4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 15:33

 


La fondation Abbé Pierre a invité quatre candidats à la présidentielle à signer un pacte pour mettre le logement au centre de leurs priorités.

Près de 3,6 millions de mal-logés et une crise du logement qui toucherait près de 10 millions de personnes. Pour aller au-delà du constat, la fondation Abbé Pierre veut faire du mal-logement un thème central de la campagne présidentielle.

L’association a profité de sa conférence annuelle du 1er février, date du fameux appel à l’aide aux sans-abri de l’Abbé Pierre en 1954, pour inviter des candidats à l’élection présidentielle 2012 à signer “un contrat pour une nouvelle politique du logement”. Un pacte composé de dix mesures que, tour à tour, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et François Hollande se sont engagés à mettre en oeuvre. Chacun a pu présenter son projet pour le logement et répondre aux questions de la journaliste Anne-Sophie Lapix et d'un membre de la fondation.

Un “contrat social” pour l’accès au logement

Le document soumis aux candidats par la fondation prévoit une politique axée sur une hausse de la construction de logements, la réduction des coûts (loyers, énergie) ou encore le renforcement de la mixité urbaine. Parmi les mesures fortes demandées: la construction de 500.000 logements par an durant le quinquennat (dont 150.000 logements très sociaux), un encadrement des loyers du parc privé, ou encore le renforcement de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) en montant le quota de logements sociaux imposé aux communes de 20 à 25%.

Outre les mesures structurelles pour réguler le marché immobilier, la fondation met aussi l’accent sur les mesures d’urgence pour régler la situation des mal-logés et des sans-abris. A l’heure où le niveau 3 du plan “grand froid” a été activé dans de nombreux départements en raison des températures négatives, la fondation demande un engagement sur la fin des expulsions sans solution de relogement

Construction, logement social et encadrement des loyers

Théoriquement, les candidats sont d'accord sur toutes ces propositions. Mais des nuances apparaissent néanmoins. La candidate écologiste Eva Joly et le candidat socialiste François Hollande se sont retrouvés sur le chiffre des 500.000 logements par an et sur la hausse du taux de logements sociaux à 25%. Eva Joly monte jusqu’à 30% dans les zones à fortes tensions immobilières comme Paris et François Hollande multiplie la sanction aux communes par cinq. Jean-Luc Mélenchon surenchérit en la multipliant par dix. "Je suis plus gourmand que vous" a-t-il plaisanté en provoquant le rire de la salle. Pourtant, il envisage moins de nouveaux logements, à savoir 200.000 par an.

Le candidat du Front de Gauche veut se focaliser sur les mesures d’urgence: construction, réquisition, baisse des loyers. Quant au candidat du Modem François Bayrou, il ne croit pas au durcissement des sanctions pour les communes. Pour lui, "à la place des amendes dont certaines villes se moquent parce qu'elles sont riches, il faut d'autres pressions comme des blocages de dotations de l'Etat".

Les quatre candidats sont unanimes sur la nécessité qu’en dernier recours, il soit envisageable de retirer la possibilité pour les maires d'accorder des permis de construire au profit des préfets ou, comme le suggère Eva Joly, des agglomérations.

Les avis des candidats divergent quelque peu sur les modalités de l’encadrement des loyers. François Hollande veut évaluer le loyer moyen qui servira de référent dans les zones tendues, quand Jean-Luc Mélenchon envisage une baisse des loyers dans toutes les zones. Comme le gouvernement, François Bayrou n’est favorable ni au blocage, ni à l’encadrement des loyers. Il préfère créer un “observatoire des loyers” pour que les locataires puissent contester ces derniers lorsqu’ils sont excessifs. Il veut par ailleurs assortir à cela une “arme fiscale” pour dissuader les propriétaires d’imposer des loyers exorbitants. Quant à Eva Joly, elle propose plutôt un “moratoire de trois ans” sur la hausse des loyers.

Les plus

Les quatre candidats conservent chacun une part d’originalité. Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé sa volonté qu’une “clause sociale soit induite dans les appels d’offres pour aider les régies de quartiers” à obtenir des chantiers, notamment dans la rénovation urbaine et dans la construction.

François Bayrou propose une “mutuelle d’initiative publique d’assurance co-locative”, qui serait chargée de résoudre les problèmes liés à l’accession à un logement. Il veut confier la gestion des situations urgentes à un préfet général “cohésion social/logement” au niveau régional.

Eva Joly ne veut “plus d’expulsion sans relogement”, a-t-elle promis sous les applaudissements. Et pour trouver des solutions, elle souhaite mettre à disposition un fonds pour aider à payer les loyers de ces relogements. “Cela coûte moins cher que les nuits d’hôtels”, a-t-elle déclaré.

François Hollande a annoncé le financement (en partie) de la construction de logements sociaux par le doublement du plafond du livret A. Autre proposition, moquée par Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier, la mise à disposition gratuite des terrains de l’Etat aux collectivités locales sous condition de construction de nouveaux logements.

Au nom de l’Elysée

Le presque-candidat Nicolas Sarkozy a été représenté par son conseiller spécial à l’Elysée, Henri Guaino, venu défendre l’action du gouvernement. Parfois sous les huées, lorsqu'il a affirmé que "les loyers ont moins augmenté ces dernières années qu'auparavant". Il ne s'est pas prononcé sur une éventuelle signature du contrat proposé par la fondation par le candidat de l’UMP. Il a rappelé la proposition lancée par le président le 29 janvier: “Tout propriétaire foncier ou immobilier va pouvoir augmenter le droit de construire de 30%. Les collectivités locales pourront s’opposer à cette mesure par délibération du conseil municipal”, a expliqué le conseiller. Une annonce reçue assez froidement par le public.

En réponse à la proposition du candidat socialiste, l’Elysée a également annoncé la libération de terrains de l’Etat mais pour les vendre au prix du marché, car “la gratuité est impensable” a ajouté Henri Guaino. Cette conférence sur l’Etat du mal-logement en France a également été marquée par l’absence d’une autre candidate importante: Marine Le Pen. Après des débats internes, la fondation Abbé Pierre a en effet considéré que les idées de la présidente du Front National étaient trop opposées aux valeurs prônées par l’association.

La valse des interventions des différents candidats s’est achevée par un incident qui a occulté le fond de ce rassemblement dans beaucoup de reportages télé: une femme a jeté de la farine sur François Hollande, alors qu’il était en train de signer le “contrat social”. 

A l'issue de cette conférence, on peut se demander si les candidats respecteront davantage les termes de ce contrat social que les présidentiables de 2007 avec le pacte écologique de Nicolas Hulot. Un engagement perçu alors par beaucoup comme de la poudre aux yeux. 

Crédit photo: flickr/gillesklein.


 

 

Source : Quatre candidats signent le “contrat social” contre le mal-logement | YOUPHIL

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 20:56

 

Je viens de recevoir un lien que m'envoie Roland, Mi iras limake

Le blog s'appelle SDF

Il commence fin 2005 pour le moment il s'arrête janvier 2O11... il ne couvre pas tous les mois.... mais N'oublions pas

 

09/01/11
Deux sans domicile fixe sont morts dans l'incendie d'une maison abandonnée dans le Pas-de-Calais.

3.1.11

02/01/11
Un homme, sans-domicile fixe a été découvert mort dans le forum des Halles à Paris aux alentours de minuit.

2.1.11

25/12/10
Un homme de 34 ans, sans domicile fixe, est mort, probablement de froid. Découvert dans une rue de Seclin par les policiers du commissariat de Wattignies. Devant la gravité de l'état de la victime, les policiers ont préféré l'amener eux-mêmes au centre hospitalier de Seclin où il est décédé.

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18/12/10
Un homme sans domicile fixe a été retrouvé  mort dans un immeuble vide du centre de Strasbourg, a-t-on appris auprès de la police et de la municipalité.
17/12/10
Un SDF, de santé fragile, a été retrouvé sans vie dans un appartement promis à la démolition   dans la commune du Cannet (Alpes-Maritimes),

17.12.10

17/12/10
Une femme sans domicile fixe âgée de 40 ans a été retrouvée vendredi matin morte, apparemment de froid, dans un ancien cloître en plein centre de Rennes.Les sapeur-pompiers n'ont été alertés qu'à 9h45 alors que la personne gisait inanimée dans son sac de couchage, dans ce cloître désaffecté situé à l'une des entrées du parc du Thabor.Elle est décédée peu après l'arrivée des secours.
17/12/10
Un homme sans domicile fixe est mort écrasé dans les Pyrénées-Orientales par les roues d'un camion-benne sous lequel il dormait pour la nuit.

10.12.10

09/12/10
Un sans domicile fixe âgé d'une quarantaine d'années a été retrouvé ce matin mort, apparemment de froid, dans une gare secondaire de La Rochelle, a-t-on appris auprès des pompiers.Les sapeurs-pompiers  ont découvert le corps sans vie dans un abri bus.
08/12/10
Un homme d'une trentaine d'année, qui avait trouvé refuge dans une tente, tout près de l'ancienne usine , dans la région de Lille, est mort brûlé dans un incendie qui semble avoir été provoqué par un dysfonctionnement de son réchaud de camping.

8.12.10

07/12/10
Un sans domicile fixe de 68 ans a été retrouvé mort, apparemment de froid,  à Coulommiers, en Seine-et-Marne, a-t-on appris de source policière. L'homme, décédé depuis samedi, a été découvert peu avant 11h00 sous l'escalier d'un immeuble, situé près de la gare, a-t-on précisé de même source.

7.12.10

06/12/10
En fin de matinée, à Dunkerque, un  homme d'une cinquantaine d'années a été retrouvé mort, probablement de froid également, dans des toilettes publiques. L'homme a été découvert inanimé par deux autres SDF. Les pompiers ont ensuite tenté de le réanimer, en vain. On ignore depuis quand il se trouvait là et à quand remonte sa mort. Selon plusieurs témoins, son visage était cyanosé au moment où il a été découvert, ce qui pourrait indiquer que sa mort est due à son exposition au froid. Une autopsie doit être pratiquée pour déterminer les causes du décès.

4.12.10

04/12/10
Un sans-abri de 39 ans a été retrouvé mort, probablement de froid, sur un chantier à Savigny-sur-Orge (Essonne), selon la préfecture de l'Essonne. L'homme, selon cette source, a été découvert en début d'après-midi par un des gardiens du chantier, mais sa mort pourrait remonter à plus loin, a précisé la préfecture. Le froid serait à l'origine du décès. L'enquête devra en déterminer les causes exactes. Une autopsie pourrait être envisagée.

3.12.10

03/12/10
Un sans domicile fixe d'une cinquantaine d'années a été retrouvé mort rue de Cambronne, dans le XVème arrondissement de Paris. «Les causes de la mort ne sont pas encore connues», a annoncé la préfecture de police de Paris, interrogée sur un lien entre le décès et les très basses températures enregistrées cette nuit dans la capitale.

1.12.10

31/11/10
Le corps d'un homme de 58 ans a été découvert à Nantes par un promeneur sous un toit de fortune, bricolé par le défunt à proximité d'une quatre-voies. Cet homme, sans domicile fixe, serait décédé depuis plusieurs mois. Les causes du décès et l'identité de l'homme demeurent incertaines.
29/11/10
Un homme de 78 ans, sans domicile fixe, a été retrouvé mort de froid, lundi 29 novembre après-midi, à l'entrée d'un centre commercial d'Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. "Le décès est probablement dû au froid, mais il faut attendre la confirmation avec une autopsie qui sera pratiquée prochainement", a indiqué la police. Il s'agit de la première mort connue d'un sans-abri en Ile-de-France depuis le début de la vague de froid la semaine dernière.
27/11/10

C'est la première victime de l'hiver. Une femme d'une quarantaine d'année a été retrouvée sans vie, dans le centre de Marseille. Elle est morte de froid. La victime a été retrouvée dans un hall d'immeuble du premier arrondissement marseillais par une riveraine.

2010
Estimation depuis le 01/01/10 : 275 morts
2009
estimation pour 2009 : 358 morts
2008
estimation pour 2008 : 265 morts

 

18.2.08

17/02/08

Un homme sans domicile fixe a été retrouvé mort près de la station de métro Louis-Aragon à Villejuif (Val-de-Marne), a-t-on appris de source policière.
Le corps du SDF, âgé de 38 ans, a été retrouvé peu avant midi par des passants aux abords de la station, a ajouté la même source.

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24/01/08

Un homme de 43 ans sans domicile fixe a été retrouvé mort ce matin sur un banc à Orléans.
L'homme a été retrouvé allongé sur un banc public situé dans un petit square du quartier La Source.

6.1.08

04/01/08
Un SDF a été retrouvé mort dans la rue à Maisons-Alfort, en région parisienne. L'homme serait visiblement décédé de causes naturelles. Son corps a été découvert entre 2 voitures vers 6h du matin. Agé d'une quarantaine d'années, il était connu par les habitants de la ville comme souffrant de problèmes de santé. Une autopsie devrait être pratiquée pour déterminer les causes exactes du décès.
27/12/07
Un homme de 64 ans sans domicile fixe a été retrouvé mort, probablement de froid, dans le parking des halles de Sète.
20/12/07
Un SDF a été retrouvé mort place de la Concorde à Paris .La cause du décès de l'homme découvert au centre de la capitale, qui n'avait pas de papiers d'identité sur lui, n'a pas été déterminée dans l'immédiat, a-t-on précisé à la préfecture de police de Paris. Il a été découvert vers 8h40 par des employés des parcs et jardins de la ville de Paris qui ont constaté qu'il n'avait pas de couverture en dépit du froid très vif de ces derniers jours.
19/12/07

Un SDF de 62 ans a été retrouvé mort dans sa voiture, à l'interieur d'un box automobile dans la ville de Vanves, dans le département des Hauts de Seine.

18/12/07
Une femme de 45 ans sans domicile fixe a été retrouvée morte tôt ce matin dans un jardin public de Nice.
17/11/07
UN SDF décédé à Marseille. Il est vraissemblablement mort de froid.

16/11/07
Un homme sans domicile fixe a été retrouvé mort de froid vendredi matin vers 6h30 dans une rue d'Ajaccio

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26/09/07
Un sans-abri d’une quarantaine d’années a été retrouvé mort mercredi à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) dans un cabanon, a-t-on appris de source policière.Le SDF a été découvert en fin de matinée par une personne qui partageait son cabanon. Le corps de l’homme, qui n’avait pas été encore identifié mercredi soir, ne portait pas de trace suspecte. Il a toutefois été transporté à l’institut médico-légal de Paris pour y subir une autopsie, a ajouté la même source.

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25/03/07
David 36 ans un SDF originaire du Nord est mort dimanche matin dans une tente du campement des Enfants de Don Quichotte installé sur la plage de Nice, au bout de la promenade des Anglais. Son corps sans vie a été évacué par la police vers midi.
19/03/07
Un SDF de 28 ans qui dormait sur le campement des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg est mort lundi matin, vraisemblablement après ingéré de l'alcool et de la méthadone, a-t-on appris de sources concordantes.

16/03/07
Deux SDF sont morts dans la nuit de jeudi à vendredi sous leurs tentes, au campement des Enfants de Don Quichotte sur les bords du Canal Saint-Martin à Paris vraisemblablement à la suite d'une overdose de méthadone. Les pompiers de Paris ont confirmé le décès de deux SDF dans la nuit sans donner de précisions sur la cause de leur mort.

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26/01/07
 Un promeneur a découvert le corps sans vie d'un SDF vers 15h dans un garage désaffecté de la SNCF à Creutzwald (Moselle), apprend-on auprès de la gendarmerie. Le jeune homme de 29 ans a, selon les premières constatations, succombé au froid vif, après avoir été victime d'un malaise. Il lui arrivait de tomber ainsi sans connaissance, mais jusqu'à présent, il avait à chaque fois pu être secouru et hospitalisé. Parfois, il était recueilli par des connaissances puis il retournait à la rue, précisait-on de même source. L'identité du SDF n'est pas communiquée. Une enquête a été ouverte pour établir avec certitude les causes de la mort.

22.1.07

20/01/07
Deux SDF, morts pour des raisons inconnues, ont été retrouvés à Paris et à Gif-sur-Yvette. Le premier, âgé de 35 ans, vivait dans un local de chaufferie dans les sous-sols de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, ce qui exclu un décès lié au froid. Le second, était allongée sur le quai de la gare du RER B dans un abri de voyageurs. Dans les deux cas, une autopsie va être pratiqué pour connaître les raisons exactes du décès.
20/01/07
Un sans domicile fixe de 60 ans est mort samedi à Valence après avoir été écrasé par un camion de ramassage des ordures ménagères qui n'avait pas remarqué sa présence à proximité du trottoir, sous un tas de cartons.
26/12/06
Une femme sans abri de 58 ans, qui vivait sous une tente avec son compagnon, est décédée à l'hôpital de La Rochelle, a-t-on appris auprès de la préfecture.La santé de la victime était fortement dégradée et le froid qui sévit sur La Rochelle a été une circonstance aggravante de son état, a souligné un porte-parole.

26.12.06

26/12/06
Un sans-abri a été trouvé mort dans le centre-ville de Belfort. Né en 1948, l'homme avait sans doute passé la nuit dans la rue. Une enquête médico-légale a été ouverte pour connaître les causes du décès.
23/12/06
Un homme sans domicile fixe de 66 ans est mort dans le quartier du forum des Halles à Paris, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. "Son décès est dû à un arrêt cardiaque et non aux conditions climatiques", a précisé une porte-parole.

18.12.06

14/12/06
Un homme de 51 ans est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi dans le camping municipal de Saint-Etienne-de-Baïgorry.

09/12/06
Le corps d'un homme de de 52 ans a été retrouvé à Chevilly-la-Rue, dans le Val-de-Marne par un SDF vivant sous une tente voisine. Selon la police, le froid est la cause probable de la mort.

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13/10/06
Un SDF est décédé vendredi soir près de Cahors, happé par un train de marchandises effectuant la liaison entre Toulouse et Rungis

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19/07/06
La chaleur pourrait être à l'origine de la mort d'un SDF à Saint-Ouen

19.7.06

19/07/06
Les services de l'Institut de veille sanitaire (InVS), ont fait état de la mort mercredi d'un SDF de 39 ans à Bordeaux.
06/05/06
Un jeune homme de 22 ans, sans domicile fixe, a été découvert mort, suite à une agression à l'arme blanche. Il a été retrouvé mort, samedi vers 4 heures du matin, quai François Mitterrand à Paris dans le 1er arrondissement.

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07/03/06
Un marginal décède d'une crise d'épilepsie dans un square de Brive. Michel avait 40 ans.

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28/01/06
Un SDF est décédé des suites d'un malaise cardiaque samedi matin à Toulouse, apprend-on auprès de lapréfecture de la Haute-Garonne. L'homme, âgé de 43 ans et dont l'identité n'a pas été révélée, a été victime d'un malaise sur un trottoir proche du foyer d'hébergementqu'il venait juste de quitter après y avoir passé la nuit.
28/01/06
Un sans domicile fixe a été découvert mort samedi matin dans une roulotte qu'il occupait illégalement dans la périphérie deCarcassonne (Aude). Il aurait été victime d'une intoxication provoquée par la mise en marche d'un chauffage de fortune.

24.1.06

25/01/06
Un cinquantenaire sans abri est mort de froid dans la nuit de lundi à mardi à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), a-t-on appris auprès de la préfecture de ce département de la banlieue parisienne. Alertés, les secours ont découvert l'homme âgé de 55 ou 56 ans dans une épave de camion, quai de la Marne, alors qu'il était déjà en arrêt cardiaque.

23.1.06

04/01/06
Un SDF de 47 ans a été découvert mort hier à Paris, en pleine rue. L’homme a été pris de malaise près de la place de Clichy (17e). Le décès serait dû à une hémorragie interne et « a priori non lié au froid », précise-t-on de source policière. Une autopsie du corps devait avoir lieu afin de déterminer avec précision les raisons du décès.
02/01/06
Un septuagénaire sans domicile fixe qui vivait depuis quelques jours dans un box a été découvert mort en fin de matinée dans son abri situé avenue Pierre Brossolette à Montrouge (Hauts-de-Seine), a-t-on appris de source policière. L'homme, de nationalité française et né en 1936 en Angleterre, a été retrouvé dans le box dont il avait les clefs et où il résidait depuis plusieurs jours. Il ne portait qu'un pantalon et un chandail. Les températures étaient légèrement supérieures à zéro lundi dans le département. Les premiers éléments de l'enquête confiée au commissariat de Montrouge suggèrent une mort naturelle

11.1.06

28/12/05
Une RMIste de 52 ans, qui vivait dans le cabanon en bois d'un jardin ouvrier au Mans, est décédée mercredi en raison du froid et de l'alcool, a-t-on appris jeudi de source policière.
"Le froid est à l'origine du décès de cette personne. Elle était très malade, avait des problèmes d'alcoolisme et vivait dans un cabanon de jardin" sans eau ni électricité au Mans, où le thermomètre a affiché -3 degrés dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on précisé de même source. Le corps a été retrouvé sur la balancelle du jardin par le compagnon de la femme, selon la police.

27/12/05
Un homme sans domicile fixe âgé d'une quarantaine d'années a été retrouvé mort, "vraisemblablement de froid", dans le centre-ville de Lyon, annonce la préfecture.
Une patrouille de police a découvert en milieu d'après-midi l'homme inanimé assis dans sa voiture, stationnée sur un quai de la Saône à proximité de la gare de Perrache.
"L'examen médical pratiqué n'a permis de déceler aucune pathologie cliniquement visible, susceptible d'avoir provoqué le décès. Il apparaît par conséquent que le froid peut être considéré comme la cause probable de la mort", précise la préfecture du Rhône dans un communiqué.

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13.12.05

13/12/2005
Un SDF a été retrouvé mort ce matin dans le XIVe arrondissement de Paris, dans le quartier d'Alésia, selon la police qui ignorent encore les causes du décès. Il avait 55 ans.

4.12.05

29/11/05
Un sans-abri de 54 ans a été retrouvé mort, victime du froid, dans un parking souterrain de Pontoise (Val d'Oise), dans lequel il avait l'habitude de dormir, selon une source policière. L'homme, mort par hypothermie, a été découvert vers 8 heures par une femme qui venait chercher sa voiture.
27/11/05
Une sans-domicile fixe de 47 ans a été retrouvée morte carbonisée à Perpignan, dans l'incendie de sa tente de fortune. Cette femme avait planté son abri dans un terrain vague de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Selon la police, il n'est «pas exclu» qu'elle ait tenté de se chauffer avec un «dispositif de fortune», ce qui aurait entraîné un incendie mortel.
27/11/05
Un san
s-abri, âgé de 45 ans, a été retrouvé mort lundi matin à Paris, rue Cauchy, dans le quinzième arrondissement.
25/11/05
Le corps d'un homme d'une quarantaine d'années a été retrouvé dans une forêt de Vert-Saint-Denis (Seine-et-Marne) par un promeneur. Son identité reste inconnue. D'après les premiers éléments, il serait étranger, apparemment originaire d'Europe de l'Est.
25/11/05
Un SDF de 58 ans a été découvert mort d'hypothermie, dans un garage à Calais où il avait l'habitude de s'abriter. Ce local avait été incendié en octobre et n'a pu le protéger du vent.
24/11/05
Un SDF de 58 ans a été retrouvé mort dans un lieu très isolé, sous un pont où il vivait, à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble.
24/11/05
un SDF de 38 ans a été retrouvé mort frigorifié à la Grande Résie, près de Gray (Haute-Saône) au volant de sa voiture. L'homme avait été expulsé fin octobre, juste avant la trêve hivernale, du logement qu'il occupait. Depuis, il vivait dans sa voiture avec toutes ses affaires.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-715969,0.html

20/11/05
Un SDF de 52 ans, a été retrouvé mort, couvert de coups, devant son cabanon de Montigny-lès-Metz (Moselle). L'homme, mort par hypothermie, refusait tout hébergement. Son corps a été découvert par les services communaux qui venaient lui rendre visite, comme ils le faisaient régulièrement à la suite des chutes de neige de la nuit.

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Ne vous y trompez pas... mort de froid... santé dégradée... alcool... methadone.....

Le froid, les conséquences du froid et les moyens de le supporter....


N'oublions pas

 


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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 22:24

 

« Je veux, si je suis élu Président de la République, que d’ici à deux ans, plus

personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. »

(Nicolas Sarkozy – fin 2006)

 

sdf-31

 

 

 

 

 

 

Décidément, les promesses politiques n’engagent malheureusement que ceux y ont encore la naïveté d’y croire…

Ce matin, j’apprends avec tristesse et néanmoins sans surprise que Xavier Emmanuelli (fondateur du Samu Social et ancien Secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’urgence) a décidé de démissionner du Samu Social, organisme centralisant le « 115 » et menacé par une coupe budgétaire de 25% (alors que je rappelle que le champ d’intervention de l’urgence des sans abris relève de par la loi directement et principalement de la responsabilité de l’Etat).

J’apprends cette nouvelle sans réelle surprise, car la situation de l’urgence se dégradait déjà depuis des mois.

Le 29 juin dernier, déjà, une trentaine d’association d’aide aux plus démunis, parmi lesquelles Emmaüs, Médecins du Monde, le Secours Catholique et la FNARS, avaient dénoncé dans un communiqué des dizaines de suppressions de places d’hébergement, « conséquence de réductions budgétaires inacceptables en 2011 » (moins 41 millions d’euros en 2011, moins 64 millions d’euros attendus en 2012), parlant de « mépris » de la part des « plus hautes instances de l’Etat ».

Le Centre d’hébergement parisien Yves Garel, géré par le Samu Social, qui accueillait des hommes et des femmes SDF, venait d’être fermé, après plus d’un an de négociation.

Il manque pourtant actuellement, en Ile-de-France, 13.000 places d’hébergement et de logement de stabilisation.

Les réductions annoncées des crédits de l’Etat risquent d’avoir ainsi des conséquences humaines tragiques : en effet, si l’Etat ne revient pas sur ces dispositions, 15.000 personnes se retrouveront à la rue dès le mois d’août.

Selon Xavier Emmanuelli, « le gouvernement ne comprend pas ce qu’est l’urgence sociale, qui vise à maintenir les gens en vie ».  Il dénonce « les technos, les mecs qui pensent structure, budget, et pas souci de l’autre », expliquant que l’Etat et la Mairie de Paris « se tirent dans les pattes ».

Aucune solution n’a été proposée aux personnes déjà concernées, alors que la loi DALO, instaurée en mars 2007, stipule pourtant qu’aucune personne accueillie en hébergement d’urgence ne peut être remise à la rue.

Certains élus, trop rares, se sont quand même indignés, comme Christian Favier, Président (PC) du Conseil Général du Val-de-Marne : « Une nouvelle étape, inhumaine et dramatique, vient d'être franchie dans le sort indigne réservé aux personnes sans logis ».

Pour infos, et malgré les promesses, là encore non tenues, de Nicolas Sarkozy, la France est bien rétrograde face à ses voisins européens… « Selon les chiffres publiés par la Fédération européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri (FEANTSA), la France est de loin la plus mauvaise élève pour l’accueil de personnes sans-domicile fixe : près de 33.000 personnes entrent ainsi dans  la catégorie « Sans-abri » qui regroupe les personnes « vivant dans la rue » et « hébergement d’urgence ». Rapporté à la population française, cela donne un taux de 52 SDF pour 100 000 habitants, bien loin devant l’Espagne (26), la Belgique, l’Allemagne (22) et l’Angleterre (19). La Pologne (16) et la Finlande font aussi meilleure figure. » 

J’espère en tout cas (peut-être naïvement) que ce sujet sera une des priorités des candidats à l’élection présidentielle.

En attendant, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes qui vivent dans la rue (dont plus d’un tiers ont un travail), dont certains meurent, et ce, dans l’indifférence générale.

 

 

Source : « Je veux, si je suis élu Président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. » (Nicolas Sarkozy – fin 2006) - Le blog de Valerianne

 

Ajoutez que 8O OOO à 120 000 personnes qui vivent dans les campings sont menacés de se retrouver dans la rue pour faire place nette aux bobo-touristes par la loi Léonard votée par l'unanimité des quelques présents avec l'abstention silencieuse d'un communiste... Que du beau monde !

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:42

 

 

On s’est donc trompés sur le management ! On cherchait des chefs guerriers en compétition, il nous faut des pairs bienveillants ayant un sens aigu de l’intérêt général. On cherchait LA solution imaginée par nos penseurs, elle doit être ré-inventée tous les jours par nos faiseurs.  On cherchait à sanctionner les erreurs, elles sont structurelles à l’amélioration continue et réclament le questionnement plus que l’opprobre et le refoulement …

 

 

A lire et voir sur : Tous bureaucrates (featuring Benoit Poelvoorde) ? Un manifeste pour les middle-managers « L'informatique Conviviale

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:31

 

Par Patricia Apicella (13 janvier 2012)

Un « durcissement féroce dans la gestion des ressources humaines ». C’est ce qu’a provoqué la fusion de l’Assedic et de l’ANPE en 2008, selon Patricia Apicella, responsable du syndicat SUD-Emploi. Violence verbale et organisationnelle, harcèlement, isolement, renforcement du contrôle, placardisation : la syndicaliste dénonce une institution toxique pour ses salariés, et qui a perdu le sens de sa mission. Avec, au bout du compte, une autre victime : le demandeur d’emploi.

En décembre 2008, en pleine crise, l’Assedic et l’ANPE fusionnaient pour devenir Pôle emploi. Nous prévoyions que les usagers seraient les premiers à pâtir de cette opération bâclée ; ce fut le cas. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est l’ampleur du changement en termes de management pour les 50 000 agents de Pôle emploi. L’établissement n’a su répondre aux angoisses de ses employés que par un durcissement féroce dans la gestion des ressources humaines [1].

La parole s’est libérée au sein de Pôle emploi. Personne ne sursaute lorsque la hiérarchie traite les syndicalistes de fainéants, les agents en grève de débiles profonds [2], les seniors de vieux (vieilles) [3]. Cette violence verbale et organisationnelle pose question. Il n’y a plus de barrières, le harcèlement a aujourd’hui droit de cité. Les plus agressifs des cadres se sentent autorisés à renvoyer sur leurs subordonnés la pression qu’ils sont incapables de gérer.

Les « entretiens managériaux » : des huis clos stressants

L’agent de base est comptable de ses résultats, isolé, surresponsabilisé. Il a son portefeuille de demandeurs d’emploi et d’entreprises, ses dossiers d’indemnisation. C’est sur lui seul que repose la charge, non sur le collectif. Paradoxalement, enfermé dans un planning qui découpe ses actes professionnels en procédures de type industriel, il n’a plus aucune marge de manœuvre. Ses rares moments d’autonomie sont suspects. La demi-journée hebdomadaire de fermeture au public doit être rentabilisée de la première à la dernière minute. Il n’y a plus une miette d’organisation individuelle. L’agent doit s’acquitter de tâches planifiées par l’équipe de direction, et en rendre compte personnellement en fin de journée. La confiance a totalement disparu. L’infantilisation, l’asservissement sont la règle. Il ne s’agit plus de chercher des solutions pour l’usager, mais de réajuster des chiffres de production afin d’atteindre les objectifs fixés aux encadrants.

Bien que tout espace d’initiative ait été supprimé, le contrôle s’est renforcé. Le « reporting », compréhensible lorsque l’individu dispose d’une certaine autonomie, n’est plus que du simple flicage. On demande à l’agent de justifier des écarts de réalisation entre lui et ses collègues. On le renvoie à ses résultats chiffrés, sans référence aux moyens dont il dispose. Or, tous les rapports depuis des mois pointent le manque criant de ressources à Pôle emploi. Le contrôle s’opère, entre autres, lors d’entretiens de suivi d’activité, inscrits dans le plan de prévention des risques psychosociaux. Présentés par la direction comme des espaces de dialogue, ces entretiens managériaux se révèlent être des huis clos stressants entre le responsable d’équipe et son agent. Sans cadre et sans compte rendu, ils permettent toutes les outrances. À tour de rôle, chacun se voit comparé aux autres, sans prise en compte du réel travail effectué auprès des usagers, et sans mesure de ses compétences acquises.

Certains dégâts sont irréversibles

Les victimes sont le plus souvent des agents en poste en structure (direction régionale, départementale). Leur force de travail n’étant pas directement liée à la production de chiffres, ils sont plus facilement écartables. Des personnes qui ont des années d’ancienneté, des compétences autrefois reconnues sur des dossiers pointus, se retrouvent devant un téléphone silencieux, une boîte mail déserte. Ce sont souvent des cadres, dont le nombre pose problème. La fusion a mécaniquement généré des doublons en réunissant les agences et les directions. Qu’il s’agisse d’une mesure vexatoire ou que leur poste ait été supprimé, ces cadres se retrouvent privés de leurs tâches, écartés des réunions, sans informations, oubliés. Le « placardisé » se voit contraint d’aller mendier une occupation quotidienne, pendant que son voisin de bureau croule sous le travail. Personne ne demandera son aide, personne ne partagera rien avec lui, de peur de se retrouver soupçonné de collusion. Très vite, l’agent tourne en rond, se déqualifie et déprime. Ses acquis professionnels deviennent obsolètes, et de placard en placard, il finira par partir, tomber malade ou démissionner, au grand soulagement de ses collègues et de ses supérieurs.

Que faire de ce triste constat ? Une institution qui permet ces pratiques est toxique pour l’ensemble de ses membres, et préjudiciable à ses usagers. Si elle ne génère pas encore des processus assumés de casse du personnel, comme France Télécom, elle prend un chemin qu’il sera très difficile de faire à rebours. Est-ce une politique de fond ou un épiphénomène lié à la fusion ? Qu’importe, les dégâts sont commis, et certains sont irréversibles. Pour les agents de Pôle emploi, confrontés à une violence institutionnelle sans précédent, mais aussi pour les demandeurs d’emploi.

L’éradication de toute organisation collective

Un établissement qui ne respecte pas sa propre force de travail a perdu le sens de sa mission. Il n’a aucune raison de respecter ses usagers, placés en position de faiblesse et contraints d’accepter toutes les dérives [4].

Quid des forces de refus en interne ? Si Pôle emploi travaille à éradiquer la notion même de collectif, ce n’est pas un hasard. La convention collective est un facteur de division supplémentaire entre agents de droit public et agents de droit privé. Les cultures syndicales de l’ANPE et de l’Assedic sont aux antipodes. Seules des actions sporadiques ou individuelles voient le jour. Alors que le chômage atteint un niveau record en 2011, et que les prévisions sont pires pour 2012, la question est pourtant cruciale : quel service public les agents de Pôle emploi pourront-ils encore offrir aux sans-emploi de demain ?

Patricia Apicella, porte-parole régionale de Solidaires SUD Emploi Midi-Pyrénées

Le site de la Coordination des intermittents et précaires CIP-IDF

Notes

[1] C’est à la remise en cause de ce management productiviste, des deux côtés du guichet, qu’entendent s’attaquer, eux aussi, les mouvements de chômeurs. À lire : Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pôle emploi.

[2] À propos des grèves dans les Pôle, voir Grève à Pôle emploi lundi 4 janvier : à La Courneuve, le collectif n’en peut plus ainsi que Pourquoi la grève à Pôle emploi - CFDT, CFTC, CGT, SNU Pôle emploi FSU, Solidaires SUD Emploi.

[3] Poussés dehors et contraints à chercher un emploi, c’est la retraite des précaires, voir Comme Maryvonne à Brest, va falloir pointer à Pôle emploi à 80 piges et Retraite : à 95 ans, je n’aurai pas mes trimestres.

[4] À propos du fonctionnement de Pôle emploi en matière de droits des précaires : Moi, personne quelconque de nationalité de hasard, déclare avoir été témoin des faits suivants, des témoignages produits lors d’un récent procès pour « Outrage à Pôle emploi » (sic).

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:09

 

La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a publié son premier rapport annuel dans lequel elle souligne que plus de 40% des demandes d'hébergement faites au 115 n'ont pas été satisfaites en 2010. Les couples avec enfants sont les principales victimes de ces refus.

Près de la moitié des demandes d'hébergement sont refusées
Près de la moitié des demandes d'hébergement sont refusées SIPA/BAZIZ CHIBANE/SIPA

Il y a généralement peu de place pour les Sans domicile fixe (SDF) excepté sur des sujets par rapport aux Restos du coeur démontrant la misère qui nous entoure. Le premier rapport de l'Observatoire national du 115 a été publié par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), ce vendredi. Et le principal enseignement à tirer concerne les demandes d'hébergement réalisées au 115. Les réponses négatives se seraient accumulées en 2010. « Plus de 40% et jusqu'à 65% des demandes ne donnaient pas lieu à à l'attribution d'une place d'hébergement », détaille la Fnars. L'an dernier, « plus d'1,2 million d'appels ont été décrochés par les écoutants du 115 » sur un échantillon de 20 départements. Cela représente plus de 55% de l'activité du 115 dans le pays. Et parmi ces appels, 95% concernent des demandes d'hébergement, le reste des demandes ne sont que des sollicitations d'information. 

 
Les familles et les jeunes les plus touchés

Selon la Fnars, la faiblesse des attributions s'ajoute à la saisonnalité des réponses. « On observe une forte variation saisonnière des attributions de places, malgré les engagements réitérés des pouvoirs publics de pérenniser les dispositifs », ajoutant qu' « en période de grand froid, les non-attributions baissent avec le renforcement temporaire des dispositifs d'hébergement ».

Le rapport précise que « 53% des nuitées attribuées par le 115 l'ont été dans un centre d'hébergement d'urgence, 40% en hôtel et 7% dans une autre structure ». Concernant le profil des demandeurs, une évolution est à constater puisque les sollicitations « ont concerné pour moitié des familles, soit 75% à Paris » tandis que les « jeunes de 18 à 25 ans représentent 20 % des personnes ayant demandé le 115, en 2010 ». Ainsi, ce rapport montre les limites de l'urgence sociale en France.

Par Anthony Poix

Rapport téléchargeable dans le menu "Pulications et documents de recherche" (reférence 106)

 

 

LEMONDE | 15.12.11 | 20h06   •  Mis à jour le 15.12.11 | 22h17

 
La recommandation est suffisamment inhabituelle pour être soulignée. Dans un rapport d'évaluation sur "la politique publique de l'hébergement des personnes sans domicile", rendu public jeudi 15 décembre, la Cour des comptes, garante de la bonne utilisation des deniers publics, préconise, à mots feutrés, de mettre plus d'argent en faveur de l'hébergement d'urgence : "Il n'apparaît pas déraisonnable de se donner les moyens de créer des places (d'hébergement) supplémentaires en zones tendues. En effet, la situation traditionnelle et inconfortable dans laquelle l'offre d'hébergement court en permanence après la demande d'hébergement n'a pas été encore interrompue, malgré des résultats importants en termes de sorties vers le logement."

Ce constat intervient à l'issue de près de 250 pages d'analyse de la "stratégie de refondation" du secteur annoncée en novembre 2009 par Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au logement. Cette réforme a pour ambition de sortir d'une logique saisonnière de gestion de crise et de favoriser la sortie vers un logement durable. Elle s'appuie sur deux piliers : la mise en place d'un service public de l'hébergement et de l'accès au logement, et le développement d'une offre de logement accessible aux personnes modestes. Entre 2004 et 2010, le nombre de places est passé de 51 103 à 82 890 (+ 62,2 %). Mais le constat de la Cour est clair : "Les résultats escomptés ne sont pas encore atteints."

Demandé par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, sur proposition du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques du Parlement, le travail de la Cour pointe en filigrane les lacunes et blocages d'une politique dont l'objectif premier est le "logement d'abord". Première faiblesse : la "stratégie de refondation" a été définie et mise en oeuvre à partir de données statistiques obsolètes et d'études fragmentaires sur la population des sans-abri. Or cette population a non seulement beaucoup augmenté en dix ans - elle avoisinerait aujourd'hui les 150 000 personnes -, mais elle s'est aussi profondément transformée. Selon un rapport à paraître de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), basé sur les statistiques annuelles du 115, le numéro d'urgence d'aide aux sans-abri, les demandes d'hébergement émanent désormais pour moitié de familles avec enfants. A Paris et en région parisienne, celles-ci peuvent représenter jusqu'à 80 % du public du 115. Quant aux jeunes, au niveau national, leur proportion est passée entre les hivers 2009-2010 et 2010-2011 de 8 % à 11 %.

La réforme n'a pas non plus permis d'améliorer l'orientation des personnes sans abri, jugée encore "très imparfaite" par la Cour des comptes. Les services intégrés d'accueil et d'orientation (SIAO), qui devaient permettre dans chaque département de mieux coordonner l'offre et la demande et de suivre les personnes dans leur parcours d'insertion dans le logement, fonctionnent peu ou mal. "Sur beaucoup de territoires, les SIAO ont bien été mis en place mais les anciennes habitudes de travail ont perduré, confirme Matthieu Angotti, directeur général de la Fnars. Dans le pire des cas, ce sont même des coquilles vides."

Autre problème non résolu, celui de la saturation du 115. Toujours selon l'étude de la Fnars, plus de la moitié des demandes d'hébergement faites le jour même ne donnent pas lieu à l'attribution d'une place. Dans certains départements, les non-attributions peuvent même atteindre de 60 % à 65 %. L'absence de places disponibles est le principal motif de refus. Le recours aux nuitées d'hôtel ne cesse d'augmenter. Leur nombre a doublé depuis 2004. Or, souligne la Cour des comptes, cette solution "n'est pas conforme aux objectifs de la politique menée depuis 2007. Par ailleurs, leur coût pour le budget de l'Etat est particulièrement élevé (93 millions d'euros en 2010)." Le gouvernement a tablé un peu trop vite sur les résultats de sa réforme et sur les économies qu'elle pourrait engendrer. "Les mesures prises pour accélérer les sorties vers le logement sont longues à mettre en place et ne peuvent pas alléger à court terme la pression sur le dispositif d'hébergement", avertissent les experts de la rue Cambon.

La mise en oeuvre de la "stratégie nationale" laisse aussi apparaître des lacunes en termes d'organisation et de pilotage. " Le délégué interministériel pour l'hébergement et l'accès au logement (Dihal) chargé du pilotage administratif central ne dispose pas des moyens de sa mission", souligne la Cour. A la décharge de l'Etat, la Cour note que le déploiement de la réforme est intervenu dans une période difficile. La crise, qui a mécaniquement entraîné une augmentation forte des demandeurs d'hébergement (ménages précaires et demandeurs d'asile) a saturé un dispositif pourtant en forte augmentation. Enfin, au niveau local, le projet gouvernemental a souffert de la réforme concomitante de l'administration territoriale, qui a modifié l'organisation des services départementaux, principaux rouages de la mise en oeuvre du plan gouvernemental.

Catherine Rollot
Source : LE MONDE DE L'EXCLUSION
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 20:57

 

A la fin de cette 1ère décennie après l'an 2000 et commençant dans quelques jours une nouvelle décennie, je constate malheureusement que ce n'est que sous la barre du zéro que les infos s’intéressent aux difficultés insurmontable du peuple d'en bas, bien au chaud dans votre sofa vous lisez et voulez savoir ce que vivent les SDF, quel parcours les a mener à en arriver la, pourquoi n'y a t'il aucune porte de sortie, pourquoi les bouches d'air chaud sont squatter par des humains de plus en plus à la mercis de la mort que reste t'il encore à découvrir aux yeux de ses hommes, femmes, enfants qui dérivent inexorablement dans les pires heures sombres de la vie. que fait le gouvernement d’année en année pour résoudre le problème, allons nous devenir un monde de favelas comme dans les années 60 aux portes de Paris ou les immigres s'entassaient au coin d'un feu et pour seul réchaud un poil .
Oui vous ne rêver pas plus de 300000 personnes sont à la rue, plus de 10 millions sont en grave difficultés, 4 millions de français de toute origine noient leurs difficultés dans l'alcool, la drogue, les médicaments voir le suicide.
Solennellement aujourd'hui s'est mon anniversaire j'ai 42 ans le 2 décembre 2010 et depuis 1 ans que j’écris ce blogue chaque jour je ne peu m’empêcher de voir la misère dans le métro de Paris, de voir que je rame et même comme cela je ne peu m’empêcher de sélectionner le plus pauvre et de mettre la main à la poche, sachant qu’inévitablement je ne résoudrai son problème que provisoirement et que demain je révérai cette même main encore ce tendre dans ma direction en crève coeur, voir des millions de personnes passer devant sans même réagir, la de voir de toute part des mendiants dans chaque rame de métro dans chaque tunnel de métro, à chaque sortie de métro, aux feux rouge sans compter les tentes dessiminer sur chaque espace vert de la ville ou sous chaque porte de périphérique ou encore dans les bois, j'ai le coeur lourd de ne pas pouvoir avoir le pouvoir de faire que leurs vies changent et que la dignités leurs soient retrouver, de part ma santé j'ai eu de la chance de trouver une association qui à bien voulu m’héberger sinon à l'heure ou je vous écris je ne serai plus vivant pour vous le dire.
avec de graves problèmes de santé je dormais dans ma voiture avec 435 € pour seul revenu, aujourd'hui grâce à eux je peu repasser mes chemises, prendre une douche, avoir une dignité, j'ai trouver un travail à mi-temps, je me reconstruit petit à petit malgré cette santé extrêmement fragile, au bord de la mort il y a encore 1 moi j'ai la pêche pour reprendre mon travail et participer à la vie active et payer mes cotisations fièrement.
Je me sent utile, je peu acheter à manger même si j’achète tout chez Auchan à -50% d'ailleurs j'ai éccopper du surnom de monsieur 50 mais j'ai une plaque pour cuire et mon sourire revient je peu manger chaud, dormir avec les 2 oreilles et les deux yeux à point fermer, ne plus vivre dans le stress mais il est toujours présent en moi car l’échec peu revenir et le travail de remonter la pente deviendra encore plus brutal et inévitablement destructeur, si cela devait m'arriver à nouveau je sais que je ne tiendrai pas le coup plus de 48heures dans le froid en marchant dans les rues sans savoir ou ce trouve la fin, en sachant que rien désormais ne pourrai me relever, je suis un bâtant j'ai subit 3 ans de galère extrême, j'ai perdu mon commerce, je me suis fait détruire a coup de marteau dans mon commerce, j'ai vécu un ans en dormant derrière mon bar et me lavant en montant un es-cabot pour me laver dans un évier de 50 par 50 cm, je me suis nourris des assiettes de mes clients, j'ai vécu un tribunal du commerce et un tribunal correctionnel suite à l'agression que l'on m'a infliger et mes bourreaux eux n'ont pris que 1 an avec sursis, j'ai perdu 17 ans d’économies en suisse soit plus de 35 000 € à ajouter un crédit pour ouvrir mon entreprise en entreprise individuelle de 12 000 €, le tribunal m'a tout pris par chance mon avocat ne m'a pas demander de payer ses honoraires voyant ma situation, j ai demander à pouvoir conserver ma voiture ce qui a été accepter, les impôts de haute Savoie on garder l'argent de ma TVA lors du commencement de mon entreprise or cet argent plus de 3600 € venait de mes salaires antérieur, le chômage ne m'avait pas régler la promesse du préfet lors de la création d'entreprise plus de 3600 € s'est pourquoi mon petit commerce pereclitait, mon ancien patron m'apportait des plats chaud car il savait que je ne mangeait quasiment pas pendant plus de 20 jours un plat chaud.
Le maire de la ville de part mon engagement à être un garçons avec des convictions et à dénoncer les agissements malsain s'est comporter en gougeât ouvrant à 50 mettre de mon commerce un centre culturel avec une salle informatique gratuite prétextant la fracture numérique un pavillon payer plus de 2,5 millions d euros et me laissant à mon désespoir avec mes 40 mettre carres et une clientèle de plus en plus clairessemées en proie à toutes les yennes voyant ma fragilités et volant m'abattre pour me dépouille du peu qu'il me restai, il y a 2 ans très exactement un 17 novembre 2008 je vivais l'enfer sur terre je pensai avoir ouvert un commerce pour transmettre mes connaissances en informatique et en hôtellerie restauration et aider les personnes dans le besoin faire mon petit bonhomme de chemin et vivre de mon propre travail comme patron de mon entreprise mais l'avenir en France en a décider autrement alors que pendant 17 ans en suisse jamais je n’avais vécu quoi que ce soit de dramatique, ma vie allait bien, mon travail aussi, à ma banque jamais je n’avais eu de découvert, j’avais eu une 125, un quad, une camionnette, des actions, des obligations que mon banquier n'oubliai pas de me proposer à la banque POP, maintenant quand je passe devant je ne peu m’empêcher de penser y rajouter "IM"POPulaire ça leurs va mieux.
17 ans à prendre des SOFRONTA, PEA, PEL, aCTION, OBLIGATION, SOCIETAIRE bref je crois meme que il devait plus y avoir de contrat vu le mombre signé sauf découvert mais le jour ou le decouvert depassat 32 jour ce fut un CODE 26 celui la meme qui sert à la banque de france pour les particuliers sauf que la s'est celui pour les proffessionel, mon banquier apres ne m'accordat aucun découvert, chaque centime fut reuni pour payer mon credit mais la fille de la banque n'a pas enregistrer ce paiement et le directeur s'est servit de l'argent pour ce payer leurs frais bancaires à la place.
si aujourd'hui je vous en parle s'est que j'en ai la force mais pendant 2 ans il m’était impossible d’être à même de sortir une phrase de ce qui m'arrivait, après avoir reçus des coup de marteau dans mon commerce et avoir été à la limite de la mort, je suis entrée en dépression, j'ai pleurer de toute mon ame devant la juge de Thonons les bains, en revenant à mon commerce j’étais au bout du rouleau, à la limite du suicide, je voulait me jeter du haut du saleve la montagne en face de Genève, je n'ai pas eu le courage de le faire, alors je me suis droguer connaissant un amis sur Genève qui en vendait il me l'a donner gratuitement 7 grammes, j'ai ete dans le camion a seringue au centre ville puis me suis cacher avec ma voiture et dans la nuit ai tout injecter pour ne plus vivre sur ce monde mais malgré ses 2 tentatives de suicide rien me fonctionnais je voulait mourir mais je n'y arrivait pas, je tien à dire que avant j'aimai la vie saine, la naturopathie, la réflexologie, le contacte humain, le sport, le vélo, les balades, voyager, travailler dure et surtout l’honnêteté et la bontés quelque chose au fond de moi qui dans mon éducation ai des principes des valeurs, le gout de la connaissance, du savoir, l'envie de découvrir le monde avec des yeux d'enfant, je ne m'imaginais pas un jour devoir tout perdre devenir SDF être à la limite de la mort, prendre des drogues pour oublier ce désastre psychologique et financier il ne me restai plus que une solution me rapprocher de ma famille pensant avoir un levier pour surmonter cela.
J'ai vite compris que ma famille avait peur ce que je peu comprendre, peur de voir leurs frère ou fils vivre une situation de violence physique, psychologique, peur de peu être ce retrouver face à des situation qui les dépassent comme de voir un huissier venir sonner à la porte, de voir la police débarquer, d’être mêler à une situation de liquidation commercial et surtout de ne pas ce retrouver un jour face à des agresseurs voulant ce venger cela je peu le comprendre.
Alors j'ai compris que je n’étai pas le bienvenue, déjà lors de la liquidation de mon commerce il a fallut 2 mois en plein hivers par -15 degrés pour régler ce problème, j’avais à l’époque des dizaines d'amis que je pensait être des amis à tout épreuve, mais je me suis retrouver face à des lâches qui avaient peur pour eux en 2 mois pas une seule visite, pas un seul coup de fil, alors que j allai presque tout les jours à l’hôpital tellement j’étais fracasser et détruit, j'ai dormis dans ma camionnette je me suis laver avec un gant pendant 2 mois dans un centre commerciale dans les wc, j'ai vécu le plus grand drame de ma vie celui que jamais personne ne souhaiterai voir arriver.
Entre l'agression à coup de marteau et une gendarmerie qui n'a indiquer dans le rapport que il sont arriver après les pompiers et n'on rien vue, une photo envoyer par faxe en noir et blanc à madame le juge comme seul moyen de voir la scène, la gendarmerie émue de la plainte de la 1ere agresseuse qui a porter plainte en disant que je lui avait mis un coup de pied alors que je ne pouvait pas lever la jambe plus haut que 20cm j'ai été condamner à 1000 € d'amende pour des faits que je n'ai pas commis je clame toujours mon innocence quand au deux compère qui ont voulu me tuer avec préméditation et acte de barbarie ils on écopés de 1 an avec surcis et 3000 € d'amende qu'ils ne paierons jamais , moi j'ai perdu mon commerce, ma vie, mon travail, ma santé, ma dignité, mes amis, ma région, ma passion, ma profession la liste est longue .
Jamais de ma vie je n'ai frapper qui que ce soit je ne sais pas le faire, je suis incapable de me défendre, j'ai très peur de la violence qu'elle soit verbale ou physique, ce n'est pas mon monde, je ne suis pas fourbe, j’étais et je suis et je pense le rester un être qui aspire au bouddhisme, à la paix intérieure
Source : SDF grand froid
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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 18:21

 

 

« Caves, parkings, bidonvilles : 200 000 personnes vivent dans des conditions misérables », entretien avec Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre
le 17 octobre 2011
En France, 200 000 personnes vivent dans des logements de fortune et 600 000 dans un habitat très dégradé. Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, dresse un bilan du très mal logement et de ses conséquences.


Concrètement, qu’est-ce que la misère du logement en 2011 ?
Quand on parle du plus mal logement, tout le monde a en tête l’image du clochard, du SDF qui vit sous les ponts. Bien sûr, si l’on se place sur longue période et que l’on regarde les choses globalement, les logements sont en moyenne plus confortables aujourd’hui qu’hier. Mais cela n’empêche que l’on constate un élargissement de cette catégorie de formes exacerbées de mal ou de non logement. Une partie de la population vit dans des caves, des parkings ou des campings dans des situations misérables alors que nous sommes l’un des pays les plus riches au monde. Souvent il s’agit de gens qui ont perdu leur emploi et qui ont dégringolé. Leur nombre s’accroît avec la crise et la flambée des prix du logement. Ceux qui en arrivent là n’ont plus aucun recours, ils sont exclus du marché traditionnel du logement. Enfin, il y a le retour de formes de bidonvilles, souvent le fait de migrants chassés de leur pays, pour qui c’est l’ultime solution. Ils se forment autour des grandes villes comme Paris, Lyon et Marseille, mais aussi de villes de plus petite taille comme Saint-Etienne ou Metz.
Combien sont-ils ?
Ces situations sont difficilement mesurables. A la Fondation Abbé Pierre, on connaît bien ce qui se passe au niveau local, par exemple le développement de cabanes au bord de mer dans le Languedoc. Au niveau national, avant la crise, on estimait à environ 100 000 le nombre de sans domicile fixe et 80 000 ceux qui vivent dans un habitat de fortune. On est très certainement au-delà. Enfin, je dirais qu’entre 15 et 20 000 personnes habitent dans des bidonvilles qui comptent parfois entre 300 et 500 personnes. Bref, autour de 200 000 personnes vivent dans des situations misérables.
C’est sans compter le mal logement dans l’immobilier ancien
Ce phénomène est plus connu, mais on a toujours une partie de la population qui, faute de moyens ou d’avoir accès au logement social, a recours à un habitat privé très dégradé, insalubre. On a des problèmes de surpeuplement, de chauffage, d’humidité, de peintures au plomb… Dans certains logements, la situation est vraiment catastrophique, c’est le quart-monde. Rien n’est entretenu et ils se dégradent progressivement. Les loueurs sont des marchands de sommeil qui s’enrichissent sur la misère. Un rapport de l’Agence nationale de l’habitat chiffre entre 600 000 et un million de personnes vivant dans ces conditions.
Quelles sont les conséquences pour ceux qui vivent ainsi ?
On sait que l’espérance de vie des sans domicile fixe est d’environ 50 ans. Le mal logement a des répercussions directes sur la santé des personnes en général, pas seulement pour ceux qui n’ont pas de toit. On connaît le phénomène de saturnisme lié aux peintures au plomb, de maladies qui étaient oubliées, comme la tuberculose. La mauvaise ventilation entraîne des problèmes respiratoires par exemple, on trouve des enfants qui vivent quasiment en permanence avec une bronchite ou qui ont des difficultés du sommeil dues au surpeuplement. L’impact est très fort. Et je ne vous parle pas de la situation de ceux qui vivent dans les bois, les cabanes, là c’est multiplié par dix ! Le mal logement se répercute aussi sur l’éducation et alimente l’échec scolaire. Comment étudier dans ces conditions ? Les chances sont loin d’être égales : alors que certains ont une chambre et un bureau personnel avec un accès à Internet, d’autres doivent faire leurs devoirs dans la rue ou la cage d’escalier. Comment voulez vous qu’ils réussissent aussi bien ? Il y a bien d’autres conséquences. Comment vit-on quand on ne peut pas inviter d’amis chez soi parce qu’on a honte ? Qu’on ne peut pas fêter l’anniversaire des enfants avec les copains d’école parce qu’on habite dans une cave ? Le mal logement est une forme d’enfermement social. Pour les couples, comment fait-on alors que l’on n’a aucune intimité, qu’on doit dormir en permanence avec ses enfants ? On sait aussi que certains couples sont contraints à se maintenir car se séparer signifierait vivre à la rue.
Que peut-on faire ?
Il me semble qu’il faut distinguer plusieurs niveaux. On dépense environ 34 milliards d’euros chaque année pour le logement en France. Si déjà on utilisait bien l’argent disponible, la situation s’améliorerait nettement. On a des niches fiscales qui ne servent qu’à réduire l’impôt des plus riches. Il faut investir dans le logement social de façon accrue. Le plan national de rénovation urbaine de Jean-Louis Borloo a permis une amélioration, mais il doit faire l’objet d’un second volet. Nous estimons qu’il faut arriver à 150 000 logements sociaux par an. En créant plus de logement de ce type, on permet à ceux qui vivent dans les conditions les plus délicates de se loger. Il y a un chantier spécifique d’amélioration de l’habitat privé très dégradé. Que constate-t-on ? Pour l’an prochain, le budget de l’Agence nationale en charge de cette question, l’Anah, est en baisse ! Enfin, au-delà des questions de financements publics, il me semble qu’il faut arrêter de croire que le marché peut se réguler tout seul. On a besoin d’un certain contrôle des loyers.
Propos recueillis par Louis Maurin.
Pour en savoir plus :
- Rapport mal-logement 2011, Fondation Abbé Pierre.
- Une enquête sur le mal-logement en France "A l’abri de rien", réalisée par Samuel Bollendorff et Mehdi Ahoudig, produit par BDDP Unlimited, avec la Fondation Abbé Pierre.
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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 15:54

 


Publié, le jeudi 19 janvier 2012 


Le sommet pour l’emploi qui se tient ce 18 janvier 2012 rassemble les élites politique, économique patronale et syndicale ; des personnes totalement déconnectées de la réalité. Nous sommes des citoyens lambdas, chômeur-euse-s ou non, qui pensent primordial d’engager la discussion sur le terrain, avec les plus concerné-e-s : les sans-emploi et les agents de Pôle Emploi [1].

Le rendez-vous était fixé hier, 17 janvier à 11h Place du Peuple (feu Place Royale). Ce moment faisait écho à la mobilisation nationale du 17 janvier "Occupons Pôle Emploi". Nous y étions peu nombreux, mais bien motivé-e-s. Nous avions opté pour une introduction sous forme de vœux de Liberté, d’Egalité, de Solidarité. Nous voulions entre autres, engager le débat sur le non sens de la centralité du travail, dans une société qui produit de plus en plus, et ce malgré un taux de chômage galopant.

Notre petit groupe a donc pris la direction de l’agence Sainte Thérèse en tramway dans une ambiance bon enfant. Nous pensions laisser derrière nous les CRS dépêchés à notre encontre sur la Place du Peuple. Quelle ne fut pas notre surprise quand deux fourgons ont traversé la ligne de tramway pour nous intercepter. Une troupe s’est hâtée de nous barrer l’accès à l’agence ; un service dit public [2]. Très vite quatre autres camions, deux voitures de police, et une troisième, banalisée, sont arrivés en renfort. Nous avons compté un rapport de 7 policiers pour un-e manifestant-e [3].

Malgré quelques tentatives, il nous fut impossible de pénétrer dans l’agence et de mener à bien notre action. Le dispositif policier a totalement bloqué l’accès à l’antenne. N’ayant que faire du risque de radiation [4], les forces de l’ordre ont refoulé les sans-emplois convoqué-e-s en entretien au même titre que nous.

La direction de l’antenne n’a pas daigné engager le dialogue certainement par crainte de voir ses agents se rapprocher des chômeur-euse-s [5]. Nous avons donc distribué les tracts à des chômeur-euse-s — refoulé-e-s eux aussi de l’agence — aux passant-e-s et à des automobilistes. Les témoignages de soutien furent nombreux, l’indignation générale face à ce déploiement de forces démesuré.

Ne voyant pas d’issue à la situation, nous avons pris la route du retour, toujours en tramway. Deux agents en civil dans le wagon voisin, deux voitures — l’une siglée roulant sur les rails, l’autre banalisée [6] sur la chaussée — nous escortaient. Il fut impossible de se défaire des deux agents en civil de tout l’après midi. En passant à pied devant l’antenne Pôle Emploi de Viarme (rue d’Erlon), nous avons pu constater la présence d’un dispositif policier [7]. Plusieurs personnes nous ont fait état de leur omniprésence ce jour dans les rues de Nantes.

Plutôt que de chercher les causes d’un mécontentement bilatéral — chômeurs et agents de Pôle Emploi — par le dialogue et le respect, l’administration a réagi en fermant sa porte, preuve du mépris le plus total à l’égard de son public. Monsieur Daubigny, Préfet de Région, n’aura pas lésiné sur les moyens pour avorter un mouvement social dont nul ne peut nier la légitimité. En prétextant la notion très floue de "risque de trouble à l’ordre public", et des "peurs de dégradation", l’Etat et ses réactions policières à géométrie variables portent des atteintes manifestes à nos libertés [8]

Ces faits renforcent la légitimité de nos actions citoyennes, et accroit notre motivation à résister et dénoncer les injustices, les inégalités et les manquements démocratiques que nous subissons tous quotidiennement.

Nous dénonçons la recrudescence du contrôle, qu’il s’agisse de celui de Pôle Emploi à l’encontre des usagers [9], ou de celui des forces de l’ordre qui étouffent nos libertés. Nous réprouvons les procédés violents et inégalitaires auxquels ont recours les institutions pour nous faire accepter l’inacceptable (radiations, délation, fichageS, coercition policière...).

Pas de Paix sociale sans Justice sociale

Source : http://nantes.indymedia.org/

PDF - 19.6 ko
Pourquoi occuper les Pôle emploi à partir du 17 janvier ? http://mcpl.revolublog.com/

À Lyon un suivi de l’ occupation de Pole Emploi, avec photos, plan, son, tracts, et tout et tout

Pour d’autres infos sur cette journée, regardez ici, sur ce site

 

 

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Soure : CIP-IDF > Au carrefour des contrôles sociaux et policiers, récit d’une tentative d’occupation de Pôle Emploi à Nantes

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 20:35

 

Par Julien Brygo (3 janvier 2012)

En première ligne face à l’explosion du chômage et de la précarité, les éducateurs subissent aussi une dégradation de leurs conditions de travail. Fin 2011, à la suite du suicide d’un de leurs collègues, près de 200 salariés de l’Association d’action éducative et sociale, à Dunkerque, ont exercé leur droit de retrait. Une illustration du quotidien de plus en plus difficile de ces acteurs, ultime rempart face à la misère sociale.


« La révision générale des politiques publiques tue. » C’est par ces mots que Philippe Toulouse, délégué syndical (CGT), qualifie la lente dérive de l’association dunkerquoise d’action sociale et éducative (AAE). Cette structure, financée par des fonds publics, est censée servir de digue face à l’explosion des inégalités sociales. À Dunkerque, ville frappée par la désindustrialisation, avec son lot de chômage, d’« exclus » et d’adolescents en rupture sociale, les 350 salariés de l’AAE sont aussi confrontés à des méthodes de management brutales et à des réductions drastiques des coûts. Ce qui n’est pas sans conséquences sur leur santé mentale et physique. Cette situation a pris, le 17 novembre dernier, un tournant tragique.

Ce jour-là, un des salariés, Fabrice Hrycak, 38 ans, est retrouvé pendu sous un pont de Dunkerque. L’éducateur spécialisé comptait dix ans d’ancienneté. « Il avait choisi son jour et son lieu, témoigne Philippe Toulouse. Le jour était celui où tous les salariés étaient réunis pour obtenir leurs tickets restaurant. Et le lieu est un des plus gros points de passage automobile de Dunkerque. Il voulait que son geste soit vu par toute la ville et qu’il serve à quelque chose ! »

Salarié agressé et… licencié

Pour l’ensemble des collègues et la famille de Fabrice, aucun doute : ce suicide est directement lié au calvaire que ce salarié vivait depuis le 8 septembre. En situation de légitime défense, il avait alors répliqué « par un coup de tête » à un garçon de 14 ans qu’il encadrait et qui venait de lui casser deux côtes. Fabrice s’était déjà fait briser une côte quatre mois plus tôt. Ce qui n’avait en rien inquiété la direction, terrée dans un mutisme digne des dirigeants de France Télécom ou de La Poste, et refusant de reconnaître ces agressions comme des accidents du travail.

Le lendemain de l’agression de Fabrice, au lieu de défendre son salarié, la direction d’AAE décide de le licencier pour « faute grave ». Devant la mobilisation de ses collègues, la sanction est transformée en un avertissement assorti d’une mutation à Hazebrouck, à 50 kilomètres de Dunkerque, alors que Fabrice ne dispose pas de véhicule. « Fabrice aimait son travail et ne comprenait pas que la direction l’ait sanctionné pour s’être défendu face à un jeune garçon violent et qui pète les plombs, comme cela arrive tous les jours au sein d’AAE », explique Philippe Toulouse. Rémunéré sur la même base que tous ses collègues (environ 1 300 € net), Fabrice ne bénéficie pas de mutuelle. Il a dû prendre à sa charge une grande partie des frais hospitaliers liés à cette agression.

Une direction totalement déconnectée

Isolement, injustices, violence des échanges… Ce décès tragique n’a pas sa place dans la rubrique des faits divers, plutôt dans celle des choix économiques pris par une direction de gestionnaires locaux qui vivent loin de la réalité du terrain. Alors que les éducateurs perçoivent un salaire à peine supérieur au Smic, onze cadres dirigeants de l’AAE [1] se sont partagés près de 700 000 euros de salaires et d’avantages en nature (dont des berlines de 30 000 euros, avec essence gratuite et usage privé autorisé) en 2010.

Sur le terrain, les salariés, via l’intersyndicale CGT-CFDT-SUD, sont unanimes pour dénoncer l’aggravation de leurs conditions de travail. Le 21 novembre, leur marche silencieuse rassemble plus de 550 personnes à Dunkerque. Deux réunions de crise se tiennent à la sous-préfecture. Sans que le dialogue ne s’engage. D’un côté, les salariés reprochent à leur direction son « autisme ». De l’autre, celle-ci les accuse de « mettre la structure en péril ». Le 30 novembre, la famille de Fabrice a porté plainte auprès du procureur de Dunkerque pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire, délit d’entrave du Comité d’hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT), et défaut de déclaration d’accident du travail. La fédération Santé-Action sociale de la CGT s’est portée partie civile. L’enquête est en cours.

« Un véritable acharnement »

Dès la découverte macabre, entre 100 et 200 salariés de l’AAE exercent leur droit de retrait : un dispositif actionné en cas de « risque grave et imminent pour la santé des salariés », qui permet de cesser le travail sans limite de temps et sans répercutions sur les salaires. Dix-huit jours de retrait au 5 décembre : « Un record de durée en France », explique-t-on à la CGT. « L’exercice du droit de retrait excède rarement 24 ou 48 heures. Dans le cas de l’AAE, il y a eu un véritable acharnement contre ce salarié et une volonté délibérée de ne pas résoudre les problèmes de fond », constate Philippe Crepel, responsable CGT-Santé dans le Nord-Pas-de-Calais. « Un droit de retrait de deux semaines, je n’ai jamais vu ça ! Cela fera date dans l’histoire du droit de retrait en France ! », ajoute Pascal Chavatte, responsable CGT-Santé.

Pour Gauthier, un salarié d’AAE, l’enjeu n’est pas de battre des records. « On se bat pour que les vraies raisons de ce suicide, la baisse du personnel et la politique du chiffre, changent pour de bon. » Avec le financement du conseil général, de la Protection judiciaire de la jeunesse et de l’État, l’association gère depuis 1964 des personnes en placement judiciaire, sous mandat de protection de l’enfance ou plus généralement en rupture sociale. Autrement dit, les populations les plus pauvres et les plus fragiles. En 2010, la direction de l’AAE décide une réorganisation majeure. Ce concentré local de RGPP (207) donne la priorité à la réduction du personnel et à la baisse des coûts, sur fond de « management moderne » [2] Résultat : les arrêts maladie se multiplient. En 2010, 170 jours d’arrêts de travail ont été prescrits à sept éducateurs agressés physiquement.

Des mouchards plutôt qu’un audit social

« Nous sommes de plus en plus nombreux à nous retrouver seuls pour gérer 15 ou 16 gamins en même temps », témoigne Gauthier, qui précise avoir souvent en face de lui « d’anciens criminels » : « Je me suis déjà retrouvé seul face à un gars de 46 ans avec vingt-trois ans de prison derrière lui. Cela peut devenir extrêmement dangereux. » La logique de la réorganisation ? « Les adultes ou les enfants en souffrance deviennent des marchandises qui doivent remplir tous azimuts les structures d’accueil », résume Philippe Toulouse. Depuis 2010, les salariés « travaillent avec des moyens de plus en plus dérisoires », confirme l’ancienne directrice de la communication, Laure Lahaeye, devenue éducatrice. « Des gamins qui regardent la télé à même le sol, pas de ballons ni de jeux de société. Des éducateurs qui doivent gérer 14 gamins agités en même temps et des agressions physiques quasiment hebdomadaires. Voilà le quotidien des éducateurs de l’AAE à Dunkerque. »

Lors de la restructuration, le CHSCT, comme la loi le lui permet, avait demandé une expertise indépendante sur les conditions de travail. La direction refuse et assigne le CHSCT au tribunal, avant de lever sa plainte six mois plus tard. En décembre 2010, toujours pas d’expertise, mais un nouveau cri d’alarme, celui de la médecine du travail. Elle écrit alors à la direction pour lui demander d’être « très vigilant(e) face à la situation actuelle ». « Des salariés exprimant leur souffrance physique, psychologique, un mal-être au travail et verbalisant le fait de ne plus trouver de sens à leur travail. (…) Il y a de nombreuses incivilités (et) il est difficile de travailler dans certaines structures. Cela a un impact énorme sur la santé psychologique des salariés. » [3]

Au lieu de procéder à un audit social (qui sera finalement déclenché au lendemain du suicide de Fabrice) et d’améliorer les conditions de travail, les dirigeant d’AAE préfèrent investir dans un système sophistiqué de contrôle des employés. De petites balises sont installées dans les véhicules des salariés permettant leur géolocalisation à tout moment. Coût : 85 000 €, soit davantage que l’expertise demandée. Une « honte » pour les salariés.

Le syndicaliste et le corbeau

De son côté, la direction n’esquisse aucune remise en question. Dans une lettre envoyée aux salariés le 25 novembre 2011, elle enfonce même la victime : « En mutant M. Hrycak à Hazebrouck pour travailler non plus avec des jeunes mais avec des adultes (…), nous continuons de penser qu’AAE a pris la meilleure décision possible. (…) L’idée que ce geste désespéré est lié à cette mesure ou à ses conditions de travail ne peut qu’apparaître inexacte. » Et de conclure que ce suicide est lié « à d’éventuelles raisons extraprofessionnelles », ce que nient en bloc la famille et les collègues de Fabrice. « Cette lettre est un pas de plus dans le dénigrement de la mémoire de notre collègue », estime Philippe Toulouse, tandis que la direction durcit le ton : « Toute absence du poste de travail ne pourrait qu’être considérée comme illégitime et emporterait des conséquences, tant sur le plan disciplinaire que sur la rémunération. »

Dénoncer cette direction « qui vit comme des préfets », selon l’expression d’Alexis Constant, journaliste à La Voix du Nord, et réclamer que le suicide de son collègue permette de s’interroger sur les conditions de travail, a valu à Philippe Toulouse quelques déboires. « J’ai reçu une lettre de menace chez moi, il y a quelques jours. Elle comportait l’inscription : “Casse-toi.” » Le syndicaliste CGT est également un opposant politique local au maire Michel Delebarre, bien qu’ils soient tous deux membres du PS. La lettre de corbeau est désormais entre les mains de la police dunkerquoise.

Le 5 décembre, les salariés d’AAE ont levé leur droit de retrait à la suite de négociations avec la direction et le conseil général. Recrutement d’un nouveau DRH, présence d’un chef d’équipe pour rééquilibrer les horaires de travail, injection d’un million d’euros par le département, promesse de retrait immédiat du système de géolocalisation, examen des « dépenses publiques infondées »… Les salariés ne sont pas dupes : ils savent qu’ils devront rester vigilants et faire bloc pour obtenir des avancées réelles. « À nous de continuer », conclut Gauthier. La France compte 63 000 éducateurs spécialisés.

Julien Brygo

Photo : « Couloir de la précarité », vu par gelhin

Notes

[1] L’AAE est présidée par Daniel Lemang, un proche du maire socialiste de Dunkerque, Michel Delebarre.

[2] Regroupement en nouveaux pôles (les pôles sont à la mode en France, que ce soit à La Poste ou dans les hôpitaux), instauration de contrats d’objectifs et de moyens beaucoup plus astreignants, réduction des coûts de manière générale (dans ce type de structures à vocation socio-éducative, la grande majorité du budget est consacré aux salaires), réorganisation des services (avec instauration de la mixité des sexes et concentration des éléments les plus violents), pression sur les taux d’occupation des structures d’accueil, non remplacement de nombreux départs en retraite et d’arrêts maladie…

[3] La Voix du Nord, 23/11/2011.

 

Source ; Les éducateurs spécialisés, chair à canon de la lutte contre les inégalités - Crise sociale - Basta !



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