16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 13:13

La permaculture renverse les dogmes de l'agronomie
traditionnelle pour  proposer un nouveau mode de production agricole
très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant...) et
respectueux des êtres vivants et de leurs relations réciproques.


Les grands principes
Pas de Labour
Quand on parle de travail du sol, immédiatement l'image du travail mécanique ou manuel du sol vient à l'esprit. Cependant, le travail du sol  c'est aussi le travail des racines des plantes, le travail des micro organismes qui décomposent la matière organique, le travail des vers de terre qui sur une parcelle d'un hectare représentent en masse le poids de deux boeufs qui retournent la terre et participent à sa structuration en permanence.
Les labours profonds perturbent l'activité des micro organismes anaérobies (ceux résidant en profondeur et ne consommant pas d'oxygène) et aérobies (ceux de la superficie qui doivent disposer d'oxygène pour vivre). De plus ces labours provoquent une minéralisation rapide de l'humus stocké en profondeur.

Bien sûr, on s'imagine mal un semis 'nu' à même le sol. L'absence de labour s'accompagne de deux mesures :

  • Une nécessité de conserver une couverture permanente du sol, qu'il s'agisse d'engrais vert, de mulch (matériau végétal mort constituant un 'tapis' protecteur)
  • Le semis de graines 'protégées' : les graines sont humidifiées et roulées dans de la poudre d'argile avant 'semis direct', ce qui les protège de l'extérieur. Lorsqu'un épisode pluvieux viendra humidifier la graine ainsi protégée, la levée de dormance aura lieu et la germination pourra commencer

Pas d'engrais
La terre n'est pas un support minéral, inerte. Elle abrite des centaines de millions de micro organismes qui ne sont pas là sans raison. Ceux cis peuvent travailler de manière optimale et enrichir la terre s'il ne sont pas perturbés par des apport extérieurs. Les engrais possèdent de nombreux effets pervers, et ne respectent pas la physiologie et la vitesse de croissance des végétaux. Si on augmente leur vitesse de croissance, ils se trouvent fragilisés et donc plus sensibles aux maladies et insectes, d'où la nécessité de recourir à une protection extérieure artificielle. De plus, les engrais ne se contentent souvent que d'apporter des composants majeurs (NPK) en négligeant les éléments secondaires (oligo éléments) qui sont pourtant nécessaires à la plante. Pour cultiver sans engrais, il faut toutefois pratiquer le retour à la terre des parties de la plante inutilisées après la récolte. En effet la plante s'insère dans un cycle et si celui ci est rompu par une exportation intégrale de la plante, le terre finira par se fatiguer.

Pas de pesticides
Les pesticides chimiques posent de nombreux problèmes, mis en lumière depuis de nombreuses années : bioaccumulation et concentration des résidus le long de la chaine alimentaire, induction d'une sélection  d'insectes résistants aux traitements nécessitant des épandages toujours plus fréquents, pollution de l'eau et de l'air...
En réalité les déséquilibres induits par les grandes monocultures intensives sont une aubaine pour les ravageurs qui trouvent là les conditions optimales pour leur reproduction et leur alimentation. Dans les système agricoles moins intensifs de polyculture, respecteux des ecosystèmes, un certain équilibre s'établit, et la population de ravageurs est auto régulée car ces ravageurs ne sont que le maillon de la chaine alimentaire, qui est respectée dans ce type de système. Les haies, mares et autres refuge permettent aux auxiliaires (les 'prédateurs' des ravageurs) de jouer leur rôle. Une rotation judicieuse des cultures et une association intelligente des cultures dans le temps permet bien souvent à la population de ravageurs de rester sous le seuil de nuisance réél (si l'on tient compte de l'énergie utilisée pour la lutte).

Pas de sarclage
Existe il vraiment des mauvaises herbes ? Une couverture du sol est toujours bénéfique. Les mauvaises herbes possèdent des racines qui pénètrent le sol, l'aèrent, l'ameublissent et l'enrichissent.  L'observation est de mise : les mauvaises herbes peuvent être d'excellents indiacateurs à différents titres (état du sol, type de culture favorable sur cette parcelle...). Lorsque les mauvaises herbes posent des problèmes réels, il convient de les éliminer grâce à d'autres herbes qui les concurrencent plutôt que de gaspiller de l'énergie à les arracher à la main. Comme pour les ravageurs, les équilibres entre les différentes espèces viennent réguler les débordements.

Conclusion
Ces quatre grands principes sont pour le moins révolutionnaires. Manasobu Fukuoka a expérimenté des techniques pendant près d'un demi siècle. Au bout de plusieurs dizaines d'années, il cultivait une espèce de riz qui était devenue très robuste à force de séléction naturelles et il obtenait des rendements identiques à ceux de la riziculture classique au Japon. A la fin des années 80, alors qu'il envisageait d'envoyer des semences de ce riz très performant dans les pays en voie de développement, ses activités ont connu une fin très brutale lorsque l'armée japonaise a saisi et détruit l'intégralité de sa récolte et de ses semences.

La pratique de la permaculture a été reprise à la fin des années 70 par Bil Molisson en Australie ou elle connait un essor certain dans ce pays.
 

La permaculture en France

Las encantadas

En France une seule association oeuvre au développement de cette agriculture naturelle et propose régulièrement des stages de formation/initiation dans toute la France :

Las Encantadas
BP 217
Limoux Cédex
Tel : 04 68 31 51 11

Ouvrages

Les trois ouvrages existant en langue française sur le sujet sont :

La révolution d'un seul brin de paille, Masanobu Fukuoka, Ed. Guy Trédaniel Editeur

L’agriculture naturelle, Masanobu Fukuoka, Ed. Guy Trédaniel Editeur

Permaculture 2 , Bill Mollison, Ed. Equilibres aujourd’hui

Les ouvrages de Fukuoka sont très complet et plutôt théoriques. Ils expliquent le pourquoi, le comment de la permaculture. Bill Mollisson par contre a écrit des ouvrages à visée beaucoup plus pratique : aménagements, plans, schémas et dessins explicatifs. Il s'agit davantage d'un 'manuel de permaculture' (Permaculture 1 est épuisé).

Autres sites en français

Ecotopie propose une page sur la permaculture intéressante avec des adresses de personnes ressources, et une bibliographie (rubrique agriculture)


SOURCE : La permaculture : l'agriculture permanente

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 12:20

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Monsanto coton Bt OGM Inde insectes résistances En Inde, le doux rêve des OGM vire au cauchemar inde coton bt ogm resistance maladie 7281

Les mots ont un sens | LMOUS

Début mars, Monsanto a pour la première fois reconnu que son coton Bt génétiquement modifié n'était pas efficace, les insectes ayant développé des résistances. Pire, de nouveaux ravageurs jusqu'ici inconnus en Inde ont fait leur apparition. Qui sème le vent...

Scandale du coton OGM Inde

Devant l'évidence, Monsanto a fini par admettre (une première !) que son coton Bt génétiquement modifié, censé lutter contre le ver de la capsule en secrétant son propre insecticide, est en passe de devenir totalement inefficace. De récents rapports indiquent en effet que le ravageur a développé des résistances. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la variété Bt a permis à d'autres "ravageurs majeurs", jusqu'ici inconnus en Inde, de se développer, "entraînant des pertes économiques importantes" indique l'un des rapports.

Les rêves sont doux, les faits sont têtus...

Autorisées depuis 2002 en Inde, ces cultures OGM recouvrent aujourd'hui 90% des surfaces cotonnières du pays. Pas franchement étonnant puisque Monsanto promettait au chaland de tripler ses rendements, jusqu'à 1500 Kg par hectare, et de réduire les coûts de production en limitant les quantités de pesticides épandues. Las, le miracle tant attendu n'a pas eu lieu. Il tourne même au cauchemar. Les semences OGM coûtent aujourd'hui près de cent fois plus cher que les graines classiques. En 2009, le rendement moyen était de 512 Kg par hectare, bien loin des promesses affriolantes de Monsanto. Et il ne cesse de chuter, d'année en année.

 

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Les résistances développées par les ravageurs obligent en outre les agriculteurs à multiplier les épandages d'insecticides (comme aux Etats-Unis d'ailleurs), jusqu'à 13 fois plus qu'auparavant dans certaines régions, selon Vandana Shiva, une physicienne devenue militante de la défense de l'environnement. Et autant de frais supplémentaires : +30% en moyenne entre 2007 et 2009. Plus de 200.000 paysans indiens se sont suicidés au cours de la dernière décennie, selon les statistiques du gouvernement. Un fléau souvent attribué à l'endettement des agriculteurs ayant opté pour la biotech (voir la vidéo).

Monsanto a réponse à tout

Du côté de Monsanto, on reste serein : "la résistance est naturelle et attendue" a déclaré - sans rire - la multinationale dans un communiqué. Curieux, jusqu'à présent, elle se refusait à évoquer cette possibilité. Et puis finalement, les paysans indiens ne récoltent-ils pas les fruits de leur incompétence ? Puisqu'ils ne respectent pas les "zones refuges" et qu'ils ont utilisé de façon "trop précoce des graines de coton Bt non approuvées", affirme la firme. Mais rassurez-vous, il n'y a pas de raison de paniquer pour autant, car Monsanto a trouvé la parade absolue : une nouvelle variété de coton OGM débarque ! De seconde génération, cette fois, c'est du solide : elle allie deux types d'insecticides. Ouf ! On est sauvé ! Et les charançons n'ont qu'à bien se tenir...

Comme un maçon qui construit sa maison sans toit, en se disant qu'il ne pleuvra pas... Mazette ! Il a plu et il faut tout reconstruire ! Mais cette fois-ci, c'est sûr, il ne pleuvra plus...

 

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YouTube - Suicide et coton OGM en Inde


OGM : le coton Bt de Monsanto détruit la terre et les agriculteurs coton bt monsanto detruit terre agriculteurs 3495

 

Une récente étude scientifique réalisée par Navdanya a comparé la terre des champs où du coton Bt a été planté pendant 3 ans avec celle des champs adjacents. Résultat : une dégradation très importante des sols.

Il s'agit de la première étude à avoir examiné l'impact à long terme du coton Bt sur les organismes du sol.

En 3 ans, le coton Bt a réduit la population de microorganismes du sol de façon très importante. À ce rythme, une dizaine d'années de culture de coton OGM Bt pourrait entraîner la destruction totale des organismes du sol, laissant la terre morte, incapables de produire la nourriture.

 

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 [Article complet : mondialisation.ca]

(Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")

 

A lire également :

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 12:10

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Scandale Vioxx : Merck a laissé mourir des dizaines de milliers de personnes scandale vioxx merck morts 6281

Les mots ont un sens | LMOUS

 

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Merck, le laboratoire ayant commercialisé le Vioxx entre 1999 et 2004, n'a pas publié le résultat de ses recherches qui montraient dès 2001 que son médicament augmentait nettement le risque de crise cardiaque. Résultat : plus de 30 000 morts, rien qu'aux Etats-Unis.


Scandale du Vioxx : Merck savait dès 2001 que le Vioxx augmentait les risques de crise cardiaque

La FDA (Food and Drug Administration, agence de régulation des médicaments) estime que le Vioxx, médicament anti-douleur et anti-inflammatoire largement utilisé contre l'arthrite entre 1999 et 2004, a provoqué 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales et serait à l'origine d'environ 30 000 décès, rien qu'aux États-Unis. Il a été retiré du marché en 2004 par son fabricant, le laboratoire Merck, alors que les rumeurs de dangerosité commençaient à se faire insistantes. Pourtant, malgré ces chiffres, le laboratoire a toujours nié les dangers liés à l'utilisation de son produit. En 2007, la firme a tout de même accepté un règlement à l'amiable concernant 95% des 26.600 plaintes, pour un montant de 5 milliards de dollars, sans toutefois reconnaître sa culpabilité.

 

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Les dirigeants de Merck savaient

Mais certains plaignants ont refusé de négocier, et les procès qui suivent leur cours dévoilent régulièrement quelques cadavres, bien planqués au fond des placards. Le bimensuel Archives of Internal Medicine vient notamment de révéler que Merck n'avait pas publié les résultats d'études cliniques effectuées après la mise sur le marché du médicament. Un oubli, sans doute. Fâcheux, puisque ces études montraient dès 2001 que le Vioxx augmentait nettement le risque d'attaques cardiaques et cérébrales.

Entre 35 et 43% d'accroissement du risque

Scandale du Vioxx : Merck savait dès 2001 que le Vioxx augmentait les risques de crise cardiaque

L'analyse des données mises à jour par la justice a montré qu'en décembre 2000, 21 des 30 essais cliniques impliquant plus de 20.000 personnes étaient terminés. Et le risque présenté par le Vioxx était alors évident. En juin 2001, de nouvelles données indiquent que le médicament induit un accroissement de 35% du risque d'accidents cardiovasculaires ou de décès. En avril 2002, le chiffre est revu à la hausse à 39%. En septembre 2004, Merck annonce le retrait du marché de sa molécule miracle, l'accroissement du risque est alors évalué à 43%. Mais le laboratoire continue de nier tout risque sanitaire... En bref, les dirigeants de Merck ont préféré accumuler les profits (2 milliards de dollars tous les ans) plutôt que d'interrompre la vente d'un médicament qu'ils savaient mortel !

 

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L'industrie pharmaceutique mise en cause

Ce scandale soulève une nouvelle fois le problème du process d'autorisation de mise sur le marché des médicaments. Celui-ci se fonde uniquement sur les études jugées "publiables" par les firmes pharmaceutiques, en aucun cas contraintes de publier l'intégralité de leurs recherches. Il suffit donc que quelques études affichent des résultats positifs, quand bien même 100 autres s'avèreraient négatives. En l'occurrence, plusieurs équipes de chercheurs ont montré qu'entre 6 et 43% seulement des études des firmes pharmaceutiques étaient publiées ! Les autres étant jalousement gardées secrètes. Pas vraiment rassurant...

Certaines d'entre elles ont d'ailleurs été totalement falsifiées, comme l'a révélé l'affaire "Scott S. Reuben", un des plus grands scandales de l'histoire de l'industrie pharmaceutique (le Vioxx était déjà concerné). Affaire totalement passée sous silence en France. Autre problème : la surveillance épidémiologique de l'innocuité des médicaments, après leur mise sur le marché. La FDA réfléchit actuellement à un nouveau modèle. Mieux vaut tard que jamais...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 10:25
Par Dr Pascal Sacré
Mondialisation.ca, Le 10 mai 2010


 

Chaque euro investi dans la mise au point d’un médicament de marque rapporte aux monopoles pharmaceutiques à peu près mille euros… Il y a les firmes privées qui produisent, quel que soit leur produit, puis le vendent.  Il y a les organes civils, attachés à un gouvernement où à une structure supranationale, européenne ou mondiale, censés contrôler et accepter, avec ou sans modification, le produit proposé par la firme privée, en fixer le prix et les modalités d’utilisation. Il y a le consommateur, «vous, moi».  Nous.

Nous sommes la vraie cible de tout ce montage savant destiné à endormir notre prudence, notre intelligence et notre instinct de conservation.

Sans les organes civils correspondants, dont les experts assermentés créent une illusion d’indépendance et de probité, les firmes privées, en dehors des consommateurs les plus aveugles et les plus crédules qui les croient sur parole, ne pourraient convaincre autant de gens, par ailleurs intelligents, prudents et informés, même très partiellement, de leurs pratiques malhonnêtes et peu scrupuleuses. Les organes civils, parés par les médias et l’inconscient collectif de cette indépendance et de cette intégrité qui en réalité n’existent pas, décuplent à la puissance 1000 le pouvoir de persuasion et de pénétration des firmes privées dans nos vies quotidiennes.

Dans tous les domaines importants de nos vies : santé, alimentation, énergie, communication, médias, armement, finance, les buts principaux des firmes privées sont le monopole, l’opacité, l’infiltration des organes publics à des niveaux stratégiques, et la manipulation du langage. Elles veulent surtout vendre leur produit, tel quel, au moindre coût pour elles, même s’il est défectueux, dangereux, ou simplement inutile. Cela importe peu que le produit soit réellement bénéfique, ou même toxique, ce qui est beaucoup plus souvent le cas.

Ces firmes commettent sans état d’âme des essais sur des cobayes démunis, sans défense, impuissants et mal informés, dans les pays « en développement », et parfois même « développés », alors vous imaginez comme elles ont cure de la vie humaine, en ce compris la vôtre.

 

Si l’infiltration de l’organe public est indispensable à la bonne marche des affaires des firmes privées, la manipulation du langage est l’arme la plus puissante pour s’approprier la pensée du public. Ceci est l’étape-clé. C’est le nom du chapitre 1 du livre de Normand Baillargeon, « Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle » : Le langage.

La première citation, sur la première page, est celle d’un expert en manipulation du peuple par le langage :

 « A force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré » ? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent », de Joseph Goebbels, Ministre nazi de l’Information et de la Propagande (1).

Le cas rapporté par Sheldon Rampton et John Tauber montre comment des groupes intéressés peuvent utiliser le langage pour influencer la population. En 1992, l’International Food Information Council (IFIC) des États-Unis s’inquiète de la perception qu’a le public des biotechnologies alimentaires (exemple : OGM, nanotechnologies).  Un vaste programme de recherche sera donc mis en place pour déterminer comment parler au public de ces technologies. Les recommandations du groupe de travail concerneront surtout le vocabulaire qu’il convient d’employer.

Des mots seront retenus pour leur charge positive et il sera fortement conseillé de s’en tenir à ceux-là. Par exemple : beauté, abondance, enfants, choix, diversité, terre, organique, héritage, métisser, fermier, fleurs, fruits, générations futures, travailler fort, amélioré, pureté, sol, tradition, entier. D’autres, par contre, seront à proscrire absolument, notamment : biotechnologie, ADN, économie, expérimentation, industrie, laboratoire, machine, manipuler, argent, pesticides, profit, radiation, sécurité et chercheur (2).

Le chapitre 1 du livre de Normand Baillargeon sur le langage révèle en plus de 65 pages des dizaines de mécanismes de manipulation de nos esprits par des subterfuges du langage faisant qu’avant même de commencer à réfléchir, à comparer, à analyser, à en parler autour de nous, nous sommes déjà fortement conditionnés pour croire et accepter, ou refuser, selon les objectifs de ces firmes privées.

Le langage contrôle les réactions de nos cerveaux à un stade préconscient, avant toute réflexion, toute analyse.

Les firmes privées, qui visent un monopole, un profit, une vente aux meilleures conditions, le savent très bien. Dans cette vaste entreprise de manipulation par les mots, le langage et les images, la télévision et les médias en général jouent un rôle crucial.

Selon Albert Bandura*, docteur en psychologie, professeur à l’Université de Stanford, la télévision et les médias (cinéma, journaux) sont la forme la plus puissante d’influence et de conditionnement, façonnant l’état d’esprit médical et le comportement des gens autour du monde. Cette influence est plus forte que celle des parents, des professeurs ou des collègues.

Les films au cinéma, à la télé, les documentaires, les journaux, les jeux et les débats télévisés, la publicité (voir vidéo) exercent un rôle persuasif majeur sur notre apprentissage, nos comportements et nos perceptions au niveau individuel, et social.

Tout comme les firmes privées énergétiques les plus polluantes essaient de se racheter une conduite, de se confectionner un paravent de respectabilité**, les firmes pharmaceutiques se joignent à des alliances mondiales comme le GAVI Alliance, des fondations comme celle de Bill et Melinda Gates, des démarches d’organisations comme l’OMS ou l’ONU (3). Ce ne sont que des opérations de marketing destinées à façonner dans l’esprit des gens mal informés une image de philanthropie, et qui permet, d’une pierre deux coups, de tester, sous couvert d’exploitation déguisée en aide, leurs médicaments sur des populations cobayes abusées et impuissantes.

Les firmes privées détruisent l’écosystème et l’environnement.

Les firmes privées exploitent l’humanité entière, les plus pauvres et les plus démunis en les faisant travailler pour elles pour un salaire de misère, en échange de souffrances extrêmes, et les plus riches en les faisant acheter leurs produits dangereux, défectueux ou simplement inutiles.

Par le biais de brevets, de copyrights et de subterfuges juridiques complexes, les firmes privées monopolisent un savoir qui appartient à toute l’humanité.

Les firmes privées s’associent pour former d’énormes monopoles encore plus puissants. Ces monopoles géants ont leurs sièges principaux en Europe et aux États-Unis.  Monsanto, Dow, DuPont, Cargill, Syngenta dominent l’agriculture et l’alimentation mondiales.

Les Big Five, Lockheed Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, Boeing, Raytheon, dominent l’industrie de l’armement.

Depuis la crise de 2008, le pouvoir financier est détenu par quelques mains, encore moins nombreuses et encore plus puissantes qu’avant : Citigroup (rachat de Wachowia), JP Morgan Chase (rachat de Bear Sterns), Bank of America (rachat de Merryl Lynch), Wells Fargo dominent les banques commerciales. Goldman Sachs, Morgan Stanley, Blackstone Group, les banques d’investissement (sacrifice de Lehman Brothers). Deux agences, Moody’s et Standard & Poor, dominent 80% du marché mondial des notations dont nous voyons aujourd’hui la toute puissance (déchéance de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, de l’euro). Tous les secteurs évoluent vers ces monopoles tout-puissants et opaques, les médias, l’énergie, la communication, la construction, la grande distribution…

Dans le domaine pharmaceutique, les sept principaux groupes de Big Pharma sont GlaxoSmithKline (GSK), Bayer, Merck, Novartis, Pfizer, Roche et Sanofi-Aventis. Ces groupes contrôlent à eux seuls la moitié du marché mondial des médicaments qui représente 700 milliards d’euros pour l’année 2009 (4). Leurs bénéfices sont supérieurs à ceux réalisés par les Big Five, les puissantes firmes US du complexe militaro-industriel mondial ! Chaque euro investi dans la mise au point d’un médicament de marque rapporte aux monopoles pharmaceutiques à peu près mille euros (5) !

Vous imaginez ?

Chacun de vos passages à une pharmacie, chez le médecin, à l’hôpital, chaque ordonnance que vous réclamez, chaque boîte que vous achetez, chaque pilule que vous avalez apporte sa petite pierre aux mille euros rapportés sur l’euro investi. Un retour sur investissement de 1000 sur 1 ! Les firmes pharmaceutiques aiment votre ignorance, et dépensent des fortunes pour la conserver car c’est très rentable pour elles.

Il ne s’agit pas de faire le procès du médicament ou de la médecine moderne. Ce n’est pas l’outil qui fait le bien ou le mal, mais celui qui l’utilise. Une arme à feu peut servir à tuer un animal qui nous menace, comme elle peut servir à tuer une vingtaine d’adolescent dans un lycée.

Certains médicaments sont potentiellement, voire réellement, bénéfiques. Certains chercheurs, médecins, scientifiques, pharmaciens sont honnêtes et intègres, comme en témoignent l’odyssée d’Allison Katz membre de l’OMS (6), et celle de tous les médecins et professionnels qui ont mis leur confort, leur réputation et leur carrière en jeu pour dénoncer le système, ou tout simplement ne pas avoir voulu y participer.

Les journalistes Sylvie Simon (7), Stéphane Horel, les auteurs Philippe Pignarre, Louis De Brouwer, Jörg Blech, Hans Ruesch, Dirk Van Duppen, dont certains sont docteurs ou ancien membre du monde pharmaceutique (cf références), tous ces insiders vous ouvriront les yeux sur les liaisons dangereuses qui existent entre les grandes firmes, les laboratoires, le pouvoir médical et les pouvoirs publics.

Tant que la grande masse des consommateurs ne sera pas alertée, et une fois alertée, tant qu’elle refusera de voir la réalité en face, les gigantesques monopoles privés, avec notre complicité semi-consciente et paresseuse, continueront de dévaster nos santés, notre environnement, nos écosystèmes, notre planète et notre Humanité.

Aucun Sommet sur l’environnement ou sur la santé, aucune belle parole, aucune vaine promesse ne changeront nos quotidiens tant que nous ne briserons pas le sortilège, l’ensorcellement dans lequel nous maintiennent les firmes privées, au moyen du langage, de la télévision, des médias, et de leurs complicités dans les organes publics.

Nous tous, consommateurs dociles et complaisants, sommes la composante de l’équation à la fois la plus puissante, qui peut tout arrêter, et en même temps la plus passive. ourtant nous sommes les dindons de la « farce ». Voici quelques bouts de la réalité sur big pharma : Big pharma invente des maladies. Supercheries de Big Pharma, Remède mortel pour maladie imaginaire (Supercheries de Big Pharma : Remède mortel pour maladie imaginaire)

Cet article relate l’histoire du TDAH, le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.

 « Grâce au soutien vigoureux de l’établissement éducatif, l’incapacité à rester immobile une journée l’esprit engourdi d’ennui sous une discipline excessive s’est transformée en maladie. En psychiatrie, tout ce qu’il faut pour créer une nouvelle maladie, c’est de parvenir à un consensus sur le fait que certains comportements observables sont en réalité une maladie. Toute maladie entrant dans le manuel des diagnostics et statistiques n’en sort plus. »

Les médicaments proposés comme remèdes, comme l’Adderall, sont des amphétamines. Ce médicament a été associé à une incidence élevée de crises cardiaques et de morts subites chez l’enfant.

Les effets hautement délétères de la Ritaline (methylphénidate) et des autres stimulants (dextroamphétamine et metamphétamine) sont indiscutables et largement documentés ». (8)

Selon Jörg Blech, journaliste scientifique allemand, collaborant avec des journaux comme Die Zeit ou Der Spiegel, « si on pouvait autrefois espérer trouver un jour un traitement pour chaque maladie, les marchands de la santé (comprenez : maladie), aujourd’hui plus que jamais, semblent plutôt vouloir trouver une maladie pour chaque molécule fabriquée ».

Manipulation de « normes » biologiques ou cliniques, comme le taux de cholestérol ou la tension artérielle, compromission de membres influents de la communauté médicale ou des organes publics ou semi-publics chargés de son contrôle, par corruption, séduction, intimidation, voir un peu des trois, sont parmi les armes favorites des firmes privées mais le principal argument de vente de ces marchands de la santé (comprenez : maladie), c’est la peur et la persuasion au moyen du langage, de la télévision, des films, de la publicité.

L’histoire de la santé se confond avec celle du Dr Knock (ou le Triomphe de la Médecine, la pièce de Jules Romain) dont les écoles devraient rappeler régulièrement à nos enfants, adultes en construction, le message profond (voir « Les Inventeurs de Maladies », de Jörg Blech, éditions Actes Sud, 2005, pp.15-16 pour un court résumé).

Big Pharma corrompt et noyaute les organes publics censés les contrôler

La FDA : Food and Drug Administration (USA) dans la ligne de mire de ses propres scientifiques : Cet article rapporte un sondage envoyé à 5918 scientifiques de la FDA (équivalente US de la puissante Agence Européenne du Médicament ou EMEA, de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé AFSSAPS en France), dont 997 ont répondu.

En voici les résultats les plus choquants :

40 % redoutent des mesures de rétorsion à leur encontre s’ils se faisaient publiquement l’écho des inquiétudes quant à l’innocuité des produits officiellement approuvés.

Seulement 47% pensent que la FDA fournit des informations justes et complètes au public.

81% ont reconnu que le public serait mieux servi si l’indépendance et l’autorité des systèmes de contrôle de la FDA après mise sur le marché étaient renforcées.

Pour la FDA, un scientifique qui a des liens financiers, professionnels ou privés, avec une firme pharmaceutique, un laboratoire, ou a un conflit d’intérêt, peut participer à un panel d’évaluation d’un médicament produit par cette firme, sous le prétexte hypocrite que la compétence et l’expérience dudit scientifique pèsent plus que le sérieux du conflit !

Ainsi le Vioxx, produit par la firme Merck, avait obtenu de la FDA l’autorisation de mise sur le marché, malgré une étude qui établissait le lien entre le doublement des risques d’accidents cardiaques et l’utilisation du médicament. Dix membres du panel d’évaluation du Vioxx et qui avaient approuvé sa mise sur le marché avaient des liens directs avec Merck.

Le Public Citizen Health Group (9) a découvert que dans 73% des 221 examens de médicaments conduits entre 2001 et 2004, il existait un conflit d’intérêts financiers. Dans 73% des cas, un ou plusieurs membres du panel chargé de l’examen avaient des liens avec la firme cherchant à obtenir l’approbation.

Ces pratiques concernent également l’OMS, l’EMEA (Agence européenne du médicament), des agences nationales ou les ministères.

OMS :

Relations et conflits d’intérêts avec les firmes privées : Le SAGE, le Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS (Strategic Advisory Group of Experts) : professeur David Salisbury, Frederick Hayden, Arnold Monto (10).

« Le docteur Frederick Hayden est à la fois membre du SAGE à l’OMS et du Wellcome Trust à Londres ; […]  Au titre de services « consultatifs », Hayden reçoit par ailleurs des fonds de la part de Roche et de GlaxoSmithKline parmi d’autres géants pharmaceutiques engagés dans la production de produits liés à la crise du H1N1.

Un autre scientifique britannique, le professeur David Salisbury, qui dépend du ministère britannique de la Santé, est à la tête du SAGE à l’OMS. Il dirige également le Groupe consultatif sur le H1N1 à l’OMS. Salisbury est un fervent défenseur de l’industrie pharmaceutique. Au Royaume-Uni, le groupe de défense de la santé One Click l’a accusé de dissimuler la corrélation avérée entre les vaccins et la montée en flèche de l’autisme chez l’enfant, ainsi que celle existant entre le vaccin Gardasil et des cas de paralysie et même de décès. 

On trouve encore un autre membre de l’OMS partageant d’étroits liens financiers avec les fabricants de vaccins qui profitent des recommandations du SAGE, en la personne du docteur Arnold Monto, un consultant rémunéré par les fabricants de vaccins MedImmune, Glaxo et ViroPharma. »

WI, European Scientific Working group on Influenza : Albert Osterhaus (11).

 « On le surnomme « Dr Flu » (Docteur Grippe), le professeur Albert Osterhaus est le principal conseiller de l’Organisation mondiale de la Santé face à la pandémie de grippe H1N1. Depuis plusieurs années, il prédit l’imminence d’une pandémie globale et ce qui se passe aujourd’hui semble lui donner raison.

Cependant, le scandale qui a éclaté aux Pays-Bas et fait l’objet d’un débat au Parlement a mis en évidence ses liens personnels avec les laboratoires fabriquant les vaccins qu’il fait prescrire par l’OMS. »

Klaus Stöhr qui était le chef du département épidémiologique de l’OMS à l’époque de la grippe aviaire, et qui donc a préparé les plans destinés à faire face à une pandémie que j’évoquais plus haut, était devenu entre temps un haut cadre de la société Novartis (12).

Agences nationales :

NIH, National Institute of Health, aux Etats-Unis :

«Un très important chercheur du nom de Pearson "Trey" Sunderland III à l'Institut National de santé Américain le fameux (NIH) a été inculpé lundi de violation de la loi sur le conflit d'intérêt criminelle en omettant de divulguer des liens financiers qu'il avait avec le géant de la pharmacie rien de moins que le groupe Pfizer, les procureurs ont dit. Il a été accusé d'un délit portant sur les 285000 $ qu'il a accepté sans divulguer ces honoraires de consultation en provenance de Pfizer! Sunderland aurait convenu avoir accepté 25000 $ par année en frais de consultation, ainsi qu'une taxe de 2500 $ pour assister à une journée de réunions avec l'entreprise, qui ont été faites entre 1997 et 2004 et cela pendant que des études étaient en cours entre le NIH et Pfizer. Selon le document d'inculpation, Sunderland avait fait un arrangement similaire pour recevoir 25000 dollars de plus par an de Pfizer au cours d'une autre étude de deux «biomarqueurs» estimés pour identifier la maladie d'Alzheimer chez les patients. » (13)

Le GEIC, Groupe d’Expertise et d’Information sur la grippe, présidé par Bruno Lina, chef du laboratoire de virologie au CHU de Lyon, directeur de l’unité du CNRS pour le H1N1, principal conseiller du gouvernement pour les pandémies. Le GEIC regroupe les 3 industriels GSK, Sanofi et Novartis, largement bénéficiaires des coups de semonce pandémiques, notamment la toute récente Grippa A H1N1.

Ministères :

Italie …

«En 1991, Francesco de Lorenzo, ministre italien de la santé, a touché de nombreux pots de vin de plusieurs laboratoires, dont Smithkline Beecham (aujourd'hui GlaxoSmithKline). Le président de ce laboratoire, qui fabrique le vaccin anti-hépatite B, a avoué avoir donné au ministre 600 millions de lires quelques mois avant que ce dernier rende la vaccination obligatoire dans son pays. Francesco de Lorenzo a été inculpé et condamné à plusieurs années de prison ferme ainsi que Paolo Cirino Pomicino, ancien ministre du budget et le professeur Dulio Poggiolini, directeur de la Direction du médicament. Celui-ci avait été président de l'Ordre des médecins, mais aussi membre influent des instances européennes du Médicament. »

France…

« Gilles Duhamel qui a été nommé, en août 1999, directeur de cabinet de Dominique Gillot, secrétaire d'État à la Santé, a occupé de très importantes fonctions dans l'industrie pharmaceutique. Il a été directeur adjoint de la recherche aux laboratoires pharmaceutiques Wellcome (aujourd'hui GlaxoSmithKline) et directeur de la communication des laboratoires Merck Sharp et Dohme, avant de rentrer à l'agence du médicament (aujourd'hui Agence nationale de la sécurité sanitaire) comme directeur des études et de l'information pharmaco-économique, puis de retrouver au cabinet de Bernard Kouchner en 1997, le poste de conseiller technique qu'il avait déjà occupé en 1992. Ce parcours illustre bien l'infiltration, dans les ministères et les instances de Santé publique, des représentants des laboratoires pharmaceutiques » (14).

Big Pharma fait truquer les études et contrôle les revues spécialisées, dont les plus prestigieuses, en infiltrant les comités de relecture

Supercheries de Big Pharma : Liste des 21 études contrefaites par le Dr. Scott S. Reuben :

Des données truquées par le très respecté et influent Scott S. Reuben, docteur en recherche clinique, ont été utilisées dans plus de vingt études de l’industrie pharmaceutiques (Big Pharma) et publiées par des revues médicales vérifiées par des experts. « Voir le compte-rendu original en anglais de Natural News ou sa traduction française

Ces études promeuvent l’innocuité et les « avantages » de certains remèdes : Bextra (Pfizer), Vioxx (Merck), Lyrica, Celebrex et Effexor. Le principal chercheur impliqué dans ces études, le Dr Scott Reuben, a été rétribué par Pfizer et Merck. Il existe donc un lien financier entre ce docteur en recherche clinique et au moins deux compagnies pharmaceutiques qui ont bénéficié de ses conclusions contrefaites (Doctor Admits Pain Studies Were Frauds, Hospital Says).

L’antiviral Tamiflu se révèle être une grossière supercherie

Les études de Roche sont basées sur une fraude scientifique :

« Un article dévastateur récemment publié par le British Medical Journal accuse Roche de tromper les gouvernements et les médecins sur les avantages du Tamiflu. Sur les dix études citées par Roche, il s'avère que seules deux d’entre elles ont été publiées dans des journaux scientifiques. Et que sont devenues les données originales de ces deux études ? Perdues ».

Big Pharma est opaque

De même que les agences « publiques » censées contrôler les firmes privées.

EMEA et transparence de l’information, un bilan accablant :

Les demandes d’accès aux documents sont tout simplement rejetées : 25 à 37%.

Quant aux documents officiellement transmis, la plupart des pages sont occultées, au nom de la protection du « secret commercial ». Par exemple, la revue française Prescrire a publié un rapport de pharmacovigilance sur l’Acomplia (un médicament entretemps retiré) dont 66 des 68 pages, et jusqu’à la date, étaient intégralement occultées (15).

Le recours au sacro-saint secret commercial a bon dos et permet aux firmes privées de maquiller leurs résultats, de cacher le vide et la pauvreté méthodologique de leurs études. C’est le cas pour les firmes pharmaceutiques, mais également pour celles de l’agro-alimentaire (comme Monsanto), des biotechnologies (nanotechnologies…) ou de la communication (pollution électromagnétique…). Ce privilège accordé aux firmes, associé à la tolérance extrême des agences publiques envers ces pratiques finit de faire voler en éclats la sécurité minimale que chaque citoyen se croirait en droit d’exiger de ses institutions et de son gouvernement. Cela prouve plus généralement que dans nos sociétés relativement hypocrites et complaisantes, le commerce, la marchandise, l’argent forment dans les faits des valeurs largement supérieures à la santé, à la justice et à la vérité.

Big Pharma teste ses médicaments non autorisés sur des enfants et des habitants du Tiers-Monde

« Au Nigéria, des tests d’un antibiotique non enregistré ont été pratiqués sur des enfants par la firme Pfizer en 1996, une information dévoilée récemment par le journal Washington Post. Le rapport, enterré pendant plus de cinq ans, révèle que 5 enfants sont morts après avoir reçu l’antibiotique Trovan. Six autres enfants sont morts après avoir reçu le médicament de comparaison. La firme pharmaceutique - qui n’avait obtenu qu’un consentement oral des parents non informés de la nature du produit - a concocté par la suite une lettre antidatée d’autorisation du Comité d’Ethique du Nigéria. Pfizer maintient que sa présence à l’hôpital de Kano était purement philanthropique et dans le but d’aider à combattre une épidémie de méningite qui a décimé la vie de 1500 personnes. Pourtant, Pfizer s’est retiré sitôt le test effectué. Cette action, conjuguée au fait que Pfizer n’a jamais obtenu de la part du Gouvernement du Nigéria d’autorisation de tester le Trovan sur près de 100 enfants et nourrissons, signifie qu’il s’agissait bel et bien d’un test illégal et opportuniste d’un médicament non-enregistré sur des patients vulnérables. » (16)

La FDA est également impliquée dans une sombre affaire impliquant le géant pharmaceutique Bayer, une affaire dévoilée par le New York Times. Il semble que Factor VIII, un médicament destiné principalement aux enfants hémophiles, aie été contaminé par le virus HIV dans les années 1980. Lorsque les patients hémophiles ont contracté le HIV suite aux injections de Factor VIII, la FDA aurait recommandé à Bayer de se débarrasser de ses surplus au Japon, en Malaisie, à Singapour, en Indonésie et en Argentine. De cette façon, la firme a pu encore tirer profit de ses ventes, malgré son retrait du marché US. Rien qu’à Hong-Kong et Taïwan, on estime que plus de cent patients hémophiles ont contracté le HIV suite à l’utilisation de ce médicament contaminé. De nouveaux lots de ce médicaments furent fabriqués à partir de concentrés de sang chauffé (ce qui tue le virus alors que les lots précédents étaient fabriqué à partir de sang non-chauffé) pour le marché américain, tandis que le reste des vieux lots fut expédié en France et en Espagne. Deux officiels français furent emprisonnés pour avoir approuvé l’utilisation du Factor VIII, non-chauffé et contaminé. La FDA n’a jamais été soumise à une enquête ni accusée. La firme Bayer maintient qu’elle s’est comportée de façon responsable et éthique. (17)

Une compagnie pharmaceutique force les familles pauvres à tester ses vaccins : 12 bébés morts : 

« GlaxoSmithKline, la grande compagnie pharmaceutique, a été accusée de faire pression sur des parents pauvres du Tiers Monde pour qu’ils engagent leurs enfants dans des essais expérimentaux de médicaments qui ont entraîné la mort d'au moins 12 enfants.

Cette compagnie teste actuellement un vaccin expérimental contre la pneumonie sur les enfants de moins d'un an en Argentine, en Colombie et au Panama. Selon la Fédération argentine des Professionnels de la Santé (Feprosa), des parents pauvres argentins ont été « obligés et contraints de signer les formulaires d’acceptation. »

Ce constat, s’il est désolant, est nécessaire. La médecine est une science, un outil, dont les firmes privées ont fait le pire ennemi de vos santés. Des médecins, des journalistes, des scientifiques, des humains, se battent contre la machine toute-puissante de Big Pharma mais ce combat est voué à l’échec sans le concours de toutes les victimes actuelles de cette énorme supercherie.

Sans prise de conscience, sans lucidité, ce combat qui pourtant continuera, sera sans gloire et sans succès. Big Pharma est partout et connecté à tous les organes de conditionnement de l’esprit humain.

Pfizer, dont la valeur intrinsèque est estimée à plus de 265 milliards de dollars, détient les brevets de 8 des 25 meilleures ventes mondiales de médicaments synthétiques (Lipitor, Viagra, Diflucan, Zoloft...). La valeur marchande de Pfizer est supérieure à la richesse de plusieurs pays prospères.

Des personnes de Pfizer, de Merck, d’Exxon Mobil (une des firmes issues de la dissolution de la Standard Oil des Rockefeller) et du conglomérat financier JP Morgan Chase se retrouvent dans les conseils d’administration de toutes ces entreprises, (dont l’importance financière globale dépasse de loin les ressources additionnées de tous les pays « développés ». Big Pharma est tout, et partout.

Big Pharma invente des maladies, ment, corrompt, truque des études et voit l’humanité comme un champ d’expérimentation et une source maximale de profits. Toute cette liste de malversations, résumées en 5 points majeurs, est loin d’être exhaustive, mais suffisamment explicite, même si beaucoup refuseront encore, malgré cela, d’ouvrir les yeux. (18) 

 

Conclusions

Big Pharma veut faire des profits à tout prix, et n’a aucune éthique.

Big Pharma fait des expériences et teste ses produits dans des pays trop pauvres ou sans système juridique pour pouvoir se défendre.

Comble de cynisme, elle le fait souvent sous couvert d’intention philanthropique (vaccinations, SIDA…).

Big Pharma n’a rien d’une entreprise philanthropique, jamais.

Elle ne recherche que son profit, et lorsqu’elle se pare d’une intention bénéfique pour le genre humain, c’est à chaque fois une opération publicitaire, pour redorer son blason, pour pénétrer de nouveaux marchés, pour exploiter des mains d’œuvre qu’elle transforme en esclaves, pour expérimenter ses molécules dans des pays moins sévères ou moins regardants.

Big Pharma utilise le langage, les faiblesses du psychisme humain, et ses richesses pécuniaires immenses pour écraser toute résistance, par des procès interminables, des procédures décourageantes, des pressions phénoménales sur les médecins et scientifiques isolés, un marketing sans pareil, une complicité des organes publics et de certains gouvernements, une corruption de certains de leurs membres, le contrôle des comités de lecture dans les revues professionnelles, la fourniture d’études truquées et une opacité complète au nom du sacro-saint secret commercial.

La manipulation de l’information médicale à la source explique que nombre de médecins et autres scientifiques soient complices du système sans en être nécessairement conscients et que les meilleurs défenseurs de Big Pharma soient parfois des personnes complètement de bonne foi, mais totalement manipulées et trompées.

Tous les professionnels doivent se rendre compte que les comités de lecture par les pairs, les revues référentes, aussi prestigieuses soient-elles, et les études, même annoncées comme randomisées, en double-aveugle, et prospectives, ne sont pas infaillibles, comme en témoigne le scandale des 21 études du docteur Scott S. Reuben, pourtant publiées dans les meilleures revues de référence.

Big Pharma fait preuve d’une mauvaise foi et d’une capacité au mensonge et à la trahison phénoménales. Ces firmes ne reculent devant rien, elles ne sont dignes d’aucune confiance.

Les organes publics, instituts nationaux (NIH, FDA, AFSSAPS), supranationaux (OMS, EMEA), les comités d’experts soi-disant indépendants sur lesquels se reposent ces organes, ces agences mais aussi les ministères publics, ne sont pas obligatoirement dignes de confiance.

Leur probité, leur intégrité ne va pas de soi !

Loin de là ! Expert ne veut pas dire sincère ou indépendant.

Enfin, nous tous, consommateurs, acheteurs, humains, sommes responsables, des questions que nous ne posons pas, des réponses que nous n’exigeons pas, du comportement de nos ministères et institutions que nous ne remettons pas en cause, de l’opacité que nous tolérons, de la félonie que nous acceptons.

Ne laissons pas ces inventeurs de maladies nous voler nos vies.

 

« L’important n’est pas de vivre,

Mais de vivre selon le bien. »

Socrate  

 

Notes : 

(1) Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle, Normand Baillargeon, Lux Editeur, 2006, p. 19.

(2) S. Rampton et J. Stauber, Trust Us, We’re Experts, chap.3.

(3) Les taux de vaccination atteignent un niveau sans précédent dans les pays pauvres http://www.gavialliance.org/media_centre/press_releases/2007_01_26_fr_pr_davos.php  

(4) Selon l’agence Intercontinental Marketing Services (IMS) Health, 19 mars 2009.

(5) Mafias pharmaceutiques, Ignacio Ramonet, http://www.legrandsoir.info/Mafias-pharmaceutiques.html  

(6) Lettre ouverte au Dr Margaret CHAN Directrice Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé,

http://www.next-up.org/pdf/AlisonKatzOmsOriginalLettreOuverteDirectriceGeneraleMargaretChan.pdf  

(7) Hépatite B : les Coulisses d'un scandale vaccinal http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php?post/2009/10/17/327  

(8) Si le TDAH existe bien dans des cas extrêmes, ce n’est pas du tout une maladie mentale et il ne nécessite pas des amphétamines.

D’après l’association étasunienne Feingold, le TDAH est une conséquence de la malbouffe.

Sur son site, cette association indique clairement que tout additif, OGM, produit chimique, présent dans la nourriture est à l’origine du TDAH.

L’organisme qui n’est pas habitué à des produits non naturels ou dénaturés (et qui ne s’y habitue jamais), dont il ne sait que faire, réagit par toutes sortes de symptômes.

Cette association propose des régimes excluant tous ces produits, qui permettraient à l’organisme de retrouver son bien-être.

Il ne faut pas oublier aussi l’environnement électromagnétique qui agit différemment sur les organismes, en fonction très certainement de leur charge en métaux lourds.

http://www.fraternet.com/magazine/in_0705.htm  :

1987: les membres de l'APA (Association psychiatrique américaine) votent à main levée l'introduction dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) d'un nouveau trouble psychiatrique: le TDAH (Troubles déficitaire de l'attention/hyperactivité).

En l'espace d'un an, 500 000 enfants américains reçoivent ce diagnostic. Aujourd'hui, étiquetés hyperactifs, plus de 6 millions d'enfants américains prennent le chemin de l'école après avoir avalé leurs pilules d'amphétamine (Ritaline, pour ne citer que la plus employée).

Entre 1990 et 2000, 186 décès liés à la Ritaline ont été rapportés à la FDA, ce qui ne représente, selon le docteur BAUGHMAN, membre de l'Académie américaine de neurologie, que 10 à 20% du nombre réel de décès imputables à cette drogue !

Des enfants âgés d'une dizaine d'années décèdent de troubles cardiaques et présentent des anomalies similaires à celles présentées par les consommateurs chroniques de cocaïne ! Dans les hôpitaux américains, les admissions dans les services d'urgence pour abus de Ritaline sont aujourd'hui, chez les préadolescents, plus nombreuses que celles dues à la cocaïne !

(9) Fondée en 1971 pour représenter les intérêts des consommateurs au Congrès des Etats-Unis, Public Citizen est une organisation nationale de défense des consommateurs. Elle lutte pour la transparence et l’obligation du gouvernement de rendre des comptes ; pour des sources d’énergies propres et durables ; pour la justice économique et sociale dans les mesures commerciales ; pour la santé et la protection de l’environnement ; et pour des soins et des prescriptions de santé effectives et sans dangers. http://www.citizen.org

(10) OMS : le « pape de la grippe A » accusé de corruption, F. William Engdahl, http://www.voltairenet.org/article163315.html  

(11) Mega Corruption Scandal At The WHO,  http://www.rense.com/general88/megawho.htm  

(12)  HTTP://WWW.HUMANITE.FR/2010-01-07_SOCIETE_GRIPPE-A-L-IMPLACABLE-REQUISITOIRE-DU-DEPUTE-WODARG  , http://www.prs12.com/spip.php?article11877  

(13) Top Alzheimer's researcher charged with felony criminal conduct for secret financial ties to Pfizer http://www.naturalnews.com/z021255.html  

(14) Hépatite B : les Coulisses d'un scandale vaccinal, Op. Cit.

(15) L'Agence européenne du médicament censure les données de pharmacovigilance : http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierTransparenceEMEA.php  

(16) Panel Faults Pfizer in '96 Clinical Trial In NigeriaUnapproved Drug Tested on Children http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/05/06/AR2006050601338.html, Courrier International, n°891, 2007, pp. 48-50, Les Enfants Cobayes de Kano, Hauke Goos                                                                                              
(17) New York Times, Edition du 22 Mai 2003, 2 Paths of Bayer Drug in 80’s : Riskier One Steered Overseas, un article de Walt Bogdanich et Eric Koli
(18) Pour ceux qui veulent aller plus loin : http://users.skynet.be/nomoreillusions/fraudemedicale.html ; http://www.monde-diplomatique.fr/2003/10/RIVIERE/10610

Références :

 

* Albert Bandura, le plus éminent psychologue vivant aujourd’hui, selon l’étude de la Review of General Psychology, Auto-efficacité, Ed. de boeck, 2007, p.V (Préface).

 

** « La Grande Mascarade, ces multinationales qui lavent plus vert », sous la direction d’Eveline Lubbers, Ed. Parangon, 2003, ISBN 2841901068.

 

« Les Inventeurs de Maladies », Jörg Blech

« Le grand secret de l’industrie pharmaceutique », Philippe Pignarre

« La guerre des médicaments, pourquoi sont-ils si chers ? », Dr Dirk Van Duppen

« La Mafia pharmaceutique et agroalimentaire », Dr Louis De Brouwer

« Les Médicamenteurs, labos, médecins, pouvoirs publics : enquête sur des liaisons dangereuses », Stéphane Horel

« L’Impératrice  Nue », Hans Ruesch

Sylvie Simon, http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article12420  

« Petit cours d’autodéfense intellectuelle », Normand Baillargeon 



Dr. Pascal Sacré
est médecin et anesthésiste-intensiviste depuis 2003

 SOURCE : « Big Pharma » : ceux qui font de nos vies, une maladie…

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 09:51
Grande conférence de Jean Ziegler

Liège - Belgique

19 mai

 


Grande Conférence de Jean Ziegler

"La haine de l’Occident"

Ce mercredi 19 mai 2010 19h - Amphithéâtre de l’institut de Zoologie - Ulg 22, quai Van Beneden 4000 Liège

Paf : 6€ - ou 2€ (étudiants/es et petits revenus)

Pré-ventes disponibles chez :

Librairie "entre-temps", 19, rue Pierreuse 4000 Liège - Tél : 04/222.06.22  

Librairie "Livre aux Trésors", 4 rue Sébastien Laruelle 4000 Liège - Tél : 04/250.38.46

Mais aussi :

Bureau du CADTM : 04/226.62.85 (aux heures de bureau : 10h-18h)

Pauline Imbach : 0488/29.81.04

pauline@cadtm.org

L’inscription sera validée dès réception de votre versement au compte : 001-2318343-22 avec en communication Ziegler+noms+Nbres de places.

La haine de l’occident - Nouvelle édition en livre de poche

Par Marie-Claire Calmus

LIVRES. Jean Ziegler, La Haine de l’Occident, Paris, Albin Michel, 2008, 302 pages. Jean Ziegler revient sur son expérience de rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation dans un ouvrage qui décortique les mécanismes de la haine de l’occident...et envisage quelques pistes pour en sortir. 3 Février 2009.

 


Jean ZIEGLER est actuellement membre du comité consultatif du conseil des Droits de l’homme à l’ONU. Il joint avec bonheur sa compétence intellectuelle (il est professeur émérite de sociologie à l’Université de Genève) à ses observations d’homme de terrain, sa sensibilité d’homme de gauche et de délégué international. C’est ce qui fait l’intérêt et la singularité de son livre.

Ses enquêtes en Inde,en Chine au Nigeria et surtout en Bolivie, émaillées de sensations et de descriptions de villes et de paysages qui nous font vivre ces parcours, rencontres et réflexions, servent sa thèse : l’exploitation du Sud par l’Occident est si ancienne et tenace qu’elle génère non seulement la misère –par exemple en obligeant l’Afrique, au nom de la dette, à renoncer à ses cultures vivrières pour des productions destinées à l’exportation qui l’affament et la ruinent– mais une haine durable. Cette « stratégie » des pays riches s’en voit adjoindre deux autres tout aussi mortelles pour les populations : la spéculation boursière et « la conversion massive des cultures alimentaires en agrocarburants » (p. 286, 287 et 288).

Si ses constats sont implacables et souvent bouleversants, l’auteur sait nuancer objectivement les leçons à en tirer : cette haine justifiée doit parvenir à se dépasser pour permettre un dialogue fécond, et aucune rancœur si fondée soit-elle ne peut autoriser sa fusion avec le fanatisme religieux et le terrorisme comme c’est le cas dans certains pays musulmans.

On ne manquera pas de souligner l’aveu d’impuissance d’une telle description et analyse : reconnaître et étudier, précisément en même temps que concrètement, les raisons de la haine du « Sud » à notre égard n’est pas encore concevoir, mais seulement entrevoir, de véritables solutions.

L’ensemble du livre comme sa conclusion se ressentent de cette faiblesse : « Comment rompre avec ce système destructeur ? Comment transformer la haine qu’il alimente en une force historique de revendication de justice et de libération victorieuse ? D’abord par la reconstitution mémorielle, par la reconquête de l’identité, par la prise de conscience des droits humains, par la construction nationale dans les pays du Sud. »

Ziegler sait combien les deux premiers points sont ambigus ; le rappel d’un passé d’occupation et de destruction et, pour en triompher, la revendication d’identité peuvent déboucher sur le rejet de l’Occident, sous des formes de racisme et d’ostracisme avec lesquelles flirte par exemple, chez nous, la fameuse Pétition des Indigènes –dont certains signataires ont eux-mêmes constaté les dérives avant de s’en désolidariser.

Sans doute est-ce la dernière proposition, qui est la plus féconde, et la plus délicate à mettre en œuvre : « une vraie reconstruction Nationale », comme celle à laquelle s’attelle avec tant de vigueur et d’obstacles le président Bolivien Evo Morales, sans oublier de mettre en avant la répression atroce subie par son peuple et en faire l’axe de sa politique de réparation dans le domaine des inégalités socio-économiques et des droits –ce qui lui vaut la dangereuse fronde des riches de l’Altiplano : « Acabo el saqueo de Bolivia, Acabo el esta colonial ! » (Fini le pillage de la Bolivie, à bas l’état colonial ! » (Discours du 27 novembre 2007, cité p. 291).

La difficulté est là –énorme en Afrique où la décolonisation a laissé place à un champ de ruines dans le domaine de l’unité et de l’intérêt des populations ; la corruption –soutenue en sous-main par l’Europe comme le montre Ziegler pour le Nigeria– et la soif du pouvoir des élites entretiennent le peuple dans une effroyable misère, alors qu’en ressources ce pays est le plus riche d’Afrique.

On peut se demander si sont compatibles avec l’idée de nation la mondialisation aggravant l’inégalité économique et la dépendance commerciale de ce « Sud », et la déstructuration politique qui ne lui permet pas (encore ?) de se guérir des affrontements tribaux.

On rejoint en tous cas complètement l’auteur dans son vœu de voir l’Occident soutenir cette reconstitution des nations alors que jusqu’ici il l’a rendue impossible.

On peut être plus sceptique à propos de la reconstitution mémorielle comme voie de progrès et de liberté d’indépendance nationale.

Comme l’auteur le souligne p. 293 et 294, après son évocation de la naissance de la nation française à Valmy, « c’est dans leurs cultures autochtones, leurs identités collectives, leurs traditions ancestrales, que les peuples du Sud puiseront le courage d’être libres. Mais il est aussi des chemins sans issue. Et chacun sait que la haine peut conduire au repli identitaire, communautaire ou tribal (…). Car le sentiment de dépossession de soi dont sont victimes les populations issues de l’esclavage et du colonialisme, les perturbations et les traumatismes profonds subis pendant des siècles peuvent aussi fonder une véritable rage identitaire, qu’elle soit d’ordre ethnique, religieux ou culturel. A l’opposé de la crispation identitaire la nation est porteuse de valeurs individuelles. Contradiction insurmontable entre différence et universalité ? Non. »

Ziegler fait appel à Césaire et Ionesco pour soutenir qu’elle ne l’est pas. Mais citation n’est pas démonstration.

Et sa passion visible pour ce qui se passe en Bolivie (dont l’étude occupe toute la cinquième partie du livre, en contrepoint de l’effrayant bilan de la 4e sur le Nigeria) montre de façon vibrante et documentée –sans occulter les limites et les dangers de l’aventure– que ce pays est un des rares à tenter d’unir et de dépasser les termes de ce paradoxe, ce dépassement ne pouvant se faire que dans et par la révolution : « Evo Morales est ainsi engagé dans une course effrénée contre la montre. Ou bien l’état national se construit rapidement, porte ses fruits et affirme sa légitimité ou bien Felipe Quiste et les théoriciens racistes détourneront la colère des Indiens des Andes vers le combat ethnonationaliste, la pathologie identitaire et le fanatisme tribal » (p. 255).

Jusqu’ici les nationalisations des ressources énergétiques menées d’une main de fer, mais dûment pensées et pesées, en particulier grâce aux études norvégiennes, ont obtenu d’incontestables résultats.

En acceptant le décret n° 28701 du 1er mai 2006 dit du « rétablissement de la souveraineté énergétique », les sociétés étrangères peuvent aujourd’hui continuer, moyennant la signature d’un nouveau contrat, à exploiter et commercialiser les hydrocarbures ; trois axes structurent cette réappropriation : les champs gaziers et pétrolifères appartiennent à l’Etat. Les installations nécessaires à l’exploitation sont la propriété des sociétés chargées de leur maintenance. L’Etat participe aux frais de recherche, élevés étant donné la multiplication des forages, et la nouvelle législation stipule que 18% du prix de vente du baril reviendra aux sociétés et 82% à l’Etat. La passion dont vibre cette évocation d’une révolution pour l’instant victorieuse menée avec force et sagacité par un Indien venu à la politique par l’expérience de l’oppression et de l’exploitation, fait espérer une contagion de tels « programmes » et expériences visant à rétablir une forme d’égalité, de droit à la vie pour les plus pauvres ; ils dessinent les grandes lignes d’un changement radical, non seulement dans les « pays du Sud » mais jusque dans nos inégales sociétés occidentales.


SOURCE : CADTM - Grande conférence de Jean Ziegler

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 12:15
Un article paru sur le grand soir : Noam Chomsky sur l'état d'esprit qui règne aux États-Unis : « je n'ai jamais rien vu de tel » par Noam CHOMSKY,Chris HEDGES  

Noam Chomsky sur l’état d’esprit qui règne aux États-Unis : « je n’ai jamais rien vu de tel »
Noam CHOMSKY, Chris HEDGES

Noam Chomsky est le plus grand intellectuel des États-Unis. La quantité impressionnante de ses écrits, qui comprennent prés de 100 livres, ont depuis des décennies démonté et exposé les mensonges des élites au pouvoir et les mythes qu’elles entretiennent. Et Chomsky l’a fait malgré la censure des médias commerciaux qui l’ont mis sur une liste noire, malgré son statut de paria au sein du monde universitaire et, de son propre aveu, malgré le fait qu’il soit un orateur pédant et parfois légèrement ennuyeux. Il combine une indépendance intellectuelle avec une démarche rigoureuse, une capacité remarquable de saisir les détails et une intelligence hors du commun. Il dénonce sans détours notre système à deux partis qu’il décrit comme un mirage orchestré par un gouvernement au service des entreprises privées, et il critique sévèrement l’intelligentsia libéral (liberal : plus ou moins l’équivalent de "progressiste" aux US – NdT) qui ne sont que les courtisans du système et décrit le flot émis par les médias commerciaux comme une forme de « lavage de cerveau ». En tant que critique le plus clairvoyant du capitalisme débridé, de la globalisation et de l’empire, il aborde sa 81ème année en nous mettant en garde sur le peu de temps qui nous reste pour sauver notre démocratie anémique.

« La situation actuelle est très similaire à l’Allemagne de Weimar, » m’a dit Chomsky au téléphone depuis son bureau à Cambridge, Massachusetts. « Les similarités sont frappantes. Il y avait aussi à l’époque une énorme déception par rapport au système parlementaire. Le fait le plus frappant n’était pas que les Nazis aient réussi à détruire les sociaux-démocrates et les communistes mais que les partis traditionnels, les partis conservateurs et libéraux, étaient eux aussi hais et qu’ils ont disparu. Les Nazis ont su combler le vide avec beaucoup d’intelligence et d’habilité. »

« Les États-Unis ont beaucoup de chance de n’avoir aucune figure charismatique qui se détache du lot, » a poursuivi Chomsky. « Chaque figure charismatique est si évidemment un escroc qu’elle finit par s’autodétruire, comme McCarthy ou Nixon ou les prêcheurs évangélistes. Si quelqu’un de charismatique devait se détacher, ce pays serait dans de sales draps à cause de la frustration, de la déception et de la colère justifiée et l’absence de toute réponse cohérente. Que sont censés penser les gens quand ont leur dit « j’ai une réponse, nous avons un ennemi » ? Un jour ce sont les Juifs, un autre les immigrés clandestins ou les noirs. On nous dira que les mâles blancs constituent une minorité persécutée. On nous dira que nous devons nous défendre ainsi que l’honneur de la nation. La force militaire sera exaltée. Des gens seront tabassés. Cela pourrait se transformer en une force irrésistible. Et dans ce cas, elle sera bien plus dangereuse que l’Allemagne. Les États-Unis sont une puissance mondiale. L’Allemagne était puissante mais ses adversaires l’étaient encore plus. Je crois que nous n’en sommes pas loin. Si les sondages ne se trompent pas, ce ne sont pas les Républicains, mais l’extrême droite républicaine, les républicains cinglés, qui vont remporter les prochaines élections. »

« Je n’ai jamais rien vu de tel », a-t-il ajouté. « Je suis assez vieux pour me souvenir des années 30. Toute ma famille était sans emploi. Les conditions étaient bien plus difficiles que de nos jours. Mais il y avait de l’espoir. Les gens avaient un espoir. Le syndicat CIO s’organisait. Plus personne ne veut l’admettre de nos jours mais le Parti Communiste était le fer de lance dans l’organisation des travailleurs et des droits civiques. Y compris pour des choses simples comme envoyer ma tante au chômage à la campagne pour prendre une semaine de vacances. C’était un mode de vie. Il n’y a rien de tel aujourd’hui. L’ambiance dans le pays est effrayante. Le niveau de colère, de frustration et de haine envers les institutions n’est pas organisée d’une manière constructive. Ça part en vrille dans des fantasmes autodestructeurs. »

« J’écoute les commentateurs à la radio, » a dit Chomsky, « mais ce n’est pas pour écouter Rush Limbaugh (célèbre commentateur d’extrême droite -NdT), mais pour écouter les gens qui téléphonent. Ils sont comme (le pilote kamikaze) Joe Stack. Qu’est-ce qui m’arrive ? se demandent-ils. J’ai fait tout ce qu’on m’a dit de faire. Je suis un bon chrétien. Je travaille dur pour nourrir ma famille. Je possède une arme. Je crois aux valeurs de ce pays et pourtant ma vie s’effondre. »

Chomsky, plus que tout autre intellectuel américain, a décrit dans de nombreuses oeuvres la descente aux enfers du système politique et économique américain. Il nous rappelle que le véritable questionnement intellectuel est toujours subversif. Il défie des présomptions culturelles et politiques. Il critique les structures. Il est pratique sans cesse l’autocritique. Il fait éclater les mythes et stéréotypes complaisants dont nous nous servons pour nous flatter et ignorer notre complicité dans les actes de violence et d’oppression. Et il dérange les puissants et leurs apologistes libéraux.

Chomsky réserve ses critiques les plus acerbes pour l’élite libérale de la presse, des universités et du système politique qui servent d’écran de fumée à la cruauté du capitalisme débridé et des guerres impérialistes. Il dénonce leurs postures morales et intellectuelles comme un arnaque. C’est pour cela que Chomsky est détesté, et peut-être craint, plus par les élites libéraux que par la droite qu’il condamne aussi. Lorsque Christopher Hitchens (journaliste « réactionnaire de gauche » du magazine The Nation – NdT) a décidé de devenir la marionnette de l’administration Bush après les attaques du 11 septembre, un de ses premiers articles a été une attaque féroce contre Chomsky. Hitchens, contrairement à la plupart des gens qu’il sert, savait quel était l’intellectuel qui comptait aux États-Unis

« Ça ne m’intéresse pas d’écrire sur Fox News, » a dit Chomsky. « C’est trop facile. Ce qui m’intéresse ce sont les intellectuels libéraux, ceux qui se présentent et se prennent pour des critiques du pouvoir, courageux, qui se battent pour la vérité et la justice. Au fond, ils ne sont que les gardiens du temple. Ce sont eux qui définissent les limites à ne pas dépasser. Ce sont eux qui disent jusqu’où il est permis de s’aventurer. Ils disent « Regardez comme je suis courageux. » Mais ne vous aventurez pas un millimètre de plus. C’est vrai pour les secteurs éduqués de la population car ce sont eux les plus dangereux à cause de leur soutien au pouvoir. »

Parce qu’il échappe à toute catégorisation et rejette toutes les idéologies, Chomsky a été indispensable au débat américain depuis des décennies, depuis son travail sur la guerre au Vietnam jusqu’à ses critiques sur l’administration Bush. Il persiste à jouer l’iconoclaste, celui qui se méfie du pouvoir sous toutes ses formes.

« La plupart des intellectuels se considèrent comme la conscience de l’humanité, » dit l’universitaire spécialiste du Moyen Orient Norman Finkelstein. « Ils se divertissent et admirent quelqu’un comme Vaclav Havel. Chomsky, lui, méprise Havel. Chomsky adopte la vision du monde de Julien Benda. Il existe deux ensembles de principes. Les principes de pouvoir et de privilège et les principes de vérité et de justice. Si vous courez après le pouvoir et les privilèges, ce sera toujours au détriment de la vérité et de la justice. Benda dit que le credo de tout intellectuel doit être, comme l’a dit le Christ, « mon royaume n’est pas de ce monde. » Chomsky dénonce les prétentions de ceux qui se déclarent les détenteurs de la vérité et de la justice. Il montre que ces intellectuels sont en fait détenteurs du pouvoir et des privilèges et de tout le mal qui va avec. »

« Certains livres de Chomsky contiennent des choses comme une critique du plan Arias en Amérique centrale, et il peut lui consacrer 200 pages » a dit Finkelstein. « Mais deux ans plus tard, qui se souvient d’Oscar Arias ? C’est à se demander si Chomsky n’aurait pas mieux fait d’écrire sur des sujets plus ambitieux, des sujets plus intemporels qu’on pourrait encore lire dans 40 ou 60 ans. C’est ce qu’a fait Russel avec des livres tels que « Marriage and Morals ». Pouvez-vous encore relire ce que Chomsky a écrit sur le Vietnam ou l’Amérique centrale ? La réponse est souvent « non ». Ça en dit long sur le personnage. Il n’écrit pas pour son ego. Si c’était le cas, il aurait écrit dans un style grandiloquent qu’il aurait laissé en héritage. Il écrit parce qu’il veut influer sur le cours des choses et participer au changement politique. Il se soucie de la vie des gens et s’attache aux détails. Il essaie de réfuter les mensonges quotidiens déversés par les grands médias. Il aurait pu consacrer son temps à rédiger des essais philosophiques qui auraient duré dans le temps, comme l’ont fait Kant ou Russel. Mais il s’est investi dans les détails minuscules qui font toute la différence et font gagner une bataille politique. »

« J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises, » a dit Chomsky lorsque je l’ai interrogé sur ses objectifs. « Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers tout idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dés que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. Si vous lisez dans la presse que l’Iran défie la communauté internationale, demandez-vous qui est la communauté internationale ? L’Inde est opposée aux sanctions. Le Brésil est opposé aux sanctions. Le Mouvement des pays Non-Alignés est opposé aux sanctions et l’a toujours été depuis des années. Alors qui est la communauté internationale ? C’est Washington et tous ceux qui se trouvent être en accord avec lui. C’est le genre de choses que vous pouvez découvrir par vous-mêmes, mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres. »

Le courage de Chomsky de parler au nom de ceux, tels les Palestiniens dont la souffrance est souvent minimisée ou ignorée par les grands médias, montre qu’il est possible de mener une vie morale. Et, peut-être plus encore que sa formation, c’est son exemple d’indépendance morale et intellectuelle qui représente un appui pour tous ceux qui remettent en cause le discours hypocrite dominant et osent dire la vérité.

« Je ne saurais vous dire combien de gens, moi inclus, et ceci n’est pas une hyperbole, dont les vies ont changé grâce à lui » dit Finkelstein, qui a été exclu de plusieurs universités à cause de son courage intellectuel et son indépendance. « Sans Chomsky, il y a bien longtemps que j’aurais abandonné. J’ai pris pas mal de coups dans ma vie professionnelle. Et c’est parce que je savais qu’un des plus grands esprits de l’histoire humaine avait confiance en moi que j’ai pu supporter tous ces coups. Il y a beaucoup de gens dont l’existence n’est même pas reconnue, les petits comme on les appelle, qui reçoivent un jour un courrier de Chomsky. Ca leur insuffle une nouvelle énergie. Chomsky a fait bouger beaucoup, beaucoup de gens qui se sont découverts un potentiel qui, sans lui, aurait été perdu pour toujours. »

Chris Hedges

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS
http://www.truthdig.com/report/item...

Traduction VD pour le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Noam-Chomsky-sur-l-etat-d-esprit-qui-regne-aux-Etats-Unis-je-n-ai-jamais-rien-vu-de-tel.html
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 12:43
19 août 2009


Cet article fait partie d'une série d'articles du même auteur publiée par Le Grand Soir Le Grand Soir - Gilles BONAFI

3 août 2009
Crise systémique et mensonges
par Gilles BONAFI
Nous vivons décidément une époque formidable. On peut ainsi lire dans le Nouvel Obs : « Le pire est passé aux USA mais la reprise sera lente, dit le FMI » ou dans le journal Le Monde :« Les Etats-Unis sur la voie de la reprise économique ». Il s'agit donc de vous informer vraiment et il ne reste plus que le net pour cela. Je vais donc vous faire ici un petit topo de la finance et de l'actualité économique. Attachez votre ceinture car cela va décoiffer. Le monde de la finance, (...) Lire la suite »
2 commentaires 
11 mai 2009
Crise systémique : le chaos

par Gilles BONAFI
La faim menace plus de 3,5 millions d'enfants de moins de cinq ans. Dans quel pays d'Afrique ? Tout simplement aux USA. Source : http://feedingamerica.org/newsroom/.... Dans le tiers monde, ce sera une véritable « boucherie » ! Le Dr. Ellen Bassuk présidente du National Center on Family Homelessness a ainsi déclaré que 1,5 millions d'enfants étaient SDF aux USA. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970. En effet, le taux de chômage est désormais là-bas de 8,9%. Il y (...) Lire la suite »
7 commentaires 
28 avril 2009
Une constitution pour l’économie.
par Gilles BONAFI
Paul Jorion suggère depuis quelques temps l'idée d'une « constitution pour l'économie ». Il a d'ailleurs lui-même précisé sa pensée : « Lorsque je défends l'idée d'une « constitution pour l'économie », j'explique que quand la démocratie s'est mise en place, elle s'est arrêtée au bord de l'économie, laissant celle-ci dans un « état de nature » au sens hobbesien du terme, c'est-à-dire où l'homme est un loup pour (...) Lire la suite »
 
24 avril 2009
Crise systémique – Les solutions (n°5 : une constitution pour l’économie)

par Gilles BONAFI
On peut lire actuellement dans l'ensemble de la presse que l'économie mondiale redémarre, que la crise est sur le point de s'achever. C'est faux et voici pourquoi. Abderrahmane MEBTOUL, expert international et surtout un des plus grands économiste d'Algérie a déclaré : « de l'avis de tous, la crise actuelle est la pire que le monde ait connu depuis la grande dépression avec une perte en sous capitalisation, évaluée par le FMI, fin février 2009, à 52.000 (...) Lire la suite »
2 commentaires 
27 mars 2009
Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)

par Gilles BONAFI
Dans mon dernier article (n°3), j'ai tenté de démontrer que le dollar ne survivrait pas à la crise. Or, le 18 mars, la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette (je l'avais annoncé l'année dernière). Cette information a fait quelques lignes dans les quotidiens nationaux (rien à la télévision) qui, pour l'essentiel, ont commenté cela de façon positive. Pourtant, cette date restera dans les livres (...) Lire la suite »
9 commentaires 
13 mars 2009
Crise systémique : les solutions (n°3 : un nouveau dollar)

par Gilles BONAFI
Dans mes articles (n°1 et 2), je me suis attaché à démontrer que la crise actuelle ne pourrait pas avoir de solution économique. Elle nécessite en effet une réponse politique forte (une réponse insuffisante sera choisie), capable de bouleverser de fond en comble les structures monétaires et étatiques actuelles. Henri Guaino conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a ainsi déclaré : « Si les experts ont du mal à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils ont vécu, les responsables (...) Lire la suite »
2 commentaires 
2 mars 2009
Crise systémique : les solutions (n°2 : des monnaies continentales)

par Gilles BONAFI
Dans mon article Crise systémique : les solutions (n°1 : l'euro), j'ai tenté d'expliquer les solutions qui seront apportées dans le cadre européen : - stabilisation de la monnaie européenne avec une BCE ayant le monopole de l'émission de l'euro. - création d'un trésor européen permettant de mettre en place une structure de défaisance permettant de sauver les banques. - création d'un gouvernement économique, ce qui répond à la (...) Lire la suite »
 
18 février 2009
Crise systémique : les solutions (n°1 : l’euro)

par Gilles BONAFI
L'économie mondiale est entrée dans ce que je nomme la phase II. En effet, la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 avait déclenché le début de la plus grande crise économique de l'histoire humaine. Or, les gouvernements ont réagi en injectant des milliers de milliards de dollars ce qui a eu pour conséquence de ralentir pour quelques mois les effets destructeurs d'une crise systémique colossale. Il ne manque plus que la défaillance d'une entreprise majeure (...) Lire la suite »






Gilles BONAFI

Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale. Je vais ici m’attarder sur un malade en phase terminale, les USA.

En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.

Ces produits financiers, tel le chat de Schrödinger, sont à la fois vivants et morts, c’est à dire qu’ils ont une valeur lorsque tout va bien, valeur réduite à zéro lors d’une crise majeure comme aujourd’hui. La nation américaine ne s’en relèvera pas. D’ailleurs, le LEAP/E2020 évalue à 10 000 milliards de dollars les « actifs fantômes » des banques que le gouvernement US devra « éponger ».

Nous en sommes donc à la 77 ème faillite bancaire depuis le début de l’année et donc, la FDIC (Le Federal Deposit Insurance Corporation) une agence indépendante du gouvernement fédéral américain qui assure les dépôts des particuliers dans les banques est ruinée.

Frédéric Lordon, économiste et directeur de recherche au CNRS ose dire : « on va voir débouler, sous peu, toute une série de « paquets » de dettes avariées, dont les défauts n’ont pas encore explosé, mais c’est pour bientôt ».

Simone Wapler Rédactrice en chef, MoneyWeek, déclarait le 13 août 2009, « La crise financière, loin d’être résorbée, va s’aggraver » (Trois arguments pour une hausse de l’or).

Ce « cancer » financier est ainsi en train de détruire l’économie US.

Au mois d’octobre 2008, Abderrahmane Mebtoul, un des plus grands économiste algérien me demandait de lui faire une analyse précise concernant les bons du trésor US car, visionnaire, il s’interrogeait alors sur le devenir des USA et donc des placements de l’Algérie. Nous étions arrivés à l’époque à la conclusion que l’amérique était en train de sombrer. Il avait d’ailleurs écrit plus tard « La fin de la primauté du dollar ».

Ainsi, la Fed ayant déjà racheté 1700 milliards de bons du trésor (elle monétise sa dette, ubuesque !) sera obligée de recommencer cette opération avant la fin de l’année. Krugman chiffrait les besoins des USA à 2100 milliards de dollars pour 2009 dans le New York Times du 9 janvier 2009. Il était donc loin de la réalité et j’avais encore une fois de plus raison car j’avais annoncé le chiffre de 3500 milliards à l’époque : Destruction du dollar – Explications.

2010 sera pire. La fin du dollar est proche, très proche.

Selon le cabinet spécialisé Realty Trac, nous avons eu aux USA un nouveau record des saisies immobilières en juillet et nous sommes passés, là-bas, de 11 000 saisies par jour à 11 600. USA : nouveau record (+7,0%) des saisies immobilières en juillet ... C’est vrai, la crise est terminée.

Plus inquiétant encore, personne ne se pose la question de ce que deviennent la plupart de ces maisons qui ne se retrouvent pas sur le marché de peur qu’il s’effondre. Seul le quotidien San Francisco Gate a osé donner un chiffre qu’il évaluait à 600 000 au mois d’avril. Banks aren’t reselling many foreclosed homes.

Or, les saisies immobilières battent tous les records depuis, avec une moyenne de 300 000 par mois. Nous avons donc largement dépassé le million de maisons qui ne sont pas mises en vente. Acculés à la faillite, les organismes financiers américains devront se débarrasser de ces biens encombrants, et, à ce moment là, nous assisterons à l’effondrement du marché immobilier US, un cataclysme économique gigantesque !

De plus, 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d’avril à juin aux USA : Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.

Sur le front de l’emploi donc, contrairement à ce que l’on vous dit, les choses ne vont pas mieux. Selon l’AFP, le nombre de nouveaux chômeurs inscrits aux Etats-Unis a progressé lors de la semaine achevée le 8 août » : USA - Hausse des inscriptions au chômage à 558.000.

En août il est prévu 600 000 chômeurs arrivant en fin de droits aux USA (26 semaines). Et cela sera valable tous les mois.

Ainsi, le chômage semblera se stabiliser car ils disparaîtront des statistiques.

Seize états (bientôt le double) , ruinés, payent maintenant les allocations avec de l’argent emprunté.

"Le système d’assurance chômage avant la récession était aussi vulnérable que la Nouvelle Orléans était avant Katrina," a dit le Représentant Jim McDermott, le Démocrate de Washington. Source : The New York Times : http://www.nytimes.com/2009/07/24/us/24unemploy.html?_r=1&amp ;hp

Il faut tout de même le rappeler, 1,5 millions d’enfants étaient SDF aux USA au mois de mars. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970. J’ai d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet que vous pouvez lire sur mon blog (Crise systémique : le chaos).

Que vont devenir tous ces être humains ? La rue sera sûrement le chemin tout tracé. Les USA vont donc devenir le pays le plus instable du monde avec une situation sociale totalement explosive.

Depuis 2007, le maire de New York a trouvé une solution « miraculeuse » : il paie aux sans-abri des billets d’avion, sans retour, vers la destination de leur choix. « Le maire de New York exporte la pauvreté ». Un nouveau concept est né, la délocalisation des pauvres. Dans les rues on rejoue « Orange Mécanique » et, tous les quinze jours, un SDF décède, agressé par certains pour lutter contre « l’ennui », par « amusement », voire pour « le frisson » : USA/rapport : violence vis-à-vis des SDF : Collectif SDF Alsace. Tel est le bilan publié lundi 10 août par la National Coalition for the Homeless (NCH).

Quant au système de retraite, il va totalement s’effondrer car c’est un système basé sur la capitalisation et l’on devra travailler jusqu’à sa mort pour se nourrir (si l’on trouve du travail !) : rapport GAO du 17 janvier 2008

Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies ...

Le chaos social s’installe donc car, ne l’oublions pas, une crise majeure suit irrémédiablement la même chronologie : Etape 1 : crise financière, Etape 2 : l’économie réelle est sinistrée, Etape 3 : crise sociale. L’exemple le plus connu étant celui de l’Allemagne et de la république de Weimar, nous savons comment cela s’est terminé. Pour l’étape 4, je vous laisse le choix, mais plusieurs options semblent se dégager : une guerre civile avec la mise en place d’une dictature, voire un troisième conflit mondial, au pire les deux (c’est mon avis). Barack Obama sera donc le dernier président des USA tels que nous les avons connus.

Ne l’oublions pas cependant, face à la destruction de la nation américaine, il existe une solution politique et monétaire de rechange : la North American Union (lire : Crise systémique : les solutions n°3 : un nouveau dollar ...) et surtout la création du grand marché transatlantique (Crise systémique : le chaos), qui ne résoudra pas le problème économique et social.

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi tous nos billets en euros possèdent un pont traversant l’Atlantique, vous avez maintenant la réponse.

En conclusion, « très peu d’hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes. Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu’ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu’il s’agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d’éventuels contradicteurs. Il suffirait pourtant qu’ils tentent d’observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu’il est et non pas comme on les conditionne à le voir. » Nous, les dieux, Bernard Werber, éd. Le Livre de Poche, 2006, chap. 103, p. 429.

Gilles Bonafi

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 02:25


Lien vers le blog de

Marie-Monique Robin : Le monde selon Monsanto

Vous y trouverez l'intégralité de son reportage




ET
Rubriques

"torture made in USA" (3 mess.)

Les soutiens de l'enquête (5 mess.)

bilan film et livre (20 mess.)

ces produits chimiques qui nous empoisonnent (9 mess.)

journal de campagne (116 mess.)

l'actualité des OGM (22 mess.)

l'histoire du film (8 mess.)

la réalité des OGM (39 mess.)

les films qui m'ont conduite à Monsanto (6 mess.)

les nouvelles de la toile (27 mess.)

les réactions de Monsanto (6 mess.)

qui est Monsanto? (25 mess.)

réponses à la désinformation (33 mess.)

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 17:08


Monsanto une entreprise qui vous veut du bien !

Les désillusions d'un jeune cadre bien intentionné :

Dailymotion - Monsanto une entreprise qui vous veut du bien ! - une vidéo Sports et Extrême


Monsanto pur porc, un reportage qui fait le tour de la question, brevetage, contamination, immunité judiciaire, volonté de domination de la chaîne alimentaire mondiale, arnaque, méthodes maffieuse
Dailymotion - Monsanto pur porc I - une vidéo Actu et Politique
Dailymotion - Monsanto pur porc II - une vidéo Animaux
Monsanto pur porc III vidéos sur Dailymotion
Dailymotion - Monsanto pur porc IV - une vidéo Sports et Extrême


En Inde : 
Le coton OGM tue
Le mirage d'un coton présenté comme une solution miracle par une publicité agressive mais qui épuise les sols

Dailymotion - Le coton OGM tue - une vidéo Expression Libre


Pour rire un peu quand même
Dailymotion - Des maïs géants s'incrustent au salon de l'agriculture ! - une vidéo Comédie et Humour


Marie Monique robin -  Les mensonges dévoilés de Monsanto sur la toxicité des produits commercialisés (résumé)

Dailymotion - Marie Monique robin - Monsanto - une vidéo Actu et Politique

Marie-Monique Robin: Le monde selon Monsanto, par une très grande journaliste d'investigation, un exposé clair et très bien documenté.

Le site de l’ONG TCHAPE (Tchad Agir Pour l’Environnement) www.tchape.org vous présente : la vidéo de Marie-Monique Robin, journaliste indépendante, conférence –débat qui s’est tenue à la maison des associations le vendredi 10 juin 2008, sur le thème le monde selon Monsanto, Organisé par le Centre Europe-Tiers Monde (CETIM).

Dailymotion - Marie-Monique Robin: Le monde selon Monsanto - une vidéo Actu et Politique
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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 16:40


Une vidéo qui dénonce l'arnaque multiple du soja trangénique Monsanto des méthodes maffieuses, de la tromperie sur la qualité, de l'épuisemant des sols, de la pollutions par désherbants qui détruisent les récoltes voisines...la totale :


Dailymotion - OGM L'horreur ! Reveillez vous avant... - une vidéo Amis et Famille




Voir aussi l'étude d'Amerikenlutte sur les effets pervers du soja OGM :
Soja Monsanto et faim des peuples indigènes :

02-03-2008
L’Argentine est le troisième producteur mondial de soja transgénique après le Brésil et les États-Unis. Cette
année, les récoltes de soja ont battu de nouveaux records. Au même moment, on recensait au moins 14 décès
d’autochtones dans le nord du pays dus à la dénutrition. Actuellement en Argentine, 27% de la population vit en
dessous du seuil de pauvreté. Dans les provinces du nord de l’Argentine ce chiffre atteint même 40%. Et
pourtant, ce sont ces provinces qui ont connu au cours des 10 dernières années la plus grande progression de la
monoculture du soja.
" La restructuration des processus de production et de circulation des marchandises ainsi que la réorientation des forces
productives, entraînent un étrange excédent : des hommes qui sont en trop, qui ne sont pas nécessaires au
’nouvel ordre mondial’, qui ne produisent pas, qui ne consomment pas, auxquels on n’accorde
aucun crédit, en somme, qui sont jetables- " Sous-commandant Marcos [1]IntroductionLe 6 août, dans le Chaco,
province du nord de l’Argentine, Maria del Carmen Moreyra, appartenant à la communauté indigène toba, est
morte à l’âge de 46 ans, dans son humble baraquement, sans avoir compris pourquoi. Ceux qui étaient à ses côtés
quelques jours auparavant racontent qu’elle était au plus mal, qu’elle était très fatiguée et présentait des
signes de dénutrition, voire d’anémie. Sur son visage on pouvait lire la douleur de la vie des femmes toba. Avant
elle, dix autres indigènes étaient morts de dénutrition et de maladies curables.

Suite :
index2.php (Objet application/pdf)
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  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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