31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 02:01

 

 

 

Bush condamné pour crimes de guerre par contumace
Yvonne Ridley 


C’est officiel : George Bush est un criminel de guerre. Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l’histoire, l’ex-président des USA et sept membres de son administration ont été condamnés hier (vendredi) pour crimes de guerre.
Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et leurs conseillers juridiques Alberto Gonzales, David Addington, William Haynes, Jay Bybee et John Yoo ont été jugés par contumace en Malaisie.
Le procès qui s’est tenu à Kuala Lumpur a permis d’entendre les témoignages poignants de victimes de tortures subies par ces personnes alors qu’elles étaient aux mains des troupes américaines ou de contractants en Irak et en Afghanistan.
L’un d’eux est le témoignage d’un Britannique, Moazzam Begg, ex-détenu de Guantanamo et aussi celui d’une femme irakienne, Jameelah Abbas Hameedi qui ont été torturés dans la tristement célèbre prison d’Abu Ghraib.
À la fin des audiences qui ont duré tout le week-end, les 5 membres de la Cour ont prononcé à l’unanimité le verdict de culpabilité à l’encontre de Bush, Cheney, Rumsfeld et de leurs principaux conseillers juridiques, les condamnant tous pour crime de guerre en raison de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants.
La transcription des accusations, les déclarations de témoins et d’autres documents du dossier seront transmis au Procureur général de la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité.
La Commission du Tribunal de guerre de Kuala Lumpur a également demandé à ce que les noms de Bush, Cheney, Rumsfeld, Gonzales, Yoo, Bybee, Addington et Haynes soient officiellement rajoutés au registre de la Commission pour les crimes de guerre.
Ce tribunal est né de l’initiative de l’ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s’est toujours opposé à l’invasion de l’Irak par les USA en 2003.
Il a assisté personnellement aux audiences où étaient évoquées les expériences personnelles de trois témoins, à savoir Abbas Abid, Moazzam Begg et Jameelah Hameedi. Le tribunal a aussi entendu deux autres déclarations statutaires de la part d’un citoyen irakien, Ali Shalal, et d’un Britannique, Rahul Ahmed.
bombing-thumd4a6-62260.jpgAprès que les cinq juges eurent prononcé la sentence de culpabilité, Mahathir Mohamad a déclaré : « Les États-Unis continuent impunément à commettre des meurtres. »
L’avocat et expert en crimes de guerre, Francis Boyle (ci-dessous), professeur en droit international à l’école de droit de l’université de l’Illinois, faisait partie de l’équipe de procureurs en charge de l’accusation.
Après le procès, il a déclaré : « C’est la toute première fois au monde que ces gens sont condamnés. »
Même si certains ne voient dans ce verdict qu’une mesure purement symbolique, le militant pour les droits de l’homme Francis Boyle a dit que Bush & Co allaient très certainement devoir faire face au même type de procès dans d’autres pays.
« Nous avons essayé par trois fois d’attraper Bush au Canada, mais le gouvernement canadien a fait échouer ces tentatives, puis nous l’avons dissuadé d’aller en Suisse. La démarche entreprise en Espagne a avorté à cause du gouvernement espagnol, et même résultat en Allemagne. »
Boyle a ensuite mentionné la Charte de Nuremberg qui a été utilisée comme support par le tribunal quand il s’est agi de justifier de la crédibilité de l’initiative malaise. Il rappelle que « les dirigeants, les organisateurs et les complices ayant participé à la formulation ou à l’exécution d’un plan commun ou d’un complot visant à commettre des crimes de guerre sont responsables de tous les actes perpétrés par quiconque met ces plans à exécution. »
Les USA sont sujets aux lois internationales communes et aux principes de la Charte de Nuremberg, a expliqué Boyle, qui pense également que le procès de ce week-end a été suivi de près par les responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche.
Le professeur Gurdial Singh Nijar, qui présidait la Cour, a déclaré : « Le tribunal a porté une attention particulière au respect scrupuleux des principes dessinés par le tribunal de Nuremberg et les Cours internationales de justice. »
Il s’est aussi montré confiant sur le fait que le tribunal serait imité ailleurs dans le monde, « dans les pays qui ont le devoir de juger les criminels de guerre, » et il a cité le cas du dictateur chilien Augusto Pinochet, arrêté en Grande-Bretagne pour être extradé vers l’Espagne sur des accusations de crimes de guerre.
« Pinochet avait quitté son siège de Président depuis seulement 8 ans lorsque cela s’est produit. »
L’affaire Pinochet fut la première fois où plusieurs juges européens ont appliqué le principe de la juridiction universelle, se déclarant eux-mêmes compétents pour juger les crimes commis par l’ex-chef d’État, malgré les lois d’amnistie locales.
Tout au long de la semaine, la salle du tribunal était remplie d’experts juridiques et d’étudiants en droit écoutant les témoignages des témoins et les analyses croisées de la défense emmenée par l’avocat Jason Kay Kit Leon.
La Cour a entendu comment Abbas Abid, un ingénieur de 48 ans habitant Fallujah en Irak avait eu les ongles retournés à l’aide d’une pince.
Ali Shalal était ligoté avec des fils électriques puis électrocuté alors qu’on le suspendait contre le mur.
Moazzam Begg a été battu, le visage encapuchonné, et maintenu en confinement.
Jameelah a été dénudé et humilié, et utilisé comme bouclier humain alors qu’il était transporté en hélicoptère.
Les témoins ont également donné des détails sur les séquelles de leurs blessures qui perdurent encore aujourd’hui.
Moazzam Begg, qui travaille désormais comme directeur de l’association de défense des droits de l’homme basée à Londres, Cageprisoners, a dit être très satisfait du verdict, mais a ajouté : « quand les gens parlent de Nuremberg, il faut garder à l’esprit que les personnes jugées ont toutes été poursuivies après la guerre. »
« La prison de Guantanamo est toujours ouverte au jour d’aujourd’hui, des gens y sont toujours détenus et torturés. »
En réponse aux questions sur la différence entre les administrations Bush et Obama, il a ajouté : « Si le président Bush a été le président des tortures extrajudiciaires, alors le président américain Barack Obama est celui des assassinats extrajudiciaires, avec les frappes de drones. Notre travail ne fait que commencer. »
L’accusation s’est efforcée de montrer comment les décisionnaires au plus haut niveau, à savoir le président Bush, son vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, aidés et secondés par leurs conseillers juridiques et d’autres hauts responsables, ainsi que des officiels de la CIA, avaient tous agi de concert. La torture était utilisée systématiquement et est devenue un standard de fait.
D’après l’accusation, les récits des témoins prouvent l’exercice continu contre eux de traitements brutaux, barbares et déshumanisants.
Ces actes criminels ont été commis de façon cumulative afin d’infliger les peines et les souffrances maximales, ont expliqué les avocats.
Le président du tribunal, Tan Sri Dato Lamin bin Haji Mohd Yunus Lamin, (abrégé en « M. Lamin ») a statué que l’accusation avait établi au-delà de tout doute raisonnable que les personnes poursuivies, à savoir le Président George W. Bush et ses coaccusés, « avaient participé, à travers un ensemble d’instructions, de mémorandums, de directives, de recommandations et d’actions légales, à établir un plan d’ensemble et un objectif commun, ou encore une conspiration dans le but de commettre les crimes en relation avec la « Guerre contre la terreur » et avec les guerres lancées par les USA en Afghanistan et en Irak. »
Le président Lamin a précisé devant un parterre plein à craquer : « En tant que tribunal de conscience, la Cour n’a pas de pouvoir d’application de la loi (enforcement) ni celui d’imposer une sentence d’emprisonnement à l’une quelconque des 8 personnes condamnées. Ce que nous pouvons faire, au titre de l’article 31 du Chapitre IV de la 2e partie de la Charte, est de recommander à la Commission des Crimes de guerre de Kuala Lumpur qu’elle transmette le verdict d’accusation par le Tribunal, accompagné des documents attenants, au Procureur en chef de la Cour criminelle internationale, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité. »
« Le Tribunal recommande également à la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur que les noms des personnes condamnées soient ajoutés au Registre des Criminels de guerre de la Commission, et que celui-ci soit communiqué au public. »
« Le Tribunal recommande également que la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur diffuse le plus largement possible au niveau international l’information sur cette condamnation et sur les garanties de compensations, étant donné qu’il s’agit ici de crimes universels pour lesquels il est de la responsabilité de chaque nation de poursuivre juridiquement ces personnes si elles venaient à pénétrer sur le territoire où s’applique leur juridiction. »

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:54

Une conférence de presse dans laquelle le dirigeant du parti néo-nazi Aube dorée ordonne aux journalistes de se lever en signe de respect, et ils le font ! Des menaces de mort contre une journaliste qui les critique  et personne ne semble ni vouloir ni pouvoir intervenir, ni l'UE, ni les autorités, ni la police grecque n'aurit les moyens de réagir. Partout en Europe nous assistons à une montée en force de l'extrême droite en général et des néo-nazis en particulier. Ils gangrènent l'armée et les corps de police de la plupart des états de l'Union, ils entrent massivement dans les parlements, l'extrême-droite vient de faire tomber le gouvernement des Pays-Bas, pays où elle jouit d'une influence considérable.  sur le blog de Serge Adam aujourd'hui :

Des extrémistes de droite dans les rangs de l'armée canadienne!

Je pourrais évoquer une longue liste de faits qui confirme ce retour d'un nazisme décomplexé et de plus en plus triomphant....

 

.... Chaque précédent d'impunité est une porte qui s'ouvre à de nouvelles exactions, plus violentes. C'est grave ce qui se passe-là... Vraiment très inquiétant.... il est lamentable de constater d'autre part les pinaillages d'une gauche qui se dispute pour ce qui sont des queues de cerises eu égard à la gravité de la situation. la création d'un front anti fascistes qui unit TOUT CEUX qui veulent mettre un frein au retour de la peste brune est une priorité, mais je doute que ceux qui pourraient le constituer soit capables de mettre de côté leur désir d'importance personelle et les mesquineries qui l'accompagnent.

Le parti néo-nazi grec menace une journaliste de mort

 

Le parti grec d’extrême droite Chryssi Avgi a prononcé des menaces non dissimulées à l'encontre d'une éminente journaliste grecque. Tenue au courant de la situation hier, la Commission européenne a réaffirmé son engagement envers le respect de la liberté de la presse, mais a renvoyé la balle dans le camp des autorités grecques.

Le parti Chryssi Avgi (Aube dorée) a remporté 6,97 % des votes et 21 sièges au parlement grec lors des élections législatives de ce dimanche (voir « Contexte »). Cette formation politique a proféré des menaces de mort à l'encontre de Xenia Kounalaki, rédactrice du département d'actualité étrangère de l'éminent journal grec Kathimerini. Ces menaces ont déclenché une série de réactions quant à la résurgence de l'extrémisme néonazi. 

Le 12 avril dernier, Mme Kounalaki a rédigé un article d'opinion, dans lequel elle a affirmé que les médias grecs devraient ignorer Chryssi Avgi, dont elle a qualifié les membres de brutes nazies. Selon elle, le parti n'aurait pas dû être autorisé à participer au scrutin.

La réponse de Chryssi Avgi ne s'est pas fait attendre : un article de 2500 mots révélant de nombreux détails de la vie personnelle et professionnelle de Mme Kounalaki et mentionnant sa fille sans raison apparente a été publié sur le site Internet du parti.

« Kommt Zeit, kommt Rat, kommt Attentat! », a écrit l'auteur anonyme de cet article. Toute personne comprenant l'allemand, comme Mme Kounalaki (née à Hambourg), sait qu'il s'agit d'une menace de mort à peine dissimulée.

« Je ne pense pas qu'ils se montreront violents avec moi physiquement et je n'ai pas peur d'eux. Mais le fait que bon nombre de mes amis et collègues, et même la police grecque, m'aient conseillé d'arrêter d'écrire des articles contre eux pour l'instant est une première victoire pour les membres de Chryssi Avgi. C'est l'objectif de leur campagne de peur. Pousser les journalistes à les laisser tranquilles et à écrire sur d'autres sujets », a expliqué Mme Kounalaki à EurActiv.

L'UE tarde à réagir

Lors d'un point presse quotidien hier (7 mai), la situation a été portée à l'attention de la Commission européenne par un collègue de Mme Kounalaki du Kathimerini, Costas Karkagiannis, le correspondant à Bruxelles du journal grec. Pia Ahrenkilde Hansen, la porte-parole de la Commission, a confirmé l'engagement de l'UE envers le respect de la liberté de la presse, mais elle a refusé d'entrer dans les détails, renvoyant la balle dans le camp des autorités grecques.

La commissaire européenne à la stratégie numérique également en charge de la société de l'information et des médias abordera sans doute cette question au Parlement européen aujourd'hui (8 mai), dans la mesure où elle a été invitée à participer à un séminaire sur la liberté de la presse organisé par l'Association of European Journalists (AEJ).

Mme Kounalaki s'est déjà rendue à la police en Grèce, mais les autorités lui ont répondu qu'elles ne pouvaient pas faire grand-chose, dans la mesure où cet article était anonyme et que le fournisseur de nom de domaine était enregistré aux Etats-Unis.

La fille de Mme Kounalaki, âgée de 13 ans, en ferait des cauchemars, car certaines de ses camarades de classe seraient membres de Chryssi Avgi. Plusieurs membres de ce parti extrémiste ont été arrêtés par le passé pour avoir mené des attaques contre des immigrés et des militants de la gauche. Au moins l'un d'entre eux a purgé une peine de prison pour tentative d'homicide.

Chryssi Avgi a débuté comme une organisation marginale d'« Etudes socialistes nationalistes » il y a une trentaine d'années. Elle publiait un magazine peu connu qui louait « la contribution de Hitler à l'humanité ». Ses militants musclés et ses dirigeants échangent d'ailleurs l'air de rien des saluts nazis.

Jusqu'aux élections municipales de 2010, Chryssi Avgi jouissait de peu de soutien. La Grèce a beaucoup souffert de l'occupation nazie lors de la Seconde Guerre mondiale et a vécu sous une dictature militaire de 1967 à 1974.

Néanmoins, la crise financière a ébranlé les fondations du système bipartite de la Grèce et exposé les faiblesses d'un modèle de croissance insoutenable fondé sur le laxisme budgétaire, le copinage, le népotisme et la corruption.

L'influence du discours virulent de Chryssi Avgi contre les immigrés et le FMI, souvent accompagné de défilés de milices du parti dans les quartiers les plus dangereux d'Athènes, s'est accrue plus rapidement que ses partisans ne l'avaient prévu.

Les experts avancent qu'il s'agit de l'un des symptômes de la crise. Le résultat des élections de dimanche reflète un bouleversement important du paysage politique grec avec la fin de la domination des partis Nouvelle démocratie de centre-droit et PASOK de centre-gauche, au pouvoir depuis 40 ans.

Bien que les deux partis soient accusés d'avoir causé les déboires économiques du pays, le PASOK et Nouvelle démocratie ont été les piliers de la plus longue période de stabilité politique de l'histoire de la Grèce. Leur recul, en pleine récession économique, annonce le début d'une période transitoire qui présente bien des ressemblances avec celle de la République de Weimar.

En d'autres termes, la menace d'une sortie de la zone euro pourrait bien être le moindre des soucis de la Grèce à présent. Les élections de dimanche ont montré que le peuple était très divisé. Si ces divisions ne sont pas palliées tôt ou tard, l'avenir du pays risque de ne pas être très reluisant.

EurActiv avec Nikos Chrysoloras de Kathimerini - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 13:17

 

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par Nikos Chasapopoulos

jeudi 3 mai 2012 par Pierre

Longtemps considéré comme un groupe néo-nazi semi-clandestin, le mouvement Chryssi Avghi (Aube dorée), est crédité de 4 à 5% aux législatives du 6 mai, ce qui garantirait son entrée au parlement, une première pour le pays depuis le retour de la démocratie en 1974. Accusé de violences contre les migrants, le principal but du parti est d’expulser tous les clandestins de Grèce. Visite guidée à l’intérieur du mouvement avec le journal To Vima.

To Vima, le 29 avril 2012

Le chef, c’est-à-dire le chef à perpétuité du mouvement le plus extrémiste en Grèce, l’Aube dorée, c’est Nikos Michaloliakos.

Il n’a qu’un seul commandement à formuler aux membres du parti : « Quand j’avancerai, vous avancerez. Quand je combattrai, vous combattrez à mes côtés ». C’est ce que raconte Ch. Kousoumvris, l’un des bras droits de l’organisation fasciste, qui a assuré pendant douze ans les fonctions de trésorier du parti avant de retourner sa veste il y a quelques années et de dévoiler dans un livre le véritable visage de l’Aube dorée et de son « führer », monsieur Michaloliakos.

Voici donc ce qu’il raconte : « Le chef était l’être suprême pour nous. Sa parole était un ordre. Et c’est ce qu’il exigeait de nous. Obéissance aveugle. Si quelqu’un le remettait en question, nous devions, nous ses proches collaborateurs, tenter de raisonner le fauteur de trouble par des mesures d’intimidation. Malheureusement, j’ai dû frapper des amis, pour la seule et unique raison qu’ils avaient remis en question les paroles du chef ».

Douze ans passés au sein de l’Aube dorée, pour le repenti Kousoumvris, ce n’était pas rien. Il porte en décorations quinze points de suture, traces de bastonnades auxquelles il a pris part pendant toute la durée de son « service » dans l’organisation. Les autres décorations d’honneur, qu’il a reçues de Michaloliakos dans des manifestations particulières, ne comptent pas, celles-là le chef les donne à tous ses lieutenants.

Ceux qui connaissent bien la structure disent que le chef nourrit une antipathie particulière à l’encontre des numéros 2. Non pas parce que ce chiffre lui est défavorable dans les prédictions astrologiques qu’il aime consulter, mais parce qu’il éloigne tous ceux qui ont été ou sont élus au sein de son organisation, qu’il contrôle intégralement depuis une dizaine d’années.

Désaccords et scissions

Le fonctionnement de l’Aube dorée a été marquée depuis toutes ces années par de nombreuses défections de cadres et des mini-scissions, suivies presqu’à chaque fois d’accusations réciproques, de menaces et parfois de bagarres sauvages. Outre le cas Kousoumvris, écarté avec 15 points de suture comme médaille, tous les membres de l’organisation qui l’ont quittée, en ont été expulsés ou y sont inactifs ont, comme par hasard, des points de suture sur le visage.

Le premier départ de l’Aube dorée a eu lieu en novembre 1990, quand le numéro 2 de l’époque, I. Perdikaris, économiste, idéologue, comme on l’appelait, et rédacteur du manifeste de l’Aube dorée des années 80, est parti en emportant avec lui une quinzaine de responsables. La raison principale de ce départ était que Perdikaris voyait plutôt l’Aube dorée comme un centre d’études nazies. Au contraire, M. Michaloliakos commençait à nourrir des ambitions politiques. Après quelques années, ils se sont quelque peu rabibochés sans cependant que Perdikaris ne retrouve sa place dans l’organisation.

La deuxième rupture a eu lieu au début de 1998, quand I. Yannopoulos, ex « légionnaire et mercenaire » selon ses mots, a quitté l’Aube dorée entraînant à sa suite un groupe de membres. Ils accusaient le chef d’avoir réduit l’organisation à « un fouillis de votes divers pour l’extrême-droite ».

Troisième scission : le numéro 2, Antonis Androutsopoulos, devenu le bras droit du chef, a créé de fait une organisation dans l’organisation, sous le nom des « Aigles dorés ». Eté 1998 : Androutsopoulos est en cavale, accusé dans l’attaque contre des étudiants de gauche lors de laquelle un étudiant avait été gravement blessé. Il se rendra début 2005. Accusé de deux tentatives de meurtre, il n’est cependant resté que cinq ans en prison. C’est alors que ses dissensions avec Michaloliakos sont apparues, quand il l’a accusé d’avoir trahi leur combat et expliqué que son arrestation avait été rendue possible par une dénonciation venue du sein même de l’Aube dorée.

Formation nationale morale

Tous ceux qui ont fait l’armée en Grèce dans les années 1960 et 1970 se rappellent les sessions obligatoires de « formation morale nationale » : des gradés venaient faire des sermons anticommunistes aux soldats. C’est la même chose à l’Aube dorée. Quand ses bureaux se situaient à Kypseli (à Athènes), au début (aujourd’hui ils sont situés du côté de la gare de Larissa, toujours à Athènes), il fallait en entrant faire le salut nazi. Main levée à 90 degrés. Comme l’explique M. Kousoumbris, les lieutenants du chef étaient chargés de la catéchèse et savaient ce qu’il fallait dire : « ils nous disaient ce qu’on voulait entendre : Patrie, Grèce antique, suprématie des Grecs. Nous étions tous embrigadés ». Kousoumbris fut ensuite chargé avec d’autres de la formation morale nationale. Les responsables de la catéchèse ont ainsi proposé aux nouveaux membres de lire des ouvrages comme « Mein Kampf » de Hitler, des livres de Ioannis Dragoumis, de Périklis Yannopoulos, Ioannis Metaxas et de Goebbels.

D’autres membres aujourd’hui écartés du parti insistent sur le fait que « dès le départ, l’Aube dorée a semblé avoir des problèmes avec les références germaniques. Au début, il y avait des croix gammées dans les bureaux, mais ensuite elles ont disparu. Cependant, le chef a voulu convaincre de la suprématie de l’Homo nordicus, l’Homme du Nord. Mais pour quelle raison, puisque Hitler admet dans son livre, comme ils nous l’ont expliqué, que ses ancêtres étaient les Grecs anciens ? »

Les Aigles dorés

Au sein de l’organisation, une autre organisation fonctionnait, les « Aigles dorés ». C’est cette section qui a pris en charge le recrutement de jeunes. Ils ont fait le tour d’écoles de zones défavorisées où ils distribuent des tracts de propagande à la gloire de l’Aube dorée. Ces dernières années, selon certaines accusations, ils se sont aussi infiltrés dans des écoles privées des quartiers nord d’Athènes.

On discute beaucoup pour savoir si les membres de l’Aube dorée sont entraînés. De nombreuses fois on les a vus marcher au pas en rangs. Mais, à l’exception de quelques push ups parfois obligatoires parfois spontanés, il n’y a pas d’autre forme d’entraînement. Dans les statuts, autrefois, il était suggéré de porter des vêtements particuliers, comme une chemise kaki et un emblème nationaliste, mais peu ont suivi ces recommandations : « L’Aube dorée donne l’impression d’être bien organisée. Mais en général, on peut dire que c’est un sacré bordel », reconnaissent des membres qui s’en sont éloignés.

Cependant le chef, lui, aime l’organisation et c’est sûrement pour cela qu’il organisait souvent des camps d’été. Les membres de l’Aube dorée les appelaient (et les appellent encore) des « camps nationalistes ». En tout, quatre de ce genre ont été organisés, et, malgré l’amour du chef pour la perfection de l’organisation, se sont avérés être un grand bazar, en tout cas d’après la description qu’en font les mêmes individus déjà cités. Beaucoup trouvaient là l’occasion de boire une grande quantité d’alcool et on y a parfois assisté à des beuveries légendaires.

La garde personnelle

Le chef a à sa disposition des membres qui constituent une sorte de garde rapprochée reconnaissables parmi les autres à leur béret rouge. Ils l’accompagnent toujours, comme il y a quelques jours, à la Saint-George, lors de sa visite à une église dédiée à ce saint. Il y était accompagné de Y. Yermenis, candidat dans la deuxième circonscription d’Athènes, et membre d’un groupe de black heavy metal, Near Materon.

De façon générale, les individus qui encadrent l’Aube dorée sont « tout ce que vous pouvez imaginer : des enfants de familles de droite, ou de gauche, riches, ou pauvres, plutôt de familles à revenus moyens quand même. Des gens qui veulent cacher leur personnalité, évacuer leurs problèmes. Il y a eu une époque où l’on trouvait des gens qui croyaient en des idées précises comme la patrie, la religion, la famille, et venaient là guidés par leur conscience. L’organisation les a détruits, et avec eux, tout ce en quoi on pouvait croire de juste », raconte M. Kousoumbris, ancien cadre de l’Aube dorée, dans une ancienne interview donnée à la revue Tachydromos.

Les liens avec les néo-nazis

M. Michaloliakos, même s’il évite les avions, était en 1996 à Moscou, au congrès de l’ultra-nationaliste russe Vladimir Jirinovski. Au congrès du parti en novembre 1992, à l’hôtel athénien Karavel, Stvan Edvad, néonazi allemand, avait été invité à s’exprimer ; il a été emprisonné en Allemagne par la suite.

Dans les réunions ou manifestations de l’Aube dorée, à plusieurs reprises des néofascistes ou des nostalgiques du nazisme ont pris la parole : ce fut le cas à Imia (NdT : nom d’une île de la mer Egée où ont eu lieu des affrontements militaires entre la Grèce et la Turquie pour la défense des frontières en 1996), de Uto Voig [1], d’un représentant du parti fasciste italien Forza Nuova, et d’un représentant du parti espagnol de la Phalanga qui revendique sa filiation avec le dictateur Franco. Quel lien ont Franco ou les fascistes italiens avec les événements tragiques d’Imia ? C’est la question que se posent bien des membres de l’Aube dorée. Bien sûr, ces derniers temps, Michaloliakos ne cesse de démentir ses liens avec les néofascistes italiens. Mais l’été 2005, l’Aube dorée a essayé d’organiser un camp paneuropéen de néonazis à Stylida : les habitants de la région et les partis politiques s’en sont émus, et finalement, après tout ce tapage, l’initiative est tombée à l’eau.

Lors des camps précédemment organisés, l’Aube dorée invitait souvent des étrangers partageant les mêmes idées : « ils venaient d’Afrique du Sud, d’Allemagne, Italie, des cadres d’organisations nazies, d’extrême-droite, et racistes. Au début, on éprouvait de la crainte devant les Allemands. A force de les fréquenter cependant, ils ont fini par me dégoûter : ils se levaient le matin, buveaient d’une seule traite une bouteille d’ouzo, écoutaient de la musique violente, et au milieu de leur saoulerie, ils faisaient entendre des injures racistes », a expliqué M. Kousoumbris lors d’une interview.

L’itinéraire de Michaloliakos de 1982 à aujourd’hui

L’Aube dorée, la revue, a été créée en 1980 et a paru jusque 1984. Après des problèmes avec la police, Michaloliakos a décidé d’en arrêter la publication. C’est à ce moment qu’il est parti en Afrique du Sud. Personne ne sait ce qu’il y a fait. A son retour, on le retrouve chef de la jeunesse EPEN [2], sur mandat personnel, d’après ses dires, de l’ex-dictateur Yorgos Papadopoulos, alors retenu prisonnier. Un an plus tard, il quitte l’EPEN non sans lancer des accusations contre les anciens de la junte, et il fonde à nouveau l’Aube dorée. L’organisation devient alors un parti dont le slogan de base ces dernières années a été : « les étrangers hors de Grèce ». C’est ainsi qu’il a réussi à attirer un certain nombre de partisans, tout en prenant soin de dissimuler sa face sombre. Selon d’autres membres, le slogan de l’Aube dorée est « Dehors les étrangers », elle se pose en défenseur de la pureté raciale, mais deux actuels candidats du parti ont épousé des femmes immigrées.

Le chef veut que ce soit ses propres hommes qui soient élus. Ce n’est pas un hasard si sur les bulletins de vote, on voit figurer sa femme, Eléni Zaroulia, un proche parent, Al. Kasidiaris, et l’ami de sa fille Ourania, Art. Mathaiopoulos. Après tout ce qui s’est passé (et ce qu’il risque de se passer dans l’avenir), l’ancien lieutenant de l’Aube dorée M. Kousoumbris écrit page 103 de son livre : « J’ai le courage de dire que je suis tombé dans un piège, celui du fanatique programmé, d’un chef ridicule, d’un être que la société, s’il elle avait un tant soit peu de sensibilité, aurait dû enfermer dans une cage pour le promener de ville en ville et le montrer aux gens accablés de dettes... »

Source : Le Courrier des Balkans

via: Grèce : qui sont ces néonazis qui veulent entrer au Parlement ? - [robin-woodard]

 

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 11:22

 

 


 

L’extrême droite est à l’offensive en Europe, la crise et l’affaiblissement des partis communistes l’y encourageant. Elle serait devenue "anti impérialiste" (elle qui a toujours soutenu les guerres coloniales), elle serait pour la sortie de l’euro afin de préserver le pouvoir d’achat des familles et voilà même que maintenant elle investit l’écologie...Preuve s’il en fallait qu’on ne peut dissocier cette question des questions de classe...

Pantalon vert et chemise à carreaux, Hans-Günter Laimer est ce qu’on appelle ici, en Basse-Bavière, "un homme, un vrai". Descendant de son tracteur, il nous accueille avec un jovial "salut !" et nous ouvre la boutique de son exploitation, tenue par sa femme. Ici, tout est local et tout est bio. Quand Laimer organise une journée portes ouvertes dans sa ferme, il y a un groupe de joueurs de flûte, une conteuse et un marché aux puces pour enfants.

Un véritable petit paradis bio, sauf que Laimer n’a rien d’un militant vert. Il est membre du conseil de l’association Midgard qui publie le magazine Umwelt&Aktiv, petite revue apparemment consacrée à l’agriculture bio où il est question de conserves de cerises et de garderies d’enfants. Mais il y est aussi question du Yule [1] et des bienfaits de la politique agricole du NPD [2], qui commercialise la revue sur Internet. Laimer a lui-même présenté sa candidature à des élections locales sous les couleurs de ce parti.

"Notre objectif est de sensibiliser les gens aux problèmes de la protection des animaux, de la protection de l’environnement et de la protection de la patrie", peut-on lire en Une de la revue. Celle-ci est d’ailleurs considérée comme "une publication de propagande cachée du NPD" par la Direction de la sécurité du territoire. Laimer conteste toute participation au magazine. Le secteur bio est largement dominé par la gauche, déplore-t-il. "Qu’est-ce que mes cornichons ont de différent par rapport à ceux d’un Vert ?"


De la protection de la nature à celle de la patrie

La protection de l’environnement n’a jamais été le domaine réservé des Verts. Ce mouvement est né au XIXe siècle en réaction à l’industrialisation. Il fut également un thème central de l’idéologie nazie qui a fait adopter deux textes de loi pour la protection des animaux et celle de l’environnement en 1933 et en 1935. La protection de la nature et celle de la patrie ainsi que l’idéologie du sang et du sol sont au cœur du discours national-socialiste. "Dans presque tous les domaines, l’idéologie nazie a servi de socle au mouvement de protection de l’environnement”, explique Nils Franke, historien et auteur d’un essai intitulé Naturschutz gegen Rechtsextremismus [3], qui vise à lutter contre le noyautage du mouvement par l’extrême droite.

Face à l’intérêt que suscitent les questions environnementales en Allemagne, le NPD s’est récemment saisi de cette thématique, explique Franke. Rhabillée aux couleurs vertes, l’idéologie nazie refait ainsi son chemin dans la société. Un nouveau mouvement du "retrait" est apparu entre Rostock et Schwerin, dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale : des familles veulent vivre "dans le respect des animaux et des traditions".

"Les thèmes écologiques sont de plus en plus importants dans les discours d’extrême droite”, explique une représentante du centre régional pour la culture démocratique à Roggentin. “Leur objectif est que les gens n’associent plus le NPD à un mouvement politique mais à un groupe établissant de simples passerelles vers la vie des citoyens". Parmi ces partisans du "retrait", un voisin nous parle d’hommes vêtus de blousons d’aviateur et de rangers qui sillonnent la région, allument des flambeaux et chantent des chants folkloriques. Il nous raconte également qu’un responsable de la sécurité intérieure vient régulièrement le voir pour prendre un café et lui demander des nouvelles du coin.


Les “bio-bruns” dans les associations d’agriculteurs

Politologue à l’université de Rostock, Gudrun Heinrich a publié en début d’année un livre intitulé Braune Ökologie [4] en partenariat avec la fondation Heinrich Böll. "Le NPD est étroitement lié aux associations et automatiquement implanté dans les zones agricoles", explique-t-elle.

Fournisseurs en matériaux agricoles écologiques, Huwald Fröhlich et Helmut Ernst se sont eux aussi installés dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale. Dans son recueil Opposition für Deutschland [5], Fröhlich affirme que l’humanisme et l’internationalisme sont "des valeurs contre-nature" et plaide pour un retour aux vertus régionales et nordiques d’autonomie. Ernst et Fröhlich sont tous les deux membres de Biopark, l’une des plus grandes associations d’agriculteurs bio en Allemagne. Biopark possède sa propre chaîne de magasins et fournit ceux de la marque Edeka.

L’association n’a découvert qu’en 2011 que des agriculteurs "bio-brun" comme Ernst, Fröhlich et bien d’autres faisaient partie de ses adhérents, explique la présidente Delia Micklich : "je n’approuve en rien l’idéologie de ces gens et je comprendrais que certains consommateurs décident de ne plus acheter de produits Biopark". Le NPD est aujourd’hui représenté dans des parlements régionaux [6], et Delia Micklich ne peut légalement rien faire tant que ses exploitations sont bien gérées. "Notre association ne peut pas se porter garante d’opinions politiques, nous ne faisons que certifier des méthodes de production agricoles", explique-t-elle. "Tant que le parti ne sera pas interdit, nous ne pourrons rien faire contre ces gens".

[1] la fête païenne d’hiver célébrée par les peuples germaniques

[2] le Parti national-démocrate allemand, néo-nazi

[3] "Protection de l’environnement contre l’extrêmisme de droite"

[4] l’Ecologie brune

[5] "S’opposer pour l’Allemagne"

[6] en Mecklembourg-Poméranie occidentale et en Saxe


Par Christian Thiele | Marlene Weiss source Süddeutsche Zeitung Munich le 02/05/2012

Traduction : Caroline Lee

Transmis par Linsay

Source :Des néo-nazis certifiés bio - Rouge Midi

 


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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 21:00

 

La montée de l'extrême-droite elle a lieu partout, partout les faibles, les hargneux,  les revanchards mesquins se voient tendre des exutoires à leur frustration sous forme de boucs émissaires. C'est merdique mais c'est efficace, la populace prend la place du peuple et la populace cela ne vole pas très haut. L'extrême-droite racole la lie de la société que des decennies d'aculturation ont conduit à la débilité. Vousne me croyez pas ?Allezlire les commentaires quiprolifèrent dans certain journaux belges (DH, le Vif par exemple) et vous verrez que laplupart des commentateurs fachos sont quasi analphabètes et assurément incultes. Il estvrai jene suis pas irréprochable, j'ai senti pour lapremière fois de ma vie une véritable montée de haine aussi de savoir que cette pourriture instrumentalisée quinouspollue l'atmosphère était parmi nous. Là dans nos rues. Heureusement jeme suis empressée de rejoindre lepetit groupe cosmopolite de copains qui donnent une autreimage du monde. Mais les faits restent nous partageons le territoires avec des ordures sans conscience, de la racaille d'extrême-droite et ce n'est pas facile à admettre.

 

Grèce : Chryssi Avghi (L'aube dorée) le parti néo-nazi qui monte


La Grèce dans « la peur de Weimar » : le phénomène Chryssi Avghi

Parmi les nombreuses questions actuellement débattues dans l’espace public grec, une a particulièrement retenu mon attention. On parle de plus en plus d’un scénario à la « Weimar » qui pourrait survenir dans les mois à venir en Grèce. La république allemande de l’entre deux-guerres avait suscité l’émergence du nazisme faute d’avoir su instaurer un régime politique stable. A la source de ce débat, la montée en puissance du parti néo-nazi Chryssi Avghi (« l’aube dorée »).

Très bas dans les sondages jusque février, où le parti n’apparaissait même pas dans les enquêtes, Chryssi Avghi a dépassé début mars les 3% nécessaires pour entrer à l’assemblée. Il est aujourd’hui crédité d’environ 5% d’intentions de vote.

Méconnu du grand public, ce parti qui n’était à l’origine qu’une organisation très fermée, a été créé à la fin des années 70 par une grande figure de l’extrême droite grecque, Nikolaos Michaloliakos. Il s’était fait remarquer dès le début des années 1970 pour sa participation à des actions nationalistes violentes, ce qui lui coûtera deux condamnations de prison ferme. Ce sera l’occasion pour lui de rencontrer les  « coup-d’étatistes » de 1967. C’est à la sortie de son 2e séjour qu’il publiera le premier numéro du journal Chryssi Avghi, et créera l’organisation qui fait actuellement trembler la Grèce.

La véritable entrée de Chryssi Avghi dans le monde politique a lieu durant les élections municipales de novembre 2010 au cours desquelles N. Michaloliakos est élu conseiller municipal d’Athènes avec 5.3% des voix autour du slogan « Pour refaire d’Athènes une ville grecque » (Να ξαναγίνει η Αθήνα ελληνική). Ce sera l’occasion pour la Grèce de découvrir ce parti très secret. Il ne faudra pas attendre longtemps : peu après son élection Michaloliakos se fait remarquer au conseil municipal en effectuant un salut nazi.

"Hitler pour mille ans""Hitler pour mille ans"© ethnos.gr

Pour se refaire une crédibilité, Chryssi Avghi a tenté d’enterrer les textes écrits par son chef dans les premières années de l’organisation. Le quotidien Ethnos a mis la main sur une archive daté de mai 1987 intitulé « Hitler pour mille ans ». Il est écrit : « Le 30 avril 1945, une resplendissante page de l'histoire contemporaine se ferme. Le grand homme du XXe siècle, l'animateur et l'apôtre de la révolution de la croix gammée est mort. 1945, tous ceux qui ont cru en l’idéal de la révolution national-socialiste se sentent glacés, se sentent hésitants face à l’avenir, un avenir sans sa présence et ses conseils ». Terminant sur un « HEIL HITLER » ce texte est signé par Michaloliakos, actuel président de l’organisation. Le logo de l'organisation, « le méandre », motif grec très utilisé, ressemble d’ailleurs étrangement à la croix gammée. Il symbolise la bravoure et la lutte perpétuelle.

Hitler, Hess, Metaxas, Papadopoulos, les références ne laissent aucun doute possible. Autre référence, plus incongrue celle-ci : Lucifer, qui est d’ailleurs à l’origine du nom du parti « L’aube dorée » (« fosforos » en grec ancien signifie « celui qui apporte la lumière »).

Sur les questions religieuses, l’idéologie du parti semble particulièrement confuse. Michaloliakos a personnellement beaucoup écrit sur Lucifer, le paganisme et même la magie médiévale. Il semble en outre passionné de Grèce antique, faisant souvent référence aux 12 dieux de l’Olympe. L’organisation du parti suit d’ailleurs le modèle des phallanges spartiates. Et alors même qu’il est précisé dans leur programme qu’ils comptent « promouvoir le caractère national de l’Eglise », Michaloliakos accuse personnellement dans ses ancients écrits l’église chrétienne d’avoir provoqué « 20 siècles d’obscurantisme ».

Chryssi Avghi est en quelque sorte porteur de l’héritage dictatorial basé sur une mouvance nationaliste qui n’a jamais accepté les pertes de territoires non annexés à l’Etat grec, mais où vivaient et vivent encore des grecs. Cette mouvance considère de manière générale la « race grecque » comme supérieure, elle ne doit donc pas se mélanger, ni se laisser abattre par les autres races inférieures.

Il est difficile de comparer cette organisation politique avec une quelconque autre en France ou dans n’importe quel autre pays européen. Le phénomène Chryssi Avghi correspond à un état d’esprit  greco-grec qui mélange plusieurs éléments parfois contradictoires.

Tout d’abord, c’est un parti nationaliste, qui prône l’antisémitisme et la haine des étrangers. « Nous voulons mettre dehors tous les immigrés clandestins, nous voulons débarrasser cet endroit de leur puanteur » explique un candidat lors d’un meeting au Pirée « ils ne devraient pas être là et ils partiront d’une manière ou d’une autre – de grè ou de force ». Les membres de ce parti se sont fait remarquer à plusieurs reprises ces dernières années en faisant des « chasses aux immigrés » allant parfois jusque dans leurs habitations pour les « tabasser ». Leur programme prévoit sur ce point « l’arrestation immédiate et l’expulsion de tous les immigrés clandestins.(…) Les peines ne se purgeront pas en prison, mais dans des centres de rétention où s’effectueront en parallèle des travaux d’intérêt général » (les positions politiques du parti sont trouvables en grec ici).

L’association faite par Chryssi Avghi repose essentiellement sur la montée de la violence en Grèce et en particulier dans le centre d’Athènes, qu’ils associent à l’immigration. Dans un pays qui ne connaît que très peu l’insécurité, et comprend difficilement ces explosions de violence l’explication qu’ils apportent peut séduire. Pourtant, les agressions et cambriolages ont surtout augmenté depuis le début de la crise, expliquant de fait cette violence plus par l’appauvrissement de la population que par l’immigration massive.

En plus d’expulser les immigrés, Chryssi Avghi promeut le placement de forces spéciales aux frontières, qui seront de nouveau protégées par des mines anti-personnelles. Mais leurs ambitions ne s’arrêtent pas là, ils insistent dans leur programme sur la grécité de la Macédoine, de l’Epire du Nord et de Chypre (« Assistance par tous les moyens à la lutte pour la libération du territoire occupé »).


Derrière ce nationalisme radical, s’exprime par l’idéologie de Chryssi Avghi une certaine nostalgie de la dictature. Nombreux sont les grecs qui ont pu me dire, que malgré tout, la dictature avait remis en ordre le pays. J’ai pu rencontrer deux futurs votants de Chryssi Avghi qui m’ont expliqué leur choix, essentiellement axé sur cette volonté de rétablir des règles, qui seront enfin suivies par l’ensemble des citoyens. Ils dénigrent le désordre qui règne actuellement en Grèce, où les lois sont à peine respectées. D’une certaine manière, le vote Chryssi Avghi est une réaction contre la corruption et la fraude généralisée, qui ne peuvent, pour eux, être solutionnées par les propositions des partis qui ont conduit le pays à sa perte.

Cette promotion de l’ordre par une organisation politique n’est pas sans rappeler le grand Etat Parallèle grec (« Parakratos ») qui s’était constitué au sortir de la seconde guerre mondiale autour des anciens collaborateurs, et qui durant la période d'après guerre s’était placé en garant de l’ordre face à la menace communiste. Il fut très actif au début des années dans les années 1960, années durant lesquelles les membres du « parakratos » tueront un député (ce qui inspirera le film "Z"), et provoqueront la chute de Karamanlis, évènement qui conduira à l’établissement de la dictature, lors de laquelle l’Etat parallèle remplacera l’Etat précédent. Ce « parakratos » avait pour particularité d’être infiltré à grande échelle dans l’armée et la police. Généralement il se plaçait auprès de la population, apparaissant comme un recours contre les défaillances de l’Etat central, s’apportant de fait de nombreux soutiens. La dictature emmènera avec elle l’Etat parallèle dans sa chute, effondrement achevé par l’abolition complète de l’organisation par Andreas Papandréou au début des années 1980.

Sur de nombreux aspects, on peut voir la dynamique impulsée par Chryssi Avghi comme étant une tentative de réinstaurer cet Etat parallèle. Il rassemble par son action tous les nostalgiques de la dictature, certainement plus nombreux que ce que l'on pourrait croire. Surtout, au vu des circonstances on doit noter tout le potentiel d’une telle organisation, qui ne limite pas son action à une simple participation aux élections

Tout d’abord, l’action du parti consiste à faire ce que l’Etat ne fait pas/plus. « Depuis plus d’un an, des membres du parti donnent des sacs de riz, de pâtes, de l’huile de l’olive et des habits à des familles dans le besoin. Cela dans des cartons où il est marqué « Je vote pour Chryssi Avghi pour nettoyer le pays » et « Pour qu’Athènes redevienne grecque »  explique le site en ligne Athensnews. L’aide va encore plus loin que cela, Chryssi Avghi proposant à tous ceux qui ont peur de sortir dans la rue de les escorter pour retirer de l’argent, ou faire leurs courses. Ce clientélisme leur permet de se faire apprécier par une partie de la population qui n’y arrive plus.


Ce parti entretient par ailleurs d’étroites relations avec la police et l’armée. Le frère de Michaloliakos est à ce propos un haut responsable de l’armée hellénique. Un rapport ministériel datant de 2004 publié par le quotidien Ta Nea affirmait que : « Chryssi Avghi conserve toujours aujourd’hui de très bonnes relations et des contacts avec des officiers et des sous-officiers titulaires en activité et retraités." Ce même rapport statuait que « La police les a approvisionnés en radios et matraques dans le passé, à l’occasion des très grandes manifestations, lors des anniversaires du soulèvement de Polytechnique, mais aussi lors des manifestations de « l’espace gauchiste et anarchiste » pour se faire passer pour des citoyens « indignés » et provoquer des affrontements ».

Cette question des liens avec la police est très importante. A de nombreuses reprises, les militants de Chryssi Avghi semblaient protégés par la police, qui affrontait avec eux les manifestants (c’était le cas en février 2008 par exemple). Une partie de la police anti-émeute (MAT en grec) apparaît en outre plutôt sympathisante de l’idéologie du parti néo-nazi. C’est en tout cas ce qu’a affirmé le vice-président de l’association des officiers de police d’Attique (région d’Athènes) au quotidien Ta Nea : « Dans certaines unités le nombre de sympathisants peut parfois atteindre 20% » a-t-il expliqué.

Cette coopération presque explicite nourrit de nombreuses indignations de la part de citoyens ou étrangers victimes de violences policières. Sur cette vidéo, on peut constater toute la violence de policiers qui en font bien plus qu’il n’en faut pour arrêter un immigré.

C’est précisément sur ces actions derrière l'espace politique que repose tout le danger de ce parti. Chryssi Avghi s’installe peu à peu dans toutes les sphères du pays, présentant leur mouvement sous un angle favorable, leur permettant de fait de mieux faire passer leurs idées fascisantes. Cela est d’autant plus facile dans ces temps de crise où la Grèce est constamment montrée du doigt par les dirigeants européens, suscitant une véritable humiliation. Dans ces conditions il est d’autant plus facile d’adhérer à des mouvances telles que Chryssi Avghi qui prônent l’idée d’une « Grande Grèce ».

Durant la république de Weimar, l’instabilité politique avait suscité la montée du nazisme.  C’était l’incapacité des grands partis de proposer des solutions concrètes, et le manque d’Etat qui avaient provoqué l’émergence d’un mouvement qui, en comblant les incapacités de l’Etat en place avait su convaincre bien plus facilement.

Au sortir des élections du 6 mai, l’arrivée d’un tel parti au parlement, opposé par principe au régime parlementaire, représente un défi de grande ampleur pour la Grèce.

La situation est certes différente, mais la peur de « Weimar », elle, est bien présente.

Mehdi ZAAF

Suivez moi sur twitter: @MZaaf

 

Source : MEDIAPART  via Grèce : Chryssi Avghi (L'aube dorée) le parti néo-nazi qui monte - Le blog de Danactu-résistance

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 09:29

 

« À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran


Mondialisation.ca, Le 20 avril 201

Citant anonymement des officiels hauts placés du renseignement israélien, la revue étasunienne Time Magazine contredit le très crédible quotidien britannique Sunday Times en suggérant que durant les derniers mois, le Mossad (les services secrets israéliens) a « réduit » ses opérations clandestines en Iran, incluant les assassinats ciblés.

 

Paradoxalement, le Times et TIME se contredisent. Dans son numéro du 25 mars, le Sunday Times affirmait que les services de renseignement israéliens avaient intensifié leurs activités clandestines à la base militaire de Parchin en Iran, prétendument pour trouver des preuves à l’effet que l’Iran fabriquait une arme nucléaire. Ces opérations des services de renseignement  ont été menées alors que Téhéran négociait avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Celle-ci faisait pression sur les Iraniens afin qu’ils autorisent une visite sur cette même base. (Julie Lévesque, Fabrication de preuves pour attaquer l’Iran? Des espions israéliens en Iran déguisés en soldats iraniens, Mondialisation.ca, 27 mars 2012) 

 

Un autre article intitulé US steps up intelligence, sabotage missions in Iran  (Les États-Unis intensifient les missions de renseignement et de sabotage en Iran), publié par The Hill le 9 avril, semble corroborer les informations révélées par le Sunday Times. The Hill indique une augmentation dans la République islamique des opérations clandestines de la CIA et de ses alliés dans la région. Comme Israël est l’allié le plus important des États-Unis dans cette région, on peut assumer que le Mossad participait à ces missions de sabotage.

 

Citant le Washington Post, Carlo Munoz rapporte dans The Hill :

 

Les agences de renseignement étasuniennes intensifient les missions de renseignement et de sabotage axées sur le programme nucléaire iranien, alors que Téhéran se prépare à renouer les pourparlers avec les puissances occidentales relativement aux efforts réalisés dans ce domaine.

 

Des représentants iraniens doivent rencontrer vendredi à Istanbul en Turquie le soi-disant groupe P5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne, dans le but de discuter du programme nucléaire du pays […]

 

La CIA et d’autres agences ont par ailleurs multiplié les missions de sabotage en Iran, lesquelles visent à perturber le travail nucléaire en cours au pays.

 

Afin d’y parvenir, l’agence a compté sur ses partenariats avec des services de renseignement dans la région afin de recruter des agents pour des missions de renseignement et de sabotage en sol iranien, rapporte le Post. (Carlo Munoz, US steps up intelligence, sabotage missions in Iran, The Hill, 9 avril 2012.)

 

Le compte-rendu du Washington Post révèle par ailleurs que l’ « activité de renseignement » a été utilisée pour accroître les sanctions économiques contre l’Iran :

 

L’augmentation des activités de renseignement a coïncidé avec une campagne clandestine de la CIA et d’autres agences, visant à saboter le programme nucléaire iranien, et a permis d’accroître l’utilisation de sanctions économiques ciblées par les États-Unis et leurs alliés dans le but d’affaiblir la détermination de l’Iran […]

 

D’anciens représentants du renseignement ont affirmé que l’intensification des activités s’est poursuivie sous la direction de Leon E. Panetta, qui a établi des partenariats avec des agences de renseignement alliées de la région, capables de recruter des agents pour des missions en Iran. (Joby Warrick et Greg Miller, U.S. intelligence gains in Iran seen as boost to confidence, The Washington Post, 7 avril 2012.)

 

Ces deux reportages sèment définitivement le doute sur la crédibilité du reportage du TIME publié le 30 mars et intitulé « Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say » (Selon des officiels, le Mossad réduit ses opérations clandestines en Iran).

 

Selon le compte-rendu du TIME, le Mossad a réduit ses opérations en Iran, ce qui contredit les articles du Washington Post et du Sunday Times.

 

Cependant, l’aspect le plus frappant des révélations contradictoires du TIME n’est pas la diminution des activités clandestines du Mossad en Iran, mais plutôt la nature même des opérations, soit des assassinats et des attaques, rapportées par le TIME d’une manière très banale.

 

Selon les officiels, la diminution touche un vaste éventail d’opérations, non seulement les missions très en vue comme les assassinats et les explosions sur des bases iraniennes de lancement de missiles, mais aussi la collecte de renseignement sur le terrain et le recrutement d’espions au sein du programme iranien. (Karl Vick, Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say, 30 mars 2012.)

 

Sans preuves à l’appui, Israël a nonchalamment accusé l’Iran d’être à l’origine d’attaques à la bombe menées récemment en Thaïlande et en Inde, lesquelles n’ont pas fait de victimes, mais ont blessé 5 personnes. Ces actions ont été qualifiées, à juste titre, d’attaques terroristes.

 

Cependant, dans le reportage du TIME cité ci-dessus, les assassinats et les attaques à la bombe commis par Israël en Iran ne sont pas considérés comme des actes terroristes. Il s’agit d’un cas évident de deux poids deux mesures.

 

L’article met l’accent sur la raison invoquée pour la réduction des attaques et des assassinats, notamment les conséquences néfastes sur l’« image d’Israël dans l’opinion publique ». Si l’on reconnaît dans le reportage que le Mossad a été impliqué dans l’assassinat d’Iraniens, entre autres, et qu’il a perpétré des attaques en sol iranien, la nature criminelle de ces actions n’est jamais évoquée :

 

Des représentants occidentaux des services de renseignement avaient déjà confirmé au TIME que le renseignement iranien avait découvert une cellule entraînée et équipée par le Mossad. Les aveux détaillés de Majid Jamali Fashid l’an dernier à la télévision d’État iranienne étaient authentiques, selon ces représentants. Ces aveux concernaient l’assassinat du scientifique spécialisé dans le nucléaire, Massoud Ali Mohmmadi, tué dans un attentat à la bombe mené par un motocycliste en janvier 2010. Les responsables du renseignement occidentaux ont blâmé un pays tiers pour avoir révélé l’existence de la cellule.

 

Dans ce cas-là, les dommages causés à l’image d’Israël dans l’opinion publique ont été limités par la crédibilité de l’Iran […]

 

Mais cela pourrait changer si la République islamique capturait un Israélien ou présentait d’autres preuves, quelque chose de l’ordre des séquences vidéo en circuit fermé et des faux passeports ayant indiqué la présence d’agents du Mossad dans l’hôtel de Dubaï où le trafiquant d’armes Mahmoud al-Mabhouh a été trouvé mort dans sa chambre en janvier 2010.

 

Certains préviennent que les assassinats courent déjà ce risque. Après le plus récent meurtre en janvier, celui du scientifique spécialisé dans le nucléaire Mostafa Ahmadi-Roshan, les États-Unis ont catégoriquement nié toute implication et ont condamné le meurtre. Des officiels occidentaux du renseignement affirment qu’il était au moins le troisième scientifique iranien tué par des agents du Mossad, lesquels sont récemment à court de cible, aux dires de certains représentants israéliens […] (Ibid.)

 

En revanche, dans un article du TIME sur les attaques à la bombe ayant ciblé des Israéliens en Inde et en Thaïlande et pour lesquelles on a blâmé l’Iran, TIME était catégorique en ce qui a trait à la définition du terrorisme :

 

Pour être juste, il faut dire qu’il n’existe pas de définition du terrorisme admise au niveau international. Mais lorsque des bombes se mettent à exploser, aucune analyse terminologique ou déformation de définitions n’empêchera les gens de conclure qu’il s’agit de terrorisme. (Robert Horn, Thai Tourism Sector Must Face, Not Dismiss, the Threat of Terrorism, 20 février 2012.)

 

Une « équipe terroriste » israélienne arrêtée en Iran

 

Ces reportages contradictoires relativement à la quantité d’opérations secrètes en Iran pourraient indiquer qu’Israël et les États-Unis bluffent et font couler des informations dans le cadre d’une opération psychologique (PsyOp). Mais le 10 avril, le gouvernement iranien a déclaré avoir arrêté un groupe terroriste appuyé par Israël, sans donner trop de détails.

 

Les responsables ont prétendu que les terroristes étaient financés et appuyés par Israël et envisageaient d’attaquer des scientifiques œuvrant dans le nucléaire et des sites nucléaires au pays. Le plan terroriste a été déjoué, a affirmé l’agence de presse étatique Islamic Republic News Agency (IRNA), citant des représentants du ministère. (Stephen Manual,Israel-backed terrorist team arrested in Iran, All Voices, 10 avril 2012.)

 

Le présumé plan terroriste cité par Téhéran ressemble énormément aux opérations clandestines détaillées dans le TIME. Mais il est possible que les Iraniens bluffent aussi.

 

S’il est vrai que la République islamique a « capturé un Israélien » ou qu’elle possède « d’autres preuves », comme le mentionnait le TIME, cela pourrait accroître « la crédibilité de Téhéran » et, en revanche, affecter « l’image d’Israël dans l’opinion publique ».


Julie Lévesque, journaliste
Mondialisation.ca

« À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran


 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:10

 

Une amie a reçuce texte par courriel, offusquée elle m'en a parlé.

Voici le message de haine qui circule sur Internet, par courriel, destiné disent-ils à atteindre 4OO millions de personnes. Je suis tellement écoeurée que je n'arrive pas encore à écrire une réponse"modérée".

Le première des réponse que je trouve à donner à cette ordure, c'est que les assassinat et l'holocauste décrit ci-dessous n'ont pas été pratiqués par des Arabes, ni par des musulmans mais bien par les Européens dont les descendants sont aujourd'hui nos alliés au sein de l'Europe. Mon arrière grand-père juif berlinois faisait partie des victimes, élevées par sa fille, mon enfance a été bercée témoignages et de récits appelant à "plus jamais ça". Je sais ce que je dois à cette richesse de culture qui est revendiquée ici et qui est bien réelle. Mais cette richesse n'était pas Israélienne.Et comme je l'ai déjà écrit, je sais que ces personnes qui ont lutté pour le "plus jamais cela" si elles n'avaient déjà disparu seraient folles de colère ou mourraient de tristesse à voir comment se comporte a d'Israël

Le sionisme est un avatar tardif de l'histoire juive et qui montre simplement que ce peuple qui a pu donner de grands personnages à l'histoire des sciences et de la culture est tout autant que n'importe quel autre susceptible de se comporter de manière monstrueuse. La preuve s'il le fallait qu'il n'y a pas de peuple élu mis seulement des personnes faillibles et que n'importe quel peuple est capable du pire ...aujourd'hui il semble bien que cette élection serait celle du diable (si j'y croyais)... Et nombre de juifs partagent ce point de vue malgré que les sionistes veuillent imposer leur doctrine totalitaire non juive à l'ensemble de la planète et postulent que tout juif serait sioniste par nature. Aujourd'hui on peut voir que l'intelligensia juive critique Israël et le plus notable d'entre eux fut Einstein qui n'hésita pas, lui, a traiter de fasciste l'état naissant voir :

Einstein et le sionisme, un rappel historique

Voir également ce texte d'un autre grand intellectuel juif, co-fondateur de l'association Belgique-Palestine

Antisémitisme et Antisionisme - L'impossible amalgame - Le blog de Anne Wolff

Quand aux réalités historiques... pour prendre les plus proches, il semble justement que la création d'Israël ait mis un terme à "l'intelligence juive" et à cette culture remarquable, ne laissant que des primates guerriers et de nouveaux marchands du Temple....

Je pense que cette odieuse histoire mérite une plus ample réponse et je suis triste de voir qu'une fois de plus les comportements odieux de certains contribuent à la montée de l'antisémitisme dans le monde alors qu'un grand nombre de juifs et des meilleurs dénoncent Israël et ses "abus".

Quand aux prix Nobel cités, après l'attribution du Prix Nobel de la Paix à Obama (en suite de Kissinger et de manière anticiptive) tout le monde a pu comprendre que ce prix c'était magouille et compagnie  et il serait intéressant de voir combien de juifs et de pro-sionistes figurent dans les jurys d'attribution ! Sans doute suffisament pour nourir la thèse du complot sioniste international....

Voilà, bonne lecture de ce qui témoigne une fois de plus de la crapulerie sioniste

 

 

 

 

 

Ce qui suit est une copie d'un article écrit par l'écrivain espagnol
Sebastián Rodríguez Vilar et publiée dans un journal espagnol le 15 Jan.
2008. Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour extrapoler le message au
reste de l'Europe - et, éventuellement, au reste du monde. Ce n'est guère de
la propagande, les faits parlent d'eux-mêmes. A méditer .......!!!

 

 TOUTES LES VIES européennes sont mortes à Auschwitz

Par Sébastien Vilar Rodrigez

Je marchais dans la rue à Barcelone, et soudain je découvrais une terrible
vérité - L'Europe est morte à Auschwitz...  Nous avons tué six millions de
Juifs et nous les avons remplacés par 20 millions de musulmans.

À Auschwitz, nous avons brûlé une culture, la pensée, la créativité, le
talent.  Nous avons détruit le peuple élu, véritablement choisi, car ils ont
produit des gens formidables et merveilleux qui ont changé le monde.

La contribution de ce peuple se fait sentir dans tous les domaines de la
vie : science, art, commerce international, et surtout, comme la conscience
du monde.  Ce sont les gens que nous avons brûlés.

Sous prétexte de tolérance et parce que nous voulions prouver à
nous-mêmes que nous avons été guéris de la maladie du racisme, nous avons
ouvert nos portes à 20 millions de musulmans qui nous ont apporté la
stupidité et l'ignorance, l'extrémisme religieux et le manque de tolérance,
la criminalité et la pauvreté, due à un manque de volonté de travailler et
de soutenir leurs familles avec fierté.

Ils ont fait sauter nos trains et ont transformé nos belles villes espagnoles
dans le tiers monde, noyé tout dans la crasse et la criminalité.

Enfermés dans les appartements qu'ils reçoivent gratuitement du gouvernement,
ils planifient d'assassiner et de détruire leurs hôtes naïfs.

Ainsi, dans notre misère, nous avons échangé la culture pour de la haine
fanatique; le savoir-faire créatif pour des compétences destructrices;
l'intelligence pour le retour en arrière et la superstition.
Nous avons échangé la poursuite de la paix des Juifs d'Europe et leur talent
pour un avenir meilleur pour leurs enfants, leur détermination a
s'accrocher à la vie, car la vie est sacrée  pour ceux qui poursuivent la
mort, pour des personnes consommées par le désir de mort pour eux et les
autres, pour nos enfants et les leurs.

Quelle terrible erreur a été faite par la misérable Europe.. .

La population mondiale est d'environ 1,2 milliards islamiques, c'est un
milliard deux cent millions ou 20% de la population mondiale.

 Ils ont reçu
les Prix Nobel suivant :

Littérature :
1988 - Najib mahfouz

Paix :
1978 - Mohamed Anwar El-Sadat
1990 - Elias James Corey
1994 - Yasser Arafat:
1999 - Ahmed Zewai

Économie :
(Zéro)

Physique :
(Zéro)

Médecine :
1960 - Peter Medawar Brian
1998 - Ferid Mourad

TOTAL : 7 (sept)

La population juive mondiale est approximativement de 14.000.000; c'est
quatorze millions, soit environ 0,02% de la population mondiale.

Ils ont reçu les Prix Nobel suivant :

Littérature :
1910 - Paul Heyse
1927 - Henri Bergson
1958 - Boris Pasternak
1966 - Shmuel Yosef Agnon
1966 - Nelly Sachs
1976 - Saul Bellow
1978 - Isaac Bashevis Singer
1981 - Elias Canetti
1987 - Joseph Brodsky
1991 - Nadine Gordimer mondiale

Paix :
1911 - Alfred Fried
1911 - Tobias Michael Carel Asser
1968 - René Cassin
1973 - Henry Kissinger
1978 - Menahem Begin
1986 - Elie Wiesel
1994 - Shimon Pérès
1994 - Yitzhak Rabin

Physique :
1905 - Adolph von Baeyer
1906 - Henri Moissan
1907 - Albert Abraham Michelson
1908 - Gabriel Lippmann
1910 - Otto Wallach
1915 - Richard Willstaetter
1918 - Fritz Haber
1921 - Albert Einstein
1922 - Niels Bohr
1925 - James Franck
1925 - Gustav Hertz
1943 - Gustav Stern
1943 - George Charles de Hevesy
1944 - Isidor Rabi Issac
1952 - Felix Bloch
1954 - Max Born
1958 - Igor Tamm
1959 - Emilio Segre
1960 - Donald A. Glaser
1961 - Robert Hofstadter
1961 - Melvin Calvin
1962 - Lev Davidovich Landau
1962 - Max Ferdinand Perutz
1965 - Richard Phillips Feynman
1965 - Julian Schwinger
1969 - Murray Gell-Mann
1971 - Dennis Gabor
1972 - William Howard Stein
1973 - Brian David Josephson
1975 - Benjamin Mottleson
1976 - Burton Richter
1977 - Ilya Prigogine
1978 - Arno Allan Penzias
1978 - Peter L Kapitza
1979 - Stephen Weinberg
1979 - Sheldon Glashow
1979 - Herbert Charles Brown
1980 - Paul Berg
1980 - Walter Gilbert
1981 - Roald Hoffmann
1982 - Aaron Klug
1985 - Albert A. Hauptman
1985 - Jerome Karle
1986 - Dudley R. Herschbach
1988 - Robert Huber
1988 - Leon Lederman
1988 - Melvin Schwartz
1988 - Jack Steinberger
1989 - Sidney Altman
1990 - Jerome Friedman
1992 - Rudolph Marcus
1995 - Martin Perl
2000 - Alan J. Heeger

Économie :
1970 - Paul Anthony Samuelson
1971 - Simon Kuznets
1972 - Kenneth Joseph Flèche
1975 - Leonid Kantorovitch
1976 - Milton Friedman
1978 - Herbert A. Simon
1980 - Laurent Robert Klein
1985 - Franco Modigliani
1987 - Robert M. Solow
1990 - Harry Markowitz
1990 - Merton Miller
1992 - Gary Becker
1993 - Robert Fogel

Médecine :
1908 - Elie Metchnikoff
1908 - Paul Erlich
1914 - Robert Barany
1922 - Otto Meyerhof
1930 - Karl Landsteiner
1931 - Otto Warburg
1936 - Otto Loewi
1944 - Joseph Erlanger
1944 - Herbert Spencer Gasser
1945 - Ernst Boris Chain
1946 - Hermann Joseph Muller
1950 - Tadeus Reichstein
1952 - Selman Abraham Waksman
1953 - Hans Krebs
1953 - Fritz Albert Lipmann
1958 - Joshua Lederberg
1959 - Arthur Kornberg
1964 - Konrad Bloch
1965 - François Jacob
1965 - André Lwoff
1967 - George Wald
1968 - Marshall W. Nirenberg
1969 - Salvador Luria
1970 - Julius Axelrod
1970 - Sir Bernard Katz
1972 - Gerald Maurice Edelman
1975 - Howard Martin Temin
1976 - Baruch S. Blumberg
1977 - Roselyn Sussman Yalow
1978 - Daniel Nathans
1980 - Baruj Benacerraf
1984 - Cesar Milstein
1985 - Michael Stuart Brown
1985 - Joseph L. Goldstein
1986 - Stanley Cohen [& Rita Levi-Montalcini]
1988 - Gertrude Elion
1989 - Harold Varmus
1991 - Erwin Neher
1991 - Bert Sakmann
1993 - Richard J. Roberts
1993 - Phillip Sharp
1994 - Alfred Gilman
1995 - Edward B. Lewis
1996 - Lu RoseIacovino

TOTAL : 129

Les Juifs ne font pas la promotion du lavage de cerveau des enfants dans les
camps de formation militaire.

Ils ne leur apprennent pas à se faire exploser et à causer le maximum de
mort de Juifs et d'autres non-musulmans.

Les Juifs ne détournent pas des avions, ne tuent pas les athlètes lors des
Jeux olympiques, et ne se font pas exploser dans un restaurant allemand.
Il n'y a pas un seul Juif qui a détruit une église.
Il n'y a pas un seul Juif qui proteste en tuant des gens.
Les Juifs ne font pas de trafic d'esclaves, n'ont pas de dirigeants qui
appellent au Jihad et à la mort de tous les infidèles.

Peut-être les musulmans du monde devraient considérer à investir plus dans
l'enseignement ordinaire et moins à blâmer les Juifs pour tous leurs
problèmes.
Les musulmans doivent demander «ce qu'ils peuvent faire pour l'humanité »
avant d'exiger que l'humanité les respecte.

Indépendamment de vos sentiments à propos de la crise entre Israël et les
Palestiniens et les voisins arabes; même si vous croyez qu'il y a plus de
culpabilité de la part d 'Israël, les deux phrases suivantes disent vraiment
tout :
«Si les Arabes déposaient les armes aujourd'hui, il n'y aurait plus de
violence.  Si les Juifs déposaient leurs armes aujourd'hui, il y aurait plus
aucune Israël.»
Benjamin Netanyahu

Le général Eisenhower nous a averti : c'est un fait historique.

 Lorsque le commandant suprême des Forces alliées, le général Dwight
Eisenhower a trouvé les victimes des camps de la mort, il a ordonné de
prendre toutes les photographies possibles du  peuple allemand, des villages
environnants;  à visiter les camps et même à enterrer les morts.
Il a fait cela parce qu'il a dit des mots à cet effet :
«Rassemblez tous les dossiers et documents maintenant - saisissez les films
- faites parler les témoins - parce que quelque part sur la route de
l'histoire quelques bâtards vont se lever et dire que cela n'est jamais
arrivé…»

Récemment, le Royaume-Uni a débattu pour savoir s'il fallait supprimer la
Shoah dans son cursus scolaire, car il «offense» la population musulmane qui
affirme que cela n'a jamais eu lieu.
Ce n'est pas encore supprimé...  Cependant, c'est un signe effrayant de la
peur qui paralyse le monde et combien il est facile pour chaque pays d'être
paralyse par elle.
Cela fait plus de 60 ans après que la Seconde Guerre mondiale a pris fin en
Europe...

Cet e-mail est envoyé comme une chaîne commémorative, en souvenir des 6
millions de juifs, 20 millions de Russes, 10 millions de chrétiens, et 1900
prêtres catholiques qui ont été «assassinés, violés, brûlés, affamés,
battus, humiliés et ont servis de cobaye, tandis que le peuple allemand a
regardé ailleurs.

 Maintenant, plus que jamais, avec l'Iran, entre autres, revendiquant que
l'Holocauste est «un mythe», il est impératif de s'assurer que le monde
n'oublie jamais.

 Cet e-mail est destiné à atteindre 400 millions de personnes…  Être un
maillon dans la chaîne de mémoire et aider à distribuer ce message à travers
le monde.

 Combien d'années faudra-il avant que l'attaque du World Trade Center «n'a
jamais eu lieu» parce qu'elle offense les musulmans des États-Unis?

Ne vous contentez pas de supprimer ce message, cela ne prendra que quelques
minutes pour le faire passer.

Merci.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 23:20

 


Descendants des premiers colons hollandais arrivés en Afrique du Sud au XVIIe siècle, les Afrikaners représentent 7 % de la population.

Plus de 20 ans après la fin de l’apartheid, des Sud-Africains rêvent toujours d’une nation blanche. Un journaliste a pénétré dans un camp d’entraînement qui endoctrine des adolescents afrikaners pour les préparer à la guerre contre les Noirs.

Il est plus de minuit quand les jeunes garçons soulèvent leurs sacs pleins à craquer de tenues militaires. "Il y a de vieilles tâches de sang sur mon uniforme," constate l’un d’entre eux en ôtant ses baskets pour enfiler des rangers.

Brutalement, des ordres fusent, et aussitôt, l’intimidation commence, impitoyable. En grognant, les jeunes dressent des piquets de tente de quatre mètres de long au milieu des bouses de vache qui jonchent la prairie. L’énorme tente militaire leur servira de foyer pendant les neuf prochains jours. Du haut de ses 13 ans, Jano est le benjamin du camp. Il déroule son sac de couchage sur le sol accidenté. Il est là parce qu’il veut prouver à son père qu’il est un homme, un vrai, pas une mauviette, avoue-t-il avec un sourire timide. A 18 ans, Riaan est déjà un peu plus sûr de lui. Sa peau pâle porte encore des marques d’acné. "Je veux apprendre à me camoufler dans le veld [La ’steppe’ d’Afrique du Sud]." Lui aussi a l’air surexcité à l’idée de camper en plein air et de jouer au soldat, comme s’il vivait une aventure tirée d’un roman pour adolescent.

Mais ils ne tardent pas à comprendre que ce camp de survie est très différent des autres. Ils courent de leur tente jusqu’au mess. Devant eux, sous la lueur aveuglante des néons, se tient Franz Jooste, âgé de 57 ans. D’anciennes décorations de l’armée scintillent sur son uniforme qui date de l’apartheid. Ceux des garçons aussi remontent à cette époque. "On va faire de vous tous des hommes," leur lance-t-il en afrikaans.

Jooste est le chef du Kommandokorps, un obscur petit groupe d’extrême droite qui pratique l’incitation à la haine et capitalise sur le sentiment qu’ont certains jeunes Afrikaners de ne pas avoir de place dans la nouvelle Afrique du Sud.

Sur son site, le Kommandokorps se présente comme une organisation d’élite "qui défend les siens" en cas d’attaque, ce qui serait nécessaire "parce que la police et l’armée ne peuvent nous apporter une aide assez rapide". L’an dernier, elle a signé un saamstaanverdrag (un pacte d’union) avec l’Afrikaner Weerstandsbeweging (AWB) et les Suidlanders - minuscule organisation blanche qui se prépare à l’apocalypse raciale - afin de coordonner leur stratégie en matière de sécurité.

Le Kommandokorps affirme avoir entraîné au combat plus de 1 500 jongmanne (jeunes hommes) afrikaners au cours des onze dernières années. Jooste, qui diffuse son message par courriels et dans des lettres d’information, déclare que 40 % des jeunes sont venus d’eux-mêmes. Les autres sont inscrits par leurs parents. Les adolescents du camp sont nourris d’histoires horribles sur la criminalité et s’estiment responsables de la protection de leurs familles. "On verrouille toujours les portes la nuit, explique Nicolas, 18 ans. Ici, je vais apprendre comment défendre mon père, ma mère, mon petit frère et ma petite sœur."

A 4 H 30 du matin, le premier jour, on les envoie courir sur deux kilomètres avec leurs lourdes chaussures de marche, le long d’une route de campagne rocailleuse et crevassée d’ornières. L’organisation veut leur enseigner la discipline par l’effort. Ainsi commence la guerre d’usure. Des organismes épuisés constituent un terreau fertile pour l’endoctrinement.

EC a 16 ans, et il se trouve au milieu du peloton haletant. Par la taille, c’est un des plus petits, un adolescent fluet enthousiaste à l’idée de pouvoir tirer avec son pistolet de paint-ball. "Je veux pouvoir me défendre. Et je fais ça aussi pour ma carrière au paint-ball [tir sportif]," dit-il dans un sourire. Sa mère vit seule, et elle l’a envoyé au camp parce qu’elle pense qu’être entouré d’hommes lui fera du bien.

Quand ils ont repris leur souffle, nous évoquons leur pays. S’ils disent croire en la nation arc-en-ciel, très vite, les premières contradictions se font jour. "En général, les gens s’entendent plutôt bien, reconnaît Riaan. Il faut lutter contre le racisme." EC a deux amis noirs, Thabang et Tshepo. "Je n’aime pas le racisme." "Je ne sais pas ce que c’est que l’apartheid, commente Jano. Mais il y a longtemps, Nelson Mandela a fait que tous les gens aient les mêmes droits." Puis EC ajoute qu’il n’épousera jamais une Noire, et Jano admet qu’il a peur quand il croise des Noirs.

Le groupe est convoqué dans un petit champ qui jouxte le mess. Ils s’alignent en formation tandis qu’un des chefs du camp déploie l’ancien drapeau sud-africain. Ils gonflent leurs poumons et entonnent l’hymne national de l’apartheid [en afrikaans]. Quelques-uns ont du mal avec les paroles. Pendant ce temps, Jooste est assis au mess. Les murs sont ornés de tableaux kitsch représentants des buffles, des éléphants et des rhinocéros, et le mobilier en osier est couvert de fausses peaux de zèbres. Les lunettes sur le nez, il étudie le programme du camp, rédigé dans un style militaire, où chaque minute semble correspondre à une activité. Il y a des séances d’autodéfense, de communication radio et sur l’art de patrouiller, ainsi que des conférences sur le patriotisme et l’histoire des guerres frontalières.

Jooste est un ancien combattant, et fier de l’être. Il s’est battu dans les guerres menées par l’Afrique du Sud aux frontières du Zimbabwe, du Mozambique et de l’Angola. Il assure porter les cicatrices de ce qu’il appelle la trahison. Alors qu’il combattait pour le régime blanc, les dirigeants de ce dernier concluaient la paix avec Nelson Mandela. Après son passage dans l’armée, il a été actif au sein de l’AWB. Avant sa conférence la plus importante, Die vyand en bedreiging (L’ennemi et la menace), Jooste se vante de pouvoir faire changer d’avis les jeunes en une heure à peine. "Alors, ils sauront qu’ils ne font pas partie de la nation arc-en-ciel, mais d’une autre nation qui a une histoire importante."

Ses élèves sont assis en tailleur sur le sol du mess. Quand il parle, les adolescents l’écoutent en silence. "A l’exception des aborigènes d’Australie, le noir africain est le membre le plus sous-développé et le plus barbare de l’espèce humaine sur terre," proclame-t-il. Il affirme aux jeunes que les noirs ont un cortex cérébral plus petit que les blancs et qu’ils ne peuvent donc pas prendre d’initiative ni gouverner efficacement.

"Qui est mon ennemi en Afrique du Sud ? Qui assassine, vole et viole ?" "Qui sont ces créatures ? demande-t-il. Les Noirs." Il prend le drapeau de l’Afrique du Sud moderne et l’étale à l’entrée du mess comme un paillasson. Et il ordonne aux garçons d’essuyer leurs rangers sales dessus. Quelques-uns rient, gênés, avant d’obéir. Seul Nicolas reste en arrière. Jooste leur dit encore qu’ils devraient aimer l’ancien drapeau et l’ancien hymne national.

Les groupes de ce genre sont animés par une forme extrême de patriotisme ; dans ce camp, on enseigne aux cadets que le pays ne devrait pas revenir à l’apartheid, et qu’ils devraient plutôt œuvrer pour créer leur propre nation indépendante. L’année dernière, Jooste a été élu à la Volksraad Verkiesing Kommissie (Commission électorale du Conseil du Peuple), association qui lutte pour le nationalisme afrikaner.

Pour Hermann Gilomee, auteur réputé spécialiste des Afrikaners et professeur d’histoire émérite à l’Université de Stellenbosch, l’apartheid est né de deux sources : la peur et un complexe de supériorité. L’un et l’autre sont encore présents chez Jooste. La peur primale est celle de la disparition de l’identité afrikaner - leur culture, leur langue et leurs symboles - en tant que peuple distinct. Jooste tente désespérément de préserver ce sentiment de différence tout en engendrant une nouvelle génération d’Afrikaners à même de répandre ses idées. Il s’est donné pour mission d’endoctriner de jeunes Afrikaners comme Nicolas, Riaan, Jano et EC, qui ont du mal à comprendre quelle est leur place dans le pays.

Nés après la fin de l’apartheid, ils se sentent exclus, explique Eliria Bornman, professeur du département des sciences de la communication de l’Unisa (Université d’Afrique du Sud) qui a effectué des recherches sur l’identité afrikaner. "Ils savent qu’ils sont différents du reste de la population. N’importe quel dirigeant peut se servir de leur frustration et la canaliser de façon négative."

Devant la tente, les cadets sont obligés de ramper comme des commandos, avec une liefie (une poutre de bois) dans les bras, les genoux en sang. "Persévérez ! Vous devez apprendre à persévérer," crie Jooste. Des rangs du fond montent des sanglots. Les assistants de Jooste, des membres plus âgés du Kommandokorps, ricanent et prennent des photos des nouveaux avec leurs portables. EC est à la peine. La poutre pèse presque un tiers de son poids. Et les nuits aussi sont dures pour lui. "On dort par terre, nos sacs de couchage prennent l’humidité. En trois nuits, j’ai dormi six heures. Tous les jours, je me dis que je vais arrêter." Mais sa carrière dans le paint-ball continue apparemment à le motiver.

La nuit suivante, ils quittent leur tente militaire pour une forêt voisine où ils dressent deux camps. Chacun reçoit une petite boîte de haricots ou de légumes en conserve, qu’ils doivent réchauffer eux-mêmes près du feu avant de la manger. A la première lueur de l’aube, un autre groupe les attaque à coups de paint-ball. Les yeux encore endormis, ils braquent leurs armes factices et ripostent.

Si leurs jeunes visages sont de plus en plus marqués par l’épuisement au fil des jours, ils affichent aussi de plus en plus d’assurance. "L’entraînement m’a appris qu’il faut haïr les Noirs, décrète EC. Ils tuent tous ceux qu’ils croisent. Je ne crois que je vais pouvoir continuer à être ami avec Thabang et Tshepo." Riaan répète presque mot pour mot ce qu’il a appris durant ces neuf jours. "Il y a une guerre en cours entre les Noirs et les Blancs. Beaucoup de sang va couler à l’avenir. Aujourd’hui, je me sens clairement plus Afrikaner. Je sens le sang afrikaner dans mes veines."

Jooste soutient qu’il est d’abord là pour leur apprendre à se défendre. Il ne tient pas à les orienter dans une direction particulière. "Tout ce que nous voulons, c’est canaliser ce sentiment qu’ils portent déjà en eux. Nous ne voulons pas qu’ils basculent dans la haine."

Pourtant, en neuf jours, ces jeunes qui avaient auparavant une foi naissante dans l’unité sud-africaine se sont transformés en des hommes endurcis aux idées racistes. A la fin de leur séjour, les deux garçons qui s’en sont le mieux tirés sont sélectionnés. Pour eux, la prochaine session, le gevorderde weerbaarheids kursus (cours de préparation avancé), sera gratuite. Et là, plus de paint-ball, ils auront droit à de vraies armes.

Par Elles van Gelder source Mail & Guardian le 15/03/2012

Transmis par Linsay

 

Source : De jeunes Blancs à l'école de la haine - Rouge Midi

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 11:44

 

J'ai trouvé ce matin une référence à mon blog en commentaire à l'article A propos des racines et des excroissances du négationnisme - IMC Nantes Je précise que ce n'est pas moi n'est pas moi qui ait posté le commentaire incluant cette référence, mais les réactions qu'il a suscité m'ont incitée à répondre..." c'est en forgeant qu'on devient forgeron", et face qu pannel déconcertant des hybrides politiques actuels, j'ai un grand besoin de me resituer, non dans les objectifs mais dans les manière de les mettre en oeuvre dans un contexte changeant et dans les alliances possibles et celles qui ne le sont pas. 

Cette semaine a été édifiante et fructueuse mine de rien. J'ai appris que j'étais incapable de m'associer même pour un projet non directement politique avec des personnes racistes ou témoignant du respect d'une hiérarchie sociale instaurant une élite. J'ai appris que plus que  jamais, il s'agissait d'interroger en profondeur les concepts véhiculés par les uns et les autres. Les concepts n'ont pas le même sens, ne s'appliquentpas au même champ de réalité dans des contextes depensées politiques différents En l'occurence la récupération actuelle du concept d'autogestion par une gauche étatiste, fait qu'il devient utile de préciser de quel manière ont utilise ce conept et dans quels buts.

Encore mal réveillée, j'ai céder à la tentation de répondre  même si je me refuse de plus en plus de prendre part à ce genre de débat stérile, des défoulements qui n'amène rien de constructif. Le commentaire qui m'accusait d'extrme-droitisme était complètement débile, tellement focalisé dans son fanantisme antifa primaire qu'il n'a pas pris la peine de réaliser que je ne me réclame ni de la gauche, ni de l'altermondialisme, mais de l'écosophie idiosyncrasique et que le procès était donc hors de propos. Juste une réaction de gamin inculte qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et fait le fier grâce à son appartenance identitaire, les nouvelles milices antifas, ce qui lui permet de se lâcher sous prétexte d'appartenance à l'esprit de masse d'un inconscient collectif normatif.  La chasse aux sorcières, merci... on connait. Avec une telle opposition, c'est clair que les néo-nazis ont de beux jours devant eux...

Cela me fait penser à ce titre débile, à propos d'un post relayé sur ce blog "La gauche a peur des antifas"... Des gens de gauche et d'autres comme moi qui ne le sont pas ou plus (ou qui ne peuvent étant fondamentalement de gauche plus se rallier sous les étiquettes de ceux qui prétendent l'être aujourd'hui),  regrettent que des énergies réellement opposées aux fascismes se fasse embarquer dans un amateurisme activiste contreproductif, et se fassent plus fachos que les fachos... un intégrisme de plus dans le pannel déjà large du confusianisme ! Jusqu'à réaliser qu'ils ont été manipulés et ne plus vouloir jamais se mêmler de politique comme ce fût le cas de beaucoup de militants de gauche par le passé.

Comme ces thèmes touchaient à mes préoccupations actuelles concernant les confusions, hybridation et résurgence d'esprit d'Inquisition ambiantes, la réponse c'est étoffée...  la voici

Réponse d'une écosophe idiosyncrasique à un antifa primaire.

 

Autant préciser tout de suite que ce n’est pas moi qui ai posté la référence à mon blog.  Autant ajouter ensuite que jamais je ne me suis prétendue alter… sauf peut-être au tout début de ce mouvement. Et si j’ai participé activement aux mouvements de gauche des années 70, l’évolution actuelle de la gauche confirme son incapacité à défendre ses idéaux proclamés et donc je préfère rester fidèle à ces idéaux plutôt qu’aux étiquettes qui les revendiquent en ne cessant de les trahir.

Ecosophe idiosyncrasique me convient parfaitement.  Et pour ceux qui veulent se la jouer à la Bush « Qui n’est pas avec nous est contre nous » et me catégoriser et classifier à droite, libre à eux, cela les regarde et prouve simplement leur ignorance et leur tendance à juger sans approfondir… Au niveau personnel cela me fait rigoler, sur le plan collectif, c’est surtout triste et ne présage rien de bon pour l’avenir. Et le débat sur le négationnisme confirme cette tendance.

Je me replace dans la perspective historique… l’histoire des camps je l’ai apprise de la bouche de certain(e)s qui l’ont vécue, cela a commencé par la question innocente d’une petite fille « Dis, c’est quoi le numéro sur ton bras ?» posée à une vieille amie de la famille (Wolff, juif berlinois assassiné par les nazis, mon arrière-grand-pére), et de fil en aiguille le reste a suivi, sauf que parfois, certains ne voulaient pas en parler, ne pouvaient pas en parler… parler c’est se remémorer, impossible pour certains sans s’effondrer.  Pour les gens de ma génération, il était inconcevable qu’un jour cette réalité puisse être seulement mise en doute, tout comme était inconcevable le monde contemporain. Si nous avons commis un crime, c’est celui de naïveté… là, oui, je plaide coupable et j’assume. Mais non avons grandi avec l’idée du « Plus jamais cela » et des partis comme le FN, les guerres de religion, la pauvreté, ici, apparaissait comme des reliquats d’un passé en voie de relégation définitive dans les poubelles de l’histoire.

Mais les témoins disparaissent… et les faussaires ont beau jeu. Et d’autant plus que la gauche s’est créé un carcan de tabous digne de certaines périodes d’Inquisition et de cette esprit de purification est plus digne de dérives religieuses sectaires que d’un courant politique censé de développer les actions qui transforment le monde.  Geignarde ou hargneuse, revendicatrice plutôt qu’agissante, j’observe avec une grande tristesse les replis identitaires de gauche qui eux aussi témoignent du désarroi confusionniste.

Exemple : Choisir comme le font certains la prise de la Bastille comme symbole de la lutte de gauche, c’est se référer à une révolution bourgeoise par laquelle le tiers-état instrumentalisé a permis à la bourgeoisie industrielle et financière d’évincer l’aristocratie et de mettre en œuvre la nouvelle forme d’esclavage industriel qui sévit encore et regagne du terrain puisque la dictature technocratique qu’est la gouvernance économique qui s’installe en Europe est une forme suprême de l’esclavagisme qui veut contrôler jusqu’au recoin les plus intimes de nos existences. Et pourtant je sais que parmi ceux qui participent à cette mascarade, se trouvent des personnes avec qui je peux me sentir des affinités.

Un parallèle peut être opérer avec la guerre de Sécession des USA,quoi qu'ait été les suddistes, l'esclavage dans les usines yankees n'était pas enviable non plus. Les Yankees ne venaient pas en libérateurs des esclaves noirs mais en conquérant d'un territoire qui leur offrait en plus une main d'oeuvre corvéable à merxi, indispensable à leurs ambition de développement industriel.

Je trouve fort dommage cette recrudescence de puritanisme de la gauche qui évoque pour moi les religions post-chrétiennes dans ce qu’elles ont de plus ignoble : le contrôle de l’information dans le but de contrôler la pensée, conduisant une gauche frileuse à se désintéresser de certains sujets et de se cantonner au politiquement correct actuellement médiatisé. Alors oui, si des sites dont je ne partage pas l’orientation générale ou la vision du monde me donnent des informations sur ce qui se passe aujourd’hui, sur ce que vivent les populations d’Irak ou de Colombie, de Libye ou du Honduras… j’irai chercher l’information où elle se trouve, et pas toujours à gauche. Et j’essayerai de faire preuve de discernement, cette faculté humaine en voie de disparition.Je crois d'ailleurs que tout le temps passé à discutailler en se posant comme détenteurs de La Vérité serait plus utilement fructifer à développer ces facultés de discernement qui ont volontairement été anihilées par les processus d'acculturation imposé parle colonisateur économique de l'Europe.

Et oui, le négationnisme est révoltant, mais non : les comparaisons de certaines guerres actuelles avec l’idéologie nazie est tout à fait pertinente, parce qu’il existe des liens de filiation historique, mais pour le savoir il faut chercher et je constate que beaucoup préfèrent hurler avec les masses aux inconscients collectifs manipulés plutôt que de se livrer aux tâches de fourmis de la recherche.Et ce n'est pas ma vieille amieau bras tatouée qui m'aurait contredite, ni les autres de ces rescapés des camps qui ont contribué à mon éducation. Plus jamais ça, pour eux impliquait ni ici,ni ailleurs... contre quelques peuples que ce soit, groupes que ce soit stigmatisé au nom de leur différence d'avec une identité prise comme référence du bien. La disparition de ces témoins provoque chez moi des sentiments contraires. Ouf! il ne sont pas témoins de la résurgence actuelle du nazisme, et certains ne l'aurait pas qupporté. Et merde, comme j'aimerais parfois les avoir encore à mes côtés, car s'ils étaient encore là, rien de cela ne serait possible.

De projeter de bombes à l'uranium appauvri en connaissant les effets à terme, c'est moins flagrant que les chambres à gaz mais à terme tout aussi radical et la volonté d'éradication de groupes jugés inférieurs, de purificationethnique est tout aussi présente... sauf que la volonté eugéniste actuelle ratisse large et que sont champ d'action planétaire fait que le mot génocide est de rigueur encore que petit à petit, c'est éthnocide quidevient plus exact.


Des Ford, Prescott Bush… aux Brezinski… en passant par l’école des Amériques et l’opération Paperclip … et autres métastases du nazisme qui gangrènent notre monde, il y a un fil continu et une idéologie commune.  Des guerres secrètes de la doctrine de Monroe en Amérique Latine à celles qui se mènent actuellement aux Moyen-Orient, ce sont non seulement les mêmes méthodes mais la même idéologie. Et des recherches volontairement et consciemment mise en oeuvre pour éliminer sélectivement et massivement les peuples d'une région donnée sont de la même nature et procède de la même volonté que celle d'un gaz qui élimineraient les boucs émissaires désignés par les nazis pour des raisons qui n'étaient pas seulement ethniques. Les documents déclassifiés  montrent très bien ce qui se joue dans la mise au point d'armes radioactives, Usa recherches sur les armes radioactives et une étude des effets de ces armes montrent que les objectifs énoncés ont été atteints avec succès.

Qu’une grande partie de la gauche soutiennent les interventions de l’OTAN, en appelle à l’ONU ce qui en revient (entre autres)  à avaliser la prétention US de jouer les gendarmes du monde...De rire avec Harpie Clinton de l’assassinat de Kadhafi et de ce désintéresser des conséquences concrètes de cette intervention pour le peuple libyen, quitte à être étiquetée d’extrême-droite, je continuerai à chercher les infos qui en parlent, en déplorant qu’elles se trouvent sur des sites par ailleurs en opposition avec ma conception du monde. Mais ce qui se passe aujourd’hui en Libye semble n’intéresser plus personnes dans la gauche bienpensante qui a encouragé la mise à sac d’un pays dont profite aujourd’hui l’oligarchie industrielle et les extrémistes religieux.

Comme ceux qui instrumentalisent aujourd’hui l’histoire des camps nazis, se soucient fort peu en fait, du sort de ceux et celles qui ont eu à vivre cette traversée de l’horreur et de ceux qui n’en sont pas revenus. Ils sont juste un créneau porteur, un label facile de bonne conscience dépouillé de la réalité du vécu affrontés par des victimes dont beaucoup de sentiraient offensées de voir leurs épreuves récupérées pour servir de garantie de bienpensance à des professionnels de la manipulation, les voici devenus vecteurs idéologiques.

L’écosophie idiosyncrasique se soucie des personnes, des habitants de la Terre et de leur avenir commun. Si Son rhizome développe des racines à gauche, la droite est pour lui un terrain stérile dans lequel il ne peut s’ancrer car l'écosophie ne laisse aucune place à quelque forme de racisme que ce soit, ni à aucune hiérarchisation sociale avec ses prétention élitiste de certain, ni aaucune manifestation d'autoritarisme ou d'esprit d'Inquisition.

 Aussi bien ce qui précède que de pressentir le négationnisme comme danger témoignent de l’échec du projet de gauche. Si ce projet était en bonne santé, de telles polémiques n’auraient même pas lieu d’être, le négationnisme serait resté anecdotique, la Marine aurait sombré avec son papa dans le passé révolu et n’aurait jamais jouit d’aucune faveur populaire ni médiatique, parce qu’elle n’aurait intéressé personne.

Il convient donc de s’interroger sur ce projet et sur ceux qui prétendent aujourd’hui l’incarner. Il convient de se demander pourquoi une grande partie de la gauche du siècle passé était ouvertement colonialiste, pourquoi elle a accepté alors qu’elle était en position de force la corde au cou du plan Marshall qui renforce les bases de la colonisation de l’Europe déjà posé par les dettes de guerre. Il convient de se demander pourquoi aujourd’hui encore certains réduisent la catastrophe Staline à une sorte d’anecdote insignifiante de l’histoire du communisme historique. Pourquoi on oublie si facilement qu’à la révolution française de 1789 à succédé la terreur et qu’il aura fallu presqu’un siècle pour que ce pays connaissent la stabilité d’une République bourgeoise, édifiée sur les ruines de la Commune. Pour les nuls en histoire, non, les communards n’ont pas plus gagné la révolution de 1871 que Napoléon n’a gagné la bataille de Waterloo.

Et par la suite, le travail de pénétration, entrisme, récupération, détournement de tout mouvement populaire pouvant nuire aux intérêts des Profiteurs nous a conduit à la situation de confusion actuelle.Et la purification quand ne subsiste que des hybrides est un leurre et un mythe qui ne sert que le pouvoir en place. Les seules actions porteuses sont celles qui posent concrètement les bases d'un autre monde, au quotidien. Et là beaucoup de contradictions se résobent d'elles-mêmes, alors qu'il reste des inconciliables. Tous les collectifs dont j'ai fait partie était composés de gens de toutes origines sociales, ethniques et culturels... de fait les racistes et les élitistes n'avaient aucune envie de se joindre à nous. Ils s'excluaient d'eux-mêmes puisque incapables d'accepter nos affinités et nos différences.


Et début de réponse concernant l'échec du projet révolutionnaire de gauche : les révolutions se conçoivent d’abord comme des expériences de la pensée et se fondent dans la fiction d’une table rase. La pensée fonctionne alors comme un laboratoire, et le penseur détermine les conditions de possibilité de l’expérience (révolution). Or la plupart du temps la situation concrète réelle recèle nombre de facteurs qui rendent cette révolution impossible. Certains nient ou minimisent l’existence de ces facteurs et postulent qu’ils peuvent les tenir pour négligeables, courant le risque dans les tentatives de mise en pratique ultérieures de se heurter à une opposition dont ils avaient sous-estimé l’ampleur et dont la nature échappe à leur entendement. D’autres adoptent les méthodes de purification (comme un scientifique dans un laboratoire purifie les produit nécessaire à son expérience)… soit celle directe et immédiate de l’élimination physique des opposants, soit celle d’une dictature : seul le chœur des voix en accord avec  le régime est autorisé. Toute parole divergente est sanctionnée, toute velléité  de pensée divergente est traquée et éradiquée… et dans tous les cas, à terme, cela fini par foirer, parce que les processus du monde ne se produisent jamais dans les conditions du laboratoire et ne reproduisent jamais la fiction du système fermé et parce que les humains sont rebelles à la purification et que la nature même de l’être vivant et de l’évolution implique l’apparition des divergences, des réenchaînements, des irréductibles nouveautés, sources de changement et de transformation du monde.

Ceci ne différe en rien des méthodes utilisées par le système actuel qui ne peuvent se rapprocher du complot que dans la mesure où se poursuit de génération en génération la tentative d’appliquer au monde dans son entier une idéologie unique, une vision mécaniste et qui constitue une Machination dans le sens le plus littéral du terme… le monde comme machine gérable par les techniques mécanistes de l’ingénierie sociale. Mais quand le communisme sombre dans le capitalisme d’état, il développe les mêmes travers et se heurtent aux mêmes impossibilités.Un monde d'entropie qui nie l'existence de la néguentropie et donc celles d'un des deux facteurs complémentaireset opposés qui sont les conditions d'équilibre évolutif de notre monde, de la vie et son évolution sur la planète Terre dans sa singularité.

Voilà pourquoi je suis résolument écosophe idiosyncrasique. Une philosophie qui a pour axiomes fondateurs :

Toute personne a droit au bien-être et aux moyens de la dignité du seul fait qu’elle existe.

Nous sommes tous habitants de la Terre qu’il s’agit d’habiter en bon voisin.

...Maintenant si cela amuse de coller des étiquettes éculées sur cette conception du monde... libre à eux... et tant pis pour eux, quel esprit étroit que le leur, plein de petites catégories, incapables de regarder la réalité sans les filtres que leur impose un préformatage dur... au moins ils m'auront stimulé en ce matin ou j'aurais plutôt été tentée par une certaine paresse

Anne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 09:39

Je relaie ce texte,  qui comprend deux parties. La première concerne une tentative d'intimidation pratiquée par "certains groupes" qui se disent """antifascistes""" mais adoptent des comportements tout à fait digne de milices nazies. La deuxième partie concerne la forme plus générale que prennent ces nouvelles milices et l'appel à les rejoindre.

J'adhère tout à fait au point de vue de l'auteure de ce texte, il se passe-là quelque chose de particulièrement glauque et qui sent la manipulation à plein nez. Comment transformer des jeunes spontanément antifascistes en miliciens qui luttent contre des opposants au système qui ne sont pas de droite, au contraire qui restés fidèle aux valeurs de gauche, se démarquent aujourd'hui de tout ceux qui s'arrogeant des étiquettes de "vraie gauche", "à gauche de la gauche" développent des valeurs réformistes selon des modalités qui étaient auparavant l'apanage de la droite.

Cette situation est terriblement malsaine ! et potentiellement dangereuse, non seulement pour les personnes ou collectifs qui seraient victime des agissement de ces milices mais aussi pour le combat lui-même. Comme beaucoup je suis interpellée par les confusions et hybridations actuelles.

Nous, les "anciens", restés fidèles à nos engagements et aux idéaux qui les ont déterminés, sommes particulièrement interpellés par les dérives actuelles. Nous les constatons à travers une histoire qui s'étale sur des décennies. Nombre d'entre nous ont mené des recherches pour remonter aux sources de ces dérives. Nombre d'entre nous ont pu constater à la fois par leur vécu concret et par leur recherche, un développement croissant et une intensification des stratégies de manipulation, de noyautage et de récupération par lesquelles le système tente de diviser ce qui existe d'opposition cohérente et fondée. Mettre cela en évidence sans se laisser impressioner, balancer le nouveau "politiquement correct" pour remettre en avant certaines valeurs fondamentales est urgent.

"Toute personne à droit au bien-être et aux moyens de la dignité du seul fait qu'elle existe" est le principe fondateur de ma conception du monde. En découle les moyens de parvenir à ce but, sous un double espect pratique et théorique.

La fin de "l'exploitation de l'homme par l'homme" est un autre principe fondateur et implique la fin du capitalisme et non sa réforme et son aménagement. Ni propriété privée des moyens de production, ni capitalisme d'état. Ni aucune dictature, pas plus celle du prolétariat que toute autre forme de domination des uns par d'autres.  Là dessus, je ne transige pas. Ni dans la condamnation de tous qui au-delà de la liberté de s'exprimer, nient le droit de penser "par soi-même", développant ainsi un mépris implicite pour le peuple qu'ils prétendent représenter mais jugent inapte au discernement et à la faculter de juger de la pertinence de certaines informations, de certains propos, de certaines opinions.

Je vous renvoie également à un autre texte, Contre leur liberté d’expression « Conspis hors de nos vi[ll]es ainsi que je la ifait dans un post précédent, il fait partie de ce même courant d'intolérence inquisitoriale qui cherche à se développer et je fais appel à tous ceux que cette situation interpelle et choque (pour rester modérée) pour qu'ils et elles soient vigilants mènent leur propres recherches et apporte leur contribution à la lutte contre cette dérive que sous-tend un esprit totalitaire de pensée unique ! Combattre le fascisme, ce n'est pas combattre des étiquettes mais une conception du monde et l'ontologie qui la suppose quel que soit le masque quel revêt et le nom dont elle s'affuble !

 

 

 

Les nouveaux antifascistes ne seraient-ils pas des fanatiques dangereux ?

 

 

  or1.jpg

 

 

Chasseur de "rouge brun", ils semblent plus bruns que rouge … en particulier par le fait qu'ils utilisent des listes de dénonciation plus ou moins fallacieuses.

Ils alignent pêle-mêle les amis antisionnistes de Dieudonné, ceux du négationiste Faurisson, des militants communistes comme Annie Lacroix-Riz,  favorables à Cuba et traités de Castristes …

 

La critique est d'autant plus aisée que la gauche se taisant outrageusement sur les actions en Libye et les manœuvres en Syrie ce sont des militants qui au nom de l'anti impérialisme ne sont pas très regardant sur leurs alliances finissent par être les seuls à nous donner une contre information...

 

Cri du peuple, est formellement opposé à tout compromis avec la négation du génocide du peuple juif, et ce, pas seulement parce qu'il est opposé à l'antisémitisme mais aussi parce que nous n'acceptons pas la négation de "l'histoire qui mènent inévitablement les peuples à la répéter", nous ne partageons pas le point de vue de Bricmont qui dit que la loi Gayssot est une loi d'extrême droite …

 

Mais nous sommes aussi opposés au confusionnisme pervers qui sous prétexte de lutte antifasciste consiste en fait à empêcher l'expression et l'action de soutien à la Palestine, l'expression de ceux qui croient encore au communisme, de ceux qui sont contre les interventions de l'OTAN... Mélanger les genres, la vérité avec du faux est un mécanisme que nous connaissons bien, et c'est un moyen pervers et radical pour aboutir au décervelage et à l'empêchement de la pensés

 

Ces groupes empêchent les conférences de Michel Collon, et des responsable du Grand Soir … et contribuent à l'exacerbation de la violence comme ce fut le cas ce 29 février à Paris



Commune Libre d’Aligre

Café associatif La Commune
Communiqué du Mercredi 29 février 2012

La Commune d’Aligre a découvert ce matin sur les murs du café associatif, 3 rue d’Aligre et en d’autres points du marché, des affiches nuitamment collées, anonymes et hostiles.


Ces affiches s’en prennent nominativement à l’intervenant prévu pour l’animation de ce soir, mercredi 29 février 2012. Elles contiennent également des menaces implicites sur la sécurité des locaux, des adhérents et des intervenants invités.


Sans se prononcer sur le fond des accusations portées, la Commune Libre d’Aligre condamne les méthodes utilisées par les auteurs de cette affiche. En effet, sa violence et son anonymat relèvent des pratiques mêmes qu’elles prétendent dénoncer, alors que la Commune se veut un lieu d’échanges et de dialogues largement ouvert.


Dans l’impossibilité d’assurer ce soir la sécurité du lieu et des personnes, la Commune Libre d’Aligre décide d’annuler le débat prévu.


Les instances de l’association débattront de la possibilité d’une nouvelle programmation de cette soirée dans des conditions sereines assurant un débat ouvert et démocratique.

 

LGS


 

Ces groupes sévissent ici ou là sur divers sites que nous ne nommeront pas afin d'éviter nous aussi l'infâme délation.

certaines questions peuvent cependant se poser :

 

A quoi et à qui servent ces groupes et ces actions ?

Quel est leur but ?

Que signifie ce fanatisme digne de miliciens ?

 

Flirter avec le négationisme est dangereux et malsain mais prendre prétexte de cette dérive pour s'attaquer sans discernement aux sites d'informations alternatives est pour le moins douteux et laisse perplexe le lecteur averti qui n'est pas sans connaître les manœuvres de groupes "sionistes" ni celle des renseignements généraux ….

 

Un tel article donnera sans doute l'occasion à nos anti conspi de citer, une fois de plus, Cri du Peuple comme site d'extrême droite et fasciste.

 

Pour notre part nous continuerons à tenter de nous lier le moins possible avec tout ce qui touche l'alliance avec les tendances négationistes … Nous connaissons l'histoire nous en avons vécu les conséquences...

 

Maryvonne Leray

 

Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-les-nouveaux-antifascistes-ne-seraient-ils-pas-des-fanatiques-dangereux--100533154.html 

 

excusez moi mais cela me fait peur :

 

document à voir : organiser un groupe anti fasciste

 

Alors n’attend plus, monte ton groupe autonome antifasciste,

dans ta rue et sur le net, lance toi dans l’agitation antifa,

ne laisse plus rien passer autour de toi, combat les fascistes,

rejoins l’Action Antifasciste !

 

26-12-01.png

 

Source : Les nouveaux antifascistes ne seraient-ils pas des fanatiques dangereux ? - Cri du Peuple 1871


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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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