24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:37


Des images qui parlent, je vois les coupes qui sont faites dans nos forêts,  mais aussi les traces irréversibles des conséquences d’un choix malheureux.Après avoir déboisé, surtout les noyers qui abondaient, pour en faire des crosses de fusils pendant la première guerre mondiale, lechoix a été fait de remplacer les feuillus par des résineux plus rentables… une catastrophe, leur croissance rapide épuise les sols et les rends impropre à d’autres reboisement sans un travail préalable de restauration de l’humus… quand je vous dis que ce n’est pas le travail qui manque… « On demande des jardiniers de planète endommagée sans limite de nombre, joies garanties. »


Comment la sylviculture industrielle va conduire le Morvan à la catastrophe écologique et économique.

La situation actuelle.

Le Morvan est couvert par environ 50 % de forêts et cette forêt est constituée d’environ 50% de feuillus (peuplement d’origine) et d’environ 50% de résineux (du Douglas aux 2/3) implantés par la sylviculture industrielle à partir des années 70, à grand renfort de subventions…
La destruction des forêts de feuillus et l’enrésinement s’accélèrent.

 

Pourquoi une part importante de la forêt va disparaître si on en ne fait rien ?

Aujourd’hui, une bonne part de ces peuplements résineux sont arrivés à maturité et, selon une logique essentiellement financière, sont appelés à être exploités rapidement.
De plus, l’exploitation prématurée des peuplements de 40 ans est devenue la règle. Cette logique conduit donc à exploiter dès maintenant les peuplements résineux de 40 ans (majoritaire en Morvan) en même temps que les plus anciens (60-70 ans), augmentant ainsi la rapidité et la durée du prévisible trou de production.

Les études de 2004 et 2007 prévoyaient sur la base d’une majorité de coupes entre 55 et 65 ans, une augmentation de production continue avec un pic de 1,2 millions de m3/an sous écorce en 2030. En 2011, les études prévoient maintenant, avec la prise en compte des récoltes précoces, un pic de production maximum de 1,2 millions de m3 /an sous écorce dès 2020 et une régression continue ensuite.

Le syndrome de financiarisation de l’économie et du court terme qui a mis à genoux notre industrie frappe maintenant la forêt du Morvan : on sait que l’on va dans le mur… mais on accélère pour gagner plus tout de suite.

 

Morvan : la bourse ou la vie.

Les études synthétisées dans les publications du Parc naturel du Morvan montrent que dès 2020, sans compter l’implantation d’Erscia, la ressource sera inférieure aux capacités de sciage.
Implanter Erscia est à la fois destructeur pour la forêt et irrationnel économiquement.
À partir de 2020, des scieries (et pas seulement les petites) devront disparaître. L’exploitation industrielle de la forêt nous conduit à une baisse de la ressource maintenant inexorable à partir de 2020 pour aller vers un trou de production de 30 à 40 ans… Chacun sait que l’étalement des coupes est la seule solution pour atténuer l’incidence du choc économique, écologique et social qui se prépare.
Plus on incitera aux coupes avec des capacités de sciage élevées, plus le phénomène sera violent, notamment en termes d’emplois, et ce dès 2020.

Le Morvan sera dévasté, son écologie et sa biodiversité déséquilibrée, ses paysages ravagés, l’avenir de nos enfants compromis... Et pour couronner le tout, on veut installer aux portes du parc un incinérateur déversant beaucoup plus de polluants qu’un incinérateur à ordures Le tourisme risque également de ne pas s’en relever.

Que se passera-t-il après ?

L’enrésinement va continuer à progresser au détriment des feuillus, considérés comme pas assez rentables. Pourtant, une gestion responsable des feuillus peut-être rentable comme le prouve le groupement forestier d’Autun Morvan Ecologie et quelques propriétaires responsables.
Les sols, acidifiés par les résineux et par une rotation trop rapide, vont s’appauvrir comme le montre également la littérature du Parc. Ce processus sera aggravé par le retrait des déchets de sylviculture des forêts qui vont finir dans les fours d’Erscia au lieu de se dégrader sur place pour enrichir le sol. Faudra-t-il, comme dans certains pays du nord, être contraint de procéder à des apports d’engrais par hélicoptères pour maintenir la production à un niveau assez rentable ?

Ne sommes-nous pas en présence d’une véritable schizophrénie politique ?

D’une main nos élus signent la charte forestière du Morvan soucieuse d’un développement local équilibré de la filière bois ainsi que d’une gestion saine de la ressource, et de l’autre les mêmes soutiennent l’implantation d’Erscia qui est à l’opposé de toutes les recommandations de la charte.
Au moment où notre pays connaît de graves difficultés économiques et voit le chômage progresser, nous partageons les préoccupations des élus locaux qui se battent pour attirer des entreprises sur leur territoire. Pour autant, ces implantations ne doivent pas se faire à n’importe quel prix.
Quant à la logique qui consiste à créer de l’emploi en 2014 tout en sachant qu’il contribuera à en supprimer plus vite et plus fort dès 2020, elle nous dépasse un peu…

La charte forestière du Morvan ouvre les bonnes perspectives, mais elles doivent devenir plus contraignantes.

Nous pensons qu’il faut :
• Stopper l’implantation d’Erscia de toute urgence et empêcher l’implantation de toute nouvelle méga scierie.
• Prendre des mesures législatives très rapidement pour garantir un étalement des coupes.
• Faire rapidement voter une grande loi sur la forêt. MM. les députés et sénateurs de Bourgogne, élus du premier territoire forestier de France, vous êtes les mieux placés pour le faire. Cette loi devra privilégier le temps de l’arbre et la stabilité de la ressource au détriment de la logique de marché à court terme, c’est indispensable aux emplois de demain (dès 2020 dans le Morvan) dans la filière bois et à la conservation du patrimoine du Morvan.
• Rapidement agir et innover pour anticiper la reconversion des emplois des scieries qui vont inéluctablement disparaître vers des emplois de 2e transformation du bois. La charte forestière avance un potentiel de création d’emploi de 1 pour 3000 m³ transformés dans une scierie industrielle contre 1 pour 40 m³ transformés dans une entreprise de 2e transformation.

Les mois qui viennent seront déterminants pour l’avenir de la forêt du Morvan et de ses environs ainsi que de ses habitants.
Les choix qui seront faits seront cruciaux et l’abandon -ou le maintien- du projet Erscia en sera le marqueur.

Extraits de la charte forestière du Morvan 2012-2015

L'enjeu central de la stratégie locale pour le développement forestier du Morvan est désormais d'assurer la pérennité de la ressource forestière morvandelle dans sa diversité. Cette stratégie se construit autour de 4 objectifs stratégiques, tous interdépendants et donc indissociables:
1. Diversifier les itinéraires sylvicoles et anticiper les changements climatiques
2. Privilégier la production locale de valeur ajoutée à la quantité des volumes exploités
3. Concilier l'exploitation forestière et les autres usages
4. Développer durablement les potentialités de valorisation du bois énergie
[...]

La diversification des itinéraires sylvicoles est la condition nécessaire à la diversité de la forêt morvandelle.
Ainsi, l'appauvrissement des sols par la replantation systématique de douglas, avec des cycles de rotation courts, induirait pour les propriétaires un risque de diminution de la productivité et compromettrait à long terme la pérennité de la ressource forestière.
À l’inverse, l'irrégularisation des peuplements et le mélange d'essences peuvent permettre la régénération naturelle, favoriser la diversité biologique et la qualité paysagère, tout en favorisant des revenus d'exploitation plus réguliers.
[...]

Le développement local des activités de deuxième transformation représente également pour le territoire un enjeu en termes d'emplois, avec un potentiel de 1 emploi créé pour 40m³ transformés, contre un ratio de 1 emploi pour 1.000 m³ dans une scierie artisanale et 1 emploi pour 3000 m³ dans une scierie industrielle.
La création d'emplois dans la transformation du bois est l'undes facteurs d'amélioration de l'acceptabilité sociale de l'exploitation forestière.
[...]

Le Parc a impulsé depuis longtemps une stratégie locale de valorisation énergétique de la biomasse forestière, privilégiant les circuits courts, via de petites chaufferies collectives (200KW) alimentées par des plaquettes forestières.
La filière bois bûche est par ailleurs exportatrice vers d'autres régions.
Si la ressource mobilisable paraît abondante, le volet énergétique demande toutefois à être corrélé avec la Charte forestière de territoire, compte-tenu de risques de concurrence sur l'approvisionnement, par rapport à d'autres débouchés (bois d'industrie, voire bois d'oeuvre) avec l'apparition de projets industriels (production de pellets, projets de cogénération ...).

Extraits de la réunion du 23 septembre 2011 sur l’avenir de la forêt

 « Un emploi créé pour 1.000 mètres cube dans l’artisanat, un emploi pour 2.000 mètres cube chez BBF, un emploi pour 3000 mètres cube chez Fruytier [en cours d’installation à La Roche en Brenil et un emploi pour 3.500 mètres cube, selon les chiffres annoncés, chez Erscia, la scierie dont l’implantation est prévue à Sardy-les-Épiry » explique Jean-Philippe Bazot*.

La disponibilité de bois montre que, passées les installations en cours ou prévues des grosses unités dont la pérennité de toutes est d’ailleurs mise en doute par les professionnels, ce n’est pas dans la première transformation qu’il faut envisager le gisement d’emplois, mais dans la deuxième transformation.

«Une unité qui prendrait le bois transformé par les scieries locales, c’est un emploi pour 40 mètres cubes assemblés »indique Jean-Philippe Bazot en dévoilant une des pistes actuellement étudiées par la profession pour valoriser le hêtre dans la construction bois: des murs massifs préfabriqués constitués de panneaux contrecollés croisés.
« La principale utilisation du bois sera certainement dans la construction ajoute le patron de BBF: ossatures, murs massifs, bardages intérieurs et extérieurs, portes et fenêtres Les technologies actuelles permettent, par aboutage de reconstituer du bois massif à partir de petits bois de qualité secondaire »

  Encore faudrait-t-il, pour développer de tels projets, que la ressource de la forêt morvandelle soit exploitée durablement.
«Il y a effectivement une crainte pour la ressource si cette surcapacité se met en place»confirme Jean-Philippe Bazot, désignant ainsi le projet Erscia et en se déclarant « 100% d’accord avec Lucienne Haese » pour dénoncer une « catastrophe annoncée ».
Écologique et... économique.

  Où l’on voit donc se constituer de fait, par des motivations diverses sinon opposées, un front du refus regroupant défenseurs de l’environnement, artisans et industriels, au projet du groupe belge IBV d’unité de sciage [500.000 m³/an], granulés [250.000 tonnes par an] et ... cogénération (production d’électricité dans une centrale alimentée au bois).

* Jean-Philippe Bazot est directeur de la scierie (entre autre) BBF Bongard Bazot et fils l’intégralité du compte rendu de cette réunion est disponible ici

Références :

Charte Forestière du Morvan 2012-2015 (A ne pas confondre avec les 2 chartes précédentes, ni avec le dépliant couleur 6 pages diffusé par le parc « la forêt morvandelle et sa Charte Forestière de Territoire » qui date de 2004 (date de la première charte) et ne sont donc pas à jour sur les chiffres de productions.)

Revue scientifique « Bourgogne Nature, la forêt en Morvan, « actualité des recherches II, quel avenir ?- 2011- (À ne pas confondre avec l’opus N°1 intitulé « la foret morvandelle » qui date de 2006).

Source :
ADRET MORVAN : Association pour le Développement dans le Respect de l'Environnement en Territoire Morvan et environs

Via :

Les Dernières Nouvelles du Monde | Scoop.it

 

Partager cet article
Repost0
12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 22:48

 

Les bons vieux procédés, on prend un patient pour qui les méthodes de soin connues ne peuvent plus rien et avec la fallacieuse et ignominieuse excuse de lui donner une chance…peut-être, sait-on jamais… on le transforme tout à la fois en cobaye et en précédent… un seuil est franchi, une nouvelle porte ouverte ves de nouvelles dérives.


 

Soigner l'autisme par la neurochirurgie ?

 

autisme.jpg

 

 

Quand la neurochirurgie tente de soigner l'autisme

 

Des médecins allemands ont implanté des électrodes dans le cerveau d'un enfant atteint de symptômes sévères associés à une forme d'autisme spécifique.

Pour la première fois au monde, la stimulation profonde, une technique neurochirurgicale consistant à implanter des électrodes dans le cerveau, a été utilisée dans l'autisme. Les résultats ont été publiés le 21 janvier dans une revue médicale secondaire, Frontiers in Human Neuroscience. Ils n'auraient peut-être pas retenu l'attention si l'opération n'avait pas été effectuée par le célèbre neurochirurgien allemand de l'hôpital universitaire de Cologne, Volker Sturm. Pour l'instant, les experts interrogés par Le Figaro y voient plus une piste de recherche qu'un espoir de traitement. D'autant qu'il s'agit d'un cas très particulier.

 


Le jeune garçon de 13 ans qui a été opéré est atteint d'un autisme de Kanner sévère avec un comportement d'automutilation mettant sa vie en danger. À tel point qu'il doit être attaché la plupart du temps. Il souffre également d'une infirmité motrice cérébrale et se trouve confiné au fauteuil, incapable de se tenir debout ou de marcher sans aide. Or, deux ans après l'opération, ces symptômes semblent s'être améliorés grâce aux électrodes placées au cœur même de son cerveau, dans l'amygdale, une petite structure aux multiples fonctions.

 


Le risque de faux espoirs

Dans le cas précis du petit patient allemand, l'impasse thérapeutique était totale puisque même les médicaments neuroleptiques utilisés aux doses maximales ajoutés à des sédatifs ne parvenaient pas à éviter les comportements auto-agressifs, ce qui a décidé l'équipe allemande à agir. «Des nouveaux traitements plus efficaces sont absolument nécessaires pour aider de tels patients. Il faut féliciter l'équipe de Sturm qui a cherché à résoudre cette situation difficile et tout fait pour aider le patient», estime ainsi Andres Lozano, professeur de neurochirurgie à l'Université de Toronto (Canada) et lui-même engagé dans des recherches sur la stimulation cérébrale profonde (voir vidéo sous l'article) dans la maladie d'Alzheimer (nos éditions du 7 décembre 2011).

 


Plus réservé, le Pr Sylvie Tordjman, responsable du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de Rennes, craint que l'annonce de ce cas unique, pour un enfant associant de surcroît plusieurs troubles, ne suscite de faux espoirs: «Il est un peu réducteur de penser qu'une zone cérébrale égale une fonction tant sur le plan comportemental que cognitif. Cela dit, cette approche ouvre tout de même des perspectives de recherche intéressantes car l'amygdale intervient aussi dans l'anxiété, fréquente chez les autistes.»

 


Mais avoir choisi une cible aussi peu spécifique que l'amygdale est précisément ce qui ennuie le Pr Marc Vérin, chef du service de neurologie du CHU de Rennes: «Les fondements anatomiques de cet essai sont contestables. On sait que dans l'autisme les lésions sont extrêmement diffuses, remarque ce spécialiste. Si les neurochirurgiens visaient les comportements d'automutilation, pourquoi ne pas avoir mis les électrodes dans le pallidum interne? La stimulation profonde de cette région, moins dangereuse et mieux connue, permet en effet d'éliminer l'auto-agression, parfois présente, dans le syndrome de Gilles de la Tourette (tics associés à des troubles du comportement, NDLR)».

 


Solange Guenez, responsable des programmes de recherche médicale à la Fondation de France, note que «de plus en plus de projets de recherche portent sur le développement normal et pathologique du cerveau. Certains supposent que l'autisme n'est pas qu'une question de lésions d'aires cérébrales mais aussi un problème de connexions, ce qui complique les choses».

 


L'amélioration des symptômes observée par l'équipe allemande interpelle le Dr Éric Lemonnier, psychiatre au CHU de Brest, en particulier à propos de l'auto-agressivité. Selon lui, «le score amélioré est celui des symptômes les moins spécifiques de l'autisme». L'initiative du Pr Sturm peine visiblement à convaincre.

 

Figaro santé

  via http://www.mleray.info/article-soigner-l-autisme-par-la-neurochirurgie--115176782.html

 

Pour en savoir d'avantage sur ces projets d'implantation d'électrodes dans le cerveau et autres joyeuse nanaotechnologies l'incontournable,
: Pièces et Main d'Oeuvre

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 22:38

La biologie de synthèse, illustration parfaite de choix de monde fait en dehors du public et de la manière dont se fabriquent les matrices d’opinion destinées à les faire accepter. Un bel exemple de la séparation consommée de la science et de l’éthique au nom d’une pseudo-objectivité qui nie le choix politique à l’origine de tout programme de recherche.

La biologie de synthèse qui n’a plus rien de biologique, mais relève du plus pur mécanisme crée des existants nouveaux avec des conséquences imprévisibles. Des enjeux qui nous concernent tous.

 

John Kaltenbrunner
Aujourd’hui le nanomonde, spécial Biologie de synthèse

vendredi 4 janvier 2013

Le mardi 4 décembre 2012, des opposants à la biologie de synthèse et aux technologies convergentes intervenaient au colloque “La biologie de synthèse entre sciences et société”, au Conservatoire national des Arts et Métiers de Paris. Colloque ouvert par Geneviève Fioraso, ministre de la Recherche & Développement. Voici leur tract.

Préparer l’acceptabilité des « OGM de demain », dès aujourd’hui au CNAM

« Avec la biologie de synthèse, vous avez un avantage, c’est que le grand public pour le moment ne connaît pas. »

(D. Raoul, Sénateur, Vice-président de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques)

Aujourd’hui, 4 décembre 2012, se tient au CNAM une conférence organisée par le Génopole®, centre de recherche en génomique qui vise à « favoriser l’essort des biotechnologies », et l’Institut Francilien Recherche Innovation Société (IFRIS), qui réunit plus de 1000 chercheurs en sciences sociales qui étudient les sciences, les technologies et leur contestation. Cette bande de tristes lurons passera la journée à mijoter le prochain ravage bio-industriel : la biologie de synthèse. Ce mariage transgénique entre monde biotech et sciences sociales profitera du soutien de Geneviève Furioso, « Miss(nistre) Dollars » [1] de la recherche. La pasionaria du nucléaire et des nanotechnologies ajoutera toute son ardeur personnelle à ces cogitations de synthèse qu’ils nous régurgiteront d’ici peu. Mais, à 120 euros l’entrée, la recette est encore bien gardée.

« Biologie de synthèse », de quoi s’agit-il ?

On sait qu’avec les OGM, l’industrie a appris à intervenir sur le code génétique d’un organisme existant pour le doter d’une fonctionnalité donnée – rendre un maïs résistant à un pesticide par exemple. On sait qu’avec les développements conjoints de l’informatique et des nanotechnologies, elle se dote de moyens toujours plus puissants pour agencer la matière, construire des objets et traiter des informations à l’échelle du nanomètre. La suite logique, pour aller vite, c’est la biologie de synthèse, soit rien de moins que ce que son nom indique : par croisement de l’ingénierie génétique, des nanotechnologies et de l’informatique, ingénieurs et techniciens peuvent maintenant synthétiser ex-nihilo un code génétique entièrement nouveau. Autrement dit : programmer un ordinateur pour donner vie à des choses artificielles, des organismes vivants qui n’ont rien à voir avec ce que crée la nature. Et puisqu’ils le peuvent, ils le font. Oublions la référence romantique au monstre de Frankenstein. Ceux du XXIe siècle seront innombrables et minuscules, et sans doute bien plus réels : virus synthétiques, bactéries-machines, nano-robots à hélice d’ADN [2]. Avec les promesses d’un « progrès » techno-écolo, les profits seront juteux et les ravages certains. Arrivent les nouveaux OGM et la privatisation du vivant, les bactéries génétiquement modifiées relâchées dans la nature comme pseudo-solution environnementale aux saccages industriels, et le tout avec des codes ADN nouveaux pour nous assurer que ces organismes-machines ne se mélangeront pas avec les autres êtres vivants. « Et si ça se mélange quand même ? », demandez-vous. Oui, ça fait peur. Mais, comprenez la logique : les dégâts, c’est la ressource du progrès de demain.

Vous ne connaissez pas encore la biologie de synthèse ? C’est normal, ses promoteurs nous y préparent très en avance.

N’ayez crainte, ils sont quelques dizaines réunis aujourd’hui à veiller à votre ignorance. Car si ces machines-vivantes n’ont pas encore envahi nos vies biologiques et politiques, les sociologues de l’IFRIS préparent déjà leur acceptabilité sociale. Parce qu’ils ont échoué avec les OGM, cafouillé avec les nanos, il serait terrible pour nos techno-furieux de reculer à nouveau sur la biologie de synthèse. Et, c’est bien pourquoi le gratin techno-scientifique se réunit aujourd’hui : l’anticipation facilite l’acceptation, affaiblit les résistances et prépare l’invasion de la dernière innovation dont nous n’avons ni besoin, ni envie. Cette canaille interdisciplinaire étudie les précédentes oppositions aux technologies, afin de repérer leurs failles et de les exploiter pour nous faire avaler le poison. Ils nous préparent une fois de plus des pseudo-débats publics dans le seul but de nous acclimater à la biologie de synthèse. Ils nous diront évidemment qu’il n’y a pas de risque-zéro (mais, bien sûr, « sans risque, pas de progrès ») et nous barbouilleront d’éthique. Avec un peu de chance, ils nous offriront même un atelier de « biologie de garage » : des bactéries synthétiques ludiques et participatives pour nous faire oublier que demain, c’est celles de Monsanto qui nous seront imposées.

Vous, là-dedans ! Nous n’avons ni question, ni incertitude. Notre position est déjà figée : nous n’acceptons pas.

John Kaltenbrunner

Paris, le 4 décembre 2012

Téléchargez ci-dessous le numéro 18 de Aujourd’hui le nanomonde, spécial Biologie de synthèse.

www.nanomonde.org/-Les-Nanotechnologies

Sommaire

- p.1 – Comment rendre l’épouvante acceptable

- p. 2 – Manipulations, mode d’emploi

- p. 3-4 – Un doctorant et le directeur du Génopole d’Evry nous écrivent (et nous leur répondons)

- p. 5-6 – Tract distribué au colloque du Génopole « La biologie de synthèse entre sciences et société » le 4 décembre 2012

[1] La ministre confiait au Journal des Entreprises en octobre 2009 : « À un moment, ils m’appelaient Miss dollar, s’amuse-t-elle. C’est vrai. Ça ne sert à rien de chercher à faire le top du top si on ne le vend pas ». http://www.lejournaldesentreprises....

[2] Je tire cette présentation d’un texte récent de Frédéric Gaillard, à lire pour qui voudrait en savoir plus : « Innovation scientifreak : La biologie de synthèse ». http://www.piecesetmaindoeuvre.com/...

 

Source : Aujourd’hui le nanomonde, spécial Biologie de synthèse - [Divergences2 ; revue libertaire internationale en ligne]

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 20:35

 

 

Par Emmanuel Haddad (14 janvier 2013)

Les Français s’éclairent et se chauffent grâce à leur travail : ces centaines de mineurs nigériens qui ont passé 20 ou 30 années de leur vie à extraire de l’uranium pour Areva. De l’uranium qui, importé en France, alimente ensuite nos 58 réacteurs nucléaires. Souvent victimes des effets des radiations, ils souffrent et meurent aujourd’hui dans l’indifférence. Pas question de reconnaître leurs maladies professionnelles. Combien de temps le leader français du nucléaire continuera-t-il à les mépriser ? Reportage.

 

L’extraction minière d’uranium au Niger serait-elle l’une des activité les plus sûres au monde ? Areva y exploite deux mines depuis le début des années 1970 [1], et emploie aujourd’hui 2 600 personnes. Or, en un demi-siècle, seuls sept dossiers de maladies professionnelles d’employés travaillant dans les mines d’uranium d’Arlit et Akokan, dans le Nord-Niger [2], ont été validés par la sécurité sociale nigérienne. Et sur les sept travailleurs victimes de pathologies professionnelles, cinq sont des expatriés français, indique Ousmane Zakary, du Centre de sécurité sociale de Niamey. Seuls deux mineurs nigériens sont concernés, alors que le personnel nigérien constitue 98% des employés d’Areva sur place. Une performance sanitaire !

L’extraction d’uranium ne serait-elle pas plus dangereuses pour la santé des travailleurs que la culture d’oignon ou de mil ? Les Français, dont une large part de l’électricité est produite grâce au minerai nigérien – qui alimente un tiers des 58 réacteurs nucléaires – doivent-ils se réjouir de l’attention portée par Areva à la santé de ses salariés ?« Les mineurs d’uranium sont exposés à des radiations ionisantes tant par irradiation externe qu’interne. Ils sont exposés dans les carrières d’uranium, les mines souterraines, les usines d’extraction de l’uranium, mais aussi à leur domicile et en ville », décrit pourtant Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission d’information et de recherche indépendantes sur la radioactivité (Criirad). L’organisme a réalisé de nombreuses analyses sur la présence de gaz radioactifs dans l’air, l’eau et l’alimentation à Arlit. Dans cette zone, 35 millions de tonnes de déchets radioactifs sont empilés à l’air libre depuis le début de l’exploitation. Au gré du vent, du gaz radon et ses dérivés s’en échappent. Des substances « classées cancérigènes pour l’homme par l’IARC [Centre international de recherche sur le cancer] dès 1988 », précise l’ingénieur en physique nucléaire.

Pas de suivi médical pour les anciens mineurs

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de maladies professionnelles déclarées ? Soit Areva est effectivement exemplaire, soit ces maladies professionnelles sont dissimulées, écartées des études et des statistiques. Au Centre de sécurité sociale de Niamey, la capitale nigérienne, Ousmane Zakary esquisse une réponse. C’est le médecin des filiales d’Areva en charge de l’extracion (la Somaïr et la Cominak) qui doit alerter la sécurité sociale de l’existence d’une maladie professionnelle au sein de son personnel. Puis un médecin du travail mène une contre-expertise. Or « de nombreux ouvriers se plaignent que le médecin de la Cominak leur pose des problèmes pour déclarer leur maladie professionnelle. On essaye de leur cacher leur situation de santé », témoigne Ousmane.

Pire : seuls les mineurs en activité peuvent recevoir une prise en charge sanitaire de l’État nigérien. « Il n’y a pas de suivi médical pour les anciens mineurs. Pourtant les maladies liées à la radiation se déclarent souvent des années plus tard, décrit Ousmane. « Il y a quatre ans, le directeur adjoint d’Areva au Niger et son DRH sont venus pour en savoir plus sur la situation des anciens mineurs ». Cette visite n’a rien changé : les anciens travailleurs des mines d’uranium du Niger ne sont toujours pas couverts par leur ancienne entreprise ou par l’État.

« Ils sont tous morts ! »

Pourtant, les témoignages de malades ou de familles d’anciens mineurs décédés affluent.« Mon mari faisait partie des premiers agents de la Somaïr. Tous ses collègues sont morts, de cancers, de problèmes de reins, de foie… Parmi ceux qui sont restés, beaucoup sont malades ou paralysés. Mais on ne peut pas dire que c’est lié directement à l’irradiation, il aurait fallu faire des études ! », se désole Hamsatou Adamou, sage-femme, responsable de la maternité du centre médical d’Arlit, puis de la Cominak.

Elle participe chaque semaine à la réunion de l’Association des anciens travailleurs du secteur minier et leur famille (ATMSF), créée en 2009 par Boureima Hamidou. Cet ancien échantillonneur de la Cominak, victime de ce qu’il considère comme un licenciement abusif, cinq ans avant sa retraite, a décidé de se mobiliser pour les mineurs. Dans le local exiguë de l’association, des sexagénaires patientent, tous atteints de paralysie, souffrant d’insuffisance rénale ou de troubles pulmonaires. Des survivants. La plupart des mineurs d’Arlit et Akokan qui ont travaillé entre les années 1970 et 1990 pour le compte d’Areva ne sont plus là pour témoigner. « Ceux qui ont pris leur retraite début 1990 n’ont pas tenu deux ans. Ils sont tous morts ! C’était comme une épidémie ! », décrit Cissé Amadou, qui a travaillé vingt ans comme cadre pour la Somaïr à Arlit.

De l’uranium à pleines mains

Ancien ouvrier de la Cominak, Mamane Sani fait partie de ces chanceux qui ont survécu. Mais à quel prix… C’est l’heure de la prière. Le frêle homme vêtu de son boubou ne parvient pas à laver son pied gauche, selon le rituel musulman des ablutions. Depuis 1992, il est paralysé du côté gauche. Une maladie qui s’est déclarée « trop tard » pour être reconnue. La Cominak n’a pris en charge aucun frais de santé, malgré 25 ans passés à travailler pour la société minière. Dans son travail, Mamane était au contact direct avec le « yellowcake », un concentré d’uranium qui, une fois enrichi, permet de produire de l’énergie nucléaire.

Plusieurs anciens mineurs pointent l’absence de protection : « Je maniais directement l’uranium. Au début, les gants, on ne savait même pas ce que c’était. Il n’y avait pas non plus de masques. Tout ça est venu après », raconte Islam Mounkaïla, président de l’ATMSF, et opérateur de fabrication dans l’usine de transformation de la Cominak pendant 20 ans. Des témoignages assez éloignés des déclarations d’Areva, premier employeur privé du pays, qui affirme avoir « intégré la sécurité comme une composante de son métier et [mettre] en place une politique de prévention depuis le début de son implantation au Niger. »

Areva condamnée pour « faute inexcusable »

Areva a bien créé un comité de santé et sécurité au travail… En 1999, 45 ans après l’ouverture de sa première mine. Le port de gants et de masques de protection est aujourd’hui obligatoire pour tous les travailleurs miniers, souligne Boureima Hamidou, qui dénonce cependant le manque de formation chez les employés. Un progrès bien tardif. « Pour une maladie professionnelle reconnue chez un salarié français ayant travaillé au Niger, combien de morts et de malades dus à la radioactivité – rendus invisibles par les choix d’organisation du travail – chez les travailleurs du Niger et dans la population riveraine des mines et des usines d’uranium dans ce pays ? » s’interroge Philippe Billard, de l’association Santé sous-traitance du nucléaire-chimie. L’ancien « nomade du nucléaire » réagissait à la mise en accusation d’Areva, devant le tribunal des Affaires sociales de Melun, concernant le décès de Serge Venel, cadre de la Cominak de 1978 à 1985, mort d’un cancer. Areva a été jugée coupable de « faute inexcusable » par la justice française. L’entreprise s’est empressée de faire appel.

Vers une action juridique d’envergure ?

Islam Mounkaïla, le président de l’ATSMF, se souvient bien de Serge Venel : « C’était mon chef opérateur. Nous étions beaucoup plus exposés que lui : en tant que mécanicien, il n’intervenait qu’en cas de panne ou d’incident, tandis que nous étions en permanence en contact avec le minerai », explique-t-il, entre deux crises de toux. Si les anciens mineurs nigériens ont souffert des mêmes pathologies que celle qui a emporté Serge Venel, une action juridique d’envergure serait envisageable pour obtenir réparation. « S’ils dédommagent la veuve de Serge Venel, nous sommes des milliers de personnes au Niger à partager son sort, en pire », avertit Boureima, qui attend avec impatience le résultat du procès en appel, qui aura lieu le 4 Juillet 2013 à la Cour d’appel de Paris.

Ce procès servira-t-il la cause des travailleurs nigériens ? « La jurisprudence du Tribunal des Affaires de sécurité sociale de Melun pourrait parfaitement être transposée (…). Dans ce cas, la juridiction compétente serait le Conseil de Prud’hommes, en considérant, comme l’a fait le tribunal de Melun, que la société Areva était leur co-employeur. Cette demande pourrait être présentée par les travailleurs eux-mêmes ou par leur famille en cas de décès », explique l’avocat Jean-Paul Teissonnière, spécialisé sur ces questions.

Toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium

Une véritable bombe à retardement qu’Areva s’est empressé de désamorcer en créant en décembre 2010 l’Observatoire de Santé de la région d’Agadez (OSRA), en réponse aux revendications croissantes de la société civile d’Arlit, de Médecins du Monde et de l’association Sherpa. Ces ONG dénoncent depuis 2003 les atteintes à l’environnement et à la santé des travailleurs des mines d’Areva au Gabon et au Niger. L’objectif : offrir « un suivi post-professionnel des anciens collaborateurs exposés à l’uranium », décrit Areva sur son site internet. Avec une consultation médicale – examen clinique, radiographie pulmonaire pour ceux exposés au minerai, analyse sanguine – tous les 2 ans. L’OSRA doit également assurer un suivi sanitaire des populations de la zone minière, avec une analyse des données indépendantes et scientifiques (registres médicaux des maladies constatées, rapports des hôpitaux, études de cas…) disponibles. Et doit conduire « une étude sur la mortalité des mineurs de 1968 à 2005 afin d’assurer une totale transparence sur l’impact sanitaire de l’activité minière actuelle et passée ».

Transparence, donc. Mais après un an de consultations médicales, toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium ! « Nous avons relevé quatre dossiers problématiques, dont deux révélant des anomalies. Après analyse, le comité médical de l’OSRA a indiqué qu’il n’y avait pas de lien avec l’exposition à l’uranium, mais nous avons souhaité les prendre en charge tout de même. Et là, on entre dans l’action de santé publique, car on leur un offre un suivi médical, même s’il s’avère qu’ils n’ont pas de maladie professionnelle », se félicite Alain Acker, directeur médical d’Areva.

Le sable, plus dangereux que l’uranium...

Dans un rapport [3], Greenpeace met pourtant en évidence une pollution radioactive dans l’air, dans l’eau et dans les nappes phréatiques, et un manque de sensibilisation de la population à Arlit, où « le taux de mortalité des maladies respiratoires (16%) est deux fois plus élevé que la moyenne nationale (8,5%) ». Areva réagit en publiant son propre rapport, Areva et le Niger, un partenariat durable. On y apprend que « la communication de Greenpeace repose essentiellement sur les peurs du public et la désinformation », tandis que les affections allergiques sont dues « aux actions agressives du sable pour les yeux et les poumons et non à l’activité minière comme le laisse supposer Greenpeace » !

Quand le journaliste Dominique Hennequin revient du Niger et du Gabon avec un reportage à charge, Uranium, l’héritage empoisonné, diffusé sur la chaîne Public Sénat, il est rappelé à l’ordre par le porte-parole d’Areva pour avoir osé affirmer que l’accueil organisé par la société minière lui rappelait la Corée du Nord… Mais comment parler de transparence, quand l’OSRA est financé à 100 % par Areva ? « Moins d’un tiers des anciens travailleurs des mines a été recensé : 472 à Arlit et 39 à Agadez. Sur ce tiers, seule une centaine a reçu une visite médicale, décrit Cissé Amadou, l’ancien cadre de la Somaïr.

Opération de communication

« Le pire, c’est que les visites ont été supervisées par le docteur Barazé, médecin de la Cominak pendant des années. Comment un docteur qui n’a jamais relevé de pathologie liée à l’irradiation chez des ouvriers, qui ont tous trépassé deux ans après leur départ de la mine, pourrait revenir sur son diagnostic aujourd’hui ? », poursuit Cissé Amadou. Après trois ans de partenariat avec l’OSRA, l’association Sherpa a annoncé le 18 décembre 2012 son retrait. Pour l’ONG, la nouvelle direction d’Areva a « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage. ». L’avenir de ce « dialogue exemplaire et sans précédent entre des Autorités nationales, les organisations non gouvernementales (ONG) et un partenaire industriel responsable », selon les mots d’Alain Acker, directeur médical d’Areva, semble bien compromis.

Pour Bruno Chareyron, de la Criirad, le suivi post-professionnel de l’Observatoire de santé est de toute manière biaisé, Areva ne prenant en compte qu’une « liste périmée et incomplète » de maladies professionnelles induites par la radioactivité, estime l’ingénieur. « Les connaissances actuelles sur les effets des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnement montrent que les atteintes à la santé concernent de nombreux types de cancers et l’ensemble des fonctions vitales. Il peut s’agir d’atteintes cardiovasculaires, de maladies rénales ou d’affections neurologiques, et pas seulement de cancer broncho-pulmonaire, de sarcome osseux ou de leucémie. » Autant de mots posés sur les maux d’Islam, qui souffre de « lourdeur dans la joue, la main et le genou droit », de Mamane, à moitié paralysé, d’Aboubacar Ilitimine, foreur à la Somaïr depuis 1976, qui souffre d’insuffisance rénale… Comme de nombreux anciens travailleurs miniers nigériens.

Ces anciens travailleurs pourraient aussi faire jouer leur « préjudice d’anxiété », pour obtenir des dommages et intérêts, comme ceux reconnus [4] pour les salariés non malades exposés à l’inhalation de poussières d’amiante. « Dans l’hypothèse où le lien de causalité serait trop difficile à établir, nous pourrions envisager devant le Conseil de Prud’hommes des demandes au titre du préjudice d’anxiété lié à une exposition fautive à la radioactivité, dans des conditions de danger que l’employeur, en l’occurrence Areva, ne pouvait ignorer », expose Jean-Paul Teissonnière. L’avocat, spécialisé sur les questions sanitaires vient d’obtenir entre 5.000 et 30.000 euros de dommages et intérêts pour les salariés de la société Eternit non malades exposés à l’amiante. Qu’elle soit juridique ou politique, la solution qui permettra aux anciens travailleurs miniers nigériens d’obtenir une prise en charge médicale doit être trouvée au plus vite.

Emmanuel Haddad

Lire aussi : L’industrie nucléaire française procède à un véritable pillage au Niger

Notes

[1] Du temps de la Cogema, qui fait partie d’Areva.

[2] Gérées par les sociétés Somaïr et Cominak, dont Areva est l’actionnaire principal respectivement à 63,4% et 34%.

[3] Abandonnés dans la poussière

[4] Par la chambre sociale de la Cour de Cassation du 11 mai 2010

Source : Comment Areva laisse mourir ses travailleurs au Niger - Nucléaire - Basta !

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 01:37

 

HAARP fait partie des sujets que  j’évite parce que je ne me sens pas assez informée. Mais voici un article intéressant pour poser le problème. On retombe dans la catégorie capables du fait, oui. Coupables ? Avec autant de précédents qui au vu de la totale dégradation éthique des adeptes du Profit, du tout contrôle et du tout détruire donnent à penser que s’ils ont demain des moyens de détruire plus et plus vite et de contrôler d’avantage, ils n’hésiteront pas à le faire. Nous sommes en face de gens atteint d’une forme grave de paranoïa parce que seuls les paranoïaques extrêmes ont ainsi une obsession de tout contrôler quitte à détruire les ennemis qu’ils se sont inventés.

J’ai lu et visionné des documents au sujet de HAARP, et le partage la conclusio de l'auteur de l'article : 
 On ne peut pas le laisser sans contrôle international !

 

 

HAARP :
la nouvelle arme absolue des USA

Haarp, c'est quoi ?

Les militaires américains sont passés maîtres dans l'art de camoufler leurs opérations secrètes sous le couvert de recherches pacifiques. Ainsi, HAARP signifie "High Atmosphere Auroral Rechearch Program" ("programme de recherche sur les aurores boréales en haute atmosphère"), un nom calculé pour ne faire peur à personne, avec un budget apparemment pas trop élevé  (30 millions de dollars par an officiellement).  HAARP à Gakona (Alaska)En réalité, depuis plus de quinze ans, se déroule sous ce couvert un projet gigantesque de construction d'une nouvelle arme terrifiante. La première réalisation est une station située à Gakona en en Alaska, station dont la puissance double régulièrement au fur et à mesure que de nouvelles installations voient le jour (960 kW en 2003, 3,6 mégawatts en 2006, 20 mégawatts en 2008). D'autres stations sont en construction. Mais cela ne constitue que la partie émergée de l'iceberg. L'île américaine de Diego Garcia, au sud ouest de l'inde, serait un autre maillon de HAARP. Il y en aurait un autre à Pine Gap, en Australie.

L'objectif  réel de HAARP est simple : pouvoir atteindre et bombarder à volonté n'importe quel point de la terre et de l'espace proche avec un faisceau d'énergie directif ultra-puissant... sans utiliser de satellite ! Mais en fait Haarp marche si bien qu'un grand nombre de nouveaux objectifs sont apparut possibles et sont en cours de développement / tests :
  • Détruire en vol les missiles, fusées, avions et satellites, 
  • Mettre HS des installation electriques civiles et militaires
  • Communiquer avec les sous-marin même à grande profondeur
  • Provoquer des incendies dans des installations industrielles
  • Interdire les communications radio sur une zone donnée, à volonté
  • Scanner le sol et les océans à grande profondeur
  • Manipuler à distance l'esprit des gens et le comportement des foules (si, si !)
  • Réaliser un bouclier antimissile pour les USA
  • Attaquer des cibles au sol
  • Et même... contrôler le climat et créer une arme climatique
Ces objectifs ne sont pas bien sûr avoués par les américains, car ils sont contraire à la convention ENMOD de 1977 qui interdit les modifications de la biosphère à des fins hostiles. Notons cependant que les nations-unis ont récemment, sur l'instigation des américains, exclu de leur ordre du jour les changements climatiques résultant des programmes militaires. Cependant, les USA n'ont pu empêcher quelques informations de filtrer, et cela a commencé à alarmer les autorités de certains pays. En février 1998, le Comité des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense du parlement européen a tenu une audience publique à Bruxelles au sujet de HAARP. Ce comité à présenté au parlement européen en 1999 une motion stipulant que "HAARP... en vertu de son impact étendu sur l'environnement , constitue une préoccupation mondiale... [le comité] demande que ses implications légales, écologiques et éthiques soient évalués par un organisme international indépendant... [le comité] regrette le refus réitéré des États-Unis d'apporter des preuves à l'audience publique concernant les risques pour l'environnement et le public du programme HAARP". Cette requête fut rejetée sous le prétexte que la Commission Européenne ne disposait pas de la juridiction nécessaire lui permettant de s'immiscer dans les liens entre l'environnement et la défense. La vérité, c'est que Bruxelles ne souhaitait pas entrer en conflit ouvert avec Washington... Retenons une chose : Haarp, c'est du sérieux.

La Douma, le parlement Russe, s'est également inquiétée de HAARP : en 2002 ses membres ont exprimé leur vive inquiétude en évoquant "un saut qualitatif considérable en matière d'armement". Le rapporteur a indiqué trois sites prévus pour HAARP : Alaska, Groënland et Norvège. Un appel contresigné par 90 députés de la Douma a été transmis à l'ONU ainsi qu'au parlement et leaders des pays adhérents à l'ONU.
 
Comment ça marche ?

aurore polaireHAARP utilise les propriétés de l'ionosphère, une couche atmosphérique située à 270 Km d'altitude environ, qui possède la propriété de réfléchir les ondes radio. Les radio-amateurs connaissent bien l'ionosphère, c'est elle qui leur permet d'établir par exemple des liaisons radio transatlantiques, sans satellite. L'ionosphère est ainsi une sorte de miroir radio naturel, qui  renvoie vers le sol les ondes radio (de certaines fréquences précises) émises depuis la terre. L'ionosphère est ainsi appelée parce que ce sont des ions (des atomes électrisés) qui réfléchissent les  ondes.

Seulement l'ionosphère est capricieuse. Les conditions radio et les fréquences changent d'heure en heure, voire de minute en minute, et sont sujettes aux variations de l'activité solaire. C'est d'ailleurs dans l'ionosphère que se produisent les aurores boréales, ou aurores polaires.

Miroir ionosphérique utilisé par HAARPD'où l'idée : et si on pouvait, avec un  émetteur HF de forte puissance, contrôler l'ionosphère, au moins sur une petite portion (quelques centaines de kilomètres carrés),  et la transformer en un miroir parfait, et même en un miroir parabolique parfait, est-ce qu'on ne pourrait pas en profiter pour envoyer un second faisceau d'ondes, bien plus puissant, qui se réfléchirait sur ce miroir pour frapper toute cible désignée avec une précision de quelques mètres ?

Dit comme ça, ça parait simple, mais les détails techniques sont très compliqués. Les américains, toutefois, semblent y être parvenus. La station de Gakona (Alaska), malgré sa gigantesque puissance HF émise, ne sert qu'à amorcer dans l'ionosphère les conditions radio pour que d'autres stations, bien plus puissantes (!) (on parle ici de gigawatts émises par radio) et opérant dans d'autres gammes de fréquence (VLF et ELF), puissent utiliser le miroir ainsi créé pour atteindre instantanément une cible au sol, en vol ou dans l'espace, partout dans le monde, et avec une puissance telle que la cible est immédiatement vaporisée. Haarp a ceci de "merveilleux" que le miroir ionosphérique fonctionne dans les deux sens et permet aussi de créer un radar parfait, donc de suivre la cible en même temps qu'on la détruit. Et comme l'ionosphère se désionise très rapidement, aucune preuve ne peut être apportée quant à l'auteur du tir. Ni vu ni connu ! Mais s'il n'y avait que ça...

De nombreux experts en armement et scientifiques ont fait part de leur vive inquiétude face à HAARP, y compris au parlement européen.  Le physicien allemand Zielinsky et le chimiste Richard William affirment que les énormes puissances mises en jeu sont susceptibles d'influencer la météorologie d'un pays et d'y provoquer des effets catastrophiques. Gratan Healy, expert en énergie, a été chargé par des parlementaires de rassembler des preuves sur cette arme terrifiante.

La station de Gakona

station HAARP de GakonaElle s'étend sur plusieurs hectares à Gakona, une petite localité au sud d'Anchorage. Elle est située tout à coté des immenses réserves de gaz et de pétrole de la société (écran) ARCO, qui est ... propriétaire des brevets HAARP. L'installation est reliée à l'un des plus puissants ordinateurs de la planète, sur le campus de l'université D'Alaska, dans le Butrovich building. Elle est protégée par un réseau de défense antiaérien comparable à celui de Washington : des batteries de missile sol-air sont disséminés partout en Alaska dans le seul but de protéger la station de Gakona. La photo ci-contre ne montre qu'une partie des installations, elle a été "caviardée", mais hélas je n'en ai pas trouvée de meilleure.

transmetteur HAARPHAARP dispose (actuellement) de 48 énormes antennes de 20 mètres de haut, reliées chacune à un émetteur de 1 mégawatt. Le projet à terme prévoit 360 antennes de 3 mégawatts chacune, soit 1 gigawatt ! (Et rappelons que c'est uniquement pour créer le "miroir" qui sera utilisé par des installations secrètes dont la puissance est largement supérieure... et reste inconnue).

Les émetteurs HF sont alimentés en énergie par 6 turbines brûlant 95 tonnes de diesel par jour. L'installation rejette 7 tonnes de déchets par jour.

En 2005, la société BAE Systems Advanced Technologies Inc, située à Washington D.C. s'est vue attribuer un contrat ferme de 35 mllions de dollars TTC dans le cadre des des contrats hors limitation d'attribution et de de volume ( N00014-02-D-0479 ) pour construire des transmetteurs haute fréquence dans la cadre du projet de rechercher HAARP, de recherche d'activation aurorale par hautes fréquences, situé à Gakoma, et opérant grâce à un système d'antennes émettrices.  Le travail sera effectué à 72 % à Dallas, Texas, et à 28 % à Washington et il était prévu que tout serait achevé en juin 2007. Le Bureau des Recherches Navales, Washington S.C. est la structure chargée de gérer ce contrat. Bien sûr, ce n'est que l'un des multiples contrats liés à HAARP...

A quoi ça sert ?

Au début, il s'agissait simplement de faibles énergies: on utilisait des ondes HF émises depuis Gakoma pour  ioniser l'ionosphère et créer un miroir sur lequel on envoyait des ondes ELF, utilisées pour communiquer par exemple avec les sous-marins : les ondes de très basses fréquences, ou ELF, ont en effet la propriété de pouvoir pénétrer plusieurs kilomètres sous terre ou sous la mer. Seulement ces ondes sont très peu directives, et il faut des antennes de plusieurs kilomètres de long (les sous-marins nucléaires traînent derrière eux des fil d'antenne de cette longueur). Avec Haarp,  l'ionosphère permet enfin de focaliser les ELF et d'envoyer des puissances gigantesques (on sait faire des émetteurs extraordinairement puissants dans ces gammes d'ondes) directement vers les sous-marins. Les applications sont incroyables puisque on parle même de recharger des batteries à distance...

Très rapidement, les militaires américains se sont aperçus que HAARP marchait super bien et que d'autres applications étaient envisageables : tout d'abord un "radar ELF" capable de scanner le sous-sol de la terre entière à la recherche de bases secrètes, et les mers à la recherche de sous-marins (qui ne donc sont plus du tout invisibles pour les américains, ce qui fout en l'air une bonne partie de la stratégie de dissuasion nucléaire, au moins française).

Enfin HAARP permet de créer une arme EMP, une arme à impulsion éléctromagnétique... sans faire péter de bombe atomique dans l'espace. Les armes EMP anéantissent instantanément toutes les communications et dispositfs électronique chez l'ennemi. Une arme EMP a été utilisée contre l'Irak en 1991 au cours de la guerre du gofe, ce qui explique pourquoi Saddam et sa clique se sont rendus si vite.

Mais le "jeu" ne s'est pas arrêté là : les américains ont très vite compris qu'ils pouvaient utiliser des énergies encore plus intenses pour détruire carrément des cibles terrestres ou aériennes... Et même carrément contrôler la météorologie ?

Contrôler le climat ?

 

 

 

Ci-dessus : trou dans les nuages, provoqué par HAARP ?.
Pour un scientifique comme moi, ça paraît dingue.  Les énergies mises en oeuvre dans la nature sont en effet sans commune mesure avec les énergies humaines... .  Mais il faut reconnaître que lorsque l'on voit ce que HAARP est capable de faire avec des nuages (voir ci-dessus)... On se met à douter. Et si les ricains avaient vraiment la capacité de créer / influencer des ouragans et des tornades ?

Mais attention, il y a beaucoup de phénomènes "amusants" et parfaitement naturels dans notre atmosphère. Je peux donner une explication à la photo de gauche : probablement des ondes de température provoqués par le vent et le relief. 

Il est possible que cette histoire de contrôle du climat soit du vent. Peut-être s'agit-il simplement d'une opération de désinformation, déstinée à détourner l'attention des véritables buts de HAARP.

Cette opération se déroulerait en trois temps : 1)  les ricains laissent filtrer l'info comme quoi Haarp peut servir à manipuler le climat, 2) des  soucoupistes et autres adeptes de la "conspiration" s'emparent de l'info. 3) les ricains les ridiculisent en faisant appel à n'importe quel expert météo qui affirmera que pour créer une tornade l'énergie nécessaire ne se chiffre ni en mégawatts ni même en gigawatts, mais en téra watts (milliers de gigawats) ou même d'avantage. Et c'est vrai !

MAIS il est possible aussi qu'en agissant à certains endroits et moment clefs, même avec une énergie limitée comme celle de Haarp, on déclenche de dangeureux phénomènes météo. Alors, le contrôle du climat, info ou intox ? J'en sais rien. Ce qui est vrai, c'est que HAARP existe et que les américains s'en servent et y investissent des centaines de millions de dollars chaque année...

Encore plus fort  : manipulation mentale ?

Un certain nombre de personnes se sont engagées dans un véritable jeu de détective afin de déterminer les véritables but de HAARP : Rosalie Bertelle, scientifique et consultante pour le parlement européen, et Nick Begish, écologiste qui avec Jeanne Manning, Journaliste indépendante, est l'auteur du livre "les anges ne jouent pas de cette haarp", qui fit grand bruit.

Selon eux, les armes EMP (et à plus forte raison, HAARP) ont un effet psychologique perturbant sur l'être humain. Il se pourrait que HAARP, arme polyvalente s'il en est, puisse aussi être utilisée dans ce but. Une arme "psychotronique" utilisant une onde ELF (ultra basse fréquence) de forte puissance, capable de manipuler mentalement les populations à leur insu. Les ondes ELF sont en effet, comme l'avait découvert dès 1952 le professeur Jose Delgado de l'uniersité de Yale, capables de d'interférer avec les fréquences cérébrales et de provoquer la synthèse de substances neurochimiques altérant les émotions : peur, dépression, colère... Ceci pourrait (?) expliquer pouquoi lors de la guerre du golfe, des milliers de militaires irakiens se sont rendus sans combattre.

Et c'est un fait que les molécules d'ADN et ARN, à cause de leur longueur, sont particulièrement sensibles aux hautes fréquences modulées en basse fréquence. Il est possible que des maladies affectant le système d'orientation des cétacés, les faisant s'échouer par troupeaux entiers sur les côtes (ce qui ne s'était  jamais vu auparavant) soient causés par les essais HAARP pour communiquer avec les sous-marins.

Et cela fait des décennies que l'on sait qu'en plaçant la tête dans l'axe du guide d'onde d'un radar,  dont la porteuse est modulée en fréquence, on entend nettement la modulation "dans sa tête", (ce qui ne doit pas être bon pour la santé ;-()

Le texte suivant est extrait d'une revue interne du pentagone : "the revolution in military affairs - strategic studies institute, US army War college", il a de quoi faire frémir :

"Nos valeurs changent et la technologie s'ouvre sur de nouveaux horizons. Il y a peu, pendant la guerre froide, les opérations psychologiques et l'armement psychologique étaient encore primitifs.
Alors que nous entrons de plein pied dans l'ère de l'électronique et de la bioélectronique, il devient nécessaire d'évaluer les barrières morales et éthiques que nous avons posées en interdisant [toute technologie] pouvant manipuler l'esprit de nos ennemis tant à l'intérieur du pays qu'à un niveau international...
Dès que ce sera possible, nous encouragerons des entreprises privées ou semi-privées à developper une technologie appropriée... Nous pouvons agir de même avec les nouveaux types d'armement comme les armes biologiques incapacitantes et les armes psychotechnologiques avancées..."

On notera que HAARP n'est pas cité dans ce texte, mais si l'on sait lire entre les lignes... Il faut savoir aussi, qu'au mépris des conventions internationales, les américains expérimentent depuis plus de quarante ans des armes psychologiques, sous divers noms de code : Argus (1968), Solar power sattelite (1968-1978), Space Shuttle experiments (1985), Mighty Oaks (1986), Desert Storm (1991)...


HAARP, la première arme de "mind control" (contrôle de la pensée) à l'échelle mondiale ?

En tout cas, si c'est vrai, HAARP est vraiment l'arme absolue. Et si c'est faux, les autres capacités de ce projet sont tout aussi terrifantes.  On ne peut pas le laisser sans contrôle international !

 

Source

Journal d'un Terrien Web log de Serge Boissi


Via : HAARP : la nouvelle arme absolue des USA - Le blog de Vahine

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 01:24

 

 

AU MEXIQUE, L’INDUSTRIE BIOTECH SE HEURTE A LA MOBILISATION CONTRE LE MAÏS OGM

19 janvier 2013

 

Certains redoutent et à juste titre le “nouvel ordre mondial”, Monsanto fait partie de ces entreprises qui souhaitent privatiser le monde en utilisant toutes les méthodes possibles, même les plus contestables, il suffit de regarder l’excellent documentaire David contre Monsanto que je vous met ici en bas de page. Mais tout espoir n’est pas perdu, il y a encore moyen de gagner et de lutter, de repousser l’abomination qui souhaitent mettre la nature en esclavage, il suffit d’y croire, et d’avoir des dirigeants honnêtes, même si là, ce n’est pas gagné! (Benji)

Mexique_OGM© Inconnu

Monsanto et Pioneer Hi-Bred ont demandé au nouveau gouvernement mexicain l’autorisation de planter près de 2,5 millions d’hectares de maïs OGM. Dans un pays où la forte mobilisation sociale a stoppé cette culture transgénique depuis plus de dix ans, la réaction des opposants aux biotechnologies ne s’est pas fait attendre.

Les multinationales des semences lancent une offensive auprès du nouveau gouvernement mexicain sur le maïs OGM. Deux mois après les élections présidentielles de juillet 2012, Monsanto et Pioneer Hi-Bred ont demandé l’autorisation de cultiver du maïs transgénique sur près de 2,5 millions d’hectares. L’ampleur de la demande contraste avec les quelques centaines d’hectares octroyés jusque-là à titre expérimental. Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), aujourd’hui au pouvoir, n’a pas encore pris position. Mais comme son prédécesseur, il doit composer avec une forte opposition sociale à la culture de maïs OGM. Organisations écologistes, communautés paysannes, scientifiques et artistes sont déjà montés au créneau pour réclamer le renouvellement du moratoire sur cette culture.

« Depuis plus de dix ans, la mobilisation sociale a empêché la culture de maïs OGM à grande échelle au Mexique », explique Jean Foyer, sociologue au CNRS (1). Même le Parti action nationale (PAN), au pouvoir entre 2001 et 2012 et proche des intérêts de l’agrobusiness, n’a pas osé ouvrir la porte à la production commerciale de maïs transgénique. Selon le chercheur, l’opposition s’est structurée autour de deux mouvements qui luttent respectivement sur les terrains social et législatif. La Red en defensa del maíz, qui regroupe notamment des centaines de communautés paysannes, fait un travail de conscientisation de la population sur les dangers que ferait peser du maïs transgénique sur la diversité génétique et culturelle du pays. Le Mexique compte des centaines de variétés de cette plante qui est au centre de l’alimentation mésoaméricaine depuis 9000 ans. Au sein d’un autre mouvement, Sin maíz no hay país, Greenpeace Mexique joue un rôle fondamental de blocage des autorisations en utilisant tous les verrous de la loi sur la biosécurité votée en 2005.

« Alerte ! Avalanche transgénique au Mexique »

Aujourd’hui, cette opposition lance une contre-offensive. Dans un rapport publié en novembre 2012 « Alerte ! Avalanche transgénique au Mexique », l’ONG Grain montre la détermination des organisations paysannes à défendre leurs semences. Les scientifiques prennent également part au débat. Dans une lettre ouverte au gouvernement en novembre 2012, l’Union des scientifiques engagés pour la société (UCCS) réclame l’interdiction totale du maïs OGM jusqu’à l’évaluation des risques sociaux et environnementaux de cette culture mais aussi de sa pertinence agronomique et économique. Cette organisation mexicaine a su rallier le soutien de plusieurs organisations internationales, notamment le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER).

Selon l’UCCS, la contamination des variétés locales par des semences OGM est « inévitable avec des conséquences imprévisibles et indésirables ». Le pays étant un centre d’origine et de diversification du maïs, la contamination par des gènes biotech mettrait en danger des centaines de variétés, biodiversité notamment nécessaire pour fournir les semences adaptées au changement climatique, à de nouveaux parasites… Pour les scientifiques, cette diversité, créée et entretenue par l’activité paysanne, serait également menacée par une privatisation des semences aux mains de l’industrie. L’UCCS insiste aussi sur le risque d’exposer massivement la population à des graines « inférieures sur le plan nutritionnel et associées à des agro-toxiques », le maïs étant l’aliment de base au Mexique. L’organisation scientifique rappelle enfin les limites des intérêts agronomiques de ces maïs GM résistants à des herbicides et à des parasites, puisqu’ils conduisent à l’apparition de plantes et d’insectes résistants aux produits phytosanitaires (lire « Les OGM tolérants aux herbicides sont déjà obsolètes »).

L’agro-industrie a déjà gagné une bataille sur le maïs OGM

Aujourd’hui, les opposants aux maïs OGM savent que la situation est critique. En modifiant la législation, « le PAN a largement ouvert la voix à l’autorisation du maïs transgénique », explique Jean Foyer. En effet, le moratoire interdisant les cultures de maïs transgénique, décidé en 1998 et normalement invalidé par la loi sur la biosécurité de 2005, continuait officieusement à s’appliquer compte tenu d’un « flou législatif », explique le chercheur. Mais le PAN a tenté de localiser des centres d’origine et de diversification au centre et au sud du pays, pour autoriser le maïs OGM au nord, région déjà caractérisée par de grandes cultures industrielles. Difficile, selon le chercheur, de savoir ce que fera le parti au pouvoir, le PRI comptant une composante agrarienne plutôt favorable à la paysannerie et une composante libérale favorable aux grands industriels.

« Pour saisir l’ampleur de cette opposition, il faut comprendre que l’attachement au maïs au Mexique est comparable à celui au vin en France », souligne Jean Foyer. D’autres plantes OGM sont d’ailleurs autorisées dans le pays. Le coton est en particulier cultivé à grande échelle alors que le Mexique est également reconnu centre d’origine pour cette plante. Par ailleurs, l’agro-industrie a gagné une autre bataille sur le maïs transgénique. Le pays importe un tiers de son maïs des États-Unis et d’Afrique du Sud, maïs très largement OGM.

Note

(1) Jean Foyer a publié sur le sujet Il était une fois la bio-révolution, PUF, 2010.

Via sott.net

Source et vidéo ici  :
ON DEVRAIT EN PARLER

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 01:17

 

 

Introduction
 Nous soussignées, organisations de la société civile de l’ensemble du continent africain, appelons par la présente à une interdiction immédiate et totale de la culture, de l’importation et de l’exportation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le continent africain.

Nous exhortons les gouvernements d’Afrique à prendre les mesures nécessaires à la protection de la santé de leurs populations, en soutenant le présent appel et en s’engageant à mener à bien, sur le long terme, des études indépendantes et faisant autorité en matière de sécurité alimentaire.

Nous appelons également les gouvernements d’Afrique à bien vouloir prendre note de nos objections supplémentaires concernant les OGM. Celles-ci concernent le brevetage du vivant et la privatisation de l’agriculture, qui a plongé les paysans, les communautés rurales et les peuples autochtones dans la dépendance vis-à-vis du monopole des entreprises semencières privées. Nous sommes par ailleurs extrêmement préoccupés par les impacts négatifs sur la biodiversité et les changements climatiques de l’agriculture industrielle basée sur la technique transgénique. Nous ne pouvons ignorer l’épidémie de suicides qui a frappé les paysans indiens, résultat direct de la dépendance de ces derniers vis-à-vis du coton génétiquement modifié et des coûts croissants qui en résultent, sans parler de la dette ingérable qu’ils ont ainsi contractée.

Incertitude scientifique concernant la sécurité alimentaire
En septembre 2012, le Professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe de recherche à l’Université de Caen, en France, ont publié les résultats d’une étude toxicologique de deux ans, lors de laquelle des rats nourris avec du maïs transgénique tolérant à l’herbicide de Monsanto, le NK603, et des résidus de glyphosate, ont développé des tumeurs et présenté des signes de lésions du foie et des reins. L’étude, révisée par des pairs, publiée dans une revue scientifique hautement respectée, a été la cible d’attaques violentes et nourries de la part de l’industrie des biotechnologies. 
Cependant, un consensus scientifique a surgi de la controverse, selon lequel les méthodes actuelles utilisées par Monsanto et les autres entreprises du secteur pour tester la sécurité des aliments GM sont dangereusement inappropriées et que des études de long terme, indépendantes et publiques, sur la sécurité alimentaire de ces produits, doivent être menées à bien de manière urgente. Nous notons également avec une préoccupation certaine l’absence de protocole internationalement reconnu en ce qui concerne les tests d’OGM à long terme. 

Le principe de précaution 
Notre appel à une interdiction s’appuie sur le principe de précaution, qui stipule que face à une menace de préjudices sérieux ou irréversibles, l’absence de certitudes scientifiques totales ne peut justifier l’ajournement des mesures pour éviter ces préjudices. Ce principe est la pierre angulaire du Protocole de Carthagène sur la Biosécurité des Nations Unies, le seul accord à portée internationale sur les OGM. Même l’accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (accord SPS) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) soutient un tel moratoire dans ces circonstances d’incertitude scientifique.[1] <#_ftn1> 

Le maïs est un aliment de base en Afrique 
Nous insistons sur le fait que le continent africain est particulièrement vulnérable aux risques liés à la sécurité alimentaire, si l’on tient compte du fait que le maïs constitue l’un de nos aliments de base importants. Des millions d’Africaines et d’Africains consomment du maïs quotidiennement, sous forme semi transformée. Bien que l’Afrique du Sud soit le seul pays du continent à cultiver du maïs transgénique à l’échelle commerciale, des milliers de tonnes de maïs transgénique sont exportées vers divers pays africains depuis l’Afrique du Sud, tandis que les rayons des supermarchés du continent tout entier regorgent de produits à base d’OGM. De plus, des tonnes d’aliments transgéniques provenant des Etats-Unis et d’autres pays producteurs d’OGM sont distribuées aux Africains sous forme d’aide alimentaire. 

Interdisons les OGM en Afrique
Reconnaissant que
 des millions d’Africaines et d’Africainsont consommé et consomment du maïs transgénique et d’autres produits GM à leur insu ou sans leur consentement ;  
Et considérant le nouveau consensus concernant la nécessité de mener de manière urgente des études indépendantes, sur le long terme, portant sur la sécurité alimentaire de ces produits ;
Nous encourageons fortement les gouvernements d’Afrique du Sud (en sa qualité de producteur unique d’aliments GM sur le continent), ainsi que tous les autres gouvernements africains important des OGM ou des produits GM, à répondre de manière urgente à notre appel en faveur d’une interdiction.
Nous encourageons les décideurs politiques à suivre les recommandations de l’IAASTD (Evaluation internationale des sciences et technologies agricoles pour le développement, de l’anglais International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development). L’IAASTD recommande que les décideurs politiques abandonnent l’agriculture industrielle et les OGM, et se tournent vers les systèmes de production alimentaire appropriés aux millions de paysans et petits producteurs de par le monde, qui sont à l’origine de la plupart des aliments produits pour la population mondiale.

 1] <#_ftnref> « Art 5.7—Dans les cas où les preuves scientifiques seront insuffisantes, un Membre pourra provisoirement adopter des mesures sanitaires ou phytosanitaires sur la base des renseignements pertinents disponibles, y compris ceux émanant des organisations internationales compétentes ainsi que ceux qui découlent des mesures sanitaires ou phytosanitaires appliquées par d’autres Membres. Dans de telles circonstances, les Membres s’efforceront d’obtenir les renseignements additionnels nécessaires pour procéder à une évaluation plus objective du risque et examineront en conséquence la mesure sanitaire ou phytosanitaire, dans un délai raisonnable. »

 

Source :
Déclaration de la société civile africaine : appel pour une interdiction des OGM

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 11:16

 

 


Environ 1 600 tonnes de ferrailles provenant des sites d’extraction d’uranium de SOMAÏR et COMINAK, filiales d’AREVA au Niger, sont sorties dans le domaine public. En septembre 2012, 1 000 tonnes ont été découvertes chez un ferrailleur d'Arlit. Les contrôles effectués par AGHIRIN’MAN avec un appareil professionnel prêté par la CRIIRAD ont montré que certains lots sont radioactifs. Selon Aghirin'man, le doute persiste, en ce début d'année 2013, sur le devenir de 600 tonnes. Une partie de ces ferrailles aurait été vendue à l’étranger.


L’insuffisance sur le contrôle de la radioactivité des ferrailles est découverte en 2003


Deux filiales d’AREVA exploitent des mines d’uranium dans la région d’ARLIT (Niger) depuis une quarantaine d’années. Il s’agit de la SOMAÏR (exploitation par mines à ciel ouvert) et de la COMINAK (exploitation par mines souterraines). Les activités d’extraction du minerai d’uranium dans les mines, puis les opérations chimiques de traitement du minerai dans les usines d’extraction entraînent une contamination radiologique des équipements utilisés.

A l’issue d’une mission de terrain effectuée à Arlit en décembre 2003, à la demande de l’ONG nigérienne AGHIRIN’MAN, la CRIIRAD avait dénoncé la présence, sur les marchés de la ville, de ferrailles radioactives issues des installations d’AREVA.

Depuis 2003, des contrôles indépendants réalisés ponctuellement par des ONG ont montré que la population est toujours exposée à des ferrailles radioactives, mais le constat de ces derniers mois est particulièrement inquiétant compte tenu des quantités de ferrailles découvertes. Il révèle en outre que, contrairement aux annonces faites aux media et aux représentants de la société civile, AREVA et ses filiales font peu de cas de la protection sanitaire des populations contre les effets des radiations ionisantes.

La contamination des ferrailles par des métaux lourds radioactifs associés à l’uranium tels que uranium 238, thorium 230, radium 226, plomb 210, polonium 210 entraîne une exposition des populations par irradiation externe et des risques de contamination interne en fonction des modes d’utilisation des ferrailles recyclées (usages domestiques possibles). Certaines de ces substances sont particulièrement radiotoxiques par ingestion et par inhalation. Il s’agit d’une contamination durable compte tenu de la période de l’uranium 238 (4,5 milliards d’années) et du radium 226 (1 600 ans). Les mauvaises pratiques des filiales d’AREVA en matière de contrôle des matériaux et déchets radioactifs entraînent donc un accroissement des risques sanitaires pour les populations de la région, voire au-delà, en cas de revente des ferrailles à l’étranger.

Des dysfonctionnements qui perdurent en 2012

Fin août 2012, Almoustapha Alhacen et Rhamar Illatoufegh, respectivement président et secrétaire général d’AGHIRIN’MAN ont participé à un stage de formation sur la radioprotection organisé à la CRIIRAD. La CRIIRAD leur a confié un appareil de détection de radioactivité professionnel (un scintillomètre DG5).

Dès leur retour à ARLIT, en septembre 2012, les membres d’AGHIRIN’MAN ont découvert que des ferrailles en provenance des sites d’extraction d’uranium de la SOMAÏR et de la COMINAK avaient été mises en vente dans le domaine public.

Il s’agit d'environ 1 000 tonnes provenant des installations de la COMINAK1 et 600 tonnes de celles de la SOMAÏR2 .
Une partie de ces ferrailles a été retrouvée chez un ferrailleur d’ARLIT. Les mesures de taux de radiation gamma effectuées par monsieur Rhamar Illatoufegh (AGHIRIN’MAN) sur le tas de ferrailles ont montré des valeurs jusqu’à 1 800 c/s (coups par seconde) soit plus de 9 fois supérieures à la normale.

Deux réunions ont été organisées à Arlit en présence des autorités, des compagnies minières, et des représentants de la société civile. La première le 20 septembre 20123, chez le ferrailleur, pour constater la radioactivité des ferrailles, la seconde le 25 septembre4 où ont été convenues les mesures à prendre.

Selon le ferrailleur, tout ou partie des 600 tonnes de SOMAIR auraient été revendues à un citoyen du Nigéria ou expédiées au Bénin. D'après la coordination de la société civile d'Arlit, elles pourraient se trouver avec celles de la Cominak, dans le lot du ferrailleur. Aucune de ces hypothèses n'est confirmée à l'heure actuelle.

Devant l’absence de réaction concrète des sociétés minières, le président de la Coordination de la Société Civile d’Arlit, M Almoustapha Alhacen a écrit le 26 novembre 20125 au directeur de la SOMAÏR pour rappeler que - plus de 3 mois après la découverte de cette situation - les filiales d’AREVA n’ont donné aucune précision sur le devenir des 600 tonnes de ferrailles de la SOMAÏR.

Selon monsieur Alhacen, joint par téléphone le 15 janvier 2013, SOMAÏR n’a toujours pas apporté les éclaircissements demandés.

Cette situation est inacceptable, AREVA n’est manifestement toujours pas en mesure d’imposer à ses filiales des procédures strictes permettant d’empêcher la sortie des matériaux radioactifs de ses sites. Elle se targue pourtant d’une gestion irréprochable de l’environnement.

La CRIIRAD demande qu’AREVA

  • fasse toute la transparence sur les conditions de cession des ferrailles et la nature des contrôles radiologiques effectués.
  • revoie les procédures de contrôle de radioactivité des matériaux autorisés à quitter ses installations minières.
  • s’engage à repérer et racheter les ferrailles contaminées déjà mises en vente dans le domaine public.

Rédacteur : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire de la CRIIRAD.
Avec la participation de Almoustapha ALHACEN, pour l’ONG AGHIRIN’MAN et Anne Hollard, pour l’association « Les Amis d’Aghirin’Man ».




Annexe 1 / Documents complémentaires sur la question des ferrailles radioactives découvertes à ARLIT en septembre 2012

1 Lettre de la Coordination des Organisations de la Société Civile d’Arlit au directeur de la COMINAK / 18 septembre 2012.

2 Lettre de la Coordination des Organisations de la Société Civile d’Arlit au directeur de la SOMAÏR / 18 septembre 2012.

3 Procès verbal de constat sur la radioactivité des ferrailles du 20 septembre 2012.

4 Procès verbal de la réunion du 25 septembre 2012 à ARLIT à propos des ferrailles.

5 Lettre de rappel à l'ordre de la Coordination des Organisations de la Société Civile d’Arlit au directeur de SOMAÏR à propos des ferrailles / 26 novembre 2012.

Annexe 2 / Présentation des associations à l’origine du communiqué

La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) est une association française, à but non lucratif, fondée en 1986 et dont l’objet est d’améliorer l’information du public et sa protection contre les effets des rayonnements ionisants. La CRIIRAD dispose de son propre laboratoire de mesure situé à Valence (Drôme, France). Le laboratoire de la CRIIRAD est agréé par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire). La CRIIRAD travaille depuis 1992 sur la question de l’impact des mines d’uranium, sur le territoire français d’abord, qui comporte au moins 200 anciennes mines d’uranium, puis à partir de 2003, à l’étranger. La CRIIRAD a effectué des études sur l’impact des mines d’uranium ou projets de mines d’uranium en Afrique (Niger, Gabon, Namibie, Mali, Malawi), Amérique du Sud (Brésil), Europe (Finlande, Bulgarie). La CRIIRAD coopère étroitement depuis 2003 avec l’ONG AGHIRIN’MAN.

Les statuts de la CRIIRAD sont téléchargeables sur le site :

http://www.criirad.org/actualites/STATUTS_CA/Statuts.pdf


AGHIRIN’MAN est une ONG de droit Nigérien, créée en 2002 à ARLIT, au cœur de la zone minière. Elle s’efforce d’améliorer les conditions de vie des populations de la zone minière (droit à l’éducation, droit à un environnement sain, etc.). AGHIRIN’MAN a pris contact avec la CRIIRAD en 2002 afin d’organiser des contrôles radiologiques indépendants dans la région d’Agadez. Une première mission réalisée à ARLIT en décembre 2003, en collaboration avec l’association de juristes SHERPA, a permis de mettre en évidence la pollution radiologique de l’environnement à ARLIT. Les statuts d’AGHIRIN’MAN sont téléchargeables sur le site http://uranium-niger.jimdo.com/aghirin-man

L’association « Les Amis d’AGHIRIN’MAN » est une association française, à but non lucratif, créée en 2012. Elle regroupe des citoyens sensibilisés au combat mené par AGHIRIN’MAN, en particulier sur la question de l’impact de l’extraction de l’uranium. Son objet est de soutenir AGHIRIN’MAN. Les objectifs de l’association sont précisés sur la page :
http://uranium-niger.jimdo.com/les-amis-d-aghirin-man


Annexe 3 / Photographies des ferrailles radioactives / Arlit / septembre 2012

A voir ici,  1600 tonnes de ferrailles sorties des installations d'Areva au Niger,   merci Vivi Le blog de Vivi

 

Annexe 4 / archives CRIIRAD sur la question des ferrailles radioactives à ARLIT 2003 / 2010


Communiqué de presse CRIIRAD du 18 décembre 2003 qui dénonce en particulier la présence de ferrailles radioactives

Film tourné en décembre 2003 (mission CRIIRAD à ARLIT avec AGHIRIN’MAN). La découverte des ferrailles contaminées est illustrée du temps 2 min40 au temps 5mn30

Rapport CRIIRAD de 2005 / la question des ferrailles est traitée pages 7 et 8

Extrait de la synthèse CRIIRAD de l’année 2008 sur la question des ferrailles

Courrier adressé par la CRIIRAD à AREVA le 31 juillet 2009 pour dénoncer la présence de ferrailles et textiles contaminés découverts par AGHIRIN'MAN sur les marchés à ARLIT

Synthèse des mesures réalisées en 2009 par la CRIIRAD et GREENPEACE International


Partager cet article
Repost0
13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 11:21

 

 

Aujourd’hui je vous renvoie à l’excellent blog de Gaëtan Pelletier, je voulais le faire hier déjà mais je suis restée calée dans la « charité »… voilà bien une notion à interroger à travers son histoire…  nous sommes quelques-uns en tout cas à ne plus avoir envie de faire preuve de charité envers les Marchands de Mort transnationaux qui nous imposent leur délires de destruction au nom d’une idéologie obsolète et qui il faut bien le dire a toujours été à côté de la plaque, le mécanisme appliqué au vivant…, comme je l’ai déjà constaté auparavant, rien de tel pour vous le faire disparaître le vivant  et en ce moment les Marchands mettent le paquet, la solution finale est à l’œuvre.

 

Sur ce thème révoltant je vous renvoie à et article qui nous parle de ces 80% de population « surnuméraire » et confirme… les réducteurs de population sont à l’œuvre dans le monde.

A mettre en lien également avec ce nouveau concept qui uni toutes les forces de répression, armées, police nationale et régionale, armée de mercenaires face à un ennemi commun « l’insurgé ». Cette grande opération de militarisation du monde qui est décrite dans le document écrit par les pontes du Pentagone « Joint Vision 2020 », actif en ce moment et ayant pour objectif la domination du spectre total… par les Etats ’Unis par le pouvoir de l’ombre.

 

 

La fin d’un type de société

Rappel : Quelle relation entre la dictature qui s’installe aujourd’hui et le programme développé par Bertrand Russell.

[Je vous recopie un passage du livre "Le piège de la mondialisation" ]

Les princes qui nous gouvernent le savent depuis plusieurs années, et ils n’en ont rien à foutre : le système actuel n’a besoin que de 20 % de la population pour fonctionner.Autrement dit : seulement 20 % de la population sont nécessaires pour faire tourner la machine économique actuelle.Le seul problème de nos élites est le suivant : comment empêcher les 80 % « non-nécessaires » de se révolter ?

 

 

 

Je voulais également vous renvoyez à deux articles excellents et complémentaires également.

 

Le premier est le meilleur que j’ai lu en français pour permettre de comprendre pourquoi les natifs Canadiens ont décidé de ne plus s’en laisser compter au fin fond de l’hiver, je pense qu’on a pas fini d’en parler, ce n’est pas un mouvement unique, isolé, le chant du cygne d’un peuple destiné à disparaître après « intégration » ou désintégration selon le point de vue de chacun

Ce n’est pas un mouvement revendicatif pour un peu d’amélioration de la vie quotidienne pour adoucir l’agonie d’un peuple. . C’est un immense mouvement enraciné dans le continent dont les natifs sont les légitimes propriétaires et aujourd’hui demandent des comptes aux héritiers criminels des assassins de leurs ancêtres  mais aussi proposent d’autres manières d’habiter la planète. Un mouvement qui participe de ce grand courant, « Hanta yo »,en lakota « Dégage ! »…  pour en finir avec les pilleurs de planète, c’est maintenant.

L’autre article est un article sur la manière dont certaines ONG ont pour unique but de « donner un supplément d’âme » à des entreprises criminelles, il est intéressant à plus d’un titre… le glissement du terme « philanthropie » est ici bien illustré, de même que ce que j’essaye de faire passer concernant les méthodes des transnationales dans les pays où les travailleurs ne sont pas protégés, et de fait dans l’Occident qui se tiers-mondise . regardez comment ils se comportent quand tout leur est permis et vous aurez une bonne idée de la manière dont ils entendent se comporter ici, à l’avenir.

 

Les Indiens du Canada: Respectez notre existence ou attendez-vous à de la résistance

par Eric Walberg

« Respectez notre existence ou attendez-vous à de la résistance », scandent les natifs canadiens qui se préparent à une éventuelle confrontation avec le premier ministre canadien Harper le 11 janvier.

Le soulèvement des Indiens du Canada déclenché par la grève de la faim de la Chef d’Attawapiskat, Theresa Spence, sur la minuscule île « Victoria » près de la Colline du Parlement à Ottawa, -qui dure depuis trois semaines- est en fait la dernière tentative des peuples colonisés de la planète pour essayer de se libérer de l’impérialisme. C’est un évènement exaltant et de première importance pour nous tous.

[...]

 

« La souveraineté indienne est en elle-même notre meilleur atout. Si les Canadiens ont une chance d’éviter que Harper transforme la planète en poubelle, ce sera parce que les droits légaux des Premières Nations -soutenus par des mouvements de masse, des recours judiciaires, et des actions directes- l’en empêcheront. » [...]

 

 

 

 

L’aide humanitaire canadienne au service des minières

Par Louis Girard
10 janvier 2013
Les changements apportés à l’ACDI font partie d’une série de mesures prises par le gouvernement canadien ainsi que par les entreprises afin de faire taire l’opposition largement répandue face à l’exploitation brutale et la destruction de l’environnement dont sont synonymes les projets miniers.

Les populations touchées par ces projets accusent les grandes sociétés minières canadiennes d’assécher leurs rivières et de contaminer leurs eaux, de causer des problèmes de santé (maladie de peau, cancer, problèmes respiratoires), d’offrir de mauvaises conditions de travail et de payer peu de redevances minières aux gouvernements locaux malgré leurs profits faramineux. Cette opposition, qui prend souvent la forme de conflits violents, menace les opportunités de profits des grandes sociétés canadiennes qui sont parfois forcées d’annuler ou de reporter des projets.

En Afrique du Sud, deux mineurs en grève sont morts lors d’affrontements violents survenus près d’une usine de traitement appartenant à Forbes & Manhattan Coal, une compagnie basée à Toronto. La grève à laquelle participaient ces mineurs faisait partie du large soulèvement des mineurs en Afrique du Sud de l’automne 2012 suite au massacre de plusieurs dizaines d’entre eux à la mine de Marikana. Les mineurs réclamaient de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

Devant plusieurs chefs d’entreprises réunis à l’Economic Club of Canada, le ministre canadien de la Coopération internationale, Julian Fantino, a décrit l’ACDI comme un «outil» pour «aider les entreprises commerciales à l’étranger». Faisant l’éloge de l’économie capitaliste, il a déclaré que le travail de cette agence canadienne «consiste principalement à aider les pays en développement à créer les conditions propices pour mettre des capitaux à la disposition des entreprises».

[...]

 

Quand Fantino parle de créer des «conditions propices» ou d’«établir les cadres législatifs et réglementaires nécessaires» pour que les entreprises canadiennes puissent investir, cela signifie concrètement que l’ACDI doit mettre l’accent sur la promotion des privatisations et les dérèglementations et aussi dissuader les gouvernements concernés à nationaliser des parties de leurs économies. Du point de vue des entreprises canadiennes, de telles politiques sont vitales pour faire fructifier leurs bilans financiers, même si cela a des conséquences dévastatrices sur les conditions sociales de ceux qui habitent là où ces entreprises s’implantent et sur l’environnement.

[...]

 

Un exemple typique est celui de la mine San Martin au Honduras. La compagnie canadienne GoldCorp a exploité cette mine d’or pendant près de 10 ans avant de la fermer en 2008. Lorsque la mine a ouvert, la compagnie a pu faire accepter le projet aux cultivateurs locaux en promettant emplois et nouvelles maisons pour ceux qui habitaient là où l’extraction de l’or devait se faire.

Rodolfo Arteaga, un ancien travailleur de la mine qui avait vendu son cheptel pour y travailler, a affirmé : «Pendant des années, j’ai bu de l’eau contaminée par les métaux lourds. Des tests ont révélé que j’avais des niveaux élevés de plomb et d’arsenic dans le sang.» Le docteur Juan Alemendarez, ancien doyen de la faculté des sciences médicales de l’Université nationale autonome du Honduras, tient une clinique dans la Vallée de Siria, là où se trouve la mine San Martin, maintenant abandonnée. Il rapporte que la proportion de patients qui vont consulter pour des maladies de peau est passée de 10 pour cent à 70 pour cent en quelques années. Il ajoute : «Les gens nous consultent aussi pour des pertes de cheveux, des démangeaisons, des irritations aux yeux. Et ça, c’est parce qu’ils ont bu et se sont lavés avec cette eau contaminée par la mine.»


Bonne lecture et vive l’émulation, qui est à la concurrence ce que l’amitié est à la rivalité

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:27

 

Un témoignage, j'ai vu de mes yeux pour la première fois à Bruxelles une personne qui a eu l'eau coupée dans son appartement pendant plusieurs mois pour facture impayée. Cette personne émarge dans un CPAS qui a payé sans sourciller les frais de traitement dont de nombreux médicaments conséquence de la dépression  causée par cette situation déshumanisante...mais il a fallu que cette personne supplie pendant plusieurs mois l'assistant social chargé de son "cas" avant qu'il ne consente à payer sa facture d'eau... c'est le reflet de tout un système. Une destruction par grignotages et poussées successives...la tentative trop souvent réussie de transformer une partie de la population qualifiée de rebuts en infrahumains, pas parce que la qualité des personnes les prédisposent, mais parce que les conditions de vie qui leurs sont imposées les privent de dignité humaine, une stratégie qui connait un certain succès, malheureusement. Je le vois de mes yeux, pas dans le"tiers-monde", pas en Grèce, à Bruxelles et cela englobe des couches toujours plus vastes de la population. Chroniques d'autodestruction induites. Couper l'eau, un pas symbolique a été franchi. Des gens petit à petit  sont poussé vers le fond du gouffre avec obstination,et quand ils touchent le fond, on les désigne à la vindicte de la population, en disant, qu'ils ne tenaient pas debout, qu'ils ne valent pas la peine (que l'on se donne pour eux) et invite est faite à celui qui jettera la première pelletée de terre pour combler le gouffre et faire disparaître "l'inutile".

La guerre de l'eau, ce n'est pas nouveau, tout buveur de coca-cola est un complice de meutriers de l'eau (et de militants des droits laboraux, et d'empoisonnement de planète...  c'est la même histoire mais un autre chapitre). La guerre de l'eau étend son champ d'action, à terme le but est de concentrer la possession des eaux de la planète entre les mains de quelques sociétés privées... la privation d'eau est une des composantes du génocide en action sur notre planète... les morts de l'eau sont aussi des victimes des réducteurs de population selon leur mauvais plaisir.

 

 

Comment l'Europe est en train de transformer l'eau du robinet en marchandise en toute discrétion

 

 

 Soutenue par des multinationales, la Commission européenne pousse secrètement à la privatisation de l'eau en Europe, affirme le site de la télévision allemande « Monitor ». L’accès à l’eau de qualité est reconnue comme un droit fondamental par l’ONU, mais si ces multinationales parviennent à obtenir ce qu’elles souhaitent, elles pourront se partager un pactole constitué de milliards d’euros.

La Commission a commencé à promouvoir la privatisation de l’eau pour les pays touchés par la crise et qui ont bénéficié de plans d’urgence, comme la Grèce et le Portugal par exemple. La troïka a parfois imposé cette privatisation, qui est alors expressément prévue dans les contrats qu’elle leur fait signer. En Grèce, les grands aqueducs d’Athènes et de Thessalonique ont été vendus. Pour le consommateur, la privatisation a des conséquences importantes. Au Portugal dans la ville de Pacos de Ferreira où la compagnie des eaux « Aguas de Portugal » a été privatisée, la facture d'eau a augmenté de près de 400% en quelques années, et chaque année, elle continue d’augmenter au rythme de 6%. Mais ce n’est qu’un début, affirme Monitor : la Commission cherche désormais à étendre cette privatisation aux autres pays européens.

Selon Heide Rühle, une parlementaire allemande européenne qui représente les Verts allemand, l'UE met tout en œuvre pour imposer discrètement la privatisation de l’eau en Allemagne. D’après le commissaire européen Michel Barnier, cependant, la décision de la fourniture de l’eau sera toujours entre les mains des municipalités, et il s’agit simplement de leur donner la possibilité de faire appel à un partenaire privé réglementé pour le bénéfice du consommateur.

Lire la suite :
Comment l'Europe est en train de transformer l'eau du robinet en march...

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Toutes Dernières Archives