3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 12:27

 

 

Parution de "L’Enfer Vert - Un projet pavé de bonnes intentions"

mercredi 11 janvier 2012 par Tomjo

“L’Enfer Vert – Un projet pavé de bonnes intentions” est une étude claire, concise, précise, de la société que nous préparent les écolo-technocrates à partir du cas de Lille Métropole.

L’auteur, Tomjo, rédacteur au journal lillois La Brique, n’était pas né quand Ivan Illich, André Gorz, Bernard Charbonneau, parmi d’autres penseurs de l’écologie politique, mettaient en garde leurs lecteurs contre l’émergence d’un techno-fascisme vert afin de rationaliser et “d’optimiser” la gestion du monde résiduel, en proie à l’effondrement écologique et social.

Ils nous l’avaient pourtant bien dit dans “La convivialité” (1973), “Ecologie et liberté” (1977), ou “Le feu vert” (1980), dont Tomjo cite les plus lucides et cruelles prophéties.

“... Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option techno-fasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés.” (Ecologie et liberté, 1977)

On sait que les écotechs Verts se présentent - à juste titre – comme les meilleurs gestionnaires du système, les plus compétents, les plus experts candidats à la direction de ce Green New Deal qu’ils revendiquent. Bref, la meilleure et peut-être l’ultime chance d’un capitalisme reverdi. Et c’est d’ailleurs une opinion répandue en Allemagne, en Suisse, en Autriche, où leurs représentants, bac +7 et CSP+, fringants ingénieurs, voraces et ivres de bonne conscience, nouent des alliances “décomplexées” et accèdent au pouvoir local ou national. En France, depuis les dernières élections régionales et grâce à la mise en place d’une machine électorale enfin rôdée aux manigances politico-financières, leur bureaucratie ne ne tient plus en vue des postes ministériels, administratifs, de sénateurs ou de députés, si longtemps convoités. Il n’est pas jusqu’à la catastrophe de Fukushima qui ne serve leurs appétits, lorsque dans leurs négociations avec la sociale-technocratie du PS, ils bradent la fermeture des centrales nucléaires contre un supplément de députés.

Ce que l’on découvre dans “L’Enfer Vert”, c’est :

1) le détail historique de cette intégration des Verts au pouvoir local des années 1970 à nos jours - et ce qui vaut pour Lille Métropole vaut bien sûr pour Grenoble, le Sillon Alpin, Rennes ou Paris ;

2) l’extrémisme de leur idéologie technocratique. Les Verts ne se contentent pas de verdir de communication niaise l’édification de la méga-technopole lilloise. Sous couvert de bonne gestion, ils sont à l’avant-garde de la technocratie, toutes tendances confondues, pour imposer de nouvelles infrastructures adaptées au trafic de masse et de marchandises - train, canal, gares et quartiers d’affaires -, pour détruire les derniers lambeaux de nature, pour fortifier la liaison recherche-pouvoir-indutrie (textile) nécessaire à la croissance.

Mais ils font pire. A Lille, aujourd’hui, les Verts implantent la police totale des RFID, les puces électroniques communiquantes, dans les transports, les bibliothèques, les piscines, les cinémas, les cantines, etc, via une “Carte de vie” qui servira à la traçabilité et au profilage de ses porteurs. Sous prétexte de “sauver la planète et les générations futures”, les Verts enrobent de tout leur discours “écologiste” l’édification de la “technopole intelligente”, “smart city”, “ville ubiquitaire”, “augmentée”, dont IBM leur a vendu le projet (voir “L’Industrie de la contrainte”, Pièces et main d’oeuvre, éditions l’Echappée, 2011).

S’il ne servait qu’à cela, ce livre aurait au moins le mérite d’alerter les Lillois sur leur futur d’hommes-machines sous pilotage du macro-système électronique de leur ville-machine.

Et une fois de plus, ce qui vaut pour Lille vaut pour toutes les technopoles et métropoles.

- Pour lire “L’Enfer Vert”, télécharger le document ci-dessous ;
- Pour commander le livre (5 €), écrire à badaboum_editions[AT]yahoo.fr ;
- Pour la liste des points de vente : http://hors-sol.herbesfolles.org/20...


L’Enfer Vert
Version prête à circuler
583 ko

 

Source : Parution de "L’Enfer Vert - Un projet pavé de bonnes intentions" :: Pièces et Main d'Oeuvre

Pour en savoir un peu plus sur ces technologies qui sont développées volontairement à l'insu du public alors qu'elles sont les fondements d'un projet de monde qui est un pronet de transformation radicale de l'ETANT, de ce qui est et existe y compris le vivant et l'humain en tant que tel   Pièces et Main d'oeuvre nous fournit des description de projets en cours et des analyses incontournables pour qui voudrait comprende "ce qui nous arrive", ces manipulations technocratiques dont nous sommes objet.

 

Quelques autres titres :

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 06:47

 

 


 

Un texte qui n’est pas nouveau et cependant reste d’actualité. Une surprenante découverte ? Je l’avais lu : il y a un problème d’obésité en Belgique, je ne l’avais pas encore vu. C’est chose faite. Débarquant à la porte des Ardennes, là où en été cohabitent les habitants locaux et les touristes venus des deux régions du pays, je le constate, ils sont partout et me voici plongée dans le cauchemar étasunien. Ce que je découvre ici évoque les images de la ville de ce pays qui n’héberge que des obèses avec ses magasins XXXXL, et autres facilités pour personnes en surpoids maximum… des chaises plus larges comme pour Saint-Thomas…

Il y a bien sûr les obèses mous, ceux dont on se doute qu’ils ont une vie sédentaire propice à l’embonpoint mais beaucoup d’autres sont de ceux dont la musculature témoigne d’e  l’activité physique régulière… alors quoi ? Forcément la cause de cette obésité est l’alimentation et il est légitime de s’interroger à ce sujet.

Voici une piste de réflexion… je ne pense pas que Danone soit seul responsable, mais bien l’ensemble d’habitudes alimentaires de ceux qui utilisent des produits préparés plutôt que de les concocter eux-mêmes. Je chausse mes lunettes pour lire les petits caractères et Oh horreur ! Voici donc cette nourriture scientifique qu’on nous impose pour notre « protection » au détriment des pissenlits… L’alimentation, voici encore un domaine où l’intervention protectrice humanitaire fait des ravages. Protéger le consommateur contre lui-même grâce à la "garantie" de l'expertise scientifique, ainsi légifère les mandataires des peuples européens à qui on n'en demandait pas tant ou plutôt pas cela ! Plutôt le « fromage » synthétique produit par Cargill, reproductible à l’identique en laboratoire (= garantie de scientificité) que le bon fromage artisanal dont la composition varie forcément, ce qui n’est pas scientiste donc mauvais.

Par scientiste, j’entends cette idéologie qui veut que le mécanisme – science exacte des objets que ses théories produisent et non de l’existant indépendant des productions humaines – soit Dieu le père de toute science possible. Chaque jour nous le prouve d’avantage, traiter le vivant comme une mécanique le détruit, le pervertit, l’éloigne de sa nature. C’est vrai en ce qui concerne l’alimentation, c’est vrai aussi en ce qui concerne l’emploi, cette intégration de l’humain comme rouage de la grande machine globale. NOUS NE SOMMES PAS DES MACHINES ! TRAITER LA PLANETE COMME UNE GRANDE MACHINERIE,C’ EST LA DETRUIRE EN TANT QUE LIEU OU SE PRODUIT CE PHENOMENE HAUTEMENT IMPROBABLE ; LA VIE !

 

*l'article qui suit a été publié en juillet 2012,qu'en est-i aujourd'hui ? Tout complément d'info bienvenu !

Danone ACTIVIA ET ACTIMEL roi des activateurs dangeureux

 

danone homme-cochon-fakemana

 

 

Pour votre info.

 QUI MANGE DES YAOURTS, QUI EN DONNE A SES ENFANTS?  - 

* YAOURTS ACTIVIA ET ACTIMEL*
 

DANONE OBLIGÉ DE RETIRER SA PUBLICITÉ  MENSONGÈRE APRÈS 15 ANS DE MATRAQUAGE ET  DE DÉGÂTS

 

Le «pavé dans le pot de yaourt» qu¹a lancé  Didier Raoult, chercheur français dans la prestigieuse revue scientifique «Nature» de septembre 2009 a fini par être payant.


Pour le patron du labo de virologie de la Timone à Marseille, les yaourts et autres boissons lactées farcis aux probiotiques  que l¹on nous fait avaler depuis près de 20 ans auraient une    grosse part de responsabilité dans l¹épidémie d¹obésité qui  frappe les enfants. Les probiotiques que Danone ajoute à tout va dans divers yaourts sont selon les allégations de la marque assénées à la télévision, censées « booster » les défenses immunitaires.
 
On en trouve plus de 1 milliard par pot d¹Activia ou d¹Actimel.


Le hic est que ces bonnes bactéries «actives et vivantes»,  (dixit: Danone), sont les mêmes que celles utilisées depuis   longtemps dans les élevages industriels comme activateurs  de  croissance pour faire grossir plus rapidement cochons et  poulets. Un porc ainsi gavé de probiotiques, c¹est plus de 10 % de gagné sur la balance. 

Danone pousse donc à «élever» nos enfants comme des cochons ou des poulets.

 

En fait, en début d¹année, des chercheurs ont eu l¹idée de comparer la flore intestinale des obèses et des non obèses. Et là, surprise, les premiers étaient bourrés de probiotiques - ceux qu¹on trouve justement dans les yaourts «santé plus». Didier Raoult commente: «On a autorisé pour l¹alimentation humaine des activateurs de croissance utilisés dans les élevages, sans chercher à savoir quel serait l¹effet sur les enfants».
 

Du coup, celui-ci a réclamé des études pour connaître le rôle précis de TOUS les produits lactés dans l¹épidémie d¹obésité infantile. En outre, il n y a pas que les enfants qui sont victimes de cette supercherie; j¹ai rencontré de nombreuses femmes potelées bien que sous alimentées, et qui cherchaient désespérément à maigrir en se limitant à quelques yaourts par jour plus quelques babioles. Et désespérante désillusion, elles continuaient à grossir, étaient de plus en plus fatiguées et fragiles, surtout en hiver où il est indispensable de se YANGUISER, alors que les yaourts sont hyper YIN.
 
D¹où l¹article «Aigle moqueur» que j¹avais passé dans «Pratique de Santé» sous le titre «DEVENEZ XXL AVEC DES YAOURTS»  Finalement, les semeurs d¹alerte indépendants ont fini par émouvoir les services officiels avant que le scandale n¹éclate trop au grand jour. C¹est ainsi qu¹ils viennent de mettre la pression sur le groupe Danone, l¹obligeant, selon les termes délicats des grands journaux «à revoir sa copie» (Un monstre comme Danone, çà se ménage).


Il faut tout de même réaliser que cela pourrait être un coup dur pour le lobby puisque les groupes Actimel Europe et Activia Europe pèsent ensemble > 1,5 milliards d¹Euros sur un chiffre total Danone de 15 milliards, soit 10 %.  Mais je ne me fais guère de soucis pour cette entreprise de tricheurs, car entre ses discrètes et adroites manoeuvres de retrait publicitaires et les addictions de beaucoup de consommateurs automatisés, il n¹y a pas vraiment le «feu au lac», en attendant qu¹on nous invente une autre «salade à la mode».

 

 

*Marie-Ange ZWICKERT*
Secrétariat Maintenance /Belle-Idée - Hôpital de Bellerive/
Département d'Exploitation HUG
Tel 022.305.42.19
Fax 022.305.42.15
marie-ange.zwickert@hcuge.ch


Source :
Le blog de mamie sceptix/Charlotte

 

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 13:11

 

 

 

 

soja-republica

En 2003, la société Syngenta a publié une annonce sur ses services dans les suppléments ruraux des quotidiens argentins Clarín et La Nación dans laquelle elle baptisait « République unie du soja » des territoires du Cône sud — situés au Brésil, en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et en Bolivie — où l’on semait le soja. À partir de ce moment, cette déclaration explicite de néocolonialisme est devenue une « marque de fabrique » du projet que les sociétés mettaient en œuvre.

En 2012, les territoires et les institutions de ces pays ont subi les assauts des sociétés agro-industrielles, lesquelles ont imposé de nouvelles variétés transgéniques, augmenté les risques liés à l’application des produits agrotoxiques et apporté des modifications aux politiques dont l’ampleur n’avait pas été vue depuis la première vague d’imposition des transgéniques dans la deuxième moitié des années 1990. Cette nouvelle offensive se produit dans un contexte différent, car aujourd’hui des gouvernements « progressistes » qui critiquent le néolibéralisme sont au pouvoir dans toute la région (du moins jusqu’au mois de juin 2012). Ceux-ci ont commencé à modifier les politiques néolibérales imposées dans les années 1990 en assurant une présence plus forte de l’État dans la régulation de l’économie et en jouant un rôle plus actif dans les domaines social, éducatif et sanitaire.

Toutefois, durant cette période, le modèle d’agriculture et de production des aliments n’a pas changé et aucune autocritique n’a été faite à propos des problèmes causés par l’implantation massive de cultures de soja transgénique et les fortes applications de produits agrotoxiques. Au contraire, ce modèle s’est consolidé et tous les gouvernements de la région le défendent au pied de la lettre et l’acceptent invariablement comme politique d’État. Les graves problèmes qui sont apparus ou se sont amplifiés, comme les effets des produits agrotoxiques, les déplacements de paysans et de peuples autochtones, la concentration de la propriété des terres ou la perte de productions locales, sont considérés des « effets collatéraux ». Ces problèmes ne sont traités que de manière fragmentée et ponctuelle et ce, seulement lorsque la pression sociale est suffisamment forte. Nous n’incluons pas la Bolivie dans cette analyse, car si la région de la « medialuna » (demi-lune), dont le centre est la ville de Santa Cruz de la Sierra, fait partie de la « République unie du soja », les positions, les politiques et les débats que le gouvernement d’Evo Morales a avancés se démarquent amplement de ceux des autres gouvernements (ce qui explique l’opposition des secteurs au pouvoir dans la medialuna qui ont clairement exprimé leurs intentions séparatistes).

RepublicaSoja-2.jpg

Dans d’autres articles de la série À contre-courant3, nous avons déjà dénoncé le fait que cette offensive des sociétés agro-industrielles avait consolidé l’imposition de son modèle productif, que le Cône sud était devenu la région où l’on sème le plus de transgéniques dans le monde avec le volume d’agrotoxiques répandus par habitant plus élevé sur la planète. Dans le présent À contre-courant, nous tenterons de partager certaines réflexions qui aident à comprendre le déroulement de cette offensive et ses conséquences pour les communautés paysannes et la société en général.

Les effets nocifs du « modèle » sont importants et se font sentir tant à la campagne qu’à la ville : populations fumigées à la campagne et dans les zones périphériques des villes, paysans et paysannes déplacés gonflant quotidiennement les ceintures de pauvreté des grandes cités, économies régionales détruites avec des prix de denrées élevés et des aliments contaminés rendant les uns et les autres malades. Bref, une catastrophe socio-environnementale qui prend l’eau de toutes parts et qui ne permet plus de « détourner le regard. »

Les responsables de cette chaîne destructrice ne sont qu’un groupe réduit et leurs noms sont bien connus : en tête, on trouve Monsanto et quelques autres sociétés biotechnologiques (Syngenta, Bayer); de grands propriétaires terriens et des groupes de plantation qui contrôlent des millions d’hectares (Los Grobo, CRESUD, El Tejar et Maggi figurent parmi les principaux); Cargill, ADM et Bunge qui transportent les grains aux confins de la planète. Et évidemment les gouvernements de chacun des pays qui appuient avec enthousiasme ce modèle. S’ajoutent à ceux-ci un grand nombre d’entreprises qui profitent de la « manne » et procurent des services, de la machinerie agricole, des fumigations, des intrants, etc.

Concrètement, cette région compte à l’heure actuelle plus de 46 millions d’hectares de soja transgénique en monoculture, sur lesquels plus de 600 millions de litres de glyphosate ont été aspergés. Pour faire place à cette culture, au moins 500 000 hectares de forêts sont déboisés chaque année.

 

Des arbres récemment abattus brûlent dans la région de Boqueron au Paraguay. (Photo: Glyn Thomas / FoE)Des arbres récemment abattus brûlent dans la région de Boqueron au Paraguay. (Photo: Glyn Thomas / FoE)

Bien que les conséquences régionales de ce modèle soient évidentes et interdépendantes, nous tenterons d’en disséquer les effets afin d’en faire une analyse plus détaillée. La toile de fond du coup d’État au Paraguay s’avère incontournable, car c’est dans ce pays que les pouvoirs de fait ont agi de la manière la plus brutale et explicite. Cependant, le Paraguay constitue un exemple valide pour toute la région, car il est évident que l’on a tenté d’y montrer aux gouvernements de la région la voie à suivre et les limites qu’ils ne doivent pas franchir.

Passons en revue un décalogue (avec compléments) des résultats concrets et indiscutables de ce nouvel assaut de l’agrobusiness.

L’agrobusiness tue

Ce fait s’est exprimé de manière constante au cours des dernières années et, comme nous l’avons déjà dit, c’est au Paraguay où ses effets se sont fait le plus sentir. La tuerie de Curuguaty, survenue le 15 juin 2012, au cours de laquelle onze paysans et six policiers sont morts à la suite de tensions et de la répression étatique et paraétatique, a probablement été le point culminant de la violence. Cette tuerie a servi de prétexte pour entamer un procès politique et faire un coup d’État institutionnel qui a mis fin au mandat du président Lugo.

Une vague répressive contre les dirigeants paysans avait été déclenchée avant le coup d’État. Elle s’est intensifiée après le coup alors que les 8 premiers mois du gouvernement de Federico Franco ont été ponctués de l’assassinat sélectif des dirigeants paysans Sixto Pérez, Vidal Vega et Benjamín Lezcano qui ont été criblés de balles.4 La CONAMURI (Coordinadora Nacional de Mujeres Rurales e Indígenas, Coordination nationale des femmes rurales et autochtones) a déclaré que dans le cas de l’assassinat de Benjamín Lezcano, on a observé « le même modus operandi que celui des assassinats de Sixto Pérez – le 1er septembre dernier, à Puentesiño (Dép. Concepción) – et de Vidal Vega – le 1er décembre dernier, à Curuguaty (Dép. Canindeyú). L’objectif semble également être le même : décapiter les organisations paysannes. »5

 

Les organisations paysannes de La Via Campesina du Paraguay à la marche du Sommet des peuples à Río + 20, juin 2012 - quelques jours après la tuerie de Curuguaty.Les organisations paysannes de La Via Campesina du Paraguay à la marche du Sommet des peuples à Río + 20, juin 2012 – quelques jours après la tuerie de Curuguaty.

En Argentine, au cours des trois dernières années, il y a eu trois assassinats de paysans à Santiago del Estero liés directement au développement du modèle de production de soja (Sandra Ely Juárez, Cristian Ferreyra et Miguel Galván) alors que les communautés des provinces de Formosa et de Salta sont soumises à un harcèlement permanent et soutenu.6

Au Brésil aussi, le mouvement paysan et tout particulièrement le MST (Mouvement des sans terre) a subi la violence de l’agrobusiness et la CPT (Commission pastorale de la Terre) a récemment diffusé un rapport préliminaire sur la violence en 2012 qui dénombre 36 morts violentes dans le cadre de conflits agraires.

7Depuis le début de 2013, trois dirigeants du MST ont déjà été assassinés (Cícero Guedes dos Santos, Regina dos Santos Pinho et Fabio dos Santos Silva).

Ces événements surviennent dans le cadre d’une offensive de criminalisation des luttes sociales qui s’exprime non seulement dans la persécution et la stigmatisation des mouvements, mais aussi de manière concrète dans l’adoption de lois répressives. La nouvelle loi antiterroriste adoptée en Argentine en décembre 2011 s’ajoute aux lois déjà existantes dans plusieurs des pays de la région.

L’agrobusiness pollue

Un des grands mensonges que les sociétés privées, les médias de masse et une partie du monde universitaire ont avancés pour justifier l’introduction de semences transgéniques a été que celles-ci permettaient d’utiliser moins de produits agrotoxiques en agriculture. Mais exactement comme beaucoup d’organisations l’avaient prédit au cours des dernières décennies, la réalité a été toute autre et aujourd’hui, l’augmentation incessante de l’utilisation des agrotoxiques est de plus en plus alarmante et ses effets dans toute la région sont de plus en plus difficiles à cacher.

Cela n’est guère surprenant si l’on tient compte du fait évident que ce sont les sociétés qui se consacrent à la vente d’agrotoxiques, Monsanto en tête, qui encouragent l’utilisation des semences transgéniques et que les semences les plus populaires sont résistantes aux herbicides.

Depuis 2008, le Brésil consomme 20 % de tous les agrotoxiques utilisés dans le monde et est maintenant le plus grand consommateur d’agrotoxiques par habitant au monde avec 5,2 litres par an par habitant. 9 Le volume stupéfiant de 853 millions de litres de produits agrotoxiques utilisés en 2011 et une croissance de 190 % au cours de la dernière décennie sont des données plus qu’éloquentes. Cinquante-cinq pour cent des agrotoxiques ont été appliqués dans les cultures de soja et de maïs alors que le soja représentait 40 % de la consommation totale.10 À lui seul, le glyphosate représente près de 40 % de l’ensemble de la consommation d’agrotoxiques au Brésil.

L’Argentine n’est pas restée à l’arrière du peloton. En 2011, 238 millions de litres de glyphosate y ont été appliqués, soit une augmentation de 1190 % comparativement à la consommation de 1996, l’année à laquelle le soja transgénique résistant au glyphosate a été introduit dans le pays.11

 

Le fils de Petrona Villasboa, Silvino Talavera, est mort à l'âge de 11 ans, après avoir été arrosé de pesticides alors qu'il faisait du vélo sur une route entre deux champs de soja. Il se trouvait à 80 mètres de chez lui, à Pirapey, dans le département d'Itapúa, au Paraguay. (Photo: Glyn Thomas / FoE)Le fils de Petrona Villasboa, Silvino Talavera, est mort à l’âge de 11 ans, après avoir été arrosé de pesticides alors qu’il faisait du vélo sur une route entre deux champs de soja. Il se trouvait à 80 mètres de chez lui, à Pirapey, dans le département d’Itapúa, au Paraguay. (Photo: Glyn Thomas / FoE)

Au Paraguay, le sixième producteur mondial de soja transgénique, plus de 13 millions de litres de ce produit agrotoxique ont été aspergés en 2007.12

En Uruguay, qui participe pleinement à la culture du soja transgénique, les statistiques indiquent que plus de 12 millions de litres ont été consommés en 2010.

13 Et c’est précisément en Uruguay où, à la suite de la contamination de l’eau dans la ville de Montevideo, la population urbaine commence maintenant à réagir fortement devant le manque d’eau potable pour la consommation.

Ce bilan régional nous permet de conclure qu’au moins 600 millions de litres de glyphosate sont appliqués chaque année, une statistique inquiétante qui est accompagnée d’innombrables dénonciations faites à tous les jours pour les dommages déjà décrits à la santé, aux écosystèmes, à l’agriculture et aux communautés que cause un tel bain d’agrotoxiques.

Présenté par Monsanto comme ayant une « faible toxicité, » le glyphosate est remis en question pour de nombreuses raisons, notamment :

— Il est devenu impossible de cacher l’impact de cet herbicide dans les communautés; des milliers d’habitants de « villages fumigés » dénoncent les problèmes de santé causés par cette pratique : augmentation des naissances avec malformations, intoxications aiguës mortelles, problèmes respiratoires, maladies neurologiques, augmentation des cas de cancer, des avortements spontanés, des maladies de la peau, etc.

— Les recherches scientifiques indépendantes confirment ce grave problème et des études établissant un lien entre le glyphosate et l’apparition de tumeurs et de malformations lors du développement des embryons ont été publiées au cours des dernières années dans les revues scientifiques les plus prestigieuses.

— Les effets sur la santé des « adjuvants » utilisés dans la préparation du Roundup, principalement le surfactant Poea (polyoxyéthylène amine), sont également démontrés et on associe ce produit aux dommages gastro-intestinaux et du système nerveux central, à des problèmes respiratoires et à la destruction de globules rouges chez les êtres humains.

— On a aussi largement confirmé les dommages environnementaux du glyphosate dans les champs du territoire ainsi que dans le cadre de recherches : son lien avec la destruction de la biodiversité est indéniable alors que ses effets toxiques sur les amphibiens ont été démontrés et publiés.

Mais un autre problème tout aussi sérieux est l’augmentation de l’utilisation d’autres agrotoxiques appliqués en association avec le glyphosate ou pour compenser l’efficacité réduite de celui-ci en raison de la montée inévitable de mauvaises herbes résistantes. C’est ainsi que l’utilisation du paraquat a augmenté pour atteindre 1,2 million de litres en Argentine et 3,32 millions de litres dans les cinq pays producteurs de soja. Il est important de rappeler que le paraquat a été interdit dans 13 pays de l’Union européenne en 2003 parce qu’il a été lié à des désordres neurologiques. 14

Il n’y a pas de doute que l’utilisation des agrotoxiques est une autre façon de tuer de l’agrobusiness.

L’agrobusiness impose les transgéniques

L’introduction de nouveaux transgéniques liés à l’utilisation de nouveaux composés agrotoxiques fait partie de la stratégie des sociétés et elle a été à l’ordre du jour au cours de l’année 2012.

L’annonce officielle de la présidente argentine Cristina Fernández au Council of the Americas le 15 juin 2012 sur les nouveaux investissements de Monsanto en Argentine a ouvert le bal à ce qui deviendrait durant le reste de l’année une avalanche de projets, d’annonces et d’intentions de modifier la législation qui a marqué l’agenda du gouvernement et des grandes sociétés privées au cours des mois qui ont suivi.

C’est ainsi qu’en août 2012, le ministre de l’Agriculture, Norberto Yahuar, a annoncé, en compagnie de dirigeants de Monsanto, l’approbation du nouveau soja rr2 « Intacta, », lequel comprend comme nouveauté la combinaison de la résistance au glyphosate et la production de la toxine Bt. En d’autres mots, la seule nouveauté de cette variété est la combinaison des deux seules caractéristiques que l’industrie biotechnologique est parvenue à mettre sur le marché au cours de ses 20 ans d’existence.

Mais en plus de cette annonce, il existe des approbations et des essais en champ d’autres transgéniques parmi lesquels ressortent ceux de variétés de soja et de maïs résistantes à d’autres herbicides, dont le glufosinate et le 2,4 D. Andrés Carrasco, chercheur au CONICET (Conseil national de recherches scientifiques et techniques) d’Argentine présentait clairement le problème il y a quelques mois : « un aspect intéressant à considérer en Argentine en ce moment est que 5 de ces 10 événements transgéniques approuvés, 3 de maïs et 2 de soja, combinent la résistance au glyphosate avec la résistance au glufosinate d’ammonium (un bloqueur de la synthèse de l’aminoacide glutamine) pour renforcer les effets du glyphosate. Le besoin d’associer dans les nouvelles semences le glyphosate avec le glufosinate témoigne des inconsistances de la technologie des transgéniques tant en ce qui concerne leur construction que leur comportement dans le temps. Cependant, on poursuit la fuite en avant en essayant de remédier aux faiblesses conceptuelles de la technologie des transgéniques avec des solutions qui tendent à être toujours plus dangereuses. »15

Au Paraguay, quelques mois à peine après le coup institutionnel, le ministère de l’Agriculture a approuvé le maïs transgénique auquel résistaient les autorités du gouvernement renversé et qui fait l’objet d’un rejet explicite et sans appel de la part des organisations paysannes, à cause de la menace qu’il représente pour les multiples variétés locales de maïs cultivées par les peuples autochtones et les paysans. C’est ainsi qu’en octobre 2012 on a approuvé quatre variétés de maïs transgénique de Monsanto, Dow, Agrotec et Syngenta.16 Déjà, au mois d’août, le président de fait Franco avait autorisé par décret l’importation de semences de coton Bt-rr, démontrant sans équivoque pour qui il gouvernait.

Au Brésil, l’escalade a commencé à la fin de 2011 lorsque la CTNBio (Commission technique nationale sur la biosécurité) a annoncé l’approbation du premier haricot transgénique commercial « développé intégralement au Brésil » et résistant à la mosaïque dorée du haricot. Étant donné que cette variété a été créée par l’Embrapa, une institution publique, et qu’elle possède des caractéristiques distinctes de celles des transgéniques plus répandus (Bt et rr), elle a été utilisée comme bannière pro transgénique en faisant ressortir son importance « sociale et alimentaire. »17 Des fonctionnaires publics, la communauté scientifique et la société civile ont toutefois fortement remis en question son approbation. C’est ainsi que Renato Maluf, président du Consea (Conseil national de sécurité alimentaire et nutritionnelle), met en doute sa libération rapide en invoquant le principe de la précaution. « Nous croyons qu’il est téméraire de s’empresser de libérer un produit que toute la population consommera et à propos duquel nous n’avons aucune certitude de sécurité alimentaire et nutritionnelle, » a-t-il regretté. Pendant ce temps, Ana Carolina Brolo, conseillère juridique de l’organisation humanitaire Tierra de Derechos, a abondé dans le même sens que Maluf en indiquant que « cette approbation commerciale n’est pas conforme à la législation nationale et internationale sur la biosécurité. »18

Le bilan général est que l’avalanche de transgéniques nouveaux s’est intensifiée et dans la plupart des cas, leur culture est liée à l’utilisation d’agrotoxiques, dans certains cas les mêmes que ceux qui sont déjà utilisés (le glyphosate principalement) et, dans les autres, de nouveaux herbicides encore plus toxiques et dangereux (dicamba, glufosinate, 2,4 D). Au Brésil, le MPA (mouvement des petits agriculteurs), un membre de La Via Campesina, a dénoncé en avril 2012 l’approbation rapide de semences transgéniques de soja et de maïs résistantes à l’herbicide 2,4 D19. Ces mêmes semences sont déjà à l’étape de l’expérimentation en champ en Argentine.

L’agrobusiness veut exercer un contrôle absolu sur les semences

L’imposition de nouvelles lois sur les semences a aussi été à l’ordre du jour partout en Amérique latine, mais en Argentine elle a été un des foyers d’actions plus visibles et actifs, alors que la nouvelle loi était directement liée à l’accord avec Monsanto mentionné plus haut. Le jour même de l’annonce de l’approbation du soja rr2 « intacta », le ministère de l’Agriculture a annoncé le dépôt d’un projet de loi sur les semences pour qu’il soit étudié par le Congrès avant la fin de 2012.

Le projet n’a jamais été rendu officiellement public, et n’a pas été soumis à un débat large. Il a plutôt été discuté à huis clos au ministère de l’Agriculture par une partie des secteurs de l’agrobusiness argentin. Cependant, son contenu a traversé les murs du ministère et son analyse a permis de confirmer ce que l’on pouvait déjà supposer après l’annonce officielle : la nouvelle loi cherche à subordonner la politique nationale en matière de semences aux exigences de l’UPOV (Union internationale pour la protection des obtentions végétales) et des transnationales.

Le Movimiento Nacional Campesino Indigena (MNCI, Mouvement national paysan indigène) a dénoncé que « le projet de loi ne protège pas les connaissances ni la biodiversité, n’encourage que la privatisation et protège la propriété privée de ce qui est un patrimoine collectif des peuples, notamment des communautés paysannes et des peuples autochtones; il ouvre la porte à l’approfondissement de l’expropriation et de la privatisation de la biodiversité agricole et forestière de l’Argentine; il rend illégales ou restreint sévèrement les pratiques qui ont été en vigueur depuis la naissance de l’agriculture, par exemple la sélection, l’amélioration, l’obtention, la conservation, la multiplication et l’échange libres de semences obtenues dans une récolte antérieure; il renforce les conditions pour que s’accélère l’introduction et l’expansion de nouvelles cultures transgéniques, en accordant des droits de propriété sur des variétés sans exiger de preuves d’amélioration effective et sur la base de la simple expression d’un caractère; et il donne aux entreprises semencières le pouvoir de s’assurer elles-mêmes que les dispositions de la loi soient observées adéquatement. »20

La mobilisation de divers secteurs a permis de retarder la présentation de ce projet de loi et le débat au Congrès national; mais la menace qu’elle soit imposée demeure latente.

Il est très clair que contrôler ce premier maillon du secteur agricole est un des principaux objectifs des sociétés privées lesquelles visent ainsi à pouvoir contrôler l’ensemble du système agroalimentaire et s’assurer un monopole sans failles. Il est également clair que ce contrôle a des effets directs sur les populations en empêchant l’exercice de la souveraineté alimentaire et en condamnant des millions de personnes à la faim.

L’agrobusiness détruit les forêts

La déforestation dans toute la région a atteint une ampleur sans précédent et malgré des mesures visant à l’arrêter (comme la Loi sur les forêts en Argentine ou les règlements adoptés au Brésil), loin de se détenir, elle s’est accélérée au cours des dernières années avec comme principal facteur l’avancée de la frontière agricole (ou le déplacement de la frontière des fermes d’élevage comme conséquence de celle-ci).

Ici encore, le Brésil est en tête avec 28 millions d’hectares de perte nette de forêts pour la période de 2000 à 2010 21 et les autorités nationales ont célébré comme un grand triomphe la disparition de « seulement » 641 800 hectares de forêts amazoniennes d’août 2010 à juillet 201122.

Les chiffres pour l’Argentine montrent qu’entre « 2004 et 2012, les bulldozers ont déboisé 2 501 912 hectares, ce qui revient à 124 fois la superficie de la ville de Buenos Aires. Autrement dit : en Argentine, 36 terrains de football de forêts sont détruits toutes les heures. Ces données ont été déduites en croisant des analyses officielles et d’ONG. Le plus récent rapport du Secretaría de Ambiente de la Nación (ministère de l’Environnement), lequel portait sur la période de 2006 à 2011, a comptabilisé la destruction de 1 779 360 hectares de forêt indigène. » 23

Au Paraguay, la situation est probablement une des pires en ce qui concerne le taux de déforestation : d’une part, il y a eu la déforestation historique dans la région orientale qui a causé la perte de 76,3 % de la couverture forestière originale de 1945 à 1997 à la suite de la conversion des terres pour la production agropastorale. 24 Et d’autre part, la déforestation en cours dans la région occidentale (forêt du Chaco) qui a culminé en 2011 avec une perte de plus de 286 742 hectares de forêts, une augmentation de 23 % sur les 232 000 hectares déboisés en 2010. 25

Un examen global de cette tragédie nous permet de mieux mesurer l’ampleur de ce qui se produit : une étude publiée par la FAO en 201126 indique que la moyenne annuelle de perte nette de forêts de 1990 à 2005 est de presque 5 millions d’hectares (dans le monde entier), dont 4 millions en Amérique du Sud.

Ici encore, l’agrobusiness tue à nouveau : les écosystèmes uniques de la région et tous les peuples qui durant des millénaires ont vécu, grandi et cohabité avec les forêts, en les protégeant et en les alimentant.

L’agrobusiness concentre la terre entre un nombre réduit de mains.

La concentration des terres est un autre des phénomènes qui ont marqué les années récentes d’implantation du soja transgénique dans l’ensemble du Cône Sud. Les pays dans lesquels la concentration de la terre était déjà forte ont vu au cours de ces années l’accroissement de cette concentration et la réduction du nombre de propriétaires qui la contrôlent.

C’est encore le Paraguay, un des pays ayant la pire distribution des terres en Amérique latine, où l’impact s’est fait sentir le plus et aujourd’hui, 2 % des producteurs contrôlent 85 % des terres agricoles. Cette situation s’aggrave encore plus alors qu’à partir des pays voisins — principalement le Brésil, mais aussi l’Argentine — il se produit une invasion des territoires pour augmenter la culture du soja transgénique.

Voyons quelques statistiques sur chacun des pays : 27

— Au Paraguay, en 2005, 4 % des producteurs de soja contrôlaient 60 % de toute la superficie plantée avec cette culture.

— Au Brésil, en 2006, 5 % des producteurs de soja contrôlaient 59 % de toute la superficie plantée avec cette culture.

— En Argentine, en 2010, plus de 50 % de la production de soja était contrôlée par 3 % de l’ensemble des producteurs, lesquels possédaient 5 000 hectares de terres ou plus chaque.

— En Uruguay, en 2010, 26 % des producteurs contrôlaient 85 % de l’ensemble des terres plantées avec du soja. Cette même année, 1 % de l’ensemble des producteurs étaient responsables de 35 % de la superficie plantée avec du soja.

Le modèle imposé a signifié une profonde transformation du processus de concentration de la propriété des terres : maintenant, dans la plupart des cas, les terres ne sont pas achetées, mais plutôt louées par les grands producteurs. D’autre part, les producteurs ne sont plus des personnes physiques identifiables, mais bien des pools de plantation alimentés pour la plupart par des groupes d’investisseurs spéculatifs.

Les conséquences pour les communautés locales, les paysans et les peuples autochtones sont toujours les mêmes : l’expulsion de leurs territoires, dans de très nombreux cas par l’usage direct de la violence, comme nous l’avons déjà dit lorsque nous avons analysé d’autres aspects de ce modèle.

Bien qu’il soit difficile d’estimer le nombre d’expulsés parce qu’il n’existe pas de statistiques précises pour chaque pays et encore moins au plan régional, certains chercheurs ont trouvé, par exemple, que la progression du soja au Paraguay aurait causé l’expulsion de 143 000 familles paysannes, soit la disparition de plus de la moitié des 280 000 fermes de moins de 20 hectares inscrites dans le recensement agropastoral de 1991,28 et ce, pour atteindre l’objectif de 4 millions d’hectares de soja que s’est fixé l’agrobusiness. Dans le cas de l’Argentine, ce modèle a causé un exode rural sans précédent qui en 2007 supposait déjà l’expulsion de plus de 200 000 agriculteurs et travailleurs ruraux et de leurs familles du secteur agricole argentin. Au Brésil, depuis les années 1960, la production de soja a déplacé 2,5 millions de personnes dans l’État du Parana et 300 000 dans celui du Rio Grande do Sul. 29

L’agrobusiness cherche à se consolider comme dictateur dans la République unie du soja

Le coup institutionnel au Paraguay démontre que les initiatives et les limites que certains gouvernements tentent encore timidement de mettre en place ne détiennent pas les sociétés privées agissant de concert avec les grands propriétaires terriens et leurs complices nationaux.

Au Paraguay, le gouvernement du président Lugo, même s’il était minoritaire au parlement, a tenté, à travers certaines institutions gouvernementales (ministère de la Santé, ministère de l’Environnement, Service national de qualité et d’hygiène végétale et des semences — Senave), de réglementer certaines pratiques graves comme les fumigations et l’approbation de nouveaux transgéniques, notamment le maïs rr et le coton Bt. Il a aussi entamé un dialogue avec les organisations paysannes pour chercher à freiner la violence historique dans le monde rural qui est le fruit de l’extraordinaire concentration des terres de ce pays.

Les puissants secteurs de l’agrobusiness, regroupés dans l’UGP (Union des corporations de production), lequel jouit de l’appui de sociétés privées comme Monsanto et Cargill, ont lancé une guerre contre les autorités responsables de ces secteurs, en demandant leur tête et en menaçant et exécutant des actions publiques dans ce sens.

La tuerie de Curuguaty a été le prétexte qu’ils ont trouvé pour renverser — grâce à leurs alliés parlementaires — le président Lugo en moins de deux heures de session et ainsi imposer leurs intérêts dans tous les domaines.

C’est ainsi que tous les fonctionnaires engagés dans ces processus de changement ont été remerciés avec le président Lugo et que les mesures réclamées par l’agrobusiness ont été rapidement imposées : fin aux limites de fumigation, approbation de nouveaux transgéniques, promesses de modification de la loi sur les semences, etc.

La récente élection qui a couronné l’entrepreneur Horacio Cartés comme nouveau président et porté à nouveau au pouvoir le parti Colorado a été la dernière étape pour établir l’impunité et le pouvoir illimité de l’agrobusiness.

Toutefois, dans les autres pays de la région — bien que la situation ne soit pas aussi difficile qu’au Paraguay — il est également évident que l’agrobusiness dicte les politiques publiques en matière d’agriculture et d’alimentation et fait obstacle à toute tentative de les modifier selon une perspective allant à l’encontre de ses intérêts corporatifs.

Tout cela confirme quelque chose qui devient évident et est dénoncé partout au monde : la démocratie est incompatible avec la domination des sociétés privées et il faut démanteler leurs structures pour pouvoir penser et avancer dans n’importe quelle démarche de démocratisation qui privilégie le bien commun.

L’agrobusiness soumet et colonise les institutions de recherche et de réglementation de la science et des technologies dans chaque pays

Les universités et instituts de recherche de toute la région, sauf quelques exceptions honorables, sont colonisés par le pouvoir et les fonds des sociétés de l’agrobusiness qui les utilisent comme engrenages pour imposer leurs transgéniques et leurs modèles de production industriels.

En 2012 en Uruguay, l’accord entre Monsanto et l’INIA (Institut national de recherche agropastorale), qui a intégré des transgènes appartenant à l’entreprise au germoplasme de soja national sous sa responsabilité, a été rendu public et a été dénoncé par la société civile.30 La signature de l’accord a été remise en question par la CNFR (commission nationale de développement rural), une association qui regroupe et représente les producteurs familiaux au conseil d’administration de l’INIA et par diverses organisations de la société civile dont REDES-Amis de la Terre. L’accord, qui n’est pas accessible au public, a suscité une demande de rapports de la part de législateurs du Frente Amplio (FA).

Aussi, après le coup au Paraguay, le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Élevage du pays guarani, Enzo Cardozo a annoncé que le « Paraguay va produire ses propres semences transgéniques qui seront à la disposition de tous les producteurs. » La production serait sous la responsabilité de l’IPTA (Institut paraguayen de technologie agropastorale) qui recevrait un « transfert technologique » de Monsanto, pour lequel le gouvernement dirigé par le président de fait Federico Franco paierait un montant qui reste à établir. 31

Mais Monsanto possède déjà des accords de « coopération » avec des institutions publiques en Argentine, au Paraguay, en Uruguay et au Brésil depuis bien avant la signature de la nouvelle entente et il les utilise comme source de main-d’œuvre à bon marché pour ses recherches et outil pour réaliser directement « l’extension rurale » de ses transgéniques. De la même manière, de nombreux fonctionnaires politiques agissent en tant que bras idéologiques des sociétés privées dans leurs tentatives de s’imposer. Un cas exemplaire est celui de Lino Barañao, ministre argentin des Sciences et de la Technologie, qui ne gêne pas pour profiter de toutes les occasions pour faire du lobbying en faveur des transgéniques.

L’agrobusiness est une forme de plus de l’extractivisme qui saccage nos territoires

L’agriculture industrielle est une activité extractiviste parce qu’elle considère que le sol est un substrat inerte duquel on extrait des nutriments (protéines et minéraux) en utilisant de la technologie et des produits chimiques sans les respecter en tant qu’organismes vivants et sans remplacer de manière naturelle les nutriments extraits.

Cet extractivisme s’exprime de manière brutale avec la culture du soja transgénique, car même le discours du « semis direct » ne peut cacher la réalité crue que le soja ne retourne pas du tout la quantité de nutriments qu’il extrait des sols, et que cette technique de semis direct ne peut soutenir la structure et la capacité de rétention de l’eau de ces sols.

Dans d’autres documents, nous avons fait part de la façon dont se dégradent les sols en Argentine et on extrait des millions de tonnes de nutriments et des milliards de litres d’eau. 32

Voyons quelques statistiques concrètes seulement pour l’Argentine (ces données ne sont pas disponibles pour les autres pays) :

Année après année, la monoculture du soja cause une dégradation intense des sols avec une perte variant de 19 à 30 tonnes de terre par hectare selon la gestion des sols, la pente du terrain et le climat.

Le soja a produit durant la saison 2006/2007 (avec une production de 47 380 222 tonnes) une extraction nette de :

— 1 148 970,39 tonnes d’azote,

— 255 853,20 tonnes de phosphore,

— 795 987,73 tonnes de potassium,

— 123 188,58 tonnes de calcium,

— 132 664,62 tonnes de soufre, et

— 331,66 tonnes de bore.

De plus, chaque récolte de soja exportée emporte 42 500 millions de mètres cubes d’eau par année (données de la saison 2004/2005).

L’agrobusiness agit en complicité avec les grands médias de masse

Tout ce processus d’imposition peut compter dans toute la région sur un puissant allié : les médias de communication privés et dominants qui agissent à titre de bras communicationnel inconditionnel de l’agrobusiness (à la seule condition d’obtenir la manne de publicité avec laquelle sont remplies les pages des journaux et les ondes de la radio et de la télévision).

Les mécanismes de fonctionnement de cette alliance se réduisent à quelques directives de base que nous pouvons résumer comme suit :

— L’éloge dithyrambique de l’agro-industrie en tant que panacée pour la production d’aliments en créant un lien absolu entre le « progrès, » le « développement » et le bien-être de la société.

— La cooptation du discours du développement durable, à l’aide de la propagande, pour rendre « durable » n’importe quelle initiative, en ne présentant qu’une vision partiale et fragmentaire.

— La négation absolue de tout débat ou information sur les luttes sociales de résistance, les débats scientifiques ou économiques et les impacts sur les communautés et l’environnement.

— La stigmatisation et la criminalisation des mouvements et des organisations sociales en les présentant comme « subversifs, » violents, antisociaux ou « passéistes. »

Le pays où cette alliance est la plus évidente est probablement le Paraguay, où l’UGP mentionnée ci-dessus est liée au Groupe Zuccolillo, propriétaire du puissant quotidien ABC Color qui a été l’un des médias à partir desquels la campagne pour renverser Lugo a été montée. Zuccolillo est aussi le président de la Société interaméricaine de presse SIP.33

Et pour couronner le tout : l’agrobusiness change le climat

Les liens entre la crise climatique que nous subissons à l’échelle de la planète et l’agriculture industrielle sont largement démontrés et présentent des statistiques alarmantes : au minimum, de 44 à 57 % des gaz à effet de serre (GES) sont produits par les différentes étapes de la chaîne de production agroindustrielle.

Il est évident qu’un territoire où l’agriculture industrielle s’est imposée de manière brutale doit être une des principales sources contribuant à cette crise mondiale. Mais il est également évident dans toute la région que le concours des problèmes mondiaux et régionaux comme la déforestation a des conséquences extrêmement graves à la campagne, avec de longues périodes de sécheresse suivies de cycles d’inondation, et en ville, avec des pluies, des phénomènes climatiques extrêmes et des inondations pour lesquelles il n’existe pas d’infrastructures en mesure de les contenir et dont les principales victimes sont justement les populations expulsées des campagnes.

Remarques finales

Une large mobilisation articulée s’oppose à cette dramatique réalité dans toute la région. Elle affronte la spoliation par la résistance locale, la mobilisation, les dénonciations publiques, la construction d’alternatives et la lutte sur tous les fronts possibles allant des voies légales à la désobéissance civile et à la récupération des territoires de la part des communautés dépouillées.

S’il est certain qu’il existe encore une grande fragmentation des luttes sociales, il est également certain qu’aucune d’entre celles-ci ne se limite à l’analyse ou à la simple lutte ponctuelle. Au contraire, on assiste à la construction d’une vision globale qui place la souveraineté alimentaire au centre des luttes avec comme horizons l’autonomie et le bien commun.

Nous espérons que le présent À contre-courant ajoute une semence de plus aux nouvelles cultures de résistance des champs et de la rue qui germent dans le Cône sud.


 

3 “Monsanto y las regalías semilleras en Argentina”, GRAIN, 8 octobre 2004

5 “Plan de exterminio”, Reportaje a Magui Balbuena de CONAMURI por Radio Mundo Real, 23 fevrier 2013

6 “El árbol y el bosque”, Biodiversidadla, 10 avril 2013

7 “Un militante del MST es asesinado”, MARCHA, 3 avril 2013

8 “A luta constante contra os agrotoxicos”, Brasil de Fato, 11 janvier 2013

9 “Especial sobre agrotoxicos”, Brasil de Fato, juin 2012

10 “Agrotóxicos, segurança alimentar e nutricional e saúde”, Associação Brasileira de Saúde Coletiva, 2012

11 “Producción de soya en el Cono Sur de las Américas”, GENOK, 31 juillet 2012

12 “Alimento sano, pueblo soberano”, CONAMURI, novembre 2011

13 Ibid. 11

15 Un nuevo veneno, el glufosinato, lettro de Andrés Carrasco, Biodiversidadla, 31 août 2013

18“Fríjol transgénico desata polémica alimentaria”, IPS, 30 septembre 2011

20 “¡NO a la privatización de las semillas en Argentina!”, MNCI – CLOC-VC Argentina – GRAIN – AT – ACBIO, 2 octobre 2012

21 “¿Tiene sentido declarar un Día Internacional de los Bosques?”, Boletín N° 188 del WRM, 3 avril 2013

23“El árbol y el bosque”, Mu 63, 15 mars 2013

24 “Paraguay: cómo se pierde el 90% de los bosques de un país, Vanessa Sánchez, Soitu.es, 11 août 2008

26 “Sudamérica, la peor en deforestación a nivel mundial”, BBC Mundo, 30 novembre 2011

28 “Los refugiados modelo agroexportador”, Javiera Rulli, Repúblicas Unidas de la Soja, GRR, 2007

29 “Una reflexión sobre la reciente expansión del cultivo de la soja en América Latina”, Segrelles Serrano, José Antonio, Grupo Interdisciplinario de Estudios Críticos y de América Latina, 25 juin 2007

30 “Alimentando las estrategias corporativas”, REDES-AT, 31 août 2012

31 “La espada de Monsanto sobre América Latina”, Marcha, 4 octobre 2012

32 “Extractivismo y agricultura industrial o como convertir suelos fértiles en territorios mineros”, GRAIN, Revista Biodiversidad, sustento y culturas N° 75, janvier 2012

33 Ibid. 28

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 12:03

 

 

Austérité et destruction de la nature : l'exemple grec.

Entretien avec Roxanne Mitralias

Roxanne Mitralias est militante à SYRIZA, au CADTM, ainsi qu'au Front de Gauche sur les questions agricoles et écologiques. Sociologue rurale et des sciences de formation, elle travaille aux côtés des mouvements paysans en France. Elle revient pour Contretemps sur la situation en Grèce et en particulier sur les effets destructeurs pour l'environnement des politiques d'austérité.

 

Contretemps : Quelle est la situation en Grèce aujourd’hui ?

Cela fait maintenant près de trois ans que la Grèce est devenue le laboratoire de politiques d’austérité d’une ampleur sans précédent au Nord. On y applique des recettes qu’on nommait « plans d’ajustements structurels » du temps du FMI et qu’on appelle, à l’heure de la Troïka, « plans de sauvetage ». Laboratoire aussi et surtout pour tester la population, évaluer jusqu’où il est possible d’aller sans que celle-ci ne se révolte. Malgré deux dizaines de grèves générales en trois ans et plus de cinq mille manifestations et grèves en 2012, des occupations et des mouvements de désobéissance civile d’ampleur, on peut dire aujourd’hui qu’il est possible d’aller très loin, au-delà de ce qu’il était permis d’imaginer. En termes de droits sociaux, la situation est relativement connue. En moyenne, un grec a perdu 40% de son salaire. Il doit en même temps faire face à l’augmentation du coût de la vie (liée à l’augmentation des taxes, mais aussi à la dépendance aux importations et à certains cartels – comme celui du lait, un des plus chers d’Europe) mais aussi à des impôts faramineux, qualifiés depuis trois ans d’« extraordinaires ». Très souvent ce même grec a perdu son travail, assez vite ses indemnités chômage et sa couverture santé. Il peut alors finir à la rue, ou bien émigrer, certaines fois il est poussé au suicide. Bien sûr il y a encore des grecs qui s’en sortent : ils peuvent compter sur leurs économies – vestiges de la croissance des années 1990, sur les appartements qu’ils ont acquis pendant l’énorme exode rural des années 1960 – vides de locataires maintenant, ou tout simplement sur la famille – lien invisible qui relie la ville à la campagne et permet encore de se nourrir. Mais il y a quelque chose dont on parle peu dans les médias européens. Dans ce fameux laboratoire, on mène d’autres sortes d’expériences. De manière tout à fait concomitante avec la destruction de la société, le gouvernement de la Troïka a pris ses dispositions pour exploiter les ressources naturelles. Evidemment cela se fait par les moyens classiques, c’est-à-dire la diminution des fonds accordés à la protection et la gestion de l’environnement. Cela passe aussi par la remise en cause des dispositions législatives et règlementaires qui barraient tant bien que mal la route à la surexploitation des ressources naturelles. Mais cela va jusqu’à la remise en cause de la constitution grecque qui empêchait (dans plusieurs articles dont l'article 24) l'exploitation privée du littoral et des espaces forestiers ; le mémorandum 2, voté au printemps 2012, accorde désormais cette possibilité. Les plages, par exemple, sont cédées pour 50 ans ! On assiste déjà ou très bientôt à une vague de privatisations, de concessions, de ventes et, d’une manière générale, d’accaparements sans précédent : des ressources minières, des terres, du littoral, de la mer, des forêts, des îles, des sources thermales et des grottes, des monuments archéologiques et des ports ou de la gestion des déchets et de l’eau. A titre d'exemple, fin janvier 2013, l'Acropole et le lac de Cassiopée à Corfou ont été vendus à NCH Capital pour y construire des logements touristiques. Cela se traduit aussi par ce qu’on appelle des éléphants blancs, c’est-à-dire des grands projets inutiles construits contre les besoins des populations, y compris dans une période de récession de cette ampleur : c'est le cas du projet de détournement du fleuve Akhelóös ou des investissements nécessaires pour les énergies renouvelables industrielles. Mais, les formidables cadeaux qu’offre le gouvernement grec au « monde de l’entreprise », ne servent même pas à créer de l’emploi ou améliorer le sort de la population, puisque le chômage atteint 27% en 2012. Dans cette Grèce du XXIème siècle où l'on brade tout pour rien, c’en est fini de la vie telle qu’on l’a connaissait. Le pays devient un protectorat énergétique et la nature se transforme en un nouvel espace d’investissement, immense casino pour les profits des capitalistes avides de continuer à s’enrichir. Bienvenu dans ce monde où cette déesse moderne, la dette, exige qu’on sacrifie à son autel tout ce qui faisait le socle de la société humaine.

 

Contretemps : On parle d’une nouvelle pollution dans les grandes villes grecques. Peux-tu nous expliquer ?

En effet, depuis quelques temps une nouvelle a réussi à briser les murs du silence européen, et est arrivée jusque dans les journaux télévisés français. Athènes et Thessalonique seraient recouvertes d’un nuage de pollution. Cette nuée noire dans le ciel des grandes villes grecques rappelle amèrement aux grecs la période glorieuse de la croissance, où l’on construisait des stades et des routes inutiles pour accueillir les athlètes du monde entier et où l’on prenait la voiture pour faire ses courses à l’épicerie du quartier. Ainsi la population française a appris que les grecs, désormais trop pauvres pour pouvoir se chauffer au fioul (soumis à une taxe de consommation spécifique, il a vu son prix grimper de 40% rien que pendant l’année 2012), se replient sur le bois de chauffage. Ils brûleraient même n’importe quoi selon les médias grecs, y compris des bouts d’arbres coupés illégalement dans les parcs menus ou des vieux meubles chargés de produits chimiques d’entretien. Comme quoi la décroissance forcée n’est pas forcément écologique. La situation est désormais très préoccupante, puisque le taux de pollution du ciel citadin dépasse régulièrement le seuil de dangerosité préconisé par les experts. Mais aussi, on apprend régulièrement que des écoles ou des universités doivent fermer leurs portes parce qu’elles n’ont plus de budget pour acheter du fioul. On entend dire enfin que les victimes d’incendies ou d’intoxication de gaz sont de plus en plus nombreuses. Pour affronter le nuage chimique, des mesures concrètes existent : interdire de nouveau de rouler au diesel dans les villes, annuler la taxe spéciale sur le carburant de chauffage et développer les moyens de transports collectifs. Mais, le gouvernement et ses collaborateurs Troïkiens ont manifestement d’autres plans : par exemple, dans un effort d’assainissement des dépenses publiques comme ils disent, mais en réalité afin de récolter le maximum d’argent – et surtout pas auprès de leurs riches amis – ils augmentent encore le prix des transports en commun. Au moment où la population athénienne arrête massivement de prendre la voiture, le prix du billet du métro subit une énième augmentation pour atteindre 1 euros 75 centimes. Son prix a augmenté de 135% en quatre ans.

 

Justement, à propos des transports, quel est l’impact des « plans de sauvetage » ? On se souvient que la hausse des péages avait entrainé un mouvement de refus de payer. Il y a d’abord les liaisons maritimes, dont la fréquence a fortement diminué vers les îles où elles étaient subventionnées. Le prix du carburant ayant également augmenté, les billets pour les bateaux coutent désormais très cher. On ne peut plus aller au Pirée, prendre ses billets à la dernière minute et sauter dans le bateau pour une île des Cyclades au hasard. Mais ceci n’est qu’une évolution culturelle, à laquelle les grecs devront s’habituer. Quid des habitants de ces îles qui ne pourront plus aller à leur préfecture, à l’hôpital, à l’école ? Ainsi en Grèce tout devient payant, et c’est brutal. Les autoroutes ont vu naître en leur sein le premier mouvement de désobéissance civile appelé « je ne paye pas » qui prônait le refus de payer les péages. Les usagers n’acceptaient pas l’augmentation brusque et démesurée du prix des péages, pour des autoroutes construites avec leurs impôts, cédées gracieusement au même « monde de l’entreprise ». Les premiers jugements pour ces actes de résistance arrivent en ce début 2013. Cette répression fera peut-être oublier aux usagers que le réseau routier, desservant des zones très difficiles dont des montagnes, est totalement laissé à l’abandon depuis que des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été mis en disponibilité.

 

En France, on a eu vent de l’achat d’îles par l’émir du Qatar. Est-ce que ça correspond à une politique plus générale ?

En Grèce, les forêts, les landes et le littoral sont publics. C’est un pays sans histoire féodale, où les terres n’ont pas de valeur en soi, puisqu’elles sont faiblement productives. Un des premiers objectifs de la Troïka a été de les privatiser afin que des investisseurs puissent les « valoriser ». Les forêts grecques subissent en même temps les politiques de privatisation, de désengagement de l’état et de destruction de l’environnement. Non seulement il apparaît qu’elles sont surexploitées pour satisfaire la demande croissante pour le bois de chauffage, et du même coup enrichir les quelques intermédiaires qui se sont placés sur le marché, mais elles sont de moins en moins protégées. Les responsables politiques ont soigneusement fait sauter les législations qui régulaient aussi bien l’exploitation des forêts par la sylviculture que la possibilité de bâtir. Ils ont également coupé les budgets alloués aux agences de gestion des zones protégées, en attribuant la majeure partie des fonds de la « caisse verte » au remboursement de la dette. La « caisse verte », créée par la voie législative en 2010, est destinée au financement de programmes, de mesures et d'actions dans le but de favoriser la croissance par la valorisation et la protection de l'environnement. Elle sert aux programmes de lutte contre les incendies, de reforestations, de zones protégées, de protection de la mer et des zones côtières, d'amélioration des espaces urbains. Alimentée par la vente de l’environnement grec et les taxes spéciales sur le fioul à hauteur de 1,85 milliards d’euros, elle sert à rembourser prioritairement la dette (95% des fonds disponibles selon le mémorandum 2). Depuis la décision du gouvernement de novembre 2012, seulement 2,5% de ses ressources pourront financer des actions en faveur de l’environnement. Voilà donc comment on sacrifie la nature pour payer les intérêts de cette dette qui n'a cessé de croître depuis 2010, début de l'expérimentation menée par la Troïka (on est passé de 120 à 180% du PIB). Aussi, le plan d’aménagement du territoire a été modifié (dans un pays sans cartes forestières et sans cadastre, tout devient possible !) pour permettre d’utiliser les espaces forestiers et semi forestiers pour le tourisme de masse, pour la production énergétique et tout simplement pour y construire sa maison. Dans le même sens, une des premières mesures qui a été prise en 2011 (toujours dans le but affirmé de payer la dette !), c’est de légaliser les maisons construites sans permis après avoir réglé une somme forfaitaire. La période pour ce faire a déjà été prolongée quatre fois : on peut donc construire n’importe quoi, n’importe où en s’acquittant d’une amende ! Dans ce même effort d’accaparement des communs, la troïka proposait que l’état Grec vende les îles avec moins de 50 habitants pour renflouer les caisses. Même si cette proposition a choqué l’opinion publique, un certain nombre d’îles inhabitées sont actuellement en vente par des propriétaires privés. Mais bientôt les investisseurs du monde entier vont pouvoir se partager les plages, le littoral ou les fonds marins : il suffit de faire un tour sur le site internet de « la caisse des dénationalisations » cette institution nommée TAIPED et constituée pour vendre la propriété de l’état grec (d’ailleurs pas assez rapidement selon le FMI qui propose de virer les quelques grecs qui la composaient pour y mettre des experts internationaux). On peut par exemple, si on a suffisamment d’argent, acheter des terres dans le sud de Rhodes (Prasonisi) en zone Natura 2000, pour y construire un golf, des équipements de sports nautiques et des hôtels pour accueillir des hordes de touristes. Aussi, selon la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) Grecque, 40 îles seraient menacées d’être placé dans la caisse de dénationalisation, dont 24 classées Natura 2000 : l’objectif est d’y construire des complexes touristiques. Quand on sait que la Grèce est un « hotspot » de biodiversité, que le littoral grec équivaut à un quart des côtes européennes, on peut prendre la mesure de ce qui nous attend. Ceux qui avaient comme habitude de profiter de la mer pour leurs vacances, leur loisir ou pour vivre n’auront évidemment plus accès à cet espace de manière gratuite et libre. Ces privatisations auront des effets de longue durée sur l’environnement, puisque les investissements prévus ne vont pas dans le sens d’un développement durable en accord avec les spécificités du milieu naturel. Aussi, pour permettre ce type d’investissements, une nouvelle loi a été votée début janvier 2013 qui autorise le changement d’usage des terres, et l'installation de complexes touristiques « all inclusive », avec spa et golf. Ces énormes constructions ne seront pas soumises au plan d’urbanisme, puisqu’elles seront elles aussi légalisées par des procédures « fast track ». Quel sera le bénéfice pour la société locale ou pour l’environnement de ce type de développement touristique d'un genre colonial, décrié en Espagne pour avoir engendrer une bulle immobilière et pour avoir détruit le littoral ? Aucun, il s’agira encore une fois de payer les intérêts de la dette et d’enrichir les investisseurs. Bien sûr, cette vague d’accaparements est présentée par le gouvernement et les investisseurs comme un développement durable alliant protection de l’environnement et investissement économique. Il n’en est rien. En réalité il s’agit de vastes plans de quasi-cession de terres publiques vers des entreprises.

 

Comment s’organise la résistance au programme de la Troïka ?

L’exemple de la lutte à Elliniko et de la préservation de toute la côte entre le Pirée et le cap Sounion est à ce titre tout à fait parlant. L’ancien aéroport d’Elliniko s’étend au sud de l’agglomération athénienne et longe la mer. Cet espace de 650 hectares fait rêver les promoteurs immobiliers. Ils voient déjà les ensembles touristiques luxueux et les casinos qu’ils pourraient construire pour accueillir les nouveaux riches de ce monde, saoudiens et chinois en visite au pays de Socrate. Depuis les jeux olympiques de 2004, en attendant la « valorisation » promise par les différents gouvernements, l’espace de l’ancien aéroport est laissé à l’abandon : on y voit des bâtiments vides et délabrés ainsi que des boîtes de nuit illégales construites sur la côte. Pendant longtemps, les différents gouvernements ont évoqué la mise en place d’un « parc vert métropolitain » qui manque cruellement à Athènes, ainsi que la construction de logements et de bureaux. Mais la crise a libéré les convoitises et cette propriété publique se retrouve dans la « caisse des dénationalisations ». Prête à être vendue pour quatre fois moins que son prix, c’est-à-dire pour seulement cinq milliards d’euros. Elliniko deviendra donc un immense parc à logements, hôtels et casinos, avec ports privatifs et plages fermées : le gouvernement grec a définitivement abandonné le projet du « parc métropolitain ». Toute la zone côtière est soumise désormais au même type de plan de privatisations et d’investissements. Ainsi, on envisage même de créer des îles artificielles pour y construire des ports de plaisance pour permettre le stationnement des yachts. L’idée est de faire de la baie de Saronikos, de Pirée au cap Sounion, une nouvelle riviera, un nouveau Monaco. Selon Panos Totsikas, militant sur la lutte de Elliniko, il s’agit de la continuation d’un développement de type « Jeux Olympiques » qui vise à bâtir toutes les terres (et même la mer) qui étaient publiques. La péninsule d’Astéras (municipalité de Vouliagmeni – au sud d'Athènes), où vivent les familles les plus fortunées de Grèce, est elle aussi à vendre. Les plages, publiques et privées, un hôtel luxueux, un temple dédié à Apollon, ainsi que quelques îlots non habités seront bradés pour à peine quelques millions d'euros... Face à ce processus, des résistances se sont développées : les habitants d’Elliniko, après avoir lutté pour que leur plage ne soit pas cédée à des entrepreneurs grecs douteux, occupent maintenant une partie de l’ancien aéroport ! Des oliveraies (1150 arbres) et des jardins sont plantés et cultivés. Elliniko est devenu un lieu d’émulation pour le mouvement social athénien puisqu’on peut y suivre des débats, des événements artistiques, des formations sur les techniques agronomiques et même se faire soigner, quand on ne peut faire autrement, dans le dispensaire de santé solidaire et autogéré qui s’est installé dans le même quartier. Les coalitions progressistes des villes concernées par la vente de la côte d’Athènes se rebellent également : de Moschato à Glyfada, Vouliagmeni ou Anavyssos, ces projets de « valorisation » ne passent pas auprès des habitants.

 

Y a-t-il d'autres secteurs privatisés ?

Tout à fait ! Toujours avec ces mêmes procédures « fast track », qui permettent de passer outre le parlement et se sont multipliées afin d’éviter tout débat démocratique en temps de crise, le gouvernement et ces alliés du FMI et de l’UE préparent le terrain pour exploiter le juteux marché des déchets. Des partenariats de type public-privé ont été mis en place, dans le but de multiplier les centres d’enfouissement et d’incinération dans tous les pays (sont concernés 4 centres à Athènes, Thessalonique, la Macédoine de l’ouest et le Péloponnèse). Non seulement il s’agit de centres de traitement allant à l’encontre des recommandations de l’Union Européenne (qui promeut d’abord la prévention) mais la part de la participation financière des acteurs privés sera diminuée, puisqu’une partie des « aides » allouées à la Grèce par l’UE iront dans le financement de ces projets. Afin de bien servir les intérêts des investisseurs, il s’agissait d’écarter toute gestion rationnelle (la fameuse prévention-recyclage, etc.) qui pourrait nuire aux plans d’enrichissement de ces derniers. C’est pourquoi on a écarté les élus territoriaux (et a fortiori les populations locales et les contre-projets de gestion des déchets), en confiant cette tache à des institutions régionales fantômes. Les boîtes privées (et les décideurs qui se serviront) pourront donc s’enrichir, sur le dos des habitants et au détriment de l’environnement, des sols, des eaux et des sites archéologiques, en exploitant des décharges et des incinérateurs. Une gestion des déchets par des entreprises privées signifie recherche maximale de profit. Plus de déchets, c’est plus d’argent à se faire au détriment de la santé, de l’environnement, du territoire et du patrimoine. Un des combats, des plus virulents et radicaux de la dernière période a eu lieu dans le quartier de Kératéa, dans l’agglomération athénienne. Une véritable guérilla a opposé les habitants aux CRS. Le gouvernement, dépassé par plusieurs années de lutte acharnée contre le projet d’incinérateur, a dû même faire appel aux forces de police ! Mais malgré ces menaces les habitants n’ont pas reculés. La lutte de Kératéa a été victorieuse : depuis 2010 le projet est abandonné ! Aujourd’hui il existe en Grèce une coordination des comités s’opposant à ces projets de gestion de déchets et proposant une gestion décentralisée et coopérative (prosynat). Pour recevoir le « paquet de sauvetage » qui sert à financer les partenariats publics-privés au profit du privé dans le cas de la gestion des déchets, il y a une condition expresse : privatiser la gestion de l’eau. La vente d’EYDAP, la compagnie des eaux d’Athènes et d’EYATH – la très profitable compagnie des eaux de Thessalonique – ainsi que des barrages hydroélectriques ne signifie pas seulement perdre le contrôle d’une ressource naturelle d’une importance majeure pour le pays. Les créances de l’état et des municipalités sont beaucoup plus élevées que la valeur de mise sur le marché, dans le cas d‘EYDAP. Ainsi, ces dettes qui pourront être réclamées par le nouveau propriétaire, de même que le bon bilan financier d’EYDAP (5 millions d’euros de bénéfice pour le premier trimestre 2012), confirment qu’il s’agit d’une pure concession coloniale établissant un monopole naturel pour le repreneur privé. Cette acquisition scandaleuse sera accompagnée d’une augmentation des tarifs, comme le sous-entendent déjà les médias grecs. Enfin, des doutes planent quant à la qualité d’un réseau privé dans un pays géographiquement difficile et par endroit très aride, où la gestion de l’eau a toujours été un sujet majeur. Comme pour la gestion des déchets, il existe aujourd’hui en Grèce une initiative contre la privatisation de l’eau et qui propose des modèles de gestion de l’eau au niveau local (initiative 136 à Thessalonique), de manière non lucrative, par les citoyens et en exerçant un contrôle social. Les habitants organisés par quartiers sont prêts à racheter des parts lors de la privatisation d’EYATH. Encore une fois, contrairement à ses engagements internationaux en termes de droits humains ou de préservation de l’environnement, le gouvernement promeut et finance des travaux gigantesques de détournements de rivières (Akhelóös en Thessalie, Aóös en Epire, et le projet de Árakhthos depuis peu abandonnés grâce à la mobilisation de la population) ou de barrages pour conforter ce modèle d’utilisation de l’eau qui va dans le sens du gaspillage et de la privatisation de la ressource. Evidemment, les investisseurs privés ne sont pas intéressés par une gestion de l’eau économe, proche des besoins de la population et respectueuse des contraintes naturelles.

 

Qu’en est-il du projet de lancer la Grèce dans le capitalisme vert et d’en faire grand producteur d’énergie renouvelable ?

En même temps que la propriété de l’ancien aéroport Elliniko a été, par voie législative, cédée à la caisse des dénationalisations, le dernier gouvernement grec socialiste (sic) a initié le débat sur le « Programme Soleil », qui a été voté pendant que le gouvernement technique était au pouvoir (printemps 2013) par le biais des procédures « fast track ». Ce plan est actuellement suivi par une commission composée de membres des gouvernements grec et allemand, de la commission, de la banque centrale européenne et d’un représentant commercial d’une entreprise de conseil en placements financiers (Guggenheim Capital). C’est un programme qui brade la propriété de l’Etat (espaces forestiers, terres agricoles cultivées), afin d’y installer des centrales photovoltaïques de dimension industrielle (en utilisant probablement une technologie allemande ancienne qui cause de nombreux problèmes). Comment ça se passe concrètement ? Les entreprises louent aujourd’hui des terres à des petits propriétaires pour une somme d’argent conséquente. Elles peuvent y installer des panneaux solaires. Mais dans le cadre du « programme soleil », l’Etat pourra exproprier ces terres : il s’agit d’un scandale d’ampleur, d’une appropriation non assumée des terres agricoles et des espace forestiers (à l’origine appartenant à des petits propriétaires ou tout simplement publiques) pour les céder à des entreprises privées, souvent allemandes. Un autre aspect du scandale est que ces installations seront faites avec de l’argent emprunté par l’état grec auprès de la banque centrale allemande et également avec des fonds provenant des « plans de sauvetage » accordés par l’Union Européenne et le FMI. Pour que la Grèce puisse avoir un retour suffisant sur l’investissement, il faudra produire des quantités énormes (10GW supplémentaires, qui doubleront pratiquement la production nationale) qui ne serviront pas pour satisfaire les besoins du pays. Il faudra également relier le réseau avec l’Allemagne, puisque le but est d’approvisionner le pays avec de l’énergie « verte ». Le coût de ce projet est gigantesque : installer le câble sous-marin et réaliser les travaux d’aménagement nécessaires élèvera la facture à plusieurs dizaines de milliards d’euros. De plus, c’est techniquement très difficile à cause des difficultés de transport de l’électricité. Le but non avoué pour les investisseurs est d’acheter cette « énergie verte » au sein du marché des émissions carbones à un prix très bas, afin de dédouaner l’Allemagne d’être un pays pollueur, et de recevoir des droits à polluer par ailleurs. La Grèce quant à elle augmentera très probablement sa dette dans l’opération : il suffit que le retour sur l’investissement ne soit pas suffisant, ou que techniquement les objectifs ne soient pas atteints. Dans tous les cas les investisseurs sont gagnants, puisqu’ils recevront les intérêts de la dette contractée par le gouvernement grec, ils investissent sans payer grande chose, ils possèdent des terres, ils peuvent acheter des droits à polluer, et éventuellement ils récupèrent de l’énergie qualifiée comme renouvelable. Dans certains cas, comme dans le village de Sitanos que j'ai visité, littéralement entouré de panneaux photovoltaïques, les habitants admettent amèrement qui se sont faits avoir, puisque une seule personne est employée pendant une demi-journée par semaine, les terres ont été vendues très peu cher (y compris celles qui servaient de pâturage) et leur territoire est détruit à jamais. En effet les panneaux photovoltaïques en question sont anciens et mal entretenus ce qui augmente la probabilité d’écoulements toxiques sur le sol. Par ailleurs ils augmentent la température au sol jusqu’à soixante degrés dans une région déjà très aride. Ce « village électrique » fera partie du « programme soleil » quand celui-ci verra le jour.

 

Contretemps : Le photovoltaïque industriel est un aspect du problème. Qu'en est-il des éoliennes ou des centrales hydro-électriques ?

Mais le bal des énergies renouvelables industrielles ne s’arrête pas là : il y a aussi l’éolien industriel (130 mètres de haut équivalent à un gratte-ciel, 50 mètres de diamètre au sol) qui se combine au photovoltaïque dans un merveilleux mix énergétique. Placées sur les crêtes des montagnes, ces installations occupent des terres publiques, en grande partie cédées quasi gratuitement à des entrepreneurs grecs ou étrangers (EDF se prépare à entrer dans le marché par exemple). En plus, un réseau routier conséquent accompagnera ces installations, ce qui altérera fortement le paysage de montagne. Dans le Magne au Péloponnèse, dans la Grèce continentale, ou dans les îles du Nord de la mer Egée, ces projets suscitent de vives oppositions. A Límnos, Lesbos et Chios, on prévoit 28 parcs éoliens, avec 353 éoliennes pour produire 706MW d’énergie dans le but de l’exporter. En Icarie, 110 éoliennes sont programmées, 2 seulement seraient suffisantes pour la consommation locale. En Crète, une coordination de plus de 200 associations lutte contre ses projets pharaoniques : une plainte par plusieurs milliers de personnes et de collectifs a été déposé sur cette question au conseil d’Etat. Pour réaliser les projets industriels en énergies renouvelables qui devraient couvrir 8 fois les besoins de l’île (des milliers d’éoliennes, des hectares de panneaux photovoltaïques, des centrales hybrides avec réservoirs de millions de m³ d’eau, des usines héliothermiques avec tours de 150m de haut, les lignes électriques et leurs pylônes, les câbles sous-marins pour exporter cette électricité…), il va falloir creuser profond, raser des montagnes, déforester, ouvrir des routes, pomper dans les nappes phréatiques. L’emploi créé est négligeable par rapport aux problèmes que ces projets créeront aux activités touristiques ou agricoles qui font vivre aujourd’hui les régions concernées. Le but est de faire de la Grèce un pays de production énergétique à bas coût qualifiée de « verte ». Mais l’échelle industrielle de production n’est pas compatible avec la préservation des espaces naturels, des paysages et de la qualité de vie des populations locales. Un dernier aspect inquiétant est le récent classement des grandes centrales de production hydro-électrique (plus de 15GB) en sources d’énergies renouvelables. Quant on sait qu’elles sont en voie de privatisation, on imagine bien que leur sort sera aussi de participer au marché des émissions carbones. Les entrepreneurs qui les achèteront pourront là aussi classer cette production énergétique comme renouvelable et vendre des droits à polluer par ailleurs. Evidemment des pistes réellement alternatives pour la production énergétique « renouvelable » existent en Grèce. La géothermie, insérée dans un mix énergétique tourné vers la satisfaction des besoins locaux, pourrait permettre à ce pays très sismique et volcanique de produire 600 fois plus d’énergie que l’Islande. Mais ce projet a été développé par DEH (EDF grecque publique) qui sera bientôt bradée elle aussi ; rien d’étonnant donc dans le fait que ces projets ne soient pas retenus. Avec une production de petite échelle, et des plans de réduction de la consommation, la Grèce pourrait atteindre la souveraineté énergétique.

 

Est-ce que c'est uniquement l'énergie dite verte qui est visée ? Où en est l'exploitation des ressources minières ?

Pour finir cette balade cauchemardesque, il faut rappeler que l’actualité grecque de ce début 2013 est marquée par un débat virulent sur l’exploitation des ressources minières. Tout récemment, on faisait croire que les problèmes du pays seraient résolus grâce aux gisements de pétrole se trouvant dans la mer Egée, Ionienne ou Libyenne. C’est très contestable! En fin de compte très peu de fonds vont arriver dans les caisses de ce pays dépourvu de code minier (ce qui permettrait de défendre les intérêts du pays face aux entreprises qui exploiteraient ses gisements). De plus, même s’ils se révélaient intéressants, il faudrait plusieurs années (voir plusieurs dizaines années) avant que les retombées économiques se fassent ressentir (seules 10% des retombées totales iraient à l’Etat grec faute de code minier). Dans tous les cas, leur exploitation est tout à fait questionnable, quant à l’impact sur l’environnement, sur la société locale et sur les activités économiques actuelles. Est-il pertinent de risquer des pollutions importantes dans un archipel qui vit de tourisme ou de pêche, et qui constitue un environnement remarquable ? De la même manière, des mouvements importants émergent dans différents endroits du Nord de la Grèce (à Skouries dans le Chalcidique, à Evros, dans le Rhodope ou à Kilkis) contre les mines d’or qui sont installées dans des forets précieuses, du point de vue environnemental, économique mais aussi patrimonial. Toujours pour un petit gain en termes d’emploi, mais surtout avec des dégâts sur l’environnement (pollution de l’eau par des métaux lourds et du souffre) ou sur l’apiculture, la sylviculture, la pêche, sur l’élevage, mais aussi sur le tourisme. A Skouries (Iérissos) près du célèbre Mont Athos, la population organise régulièrement des manifestations de plusieurs milliers de personnes dans la forêt ou en ville. Les deux partenaires, Eldorado Gold (société canadienne) et Hellenic Gold (entreprise grecque) sont protégées par des CRS qui n’hésitent pas à frapper et à arrêter la population qui lutte ni même à lancer des bombes lacrymogènes dans les forets qui prennent naturellement feu (et récemment dans les écoles). Le calcul est simple : l'Etat grec a vendu les mines pour 11 millions d’euros, puis a accordé une subvention de 15,3 millions d’euros à cette entreprise privée qui vaut 2,3 milliards d’euros. La valeur des gisements s’élève elle à 15,5 milliards d’euros. Les permis sont douteux, les mines cédées pour si peu, et le gain pour la population de ces espoirs dorés est nul. Encore une fois, qui sont ces investisseurs costumés pour brader les terres, le patrimoine, les communs, et la nature qui appartient à la population, en usant de tous les moyens ?

 

Quelques mots de conclusion ?

La danse macabre sur l’environnement grec va-t-elle continuer ? C'est la question que les écologistes grecs, la gauche et les mouvements citoyens se posent. Les entreprises qui convoitent les ressources du pays tentent de s'imposer (et de plus en plus en employant la force) à l’aide de la Troïka grecque et internationale. Pour n’en citer que quelques unes : EDF, Iberderola, Eldorado Gold, Gazprom, Suez ou Siemens font tout leur possible pour pouvoir continuer à faire des profits sur le dos de la population et de l’environnement. Elles souhaitent employer des « esclaves modernes » pour 300 euros par mois dans les hôtels « all inclusive » pour très riches, racler toute ressource énergétique et hydrique, posséder les terres publiques et occuper in fine une place stratégique en méditerranée. Elles rêvent d'un nouveau colonialisme énergétique et foncier du XXIème siècle. Mais, c’est sans compter sans les mouvements d'ampleur qui se développent un peu partout sur le territoire !

 Source : Austérité et destruction de la nature : l'exemple grec. Entretien avec Roxanne Mitralias | Contretemps


Roxanne Mitralias

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 09:21

 

Reconstructeurs réunis et Emmaus-Mundolsheim feuilel2chouphoto

Album photographique
http://www.flickr.com/photos/69546723@N03/sets/72157633901861769/

Vidéo

Ce matin à 10h, un seul média était présent à la conférence de presse de Latcho Rom sur les marches de la CUS, 20 Minutes.

Leur photographe s’est ensuite rendu sur le terrain avec l’association et a pris des clichés des baraques et de leurs habitants.

Les familles de Roms ne sont pas venues, car le matin, elles sont contraintes de faire la manche pour la nourriture.

Le Parti de Gauche 67 a fait un bon  communiqué de presse suite à l’intervention en fin de rassemblement place Kléber et à la collecte de vivres sur place.

Dès 13 h, Latcho Rom et des Roms sont allés à Emmaus-Mundolsheim qui a prêté un véhicule afin de transporter des éléments de chalets de Noël stockés là-bas. Merci à eux et aux compagnons qui ont aidé à charger.

Deux aller-retour ont suffi. Il y a maintenant de quoi reconstruire encore au moins une sinon deux cabanes. Il manque des bâches, des plastiques ou tout élément couvrant et imperméabilisant. et aussi, des lits, matelas, meubles, ustensiles divers pour la vie quotidienne.

Rappelons que ces familles ne sont pas nouvelles à Strasbourg.Il n’y a pas de prétendu “appel d’air”. Ce sont deux des familles dont les baraques avaient été détruites par le préfet Bouillon sur ordre de Valls.

Il s’agit donc de reconstruire ce que l’État a détruit, sans qu’il ait tenu compte de la présence parmi la dizaine de personnes, de trois enfants mineurs, de 7, 10 et 15 ans, dont les deux plus jeunes vont à l’école.

Imagine-t-on à la préfecture que des enfants sans-abri pourraient facilement respecter l’obligation scolaire de la République française?

Ils ont du mérite, dans les conditions où ils survivent dans la “capitale des droits de l’Homme”…

La solidarité avec les populations de Roms s’exprime heureusement de mille façons. Certains donnent de leur temps, d’autres récoltent vêtements ou nourriture,comme Changer d’R, d’autres encore vont apporter des meubles, puisque les démolisseurs préfectoraux ont tout cassé au bulldozer.

La ville de Strasbourg, qui est une des rares où le maire a promis de respecter la circulaire, qui prévoit le relogement avant toute expulsion de campements, peut sûrement accélérer le processus.
En particulier elle peut demander au préfet de ne plus démolir.

Et pour ce qui la concerne, elle doit enfin mettre à disposition un terrain viable pour y réinstaller de manière plus digne les populations qui survivent encore sur des campements misérables, comme Saint-Gall et quelques autres plus disséminés.

Latcho Rom s’est adressé ce week-end à Roland Ries et au député Philippe Bies en ce sens.

Il faut aussi une campagne d’information en direction de la population de Strasbourg et de la CUS, afin de combattre les préjugés.

Que penser quand même certains fonctionnaires parlent de “propreté” ou de “trafic”, comme si tous les Roms, comme hélas l’a affirmé Manuel Valls, étaient des brigands et des sauvages!

Il suffit de passer du temps avec eux dans la solidarité pour comprendre que dans 95 % des cas, c’est à dire comme chez les populations locales, les Roms sont des gens comme les autres qui sont dans la misère et la débrouille pour survivre. Ils font la manche, récupèrent des métaux, recyclent des matériaux.

N’importe quelle population dans les conditions où ils vivent, sans eau, ni WC, ni chauffage, ni courant électrique, ni gaz, dans certains cas, aurait les mêmes difficultés.

Et s’ils sont venus en France, c’est que leur situation est pire dans leurs pays. Ici, au moins, leurs enfants vont à l’école, et même s’il y a trop de xénophobie, on ne les tabasse pas.

Latcho Rom vous appelle à les soutenir comme vous le pouvez, afin que ces citoyens européens puissent accéder, comme disent les autorités, au droit commun, comme c’est la cas à l’Espace XVI, rue des Remparts, derrière la gare centrale.

Sans oublier la promesse d’un terrain viable le plus tôt possible.

Pour Latcho Rom, le second vice-président, JCM.


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Source et vidéo : Familles Roms de Strasbourg: ” L’autoconstruction, c’est maintenant ! “. | La Feuille de Chou

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 10:35

 

 

J’ai lu la semaine passée un texte qui parle d’un vieux mollah qui assassine une petite fille pour la violer… la description était horrible, et évoquait pour moi ce rapport d’autopsie détaillées des fillettes assassinées par Dutroux – un musulman ? - qu’un salaud a fait circuler sur le net comme un autre viol. Le texte faisait l’amalgame, nous ne voulons pas ici de cette religion de vieux pédophiles assassins. Il faudrait peut-être, alors en finir avec les catholiques avec leurs légions de vieux pervers qui assassinent les âmes des enfants qu’ils violent. Tous ne sont pas comme cela ? Suffisamment tout de même pour qu’on puisse se dire que le catholicisme est une religion qui favorise la pédophilie dans son clergé et la couvre. Non ?

Fin de semaine je vais à une petite réunion où je rencontre une dame très sympathique. Mais… à un moment elle me ressort l’histoire du mollah, et elle fait l’amalgame… on ne veut tout de même pas de cela chez nous.

Témoignage d’un militaire US affecté à la surveillance et assassinat par drone des « talibans » qui observait ses proies parfois pendant des .semaines, de jour comme de nuit, avant de les tuer. « J’avais tout de même du mal à les tuer parce que ce sont des bons pères ».

Mais les amalgames se font. La propagande est faite pour que tout aille en ce sens. Je n’ai aucun doute qu’il y ait ici parmi les réfugiés des pays auquel nous faisons la guerre des gens qui sont animés par un désir de vengeance instrumentalisé par des religieux. Cela fait partie de la poudrière. Et ces derniers temps, il y a une accélération de mise à feu de la poudre.

Et en face il y a des groupes néonazis entrainés prêts à taper dans le tas comme en Suède. Où les émeutes ne sont pas d’ordre religieux mais bien la réponse à un malaise social. Que ce soit une mauvaise réponse… aucun doute, et avant tout pour ceux qui la donnent. Mais que peut-on espérer dans un monde où l’enseignement est sacrifié sous prétexte qu’il ne sert à rien de former les futurs inutiles d’un monde sans alternative. Quand les subsides autrefois destinés à permettre l’existence de lieux de vie de quartier conviviaux et créatifs sont à présent utilisés pour renforcer les outils de répression générant plus de délinquance et de criminalité qu’elle n’en supprime. Comme si c’était cela le résultat recherché.. Ces jeunes sont de toute façon déjà condamnés. Pourquoi les corporations transnationales leur consacreraient-elles un peu de leur profit…. Et la compétitivité là-dedans. ?

Compétitivité rentabilité ! Il y a longtemps qu’elles se sont arrangées entre elles pour tirer la substantive moelle des peuples, qu’elles raclent jusqu’à l’os. Entre elles pas de concurrence mais bien un accaparement programmé et un repartage du monde qu’elles phagocytent. Et pour l’achèvement duquel la guerre civile de « basse intensité » généralisée est indispensable. Ils ne se gênent pas pour le dire… « Une grande crise est nécessaire pour que les populations acceptent notre Nouvel Ordre Mondial » autrement dit pour que ce pire parmi les mondes possibles devienne  acceptable le passage par un grand chaos destructeur s’avère indispensable… un pire du pire pour que cet ordre morbide et mortifère ressemble – de loin, un peu - à un mieux. Après une phase d’horreur et de terreur.

J’ai fait un petit tour du côté de chez les néonazes hier, ils sont partout, jusqu’en Palestine… J’ai vu de charmantes jeunes filles prôner la « White supremacy » avec un sourire angélique, remake des charmantes « gretchens » allemandes avec leurs tresses blondes, leurs joues de campagnardes, et le brassard avec la svastika. Je fais écho à ceux qui lancent l’alerte.

Il ne faut pas minimiser le danger que représente un islamisme belliqueux, mais comme je n’ai pas déduit en lisant l’article relatant l’intervention des milices néonazies aux côtés de la police en Suède que les Suédois étaient tous des sales fachos, je ne déduirai pas que tous les musulmans s’apprêtent à s’enfiler a ceinture d’explosif pour faire sauter ces salopards d’Occidentaux qui mettent la planète à feu et à sang. J’en ai déduis par contre, que comme en Belgique où en Grèce, une partie des forces de l(eur) ordre était noyautée et infiltrée par des groupements d’extrême-droite. Des GROUPEMENTS, il ne s’agit pas ou plus de groupuscules mais bien de la partie émergée d’une même nébuleuse dont les connexions internationales sont en grande partie occultées.

J’en ai déduis aussi que se prépare en Europe d’autres émeutes, et d’autres affrontements, qui vont radicaliser la division au sein de populations dont les plus craintifs seront terrorisées, les rancœurs, et autres ressentiments et frustrations feront surface et sans doute d’autant plus hargneuses, d’origine comme immigrés, que la tension est volontairement attisée au quotidien. Les gens, avec qui j’étais samedi soir, sont des braves gens, pourtant à un moment la conversation a dévié vers le racisme, sur base de l’histoire du Mollah, et j’étais la seule à ne pas y être ralliée. Mais j’étais la seule à connaitre beaucoup de musulmans, entre ami(e)s, connaissances et rencontre. J’étais aussi la seule à connaître beaucoup de gens originaires ou dont les parents sont originaires de pays musulmans, qui eux ne le sont pas ou avec la même ferveur que certains catholiques qui mettent les pieds à l’église pour les baptêmes, les mariages et les enterrements. Quand je rencontre quelqu’un, je vois d’abord une personne, un regard, une attitude, une sensibilité… c’est quand autrui est perçu d’abord en fonction d’une appartenance, de catégories, les problèmes commencent.

Le racisme avoué, qui aurait provoqué l’indignation au siècle dernier,  est devenu omniprésent comme la stigmatisation des marginaux, et les propagandes insidieuses qui conduisent à leur criminalisation, leur psychiatrisation et leur rejet et je ne peux pas, sous prétexte de « politiquement correct » faire semblant d’ignorer que les théories eugénistes qui animent le Centre de Pouvoir du Nouvel Ordre Mondial se répandent elles aussi parmi une population qui à leur yeux et selon leur théorie doit être drastiquement réduite.. Nous sommes trop nombreux, certains sont inutiles, il va falloir s’en débarrasser, comme des 100 000 chevaux sauvages que les Australiens massacrent en ce moment depuis des hélicoptères, par humanité, parce qu’ils n’ont plus de quoi se nourrir. Comme ces malheureux dizaines de milliers de Libyens (Et tous les autres), libérés de la vie en même temps que de leur dictateur, et qui ont eu l’immense chance de ne pas survivre pour assister à la destruction de leur pays prospère et apprendre à vivre dans la terreur. Plutôt la stérilisation forcée que l’Uranium  appauvri pour mettre fin à des lignées entières.

J’ai pourtant appris au cours de biologie, à l’université, que plus le pool génique (la variété des gênes) d’une espèce était riche et diversifiée, plus elle avait de chance de s’adapter aux changements perpétuels du monde, un syncrétisme heureux. Et plus grande la diversité des espèces plus aussi celles des symbioses possibles. Soit.

N’oublions pas que pour une partie toujours plus grande de la population convertie à la « white supremacy », les non-blancs sont mis au rang des animaux, qu’ils méprisent. Je précise, parce que je n’ai pas ce mépris pour les animaux, qui entraine que leur être comparé serait une honte. Les hasards ont fait que je vis en partie avec de nombreux animaux en ce moment, ils sont différents des humains, que pour une partie j’apprécie de moins en moins, alors que plus je développe de contact avec les biquettes ou la meute des chiens, plus je les apprécie, même s’il y a des chiens qui me plaisent moins que d’autres. Et certains sont plus intelligents, plus fiables, plus gentils, et il y en a qui sont teignes et pas très beaux… c’est une autre relation parce qu’ils sont différents des humains même si comme animaux domestiques ils ont été humanisés, ce qui les conduit parfois chez le psy pour chiens…pas ceux que je fréquente. Et la brave dame que ai rencontré partageait ce point de vue sur les animaux… mais les musulmans, quand même quelle horreur ! On ne peut pas tolérer cela chez nous.

Comme je ne mettrai pas d’échelle de valeur entre les milices néonazies et leurs équivalents islamistes. Les deux sont guidés par les mêmes moteurs idéologiques de rejets et destructions, reposant sur les mêmes moteurs émotionnels dans une même reterritorialisation sur la haine selon des processus métaboliques qui sont communs à toute l’humanité. L’adrénaline est la même pour tous… les endorphines aussi. Le secret de toute propagande  (comme de la publicité) efficace est de jouer sur ce clavier émotionnel en utilisant les stimuli adéquats pour une population donnée. Et parmi ces stimuli les formulations pour différentes populations semblent parfois antithétiques alors qu’ils jouent sur les mêmes fibres des émotions de bases et provoquent de part et d’autres toutes la gamme des désirs jusqu’à l’amour ou des rejets jusqu’à la haine. C’est cela a guerre psychologique, et elle bat son plein en ce moment sur toute la planète et toujours au profit des mêmes.

Je ne mets pas d’échelle de valeur, je ferai cependant remarquer que jusqu’ici l’Occident à bien davantage nuit à l’ensemble des populations de la planète que l’inverse. Rappelons-nous, tout de même, que pendant que l’Inquisition sévissait la Cordoue musulmane était le refuge des philosophes et des juifs pareillement persécutés chez nous. Je ferais cependant remarquer aussi que les motivations qui animent beaucoup d’Islamistes sont le fruit maudit des meurtres et autres destructions commis par l’Occident. Alors que ce qui animent des néonazis c’est cet idéal hitlériens de s’approprier les richesses de la planète pour en faire bénéficier la race supérieure. C’est aussi cette perte d’identité qui par un coup de force attribue à la multiculturalité les méfaits de l’acculturation yankee qui touche kif-kif les musulmans comme ceux qui ne le sont pas. Le sentiment de perte de ces valeurs communes fondamentales similaires d’amour, de partage, de solidarité, de pudeur, de respect… Nike et Coca-Cola et cie… la même galère de perte de sens, d’éthique, de mémoire collective et de son enracinnement.

Il a encore beaucoup à dire, mais j’en appelle à toutes les personnes de bon sens et de bonne volonté à réfléchir à ce que signifie une guerre civile, même de basse intensité, comment cela se traduit au quotidien, à réfléchir aussi à ce qui peut être fait pour déminer cela, chacun au quotidien, mais aussi collectivement pour en finir avec l’épidémie peste brune et autres fanatisme qui gangrènent la planète. A qui profitent tous ces crimes ?

Anne W.

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 10:31

 

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Le quotidien Le Parisien dédie ce matin sa une, puis ses deux premières pages, à l’annonce qu’« après les attaques de Londres et de La Défense, les musulmans ont peur de l’amalgame».

 

Car en effet, «le meurtre d’un soldat britannique, tué par un fanatique, et l’agression d’un militaire français à Paris inquiètent la très grande majorité des musulmans qui condamnent le terrorisme et refusent la radicalisations religieuse», et qui  redoutent d’être – encore une fois - hâtivement assimilés à des criminels.

 

À l’appui de cette assertion, Le Parisien produit plusieurs témoignages de mahométans de bonne volonté.

 

Celui, par exemple, de « Chérif, un musulman de 71 ans», qui, à «l’heure de la sieste dans le quartier populaire de Barbès, somnole sur un tabouret à l’entrée d’un magasin de tapis» (1)…

 

…Mais qui, «lorsqu’on le dérange pour lui parler des récentes attaques de soldats, ouvre calmement ses yeux de sage» (2) et «raconte que ces derniers jours l’imam du quartier a condamné ces drames “atroces“» et «prôné un discours de paix»

 

…Puis précise que, lui, «ce qu’il redoute, c’est l’amalgame» qui pourrait être fait entre les auteurs de ces attaques et les musulman(e)s.

 

Ou celui de Tahar, qui  «habite en banlieue», et qui « s’inquiète », lui aussi, «des éventuelles conséquences» d’événements où Le Parisien devine «une nouvelle stratégie de la terreur» - et qui ne voudrait surtout pas, lui non plus, que «les gens confondent les vrais musulmans et (les) fanatiques».

 

Ou encore: celui de Malek Chebel, « philosophe algérien» qui «prône un islam libéral», et qui expose que «les musulmans de France se sentent déshonorés, blessés et furieux d’être ainsi pris en otages par des fous d’Allah».

 

Et tout cela est assurément admirable.

 

Mais, tant qu’à y être: Malek Chebel devrait développer sa (puissante) réflexion.

 

Et se demander, par exemple, ce qui se passe, quand un meurtrier de masse qui se présente lui-même comme un croisé de l’Occident chrétien fusille, en Norvège, plusieurs dizaines de ses compatriotes.

 

Questions.

 

Est-ce que Le Parisien met à sa une, au lendemain de la tuerie, que les chrétiens de France ont peur de l’amalgame qui pourrait être fait entre Anders Behring Breivik et leur communauté?

 

Non point: Le Parisien ne fait rien de tel.

 

Est-ce que Le Parisien se fixe – à la fin d’éviter que d’aucun(e)s ne se laissent aller à des amalgames & raccourcis (A & R) - la rude tâche d’aller réveiller un septuagénaire catholique à l’heure de la sieste pour lui faire jurer que le prêtre du quartier a condamné cet atroce acte, et prôné un discours de paix?

 

Non plus.

 

Est-ce que Le Parisien produit l’expertise d’un philosophe versé dans le christianisme libéral, pressé de protester qu’il en a ras le béret que sa communauté soit de la sorte prise en otage par un «templier» norvégien?

 

Non plus.

 

Force est donc de constater que ces divers procédés sont réservés aux musulman(e)s – dont il est désormais communément admis, ça dure comme ça depuis dix ans, qu’ils doivent impérativement se justifier, sitôt qu’un djihadiste commet un crime quelque part dans le monde…

 

…Et qu’ils doivent répéter chaque matin, comme si cela n’allait pas de soi, qu’ils n’ont rien de commun avec des assassins.

 

Adoncques: sous le prétexte, un rien faux cul peut être, de la protéger contre d’éventuels A & R, il se pourrait bien – c’est cela, que l’excellent M. Chebel pourrait avantageusement méditer - que  Le Parisien entretienne en vérité son lectorat dans l’idée, devenue lieu commun de l’islamophobie ambiante, que la communauté musulmane est a priori suspecte d’on ne sait trop quelles insuffisances, puisqu’il faut sans cesse que de déterminés enquêteurs aillent lui demander (à Barbès) des certificats de moralité…

 

…Comme s'ils souhaitaient mieux marquer que ses lenteurs, lorsqu’elle tarde à obtempérer, peuvent être regardées comme autant de consentements au fanatisme.

 

Mais il est vrai aussi que les journaleux spécialisés dans ces manières auraient tort de se gêner, puisqu’il se trouve toujours de zélés commentateurs, type Malek Chebel, pour abonder dans leur sens, et pour leur donner, d’enthousiasme, les exorbitants gages qu’ils réclament – inconscients, manifestement, que les preneurs d’otages ne sont pas forcément là où ils font mine de le penser...

Source : On Se Demande Bien Pourquoi «Les Musulmans Ont Peur De L’Amalgame»... | Bakchich

Via : Mes coups de coeur

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 12:57

 

Le Pentagone dit au Sénat américain que les guerres vont continuer durant des dizaines d’années

Mondialisation.ca, 21 mai 2013

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Témoignant devant la Commission du Sénat américain sur les Forces armées, jeudi, des responsables du Pentagone ont affirmé que les lois sur la « Guerre contre le terrorisme » leur accordent des pouvoirs étendus pour mener des guerres partout dans le monde, y compris aux États-Unis, sans l’autorisation du Congrès.

Le vice-ministre de la Défense Michael Sheehan, a affirmé que la loi AUMF d’Autorisation de l’usage de la force armée, votée en 2001 par le Congrès après les attentats du 11 septembre, constitue une autorisation effective du Congrès pour les prochaines guerres menées dans le cadre de la « Guerre contre le terrorisme. » De son point de vue, le Pentagone peut continuer sa campagne mondiale d’assassinats par drones et lancer de nouvelles guerres tant qu’elles sont classées dans la catégorie « guerre contre le terrorisme, » sans avoir besoin d’une nouvelle autorisation du Congrès.

« Pour le moment, tout va bien avec l’AUMF, telle qu’elle est actuellement, » a dit Sheehan. « Présentement […] cela fait l’affaire. »

Sheehan a clairement dit qu’il croyait que cette autorisation de guerre s’étendait jusqu’à un avenir indéfini. Il a dit, « De mon point de vue, cela va continuer pendant un bon moment, oui, au-delà du deuxième mandat du président […] je pense que ce sera au moins pour 10 ou 20 ans. »

La position de Sheehan représente un rejet flagrant de la constitution américaine. L’article 1, section 8, de la constitution dispose : « Le Congrès aura le pouvoir […] de déclarer la Guerre, d’accorder des lettres de marque, et d’établir des règlements s’appliquant aux captures sur terre et sur mer. » Cependant, les hauts responsables du Pentagone sont, dans les faits, en train d’affirmer que le pouvoir du Congrès sera, pour une durée indéfinie, surpassé par le président et l’armée qui pourront lancer des guerres sans limites, à volonté.

Si la question est présentée publiquement comme un débat sur la révision de l’AUMF, des sections puissantes de la classe dirigeante américaine sont en fait en train de prendre des mesures pour suspendre des dispositions essentielles de la constitution américaine et installer une dictature militaro-présidentielle. En réaction aux interrogations de sénateurs amicaux, les responsables du Pentagone ont indiqué qu’ils pensent que l’AUMF permet à l’exécutif d’envahir unilatéralement, sans y avoir été provoqué, d’autres pays et de mener une guerre sur le sol des États-Unis.

Le sénateur Lyndsey Graham a demandé si l’AUMF actuelle conférait au président américain Barack Obama l’autorité pour déployer « une présence militaire » au Yémen au Moyen-Orient, ou au Congo en Afrique. Le conseiller général en poste au Pentagone, Robert Taylor, a répondu par l’affirmative.

« Seriez-vous d’accord avec moi si je dis que le champ de bataille se situe partout où l’ennemi choisit de l’établir ? » a demandé Graham.

Sheehan a répondu, « Oui, Monsieur, de Boston aux FATA [les Federally Administered Tribal Areas, au Pakistan], » faisant référence à ces régions qui sont une cible importante des attaques de drones américains, et à la prise de contrôle par l’armée de la ville de Boston le 15 avril lors des attentats contre le Marathon.

Dans le témoignage qu’il avait préparé, Sheehan a de plus écrit que « Etre citoyen américain n’immunise pas un membre de l’ennemi contre des attaques » de la part des forces américaines. Avec ce commentaire, Sheehan a encore une fois indiqué que le Pentagone approuve l’assassinat par les drones américains d’Anwar al-Awlaqi, un citoyen américain, le 30 septembre 2011. Washington n’a donné aucune preuve qu’Awlaki préparait ou menait un quelconque attentat contre les États-Unis, avant de l’assassiner avec un missile Hellfire.

Cela fait suite aux spéculations publiques, au début de l’année, du procureur général Eric Holder sur la possibilité d’assassinats extrajudiciaires contre des citoyens américains sur le sol américain, au cours d’opérations antiterroristes.

Tout le cadre des auditions au Sénat témoigne du profond déclin de la démocratie américaine. L’AUMF elle-même est un document antidémocratique, autorisant le président à utiliser la force contre toute « nation, organisation, ou personne, qui d’après lui a planifié, autorisé, commis ou contribué aux attentats terroristes qui ont eu lieu le 11 septembre 2001, ou abrité de telles organisations. »

Alors que l’AUMF était cyniquement présentée comme visant Al Quaïda et les Talibans afghans, Washington l’a pris comme un chèque en blanc pour mener des guerres impopulaires et commander des assassinats sur toute la planète.

Le prétexte était fondamentalement frauduleux, en ce que cette politique ne visait pas en premier lieu Al Quaïda. Elle visait à installer un pouvoir néo-colonial au Moyen-Orient, où la plupart des pays n’ont joué aucun rôle dans le lancement des attentats du 11 septembre, afin de prendre le contrôle de ressources pétrolières essentielles et de renforcer la position géostratégique de Washington vis-à-vis des autres grandes puissances étrangères. Elles visaient également à supprimer l’opposition populaire à une telle politique parmi la classe ouvrière américaine en installant un climat de peur et d’intimidation.

Les besoins changeants de la politique impérialiste américaine au cours des 12 dernières années ont complètement démenti le prétexte que ses guerres sont justifiées par l’AUMF. De nombreux groupes affiliés à Al Quaïda que Washington est en train d’attaquer, comme Al Quaïda au Maghreb islamique et Al Quaïda dans la Péninsule arabique, n’existaient pas en 2001 et n’ont joué aucun rôle dans les attentats du 11 septembre. Washington se sert même d’autres groupes, comme le Groupe islamique combattant en Libye ou le Front Al Nusra en Syrie, comme d’alliés de circonstance dans ses guerres pour un changement de régime dans ces pays.

Le Pentagone a réagi en affirmant que l’AUMF lui accorde également la possibilité de mener une guerre contre des « forces associées, »bien que ce terme n’apparaisse pas dans le texte de l’AUMF. Cela a provoqué des questions et même certaines critiques de la part des sénateurs.

Le sénateur Angus King a noté, « Vous avez pour l’essentiel réécrit la Constitution, là […] vous avez inventé ce terme, forces associées, et il annule les pouvoirs du Congrès sur la Guerre. » Il a ajouté, « Je ne suis qu’un vieux petit juriste de Brunswick, dans le Maine, mais je ne vois pas comment vous pouvez sérieusement lire ceci comme étant conforme à la Constitution. »

Le Sénateur John McCain a dit que, lorsque le Sénat avait voté l’AUMF en 2001, « Aucun d’entre-nous n’aurait pu envisager [d'accorder] l’autorité [pour déclencher une guerre] au Yémen ou en Somalie […] Que vous veniez ici nous dire que nous n’avons pas besoin de changer l’AUMF ou de la réviser, est, je pense, plutôt déconcertant. »

Le Sénateur Joe Donnelly a soulevé la question d’Al Nusra lors de l’audition au Sénat, et a demandé si en s’affiliant à Al Quaïda – comme l’a fait Al Nusra – un groupe devenait automatiquement une menace envers les États-Unis.

Sheehan a répondu, « Oui monsieur, même si je dois bien le reconnaître, on entre ici dans des zones un peu troubles, parce qu’il y a des groupes qui ont ouvertement affirmé leur soutien à Al Quaïda et pourtant, en fait ,en tant que gouvernement, nous n’avons pas complètement tiré toutes les conséquences de cela. »

Néanmoins, tous les sénateurs ont insisté sur leur accord fondamental concernant ce cadre frauduleux de la « guerre contre le terrorisme. » King a insisté, « je ne suis pas en désaccord sur le fait qu’il nous faut lutter contre le terrorisme. »

McCain a déclaré aux responsables du Pentagone, « Je ne vous le reproche pas, parce qu’en fin de compte vous avez carte blanche sur ce que vous allez faire de par le monde. »

Ces commentaires révèlent clairement la réalité politique que l’unique base sociale pour la démocratie aux États-Unis est la classe ouvrière. Même si l’AUMF et la « guerre contre le terrorisme » sont publiquement exposées comme des prétextes utiles à l’armée américaine pour s’emparer de pouvoirs immenses en violation de la Constitution, l’establishment politique officiel continue de soutenir le Pentagone, afin de faire progresser les intérêts stratégiques de l’impérialisme américain.

Alex Lantier

Article original, WSWS, paru le 18 mai 2013


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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 10:16

 

 

Petit complément indispensable à la compréhension de l’influence de Monsanto.

 

Les objectifs de Monsanto .sont de plus en plus clairs : main mise sur la chaine alimentaire planétaire et contribution à la dépopulation (entre effet de stérilisation et empoissonnement). 

Entre de nombreux exemples de ses intrusions malfaisantes : Monsanto acteur important du coup d’état qui a conduit à la destitution du président du Paraguay.  Monsanto qui signe en ce moment des accords avec Cristina Kirchner qui lui permettront une influence encore accrue sur l’agriculture (et la recherche) dans le pays malgré tous les méfaits déjà recensé. Autant l’éviction de la paysannerie locale, que l’échec de ses produits et les nombreuses maladies conséquences d’une utilisation massive de Round Up.

Un peu partout dans le monde, comme avec Goldmann Sachs pour la finance, on peut observer des doubles casquettes de personnes travaillant successivement (voir même simultanément) pour le gouvernement de leur pays et pour Monsanto.

En Argentine il y a eu Felipe Solá, second homme de Monsanto en Argentina et ministre de Agriculture de Menem (président au début des 90) qui fera ouvrir le pays aux semences transgéniques résistantes au glycophosphate (Round Up ou Agent Orange) en 1996. Et plus récemment, al Dr Lino Barañao qui fut directeur d’une agence de Science et Technologie sous égide de Monsanto avant de devenir le Ministre d’un nouveau ministère de Sciences et Technologies. Monsanto qui est aussi ici (comme aux USA ou en Europe) auteur d’un projet de loi sur les semences (2012).

Monsanto qui utilise des mercenaires pour défendre ses biens mal acquis, ainsi que le font de nombreuses firmes transnationales (40 000 mercenaires à leur solde du Honduras) dans de douteuses conjugaisons entre  mercenaires, Armée et Police nationales.

Monsanto se paye la plus grande armé de mercenaires au monde : Les BlackWater (Xe)

(voir aussi La nouvelle doctrine d’Obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. Ou comment mettre la planète à feu et à sang.) 

 

 

La littérature hispanophone est infiniment plus prodigue en informations et analyses sur ces thèmes que la francophone qui semble toujours plus atteinte d’un déficit d’intelligence, une autre forme de la pauvreté. L’histoire du Soja transgénique en Argentine, des conséquences de l’introduction massive de transgéniques au Brésil – cela fait tout de même autant de morts parmi les résistants - et de ses méfaits avérés mériterait d’être mieux connue ici afin que les débat au sujet de l’introduction des OGM sur nos territoires disposent d’une information suffisante.

Et pour ceux qui espèrent qu’Obama mettra son véto, voilà de quoi les décourager Nouvel Ordre Mondial et contrôle de la nourriture: Obama l’homme de Monsanto à Washington… | Resistance71 Blog 

Tout un programme, celui de la dévitalisation du monde, dont Monsanto (Bill Gates et autres acoquinés qui dirigent cette entreprise) est co-auteur.

« L’humanité va disparaître, non d’un coup, mais petit à petit, elle est en train de disparaître. »

Un guérisseur tzeltal.

Quelques lectures édifiantes

La philanthropie de Monsanto

 

Gates, rockefeller ogm et réduction de la population.

Graines de destruction : le projet secret de la manipulation génétique

Rio+20 : comment multinationales et marchés financiers comptent s’accaparer la nature

 

Biologie de synthèse ! Droit à l'information.

La conspiration (si, si) des affameurs de peuples.

La catastrophe des ogm aux états-unis, une leçon pour l'union européenne

Paraguay : monsanto, usaid et le renversement du gouvernement

Blackwater, monsanto et bill gates : la machine de guerre contre l’humanité

Usa : 270.000 citoyens poursuivent monsanto en justice

Monsanto, le goldman sachs de l'alimentation squatte les pouvoirs politiques

Monsanto, round up et les atteintes à la santé

 

Argentine : Ogm, pesticides et monsanto : a ituzaingo, ils nous enfument avec le cancer.

Brésil : le mouvement des petits agriculteurs dénonce la future adoption pour la culture de…

Déclaration de la société civile africaine : appel pour une interdiction des ogm

Mexique : maïs ogm, convoitise et crime contre l'humanité

Au mexique, l’industrie biotech se heurte a la mobilisation contre le maïs ogm

La paysannerie haïtienne contre monsanto

En inde, le doux rêve des ogm vire au cauchemar

 

 

 

Monsanto décroche l'immunité face à la justice

 

 

 

USA: Le sénat passe la loi de protection de Monsanto lui accordant l'immunité face à la justice http://sco.lt/5oYDez Dans le plus pur style de la fourberie des actions légales de Monsanto, le géant de la biotechnologie est maintenant virtuellement garanti de pouvoir planter sans encombre ses cultures OGM sans avoir plus à s'occupper du gouvernement américain et de ses cours de justice. Le Monsanto Protection Act, profondément enfoui dans la résolution sur le budget, a passé le sénat et maintenant il n'y a plus qu'un veto présidentiel pour l'empêcher d'être mis en application. Si vous n'êtes pas familier avec ceci, La loi de protection de Monsanto est le nom donné à cette pièce législative qui fut insérée dans la loi budgétaire du Senate Continuing Resolution. Utilisant la dénomination trompeuse de "Farmer Assurance Provision", la section 735 de cette loi donne en fait à Monsanto une immunité contre les cours fédérales de justice concernant toute révision de quelque culture génétiquement modifiée que ce soit étant pensée être dangereuse. Sous cette section, les cours de justice ne pourront plus arrêter Monsanto de continuer à planter des OGM qui sont pensés être, même par le gouvernement, dangereux pour la santé ou l'environnement. Le sénat passe la loi de protection de Monsanto malgré la protestation C'est cette nuisance créée par le lobby, groupe de pression de Monsanto, qui a été déboutée dans des projets de loi précédents et ce grâce à la contestation à la fois de groupes de citoyens mais aussi d'organisations majeures. La dernière fois nous avions vu le Centre pour la Sécurité de l'Alimentation, la Coalition Nationale des Fermes Familiales, le syndicat américain des libertés civiles (ACLU), le Sierra Club et le syndicat des scientifiques concernés, qui tous s'étaient levés contre le projet de loi de protection de Monsanto inclus dans la loi du budget agricole de 2012. Cette fois, il y a eu une bonne et rapide résistance et je pensais que cela aurait été suffisant, mais malheureusement, le sénat a agi si rapidement sur ce sujet et a pratiquement complètement ignoré le problème, qu'il a maintenant passé sous forme de loi malgré des milliers de personnes signant une pétition que je lie à mes articles précédents sur le sujet. La vieille pétition de Food and Democracy Now détaillait les effets priatiques de cette loi: "Si cette loi est approuvée, le Monsanto Protection Act forcerait le ministère de l'agriculture des Etats-Unis d'autoriser la plantation continue de toute culture OGM actuellement sous révision légale par des cours de justice fédérales, donnant un accord tacite par des portes arrières à toute nouvelle culture OGM qui pourrait être dangereuse pour la santé humaine ou l'environnement". LIRE la suite de l'article sur Nature to Share: http://sco.lt/5oYDez Nature to Share

Le débat contre le mariage gay faisait rage cette semaine, pas seulement en France, mais aussi aux USA et dans d'autres pays du monde. La plupart des médias en ont fait leurs gros titres. Pourtant, au même moment, les états-unis signaient une loi pour donner une immunité totale à la multinationale Monsanto, sans éveiller l'ombre d'une réaction dans nos médias dominants.

USA: Le séna tfait  passer la loi de protection de

Monsanto lui accordant l'immunité face à la justice
http://sco.lt/5oYDez

Dans le plus pur style de la fourberie des actions légales de Monsanto, le géant de la biotechnologie est maintenant virtuellement garanti de pouvoir planter sans encombre ses cultures OGM sans avoir plus à s'occupper du gouvernement américain et de ses cours de justice. Le Monsanto Protection Act, profondément enfoui dans la résolution sur le budget, a passé le sénat et maintenant il n'y a plus qu'un veto présidentiel pour l'empêcher d'être mis en application.

Si vous n'êtes pas familier avec ceci, La loi de protection de Monsanto est le nom donné à cette pièce législative qui fut insérée dans la loi budgétaire du Senate Continuing Resolution. Utilisant la dénomination trompeuse de "Farmer Assurance Provision", la section 735 de cette loi donne en fait à Monsanto une immunité contre les cours fédérales de justice concernant toute révision de quelque culture génétiquement modifiée que ce soit étant supposées être dangereuse. Sous cette section, les cours de justice ne pourront plus empêcher Monsanto de continuer à planter des OGM qui sont supposés être, même par le gouvernement, dangereux pour la santé ou l'environnement.

Le sénat fait passer la loi de protection de Monsanto malgré la protestation

C'est cette nuisance créée par le lobby, groupe de pression de Monsanto, qui a été déboutée dans des projets de loi précédents et ce grâce à la contestation à la fois de groupes de citoyens mais aussi d'organisations majeures. La dernière fois nous avions vu le Centre pour la Sécurité de l'Alimentation, la Coalition Nationale des Fermes Familiales, le syndicat américain des libertés civiles (ACLU), le Sierra Club et le syndicat des scientifiques concernés, qui tous s'étaient levés contre le projet de loi de protection de Monsanto inclus dans la loi du budget agricole de 2012.

Cette fois, il y a eu une bonne et rapide résistance et je pensais que cela aurait été suffisant, mais malheureusement, le sénat a agi si rapidement sur ce sujet et a pratiquement complètement ignoré le problème, qu'il a maintenant fait passé la loi malgré des milliers de personnes signant une pétition que je lie à mes articles précédents sur le sujet. La vieille pétition de Food and Democracy Now détaillait les effets priatiques de cette loi:

"Si cette loi est approuvée, le Monsanto Protection Act forcerait le ministère de l'agriculture des Etats-Unis à autoriser la plantation continue de toute culture OGM actuellement sous révision légale par des cours de justice fédérales, donnant un accord tacite par des portes arrières à toute nouvelle culture OGM qui pourrait être dangereuse pour la santé humaine ou l'environnement".

 Source :
Monsanto décroche l'immunité face à la justice - Le blog de Vahine

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 23:32

 

vendredi 26 avril 2013 par Pièces et main d’œuvre

Ce jeudi 25 avril 2013, une quinzaine de chimpanzés ont saboté la première séance du pseudo Forum de la biologie synthétique, au Centre national des Arts et métiers de Paris.

Après avoir déployé une banderole "Non à la vie synthétique", et distribué un dossier à la centaine de spectateurs (à télécharger ci-dessous), ces quinze opposants porteurs de masques de singes ont interrompu l’introduction du pseudo-débat et lu la déclaration des Chimpanzés du futur (ci-dessous).

Les organisateurs du pseudo-forum (membres de l’Observatoire de la biologie de synthèse) n’ont jamais pu reprendre la maîtrise de leur faux débat. Ce sont finalement des lycéens venus avec leur professeur, qui ont pris le micro pour poser des questions aux singes et aux scientifiques.

Le pseudo-forum était filmé par quatre caméras pour être retransmis en direct et en différé sur Internet. Devant leur déconfiture, les organisateurs ont ordonné aux techniciens d’arrêter leurs caméras, et ont censuré les commentaires en ligne via Twitter.

Les singes, quant à eux, mettront en ligne prochainement leur film de la soirée, des photos, ainsi qu’un reportage sonore.

****

Déclaration des chimpanzés du futur

Bonjour,

Nous portons ces masques pour dénoncer la mascarade qui se déroule sous nos yeux. La mascarade de ce pseudo-débat pour nous faire accepter des décisions déjà prises.

Nous portons ces masques parce que nous sommes les chimpanzés du futur. Nous sommes ces chimpanzés - ces humains qui ne fusionneront pas avec la machine. Nous ne trafiquerons pas notre génome pour devenir plus performants. Nous refusons la vie synthétique mise au point dans les laboratoires.

Dans ce pseudo « Forum de la biologie de synthèse », vous pouvez dire tout ce que vous voulez. Cela n’a aucune importance, aucune incidence. Cela ne changera rien au développement de la biologie de synthèse. Les décisions sont prises, les programmes lancés. Pendant qu’on vous distrait avec ce spectacle, Total, Sanofi, Monsanto, l’INRA, le CEA, le Genopole fabriquent des bactéries synthétiques et des codes génétiques artificiels. Ils s’emparent du vivant et accélèrent l’épuisement de la planète.

Pour les manipulateurs d’opinion, il faut que nous participions à la mascarade. Comme ils disent : « Faire participer, c’est faire accepter ». Si nous participons à cette parodie, nous laissons croire qu’un débat démocratique a eu lieu. Nous aidons les communiquants à roder leur argumentaire pour étouffer la contestation. Participer, c’est accepter.

Vous, chercheurs, qui prétendez délibérer sur la biologie de synthèse, vous devez vos carrières, vos revenus, votre position sociale à la recherche. Vous êtes juges et parties ; vous êtes en conflit d’intérêt ; vous devriez être les derniers à vous exprimer sur le sujet. Votre participation à ce débat est illégitime. Autant consulter les marchands d’armes sur l’opportunité de déclarer la guerre. Nous, chimpanzés du futur, nous ne défendons aucun avantage ni privilège. Nous défendons juste la possibilité de choisir ce qui va nous arriver.

La ministre de la recherche Geneviève Fioraso vous a commandé de « désamorcer les craintes » de l’opinion. Mais nous n’avons pas peur, nous sommes en colère.

Nous n’avons ni question à vous poser, ni incertitude à lever. Notre position est déjà figée : nous n’acceptons pas.

- Nous refusons la fuite en avant technologique qui épuise les humains, les écosystèmes et la planète.
- Nous refusons vos bactéries artificielles, votre biodiversité artificielle, votre viande synthétique cultivée en laboratoire,
- Nous refusons le pillage du vivant,
- Nous refusons votre monde-machine peuplé d’aliens à l’ADN synthétique – bactéries, plantes, animaux et humains génétiquement modifiés,
- Nous refusons la destruction du monde et des hommes au nom de la guerre économique.

Nos masques servent à dire que ce forum est une mascarade ; et maintenant la mascarade est finie.

Vous, dans cette salle, rentrez chez vous.

Informez-vous par vous-mêmes ; parlez avec vos proches, vos voisins, vos amis.

Refusez la manipulation d’opinion et les faux débats.

Rejoignez les chimpanzés du futur.

Non à la vie synthétique, à la vie artificielle, à la vie morte !

Vive la vie vraie, la vie vivante : notre seule vie !

Les chimpanzés du futur

Paris, le 25 avril 2013

Lire aussi Je n’ai pas perturbé le "Forum de la biologie de synthèse"


Déclaration
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Dossier Forum de l’acceptabilité de synthèse
Version prête à circuler
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Source :
Les chimpanzés du futur au pseudo Forum de la biologie synthétique :: Pièces et Main d'Oeuvre

 

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Gilles Deleuze, février 1977.

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