6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 12:40

 

 

Breaking News

C’est ainsi que l’on appelle une information urgente, et celle-ci pourrait bien l’être. Le site ZeroHedge[1] a mis en ligne une conversation téléphonique entre Mme Catherine Ashton (représentant l’UE) et le Ministre des Affaires Étrangères de l’Estonie quant à l’origine des snipers qui ont fait une partie des morts lors des manifestations de la place Maidan à Kiev qui ont conduit à l’éviction du Président légal, M Ianoukovitch. On peut y entendre (la conversation est en anglais) :

Paet: Toutes les évidences montrent que les personnes qui ont été tuées par des snipers des deux côtés, les policiers et les personnes dans les rues, que c’était les mêmes snipers tuant ces personnes des deux côtés…Des photos montrent que ce sont les mêmes pratiques, le même type de balles, et il est très troublant que maintenant la nouvelle coalition, ils ne veulent pas faire une enquête sur ce qui c’est exactement passé. Ainsi il y a maintenant une compréhension de plus en plus forte que derrière ces snipers il n’y avait pas Ianukovitch mais quelqu’un de la nouvelle coalition.

Ashton: Je pense que nous voulons une enquête. Enfin, je n’avais pas saisi cela, c’est intéressant. Gosh.

Paet: Cela discrédite déjà la nouvelle coalition.

Ceci est extrêmement grave. Cette fuite, confirmée par ailleurs par le Ministère des Affaires Étrangères de l’Estonie[2], indique que ce sont bien des provocations organisées par des personnes dans le camps de manifestants, qui ont abouti à créer l’émotion nécessaire pour forcer le Président Ianoukovitch au départ. Ces provocations sont responsables de dizaines de morts. On discerne alors mieux la trajectoire de ce qui s’est déroulé. Après l’accord du 21 février 2014, certains dans le camp des anti-Ianoukovitch ont décidé de passer en force, et dans ce but ont organisé des provocations criminelles, qui ont été relayées par la presse dans les pays de l’UE et aux Etats-Unis. On comprend mieux, dans ce contexte, l’inquiétude qui s’est rapidement propagée dans l’Ukraine de l’Est et du Sud, conduisant aux manifestations pro-Russes de la fin de semaine dernière. Très clairement cela établit aussi que autant le début du mouvement avait bien était démocratique, autant ce qui s’est passé à Kiev relève d’un coup d’état et non d’une « révolution ». Les citoyens des pays de l’UE sont donc en droit d’exiger des comptes à Mme Ashton et à leur gouvernement et précisément :

  1. Est-il vrai que Mme Ashton a été informée de ces événements et qu’est devenue l’enquête ?
  2. Pourquoi l’UE ne veut elle pas faire de commentaire à ce sujet ou même de démenti ?
  3. Que savaient les responsables de la diplomatie française ? Il est urgent que la commission des affaires étrangères se réunisse dans les plus brefs délais et entende le Ministre à ce sujet.
  4. Une enquête doit donc être faite dans les plus brefs délais, par une commission indépendante. En attendant il faut suspendre tout contact entre les pays de l’UE et le nouveau pouvoir de fait en Ukraine.

[2] http://www.vm.ee/?q=node/19352

 

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 20:18

 

 

 

Neonazis Ukraine
Savamment sous-informés par les grands médias, les Nord-Américains et les Européens ignorent la réalité du coup d’État de Kiev. S’ils ont vu sur les télévisions internationales des « [contre-]révolutionnaires » en uniformes militaires de combat, ils ignorent tout des organisations auxquels ils appartiennent et qui n’ont aucun équivalent en Europe de l’Ouest. Ils sont désormais membres du gouvernement ukrainien reconnu par les puissances de l’Otan.

Le 22 février dernier, les activistes et les nervis de l’Euromaidan sont passés à l’action : recourant à la violence armée, enfreignant toutes les dispositions constitutionnelles, bravant les lois internationales et foulant aux pieds les valeurs européennes, ils ont perpétré un coup d’état néonazi. Pour servir les intérêts géopolitiques de l’Occident, Washington et Bruxelles —qui ont claironné au monde entier qu’Euromaidan était l’expression pacifique des aspirations du peuple ukrainien— ont fomenté un coup d’État nazi, dont la réalisation a été grandement facilitée par la veulerie de Viktor Ianoukovytch et de son gouvernement.

Après la conclusion officielle vendredi à Kiev d’un accord de sortie de crise dépourvu de tout crédit, la situation dans le pays a très vite échappé au contrôle des signataires et de leurs « témoins ». Aucune des clauses de l’accord n’a été appliquée. Les représentants du pouvoir légal se sont enfuis à l’étranger (ou ont tenté de le faire). À Kiev, les bâtiments officiels ont été pris d’assaut par les émeutiers. Ce sont les éléments les plus radicaux qui dictent leurs règles aux « chefs de pacotille » qui tentent désespérément de tenir les rênes de Maidan.

Ce qui s’est passé en Ukraine, le 22 février 2014, n’est rien d’autre qu’un coup d’État, exécuté par des groupes radicaux armés, des anarchistes et des nazis qui ont bénéficié, pendant les deux dernières décennies, d’un soutien multiforme des lobbies occidentaux : largesses financières, soutien militaire et diplomatique, et même le secours de la religion pour le réconfort spirituel et l’exhortation au combat. De nombreuses villes d’Ukraine sont en proie aux pillages, aux agressions, à la vindicte des émeutiers, aux répressions politiques, et s‘enfoncent dans le chaos.

« Beaucoup sont des fascistes qui s’ignorent mais le découvriront le moment venu »
Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas

On a vite perçu les signes annonciateurs du chaos à travers les atermoiements des autorités ukrainiennes tout au long des trois mois du siège imposé à Kiev par les brigades d’éléments radicaux galiciens venus là pour mener la guérilla urbaine, avec le concours de bandes de délinquants. Les représentants de l’État sont restés muets quand des fanatiques fous-furieux ont brûlé vivants, sous leurs yeux, des agents des forces de l’ordre (Berkut) désarmés, les rouant de coups et leur arrachant les yeux. Ils n’ont rien fait pour stopper « les combattants de la liberté » enragés qui prenaient d’assaut les centres administratifs des régions, humiliaient les autorités locales, pillaient les arsenaux de la police et de l’armée dans la partie ouest du pays. Ils n’ont pas bougé le petit doigt quand des tireurs embusqués non identifiés, cachés en haut des bâtiments à Kiev, assassinaient de sang froid les miliciens, les manifestants, et ceux qui passaient là par hasard. Ils sont même allés jusqu’à proclamer une loi d’amnistie (puis une autre !) blanchissant ceux qui s’étaient rendus coupables de violences criminelles sur les policiers, et d’atteintes gravissimes à l’ordre public. Ce faisant, le régime de Ianoukovytch a lui-même ouvert les portes de l’Ukraine au spectre menaçant du démantèlement et des ravages apportés dans le sillage de la guerre en Libye.

Les groupes qui mènent la guérilla urbaine sont-ils l’expression d’un mouvement populaire maître de son organisation et de son discours ? On en est loin.

Depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, les lobbies internationaux ont utilisé des milliards de dollars estampillés par la Réserve fédérale pour arroser des associations et des politiciens ukrainiens gagnés à « la cause de la démocratie ». Alors même qu’ils encourageaient les Ukrainiens « à se tourner résolument vers l’Europe et ses valeurs démocratiques », ils n’ignoraient rien de l’impossibilité historique d’atteindre à court terme le but ultime évident de la politique globale menée à l’Est par les Occidentaux : dresser l’Ukraine contre la Russie. C’est pourquoi ils ont choisi de miser sur les groupes nationalistes extrémistes et sur l’Église Uniate [1] (une église grecque-catholique de rite oriental créée par le Saint-Siège au seizième siècle) dans une tentative désespérée de distendre les liens étroits des chrétiens orthodoxes avec Moscou, liens hérités de la défunte République des deux Nations (Rzeczpospolita) [2] .

Depuis 1990, les Uniates ont bénéficié du soutien discret des nouvelles autorités de Kiev, redevenues indépendantes depuis peu. Pour affaiblir l’influence de la Russie, la tactique suivie a été l’occupation brutale des églises orthodoxes rattachées officiellement au Patriarcat de Moscou. L’appel à la pénitence et à la paix est bien la dernière chose qui ait été prêchée dans les églises investies et contrôlées par les Uniates durant toutes ces années. Bien au contraire, ce sont des appels à la croisade contre les orthodoxes qui ont été lancés, encourageant et justifiant les agressions racistes, et même les assassinats. Y a-t-il, là, la moindre différence avec les harangues des prêcheurs djihadistes radicaux qui se réclament sans vergogne de l’islam ? Pour le savoir, il suffit d’assister à l’un des sermons de Mikhaïlo Arsenych, le curé d’une église uniate de la région d’Ivano-Frankovsk, et de l’écouter prêcher : « À présent, nous sommes prêts pour la révolution. Les seules méthodes de combat efficaces sont l’assassinat et la terreur ! Nous voulons être sûrs que pas un Chinois, pas un Nègre, pas un Juif, ni un Moscovite ne viendra demain confisquer notre terre ».

Les résultats de pareil endoctrinement ne se sont pas fait attendre longtemps. Plusieurs centres d’entraînement de l’Otan ont été ouverts en 2004, dans les territoires des États Baltes, pour la formation des militants nationalistes extrémistes ukrainiens. On peut consulter ici (textes originaux en russe) le reportage photographique, effectué en 2006, sur un cours de formation aux techniques de l’action subversive, suivi par un groupe ukrainien, dans un centre d’entraînement de l’Otan, en Estonie.

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Olexander Muzychko. Aujourd’hui à Kiev, et en Tchétchénie en 1994.

On n’a pas lésiné sur l’appui financier, ni sur les hommes mobilisés pour renforcer les unités paramilitaires des groupes radicaux ukrainiens UNA-UNSO, Svoboda [3], et d’autres organisations nationalistes extrémistes implantées dans le pays. À partir des années 1990,ces nervis ont participé à la guerre de Tchétchénie et aux guerres des Balkans, aux côtés des combattants wahhabites, perpétrant des crimes de guerre sur les soldats serbes et russes capturés, et sur des civils. L’un des combattants de Tchétchénie les plus abjects, Olexander Muzychko (également connu à la tête d’un gang de délinquants sous le nom de « Sasha Biliy ») dirige aujourd’hui l’une des brigades de « Pravyi Sector » [Pravyi Sector, le Secteur de droite, est une organisation d’environ 3 000 combattants, particulièrement active place Maidan.], le groupe radical le plus en vue dans l’organisation du coup d’État de Kiev. Selon sa biographie officielle (voir icile lien en russe), il s’est vu décerner, en 1994, par Djokhar Doudaïev, le commandant de l’époque des terroristes tchétchènes dans l’enclave d’Ichkérie [4], l’Ordre du Héro de la Nation, en hommage à « ses victoires militaires éclatantes contre les troupes russes ». Ses talents militaires étaient très spéciaux : il montait des opérations de guérilla, en attirant dans des embuscades les unités russes opérant dans les contrées reculées de la Tchétchénie. Il participait ensuite personnellement à la torture et aux décapitations des soldats russes capturés. À son retour en Ukraine en 1995, il a pris la tête d’un gang de criminels à Rovno. Il a fini par être poursuivi et condamné à huit années de prison pour l’enlèvement et le meurtre d’un homme d’affaires ukrainien. Il est entré en politique à sa sortie de prison, à la fin des années 2000.

Une fois les guerres de Tchétchénie et des Balkans terminées, ces prestataires de services, sous-traitant des opérations militaires pour le compte des USA et de la Grande-Bretagne, ont pris l’habitude de recruter des mercenaires ukrainiens pour leurs opérations en Afghanistan, en Irak, en Syrie, et ailleurs. Le scandale survenu en Grande-Bretagne autour des activités en Syrie de l’une de ces sociétés, Britam Defense [5], a permis que soit révélée au grand jour l’utilisation de combattants recrutés en Ukraine —et son ampleur— pour mener des actions de harcèlement clandestines, au service des objectifs politiques des Occidentaux au Proche-Orient. Nombre d’entre eux ont été envoyés à Kiev pour y accomplir la besogne pour laquelle ils sont stipendiés : prendre pour cibles aussi bien les policiers que les manifestants d’Euromaidan, à partir des toits des immeubles environnants.

Les dirigeants réels du mouvement de protestation ukrainien se sont exprimés à plusieurs reprises dans la presse européenne, révélant sans la moindre ambiguïté leurs conceptions radicales. On lira avec profit l’interview donnée par Dmitro Yarosh, le leader de Pravyi Sector [5] ,et plusieurs autres échos du Guardian sur le même sujetici] et ici].

Voilà à quoi ressemblent les individus avec lesquels les politiciens européens s‘apprêtent, sans enthousiasme, à coopérer. Aujourd’hui à Kiev, ce sont ces fanatiques qui détiennent le pouvoir réel dans une ville tombée aux mains d’une horde de pillards. L’encre n’était pas encore sèche qu’ils déchiraient déjà les accords signés le vendredi par quatre « dirigeants » ukrainiens et trois représentants officiels de l’Union européenne. Leur comportement à l’égard de Ioulia Tymochenko, à l’issue de son discours pathétique du samedi soir à Maidan, a montré on ne peut plus clairement qu’il n’appartenait qu’à eux, et à eux seuls, de décider de son éventuelle accession aux fonctions de Chef de l’État Ukrainien failli. Les appels au soutien financier de l’Ukraine par l’Union européenne et le FMI, entendus dernièrement en Occident, donnent à penser qu’une décision a été prise : l’achat de la docilité des nationalistes extrémistes pour tout le temps que durera la période de transition. Manifestement, la mansuétude actuelle des Occidentaux envers les insurgés radicaux de Kiev ne diffère guère de la connivence anglo-américaine lors de l’arrivée au pouvoir de Hitler, en 1933, puis à l’avènement du Troisième Reich. Si les mandarins occidentaux croient qu’ils vont pouvoir contrôler politiquement, et tourner contre la Russie, le projet néonazi ukrainien qu’ils ont bercé, dorloté et soutenu durant des décennies, ils se trompent. Quand le déferlement nazi, grisé par ses succès à Kiev, aura essuyé la résistance acharnée, la contre-offensive et le retour en force des Ukrainiens de l’Est et du Sud, il va inévitablement déborder les frontières et faire irruption dans le paysage politique européen déliquescent, où des foyers d’incendie allumés par les nazis et les hooligans sont déjà un facteur de déstabilisation important. Les liens que ces bandes entretiennent avec les groupes islamistes radicaux qui œuvrent dans l’ombre sur le territoire européen ne contribueront sûrement pas à éclaircir un horizon décidément bien sombre.

Est-ce là, le prix que le Européens sont prêts à payer pour faire rentrer leurs voisins de l’Est dans le giron de « la grande famille des nations civilisées » ?

 

Article original en anglais :

The Ukraine: Neo-Nazi criminal state looming in the centre of Europe, Oriental Review, 24 février 2014.

Traduction : Gérard Jeannesson pour le Réseau VoltairePour en savoir plus, lire : « Qui sont les nazis au sein du gouvernement ukrainien ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mars 2014.

[1] L’Église Uniate est une église grecque-catholique de rite oriental, rattachée à Rome en 1596. Elle a été accusée de collaboration avec les forces du IIIe Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, et ses évêques ont été incarcérés et condamnés aux travaux forcés en 1945 par les autorités soviétiques. En 1946, le clergé uniate a été intégré de force dans l’Église orthodoxe. Les liens avec Rome ont été rétablis en 1989, pendant le pontificat de Jean Paul II.

[2] « Rzeczpospolita », le nom polonais de la République des deux Nations, formée en 1569 à partir du royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie. Elle englobait une grande partie de l’Ukraine, de la Biélorussie, et la région de Smolensk en Russie. Elle a cessé d’exister en 1795 lors de la partition de la Pologne.

[3] Sur les partis politiques ukrainiens, voir « Après la Yougoslavie, l’Ukraine ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2014.

[4] Ichkérie : autre nom donné à la Tchétchénie

[5] Britam Defense : Cette société avait été accusée, par le Daily Mail, d’être impliquée dans la livraison d’armes chimiques devant être utilisées à Homs, en Syrie. L’affaire a été jugée en juin 2013. LeDaily Mail a été reconnu coupable d’accusations mensongères et a dû s’acquitter d’un dédommagement de 110 000 livres à cette société. Les preuves avancées par le Daily Mail s’étaient révélées être de faux e-mails trafiqués.

 

Source : Des organisations nazies font irruption sur la scène européenne | Mondialisation

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 16:07

 

 Par Miguel Urbano Rodrigues/Resumen Latinoamericano/ 24 février 2014

 

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En Ukraine il se passe des choses inimaginables il y a quelques années.


Le fascisme agit comme pouvoir réel dans un pays qui vit une situation de chaos politique et social.

Certains des principaux dirigeants tiennent des discours toujours encapuchonnés, mais leurs chemises exhibent un svastika stylisé comme symbole de leurs options idéologiques.

Des bandes de cette lie de l’humanité assaillent et détruisent les sièges du parti communiste, exigent l’expulsion des russes et des juifs, l’exécution sommaire des adversaires politiques , envahissent la Rada (Parlement) et en expulsent en les humiliant des députés qui les critiquent.

Ces bandes agissent avec une discipline militaire, exhibant un armement moderne, fourni par les pays centraux de l’Union Européenne, et selon certains observateurs par la CIA.

L’appui officiel de l’Occident fasciste est transparent.

Les dirigeants d’Allemagne, de France, du Royaume Unis ne cachent pas leur satisfaction. La baronne britannique Catherine Ashton, responsable des relations internationales et l’Union Européenne, a couru à Kiev pour offrir son appui au « nouvel ordre » ukrainien. 

Van Rompuy, le président de l’union Européenne ne cache pas sa joie face à ce nouveau cap de l’Ukraine. Il est question d’allouer une aide de 35 mil millions de dollars de l’U.E., des USA et du FMI dès le moment où sera installé à Kiev un « gouvernement démocratique.

Une étrange conception de la démocratie, que celle que profilent les messieurs de Bruxelles et de Washington.

Viktor Yanoukevitch laisse un très coûteux héritage. Totalement négatif. Il a gouverné comme un despote et laissera le souvenir d’un politicien corrompu, qui a accumulé une grande fortune par des commerces illicites. 

Mais ceux qui contrôlent aujourd’hui la Rada et reçoivent la bénédiction de l’Union Européenne, sont-ils des démocrates ? A quelques rares exception près, les partis qui se présentent aujourd’hui comme des apôtres de la démocratie et défenseurs de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne maintiennent des relations étroites avec l’oligarchie qui, sous la présidence de Yanoukovitch et pendant le gouvernement de Julia Timoshenko, vola le peuple et ruina le pays, le  menant au bord de la faillite.

Ces gens manquent de légitimité pour se présenter comme des interlocuteurs des gouvernements européens, qui avec hypocrisie, leur transmettent leurs félicitations.

La situation existante est en plus tellement chaotique qu’il n’est pas évident de savoir qui exerce le pouvoir partagé par la Rada avec les organisations fascistes, qui décident et disposent et qui dans des dizaines de villes, perpétuent des crimes répugnants face à la passivité de la police et de l’armée.


L’hypocrisie de l’Occident

L’hypocrisie des dirigeants de l’Union Européenne et des E.U. n’a rien de surprenant.

La discours sur la démocratie est pharisaïque  et circule depuis Washington jusqu’à Londres et Paris.

Invoquant invariablement des valeurs démocratiques, ces dirigeants sont responsables des agressions commises contre des peuples sans défense, et quand cela les intéresse, ce sont des organisations islamiques fondamentalistes fanatiques qu’ils arment et financent.

C’est ce qui s’est produit en Irak, en Lybie, dans les monarchies féodales du Golf.

En Amérique Latine, Washington maintient les meilleures relations avec quelques dictatures, et promeut les coups d’état pour installer des gouvernements fantoches. Entre-temps, ils montent des conspiration contre des gouvernements démocratiques qui ne se soumettent pas toujours au nom de la démocratie dont ils se disent gardiens.

Les gouvernements progressistes – Venezuela, Bolivie, Equateur – sont harcelés comme ennemis de la démocratie, pendant que les gouvernements aux matrices fascisantes – Colombie, Honduras - sont traités comme des alliés privilégiés et définis comme démocratiques.


L’ascension du fascisme en Europe n’est pas un phénomène nouveau

Depuis que le Tribunal de Nuremberg a jugé les criminels les plus notables du 3ème Reich on affirme de façon répétitive que le fascisme serait éradiqué dans le monde.

C’est une illusion romantique. Avant même que ne soit énoncées les sentences, déjà l’administration Truman avait organisé l’évasion clandestine menée par les E.U. de célèbres personnalités nazies, quelques-uns contractées par des universités traditionnelles.

Simultanément, les gouvernements du Royaume-Unis et des E.U. maintenaient d’excellentes relations avec le fascisme ibérique. Salazar et Franco furent traités comme des alliés.

Quand la Yougoslavie de désagrégea, la Serbie qualifiée de communiste, fut traitée comme un état ennemi, mais Washington, Londres et l’Allemagne Fédérale établirent des relations d’une grande cordialité avec la Croatie dont le gouvernement était infesté d’ex-nazis.

Après la disparition de l’Union Soviétique, quand la Russie se transforma en pays capitaliste, le fascise commença à relever la tête en Europe Occidentale.

En France, Le Pen parvint à disputer la présidence de la République à Chirac au second tour. En Allemagne, le pays néo-nazi affirma publiquement sa nostalgie du Troisième Reich Hitlérien. En Autriche, en Hollande, en Italie, dans les Républiques Baltes les partis d’extrême-droite conquièrent des secteurs importants de l’électorat. Dans le premier de ces pays le leader néonazi participe à la coalition gouvernementale.

En Espagne, l’extrême-droite fait preuve d’une agressivité croissante. Jusqu’à la Suède, le Danemark, la Norvège, des groupes néonazis ressortent dans les rues avec arrogance.

Au Portugal, le fascisme, est infiltré dans les partis de droites qui gouvernent le pays.


Raviver la mémoire

La tragédie Ukrainienne – j’accomplis un devoir en rappelant cette évidence – n’aurait pas été possible sans la complicité de l’Union Européenne et des E.U. 

Face à sa stratégie de rapprochement avec la Russie (dont le pouvoir nucléaire dérange), les gouvernements impérialistes de l’Occident et leurs services de renseignement catalysèrent les forces extrémistes qui semèrent le Chaos en Ukraine occidentale, ouvrant la porte à l’onde de barbarie en cours.

Ce furent les auto-dénommées démocraties occidentales qui financèrent et armèrent les bandes fascistes qui rêvaient de programmes de pogroms communistes et exigeaient avec arrogance l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.

Cette lie d’humanité n’est pas apparue comme par magie d’un jour à l’autre.

Le fascisme à des racines anciennes en Ukraine, par-dessus tout dans les provinces de Galitzia, en majorité catholique uniate, qui ont appartenu à l’Empire Austro-Hongrois et, après la première guerre mondiale furent annexées par la Pologne.

Il faut se souvenir des 100 000 Ukrainiens qui luttèrent contre l’Union Soviétique incorporés dans les rangs de la Wehrmacht et des SS nazis.

Ces collaborateurs furent, heureusement, une infime minorité. L’écrasante majorité du peuple résista dans cette République Soviétique avec bravoure et héroïsme contre la Barbarie Allemande, responsable durant l’occupation de la mort de 4 millions d’Ukrainiens et Ukrainiennes.

Mais ce n’est pas fortuit que des traîtres comme Sefan Bandera, alliés aux hordes d’envahisseurs, aient été proclamés héros nationaux par les extrémistes de droite de Kiev. 

Aujourd’hui, la jubilation des gouvernements de l’Union Européenne face aux événements d’Ukraine remet en mémoire la trahison de Chamberlain et Daladier, quand ils célébrèrent les accords de Munich, prologue de l’holocauste de la Seconde Guerre Mondiale.

Loin de moi l’idée d’établir un parallèle entre des époques et des situations tellement différentes.

Le proche avenir de l’Ukraine se présente chargé d’inconnues.

Mais rappeler Munich, c’est prendre conscience de ce que le fascisme n’a jamais été éradiqué de la Terre, patrie de l’être humain. Il faut combattre sans pitié le fascisme à échelle mondiale.

Vila Nova de Gaia, le 25 février 2014 :

Traduction Anne Wolff

Source en espagnol

La Unión Europea y los EEUU cómplices del fascismo ucraniano - Resumen Latinoamericano

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