Nouvelles du front de la guerre contre les pauvres
Un nouvel exemple de la guerre totale. Un de ces petits faits, qui s’ajoute à tant d’autres et confirme que la réalité est la guerre faite aux Miséreux et non à la pauvreté. De nombreuses villes des Etats-Unis interdisent à présent aux particuliers et aux associations de distribuer de la nourriture aux sans-abris.
J’avais vu dans un texte sur « greek crisis » que le gouvernement grec voulait mettre des mesures similaires en vigueur en Grèce. C’est à travers la redondance de petits évènements de ce genre que le dessein prend forme, surtout lorsque la résonance est transatlantique.
Interdiction de nourrir les SDF. Suspicion ou réduction des paiements en monnaie liquide. Introduction des puces RFID sous des prétextes fallacieux. Préparation de forces de répression à usage intra territorial… une multitude de petits faits qui s’ajoute aux grandes lignes et nous donne la couleur. C’était lors de la création d’un front SDF européen, auquel je ne participe plus, parce que encore une fois je me suis retrouvée dans le cadre d’un associatif alibi du pouvoir qui reste à distance de ceux que leur démarche concerne, que je me suis retrouvée par hasard à loger à l’hôtel. Et bien sûr dans ma chambre, il y avait la télévision. Le matin, les « Nious » pour les enfants. J’ai appris qu’en Belgique, il était question d’interdire de donner la nourriture à la date limite de vente à ceux qui viennent la récolter, dans les grandes surfaces ou chez d’autres donateurs… cette nourriture serait à présent destinée à être transformée en combustible. Des affameurs, je vous dit. Et bientôt, nous serons passible d’amende si nous cueillons des orties pour en faire une soupe. La diffusion de la recette du purin d’ortie est déjà pénalisée en France.
Le représentant de la Hollande lors de la création de ce front SDF européen appartenait à la police de l’environnement d’Amsterdam. Il nous explique comment cette ville opère un nettoyage des sans-abris locaux. Tout SDF qui veut obtenir un revenu de remplacement doit s’inscrire sur un registre. Il reçoit alors un carnet avec 10 points. Etre surpris à boire dans la rue : - 3 points et/ou (la traduction simultanée n’était pas très bonne) 50 euros d’amende. Etre pris à dormir dans la rue : - 5 points et/ou 70 euros d’amende. Zéro points vous conduise pour trois mois en prison à l’issue de quoi vous êtes envoyé au travail obligatoire à la ferme pour des durées que je n’ai pas réussi à me faire préciser. Je suis la seule à m’indigner, la seule à trouver que cela est inacceptable et qu’il faut réagir. Le lendemain, me voici à discuter, avec un gars bien intéressant qui fait la manche près d’une gare bruxelloise. Intelligent et éduqué, il fait partie de ceux qui pour qui habiter la rue est presque un art. Il est vrai que je bois une bière et que je suis assise à ces côtés pour discuter de la nécessité de se serrer les coudes pour lutter contre la précarité grandissante. Passe des Allemands, eux aussi délégués pour la constitution de ce front, je les salue, ils me toisent avec beaucoup de mépris…. Comment assise par terre, à boire une bière en compagnie d’un flagrant sans-abri… quelle honte !
J’ai pas envie de bosser avec ces gens qui sont finalement des sortes d’alibis institutionnalisés du système, qui savent bien de quel côté leur viennent leur salaire et à qui il faut complaire.
Tout cela pour dire que ben oui, il y a une tendance à couper par tous les moyens les sources d’approvisionnements possibles pour les sans-abris et oui, il y a bien une tendance à retourner vers les conditions du 19ème siècle et autre époque de criminalisation du vagabondage.
Plus les habitants d’un pays ont de réticence, plus il y aura de grignotage pour les vaincre. Plus il faudra faire mousser ou créer l’évènement qui justifiera certaines mesures de répression ou d’éradication indirecte… les villes qui interdisent de faire la manche, celle qui jettent des substances dissuasives là où des sans-abris pourraient avoir envie de s’installer pour dormir. Les consignes données aux flics de pratiquer le harcèlement en réveillant systématiquement et de manière répétitives ceux qui dorment dans la rue et certaines brigades connues pour les « mauvais traitements » infligés à ceux qui n’ont pas de moyens de se défendre…
A Ixelles (Bruxelles), j’ai pu constater que depuis quelques années l’attitude de la police se dégrade et que de plus en plus, certains flics ne se gênent pas pour insulter, brimer ceux qui se trouvent en état de faiblesse. On sent derrière leur attitude un conditionnement, tout cela nous a comme un petit air de « très très » droite dont on sait quelle gangrène la police de notre cité. On prend des moins que rien, on en fait des flics de base en leur racontant que les voilà à présent membres d’une élite, on connait la chanson. Faut pas être très observateur pour constater. D’une part, il y a les vrais fachos, purs et durs. A côté de cela, il y a un ramassis de dégénérés dont on n’aurait certainement pas voulu ailleurs. Et cela aussi prépare le terrain pour une répression accrue, dont les prémisses se font sentir.
Et souvent les victimes craignent de témoigner. Peur des représailles. Face à certains cas de dérives graves, j’ai cherché du soutien du côté d’associations qui prétendent représenter les plus « démunis »…. Que dalle… ils semblent que pour ceux-là les dérives sont une norme qu’il faut accepter sans broncher.
C’est de ce genre de phénomènes aussi que j’évoquais dans mon texte précédent, en parlant de CHOC après mes mille mètre de chute de la montagne à la ville. Je n’ai pas perçu tout de suite. A ce moment-là, je dois bien reconnaître que le parti écolo qui fait alors partie de la majorité communale fait du bon boulot. Mais les arrangements entre partis font que malgré leur succès électoral, ils ne feront pas partie de la nouvelle majorité, remplacés dans la coalition communale par le parti de l'ancienne majorité qui avait sévit pour le pire dans mon ex-belle commune et sème à présent la destruction en marche forcée à coup de millions qui disparaissent alors que tout se dégrade. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit…. Ecolo, localement dans des conditions données, et à un moment précis à fait du bon boulot… en dehors de cela, c’est surtout un ramassis de bobos déconnectés des réalités. Des zozos qui apportent un supplément d’âme au système mais ne comprennent pas grands choses à la précarité vécue (et pour qui l'écologie n'a rien d'une écosophie mais reste dbien subordonnée à l'économie) très clairement plus préoccupés du confort des éco-bobo- touristes que des questions concrètes de crise du logementet trouvant plus intéressant de chercher à établirune fiche du SDF type... que d'apporter une aide concrète. Il est bien connu que tous les SDF se ressemblent, je vous parlerai bientôt de ma théorie de l'attracteur fatal, celui qui faitqu'une fois tombé dedans, l'histoire de chacu s'efface dans un devenir commun des miséreux.... mais justement,mon approche différe, ce n'est pas en établissant un fichier type qui précipite le phénomène qu'on peut améliorer la situation mais au contraire en redéployant les spécificité de chacun, l'irréductible singularité de la personne,en lui permettant de rester au contact de son histoire pour trouver un point de réenchaînement qui tienne à la fois compte de ces aspiration et de ses compétences.... une pêche au trésors cachés et non une reduction forcée par l'imposition de critères minimaliste et d'un formatage à l'intégration.
Donc à mon retour un vernis… mais la couche est fine et bientôt se craquèle. Et petit à petit tout bascule. Comme le reste du monde. Globalisation de la misère et la dictature pour imposer l’austérité. Mais donc voilà, je n’ai pas vu la progression, je n’ai pas été progressivement échaudée. Des années de douches froides et me voici dans la fournaise d’un drôle de purgatoire qui ne dit pas son nom.Et quand je lis aujourd'hui les récits qui parlent de la Grèce au quotidien, et les bonnes description anthropologique de greek crisis je sais que beaucoup d'entre nous vivent déjà la Grèce au quotidien, mais que les moins démunis jouent les autruches et neveument prendre conscience de cette réalité, par peur sans doute de ce qui pourraitbien leur arriver demain; La peur est saine quand il y a danger quand elle ne débouche pas sur la paralysie de l'impuissance. Il reste deux solutions fuir le danger ou l'affronter. De plus en plus de Grecs choissisent la fuite et l'exil... feraont nous de même pendant que les sédentaires subiront comme la proie fascinée par son prédateurqui se prépare à être mangée toute crue ?
Tout ceci pour vous présenter la nouvelle tendance, celle qui vise à interdire la don de nourriture aux plus précaires, les infos à ce sujet
Et ici en améranglais et en direct : Feeding The Homeless BANNED In Major Cities All Over America
Et ô merveille, je viens de découvrit une traduction en français ici :
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