24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 17:29

 

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Pour mon retour, un clin d’œil à ceux qui se reconnaîtront. Deux mois sans électricité, avec quelques incursions sporadiques sur Internet. Deux mois de rencontres, discussions et échanges. Deux mois pour prendre de la distance et reposer mes racines dans un nouveau territoire. 

Premier constat sous forme d’écho de paroles partagées, de toute part j’entends « Ce monde n’est pas celui que nous souhaitions, mais on ne nous a pas demandé notre avis ». Un constat terrible qui nous démontre une fois de plus que ce que nous appelons ici et maintenant « démocratie » est un leurre, une fiction, un écran derrière lequel les réelles forces d’influence agissent et modèlent le monde sans souci des habitants qui le peuplent. Habitants qui vivent douloureusement la dépossession grandissante d’un territoire qui autrefois était le leur. De la privatisation croissante des espaces publics aux règlements intrusifs qui organisent nos espaces privés de manière toujours plus normatives, le monde se transforme petit à petit en une étouffante prison de conformisme global. Et beaucoup de gens en ont marre, alors qu’une grande partie d’entre eux ne voient pas d’issue. Leur destin appartient à d’autres qui leur dictent leurs conduites de manières toujours plus contraignantes.

La tarte à la crème de l’écologie capitaliste est de plus en plus rance. L’écologie est à présent utilisée comme une des meilleures alliées de l’instauration d’une dictature qui ne dit pas son nom. Nombreux sont ceux qui le perçoivent, et parmi eux beaucoup ne font pas la part des choses, rejetant en bloc tout souci de préservation de la planète malgré l’état d’urgence.

Ce n’est qu’un des symptômes de la dépossession politique qui se fonde dans une désinformation dont l’enseignement est le vecteur structurel, alors que le cheval de Troie télévisuel (et autres outils de la guerre psychologique) poursuit son travail de sape des consciences au cœur de nos foyers – qui n’en sont plus vraiment. L’ignorance est un fléau, voulu par certains qui la crée à dessein, pour servir leur desseins personnels, dictés par une idéologie perverse qui est leur conditionnement dur : mécanisme. Si leur sort n’est pas enviable, les produits de leurs actions sont néanmoins néfastes pour tous, nous les subissons au quotidien. Les sphères centrales du pouvoir globalisant sont peuplées de fanatiques qui tentent par les moyens les plus pervers, les plus cruels, les plus destructeurs de remodeler la planète à l’image de leur vision homogénéisante.

 La planète n’est ni une image, ni un laboratoire. La vie, l’évolution ne peuvent se soumettre, qu’importe, éradiquons le vivant, les machines sont plus dociles. Forcément, une idéologie de machination du monde, inadaptée au vivant, a pour logique son remplacement par des produits de la mécanique dont la « biologie » de synthèse, aboutissement du délire triomphaliste des croyants du rationalisme, négation de toute rationalité, est l’ultime délire.

Il s’agit bien sûr ici de l’expression d’une opinion, amplement partagée. L’enjeu est l’avenir de la planète. Ce dont il est question ici c’est de notre manière d’habiter cette planète et d’y « vivre ensemble », c’est-à-dire du politique. Et l’idée exprimée est celle d’un peuple souverain se réappropriant le pouvoir dévolu à la fiction « nation ». « Peuple souverain » est la fondation d’une démocratie participative, lorsque « nation » est l’entité fictive qui est constitutive de la démocratie représentative.

Nous constatons à présent que dans l’immense majorité des cas de démocratie représentative, les élus n’agissent pas comme des mandataires, mais bien comme des dirigeants aux pleins pouvoirs. Donner sa voix à, devient synonyme de se déposséder du droit à la décision, de la dépossession du choix de son destin personnel et collectif. Pas besoin d’être expert en géopolitique pour comprendre que les élus agissent au sein des sphères de pouvoir en coalition avec des dirigeants représentants d’intérêts « supérieurs » (et particuliers) qui ne sont pas ceux du peuple.

Je n’entrerai pas ici dans le débat au sujet de la démocratie comme meilleure forme ou non de politique collective. Parce que ce débat n’est pas à l’ordre du jour. Je suis persuadée qu’il existe de meilleures formes possibles d’organisation politique, mais elles sont encore à inventer, dans la théorie comme dans la pratique, et dans le monde du peuple souverain de telles inventions sont forcément collectives et aboutissement de longs processus de vivre ensemble, dont les fondations mêmes sont absentes actuellement.

Aujourd’hui, c’est de ce travail de fourmis dont il est question, un travail trop longtemps négligé. Un travail collectif, modeste, à la base, aux ambitions locales. Il ne s’agit pas de mettre des masses en mouvements entant que suppôts d’une tentative d’appropriation de pouvoir, mais de permettre l’expression collective de personnes aux consciences fortement déterminées, expression qui est le préalable à la prise de décisions collectives et effectives..

D’une part un sentiment d’urgence pressante et sans cesse accrue face que destructions irréversibles qui rendent chaque jour plus difficile l’invention d’un monde de bonne convivialité planétaire, d’autre part, brûler les étapes serait encore bien pire et conduit toujours à faire pression sur les consciences, prosélytisme et contrainte, alors que le travail actuel est celui d’ouvrir des espaces de parole libérée et d’actions collectives locales dont les échanges et liens sont les fondations (rhizomes) des collectifs à plus grande échelle : communalisme.

La vérité ne se tient pas là comme une référence ultime et immuable inscrite inchangée depuis la nuit des temps. Autrement dit, il n’est pas question ici de jugement moral et encore moins de condamnation mais bien de choix éthiques et politiques, toujours relatifs et subjectifs quand bien même cette subjectivité serait collective. Le choix de manière de vivre au présent, de manières d’habiter la planète et d’entrer en relation avec ses voisins qui est aussi le choix d’avenir qui en découle. Nul n’est si petit et si insignifiant qu’il ne participe de fait – par son action ou sa passivité - à la création d’un monde en devenir. Autrement dit encore, on ne change pas le monde, l’évolution est changement permanent, le monde change, c’est sa nature et chacun à notre échelle nous participons de ce changement.

Il ne s’agit donc pas de chercher des coupables, mais bien de prendre conscience de l’affrontement de conceptions du monde antithétiques, et porteuses de projets de monde inconciliables, il s’agit de choisir et de mettre en pratique, il s’agit d’inventer, de créer et de réaliser un projet de monde, de le concrétiser, au quotidien.

Cette question du choix d’un avenir est donc centrale. J’ai fait une série de choix qui m’ont conduite à poser un principe fondateur « Chacun a droit au respect et aux moyens de la dignité du seul fait qu’il existe ». 

Or ce qui pour beaucoup d’entre nous ressemble à une évidence, n’est pas unanimement partagé. Que bien du contraire dans un monde où se multiplient les foyers de guerre qui n’existent que parce que certains affirment, en se fondant sur des critères (souvent ad-hoc) qui leur sont propres, avoir d’avantages de droits que d’autres, entre autres, le droit de main mise par une minorité sur l’ensemble des ressources (celles dites « humaines » comprises) de la planète étant le problème majeur auquel nous sommes confrontés (nous qui partageons ce principe et également le refus de toute forme d’ingénierie sociale ou de dérives sécuritaires…) actuellement. Une nouvelle phase d’accumulation du capital - une phase monopolistique qui constitue pour différentes raisons un changement de nature du capitalisme, sa phase ultime, qui conduira soit à sa disparition, soit à celle du vivant – met d’emblée ceux qui s’opposent à cela dans un état de guerre. Non pas que tel soit leur choix, mais que celui du camp adverse, est l’état de guerre contre tous ceux qui s’opposent à leur dessein de domination du spectre total, comme l’exprime entre autre le programme du Pentagone (J.V. 2020), leur programme.

Un sacré boulot d’éducation permanente, culture politique et historique mais également l’apprentissage et le développement de savoir-faire artisanaux concrètement productifs tant en terme de convivialité heureuse (croissance qualitative) que dans ceux de la production d’objets matériels destinés à la consommation ou trouvant place dans la durée. Et pour cela, il nous faut des lieux pour habiter le monde, ce qui nous place d’emblée dans une guerre qui ne dit pas son nom, celle de l’appropriation du territoire par ceux qui l’accapare et/ou en réglemente l’usage de manière toujours plus contraignante.

J’aurai certainement bien des informations à diffuser au cours des mois à venir concernant les choix imposé par les pouvoirs pas très publics  (et ceux à qui ils obéissent) en matière d’aménagement du territoire, et j’espère aussi avoir quelques éléments concrets à faire circuler concernant ceux qui leur résistent.

Ma petite victoire présente est de me retrouver à nouveau habitant légalement ma petite caravane malgré tous les obstacles mis à l’habitat permanent dans ce type de logement et tous les autres obstacles rencontrés au cours des dernières années, pure malveillance ou venant de ceux –les crétins systémiques - qui sont atteint de cette étrange perversion de vouloir protéger les autres de leurs propres choix a-normaux.

 

A suivre…

Anne

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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commentaires

Anne-Marie 29/08/2013 17:22


Le sentiment d'impuissance, le manque de solidarité, la société individualiste, l'impression( et n'est-ce qu'une impression ?) d'être de plus en plus dépossédé de notre vie, la société de
consommation qui en étrangle tellement sous les dettes, ...


J'ai aussi souvent l'impression de devoir dépenser tellement d'énergie pour continuer à résister le peu (très peu, trop peu ?) que je fait, l'impression de parler dans les vide, à dire :
attention, on vous ment, on vous manipule, arrêter de sur-con-sommer, ....la plupart s'en fichent, et, personnellement, je pense qu'il est déjà trop tard. Ce qui ne m'empêche pas de continuer à
essayer de ne "pas être un indien qui marche dans la file" comme le disait Achille Chavée

Anne Wolff 31/08/2013 16:56



Autant de questions. Des réponses qui
m’apparaissent de plus en plus clairement en ce qui concerne la signification de globalisation et sa concrétisation sur le terrain. Nos vies, de nos territoires jusqu’à la liberté de penser nous
sont progressivement confisqué, cela c’est certain. La plupart d’ailleurs semblent s’en rendre compte… mais la résignation, la fatalité et le pessimisme sont de mise pour les uns alors que
d’autres cultivent l’égocentrisme en faisant des projets d’ascension de la hiérarchie sociale et financière, prêt à écraser qui leur feraient obstacle. J’ai de plus en plus de mal à comprendre
ceux qui se revendiquent de l’humanité.


Et malgré tout moi non plus je ne
renoncerai pas à défendre mes rêves parce que ce serait renoncer à mon intégrité, ce sans quoi la vie n’a plus de sens. Je partage de plus en plus ce sentiment qu’on du éprouver les résistants de
tous temps et lieux, quand l’étau de la domination et de la répression se resserre : il n’y a plus grand-chose à perdre, il y a tout à gagner…


(désolée pourla suite annoncée,j'ai
beaucoup de mal à rassembler mes idées en ce moment, trop d'évnements en attente de décodage, alors que je n'ai pas encore finit de mettre mes petites affaires en place et que je suis encore bien
fatiguée. Cela viendra,toute personne qui partage ce sentiment de souvent parler dans le vide, fait qu'au moins je me sens un peu moins seule, un début d'espoir...)



Anne-Marie 28/08/2013 18:43


Heureuse que tu aies trouvé un coin où te poser.

Anne Wolff 29/08/2013 07:26







 


Merci
Anne-Marie,


Ouf ! Pour la
première fois hier soir, grâce à mon nouvel auvent, l’aventure de la semaine, je me sens enfin posée. Ce n’est pas la montagne dont je garde la nostalgie mais c’est ce que j’ai connu de plus
proche depuis 9 ans ! Sentiment étrange de ne plus côtoyer cette misère rencontrée à Bruxelles. Il n’y a rien de comparable ici, entre autre grâce au magnifique travail du Miroir Vagabond.
Sentiment encore plus étrange, ce n’est pas que cela me manque en soi, mais je me rappelle d’avoir ouvert au hasard un jour un de cahiers de mon journal de montagne (perdu depuis) et d’être
tombée sur cette phrase « Ai-je le droit d’être aussi heureuse alors que le monde va si mal ?», et je n’avais qu’une faible idée alors des malheurs du monde et aucune prémonition
de ce qui était à venir…


Jeudi, jour J ? Les
USA vont-ils mettre leur menace à exécution et attaquer officiellement cette fois, la Syrie ? En sommes-nous à ce pont de bascule qui fera de la guerre globale l’état du monde, de notre
monde ? Et ce dans l’inconscience incroyable d’une bonne partie des Occidentaux assis sur les lauriers d’un passé de lutte pour les droits humains qui depuis longtemps tombent en
poussière ?


Je suis étonnée,
toujours, de constater le manque d’intérêts d’une majorité de gens pour le devenir du monde dans lequel ils vivent et leur passion par contre pour tout ce qui est diversion. J’ai lu cette été les
« Mémoires de la Passionaria », l’histoire tragique d’une Espagne assassinée dans l’indifférence de ses voisins et avec la complicité des pétroliers US qui fournissent le carburant aux
forces fascistes italiennes et allemandes qui soutiennent les fascistes locaux. C’est alors que nous avons perdu cette guerre qui depuis n’a plus cessé. Une guerre qui marque les débuts du
fascisme, du nazisme et non leur fin ; hier je trouve sur KAOSENLARED  
un article qui renvoie à toute une série d’évènements qui sont autant de manifestations avérées de reconnaissance et soutien au franquisme par le PP actuel, et les liens de l’ancien premier
ministre de ce pays, Aznar, avec tous ce que l’Amérique Latine compte de pire extrême-droite, dont le parti UnoAmerica d’Uribe ne sont pas un secret.


Après l’Irak, après la
Libye, les gens n’ont toujours pas les yeux ouverts sur la vraie nature de ces « interventions humanitaires », rien que d’écrire ce mensonge éhontée me révulse, de l’assassinat
institutionnalisé et industrialisé voilà ce dont il est question. Avec en toile de fond le désir de quelques fous avides et psychopathes de dominer la planète… un vrai cauchemar ! Ce qui me
touche le plus, dans mon appartenance à l’humanité en général, c’est cette indifférence publique pour le sort de nos congénères d’autres régions du monde. Un enfant qui meurt, un humain pacifique
qui meurt de la guerre en n’importe quel lieu de la planète, c’est notre cœur, notre âme qu’on assassine.


Aucune des personnes à
qui j’ai posé la question n’avait entendu parler de la Passionaria, à quelques-uns le nom de Rosa Luxembourg évoquait bien quelque chose mais ils ne savaient pas trop quoi… pourtant certaines de
ses personnes prétendent mener une lutte politique… mais comment faire avec une telle méconnaissance de l’histoire ?


A suivre…


Anne 



Virginie JOSEPH 24/08/2013 21:59

Ravie de te retrouver Anne ! Et merci de cette entrée en matière pour ton retour ...

Anne Wolff 26/08/2013 22:35



En ce moment, c’est moi qui du fond du
cœur remercie cette communauté du web, qui me permet de garder la tête hors de l’eau. Les chercheurs chacun à sa mesure, qui essayent de comprendre le monde. Je rencontre tellement d’ignorante
fatalité parmi « le bon peuple » qui ne veut pourtant pas de ce monde que d’autres fabriquent sans nous consulter. Sans cette recherche d’intelligence que je rencontre ici, et ce
partage qui nous permet d’avancer, et cette réelle amitié que je ressens dans nos échanges, je crois que je serais désespérée.


Le partage fait ici me permet d’amener
aux braves gens que je rencontre un peu de lumière, d’espoir, un sens…


A bientôt


Anne



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  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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