9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:33

 

 

 

Ah ! Ah ! Ah ! Conspirationiste… disqualifiée… Et pourtant ?

Sans recourir à une théorie de Conspiration qui ferait appel à des Illuminatis, reptiliens et autres petits gris, qui ne sont d’ailleurs d’aucune utilité pour expliquer le caractère de conspiration contre les peuples que constituent des Traités de Libre-Echange qui se négocient en secret, entre les représentants des multinationales et les « politiques » des pays concernés, une forme de négociation de futures lois et obligations en matière de comportement qui se font sans consultation aucune des dites populations, ô que bien du contraire. J’ai déjà traduits quelques textes qui décrivent les conséquences délétères pour les Mexicains du Traité de Libre Echange que les « Politiques » (élus ? et non représentatifs) de ce pays ont conclu avec les EU.  

Dans les jours qui viennent, je voudrais, si j’en ai la possibilité, , établir les parallèles flagrants qui existe entre la Traité Transatlantique (TTIP) qui nous concerne et celui équivalent Trans-Pacific Partnership Agreement  (TPP qui regroupe outre les USA, l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam).

Ces derniers jours j’ai lu pas mal de textes qui constituent un aperçu de la réaction d’habitants d’Amérique Latine concernés par ses traités Supra Nationaux qui se négocient directement avec les transnationales et posent les bases politiques, juridiques et économiques de leur dictature dans les régions où une classe politique pourrie accepte de leur céder leur pays et ses habitants comme terrain de jeu : exploitation et Profit, misère et mise à mort,  sur le dos des négligeables que nous sommes pour eux. Des habitants du Chili, des habitants du Pérou constituent des plates-formes d’étude et de résistance. De la même manière qu’ils avaient créer une vaste plate-forme transnationale pour s’opposer, avec succès dans un premier temps, à la loi des semences imposées par les grandes corporation du créneau, Monsanto et Cie… les empoisonneurs patentés de planète qui prétendent détenir des « droits intellectuels » sur les sources de la vie… Ici c'est le même scénario, sauf qu'il s'applique cette fois à l'ensemble des domaines de nos existences à court terme et dans la durée.  Et si cela n'est pas une conspiration contre les peuples, alors que l'on retire ce mot du dictionnaire,...il n'a plus aucun sens.

Les commentaires sont bienvenus qui pourraient apporter des éléments constructifs pour comprendre ce qui cristallisera la dictature qui coexiste actuellement comme hybride avec un restant de démocratie de plus en plus rachitique et affaibli…

Anne

Susan George : «Si le TTIP est accepté, c'est la mort de la démocratie"

Trois millions de signatures ont été récoltées par une pétition réclamant l'arrêt des négociations du Traité Transatlantique, qui sera remise demain à Bruxelles. Susan George, Présidente d'honneur d'Attac et membre du collectif Stop-TTIP répond à RT


RT France : Tout d'abord, pouvez-vous nous expliquer les raisons pour lesquelles vous êtes opposée au TTIP ?

Susan George : Ce traité a été préparé de longue date par des organisations transnationales de part et d'autre de l'Atlantique. 70 multinationales se sont réunies en 1995 et ont été soutenues par la Commission et la Direction du Commerce Européen d'un côté, et par le Département du Commerce des États-Unis de l'autre afin de développer leurs projets. De fil en aiguille, ces réunions informelles sont devenues des institutions officielles, comme le Conseil Économique Transatlantique, afin d'imposer leurs exigences, notamment dans le domaine agricole, afin de faciliter l'entrée de produits américains dans l'Union Européenne en abaissant les barrières douanières.

 

 

De plus les compagnies veulent imposer l'harmonisation des normes entre les deux blocs, et je crois que le scandale Volkswagen montre bien que ce n'est pas du tout une bonne idée. C'est la même problématique en ce qui concerne les produits sanitaires, pharmaceutiques ou chimiques etc. Dans l'ensemble, nous avons en Europe des normes plus strictes qu'aux États-Unis. A titre d'exemple, l'Union Européenne a rejeté 1 200 produits chimiques alors que dans le même laps de temps, les Etats-Unis n'en n'ont interdit que 5. Nos philosophies de régulations sont très différentes, les américains n'appliquent jamais le principe de précaution.

Troisièmement, il y a le problème du tribunal d'arbitrage, indépendant des gouvernements et qui pourra sanctionner les Etats qui adopteront des législations qui pourraient entraver les profits des profits des industriels comme l'interdiction des OGM ou encore de l'exploitation du gaz de schiste. Ceci est une attaque directe contre la démocratie.


Lire aussi : Le TTIP, accord controversé et secret, devient encore plus secret
RT France : En 2014 votre collectif avait déjà essayé de faire passer une Initiative Citoyenne Européenne pour dénoncer ce traité, comment a-t-elle été reçue ?

Susan George : Nous avions effectivement fait une demande en bonne et due forme rédigée par des avocats allemands qui nous avaient assuré qu'il n'y avait aucun problème juridique. Mais la Commission Européenne nous en a refusé l'enregistrement pour des motifs relativement abscons. Nous avons donc décidé de nous auto-organiser et de faire cette pétition nous-même, tout en suivant les critères légaux de l'Initiative Citoyenne. C'est à dire réunir en un an, ce qui se termine ce soir à minuit, 1 million de signatures provenant d'au moins 7 pays de l'Union Européenne qui ont atteint leur quota officiel.

 

 

Ces deux derniers jours, le Portugal nous a rejoint, et nous avons dépassé les trois millions de signataires pour la pétition, dont 500 organisations, que nous remettrons demain matin. Les seuls pays qui n'ont pas atteint leurs quotas sont les trois pays Baltes, ainsi que Malte et Chypre. Mais tous les autres, t compris la Pologne, la Bulgarie et la Hongrie ont réunis suffisamment de signature. C'est la première fois que l'on voit une telle unité entre l'Est et l'Ouest. C'est vraiment significatif.

RT France : Votre initiative se déroulant en dehors du cadre légal européen, pensez-vous pouvoir obtenir un résultat malgré le nombre important de signatures récoltées ?

Susan George : J'espère que la Commission, si elle a le moindre regard pour la démocratie (ce qui est de moins en moins certain) organisera ce qu'elle aurait déjà du faire, c'est à dire un débat parlementaire ainsi que des auditions, avec que la voix des citoyens soit entendue sur ce sujet. Nous avons dépassé le nécessaire légal de signatures de trois fois, ce qui représente la plus grande Initiative Citoyenne Européenne jamais réalisée. Nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin et poursuivrons nos activités contre la ratification de ce traité avec ce collectif.

 

Car, comme vous le savez, le Partenariat Trans-Pacifique a été voté hier. Si le TTIP venait à être voté, cela mettrait les États-Unis au milieu d'un véritable empire, regroupant les trois-quart du commerce et les deux-tiers du PNB mondial. Ce pays serait alors dans une position géopolitique absolue, et cela signifierait la mort de la démocratie. Je refuse de l'accepter.

Lire aussi : Jacques Nikonoff : «Le TAFTA, c’est un OTAN économique qui se met en place»

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

https://francais.rt.com/opinions/7927-susan-george-ttip-tafta-petition


 

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 12:19

C’est un phénomène qui n’a rien d’innocent et qui a été documenté déjà par plusieurs auteurs, dont Stella Calloni. Derriére le phénomène des « bandes délinquantes » maras ou pandillas, en tant que facteur de déstabilisation de l’Amérique Centrale, il y a une volonté active. Les quelques textes que j’ai publiés et/ou traduit concernant les prisons étasuniennes, en particulier celle du sur et celle de « Pelican Bay » regorge de jeunes gens qui y sont enfermés sur simple présomption d’appartenance à une « pandilla ».

De nombreuses études ont été menées par psychologues comportementalistes, comme ceux de l’Université de Harvard,  les fabricants professionnels de bourreaux et psychopathes qui sont d’applications dans ces prisons, ou la loi de l’isolement détruit des hommes qui y sont parfois confiné pour 10, 15, 20 et même jusqu’à plus de 40 ans, sur la simple présomption du fait qu’ils « pourraient s’avérer dangereux » pour les autre détenus. Régulièrement une partie de ces détenus, souvent nés aux USA de parents sans papiers, sont renvoyés dans leur « pays d’origine », en Amérique Centrale, dont ils ne parlent pas toujours la langue et dans lequel ils importent cette culture de « violence sadique et meurtrière illimitée » made in USA Prisons, avec pour but la déstabilisation de l’état. Au Salvador, les tentatives de déstabilisations, notamment la version « coup d’état doux » sont actuellement permanentes ?Ilne faut pas ooublié que l’état failli » est une des conditions pour lesquelles le Pentagone s’arroge le droix d’intervenir militairement afin de concrétiser cette approche vigoureuse de l’arrière-cour préconisée par Kerry.

Un texte publié en espagnol par Rebelion  donne une bonne introduction concernant la situation au Savador et la nature de l’interventionnisme US, ou comme dans le cas du Honduras, les équipes de déstabilisation comptent parmi leurs acteurs étasuniens et locaux, nombre de ceux qui avaient conquis leur mauvaise réputation dans l’Opération Condor, les Contras ou le coup d’état du 11 septembre au Chili. Les Maras sont une des composantes de ces plans de déstabilisation.

¿Se convertirá El Salvador en otra Venezuela?

Le texte qui suit d’Atilio Boron a été  publié par et par Investig’action .

Au Salvador, les Etats-Unis exportent des criminels

La décision du gouvernement des Etats-Unis de libérer des centaines, probablement des milliers de "mareros" qui étaient détenus dans diverses prisons de ce pays et de les envoyer directement au Salvador. Ce n'est pas précisément un geste amical envers le pays dans lequel on remet un si néfaste contingent mais c'est beaucoup plus grave si auparavant on "nettoie" le casier judiciaire de ces délinquants de telle façon qu'il est impossible d'empêcher légalement leur entrée au Salvador.

 

Dans le journal El Clarin de dimanche dernier, il y a une petite note de Gustavo Sierra intitulée "Les "lièvres" ensanglantent le Salvador" (1). On y parle de la vague de violence qui secoue ce pays d’Amérique Centrale : selon l’auteur, en 3 jours, "125 personnes sont mortes dans les affrontements entre les bandes et la police ou l’armée." La note abonde en détails : le taux phénoménal d’homicides dans le Salvador actuel : 90 pour 100 000 habitants.

En comparaison, disons que selon les chiffres produits par le Bureau des Nations Unies contre la Drogue et le Délit, pour l’année 2012, le taux pour les Etats-Unis était de 4,8, pour l’Argentine de 5,4, pour le Brésil de 21,8 et pour le Honduras de 66,5. Cette même année, le taux pour le Salvador était de 41,2, toujours pour 100 000 habitants. C’est à dire qu’un taux déjà très élevé a doublé en moins de 3 ans et en particulier, ces derniers mois.

Evidemment, de nombreux facteurs expliquent ce malheureux résultat et ce n’est pas le moment de les examiner ici. En fait, dans la note de Sierra, certains de ceux-ci sont mentionnés mais celui qui, dans la violente irruption de ces jours-ci est sans doute le plus important, est omis : la décision du gouvernement des Etats-Unis de libérer des centaines, probablement des milliers de "mareros" qui étaient détenus dans diverses prisons de ce pays et de les envoyer directement au Salvador.

Ce n’est pas précisément un geste amical envers le pays dans lequel on remet un si néfaste contingent mais c’est beaucoup plus grave si auparavant on "nettoie" le casier judiciaire de ces délinquants de telle façon qu’il est impossible d’empêcher légalement leur entrée au Salvador. Avec leurs antécédents délictueux convenablement purgés, rien ne peut les arrêter et les malfaiteurs deviennent des gens qui rentrent dans leur pays d’origine sans avoir aucun compte en suspens avec la justice. Une canaillerie, ni plus, ni moins.

Comment interpréter cette décision criminelle ? Il va de soi que cela n’a pas pu être une idée subite des autorités carcérales nord-américaines qui un jour ont décidé de relâcher tous les "mareros". Une politique de grande importance est adoptée à un autre niveau : au Département d’Etat, au Conseil National de Sécurité ou à la Maison Blanche elle-même.

Le but : provoquer une vague de violences pour semer le chaos et provoquer le mal-être social qui déstabilise le gouvernement du président Salvador Sanchez Ceren, du Front Farabundo Marti de Libération Nationale, conformément à la priorité états-unienne de"mettre de l’ordre" le plus rapidement possible dans l’arrière-cour latino-américaine récalcitrante en en faisant partir les gouvernements indésirables.

A cause de cela, un geste immoral et délictueux comme celui-ci qui a couté tant de vies au Salvador et qui certainement en coûtera beaucoup plus dans les jours qui viennent. Indifférent aux conséquences de ses actes, Washington continue imperturbablement à donner des leçons de droits de l’homme et de démocratie au reste du monde alors qu’il applique, sans arrêt, les tactiques du "coup d’Etat doux" contre ceux qui ont l’audace de prétendre gouverner avec patriotisme et au bénéfice de la grande majorité du peuple. L’auto-proclamée "destinée manifeste" des Etats-Unis est d’exporter la démocratie et les droits de l’homme aux quatre coins de la planète. Ce qu’ils font, en réalité, c’est d’exporter des criminels.

Note :

1. El Clarin, 23 Agosto 2015, p. 32.

Source : https://lapupilainsomne.wordpress.c...

Traduit de l’espagnol par Cuba Si Provence : http://cubasifranceprovence.over-bl...

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 19:39

 

Un an ou plus, sans fréquenter régulièrement le web, cela m’oblige à reprendre le fil à la volée. Je n’ai pas pour le moment la possibilité de faire un vrai travail d’info sur le blog, une telle production d’analyses pertinentes, de synthèses inédites et de production d’intelligence collective dans le web hispanophone, pour rendre cela, traduire à plein temps 36 heures sur 24 n’y suffirait pas… C’est que l’Amérique Latine traverse une crise de conscience, et nombreux sont ceux qui viennent jouer les gouttes d’eau d’un grand courant de conscience collective.

Le dénominateur commun, omniprésent dans toute la région, c’est la Guerre, toutes les formes de la guerre de quatrième génération menée par Washington pour reconquérir son « arrière-cour », au profit des transnationales qui y ont le pouvoir. Guerre économique, médiatique, guerre d’expulsion des terres, de manipulation de la « société civile » et de certains mouvements indigènes, etc… guerre contre-insurrectionnelle préventive qui se déguise le plus souvent sous le prétexte d’une guerre au narcotrafic, qui n’est rien d’autres que celles que le narco-capitalisme mène dans le double profit : contrôler ce juteux marché et en profiter pour liquider la résistance. Ce dénominateur commun est semblable à celui qui pendant la seconde guerre mondiale en Europe a unis sous les bannières communes de la résistance à l’occupant des personnes aux appartenances politiques diverses.

Un des aspects de cette guerre, c’est aussi la résistance déclarée et active aux traités de Libre Echange que tente d’imposer Washington et qui sont de véritables feu vert à l’accaparement des territoires de la région et de leurs ressources y compris humaines pour celles qui sont exploitables à merci, les autres étant priés d’aller se faire voir ailleurs, en enfer si possible. Et forces de répression à l’avenant. Beaucoup d’analyses à ce sujet, de création de plateforme de résistance, dont l’Europe ferait bien de s’inspirer. Je suis pessimiste en ce qui concerne l’Europe trop nombriliste, trop repliée dans son égoïsme et son inconscience cultivée avec soin.

Quand je vois, autour de moi, les réactions, à la venue de réfugiés, qui ne remettent pas en cause le rôle de nos nations dans l’induction de ce phénomène, que je vois des gens qui n’en foutent pas une, mais veulent continuer à « profiter du système » qui râlent parce que des « étrangers » viendraient leur piquer quelques miettes, sans remettre en question le prix de sang et de larmes  qu’a coûter le gâteau dont ces miettes proviennent aux populations des pays dont ses réfugiés sont originaires et bien oui, les bons jours cela me met en colère, les autres cela me fiche tout simplement la nausée.

Je viendrai là-dessus et sur les constats de terrain que j’ai pu faire au cours de cette dernière année, cette micro fascisation omniprésente, celle du « diviser pour régner » qui marche à fond. Etre pauvre ou misérable n’est pas une garantie d’intégrité morale, loin de là et au contraire, bien des gens dans la misère révèlent le pire d’eux-mêmes et cela m’interpelle. Aucun patriotisme européen ne peut être cohérent aujourd’hui qui ne remette en question d’abord et avant tout ce rôle de Cheval de Troie des transnationales, et qu’elles viennent de l’Ouest, de l’Est ou du Lointain Orient, les méthodes sont les mêmes, expulsion des habitants, appropriation des terres, des moyens de production et des circuits commerciaux et dérégulation du marché du travail au détriment d’un peuple exploitable à merci, meilleurs profits obligent. Mais ce sont les immigrés et les réfugiés qui polarisent les stigmatisations de la part d’une extrême-droite qui se dit nationaliste. Un peu de logique élémentaire… Si demain, l’équité était établie dans les prix des matières premières rares et non renouvelables, fin des guerres de conquêtes et juste prix, gestion « en bon père de famille » et en « bon voisin », notre système s’effondre, il n’y a plus de réfugiés, ils restent chez eux, mais il n’y a plus non plus de gâteau et encore moins de miettes à distribuer pour empêcher les soulèvements populaires. Imaginer les Nations d’Europe essayant l’autarcie,… Un changement radical de mode de vie vers une frugalité drastique deviendrait notre quotidien hors civilisation pétrolière, hors importations au rabais de matières premières et de produit manufacturés par des esclaves.

Par contre si demain les transnationales se retirent et nous recommençons à pratiquer une économie locale et solidaire, tout en assurant des transactions directes avec d’autres populations, pour les importations-exportations (évitant les pharamineux coût du capital),  certes nous devrions changer nos modes de vie, mais sans doute seraient-ils à nouveau plus conviviaux et bon enfant. Et à part les intoxiqués graves du consumérisme forcenés, une majorité y trouverait son compte. Les vocations de fermiers ne manquent pas, ce qui pose problème c’est l’accès à une terre dont la propriété est toujours plus concentrée aux mains d’un petit nombre. Les connaissances sont là qui permettrait de pratiquer une agriculture locale, artisanale dont les produits ont une vraie valeur nutritive, condition d’une bonne santé, alors que les produits de supermarché qu’on nous vend à prix d’or sont remplis de poison et vidés de substance nutritive.

Et cela est un autre des débat qui anime l’Amérique Latine, une remise en cause du progressisme en tant qu’il donne priorité aux modes de production industrielle y compris en agriculture. Pas de souveraineté populaire sans souveraineté alimentaire, sans une production locale des produits de bases, cela tous sont d’accord, les divergences concernent les modes de production.

C’est un débat qui concerne tous ceux pour qui la priorité est de construire un monde de paix. Un truc qui peut paraître impossible dans l’état actuel toujours aggravé de l’état de guerre planétaire et des contentieux de longue durée qu’elle entraîne, cela reste pourtant un guide, un idéal, même si chaque jour qui passe en renvoie le possible accomplissement plus loin dans un futur toujours plus incertain. Comment parvenir à ce monde de paix alors que le monde compte toujours plus de soldats psychopathes quelles que soient les types d’armées auxquels ils appartiennent, officielles, paramilitaires, nazies, ou maffieuses, … un peu de tout cela en mélange, fabriqués en série en quantité industrielle, ils sont un mal dont la planète ne guérira pas en quelques jours, ni mêmes en quelques années ou décennies, quand bien même le mouvement serait inversé dès aujourd’hui.

Hannah Arendt mettait en garde les psychologues comportementalistes, qui risquaient de fabriquer les phénomènes de masse qu’ils décrivaient, c’est bien ce qui s’est passé et beaucoup d’entre aux ce sont mis au service de la propagande et de la manipulation des inconscients collectifs, en créant des matrices d’opinions, que ce soit en matière de comportement « civil » ou de mode de consumérisme par une envahissante publicité. La télévision aussi c’est du poison. Un peu désuète, je me répète, je suis déconcerté en regardant des jeux télévisés de voir que pour les nouvelles générations, la culture est people et actualité, là je suis noyée, alors que quand il est question de « culture générale » au sens où je l’ai apprise, le candidat qui répond prend des airs de petit génie. J’ai du louper quelques étapes… Et je ne m’en plains guère. Divertissement = détourner l’attention de ce qui est significatif en matière d’édification du monde.

Comment fabriquer des bourreaux sans état d’âme, des peuples consuméristes et dociles, cela a fait l’objet de recherche de départements entiers d’université, expérience àl’appui. Non, la recherche n’est pas neutre. Selon le projet de monde que l’on se donne, la recherche prendra une autre orientation,  il y aura d’autres axes de priorité, d’autres méthodes d’approche de la réalité. Toute la différence entre la recherche qui se pratique dans les laboratoires de Monsanto et la recherche en agronomie promue par des groupes de la Via Campesina, par le Mouvement des Sans Terre, des organisations indigènes dont il faut rappeler qu’elles ont été la source d’une partie de notre agriculture traditionnelle, et d’autres associations du pouvoir populaire en action. C’est une autre approche que celle que symbolisent les avionnettes épandant le Round Up de Monsanto indifféremment sur les champs ou les écoles, contaminant des quartiers entiers où se développe des cancers, et autres maladies. Mais bon le coût n’est pas trop élevé, puisque les gens et en particulier les enfants qui les développent ne valent pas grand-chose dans le grand Bilan Global en terme de capital humain… autrement dit, c’est tout bénéfice, tant pour Monsanto que pour les consommateurs des « pays développées », moins de bouches inutiles à nourrir, c’est autant de gagné…  Et on s’étonne que je râle, ou que j’enrage, mais pour moi la valeur humaine, je l’évalue autrement. S’il fallait l’évaluer qualitativement, je ferais alors une échelle de chaleur humaine que chacun dégage (ou non), ce qui fait que certaines personnes, par leur seule présence, leur seule existence parfois, vous réchauffent le cœur.

Et donc autant la présence de bases militaires étasuniennes et de leurs relais locaux dresse la carte inquiétante d’une forte présence ou capacité de « projection de force rapide » du Commandement Sud US en Amérique Latine, obligeant le peuple à se mobiliser contre les formes les plus directement mortelles du colonialisme et de l’impérialisme, tant les Traités de Libre Echange ou les Lois de Semences (qui doivent résister au lobbying des transnationales de cette branche) ou le méga-extractivisme font l’objet de mobilisations fortes et concertées. Ainsi un thème qui serait intéressant à approfondir, c’est l’usage qu’à fait le peuple du Venezuela de son droit à légiférer en Assemblée Populaire pour élaborer la nouvelle Loi Sur les Semences, alors que le gouvernement de Maduro s’écartait du projet de Chavez en introduisant des semences OGM dans le pays. J’aimerais en savoir un peu plus. J’ai survolé pas mal de documents qui montrent une véritable mobilisation de souveraineté populaire, mais je n’ai pas encore fait le tour de la question.  Vous pourrez trouver quelques informations intéressante en Français Le Venezuela et le MST luttent contre les transnationales en produisant des semences autochtones  sur le site francophone du Mouvement des Sans Terre du Brésil, un site qui montre bien des exemples de cette solidarité transversales du mouvement paysan, une solidarité qui s’étend à l’ensemble de la planète. Voir aussi un modèle de lutte au Chili : Le Chili célèbre le triomphe contre la Loi Monsanto et l’Accord UPOV

 

Il faut bien comprendre que pour des peuples qui ont été dépossédés de tout par ,les colonisateurs, puis par leur version néo d’« investisseurs étrangers », il est possible encore de concevoir des projets de monde qui ne soient contaminés ni par le consumérisme, ni par le gaspillage des ressources, tout en arecréant tous les aspects de la Bonne Vie, dans une conception loin d’Hollywood et de ses mythes de perdition. Je vous promets que je préfère un bon repas entre amis, et les musiciens qui après sortent leurs instruments à n’importe quelle soirée devant la télévision…Et de ce que j’ai pu en connaître personnellement, j’ai vu des personnalités bien plus épanouies, des polyvalences avérées, accompagnée d’un solide bagage culturel dans les endroits isolés de montagne, ou la vie de fait, adopte les modes de la simplicité, que dans le cocooning urbain qui laisse plus de place à la paresse et aux diversions dénuées de sens profond et génère une forme d « incapacité ».

 C’est l’occasion de mentionner ce texte, enquête sur « La lamentable décadence de la démocratie »  par Roberto Savio (Journaliste italo-argentin) publié en version espagnole par America Latina en Movimiento un site qui dans sa nouvelle version collabore activement à cette grande vague de production d’intelligence collective. Dommage qu’il n’y ait pas plus de traduction dans sa version francophone. Je vais vous livrer quelques passages de cette enquête qui vient confirmer des sentiments éprouvés aux cours de ces dernières années. Et qui constituent une des conséquences des manipulations des inconscients collectifs de longue durée évoquées plus haut. En résumé :

"Une enquête globale menée en 2015, dont les résultats ont été publiés uniquement dans le New York Times, livre des données très préoccupantes. Une première donnée est que les citoyens étasuniens qui approuvent la loi d’autorisation de port d’armes est passé de 1/15 en 1995 à 1/6 en 2015."

 

Je peux faire un parallèle avec des situations vécues au cours de ces dernières années, autours de moi de plus en plus de gens sortent avec des armes blanches (couteaux, marteaux, tournevis, etc…) et/ou des bombes paralysantes, parce que le risque de se faire agresser a drastiquement augmenté pendant cette période. Avec le risque de se voir devenir agresseur pour un mauvais usage. C’est une réalité concrète, un sentiment d’insécurité accru entraîne le désir de pouvoir réagir en légitime défense. Y compris, aux Etats-Unis, contre les dérives répressives de l’état.

 

Alors que parmi les personnes nées avant la Seconde Guerre mondiale,72% assignent au fait de vivre en démocratie la plus haute valeur, pour ceux qui sont nés à partir des années 80 le chiffre se réduit à moins de 30% aux USA et de 32% en Europe avec un minimum de 24% dans les pays d’Europe de l’Est ou la préoccupation principale est le niveau des rentrées, un travail assuré et la possibilité d’obtenir une pension.

 

Ce phénomène est perceptible dans les échos de l’opinion publique, mais voir les données chiffrées, cela traduit sans équivoque une terrible réalité, et concrétise un malaise diffus. Celui que provoque la décadence de la fibre politique parmi les peuples ; une décadence qui a été soigneusement orchestrée, et qui fait que  le personnel politique, ceux dont la fonction officielle est d’être mandataires du peuples sur base d’un programme clair, sont aujourd’hui unanimement reconnu comme dirigeants qui servent d’avantage les intérêts des transnationales que ceux des populations qu’ils asservissent aux diktats de ces dernières.

Pour l’auteur cette transformation vient du fait que les générations qui ont vécu la guerre savent concrètement ce qu’est la dictature, alors que pour les plus jeunes elle reste une vue de l’esprit, et ils ne font pas trop bien la différence. On peut retrouver cela en Amérique Latine avec un décalage de quelques décennies, l’accès aux classes moyennes de larges couches de la population a donné naissance à une génération qui ignore les méfaits des dictatures et qui se sent frustrées de ne pouvoir réaliser ce mythe hollywoodien qu’ils confondent avec la réalité étasunienne bien plus sordide pour la majorité des habitants de ce pays. Mais l’auteur ajoute que le débat est bien plus complexe parce qu’il ne peut se mener sans questionner la notion même de démocratie, et par exemple de son association avec une notion de pouvoir d’achat et bien être matériel dépolitisant la notion.

Il est clair que « démocratie » a tellement de sens coexistant, à travers son histoire et sa géographie, que ce glissement du politique vers l’économique, prélude à la liquidation du concept même est intrinsèquement lié à la liquidation du concept de gouvernement au profit de celui de gouvernance, que je vois tant d’auteurs utiliser sans discernement. La gouvernance faisant partie intrinsèque de la globalisation qui vise la mise en place d’un système de « gestion technocratique mondial », la gouvernance, qui implique une disparition des gouvernements nationaux et de la démocratie représentative et de la politique.

L’auteur, après avoir évoqué les dérives autocratique dans l’ancien « bloc de l’Est », en particulier celles de Poutine et d’Orban, qui sont des modèles pour les Le Pen et autres « nationalistes » européens, ensuite, nous parlera de ce caractère fictif de la démocratie étasunienne, quand le coût de la campagne présidentielle s’approche de 4 milliards de dollars, dont une grande partie provient d’un petit groupe de donateurs. 130 familles ont fournit plus de la moitié des montants exorbitants de l’actuel campagne républicaine.

Une étude réalisée par des politologues qui a également été publiée par le New York Times montre que alors que les groupes d’intérêts et les élites économiques ont eu une énorme influence politique aux USA au cours des 30 dernières années, l’influence de l’opinion publique quant à elle est quasiment nulle.

Et en Europe, cela ne vaut pas mieux, d’abord les décisions prise à Bruxelles par des fonctionnaires sans légitimité et coupé des populations, ne tienne compte ni de la fracture économique entre le Nord et le Sud, ni de celle politique entre les pays de l’ancien bloc de l’Est et les autres « Occidentaux ». La première fracture étant bien celle entre ces « décideurs » et les peuples non consultés qui verront ces décisions se transformer en lois et règlements auxquels ils devront se soumettre sans recours.

Le problème d’homogénéité de l’Europe agrandie est clairement perceptible, sur le terrain.  Posez la question autour de vous « Quel sont les pays qui forment l’Union Européenne actuelle », la plupart de gens sont incapables de répondre et non qu’une très vague idée quand ils en ont une, de la situation géographique, de l’histoire et de la culture de ces pays. Les gens sont dépassés par cette Europe dont le concept même leur échappe et dont ils subissent les retombées comme autant de châtiments immérités.  Je parle des Occidentaux bien sûr puisque l’enquête révèle également qu’en ce qui concerne les habitants de l’Est, ils expriment très clairement leur opinion, ils sont dans l’Union pour recevoir et non pour donner.

Bref l’auteur va nous avertir que le risque est grand en période de récession de sombrer dans un régime autocratique et populiste. A quoi je vais répondre que si, oui, cela pourrait bien être pire, cette dérive continuelle du pire en pire qi s’observe depuis plusieurs décennies n’annonce rien de bon pour demain. Car s’il y a un moment que j’ai le sentiment de vivre plus dans une dictature que dans une démocratie, comme une sorte de charnière,  la prise des commandes par l’extrême-droite, sa main mise sur l’appareil de répression, et l’activation sur le terrain de ces milices paramilitaires qui comme en Suède ou en Pologne (entre autres) ont sévit déjà, en alliance avec la police du pays, pour s’attaquer aux émigrés et autres marginaux, là un seuil serait franchi qui constituerait celui qui va de la guerre diffuse à la guerre concrète pour tous ceux qui sont animés par l’esprit de résistance  qu’ils défendent la démocratie représentative ou la démocratie directe. Une augmentation de la prise de risque qu’il y aurait à défendre des opinions dissidentes. On le voit venir. Et cette enquête dont je vous ai livré un bref résumé abonde en ce sens. L’auteur conclu en disant que nous devrions dès maintenant envisager la question, point de vue que je partage.

Anne

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:57

 

 

La conjoncture mondiale 2015: le risque d’une conflagration « nucléaire » pointe de nouveau à l’horizon

Au cours des dernières décennies une guerre économique mondialisée sévit en affaiblissant, blessant et faisant souffrir l’humanité et son environnement. Les maîtres de ce monde la qualifient plutôt de crise économique due à des facteurs conjoncturels. Elle est, dans les faits, structurelle,  programmée et conduite par le biais des firmes multinationales et des gouvernements collaborateurs. Dans ce contexte, les acteurs du contrôle et du maintien de l’hégémonie de l’économie capitaliste qui mènent cette guerre sont regroupés autour de trois composantes principales : Les organisations politico-économiques mondiales, les forces de sécurité et les gouvernements nationaux.

- Les organisations internationales telles que la Banque mondiale et le FMI voient à son bon déroulement et à son expansion;

- Les forces de sécurité correspondant aux forces armées internationales et nationales, les agences de sécurité et les forces policières veillent à la sauvegarde de l’ordre établi;

- Les gouvernements nationaux collaborent afin de concrétiser les dispositions générales à l’échelle régionale et locale.

C’est l’action de l’impérialisme qui s’étend sous toutes les latitudes. C’est l’ « empire du capital » selon l’expression du sociologue Claudio Katz. C’est la mondialisation de la guerre selon l’expression de Michel Chossudovsky. Les victimes de cette « guerre » se comptent par centaines de millions, lesquels se retrouvent dans un état d’appauvrissement extrême qui les conduit à la mort de façon prématurée. Les zones de vie étant fortement, détériorées, dégradées et même détruites. À chaque jour près de 30 000 êtres humains meurent de faim dans le monde (Worldometers – Statistiques mondiales en temps rée). C’est le massacre de la faim selon l’expression de Jean Ziegler.

Depuis quelques années, à l’intérieur de ce panorama, cependant, se présentent plusieurs indices ou signes, voire des indications qui nous permettent de craindre la préparation d’un conflit armé mondial, un conflit qui serait programmé et préparé par l’OTAN et ce dans la perspective de maintenir l’hégémonie de l’économie occidentale à l’échelle mondiale.  Deux événements majeurs ont déjà fait craindre le pire, soit  la crise économique déclenchée en 2008 avec le déclin constant des économies occidentales et la menace de destruction de l’Iran par l’Occident proférée en 2010 alors que le commandant des forces étasuniennes en Irak et en Afghanistan, David Petraeus, déclarait que Washington avait mis au point des plans militaires concernant les installations nucléaires iraniennes, dont des “bombardements” (lexpress.fr).

Au cours de la dernière année un grand nombre d’inquiétudes ont été exprimées dans le monde. De nombreux intervenants ont évoqué le risque du déclenchement d’une guerre mondiale nucléaire. La seule pensée de cette éventualité fait frémir, mais elle s’est retrouvée  sur les lèvres ou sous la plume de nombreux observateurs de la scène géopolitique mondiale (voir plus bas la liste des références).

Dans une analyse proposée par Eberhard Hamer intitulée « les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent » et dans le contexte de la menace d’une attaque de l’Iran par les puissances occidentales l’auteur analysait, en 2010, quatre signes annonciateurs d’un conflit armé mondial:  L’attitude guerrière du Premier ministre israélien, le positionnement par Israël de sous-marins nucléaires en face de l’Iran, le processus de diabolisation de l’Iran dans la presse internationale et la plus grande concentration de troupes au monde dans la région du Golfe persique (mondialisation.ca).  Aujourd’hui, c’est autour du conflit armé ukrainien que naissent les plus grandes appréhensions avec un scénario similaire.

Dans cet exposé qui se veut une synthèse de cette conjoncture de grande importance pour l’humanité, nous considérons cinq éléments principaux qui nous semblent revêtir, dans ce contexte global, une forte signification et qui peuvent se résumer ainsi : L’intensification de la guerre économique, le conflit armé en Ukraine ou la guerre du Donbass, l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est, le confinement économique de la Russie et les craintes du déclenchement d’une 3ème guerre mondiale  exprimées par plusieurs leaders mondiaux.

Nous traitons ces différents aspects de la conjoncture actuelle en ayant à l’esprit les éléments suivants:

La crise économique et financière mondiale qui se prolonge et même s’accentue avec des États gravement endettés et avec l’instauration de mesures d’austérité; l’intervention de l’OTAN en Ukraine visant à annexer de facto ce pays à l’Occident; l’imposition de sanctions économiques et politiques par l’Occident contre la Russie; la diabolisation de V. Poutine et de son gouvernement sur toutes les tribunes; une montée orchestrée  contre le monde musulman; l’intensification de la présence des forces armées occidentales dans cinq pays situés à proximité de la Russie; la création par les pays de l’OTAN  d’un sous commandement britannique en Europe de l’Est; la création par l’OTAN d’une force d’intervention rapide en Europe de l’Est; le déploiement par l’OTAN  d’un arsenal pour la Force de réaction dans les pays baltes; une intensification du conflit armé entre Kiev et les séparatistes pro-Russes;  le déploiement par l’OTAN d’éléments de commandement en Europe de l’Est afin de rendre la réaction de l’organisation plus opérationnelle; l’élaboration par les États-Unis d’un plan pour une 3ème guerre mondiale dans un document intitulé « Army Operating Concept (AOC); les craintes exprimées sur la préparation et le déclenchement d’une guerre mondiale par plusieurs leaders mondiaux.

I. L’intensification de la guerre économique

La guerre que livre le grand capital dans l’ensemble mondial se manifeste par l’affaiblissement de la majorité et l’enrichissement d’une minorité de privilégiés. Tout est orchestré pour assurer les forces d’accumulation de capitaux dans les mains des mieux nantis. Les politiques macro-économiques sont conçues dans cet esprit. Les entreprises porteuses de ces capitaux développent des stratégies d’accumulation sans fin et ce avec le concours des États nationaux. Ainsi, les pouvoirs économiques et financiers deviennent tellement forts qu’ils peuvent dicter le comportement des États à leur avantage. Les peuples, dans ce contexte, ne font que subir les effets pervers et nocifs de l’hyper-concentration de l’accumulation: pauvreté, marginalisation, migrations forcées, chômage, maladies et faim.

En 2015, voici le tableau de la situation mondiale en ce qui a trait à la concentration de la richesse collective. Selon Oxfam, les plus fortunés possèderont bientôt la moitié de la richesse mondiale. Dans les faits, en 2014, 1% de la population mondiale détient 48% des richesses (Le Monde.fr). Les avoirs des familles David Rockefeller et de Jacob Rothschild seraient estimés entre 340 et 350 milliards de dollars. 80 personnes les plus riches au monde (Bill Gates, Carlos Slim, Amancio Ortega, les frères Koch…) cumulent une richesse dépassant celle des 50 % les plus pauvres de la planète, soit 3,5 milliards de personnes, selon le classement Forbes des milliardaires (liste des multimilliardaires dans le monde en 2014). L’écart entre les très riches et les très pauvres s’accentue fortement ces dernières années : en 2010, il fallait additionner les richesses de 388 milliardaires pour parvenir au patrimoine des 50 % les plus pauvres. En 2014, ils sont quatre fois moins. Cette situation est amplifiée par le fait que les plus puissants et ce dans tous les domaines de l’activité économique se soustraient aux règles de droit en recourant aux paradis fiscaux alors qu’une proportion importante de leurs capitaux échappent au pouvoir des États.

Selon l’Observatoire des inégalités, « La pauvreté baisse dans le monde. Un milliard d’individus – dont 15 millions dans les pays riches – vivent cependant toujours avec moins de 1,25 dollar par jour, le seuil d’extrême pauvreté… En prenant un seuil un peu plus élevé à deux dollars par jour, on compte près de 2,1 milliards de personnes pauvres, soit un gros tiers de la population mondiale en 2011, contre près de 70 % en 1981″.

C’est donc une guerre d’usurpation des biens collectifs par les grands conglomérats qui n’hésitent pas à surexploiter la main-d’œuvre et à détruire l’environnement afin de s’enrichir davantage et ainsi d’augmenter leur puissance. Cette quête de l’avoir rend les comportements collectifs complètement obnubilés par l’appât du gain : délocalisations soudaines et incontrôlées, corruption, évitement fiscal, expatriation fiscale, spéculations foncières et financières, fraudes, etc.

Le professeur Chossudovsky, en 2008, qualifiait la crise financière mondiale comme étant « la plus sérieuse depuis le « crash » de Wall Street en 1929…Replacé dans son contexte global, écrivait-il, et tenant compte de l’instabilité générée par la spéculation, les implications de cette crise sont de très grande envergure. La crise, cependant, n’a pas encore d’aucune façon atteint son apogée. Elle a le pouvoir de disloquer les fondations même du système monétaire international. Les répercussions sur la vie des gens vivant en Amérique et tout autour du monde sont dramatiques. La crise n’est pas limitée à l’effondrement des marchés financiers. L’économie réelle aux niveaux national et international, ses institutions, ses structures de production sont aussi en danger. Quand les valeurs de la Bourse s’effondrent, les épargnes des ménages de toute une vie sont érodées, ainsi que les fonds de pension. L’effondrement financier, inévitablement se répercute sur les marchés de consommation, le marché de l’habitation, et plus largement, sur le processus d’investissement des biens et services » (gauchemip.org).

En bref, la crise se poursuit et se traduit par des déficits budgétaires élevés et un endettement lourd des États dont l’affaiblissement progressif entraîne toute une série de conséquences néfastes pour l’économie réelle et la société : taux de chômage général élevé, surtout chez les jeunes, ce taux étant de 53,8% en Espagne le plus élevé en Europe en 2014, dislocation des familles, incertitudes grandissantes, tensions sociales, conflits armés, etc.

Les effets du prolongement de la crise économique sur les sociétés

Selon l’Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), dans son rapport de juillet 2014, « la prolongation de la crise accentue les risques de rupture sociale de certains publics. La hausse du nombre de personnes en situation de pauvreté monétaire, amorcée au milieu des années 2000, s’est nettement accélérée depuis 2008… La crise a aussi entraîné une intensification de la pauvreté et des risques d’irréversibilité des situations de pauvreté. En France, comme en Europe, les personnes privées d’emploi, les familles monoparentales et les jeunes sont les premières victimes de la crise de longue durée avec un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale plus élevé que le reste de la population ».

Les risques d’un effondrement sont toujours là

Selon Rodrigue Tremblay, économiste, il y a encore aujourd’hui un risque d’une crise financière et économique majeure : «  les méga banques américaines sont maintenant en mesure de spéculer avec les dépôts assurés par le gouvernement. Quand un tel château de cartes financier s’effondrera de nouveau est impossible à prédire, mais on peut raisonnablement être certain que cela arrivera, surtout si un choc politique ou économique grave allait frapper l’économie ». S’ajoute à cette situation  celle de «  l’Union européenne (UE), la plus grande économie mondiale, laquelle est au bord du gouffre d’une récession économique. Tant qu’à l’économie chinoise, la troisième plus grande économie du monde, elle fonctionne également au ralenti.

Il ajoute en concluant : « Un autre signe inquiétant est l’effondrement de la vitesse de circulation de la monnaie aux États-Unis, un phénomène ressemblant à celui connu à la fin des années ‘20, juste avant le début de la Grande Dépression. La vélocité de la monnaie est aujourd’hui à son niveau le plus bas des vingt dernières années. Le fait que le secteur gouvernemental et le secteur financier aux États-Unis soient tous deux affaiblis est de nature à soulever des inquiétudes pour les prochaines années » (mondialisation.ca).

II. Le conflit armé en Ukraine ou la guerre du Donbass (figure 1)

Le conflit armé en Ukraine aussi appelé guerre du Donbass a pour origine l’intervention de l’Occident dans les affaires intérieures de l’Ukraine (le Maïdan a été reconnu par le Président étasunien lui-même)  afin d’en prendre le contrôle dans la perspective d’une présence militaire accrue des forces armées de l’OTAN à la périphérie immédiate de la Russie. Ce processus a été initié par la naissance du mouvement Euromaidan et par la révolution de février 2014 aboutissant à la destitution du gouvernement de Viktor Ianoukovytch et à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement pro-européen.

Figure 1. Les territoires sous le contrôle des séparatistes pro-russes

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Donbass

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Donbass

Devant cette situation, les populations de l’Est de l’Ukraine manifestent leur refus du nouveau gouvernement provisoire de Kiev et expriment leur désaccord dans une série de manifestations dans toutes les grandes villes du Donbass. Cela donne lieu au mouvement antimaïdan et à la proclamation de la République populaire de Donetsk (7 avril), puis de la République populaire de Lougansk (11 mai) qui fusionneront le 23 mai 2014.

Dès le deux mai, l’armée ukrainienne intervient dans l’est du pays. C’est la poursuite des combats depuis en dépit des premiers accords de Minks conclus le 5 septembre dernier. En janvier 2015, ceux-ci s’intensifient et l’armée progresse sur le terrain. Les 6 et 11 février derniers, les chefs d’états Hollande et Merkel se déplacent en Russie chez Poutine pour négocier un nouveau plan de paix bâti dans le cadre d’un règlement global. Celui-ci en faveur d’un cessez-le-feu  semble très fragile, comme le premier accord, puisque les combats se poursuivaient dans les derniers jours (lapresse.ca) et même après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu (courrierinternational.com).

« Le marathon de 17 heures de négociations qui vient de se dérouler entre les parties, l’Allemagne, la France, la Russie et l’Ukraine, a permis d’en arriver à un Accord pour un cessez-le-feu devant entrer en vigueur le 15 février.  Les résultats semblent répondre aux demandes du Kremlin. L’accord démontre la position de négociation de plus en plus faible de l’Ukraine de même que le souhait de l’Allemagne d’éviter une confrontation avec la Russie tout en essayant de sauver la zone euro. On retrouve à l’intérieur de l’Accord  quelques dispositions concernant le cessez-le-feu, le retrait des armements et quelques changements que l’Ukraine doit assumer dans un contexte qui donne au Kremlin le contrôle des sections importantes de l’Accord. La signature de l’Accord par le Président de la Russie et sa participation directe aux négociations soulignent la volonté du Kremlin d’arrêter partiellement l’escalade de la guerre, du moins pour le moment (stratfor.com).

Le 21 janvier, le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergueï Lavrov, implore les partenaires occidentaux… d’exhorter les autorités ukrainiennes à empêcher un scénario militaire de se reproduire. C’est l’objectif le plus important”, (sputniknews.com).

Nous croyons que deux scénarios de règlement ont été esquissés. Le premier, celui de la partition de facto de l’Ukraine, projet qui ne serait jamais accepté par l’Occident qui fonde ses interventions sur le principe de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Le second,  inscrit dans le dernier Accord de Minks, souligne la nécessité pour le gouvernement ukrainien de promulguer une loi spéciale sur le statut des provinces de Donetsk et de Lugansk, un régime qui leur permettrait de former des milices locales et de travailler de concert avec le gouvernement central pour la nomination des procureurs et de formuler des mesures économiques et sociales pour les régions (stratfor.com). La création d’un comité de surveillance de la frontière composé de Russes et d’Occidentaux,  sous l’égide de l’OSCE, a aussi été évoquée. Même si ce dernier scénario vient à prévaloir le contentieux entre les blocs continuera de se développer dans le contexte d’une confrontation militaire plus large qui tend à s’intensifier. Pour la majorité des Ukrainiens, il s’agit d’un combat fratricide et non pas d’une guerre de défense du territoire contre un agresseur étranger. Ils se demandent ainsi : Pourquoi dans ces conditions les autorités en place à Kiev refusent-elles toute discussion avec les séparatistes et privilégient-elles l’affrontement violent contre leur propre population ?

III. L’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est (figure 2)

Dans la perspective d’un isolement progressif de la Russie l’OTAN s’est engagée dans un processus de militarisation intense de l’Europe de l’Est et ce en prenant comme justificatif le conflit armé ukrainien et l’attitude dite agressive de Moscou vis-à-vis de l’Ukraine et de l’Occident. Tout ce processus se poursuit depuis  l’annexion de la Crimée à la Russie et s’est intensifié au cours des derniers mois. En effet, l’OTAN a décidé, le 5 février dernier,  « de renforcer la défense de son flanc oriental en créant une nouvelle force de 5000 hommes rapidement mobilisable et six centres de commandement en Europe de l’Est. La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont accepté d’être les premiers pays à participer à cette nouvelle force baptisée Fer de lance et qui devrait être opérationnelle en 2016.

Figure 2. Les bases militaires des États-Unis et de l’OTAN entourent la Russie

Source : http://www.cubadebate.cu/noticias/2014/09/07/la-imagen-del-dia-las-bases-militares-de-occidente-ya-rodean-rusia/

Source : http://www.cubadebate.cu/noticias/2014/09/07/la-imagen-del-dia-las-bases-militares-de-occidente-ya-rodean-rusia/

Selon l’OTAN, cette force exercera une présence permanente : « Nous sommes convenus d’établir immédiatement six centres multinationaux de commandement et de contrôle en Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Roumanie, a précisé M. Stoltenberg. Si une nouvelle crise survient, ils garantiront que les forces nationales et de l’OTAN en provenance de l’ensemble de l’Alliance seront capables d’agir de concert dès le début … Ces quartiers généraux serviront à faciliter le déploiement de la force le cas échéant. Ils soutiendront aussi la planification de la défense collective et aideront à coordonner des exercices, a expliqué M. Stoltenberg. L’Allemagne, le Danemark et la Pologne ont accepté de mettre sur pied à Szczecin, dans l’ouest de la Pologne, le quartier général qui coordonnera l’action des nouveaux centres de commandement ».

« Pour le patron de l’OTAN, il s’agit du plus important renforcement de sa défense collective depuis la fin de Guerre froide. «C’est une réponse aux actions agressives de la Russie, qui a violé la loi internationale et annexé la Crimée», a-t-il expliqué, en insistant sur le caractère défensif de ces décisions … Ce renforcement avait été esquissé lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN au Pays de Galles en septembre dernier, dans la foulée de l’annexion de la Crimée par la Russie, suivie par son intervention dans l’est de l’Ukraine ( ledevoir.com).

IV. Le confinement politique et économique de la Russie

Depuis quelques années, le comportement général de l’Occident vis-à-vis de la Russie s’est développé de manière à réduire sa puissance et son influence dans le monde. Le tout s’est matérialisé au cours de la dernière année avec l’imposition de sanctions politiques et économiques.

Diabolisation

Au cours de la dernière année, les médias mainstream se sont acharnés sur la Russie et son président. Rien n’a été épargné. Reportages nombreux exposant les comportements « agressifs » de ce pays à l’égard de l’Occident et l’arrogance de son président. L’élément déclencheur fut  en partie l’annexion de la Crimée à la Russie et, par la suite, l’explosion d’un avion de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine. Tous les tords ont été portés sans aucun fondement avéré au président russe dans ce cas et aussi dans le rôle qu’il a joué dans le déclenchement et la poursuite du conflit armé dans le Donbass.

Poutine se comporte “comme un tyran du XXe siècle”  (LA TRIBUNE.FR. 2015, le 7 février).

Les propos du secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond, vont dans le même sens en comparant le comportement  du président en Ukraine à celui d’un  « dictateur du siècle dernier ».

Les chefs d’État présents à Brisbane pour le Sommet du G20, le 15 novembre dernier, ont accueilli froidement le Président de la Russie. David Cameron a déclaré à cette occasion: « La Russie se comporte comme un « grand État agressant de plus petits États en Europe ». D’autres ont condamné le déploiement des forces navales russes dans le Nord de l’Australie et dans le Pacifique Sud .

La danse des sanctions

En représailles contre les actions supposément posées par le Kremlin, les États-Unis d’abord, puis l’UE suivie par les pays alliés de l’Occident, ont tour à tour annoncé une pléthore de sanctions à l’encontre de la Russie. C’est le 17 juillet que les États-Unis et l’UE annoncent l’introduction de nouvelles mesures punitives contre la Russie en raison de la crise ukrainienne. Les autres pays alliés de l’Occident ont suivi par la suite.

L’UE a imposé des sanctions à l’encontre de personnalités criméennes, de personnalités politiques ou de hauts fonctionnaires russes, de personnalités du monde des affaires russes, de personnalités ukrainiennes ou impliquées sur le territoire ukrainien et à l’encontre de certaines entreprises.

Ces sanctions et d’autres ont entraîné dans l’UE, selon le ministre des Affaires étrangères de l’Espagne, José Manuel Garcia-Magallo, des pertes de l’ordre de 21 milliards d’euros en date du 9 février 2015 : « Il a également averti que l’adoption de nouvelles mesures restrictives aurait un « coût cinglant pour tout le monde » et a déclaré que l’Union européenne a subi à ce jour des pertes de 21 milliards d’euros en raison des punitions imposées à Moscou. » (cubadebate.cu).

En bref, l’ensemble des sanctions internationales à l’encontre de la Russie par l’UE ont été effectuées dans les domaines de l’économie, de la défense (embargo sur l’import et l’export des armes et du matériel), des technologies et des énergies. Des restrictions furent imposées pour la Crimée et Sébastopol. Puis, la liste s’est allongée pour augmenter la pression sur le Kremlin. Les sanctions de Washington ont porté  contre « des secteurs clés de l’économie russe », visant les secteurs de l’énergie, de la défense et de la finance, avec la suspension d’exportations, l’assujettissement de nouvelles banques et entreprises du secteur de la défense aux sanctions et la suspension formelle des crédits à l’exportation et des financements du développement économique russe » (lemonde.fr).

Les sanctions n’auraient pas eu un caractère uniquement punitif comme l’Occident le prétend. Selon Paul Graig Roberts, « le véritable objectif des sanctions occidentales est de rompre les relations économiques et politiques entre l’Europe et la Russie » (sputniknews.com), le tout inscrit dans le processus plus général de confinement du pays.

Les effets des sanctions sur l’économie russe

Selon les données présentées par Jacques Hubert-Rodier / Editorialiste diplomatique Les Echos, le 18 novembre dernier, « sur la scène internationale, la Russie ne peut que constater son isolement. Surtout, économiquement, le prix à payer risque d’être lourd. De janvier à octobre, selon des estimations du centre d’analyse de la Chambre de commerce et d’industrie France-Russie, le seul conflit ukrainien a coûté à la Russie plus de 3 % de point de son PIB, soit 60 milliards de dollars. A cette perte, il faudrait ajouter les conséquences de la chute du rouble, la forte baisse de la Bourse de Moscou et des cours du pétrole. Et les conséquences les plus dures des sanctions, accélérant encore la fuite des capitaux, sont encore à venir » (lesechos.fr).

La riposte de la Russie

Les sanctions imposées par la Russie à l’encontre du Bloc occidental se sont matérialisées, entre autres,  par l’interdiction totale d’importation de la plupart des produits alimentaires en provenance des États-Unis, de l’Union européenne, d’Australie, du Canada et de Norvège. À cela s’ajoutèrent des mesures de rétorsion correspondant à des restrictions aux importations de certains biens industriels (Rfi. 2014. La riposte de la Russie aux sanctions occidentales).

Selon Paul Graig Roberts,  «  l’actuelle modération des contre-sanctions de la Russie contre l’UE s’explique par le fait que le pays reste ouvert aux relations paritaires avec l’Occident et ne représente aucune menace, contrairement à Washington qui continue à faire pression sur la Russie au détriment des intérêts de ses partenaires européens » (sputniknews.com).

La semaine dernière, le Président Poutine menaçait Obama de publier des photos satellitaires prouvant l’implication US dans les attentats du 11/9. À cette occasion, on a de nouveau évoqué que les tensions entre les deux pays, les plus graves depuis la guerre froide,  paraissaient au « vivre le calme avant la tempête » (cameroonvoice.com).

V. Les craintes du déclenchement d’une 3ème guerre mondiale exprimées par plusieurs leaders mondiaux et les appels pour la prévenir (figure 3)

L’intensification de la crise économique mondiale accentuée par les programmes d’austérité, le conflit armé en Ukraine, le processus de confinement accru de la Russie et le processus actif de militarisation de l’Europe orientale par l’OTAN correspondent aux principales menaces qui pèsent sur la paix mondiale. Nous avons retenu quatre témoignages qui illustrent les inquiétudes de la population mondiale vis-à-vis de ces menaces, soit un rappel du Manifeste Russell-Einstein, l’Appel de Fidel Castro, quelques conclusions de la 2ème conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires tenue au Mexique en 2014 et  les craintes exprimées par M. Gorbatchev.

Figure 3. Les têtes nucléaires dans le monde en 2009

En ligne : http://www.lefigaro.fr/assets/images/nucleaireproliferation.jpg

En ligne : http://www.lefigaro.fr/assets/images/nucleaireproliferation.jpg

Le Manifeste Russell-Einstein (1955)

« Vu que lors d’une future guerre mondiale les armes nucléaires seront certainement utilisées et que ces armes mettent en danger la poursuite de l’existence de l’humanité, nous demandons aux gouvernements du monde de comprendre et d’annoncer publiquement que leurs objectifs ne peuvent être atteints par le moyen d’une guerre mondiale, et nous leur demandons, en conséquence, de trouver des moyens pacifiques pour régler tous les sujets sur lesquels ils sont en désaccord » (Résolution du Manifeste Russell-Einstein, le 9 juillet 1955).

L’Appel de Fidel Castro (2010)

« Dans une guerre nucléaire, le dommage collatéral serait la vie humaine, l’existence même de l’humanité…Ayons le courage de proclamer que toutes les armes, nucléaires ou conventionnelles, que tout ce qui sert à faire la guerre doit disparaître ! » (Fidel Castro, octobre 2010) (mondialisation.ca). (figure 3).

Quelques conclusions de la 2ème conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires tenue au Mexique (2014)

«Les effets de l’explosion d’une arme nucléaire se répercutent au-delà des frontières nationales et il s’agit ici d’un thème de profondes préoccupations partagées par tous. »

« En plus de la destruction et de la mort causées de manière instantanée par une explosion, le développement socio-économique se verrait affecté et l’environnement serait endommagé. La souffrance serait généralisée et la population dotée de peu de ressources et d’une plus grande vulnérabilité serait la plus affectée. La reconstruction des infrastructures et la reprise des activités économiques et commerciales, les communications, les services de santé et d’éducation prendraient des décennies à se reconstituer, causant un dommage social et politique profond. » (Quelques conclusions de la 2ème conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, Nayarit, Mexico, 13-14 février 2014.

Inquiétudes de M. Gorbatchev (2015)

« Pour parler franchement, les États-Unis nous ont déjà entraînés dans une nouvelle guerre froide en essayant ouvertement de suivre leur idée de triomphalisme, » a dit l’ancien dirigeant soviétique à Interfax. « Que va-t-il se passer maintenant? Malheureusement, je ne peux pas être sûr que la guerre froide n’en devienne pas une véritable. Je redoute que [les États-Unis] en prennent le risque. » (Mikhaïl Gorbatchev, janvier 2015 (mondialisation.ca).

Conclusion

Les Sommets mondiaux sur l’environnement et le développement depuis Stockholm en 1972 en passant par celui de Rio en 1992, celui du Millénaire en 2000 et, enfin, celui de Johannesburg en 2002, ont tour à tour souligné la nécessité de reconvertir l’économie mondiale en la replaçant dans un cadre organisationnel et politique qui puisse respecter les écosystèmes qui génèrent la vie tant terrestre que marine et redonner aux économies régionales et locales leur droit d’existence et leur autonomie de développement.

Ce bref aperçu de la situation géopolitique mondiale actuelle nous fait comprendre encore une fois la grande impuissance des peuples vis-à-vis du grand capital mondialisé qui subissent les affres du capitalisme destructeur. Les révoltes se multiplient devant le sort injuste qui est réservé à des milliards d’habitants, mais celui-ci veille à les diviser et à les contenir par la force et la violence armées.

Les messages sont maintes fois répétés dans le monde en faveur de la paix bâtie par la justice sociale et la solidarité et non par la dissuasion et l’imposition d’un ordre maintenu par la force tel que l’appel lancé par les forums sociaux mondiaux : « Un autre monde est possible ».

Nous ne pouvons qu’éprouver beaucoup d’inquiétudes devant le grand réarmement planétaire, y compris nucléaire, qui ne cesse d’attiser les tensions entre les grands ensembles géopolitiques et ainsi entre les nations elles-mêmes. Ces tensions donnent naissance à des conflits armés dont l’ampleur est devenue intolérable, comme nous avons pu le constater à l’intérieur des conflits armés en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Côte d’Ivoire, en Libye, en Centrafrique, au Mali, à Gaza et maintenant au Nigéria avec les pays circonvoisins. Les bilans sont dressés. Des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et des nations à toutes fins pratiques détruites.

Regarder ce panorama sans réagir et sans se soucier de l’avenir n’est  pas une attitude responsable. Il importe d’abord de comprendre les raisons qui conduisent le système politique et économique dans cette situation qui met en péril la survie même de l’humanité. Il est possible ensuite d’exercer des pressions sur les responsables politiques pour qu’ils prennent les bonnes décisions, soit celles qui vont à l’encontre des forces du capital totalitaire et en faveur de celles d’une gouvernance donnant désormais priorité aux besoins des peuples. Pour ce faire il est primordial de savoir décrypter la bonne information à travers les discours de propagande en faveur du système dominant. La plupart du temps, les faits qui sont rendus publics ont pour objectifs de servir les tenants du grand capital. Il importe donc de bien saisir les intentions profondes qui l’animent.

Terminons en citant les propos de Chems Eddine Chitour, professeur de l’École nationale polytechnique d’Alger, qui écrivait en novembre 2014 : « Le monde est à un tournant et Mikhaïl Gorbatchev a raison de nous prévenir de l’imminence d’une troisième guerre mondiale qui est programmée et qui sera d’autant plus probable au fur et à mesure de la rareté de l’énergie des matières premières et des dégâts des changements climatiques… ». (mondialisation.ca). Selon David North et Alex Lanthier, « Il n’y a aucun moyen d’arrêter ce mouvement vers la guerre si ce n’est par une intervention politique consciente de la classe ouvrière. Quiconque croit qu’une guerre nucléaire est impossible parce que les gouvernements modernes, à l’opposé de ceux au pouvoir en 1914, ne prendraient pas le risque d’une catastrophe, se fait des illusions. Les régimes existant aujourd’hui sont peut-être encore plus irresponsables que ceux de l’époque. Assaillis par des problèmes économiques et sociaux pour lesquels ils n’ont pas de solution progressiste, ils sont de plus en plus enclins à voir la guerre comme un risque valant la peine d’être encouru ».

Enfin, il est primordial de nous rappeler ces propos d’Albert Einstein : « « Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde pour voir la quatrième ». Cette simple pensée doit nous amener à consacrer toutes les énergies possibles pour qu’elle ne demeure qu’un cauchemar à éviter à tous prix.

 Jules Dufour 

  
Jules Dufour, Ph.D., géographe, est président de l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l’Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l’Ordre national du Québec.

 

Références

AFP. 2014. Kiev accuse Moscou de vouloir «une troisième guerre mondiale». Montréal, Cyberpresse, le 25 avril 2015. En ligne : http://www.lapresse.ca/international/dossiers/ukraine/201404/25/01-4760686-kiev-accuse-moscou-de-vouloir-une-troisieme-guerre-mondiale.php

AFP-Beyrouth. 2015. Syrie: plus de 210 000 morts dans le conflit en quatre ans. Le 7 février 2015.En ligne : http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-groupe-etat-islamique/201502/07/01-4842109-syrie-plus-de-210-000-morts-dans-le-conflit-en-quatre-ans.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_le-groupe-etat-islamique_2607400_section_POS4

ANNAN, Kofi A., 2005. Dans une liberté plus grande. Développement, sécurité et droits de l’Homme pour tous. Nations Unies. Septembre 2005. 95 pages.

ANONYME. L’Otan implante des commandements en Europe de l’Est. Agences. Le 31 janvier 2015. En ligne : http://www.jacques-toutaux.pro/article-l-otan-bras-arme-de-l-imperialisme-us-implante-des-commandements-en-europe-de-l-est-125464436.html

BADIE, Bertrand et Dominique Vidal. 2014. Nouvelles guerres : l’état du monde 2015. Paris, La Découverte.

BOYER, Yves. 2014. L’Occident devrait cesser de diaboliser Poutine. Les-Crises.fr. Le 3 septembre 2014. En ligne : http://www.les-crises.fr/l-occident-devrait-cesser-de-diaboliser-poutine/

CANADIAN PUGWASH GROUP. Let’s abolish nuclear weapons, once and for all. Ceasefire.ca. En ligne : http://www.ceasefire.ca/?p=4522

CASTRO, Fidel. 2010. Message de Fidel contre la guerre nucléaire. Un appel à la paix dans le monde et à la survie de l’humanité. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 21 octobre 2010. En ligne : http://www.mondialisation.ca/message-de-fidel-contre-la-guerre-nucl-aire-un-appel-la-paix-dans-le-monde-et-la-survie-de-l-humanit/21544

CHIESA, Giuletto. 2015.  [Vidéo] Giulietto Chiesa sur l’Ukraine : L’Europe est au bord du précipice. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 11 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/video-giulietto-chiesa-sur-lukraine-leurope-est-au-bord-du-precipice/5430754

CHORMSKY, Norm. 2010. Les dix stratégies de manipulation de masses. MEDIAPART, le 25 octobre 2010. En ligne : http://blogs.mediapart.fr/blog/diogene-junior/251010/dix-strategies-de-manipulation-de-masses

CHOSSUDOVSKY, M. 2004. Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial. Montréal, Les Éditions Écosociété. 383 pages.

CHOSSUDOSKY, Michel. 2014. Les États-Unis et l’OTAN prévoient le déploiement de troupes au sol et des exercices navals de grande envergure contre un « ennemi  sans nom ». Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 29 août 2014. En ligne : http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-et-lotan-prevoient-le-deploiement-de-troupes-au-sol-et-des-exercices-navals-de-grande-envergure-contre-un-ennemi-sans-nom/5398294

CHOSSUDOVSKY, Michel. 2014. Les États-Unis ont installé un gouvernement néo-nazi en Ukraine. Le 2 mars 2014. Spread the Light. En ligne : http://rustyjames.canalblog.com/archives/2014/03/03/29354430.html

CHOSSUDOVSKY, Michel. 2015. Globalization of War : America’s « Long War » against Humanity. Global Research, Montréal, 2015, 240 pages.

DELHOMMAIS, Pierre-Antoine, Claire GatinoiS et Anne Michel. 2008. La crise financière en questions. Le Monde, le 11 décembre 2008. En ligne : http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/16/la-crise-financiere-en-questions_1095762_3234.html

DINUCCI, MANLIO. 2015. Voilà où mène l’Otan extra-large.  Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 7 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/voila-ou-mene-lotan-extra-large/5430150

DUFOUR, Jules. 2009. Le grand réarmement planétaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 mai 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13162

DUFOUR, Jules. 2010. L’Occident et la diabolisation: Pour un changement radical du discours global. Nouvel Abs.com. Le 8 novembre 2010. En ligne: http://robocup555.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/11/08/l-occident-et-la-diabolisation-pour-un-changement-radical-du.html

DUFOUR, Jules. 2011. CRISI DEL CAPITALISMO EGEMONICO. IMPOVERIMENTO, FAME E MAGGIORE VULNERABILITÀ DELLE ZONE DI VITA. Terracina Social Forum. 17 Gennaio 2011. Fonte: http://terracinasocialforum.wordpress.com/2011/01/17/2011-crisi-del-capitalismo-egemonico-impoverimento-fame-e-maggiore-vulnerabilita-delle-zone-di-vita/

DUFOUR, Jules. 2015. Une guerre mondiale au secours de l’Empire américain. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 3 mars 2009 et réédité le 18 janvier 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/une-guerre-mondiale-au-secours-de-l-empire-am-ricain/12533

EDDINE CHITOUR, Chems. 2014. La Faute morale de l’Occident : Une troisième guerre mondiale à nos portes. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 20 novembre 2014. En ligne : http://www.mondialisation.ca/la-faute-morale-de-loccident-une-troisieme-guerre-mondiale-a-nos-portes/5415212

GARCIA-MARGALLO, José Manuel. 2015.  Unión Europea ha perdido 21 mil millones de euros por sanciones antirrusas. Cubadebate, le 9 février 2015. En ligne : http://www.cubadebate.cu/noticias/2015/02/09/union-europea-ha-perdido-21-mil-millones-de-euros-por-sanciones-antirrusas/#.VNkBeS6j8sI

GELINEAU, Christen. 2014. Sommet du G20. Poutine est attendu de pied ferme au G20. AP à Brisbane. Ledevoir.com, le 15 novembre 2014. En ligne : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/423945/sommet-du-g20-vladimir-poutine-se-fait-escorter-par-des-navires-de-guerre

GERONIMO, Jean. 2015. L’Ukraine, une bombe géopolitique à retardement. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 9 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/lukraine-une-bombe-geopolitique-a-retardement/5430435

GRASSET, Philippe. 2015. Le «spectre de la guerre nucléaire» s’installe. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 12 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/le-spectre-de-la-guerre-nucleaire-sinstalle/5430894

IVANOV, Pavel. 2015.  Obama reconnaît que le Maïdan est l’œuvre de Washington. Le 2 février  2015. En ligne : http://fr.sputniknews.com/analyse/20150202/1014264655.html

KATZ, Claudio 2002. L’Impérialisme du 21ième siècle. Buenos Aires. Juin 2002. En ligne : http://alencontre.org/archives/Ecran/imperialismeKatz.html

KATZ, Claudio. 2014. Sous l’empire du capital. L’impérialisme aujourd’hui. Paris, M Éditeurs. 263 pages.

KAY, Joe. 2008. Hillary Clinton menace d’ « effacer »  l’Iran de la carte!. Alter Info. Le 24 avril 2008. En ligne : http://www.alterinfo.net/Hillary-Clinton-menace-d-effacer-l-Iran-de-la-carte_a19103.html

KISHORE, Joseph. 2015. Les États-Unis poussent à l’escalade militaire contre la Russie. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 10 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-poussent-a-lescalade-militaire-contre-la-russie/5430509

LAGARDE, Christine. 2015. Pourquoi 2015 sera l’année de tous les dangers pour l’économie mondiale. The Huntingdon Post, Le 22 janvier 2015. En ligne : http://www.huffingtonpost.fr/christine-lagarde/dangers-economie-mondiale-2015_b_6518324.html

LANTHIER, Alex. 2015. Avertissement de  «  guerre totale » au sujet de l’Ukraine : Les dirigeants allemands et français se rendent en Russie. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 7 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/avertissements-de-guerre-totale-au-sujet-de-lukraine-les-dirigeants-allemand-et-francais-se-rendent-en-russie/5430160

LE MONDE DIPLOMATIQUE. 2015. L’escalade des sanctions contre la Russie. Février 2015. En ligne : http://www.monde-diplomatique.fr/2015/02/A/52666

LEVINE, Andrew. 2015. Farewell to Rationality! Playing With Fire in an Age of Absurdity. Counterpunch. Weekend Edition 13-15 2015. En ligne :  http://www.counterpunch.org/2015/02/13/playing-with-fire-in-an-age-of-absurdity/

MOUNTAIN, Thomas C. 2011. 30 000 bombes, 60 000 morts : une sacrée mission humanitaire (Counterpunch).  Le Grand Soir, le 4 septembre 2011. En ligne : http://www.legrandsoir.info/30-000-bombes-60-000-morts-une-sacree-mission-humanitaire-counterpunch.html

NABA, René. 2015. Le grand marché transatlantique : Vers un OTAN économique? Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/le-grand-marche-transatlantique-vers-un-otan-economique/5429755

PIKETTY, Thomas. 2013. Le capital au XXIe siècle. Paris, Éditions du Seuil. 969 pages.

SIUBERSKI, Philippe. 2015. Défense. L’OTAN va renforcer dans l’est de l’Europe. AFP-Bruxelles. Ledevoir.com, le 6 février 2015. En ligne : http://www.ledevoir.com/international/europe/431095/defense-l-otan-va-se-renforcer-dans-l-est-de-l-europe

TREMBLAY, Rodrigue. 2015. 2015: Une année charnière pour des crises économiques et financières et des guerres ? Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 31 décembre 2014. En ligne : http://www.mondialisation.ca/2015-une-annee-charniere-pour-des-crises-economiques-et-financieres-et-des-guerres/5422235

VALMARY, Simon et Thibault Marchand. 2015. Kerry à Kiev, les États-Unis appelés à livrer des armes. Agence France-Presse. Cyberpresse. Le 4 février 2015. En ligne : http://www.lapresse.ca/international/dossiers/ukraine/201502/04/01-4841350-kerry-a-kiev-les-etats-unis-appeles-a-livrer-des-armes.php

VAN AUKEN, Bill et David North. 2014. L’armée américaine élabore un plan pour la Troisième Guerre mondiale. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 15 octobre 2014. En ligne : http://www.mondialisation.ca/larmee-americaine-elabore-un-plan-pour-la-troisieme-guerre-mondiale/5407991

WILLIAMSON, Niles. 2015. Gorbatchev avertit que le conflit ukrainien pourrait déclencher une troisième guerre mondiale. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM),  le 3 février 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/gorbatchev-avertit-que-le-conflit-ukrainien-pourrait-declencher-une-troisieme-guerre-mondiale/5429269

WIKIPÉDIA. Troisième guerre mondiale. En ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_Guerre_mondiale

 

Vidéos

La guerre nucléaire mondiale. En ligne : http://www.dailymotion.com/video/x7oo9e_la-guerre-nucleaire-mondiale_tech

Prise de conscience.  Jean Ziegler «  La haine de l’Occident ». En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=6o2Unyat60s

 

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 11:27

Ce texte a été publié en février 2015, en espagnol sous le titre Brzezinski, el cerebro geopolítico de Obama par Germán Gorraiz López , traduction française Anne Wolff

 

Une traduction qui par moment me faisait froid dans le dos. Obama est une créature de Brezinzki et c'est le programme  de ce dernier qui régit la politique de globalisation planétaire que le président-marionette applique, après d'autres. Le texte qui suit est une synthèse de ce programme de confiscation du monde et de destruction de ses habitants dérangeants , le projet de société de contrôle total des citoyens survivants qui est le furieux cauchemar que Brezinzki voudrait réaliser.

Comment une personne peut-elle en arriver à concentrer tant de pouvoir et à s’auto-accorder le droit d’exercer une influence fatale et démesurée (le terme est faible) sur le devenir du monde, de notre monde. Son programme convoque la souffrance, la misère et la mort pour une majorité des habitants de la planète, la soumission sous contrôle absolu pour les « plus privilégiés d’entre nous » (au sens d’imbéciles heureux s’entend). Nous pouvons en constater sur le terrain ou par les intermédiaires des médias et autres sources d’information, les effets délétères : pillage, saccage et massacre, perversion politique, économique et morale, contrôle et répression… au quotidien ou à travers les conséquences de décennies de participation de Brzezinski aux arcanes du pouvoir. Ce n’est pas devant un tribunal que devrait être traîné ce malade. Seul un niveau de folie aiguë peut conduire à disposer ainsi de la vie des personnes qui constituent les peuples en toute bonne conscience. L’antithèse des principes de souveraineté populaire dans une aliénation totale et absolue de l’ensemble des habitants de la planète à SON projet, UN individu décide pour l’ensemble des milliards d’humains qui peuplent cette planète ce que doit être l’avenir du monde. On se croirait en plein cauchemar, parce que le pouvoir politique et la puissance opérationnelle dont dispose ce fou est le signe d’une humanité malade qui ne dispose pas des dispositifs qui empêcheraient une telle montée en puissance d’un dangereux pervers. Et cela oui, cela fait peur pour l’avenir des générations qui montent.

Anne

Brzezinzki, programme l’avenir du monde, de notre monde ou « les éminences grises contre la démocratie »

Après l’élection d’Obama pour son premier mandat présidentiel en 2008, The Economist ironise au sujet de son inexpérience en matière de politique extérieure avec un titre frappant : « Un nouveau cerveau pour Barack Obama ! Il a 78 ans et fonctionne toujours parfaitement. Il appartient à Zbigniew Brzezinski , l’ex conseiller de sécurité piquant  de Jimmy Carter ». Pour sa part, l’historien étasunien Webster Tarpley, dans le livre « Obama, The Postmodern Coup, The Making of a Manchurian Candidate » soutient que « Brezinski est le véritable pouvoir de l’ombre alors que sa stratégie est beaucoup plus dangereuse et démentielle que celles des acolytes conservateurs de George W. Bush.  Il poursuit disant qu' « ils ont décidé d’introduire un nouveau visage, pas quelqu’un de droite, ni un néo-conservateur mais un démagogue de gauche qui promet changement et espérance, mais le vrai projet de l’administration Obama visera à amplifier le théâtre des guerres bien au-delà du Moyen-Orient puisque le plan est de chercher l’affrontement avec la Russie et la Chine ».

 

Ainsi, Brezinski affronterait les lobbys neocon républicains et juifs des EU et avec son habituel mordant, il aurait discrédité la myopie géostratégique de ces deux groupes de pression en affirmant : “Ils sont tellement obsédés par Israël, le golfe Persique, l’Irak et l’Iran qu’ils ont perdu de vue le cadre global, la véritable puissance dans le monde sont la Russie et la Chine, ce sont les seuls pays qui ont une véritable capacité de résister aux EU et à l’Angleterre et sur lesquels il convient de focaliser notre attention ». Au sujet d’Israël, dans un discours devant le conseil National Irano-étasunien (NIAC), Brezinski affirma que « je crois que les EU ont le droit de décider de leur propre politique de sécurité nationale et non de suivre, telle une mule stupide, ce que font les Israéliens”, alors que, depuis l’assassinat de John F. Kennedy (qui s’est confronté à Ben Gourion dans une guerre secrète dans la vaine intention de contenir le programme israélien d’armes nucléaires) les EU n’ont pas profité de ce droit.

 

Le Nouvel Ordre Mondial (NOM) : Wright Mills dans son livre « The Power Elite » (1956) indique que la clé pour comprendre l’inquiétude nord américaine se trouve dans la supra-organisation de la société. Ainsi l’establishment serait « le groupe d’élite formé par l’union des sur-élites politique, militaire, économique, universitaire et des mass médias des EU », des lobbies de pression qui sont interconnectés au moyen « d’une alliance inquiétante fondée dans leur communauté d’intérêt et dirigée par la métaphysique militaire » concept qui s’inscrit dans une définition militaire de la réalité et qui a transformé l’économie en une guerre économique permanente.

 

De son côté, Brzezinski dans un article publié dans la revue Foreign Affaires (1970) expose sa vision du « Nouvel Ordre Mondial » en affirmant « qu’une vision nouvelle et plus audacieuse est nécessaire, la création d’une communauté de pays développés qui peuvent traiter de manière efficace les vastes problèmes de l’humanité », ébauche d’une théorie qu’il esquissera dans son livre,  « Entre deux âges. Le rôle des Etats-Unis à l’ère technocratique » (1971), dans lequel il explique que le moment est venu de rééquilibrer le pouvoir mondial, un pouvoir qui doit passer aux mains d’un nouvel ordre politique global, basé sur une alliance économique trilatérale entre Japon, Europe et Etats-Unis.

Dans le livre cité « Entre deux âges » (1971), il plaide en plus pour un contrôle de la population par une élite au moyen de la « manipulation cybernétique » en affirmant : « l’ère technocratique impliquera l’apparition graduelle d’une société plus contrôlée et dominée par une élite sans les restrictions dues aux valeurs traditionnelles, qui rendra rapidement possible d’assurer la surveillance quasi permanente de chaque citoyen et de maintenir à jour quotidiennement les dossiers complets qui contiennent jusqu’à l’information la plus personnelle sur le citoyen, archives que seront susceptibles d’être récupérées instantanément les autorités », ce qui annonce déjà l’implantation postérieure du programme PRISM.

 

Dans un discours récent, pendant une réunion du Council for Foreigns Relations (CFR), l’ex-assesseur de Carter avertit également que “la domination étasunienne n’est d’ores et déjà plus possible à cause d’une accélération du changement social impulsée par la communication instantanée qui a provoqué un éveil global de la conscience politique des masses (Global Politique Awakening) et qui s’avère préjudiciable pour la domination externe telle qu’elle prévalait à l’époque  du colonialisme et de l’impérialisme », parce après l’échec de l’intention de contrôler la toile (Programme PRISM), nous assisterions dans les prochaines années à la fin de la démocratisation de l’information, avec impossibilité d’accès direct au réseau, dans la lignée des politiques restrictives implémentées par des pays comme la Chine, la Russie où l’Iran.

Le 11-S et la dérive totalitaire des USA : Selon le Financial Times, Brzezinski dans un exposé devant la Commission des Relations Extérieures du Sénat en 2007, explique que « Un scénario possible est un affrontement militaire avec l’Iran impliquant un acte terroriste sur le sol américain dont la responsabilité serait imputée à l’Iran. Cela pourrait culminer dans une action militaire « défensive » contre l’Iran dans laquelle serait inclus l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan ». A partir de cela il est possible de déduire la possibilité d’un nouvel attentat aux USA qui serait faussement attribué à l’Iran afin de provoquer une ultérieure dérive totalitaire aux USA, similaire à celle enregistrée avec George Bush après le 11-S 2001.

Par exemple, un mois après l’attentat du 11-S, le gouvernement de George W. Bush décida secrètement d’annuler une des proncipales protections constitutionnelles de ce pays (habeas corpus) au moyen de la loi connue aux EU en tant que USA-Patriot Act sous la justification de « la lutte contre le terrorisme » selon les documents officiels révélés à la fin de 2005 dans une série de reportages du New-York Times.

Le journal précité informe également de l’existence d’un réseau d’espionnage électronique le plus sophistiqué au monde (le dit programme PRISM ou Big Brother), instrument pour surveiller les communications des citoyens non étasuniens à travers leurs métadonnées (un vrai monstre virtuel qui aurait étendu ses tentacules jusqu’au serveurs de compagnies comme Google, Apple, Micros Eloft, AOL, Facebook et Yahoo), programme tous deux approuvés par le Congrès des EU sur l’insistance de l’Administration Bush en 2007 mais qui par inertie apathique ( ???. NdT) se poursuit sous le mandat d’Obama. L’aboutissement de cette dérive totalitaire des EU, serait la signature par Obama de la Loi d’Autorisation de Défense Nationale (NDAA) qui permet aux autorités militaires la détention sans discrimination de citoyens étasuniens dans n’importe quelle région du monde  (sans spécifier les charges qui sont imputées ni la durée de la détention), Obama se réserve l’interprétation personnelle de la section 1021 de la dite Loi pour selon ses paroles « s’assurer que chaque détention autorisée de trouvera conforme à la Constitution et aux lois de guerre ». (ou martiales NdT).

 

 Europe : Selon ce qu’explique Brzezinski dans la revue National Interest en l’année 2000, « les européens sont plus immédiatement exposés au risque qu’un impérialisme chauviniste anime de nouveau la politique extérieure Russe », à partir de quoi, il ébauche un plan qui passera par l’expansion de l’OTAN jusqu’à des limites insoupçonnables dans la décennies des 90 et l’implantation d’un nouveau système européen de défense anti-missile (European Phased Adaptative Approach (EPAA). Le dit système est en réalité un bouclier anti-missile global dans lequel les missiles  intercepteurs sont placés sur des plateformes mobiles qui peuvent abattre des cibles dans un espace commun (à partir de données transmises par tous les radars et systèmes de reconnaissances optoélectroniques), avec pour fin machiavélique, après une première attaque surprise des EU qui détruirait le potentiel nucléaire russe sur son propre territoire, de neutraliser postérieurement la réplique russe grâce aux missiles stationnés en Pologne.

Dans un premier temps, la Russie et l’OTAN s’étaient mises d’accord pour coopérer dans la création du bouclier anti-missiles pour l’Europe, en Novembre 2010 lors de la Conférence Bilatérale de Lisbonne, car pour Moscou, il était vital que l’OTAN offre des garanties réelles de ce que ce système ne viserait pas la Russie et de disposer d’un document juridiquement contraignant à ce sujet, mais l’administration Obama poursuivi l’inertie mimétique de l’administration Bush se refuse jusqu’à présent à offrir des garanties par écrit.

Dans l’actuel contexte de guerre froide EU-Russie, il est prévisible que les EU décident finalement de compléter la quatrième phase du déploiement du bouclier anti-missiles en Europe (Euro DAM), ce qui suscitera en réponse de la part des Russes l’installation à Kaliningrad du nouveau missile balistique intercontinental de 100 Tm (« l’assassin du bouclier anti-missiles des EU » selon les paroles du vice-premier ministre russe Dimitri Rogozin) ainsi que la réactivation de la course à l’armement entre les deux grandes puissances, on ne peut écarter une réédition de la Crise des Missiles (Cuba 1962)

 

Doctrine du « choc des civilisations » : En 1978, Zbigniew Brzezinski, déclare dans un discours : « Un arc de crise s’étend au  large des côtes de l’Océan Indien, avec de fragiles structures sociales et politiques dans une région d’importance vitale pour nous qui menace de se fragmenter, et la Turquie et l’Iran, les deux états les plus puissants du flanc sud sont potentiellement vulnérables aux conflits ethniques internes et si un des deux se déstabilisait, les problèmes de la région deviendraient incontrôlables ». Il ébauche une théorie qu’il termine de tracer dans son livre « Le grand échiquier mondial. La suprématie étasunienne et ses impératifs géostratégiques. » (1997), considéré comme la Bible géostratégique de la Maison Blanche ainsi que comme le maître livre des successives générations de géostratèges et de politologues.

Dans une interview de Brzezinski réalisée par Gerald Posner pour le Dailly Beast (18 septembre 2009), il affirme qu'« une collision EU-Iran aurait des effets désastreux pour les EU et la Chine, alors que la Russie émergerait comme la grande gagnante, puisque la prévisible fermeture du Détroit d’Ormuz dans le Golfe Persique, par où passent les transports pétroliers destinés au Nord-Est asiatique (Chine, Japon et Corée duSud), à l’Europe et aux EU, ferait monter les prix de l’or noir à des niveaux stratosphériques et aurait de sévères répercutions  dans l’économie globale, tendant à rendre  l’UE entièrement crudo-dépendante de la Russie », c’est pourquoi l’administration Obama a procédé à l’implantation de sanctions économiques du régime iranien pour provoquer son asphyxie économique et provoquer une révolte sociale. Il faut garder en tête que l’Iran a acquis la dimension d’une puissance régionale grâce à la politique erratique des EU en Irak (fruit de la myopie politique de l’administration Bush obsédée par l’Axe du Mal), qui en éliminant ses rivaux idéologiques, les radicaux talibans sunnites et Saddam Hussein, a provoqué un vide de pouvoir dans la région, et permis à l’Iran de réaffirmer son droit inaliénable à la nucléarisation.

 

Après l’élection d’Hassan Rowhani comme nouveau président iranien, une nouvelle opportunité s’ouvrira pour une solution diplomatique au dit contentieux nucléaire iranien. Ainsi Rowhani (religieux élevé en Grande-Bretagne), avait pris la tête des négociation nucléaire de 2003 à 2005. Il est connu pour son pragmatisme nucléaire qui à cet époque conduit l’Iran à accepter une suspension totale des activités nucléaires conflictuelles dans l’optique d’obtenir la résolution du contentieux nucléaire EU-Iran et de rétablir des relations diplomatiques entre les deux pays. Rowhani atteindra son objectif qui voulait que soit reconnu le rôle de l’Iran en tant que puissance régionale, obtenant par là un accroissement de la coopération Irano-étasunienne relative à la sécurité en ’Irak et en Afghanistan et la résolution du guêpier syro-libanais.

Cependant, au cas ou échouerait la voie diplomatique d’Obama, la pression du lobby pro-israélien des EU (AIPAC) augmenterait, incitant à une déstabilisation de l’Iran par des méthodes expéditives, moment qui serait utilisé par les EU, la Grande-Bretagne et Israël pour redessiner la cartographie du puzzle décousu formés par ces pays et conquérir ainsi des frontières stratégiquement avantageuses pour Israël suivant le plan orchestré depuis 60 ans de manière conjointe par les gouvernements de Grande-Bretagne, EU et Israël qui compta avec le soutien des principaux alliés occidentaux.

 

Chine : l’objectif de Brzezinski est la confrontation avec l’Organisation de Coopération de Shanghai(OCS) (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan) plus l’Ouzbékistan, qui s’est convertie avec les Pays de l’Alba et l’Iran dans le noyau dur de la résistance à l’hégémonie mondiale des EU et de la Grande–Bretagne, qui utilisent le Tibet et le Xinjiang comme bases de leurs opérations de déstabilisation.

Il faut savoir que les membres de l’ethnie ouïgour (d’origine turco-mongol) et avec un total de 8,5 millions d’habitants), conservent des caractéristiques ethniques et islamiques qui les rendent très proches de leurs parents d’Asie Centrale et de Turquie, c’est pour cela qu’ils sont le bouillon de culture idéal pour y implanter la stratégie de Brzezinski, du « choc des civilisations », consistant à provoquer la balkanisation de la Chine et sa confrontation avec l’’Islam (près d’un milliard et demi de partisans) ainsi que de couper ses sources d’approvisionnement en pétrole depuis les pays islamique d’Asie Centrale.

Ainsi, selon F. William Engdahl, dans l’article intitulé « L’agenda occulte derrière les violence de Xinjiang » et reproduit par le China Daily en 2009, plusieurs gazoducs chinois importants passent par le Xinjiang en provenance des Kazakhstan ,Turkménistan, Ouzbékistan et de Russie, ce qui expliquerait l’importance stratégique de cette province dans la stratégie brzezinkienne pour provoquer à la totale ruso-dépendance énergétique de la Chine afin de pouvoir, dans une phase ultérieure, en finir en les conduisant à s’affronter entre elles et finalement les soumettre en établissant le Nouvel Ordre Mondial sous égide Anglo - judéo – étasunienne.

 

La doctrine du « Chaos constructif » et le crise syrienne : La doctrine de Carter, inspirée par Brzezinski (1980) a pour objectif d’implanter au Proche et au Moyen Orient, le dit « chaos-constructif", concept qui se fonderait dans la maxime attribuée à l’ empereur romain Jules César « divise et règne », pour obtenir l’instauration d’un champ d’instabilité et de violence dans la zone (balkanisation) et générer un chaos qui s’étendrait depuis le Liban, la Palestine et la Syrie jusqu’à l’Irak et depuis l’Iran et l’Afghanistan jusqu’au Pakistan et en Anatolie (Asie Mineure).

Ce processus de Balkanisation de la zone serait déjà en marche et se verrait concrétisé dans des pays comme l’Irak, devenu Etat failli et rendu exsangue par la réactivation de la guerre civil sunnites-chiites, dans la division palestinienne endémique ancrée dans l’impossible réconciliation entre le Hamas et l’OLP, dans l’anarchie régnant en Lybie avec le Wahhabisme Salafiste  instauré à Tripoli pendant que des groupes takfiris (satellites d’Al Qaeda), dominent tribalement l’intérieur de la Lybie et dans l’application du jihad sunnite contre le régime laïque d’Al Assad et de ses alliés chiites, Iran et Hezbollah, alors que l’effet mimétique transformerait le Liban en un pays divisé et prêt pour être phagocyté par Israël, laissant le régime théocratique chiite du Leader Suprême l’ayatollah Jameni comme unique zone toujours imperméable à la stratégie de balkanisation de Brzezinski.

Brzezinski dans une récente interview publiée dans The National Interest, met en garde contre les conséquences néfastes qu’il y aurait à s’impliquer militairement dans le conflit syrien, en affirmant qu’il « a peur que nous nous dirigions vers une intervention étasunienne inefficaces, puisque l’intervention militaire pourrait accélérer la victoire des groupes rebelles qui sont beaucoup plus hostiles envers nous que Assad, alors que la crise actuelle en Syrie serait une guerre coloniale orchestrée par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et leurs alliés occidentaux la France et la Grande-Bretagne". C’est ainsi que l’accord de coopération énergétique conclu en 2010 entre l’Irak, l’Iran et la Syrie pour la construction du gazoduc de South Pars à Homs,  qui connecterait le Golf Persique avec le Mer Méditerranée, relativiserait l’importance stratégique de la Turquie à l’intérieur du Projet de Gazoduc Trans Adriatique (TAP) ainsi que le rôle important des monarchie arabes du golf comme fournisseurs de cru à l’Occident, ce qui expliquerait l’ardeur du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie pour défenestrer AL Assad.

 

Finalement, le jeu magistral de Poutine convainquit Assad de livrer tout son arsenal d’armes chimiques et le faible soutien international reçu par Obama pour initier son opération militaire contre la Syrie, pourrait conduire à la célébration de la  Conférence espérée  de Genève II sur la Syrie (rappelant la Guerre du Laos et les Accords de Genève de 1954), à ceci près,  que la crise syrienne se limiterait à une mise en scène dans laquelle les acteurs participant useraient du scénario syrien comme banc d’essai pour un conflit postérieur à grande échelle qui engloberait Israël et l’Egypte et qui pourrait rééditer la guerre de Six Jours à l’horizon des cinq prochaines années.

 

L’Amérique Latine : Dans le discours d’Obama devant le plenum de la VIème Conférence des Amériques, célébrée à Carthagène (Colombie) en 2012, il rappelle que la Charte Démocratique Interaméricaine déclare “que les peuples d’Amérique Latine ont droit à la démocratie et que leurs gouvernements ont l’obligation de la promouvoir et de la défendre, c’est pourquoi nous interviendrons quand les droits universels seraient niés ou quand l’indépendance de la Justice ou de la presse se verrait menacée” avertissement extrapolable à l’Equateur et au Venezuela.

La revue Foreign Policy, (édition de janvier-février 2012), publie une analyse de Brzezinski intitulée “After America » (  « Après l’Amérique »), où il analyse la thèse de la décadence des EU due à une irruption sur la scène globale de nouveaux acteurs géopolitiques (Chine et Russie) et de leurs possibles effets collatéraux dans les relations internationales.

En ce qui concerne le Mexique, il affirme que « l’aggravation des relations entre une Amérique (EU) en déclin et un Mexique ayant des problèmes internes pourrait provoquer des scénarios menaçants ». Ainsi en ce qui concerne le « chaos constructif » exporté par les EU et concrétisé dans la guerre contre les cartel du narco initiée en 2006, le Mexique serait un Etat failli, le paradigme serait la ville de Juarez (la ville où règne le plus d’insécurité au monde avec un nombre de morts violentes qui dépassa le nombre total de celles qui ont eu lieu en Afghanistan en 2009). Afin d’éviter la montée de mouvements révolutionnaires anti étasuniens, il faudra procéder à l’intensification de l’instabilité interne du Mexique jusqu’à compléter sa totale balkanisation et soumission aux diktats des EU.

 

D’autre part, les Eu utiliseront l’Alliance du Pacifique (2011), () projet d’ingénérerie géoéconomique rafiné promue par les EU et soutenu par le Mexique, la Colombie,le Chili, le Pérou et Costa Rica,comme Cheval de Troie pour dynamiter le projet intégrationiste incarné par UNASUR et itensifier la politique d’isolement des gouvernements progressistes-populistes de la région (Venezuela,Nicaragua, Equateur, Uruguay et Bolivie)

De même, les EU pourraient resserrer les liens commerciaux et militaires avec le président dominicain Danilo Medina face au danger de contagion mimétique des idéaux révolutionnaires chavistes grâce à la dépendance du pays dominicain de la vénézuélienne Petrocaribe pour ses fournitures énergétiques. Cette stratégie de phagocytose aura comme objectif, à moyen terme, de fédérer l’Arc du Pacifique et d’y intégrer en plus de Costa Rica, l’Equateur, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et Panama et d’incorporer enfin Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay)…, suivant la théorie du « bâton et de la carotte » exposée par Sherman Kent dans son livre « Intelligence Stratégique pour la Politique Mondiale Nord-Américaine » (1949).

 

Quant au Venezuela : Après les élections présidentielles serrées, celles dans lesquelles Maduro s’est imposé fac à Capriles avec une étroite marge de 20O OOO voix, nous assisterons à une division quasi-symétrique de la société vénézuélienne, ce dont les EU profiteraient pour implanter le « Chaos constructif de Brzezinski », au moyen d’une campagne systématique et intensive de déstabilisation qui inclura la pénurie sélective d’articles de première nécessité, l’amplification par les medias de la croissante insécurité et la remise en cause de la légitimité démocratique de Maduro, stratégie qui, comptant avec l’inestimable appui logistique de la Colombie (convertie en porte-avions continentale des EU), pourrait arriver à déstabiliser le régime post-chaviste pour assurer la fourniture du pétrole vénézuélien (Le Venezuela apporterait 21,6% d’un total de 38% de produits de l’OPEP importés par les EU.)

En plus, malgré des données publiées par l’Administration de l’Information de l’Energie des EU (AIE), grâce à la technique du fracking utilisée dans l’extraction du gaz de schiste (shale gas) et du pétrole léger (shale oil), les EU approcherait du seuil de l’auto approvisionnement énergétique (chiffre reccord de 87% en 2013) et ils se seraient déjà convertis dans le principal exportateur mondial de combustible raffiné (essence et diesel), pour être compétitifs sur les marchés, le prix final du produit devrait évoluer dans la fourchette des 75-85 §, tâche qui s’avère rudement difficile dans la conjoncture actuelle.

Ainsi l’actuelle tendance à la hausse du prix du cru (environnant les 115§) fera que, les frets étant prohibitifs, le Venezuela se situerait dans une position géostratégique clairement avantageuse pour des raisons de proximité géographique avec les EU (la navigation des tankers pétroliers du Venezuela aux EU prend 5 jours, face aux 14 jours nécessaires pour accéder à l’Europe et des 45 nécessaires depuis le Lointain Orient).

En ce qui concerne Cuba : les mesures cosmétiques prises par l’administration Obama (détente des communications, et augmentation de l’envoi de fonds dans l’île ainsi que l’initiation d’une série de négociations sur des thèmes d’immigration) laisse intact le blocus et ne change pas substantiellement la politique de Washington bien que l'avancée reflète le consensus de larges secteurs de la population nord-américaine qui sont en faveur d’un changement de politique envers l’Ile, sous les auspices de la décision du régime cubain d’en finir avec le paternalisme de l’état et de permettre la libre entreprise et le travail pour son propre compte. Du coup, le renouvellement automatique pour un an de l’embargo commercial de l’île pourrait entraîner pour Cuba des pertes estimées de près de 50 000 millions de § et acculer le régime de Raul Castro vers l’asphyxie économique, ce qui ne permet pas d’écarter la possibilité de la signature d’un nouveau traité de collaboration militaire avec la Russie.

 

Quand au Brésil il fait partie des pays regroupés sous le mom de BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et bien qu’il soit exclu que ces pays forment une alliance Politique, de type UE ou Association des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN), ces pays ont le potentiel pour former un bloc économique avec un statut majeur à celui du G-8 actuel (on estime que pour l’horizon 2050, ils constitueront plus de 40% de la population mondiale et disposeront d’un PIB combiné de 34 951 milliards de §).

L’objectif russe serait de dupliquer la facturation des échanges commerciaux russo-brésiliens sous-tendus par la ferme décision de Poutine de neutraliser l’expansion des EU dans le cône sud américain et d'éviter la possible ascension par le Brésil au rôle de gendarme des néolibéraux en Amérique du Sud. Ainsi le Brésil jouerait un rôle fondamental dans le nouvel arrangement géopolitique conçu par les EU pour l’Amérique Latine puisqu’ils le considère comme un allié potentiel sur la scène globale qu'ils pourraient soutenir son intégration au Conseilde Sécurité de l’ONU comme membre permanenent entraînant augmentation du poids spécifique du Brésil dans la Géopolitique Mondiale.

Germán Gorraiz López

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 19:34

Message des réseaux de semences paysannes aux gouvernements membres du Comité directeur du Traité international des plantes (TIRPAA) réunis à Rome du 5 au 9 octobre 2015

 

Vous êtes en train de tuer le traité international des semences

Par ce message, nous venons vous dire que vous êtes en train de tuer le Traité. Celui-ci organise désormais le vol de nos semences et de nos connaissances. Nous ne pouvons plus dans ces conditions continuer à les donner aux chercheurs et autres prospecteurs qui viennent les collecter dans nos champs pour les remettre aux banques de gènes du Traité. Tant que vous n'aurez pas interdit tous les brevets biopirates, tant que les agriculteurs n’auront pas le droit de conserver, d'utiliser, d'échanger et de vendre les semences issues de leurs récoltes nous refuserons toute collaboration avec la recherche et les banques de gène qui se mettent au service des multinationales semencières.

Les graines qui sont conservées dans les banques de ressources génétiques du système multilatéral du Traité des plantes (TIRPAA) sont nos semences : héritage de nombreux siècles de sélections paysannes, elles ont été collectées dans nos champs.

Cependant l'accès aux semences de ces variétés paysannes nous est souvent refusé parce que nous ne sommes pas des chercheurs. Nous obtenons parfois quelques graines à condition de ne pas les utiliser pour nos productions agricoles : elles devraient uniquement être réservées pour la recherche. Nous constatons alors que leur état de conservation dans les chambres froides n’est pas bon et qu'elles nécessitent plusieurs années de nouvelle sélection avant de donner des récoltes dans les conditions de culture actuelles. Mais ceux d'entre nous qui font ce travail de sauvetage des ressources génétiques se voient interdire de les échanger ou de les vendre à d’autres paysans par les lois semencières de la plupart des pays membres du Traité .

Le Traité nous a promis un partage équitable des bénéfices réalisés par l'industrie qui utilise nos semences pour ses propres sélections. Après 10 ans nous n'avons rien vu venir, sinon un partage des avantages à l'envers. Les paysans ont donné les semences à l’industrie, l’industrie n'a rien payé et le peu d'argent donné par quelques gouvernements n'a pas été versé à des organisations paysannes, mais a servi à consolider les programmes des centres de recherche internationaux utiles à l’industrie.

Nous avons donné nos semences gratuitement aux banques de gènes et accepté que l'industrie s’en serve pour qu'elle sélectionne des variétés utiles. Mais lorsque nous utilisons ces variétés, les lois de la plupart de pays membres du Traité nous contraignent de payer des royalties ou nous interdisent d'utiliser les semences issues de nos propres récoltes en prétendant qu'elles sont la propriété de l'industrie.

Nous avons reçu nos semences de nos parents, nous les avons soignées avec attention, sélectionnées et conservées pour les remettre en bon état aux générations futures. Nous les avons données au Traité avec nos connaissances sur leurs caractères parce que nous avons toujours partagé le fruit de notre travail avec fierté. Nous pensions être protégés contre leur appropriation par les droits de propriété industrielle comme les droits d’obtention végétale et les brevets. Mais vous nous annoncez aujourd'hui que vous allez lancer le programme Divseek, afin de décortiquer les séquences génétiques des ressources contenues dans les banques de gènes pour les publier sur des bases de donnée électronique. Ce programme n’est pas fait pour nous, nous ne cultivons pas des séquences génétiques, ni des « bits » électroniques, et n'avons pas besoin de ces informations. Mais l'industrie, elle, a déjà programmé des moteurs de recherche et des logiciels pour repérer dans ces bases de données toutes les « informations génétiques » qu'elle pourra breveter par la suite en leur associant un caractère quelconque intéressant l'agriculture ou la transformation industrielle des récoltes. Ces brevets sur les « unités fonctionnelles d'hérédité » sont déjà autorisés dans plusieurs pays et permettront de nous interdire de continuer à cultiver nos semences, ces semences que nous avons données gratuitement aux banques de gènes du Traité.

Nous avons eu avec le Traité une période de dialogue. Mais malgré les décisions de l’Organe directeur à Bali en 2011 et à Oman en 2013, les espaces de dialogue se sont refermés, nous empêchant de participer d’une manière efficace et formalisée aux groupes de travail, aux consultations d’expert, dans la respect de notre autonomie organisationnelle. Les organisations paysannes qui sont au travail dans leurs champs pour mettre en œuvre concrètement l’article 5 et 6 du Traité sur la conservation in situ et l'utilisation durable des semences et faire avancer la lutte pour la mise en œuvre de l’article 9 sur les droits des agriculteurs, sont toujours considérées comme des « observateurs » au même titre qu’un universitaire ou un journaliste, alors que ce sont les premiers acteurs de la gestion des ressources génétiques des plantes cultivées défendue par le Traité ! L'industrie est par contre largement courtisée et impose peu à peu ses solutions.

Tant que le Traité ne voudra pas se réformer pour appliquer intégralement ses articles 5, 6 et 9, nous continuerons à construire notre propre système multilatéral d'échange entre paysans. Nous adressons un appel aux gouvernements de soutenir notre mouvement fondement de la souveraineté alimentaire.

Les signataires, 25 septembre 2015.

Mise à jour le 25-09-2015 (voir la liste mise à jour ici) :

1) Signataires , organisations paysannes ou jardinières

Pour signer ou soutenir ce message merci de renvoyer le nom de votre organisation à:

  • African Centre for Biodiversity, Afrique du Sud et Tanzanie

  • AJAC LUKAAL, l'Association des Jeunes Agriculteurs de Casamance "Plantons", Sénégal

  • ANAFAE, Asociación Nacional de Fomento a la Agricultura Ecológica, Honduras

  • ANAMURI, Asociación Nacional l de Mujeres Rurales e Indígenas, Chili

  • ANMI, Asamblea Nacional de Mapuches de Izquierda, Chili

  • Association des Producteurs de Semences Paysannes, Sénégal

  • BEDE ( Biodiversité : Echanges et Diffusion d'Expériences ), France

  • Bio Burkina Faso, Burkina Faso.

  • Biowatch South Africa.

  • Campaña Semillas de Identidad, Colombie.

  • CCPA, Cadre de Concertation des Producteurs d'Arachides du Sénégal.

  • COASP, Comité ouest africain des Semences Paysannes et l’ensemble de ses membres.

  • Commons for EcoJustice, Malawi

  • CONAPROCH, Confederación Nacional  de Pequeños Productores, Chili

  • CENESTA,Centre for Sustainable Development and Environment, Iran

  • Confédération Paysanne, France

  • COPACO-PRP, Confédération Paysanne du Congo, République Démocratique du Congo

  • Copagen, Coalition Ouest Africaine pour les Semences paysannes, Sénégal  

  • Crocevia, Italie

  • ECVC, Coordination européenne Via Campesina

  • Fahamu Africa et le mouvement des femmes “ Nous sommes la solution”,  Afrique de l’Ouest

  • Farmworker Association of Florida, USA.

  • Ferme école Agroécologique Benkadibugu, Mali

  • FOOL AVOINE, pour une biodiversité sans OGM ni brevet, France

  • GIPA (Groupement Inter villageois des Producteurs d'Arachides des Communes de Thiomby/Gandiaye), membre CCPA, Sénégal

  • Grupo Semillas, Colombie

  • Landworkers' Alliance , Royaume-Uni

  • La Via Campesina
  • MAELA, Mouvement agroécologique de l'Amérique latine et les Caraïbes

  • MABD, Mouvement de l’Agriculture Biodynamique, France

  • MPA, Movimento dos pequenos agricultores, Brésil

  • Ranquil, Confederación Nacional Campesina  y de Pueblos originarios, Chili

  • Red de Semillas Campesinas, Argentina

  • Rede de Agrobiodiversidade do Semiárido Mineiro, Brésil

  • Redes de semillas campesinas (RSC), Columbia

  • Red de Semillas Libres, Colombia

  • Red de Semillas "Resembrando e Intercambiando", Espagne

  • RESACIFROAT, Réseau d'Appui à la Citoyenneté des Femmes Rurales d'Afrique de l'Ouest et du Tchad

  • Réseau Semences Paysannes (RSP), France

  • Rete Semi Rurali, Italie

  • Stop OGM Pacifique, Nouvelle Calédonie

  • Union Paysanne, Canada. 

  • Zimbabwe Smallholder Organic Farmers Forum, Zimbabwe.

  • 2) Soutiens

  • AHCC, Alianza Hondureña de Cambio Climático, Honduras

  • Alkhalachofa, grupo de consumo responsable, Alcala de Henares, Espagne

  • Australian Food Sovereignty, Australie

  • Burkinature, Burkina Faso

  • CEHPRODEC, Centro Hondureño de Promoción al Desarrollo Comunitario, Honduras

  • Chile Sustentable, Chili

  • Community Alliance for Global Justice, Seattle WA USA

  • CONROA, Coalición nacional de Redes y organizaciones Ambientales, Honduras

  • Doman chalosse vivante, France.

  • Enda Pronat, Sénégal

  • FIAN,  Colombie

  • Foro Ambiental Santiagueño, Argentine

  • IRPAD/Afrique, Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives en Développement,  siège Mali.

  • JINUKUN : Réseau national pour une gestion durable des ressources génétiques , Point focal de la COPAGEN, Bénin

  • Laura Gutiérrez Escobar, Red de Semillas Libres de Colombia et FIAN, Colombie

  • MDGE, Australia

  • Myriam del Carmen Salazar Villarreal Doctora en Agroecología,  Colombie

  • Terra Nuova ONLUS, Italie

  • Vía Orgánica, Mexique

Mauro Conti :

International Planning Committee for Food Sovereignty : ipc-cip@foodsovereignty.org

Émilie Lapprand :

Réseau Semences Paysannes français : emilie@semencespaysannes.org

  •  

Source : Vous êtes en train de tuer le traité international des plantes

A lire également

L’« arche de Noé végétale » en Arctique

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 15:18

par

Ollantay Itzamná

via  Rebelión

 

Au cours des dernières semaines, les analystes et commentateurs « progressistes » se sont joints à la pléthore de politiciens conservateurs et néo libéraux de la région pour nous prédire : la fin du cycle et/ou le reflux des forces d’Amérique Latine insurgée, en particulier celles de la région andine. De la même manière, ils essayent de discréditer les processus politiques d’Argentine, du Venezuela, du Brésil, d’Uruguay, etc. Mais ils ne disent pas grand-chose au sujet des gouvernements qui pillent la richesse de leurs peuples pendant le « sanglant banquet néo libéral » qui se tient dans la région.

Des ex consultants de récents programmes d’ajustements structurels, provenant des classes moyennes, tant en Equateur qu’en Bolivie, et des Travailleurs d’Organisations Non Gouvernementales (organisations financées par des gouvernements étrangers), déchargent toute l’artillerie de leur critique verbale contre Evo Morales président de Bolivie et Rafael Correa, Président d’Equateur, pour conclure que les processus de transformation, dans ces pays, touchent irrémédiablement à leur fin.

En plus de qualifier ces gouvernants de despotes et de populistes, les prophètes de « fin de cycle » et missionnaires de la restauration néo libérale, soutiennent qu’aucun de ces gouvernements néo-extractivistes n’accomplit le mandat constitutionnel relatif à la défense des Droits de la Terre Mère et des peuples indigènes. Et opportunément, ils interprètent la diminution de la croissance de l’économie des deux pays comme une évidence économique de la fin du cycle latino-américain.

En procédant de cette manière, les « progressistes » et conservateurs confondent l’Amérique Latine émergente (peuple) avec des individus/personnes occupant des fonctions de gouvernement. Ils ne font pas de différence entre l’indétermination des rêves et espérances et le déterminisme dialectique.

Les consultants néolibéraux et les travailleurs des ONG fustigent les gouvernements

Simultanément les consultants et travailleurs des ONG tentent d’installer dans le cerveau de leurs « désinformés » la prédiction de fin du cycle Latino-Américain, après que les gouvernements de Bolivie et Equateur aient eu la témérité de contrôler le fonctionnement des ONG dans ces pays. Une heureuse coïncidence ? Serait-ce que des gouvernements dignes et souverains n’ont pas la faculté de contrôler les comportements des agents et acteurs nationaux et étrangers sur leurs territoires ? Les gouvernements d’Europe et des EU resteraient-ils impassibles si les gouvernements des pays d’Amérique Latine finançaient des ONG pour les discréditer depuis l’intérieur et l’extérieur ?

Tout lecteur un minimum informé sait que les ONG sont nées promues par les corporations financières (des pays du Nord) en ayant pour finalité de rendre soutenable l’application des Programmes d’Ajustement Structurel dans les pays appauvris. Dans la coopération internationale, il y a plus d’intérêt politique en jeu que de sincère solidarité. Bien qu’il y ait aussi une coopération et des ONG qui appuient la libération des peuples.

Les classes moyennes traditionnelles sont indisposées par leurs nouveaux voisins

Les classes moyennes “graduées ou universitaires” sont fâchées avec Evo ou Correa parce qu’ils ont réduits leurs privilèges professionnels. Au cours des dernières années, en Bolivie ou en Equateur, près de deux millions de personnes ont accédés des classes populaires aux classes moyennes, et dans de nombreux cas, ce sont ces derniers qui excercent des fonctions publiques (rôle de la classe moyenne traditionnelle).

Dans le cas de la Bolivie, cela les “dérange” de se retrouver sous l’autorité d’ « indiens » qui parlent mal le castillan et en plus ne possèdent pas de titres universitaires. Serait-ce donc une autre coïncidence que les « progressistes » de la classe moyenne traditionnelle, à présent, nous annonce la fin du cycle latino-américain.

Ils pensent que renverser  Correa ou Morales mettra en déroute les processus émancipateurs.

Ceux qui nous annoncent la fin du cycle latino américain veulent nous faire croire que les « indiens » et « progressistes » exerçant des fonctions de gouvernement, ne peuvent faire d’avantage que ce qu’ils ont déjà fait. Et donc, après la « fin du cycle » vient le retour de la « stabilité néo libérale ». Ils veulent nous voler notre droit à l’espoir. Notre droit de rêver. Alléguant qu’il n’y a rien de plus que ce qui a déjà été vu, fait ou célébré. Il est clair que comme ils ne peuvent rien faire actuellement pour nous enlever ce que nous avons conquis, alors, ils s’attaquent à nos espoirs (à cause de ce que nous sommes déjà capables de faire)

Mais ils oublient que les processus de transformation en Bolivie ou en Equateur, ou dans d’autres pays ne sont pas Evo Morales ni Rafael Correa. Nous sommes des peuples, Ayllus, Marcas, Runas/ Jaque, qui parcourront un chemin libérateur depuis nos origines.

En plus, les processus de transformation ne sont pas, pour nous autres, seulement du domaine de la gestion de l’état ou de l’économie (même si cela en fait partie), ni même seulement du domaine des changements des lois ou des institutions. Nous travaillons, rêvons, agissons, conspirons, pressentons de manière différente. Nous refusons de revenir dans le giron néolibéral. Nous sommes nombreux à avoir changé nos propres projets de vie. Viendront-ils pour chacun d’entre nous ?

Ils enclosent la réalité latino-américaine inédite dans leurs catégories désuètes d’analyse et de compréhension

Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis les débuts du processus de changement dans la région, néanmoins les “révolutionnaires de tout et de rien” et les “éco-indigénistes” refusent de se déprendre de leurs cartographies mentales préconçues, et à circuler sur les chemins émergents d’apprentissages et connaissances différents.

Eux, formés seulement et uniquement, dans et pour la démocratie représentative (qui les privilégie), n’acceptent pas les démocraties participatives émergentes, qu’ils qualifient de « populisme » d’Evo et/ou Correa, bien qu’ils ne disent mot des dictatures sanglantes et corrompues de la région.

L’appropriation par l’état des biens que la Terre Mère nous prodigue, il le censure en tant que « néo-extractivisme » anti-écologique, mais ils se taisent au sujet de l’accaparement «silencieux » (internationalisation) que le gouvernement étasunien pratique en Amazonie.

Nous les peuples indigènes, ils nous considèrent comme si nous étions des pièces de musée incommensurables et intangibles, sans droits de transformer nos modes de vie, mais elles et eux, oui, ils peuvent jouir des « commodités » de la modernité alors qu’ils plaident pour que beaucoup d’entre nous se maintiennent dans la pré modernité.

Ils sont tellement conditionnés par les mensonges académiques enseignées comme vérités scientifiques dans les universités qu’ils ne se rendent pas compte que cette période de l’Amérique Latine ne correspond pas à des cycles de changements qu’ils ont étudiés en sociologie.

Les processus de changement qui émergent en Bolivie ou en Equateur ne peuvent s’évaluer ou se prédire avec des catégories analytiques qui en leur temps ont nié ou se sont tues quant à leurs possibilité d’existence sociale. Ces processus de changement ont surgit sans manuels, sans brochures à suivre. Pour cela, les critères de valorisation de ces processus doivent être issus de paradigme de la complexité et de la possibilité permanente (D’invention contre les cadres du déterminisme réducteur NdT). Ce sont les rêves, espérances et idées des peuples, qui avaient été méprisées, qui se matérialisent simultanément et progressivement.

Nous savons quand et comment nous avons commencé, mais nous ne savons pas quand nous en terminerons.

Du point de vue de la dynamique de la matérialisation ou de la monétarisation des processus de transformation, ceux-ci doivent être observés /évalués sur de plus grandes périodes. Les déterminations assumées par les gouvernements de Correa et de Morales auront leurs impacts sociaux non seulement à travers la distribution de l’excédent économique (en diminution actuellement) mais bien par la redistribution culturelle (des investissements sont réalisés dans l’universalisation de l’éducation comme jamais auparavant), qu’envient les habitants des pays voisins. Le processus de transformation se terminerait si nous les indigènes nous en revenions à avoir honte de notre identité et nous mettions à genou devant l’étranger. Mais cela est loin de se reproduire.

Nous ne reconnaissons pas non plus l’allégation qui voudrait que l’humanité continuera à taxer notre Amérique Latine de « présomptueuse »»’. Nous savons que ce que nous avons déjà accomplis, ce que nous n’avons pas réalisé, et ce que nous sommes capables de devenir. Nous savons que nous ne sommes pas « un cycle qui s’achève ».  Nous savons que nous livrons dans des conditions d’adversité et d’inégalité une guerre sans merci contre la civilisation du désastre (mort) hégémonique. Mais nous sommes également conscients de ce que nous sommes gouttes d’eaux qui tombent dans l’immensité de l’Océan formant des innombrables cercles concentriques contagieux jusqu’à l’infini.

Source ; Rebelion. Latinoamérica emergente: ¿se acaba la esperanza?

 

Amérique Latine émergente. La fin de l’espoir ?

Traduction Anne Wolff

Et,note dela traductrice

Comme c’est toujours le cas avec les textes l’Ollantay Itzamna, j’ai pris du plaisir à traduire son texte qui me nourrit d’un espoir partagé. Et encore une fois j'ai trouvé dans ses paroles la synthèse d'autres paroles, lues et entendues,  mieux que je ne pourrais la faire moi-même. Il nous donne les raisons de cet espoir et ce qui s’oppose à sa pleine concrétisation, sans toute fois réussir à stopper les processus émancipateurs multiples et polymorphes, à différentes échèlles, à l'oeuvre dans toute.l'Amérique Latine.

Les questions que pose ce texte à la conscience occidentale et à ses critères d’interprétation du réel sont une incitation à un changement total de « manière de percevoir, voir et interpréter le monde » et donc à un changement de langage et de concepts.

Mais pas que cela, diverses occurrences du texte me renvoient à la théorie du chaos selon Prigogine et Stengers (Voir la Nouvelle Alliance) et à ce choc des civilisations qui se produit quand les tenants d’une interprétation du monde probabiliste et constructiviste se heurtent aux tenants du déterminisme qui veulent s’emparer de leur territoire et leur imposer leur idéologie.

Lorsque les habitants qui pratiquent une écosophie constructiviste, probabiliste, contingente, frugale (mais pas austère) et respectueuse de l’étant et du milieu ambiant, qui privilégient les modes d’actions qui les préservent et les améliorent, lorsque les partisans de cette manière d’habiter  la planète, créatrice de paix et non de la guerre, se trouvent confrontés à une opérativité mécaniste et déterministe, celle-ci pour réaliser ses ambitions  doit, soit les expulser de leur territoire, soit les soumettre aux diktats de leur idéologie, opérant des transformations du paysage et des habitants restants qui sont une véritable transmutation ontologique, une transformation qualitative  de modes d’être au monde, une aliènation.

Comme beaucoup de commentateurs d’Amérique Latine et de co-auteurs des processus qui la conduisent vers la souveraineté, Itzamna s’indigne de constater que les occidentaux ont tendance à réduire les révolutions latino américaines à leur figure de proue qui ne sont pas un bon reflet qualitatif de la nature, de l’étendue et des profondeurs de ces révolutions. Plutôt que de prendre Chavez ou Morales ou Correa comme l’incarnation symbolique de l’ensemble du processus, il faut les considérer comme des catalyseurs parmi d’autres de l’expression d’une puissance latente jusque là, celle d’un peuple qui se réveille et se met en quête des moyens de la souveraineté après des siècles d’esclavage, de colonialisme, d’humiliation.

Les catalyseurs d’un passage voulu de la démocratie représentative vers la démocratie participative, en pleine invention, un processus en plein déroulement dont ils sont des charnières. Nous retrouvons dans le socialisme du 21ème siècle version latino des éléments qui ont dominé le socialisme européen de la première moitié du 20ème, cette certitude active qui veut que toute transformation essentielle,  profonde et durable passe par la possibilité pour l’ensemble des habitants d’un pays de toutes origines sociales et ethniques d’avoir accès à une éducation de qualité.

Après, il s’agira de déterminer ce que devrait être ce type d’enseignement, et la réponse ne peut venir - dans ce contexte, qui fait déjà une large place à des formes anciennes et nouvelles de démocratie participative - que de processus de production d’intelligence collective, réfléchir ensemble aux modes d'éducation qui puissent optimaliser l'aptitude au bonheur de chacun, son potentiel, trouver ensemble le lanGAge qui va exprimer ces nouveaux conCepts et mettre en oeuvre ensemble les moyens d'y parvenir dans la diversité. Autrement dit partir de ce que sont les aspirations des personnes présentes et existantes et non d’idéaux transcendants qui laissent à une élite le choix des programmes d'enseignement (et de conditionnement) qui répondront finalement à leurs propres intérêts.

Quelles que soient les critiques qui peuvent être formulée par ailleurs, il est évident que la majeure partie des commentateurs occidentaux, y compris ceux de « bonne volonté » ne mesurent pas l’ampleur du défi relevé par les peuples d’Amérique Latine et certains de leurs mandataires et gouvernements. Et encore moins ils n’ont ni connaissance, ni conscience de la guerre active et permanente qui leur est menée sur tous les fronts par ceux qui veulent s’emparer de leurs territoires et habitants pour les forcer à contribuer à la genèse de leurs odieux profits.

Des ennemis jurés et sans pitié de la libération des peuples qui disposent de pouvoirs sur des armées et forces de répressions officielles comme celles des EU et des pays régionaux soumis aux diktats de Washington,  et d’autres composées de mercenaires et de paramilitaires en tous genre, de criminels aux ordres de celui qui les payent pour détruire l’espoir du monde, des ennemis qui ont aussi opéré une main mise sur les principaux médias de la région (et d’une grande partie du monde) qu’ils utilisent comme arme de guerre, outil de propagande mis au service de leurs intérêts.

Ajoutons que quand ils ne sont pas directement propriétaires des moyens de productions du pays, ces mêmes oligarques les placent entre les mains d’une oligarchie locale et vassale, de même qu’ils encouragent leurs carrières politiques. Quand je regarde un peu les histoires des familles qui ont géré le Venezuela avant l’arrivée de Chavez, je constate à la fois cette stratification du pouvoir au main de quelques familles et les liens étroits qui confondent leurs intérêts et ceux de Washington.

Légitime frustration d'avoir été privé du pouvoir héréditaire pour les rejetons de ces castes ? Ou refus del'équité qui pemettrait à ceux qu'ils ont écrasés, exploités, affamés, réprimés, d'accéder à une éducation et une culture qui leur permettent de prendre en main le sort du pays, de leur pays, grâce  aux compétences acquises et aux transformations des modes politique, économique et d'accès à la souveraineté alimentaire qui est la substance organique du socialisme du 21ème siècle, prélude à un communalisme naissant et en pleine croissance et invention continuée.

Et c’est une question qui insiste en ce moment, et à laquelle je n’essayerai pas de répondre aujourd’hui, elle consiste en une confrontation entre le pouvoir confisqué par la fiction nation dans une démocratie représentative avec sa fiction d’égalité démentie par la stratification d’une hiérarchie sociale à faible mobilité et les formes dont justement parle Itzamna de ce pouvoir populaire qui doit beaucoup en Amérique Latine aux formes d’organisations de différents peuples indigènes dont les modes du vivre ensemble ne donnaient pas lieu à ce type de hiérarchisation-stratification.

Ce qui était une condition favorable pour faire de l'Amérique Latine le lieu ou pourrait se féconder les idées du socialisme du 20ème siècle et avant, afin de faire naître quelque chose qui en est à la fois héritière et qualitativement différent, comme dans le rapport d’un enfant avec ses deux parents. Et qui comme l’enfant apporte dans le monde l’imprévisible nouveauté. Ce sont ces formes nouvelles de démocratie qui devraient aujourd’hui servir de terreau à ceux qui ne voulant toujours pas trahir des idéaux d’équité et de paix, se sont sentis leurrés par les révolutions du 20ème siècle, par une gauche européenne toujours déjà marquée des perversions, contradiction, failles et violences qui conduiront à son implosion et à sa dénaturation.

Thèses, antithèse, synthèse, dans le confusionnisme ambiant il n’est pas toujours facile d’identifier ces processus et leurs composantes. Hybrides improbable comme peut l’être le social libéralisme, plus proche du fascisme que du socialisme du 21ème siècle et du communalisme qui se prépare à lui succéder. Communalisme qui est bien plus proche des idéaux du communisme idéaliste chrétien (je prends ce dernier terme au sens philosophique et non religieux) que d’aucunes des dictatures communistes du 20ème siècle, qui ont prétendu atteindre à cet idéal à coup de terreur, d’épuration meurtrière et de lavage de cerveau.

On ne peut trouver de réponse à ces questions sans analyser d’une part la haine des oligarchies pour le petit peuple quand il décide de s’éduquer et de remettre en route la mobilité sociale non plus par une stratification-hiérarchisation répunératrice en terme de profit mais par une revalorisation des compétences dont l’exercice fait déjà partie de la gratification. Je parle de gagner du bon temps de vie en faisant un travail utile et qui nous plait dans des conditions de bonne convivialité, et de respect et de bienveillance de chacun pour chacun. C’est cela le but aussi.

On ne peut trouver de réponse à ces questions sans une étude approfondie du phénomène « classe moyenne »,c’est une clé, particulièrement en Amérique Latine, où les gouvernements progressistes ont permis à un grand pourcentage de population pauvre d’accéder au statut de classe moyenne dont sont issus des enfants qui n’ont pas connus les conditions de pauvreté et de répression que vivaient leurs parents sous les anciens régimes, et qui se réfèrent à des modèles hollywoodiens ou issus de Miami, comme à quelques choses auquel ils auraient droit de fait et dont le rrrégime les prive, sans avoir conscience que sans la révolution en cours, ils n’auraient peut-être même pas eu accès à un minimum d’éducation, de soin de santé, de biens et surtout de cette dignité qui autrefois étaient refusée à l’immense partie du peuple de leur pays.

C’est vraiment une des clés pour comprendre les crises que traversent les gouvernements souverainistes d’Amérique Latine, cette partie des classes moyenne que leurs politiques ont permis de créer et qui aujourd’hui se retrouve, ou leurs enfants dans l’opposition. Parce qu’ils ont oublié le passé et ne voient que le mythe du « rêve américain », sans comprendre qu’il s’agit d’un leurre et qu' en réalité aux Etats-Unis pour une grande partie de la population, celle de « couleur » en particulier, la vie  s’apparente d’avantage au cauchemar de l’infra-humanisation, de l’incarcération, de la misère, de l’engagement dans les rangs de la chair à canon, de l’enfer des quartiers pourris, etc… et j’en passe et des pires, qu’à la propagande mystificatrice par laquelle ce pays s’achète l’adhésion des gogos. Et au besoin les utilisent contre les gouvernements de leur pays en les manipulant.

On peut prendre pour exemple de manipulation, non des classes moyennes, mais des indigènes, ces représentants d’ONG étasuniennes qui viennent leur raconter que leur pays les grugent en nationalisant les ressources, alors qu’aux EU les autochtones sont propriétaires des ressources de leur territoire, Sans dire que ce « territoire » sont les miettes laissées aux rares survivants des populations locales, après massacre génocidaire et appropriation de la quasi-totalité de leur territoire initial par les ancêtres de ceux qui viennent leur tenir ces discours subversifs.  

Je vous laisse avec toutes les questions que nous invite à nous poser Ollantay Itzamna quand il nous dit :

« Ils enclosent la réalité latino-américaine inédite dans leurs catégories désuètes d’analyse et de compréhension

Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis les débuts du processus de changement dans la région, néanmoins les “révolutionnaires de tout et de rien” et les “éco-indigénistes” refusent de se déprendre de leurs cartographies mentales préconçues, et à circuler sur les chemins émergents d’apprentissages et connaissances différents. »

Etes-vous prêts à faire ce travail de remise en questions pour vous ouvrir à ces nouvelles formes de politiques auxquels de nombreux mouvements populaires ‘Amérique Latine nous invite ?

Anne

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 22:37
Humeur de nuit.

Après la tristesse vient la colère. Les états d’Anne ont repris du service, et je me suis familiarisée avec la nouvelle version, même si je n’en ai pas encore compris toutes les subtilités de mise en page ce qui est bien frustrant. Est-ce que je pourrai poursuivre le travail dans les jours, dans les semaines qui viennent ? L’avenir nous le dira.

J’ai été particulièrement stimulée par le traitement réservé au cas Lopez par des journalistes professionnels qui écrivent des textes au sujet de sa condamnation alors qu’ils semblent tout à fait ignorants du contexte. Celui de la reprise en main de son arrière-cour par les EU, ainsi que Kerry l’a lui-même déclaré remettant en usage ce terme d’arrière-cour qui recouvre l’histoire de la doctrine de Monroe, celle de la mise de l’Amérique Latine sous domination impériale de Washington. Une remise sous tutelle dont les processus se sont mis en chemin dès la première élection de Chavez, qui a catalysé des processus d’intégrations régionaux et d’opposition à ce qu’il faut bien appeler l’impérialisme US dans la région.

Humeur de nuit.

Moi ce n’est pas mon métier, j’ai commencé à tenir mon blog, pour accompagner mes recherches afin de comprendre ce monde du 21ème siècle dans lequel je suis tombée en 2005, lors de mon retour à Bruxelles, après 6 années de vie en montagne sans médias, sans même d’électricité. D’un côté oui ce fut un choc, mais c’est sans doute un avantage parce que n’ayant pas vécu ces changements par glissements qui s’opèrent sous le seuil de perception, le principe de la grenouille échaudée, je me suis heurtée dès mon retour à ce monde que je ne comprenais plus, que je ne reconnaissais plus, dans lequel je me sentais tout à la fois étrangère et désuète. Une sorte de faille temporelle, le monde que j’avais quitté et celui dans lequel je revenais avait beau occuper les mêmes espaces géographiques, ce n’était plus le même monde. Et comme je n’ai pas pour vocation d’être victime impuissante d’événements dont je ne comprends pas le sens, j’ai essayé de comprendre. Cela ne c’est pas fait en un jour. Et il m’aura fallu dissiper beaucoup d’illusions avant de pouvoir me dire que je commençais à retrouver les sens des réalités. Comprendre la globalisation et apprendre à lui résister.

Humeur de nuit.

De quoi désespérer. L’Amérique Latine m’a sauvée de ce désespoir, d’une part j’avais grandi dans un milieu ou la diaspora latino était fort bien représentée, ce qui fait que j’avais des bonnes connaissances de bases concernant les Opérations Condor et autres Contras et d’autre part ayant vécu en Catalogne, j’avais eu l’occasion d’apprendre l’espagnol, et donc j’avais quelques atouts pour plonger dans un monde qui me semblait plus familier que celui que je côtoyais au quotidien  dans un pays où je suis née, où j’avais grandi mais qui n’était  plus le mien.

Non parce que des immigrés seraient venus menacer notre identité. Jusqu’à récemment j’avais vécu cette Belgique de multiculturalité bien vécue, enrichissement plutôt que privation, celle où je pouvais entendre un ami marocain parler de sa belgitude qui fait bon ménage avec sa culture d’origine.

Non ce qui avait changé, c’est que les progrès de l’acculturation qui accompagne la globalisation produit elle une perte d’identité. Les FN et autres nationalistes obtus feraient mieux de s’inquiéter des proliférations des MacDo que de l’introduction du couscous dans nos habitudes alimentaires. De même l’architecture fonctionnelle qui s’est imposée au prix de la destruction des bâtiments anciens, nuit nettement plus au paysage qu’une éventuelle prolifération de mosquées qui restent très discrètes.

C’est une culture propre à la Vieille Europe qui était en train de disparaître. Les étasuniens ont la réputation d’être complétement ignorants de l’histoire et des réalités du reste du monde, et même de l’histoire réelle de leur pays. J’avais déjà été frappée lors d’un voyage à New York à la fin des années 70 par ce décalage entre ce que je pouvais constater de l’état de cette ville autour de moi et la mise en scène télévisuelle du mythe étasunien. Je constatais à présent que la télévision fort peu présente encore dans mon enfance, produisait ce même effet de leurre occultant la réalité. Ce n’est pas nouveau, de nombreuses expérience réalisées par des psychologues démontrent que nos perceptions sont influencées par ce que nous nous attentons à voir. Et la télévision contemporaine est un outil de propagande qui nous dicte ce que nous devons voir et la manière dont nous devons l’interpréter.

Humeur de nuit.

La télévision a été fort peu présente dans ma vie. J’ai eu l’occasion récemment d’en prendre de fortes doses alors que je ne l’avais quasiment plus regardée depuis le milieu des années 90, ben oui, la  période précédente où je l’avais regardée régulièrement devant se situer du côté des années 70, là aussi j’ai eu un choc à découvrir ses nouvelles versions,… Dans les années 90, j’ai au une petite télévision en noir et blanc qui ne captait que les chaînes belges, qui produisaient encore leurs propres reportages et documentaires, et il n’y avait pas de publicité…

Pour vous dire que oui, j’ai découvert une vraie machine à laver le cerveau   qui en plus vous vide de toute pensée critique, un outil de diversion qui vous détourne de la réalité. J’ai toujours beaucoup lu et apprécié d’avoir en ville à disposition des bibliothèques qui pour des sommes modestes de l’ordre de 10 euros vous donnaient accès pour un an à des dizaines de milliers de bouquins…quelle richesse ! Cela est un véritable accès à la culture. Et j’en ai bien profité.

Puis j’ai fait la découverte d’internet, et je suis bien contente d’avoir eu cette culture livresque de base, parce que Internet est à la fois le meilleur et le pire, Y coexistent le meilleur de l’information avec les pire formes de désinformations ,j’ai donc apprécié d’avoir des connaissances de bases qui me permettent de m’y retrouver, ce qui ne m’a pas empêché de me faire piéger quelques fois ,surtout dans un premier temps, n’ayant pas encore conscience du confusionnisme ambiant qui fait lui aussi partie de la grande intoxication des consciences. C’est là que l’Amérique Latine est venue à mon secours, des concepts comme gauche, impérialisme, fascisme y conservent encore des sens clairement identifiables, même si comme on le voit par exemple à travers cas Lopez, où le copy cat de la dernière campagne électorale de Capriles Radonsky,, les choses changent là aussi. La différence c’est le nombre immense de ceux qui luttent pour résister à ce phénomène dans une production riche et continuée d’intelligence collective. Et là sans nul le Venezuela est en tête de peloton, la vitalité du débat politique populaire est impressionnante.

Humeur de nuit.

J’ai comme cela quelques thèmes qui me tiennent à cœur et sur lesquels je travaillerai si j’en ai l’occasion. L’un deux c’est cette double dimension du débat qui existe entre ceux qui défendent une souveraineté régionale qui s’incarne dans des souverainetés nationales, avec des gouvernements solidaires entre eux, et le mouvement de souveraineté populaire qui crée ses propres rhizomes indépendamment des gouvernements nationaux, communalisme. Tout cela riche d’une grande diversité à la fois des cellules de bases et des interactions tout aussi diverses, multiples et dynamiques qui créent des alliances entre elles.

La globalisation une fois qu’on en a compris les grands principes, ce n’est pas trop difficile à appréhender et à décrire en ce sens qu’elle est par nature une perte de diversité, un réductionnisme. Le communalisme étant fait d’un  nombre indéfini d’entités singulières qui créent entre elles un nombre encore plus  grands de liens tout aussi singuliers, les uns durables ,les autres éphémères et réinventés selon les contingences, est quand à elle, impossible à décrire de manière exhaustive.

Et ce sont justement ces processus là qui sont menacés par les actions d’un Uribe, d’un Lopez,, tous les processus qui relèvent des dynamiques de souveraineté qu’elles soient nationales ou populaires. Je fais la différence mais il arrive que les deux se confondent en ce sens que la souveraineté nationale est une condition préalable de la souveraineté populaire. La grande solidarité avec le gouvernement de Maduro, lors de la tentative de coup d’état, à l’échelle de toute la région, a démontré que cela était fort bien compris par tous.

A titre d’exemple cette déclaration des ouvriers de la Guyana qui manifestent en soutien au gouvernement bien sûr, en mars 2014 , mais aussi en défense de leurs acquis de la révolution, je leur donne le dernier mot

La Classe Ouvrière de Guyana, la même qui a récupéré les entreprises de bases des mains des transnationales, la même qui a impulsé le Contrôle Ouvrier et le Plan Guyane Socialiste, la même qui se retrouve aujourd’hui luttant pour ses Conventions Collectives, la même qui a du affronter en plus d’une occasion la bureaucratie de l’État est debout et n’est pas dans la confusion : aucune amélioration ne peut être espérée par les travailleurs, de la part de la droite et c’est pour cela qu’elle descend dans la rue défendre SA RÉVOLUTION !!! 

Anne

 

Humeur de nuit.
Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 19:37
Univers carcéral étasunien

A la suite des textes publiés au sujet de la Prison d’Etat de Pelican Bay en Californie, qui stigmatise un des plus terribles aspects des prisons étasuniennes, la mise en isolement qui concerne des dizaines de milliers de personnes, je crois qu’il n’est pas inutile de faire une compilation de quelques autres aspect de l’univers carcéral étasunien. Un univers qui pèse comme une menace sur le devenir de l’Europe.

Je vous donne ici quelques références concernant ces autres aspects et points saillants des articles cités ci-dessous.

Nous verrons à travers ces exemples que la privatisation des prisons constitue un réservoir de main d’œuvre exploitable à merci. Il faut savoir que dans de nombreuses prisons, privées étasunienne, le choix est simple ; soit les prisonniers travaillent soit ils sont mis en isolement.

Nous découvrirons aussi que les sociétés privées qui gèrent ces prisons constitue un puissant lobby, qui travaille en duo avec des législateurs et dont le but est de promouvoir des incarcérations toujours plus longues pour des délits toujours plus légers. Alors que certains de ces gestionnaires de prisons exigent des états où se situent leurs établissements pénitentiaires un quota d’occupation.  Ce qui amène des juges à prononcer des peines de prisons pour remplir ces quotas.

Nous découvrirons que ces pratiques trouvent leur origine dans l’esclavage. Les esclaves « libérés » accusés de ne pas remplir leurs obligations, comme métayer, par exemple, ou de commettre de petits larcins, deviennent des prisonniers- objets loués pour divers travaux.

Ce qui confirme ce sentiment que provoquent cette dérive de l’incarcération, dans le monde marchands, quand les exclus en tous genres sont toujours d’avantages exposés au risque d’incarcération, alors que le travail obligatoire s’impose dans les prisons privatisées toujours plus nombreuses.

Nous constaterons aussi qu’aux EU, les étrangers en situation irrégulières sont devenus une cible privilégiées de ces pratiques.

Nous constaterons que nombre des entreprises les plus importantes des Etats-Unis recourent à ce genre de pratiques et que certaines abandonnent leurs productions dans les zones pourtant connue pour leurs conditions esclavagistes de travail comme les zones de maquiladoras  par exemple pour les relocaliser dans les prisons étasuniennes.

Parmi les firmes qui recourent au travail des prisonniers IBM, Boeing, Motorola, Microsoft, AT&T, Wireless, Texas Instrument, Dell, Compaq, Honeywell, Hewlett-Packard, Nortel, Lucent Technologies, 3Com, Intel, Northerm Telecom, TWA, Nordstrom, Revon, Macy's, Pierre Cardin, Target Stores,…

Univers carcéral étasunien

Je le redis, et j'insiste, il faut une bonne fois pour toute cesser le jeu de la compétitivité, état de guerre imposés entre les travailleurs de différentes origines ou régions qui est le jeu de concurrence, une guerre entre travailleurs,  imposée par le patronat, dont les premiers sortent toujours perdants et dont les derniers sont les grands gagnants disposant dans le monde entier de réservoir de travailleurs prêts aux plus grands sacrifices pour l’aumône d’un emploi exploité au maximum des possibilités du travailleur et même au-delà.

Aujourd’hui, je vois des gens qui se réjouissent de la mise au travail forcé des inactifs dans des conditions d’insécurité d’emploi, pour 3 euros de l’heure, en Belgique, en complément de leur revenus de remplacement. Ces « bons citoyens » - « je travaille, je vote, je paye mes impôts » – ne voient pas qu’ils creusent la tombe de leurs propres exigences en matière de Droit du Travail. 

Le modèle étasuniens nous montre que la mise au travail des prisonniers constitue une concurrence faussée et déloyale forcée » pour les travailleurs « libres », de même que tout travail socialement obligé qui échappe aux réglementations favorables au travailleurs.. Il nous montre aussi que les peines de prisons plus nombreuses et de plus longue durée n’augmentent en rien la sécurité des "bons  citoyens »

Les salaires dans certaines prisons étasuniennes sont de 17 centimes de l’heure, dans d’autres ils peuvent atteindre deux dollars, mais en tout état de cause, les bénéfices réalisés par les entreprises qui y recourent sont prodigieux. Par exemple entre 1980 et 1994, les bénéfices réalisés par les entreprises qui y recourent passent de 392 millions de dollars à 1,31 milliard alors que le chômage s’étend dans la « société libre » ? Ce qui entraîne une augmentation de délinquance, et en tolérance zéro une fabuleuse augmentation de main d’œuvre dans le vivier des prisons. Une dynamique dangereuse.

Univers carcéral étasunien

Quelques extraits de textes illustratifs de cette "concurrence prisonnière et tout à fait faussée sur le marché du travail" :

Le travail dans les prisons des États-Unis :
un grand négoce ou une nouvelle forme d'esclavage ?

…[ Le recrutement privé de prisonniers pour travailler incite à emprisonner les gens. Les prisons dépendent des revenus ainsi engendrés. Les actionnaires des sociétés qui s'enrichissent grâce au travail des prisonniers intriguent pour la prolongation des peines, qui leur permettent de développer leur main d'oeuvre.]…

…[ Le Complexe de l'Industrie des prisons est une des industries dont la croissance est la plus élevée aux États-Unis d'Amérique du Nord, et ses investissements sont cotés à Wall Street.]…

…[ - La promulgation, dans treize États, de la "trois chefs d'accusation" : prison à perpétuité pour toute personne convaincue de trois félonies, a nécessité la construction de 20 nouvelles prisons. Un des cas les plus remarquables relatifs à cette mesure est celui d'un prisonnier qui, pour avoir volé une voiture et deux bicyclettes, a reçu trois peines de 25 ans.]…

…[Le travail des prisonniers trouve ses racines dans l'esclavage. Depuis la Guerre civile de 1861, époque à laquelle un système de "location de prisonniers" a été mis en œuvre pour perpétuer la tradition de l'esclavage. Les esclaves libérés ont été accusés de ne pas respecter leurs obligations de métayer (travailler la terre du patron en échange d'une partie de la récolte) ou de petits larcins — très rarement prouvés — puis ils ont été "loués" pour récolter le coton, travailler dans les mines et construire des chemins de fer. En Géorgie, de 1870 à 1910, 88 % des condamnés loués étaient des Noirs.]…

…[ Sur la liste des entreprises clientes figure la fine fleur des entreprises des États-Unis : IBM, Boeing, Motorola, Microsoft, AT&T, Wireless, Texas Instrument, Dell, Compaq, Honeywell, Hewlett-Packard, Nortel, Lucent Technologies, 3Com, Intel, Northerm Telecom, TWA, Nordstrom, Revon, Macy's, Pierre Cardin, Target Stores, et beaucoup d'autres encore. Toutes ces sociétés sont enthousiasmées par le boom économique engendré par le travail des prisonniers. Rien qu'entre 1980 et 1994, les gains produits sont passés de 392 millions à 1,31 milliard.

Les travailleurs internés dans les prisons d'État reçoivent généralement le salaire minimum, mais dans certains États comme le Colorado, les salaires atteignent 2 dollars l'heure. Dans les prisons privées, la rémunération peut être de 17 centimes de l'heure pour un maximum de six heures par jour, ce qui donne un salaire de 20 dollars par mois.]…

Et le reste est à l’avenant…

Sur ce même thème :

Les prisons, une source de profit très rentable

…[Ce qui a changé, c’est la « Guerre contre la drogue » elle a abouti à la prolifération de lois répressives et à l’accroissement du nombre d’incarcérations pour un tout ou pour un rien. Ces changements sont poussés par les lobbyistes très influent des prisons américaines, évidemment privées, elles tiennent à leur business rentable. Elles ont achetées la plupart des politiciens aux Etats-Unis avec des dons rendus possible par le contrôle inexistant du financement des campagnes américaines. Leurs objectifs est de faire augmenter le nombre de personnes en prison ce qui équivaut pour elles à une augmentation de leur marge de profit. Une prison est payée entre 45 et 130 dollars par jour et par détenus. Ces établissement privés ne rendent pas non plus de compte à l’Etat, cette absence de contrôle créer une impunité. Celle de maltraiter par l’isolement ou les privations sensorielles]…

…[…Corrections Corporation of America et GEO, les deux plus grandes entreprises du secteur pénitentiaire privé, ont cumulées à elle deux 2,9 milliards de bénéfices l’an dernier. La crise économique, dont le bouquet final se fait attendre, va faire augmenter radicalement la pauvreté aux Etats-Unis, la délinquance s’en suivra par corrélation, les profits aussi.]…

…[L’argent étant aussi pouvoir, on peut craindre qu’augmente celui d’une entreprise dont l’activité bénéficie à la fois de l’absence de politique efficace contre la délinquance et la criminalité, mais également de la présence de lois répressives et d’un contrôle accrue de la population.]…

Les prisons privées aux États-Unis : un commerce plus lucratif que la drogue.

…[ “L’industrie surgit dans un contexte dominé par la mentalité conservatrice de l’époque de Ronald Reagan et dans le cadre de la politique de la main dure, qui créèrent une demande suffisante pour convaincre un groupe d’investisseurs qu’il existait une opportunité pour les entreprises […] les entreprises commencèrent par construire des « prisons spéculatives », autrement dit, elles construisirent sans encore avoir de contrats avec les gouvernements locaux ou des états.

Les premières prisons furent construites dans des villages petits et pauvres avec la promesse de garantir des emplois, d’augmenter la perception d’impôts et de diminuer les coûts que provoquait pour les gouvernements la population carcérale croissante. ]…

…[ Entre 1999 et 2010, la population carcérale aux États-Unis grandit de 18% mais le nombre de prisonniers dans les prisons privées fédérales et des états augmenta d’environ 80%. 

CCA possède 66 prisons avec une capacité de 91 000 prisonniers, alors que le Groupe Geo possède 65 prisons et peut héberger plus de 65 700 détenus. Leurs bénéfices annuels en 2011 furent de 1 700 millions et 1 600 millions de dollars respectivement.

Au niveau fédéral, cette croissance se base sur la privatisation d’une grande partie du système de détention des immigrants sans papiers, pendant que pour les états, elle fut obtenue grâce à « la coupe des fonctionnaires » par les autorités locales, qui permit la signature de contrats peu conventionnels.]……

[A l’égal de l’industrie militaire, l’industrie carcérale a acquis ses talents pour la négociation à coups de millions de dollars investis en lobbying et obtenu une partie de son influence grâce au groupe ALEC (Conseil d’échanges législatifs étasuniens)

ALEC n’est pas formellement un groupe de lobbying.

Son slogan est “gouvernement limité, liberté de marchés, fédéralisme”, sa fonction est de rédiger et promouvoir des projets de lois et ses membres comprennent plus de 2 000 législateurs de l’état et directeurs exécutifs de grandes corporations (jusqu’à il y a quelques années CCA et le Groupe Geo)

Leur regroupement est organisé par des commissions, comme celles du Pouvoir Législatif, et chacune d’elles est dirigée par un législateur en fonction et un entrepreneur impliqué dans le secteur en question. ]

 

Univers carcéral étasunien

D’autres aspects sont corrélatifs de cette dynamique qui rend la délinquance profitable aux entreprises qui trouvent leur réservoir de main d’œuvre en prisons et ont donc tout intérêts à en voir d’une part augmenter le taux et d’autre part à voir se renforcer le caractère répressif et criminalisant du système.

Extension de la notion de délinquance appliquée au sans-abri et malades mentaux. Fermeture des écoles des quartiers aux populations colorées qui ont toujours moins accès à une éducation de qualité.

Condamnés également au système carcéral, les fous, les SDF

Rêve "américain" : En prison les fous ! 

En Prison aussi les SDF

L’ONU accuse les E.U. de traitement cruel, dégradant et inhumain envers les pauvres

 

La fermeture des hopitaux psychiatriques à jetés dans les rues d’innombrables malades mentaux tout à faits incapables de gérer cette situation. La tendance à la tolérance zéro va jeter un grand nombre d’entre eux en prison. De même pour des sans abris qui dessus comme dans l’exemple du texte en référence ci-dessus.

Le cas de Jerôme Murdoch, qui n’est pas un cas isolé. Ex-marine qui cumulait les troubles mentaux et le sans-abrisme. Une situation courante pour de nombreux vétérans. Incarcéré pour viol de propriété privée pour avoir trouvé refuge par une nuit glaciale dans l’escalier couvert d’une habitation publique, il sera retrouvé mort, cuit dans sa cellule pour cause de disfonctionnement du système de chauffage de la prison.

Et pour clore, quelques précision sur l’ « alternative » offerte aux jeunes des quartiers colorés, alors que les établissements d’enseignement public ferment en masse alors que ce multiplie les établissements pour apprentis soldats, future chair à canon de l’empire : l’armée ou la prison.

Pour en savoir plus

Etats-Unis, écoles fermées. Alors que on recense  65 000 enfants en prison aux Etats-Unis , et que vous apprendrez ici Etats-Unis, pays du progrès de la misère que il ne faut pas grand-chose pour que des jeunes fassent connaissance avec la prison.

…[ les EU s’étaient déjà illus­trés suite à la crise capi­ta­liste par un accrois­se­ment spec­ta­cu­laire de gosses vivants dans la rue , 1.6 mil­lions, une pro­gres­sion record de 45 % depuis 2010, mais aussi 46 mil­lions d’amé­ri­cains sur­vi­vent grâce à des bons ali­men­taire soit une aug­men­ta­tion notoire de 74 % depuis 2007. Le gen­darme du monde n’est plus capa­ble d’assu­rer le gite et le cou­vert sur son sol. Un enfant sur 4 y vit dans la misère]… et donc

…[ Diane Tran, 17 ans peut témoi­gner de l’atten­tion par­ti­cu­lière que l’état amé­ri­cain, fidèle ser­vi­teur du grand capi­tal, tou­jours prêt à brimer une popu­la­tion aux abois, lui a réservé : une nuit de taule pour absen­téisme sco­laire. La gamine cumule 2 tafs en plus de sa sco­la­rité pour nour­rir ses frères et sœurs, les parents ayant fuit le domi­cile fami­lial. (…)com­bien de Diane Tran, au par­cours moins méri­tant au regard des médias mains­tream et pour des motifs aussi absur­des, crou­pis­sent dans les geôles démo­cra­ti­ques amé­ri­cai­nes dans l’indif­fé­rence géné­rale.]...

Bonne question.

Et l’autre branche de l’alternative est présentée ici :

Pourtant généreusement le gouvernement offre une alternative celle de devenir enfant soldat de Etats-Unis, l’alternative étant alors pour beaucoup de jeunes des quartiers de couleurs la prison ou l’armée. Voir à ce sujet Les enfants soldats des Etats-Unis

 

 

Univers carcéral étasunien

Par Ann Jones, mais cela nous entraîne vers d’autres thèmes qui nous prouvent, si c’était encore à démontrer que les EU unis sont forts mal placés pour donner des leçons à qui que ce soit en matière de Droits Humains.

Anne

 

Alternative à la prison

Alternative à la prison

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article
19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:21
Prisons étasunienne de Pelican Bay : la victoire des prisonniers

Partie 1 : Introduction

Je vais aujourd’hui vous parler des prisonniers de Pelican Bay, condamnés à un isolement total pour des périodes de parfois plus de 20 ans dont j’avais relayé le SOS, alors qu’ils menaient une grève de la faim entamée il y a deux ans et de la victoire qu’ils viennent d’obtenir. Mais auparavant je voudrais rappeler quelques données concernant les EU, univers carcéral. Données d’autant plus importantes que de nombreux indices convergents montrent que des pays d’Europe adoptent le même chemin : augmentation du taux d’incarcération, privatisation, exploitation du travail des prisonniers, utilisation  massive de l’isolement, incarcération des malades mentaux alors que les hôpitaux psychiatriques ferment, incarcération des sans-abri, en tête de liste, la Grèce et l’Espagne….

 

 La plupart des gens ignorent que le gouvernement des Etats-Unis, qui ne cesse de pourfendre d’autres pays, ceux dont le gouvernement leur déplaît,  pour leur violation des Droits Humains feraient mieux d’abord de régler quelques problèmes internes avant de s’arroger ce droit.

Ce pays a, de loin le plus haut taux d’incarcération au monde. A titre d’exemple, nombre de prisonniers par 100.000 habitants pour quelques pays, Wikipedia, données du Centre International d’Etudes Pénitentiaires, données de 2011.

Les EU comptaient alors 743 prisonniers par 100 000 habitants, soit 2 292 133 prisonniers,  pour une population adulte de 230 millions de personnes, soit près d’1% de la population adulte. Alors qu’ils représentent 5% de la population mondiale, leurs prisons « abritent » 25% de la population carcérale du monde. A noter que le taux de prisonniers de la population noire est de loin le plus élevé, 1 adulte sur 15, suivi par les hispaniques 1 sur 36 alors que les blancs : 1 sur 106. La justice américaine compte 7,1 millions de personnes sous surveillance des services correctionnels, dont 2 millions derrière les barreaux

De moins de 300 000 prisonniers en 1972, la population carcérale est passée à 2 millions en 2000. En 1990, elle était d'un million.

D’après l'étude réalisée en 2011 par Roy Walmsley, pour le Centre international d’études pénitentiaires :

Prisons étasunienne de Pelican Bay : la victoire des prisonniers

Depuis l’ère Reagan le chiffre des incarcérations ne cesse de croître dans une proportion supérieure à 15% par an !

En comparaison, la Russie compte 559 prisonniers pour 100 000 habitants, la Chine 122 et la France 1O2. Ces chiffres sont indicatifs.

Les conditions dans lesquelles vivent de nombreux prisonniers étasuniens, donneraient à penser que les Droits de l’Homme dans ce pays concerne surtout les blancs, et en particuliers les blancs nantis, à l’exclusion d’autres qui sont considérés comme sous-humanité.. Je vous renvoie en suite de ce texte à quelques articles qui donnent un aperçu plus général du problème de droits humains que constitue l’univers carcéral étasunien.

Promenade à Pelican Bay

Promenade à Pelican Bay

Partie 2 : Pelican bay, un isolement inhumain

.. Rappel

Et pour illustration WELCOME TO THE “LORD’S” HOUSE: Robert Gumpert Inside the SHU at Pelican Bay Prison

 

Le S.O.S. des Prisonniers de Pelican Bay 

 

Nous sommes prisonniers de la Prison d’État Pelican Bay (Californie, EU). Nous vivions depuis 15 ans enfermés 23 heures par jour dans des petites cellules sans fenêtres, sans pouvoir embrasser ou toucher nos proches, sans voir un oiseau, ni un arbre ou le monde extérieur, sans programmes ou possibilité de liberté conditionnelle. 

La Californie nous maintient dans ces conditions de torture non parce que nous avons commis quelque acte de violence, mais parce qu’elle croit que nous sommes membres d’une pandilla (bande), elle affirme cela en se basant sur des œuvres d’art et des photographie qui étaient en  notre possession, à cause des tatouages que nous portons, de la littérature que nous lisons, ce dont nous parlons ou de déclarations d’informateurs anonymes auquelles nous n’avons aucun moyen de répliquer.

Nous sommes à Pelican Bay non sur base d’une condamnation précise en termes de mois ou d’années pour la mauvaise conduite que nous aurions eue, mais de manière indéfinie, ce qui en pratique signifie pour toujours, à moins que nous acceptions de devenir informateurs.

L’été passé nous avons mené une grève de la faim. Nous étions prêts à mourir plutôt que de continuer à supporter ces conditions inhumaines pour toujours.

Nous avons arrêté la grève parce que plusieurs législateurs compatissants ont promis qu’ils demanderaient une audience. Elle se tient en ce moment.

Cependant, les législateurs écoutent les psychologues, les avocats, les experts et les fonctionnaires, mais ils n’entendent aucun d’entre nous, parce que les fonctionnaires des prisons de l’État de Californie (CDCR) se refusent à nous faire témoigner, ni même par des vidéos ou des enregistrements qui nous pourrions facilement faire.

Ceci est donc notre témoignage interdit : le CDCR affirme avoir initié une réforme des programmes. C’est une farce de même que la réforme qui a été établie il y a 10 ans suite à une convention judiciaire et qui n’a donné lieu à aucun changement concret.

Ce nouvel effort de réforme ne change rien aux conditions de base de Pelican Bay, nous continuerons à rester prisonniers en isolement pour affiliation à une bande à partir d’une vague enquête basée sur des œuvres d’art, de la littérature, des communications ou des informateurs, ce qui n’est pas conforme aux règles judiciaires de Californie pour les procès pénaux.

La Californie continue a être réticente à effectuer des changements concrets ayant comme principe fondateur l’attribution aux prisonnier de peines et conditions déterminées, après qu’ait eu lieu les audiences de justices requises dans laquelle nous aurions été jugés coupables de quelque faute grave comme agression, assassinat, cviol, trafic de drogues.

Au contraire les nouvelles politiques pourraient encore augmenter le nombre de prisonniers du fait qu’ils auraient été étiquetés comme membres d’une pandilla et qui seraient isolés à cause de cette étiquette. Ces politiques injustes et inefficaces sont très chères et ont coûté à l’État des millions de dollars d’impôts qui pourraient être mieux utilisés.

D’autre part, les prisonniers qui doivent être isolés de la population carcérale générale à cause des violences qu’ils ont commises en prison devraient être traités avec humanité. Il n’y a aucune raison pour que la Californie ne puisse avoir des prisons de haute sécurité qui permettent aux prisonniers détenus en ségrégation d’avoir des visites de familiers, de recevoir des appels téléphoniques de la famille et des amis, de bénéficier de programme de réhabilitation, d’avoir des cellules avec des fenêtres, des cours de récréation qui permettent à des petits groupes d’y séjourner ensembles et de pouvoir voir le monde extérieur. En peu de mot, la ségrégation de la population générale oui, mais ni la torture, ni la déshumanisation.

Nous avons envoyé des pétitions et des lettres au gouverneur, présenté une plainte collective, fait une grève de la faim cherchant à obtenir une réforme concrète. Il est temps que la Californie fasse ce qui est correct. Il est l’heure que la législature promulgue de significatives réformes

Todd Ashker , C58191 , D4 121

Arturo Castellanos, C17275 , D1 -121

Sitawa Nantambu Jamaa ( Dewberry ) , C35671 , D1 -117

Antonio Guillén, P81948 , D2 -106

Difundido por www.freedomarchives.org 

 

Traduction en espagnol CONTRAINJERENCIA.COM

EEUU: el SOS de detenidos de la cárcel de Pelican Bay | CONTRAINJERENCIA 

Traduction française Anne Wolff.

 


D'après un rapport chinois sur les violations des droits humains aux USA  

 

il y aurait dans ce pays 80 000 personnes en confinement solitaire, certaines y sont depuis plus de 40 ans


China denuncia confinamiento solitario en cárceles de EEUU | CONTRAINJERENCIA

Cellule d'isolement à la Prison d'Etat de Pelican Bay

Cellule d'isolement à la Prison d'Etat de Pelican Bay

Ceci est confirmé par un texte d’Amnesty international datant de 2012

États-Unis. Sous les verrous pendant des décennies : la dure réalité des prisonniers maintenus à l’isolement en Californie

13 novembre 2012,

Durant les 16 années que Joe Simpson (nom d’emprunt) a passées à l’isolement dans un quartier de haute sécurité de la prison de Pelican Bay, en Californie, le seul être vivant avec lequel il a réellement noué des contacts était une grenouille. Il l’avait trouvée dans la petite cour où il était autorisé à aller faire de l’exercice de façon irrégulière, et a passé des mois à ramasser des vers et des insectes pour la nourrir. Lorsqu’il a décidé d’entamer une grève de la faim en juillet 2011 pour protester contre ses conditions de détention, les gardiens lui ont enlevé sa grenouille. Joe compte parmi les quelque 25 000 détenus enfermés aux États-Unis dans des établissements de très haute sécurité (« supermax »), en isolement cellulaire, dans pas moins de 44 États et au sein du système fédéral. Parmi eux, plus de 3 000 prisonniers sont détenus dans des quartiers de haute sécurité, les Security Housing Units, en Californie, dans des conditions qu’Amnesty International a récemment qualifiées de « choquantes ». Aucun autre État américain ne détient autant de prisonniers à l’isolement pendant de si longues périodes. On estime que pas moins de 78 hommes sont détenus depuis plus de 20 ans dans des cellules d’isolement. Les spécialistes d’Amnesty International qui se sont rendus à Pelican Bay et dans d’autres quartiers de haute sécurité fin 2011 ont constaté que les prisonniers sont enfermés au moins 22 heures et demie par jour, dans des cellules qui font moins de 8 m², dépourvues de fenêtres, et qui ne laissent quasiment pas entrer ni la lumière naturelle ni l’air. Les 1 000 hommes détenus avec Joe à Pelican Bay ne peuvent faire de l’exercice qu’une heure et demie par jour, seuls, dans une cour de béton totalement vide et entourée de murs de plus de 6 mètres de haut, d’où ils ne peuvent apercevoir qu’un morceau de ciel à travers un toit de plastique en partie grillagé. Les programmes de réinsertion sont quasi inexistants, aucune activité de groupe n’est proposée et les contacts humains sont sévèrement limités. Pelican Bay est située dans une zone reculée de l’État de Californie et de nombreux prisonniers reçoivent au mieux de rares visites. Le seul contact que la plupart ont avec le monde extérieur se fait par des lettres. Même les consultations avec le personnel médical se déroulent généralement derrière des barrières ; lors des visites de leur famille ou de leur avocat, les prisonniers se trouvent derrière une vitre. En outre, les contacts téléphoniques avec les proches sont extrêmement restreints. Certains n’ont pas reçu la visite de leur famille depuis plus de 10 ans. L’isolement est si extrême qu’un prisonnier a déclaré aux délégués d’Amnesty International venus à Pelican Bay qu’ils étaient « les premières personnes extérieures à la prison qu’il voyait depuis plusieurs années ». Des quartiers construits dans un but précis Les prisons comme celle de Pelican Bay ont été construites dans les années 1980, pendant une période de forte augmentation de la population carcérale aux États-Unis, où la Californie fut le fer de lance des initiatives visant à durcir les peines. Pelican Bay a été conçue tout spécialement comme une prison « sans programmes », construite sans que soit prévu un espace commun pour des activités de groupe, notamment de détente et d’éducation. Les autorités américaines ont justifié la construction des prisons de très haute sécurité « supermax » par le fait qu’en isolant les détenus les plus dangereux et les fauteurs de troubles, la sécurité du reste de la population carcérale s’en trouverait renforcée – pourtant, nombre de prisonniers qui se retrouvent dans ces unités souffrent de maladies mentales ou de troubles du comportement et ont été, dans certains cas, placés à l’isolement à la suite de comportements perturbateurs et d’infractions répétées relativement mineures. Ce que les autorités semblent avoir sous-estimé, ce sont les conséquences à long terme de ce type d’incarcération au niveau de la santé. Des prisonniers enfermés dans les unités d’isolement à Pelican Bay ont fait état de problèmes médicaux et psychologiques graves résultant de leur maintien à l’isolement, notamment : détérioration de la vision consécutive à plusieurs années de privation de lumière naturelle et d’enfermement dans des espaces obstruant la vision, problèmes dus à l’insuffisance de lumière naturelle (qui provoque des carences en vitamine D) et d’exercice, asthme chronique aggravé par les conditions d’enfermement, insomnie sévère et pertes de mémoire. L’un des prisonniers, détenu à l’isolement depuis 16 ans, a déclaré à Amnesty International : « Depuis que je suis enfermé dans l’unité d’isolement, je me suis mis à ressembler à un fantôme, ma peau a pris une teinte très pâle, comme beaucoup d’autres ici, car nous ne sommes jamais exposés à la lumière du soleil. J’aimerais tellement sentir le soleil me chauffer longuement le visage. » Un coup porté à la santé mentale Les conséquences psychologiques de l’isolement de longue durée sont particulièrement graves, comme en témoignent les données qui montrent que le taux de suicide est beaucoup plus élevé dans les unités d’isolement que parmi la population carcérale en général. D’après les informations émanant d’un observateur désigné par un tribunal, 42 % des suicides recensés dans les prisons californiennes entre 2006 et 2010 – 34 par an en moyenne – ont eu lieu dans des unités de détention à l’isolement ou d’isolement préventif. L’un d’entre eux s’appelait Alex Machado, il s’est suicidé le 24 octobre 2011. Il avait été transféré à Pelican Bay en février 2010 après avoir été classé dans la catégorie des membres de gangs, pour y passer une période indéterminée à l’isolement. Selon sa famille, il ne présentait pas de problèmes psychologiques particuliers durant ses 11 précédentes années d’incarcération ; il était instruit, savait s’exprimer, et aidait d’autres prisonniers dans leurs démarches juridiques. Sa santé mentale a commencé à se détériorer nettement après un an passé à l’isolement à Pelican Bay. De janvier à juin 2011, le dossier de la prison relatif à sa santé mentale indique qu’il souffrait d’une anxiété et d’une paranoïa croissantes, d’insomnie et de crises de panique. Il avait également la sensation d’être épié, avait des hallucinations visuelles et pensait entendre des voix et des coups frappés sur les murs de sa cellule. Lorsqu’il a menacé de mettre fin à ses jours le 12 juin 2011, il a été placé dans une cellule de crise. Toutefois, il n’a pas été transféré hors de l’unité de détention à l’isolement, alors qu’il souffrait toujours de « symptômes psychotiques actifs ». D’après le rapport d’autopsie, Alex Machado a été vu en vie pour la dernière fois vers 12h15 le jour de sa mort. Il se plaignait de palpitations cardiaques et a été examiné par le personnel médical, qui l’a ensuite renvoyé dans sa cellule. Trente minutes plus tard, un gardien l’a trouvé « pendu dans sa cellule ». Après la sortie Pour de nombreux prisonniers, les problèmes ne s’arrêtent pas à leur sortie de prison. En moyenne, chaque année, 900 détenus sont remis en liberté conditionnelle directement depuis les unités d’isolement des prisons de Californie, avec en poche quelques dollars et une carte d’identité. Les programmes de transition sont plus que rares. Un ancien détenu de Pelican Bay a raconté à Amnesty International : « Il n’y a pas de programmes de réinsertion, pas d’église, pas d’éducation, pas de fournitures pour les artistes. Ils disent qu’on ne peut pas avoir de compagnon de cellule parce que ce serait trop dangereux, mais c’est faux. Beaucoup de détenus sont maintenus à l’isolement pendant plus de 15 ans, parfois plus de 20 ans. Même pour moi qui suis resté à l’isolement pendant près de sept ans, cette vague de solitude immense résonne toujours en moi… Alors imaginez les conséquences pour eux. » En mars 2012, l’administration pénitentiaire et de la réinsertion de l’État de Californie a proposé des modifications qui offriraient à certains prisonniers une voie permettant de quitter la détention à l’isolement, par le biais d’un processus en plusieurs étapes. Toutefois, les prisonniers placés à l’isolement pour une durée indéterminée resteraient à l’isolement pendant au moins les deux premières années et ce projet ne semble prévoir aucune modification de l’environnement physique des quartiers de très haute sécurité de Pelican Bay. Amnesty International demande aux autorités de limiter l’utilisation des quartiers d’isolement et de n’appliquer cette mesure qu’en dernier ressort, de faire sortir de ces quartiers les détenus qui y ont déjà passé plusieurs années et d’améliorer les conditions de détention de tous les prisonniers placés à l’isolement.

Amnesty International

 

 

Ceci est donc la manière dont les gendarmes du monde traitent les prisonniers de leur pays. Quelle force il faut pour survivre dans de telles conditions. Je crois que personne, jamais, quoi qu’il ait commis ne peut se voir infliger un tel traitement sans que son bourreau ne se range du côté des Inhumains. Je crois qu’aucune nation au monde ne devrait accepter de se laisser dicter sa conduite par le gouvernement - officiel ou occulte – d’un pays usant de telles pratiques. Mais au contraire qu’il faudrait exiger qu’il en finisse avec toutes les formes de torture, dans son pays et en dehors avant de retrouver le droit de siéger à l’ONU.

Prisons étasunienne de Pelican Bay : la victoire des prisonniers

Partie 3 : une victoire à l'arrachée

Source : Presos de California dan un duro golpe al confinamiento en solitario

Sonali Kolhatar

Résumé en Français Anne Wolff

. Les activistes célèbrent en coup dur porté contre le complexe industriel de prisons et le système étasunien d’incarcérations massives condamné mondialement. Le 1er septembre 2015, un juge fédéral a finalement annoncé un accord dans la plainte contre un usage cruel et prolongé de la  privation de communication en Californie,après un processus qui se sera prolongé pendant 2 ans.

Les autorités pénitentiaires de l’état on confiné une fraction significative de prisonnier par la pratique barbare de l’isolement quasi-total sur base d’une prétendue appartenance aux pandillas . Selon Amnistie internationale il semble qu’aucun autre pays n’ait maintenu autant de prisonniers en isolement indéfini pour des périodes aussi longues ». Le résultat de l’accord obtenu implique que des milliers de prisonniers seront libérés parmi la population générale de la prison, où ils pourront satisfaire leurs besoins humains basiques d’interaction sociale. Le plus important, les 78 prisonniers de Californie qui ont été isolés pendant des durées inimaginables de 20 ans et plus, vont à présent trouver un soulagement à leur souffrance

L’un de ces 78 prisonniers, un homme nommé Todd Ashker, a été le principal réquérant dans cette affaire. Ashker a passé 25 ans en confinement solitaire dans la tristement célèbre prison de l’état de Pelican Bay.

Dans une interview pour UPraisong, accordée il y a peu j’ai parlé avec la sœur d’un autre prisonnier qui a passé pendant ses trente années de prison,26 ans en régiime d’isolement.

Sa soeur nous explique : “On  lui a dit qu’il repésentait une menace, que quelqu’un l’avait dénoncé de manière anonyme en tant que menace pour les autres prisonniers et c’est pour cela qu'il a été placé dans une SHU », Elle ajoute :. "Etre enfermé dans une cage et y être oublié pour une raison aussi triviale est hallucinant. Comme l’écrivait Atul Gawande dans le New Yorker pour exister tout simlement,comme un être humain normal les relations avec d’autres personnes sont indipensables. Au frère de Gallegos, ces interactions ont été refusées pendant 26 ans.

Les études concernant les effets que produisent le confinement en solitaire  dans le cerveau humains mettent en évidence la dégénérescence définitives de quelques fonctions de bases. Dans un article de 2006 publié dans la revue de Droit Politique, le Dr Stuart, un psychiatre certifié avec des décennies d’expérience dans l’Ecole de Medecine de Harvard, affirme que le confinement solitaire peut provoquer des dommage psychiques sévères », et que il est à prévoir que même des courtes périodes de ce régime d’isolement vont transformer de le tracé d’un électroencéphalogramme (EEG) vers un tracé anormal caractéristique de stupeur et de délire.

En 2011, le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour la Torture, Juan Mendez publia un rapport avertissant que le confinement solitaire put être équivalent à des traitements ou peines cruelles, inhumaines ou dégradantes, y compris à la torture ».

Ainsi, durant plus de 26 ans, Victor Gallegos est resté dans ces conditions, ayant pour seules interactions, celles avec les membres de sa famille, pendant les visites, à travers un panneau de vitrage épais et parlant au moyen d’un téléphone. Au milieu des larmes, Gallegos m’explique ce que l’isolement prolongé a signifié pour son frère : » 26 ans de solitude, sans avoir personne a toucher ou quelqu’un pour le câliner ou lui donner aucun type d’affect, parce que cela n’était pas permis. »

Les cellules (SHU) de la prison de l’Etat de Pelican Bay n’ont pas de fenêtres, ce qui signifie que pendant 26 ans Victor n’a jamais vu ni le soleil, ni la lune. Récemment il a été transféré à l’Institut correctionnel de Californie à Téhachapi, où il finalement recommencé à avoir des interactions avec d’autres prisonniers et pu, quoique que de manière limitée s’exposer à la lumière du soleil et à l’air frais. « Il était très ému d’avoir une cellule avec une fenêtre » dit Gallegos. « La nuit quand il regardait dehors il ne pouvait décrire ce qu’il voyait. Il n’avait pas vu la lune depuis tant d’années qu’au départ, il ne la reconnaissait pas.

Il est très sensible au bruit » dit Gallegos évoquant les effets relatifs au confinement. « Si nous parlons, lui trouve que nous parlons trop haut. Et chaque fois il se retourne pour voir qui est derrière lui. Il entend les voix des gens et il se retourne pour voir d’où vient le bruit ».  C’est une honte pour les Etats-Unis qui sont les promoteurs de l’usage de l’isolement comme tactique pour soumettre les prisonniers.

La lutte fondamentale pour la dignité a été une force motrice dans l’histoire humaine du monde entier, et ce qui nous conduit vers elle est un ensemble de valeurs universelles et d’aspirations. La vie, la liberté, et la recherche du bonheur sont des aspirations qui ne peuvent être limitées par des frontières nationales ou des côtes océaniques. C’est pour cela qu’il est particulièrement préoccupant que tant de gens en autant de lieux se confrontent à des restrictions de leurs libertés et droits fondamentaux par leur propre gouvernement.

De fait, les étasuniens devraient être dégoûtés que la plus « grotesque » des restrictions se rencontre dans les prisons des EU. La majorité des prisonniers de tout le pays étant soumis à un régime d’isolement se trouvent en Californie. Et alors que l’usage de cette ténébreuse pratique est réfréné dans cet état, la majorité des autres états gardent confiance en cette méthode. Le Rapporteur de l’ONU met en cause les EU avec des pays comme le Kirghizstan, l’Egypte, le Bahreïn, la Lybie, le Yémen et la Biélorussie qui soumette les prisonniers à des régimes d’isolement.

La victoire légale qui a présent va limiter l’usage de l’isolement est celle des prisonniers et de leur familles. Cela fait deux ans, près de 30 mille prisonniers en Californie (inclus Victor Gallegos) ce qui représentait environs 2/3 des détenus de l’état, ont mené une grève de la faim pour protester contre le confinement en isolement. Ce fut considéré comme la plus grande grève de la faim de l’histoire de l’état, et sans doute du monde. La grève fut amplement relayée par les medias internationaux, mettant en lumière la souffrance invisible des prisonniers de Californie. Gallegos met cette victoire aussi au crédit de l’activisme des familles des internés hors des murs de la prison.

“Nous sommes leur voix. C’est très important pour nous que le monde sache, que ce que les prisonniers de Californie sont en train de faire, et comment on les torture » dit Gallegos

Le groupe dont est membre Gallegos, Famille de Californie contre la privation de communication (CFASC) a travaillé conjointement avec des groupes d’avocats comme LE Centre pour les Droits Constitutionnels (CCR) pour parvenir à cet accord historique.

« J’ai attendu ce jour pendant tant d’années » dit Gallegos « J’ai cru que jamais il ne sortirait de Pelican Bay et que s’il le faisait, ce serait dans une caisse ».

Contact humain à Pelican Bay

Contact humain à Pelican Bay

A suivre un petit rappel sur les prisons étasuniennes

Une journée a Pelican Bay

Une journée a Pelican Bay

Repost 0
Published by Anne Wolff
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives