19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 07:04




Répression, bandes paramilitaires et violations massives des droits de l’homme, des fantômes qui semblaient proscrits en Amérique Centrale, sont devenues une triste réalité quotidienne pour la population hondurienne après le coup d’état perpétré par l’oligarchie et l’armée le 28 juin dernier.

Dès que la nouvelle du putsch et de l’expulsion illégale du pays du Président Constitutionnel, Manuel Zelaya, a été connue, diverses organisations populaires, syndicales, étudiantes et paysannes sont descendues dans la rues pour exiger le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Les manifestations durent depuis 52 jours.

La réponse des usurpateurs a été une répression brutale qui a, d’ores et déjà, coûté 8 vies, des milliers de détenus, de disparus, de tortures, bref, un retour aux pires années de la seconde moitié du siècle dernier.

La réactivation des groupes irréguliers, les escadrons de la mort, entraînés dans les tactiques anti-guérilla qui incluent l’élimination physique de dirigeants populaires et l’intimidation de la société moyennant la terreur ont provoqué une préoccupation particulière.

La guerre psychologique, de laquelle font partie les grands médias, dont les propriétaires sont les familles les plus riches du Honduras, vient s’y ajouter.

Un exemple très clair de cela a lieu dans la communauté de Guadalupe Carney, dans le département de Colon, où des civils armés jusqu’aux dents, font le siège du village et réalisent des incursions à la recherche d’armes et de prétendus militaires vénézuéliens qui seraient cachés dans ce coin isolé.

Quelque 600 familles y sont assiégées. Des organisations humanitaires internationales craignent un massacre de graves proportions.

Guadalupe Carney a pris son nom d’un religieux catholique assassiné par l’armée hondurienne en 1983 tout simplement pour avoir participé aux cotés de la population, à des manifestations pour réclamer leurs terres, illégalement occupées par les propriétaires terriens.

Durant le gouvernement du Président Zelaya, le village a été choisi pour y appliquer un programme de développement agricole, dans le cadre des accords passés dans le cadre de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique, l’ALBA.

La communauté a reçu des crédits, des tracteurs, de l’assistance technique et des semailles pour faire produire les terres fertiles au bénéfice de leurs habitants, ce qui a éveillé la méfiance des propriétaires terriens et d’éleveurs qui voient dans ce projet, un prélude de réforme agraire qui irait contre leurs intérêts.

À l’heure actuelle, les habitants de ce village sont menacés d’une attaque armée, comme l’a dénoncé le dirigeant local, Lorenzo Cruz. Ses craintes pourraient se confirmer, car la presse nationale diffuse des rumeurs sur de prétendus vols d’avions immatriculés vénézuéliens sur cette région.

Ces derniers jours, d’autres indices qui font penser qu’une action globale contre le mouvement anti putschiste se prépare, ont surgi.

Parmi eux, l’occupation de l’Université Pédagogique, où selon la police, des bouteilles remplies d’essence et d’autres ustensiles pour fabriquer des explosifs artisanaux auraient été découverts.

Coïncidence: des individus non identifiés ont attaqué avec des cocktails Molotov, le siège du journal El Heraldo, qui appartient à l’ex président Carlos Flores Facussé, qui est membre d’une des familles qui auraient financé le coup d’état.

L’infiltration de provocateurs dans les marches et les manifestations contre le putsch, pour justifier une éventuelle attaque de la police et de l’armée, est aussi une autre des tactiques utilisées.

La situation humanitaire au Honduras est donc sérieusement menacée. Aucun avertissement sur ce thème très délicat, n’est donc pas en trop, dans une nation ou renaît le pire du passé récent, très récent encore, dont les blessures n’ont pas eu encore le temps de cicatriser complètement et pourraient même se rouvrir et saigner à nouveau.

 

 

 

 

Par cuba si lorraine - Publié dans : Amérique Latine - Communauté : Cuba Si Lorraine




Lundi 17 août 2009


Les putschistes honduriens s’en prennent aux étudiants de l’ELAM


LES forces putschistes au Honduras ont chargé violemment des étudiants de l’Ecole latino américaine de médecine (ELAM), en visite dans ce pays et qui portaient secours à plusieurs manifestants blessés.

Dans un entretien téléphonique depuis Mexico, Silvia Ayala, députée du Parti Unification démocratique, a affirmé que les jeunes ont été frappés et emmenés dans une station de police alors qu’ils portaient assistance à des victimes de la répression policière à San Pedro Sula.

Certains portaient plusieurs blessures et des marques de coups, a précisé Ayala, qui a pris la tête de la résistance pacifique dans la deuxième ville de ce pays d’Amérique centrale.

Les faits se sont produits alors que la situation ne cesse de se dégrader au Honduras, où le gouvernement de facto a décrété l’état d’urgence devant les importantes manifestations qui se déroulent depuis déjà 47 jours, en faveur du retour de l’Etat de droit.

Pendant ce temps, la tension sociale est montée d’un cran, après la répression militaire et la poursuite de la crise provoquée par le coup d’Etat, sans aucune solution négociée en vue, précise Prensa Latina.

Les forces armées et la police ont lancé hier une vaste opération d’interpellation des opposants qui manifestent pour exiger le rétablissement de l’ordre constitutionnel et le retour du président Manuel Zelaya.

Le Front national contre le coup d’Etat, dans plusieurs communiqués, a dénoncé la brutalité des actions des militaires et de la police, notamment les mauvais traitements, les actes de tortures et les bastonnades contre les détenus. (SE)
 

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 17:28

traduction trouvée sur un forum


Messagede John-Bxl le 09 Juil 2009, 10:18

Ca donne envie de vomir...

Honduras : Les tortionnaires reprennent du service


Le sicaire de Roberto Micheletti : Histoire du tortionnaire Joya Améndola, bras droit du président de facto

Ceux qui ont vécu la guerre sale des années 80 en Amérique du centre vont avoir des sueurs froides, quand ils apprendront que le « ministre conseiller » du président de facto hondurien n’est autre que Billy Joya Améndola.

Il est indispensable de connaître le curriculum de Joya Amándola pour comprendre la culture politique de la junte militaire putschiste que préside Micheletti.

Dans les années 80, Billy Joya Améndola était un des principaux dirigeants du Service de renseignement 3-36, chargé de l’enlèvement et de la séquestration des opposants politiques, et fondateur des escadrons de la mort « Lince y Cobra » (Lynx et Cobra). Il fut, dans ces fonctions, l’un des principaux exécuteurs d’enlèvements, de tortures et d’assassinats au Honduras, et pour le moins de onze exécutions sous le pseudonyme de Docteur Arranzola.

Il fut accusé également de la séquestration et de la torture de 6 étudiants, dont 4 sont toujours portés disparus. Les faits remontent au 27 avril 1982, dans les bureaux du Procureur général de la République, Rafael Rivera, en violation de l’immunité du second représentant de la justice du pays, avec les mêmes méthodes utilisées par la dictature argentine.

En fait, s’il n’y a pas de preuves que Joya Amándola recevait ses instructions des Etats-Unis, il est irréfutable qu’il a travaillé en Argentine, sous les ordres d’un des principaux agents de la répression, Guillermo Suarez Mason, connu notamment pour être l’un des principaux organisateurs d’enlèvements d’enfants pendant la dernière dictature.

Doté d’une bourse de l’armée hondurienne, il étudia ensuite au Chili d’Augusto Pinochet. Puis de 1984 à 1991, il fut intermédiaire entre l’armée hondurienne, les oppresseurs argentins et les Etats-Unis pendant la sale guerre.

Depuis 1985, le gouvernement espagnol a demandé l’extradition de Joyas Améndola à plusieurs reprises, à travers Interpol. Cependant la justice hondurienne (la même qui a présenté 18 accusations contre Zelaya) n’a jamais donné suite à aucune d’elles.

Malgré cela, lorsqu’un juge de Tegucigalpa l’a accusé d’enlèvement et de torture, et qu’un ordre d’arrestation a été émis contre lui en 1985, c’est précisément en Espagne qu’il s’est réfugié et il est resté, sollicitant l’asile politique. Il fut expulsé en 1998. Pendant toutes ces années, il a travaillé comme catéchiste dans un collège de Séville.

Il est aujourd’hui le bras droit de Micheletti.

Gennaro Carotenuto

http://www.gennarocarotenuto.it/9082-il ... -di-fatto/

Traduit du site Rebelion par Gloria Gonzalez J




Le Honduras et l’information en Espagne

Luis SEPULVEDA
Au Honduras, il y a eu purement et simplement un coup d’État. Un général de la vieille école, de ceux qui sont formés aux États-Unis pour combattre « l’ennemi intérieur », plus un sénat indocile et fidèle aux vieilles oligarchies d’Amérique Centrale, prétend en finir avec une gestion qui, si elle peut être critiquable sur certains aspects comme celles de tous les gouvernements, est sujette à la Constitution et aux lois qui régissent la nation hondurienne et qui est l’expression de la volonté souveraine des honduriens. Remplacer la légalité par des mesures d’exception, par des nominations d’urgence, arrêter le président et l’expulser du pays, c’est purement et simplement un coup d’État. Il n’y a pas d’euphémismes qui puissent occulter ce qui s’est passé en réalité : un coup d’État.

Mais la presse espagnole, dés le premier moment, dés les premières rumeurs qui alertaient de l’anormalité au Honduras, s’est plus préoccupée de présenter le président Manuel Zelaya comme l’unique responsable de ce qui s’était passé, plutôt que de condamner à l’avance une quelconque violation du jeu démocratique. En se référant à des « sources non confirmées », on a présenté le président Zelaya comme un provocateur qui aurait appelé à un référendum inconstitutionnel dont l’unique objectif était de se maintenir au pouvoir. Maintenant, à mois de vingt-quatre heures et grâce à la télévision vénézuélienne, nous savons qu’il s’agissait d’une consultation sans caractère inaliénable, qui visait à connaître l’opinion des honduriens sur le fait de savoir s’il convenait ou non de proposer des réformes à la constitution. La presse espagnole a des correspondants et des envoyés spéciaux au Honduras, mais c’est grâce à la télévision vénézuélienne que le monde a connu la présence d’observateurs internationaux, y compris de représentants des États-Unis, qui étaient au Honduras pour vérifier le caractère légal et la propreté de la consultation. Et ce sont ces observateurs qui ont été les premiers à dénoncer et condamner sans ambiguïté le coup d’État.

Pour la presse espagnole, le plus remarquable a été que la constitution hondurienne ne permet pas la réalisation de consultations sous forme de référendum -toujours inaliénables- dans un laps de temps déterminé avant et après des élections. On disait, on informait, en langage sibyllin, que le président Zelaya avait violé la constitution et, de façon encore plus vile, sans mots -parce que la désinformation provoque des silences et des immobilités- on invitait à considérer Zelaya comme le seul responsable de ce qui s’était passé.

Pour la presse espagnole, Zelaya est « un homme de Chávez », on citait que, bien qu’il soit libéral, il avait donné un virage à gauche qui le rapprochait des positions du président vénézuélien, mais on oubliait de signaler que presque toute l’Amérique Latine, avec différentes expressions et aussi des exceptions – la Colombie par exemple- est marquée par un processus de changements structurels, sociaux, politiques, économiques et culturels, qui garantissent le pouvoir de la légalité et de la normalité démocratique sur un continent qui s’est vu privé de ces conquêtes de la société civile. Des décennies de coups d’État et de putschs impulsés par les États-Unis ont fait de l’Amérique Latine un espace géographique où la démocratie était pratiquement une chimère.

La presse espagnole, responsable d’une société désinformée et qui s’auto alimente dans ses préjugés, par- dessus tout en ce qui concerne l’Amérique Latine, au moment où il fallait condamner sans palliatifs le coup d’État au Honduras, s’appliquait plus à démontrer certaines excentricités du dirigeant constitutionnel hondurien, comme sa fille qui aurait dénoncé qu’il l’a empêché d’avoir une liaison avant qu’elle n’ait trente ans, ou que lui et sa famille « auraient été mêlés » à une série de meurtres non élucidés. Qu’il est loin le temps où les journalistes et les directeurs de journaux savaient faire la part des choses.

Aujourd’hui, lundi 29 juin, un article de El País parle de « La tentation de la présidence à vie », et le ton de l’information –tout ce qui est publié dans un journal est de l’information ou de la désinformation- fait remarquer une fois de plus que le président Zelaya est l’unique responsable de ce qui est arrivé puisqu’il serait tombé dans cette terrible tentation de faire un second mandat. J’ai peur –parce que je suis optimiste- que l’auteur de l’article ignore que Felipe González a été chef du gouvernement espagnol de 1982 à 1996, que François Mitterrand a été président de la république française de 1981 à 1995, que Helmut Kohl a été chancelier d’Allemagne de 1982 à 1998, et que Margaret Thatcher a été premier ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990. Tous ont gouverné, pour le bien et pour le mal, pendant plus de 10 ans leurs pays respectifs, et il n’y a qu’un imbécile pour penser que ces longues périodes au pouvoir auraient pu mettre en danger les démocraties européennes.

Mais le Honduras est un pays d’Amérique Centrale, il fait partie de l’Amérique Latine, et pour la presse espagnole, le continent américain ne peut qu’être analysé et expliqué qu’à partir d’un préjugé. Je cite textuellement l’article : « La liste des dirigeants latino-américains qui l’ont obtenu (prolonger leur mandat à la tête de leur nation) ou essayé, s’étend du nord au sud de la région. Dans la majorité des cas, le charisme et la popularité acquise lors de leur premier mandat, leur donne l’avidité de rester au pouvoir et beaucoup les considèrent comme irresponsables ».

Mon ami, le maître des journalistes italiens, Gianni Mina, m’a signalé une fois les gouttes de venin subliminal qui coulent dans ce genre d’articles « d’analyse » et qui violent le droit à l’information : « La liste des dirigeants latino-américains qui l’ont obtenu ou essayé, s’étend du nord au sud de la région ». Aucun espagnol, habitué à la désinformation, ne demandera à l’auteur de l’article cette « liste qui s’étend » . Aucun espagnol soumis à la désinformation ne demandera le nom de certains de ceux qu’ils considèrent comme irresponsables, ceux qui intègrent la liste des dirigeants latino-américains qui ont prolongé leurs mandats. Aucun espagnol résigné à la désinformation ne lui demandera si, aussi, González, Mitterrand, Kohl y Thatcher sont sur cette liste d’irresponsables.

Pour Javier Lafuente, l’auteur de l’article que j’ai cité, ce qui s’est passé au Honduras, le coup d’État, doit être compris à partir du préjugé d’un espagnol pour qui le béret serre dangereusement le front. Pour lui, « Manuel Zelaya a provoqué la dernière tentative ». Il se réfère à la réalisation d’une consultation non inaliénable et sans autre but que ce connaître l’opinion des honduriens sur le fait de faire ou non des réformes à la constitution. Si ceci n’est pas un préjugé et pratiquement l’apologie du coup d’État, alors c’est de la pure et simple ignorance d’un européen à l’odeur de friture.

Luis Sepúlveda
Gijón, 29 juin 2009



Source forum antifasciste : Forum antifasciste • Afficher le sujet - Honduras...
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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 15:46

Le gouvernement de facto de Roberto Michelletti au Honduras, mercredi dernier, a nommé comme ministre conseiller Billy Joya, connu pour avoir coordonné et dirigé tortures et assassinats dans ce pays pendant les années 80.

Le nouveau conseiller du président putschiste, tortionnaire et chef des escadrons de la mort par Prensa Latina y Minci

Par ADMINISTRATEUR (Section communiste du PCF Avion) le Le jeudi 16 juillet 2009, 08:49 - Tous les billets

Le gouvernement de facto de Roberto Michelletti au Honduras, mercredi dernier, a nommé comme ministre conseiller Billy Joya, connu pour avoir coordonné et dirigé tortures et assassinats dans ce pays pendant les années 80.

Joya s’est joint au Bataillon de Renseignements 3-16 et fonda l’escadron d’élite de répression « Linx » des Cobras et fut premier commandant de ce groupe.

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De 1984 à 1991 il est resté dans l’escadron de la mort 3-16 où il a assuré plusieurs fonctions, sous le pseudonyme de « Licenciado Arrazola ». On lui attribue la responsabilité criminelle directe d’au moins 16 cas et d’actions spéciales qui ont laissé plus d’une dizaine de morts et torturés pour leur lien avec des organisations progressistes.

Les agissements de Joya furent dénoncés en leur temps. Néanmoins ces antécédents n’ont pas de valeur pour Micheletti dont le gouvernement est aujourd’hui répudié par la communauté internationale. L’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté une résolution dans laquelle elle condamne le coup d’état militaire au Honduras et demande la restitution immédiate du président légitime de cette nation, Manuel Zelaya.

La résolution adoptée par acclamation, fait un appel aux 192 états membres de l’ONU à ne pas reconnaître le régime militaire qui a pris le pouvoir par la force et à ne pas reconnaître un gouvernement différent de celui de Zelaya. Profil de Billy Fernando Joya Améndola, membre de l’escadron de la mort B3-16

Le bataillon 3-16

Au Honduras il n’y a pas d’acte de création du Bataillon 3-16, mais les premières disparitions datent de 1981. Cette année-là, Washington décida de changer d’ambassadeur à Tegucigalpa. John Dimitri Negroponte fut l’élu. Son curriculum, impeccable : ancien chef de la CIA au Vietnam. Negroponte fut l’homme clef de la stratégie anticommuniste de Washington en Amérique Centrale et dans la création de la Contra du Nicaragua. Les hommes du 3-16 furent entraînés par des agents de la CIA et de distingués militaires argentins.

A cette époque le général Suárez Manson apparaît lié à l’instruction du 3-16, un des plus grands répresseurs de la dictature argentine. Billy Joya n’a pas étudié seulement les méthodes argentines; étant cadet de l’école militaire Francisco Morazán de Tegucigalpa, il partit avec une bourse d’études au Chili de Pinochet.

Billy Fernando Joya Améndola, membre de l’escadron de la mort B3-16

Capitaine de l’armée du Honduras, il était chef de sa division tactique dans le Bataillon 3-16. Il agissait en synchronisation avec la Direction Nationale de Renseignements (DNI), le bras répresseur de l’armée. Expert en infiltration et guerre psychologique.

De 1984 à 1991 il est resté dans l’escadron de la mort B3-16, où il a assuré plusieurs fonctions, sous le pseudonyme de « Licenciado Arrazola », entre autres :

- liaison entre conseillers nord-américains et le bataillon B3-16; chef du Détachement Technique Spécial; coordinateur du B3-16 entre Tegucigalpa et San Pedro Sula; liaison entre les conseillers argentins et le B3-16, - il est accusé d’avoir séquestré et torturé six universitaires honduriens en 1982, - on lui attribue la responsabilité criminelle directe d’au moins 16 cas et d’actions spéciales qui ont laissé plus d’une dizaine de morts et torturés pour leur lien avec des organisations progressistes, entre autres : les actions des colonies la Campaña, la Matamoros, la San Francisco, la Florencia Sur, l’Aurora, Guamilito et Loarque.

Actuellement, le gouvernement de facto de Roberto Micheletti au Honduras a nommé comme ministre conseiller Billy Joya.

Torture et séquestration d’étudiants honduriens

Le 27 avril 1982, à cinq heures du matin, Joya, à l’époque sous-lieutenant, et six de ses hommes fortement armés pénétrèrent dans l’habitation du sous procureur de la République du Honduras, Rafael Rivera, pour arrêter les étudiants. Deux d’entre eux étaient les filles de Rivera, qui bénéficiaient de l’immunité étant donné le poste de leur père.

Dans leur lieu de captivité, ces six étudiants croisèrent d’autres détenus qui n’ont jamais réapparu. Malgré que la police et l’armée n’aient jamais reconnu la détention des six universitaires, deux d’entre eux furent mis à disposition de la justice 11 jours plus tard. Ils furent accusés de détention d’armes et d’explosifs. Mais dans la maison de Rivera, où ils louaient leur logement, n’ont été trouvées que des notes.

Malgré qu’il n’existe pas de traité formel entre l’Espagne et le Honduras, une loi espagnole, celle d’Extradition Passive de 1985, permettait l’envoi de Billy Joyas au Honduras. Le juge compétent à Tegucigalpa devait solliciter, à travers Interpol ou par voie diplomatique, l’extradition. Une fois reçue, les autorités judiciaires espagnoles pouvaient ordonner la détention de Joya. Le juge hondurien aurait 40 jours pour motiver sa demande, qui lorsque approuvée, serait d’immédiate application. Pourtant après une demande du 7 août 1997, sans succès, on constate que le gouvernement du Honduras n’avait pas de volonté d’exécuter cette extradition.

Asile en Espagne

Il est entré en Espagne en avril 1996 avec un visa touristique. Il venait de Colombie où il s’était caché après sa fuite du Honduras lorsque a commencé un procès contre lui et d’autres membres de l’escadron de la mort. En octobre 1996, il demanda l’asile politique en Espagne, et le 30 mai 1997 le ministre de l’intérieur espagnol le refusa.

Le refus de l’asile en Espagne était lié à l’ordre administratif d’expulsion dans les 15 jours. L’avocat de Joya fit appel devant la Chambre des Contentieux, paralysant la mesure. La chambre signala à Joya, le 5 février 1998, que l’ordre d’expulsion était gelé jusqu’à ce qu’il résolve l’affaire de l’asile.

Joya vivait caché en Espagne depuis avril 1996, à Séville, dans le quartier Los Remedios, dans un des immeubles les plus emblématiques et chers, El Presidente.

Billy Joya fut accusé en 1994 des délits de torture et de détention illégale, et le 17 octobre 1995 un juge civil de Tegucigalpa dicta un ordre de recherche et capture à son encontre. L’avocat espagnol Enrique Santiago, spécialisé dans le droit international humanitaire, a porté plainte, en 1998, à ce sujet au nom d’un des torturés, Milton Jiménez Puerto. La plainte s’est appuyée sur l’article 5.2 de la Convention Internationale Contre la Torture, signée par l’Espagne.

Joya n’a jamais travaillé en Espagne. Il fut financé et aidé par son beau-frère avec qui il partage une entreprise de sécurité au Honduras. La seule activité connue était celle de catéchiste. Il a aidé les élèves du collège Saint Joseph des Sacrés Cœurs de Séville à comprendre le christianisme.

source site de Michel Collon

Manuel Zelaya - www.elunet.fr

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 10:31

Ceci est un complément à l'article du Tacle que j'ai publié hier.
HONDURAS : DES COMMANDOS ISRAÉLIENS METTENT LEUR EXPÉRIENCE DE PALESTINE ET DE COLOMBIE AU SERVICE DES FORCES ARMÉES DU HONDURAS - LE TACLE


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Une photo publiée à la page 52 du quotidien La Tribuna édité à Tegucigalpa montre le militaire habillé d’un treillis de camouflage vert et d’un casque qui, avec sa main gauche, traîne le jeune Magdiel au sol.

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Le détail important est le fusil qu'il tient dans sa main droite, semblable à un M16 mais en plus petit. Ce type de fusil est utilisé uniquement par les officiers des Forces Armées, spécialement de l'armée de terre.

À Tegucigalpa, grâce à ses vêtements et à son visage, les parents ont parfaitement identifié Magdiel en découvrant la photo de sa capture dans La Tribuna. En même temps, ils apprenaient par la radio l’annonce d’un mort à El Paraíso et par les descriptions détaillées ils ont su immédiatement qu'il s'agissait de lui.

La police d’El Paraíso a prétendu s’être trompée en informant que deux jeunes avaient été capturés alors qu’ils fumaient de la marijuana, ceux-ci avaient été gardés en cellule et ensuite libérés. Mais ces deux gardes à vue n'ont aucun rapport avec Pedro Magdiel, qui avait été emmené de la sortie de la ville d’El Paraíso où il participait activement aux protestations, comme le prouvent de nombreuses photographies et vidéos, sur la route vers le poste de douane de Las Manos.

L’officier de l'armée de terre devra clarifier à qui il a livré le prisonnier afin de déterminer qui sont ceux qui l'ont torturé et assassiné. Magdiel présentait au moins 47 blessures peu profondes dans le dos et plusieurs doigts cassés, des coups sur ses bras, une blessure à la tête et une blessure au cou.

Selon le médecin qui a fait la levée du corps, il a dû mourir vers deux heures du matin, c'est-à-dire près de dix heures après son arrestation. Si nous acceptons comme vraie la version de la police qu’il n'a été admis dans aucune de ses cellules, la question première est : où l’ont-ils séquestré?

Cependant, c’est la police d’El Paraíso qui a donné l’information à 6h45 du matin qu'un cadavre avait été trouvé, selon la Chef de la Direction Nationale de Recherche Criminelle de la zone.

À plusieurs reprises les porte-parole de la police ont nié avoir détenu des personnes.

Le même jour où l’on apprenait la mort de Magdiel, la police niait la détention de quelque quarante personnes alors que la presse internationale était parvenue à vérifier qu'elles étaient retenues dans les cellules du Quartier général Départemental de la Police Nationale du département d’El Paraíso. Cela a provoqué des agressions contre plusieurs journalistes, mais a également permis la venue des défenseurs des droits humains qui ont obtenu à six heures de l'après-midi la libération de toutes les personnes parmi lesquelles se trouvaient une dizaine de mineurs, y compris un enfant de onze ans.

Les réponses aux questions devront être données par le Commandant de la 110ème brigade d'Infanterie, le Colonel Alcides Flores García, le Lieutenant Colonel d'Infanterie Edilberto Recarte Ocampo, le Commandant du Sixième Bataillon et le Colonel d'Infanterie Arcadio Castillo Martinez, Commandant du Neuvième Bataillon d'Infanterie. Ces unités sont les principales unités militaires dans la région d’El Paraíso et l’officier arrêtant Pedro Magdiel qui apparaît sur la photo appartient sûrement à l’une d'elles.

Ce qui est clair c’est que la mort du jeune habitant de la capitale n'a rien voir avec la délinquance de droit commun comme l’a déclaré le chef des Forces Armées Romeo Vásquez Velásquez et le responsable, au moins, de sa capture est l’un de ses subalternes. Donc, se sont les Forces Armées qui sont appelées à éclaircir cette situation.

Pedro Magdiel Muñoz Salvador a participé à l’allumage d’un feu de bois sur la route dans l'après-midi de vendredi, il a peut-être été filmé par un policier et, selon les versions des organisateurs, il a été filmé par plusieurs manifestants lorsqu’il a été arrêté, soi-disant, par la police.

Selon d'autres témoins la police l’avait détenu jusqu'à 6h30 le matin du samedi 25 juillet et relâché à cette même heure.

À 7h heure du matin, c'est-à-dire, 30 minutes après sa libération, il a été trouvé mort à 100 mètres du barrage policier dans un lieu désolé, à côté du mur d’une boutique de torréfaction de café dans un champ ouvert.

Après la levée du cadavre par la police, le fonctionnaire du ministère public et le médecin légiste en présence de deux représentants du COFADEH, le médecin légiste a calculé que la mort était survenue entre 8 et 10 heures auparavant.

Qu’est-ce que ça signifie?

La levée du corps s’est faite exactement aujourd'hui samedi à 12 heures.

La mort de Pedro Magdiel Muñoz Salvador s’est donc produite entre 2h et 4h du samedi matin.

Si les versions des témoins coïncident avec le fait que la police a libéré M. Pedro Magdiel Muñoz Salvador à 6h30 samedi matin, cela signifie que Pedro Magdiel Muñoz Salvador a trouvé la mort alors qu’il était entre les mains de la police.

El Heraldo, un quotidien hondurien qui fait même disparaître de ses photos le sang des victimes honduriennes, avec le logiciel Photoshop, pour cacher les conséquences du coup d'État, ce quotidien qui en un temps record, à 12h 22 de l’après midi, c'est-à-dire, seulement 22 minutes après le début de la levée du cadavre à l'Est du pays, alors qu’à ce moment-là, le délicat processus pour déterminer les causes du décès de M. Muñoz n’était même pas terminé, a informé que selon Javier Cerrato de la police nationale, cet appareil d’État n’avait rien à voir avec la détention du jeune.

Alors qui a opéré l’arrestation du jeune homme ?

3_Susasesinos 


1 - Dans l'après-midi du samedi, un fourgon de la Police Nationale avait fait irruption à grande vitesse, portant le numéro de série « COE-16 », TEG, avec le slogan « SERVIR ET PROTÉGER », il était bondé d'unités du COMMANDO COBRA, qui pointaient les gens, tiraient en l'air et lançaient des bombes lacrymogènes. Deux personnes ont été renversées par ce véhicule qui avait viré à droite vers une autre rue dix mètres avant le barrage militaro-policier. Ils ont fait demi-tour et sont revenus mais ils ont tourné vers Las Manos en renversant presque les rangs de militaires et de policiers.

4_LaCobraenaccion


2. Un policier (photographié) était chargé de filmer et d'enregistrer les manifestants. Après la levée du cadavre, j'ai demandé au fonctionnaire du ministère public s'ils pouvaient demander d’enregistrer le contenu de la vidéo et reconnaître le policier qui accomplissait cette tâche, et que ce serait important pour que la recherche puisse analyser tous les éléments et ainsi dessiner une hypothèse pour pouvoir compléter le cas d’assassinat. Le fonctionnaire du ministère a dit que tout ce qui peut résoudre le cas est possible, c'est-à-dire même la demande de la vidéo de la police.

5_Policias


3. Si Pedro Magdiel Muñoz Salvador apparaît dans cette vidéo, ce qui est très probable puisqu'il a été très actif dans la « construction » du feu de bois et des barricades, en apportant, comme disait une dame au cours de notre entrevue, des pneus et des branches d’arbres, des troncs et des feuilles (qui produisent beaucoup de fumée), alors, quel est celui qui a eu connaissance, à part les soldats, les policiers et le commandement des troupes en uniforme groupé à l’arrière mais surveillant avec des jumelles, le contenu de la vidéo où, certainement, on peut voir les visages des manifestants actifs ce samedi-là ?

4. Le jeune maçon, militant du Frente Nacional de Resistencia contra el golpe de estado, a eu une mort terrible, victime de ces sadiques qui le torturaient, sûrement pendant de longues heures, si l’on tient compte qu'il a été arrêté vers 17heures le vendredi après-midi et qu’il est mort entre 2h et 4h (2-4 a.m.) du samedi matin.

5. Quel est ou quels sont les secteurs de la société passée ou actuelle du Honduras, qui représentent une telle cruauté et une telle insensibilité humaines ?


Les photos suivantes du corps sans vie de la victime, accompagnant la plainte déposée, ont été prises par Mirian Huezo Emanuelsson.


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Source: Centro independiente de noticias, Mexico, 29 juillet 2009

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 10:58



Samedi 15 Août 2009 à 17:15

Alerte Honduras !
 
Les escadrons de la mort reprennent du service.
Le but est non seulement de mettre à genoux la démocratie hondurienne mais dans le même mouvement mettre à genoux le mouvement d'émancipation du continent latino-américain.

Cordialement à tous
Niurka


Action d'alerte de Via Campesina à Tegucigalpa, Honduras


 
12 Août 2009

La nuit dernière à 23h23, pendant le couvre-feu qui avait débuté à 22h00, des individus d'identité inconnue conduisant une Toyota Turismo de couleur crème et immatriculée PCA1981 ont tiré à balles réelles sur les bureaux de Via Campesina situés dans le quartier Alameda de Tegucigalpa, Honduras qui est coordonné par Rafael Alegria.
C’est acte est une attaque affichée contre notre organisation sociale et nos leaders faisant partie du Front d’Opposition Nationale au Putsch (« National Front Against The Coup » dans le texte). En plus de cette récente attaque contre Via Campesina, une bombe pouvant tué 15 personnes a explosé le 26 juillet 2009 dans les locaux du Beverage Workers Union (STIBYS pour le sigle en espagnol). Chacune de ces organisations font partie du Front d’Opposition Nationale au Coup d'Etat.

Nous condamnons cet incident sachant que les activités de Via Campesina et du Front d’Opposition Nationale au Coup d'Etat sont entièrement pacifiques. Il est important de préciser que, pendant le couvre-feu, seule la police est autorisée à circuler dans les rues.

L’organisation Via Campesina du Honduras appelle au soutien des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’Homme pour veiller et suivre les attaques visant non seulement cette organisation et son inflence, mais également toutes les attaques visant les droits de l’Homme de l’ensemble du peuple hondurien et de tous ceux qui ont manifesté dans les rues contre le coup d’état ces 46 derniers jours. Rafael Alegria ajoute : « Les droits du peuple sont actuellement violés : cette situation est réellement dramatique. Des gens ont été blessés, emprisonnés et tués. »

Selon un rapport préliminaire réalisé parles avocats assistant le Front d’Opposition Nationale au Coup d'Etat, des centaines de personnes ont été blessées et plus de quarante seraient retenues prisonnières depuis la massive mobilisation pacifique s’étant tenue dans la capitale du pays ce mardi. Le groupe d’avocats cherche à obtenir la libération par habeas corpus de celles et ceux qui ont été arrêté-e-s. La coordination du Front d’Opposition Nationale au Coup d'Etat insiste sur le fait que les débordements ont initiés par des personnes extérieures au rassemblement souhaitant infiltrer la manifestation dans le but de provoquer des violences et ainsi discréditer le rassemblement pacifique initié par le Front. Les personnes détenues sont, entre autres, accusées de rébellion, de terrorisme et de trahison.

Alegria ajoute que « le Front d’Opposition Nationale au Coup d’Etat  n’est pas responsable de ces incidents. Par principe, le front soutient les marches pacifiques, les réclamations pacifiques et les mobilisations pacifiques. Jamais notre mouvement n’a eu recours ou n’a fait appel à des actes violents. Il semble que ces incidents sont de la responsabilité de groupes qui désiraient la ruine de notre mobilisation sociale et qui ont sciemment provoqués ce débordement, débordement pour lequel nous nions de manière catégorique une quelconque responsabilité. »

Etant donné ce qui s’est passé ces dernières 24 heures, Via Campesina-Honduras en apppelle à l’ensemble du réseau Via Campesina, à l’ensemble des mouvements sociaux ainsi qu’à l’ensemble des organisation nationales et internationales de défense des Droits de l’Homme pour envoyer des messages ou des délégations en solidarité avec la résistance au Coup d’Etat, pour la défense des droits humains au Honduras et pour nous aider à mettre fin à tant d’injustices et de violences envers le peuple hondurien.

S’il vous plaît, envoyez plaidoyers et message de solidarité aux adresses suivantes :

State Secretary of Public Security
Coronel Jorge Rodas Gamero
Fax: (504) 237-9070/ 220-55-47
E-mail: sseg.06@hotmail.com

Special Prosecutor for Human Rights in the Attorney General's Office
Lcda. Sandra Ponce
Fiscal Especial de Derechos Humanos
Tegucigalpa, Honduras
Fax: (504) 221-3656
E-mail: ponce10s@yahoo.com.ar

Committee for the Defense of Human Rights (CODEH)
President Andrés Pavón
E-mail: andres@codeh.hn, codeh@codeh.hn

The Committee of Relatives of People Detained-Disappeared in Honduras
(COFADEH)
Coordinadora Bertha Oliva
E-mail: mail@cofadeh.org

Vía Campesina of Honduras
E-mail: laviacampesina@cablecolor.hn

Comunicaciones Via Campesina en Honduras

SOURCE  REINERORO

Publié par reineroro dans AMERIQUE LATINE

Publié par reineroro dans AMERIQUE LATINE

 Publié par  ATTAQUES CONTRE LES LOCAUX DE VIA CAMPESINA

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:35
Dimanche 16 août 2009

Interview du Président, René Andrés Pavón, du Comité des Droits Humains du Honduras, CODEH
Auteur : Dick EMANUELSSON

« Il y a des structures paramilitaires qui travaillent en coordination avec les forces armées », déclare le leader indiscutable de la lutte pour les droits humains au Honduras, Andres Pavón, devant la tombe d'une nouvelle victime de la dictature des putschistes honduriens.

Il n’y a là rien d’étonnant. Les principaux professeurs en terrorisme d'État viennent de l'État sioniste pour enseigner la mort, le renseignement, la terreur et comment soutenir un État contre une population qui combat pour ses droits constitutionnels ou ses revendications. Ou, comme dans le cas du peuple du Honduras, pour rétablir la démocratie. L’interview de Andres Pavón

[Escucha la entrevista en audio - Écoutez l’interview en audio en espagnol]:

 

TEGUCIGALPA / 02-08-2009. Nous sommes en face du bâtiment du syndicat COPEMH (Collège des professeurs du premier cycle de l'enseignement secondaire du Honduras) , en compagnie du docteur René Andres Pavón, Président du Comité des Droits Humains du Honduras, CODEH.


Dick Emanuelsson (DE) : Hier, le CODEH a publié un communiqué dénonçant plusieurs choses, l’une d'elles étant que le gouvernement de facto de Micheletti a engagé des commandos israéliens ou des gens en mesure d’ instruire les forces militaro-policières honduriennes. Nous savons que dans la guerre civile en Colombie ces commandos ont également conseillé les forces armées colombiennes. Que font-ils ici, ces Israéliens ?


Andres Pavón (AP) : Jusqu'à présent, ce que nous savons nous indique que la mission qu'ils ont est de préparer les Forces Armées et la police à dissuader de façon agressive et violente les manifestations, en essayant de commettre des crimes sélectifs afin de faire naître la peur, créer des scènes de terreur et parvenir à la démobilisation de la résistance. Ce qu’ils fon aussi c’est que quelques employés d'entreprises de sécurité privées acceptent de porter l'uniforme de la police et de commettre des actes d'agression directe contre les manifestants. Bien que le policier ait reçu une formation pour dissuader les mobilisations, il devient un peu craintif au moment de charger les manifestants, d'une certaine manière il lui est resté quelque chose en matière de formation sur les droits humains. Par contre, les gardes de sécurité sont payés le double et leur impunité est garantie. Ces pratiques sont celles qu’ils développent en utilisant l'expérience du conflit palestinien et après avoir mis en pratique certaines de ces actions en Colombie.


DE : Où en sommes-nous aujourd’hui, cinq semaines après le coup d'État, combien de gens sont morts et combien ont-ils été prisonniers, torturés et frappés ?


AP : Nous tenons un registre et depuis l’instauration du couvre-feu, plus de 2.200 personnes ont été arbitrairement arrêtées et privées de leur liberté. Nous avons déjà enregistré plus de 600 arrestations lors d’actions directes, au moment de dissolution des manifestations. Plus de 120 personnes ont été blessées et le nombre de morts lors d’actions directes dans les mobilisations de rue s’élève à trois, plus trois autres où l’on peut soupçonner la main de ces superstructures [paramilitaires, NdT].

Nous allons diffuser l’information que pendant les couvre-feu, aux heures où la police et l’armée avaient le contrôle de la rue, plus de 37 homicides avec des armes à feu ont été enregistrés. Du fait que le principal suspect est l'État, nous allons demander, avec prénom et nom de famille des victimes à l’appui, que des investigations pertinentes soient réalisées.


DE: Au sujet de la mort d'un garçon, Pedro Magdiel, à El Paraíso entre le 24 et le 25 juillet, aujourd’hui il y a la photographie de ce garçon publiée dans le journal La Tribuna, qui était sortie le même jour du soulèvement, où l’on peut distinguer que c’est un militaire qui traîne le garçon au sol, son décès avait été annoncé le lendemain. Où en est l’enquête sur ce cas ?


AP : Oui, dans le cas de Magdiel, nous avons enquêté de manière précise sur les faits : premièrement, il a été séquestré par la police et cela démontre qu’il s’agit d’une exécution extrajudiciaire caractérisée. Nous savons que dans le Danlí à El Paraíso il y a des structures paramilitaires qui travaillent en coordination avec les forces armées et la police qui se trouvent dans ce secteur ; nous pensons que ce garçon a été livré par la police à ces structures, qui ont commis ce crime barbare. Aujourd’hui, nous avons aussi enregistré la mort d’un autre enseignant, qui a été poignardé, avec la même technique que celle utilisée à El Paraíso.


DE: Il y a eu un nouveau mort?


AP: Oui, il ya un nouveau mort, un enseignant appelé Martín Flores Ribera Barrientos, qui a été assassiné dans la Colonia Centroamérica, il allait de là vers sa maison, et il a été poignardé dans le taxi. Cela nous indique qu'il y a là un modèle reconnu de comportement agressif que l'État est en train de développer.

Une autre stratégie à laquelle les Israéliens sont en train de former un groupe [de militaires et de paramilitaires, NdT], est celle de faire s’installer dans la conscience populaire, l'idée que nous, les leaders qui sommes à la tête de ce mouvement, nous avons un passé de terroristes ou que nous sommes en liaison avec les structures de la police. Hier, une personne me disait qu'ils allaient imprimer des affiches et, les coller sur les murs afin de soulever la méfiance dans cette population qui ne serait pas encore consciente que les leaders dans ce pays, selon eux, ne veulent pas que le peuple sache ce qu'ils ont été. Cela est une stratégie historique en Amérique latine : liquider des gens et ensuite attribuer leur mort aux contradictions au sein des mouvements de résistance.


DE : La raison pour laquelle toute cette masse de gens est ici devant le siège de la COPEMH, c’est qu'hier à 1h du matin, Roger Vallejo, 38 ans, dirigeant de ce syndicat est mort à la suite d'un coup de feu d'un sniper qui l’avait atteint mercredi passé au moment où le Front national contre le coup d’État commençait à occuper la Route Norte de Tegucigalpa. Que sait-on de cela ? Parce que cela fait déjà le deuxième tué par un sniper. Le premier l’a été à l’aéroport le 5 juillet et aujourd’hui nous en avons un autre, ce monsieur, dont on suppose qu’un sniper lui a tiré dessus.


AP : C'est un meurtre prémédité avec quelques caractéristiques sélectives. Ils ont choisi un enseignant afin d’affecter un des syndicats qui fait partie actuellement de la résistance, et qui comprend un grand nombre de personnes liées à la résistance. Tout indique que cela a été un acte prémédité. L’article du Traité de Rome grâce auquel on peut saisir la Cour Pénale Internationale établit qu’il n’est pas nécessaire de connaître le nom de celui qui a tiré, il suffit de connaître le nom de celui qui dirige une politique répressive contre un regroupement massif de la population civile avec l'intention de provoquer quelques traumatismes psychologiques dans la population. En cela, eh bien, il n'y a pas de doute, l'acte de préméditation devra en son temps faire l'objet d'une plainte formelle devant des organismes qui dans le pays, il est bien certain, sont liés aux structures répressives de l'État. Mais cela va nous permettre de démontrer devant le magistrat de la Cour Pénale Internationale que quelque chose est en train de se passer ici et que cette chose n’est autre qu’une politique d'État et que cette politique d'État contribue à générer tous les actes de répression que nous vivons actuellement.


DE : Est-ce que le choix de ce monsieur pourrait être le fait des conseillers israéliens?


AP : Oui, bien sur ! Ceci coïncide beaucoup avec la caractéristique que reflète le conflit colombien, où en effet il y a une confrontation avec une corrélation de forces un peu semblable à un conflit armé. Ici, au Honduras, la corrélation des forces n'est pas identique à celle qu’il y a en Colombie. Ici se sont des citoyens civils qui sont armés avec la conscience de valeur, vraiment, et en matière d'auto-défense la seule chose qu'ils utilisent de temps à autre c’est une pierre ou un bâton. Eux aussi ils ont leurs méthodes pour intervenir dans des situations comme celles-ci, similaire à ce qui s’est passé à Gaza et rn Cisjordanie.


DE : En parlant justement de la Colombie, lorsque Obama a assumé la présidence, beaucoup de gens avaient l’espoir que la politique guerrière des USA allait changer radicalement. Mais ce que nous avons vu c’est la réactivation de la Quatrième Flotte au mois de juillet de l'an passé, elle navigue toujours depuis le nord en Alaska jusqu'au sud en Patagonie. Ils prétendent installer cinq nouvelles bases militaires en Colombie, trois d’entre elles à la frontière avec le Venezuela et une dans la Bahía Málaga [Baie de Malaga] sur la côte du Pacifique, entre l’Amérique Centrale et l’Équateur. Rien n’indique que cette politique guerrière va s’arrêter. Si Hillary Clinton avait voulu faire quelque chose contre le gouvernement de Micheletti, pourquoi n’est-ce que maintenant qu’ils ont annulé les visas de quatre fonctionnaires du gouvernement Micheletti, mis ce ne sont que des mesures cosmétiques. Sinon comment peut-on l’interpréter ?


AP : Ce qu’Obama dit reflète une réalité et ce que font ses plus proches collaborateurs au niveau patronal ou au niveau de ce groupe connu comme les faucons du Pentagone, est un autre discours et une autre pratique. Cela nous donne une lecture que Monsieur Obama traverse un conflit semblable à celui dont doivent faire face d'autres dirigeants en Amérique latine ; il faudrait penser, qu’ici en Amérique Latine, il pourrait aussi y avoir un putsch en Bolivie, en Équateur, au Nicaragua et au Salvador. Il faudrait aussi penser qu'aux USA, tôt ou tard, un putsch pourrait avoir lieu ; ce sont des choses qui paraissent impossibles à imaginer, mais elles pourraient devenir réalité.

D'autre part il y a une autre lecture du conflit et cette lecture pourrait être que les conseillers les plus proches d’Obama lui vendent l’idée que c’est une opportunité pour qu'ils deviennent la police et reprennent leur influence en étant la police de l'Amérique latine. Parce que lorsque nous lui demandons de ne pas seulement supprimer des visas, il semble presque que nous lui disons qu'il intervienne au Honduras, et qu'il y ait ici une intervention militaire semblable à celle en Haïti, et dans une de ces situations, il est bien possible que le gouvernement d'Obama en profite pour rehausser son prestige.

Je suis sûr que si les Marines interviennent au Honduras ils seraient applaudis par un tas de gens, qui ne sont pas ici [en train de protester contre le putsch, NdR] qui n’imagineront pas même pas que nous leur ouvrirons ainsi la porte pour de futures interventions en Amérique latine en les faisant revenir à leur rôle de gendarmes de l’Amérique latine.

Ce sont là les éléments du scénario. C’est clair que si Obama y pense, il ne va pas le faire aujourd’hui, il le fera deux mois avant les élections au Honduras et ainsi il bloquerait la possibilité que le président Zelaya puisse plier face à une pression sociale qui exige de lui la création d'une assemblée nationale constituante.

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ESPAÑOL, ENGLISH

**************
Source : LATINAMERIKA I DAG / LATINOAMÉRICA DE HOY, le blog de Dick Emanuelsson - Comandos israelíes con experiencias de Palestina y Colombia capacitan a las FF.AA. de Honduras: Entrevista a René Andrés Pavón, Presidente del Comité de Derechos Humanos de Honduras, CODEH 
Article original publié le 3/8/2009
Sur l’auteur
Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8349&lg=fr
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:28


Lundi 17 août 2009

LES forces putschistes au Honduras ont chargé violemment des étudiants de l’Ecole latino américaine de médecine (ELAM), en visite dans ce pays et qui portaient secours à plusieurs manifestants blessés.

Dans un entretien téléphonique depuis Mexico, Silvia Ayala, députée du Parti Unification démocratique, a affirmé que les jeunes ont été frappés et emmenés dans une station de police alors qu’ils portaient assistance à des victimes de la répression policière à San Pedro Sula.

Certains portaient plusieurs blessures et des marques de coups, a précisé Ayala, qui a pris la tête de la résistance pacifique dans la deuxième ville de ce pays d’Amérique centrale.

Les faits se sont produits alors que la situation ne cesse de se dégrader au Honduras, où le gouvernement de facto a décrété l’état d’urgence devant les importantes manifestations qui se déroulent depuis déjà 47 jours, en faveur du retour de l’Etat de droit.

Pendant ce temps, la tension sociale est montée d’un cran, après la répression militaire et la poursuite de la crise provoquée par le coup d’Etat, sans aucune solution négociée en vue, précise Prensa Latina.

Les forces armées et la police ont lancé hier une vaste opération d’interpellation des opposants qui manifestent pour exiger le rétablissement de l’ordre constitutionnel et le retour du président Manuel Zelaya.

Le Front national contre le coup d’Etat, dans plusieurs communiqués, a dénoncé la brutalité des actions des militaires et de la police, notamment les mauvais traitements, les actes de tortures et les bastonnades contre les détenus. (SE)


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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:21



Par Guillermo Almeyra


La Jornada . Mexico, le 2 août 2009.

Leer en español

Le coup d'État au Honduras n'a pas seulement eu pour objectif liquider le plus faible maillon de l'Alba, le Honduras, avec son président Manuel Zelaya, qui malgré son origine conservatrice, entreprenait de timides réformes sociales et, pour des raisons économiques, s'approchait du Venezuela, ce qui le faisait apparaître comme un dangereux « révolutionnaire ». Il est aussi orchestré pour renforcer la déstabilisation du Guatemala (dont le président Colom est actuellement dans le collimateur de l'impérialisme), le Salvador (où le Front Farabundo Martí de Libération Nationale a gagné les élections, mais pas le pouvoir, qui continue à être entre les mains de l'extrême-droite) et le Nicaragua. Les États-Unis, grâce à ses serviteurs, veut ainsi renforcer, stratégiquement, la faible soudure isthmienne du Plan Mérida (Lire en anglais : Mérida Initiative ou en espagnol : Iniciativa Mérida), pour mettre en place du Mexique à la Colombie un corridor de la domination étasunienne et pour convertir ce dernier pays, sous la dictature d'Uribe, en tête de pont, une espèce d'Israël en Amérique du Sud, pour contrôler le Venezuela, le Caribe, l'Équateur, le Brésil.

Le coup civico-militaire a été soigneusement préparé dans la base étasunienne de Soto Cano, avec la présence de l'ambassadeur des États-Unis Hugo Llorens [Lire : Le pedigree de Hugo Llorens, l'ambassadeur des Etats-Unis en Honduras]. Lui est parti et il a emmené sa famille avec lui, bien qu'il fut au courant , pour ne pas apparaître trop lié aux gorilles honduriens que les États-Unis ont formé et connaissent depuis l'époque de John Dimitri Negroponte et de l'Irangate (l'armement des contras nicaraguayens avec des armes remises depuis l'Honduras et payées par de la drogue par la CIA), qui a aussi été le chef direct de Llorens. Negroponte, ex-secrétaire national à la sécurité de Bush, ex-représentant à l'ONU, ex-gouverneur de l'Irak, n'est pas l'unique conspirateur de haut vol : par exemple, le fantoche putschiste Micheletti a comme conseillers deux importants assistants de Bill Clinton ; Lanny Davis (qui l'a conseillé pendant le scandale provoqué par sa relation avec Monica Lewinsky, a été le conseiller le plus virulent de Hillary Clinton dans la lutte contre Obama et il est conseiller du Conseil Hondurien de l'Entreprise Privée, l'axe de l'oligarchie locale) et Bennet Ratcliff. Par conséquent, il est absolument impossible que le Département d'État (c'est-à-dire, Hillary Clinton) et le Pentagone aient été surpris par le coup si « téléphoné » et si grossièrement organisé par quatre gorilles sûrs de leur impunité.

Par conséquent, le coup est une torpille sous la ligne de flottaison de la tentative d'Obama de détente avec l'Amérique Latine et même avec Cuba et, et fut lancée par la droite conservatrice étasunienne, tant du Parti Démocrate, comme Hillary Clinton et son clan que de la droite républicaine (grâce aux liens des bushistes avec les militaires et la droite Latinoaméricaine). C'est le premier affaiblissement sérieux et depuis Washington même, d'Obama lui même, à qui cette droite réserve le même rôle que Oscar Arias - ce bon serviteur connu des Etats-Unis - veut donner à Zelaya : celui du président pour la galerie, fantoche et limité, sans aucune possibilité d'initiative, avec une politique extérieure absolument contrôlée par le Département d'État. En effet, l'opinion qu'Obama « est un petit nègre qui ne sait de rien de rien », elle a été formulée par le ministre des Affaires étrangères des putschistes honduriens mais, bien qu'ils ne l'expriment pas encore ouvertement, elle est partagée par tous les saints qu'ont les gorilles dans le paradis de l'establishment étasunien.

Le coup hondurien est mené contre les pays voisins liés à Chavez et à Cuba, il est contre le Venezuela et Cuba, contre tous les gouvernements « progressistes » d'Amérique du Sud et c'est aussi un coup sans Obama et contre Obama. La proposition aberrante d'Arias est fonctionnelle pour les putschistes. Il leur permet de gagner du temps pour organiser leur pouvoir de fait et pour fatiguer et démoraliser les partisans du président constitutionnel. Il les récompense de plus avec une proposition d'amnistie bien qu'ils ont fait un coup d'État, ont assassiné les gens qui défendaient la Constitution et sont « des traîtres infâmes à la patrie », passibles d'exécution. Par-dessus le marché, selon l'Accord de San José, Zelaya aurait à admettre à des postes clés de son cabinet éphémère ceux qui l'ont séquestré, déporté de son propre pays, insulté, falsifié sa signature dans une lettre infâme de démission et qui oppriment par la terreur le peuple hondurien, et il serait seulement l'otage de ces gens.

Si l'on accepte la « solution » Clinton (solution pour les putschistes), c'est la porte ouverte aux futurs coups et la dictamolle (dictatures militaires avec des façades « légales »). L'alternative est difficile, mais c'est l'unique qui est positive : repousser l'arbitrage Arias-Clinton et prendre la tête, en Honduras même, d'un processus de lutte, par tous les moyens possibles, pour imposer une assemblée nationale constituante qui décide qui et comment va gouverner le pays. Ou bien, essayer de créer une brèche dans les forces armées et la police grâce à la mobilisation insurrectionnelle, comme en Bolivie face à Sanchez de Lozada ou au Venezuela, quand le gouvernement Chavez a subi un coup d'Etat.

Zelaya, fils d'un assassin de gauchistes, leader d'un parti conservateur traditionnel, qui s'est orienté vers une politique plus avancée surtout pour des raisons d'opportunité et pour ne pas avoir calculé les conséquences que cela aurait, a démontré du courage mais probablement ne pourra pas prendre la tête de ce type de lutte, bien qu'il pourrait l'initier. Le peuple hondurien et les secteurs de gauche qui exigent son retour inconditionnel au gouvernement sauront alors comment battre les putschistes et leur faire payer leur crime contre la Constitution avec des processus publics.

SOURCE : Elcorreo.eu.org

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 08:53

16 août, par alerte-honduras

par Jérôme Duval, Cécile Lamarque et Sabine Masson, membres du Comité pour l’Annulation de la dette du Tiers monde (CADTM)

Au 46ème jour de lutte du peuple hondurien contre le Coup d’Etat et le gouvernement de facto, la Police et les Forces Armées ont une nouvelle fois fait preuve d’une extrême brutalité et d’une répression féroce à l’égard des manifestants. En dépit de la répression de la nuit dernière, une nouvelle manifestation qui a réuni des dizaines de milliers de personnes, pacifiques et déterminées, est partie de l’Université pédagogique. Elle allait se rendre au Palais présidentiel, mais à l’annonce de la loi votée par le Congrès National visant à rendre le service militaire obligatoire en cas de crise, les opposants au régime putschiste ont décidé de marcher vers le Congrès.

Alors que les manifestants avançaient vers le Congrès, le centre de la ville s’est vu encerclé par des centaines de militaires et de policiers en armes, empêchant la population de circuler librement et d’exercer son droit à manifester. Les manifestants ont alors subi de plein fouet la violence policière : gaz lacrymogènes, coups aux manifestants pris de panique, arrestations arbitraires, etc.

Suite à cette provocation des forces putschistes se déroule une confrontation devant le Congrès : la police lance des gaz contre les manifestants démunis, qui répondent par des jets de pierres. Après avoir gazé toute la place autour du congrès et le Parque central, les policiers et militaires pourchassent les manifestants qui essayent de fuir en se dispersant dans les rues, frappent les personnes qu’ils arrêtent. Des femmes ont subi des agressions sexuelles.

A 14h30 devant le Congrès, alors qu’une vingtaine de personnes ont déjà été arrêtées, nous sommes témoins de l’arrestation d’une dizaine d’autres, dont nous avons pu noter les identités afin de les communiquer aux associations qui assurent le suivi juridique des personnes détenues, la COFADEH (Comité des Familles de Détenus Disparus au Honduras[2]) principalement. Les militaires et policiers s’en sont pris sans distinction et sans motif aux hommes, femmes et enfants. L’action collective sur la place devant l’édifice du Congrès a permis d’éviter la détention d’un mineur de quatorze ans, tandis que dans la cour du Congrès, on assistait impuissant à l’arrestation d’une professeur, Mabel Carolina Lopez, violemment maintenue au sol pendant près d’une demi heure par les militaires.

Les éléments des forces armées qui étaient devant le Congrès élevaient leurs boucliers afin d’empêcher les journalistes de filmer, de prendre des photos. On bloque le passage à la délégation des droits humains, seule une procureur de COFADEH est reçue. Peu après, certains détenus sont apparemment transférés vers une caserne militaire tandis que d’autres sont amenés dans les sous-sols de l’édifice du Congrès. Un journaliste hondurien a également été agressé , les militaires lui ont arraché sa caméra. La répression était semblable voire plus cinglante en d’autres points du centre ville, ainsi qu’a San Pedro Sula, principale ville du Nord du pays.

Le régime putschiste a notamment utilisé le ’Poste 21’ composé de militaires des forces spéciales Cobra, forces tristement célèbres pour les tortures qui y ont été perpétrées dans les années 1980. Y ont été enfermées de façon tout à fait illégale 26 personnes, dont on apprend par le Front des Avocats contre le Coup d’Etat qu’elles ont été torturées, frappées, humiliées. Toujours détenues, le régime putchiste veut les inculper d’actes terroristes !

En tant que « Mission d’Observation », nous nous sommes rendus à l’Hôpital Viera où se trouvait le député du parti Unificacion Democratica (UD) Marvin Ponce, blessé par balles au pied, afin de recueillir son témoignage. Impossible d’entrer dans l’hôpital, le gardien avait reçu l’ordre de ne pas nous laisser rentrer !

Dans un même temps, l’Université pédagogique nationale Francisco Morazán (UPNFM), le point de convergence de la résistance hondurienne, a été transformée en forteresse militaire. Une quarantaine de personnes qui étaient à l’intérieur – professeurs, étudiants, syndicalistes, etc - ont été séquestrées plus de huit heures. Ils et elles ont été forcés à se rassembler au centre du terrain de basket, où les militaires les ont maintenus, l’arme pointée en leur direction. Il s’agit d’une détention illégale, réalisée par des forces militaires dans un lieu d’éducation supérieure publique dont l’autonomie est garantie par la Constitution.

Nous nous sommes rendus sur les lieux, accompagnés de deux avocates de la COFADEH afin de pousser à la libération des personnes détenues. Non sans mal, une journaliste de la Cofadeh parvient à rentrer, un avocat du Front des Avocats contre le Coup d’Etat était sur place. Le chef de police, Mr. Cerrato, déclare à la presse que les personnes retenues à l’intérieur font l’objet d’une enquête et doivent donner leur déclaration au sujet d’explosifs que la police et l’armée auraient trouvés à l’intérieur l’Université et attribuent aux opposants. Or, les personnes séquestrées expliquent que ces prétendues « preuves » sont du matériel utilisé par des infiltrés, des déchets de balles et de bombes lacrymogènes tirées la veille par la police contre l’Université.

Aujourd’hui 13 août, on reporte de nombreux blessés à l’Hôpital Escuela, le Consejo Civico de Organizaciones Populares e Indigenas de Honduras (COPINH) déclare que 5 personnes de cette organisation sont portées disparues depuis hier. Les chiffres concernant le nombre de détenus varient selon les sources (police et ministère public). On craint que de nombreuses personnes demeurent disparues.

Cette nouvelle démonstration de force de la part du gouvernement illégitime de Roberto Michelleti et l’établissement d’un régime autoritaire restreignant chaque jour davantage les libertés fondamentales du peuple hondurien font ressurgir le spectre des dictatures latino-américaines des années 1970-1980. Face à l’escalade de violences et de répression, aux violations graves des droits humains, civils et politiques, la solidarité des citoyens et des mouvements sociaux est indispensable. Entre autres revendications, le Front contre le coup d’Etat appelle à faire pression sur les gouvernements du Nord afin qu’ils bloquent tout soutien financier au régime de facto.

SOURCE : HondurasAlerte..

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 22:13

 


Mercredi 12 Août 2009 à 19:08

Publié par reineroro dans AMERIQUE LATINE

 




À travers des médias alternatifs, il est possible de récupérer des déclarations qui montrent la férocité du régime. Elles ont été prononcées par des personnalités connues au Honduras et, cependant, elles n'ont pas leur place dans les grands médias de ce pays, ni dans les notres d'ailleurs !!



Policiers attrapant la présidente de l'Université Autonome du Honduras, Julieta Castellanos

 

"Ils m'ont dit : ça te fait mal, chien ? Crie, chien!" "Dans un cachot de neuf mètres carrés il y avait plus de trente compagnons, complètement endoloris par les coups reçus." "Nous marchions sur la route, et là nous avons pris une déviation pour éviter un barrage et ils ont commencé à tirer." "Ils l'ont tué et ils ne nous permettent même pas de le veiller en paix." "Dans l'histoire du Honduras on n'a jamais vu à la police réprimer publiquement de cette façon."

La majorité de ces déclarations ont été prononcées par des personnalités connues au Honduras et, cependant, elles n'ont pas été reprises dans les grands médias honduriens, associés aux entrepreneurs et aux partis traditionnels qui ont impulsé ce coup d'Etat. Pour savoir ce que les réprimés disent, il faut chercher ailleurs : des sites d'information alternative, des blogs, des organismes de défense des droits de l'Homme. C'est le moyen pour se rendre compte de la férocité du régime dont Roberto Micheletti a prit la tête.

 


Le premier des témoignages fait parti d'une série reprise dans www.defensoresenlinea.com, des manifestants arrêtés et réprimés le jeudi 30, le jour où le professeur Roger Vallejos a été tué. La violence policière a monté en intensité dans les occupations de routes à Tegucigalpa et Comayagua. "Quand nous étions allongés sur le sol, la bouche en bas, ils ont commencés à nous insulter : ils le frappaient ceux qui levaient à moitié la tête - a raconté le maître Francis Alvarez-. Si quelqu'un se retournait pour regarder, ils lui donnaient des coups de bottes dans le visage. Ils disaient aux femmes que c'était des chiennes qui devraient être à la maison pour s'occuper de leurs maris et avec leurs matraques ils leur touchaient les parties intimes. Ils nous disaient qu'ils commandaient et que s'ils nous revoyaient dans les rues ils allaient tous nous tuer." Le dirigeant Juan Barahona s'est communiqué depuis la prison avec la Radio Liberada : " Nous sommes 75 et avons été arrêtés dans le quartier Bethléem, à Tegucigalpa : la majorité avons été frappés, blessés, avec avec des hématomes à la tête et aux yeux, avec des marques de coups de bâton dans le dos. La police nous traite comme des animaux". Au dirigeant Carlos Reyes, a-t-il précisé, ils lui ont fracturé un bras et l'ont emmené à l'hôpital.

 


Roger Vallejos a agonisé 36 heures : une balle dans la tête au milieu d'une manifestation réprimée sur le Marché du Mayoreo. La famille a dénoncé qu'elle a été fustigée quand il a été interné - ils l'ont délogé de l'hôpital - et aussi durant la veillée funèbre. "Ils l'ont tué et nous ne pouvons même pas le veiller en paix - a dit  Salomón, son frère, à Radio Globo-. Qu'ils cessent de nous envoyer la police pour nous agresser." "Vous avez peur ?", lui a-t-il été demandé. "Bien sûr, qui ne va pas l'avoir, quand tu vois passer une patrouille avec les fusils pointés sur toi Nous voulons veiller Roger en tranquillité, parce qu'il n'est pas juste qu'ils viennent menacer et provoquer. C'est un fait lâche." Il y avait des raisons pour avoir peur : dimanche à l'aube un autre enseignant, Martin Rivera a été assassiné. Il était allé voir Vallejo et il est apparu, comme Pedro Magdiel Muñoz à El Paraiso, avec des dizaines de coups de poignard. La police a informé qu'elle a arrêté un adolescent, mais Bertha Oliva, de Cofadeh, assure qu'il s'agit d'un mode opératoire des escadrons de la mort dans les années 80. "Ils ont commencé par des meurtres de militants de base à coups de couteau pour les faire passer comme des actes de la délinquance commune", a-t-elle déclaré lors de l'inhumation." Nous savons que la fureur avec laquelle ils les ont tués est un message pour que le reste de la population s'effraie", a-t-elle dit. Lundi, l'armée a assassiné un autre paysan dans un barrage militaire.

 


Le syndicaliste Eliseo Hernández a publié sur www.honduraslaboral.org un récit de la répression sur la route interaméricaine. "À une heure de l'après-midi est arrivé un contingent d'environ 400 militaires et  200 policiers qui nous ont prit en embuscade ; ils nous ont immédiatement lancé des grenades lacrymogènes, ont commencé à nous frapper à coups de toletazos et à nous tirer dessus avec l'idée de nous tuer, raison pour laquel nous n'avions comme seule alternative de fuir par les montagnes. Je me demande : s'ils nous avaient déjà délogés de manière brutale et sauvage, pourquoi nous poursuivre durant plusieurs kilomètres jusqu'à capturer beaucoup de compagnons et compagnes, et déjà au le sol, complètement sans défense et impuissants, les frapper, les insulter et les torturer pour ensuite menoter de manière brutale et humiliante ?". Hernández a rendu compte des prisonniers entassés dans une cellule : "La police leur jetait des capsules qui, au contact de l'humidité du sol, émanaient une forte odeur de gaz moutarde, ce qui se convertissait en cruelle torture, puisque l'asphyxie était presque totale". L'épisode a aussi été raconté par par Bertha Oliva.

 


Le vétéran leader indigène Salvador Zúñiga a raconté sur le site nicaraguayen www.tortillaconsal.com les souffrances du groupe de 300 manifestants qui se sont rendus de Tegucigalpa à la frontière pour se réunir avec Zelaya. "Il y a une guerre contre un peuple désarmé qui ne fait que réclamer que soit réinstallé le président pour qui nous avons voté pour qu'il gouverne quatre ans", a-t-il affirmé. "Ils en sont arrivés à emprisonner 300 personnes par jour, a-t-il dit. A El Paraiso, ils ne tenaient plus dans le commisariat et étaient emmenés au stade." À la sortie de la capitale, ils leur ont retiré les bus et ils ont continué à pied. Après avoir évité plusieurs barrages, ils ont du prendre le large dans la montagne, parce qu'ils ont commencé à tirer sur eux. En arrivant aux villages, ils étaient dénoncés et ils devaient continuer de fuir. L'armée les a encerclés près de la frontière, les a arrêtés, les a frappés et ensuite, entassés, elle les a envoyés dans des fourgons à Tegucigalpa et San Pedro Sula. Seulement 40 ont réussi à passer au Nicaragua. "Les gens ont peur : c'est une situation difficile, a-t-il expliqué. Quand les personnes vont aux manifestations, elles sont actives. Mais elles sont seules, elles entrent en situation de panique."

 

 

Sur le site Honduras résiste (resistenciamorazan.blogspot.com), un des plus actifs dans la diffusion de dénonciations, est reproduit une interview que Radio Progreso a faite au père Faust Milla, un militant des droits de l'Homme qui travaille avec les indigènes, qui a été arrêté par les escadrons de la mort dans les années 80 et qui aujourd'hui est à l'abri. "J'ai vécu ces situations pendant douze ans, j'attendait la mort à n'importe quel moment, a-t-il évoqué. Il y a quelques jours ils sont venus me chercher à la radio dans laquelle je travaille, subrepticement. Je n'ai pas peur mais je fais attention. Bien que je ne sache pas combien j'endurerai enfermé, parce que je ne peux pas continuer de voir couler le sang. Je crois que dans l'histoire du Honduras une telle répression n'a jamais été vue, de manière si publique, autant à la vue de tous." Milla considère que si cette situation continue, "l'indignation du peuple va déborder, probablement de manière désordonnée". "Parce qu'il est impossible de continuer d'endurer cela - fait-il remarquer. Parfois ils ne donnent mëme pas d'eau aux blessés dans la prison. Violer les droits de l'homme fondamentaux pour ces groupes est un métier. Pour cela, ils le prennent avec naturel et peu leur importe que le monde entier les appellent criminels et bêtes. Mais le peuple s'est levé, s'est indigné, et a décidé maintenant de continuer de lutter pour la liberté pacifiquement, jusqu'où arrive la limite."

 


"Le secteur putschiste ne s'attendait pas à ce que les gens n'aient plus peur et soient préparés à dire les noms et prénoms de ceux qui sont derrière ce projet déshonorant de harcèlement, de persécution et de mort", a signalé Oliva, en assurant que la Cofadeh a comptabilisé 2702 arrestations illégales, une grande quantité de menaces directes de mort et neuf meurtres, "certains commis par des militaires habillés de civils". "Les putschistes sont peu nombreux, mais, il gèrent beaucoup d'argent et les médias sont à eux - a signalé Milla-. Ils empoisonnent les gens et les remplissent de haine."

 

Angel Berlanga, Pagina/12, 06 aoüt 2009.

http://www.pagina12.com.ar/diario/elmundo/4-129477-2009-08-06.html

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr

 

 

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HONDURAS : " NOTRE SITUATION SUR PLACE EST TRÈS DIFFICILE "

Entretien exclusif avec la députée du Parti Libéral
ELVIA ARGENTINA VALLE
qui lutte contre le putsch au Honduras


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Auteur : Sébastien Madau


Elvia Argentina Valle est députée du Parti Libéral du Honduras. Son parti est scindé en deux : les pro-Zelaya et les pro-Micheletti. Elle a décidé de condamner le coup d’État et d’entrer en résistance. Entretien exclusif avec la Marseillaise.


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Elvia Argentina Valle, députée du Parti libéral, a décidé de rester fidèle au président Zelaya qui a été expulsé de  son pays le 28 juin dernier.


Le gouvernement putschiste affirme que le président Zelaya à été remplacé constitutionnellement par le Congrès. Pouvez-vous nous expliquer comment s’est passée cette session extraordinaire ?

Le Congrès national possède 45 compétences dont celle d’approuver ou réprouver la conduite administrative du pouvoir exécutif, du pouvoir judiciaire, du tribunal suprême électoral…Cette compétence ne signifie pas que si elle désapprouve le pouvoir exécutif, elle puisse le destituer automatiquement. Lors de la session du 25 juin, les députés, comme moi, qui se sont opposés à ce décret, n’ont pas été convoqué à la session extraordinaire. Si nous y avions été, notre position aura encore été de nous y opposer car leurs arguments sont inconsistants.

 


Quand avez-vous commencé à dénoncer le coup d’État de Roberto Micheletti et des Forces armées ?

Dès que les médias nous ont informés que le président de la république avait été déposé et expulsé au Costa Rica, nous avons tenté de faire des déclarations pour démentir le fait que 124 députés voté la destitution. Aucun média national ne nous a couverts. C’est pour cela que nous nous sommes déplacés dans la capitale Tegucigalpa, le jour où est arrivé le secrétaire de l’OEA. Nous lui avons donné un document signé par une dizaine de députés dans lequel nous condamnons le coup d’État. Nous avons pu ensuite nous exprimer dans les médias nationaux et internationaux et démentir le fait que le Congrès avait pris sa décision à l’unanimité.

 


Quels éléments vous permettent de dire qu’il s’agit bien d’un coup d’État Et non pas d’une transition constitutionnelle ?

La transition constitutionnelle ne s’opère pas dans ce cas. Elle ne peut s’opérer qu’à travers la démission, la mort, la faute absolue du président. Ils l’ont expulsé pour faute absolue pour avoir voulu réaliser une enquête d’opinion publique non contraignante, dont les résultats auraient dû être examinés par le Congrès. La consultation du 28 juin n’a finalement pas eu lieu puisque c’est ce jour-là qu’ils ont violé les garanties constitutionnelles du président Zelaya (droit de défense, présomption d’innocence, arrivée à son domicile de l’armée avant 6H du matin…). Mais surtout, l’article 102 de notre Constitution indique qu’aucun Hondurien ne peut être expatrié ni remis par les autorités à un État étranger.


 


Quelle est la position au sein du Parti libéral, auquel appartiennent Manuel Zelaya et Roberto Micheletti ?

Les positions sont diverses, tant chez les députés que chez les militants. Certains défendent le putsch, qu’ils appellent succession présidentielle, et d’autres le condamnent.

Quel rôle peut jouer la trentaine de députés qui ont refusé le coup d’État ?

Notre situation est difficile car presque tous les organismes d’État défendent le putsch. Ce sont les secteurs sociaux, ouvriers, paysans, professeurs, syndicats, ONG de défense des Droits de l’Homme, organisations féministes, quelques médias, de nombreux maires et candidats à la présidence comme Carlos Reyes (Bloque Popular) ou César Ham (Unificacción democratica)qui s’opposent au coup d’État.


 


Les élus d’opposition au putsch, ont-ils reçu des pressions ?

La députée Margarita Zelaya a vu sa maison investie par les militaires pour l’intimider. Le député Javier Hall a été frappé à la tête durant une manifestation. César Ham (UD) a été menacé de mort et a été obligé de quitter le pays durant plusieurs jours. Des médias ont annoncé qu’il avait un mandat d’arrêt contre lui. Carlos Reyes a du être hospitalisé après avoir eu le bras fracturé durant une manifestation. Le fils du député Rodrigo Trochez, alors qu’il conduisait la voiture de son père, a vu son véhicule mitraillé et les passagers blessés.
Quand aux autres députés du Parti Libéral, nous ne savons pas comment ils agiront contre eux.

 


L’élection présidentielle du 29 novembre pourrait-elle résoudre la crise ?

Si l’élection du 29 novembre a lieu, elle n’aura aucune valeur car le gouvernement putschiste n’est pas reconnu par l’ONU, l’OEA, le Groupe de Rio, l’Union Européenne…
Aussi, tant que le président Zelaya ne sera pas réinstallé et que l’on ne reviendra pas à la démocratie, aucune élection n’aura de valeur.

PROPOS RECUEILLIS PAR SÉBASTIEN MADAU
pour La Marseillaise
(Sud-est)

***************




Source : l’Auteur
Article publié sur La Marseillaise le 5 août 2009
Sur l'auteur
Cet article peut être reproduit librement a condition de respecter son intégrité et de mentionner l’auteur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8340&lg=fr



Source Le TACLE : HONDURAS : " NOTRE SITUATION SUR PLACE EST TRÈS DIFFICILE " - LE TACLE

 



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 LA marche du peuple en résistance, démarrée le 5 août, est arrivée ce mardi à Tegucigalpa. Les manifestants ont exigé le départ du pouvoir des usurpateurs et averti qu’ils renforceraient leur revendication pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans le pays et le retour du président légitime Manuel Zelaya.

« Ils nous craignent parce que nous ne les craignons pas », a chanté la fille de Zelaya, Hortensia, plus connue sous le nom de « La Pichu », devant des milliers de Honduriens qui la suivaient en cœur, le poing levé, au cours d’une marche sur le boulevard Jean Paul II de la capitale, aux alentours de la Maison présidentielle.


 


Xiomara Castro de Zelaya, à la tête des manifestations près de la Maison présidentielle, a déclaré de son côté qu’«ils ont tenté de donner de fausses informations en affirmant que la paix régnait au Honduras », mais a-t-elle signalé, « ils ne donnent pas les vraies informations », rapporte YVKE Mundial.

« Ils séquestrent le peuple honduriens par la manipulation », s’est-t-elle exclamé, et elle en a profité pour dénoncer le fait que le gouvernement putschiste a refusé l’entrée de la mission de l’Organisation des Etats américains (OEA) dans le pays, parce qu’ils ont cru que cela (les luttes sociales) allait prendre fin mercredi, c’est tout le contraire », a-t-elle dit, « C’est pas prêt de finir, c’est plutôt le début », a-t-elle conclu.

Plus tard, elle a ajouté que « même si Zelaya revient (…) nous allons continuer la lutte pour les transformations sociales de notre pays ».

Il s’est agi de la plus grande manifestation en faveur du retour du président constitutionnel depuis celle réalisée, le 5 juillet, aux abords de l’aéroport de Toncontin, à Tegucigalpa. (SE) •

 

(300 000 à 700 000 personnes à l'aéroport selon les sources)


Source : Honduras : Une marche gigantesque est arrivée à Tegucigalpa - Cuba Si Lorraine 




  La police, commandée par l’armée, réprime des manifestants à Tegucigalpa

12 août, par alerte-honduras

Le Comité des familles de détenus disparus au Honduras, COFADEH, nous informe que hier, mardi 11 Août, des commandos de police dirigés par l’armée ont réprimé à l’aide de bombes lacrymogènes, de coup de feu et de coups les manifestants qui étaient rassemblé à l’Université Pédagogique Nationale Fransisco Morazan, le plus gros des rassemblement dans la capital.

Un peu après 17h, les corps de sécurité sont arrivés sur place, après que nous avons été informés qu’un policier de la circulation avait blessé un jeune homme d’un coup de feu à la jambe.

Depuis sept heures du matin, venus de tout le pays à Tegucigalpa, des milliers de personnes se sont réunies face à l’hôtel Clarion,. Une fois toutes les délégations arrivées commença alors une marche pacifique, environ 100 000 personnes, dont le but était d’arriver à la maison Présidentielle, mais les policiers anti-manifestants, leur bloquèrent la route. La Direction du Front National de Résistance calma les esprits des gens qui, fatigués par les actes des putchistes et leur volonté de se maintenir au pouvoir, voulurent passer.

 

Mais la police est arrivé à l’Université et est entrée de quelques mètres dans son enceinte pour lancer des gaz lacrymogènes, à l’issus de quoi la police chargea les manifestants qui se mirent à courir dans tous les sens.

Les agents prirent position également derrière l’Université et se mirent à tirer sur ceux qui étaient demeurés dans le centre d’étude. Des dizaines de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles se trouvaient des professeurs qui furent violemment frappés, comme Alexis Vallecillo, ou encore le professeur Jamie Dagoberto, Flores Castellanos, qui tous, ont été conduits au poste de police de la colonie Kennedy.

Neuf autres personnes ont été emmenées au poste de police du quartier El Machen de Tegucigalpa.

Sergio Rivera, dirigeant de l’école de professeurs de l’éducation moyenne du Honduras, COPEMH, a déclaré que les policiers sont arrivés comme possédés par le diable « ils avaient soif du sang de ce peuple qui est sans défense. »

Les policiers ont frappé les professeurs arrêtés et les questionnaient sur Roger Vallejo, qui a été assassiné le 30 juillet dernier lorsque fut réprimée une manifestation qui se déroulait à proximité du marché Zonal Belen, à Comayagüela.

Le journaliste Pablo Matamoros, de Radio Globo, a interrogé un officier de la police qui se trouvait à l’entrée de l’Université Pédagogique, et, alors qu’il lui demandait quels ordres leur venaient d’en-haut et pourquoi ils réprimaient les gens, il répondit « ceux-ci sont des délinquants et nous sommes là pour protéger la propriété privée ». Comme je disais ailleurs la notion de propriété privée est prétexte à toutes les dérives sécuritaires et il serait temps que je puisse élucider les manipulations corrélatives à ce concept... et là l'ordinateur déconne, je vais le laisser se reposer, je reprendrai plus tard...

Parmi d’autres milliers de manifestants qui s’acheminaient vers le Syndicat de travailleurs de la Boission, STIBYS, la police a procédé à des arrestations nombreuse et les a conduit à des postes de polices du quartier Villadela et à la colonie La Brisas de Comayagëla. De nombreuses personnes ont appelé le COFADEH pour informer qu’elles avaient vu passer de nombreuses patrouilles avec des détenus.

L’armé c’est également déplacée sur le convoie de bus de l’entreprise de Discovery qui voyageaient du département de Olancho à Tégucigalpa et a demandé qu’on leur donne la liste des passagers, celle si fut fournie par des dirigeants de l’entreprise. le bus arrêter à été criblé de balle, ce qui as blessé le chauffeur, Il est a craindre pour la sécurité de ces personnes.

Restons mobilisé face à ce pouvoir de fait qui sombre doucement vers la dictature.

 

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