2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 20:01

 

 

Si le confusionisme ambiant vous interpelle, si vous ne savez plus très bien où vous situer dans le pannel actuel des idéologies et théories diverses. Si vous reconnaissez une valeur de vérité à certaines recherches effectuées par certains de ceux qui sont aujourdhui stigmatisés dans un monstrueux amalgame sous l'appellation disqualifiante de "conspirationistes", je vous suggère d'aller lire le texte du site Conspis hors de nos vi[ll]es   sous le titre "Contre leur liberté d'expression" (Contre leur liberté d’expression « Conspis hors de nos vi[ll]es ). Au moins en ce qui concerne l'idéologie que véhicule ce site, vous ne pourrez plus avoir aucun doute... après à chacun de savoir...

Pour moi c'est limpide mais je ne l'exprimerai pas ici. D'une part parce que comme beaucoup d'entre nous je suis interpellée par les hybridations théoriques actuelles, que je voudrais voirplus clair avant de m'exprimerà ce sujet si j'en ressens encorele besoin. D'autre part parce que contrairement aux auteurs de ce site, je défends le droit pour chacun de se forger son opinion. Que je suis intimement persuadée et toujours d'avantage que si un nouveau monde doit naître des cendres de celui-ci, si ce monde doit ouvrir la porte à l'épanouissement de chacun et à la fin du gaspillage éhonté du potentiel créatif heureux de l'humanité,cela ne se passera pas par des mots mais par des actions collectives.... et que les opinionsauront alors moins d'importance quece ui sera réaliser ensemble... des lieux pour habiter le monde.

L'article est plutôt long et assez chiant pour qui se passe de verbiage théorique, mais la fin annonce clairement la couleur et permetde lever un peu du voile de confusion qui brouille les pistes et les idées.

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:50

 

Un texte qui amène des éléments de réflexions intéressants pour éclairer ce qui se passe aujourd'hui.

Retour sur une prise de pouvoir

« A défaut d’orga­ni­sa­tions révo­lu­tion­nai­res, le tra­vailleur déçu par la social-démo­cra­tie et trou­blé par la contra­dic­tion entre l’appau­vris­se­ment et la pensée conser­va­trice, se jette néces­sai­re­ment dans les bras du fas­cisme. »
Wilhelm Reich

« Six mil­lions et demi de débi­les et de fous furieux qui sans inter­rup­tion récla­ment à grands cris à pleine gorge un met­teur en scène
Le met­teur en scène vien­dra et les enfon­cera défi­ni­ti­ve­ment dans l’abîme »
Thomas Bernhard

« Ne pas rire, ne pas juger, ne pas déplo­rer mais com­pren­dre »
Baruch Spinoza

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“Vers le fas­cisme ?” inter­ro­geait la revue Lignes en 1992 [1]. L’élection de Nicolas Sarkozy à la plus haute fonc­tion de l’Etat offre une réponse sans ambigüité : l’avè­ne­ment du can­di­dat de l’Union pour un Mouvement Populaire consa­cre la prise de contrôle de l’appa­reil d’Etat par le fas­cisme. Comment ? Comment est-on passé en l’espace de quinze ans de la légi­time inquié­tude devant ce qu’on nom­mait à l’époque “la montée du fas­cisme” - qu’on a nommé par la suite “la lepe­ni­sa­tion des esprits” - à l’élection de Nicolas Sarkozy à la plus haute fonc­tion de l’Etat fran­çais sur la base de mots d’ordre et de slo­gans d’extrême-droite : “Nettoyez la racaille au kar­cher”, “La France tu l’aimes ou tu la quit­tes”, ou encore “L’iden­tité natio­nale” ?

“Fasciste !” crie-t-on en guise d’injure. Cette asser­tion est devenu un slogan, un mot d’ordre, une insulte ; elle blesse le corps tout en étant vidée de son sens. “Fasciste !”, le jet de ce stig­mate à la face de qui­conque ne peut plus être nié et dénié. Fasciste ? Sujet aux pas­sions tris­tes - ces micro-fas­cis­mes qui nous font dési­rer notre propre asser­vis­se­ment - l’injure peut s’appli­quer à chacun tant il appa­raît qu’à moins de culti­ver une sagesse phi­lo­so­phi­que confi­nant à l’ata­raxie [2] et à se reti­rer du jeu social pour médi­ter dans une caverne - mais ne serait-ce pas encore une pas­sion triste ? -, nous sommes tous por­teurs des germes de la mala­die. Pour autant doit-on en conclure que nous sommes tous fas­cis­tes ? Considérant avec Deleuze et Guattari que chacun déve­loppe ses micro-fas­cis­mes, ses pas­sions tris­tes qui nous affai­blis­sent dans le moment même où nous croyons qu’elles nous for­ti­fient, à l’image de cette sub­stance noire venue de l’espace, qui fait délais­ser à Spiderman l’habit de jus­ti­cier pour endos­ser la cape du ven­geur, la réponse ne peut être que posi­tive. Mais alors si tout le monde l’est, per­sonne ne peut plus reconnaî­tre que c’est la domi­na­tion sans par­tage du fas­cisme, sa réa­li­sa­tion, bref la fin de l’his­toire. C’est son annu­la­tion, per­sonne ne peut plus contes­ter son exis­tence. Bref, le règne des pas­sions tris­tes et l’avè­ne­ment du petit homme.

Qu’est-ce que le fas­cisme ? Il n’est pas l’anar­chisme même si pour­tant, comme lui, il est une manière de vivre, de res­pi­rer, de res­sen­tir le monde avant d’être un sys­tème poli­ti­que. Fantasme de mort s’oppo­sant au rêve de vie, ces deux uto­pies s’oppo­sent termes à termes : au “viva la muerte” des fas­cis­tes répond le désir de vie des anar­chis­tes ; aux pas­sions tris­tes culti­vées par les pre­miers, les seconds pré­fè­rent les pas­sions joyeu­ses dési­rant la réa­li­sa­tion de leur désir, dési­rant leur désir quand les autres, ne pou­vant se dépren­dre de la culpa­bi­lité du leur, ne sou­hai­tent que sa des­truc­tion. L’anar­chisme désire l’abo­li­tion du pou­voir, il rêve d’un monde où le pou­voir ne serait exercé sur per­sonne et où per­sonne ne joui­rait de son exer­cice sur qui­conque, quand dans le même temps le fas­cisme pré­sente une archi­tec­ture sociale pyra­mi­dale carac­té­ri­sée par la jouis­sance de la domi­na­tion : plai­sir sado-maso­chiste de pou­voir être humi­lié par un maître et de pou­voir humi­lier celui qui est en-des­sous de soi ; plai­sir ultime de jouir d’une per­son­na­lité élevée au rang d’idole, d’un père qui n’a pas été tué ou qui l’a été avec regret et qui en fait dési­rer un nou­veau. Enfin le fas­cisme consa­cre le règne du kapo, ce petit homme fort avec les fai­bles et fai­bles avec les forts, quand l’anar­chiste s’asso­cie, flirte avec la vie, élit une per­sonne sur la base d’une ren­contre, sur la reconnais­sance d’affi­ni­tés sans pro­messe, sans contrat, sans res­pect, juste dans la reconnais­sance et le désir de l’autre - fut-ce une minute, une heure, une jour­née ou toute la vie - pour jouir et faire jouir. Si les hommes sont faits de leurs rêves comme le fai­sait remar­quer - à peu près - Oscar Wilde, le petit homme fas­ciste rêve de sécu­rité et d’ordre, de domi­na­tion et d’alié­na­tion.

(micro-)Fascisme(s)

Dans Mille Plateaux, Deleuze et Guattari écrivent : « Désir d’argent, désir d’armée, de police et d’Etat, désir-fas­ciste, même le fas­cisme est désir. » [3]. Si le fas­cisme est désir, com­ment se saisir de ce désir ? Comment se réa­lise-t-il ? Si le fas­cisme est désir, com­ment s’est-il cons­truit et déve­lop­per au point de réus­sir à capter les masses et à pren­dre le contrôle des masses ? Si le fas­cisme est désir, com­ment lutter contre ce désir de répres­sion, d’asser­vis­se­ment ? Comment lutter contre un désir, une pas­sion avec la seule arme des argu­ments ?

Le fas­cisme a inves­tit le lan­gage et en pre­mier lieu le lan­gage poli­ti­que. Il a trouvé dans la sub­sti­tu­tion d’une repré­sen­ta­tion économique - riche / pauvre - rem­pla­cée par une repré­sen­ta­tion natio­na­liste - fran­çais / étranger - une niche dans le lan­gage où se déve­lop­per.

Pierre Bourdieu met en évidence le fait que l’entrée du Front National dans le champ poli­ti­que a pro­vo­qué un chan­ge­ment dans la repré­sen­ta­tion du monde social : « La pré­sence du F.N. a sub­sti­tué à l’oppo­si­tion entre les riches et les pau­vres l’oppo­si­tion entre des natio­naux et des étrangers qui, notam­ment sous l’influence du champ poli­ti­que, est deve­nue si impor­tante dans la cons­cience poli­ti­que com­mune. Il serait hélas facile de mon­trer qu’il n’y a plus de parti qui ne se défi­nisse pas par rap­port à cette réfé­rence, cette dicho­to­mie, ce prin­cipe de divi­sion qui a été imposé et importé dans le champ poli­ti­que. » [4]

Michel Surya, dans “Le sang de l’Europe" [5] met en évidence com­ment les idéo­lo­gues du Front National ont investi le lan­gage - condi­tion de la prise de pou­voir - en inves­tis­sant l’espace idéo­lo­gi­que de l’adver­saire (1), en s’empa­rant des mots-clefs par les­quels il se défi­nit (2), en retour­nant le sens et l’enjeu (3) puis en fai­sant de ce sens une arme de contre-inves­tis­se­ment idéo­lo­gi­que (4). L’auteur donne l’exem­ple du retour­ne­ment du concept de racisme, devenu une arme employée par le F. N., consa­cré dans l’expres­sion “racisme anti-fran­çais”, laquelle a acquis la légi­ti­mité lors des mani­fes­ta­tions en 2006 lorsqu’il a été répété à l’envi par les médias pour rendre compte des heurts qui oppo­saient les mani­fes­tants entre eux. Cette per­ver­sion de la langue retour­née idéo­lo­gi­que­ment n’a pas eu d’effets seu­le­ment dans la reprise de termes uti­li­sés et / ou inves­tis par le Front National.

Le voca­bu­laire s’est “natio­na­lisé” : des chan­ge­ments de noms ou des bap­tê­mes ont rem­plis les vides ; ces appel­la­tions ont pris des accents natio­na­lis­tes agis­sant et se répé­tant avec force, péné­trant les corps et les cer­veaux, sug­ges­tions condi­tion­nan­tes. C’est le cas du terme “France” : en sep­tem­bre 1992, les deux chaî­nes de télé­vi­sion publi­ques, “Antenne 2” et “FR3”, pre­naient le nom de “France 2” et “France 3”. Quinze ans plus tard, trois chaî­nes (entre-temps est venue s’ajou­ter “France 5”) sur les cinq que comp­tent le réseau hert­zien com­pren­nent le mot “France”. De même, la vic­toire de l’équipe de France de foot­ball en 1998 a eu comme scène le stade de France cons­truit pour l’occa­sion, lequel est aussi le théâ­tre de shows spec­ta­cu­lai­res d’artis­tes parmi les­quels Johnny Hallyday ou Jean-Marie Bigard, tous deux sou­tiens de Nicolas Sarkozy.

Je pour­rais pour­sui­vre plus loin la démons­tra­tion et pro­po­ser un recen­se­ment exhaus­tif de tous ces termes inves­tis par le natio­na­lisme, le racisme ou encore l’auto­rité, termes mani­fes­tant les signes de la réac­tion capi­ta­liste mais je me sens “pris dans mille peti­tes mono­ma­nies, des évidences et des clar­tés qui jaillis­sent de chaque trou noir, et qui ne font plus sys­tème, mais rumeur et bour­don­ne­ment, lumiè­res aveu­glan­tes qui don­nent à n’importe qui la mis­sion d’un juge, d’un jus­ti­cier, d’un poli­cier pour son compte, d’un gau­lei­ter [6] d’immeu­ble ou de logis [7]”.

Restons au stade de France : en 1998, après la vic­toire de l’équipe de France contre le Brésil et au vu des scènes de liesse, de joie et de bon­heur du peuple com­mu­niant dans les rues dans la célé­bra­tion du succès, les doxo­so­phes [8] de toutes sortes, chiens de garde de l’idéo­lo­gie capi­ta­liste, ont salué la vic­toire d’une équipe ras­sem­blant tout un peuple par la for­mule “Black-blanc-beur”. L’expres­sion sur­vé­cut quatre ans : Chirac fut élu au deuxième tour de la pré­si­den­tielle 2002 recueillant plus de 80% des suf­fra­ges face à Jean-Marie Lepen. Dans la foulée, défaits par le Sénégal et le Danemark, les Français ne pas­saient pas le pre­mier tour lors de la coupe du monde orga­ni­sée en Corée et au Japon.

Le mythe du sport comme vec­teur de paix, de fra­ter­nité, de ren­contres, etc. entre les peu­ples, les cultu­res et les nations imprè­gnent tous les dis­cours des pro­pa­ga­teurs du spec­ta­cle, thu­ri­fé­rai­res [9] du spec­ta­cle spor­tif agis­sant à la télé­vi­sion, à la radio, dans la presse écrite et sur inter­net.

Qu’est-ce que le sport ? Le sport est l’opium du peuple [10], le foot­ball la peste émotionnelle [11]. Plus, le sport est le spec­ta­cle poussé à son paroxysme en tant qu’il est le corps devenu mar­chan­dise. Le sport n’est pas un jeu [12] : il est un des vec­teurs pri­vi­lé­giés qui per­met­tent de répan­dre les trois valeurs au fon­de­ment de l’idéo­lo­gie fas­ciste : l’auto­rité (res­pect de l’entraî­neur, de l’arbi­tre, des règles etc.), le natio­na­lisme (dra­peaux et hymnes avant les matchs, clas­se­ment des pays aux jeux olym­pi­ques, etc) et le capi­ta­lisme (concur­rence, per­for­mance, divi­sion du tra­vail au sein des staffs tech­ni­ques et des équipes spor­ti­ves etc.).

L’idéo­lo­gie spor­tive vante un corps exhibé, un corps à vendre et à ache­ter, mar­chan­dise sur laquelle est mar­quée non pas le prix mais le nom de celui qui se l’offre et dans le même mou­ve­ment s’offre à voir aux masses [13].

Enfin le sport spec­ta­cu­la­risé donne à voir un corps dont on espère qu’il ne cons­ti­tue pas la réponse défi­ni­tive que notre civi­li­sa­tion apporte à la ques­tion de Spinoza : qu’est-ce que peut un corps ? Le corps du sport mis en scène, spec­ta­cu­la­risé est un corps fan­tasmé, sur-entraîné, mili­ta­risé ; corps-fas­ciste dont l’épanouissement s’accom­plit dans la réa­li­sa­tion de l’acte : décharge orgas­ti­que [14] que cons­ti­tue l’accom­plis­se­ment de la per­for­mance, ren­for­ce­ment du sen­ti­ment d’appar­te­nance à une équipe, à un club, à une nation et sen­ti­ment du devoir accom­pli. Le sport, vio­lence contrô­lée et alié­na­tion au tra­vail par un entraî­ne­ment poussé et métho­di­que auquel le spor­tif se sacri­fie, nie l’acte sexuel, réprime l’orgasme en pro­po­sant aux masses un orgasme de sub­sti­tu­tion qui électrise tout le corps au moment où l’ath­lète accom­pli la per­for­mance : marque un but, fran­chit la ligne, tape le mur ou smashe.

Dans les années 1990, le sport a connu sinon une forme de consé­cra­tion, tout au moins une reconnais­sance publi­que [15] et média­ti­que [16]. A l’ori­gine de la créa­tion des trois événements spor­tifs (Les jeux olym­pi­ques furent crées par Pierre de Coubertin, la coupe du monde de foot­ball par Jules Rimet, et le tour de France par le jour­nal l’Auto [17]) les plus regar­dés au monde, les Français ont attendu les années 1990 pour obte­nir une reconnais­sance sur la scène spor­tive inter­na­tio­nale et jouer un rôle dans l’euphé­misme de la grande guerre qu’est le sport.

En 1993, deux clubs fran­çais - le C.S.P. Limoges en basket et l’Olympique de Marseille en foot­ball - gagnè­rent la coupe d’Europe la plus pres­ti­gieuse, une pre­mière pour une équipe fran­çaise. En 1995, quel­ques mois avant que Jacques Chirac ne devienne pré­si­dent et abo­lisse le ser­vice natio­nal, des sol­dats fran­çais rem­por­tè­rent pour la pre­mière fois une guerre mon­diale : les hand­bal­leurs fran­çais deve­naient la pre­mière équipe de sport col­lec­tif à monter “sur le toit du monde” comme l’écrivent les fai­seurs d’his­toire du sport. En 1996, à Atlanta, les ath­lè­tes ren­traient dans le top cinq mon­dial au clas­se­ment des médailles avec une qua­ran­taine de médailles olym­pi­ques. 1998 mar­quait le point d’orgue de la conver­sion de la France à l’idéo­lo­gie spor­tive et à la fas­ci­na­tion pour les stars suan­tes : Zidane and co rem­por­taient la coupe du monde de foot­ball face au Brésil. La fête dura toute la nuit : les visa­ges des joueurs défi­lè­rent sur l’Arc de Triomphe, Jacques Chirac, le pré­si­dent de la République, endossa un maillot bleu floqué à son nom pour venir saluer les héros. La masse pou­vait jouir : “On a gagné, on est les meilleurs !”. Sortez les dra­peaux et chan­tez la Marseillaise !

Au début des années 1990, aucun - ou pres­que - des joueurs com­po­sant l’équipe de France n’enton­nait la Marseillaise avant les matchs inter­na­tio­naux. Quelques temps après la vic­toire “blacks-blancs-beurs”, Jean-Marie Lepen s’étonna à plu­sieurs repri­ses qu’aucun ne chante l’hymne natio­nal. L’erreur fut vite répa­rée, pour prou­ver leur patrio­tisme et faire taire la cri­ti­que les foot­bal­leurs s’exé­cu­tent [18]. On peut voir main­te­nant nos foot­bal­leurs chan­ter l’hymne natio­nal avec une fer­veur non dis­si­mu­lée. Elle a connu des for­tu­nes diver­ses, notam­ment lors du match amical oppo­sant les équipes fran­çai­ses et algé­rien­nes au stade de France le 6 octo­bre 2001. “La Marseillaise” fut sif­flée par une partie du public pro­vo­quant le cour­roux des hommes poli­ti­ques et des chiens de garde voyant dans cet acte un man­que­ment à la neu­tra­lité spor­tive et au res­pect dû à l’adver­saire.

N’est-ce pas l’expres­sion d’un mépris exprimé dans toute son indé­cence que toute une équipe et un stade der­rière lui chan­tent “qu’un sang impur abreuve nos sillons !” quand l’adver­saire est un pays qui a subit le joug de la France pen­dant plus d’un siècle [19] ? Sommes-nous arri­vés à un degré d’insen­si­bi­lité et d’incons­cience tel que nous ne puis­sions com­pren­dre cet acte de pro­tes­ta­tion ?

Pour autant on ne sau­rait com­pren­dre com­ment le sport a contri­bué au déve­lop­pe­ment du fas­cisme, à pré­pa­rer la masse à son accom­plis­se­ment, sans pren­dre en compte deux éléments : 1) il a pris une place vide, un espace à com­bler dans le déve­lop­pe­ment de l’indus­trie du spec­ta­cle en demande de pro­gram­mes pour satis­faire les chaî­nes de télé­vi­sion et 2) il tend à se sub­sti­tuer à deux struc­tu­res au fon­de­ment de la répu­bli­que : le ser­vice mili­taire et l’école. Le pre­mier a été sup­primé dans le moment même où le sport fran­çais connais­sait ses pre­miers succès euro­péens et mon­diaux. Ainsi, à l’ini­tia­tive de Jacques Chirac, le gou­ver­ne­ment fran­çais a sup­primé le ser­vice mili­taire (avec tous les ris­ques que com­por­tent l’exis­tence d’une armée de métier dans une démo­cra­tie), un des fon­de­ments de la République depuis la Révolution qui ins­ti­tuait le droit et le devoir pour le citoyen de défen­dre le ter­ri­toire fran­çais, qui lui per­met­tait d’appren­dre le manie­ment des armes, dans le même temps où la France voyait ses spor­tifs-sol­dats reve­nir des ter­rains dis­sé­mi­nés aux quatre coins du monde la tête cou­ron­née de lau­riers et le cou alour­dit par une bre­lo­que dorée.

La seconde sub­sti­tu­tion consiste en une inver­sion dans la repré­sen­ta­tion que nous avons des acteurs du monde spor­tif et des acteurs du monde éducatif. Pour plus de clarté, j’expo­se­rai cette idée sous forme d’hypo­thè­ses : 1) le pres­tige et la reconnais­sance des métiers de l’éducation a tendu à dimi­nuer à mesure que crois­sait le pres­tige et la reconnais­sance accor­dés à ceux du sport ; et 2) dans le même temps, le sport s’est sub­sti­tué à l’école sur deux points : il tend à accom­plir une mis­sion d’éducation et de socia­li­sa­tion ; et il tend à dis­po­ser les agents enga­gés dans le sport à inves­tir dans cette pra­ti­que ce qu’ils inves­tis­saient aupa­ra­vant dans l’école : la réus­site, l’ascen­sion sociale, la reconnais­sance etc.

Désir d’argent, désir d’arbi­tre et du res­pect des règles et désir d’uni­forme ; le sport est désir, désir-fas­ciste.

Liberté, liberté chérie...

Le fas­cisme est désir : micro-fas­cisme dési­rant enten­dre des mots d’ordre et micro-fas­cisme jouis­sant du spec­ta­cle des gai-robots qui cou­rent, désir et jouis­sance per­verse. Mais ce n’est pas assez de savoir qu’il est désir, ou bien cela est-il trop parce qu’il n’y aurait qu’à atten­dre sa réa­li­sa­tion et se lais­ser empor­ter par son élan des­truc­teur, son sui­cide.

Parmi les com­po­san­tes favo­ri­sant la cris­tal­li­sa­tion du fas­cisme, son appro­pria­tion de l’appa­reil d’Etat esquissé dans le lan­gage et la place qu’a pris le sport, je désire faire un retour sur la démo­cra­tie, des­si­ner les traits saillants qui ont mar­qués sa nais­sance et son déve­lop­pe­ment.

Dans l’éditorial de Lignes, M.Surya invite à « se res­sai­sir de ce mot, s’en res­sai­sir aujourd’hui, a ce sens, ou du moins met-il ce sens à l’essai, en guise de ques­tion­ne­ment dra­ma­tisé : que manque-t-il dès lors (la conta­gion se pro­pa­geant) au natio­na­lisme, au popu­lisme, au racisme, à l’anti­sé­mi­tisme etc., pour que les socié­tés, où l’assen­ti­ment les laisse croî­tre et pros­pé­rer, se fas­ci­sent, et se fas­ci­sent majo­ri­tai­re­ment. Si c’est affaire de nombre (et ce l’est, bien sûr, en démo­cra­tie ; c’est même le revers de la démo­cra­tie que le nombre suf­fise à le per­met­tre), l’his­toire ensei­gne - à peu près - qu’il y faut un bas­cu­le­ment des clas­ses moyen­nes [20] ».

Ainsi la démo­cra­tie aurait ce revers, cet effet per­vers de per­met­tre l’acces­sion au pou­voir du fas­cisme entendu comme l’exa­cer­ba­tion du natio­na­lisme, du racisme, de l’auto­rité, etc par la seule force du monde ? « Démocratique, c’est le droit d’être esclave de tout le monde » cons­ta­tait Karl Kraus [21] dans un élan de cynisme.

Claude Bourdet cons­tate que « nulle part, ailleurs que dans cette France qui se vante d’être le ber­ceau de la démo­cra­tie etc., on ne voit un per­son­nage comme Jean-Marie Le Pen pren­dre, mois après mois, de plus en plus d’impor­tance [22] ». Si la connais­sance de l’his­toire sert à com­pren­dre le pré­sent, il appa­raît que nous ne puis­sions nous tar­guer du pres­tige d’un passé démo­cra­ti­que sans tâches : le pre­mier pré­si­dent (le neveu de Napoléon 1er, futur Napoléon III et auteur de plu­sieurs ten­ta­ti­ves de putschs avant son élection) élu au suf­frage uni­ver­sel garde le pou­voir par la force, les femmes ont obtenu le droit de vote parmi les der­niè­res en Europe et la ten­ta­tive de démo­cra­tie directe esquis­sée par la Commune a été répri­mée par l’armée fran­çaise. Si la France est le ber­ceau de la démo­cra­tie, il est à crain­dre qu’elle ait été bercée trop près du mur ! Trop près du mur du fas­cisme comme le rap­pelle Zeev Sternhell. « Encore un effort pour être répu­bli­cain ! » criait le Marquis de Sade du fond de sa cel­lule. Et pour être démo­cra­ti­que ajou­te­rais-je.

La démo­cra­tie dans laquelle nous vivons res­sem­ble à s’y mépren­dre à la démo­cra­tie amé­ri­caine que Mills dépei­gnait dans les années 50 : « Les Etats-Unis d’aujourd’hui sont démo­cra­ti­ques essen­tiel­le­ment par la forme et par la rhé­to­ri­que des beaux len­de­mains. En fait, si on va au fond des choses, ils sont sou­vent anti­dé­mo­cra­ti­ques ; dans de nom­breux sec­teurs ins­ti­tu­tion­nels, ce n’est que trop clair. Ce ne sont pas des assem­blées pro­vin­cia­les qui gèrent l’économie de gran­des entre­pri­ses, ce ne sont pas des pou­voirs res­pon­sa­bles devant ceux que leurs acti­vi­tés inté­res­sent prin­ci­pa­le­ment. C’est également le cas de machi­nes mili­tai­res et de l’Etat [23] ». Dans Lignes, Jean-Paul Curnier dresse un cons­tat simi­laire : « Déjà, on le sait, l’essen­tiel des choix qui déci­dent du destin commun s’effec­tue en-dehors de toute pro­cé­dure d’examen, de déli­bé­ra­tion et de déci­sion col­lec­tive, déjà, la vitesse des inte­rac­tions de plan mon­dial, qu’il s’agisse d’arme­ment, de poli­ti­que inter­na­tio­nale, d’économie ou de finance, réduit à peu de choses la sou­ve­rai­neté des peu­ples. De ce point de vue-là, les démo­cra­ties ont déjà renoncé à elles-mêmes, et ce, depuis long­temps. Leur appa­rente iner­tie ne réus­sit plus à cacher l’actuelle délé­ga­tion du pou­voir réel vers l’auto­ma­ti­cité des sys­tè­mes. [24] »

Ainsi, les deux auteurs se retrou­vent sur ce point : nos démo­cra­ties se carac­té­ri­sent par le fait que l’essen­tiel des choix qui orien­tent les pra­ti­ques quo­ti­dien­nes, qui édictent les règles, qui dic­tent nos condui­tes sont effec­tués en-dehors de tout contrôle. J.P.Curnier va plus loin en écrivant que les démo­cra­ties ont renoncé à elle-même. Quel est ce renon­ce­ment ? Est-il celui de la Commune à pour­sui­vre les Versaillais et à pren­dre le pou­voir ? Celui des citoyens à par­ti­ci­per acti­ve­ment à la vie publi­que, à exer­cer de près un contrôle des ins­ti­tu­tions démo­cra­ti­ques ? Peut-on parler de renon­ce­ment quand à la ten­ta­tive uto­pi­que des com­mu­nards, la réponse de l’armée fut l’exé­cu­tion et le bagne ? Si renon­ce­ment il y a, il est dans le repli sur le foyer du citoyen et son désir d’oppres­sion. Désir que les domi­nants ont fait dési­rer en répri­mant avec dureté ses vel­léi­tés de démo­cra­tie et d’émancipation : la Commune n’est peut-être pas la société enchan­tée que nous dépei­gnent les mili­tants tris­tes rem­plis d’une nos­tal­gie toute dix-neu­viè­miste, mais elle reste l’expé­rience la plus démo­cra­ti­que qu’aucune autre depuis deux siè­cles [25]. “Le pou­voir ne pro­tège plus mais se pro­tège contre chacun” écrivait Raoul Vaneigem [26] en 1967 et ce n’est pas le moin­dre des tours de force du pou­voir que d’avoir réussi à faire croire au citoyen qu’il le pro­tège quand il déve­lop­pait son désir qu’il se pro­tège de lui ; désir cons­truit par la répres­sion, l’empri­son­ne­ment et le meur­tre.

En ce sens, le désir-fas­ciste est le désir éprouvé de subir la pro­tec­tion d’un pou­voir, de subir son joug, la mise en place de moyens coer­ci­tifs dans le but de se pro­té­ger de la per­sonne même qui désire cet agen­ce­ment. Le fas­cisme est désir, désir per­vers et maso­chiste de subir le joug d’un pou­voir. Dire que le fas­cisme est désir revient à consa­crer son annu­la­tion en tant qu’il est un pro­ces­sus et qu’on peut ne jamais en voir la fin sans mon­trer le rôle qu’a joué le pou­voir dans cet agen­ce­ment, sans com­pren­dre la répres­sion qui s’est abattu sur tous ceux qui ont des vel­léi­tés de révolte et d’émancipation.

Le fas­cisme est aussi un sys­tème poli­ti­que pou­vant pren­dre pos­ses­sion de l’appa­reil d’Etat. Et contre une cer­taine vision de l’his­toire qui pré­tend qu’il reste cir­cons­crit à l’Italie mus­so­li­nienne, il faut rap­pe­ler que le fas­cisme n’est pas une forme de gou­ver­ne­ment poli­ti­que cir­cons­crite à une période et à une zone géo­gra­phi­que donnée.

La conquête de l’appareil d’Etat

De la défense de la sécu­rité sociale à la lutte contre l’insé­cu­rité

Dans Lignes, plu­sieurs auteurs insis­taient sur la montée du Front National tant sur le plan électoral que sur le plan des idées et la per­sis­tance de la crise économique dont il est devenu un lieu commun de dire qu’elle cons­ti­tue une des condi­tions au déve­lop­pe­ment du fas­cisme. Entre-temps, ces deux phé­no­mè­nes se sont ampli­fiés : le Front National a dirigé plu­sieurs villes (Vitrolles et Orange notam­ment) et vu ses élus siéger dans les conseils régio­naux et la crise économique per­sis­ter malgré le retour au pou­voir de la “gauche plu­rielle”.

Wilhem Reich écrit dans Psychologie de masse du fas­cisme qu’« A défaut d’orga­ni­sa­tions révo­lu­tion­nai­res, le tra­vailleur déçu par la social-démo­cra­tie et trou­blé par la contra­dic­tion entre l’appau­vris­se­ment et la pensée conser­va­trice, se jette néces­sai­re­ment dans les bras du fas­cisme ».

Le retour de la gauche au pou­voir en 1997 après le succès rem­porté lors des élections légis­la­ti­ves a marqué une décep­tion. Dans quelle mesure le gou­ver­ne­ment de Jospin, regrou­pant trois com­po­san­tes de la gauche (P.S., P.C. et les Verts) a joué un rôle dans le fait que les électeurs se sont jetés “dans les bras du fas­cisme” en 2002 et 2007 ? Elue sur l’élan des mou­ve­ments de grève de 95, la majo­rité n’a pas su ou pu répon­dre au désir de pro­tec­tion sociale qui a mué en un désir de pro­tec­tion poli­cière. Plus, elle a par­ti­cipé à l’élaboration d’une poli­ti­que sécu­ri­taire en contri­buant à la res­tric­tion des liber­tés indi­vi­duel­les en votant la loi sur la sécu­rité quo­ti­dienne en 2001, à laquelle les citoyens avaient été pré­pa­rés par l’acti­va­tion et le ren­for­ce­ment continu du plan Vigi-pirate à la suite des atten­tats de 1995.

1995, 2002, 2007 : Une prise de pou­voir en trois actes

Réaction, le fas­cisme se déploie contre les dif­fé­rents mou­ve­ments reven­di­ca­tifs. Comme le fait remar­quer Debord, il « se porte à la défense des prin­ci­paux points de l’idéo­lo­gie bour­geoise deve­nue conser­va­trice (la famille, la pro­priété, l’ordre moral, la nation) en réu­nis­sant la petite bour­geoi­sie et les chô­meurs affo­lés par la crise ou déçus par l’impuis­sance socia­liste, il n’est pas lui-même fon­ciè­re­ment idéo­lo­gi­que. Il se donne pour ce qu’il est : une résur­rec­tion vio­lente du mythe, qui exige la par­ti­ci­pa­tion à une com­mu­nauté défi­nie par des pseudo-valeurs archaï­ques : la race, le sang, le chef [27] ».

En ce sens 1995 marque une pre­mière rup­ture. Elu sur “la réduc­tion de la frac­ture sociale”, Jacques Chirac a conti­nué l’oeuvre de des­truc­tion des acquis sociaux, se heur­tant dans les mois qui sui­vi­rent son élection à un mou­ve­ment de contes­ta­tion de grande ampleur : les grèves de novem­bre - décem­bre 1995. C’est un des pro­cé­dés fas­cis­tes consis­tant à être élu sur un pro­gramme social et à l’aban­don­ner dans la foulée pour accen­tuer la libé­ra­li­sa­tion de l’économie.

Sa réé­lec­tion en 2002 a marqué le deuxième mou­ve­ment, il a pré­paré la cap­ture de l’appa­reil d’Etat dans un scé­na­rio en trois actes : la créa­tion d’un parti [28] (Union pour la majo­rité pré­si­den­tielle devenu fin 2002 l’Union pour un Mouvement Populaire), la consé­cra­tion du carac­tère pater­nel de l’exer­cice du pou­voir (Jean-Pierre Raffarin décla­rant qu’il gou­ver­nera la France en “bon père de famille”) et la mise en place d’une poli­ti­que sécu­ri­taire menée par le minis­tre de l’inté­rieur Nicolas Sarkozy. L’hys­té­rie déclen­chée (savam­ment relayé par les médias) par la pré­sence du can­di­dat de l’extrême-droite au second tour a créé l’illu­sion d’un sau­ve­tage de la démo­cra­tie dans le moment même où elle s’écroulait. Le dit-rem­part contre la démo­cra­tie a ver­rouillé toutes les ins­ti­tu­tions : assem­blée natio­nale, sénat, conseil cons­ti­tu­tion­nel, conseil supé­rieur de l’audio­vi­suel, etc. : tout est devenu bleu, bleu comme le maillot de nos spor­tifs, bleu comme la France, bleu comme l’U.M.P., bleu comme le sang du roi. Le met­teur en scène est venu, ce n’était pas celui qu’on redou­tait.

Ministre de l’inté­rieur (et des liber­tés loca­les...) dans le gou­ver­ne­ment Raffarin puis dans le gou­ver­ne­ment de de Villepin, Nicolas Sarkozy a été l’archi­tecte de la poli­ti­que sécu­ri­taire pro­mise par le can­di­dat Chirac, maî­tri­sant à mer­veille la pro­pa­gande, le minis­tre de l’inté­rieur a déve­loppé avec effi­ca­cité la com­mu­ni­ca­tion autour de sa per­sonne dont le point d’orgue a été la pro­vo­ca­tion qu’il a faite en 2005. Jouant les pom­piers pyro­ma­nes, il a touché au coeur et pro­vo­qué un mois d’émeute ins­tau­rant un climat de peur conclut par la mise en place de l’état d’urgence en assé­nant qu’il allait “net­toyer la racaille au kar­cher”.

Le fas­cisme au pou­voir

Président de l’U.M.P. en 2005 et plé­bis­cité à 98% par les mili­tants, l’élection de Nicolas Sarkozy marque l’ins­tau­ra­tion en France d’un régime fas­ciste. Comment ? L’ana­lyse du spec­ta­cle qui a suivi les résul­tats de l’élection suffit à le com­pren­dre.

Méprisant avant son élection quand il vou­lait “net­toyer la racaille” ou encore quand il cessa d’écouter son adver­saire lors du débat télé­visé du 2 mai, jetant négli­gem­ment un regard sur ses notes, ses pre­miers gestes de pré­si­dent élu ne furent que confir­ma­tion de son mépris. Le pre­mier consista à se rendre dîner dans un res­tau­rant réservé à une élite res­treinte sous l’oeil bien­veillant des camé­ras [29].

Le second consista à partir le len­de­main pour une des­ti­na­tion inconnue igno­rant le fait que la charge pré­si­den­tielle impli­que le droit pour les citoyens d’avoir un droit de regard sur les dépla­ce­ments du chef de l’Etat, même s’il n’est pas encore intro­nisé. « Toute forme de mépris, si elle inter­vient en poli­ti­que, pré­pare ou ins­taure le fas­cisme » fait remar­quer Camus [30]. Du mépris à la reconnais­sance de la toute-puis­sance d’un monar­que et d’un chef impo­sant son diktat, le pas est vite fran­chit.

Enfin son élection cons­ti­tue la troi­sième phase du déve­lop­pe­ment du fas­cisme tel que le modé­lise Paxton [31] : la prise du pou­voir par le parti fas­ciste. Dans le pre­mier dis­cours qu’il pro­nonça salle Gaveau, on trouve les traits carac­té­ris­ti­ques du fas­cisme : auto­rité, tra­vail, nation et volonté de tota­lité : « Je veux leur dire [aux électeurs qui n’ont pas voté pour lui] que par-delà le combat poli­ti­que, par delà les diver­gen­ces d’opi­nion, il n’y a pour moi qu’une seule France ! » avant d’ajou­ter peu après : « Je veux réha­bi­li­ter le tra­vail, l’auto­rité, la morale, le res­pect, le mérite. Je veux remet­tre à l’hon­neur la nation et l’iden­tité natio­nale. ». Les choses ont le mérite d’être expri­mées en toute clarté. La devise de la République (« Liberté, égalité, fra­ter­nité ») et son prin­cipe (« le gou­ver­ne­ment du peuple, par le peuple, pour le peuple ») sont curieu­se­ment absen­tes de ce dis­cours.

Sa pre­mière sortie publi­que comme pré­si­dent de la République nou­vel­le­ment élu le fut comme pré­si­dent de l’U.M.P. lan­çant à ses fidè­les du « Mes chers amis », tout en par­ve­nant à créer l’illu­sion de s’adres­ser aux télé­spec­ta­teurs. Le petit homme promis de partir en guerre sou­tenu par une armée de guer­riers prêts à en décou­dre avec les assis­tés et les mau­vais tra­vailleurs : « Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi ! J’ai dit que le pou­voir d’achat était un pro­blème, je vais me battre pour le pou­voir d’achat ! J’ai dit que l’iden­tité de la France, l’enga­ge­ment cultu­rel au ser­vice de l’his­toire et de la culture de notre pays étaient des prio­ri­tés, elles le seront ! » Tout de suite après son dis­cours, on célé­bra le nouvel élu dans une fête oscil­lante entre le culte de la per­son­na­lité et « la confiance infan­tile en la toute puis­sance du père » [32]. La soirée s’acheva dans la célé­bra­tion du pré­si­dent en chan­tant : “When Nicolas Sarkozy was born !” pré­céda “Qu’elles sont jolies les filles de Sarkozy !” et tout le monde entonna “La Marseillaise” dans le bruit et la fureur. Le met­teur en scène est venu fai­sant conver­ger vers lui tous les regards, toute la lumière, tous les fais­ceaux. S’il est permis d’en douter, dans la semaine sui­vant son élection, il a mul­ti­plié les signes d’ouver­ture renouant avec l’étymologie. Sa volonté de former un gou­ver­ne­ment où toutes les com­po­san­tes seront réu­nies mar­quent le règne du “fascio” entendu comme “union de forces poli­ti­ques réu­nies dans un but commun” [33]. Quel but ? Celui d’échapper au pire appa­rem­ment. Dans son pre­mier dis­cours de pré­si­dent il a déclaré que le 6 mai était la « vic­toire de la France qui ne veut pas mourir », la lutte contre la déca­dence et le fan­tasme de mort : les thèmes réac­tion­nai­res sont en passe de deve­nir des dogmes d’Etat. L’Union pour un Mouvement Populaire est au pou­voir, Le met­teur en scène est venu, le spec­ta­cle peut com­men­cer.

Résister ?

Reconnaître le carac­tère fas­ciste du parti à la tête de l’Etat, et de son pré­si­dent, n’est pas suf­fi­sant. Il n’est pas non plus assez de connaî­tre com­ment cette prise de pou­voir a eu lieu, elle ne livre pas le fin mot de l’his­toire, ni à ses par­ti­sans, ni à ses détrac­teurs.

Le pro­ces­sus a déjà com­mencé : les arres­ta­tions se mul­ti­plient [34] et le pré­si­dent envi­sage de réfor­mer la cons­ti­tu­tion pour lui per­met­tre de se pré­sen­ter devant le par­le­ment, cela au mépris de la sépa­ra­tion des pou­voirs. Est-il néces­saire de rap­pe­ler l’emprise qu’il a sur les médias et la peur qu’il ins­pire et la zèle avec lequel cer­tains jour­naux col­por­tent la dés­in­for­ma­tion [35] ?

Et main­te­nant ? Que faire ? Où aller ? Déjà les appels se mul­ti­plient pour s’oppo­ser au pou­voir, ne pas céder sous sa force. Alors résis­ter ? Bien sûr qu’il faut résis­ter. Mais ce n’est pas assez. Résister, défen­dre les acquis sociaux, c’est le der­nier mot depuis quel­ques années ; le mot de l’impuis­sance : résis­ter consiste trop sou­vent à retar­der la chute, à jouir de l’iné­luc­ta­bi­lité du pire. Résister est encore une manière mor­bide de se com­plaire dans la nos­tal­gie, une façon d’expier le crime de la France moderne : fan­tasme de se sentir occupé, peur, colère, réac­tion contre le fas­cisme.

Résister s’impose comme une évidence : la pro­pa­gande est à son comble et déjà la cen­sure est légi­ti­mée, la répres­sion s’est abat­tue avec force sur les pre­miers mani­fes­tants. Résister ne doit pas être le der­nier mot, il n’en cons­ti­tue que le pre­mier. Hors résis­ter consiste trop sou­vent à défi­ler dans les rues dans des mani­fes­ta­tions qui res­sem­blent à des enter­re­ment de seconde classe.

Non plus seulement résister mais se révolter, devenir révolutionnaire.

Non plus seu­le­ment dési­rer une suite d’ins­tants de résis­tan­ces mais un grand moment révo­lu­tion­naire. Créer et non plus résis­ter. Prendre une arme : l’arme des mots et de la connais­sance, l’arme du corps et du désir et non plus faire fuir et dans la fuite se saisir d’une arme. Se réap­pro­prier le rêve et le désir révo­lu­tion­naire qui s’est évanoui dans la mys­ti­fi­ca­tion de la bureau­cra­tie russe et la révo­lu­tion cultu­relle chi­noise. Désirer et créer ce rêve, lui qui ne semble plus être à peine qu’un songe que l’on croit avoir caressé, une nuit, sur une plage, au clair de lune, dans le som­meil de la pensée. Déployer ce rêve et inves­tir la réa­lité de ses poten­tia­li­tés dans la vie quo­ti­dienne pour retour­ner la situa­tion ici et main­te­nant dans les corps et les mots, pour en finir une bonne fois pour toutes avec les pas­sions tris­tes : l’ordre et la sécu­rité, la domi­na­tion et l’alié­na­tion ; pour non plus libé­rer le tra­vail mais se libé­rer du tra­vail.

Battiste Fanesi

Notes

[1] “Vers le fascisme ?”. Lignes. Ed Hazan. n°15. 1992

[2] Paix intérieure atteinte grâce à la maîtrise ou à la mise à distance de ses passions. (note de modère)

[3] G.Deleuze, F.Guattari. Mille Plateaux. Ed de Minuit. p 204.

[4] P.Bourdieu. Propos sur le champ politique. Ed. P.U.F. de Lyon. 1999. p 62.

[5] M.Surya, “Le sang de l’Europe”. Ibid. pp56-69

[6] chef de district en Allemagne nazie, administrateur allemand d’un territoire occupé rattaché au Reich d’Hitler. (note de modère)

[7] G.Deleuze et F.Guattari. Ibid. p 279

[8] glorificateurs (note de modère)

[9] personnes qui encensent, flattent. (note de modère)

[10] J.M. Brohm. Sociologie politique du sport.

[11] J.M.Brohm, M.Perelman. Le football, peste émotionnelle.

[12] Il s’agit de distinguer sport, activité physique et jeu.

[13] Il faudrait analyser plus en détail l’acte consistant pour un supporter à acheter le maillot-uniforme de son joueur préféré : acte d’identification qui confine à l’embrigadement.

[14] qui tient de l’orgasme (note de modère)

[15] Ainsi, lors de la saison qui a suivie la coupe du monde 1998, le championnat de France de football a connu son plus fort taux d’affluence.

[16] Les journaux généralistes tendent à consacrer une place de plus en plus grande au sport.

[17] Dans le but de concurrencer son concurrent : “Le vélo”, l’entreprise a réussi au-delà de toutes les espérances : le journal “l’Equipe” qui a succédé à “L’Auto” a le monopole sur la presse sportive quotidienne. Présentées comme des traditions, des jeux qui se seraient transformés, les compétitions sportives ont été crées dans un but idéologique.

[18] Bourdieu Méditations pascaliennes. Note sur l’exigence de l’insignifiant pour faire passer l’essentiel

[19] Même si ce genre de comparaison recèle toutes les faiblesses inhérentes à la pure spéculation intellectuelle, je ne peux résister à la tentation de poser cette question : que se serait-il passé si lors du premier match de football entre la France et l’Allemagne après la seconde guerre mondiale, l’hymne allemand s’était terminé par “Deustschland über alles !” ?

[20] Ibid. p 9.

[21] K.Kraus. Pro Domo et Mundo. Ed. p17

[22] C.Bourdet. “De Bugeaud à Le Pen”. in Lignes p 25

[23] C.S.Mills. L’imagination sociologique. Ed La Découvrerte. p 193.

[24] J.P.Curnier. “Vers le pire ?” in Lignes. p 96

[25] Tout au moins dans les sociétés occidentales. Oaxaca au Mexique a tenté de développer le même type de société et subit un siège.

[26] R.Vaneigem. Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations. Ed Folio. p 126.

[27] G.Debord. La société du spectacle. Ed Folio. p 105.

[28] L’U.M.P. a rassemblé différentes composantes de la droite : le R.P.R., la parti républicain et une partie de l’U.D.F.

[29] Ce n’est bien sûr pas un acte de mépris pour les électeurs de Neuilly (dont plus de la moitié payent l’impôt sur la fortune) et du seizième arrondissement de Paris qui ont votés à plus de 80% pour lui.

[30] Dans L’homme révolté. Ed Folio. p 231.

[31] R.O.Paxton. “Les cinq phases du fascisme” in M.Dobry (dir) Le mythe de l’allergie française au fascisme. 2003.

[32] W.Reich. Ibid. p 75.

[33] http://www.cnrtl.fr/etymologie/fascisme

[34] Près de 600 arrestations dans la nuit du 6 au 7 mai. Pour quoi ? Quelques canettes lancées et des poubelles incendiées...

[35] Ainsi l’information concernant sa volonté de réformer la constitution pour pouvoir s’exprimer devant les députés et les sénateurs a été savamment étouffée par l’information ô combien importante du départ d’une nageuse de son club. Ainsi, un journal dont on nous ne citerons pas le nom par magnanimité titrait « Manaudou est une feignasse... » le jeudi 10 mai dans l’après-midi. Cet article faisait la part belle aux vertus du travail et à la xénophobie. Et dire qu’il ne s’agit que d’une gamine de 20 ans qui part vivre en Italie avec son amoureux...

Source : Retour sur une prise de pouvoir

A lire également : Les nouveaux antifascistes ne seraient-ils pas des fanatiques dangereux ? - Cri du Peuple 1871

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:45

 

 

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Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […]. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma.

 
Gilles Deleuze, février 1977.
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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 19:03

 

L'idée  (sarkozienne): interdire les mariage mixtes des pauvres sous prétexte de lutter contre la fraude !!! Bref, seul les riches amoureux ou fraudeurs auront le droit de se marier... pas les pauvres... donc pour les vrais amoureux, la clandestinité avec toutes les tensions et angoisses qui l'accompagnent ou l'exil vers des cieux plus cléments....

A quand la stérilisation de ceux qui n'ont pas un "niveau de vie" ou "d'éducation" suffisant pour faire des enfants ?

Il ne volait pas très haut, il est tombé bien bas, le petit Nicolas !

 

Immigration : le candidat Sarkozy veut-il interdire les couples mixtes ?

Par Sophie Chapelle (21 février 2012)

À l’approche de l’échéance présidentielle, Nicolas Sarkozy durcit encore le ton à l’encontre des étrangers. Sa nouvelle croisade : les mariages mixtes, première source d’immigration légale en France. Le montant des ressources et la surface du logement seront désormais pris en compte pour obtenir un titre de séjour. En clair, les pauvres n’ont plus le droit de tomber amoureux.

Nicolas Sarkozy a déclaré le 11 février dans le Figaro Magazine vouloir durcir les conditions d’obtention d’un titre de séjour après mariage avec un Français, en introduisant des critères de « logement » et de « ressources » comme pour le regroupement familial. « Ainsi, nous combattrons plus efficacement les fraudes », souligne-t-il. Une déclaration qui a fait bondir le collectif des Amoureux au ban public, association de soutien et de défense des droits des couples franco-étrangers. « S’il s’agit réellement de contrôler la sincérité des sentiments des couples franco-étrangers, le compte en banque n’en est certainement pas le meilleur révélateur. » Cette proposition confirme une chose selon le collectif : « Les couples franco-étrangers dérangent. »

Déjà en 2006, alors ministre de l’Intérieur…

D’après cette annonce, les conditions d’obtention des titres de séjour seront les mêmes que celles du regroupement familial. Dès 2006, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, fait voter une loi rendant plus difficile le regroupement familial. Le délai de séjour régulier de l’étranger en France passe d’un an à dix-huit mois. Et porte de deux à quatre ans le délai d’attente pour acquérir la nationalité française après mariage, avec une obligation de trois ans de résidence régulière et ininterrompue du conjoint étranger en France.

Des critères de revenus et de logement sont également exigés. Deux membres d’une famille séparés par des frontières peuvent se retrouver à condition que leur revenu atteigne le niveau du Smic sur les douze derniers mois précédant la demande et que la surface du logement ne soit pas inférieure à 22 m2 (+ 5 m2 par personne supplémentaire). Avec la mesure proposée, il en serait de même pour un couple. Nicolas Sarkozy souligne qu’avec la réforme sur le regroupement familial, ce dernier « est passé de 25 000 par an à 15 000 ».

Étrangers = fraudeurs : l’équation gouvernementale

L’enjeu avec cette nouvelle annonce sur les couples franco-étrangers est de réduire le nombre de migrants obtenant un visa à l’issue d’une union. En 2009, 35 611 visas ont été délivrés à des conjoints étrangers [1]. La même année, 345 mariages ont été annulés pour « mariages blancs » ou « gris », soit à peine 0,5 % des unions mixtes.

Interrogé par l’AFP, Stéphane Maugendre, président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), s’est dit « complètement abasourdi par cette proposition » sur les conjoints étrangers. « En quoi la taille de l’appartement d’un conjoint ou sa richesse seraient des indicateurs de fraude ? Autant dire que les Français pauvres ne pourront pas se marier à des étrangers… On fait du droit des étrangers un droit des fraudeurs », a-t-il dénoncé.

Les freins sont aussi juridiques. Dans un entretien à La Croix, Paul Lagarde, professeur émérite de droit à l’université Paris-I met en avant un premier argument constitutionnel. « Les sages pourront considérer que cette mesure porte atteinte au principe d’égalité du droit, puisque des couples mixtes ne jouiraient pas de la même liberté que des Français unis à des Français », souligne le juriste. Les Amoureux au ban public considèrent que cette mesure « constituerait une véritable atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale » [2].

Croisade contre les immigrés

Après les unions mixtes, Nicolas Sarkozy déclare également entamer une croisade contre les demandeurs d’asile. « Nous allons réformer les prestations accordées aux demandeurs de droit d’asile. Elles seront limitées quand le demandeur ne coopérera pas avec l’administration, quand il déposera sa demande plus de trois mois après son entrée sur le territoire ou quand il refusera une offre d’hébergement. » Toujours dans cet entretien, il réaffirme son opposition au droit de vote des immigrés aux élections locales, jugeant que « ce n’est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme ». À l’approche de l’échéance présidentielle, Nicolas Sarkozy marche décidément à pas de « Guéant » sur le territoire du Front national.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Selon le rapport remis au Parlement en décembre 2011 sur Les orientations de la politique de l’immigration et de l’intégration.

[2] Selon l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Source : Immigration : le candidat Sarkozy veut-il interdire les couples mixtes ? - Discrimination - Basta !

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 00:17

 

 

Fascisme light :Stéphane Guillon


«Cette fois-ci, c’est décidé, je vote Marine !» m’a dit Madame Dupuis, un grand sourire aux lèvres, les yeux pétillants de bonheur, un peu comme si elle m’annonçait qu’elle partait faire le tour du monde. Mme Dupuis, c’est mon ancienne gardienne, quinze ans que je ne l’avais pas vue et, l’autre jour, sur les grands boulevards, je tombe sur elle. Après avoir échangé quelques banalités – le temps qui passe et les enfants qui grandissent trop vite (la petite dernière, qu’elle a connue dans sa poussette envoie aujourd’hui des BBM à ses copines) -, la conversation a dérivé sur moi, la politique et… Marine, «Marine sur qui, j’vous le dis parce que je vous adore, vous tapez trop fort !»«Vous comprenez, a ajouté Mme Dupuis, comme si elle avait perçu mon malaise, René est au chômage, un plan de restructuration chez Peugeot Citroën et à deux, avec 800 euros par mois, on ne s’en sort pas ! Alors, c’est décidé, en mai, on vote Marine !»

J’étais pétrifié… Mme Dupuis qui a gardé mes enfants, mes beaux-enfants (des petits Zeitoun !) et qui m’annonce qu’elle va voter Le Pen ! Pour achever de m’achever, elle me tend, très fière, sa nouvelle carte d’adhérente, sous l’oriflamme bleu-blanc-rouge du FN. Mme Dupuis sourit à sa nouvelle vie, une vie pleine d’espoir, où René, son mari, retrouvera bientôt sa place chez Peugeot. «Vous savez, ajoute-elle, extatique, Marine n’a rien à voir avec son père, c’est une personne toute simple, comme vous et moi.» «Marine !», cette façon de l’appeler par son prénom m’horripile. Elle ne s’appelle pas Marine, Mme Dupuis, elle s’appelle Marion Anne Perrine Le Pen… C’est déjà beaucoup moins joli comme couleur.

Mme Dupuis semble terriblement déçue, un peu comme si, fan de Sheila depuis toujours, je venais de lui apprendre que le vrai nom de la chanteuse est Annie Chancel. Son petit front rétrécit encore, je la sens malheureuse, je vais devoir y aller avec des pincettes, ne surtout pas la brusquer :

«- Marine ne peut pas être quelqu’un « comme vous et moi » Mme Dupuis, c’est impossible. Dès sa naissance, elle a été bercée, conditionnée par les idées de son papa, les chiens ne font pas des chats !

- Vous vous trompez, j’ai vu un reportage sur son enfance à Montretout, c’était une vraie famille unie, heureuse et très pratiquante.

- Mais Mme Dupuis, vous imaginez grandir chez les Le Pen ? L’ambiance autour de la table, les dérapages racistes et antisémites, les mauvais jeux de mots, les « Durafour Crématoire », les propos homophobes, l’immigration comparée au sida. Bruno Mégret faisant sauter la petite sur ses genoux en chantant « Ah, dada sur mon bidet, quand il trotte il fait des pets ! », les traumatismes que ça représente !

- Oh, les enfants font très bien la part des choses !

- Mais Mme Dupuis, rien que le jour de sa naissance… Jean-Marie débarquant à la clinique avec son bandeau sur l’œil et ses gardes du corps. Une bise à Pierrette, un coup d’œil méprisant à l’infirmière noire qui débarrasse le plateau : « C’est Bamako ici !, dit-il en soulevant l’enfant. Heureusement, toi, tu es blonde ma Marion, blonde comme les blés de nos terres de France !» Arrête, supplie Pierrette, tu la fais pleurer avec ta grosse voix. Je vais lui mettre un disque répond Le Pen, ça va la calmer : IIIe Reich, voix et chants de la rénovation allemande. A ce moment-là, Jean-Marie appelle Mégret, son fidèle lieutenant de garde qui attend derrière la porte. « Heil Leitfigur ! », répond ce dernier en claquant des talons. «Allez me chercher le mange-disque dans la voiture, Bruno, et faites attention que les dobermans ne sortent pas ! »»

Mme Dupuis est furieuse, mon histoire ne lui plaît pas du tout :

«- Vous exagérez Monsieur Guillon, vous n’êtes pas à la télé…

- Je n’exagère rien, Le Pen a édité de la musique nazie et il est très probable que la petite ait été bercée avec… C’était son Henri Dès à elle. Imaginez les séquelles !

- Bon, elle a peut-être eu des parents un peu limite, mais elle est allée à l’école, elle a appris la même histoire de France que vos enfants.

- Ah oui ? Vous l’imaginez jeune écolière devant faire signer à Le Pen un exposé sur la Shoah ? Terrorisée par l’antre du chef ? Un bureau dans lequel sont amassés tous ses souvenirs de la guerre d’Algérie : un chalumeau, une gégène, des électrodes. Et son père lui hurlant dessus : « Me faire signer un exposé sur la Shoah, un détail de la Seconde Guerre mondiale, dis à ta maîtresse, cette conne, que je veux la voir, schnell ! »

- Vous êtes vraiment un bobo, Monsieur Guillon c’est facile pour vous… Vous êtes de mauvaise foi, tout le monde sait que Marine a pris ses distances avec son père, elle l’a dit à la télé !

- En 2006, Mme Dupuis, Marine Le Pen a posé, entourée de deux jeunes néonazis lyonnais, crâne rasé, look de skinead, l’un deux portait une croix gammée masquée par une tête de mort, il s’agit d’un Totenkopf, symbole des gardiens SS. En 2006, Marine avait 40 ans, ce n’était plus une enfant.

- Elle est peut-être légèrement fasciste, Monsieur Guillon, mais c’est un fascisme light, moi ce que je veux c’est que mon René retrouve un travail !»

Mme Dupuis s’éloigne, je la sens moins déterminée, hésitante. Fascisme light… A une époque où l’on découvre que les produits light sont encore plus nocifs que les autres… Je suis inquiet.
Stéphane Guillon

depoilenpolitique/UN PAYSAN DE L ALLIER: Fascisme light :Stéphane Guillon

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 17:46

 

Une excellente synthèse avec des liens intéressants tout plein, chez Rolahd (Mi iras limake)

Merci pour ce beau boulot, et puis cela fait plaisir de savoir qu'il y a tout de même quelques personnes qui ne se perdent pas dans l'inessentialité ambiante qui amène à se focaliser sur des mesquineries insignifiantes au point de ne plus voir, de ne plus percevoir qu'une partie du monde s'écroule et qu'une autre construit  les murs des prisons qui nous enferment

Si vous ne voyez toujours pas les signes de la dictature "gouvernance économique" qui s'installe dans une ambiance de totalistarisme aigu, si vuus n'entendez pas encore les bruits de bottes qui se rapprochent ramenant la peste brune (et bien pire), à côté de ce qui se passe  à côté de qui se met en plca, Hitler était un tout petit apprenti dicateur de rien du tout, aujourd'hui les génocides, les enfermements concernent l'espèce humaine dans son ensemble, alors si vous n'êtes pas convaicus, aller lire la suite, c'est de votre avenir aussi daont il est question.

 

Souvenez-vous : les contemporains ne s'en rendaient pas compte

Voici quelques extraits de ce travail dessillant :

 

 

 

  Souvenez-vous: Dans les années 30 aussi  on avait du mal à croire que ces messieurs - "peut-être un peu excessifs , c'est vrai, mais .... " - qui incarnaient alors le monde moderne et ses nouvelles tendances: Monsieur le Chancelier Hitler, Monsieur Mussolini, (et ce brave "Petit Père des Peuples" qu'admirait Romain Rolland) soient si mauvais que quelque uns - "sans doute des communistes!" -  voulaient nous le dire ....

http://www.paris4philo.org/article-10788295.html

"Can you imagine that when Hitler was coming into power, the general public believed the rumors? Who would have taken seriously such nightmarish images as concentration camps replete with huge ovens? Who ever had heard of such a thing? The first people who were on to it were, no doubt, dubbed “conspiracy nuts” by the public (They were, interestingly, referred to by the Third Reich as “terrorists.”)"


certains slogans ne sont peut-être pas excessifs......


« Est-on jamais contemporain de son temps ? » (Vivianne Forrester)

L'histoire fait réfléchir .....

 

"jusqu'où ira la poussée fulgurante d'une puissance impérialiste sans merci?"

 

Conditionnés par des réflexes due au passé; subjugés par les mensonges des médias

 

[...]

 

Pour contourner la législation américaine, les agences secrètes n’hésitent pas à transférer leurs détenus, dans des “black sites”, des centres d’interrogatoire secrets où la torture est courante et échappe à tout contrôle. Les Etats-Unis posséderaient, ainsi, des sites noirs, dans les Balkans, au Maroc, en Egypte, en Ouzbékistan et dans divers pays d’Asie Centrale. Quant au fameux centre de Guantanamo, il se trouve, également, hors de la juridiction américaine et échappe à toute contrainte légale. Alvaro Gil-Robles, Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, déclarait, ainsi, la veille d’une allocution de Bush: «Il semble qu’on ait créé un véritable goulag, dans lequel, la CIA peut accéder aux prisonniers, en permanence». Un rapport secret intitulé “Techniques d’interrogatoire améliorées” que l’auteur a pu consulter, permet et conseille aux membres de la CIA d’utiliser diverses formes de tortures: coups au ventre, maintien en position debout, pendant 40 heures, supplice de la baignoire (immerger le prisonnier jusqu’à la limite de la noyade), privation de sommeil, intimidations verbales et menaces

 

 

 

Les puces RFID, la ville étasunienne qui veut las clés de tous les habitants, les tortures et assassinats "enfin" légaux aujourd'hui., les gouvernements renversé par les USA faisant des millions de morts.


 

 


« Les États-Unis ont détruit leur image de pays “démocratique” et apparaissent pour ce qu’ils sont devenus, un empire totalitaire, méprisant le droit international, et dont les méthodes sont comparables en bien des points à celles des nazis : guerres préventives, invasion et occupation illégales de pays souverains, politique de la terreur et de la domination absolue (“choc et effroi”), mépris des conventions de Genève, assassinat de journalistes, arrestations arbitraires, camps de concentration (Guantanamo), et pratique systématique de la torture… »

 

Souvenez-vous : les contemporains ne s'en rendaient pas compte

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:32

 

« Bonjour. Nationaliste, je souhaiterais me préparer à la lutte armée clandestine... »

Quelques Français se revendiquant du collectif Annonymous ont récupéré des échanges de mails entre membres de groupuscules d’extrême droite, dans le cadre d’une opération de vaste ampleur destinée à lutter contre la présence de néo-nazis sur Internet. S’y expriment des déçus du « Front National Light », jeunes identitaires et autres négationnistes, qui se rassemblent régulièrement à Lyon.

En France, l’opération s’appelle Lyon Propre, bouture hexagonale de la plus vaste OP Blitzkrieg qui s’attaque à la présence en ligne de néo-nazis dans le monde entier. Samedi dernier encore, environ 200 militants d’extrême droite ont manifesté dans la ville de Lyon, scandant des slogans identitaires et nationalistes, arborant des croix celtiques à l’appel de Jeune Nation. Plusieurs groupuscules ont été ciblés par des attaques informatiques, dont le groupe du 6 février (en référence à une manifestation de 1934 de l’Action Françaises et de ligues fascistes), Jeune Nation, la Flamme du Front National et le site d’Yvan Benedetti, membre de l’Oeuvre Française, connu pour avoir été exclu deux ans du FN par Marine Le Pen pour quelques propos embarrassants du style : «Je suis antisioniste, antisémite, anti-juif», ou pour avoir expliqué que « travail, famille, Patrie » était un slogan d’avenir.

Les sites de ces groupes ont été défigurés ou rendus inaccessibles, mais plus intéressant sont les correspondances publiées. On apprend ainsi que l’Oeuvre Française séduit des déçus du Front National « light », notamment des membres du DPS (département protection sécurité, le très controversé service d’ordre du FN). On vous livre quelques extraits tels quels :

« J'ai quitter le front national où j'étais de 1989 à 2000 en dps. mais il y avait beaucoup de conflit interne.j'aimeraisd connaître vôtre mouvement car j'ai toujours été nationaliste et fier de l'être. »
Ou encore : « je souhaiterais être membre,mais avant de remplir le formulaire j'aimerais savoir si je peus obtenir une place de cadre au niveau de la securite.Je suis actuellement membre du FN et j'ai une place(bénévol)au sein du DPS(cest la securite du front national) je suis chef d equipe du JURA. »

Certains motivés contactent l’œuvre Française pour des conseils et informations : « Souhaite documentation sur votre mouvement. Je suis un admirateur de M. Bardèche [ndlr : le fondateur du négationnisme français], Vallat [ndlr : qui fut à la tête du Commissariat général aux questions juives sous Vichy], du Maréchal... et fervent lecteur de Rivarol. Nationaliste et Européen. Contactez-moi. » Ou plus effrayants : « Bonjour, Je suis un Français de 36 ans. Nationaliste, je souhaiterais me préparer à la lutte armée clandestine... »

D’autres encore sont empreints de poésie, à l’image de ce jeune militant, qui s’exclame à propos de ce groupe néo-nazi russe arrêté pour avoir commis 27 meurtres racistes en 2 ans : « C pas des PD, eux ! C des jeunes ! Faut les comprendre ! Ils ont eu une enfance dure, entourés de juifs et de métèques. » Et comme pour nous achever, il conclut à propos du juge russe qui a lourdement condamné les néo-nazis : « Ici, on a donc un procureur salarié qui, au lieu d'être naturellement pour une Russie russe, donc une Russie ethniquement Blanche, accomplit bassement sa besogne de répression contre ceux qui accomplissent valeureusement une petite partie du sale boulot de nettoyage ethnique. »

Pour finir, évoquons les charmants voyages organisés, peaufinés par le « Cercle du 6 février » et l’association des vétérans de la division Waffen SS Charlemagne à Bad Reichenhall (en Haute-Bavière), pour célébrer la mémoire des Français engagés volontaires dans la Waffen SS de la division susnommée, abattus par les Américains en 1945. Les militants semblent tristes, car «malheureusement cette année, il n’y aura pas la présence d’associations de vétérans allemands »

Pour en savoir plus sur l’OP Lyon Propre : le site Rebellyon.info

 

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 11:27

 


AdolfHitler AdolfObama
Déclaration d’ouverture du prochain procès de type Nuremberg pour juger les criminels nazis du 21eme siècle
Cette déclaration d’ouverture est inspirée de celle du procureur général américain Robert H. Jackson prononcée le 21 novembre 1945, au moment où commençaient les travaux du procès de Nuremberg. Instauré après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, celui-ci avait pour but de juger les dirigeants nazis. Il aura des conséquences sur l’émergence progressive d’un soit disant « droit international ».

Messieurs de la Haute Cour,

Le privilège d’ouvrir la première audience du procès des crimes contre la paix dans le monde entraîne une lourde responsabilité. Les méfaits que nous avons à condamner et à punir font preuve d’une telle vilenie et ont été si nuisibles que la civilisation ne pouvait se permettre de passer outre, parce qu’elle ne pourrait continuer à exister si jamais ils continuaient à se répéter comme cela a été le cas contre l’Irak, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye, la Syrie, la Palestine et nous savons tous que des tentatives et préparatifs  ont vu le jour pour agresser une nouvelle fois l’Algérie et plus largement tout le Continent africain et au final le reste du Monde.

Cette procédure n’est pas le produit de spéculations arbitraires. Elle n’a pas, non plus, été instituée pour justifier certaines théories juridiques. Ce procès ne peux plus être qualifié d’essai pratique des nations les plus puissantes, soutenues par quinze autres, d’employer le droit des gens pour faire face à la plus grande menace de notre époque : la guerre d’agression. La raison humaine demande que la loi ne réprime pas seulement les crimes commis par des sous-ordres, mais qu’elle atteigne aussi et surtout les chefs qui disposaient du pouvoir et l’ont employé délibérément à des fins de destruction et d’asservissement.

Au banc des accusés ne figurent pas seulement ces hommes accablés et accusés autant par l’humiliation de ceux qu’ils dirigeaient que par la misère de ceux qu’ils ont attaqués et opprimés. Leur pouvoir personnel de faire le mal est à jamais écarté. A voir ces tristes personnages au banc des accusés, il est difficile de se les représenter au temps où, dirigeant la structure Nazis-sionistes, voulant soit disant établir un « Nouvel Ordre Mondial », ils régnaient sur une grande partie du monde et en menaçaient le reste. En tant qu’individus, ils intéressent peu.

sarkobush

Ce qui donne à cette audience une telle importance, c’est que ces accusés représentent des influences néfastes qui, longtemps après que leurs corps seront tombés en poussière, alarmeront toujours le monde. Ils sont les symboles vivants de la haine raciale, du règne de la terreur, de l’arrogance et de la cruauté, de la volonté de puissance, ils sont les symboles d’un mondialisme et d’un militarisme sauvages, d’intrigues et de préparatifs à des guerres au cours desquelles des générations entières en Afrique et ailleurs ont été transplantées, des hommes exterminés, des foyers détruits et toute l’économie appauvrie. Notre civilisation ne peut admettre aucun compromis avec ces courants maléfiques, qui resurgiraient avec un élan nouveau, si nous n’opposions à ces hommes, en qui ces courants subsistent, toute notre force et notre puissance populaire. Ce que ces hommes représentent, nous allons vous le dévoiler avec patience et modération, nous allons vous donner des preuves irréfutables des actes inqualifiables qu’ils ont commis. Dans la description et dans la nomenclature des crimes commis, rien ne sera tu de ce qu’ont pu suggérer les besoins pathologiques de cruauté, de puissance et d’orgueil. Ces hommes ont établi dans le monde sous le principe d’un chef unique un règne de terreur international qui n’a jamais trouvé d’égal. Ils ont enlevé aux peuples du monde toute dignité et toute liberté. En échange, ils ont provoqué en eux une haine profonde et satisfaite contre les musulmans, les africains, les arabes et beaucoup d’autres. Ils ont mené contre les masses populaires des campagnes d’arrogance, de brutalité et d’exécutions en masse telle que le monde n’en avait vue depuis les temps les plus reculés.

Ils ont poussé au paroxysme l’amour-propre du peuple européen qui prétendait représenter une race de seigneurs et réclamait pour d’autres un esclavage et un asservissement complet. Ils ont entraîné leur peuple à jouer son va-tout pour prendre la domination du monde. Ils ont écrasé leurs voisins. Pour assurer la marche de leur machine de guerre, ils ont réduit en esclavage des millions d’individus et les ont déportés en Amérique où ces malheureux errent encore aujourd’hui comme des sans-patrie. A la longue, leur cruauté et leur fourberie ont pris une telle ampleur que, devant le danger, les forces somnolentes des masses populaires se sont réveillées. Des efforts communs ont mis en pièces la machine de guerre qui se cachait derrière le nom de « Communauté Internationale ». La victoire a vu un monde libre, mais agonisant. Telles sont les conséquences de la néfaste puissance que représentent les hommes assis ici devant nous au banc des accusés.

Pour être juste à l’égard des nations et des hommes intéressés à ce procès, je tiens à mettre en garde contre certaines difficultés qui pourraient se présenter. Jamais jusqu’alors dans l’histoire de la jurisprudence, on n’avait fait l’essai de grouper en un seul procès tous les crimes commis en plusieurs décennies sur plusieurs continents, envers des nations entières et s’étendant à un nombre illimité d’individus. Cependant, malgré la grandeur de la tâche, la justice réclame des mesures immédiates. Il a fallu répondre à cette demande. Il y a quelques mois encore, une grande partie de nos documents, nos témoignages et nos principaux témoins se trouvaient entre les mains de l’ennemi. La loi n’était pas encore formulée, aucun tribunal n’était encore constitué, aucun palais de justice utilisable ne se trouvait ici, pas une seule pièce des centaines de tonnes de documents officiels n’avait été contrôlée, aucune délégation d’accusation n’avait été nommée, la majorité des accusés ici présents étaient encore au pouvoir et en liberté et les puissances populaires n’avaient pas encore décidé de les traduire devant ce tribunal. Je serais le dernier à contester que ce procès dispose de toute la documentation qu’il faudrait et qu’il sera un modèle du genre, ce dont nous disposons suffit largement pour prononcer le jugement que nous vous demanderons.

Avant de débuter par les détails de l’acte d’accusation, il est important que nous abordions ici quelques considérations d’ordre général qui pourraient disqualifier ce procès aux yeux de l’opinion publique. Deux questions principales se posent : c’est aux vainqueurs de juger les vaincus, ou faut-il laisser à ces derniers la tâche de faire justice eux-mêmes ?

Si ces hommes ne sont pas les premiers chefs de guerre d’une nation battue, à être poursuivis au nom de la loi, ce sont aussi les premiers à qui l’occasion soit offerte de défendre leur vie au nom de la loi. Vraiment, le statut de cette Cour, qui leur permet de se défendre, est aussi leur seul espoir. Peut-être ces hommes, à la conscience trouble, dont le seul désir est que le monde les oublie, ne considèrent-ils pas un procès comme une faveur, faveur qu’ils ont, étant au pouvoir, rarement accordée à leurs compatriotes, mais ils ont l’occasion de se défendre.

Bien qu’en fait, l’opinion publique ait déjà condamné leurs actions, nous convenons qu’ils doivent ici être présumés innocents et nous acceptons la charge de prouver le caractère criminel de leurs actes et la responsabilité de chacun d’eux dans la perpétration de ces actes. Quand je dis, que nous ne demandons pas qu’on les condamne sans que nous ayons prouvé leurs crimes, je ne veux pas dire seulement de violations techniques ou fortuites internationales. Nous les accusons pour leur conduite préméditée et calculée, répréhensible sur le plan moral aussi bien que juridique. Nous n’entendons pas par là une conduite naturelle et humaine, même si c’est une façon de tourner les difficultés. Beaucoup d’entre nous auraient pu agir ainsi s’ils s’étaient trouvés dans la situation de ces accusés. Ce n’est pas d’avoir cédé à des faiblesses humaines que nous les accusons, c’est leur conduite anormale et inhumaine qui les a conduits au banc des accusés.

Nous ne vous demandons pas de condamner ces hommes d’après le témoignage de leurs ennemis. Il n’y a pas de chef d’accusation qui ne puisse être prouvé par des livres ou des archives. Les Européens ont toujours été des archivistes méticuleux et les accusés partageaient l’amour teuton de tout enregistrer. Ils ne manquaient pas non plus de vanité ; ils se faisaient souvent photographier au cours de leurs actes ; nous vous montrerons leur propre film ; vous verrez la façon dont ils se conduisaient et vous entendrez leur voix quand ils vous feront revivre sur l’écran certains évènements de leurs conspirations.

Nous voudrions également préciser que nous n’avons pas l’intention d’incriminer le peuple Européen tout entier. Nous savons que la structure Nazi européenne-sioniste du Nouvel Ordre Mondial n’est pas arrivé au pouvoir par le vote de la majorité des Européens. Nous savons qu’il a pris le pouvoir grâce à une alliance néfaste des pires révolutionnaires nazis, des réactionnaires américains et européens les plus effrénés et des militaristes américains et européens les plus agressifs. Si les peuples américains et européens avaient accepté de plein gré le programme sioniste du Nouvel Ordre Mondial, « la structure » n’aurait pas eu besoin, au début, d’un terrorisme pour légitimer la violence d’Etat sur les masses populaires, de la mise en place de lois antidémocratiques et elle n’aurait pas non plus eu besoin des troupes d’assaut ni, par la suite, des camps de concentrations, ni de Gantanamo. Ces deux institutions furent créées aussitôt que les Nazis-sionistes eurent pris le contrôle des Etats Unis d’Amérique. Ce n’est qu’après que ces innovations criminelles eurent fait leurs preuves en Amérique et en Europe qu’elles furent utilisées à l’étranger. Les peuples américains et Européens doivent savoir que, désormais, le peuple des Etats-Unis d’Afrique n’a pour lui ni peur, ni haine. Il est vrai que les américains et les européens nous ont appris les horreurs de la guerre moderne.

Malheureusement la nature de ces crimes est telle que, et l’accusation, et le jugement seront imposés par les masses populaires à leur ennemi vaincu. Le caractère mondial des actes d’agression commis par ces hommes n’a laissé aucun pays réellement neutre. Ou bien les vainqueurs doivent juger les vaincus, ou bien nous devrons laisser aux vaincus le soin de prononcer leur propre jugement.

Après la première guerre mondiale, nous avons appris combien il était futile de se fier à cette seconde solution. Par suite de la situation importante occupée par ces accusés, de la notoriété de leurs actes et de la possibilité de représailles qui découle de leur conduite, il est difficile de distinguer s’il s’agit d’une punition juste et mesurée ou de cris de vengeance dus aux angoisses de la guerre. Notre tâche dans la mesure où cela est humainement possible, sera de faire cette distinction. Il ne nous faudra jamais oublier que les faits sur lesquels nous jugeons ces accusés aujourd’hui, sont ceux mêmes sur lesquels l’Histoire nous jugera demain. Il faut dans notre tâche que nous fassions preuve d’une intégrité et d’une objectivité intellectuelle telles, que ce procès s’impose à la postérité comme ayant répondu aux aspirations de justice de l’humanité tout entière.

Source : http://www.mathaba.net/news/?x=629805


Sources: http://stcom.net (http://s.tt/15hYR)

La Voix De La Libye

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:44

Je suis épuisée aujourd'hui, je reviendrai sur ce texte à lire d'abord pour comprendre le fil de ce qui va suivre... c'est un boulot plus large que j'entreprends là.... sionisme, sémistisme et judaïsme.... aujourd'hui alors que je tenais mes distances je suis devenue antisioniste radicale.... et militante.... il faut éradiquer l'idéologie sioniste pour que cette planète puisse continuer à respirer. J'en reparlerai... sujet trop grave pour le traiter à la légère.... là je suis simplement choquée et bouleversée   

EUROPE - Sionisme – Pour que s’arrête la peur ! - Pierre PICCININ


Lire du même auteur pour comprende sa qualité humaine, le meilleur reprotage que j'ai vu sur la Libye... à Pierre Piccinin tout mon respect et à Marc Lafontan remerciements pour le reportage et pour le choc de civilisation qui a suivi Au bout de la route: Libye : lendemain de "révolution")

LIBYE - Lettre de Libye : Kadhafi mort, la conquête s’achève, l’occupation s'impose, la résistance s’organise... - Pierre PICCININ

Lire sur ce blog pour comprendre ce qu'est le torchon Libre Belgique

Belgique pays en voie de décivilisation ! - Le blog de Anne Wolff

Je respire un grand coup et vous explique pourquoi je suis affectée à ce point et pourquoi vient de naître une antisioniste radicale de plus.... des prémisses il y a quelques semaines face à la découverte de l'intensité de  la censure sioniste dans mon pays... et là je le dis très clairement il faut détruire lesmanifestations de la censure sioniste en Belgique.... et à l'Université Libre de Bruxelles... et là c'est pur respect des traditions dans lesquelllesj'ai grandit....libre pensée et libre examen... et défense de mes ascendants juifs... détruire la doctrine sioniste en protection de tous les juifs qui s'y opposent . Je me remets lesidées en place et je vous explique pourquoi cela me fait autant d'effet.

 

Mise au point du samedi 7. En réponse à cette intolérable dérive j'ai publié ce matin le texte Antisémitisme et Antisionisme - L'impossible amalgame - par Marcel Liebman

Ce texte d'un professeur de  l'ULB,  co-fondateur de l'association Belgique-Palesstine et juif est la meilleure réponse à cette dangereuse censure de la liberté d'expression en Belgique en général et dans ce qui fut notamment grâce à des professeurs comme Monsieur Liebman  un haut lieu de la plus grande liberté d'expression en particulier : l"ULB

 

 


 

 

 

66635 449797014906 760094906 5077304 2728269 n[1]

 

 

 

Depuis qu'il a critiqué la politique israélienne en Palestine, le chercheur Souhail Chichah est menacé de mort.

 

 

Le 20 septembre dernier, à l’ULB, s’est tenue une conférence sur le thème de « La Liberté d’Expression », précédée du film du journaliste Olivier Mukuna « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ? », à propos de l’humoriste dont les sketches s’attaquent régulièrement aux milieux sionistes et à la politique israélienne en Palestine.

 

Parmi les intervenants, Souhail Chichah, chercheur en économie de la discrimination, a critiqué sans détour cette politique, concluant qu’Israël se comporte en « Etat raciste, ségrégationniste et colonial ». Il a en outre dénoncé l’impossibilité d’ouvrir ce débat sans être systématiquement vilipendé par les organisations juives et qualifié d’antisémite. Souhail Chichah a ainsi regretté l’instrumentalisation de la Shoah, utilisée pour bâillonner les opposants à la politique d’expansion de l’Etat hébreux. A aucun moment, cependant, il n’a tenu de propos haineux ou irrespectueux envers les Juifs.

 

Dans le public, néanmoins, les représentants de plusieurs associations juives, venus en nombre, ont d’emblée tenté de l’empêcher de s’exprimer par des huées, des menaces physiques et des insultes, à tel point que la conférence fut interrompue et l’auditoire évacué.

 

Depuis ce jour, Souhail Chichah est victime d’un harcèlement intense, qui a commencé par une campagne de diffamation, initiée par le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, qui accuse Souhail Chichah d’avoir voulu attiser la haine envers les Juifs et d’avoir remis la Shoah en question. Suivront le Centre communautaire laïc juif, l’Union des Etudiants juifs de Belgique et l’European Union of Jewish Students, qui l’accuseront d’antisémitisme et de négationnisme, assertions particulièrement graves, a fortiori à l’égard d’un enseignant. Mis en œuvre dans la presse et sur le net, ce harcèlement médiatique a débordé les frontières du royaume. Et certains demandent à l’ULB le licenciement de Souhail Chichah.

 

En outre, Souhail Chichah a reçu de nombreux courriers anonymes le menaçant d’être passé à tabac et tué : « tu vas saigner, espèce de porc » ; « morpion islamiste, ton heure est venue ! » ; « un musulman, une balle ; toi, dix ! ». Certains de ces courriers font état avec précision de ses horaires et mouvements à l’ULB...

 

Le lundi 4 octobre au matin, en sortant de son domicile, Souhail Chichah échappait de justesse à une tentative d’agression au couteau, grâce à l’intervention de voisins.

 

Et ce vendredi 8 octobre, il a été convoqué pour répondre d’une plainte déposée contre lui pour incitation à la haine raciale, non pas suite à son discours lors de la conférence, mais pour la rédaction d’un article vieux de plusieurs mois, « De la hiérarchie des races en Belgique ou de ses cinq niveaux de citoyenneté », lequel, pourtant, a précisément pour objet de dénoncer les dérives racistes.

 

Sans aucun soutien, ni des autorités de l’ULB, ni du monde académique, craignant pour sa sécurité physique, Souhail Chichah n’est plus en mesure d’assurer ses activités professionnelles.

 

La stratégie est évidente : salir, terroriser et intimider pour faire taire, puisqu’un procès est impossible, aucun acte délictueux n’ayant été commis.

 

Or, tout cela ne se passe pas dans l’Allemagne nazie des années 1930’, ni en Chine ou en Afghanistan, mais aujourd’hui et en Belgique, Etat démocratique qui garantit la liberté d’expression.

 

Quelque chose se serait-il donc effondré dans le système de valeurs de cet Etat ? La « liberté d’expression » est-elle désormais une notion abstraite ? Ou bien le « cas Chichah », cette ignoble mise à mort, constitue-t-il l’exception qui confirme la règle ? Pourrait-on, en fait, parler de tout, caricaturer Mahomet sous la forme d’une bombe et assimiler tous les Musulmans à des terroristes ? De tout, sauf d’Israël et de sa politique en Palestine ?

 

Si les collègues de Souhail Chichah, si les enseignants et chercheurs, si tous les intellectuels de ce pays continuent de se taire et refusent de le soutenir maintenant, cette stratégie réussira à détruire une part de notre liberté. Si nous laissons faire, « l’exemple Chichah » demeurera, tel une épée de Damoclès, et pour notre plus grande honte.

 

 

 

Lien(s) utile(s) : La Libre Belgique (PLUS DE 950 PERSONNES ONT PARTAGÉ CET ARTICLE SUR FACEBOOK !).

Coupure de presse : Liberté d'expression

 

 

 

Pétition de soutien à Souhail Chichah : Contre l'intimidation intellectuelle à l'ULB.

 

Et voir l'Appel contre l'intimidation intellectuelle face à la critique d'Israël, carte blanche collective, Le Soir, 22 octobre 2010 et Un débat libre est-il encore permis à l'Université Libre de Bruxelles?, Le Soir, 3 mars 2011.

 

 

Lire aussi : Censure, pressions ou usure? Qu'est-il en train d'arriver à l'Université Libre de Bruxelles? et Antisémitisme et antisionisme : les confusions et tabous de l’Occident.

 

Lire aussi :  Cabale sioniste contre Souhail Chichah (le point sur cette affaire, par Olivier MUKUNA).

 

Voir également : Alterinfo.

 

Voir aussi, la riposte sioniste à cet article, le lendemain de sa publication : Un prof de l'Ecole européenne dénonce le pouvoir des Juifs aux Etats-Unis (publié dans Juif.org).

 

Et : Droit de réponse de l'UEJB à Pierre Piccinin.

 

 

Et avec tout mon soutien Anne Wolff

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 10:09

 

 

 

Einstein et le sionisme, un rappel historique
Voici un texte publié en 1948 dans le New York Times co signée Albert Einstein que l'on ne
peut accuser d'être un anti juif.
Les dirigeants israéliens sont des fascistes
A l'éditeur du New-York Times
New York, 2 Dec. 1948

Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, il y a dans l'Etat nouvellement créé d'Israël, l'apparition du "Parti de la Liberté" (Tnuat Haherut), un parti politique étroitement apparenté dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social aux partis Nazi et fascistes.

Il a été formé par les membres et partisans de l'ancien Irgun Zvai Leumi, une organisation terroriste d'Extrème-Droite et nationaliste en Palestine.
La visite actuelle de Menahem Begin, le chef de ce parti, aux Etats-Unis est évidemment calculée pour donner l'impression d'un soutien américain à son parti lors des prochaines élections israéliennes, et pour cimenter les liens politiques avec les éléments Sionistes conservateurs aux Etats-Unis.

Plusieurs Américains de réputation nationale ont prêté leurs noms pour accueillir sa visite. Il est inconcevable que ceux qui s'opposent au fascisme dans le monde entier, si correctement informés quant au passé et aux perspectives politiques de M. Begin, puissent ajouter leurs noms et soutenir le mouvement qu'il représente.


Avant que des dommages irréparables ne soient faits par des contributions financières, des manifestations publiques en soutien à Begin et avant de donner l'impression en Palestine qu'une grande partie de l'Amérique soutient des éléments fascistes en Israel, le public américain doit être informé sur le passé et les objectifs de M. Begin et de son mouvement.

Les déclarations publiques du parti de Begin ne montrent rien quant à leur caractère réel. Aujourd'hui ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que jusqu'à récemment ils ont prêché ouvertement la doctrine de l'Etat Fasciste.

C'est dans ses actions que le parti terroriste trahit son véritable caractère. De ses actions passées nous pouvons juger ce qu'il pourrait faire à l'avenir.
Lire la suite : SERGE ADAM

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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