7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 20:54

 

 

Obama a décidé que c’est plus sûr d’acheter le Congrès que de faire cavalier seul

Paul Craig Roberts                  
Alors qu’il réclamait encore des pouvoirs dictatoriaux pour déclencher une guerre de sa propre autorité, Obama a mis son attaque unilatérale contre la Syrie en attente quand il a reçu une lettre de plus de 160 membres de la Chambre des représentants lui rappelant que mener le pays à la guerre sans l’approbation du Congrès est une faute pouvant entrainer la destitution, et quand il a vu qu’aucun des pays qui auraient pu servir de couverture pour un crime de guerre, pas même le gouvernement de la marionnette britannique et les Etats fantoches de l’OTAN, ne soutiendrait  l’agression militaire américaine annoncée contre la Syrie.
Obama s’en est tiré avec l’attaque de la Libye sans le feu du Congrès, parce qu’il a utilisé des marionnettes de l’OTAN, et non les forces militaires américaines. Ce stratagème a permis à Obama de dire  que les Etats-Unis n’étaient pas directement impliqués.
Maintenant que le manque de couverture et le défi du Congrès ont poussé l’apprenti-tyran Obama à suspendre son attaque contre la Syrie, que pouvons-nous attendre ?
Si Obama était intelligent, et clairement, quelqu’un qui peut nommer Susan Rice comme son conseiller à la sécurité nationale n’est pas intelligent, il laisserait tout simplement l’attaque contre la Syrie se fondre en arrière-plan et mourir, tandis que le Congrès retournerait le 9 Septembre faire face aux problèmes insolubles du déficit budgétaire et du plafond de la dette.
Une administration compétente se rendrait compte qu’un gouvernement qui est incapable de payer ses factures sans usage intensif de la planche à billets est en bien trop grande difficulté pour se préoccuper de ce qui se passe en Syrie. Aucune administration compétente ne risquerait une frappe militaire qui pourrait entraîner un embrasement du Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole, aggravant ainsi la situation économique à laquelle Washington fait face.
Mais Obama et sa bande d’incompétents ont démontré qu’ils n’ont aucune compétence. Le régime est aussi corrompu, et tout l’édifice ne repose que sur des mensonges.
Maintenant que la Maison Blanche se rend compte qu’Obama ne peut pas commettre un crime de guerre, sans couverture, voici ce que nous pouvons probablement attendre. L’argumentation va se déplacer ; ce ne sera plus Assad a-t-il ou non utilisé des armes chimiques mais plutôt que le Congrès ne doit pas saper le prestige et la crédibilité américaine en ne soutenant pas le président Obama, le dernier homme de paille pour les guerres américaines d’agression.
La Maison Blanche va soudoyer, cajoler, et intimider le Congrès. L’argument du régime sera celui du prestige et de la crédibilité de l’Amérique, le Congrès doit soutenir le président. Le Président et le Secrétaire d’Etat ont fait des déclarations sans équivoque sur la culpabilité de M. Assad et leur détermination à punir Assad. Compte tenu de la folie de Washington, la façon dont il veut punir Assad, pour (prétendument) avoir tué des syriens avec des armes chimiques, c’est de tuer plus de Syriens avec des missiles de croisière.
Si cela n’a pas de sens pour vous, vous ne faites pas partie du gouvernement d’Obama ou des médias américains, et vous ne pourrez jamais être un néoconservateur.
La Maison Blanche fera valoir que Obama a cherché un compromis avec le Congrès en le laissant voter sur la décision, et que la part du Congrès du compromis est d’apporter son soutien. Rencontrons-nous à mi-chemin, dira la Maison Blanche.
Le lobby pro-israélien, Susan Rice, les néo-conservateurs et les va-t’en-guerre ( comme les sénateurs John McCain et Lindsey Graham ) diront que le manque de soutien de l’attaque d’Obama contre la Syrie nuit à la crédibilité de l’Amérique, aide les "terroristes" et "laisse l’Amérique sans défense." C’est déjà assez, diront-ils, que Barack Obama ait montré de l’indécision en attendant l’approbation du Congrès et de l’irrésolution en substituant une frappe limitée au plan original de changement de régime.
Face aux menaces d’une coupure des dons de campagne du lobby pro-israélien et le complexe militaro-sécuritaire, la Chambre et le Sénat peuvent être poussés à "soutenir le pays", alors que celui-ci commet un autre crime de guerre. La combinaison de la corruption, l’intimidation et les appels patriotiques pour soutenir le prestige de l’Amérique peut faire basculer le Congrès. Personne ne sait vraiment si les quelque 160 membres de la Chambre sont sincères en mettant Obama en demeure, ou s’ils veulent simplement quelque chose. Peut-être veulent-ils seulement monnayer leur approbation à Obama.
Si le Congrès apporte son soutien à un autre crime de guerre américain, le Premier ministre britannique David Cameron peut revenir au Parlement et leur dire que Obama "a maintenant rallié le Congrès, offrant ainsi la couverture, et si le Parlement ne suit pas, l’argent va nous être coupé".
Peu de politiciens britanniques, autres que George Galloway, sont à l’aise avec une coupure des fonds.
Si Cameron arrive à convaincre le Parlement, les autres pays de l’OTAN pourraient décider de s’accrocher au wagon des paiements. La règle primordiale de la civilisation occidentale, c’est que plus d’argent est mieux que pas d’argent.
Washington et ses marionnettes européennes de l’OTAN critiquent la Russie et la Chine pour l’utilisation de leur droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher l’ONU d’apporter la justice, la liberté et la démocratie en Syrie. Ces faux arguments seront utilisés par les médias occidentaux presstitués pour minimiser l’importance de l’opposition du Conseil de sécurité de l’ONU à l’attaque de Washington contre la Syrie. Pourquoi Washington devrait-il être dissuadé par les membres du Conseil de sécurité qui soutiennent l’utilisation d’armes chimiques par Assad ? se demandent les putes médias américains. Les prostituées qui composent les médias américains feront tout ce qu’ils pourront pour veiller à ce que Washington tue encore plus de Syriens. Tuer est la marque de fabrique de l’Amérique.
Comme l’histoire de l’humanité le prouve, les gens feront n’importe quoi pour de l’argent. Les exceptions notables sont Edward Snowden, Bradley Manning et Julian Assange. Si une seule de ces personnes avait été à Washington et avait dit : "achetez-moi", en échange de son silence Washington aurait fourni des fortunes avec lesquelles il pourrait vivre une vie de confort.
Vu comment le gouvernement américain est corrompu et comment Washington est déterminé à poursuivre son plan, les inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU sont à risque. Il est peu probable qu’ils aient un accident comme les SEAL Team Six (NDT : ceux qui sont censés avoir tué Ben Laden). Mais, à moins qu’ils ne soient  séquestrés comme un jury, ils sont des cibles pour la corruption. Si le rapport de l’ONU ne soutient pas la position de la Maison Blanche, le Secrétaire général va subir des pressions pour rendre le rapport peu concluant. Après tout, c’est Washington qui signe les chèques grâce auxquels l’ONU fonctionne.
Personne ne devrait s’attendre à ce que le Congrès américain vote sur la base de la preuve. Par ailleurs, le Congrès n’a jusqu’ici toujours pas compris que, indépendamment de savoir si Assad a utilisé des armes chimiques, c’est un crime de guerre pour les Etats-Unis de commettre une agression manifeste contre la Syrie, un pays qui n’a pas attaqué les États-Unis. Ça ne regarde en rien Washington comment le gouvernement syrien réprime l’effort des extrémistes al-Nusra pour le renverser.
L’argument d’Obama qu’il est OK pour tuer des gens avec du phosphore blanc et de l’uranium appauvri, comme font les Etats-Unis et Israël, mais pas avec du gaz sarin, n’a aucune logique. http://www.washingtonsblog.com/2013/08/the-u-s-and-israel-have-used-chemical-weapons-within-the-last-8-years.html
Washington lui-même a des plans d’urgence pour utiliser des bombes anti-bunkers nucléaire contre les installations nucléaires souterraines de l’Iran. Si Washington croit que les armes de destruction massive sont inadmissibles, pourquoi en a-t-il autant, et pourquoi des plans d’urgence pour les utiliser ? Washington a-t-il des regrets d’avoir lâché deux bombes atomiques sur des villes japonaises civiles au moment même où le gouvernement japonais faisait tout ce qui était en son pouvoir pour rendre ?
Depuis la fin de la dangereuse guerre froide, la guerre chaude a été le pilier de la politique étrangère américaine. George HW Bush a attaqué l’Irak après que son ambassadeur ait donné à Saddam Hussein le feu vert pour attaquer le Koweït. Clinton a attaqué la Serbie sous de faux prétextes et sans aucune autorité constitutionnelle ou légale. George W. Bush a attaqué l’Afghanistan et l’Irak sur la base de mensonges. Obama repart à l’attaque sur l’Afghanistan et a attaqué aussi le Yémen, le Pakistan et la Somalie. Obama a envoyé ses marionnettes de l’OTAN pour attaquer la Libye, a envoyé des mercenaires en Syrie, et a maintenant l’intention d’empêcher la défaite de ses mercenaires en attaquant la Syrie.
Washington construit une chaîne de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ces bases sont extrêmement provocatrices et prédisent une guerre nucléaire.
Les États-Unis, un pays avec un vaste arsenal d’armes nucléaires, dont les dirigeants politiques sont à la fois corrompus et fous, est un grand danger pour la vie sur terre. Que Washington soit le danger numéro un au monde est désormais universellement reconnu, sauf par les Américains qui portent leur patriotisme sur leur manche. Ces dupes crédules sont les catalyseurs de la disparition de l’humanité par la guerre.
Jusqu’à ce que l’économie américaine s’effondre, Washington aura toujours de l’argent imprimé, et il pourra acheter l’acquiescement pour ses crimes. Il peut compter sur le soutien des presstitués pour raconter ses mensonges comme si c’était des faits. Le monde ne sera pas sûr jusqu’à ce que le château de cartes américain s’effondre.
Ça me désole de voir tous ces Américains mal informés qui pensent qu’ils vivent dans le meilleur pays au monde. Trop peu d’Américains se soucient que leur gouvernement ait détruit d’innombrables vies de l’Amérique centrale et le Vietnam au Moyen-Orient et l’Afrique. L’armée américaine a systématiquement assassiné des civils en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, et est responsable de pas moins de 1.000.000 morts irakiens et 4.000.000 Irakiens déplacés. La définition américaine de «meilleur pays au monde» c’est le pays qui peut assassiner les personnes les plus innocentes, des gens qui n’ont jamais attaqué l’Amérique, des gens qui regardaient autrefois l’Amérique comme l’espoir du monde et maintenant la voient comme une menace mortelle.
Trop d’Américains n’ont aucune idée qu’un cinquième de leurs concitoyens dépendent de l’appui du gouvernement, ou s’ils le savent, ils accusent les malheureux d’être des sangsues sur la bourse des contribuables. Aux Etats-Unis, les salaires et les opportunités d’emploi sont en baisse. Il n’existe aucun obstacle au pillage des citoyens par les institutions financières. Il n’y a aucune contrainte sur l’illégalité et la brutalité de la police, et aucune limite aux mensonges qui maintiennent la population américaine piégée dans la matrice de l’ignorance de la réalité.
Essayer d’imaginer comment un tel peuple peut conserver la liberté ou retenir un gouvernement dédié à la guerre donnerait des migraines.
Ces républicains qui s’inquiètent du fardeau de la dette pour nos enfants et nos petits-enfants sont inquiets au sujet d’un avenir qui pourrait ne jamais arriver. L’hubris de Washington pousse le monde vers une guerre nucléaire.
"Le meilleur pays du monde" est la force maléfique qui détruit la vie et les perspectives des différents peuples et pourrait encore détruire toute vie sur terre.
Traduction : Avic
Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

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Gilles Deleuze, février 1977.

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