14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 08:25

 

Les officiels étasuniens se pavanent à la face du monde, remplis d’autosatisfaction, la main sur la crosse du revolver. Ils s’introduisent en tous lieux, se mêlent de tout, flagornant les uns, menaçant les autres. Ils ne sont pas très appréciés en fait… et ils le savent. Allez voir le consulat américain à Casablanca : le summum de la paranoïa et du caprice est désormais atteint. Des barricades grotesques en ciment armé enjambent les trottoirs, débordent allégrement sur la chaussée du boulevard, ne laissant à la circulation des voitures qu’un corridor exigu. Les automobilistes de passage se disaient au début qu’une telle insolence n’allait pas durer. Mais elle dure depuis des années. On ne peut rien refuser à l’Oncle Sam. En fait, n’est-ce pas lui qui décide ? Au diable donc les bouchons et les jérémiades des passants.

Les Etasuniens tiennent pour établi qu’ils personnifient le Bien. Dans leurs manuels scolaires, ils se font un devoir de le souligner : « les Etats-Unis ont été une sorte d’Armée du Salut pour le reste du monde : tout au long de l’histoire, ce pays n’a fait qu’aider les pays pauvres, ignorants et malades… Les Etats-Unis ont toujours agi avec désintéressement, toujours au nom de grands principes ; ils ont toujours donné et jamais pris ». [1] La secrétaire d’Etat Madeleine Allbright, qui a été en 1999 à l’origine du bombardement criminel (pendant 78 jours) de l’ex-Yougoslavie, n’a pas hésité à affirmer : « Les Etats-Unis sont bons. Nous essayons de faire de notre mieux partout »… [1]

 

A cette idée de la bonté sui generis, Barak Obama est bien sûr tenu de se rallier. Tout récemment, il a concocté à qui veut l’écouter un récit amusant : « Un de nos avions a eu des ratés en survolant la Libye. Or, quand un de nos aviateurs a sauté en parachute, dans un pays dont le dirigeant a si souvent satanisé les Etats-Unis, dans une région qui a eu des relations si difficiles avec notre pays, cet Etasunien n’a pas rencontré d’ennemis, au contraire, il a été accueilli par les gens à bras ouverts. Un jeune Libyen venu le secourir lui a dit : ’Nous sommes vos amis. Nous sommes si reconnaissants envers ces hommes qui protègent notre ciel’. […] Partout où les gens rêvent d’être libres, ils trouveront un ami dans les Etats-Unis  ». Fidel Castro qui rapporte ces propos en dit ceci : « Une histoire à dormir debout ! Obama est un excellent enfileur de grands mots et de belles phrases. Il pourrait gagner sa vie à écrire des contes pour enfants ». [2] Les dirigeants à Washington croient-ils parfois ce qu’ils racontent ? Disons plutôt qu’ils ont une croyance illimitée en la jobardise de leurs concitoyens.

Ces balivernes sont assez révélatrices d’un état d’esprit. En mars 1953, le Président Eisenhower s’interrogeait innocemment : « Pourquoi ne réussissons-nous pas à nous faire aimer dans ces bleds perdus au lieu de nous faire haïr ? ». [3] Soixante ans après, cette question énigmatique est plus que jamais d’actualité… Au moins, pourrait-on dire, un dictateur maintenu en selle par les Etats-Unis et dès lors qu’il se soumet corps et âme à leurs intérêts, serait traité comme un ami. Saddam, Ben Ali et Moubarak le pensaient sincèrement. Une méprise fatale : l’Empire n’a pas d’amis, il n’a que des vassaux ou des laquais. Hilary Clinton, à la veille de la fuite de Ben Ali, s’est crue obligée de prévenir (je cite de mémoire) : « aucun dirigeant [arabe] ne doit se sentir couvert par le gouvernement américain ». Autrement dit : ne comptez pas sur nous – maintenant que le vent a tourné – pour nous porter garant et assumer la responsabilité de vos agissements.

S’il le faut, les satrapes mis en place sont renvoyés sans état d’âme. Lorsqu’ils sont politiquement discrédités et/ou ne servent pas assez les intérêts de leurs protecteurs, ils sont remplacés par de nouvelles têtes, souvent enrôlées dans les rangs même de l’opposition. Cet ordonnancement est concret et manifeste, même s’il n’est pas vérifié en tout lieux, même s’il est appelé à s’infléchir à la suite des révoltes arabes. « La cooptation des leaders d’opposition majeure et des organisations de société civile dans l’anticipation de l’effondrement d’un gouvernement marionnette autoritaire fait partie intégrante du design de Washington […] Le processus est effectué et financé par des fondations basées aux Etats-Unis, incluant la NED (National Endowment for Democracy) et Freedom House (FH) (connues pour avoir des liens avec la CIA). La NED prît en charge le financement des renversements de régimes étrangers, mais de manière ouverte et sous le vocable de ’promotion de la démocratie’ »… [4]

Pendant longtemps, les Etats-Unis se sont regardés comme le centre de la terre. Le peuple étasunien, surtout après l’implosion du bloc soviétique, se voulait « peuple élu », un peuple exceptionnel (les manuels scolaires y sont pour quelque chose). C’est le point sur lequel l’attention de tout un chacun doit se focaliser, autour duquel les nations doivent graviter. L’expression « communauté internationale », utilisée à tout bout de champ, n’est qu’une imposture. Elle désigne de facto la Maison-Blanche et tous les gouvernants (principalement en Europe) qui œuvrent docilement dans son sillage.

A ce propos, Noam Chomsky écrit sur un ton narquois : « Prenez l’idée selon laquelle la communauté internationale demande à l’Iran de cesser d’enrichir de l’uranium. Vous lisez ça partout. Qu’est-ce que c’est que cette communauté internationale au juste ? Ce n’est pas les Pays non alignés, qui représentent la majorité du monde. Ils soutiennent complètement le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium. Ils ne peuvent donc pas faire partie de la communauté internationale. Il y a quelques années y compris les citoyens étasuniens étaient d’accord sur ce point. Donc de la même façon la majorité des Étasuniens n’appartiennent pas à la communauté internationale parce que la communauté internationale c’est Washington et ses comparses » [5].

Cette vision, on ne peut plus insolite, a un corollaire : les Etatsuniens s’attribuent de façon catégorique le rôle envahissant et belliqueux du gendarme. En 1904, Theodore Roosevelt parlait déjà d’un « pouvoir de police internationale » que la « société civilisée » devait exercer sur les peuples coloniaux et qui, en Amérique latine, revenait aux Etats-Unis. Après tout, pourquoi pas ? L’Empire en vient à se sentir prééminent et invincible ; il peut « à sa guise et sous les prétextes les plus absurdes, violer la Charte de l’ONU, appliquer de cruels embargos, bombarder ou occuper des pays, assassiner des chefs d’État, provoquer des guerres civiles, financer des terroristes, organiser des coups d’État, armer Israël pour ses agressions… ». [6]

Aujourd’hui, à n’en pas douter, les Etats-Unis sont la locomotive de la nouvelle course aux armements. L’attentat du « 11 septembre » – censé captiver l’ensemble des êtres humains – a singulièrement bouleversé l’ordre géopolitique mondial et a légitimé toutes les exactions.

Le terrorisme étasunien s’est déchainé à l’extrême, plongeant le Moyen-Orient et une partie de l’Afrique dans le chaos. Je me permets de me citer : « Du temps de Bush, grâce à la formule magique du « 11 septembre », les Etats-Unis ont assumé plus que jamais le rôle de Satan sur la scène internationale. Lui et son entourage avaient l’aplomb de parler de combat du « Bien contre le Mal ». On tenait un discours réducteur : le Bien devait triompher mordicus du Mal. Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous ». [7]

Washington a réussi à convaincre, à intimider ou corrompre de nombreux pays afin qu’ils acquiescent à des accords singuliers, selon lesquels aucun contrevenant étasunien, en aucune circonstance, ne sera déféré à la Cour Pénale Internationale. A tout seigneur tout honneur… Chacun comprend qu’un tel privilège accorde la permission implicite pour les meurtres et les sévices les plus invraisemblables. Ainsi en est-il de l’Irak. Revoyons une scène connue : dans une maison, un couple et leur fille de 17 ans font face à des bidasses yankees prêts à tout. L’un d’eux, particulièrement surexcité, arrache l’adolescente des bras de son père et celui-ci, comme il s’y oppose, reçoit illico une rafale dans le ventre. La proie est ensuite trainée dans un coin… Vous vouliez la « démocratie », non ?

Viols, tortures, meurtres, saccages, humiliations… il n’y a pas de garde-fou. Comme le note Ray McGovern, de Counterpunch, « on veut transformer l’armée des Etats-Unis en une bande d’assassins qui tourne de par le monde, véritable« Murder Inc. » mondiale équipée d’armes létales de haute technologie et d’une liste de personnes à capturer ou à tuer. Nous sommes devenus une nation d’assassins  ». [8] Et l’on ne peut s’empêcher de penser avec amertume à ces interventions criminelles répétitives en Afghanistan et au Pakistan (après l’Irak et la liste est longue), au principe infâme des « deux-poids-deux-mesures » qui détermine toutes les prises de position, au soutien constant et inconditionnel à l’entité sioniste, aux droits bafoués des Palestiniens, aux dictatures dévoyées implantées de force et protégées. Que dire des prisons abominables de Guantanamo, d’Abu Ghraib et de Bagram, de la multitude de camps de concentration et de sites noirs disséminés sur la planète ? Quant aux morts et dévastations, on ne les compte plus (pour ainsi dire). Rien qu’à Fallouja, une ville irakienne de 300.000 habitants, près de 40.000 personnes ont été tuées par les bombardements US : 80% des bâtiments et infrastructures ont été démolis. Sans parler des cancers et des malformations à la naissance dont les survivants ont hérité. [9]

Les Etats-Unis sont les champions imbattables de la « guerre non provoquée ». Ils excellent, comme le constate Nazemroaya, à « dresser les gens les uns contre les autres et à détruire des nations. Ils ont divisé les Arabes qui devraient n’être qu’une seule nation. Ils ont contribué à diviser le peuple de l’Inde. Ils ont divisé les Slaves du sud dans les Balkans. Ils ont divisé les peuples de l’Asie du Sud-est. Ils ont travaillé à diviser l’île de Taiwan de la Chine continentale. Ils ont œuvré pour que l’Ukraine se batte contre la Russie. Avec Israël et l’Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et les Libanais. Maintenant les Etats-Unis et l’UE ont l’intention de diviser davantage les Arabes, et de créer aussi des divisions dans les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. Et ils continuent à diviser les Musulmans en les identifiant comme chiites ou sunnites. Ils continuent aussi à travailler d’arrache-pied pour diviser la Russie, l’Iran et la Chine ». [10] Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour avoir le dessus ! L’Europe, bien entendu, se contente de s’aligner jour après jour sur les décisions de Washington. Regardez Sarkozy se démener lui aussi sans retenue en prenant Bush pour modèle…

Et puis, il y a la face économique de la médaille : le pillage des richesses des pays dominés, grâce entre autres aux subterfuges du FMI et de la Banque MondialeTous les pays où des mutations anti-Empire ont eu lieu ont essuyé une agression militaire étasunienne (Viêt-Nam des années 1960, Cuba, Venezuela, Bolivie…), ont subi et subissent diverses opérations nuisibles en sous-main (financement de mouvements d’opposition, espionnage militaire, armement de groupes paramilitaires, actions de déstabilisation)… En Colombie par exemple, la population se sent littéralement humiliée par le trop-plein d’abjection et de servilité des hommes au pouvoir. Dans une telle situation, l’humour populaire supplée à la colère : « les fonctionnaires colombiens passent par les magasins de sport pour acheter des genouillères avant d’aller à l’ambassade des Etats-Unis ». Jorge Botero, qui évoque cette blague amère, constate : « Nous sommes une espèce de colonie, une espèce de porte-avion pour les Etats-Unis, une espèce d’Israël en Amérique latine ». [11]

On s’aperçoit vite à quel point certains esprits ont eu tort de mettre le terme impérialisme au rancart (sous prétexte que « les temps ont changé »). « Dans des pays gouvernés par la logique capitaliste de maximalisation des profits, il [l’impérialisme] désigne la propension des Etats à s’assurer la soumission de territoires étrangers dans le seul but de capter leurs marchés et de s’approprier leurs ressources naturelles. Naguère, c’était la ’mission civilisatrice’ […]. Aujourd’hui, c’est la cause ’humanitaire’ et son corollaire le ’droit d’ingérence’ ». [12]

Les platitudes d’Obama sur « la démocratie » (toujours débitées d’un air sérieux) sont destinées à berner les masses crédules, en premier lieu aux Etats-Unis et en Europe. Et l’artifice fonctionne : en Egypte, tout récemment, la plupart des activistes au sein du mouvement de protestation inclinaient à penser qu’Obama était dévoué à la démocratie et aux droits de l’Homme, cherchait à aider l’opposition à éliminer un dictateur… Dans le monde arabe, l’Empire a tout fait pour empêcher l’instauration d’une véritable démocratie (et du progrès social). Les laquais qu’il plaçait au pouvoir ont été, comme il se doit, des ennemis de la démocratie.

Le fait est logique, comme l’explique Chomsky : « dans toute la région, une majorité écrasante de la population considère que les Etats-Unis sont la principale menace contre leurs intérêts. De fait, l’opposition à la politique U.S. est si forte que l’immense majorité d’entre eux pensent que la région serait plus en sécurité si l’Iran possédait l’arme nucléaire. En Egypte, le pays le plus important, ce taux est de 80 %. Et le pourcentage est pratiquement le même ailleurs ». [13] A ce titre, Michel Collon écrit : « Parce que si les peuples peuvent décider eux-mêmes comment utiliser leurs richesses et leur travail, alors les privilèges des corrompus et des profiteurs seront en grand danger ! Pour cacher leur refus de démocratie, les Etats-Unis et leurs alliés agitent dans les médias le péril islamiste ». [14]

Au Moyen-Orient – vu son poids stratégique considérable – le choix politique des Etats-Unis est à coup sûr la répression. Et pour servir cette politique, un Etat-policier devient l’allié privilégié. C’est ainsi que des régimes tyranniques et infâmes sont échafaudés et mis en place. « C’est un outil essentiel de la politique US. Après la Deuxième Guerre mondiale, […] le diplomate George F. Kennan a écrit un article qui allait avoir un impact énorme sur la politique étrangère de son pays. Kennan expliquait que les Etats-Unis représentaient 6% de la population mondiale mais consommaient 50% des richesses de la planète. L’objectif était de creuser d’avantage ce fossé ! Selon Kennan, les droits de l’homme et la démocratie n’étaient pas une préoccupation première pour les Etats-Unis. Mais si un gouvernement révolutionnaire émergeait quelque part et menaçait les intérêts US, Washington devait intervenir en utilisant les droits de l’homme et la démocratie comme prétexte ». [15]

Ici nous rejoignons la position adoptée par le Conseil d’État chinois à propos de la situation désastreuse aux Etats-Unis (sur la base du rapport annuel US sur les violations des droits humains) : « Ce sont les Etats-Unis qui violent le plus les droits humains, aussi bien dans le pays même que dans le reste du monde, et c’est l’une des nations qui garantissent le moins la vie, les biens et la sécurité personnelle des habitants ». [16]

Voyons ce qu’il en est de la démocratie, de la liberté d’expression et des droits de l’homme dans ce pays ? Trois exemples parmi les plus récents indiquent qu’ils sont foulés aux pieds et montrent à quel point le système juridique US est inique et cynique.

Lynne Stewart, enfermée dans une prison effrayante, vit dans sa chair la brutalité d’un pouvoir qui ne respecte plus ses propres lois. Elle est privée de la liberté de parole et du droit d’être jugée publiquement par un jury impartial. Pour quelles raisons ? Elle a été l’avocate admirée des causes les plus radicales (mouvements noirs, groupuscules révolutionnaires). Un jour, elle a pris la défense du chef islamiste Omar Abdel Rahman. Elle est alors accusée de complicité de terrorisme (conformément à la règle bien connue qui dit que l’avocat d’un malfaiteur est un malfaiteur).

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a mis les autorités US en colère, en rendant publics des milliers de notes diplomatiques ainsi que des vidéos (notamment sur les guerres en Afghanistan et en Irak) accusant directement les Etats-Unis. Il est poursuivi pour « trahison » et des officiels (en plus d’un éditorialiste connu du Washington Times) appellent même à son élimination physique. Rien que ça !

Quant au jeune Bradley Manning, soupçonné d’avoir transmis à WikiLeaks des milliers de documents secrets, il est maintenu lui aussi dans un goulag, sans ses vêtements et dans un isolement de 23 heures par jour. Aujourd’hui, après plus d’un an, la lente dégradation de sa santé mentale est alarmante (l’isolement solitaire est l’une des pires tortures). [17]

Dans le pays du « rêve américain », l’option fasciste a pris corps ces derniers temps, avec notamment la naissance et l’expansion du Tea Party (parallèlement à l’escalade féroce de la droite en Europe). Et voilà qu’Obama passe pour être « trop intellectuel », pas assez yankee. On voudrait plus de drones, plus de bombes à fragmentation, plus d’uranium appauvri, davantage d’agressivité et d’assassinats commis au hasard…

Tant de conflits, de pilonnages, de saccages et d’injustices… devait-on en arriver là ? A l’heure du capitalisme néolibéral mondialisé, d’un capitalisme prédateur et décadent, d’un système fondé sur les valeurs maffieuses et la rapine… oui, c’est une conséquence logique.

Malgré tout, rien n’est immuable. Ici et là, l’Empire perd du terrain. Il n’est que d’évoquer la montée en puissance de la Chine (notamment sa percée économique extraordinaire sur le continent africain), la volonté d’indépendance des pays comme le Venezuela, le Brésil, l’Inde et la Turquie. En Amérique Latine, les mutations anti-impérialistes ont désormais ouvert la voie en s’inspirant de la résistance héroïque de Cuba. Washington se retrouve sans représentation diplomatique dans trois pays : la Bolivie, le Venezuela et l’Equateur. Au Moyen-Orient, les résistances nationales afghanes et irakiennes mettent visiblement en échec les troupes d’occupation de l’Otan. Les révoltes arabes, en dépit de la contre-attaque insidieuse, ont fini par affaiblir l’impérialisme. Ce revirement est irréversible par essence ; revenir à la situation antérieure d’asservissement et de répression ne me parait pas plausible. On apprend que le peuple égyptien, longtemps anesthésié et humilié sous le régime de Moubarak, manifeste ouvertement son hostilité à l’égard des intrigants étasuniens (très actifs depuis février). Quant à l’Irak, il n’a permis en fin de compte qu’à une seule compagnie US de tirer profit du pétrole – face à celles de la Malaisie et de la Chine (selon Mohamed Hassan).

Les faits donnent à penser que le déclin des Etats-Unis est amorcé et le rapport de la CIA intitulé « Le monde en 2025 » convient qu’à cette date ils ne seront plus les maîtres du monde. Cela n’est donc pas près d’arriver : aujourd’hui, ils se cramponnent à leur « imperial hubris », leur arrogance impérialiste. La première puissance militaire mondiale peut encore frapper. Ne dit-on pas qu’un ours blessé peut faire de gros dégâts (Lode Vanoost) ?

Thami BOUHMOUCH

(professeur universitaire, Casablanca).

19/8/2011

http://bouhmouch.over-blog.com/

[1] Cf. William BLUM, http://www.legrandsoir.info/etats-unis-une-incessante-quete-d-amour-et-une-agressivite-constante.html Juillet 2011

[2] Fidel CASTRO, http://www.legrandsoir.info/Le-meilleur-et-le-plus-intelligent.html Avril 2011

[3] Cf. William BLUM, op. cit.

[4] Michel Chossudovsky, http://fr.sott.net/articles/show/2362-Le-mouvement-de-protestation-en-Egypte- Janvier 2011

[5] Noam CHOMSKY, http://www.legrandsoir.info/La-sauvagerie-de-l-imperialisme-etats-unien-3.html Février 2011

[6] Michel Collon, http://www.michelcollon.info/Le-monde-change-et-nous-avons-un.html Février 2011

[7] Thami BOUHMOUCH, http://www.legrandsoir.info/Israel-la-bride-sur-le-cou.html 1/09/2010

ou : http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Thami_Bouhmouch.010910.htm

ou : http://www.lepost.fr/article/2010/09/16/2223536_israel-la-bride-sur-le-cou.html

[8] Lucio MANISCO, http://www.legrandsoir.info/Que-regardait-Barack-Obama-a-la-tele-la-nuit-de-l-attaque-des-Seals.html Mai 2011

[9] Cf. Mike Whitney, http://blog.emceebeulogue.fr/post/2011/05/14/Ca-alors%2C-quel-culot%21-Hillary-attaqueMai 2011

[10] Mahdi Darius Nazemroaya, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24593 Mai 2011

[11] Jorge E. Botero (entretien), http://www.michelcollon.info/Les-revelations-de-Wikileaks.ht… Mars 2011.

[12] JPD, http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2011/03/06/n… Mars 2011.

[13] Noam Chomsky, http://www.michelcollon.info/Les-USA-et-leurs-allies-contre-… Mai 2011. Je souligne.

[14] Michel Collon, op. cit.

[15] Mohamed HASSAN (entretien), http://www.michelcollon.info/Entretien-avec-Mohamed-Hassan-O… Février 2011. Je souligne.

[16] Cf. Fidel CASTRO, http://www.legrandsoir.info/Le-Nord-turbide-et-brutal.html Avril 2011

[17] Cf. Claude Jacqueline HERDHUIN, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22464Décembre 2010 ; http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/2011/03/13/wikileaks-demi… Mars 2011 ; http://www.legrandsoir.info/extreme-malhonnetete-le-guardian-noam-chomsky-et-le-venezuela-dissident-voice.html Juillet 2011.


Auteur : Thami BOUHMOUCH - Source : http://bouhmouch.over-blog.com/ et  USA : une dérive morale sans nom- Dazibaoueb

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 06:42

 

 


30 étages sous la surface du sol, un autre monde existe, quasi ignoré, c’est à New York … et surement ailleurs.

Ils sont appelés le « peuple Taupe », et sont peut-être 30 000 à y vivre, avec leurs lois, leurs règles, leurs codes.

Un film d’épouvante, « le peuple de l’enfer »  que l’on ne voudrait pas prémonitoire, était sorti sur les écrans en 1956 imaginant une civilisation souterraine antique ne supportant pas la lumière du jour: des mutants qui n’allaient pas tarder à se révéler dangereux pour ceux de la surface. lien

Mais au-delà de cette fiction, à New York (et ailleurs peut-être) des dizaines de milliers de personnes vivent déjà dans des sous-sols improbables : fatalement des concierges mais aussi des jeunes artistes, entassés dans des dortoirs plus ou moins légaux, aux moyens financiers limités, et pourtant il y aurait plus grave. lien

En 1993, Jennifer Toth a proposé un livre « Le Peuple Taupe » qui avait ému la société bien pensante de new-yorkaise.

Elle y évoquait ces « laissés pour compte de la société » qui se seraient réfugiés dans les profondeurs de « Big Apple » pour avoir enfin la paix.

Toxicomanes ou malades mentaux, ou tout simplement sans abri, ils vivent terrorisés par des gangs itinérants, ravagés par la maladie, harcelés par les flics, se nourrissant parfois de rats, qu’ils tuent en les écrasant contre un mur, et qu’ils font rôtir sur un braséro. lien

A l’époque ce livre à éveillé des soupçons, et certains critiques étaient persuadés qu’il s’agissait d’une pure invention. lien

Alors hoax ? Invention d’écrivain en mal de reconnaissance ?

Il faut savoir que le sous sol de New York, la célèbre « grosse pomme » est un gigantesque fromage troué de galeries que des ouvriers chinois ont percé des le début du 19ème siècle afin de pouvoir trafiquer pour les triades.

Parallèlement, un gigantesque réseau d’égouts était installé, tout comme celle d’un aqueduc afin d’amener l’eau potable en quantité suffisante pour cette ville en pleine effervescence, suivi par celle bien sur d’un important réseau de métro dans les années 30.

Les nantis new yorkais s’étaient même fabriqués leur propre réseau de métro, lustres, bois aux essences rares, etc… mais deux ans près cette création, la montée de l’Hudson mis un terme à ces lignes de luxe, finalement abandonnées.

Cette ville en négatif qui s’est construite à l’époque est d’une telle ampleur qu’aujourd’hui encore, on ne sait ce qu’il en reste.

Ce que l’on sait, c’est que ces réseaux s’entrecroisent à grande profondeur de l’équivalent d’un immeuble de 30 étages.

En effet, si cette ville de plus de 8 millions d’habitants n’hésite pas à faire éclater aux yeux du monde son faste, malgré la disparition des deux tours, elle héberge malgré elle dans les profondeurs de ses 1200 kilomètres de souterrains tout un peuple d’exclus.

Il règne dans ces tunnels une température moyenne de 12°C, un peu plus élevée en hiver, grâce à la production d’air chaud émanant des centres commerciaux, et du réseau d’eau chaude qui quadrille la ville.

Dans ce New York de plus en plus riche, ça a été la chasse à la misère, et les pauvres, pour échapper à la violence qu’on leur proposait, se sont réfugiés dans ces sous sols, ou ils ont trouvé enfin un peu de tranquillité.

Ces occupants de la nuit ne sont pas pour autant dépourvu d’un certain confort avec télés, frigos, et parfois même cuisines complètes en état de marche, même si la vie dans ces sous sols n’est pas dépourvue de risques.

On estime que chaque année pas moins de 200 d’entre eux décèdent soit par électrocution, car les rails du réseau de train ou métro véhiculent 600 volts, soit, lorsque l’un d’entre eux se fait broyer un pied au passage d’une rame.

Pour se procurer de l’eau courante, ces habitants souterrains utilisent les nombreuses bouches à incendie qui jalonnent le réseau de tunnels. lien

Le système D s’impose, et pour se nourrir, certains sont devenus « coursiers » montant en surface, pour approvisionner cette étrange communauté.

La communication se fait avec les moyens du bord : on s’envoie des messages en tapant sur les canalisations, les tuyaux, et pour l’énergie, on détourne comme on peut le réseau électrique souterrain.

Ce monde de la nuit organisé en différentes communautés, a parfois même ses propres écoles et même si l’administration ne s’est pas penché sur la question, il est probable que plus de 30 000 habitants vivent dans ces profondeurs. lien

Quand aux travailleurs, appelés « égalisateurs »,  qui pour des raisons professionnelles doivent pénétrer dans ces zones de non droit, ils sont toujours équipés d’une arme.

Pour les New Yorkais, ce monde représente un réel danger, et ils y pénètrent le moins possible, évoquant un univers parallèle peuplé de « mangeurs de rats » et de « fous furieux ».

Le 27 février 2002, Natasha Saulnier, en a proposé un article dans les colonnes du journal « l’Humanité », évoquant la vie de ces « sans abri » à qui on enlève toutes les possibilités de dormir dans la rue, à la surface.

L’un deux déclare : « ils ont enlevé les bancs publics pour qu’on ne dorme pas dessus. Où voulez vous qu’ils dorment, les sans-abri, s’ils ne descendent pas dans les tunnels ?»

Ceux qui ont eu l’occasion de visiter New York connaissent cette « Bovery Street » ou 75 000 femmes et hommes vivaient dans le plus grand dénuement : il n’était pas conseillé aux touristes de s’y risquer, à part à bord d’un bus et à condition de ne pas en descendre.

Depuis, ce quartier est en phase de « gentryfication », et les exclus de cette société sont poussés à trouver d’autres lieux de vie. lien

En 2008, la réalisatrice Chantal Lasbats a présenté un film sélectionné au Festival du grand reportage au Touquet en 2009 (dans les entrailles de New York).

Elle a réussi à rencontrer quelques uns des membres de ce  « peuple de la nuit » et ce n’a pas été sans mal, n’ayant pas réussi à descendre plus bas que le 8ème niveau d’un système qui en compte au moins 12.

Elle s’est même retrouvée un jour avec un couteau sous la gorge…

Ils sont pour la plupart devenus quasi nyctalopes, et se sentent plus en sécurité dans ce monde souterrain tel Luis qui déclare :

«Je vois dans le noir, je n’ai pas besoin de lampe de poche, je n’aime pas le jour parce que certaines personnes voient mes vêtements, mon visage (…) la nuit c’est mieux » et comme le dit Chantal Lasbats, certains n’ont pas vu la lumière du jour depuis parfois 10 ans. lien

Ce sont aussi bien des vétérans du Vietnam qui s’y sont installés, que des clochards, des repris de justice, des trafiquants de drogue, et tous les exclus du rêve américain. lien

Après les attentats du 11 septembre, l’ex-maire de New York, Rudolph Giulani s’est mis en tête de faire la chasse à ceux qu’il nomme « les parasites invisibles » étant convaincu qu’ils sont de potentiels terroristes.

Il a réussi à en emprisonner beaucoup, les brutalisant, afin de les dissuader d’y retourner, comme le raconte Brooklyn, une artiste majuscule, diva du blues, qui vit dans les tunnels depuis l’âge de 17 ans : « C’était dégueulasse, plein d’entre nous se sont retrouvés en prison ». lien

Le 18 février 2011, Andrew Wonder, un audacieux « ethnologue » à sa façon, va pénétrer ce réseau souterrain, et réussira à rencontrer quelques uns de ses occupants.

Sur cette vidéo de près de 30’, on peut suivre sa progression et ses nombreuses découvertes.

Les « vers » de la grosse pomme sont devenus au fil des ans, la conséquence d’une société égoïste et dérisoire, qui plutôt que de tenter de comprendre ses faiblesses, fait tout ce qu’elle peut pour cacher ses failles.

La question se pose aujourd’hui pour toutes les autres grandes métropoles de la planète, car de Paris à Moscou, en passant par Londres ou Berlin, comment ne pas imaginer que d’identiques mondes parallèles n’existent ?

A Paris les catacombes offrent tout un réseau régulièrement visité par les touristes (lien) comportant aussi une partie moins connue, et qui servait de lieu de rendez vous aux résistants de la dernière guerre. lien

Ajoutons-y le réseau d’anciennes carrières long de 280 km reliée par des galeries d’inspection, le labyrinthe des 2400 km d’égouts visitables, et les tunnels de métros abandonnés. lien

Le 3 septembre 2004, suite à une affaire de « vol d’électricité », une salle de cinéma a été découverte, en état de fonctionner, à 18 mètres de profondeur sous le Trocadéro, sièges taillés dans la roche, bar bien fourni, et salle à manger.

Le lieu semblait régulièrement occupé.

Comment ne pas imaginer que les lois sécuritaires de plus en plus rigoureuses pratiquées par ce gouvernement, n’obligent les exclus de notre société à s’y réfugier ?

Le scénario du film d’épouvante est-il sur le point de se concrétiser ?

Comme le dit mon vieil ami africain : « en bas le pouvoir des ténèbres, en haut les ténèbres du pouvoir ».



Auteur : Olivier Cabanel - Source : 100 Papiers

Source : Au 36ème dessous- Dazibaoueb

Partager cet article
Repost0
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 15:21

 

 

Posted 29 juil 2010 in nouvel ordre mondial

25 juillet 2010

La semaine dernière, l’armée amécaine a ordonné que tous ses véhicules « humvee » qui sont utilisés comme arme de dispersion des foules (par la douleur) soient ramenés sur sol américain.

Ces véhicules « ADS » (« Active Denial Systems« ) ont été conçus pour maîtriser les soulèvements et pour contrôler les populations. Cette arme qui souffle des vagues de chaleur insupportable sur l’ennemi a été retirée d’Afghanistan par l’armée américaine.

Le système « ADS » a coûté environ £42 million à développer et était sur le point d’être déployé pour disperser les membres des Talibans qui attaquaient les forces américaines.

L’arme, qui provoque une douleur intense sans causer de dommages physiques durables [connus], a été retirée de la zone de guerre la semaine passée sans que les chefs de l’armée américaine expliquent pourquoi un tel volte-face.

 

 

(JPEG)

- Intérêt-général.info

Le « ADS », qui a été développé pendant 20 ans, travaille en envoyant un faisceau d’ondes à haute fréquence à la vitesse de la lumière. Ce faisceau peut couvrir l’ensemble du corps d’une personne, qui cause une douleur atroce, en chauffant l’eau et les molécules de graisse se trouvant sous la peau.

 

Le faisceau peut frapper quelqu’un jusqu’à 1/3 de mille de distance et la douleur cesse seulement quand la personne se déplace de la route. Un porte-parole du ministère américain de la Défense a déclaré: « La décision de rappeler les armes aux États-Unis a été prise par les commandants sur le terrain en Afghanistan ».

Ndlr: Pourquoi l’armée américaine ramène ces véhicules qui servent d’arme de maîtrise des foules sur le sol américain maintenant?

 

pgh police fire tase...
pgh police fire tasers at recruiting protest : Pittsburgh Indymedia


Ces armes ont été testées sur les Talibans, mais elles ont finalement été destinées à être utilisées contre les Américains en cas d’émeutes. Si les armes n’étaient pas efficaces, ils ne dépenseraient pas des millions de dollars pour les réexpédier vers le sol américain…

Récemment, il a été révélé que les Marines des États-Unis ont reçu, secrètement, des formations avec les forces de police locale dans les villes américaines. Nous apprenons maintenant que l’armée est en train de récupérer leur équipement anti-émeutes en Amérique. Qu’est-ce qui se passe?

Il est évident que le gouvernement des États-Unis s’attend à un temps de trouble dans les mois qui viennent.

emeutes_watts

Los Angeles, août 1965 : 15.000 Gardes nationaux matent le soulèvement du ghetto (noir) de Watts. Bilan : 36 morts, 1000 blessés, 4000 arrestations...Site de Jean-Pierre Petit, astrophysicien

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 11:13

 

2924060036_225cfdf4d1.jpg

 

 

Voici un extrait du discours de Bernice King,   fille de Martin Luther King, propos recueillis avant l'élection du leurre Obama. Vous pourrez le lire en entier  sur Bernice King : L'Amérique pourrait bien aller en enfer et y entraîner le reste du monde - Milton Dassier sur l'actu

 

[...]

 

4949839371_d54e42a238.jpg

 

 

L'époque actuelle est catastrophique. Et je suis troublée par le parallèle entre 1968 et 2008. Au moment où mon père a été assassiné, le 4 avril 1968, il préparait "la campagne des pauvres", une immense manifestation que devaient rallier à Washington des centaines de milliers de personnes et qui ne se disperserait qu'à l'obtention de mesures visant à mieux distribuer les richesses. L'argent devant servir à la guerre contre la pauvreté était alors englouti dans la guerre du Vietnam. L'argent pouvant servir à la préservation de la vie allait en priorité à la destruction de la vie. N'est-ce pas exactement ce qui se passe avec la guerre en Irak ? Le dernier sermon dominical que mon père avait écrit, mais que la mort l'a empêché de prononcer, s'intitulait : "L'Amérique pourrait bien aller en enfer". Moi, je rajoute aujourd'hui : et elle pourrait entraîner avec elle le reste du monde. 

4950454213_0db8f728e6.jpg
.
Il est urgent qu'un grand changement se produise. Nous sommes à la veille d'une élection cruciale, et je ne sais pas si j'apporterai mon soutien personnel à un candidat. Je ne l'ai encore jamais fait. Les politiciens sont pris dans de tels étaux, phagocytés par leur parti, leurs électeurs, divers groupes d'intérêt. Je me focalise donc moins sur les personnes que sur certaines grandes questions à débattre avant de se rendre aux urnes. Là encore je pense à mon père.

4695268276_db794f1bd4.jpg
Trois maux, disait-il, rongent l'Amérique : la pauvreté, le racisme, le militarisme. Je fais le même constat. Avez-vous vu la propagande orchestrée autour du terrorisme depuis septembre 2001 ? Cette frayeur constamment entretenue et prétexte à faire passer tant de lois répressives et attentatoires aux libertés individuelles ? Cette angoisse collective au nom de laquelle les Américains abandonnent aux autorités leurs droits et souveraineté ? Mais ce n'est pas par les "terroristes" que sont terrorisés la plupart des Américains ! C'est par leur santé et la perspective de mourir isolés et sans soins médicaux, faute d'en avoir les moyens ! Voilà la vérité !

4950572498_31128f754b.jpg
.    
Le racisme ? Allons ! Rien n'est réglé, et personne ne veut le dire ! Le sujet est même trop sensible pour qu'on l'aborde dans la campagne, alors on tourne autour. Mais ça bout sous la surface. Et ça explosera si l'on n'y prend garde. Régulièrement se produisent des incidents : insultes, tabassages, noeuds coulants... Cela suscite de l'émotion, on se lève, on défile. Et tout retombe sans que s'ouvre le vrai débat de la division raciale du pays. L'élection d'un président noir, quarante ans après l'assassinat de mon père, serait évidemment un message très symbolique. Mais ce pourrait n'être qu'un trompe-l'oeil, une façon pour ce pays de s'afficher non raciste quand il le demeure profondément. Il nous faudrait une initiative similaire à celle de la Commission vérité et réconciliation d'Afrique du Sud. Blancs et Noirs doivent se parler. S'expliquer. Se faire face, enfin.  

4939897034_3bb40370a5.jpg
.
Il nous faut changer de système de valeurs. Et ma responsabilité est de réinjecter celles que mon père voulait introduire en son temps. Justice, respect, liberté, générosité. Suffit, ce matérialisme qui nous rend fou ! Suffit, cet égoïsme qui nous rend aveugle aux autres. Suffit, ce système bling-bling qu'accompagne d'ailleurs une dégradation de la situation des femmes. Moi, je veux m'adresser aux jeunes par les canaux qui les touchent le plus - le rap, la mode, les images - pour leur proposer un autre idéal. Je veux élever le niveau, voilà. Faire en sorte que dans leurs rêves, les enfants ne se demandent plus : "Comment pourrais-je bien devenir riche ?", mais "Comment vais-je pouvoir améliorer le monde plus tard ?". C'est tout de même plus excitant !

4886046726_317f0f1201.jpg
.
Dieu m'a fait cadeau du nom de King, qui veut dire roi. Mon père était un roi, c'est-à-dire qu'il a toujours levé la tête, comme le font les souverains sur leur trône, pour avoir une plus large perspective sur ce réseau de liens inextricables qui unissent les humains dans un même destin. Il a toujours refusé d'être sujet, réduit à l'humiliation, à la ségrégation.
Eh bien, c'est le message que je veux faire passer aux jeunes. Soyez des kings ! Soyez des rois ! Choisissez votre vie, vos valeurs, vos références. Ne soyez plus sujets. Elevez-vous, relevez vos critères ! Vous méritez beaucoup mieux ! 
.
Récit recueilli par Annick Cojean

4949149386_6a2c1e9c26.jpg

4890377242_88984a8a10.jpg

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 16:35
Loi martiale : voici ce qui se prépare aux Etats-Unis, j'ai pu lire sur des sites étasuniens d'autres témoignages qui relatent des entraînements similaires dans différentes villes du pays. Voilà je vous donne le lien vous trouverez la vidéo sur le blog de Charlotte, à voir absolument, à relayer, à faire connaître.
Voilà ce que le maître valet Obama sert à ce peuple étasunien qui rêvait d'un autre monde, pas de celui d'un après Bush pire que Bush. Cela va vraiment mal et le pire est pour bientôt, j'espère que vous en avez conscience et vous préparez pour affronter la pire crise qu'ai connu l'humanité, cette guerre globale qui se développe en ce moment de toutes part. J'espère que vous avez compris que la figue hollywodienne d'Obama n'était là que pour faire passer la pillule d'un changement vers le pire, que vous devez en finir avec le mythe qu'il incarne, il a  juste servi de catalyseur pour que le pire puisse s'installer pensant qu'il faisait ses simagrées sous les yeux énamorés de ses fans.
Je vous renvoie également à l'article que j'ai publié sur le sort réservé aux habitants pauvres victimes de l'Ouragan Katrina, rien qu'un aperçu pour comprendre que pour les oligarque sin vous n'êtes de leus valets, votre vie, celle de vos amis, celle de vos enfants compte pour du beurre. Pour avoir séjourner aux Etats-Unis, il y a trente ans, je peux vous affirmer que l'Europe n'en est plus que le satellite, toujours plus semblable, toujours soumis d'avantage aux même lois. 

USA : expulsion des victimes de Katrina. Des millions d'enfants en état de malnutrition. - Le blog de Anne Wolff

Préparez-vous, organiser vaous, créer des noyaux de résistance qui vous permettront d'assurer les conditions de votre survie de celle de votre famille par des complémentarité de comppétences, et donner vous les moyens de rires de chanter, de faire la fête, il va falloir conserver le sentiment de la joie pour traverser les épreuves qui nous attendent.
Voilà le lien pour aller voir les entraînements en vue d'une loi martiale sur le blog de Charlotte, des images qui parlent bien plus que les mots.

USA Images de Loi Martiale ? - Le blog de mamie sceptix/Charlotte
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Toutes Dernières Archives