16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 19:55

 

 

Le Copinh sous les feux de la répression.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Honduras : juin 2012

 

En parallèle avec cette histoire des luttes de la COPINH sous la dictature des putschistes que j’ai décidé de vous présenter, voici les dernières nouvelles qui ne sont pas bonnes. Si la recrudescence de la répression est un fait acquit est se développe vis-à-vis de tous ceux qui s’opposent au  régime fantoche  (voir les derniers articles de la rubrique Honduras) et à ses exactions, dernièrement le COPINH a été particulièrement visée par la répression de nombreuses manières qui s'ajoute aux précedentes mais s'intensifient

Tentative de réduire au silence les trois radios communautaires qu’elle anime, et qui ont une licence qui leur fut accordée du temps du gouvernement légitime. Après avoir en vain tenté de les faire taire par l’intermédiaire de la compagnie chargée de la facturation  d’électricité aux mains d’acolytes du régime une nouvelle méthode consiste à prétendre qu’elles prennent une place illégitime sur la bande des fréquences, ce qui ne tient pas la route puisque des radios commerciales monopolisent les fréquences jusqu’à brouiller les émissions de la COPINH et mais là personne ne dit rien

Au cours des derniers jours un membre du COPINH a été assassiné par la police. Elle a pénétré dans sa maison et lui a tiré plusieurs balles dans la tête.  Il s’agit de Santos Alberto Rodriguez de la communauté de San Bartolo, Intubica qui s’oppose à la construction d’un barrage électrique au profit d’intérêts privés de  proches du régime et de transnationales. Mais les choses ne s’arrête pas là puisque son frère a également été arrêté, des démarches ont été entreprise pour sa libération.

Pendant la même période un autre compagnon ,qui lui aussi s’oppose à la construction du barrage, ainsi que sa famille, ont été victime de brutalités de la part de proches du maire de sa commune, un des suppôts du barrage. Candido Gomez Perez a dû être emmené en ambulance à l’hôpital,  sa sœur frappée à la tête a du se faire placer des points de suture, ils ont frappé au visage et au crâne sa mère et les jeunes enfants présents sur les lieux n’en sortirent pas indemnes. Un autre frère a également été frappé dans d'autres circonstances.

Plus récemment encore alors qu’ils se déplaçaient sur la route qui mènent de Siguatepeque à La Esperanza, deux membres du comité exécutifs du mouvements Juan Vásquez y Sotero Chavarría,, ont été victimes d’une tentative d'attentat de la part d’un commando criminel se déplaçant à moto qui leur a tiré dessus. Leur voiture a quitté la route et percuté un muret, les tireur ont fui, peut-être pensaient-ils avoir mené à bien leur sale besogne. 

Si le COPINH se retrouvent ainsi pris sous les feux meurtriers du pouvoir, c’est que celui-ci veut mettre un terme aux luttes que ce mouvement mène avec succès. Je n’en suis qu’au début de mes présentations, il y a Utopia qui est un peu un symbole de la lutte, il y a la formation d’une assemblée constituante auto convoquée qui se poursuit jusqu’ici, il y a les luttes directes de réappriation de la terre mais aussi de protectiondes ressources et du milieu ambiant, la volontéde mettre dehors les armées étrangères et de restaurer la souveraineté nationale… le programme décrit dans l’article précédent, qui évoque la nécessité d'une constituante ne se limite pas à lancer des paroles qui  sont transcrites sur le papier mais ce programme fait l’objet de luttes quotidiennes concrètes  pour le réaliser maintenant malgré les meurtres, les tortures, la violence de la répression, le risque d'emprisonnement, les menaces, le harcèlement.


La violence guerrière de la répression et de l’intimidation qui vise à dissuader le COPINH mais également les autres mouvements de résistance non violente active, se heurtent à la détermination de milliers, de dizaines de milliers,de centaines de milliers (deux millions de manifestants pour 8 millions d'habitants dans les rues le premier mai) de personnes qui ont de leur côté la raison , la spiritualité, la justesse de leur cause ;


Justice, Liberté et paix.


Nous sommes victimes des mêmes agresseurs, les stratégies changent et nous sommes là pour leur payer de notre travail les biens dont les matières premières ont été volées à d’autres peuples que l’on fait taire en les torturant, en les assassinant, en les emprisonnant s’ils osent agir pour rétablir la justice. Les distances sur la planète aujourd’hui sont très relatives pour ceux qui ont les moyens de se déplacer par sauts de puces d’un bout à l’autre de la planète qui est leur territoire de prédation.  Etre solidaires des peuples du bout du monde des peuples dont on vole les richesses pour nous les fourguer sous formes de miettes coûteuses et d’illusion de possession qui nous volent notre vie pour les gagner les miettes et les illusions qui les accompagnent… publicité fabrique d’illusion…c'est aussi être solidaire de nous même... peuple des humains...

Il est vrai que par de bizarres détours de mon histoire, je me sens bien plus proche de ce peuple du Honduras, qus de mes voisins affalés devant leur téloche, un pack de bière dans le coin à attendre le retour de l’état providence en cassant verbalement du bougnoule… "Ah que ce serait mieux sans habitants locaux tous ces pays qui nous servent de manne au trésor, ma bonne dame…" A gerber...

Alors oui pour ceux qui ont encore une conscience qui ne s’arrête pes aux frontières militarisée du nationalisme prédateur et colonialiste triomphant…Je reprends ce paragraphe du texte précédent…

Mais c'est précisément au moment où la guerre fait à son tour son entrée chez nous que l'on va voir jusqu'à quel point nous sommes sérieux lorsque nous parlons de l'abolition des privilèges. Car alors la question n'est plus de proclamer verbalement combien nous en avons honte, mais de les mettre en jeu, en les utilisant comme part d'un autre Nous – un Nous qui lutte à l'échelle mondiale pour la libération. Ce qui fait également une différence, et qui n'est pas rien dans notre rapport à l'autre.

 

Les nouvelles sont une synthèse de l'article : Union de Pueblos de Nuestra America: COPINH bajo fuego criminal

et d'autres liens :

 

Informaciones relacionadas:
¡Denuncia urgente! atentado contra compañeros del COPINH
 http://copinh.org/article/denuncia-urgente-atentado-contra-companeros-del-co/

Premio a Berta Cáceres: un gesto necesario en la solidaridad con Honduras
 http://copinh.org/article/premio-a-berta-caceres-un-gesto-necesario-en-la-so/

Honduras: Pueblos indígenas y negros protestan contra privatización de recursos naturales y pérdida de territorios
 http://www.nicaraguaymasespanol.blogspot.it/2012/06/fotos-honduras-pueblos-indigenas-y.html

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:10

 

Le premier d'une série de textes qui concernent la convocation d'une assemblée constituante au Honduras, depuis son introduction avant le coup d'état militaire qui visait à epêcher sa tenue et à maintenirle contrôle du pays entre les mains d'une oligarchie à la solde des USA jusqu'à nos jours où cette constituante reste au coeur des mibilisations et des exigences du peuple du Honduras. Au-delà de ce que ceprocessus nous apprend et qui concerne l'histoire du Peuple du Honduras, il y a beaucoup d'enseignements à retirer pour nous ici de cette lutte opiniâtre d'un peuple parti à la conquête de la démocratie directe et de l'équité.

 

 

Salvador Zúniga est un des leader du mouvement indigène que nous aurons l'occasion de retrouver par la suite, entre autre par ses positions concernant les élections à venir, dans ce texte écrit en mars 2009 nous prenons la mesure de la situation et du risque pressenti d'un coup d'état à venir avec son cortège de sang et de larmes,

 

Une constituante pour la refondation du Honduras.

Par Salvador Zúniga, Miembro del COPINH.

 

   le 23 mars 2009

Ces derniers jours dans le débat national un des principaux thèmes de discussion est la consultation de la population avec la proposition de ce que soit approuvée ou désapprouvée l’installation d’une quatrième urne, par laquelle le peuple déciderait si doit ou non être convoquée une assemblée nationale constituante, pour la proclamation d’une nouvelle constitution politique.

Les représentants politiques ou membres des groupes de pouvoir, les mêmes qui ont promu la violation de la constitution de la République quand ils permirent à un citoyen de Panama de devenir président du Honduras, les même qui confièrent la souveraineté du Honduras à des armées étrangères, comme celle de la contre-révolution au Nicaragua, l’armée salvadorienne et à l’armée gringa, les mêmes qui ont joué avec la constitution pour habiliter ou récuser certains candidats à la présidence,

ceux qui enlèvent ou ajoutent des articles inamovibles (dans le constitution, la cause officielle du coup d’état étant que Zelaya voulait appeler une constituante qui toucherait à ces articles « bétonnés »  NdT) selon les besoins de leurs mesquins intérêts, aujourd’hui se déchirent les vêtements à grands cris et annoncent une mobilisation de défense de la constitution dont eux-mêmes ont violé les institution quand cela les arrangeaient. La constitution devrait appartenir au peuple, mais eux, se l’a sont arrogée comme leur propriété personnelle, faisant preuve  d’un énorme cynisme quand ils disent défendre la constitution de la république alors que, les mêmes,  quand ceux qui sont au  pouvoir la violèrent  se sont tus ou ont fait l’éloge  de telles violations, comme le ministère public, celui-là même qui se cacha les yeux face aux plus terribles actes de corruption comme dans les cas  pour lesquels les procédures (se han engavetado y siguen engavetados -suggestion de traduction bienvenue )

Dans ces actes ce sont les puissants qui sont impliqués, ce même ministère public qui contribue à l’impunité et pas seulement en ce qui concerne la corruption mais aussi pour les violations des droits humains, et que dire du grand éléphant blanc nommé Commission des Droits Humains qui se tait face aux actes de violation de ces droits comme les constants féminicides qui se produisent dans notre patrie chérie. Commission  qui aujourd’hui joue les porte-parole des groupes de pouvoir dans lesquels on retrouve d’anciens auteurs de coups d’état, les corrompus qui ont séquestré ce pays dans lequel 80 % de la population vit dans la pauvreté et 60 % dans l’extrême-pauvreté., dans ce pays où 800 000 petites filles et petits garçons non pas la possibilité de poursuivre leurs étude jusqu’au troisième cycle, dans ce pays où des milliers de jeunes filles exercent la prostitution dans les rues, dans ce pays ou les groupes fantoches depuis leurs luxueuses villa élisent les membres de la cours suprême de justice, les membres du ministère public, la nomination de ceux qui participeront à la commission des droits humains et comment seront réparties les administrations publiques en fonction de leur intérêts.

La consultation ne portera pas ombrage aux institutions ou personnes démocrates qui croient vraiment que la démocratie signifie que le peuple a tout le droit d’être consulté à ce sujet et à d’autres d’intérêt général ; le principe de toute démocratie est que la souveraineté réside dans le peuple et que de lui émane tous les pouvoirs.

Si le porte-parole de la commission,  le ministère public, les candidats à la présidentielle, les médias (moyens) de manipulations massives et tous ceux qui s’arrachent les vêtements en bon pharisiens avaient un minimum de vocation démocratique, ils ne s’opposeraient pas à la consultation, mais soutiendraient le peuple dans ce grand geste pour le refondation du Honduras.

Indépendamment de qui convoque à l’installation d’une nouvelle assemblée nationale constituante, nous devons profiter de la conjoncture pour impulser un mouvement pour la refondation du Honduras, être prêts non seulement à voter le SI à la quatrième urne mais aussi à voter un SI à la convocation d’une nouvelle assemblée nationale constituante [i],  et à participer aux élections le cas échéant avec des candidats et candidates à  devenir députés constituants dans tous les départements du pays

et contribuer à une la nouvelle constitution politique de la république par laquelle  le pays sera constitué comme un pays multilingue qui reconnait comme officielles les langues indigènes, le Toll, le Pech, le Garifune et les autres, dans laquelle soit promulgué la distribution équitable des ressources naturelles, dans laquelle se reconnaisse le droit à l’avortement thérapeutique ou pour des viol, dans laquelle se mette sur pied l’armée de la démocratie directe, dans laquelle se restaure la souveraineté nationale ordonnant le démantèlement des bases militaires étrangères, dans laquelle soit clairement établie l’égalité des sexes et que s’arrête la violence et les discrimination contre les femmes, dans laquelle soient expropriée la richesse des corrompus qui durant des années ont jouit de l’impunité,. Une nouvelle constitution qui garantisse le fonctionnement transparent des organismes qui rendent la justice afin de garantir une véritable administration de justice, une constitution qui garantissent la liberté d’expression à partir de moyens de communication qui soient indépendants et pas les comparses de groupes de pouvoir aui font de gros négoces en vendant de la publicité avec son rôle de manipulation des consciences.

La nouvelle constituante ne doit pas être un projet personnel autour d’un « caudillo », la nouvelle constituante doit être le projet du peuple du Honduras pour la construction d’une véritable institution démocratique qui en finisse avec ce désordre de manipulation, de mensonges, d’inégalités sociales, de discrimination, de violence, d’impunité et de corruption dans laquelle les puissants se jouent jour après jour de notre peuple qui chaque fois perd d’avantage l’espoir en tout et en tous.

L’opportunité, c’est maintenant, il faut agir rapidement, si nous y manquons maintenant  dans la suite viendront certainement des temps de troubles dans lesquels nous payeront un grand quota de sang pour que l’émancipation, de toute façon,  advienne.

La conjoncture est propice, ceci déjà à eu lieu au Venezuela, en Equateur, en Bolivie. Au Honduras, la terre de Lempira Morazon, de Cabanas, de Visitacion Padilla et autres patriotes aussi cela aussi se peut, il faut avancer sans peur, et avec toute notre volonté, si nous ne le faisons pas, l’histoire nous jugera.

 

 



[i] Rappelons le processus ultra démocratique  prévu pour décider ou non de la convocation d'une assemblée constituante avant le coup d’état.

Le 28 juin, jour où le coup d’état a eu lieu devait se dérouler une consultation populaire (non contraignante) pour savoir si lors des élections  d’octobre présidentielles, législatives et régionales, il faillait, ou non,  adjoindre une quatrième urne. La quatrième urne devait servir à un référendum – contraignant cette fois – pour permettre au peuple de se prononcer en faveur, ou non, de la convocation d’une assemblée constituante.

Mais le 28 juin au matin, l’armée a enlevé le président et la conduit hors du pays (sous la menace des armes et en pyjama).

Des tas de mensonges ont circulés ici, l'un d'eux était que Zelaya voulait surtout faire sauter l’article betonné de la constitution qui interdit au président d’exercer deux mandats pour se faire réelire. Or l’agenda prouve que cela relève de la plus pure intoxication, puisque le referendum devait avoir lieu lors des élections présidentielles auxquelles il ne pouvait – en vertu de la constitution de mise – en aucun cas se représenter.

 

Source origninelleen Espagnol : Por: salvador zúniga, miembro del copinh. | COPINH | Consejo Civico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras

Traduction Anne Wolff

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 11:38

 

La COPINH Consejo de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras nous montre l'exemples s'une lutte qui associe le combat politique qui se fonde dans la construction quodinienne du monde que nous voulons. Il est temps que nous en prenions de la graine, l'alternative ne se construit pas à coups de théorie qui se perdent dans le vent, elle a besoin de base concrètes qui permettent l'expérience d'un autre monde, sa construction conrète et qui donne aux luttes les moyens de l'autosuffisance, voici donc

 

Utopia

 

el centro

 

 

Chère compagnonnes et compagnons,

Nous vous écrivons pour partager avec vous tous le plus récent rêve de COPINH, Le Centre de Rencontres et d’Amitié UTOPIA

Qu’est-ce donc que ce centre de Rencontres et d’Amitié UTOPIA ?

L’Utopie sera ce que nous en créerons ; la manifestation de nos efforts, initiatives, travail, créativité et rêves collectifs. Ce sera un espace de rencontre entre les personnes, les communautés, les idées, les luttes, les propositions et les rêves. Ce sera un espace ouvert à toutes et tous ceux qui rêvent d’un monde plus juste dans lequel plusieurs mondes pourraient entrer, parce que un autre monde est possible seulement en le construisant ici même, semant collectivement sur nos terres nos semences créoles de liberté, de justice, de paix, de mémoire, de communautés.

 

 


Au cœur d’Utopia, il y a la construction, un grand édifice qui servira de centre de formation, un lieu propice pour réaliser des forums,  rencontres, et échanges. Au cœur d’Utopia, il y a aussi un espace pour dormir, rêver, cuisiner, manger et partager la vie quotidienne en communauté. Il y a également des espaces pour une bibliothèque,  pour un centre de documentation, un musée de la culture Lenca et d’autres initiatives qui serviront de point de référence et d’apprentissage pour les communautés, organisations et personnes qui participent à la Utopia avec le COPINH. Le groupe de femmes GUINAKIRINA disposera de son espace pour les femmes qui en auront besoin et afin d’y développer des ateliers, des rencontres et des activités artistiques de toutes formes. Ce sera aussi un lieu de refuge pour les femmes et les hommes victimes de persécutions et violences policières.

 

 


Autours des installations il y a des terres, des bois, de l’eau, de l’eau et des arbres fruitiers. Là se dérouleront toutes sortes d’activités, comme l’agriculture organique soutenable restaurant la diversité de nos semences natives, la culture de plantes médicinales, engrais organiques, l’élevage de poules indigènes, la transformation de pêches dans diverses productions comme des confitures et du vin. Loin d’emmener ces activités dans d’autres directions, il s’agit de partager et enrichir les grandes connaissances et expériences de nos communautés, parce que ce qu’on appelle « alternatives », ce n’est rien d’autre que nos traditions. Il y aura un espace mystique et un bois pour la méditation, la réflexion, et les cérémonies Lenca, et un autre espace pour les enfants pour y jouer et raconter des contes. Le ruisseau et la petite lagune pourront devenir une pêcherie, enfin, les possibilités sont aussi infinies que nos rêves et nos idées.

 

 


Bon, pourquoi ce centre UTOPIA ?

Notre espace tant physique que mental est toujours plus individualisé, réduit, privatisés. Ils se sont appropriés et sont devenus maîtres de nos bois, de nos minéraux, de notre culture, de nos connaissances et de nos manières de penser et de vivre, de nous organiser ; nous étions laissés sans espace, jusqu’à ce que nous ne puissions plus faire les choses selon nos propres termes. Le centre de Rencontre et Amitié Utopia sera la récupération et la construction d’un espace collectif à nous, d’un dialogue entre toutes celles et ceux qui le partageront, où pourront se mettre en pratique nos alternatives (et traditions) au système contre lequel nous luttons quotidiennement et un point stratégique pour renforcer les liens entre divers secteurs de la lutte populaire au Honduras.

 

 


Le centre Utopia est une clé aussi pour l’auto soutenabilité de notre organisation COPINH. En dehors de la nourriture et des médecines que nous produirons pour notre consommation, les produits de la terre et des ateliers se vendront pour appuyer le Centre et l’organisation. Le centre sera à disposition des organisations et réseaux en affinité, il sera aussi mis en location comme centre de formation pour les ONG et institutions, contribuant ainsi à l’auto financement de COPINH. Ce qui nous permettra plus d’autonomie dans le développement de notre organisation, de nos communautés et de nos  luttes.

Et où sera situé le Centre ?

Le Centre de Rencontre et d’Amitié UTOPIA se trouve à quelques 10 minutes de la Esperanza, Intibuca, à la sortie vers Mercala, la Paz. Ce sont 7 hectares de terre avec une partie plane, un ruisseau, une lagune, des terres cultivables, un petit verger de pêchers et quelques petits bois.

Le site compte déjà des grandes installations qui furent construites dans le but d’y installer une école agricole. Il comprend quatre grands espaces pour des dortoirs, 4 grands salons, une cuisine, un bureau pour l’administration et 6 salles de bains.

 

 

Traduction Anne Wolff

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 12:51

 

 

 

Le pacifisme de l’Empire, au Honduras comme ailleurs

Au sujet de OTPOR, NarcoNews et CIA...

OPTOR la marque transnationale putschiste dont le chemin est tracé  par les USA pour la dénonciation et le renversement du gouvernement de Slobodan Milosevic en Yougoslavie, de Chavez au Venezuela, de Evo Morales en Bolivie et une longue liste de etc., … vint « conseiller » la résistance hondurienne quelques petites semaines après le coup d’état du 28 juin 2009. Que faisait là-bas ce groupe ? Collecter des intelligences ? Opérer un travail de diversion ? « Influencer »  d’une manière ou d’une autre les évènements ? Laver la façade de la Maison Blanche ? Toutes ces choses en même temps ?

A la fin juillet 2009, pendant que le peuple du Honduras se battait dans les rues contre les putschistes, parmi les groupes de résistance circulait une invitation pour assister à une projection du film »Renverser un dictateur », un film au sujet de la chute de Milosevic en Servie, « non par la force des armes, comme beaucoup l’avaient prédit, sinon par une ingénieuse stratégie non-violente d’élections transparentes et de désobéissance civile massive. L’organisateur de la projection qui se déroula dans le local du syndicat des professeurs COLPROSUMAH, était « Le programme des Amériques de l’organisation progressiste étasunienne « Non-violence International »

Ce fait, qui fut débattu en son temps dans des cercles réduits de la solidarité étasunienne avec l’Amérique Latine (quoiqu’on passa outre dans notre région) certainement projettera plus de lumière sur l’histoire récente de ce pays d’Amérique Centrale. Cependant ses implications peuvent aussi contribuer à révéler les stratégies de l’empire pour détruire les luttes des peuples au-delà de l’Amérique Latine, de Tripoli à Bengazi, jusqu’à New-York et au <Caire.

 

Whashington frappe « par la droite » 

Ici on en sait beaucoup sur l’implication de Washington dans le coup d’état contre Zelaya « par la droite », et spécialement le rôle joué par des agents comme Jacqueline Foglia Sandoval, qui oublia sa serviette  avec  tous les détails de la conspiration dans le lobby d’un hôtel . On connait aussi ses manœuvres pour neutraliser Zelaya et la ALBA au niveau international :

Comme le dit l’investigatrice Eva Golinger, « Washington manipulait  l’Organisation des Etats Américains pour faire rallonger le temps de débats concernant ce qu’il fallait faire et de cette manière ne pas appuyer le retour immédiat du président Zelaya au pouvoir, cela faisait partie d’une stratégie qui tenait la route et cherchait simplement à légitimer le gouvernement fantoche et à dégoûter le peuple du Honduras qui déjà résistait au coup d’état. Et aussi frappait « par la gauche »

Toutefois on en sait beaucoup moins sur le travail des USA pour influencer les forces de la résistance « par la gauche ».

Par exemple, en juillet 2010, un groupe d’ONG étasuniennes demanda à la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton que son gouvernement dénonce les violations des droits humains et que l’aide au Honduras soit conditionnée par des enquêtes à ce sujet, qui produisent des réformes du régime de censure, etc.  Cependant,  d’aucune manière elles ne présentèrent la demande de garantir les conditions d’un retour au pays de Zelaya au pays avec tous ses ministres le plus rapidement possible, ou qu’une assemblée constituante soit convoquée. En plus les signataires considéraient que la justice post-putschiste (et co-putschiste, parce qu’elle fut partie active du coup d’état)était compétente pour juger et punir les crimes commis.

Toutes ces revendications, dans ce contexte, étaient clairement exprimées pour réaliser une normalisation du coup d’état.

Rappelons que les élections  par lesquelles fut élu Pepe Lobo avaient été boycottées tant par la résistance, que par l’Organisation des Nations Unies, que par la OEA. Il est impossible de savoir combien de gens ont réellement participé au scrutin, mais beaucoup ne se rendirent pas aux urnes à cause du climat de répression dominant à cette époque et parce qu’il n’y avait aucun candidat qui représenta l’anti-putschisme qui participe à la compétition. Une semaine après la signature de la lettre, les Etats-Unis reconnaissaient Pepe Lobo comme président.

Parmi les noms des signataires de cette lettre, sautait aux yeux un très spécial : celui de Joy Olsen, Directrice Exécutive du Bureau Américain en Amérique Latine (WOLA), un influant groupe libéral (progressiste aux USA) de conseillers étasuniens.

L’anthropologue Adrianne Pine, dans un excellent travail sur l’organisation, constate que « bien que beaucoup de Latino-Américains pensent que le projet des USA au Honduras est la continuation des méthodes impérialistes adoptées dans la région pendant le siècle passé, dans le cas du Honduras se manifeste une nouvelle orientation : une grande partie du travail que le Département d’Etat réalisa dans l’ombre d’une  des ONG qui défendent les droit humains les plus respectée à Washington : « la Wola ».

 

Putschistes habilitant des antiputschistes ? 

La présence de OPTOR  au Honduras quelques semaines après le Putsch est un autre élément qui fait un peu plus de lumière sur les interventions politiques de l’Empire pour influencer les mouvements populaires ?

Le rédacteur du site web  « indépendant » The Narcos News Bulletin, Al Giordano, décrivit un des ateliers que le vétéran serbe de OPTOR Ivan Marovic donna à Tegucigalpa en cette occasion :

Après la projection du documentaire « … plus de cent participants de base de la résistance civile hondurienne et quelques-uns de ses leaders connus sortirent pour parler avec Ivan Marovic(…) c’était une parmi 3 sessions, la seule ouverte à tous publics » expliqua Giordano.

« Le jeu consiste à prévoir les pas suivants, mettre l’adversaire dans une position telle qu’il ne peut réagir de manière adéquate. » expliqua Ivan Marovic aux activistes honduriens. « Dix personnes dans la rue, ce n’est pas une nouvelle » dit-il. « Mais dix personnes qui font quelque chose de fou, cela est une nouvelle » ajouta-t-il.

Pour le vétéran d’OPTOR, le fondement de la lutte non violente, qui est supposée conduire le groupe à grandir de 10 à des centaines de milliers d’activistes en quelques années, se base sur la planification adéquate et l’exécution de « dilemmes »  d’action » qui tournent en ridicule les forces de répression.

Ainsi, lâcher un paon sur une place avec un clou dans la tête (tout à fait charmant et pacifiste NdT) - ornement distinctif de la veuve de Milosevic - OPTOR mit les policiers serbes dans la ridicule situation d’avoir à arrêter un animal ; minant ainsi le moral de l’institution et l’image du gouvernement.

Adapté à la situation hondurienne des semaines postérieures au coup d’état, selon Al Giornano, « le dilemme » (que la Résistance hondurienne) donnerait au régime putschiste est le suivant : s’il envoie la police et les militaires attaquer une marche pacifique, non seulement le régime apparaîtra comme autoritaire, mais également comme stupide. S’il n’envoie pas les forces de répression pour attaquer, la marche, l’importante taille de la manifestation qui va converger mardi qui vient dans les deux plus grandes villes du pays sera saisissant et démontrera une fois de plus (…) que la quantité de honduriens qui se sont mobilisés contre le coup d’état, des centaines de mille, est plusieurs fois plus importante que toutes les concentrations en faveur du coup d’état réunies. »

Des articles (ou panagériques) qu’aécrit Giordano sur Marovic il est difficile d’inférer l’influence réelle des idées du serbe sur la résistance hondurienne. Une chose cependant est notoire, c’est que à la différence des serbes, las forces de la répression du Honduras étaient  - et sont toujours - dépourvues du moindre sens de l’humour. Milosevic, par exemple n’envoya pas d’escadrons de la mor, assassiner des leaders des mouvements comme OPTOR, mais les fascistes du Honduras eux ne cessent de le faire en permanence contre les résistants.

De fait, la « révolution » d’OPTOR et ses acolytes  ne fut pas aussi pacifique et humoristique qu’il le disait. Ilsfurent impliqués dans l’incendie du parlement, la mise à sac des locaux du parti socialiste, la destruction de la station de Télévision Serbia (la même qui quelques mois plus tôt avait été bombardée par l’Otan) et l’attaque de civils qui de partageaient pas les idées des insurgés.

La « révolution » de OPTOR en Serbie ne fut pas une révolution, ce fut un coup d’état propagandiste contrerévolutionnaire réalisé avec l’appui des USA contre une nation décimée par presque une décennie de guerres et agressions politiques instiguées par l’OTAN pour détruire l’état le plus fort des Balkans.

Et en réalité le film (« renverser un dictateur » qui fut projeté à la résistance du Honduras) de peut être vu que comme un morceau de propagande éhontée en faveur des interventions des USA et de l’OTAN dans le pays des Balkans. De là, son utilité pour contrer le coup d’état contre Zelaya est plus que contestable.

La non-violence de l’Empire le plus violent 

A travers le documentaire présenté au Honduras on rencontre le centre International Sur les Conflits Non Violents (ICNC) une supposée entreprise personnelle du multimillionnaire et membre du Conseil des Relation Extérieur (CFR NdT)  des USA, Peter Ackerman. Le président de l’ICNC, Jack Duvall est le directeur du film ;et son producteur, Ackerman lui-même.

Pendant que Duvall fondait avec son ami ex-directeur de la CIA, James Woosley, l’institut Arlington, spécialisé dans le « penser les futurs globaux et tenter d’influencer des changements rapides et positifs », Ackerman était  un des directeur de la notoirement célèbre institution Albert Einstein Institution, fondée en 1983 par le docteur Gene Sharp et ‘dédiée à promouvoir l’étude et l’usage de moyens stratégiques non-violents dans les conflits du monde entiers ».

Ce furent ces cercles qui au début des années 2000 entrainèrent et  financèrent OPTOR.

Après le coup d’état contre Milosevic, OPTOR changea son nom en Centre pour l’Application des Actions et Stratégies Non-Violentes (CANVAS) afin d’étendre les techniques du coup d’état doux dans des pays comme la Géorgie, la Biélorussie et l’Ukraine. Selon l’enquêtrice Eva Golinger, « une semaine avant les élections présidentielles de 2006 au Venezuela, des représentants de CANVAS, (membres de OPTOR) arrivèrent au Venezuela pour former des jeunes vénézuéliens aux mêmes techniques. Peu après, naquit un groupe vénézuélien, le pan V dont la stratégie était identique à celle d’OPTOR et ses affiliés en Europe de l’Est.

Rapidement, l’activité de OPTOR dans les organisations fascistes de la droite s’étendit au reste des pays de l’ALBA. Par exemple, Golinger mentionne que le cadre vénézuélien Jan Goicoechea, formé par OPTOR et la Albert Einstein Institution , voyagea en Bolivie durant 2007 et 2008 pour travailler avec et entraîner le Mouvement des Jeunes Crucenista, de la one de Santa Cruz, Bolivie, connu pour ses attitudes et ses actions racistes, violentes et sécessionnistes. En mai 2008, Goicoechea se rendit en Equateur, entraînant et fondant la formation d’un mouvement étudiant de la droite de ce pays, « Manos Blancas » pour contrecarrer la politique socialiste du Gouvernement de Rafael Correa.

Au Nicaragua on connait les différentes initiatives promues pas les USA pour créer des groupes de jeunes a partir de la marque OPTOR, et cela sous le nom de Mouvement des Jeunes Nicaraguïta, REJUDIN, Nicaragua 2.0 ou Frente Amplio de Oposicion – il est difficile de se maintenir à jour avec les changements de sigles quoique tous portent la même estampille droitière impossible de dissimiler derrière un langage faussement juvénile.

En réalité, la multinationale OPTOR a joué un rôle important dans diverse partie du globe, par exemple dans les révoltes au Moyen-Orient, et par-dessus tout en Egypte, où le 2 février, le gouvernement égyptien a interdit de sortir du pays au directeur de l’Institut Républicain International (IRI) et a divers cadres des ONG toxiques « promotrices de la démocratie » comme le IDI et la Freedom House. Et dans le mouvement Occupy Wall Street des USA, on voit le cadre de OPTOR Ivan Marovic, le même qui visita le Honduras en 2009, qui apparaît haranguant les manifestants. OPTOR et la non-violence impériale n’ont rien à voir avec la promotion de la démocratie, ni ne portent de l’avant des révolutions, mais contribue à déstabiliser des gouvernements pour des raisons géopolitiques, et mène à terme des contrerévolutions et manipuler les aspirations populaires de manière que le résultat des protestations soit celui désiré par Washington et les puissances de l’OTAN.

Amis ou agents ennemis ? 

L’organisation qui patronnait la projection du documentaire d’OPTOR au Honduras quelques semaines après le coup d’état était le « Programme des Amériques » de l’organisation progressiste étasunienne « Non-Violence Internationale ». Le responsable du Programme des Amérique de l’organisation est l’activiste Urugayo- Etasunien André Thomas Canteris, qui a un impressionnant curriculum vitae dans lequel se retrouvent des mérites comme d’avoir mené à bien une grève de la faim de 40 jours devant la Maison Blanche revendiquant la fin de l’occupation US  dans l’iles portoricaines de Vieques, avoir dénoncé à travers de multiples campagnes les crimes de l’Ecole des Amériques et avoir été un des fondateurs du projet de communication Democracy Now ! Avec plusieurs années de travail dénonçant les violations de droits humains au Honduras, Thomas Conteris fut le seul étranger qui resta au côté du président Manuel Zelaya Rosales quand celui-ci fut encerclé par les militaires à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa pendant plus de 4 mois entre septembre 2009 et janvier 2010.

Toutefois Non-Violence Internationale a des liens qui se contredisent avec ses lettres de créances progressistes; comme d’être l’organisation qui décerna au moyen de la Fondation de Charité El Hibri, la Prix d’Education El Hibri 2011, ni plus ni moins qu’à Gene Sharp, le fondateur de la Albert Einstein Institution et théoricien qui se trouve derrière les réseaux du « pacifisme » impérial. Selon les investigations de Eva Golinger, en décembre 2004, Gene Sharp déclara au quotidien Suisse Le Temps, « L’institution Albert Einstein collabore avec la Freedom House, le Centre International des Conflits Non Violents, Le Open Society Institute. Aujourd’hui je ne suis plus si jeune, et je pense que OPTOR devrait prendre la relève. »

De Tegucigalpa aux sables de Lybie. 

 « En Lybie, aucune évidence de la présence de Freedom House, USAID, etc… Si ces organisations furent actives en Egypte, écrivait sur son compte Twitter depuis Benghazi celui qui est alors reporter de teleSur, Lindsay Reed, le sept mars 2011. Depuis son arrivée dans le pays d’Afrique du Nord à la fin de février de cette année, la couverture du correspondant US déconcerte et pas qu’un peu les anti-impérialistes désireux d’obtenir une information fiable sur les évènements. A ce moment le public de Tele Sur ne sait qui croire au sujet de la Lybie. A Jordan Rodriguez envoyé à  Tripoli ou a Reed envoyé à Benghazi ?

 

Le vénézuélien Rodriguez informe au sujet d’un mauvais début dans le pays ; il a été arrêté deux fois et aussi frappé par des agents du gouvernement libyen. Il écrit aussi des choses comme : « Je vais me coucher avec l’image d’un enfant coupé en deux par une bombe » et « j’ai vu un journaliste mentir à mes côtés, ne pas enregistrer, ni écrire, ni rendre compte, parler de choses qu’il ne voit pas et je me demande si cette nuit je vais pouvoir dormir tranquillement »

Pour sa part, l’étasunien écrit sur son compte Twitter que « Les habitants de Benghazi disent qu’ils n’accepteront pas d’armes des USA ni d’aucun autre pays » et « demandent que les gouvernements de l’ALBA abandonnent Kadhafi et appuient la lutte révolutionnaire du peuple Libyen »

Depuis les commencements des bombardements de l’Otan jusqu’à la mi-mars, quand Lindsay Reed fut relevé de ses fonctions dans le bastion mercenaire de Benghazi, la moitié de la couverture de TeleSur sur la Lybie consista à se faire l’amplificateur des points de vue de Al Jazeera, de CNN et d’autres chaînes de la machine de propagande de l’Alliance Atlantique. La gauche européenne succomba grande partie aux mensonges et au manque d’honnêteté de beaucoup de ses intellectuels. Dans ces cercles, Reed est toujours une figure respectée,  et malgré que maintenant soit connue  la vérité sur les nommés ‘rebelles » libyens, il persévère  à affirmer que tout ce qui arriva en Lybie fut une révolution populaire… et retournons en Amérique Latine

Avant son service (conscient ou non) de l’OTAN en Lybie, la carrière de Reed est impressionnante, Il a été chef de l’officine de Washington de TeleSur, ainsi que correspondant en Haïti dévastée par le tremblement de terre et au Honduras même après  le coup d’état.

Reed a été formé dans une école de journalisme « indépendante » qui a des liens forts avec les organisations d’intervention pacifique de Washington. L’école de Journalisme Authentique de NarcoNews au Yucatan, Mexique.

En février 2010, 22 étudiants et professeurs de cette école dans une lettre ouverte prirent leurs distances avec le fait qu’un des financiers de l’école, le fameux Jack Duvall de OPTOR et ICNC ait été impliqué dans l’entraînement en « résistance civile » de groupes vénézuéliens dans la ville de Boston en 2005 à charge de la INC – un fait que Duvall lui-même confirma.

 « Nous exprimons notre appui à la construction d’un journalisme authentique, libre de toute obligation, indépendant de l’appui économique que reçoit cette école, et nous dénonçons publiquement toute tentative de nous associer au Centre International Sur les Conflits Non-Violents et à ses objectifs » affirme le dernier paragraphe de la lettre.

Parmi les signataires, (voir la liste en fin d’article) il y avait une groupe de journalistes de TeleSur qui avait évidemment échoué à découvrir que la main de L’ICNC leur avait tendu un piège, ainsi qu’au Venezuela, à Cuba et aux pays de l’ALBA et à tous les communicateurs qui pensaient qu’ils participaient à une entreprise de journalisme généreusement alternative ?

L’ICNC ne fait pas que financer les activités, elle fournit aussi des membres de l’équipe des professeurs, parmi eux Jack Duvall lui-même. Le coordinateur du cursus, Al Giordano, répondit aux signataires de la lettre, dans ce qui semble être son style personnel, que l’ICNC avait payé leur billet d’avion pour Mexico et que pour cela ils devraient danser au son de leur baguettes ; il menaça de ne plus jamais inviter TeleSur a participer aux activités de l’école de « Journalisme Authentique » à moins que ce ne soit sous ses conditions et accusa ses journalistes de s’être autorisés à refuser de participer à « un échange d’idées » avec la même organisation qui promeut la sédition contre le Venezuela et l’ALBA,. Giordano et Honduras.

Depuis longtemps, Giordano est associé à l’ONG des afro descendants ODECO et à son leader, Celeo Alvare Casildo, de la municipalité de la Ceiba au Honduras. De ce groupe, il a dit évidemment que c’était le meilleur et qu’il avait le projet d’organisation communautaire le plus avancé dans tout(…) le Honduras.

Toutefois groupe, qui en Août 2011 avait organisé une Conférence Mondiale des Afro descendants, et ouvertement rejeté par les organisations des peuples noirs du Honduras qui forment partie de la Résistance.

« Au nom du Peuple noir du Honduras se tient une conférence mondiale mais nous les peuples n’y participons pas » dit le représentant de l’Alliance 2-14, Organisation Fraternelle Noire du Honduras (OFRANEH) et la Coordination des Organisations Noires (CON) qui réunit en son sein plus de 20 organisation de population noires en annonçant la tenue d’un forum parallèle au sujet de «l’accaparement des terres et territoires en Afrique et en Amérique Latine ». A la conférence organisée par ODECO et soutenue par par Giordano vint assister le controversé président Pepe  Lobo.

Les organisations d’afro descendants liés à la Résistance critiquent la majorité des dirigeants de l’ODECO, les disant « opportunistes et toujours aux côtés du gouvernement, indépendamment de son idéologie ou couleur politique »

Au milieu du mois d’Août 2010 ; des membres de la Coordination départementale de Atlantida et de la municipalité de La Ceiba, membres du Front National de Résistance Populaire (FNRP) démentirent  les déclarations d’un journal local qui affirmait que la Résistance avait participé à des réunions de la Commission de la Vérité émanant du même gouvernement controversé de Pepe Lobo. A cette réunion participa ODECO et son dirigeant Celeo Alvarez Casildo « qui n’est pas membre et n’a jamais participé aux actions de la Résistance » assure une note publiée par le site officiel du mouvement.

En avril 2011 une multitude d’hommes, de femmes et de jeunes Garifuna avec 214 tambours symbolisant le nombre d’années que ce peuple a vécu en tant que peuple sur le territoire du Honduras, manifesta dans les rues de Tegucigalpa jusqu’à la résidence présidentielle demandant le respect de ses droits humains. En plus, les manifestants exprimaient leur mécontentement avec les projets récemment approuvés par le Congrès National, comme ceux des « Cités Modèles » (Zones de non droit offertes aux multinationales NdT) et les concessions pour des projets hydroélectriques aux bénéfices de l’oligarchie intéressée à saigner le pays de ses ressources..

Pendant que les activistes des organisations garifunas comme OFRANEH et COPINH manifestent à la base contre le gouvernement, à l’intérieur de la résidence présidentielle, les dirigeants de ODECO papotent avec le président Lobo au sujet des « 214 années de présence africaine au Honduras ». « Nous n’irons pas à la résidence présidentielle pour être reçu par quelqu’un qui n’a pas été capable de résoudre, à travers le dialogue le conflit avec les organisations de professeurs, nous ne voulons pas célébrer et nous n’avons aucune raison de le faire affirme la dirigeante de OFRANEH, Miriam Miranda.

Pour Al Giordano, le dirigeant de l’organisation qui papote avec Lobo, Celeo Alvarez Casildo, et « un des plus respecté et représentatif» des organisateurs communautaires du continent. Il déclare qu’il fera partie de l’équipe d’enseignants de son école de « journalisme authentique »

La meute de l’empire 

 « Il l’appelle démocratie et cela ne l’est pas ! » disent les Indignés d’Espagne. Aux USA les occupants de Wall Street disent « La seule chose que nous ayons en commun, c’est que nous sommes les 99 % qui à présent ne tolérons plus la convoitise et la corruption du 1 %. Ce sont les cris de désespoir de ceux qui voient la ruine de l’état Providence européen ou du Grand Rêve Américain.

Ils sont à la fois les voix héritières d’une tradition de résistance experte en divisions sectaires ; soumise à la forme la plus raffinée de cooptation et d’infiltration de la part des états impérialistes hautement centralisés. Ils sont aussi le produit d’une hégémonie occidentale en état de décomposition avancée qui a s’est imbibé et a imbibé les consciences de ses sujet de la Paranoïa universelle – ils feraient difficilement un référent utile pour les peuples du Sud en lutte pour leur libération.

La prolifération de sigle créés et financés par l’OTAN, particulièrement par les USA semble promouvoir la démocratie, la liberté, la non-violence, le milieu ambiant, les droits de la femme, les droits des peuples indigènes, les droits des peuples humains et les droits humains en général, ce sont des artefacts uniquement et exclusivement fabriquées afin de subvertir toutes et chacune de ces causes.

Il est temps que nos peuples, et dans le cas de celui qui est à l’origine de ces lignes, le peuple du Honduras apprennent la leçon qui dit que rien de bon ne peut venir des « aides » de politiciens payés par le Nord. Il est extrêmement important qu’ils apprennent à reconnaitre les sinistres réseaux par lesquels opèrent la contrinsurrection de l’empire.

Signataires de la lettre de l’école de « Journalisme Authentique :: Amanda Huerta Morán (Venezuela), Maylin Alonso (Cuba), Lourdes Zuazo (Argentina), Paloma Garcia (Argentina), Geovani Montalvo (El Salvador), Sunny Angulo (Estados Unidos), Wendy Martinez (Honduras), Noah Friedman–Rudovsky (Estados Unidos), Marianne Simons (Brasil), Marine Lorman (Francia), Karina Gonzalex (México), Jesee Freston (Canadá), Ter Garcia (España), Sandra Cuffe (Canadá), Kaelyn Fonde (Estados Unidos), Anne Vigna (Francia), Charles Hardy (Estados Unidos), Omar Vera (Colombia), Jean Friedman-Rudovsky (Estados Unidos), Jill Freidberg (Estados Unidos). Natalia Viana (Brasil) y Greg Berger (Estados Unidos) firmaron la carta pero sin adherirse al párrafo final de la misma.

http://www.rlp.com.ni/articulos/3935

Por Jorge Capelán, Radio La Primerísima, Tortilla con Sal.

 

Source originale en Espagnol :  Honduras y el pacifismo del imperio - [La Revolución VIVE]

Voir aussi la belle présentation des Garifuna par Cocomagnanville

Amérique centrale : Les garifunas - coco Magnanville


 Traduction Anne Wolff

 

 

 

 

 

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 13:38

J'ai décidé de reprendre le suivi de ce qui se passe au Honduras, comme je le faisais après le coup d'état militaire du 28 juin 2009 qui fêtera son triste anniversaire, bientôt trois ans. Le Honduras est un pays doublement exemplaire. D'une part et malheureusement par l'installation avec la collaboration des USA d'un pouvoir fantoche fasciste après le renversement avec appui du Département d'état US du gouvernement légitime... je reviendrai sur les causes de ce coup d'état militaire, sur son déroulement et sur le grand mouvement populaire de résistance qui a suivi et persiste jusqu'à ce jour. Et c'est à cet autre titre que ce pays est exemplaire, si y sévit la pire vermine fasciste, s'y développe aussi un magnifique mouvement de Résistance qui persiste malgré tous les dangers et s'organise toujours d'avantage.

Si vous avez lu les précédents textes publiés ces derniers jours au sujet du Honduras... vous avez dû en retirer ce sentiment que la population partage avec les nombreux observateurs qui sympathisent avec les habitants et la résistance qu'ils constituent (2 millions de personnes sur 8 millions d'habitants ont manifesté le premier mai pour la refondation d'un Honduras libre et socialiste) : il se prépare quelque chose et quelque chose de grave. Déjà que de nombreux titres d'articles de sources différentes, et que des organisations internationales évoquent le bain de sang qui noie ce pays à nouveau depuis le coup d’état militaire et dont tous savent que la police et les militaires en sont les exécutants. Mais il y a une nouvelle montée de cette violence, coordonnée par le régime fantoche, les USA et les pires fascistes que compte la Colombie. De nombreux indices convergents donnent à penser que la répression et les meurtres pourraient franchir un nouveau seuil. Il serait naïf de croire que l’oligarchie va accepter sans broncher le mouvement populaire qui porterait à la présidence Xiomara Castro de Zelaya, femme de l’ex-président renversé, lors des élections de 2013.

La principale divergence dans la résistance que j’ai observé jusqu’ici, c’est celle qui partage ceux qui mettent encore leur espoir dans les urnes et ceux qui ne le font plus et ont tendance à traiter les premier de niais.

Je vais donc tenter de suivre la Résistance sous des angles différents, de sa naissance à maintenant, et la répression dont elle fait quotidiennement l'objet, mais je voudrais aussi montrer les aspects créatifs de cette Résistance et surtout de ses composantes indigène, paysanne et afro-hondurienne qui sont très créatives avec un très haut niveau de conscience politique, et les femmes y jouent un rôle très important

. Si la Grèce est un laboratoire européen pour le néo-libéralisme et les héritiers de Ford (ami et émule d’Hitler), le Honduras en est le laboratoire latino-américain... et c'est bien plus violent. Mais la Résistance y est aussi beaucoup plus forte, dynamique, organisée et créative. Le coup d'état a eu pour conséquence une élévation générale du niveau de conscience politique. Surmontant mieux qu'ici ce qui pourrait être source de division, elle est aussi très inventive et créative dans la diversité des dispositifs de solidarité qu'elle met en place, dans la protection des terres ancestrales et de leurs ressources. Toutes les formes de cultures y sont très vivantes et présentes, des syncrétismes intéressants s'y opèrent aidés par la proximité des indigènes et afro-honduriens avec leurs racines culturelles ancestrales. Les groupes  afro et indigènes par exemples se réunissent en assemblées constituantes autoconvoquées, pratiquent une agriculture préservatrice et dans un prochain article je vous parlerai d'Utopia, ce centre de convivialité qui réunit en un lieu tous les aspects de la vie. Et qui donne une bonne idée de ce que là-bas Résistance conjugue la lutte d’opposition avec la construction au présent, malgré tous les obstacles d’une société nouvelle : Refondation est le terme utilisé par la résistance pour qualifier cette dimension de son action.

J'ai eu un coup de cœur pour ce peuple digne et déterminé quand je l'ai vu, après le coup d’état militaire,  dans ces protestations pacifiques de l'été 2009, debout, imperturbable face aux forces de l'ordre composées en partie d'escadrons de la mort qui dans les dernières décennies du siècle passés lui ont infligés des blessures qui hantent les mémoires et les cœurs. J'ai été impressionnées de voir que très vite beaucoup de manifestations prenaient un tour festif, culturel,. Quel courage il faut pour affirmer face à ceux qui sont l'incarnation de la mort, de la violence, de la douleur, de la terreur : "Vous ne nous ôtez pas votre joie de vivre".

Oui, j'aime ce peuple libre, intelligent, joyeux et j'ai un immense respect pour sa détermination à se battre sans faillir au péril de sa vie.

Nous ne leur ferons pas le plaisir de leur montrer que nous avons peur, disent les Résistants du Honduras.

 

 

Mardi 12 juin 2012 expulsion violente  de la communauté paysanne du Movimiento Campesino de San Manuel Cortes MOCSAM qui s'est réapprprié des terres usurpées afin de les cultiver pour y vivre et assurer sa souveraineté alimentaire.


Résumé des communiqués paru ici : HONDURAS TIERRA LIBRE: HONDURAS: Capturan al menos 21 campesinos y campesinas en nuevo desalojo al Movimiento Campesino de San Manuel Cortes MOCSAM

 

Hier matin, un groupe de paysans de 1500 familles qui avaient entrepris le 17 avril un processus de récupération de 4252 parcelles de de terres ont été expulsés brutalement par la police et les militaires. Ces terres en litiges sont protégées par une résolution de l’Institut national agraire, elles  sont la propriété de l’état et des entreprises s’y sont installées illégalement.

L’expulsion fut décidée par le juge la veille au soir et exécutée tôt le matin en violation des droits de la défense à introduire un recours, par le même juge qui quelques jours auparavant avait ordonnés l’arrestation de 7 dirigeants du mouvement pour usurpation de terre. C’est la troisième expulsion depuis le début de l’occupation qui s’intègre dans un mouvement plus vaste de récupération des terres volées aux communautés indigènes.

Le campement collectif des familles ainsi que 100 parcelles de maïs cultivées ont été détruits, 21 personnes ont été arrêtées dont 18 femmes, un mineur et des personnes âgées, elles sont été emmenées immédiatement à un poste de commandement de la police à San Pedro Sula. Lors d’une précédentes expulsion ce sont 119 personnes qui ont été arrêtées et accusées d’usurpation de bien.

Malgré l’arrêté du 4 mai d’expulsion  de l’Institut Agraire National qui déclare illégale l’appropriation faite par la compagnie AZUCARERA CAHSA, le juge en s’appuyant sur une loi inconstitutionnelle a prononcé l’expulsion des occupants légitimes.  Depuis 20 ans cette loi a permis l’expulsion de milliers de paysans, a fait des centaines de morts et des centaines de blessés. Cette loi contraire à la justice sociale n’a pas de raison d’être.

C’est pour cela que les organisations paysannes exigent que soit voté immédiatement la loi de transformation agraire intégrale qui a été proposée le 11 octobre 2011.

Le mouvement paysan du Honduras accuse le Congrès National, la Cours suprême de Justice et le Pouvoir Exécutif d’être responsables de constantes violations des droits humains et de l’appauvrissement des paysans.

 


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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 08:13

 

   

 Le scénario du Pentagone noie le Honduras dans le sang.

Quelles forces sont derrière la vague d’assassinat de journalistes au Honduras ?

Les griffes du Pentagones déchirent le Honduras

PAR Dick et Myriam Emanuelsson

 

 

Pourquoi la violence, les massacres et les assassinats augmentent-ils alors qu’il y a plus “d’assistance” que jamais de la part des Etats-Unis ?

Quel intérêt ont les ”capos” et les cartels de la drogue à attirer l’attention en assassinant la population hondurienne ?

Qui approuve le vide et l’incertitude que sèment la terreur et la mort ?

 

L’envoyé du Pentagone annonce la construction d’une nouvelle base de radars sur le territoire, qui s’additionnera aux six bases militaires que les USA possèdent au Honduras. 

Le bras politique de la Résistance, le Parti Libre, avance dans toutes les enquêtes. L’oligarchie est inquiète. 

Le candidat présidentiel putschiste recoure au “Fantôme des FARC”; accusant la guérilla colombienne d’être responsable d’assassinats, disparitions et de la lamentable situation dans laquelle se trouvent les partis libéraux et nationaux (sic) face à la population hondurienne. 

Depuis un hélicoptère du Pentagone  et de la DEA des familles indigènes Misquitas sont massacrées et les militaires étasuniens, couverts pour n’avoir signé aucun accord avec le gouvernement hondurien, jouissent de l’impunité.     

De quel droit le porte-parole de la police nationale demande « l’aide de gouvernements amis du Honduras » (Lire USA-Colombie) ? 

Une nouvelle version est-elle planifiée de APROH (Association Pour le Progrès au Honduras) une campagne pour annexer le Honduras aux USA comme le proposait le Pouvoir Fantoche en 1983 ? 

Ceci sont les interrogations du peuple du Honduras. 

  

·     

  

Alfredo Villatoro, el No. 25 de periodistas asesinados en Honduras desde enero de 2010.

Tecucigalpa / 2012 – 05 -18/

Le 8 mai, Alfredo Villatoro, journaliste et rédacteur en chef de l’émission nationale HRN a été enlevé. Le 15 mai on le retrouve assassiné. Il fut le numéro 25 des collègues mort assassinés depuis le 27 janvier 2010 et le second en moins d’une semaine que les journalistes enterrèrent avec une douleur répétée. Ce qui provoqua un précèdent de terreur psychologique chez chaque journaliste de cette nation d’Amérique Centrale.

Pourquoi les a-t-on assassinés ?

Qui sont, et à quels secteurs appartiennent les assassins ?

Pratiquement tous les mois parviennent des informations et des statistiques émanant de différents organismes internationaux qui indiquent que nous vivons dans le pays le plus violent du monde. Jusqu’au groupe” G-16” qui considère que 95 % des d’activistes de droits humains assassinés sont des victimes de la police. La population confirme que les policiers, qui se déplacent en voitures des derniers modèles offerts par les USA et qui portent cette devise ‘SERVIR ET PROTEGER”, paroles que les gens considèrent comme une insulte cynique, fait régner la terreur.

Ce sont des centaines de membres de la famille, collègues, amis, politiciens de différentes obédiences idéologiques et d’autres personnes qui ont assisté à la veillée mortuaire du journaliste assassiné.

Il fut enlevé  le 8 mai à 4h30 du matin. Il allait commencer sa journée de travail comme rédacteur en chef au canal HRN. Six personnes se mirent en travers de son chemin avec une voiture l’obligeant à descendre. Dans la nuit du 15 mai, une semaine plus tard, il fut retrouvé, tué par balle dans la rue d’un bidonville appelée Las Uvas.

  


El colega vestido de un camuflaje de ocho años de los Comandos Cobras.
Il était revêtu d’un uniforme de camouflage fatigué des Commando Cobras, organisme militarisé qui, il y a quelques mois, déclara que 300 de ses AK-47 avaient disparus de leur centre d’opération. Une semaine auparavant l’armée avait déclaré que, depuis ses installations, avaient disparus  une trentaine de lance-fusées capables de détruire jusqu’à des tanks ou des véhicules blindés. L’année passée, un avion Cessna confisqué aux narcos fut entreposé dans d’une base de l’aviation hondurienne à San Pedro Sula,  il décolla de cette même base militaire et maintenant nul  ne sait où il est. La DEA livra aux narcos des centaines de fusils et armes lourdes et ils prétendent que c’était pour une tentative d’infiltration qui a tout simplement échoué. Les scandales de corruption et les liens entre le crime organisé, le pouvoir fantoche et les différents organismes de l’intelligence “gringa” sont tellement innombrables que l’on pourrait écrire facilement plusieurs livres à ce sujet. Et au milieu de toute cette pourriture,  disent les Honduriens, il y a le Honduras.

 

 

Selon le porte-parole de la police, Ivan Mejia, l’uniforme que portait Villatoro avait été remplacé par un nouveau modèle il y a 8 ans. Il ne portait pas de chaussures mais des chaussettes rouges, c’est aussi cette couleur qu’était le foulard qui lui couvrait la bouche et les yeux. Il avait deux orifices de balle dans la tête.

Beaucoup de questions ont surgi au sujet du cadavre et du message que les auteurs du meurtre voulaient faire passer. Qui possède de tels uniformes et qui garde ces vêtements à l’abri pendant 8 ans pour les sortir au moment “adéquat”, en en revêtant une victime de meurtre ?

Ici personne ne doute que ce meurtre soit un signal, pas pour réduire les journalistes au silence, le narcotrafic et les cartels colombiens et mexicains ne désirent pas attirer l’attention sur leur commerce. Ceci nous le savons, nous les journalistes  qui avons couverts la terreur pendant les années où nous vivions en Colombie.. Les « capos » ne sont pas des imbéciles, jamais ils ne risqueraient leur négoce lucratif, ça ne les intéresse  pas d’assassiner des journalistes parce qu’ils savent que nous sommes partie du 4ème pouvoir de l’état et que nous pouvons toujours compter sur un réseau international qui ne permettra pas que les meurtres des collègues restent impunis.

Alors ? Qui a intérêt faire passer l’état hondurien pour « défaillant », des mots que nous entendons trop fréquemment quand ils disent que le Honduras est un état impuissant et sans défense contre un ennemi invisible, puissant qui contrôle chaque jour d’avantage le territoire du pays ?


  

Dans une interview, effectuée dans la matinée du 16 mai, l’officier et porte-parole de la police Mejia, répétait presque les mêmes paroles que celles qui se disaient en Colombie dans les années 1985-1989, « ceci est une guerre qui ne fait pas de quartier. Une guerre contre l’état et le peuple. L’état doit mener une guerre sans pitié, inviter des gouvernements amis pour qu’ils nous aident, parce que les ennemis du Honduras possèdent des équipements beaucoup plus sophistiqués que les nôtres ».(lire les USA et la Colombie) 

Est-ce cela la réponse face aux questions du peuple hondurien ? Ils sont occupés à préparer le terrain et l’opinion des gens pour que les maîtres du Nord soient invités par le gouvernement et les FF.MM. du Honduras pour nous sauver de la catastrophe imminente ?

  


Le sous-secrétaire adjoint de la Défense pour les Affaires de l’Hémisphère Occidental des Etats-Unis, Frank Mora, fut la personne qui informa l’opinion publique hondurienne qu’un pouvoir étranger allait construire une base militaire avec des radars sur son territoire.

 

Les « gringos » possèdent six bases militaires au Honduras. Ils ont renforcé les 3 anciennes et en ont construit 3 nouvelles depuis juin 2010, premier anniversaire du coup d’état militaire. La base d’aviation la plus importante et la piste d’atterrissage la plus longue d’Amérique c Centrale, appelée Sato Cano ou Palmerola, se situent à Camayagua . Le Commando Sud a construit à Palmerola de nouveaux baraquements susceptibles d’accueillir 700 militaires. Pour quoi ? Ils l’ont fait  dans l’ombre du coup d’état, après que le président Zelaya au début de 2009, après l’accident d’avion de Taca à Tegucigalpa, donne leur congé aux « gringos » de Palmerola (70 km de la capitale) avec une phrase du genre : « Merci pour tout, mais à présent nous voulons que vous quittiez Palmerola. Les Honduriens, nous voulons être souverains »

Peu de mois plus tard, le coup d’état militaire eu lieu. Et comme par une ironie de la vie, le président renversé fut sorti de de sa modeste maison sous les tirs par un commando spécial de l’armée, stationné à la base d’aviation de la capitale et emmené à Parmerola où, dirent-ils l’avion devait faire le plein en vue de son voyage vers Costa Rica où lePrésident fut expédié, ainsi Manuel Zelaya Rosales fut amené à l’aéroport.

Aujourd’hui les militaires et les agents des USA sont plus présents que jamais au Honduras. Les organismes comme le FBI, DEA, USAID noient la police nationale et les FF.AA. avec de « l’ assistance ». Et les gens se demandent : « Où est le résultat de cette « aide » ?

Le sous-secrétaire d’état adjoint à la Défense pour les Affaires de l’hémisphère Occidental des USA, Frank Mora, a annoncé l’installation d’un radar qui servira pour détecter les vols des narcotrafiquants le même jour que l’apparition de collègue Villatoro assassiné.

« Bon, d’abord nous installons un radar, ou nous en rétablissons ou presque, je ne sais pas, mais nous savons que cela se fera » ; exprima Mora dans une interview exclusive a EL HERALDO pendant la visite qu’il a faite hier à la nation pour  informer au sujet de la politique sécuritaire des USA pour la région. Cet appareil aura de « grandes capacités » pour monitorer les vols irréguliers repérés.

 


En una de sus frecuentes visitas en Honduras.
 

Uribe signa un accord de coopération et échange pour la lutte contre le narcotrafic et le terrorisme seulement trois jours après que Profirio Lobo ait été investi à la présidence le 27 janvier 2010. Des commandos « antisséquestration » comme Gaula et des unités des forces spéciales de l’armée colombienne opèrent ici. Chaque semaine différentes délégations de l’état hondurien, des policiers, des militaires, des maires, des ministres etc… se rendent à Bogota pour « se préparer ». « En quoi et pour quoi ? », se demandent les gens qui mettent en relation cette situation comme si c’était la réédition du plan Colombia à la mode Hondurienne.


A chaque nouvelle assistance, projet et préparation, augmentent la violence, les meurtres et les horreurs commises par la police nationale. Des armes de gros calibre disparaissent des casernes de l’armée. Ceci est le panorama dans ce petit pays de 112 OOO km2 et 8,2 millions d’habitants. 

Ils disent que le Mexique est terriblement dangereux, mais cela reste peu de chose comparé au Honduras.

Les collègues Honduriens sont secoués. « L’ancre” de Televicentro, Renato Alvaré, dans une déclaration insolite cite un collègue mexicain en disant que nous, les journalistes nous devons être plus gentils pour ne pas provoquer les assassins afin de ne pas être les prochaines victimes. Terrible erreur, c’est cela même que veulent les maîtres du Honduras et le Pentagone, semer la terreur pour que nous n’enquêtions pas au sujet de la corruption, et des  liens entre politiques, entrepreneurs, pasteurs religieux, tous reliés dans le même projet et avec les assassins  en personne ou avec l’invasion de tous les fronts de la société hondurienne par les USA.

-      Il me semble qu’ils veulent museler la presse hondurienne, dit Carlo Roberto Zelaya, quand nous sommes tombés sur lui  à la veillée de Villatora.

Carlos R. Zelaya

C’est un vétéran du journalisme qui a travaillé pour plusieurs des médias honduriens qui  pendant le putsch, non seulement ont pris parti en faveur du coup d’état militaire mais qui ont aussi pour la plupart mené des campagnes systématiques contre le président renversé, Manuel Zelaya et les poursuivent encore. Carlos Zelaya c’est toujours montré  antiputschiste.

Pendant que nous parlions du droit à la vie et du droit qui permet au journaliste d’exercer son métier, Carlos Roberto et nous tous qui étions à faire nos derniers adieux à Villatoro, nous commentions à quel point ce meurtre nous avait tous secoués,  bien au-delà des positions politiques que nous soutenons.

Personne n’ignore que jusqu’aux journalistes qui ont adopté une position favorable au renversement du président Zelaya, demain, pourraient subir le même sort que les centaines de membres de la Résistance hondurienne qui ont donné leur vie dans l’intention de récupérer la fragile démocratie bourgeoise existant dans la petite nation Sud-Américaine.

Nous savons que le scénario du pouvoir qui provoque la guerre et la terreur au Honduras, ne distingue pas entre résistants et putschistes quand il est question de créer l’angoisse, l’incertitude et l’horreur.

-      Le meurtre est un message qui indique qu’aucun secteur de la société ne peut se sentir sauf et en sécurité,  ajouta Carlos Roberto Zelaya.

L’autre Zelaya, Jose Manuel, « MEL », dénonce dans un communiqué que « la campagne criminelle qui s’est réactivée dans le pays pendant les dernières semaines, contribue à la formation d’une matrice médiatique qui tente de justifier l’intensification de la haine et de la terreur.

  

Gilberto Ríos; secretario Internacional del FNRP y Libre, Manuel Zelaya y Bertha Oliva, Cofadeh.

 

Manuel Zelaya qui a signé le communiqué comme coordinateur général au nom de la Résistance Hondurienne (FNRP) et du Parti Libertad et Refundacion (Libre) n’hésite pas à diriger ses paroles contre ceux qui, en vérité,  sont ceux qui promeuvent la guerre sans quartier contre le peuple du Honduras et a dénoncer ce qui motive cette guerre.

« Nous dénonçons le schéma des faits qui se sont produits et qui nous montrent qu’au Honduras se développe une escalade paramilitaire de nature fasciste, à laquelle on tente de donner une connotation de crise afin de justifier le plan de terreur auquel nous sommes soumis tous et toutes,  les Honduriens. De manière préméditée on cherche à relier les organisations sociales et les associations liées avec des groupes armés de pays distants et ce sur bases de documents fournis par des terroristes étrangers conseillers du coup d’état. »

Cette « matrice médiatique » a été illustrée deux jours après l’enlèvement du journaliste Alfredo Villatoro. Quand le précandidat du parti libéral, Mauricio Villeda, caractérisé comme « fasciste » par les membres de la résistance et différents journalistes, en en plus d’’être ouvertement porte-parole de l’Opus Dei au Honduras, celui qui quand il rencontra Uribe lui demanda des informations de l’ordinateur bombardé du commandant Raul Reyes des FARC-EP. Alors Uribe appela le chef de la police, qui une demi-heure plus tard lui transmit une copie de ce qui concernait le Honduras :

« Là, ajoute-t-il, on peut lire le plan qui existe contre le Honduras, on  peut y lire le nom des personnes qu’il faut enlever au Honduras ou de celles qu’il fallait enlever au Honduras »

La déclaration au quotidien El Heraldo fut faite deux jours après l’enlèvement de Villatoro.  Quatre jours plus tard on retrouvait le journaliste de HRN, assassiné.

  


Periodismo Modelo El Heraldo: "El Fantasma de las FARC" en Honduras, dice El Heraldo
sin cuestionar ni un segundo la fuente que ni siquiera la Corte Suprema de Justicia
en Colombia reconoce como pruebas.

Raul Reyes mourût dans le bombardement de son campement le 1er mars 2008, c’est dire que cela fait plus de quatre  ans. Plusieurs fois sont apparus des titres et des séries d’articles dans le Heraldo et dans des médias liés au coup d’état, qui mentionnaient : « Des cellules clandestines des FARC au Honduras » ; en faisant un amalgame comme quoi la guérilla colombienne financerait tant une centrale syndicale, la FUTH, que le parti d’Unification Démocratique (UD). Ni les médias, ni Vellaba  n’ont montré une seule preuve. Il est évident que le fantôme des FARC parcourt à nouveau la patrie du général  Francisco Morazan.

 

Le député de la UD et vice-président du congrès national, Marvin Ponce, repoussa aussi les accusations de Villeda comme des fantaisies derrière lesquelles se voit le scénario de Uribe et des USA.

 

El Heraldo cita sin cuestionar un segundo al dictador Micheletti. A su lado izquierdo; Vilma Morales, ex presidenta de la Corte Suprema de Justicia e integrante en la comisión Micheletista que negociaba formalmente con una comisión del derrocado presidente Zelaya. La Corte Suprema de Justicia avaló el golpe de estado en Honduras.

 


Marvin Ponce

On dit que Uribe conseille Villeda qui est la référence politique des putschistes. Le discours des USA c’est que les FARC sont un appareil terroriste, alors que les FARC sont un mouvement de libération nationale, le groupe guérillero le plus ancien d’Amérique Latine qui lutte pour une Colombie Nouvelle.

 

 

Fin de la première partie.Source originale :HONDURAS: mayo 2012

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 06:59

 

Suite de Les griffes du Pentagones déchirent le Honduras 1

Selon Villeda : « Il y a un plan pour s’emparer du Honduras. Il y a un plan pour diviser le Honduras.  Il y a une intention de détruire les partis politiques traditionnels de ce pays. ( …) La division dont souffrent les partis politiques traditionnels en ce moment, je n’ai aucun doute qu’une partie de cela vient de l’extérieur. Je n’en doute pas. Je ne doute pas non plus que beaucoup de l’argent arrive pour financer des groupes politiques vienne de l’étranger. Le plan est de s’emparer du Honduras pour détruire la démocratie et tenter d’imposer un régime politique de un (puño  distinto ?)dans notre pays, ajoute Villeda a El Heraldo. »

 

Villeda a été nommé par le dictateur Micheletti comme porte-parole de la commission de négociation. Il alla à San Jose de Costa Rica le 9 juillet 2009 pour s’assoir à la même table qu’une délégation de personnes sélectionnée par Zelaya. Les négociations, orientées par le département d’état US, avec l’ex président Oscar Arias à leur tête, « homme de l’administration de la Maison Blanche », échouèrent. Mauricio Villeda et la délégation de la dictature civilo-militaire ne rentrèrent pas au Honduras au Nord, c’est-à-dire à Tegucigalpa, mais mirent cap vers le sud jusqu’à la capitale colombienne.

Là, invités à la Maison présidentielle par Alvaro Uribe lui-même, ils furent reçus, avec discrétion, vu que le monde entier jusqu’à la OEA et l’ONU considéraient qu’il y avait eu un coup d’état militaire au Honduras qui ébranlait la fragile démocratie.  Mais pour Uribe, il n’y avait aucun problème, relate  au Heraldo le chancelier putschiste Carlos Lopès.

  


22 de julio de 2009, solo tres semanas después el golpe militar. 

La question que chaque journaliste, y compris ceux du Heraldo, devraient logiquement formuler est : « Si Villeda a détenu cette copie entre les mains durant trois ans, pourquoi ne l’a-t-il pas remise à la police ou au Ministère Public ?

Pour lui, cela eut été fort facile d’avoir des entrées auprès du pouvoir judiciaire, puisque Vilma Morales qui participait à la même délégation  michelettiste a la maison de Narino, à Bogota, est ex présidente de la cours suprême de Justice du Honduras. (2000-2007)

Cette dame accusée par Zelaya et la résistance d’être une de plus parmi les acteurs judiciaires qui donnèrent leur aval au coup d’état militaire, elle aurait pu facilement donner protection aux « cibles militaires » des Farc au Honduras, il aurait pu  lui remettre le document mais il ne le fit pas. En plus, il est insolite que Villeda n’ait pas montré la copie à Madame Morales puisqu’ils voyagèrent et restèrent ensemble durant plus d’une semaine. Mais la Dona Vilma n’a rien dit non plus pendant ces  quatre ans.

Le Journaliste Robert Quesada du Tiempo (Honduras) à un sale jeu :

La coïncidence (ou causalité), c’est que Mauricio Villeda « dénonça » cela quelques heures avant que ne réapparaisse le journaliste Alfredo Villatora, assassiné. Et pour comble de malheur, l’assassiné apparu vêtu d’un uniforme militaire, dans le meilleur style des « faux positifs » de Colombie… Ce que raconte Maurice Villeda ne sont pas seulement des carabistouilles pour terroriser le peuple sinon que c’est une justification anticipée de faits atroces qui se préparent(ajoutés à ceux qui l’ont déjà été)

Il désire impliquer les FARC, tentant  de se laver les mains en disant que les actions de crimes et terreur sont exécutées au Honduras avec un entraînement et des conseillers étrangers.

 


Quand verrons-nous    les premiers guérilléros Farianos au Honduras ? Monsieur Jorge Canahuati.

Le Heraldod du 14 mars de 2005. Des reporters du quotidien hondurien furent invités par l’intelligence militaire colombienne durant trois jours au  Club des Officiers de Bogota. Après leur retour les collègues du Heraldo produisirent six éditions sur « Le fantôme des FARC » au Honduras. Mais le résultat jusqu’ici est nul, pas un seul guérilléro coombien n’a été arrêté au Honduras.


 

Maintenant Uribe se balade dans le monde entier organisant les éléments de l’extrême-droite, comme Villeda, et s’en prend tous les jours au  « dictateur Chavez ». Ses paroles ne sont qu’une pièce de plus, comme celles de Villeda, dans le puzzle du plan ou scénario pour délégitimer le triomphe électoral imminent de Chavez, le 7 octobre,  selon ce qu’indiquent toutes les enquêtes réalisées au Venezuela.

Dans les enquêtes au Honduras, il existe aussi une tendance très stable favorable à Xiomara Castro, candidate présidentielle du bras politique de la résistance, le parti Libre, ce qui préoccupe les oligarques et les politiciens comme les propriétaires du Heraldo et Villeda pour ne pas parler des faucons du Pentagone.

Les prévisions sont là et la démonstration de la grande popularité de la candidate, ce fut le 1er mai quand des centaines de milliers d’ouvriers, de paysans, de femmes et de jeunes ont manifesté dans les rues du Honduras, surmontant le terreur de la mort et de la tentative d’extermination de l’alternative politique qui naquit le 28 juin de 2009,sous une pluie tropicale et l’explosion de rafales de balles depuis la maison du président occupée par l’armée.

Tout cela me rappelle les années 1985-1989 en Colombie, quand l’espérance d’une belle terre avec Paix et Justice Sociale était alimentée par la naissance de l’Union Patriotique ?

Espérance avortée, noyée  dans le sang et la douleur quand ils commencèrent à mettre en pratique l’extermination des membres de la compagnie, ce dont on se souvient comme le premier génocide politique dans le monde.

L’histoire se répète dans les deux pays où il y a tant de douleur mais aussi l’espérance. En Colombie surgit la Marche Patriotique et au Honduras le peuple résiste, tout indique que le scénario du Pentagone tôt ou tard tombera sous son propre poids

Mais l’avertissement est clair et  nous rappelle les paroles du poète et révolutionnaire soviétique Vladimir Mayakovsky. Quand il disait

 

Le fascisme c’est la faim

Le fascisme c’est la terreur

Le fascisme c’est la guerre

 

Et la guerre est à présent déclarée contre le peuple du Honduras et ses alternatives politiques


El saldo del Plan Colombia. La matanza en Mapiripan en donde 50 habitantes
fueron mutilados por el monstruo que creyó el estado colombiano en alianza

Cette nuit nous écoutions la vétérane et combattante des droits humains et des disparus au Honduras, Bertha Oliva (Cofadeh),  qui disait quand notre collègue Marvin Palacios demandait « Que pouvons-nous faire ? » « Il faut être avec ceux qui aujourd’hui souffrent, enquêter et dénoncer »disait Oliva  « mais aussi soutenir les activistes des droits humains. »

« Mais ce n’est pas suffisant. Les ONG des droits de l’homme ont leur limites compréhensibles et peu importe combien d’aide qu’elles reçoivent de l’extérieur s’il n’y a pas un Front Interne, disait Xiomara Castro dans une interview dans la nuit du 24 juillet 2009, alors que l’armée l’empêchait de rejoindre la Frontière pour retrouver le président renversé Manuel Zelaya. « Le slogan que nous entendons dans les manifestations « Seul le peuple sauve le peuple » ne suffit pas non plus. Non, SEUL le peuple organisé à tous les niveaux de la société peut mettre en échec le fascisme et la guerre déclarée par l’empire au peuple du Honduras. La résistance et le parti Libre peuvent être ce canal par lequel le peuple, et toutes ses manières de lutter, pourrons trouver le chemin dans cet obscur tunnel de sang et de douleur.

-      Notas:  

-       

-      Notas:

-       

-      1.      Hay un plan para asesinar y secuestrar hondureños, revela Mauricio Villeda
http://www.elheraldo.hn/Secciones-Principales/Pais/Hay-un-plan-para-asesinar-y-secuestrar-hondurenos-revela-Mauricio-Villeda

-      2.      Colombia admite reunión con delegación usurpadora en Bogotá. Autor: TeleSUR, Fecha de publicación: 22/07/09 http://www.aporrea.org/tiburon/n139184.html

-      3.      Roberto Quesada: “Mauricio Villeda: ¿Pregonero de la muerte?”
http://tiempo.hn/index.php/dados-y-daros-roberto-quesada

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 00:00

 

Ce qui se passe à présent au Honduras presque trois ans après le coup d'état est gravissime. On parle fort peu de la situation réelle au Honduras. J'ai traduit un nouvel article et j'en termine la mise en forme, mais voici un article plus ancien qui contribue à la compréhension de l'évolution de la situation depuis le coup d'état militaire que 28 juin 2009. Je trouve que l'article n'est pas génial mais il donne une asse bonne idée de l'ambiance et concerne une marche des étudiants qui ne peut manquer d'évoquer les mouvements étudiants du Chili et du Québec. Je vous ajoute un ien versune série d'articles concernant la même période.

Honduras. La Megamarche (3 vidéos en fin d’article) : “le sang répandu n’est pas négociable”!

Par: www.kaosenlared.net 
 27/03/10 Je dois dire que l’imbécilité humaine me désespère et il y a une forme d’imbécilité qui fleurit  dans notre belle France, les brises médiatiques portent la puanteur de la désinformation et les effluves nauséabondes de la suffisance du pétomane de gôche,  celui qui se croît informé et se veut “impartial” parce qu’il rumine comme une vache l’infame bouillie médiatique et la fait remonter comme s’il s’agissait d’une création de ses entrailles. Alors qu’en Amérique latine comme dansle reste du monde, les Etats-Unis et leurs alliés portent la mort, les coups d’Etat, la torture, les blocus génocidaires, il y a toujours celui à qui on ne la fait pas, quand vous dénoncez ces crimes, ils ne vous lisent même pas, ils se contentent du titre de l’article et se rengorgent : “il ne s’agit pas dé diaboliser Cuba, mais ce serait mieux si on nous le présentait pas comme un paradis“. Quand vous faites une conférence, ils n’écoutent pas, ils ne pensent qu’à leur intervention, et comme ils l’ont ruminé durant tout ce que vous avez dit, il vous accusent injustement d’avoir présenté Cuba comme un paradis, ils ne vous ont pas entendu mais ils savent que vous êtes communiste alors c’est sûr le Monde le leur a dit, vous ne pouvez que ,leur faire le coup de l’Union Soviétique… Le paradis… Pauvre idiot , tu sais ce qu’est le blocus, la pression que subissent les Cubains, le terrorisme, ce qui se passe aujourd’hui au Honduras ?… Le courage qu’il faut pour tenir bon ? Qui parle de paradis ? regardez vite les vidéos avant qu’elles soient censurées par yotube comme celles en provenance de Cuba concernant les Dames en blanc. (note et traduction de danielle Bleitrach)

 
 
 
 27 mars 2010. la grande marche contre la mort du peuple organisé, contre la privatisation de l’Université du peuple et la criminalisation de la protestation populaire dans le pays centre américain ont été les thèmes principaux de la marche qui a regroupé à Tegucigalpa des dizaines de milliers de personnes ce jeudi.
 
 Au milieu de cette manifestation et des marches,  nous est arrivée la nouvelle que les autorités judiciaires du Tribunal de Tegucigalpa avaient pris la décision d’arrêter 18 dirigeants syndicaux du syndicat combatif et d’avant garde de l’Université Nationale Autonome du Honduras, UNAH, accusé de “sédition”, qui est l’équivalent d’une guerre civile nationale en conflit armé.

Et dans les douze interviews, que l’on peut voir dans un vidéo dans YouTube, une inquiétude est partagée par les Honduriens entrés en Résistance;

Comment éviter les séquelles néfastes de la décennie-80 ?
“Nous vivons de nouveau dans les angoisses et la guerre contre le peuple de la décennie-80 quand l’homme qui avait la haute main sur le pays était l’ambassadeur américain John Negroponte qui dirigeait les FF.AA. et les escadrons de la mort, alors disparaissaient et enterrés des centaines de combattants sociaux”. Alors la question clef pour la direction du Front National de la Résistance Populaire est :

Comment éviter que les séquelles néfastes de la décennie-80  se répètent à nouveau ?

Par quels moyens et formes de lutte nous permettrons d’éviter que le peuple soit une autre fois sacrifié et au contraire, ,passe à l’offensive pour que soit respectée la Constitution populaire ?

La détention de 18 dirigeants de SINTRAUNAH fait partie  d’un jeu supérieur, considèrent presque tous ceux avec lesquels nous nous sommes entretenus. Et tout à coup, au milieu des participants  à la marche de protestation il a été question de Julieta Castellano, présidente de l’université de l’UNAH .

Le pouvoir judiciaire acquitte des généraux et des combattants  populaires sont arrêtés
 
Castellano a fait un procès au syndicat de l’université, SITRAUNAH, trois fois et elle a perdu dans les trois cas. Mais une situation spéciale existe maintenant puisque les acteurs du  coup d’État militaire le 28 juin 2009, aujourd’hui acquittent l’Assemblée de Commandants des Forces Armées que, contrarie ce qui dit la constitution, ils ont renversé le président constitutionnel et l’ont expulsé du pays qui l’a vu naître, une violation flagrante de la même carta magna que le général Romeo Vázquez et les magistrats de la Cour Suprême de Justice avaient dit défendre jusqu’aux ultimes conséquences.

Mais dans la matinée  du 25 mars 2010, la présidente de l’université de l’UNAH a obtenu que le Tribunal de Tegucigalpa décidât d’arrêter 18 dirigeants du syndicat d’enseignants et des travailleurs de la SITRAUNAH, ils ont été accusés de “sédition”, accusation qui peut être portée  contre n’importe quelle personne ou une organisation populaire au Honduras d’aujourd’hui, disent les leaders syndicaux. Ils préviennent que maintenant le Honduras est proche de la dictature civique – militaire de 2009  et  consolide la structure dictatoriale d’un régime qui a été choisi le 29 novembre 2009 sous l’ombre des baïonnettes, des élections qui n’ont été reconnues par aucun gouvernement au monde, mais grâce auxintrigues de la Maison Blanche et surtout celles de la secrétairerie d’état, Hillary Clinton,ils  ont réussi à obtenir une reconnaissance limitée du régime de Porfirio Lobo.

“ICI NOUS ALLONS MOURIR”!
La marche n’a pas été stoppée par la nouvelle des arrestations mais elle a seulement changé de direction et elle s’est dirigée vers le Tribunal dans le quartier populaire de Tegucigalpa.

“ICI NOUS ALLONS MOURIR”! les manifestants réclament devant un mur de commandos les Cobras de la police. “LIBÉREZ LES PRISONNIERS POLITIQUES”! les gens s’exclament, indignée et avec rage devant la décision de l’état hondurien.

Et là nous avons vu “CARRO-REPRE”, que selon Radio Globo a coûté au pauvre peuple du Honduras 12 des millions de dollars. En attendant alors que les hôpitaux, les écoles manquent de TOUT, les Forces Armées et la Police Nationale ont été réarmées avec  de nouveaux fusils FAL, des uniformes et bottes seulement comparables à ceux de la décennie-80.
“L’Ambassadeur de la mort”

Le nouvel ambassadeur américain est arrivé à cette époque; John Negroponte, aussi baptisé par le Peuple Hondurien  “Ambassadeur de la Mort”. Le 1981 le budget des FF.MM. était 3,7 millions de dollars mais quand Negreponte est revenu aux États-Unis en  1985 le budget avait augmenté à 77 millions de dollars. Il y a comme un vent  de Negroponte qui souffle  aujourd’hui au Honduras.

“nous n’allons pas permettre qu’ils les enferment en  prison!”  disait la multitude de la Marche du Front National de la Résistance, ils ont clôturé à la sortie derrière le Tribunal pour empêcher que les policiers les conduisent en prison, comme les y avait  condamné le Tribunal dans la matinée du 25 mars.

Et tandis que l’impunité et le silence officiel règne sur plus de 200 meurtres de paysans, de syndicalistes, des étudiants , des femmes, des compagnons du LGTB, d’actifs maîtres d’école dans le Front National de la Résistance Populaire, l’état judiciaire fonce avec tout son appareil répressif et ordonne un emprisonnement massif de 18 leaders de SITRAUNAH. Pour deux des 18 la prison a été changé à cause de leur âge. 
Les prisons du Honduras commencent à se remplir de prisonniers politiques comme dans la décade des années 80.
Ils ont tué José Manuel Flores, maître et martyr du peuple hondurien pour toujours.

11:32am | | (Videos) Honduras. La Megamarcha: ¡“La sangre derramada no es negociada”!

 


 

Source : Honduras. La Megamarche (3 vidéos en fin d’article) : “le sang répandu n’est pas négociable”! « Changement de société

 

Et une série d'articles concernant cette période Forum Unité Communiste: [ALBA] Honduras

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 22:19

 

 

 

Je n'aime pas les images sensationnelles qui font que l'on se blinde, mais cette fois j'ai eu envie dire en images que les victimes ont un visages, les victimes ont une histoire et des proches qui les pleurent. La source des images est la version espagnole de l'article HONDURAS: La masacre en Mosquitia, Honduras: “Sólo los agentes de la DEA pueden disparar desde un helicóptero que por otra parte, es suyo” .

 

  Juana Jackson, (28 años), embarazada en el sexto mes, murió en el ametrallamiento
desde un helicóptero Black&Hawk con M60 de la DEA en la madrugada el 11 de mayo.

 

Juana Jackson con su mamá.

 

Clara Wood Rivas, madre de Hasked Brooks Wood, de 14 años

 

Honduras : massacre de civils par la DEA

 

Agentes del Comando de Operaciones Especiales Cobras

samedi 9 juin 2012, par Primitivi

Le 11 mai 2012 quatre personnes ont été assassinées et sept ont été blessées par des tirs de mitrailleuse M60. Les balles mortelles ont été tirées depuis, au moins l’un, des quatre hélicoptères de la DEA appartenant aux États-Unis qui survolaient le Río Patuca et une communauté de villageois habitée par des gens vivant dans des conditions de pauvreté extrême. Ceci n’est pas arrivé en Afghanistan ou en Irak mais au Honduras.

TEGUCIGALPA 01/06/2012

“Seuls les agents de la DEA peuvent tirer avec les M60 (mitrailleuse) depuis un hélicoptère”.
C’est ce qu’a déclaré un agent de la police antinarcotique du Ministère Public hondurien dont nous avons recueilli le témoignage en lui promettant de conserver son anonymat. C’est l’un de 70 agents du ministère public hondurien missionnés dans le combat contre le trafic de stupéfiants. Il possède une expérience d’opérativité sur toute la côte Caraïbe, ainsi que dans la région même où s’est déroulé le massacre du 11 mai dernier.

Il était 3h du matin à l’aube du 11 mai sur le Río Patuca vers la communauté de Paptalaya, municipalité d’Ahuas, département Gracias a Dios, frontalier avec le Nicaragua, quand l’embarcation qui était en train de naviguer sur le fleuve a essuyé des rafales tirées depuis des hélicoptères militaires. Les cibles que les militaires ont visées avec leurs mitrailleuses étaient des civils.

La région de la Mosquitia

– Nous ne pouvons pas commenter cette affaire avant que ne se termine l’enquête, a déclaré Steve Posivak, Conseiller pour la Culture et la Presse de l’ambassade américaine de Tegucigalpa, en réponse à nos interrogations à propos du massacre.
– Peut-on savoir combien d’hélicoptères ont participé à cette opération ?
– Je ne sais pas exactement. Notre politique est de ne pas faire de commentaires avant d’avoir tous les éclaircissements de l’enquête.
– Peut-on dire de quelle nationalité étaient les hélicoptères ?
– Oui, ce sont des hélicoptères des États-Unis. Je ne sais pas exactement combien.
– Avez-vous les chiffres qui indiquent combien d’unités d’agents de la DEA, d’officiers de police ou de militaires honduriens étaient impliquées dans cette opération, s’il y avait aussi des mercenaires, et dans ce cas, de quelle nationalité ?

Tropas estadounidenses del Comando Sur.

 

Lire la suite : Honduras : massacre de civils par la DEA - Primitivi

Lire aussi :

Honduras, de quel côté sont les Etats-Unis? 1

Honduras, de quel côté sont les Etats-Unis? 2

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 17:12

 

Voici la traduction d'un article, publié en Anglais, traduit en Espagnol, j'ai donc traduit cette traduction qui donne une bonne synthèse basique de la situation au Honduras depuis le coup d'état à aujourd'hui.

Source de la traduction espagnole : Honduras: ¿De qué lado está EE.UU? | The Nation

 


 

Honduras: ¿De qué lado está EE.UU?

Professeur d'histoire à l'université de Californie, Santa Cruz.

 

Pour certains ce fut un épisode sanglant de plus dans un pays baigné par le sang. Aux premières heures du 11 mai, un groupe d’indigènes qui voyageaient en canoë sur une rivière de la région de la Mosquita, fut attaqué depuis un hélicoptère. Quand les coups de feu cessèrent au moins 4 personnes gisaient mortes, deux d’entre elles selon certaines versions, étaient des femmes enceintes. Dans ce pays d’Amérique centrale, ce type de violence et quelque chose de banal. Mais cet incident rendit manifeste le rôle important que les USA jouent dans une guerre locale.

A bord de l’hélicoptère se trouvaient des commandos de la DEA (Drug Enforcement Administration). Les autorités étasuniennes affirment que ces commandos ne se sont pas servis de leurs armes pendant l’attaque et que ce furent par contre les policiers honduriens qui pressèrent la gâchette.  Ce qui ne fut pas remis en cause c’est que des forces US furent mêlées à cet épisode, et que les hélicoptères appartenaient au Département d’état US

Au nom du combat contre les drogues, Washington a augmenté sa présence militaire au Honduras, donnant chaque fois plus d’armes et d’argent au gouvernement du président Porfirio Lobo. La DEA use de méthodes contrinsurectionnelles développées en Irak, déployant des patrouilles de commandos avec des formations de Forces Spéciales, en étroite collaboration avec les forces militaires et policières du pays. L’ambassadrice US Lisa Kubiske dit récemment «  A présent que notre armée a abandonné l’Iraq, se présente à nous l’opportunité d’user d’un budget déjà assigné qui autrement se perdrait »

Ce que l’histoire officielle et la couverture journalistique des principaux médias ne disent  pas c’est que l’allié des USA dans cet acharnement est un régime surgit illégitimement d’un coup d’état militaire Le coup d’état du 28 juin de 2009, mené par Roberto Micheletti, renversa un président élu démocratiquement, Manuel Zelaya. D’abord critiqué (Condamné formellement, ainsi que par l’ONU et l’OEA NdT) par le président Obama et la secrétaire d’état Clinton, le soulèvement fut ensuite légitimé par les mêmes. Les élections réalisées à la suite du coup d’état qui portèrent Lobo au pouvoir furent boycottées par quasiment tous les candidats d’opposition,  les observateurs internationaux et les chefs d’états de la région, mais Washington les célébrèrent comme un retour à la démocratie et une manière d’obtenir la réconciliation nationale. Le département d’état et Clinton continuèrent à répéter ces mensonges, de même que le fit Obama en recevant Lobo à la Maison Blanche en octobre.

En attendant,  les fonctionnaires US soutiennent que la cause des actuels problèmes au Honduras est le narcotrafic. « Il est tentant d’attribuer la culpabilité de tout le mal qui afflige ce pays  à un groupe de généraux aux lunettes noires ou à des élections frauduleuses »,  écrivit l’ex ambassadeur US James Creagan dans une lettre adressée au New York Times, «  Mais rien n’est moins sûr. Nous ne sommes plus dans les années 70 ou 80, avec des coups d’états, des contras et des révolutionnaires qui pullulent en Amérique centrale. » « La violence actuelle, affirme-t-il, est causée par le trafic de drogues, les gangs, la corruption alimentés par le marché de production de la feuille de coca. »

Pourtant c’est seulement dans le contexte de ce coup d’état que nous pouvons comprendre les véritables causes de la crise actuelle. Avant le coup d’état, s’était installée dans le pays une nocive culture de la drogue, avec une expansion des gangs et des fonctionnaires corrompus, mais ce fut la criminalité rampante du nouveau régime qui ouvrit la porte à une floraison sans précédent du trafic.  Le trafic de drogue, selon des sources dignes de foi, est à présent enkysté dans tout l’appareil d’état, depuis le policier du coin aux plus hauts niveaux du gouvernement. Non seulement les critiques du régime, mais des fonctionnaires comme le ministre de la défense Marlon Pascua parlent de « narco-juges » qui bloquent les enquêtes et de « narco-législateurs » que manipulent les cartels. Alfredo Landaverde, un ex congressiste et chargé de commissionner la police, qui a enquêté à ce sujet, déclara l’année passée que un sur dix des membres du congrès est un narcotrafiquant  et il détenait des preuves qui incriminaient des figures éminentes de la politique. Landaverde fut assassiné le 7 décembre 2011.

Selon l’Associeted Press, bien plus que les bandes de criminels des rues et les trafiquants individuels, c’est l’état hondurien lui-même qui transforma le pays, en « un des lieux les plus dangereux du monde.

Washington dit qu’ils aident à assainir la police hondurienne moyennant le provisionnement de fonds additionnels pour « entraînement ». Mais comme l’ex président Zelaya me le dit dans une discussion qui eut lieu le premier mai, la police est le problème et non la solution.  « Donner l’argent à la police, c’est la même chose que de le donner aux narcos », dit Zelaya

Quand Lobo entra en fonction en janvier 2010, il désigna à des postes de première importance des militaires (avec les lunettes noires et tout)  qui avaient conduit le coup d’état. Le leader du soulèvement  Le général Romeo Vasquès Velasquez, fut nommé à a tête de Hondutel, la compagnie de téléphone de l’état et Manuel Enrique Caceres, un ministre du cabinet de Micheletti, fut nommé directeur de l’autorité aéronautique.

Le coup d’état déclencha une vague de violence de la part des forces de sécurité qui n’a pas cessé. Le 22 octobre dernier, la police de Tegucigalpa tua le fils de Juliette Castellanos, recteur de la plus grande université du pays et membre de la Commission de la Vérité désignée par le gouvernement,  et aussi un ami de celui-ci. De hauts fonctionnaires reconnurent que les responsables de ces meurtres furent des policiers, mais ils permirent aux suspects de disparaître avant d’être appréhendés.  Cet évènement provoqua une grande crise de légitimité, et des figures publiques éminentes comme Landaverde, descendirent dans l’arène pour dénoncer la corruption systématique de la police. Selon ces critiques, le département de police est infesté par des escadrons de la mort à la solde des cartels.

« Cela fait plus peur de croiser 5 policiers dans la rue que 5 membres d’un gang » déclare en novembre l’ex membre de la Commission sur la police Maria Luisa Borjas. Selon le Comité des Familles de Détenus et de Disparus du Honduras (Cofadeh), depuis le coup d’état plus de 10 000 plaintes officielles contre des abus policiers et militaires furent déposées, mais aucune de ces plaintes ne fut prise au sérieux par les autorités. Marvin Pones, viceprésident du congrès, signale que 40 % de la police du Honduras est en relation avec le crime organisé. La pire perversité de cette force fut mise en évidence le jour de la Saint Valentin, quand le pire incendie de prison de l’histoire du Honduras coûta la  vie  à 361 internés de la prison de Comayagua. La furie de l’incendie  se dut en partie au fait que les gardes, officiers de police commune ( ?), empêchèrent l’arrivée des pompiers pendant une demi-heure

L’administration Lobo et le congrès ont promis des réformes, mais elles n’ont pas eu lieu. Une commission d’investigation de haut niveau fut mise sur pied et désactivée, et celle qui aurait dû la remplacer en  est toujours à « Nous verrons ». Parmi les figures clés du prétendu « nettoyage » se retrouvent Eduardo Villanueve, un des principaux ministres de l’auteur du coup d’état  Micheletti et Hector Ivan Mejia, actuel Porte-parole de la police,  qui le 15 septembre de 2010 alors chef de la police de San Pedro Sula ordonna la dispersion avec des gaz lacrymogènes d’une manifestation de l’opposition, à laquelle participait notamment une bande musicale d’écoliers, 

En réponse aux réclamations d’un groupe de « droits humains », la 24 avril, Lobo désigna le général Aquiles Blu Rodriguéz à la tête d’une nouvelle commission d’investigation. Ce général est accusé d’obstruction à la justice et de liens avec le narcotrafic au Chili. Le 1er mai, le gouvernement reconnu que jusqu’alors, il n’avait enquêté que sur 18 plaintes contre des policiers.

Incapable de se purger lui-même, le gouvernement a répondu à la crise de la sécurité avec une répression croissante.  Codafeh et le Centre Pour la Justice et la Loi Internationale ont attiré l’attention sur des mesures récentes qui sont supposées combattre la criminalité, mais qui en réalité restreignent les droits humains de la population, par exemple une loi qui réduit les restrictions mises aux écoutes téléphoniques et une autre qui permet au gouvernement d’inspecter les comptes bancaires d’organisations non gouvernementales (le congrès Hondurien a également mis à l’étude la législation en matière de contraception la plus répressive du monde qui criminalise la délivrance de la pilule du lendemain (et la prise, prétendant mettre en prison les mineures qui en ferait usage NdT), même concernant les victimes de viol). Le 20 mars, une mesure « d’urgence » a prolongé de trois mois l’autorisation qui permet à l’armée d’exercer des fonctions de police commune comme de patrouiller dans les rues.  Lobo a dit qu’il prétend que ces autorisations deviennent permanentes, ce qui constituerait une violation flagrante de la constitution, qui sépare les fonctions des forces armées de celles de la police.

L’armée hondurienne, elle aussi est corrompue Le 1er novembre 2010, un aéroplane employé dans la lutte contre le narcotrafic a été « volé » dans une base militaire de San Pedro Sula.  Selon  le quotidien de droite La Tribune, au moins 19 membres de l’armée, en ce inclus des officiers supérieurs et moyens, furent complices de l’opération  En août 2011, 300 fusils automatiques et 300 000 munitions disparurent d’un magasin de l’unité d’élite Cobras. Malgré ces antécédents, un nouveau décret permit à l’armée d’établir des tractations directes avec les fournisseurs, ce qui donne le feu vert à une plus grande corruption.

Le plus dangereux de tout est que dès que se produit le coup d’état le gouvernement a attaqué systématiquement l’opposition  La Commission Interaméricaine de Droits Humains rapporte de « sérieux incidents de violence et de répression » contre des manifestants.  Selon Reporters Sans Frontière, au moins 22 journalistes et travailleurs de la presse – dans leur majorité critiques du gouvernement – ont été assassinés dans les trois dernières années. Le 16 mai, une semaine après avoir été enlevé, le corps du célèbre reporter de radio Alfredo Villatore  réapparu sans vie, il était vêtu d’un uniforme de police.  Le 7 mai, le populaire journaliste, militant des droits LGBT et candidat à la députation du parti d’opposition LIBRE, Enrick Martinez fut retrouvé étranglé au bord d’un chemin La AFL-CIO a également dénoncé les « nombreux assassinats, attaques et menaces contre des dirigeants syndicaux à cause  de leur travail corporatiste ou politique depuis 2009.

Quiconque se risque à enquêter au sujet de ces abus met en risques sa vie. Les Nations Unies rapportent en février que les défenseurs des Droits Humains continuent à être victimes  d’exécutions sommaires, disparitions forcées,  tortures, maltraitance,  menaces de mort, attaques, harcèlement et stigmatisation  Le 22 février, par exemple, un groupe paramilitaire dénommé CAM, reliés aux escadrons de la mort des années 80, envoyait à la co-fondatrice et secrétaire de presse de Cofadeh, Dina Meza, le message suivant : « On va te cramer la chatte à la chaux vive jusqu’à ce que tu cries et après chacun d’entre nous prendra du bon temps avec toi »  En avril, le même groupe commençait à envoyer des menaces de mort à d’autres femmes,  une britannique et l’autre française, qui servaient d’accompagnantes à des Honduriennes menacées. Les promesses de protection du gouvernement sont rarement tenues, et quand elles le sont, elles sont entre les mains de la même police dont les victimes potentielles devraient être protégées.

Le prix le plus lourd est payé par les activistes paysans. Dans la vallée d’Aguan, au moins 46 paysans qui luttaient pour le droit à leur terre ont été assassinés depuis le coup d’état. La majorité des crimes ont été commis par une combinaison de forces militaires, policières et les milices privées de Miguel Facusse, le propriétaire terrien le plus riche et puissant du pays, et un soutien clé du coup d’état. Ceux qui perpétuent ces crimes jouissent qu’une impunité quasi absolue. Le 24 juin 2011, par exemple, 65 policier assaillirent la communauté paysanne de Rigores, brûlant  plus de 100 maisons et démolissant 3 églises et une école. Jusqu’ici personne n’a été accusé formellement pour ces faits. Pour le moins dix gardes de sécurité sont également morts dans ce conflit. Dans un mail en réponse au questionnaire envoyé pour cet article, Facusse admit que 4 paysans furent assassinés dans un incident décrit comme une bagarre avec ses forces de sécurité.

Toutes les 74 minutes, un homme, une femme, un enfant sont assassinés au Honduras. Selon l’Organisation des Nations unies, le pays obtint en 2011 le taux d’homicide le plus élevé au monde. Ceci inclut les morts à coups de machette ou de feu dans les cas de violence domestique ou dans les bagarres de bar. Simplement beaucoup de gens donnent libre cours à leurs impulsions criminelles parce que, à cause de la pagaille du système judiciaire, ils croient qu’ils ne subiront aucun châtiment. L’ONU définit la situation au Honduras comme d’impunité absolue. Selon Human Right Watch, les femmes et les membres de la communauté LGBT sont particulièrement signalés comme des cibles pour l’assassinat, pour des criminels de droits commun comme pour la police. Dans cette situation de tout est permis les gangs en viennent à contrôler des quartiers entiers de la capitale, couvrant des impôts sur les commerces et le passage de véhicules.

 

 

PS.... à lire absolument les éclaircissements au sujet des meurtres commis par la DEA (et oui !) sur les civils du canoë Honduras : massacre de civils par la DEA - Primitivi

et suite de cet article Honduras, de quel côté sont les Etats-Unis? 2 - Le blog de Anne Wolff

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