16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 07:50




De l’histoire de Cendrillon, j’ai retenu les petites souris et tous ses amis qui soudain décident de l’aider et c’est une grande fête peine de joie et d’activité, c’est un moment magique. Cendrillon dit : « Personne ne pourra m’empêcher de rêver ». Je n’ai rien retenu du bal, ni du reste, c’est un disque que j’avais et j’étais toute petite, mais ce moment et cette phrase vivent en moi.

 


Rêver. Ce sont nos rêves qu’on assassine. Pour les êtres qui vivaient sur cette terre qui aujourd’hui est connue sous le nom d’Etats-Unis d’Amérique du Nord, mais qui il n’y a pas si longtemps était tout autre chose, vivre éveillé était très proche de ce nous appelons rêver. Mais pour eux, le rêve a virer au cauchemar, ils ont vu leurs terres dévastées et ceux qui survécurent furent mis dans les premiers camps de ce pays. On a beau les appeler réserves, ce ne sont rien d’autres que les camps de concentrations où furent confinés les habitants de ce pays.

 

 


La notion de propriété leur était étrangère. Dans le Nord-Ouest les tribus, pas à pas, arpentaient les grandes plaines. Comment auraient-ils pu comprendre ceux qui sont venus clore les terres de barbelés proclamant ceci est à moi. Drôle de mentalité pour un visiteur, pas très respectueux des coutumes locales. Tous n’étaient pas comme cela. Il existe de multiples récits de rencontre entre des voyageurs et les habitants. Rencontre entre les voisins venus ensemble d’un village écossais et une tribu de creek ou de cherokee qui sont très proches et fondent ensemble de nouvelles familles.

 

 


Tous les colons n’arrivaient pas armés de fusils pour réquisitionner une terre au nom de la loi de celui qui détient l’arme la plus meurtrière. Certains devaient vendre quelques années de leurs vies,  5ans, 7 ans pendant lesquels ils s’engageaient à travailler comme les esclaves pour payer leur passage en bateau.




Tocqueville retient deux grands types de peuplement, qui se répartissent entre le Nord où débarquent les sectes qui fuient l’Angleterre qui se démocratise et où elles ne trouvent plus leur place. Au sud, ce sont les fils de famille qui ont commis quelques méfaits et qu’il est plus prudent d’envoyer prendre l’air ailleurs, et toutes sortes d’amateurs d’aventures.

 












C’est un bien jeune pays. N’oublions pas qu’à la date de son indépendance il n’est pas plus proche de ce qu’il est aujourd’hui que la France d’Aliénor d’Aquitaine ne l’était de celle d’aujourd’hui. Des Nations en gestations, mais la notion de nation est bien neuve et n’a pas fait long feu, puisque nous assistons d’une part à de grands regroupements comme celui de l’Union Européenne qui marque un net recul du pouvoir des nations. Un sujet qui devrait faire l’objet d’un débat populaire car ses conséquences influent sur nos vies de manières significatives, alors qu’on nous les impose. D’autres nations implosent, balkanisation…

 


Je déplorais déjà, il y a quelques années, le manque de mise en perspective historique pour considérer les grands problèmes de choix de civilisation que nous avons à résoudre. Nous oublions le sens de la durée pour nous perdre dans une suite d’instants qui ne font pas sens, incessante dissolution de la continuité. Le principe du flash, voyez comme il est utilisé dans les médias : flash d’info, flash de pub. Une incursion dans nos vies qui capte l’attention et nous projette ailleurs, une diversion.

 


L’heure est grave, ce que nous vivons, c’est un changement de civilisation. La civilisation occidentale est mourante. Son modèle n’est plus viable. En ce moment même s’opère une transformation radicale du monde et nul ne peut préjuger de l’avenir. La nouvelle civilisation sera planétaire ou ne sera pas, c’est la seule certitude. Quand bien même le monde devrait éclater en une multitude de petites cellules, comme pour les écossais et les creeks, des similitudes existeraient entre des cellules situées aux antipodes les unes par rapport aux autres.



Nous entrons dans une période de transition et chaque acte que nous poseront, si petit soit-il, pourrait avoir une influence significative sur l’avenir de la planète. Notre responsabilité est engagée, que nous le voulions ou non.

 

 

De ce qui suit je parlerai plus longuement quand j’aurai pu rassembler mes idées,  et que j’aurai retrouvé mon sens de l’humour, mais j’ai envie de le poser dès maintenant. Il ne faut pas confondre « sens des responsabilités » et « esprit de sérieux ». La plupart des gens, et plus ils sont placés haut dans la hiérarchie sociale, plus c’est pire, sont englués dans l’esprit de sérieux.  C’est assez logique puisque « être capable de faire preuve d’esprit de sérieux » est incontestablement un critère de sélection sociale.

 

 


Je vous disais qu’il allait falloir lâcher du lest pour pouvoir décoller de ce sinistre monde, la civilisation occidentale moribonde. Un des trucs à larguer en priorité, c’est l’esprit de sérieux, on ne construit rien de beau avec cela et c’est souvent un alibi pour ne pas faire preuve de sens des responsabilités. C’est un vaste sujet. C’est toute la question de l’objectivité. L’objectivité est une fiction, il faut prendre conscience de cela. Pour des personnes, il n’existe que des subjectivités plus ou moins consciemment choisies et assumées. Plus ou moins clairement exprimées et dévoilées.



Quand je dis que ce que j’appelle mes principes sont des affirmations quand j’exprime qui je suis mais deviennent des propositions quand il s’agit d’agir ensemble, je ne dis rien d’autre. Mon discours n’a aucune prétention  à quelque objectivité que ce soit. C’est mon point de vue, unique et irréductible en ce qu’il me constitue comme personne. Complémentaire de tous les autres points de vue de tous les autres habitants de la planète dont je suis la voisine.

 

 


Ce n’est possible que si personne ne ment sur ce qu’il voit. Or l’esprit de sérieux nous apprend à nous mentir à nous-mêmes. A nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne sommes plus le « qui je suis » qui exprime la personne, nous devenons le « ce que je fais » qui exprime la fonction. L’individu ayant trouvé sa place dans la grande mécanique sociale dépouillé de sa personnalité pour agir en toute objectivité. La personne après qu’elle se soit fait violence pour se réduire à n’être plus qu’un individu, rouage de la machine.

 


C’est pourquoi je dis qu’un monde de douceur ne peut pas être fondé sur la notion d’individu. Parce que la violence faite à soi-même pour se fondre dans le moule est une caractéristique constitutive du système. Or ce que nous cherchons c’est la possibilité d’un monde sans violence. Non ? Moi si, en tout cas. Je pourrais dire de ma démarche qu’elle est une recherche de réponse concrète à la question : « Comment les gens gentils pourraient-ils changer le cours de l’histoire ? »

 

 


L’essentiel est dit. Je vais aller prendre l’air là, mettre les mains dans la terre d’un potager, j’en ai bien besoin et de rêver, éveillée.

Bonne journée, mes amis.

 


 

Anne


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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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