16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 18:43

 

 

Pétition de Corbas : « briser le silence qui pèse sur les prisons »

Publié le 6 septembre

Diminuer police
Augmenter police

Entretien sur la pétition de 225 détenus de Corbas avec Lionel, membre de l’Observatoire International des Prisons.

Comment vous appa­rais­sent les condi­tions réel­les de déten­tion à Corbas ? On parle d’une prison « inhu­maine », froide. Qu’en est-il réel­le­ment ?
A propos de la maison d’arrêt de Corbas, le Contrôleur géné­ral des lieux de pri­va­tion de liberté, Jean-Marie Delarue disait en 2010 ne pas com­pren­dre « com­ment on a pu ima­gi­ner une prison qui cher­che à faire taire alors que la réin­ser­tion sup­pose que l’on parle ». L’année pré­cé­dente, des mou­ve­ments de pro­tes­ta­tion répé­tés avaient lieu, réu­nis­sant jusqu’à 200 pri­son­niers en même temps dans les cours de pro­me­na­des de la prison. Le direc­teur répon­dait dans la presse que les pro­tes­ta­tai­res n’avaient aucune reven­di­ca­tion. Il pou­vait l’affir­mer : il dis­pose du mono­pole de la parole sur la prison, depuis la prison ; il ne ris­quait pas d’être contre­dit. Dans ce contexte de silence imposé, cette péti­tion, c’est avant tout un acte : la marque d’une volonté de briser le silence qui pèse sur la prison et en par­ti­cu­lier sur les pri­son­niers. On peut igno­rer cet acte et encou­ra­ger de ce fait les autres formes d’expres­sion comme l’agres­si­vité, qui se tourne le plus sou­vent contre soi-même. Des socio­lo­gues ont décrit depuis long­temps que l’absence de lieux et de moyens de conflic­tua­li­sa­tion entraîne la vio­lence. Espérons que cette parole sera non seu­le­ment enten­due, mais sur­tout, prise en compte. Elle appelle une réponse autre que le seul démenti dans les médias et l’admi­nis­tra­tion n’a rien à gagner à nier l’évidence, sauf à vou­loir cons­truire le res­sen­ti­ment de bataillons de pri­son­niers. Aujourd’hui, c’est le plus sou­vent quand quelqu’un, entre les murs, a décidé de se réduire au silence, qu’on entend parler de la prison. Alors, cette péti­tion est une bonne nou­velle.

Le direc­teur de la prison a répondu dans la presse que l’affir­ma­tion qu’il n’y a aucune acti­vité pour les déte­nus était fausse. Avez-vous eu des infor­ma­tions à ce sujet ?
Lors de sa visite en 2009, le contrô­leur avait relevé que moins de 20% des déte­nus de Corbas avaient accès à un tra­vail. Pour le sport, on peut encore citer le contrô­leur : « Environ 300 déte­nus sont ins­crits sur liste d’attente. Sur une moyenne de quatre-vingts déte­nus par étage, une ving­taine au maxi­mum peu­vent être admis aux acti­vi­tés spor­ti­ves ». Ceci s’expli­que : « Les dif­fi­cultés consi­dé­ra­bles de ges­tion des flux sur la maison d’arrêt ont un reten­tis­se­ment impor­tant sur la pra­ti­que du sport. Beaucoup de déte­nus se pré­sen­tent en retard aux séan­ces et cer­tains n’ont pas même la pos­si­bi­lité de s’y rendre. Ce phé­no­mène démo­tive à la fois les moni­teurs de sport et les déte­nus ». Ces dif­fi­cultés dues à la taille déme­su­rée de l’établissement exis­tent tou­jours.

225 déte­nus qui signent une péti­tion assez longue, cela semble rela­ti­ve­ment rare. Est-ce que cela arrive régu­liè­re­ment mais que c’est peu connu ? Est-ce un indi­ca­teur de ten­ta­tive d’orga­ni­sa­tion col­lec­tive ?
Une péti­tion signée par autant de per­son­nes, c’est clai­re­ment excep­tion­nel. Quant aux péti­tions de manière géné­rale, dif­fi­cile de savoir si elles sont régu­liè­res. Elles sont en revan­che régu­liè­re­ment répri­mées (sanc­tions dis­ci­pli­nai­res, trans­ferts). Par exem­ple, en jan­vier 2007, plu­sieurs déte­nus de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) avaient été punis jusqu’à 20 jours de « mitard » pour un texte pour­tant seu­le­ment envoyé... au direc­teur régio­nal de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire.

6 déte­nus morts ou sui­ci­dés depuis le début de l’année à Corbas, avez-vous des infor­ma­tions sur le « climat géné­ral » dans la prison ?
Qui parle de 6 morts ? On ne sait rien sur le chif­fre des sui­ci­des parce que l’admi­nis­tra­tion se garde bien de le divul­guer. Mais le décompte maca­bre n’est guère utile : per­sonne ne nie plus la vio­lence géné­rée par la prison, ren­for­cée par son suren­com­bre­ment chro­ni­que. 810 per­son­nes pour 690 places au 1er août der­nier, la situa­tion cons­ti­tue un record depuis les trans­ferts de « désen­com­bre­ment » déci­dés à la fin de l’année 2009. Concrètement, cela signi­fie que 240 per­son­nes sont déte­nues à deux dans une seule « place », nombre auquel s’ajou­tent les 300 per­son­nes déte­nues en cel­lule double. Au total, ce sont envi­ron 540 déte­nus sur 810 qui ne dis­po­sent pas à l’heure actuelle de l’encel­lu­le­ment indi­vi­duel, prin­cipe pour­tant posé et régu­liè­re­ment rap­pelé par le légis­la­teur. La plu­part d’entre eux pré­fé­re­raient pour­tant être seuls en cel­lule et se garan­tir un mini­mum d’inti­mité. En outre, les pri­son­niers ne peu­vent sortir à leur guise au cours de la jour­née, et se trou­vent donc dans une situa­tion d’entière dépen­dance vis à vis du per­son­nel pen­dant 22 heures sur 24. Une situa­tion qui ne peut qu’être aggra­vée dans un établissement ou tous, pri­son­niers et sur­veillants, se plai­gnent de l’impos­si­bi­lité de se parler.

Une partie de la presse s’est moquée de cer­tai­nes reven­di­ca­tions des déte­nus... n’y a-t’il pas un mépris ou une méconnais­sance des condi­tions de déten­tion ?
Quand on passe 22 heures sur 24 dans une pièce dont on ne peut sortir que par l’inter­mé­diaire d’un tiers et selon son bon vou­loir et sa dis­po­ni­bi­lité, tout prend une impor­tance consi­dé­ra­ble, même les choses de la vie qui parais­sent insi­gni­fian­tes à l’homme libre. Pratiquer des loi­sirs, quels qu’ils soient, c’est lutter contre la soli­tude et l’ennui, c’est tout sim­ple­ment trou­ver un moyen de ne pas suc­com­ber sous le poids des portes et des murs.

 

Source ; Pétition de Corbas : « briser le silence qui pèse sur les prisons » - Rebellyon.info

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 09:29

 

 

Auteur : Gilles Devers - Source : Actualités du droit

C’est à ce genre de truc qu’on se rend compte qu’il n’y a plus d’opposition en France. Sarko annonce la construction de 30 000 places de prison supplémentaires d’ici 2017, et ça passe comme une lettre à la poste. Avec les 50 000 places actuelles, on atteint un niveau record d’occupation d’environ 65 000 détenus ; avec les 80 000 places, on arrivera à 100 000. Et tout le monde s’en fout ! La société a oublierait-elle ce qu’est la liberté ?

Martine voulait être la « présidente de la sécurité » : elle est aux anges. Hollande veut prendre le temps pour remettre à plat le système pénal. Avant de remettre à plat, on enferme, c’est plus prudent. Question justice, ces leaders décérébrés, junkies des sondages d'opinion, peuvent prendre leur carte à l’UMP.

 

Le premier argument du laïus, c’est que ces places sont nécessaires pour résorber le retard dans l’exécution des peines. Argument faux : ces courtes peines, au titre de la loi pénitentiaire, concernent des concitoyens peu dangereux et elles doivent être exécutés sous le régime d’un aménagement : surveillance électronique, placement extérieur ou semi-liberté, travail avec le comité de probation. La prison vient en cas d’échec, et l’alternative à la prison permet, dans ce cadre contraignant d’entreprendre un travail utile. Ces peines coûtent moins, en investissement comme en fonctionnement, et elles sont la meilleure solution contre la récidive. Il faut renforcer les services sociaux : efficace, mais pas valable électoralement.

L’Observatoire des prisons rappelle les chiffres : « Les taux de récidive les plus élevés concernent les détenus qui ont purgé la totalité de leur peine en prison : 63% de récidive dans les cinq ans pour les libérés en fin de peine sans aménagement ; parallèlement, les condamnés à des peines alternatives récidivent moins (45%) ».

Le second argument est l’entretien de cette illusion totale que tout ira mieux quand on aura enfermé les dangereux. A 50 000 places, la société va mal ; à 80 000 places, ce sera le bonheur de la sécurité. Et, avec l’approbation silencieuse de la « Gauche », Sarko accrédite l’idée que la société va si mal qu’il faut augmenter de 60% le nombre de  places en prison. Bonne vieille politique de la peur.

S’interroger sur les chemins qui conduisent au basculement délinquant ? S’intéresser aux causes réelles de la récidive, après l’étude circonstanciée des dossiers ? On peut toujours approfondir, mais ces questions sont bien connues, et la réponse est l’intensification du travail social, pour préserver à la privation de liberté son sens, qui est celui de l’exception.

Mais les temps ont changé. Priver de liberté est devenu banal, et tous les leaders politiques se retrouvent pour dire que si on punissait plus, ça irait mieux. L’avenir passe par la punition.

« Cette procédure qui guette ceux que la société rejette » : Léo Ferré  vivait à une époque heureuse, humaine. Aujourd’hui il devrait chanter : « Cette prison qui guette ceux que la société rejette ». J’espère que le grand poète ferait encore salle comble, mais parfois j’en doute.

 

 

30 000 places de plus en prison : Et puis quoi, encore ?
Auteur : Gilles Devers - Source : Actualités du droit
Et en prime mon commentaire  :

ceci dit, et il faut le dire, le coup du bracelet électronique, je trouve cela aussi vachement craignos dans un univers de plus en plus carcéral...j'ai eu l'occaion de voir des gens qui en portaient... au secours tu fais trois pas et le keuf de surveillance est au courant... un beau prélude à tous pucés...

Moi tout ce que je vois, c'est que plus le système devient répressif, moins il y a de sécurité... si jamais quelqu'un à un ou des articles à ce sujet, je suis preneuse...

 

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 08:44

 

 


1002school_to_prison_pipeline_logo.1266415189.gifVotre téléphone sonne à l'école ? Vous devriez finir en prison. Le raccourci est certes un peu rapide, mais c'est l'un des scénarios décrit par l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), dans School-to-Prison Pipeline Game, un "jeu" créé pour dénoncer les effets de la policiarisation des établissements scolaires au Texas, et le fait qu'un nombre croissant d'écoliers passent directement de la case école à celle de la prison.

Pour l'Aclu, il s'agit de "l'un des principaux enjeux, en terme de droits de l'homme, auxquels sont aujourd'hui confrontés les Etats-Unis". Alors que le guvernement vient d'annoncer des "états généraux de la sécurité à l'école", il est intéressant de regarder ce que le déploiement de forces (et de technologies) de sécurité à l'école a comme conséquence aux Etats-Unis.

Ainsi, de plus en plus d'écoles appliquent une "tolérance zéro" et renvoient temporairement des enfants ou adolescents parce qu'ils avaient oublié leur badge, donné un aspirine à un autre élève, pris leur téléphone portable, une paire de ciseaux voire un coupe-ongles...

Le nombre d'expulsions est ainsi passé de 1,7 million en 1974 à 3,1 millions en l'an 2000. Pourtant, les statistiques montrent que la violence à l'école a diminué de moitié entre 1992 et 2002. Dans le même temps, on assiste à une explosion du nombre d'arrestations au sein même des écoles.

En cause : le fait que de plus en plus de collèges et lycées emploient des officiers de sécurité scolaires à plein temps pour surveiller ce qui se passe dans les couloirs. En 2004, le Texas y a consacré 60 millions de dollars et, en 2004, le gouvernement fédéral a dépensé 60 millions de dollars pour embaucher des officiers de police, et 19,5 dans des équipements de sécurité de type détecteurs de métaux.

School to prison Pipeline

La police de New York a quant à elle pris le contrôle de la sécurité des écoles publiques depuis 1998 (qui dénombrent, à ce jour, 1 million d'élèves). Plus de 5 200 officiers de sécurité scolaire, et 200 officiers de police armés, y ont été affectés, contre "seulement" 3 000 conseillers d'orientation : la priorité relève donc moins de l'éducation que du maintient de l'ordre.

L'ACLU note ainsi que le département de la sécurité scolaire de la police de New York est la cinquième force de police la plus importante des Etats-Unis, plus importante que celles de Washington, Dallas ou Las Vegas, et qui dénombre deux fois plus d'officiers par étudiant que la ville de San Antonio, au Texas, ne compte d'officiers de police...

Or, ils ne sont pas particulièrement formés pour cela. Alors que les officiers de police suivent un entraînement de 6 mois avant d'aller à l'école, les officiers de sécurité scolaire ne sont formés que pendant 14 jours. Et ils appliquent, au sens strict, la "tolérance zéro".

Contrairement aux surveillants qui, lorsqu'ils estiment qu'on leur parlent mal ou qu'ils suspectent un manquement aux règles, ne sanctionnent pas les élèves de manière scolaire (colles, conseil de discipline), ils arrêtent les mineurs qui, pour certains, finissent donc en prison, pour d'autres resteront marqués, probablement à vie, par ce qu'ils ont subi.

La majeure partie de ceux qui ont arrêtés ne le sont pas pour des faits de violence, mais pour des "troubles" ou des "perturbations".

Une criminalisation de l'éducation

L'Aclu évoque ainsi le cas de Daija, 13 ans, traînée par terre par les officiers de sécurité de son école et menottée pendant une heure parce que, effrayée par deux individus, elle préférait attendre sa mère dehors plutôt que de leur obéir en entrant dans l'école.

Ecole, ou prison ?Le jeu décrit ainsi l'histoire d'un élève à qui sa mère lui demande de prendre son téléphone portable afin de pourvoir l'appeler de l'hopital où sa soeur a été admise après une crise d'asthme sévère. A l'école, le téléphone sonne, un professeur le lui confisque parce que c'est interdit. Le lendemain, il reçoit un courrier où il est écrit qu'en vertu de la politique de tolérance zéro de l'école, il est renvoyé pendant 10 jours.

A son retour, il va discuter, après la classe, avec l'un de ses professeurs pour tenter de récupérer son retard. La cloche sonne. Il est en retard. Dans le couloir, un officier de police lui demande pourquoi, le ton monte, l'élève est renvoyé définitivement.

Le fait d'arrêter l'école multiplie par trois le risque de finir un jour en prison. Et de plus en plus de principaux refusent d'accueillir des élèves ayant précédemment été renvoyés.

Les "programmes d'éducation alternative disciplinaire" (sic), destinés aux élèves qui ont violé la loi, ou le règlement de l'établissement, à partir de l'âge de 6 ans (sauf s'ils portaient une arme, auxquels cas ils peuvent y être envoyé avant l'âge de 6 ans) connaissent un taux d'échec cinq fois supérieur aux autres écoles.

Ainsi, au Texas, plus d'un tiers des élèves d'écoles publiques ont décroché en 2005-2006, et plus de 80% des personnes incarcérées y avaient abandonné leurs études. Dans l'Ohio, 80% des mineurs passant devant la justice ne bénéficient pas de l'assistance d'un avocat.

Et la "grande majorité" des mineurs confrontés à la justice n'obtiennent pas de diplômes, et peuvent se voir refuser des prêts étudiants, de licences professionnelles ou de logements publics, du fait de leurs condamnations.

De plus, rappelle l'Aclu, mettre des enfants ou des mineurs en prison n'est pas la solution : à New York, en Floride et en Virginie, 55% des mineurs sortant de prison récidivent dans l'année qui suit.

Rappelant également que les problèmes sont souvent liés à l'état de délabrement des écoles, quartiers, et des problèmes sociaux ou familiaux auxquels sont confrontés les élèves, l'Aclu note également qu'en 2003, la jeunesse afro-américaine représentait 16% des jeunes américains, mais 45% de ceux qui sont arrêtés.

1002nyclu_pub_kyr_police_in_schools.1266414999.gifEt comme il n'existe aucune preuve que les élèves de couleur se comporteraient plus mal que les blancs, c'est donc qu'ils sont punis plus sévèrement, et souvent pour des faits anodins.

De même, alors que les jeunes handicapés représentent moins de 9% des élèves de l'école publique, 32% des jeunes incarcérés sont des handicapés.

Ainsi, les afro-américains handicapés ont trois fois plus de probabilités d'être expulsés que les handicapés blancs, et quatre fois plus de "chances" d'être incarcérés.

Accessoirement, mais cela va de pair, de plus en plus d'écoles sont équipées de portiques de sécurité, de systèmes de vidéosurveillance, et de plus en plus d'élèves sont reniflés par des chiens, et soumis à des fouilles au corps.

Ou l'on découvre, aussi, que plus les écoles sont surpeuplées, et moins elles disposent d'argent, plus elles sont équipées de portiques de sécurité. CQFD.

Voir aussi, de l'Aclu :
. School to prison pipeline, site très complet de l'Aclu de New York,
. Criminalizing the Classroom: The Over-Policing of New York City Schools, rapport détaillé de l'Aclu détaillant ce qui se passait à New York en 2007,
. Policing In Schools: Developing A Governance Document For School Resource Officers In K-12 Schools, les recommandations de l'Aclu, datant d'août 2009.

Sur LeMonde.fr :
. Violences scolaires : un empilement de mesures plus ou moins efficaces
. Violence à l'école : depuis vingt ans, une dizaine de plans de prévention pour peu de résultats

Et, sur BugBrother :
Les portiques du pénitencier
La taca taca tac tac tiqu' du portique...
Harry Potter et les présumés pédophiles
Les pédophiles n'ont rien à craindre de la LOPPSI. Les internautes, si.

jean.marc.manach (sur Facebook & Google+ aussi) @manhack (sur Twitter)
auteur de "La vie privée, un problème de vieux cons ?"
Partager cet article
Repost0
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 08:26

 

 

Vladimir Poutine avait déclaré qu’il fallait “buter (les terroristes) jusque dans les chiottes“.

Au Royaume-Uni, un sondage effectué par un syndicat enseignant révèle que 85% des établissement scolaires seraient équipés de caméras de vidéosurveillance, aux abords des établissements, mais également dans les couloirs, dans de plus en plus de salles de classe, et, dans 10% des cas, jusque dans les toilettes…

Une étude révèle que, globalement, les élèves britanniques y sont tout aussi fréquemment vidéosurveillés que ne le sont les prisonniers.

A l’approche des États généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin de remarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.

Après m’être penché sur les portiques de sécurité (La taca taca tac tac tiqu’ du portique…), avoir chroniqué les dommages collatéraux engendrés par le déploiement de policiers et d’agents de sécurité dans les écoles américaines (De l’école à la prison, un cycle infernal), il était intéressant de faire le point sur le déploiement de la vidéosurveillance dans les écoles britanniques, pionnières en la matière.

La vidéosurveillance des toilettes fait scandale

En janvier 2009, Jade White, 14 ans, décidait de ne plus retourner à l’école tant que celle-ci ne retirerait pas les caméras de vidéosurveillance installées, juste avant Noël, dans les toilettes des filles et des garçons.

Ses parents la soutenaient, arguant d’une “invasion dans sa vie privée” :

Cette école est pathétique. Ils n’ont pas besoin de mettre des caméras de vidéosurveillance dans les toilettes, et encore moins dans celles d’une école. Toute cette école ressemble à Big Brother. Il y a des caméras partout autour de l’école, à l’extérieur et dans les couloirs.

En réponse, les responsables de l’établissement expliquèrent que les caméras, orientées vers les lavabos, avaient été installées suite à des actes de vandalisme perpétrés par une minorité n’hésitant pas à chahuter dans les toilettes et à gaspiller du savon liquide et du papier toilettes, et que les images ne seraient consultées qu’en cas d’incident :

“Les cameras ont été installées pour le bien des élèves, et sont gérées en prenant avec la plus grande considération la sécurité des enfants.

Les parents attendent de nous que nous gérions les facteurs de risques avérés, et rien ne pourra nous en empêcher.”

Ce n’est pas la première fois que la présence de caméras de vidéosurveillance dans les toilettes des écoles, fait scandale au Royaume-Uni, et les annales de l’Internet répertorient de nombreux autres cas, en 2007, 2006, 2005

 

Source : Grande-Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes » OWNI, News, Augmented

Partager cet article
Repost0
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 16:01

 

 

ÉTATS-UNIS : DES PRISONNIERS EN GRÈVE DE LA FAIM «Nous voulons être traités comme des êtres humains!»

Publié par sylvainguillemette le 23 juillet, 2011

DES centaines de détenus dans des prisons de Californie ont maintenu une grève de la faim pour protester contre l’isolement, les tortures et autres châtiments. Cependant, seuls un journal local, des médias alternatifs ou des blogs sur Internet ont divulgué l’information.

Le 1er juillet, 43 prisonniers enfermés dans le SHU (Security Housing Unit) ont entamé une grève de la faim à Pelican Bay, un établissement pénitentiaire d’État de haute sécurité, proche de la frontière avec l’Orégon. Le mouvement a gagné 12 prisons jusqu’à compter, le 4 juillet, plus de 6 600 détenus.

Une réalité que le Département des services correctionnels et de réadaptation de Californie (CDCR) a tenté de minimiser dans un premier temps. « La grève ne concerne qu’une vingtaine de prisonniers », a-t-il déclaré, mais peu après, ses propres statistiques l’ont contraint à reconnaître l’ampleur du mouvement.

Selon Isaac Ontiveros, porte-parole de la Coalition de solidarité avec la grève de la faim de Pelican Bay, le vendredi 15 juillet, le CDCR avait enfin accepté de négocier avec les dirigeants de la grève ; cependant, jusqu’à la clôture de cette édition, les autorités n’avaient rien proposé de concret.

Sur ce sujet, pas de grands titres, ni pour le moins, de condamnation des médias d’un pays qui se pose en paladin des droits de l’Homme et qui, de ce fait, s’arroge le droit de fustiger les autres.

Les raisons pour lesquelles plus de 800 prisonniers sont disposés à en arriver jusqu’aux dernières conséquences sont hallucinantes. Un cri de souffrance s’élève de l’un des messages envoyés : « Nous voulons qu’on nous traite comme êtres humains, nous ne sommes pas animaux ! »

Pour cela, ils réclament l’élimination des châtiments collectifs, du confinement prolongé en cellule de châtiment, ou de l’isolement de certains prisonniers pour des périodes indéfinies de 10 à 40 ans ou plus.

Ils demandent également l’accès à la lumière du soleil et aux services de santé.

Molly Porzig, une porte-parole du groupe de solidarité avec la grève de la faim des prisonniers, a confirmé que les détenus protestent contre l’atmosphère de torture et d’inhumanité qui les entoure.

Un rapport dévoilé par des experts légaux en 2006 a mis en garde sur le fait que la réclusion en solitaire pour une période prolongée, comme celle qui se pratique dans les prisons nord-américaines, peut entraîner une « détérioration mentale».

C’set ce qui se passe au SHU, où le dénommé « trou » est considéré comme une prison à l’intérieur de la prison : L’espace de la cellule y est minimal, sans fenêtres, la lumière allumée en permanence, si bien que le détenu perd la notion du temps.

Si à ceci on ajoute d’autres éléments de torture, comme le froid, la chaleur, la nudité, le manque d’eau pour la toilette, ou le bruit, on comprendra mieux dans quelles conditions survivent les détenus dans ces unités de haute sécurité.

Jusqu’à 1968 dans les prisons nord-américaines, le « strap » – les coups de fouet – étaient monnaie courante, mais actuellement le SHU dont la construction s’est répandue dans la décennie des années 90 est le plus utilisé. On assure qu’aux États-Unis, un jour quelconque, on compte de 75 000 à plus de 100 000 prisonniers en cellule d’isolement.

À Pelican Bay, certains sont atteints de graves problèmes cardiaques, respiratoires et de déshydratation car les températures peuvent atteindre parfois les 43º.

Pendant ce temps, de nombreux proches des prisonniers se sont rassemblés aux alentours des prisons pour soutenir leurs revendications.

Des actions semblables se sont déroulées à San Francisco, Oakland, Seattle, Los Angeles, Harlem, Cleveland, à New York, ou au Canada, à Toronto, Ontario et Montréal.

Tous s’accordent à penser qu’aucun être humain ne mérite de traitement cruel et dégradant, comme le stipule la Déclaration des droits de l’Homme dans son article 5.

En attendant, Hugo Pinell a écrit depuis le SHU à la journaliste Kiilu Nyasha qu’« un transfert dans une prison normale serait merveilleux, étant donné que mes geôliers sont déterminés à me garder ici jusqu’à la mort ».

Pinell a été arrêté en 1964, alors qu’il avait 19 ans. Depuis 1986 il est incarcéré au SHU, à la prison de Pelican Bay, et il souhaite quelque chose d’aussi élémentaire que « d’avoir de nouveau des visites où le contact physique est autorisé», parce que « cela fait déjà trop longtemps que je n’ai pas touché ma maman ou un de mes êtres chers ».

http://www.granma.cu/frances/internationales/21julio-Nous%20voulons.html

ÉTATS-UNIS : DES PRISONNIERS EN GRÈVE DE LA FAIM «Nous voulons être traités comme des êtres humains!» « Reactionism Watch

Partager cet article
Repost0
24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 11:32

 

 

 Lettre anonyme d’un détenu de la prison de la Santé sur les conditions de détention et sur la prison en général - mars/avril 2011

COMME UN CHIEN ENRAGEPour écrire un texte comme celui-ci, je suis bien obligé de partir de ma propre expérience, de partir du particulier pour discuter de l’universel. Je suis actuellement incarcéré en détention préventive à la prison de la Santé, à Paris. J’espère ici réussir à donner un bon aperçu de cette vie de chien, une plongée en apnée dans l’univers carcéral. Je suis pour la destruction totale de tous les lieux d’enfermement quels qu’ils soient, et avant mon incarcération, je participais déjà aux luttes anticarcérales et avais donc développé un certain intérêt pour la condition du prisonnier, et pourtant la prison telle que je la vis aujourd’hui est assez éloignée de la façon dont je pouvais me la représenter concrètement vue de l’extérieur.

Ce texte tend donc à s’inscrire dans la modeste perspective de faire visiter cette taule, sans compromis et à titre de contre-information, à tous ceux que cela intéresse, mais surtout pour tous ceux qui luttent contre la taule et pour qui, une meilleure connaissance de ce qu’est réellement la prison ne pourra qu’aider à mieux la combattre et à comprendre les mécanismes qui s’y jouent. Ce texte est donc basé sur mon expérience personnelle ainsi que sur des témoignages et informations recueillies auprès d’autres détenus à la maison d’arrêt de la Santé, qui n’est qu’une taule comme une autre. Il s’adresse à tous ceux, forcément révolutionnaires, qui souhaitent la destruction de tous les lieux d’enfermement, mais aussi aux proches de détenus et aux détenus eux-mêmes.

 


Ça pue, ça s’effrite, ça tombe, ça s’écroule, ça fuit, ça suinte. Ils sont fiers de leur prison. Elle a presque 150 ans et la moitié de ses bâtiments se sont déjà effondrés, ou sont en tout cas fermés en prévision d’une rénovation d’ampleur. Il reste le Bloc A et ses quatre étages. Au rez-de-chaussée, les détenus considérés comme calmes et sans problèmes, trois détenus par cellule de 9m². Au premier étage des cellules de 9m² où sont parqués quatre détenus par cellule, parfois sur un matelas improvisé au sol.

Il y a une salle de douche infestée de champignons, de cafards et de déchets qui s’entassent, on y attrape facilement hépatites et autres maladies. A l’intérieur, 4 douches mal séparées pour la cinquantaine de détenus de l’étage, dont une totalement ouverte, pour bien marquer le fait qu’il y a une hiérarchie entre les détenus, et que c’est les détenus eux-mêmes qui la mettent en place. Selon les matons, c’est l’étage où sont parqués les détenus les plus indisciplinés. Le troisième, c’est à peu près la même chose en plus calme (soi disant), et à trois par cellules (ça aide), pour l’instant en tout cas.

Le deuxième étage est lui, réservé aux détenus travailleurs, réputés plus calmes, car souvent portés sur leur réinsertion et la carotte des remises de peine. Une partie travaille pour le service général (activité liée à l’entretien et au fonctionnement de la prison), une autre pour la régie industrielle des établissements pénitentiaires qui fabrique des pièces destinées à l’administration elle-même. Mais la plus grande partie de ces forçats travaille pour le compte d’entreprises extérieures privées (façonnages, conditionnements, montages, assemblages, petits usinages), qui se gardent toujours de s’en vanter sur leurs sites internet et leurs catalogues.

Les détenus n’ont généralement aucun moyen de savoir pour quelle boîte ils travaillent. A la Santé, on travaille généralement pour Paris Façonnage, Lacoste, Dior, et d’autres, souvent des marques de luxe, selon les périodes. Dans d’autre prisons en France, on peut travailler pour Bouygues, EADS, EDF, Givenchy, Bic, L’Oréal, Orange, 3M, Yves Rocher, Renault, Haribo, etc.
Cependant, il n’y a pas de contrat de travail en prison puisque c’est interdit par le code pénal. Ce qui veut dire pas de SMIC, pas de congés payés, pas de droit syndical, pas d’arrêt maladie. L’inspection du travail n’a pas le droit de se rendre inopinément en prison : elle doit être invitée par l’AP (administration pénitentiaire), autant dire jamais.

 Les conditions de travail sont donc difficiles et les machines sont souvent vieilles, défectueuses et très dangereuses. Le travailleur pour les entreprises extérieures est généralement payé à la pièce, et ce sont les boîtes en question qui fixent les cadences horaires. En gros et en moyenne, le « salaire » va de 200 à 300€ cantinables par mois (desquels est parfois prélevée une certaine somme sans accord du détenu pour rembourser les parties civiles de son affaire). Ils sont à peu près 260 à travailler (selon la Santé) pour autant de M² d’ateliers. Ceux qui ne travaillent pas pour des entreprises extérieures mais pour l’industrie carcérale à proprement parler et la prison elle-même gagnent encore moins, et sont attachés aux tâches trop ingrates pour qu’un maton ou un employé sous juridiction du code du travail ne l’effectue lui-même.

Laver la crasse, la merde, le sang, servir la gamelle, porter des palettes de cantine, etc. Cela rentabilise le fonctionnement de la prison grâce à cette manne financière d’un travail pénible très peu rémunéré mais violemment cadencé. Les entreprises privées elles, s’offrent le luxe d’une délocalisation à domicile. Si l’AP présente le travail en prison comme une « activité fondamentale pour la réinsertion future des personnes incarcérées ». Il n’y a en fait que chantage à la remise de peine et à la misère. Le travail est devenu nécessaire à beaucoup de détenus car contrairement à certaines idées reçues, il faut de l’argent pour vivre en prison. Les repas sont immangeables et bourrés de calmants donc il faut pouvoir cantiner, ce qui équivaut à faire des courses à la « supérette » de la prison à des prix exorbitants, y compris pour des produits de première nécessité (entretien, hygiène, timbres, stylos, clopes...).

Tous les dimanches, on remplit son bon de cantine, et les produits ne seront récupérables que 9 ou 10 jours plus tard. Les produits, souvent dégueulasses et parfois à la limite de la péremption, sont vendus plus chers que dehors (30% plus cher en moyenne), pour l’AP c’est un vrai business.

En taule, il n’y a pas de monnaie, elle est interdite. Chaque détenu dispose d’un « pécule » virtuel (comme un compte en banque que l’on ne peut pas gérer soi-même). Ce pécule est alimenté par ce que le détenu avait en poche au moment de son incarcération, puis par des mandats cash ou virements provenant de l’extérieur, dont une partie, à partir d’un certain montant, est légalement volée par l’AP pour ses propres « frais ». En fait, tout est tellement cher, qu’une grande partie des prisonniers a recours aux petits trocs plus ou moins consentis pour les fins de semaines difficiles.

La monnaie d’échange la plus courante est le shit, mais aussi les clopes, le rechargement de batterie des téléphones portables et parfois les galettes de crack, mais cela est plus rare. La came et les téléphones arrivent par le parloir ou avec la collaboration incontestable de la matonnerie. La tolérance de l’AP est à géométrie variable étant donné que tout cela achète efficacement la paix entre détenus et AP, mais pas entre détenus, donc tout benef’.

La première chose qui est faite quand on arrive en taule, c’est la carte d’identification. Elle joue à peu près le même rôle que la carte d’identité dehors. Dessus, une photo prise à l’arrivée qui restera jusqu’à la fin, de sorte que l’on soit confronté chaque jour à la gueule de déterré qu’on avait en fin de garde à vue. Un code barre directement lié à l’empreinte biométrique de la paume de la main. Nom, prénom, numéro d’écrou, date de naissance. Il faut nécessairement la porter sur soi pour tout déplacement en dehors de la cellule et la montrer au maton quand il fait l’appel.

Les autres blocs sont en travaux et en ruine. D’où notamment la surpopulation si intense à la Santé. Mais il y a d’autres bâtiments. Celui des semi-libérés qui doivent rentrer tous les soirs en enfer (un à deux par cellule, seul bâtiment « propre » de la taule), et les divisions 1 et 2, qui ne sont composées que de cellules individuelles, denrée rare à la Santé, pour laquelle il faut s’inscrire sur une liste d’attente très théorique. En réalité, il n’y a que trois façons d’obtenir une cellule individuelle :

- La compromission : balancer, être docile, lèche-cul et serviable.
- L’attente interminable : de quatre mois à un an d’attente en théorie, mais l’AP a toujours le dernier mot quoi qu’il arrive, et rien n’est acquis d’avance ou garanti par un réel règlement. D’ailleurs les détenus n’ont pas vraiment accès à un quelconque règlement intérieur (qui doit bien exister quelque part, histoire de dire).
- La lutte et les divers moyens de pression : bloquer la promenade, les bureaux des directeurs et chefs de détention jusqu’à satisfaction, il faut être déterminé et combatif et réitérer fréquemment si nécessaire. L’avocat peut également exercer des pressions sur l’administration, mais on ne peut pas compter que sur lui, il ne peut que vous appuyer dans ce que vous faites déjà vous-mêmes...

La première division et la deuxième division sont assez similaires, bien que la première soit plus propre et avec une cours de promenade plus adaptée à l’être humain. Je précise que la promenade en prison, c’est de la merde, barbelés, caméras, espaces confinés, entassement, une heure à tourner en rond et à se rentrer dedans comme deux ours dans une chambre de bonne. Et je ne tolère plus d’entendre sans cesse que les prisonniers sont enfermés 23 ou 22 heures sur 24, non, les prisonniers sont enfermés 24/24.


Les inscriptions aux activités (qui fonctionnent également sur le principe très théorique de la liste d’attente, mais en fait dans un arbitraire total) y sont plus accessibles également qu’en deuxième division.

Les cellules individuelles font 5,20m², on ne peut pas vraiment étendre ses bras en large. Les fenêtres, placées très en hauteur dans les cellules sont à la fois finement grillagées et barrées, si bien que lorsque que l’on regarde à l’extérieur, on finit par loucher ou avoir mal aux yeux tant les mailles du grillage sont serrées. Tout est fait pour qu’on s’y sente mal et seul.

Trois fois par jour la gamelle.
7h30 : « Petit déjeuner », un minuscule rectangle de beurre, de la chicorée imbuvable, un sachet de lait en poudre et un sachet de sucre. Et le dimanche une viennoiserie dégueulasse ou mal décongelée. Une baguette de pain est distribuée quotidiennement aux alentours de 10h30.
11h30 : Premier « repas ».
17h30 : Deuxième « repas ».

Une bonne partie des détenus (il faut pouvoir se le permettre) ne touche pas à la gamelle. Les repas sont toujours les mêmes. Abats, langue de bœuf, poisson non identifiable, saucisses tièdes et mal cuites, plats gorgés d’eau, déraisonnablement gras. L’AP ne sert pas de repas adaptés aux végétariens, les seules dérogations sont pour le Halal et le Casher, il faut alors s’enregistrer auprès d’un maton en tant que « musulman » ou « juif ».


De plus, les informations tournent depuis ceux qui sont exploités en cuisine que des tranquillisants en poudre sont ajoutés aux plats. Se nourrir exclusivement à la gamelle équivaut aussi à s’exposer à une diarrhée longue comme la détention, ce qui est fâcheux lorsque les toilettes sont partagées par quatre détenus dans une cellule mal aérée de 9m².

La gamelle et ses horaires relativement fixes participent au balisage temporel du détenu et à la routine insoutenable de la détention. Car tous les jours sont à peu de choses près les mêmes, tout est à heure fixe : distribution du courrier, de la presse, gamelle, promenades, distribution du pain, activités s’il y a. Le détenu finit donc par se créer sa journée type, qu’il va répéter au loisir des juges. Le programme TV quotidien, l’heure du café, de la lecture, etc. Plus encore en cellule individuelle qu’au bloc, les prisonniers finissent tous par répéter une même journée standard, optimisée avec les moyens du bord. Pour se rendre compte de cela, il suffit de s’imaginer que l’on se réveille chaque jour dans la journée précédente et qu’on la recommence de bout en bout, jusqu’à finir par l’optimiser de A à Z. Cela rend fou très rapidement et on perd assez vite toute notion de réalité.

 En taule, il existe une réelle psychose de l’évasion qui serait considérée comme le signe d’une défaillance extrême de l’établissement. Aussi, cet état provoque toute une série de contraintes au nom de la sécurité qui brise le principe de la loi censée limiter la détention à la privation de la « liberté d’aller et venir ». Elle explique la politique du « porte-clefs » (ouverture, fermeture continuelle), la violation de l’intimité du détenu, elle provoque et justifie le recours à des moyens de contrôle et de contrainte souvent humiliants. Plusieurs fois par semaine, les matons entrent en cellule au cri de « sondage des barreaux ! » et frappent les barreaux à l’aide d’un tuyau en métal, souvent le matin, pour garantir l’effet de surprise et vérifier que les barreaux ne sont pas limés ou fendus.

Les détenus ont droit, théoriquement, à trois parloirs de 45 minutes par semaine (c’est plus que dans d’autres prisons), et encore plus théoriquement d’un parloir prolongé par mois. Bien sûr, les parloirs sont assez souvent soumis à l’arbitraire des matons qui ont tout un éventail de méthodes pour gâcher, perturber ou carrément annuler un parloir.


- Du côté des visiteurs, le maton peut très bien décréter arbitrairement le retard du visiteur ou du détenu et fermer les portes sans recours possible ou encore inscrire une autre heure que celle réservée par les visiteurs, ce qui annule le parloir de fait (mais pas nécessairement toutes les emmerdes qui vont avec).
- Côté détention, les magouilles sont plus fines. L’AP peut convoquer les détenus aux mauvaises heures, s’arranger pour que le détenu n’ait pas sa carte de circulation au moment du parloir.

Petit exemple pratique de la banalité du sadisme : les balais sont interdits en prison, mais les détenus peuvent pour une heure, échanger un balai contre leur carte d’identification. Le maton peut alors s’arranger pour ne pas vous rendre la carte à temps pour votre parloir (et le parloir peut être plusieurs jours plus tard), ou carrément la perdre. Mais aller au parloir sans carte d’identification, et donc sans vérification biométrique, c’est hygiaphone obligatoire.

C’est à dire parloir dans une pièce étouffante de moins de 2m² (dans laquelle le maton peut vous « oublier » pendant 30 minutes - sensation garantie) avec plusieurs plaques de plexiglas rendues quasi-opaques par la saleté entre vous et les visiteurs, une sérieuse difficulté à s’entendre, et caméras pendant le parloir. Les gentils socialistes pourtant si compassionnels ont beau avoir interdit, sous l’égide de leur grand héros Badinter, les parloirs-hygiaphones dans les années 1980, ils sont toujours là, comme une énième sanction dans la sanction.

Le sexe est interdit aux prisonniers. Grâce à l’article de loi qui stipule : « Constitue une faute disciplinaire du 2e degré le fait pour un détenu d’imposer à la vue d’autrui des actes obscènes ou susceptibles d’offenser la pudeur », les matons peuvent à loisir, et toujours selon leur humeur et leur bon vouloir, interrompre lourdement un câlin, un baiser, une caresse et autres marques d’affection. Et alors que la distribution des préservatifs est tolérée, le fait pour tout détenu d’avoir une sexualité est sanctionnée par des peines de mitard et autres sanctions disciplinaires. La misère affective et sexuelle fait clairement partie de la punition.

Les parloirs se déroulent, comme tout le reste, de façon extrêmement répétitive. Sortie de cellule et appel, une demi-heure (variable) d’attente avant, identification biométrique de la paume de la main et tampon UV sur l’autre main en file indienne, le parloir surveillé par le maton qui vous empêche de recevoir de l’affection physique de vos visiteurs, re-biométrie et UV, une demi-heure (variable) d’attente, une fouille à nu, vêtement par vêtement, cheveux, bouches, paumes des pieds, puis selon l’arbitraire du maton, lever les testicules, écarter les fesses et attente plus ou moins longue que le maton rende les fringues au lieu de vous observer dans vos moindre recoins, toujours avec le « bonne journée » à la fin, régulièrement ponctué d’un « bonne journée m’sieur le surveillant » très amical et complice. On appelle la phase de fouille à nu, le « kilomètre de bite » ou pour les plus inspirés, « les 24h de la bite ». Puis re-attente plus ou moins longue, et retour en cellule. Le parloir est tout de même assez éprouvant. On revient en moyenne d’un parloir programmé à 14h sur les coups de 16h ou plus.

Les détenus n’ont pas tous des parloirs car beaucoup sont isolés ou étrangers et loin de leurs proches. Pourtant les parloirs sont souvent un poumon essentiel pour le détenu, qui par définition est isolé, et finit toujours par se sentir seul, même si par ailleurs il est très soutenu à l’extérieur ou très entouré à l’intérieur. C’est aussi pour cela que les mesures de rétorsions formelles (disciplinaires) ou informelles et illégales sur la question des parloirs sont particulièrement efficaces et brandies comme épouvantail par les matons.

De fait, le maton possède un pouvoir qui, aussi minuscule soit-il, peut réellement briser le moral du détenu. La température de la douche par exemple, ne peut être réglée que de l’extérieur de la salle de douche, qui est bien sûr fermée à clé, donc par un maton. Une douche sur deux est donc bien trop brûlante pour pouvoir y passer la tête plus de deux secondes ou bien trop froide pour ne pas en sortir en grelotant. La distribution du courrier ou de la presse est tout aussi soumise au bon vouloir du surveillant. Celui-ci est bien conscient qu’un journal du matin perd tout son intérêt s’il est reçu à 19h. De plus, le maton ne brillant généralement que très peu par son intelligence (on peut aisément parler de débilité légère), on finit toujours par se retrouver avec le courrier du voisin, et vice versa, il vaut mieux alors être en bon terme avec le voisin en question. Souvent le courrier est bloqué, censuré, « perdu », saisi par le juge ou l’AP. Il peut mettre beaucoup de temps à arriver selon les analyses effectuées dessus, ou ne pas arriver du tout.

De même pour les courriers internes. Pour à peu près tout il faut passer par le courrier interne. S’inscrire à une activité, demander une consultation médicale, faire une demande au SPIP [1], s’entretenir avec un gradé vaguement décisionnaire, faire une réclamation, etc. Le courrier interne a la fâcheuse tendance à disparaître ou à être ignoré. Il faut parfois refaire le même courrier dix fois pour obtenir une réponse, alors souvent on finit par abandonner. Là encore, c’est la flemme ou non du maton qui gouverne, est-il prêt à bouger son gros cul ou non d’un étage à un autre. Parfois la santé, les activités, les demandes de parloirs prolongés en dépendent entièrement.

Puis en permanence la promesse non tenue, « je reviens », « deux secondes, j’arrive », puis rien. Porte fermée, rien à faire. Le maton à tout le loisir de pouvoir te regarder pisser le sang sans réagir, te tordre de douleur ou à te laisser avec un branchement extrêmement dangereux ou une couche de mur prête à tomber sur la gueule à tout instant. Refuser de faire passer un peu de tabac, ou une tomate d’une cellule à une autre. Ou alors, bien saccager tes affaires et ton courrier lors d’une fouille surprise à 7h du matin. Te faire passer « détenu accompagné », et par là t’empêcher de te dégourdir les jambes entre deux sorties de cellules ou aller saluer un compagnon d’infortune sous prétexte que tu serais dangereux, comme ça, du jour au lendemain, sans événement particulier.

Il existe assez clairement une hiérarchie entre détenus. Entre les « primaires » (incarcérés pour la première fois) et les autres, entre les différents types de délits, entre forts et faibles. Les détenus les plus « maqués » avec les matons, qui sont comme par magie souvent ceux qui possèdent shit, came ou téléphones, auront tendance à prendre la tête de la hiérarchie. Les petits privilèges qu’ils obtiennent leur garantissent aussi un certain « confort » : choix de la cellule, de ses codétenus, possession d’un balai, plaque chauffante, douches supplémentaires, TV gratos, rab de javel, beurre, sacs poubelle et autres denrées rationnées gratos. Entre les détenus, c’est un peu celui qui aura la plus grosse entrée régulière de shit, téléphones et came qui fera la pluie et le beau temps. Il peut monnayer tout ce qu’il veut à coup de shit, parce que les journées paraissent moins longues quand on se tabasse la tête, et le temps « qui passe vite » est un luxe en prison.

Il ne fait aucun doute que l’AP est entièrement consciente de la présence de téléphones ou de shit, mais leur présence est loin de la déranger. Un détenu défoncé est plus gérable et moins conflictuel, de plus, c’est une carte répressive en main que l’on peut jouer au moment de son choix. Et pas mal de détenus se retrouvent avec de nouvelles affaires judiciaires sur le dos pour des faits commis pendant la détention.

C’est à peu près pareil en ce qui concerne les cultes religieux, le « respect » de l’AP pour les convictions religieuses des détenus est étonnant si on le compare à son respect inversement proportionnel pour la dignité humaine. Bien sûr, les plus intégristes demanderont toujours plus, mais pour le croyant lambda, tout est fait pour qu’il puisse observer tous les aspects de sa foi et des représentants de chaque culte sont présents pour guider sa conscience en harmonie avec les besoins de l’AP : la paix entre prisonniers et matons et la guerre entre détenus. Mais il y a encore bien d’autres choses qui favorisent la paix sur lesquelles je n’ai pas la force de m’attarder comme la TV ou le sport.

Mais pour quelques détenus, rien ne parvient vraiment à acheter cette paix tant souhaitée. Existe alors le passage en commission de discipline. Il existe un tableau des fautes et des sanctions recensées, mais qui reste suffisamment flou pour que ne soit pas gêné l’arbitraire de l’AP. Une même faute, selon l’interprétation, pourra être classée en 1er, 2ème ou 3ème degré de gravité [2]. En commission de discipline, où l’on peut être « défendu » par un avocat, on fait encore moins semblant d’arrondir les angles démocratiques que lors d’un procès traditionnel au tribunal, puisque la personne qui te juge est aussi celle avec laquelle tu es en conflit. Ce sera le directeur de la prison ou n’importe quel autre sous-fifre de l’AP. Les sanctions (fermes ou avec sursis) sont diverses et adaptées à la faute [3].

Le mitard, c’est un peu les mêmes conditions de détention que la garde-à-vue, et on peut y rester jusqu’à une quarantaine de jours. Mais il existe aussi la menace permanente du transfert pour éloigner un détenu de ses proches et l’isoler encore plus. C’est un peu la menace permanente de la sanction dans la sanction. La prison dans la prison, qui elle-même est déjà une prison dans la prison sociale. C’est un peu le jeu des poupées russes carcérales.

Il n’est absolument pas question de dresser un tableau mensonger et nostalgique, mais du point de vue de la morale dominante en prison, du coté des détenus, la situation s’est largement dégradée en l’espace de quelques décennies. Le rapport à la lutte, à la conflictualité, la rébellion, a beaucoup changé. Comme le racontent les détenus un peu plus vieux, autrefois les choses étaient claires, il y avait deux camps, pas trois, pas dix, il y avait d’un coté les prisonniers, de l’autre, la matonnerie. Bien sûr, il y a toujours eu, à toute époque, des traitres, des balances, des collabos et des lâches. Mais aujourd’hui, tout est plus trouble et imbriqué. La solidarité entre les prisonniers, en tant que principe, n’existe plus. Ce qui ne l’empêche pas d’exister encore ponctuellement. Le conflit avec l’AP, en tant que principe, non plus. Il y a tout de même, une guerre sociale à l’intérieur de la prison, la même que dehors. Mais il y a aussi une guerre civile qui s’entrechoque avec elle, comme dehors.

Résultat, certains n’hésitent pas à balancer d’autres détenus pour un bout de shit ou pour éviter un pauvre jour de mitard. On n’hésite pas à se faire la guerre entre détenus sur des critères de couleur de peau, à mater les révoltés soi-même pour assurer sa tranquillité et son petit trafic, à sympathiser avec les matons pour pouvoir lécher quelques miettes de vase en plus, parfois même à les intégrer socialement au sein des détenus, à draguer et coucher avec les matonnes. A vrai dire, il n’y a plus deux camps, il y a autant de camps qu’il y a de couleurs de peau, et qu’un uniforme recouvre ou non la peau ne fait plus aucune différence. La prison étant remplie à très forte majorité, d’un coté comme de l’autre, de « noirs et d’arabes », les connivences et les complicités se font et se défont sur ces critères-là plutôt que sur la question de « qui tient les clés et qui ne possède rien ».

Loin de moi l’idée de dire que ces choses-là n’existaient pas par le passé, mais seulement d’affirmer que ce qui était la norme (prisonniers Vs AP) est devenue l’exception. On ne défonce plus les balances, sauf si c’est nous-mêmes qu’elles ont balancé, on ne se bouge plus pour le cas d’un autre détenu que soi-même, on ne surmonte plus nos divisions au moment de s’affronter avec l’ennemi en bleu, il n’y a que très peu d’entraide et les plus pauvres peuvent bien crever.

La société, au final, a peut être réussi l’un de ses plus grands coups, dans l’une de ses tâches les plus structurelles : réussir à convertir ses marges et à les domestiquer au point d’en faire de plus virulents défenseurs encore de la dite société. Racisme, logiques identitaires et communautaristes [4], sexisme, domination, glorification du travail, soumission, hiérarchie, homophobie ou moralisme sont en fait encore plus présents en prison que dehors. La violence des rapports économiques y est décuplée, la violence de l’imposition de la norme aussi.

Et si au fil des années, les conditions de détentions se sont « améliorées », les violences entre détenus, qu’elles soient physiques ou morales, n’ont fait qu’augmenter, alors qu’entre l’AP et les prisonniers les relations n’ont fait que se pacifier. La codétention est un peu devenue la guerre de tous contre tous, entre petits clans insignifiants : le règne absolu des prédateurs sur des proies indiscriminées.
Pour un prisonnier révolté, c’est-à-dire prêt à se battre contre la condition qui lui est faite et contre la possibilité qu’une telle condition puisse être imposée à quiconque d’autre que lui-même, la détention est un voyage sur un radeau pourri sur un fleuve enserré par deux rives peuplées d’êtres hostiles. Pris en tenaille entre les codétenus et l’administration pénitentiaire, il devient extrêmement difficile de lutter à l’intérieur, puisque la marge de manœuvre est réduite de tous les côtés de la matraque.

L’UCSA [5] et le SMPR [6] se contentent de camer les détenus à coup de médocs distribués à la pelle comme des cacahuètes à des singes. Ces dealers en blouse blanche passent même leur temps à essayer de convaincre les détenus dès leur premier jour d’arrivée, de prendre des somnifères pour dormir et des anti-dépresseurs pour tenir le coup, je ne parle même pas du Subutex [7] plus facile à obtenir que des fruits, puisque gratuit. Le SMPR est carrément un hôpital psychiatrique à l’intérieur de la taule, on y maintient les détenus trop récalcitrants, les plus faibles et tourmentés au stade végétatif.

Des zombies, couchés toute la journée ou presque que l’on gave de pilules à gogo. Les toubibs de l’UCSA, dépendant théoriquement de l’APHP [8] et non de l’AP, sont généralement assez paternalistes, et il faut s’en méfier, car contrairement à ce qu’ils affirment, ce que vous leur dites ne restera pas nécessairement entre vous, puisque le secret médical qu’ils sont tenus de respecter est une vaste blague, ils participent aux réunions de travail de l’AP à propos des détenus, et donc aux débats sur le cas de chacun.

A cause des conditions d’hygiène, qui sont une véritable peine dans la peine dans des vieilles taules dégueulasses comme la Santé, de simples petits coups, blessures peuvent se transformer en drame. Une poussière dans l’œil peut rapidement devenir un œil extrêmement enflé, un piercing mal fait à l’oreille une gangrène, etc. De même, la forte présence de moustiques lors des chaleurs, de rats ou de souris, cancrelats et araignées participent de la sensation que chaque mur touché équivaut à une minute passée dans une centrale nucléaire en fusion.

S’ajoute à cela le sadisme des ingénieurs qui conçoivent des lits trop courts ou décalés de 7 cm du mur, ou encore des matelas plus grands que la structure bloquante en métal du lit. Du robinet qui asperge nécessairement toute la pièce ou des bancs de salle d’attente qui font mal au cul pour bien que tu te rappelles que t’es pas en colonie de vacances. La forêt de portes automatiques qui ne s’ouvrent que quand les autres sont fermées pour que tu sois bien obligé d’attendre toutes les dix secondes. Les planches qui servent de cache-toilettes bien trop courtes en haut et en bas pour que t’aies plus aucune idée de ce que ça peut bien être l’intimité.

La prison, c’est un peu la liberté totale donnée à une poignée de laquais d’expérimenter leur cruauté grandeur nature sur des humains privés de liberté, comme un enfant triturant une poupée ou le cadavre d’une grenouille avec sadisme. Dans le rôle du gamin sadique : matons, architectes, ingénieurs, constructeurs, psychiatres, juges, dans le rôle de la grenouille disséquée : ce bon vieux taulard, ce bon vieux taulard à qui il faut bien faire comprendre qu’il est une grosse merde, qu’il n’existe pas pour ce monde ni pour lui même. Le même bon vieux taulard qu’on est toujours prêt à envoyer crever pour liquider une centrale nucléaire en fusion ou ramasser des galettes de fioul sur les plages souillées par les marées noires, celui qui construit dans un champ de coton moderne les sacs Vuitton que madame la juge aime tant porter sur son avant bras au bal de Noël du barreau de Paris.

Après tout, la Santé a sa petite histoire en la matière ! Les forçats en attente de leur transfert maritime vers le bagne de Guyane ou l’exécution des débuts du [vingtième] siècle, aux prisonniers du couloir de la mort qui attendaient la guillotine, dressée à l’angle de la rue de la Santé et du boulevard Arago : une quarantaine d’hommes ont fini leurs jours guillotinés sur ce trottoir. Pendant la seconde guerre mondiale et l’occupation, des résistants ont été exécutés, décapités ou fusillés dans l’enceinte de la prison. C’est là que nous sommes incarcérés, et tout est là pour nous rappeler que la prison est une barbarie, le parachèvement d’une civilisation de petits Eichmann où personne n’est vraiment responsable de ses actes et ne fait qu’obéir à ses supérieurs, qui eux-mêmes obéissent à d’autres, et ainsi de suite.

***

Pour revenir à des considérations un peu plus générales, je me demande bien comment on pourrait en finir avec la prison en laissant le monde extérieur intact. Penser la prison de façon séparée est pour moi une grande méprise, car une bonne partie de la banale horreur qui y prolifère provient directement de l’extérieur. La prison n’est qu’une exacerbation de la survie qu’est déjà notre vie à l’extérieur.
Dehors aussi il faut avoir ses papiers pour circuler, dehors aussi nous sommes fichés et contrôlés, les pauvres se font la guerre entre eux plutôt que de s’associer pour abolir leur condition, dehors aussi nous sommes parqués comme du bétail et nous dormons là-même où nous déféquons, barbelés, balances, verrous, portes blindées, matons, grillages, barrières, frontières existent des deux cotés du mur.

La prison existe parce qu’une société a besoin d’elle pour injecter la peur qui la maintient et je ne vois pas bien comment on pourrait s’attaquer à la prison sans en finir avec le monde qui la produit et en a besoin, et vice-versa. Je ne vois pas bien non plus à quoi peut servir de lutter pour des prisons « plus humaines », ou des « alternatives » à la prison quand le réel problème transcende si largement la simple question de la prison et se retrouve dans tous les aspects de la société : le principe même de domination et d’autorité. Nous voulons recouvrer notre liberté, mais dehors non plus nous ne sommes pas libres. C’est parce que je suis pour la destruction des prisons que je suis révolutionnaire, c’est parce que je suis révolutionnaire que je suis pour la destruction des prisons.

Mais il ne faut pas attendre de quelconques grands soirs mythologiques pour lutter contre la taule. De l’intérieur, les prisonniers n’ont que très peu de marge de manœuvre pour lutter efficacement contre elle. La lutte du prisonnier est une lutte pour sa propre dignité, une suite de petits combats pour garder la tête haute devant l’humiliation permanente que lui inflige l’État et ses defenseurs, pour sa survie, mais elle ne saurait venir à bout de cette société carcérale. C’est de l’extérieur que peuvent se jouer des enjeux plus larges.

Attention, je ne suis pas en train de dire que la lutte du prisonnier est vaine, ni qu’il ne faut pas lutter en prison, au contraire. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut pas s’intéresser, à l’extérieur aux luttes de l’intérieur, au contraire, il faut leur donner un haut parleur à l’extérieur et lutter tant que faire se peut aux cotés des prisonniers.

Il est important de réussir à parler de la prison de façon décomplexée malgré les profondes souffrances, sortir les courriers des détenus révoltés qui le souhaitent et leur offrir une tribune qu’ils ne pourront obtenir autrement que par l’aide extérieure, il faut poser socialement la question de la prison, que personne ne puisse l’éviter, dans les rues, dans les discussions, à table, au café, au boulot, partout, il faut briser l’isolement.

Dans le même temps (l’un n’a que peu de sens sans l’autre), il faut diffuser l’attaque contre ses structures, critiquer en acte le business de l’enfermement, partager publiquement tout ce qui peut aider un détenu motivé à s’évader, paralyser les infrastructures carcérales et démasquer les collabos qui participent d’une façon ou d’une autre au système carcéral. Ils sont flics, juges, journalistes, constructeurs, ingénieurs, architectes, politiciens, scientifiques, matons, investisseurs, philosophes, contrôleurs des prisons, il faut les livrer en pâture à la colère. Qu’il ne soit plus anodin de participer à l’enfermement concentrationnaire de millions de gens à travers le monde, ni d’en faire la propagande ou de le réformer pour mieux le pérenniser.

Que la haine de la barbarie carcérale se dirige contre ceux qui en sont responsables ou qui la défendent, et que les murs qui séparent les prisonniers du reste des gens soient détruits, dans nos têtes comme en réalité, l’un ne va pas sans l’autre.

Réapproprions-nous la guerre sociale plutôt que de la subir,
Dedans comme dehors.
Feu à toutes les prisons !

Depuis la Maison d’Arrêt de la Santé,
Comme un chien enragé, mars-avril 2011.

P.S.

Annexe : Tableau des fautes et sanctions disciplinaires

Les fautes disciplinaires du 1er degré (les plus graves) :
- toute violence physique à l’encontre d’un membre du personnel ou d’un visiteur
- toute action collective de nature à compromettre la sécurité de l’établissement
- détention ou trafic de stupéfiants, d’objets ou de substances dangereuses
- toute menace de violences ou contraintes
- toute participation ou tentative d’évasion
- tous graves dommages aux locaux ou matériel
- mise en danger de la sécurité d’autrui.

Les fautes disciplinaires du 2ème degré :
- toutes insultes ou menaces à l’égard d’un membre du personnel ou d’un visiteur
- toute action collective de nature à perturber l’ordre
- tout vol (ou tentative)
- tout acte obscène ou susceptible d’offenser la pudeur
- tout refus de se soumettre à une mesure de sécurité
- tout trafic ou échange non autorisé
- tout tapage de nature à troubler l’ordre de l’établissement
- tout acte pouvant mettre en danger la sécurité d’autrui par une imprudence ou une négligence.

Les fautes disciplinaires du 3ème degré :
- outrages et menaces, par lettre, adressée aux autorités administratives et judiciaires
- formuler des menaces, des injures contre personne ayant autorité
- proférer des insultes ou des menaces à l’encontre d’un co-détenu
- refus d’obtempérer aux injonctions du personnel
- ne pas respecter le règlement intérieur de l’établissement
- négliger l’entretien de sa cellule
- entraver les activités de l’établissement (travail, formation, activités culturelles et de loisirs)
- jeter des détritus ou tout autre objet par les fenêtres
- faire un usage abusif ou nuisible d’objets autorisés.

Peuvent être prononcées, les sanctions disciplinaires suivantes :
- avertissement
- interdiction de recevoir des subsides (argent) de l’extérieur (pendant une période maximum de 2 mois)
- privation de cantiner (pendant une période maximum de 2 mois) autre que l’achat de produit d’hygiène, de correspondance, de tabac
- confinement en cellule ordinaire (isolement)
- mise en cellule disciplinaire (pour une durée variable)
- mais aussi, si la faute est commise au cours de…, à cause de… ou à l’occasion de… :
- mise à pied d’un emploi (pendant une durée maximale de 8 jours)
- déclassement d’un emploi (auxi ou atelier) ou d’une formation
- privation de tout appareil acheté ou loué (pendant une durée maximale d’un mois)
- suppression de l’accès au parloir sans dispositif de séparation (pendant une durée maximale de 4 mois)
- exécution d’un travail de nettoyage des locaux ou extérieurs (pendant une durée maximale de 40 heures)
- privation d’activités sportives, culturelles, de formation (pendant une durée maximale d’un mois)
- exécution de travaux de remise en état.


[1] Service pénitentiaire d’insertion et de probation.

[2] Voir le tableau en annexe de cette brochure.

[3] Cf. annexe de cette brochure.

[4] Il me paraît important de rappeler que jusqu’en 2000 à la Santé, les détenus étaient répartis et séparés par origine géographique et ethnique à l’intérieur de la prison. Une partie des détenus (ceux qui poursuivent des études en particulier) étaient regroupés dans les divisions, mais la plupart d’entre eux étaient disséminés dans des blocs, qui étaient au nombre de quatre :
- Bloc A : Europe occidentale
- Bloc B : Afrique noire
- Bloc C : Maghreb
- Bloc D : reste du monde.

[5] Unité de Consultations et de Soins Ambulatoires.

[6] Service Médico-Psychologique Régional.

[7] Substitut à l’hé

 

Source : Comme un chien enragé : témoignage d'un incarcéré Chien Guevara

Partager cet article
Repost0
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 10:11

 

 

20

Ils voient des terroristes partout les ricains, voici un petit extrait de l’article….Alors que le gouvernement leur demande de se préparer au cas où, ils sont espionnés toujours au cas où, nous vivons une époque formidable! :mrgreen:

Le FBI demande aux magasins de surplus d’espionner les identités des clients qui achètent du matériel de survie, et de les signaler comme des terroristes potentiels tandis que la CDC effraie le public dans leur achat de matériel de survie avec ‘Zombie Apocalypse « psy-op.

Document du FBI Listes achat d'articles de préparation comme «indicateurs potentiels d'activités terroristes»

 

Le document du FBI, intitulé «Communautés contre le terrorisme: les indicateurs potentiels d’activités terroristes liés aux Magasins de Surplus Militaire » également les propriétaires de magasins de surplus ont en charge de:

  • d’«Exiger d’identité valide de tous les nouveaux clients.
  • Tenir des registres des achats.
  • Parlez à des clients, de poser des questions, et
  • écouter et observer leurs réactions.
  • Regardez des personnes et des actions qui sont hors de propos.
  • Prenez note des déclarations suspectes, des personnes et / ou des véhicules.
  • Si quelque chose semble suspect, aviser les autorités répressives. « 

source Alexander Higgins via incapabledeseta

Pour le FBI, vous achetez du matériel de survie! vous êtes un terroriste potentiel! « Les moutons enragés

Partager cet article
Repost0
14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 17:08

 

 

 



Détention provisoire pour tous à 8000 € le mètre carré

Finalement, ça devait finir comme ça.
Plus personne n’aime plus personne et plus personne n’a l’impression d’avoir quoique ce soit de commun avec son voisin, son concitoyen, sa femme, son mari, son amant, sa sœur. Vous entendez bien qu’il ou elle parle la même langue que vous mais étrangement vous ne la comprenez plus. Par exemple, il vous dit « réforme », vous comprenez « progrès » et vous vous retrouvez avec la retraite à 62 ans, des médicaments déremboursés et des enfants surdiplômés stagiairisés à vie…
Qui n’a pas compris qui ?


Immergé dans sa Xbox 360

Non, l’autre n’est plus jamais le même, décidément : en politique, en amour, au boulot, dans vos plaisirs que vous ne partagez plus que rarement avec quelqu’un tant l’offre de divertissement s’est diversifiée et individualisée jusqu’au solipsisme. L’adolescent ou même l’adulescent immergé dans sa Xbox 360 est en pleine schizophrénie cyberautiste sous le même toit que son père insomniaque sur le point d’être délocalisé et qui a retrouvé Masculin/Féminin de Godard sur une de ces deux cents chaines de la fibre optique. Mais ça ne l’aide pas à comprendre la mère qui se demande pourquoi elle a besoin d’antidépresseurs pour tenir alors qu’elle s’entend si bien avec ses amies de la copropriété et que l’opération de chirurgie plastique s’est bien passée.
Il n’y a rien à faire : l’autre vous est de plus en plus mystérieux, opaque, vaguement hostile.
C’est vrai à la maison et c’est vrai dans les jeunes couples (portant, ils devraient s’aimer, ceux-là) dont plus d’un sur d’eux divorce au bout de cinq ans parce que le mariage est devenu une forme de consumérisme comme une autre.

C’est vrai au travail, où finalement l’autre est forcément un concurrent. Que ce soit dans les administrations où disparaissent par milliers des postes qui sombrent dans le néant de la rigueur, comme dans les entreprises de l’économie réelle qui désormais prennent le moindre contre coup des humeurs de la finance mondialisée.

Et c’est vrai enfin et surtout dans nos villes où s’évaporent les derniers quartiers socialement mixtes devant le creusement d’inégalités délirantes. À la place, ce que l’on connait de plus en plus, ce sont des mini-murs de Berlin parfois visibles, parfois non. Ils se dressent concrètement par des herses de police ou, de façon immatérielle, par la hausse des taxes d’habitation. Ils séparent les centres-villes gentryfiés des banlieues électrifiées, les vieux départements d’immigration et ceux de l’accession bobo à la propriété sur cinquante ans. Sans compter, comme des réserves de peaux-rouges habillés en Old England ou en Cyrillus, les îlots inquiets de la bourgeoisie du monde d’avant.


Même le prix de l’eau du robinet

Oui, ça devait finir comme ça : la guerre de tous contre tous.
C’est à dire ce qui caractérisait l’état de nature selon Hobbes. Pour Hobbes cela n’a pu cesser qu’avec l’apparition de l’Etat, avec une majuscule. La petite différence, aujourd’hui, c’est que la guerre de tous contre tous renait après la disparition de l’Etat.

On s’étonnera, plus tard, de l’espèce de folie pure, d’irréalité, qui aura régné à notre époque et qui aura consisté à faire croire à des peuples entiers que ce qui était à eux, collectivement et naturellement, en fait ne l’était pas et pouvait faire l’objet de marchés, d’appels d’offres, de profits et de marges bénéficiaires pour certains.

C’est allé de la façon dont on les soignait, dont on les éduquait, dont on les transportait à celle dont on les éclairait et les réchauffait. On trouvera du plus haut comique, par exemple, que le prix de l’eau au robinet ait varié du simple au quadruple dans deux communes distantes de cinq kilomètres, parce que l’une avait une régie municipale et que l’autre avait sous-traité à Veolia. Ou que, montant dans un train ou un avion, il était pratiquement impossible de trouver deux passagers ayant payé le même prix pour le même trajet, confirmant la vieille théorie de Marx sur l’écart de plus en plus schizophrénique qui se creuse entre la valeur d’usage et la valeur d’échange dans les économies capitalistes.


Fragmentation du réel

Et c’est en ce dimanche de fin d’année, dans Le Monde, que l’on découvre le stade ultime de cette fragmentation du réel, de cette séparation à l’œuvre telle que l’a définie le situationnisme il y a déjà cinquante ans : la privatisation et même la libanisation de l’espace public que représente le boom des résidences sécurisées. Entendons nous bien, quand on parle de résidences sécurisées, il ne s’agit pas d’immeubles équipés de digicodes ni même de zones dans lesquelles on demande à des sociétés de sécurité de faire patrouiller un vigile avec un chien.

Non, il s’agit de construire dans les zones rurbanisées de véritables ghettos dorés sur le modèle des « gated communities » américaines. Le syndrome du pont-levis, en quelque sorte. On se retrouve totalement isolés de l’extérieur et on atteint le comble de l’entre soi. Un règlement intérieur draconien pourra même éliminer pour vous la tentation de vous livrer à certaines nuisances impardonnables : fumer, faire des enfants, avoir un chien. Quand on vous a tellement foutu la trouille depuis des générations, la servitude volontaire, ça va de soi. La Boétie l’avait bien compris en son temps.

On nous informe notamment que 13% des nouveaux ensembles résidentiels construits chaque année (avec des pics à 20% dans le sud-est) le sont sur ce modèle de communautés fermées où vous vous promenez badgés derrière de hauts murs et où vous devez prévenir quand quelqu’un vient vous voir ou que vous sortez.
On pourrait en rire, de ces classes moyennes supérieures, décidées à se retrancher (à tous les sens du terme.) Finalement, le grand JG Ballard dans Le massacre de Pangbourne avait déjà prophétisé les névroses mortifères qui finissent par se développer dans ce genre de lieu et finissent dans des explosions de violentes qui valent bien celles que l’on voulait fuir à l’extérieur.

Mais c’est beaucoup moins drôle quand on sait dans le même temps que les maires qui autorisent ce genre de constructions, comme celui d’Etiolles dans l’Essonne, s’entendent dire par leur administrés, à propos des 20% de logements sociaux obligatoires dans la loi SRU sous peine d’amende : « Payez, payez mais n’en faites pas. »

On voit bien où tout cela va nous mener si rien ne change : à un nouveau Moyen Âge qui ressemblera à ces films post-apocalyptiques des années 70. Des hordes de nouveaux gueux viendront assiéger des citadelles en béton armé.

On espère simplement qu’à l’intérieur, ils paieront bien leur milice privée et que les prétoriens seront bien entrainés, parce qu’il ne faudra plus trop compter sur les forces de l’ordre. Elles ne seront plus assez nombreuses, mal équipées et :  assez peu motivées par les salaires réduits de 30% par le FMI.
Si ça se trouve, elles ne se dérangeront même plus.

Source : causeur

 

Un blog à découvrir avec des articles de fond et je n'arrivepas à copier-coller le lien, c'est ecophilopat, site d'analyse 

Aperçu


DERNIERS ARTICLES


ÉCONOMIE

Notre modèle financier est, par essence, voué à disparaître Le 13/01/2010

L'arnaque du prix ou le prix de l'arnaque Le 13/01/2010

La réforme monétaire – Bientôt une réalité ! Le 21/08/2009

Le Chiemgauer, une monnaie proche du citoyen Le 20/08/2009

Créer des monnaies par millions Le 20/08/2009

Appel pour le revenu de vie Le 17/05/2009

30 ans de perdus Le 30/04/2009


BIENVENUE DANS
UN MONDE "MODERNE"


Résidences sécurisées, ça fait peur ! Le 02/01/2011

Le monde d'après Le 18/12/2010

Le Capitalisme à la manière de Sarah Palin Le 06/08/2009

Crise : Pourquoi rien n’a changé ? Le 06/08/2009

Les banques savaient pour les subprimes et n'ont rien fait Le 08/05/2009

Les banquiers ont pillé les coffres publics Le 06/05/2009

G20 : retour sur un grandiose foutage de gueule Le 12/04/2009


ÉCOLOGIE / SANTÉ

Comment affaiblir la population pour vendre des médicaments/Le Codex Alimentarius Le 04/01/2010

OGM, solution (finale) à la surpopulation Le 22/07/2009

Un chercheur rend publiques des études jamais diffusées sur les OGM Le 04/05/2009

Monsanto : énorme bug en Afrique du Sud Le 02/05/2009

OGM : la menace des « super mauvaises herbes » s’amplifie Le 30/04/2009

L’art de faire passer la pilule Le 24/04/2009

OGM : la hausse des rendements contestée Le 18/04/2009


PHILOSOPHIE

Vivre en troupeau en se pensant libres Le 03/09/2008


PROPAGANDE ET
DÉSINFORMATION


25 techniques de déstabilisation d'un opposant Le20/02/2011

Les Tigres de papier Le 02/02/2011

Le Monde « oublie » un document WikiLeaks sur… les médias français Le 02/01/2011

La France vit une épuration sourde de ceux qui ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens Le 22/07/2009

10 guerres, 10 médiamensonges Le 02/05/2009


OPTIMISME
ALTERNATIVE POLITIQUE
ET ÉCONOMIQUE


Pourquoi est-il raisonnable d’être anticapitaliste Le 02/05/2009

La prospérité sans la croissance ? inventer une alternative Le 30/04/2009


DIVERS

La désobéissance civile Le 02/02/2011

Qui alloue les crédits nécessaires aux recherches scientifiques du futur ? Le 02/01/2011

C’est quand le bonheur ? Le 21/02/2009

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 22:08

 


ImageMecanoforums - FEMA, loi martiale et traçabilité des populations

 

 

Posted 03 sept 2010 in nouvel ordre mondial

Septembre: le gouvernement Américain et la FEMA déclarent le « mois de la préparation nationale »

 

http://tobefree.files.wordpress.com/2009/01/barbedflag.jpg


Aux États-Unis, le 1er septembre, commencera la campagne de sensibilisation à l’éventualité de catastrophes climatiques et humanitaires et ce, dans le but de préparer les citoyens à toutes éventualités. Le gouvernement américain et la FEMA (son agence de gestion des crises et des catastrophes) ont décrété le mois de septembre comme étant le: « National Preparedness Month » (le mois de la préparation nationale). Les familles américaines sont invitées à mettre en place une série de mesures: plan d’urgence, plan d’évacuation, kit de survie, réserves de nourriture, etc.

Voici les liens du gouvernement et de la FEMA, qui informent les familles sur les mesures d’urgence à prendre:

http://www.ready.gov/

http://www.fema.gov/news/newsrelease.fema?id=49445

Voici l’équivalent pour le Canada, sur le site du gouvernement fédéral

 


Image


 

Je dois vous avouer que tout se précipite en ce moment et ce, à une vitesse vertigineuse. Les rumeurs de guerre s’intensifient un peu plus chaque jour et les pays se positionnent militairement pour une attaque imminente. D’après les médias aux ordres, l’Iran serait actuellement en mesure de produire des armes nucléaires, et il semble évident qu’Israël et les États-Unis préparent à quelque chose. Ils ont toujours affirmé qu’ils ne permettraient pas que l’Iran soit dotée d’un potentiel nucléaire et une frappe semble inévitable.

 

 


Image


Le « nouvel ordre mondial » accélère intensivement ses mesures de contrôle des populations: les technologies d’identification et de pistage s’implantent dans plusieurs pays au nom de la sécurité, une loi fédérale prévoit de « fermer la switch » de l’internet en cas de menace terroriste (incluant le « terrorisme domestique »: nous!), le gouvernement s’infiltre dans les réseaux, les sites conspirationnistes et patriotiques, pour guetter les « ennemis de l’état », le Homeland Security a prévu des mesures pour contrôler l’approvisionnement en nourriture (voir « ordres exécutifs »), etc.

Le mot d’ordre sur tous les blogs et les sites américains qui exposent la censure et les impostures: SOYEZ PRÊTS!

 

Image


 

Source : Septembre : le gouvernement Américain et la FEMA déclarent le « mois de la préparation nationale »  /  IG

Partager cet article
Repost0
8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 20:47

 

Par Sylvie Barbesse

 

 

08 septembre 2010

 

Les mesures prises cet été contre les Roms et les personnes d'origine étrangères m'ont paru si graves et ont tellement entamé mon moral que j'ai été incapable de les commenter.

De plus, je pressentais qu'ils ne s'arrêteraient pas là.

Maintenant, les voilà en train de profiter du grand bruit autour des retraites pour faire passer en catimini une ignominie de plus.

Que les yourteurs soient très attentifs.

Quand on voit venir le projectile,

on a peut-être le temps de se parer.

 

Le projet de loi sur la sécurité intérieure (dit Loppsi 2), voté par les députés en Février dernier, est en ce moment même examiné au Sénat.

Le gouvernement a déposé le 2 Septembre vingt-six amendements pour mettre en œuvre les annonces sécuritaires de l'été.

Un de ces amendements vise à étendre aux squatts les nouvelles dispositions concernant les évacuations de campements illicites (32 ter A du projet de loi) en demandant la pénalisation et l’expulsion expéditive et arbitraire à l’encontre des squatters, des occupants de bidonvilles ou d’ “habitats choisis”.

En effet, le gouvernement prévoit dans la loi Loppsi l’expulsion immédiate sous peine d’amende de tous les squatteurs, sans l’intervention d’un juge, y compris s’ils ont négocié un accord avec le propriétaire, et la fin de la trêve hivernale!

Alors que, dans un arrêt de Juillet 2009, la cour d'appel de Versailles avait estimé que l'occupation illégale d'un terrain communal ou privé ne suffisait "pas à caractériser l'existence d'une menace à l'ordre public", l'article 32 ter A permet l'évacuation forcée des installations qui présenteraient "de graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques".

Lors d’une conférence de presse lundi 30 août, le ministre de l'Intérieur avait justifié les évacuations en cours en évoquant des cas de saturnisme et de tuberculose.

Mais le nouvel amendement gouvernemental va encore plus loin et étend cette possibilité "non seulement aux différents types de terrains extérieurs mais aussi aux sites bâtis"!

Qu'il s'agisse de campement illicite ou, à présent, de squatt, la procédure expéditive et arbitraire préconisée, diligentée par le Préfet, pour expulser les squatters de logements, de locaux et de terrains, écarte l’intervention du juge, habituellement gardien du “domicile du citoyen”, ou de la “résidence principale”.

Le Préfet pourra expulser sans jugement, contre l’avis du propriétaire ou à sa place, en piétinant la trêve hivernale des expulsions, la loi DALO, sans obligation de relogement ni même d’hébergement …

Sur une simple “mise en demeure” du Préfet, l’occupant aura 48h minimum pour quitter les lieux, faute de quoi il serait passible d’une amende de 3750 euros. Il s’agit là de forcer l’occupant à partir de lui même. Certes, un recours est créé, par le biais du Tribunal administratif, mais par essence il est complexe, et difficilement accessible.

La mise en demeure serait notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux, ainsi qu'au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain "ou du local".

Au terme du délai, le préfet peut demander l'exécution forcée, sauf opposition du propriétaire (par exemple, la collectivité locale).

Le préfet peut alors demander au propriétaire récalcitrant de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser l'atteinte à la salubrité, à la sécurité et à la tranquillité publiques, dans un délai qu'il fixe. En cas de non exécution, l'amende est de 3.750 euros.

Le Préfet se substituerait donc au propriétaire du terrain, même contre son gré, s’appuyant sur des motivations très vagues et extensibles à souhait de salubrité publique, de sécurité ou de tranquillité publique.

Pléthore d'abus de pouvoir en perspective!

Tous les préfets sont désormais bien des flics à la botte du pouvoir.

Et ils ne s'en cachent pas.

Sont directement menacés tous les occupants de locaux, les squatters de logements et locaux vides, les artistes, les mal logés, les alternatifs.

Pour les Roms et les gens du voyage stigmatisés par le chef de l’État, cet article prévoit l’évacuation arbitraire, sur la simple appréciation du Préfet, de terrains appartenant à d’autres personnes que l’État, ainsi que la destruction des constructions édifiées, des caravanes et des tentes, assortie d’une amende de 3750 euros.

La notion de “réunion” , incluse dans le récent délit « d'installation en réunion sur un terrain appartenant à autrui en vue d'y habiter », dont le sénateur socialiste de mon village m'a accusé en me trainant en correctionnelle en 2008 parce que j'ose habiter dans des yourtes, est, tout comme la notion de trouble à l'ordre public, suffisamment floue pour ouvrir la voie à toutes les dérives répressives.

Habitants de yourtes et de cabanes dont les habitations pourront être détruites , (y compris lorsque les occupants sont eux même propriétaires dudit terrain) sont aussi visés par cet article .

C'est la guerre.


Info du DAL: Une réunion unitaire se tiendra au Ministère de la crise du logement, 24 rue de la Banque, Paris 2e, ce soir mercredi 8 septembre à 20H.
Nous avons jusqu’à jeudi soir. Nous demandons RV aux parlementaires. Nous attendons d’en savoir un peu plus pour organiser une initiative demain devant le Sénat.

 

 

 

21 juillet 2010

Yourtes en résistance: la fin du Cantoyourte

 


P1080795

Dernières images du camp de yourtes de Bessèges,

à la Cantonade,

P1080631

conquis par une femme seule

sur l'armée patriarcale

des propriétaires et spéculateurs fonciers,

pendant une trêve de cinq années.

Belle aventure cevenole qui a entrainé un quartier,

un village, une région, et finalement une partie de la société,

dans la prise en considération et la réflexion

sur de nouvelles formes d'habitat,

de sobriété volontaire et de solidarité.

P1080618

Loin d'un retour à la bougie, comme ricanent nos détracteurs,

la mise en œuvre d'une nouvelle synthèse

entre tradition et modernité est,

outre la remise en question fondamentale

de l'idolâtrie obsolète du productivisme et de la croissance,

une plate-forme d'élancement

vers des innovations vernaculaires,

désormais centrées sur la réalité et le présent planétaire.

Par le choix profondément moral de l'allégement matériel

et de la réorientation des désirs vers l'intérieur,

nous nous sommes engagés activement

dans une nouvelle forme de militance,


PPRI_464_0005_1_

basée sur la cohérence et l'intégrité du mode de vie individuel

avec l'environnement humain et naturel.

La plupart des déménagements sont aujourd'hui réglés

en trois jours, au moyen

d' une assez grosse somme d'argent et de quelques camions.

photo9

Pas de temps pour peser, trier, jeter, recycler, réserver,

pas de pause pour se coltiner face à face chaque objet,

en tentant d'évaluer sa soutenable adéquation.

Pas d'inventaire pour se désencombrer.

Pas de congé à l'accumulation,

pas de rationalisation des fatras.

Pas d'odes funèbres aux choses qui retournent à l'éther.

Banalisation de la délocalisation,

consommation utilitariste de la mobilité,

il faut partir le plus vite possible, pour le moins cher.

J'ai sciemment pris le contre-pied de ce dictat

uuu

en dégageant trois mois de ma vie

pour achever en toute conscience

cet épisode épique

de la résistance anti-capitaliste en Cevennes.

P1000043

Le fait que je n'ai pas de véhicule et pas d'argent,

choix librement assumé, aurait pu  constituer un obstacle

à la fluidité et l'efficience de ce déménagement.

C'est le contraire qui s'est avéré.

Le manque de moyens matériels est une merveilleuse occasion

de mobiliser imagination et disponibilité,

et surtout, bonnes volontés. Tout ce qui attend,

dans l'orchestration de quelques solitudes souffrant de morosité,

un revigorant supplément d'âme.

P1080623

Il faut, bien entendu, l'énergie de demander,

d'organiser, d'entrainer:

qui prête une camionnette, qui ses bras,

qui ses talents de cuistot, qui ses outils,

P1080642

et reçoit en échange de belles journées de camaraderie,

et l'assurance qu'il pourra solliciter bientôt,

au moment du besoin, un réseau dont il est constituant.

P1080643

Si la petite et la grand yourte ont été démontées

collectivement,

P1080657

la dernière yourte, la moyenne,

celle où j'ai habité depuis le début de mon travail avec les yourtes,

P1080724

où j'ai vécu tant d'émotions et de transformations,

j'ai voulu la démonter seule, dans la plus grande tranquillité.

P1080761

Consciente qu'en chaque geste se refermait

une porte du passé.

P1080814

Ce fut aussi une sorte de défi ultime

d'une artisane qui a abouti son parcours,

puisqu'en une cinquantaine de montages et démontages de yourtes

P1080769

ces quinze dernières années,

je n'avais qu'une seule fois procédé seule,

excepté pour le plus difficile, la couronne.

P1080812

Cette fois, je voulais me prouver qu'il est possible,

à une simple femme pas costaud du tout,

de démonter entièrement seule sa yourte

et de la transporter à pied

jusqu'à l'entrepôt de sa prochaine résurrection.

P1080774

Je voulais prendre le temps de mesurer

les réparations à prévoir,

inspecter chaque couverture, chaque morceau de bois,

chaque lien.

P1080748

Je craignais une usure profonde des chairs de la yourte,

après toutes ces tempêtes

sous la sève et le sucre des acacias,

ces automnes abondamment pluvieux,

toutes ces années sans mâts

soutenant l'anneau de compression.

HPIM8921

Sans ce portage des poteaux, les perches et les attaches

ont encaissé héroïquement la tension de la structure.

Les perches ont glissé au fil des ans vers l'extérieur,

sur les treillis, en tirant sur les lacets, tendus au maximum.

Du coup, la yourte s'est tassée,

perdant au moins un demi-mètre de hauteur.

Pourtant, à aucun moment je ne me suis sentie en danger

sous cette couronne bancale auto-portée.

P1080849

Il est impossible que tous les lacets cassent en même temps.

Ils pourront même resservir prochainement.

J'ai donc pu constater que,

malgré mes prévisions de reprise générale,

la yourte s'était incroyablement bien comportée dans le temps.

P1080787

Au fur et à mesure du déshabillage des couches de couverture,

j'eus la surprise de n'y constater aucune infiltration,

aucune pourriture, aucun nichage intempestif.

Et j'ai compris pourquoi

j'avais eu si chaud en hiver dans ma yourte:

je ne me rappelais plus avoir superposé

autant de couches de laine!

Je n'en finissais pas de découvrir

de nouvelles ouates colorées,

P1080827

jusqu'aux vieux pulls et manteaux de feutre récupérés

que j'avais assemblés il y a longtemps.

Jouvence attendrie devant mes vieux vêtements resurgissant,

avec chacun leur histoire, et les odeurs que j'aime y laisser.

P1080825

J'ai surfé avec joie sur cette fabuleuse impression

de valser encore dans la grâce de la yourte,

lui ôtant lentement, avec délectation, chacun de ses atours,

P1080831

jusqu'à sa dernière chemise, son dernier jupon,

la crinoline de petites fleurs bleues

qui a bercé gestations, rêves et guérisons,

P1080869

coulée en brassée à mes pieds,

dans un froissement délicieux.

Assise devant elle comme une amoureuse pantelante,

j'ai alors pu contempler calmement sa nudité.

P1080864

Et j'ai attendu, immobile dans la grande écoute.

P1080875

Au bout d'un long moment de paix,

c'est elle qui m'a murmuré comment je pouvais

faire pencher sa tête pour la défaire sans mal.

Elle qui m'a chuchoté comment j'allais m'y prendre

pour recueillir la couronne au moment crucial où s'achève

le désemboitement des perches du toit.

Elle qui m'a soufflé comment manœuvrer

son démembrement.


P1080877

Je suis allée chercher deux cordes,

fabriquées dans des chutes de store,,

que j'ai passé dans le centre du mandala en bois.

Puis j'ai lancé  les extrémités dans les branches des arbres

côtoyant l'armature de la yourte, j'ai tiré, tendu, noué.

Enfin, une à une, j'ai enlevé les baleines du corset.

P1080879

Quand il ne resta plus qu'une seule perche,

mon système de cordes paraissant solide,

doucement, j'ai desserré un nœud encerclant l'arbre.

La couronne a tangué, s'est projeté en avant,

et s'est retrouvé balancante sur la deuxième corde,

plus lâche, plus prés du plancher.

P1080883

Satisfaite de cette réussite « modeste et géniale »,

P1080887

j'ai alors dénoué la deuxième corde,

et la couronne a basculé au sol sans dommage.

C'est ainsi que j'ai déposé seule

la pièce maitresse de la yourte,

l'étoile symbolique de mon cheminement terrestre,

P1080885

une couronne rouge de presque vingt kilos.

Ce n'était pas une capitulation,

mais bien une prosternation jubilatoire

devant la merveilleuse Architecture de vie.

HPIM6514

Là, j'ai su que c'était fini.

P1080925

Je venais d'accompagner en toute lucidité

le soleil dans sa descente sous terre,

dans la fomentation crépusculaire

de sa prochaine émergence.

P1090041

Il ne me reste plus qu'un immense élan de reconnaissance

pour tous les acteurs, bons ou mauvais, gentils et méchants,

qui ont prêté leur humanité

aux péripéties de la Voie de la Yourte.


HPIM4869

Le Cantoyourte Bas est mort, vive le Cantoyourte Haut!


Source : YURTAO, la voie de la yourte.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Toutes Dernières Archives