19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 04:27

 

Le collectif du château - 15 mars 2012

 


Le 20 février 2012, l’Etat a décidé de nous remettre à la rue en mettant fin au plan grand-froid.

Fatigué d’appeler le 115 chaque soir pour recevoir la même réponse négative, nous avons décidé de nous organiser ensemble pour lutter contre la misère organisée et maintenue par l’Etat et de trouver nous-même une solution à un problème qui ne devrait même pas se poser.

Nous avons donc choisi de réquisitionner des bâtiments laissés vide par leur propriétaire pour avoir un logement digne, souffler et reprendre nos vies en main car CHAQUE NUIT IL FAIT TOUJOURS AUSSI FROID ET ON EST TOUJOURS AUSSI SEUL.

Malgré que nous avions occupé plusieurs lieux depuis plus de 48 heures, l’Etat s’est passé de ses propres lois et a décidé d’entrer chez nous pour nous en sortir au petit matin.

Depuis le 5 mars, nous avons emmenagé dans un bâtiment situé 63 allée des Vitarelles pour mettre à l’abri des personnes vivant seules ou en couple qui n’avaient d’autre choix que de dormir à la rue.

Grâce à cette réquisition ce sont plus de 25 personnes qui ne sont plus obligées de dormir à la rue, qui organise une vie collective et construise ensemble un projet social ouvert sur le quartier et sur la ville.

Ces personnes viennent de rendre à l’histoire ce qui lui appartient : en effet, cet édifice était une Maison de Retraite et un Bureau d’aide sociale créé au début du 20ème siècle. Ces bureaux d’aide sociale étaient les ancêtre des centres communaux d’action sociale.

Ce bâtiment, désaffecté depuis plus d’un an ne servait qu’à y entreposer des déambulateurs. Alors que peut-être tous ensemble nous pourrons continuer l’histoire et faire de ce lieu un point d’entraide sociale et d’affaissement des barrières que la société nous mets dans la tête.

Le premier contact avec le propriétaire, la Mairie de Toulouse, et le voisinage est positif et l’ambiance à l’intérieur est au beau fixe.

Toutefois, nous avons besoin de votre aide pour meuble ce lieu et organiser de nouvelles formes de vie.

Vous trouverez donc ci-joint une liste de nos besoins :

- matelas et sommiers

- tables, chaises, commodes...

- nourriture

- produits d’entretien, vaisselle...

Nous vous invitons aussi à passer nous voir pour prendre un café, participer à l’organisation de la vie du lieu, proposer des projets,....et surtour nous apporter votre joie ou bénéficier de la nôtre.

Nous vous invitons aussi à participer à ce mouvement car nous devons continuer à nous battre pour les autres et avec les autres. En effet, plus de 150 personnes dorment à la rue chaque soir.

Nous continuons donc la lutte.

Ceci est aussi un appel à rejoindre ce mouvement social qui, comme d’autres à Toulouse, ont décidé de reprendre leur destin pour que toutes et tous puissions vivre digne et heureux.


 

Source : Courriel à Reporterre Reporterre.net - A Toulouse, un centre social abandonné est occupé par les SDF

Contact : occupybernies (arobase) gmail.com et Groupement pour la défense du travail social

Lire aussi : A Toulouse, la préfecture veut expulser des familles avec enfants

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 02:41

 

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Stratégie de recherche d'emploi (STR) un stage d'usinage sémiotique des chômeurs pas Pôle emploi et ses prestataires

Composition de ce stage STratégie de Recherche d’emploi (STR) pour « cadres » et « non cadres », d’une durée de 3 jours (2 jours pleins et 2 matinées), mis en œuvre par un prestataire :

1) Femme, vendeuse non indemnisée, 35 ans
2) Homme, travaillant dans la sécurité (hôtellerie), 28 ans
3) Homme, collaborateur d’architecte, 38 ans
4) Femmes, travaillant dans le marketing (entretiens), 37 ans
5) Homme, sociologue, 55 ans
6) Femmes, travaillant dans l’humanitaire, 24 ans
7) Femme, vendeuse, 53 ans
8) Homme, commis de cuisine, 40 ans
9) Femme, recruteuse, 36 ans
10) Homme, directeur artistique dans une boite de communication qui travaillait pour des entreprises pharmaceutique, 30 ans
11) Femme, graphiste femme, 25 ans
13) Homme, licencié de la métallurgie, 58 ans
14) Homme, biologiste, 27 ans

1) Le début du stage :

Tout a été dit dès les premiers échanges, aussi bien sur le fond et sur la forme du stage, avant même que l’animateur ne commence. La « protestation » manifestant le malaise d’être là a été menée par les moins « qualifiés » et les moins « formés ». Constatons d’emblée la chose suivante : personne ici n’est dupe des finalités et contenus du stage, et pourtant « on joue le jeu qu’ils nous demandent de jouer » (le métallo), le stage a ainsi pu se dérouler « normalement ».

Vendeuse : « Des réunions de ce type j’en ai fait déjà plein. Ils nous envoient ici sans rien nous expliquer, sans rien nous dire. J’avais rendez-vous hier pour m’inscrire et ils m’ont envoyé ici. »

Animateur : « Il ya toujours un ou deux mécontents, si vous voulez partir tous de suite, vous le faites. Moi je suis là pour vous aider. »

Travailleur bâtiment : « Ce stage ne me sert à rien... »

Travailleuse société de marketing / Agent de sécurité : « On n’a pas le choix, si on ne vient pas on est radié. »

Sociologue : « La dame qui m’a reçu hier elle n’a même pas regardez mon CV elle m’a tout de suite dit de faire ce stage et que j’avais pas le choix. »

Animateur : « On va rester calme, au Pole Emploi ils sont très débordés... Ils sont peu de gens pour beaucoup de tous ces chômeurs... »

Vendeuse : « Se rendre disponible 4 jours sans connaître notre vie... ca me coute plus de 100 euros par jour, parce que j’ai enfant d’un an qui en plus est malade. »

Animateur : « Ce n’est pas à moi qu’il faut le dire... c’est à eux qu’il faut le dire »

Vendeuse : « Malheureusement ils ne nous laissent même pas parler...ils m’ont dit, « vous y allez », point. »

Sociologue : « Moi pareil, je n’avais pas besoin de ce stage. »

Architecte : « Aujourd’hui on est là toute la journée ? »

Animateur : « Oui, jusqu’à 16 heures. »

Vendeuse 2 : « Moi je le savais pas, je croyais que c’était une demi-journée, on m’a rien dit, j’ai un rendez-vous cet après midi. »

Animateur : « Attendez, nous, ce n’est pas eux... »

Travailleur bâtiment : « Oui, mais les Assedic m’ont jamais trouvé de boulot avec ces stages, je vois pas pourquoi je dois rester... Pour moi c’est une perte du temps. »

Animateur : « Moi je pense que ça peut t’aider, ceux qui ne sont pas convaincus, vous pouvez essayer... et vous verrez à la fin. »

Travailleur bâtiment : « Désolés, je vais partir et je vais les voir. »

Animateur : « Si tu pars tu me laisse ta fiche bio, je dois remplir des papiers...dommage ça pourra t’aider ... Vous revendiquez sec aujourd’hui, je n’ai que de révoltés dans ce stage. C’est toutes les semaines que je vois de situations comme ça, seulement là c’est particulièrement... Vous êtes nombreux à être remontés. Nous, on est là pour vous aider et ce qui restent pourront le vérifier... On est tous au même point, puisque à la fin vous serez mes évaluateurs... »

Vendeuse : « On est mal informés, ce n’est pas parce que on est demandeurs d’emploi qu’on est tout le temps disponibles. »

Animateur : « L’intérêt du stage est quand on devient un peu amis et on s’entraide, quand on fait du réseau... »

2) La formation : un « usinage sémiotique »

Le plus impressionnant dans ces stages, mais aussi dans le travail de Pôle emploi, est la sensation d’être immergé dans un bain de novlangue. La langue parlée par les animateurs et la langue écrite des textes distribués, le lexique, le ton, l’expression des « agents » sont ceux de l’entreprise, de l’activation, de la mobilisation, de l’investissement subjectif de l’ « entrepreneur de soi ». Ces stages ne servent à rien sinon à imprégner les stagiaires des sémiotiques verbales et non verbales de l’entreprise, à intérioriser les codes de communication du management, à adapter les modalités d’expression (linguistiques, corporelle, vestimentaire, etc.) requises par la compétition.
Est-ce que ces langues, ces codes et ces modalités d’expression accrochent la subjectivité des chômeurs ?
Difficile à dire. De toute façon, ce qui est sûr est que Pôle emploi n’est plus « un service public », mais une succursale des entreprises qui travaille à une homogénéisation et une standardisation des subjectivités par un « usinage sémiotique ». Les techniques « disciplinaires » (contrôles, convocations, suivi personnalisé, radiations, etc.) sont doublées par des techniques d’initiation et de maîtrise des conduites et des sémiotiques de l’entreprise.

3) Premier jour : travail « collectif »

Pendant la distribution d’un papier qui était censé nous aider dans la présentation du parcours d’un autre stagiaire et sur lequel était écrit :

« Savoir être : »

« Facteurs de réussite : »

« Je réussis surtout quand : »

« J’ai plus de difficulté surtout quand : »

« 1° Mes points forts (qualités relationnelle, aptitude pour le travail en équipe, sens de contacts, capacités à prendre de initiatives... etc... autonomie, rapidité, dynamisme, ambition, etc.) »

« 2° Mes points faibles (lent, manque de mémoire, manque d’organisation, timide, individualiste, têtu, n’aime pas manager, difficulté à animer une équipe , etc.) »

Pendant la distribution de cette prose donc, la vendeuse est intervenue immédiatement :

Vendeuse : « J’ai déjà fait ça il y a dix ans... mais à l’époque ils nous le proposaient, c’était nous que le demandions. »

Animateur : « On se met d’accord, puisque ça me perturbe qu’on me conteste le travail que j’essaye de faire... on a tous quelque chose à apprendre..., si ce n’est pas le cas vous rentrez chez vous... »

Graphiste : « C’est plutôt savoir paraître que savoir être... comment paraître pour l’entreprise... ».

Tout le monde semblait être d’accord avec cette remarque qui nomme à la fois le décalage et le consentement, le retrait et la participation au « jeu qu’on nous demande de jouer » :

L’animateur en reprenant en main la situation : « L’emploi c’est 20% de compétence et 80% de savoir être. Savoir être à sa place, savoir tenir sa place. »

Cette dernière affirmation me semble bien résumer les objectifs de Pôle Emploi.

4) L’après midi des tests :

On passe le test du « Quotient émotionnel » qui doit mesurer la réaction à des situations de stress et de prise de décision (les tests sont tous étasuniens). Les deux premières questions du test sont :

1) Vous êtes sur un avion, il y a des perturbations qu’est-ce que vous faites ? a) vous appelez l’hôtesse b) Vous consultez ce qu’il faut faire c) vous paniquez d) vous continuer à lire.

2) Vous accompagnez 4 enfants au parc, ils se chamaillent. Qu’est-ce que vous faites ? a) vous le séparez b) vous leur expliquez c) etc

Les chômeuses qui étaient dans mon groupe ont commencé à dire : « On connaît ça, dans Marie-Claire il y a plein de trucs pareils, on répond et après on sait qui on est. Heureusement qu’il y a Marie Claire et le stage de Pole Emploi »
Le chômeur qui a totalisé le plus de points a été la chômeuse qui voudrait travailler dans l’humanitaire et qui jusqu’à présent n’a fait que des stages. Le gagnant dans ce genre de test est toujours celui qui se rapproche le plus de la normalité, d’une réaction attendue selon les standards de comportements « politiquement corrects ». Que ce soit l’humanitaire qui gagne me paraît correspondre parfaitement à la logique du test.

Le jeu des valeurs : l’animateur donne une liste de 50 valeurs en ordre alphabétique :

Altruisme, ambition, amitié, amour, argent, art du bonheur, assiduité, assurance,[...] sincérité, sociabilité, solidarité, statut social, succès, tempérance, tendresse, travail, vaillance, vérité, vie, vie associative, vie de famille...

Il fallait en choisir 10 et par une élimination ultérieur arriver à 3 ou 4 valeurs. Les valeurs qui restaient étaient censées être « vos valeurs et représenter votre personnalité ».

L’animateur pendant qu’on choisissait les valeurs répétait :

« Ça permet de voir si on est en accord avec soi - même », « Ça fait du bien de se reconnaître dans ces résultats », « On y trouve une part important de nous même », « Ça résonne en nous. »

5) Conversation avec l’animateur d’atelier (premier jour)

L’animateur m’a donné l’impression, comme nous tous, de ne pas porter le moindre intérêt au stage et à ses résultats. Il n’était pas méchant et ne croyait pas plus que nous à ce qu’il faisait. Probablement n’avait-il pas « réussi » dans le cinéma et s’était-il trouvé à faire de la formation pour « gagner sa vie », sans aucune « vocation » pour cela. Il disait des choses de bon sens, c’est-à-dire d’une banalité affligeante. On avait l’impression d’être à l’école. Si on terminait 10 minutes avant l’heure, il fallait attendre que ça « sonne » pour ne pas se faire repérer par les autres groupes (il y avait plusieurs groupes qui faisaient le même stage dans le même espace).

L’échange avec lui tourne à vide rapidement autour de l’idée de se « rencontrer », objectif et intérêt du stage qu’il répète à l’infini. Faire que les demandeurs d’emploi se « rencontrent », dans ces conditions, ne correspond à rien, puisque tout le monde fait « semblant ». Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs lorsque le sens du stage est de convoquer les gens sous la contrainte, de leur faire sentir qu’ils sont sous l’emprise d’une institution et d’occuper le temps en le remplissant d’activités creuses ?
Plus que de l’hostilité, l’animateur me mettait le cafard.

Moi : « Tu étais intermittent alors ? »

Animateur : « J’ai travaillé dans le documentaire, avant j’ai fait de la fiction comme assistant... J’ai travaillé de façon conventionnelle, mais aussi avec des réalisateurs plus intéressants dont j’ai oublié les noms. [...] Il y a un côté possible ici. Le truc le plus important de ce stage c’est de se rencontrer, c’est mettre en marche une certaine remotivation et c’est aussi la rencontre. Le plaisir que moi j’y prends, c’est le plaisir de la rencontre.... Il y a des obligations, mais malgré ça il y a de la place pour autre chose. Les gens sont seuls et ils ont besoin de la rencontre, de quelque chose qui se passe [...] La semaine dernière, par exemple, les gens, déjà au deuxième jour, ils déjeunaient ensemble... »

Moi : « Mais là aussi on a déjeuné tous ensemble au bistrot à côté et le premier jour, c’est pas sorcier, c’est plutôt normal ... »

Animateur : « Il y a une rencontre, quelque chose qui se passe... de la sympathie qui sort les gens de cette espèce de douleur pour certains de ne pas avoir de boulot d’être inquiet sur l’avenir... C’est la seule chose positive à part deux ou trois choses obligées vis-à-vis de Pole Emploi... J’ai des collègues qui font tout de façon scolaire, mais j’essaye de pratiquer l’interaction...Si les gens s’investissent... ce qui est difficile quand il y a des emmerdeurs comme toi ou d’autres qui viennent foutre mon truc en l’air en le perturbant et le niant...Mais quelque fois il y a des gens avec une joie de vivre inscrite en soi et ils arrivent à amener les choses bien mieux que moi... alors je devient une sorte de coordinateur... Je suis bien conscient de la valeur exacte du stage, certains ça les aide ... pour certains faire une lettre de motivation correcte et ciblée leur est impossible, même en ayant un niveau d’étude très élevé. »

Moi : « Que prévoit le cahier des charges ? »

Animateur : « Le CV, la lettre de motivation, les entretiens d’embauche filmés, c’est-à-dire les aider à se comporter dans un entretien et, puis transmettre le document qui prouve qu’on a bien travaillé. Les entretiens c’est un moment rigolo où les gens acceptent de se livrer, il y a des gens qui sont timides, qui sont rentrés qui ont du mal à s’exprimer... Je pense que ça les aide un peu. »

Moi : « Le coeur c’est le CV et la lettre de motivation, c’est basique. »

Animateur : « Oui c’est très basique...ce que j’essaye simplement de faire c’est que les gens se rencontrent, c’est la seule chose que je fais, après forcément... je retrouve les mêmes comportements, les mêmes attitudes dans des corps différents, j’essaye que les gens se rencontrent et s’apprécient, tu les vois partir quelque fois le soir ensemble.. ; il y a une rencontre et c’est ça qui est chouette... c’est une agence matrimoniale en fait. »

Moi : « Vous avez mesuré l’efficacité de ce stage ? »

Animateur : « Oui, c’est le réseau, une fois j’avais un directeur d’un intérim qui a trouvé tout de suite du travail après le stage et a embauché 4 personnes du stage, 4 ... quelque fois ça fonctionne, quelque fois très mal... Ce n’est pas stable. Tu peux tomber dans une configuration où ils sont tous contre toi... »

Moi : « Ca arrive ? »

Animateur : « Ça m’est arrivé avec de gens de la com, 80% travaillaient dans la com et ils me sont tombé dessus. C’était très dur parce que j’étais au début. »

Moi : « Des gens qui râlent, il y en a souvent ? »

Animateur : « Ce matin vous êtes allez un peu fort, oh là là je me suis dit, il y en a trois ou quatre... »

Un chômeur qui arrive : « Des récalcitrants... »

Animateur : « Il y en a au moins deux ou trois chaque fois, c’est inévitable... »

6) La lettre de motivation

Selon les brochures distribuées pendant l’atelier, 80 % des recrutements se font par le réseau (ce qu’ils appellent pompeusement le « marché caché »). S’il en est ainsi on ne comprend pas très bien l’intérêt de faire un stage CV et lettre de motivation. Le commis de cuisine et le métallo m’ont expliqué que pour eux le CV et la lettre de motivation ne servent à rien dans leur branche. Pour les autres ils ont tous bac + 5 et plus et donc ils sont censés savoir faire un CV et une lettre. Ce qu’éventuellement ils ne savent pas faire, c’est se soumettre aux « rites de passages » et d’ « initiation » que les lettres et le CV représentent. Pour connaître le code de soumission à ces « rites », s’adresser à Pôle Emploi (traduit dans la langue du stage « s’adapter à la demande »).

Selon l’animateur la lettre de motivation sert pour « trouver un employeur de rêve » (répété plusieurs fois ça laissait effectivement rêveur !). Il faut écrire une lettre de motivation où on doit être la fois « dynamique, enthousiaste, concis ». Il faut encore « s’exprimer au présent, supprimer la littérature » (affirmation qu’à mon avis il faut prendre à la lettre !), « aller à l’essentiel ». Ecrire une lettre c’est à la fois « s’adapter à une demande » et « une rencontre amoureuse. »

Pendant la matinée dédiée à la « lettre de motivation », j’ai fait circuler le livre Lettres de non - motivation, de Julien Prévieux (Eds Zones - La Découverte). Après avoir vainement cherché un emploi, il s’est mis à les refuser tous. Il a rédigé 1000 lettres de non motivations qu’il a envoyé aux entreprises en leurs expliquant les raison de son refus. Les chômeurs se marraient, pendant que l’animateur disait : « Très intéressant ! Très Intéressant ! »
J’ai lu quelques phrases de l’introduction du livre :

« La lettre de motivation est un jeu social dont personne n’est dupe... Elle apparaît comme la mise en scène de l’infériorité du demandeur et de la toute puissance de l’entreprise. C’est un exercice imposé de fausseté, de mensonge sur soi et d’humiliation... Ces lettres nous réapprennent quelque chose de fondamental. Retrouver cette capacité jouissive, libératrice, de répondre : non. »

Le « directeur artistique » qui régulièrement sortait sa devise préférée pour justifier sa présence au stage : « Il y a toujours quelque chose à apprendre », a dit en feuilletant le livre :

« Ce qui fait le plus peur c’est qu’il a quand même eu des réponse, même si son refus est délirant, donc les entreprises ne lisent même pas les lettres qu’on leur envoie... Ce sont des réponses automatiques... »

Il voulait acheter le livre mais pour l’utiliser pour faire (je ne sais pas comment) de « vraies » lettres de motivation.

7) La novlangue de Pôle Emploi

Entendu à un « Atelier Focus » de Pôle Emploi (il y a deux ans, à l’occasion du même atelier, je l’avais appelé « atelier faux-cul » et aujourd’hui en demandant à l’accueil la salle de l’atelier avec la même dénomination l’agent d’accueil m’a répondu « Pas mal celle-là, pas mal du tout... ». Il y a encore des gens qui ont de l’humour, même à Pôle Emploi) :

« Définir un plan d’action et organiser un suivi derrière »
« Savoir être, est primordial »
« Optimiser son planning, optimiser sa recherche d’emploi, optimiser son plan d’action, optimiser, etc. »
« Il faut être super pro » (professionnel)
« Devenir le plus autonome possible dans la recherche d’emploi »
« Se faire une petite auto - évaluation qualitative et quantitative »
« Vous pouvez la faire avec votre conseilleur référent, mais c’est aussi important de la faire vous même, chez vous »
« Etre opérationnel tout de suite »
« Pouvoir activer une candidature »
« Il faut être pile poil dans la cible »
« Etre dans le profil, exactement dans le profil »
« Il faut aller très vite droit au but »
« Il faut être sur les plus vous concernant »
« Ça dépend de ce que vous dégagez »

Le reste des deux heures de réunion était d’une banalité déprimante. Mais là aussi, comme au stage STR, il y avait une recruteuse au chômage ... ce qui m’amusait.

8) Les entretiens d’embauche

Les entretiens d’embauche, ou comment lisser la subjectivité de toute aspérité. Rien ne doit dépasser : tics, indécisions, maladresses, gestes automatique, répétitions doivent être éliminés. Il faut normaliser les comportements à travers la maîtrise des sémiotiques corporelles, des postures, des attitudes. Ils nous apprennent à nous soumettre, à passer ces rites d’initiation d’entreprise en disant toujours « oui » avec la bouche, avec le corps, avec les vêtements, avec le visage.
Cet « usinage sémiotique » n’a pas seulement comme finalité de produire des compétences, des connaissances, des codes et des modes d’expression, mais aussi d’inciter à s’investir dans des rôles professionnels et des fonctions hiérarchiques (production de « surmois » entrepreneuriaux).
Extraits de la brochure distribuée pour « bien passer les entretiens » :

« Vérifiez votre tenue vestimentaire (tenue sobre, soignée, coiffure nette, chaussures cirées...) »
« Adoptez une dynamique, ouverte, attentive, détendue, souriante, positive, franche et réfléchie »
« Soyez calme et posé, évitez les tics nerveux et les gestes automatiques »
« Lors de la présentation de votre cursus professionnel, soyez clair, concis, précis, évitez les répétitions, les silences, les tics verbaux (« euh », « OK »...) »

Lors des entretiens d’embauche, jouée par les chômeurs des deux côtés de la table, j’ai pu remarquer avec quelle vitesse et avec quelle dextérité les chômeurs font fonctionner les codes et les langages de l’entreprise. Notamment ceux qui jouaient les recruteurs. On avait l’impression qu’ils avaient fait ça toute leur vie. Lorsque j’ai fait remarquer à la graphiste sa « performance », elle m’a montré comme elle s’y était prise, en utilisant le mode d’emploi de la brochure. Ce qui indique à la fois la banalité de ces procédures, leur hyper-prévisibilité et reproductibilité, mais aussi la rapidité avec laquelle elles sont apprises et faites fonctionner.
Les chômeurs semblent pratiquer à la fois le détachement et la capacité de mobiliser les conduites et les sémiotiques de l’entreprise.
Il faut remarquer une différence entre chômeurs : le commis de cuisine, le métallo, la vendeuse avaient plus de difficulté à s’approprier et à jouer ce jeu. Les jeunes diplômés et les gens avec un niveau supérieur au Bac, par contre, s’appropriaient très naturellement ces codes qui semblent faire partie de leur environnement.
Le métallo, un peu angoissé par l’exercice, m’a demandé de faire son recruteur. Je lui ai proposé un emploi mais avec une baisse de salaire. Il l’a accepté. Signes des temps...

9) Visagéïté

Dans une salle, le dessin d’un visage et 9 numéros distribués sur neuf parties différentes de ce visage. J’ai demandé à l’animateur de quoi il s’agissait. A chaque numéro, et donc à chaque partie du visage, correspondait un comportement, une attitude, une émotion (encore un test étasunien). Ça m’a fait penser à la visageïté dans « Mille Plateaux ». (Gilles Deleuze, Félix Guattari, ed Minuit, 1980).
Le pouvoir n’est pas seulement fait de dispositifs de pouvoir et de langage, les sémiotiques du pouvoir de nos sociétés se matérialisent aussi dans le visage, visage du patron, visage du chef de l’État, visage des stars, visage du père, visage télé etc. Dans cette salle on travaillait à la production sociale du visage de l’employé fait à l’image et en ressemblance au visage de l’entrepreneur.

10) Résistance et consentement

J’ai vérifié tout au long du stage un double jeu des chômeurs, à la fois ils n’étaient pas dupes de ce qui se passait et disposé /obligés de jouer le jeu.
Toutes les activités étaient faites à la fois avec décalage et maîtrise des sémiotiques et des codes de l’entreprise. Si on parlait avec les gens, chacun avait sa technique de résistance : le commis de cuisine originaire du Bangladesh répondait toujours « oui », avec sourire, à toutes les propositions que lui fait l’animateur :

Animateur : « Tu dois maîtriser mieux le français »

Cuisinier : « Oui »

Animateur : « Tu vas t’inscrire dans un cours de français »

Cuisinier : « Oui »

Animateur : « Tu pourrais ouvrir ton propre restaurant »

Cuisinier : « Oui , bien sûr »

Animateur : « Pour toi serait intéressant de monter ton propre affaire »

Cuisinier : « J’ai des amis avec qui je pense le faire »

J’ai l’ai soupçonné de parler volontairement plus mal le français. Il m’a dit la chose suivante : « dans les cuisines il y a des gens de nationalités différentes et de toute façon on parle très peu : il y a que des ordres qui circulent et dès que le travail est terminé tout le monde part très vite. »
Le métallo au chômage depuis 5 ans attendait sa retraite et très « sagement » disait : « On joue le jeu ».
La graphiste (travail dans une revue 4 mois après sortie de l’école dont deux mois non payés, avec recours au Prud’hommes) avait accepté de faire le stage parce qu’elle pensait qu’après Pôle Emploi la laisserait tranquille.
Certains semblaient « vraiment engagés », mais c’était pour moins s’emmerder pendant le stage. Un stagiaire d’un autre groupe rencontré dans l’ascenseur répétait avec des hochements de tête résignés : « Un gâchis de temps et d’argent ».

11) « Devenir sujet », « être autonome »

Pole Emploi veut faire des chômeurs des personnes autonomes. Pourtant, en complète contradiction avec le sens du mot autonomie, Pôle Emploi augmente les contraintes, multiplie les contrôles, les « accompagnements », les suivis personnalisés, il convoque les chômeurs tous les mois, il les sollicite avec des mails, il les envoie faire l’expérience de l’ « anti-production » (1) comme dans ce stage STR.

Pour nous faire devenir « autonomes, actifs et dynamiques », on nous impose des conduites, des langages, des sémiotiques, des procédures. On nous dit comment on doit s’habiller, comment se tenir, comment se coiffer, comment parler.

Ce qu’ils appellent autonomie est, en réalité, une hétéronomie et personne ne tombe dans le panneau de ce jeu de dupes. Autonomie signifie d’abord pouvoir se donner sa propre loi. A Pôle Emploi les lois sont celles de l’emploi, de la concurrence et du marché. Autonomie signifie pouvoir produire sa propre référence. A Pôle Emploi la référence c’est toujours l’emploi, le marché, la concurrence.

Dans les sociétés disciplinaires "à l’ancienne" (école, armée usine, prison), l’injonction à la « passivité » dominait, maintenant l’injonction à l’« activité » est supposée nous mobiliser. Mais dans les deux cas il s’agit bien d’une injonction. « Devenir sujet » et « être autonome » sont des nouvelles normes d’employabilité.

Ce stages sont, mine de rien, une école d’individualisation, de soumission et de production de culpabilité et d’angoisse. Ce sont toujours les chômeurs qui doivent s’adapter, puisque ils n’écrivent pas les bons CV, la bonne lettre de motivation, puisque ils qui ne connaissent pas les règles d’un bon entretien.

Les chômeurs étaient désabusés plus qu’hostiles. Ils acceptent le stage comme un désagrément qui leur arrive, sous contrainte de radiation. Tout le monde attendait que ça passe et le plus vite possible.

Mars 2010

1) « L’État, sa police et son armée forment une gigantesque entreprise d’anti-production, mais au sein de la production même, et la conditionnant ». Capitalisme et schizophrènie, L’anti-Oedipe Gilles Deleuze, Félix Guattari, ed Minuit, 1980, p.280.


Compléments éventuels :

État social actif, ne pas céder sur nos désirs - Choming out

Dette objective et dette subjective, des droits sociaux à la dette

Techniques de pouvoir pastoral : le suivi individuel des chômeurs et des allocataires du RSA

Déprolétarisation et nouvelle prolétarisation

"Refondation sociale" patronale : Le gouvernement par l’individualisation, Maurizio Lazzarato

La personne devient une entreprise, note sur le travail de production de soi, André Gorz

À gauche poubelle, précaires rebelles et Trois critique(s) des années MITTERRAND


Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap@cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite@cip-idf.org

À la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74



 

La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil@cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Novembre 20011, le socialisme parisien à l’oeuvre, 14 quai de Charente, opération d’éventrement sans relogement de la coordination intermittente et précaire :

 

Source :  CIP-IDF > STratégie de Recherche d’emploi (STR), un stage d’usinage sémiotique des chômeurs par Pôle emploi et ses prestataires

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 20:12

 

 

57 personnes sont mortes dans les rues de France parce que les pouvoirs publics ne respectent pas la législation française en vigueur et notamment l'article 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme !

UN DENI de justice sociale qualifié comme une non assistance à personnes en danger !

Depuis trois semaines d'existence, le mouvement citoyen du 115 du Particulier a réussi à abriter plus du double de personnes avec la SEULE GÉNÉROSITE des 6878 membres qui le composent et ce, sans dépenser le MOINDRE SOU DU CONTRIBUABLE, c'est à dire TOI !

http://www.115duparticulier.fr/

Alsace : un père et sa fille de 6 ans logés chez un couple pour 6 mois ; 10 nuits d'hôtel offertes à un jeune ; quelques tentes mises à disposition ...

Des repas offerts, du café, le linge lavé, ...

Inscrivez-vous sur le site et mettez vos propositions en ligne. Vous pouvez nous signaler des personnes abandonnées que vous croisez ...

Source : Collectif SDF Alsace

 

A lire également Lettre ouverte de Brann du 26 février 2012  : comment l'état expulse des personnes en plein hiver en violant la loi !

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 20:43

 

Droit au Logement

Fédération Droit Au logement – 29 Avenue Ledru Rollin - 75012 Paris
tél : 01 40 27 92 98 • fax 01 42 97 40 18  • <http://www.droitaulogement.org/>
COMMUNIQUE
Paris le  10 02  2012

Par un arrêt historique rendu aujourd’hui, suite à une requête du DAL et communiqué en début d’après midi, le Conseil d’État a reconnu :
“ qu’il appartient aux autorités de l’État de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale; qu’une carence caractérisée dans l’accomplissement de cette tâche, peut, contrairement à ce qu’a estimé le juge de référé de première instance, faire apparaître pour l’application de l’article L 521-2 du code de la justice administrative,
une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu’elle entraine des conséquences graves pour la personne intéressée”.

Cette décision permet à toute personne sans abri, quelque soit sa situation administrative, qui a saisi en vain le dispositif de veille social (115 ...) , de saisir le tribunal administratif en “référé liberté”, et d’obtenir une décision portant injonction à l’État de l’héberger.

Cette décision est historique car elle ouvre enfin un recours effectif pour faire respecter les droits de tous les sans abris. En effet, si la loi était appliquée et respectée, il n’y aurait plus de sans abri dans notre pays.
Cet Arrêt impose à l’État de mettre en œuvre tout les moyens nécessaires à leur accueil, et par ce fait, au maintien jusqu’à leur relogement.

L’importance du nombre sans abri, de personnes logées dans des conditions de grande précarité, et de logements vacants justifie d’appliquer également la loi de réquisition, en attendant de réaliser massivement des logements sociaux, et de faire baisser le prix des logements et des loyers.

DAL demande au Gouvernement de tirer immédiatement les conséquence de cette décision, ordonne aux Préfets de mobiliser et si nécessaire réquisitionner tout les locaux et logements permettant la mise en œuvre des droits des sans abri, l’accueil toute personne sans logis, et de ne plus en remettre un seul dans la rue contre sa volonté, et de suspendre les expulsions.

 

Pour l’application de la loi:
RASSEMBLEMENT MERCREDI 15 Février à partir de 14h
Métro Rue du Bac (proximité de Matignon)

 

La décision disponible  sur: http://www.droitaulogement.org/

 

Par un arrêt historique rendu aujourd’hui, suite à une requête du DAL et communiqué en début d’après midi, le Conseil d’État a reconnu :
“ qu’il appartient aux autorités de l’État de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale; qu’une carence caractérisée dans l’accomplissement de cette tâche, peut, contrairement à ce qu’a estimé le juge de référé de première instance, faire apparaître pour l’application de l’article L 521-2 du code de la justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu’elle entraine des conséquences graves pour la personne intéressée”.

Cette décision permet à toute personne sans abri, quelque soit sa situation administrative, qui a saisi en vain le dispositif de veille social (115 ...) , de saisir le tribunal administratif en “référé liberté”, et d’obtenir une décision portant injonction à l’État de l’héberger.

Cette décision est historique car elle ouvre enfin un recours effectif pour faire respecter les droits de tous les sans abris. En effet, si la loi était appliquée et respectée, il n’y aurait plus de sans abri dans notre pays.
Cet Arrêt impose à l’État de mettre en œuvre tout les moyens nécessaires à leur accueil, et par ce fait, au maintien jusqu’à leur relogement.

L’importance du nombre sans abri, de personnes logées dans des conditions de grande précarité, et de logements vacants justifie d’appliquer également la loi de réquisition, en attendant de réaliser massivement des logements sociaux, et de faire baisser le prix des logements et des loyers.

DAL demande au Gouvernement de tirer immédiatement les conséquence de cette décision, en ordonnant aux Préfets de mobiliser et si nécessaire réquisitionner tout les locaux et logements permettant la mise en œuvre des droits des sans abri, l’accueil toute personne sans logis, et de ne plus en remettre un seul dans la rue contre sa volonté, et de suspendre les expulsions.
----------------------------------

Textes de loi :
Accueil inconditionnel des sans abri :

 
Article L345-2-2  (code de l’action sociale)
« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence.
Cet hébergement d'urgence doit lui permettre, dans des conditions d'accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l'hygiène, …»

Article L345-2-3 : «
Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. »
 
 
Loi de réquisition des logements vacants:
Article L641-1 (code de la construction) : « Sur proposition du service municipal du logement et après avis du maire, le représentant de l'Etat dans le département peut procéder, par voie de réquisition, pour une durée maximum d'un an renouvelable, à la prise de possession partielle ou totale des locaux à usage d'habitation vacants, inoccupés ou insuffisamment occupés, en vue de les attribuer aux personnes mentionnées à l'article L. 641-2. »
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:49

 

Une historiette qui me parle et appelle des visages  qui l'illustrent, une hisoriette pour des milliers d'histoires si semblables de personnes singulières, rien que la vérité... douloureuse

 

 

 

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Ses paupières se ferment. A la façon des rideaux de fer, elles annoncent la fin de son rêve. Devanture en berne, inéluctablement. Des gens pressés, un bus à prendre, ne pas être en retard pour le souper. Les rues se sont vidées, laissant place au ballet inquiétant de spectres, enchaînés de leurs espoirs déchus. Ses doux souvenirs lui reviennent en boulets de canons démâtant sa lutte intérieure.

Il se souvient des posters de super héros qui tapissaient sa chambre d’enfant, qui l’invitaient à l’exploit. De ses jouets éparpillés, orphelins le temps d’une nuit de sa créativité débordante. Emmitouflé dans sa couette, il comptait les pas de sa maman, traversant la chambrée sous les regards émus de ses fidèles peluches. Elle les sondait d’un ton inquisiteur « mais où est donc passé mon petit garçon ? ». Il était évident qu’ils ne le dénonceraient pas, les adultes sont parfois bien naïfs. Terré sous son armure douillette, il se les imaginait tout sourires, jubilant que sa cachette ne fût pas encore découverte…

Sa mère chantonnait alors avec douceur le compte à rebours  qui signifiait que les investigations s’intensifiaient : « Il était un petit homme, pirouette, cacahuète. Il était un petit homme, qui avait une drôle de maison, qui avait une drôle de maison ! ».

A la fin de cette comptine qu’il affectionnait tout particulièrement, après que sa maman ait consulté madame l’armoire, peu loquace, et monsieur le coffre à jouet, bougon comme à son habitude, elle relevait la couette et y trouvait sa précieuse créature. Il  lovait de ses petits bras le cou de sa mère, déterminé à faire le plein d’amour pour le  long voyage qu’il allait entreprendre au pays des rêves.

« L’avenir t’appartient… », lui murmurait-elle au creux de l’oreille, avant de déposer sur son front ce baiser protecteur qui chassait toutes ses appréhensions. Quand sa mère se retirait à pas feutré, il se signait. Il collectait ce doux baiser sur son front « au nom de ma mère », puis le déposait sur son cœur : « de son fils », joignait ses mains « de notre saint esprit » et les embrassait « ainsi soit-il… ».

Seize années avaient passés et sa mère n’était plus. Foudroyée par le mâle, qui l’avait détruite à petit feu, puis chassé, lui. Il avait pensé à la rejoindre bien des fois mais la cruauté ne méritait pas aussi belle offrande. « L’avenir lui appartenait » se remémorait-il.

Une larme dégringole sur sa pommette en ce funeste anniversaire. Il se désagrège  de tristesse sur sa couche. Les poings serrés, il remonte sa couverture comme un condamné s’agripperait à sa vie, puis se retourne comme le destin l’a fait voilà maintenant deux ans. A travers l’opercule, l’hiver ricane sous son nez, le fouette de tout son cynisme, le mord de ses incisives moqueuses, qui l’assaillent par milliers. Il délire encore un instant et s’endort, paisiblement.

Une lumière bleutée le réveil, l’agitation alentours est à son comble. En contre-plongée, il distingue deux masses sombres qui s’abattent sur lui. Ils les esquivent à toute berzingue. Ils se croisent sans se remarquer. Apeuré il s’immobilise, les regarde s’agenouiller en gueulant comme des putois avant de se saisir d’une carte qu’ils décryptent…

Une voix lui confirme ce qu’il pressent désormais et qu’il contemple dubitatif  «  Ici Alpha Sierra, l’individu se prénomme Mathieu Drum, 21 ans,…

L’agent de police relâche la pression exercée sur son Talkie-walkie. Il ne peut s’empêcher de murmurer : un  autre SDF… emporté par le froid dans sa maison en carton …

 

                         Mon histoire est terminée, pirouette, cacahuète.

                                        Mon histoire est terminée,

                                  Messieurs, mesdames applaudissez.

                                  Messieurs, mesdames applaudissez...

 

Pirouette, cacahuète...
Auteur : Leo - Source : ipagination

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 14:51

 

 

Hiver 2012 : les trois coups de fil que la RTBf n'a toujours pas reçu

La solidarité de la population est grande, depuis le lancement de l'opération Hiver 2012, envers ceux qui ont froid et faim, particulièrement lors de cette vague de froid. Mais la RTBf attend toujours trois appels importants.

David Pestieau

 

 

                                        

Le premier :

« Allo, ici le PDG de la succursale belge du leader mondial dans le secteur pétrolier, ExxonMobil. J'ai refait mes comptes. J'ai payé en 2010, 10 400 euros d’impôts sur un bénéfice de 4,1 milliards, soit un taux d’imposition de 0,0002 %. C'est très peu. Je vais payer l'impôt nominal de 33,99 %, cela va libérer 1,4 milliard d'euros, de quoi donner un chèque mazout de 2 000 euros à 700 000 ménages. »

 

Le deuxième :

« Allo, ici Gérard Mestrallet, à la tête de GDF-Suez. Je téléphone pour dire que finalement Electrabel paiera sa rente nucléaire à l'État de 1,3 milliard. Cela permettra une baisse de la TVA de 21 à 6 % sur le gaz et électricité. Une baisse de 200 à 300 euros en moyenne par ménage. »

 

Le troisième :

« Allo, ici Elio Di Rupo. Le kern vient de se réunir en urgence. On s'est dit que si on le fait pour les banques, on pourrait le faire pour les gens. Nous avons décidé d'interdire toute expulsion de logement en hiver, lancer un vaste plan public d'isolation des logements, une loi qui fixe des prix maximas sur l'énergie comme en France, un encadrement des prix des loyers et une hausse des moyens attribués aux CPAS pour qu'ils relèvent le revenu d'intégration sociale. »

 

La RTBf libère une ligne spéciale pour ces trois personnes.

 Sources : Mes coups de coeur

Hiver 2012 : les trois coups de fil que la RTBf n'a toujours pas reçu

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 04:47

 

Un immeuble requisitionné, expulsé cet après-midi

Publié le 10 février


Aujourd’hui l’occupation d’un immeuble a été rendue publique par un rassemblement regroupant une quarantaine de personnes. La réquisition faisait suite à l’appel au rassemblement de Demeurant Partout ce matin cours Lafayette devant les locaux abandonnés de l’OPAC. Au mépris des pièces justifiant que l’immeuble était habité depuis plusieurs jours, la police a forcé la porte, expulsé et embarqué les six personnes qui étaient à l’intérieur. Deux personnes présentes devant l’immeuble en soutien ont également été emmenées pour une audition ’libre’.

/MaJ 18h45 : Les 8 personnes ont été relâchées

Et petit rappel : liste à compléter des logements vides à Lyon, à réquisitionner

N’hési­tez pas à venir pro­po­ser sur Rebellyon vos compte-rendus d’action, suivi en live, etc : en terme de cou­ver­ture média­ti­que, et vu le niveau de la presse locale, on est jamais mieux servi que par soi-même !

- 18h45 : Les 8 per­son­nes ont été relâ­chées

- 17h10 : 8 per­son­nes ont été arrê­tées, l’action prend fin suite à l’expul­sion. Les arrê­tés ont été embar­qués au com­mis­sa­riat place Bahadourian.

- 17h : les occu­pants se font arrê­ter et embar­quer par la police !

- 16h45 : les flics sont entrés !

- 16h35 : les per­son­nes devant l’immeu­ble se sont toutes fait contrô­ler et sont rete­nues par les flics, besoin de sou­tien.

- 16h20 : expul­sion immi­nente ! Besoin de monde pour empê­cher l’expul­sion et défen­dre l’occu­pa­tion -pour­tant établie depuis plus de 48h- face à la police.

- 15h45. La police est en nombre, la réqui­si­tion est en danger, besoin de sou­tien immé­dia­te­ment sur place !

- 14h. N’hési­tez pas à rejoin­dre les per­son­nes qui occu­pent et sou­tien­nent, elles ont besoin de ren­fort, et de bois­sons chau­des !

- 11h40 : la police est arri­vée pour cons­ta­ter l’occu­pa­tion.


Voir une carte plus grande

L’asso­cia­tion Demeurant Partout réqui­si­tionne un immeu­ble aujourd’hui.

Parce que, depuis le début de l’hiver, le préfet n’a ouvert qu’au compte-goutte les 650 places pro­mi­ses de son plan froid, alors que le 115 ne cesse d’être sol­li­cité.
Parce que les auto­ri­tés pré­fè­rent sur­char­ger les foyers exis­tant plutôt que d’en ouvrir d’autres.
Parce qu’on devrait se conten­ter de lits de camp dans un gym­nase pour que les gens ne crè­vent pas la gueule ouverte dans les rues.

Depuis début février ce sont plus de 100 per­son­nes qui sol­li­ci­tent encore quo­ti­dien­ne­ment le 115 sans obte­nir de réponse. L’hiver on compte le nombre de morts, et l’été on passe sous silence le nombre d’expul­sions. Les pou­voirs publics consi­dè­rent les per­son­nes à la rue comme des sta­tis­ti­ques et des pro­blè­mes à régler. Il faut faire des pieds et des mains pour se voir « accor­der » une place, dans un gym­nase, un bun­ga­low, ou un foyer que l’on doit quit­ter à 8 heures du matin.

Nous par­lons de dignité, de décence, de droit à l’inti­mité. Nous refu­sons de réduire le pro­blème du loge­ment à des lieux de survie pen­dant les trois mois d’hiver, nous deman­dons des lieux de vie, des loge­ments pour tous, où indi­vi­dus et famil­les peu­vent se cons­truire serei­ne­ment.

Nous récla­mons un « chez soi » pour chacun et cha­cune, été comme hiver !

En novem­bre, nous avons rendu publi­que une liste com­pre­nant 62 bâti­ments vides et uti­li­sa­bles à Lyon et Villeurbanne. Aujourd’hui des mil­liers de loge­ments par­fai­te­ment habi­ta­bles sont lais­sés vides dans l’agglo­mé­ra­tion. Puisqu’il y a encore des per­son­nes lais­sées sur le car­reau, nous nous voyons dans l’obli­ga­tion de pro­cé­der nous-mêmes à une réqui­si­tion.

UNE LISTE DE LOCAUX VIDES ET UTILISABLES POUR DE L’HEBERGEMENT D’URGENCE avait aussi été publiée sur Rebellyon.

Quelques photos de la réqui­si­tion :

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Portfolio

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 07:23

 

C'est la France "civilisée" d'aujourd'hui

 

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Le propriétaire met ses affaires à la rue. Des passants profitent de l'expulsion pour faire leur marché. L’affaire fait grand bruit à Marsillargues.

 

"C’est totalement cavalier, honteux", s’insurge Bernadette Vignon, maire de la commune. Et il est vrai que les superlatifs manquent tant les faits semblent irréels. La semaine dernière, dans la nuit de jeudi à vendredi, un propriétaire a vidé toutes les affaires d’un appartement et changé les serrures. Puis des Marsillarguois se sont servis en récupérant ce qui avait été laissé sur le trottoir.

 

 

Il est déjà tard, ce jeudi, mais on s’active au 11 de la rue Pasteur, au centre du village. Accompagné d’hommes de main, un propriétaire s’affaire en pleine nuit. Et rassure même un passant. "Ce n’est rien. C’est juste un déménagement." Toutes les affaires d’un jeune homme installé dans un appartement de 45 m2 sont mises dehors sans autre forme de procès. Et les serrures changées. La manière forte. En faisant fi de toute légalité.

 

 

"Tout le monde s’est rué dessus !"


Tout aussi consternante est l’attitude d’une partie de la population, au petit matin. "Le ferrailleur était là à 6 h. Tout le monde s’est rué sur les affaires, sans se demander à qui elles appartenaient", retrace, encore effaré, un témoin de la scène. "J’ai vu quelqu’un revenir avec son véhicule pour le charger. Une femme choisissait les lampes sans se poser de question."

 

Tout était à terre : le mobilier, les vêtements. Du four à la guitare en passant par le matériel électronique, une vraie caverne d’Ali Baba. Mais personne ne va donner l’alerte ou s’interroger sur l’origine de toutes ces affaires en bon état. "Il y en avait sur 3 m de large et 20 m de long. Un vrai déménagement." Recyclé avec avidité par quelques bonnes âmes locales.

 

Le locataire des lieux, accaparé par sa vie professionnelle, n’arrive, lui, que le vendredi soir à Marsillargues. Et trouve porte close. Le temps d’apprendre qu’il n’a plus rien. Mobilier, habitat, matériel professionnel. Tout s’est évaporé.

 

Deuxième coup de massue : "La gendarmerie de Lunel n’a pas pris ma plainte, se déclarant incompétente", regrette-t-il. L’affaire est aujourd’hui dans les mains de son avocat.

Elle interpelle aussi la municipalité. "Je vais recevoir le locataire lundi, assure Bernadette Vignon. Il y a des lois. On ne peut pas agir comme ça, surtout en période hivernale."

 

La Ville a également mis tout en œuvre pour récupérer un maximum des biens de cet homme. Avec, pour l’instant, un certain succès.

 

Midi Libre

 

Finalement oui,  toutes les civilisations ne se valent pas, beaucoup ont une plus haute idée de l'hospitalité et du sens de l'humanité que la civilisation occidentale pour qui l'homme n'est plus qu'une occasion de faire du profit.

 

Aux USA ce n'est pas mieux lire : 

 

17 000 enfants SDF à New York

 

Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-c-est-la-france-d-aujourd-hui-98731246.html


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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 00:13

 

Soutenez -les

 

Collectif SDF Alsace

 

Je relaie ces bonnes nouvelles trouvées au hasard de mes recherches.... soutenez-les, c'est essentiel, soutenez la lutte contre l'expulsion des camings des sans-domicile et celle des réquisition d'immeubles vides qui se mettent en place... et vous aurez vraiment contribué à la construction d'une société plus juste. Beaucoup de gens pas chaud, chaud pour les campings au départ s'y créeent un univers de solidarité et de convivialité qui permet aussi aux enfants de s'épanouir. Beaucoup d'occupations'accompagnent de recherches de solutions de vie collestive qui développent de fort liens de solidarité... en soutenant aujourd'hui ceux qui levivent aujourd'hui, ce sont eux peut-être qui demain vous aideraons à trouver des solutions de résistance concrète aux méfaits de l'austérité. Il ne faut pas que cette loi Léonard puisse être votée dans l'indifférence générale, c'est un pur scandale et de la misère à la pelle qu'elle promet....

Là, j'ai trouvé ces nouvelles sur SDF-Alsace mais comme vous le verrez ce mouvement est national.

 

Loi Camping : le député Léonard renonce

 

Le député J.Louis Léonard, s'engage à retirer l'article régressif sur les camping et à soutenir la levée à titre “transitoire” de l'interdiction de résider dans un camping A l'issue d'une manifestation ayant réuni samedi après midi 300 personnes à Chatelaillon Plage (Charente maritime) contre l'interdiction de résider dans un camping plus de trois mois, le député maire Mr Jean Louis Léonard a reçu une nouvelle fois une délégation de DAL fédération, DAL 17, HALEM, soutenus par Mgr Gaillot et le LDH. Il s'est engagé à retirer l'article du projet de loi qui menace les habitants de camping à l'année, et à autoriser à titre transitoire la domiciliation dans un camping. Il s'agit d'entériner une situation de fait qui concerne environ 70 000 personnes, et traduit l'aggravation de la crise du logement, provoquée par la cherté des loyers et de l'immobilier, ainsi que le climat spéculatif. Les habitants de camping qui y ont établi leur résidence faute de mieux, fréquement après un accident de la vie, sont trop souvent privés des droits civiques et sociaux élémentaires rattachés à la notion de domicile, ou ont des difficultés pour y accéder (Droit de vote, scolarisation, accès aux prestations sociales, ...) Cette annonce du député maire, auteur de la Loi a été faite en présence de journalistes locaux et par un communiqué publié sur le site du député. Elle lève l’opposition du DAL et HALEM à la poursuite de l’examen de ce projet de loi. L’AG des habitants de camping des environs de Toulouse , qui s’est tenue samedi partage cette oritentation. Nous restons vigilants après cette première avancée : Nous poursuivons la lutte et militons pour encourager les habitants de camping et d’habitats précaires à se faire entendre, oubliés de la campagne électorale comme tant d’autres sans-droit. Nous demandons qu'un statut plus protecteur soit élaboré pour les habitants de camping, et d’habitations précaires ou de fortune, créant un droit au maintien dans les lieux et un droit au relogement, notamment dans le cadre d’améliorations indispensables de la procédure DALO. DAL 17 Mehdi 06 58 56 54 16 HALEM Paulot : 06 18 94 75 16 DAL fédération : 06 09 59 19 74

 

 

Objet : nouvelle réquisition, besoin de monde pour occuper les lieux

Besoin de monde pour occuper de jour comme de nuit au 12 chemin de Bitet (en haut de l'avenue St Exupéry).

Un 4e batiment réquisitionné!
Alors que l'Etat joue à la roulette russe pour se décider à déclencher son « plan grand froid » ( 2°, -3°, 0° ? …) et préfère investir dans la guerre et le sauvetage des banquiers criminels, nous vous annonçons l'ouverture d'un quatrième bâtiment, 12 chemin de Bitet, dans l'avenue St Exupéry à Toulouse. Vides depuis plus d'un an, ces logements de fonction appartenant à la municipalité, ont été réquisitionnés le 23 janvier, pour y accueillir 6 familles forcées de vivre à la rue.
La mairie nous a souhaité « une année chaleureuse et solidaire ». Merci, on va s'en charger nous-mêmes, mais du coup ce serait sympa de ne pas nous envoyer les flics et de nous indiquer tous les bâtiments encore vides.

La misère n'est pas une fatalité, elle est organisée par les gouvernements et la bourgeoisie. Toulouse ne lutte pas seule, à Tours, à Nantes, à Grenoble, à Marseille, à Paris ou à Dijon mais aussi en Europe et partout dans le monde, des galérien-ne-s s'unissent pour reprendre la ville et la partager. Il en va de notre responsabilité à tou-te-s si nous voulons en finir avec l'injustice, l'autorité et l'inégalité. Le peuple n'a besoin ni de chefs, ni de partis, ni de sauveurs. Pour nous émanciper, organisons-nous par nous-mêmes et pour nous-mêmes, par l'entraide et l'autogestion.
Nous avons besoin de nouvelles initiatives et de forces pour continuer. Nous recherchons tous types de soutiens humains et matériels ( meubles, électroménager, ustensiles, chauffage, nourriture...) pour la nouvelle réquisition.

D'autre part, il est temps de faire le point sur la campagne « zéro enfants à la rue ! ». Il ne s'agissait pas de focaliser sur les enfants mais d'attaquer le problème par l'angle de l'urgence. Ce sont bien toutes les formes de misère qu'il faut combattre. C'est entre tou-te-s les galérien-ne-s qu'il faut s'allier. Ou en est-on, où va-ton, comment on s'organise pour la suite ? Retrouvons-nous vendredi 3 février à 18h au CREA, 70 allée des Demoiselles, pour en discuter.

Tout pour tou-te-s, pouvoir au peuple

 

Source : Collectif SDF Alsace

 

Et quelques paroles de personnes qui vivent la rue, des paroles de vérité

LA RUE
passer de la rue à la vie pour nous c'est rester dans le cauchemar, sauf qu'il y a une petite flamme

manger à sa faim certains jours c'est courir à sa fin car ton corps il a pas l'habitude et dans ta tête tu pleures

même l'humidité de mes larmes j'aime pas, parce que ça me rappelle les sillons que la misère à creuser dans mon visage

si on me ramène au pays je meurs alors je veux mourir ici pour essayer de vivre

je sais pas pourquoi je suis à la rue, j'en ai aucune idée, c'est comme ça

la vie je l'aime mais c'est notre vie qui est trop moche

les travailleurs sociaux ils savent pas faire vivre les discours alors ils parlent de plus en plus et on les ignorent plus les pauvres

j'ai 19 ans je suis des foyers, de l'école de la 2e chance, des éducateurs, alors la rue, le vol, la violence c'est normal

si t'as pas vécu pour de vrai un malheur tu sais pas donner au malheur un goût d'espoir

maintenant je sais que c'est pas ma faute c'est juste une maladie alors je peux me dire "t'es manioc dépressif" et je rie

moi je pense que le problème c'est qu'on a pas compris que si on meurt c'est parce que la confiance est morte

les gens nous aiment pas, ben moi j'aime pas les gens, mais moi je ne leur fait pas de mal, je suis neutre en quelque sorte

j'aime beaucoup imaginer la vie des gens quand je regarde les fenêtres éclairées, mais la mienne je peux pas encore

on a quelque chose que les logés n'ont jamais sauf les malades, quand on se réveille on est content d'être vivant

on encaisse trop, on accepte trop les injustices, l'humiliation, notre misère elle est aussi dans la tête

La violence c'est à chaque moment qu'elle peut arriver c'est juste comme ça, c'est ça la rue

j'ai 36 ans alors moi je verrais pas le changement pour nous, mais peut-être que les prochains dans 10 ou 20 ans oui

pour tenir à la rue faut pas penser plus loin que l'heure qui vient sinon tu vois pas le bout, mais le mieux c'est de ne plus penser

je me rappelle pas la vie d'avant parfois c'était comme ça parfois autrement, tout est embrouillé et c'est tant mieux

les souvenirs c'est juste bon à te foutre la tête en vrac

alors moi je suis homo et j'ai le sida mais le pire c'est que mes parents m'ont virés, ça je ne l'accepte pas

J'étais sous le porche de l'église depuis 5 ans, mais le nouveau curé a téléphoné à la police. Je regrette qu'il ne m'ait pas dit de partir en face.

LA MANCHE

avec la manche, je regarde défiler les gens tous les jours, ils me voient pas, mais moi je vois que je ne veux pas être comme eux

si je baisse les yeux c'est que je ne veux plus voir les yeux des autres

FEMMES DE LA RUE
on m'a volé mes enfants parce que je suis à la rue, mais on m'a pas proposé de logement ni l'assos ni le juge ni la mairie

mon mari il me frappait et on l'a condamné a pas recommencer, il souriait au juge et moi je puais

pour être tranquille je vais à la bibliothèque tous les jours alors du coup je lie, maintenant j'y vais aussi pour lire

je suis pas une putain, je suis obligée de me prostituer et quel choix j'ai puisque j'ai pas de papier ?

si tu deviens pas pire qu'un mec, soit t'es violée, soit tu te maques à un connard

PRISON
j'ai volé pour aller en prison mais le juge m'a donné une chance, alors je galère à la rue, c'est pas de chance 1/2
je voulais vraiment aller en prison pour être plus libre que SDF, tu as chaud, tu manges, tu es soigné et tu peux aller à l'école 2/2

tu voles pour manger tu vas en prison tu sors t'es à la rue tu voles et tu deviens un récidiviste et t'es foutu
la vie, la rue, la prison, c'est ça qui fait que je suis violent, mais la prison c'est le pire

LA NATURE
• moi je pense que la nature elle va tout foutre en l'air, y'aura un grand raz de marée qui nettoiera tout, mais pas les hommes 1/3
• c'est la nature qui peut faire comme une révolution et là les hommes ils seront égaux devant elle 2/3      • parce que les révolutions des hommes ce sont des appels à la guerre tu vois et au bout y'a des perdants et c'est nous 3/3

y'a que la nature qui te donne quelque chose de beau, c'est pour ça qu'il faut dire aux gens de pas nous chasser des parcs

la nature c'est le seul truc vivant que j'approche

POLITIQUE
ceux qui font de la religion ils sont comme les partis et les syndicats, ils sont incapables d'agir pour l'égalité

tu sais toutes ces lois, tous ces décrets, c'est juste une fabrique a paranoïa

Strasbourg elle se fabrique pas pour nous, c'est une ville qui calcule trop alors elle nous calcule pas

dans ma tête je m'en fiche de tout, je mange un truc, je bois mes coups, je suis avec les pots, alors je ne fais pas les démarches

quand je serais grand je ferais la révolution même si j'y crois pas

Il y a forcément une raison qui fait que chaque démarche est compliquée et une raison à t'obliger à beaucoup de démarches.

CHIEN ET CHAT
moi j'aime la vie, j'aime rire et même je chante et j'aime l'amour, c'est tout grâce à mon chien Rikiki, il est tout pour moi 1/2
depuis que je suis au collectif sdf, Rikiki il mange mieux, il a plus peur des gros chiens, il boit plus dans les mares polluées, alors moi aussi 2/2

maintenant que j'ai trouvé ce petit chat abandonné j'ai un ami pour de vrais alors je dois faire attention car je suis responsable de lui 1/2
je vais appeler mon chat sardine comme ça il sera heureux d'être toujours une gentille blague 2/2

Mon chien est un mastodonte, y'a pas plus gentil que lui, mais les gens préfèrent les peluches de taiwan les cons

EXPULSION
moi je suis tombée à la rue après que mon propriétaire m'a chassé pour mettre son fils et il m'a prit mes affaires mais le juge a rien fait et voilà

je suis pas un feignant, pas toxico, pas alcoolo, pas voleur, j'ai été expulsé de mon logement et ça ne plait pas que je le dise

y'a jamais d'appart pour les gens comme moi ou alors tu peux pas y accéder, mais mon fauteuil roulant c'est pas un caprice

COLLECTIF
Avec le collectif sdf on est entre nous et on vit en autonomie, c'est la vraie vie presque et du coup on peut aider les autres pour de vrai

LaMô, quand je serais grande je veux être comme toi, sauf que je voudrais rire quand même

Je suis très content de la tente que le collectif sdf m'a acheté, maintenant je n'ai plus besoin de stresser pour faire le 115

Avec le Collectif on peut accepter d'être comme ça, mais avec l'envie que ça change à son rythme parce qu'on est des humains

Le collectif sdf t'es avec des gens de la galère, t'es compris, t'es pas seul pour faire tes trucs et tu aides les autres, suffit d'être là

On a pas besoin de raconter sa vie, on est pas obligé d'en inventer une et qu'après tu sais plus ta vie.

Quand je regarde par la fenêtre du squat je vois rien, les images sont trop mélangées, c'est un grand brouillard

Le squat il t'enlève des peurs, mais il en reste toujours assez pour être mal

C'est sûr que de refuser la télé au squat ça parait n'importe quoi et puis tu te rends compte que ça te soulage

Faire les marchés, aller voir les commerçants, faire les achats en gros, stocker puis redistribuer, c'est mon premier travail et je suis fier

Moi je suis le Geek, c'est mon surnom et je l'ai mérité, je fais la revue de presse pour que personnes ne disent qu'il savait pas

Ben moi je serais cuisinier, j'ai appris au collectif, je vais rentrer dans un truc hôtelier pour apprendre et avoir le diplôme, mais d'abord je dois me sevrer

Alors je suis passé au squat2 parce que je suis à la fin de la méthadone et que j'ai rencontré une fille normale

ALCOOL - DROGUE
quand je suis très saoul, je crie fort, mais c'est que du bruit et les heures de silence avant pourquoi on s'en branle hein?

Faire la manche, c'est vraiment avilissant mais on a pas le choix, j'ai droit à rien et je suis toxicomane 1/2
je vois pas pourquoi on m'emmerde avec la drogue vu que je la prends sur ordonnance à espace & dépendance, je suis clean 2/2

tellement c'est compliqué une journée à la rue que ça te force à rester dans un coin tranquille et tu bois ou tu te drogues

la drogue c'est pour oublier, mais surtout c'est pour ne pas ressentir pourtant j'aime me réveiller alors je viens à l'atelier 1/2
je voudrais des crayons de couleur et un taille crayons pour écrire des maux joyeux 2/2

HÉBERGEMENT
au chrs on me gavait de mots, d'idées, d'ordres, de règles et le soir on se terminait devant la télé, alors je suis revenue à la rue

C'est de la merde les hébergements. Même le meilleur il ne sait pas te laisser tranquille, ça jacasse à ta place, ça pense pour toi

Quand on me considèrera plus comme un débile j'irais en hébergement, mais je serais mort avant

Je veux plus y aller, je veux pas être avec des gens que je connais pas, je veux être tranquille et me reposer

Dans les hébergements tu as toujours la menace d'être viré pour un rien, alors je préfère rien du tout et me démerder

J'ai fait une crise cardiaque, 5 jours après mon retour de l'hosto, l'assistante sociale m'a convoquée et m'a dit de penser à chercher un job

Les foyers c'est trop de stress.

je peux pas y aller, le directeur il allait mettre Rikiki à la spa, il disait que Rikiki était un encombrement

 

A lire à ce sujet :

« Caves, parkings, bidonvilles : 200 000 personnes vivent dans des conditions misérables »

Sans abris; les condamnés à mort par l'indifférence des "élus"

  SDF : La moitié des demandes d'hébergement au 115 recalées - 

Logement : donner de faux espoirs

Comment je suis devenu SDF

«Des sdf, trouvez-moi des sdf !»

 


 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 19:23

 

 

Tribunal Administratif

Lundi après midi, salle d'audience du Tribunal Administratif

 

J'accompagne Sindy qui a été convoquée au sujet de son dossier DALO, reconnu prioritaire il y a plus de 6 mois mais resté sans aucune proposition.

Alors elle a souhaité aller plus loin, aller jusqu'au TA.

Nous avons fait une demande d'aide juridictionnelle, et il y a quelques semaines je l'avais accompagné rencontrer l'avocate commis d'office qui défendra son dossier... Une jeune femme souriante, accueillante, pétillante, qui a tout de suite mis Sindy en confiance.

 

Aujourd'hui encore Sindy est tendue... c'est impressionnant de se rendre au tribunal. Je lui ai expliqué plusieurs fois qu'il s'agit surtout d'une démarche administrative, de plus c'est l'avocate qui parlera.... il n'empêche que je la sens inquiète.

 

La salle est pleine ; plusieurs couples avec des bébés et petits enfants, des personnes seules, des avocats.

Une salle peu habituée aux rituels de ces lieux : plusieurs se sont assis là où normalement les avocats doivent s'assoir ; le président d'audience doit demander plusieurs fois aux gens de se lever lorsqu'il entre...

Il commence très vite et énumère les noms des personnes, qui se présentent une à une devant lui...

J'explique à Sindy au fur et à mesure... mais c'est compliqué, il parle vite, enchainant les dossiers les uns après les autres : les situations sont toujours les mêmes : un dossier reconnu prioritaire mais resté sans proposition, une réponse du Préfet qui rejette le dossier ("il n'y a pas de logement")... mais ce sera le tribunal qui statuera, et adminstrativement ce sera positif.... ensuite cela ne veut pas dire qu'un logement arrivera !!!

 

Un monsieur est appelé à la barre, mais il ne comprend pas un mot de français ; un homme se lève dans la salle et vient essayer de lui traduire ; ensuite c'est une dame qui menace d'accoucher d'un moment à l'autre et qui vit avec sa famille dans une petite chambre... Le président demande vivement à la représentante de la Préfecture d'accélérer le dossier... Un peu après, un jeune couple avec un petit bébé qui gazouille, et qui fait enfin sourire un peu le Président...

Plusieurs personnes ne se sont pas présentées, les dossiers sont renvoyés à une prochaine audience.

 

TA

Une dame s'avance à son tour, elle s'adresse longuement au Président en l'appelant Monsieur le Préfet et en racontant beaucoup de choses de sa vie... Le Président écoute, patient, souriant même à plusieurs moments... re repête plusieurs fois à la dame qu'elle doit retourner voir son Assistante Sociale pour refaire un dossier, car elle parle maintenant de 3 enfants alors qu'elle n'en déclarait que 2 précédemment...

 

Enfin c'est au tour de Sindy ; l'avocate se rend à la barre et l'invite à la rejoindre. Cela dure à peine 5 minutes... il n'y a malheureusement pas de changement à la situation de Sindy : elle vit en caravane, loin de tout, avec son compagnon et leurs deux enfants... isolés, sans moyen, ils n'ont pas de travail...

La réponse sera envoyée à l'avocate dans quelques jours.

 

Au retour dans la voiture, Sindy me requestionne... pas simple d'expliquer toutes ces démarches, qui ne leur donnent pas pour autant de logement !

 

Lundi 24 octobre 2011

CLAIRE MONOPOLY DU LOGEMENT

 

Suite à l'audience au Tribunal Administratif pour le dossier DALO de Sindy et sa famille, l'avocate qui défends le dossier m'envoie le courrier de réponse.

 

A moi la tâche de joindre la famille pour leur lire le contenu de cette lettre, et leur expliquer ce que cela veut dire... pas simple du tout !

En effet, le tribunal ordonne (Loi DALO) à la Préfecture de trouver un logement à la famille avant le 5 décembre 2011 ! (ce à quoi je ne crois malheureusement pas une seule seconde... suis je trop pessimiste, ou simplement réaliste ?!) ; à défaut la Préfecture sera condamnée à verser une astreinte de 20€ par jour, à partir de cette date, ... à l'Etat !!

 

J'appelle Sindy. Une tâche toujours rude que de devoir expliquer avec des mots simples le principe du DALO. J'avoue, à ce moment là, être soulagée de tomber sur le répondeur... Je laisse un message expliquant le contenu de la lettre, en insistant sur le fait qu'il était important d'aller jusqu'au bout des démarches, qu'ils ont "gagné" (mais gagné quoi ??!!), que ça peut remettre leur dossier en haut de la pile des prioritaires...

Je ne parle pas de la date fatidique, trop peur de donner de faux espoirs... je préfère simplifier les choses, même si j'ai surement tord de le faire.

A ce moment, je ne suis pourtant pas très fière de moi après cet appel, mais ils me rappelent aussitôt, je reconnais leur numéro qui s'affiche. Cette fois c'est Brice, le compagnon de Sindy qui m'appelle, ce qui est très rare...la voix enjouée, heureux :

 

"On a eu le courrier du tribunal, on ne comprend rien, mais c'est sur on va avoir un logement avant le 5 décembre, c'est écrit ! et puis sinon il y a les astreintes, ça veut dire qu'ils vont nous donner de l'argent, non ?..."

 

Et non, pas vraiment... et je suis mal à l'aise. Je lui réexplique que les astreintes sont pour une caisse particulière pour la construction de logements sociaux, justement... donc ce ne sont pas les familles qui bénéficient de cet argent. Quant à la  date, vu le contexte, au regard de la situation...

 

Je sens l'enthousiasme de Brice qui disparait d'un coup...  je l'entend dire à Sindy derrière lui :

"ouaih ben c'est de la merde ce truc en fait"

puis me lancer, agressif "oui en fait ça ne sert à rien tout ça quoi !"

 

"Si, si je crois que cela sert malgré tout à faire appliquer la loi, à faire avancer le droit..."

mais effectivement là tout de suite pour eux... ça ne les aide pas beaucoup...

 

Il raccrochera très vite, dégoutté... et moi pas très heureuse non plus de cet échange...

 

J'aimerai tellement me tromper et qu'effectivement ils aient rapidement une proposition de logement (proposition ne veut pas dire ensuite accéder au logement car il faudra ensuite défendre le dossier face à un bailleur et ses exigences), peut être que je vois trop les choses en noir, que je suis déjà trop "formatée", que je n'y crois plus.

 

Crédit visuel : photomontages Do-Zone Parody

Source : Tribunal Administratif - etre-la.over-blog.fr

Donner de faux espoirs ? - etre-la.over-blog.fr


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