9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 21:04


 

 

Federico Czesli

El Puercoespín

 

Parfois cela se produit en des lieux auxquels on ne penserait pas. En janvier 2002, Dans le Quartier de Ituzaingo, de la ville de Cordoba, quatre femmes se rencontrèrent chez le marchand de légumes et, presque sans le savoir, entamèrent une lutte qui dure déjà depuis 10 ans. Le 21 août 2012, le résultat de cette lutte fut la première condamnation en Argentine d’un producteur de l’agro-industrie pour contamination agrochimique causant une multiplication de cas de cancers dans le quartier.

En ce matin de janvier, une d’entre elles, raconta qu’à son fils on avait diagnostiqué une leucémie, et alors, ce qui semblait dû au hasard devint  suspect, parce que, dans le coin il y avait beaucoup de cas similaires. Et du coup, ces quatre femmes, qui après furent cinq et finirent par être treize Mères de Ituzaingo, se mirent à faire des comptes. En cet été atroce où l’Argentine était presque à terre, en pleine crise économique et financière sans issue, les présidents tombant les uns après les autres, elles allèrent, maison par maison, demandant si quelqu’un avait des problèmes de santé – et oui qu’il y en avait, dans beaucoup de maison du quartier, et au retour, et plus loin aussi.

Tous en rejetèrent la faute sur le transformateur électrique et au PCB (polychloroterphényles, toxiques et actuellement interdits en France NdT), qui de temps en temps explosait, alors on voyait de l’huile sur le sol. Mais comment savoir ? Ces questions les menèrent à Raul Montenegro, biologiste et président de la Fondation pour la Défense de l’Environnement (FUNAM), qui après s’être promené dans le village détecta d’autres sources de contamination, comme le réservoir d’eau, les lignes à haute tension et les pulvérisations agrochimiques.

Avec ces éléments, les Mères se rendirent au Ministère de la Santé de la Province de Cordoba. Le ministère garda les dossiers dans un cassier. En mars, une des Mères obtint qu’un Canal de télévision s’intéresse à l’affaire. « Un voisin proposa que nous fassions une manifestation devant le réservoir d’eau, parce qu’à ce moment notre problème, c’était l’eau » se souvient Vita Ayllon, qui après la division du groupe originel fait à présent partie de Mères de Ituzaingo Annexe. « Comme cela faisait dix jours que nous étions sans eau, quand nous convoquâmes les voisins, ils vinrent, et dans l’émission nous dénonçâmes également les cas de leucémies. A partir de ce moment, le Ministère reçu les Mères et ordonna une analyse de l’eau du réservoir »

L’étude – il fallut patienter- donna comme résultat la présence de substances agrochimiques et de métaux lourds dans l’eau. En un temps record, ils connectèrent le village au réseau pour tenter, mais un peu tard, de réparer en partie le désastre. Plus tard, après bien des luttes, le quartier obtint que l’eau cesse de passer par le réservoir, qui était toujours contaminé. Mais les Mères n’en restèrent pas là. Elles commencèrent à se réunir tous les samedis et à planifier ce qui suit. Ainsi elles obtinrent que fût réalisé un relevé officiel des maladies dans tout le quartier – et ainsi, on en vint à connaître, enfin, toute l’ampleur du problème.

“Cela ne me plait pas de donner des nombres, parce que nous ne sommes pas des chiffres et il suffit d’une seule personne affectée par contamination pour que des mesures soient prises, mais nous nous fûmes surprises, figure-toi que dans chaque maison il y avait une personne affectée », dit Vita.

Malgré tout cela ne suffit pas pour que la cause fût entendue. « C’était un sujet nouveau et il n’était pas facile de convaincre les gens que les fumigations étaient néfastes. C’était une lutte de tous les jours, parce que personne ne nous prenait au sérieux, personne ne croyait ce que nous disions. Nous étions les folles qui déblatérions, ils nous traitaient d’ignorantes. Cela alla jusqu’à des campagnes dans lesquelles ils distribuaient des choses aux gens pour, que lors du relevé officiel, ils ne protestent pas et ne parlent pas des maladies, et beaucoup de gens ne dirent rien », raconte Vita

Il fallut se bouger. Nous nous rendîmes dans les quartiers et villages voisins et expliquâmes que les fumigations généraient des problèmes. Nous fîmes un barrage sur la route 9 et nous parcourions les administrations et  faisions des contacts pour gagner de l’influence, mais comme les pulvérisations se poursuivaient et toujours plus près des maisons, nous décidâmes de nous rendre dans les champs pour les arrêter au corps à corps.

“Au début, les champs était à quelque chose comme 70 mètres de la rue, on y semait des pastèques et d’autres choses », se remémore Vita. « Quand apparu le soja, ils se rapprochèrent un peu plus, et ensuite ils arrivèrent jusqu’au terrain de football. Et quand ils ont commencé avec le soja transgénique ils exproprièrent le terrain de football pour arriver au coin de la rue. Alors quand nous avons découvert ce qu’était les agrochimiques, qu’ils occasionnaient des dommages et faisaient mal, nous commençâmes à nous rendre sur les champs lors des fumigations, à dénoncer et à faire appel au Milieu Ambiant, à la Municipalité, et à tout le monde, il vaudrait mieux qu’ils s’en aillent. Après ils commencèrent à rétrocéder dans la campagne et ils commencèrent les fumigations par avionnettes, avec des Moustiques [le système d’application terrestre]. Même la police les  protégeait.

Dès lors la police commença à faire pression.  Un jour cinq patrouilles se présentèrent à la maison de Sofia Gatica, une autre des Mères, pour souligner qu’ils ne protégeaient personne. Quelques voisins et dirigeants politiques locaux leurs firent également opposition, parce que, disaient-ils, elles dévalorisaient les propriétés du quartier. D’autres les accusaient de vouloir de l’argent. Un Ministre de la Santé de la province alla jusqu’à affirmer que le quartier de Ituzaingo avait le même taux de maladie que n’importe quel autre quartier. Il ne lui passa pas par la tête, c’est clair, que la contamination pouvait être identique de tous côtés.

Les fumigateurs, pour leur part, changèrent de tactiques, ils croyaient qu’en pulvérisant de nuit personne ne s’en rendrait compte. Les Mères avaient alors obtenus que soit déclarée l’urgence sanitaire et, plus tard, une ordonnance sera approuvée qui établissait une zone de protection autour du quartier, d’un minimum de 500 mètres et de pas moins de 2 500 pour les déversements aériens,  et elles réunirent des signatures pour que cette ordonnance fasse partie de la Loi Provinciale des Agrochimiques.

Récemment arrivèrent la plainte et le jugement : parce que maintenant les fumigations violent l’ordre et la loi. Ceci aussi a généré une polémique, pourquoi laisser de côté les autres contaminants et se focaliser sur les agrochimiques. « Il parut que le verdict se présenta comme une violation des lois. Ceux qui étaient jugés étaient des producteurs et des applicateurs, ainsi les autres facteurs contaminants ne pouvaient leur être mis à charge. Et nous obtînmes qu’ils fussent condamnés parce qu’ils savaient très bien les dommages qu’ils causaient. Des réunions s’étaient tenues au Conseil de Délibération au cours desquelles leur furent signifiés et expliqués ce qu’étaient les agrochimiques et eux pour fumiger ce qu’ils firent le moins, fut de tenir compte du vent, ni de prendre la précaution de nous prévenir afin que nous fermions la fenêtre », explique Vita.

Après plus de deux mois de procès, deux des trois inculpés furent condamnés à trois ans de prison avec sursis et des tâches sociales, le producteur fut interdit d’utilisation des agrochimiques dans les champs pendant 8 ans et l’aviateur pendant 10 ans . Le troisième inculpé fut absout pour faute de preuves, et en général il y a un consensus pour dire que   le jugement fut correct et les peines adéquates.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que les inculpés étaient tout juste le dernier maillon de la chaîne.

Pendant ces années de lutte, le quartier se transforma ostensiblement. Les rues se couvrirent d’asphalte, la pose de câbles se renouvela et un médecin s’installa de manière permanente. Il  ressemblait à  beaucoup d’autres : maisons basses, une place, de hauts trottoirs, beaucoup de ciment et de bêton. A mi-journée, tout s’arrête pour la sieste, et sur le terrain où il y eut un jour un terrain de football, et peu après du soja, et qui en principe reste contaminé, aujourd’hui il y a un lotissement offrant de grandes possibilités commerciales.

Sans doute, ceci fut-il aussi objet de plainte parce que, malgré que la Municipalité retira l’autorisation de construire sous prétexte que c’était une zone rurale, les maisons continuent de se bâtir, a chercher des acheteurs et il n’est pas fait beaucoup mention de la présumée contamination par métaux lourds et agrochimiques qui reste présente dans le sol.

Pendant ces années aussi, le groupe originel des Mères se divisa, parce que, sans débat interne, un groupe accepta des charges dans la Municipalité et maintenant il y a les Mères de Ituzaingo et les Mères de Ituzaingo Annexe. La scission exprime aussi une division interne du quartier et précédait le conflit : pendant que le Quartier Ituzaingo est la portion du quartier comprise depuis l’entrée jusqu’à à la place centrale, l’Annexe est le secteur plus proche des champs. Et si bien les Mères - dans leurs débuts, avant la division – cherchèrent l’appui de tout le quartier, y compris la Zone appelée Eucaliptus, elles répétèrent l’une ou l’autre fois que jamais elles n’y furent soutenues. Vita, de fait, se rappelle avec orgueil que durant le barrage sur la route 9 elles parvinrent à être … trente. La joie qu’elle eut de voir que 17 personnes avaient rejoint les 13 Mères.

“Ceci est le succès spectaculaire de la lutte collective, mais ce n’est pas l’exemple d’une lutte communautaire”, affirme Raul Montenegro. Il porte des vêtements clairs et fantaisistes, a de grandes dreadlocks, des chaînes et des bracelets de macramé et de graines. « Ceci me paraît important, parce que ce qui me dérange, c’est que la lutte prenne le nom d’un quartier dans lequel il n’y a ni lutte, ni travail communautaire, c’est socialement injuste. C’est bon pour les succès, mais le problème c’est que dans ce quartier il existe toujours des sources de contamination, des risques environnementaux qui n’ont pas été traités ». 

Justement comme conséquence de ce manque d’accompagnement de la part de la communauté, le jugement n’a pas du tout été abordé comme thème entre les voisins. Les Mères s’adressèrent alors aux élèves de l’école primaire, avec l’espoir que ceux-ci en parleraient dans leurs familles C’est pour cela que Raul venait de terminer une discussion avec les enfants et à présent, en plein midi, nous entrons dans la cantine scolaire, nous asseyons entre le brouhaha et un gamin lui demande s’il est sur Facebook. Ensuite arrivent les institutrices avec leur plateau et un déjeuner consistant : purée de potiron et des milanaises, si… de soja.

Pour son travail de défense du milieu ambiant, Raul Montenegro, fut distingué en 2004, comme prix Nobel Alternatif par la Right Livelihood Award de Stockholm, Suède. Aujourd’hui il pense en termes de stratégies de luttes et compare le cas Ituzaingo avec le mouvement qui s’est produit dans les Malouines Argentines, ou Monsanto – comme si le jugement n’avait pas été prononcé, comme s’ils jouissaient d’omnipotence – était en train d’installer une usine de traitement de semences de maïs. Mais là la population s’était levée unie contre le projet, il y avait un groupe spécifique qui travaillait jour après jour et une assemblée qui interagissait avec le reste de la population. « Quand la lutte est communautaire, il y a beaucoup plus de possibilité de ce que le groupe social s’incorpore et fasse partie de la lutte » affirme-t-il, un peu plus optimiste.

Montenegro fut l’auteur de la plainte de la cause mère qui s’initia en 2002 et qui, cette année pour éviter qu’il y ait prescription, a été représentée, cette fois avec une accusation qui inclut tous les acteurs impliqués. « Je pense que la condamnation est importante, mais il faut toujours se montrer très prudent. Il y avait deux producteurs et un agro-applicateur. Un est absout et deux ont été condamnés. Sans diminuer leur responsabilité, les vrais responsables n’étaient pas représentés : le Gouvernement, la Secrétaire de l’Agriculture, la Secrétaire de l’Environnement ; les ingénieurs agronomes qui fixent les normes agro sanitaires, les grands cartels du soja », dit-il

Pourquoi sont-ils les grands responsables ?

Parce qu’en réalité, ces producteurs et ces agro-applicateurs, existaient avant ; si l’Etat avait assumé ses responsabilités, jamais ne se serait produit de qui s’est passé à Ituzaingo Annexe. Il faut prendre en compte le fait qu’il y a une ordonnance qui interdit l’application de pesticides dans la tranche de 2500 mètres et que c’est une zone déclarée en état d’urgence sanitaire. Pour cela si l’état avait (fait son devoir et agit, dès l’année 2002 et après, il n’y aurait pas dû y avoir un gramme de pesticide appliqué.

Je n’ai pas bien compris si tu tenais pour coupable le modèle productif ou les organismes de contrôle. 

Ils sont tous responsables. C’est très simple, la grande erreur quand on fait des analyses, c’est de chercher une seule cause de contamination ou un unique responsable de ce qui s’est produit. Ce qui est juste, c’est que ce qui affecte la santé, la morbidité et la mortalité, est un système, avec de multiples acteurs. Alors, dans ce cas, dire « la responsabilité du modèle » reste une phrase poétique. A moi, cela ne me plait pas d’utiliser la phrase « le modèle ». Le mot modèle défini de façon fort poétique les acteurs réels que sont le Service National de Santé et de Qualité Agroalimentaire (Senasa) qui autorise les pesticides, la Commission Nationale du Conseil de Biotechnologie (Conabia) qui autorise les transgéniques, la Commission Nationale des Semences, les corporations de planteurs de soja comme la Société Rurale, les fonctionnaires du Gouvernement, les groupes corporatifs d’applicateurs. Pour beaucoup de gens qui ne connaissent pas cette complexité, cela donne l’impression qu’avec cette condamnation tout est réglé. Ma réponse est non, nous ne sommes pas sur le bon chemin. Tant que nous n’aurons pas obtenu la condamnation d’un fonctionnaire public, d’un ingénieur agronome qui détermine les normes phytosanitaires, d’un fonctionnaire de Senasa ou de la Conabia, le problème  continuera d’exister.

L’agriculture industrielle soutient que comme d’ici à 2050 la population atteindra les 9 milliards d’habitants, il est nécessaire d’augmenter de 50 % la production d’aliments, ce qui ne peut être obtenu que par des meilleures technologies. Qu’en penses-tu ?

Premièrement qu’il n’y a pas de problème d’alimentation sur notre planète? Il n’y a pas de manque alimentaire, mais les aliments qui existent sont mal distribués. Ceci est important de savoir pour ne pas justifier des technologies comme si elles avaient quelque chose à solutionner. A moi il me semble que la technologie va persévérer dans la même asymétrie. Il y a un excès d’aliments, et j’insiste ; un excès. En second lieu, comme le système de production de la planète est complètement tordu, il poursuit son chemin en produisant des aliments pour le profit et des agro combustibles. Cela n’est pas une stratégie alimentaire directe, mais indirecte, de manière que la seconde erreur est de croire que la production agroindustrielle indirecte contribue à solutionner la faim.

Est-ce qu’une agriculture sans agrochimiques est possible

Toute forme d’agriculture industrialisée est de type méga-minier, mais particulier : si des métaux précieux sont extraits de la terre, or et argent, dans l’agro-industrie des oligo-nutriments sont extraits qui également finissent emmenés hors du pays. Dans un bateau qui transporte quarante tonnes de soja, pour le moins 10 % sont des nutriments importants qui ne seront jamais récupérés. L’Argentine a pris une décision politique incorrecte mais économiquement bénéficiaire, qui est de transformer le pays en un grand producteur de transgéniques et ainsi d’obtenir des intérêts économiques. Ceci explique pourquoi il y a une union des Etats et d’intérêts privés. Alors bien : si la résistance environnementale d’un pays est donnée par la balance entre partie d’environnement dédiée à la production et environnement originel, en Argentine, où 83 % du milieu boisé est déjà détruit, nous sommes déjà dans le rouge.

Quelles sont les perspectives de changement ¿

La résistance du milieu ambiant en Argentine est au point le plus bas de toute son histoire, et à cela s’ajoute un autre problème : la majeure partie de l’espace cultivable est déjà dédiée à la culture des transgéniques dont les droits de propriété intellectuelle se trouvent au Missouri, dans le cas de Monsanto. Aujourd’hui les corporations étrangères, pour eux cela n’a plus d’importance d’être propriétaires de la terre, mais bien de ce qui se produit à la surface, et l’Argentine a transformé son schéma agricole en système de propriété intellectuelle étrangère. Alors aujourd’hui si le sol est mien, la semence ne l’est plus et la nouvelle Loi des Semences va changer le commerce des semences et ne permettra plus que je laisse les semences transgéniques hors de mon propre champ pour la prochaine production.

Si la souveraineté alimentaire consiste dans la biodiversité productive d’un pays, que son approvisionnement ne soit pas affectée par aucune contingence externe - quand la moitié des terres cultivables sont occupées par des transgéniques dont le brevet est au dehors -  se diminue d’autant la production proprement locale, comme la propriété intellectuelle de ce que je suis occupé à produire. La situation est chaque fois plus difficile et compliquée ; et comme en ce sens travaillent conjointement les gouvernements, le secteur privé et une partie de la société - qui ne consent pas à lire ce qui se passe dans le pays en terme de gestion de l’environnement – le résultat est que l’expectative que continue la forme d’exploitation industrielle est très élevée.

Fuente: http://www.elpuercoespin.com.ar/2012/12/07/argentina-en-ituzaingo-nos-fumigan-con-cancer-por-federico-czesli/

Source espagnole : Rebelion. En Ituzaingó nos fumigan con cáncer

 

Traduction Anne Wolff

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans Planète urgence
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives