25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 10:23

 

 

 

 

Pourquoi ont-ils renversé Lugo ?


Il y a quelques minutes la farce achevait de se consommer : le président du Paraguay Fernando Lugo a été destitué de sa charge par un jugement plus que sommaire par lequel le Sénat le plus corrompu des Amériques – et ce n’est pas peu dire ! – le déclara coupable de « mauvais accomplissement » de ses fonctions en ce qui concerne les meurtres qui se sont produits dans l’expulsion d’une finca à Curuguaty.

Il est difficile de savoir ce qui pourra se produire de plus ici. Ce qui est certain, comme le disait l’article de Idilio Mendez qui accompagne ce billet, la tuerie de Curuguaty était un piège monté par une droite qui, depuis que Lugo assume le pouvoir, attend le moment propice pour en finir avec un régime qui,  malgré qu’il n’ait pas affecté ses  intérêts, ouvre un espace aux protestations sociales et à l’organisation populaire incompatible avec sa domination de classe.

Malgré les multiples avertissements de nombreux alliés, à l’intérieur comme à l’extérieur du Paraguay, Lugo ne s’est pas dédié à la tâche de consolider la force sociale, constituée d’une multitude hétérogène, qui avec un grand enthousiasme l’avait élevé à la Présidence en Août 2008. Son soutien au Congrès a été absolument minime, un ou deux sénateurs au maximum ; et seule la capacité de mobilisations qui se manifestait dans les rues pouvait conférer la gouvernabilité à sa gestion. Mais il ne le comprit pas et au long de son mandat se succédèrent de multiples concessions à la droite ignorant qu'il aurait beau la favoriser toujous plus, jamais elle n’accepterait sa présidence comme légitime.

Les gestes de concession envers la droite n’ont eu pour effet que de la conforter plutôt que de la neutraliser. Malgré ces concessions Lugo fut toujours considéré comme un intrus dérangeant, même alors  qu'il promulgua les lois antiterroristes - plutôt que d’y opposer son véto - qu'à la demande de « l’Ambassade » (US Ndt), le congrès le plus corrompu des Amériques approuva. Une droite qui en principe agit toujours en accord avec Washington pour empêcher entre autres choses, l’entrée du Venezuela dans Mercosur. Lugo se rendit compte trop tard de ce que signifiait le « démocratique » dans l’institution  de l’état capitaliste qui le destitua dans un simulacre de jugement politique violant toutes les normes relatives à ce processus. Une leçon pour le peuple du Paraguay et pour tous les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes : seules une MOBILISATION ET UNE ORGANISATION POPULAIRE soutiennent les gouvernements qui souhaitent impulser un projet de transformation sociale, aussi modéré soit-il, comme ce fut le cas de Lugo. L’oligarchie et l’impérialisme jamais ne cessent de conspirer et d’agir, et quand il semble qu’ils sont résignés c’est une apparence tout à fait trompeuse, comme cela vient de se confirmer il y a quelques minutes à Asuncion.

Source : La Historia Del Día

 

Monsanto réalise un coup d’état au Paraguay

Les morts de Curuguaty et le jugement politique de Lugo

Idilio Méndez Grimaldi (*)

 

Qui est derrière cette sinistre farce ? Les promoteurs d’une idéologie qui met en avant le profit économique à n’importe quel prix et, d’autant plus, meilleur c’est,, maintenant et dans le futur. 

Le vendredi 15 juin 2012, un groupe de policiers qui allaient accomplir un ordre d’expulsion dans le département de Canindeyu à la frontière du Brésil, fut pris en embuscade par des francs-tireurs, mêlés à des paysans qui réclamaient des terres pour leur survie. L’ordre avait été donné par un juge est une procureure afin de protéger un latifundiste. Le résultat fut 17 morts, 6 policiers et 11 paysans, ainsi que des dizaines de blessés graves. Les causes : le gouvernement laxiste et timoré de Fernando Lugo a fait preuve d’une faiblesse croissante et extrême, dérivant toujours d’avantage vers la droite, au point d’être soumis à la justice politique d’un Congrès dominé par la droite ; dur revers pour la gauche et pour les organisations sociales et paysannes, accusées par l’oligarchie des propriétaires terriens de semer l’agitation chez les paysans ; une avancée pour l’agro bizness extractiviste aux mains de transnationales comme Monsanto, au moyen de la persécution des paysans et  la confiscation des leurs terres et, finalement l’installation d’une plateforme commode pour les oligarques et leurs partis de droites pour leur retour triomphal au pouvoir exécutif lors des élections de 2013.  

Le 21 octobre de 2011, le Ministère de l’Agriculture et l’Elevage, dirigé par le libéral Enzo Cardozo, autorisa illégalement la semence de coton transgénique de Monsanto Bollgard BT de la compagnie étasunienne de biotechnologie Monsanto, pour ses plantations commerciales au Paraguay. Les protestations des paysans et des organisations de défenses du milieu ambiant ne se firent pas attendre. Le génome de ce coton est mélangé avec celui de Bacillus Thurigensis, une bactérie toxique qui tue quelques-unes des pestes du coton, comme les larves du picudo, un coléoptère qui pond dans les boutons des fleurs du textil.

Le Service National de Qualité et Santé Végétale et des Semences, SENAVE, autre institut de l’état paraguayen, dirigé par Michel Lovera, n’a pas inscrit cette semence dans les registres de cultures n’ayant pas reçu d’instructions du Ministère de la Santé et du Secrétariat du Milieu Ambiant, comme l’exige la législation.

Campagne médiatique

Pendant les mois suivants, Monsanto, par l’intermédiaire de l’Union des Corporation de Production, UGP étroitement lié au Groupe Zucolillo, qui publie le quotidien ABC Color, attaqua SUNAVE et son président pour n’avoir pas inscrit la semence transgénique de Monsanto permettant son usage commercial dans tout le pays.

Le compte à rebours définitif semble avoir été donné par une nouvelle accusation lancée part une pseudo syndicaliste de SENAVE, du nom de Silvia Martinez, qui le 7 juin passé, à travers ABC Color, accusa Lovera de corruption et népotisme dans l’institution qu’il dirige,. Martinez est l’épouse de Roberto Caceres, représentant technique de différentes entreprises agricoles, et parmi elles Agrosan, récemment acquise pour 120 millions de dollar par Syngenta, autre transnationale, toutes membres de la UGP

Le jour suivant, le vendredi8 juin, la UGP publia dans ABC, 6 colonnes : « Les 12 arguments pour détruire Lovera »(1) Ces arguments présumés furent présentés au vice-président de la République, coreligionnaire du Ministre de l’Agriculture, le libéral Frédérico Franco, qui à ce moment assumait la présidence à la place de Lugo en voyage en Asie.

Le vendredi 15 courant, à l’occasion d’une exposition annuelle organisée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, le ministre Enzo Cardozo laissa échapper un commentaire devant la presse à propos d’un supposé groupe d’investisseurs de l’Inde, du secteur agrochimique, qui abandonneraient un projet d’investissement au Paraguay à cause de la présumée corruption de SENAVE<. Mais il ne mentionna jamais de quel groupe il s’agissait. C’est pendant ces heures, ce jour-là, que se déroulèrent les évènements tragiques de Curuguatay.

Sous l’égide de l’exposition préparée par le Ministre cité, la transnationale Monsanto présenta une autre variété de coton, doublement transgénique BT et RR, résistant au Round Up, un herbicide fabriqué par, et sous brevet de Monsanto. La transnationale Nord-Américaine prétendait faire breveter cette semence transgénique au Paraguay, ainsi qu’elle l’avait déjà fait en Argentine et dans d’autres pays du monde.

Préalablement à ces faits, le quotidien ABC Color dénonça systématiquement pour des faits présumés de corruption la ministre de la Santé, Ezperanza Martinez et le Ministre du Milieu Ambiant, Oscar Rivas, deux fonctionnaires qui ne rendirent pas une expertise  favorable à Monsanto.

Monsanto factura l’année passée 30 millions de dollars, libres d’impôts, (parce que cette partie de ses revenus n’est pas déclarée) seulement sous forme de royalties pour l’usage des semences transgéniques de soja au Paraguay. Tout le soja cultivé est transgénique sur une surface qui avoisine les 3 millions d’hectares, avec une production d’environ  7 millions de tonnes en 2010.

D’autre part,  à la Chambre des Députés, un projet de Loi de Biosécurité a déjà été globalement approuvé. Ce projet prévoit la création d’une direction générale de la biosécurité à charge du Ministère de la culture, avec toute latitude pour approuver la commercialisation et mise en culture de toutes les semences transgéniques, ce qui est déjà fait pour le soja, le maïs, le riz, le coton et d’autres cultures. Ce projet de loi prévoit le remplacement du Comité de Biosécurité actuel, qui est une entité collégiale de fonctionnaires techniques de l’état paraguayen.

Et pendant que ce produisaient tous ces évènement, la UGP préparait un acte de protestation nationale contre le gouvernement de Fernando Lugo pour le 25 juin prochain. Il s’agissait d’une manifestation avec des machines agricoles, fermant une partie des routes en différents points distincts du pays. Une des revendications du dénommé « tratorazo » est la destitution de Miguel Lovera de SENAVE, ainsi que la libéralisation de toutes les semences transgéniques pour la culture commerciale.

Les connexions

La UGP est dirigée par Hector Cristaldo, appuyé par d’autres apôtres comme Ramon Sanchez – qui fait commerce dans le secteur de l’agrochimie – entre autres agents des transnationales de l’agro bizness, Cristaldo fait partie du staff de différentes entreprises du Groupe Zuccolilllo, dont le principal actionnaire est Aldo Zuccolillo, directeur propriétaire du quotidien ABC Color depuis sa fondation sous le régime de Stroessner, en 1967. Zucolillo est le dirigeant de la société Interaméricaine de presse SIP.

Le groupe Zuccolillo est le partenaire principal, au Paraguay, de Cargill, une des plus grandes transnationales de l’agro bizness du monde. La société a construit un des ports semencier les plus importants du Paraguay, dénommé PORT Union à 500 mètres de la prise d’eau de l’entreprise des eaux de l’Etat du Paraguay, sur le Rio Paraguay, sans aucune restriction. ( ?)

Les transnationales de l’agro bizness au Paraguay ne payent pratiquement pas d’impôts, grâce à la grande protection qu’elles reçoivent du congrès, dominé par la droite. Le montant de l’impôt au Paraguay est d’à peine 13 % de la valeur du PIB. 60 % des impôts récoltés par L’état du Paraguay proviennent de la Taxe sur la Valeur Ajoutée, la TVA. Les propriétaires terriens ne payent pas d’impôts. L’impôt Immobilier représente à peine O,O4 % de la totalité des impôts, quelques 5 millions de dollars, selon une estimation de la banque mondiale (2) alors que l’agro bizness produit des revenus qui correspondent à 30 % du PIB ce qui représente 6 000 millions de dollars annuels.

Le Paraguay est un des pays qui connait une des plus grandes inégalités dans le monde. 85 % des terres soit 30 millions d’hectares sont dans les mains de 2 % de propriétaires (3) qui se dédient principalement à la production éxtractiviste ou dans le pire des cas à la spéculation sur la terre.

La majorité de ces oligarques possèdent des villas à Punte del Esto à Miami et entretiennent d’étroites relations avec les transnationales du secteur financier, qui conservent leur bien mal acquis dans les paradis fiscaux où leur sont facilités les investissements à l’étranger. Tous, d’une manière ou d’une autre ont d’étroites relations avec l’agro bizness et dominent le spectre politique national, avec de larges pouvoirs d’influence sur les trois pouvoirs de l’état. Là règne la UGP, appuyée par les transnationales du secteur financier et de l’agro bizness.

Les faits de Curuguatay

Curuguatay est une ville située à l’est de la Région orientale du Paraguay, à quelques 200 km de Asuncion, capitale du Paraguay. Non loin de de Guruguatay se situe la estancia Morambi, appartenant au propriétaire terrien Blas Riquelme, avec plus de 70 mille hectares en ce lieu. Riquelme vient de la mouvance de la dictature de Stroessner (1954 – 1989) sous le régime duquel il bâtit une immense fortune, allié avec le général Andres Rodriguez, qui exécuta le coup d’état qui renversa le dictateur Stroessner. Riquelme qui fut président du parti Colorado pendant de nombreuses années et sénateur de la République, qui est propriétaires de plusieurs supermarchés et établissements d’élevage s’est approprié par des subterfuges légaux aux environs de 2 000 hectares qui appartenaient à l’état Paraguayen .

Cette parcelle fut occupée par les paysans sans terre qui ont sollicité son attribution au gouvernement de Lugo. Un juge et une procureure ont ordonné l’expulsion par le groupe des opérations spéciales GEO de la police nationale dont une majorité des membres d’élite avaient été entrainée en Colombie, sous le gouvernement de Uribe, pour la lutte contre-insurrectionnelle.

Seul un sabotage interne de la part des cadres de l’intelligence de la Police avec la complicité du Ministère Public explique l’embuscade dans laquelle moururent 6 policiers. Il est incompréhensible que des policiers hautement entraînés sous l’égide du Plan Colombie puissent tomber facilement dans un piège tendu soi-disant par des paysans comme veut le faire croire la presse dominée par les oligarques. Leurs camarades réagirent et criblèrent de balles les paysans tuant 11 d’entre eux, laissant 50 blessés. Parmi les policiers morts, il y a le chef du GEO le commissaire Erven Lovera, le frère du  colonel Alcides Lovera chef de la sécurité du président Lugo.

Le plan consiste à criminaliser, et conduire aux extrémités de la haine vis-à-vis de toutes les organisations paysannes pour forcer les paysans à abandonner la campagne à l’usage exclusif de  l’agro Bizness. C’est un processus lent et douloureux de « dépaysanisation » de la campagne Paraguayenne qui attente directement à la souveraineté alimentaire du peuple paraguayen, à la culture alimentaire du peuple paraguayen, qui sont les paysans producteurs et recréateurs de toute la culture ancestrale guarani.

Tant parquet ou le Ministère Public que le pouvoir judiciaire et la Police Nationale, ainsi que divers autres organes de l’Etat du Paraguay sont contrôlés par le moyen des conventions de coopération de USAID, l’agence de coopération des Etats-Unis.

L’assassinat du chef de la sécurité du président de la République est clairement un message direct à Fernando Lugo, qui lui dit que sa tête serait le prochain objectif, probablement à travers un jugement politique, lui qui a « droitisé » son gouvernement dans l’espoir de calmer les oligarques. Ce qui s’est passé à Curuguaty entraina la démission de Carlos Filizola le Ministre de l’Intérieur qui fut remplacé par Ruben Candia Amarilla qui est membre  du parti d’opposition Colorado, que Lugo renversa par les urnes en 2008, après 60 ans de dictature de couleur incluant la Tyrannie de Alfredo Stroessner.

Candia fut Ministre de la Justice du gouvernement coloré de Nicanor Duarte (2003-2008) et se reconverti comme procureur général de l’état pendant un temps, jusqu’à l’année passée, quand il fut remplacé par un autre coloré. Javier Dia Veron, à l’instance  de Lugo lui-même. Candia est accusé d’avoir promu la répression de dirigeants du mouvement paysan et de mouvements populaires. Sa nomination comme procureur général de l’Etat en 2005 fut approuvée par l’ambassadeur des EU de l’époque John F Keen. A Candia incombe la responsabilité d’un contrôle accru de l’USAID sur le Ministère Public et fut accusé par Fernando Lugo au début de son gouvernement de conspiration à son encontre dans le but de le renverser

Après avoir pris ses fonctions comme ministre politique de Lugo, la première chose qu’annonça Candia fut l’élimination du processus de dialogue avec les paysans qui occupent les propriétés. Le message est qu’il n’y aura pas de conversation, sinon l’application de la loi, ce qui signifie l’emploi la force policière répressive sans façons. Deux jours après que soit entré en fonction Candia Amarilla, les membres de la UGP, avec à leur tête Hector Cristaldo visitèrent le flambant Ministre de l’Intérieur, à qui ils demandèrent des garanties pour la réalisation du dit tractorazo. Toutefois, Cristaldo dit que l’utilisation  de la force pourrait être suspendue en cas de nouveau signal favorable pour la UGP (légalisation des semences transgéniques de Monsanto ; destitution de Lovera et d’autres ministres entre autres avantages pour le grand capital et les oligarques) droitisant encore d’avantage le gouvernement.

Cristaldo est précandidat à la députation pour les élections de 2013 pour un mouvement interne au parti Colorado, dirigé par Horacio Cartes, un entrepreneur qui dans un passé récent à fait l’objet d’une enquête des EU pour blanchiment d’argent et narcotrafic, selon les dire du ABC Color, qui se fit l’écho de différents télégrammes du Département d’Etat US, publié par WikiLeaks, dont un parmi eux faisait directement allusion à Cartes, le 15 novembre 2011

Jugement politique de Lugo

Au cours des dernières heures, pendant que se rédigeait cette chronique, la UGP,(4) quelques membres du Parti Colorado et les propres membres du Parti Libéral Radical Authentique, PLRA, dirigé per le sénateur Blas LLano et allié du gouvernement, menace Lugo d’un jugement politique pour le destituer en tant que président de la république du Paraguay.

Lugo dépend de l’humeur des Colorado pour poursuivre son mandat présidentiel, ainsi que de ses alliés libéraux qui à présent le menacent de jugement politique, certainement à la recherche de plus d’espace de pouvoir (argent) comme gage de paix. Le Parti Colorado, allié à d’autres partis minoritaires de l’opposition, détient la majorité nécessaire pour destituer le président de ses fonctions.

Peut-être qu’ils espèrent un signal favorable de Lugo que l’UGP – au nom de Monsanto, la patrie financière des oligarques – exige du gouvernement. Au cas contraire, ils passeraient à la phase suivante du plan de main mise sur ce gouvernement qui naquis progressiste et qui a dérivé lentement pour finir conservateur contrôlé par les pouvoir fantoches.

Entre autres choses que l’on peut lui attribuer, Lugo est responsable de l’approbation de la Loi Antiterroriste, proposée par les EU dans le monde entier depuis 11/O9/01. Il autorisa en 2010 l’implantation d’une Initiative Zone Nord, consistant en implantation et déploiement de troupes et de civils US dans le Nord de la région orientale – dans les narines du Brésil – supposés développer des activités en faveur des communautés paysannes

Le Front Guazu, coalition des gauches qui appuyait Lugo, n’a pas réussi à unifier son discours et ses membres perdirent la perspective de l’analyse du pouvoir réel, tombant dans les jeux électoraux de portée immédiate. Infiltrés par l’USAID, beaucoup de membres du Front Guazu qui participent à l’administration de l’état, succombent devant les chants de sirènes du consumérisme galopant du néolibéralisme. Ils se corrompent jusqu’au cou et dans la pratique se convertissent en émules vaniteux de  riches pleins de suffisance qu’ont intégré les récents gouvernements de droite du parti Colorado.

Curuguaty contient aussi un message pour la région, en particulier pour le Brésil, à la frontière duquel se produisirent les sanglants évènements, clairement dirigés par les seigneurs de guerre, dont les théâtres d’opération ont été l’Irak, la Libye, l’Afghanistan et à présent la Syrie. Le Brésil est en train de construire une hégémonie mondiale avec la Russie, l’Inde, la Chine, appelée BRIC. Cependant les EU ne cèdent pas dans leur pouvoir de persuasion au géant d’Amérique du Sud. Le nouvel axe commercial est déjà en marche intégré par le Mexique, Panama, la Colombie, le Pérou et le Chili. C’est un mur de contention pour les désirs expansionnistes du Brésil vers le Pacifique.

Pendant que Washington poursuit son initiative diplomatique au Brésil, tachant de convaincre le gouvernement de Dilma Roussef de resserrer les liens commerciaux, technologiques et militaires. Pendant ce temps, la 4ème flotte des EU réactivée il y a quelques années après avoir été hors service dès la fin de la seconde guerre mondiale, surveille tout l’Atlantique Sud, et vogue près du Brésil au cas où il ne comprendrait pas la diplomatie.

Et le Paraguay est un pays objet de dispute entre deux pays hégémoniques, dominé en cemoment largement par les UE. Pour cela Curuguaty est aussi un petit signe au Brésil, dans le sens ou le Paraguay peut se convertir en un brasier dont l’expansion  enflammerait lé sud-ouest du Brésil.

Mais par-dessus tout, les morts de Curuguaty sont un signal du capital,  du grand capital, de l’extractivisme exploiteur qui asservit la Planète et écrase la vie dans tous les recoins de la Terre au nom de la civilisation et du développement. Par chance, les peuples du monde donnent aussi des réponses à ces signaux de la mort, avec des signaux de résistances, avec des signaux de dignité et de respect de toutes les formes de vie de la planète.

1- http://www.abc.com.py/edicion-impresa/economia/presentan-12-argumentos-para--destituir-a--lovera-411495.html

2- Documento del Banco Mundial. Paraguay. Impuesto Inmobiliario: Herramienta clave para la descentralización fiscal y el mejor uso de la tierra. Volumen I: Informe principal. 2007.

3- Censo Agropecuario Nacional 2008.

4- http://www.abc.com.py/edicion-impresa/politica/productores-se-ratifican-en-juicio-politico-416196.html

 

(*) Periodista, investigador y analista. Miembro de la Sociedad d’Economie Politique du Paraguay. Auteur du livre “Les héritiers de Stroessner” 

 

Source : Monsanto golpea en Paraguay : Los muertos de Curuguaty y el juicio político a Lugo.( Texto PDF) « La Historia Del Día

Traduction Anne Wolff

 

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commentaires

Caroleone 25/06/2012 12:34


Merci Anne pour cette traduction sur le volet avec tous les éclaircissements nécessaires qui bien sûr ne peuvent nous étonner. Le Paraguay est l'un des pays dans lequel monsanto a trouvé de suite
la porte ouverte et c'est un véritable malheur pour son peuple. Et je suis d'accord avec le fait qu'à être trop modéré quand on a un gouvernement progressiste dans ces pays là, on est forcément
sur un siège ejéctable ce qui n'excuse pas cet acte scandaleux et très inquiétant pour l'équilibre précaire des gauches sur le continent. Tu vois, tu es clairvoyante, tout s'enchaîne rapidement
et moi aussi je ressens bien le danger qui se présente chaque jour dans tous les pays. Ne crois-tu pas aussi que la maladie de Chavez redonne aussi du poil de la bête de l"espérance" aux yankees
et au capital en s'insérant dans ce qu'il pense être une brèche à l'occasion ?


Bises, je reviens prendre ton article dès que je suis retapée, parce que j'accuse le coup de ma journée d'gier très fatigante.....


Caro

Anne Wolff 25/06/2012 13:22



Bonjour Caro,


Monsanto est presque partout en Amérique Latine...  et ils en veulent plus, ils veulent tout... or il semblebien qu'une fois que leurs culturesontsur place elles bousillent toutes les espèce
locales par effet croisés... polinisation par leurs monstres et destruction par le Round Up...


La moitié des terres cultivables d'Argentine sont passées au soja OGM, et comme Mansanto ment et qu'un unique "désherbagetotal" ne suffit pas chaque année des monceaux de Round UP sont épandus
par avion... qui passent au-dessus des villages et avec les vents détruisent les cultures avoisinante... puis la terre se strérilise et il reste l'amarante...


Je pense que Lugo n'avait pas beaucoup d'espace de manoeuvre, mais qu'il a néanmoins mal joué... si Chave est aussi populaire c'est qu'il encourage le peuple à s'organiser intelligement.. lors de
la tentative de coup d'état de 2002, une grande partie des millions de gens qui ont déferlé dans les rues brandissait la constitution, et c'est avant tout elle qu'ils défendaient.


Ma plus grande clairevoyance, c'est de me nourrir de celle de ces mouvements d'avant-garde de l'Amérique Latine qui voient bien plus clair et bien plus loin que nous. Et oui tout s'enchaîne
rapridement, mais c'est mouvement justement prédisent une nouvelle offensive du capital, qui va tenter de procéder à une nouvelle accumulation. Dans les pays qui en disposent cela concerne les
terres et les ressources minières, ici le MES et autres accords fait par dessus nos têtes font achever de confisquer les ultimes ressources financières des peuples.


Je crois que la maladie de Chavez est épiphénoménale... Obama est digne du prix Nobel de la guerre... et dès les début de son mandat l'offensive à recommencé avec le coup d'état au Honduras...
regarde les policiers locaux ont été entraînés dans le cadre du Plan Colombia, l'Usaid a une grande influence sur le gouvernement... alors oui la maladie de Chavez est un + pour eux et je crois
qu'on peut dire merci à la qualité de la médecine cubaine de l'avoir encore parmi nous...


Mais celui que j'appellecapital monopolistique concentrationnaire passe à l'offensive sur toute la planète... et cela provoquera de toute manière des effets imprévus... espérons que ce soit à
l'avantage des 99 %


Bisous


Anne



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