4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 03:00

 

Par Stella Calloni

De même qu’il y a trois ans au Honduras, un président démocratiquement élu vient d’être destitué au Paraguay par un parlement sous contrôle de l’oligarchie nationale. La journaliste argentine Stella Calloni nous révèle la main – militaire et étasunienne – qui se profile derrière ce nouveau coup d’état institutionnel orchestré, en Amérique Latine, contre un gouvernement élu selon les règles du suffrage universel.

 

 


Le 22 juin 2012, pendant qu’avait lieu le jugement politique express contre le président démocratiquement élu du Paraguay Fernando Lugo, procès considéré comme illégal par les pays voisins, des députés Paraguayens eurent une réunion avec des militaires des Etats-Unis pour négocier l’installation d’une base  militaire à el Chaco, territoire étendu et peu peuplé du pays sud-américain.

Le législateur Jose Lopez Chavez,  qui répond au groupe dissident du Parti Colorado (la Unace) – dirigé par le général putschiste Lin Oviedo, avec lequel il a quelques différends – et ex président de la Commission de Défense de la chambre basse, exprima son espoir de voir les Etats-Unis installer des bases militaires à el Chaco, selon des sources de ABC Color.

D’accord avec ce média, le plus grand complexe médiatique de la droite Paraguayenne et clé de la destitution de Lugo, le député Lope Chavez – accusé de conduites maffieuses – confirme  qu’il discuta avec des chefs militaires étasuniens au sujet de la possibilité d’installer des bases, bien que ce thème soit en cours d’analyse par le Pentagone

Dans des déclarations faites à une radio paraguayenne (789AM), le législateur argumente au sujet de la nécessité d’installer les dites bases, parce que selon ses appréciations, la Bolivie constitue une menace contre le Paraguay, à cause de la course au armement qu’elle mène. De même il affirma  que son pays devait améliorer la sécurité de ses zones dépeuplées.

L’aide humanitaire.

L’accord bilatéral potentiel comprendrait de l’aide humanitaire des troupes étasuniennes à la population locale. Comme on se sait, l’action civique et l’aide humanitaire, qui a déjà été réalisée par les troupes étasuniennes au Paraguay, auxquelles a été accordé le bénéfice de l’immunité diplomatique en mai 2005, est un schéma de contre-insurrection, d’espionnage et de contrôle de la population et du territoire.

Selon les sources, cette proposition fut rendue publique le 23 juin passé, après une rencontre entre des représentants de la Commission de Défense de la Chambre des Députés avec un groupe de généraux des Etats-Unis, lequel était venus dans ce pays pour dialoguer au sujet d’éventuels accords de coopération.

Cela pourrait être une des causes de la rapidité avec laquelle Lugo a été écarté de la présidence, à cause des engagements avec le Marché Commun du Sud (Mercosur), et l’Union des Nations Sud-Américaines, lesquels n’auraient pas permis de progresser dans un processus d’installation de bases militaires.

En 2009, Lugo avait refusé, quoique timidement, la possibilité de grandes manœuvres du commandement Sud au Paraguay, arguant des engagements avec les nations associées.

Mais depuis mai 2005 – avant l’arrivée au pouvoir de Lugo – l’entrée de troupes étasuniennes au Paraguay avait été autorisé,  avec immunité, droit de libre transit et séjour des soldats, pour une durée de validité courant jusqu’à décembre 2006, prorogeable automatiquement, comme le publia alors ce périodique.

Ce fut un des coups les plus fort que Washington assena contre le Mercosur, lequel renonça à son pouvoir juridictionnel,  ainsi des troupes pouvaient transporter armement, équipement et médicament et agir en n’importe quel lieu du territoire,  et sans nouvelles autorisation, à cette période arrivèrent un contingent de 400 soldats – le premier – et des troupes spéciales.

En réalité, ce genre de troupes n’a jamais quitté le Paraguay. Quand le dictateur Alfredo Stroessner fut renversé, par un coup d’état entre amis, en février 1989, des militaires qui avaient participés à sa longue dictature se maintinrent au pouvoir (1954-1989)

Le Paraguay a perdu le droit de mener l’enquête sur les délits que pourraient commettre les troupes étrangères et ne pourra pas mener d’action à Washington devant la Cour Pénale Internationale, violant ainsi sa législation.

Au Paraguay des rapports détaillés des analystes militaires firent remarquer la puissante infrastructure militaire des Etats-Unis dans un pays qui a une importance stratégique de par ses frontières avec La Bolivie, le Brésil et l’Argentine et se trouve relativement près d’autres pays dans lesquels il y a des bases militaires étasuniennes.

Les militaires du Commandement Sud ont encadré le territoire qui est sur la nappe aquifère Guarani, une des plus grandes réserves d’eau potable du monde, située à la triple frontière entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

Selon les rapports militaires, tous les cantonnements paraguayens proches de la frontière sont préparés comme infrastructures pour des troupes étasuniennes, lesquelles ont même creusés des puits artésiens pour l’eau potable, en principe pour les paysans, mais en réalité ceux-ci ne les utilisent pas.

Ainsi, la caserne Mariscal Astigarribia, située à seulement 250 Km de la Bolivie, a une piste d’atterrissage de presque 3 800 mètres de long dans un pays qui n’a quasiment pas de forces aériennes.

Celle-ci fut construire par les troupes étasuniennes, lesquelles la modernisèrent au cours des dernières années et elle est prévue pour recevoir des avions Galaxy et B-52, ainsi que d’autres aéronefs porteurs d’équipement et d’armements à grande échelle, de même qu’ils sont en train de préparer la piste de la base de Palmerola au Honduras.

Egalement,  peuvent être cantonnés là, à n’importe quel moment, des milliers de soldats, s’il est requis le faire, . Cette base est cataloguée comme une des bases aux infrastructures les plus puissantes des Etats-Unis en Amérique du Sud.

Cependant il est évident qu’avant  que se mette en marche, contre les gouvernements d’Amérique du Sud , l’offensive que permettaient un scénario de coup d’état en Bolivie et au Paraguay, ainsi qu’une déstabilisateurs en Argentine, en juin de cette année, il était nécessaire d’amener plus de troupes dans ce lieu stratégique.

La nouvelle des accords mentionnés entre les députés liés à l’ancienne dictature et les généraux étasuniens ne surprend pas dans de telles circonstances.  Et précisément dans un pays où la lutte pour les terres volées et mal acquises, comme les caractérise la Commission de la Mémoire, la Vérité et la Justice, le conflit social est une question permanente.

Pour les paysans récupérer leurs terres est une question de vie ou de mort. Spécialement à cause des attaques des dits brasiguayos et leurs troupes de choc,  des entrepreneurs de soja du Brésil, mais comme comme le soutien Martin Almada, défenseur des droits humains, ils font partie des grandes corporations comme Monsanto, qui avancent sur le continent.

Derrière la destitution de Lugo il y a des éléments qui doivent être considérés comme une attaque stratégique dans le projet de déstabilisation, qui vise à mener un putsch contre l’intégration latino-américaine.

Stella Calloni  

Fuente
La Jornada (México) 

Via : Destitución de Lugo, maniobra política de Estados Unidos [Red Voltaire]

Traduction Anne Wolff

 

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commentaires

Caroleone 04/07/2012 16:48


On comprend bien en effet les enjeux spécifiques mis en place par les EU et qui ne sont pas dûs à un quelqconque hasard par la double tentattive de coup d'état dont l"un d'eux à réussi au
Paraguay plus les tentatives de déstabilisation en Argentine.


Tous les acteurs néfastes de ce projet ont eu leur nom au moins une fois cité, les cartes sont tirées .


Je reprends ton texte Anne, merci pour la traduction : tu traduis drôlement bien, ça ne doit pas être simple à faire !


 


bises


 


caro

Anne Wolff 04/07/2012 18:45



Merci Caro,


J'avais un peu des doutes pour la qualité de la traduction, c'est beaucoup plus facile avec des textes plus longs, ici elle est incisive...


Et les conditions environnementales actuelles ne sont pas optimales pour la concentrration...  Je crois en ce qui concerne le Paraguay, les cartes commencent à ^tre posées sur la table,c'est
un des bons côtésd'internet, il ne faut plus attendre des mois voir des années pour que les magouilles et les tramouilles soient mises an lumière.


En ce qui concerne le continent sud en général les cartes sont encore en train dese distribuer... on voit bien que les médias aux ordres vont participer à la déstabilisation, depuis le temps
qu'ils mentent ou se taisent et la pluaprt des blogs regardent où on leur ditde regarder... ils suivent les feux des projecteurs... et moi je me sens toute toute toute petite et je me demande
comment je pourrais faire des vagues...


Bonne fin de journée,


Bisous


Anne



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