village. Dans le restaurant où nous prîmes notre petit déjeuner des regards agressifs provenant d’une table voisine nous firent bien sentir que nous n’étions pas les bienvenus. Nos accompagnateurs nous informèrent que ceux qui nous observaient et nous surveillaient étaient des militaires habillés en civil. Au bout d’un moment, nous vîmes arriver le commandant Guido, chef militaire de la base, déjà au courant de notre présence. Il nous accueillit chaleureusement mais refusa d’être interviewé. De nombreux villages de la VRAE subissent la menace constante de bombardements par des hélicoptères de l’armée, surtout ceux qui sont à la frontière du Vizcatán, la région sous l’influence du Parti Communiste du Pérou Militarisé. Dans ces lieux, beaucoup d’habitants ont fait partie des Comités d’Autodéfense qui avaient été organisés pour repousser les forces subversives dans les années 90. Mais ce sont ces mêmes habitants qui refusent aujourd’hui la présence militaire dans la zone. Au dire des habitants, les enfants vivent dans la terreur.


 


Dans le village Unión Mantaro, Juan Guillén Gonzales, président du Comité Multisectoriel, nous montra les douilles des projectiles tirés sur la population depuis les hélicoptères de combat de l’armée. Cette guerre, nous dit-il, « ils sont en fait en train de la faire contre les paysans. Si le gouvernement veut faire la guerre à l’ennemi qu’il aille dans cette zone, qu’il aille au Vizcatán mais qu’il ne la fasse pas contre la population ». Les habitants qui avaient formé les Comités d’Autodéfense de la zone dans les années 90 ont côtoyé de près  les militaires envoyés pour les organiser. Néanmoins, dans cette nouvelle étape de conflit « certains capitaines arrivent traumatisés, ils nous regardent comme si nous étions leurs ennemis, ils nous regardent apeurés, ils pensent que nous faisons partie du Sentier Lumineux. Il y en a certains cependant qui effectuent un travail social, qui nous informent. Mais il y en a d’autres qui maltraitent la population. Ils nous disent que la prochaine fois qu’il y aura des affrontements ils nous tueront tous. Ce genre de personnes, ce sont des malades mentaux, ils ne font rien que nous perturber ». 

Antonio Carbajal Gamboa, le jeune lieutenant-gouverneur de Villa Progreso, était aussi indigné « contre la violence créée par l’armée ».  Il nous raconta le cas récent d’un « paysan de sa communauté » qui fut pratiquement séquestré avec son fils par des militaires alors qu’ils revenaient de leur parcelle. « Ils les ont emmenés comme hommes de tête » à la recherche de guérilleros, c’est-à-dire, à la fois comme  guides forcés et comme boucliers humains « sans consulter la population et sans rapporter les faits aux autorités ». 

Nous traversâmes le fleuve Mantaro. De l’autre côté nous arrivâmes dans le village José Olaya qui appartient à Pangoa, département de Junín. À partir de là, le chemin devint épuisant à cause de la forte chaleur et d’un mauvais calcul des distances sur ce dernier tronçon, celui qui allait nous amener à Nueva Esperanza de Mazángaro.  Nous n’avions pas prévu assez d’eau ni de vivres pour la route. Les deux ou trois heures escomptées pour arriver à Nueva Esperanza se transformèrent en huit heures de marche intense à travers la forêt haute de Pangoa, avec ses collines vertes infinies et la terre devenue boue. Sur ce long trajet, nous rencontrâmes quelques maisons isolées. Leurs habitants partagèrent aimablement avec nous leurs  boissons et un peu de nourriture. Nous rencontrâmes aussi quelques petites cabanes abandonnées, certainement à cause des bombardements incessants. Les bûcherons croisés sur le chemin confirmèrent nos soupçons. Ils vivent et travaillent dans la peur. Ils nous relatèrent même que 
« quand nous avons voulu travailler la nuit avec des lampes de poche pour éviter les bombardements nous avons aussi essuyé des tirs ». Après plusieurs heures de marche, nous  trouvâmes un arbre fruitier sauvage. Son fruit, appelé « ozón », ressemblait à de petites tomates sucrées. La nature prédatrice qui caractérise l’être humain, surtout en situation d’urgence, refit surface et nous ne laissâmes pas un seul fruit sur l’arbre. Un peu plus loin nous denichâmes de la canne à sucre sauvage. Nous arrivâmes péniblement au village de Bellavista.

Une réunion des cultivateurs de coca du coin allait avoir lieu dans ce village. Depuis unes des collines qui l’entourent, celle où se trouve la salle communale, j’observai les paysans qui arrivaient peu à peu. Beaucoup d’entre eux étaient jeunes, ils revenaient de leur travail de récolte et de séchage de la feuille de coca. D’autres finissaient leur travail dans la construction de leur futur terrain de football. Dans les villages je vis peu de personnes âgées. J’ignore quelle est l’espérance de vie dans ces régions mais, étant donné les dures conditions de travail, les maladies et l’absence de médecins dans la zone, elle ne doit pas être très longue. Déjà à Quisto Valle, le candidat à la mairie de Pichari nous commentait d’un ton révolté que la VRAE, qui compte pourtant une population de plus de 400.000 habitants, n’a pas d’hôpital. Au début de la réunion ce furent les représentants de Front de Lutte pour le Développement de la VRAE qui prirent brièvement la parole.


 


Ensuite c’est un paysan d’un certain âge qui prit la parole. Son regard reflétait toute une vie de lutte ardue pour survivre. Il était ému et attristé en parlant de l’abandon dans lequel ils se trouvent, notamment les enfants. Il dénonça le pacte des « puissants, celui du gouvernement avec les narcotrafiquants ». Il était favorable aux cultures alternatives, comme d’autres paysans de la région, mais en constatant néanmoins: « Quand les ingénieurs viennent ici, ils ne nous posent des questions que pour faire leurs thèses d’université, ils ne viennent pas travailler. Mais ce n’est pas grave, nous en savons plus que les ingénieurs. […] Nous avons lutté auparavant contre la subversion avec les Rondes Paysannes (les actuels Comités d’Autodéfense). C’est nous qui avons nettoyé la zone, les militaires ont pris la fuite. Maintenant les militaires viennent nous emmerder. Ils nous attrapent et nous appellent terroristes. Nous ne sommes pas des terroristes. La terreur c’est eux, ce sont eux qui nous bombardent, les enfants sont effrayés. Prenez le cas de Nueva Esperanza. Là-bas, le gouvernement a ordonné que l’on tue les pauvres paysans, ce n’est pas juste, nous  ne voulons pas être de la chair à canon ».

 


Pablo Carpio Bejarano, un jeune agriculteur, prit la parole et nous  remercia de notre visite,  « une nécessité pour les pauvres paysans humiliés comme nous ». [...] « En plantant la feuille de coca nous ne semons pas la violence. Nous sommes de simples agriculteurs qui travaillons. On nous oblige à faire des cultures alternatives mais si nous n’avons pas de routes, de moyens de communication comment pouvons-nous changer? Ici nous produisons de tout: du café, du cacao, du manioc, des bananes, du sésame mais on amène notre récolte à Pichari et à combien nous paie-t-on le kilo?  3 soles, 4 soles (15) et d’ici à Pichari combien nous coûte le fret et combien d’heures de route jusqu’à Puerto Palmera? Combien nous coûte le transport? L’embarcation? Le véhicule? Tout notre travail s’en va là-dedans. Alors que la feuille de coca nous la vendons directement ici, c’est un moindre coût. Nous ne sommes pas des narcotrafiquants ».

À la tombée du jour nous atteignîmes  Nueva Esperanza de Mazángaro, le village bombardé par les forces armées péruviennes. Un hélicoptère militaire volait à basse altitude sur le village, le bruit assourdissant faisait fuir les enfants. Les habitants nous montrèrent les ravages laissés par le dernier bombardement de l’armée. Quand ils entendent les lézards, comme on appelle ici les hélicoptères, les habitants sortent de leurs maisons et attendent dehors jusqu’à ce qu’ils s’en aillent. Gabino Toscano Curvo,  vice-président du CAD (Comité d’Autodéfense), était en train de discuter avec ses voisins devant sa maison lors du bombardement. Le bombardement lui  a détruit l’humérus droit et la clavicule. Gabino avait vu les hélicoptères qui tournaient autour du village mais comme la base militaire se trouve dans le village il n’a même pas imaginé qu’ils allaient bombarder, il n’avait pas la moindre idée de ce qui allait se produire. « D’un coup, j’ai entendu un bruit sourd, l’hélicoptère avait lâché une bombe et j’ai perdu connaissance. [….] Elle a explosé, j’ai vu des lumières jaunes, je garde encore l’énorme pierre qui est tombée sur mon bras, j’ai pensé que les éclats m’avaient transpercé. Ensuite, j’ai touché pour voir si ma poitrine ou mon ventre saignaient, mais non. J’étouffais seulement et je me suis rendu compte que du sang sortait de ma bouche, mon bras pendait. J’ai eu l’impression que j’allais mourir ». C’est son beau-frère qui l’a amené à la base militaire où il a été soigné. Son frère avait interpelé les militaires : « Pourquoi faites-vous ça ? En qui pouvons-nous avoir confiance? Vous dites que vous représentez la sécurité du peuple mais, avec de tels actes, sur quelle sécurité pouvons-nous compter? » L’infirmier de la base avait répondu:
« Pourquoi ne renseignez-vous pas la base? 
Mais informer de quoi chef, nous ne savons rien ».

Gabino continua à nous raconter : « J’ai vu le défunt (Rodolfo Huamán Vilcapoma lieutenant-gouverneur de Nueva Esperanza), il agitait ses pieds sans cesse, il avait du sang qui coulait de ses oreilles. Il avait reçu un impact de pierre sur la tête”. Gabino a été opéré à plusieurs reprises mais il est devenu handicapé. Il a deux fils et il ne peut plus travailler en tant qu’agriculteur. Le Ministère de la Défense à Lima ne lui a reconnu que huit mois d’arrêt de travail indemnisés et pour lui ce n’est pas suffisant : « Ils s’étaient engagés à prendre en charge ma guérison, mon traitement médical et ma rééducation mais jusqu’à présent je n’ai encore rien reçu, même pas un comprimé. Je ne peux pas travailler dans ma parcelle. Le coup a aussi endommagé mes poumons. [….] L’infirmier de la base avait mis en garde mon frère: N’allez pas dire du mal des forces armées!. […] C’est un grand abus celui que les forces armées commettent contre la population civile ». Eduardo Huamán Palomino, Président Multisectoriel de Mazángaro, cousin du défunt, nous raconta que les pierres projetées lors de l’impact de la bombe avaient perforé les maisons et l’école primaire du village. Les habitants nous expliquèrent que c’était le propre chef de la base militaire qui les avait obligé à refermer l’immense trou laissé par la bombe de 250 kilos: « Si vous ne le refermez pas, vous n’obtiendrez pas d’aide ».


 



Il faisait nuit à Nueva Esperanza de Mazángaro et la réunion avec les habitants se déroula sous la lumière d’une ampoule branchée à une batterie de voiture. Dans la pénombre, les habitants se défirent momentanément de la peur qui leur colle à la peau à cause des tirs permanents. Ils commencèrent à raconter la terreur quotidienne que représente pour eux le fait de vivre dans un village proche de Vizcatán. À la fin de la réunion nous retournâmes dans l’obscurité de la nuit. On ne voyait défiler que de petites lumières fugaces provenant des lampes de poche des passants. Plusieurs enfants nous observaient avec curiosité. Une petite fille nous raconta que « les blancs-becs passent au petit matin par le village en formation, avec un commandant en tête. […] Ils se trompent (les militaires), ils ne savent pas. La nuit ils ne se rendent pas compte qu’ils tirent sur les lucioles ». Il était huit heures du soir et on commençait à entendre les tirs dans l’obscurité de  Nueva Esperanza de Mazángaro. Je ne voyais que de petites lumières rapides qui disparaissaient au loin. Personne ne voulait continuer à marcher dans les rues du village. Les villageois nous logèrent dans la partie haute de la salle communale où s’était tenue la réunion. Dans la nuit de Nueva Esperanza, les bruits des tirs permanents se mélangeaient aux aboiements des chiens. Ils durèrent presque toute la nuit, nous plongeant dans une ambiance de guerre.

Février 2015
Traduction : Anne Philippart de Foy


NOTES

(1) VRAE (Vallée des fleuves Apurímac et Ene). C’est la principale région productrice de feuille de coca du Pérou.
(2) Les Asháninkas sont une population habitant les régions comprenant Junín, Cerro de Pasco, Cusco et Ucayali dans l’Amazonie péruvienne. Il y a également un groupe asháninka au Brésil.
(3) L’aérodrome de Palmapampa, tout près d’Otari geré par la PNP (Police Nationale du Pérou) possède une piste de 800x18 mètres.
(4) Oncles, c’est le terme affecteux employé par les habitants pour désigner les guérilleros du PCP militarisé. Depuis 1999 le PCPM dirigé par Víctor Quispe Palomino a critiqué a maintes reprises les déviances de la période de lutte armée dirigé par Abimael Guzmán et par la suite par Oscar Ramirez Durand “Feliciano” (1980-1999). Depuis 1999 les actions armés du PCP militarisé visent les forces de police et de l’armée péruvienne. Ils sont pris la défense des cultivateurs de feuille de coca et sont farouchement oppossés à l’éradication. C’est peut-être pour cette raison que les paysans de la région les appellent “les oncles”. En 1999 Le Parti Communiste du Pérou Militarisé (PCP-Militarisé) dénonce la trahison d’Abimael Guzman leader historique du PCP-SL (Parti Communiste du Pérou-connu sous le nom de Sentier lumineux) et de ses principaux dirigeants et appelle à continuer la lutte armée.
(5) DEVIDA est l’organisation gouvernementale qui crée et dirige la politique anti-drogue au Pérou, sous la tutelle états-unienne dans le cadre du Traité de Libre Commerce signé entre le gouvernement péruvien et le gouvernement des Etats-Unis.
(6) Déclarations de Carmen Masías dans l’article « DEVIDA : Le Pérou premier exportateur de cocaïne », journal La República, 16 janvier 2014.
(7) “Señor gobierno” est une expression courante utilisée par les habitants de la région pour désigner le gouvernement lointain, externe à la population, mais en même temps puissant.
(8) L’éradication est vu par les cultivateurs de feuille de coca comme une trahison du gouvernement Humala qui avait réjeté toute éradication lors de la campagne électorale du 2010. La forte opposition d’une grande partie de la population de la région aurait néanmoins poussée le gouvernement Humala à suspendre momentanément l’éradication dans la VRAE. En février 2014 le Congrès des cultivateurs de coca de la région avait mobilisée des milliers de personnes, une grève régional avait concentré ensuite plus de 10.000 paysans cultivateurs de feuille de coca dans la ville d’Ayacucho.
(9) Luis Hidalgo et Julio Lira, Journal Gestion (journal péruvien économique et financier), 15 novembre 2012.
(10) L’USACE est le Corps des Ingénieurs de l’Armée des Etats-Unis.
(11) La DEA est l’Agence des Etas-Unis de lutte contre la drogue.
(12) En parallèle, 11 bases étas-uniens COER (Centre d’Opération d’Urgence Régional) ont été construites stratégiquement sur tout le territoire péruvien (Cusco, Arequipa, Pucallpa, Lambayeque, Junin, Tacna Tumbes, San Martín, Ucayali, Piura y Puno). Les COER sont supposés faire face  aux catastrophes naturelles. Le COER Piura est situé dans une région où les multinationales d’hidrocarbures et minières ont débuté leurs opérations. C’est aussi une des régions importantes dans l’exportation de cocaïne. Le COER  le plus récent a été inauguré en avril 2014 à Puno, région où se trouvent les principales réserves d’uranium du pays.  La flotte état-unien a été autorisée par le gouvernement péruvien à faire usage de ses ports principaux pour son approvisionnement.
(13) Mónica Bruckmann, “Recursos naturales y la geopolítica de la integración Sudamericana” (Ressources naturelles et la géopolitique de l’intégration Sud-Américaine).
(14) Suite à la publication au Pérou des CHRONIQUES DE LA VRAE, la page fut fermé.
(15) 1euro = 3.50 soles

Données sur la VRAE

Population 426.000 habitants pour une superficie de  12.000 km2
79% de la population vit en situation de pauvreté
50% en situation de pauvreté extrême.
Seul le 14% de la population a accès à l’eau potable.
Le taux de malnutrition infantile atteint le 43%.
Le taux de mortalité infantile atteint le 50%
Seul le 9% des habitants a accès à l’electricité et à l’eau courante.
Le salaire moyen d’un agriculteur est de 190 soles.


Manuel Legarda 
Artiste visuel et documentariste.  Realisateur du film documentaire La cicatrice de Paulina qui donne la parole aux femmes stérilisées de force au Pérou dans les années 90 et qui a été primé en différents Festivales Internationaux. 


 



Manuel Legarda a réalisé multiples expositions en Europa et en Amérique latine. Il vit et travaille en Suisse.
Site :
http://lacicatrizdepaulina.blogspot.com/

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Published by Anne Wolff
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:21
Humeur de guerre, humeur de paix  ?

 

 

Commencé comme réponse au commentaire de Souris que la Goutte d’eau que je suis remercie, mon humeur du jour qui parle de guerre et paix.

Merci,

Cela réchauffe le cœur, ce que j’ai pu observer autour de moi au cours de cette dernière année me désespère vraiment. Et si je suis sincère ce ne sont pas tant les avancées de la globalisation qui m’interpellent, parce qu’elle poursuit sa logique de destruction d’un monde et de ses habitants pour en édifier un nouveau où ne doit être conservé que ce qui s’intègre à la bonne marche du système. Mais cela c’est sa logique, intrinsèque, sa nature. Je l’ai dit ailleurs, je ne crois pas tant au complot se perpétuant de génération en génération explicitement en tant que « complot contre l’humanité’’ mais bien à une idéologie pernicieuse qui est le conditionnement des classes dites dirigeantes, et qui ne laisse à leurs membres que peu de libre arbitre pour imaginer d’autres possible que ceux qui leur ont été bourrés dans le crâne dès l’enfance. Une situation confortable qui détermine pour ceux qui la vivent un avenir tout tracé. Je ne la qualifierais pourtant pas de privilégiée. Les valeurs que véhiculent ce système sont vraiment tristounettes…austérité et quoi encore. Associer d’emblée pauvreté et austérité, cela a quelque chose de religieux, au sens de poursuite de l’Inquisition par d’autres moyens, comme l’est ce besoin de contrôle des comportements et de répression de tout ce qui est ciblé comme constituant les nouvelles hérésies, même si les Thatcher et autres Reagan leur attribuait le beau nom d’Alternative lorsqu’ils affirmaient qu’elles avaient à disparaître.

Ce que je suis encore, ces jours-ci, en train d’observer sur un autre terrain que celui de la cité, dans le monde rural, alors que je suis en opération sauvetage de ma caravane et que je suis confrontée cette fois à l’éradication de toute forme de vie alternative en Wallonie qui passe par l’éradication de l’habitat alternatif ; la seule tolérance étant de ne pas détruire absolument systématiquement de celui qui existe déjà (5 OOO euros de prime pour détruire sa caravane habitat principal… dérisoire pour vendre son âme). Et là encore, on en parlait hier, l’associatif institutionnalisé à trahi. Ceux qui hier défendaient l’habitat alternatif le stigmatise aujourd’hui et en échange de subsides deviennent les premiers agents de cette destruction et contrôleurs sociaux de la population ainsi relogée. Obtenir la confiance des habitants et contrôler qu’ils remplissent ensuite les conditions de bons locataires, (payer ses charges, son loyer, mais aussi avoir un comportement socialement recevable) ainsi que produire les rapports qui décrivent ce processus, c’est écrit en toutes lettres dans le programme qui porte le nom de HP ou habitat permanent. Globalisation.

Ce qui m’afflige ce n’est donc pas tant le programme systémique, même s’il est irrecevable par toute personne bienveillante et sensée, mais bien la complaisance que ceux qui en sont les victimes mettent à se laisser faire. Déresponsabilisation tant de sa propre vie que du devenir collectif.

Et ceux qui m’énervent le plus sont ceux qui prétendent profiter du système ». Ils m’énervent de deux manières (surtout quand ce sont des amis que je vois se détruire ainsi complaisamment… pour le système) d’une part quand j’observe leur manière de vivre, et les effets négatifs pour leur santé morale et physique et d’autre part cette absence total de prise de responsabilité collective qui nuit à tous ceux qui se retrouvent inclus dans la « mise au rebut » (dans la trilogie des glissements progressif de marginal jusqu’aux 70, exclus fin du 20ème siècle, jusqu’à la notion de rebut du 21ème glissement conceptuel s’accompagnant d’un changement de statut et condition de vie), je vais le dire « familièrement », comme je peux le dire la Grande Sœur que je suis quand je vois les amis complaisants et acteurs de leur propre destruction ; « Mais putain les mecs, bouger vous le cul ! Avant qu’il ne soit trop tard » désolée pour la formulation, mais oui, quand je vois des amis qui font le chemin qui les conduisent droit vers la mort prématurée (pour beaucoup à la quarantaine) ou vers toutes les diminutions de soi qui sont les conséquence de la mauvaise vie, bien sûr, je suis partagée entre tristesse et colère. Et je le dis.

Je ne crois pas que la vie soi sécurité en soi. Une caractéristique de la vie et de l’évolution, c’est la prise de risque et la preuve s’il en faut c’est l’humain. Qui pourrait signifier la fin et la destruction de tous ces processus complexe de l’évolution qui lui a donné jour. Humain qui aujourd’hui se subdivise toujours plus entre les aspirants à une surhumanité et transhumanité, l’humanité proprement dite et l’infra humanisation, celle qui résulte pour des êtres humains de la privation des conditions de la dignité..

Surhumain, ce sont eux qui le pensent et le prétendent. Ma vision des choses c’est plutôt que ceux qui nient le caractère humains d’autres au nom de la race, de la position dans la hiérarchie sociale se placent eux-mêmes hors humanité, comme l’ont fait les nazis (et comme ils continuent de le faire, ainsi que cet inquiétant mouvement White Supremacist qui prend une ampleur qu’il n’aurait jamais du prendre si le fascisme n’était pas la vocation finale du capitalisme).

Ajoutons cette question terrible : « Comment poser les bases d’un monde meilleur, alors que les gens gentils qui le souhaitent ne sont en général vraiment pas formés pour affronter ces machines de guerre fabriquées en série que sont les Soldats d’Opérations Spéciales et autres Terroristes). Si, si, sans nul doute, les OP sont bien des Terroristes, leur formation implique les moyens de semer la Terreur parmi des populations civiles pour les réduire à l’impuissance. Je ne vais pas épiloguer là-dessus ici, comme pour beaucoup de sujet ainsi je dispose de tous les éléments à l’état de matière brute qui permettent de le comprendre. Pas des conditions de temps et tranquillité pour mettre tout cela en forme. J’ai d’autres urgences en ce moment.

Y compris des remises en questions de moi qui plongent jusque dans mes racines les plus profondes. Toutes les conséquences dont je n’avais pas mesuré jusque-là l’ampleur d’avoir été dès ma conception malvenue. Ce n’est pas « que cela » qui détermine mon sens des responsabilités collectives, mais cela en fait partie et d’une manière dont je pourrais dire qu’elle est souvent contre-productive, une forme de Don Quichotisme qui nuit au Robin qui est en moi. Pour l’anecdote, j’ai été conçue à l’orée de la forêt et certains que je serais un garçon mes parents avaient décidé de m’appeler Robin. Cela me fait rire, heureusement ils ne m’ont pas appelée Robine ce qui aurait été plutôt dur à porter.

Je n’avais pas eu à me poser ce genre de questions jusqu’ici parce qu’il y avait assez d’espace dans le monde pour construire ma vie en des lieux, avec des collectifs où elles n’interféraient pas. A présent que de fait la guerre nous rattrape et que le monde ainsi que le proclame l’actuel programme du Pentagone* est devenu le foyer d’’une guerre qui ne dit pas toujours son nom, avec son concept de « guerre diffuse à multiples foyers » et de domination du spectre complet », nous sommes appelés à développer de nouvelles formes de vigilance, et d’impeccabilité de comportements. Et donc à nous redéfinir en fonction de cet état de guerre en tant que résistante en ce qui me concerne puisque depuis longtemps j’ai choisi mon camp.

Comprendre ces nouvelles formes de La Guerre est essentiel pour en reconnaître les manifestations, y compris dans à travers la Propagande qui en est un outil majeurs. La concentration des médias entre quelques mains, quelques grands groupes qui ne s’est pas faite en un jour, (A qui appartiennent les médias ?) est une manifestation de volonté continué de prendre le contrôle des inconscients collectifs, des masses. La notion de masse dont use si souvent des personnes ou groupes de gauche est par nature antithétique d’une société de liberté et d’épanouissement personnels et collectifs. Le monde auquel j’aspire est fait de personnes déterminées qui ne suivent pas aveuglément des mouvements de masses, mais sont capables de formes d’auto-organisations différenciées, une qualité commune à de nombreux groupes d’autochtone du continent dit Amérique du Nord au Sud.

Questionnement, je l’ai dit en ce moment je suis une sorte de questionnement ambulant, Ce qui prouve que je suis toujours vivante.

Anne

*Je renvoie à ce texte Projet global d'instrumentalisation des armées mondiales au service "des intérêts et de la sécurités des USA"  qui contient d’autres référence à la guerre du 21éme siècle et à ceux qui suivent :

 

Quelques traductions inédites sur ces thèmes

En ce qui concerne ce programme J.V. 2020, une description et analyse ici

Militarisation impérialiste : nouveaux masques pour de vieux projets

Par Rina Bertaccini et sur le même thème Ana Esther Ceceña

La domination du spectre complet en Amérique (et dans le monde)1

La domination du spectre complet en Amérique (et dans le monde) 2

La domination du spectre complet en Amérique (et dans le monde) 3

En ce qui concerne son application deux textes clés de Nick Turse , initialement publié sur TomDispatch qui les résume fort bien

 

La nouvelle doctrine d’obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. Ou comment mettre la planète à feu et à sang…

Les opération spéciales "us" mènent guerre secrète dans 120 pays

Et, parmi bien d’autres, dont les premiers cités, nous permettent d’établir les liens entre eux, qui décrivent applications et ramifications

"culture stratégique" : le commandement sud et la militarisation des universités

Décrit la mise au service du projet global des universités mais aussi de la société civile et qui fonctionne déjà en France sous le nom de clubs « société défense », par exemple à Lille, alors que le projet militaire conjoint de lutte contre-insurrectionnel y a pour nom « Opération Scorpion »

Un exemple d’application de cette « culture stratégique »

L’avant-garde yanqui en Amérique Centrale : peuples indigènes en grand danger !

Un des visages de la doctrine dite d’Obama, la fusion des armées officielles et privées, ainsi que des entreprises et services de renseignement dont le rôle de garde-chiourme et assassins au service des transnationale est très, très, très clairement démontrés en Amérique Latine :

Les entreprises militaires privées pénètrent l’Amérique Latine

 

On pourra également se référer à celui-ci qui met en évidence le rôle de la propagande dans la guerre de quatrième génération.

Annexe extraite de Ménard, maire fasciste, la fin du capo de RSF (arme de quatrième génération de la CIA)

 

 

La guerre de 4ème génération

La définition d’un modèle d’ingérence et d’intervention qui a été appliqué au monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale pour déstabiliser les nations et faire tomber les gouvernements non affiliés aux intérêts des pays centraux (E.U. et Union Européenne) se radicalisa en 1989 quand depuis le Pentagone des officiers de l’Armée et l’Infanterie de Marine des USA produisirent un document intitulé « Le visage changeant de la guerre jusqu’à la quatrième génération ». A partir de là fut développée une théorie de la Guerre de Quatrième Génération associant le concept de Guerre Asymétrique à celui de « la lutte contre le terrorisme » que décrétera le gouvernement de George W. Bush.

En 1991, deux ans après ce premier document, le professeur Martin Van Creveld de l’Université Hébraïque de Jérusalem publia le livre « La transformation de la guerre » qui synthétise et complète la théorie de la guerre de Quatrième Génération. Dans ce modèle prévaut la substitution des bases militaires traditionnelles par d’autres cachées et des entrepôts ; Le contrôle de la population se fera non plus à travers une occupation militaire mais bien par un mélange de propagande et de terreur. Il prédit en plus la disparition des systèmes de combat traditionnels (armée contre armée) et sa transformation en conflit de basse intensité (également nommés Guerres Asymétriques).

Dans la Guerre de Quatrième Génération “Les tactiques et stratégies militaires sont remplacées par des tactiques et stratégies de contrôle social, au moyen de la manipulation de l’information et de l’action psychologique de manière à diriger le comportement social des masses. Les cibles ne sont pas physiques (comme dans l’ordre militaire traditionnel) mais psychologique et sociales. L’objectif ne vise plus la destruction d’éléments matériels (des militaires, soldats, infrastructures civiles, etc.) mais le contrôle du cerveau humain. Les grandes unités militaires (marine, aviation, tanks, sous-marins, etc.) sont remplacées par un grand appareil médiatique composé par les grandes rédactions et les studios de radio et télévision. Le bombardement militaire est remplacé par le bombardement médiatique. Les slogans et les images remplacent les bombes, les missiles et les projectiles du domaine militaire. L’objectif stratégique n’est alors plus la conquête et le contrôle des espaces physiques (populations et territoires, etc.) mais bien l’appropriation et contrôle du comportement social de masse.

La formule de la guerre de 4ème génération a été employée dans le monde entier dès avant sa formulation théorique (par exemple au Chili en 1973), mais au cours des dernières années et face aux échecs successifs de la méthode de la guerre conventionnelle pour occuper des pays (Irak, Afghanistan) cette forme d’intervention est devenue la forme préférée des interventions impériales. Elle a été utilisée contre l’Iran, la Syrie et la Lybie et dans notre Amérique Latine contre le Honduras, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela avec des degrés de succès divers.

 

 

Por Miguel Guaglianone 

  Extrait de VENEZUELA/ De la “violencia civil” al terrorismo | ecopopular 

Traduction Anne Wolff

 

 

Ce n’est qu’un aperçu des textes et traductions inédites concernant ces thèmes de la guerre contemporaine figurant sur ce blog. Figurent aussi une élucidation des méthodes de coups d’états doux, j’aurais certainement de bonnes occasions d’y revenir. Un aspect tout aussi importantsur lequel je reviendrai en bonne écosophe est la mise de l'écol.ogie au service de la guerre globale et des intérêts et de la sécurité des Transnationales qui l'inventent et la dirigent

 

 

 

 

Humeur de guerre, humeur de paix  ?
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 07:31
Petite note pour les amis de passage

 

Je ne sais si vous voyez la même publicité obscène que moi alors que je passe sur mon blog, mais moi elle me fout la gerbe. Pour le dire poliment. Dans l’ancienne formule, accepter de la publicité sur son blog signifiait qu’on avait conclu un accord de « droits d’auteurs » avec Overblog. Ce n’est plus le cas. Je tenais à faire cette précision, Les Etats d’Anne sont un acte gratuit qui participe de ce grand mouvement du web, par lequel des personnes partagent et échangent gracieusement informations et idées.

Cela étant dit, les commentaires auxquels je n’ai pas répondu s’accumulent. Pour cause d’absence prolongée. J’ai voulu commencer à y répondre ce matin. A nouveau ce n’est pas clair, rien ne m’indique la différence entre ceux auxquels j’aurais répondu et les autres et même le renvoi depuis courriel n’est pas clair. Je vais donc faire une réponse plus générale. Pour en finir d’emblée avec les fâcheux fachos et autres, sachez que je n’ai résolument rien à vous dire et que je ne vous aurais de toute manière pas répondu, les dialogues de sourds n’ayant aucun intérêt. Je n’ai pas envie de faire de prosélytisme, et n’ai aucun goût pour les échanges d’injures et autres méchancetés. Je n’ai nulle intention de partager votre haine, ni aucune autre d’ailleurs, par chance la vie m’a épargné ce genre de sentiments destructeurs avant tout pour l’intégrité de ceux qui les professent. Ya basta ! Place aux relations de bonne concordance et convivialité. C’est un suffisamment beau défi à présent de s’entendre entre amis que de ne pas perdre son temps à se colleter avec ses ennemis sans enjeux significatifs.

Je remercie par contre du fond du cœur tous ceux qui m’ont encouragée, remerciée pour mon travail. Dans les épreuves que j’ai traversées au cours des derniers mois, vous avez contribué à faire la différence. A ne pas laisser tomber, la vie, la dignité, la combativité pour rejoindre ceux qui furent il n’y pas si longtemps des amis et qui à présent comme de vilains vampires détruits par la misère, m’invitent ou parfois tentent de me forcer à les accompagner dans leur glissade vers le fond du gouffre, néant d’être de celui qui a abandonné sa conscience pour entrer dans le magma indifférencié de la déstructuration mentale.

J’ai beaucoup de leçons à tirer des épreuves (défis ?) que j’ai traversées depuis un an que j’étais de retour à Bruxelles, Certaines leçons ne se tirent qu’en prenant de la distance. Je dois à présent désengluer ma vie de ce marasme collectif et repartir sur d’autres bases.

Je voudrais pouvoir dire que j’exagère alors que je suis sans doute encore au-dessous de la vérité. Je n’explique rien, je constate qu’infra humanisation est un mot qui prends sens concret pour des personnes gentilles dont le plus grand tort était d’être faibles, de ne pas être armés pour un monde de concurrence, de rivalité, de compétitivité et n’avaient pas non plus la combativité pour défendre leur droit à l’existence personnelle sans changement de leur personnalité, adaptation sociale délétère. Quand l’intégration sociale exige une désintégration de la personnalité avec tous les effets destructeurs que cela entraîne pour la santé morale et la santé physique, qui sont étroitement liées. Quand les petites pilules de l’acceptation viennent suppléer au manque à être des zombies sociaux.

J’ai la chance immense de ne pas avoir d’addiction à l’alcool, je ne consomme pas non plus de médicaments. Je vois les amis qui partent en cure de désintoxication. Une première phase, le sevrage, se déroule en surdose de valium. L’occasion pour certain de se créer une nouvelle addiction. Ensuite une semi-liberté pour voir si le sujet résiste à la tentation. Je ne suis pas bien renseignée sur le déroulement de cette seconde phase, je le serai d’avantage d’ici quelques jours, peu importe. Le constat général est que la nième phase est presque à coup sûr, celle de la rechute.

Je n’ai pas non plus connu les affres de la dépression. Même si quelque fois nous avons flirté ensemble la dépression et moi, j’ai les ressorts intérieurs qui me permettent d’y échapper. Pratique intensive d’une activité constructive, celle qu’il est possible ici et maintenant, tout en changeant ce qui dans mes conditions d’existence génère cette crise. C’est ma réponse au risque de la dépression. Et (jusqu’ici) cela marche. Avec des hauts et des bas. La vie comme prise de risque dans la pauvreté volontaire devient toujours plus difficile à assumer au quotidien.

Je vous ai parlé des faibles, gentils qui ne tiennent pas le choc de civilisation que représente la mise aux normes du Nouveau Monde pour la Vieille Europe. Et puis il y en a d’autre pour qui c’est l’occasion de faire exploser sur la place publique leurs pires instincts. Le premier constat que j’ai fait dès mon premier retour en 2005, c’est le dénigrement devenu manière de se mettre en valeur pour ceux qui n’avaient plus de vie propre. Alors on cherche le pire chez l’autre ou du moins on l’invente. Nous étions un petit groupe qui vivait une bonne convivialité,une quarantaine de personnes constituaient le noyau qui attirait de bonnes énergies d’autres personnes qui venaient passer de bons moment avec nous.2008 plus ou moins, marque un tournant, la crise s’aggrave et en particulier celle du logement. Beaucoup d’amis perdent alors le leur sans en retrouver d’autres. La solidarité joue encore, Des amis hébergent d’autres amis, toujours plus dans des conditions toujours plus difficiles, dans des espaces toujours plus restreints. Certains hébergeurs perdent leur logement pour avoir héberger des « personnes peu délicates ». De nouveaux venus s’imposent qui amènent des logiques d’agressions. Les tensions montent, agressions verbales, physiques, apparition et multiplication d’armes blanches.

J’ai quelques témoignages de personnes dites schizophrènes qui m’expliquent qu’elles ont toujours entendu des voix dans leur tête mais qu’avant de prendre des médicaments ces voix étaient gentilles alors que sous l’influence de ces derniers elles incitent à la méchanceté, à la violence. Pour quelques thèmes, comme celui là, j’ai accumulé pas mal de données qu’il faudrait mettre en forme. Comme j’ai pratiqué une politique de l’urgence, tenté de créer les structures qui permettraient de sauver qui et ce qui pouvait l’être. Encore une fois j’ai échoué.

Sans doute parce que j’ai trahi une de mes propres règle, on n’aide personne, on s’entraide et que ceux auquel je m’adressais pendant mes trois ans d’absence avaient cessé même de pouvoir s’aider eux-mêmes. La méchanceté, l’agressivité, la violence, sont devenus pour beaucoup ce qi les tiens debout. Alors que les plus gentils n’ont pas la force souvent de résister à cette double attaque, sociale (globale) d’une part et venant d’anciens amis, de l’ancien groupe de convivialité d’autre part. J’ai été une des dernières à m’entendre avec quasiment tous. A présent c’est bien fini. Je suis d’un naturel plutôt gentil, j’ai une certaine tendance à jouer les bonnes poires, j’ai aussi un amour de la vie qi me fait considérer avec tristesse ceux qui acceptent sans réagir de se livrer à des programmes d’autodestruction dans lesquels ils entraînent leur entourage.

Un autre fait à signaler, l’arrivée massive, pendant cette période, d’héroïne de mauvaise qualité. J’ai toujours été prise dans cette dualité, de penser qu’il fat vraiment être stupide pour même seulement goutter à l’héroïne alias que les témoignages concernant les risques et dégâts qu’elle produit abondent. Et la compassion pour ceux qui ayant céder fusse une fois à la tentation se retrouvent pris dans l’engrenage. Je ne compte plus les morts que cette substance a provoqués autour de moi. Toujours des personnes avec de beaux potentiels, et une grande fragilité affective qui constituaient leur principal handicap. Je ne compte plus non plus les personnes dégradés par la prise de méthadone, qui devient un palliatif permanent, plus de vingt ans parfois, pour ceux pour qui, selon certains médecins véreux, elle sera le neutralisant qi évitera qu’il se transforme en junkies pris comme nuisances sociale.

L’absence d’empathie qui accompagne la prise de cette substance, quand elle se prolonge, fabriquent de vrais sociopathes, qui ne se contentent plus ‘arracher le sac des vigiles dames pour se payer leur « doses ». No comment. Et je ne parle pas de ce qu’est l’invivable expérience de ceux qui partagent le quotidien de ceux qui ne réagissent plus aux stimuli de l’affect, largués sur la planète indifférence, où plus rien ne les atteints.

Cependant je ne suis plus aussi naïve qu’avant, et je dois accepter à présent que la gentillesse n’est pas la tendance spontanée de l’humain et qu’il existe également des gens méchants, nuisibles qui n’attendent que l’occasion pour tomber le masque de la civilité. Idiote, j’ai eu mille occasions de m’en rendre comte avant, dès l’enfance. Et je ne parle pas ici de ces petits bourgeois (requalifiés de classe moyenne selon les catégories propres au fascisme) qui étalent à présent leur vindicte comme un trophée qui démontre leur caractère d’élite par rapport à d’autres qu’ils dénigrent et dont ils souhaitent la disparition. Voir les commentaires qui se multiplient dans certains torchons médiatiques belges. Mais instrumentaliser ces catégories joviales, leur faire croire qu’ils sont une sorte d’élite, cela aussi fait partie de la propagande fasciste qui crée ce climat favorable à l’implantation de l’extrême-droite dans nos contrées.

J’essayerai d’approfondir et développer tout cela si l’occasion m’en est donnée, parce que cela aussi fait partie intrinsèque de la globalisation et de ses manifestations locales. Là j’ai du boulot pour sortir ma propre vie de ce fossé où elle s’est engluée. Heureusement je peux encore compter avec quelques  amis qui eux aussi tentent de garder la tête hors de la boue qui toujours d’avantage nous entoure et nous englue.

Je ne regrette pas je préfère avoir pris le risque, tenté de relever le défi et avoir échoué que d’avoir accepté ce qui apparaît à présent comme inéluctable sans lever le petit doigt. J’ai refait ces jours-ci quelques ballades dans des sites latinos, ai pu constater de visu la vitalité créative d’amis africains avec qui nous parlons le même langage, fait d’abord de simplicité joyeuse, vitalité. Je n’approuve aucune satisfaction à bien m’en tirer, et pourtant je le sais, il faut que je donne à ma vie un nouveau départ avec des personnes gentilles, actives et consciente du problème écosophique majeur que traverse notre planète.

Désolée pour les fautes et autres coquilles, faut que je me mette au boulot pour sauver ma charmante petite caravane. Bien le bonjour à tous (les amis)

Anne

 

Petite note pour les amis de passage
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Published by Anne Wolff - dans humeur du jour
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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 11:03
Image issue de : Formation militaire de jeunes enfants à un « camp d’été néonazi » en Ukraine. (voir lien dans le texte)

Image issue de : Formation militaire de jeunes enfants à un « camp d’été néonazi » en Ukraine. (voir lien dans le texte)

Petit rappel de rigueur, le néonazisme est à nos portes

Quelques idées en vrac, alors que je me replonge dans les sources du web pour actualiser un tantinet ma connaissance de notre monde en devenir incertain.

Les premiers articles qui retiennent mon attention hier sont ceux qui évoquent avec de nombreuses photos à l’appui ces camps paramilitaires pour enfants, y compris de très jeunes enfants, qui ont eu lieu cet été en Ukraine, et dégageaient de putrides relents de néonazisme en action.

Non seulement la chemisette d’uniforme des enfants porte des symboles nazis, mais une partie des instructeurs, qui apprennent aux enfants le maniement d’armes de guerre, sont ouvertement des néonazis.

Dans une autre vie, autre blog, j’avais attiré l’attention sur cette résurgence du nazisme qui n’est pas un phénomène du au hasard mais bien la sortie à l’air libre, au su et vu de tous (pour qui veut s’en donner la peine),des membres d’une internationale qui n’a cessé de croître, proliférer et se structurer, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, alors que avec l’aide et la complicité d’institutions étasuniennes, les nazis essaiment à la surface de la planète. On sait à quel point leur aide sera précieuse pour éradiquer la jeunesse anti-impérialiste d’Amérique Latine lors de l’Opération Condor, entre autre.

Aujourd’hui, ils sont partout. Et ont de plus en plus, impunément, pignon sur rue. L’été dernier, en plus d’autres camps, comme celui d’entraînement au couteau, qui plus tard fera des morts en Suède et en Italie (ceux dont j’ai eu vent, qui a eu lieu dans les anciens locaux du Parti Communiste à Kiev, c’étaient 23 camps d’entraînement pour jeune néonazis européens qui étaient prévus. J’ai à diverses reprises aussi attiré l’attention, sur des déclarations de jeunes néonazis évoquant ces rassemblements où ils retrouvent leurs pairs venu des quatre coins du globe. J’ai publié aussi quelques traductions de documents qi établissent les liens entre ces mouvements de jeunes et quelques un de leurs dirigeants. Ainsi le colombien Uribe, disposant d’une fondation à son nom à Washington, organise en collaboration avec le membre d’une organisation d’extrême-droite vénézuélien Leopoldo Lopez d’autres camps qui forment les garimberos, qui tenteront un coup d’état au Venezuela au début de l’année 2014.Alors que d’autres de ces jeunes iront recevoir une formation en Serbie grâce à des organisations éducatives étasuniennes. Il y a ainsi de nombreuses filières, j’en avais mis en évidence quelques unes, ainsi que la participation récurrente de groupe d’extrême-droite et de radicaux musulmans au pseudo-coup d’état doux et autres printemps.

C’est grâce à cet immense travail de production d’intelligence collective qui avait alors eu lieu en Amérique Latine pour faire échouer cette tentative de coup d’état que j’ai pu apprendre leur vrai nature et comment des jeunes dirigeants des oligarchie de pays dont le gouvernement déplaît à Washington ont droit à des instructions universitaires prodigués par des Serbes participant du coup d’état contre Milosevic, ainsi fut-il pour Leopoldo Lopez à Harvard. Etc., etc., etc.,…

J’avais aussi attiré l’attention sur cet article d’un journaliste Tchèque, Miroslav Mareš, qui se voulant rassurant pour ses concitoyens, leur apprenait qu’il n’auraient plus trop à s’inquiéter des exactions que pourraient commettre dans le pays, ces derniers étant trop occupés à se professionnaliser en vue d’une crise en Europe. Cela vous rassure ? Pas moi, que bien du contraire.

Non seulement cet article décrivant les camps d’enfants apprentis soldats convoque le néonazisme au premier plan de nos préoccupations, mais aussi la question des formations paramilitaires et idéologiques de jeunes enfants et d’adolescents, cela me ramène au camp de rassemblement d’enfants de l’extrême-droite en France ou à cette nouvelle tendance, de plus en plus d’écoles d’enseignements général sont fermées dans les quartiers « colorés » des Etats-Unis alors que s’y ouvrent par contre d’autres pour enfants soldats. Il est intéressant de voir que le même fanatisme se retrouve en Ukraine, et aux USA, même si les cibles ne sont pas les mêmes, alors que les enfants d’Ukraine se préparent à tuer tous les Russes jusqu’au dernier, ceux des USA se préparent eux à en faire autant avec les musulmans.

Il est important aussi de bien comprendre que tous cela ne se déroule pas dans des pays que stigmatisent les défenseurs de la dite civilisation occidentale, hybride de Nouveau Monde et Vieille Europe, mais bien au cœur même de cette civilisation ,ou en Ukraine, au portes de l’Europe en ce pays qui fut le cœur de la civilisation de l’ancienne Russie, alors même que la dynamique guerrière qui se déroule dans ce pays en ce moment fait partie intrinsèque des condition de son addition à l’espace européen, voir à l’Union Européenne..

Quelques éléments parmi des centaines d’autres, des milliers d’autres, qu’ils se trouvent sur le net, dans les bibliothèques, bouquineries ou librairies. D’une part une culture de guerre qui s’en prend toujours d’avantage aux enfants, toujours plus jeunes pour en faire des fanatiques soldats d’une cause qui les instrumentalise, et  d’autre part le rôle joué par le nazisme dans ces formations en divers lieux de la planète. Je voulais attirer l’attention sur ce point, culture de guerre, culture qui fanatise de jeunes enfants de plus en plus tôt et liens entre ces formations avec des organisations d’extrême-droite, voir néonazies.

Je ne vais pas faire ici les recherches qui reprennent tous les textes qui conduisent à ces conclusions. Je vous conseille de faire les vôtres.

Anne

 

 

 

Avant ce clôturer cependant quelques « morceaux choisis » en vrac, juste pour vous dire que si vous voulez comprendre l’ampleur du néonazisme du 21ème siècle, la matière ne manque pas, et se retrouve partout d’un bout à l’autre de la planète. Ce qui suit n’est qu’un aperçu infime, j’insiste si vous êtes de ceux qui pense que la résistance au fascisme et au nazisme est une priorité, faites vos propres recherches, des analystes latinos affirment que cette ultime phase d’accumulation du capital par expropriation ou expulsion, avant laquelle il changera de nature, la globalisation est le prélude à une société fasciste planétaire dirigée par quelques propriétaires de planètes, et cela me parle à travers les nombreuses références, documents que j’ai pu lire ou parcourir et qui confirment ce point de vue.

Des néonazis aussi au Pérou

Dans le cadre "tour du monde de l'internationale néonazie" : Pérou 2011 Un groupe de personnes qui se font appeler les “nuevos néonazis” a provoqué une polémique en publiant ses photos sur son compte Facebook. Les images montrent ces jeunes individus...

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28/02/2014

A l'aise, les (néo)nazis campent à Kiev qu'ils contrôlent

Source image Le 1er janvier 2014, 15 000 nazis manifestent au flambeau à Kiev, en souvenir de Stepan Bandera. Les néonazis patrouillent à Kiev par Unai Aranzadi , un journaliste de guerre qui dérange. “Il est minuit et la colonne d’encapuchonnés sort...

31/03/2014

 

 

En Suède des néonazis sortent chasser les immigrants, la police regarde ailleurs.

En Suède, les troubles qui se sont initiés à Stockholm se répandent dans le pays. Des voiture incendiées, attaque d’un commissariat, attaque de plusieurs écoles, bref de violentes émeutes. Et bien sûr aussi de nombreuses arrestations. Un scénario qui...

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Comme un malaise : Néonazis de Malaisie,

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Néonazisme à la sauce Mexicaine

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26/02/2014

 

Grèce : Sur fond de crise, l’inquiétante ascension des néonazis

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Ukraine : gaz, pétrole et laboratoire néonazi (et la pièce maîtresse Venezuela)

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23/04/2014

 

 

 

 

 

 

 

Petit

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 18:56
Juste un coucou en passant
Ben voilà, j'aurais bien aimé faire quelques publications, mais la nouvelle version d'Overblog me désole. Plus rien à voir avec la plateforme de départ et ce que c‘est devenu ne donne pas envie. Ni la mise en page, ni la pub non désirée. Là ; ils se surpasse entre musculators plus répugnants que nature et gras du bide exposés en toute indécence… beurk. Je n’ai pas envie de supprimer le blog parce qu’il y a, surtout avec les traductions, pas mal de matière inédite qui continue à recevoir son lot de visiteurs, mais depuis qu’il n’y a plus les catégories, et que quelques liens qui ne sont pas les plus importants, franchement, ne me sens déçue, spoliée de mes états. J’ai donc commencé un nouveau blog, sur Blogger, cela ne vaut pas Overblog des débuts, mais c’est mille fois mieux que ce que propose la très restreinte plateforme d’Overblog nouveau style. Oui, je râle. Contre moi d’abord, jamais je n’aurais du croire leur baratin et changer de formule.

Quelques événements récents me donnaient envie de m'exprimer, quelques articles que sur lesquels je voulais attirer l'attention. Comme ces camps d’entraînement paramilitaires à forts relents néonazis en Ukraine. J’avais déjà attiré l’attention sur l’Ukraine comme le lieu où s professionnalisaient les néonazes européens, entre autres, sur les camps d’entraînement pour enfants en France ou sur la formation d’enfants soldats, de couleur, aux USA. Vous trouverez des articles, avec photos édifiantes à ce sujet sur Mondialisation.ca.
Une année de galère pendant laquelle survivre a été au premier plan, sans avoir en plus envie de plonger dans les gadoues de la géopolitique internationale. Sur le terrain, de catastrophe en catastrophe, des amis qui meurent ou perdent la tête, ce qui n’est pas mieux. Une crise du logement aggravée et la misère qui gagne du terrain. Débrouillarde, je l’en sors bien mieux que beaucoup d’autres, mais c n’est pas la joie.
Du côté de l’Amérique Latine, rien à dire, sinon que de guerres qui ne disent pas leur nom battent leur plein et défendent les intérêts de transnationale aux détriments des populations locales et parfois des gouvernements. Autant dire que si je suis toujours quand je le peux à l’écoute des peuples de la région, de la conscience éveillée et de l’intelligence dont ils font preuve. Mais en ce qui concerne les gouvernements, je me range dans les « ni ni » Ni le retour de la droite et plus loin que les gouvernements progressistes de la région. Bon déjà que le Progrès me semble une notion à interroger, à élucider. Je ne vais pas étaler ni ici, ni maintenant le critiques que je formule. J’ai juste mal, de voir mis à mal, ceux qui là-bas lutte pour un monde plus équitable pour tous, donc pour nous. Alors qu’ici sévissent indifférence, ignorance et désinformation à leur sujet.
Et oui par rapport à tout cela, je suis déboussolée. Vraiment. Trop à dire qui font que pas assez risque d’être pire que rien. Trop d’évènement à décanter, de pertes à métaboliser,
Quelques questions cependant, à savoir si d’autres voient ainsi leur entourage se dégrader à vitesse V V’, que ce soit la transformation du milieu ambiant, du territoire ou une dégradation des personnes tant du point de vue moral et mental, psychique ou s’il s’agit d’un phénomène local auquel j’ai eu la malchance d’être confrontée, au mauvais endroit, au mauvais moment au cœur de l’Union, Bruxelles/Ixelles alors que les non intégrables meurent en masse, ou passent d’hôpital en hôpital pour des cures de désintoxe ou des traitements de dépressions qui restent sans effets, sinon des pires.
Si certains pouvaient me faire part de leurs constatations à ce sujet. J’aimerais savoir si cette dégradation de qualité humaine est propre à mes marginaux d’amis et de copains ou si le phénomène est récurrent. De mêle pour les opinions fascistes de plus en plus librement exprimées avec toujours plus de fierté, t de même pour une ambiance de civisme qui rime avec délation, un néofascisme à la Deleuze quand chaque parole plus haute, comportement singulier peut et, de plus en plus ; se doit d’être dénoncé par les « bons » citoyens.
Des questions, des questions, encore des questions… en ce moment je suis un questionnement ambulant.
Anne
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 23:39

Des questions et encore des questions…

Depuis hier, après quelques salutaires semaines loin de toute « info », contre-info ou désinfo, pas moyen d’échapper à Charlie…

La question parmi toute qui me relance avec la plus grande insistance, c’est : « Mais de quelle liberté d’expression est-il question en fait ? »

De celle qui permet de stigmatiser les musulmans en toute bonne conscience mais vous promet les pires ennuis si vous avez le malheur de critiquer les agissements du gouvernement sioniste d’Israël ?

De celle qui établit des lois de mauvaise conscience, après que le gouvernement pétainiste ait livré les français juifs à leurs alliés nazis voici que des lois discriminatoire font des juifs des sortes de citoyens d’exception que nul ne pourrait critiquer, sauf si ce sont des « mauvais juifs » qui eux aussi s’indignent des agissements sionistes.

Je n’ai jamais été une lectrice de Charlie, mais là j’ai eu l’occasion ces derniers jours d’en prendre plein la gueule de ces caricatures de « musulmans » – souvent ignobles, toujours vulgaires. C’était aussi l’occasion de m’interroger : en quoi de telles manifestations de mépris et de haine ont-elles jamais pu contribuer à créer les conditions d’une union populaire tellement nécessaire pour lutter contre les ravages de la globalisation ? Caricature doit être pris ici au sens figuré de ce qui déforme et trahit la réalité.

Les valeurs de la République ? La laïcité ?

Une des dérives très claires des dernières décennies, c’est de voir que ces valeurs servent aujourd’hui de leurres pour multiplier les interdits et franchement à les voir ainsi agitées dans un état d’esprit qui évoque Les Bush, Obama et consorts qui brandissent les spectres de la démocratie et de la liberté pour justifier leur défense des intérêts mondiaux des grandes transnationales, cela me fiche tout simplement la nausée…

Globalisation ?

J’ai atterri en 2015 après une soirée arrosée d’eau pétillante, avec l’impression de me retrouver au bord d’un gouffre, le trou noir, quand globalisation signifie multiplication des foyers et des formes de guerre qui préparent le terrain pour un « nouvel ordre mondial », dont les caractéristiques selon ses promoteurs sont celles d’une dictature digne de la « République » de Platon. L’Ukrainienne Anna Goncharova cite les oligarques de son pays parlant du peuple comme du bétail, nul doute en ce qui me concerne que ce point de vue ne soit partagé par l’oligarchie mondiale qui se crée à présent un cheptel en fonction de ses aspirations et besoins éliminant sans vergogne ceux qui par leur action, leur idéologie ou par ce qu’ils occupent des terres riches que celle-ci désire s’approprier constituent un obstacle à la réalisation de leur plan.

Nous pouvons le constater par des moyens multiples nous assistons à présent à la mise en œuvre d’une opération massive de réduction de la population de la planète qui s’accompagne d’une réduction drastique du nombre des espèces vivantes naturelles.

Ainsi donc le premier janvier, ce n’était pas la joie. Après celle du gouffre noir, l’image qui s’impose à moi est celle d’un monde casserole à pression s’échauffant vers une implosion généralisée. Une guerre de tous contre tous volontairement provoquée par un long travail de sape et de manipulation des inconscients collectifs grâce au matraquage de matrices d’opinion conçues à cet effet.

« Bonne année » ? Difficile de la souhaiter avec cette candeur qui nous permettait auparavant de commencer l’année comme la perspective d’un renouvellement de tous les possibles. Depuis quelques mois, j’ai délaissé internet et la géopolitique internationale pour me concentrer sur l’échelle locale. De retour à Bruxelles après près de 3 ans d’absence, je constate les dégâts. Du néofascisme qui confirme la vision deleuzienne dune société de contrôle civile, quand les « citoyens » sont incités à la délation présentée comme un acte civique… et je vous assure que cela marche… « Si vous constatez quoi que ce soit d’anormal, appelez les contrôleurs au numéro vert untel »…

Personnellement je m’en sors pas trop mal et j’ai réussi encore une fois à refaire un lieu de vie agréable avec des moyens financiers minimum et de la débrouillardise… en lisant Texaco de Patrick Chamoiseau qui raconte l’histoire de Marie-Sophie Laborieux en lutte pour défendre son bidonville édifié sur les coteaux qui borde l’en-ville de Fort de France, je me sens en empathie totale avec ce petit peuple qui construit ces cases de bric et de broc pour en faire des foyers digne de ce nom… avec de la débrouillardise et de l’huile de bras, un brin d’imagination et de savoir faire… on s’accommode… mais de me sentir bien dans mon histoire cela ne me console pas du tout des ravages que l’autodestruction programmée provoque chez mes amis, copains ou relations… très clairement une conséquence de la globalisation avec ses restrictions financières, ses restrictions de moyens, d’espaces de liberté et l’accès à un logement décent toujours plus aléatoire. Une des formes de la guerre globale qui restreint de quelques décennies leur espérance de vie… La Mort frappe parmi nous, marginaux, à coups redoublés et je sens comme une angoisse latente qui fait que chacun commence à se demander qui sera le prochain sur la liste.

J’ai bien conscience pourtant que cette désespérance faute d’espoir n’est qu’un moindre mal si l’on pense à tous ceux qui de part le monde vivent la guerre aux quotidien quand armées, paramilitaires, forces de répressions, sicaires ou voisins habités de folie programmée peuvent surgir à tous moment, quand de braves gens perdent le sommeil parce qu’ils ont tout à fait conscience que ces drones qui survolent leur maison la nuit peuvent tout aussi bien les transformer en quelques secondes en « dommages collatéraux », eux, leurs proches leurs amis.

Chronique d’un attentat prévu.

Toute personne dotée d’un minimum de rationalité sait depuis longtemps qu’il n’est pas possible de porter la guerre dans d’autres pays qui ne nous menaçaient pas, d’encourager les gamins des banlieues à rejoindre les rebelles de Syrie, pour les stigmatiser à leur retour… qu’on ne peut assassiner des populations entières afin de s’approprier les richesses de leur territoire sans que ce produisent à un moment le retour de bâton… d’autant que les indices se multiplient qui dénonce les préparatifs d’une guerre civile en Europe, la formation militaire des terroristes s’accompagnant souvent dans les mêmes lieux de celle de néo-nazis qui font partie de la même dynamique nous conduisant vers cette implosion évoquée plus haut…

Ainsi donc la question n’était pas tant de savoir qi nous allions être exposés au risque d’attentats terroristes mais bien plutôt quand et sous quelle forme ils se produiraient. Mon indignation ne concerne donc pas l’attentat de Charlie Hebdo en soi mais bien toutes les dynamiques et processus de la guerre globale qui l’ont rendu possible, qui l’ont rendu inéluctable. Je n’ai pas visionné les films des meurtres « en direct », puisque ce n’est que samedi que passant par hasard devant une télévision allumée, chez pris connaissance du « tragique événement ».

Autant que possible j’essaye de me protéger de ce voyeurisme qui a envahi nos foyers par l’intermédiaire de cette machine diabolique à niveler les consciences et manipuler les émotions : le cheval de Troie télévision et sa manipulation émotionnelle des images.

D’autres questions concernent les aspects plus stratégiques et tactiques… Qui a commandité, pourquoi Charlie… Que pensez de l’argument de l’abandon de la surveillance de terroristes avérés sous prétexte qu’il présentent « un faible risque » etc… une longue liste de questions dont certaines sont de celles qui ne trouvent de réponses que bien plus tard quand des investigateurs compétents accèdent à des documents déclassifiés ou autres preuves de manipulation de l’histoire.

Je ne crois ni au Dieu des Musulmans, ni à celui des Chrétiens, ni à aucune autre représentation divine qui ferait de quelque peuple que ce soit un peuple élu favoris de Dieu… simple question de logique : s’il existe un esprit créateur alors nous sommes tous créatures au même titre. J’ai rencontré tant de gens de toutes origines au cours de ma vie que je ne puis considérer d’autre appartenance que celle du cœur, d’autre liberté d’expression que celle qui respecte la dignité de l’autre et en particulier dans le contexte actuel d’autre manière d’agir que celles qui favorisent la concorde entre tous ceux qui souffrent de l’exploitation, de l’exclusion , de l’expropriation pratiquée par les accapareurs transnationaux.

Mes affinités ne sont pas fonction des origines des uns et des autres, mais bien de la complémentarité que nous pouvons mettre en œuvre pour construire à contre-courant un monde de paix, d’une sensibilité commune humaine et bienveillante… Je ne cautionne donc ni les productions irrespectueuses de Charlie Hebdo qui en tant qu’atteinte à la dignité de personnes me révulsent, et j’ai le même sentiment vis-à-vis de ceux qui s’en seront délectés mais jamais nulle part et d’aucune manière je ne pourrai cautionner quelques formes de terrorisme que ce soit aveugle ou ciblé. Je ne peux cependant oublier que presque chaque jour à présent de par le monde des journalistes sont assassinés ou menacés parce qu’ils dénoncent des situations inacceptables de violation des droits humains ou du vivant… et ce dans le silence total de tout les biens pensants qui défendent la liberté d’expression sous sa forme la plus perverse, celle qui stigmatise la différence de l’autre… Cocorico !!!

Il y a beaucoup d’autres questions qui subsistent des hiatus ou faiblesse dans le scénario de poursuite et mise à mort des terroristes… des gens qui d’une part se comportent en militaires aguerris mais qui d’autre part « oublient » une carte d’identité dans un des véhicules qu’ils ont utilisé… même dans un film de troisième zone une telle faiblesse du scénario ne passerait pas… On se retrouve dans le même paradoxe que lors d’autres attentats… des gens dont le comportement atteste la formation paramilitaire mais qui une fois leur forfait accomplit se comportent comme des loosers se jetant droit dans le piège mortel de leur exécution… marionnettes jetables après usage, instrumentalisés au service d’une cause qui les dépasse… professionnalisme dans l’action mais amateurisme total dans la fuite… quelque chose là m’interpelle…

Je l’ai dit, je ne suis adepte d’aucune religion cependant je partage avec bien des gens qui ont d’autres croyances des valeurs communes qui sont reconnues ici comme celles qui fondent le christianisme, en tant que philosophie de paix et d’amour du prochain, compassion, beaucoup d’entre eux sont des musulmans avec qui mes affinités sont bien plus fortes que celles que j’ai avec les catholiques qui ont depuis longtemps reniés leur christ et son message. Demander à l’ensemble des musulmans et des arabes de se justifier pour un crime qu’ils n’ont pas commis me renvoie à Lafontaine au loup et l’agneau… « Si ce n’est toi c’est donc ton frère… c’est donc quelqu’un des tiens… ». Demande-t-on aux chrétiens « bons pères de famille » de se justifier de la pédophilie qui perverti l’église ? Leur demande-t-on de rendre compte de l’idéocide et des génocides commis par la très sainte Inquisition ? Leur demande-t-on de se justifier de l’attentat d’Oklahoma par lequel ce bon petit gars catholique de Mc Veigh a tuer 168 personnes et en a blessé près de 700 au nom d’idéaux d’extrême-droite… quand le christ se fait nazi… … … La paille et la poutre…

Je ne vais pas épiloguer. Je n’ai pas de recette miracle, Autour de moi je constate la misère, le désespoir et cette tendance persistante de prendre comme exutoire au mal être de plus en plus généralisé, les cibles les plus vulnérables qui sont souvent celles désignées en guise de boucs émissaires par les servants du système. Je constate aussi l’augmentation de la violence domestique ou entre proches… l’attentat contre Charlie hebdo n’est pas un fait isolé mais un acte de violence parmi des dizaines de milliers d’autres qui font de notre monde un enfer ou au mieux un purgatoire pour un nombre croissant de ses habitants.

Seule une lutte cohérente contre cette violence globale peut apporter une réponse mais la machine est lancée et j’ai pu le constater à travers de nombreux commentaires les diversions opèrent, rares sont ceux qui tirent les leçons de l’histoire récente de la mise en action de la Stratégie de la Tension aux artefacts des révolutions de couleurs avec les guerres civiles qui en résulte…

Le capitalisme n’est pas en crise, il est en mutation. Les analystes latinos décrivent cette mutation comme une phase ultime d’accumulation par expropriation. Une machination, une marchandisation, une mécanisation (y compris des consciences), il produit des machines de guerre dont certaines sont des mécaniques au sens propre mais d’autres sont d’origine humaine et subissent des conditionnements terrifiants pour devenir des machines à tuer sans état d’âme, l’idéal des nazis concrétisé. C’est dans ce monde dangereux miné par une violence généralisée que nous avons à vivre dorénavant. Partageant les angoisses que connaissent les peuples à qui nos nations font la guerre pour venir au secours de la protection des intérêts des transnationales monopolistiques alors que la division et la méfiance voir l’agressivité au sein des populations ne cesse de croître.

Dans ce contexte, « quelle liberté d’expression défendons-nous ? » est une question pertinente. A travers les nombreux commentaires que j’ai pu lire une forte tendance se dégage, celle de tous ceux qui prétendent détenir la vérité et prétendent museler les autres au nom de leurs valeurs. On n’est pas sorti de l’auberge…

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Published by Anne Wolff
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