20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 12:18

 

Faut pas croire, le coronavirus n’est pas le seul mal transfrontalier qui nous menace. Le résultat de nos manières d’habiter la planète, c’est que nous avons créé plus de risques que de bienfaits, plus de misère que de bien-être et bien plus de destructions irréversibles - y compris de celles qui touchent aux conditions de possibilité de Vie sur cette planète - que d’aménagements harmonieux pour le bien-être des humains et des autres espèces. Quand aux catastrophes qui nous menacent nous n’y sommes pas préparés.
 

 

A force, nous l’avons appris… les pouvoirs publics mentent systématiquement en cas de catastrophe… pour éviter selon eux les réactions de panique. On nous gave de films qui nous montrent de telles situations, avec effectivement des réactions de paniques, de violence au sein de la population – ceux qui s’en tirent sont en général ceux qui ont gardé leur sang froid et à qui que leur métiers permettaient de mieux comprendre ce qui se passe, d'anticiper. Si certains scénarios exagèrent d’autres décrivent assez bien des menaces réelles – combien de film sur les pandémies dont certains au scénario proche de celle que nous vivons aujourd’hui, et pour cause, ils s’inspirent des simulations (scénarios) réalisées par des pouvoirs publics ou fondations qui interviennent dans la gestion de la planète et de ses populations. Alors pourquoi rien n’est fait pour que les habitants puissent se préparer à réagir collectivement face à de tels événement ?

Les nuages de Tchernobyl

J’ai eu une réaction hier en regardant la simulation du progrès de ce nouveau nuage de Tchernobyl qui m’a interpellée… « Ouf il ne touchera pas la Belgique »… Ce n’est qu’après que j’ai eu une pensée pour tous ceux qui, oui, verront leur ciel assombrit par ce nuage toxique, comme les anciens d’Italie qui déjà étouffent en masse sous les assauts des SARS-cov-2, cela ne va pas les aider à respirer mieux.

Je crois que c’est naturel de penser d’abord à soi, à ses proches. Mais cela devrait l’être aussi, une fois que l’on se sait sauf, de se demander ce que l’on peut faire pour ceux qui sont en danger.

Une des raisons pour lesquelles je redoutais la venue de ce nuage, c’est que cela faisait des décennies que je n’avais vu à Bruxelles un ciel aussi bleu, un air aussi transparent et des feuilles de printemps aussi vertes. Et cela, oui, c’est appréciable… purée, qu’ils nous sortent du confinement mais sans remettre les bagnoles en route. Paradoxalement, cette maladie qui étouffe ceux qui en sont atteint à eu pour conséquence pour ceux qui n’en sont pas atteints que oui, on respire mieux à Bruxelles comme dans beaucoup d’autres villes où l’air est en permanence pollué, irrespirable. Mais ceux qui n’ont pas de jardin n’ont pas trop le droit d’en profiter, ni du soleil si indispensable pour être en bonne santé…

 

Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Sommes-nous prêts pour affronter la suite ?

Anne W

Pour mémoire, il y a 34 ans :

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 17:16

 

L'espoir, au contraire de ce que l'on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c'est ne pas se résigner.

Albert Camus, Noces

 

Les idées, disons-nous depuis des lustres, sont épidémiques. Elles circulent de tête en tête plus vite que l’électricité. Une idée qui s’empare des têtes devient une force matérielle, telle l’eau qui active la roue du moulin. Il est urgent pour nous, Chimpanzés du futur, écologistes, c’est-à-dire anti-industriels et ennemis de la machination, de renforcer la charge virale de quelques idées mises en circulation ces deux dernières décennies. Pour servir à ce que pourra.

 

Leurs virus, nos morts

1) Les «maladies émergentes» sont les maladies de la société industrielle et de sa guerre au vivant

La société industrielle, en détruisant nos conditions de vie naturelles, a produit ce que les médecins nomment à propos les «maladies de civilisation». Cancer, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires et neuro-dégénératives pour l’essentiel. Les humains de l’ère industrielle meurent de sédentarité, de malbouffe et de pollution, quand leurs ancêtres paysans et artisans succombaient aux maladies infectieuses. C’est pourtant un virus qui confine chez lui un terrien sur sept en ce printemps 2020, suivant un réflexe hérité des heures les plus sombres de la peste et du choléra. Outre les plus vieux d’entre nous, le virus tue surtout les victimes des «maladies de civilisation». Non seulement l’industrie produit de nouveaux fléaux, mais elle affaiblit notre résistance aux anciens. On parle de «comorbidité», comme de «coworking» et de «covoiturage», ces fertilisations croisées dont l’industrie a le secret1

.«"Les patients souffrant de maladies cardiaques et pulmonaires chroniques causées ou aggravées par une exposition sur le long terme de la pollution de l'air sont moins capables de lutter contre les infections pulmonaires, et plus susceptibles de mourir", alerte Sara De Matteis, professeur en médecine du travail et de l'environnement à l'Université de Cagliari en Italie. C'est principalement dans les grandes villes que les habitants seraient les plus exposés à ce risque2.» Encore plus efficace : la Société italienne de médecine environnementale a découvert un lien entre les taux de contamination au Covid19 et ceux des particules fines dans l’air des régions les plus touchées d’Italie. Fait déjà constaté pour la grippe aviaire. Selon Gianluigi de Gennaro, de l'Université de Bologne,« Les poussières transportent le virus. [Elles] agissent comme porteurs. Plus il y en a, plus on crée des autoroutes pour les contagions3

Quant au virus lui-même, il participe de ces «maladies émergentes» produites par les ravages de l’exploitation industrielle du monde et par la surpopulation. Les humains ayant défriché toute la terre, il est naturel que 75% de leurs nouvelles maladies soient zoonotiques, c’est-à-dire transmises par les animaux, et que le nombre de ces zoonoses ait quadruplé depuis 50ans4. Ebola, le SRAS, la grippe H5N1, le VIH, le Covid-19 et tant d’autres virus animaux devenus mortellement humains par le saccage des milieux naturels, la mondialisation des échanges, les concentrations urbaines, l’effondrement de la biodiversité..

La sédentarisation d’une partie de l’espèce humaine et la domestication des animaux avaient permis la transmission d’agents infectieux des animaux aux hommes. Cette transmission s’est amplifiée avec l’élevage industriel, le braconnage, le trafic d’animaux sauvages et la création des parcs animaliers. La déforestation, les grands travaux, l’irrigation, le tourisme de masse, l’urbanisation, détruisent l’habitat de la faune sauvage et rabattent mécaniquement celle-ci vers les zones d’habitat humain. Ce ne sont pas le loup et la chauve-souris qui envahissent les villes, mais les villes qui envahissent le loup et la chauve-souris.

La société industrielle nous entasse. Dans les métropoles, où les flux et les stocks d’habitants sont régulés par la machinerie cybernétique. La métropole, organisation rationnelle de l’espace social, doit devenir, selon les plans des technocrates, l’habitat de 70 % des humains d’ici 2050.

Leur technotope. Ville-machine pour l’élevage industriel des hommes-machines5. Entassés sur la terre entière, nous piétinons les territoires des grands singes, des chauves-souris, des oies sauvages, des pangolins. Promiscuité idéale pour les contagions (du latin tangere: toucher). Sans oublier le chaos climatique. Si vous craignez les virus, attendez que fonde le permafrost. Faut-il le rappeler? L’humain, animal politique, dépend pour sa survie de son biotope naturel et culturel (sauf ceux qui croient que «la nature n’existe pas» et qui se pensent de pures (auto)constructions, sûrement immunisées contre les maladies zoonotiques). La société industrielle prospère sur une superstition: on pourrait détruire le biotope sans affecter l’animal.

Deux cents ans de guerre au vivant6 ont stérilisé les sols, vidé forêts, savanes et océans, infecté l’air et l’eau, artificialisé l’alimentation et l’environnement naturel, dévitalisé les hommes .Le progrès sans merci des nécrotechnologies nous laisse une Terre rongée à l’os pour une population de 7 milliards d’habitants. Le virus n’est pas la cause, mais la conséquence de la maladie industrielle. Mieux vaut prévenir que guérir. Si l’on veut éviter de pires pandémies, il faut sortir de la société industrielle. Rendre son espace à la vie sauvage- ce qu’il en reste -, arrêter l’empoisonnement du milieu et devenir des Chimpanzés du futur: des humains qui de peu font au mieux

1Rappel: la pollution de l’air tue chaque année 48000 Français et plus de 100 Grenoblois.

2www.actu-environnement.com, 20/03/20

3Idem

4Revues Nature et Science, citées par Wikipedia.

5 Cf.Retour à Grenopolis, Pièces et main d’œuvre, mars 2020, www.piecesetmaindoeuvre.com

6Cf. J.-P. Berlan, La guerre au vivant, Agone, 2001

 

 

Leurs virus, nos morts

2) La technologie est la continuation de la guerre - de la politique -par d’autres moyens. La société de contrainte, nous y entrons.

Nul moins que nous ne peut se dire surpris de ce qui arrive. Nous l’avions prédit, nous et quelques autres, les catastrophistes, les oiseaux de mauvais augure, les Cassandre, les prophètes de malheur, en 2009, dans un livre intitulé À la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025: rudiments d’histoire contemporaine:

«Du mot "crise" découlent étymologiquement le crible, le crime, l’excrément, la discrimination, la critique et, bien sûr, l’hypocrisie, cette faculté d’interprétation. La crise est ce moment où, sous le coup de la catastrophe – littéralement du retournement (épidémie, famine, séisme, intempérie, invasion, accident, discorde) –, la société mise sens dessus dessous retourne au chaos, à l’indifférenciation,à la décomposition, à la violence de tous contre tous (René Girard, La Violence et le Sacré, Le Bouc émissaire, et toute la théorie mimétique).

Le corps social malade, il faut purger et saigner, détruire les agents morbides qui l’infectent et le laissent sans défense face aux agressions et calamités. La crise est ce moment d’inquisition, de détection et de diagnostic, où chacun cherche sur autrui le mauvais signe qui dénonce le porteur du maléfice contagieux, tremblant qu’on ne le découvre sur lui et tâchant de se faire des alliés, d’être du plus grand nombre, d’être comme tout le monde. Tout le monde veut être comme tout le monde. Ce n’est vraiment pas le moment de se distinguer ou de se rendre intéressant. […]

Et parmi les plus annoncées dans les années à venir, la pandémie, qui mobilise aussi bien la bureaucratie mondiale de la santé, que l’armée et les autorités des mégalopoles. Nœuds de communication et foyers d’incubation, celles-ci favorisent la diffusion volontaire ou accidentelle de la dengue, du chikungunya, du SRAS, ou de la dernière version de la grippe, espagnole, aviaire,mexico-porcine, etc. [...]

Bien entendu, cette "crise sanitaire" procède d’une "crise de civilisation", comme on dit "maladie de civilisation", inconcevable sans une certaine monstruosité sociale et urbaine, sans industrie,notamment agro-alimentaire et des transports aériens. […] On voit l’avantage que le pouvoir et ses agents Verts tirent de leur gestion des crises, bien plus que de leur solution. Celles-ci, après avoir assuré pléthore de postes et de missions d’experts aux technarques et aux gestionnaires du désastre, justifient désormais, dans le chaos annoncé de l’effondrement écologique, leur emprise totale et durable sur nos vies. Comme l’État et sa police sont indispensables à la survie en monde nucléarisé, l’ordre vert et ses technologies de contrôle, de surveillance et de contrainte sont nécessaires à notre adaptation au monde sous cloche artificiel. Quant aux mauvais Terriens qui – défaillance ou malfaisance – compromettent ce nouveau bond en avant du Progrès, ils constituent la nouvelle menace pour la sécurité globale7

Au risque de se répéter: avant, on n’en est pas là; après, on n’en est plus là. Avant, on ne peut pas dire ça. Après, ça va sans dire. L’ordre sanitaire offre une répétition générale, un prototype à l’ordre Vert. La guerre est déclarée, annonce le président Macron. La guerre, et plus encore la guerre totale, théorisée en 1935 par Ludendorff, exige une mobilisation totale des ressources sous une direction centralisée. Elle est l’occasion d’accélérer les processus de rationalisation et de pilotage des sans-pouvoir, au nom du primat de l’efficacité. Rien n’est plus rationnel ni plus voué à l’efficacité que la technologie.

Le confinement doit être hermétique, et nous avons les moyens de le faire respecter. Drones de surveillance en Chine et dans la campagne picarde ; géolocalisation et contrôle vidéo des contaminés à Singapour; analyse des données numériques et des conversations par l’intelligence artificielle pour tracer les contacts, déplacements et activités des suspects en Israël8. Une équipe du Big Data Institute de l’université d’Oxford développe une application pour smartphone qui géolocalise en permanence son propriétaire et l’avertit en cas de contact avec un porteur du virus. Selon leur degré de proximité, l’application ordonne le confinement total ou la simple distance de sécurité, et donne des indications aux autorités pour désinfecter les lieux fréquentés par le contaminé9.

«Les données personnelles, notamment les données des opérateurs téléphoniques, sont aussi utilisées pour s’assurer du respect des mesures de quarantaine, comme en Corée du Sud ou à Taïwan. C’est aussi le cas en Italie, où les autorités reçoivent des données des opérateurs téléphoniques, ont expliqué ces derniers jours deux responsables sanitaires de la région de Lombardie. Le gouvernement britannique a également obtenu ce type d’information de la part d’un des principaux opérateurs téléphoniques du pays10.» En France, Jean-François Delfraissy, le président du Comité consultatif national d’éthique et du «conseil scientifique» chargé de la crise du coronavirus évoque l’éventualité du traçage électronique au détour d’un entretien radiophonique.

« La guerre est donc un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté.» Ceux-là même qui n'ont pas lu Clausewitz, savent aujourd'hui que la technologie est la continuation de la guerre par d'autres moyens. La pandémie est le laboratoire du techno-totalitarisme, ce que les opportunistes technocrates ont bien compris. On ne rechigne pas en période d’accident nucléaire ou d’épidémie. La technocratie nous empoisonne puis elle nous contraint, au motif de nous protéger de ses propres méfaits. Nous le disons depuis quinze ans: «La société de contrôle, nous l’avons dépassée; la société de surveillance, nous y sommes; la société de contrainte, nous y entrons.» Ceux qui ne renoncent pas à l’effort d’être libres reconnaîtront avec nous que le progrès technologique est l’inverse et l’ennemi du progrès social et humain.

7Pièces et main d’œuvre, À la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025: rudiments d’histoire contemporaine, Editions L’Echappée, 2009

8«Israel approves mass surveillance to fight coronavirus»,https://www.ynetnews.com,17/03/20

9https://www.bdi.ox.ac.uk/news/infectious-disease-experts-provide

10Le Monde, 20/03/20

 

 

Leurs virus, nos morts

3) Les experts aux commandes de l’état d’urgence: le pouvoir aux pyromanes pompiers.

Nous ayant conduit à la catastrophe, les experts de la technocratie prétendent nous en sauver, au nom de leur expertise techno-scientifique. Il n’existe qu’une seule meilleure solution technique, ce qui épargne de vains débats politiques. «Ecoutez les scientifiques!» couine Greta Thunberg. C’est à quoi sert l’état d’urgence sanitaire et le gouvernement par ordonnances: à obéir aux«recommandations» du «conseil scientifique» et de son président Jean-François Delfraissy.

Ce conseil créé le 10 mars par Olivier Véran11, à la demande du président Macron, réunit des experts en épidémiologie, infectiologie, virologie, réanimation, modélisation mathématique, sociologie et anthropologie. Les prétendues «sciences humaines» étant comme d’habitude chargées d’évaluer l’acceptabilité des décisions techniques – en l’occurrence la contrainte au nom de l’intérêt supérieur de la santé publique. Excellent choix que celui de Delfraissy, un homme qui vit avec son temps, ainsi que nous l’avons découvert à l’occasion des débats sur la loi de bioéthique: «Il y a des innovations technologiques qui sont si importantes qu’elles s’imposent à nous.[...] Il y a une science qui bouge, que l’on n’arrêtera pas.12»

Ces cinquante dernières années en effet, les innovations techno-scientifiques se sont imposées à nous à une vitesse et avec une violence inégalées. Inventaire non exhaustif: nucléarisation de la planète; OGM et biologie synthétique; pesticides, plastiques et dérivés de l’industrie chimique; nanotechnologies; reproduction artificielle et manipulations génétiques ; numérisation de la vie; robotique; neuro-technologies; intelligence artificielle; géo-ingénierie… Ces innovations, cette «science qui bouge», ont bouleversé le monde et nos vies pour produire la catastrophe écologique, sociale et humaine en cours et dont les progrès s’annoncent fulgurants.

Elles vont continuer leurs méfaits grâce aux 5 milliards d’euros que l’État vient de leur allouer à la faveur de la pandémie, un effort sans précédent depuis 1945. Tout le monde ne mourra pas du virus. Certains en vivront bien. On ignore quelle part de ces 5 milliards ira par exemple aux laboratoires de biologie de synthèse, comme celui du Génopole d’Evry. La biologie de synthèse, voilà une «innovation si importante qu’elle s’impose à nous». Grâce à elle, et à sa capacité à fabriquer artificiellement des organismes vivants, les scientifiques ont recréé le virus de la grippe espagnole qui tua plus que la Grande Guerre en 191813. Destruction/réparation: à tous les coups les pyromanes pompiers gagnent. Leur volonté de puissance et leur pouvoir d’agir ont assez ravagé notre seule Terre. Si nous voulons arrêter l’incendie, retirons les allumettes de leurs mains, cessons de nous en remettre aux experts du système techno-industriel, reprenons la direction de notre vie.

11Le nouveau ministre de la Santé est un médecin grenoblois, député LREM aorès avoir été suppléant de la socialiste Geneviève Fioraso, ex-ministre de la Recherche. Selon Le Monde, «un ambitieux "inconnu"» qui «sait se placer» (lemonde.fr, 23/03/20).

12Jean-François Delfraissy, entretien avec Valeurs actuelles, 3/03/18.

13Virus recréé en 2005 par l’équipe du Professeur Jeffrey Taubenberger de l’Institut de pathologie de l’armée américaine, ainsi que par des chercheurs de l’université Stony Brook de New York

 

 

Leurs virus, nos morts

4) L’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine.

L’effet cliquet de la vie sans contact.Le contact, c’est la contagion. L’épidémie est l’occasion rêvée de nous faire basculer dans la vie sous commande numérique. Il ne manquait pas grand-chose, les terriens étant désormais tous greffés de prothèses électroniques. Quant aux attardés, ils réduisent à toute allure leur fracture numérique ces jours-ci, afin de survivre dans le monde-machine contaminé: «Les ventes d’ordinateurs s’envolent avec le confinement.[...] Tous les produits sont demandés, des équipements pour des vidéoconférences à l’ordinateur haut de gamme pour télétravailler en passant par la tablette ou le PC à petit prix pour équiper un enfant. Les ventes d’imprimantes progressent aussi. Les Français qui en ont les moyens financiers sont en train de reconstituer leur environnement de travail à la maison14.»Nous serions bien ingrats de critiquer la numérisation de nos vies, en ces heures où la vie tient au sans fil et au sans contact. Télétravail, téléconsultations médicales, commandes des produits de survie sur Internet, cyber-école, cyber-conseils pour la vie sous cloche - «Comment occuper vos enfants?», «Que manger?», «"Tuto confinement" avec l’astronaute Thomas Pesquet», «Organisez un Skypéro», «Dix séries pour se changer les idées», «Faut-il rester en jogging?». Grâce à WhatsApp, « "Je ne me suis jamais sentie aussi proche de mes amis", constate Valeria, 29 ans, chef de projet en intelligence artificielle à Paris15»

Dans la guerre contre le virus, c’est la Machine qui gagne. Mère Machine nous maintient en vie et s’occupe de nous. Quel coup d’accélérateur pour la «planète intelligente» et ses smart cities16. L’épidémie passée, quelles bonnes habitudes auront été prises, que les Smartiens ne perdront plus. Ainsi,passés les bugs et la période d’adaptation, l’école à distance aura fait ses preuves. Idem pour la télémédecine qui remplacera les médecins dans les déserts médicaux comme elle le fait en ces temps de saturation hospitalière. La «machinerie générale» (Marx) du monde-machine est en train de roder ses procédures dans une expérience à l’échelle du laboratoire planétaire.Rien pour inquiéter la gauche et ses hauts-parleurs. Les plus extrêmes, d’Attac à Lundi matin,en sont encore à conspuer le capitalisme, le néolibéralisme, la casse des services publics et le manque de moyens.

Une autre épidémie est possible, avec des masques et des soignants bien payés, et rien ne serait arrivé si l’industrie automobile, les usines chimiques, les multinationales informatiques avaient été gérées collectivement,suivant les principes de la planification démocratique assistée par ordinateur. Nous avons besoin de masques et de soignants bien payés. Nous avons surtout besoin de regarder en face l’emballement du système industriel, et de combattre l’aveuglement forcené des industrialistes. Nous, anti-industriels, c’est-à-dire écologistes conséquents, avons toujours été minoritaires. Salut à Giono, Mumford, Ellul & Charbonneau, Orwell et Arendt, Camus, Saint Exupéry, et à quelques autres qui avaient tout vu, tout dit. Et qui nous aident à penser ce qui nous arrive aujourd’hui. Puisque nous avons du temps et du silence, lisons et méditons. Au cas où il nous viendrait une issue de secours .

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14www.lefigaro.fr, 19/03/20.

15Le Monde, 19/03/20.

16 Cf. «Ville machine, société de contrainte», Pièces et main d’œuvre, in Kairos, mars 2020 et sur www.piecesetmaindoeuvre.com

 

Pièces et main d’œuvre

Grenoble, 22 mars 2020

 

Vous pourrez y lire également leurs Dernières livraisons

-Le Progrès arrive en gare de Lhassa le 19 avril 2020 par Renaud Garcia

- Appel à manifester dans la rue le 1er Mai 2020 le 14 avril 2020 par Philippe

-Le virus de la contrainte le 12 avril 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Lille : la société vivante fête la friche le 4 avril 2020 par P.A.R.C Saint-Sauveur

-Retour à Grenopolis Tout ce que nous cachent les élections municipales
le 8 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Ville-machine, société de contrainte le 7 mars 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Mila, ou le déshonneur d’un certain féminisme le 5 février 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Conférences-débats : Contre l’eugénisme technologique le 30 janvier 2020 par Pièces et main d’œuvre

-Et moi, je hurle avec les loups le 29 janvier 2020 par Croc-Blanc

Leurs virus, nos morts
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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 21:01

J’ai commencé ma journée d’info en écoutant une journaliste argentine-berlinoise nous apporter son témoignage qui nous éclaire sur quelques-unes des raisons qui font qu’en Allemagne le taux de mortalité du Covid-19 est de loin moins élevé que dans le reste de la région. J’ai eu envie de partager ce document, qui invite à la réflexion.

L’actuelle pandémie - ses origines, la gestion internationale et locale, les variations dans ses taux de contamination (formes asymptomatiques, guérison, mortalité, en fonction des densité de population…), divers effets « collatéraux » présents et à venir - fait surgir d’innombrables questions dont celles-ci et bien d’autres : « Dans quelle mesure pouvait-on prévoir un phénomène similaire ? » « Pourquoi étions-nous si mal ou pas préparés ? » « Comment réagissent les différents gouvernements face à la pandémie, pour quels résultats ? » et surtout « Que va-t-il se passer après ? », question à laquelle personne ne peut répondre avec certitude.

Les virus sont des êtres extraordinaires, la preuve : une branche d’entre eux a réussi à modifier simultanément les comportements de l’ensemble de l’humanité, une grande première. Quelle est notre part de responsabilité, voir de complicité dans les processus qui ont permis à cette nouvelle forme de 5ème colonne d’occuper l’ensemble de nos territoires modifiant irréversiblement nos manières d’habiter la planète et le concept d’espace public ?

Confinés nous n’avons jamais été autant submergés par des flux d’info – et de désinfo et autres propagandes - axées sur un seul et même sujet : Le Coronavirus, agent pathogène, animal politique et facteur économique.. Nous ne pouvons considérer aucune de ces informations comme fiable à priori. Mais tout de même, certaines sources sont bien plus fiable que d’autres. Par la suite je suivrai le fil qui m’a été donné par le journaliste mexico-étasunien Ruben Luengas, sur le mode « Chronique d’une pandémie annoncée » mais à laquelle ni les institutions internationales, ni les gouvernements, ni les habitants n’étaient préparés (?)…. Pourtant certains semblent avoir réagit mieux que d’autres. Ce sera le thème d’aujourd’hui : qu’est-ce qui différencie l’Allemagne d’autres pays d’Europe ? En suivant les progrès de la pandémie jour après jour, pays par pays, je suis frappée de voir la différence entre le faible taux de mortalité en Allemagne et ceux parfois très hauts qui affectent la majorité des autres pays de la région. Je ne vous propose pas une analyse exhaustive et formelle, mais quelques éléments de réponses qui nourrissent la réflexion.

 

Comment l’Allemagne réagit-elle à cette situation de pandémie de coronavirus, quelles sont les décisions prises par l’état ? Point de vue d’une journaliste et politologue argentine, Pia Castro, qui depuis plusieurs années habite à Berlin où elle travaille pour l’excellente chaîne de télévision Deutsche Welle (DW) et dont le mari a été atteint et a guéri de la maladie Covid-19. Ses domaines de prédilection : culture allemande et culture latino, son travail de journaliste : effectuer un rapprochement entre ces deux cultures. Ses propos sont donc à la fois ceux d’une personne bien informée, et ceux de quelqu’un qui vit l’expérience qu’elle décrit.

 

Synthèse de la vidéo, des propos de Martin et de Pia

Faire appel au sens des responsabilité de chacun-e

Contrairement à beaucoup d’autres pays, l’Allemagne n’a pas adopté de couvre-feu, des gens marchent dans les rues et on ne ressent pas le stress qui peut exister par exemple en Espagne ou en Italie.

C’est le propre de l’idiosyncrasie allemande. A la différence d’autres pays où des règles de confinements, de couvre-feu etc, sont imposées par l’état le gouvernement de Merkel réagit d’une manière différente : elle confie la responsabilité à la conscience de chacun des habitants qui doit juger par lui-même afin d’éviter les situation à risque pour soi et pour les autres. C’est le choix d’une société très mûre, le choix aussi d’une société de grand bien-être et avec un bon système de santé. Et le système institutionnel et régional, dans son ensemble, avalise cette décision de confier la responsabilité aux personnes.

Berlin a ses propres spécificités - comme d’avoir été lieu d’implantation du Mur de Berlin et du Rideau de Fer - qui en font un lieu où la liberté est particulièrement valorisée. Le Parlement Allemand se trouve face au site où était érigé le Mur de Berlin. Quant à Angela Merkel qui a grandi en Allemagne de l’Est elle a éprouvé ce que peuvent être les restrictions de liberté individuelle, les restrictions des déplacements, et certainement elle n’a jamais imaginé qu’au cours de sa carrière politique elle devrait prendre des décisions en ce sens. Alors elle se sent obligée d’expliquer en profondeur à ses concitoyens les raisons qui motivent ses décisions. Les allemands n’ont pas avec leur gouvernement une relation de haut en bas, c’est une relation de même niveau : « J’ai voté pour toi, tu es tenu-e de m’expliquer [les raisons de tes décisions] »

C’est aussi une conséquence d’une autre période historique [nazie] qui fait que les allemands ne sont plus prêts à se laisser dicter leurs comportements.

 

Reconnaître d’emblée la gravité potentielle de la pandémie

Merkel pourrait adopter comme dans d’autres pays d’Europe et du monde des solutions de confinements strict, de couvre-feu obligatoire, mais elle choisit de donner des réponses qui correspondent à « l’ADN » de la population. Elle a prononcé son premier Grand Discours à la Nation depuis 2005 et elle va dire que ce que vit l’Allemagne est une crise comparable à celle de la Seconde Guerre Mondiale. Ce qui est quelque chose de très fort, en particulier pour l’Allemagne. Elle va aussi être la première à rompre avec le discours lénifiant de la plupart des autres gouvernements. Au contraire, elle va être directe, frontale, annonçant d’emblée que 60 à 70 % de la population va être contaminée. Le monde n’était pas prêt pour cela, cela a fait les titres dans le monde entier ce qu’elle a dit. Il faudra attendre trois semaines de plus pour que l’assesseur de santé de Trump commence à faire des déclarations en ce sens. Angela Merkel a été tout simplement réaliste.

 

Créer un bouclier de tests : se donner les moyens d’un dépistage efficace.

Pourquoi dès lors l’Allemagne a-t-elle un taux de mortalité aussi bas par comparaison aux autres pays de la région ? Est-ce que c’est génétique ?

Non, d’une part l’Allemagne a consacré beaucoup d’argent dans la lutte contre la situation de pandémie et surtout la population a été très effrayée de voir ce qui se passait dans d’autres pays comme l’Espagne ou l’Italie. Le dépistage est devenu une priorité, et beaucoup d’argent a été injecté pour constituer comme un bouclier de tests afin de faire face à l’arrivée de la pandémie. Pia n’a pas en tête le chiffre exact, mais c’est quelque chose comme 168.000 tests effectués chaque semaine. Chaque personne qui présente des symptômes ou a été en contact avec une personne contaminée passe le dépistage, un test est également effectué pour mettre fin aux quarantaines. Et donc, c’est cela la stratégie, dès que quelqu’un a été en contact avec une personne contaminée ou ressent des symptômes qui pourraient être ceux du Covid, elle se soumet au dépistage. En plus pour éviter que ces dépistages se fassent dans des lieux hautement contaminés, ils ne se pratiquent pas dans les hôpitaux mais dans des dispensaires locaux, dans des centres de consultations qui font le test et l’envoie aux laboratoires.

En plus l’Allemagne dispose d’une structure de système de santé avec une large couverture qui était mieux préparé pour faire face.

L’Allemagne est en tain de sortir des grands mythes propres aux grands pays, son système d’éducation est obsolète, il existe nombre de projets de grands travaux d’ingénierie qui n’arrivent jamais à terme,… il est beaucoup questions de Droits Humains mais ils vendent des armes à l’Arabie Saoudite, et parmi tout cela le pilier qui restait ferme, c’est le système de santé, et l’accent était mis sur le fait qu’il ne fallait pas y toucher, tout a été fait pour que ce système ne s’effondre pas, pour ne pas en finir avec un des derniers grands mythes de l’Allemagne.

 

Mise en quarantaine stricte et ciblée

Le mari de Pia a été détecté positif à Covid-19, son témoignage à titre personnel est donc aussi intéressant pour ceux qui vivent ou vivront cette situation.

Il y a une hot-line (allemand, anglais), que l’on peut contacter, il y a les hôpitaux et tout un réseau de structures qui permet de recevoir l’information, de savoir que faire si on se sent mal.

Pia peut aussi raconter son expérience personnelle. Son mari – qui à la fois présentait des symptômes et avait été en contact avec une personne contaminée - a été détecté positif, il faisait partie des tout premiers cas détectés en Allemagne. Les connaissances évoluent chaque jour, mais à ce moment-là on ne savait pas encore grand-chose, ils étaient morts de peur et ce fut une expérience effrayante, mais en réalité ses symptômes sont restés limités. Le plus important, c’était de maintenir la quarantaine, Pia et sa famille sont resté plus de 20 jours chez eux. Cela demande toute une logistique et la nécessaire bureaucratie pour avertir TOUT l’entourage. Ils ont du faire appel à un réseau d’amis pour leur amener la nourriture et autres nécessités. Il fallait aviser l’école des enfants, prévenir au boulot toute l’équipe avec laquelle on travaille, aviser toutes les personnes avec qui on a été en contact... Et chacun vous interroge et à plein de questions à vous poser : « Comment tu te sens ? Quand est-ce que tu as ressenti les premiers symptômes ? Depuis quand tu le sais ?…

Cela génère énormément de tensions, en particulier quand on commence à ressentir les symptômes sans savoir comment va évoluer la maladie, avec quelle issue. Il est très important aussi de tenir un calendrier très précis depuis le moment où l’on ressent les premiers symptômes, le moment de la détection, celui où on est entré en quarantaine… en fonction de cela le Ministère de la Santé Régionale va vous appeler, vous devrez alors passer un nouveau test avant de pouvoir mettre un terme à l’isolement.

Petit détour par Guayaquil et Berlin

Les deux font remarquer :

On est bien loin de Guayaquil [Équateur, température 30° et forte humidité] où des gens devaient vivre souvent plusieurs (3,4 ou 5) jours avec les cadavres de leurs proches, s’en débarrasser sur les trottoirs où les brûler à même la rue pour éviter que la décomposition accélère la contagion…. Là-bas, il y a une absence totale de l’État, et personne pour te dire comment faire face à la contagion, à la maladie où au décès de proches.

Un autre aspect remarquable à Berlin – qui est une ville fort différente du reste de l’Allemagne, la plus « méditerranéenne » nous dit Pia - c’est que les personnes plus âgées font preuve de beaucoup plus de rigueur dans le respect de la distanciation sociale que les plus jeunes souvent plus sceptiques. Néanmoins la majorité des gens respectent la norme et souvent cela frappe le regard : les gens se déplacent deux par deux, le compas dans la tête. Et rappellent à l’ordre ceux qui ne le font pas.

 

Des mesures de protection économique qui n’oublient personne et limitent le stress.

Une autre caractéristique allemande, c’est l’aspect économique. Martin fait remarquer que le gens autour de lui qui ne peuvent travailler en raison de la pandémie semblent relativement tranquilles, pas stressés outre-mesure. Ils ne semblent pas avoir peur et cherchent ce qu’ils peuvent faire de ce temps. Est-ce qu’ils reçoivent des subsides ?

Le semaine passée ont été prises toute une série de mesures, un paquet d’aide le plus grand de la post-guerre en Allemagne plus de 700 milliards d’Euros (1,100 milliards selon la RTBf), une aide aux grandes entreprises, mais l’accent est mis aussi sur les indépendants, sur tout ce qui est lié à la culture et à l’art. C’est important en particulier dans une ville comme Berlin qui compte beaucoup d’artistes. Très vite les formulaires de demandes ont été accessibles sur les sites des municipalités, tant ceux destinés aux indépendants, [que pour toute autre catégorie concernées] comme par exemple ... les DJ et toutes les nombreuses personnes qui vivent de la musique à Berlin, ville de musiciens, de fêtes, de Clubs. Il y a beaucoup d’artistes, de restaurants, de cafés. Le petit entrepreneur n’a pas été oublié. Pia connaît au moins 10 personnes qui ont bénéficié d’un subside spécifiquement berlinois de 5,000 Euros – rien à voir avec le paquet fédéral – dont bénéficient des indépendants, des artistes, des personnes qui ont perdu leur travail pour cause de pandémie,

La vidéo ce termine sur un bref dialogue concernant le manière dont les étrangers vivent la pandémie… on en saura pas beaucoup plus si ce n’est que ceux qui peuvent prouver qu’ils travaillent dans le pays depuis au moins six mois sont traités de la même manière que les Allemands.

 

Fin de la vidéo

 

Plus je réfléchis aux contenus de cette vidéo, moins j’ai envie de la commenter de manière immédiate.

Je voudrais seulement mettre en évidence cette notion de création d’un bouclier de test qui m’a donné à réfléchir. Je vous laisse méditer sur ces quelques chiffres qui apparemment démentent l’utilité de cette stratégie :

Allemagne 83 millions d’habitants ; taux de contamination 1.665,65 cas pour 1 millions d’habitants soit 138 498 cas et 4194 décès.

France 67 millions d’habitants ; taux de contamination 1.628,78 cas pour 1 millions d’habitants soit 109.252 cas et 18.681 décès.

A taux de contamination similaire la mortalité due au coronavirus est de l’ordre de 4 à 5 fois plus faible en Allemagne qu’en France… Qu’est-ce qui fait la différence ? A première vue, ce n'est pas la détection précoce puisque les taux de contamination sont légèrement plus élevés en Allemagne qu’en France… On peut faire une comparaison de même ordre entre la Suisse et la Belgique qui semble pandémiquement parlant plus proche de New-York que de Genève…

Alors ? La réponse la plus plausible, c’est que certains pays présentent des taux de contamination apparemment plus élevés parce que le nombre de tests qui y sont pratiqués sont de loin en proportion supérieure et donne une mesure de contamination plus proche de la réalité, alors que dans les pays où les taux de contamination sont apparemment similaires et ceux de mortalité sont beaucoup plus élevés en fait la contamination serait bien plus étendue que le nombre de cas officiellement avérés, ce qui ne permettrait pas de lutter efficacement contre la propagation du virus. Les chiffres des statistiques internationales sont des points de repère, pas des références absolues… La détection précoce et quarantaine ciblée, combinée avec un strict respect des « distanciations sociales » de la part de la population semble donc bien être une forme de lutte plus efficace que le confinement généralisé sans discernement qui invite à la transgression. Mais cela c’est un autre sujet.

 

Traduction-synthèse des propos de Pia et Martin, Anne Wolff

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 23:00
ONIC Organisation des indigènes de Colombie

ONIC Organisation des indigènes de Colombie

Note d’introduction : cela prend de plus en plus de temps de vérifier les informations qui nous parviennent. La guerre psychologique atteint des dimensions pharamineuses, et il y a beaucoup de thèmes au sujet desquels j’essaye de suivre les fils d’information, sans avoir le temps de traduire à partir des sources originelles. Ainsi par exemple un article sur les assassinats de la population indigène de Colombie, ou le livre de Dawn Paley « capitalisme « antidrogue » une guerre contre les peuples » qui montre le rôle joué par le narcotrafic, dirigé depuis Washington dans les crimes et déplacements forcés contre les communautés indigènes et paysannes dans le but de livrer leurs terres aux grands propriétaires terriens et corporations extractivistes.

Je relaie donc le texte suivant tout en faisant deux objection : 1) ce ne sont pas des milliers d’indigènes et paysans qui sont en déplacements forcés en Colombie. Selon l’ONU ils seraient près de 7 millions de déplacés intérieurs. Et 2) Le problème ne sont pas les Accords de Paix signé avec les FARC par le précédent gouvernement de Manuel Santos, mais bien le non respect de ces accords par le gouvernement actuel de Duque-Uribe* et la reprise des politiques agressives menés par des groupes militaires et para-militaires qui ont fait déjà plusieurs victimes parmi d’anciens militants des FARC qui s’étaient intégrés dans la société qui ont été assassinés ou la reprise de pratiques de violence d’état et faux positifs (personnes étrangères au conflit assassinées que l’ont fait passer pour des guérilleros pour « augmenter les quotas ») qui ont conduit à un nouveau crime d’état, l’assassinat de 18 enfants qui avaient été enlevés par la guérillas lors de l’attaque de leur camp par les militaires.

Duque-Uribe, parce que l’insipide actuel président est un fantoche de l’ex-président d’extrême-droite Alvaro Uribe Velez. C’est tellement notoire qu’il arrive régulièrement que des politiques ou des journalistes fassent le même lapsus, parlant du Président Uribe (plutôt que Duque) comme s’il était l’actuel président de Colombie.

L’ONIC convoquait aujourd’hui le mouvement indigène de Colombie à se joindre au grand mouvement de grève national qui traverse le pays

L’ONIC convoquait aujourd’hui le mouvement indigène de Colombie à se joindre au grand mouvement de grève national qui traverse le pays


 

Le 29 octobre dernier, en plein cœur des montagnes du département du Cauca, au sud-ouest de la Colombie, cinq gardes et autorités indigènes nasa ont été massacrés par des milices armées, alors qu’ils et elles exerçaient le « contrôle territorial » propre à l’autonomie de leurs territoires. Cette même semaine, 16 personnes au total ont été assassinées dans le Nord du Cauca.

Dans cette zone peuplée majoritairement par le peuple nasa, les communautés ont réussi, à force de luttes depuis l’époque de la colonisation, à faire reconnaître leur autonomie et à créer leurs propres gouvernements locaux. Aux côtés d’autres peuples et mouvements sociaux, elles ont mené depuis les années 1970 de nombreuses luttes pour la récupération des terres volées par les propriétaires terriens issus de la colonisation. Un grand mouvement de « Libération de la Terre Mère » a notamment été lancé depuis 2014 par les communautés nasa afin d’occuper les monocultures de canne à sucre installées dans la plaine du Cauca et de les arracher des mains des entreprises spoliatrices et pollueuses.

La répression n’a cependant jamais cessé de s’abattre sur les communautés indigènes, paysannes ou afro-descendantes et le mouvement social dans son ensemble.L’État par son armée et les groupes paramilitaires ou guerillas avec qui il est en lien, perpétue menaces, massacres et assassinats ciblés pour exercer la terreur et permettre l’exploitation capitaliste des territoires fuis par les milliers de déplacé-es (extraction minière, narcotrafic, grands projets…).

Le massacre du 29 octobre à Tacueyo et les assassinats qui ont suivi sont le symbole d’une stratégie, d’extermination des peuples en résistance pour le contrôle et l’exploitation des territoires qui n’a que trop duré. Les accords de paix entre le gouvernement et les Farc n’ont en rien résolu le problème et ont même permis une recrudescence de la présence de groupes dissidents et de paramilitaires, créés et entraînés pour massacrer les militant-es politiques et sociaux. Depuis la signature de ces accords en 2016, 88 militant-es indigènes ont été assassiné-es dans le Cauca.

Nous dénonçons ces assassinats ciblés qui touchent tous les secteurs sociaux colombiens.

Nous exprimons notre douleur et notre rage devant l’impunité qui frappent ces crimes et manifestons notre solidarité envers les communautés indigènes du Nord du Cauca.

Cristina Bautista, Asdruval Cayapu, Eliodoro Finscue, José Gerardo Soto, James Wilfredo Soto et tou-te-s les autres, on ne vous oublie pas !

No estan soles !

La lucha sigue !

 Source : Commission des Relations Internationale de l’UCL

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 02:19
Mouvement zapatiste

Mouvement zapatiste

 

Ce que je veux montrer ici, c’est l’ampleur du champ de connaissance nécessaire pour comprendre ce qui se passe en ce moment en Amérique Latine. Cela demande un énorme travail de documentation, un intense suivi quotidien auquel s’ajoute un travail de traduction de longue haleine. Au cours des derniers mois, j’ai privilégié la documentation et le suivi quotidien indispensable pour comprendre l’évolution de la situation avant d’en parler. Mais récemment les événements - les soulèvements populaires ;la répression démesurée avec retour de la torture, de la terreur d’état et autres disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires ; les avancées de l’extrême-droite en particulier de sa branche fanatique religieuse ; les coups d’états et leurs préparations  - ce sont précipités et la désinformation bat son plein en particulier dans les sources francophones, une véritable intoxication des consciences. J’ai donc décidé de reprendre le blog, en apportant mes gouttes d’informations, à la mesure de mes moyens. Ici, je vais essayer de donner de manière informelle un aperçu du contexte dans lequel se situe ce travail.

 

La répression se poursuit en Bolivie, et il est tout à fait raisonnable de penser qu’elle va se poursuivre et s’intensifier quand, le coup d’état sera relégué dans l’oubli par d’autres événements, et que les regards se tourneront dans d’autres directions : la grève générale jeudi 21 en Colombie par exemple, où le gouvernement à d’ores et déjà mis les casernes des militaires en état d’alerte et prononcé un couvre-feu. En Colombie la colère couve.

En ce qui concerne Evo, une chose est mon opinion personnelle, autre chose est le choix des Boliviens, je ne m’exprimerai donc pas à ce sujet. Par contre j’assume une condamnation totale du coup d’état. La situation est complexe envenimée par des années d’empoisonnement de conscience de la population. Il y a eu un profond travail de manipulation des populations indigènes, cela ne veut pas dire que cette manipulation n’utilisait pas des revendications légitimes, je peux donner un exemple très concret. En Juin 2012 une autre tentative de coup d’état avait eu lieu en Bolivie, dont on a très peu parlé. Elle commença par un soulèvement de la police, alors que l’arrivée d’une marche indigène sur la Paz en protestation d’un projet de route devait mettre le feu aux poudres. Cela c’était le projet Made in Washington, heureusement les marcheurs s’étaient rendu compte à temps du rôle que les putschistes leur avait attribué dans ce scénario. La Marche s’était arrêtée avant de parvenir à la capitale. « Nous marchons pour faire entendre nos revendications, pas pour renverser le gouvernement » dit alors son porte-parole.

Je suis une anti-extractiviste radicale convaincue, par amour de la Vie, Mais je suis aussi opposée à tout système politique de table rase où quelques-uns, même une faible majorité, estiment avoir le droit d’imposer leur système politique au détriment des choix d’autres qui ne seront plus consultés. Cela concerne autant le système néolibéral que les diverses manifestations du « socialisme réel ». Les détenteurs d’une Vérité unique, universelle qu’ils ont pour mission d’imposer au monde me mettent en colère. Dans les systèmes représentatifs, seule une croissance des votes populaires en faveur d’une transformation garantit que cette transformation est conforme aux aspirations populaires. Quand Evo chute de plus de 60 % des voix à moins de 50 % après avoir justifié sa nouvelle participation au scrutin d’une manière pour le moins douteuse, la preuve est faite que les politiques qu’il mène rencontre de moins en moins d’adhésion et qu’il était temps pour lui de consulter les habitants pour redéfinir le projet en fonction de leurs aspirations.

De nouvelles formes de mouvements populaires se développent dans le monde qui visent à créer les conditions d’une véritable souveraineté populaire, quand les voisins décident ensemble de l’avenir de leur territoire de l’échelle locale, régionale et mondiale. Une caractéristique de beaucoup de ces mouvements est l’exigence d’Assemblées Constituantes Populaires. Une assemblée constituante peut également être représentative quand ce sont les « mandataires » du peuples qui se réunissent pour décider de la nouvelle constitution, démocratie représentative. Or il est question ici de démocratie directe.

Un pays aujourd’hui à l’avant-garde de ces processus d’Assemblée Populaire est le Honduras ou la Plate-Forme contre la privatisation de la Santé et de l’Éducation fonctionne comme une Constituante Populaire dans ces domaines. L’objectif : la création d’une multiplicité de plateformes locales qui « établissent un diagnostique cm² par cm² des problèmes spécifiques de santé et d’éducation en chaque lieu » et qui recense les aspirations des habitants pour trouver ensemble des solutions au service desquels se mettent des professionnels, chargés de contribuer à la solutions des problèmes techniques dans le respect de ces aspirations. Bien sûr, cela ne peut aboutir sous le régime de dictature actuel.

Pourtant la plateforme poursuit son travail qui a été soutenu par une mobilisation massive, à laquelle se sont joint des membres de partis de l’officialisme, jusqu’à des capitalistes locaux qui se voient évincés du marché par les transnationales à qui les gouvernements post-putsch ont livré le pays. Pour le dire en bref, les 9 % de plus riches qui comprennent à présent que le 1 % qui concentre les richesses, s’est servi d’eux mais n’hésite pas le moment venu à confisquer leur part du gâteau, adoptent des position nationalistes. Le président renversé Manuel Zelaya n’avait rien d’un socialiste radical, comme il le dit dans une récente interview, le problème c’est la concentration de richesses par laquelle une infîme minorité en dépouille tous las autres. S’il s’est tourné vers les gouvernements progressistes pour obtenir de l’aide, qu’il a obtenu auprès du Brésil et du Venezuela, c’est après que le FMI et autres instances d’origine US lui ait refusé toute aide pour des programme de redistribution de richesse, d’éducation, de santé, de ré-attribution des terres à leurs légitimes habitants, bref des programmes de développement qui devaient bénéficier à l’ensemble de la population du pays. Pas aux Transnationales et leurs complices locaux. « Ces gens-là (il parle des ultra-riches) leur demander un centime pour les plus pauvres, c’est encore trop leur demander », dira Zelaya après le coup d’état.

 

Bien Vivre  OU Extractivisme  ?  "Satanisme Indigène"

Bien Vivre OU Extractivisme ? "Satanisme Indigène"

OU Nouvelle Inquisition ?

OU Nouvelle Inquisition ?

Et on le voit bien aujourd’hui en Bolivie puisqu’un des leaders du coup d’état Camacho, bien que toujours multimillionnaire, vient d’une famille qui avait la propriété d’une grande partie du gaz du pays. Ces gens en tiraient de fabuleux bénéfices dont la nationalisation pratiquée par le gouvernement du Mouvement pour le Socialisme (MAS) présidé par Evo Morales les a privé. Ces gens-là se gardaient bien de partager les fruits des richesses naturelles du pays avec la majorité d’habitants originaires qui utilisaient les bouses séchées pour cuisiner. Evo a amener le gaz dans des millions de foyers. Et cela les Camacho et leurs compères ne lui ont pas pardonné. Les priver de leurs profits pour les redistribuer à des populations qui à leur yeux sont infra-humaines jamais il ne l’accepteront.

Il n’est plus possible de comprendre les conflits actuels en Amérique Latine en se contentant de désigner deux camps radicalement opposés qui luttent pour s’attribuer le pouvoir et les richesses d’un pays. Que l’on écoute les voix de la rue ou des champs, une tendance toujours plus marquée nous dit en Equateur « Ni Moreno, ni Correa », au Venezuela : « Ni Maduro, ni Guaido », en Bolivie « Ni Evo, ni Camacho »… Au Chili les manifestants veulent d’une Constituante Populaire immédiate, pas d’une Constituante représentative dont la tenue risque de se voir indéfiniment post-posée : Le président parle de mars ou avril 2020, mais le peuple redoute qu’une fois démobilisé, cette promesse ne sera pas tenue.

J’ai écouté l’autre jour le sénateur et ex-candidat présidentiel de Colombie, Gustavo Petro, tenir ces propos intéressants « Il n’y a pas de centre, il y a des politiques de Vie et il y a des politiques de Mort ». Petro, je ne connais pas suffisamment sa trajectoire politique pour parler en connaissance de cause, simplement ce jour-là il tenait les propos que j’attends depuis longtemps de la part d’un dirigeant politique, plaçant au cœur de la problématique la question de l’eau et celle du réchauffement climatique, évoquant ses conséquences dramatiques qui commencent à se faire sentir. Parlant des pénuries à venir et des choix des priorités que cela implique : « Si le choix est entre une mine d’or et l’eau, c’est évident, le choix, c’est l’eau », dit-il.

Un choix qui n’a pas été celui d’Evo Morales quand il a choisi d’exploiter le « pétrole non conventionnel » par la méthode du fracking, une catastrophe pour les réserves d’eau potable du pays et de la planète. Nous apprenons dès l’enfance que le cycle de l’eau est planétaire et que les réserves d’eau sont mondialement interdépendantes. Je vous renvoie à la lettre ouverte que lui ont envoyé des organisations de Bolivie et du monde à ce sujet et à la liste des signataires de cette lettre. Alors oui, il est bien possible que parmi ces signataires, il y ait des groupes qui ont été constitués spécifiquement pour déstabiliser des gouvernements progressistes, mais je suis certaine d’une chose la majorité des personnes que représentent ces signatures sont réellement soucieuses de défense de l’eau potable corollaire de la défense de la Vie. Et pour faire contrepoids à cette critique, je vous renvoie aussi à cet autre texte qui montre en 2012, les éléments en gestation du coup d’état actuel, où l’on voit déjà comment certains mouvements indigènes sont manipulés de l’extérieur pour, entre autre, semer la division entre eux. Pour l’anecdote, des représentants d’ONGs étasuniennes venaient trouver des populations indigènes de Bolivie pour leur expliquer que la nationalisation étaient une honte et qu’aux États-unis, les indigènes étaient propriétaires des ressources de leur territoire. Sans commentaires. Et pour ceux qui comprennent l’espagnol, je vous propose une intéressante radiographie de ce coup d’état, le complot contre Evo et ces 3 étapes , une excellente synthèse avec documents à l’appui. Rassemblant des documents publié par ailleurs de manière dispersée, elle montre sans aucune ambiguïté le rôle des USA dans la lente genèse et l’exécution de ce coup d’état. Et aussi comment tout déjà était prêt pour déchaîner le coup d’état au cas très probable de victoire de Morales aux élections. Qu’il y ait eu ou non fraude peu importe, proclamer la fraude était la consigne dans tous les cas, la déstabilisation était programmées dans tous ses détails… Et cela c’est inacceptable.

 

Depuis des mois, je suis intensément ce qui se passe au Mexique, intéressée par le gouvernement d’Andrès Manuel López Obrador (AMLO) résolument anti-néolibéralisme, mais aussi par la richesse de la culture et en particulier de la culture politique de ce pays et par la force du mouvement populaire qui soutient les processus de transformation et aspire au retour de la souveraineté nationale. Pour comprendre ce qu’amène (ou non) ce gouvernement de Transition, il faut comprendre l’histoire du Mexique, au moins son histoire récente, quelques décennies de néolibéralisme qui ont semé la misère dans le pays – quand les descendants des inventeurs du maïs chassés de leur terre ont du s’exiler aux USA où ils cultiveront dans les champs des gringos le maïs qui sera ultérieurement vendu à leur pays. Aujourd’hui le Mexique dépend des USA pour 90 % de sa consommation de maïs, aliment de base de la population ! Autre exemple les Corporations US achète le pétrole mexicain à bas prix pour lui revendre ensuite sous forme d’essence et autres produit grevés d’une importe plus-value, tout bénéfice pour ces corporations, des conséquences d’un antérieur Traité de Libre Échange

La question du narcotrafic - et de la violence qu’il génère - est centrale au Mexique ainsi que la manière 1)dont les groupes de narcos se sont militarisés et constitués en Cartel pour les besoins des USA qui ont permis à certains d’entre eux de bénéficier des meilleurs entraînements de forces spéciales de l’école des Amérique ou des sanguinaire Kabyles de Guatemala et 2)du rôle joué par ces groupes criminels pour favoriser l’avancée des transnationales et en défendre les intérêts. Notamment en forçant par la terreur les populations a abandonner leurs terres qui seront ultérieurement livrées à l’extractivisme et à l’agro-industrie. Je ne connais pas les chiffres pour le Mexique mais en Colombie des méthodes similaires font que l’ONU évalue le nombre des déplacés intérieurs à 7 millions de personnes lors du Plan Colombie, modèle pour l’Opération Merida de « guerre contre la drogue » au Mexique.

 

C’est une histoire complexe que je découvre petit à petit, que je ne connais pas encore assez bien pour en parler autrement que dans les grandes lignes et qui demande un travail de documentation et de traduction de longue haleine. La manière dont un Cartel comme celui de Sinaloa, qui a pour origine des petits cultivateurs de drogues locaux, devient un Cartel au sens propre de ce termes, avec des secteurs d’activités diversifiés opérant dans près de 100 pays du monde (plus selon d’autres sources), ne peut se faire sans montrer ses implications dans l’histoire de la finance mondiale et les processus de blanchiment d’argent qui lui sont intrinsèques, sans montrer que cette croissance et militarisation a eu lieu sous l’impulsion de secteurs politico-économiques des USA. Il existe en espagnol une documentation claire, précise et bien étayée à ce sujet, malheureusement fort peu relayée en français. Anabel Hernandez, Jesus Esquivel, Dawn Paley font partie des meilleurs parmi les enquêteurs, mais ils sont loin d’être les seuls. Tout indique que la soi-disant « Guerre contre la drogue » est une guerre pour le contrôle de ce marché doublée d’une guerre contre les peuples au profit des grandes corporations.

C’est certainement le plus grave problème auquel doit faire face le gouvernement d’AMLO aujourd’hui : la sécurité alors qu’il existe dans le pays des groupes puissants de Narcos, qui disposent d’armées dotées d’éléments qui ont reçu les meilleurs formations militaires et disposent d’armes de guerre. La question des armes est importante, ces armes viennent en immense majorité des USA. Certaines leur ont été fournies officiellement dans le cadre d’une opération de la DEA appelée « Rapido y furioso » (2006-2011), le principe étant que fournissant des armes aux narcos il serait possible de les pister et de connaître les membres des Cartels et ainsi de les faire tomber. La réalité fut bien différente et ces armes ont provoqué des dizaines de milliers de morts parmi la population civile du Mexique alors que les Groupes de Narcos se sont renforcéset qu’ils sont utilisés aujourd’hui pour tenter de déstabiliser le gouvernement nationaliste d’AMLO.

Cela aide à comprendre pourquoi AMLO ne veut surtout pas de l’aide des USA pour combattre les Cartels dans une réactivation de la sanglante « guerre contre la drogue ». Le président Calderon qui a initié cette guerre disait que « Bien sûr il y aurait des pertes [de civils] mais que le résultats vaudrait la peine ». L’histoire lui a donné à moitié raison, les pertes de civils sont évaluées à 200 000 personnes (une sous évaluation pour certains), mais le résultat est catastrophique puisque les problème du crime organisé s’est intensifié et n’a même pas connu l’ébauche d’une solution. Alors le gouvernements du Mexique demande aux gouvernement des USA un contrôle de leur trafic d’armes vers le Mexique mais dit « Non merci » à son insistante proposition de revenir dans le pays mené une « guerre contre la drogue » une méthode qui à prouver sa sanglante inefficacité.

Exode indigène en Colombie

Exode indigène en Colombie

Quelques mois de plongée dans l’univers mexicain furent des mois de bonheur, il a au Mexique des journalistes tant du quotidien que d’investigation d’un niveau hors du commun. Ils permettent l’accès à une information de qualité pour lesquels certains d’entre eux ont été assassinés, d’autres ont du s’exiler parce qu’au Mexique leur vie étaient en danger ou qu’ils savaient qu’ils ne pourraient s’exprimer librement sous les précédents gouvernements. Pour certains leur vie est toujours en danger parce que le gouvernement ne contrôle toujours pas les groupes violents mais beaucoup d’autres sont revenus dans le pays qui est à présent un exemple de liberté d’expression. De cela je suis certaine, malgré des campagnes de déstabilisation de la droite-USA, s’il y a des critiques, ce sont surtout celles faites à AMLO de laisser s’exprimer trop librement des personnes qui appellent ouvertement au renversement du président, y compris des généraux et généraux retraités qui ont appelé directement l’armée à se soulever contre l’actuel gouvernement. Il y a une floraison de débats de haut niveau dans lesquels s’allient cœur, intelligence et une grande connaissance historique.

Alors que je pensais pouvoir prendre le temps de m’informer largement avant de parler de ce pays fascinant qu’est le Mexique, les événements ce sont précipités et parallèlement aux soulèvement en Équateur, au Chili, en Bolivie, on a vu au Mexique se manifester de manière accélérée les éléments de prélude à un « coup d’état » doux. En cours en ce moment.

Parmi les journalistes locaux beaucoup sont de vieux routiers qui connaissent à fond l’histoire des coups d’état en Amérique Latine, depuis celui du Guatelmala en 1954 et l’histoire politique de leur pays, les coups d’état, ils les voient venir de loin à la lumière du passé. A eux ce sont joint des milliers de jeunes (et de moins jeunes) enthousiastes qui ont ouvert leur propre canal d’information et apprennent à analyser l’information jour après jour… ils sont les « bénis réseaux sociaux » qui pistent également les fake news produites par les intégrants d’opposition de ces mêmes réseaux.

Beaucoup des plus jeunes sont des inconditionnels d’AMLO, ils font partie des AMLOVERS qui ne tolèrent aucune critique contre leur idole, ce qui peut s’avérer contre-productif. La position des vieux routiers de l’information et de la politique qui soutiennent la transformation du pays est différente. La « tendance » : il reconnaissent Andrès Manuel comme une personne honnête, sincère et de bonne foi, mais suceptible de se tromper comme tout humain. Pour eux une critique constructive permanente est le meilleur soutien qu’il peuvent apporter au gouvernement pour mener une transformation qui soit réellement conforme aux aspirations populaires. Ils se mobilisent également pour analyser la tentative de coup d’état qui se développe dans le pays, et dans ce cadre ils soutiennent totalement le gouvernement actuel.

Pour Andrés Manuel, en tant que personne mon total respect. Je n’ai aucun doute concernant sa sincérité, ni le fait qu’il soit incorruptible. Il n’a rien d’un dictateur, mais le voir incarner la figure du « despote éclairé » est un risque. Pour le dire en bref  : ne fait aucun doute le fait qu’il veuille le Bien du pays. Le problème c’est sa trop forte conviction de savoir ce qu’est le Bien en Soi, comme un Universel incontestable, qui risque de le rendre sourd aux revendications qui parlent d’autres formes de Bien. Politiquement, pour juger il faut comprendre comment peut s’effectuer une transition du néolibéralisme vers un nouveau système équitable (pour qualifier d’un dénominateur commun les différents systèmes candidats à la succession)… et comment cela peut se faire avec la plus grande douceur possible. Et ce n’est pas simple surtout quand un ennemi puissant s’oppose de toute ses forces et par tous les moyens à la réalisation de ce projet. Avant de pouvoir dire aux USA que leur maïs ils peuvent se le garder, il faut reconstruire la souveraineté alimentaire et cela prend du temps. Cela demande aussi une nouvelle conception économique qui utilise de nouveau concept. La Croissance néolibérale, est aussi une mesure de destruction et de mort.

Juan Manuel Santos, ex-président de Colombie, interviewé par Rafael Correa dans une des émissions que l’ex-président d’Équateur présente dur la chaine RT ('Conversando con Correa': Juan Manuel Santos), faisait valoir que les indices de Croissance d’un pays n’étaient en rien la garantie d’une lutte contre la pauvreté efficace, et parfois que bien du contraire. La sortie de la pauvreté d’une population demande d’autres indicateurs, d’autres modes d’évaluation. Cela semble évident, je vous donnais l’exemple du Chili où le PIB moyen par tête est de plus de 13 000 dollar par an alors que le salaire minimum, celui d’une majorité est de 3600 dollars annuels qui ne suffisent pas à assurer les besoin fondamentaux des habitants dans un pays où le « coût de la vie » est extrêmement élevé. Des régions sont asséchées par les choix de développement libéral du gouvernement. Par exemple une entreprise chinoise qui cultive des cerises pour les chinois a accaparé l’eau de la région où elle est implantée. Alors oui, on peut augmenter les revenus de bases monétaires pour ces habitants, cela ne solutionnera pas le problème fondamental et vital de l’approvisionnement en eau potable et pour l’arrosage de leurs propres cultures… En plus un salaire de base de 300$ dollars ne représente pas le même accès aux nécessités basiques dans un pays où les produits alimentaires sains sont accessibles et bon marché et les coût de l’énergie peu élevés et dans un autre où tout coûte les yeux de la tête. Il faut donc d’autres indicateurs.

Le néolibéralisme se montre de plus en plus comme un système qui assassine les populations massivement. Cela consiste tout autant à envenimer des populations avec des nourritures qui sont de véritables poisons provoquant des problèmes de santé publique qu’à fomenter de toutes pièces des guerres civiles dans lesquels des voisins s’entre-tuent, autant qu’à pratiquer l’élimination sélective des opposants, journalistes gênants, leaders sociaux ou populaires et bien d’autres méthodes conjuguées dans une opération qui correspond à un génocide (auu sens où il existe une seule race humaine, qui se divise en ethnies). Dans ce cas, les morts appartiennent indifféremment à différentes ethnies, en différents lieux de la planète, ils ont comme point commun leur non-intégrabilité à ce projet de système discriminatoire.

Mais revenons à la « drogue », un autre aspect de la culture de la drogue est son rôle démobilisateurs des luttes politiques, sociales et populaires. Je vous parlais des cartels mexicains qui ont été utilisés par les USA comme intermédiaires dans l’opération connue sous le nom de Contras qui consistait à fournir aux contre-révolutionnaires d’Amérique Centrale des armes qu’ils payaient avec de la drogue. Un des aspect moins connu de cette opération, c’est la manière dont cette drogue a été revendue dans les quartiers pauvres en lutte pour leurs droits civique aux USA dans le but avoué de provoquer une démobilisation. La méthode n’est pas nouvelle. Je l’ai vu à l’œuvre en Europe, quand l’héroïne a été déversée massivement à la fin des années 70 du siècle dernier. Quelques années auparavant les mouvements de mobilisations populaires étaient larges et constant surtout parmi la jeunesse… quelques années plus tard, propagande à l’appui, la rébellion s’était reterritorialisée du champ politique volontairement disqualifié par les matrices de propagande diffusées dans ce but sur celui de la drogue présentée aux adolescents comme la forme de légitime de révolte. A présent nous voyons au Mexique l’apologie, Hollywoodienne et apparentée, de la culture narcos, qui présente les narcotrafiquants comme de nouveaux héros populaires et le narcotrafic comme le moyen rapide (ou le seul dans un pays de grande pauvreté sans mobilité sociale) d’accéder à la richesse. Une mythification qui a fort peu à voir avec la tragique réalité de la plupart des narcos, en particuliers des jeunes recrutés par ses groupes qui ont une espérance de vie d’une vingtaine années au plus.

Tout cela est complexe, les Cartels ont les moyens de la corruptions, ils infiltrent jusqu’aux plus hautes sphères de la finance, de la politique, de l’armée et des forces de polices, la justice, les administrations publiques… Ils contrôlent les ports par lesquels leurs marchandises sont transitent… Ce n’est pas un problème spécifique au Mexique, mais c’est le pays le plus atteint alors que son Président est le seul à vouloir réellement démanteler l’ensemble de ce système et assainir le pays, une bonne fois pour toute. Quand la tentation me prend de le juger pour les erreurs qu’il commet éventuellement, je me pose la question de savoir ce que je ferais à sa place. Et c’est là que je dis respect, parce qu’au moins il essaye alors qu’il n’existe pas de recettes éprouvées et que, en vieux routier de la politique, il savait que cette volonté transformation le conduirait forcément à une confrontation avec des ennemis féroces et puissants. Respect parce qu’il a accepté de mettre sa vie en jeu pour amener du bonheur au Mexique.

Chavez, quelles que soient les critiques qu’on peut lui faire par ailleurs, qu’il faut faire si on veut corriger ses erreurs, a beaucoup de positif dans son bilan. Comme d’avoir initié un mouvement de dignité et de souveraineté régionale. Par contre dans l’imaginaire collectif latino Maduro est devenu une incarnation des pires dérives du socialisme, servant de repoussoir des gauches de la région et permettant à l’extrême-droite de gagner du terrain. Mais pas seulement, heureusement. Comme je l’ai dit plus haut, grandit régionalement le mouvement de ceux qui veulent pouvoir participer à la vie politique de leur pays en inventant de nouveaux modèles qui ne soient ni néolibéral, ni socialiste. Et sous l’impulsion des populations indigènes sont remis en question les notions de gauche et droite venues depuis un amphithéâtre de la révolution française de 1889, un modèle qui ne trouve pas de répondant dans leur culture politique. Les partis politiques sont une invention de l’Occident pour diviser les voisins disent certains, comme les habitants de la commune de Cherán, Michoacan, Mexique qui ont mis hors de leur ville les narcos et les partis politiques, ont repris une gestion communale, et ce sont réorganisés en Ronde Indigène dont sont issus les volontaires qui assurent la protection de leur territoire. De quel droit imposerions-nous nos modèle à des populations qui ont un riche passé culturel et des structures politiques éprouvées.

Une transformation est une période de transition avec comme on le dit au Mexique « Un vieux système qui n’en finit pas de mourir, alors que le nouveau n’a pas achever de naître ». L’expérience mexicaine est devenu une référence pour ceux qui aspirent à une transformation qui ramène une souveraineté régionale. Si certains sont des capitalistes nationalistes et d’autres des anti-extractivistes autogestionnaires radicaux, et une vaste gamme d’autres nuances, la question de la manière dont doivent se résoudre ces divergences est devenues secondaire face à l’urgence de l’unité face à l’ennemi commun : le colonialisme néolibéral et les factions de l’extrême-droite locale qui en sont les vecteurs. Mais aucun pays ne peut seul échapper aux griffes néolibérales.

Une chose est de savoir qui tire les ficelles, autre chose est d’identifier et de combattre sur le terrain les idéologies dont ceux-là se servent pour y parvenir. En Bolivie, face au soulèvement indigène et à la réprobation internationale, les putschistes ont du rapidement occulter le caractère de « croisade l’antéchrist » affiché ouvertement aux premières heures du Golpe. Ils n’ont pas pour autant renoncé à leur terrible croyance religieuse qui fait des populations indigènes et de la spiritualité de la Pachamama des incarnations de Satan, qu’il faut exorciser et combattre les armes à la main. Beaucoup d’analystes parlent du gouvernement Bolsonariste de Bolivie, effectivement Bolsonaro et la clique bolivienne appartiennent à la même église évangélique raciste, un mouvement qui gagne du terrain en Amérique Latine et dans le monde. Un mouvement qui se confond avec celui d’une radicale ultra-droite. Une idéologie que ceux qui veulent la combattre doivent identifier, celles chasseurs de sorciers et de sorcières fanatiques qui semblent sortis des oubliettes de l’histoire. C’est devenu le principal véhicule de l’extrême-droite latino parmi les couches populaires, une idéologie à combattre. Attention, tous les évangélistes ne sont pas des fascistes, il est question ici d’un groupe spécifique, le nombre de ses membres n’est pas clairement recensé, ils sont évalués à 200 millions dont 30 sont au Brésil.

Pour tous ceux qui pensent que les peuples ont le droit de décider de leur propre destin, et qui voudrait soutenir la population de Bolivie dans son combat pour y parvenir, la question de savoir si vous êtes pour ou contre Evo est devenu secondaire. Manifestent aujourd’hui ensemble à la fois des partisans d’Evo et des opposants unis par leur volonté de défendre la dignité indigène les droits de sujets politiques et territoriaux des habitants natifs du pays. La répression se déchaîne avec la même violence contre les manifestations agressives que contre la majorité de manifestants pacifiques. Certains appellent au retour d’Evo alors que d’autres cherchent de nouveaux leaders pour incarner leurs aspirations. Tous demandent la destitution de la minorité qui a fomenté un coup d’état pour s’emparer du pouvoir et se maintien par une répression toujours plus brutale. Les représentants du MAS, presque 2/3 du Parlement sont écarté du pouvoir par la menace directe contre leur vie ou celle de leurs proches et le gouvernement de fait annonce qu’il s’apprête à arrêter bon nombre de législateurs du MAS sous inculpation de sédition… ils le disent ouvertement, et les instances internationales, se taisent ou ratifient le coup détat.

Comme le disait le journaliste argentin, Esteban Trebucq, un des rares à être resté sur le terrain, (les autres devenus cibles de violence ou accusés de sédition ont fuit le pays) : il est hors de question de parler de guerre civile quand une population désarmée affronte des militaires qui tirent à balles réelles et ont reçu du gouvernement l’implicite droit de tuer que leur confère l’exemption de sanctions pénales…

Aujourd’hui 19 novembre il insiste, le soulèvement indigène avant d’être pour ou contre Evo est une lutte des peuples originaires pour « leur identité, pour leur raison d’être, pour leur descendance, pour leur sang, leur terre et leur avenir. » La violence de la répression est en pleine recrudescence, la police lance les gaz alors que l’armée tire à balles de plomb. Et s’il y a des manifestations « violentes », c’est la violence des pierres contre les tanks, les hélicoptères, les armes à feu. Parce que perdre ce combat serait pire que perdre la vie, le retour à la misère et l’infra-humanisation des populations natives, beaucoup se disent près à perdre la vie dans la bataille. Des hôpitaux de fortune s’organisent dans la rue pour venir en aide aux nombreux blessés et victimes des gaz. Le jeune médecin et autres membres du personnel sanitaire bénévoles interrogés parlent de leur connaissance de neuf morts tous par armes à feu dans 2 hôpitaux de Cochabamba. Et de centaines de blessés plus ou moins gravement ainsi que des victimes de gaz dont la CIDH a condamné l’usage démesuré, ainsi que celui des armes à feu, la force démesurée de la répression du gouvernement de fait. Plusieurs journalistes étrangers ont fait remarquer que les gaz étaient d’autant plus durs à supporter à une altitude de plus de 3000 mètres (La Paz 3640m) où l’oxygène est raréfié.

L’ appel que lance en écho la population : «S’il vous plaît racontez, montrez ce qui nous arrive, faite savoir au monde ce qui se passe ici, ils nous abattent comme des animaux, pourtant les animaux aussi ont des droits, nous avons besoin de soutien dans le monde entier. ». Je relaie …

Au Chili aussi les mobilisations continuent. Ici la répression se caractérise par les dizaines (200) de personnes rendues aveugles où ayant perdu un oeil par les tirs des forces de l’Ordre. « Cela nous a coûté tellement d’ouvrir les yeux, et à présent ils veulent nous rendre aveugle ». « La mutilation physique comme discours du pouvoir » Les tirs se font à proximité des manifestants, visent spécifiquement le visage et les yeux. Illustration aux premières minutes de la dernière émission d’entre noticias, alors que youtube a obligé l’équipe à retirer les images les plus révélatrice, de la répression au Chili comme en Bolivie, sous prétexte de sensationnalisme.

 

C’est très loin d’être un tour complet de la vaste question de l’Amérique en lutte contre le néolibéralisme de dont il sera question à l’avenir sur ce blog, au compte-goutte et dans le désordre en fonction des priorités du moment, avec des traductions inédites selon de leur qualité informative et le temps que je peux y consacrer. Et sûrement beaucoup de fautes ou de redites, que je vous prie de pardonner… Là par exemple, je viens de passer 12 heures d’affilée à rédiger ce texte et recueillir des nouvelles informations, il en reste beaucoup d’autres dont je voudrais prendre connaissance… et aussi une traduction en chantier et une liste d’attente d’autres...

 

Anne W.

 

Protéger les semences de vie (Equateur)

Protéger les semences de vie (Equateur)

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 04:03

 

 

« Je crois qu’il est temps de changer le modèle économique qui s’est imposé pendant des décennies. Les gens ne veulent plus de sacrifices faits seulement au bénéfice de minorités. C’est très injuste ».

Andrès Manuel López Obrador

Andrès Manuel  López Obrador

Andrès Manuel López Obrador

Chaque matin à 7 heures le président du Mexique Andrès Manuel López Obrador, après sa réunion avec le Conseil de Sécurité tient une conférence de presse. Voici comment AMLO a ouvert cette conférence le 24 octobre 2019, par un message à l’ONU, à l’Amérique Latine et au monde.

 

Un des buts revendiqué par le gouvernement du Mexique est de mettre fin au néolibéralisme dans le pays. Mais mettre fin au néolibéralisme dans un seul pays n’est pas possible. L’Empire du Nord a attaqué le Mexique et son gouvernement, le Président réagit, il lance un appel à la solidarité des peuples pour en finir avec le Monstre. Un courant de refus du néolibéralisme soulève les populations dans toute l’Amérique Latine. Qu’est-ce que le néolibéralisme et pourquoi les populations veulent-elles y mettre un terme ?

L’exemple du Chili illustre fort bien les raisons qui font du refus du néolibéralisme une question de survie pour beaucoup d’habitants de la planète. Le Chili était pourtant présenté comme la Suisse d’Amérique Latine, un pays prospère où les habitants disposent du salaire de base le plus élevé d’Amérique Latine (300$ par mois, soit 3600$ par an dans un pays où en 2018 le revenu moyen par habitant en fonction du PIB est supérieur à 13 000$ ). Alors que les coût des loyers, des transports, de l’énergie, de l’éducation, de la santé y sont sont équivalents ou plus élevés que ceux d’Europe. Une petite partie de la population concentre la plus grande partie des richesses du pays. Cela fait de ce pays le 7ème sur la liste mondiale des pays les plus inégalitaires, le 7ème du monde !

Sans entrer dans les détails, le néolibéralisme est cette phase du capitalisme où la richesse financière, la propriété du territoire et des moyens de production se concentre entre un nombre toujours plus restreint de « privilégiés » au détriment de tous les autres dont la qualité de vie, la survie sont menacé par ce dépouillement, cette dépossession qui, quand elle ne tue pas immédiatement ses victimes, crée les conditions d’une infra-humanisation.

Une partie au moins des forces de gouvernement des USA ont lancé une attaque contre le gouvernement du Mexique. Je me demandais hier qu’elle serait la réponse d’AMLO à cette attaque contre la souveraineté du pays, la voici, un appel à la solidarité internationale pour mettre ensemble un terme aux exactions du néolibéralisme.

Même s’il n’est pas toujours évident de savoir qui est réellement aux commandes aux USA, nous pouvons observer à travers de plus de 70 ans de continuité des politiques de mise sous tutelle et pillage de l’Amérique Latine, que dans les termes de la doctrine de sécurité « défense des intérêts et de la sécurité des USA » le terme USA doit être remplacé par Corporations étasuniennes. Des Corporations que servent tant les gouvernements officiels US, que le Pentagone ou les services de renseignement et interventions « secrètes » de ce pays. C’est une constante. Des corporations qui remplacent les gouvernements du monde par des gouvernances qui sont les interfaces, les relais de transmission de leurs diktats aux peuples dépouillés de leur souveraineté. Dans ce contexte, le message d’AMLO est une déclaration de guerre de fait à ces Corporations :

« Le modèle néolibéral est épuisé, c’est un échec. Les gouvernements qui n’opèrent pas de changements et poursuivent les mêmes politiques affrontent des problèmes avec leurs peuples...parce que les gens ne veulent plus d’avantage de sacrifices seulement pour le bénéfice de minorités, c’est très injuste. Toutes les politiques de privatisation ont été un échec. Elles ont bénéficié seulement à des petites minorités, appauvrissant des millions d’êtres humains. C’est la cause des mouvements de rébellion, de non-conformité. Nous autres, notre peuple sage a compris que le moment est venu de changer ces politiques. Et cela, il l’a exprimé massivement l’année passée dans les urnes. Et nous sommes en train d’opérer une transformation de manière pacifique et de démontrer que c’est possible de mettre en pratique une politique différente, que oui, il est possible de mettre en pratique une politique qui prenne en compte tous les mexicains, que le gouvernement ne soit pas celui d’une faction, que le gouvernement ne soit pas se mettre au service de groupes d’intérêts fabriqués, que le gouvernement représente tous (les habitants) et que doit mis en avant le bien-être du peuple. C’est cela qui crée la gouvernabilité, c’est cela qui permet la paix sociale. C’est ma réflexion. Heureusement cela commence à être compris et accepté par tous les gouvernements. Dans le cas de l’Équateur ils ont pu faire marche arrière à la mesure d’augmentation des combustibles. Clairement pas seulement pour les manifestations, qui sont ce qui met en évidence cette non-conformité. Mais cela vient d’où ça, d’augmenter la décision d’augmenter le prix du combustible ? Cela vient de l’ancienne politique, du vieux régime, de l’orthodoxie du modèle néolibéral.

Je disais hier que j’allais faire un commentaire au sujet d’un personnage. Quel personnage ? J’ai des informations, cela fait partie du domaine public, il y a une enquête au sujet d’un personnage puissant, un potentat qui avait recommandé au gouvernement précédent de doubler le prix de l’essence au Mexique, cela au début du mandat du précédent gouvernement, et [ces gouvernants] de cela ils en ont tenu compte. Rappelez-vous combien coûtait l’essence lors des débuts de ce gouvernement et quel en était le prix à la fin. [entre 2012 et 2018, le prix moyen de l’essence est passé au Mexique de 9,8 pesos à 18,3 pesos NdT] cette mentalité était prévalente. Elle résout le problème des finances publiques : pour faire rentrer plus d’impôts, augmentez le prix de l’essence.

Dans le cas de l’Équateur, ils ont fait marche arrière avec cette mesure. Dans le cas du Chili, il est également question d’une augmentation, celle du prix des transports publics, du métro. Et ils ont reculé. Je célèbre ce recul opéré par les mandataires, parce que ce serait téméraire de soutenir par le feu et le sang ces mesures. Dans le cas du président du Chili, il a été jusqu’à présenter des excuses. Dans un acte que je considère comme d’honnêteté, une rectification. Mais, à la fin, c’est le même schéma, et cela n’est plus possible d’appliquer ces politiques. Ces politiques, il faut les mettre de côté, mais également les organismes financiers internationaux doivent aider, ils doivent coopérer. Et ne pas être là à contraindre, à obliger les gouvernements à imposer ce types de politiques anti-populaires. J’espère que ces changements vont se poursuivre et aboutir, parce que de cette manière ils obtiendront le développement, le bien-être, et le plus important : la paix.

Il y a déjà une attitude différente de la part des organismes financiers internationaux, mais il y a aussi des résistance, comme toujours. Il faut que soit produit, avec beaucoup d’objectivité, un rapport sur l’échec du modèle qu’ils ont imposé pendant une longue période, une autocritique sans tomber dans l’auto complaisance., et il doivent continuer à rectifier et changer et mettre en avant le bien-être des personnes, le bonheur du peuple. »

AMLO, 24 octobre 2019

 

Cet appel devrait être un tissu d’évidences. Non ? Et pourtant nous savons bien que ceux qui tiennent de tels propos aujourd’hui deviennent des cibles pour les assassins du système.

 

Au cours de décennies d’ingérence étasunienne en Amérique Latine d’autres présidents ont été renversés, d’autres leaders politiques ont été assassinés pour moins que cela. Un appel à mettre fin au néolibéralisme, c’est un appel à en finir avec les privilèges des quelques rares bénéficiaires de ce système mortifère, brutal, cruel, grossier, destructeur de la vie et de la beauté du monde. Je ne comprendrai jamais ce qui motive ces gens, leur manque d’empathie. Mais j’ai appris qu’il ne sont pas prêts à céder une parcelle de leur pouvoir, un centime de leur fortune, une parcelle de leurs propriétés pour le bien du plus grand nombre, en particulier des plus pauvres. Il se sont contentés pendant longtemps de distribuer les quelques miettes indispensables au maintien d’une fiction de paix sociale. A présent les processus de leur enrichissement par dépossession de tous les autres s’accélèrent. Je n’ai aucun doute quant au fait que Andrés Manuel est parfaitement conscient du caractère de provocation de ce message. Non qu’il ait envie de provoquer qui que ce soit, mais le simple fait de vouloir en finir avec l’accaparement par quelques-uns des ressources du monde, est aux yeux de ces (indicibles) une déclaration de guerre, un crime qui doit être puni.

Je ne suis pas encore prête à dire ce que je pense du projet d’AMLO dans son ensemble. J’ai appris au cours de ma déjà longue existence, que si chacun est porteur d’un projet de monde, le monde qu’elle ou il voudrait voir exister, tous sont soumis à des contraintes, celles qui résultent de la possibilité réaliser ce projet sans faire obstacle au projet d’autrui et celles qui résultent d’un moment donné de l’histoire. Et cette contingence redistribue les alliés et les ennemis.

Il y a un demi-siècle quand le système a inventé l’exclusion sociale en masse de ceux qui ne se répondaient pas aux impératifs de conformité du système qui se mettait en place, cela nous faisait rire : exclusion de quoi ? Du consumérisme et des sacrifices qu’il impose à ceux qui en veulent toujours plus. Nous ne voulons pas d’un monde où « la fonction fait l’homme », nous ne voulons pas être employés, nous voulons travailler, acquérir des savoir-faire et des connaissances qui nous déterminent toujours d’avantage en tant que personne singulière, dont l’apport au Vivre Ensemble contribue avec originalité au bien être de tous dans la diversité des possibles, une invention continue de la Vie. Nous nous disions alors : pas de problèmes, nous construirons nos mondes dans les failles du système, les failles ce n’est pas ce qui manque. Nous ne voulons pas grand-chose, un bout de territoire où nous donner les moyens de vivre bien, simplement, par notre travail, en harmonie avec nos voisins, avec ce milieu ambiant dont nous faisons partie.

Quand les envahisseurs du territoire qui deviendra États-Unis d’Amérique du Nord se sont appropriés de cette Terre, ils ont massacrés les habitants et les survivants ils les ont repoussés vers des espaces toujours plus réduits, les réserves comme des prisons à ciel ouvert où se consomme la lente agonie de peuples autrefois fiers et dignes. Après ils ont étendu au monde ce principe d’appropriation de territoires au détriment des habitants originaires. Nous avons vu se réduire les larges failles de la géographie du système, notre accès au territoire. Aujourd’hui il reste à peine des interstices dans lesquels se glisser pour échapper aux moules des réducteurs de conscience. Des interstices qui se réduisent et nous étouffent, discrètement.

Ce que propose AMLO, un être humain imparfait comme tel, c’est de renverser ensemble ce processus d’expropriation, de mettre un terme à cette agonie par étouffement. Ce n’est pas grand-chose et c’est beaucoup à la fois.

Anne W

 

Pour terminer en beauté, le cri de la fête de l’indépendance du Mexique le 16 septembre, un moment de bonheur partagé.

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 16:16

 

 

 
Décorations florales colorées à l'entrée du Forum de la route de la soie pour la coopération internationale à Pékin, le 14 avril  2019. Photo : IC

Décorations florales colorées à l'entrée du Forum de la route de la soie pour la coopération internationale à Pékin, le 14 avril 2019. Photo : IC

Connue comme le plus grand projet d'infrastructure de tous les temps, l’initiative chinoise la Ceinture et la Route (Belt and Road Initiative ou BRI en anglais) a déjà déplacé des milliers de petits producteurs et menace d'en déplacer des centaines de milliers supplémentaires. Il causera aussi une irréversible perte de biodiversité et aggravera significativement la crise climatique mondiale. Plutôt que de répondre aux besoins des communautés affectées, le gouvernement chinois a récemment commencé le verdissage de ses investissements BRI. Qu'elles soient nationales ou internationales, les organisations de la société civile qui surveillent le développement des projets sur le terrain demandent au gouvernement chinois de rendre l'initiative la Ceinture et la Route plus transparente, d'écouter les personnes concernées et d'apporter de véritables solutions climatiques.
 
Le second Sommet de la Route et la Ceinture a eu lieu à Pékin, en Chine, du 25 au 27 avril 2019, deux ans après le premier sommet. Avec la participation de 38 chefs d'Etats venus des quatre coins du globe, du Secrétaire Général des Nations Unies António Guterres et de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, le sommet de cette année fut plus imposant que le premier.
 
Un communiqué de presse commun paru à l'issue du sommet affirmait, entre autres choses, que l'initiative la Ceinture et la Route (BRI) vise à faire progresser les chaînes de valeur mondiales et la connectivité de la chaîne logistique. On y lisait également que la BRI s'assurerait de la protection de l'environnement, de la biodiversité et des ressources naturelles, et s'occuperait des effets négatifs des changements climatiques.  
 
Revenons à aujourd'hui. Cela fait six ans que la BRI a été lancée et les critiques et préoccupations au sujet du programme phare du président chinois Xi Jinping sont de plus en plus nombreuses. Elles ont notamment trait aux questions liées à la dette et à la souveraineté nationales, à l'accaparement des terres, aux déplacements de populations, aux violations de droits humains dans les zones de conflit, aux impacts environnementaux, aux problèmes de santé publique et aux violations du droit du travail. Certains pays, comme la Malaisie et les Maldives, réévaluent actuellement leur participation à la BRI et aux investissements chinois.
 
Répondant aux critiques sur les impacts environnementaux de la BRI, le communiqué commun issu de ce deuxième sommet exposait une vision de haute qualité et durable pour la Ceinture et la Route, soulignant et faisant la promotion d'un développement vert et d'un financement vert. La Chine est en train d'élaborer des Principes d'Investissements Verts pour le Développement de la Ceinture et la Route afin d'essayer de "verdir" la BRI. Mais il n'est fait mention nulle part de l'accaparement des terres et de la perte des droits des communautés rurales et indigènes sur leurs territoires et de leurs moyens de subsistance dans le cadre d'une BRI "verte" et du développement continu des infrastructures et des corridors économiques, qui est hautement loué dans le communiqué.
 
À y regarder de plus près, le modèle d'une croissance économique axée sur les infrastructures tel que promu par la BRI est fondé sur l’accaparement de vastes superficies de terres et de territoires à convertir en couloirs économiques. Concernant l'agriculture, la BRI est censée stimuler les investissements chinois à l'étranger en agrobusiness ainsi que les dépenses d'infrastructure de base afin de faciliter l'augmentation du commerce agricole. Selon des officiels du Bureau de Coopération     Étrangère du Ministère chinois de l'Agriculture et des Affaires rurales, le pays compte à présent 657 projets agricoles dans différents pays de la BRI, pour une valeur d'environ 9,4 milliards de dollars, représentant une progression de 70 pour-cent par rapport à il y a seulement cinq ans. Cela implique forcément la perte de milliers d'hectares de terres agricoles qui seront nécessaires à la réalisation de ces projets, de moyens de subsistance traditionnels et de biodiversité, ainsi que de nombreux paysans déplacés. Au Pakistan, la BRI facilite l'expansion de blé hybride, qui remplace les variétés traditionnelles de blé des paysans, au profit d'entreprises chinoises d'intrants agricoles telles que Sinochem Group.
 
La majorité des projets agricoles développés dans le cadre de la BRI sont industriels. Le système agro-alimentaire actuel est d'ores et déjà responsable de près de la moitié des émissions globales de gaz à effets de serre. Des villageois du Myanmar rapportent que des milliers de camions entrent et sortent de l'Etat du Kachin avec des cargaisons de bananes. Cette région est ciblée comme zone d'expansion pour les plantations de bananes destinées à l'export vers la Chine, menant à l'expulsion des propriétaires indigènes qui dépendent de la terre pour se nourrir et pour vivre. L'approvisionnement en eau est également touché, vu que l'eau est polluée ou détournée des communautés pour irriguer les plantations chinoises. Certains rapports font également état d’un déclin de la qualité du sol dans les plantations chinoises, dû à des pratiques agricoles utilisant lourdement les intrants. En conséquence, les protestations contre les investissements chinois se sont multipliées au cours de l'année écoulée au Myanmar. Aux Philippines, les méga-projets financés par la Chine, tels que le projet de barrage New Centennial Water Source de Kaliwa auraient causé des accaparements de terres et des déplacements de communautés indigènes. 
 
En outre, tandis qu'elle s'engage à diminuer l'usage du charbon sur son territoire, la Chine est en train d'ouvrir neuf nouvelles mines et de construire plusieurs grandes centrales à charbon à l'étranger, via la BRI. Rien qu'au Pakistan, les investissements chinois dans le charbon ont dépassé les 10 milliards de dollars. Pendant ce temps, l'Indonésie travaille à une nouvelle proposition pour quatre projets de centrales à charbon qui seront financés par la Chine. Les projets énergétiques de la BRI se concentrent de manière disproportionnée sur les énergies fossiles.
 
En tant qu'organisations de la société civile, nationales et internationales, qui surveillons activement l'implémentation du projet BRI sur le terrain, nous nous inquiétons du manque de consultation des communautés locales au sujet de ces projets. Cela conduit à une perte de terres, et montrent une incapacité des projets d'infrastructure et de connectivité de la chaîne d'approvisionnement à en faire bénéficier populations locales. À la place, nous sommes témoins d'effets négatifs sur les droits des communautés locales et sur leurs conditions de vie.
 
Nous appelons le gouvernement chinois à rendre l'Initiative la Ceinture et la Route plus transparente, car il n'existe aujourd'hui aucune information officielle fiable sur le montant exact des projets bilatéraux, les conditions de prêt, les normes et critères d'octroi, le financement et leurs effets généraux. Nous appelons les pays partenaires à rendre publiques toutes les informations ayant trait aux projets BRI relevant de leur juridiction. Tant la Chine que les pays partenaires devraient ouvrir les processus de consultation et demander l'avis des autres parties prenantes, afin que l'argent public ne soit pas gaspillé pour des projets indignes et destructeurs. Et aux gouvernements des pays de la BRI de conduire une étude d'impact adéquate et approfondie des projets de la BRI sur les droits humains.
 
Nous appelons également le gouvernement chinois et la communauté internationale impliquée dans le verdissement de l'Initiative de la Ceinture et la Route à prendre la mesure radicale qui consiste à écouter les personnes touchées par ces projets. S'ils le faisaient, ils soutiendraient les petits paysans et les communautés rurales comme urbaines avec des systèmes alimentaire, énergétique et de transport décentralisés, afin de parvenir à de véritables solutions climatiques et non à un écran de fumée verte devant l'Initiative la Ceinture et la Route.
 
Pour plus d'informations contactez :
Kartini Samon, GRAIN
Téléphone: +6281314761305
 
Publié par :
Asia Pacific Research Network (APRN)
Asia Peasant Coalition (APC)
GRAIN
Madhyam
People’s Coalition on Food Sovereignty (PCFS)
 
Source : GRAIN
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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 10:34
Illustrations Alai

Illustrations Alai

Les USA ont toujours voulu s’approprier des Îles Galapagos (qui appartiennent à l’Équateur) invoquant la politique de Bon Voisin et la Doctrine de Monroe. Pendant la seconde guerre mondiale, ils ont occupés manu militari l’Archipel pendant 7 ans. À présent, le gouvernement de Lénine Moreno a conclu un accord avec les USA - dont le contenu est gardé secret - qui permettrait aux militaires étrangers d’utiliser l’aéroport de l’Île San Cristobal.

C’est au mois de juin que les équatoriens ont appris l’intention du gouvernement de Lenin Moreno de permettre aux forces militaires étasuniennes d’utiliser les Îles Galapagos, le ministre de la Défense du Pays Andin, Oswaldo Jarrin, avait alors déclaré que « les Galapagos sont un porte-avion  naturel ». L’indignation des citoyens équatoriens et la préoccupation mondiale ont été immédiates.

Lors d’une conférence de Presse avec les médias étrangers, le ministre a confirmé que dans les Îles Galapagos des avions étasuniens Orion P3 et Awaks, mèneront des opérations dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic et de la pêche illégale, en assurant que depuis ces îles, ils peuvent assurer « permanence, réapprovisionnement et facilité d’interception ». Il ajoute qu’en raison de ces opérations l’aéroport de l’Île de San Cristobal sera agrandi et que les USA vont se charger d’améliorer les conditions, spécialement de ré-approvisionnement. Dans le but de calmer les voix qui questionnent cette manière de livrer le pays, il conclut en indiquant que « chaque opération sera escortée par des officiers équatoriens. »

 Tant Jarrín que Norman Wray, président du Conseil de Gouvernement du Régime Spécial des Galapagos, ont affirmé qu’il n’y aura pas d’installation d’une base militaire étrangère et que donc la Constitution ne sera pas enfreinte. Pour éviter justement que se renouvelle une situation comme l’usage de la Base de Manta par des Forces étasuniennes, la Constitution approuvée par le peuple équatorien en 2008, dit dans son article 5 :  « L’Équateur est un territoire de paix. L’établissement de bases militaires étrangères ou d’installations étrangères à fins militaires ne sera pas autorisé. Il est interdit de céder des bases militaires nationales à des forces armées ou de sécurité étrangères ».

L’article de la constitution est très clair, il signale que ne seront autorisés ni l’établissement de bases étrangères, ni celle « d’installations étrangères à des fins militaires ». Cela recouvre le projet prévu aux Galapagos : s’il ne s’agit pas d’une base au sens classique, il s’agit, sans nul doute, d’installations étrangères (avions, équipement de réapprovisionnement, personnel militaire, etc. ) dans un aéroport équatorien. En plus dans ce cas, serait cédée une base à des forces armées ou de sécurité étrangères comme le stipule l’article 5 de la Constitution.

A son tour, le président Lenin Moreno a manifesté via un tweet, que « la surveillance aérienne est une activité conjointe entre plusieurs pays pour prendre soin de ce patrimoine mondial ». Ce qui revient à dire que pour prendre soin de ce patrimoine le concours des USA est requis, mais aussi la coopération élargie avec les gouvernements de Pérou, Chili et Colombie, « pour adopter une posture régionale face à ce genre de menaces », comme le signale Norman Wray. En termes géopolitiques, ceci signifie que l’Équateur se soumet à la géostratégie militaire des USA qui vise le contrôle de l’Amérique du Sud et de tout le Pacifique Sud-Américain en fonction de leurs intérêts et objectifs impériaux, centrés actuellement vers une intervention au Venezuela, le combat du narcotrafic, les migrations – en particulier en Amérique Centrale, et la contention de la Russie et de la Chine.

Mais les Galapagos ne seront pas le seul « porte-avions » d’une force aérienne étrangère dans le pays, il y en aurait deux autres : celui de Guayaquil et à nouveau celui de Manta. Selon le journal « El Comercio » du 19 juin, « une fois que les aéronefs seront opératifs depuis les Galapagos, l’idée du gouvernement est de créer le dit « Triangle de Sécurité », que les Îles forment avec avec Manta et Guayaquil. Cela se met en place, en ce moment l’Orion P3 et l’Awac volent déjà depuis le Port Principal et ils peuvent également le faire depuis la capitale de la province de Manabi  [Portoviejo]».(1)

En effet, dès septembre 2018, les avions d’intelligence étasunienne ont opéré depuis Guayaquil, pour des « voyages de reconnaissance », des prises de photographies et des détections » , selon le ministre Jarrín.

Jarrín, qui chapeaute le réalignement et la soumission de l’Équateur aux USA, a une longue carrière militaire et est connu pour sa position ouvertement pro-étasunienne.

Il a débuté sa carrière militaire en 1966 et a occupé de hautes charges à l’intérieur des Forces Armées. Le 15 janvier 2003, il avait été nommé Chef du Commando Conjoint des Forces Armées par le président Lucio Gutiérrez alors en fonction, une charge qu’il abandonna le 18 juin de la même année en raison de rumeurs de déstabilisation du Gouvernement National.(2)

Le journaliste Kintto Lucas, dans son livre « Ecuador cara y cruz, tome 2 » informe de l’étroite relation qui existait entre le général Jarrín et le chef du Commandement Sud des USA, James Hill, et comprenait des randonnées dans la selva équatorienne et des réunions à Miami, au cours desquelles étaient abordée la question de la « sécurité à la frontière colombo-équatorienne », Hill argumentait alors que « la position de son gouvernement était de régionaliser les Opérations du Plan Colombie ».

Après le renversement de Gutiérrez, le président Alfredo Palacio, le désigna comme ministre de la Défense le 19 août 2005, fonction qu’il occupa jusqu’au 29 août de 2006. En une occasion, au sujet des luttes des mouvements sociaux qui réclamaient l’attention de l’État, Jarrín parla de former « une force de paix pour l’Équateur » et signala que « l’État va avoir besoin d’un pouvoir extérieur afin de contrôler la paix et l’ordre, de reconstruire la nation et (que) probablement à l’avenir nous aurons un Haïti en Équateur ».(3)

Puerto Baquerizo, île San Cristóbal.  Foto: ETG

Puerto Baquerizo, île San Cristóbal. Foto: ETG


 

 Toujours les mêmes arguments

La présence militaire étasunienne annoncée dans l’Archipel des Galapagos est le résultat des accords de coopération conclus entre l’actuel gouvernement d’Équateur et les USA, en particulier dans le domaine militaire. Les USA prétendent se réinstaller dans le pays andin, après une décennie de prise de distance, avec le même argument utilisé pour installer la base de Manta : le prétexte de la lutte contre le narcotrafic.

Il faut se rappeler que le 2 août de 2018, le Ministre de la Défense informa que les USA disposait d’une Officine de Coopération de Sécurité (OCS) en fonction, résultat d’un accord entre USA et Équateur, selon le Ministre Jarrín : « par disposition présidentielle et autorisation des Ministères des Affaires Étrangères et de la Défense. »

D’après le département de la Défense des USA, les OCS, font partie de l’Agence d’Assistance de Sécurité de la Défense, et leur rôle est de réaliser des actions qui « promeuvent les intérêts de sécurité spécifiques des USA, incluant toutes les activités internationales de coopération en matière d’armement et d’activités d’assistance de sécurité ».

 Utilisant la « coopération » en guise de justification, les forces militaires étasuniennes sont de retour en Équateur dix ans après en avoir été expulsées, quand le gouvernement de Rafael Correa décida de ne pas renouveler la Convention avec les USA pour l’usage de la Base de Manta (signé en 1999 et en vigueur jusqu’à 2009), après la mobilisation et à la demande de plusieurs organisation sociales.

Par la médiation de cette Convention, les USA avaient installé un Poste d’Opérations Avancées (FOL sigle en anglais : Forward Operating Location), qui alla beaucoup plus loin que ce qui était convenu. Les actions arbitraires des militaires étasuniens durant leur présence à Manta, sont toujours présentes dans les mémoires : bateaux équatoriens coulés par des frégates étasuniennes ; contrôle de la migration ; affectation de l’activité des pêcheurs  ; contrat signé avec la compagnie DynCorp, qui avait immédiatement été dénoncée pour activités illégales en relation avec le système d’embauche de mercenaires d’autres pays ; entre autres.

 Ce qui est essentiel, c’est que la base de Manta, selon les paroles du commandant de la FOL, Javier Delucca, était considérée comme stratégique pour le Plan Colombie, puisque de là ils surveillaient le conflit colombien. Il a également affirmé que le rôle de la Base de Manta avait été déterminant pour le bombardement de Angostura, (province équatorienne de Sucumbíos) par des militaires colombiens en coopération avec les USA en 2008. Bombardement dans lequel mourut le dirigeant des Farc, Raúl Reyes, en même temps que 25 guérilleros et des civils qui se trouvaient dans le campement guérillero.

A présent l’histoire se répète. Dans le cas de la Base de Manta, le Ministère des Affaires Étrangères et le Ministre de la Défense étaient initialement parvenus à un accord avec l’Ambassade des USA. Toute la négociation et l’accord étaient restés secrets, jusqu’à ce que la pression populaire exige que le Congrès National se prononce à ce sujet.

Aujourd’hui il se produit la même chose en ce qui concerne les Galapagos. En plus, malgré les déclarations des plus hautes autorités du gouvernement d’Équateur qui ont annoncé que les USA procéderaient en coopération (avec l’Équateur) dans les Îles Galapagos, le Département de la Défense US dément disant qu’il n’y a pas eu d’accord signé avec le gouvernement d’Équateur pour l’utilisation de l’aéroport des Galapagos et qu’il n’y a pas de négociations formelles en ce sens (4). Qui devons-nous croire ? Tout cela met en évidence la nécessité de ce que soit révélé exactement ce que le gouvernement équatorien a accordé aux USA dans le dos des citoyens et de l’Assemblée Nationale.

Tout près de l'aéroport de San Cristobal se trouve le lieu connu comme La Loberia.  Foto: ETG

Tout près de l'aéroport de San Cristobal se trouve le lieu connu comme La Loberia. Foto: ETG

 Le fragile milieu ambiant mis en danger

Il faut se rappeler que l’Archipel des Galapagos, situé à 1000 kilomètres de la côte équatorienne, a été déclaré Patrimoine Naturel de l’Humanité en 1978 par l’UNESCO, parce qu’il remplissait 4 critères qui semblent n’avoir aucune importance pour ceux qui dirigent les politiques de défense : - receler des phénomènes naturels extraordinaires ou des aires de beauté naturelle ; - être un exemple remarquable de l’histoire de la Terre ; - avoir certaines caractéristique et processus géo-morphologiques et géologiques ; - être un exemple de processus écologiques et biologiques du cours de l’évolution des écosystèmes et de la diversité biologique et d’espèces menacées. Rappelons-nous que le chercheur anglais Charles Darwin a fondé sa théorie de l’évolution des espèces sur les observations qu’il avait réalisées aux Galapagos.

Il a été reconnu que, en raison de son isolement et après des millions d’années d’évolution, l’Archipel des Galapagos possède un écosystème unique au monde, lequel se verrait sérieusement menacé s’il se convertissait en « porte-avions » pour les militaires étasuniens, comme l’affirme le gouvernement équatorien.


 

L’ex-ministre du Milieu Ambiant et actuelle membre de l’Assemblée de la Révolution Citoyenne, Marcela Aguiñaga (dans le programme de Telesur EnClave Politica du 20-06-2019) alerte au sujet des risques d’affectation du milieu ambiant à San Cristobal, autant à cause de l’agrandissement de l’aéroport qu’à cause des opérations nocturnes prévues. Elle signale que chaque opération de cette nature requière une étude d’impact ambiantal, concernant le bruit, les ordures et déchets qui auraient un impact sur la population et les espèces qui habitent les îles, d’autant plus que l’aéroport est situé à proximité d’un centre de population et d’un lieu où vivent les loups marins, connu comme La Loberia.

Si San Cristobal est utilisé comme centre de ravitaillement d’avion, Aguiñaga se demande comment va être transféré le combustible à 1000 kilomètres de distance, en quelle quantité et quels sont les plans de contingence. Question qui se pose avec d’autant plus d’acuïté si on considère qu’il avait été décidé de réduire l’usage des combustibles fossiles dans les Îles. L’idée de zéro combustibles fossiles pour les Galapagos est née justement après une catastrophe écologique causée par le naufrage du Jessica en face du Port Baquerizo Moreno en 2001, lors duquel s’échappèrent quelques 240 000 galons de combustibles, générant un grave problème ambiantal qui affecta plusieurs espèces.(5)

La membre de l’Assemblée conclut que cette décision du gouvernement met en risque la réserve de la biosphère, la réserve marine d’une grande importance mondiale, et le droit des populations à vivre dans un milieu ambiant sain. Pour cela Aguiñaga annonce que l’Assemblée a demandé que comparaissent les Ministres de la Défense et du Milieu Ambiant afin d’informer du contenu des accords et des impacts et plans de contingence prévus.

Combat contre le narcotrafic

 Un des arguments invoqué pour l’installation du porte-avions étasunien au Galapagos est qu’il servira pour combattre la menace des maffias du narcotrafic et du crime organisé, qui utilisent les routes de l’Océan Pacifique pour transporter la drogue dans des bateaux rapides et sophistiquées ainsi que dans des avionnettes. Le général retraité Carlos Moncayo argumente qu’il « est nécessaire d’établir une coopération avec une autre nation, comme les USA, qui disposent de la capacité opérationnelle pour affronter le crime organisé et le narcotrafic », ajoutant que l’amélioration de l’aéroport est un bénéfice pour les opérations militaires propres à l’Équateur et non pas étasuniennes. (6)

A ce sujet on peut exprimer les considérations suivantes  :

Premièrement. Il faut commencer par préciser l’approche qui doit guider la lutte anti-drogues, indubitablement un fléau qui cause chaque année des milliers de morts et de graves problèmes pour les personnes qui les consomment. Les USA ont une vision répressive, focalisée sur la question de l’offre et transfèrent la lutte en dehors de leurs frontières, avec toutes les conséquence que cela entraîne. Une autre approche considère que le problème des drogues est, avant tout, un problème de santé publique et d’éducation. En 2016 les USA comptaient 27 millions d’addicts, quelques-uns d’entre eux disposant d’un haut pouvoir d’achat, prêts à payer n’importe quel prix pour acquérir la drogue. Tant que ne se réduira pas la demande, il sera difficile de faire diminuer l’offre. L’Assemblée Générale des Nations Unies qui a abordé le thème de la drogue en 2016 et formulé des recommandations pour réduire l’offre et la demande, signale qu’il est nécessaire de prendre des mesures autant dans les pays qui produisent la drogue que dans les pays consommateurs. (7)

 Deuxièmement.. La lutte contre la drogue a été utilisée par les USA comme prétexte pour renforcer leur position de contrôle et de domination géostratégique du continent. Après la chute du mur de Berlin (1989) et l’implosion de l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes (1991), sous la tutelle de la puissance du Nord, se redéfinirent les agendas des Forces Armées de la région. La « lutte contre le péril communiste » qui en grande partie fut la raison d’être des Forces Armées Latino-Américaines fut remplacée. Premièrement par la « lutte contre la drogue » et ensuite, après l’attentat des Tours Jumelles (11septembre 2001), par la « lutte contre le terrorisme ». Le combat contre les drogues interdites se convertit en problème de sécurité nationale et impliqua de manière croissante les Forces Armées. Le résultat de ces interventions dans plusieurs pays, comme le Mexique ou la Colombie, sont désastreux, comme en témoigne les chiffres des assassinat, déplacés, disparus, torturés.

Troisièmement Dans la complexe lutte contre la drogue, quelques analystes affirment qu’il faut mettre en œuvre une stratégie intégrale, qui consiste entre autres points, à s’attaquer au contrôle des précurseurs utilisés pour raffiner le cocaïne et autres drogues illicites, dont beaucoup sont fabriqués par les pays développés ; au contrôle du blanchiment de l’argent produit par le trafic et la vente de drogues interdites qui dans sa majorité aboutit dans des paradis fiscaux et les banques des pays riches ; affronter le problème comme un thème de santé publique et d’éducation ; ne pas écarter la possibilité de la légalisation de certaines drogues interdites pour que l’état et la société disposent d’une meilleure faculté de contrôle et d’intervention dans ce domaine ; prendre en main la substitution des cultures de coca avec l’aide de l’état , combattant la pauvreté, offrant des services et la participation aux paysans.

Foto: ETG

Foto: ETG

 A quoi servent les bases ?

Le rôle des bases militaires des USA tant en Amérique Latine que dans le reste du monde dans le cadre de « la guerre contre les drogues » doit être débattu parce qu’il suscite biens des doutes. En Colombie, par exemple, les 7 bases militaires que les USA ont installées dans le pays et les centaines de millions de dollars investis depuis les débuts du Plan Colombie en 2000 n’ont assurément pas servis à diminuer ni la production, ni le trafic de la cocaïne et des autres drogues interdites. L’ONU nous a appris dans le Rapport Mondial sur les Drogues que la production mondiale de cocaïne en 2017 a atteint 1.976 tonnes, soit une augmentations de 25 % par rapport à 2016. Dans ce contexte, la Colombie, avec plus de 200.000 hectares semés de cocas, produit 70 % de la production mondiale de cocaïne d’une grande pureté.(8) On pourrait dire la même chose d’Afghanistan où la production et le trafic de l’héroïne ont augmenté depuis que les USA et les pays de l’OTAN l’ont envahi en 2001, après l’écroulement des Tours Jumelles à New York.(9)

Les bases peuvent s’appeler FOL ou porte-avions, ce qu’il faut analyser, c’est le rôle qu’elles jouent et leurs objectifs. La chercheuse mexicaine Ana Esther Ceceña, affirme que les USA ont deux objectifs généraux : garantir le maintien du capitalisme et la prééminence des USA ; se garantir la disponibilité de toutes les richesses du monde comme base matérielle du fonctionnement du système, assurant le maintient de leurs hiérarchies et dynamiques de pouvoir... » (10)


 

 Après le remplacement ou l’affaiblissement des gouvernements progressistes et parallèlement au démantèlement des organismes régionaux comme l’Union Sud-Américaine des Nations (UNASUR), le gouvernement de Donald Trump a repris l’initiative et a établi des accords militaires avec les gouvernements de droite du Brésil, d’Argentine, d’Équateur et du Guatemala qui lui ont permis de déployer une nouvelle présence militaire, qui se joint aux contingents qui sont déjà présents au Honduras, à Panama, Cuba (Guantanamo), Curaçao, au Pérou, au Paraguay et en Colombie.

Parmi les « dangers » et « menace» pour son pays, le Commandement Sud mentionne Cuba, le Venezuela, la Colombie, le narcotrafic, les réseaux illicites régionaux et transnationaux, une plus grande présence de la Chine, de la Russie et de l’Iran en Amérique Latine et Caraïbe et parle d’aide à déployer face à des désastres. D’après le journaliste cubain, Raúl Capote Fernández, « l’objectif de l’empire est d’augmenter la présence militaire dans la région afin d’assurer ses intérêts hégémoniques dans l’hémisphère, de consolider un front contre le Venezuela et de perpétuer sa domination sur les immenses ressources de l’Amérique Latine et Caraïbe ».(11)


 

 

L'archipel des Galapagos, un patrimoine naturel de l'humanité

L'archipel des Galapagos, un patrimoine naturel de l'humanité

 Les USA ont toujours eu un œil sur les Galapagos

La prétention des USA de s’emparer des Îles Galapagos à des fins militaires et stratégiques n’est pas nouvelle. Depuis qu’elles ont été intégrées à l’Équateur, en 1832, tant les USA que les autres puissances coloniales, comme la France et le Royaume Uni ont tenté de s’emparer des Îles sous divers prétextes et motifs, comptant pour cela avec la collaboration de plusieurs gouvernements équatoriens.

Le président Juan José Flores proposa au Royaume Unis de les leur vendre pour apurer la dette contractée pendant la lutte pour l’indépendance ; plus tard le président conservateur Gabriel Garcia Moreno en 1861 les proposa à la France qui mettrait les Galapagos et la région amazonienne de l’Équateur sous protectorat. Heureusement ces initiatives n’aboutirent pas.

En 1883 le sénat des USA déclara les Galapagos « terre de personne » et proclama qu’il existait de sérieux doutes concernant la souveraineté équatorienne sur les Îles.(12) La résolution fut prise après que les USA aient envoyé en Amérique du Sud le Commissaire George Earl Church avec plusieurs missions, et parmi elles celle de démontrer que les Galapagos n’appartiennent pas à l’Équateur. Face à cela, le gouvernement équatorien, par l’intermédiaire du Ministre des Affaires étrangères Antonio Flores Jijón présenta une protestation officielle, mais les prétentions des USA de s’emparer de l’archipel ne cessèrent pas.

En 1910, pendant le gouvernement de Eloy Alfaro, les USA offrirent à l’Équateur 15 millions de dollars pour 99 ans de séjour dans les Îles. Alfaro soumit la proposition qui était attractive pour le développement du pays au débat national, et finalement, elle fut écartée.

Après la construction du Canal de Panama qui permit d’unir les océans Pacifique et Atlantique, œuvre initiée par la France au 19ème siècle et conclue par les USA au début du 20ème siècle, les Îles devinrent d’un grand intérêt stratégique pour la surveillance, le contrôle et la défense du nouveau canal.

Pendant la première guerre mondiale (1914-1918), les USA déployèrent un grand contingent militaire dans la mer Caraïbe pour défendre le canal de Panama mais ils devaient consolider leurs défenses dans l’Océan Pacifique, d’autant plus quand les navires allemands et japonais se mirent à rôder du côté des Galapagos. A cette fin, ils exercèrent de fortes pression sur le gouvernement de Léonidas Plaza Gutiérrez pour obtenir la vente ou la location des Îles Galapagos, parmi « leurs offres alléchantes, ils offrirent de solutionner les problèmes de l’instable Trésor National » (13).

L’équatorien Octavio Latorre, un des plus renommé des chercheurs de l’archipel, prétend que les USA « on tout préparé dès 1920 pour une occupation des Îles, sur base du fait accompli et la politique de Bon Voisin, en réalité la Loi du Plus Fort » (14). On peut ajouter que les USA ont agit sous le principe de la doctrine de Monroe synthétisé par la phrase « l’Amérique pour les (nord) Américains » énoncé dans le cadre de la lutte pour avec les anciennes puissances coloniales européennes.

Après que le dictateur équatorien Federico Páez ait géré en 1935 l’échec d’un emprunt aux USA, le président Roosevelt suggéra la possibilité de convertir les Îles Galapagos « en un parc national pour protéger sa faune et sa flore, dont la propriété reviendrait à tous les pays membres de l’Union Panaméricaine, parmi eux, les USA » (15). Le but était d’empêcher l’usage militaire de l’Archipel par « un quelconque pays ennemi ».

 Prenant comme prétexte la seconde guerre mondiale, les USA occupèrent militairement les Îles Galapagos, construisant une grande base sur l’île Baltra (aussi appelée Seymour Sud) et eurent une présence sur les îles Isabela, Española, entre autres. Ils établirent également une base sur la péninsule de Salinas, territoire continental équatorien.

Le 12 décembre 1941, 36 marines étasuniens débarquèrent aux Îles Galapagos afin d’y construire un dépôt de combustible, sans qu’il existe aucun accord formel avec l’Équateur. (16) Cela se produit 5 jours après l’attaque japonaise de la base hawaïenne des USA à Pearl Harbor qui fut l’événement qui motiva la déclaration de guerre faite par les USA au Japon.

Des mois plus tard (le 13 septembre 1941) le gouvernement équatorien présidé par Carlos Alberto Arroyo del Rio (17), par l’intermédiaire de l’ambassadeur à Washington, Colón Eloy Alfaro avait signé un document secret par lequel l’Équateur permettait que l’aviation militaire et navale des USA effectue des vols depuis leurs bases en Amérique Centrale jusqu’aux Îles Galapagos.

C’est seulement après l’occupation de fait des Galapagos par les USA que furent signés les accords entre la puissance du Nord et l’Équateur pour permettre la construction de bases étrangères à Salinas et aux Galapagos.

Le 24 janvier 1942, les représentants des Forces Armées des USA et l’Équateur souscrivirent un accord de coopération par lequel il était permis au « général commandant la Défense des Caraïbes d’occuper les terrains de la paroisse de Salinas et d’y construire des installations militaires » et il pourrait « également installer des bouées dans les eaux territoriales de la même juridiction, et utiliser les eaux pour l’amerrissage d’avions ou l’ancrage de navires » (18)


 

Le 2 février 1942 un autre accord est signé entre l’ambassadeur Colón Eloy Alfaro et le secrétaire d’État des USA Cordek Hull par lequel les gouvernements d’Équateur et des USA conviennent d’établir des « opérations à caractère de défense continentale en eaux et territoire de l’autre. » « Se servant de cette autorisation, mais sans avoir un statut précis et concret à ce sujet, ni une référence directe aux Îles, ni même une notification, les USA avaient occupé avec une base militaire l’île Seymour Sud (ou Baltra), et installé des stations de surveillance en d’autres lieux de l’Archipel » affirme l’écrivain Alfredo Luna Tobar. (19)

Le gouvernement de Arroyo del Rio céda les Galapagos aux USA « en accomplissement et conformité avec les pactes multilatéraux en vigueur, coopérant avec efficacité à la défense continentale, et donnant une preuve effective de solidarité américaine », selon ses propres paroles. Il le fit de manière gratuite « pour qu’il soit démontré que nous agissons sous l’impulsion d’un idéal et non avec le but mercantiliste de faire commerce avec le territoire national » et de manière temporaire « autrement dit, tant que dure le conflit belliqueux mondial et uniquement pour cette durée, les bases devront être restituées à la fin de cette conflagration, sans affecter notre souveraineté. » (20)

La guerre mondiale s’acheva en 1945 mais les militaires étasuniens restèrent aux Galapagos jusqu’en 1948. Le 1er juillet 1946 eu lieu un acte officiel de restitution des Îles aux autorités équatoriennes, cependant les militaires des USA y séjournèrent de fait jusqu’en décembre 1948.

Les USA non seulement n’ont pas payé le moindre dollar pour occuper les Îles Galapagos, en plus quand ils se sont retirés, ils se défirent ou détruirent « des tonnes d’objets en tous genres et qualités » invoquant une clause secrète qui disait « à restituer telle que vous l’avez reçue ». Au lieu d’offrir l’infrastructure et la machinerie à l’Équateur, un pays qui leur avait facilité l’accès aux îles sans condition, les avions étasuniens larguèrent des falaises des îles ou dans la mer une grande quantité de matériel de la base en bon état comme les équipements hospitaliers, radios, pièces de rechanges d’avions et d’automotrices, vaisselle, etc. (22) Ils firent quelque chose d’équivalent à la base de Salinas, dont ils avaient délogés plus d’une centaine d’habitants auxquels ils donnèrent des indemnisations dérisoires. (23)

Mais ce qui oui resta sur l’île ce furent les passifs ambiantaux. On n’a pas connaissance d’une étude d’impact sur le milieu ambiant que laissa le passage des militaires des USA par les Galapagos, mais il est facile de déduire que la construction de la piste aérienne de Baltra, le bruit constant et les atterrissages d’avion tuant les iguanes, la production quotidienne d’ordures et de déchets de plus de 10 000 effectifs qui y ont transité pendant cette période, ont affecté la flore et la faune des Îles.


 

 Pour finir

Les annonces des autorités équatoriennes relatives à la présence militaire étrangère dans l’Archipel des Galapagos essayent de minimiser les impacts que cela aura et de tranquilliser les citoyens, mais il y a des inquiétudes concernant la parole officielle surtout à cause des contradictions et du secrétisme qu’il y a autour de tout ce qui concerne ce sujet comme cela s’était déjà produit durant l’occupation des Îles Galapagos pendant la seconde guerre mondiale et lors de l’installation de la base de Manta en 1999. Face à cela il est légitime de poser quelques questions. Quel est le contenu et la portée des accords de coopération avec les USA ? Combien de temps durera l’occupation non seulement de l’aéroport des Galapagos mais aussi de Guayaquil et Manta ? Quel est le statut légal du personnel militaire des USA ? (24)

Il incombe à l’Assemblée Nationale de prendre connaissance et approuver cette sorte d’accords internationaux. Quelques membres de l’Assemblé ont montré leur préoccupation quant à la présence militaire des USA dans les Îles Galapagos, mais il existe de sérieux doutes concernant ce qu’il est possible de faire avec l’Alliance de la droite qui dirige actuellement l’Assemblée Nationale, présidée par le moréniste César Litardo.

La balle est à nouveau sur le terrain du champ populaire, dont la première tâche sera d’exiger que soit donnés à connaître tous les accords signés par le gouvernement de Lenin Moreno avec les USA, et en second lieu il faudra déployer de nouvelles luttes, comme celles menées dans la première décennie de ce siècle qui ont permis d’expulser les militaires étasuniens de la base de Manta et d’Équateur. Cette fois la lutte est pour la défense des Îles Galapagos en tant que Patrimoine de l’Humanité et pour la souveraineté nationale, et pour un but de plus large portée celui de préserver l’Amérique Latine comme territoire de paix, tel que l’a déterminé la Communauté des États Latino-Américains et Caraïbes (CELAC).

Notes

1 El Comercio, Naves de EE.UU. ocuparán pista de aeropuerto de Galápagos una vez al mes, 9-06-2010, https://www.elcomercio.com/actualidad/naves-eeuu-pista-galapagos-control.html  (consulté le 02/07/2019)

 

2 La Hora, En FFAA y Policía: Cambios sorpresivos, 18-06-2003, https://lahora.com.ec/noticia/1000170756/el-jefe-del-comando-conjunto-de-las-ffaa-general-oswaldo-jarrc3adn-fue-reemplazado-ayer-por-octavio-romero-quien-era-comandante-general-del-ejc3a9rcito , (consulté le 02/07/2019)

 

3 El Universo, Jarrín habla de fuerza de paz para Ecuador, 22-02-2006 , https://www.eluniverso.com/2006/02/22/0001/12/9AC883B6E98F4936B034F32ED8145096.html?p (consulté le 29-06-2019)

 

4 Mayor Chris Mitchell, Porte Parole du Pentagone, cité par Gisell Tobías, Voz de América, Washington.

 

5 El Telégrafo, Un buque encalló en Galápagos sin que haya derrame de contaminantes, 28-01-2015, https://www.eltelegrafo.com.ec/noticias/informacion/1/coe-de-galapagos-se-instala-tras-encallamiento-de-buque (Consulté le 29-06-2019)

 

6 Entrevue avec le général (r) Carlos Moncayo, Radio Pichincha Universal, 25-06-2019, Quito, https://www.pichinchauniversal.com.ec/portaviones-en-galapagos-no-implican-entrega-de-soberania-segun-general-en-servicio-pasivo/ (consulté le 29-06-2019)

 

7 Nations Unies"Declaración Política y Plan de Acción sobre Cooperación Internacional hacia una Estrategia Integral y Equilibrada para contrarrestar el Problema Mundial de las Drogas", www.unodc.org

 

8  Revista Semana, Producción de cocaína crece en el mundo y Colombia aporta el 70%, 26-06-2019, 
https://www.semana.com/amp/produccion-de-coca-crece-en-el-mundo-y-colombia-aporta-el-70/621010?fbclid=iwar1ksnh8qmdjeb7bt97m2wbiltuybjkwwvbh_djrpu7rggjkpm0lc_o-xvm&__twitter_impression=true , Bogota, (consulté le 2/7/2019)

 

9 Vicky Peláez, El opio, ¿el pretexto real de la guerra en Afganistán?, 28-06-2017,

https://mundo.sputniknews.com/firmas/201706281070344882-asia-kabul-confrontacion-washington/ , consulté le 2/7/2019

 

10 James Patrick Jordan, Resistiendo las bases militares y las estrategias del Pentágono en Latinoamérica, 29/01/2018 https://www.alainet.org/es/articulo/190678 , (consulté le 2/7/2019).

 

11 Raúl Capote Fernández, Bases militares de EE.UU. en América Latina y el Caribe. El Plan Suramérica, 9 de agosto de 2018,

http://www.granma.cu/mundo/2018-08-09/bases-militares-de-eeuu-en-america-latina-y-el-caribe-el-plan-suramerica-09-08-2018-17-08-04, (consulté le 02/07/2019 )

 

12 Hugo Hidrovo, Baltra-Base Beta, Ministère de la Culture d’Équateur, Quito, 2008, p.31

 

13 Ibid, p.58

 

14 Octavio Latorre, Historia humana de Galápagos, Artes Gráficas Señal, Quito, 2011, pp. 182-183

 

15 Jorge W. Villacrés Moscoso, Las ambiciones internacionales por las Islas Galápagos, Maison de la Culture équatorienne, Guayaquil, 1985, p. 97

 

16 Alfredo Luna Tobar, Historia Política Internacional de las Islas Galápagos, Ediciones Abya Yala, AFESE, Quito, 1997, p. 269)

 

17 En Équateur on a pas accordé à l’occupation militaire des Galapagos l’importance qu’elle méritait, parce que l’attention était focalisée sur l’invasion militaire par le Pérou de l’Équateur qui a commencé le 5 juillet 1941 et se termina en janvier 1942 avec la signature du Protocole de Rio de Janeiro par lequel l’Équateur perdit 200 000 kilomètres carrés de son territoire. Dans le contexte de la seconde guerre mondiale, ce traité fut imposé à l’Équateur par la force. Un des pays garant du même fut les USA. Le gouvernement pro-étasunien et répressif de Arroyo del Rio qui signa ce document fut renversé par une insurrection populaire le 28 mai 1944.

18 Équipe de Haut Niveau d’Analyses, Enquêtes et Publications, Ministère de Relations Extérieures y Mobilité Humaine,  Bases Militares Norteamericanas en el Mundo, Capítulo Especial Ecuador, Quito, 2016, pp. 82-83

 

19 Op. Cit., Alfredo Luna Tobar, pp.274-275

 

20 Op. Cit. Hugo Idrovo, p. 128

 

21 Ibid.  p102

 

22 Ibid. p. 102

 

23 Op. Cit., Equipo de Alto Nivel…, p. 115

 

24 L’Accord sur la base de Manta publié le 25 novembre 1999 concède l’immunité diplomatique au « personnel étasunien  et personnel dépendant en Équateur » et détermine que « dans l’éventualité où les autorités équatoriennes détiendraient un membre du personnel étasunien ou du personnel dépendant, elles devraient le notifier aux autorités des USA afin de coordonner une rapide remise entre leurs mains [du détenu]. Sur base de ces articles, l’assassinat de Pablo Vincente Jamarillo commis à Quito supposément par Peter Kamilowicz, membre de la sécurité de l’ambassade des USA et celui de Victor Manuel Mieles, commerçant de Portoviejo dont l’auteur présumé est Damon Pyler, fonctionnaire de la base de Manta restèrent impunis. Ce passera-t-il la même chose aux Galapagos ? Voir : Coalition No Bases Ecuador, Base de Manta, ojos y oídos del Plan Colombia, Quito, 2007, pp. 19-44-45.


 

Source Alai

Traduction Anne Wolff

 

Note de traduction : j’ai choisi de traduire dans ce contexte « medio ambiante » par milieu ambiant plutôt que par environnement, en effet ces deux concepts supposent différentes manières d’être au monde, deux ontologies différentes. L’environnement comme cet extérieur qui nous entoure répond à une conception occidentale, le milieu ambiant dont on est partie suppose une autre manière de voir et percevoir le monde, comme celle développée en Amérique Latine depuis les cosmo-visions des Peuples Originaires.

 

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 10:06

Nous l’avons tous appris, nous sommes passé hier à 10 minutes d’un conflit qui pouvait mettre le feu au poudres d’une guerre mondiale ou du moins d’une guerre régionale qui aurait eu des conséquences désastreuses pour le monde entier. Cette guerre, ne vous y trompez pas, Trump n’en veut pas, mais il est entouré de fous belliqueux, ses conseillers et le pire d’entre eux est certainement Bolton.

J’ai du me taper sur les doigts l’autre jour quand m’est venue cette pensée au sujet de Bolton « Pôôôvre type. », c’est vrai c’est un grand malade pris dans le carcan de sa rigidité, mais ce fanatique religieux est un danger pour la planète, pour la vie, pour l’humanité. Son idéologie l’amène à croire en une guerre de jugement dernier, une guerre dans laquelle immanquablement les Bons triompheront des Méchants, et lui-même est intimement persuadé qu’il fait par nature partie des élus et que donc il sera sauvé. Pour lui la grande déflagration mondiale est l’eschatologie de l’histoire, le jugement dernier, et il fait partie de ceux choisi par Dieu pour mettre le feu aux poudres.

Trump par contre, et il l’a prouvé hier n’est ni un va-t-en guerre, ni un fou sanguinaire, et il l’a prouvé hier, j’ai tendance à le croire quand contrairement à l’avis de ces belliqueux conseillers, il a en dernières minutes, annulé l’attaque contre l’Iran, parce que 150 victimes collatérales ne se justifiait pas à ses yeux.

Une rectification, une partie du texte qui suit est déjà obsolète, puisque Trump a sollicité une audience du Mandarin Xi lors du prochain G20. Et il a renvoyé à ses pénates, Shanahan, le secrétaire de la Défense qui lui conseillait d’dopter une attitude belliqueuse envers la Chine. Les choses bougent très vite, des détails apparemment insignifiants sont susceptibles de faire sens en peu de temps, déplaçant les équilibre fragile d’une géopolitique en transition.

Pour comprendre les événements qui se précipitent ces dernières semaines, ces derniers jours, il est indispensable de comprendre qui est Bolton et où il veut en venir.

Bolton, éminence grise et âme damnée de Trump

Bolton, éminence grise et âme damnée de Trump

La Guerre de Bolton

par Rafael Poch de Feliu*

 

 

Le fou belliqueux qui dirige le Conseil de Sécurité Nationale à Washington a toujours bataillé pour faire échouer tous les accords importants de notre monde nucléarisé.

 

Se souviennent-ils de Sheldon Adelson ? Le multimillionnaire des casinos et parrain de Netanyahu voulait ouvrir en 2012 un « Eurovegas » à Barcelone. Après l’explosion de la bulle immobilière, Artur Mas l’y a rencontré dans une tentative d’étayer l’économie politique convergente postérieure au 3 % et avec celle qu’on nommait « l’axe Massachusetts-Barcelona-Tel Aviv ». Ce génial coup reste pour l’histoire pathétique du « procès », mais ce dont il s’agit aujourd’hui est quelque chose sérieux : des « Hauteurs de Trump  ».

L’« Informed Comment » de Juan Cole dit qu’Adelson, cinquième fortune des États-Unis, fut celui qui fait pression sur Donald Trump pour nommer à un poste élevé le criminel dément John Bolton. Il s’agit de pousser les États-Unis vers une guerre avec l’Iran qui couvre le flanc oriental de l’expansion israélienne proclamée par Netanyahu : annexer la Cisjordanie. « L’Iran est l’unique pays qui continue de s’opposer activement à la purification ethnique lente des territoires palestiniens occupés, et Adelson et sa créature Netanyahu cherchaient un grand maton pour briser les jambes de Iran », dit-il le portail de Cole. Ce maton est Trump, et Netanyahu l’a déjà honoré ces jours si en baptisant de « Ramat Trump » (Hauteurs de Trump) l’une de 33 colonies juives du plateau du Golan arraché à la Syrie en 1967, officiellement annexés par Israël en 1981 et que Trump a reconnus comme Israéliens, contre tout droit international, le 25 mai dernier.

Dire que Bolton est un criminel dément n’est pas un caprice rhétorique. L’homme que le millionnaire Adelson a placé à la tête du Conseil de Sécurité Nationale, est un fou belliqueux acharné à pulvériser tous les accords de notre monde nucléaire. Il a commencé avec l’accord antimissile balistique (ABM, en anglais) signé en 1972 entre Nixon et Brezhnev. Il a bataillé avec succès contre l’accord passé entre Clinton et les Nord-Coréens, et fut le pilier du retrait des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran de 2015 signé par Obama. Il s’est dernièrement féliciter de dynamiter l’accord sur des forces nucléaires intermédiaires (tactiques) INF signé entre Reagan et Gorbachov, ce qui augmente le risque d’une guerre nucléaire en Europe, et aidé par son collègue Mike Pompeo il vise clairement l’accord sur les armes nucléaires stratégiques (START) qui devrait être renouvelé par la Russie en 2021. Bolton est le type qui a proclamé en avril, de passage par la Floride, « pour que tous l’entendent », que « la doctrine Monroe est en vie et en forme ». En corrigeant ainsi l’affirmation de 2013 du président Obama devant l’Organisation d’États Américains (OEA) que « l’ère de la doctrine Monroe est finie ». Eh bien, ce personnage, avec Pompeo, est celui qui pilote ce que le site israélien Maariv Online annonce comme « un assaut tactique » contre l’Iran c’est-à-dire une guerre.

Cet assaut a déjà eu sa rupture diplomatique avec le retrait unilatéral de l’accord nucléaire de 2015 qui était bien remis sur des rails, selon l’ONU et tous les autres signataires, et lance ces jours ci les prétextes habituels de guerre sous forme de sabotages dans des ports du Golfe Persique (le 14 mai) et d’attaques étrangères de pétroliers comme celle du 13 juin, qui ont coïncidé avec la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe à Téhéran, de la même façon que l’ attentat chimique de la Syrie a coïncidé avec l’arrivée à Damas d’une délégation de l’ONU pour superviser la destruction de l’arsenal chimique de Bashar el-Assad. Tout avec un grand parfum de style incident du Golfe de Tonkín.

Selon Nathalie Tocci, la conseillère en chef de la dévalorisée représentante de l’Union Européenne pour les Questions Internationales et la Politique de Sécurité, Federica Mogherini, le pilotage de Bolton avec l’extrême pression exercée sur l’Iran indique que Trump ne contrôle pas la situation. « Peut-être il devrait changer son conseiller de sécurité nationale » qui le pousse vers un insensé changement de régime en Iran qui s’ajoute aux catastrophes de l’interminable guerre commencée par Washington après 11-S et qui en 18 ans a produit plusieurs millions de morts, de réfugiés et une infinité de problèmes.

Que les militaires combattent les présidents des États-Unis est quelque chose que nous avons déjà vu en Syrie, quand ils ont bombardé des installations russes pour faire éclater des accords de coopération militaire obtenus par John Kerry avec Moscou, comme a expliqué le Secrétaire de l’État lui-même après avoir abandonné son poste. Si cela est arrivé avec Obama, pourquoi pas avec Trump ?

La plainte de Bolton selon laquelle l’Iran a augmenté sa pression militaire en Irak et en Syrie, a été démentie par le chef de l’armée britannique en Irak, Chris Ghika : « il n’y a pas eu d’augmentation dans la menace provenant des forces soutenus par l’Iran en Syrie et en Irak », a-t-il dit au désespoir des Etasuniens. Parallèlement, 76 généraux et ambassadeurs à la retraite ont publié une lettre pour Trump dans laquelle est dit que, « la guerre avec l’Iran qu’elle soit voulue ou par erreur de calcul, aura des répercussions dramatiques sur le Moyen-Orient déjà déstabilisé et entraînera les États-Unis dans un autre conflit armé à un prix financier, humain et géopolitique immense  ».

Quoi qu’il en soit, la volonté des faucons de la Maison Blanche pour changer le régime en Iran, n’est pas une ligne du goût de nombreux dirigeants militaires des États-Unis qui, comme les généraux et les ambassadeurs à la retraite, prédisent davantage de chaos comme résultat. leur argument consiste est que les vrais adversaires ne sont pas des pays comme l’Iran, dont la capacité militaire est moindre, mais en revanche la Russie et la Chine, sont les pays qui ont profité du chaos de ces 18 années pour moderniser leur forces, en vue « d’éroder de façon significative l’avantage US sur la technologie moderne », dans les mots du Ministre de la Défense de l’époque, Jim Mattis, de réorienter l’effort vers la compétition entre de grandes puissances au lieu de se concentrer sur le dit « terrorisme ».

Selon l’analyste Michael T. Klare, il y a actuellement aux États-Unis deux projets de guerre, celui de Bolton et celui de la Marine des Etats-Unis et les 750 000 millions de dollars du budget prévu pour l’année prochaine sont engagés sur le deuxième projet. Le Pentagone penche plutôt vers la doctrine énoncée en mars par l’actuel Secrétaire de la Défense intérimaire Patrick Shanahan. « Dissuader ou battre l’agression d’une grande puissance est un défi fondamentalement différent que des conflits régionaux impliquant les états dévoyés et les organisations extrémistes violentes que nous avons affrontées dans les 25 dernières années », dit Shanahan. De tout cela, Klare, déduit qu’il y aura de fortes réticences du Pentagone à la « Guerre de Bolton », pour considérer qu’il distrait l’effort de la scène principale : un bras de fer dans la Mer de Chine Méridionale, où les tensions revêtent déjà un caractère hebdomadaire, le projet de la Marine.

L’objectif militaire chinois est de convaincre les militaires US que dans un conflit régional et limité sur zone, les forces aéronavales des États-Unis sortiraient perdantes et que c’est pourquoi il est préférable de ne pas essayer. Celui des étasuniens est de détruire la capacité chinoise dans les systèmes d’armes connus comme A2 / AD (Anti Access/Area Denial), la version moderne d’une muraille de chine de missiles et des moyens électroniques et spatiaux pour aveugler l’adversaire, pour couler ses bateaux, pour abattre ses avions et pour empêcher son agression.

Peut-être est-ce cette division d’opinions et de projets à l’intérieur de l’establishment de la malheureuse guerre éternelle des États-Unis, l’unique donnée positive de cette heure dramatique quand les tambours de guerre redoublent autour de l’Iran.

Rafael Poch de Feliu* pour son blog personnel Rafael Poch de Feliu

Rafael Poch de Feliu. Catalunya, le 19 juin 2019

 

* Rafael Poch-de-Feliu (Barcelone, 1956) a été durant plus de vingt ans correspondant de « La Vanguardia » à Moscou à Pékin et à Paris. Avant il a étudié l’Histoire contemporaine à Barcelone et à Berlin-Ouest, il a été correspondant en Espagne du « Die Tageszeitung », rédacteur de l’agence allemande de presse « DPA » à Hambourg et correspondant itinérant en Europe de l’Est (1983 à 1987). Blog personnel. Auteur de : « La Gran Transición. Rusia 1985-2002 » ; « La quinta Alemania. Un modelo hacia el fracaso europeo » y de « Entender la Rusia de Putin. De la humiliación al restablecimiento ».

 

Source :

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris, le 20 juin 2019

 

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 18:34

 

 

 

Poupée radioactive. Tchernobyl. Allégorie atomique

Poupée radioactive. Tchernobyl. Allégorie atomique

 

 

Les gros mensonges sont la règle dans la communication politique, volonté concertée de désinformation ou irresponsabilité de ceux qui se font les échos indéfinis de ces mensonges sans confronter les faits avec la réalité.

Atomisation est très certainement actuellement un maître mot. Il concerne tant l’exhibition de potentiel militaire en particulier nucléaire de différentes puissances, que les divisions idéologiques à toutes échelles, sur toute la planète, entre puissances comme entre voisins.

Alors bien sûr, la plupart souhaitent que l’atomisation radioactive n’ait pas lieu, mais dans un tel climat de tension surarmée, un petit événement local, pourrait tout aussi bien faire détonner cette puissance de feu potentiellement capable de détruire la planète.

 


Au Venezuela, les luttes populaires pour la défense de droits fondamentaux se multiplient.

Lutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survieLutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survieLutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survie

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pendant que les militaires défilent... Future chair à canon ?pendant que les militaires défilent... Future chair à canon ?

pendant que les militaires défilent... Future chair à canon ?

Encore une fois le Venezuela peut servir de référence pour exemplifier le phénomène de la polarisation. Mais si je regarde les résultats des dernières élections européennes et pour la Belgique, parlementaires et régionales, nous constatons une multiplications des partis qui se présentent et certains sont toujours plus atypiques, plus difficiles à catégoriser dans les traditionnelles gauches et droites. Le 21ème siècle est bien celui des hybrides, jusqu’au plus improbables et de la confusion qui en résulte.

Au Venezuela il y a un peu plus de 20 partis dits d’opposition qui se divisent en trois grandes tendances, alors que de l’autre côté on en retrouve aussi une vingtaine qui soutiennent ou non Maduro. Alors que le pays est enjeu d'un partage entre empires.

Trump. Une histoire de fou ?

Trump. Une histoire de fou ?

Mais comme on le verra par la suite, alors que les grands empires s’affrontent dans un partage du monde, Marché et zones d’influence, les USA montrent un visage du pouvoir toujours plus grimaçant, toujours plus fissuré, alors que des contradictions se multiplient entre Trump et ses proches conseillers. Les USA lancent des processus de menaces et agressions dont ils ne contrôlent pas le déroulement et réagissent dans l'improvisation.

Quand à la Chine, sa paix social interne repose sur la capacité du  gouvernement-parti de poursuivre la croissance économique, assurant la neutralisation des masses par un progrès constant de leur niveau (pas synonyme de qualité) de vie. Pour cela elle a grand besoin de ressources d’autres territoires, tant de terres agricoles que de ressources naturelles comme le pétrole. Un des buts des accords signés en septembre dernier par Maduro et Xi était de faire passer en un an la production de pétrole destinée à la Chine (en grande partie en remboursement de la dette) de 300 000 à 1 million de barils quotidiens. C’est un aspect qui n’est pas souvent évoqué, mais la stabilité intérieure de la Chine dépend en partie du pétrole et autres ressources extérieures dont celles  du Venezuela représente une part importante. Alors que ce pays est sinon son principal, du moins avec les USA, un de ses principaux débiteurs, des prêts en garantie desquels sont mises en gage les ressources du pays. La Chine reste assez discrète en ce qui concerne sa position dans le conflit vénézuélien. Elle a fait savoir auparavant que le régime lui importait peu du moment que le pays remplissait ses obligations et garantissait la sécurité de ses intérêts. D’autre part, comme la Russie, elle fait ami-ami avec l’Arabie Saoudite, s’apprête à prendre place sur le Marché Libyen en concertation avec les USA, dispose de sources de pétrole africain, etc. plus on avance, plus on découvre la complexité du problème, plus on se rend compte que sinon la guerre nucléaire, du moins une instabilité cause probable de pénuries menace le monde dans son ensemble (pour les privilégiés qui ne sont pas encore soumis à l’austérité). Et de mon point de vue, le risque de manquer de pétrole est de loin bien moins grave que celui de manquer d’eau potable, et blablabla l'ONU et ses programmes qui se transforment en pieux souhaits ou même en enfer pavé de « bonnes » intentions.

Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.
Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.

Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.

Plus de 25 % de la planète est obligée de boire de l’eau insalubre, 60 % n’ont pas accès à un service de purification adéquat, et comme en matière d’éradication de la pauvreté, ONU et ONG associées, causent, cela produisent de somptueux rapports (que souvent personne ne lit) avec des prévisions rassurantes, alors que, en réalité, la situation ne cesse de s’aggraver. Mais 10 ans d'associatif au 21ème siècle m'ont appris que l'art de produire de beaux rapports pour récolter de substantiels subsides est bien plus important qu'obtenir des résultats concrets qui ne viennent jamais. Dans ce domaine, l'ONU ne fait pas exception.

En plus les crises du pétrole et du gaz qui résultent de l’affrontement de la transition géopolitique internationale pourraient amener des pénuries d’énergie en Europe qui sont une menace à prendre au sérieux.

Ajoutons le développement d’armes « micro-nucléaires » la nouvelle tendance de l’armement atomique, comme si les radiations pouvaient être géographiquement circonscrites. Sacré délire que tout cela, l’avenir devient toujours plus imprévisible, les ressources toujours plus limitées, et cela sera de pire en pire, si les parasites qui s’approprient la plus grande partie des ressources au détriment de l’immense majorité des habitants de la planète ne sont pas neutralisés, mis hors d’état de nuire. Mais cela ne suffit pas, l’heure est à l’écosophie, la recherche de sagesse dans nos manières d’habiter la planète, et c’est bien sûr une question d’équité et de coopération, d’intelligence collective à échelle mondiale, pour qu’enfin advienne l’humanité. Ce n’est pas gagné, mais puisque nul ne peut nous empêcher de rêver… et que les rêves sont des sources d’inspiration…

Je rêve au fil de l'onde

Je rêve au fil de l'onde

Et s’il est question d’inspiration, retour au Venezuela, qui a mis en échec jusqu’ici la nième tentative de coup d’état fomentée par les USA, un pays dont les habitants pourraient nous surprendre par leur capacité d’inventer des solutions inédites au double problème de la polarisation politique et de la multi-ingérence étrangère.

Une première tendance parmi la vingtaine de partis d'opposition reprend les partis qui soutiennent le dialogue avec le gouvernement de Maduro, ils sont près à envisager de nouvelles élections sous certaines conditions (légitimation de partis exclus par des subterfuges de l’actuel collège électoral, libération de prisonniers politiques, et révision complète du système électoral depuis ceux qui le dirigent, jusqu’aux machines en passant par le choix des observateurs nationaux et internationaux de ces nouveaux scrutins...). Ces partis semblent vouloir se diriger vers la formation de gouvernements de coalition qui intègrent les différents courants politiques du pays.

La seconde tendance, ce sont les purs et durs - ni dialogue ni élections, intervention (euphémiquement rebaptisée coopération) militaire des USA et alliés régionaux, c’est à cette tendance qu’appartenait Guaido à l’origine. Cette tendance à pignon sur rue à Miami, des contacts étroits avec le gouvernement US, et des moyens médiatiques qui lui permettent d’influencer « la communauté internationale ».

La troisième tendance serait favorable à des élections selon les modalités exigées par la première, mais ajoute une condition qui serait que Maduro ne puisse pas se présenter.

Comment qualifier l’autre côté (non opposition ?), difficile puisqu’on y retrouve les Maduristes, les chavistes qui ne reconnaissent pas Maduro, d’autres courants classiques de gauche comme des mouvements anarchistes qui ne soutiennent ni les premiers, ni les seconds, alors qu’une autre tendance est résolument communaliste, anticolonialiste et comme telle refuse d’intégrer à son programme politique les concepts occidentaux de gauche ou droite, de socialistes, capitalistes, etc. visant l’établissement de la souveraineté populaire qui se fonde dans la Commune, prenant pour modèle les communes indigènes.

Comme je l’ai déjà fait remarquer, on constate aussi des contradictions internes tant du chavisme de Chavez qui cherchait à concilier socialisme et commune, alors que la commune issue de la contingence se dénature quand elle doit se soumettre à la nécessité du socialisme sous prétexte que ce dernier serait une sorte d’eschatologie dans l’histoire de l’humanité, son devenir inéluctable et obligé.

Quand à Maduro, il complique encore l’histoire. Il a juré sur l’épée de Bolivar « Comuna o nada », il se prétend leader maximo du chavisme actuel, mais dit également qu’il adhère inconditionnellement au national-socialisme de Xi Jinping, dans tous ces concepts… Je ne vais pas développer ici, mais clairement Maduro met en place un système de crédit social à la chinoise qui favorise économiquement « les bons comportements » autrement dit la soumission totale à la ligne du Parti et des politiques de plus ou moins discrètes nettoyages sociaux, quand les forces de l’ordre tirent et tuent les gamins des quartiers pauvres et vérifient après si elles avaient vraiment de bonnes raisons de le faire. Aussi, 69 morts officiellement dans l’incendie d’une prison improvisée l’année passée à policarabobo, 29  lors d’une mutinerie en Aragua la semaine passée, ce sont ceux qui on fait le plus grand nombre de victimes, mais de tels événements dans lesquels meurent des prisonniers sont courant au Venezuela. Alors que des équipes du Parti sont chargées d’opérer un repérage des « ennemis historiques » dans chaque quartier, dans chaque rue, dans chaque foyer, comme sur les lieux de travail, ce qui aura des conséquences sur la possibilité d’accéder au bien-être en fonction du comportement conforme ou non de chacun. Par exemple...

 

Et pour compliquer le tout, de nouvelles plateformes se créent vers lesquelles convergent des courants de « reconstruction nationale » dont les membres, personnes ou parti sont issus des 2 côtés, ou ni-ni, ceux qui pensent que sortir le pays de la tragédie économique, il faut le faire sans ingérence et que toutes les bonnes volontés sont bienvenues pour mettre en pratique ce projet de reconstruction.


 

Guaido surf sur les vagues porteuses et caméléonne à qui mieux mieux.

Guaido surf sur les vagues porteuses et caméléonne à qui mieux mieux.

Quand à Guaido ses positions varient en fonctions des contingences, en ce qui concerne le dialogue gouvernement–opposition mené à Oslo, ses déclarations se contredisent, il n’y a pas participé, mais d’autre part il parle d’échec du en partie à la fermeté de ces représentants. A ses débuts il appelait ouvertement à l’intervention militaire étasunienne, mais devant l’échec de ses premières tentatives de provoquer un soulèvement civico-militaire, alors qu’il perdait toujours plus de crédibilité y compris auprès de ses maîtres US pas très chauds pour intervenir dans un pays qui n’aurait pas été livré auparavant au chaos d’une guerre civile, il a battu en retraite, il n’est pas question d’intervention US, mais si peut-être bien de coopération militaire, alors qu’est réactualisé un traité de soutien mutuel entre différents pays latino, qui lui permettrait d’appeler ses voisins pour chasser l’usurpateur, le dictateur Maduro.

Il y a deux jours il proclamait devant l'Assemblée Nationale que les pénuries menaçaient 7 millions de Vénézuéliens de mort, mais il continue à encourager les sanctions qui sont une cause principale de ces pénuries... comme il l'avait dit précédemment : "Pour nous les morts ne sont pas des coûts, ils sont  un investissement pour l'avenir"... le sien, celui de ses potes et les intérêts de ces maîtres étasuniens, bien sûr.  C'est un beau salaud derrière ses airs de Sainte Nitouche.

Parmi toutes ces tendances, celle qui me parle, c’est celle qui appelle au dialogue, non entre les partis ou les puissances concernée par l’enjeu Venezuela, mais bien entre voisins qui aimeraient bien habiter ce pays en paix, en travaillant ensemble au bien être de tous, on y retrouve aussi des notables de l’opposition ou d’ancien(ne)s ministres de Chavez et même de Maduro, mais aussi et surtout beaucoup de « petites gens » qui refusent de renoncer à cette promesse du Chavisme : que chacun puisse se considérer comme sujet politique, co-auteur et co-responsable du devenir du pays. Un sacré défi qui demande la participation de personnes sincères et honnêtes dans un pays où la corruption et autres prévarication, la violence en « bandes » organisées de toutes parts, gangrène l’ensemble du pays, dans toute l’étendue de son territoire, dans toutes les strates de la hiérarchie sociale toutes tendances confondues. Après, c’est difficile à rendre visible, mais l’observation quotidienne montre, malgré tout, une multiplication des appels et actions, une avancée en ce sens, une somme grandissante de petits faits de concorde anti-autoritaire, qui constituent les noyaux de nouveaux possibles .

 

Rien de plus semblable à un jeunes néonazi mexicain qu'un jeune néonazi malaisienRien de plus semblable à un jeunes néonazi mexicain qu'un jeune néonazi malaisien

Rien de plus semblable à un jeunes néonazi mexicain qu'un jeune néonazi malaisien

De jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocentDe jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocent
De jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocent

De jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocent

J'apprends de l'expérience de ce peuple qui a prouvé par le passé sa capacité d'auto-organisation, et pourrait bien le faire, encore, à l'avenir. En Belgique, toujours plus radicalement divisée entre des francophones majoritairement de gauche et/ou écologistes et insensible aux sirènes de l’extrême-droite (ou presque) et des flamands toujours plus acquis à l’extrême-droite, nous aussi nous nous posons la question : comment allons nous faire pour coexister. Et dans un pays où la majorité flamande domine les institutions fédérales : comment allons-nous faire pour défendre nos valeurs différentes, pris en sandwich entre la France des Le Pen et la Flandre du Vlaams Belang ? Quand même je m’en voudrais de passer sous silence tous ces flamands géniaux, ouverts, débordant d’humour, et à sensibilité de gauche qui restent nombreux et sont eux en première ligne. Des amis, des voisins le disent : ils ont peur.

Après on peut étendre la question à l’Europe (où le père du militant vénézuélien d'extrême-droite Leopoldo Lopez, naturalisé espagnol a été élu député européen sur les listes du PP… pour vous montrer encore une fois que toute cette mouvance forme une internationale) la montée de l’extrême-droite agite comme un spectre l’horizon de possibles guerres civiles, sur fond de tendance belliqueuse mondiale. Comment faire pour que cet horizon s’éloigne et que la conciliation ramène la concorde entre voisins. Autour de moi, j’ai constaté une réelle inquiétude au vu du résultat des élections.  La recherche de la CONCORDE est à l’ordre du jour, en Belgique comme au Venezuela.

 


 

Trump et son ombre. John (sur)veille Trump comme son maître Cheney le faisait avec le petit George W. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe
Trump et son ombre. John (sur)veille Trump comme son maître Cheney le faisait avec le petit George W. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe

Trump et son ombre. John (sur)veille Trump comme son maître Cheney le faisait avec le petit George W. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe

 

Si on va se balader du côté des USA, là aussi : rien n’est clair. Les déclarations se succèdent, se contredisent, entre différents porte-parole du pouvoir, dans le temps. Tant en ce qui concerne l’Iran que le Venezuela, les deux foyers de guerres potentielles du régime Trump, alors qu’aux USA, plus que n’importe où ailleurs, après quelques mois d’un premier mandat où le nouvel élu essaye plus ou moins bien de gouverner le pays, on voit très vite, chacune de ses décisions, de ses actions jaugées en termes de « porteuses ou non pour une future réélection »…

Grâce à un travail amusant (si tout cela n’était pas aussi dramatique) de Detras de la Razon nous avons droit non seulement à une édifiante galerie de portraits du très expressif Donald l’agité du caisson, mais aussi a une compilation de ses contradictions et celles qu’il entretient avec des proches comme Bolton, en ce qui concerne l’Iran.

Bolton (avant l’Ère Trump) :« La politique déclarée des USA devra être le renversement du régime des ayatollahs en Iran »

Trump : « Aujourd’hui, j’ai été obligé d’autoriser de nouvelles sanctions contre les industries du fer, de l’aluminium et du cuivre en Iran, parce que j’espère pouvoir à un moment, peut-être que cela n’arrivera pas, sans doute que non, pouvoir m’asseoir et élaboré un juste accord [nucléaire]. Nous ne voulons nuire à personne, nous voulons un accord juste. Simplement nous ne voulons pas qu’ils aient des armes nucléaires, c’est tout ce que nous désirons. »

Trump (version menaçante) : « Si l’Iran fait quelque chose [something], nous les recevrons avec une grande force. »

« Nous avons une grande quantité de nouveaux avions, de nouveaux bateaux et de nouvelles armes en tous genres, lesquelles nous sont nécessaires puisque plus forts nous serons, moins nous aurons à les utiliser » On l’espère mais rien ne le prouve.

Trump (version conciliante) : « L’Iran a l’opportunité de devenir un très grand pays avec les mêmes leaders. Nous ne voulons pas un changement de régime. Et nous espérons parvenir à un accord. Nous croyons que l’Iran a un immense potentiel économique»

Quant aux Iraniens, ce jeu de girouette des USA ne leur convient pas, négocier dans des conditions, c’est du poisson.Un gouvernement négocie un Traité que l’Iran respecte, mais au mépris de tout principe de droit, le gouvernement suivant annule ce traité de manière unilatérale. A quoi bon négocier dans ces conditions ? Et cela va bien plus loin, puisque les dirigeants de l’Iran ne se sentent plus tenus de respecter les conditions de non usage militaire du nucléaire.

Mais Bolton n’a pas renoncé à sa volonté de renversement du régime iranien. Dans un article publié par le Nex York Times en 2015, Bolton appelait à bombarder l’Iran. John Bolton avait déjà été à l’origine de l’invasion de l’Irak, un des auteurs de la farce des armes de destruction massive, et il semble qu’il veulent rejouer une partie similaire en Iran, en promouvant l’idée que l’Iran ne respecte pas le Traité, malgré l’avis contraire des experts de l’Agence de l’Energie Atomique. Et en fabriquant éventuellement des raisons d’entrer en guerre sous forme d’agression sous fausse bannière. La réponse de l’Iran, c’est de renforcer ses liens avec l’Irak, la Syrie, s’ouvrant au dialogue diplomatique avec les pays voisins.

Ces fous nous mettent tous en danger

Ces fous nous mettent tous en danger

Un point notable, c’est que Bolton est un fanatique religieux, qui croit à l’Armageddon, à la « fin du monde », à la grande bataille finale entre le bien et le mal. Bref, un haut degré d’irrationalité qui fait de John Bolton, dans la position qu’il occupe actuellement, un danger pour l’humanité. J’assume totalement cette prise de position personnelle : toute forme de fanatisme religieux est une preuve d’irrationalité et un obstacle à la concorde sans laquelle l’humanité ne peut advenir, mais risque bien plutôt de disparaître. Dans la montée de tensions à haut potentiel explosif qui se profile, les fanatismes risquent d’amener à une annihilation globale.

On peut aussi évoquer Pompéo, qui dans le rôle de diplomate que lui a confié récemment Donald T. a tout de l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Et qui comme Bolton, Mike Pence et quelques autres sont également partisans d’une action de force tant en Iran qu’au Venezuela. Est-ce que les USA ont les moyens de ce bellicisme - Iran ? Venezuela ? deux pays avec un haut potentiel de résistance -  et le risque de provoquer un affrontement avec la Russie et la Chine ? Et un chaos mondial.

Après, il faudrait développer, introduire les autres participants du conflits, mais ce que je veux montrer ici, c’est que les seuls enjeux de sécurité ou économiques ne suffisent pas pour expliquer la situation actuelle, que l’intégrisme idéologique et/ou religieux joue un rôle bien plus fondamental, de même que la mégalomanie où les tendances psychopathes de certains « dirigeants ».

Comme ceux qui appartiennent à la secte NXIVM (nexioume), cette secte d’Amérique du Nord (Canada, Mexique USA), réservée aux très riches, qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment au Mexique, parce que son principal représentant dans le pays était Emilio Salinas, fil de l’ex-président Salinas,qui prétend aujourd’hui qu’il avait pris des distances, quand il avait compris qu’au-delà d’être un programme de formation et bien-être pour « élites », cette sectes pratiquait des abus sexuel, constituant des harems de femmes soumises et est soupçonnée de séquestration et trafic d’enfants.

On parle d’elle parce qu’elle a pénétré les milieux d'influence et prétendait fournir le président du pays, parce qu’elle est liée au Clinton et aux Rothschild, etc., alors qu’elle développe des pratiques de lavage de cerveau et d’esclavage sexuel, de pédophilie et sans doute pire… Comment apprendre à dominer sans complexe, ni tabous, ni limitations morales, c'est le programme. Et Sade aurait pu y être coach. Et donc au Mexique on s’interroge sur  la volonté d'influence politique d’une telle organisation sectaire. Comme on peut s’interroger sur le rôle des évangélistes sionistes qui ont porté Bolsonaro au pouvoir au Brésil.

Alors que Maduro et ses proches insistent toujours d’avantage sur le caractère profondément chrétien de la révolution bolivarienne du Venezuela version maduriste. Maduro le dit et le répète, Dieu est de son côté.  Conviction profonde ou marketing politique ? Je lisais sur un site dont je ne donnerai pas le nom un article qui prétendait que la laïcité socialiste de Maduro heurtait les intérêts de l’église. Mais pas du tout, le christianisme est la religion officielle, affirmée, du socialisme vénézuélien.

Et Israël, c’est encore au nom de Dieu, que les sionistes réclament la « Terre Promise ». Poutine est orthodoxe, aux Chinois le parti leur suffit, dans la mesure où finalement il joue le même rôle de rassemblement des fidèles et contraintes des consciences qu’une religion.

Nous nous retrouvons avec des fanatiques en tous genre qui pensent qu’ils peuvent risquer la guerre, parce que Dieu qui est de leur côté les sauvera, et tant pis pour les autres, nous par exemple. Bienvenue au 21ème siècle… Obscurantisme sur toute la ligne.

Les USA sont-ils prêts a sacrifier une nouvelle génération comme ils l'ont fait au Vietnam ?

Les USA sont-ils prêts a sacrifier une nouvelle génération comme ils l'ont fait au Vietnam ?

Pourquoi je trouve cela irrationnel : comment un Dieu Créateur Parfait a-t-il pu créer des êtres dont il a une telle haine qu’il confie à des « élus » la mission de les exterminer ? Un Dieu Parfait ne peut qu’être le Dieu de toutes les créatures qu’il aime dans une commune mesure. C’est une question de logique. Et un petit clin d’œil à Descartes.

Où cela nous mène tout cela, je suis certaine d’une chose, c’est que je ne croirai personne qui prétendrait pouvoir prédire l’avenir du monde, pas même le proche avenir.

Si même ma minuscule Belgique est d’ores et déjà considérée comme ingouvernable pour cause de polarisation, aller savoir pour le monde.

Belgique, Venezuela, même combat, même défi : trouver le chemin de la Concorde dans une situation de grande polarisation… et nous ne sommes pas les seuls, loin de là.

Trop d’informations essentielles occultées, trop de médias mensonges matraqués, l’apparition d’hybrides politiques improbables et autres sources de confusions, il est possible de formuler des hypothèses, mais spéculer sur l’avenir me semble bien présomptueux.

 

Anne W

Je préfère réver d'un monde simple et heureux avec les zapatistes des Chiapas

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Gilles Deleuze, février 1977.

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