5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 14:34

 

Un article très important pour comprendre qui sont les ambassadeurs en France de la Russie de Poutine, Latsa organise également des voyages en Russie pour des groupes de jeunes Nationalistes francophones. Il y a beaucoup à dire sur cette propagande discrète d’une certaine Russie - celle de Poutine -  dans la francophonie, une propagande qui fait partie du projet de Grande Europe Nationaliste étudié par les experts du gouvernement russe.

J’en apprends de plus en plus à ce sujet, je relaye ce texte parmi bien d’autres infos, entre Venezuela, Ukraine et travail de recherche… je suis un peu débordée là ! Alors que je pense que c'est un droit pour chacun d'être informé de ce qui se passe en haut en coulisse, des décisions sont prises, des actions entreprises qui concernent notre avenir alors que l'Europe entre en guerre, que nos pays deviennent ou non champ de bataille, ils sont engagés et Washington - lors de la visite de Merkel ' vient déjà d'ordonner à l'UE d'augmenter ses dépenses militaires ... forcément au frais de la population !

Alexandre Latsa Alexandre Latsa à la tribune / photo Nouvel Arbitre

La guerre de l’information russo-ukrainienne ne connaît pas de répit. Le rôle de la mouvance "sociale-nationaliste" dans la révolution made in Maidan, un temps ignoré, est ainsi désormais notoire et étayé. Symétriquement, les accointances du pouvoir russe avec une mouvance idéologique "eurasiatique", d’extrême-droite ont bien été évoquées dans la presse écrite, mais n’ont pas fait l’objet d’une même médiatisation. C’est en quoi la conférence "mythes sur la Russie d’aujourd’hui" organisée au siège de l’UMP par la Droite Populaire récemment, et la personnalité de son orateur sont intéressantes.

 Il s’agit d’Alexandre Latsa, porte-voix des thèses russes. Sa trajectoire est exemplaire de la séduction qu’exerce la Russie auprès de notre propre extrême-droite.

"Deauville, Sentier, territoires occupés"

Revenons rapidement sur la Droite Populaire. Incarnant un des courants les plus droitiers de l’UMP, son soutien à la politique russe n’est pas une surprise. En outre, un de ses représentants est le lobbyiste Thierry Mariani. Il dirige l’organisation Dialogue franco-russe, qui recevait Latsa en décembre 2013.

Photo Dialogue franco-russe

Les Jeunes de la droite populaire, maîtres d’œuvre de la conférence, sont de leur côté dirigés par Pierre Gentillet. "Poutinien" revendiqué ayant eu les honneurs de la Voix de la Russie, défenseure de la geste dieudonniste, en outre. Dans la foulée de la conférence, les trois hommes cosignaient une tribune dans Atlantico.

Serbie et jeunesses FN

Latsa, chasseur de têtes, "fixeur" basé à Moscou depuis 2008, est/fut chroniqueur dans plusieurs médias russes officiels (Ria Novosti, Voix de la Russie), pour les sites français Atlantico et Agoravox ou encore Eurasia Rivista, revue du "nazi-maoïste" revendiqué Claudio Mutti. En 2012, il a coordonné un livre de commande appelé la "Russie de Poutine". Latsa explique cet engagement russophile par le "traumatisme politique" que fut la guerre de Yougoslavie et évoque sa conversion à la religion orthodoxe.

Dans le conflit yougoslave, Latsa prit le parti des dirigeants serbes et s’associa au collectif "Non à la guerre". Plus tard, il multiplie les séjours à Belgrade, au nom d’un engagement humanitaire. En 1998, il était élu sur une liste étudiante du Renouveau étudiant (émanation du FN), à Bordeaux. Une organisation dont les slogans étaient alors "Deauville, Sentier, territoires occupés", "A Paris à Gaza Intifada", "Europe, Jeunesse, Révolution" et posant bras tendu, rapportaient Le Monde ou Libération. Une rhétorique nationaliste-révolutionnaire qui "colle" : à l’instar du maître à penser de cette mouvance, Jean Thiriart, Latsa prône l’Europe de "Dublin à Vladivostok" et fréquenta par le passé quelques forums où il est de bon ton de dénoncer "l’occupation usraélienne de la France".

Promotion d’un mouvement ultranationaliste

Dix ans et quelques séjours en Serbie plus tard, c’est donc à Moscou que l’on retrouve Latsa, toujours aussi impliqué politiquement. Début 2009, il accorde un entretien à Russki Obraz, un groupement ultranationaliste, qui sera mêlé à une dizaine d’affaires criminelles. Au cours de cet échange, Latsa déclare que "la France est devenue une colonie de ses anciennes colonies". Quelques mois plus tard, inversion des rôles. C’est au tour de Latsa d’interroger et promouvoir le chef d’Obraz, sur le média français Agoravox. Enfin, sur le site d’Obraz, le blog de Latsa sera pendant plusieurs années listé parmi les "blogs officiels" du mouvement. A l’insu de son plein gré, répond Latsa :

"Je ne suis pas membre d’Obraz et ne l’ai jamais été, primo car je suis étranger et un étranger ne peut appartenir a un mouvement russe, (ni Obraz, ni Russie Unie etc) … Et secundo car lorsque j’ai faite cette ITV Obraz en 2008 se présentait comme un mouvement affilié a Russie-Unie (duquel je suis par contre proche depuis 2008) via lequel ils m’ont contacté [...] Je crois qu’Obraz a utilisé ce texte et mon site dans leur blogroll pour se targuer d’avoir des soutiens étrangers pour se faire valoir politiquement (?)"

Il n’empêche, sur son blog Latsa a pendant un temps relayé l’actualité d’Obraz et même traduit certains de leurs communiqués. Il dit ainsi son approbation à celui intitulé "ni capitalisme ni communisme" :

Comme l’explique Ilia Goriachev, un des responsables de Russki Obraz :

«Nous avons des valeurs claires : nous sommes pour le développement industriel et technologique de notre pays (…) Mais pour cela nous estimons n’avoir besoin que de travailleurs Russes !
Nous n’avons ni besoin de managers internationaux, ni d’immigrés du 1/3 monde!
Nous sommes en faveur de l’identité nationale y compris dans le travail. Ainsi, vous pouvez voir ici un certain nombre de drapeaux d’autres travailleurs de pays «frères» (pays de galles, transdnistrie, québec, texas ..). Pour nous la lutte pour la liberté est la même partout, c’est la luttre des travailleurs contre l’impérialisme, contre l’oppression et de l’OTAN et contre l’internationalisme.

Il est temps pour la Russie de surmonter sa dépendance aux afflux de migrants de l’est, mais également aux crédits de l’ouest et de recouvrer son indépendance !
Pour nous aujourd’hui un seul mort d’ordre : ‘Ni libéralisme, ni marxisme’.

Latsa vante aujourd’hui "le modèle pluriethnique eurasien et russe" contre  "le multiculturalisme occidental" et affirme que "le meilleur modèle est celui d’un Etat fort, dirigiste, permettant le capitalisme d’Etat(1) afin de maitriser le capitalisme sauvage". Il collabore avec des médias russes "mainstream" ; des éléments du pouvoir russe sont par ailleurs entrés en guerre totale contre Obraz, pourchassant son chef pour des faits relevant de terrorisme. (Obraz aurait en fait longtemps été instrumentalisé dans un jeu plus vaste de pure ingénierie politique, alias "political technology").

Une "quenelle" à l’UMP ?

Latsa UMP
Gentillet et Latsa / photo Euryanthe M.M. Facebook

L’intervention en elle-même de Latsa à l’UMP n’aura pas réservé de grandes surprises, mais ne fut pas sans "dérapages". Les différents comptes-rendus font état, de sa part :

  • D’une apologie sans nuance du régime russe : "On peut penser que le modèle qui se déroule en Russie sera un modèle pour l’Europe de l’Ouest demain", "En France, il y a une alternance de personnes qui gèrent mal. En Russie un parti qui gère à peu près bien.", "Poutine est un authentique patriote."
  • D’une défense de "l’axe Paris Berlin Moscou", "seul moyen d’avoir la paix en Europe."
  • De raccourcis et sous-entendus :  "Je n’arrive pas à comprendre que BHL qui est juif puisse soutenir le parti nazi Svoboda". Surtout, Latsa a déclaré être venu à la conférence en tant que "citoyen français entrepreneur en Russie et éternellement lié à cette nation par sa femme", un clin d’oeil appuyé à destination des initiés "antisionistes". Ceux-là ne manquent pas une occasion de rappeler les propos démagogiques de Valls à une radio communautaire : "par ma femme je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël" (cf.Comment Florian Philippot est devenu une star de la dieudosphère et Comment l’antisémitisme a gagné l’UMP)

C’est donc ce sulfureux mercenaire de l’information, au carrefour d’intérêts économiques et politiques (il animait encore récemment une rencontre avec le frontiste Aymeric Chauprade à Moscou) qui est venu tenir conférence au siège de l’UMP. Un fait peu anodin pour le parti en question et qui témoigne par ailleurs de la crise qu’a connue le mouvement de jeunesse officiel de l’UMP, les Jeunes Pop’, laissant un espace aux plus radicaux. L’affaire pose un problème plus sérieux : la France  a longtemps été soudée par un consensus social et géopolitique dit "gaullo-communiste". A défaut d’un courant gaulliste fort, avec qui la gauche française réaliste dialoguera-t-elle et construira-t-elle la politique étrangère indépendante qu’elle appelle de ses voeux ?

De façon plus terre-à-terre. Du côté des Jeunes de la droite populaire, après soirée, on se félicitait presque d’avoir mis une "quenelle"… à cette UMP "atlantiste". Certains militants joueraient-ils contre leur camp ? Qu’en pense Jean-François Copé, qui a accordé une "enveloppe parlementaire" de 10 000 euros à un mouvement de la droite extrême appelé UNI (MET) et très lié à la Droite populaire ?

 

(1) Comprendre les structures de la société russe beaucoup plus complexe que la nôtre, avec ses survivances d'avant et de pendant la révolution, et après et les mutations qu'elles ont subit; celles de cette classe à part entière de corporations de voleurs du temps du tsarisme, qui a traversé tous les régimes, changeant de formes donnant plusieurs branches qui évoluent dans des directions différente est un vrai casse tête, certaines branches ont pris le chemin de la petite délinquance, d'autres se sont organisées sur un mode mafieux, d'autres encore conservent leurs formes corporative traditionnelles, un entremêlement du même type que le narco-mafio-capitalisme structurel occidental, où oligarques et maffieux sont parfois les mêmes, on retrouve de ces anciens bandits tant dans les sommets du pouvoir, que dans les institutions,  c'est une étude pour russophile, ce qui est certain ici que le terme d'état désigne non pas un peuple et ses aspirations mais bien la gestion par une oligarchie capitaliste qui tient les rênes du pouvoir et contrôle l'économie et la population....

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 14:23

 

 

Maison des syndicats à Odessa. Crédits: vk.com

 

 

Roberto Savio

Depuis plusieurs semaines, les médias dominants se sont dédiés a dénoncer uniquement l’action de Vladimir Poutine, tout d’abord en Crimée et actuellement en Ukraine. La dernière Une de The Economist représentait un ours avalant l’Ukraine, sous le titre de « insatiable ». L’unanimité dans les médias et toujours préoccupante, parce qu’elle signifie que quelque réflexe « rotulien » est en cause. Serait-il possible que se poursuive par inertie 40 ans de guerre froide ?

  

Cette inertie en réalité n’a pas disparu. Si l’on dit ou écrit : « le président cubain communiste Raoul Castro », personne n’est surpris. Si l’on use de la même logique pour qualifier Obama de capitaliste, nous voyons comment cela passe. Ici en Italie, Silvio Berlusconi fut capable de rassembler pendant 20 ans son électorat contre la menace « communiste », qualifiant de gauchistes les membres du Parti Démocratique qui à présent sont au pouvoir sous le patronage de Mattea Renzi, un fervent catholique,

 

Il y a au moins quatre points d’analyse qui manquent dans ce chœur médiatique

 

Le premierest qu’il n’y a jamais aucune allusion à la responsabilité de l’Occident dans cette histoire. Rappelons que Mikhaïl Gorbatchev s’était mis d’accord avec George Bush père, Margaret Thatcher, Helmut Kohl et François Mitterrand au sujet de la réunification de l’Allemagne : l’occident ne devrait pas tenter d’envahir la zone d’influence russe ; il existe à ce sujet une ample documentation. Cependant, une fois Gorbatchev éliminé, le jeu repris à nouveau. La docilité totale de Boris Eltsine envers les États-Unis est bien connue.

  

Ce qui l’est moins, c’est que le Fond Monétaire International (FMI) fit un prêt participatif de 3,5 milliards de dollars pour appuyer le rouble. Le crédit passa par la Banque d’Amérique, qui distribua l’argent sur plusieurs comptes russes. Rien de cet argent ne parvint jamais à la Banque Centrale de Russie. Par contre, les oligarques l’utilisèrent afin d’acheter toutes les entreprises publiques russes et le FMI n’émit jamais la moindre protestation. Giulietto Chiesa offre de ces faits un récit détaillé dans son livre « Adieu Russie ». C’est alors qu’entra en scène un inconnu, Poutine, installé au pouvoir par Eltsine à condition que sa compréhension couvre tout le clientélisme d’Eltsine.

  

A la suite Eltsine, Poutine appuya alors l’imminente invasion de l’Afghanistan par Washington d’une manière qui aurait été impensable pendant la Guerre Froide. Il permit que les avions nord-américain survolent l’espace aérien russe, autorisa les EU à user les bases des anciennes républiques soviétiques en Asie Centrale et ordonna à son armée de partager son expérience de l’Afghanistan. Ensuite en novembre 2001, Poutine rendit visite à George W. Bush dans son ranch du Texas, dans un geste de publicité dans le sens de « Poutine est un nouveau leader qui travaille pour la paix mondiale … il travaille en étroite collaboration avec les EU ».

 

Quelques semaines plus tard, Bush annonçait que les EU se retirait du Traité de Missiles Antibalistiques, simplement afin de pouvoir dérouler un système en Europe de l’Est pour  protéger de la menace de l’Iran les membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une stratégie qui concrètement fut perçue comme dirigée conte la Russie, et provoqua l’incrédulité de Poutine. (Que s’est-il passé entre Bush et Poutine… le savoir serait essentiel pour comprendre les enjeux actuels NdT).

 

 Ceci fut suivi par l’invitation que lança Bush en 2002 à sept pays de la défunte Union Soviétique (incluant l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie) à rejoindre l’OTAN - ce qu’ils firent en 2004. Ensuite en 2003 se produit l’invasion de l’Irak, sans le consentement des Nations Unies et malgré les objections de la France, de l’Allemagne et de la Russie, convertissant Poutine en un critique public des allégations des EU prétendant que l’action militaire avait pour objectif la promotions de la démocratie et la défense du droit international.

 

En novembre de la même année en Georgie, la Révolution des Roses, en Géorgie porta au pouvoir Mijail Saakashvili, un président pro-occidental. Quatre mois plus tard, les protestations de rue en Ukraine se convertirent en la Révolution Orange, par laquelle un autre président pro-occidental Viktor Yuschenko, arriva au pouvoir. En 2006, la Maison Blanche demanda la permission de faire atterrir l’avion de Bush à Moscou pour se réapprovisionner en combustible, mais fit clairement savoir que le président des EU n’avait pas le temps de saluer Poutine. En 2008, le Kosovo proclama unilatéralement son indépendance de la Serbie, avec l’appui des EU, contre les positions russes.

  

Ensuite Bush demanda une adhésion à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie, une gifle en plein visage pour Moscou. Mais ce qui a être une surprise, ce fut en 2008, quand Poutine intervint militairement en Géorgie pour tenter de récupérer la région pro russe d’Ossétie du Sud que les séparatistes russes placèrent sous leur contrôle, de même qu’une autre région séparatiste, l’Abasie. Et pourtant nous pouvons tous nous en souvenir, les médias parlèrent d’une action irrationnelle.

 

Obama a tenté de réparer les dommages causés aux relations internationales sous Bush. Il demanda une « reprise » des relations avec la Russie, et au départ tout se passa bien (Leurre pour endormir l’ours le temps de déclencher quelques guerrs ? NdT). La Russie était d’accord pour que son territoire soit utilisé pour apporter des fournitures militaires en Afghanistan. En Avril 2010, les EU et la Russie signèrent un nouveau Traité de Réduction des Armes Stratégiques (START), une réduction de leurs arsenaux nucléaires. Et la Russie soutint les fortes sanctions de l’ONU contre l’Iran, et rompit son contrat de vente de ses missiles antiaériens S-300 à Téhéran

 

Mais soudain, en 2011, les EU exprimèrent clairement leur point de vue concernant les élections parlementaires russes. Tous les médias occidentaux étaient contre Poutine, qui accusa les EU d’injecter des centaines de millions de dollars dans des groupes d’opposition. L’ambassadeur étasunien en Russie de l’époque, Michael McFaul, qualifia cela de grande exagération. Il dit que ces millions de dollars avaient seulement été destinés à la société civile. (sic NdT)

Poutine fut à nouveau élu en 2012, alors qu’il avait déjà l’obsession de la menace occidentale contre son pouvoir, en 2013 il donna asile à Edward Snowden dénonciateur de l’Agence Nationale de Sécurité (NSA). Obama se désista, renonçant à sa participation à une réunion au sommet prévue, une chose sans précédant au cours des 50 dernières années de sommets entre les EU et le Kremlin. Et pendant que tout cela se déroulait, éclatait le Printemps Arabe. La Russie donna sa bénédiction à l’action militaire en Lybie, mais seulement pour proportionner une aide humanitaire.

 

De fait, celle-ci fut utilisée pour provoquer un changement de régime et la Russie, qui sentit qu’elle avait été trompée, protesta, en vain. Ensuite vint la Syrie. L’Occident tenta de nouveau d’obtenir l’appui de la Russie pour un changement de régime, et fut dégoûté de voir Poutine s’y refuser. Et finalement, actuellement, il y a l’intervention en Ukraine pour obtenir que ce pays rejoigne l’Union Européenne et se sépare du bloc économique incluant la Biélorussie que la Russie était en train d’essayer de créer.

Le second pointest que dans l’action politique, il manque une guerre qui concrètement puisse réduire la Russie en un lieu de pouvoir local. Elle occupe une surface terrestre plus grande que celle de n’importe quel pays, elle se trouve aux frontières de l’Union Européenne et s‘étend jusqu’à l’Extrême-Orient. Elle est tout à la fois européenne et asiatique. Elle est rivale de la Chine en Asie, a des conflits territoriaux avec le Japon, et se positionne face aux EU dans le Détroit de Behring. C’est un important producteur de pétrole, un membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU et elle dispose d’un arsenal nucléaire. Tout effort pour l’encercler ou l’affaiblir à présent que les affrontements idéologiques ont disparus ne peut être considéré que comme une composante de la vieille politique impériale.

  

La Russie n’est pas une menace comme l’était l’Union Soviétique. Son PIB est de 15% de celui de l’UE, qui a à présent 500 millions d’habitants et représente 16% des exportations mondiales. La Chine a 1,3 milliards d’habitants et 9% du commerce mondial. La population de la Russie est de 145 millions d’habitants et se réduit d’environs un million chaque année et elle contrôle seulement 2,5% des exportations mondiales. Elle dispose de peu d’industries, entre autres parce que Poutine est peu intéressé par la modernisation du pays, qui inévitablement augmenterait la classe professionnelle de notables, celle qui est déjà contre lui.

 

Le troisième point,  c’est que la question de l’Ukraine doit se prendre avec des pincettes

C’est un état très fragile où la corruption contrôle la politique et qui a des problèmes économiques structurels. Sa partie occidentale est majoritairement rurale et la plus industrialisée est la région orientale. Les travailleurs de cette région savent bien que l’entrée dans l’Union Européenne entraînerait la fermeture progressive de nombreuses usines. Dans la partie occidentale, pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup se rallièrent au camp des nazis, et actuellement il existe un très fort mouvement nationaliste, proche du fascisme. L’Ukraine est un problème très compliqué et très coûteux.

 

  

Il est clair qu’intervenir seulement pour défier Poutine et offrir de l’argent (ce qui est essentiellement ce qu’a fait l’Union Européenne) semble un raisonnement superficiel. Sommes-nous réellement prêts à changer les critères de l’Union Européenne acceptant un pays qui n’est absolument pas en harmonie avec ses critères et ce serait une charge énorme à assumer - seulement pour triompher contre un homme fort ? 

Ceci nous amène au quatrième et dernier point. Poutine est un ex officier du KGB qui constate que la Russie a été traitée injustement depuis l’effondrement de l’Union Soviétique. Tous les efforts pour parvenir à une entente avec l’Occident ont été continuellement trahis, avec les successives extensions de l’OTAN, les réseaux de bases militaires qui entourent la Russie, les constants et clairs soutiens de l’Occident à tous ses opposants et le traitement mesquin dans les relations commerciales. (Il n’y a pas de place ici pour les détails dit l’auteur, un excellent descriptif est fait pat Poutine lui-même dans son Programme de Politique Étrangère de campagne électorale où il se plaint entre autre des conséquences commerciales des Interventions US et de l’OTAN et autres printemps  qui boycottent les contrats russes dans les pays concernés pour les réattribuer à leurs propres entreprises. Partie 1 et Partie 2 NdT)

 

Il sait que ses sentiments concernant le déclin russe sont partagés par une majorité de ses citoyens. Mais il est aussi un autocrate arrogant, c’est le moins qu’on puisse dire, qui ne fait rien pour moderniser l’économie, parce qu’en maintenant entre ses mains la production et le commerce, il peut en conserver le contrôle.

 Pour lui, (l’otanisation de) l’Ukraine est politiquement inacceptable. Un autre autocrate, Viktor Ianoukovitch, président d’Ukraine depuis 2010 jusqu’à février de cette année, est du même genre que Poutine. Il fut déposé par des protestations massives dans la rue, patronnées et soutenues par l’Occident.

 

 Toute possibilité de contagion doit être freinée fermement. C’est pour cette raison que Poutine est en train de jouer un rôle de sauveur des citoyens russes qui lui permet d’agir là où il y a des minorités russes. La question est : Si Poutine partait, verrions-nous une société démocratique, participative, propre et non corrompue en Russie ? Ceux qui connaissent bien la Russie pensent que non.

 

L’histoire fourmille d’exemples dans lesquels l’élimination des autocrates en soi n’a pas nécessairement conduit à la démocratie. Pourtant, la politique actuelle est de continuer à cerner Poutine au non de la Démocratie. Mais sommes-nous certains que cela ne fait pas son jeu, en le convertissant en défenseur du peuple russe ? Il a conscience aussi de l’inertie de la guerre froide et ne voit pas exactement l’Occident comme un allié. Aujourd’hui Poutine est l’unique force structurante de la Russie. S’il s’en va il y aura probablement une longue période de Chaos.

  

 Il est évident que ce n’est pas l’intérêt des citoyens russes… Il est très dangereux de jouer à des jeux de pouvoir, sans prendre en compte la stabilité de l’Europe comme telle. Mais il semble que ce ne soit pas de cette manière que l’envisagent les stratèges de l’Occident, que cela réjouirait d’éliminer n’importe quel autre pouvoir.

 

Comme l’écrit Naomi Klein, les uniques gagnants dans cette histoire, ce sont les entreprises d’énergie. Elles sont en train de mener une campagne mondiale pour se rendre indépendantes du pétrole russe. De telle manière qu’elles vont augmenter la production de pétrole aux États-Unis ans considération pour les dommages au milieu ambiant. (Et de préparer une invasion du Venezuela pour s’en approprier le pétrole et éliminer un autre pouvoir régional. NdT) Et nous les Européens, nous devrions cesser d’utiliser le gaz russe et trouver une solution pour en importer d’ailleur. Le problème est qu’il n’y a pas de structures pour faire cela, et il faudrait plusieurs années pour les construire. Alors que tous le monde débat de la manière de parvenir au contrôle climatique et réduire l’énergie fossile, une stratégie globale importante, cette question se voit reléguée au second plan.

 

Torzie Vittachi, un journaliste de Sri Lanka a dit un jour :”Rien n’est jamais ce qu’il paraît être… », il n’y a pas beaucoup d’exemples ou pétrole et démocratie vont la main dans la main.

Roberto Savio est fondateur et président émérite de l’agence de presse Inter Press Service et éditeur de Other News.



Traduction Anne Wolff

Source en espagnol :

Por qué estamos entrando de nuevo en la guerra fría? - América Latina en Movimiento

 

 

 

 

 

 Il y a dans ce texte un passage non élucidé et pourtant importantissime… la guerre d’Ukraine y est potentiellement contenue et pour beaucoup nous avons le sentiment qu’elle en est l’aboutissement, un aboutissement avec un horizon de fin de monde à l’issue indéterminée qui provoque une inquiétude légitime : Que s'est-il passé entre Bush et Poutine, ce bon élève du Nouvel Ordre Mondial néolibéral ?

Dans la rubrique "c'est lui qui le dit", son programme de politique étrangère, campagne présidentielle 2012


Texte dans son intégralité : Partie 1 et Partie 2 

Morceaux choisis de la teneur Nouvel Ordre et Néolibéralisme selon Poutine (2012)


 

 

Partager cet article
Repost0
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 07:30

 

 

Rencontre avec un cosaque russe dans l’Est de l’Ukraine

Pour prouver la présence d’agents des forces spéciales russes en Ukraine, Jen Psaki, représentante officielle du Département d’État américain, a présenté au Conseil de sécurité de l’ONU deux photos, prises respectivement en Géorgie en 2008 et en Ukraine récemment, où posaient des hommes en tenue de camouflage. À propos d’un des hommes, Jen Psaki a affirmé qu’il s’agissait du même sur les deux clichés : effectivement, les deux étaient robustes et portaient une longue barbe.

Crédits: Gleb Garanich / Reuters

Babaï – Crédits: Gleb Garanich / Reuters

Pourtant, la barbe n’a pas suffi : rapidement, les hommes ont été identifiés. Celui de la photo prise en Géorgie est trop connu pour être confondu avec quiconque : il s’agit de Khamzat Gaïrbekov, surnommé Boroda [Barbe], chef du bataillon Vostok. L’homme figurant sur le cliché pris à l’Est de l’Ukraine a également été retrouvé par la revue Time. C’est Alexandre Mojaev, un cosaque venu de Russie « aider ses frères orthodoxes » à faire la guerre. Le journal local de Kramatorskaïa Pravda l’a interviewé.

- Pourquoi vous êtes-vous retrouvé en Ukraine ?

- J’étais chez moi, et en voyant à la télévision ce qu’il se passait sur Maïdan je me suis dit : « Mais qu’est-ce qui se manigance là-bas en Ukraine ? » Je regarde, et là, même Angela Merkel y va de son commentaire. Les pays étrangers ont une idée derrière la tête. Et tout ça rappelle fortement le Kosovo. Mais c’est qu’il faut y aller, je me dis, et aider ! Et là, mes frères cosaques arrivent chez moi et disent : « Sanya, nous venons te voir avec une mauvaise nouvelle. Nous partons à la guerre. » Et moi, je dis : « S’il le faut, allons-y. » J’avais déjà compris alors, contre qui on se battait. Contre l’Amérique. Parce que ce sont eux qui fourrent leur nez ici avec l’Union européenne.

La première partie de nos cosaques est partie à Sébastopol. Nous pensions faire partie de la deuxième vague. Mais non, on ne nous a pas pris non plus. Nous nous sommes alors réunis, nous nous sommes téléphonés avec les cosaques du Terek et nous sommes partis tout seuls.

- On raconte que vous êtes parti combattre pour fuir une enquête pénale et éviter la prison. Vous êtes accusé de tentative d’assassinat à l’arme blanche. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

- On m’accuse d’un crime que je n’ai pas commis. Je suis simplement tombé sur un commissaire vendu, engraissé par la diaspora coréenne. Cette diaspora s’occupe de culture de fruits et de légumes sur notre terre cosaque du Kouban, elle entretient des esclaves sur ses plantations, qu’elle fait venir de Corée et qu’elle paie des kopecks. Et j’ai eu une altercation avec un de ces Coréens. Avec les amis, nous étions invités chez un vétéran de l’Afghanistan, un colonel. Le soir, nous allons nous coucher. Moi, je ne dormais pas, et Vitalik non plus. On conversait. Et là, le Coréen arrive chez le voisin et se met à klaxonner. Et notre voiture était garée dehors. Peut-être que c’est pour nous, on se dit. On sort vérifier. Il s’avère que ce n’est pas pour nous. Je dis au Coréen :  « Écoute, arrête de klaxonner! » Et lui, il se retourne, et il continue de klaxonner. Je m’approche de la fenêtre, et je dis : « Écoute, les gens dorment. A notre époque, il y a des téléphones portables. Téléphone ! » Et lui, en réponse, il me fait : «Tu es qui, comme ça, pour me dire quoi faire ? «  Je suis un cosaque, je dis, maître de la terre du Kouban. Et je t’indiquerai partout quoi faire, si tu te comportes avec insolence. Et lui, comme ça : « Tu te fous de moi ?! » Et il sort. Il pensait certainement que j’aurai peur de lui. Il nous a regardés avec Vitalik : « J’ai compris ». Il s’est assis dans sa voiture et il est parti. Nous, sans arrière-pensées, nous retournons à la cabane. Mais au bout d’un moment, le Coréen revient. Avec Vitalik, nous ressortons, et ils sont six assis dans leur voiture. La bagarre a commencé.

Ils attaquent directement Vitalik avec un couteau. J’étais en claquettes. De derrière moi, il y en a un qui court et qui me tombe dessus. Et là, un autre coup sur la tête, de la droite. Je pense « Sans déconner ! Il faut que je me couvre moi-même comme je peux, et encore que j’aide Vitalik. » Là-dessus, mon pouce se déboîte. Je le prends, je le remets, et je continue de me battre. Eux, voyant ça, ils hallucinent.

« Stop tout le monde !, Arrêtez ! », ils crient. Ils s’arrêtent. Ils disent : « Venez sur notre base ! Si tu ne viens pas, nous continuerons de frapper Vitalik ! » Nous arrivons chez lui, sur leur base. Le Coréen dit : « Tu as deux options pour partir d’ici : soit tu me demandes pardon, soit j’appelle la police et nous portons tous plainte en disant que tu nous as menacés avec un couteau. » Et il pose des affaires en face de moi. Ils avaient pris avec eux la voiture de notre ami Alekseï, et dedans, il y avait un sac avec son téléphone et son couteau. Et comme par hasard, je n’ai plus de batterie sur mon téléphone : je ne peux appeler personne, ni demander aucune aide. Il sort. Et moi, je me souviens que dans mon sac, j’ai aussi un petit couteau pliant. Je donne le couteau d’Alekseï à Vitalik, je prends le mien pour moi.

« Et maintenant, je dis, allons les voir. » Et nous avançons : « On vous prend un par un ! » Ils se tiennent là, ils ont la trouille d’approcher. Et qu’est-ce que tu penses ? J’entends le bruit d’une voiture qui arrive, la porte qui claque et une voix : « Salut, commandant ! » Avec Vitalik, nous avons le temps de ranger les couteaux et de nous asseoir à table. Le commandant sort et commence de nous insulter en hurlant. Je lui fais : « Citoyen policier. Ayez la bonté de vous présenter. Combien ils vous paient, pour que vous vous cassiez le cul pour eux ? » Et lui : «Trente mille par mois ». Je dis : « Nous ne parviendrons pas à nous entendre, appelez des renforts. » Et le temps que le détachement arrive, avec ce Coréen, ils ont commencé de dresser une plainte contre nous. Personne n’a écouté nos explications. Résultat, ils nous ont emmenés au commissariat, ont établi un procès-verbal en disant que c’était moi qui marchais ivre dans la rue et qu’ils m’ont emmené. J’ai soufflé : 0,16 milligramme d’alcool dans le sang. Parce qu’en arrivant chez notre ami, nous avions bu des bières. Et toute cette affaire continue jusqu’aujourd’hui. J’ai écrit et au Comité d’enquête, et au Parquet. Zéro émotion. Si tout cela s’était passé dans notre district de Beloretchensk, les Coréens, pour ça, auraient simplement été condamnés au fouet. Mais chez eux là-bas, dans le district de Vysselki, rien n’est clair.

- D’où vous vient votre surnom « Babaï » ?

- Ce n’est pas un surnom. C’est un indicatif. Babaï, c’est un personnage traditionnel. Il est en même temps effrayant de l’extérieur, et bon à l’intérieur. Et moi aussi, je suis comme ça.

- Depuis combien d’années êtes-vous dans la cosaquerie ?

- On naît cosaque. Mais dans les troupes, j’y suis depuis 1993.

- À Kramatorsk, un hélicoptère MI-8 a explosé. Certains médias vous accusent d’en être le responsable…

- Ce n’est pas moi.

 

Source : Rencontre avec un cosaque russe dans l'Est de l'Ukraine — Le Courrier de Russie

Les cosques patronnés par Poutine qui sont en Russie des sortes de "Gardiens de l'Ordre" ont également un site relai en français grâce auquel ils entretiennent des liens privilégiés avec les intégristes chrétiens et la famille FN Cosaque ami de Dieu

 

Lire également  sur l'aide humanitaire apportée par la Russie aux "indépendantistes pro-russes"

Qui sont les hommes qui défendent Sébastopol ? — Le Courrier de Russie

et aussi par exemple à leur sujet :  Loups de la Nuit 



et je conseille une fois de plus à tous ceux à qui cela poserait question, les relations élues par nos "amis de dieu protégés" de Poutine en France, l'organisation de réseau de solidarités actives, ce que cela implique et qui cela implique, et ce que cela pourrait induire dans une Europe où les partis "Populistes" gagneraient du pouvoir....  cela fait partie de la démocratie comme responsabilité de chacun de s'informer à ce sujet !

 

Partager cet article
Repost0
3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 20:29

 

2 mai 2014 : Jour de folie à Odessa

 

 

 

J’ai fait ma mise au point au sujet de Poutine. Cela ne m’empêche pas de reconnaître que la Russie est indéniablement le pays agressé dans l’histoire et que le coup d’état en Ukraine fomenté par l’EU-UE est aussi une agression directe contre la Russie. Cependant quand bien même c'est la Russie qui est visée, l'Ukraine est le champ de bataille, et les Ukrainiens seront dans tous les cas, les perdants de cette guerre. Mais je me sens bien impuissante face à cette horreurs, alors que nombre d'européens du centre  se la jouent comme des Romains au cirque … faut que cela saigne, chacun encourageant les gladiateurs de la couleur qu'il s'est choisie appelant le sang, j'ai lu bien des commentaires qui m'ont donné la nausée, pire que de l'indifférence, l'appel au sacrifice des ukrainiens pour régler les problèmes qui se posent ici...  le sang est aujourd’hui celui du peuple d’Ukraine encouragé à la haine, chair à canon d'un combat qui n'est pas le sien. La question reste : comment faire pour se débarrasser de tous les prédateurs, ce que souhaite depuis le départ une majorité d’Ukrainiens semble-t-il. Une question qui est une question qui se pose à l’humanité dans son ensemble. Et de ne pas y trouver de réponse correcte, cela donne ce qui suit,  un champ de bataille des luttes intra-capitalistes parmi d'autres, et c’est insupportable. Et demain cela pourrait nous arriver.

Merci à : www.les-crises.fr/ukraine pour le relais de ce témoignage... 

 

 
[Ukraine] Ce qui s’est passé à Odessa + Sapir


Pensée à tous ces morts qui, eux aussi, se mobilisaient pour leur liberté et leur droit à choisir leur destin…

Commentaire des fascistes de Kiev (qui osent tout) :

http://www.aif.ru/politics/world/1161692
« Ce que nous avons vu à Odessa, c’est une provocation du FSB pour éloigner l’attention de l’exécution de l’opération antiterroriste » a dit Sergueï Pachinski, chef par intérim de l’administration présidentielle de l’Ukraine.

Vu cette réaction du gouvernement, encore une bonne raison pour les russophones de lui rester fidèle…

http://lifenews.ru/news/132529
Le candidat à la mairie Alekseï Albou : on a pu s’en tirer parce qu’au lieu de s’échapper vers le toit, on est parti dans les ailes du bâtiment et on a sauté du 2ème étage. Mais on est tombé sur des nazis (« ultradroitiers », littéralement) qui ont commencé à nous battre avec des bâtons et des barres de fer. La police était là, mais ne s’est pratiquement pas impliquée. Ensuite on est parti au commissariat puis à l’hôpital. […] En ce moment on est sorti de l’hôpital parce que c’est dangereux de s’y trouver.

Le drame d’Odessa

Voici la vidéo du crime (à voir sur les crises ici) – beaucoup des types dehors sont de Secteur Droit :

Par Kiergaard

Encore un jour sombre pour l’Ukraine, ce vendredi 2 mai, plusieurs dizaines de personnes, en grande majorité des civils ont perdu la vie à Odessa dans des affrontements entre pro-russes et partisans de Kiev. Récit des événements vécus au travers des directs réalisés sur place coté ukrainien et côté pro-russes.

Récit  (Je vais structurer et compléter le live-tweet que j’avais laborieusement tenu)

En tout début d’après-midi, une manifestation était organisée en faveur de l’unité de l’Ukraine. En marge de cette manifestation des supporters de football nombreux se trouvaient dans la ville. Comme dans d’autres rassemblements similaires ces jours-ci, des activistes pro-russes armés de bâtons et de boucliers sont venus perturber la manifestation. Devant l’absence de réactions des policiers locaux (il est vrai très rapidement débordés par l’extrême violence des premiers affrontements), une vraie bataille de rue s’est organisée. J’ai vu des gens poursuivis jusque dans des ruelles où ils furent battus, des civils frappés indistinctement par des activistes des deux bords et des casseurs.

Dans une seconde phase, la police anti-émeute (lourdement équipée) est intervenue. Elle l’a fait d”une manière à laquelle on pouvait difficilement s’attendre mais qui était logique au vu du déroulement des évènements. Les pro-russes se sont repliés à un carrefour dont toutes les issues ont été barricadées par les forces anti-émeutes, pour empêcher les manifestants partisans de l’Ukraine et les pro-russes de s’affronter directement. On s’est donc retrouvé dans une situation où la police anti-émeute s’est trouvée face aux ukrainiens tandis que les pro-russes jetaient des pavés en réponse aux projectiles lancées par les “pro-ukrainiens”. Juste avant ce moment des hommes armés d’une milice d’autodéfense habillés en militaire et portant les brassards jaunes d’Euromaidan sont venus au volant d’un camion de pompier (!) chargé d’armes non létales (bâtons, battes, pavés etc…) dont des manifestants masqués se sont immédiatement saisis dans le feu de l’action (tout ce que je décris ici je l’ai vu de mes yeux). Le camion s’est placé face à la police anti-émeute, des poubelles furent amenées, des portières, des morceaux de tôles etc… et des barricades improvisées furent dressées. Le drapeau russe flottait derrière les policiers anti-émeute qui faisaient face au drapeau ukrainien dressé sur le camion. S’en est suivi une longue heure de jet de projectiles divers dans une ruelle relativement étroite qui concentrait la majorité des centaines d’activistes actifs des deux côtés sous le regard d’au moins un millier d’habitants.

Durant cette seconde phase, j’avais accès à des directs vidéos placés juste de chaque côté de la ligne de démarcation que constituait la police anti-émeute (qui à ce moment n’était qu’une police anti-affrontement direct…). Voici ce que j’ai vu.

- Côté pro-russes : Il y avait aux environs de 500 personnes à vue d’oeil. Une cinquantaine portait des habits militaires mais tous n’étaient pas armés. J’ai entendu quelques coups de feu (où ce qui semblaient l’être, mais il n’y a pas eu de blessés à ce moment, ou alors des blessures légères) mais les projectiles étaient principalement constitués de pavé. Le cliquetis des pioches sur les pavés était particulièrement fort… Il y avait une majorité de civils armés de bâtons et portant uniquement des masques pour se protéger d’éventuels gaz. Au début, il y avait même un certain nombre de personnes relativement âgées comme on a pu voir dans des manifestations pro-fédéralisation ces derniers jours. Au vu du dernier bilan, je ne peux m’empêcher de revoir un groupe de jeunes femmes vêtues comme pour une journée d’été. Il y avait également plusieurs groupes très jeunes, parfois souriants à la caméra, entrainés dans ces troubles… Je suis quasiment sûrs que les civils et activistes qui ont accompagnés les premiers casseurs ne s’attendaient pas à se retrouver in fine dans cette situation.

- Côté pro-ukrainien. Au début des troubles, la réaction la plus virulente est venue des supporters des clubs de foot ukrainien. Mais ils ont vite été rejoints par une troupe bien organisée d’auto-défense qui est arrivée en une colonne d’environ 100 personnes vêtues de treillis militaires et relativement bien équipés. Cette intervention qui aurait pu apaiser le caractère confus de la situation l’a au contraire fait dégénérer. Ils se sont placés en première ligne et ils semblent avoir organisé l’action des manifestants, puisqu’après 30 minutes dans cette ruelle étroite, ils sont allés parler à la police puis se sont repliés pour mieux attaquer par une ruelle plus large et plus difficilement “défendable” pour les pro-russes et gérable par les autorités qui se contentaient depuis le départ de bloquer la rue. Les manifestants n’en ont été que plus galvanisé et les pro-russes ont relativement perdu pied… Pendant une longue heure, les pavés et cocktails Molotov volaient (préparés par des hommes et des femmes en civils à l’arrière), majoritairement du côté ukrainien, les pro-russes disposant de réserves moindres. Des milliers de pavés et une centaine de cocktails molotovs furent jetés. Un début d’incendie fut maitrisé sur un des bâtiments adjacents.

La troisième phase a débuté après que plusieurs membres de la police anti-émeute furent drainés par les ukrainiens vers l’arrière de leurs lignes et que l’action de la police fut alors moins efficace. Les manifestants ont forcé le barrage de policiers avec le camion. Plusieurs pro-russes furent rejetés dans les bâtiments qui jouxtaient la place. L’un d’eux semble avoir usé d’un revolver, mais la plupart (ceux habillés en militaires) se contentaient de jeter de petits cailloux, dans une scène relativement surréaliste (il n’y avait pas de “terroristes” tirant sur la foule). La police a été débordée et une foule furieuse et excitée s’est lancée à la poursuite des pro-russes. J’ai alors pu assister à certaines scènes de violences, l’une des plus frappante est celle de ce “soldat” pro-russe protégé par une dizaine de policiers (non armés et non équipés) molesté et attaqué par la foule pendant de longues minutes… Je ne peux absolument pas garantir qu’il s’en soit sorti.

La situation est devenue plus confuse après… Il semble que les pro-russes, civils, “militaires” se soient repliés dans le bâtiment d’un syndicat à partir d’une place qu’ils occupaient régulièrement à ce moment, quelques policiers anti-émeutes se trouvaient encore ici et il semble qu’aucun des manifestants entourant le bâtiment n’y soit entré. À ce moment la majorité des habitants se dirigeaient vers le bâtiment, mais les affrontements y duraient depuis quelques minutes. Un important feu brulait à bonne distance du bâtiment. Retranché dans un abri incertain, les pro-russes ont jeté ce qu’ils ont pu (pierres, molotovs et des coups de feu furent échangés). Les pro-Kiev, de manière désorganisée ont répondu. Et un feu s’est déclenché au premier étage du bâtiment… impossible de dire qui a pu l’allumer, toujours est-il que des cocktails Molotov ont été lancé alors même que l’incendie faisait déjà rage au rez-de-chaussée bloquant les portes. Toujours est-il que des cocktails Molotov étaient lancés des deux côtés. 8 personnes sont mortes en se jetant des fenêtres et environ 30 sont mortes intoxiquées par les fumées. À ce moment, 4 personnes étaient déjà mortes et plusieurs dizaines étaient blessées des deux côtés.

Le bâtiment a rapidement été cerné, les pompiers ont mis un certain temps à arriver si j’en juge par le fait que le premier camion que j’ai vu est arrivé dans la pénombre alors qu’il faisait encore relativement jour au moment du déclenchement de l’incendie. Pris au piège, les malheureux prisonniers des flammes et de la fumée en étaient réduits à se jeter des fenêtres, où à se jeter dans les bras de ceux contre qui ils se battaient. Lorsque l’incendie a été maîtrisé, j’ai vu des scènes affreuses de dizaines de personnes, pour la plupart ensanglantées trainées dehors au milieu d’une petite rangée de policiers pour y recevoir des premiers soins. Certains furent frappés pendant qu’ils étaient trainés dehors le visage couvert de sang séché et de suie. La haine avait envahi tous les esprit après ces heures de violence. J’ai vu au moins une dizaine de civils (dont 3 femmes) évacués inconscients du bâtiment par les ambulances qui arrivaient laborieusement sur place. J’ai vu plusieurs personnes lynchées et frappées. La volonté de faire subir à ces personnes ce qu’elles (ou d’autres) avaient pu faire subir à leurs compagnons ou amis était forte, trop forte pour certains esprits. On voyait des échauffourées éclater à droite à gauche, même si la majorité des personnes présentes étaient des habitants de la ville qui ne faisaient rien de mal.

L’organisation du transfert des personnes arrêtées à été délicate, il semble qu’une centaine de personnes ait été emmenées dans les locaux de la police. Un vaste cordon protégeait l’entrée où de lourds camions blindés attendaient de les emporter ailleurs. De l’autre côté du cordon plusieurs centaines de personnes qui voulaient visiblement en découdre avec les activistes pro-russes. Plusieurs rixes ont éclaté, un homme est monté sur l’un des camions, pour frapper un journaliste qui filmait la scène, puis a été jeté dans la foule, en est ressorti blessé à la tête, puis a été jeté dans le fourgon par ce qui semblait être un responsable de la police.

Depuis la situation semble s’être calmée et on voit quelques blessés soignés sur les trottoirs dans les reportages…

Au total, le bilan tournera probablement autour de 50 morts, une dizaine de personnes de nationalité russe étaient présentes parmi les morts d’après le ministère ukrainien de l’intérieur, ce qui ne fait pas d’eux des mercenaires pour autant. 40 pro-russes sont morts, probablement 10 manifestants pro-Kiev.

Voici les faits, tels que je les ai vus ou tels que je les ai vu rapportés.

 

Commentaire :

Regarder en direct ce déchaînement de haine est une expérience très troublante, voici la manière dont je l’ai ressenti et les conclusions que j’en tire.

- Comme dans d’autres villes, les forces de l’ordre étaient initialement débordées et passives face aux évènements… Ce furent des heures de guérilla urbaine opposant deux colères et deux haines s’estimant pareillement légitimées par les évènements actuels ou passés (Maïdan, le nouveau gouvernement, les médias etc…). Les casseurs initiaux, rejoint par la foule ont communiqué cette violence et cette haine… Des renforts arrivèrent côté ukrainien, les cocktails molotov ne sont apparus qu’au bout de 2heures de troubles environ. Les combats opposaient majoritairement des civils, vêtus en civil et armés de pierres. Pas une révolte contre un pouvoir oppressant. Pas une défense contre un envahisseur. “Juste” quelques centaines de personnes qui ont répondu à la violence par la violence en l’absence de toute autorité capable de canaliser cette violence.

- Les forces d’auto-défense ne sont pas pacificatrices, formées à la barricade et au pavé elles n’ont pas vocation à se substituer aux forces de l’ordre, mais à repousser ce qui a été officiellement désigné comme le terroriste russe. Sur le petit millier de personnes du côté pro-russe il devait y avoir 75% d’ukrainiens, et moins de 50% de “séparatistes” (au sens strict du terme), et moins de 10% de “militaires” ou “miliciens” entrainés. Rien qui ne justifiait un tel déchainement de violence… Mais les temps sont troubles et troublés… Le dialogue et rompu au niveau international et au niveau interne.

- L’absence de toute autorité pacificatrice était manifeste. La police s’est juste interposée. Elle n’a pas été attaquée par aucun des camps. Un pro-russe a pu être jeté dans le camion qui le conduira en prison par le même policier qui se dressait entre lui et le sombre destin qui l’attendait si la chasse s’était poursuivie toute la journée.

- On peut craindre que ce scénario ne se reproduise dans d’autres villes. Les forces de l’ordre ne sont pas assez nombreuses pour contenir la foule, mais ne dispose pas non plus d’assez de force pour éviter un carnage si elle prend parti pour l’un ou l’autre camp. D’où cette position d’interposition qui a fonctionné pendant 4h avant de laisser la place à la tragédie que l’on sait actuellement.

- Sans cet incendie, nous aurions pu avoir une réaction de survie des pro-russes cernés dans ce bâtiment et le même bilan avec des pertes partagées.

- Alors même que les ruines sont encore fumantes, la situation est désastreuse dans l’est de l’Ukraine et les responsables occidentaux et russes se renvoient la balle coincés dans leur propre schémas idéologiques. Deux jours après avoir reconnu l’inefficacité de la 1ère opération terroriste, le gouvernement en lance une seconde qui auraient déjà fait plus d’une dizaine de morts à Kramatorsk et Slaviansk. La Russie condamne l’anarchie qui règne en Ukraine, renvoie la balle aux ultra-nationalistes sans réussir cependant à susciter l’adhésion quant à la validité de ses arguments dans un dialogue de sourds avec des américains et européens qui ont leurs intérêts propres dans cette affaire et qui vont bien au delà de leur compréhension limitée du théâtre est-ukrainien. En témoigne cette déclaration remplie d’incompétence crade de Carl Bildt (MAE suédois) : “Horrible avec au moins 38 morts à Odessa. Il semble que cela ait commencé avec la tentative de pro-russes de s’emparer de bâtiments. La violence doit cesser.” Si seulement il avait pu s’abstenir de cette odieuse tranche mensongère entre ses deux morceaux de pain moelleux… Nous allons encore avoir une campagne de communication dissymétrique des deux cotés, chacun va se renvoyer la balle, plus de sanctions, plus de tensions, plus d’idéologie, plus de violences dans un cercle vicieux dont nul ne sait quand il s’arrêtera.

Par Kiergaard  link to points-de-vue-alternatifs.com

Via  http://www.les-crises.fr/ce-qui-s-est-passe-a-odessa/

Partager cet article
Repost0
30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 20:00

 

Tout d’abord parce qu’une fois de plus un peuple est sacrifié aux enjeux d’une guerre de partage du monde entre grandes puissances corporatistes qui surjoue la propagande, de manière toujours plus maladroite de la part de l’Occidentale qui semble finalement ne plus ressentir trop le besoin d’occulter ses manigances vis-à-vis de l’opinion publique et avec une intelligence consommée qui use et abuse de toutes les maladresse de l’adversaire de la part des Russes, qui profite au maximum de ses erreurs pour jouer les redresseurs de torts innocents offensés par l’agression ennemie.

Parce que cette instrumentalisation du peuple d’Ukraine, de son désir de souveraineté, de bien-être et de rêves d’avenir, qui l’a fait se lever pour chercher le chemin entre souvenir fabriqué d’une Union Soviétique qui n’a jamais existé sinon comme un idéal dans la tête des utopistes qui s’en sont inspirés, et mythe d’une Europe qui n’existe que dans les téléviseurs des peuples que l’occident veut appâter, obsolète futur antérieur d’une Europe qui n’est jamais advenue, avec ses gauches qui se perdent à force de chercher le sens de ce mot, qui en a eu tellement qu’il semble ne plus en avoir aucun, et des droites toujours plus à droite, qui ne réfléchissent pas, qui frappent, et tuent et servent qui leur donne l’occasion d’exprimer leur frustration dans la maltraitance de plus faible que soi, ou dans la destruction des cibles désignées à leur vindicte,

Parce que cela et bien d’autre chose encore un texte, un témoignage qui donne à réfléchir afin que s’il n’est pas déjà trop tard pour nous nous tirions les leçons de la tragique expérience du peuple d’Ukraine, un de plus que les Puissants poussent à s’entre-tuer pour s’emparer de son territoire et de ses richesses en lui laissant le sale boulot de la guerre fratricide…  et que nous apprenions à fabriquer les anticorps contre le virus de la haine qui dresse le voisin contre son voisin.

Personnellement, je formulerais autrement la question que ne le fait le titre de ce texte ; La construction d’une Souveraineté est elle possible ? Qui implique tout à la fois la réappropriation du territoire et celle de la décision politique collective par ceux qui l’habitent, et y travaillent. Et cette question est valable pour tous les peuples de la planète.

Anne

 

 

Le mouvement de protestation: une aile gauche est-elle possible?

 

Peut-on caractériser la situation en Ukraine comme révolutionnaire ? Nous devons nous battre pour y avoir notre place tout en comprenant son hétérogénéité politique et sociale.

ukraine gauche

Moscou, le 30 janvier 2014

À la mi-décembre 2013, notre estimation de la crise politique en Ukraine en tant que « situation révolutionnaire » a donné lieu à beaucoup de commentaires critiques. En outre, l’emploi du concept « révolution » dans le contexte ukrainien a été condamné comme une sorte de sacrilège, car les événements de Kiev paraissaient totalement incomparables à la grandeur des révolutions passées. Il n’y avait pas de proclamations sur le début d’un monde nouveau, ni aucun débat sur la socialisation de la propriété, tandis que l’ordre social établi au cours des deux dernières décennies de régime post-soviétique n’était même pas remis en question. Mais le contenu politique d’une révolution peut ne pas correspondre tout à fait à sa dynamique : l’expérience réelle des masses, leur détermination et leur capacité à s’organiser elles-mêmes peuvent être en avance sur leur « imagination politique ». Et si une révolution échoue simplement du fait de l’absence de projets politiques indépendants, elle ne cesse pas pour autant d’être une révolution.

Indubitablement, ce qui définit une révolution c’est l’apparition des masses insurgées — la force motrice de cette histoire. Ceux qui continuent à caractériser les événements en Ukraine comme un « conflit des élites » ou un« affrontement entre les clans bourgeois » oublient ce qui est le plus important : le collectif du Maidan (qui inclut des militants qui contestent l’administration dans la moitié des régions de l’Ukraine) est devenu un facteur politique indépendant, que ni les autorités ni les chefs de l’opposition parlementaire ne pouvaient manipuler aisément. Sans leur persévérance et leurs sacrifices au cours des mois passés, il y aurait probablement eu des douzaines de scénarios « d’apaisement », depuis celui de la dictature policière jusqu’à une sorte d’accord au détriment des manifestants entre les ennemis de Ianoukovytch — l’un ou l’autre satisfaisant l’aspiration de faire tomber Ianoukovytch de la présidence de la République et de le priver de la mainmise sur les fonds monétaires des élites politiques et financières ukrainiennes.

La proposition de prendre la tête du gouvernement, faite le 25 janvier à Arseni Iatseniuk, a été immédiatement suivie par la démission du Premier ministre Mykola Azarov et par l’annulation des scandaleuses « lois du 16 janvier » (1) ainsi que, finalement, par l’aide sincère des partis de l’opposition pour la reprise du contrôle des bâtiments administratifs occupés par les protestataires — autant de signes d’un consensus entre les deux camps. Ianoukovytch, l’opposition, l’Union européenne et Poutine se sont tous unis pour « normaliser » l’Ukraine. Le seul problème, imprévisible et incompréhensible, qui a gêné la négociation d’un accord mutuellement salutaire, c’est que des milliers de protestataires déterminés ont refusé de quitter Maidan. Leur détermination relève sans aucun doute de quelque chose de plus que d’un instinct démocratique : les citoyens restent des citoyens tant qu’ils sont ensemble et qu’ils peuvent répondre avec violence à quiconque qui tente de briser leur unité armée.

Cette démocratie directe, née d’une expérience directe, n’a aucune suite politique. De plus, ses troupes de choc organisées — qui ont aidé la majorité des protestataires de tenir à distance l’État et la police — sont devenues une force fondamentalement antidémocratique. Paradoxalement, sans les militants d’extrême droite favorables à une « dictature nationale », il n’y aurait jamais eu ne serait-ce qu’une seule barricade sur le boulevard Khrouchtchev, pas plus que de ministères occupés et transformés en « quartier général de la révolution ». Tout simplement, ces événements — qui ont empêché la consolidation d’un « parti de l’ordre » et l’établissement d’un « état d’urgence » par en haut — n’auraient pas eu lieu. On ne peut qu’être terrifié en réalisant ce simple fait : non seulement le mécontentement des masses envers le gouvernement en place, mais encore la volonté de l’extrême droite de renverser ce gouvernement pour établir le sien, monopolisant rapidement l’espace politique et le transformant en une réaction extrême.

Les premiers moments de Maidan font penser à une sorte du monde merveilleux de la politique : il y a les combattants des rues qui affrontent la police, des campings autogérés, des centres d’information, des points d’entraide, des « services d’urgence » auto-organisés, et des repas chauds. C’est l’exemple même d’un soulèvement urbain, dont chaque élément respire la conscience révolutionnaire authentique, mais peinte dans des couleurs étranges, inhabituelles : un kaléidoscope de propagande de tous les partis et sectes possibles de la droite la plus extrême, avec d’innombrables symboles « celtiques » et des signes runiques sur les murs. Cette dissonance incroyablement nauséabonde, entre le contenu révolutionnaire du processus et sa forme réactionnaire, c’est une situation qui exige l’action en vue de modifier cette équation terrible, non une évaluation éthique, marquée par le dégoût.

Bien sûr, dans cette révolution, personne n’a réservé une place pour les militants de gauche, les seuls qui auraient réellement pu proposer une alternative à l’ordre établi. À cet ordre qui a donné naissance à la pauvreté, à la corruption, l’absence de transparence et à la brutalité de l’État. Cet ordre qui a produit les facteurs, sans exception, qui ont conduit les gens à prendre les rues et à commencer la résistance. La crise actuelle en Ukraine est réellement une crise de cette société que nous voulons changer. Une société dégradée, aigrie, qui se désintègre. Une société qui n’éprouve que peu d’optimisme sur son avenir, et encore si rarement. Les événements révolutionnaires actuels sont le produit de cette société et de son si rare — donc crucial — optimisme. Le nationalisme (qui est encore, à ce moment, plus civique qu’ethnique), une étrange croyance dans la puissance de « l’intégration européenne », l’idéalisation des institutions parlementaires, le manque de résistance face au chauvinisme, ainsi qu’un désir de découvrir et de neutraliser les virus dans le corps « national » sain : tout cela reflète la conscience actuelle de la société ukrainienne, qui de toute manière n’est pas statique, ni incapable de changer. Malgré le fait que les conditions initiales étaient beaucoup plus favorables à l’expansion de l’extrême droite, le résultat de cette bataille pour la conscience et pour un programme révolutionnaire n’était pas prédéterminé — et même encore aujourd’hui il n’est pas définitif.

Je comprends parfaitement à quel point mon raisonnement sera jugé vulnérable. Mais je pense toujours que ce débat — sur la nécessité et la possibilité d’une « aile gauche » en lutte pour l’hégémonie dans le mouvement — est important non seulement dans le contexte ukrainien contemporain, mais aussi pour l’avenir… Car nous devrons faire face à des circonstances similaires (voire pires) à chaque fois.

Je me souviens très bien, juste après le premier rassemblement, le 5 décembre 2011 sur le boulevard Chistoproudny à Moscou, d’une réunion des représentants de tous les groupes existants de gauche. Après un débat houleux et malgré les différences des traditions politiques et des approches idéologique, la majorité des participants se sont mis d’accord sur les points suivants :

1. Ce début de la protestation était le nôtre et nous y participions ;

2. Nous comprenions parfaitement son hétérogénéité politique et sociale, donc nous devions nous battre pour y avoir notre place.

C’était là le minimum indispensable de l’unité politique, dont le résultat fut la présence systématique de la gauche radicale dans le mouvement de protestation. Et, surtout, ce mouvement percevait que les militants de gauche constituaient une de ses parties organiques. Un « pôle rouge » a émergé dans le mouvement, clairement en contraste avec l’approche conservatrice du Parti communiste russe, qui travaillait pour restaurer la stabilité de la machine politique de la « démocratie dirigée ».

Pour autant que je sache, rien de ce genre n’a eu lieu en décembre 2013 à Kiev. La gauche radicale de l’Ukraine a regardé les protestations naissantes avec scepticisme, se résignant à un rôle passif ou marginal. Ceux de ses militant-e-s, qui ont décidé de soutenir le mouvement et d’y participer, l’ont fait de manière individuelle, sans se coordonner. Les groupes d’extrême droite peuvent revendiquer d’avoir su mieux profiter de leur potentiel militant — mieux même que ne l’ont fait leurs collègues russes — et donc de toutes les opportunités politiques, dès le début du mouvement. Ils ont expulsé des rassemblements, de manière systématique, les petits groupes de gauche. Que serait-il arrivé si, dès le début, en rassemblant toutes ses forces disponibles (je pense qu’il pouvait s’agir de plusieurs centaines de personnes), la gauche radicale avait affirmé son droit d’être à Maidan et de promouvoir ouvertement sa position ? Il est probable que, face à une telle présence massive de la gauche organisée, la droite se serait abstenue d’un conflit ouvert, craignant un impact négatif sur son image auprès de la grande majorité des protestataires non organisés.

Imposer un espace pour l’aile gauche aurait été crucial non seulement pour la situation actuelle, en rassemblant un courant parmi les centaines de milliers de manifestants. Cela aurait aussi permis de construire des forces de la gauche radicale dans la situation qui suit la révolution — probablement dans le futur proche — lorsque, enfin, le Parti communiste d’Ukraine mettra fin à son existence honteuse. Les protestataires exigent de plus en plus fortement la dissolution du PCU (ainsi que de celle du Parti des régions, russophone). C’est non seulement le produit de la tradition anti-communiste, mais tout autant du programme politique de ce parti, qui a lié inextricablement son destin aux clans oligarchiques et au lobby pro-russe réactionnaire. Dès le début de la crise, le PCU s’est catégoriquement opposé au mouvement de protestation, demandant la répression policière et soutenant de manière inconditionnelle les « lois du 16 janvier ». Une aile gauche, qui aurait été présente dès le départ dans le mouvement de protestation, aurait la légitimité pour contester la confusion, qui domine maintenant, entre les alternatives socialistes et le bâtard parti communiste de Petr Simonenko. Une telle aile gauche aurait non seulement pu renforcer le mouvement de l’intérieur, mais aussi lui offrir une orientation en développant son vecteur démocratique radical et en soutenant, en lui donnant une dimension politique consciente, la création des « conseils populaires » dans les administrations régionales occupées.

Hélas, aujourd’hui cela a déjà été perdu.

Les forces de la stabilité l’emportent de toute évidence. L’Ukraine revient vers le fragile modèle de consensus oligarchique entre les clans concurrents et les partis électoralistes. En même temps, rien ne sera plus comme avant : la peur devant les forces du gouvernement a été détruite et le goût de la résistance va marquer une génération politiquement active, qui a expérimenté la construction des barricades sur le Maidan. Et cela signifie que, très probablement, l’histoire offrira un peu plus de chances pour que la gauche radicale puisse apprendre de ses erreurs.

Notes

1. Le 16 janvier 2014 le Parlement ukrainien a adopté, en violant les procédures parlementaires, dix lois qui restreignent le droit d’expression et le droit de réunion. Les députés du Parti des régions, du Parti communiste d’Ukraine et quelques députés indépendants ont voté en faveur de ces lois, qualifiées de « dictatoriales » par la population. Neuf de ces lois ont été abrogées le 28 janvier 2014.

Ilya Budraitskis, journaliste et chercheur russe, article consulté sur inprecor.fr

Euromaidan et le programme de la gauche

Il n’est pas vrai que les Ukrainiens trouvent la question du libre-échange avec l’Union européenne significative au point de prendre le risque de passer des nuits blanches sur la place. La popularité de l’Euromaidan n’a rien à voir avec ça. Ce sont les problèmes socio-économiques du pays, beaucoup plus graves que ceux de ses voisins de l’Est et de l’Ouest, qui nourrissent les protestations.

Le salaire moyen en Ukraine est de 2 à 2,5 fois inférieur à celui de Russie et de la Biélorussie et encore beaucoup plus faible que dans l’Union européenne. La crise économique mondiale a affecté l’Ukraine bien plus radicalement que toute autre économie européenne, de l’Atlantique à l’Oural. La croissance économique reste congelée et la production industrielle continuera sans doute à diminuer en 2013. De plus, le système économique ukrainien exempte pratiquement les oligarques du paiement des impôts. Il est possible, tout à fait légalement, d’exporter des minéraux, des métaux, de l’ammoniac, du blé et des tournesols pour des dizaines de milliards de dollars et de déclarer zéro bénéfice. Tous ces revenus finissent dans les paradis fiscaux où sont établis presque toutes les entreprises fonctionnant en Ukraine. De plus, tous les bénéfices réalisés par une entreprise dans le pays peuvent être légalement et aisément exportés vers les paradis fiscaux — il suffit de les « recadrer », par exemple en tant que prêt (fictif).

Est-il alors surprenant que le gouvernement ukrainien ait systématiquement du mal à boucler le budget ? A la fin de l’année dernière l’Ukraine était dans une phase de pré-faillite. Les salaires impayés aux employés de l’État sont devenus une pratique courante et le budget a pratiquement cessé d’attribuer des fonds aux programmes sociaux. La situation a empiré du fait de la guerre commerciale avec la Russie, lorsque Gazprom a augmenté le prix du gaz fourni à l’Ukraine à un niveau record en Europe de l’Est. Les oligarques ont conduit le pays dans un gouffre. Même après des débats sans fin, ils n’ont pas été capables de formuler une stratégie cohérente de développement en évitant tout financement de l’État, dont ils ont systématiquement vidé les caisses. Toute stratégie de développement impose de contrôler leurs appétits – il faut au moins partiellement interdire le recours aux paradis fiscaux et garantir le paiement d’un minimum d’impôts. Mais c’est justement ce que les oligarques ne peuvent accepter, même s’ils comprennent que s’ils ne changent pas les règles de jeu actuelles ils conduiront l’État à la catastrophe socio-économique, coupant ainsi la branche sur laquelle ils sont assis.

Lorsque l’on parle de problèmes économiques, l’opposition de droite se focalise presque uniquement sur les thèmes de corruption et de l’inefficacité des autorités. Et si la discussion dérive vers le pillage de l’État par les oligarques, ils se limitent à ne parler que des hommes d’affaires proches du Parti des régions et, le plus souvent, sont incapables d’aller au-delà des affaires appartenant aux fils de Ianoukovytch. Du point de vue de la droite, les autres oligarques ne posent pas de problèmes, car ils ont « une conscience nationale ». En suivant cette logique, lorsque l’Ukraine est pillée par un Ukrainien « authentique », c’est toujours bon pour la cause nationale.

C’est une situation paradoxale. Tous les économistes consciencieux (même les plus néolibéraux, tel Viktor Pinzenik) sont d’accord pour admettre que le système fiscal et la légalité du pays ont été construits de manière à ce que les oligarques soient exemptés du payement des impôts. Tout le monde sait qu’un tel système ne peut pas durer longtemps. Mais aucun politicien parlementaire n’a osé proposer une alternative, pourtant évidente et réaliste. Quasiment personne n’est prêt à admettre publiquement que la question la plus urgente à laquelle l’Ukraine doit faire face, ce n’est ni l’Union européenne, ni les syndicats, mais le simple fait que les oligarques doivent payer l’impôt. L’appareil d’État serait parfaitement capable de l’imposer, car tous les actifs des oligarques sont situés en Ukraine. Cependant, comme Andrei Hunko l’a souligné récemment, « l’oligarquisation » de la politique ukrainienne a atteint de tels sommets, qu’aucun des partis parlementaires existants n’ose même en parler.

C’est désespérant, mais seules les voix de la gauche radicale expriment cette exigence minimale et évidente. Je tiens à souligner que les « 10 Thèses » (1) ne sont pas le programme de l’Opposition de gauche, mais seulement un premier pas vers l’élaboration d’une orientation politique qui pourrait rassembler toutes les forces contre les oligarques, tous ceux qui ne considèrent pas que la dictature fasciste d’extrême droite pourrait être une solution – une sorte de dictature vers laquelle l’Union pan-ukrainienne Svoboda nous pousse de manière insistante alors que les dirigeants de l’opposition officielle la regardent passer.

L’absence d’un quelconque plan d’action cohérent pour aider à sortir l’Ukraine de la crise est devenue si criante que même des publications assez libérales, qu’on pourrait même qualifier de « droite libérale » — par exemple, zaxid.netde Lvov — ont commencé à discuter nos « 10 Thèses ».

Notes

1. Voir dans ce numéro. Le Collectif de l’Opposition de gauche est un des rares groupes de la gauche radicale ukrainienne qui a tenté d’être présent dans le mouvement de protestation.

Zahar Popovitch, militant du Collectif de l’Opposition de gauche, article consulté sur inprecor.fr le 21 février 2014

10 thèse de l’Opposition de gauche pour un mouvement social

Avant-propos du Collectif de l’Opposition de gauche

Nous soumettons à votre attention le document intitulé « Plan pour le changement social », qui décrit les moyens pour améliorer la prospérité des citoyens et d’assurer le progrès social. Il a été élaboré parce que la plupart des revendications socio-économiques des manifestants d’Euromaïdan ont été ignorées. Notre espoir est que ce document pourrait servir de plateforme pour unifier un large éventail d’initiatives sociales, syndicales et de gauche. Ce texte a été rédigé par les militants de l’Opposition de gauche, une organisation socialiste ukrainienne qui voudrait unifier tous ceux qui appartiennent à la communauté nommée provisoirement #leftmaidan.

Il va sans dire que les partis politiques transforment le mouvement de protestation pour le mener vers la politique électorale ; ils ne cherchent que des suffrages et ne veulent pas changer le système. Nous ne soutenons pas les idées libérales de la propagande du marché libre, ni les nationalistes radicaux qui aspirent à des politiques discriminatoires.

Notre espoir c’est que le mouvement de protestation, poussé à agir par l’injustice sociale, pourra finalement éradiquer les causes profondes de cette injustice. Nous pensons que c’est l’oligarchie, qui est le résultat d’un capitalisme débridé et de la corruption, qui est la racine de la plupart des problèmes sociaux. Il faut donc limiter les intérêts égoïstes de nos oligarques au lieu d’attendre l’aide de la Russie ou du FMI, qui aurait pour conséquence la dépendance de la nation. Nous pensons qu’il est néfaste d’ajouter notre voix à la demande d’intégration dans l’Europe. Nous devons plutôt définir clairement les changements nécessaires pour défendre les intérêts des citoyens ordinaires, en particulier des travailleurs salariés. A plusieurs reprises, nous empruntons aux expériences progressistes des quelques États européens qui ont réalisé des mesures similaires.

Nos objectifs sont relativement modérés car nous voulons nous adresser au plus grand nombre possible d’organisations. Nous ne cachons pas que, pour nous, il s’agit moins d’une réaction à l’actualité que d’une étape vers la fondation d’une force politique de la gauche contemporaine — une force capable d’influencer ceux qui dirigent et d’offrir une alternative à l’ordre social existant. L’Opposition de gauche estime que le plan proposé est le minimum pour la construction du socialisme fondé sur les principes de l’autogestion : la socialisation de l’industrie, l’attribution des bénéfices aux besoins sociaux et la nomination des citoyens à des fonctions gouvernementales.

Nous vous invitons à nous rejoindre sur Facebook et VKontakte (ce qui signifie : en contact) pour y exprimer vos opinions ou à nous envoyer des courriels.

Remplacer une bande de politiciens et d’oligarques par une autre, sans réaliser des changements du système ne va pas améliorer nos vies. Au lieu de faire cela, notre groupe de militants sociaux et syndicaux propose ces dix thèses, qui sont des conditions basiques pour dépasser la crise économique et pour permettre à l’Ukraine de progresser.

1. Le peuple doit constituer le gouvernement, pas les oligarques

Il faut passer de la république présidentielle à une république parlementaire, dans laquelle le pouvoir présidentiel sera limité à des fonctions représentatives sur la scène internationale. L’autorité doit passer des mains des administrateurs de l’État à des comités régionaux élus (des conseils). Les délégués élus qui ne répondent pas aux attentes doivent pouvoir être révoqués. Les juges et les chefs de police doivent être élus et non nommés.

2. Nationalisation de la grande industrie

La métallurgie, les mines, l’industrie chimique de même que les entreprises de l’infrastructure (énergie, communication, transport) doivent servir le bien-être social.

3. Les travailleurs doivent contrôler toutes les formes de propriété

En nous inspirant des exemples européens qui ont été des succès, nous devons construire un large réseau de syndicats indépendants, qui puissent contrôler la gestion et garantir les droits des travailleurs. Les travailleurs doivent avoir le droit de grève (refuser de travailler lorsqu’ils ne reçoivent pas le salaire). Les travailleurs devraient avoir le droit de contracter des emprunts à la charge de l’employeur lorsque le payement des salaires est différé (en suivant l’exemple du Portugal). Les données sur la production, la comptabilité et la gestion de toutes les entreprises qui emploient plus de 50 personnes ou dont le chiffre d’affaires dépasse un million de dollars doivent être publiées en ligne.

4. Une taxe sur les produits de luxe

Nous devons instaurer une taxe de 50 % sur les produits de luxe — les yachts, les voitures élitistes et les autres biens dont le coût dépasse 1 million de gryvna. Un impôt progressif sur le revenu doit être également introduit. Les individus dont le revenu annuel dépasse le million de gryvna doivent être taxés à 50 %, en suivant l’exemple du Danemark (dans un tel système, Renat Akhmetov (1) à lui seul paierait 1,2 milliard de gryvna au budget de l’État, alors qu’il ne paye actuellement que 400 millions, ses revenus officiels étant taxés à 17 %).

5. Interdiction des transferts des capitaux dans les paradis fiscaux

Les règlements qui exemptent les entreprises ukrainiennes de l’impôt dans de nombreux paradis fiscaux doivent être révoqués, afin de prévenir le transfert des capitaux. Les actifs des entreprises qui produisent en Ukraine et dont le siège social est dans les paradis fiscaux doivent être gelés et des administrateurs provisoires devraient y être nommés jusqu’à ce que la légalité de ces investissements soit prouvée.

6. Séparation entre monde des affaires et gouvernement

Les citoyens dont le revenu annuel dépasse un million de gryvna ne doivent pas avoir le droit d’occuper des fonctions gouvernementales ou des sièges dans les administrations locales. Une réélection à l’échelle nationale doit être organisée en conformité avec cette règle.

7. Réduction des dépenses de l’appareil bureaucratique

Les dépenses du gouvernement doivent être transparentes et contrôlées. Une réforme administrative est nécessaire pour réduire le nombre de chefs dans les administrations. Aujourd’hui des départements entiers pourraient être remplacés par des programmes informatiques. Mais au lieu de cela, au cours des 8 dernières années le nombre des bureaucrates du gouvernement a augmenté de 10 %, atteignant 372 000 personnes (en Ukraine il y a 8 bureaucrates pour 1 000 citoyens ; en France c’est 5 pour 1 000).

8. Dissolution des forces spéciales de répression (Berkut et autres)

A partir de 2014, il faut réduire les dépenses pour l’appareil de sécurité de l’État : le ministère de l’Intérieur, le service de Sécurité, le bureau du Procureur général et les forces spéciales de police. Il est inacceptable que 16,9 millions de gryvna aient été alloués en 2013 au ministère de l’Intérieur — c’est 6,9 millions de plus que toutes les dépenses de la santé publique !

9. Accès gratuit à l’éducation et aux soins de santé

Les fonds pour cette initiative devraient venir de la nationalisation des industries et de la réduction des dépenses consacrés à la sécurité et à l’appareil bureaucratique. Pour éliminer la corruption dans l’enseignement et la médecine, il faut augmenter les salaires des médecins et des enseignants et restaurer le prestige de ces domaines.

10. Retrait de l’Ukraine des institutions internationales financières oppressives

Nous soutenons la cessation de la coopération avec le Fonds monétaire international et avec les autres institutions financières internationales. Nous devons suivre l’exemple de l’Islande, qui a refusé de payer les dettes (garanties par le gouvernement), accumulées par les banquiers et les bureaucrates dans le but d’enrichissement personnel et de la « prospection sociale » plutôt que pour développer l’industrie.

Notes

1. Homme d’affaire ukrainien et député du Parti des régions qui fait partie de la liste des milliardaires du monde (fortune de 16 milliards). Il s’est enrichi dans le charbon et ma sidérurgie au moment de la transition du pays vers le capitalisme.

 

Source :
Dossier sur la situation en Ukraine et sur l’Opposition de gauche


Partager cet article
Repost0
29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 16:29

 

ucrania1

 

Oleg Yasinsky est un journaliste indépendant d’origine ukrainienne qui vit depuis 20 ans au Chili, mais garde des attaches en Ukraine où vivent toujours ses parents et où il se rend régulièrement.

Comme tant d’autres jeunes gens de sa génération il a vécu l’espoir qu’a représenté la Perestroïka et la cruelle désillusion qui a suivi, un de ses précédents articles commence comme ceci :


"En Août 1991, l’Ukraine, la seconde république de l’URSS par sa population et son potentiel économique, déclare son indépendance, se convertissant en le second pays d’Europe après la Russie par sa taille. Pendant le 20ème siècle grâce à la fertilité de ses terres l’Ukraine était connue comme le grenier de l’Europe et elle fut le principal producteur d’acier de la région.

La gestion des derniers gouvernements se reflète dans les données démographiques. Au cours des 25 dernières années, la population descendit de 52 millions à 44 millions d’habitants. Au cours de l’année 2011 dans 11 000 localités du pays, pas une seule naissance ne fut enregistrée et dans seulement 5 des 25 régions du pays la natalité fut supérieure à la mortalité. Ses indices de mortalités pour chaque cent mille habitants place l’Ukraine en cinquième place dans le monde après les pays les plus pauvres d’Afrique."

Extrait de Ucrania: el holograma de una revolución - Por: Oleg Yasinsky 

 

 

Ukraine : un pays en voie de désintégration

Par: Oleg Yasinsky | Lundi, 28/04/2014  

.

Le déroulement rapide des événements d’Ukraine ne permet pas une analyse définitive en ce moment. Une fois encore l’histoire nous dépasse. J’essayerai seulement de mettre quelques matrices en évidence pour une future tentative d’analyse plus sérieuse et approfondie de ces tragiques événements.


En pensant à l’Ukraine et à l’évidente intention de l’OTAN et de l’Occident de profiter de la situation pour étendre leur pouvoir jusqu’à la frontière de la Russie, nous nous retrouvons face à une question à la mode : une nouvelle Guerre Froide est-elle possible ? La guerre froide du siècle passé fut menée entre deux idéologies différentes et deux modèles sociaux qui prétendaient chacun dominer le monde. Pourrions-nous distinguer quelque lointaine ressemblance ?

 

En général, les pays de l’ex-URSS forment un territoire dans lequel se concentrent les plus grandes frustrations historiques du siècle passé. A la place du socialisme plus humain et démocratique qu’on nous avait promis, dans lequel nous avions tellement confiance au temps de la Perestroïka, nous avons obtenu le plus bestial des capitalismes et connu la soudaine priorité des besoins les plus basiques, joints à des axiomes anti-communistes imposés par les médias, qui nous laissèrent sourds et muets pour des décennies.


Il ne fait aucun doute que ce qui est resté à nos peuples, de plus précieux et inutile de toute cette histoire de rêves frustrés, ce sont leurs nostalgies. Nostalgie, comme une manière d’être au monde, nostalgie comme esthétique rétro, nostalgie comme commerce. Le paradis perdu de l’URSS, que nous avions pris à un moment pour « l’empire du mal » et qui heureusement ne fut ni l’un ni l’autre. Le gouvernement ultra-conservateur et oligarchique de Vladimir Poutine, dans son audacieux repositionnement de la Russie dans le monde convertit cette nostalgie en un de ces principaux étendards.


Mais les nostalgies sont un matériau de construction trop fragile et elles ne peuvent  pas même servir d’échafaudage, elles ne résistent  pas à la plus petite secousse sociale. Une autre de leurs dangereuses caractéristiques est celle qui nous fait confondre les temps historiques nous imposant un passé déguisé en guise de futur. L’Union Soviétique avait sa raison d’être non grâce à la taille de son territoire ou par sa puissance économique et militaire, mais pour son projet d’une société différente de la société capitaliste, au moins en théorie. La Russie actuelle n’a pas un tel projet.


Les médias d’information de gauche, petits et marginaux dans leur immense majorité, poursuivent la logique de la Guerre Froide, détestant leur ennemi de toujours l’impérialisme occidental et questionnant fort peu les autres pouvoirs mondiaux, qui sont toujours, tous autant qu’ils sont, présentés comme anti impérialistes. Dans leur regard, le monde continue à être un échiquier avec fort peu de joueurs, et parmi eux, il y a les « bons » qui méritent notre soutien en tant que gardiens de la « multipolarité ».


Parfois, ils oublient que le gouvernement de Poutine est tout aussi capitaliste que ses actuels adversaires européens et nord-américains. Sa puissance se fonde dans des clans oligarchiques russes loyaux au pouvoir, une répression de main de fer et la destruction de tout questionnement de son régime en Russie. Les pouvoirs législatifs et exécutifs y obéissent totalement au pouvoir politique, aussi corrompu qu’au temps d’Eltsine. Le relatif bien-être économique de la population russe s’explique par les hauts prix du pétrole, le principal produit d’exportation du pays et par une administration régionale efficace.


Des thèmes comme la justice sociale ou la dignité du travail, ne sont plus des sujets abordés en Russie, depuis des décennies. En plus de cela, les élites économiques russes préfèrent déposer leur capital dans les banques nord-américaines, ce qui rend peu probable un véritable conflit entre les deux pays. D’autre part, la rhétorique anti-occidentale, dont les éléments indispensables actuels sont l’homophobie et l’apologie de l’église orthodoxe, a toujours été bien reçue du public russe, dans sa grande majorité fort provincial et conservateur. Est-ce cela l’alternative sociale dont nous voulons face au néo-libéralisme ?

 

Un cadeau pour l’extrême-droite


L’évidente pression militaire et économique exercée par Poutine sur l’actuel gouvernement ukrainien, de même que son appui antérieur au régime de Yanoukovitch, le plus corrompu et oligarchique de tous, a été un cadeau pour l’extrême-droite nationaliste ukrainienne qui avait besoin d’un ennemi déclaré, et qui contrôle en grande partie la presse et des institutions, cela lui permis de déchaîner une campagne médiatique antirusse inégalée. Les médias russes à leur tour persistent à taxer le gouvernement ukrainien de fasciste, accusant tous les partisans de Maidan d’être des complices du fascisme, des agents de l’occident et des ennemis de la paix et du peuple russe. Dans les médias du centre et de l’ouest de l’Ukraine, Poutine est appelé « Putler » (évoquant Hitler) et l’impérialisme russe est considéré comme la cause de tous les problèmes et maux de l’Ukraine. Dans les cités rebelles du Sud-Ouest de l’Ukraine , le gouvernement de Kiev est appelé populairement la « junte » en allusion à la junte militaire de Pinochet au Chili. Et le gouvernement intérimaire, pour sa part, appelle les habitants des cités rebelles « terroristes » ou « séparatistes ». Tout cela est fort exagéré et pas très précis.

 

Mais il existe des points de convergence. Par exemple, la presse officielle ukrainienne parle de protestation de la population russophone ou russe. Cela est également un mensonge, en Ukraine la population n’est pas ethniquement divisée. Ce qui se passe dans l’est et le sud de l’Ukraine est une rébellion. Elle est tout aussi légitime que celle qui était menée il y a deux mois contre le gouvernement de Yanoukovitch à Kiev. S’imaginer qu’elle est provoquée par les agents du Kremlin, c’est faire la même erreur que celle qu’a fait Yanoukovith quand il disait que les protestations contre son gouvernement étaient organisées par des agents occidentaux. Comme la majorité des protagonistes de cette rébellion n’appartiennent pas à la classe moyenne comme ceux de Maidán, mais sont des gens humbles, des ouvriers, et que l’UE, ce mouvement ne l’intéresse pas dans l’absolu, la couverture médiatique internationale est nulle en comparaison de celle qui fut accordée à Maidán.



 

Une bombe à retardement


Il y a longtemps déjà que l’Ukraine était une bombe à retardement. A présent elle explose. Le potentiel de protestation dans l’est n’était pas inférieur à celui des autres parties du pays. C’est une zone minière dans laquelle l’année passée les mineurs ont occupé les mines exigeant des conditions de travail digne, mais de cela non plus les médias n’ont ont pas parlé. A présent, Maidan, ou s’agirait-il plutôt du Gouvernement intérimaire néolibéral, ne représente aucun changement pour l’Ukraine. Seulement une évidente aggravation de leur situation, tant à cause des sanctions russes que des conditions imposées par le FMI. Dans toute l’Ukraine des gens descendent dans les rues, non pour des problèmes ethniques, mais bien pour des questions sociales. C’était le cas à Maidan, il y a deux mois et ça l’est maintenant pour l’Antimaidan. En Russe ou en Ukrainien, les gens exigent la même chose. Mais le gouvernement ukrainien ne les entend pas et menace les séparatistes de peines de réclusion à perpétuité. Il exige de dénoncer les séparatistes de la même manière qu’il y a deux mois, Yanoukovitch exigeait que l’on dénonce les terroristes.

Les gouvernements néo libéraux russe et ukrainien et leurs médias nous parlent de l’ennemi comme si les uns et les autres étaient tellement différents. Ils essayent de réveiller les sentiments nationalistes et chauvinistes. Ils y parviennent et c’est très dangereux.

Mais si l’Est de l’Ukraine s’unissait avec l’Ouest, ce qui se produirait en l’Ukraine serait une véritable révolution sociale.


Malgré la récente visite du directeur de la CIA à Kiev, beaucoup d’Ukrainiens n’ont par conscience de l’ingérence de l’OTAN. Ceci me rappelle une situation que j’ai vu à la télé, il y a trente ans : une vieille paysanne de la région de Tchernobyl, devait être évacuée à cause du haut taux de contamination nucléaire de toute la région et très énervée elle disait aux médecins  « Je ne vais pas partir ! Dans mon potager, il n’y a pas d’atomes ! »

 

L’invasion russe de la Crimée est la plus grande aide que le Gouvernement de droite de l’Ukraine pouvait espérer recevoir, parce que les nationalistes du coup peuvent accuser l’ennemi extérieur et intérieur de tous les maux de l’Ukraine : chômage, inflation, conditions du prêt du FMI, et les mesures répressives et antidémocratiques qui seront justifiées par des lois de temps de guerre. Et peuple, trompé, cela le conduira apporter son soutien aux nouveaux oligarques au pouvoir, pour l’unité nationale face à l’invasion.


Un copain de Kiev, qui a été menacé par les nazis ukrainiens en tant que « traître pro-russe » et traité par la « gauche » pro Poutine de « défenseur de fascistes », il y a quelques jours, m’écrivait ces lignes et j’ai l’impression que ceux qui en écrivent des pareilles sont nombreux :


« Je hais les euro-idiots qui ont commencé la bagarre à cause de leurs illusions européistes.

 

Je hais le délinquant qui s’est accroché au pouvoir malgré les dizaines de morts et qui à présent souhaite revenir dans le pays avec des tanks étrangers.


Je hais l’ex opposition et pouvoir actuel qui ne trouve rien de mieux à faire que de se préoccuper de thèmes comme les langues nationales, introduire les fascistes dans le gouvernement et promettre au peuple le pillage par le néo libéralisme et les oligarques, la thérapie du choc.

 

Je hais les autorités locales qui sont tellement préoccupées par leurs charges et leurs privilèges qu’elles sont disposées à se mettre au service des occupants étrangers.


Je hais le tyran du Kremlin qui a besoin d’une petite guerre victorieuse pour renforcer le rouble et son pouvoir quasi absolu.


Je hais les bureaucrates et les spéculateurs européens et nord-américains qui ont appliqué leurs sanctions alors que le pouvoir était quasiment déjà mis en déroute et ensuite offrent leur aide sous des conditions qui la convertissent en pillage.


Je hais les fasciste ukrainiens et russes qui ne peuvent accepter la multiculturalité d’un pays et pour l’interdire sont disposés à la détruire.


Je hais les combattants de la liberté qui se ferment les yeux sur la présence des fascistes dans les protestations et ne différencient pas d’eux pour donner une chance à un mouvement réellement national et démocratique, plutôt que de pousser comme ils le font le pays vers une guerre civile.


Je me hais moi et les autres compagnons de gauche, d’avoir perdu tant de temps et d’énergie à des discussions et disputes internes à la place de construire une véritable alternative politique, alors qu’au cours des derniers mois, nous ne pouvions déjà plus avoir aucune influence sur rien »


 @OlegYasinsky

Traduction Anne Wolff


Source en espagnol
Ucrania: un país que cae a pedazos - Por: Oleg Yasinsky

yasinsky.oleg@gmail.com

Partager cet article
Repost0
28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 23:26

 

Un petit avant goût d’autocritique. Une journée de recherche pour dissiper toute illusion concernant Poutine et son « mode de gouvernement » dur, dur, c’est bel et bien non seulement le meilleur allié (et réciproquement) de partis d’extrême-droite de notre pauvre Europe amplement fascisante, du FN à Aube Dorée en passant par Jobbik et quelques autres, et après bien des recherches j’ai enfin trouvé un texte qui en fait la synthèse, et qui montre comment l’Ukraine se retrouve entre pire et pire que pire, le véritable mouvement populaire récupéré une première fois par l’Empire de l’Ouest qui a organisé le coup d’état et confisqué le pouvoir. Et qui se relève, reprenant la lutte contre ce nouveau pouvoir  usurpé et gangrené de fascisme qui livre le pays aux prédateurs du FMI et aux Corporations, plongeant la population dans une noire misère - la Grèce en accéléré - et se retrouve cette fois instrumentalisé par les anciens maîtres du Kremlin, dont les premières manifestations avaient pour but de se débarrasser… un vrai cauchemar pour un peuple-proie pris en sandwich entre deux prédateurs surarmés prêts finalement à le dépecer pour mieux mettre la main sur le pays….

En attendant je vous livre un petit aperçu de la « Révolution Culturelle nationaliste Russe, dont il était question dans l’article de Latsa que j’ai déjà mis en lien… présentation de la nouvelle idéologie d’état de la Russie

En Voici une manifestation… (à partir d’une traduction de l’anglais d’Apporea qui manifestement, change de ligne également en ce qui concerne Poutine)

 

El presidente ruso, Vladimir Putin, firmará la nueva Ley


 

28 avril – les paroles obscènes ont été interdites dans les films, à la télévision ou mises en musique en Russie après que la chambre basse du parlement ait approuvé une nouvelle loi.

Poutine doit encore la signer. Déjà l’année passée, on se rappelle qu’avait été promulguée une loi similaire qui interdisait le langage grossier dans les médias.

Cette nouvelle norme prévoit des amendes allant de 2.500 roubles ($60) à 100 000 ($2.400). Des acteurs ou des chanteurs qui violeraient cette loi pourrait non seulement se voir infliger une amende, mais ils pourraient également leur être interdit de travailler.

Les vidéos, enregistrements et livres qui contiennent des gros mots devront être vendus dans un emballage spécial avec un avertissement explicite.

Les critique de la loi signalent qu’il n’existe aucune définition claire de ce qui constitue du langage vulgaire, le même problème existait déjà avec la loi approuvée par Poutine l’année précédente.

La loi établit que « les mots et phrases qui ne coïncident pas avec la langue littéraire russe moderne seront interdites. Un groupe d’expert déterminera quels sont ces mots et phrases »

Si les films et programmes qui couperont ces paroles grossières enfreignent la loi n’est pas non plus clairement défini.

Au cours des dernières années les paroles grossières sont devenues d’un usage fréquent dans les films et pièces de théâtre en Russie.

L’agence de Presse Rosbalt fut brièvement fermée après avoir sorti deux vidéos contenant des paroles obscènes.

 


Son pote (à Poutine) Depardieu, va devoir faire degros efforts !

Partager cet article
Repost0
25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 12:18

Que l’EU-UE – donc en notre nom - soient partis en guerre, cela ne fait plus aucun doute !

Qui va payer la note ?

Poutine met en garde les putschistes de Kiev qui utilisent les armes contre les civils pacifiques de leur propre pays.

Sur LE MONDE RUSSE

 

24 avril 2014

 

Le pouvoir russe se prépare à agir dans le Donbass

L'attaque militaire massive de ce matin et ce midi dans les faubourgs de Slaviansk (Région de Donetsk) avec la prise d'un barrage de la résistance populaire du Donbass a fait sept morts parmi les défenseurs. Suite à cela le pouvoir russe vient de mettre en garde les putschistes de Kiev. Cette attaque s'est d'ailleurs conclue par le repli des forces loyales aux putschistes de Kiev et à la reprise du terrain perdu par la résistance populaire.

 

prise du barrage à l'entrée de Slaviansk

prise du barrage à l'entrée de Slaviansk

prise du barrage à l'entrée de Slaviansk

prise du barrage à l'entrée de Slaviansk

prise du barrage à l'entrée de Slaviansk

 

Vladimir POUTINE a ouvert le feu, lors d'une rencontre avec les journalistes de la presse indépendante régionale, sous l'égide du Front russe du peuple (ONF) a déclaré :

"Si, en effet , aujourd'hui, le régime à Kiev a commencé à utiliser l'armée dans le pays, c'est sans aucun doute un crime très grave contre son propre peuple".

Il a ajouté que "si le gouvernement actuel a fait (cela), alors c'est une junte, une clique. Ils n'ont pas de mandat du peuple, ils n'ont que des éléments de légitimité.
C'est tout simplement une opération punitive et cela aura des conséquences pour les personnes qui ont pris des
décisions de ce genre et au niveau des relations entre États.
Nous allons tirer des conclusions à partir des réalités qui se dessinent sur le terrain. »

action des blindés à l'entrée de Slaviansk

action des blindés à l'entrée de Slaviansk

action des blindés à l'entrée de Slaviansk

 

Ce discours très vif a été suivi d'une déclaration du ministre de la défense russe, le général Sergueï CHOÏGOU, qui, lors de la réunion du conseil des chefs d'état-majors et des chefs de service du ministère de la défense a déclaré :

"Forces sont clairement inégales. Le feu vert pour utiliser les armes contre les civils pacifiques de son propre pays a déjà été donné. Si, aujourd'hui, cette machine de guerre ne s'arrête pas, cela conduira à un grand nombre de morts et de blessés ."

"Le nouvel envoi de troupes de l'OTAN en Pologne et dans les pays baltes ne contribue pas à la normalisation de la situation autour de l'Ukraine".

"Dans les détachements d'auto-défense dans le sud-est de l'Ukraine il y a un peu plus de deux mille personnes et environ 100 armes automatiques, pour la plupart capturées dans les commissariats de police de district et dans des services du SBU, ainsi que quelques dizaines d'armes à canon lisse."

"Contre les civils pacifiques sont rassemblés des unités de la Garde nationale mais aussi des bataillons des extrémistes du "Pravy Sektor" (de Kharkov et de Slabozhanets), a été lancée la formation du bataillon "Donbass". La pression sur la population civile pacifique est effectuée par
soldats des forces spéciales du SBU et du ministère de l'Intérieur redéployé à Donetsk et Lugansk. Ils représentent un effectif de
plus de 11 mille personnes. L'opération est réalisée avec la participation de 160 chars, plus de 230 véhicules de combat d'infanterie et des blindés et au moins 150 canons et mortiers".  

"Nous devons réagir à un tel développement de la situation." a dit le ministre de la Défense.

 

997596482ria600_0

Il a ajouté que dans les zones frontalières avec l'Ukraine des manoeuvres extraordinaires avaient commencé de niveau bataillon au sein des groupes tactiques des unités interarmes des districts militaires sud et ouest. "Les troupes résolvent des problèmes liés à la marche de leurs unités et à leur déploiement afin de remplir les tâches qui leurs sont assignées... De plus, l'aviation effectue également des vols de simulation à proximité de la frontière d'Etat (avec l'Ukraine)", a conclu le ministre.

 

 

6eebdef49d83

Pendant ce temps , tel que l'ont rapporté des témoins oculaires, on a repéré dans la région de Rostov une grande colonne de véhicules militaires se déplaçant dans la direction de la frontière avec l'Ukraine. Comment le rapportent dans des blogs des conducteurs sur l'autoroute M4 "Don" sur les côtés des véhicules était écrit "Mission de paix".

Plus tard dans la journée, la presse ukrainienne a rapporté de la part d'une source au SBU, que l'opération contre Slaviansk avait été arrêté et que les troupes ukrainiennes avaient été repliées suite aux informations reçues confirmant ce déploiement de forces russes à la frontière.Par sa détermination, il semblerait bien que ce soit le pouvoir russe qui ait remporté cette seconde manche dans la lutte qui oppose les euros-putschistes de Kiev à la résistance populaire et patriotique de Donetsk tournée vers le modèle russe.

 

Sources :

http://www.rosbalt.ru/piter/2014/04/24/1261124.html

http://pln-pskov.ru/allworld/167750.html

http://pln-pskov.ru/allworld/167756.html

http://www.odessit.ua/news/ukr/27767-sbu-voennaya-operaciya-v-slavyanske-priostanovlena-iz-za-perebroski-k-granicam-rossiyskih-voysk-video.html

 

Via CAP 2012... et après?

Partager cet article
Repost0
23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 15:59

 

 

 

Quand ils sont venus chercher les communistes, je nai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,  je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai pas protesté, je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n’ai pas protesté, je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester.

 Martin Niemoeller
Pasteur protestant, 1892-1984


“Tout à ses limites, et dans le cas de l’Ukraine nos associés occidentaux ont dépassé la ligne, ils se sont comportés de manière grossière, irresponsable et peu professionnelle” … “Saint Petersburg fut la tête de la Russie, Moscou son cœur, mais Kiev en est la mère”

Vladimir Poutine Discours sur la Crimée 2014


Par Victor Wilches

Agropolis 

Les tambours qui annoncent les prémisses d’une grande guerre mondiale continuent de résonner en Ukraine. L’ingérence totale de la part de l’USA/UE/OTAN dans la déstabilisation de l’Ukraine entraîne des répercussions géopolitiques qui vont au-delà du coup d’état induit pour installer un régime/laboratoire néonazi aux portes de l’Europe. Les événements permettent de prévoir que le but visé par cette agression, c’est de dériver le cap de l’ordre international multipolaire qui est en gestation depuis la dernière décennie et d’empêcher qu’il se consolide, pour imposer à sa place un ordre international hégémonique, oppresseur, militaro-mercenarisé et violent dirigé par la ploutocratie des USA. 

L’agression politico-militaire menée par les USA/UE/OTAN pour imposer un nouvel ordre international qui corresponde aux intérêts des USA indique qu’inévitablement tous les chemins mènent à une guerre frontale avec la Chine. Pour mener à bien de rêve impérial aventureux, Washington et Bruxelles doivent contrôler/dérouter trois lieux emblématiques : La place Maidán, La Place Rouge et la Place Tiananmen (et la place Altamira de Caracas, comme on le verra par la suite NdT). Tâche difficile, mais le désespoir peut mener à n’importe quelle aventure démentielle, ainsi qu’à un conflit inter capitalistes. 

Ce jeu dangereux de la part de l’USA/UE/OTAN est le résultat de la perte d’influence et de pouvoir global des USA, dont le déclin accéléré s’accompagne d’une profonde crise économique et énergétique irréversible. Le modèle capitaliste de production dégrade, détruit et épuise les ressources naturelles et énergétiques de la planète et contamine tous ses écosystèmes dans sa quête d’accumulation. La croissance économique appartient au passé. Sans énergie, il lui est impossible de croître.  Pour croître économiquement il est indispensable d’augmenter la consommation d’énergie et à l’inverse sans augmentation de la consommation d’énergie, il est impossible de croître économiquement. 

Et donc, si un système est basé sur la croissance économique indéfinie quand il ne peut plus croître, il est voué à l’effondrement sociétal. Le modèle capitaliste est arrivé à son point limite et a commencé son implosion entraînée par une crise multidimensionnelle inhérente à son propre modèle. « La décadence et la chute de l’empire global des USA est le fait le plus important de la géopolitique dans le monde actuel »(1), l’effondrement est en chemin et son impact a de grandes répercutions telluriques au niveau global. L’Ukraine est un révélateur symptomatique de l’obligation d’éviter l’effondrement le système. Ce carrefour montre que les appétits impériaux des USA dans leur fuite en avant pour le contrôle des territoires et des ressources qui restent nous conduisent à une guerre mondiale nucléaire.

Le système capitaliste frappé à mort dans l’âme hégémonique de l’empire est entré de plein pied dans une rotation accélérée de l’axe géographique/Asie. Les événements internationaux attestent que la transition de paradigme post impériale-USAméricaine se précipite, à pas de géant, laissant de profondes empreintes et de graves crises économiques, sociales, écologiques, politiques, culturelles, éthiques et humanitaires. Aucune transition ni dissolution impériale hégémonique ne pourra se produire sans crise, violence, ni guerre, pourtant ce scénario n’est pas souhaité par la majorité de l’humanité. L’idéal serait que cela se produise pacifiquement mais un pouvoir hégémonique érigé sur fondement de violence et de destruction ne va pas céder la place de manière pacifique pour que d’autres occupent ce vide.

L’actuelle offensive géopolitique mise en marche en Ukraine par l’USA/UE/OTAN pour remodeler l’ordre international – en dehors de ces dangereux coûts et dénouements finaux – a laissé à découvert deux lignes remarquables en interactions qui doivent être analysées avec attention : l’instauration d’un régime/laboratoire néonazi à Kiev, et une grande crise énergétique en particulier du gaz et du pétrole.

Pourquoi Kiev est au Centre de rivalités ?

L’Ukraine joue depuis toujours un rôle stratégique dans les intérêts et dans les aspirations hégémoniques des USA, dans sa volonté de contrôler le monde. Ces tendances remontent à loin dans le passé. Au début du 20ème siècle la théorie de « Heartland » de Halford Mackinder « Qui contrôle l'Europe de l'Est contrôle l'Heartland;

Qui contrôle l'Heartland contrôle l'Île Monde;

Qui contrôle l'Île Monde contrôle le Monde »*

Et plus concrètement qui domine le Heartland domine le monde   en particulier s’il contrôle l’Ukraine.

La situation géopolitique spécifique du début du 21ème siècle ranime et donne une nouvelle impulsion et valeur fonctionnelle à la région euro-asiatique comme segment particulier à contrôler pour dominer le monde, laquelle entre en collision frontale avec la vision géopolitique de l’euro-asiatisme russe et de l’alliance sino-russe pour faire revivre la route de la Soie. Une nouvelle impulsion en « occident » est issue des prétentions impériales dessinées par la stratégie de sécurité des USA. Zbigniew Brzezinski, souligne la doctrine qui veut que l’État qui domine ce vaste continent, - lequel constitue un axe géopolitique - de fait contrôle deux des trois régions économiques les plus productives et avancées du monde, mettra en subordination l’Afrique et rendra l’hémisphère occidental et l’Océanie géopolitiquement périphériques.

75% de la population mondiale vit en Eurasie et elle est dépositaire des ¾ des sources d’énergie connues dans le monde entier. Et plus concrètement il affirme que « La Russie sans l’Ukraine cesse d’être un Empire, mais la Russie avec l’Ukraine se convertit automatiquement en un empire ». Ces paramètres exposés montrent pourquoi l’USA/UE/OTAN est disposé à jouer ses dernières cartes pour mener une aventure belliqueuse en Ukraine, et en plus pourquoi dans son objectif de parvenir à ses fins de domination et contrôle de l’Eurasie, il n’existe aucune prescription d’aucune espèce qui les empêche de recourir aux méthodes et alliances exécrables, comme le soutien à des groupes néonazis et violents d’extrême- droite.

Dans le complot dirigé et patronné par l’USA/UE/OTAN pour faire tomber le gouvernement de Victor Yakounovitch et implanter un régime néonazi à Kiev, il utilise une série d’éléments entrelacés qui doivent être analysés.

Laboratoire néonazi à Kiev

En Ukraine, le classique coup d’état doux prôné par le modèle des “révolutions de couleur” de l’Albert Einstein Institution de Gene Sharp n’a pas été utilisé, dans ce cas, ils ont eu recours à l’application de différents instruments pour mener à bien le coup d’état. Ceci va de l’utilisation de la protestation sociale pacifique jusqu’aux méthodes ouvertement radicales, dans lesquelles prévalent des formes de violence extrême avec à leur tête des groupes néonazis,des extrémistes nationalistes et des mercenaires francs-tireurs.

Des évolutions et variantes du modèle de Gene Sharp ont été observées en Egypte, Lybie, Syrie. Là, il a eu un recours, ouvertement, à des djihadistes islamistes comme complément central. Dans l’actuel complot en Ukraine à cause de son importance géostratégique se sont synchronisés, actualisée et ont été exécutés 9 mécanismes. D’une part nous avons un modèle de « coup d’état doux » avec toute sa panoplie. Les mass médias corporatistes de l’ « occident » accusant du pire et démonisant jusqu’au paroxysme le gouvernement de Yakounovitch, la Russie et en particulier Poutine (Note : l’auteur n’affirme pas ici que Yakounovitch ou Poutine sont des saints, il analyse le déroulement d’événements de rivalité inter capitalistes) ; les ONG ont agit à fond pour veiller sur les “droits humains” et “les libertés civiles et démocratiques”. En plus nous avons constaté alors que les ambassades, parlements et institutions des USA, Union Européenne, Canada, OTAN, OSCE ont eu une nouvelle mission diplomatique qui consista à participer ouvertement et en masse aux révoltes de la place Maidán de Kiev, étreignant les néonazis de Svoboda partisans de Stepan Bandera et ceux de Pravy Sektor.

D’autre part, ceci a été accompagné par la participation de multinationales comme Chevron dirigées dans le sens de l’appropriation du gaz de schiste de la région orientale de l’Ukraine – dans toute analyse en relation avec l’Ukraine, il est fondamental de prendre en compte le rôle joué par les multinationales dans la crise-. La signature d’un accord de 10 milliards de dollars pour la production conjointe de gaz de schiste entre le gouvernement Ukrainien et Chevron est prise depuis Washington comme un pas en direction de l’indépendance énergétique d’avec la Russie et se trouve dans la tradition qui consiste à placer les intérêts des corporations transnationales sous le parapluie et le prétexte de la sécurité nationale des USA. A ce sujet, l’International Business Times affirme que l’accord de Chevron avec l’Ukraine fut appuyé par les USA comme partie de sa stratégie de sécurité nationale pour aider à réduire la dépendance énergétique de l’Europe et de Kiev vis-à-vis de la Russie.

En plus de cela, la multinationale Cargill vise le contrôle de la production  des aliments renforçant la position commerciale de la corporation par plus de 200 millions de dollars d’investissements dans les actions de UkrLandFarming (Financial Times, janvier 2014). Cette entreprise Ukrainienne qui possède 500 mille hectares de terre est la huitième cultivatrice de terre la plus grande du monde et le second plus grand producteur d’œufs. Cargill possède également en Ukraine des intérêts dans des usines de traitement et des terminaux d’exportation dans la Mer Noire. Elle a forcément besoin d’un port pour augmenter son degré de contrôle du marché. 

Il ne faut pas perdre de vue l’importance mondiale agricole de l’Ukraine et de la tranche de terre de grande fertilité qui englobe la plus grande partie des dites “terres noires » ou chernozem, au centre et à l’ouest du pays. Et pour compléter le tableau, Monsanto, l’entreprise de semences transgéniques la plus grande du monde, a aussi conquis de l’espace en Ukraine, où elle contrôle 40% du marché des semences. Un jeu commercial de contrôle agricole qui cherche à soustraire à la Chine des espaces dans le marché Ukrainien. Lequel peut s’inscrire dans le cadre de la guerre pour les terres fertiles et l’alimentation qui se déchaîne à l’échelle mondiale. 

Le tableau se complète pas les mesures que le gouvernement néonazi fantoche de Kiev a commencé à prendre pour préparer le pays « afin qu’il affronte les douloureuses mais nécessaires réformes sociales et économiques” imposées par la médecine du FMI. Une des premières exigences du FMI fut que les subsides de gaz aux ménages soient réduits de 50%. Une autre exigence douloureuse du FMI inclus les diminution des pensions, de l’emploi de l’état et la privatisation des actifs et propriétés du gouvernement (traduction : que les corporations occidentales puissent acheter à des prix dérisoires les biens publics) ainsi que d’autres réductions dans les programmes de défense sociale de l’Ukraine ( Voix de la Russie Ukraine’s economic crisis: Who benefits? Who pays?).

Le laboratoire néonazi/néofasciste de Kiev n’est pas un simple fait conjoncturel de l’Ukraine ou destiné à des citoyens de troisième ou quatrième zone. Ceci est le modèle que les USA, l’UE et le Canada et les pays auto proclamés de l’ « occident » sont en train d’adapter et d’affiner pour les implanter dans leurs propres pays. La perte et la restriction continuées des libertés civiles, politiques et sociales et des droits démocratiques avancent à pas de géants. Les demandes sociales et politiques sont réduites au silence. De ceci les médias ne parlent pas parce que ceci n’entre pas dans le cadre de la désinformation corporative. La protestation citoyenne est criminalisée et sévèrement pénalisée. Le démantèlement de l’état de bien-être avance à marche forcée et à coup de décrets. Tout le domaine public et de bien commun sont pillés.

Le contrôle et l’interception de toutes les sources d’information et me contrôle de tous les citoyens, malgré que ce soit une des plus aberrantes attaques à la liberté, n’est rien d’autre que la peur affichée de cette ploutocratie et ses serviteurs. Les législations nationales de l’auto proclamé occident sont ajustées à un modèle néofasciste qui est en préparation pour être appliqué à ses citoyens. C’est pour cela que les USA/Obama, le gouvernement du Canada et les gouvernements d’Europe se sont montrés aussi pressés d’affirmer et de ratifier que le gouvernement néonazi fantoche à Kiev constitué après le coup d’état serait un « gouvernement légitime ».

Cette expérimentation mise en scène à Kiev est en soi un laboratoire néonazi/néofasciste qu’ils espèrent transposer, affiné, dans leurs propres nations. Un exemple flagrant de ce qui pourrait se produire dans l’avenir immédiat est la destitution du journaliste finlandais Jari Saravuo (voir http://rawnata.blogspot.se, Känd finsk programledare Jari Sarasvuo fick sparken; y en Helsingin Sanomat www.hs.fi/   ) et de la fermeture de son programme pour qu'il ait interviewé le professeur de l’Université d’Helsinki, Joan Beckman qui exigeait la libération de l’Europe de la junte fasciste Ukrainienne et accusait le Ministre des Affaires Etrangères de Finlande de soutenir des nazis.

Que personne ne s’y trompe. Qui pourrait croires que les USA, l’Union Européenne, le Canada, l’OTAN remettraient 5 milliards de dollars à des groupes ukrainiens sans savoir qui ils sont (somme confirmée par la Secrétaire d’état adjointe Victoria Nuland), Sans savoir qui sont ceux qui composent ces groupes, et encore moins qui sont leurs leaders ? Bien sûr que tous savaient que leurs pupilles/marionnettes chargées du coup d’état étaient membres de groupes néonazis et d’extrême-droite. Le montant économique transmis, ce n’est pas des clopinettes, mais ce n’est pas non plus un don gratuit. Face à l’ampleur des objectifs occidentaux, on peut imaginer que ce sont des montants bien supérieurs qui ont été transmis. Les infrastructures et les niveaux de coordination entre les intéressés dans le chaos et le complot contre le gouvernement de Yakounovitch ainsi que le contrôle de l’Ukraine pourraient receler des aspects bien plus obscurs que ce que n’importe quel esprit pourrait imaginer. Ce soutien de l’USA/UE/OTAN est un jeu politique téméraire, mais la crise multidimensionnelle qu’ils traversent les conduits inévitablement à des comportements aventureux.

Crise énergétique : gaz et pétrole

La crise mondiale galopante depuis 2007/2008 et en particulier, dans les pays développés (mal-développés est une meilleure définition) à pour cause la rareté et le déclin des hydrocarbures. De ne pouvoir disposer de quantités d’énergie illimitées sur le marché, principalement du pétrole, fait que le complexe système industriel et technologique, alimenté par cette source d’énergie, ne peut pas fonctionner et encore moins croître. Par conséquence, le système, qui ne peut poursuivre sa croissance et sa consommation illimitée entre en crise. Le système s’est heurté à la finitude du monde, réalité physique à laquelle il ne peut échapper : le zénith du pétrole.

Ce zénith pétrolier que nous avons déjà dépassé, et que l’Agence Internationale de l’Energie elle-même dans son rapport annuel de 2010 (War Energy Outlook 2010) finalement reconnaît, elle affirme que cela eu lieu en 2006. En plus de nombreux experts et études signalent que le pic « des hydrocarbures plus l’uranium » aura lieu en 2018 et du coup nous sommes donc face à un très gros problème. Ce graphique issu de différents rapports le ratifie, celui le premier est de Energy Watch Group: Fossil and Nuclear Fuels, the Supply Outlook 2013 et l’autre vient de The Future.

 

http://agropolis.se/wp-content/uploads/2014/03/uno.jpg

 

http://agropolis.se/wp-content/uploads/2014/03/dos-300x218.png

 

Ceci change le paysage et entraîne un revirement total des politiques de sécurité et des relations internationales des pays aux économies (mal) développées, puisque dans leur désir de garantir les accès, disposition, transport et contrôle des ressources énergétiques, ils rencontrent en choc frontal les intérêts des autres pays et puissances qui sont aussi en compétition pour les mêmes ressources rares. A cause de cela l’USA/UE/OTAN a été mêlé dans la dernière décennie à quantité d’agressions et d’invasions de pays qui comptent encore des ressources comme le gaz et le pétrole ou d’abondantes ressources d’eau douce et de terres fertiles.

Dans le cadre de la situation contemporaine de crise internationale, l’Ukraine est une porte cruciale dans la recherche du contrôle des hydrocarbures de Russie, des régions de la Mer Caspienne et d’Asie Centrale. L’Ukraine est une zone géostratégique qui joue un rôle central dans la stratégie des USA et dans ses convoitises d’hégémonie globale. Avec cette offensive, Washington cherche, en premier lieu à enlever l’Ukraine à la Russie et donc à lui enlever ses possibilités d’accès à la Mer Noire et aux eaux de la Méditerranée. Deuxièmement, à porter les frontières de l’OTAN, si c’est possible, au centre de la Place Rouge. Troisièmement, à démembrer la Russie pour contrôler ses hydrocarbures et son vaste territoire. Quatrièmement à étrangler la Chine par ses flancs nord et occidental comme renforcement de la politique dite du pivot Asie-pacifique » d’Obama, pour enfin parvenir à lui assener le coup de grâce.

Pour ces raisons, personne ne doit s’auto-leurrer ou se laisser duper. Ici tout a à voir avec le pétrole et le gaz ; énergie. Pétrole est quasi synonyme de pouvoir. La trame Ukrainienne de l’USA/UE/OTAN obéit aux impératifs de l’accès et du contrôle du pétrole et du gaz de Russie, de la Mer Caspienne et d’Asie Centrale. Sans énergie et sans pétrole, il n’y a pas de possibilité de maintenir la machine de domination et il est impossible d’arrêter la chute de l’Empire.  Sans pétrole le dollar sera relégué à la ferraille, parce qu’il n’y a pas de forces armées, ni de missiles menaçants qui puisse l’imposer comme monnaie globale

L’« apparente sensation de match nul » qui apparaît dans la crise ukrainienne recèle beaucoup de dangers cachés. Cela ne s’arrête pas là. D’un côté parce que les USA et leurs alliés européens bien qu’ils soient contents avec leur gouvernement de fantoche néonazi à Kiev, ne vont pas se satisfaire de ce qu’ils ont obtenu. Et de l’autre côté, la Russie ne dort pas tranquille malgré la rapide adhésion de la Crimée après le massif referendum d’autodétermination.

La marche forcée à laquelle se voit obligé l’UAS/UE/OTAN à la suite du jeu rapide du Kremlin pour consolider sa position en Crimée et assurer un contrôle assuré de la base militaire de Sébastopol, est une simple interrègne pour préparer le pas suivant. Pendant ce temps, l’obscure réalité est maquillée par des sanctions et des expulsions d’organisations qui ne jouaient déjà plus un rôle prépondérant dans le contexte international.

La question résultante : Qu’est-ce qui oblige l’USA/UE/OTAN à cette pause dans la marche de conquête ? Réponse !la carence et le manque de garanties de disposer fournitures énergétiques (gaz et pétrole) suffisantes et assurées qui permettraient d’aller de l’avant dans l’agression.

Pour cette raison, pétrole et gaz et leur garantie d’approvisionnement sont le thème récurrent dans l’actuelle crise ukrainienne de la part des élites gouvernementales européennes et des USA, un sujet qui contient deux versants centraux 1) les pays européens ne disposent ni de gaz ni de pétrole et 2) l’Europe dépend en grande partie de ses importations de gaz de Russie.

Cet atout, en faveur de la Russie et le fait que Moscou pourrait couper la fourniture d’énergie fait que les agressions se détiennent un moment, pendant que se résout la question des fournitures d’énergie pour que l’économie européenne ne soit pas compromise et paralysée. Face à ces contingences, ont surgi plusieurs solutions et réponses. Celles-ci vont depuis recourir à la prétendue abondante indépendance énergétique des USA, pour en user comme d’une arme stratégique contre la Russie jusqu’à en arriver à proposer un supposé approvisionnement en ayant recours au gaz de l’Afrique du Nord.

 Aucune de ces alternatives n'est réaliste, ni non plus facile à concrétiser, malgré que leurs leaders les donnent pour assurées. Quant au gaz provenant de l’Afrique du Nord, un doute surgit, si par cette voie, il était possible d’assurer si facilement l’approvisionnement de l’Europe pourquoi n’a-t-elle pas été utilisée auparavant ? A cela s’additionne le fait que l’Europe ne peut compter ni sur des gazoducs, ni sur des usines de liquéfaction de gaz en Europe. Et ne dispose pas non plus des entrepôts pour y stocker de grandes quantités de gaz. Du coup, ceci peut être utile pour tranquilliser les citoyens, mais un pieux souhait ne suffit pas à garantir la sécurité énergétique d’un continent qui ne dispose ni de pétrole, ni de gaz.

En ce qui concerne l’abondance de gaz et de pétrole des USA, nous rencontrons l’argument qui voudrait que Washington pourrait pallier aux nécessités de gaz d’Europe, ou comme l’affirme Angela Merkel que “Le gaz étasunien pourrait être une option ». Merkel sait-elle ce que dissimule l’histoire du gaz de schiste, qu’il n’existe pas en abondance suffisante pour l’exporter, et que ce n’est rien de plus qu’une grande bulle énergétique qui ressemble plus à une chaîne de Ponzi. Que le déclin du gaz de schiste des USA a déjà commencé comme le signale cet article de Oil Price.com  “Shale Bust: North America Natural Gas Production set to Seriously Decline” . En plus, elle devrait savoir que les investisseurs fuient ce négoce à cause de sa basse rentabilité et être au courant de l’opposition des habitants des lieux affectés par le fracking, conséquence des graves problèmes de contamination de l’environnement. Elle et les gouvernements européens pourraient consulter l’étude complète sur ce thème Baby, Drill, Baby   de David Hughes, pour ne pas spéculer sur le gaz de schiste des  USA, ou de Pologne.

Voyons ce qu’il en est des prétentions d’inonder l’Europe avec du gaz étasunien, écoutons ce que disent à ce sujet les militaires et experts qui se sont réunis lors de la dernière conférence de décembre du Dialogue transatlantique de sécurité énergétique. Le colonel de l'US Army, Daniel Davis, affirme que « La production de gaz de schiste des USA a atteint un plateau au cours de l’année dernière qui rend douteux la capacité de maintenir sa soutenabilité à long terme, étant donné l’impressionnant taux de déclin, et parce que la production provient seulement de deux ou trois sites. »

Et que dire le la proposition de création d’une ‘Union énergétique européenne” ? Cela ressemble surtout à un discours pompeux pour l’oreille des citoyens européens. C’est quelque chose du style : le gaz russe ne nous manquera pas, nous n’en avons pas besoin. Ils ne se réoccupent pas de savoir que si nous entrons en guerre, rien ne garantit que nous n’ayons pas froid en hiver. La question est donc de savoir sont les hydrocarbures, peut-être que les USA comptent sur les ressources d’autres pays.

Le pétrole de schiste des USA, lui non plus, n’inondera pas l’Europe. L’abondance et l’indépendance procédant du boom pétrolier de schiste a touché l’apogée du pic et commence à décliner de manière accélérée. Prenons le rapport que présente BP pour 2O12 en relation avec les importations/exportations des USA, pour voir si réellement ils peuvent envoyer du pétrole aux pays européens assoiffés. Les USA produisent 8,9 millions de barils quotidiens, consomment 18,5 Mbd et importent 10,5 Mbd. Selon la US Energy Information Administration (EIA), en janvier 2014 la consommation fut de 18,89 Mbd et la production de 8,39 Mbd, ce qui indique qu’ils ont un déficit de 10,5 Mbd qu’ils doivent importer. Et donc, où est le pétrole qui devrait être envoyé en Europe afin d’éviter la pénurie ?

En même temps, nous trouvons une information qui corrobore ce qui sera l’avenir du boom énergétique US à court terme, et il existe de nombreuses questions sur ce qui se produira quand la bulle résultant du gaz et pétrole de schiste va se dégonfler. Le Monde de France se demande « Selon Washington, le boom pétrolier de schiste étasunien atteindra un pic en 2016. Et après ? » pour sa part Christian Science Monitor, du 21 janvier 2014 demande : « Que se passera-t-il quand le boom du schiste touchera à sa fin ? » Alors que Bloomberg, le 27 février 2014, se réfère au fait que “Le rêve de l’indépendance pétrolière des USA lui claque la porte au nez a cause des coûts du pétrole de schiste » et Wall Street Journal du 28 janvier 2014 préoccupé par ce commerce fait référence à « Les grandes compagnies pétrolières luttent pour justifier la croissance des coûts des projets ». Et en guise de conclusion, prenons ce que dit l’expert Arthur Brenman dans une entrevue le 5 mars 2014 : « Soyons honnêtes, avant tout. La production de combustible de schiste n’est pas une révolution, c’est une fête de mise à la pension. (Oilprice.com y en Produktionen från Skiffer är inte en Revolution utan ett Pensionärsparty!)

Ce qui précède complète le tableau. et réitère que l’apparent « calme qui règne » dans la crise ukrainienne post adhésion de la Crimée à la Russie, est une période de préparation pendant laquelle l’USA/UE/OTAN tente de résoudre de manière expéditive et « sûre » le problème central : les énergétiques, pour pouvoir poursuivre son projet de s’emparer de l’Ukraine, démembrer la Russie et poursuivre leur marche vers Pékin.

C’est à ce moment de l’analyse qu’apparaît de manière limpide la pièce du Puzzle énergétique qui manquait pour cette aventure belliqueuse : Le Venezuela. Les hydrocarbures du Venezuela sont ceux qui doivent garantir que l’USA/UE/OTAN puisse poursuivre ses prétentions d’imposer un nouvel ordre international hégémonique. Du coup, ce qui se prépare pour le Venezuela, c’est une attaque avec la combinaison de tous les instruments possibles de la part de Washington pour mettre en déroute le gouvernement bolivarien, parce que son pétrole est requis d’urgence. Ce pétrole pour les USA est la garantie de ne pas disparaître de la scène internationale en tant qu’empire. Les pays qui disposent de ressources énergétiques suffisantes et qui peuvent être appropriés par les intérêts US doivent s’attendre à la même médecine. Les pays qui posèdent du gaz ou du pétrole se verront offrir des « bombardements humanitaires » et la démocratie leur viendra par des drones.

En guise de conclusion il faut souligner le gambit sélectif Sebastopol Севастóпoль de Poutine, dans la prophylactique défense de la Crimée qui pourrait s’étendre sur le flanc oriental et à son tour menace par les rayons X de sa puissante paire de fous ; gazière et pétrolifère, le cœur de l’industrie et de l’économie essoufflées européennes qui ne donnent pas de signes de récupération. Le Tsar prépare de repli stratégique, pendant qu’il développe de complexes stratégies du  jeu weiqi围棋(Go) des érudits chinois. Tout cela sous le regard attentif des BRIC+S, joueurs d’un moderne chaturanga. Mais malgré ses rapides mouvements et les alliances défensives obligatoires pour arrêter le monstre, dans le tableau global danse une menaçante guerre mondiale nucléaire.

Le scénario global, l’ordre mondial, le plus probable, celui qu’on entrevoit est un darwinisme social militaro-mercennarisé régit par les diktats d’un néofascisme social, dirigé par la ploutocratie US et secondé par l’UE et Israël. Si cette sérieuse menace contre l’humanité ne peut être contenue par les pouvoirs qui sont en train de consolider l’ordre international multipolaire actuel, le futur sera par trop funeste. Et si en plus de cela les peuples du monde et leurs luttes ne parviennent pas à une unité suffisante et puissante, l’avenir des futures générations sera bien sombre. Pour cela, tous les efforts et luttes qui sont entreprises pour arrêter la barbarie mise en marche sont une conquête. Chaque seconde gagnée pour éviter que le Léviathan avance est un temps gagnant pour l’humanité. Le battement d’ailes de papillon de l’émancipation sociale et politique à l’échelle globale et la soif de liberté des peuples peut faire tomber des empires.

_____________________

Note:

1. John Michael Greer: Decline and Fall. The end of empire and the future of democracy in 21 century America. Ed. New Society, 2014.

Source : Ucrania: laboratorio neonazi, gas y petróleo | Agropolis

Traduction Anne Wolff

Partager cet article
Repost0
23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 13:21
Russie : l'armée répondra à toute menace (Lavrov)

Par La Voix de la Russie | Les forces armées russes doivent être prêtes à intervenir en cas de menace contre les citoyens du pays, a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview à la chaîne de télévision RT.

« Si nous sommes attaqués, il ne fait aucun doute que nous riposterons. Si nos intérêts légitimes, les intérêts des Russes sont directement attaqués, comme cela s'est passé en août [2008] en Ossétie du Sud, je ne vois aucune possibilité autre que de répondre conformément au droit international. Une agression contre les Russes est une agression contre la Russie », a affirmé le ministre.

« Nous n'avons jamais nié avoir déployé des troupes supplémentaires le long de notre frontière [avec l'Ukraine], tout comme les autorités ukrainiennes ont rapproché leurs troupes des frontières de la Russie, en les déplaçant vers les régions est et sud de l'Ukraine », a répondu M. Lavrov interrogé sur la concentration de troupes russes près des frontières ukrainiennes.

Le ministre a également souligné que les dirigeants russes organisaient régulièrement des exercices militaires dans différentes régions du pays.

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a fait savoir vendredi 18 avril que Moscou avait le droit de déployer ses troupes à la frontière avec l'Ukraine où un coup d'Etat avait eu lieu en février dernier.

« Dans ce contexte, n'importe quel pays prendrait des mesures de prévention spéciales pour garantir sa sécurité. Il ne faut pas oublier que la Russie est un Etat souverain qui a le droit de déployer ses troupes partout où il le veut sur son territoire », a souligné M. Peskov dans une interview à la chaîne de télévision Rossiya-1.

 

RIA Novosti
Source :
http://french.ruvr.ru/news/2014_04_23/Russie-larmee-repondra-a-toute-menace-Lavrov-1956/

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Toutes Dernières Archives