17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:43

La sécurité sanitaire des aliments dans l’accord de libre échange UE-États-Unis : une réflexion plus globale

Libre échange UE USA

Deux dinosaures du commerce mondial – les États-Unis et l’Union européenne – ont entamé des négociations sur un accord de libre-échange bilatéral afin de relancer l’emploi et la croissance économique dans leurs économies largement déprimées. L’essentiel de la dynamique devrait résulter d’une plus grande harmonisation de la réglementation entre les deux marchés, notamment en matière de sécurité sanitaire des aliments.

Cependant, rien dans les propositions ne servira les intérêts des consommateurs ou du public. Il ne s’agit que d’aplanir les difficultés pour l’agro-industrie. Les Européens, dont les normes clairement plus exigeantes seraient tirées vers le bas, en pâtiraient, mais l’impact serait également ressenti par les producteurs de produits alimentaires et les consommateurs de nombreux autres pays, car tout accord conclu entre Washington et Bruxelles établirait une nouvelle référence internationale. Qu’il s’agisse des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou du bisphénol A (BPA), la nécessité de protéger les gens contre le système alimentaire industriel, de ne pas ouvrir la voie à la propagation de ce système, est plus urgente que jamais.


Les plus grandes divergences dans les relations commerciales bilatérales UE-États-Unis se situent au niveau de la sécurité des produits alimentaires et des consommateurs, de la protection de l’environnement et des subventions.

– Laine Škoba, Parlement européen 1

 

« Nous ne sommes pas des cobayes, » disent les activistes européens tandis que monte la résistance au partenariat transatlantique (quelquefois appelé TAFTA). (Photo : les Engraineurs)
« Nous ne sommes pas des cobayes, » disent les activistes européens tandis que monte la résistance au partenariat transatlantique (quelquefois appelé TAFTA). (Photo : les Engraineurs)

En février 2013, les États-Unis et l’Union européenne ont convenu de commencer à négocier un accord de libre-échange (ALE) bilatéral. Il ne s’agissait pas d’une idée nouvelle. La possibilité de forger un pacte commercial « privé » – en dehors de l’Organisation mondiale du commerce – entre les deux économies de marché les plus riches du monde est discutée par les politiciens et les associations professionnelles depuis de nombreuses années. Ce n’est que maintenant, alors que les États-Unis et l’Union européenne sont en proie à la récession économique de l’après-2008, et à des taux de chômage élevés stationnaires, qu’un accord bilatéral a paru intéressant à leurs dirigeants. Fin 2011, un groupe de travail de haut niveau a été mis en place pour commencer à cerner le champ d’application potentiel d’un tel accord.2 Les négociations proprement dites ont débuté en juillet 2013. 3

Les implications éventuelles de cet accord ont fait couler beaucoup d’encre, certaines considérations relevant clairement de la propagande.4 Certains aspects, comme les chiffres officiels sur les revenus disponibles supplémentaires dont bénéficieront les citoyens de l’UE et des États-Unis grâce à l’accord, sont extrêmement exagérés et ont été complètement démolis par des experts.

Les mouvements sociaux qui s’opposent à l’ALE ont vigoureusement dénoncé les nombreuses menaces que fait peser cet accord. Ils considèrent à juste titre que ce partenariat, s’il est mis en œuvre, aura un impact structurel significatif sur la production, la consommation et la vie des gens dans ces pays. Les barrières tarifaires entre les deux parties sont déjà assez basses et les négociations ne portent donc pas sur ce point. Elles visent à se débarrasser de ce que l’UE appelle les « irritants commerciaux », c’est-à-dire les différences de réglementation.

Si les négociations aboutissent effectivement et qu’un accord est signé, cela aura de graves répercussions sur le reste du monde. D’une part, il va certainement dynamiser les relations d’affaires entre les deux économies dans certains domaines, au détriment d’autres partenaires commerciaux. Mais surtout, il permettra de créer de nouvelles normes internationales – sur le commerce agricole, Internet, la possibilité pour les entreprises de rédiger les politiques publiques, etc. – et Washington et Bruxelles vont tenter de les imposer au reste du monde par des voies bilatérales et multilatérales.

Des systèmes incompatibles

La sécurité sanitaire des aliments est l’une des principales questions litigieuses en discussion. Cela tient au fait que l’UE et les États-Unis ont des politiques et des pratiques complètement différentes pour y parvenir, et ont eu par le passé de féroces batailles à ce sujet. Les enjeux sont très importants pour la santé publique.5 Aux États-Unis, chaque année, 48 millions de personnes (soit 1 personne sur 6 !) tombent malades en mangeant des aliments contaminés et 3 000 en meurent.6 Dans l’Union européenne, en 2011, 70 000 personnes sont tombées malades en mangeant des aliments contaminés et 93 en sont mortes.7 Outre ces maladies d’origine alimentaire, le système alimentaire industriel dominant en Europe et aux États-Unis représentent également des menaces moins visibles comme les résidus de pesticides qui s’accumulent dans le corps humain, la consommation de produits végétaux et animaux génétiquement modifiés, et les perturbateurs endocriniens qui imprègnent les aliments à partir de matériaux comme le plastique d’emballage. Et cela sans compter les inquiétudes croissantes du public sur la sécurité sanitaire des aliments issus de technologies nouvelles comme les nanotechnologies ou la biologie synthétique.

De toute évidence, les autorités des États-Unis comme de l’UE veulent minimiser les risques que l’alimentation pourrait faire peser sur les populations. Mais leurs approches sont diamétralement opposées. L’Union européenne pratique une philosophie de la « fourche à la fourchette », où chaque étape du processus est contrôlée et traçable. Le système américain se borne à vérifier la sécurité du produit fini. En outre, l’UE souscrit profondément au principe de précaution, qui fait partie de sa charte politique. Cela signifie qui si l’on ne sait pas clairement si quelque chose est sûr, il faut faire preuve de prudence. Les États-Unis ne prévoient pas cette approche ; ils exigent des « preuves scientifiques » pour justifier une mise en garde ou une restriction. Dans le domaine des produits chimiques qui entrent dans la composition des aliments transformés et des emballages, l’écart est encore plus grand. La législation de l’UE impose aux entreprises de prouver que les produits chimiques qu’elles utilisent sont sans danger. La loi américaine stipule quant à elle que c’est au gouvernement de prouver qu’un produit chimique est dangereux.

La conséquence de tout cela est que les entreprises doivent s’adapter à chaque marché et les populations sont mieux loties en Europe. C’est cela que l’ALE vise à changer.

Que veut l’industrie alimentaire ?

Washington et Bruxelles se livrent depuis des années des guerres commerciales sur la sécurité sanitaire des aliments et les questions qui s’y rapportent. Les batailles les plus connues ont porté sur l’utilisation des hormones dans la viande bovine, la maladie de la vache folle, les organismes génétiquement modifiés (OGM) et le poulet lavé au chlore. Jusqu’à présent, ces combats se sont déroulés dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, qui régit les règles du commerce mondial sur les normes sanitaires et les barrières techniques connexes (par exemple en matière d’étiquetage des aliments). Certains des litiges ont été réglés, d’autres sont en suspens. Maintenant, pour la première fois, un accord de libre-échange UE-États-Unis offre une nouvelle occasion de s’occuper de ces différences. Il peut se traduire par une uniformisation des règles du jeu en développant une certaine convergence réglementaire (harmonisation ou reconnaissance des normes de chacun). Et il intégrera probablement un outil de règlement des différends investisseurs-État (les entreprises de part et d’autre de l’Atlantique auront le droit de poursuivre les gouvernements sur l’autre bord).

En analysant des documents publiés par les entreprises, il n’est pas difficile de trouver les principaux axes de bataille.8

 

Tableau 1 : Axes de bataille sur la sécurité sanitaire des aliments dans le TTIP

Question        Qu’est-ce que l’agro-industrie américaine attend de l’UE ?

OGM :  Accélération des processus d’approbation de l’UE et synchronisation avec les approbations américaines. Pas d’essais pour les différents composants en cas d’empilements de gènes. Tolérance plus importante pour les traces d’OGM dans l’alimentation, le fourrage et la transformation. Abandon de l’interdiction des volailles et des porcs alimentés aux OGM. Remplacement de l’étiquetage sur la présence d’OGM par un étiquetage sur l’absence d’OGM.

hormones de croissance : Abandon de l’interdiction du bœuf aux hormones

promoteurs de croissance : Abandon de l’interdiction du bœuf et du porc à la ractopamine

chlore : Abandon de l’interdiction du poulet et de la dinde lavés au chlore

acide lactique :  Abandon de l’interdiction de la viande de bœuf lavée à l’acide lactique au-delà l’étape de la carcasse, et de la viande de porc

vache folle : Abandon de l’interdiction du suif (qui est, selon les entreprises, destiné à la production de biocarburants, pas de produits alimentaires)

trichines :  Supprimer les obligations de dépistage des trichines dans la viande de porc

lait :  Augmenter le nombre de cellules somatiques (de vaches atteintes de mammite) autorisées dans le lait ou supprimer totalement l’obligation de comptage

cerises :  Abandonner ou assouplir l’obligation de prouver l’absence de pourriture brune

mollusques :  Abandon de l’interdiction sur les mollusques d’origine américaine autres que les pétoncles

perturbateurs endocriniens : Renoncer à l’interdiction des produits chimiques (utilisés dans la production alimentaire ou les emballages) qui affectent le système endocrinien, au seul motif de cette caractéristique

Issue : Qu’est-ce que l’agrobusiness de l’UE veut des USA

vache folle :  Abandon de l’interdiction pesant sur le bœuf et le veau provenant du territoire de l’UE

produits laitiers :  Élimination de la taxe sur les produits laitiers (Dairy Import Assessment) et remplacement par une harmonisation des normes. Réduire les obligations pour le beurre pasteurisée de « catégorie A »

mollusques bivalves : Accepter les normes de dépistage de l’UE pour E. coli sur la chair des

huîtres et autres mollusques : bivalves, plutôt que l’eau dans laquelle ils ont été élevés

nouveaux produits d’origine végétale : Accélérer les procédures d’analyse des risques

 

Ces questions sont bien connues et démontrent pourquoi ce sont les normes plus strictes de l’UE qui sont menacées par cet accord commercial. Ce qui n’apparaît pas clairement dans ce tableau, cependant, c’est que les choses sont déjà en train de changer, avant même que les négociations sur l’ALE aient lieu.

Une réflexion plus globale

Un certain nombre de difficultés du commerce transatlantique dans le secteur alimentaire, sans lien avec les obligations tarifaires, sont déjà traitées en dehors des négociations sur l’ALE en elles-mêmes. Cet aspect ne surprendra pas les Coréens et les Taïwanais, par exemple, qui ont vu Washington exiger l’ouverture des marchés pour le bœuf américain comme une condition préalable à des négociations sur le commerce et l’investissement. Certains des changements viennent de Bruxelles, mais d’autres viennent également de Washington. Cela peut signifier que les groupes d’affaires craignent que les négociations sur l’ALE ne s’exposent à des difficultés – du fait de l’opposition de groupes d’intérêt public – sur les questions de sécurité sanitaire des aliments.

 

 

L’une des conditions posées par les USA pour les négociations du TTIP était le droit d’exporter en Europe du bœuf traité à l’acide lactique. Ils ont gagné. (Photo : Academic Abattoir)
L’une des conditions posées par les USA pour les négociations du TTIP était le droit d’exporter en Europe du bœuf traité à l’acide lactique. Ils ont gagné. (Photo : Academic Abattoir)

Bœuf lavé à l’acide lactique : Peu de gens le savent mais, en février 2013, l’UE a ouvert son marché au bœuf lavé par pulvérisation avec de l’acide lactique. Cette initiative était une concession aux États-Unis, à la suite de la fermeture du marché de l’UE au bœuf américain, en raison de la présence de la maladie de la vache folle dans les troupeaux américains. Même s’il est vrai que cette concession est née d’un accord intervenu il y a plusieurs années, des responsables politiques et des législateurs européens ont continué à s’opposer à sa mise en œuvre.

Il n’y a rien de nécessairement nuisible dans l’acide lactique en lui-même. Le problème est d’accepter son utilisation pour nettoyer les carcasses d’animaux qui peuvent avoir être porteuses de Salmonella ou d’E. coli provenant de fèces ou d’autres contaminants. Les législateurs européens et même les États membres ne sont pas convaincus qu’il s’agit d’un bon moyen d’assurer la sécurité alimentaire dans l’UE.9 Cela revient à dire qu’il n’y a pas de problème à adopter des normes médiocres de traitement des animaux jusqu’à l’abattoir, puis à « anéantir » tous les problèmes. Cette mesure était l’une des conditions préalables mises en avant par l’administration Obama pour accepter de négocier un ALE avec Bruxelles.10 Et cela correspond à une dégradation des normes de l’UE.

Étiquetage des OGM : Le secteur américain des biotechnologies combat la demande des consommateurs en faveur d’un étiquetage des aliments génétiquement modifiés depuis l’invention de ces technologies. Il s’oppose donc vigoureusement à la législation de l’UE qui exige un étiquetage. En fait, Monsanto et d’autres entreprises se servent depuis longtemps des négociations bilatérales sur les accords de libre-échange pour tenter de forcer la main aux autres pays, que ce soit la Thaïlande ou l’Australie, pour qu’ils mettent un terme à l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés.

Mais les stratégies sont peut-être en train de changer. Quand on lui a demandé ce qu’elle attendait de l’ALE États-Unis-UE au début de cette année, l’industrie américaine du soja a laissé entendre qu’elle pourrait s’accommoder de l’étiquetage si l’UE modifiait ses règles et prescrivait l’étiquetage des aliments qui ne contiennent pas d’OGM, plutôt que celui des aliments qui en contiennent.11 En fait, le gouvernement américain a commencé à promouvoir l’étiquetage des aliments sans OGM en janvier de cette année.12 Cet étiquetage est volontaire et il se base sur des normes privées, mais c’est une nouvelle attitude du gouvernement fédéral. De grandes batailles sont en cours dans diverses parties du pays, et sont en passe d’être gagnées, pour obtenir un étiquetage des OGM au niveau d’un État.

Cela signifie que les choses bougent, même un tant soit peu, et la proposition de l’industrie américaine d’accepter l’étiquetage des aliments sans OGM dans le commerce transatlantique est probablement une ruse pour créer un (faux) sentiment de terrain d’entente, tout en affaiblissant de façon détournée les normes de l’UE. L’obligation d’étiquetage sur la présence d’OGM est un engagement politique durement gagné en Europe, auquel les consommateurs sont très largement attachés. L’étiquetage des aliments sans OGM, en revanche, est volontaire et repose sur les entreprises, et il est principalement utilisé par les distributeurs. L’UE travaille actuellement à proposer une législation visant à harmoniser les normes sans OGM dans l’UE, mais cela est perçu par les consommateurs comme un complément de l’étiquetage obligatoire des OGM, et non comme un substitut.13 Ce qui est inquiétant dans cette situation, c’est que Bruxelles pourrait être d’accord pour donner l’illusion d’un terrain d’entente et accepter ce changement de normes pour passer de l’étiquetage des OGM à l’étiquetage des aliments sans OGM, comme un marchandage pour autre chose. Les observateurs relèvent déjà que Washington pourrait accepter d’introduire les services financiers dans les négociations sur l’ALE en échange d’une initiative sur l’agriculture, où la question des OGM est prédominante.14

Recul sur les promoteurs de croissance ? : Les Centres for Disease Control and Prevention (CDC) viennent de confirmer le lien entre l’utilisation systématique d’antibiotiques comme promoteurs de croissance dans la production de viande et la hausse la résistance aux antibiotiques. Les CDC indiquent que, chaque année, aux États-Unis, les bactéries résistantes aux antibiotiques tuent 23 000 personnes et 2 millions de personnes en sont infectées.15 Elle soutient maintenant la position de la Food and Drug Administration américaine et appelle à des « mesures urgentes » pour réduire l’ampleur de l’utilisation de ces médicaments dans les exploitations américaines.

Depuis des années, les législateurs américains tentent de dissuader l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance dans l’élevage, mais l’agrobusiness américain refuse d’abandonner cette pratique rentable. Cela oblige les négociateurs de leur pays à rechercher désespérément une marge de manœuvre pour obtenir un de meilleurs débouchés pour les produits agricoles. Par exemple, le gouvernement américain est en train de mettre en œuvre un programme de certification de la viande « Sans agonistes bêta » (« Never Fed Beta Agonists ») pour une exportation vers les pays qui interdisent la viande provenant d’animaux ayant reçu de la ractopamine ou du zilpatérol, comme la Russie et la Chine.

Il reste à savoir si cette mesure visant à créer des lignes de « marché de niche » pour contourner les interdictions étrangères servira de mesure de repli dans les négociations TTIP avec l’UE, si Bruxelles est intransigeant sur son interdiction.

Dépasser le problème de la vache folle : Pour apaiser Bruxelles, le ministère de l’Agriculture américain se prépare également à plus ou moins lever l’interdiction sur la viande bovine en provenance des pays de l’UE avant les pourparlers sur le TTIP.16 L’UE a posé comme condition préalable pour que les négociations commerciales globales se poursuivent que les États-Unis fassent un pas dans cette direction. En substance, les autorités américaines vont autoriser les États de l’UE d’exporter du bœuf ou du veau aux États-Unis à condition que ces pays fournissent les éléments d’information nécessaires pour prouver que leurs mesures de prévention de l’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle) sont équivalentes à celles des États-Unis. En novembre 2013, la décision n’était toujours pas été publiée, mais elle était imminente.

Ces exemples nous rappellent que l’on a parfois besoin de regarder ce qui se passe plus globalement pour comprendre le sens des négociations de libre-échange et que, malgré les promesses et la propagande, il n’y a vraiment pas de « vaches sacrées » dans ces négociations.

Un effet boomerang intégré

L’Europe et les États-Unis représentent des pouvoirs politiques et des grands marchés tellement dominants aux niveaux politique et commercial pour les exportateurs de produits alimentaires dans le monde, que tout ce qu’ils décident à huis clos sur les normes de sécurité alimentaire aura une incidence sur les autres.

 

Les Taiwainais ont opposé une résistance farouche au porc américain nourri à la ractopamine. Les Européens suivront-ils leur exemple ?
Les Taiwainais ont opposé une résistance farouche au porc américain nourri à la ractopamine. Les Européens suivront-ils leur exemple ?

Les négociations en cours ou à venir de l’UE avec l’Inde, les membres d’Asie du Sud-Est de l’ASEAN et la Chine font partie des négociations commerciales bilatérales clés qui devront sans doute s’aligner sur les nouvelles normes de sécurité alimentaire issues du TTIP. Du côté américain, les parties au Partenariat commercial transatlantique, notamment le Mexique, la Corée, le Japon, l’Australie et le Canada, devront probablement aussi accepter un certain niveau d’harmonisation avec ce que l’UE et les États-Unis auront convenu.

Au niveau mondial, l’Organisation internationale de la santé animale (OIE) et la Commission du Codex Alimentarius, les deux organismes qui fixent les règles de sécurité alimentaire que les 196 membres de l’Organisation mondiale du commerce doivent suivre, sont déjà entraînés par le jeu d’influences des États-Unis et de l’UE. Tout développement important dans le cadre du TTIP se traduirait certainement par des normes de l’OIE et du Codex.

Les gens ordinaires n’ont rien à y gagner

À la question, « Qu’est-ce qui sortira de positif de cet accord ? », il est difficile de dire quelle sera la réponse sur le champ de bataille de la sécurité alimentaire. Le TTIP ne va pas améliorer la sécurité sanitaire des aliments pour les gens ordinaires. Il ne fera que déstabiliser les protections, améliorer les choses pour l’industrie, mais augmenter le risque pour les consommateurs. Bien que les deux systèmes soient étroitement alignés sur les intérêts des entreprises, tous les éléments montrent que le système de sécurité sanitaire des aliments de l’UE est meilleur que celui des États-Unis. Et c’est Washington qui vient avec le plus d’exigences pour modifier ce système afin de mieux répondre aux intérêts de ses grandes entreprises.17 Aucun de ces changements ne sera positif pour la santé publique. Et s’ils sont adoptés dans le cadre du TTIP, ils seront très probablement imposés à d’autres pays par le biais d’autres ALE bilatéraux, ainsi que par les organismes internationaux de normalisation.

Au-delà de la sécurité alimentaire, le TTIP représente de nombreuses autres menaces pour l’intérêt public. Des campagnes massives visant à faire échouer les négociations sont en cours de préparation et doivent être soutenues activement.

Pour aller plus loin :

Karen Hansen-Kuhn et Steve Suppan, « Promises and perils of the TTIP : Negotiating a transatlantic agricultural market » (pdf), Fondation Heinrich Böll, octobre 2013.

Trans Atlantic Consumer Dialogue, « Resolution on the approach to food and nutrition related issues in the Transatlantic Trade and Investment Partnership », octobre 2013.

Amis de la Terre Europe et Institute for Agriculture and Trade Policy, « EU-US trade deal : A bumper crop for ‘big food’ ? » (pdf), octobre 2013.

GRAIN, « À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ? Les profits des entreprises contre la santé des populations », 2011.

Suivi des enjeux et des négociations sur bilaterals.org.


1 « Principal EU-US trade disputes », Library briefing, Bibliothèque du Parlement européen, 22 avril 2013.

3 L’accord portera le nom de « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » ou TTIP.

4 Par exemple, l’UE demande « Est-ce que l’UE sera contrainte de modifier ses lois sur les OGM ? » et répond « Non, ce ne sera pas le cas », comme pour rassurer les Européens. En fait, l’Union européenne pourra très bien modifier sa législation à la suite de l’accord, mais ce ne sera pas une question de « contrainte ».

5 Pour une analyse approfondie de ces questions, voir GRAIN « À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ? Les profits des entreprises contre la santé des populations », 2011.

7 Autorité européenne de sécurité des aliments et Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, « Rapport de synthèse de l’UE sur les tendances et les sources des zoonoses, des agents zoonotiques et les épidémies d’origine alimentaire en 2011 », janvier 2013.

8 Outre notre propre analyse, l’étude interne commandée par Greenpeace a été précieuse pour l’élaboration de ce tableau.

9 Lorsque la Commission européenne a proposé le projet de loi au Conseil, elle n’a pas réussi à obtenir la majorité qualifiée. Voir « Member States resist lactic acid cleaning for carcasses », EU Food Law, 12 octobre 2012.

12 Lauriel Cleveland, « USDA approves voluntary GM-free label », 25 janvier 2013, CNN.

13 Voir Verts/ALE, « GMO-free labelling of food products : a way to increase GMO-free supplies for animal feed ? », documents de conférence, Parlement européen, Bruxelles, 6 mars 2013.

14 Benoist Apparu, « Commerce : l’ouverture surprise des Américains sur les services financiers », Les Échos, 18 novembre 2013.

15 Carolyn Lochhead, « Report links antibiotics at farms to human deaths », San Francisco Gate, 20 septembre 2013. La situation dans l’UE n’est guère meilleure : le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies estime que 25 000 personnes meurent dans l’Union européenne chaque année en raison d’une résistance aux antibiotiques.

16 « US lifts ‘mad cow’ restrictions on EU beef, but other hurdles remain », Inside US Trade, 8 novembre 2013.17 En avril 2013, la base de données de l’UE sur les barrières commerciales SPS (sanitaires et phytosanitaires) ne comptait que 4 points pour les États-Unis, tandis que le rapport du Représentant au commerce américain comprenait 10 pages de griefs vis-à-vis de l’UE.

17 En avril 2013, la base de données de l’UE sur les barrières commerciales SPS (sanitaires et phytosanitaires) ne comptait que 4 points pour les États-Unis, tandis que le rapport du Représentant au commerce américain comprenait 10 pages de griefs vis-à-vis de l’UE.

 

Source ;
La sécurité sanitaire des aliments dans l’accord de libre échange UE-États-Unis : une réflexion plus globale | Mondialisation

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 16:02

 

Rien qu'en Catalogne, un million de personnes souffrent du froid, n'ayant pas les moyens de se chauffer  et pas toujours de manger non plus. Or chaque jour les projets de solidarité concrète et productive, comme Marinaleda sont d'avantage criminalisés, les terres d'avantages accaparés, les potagers, les semences paysannes, les bien gratuits de la nature mis sous contrôle grévés de taxes et de droits bizarres... "droits intellectuels sur le pissenlit des prairies ? Pardon ?  Une amende ? Je n'ai pas payer les droits avant de le cueillir ? C'est un cauchemar,je vais me réveiller".

On a volontairement jeté les gens dans la misère et on leur interdit de mettre en oeuvre les moyens de s'en sortir, les plus pauvres d'entre nous en Belgique sont également confronté à ce problème.

Alors quoi ? Sommes-nous menacés d'une longue et douloureuse agonie,  d'une sorte de meurtre collectif,  qui ne dit pas son nom et assassine sous la fausse banière d'une misère voulue, les vieillards plus fragiles et les enfants d'abord ? Les assassins ont des noms, des visages et des gros comptes en banque, gros de tout ce qu'ils ont volé aux enfants de la Terre. Mais quand cela va-t-il s'arrêter ?

 

Anne W

"Loi de sécurité espagnole" ou "le franquisme est de retour".

Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en Europe

Marinaleda et le contre-pouvoir autogestionnaire en espagne

Marca España: Familias enteras sin calefacción en un invierno de miseria y hambre

 

Espagne :: Le maire de Marinaleda sous les verrous

 

 

 

Quatre dirigeants du syndicat des travailleurs andalous SAT ont été condamnés à sept mois de réclusion. Parmi eux, le charismatique maire de Marinaleda, Juan Manuel Sánchez Gordillo, qui est aussi élu au Parlement.

Carmela Negrete

 

Le maire révolutionnaire de Marinaleda, connu chez nous suite à un reportage diffusé sur TerZake et une interview de L’Humanité publiée dans Solidaire est, pour reprendre les termes du quotidien britannique The Guardian, l’homme qui a transformé le petit village défavorisé de Marinaleda en « utopie communiste ». En 2012, le village connaissait un taux de chômage de 5 %, alors qu’à la même époque le reste de l’Espagne affichait un taux de 25 %.
    La semaine dernière, la Cour suprême d’Andalousie a également condamné le secrétaire général du syndicat SAT, Diego Cañamero. Les deux hommes sont poursuivis pour avoir occupé le domaine Las Turquillas durant l’été 2012. Cette finca est une propriété publique, le ministère de la Défense n’utilise que 20 des 1 200 hectares de cette propriété pour un haras, le reste est laissé en friche. En 2010 déjà, même le parti de droite Partido Popular (PP) avait reproché que seules 25 personnes étaient employées sur cette propriété, alors qu’une gestion saine et efficace générerait au moins 800 emplois. L’Andalousie est l’une des régions les plus touchées par le chômage en Espagne, avec un taux de 35,9 % selon les derniers chiffres officiels.
    « Nous avons un problème, et ce problème c’est le capitalisme », a déclaré le maire Sánchez Gordillo le 11 novembre dernier lors d’une assemblée à Grenade, à l’ouverture du procès. « Ce qu’il faut c’est une véritable lutte anticapitaliste, à la fois révolutionnaire et capable d’ébranler le système. » Sur les 54 membres du syndicat assignés à comparaître, quatre ont été condamnés à une peine, les cinquante autres ont été acquittés.
    Le SAT est connu pour ses actions spectaculaires. L’an dernier, le syndicat a fait la Une des journaux espagnols pour avoir mené dans les supermarchés une action de confiscation symbolique et avoir redistribué les aliments aux familles démunies. A plusieurs reprises, le syndicat a occupé des terres agricoles à l’abandon pour réclamer leur redistribution aux paysans sans terre. Depuis mai 2012, le syndicat occupe le domaine Somontes à Cordoue et y a créé une coopérative qui cultive des fruits et des légumes revendus sur les marchés locaux des alentours.

Photographier des agents de police : interdit !

Le gouvernement espagnol et le parlement, dominé par une majorité absolue du Partido Popular (PP), ont décidé de durcir le Code pénal contre ce type d’actions en particulier, mais aussi contre les simples manifestations. Ils ont proposé l’insertion d’au moins 16 nouveaux délits dans le Code pénal pour réprimer la protestation sociale. Ainsi, photographier des agents de police lors d’une manifestation sera désormais passible d’une amende d’un demi-million d’euros. Participer à une manifestation non autorisée devant le Congrès ou tout autre bâtiment public sera puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 600 000 euros, même si cette manifestation est pacifique.
    Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement espagnol espère empêcher que d’autres manifestations comme celle du 25 septembre 2012 puissent avoir lieu. Pour rappel, ce jour-là, des milliers de personnes ont participé à un blocage symbolique du Congrès et réclamé la démission du gouvernement. L’intervention brutale de la police a été filmée par de nombreuses caméras de télévision et téléphones portables. Des images choquantes montrent les forces de l’ordre poursuivant des manifestants dans la gare Atocha et tirant sur eux des balles en caoutchouc à l’intérieur du bâtiment. Plusieurs plaintes ont été déposées, mais, plutôt que d’enquêter, le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, a invité un inspecteur des forces de l’ordre à se pencher sur un durcissement du droit pénal.
    A l’avenir, ce ne sont plus les brutalités des agents qui seront punies, mais les journalistes et les manifestants qui les photographient.
    A l’avenir, toute manifestation sur un monument ou un immeuble public sera interdite. Greenpeace, connue pour ce genre d’actions spectaculaires, a déjà réagi. La semaine dernière, les activistes de l’ONG ont déployé sur l’immeuble de l’entreprise pétrolière Shell à Madrid une banderole de 315 m2  pour protester contre « la limitation du droit de protester pacifiquement ».

 

Source : Espagne :: Le maire de Marinaleda sous les verrous

via : Mes coups de coeur

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 07:19

 

En France

L’Association de sites Internet communautaires a dénoncé que la loi permettra le contrôle de l’Archive historique pour le registre des connexions aux services web de même que la géolocalisation des ordinateurs utilisés.

Ainsi, la force armée pourra  exercer une surveillance sans restriction sur le contenu de la correspondance par voie électronique, a signalé cette organisation.

 

La dictature européenne militarisée vient de gagner quelques points, alors que l'Espagne nous pond une loi de sécurité, qui semble sortie droit des archives du franquisme ("Loi de sécurité espagnole" ou "le franquisme est de retour". ). Tout cela dans une indifférence quasi généralisée. Or tout cela trouve sa place dans le cadre de la globalisation, ce ne sont pas des évènements isolés du à la fantaisie de quelques politiciens locaux en mal de contrôle social, mais bien la mise en oeuvre d'un programme mondial, dans lequel l'UE sert de relais à des instances non élues qui sont en train de transformer notre quotidien en cauchemar.Un million d'espagnols aujourd'hui crèvent de froid, grelottent dans des couvertures fautes de chauffage, un phénomè,e qui n'épargne ni les vieilllards, ni des enfants déjà sous-alimentés, dont beaucoup n'ont même plus de logement.

Nous assistons petit à petit à des restrictions d'accès à tout ce qui est gratuit, aux produits d'une économie marginale qui se soucie plus d"échanges fructueux que de profit, aux modes de vies simples qui se souvient plus de bien-vivre que de consommation, bref alors qu'avance un front de misère les moyens d'y remédier sont progressivement interdits, supprimés,  alors que des arsenaux juridiques et militaires anticipant la légitime réaction des peuples, en la criminalisant. Les armées, sous la direction des Opérations Spéciales US ou de leurs cousins d'Israël, se préparent aux techniques de la contre-insurrection, des pratiques éprouvées, perfectionnées, de l'Allemagne nazie en Palestine, en passant par l'Amérique Latine, l'Afghanistan, l'Irak et autres territoires devenus prisons pour les survivants de génocides ou d'assassinats sélectifs, victimes de nouveaux apartheids dont les murs se dressent toujours plus nombreux entre le monde des nantis et celui de la misère relégué dans des getthos. Une division qui atteint divers degrés d'avancement selon les régions mais se produit partout, concentration de la richesse financière, accaparement des terres, domination toujours plus monopolistique d'un marché toujours plus unique... et pour assurer le contrôle ; des armées nationales toujours mieux formées et plus conditionnées à réprimer les révotes de populations "suicidées".

On ne peut pas éviter de se dire que tous ceux qui auront continué de cautionner ce système par leur complicité active ou tacite, ce qui va leur arriver, ils l'auront bien mérité, mais ce n'est en aucun cas une consolation parce qu'en réalité nous sommes embarqués sur la même galère

Anne W




 

 

La France mise sur le maintien de la supériorité militaire européenne

Paris, 3 déc (PL) La Loi de programmation militaire pour 2014-2019 sera soumise au vote aujourd'hui  par l’Assemblée nationale  de la France  dans le but de garder sa position de  première puissance militaire de l’Union européenne et de renforcer sa capacité nucléaire.


Malgré les problèmes financiers du pays, le programme des six prochaines  années consiste en une somme de 190 mille 600 millions d’ euros, à l'exclusion des fonds pour des opérations spéciales.

L’article portant sur la capacité d’accès  des organismes d’intelligence de l’armée aux informations et données des usagers du réseau de réseaux, sous prétexte d’assurer la soi-disant cybersécurité, a soulevé des controverses.

L’Association de sites Internet communautaires a dénoncé que la loi permettra le contrôle de l’Archive historique pour le registre des connexions aux services web de même que la géolocalisation des ordinateurs utilisés.

Ainsi, la force armée pourra  exercer une surveillance sans restriction sur le contenu de la correspondance par voie électronique, a signalé cette organisation.

En outre, la force aérienne  sera dotée des unités supplémentaires. A cet effet,  l'avion de transport militaire A400M, pourvu d’une autonomie de vol de plus de six mille kilomètres, doublera la capacité de charge de l’avion étasunien  Hercules C-130 .
Il est prévu de construire deux nouveaux sousmarins nucléaires et quelques  frégates porte-missiles. Ensuite, on vise à renforcer la capacité d’observation militaire par le biais  du satellite Ceres  et des drones, a déclaré  Le Drian ce mardi.

La présidente de la Commission de Défense de la Chambre basse, Patricia Adams, a assuré  que l’un des objectifs stratégiques  de la loi est celui du maintien de la capacité dissuasive de la France, soit par des moyens classiques – déploiement  des troupes-, soit par la force nucléaire.

Malgré la réduction de 23 mille  500 postes dans les six prochaines années, la force armée française sera encore, en 2019, la plus nombreuse  de l’ Union européenne, avec 242 mille membres, dont 187 mille effectifs en ce qui concerne la capacité de mobilisation.

jcc/lac/ami

Source : La France mise sur le maintien de la supériorité militaire européenne

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 11:30

 

Le régime franquiste espagnol et la menace de sa nouvelle “Loi de Sécurité”

Le 11/30/13

ley 

NAIZ.INFO – L’avant-projet de Loi de Sécurité Citoyenne approuvée par le Conseil des Ministres espagnol établit sept types d’infractions avec des amendes allant de 30 001 à 600 000 euros. Il considère également 31 classes d’infractions graves pour lesquelles sont prévues des amendes allant de 1001 à 30 000 euros et 20 infractions légères punissables d’amendes allant de 100 à 1 OOO euros. Voici en résumé, les principales infractions que prévoient les nouvelles normes, qui remplace la loi approuvée en 1992, aussi connue comme ‘loi Corcuera » ou « du coup de pied dans la porte » :

Infractions très graves (amendes de 30 001 à 600 000 euros)

- Convocation et participation à des manifestations à finalité coercitive et inobservance de la législation électorale depuis la fin de la campagne au moment des votes.

- Perturbation très grave de l’ordre dans des événements publics, sportifs, culturels, spectacles, offices religieux et autres réunions nombreuses.

- Réunions et manifestations non communiquées ou interdites dans des lieux considérés à infrastructure critique comme les centrales nucléaires ou les aéroports, ainsi que l’intrusion dans leur enceinte, incluant le survol et l’obstruction à leur fonctionnement.

- Fabrication, commercialisation et détention illégale d’armes et explosifs non catalogués.

- Célébration de spectacles publics ou activités récréatives rompant l’interdiction ou la suspension ordonnée par les autorités.

-Aveugler avec des dispositifs de types lasers à des conducteurs de trains, métros, ou pilotes.

.

Infractions graves (amendes de 1001 à 30 000 euros)

- Concentration non communiquées face aux institutions de l’Etat comme le Congrès, le Sénat, les parlements autonomes et les hauts tribunaux, même s’ils ne sont pas en activité et quand la sécurité citoyenne est perturbée.

- Perturbation grave de l’ordre dans des événements publics, sportifs, culturels, offices religieux et autres réunions nombreuses.

- Perturber l’ordre public, encagoulé ou avec n’importe quel élément qui rend difficile l’identification

- Désordres graves sur la voie publique ou provocation d’incendies qui représentent un danger pour les personnes ou les biens.

- Obstruction à l’autorité dans l’exécution de leurs décisions administratives ou judiciaires, comme les expulsions.

- Faire gravement obstacle à l’action des services d’urgence dans l’exercice de leurs fonctions.

- Désobéissance ou résistance à l’autorité ou à ses agents dans l’exercice de leur fonctions et refus d’identification

- Perturbation de l’ordre dans les campagnes électorales.

-Manifestations et réunions sans autorisation ou qui enfreignent la loi de réunion et le refus de dissoudre celle qui ont été autorisées par l’autorité. Aussi quand elles se produisent dans des centrales nucléaires, aéroports, etc.

- Porter, exhiber ou user d’armes de manière négligente ou téméraire ou hors des lieux prévus à cet usage

- Offense ou outrage à l’Espagne, aux communautés autonomes et entités locales et leurs institutions, symboles, hymnes ou emblèmes, effectuées par n’importe quel moyen.

- La prostitution et la demande de ses services à la proximité de zones infantiles, comme les parcs, collèges et dans les lieux où elle met en danger la sécurité routière comme les accotements.

- Fabrication, commerce et détention illégale d’armes réglementées, explosifs, catalogués et matériel pyrotechnique.

-Faire obstruction aux inspections et contrôles réglementaires dans les usines, locaux et établissements.

- Justifier le terrorisme, la xénophobie et la violence contre la femme, de même que l’exhibition de photos de terroristes.

- Usage d’uniformes policiers ou de services d’urgence sans autorisation.

- Manque de collaboration avec la Police dans l’enquête ou la prévention de délits.

- Actes qui portent atteinte contre l’intégrité sexuelle (libre de souffrir des lésions) des mineurs

- Consommation et détention de drogues dans les lieux publics et leur tolérance

- Le Botellon (rassemblement festif de la jeunesse dans les lieux publics NdT) quand est gravement perturbée la tranquillité citoyenne et qu’il n’est pas autorisé.

-Les “cundas” ou taxis de la drogue

-La culture de drogues

- Forcer ou inciter des mineurs à consommer de l’alcool ou des drogues

- Les dommages graves au mobilier urbain comme auvents, corbeilles à papier ou conteneurs, ainsi que les actes de vandalisme des services publics, en plus d e l’obstruction à la voie publique avec des véhicules, conteneurs et pneumatiques

- Escalader des édifices publics en mode de protestation

- Mauvais usage d’animaux féroces et maltraitances des animaux.

Infractions légères (amendes 100 à 1000 euros)

- Manifestations et réunions qui enfreignent la loi de réunion

- Exhibition d’objets dangereux à des fins d’intimidation

- Enfreindre des restriction à la circulation piétonnières ou des itinéraires à l’occasion d’un acte public ,une réunion ou une manifestation

-Menacer, contraindre, user de traitement dégradants et injurier les agents de la force publique de sécurité veillant au maintien de l’ordre public, par exemple lors de manifestations ou autres formes de protestation, et l’enregistrement, la diffusion d’images qui portent atteinte à leur droit et leur honneur ou leur image ou qui peuvent mettre en danger leur sécurité ou celle de l’intervention policière.

- Menace, contrainte, injures ou traitements dégradants sur la voie publique.

- Injure ou calomnies par n’importe quel moyen de diffusion aux institutions, autorités, agents et employés publics, ainsi que le manque de respect.

- Réaliser ou inciter à des actes qui portent atteinte à la liberté sexuelle.

- Aveugler avec des dispositifs de type laser les forces de sécurité

-L’occupation de n’importe quel espace commun, public ou privé et l’installation de tentes de camping ou tonnelles sans permis dans la rue.

- Perdre trois fois ou plus son DNI (documents d’identité) dans une durée de 5 ans ou refuser de donner ce document quand son retrait est accordé.

- Les dommages légers au mobilier urbain comme des auvents, corbeille à papiers ou conteneurs, ainsi que les actes de vandalisme aux services publics, par exemples les peintures et graffiti.

- Pratique de jeux et de sports dans des lieux non habilités quand cela entraîne des risques pour les personnes.

- Entraver la circulation piètonnière

- Escalader des édifices ou monuments ou s’en lancer.

- Retirer les barrières de la Police qui délimitent les périmètres de sécurité.

 

Traduction Anne Wolff

Source en espagnol

Régimen franquista español saca su nueva "Ley de Seguridad Ciudadana" | CONTRAINJERENCIA

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 13:31

 

 

 

 

Politique française… Bonnet rouge et bonnet d’âne

le novembre 12, 2013 par Résistance 71

Fine analyse comme à l’accoutumée de Georges Stanechy. D’un État marchant sur les mains à la répression tout azimut… Attachez vos ceintures, on est parti pour une sérieuse descente. 

Dire qu’il y a encore des gens pour penser que voter sert à quelque chose ! 

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais. Y (faire) croire fait partie de la panoplie du parfait petit propagandiste, vendu (consciemment ou non…) à la perpétuation du consensus du statu quo oligarchique. Les solutions sont en dehors de la "boîte". Il suffit de dire NON !… A tout et ensemble… 

– Résistance 71 –

 

Éco taxe bonnet rouge et bonnet d’âne

 

Georges Stanechy

 

8 Novembre 2013

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/2013/11/eco-taxe-bonnets-rouges-et-bonnets-d’Âne.html

 

« Nous marchons vers un monde inconnu sans boussole et sans pilote, il n’y a qu’une chose qui soit certaine, c’est que tout finira par un naufrage. »

Talleyrand (1)

Révolte en Bretagne.

La mise en application d’une nouvelle « taxe » provoque la colère d’une région entière. Mettant en lumière l’incurie de nos gouvernements et l’irresponsabilité de nos « élus », censés représenter et défendre les intérêts de notre "collectivité". Votée à l’unanimité de tous les partis politiques, sous le précédent gouvernement.

"Collectivité" ? Oui, car on n’ose plus employer les termes de "peuple" ou "nation" pour ne pas être accusé de "populisme", de "souverainisme", voire de se retrouver peinturluré en "rouge-brun", par le terrorisme inquisitorial des fanatiques, radicaux imbéciles, dévots illuminés, ou mercenaires, de la « mondialisation »…

Soulèvement rappelant les lointaines Jacqueries de l’Ancien Régime par son rejet de l’injustice fiscale induisant la paupérisation croissante de ceux qui vivent non pas de spéculations ou de rentes de situation, aristocratiques, politiciennes ou mafieuses, mais de leur simple labeur. Sur fond de corruption et de gabegie d’un Etat en pleine régression, déliquescence.

Injustice fiscale et paupérisation

Taxe, s’appliquant aux transporteurs routiers mais payée "in fine" par leurs clients contraints d’expédier leurs productions ou fabrications locales vers des marchés éloignés. Tel qu’il est stipulé dans l’article 7 de la "Loi portant diverses dispositions en matière d’infrastructures et de services de transports" examinée par le Sénat, dans son rapport n° 334 du 5 février 2013 (2) :« Cette taxe sera répercutée par les transporteurs sur les bénéficiaires de la circulation des marchandises. »

Retenons le terme, au passage : "Bénéficiaires"…

Pudiquement intitulée « éco-taxe » au motif d’avantager, pour des raisons de protection de l’environnement, les transports moins polluants : ferroviaires, fluviaux, etc. Elle incarne à la perfection les dérives et distorsions du système fiscal qui ronge le pays par sa violence à l’encontre des plus précaires. Les Bretons en ont explosé de désespoir et de rage, ressortant les "bonnets rouges" de leur grande révolte de 1675 sous Louis XIV, pressurant alors le pays pour financer sa guerre en Hollande. Evidemment, férocement réprimée par la soldatesque du Roi Soleil…

Conséquence directe de la cupidité de l’oligarchie au pouvoir, méritant d’être coiffés de "bonnets d’âne" pour leur analphabétisme des conditions réelles du pays. De « la France d’en bas », comme disait un de nos marquis enrubanné de privilèges jusqu’à ses talonnettes…

Les rouages de l’injustice et de sa violence démontrent l’abyssal fossé entre une "démocratie vertueuse" que le système de désinformation nous vend dans les JT, en France comme dans les autres pays européens, et la réalité d’une "autocratie" exercée par la nomenklatura. Consternés, les observateurs les plus neutres n’ont pu que constater le broyage du bon sens et de la légitimité citoyenne, par le cynisme de la classe politique en cheville avec des intérêts privés (3) :

i) Répression

L’autocratie ne peut tolérer l’expression populaire surtout lorsqu’elle dénonce l’injustice du système, économique, social, ou politique dans son ensemble, qui l’accable. Première et immédiate réponse : la répression. Ne pas comprendre, ne pas écouter, ne pas dialoguer : cogner !

Ce qu’on a vu en Grèce, en Espagne ou ailleurs, pour nous limiter à l’Europe, est plus que révélateur de la détermination des castes au pouvoir. La France n’y échappe pas. Les Bretons, diabolisés par les médias de la propagande, ont vu ainsi débouler des centaines de CRS. Dans un sauvage déferlement de violence, avec des blessés graves parmi les manifestants armés de leur seule détresse, dont un a eu la main arrachée le 21 octobre dernier..

ii) Domination des lobbies

Région enclavée, la Bretagne souffre de son éloignement des grands marchés de consommation français et européens. De plus, ses productions sont soumises à un dumping implacable des producteurs hollandais, danois et surtout allemands, notamment dans la « filière » porc et poulet.

Obligeant à un nivellement par le bas, dans un premier effet, sous forme d’affaissement de la qualité. Au point d’en arriver, sous la pression de la grande distribution, à la "non qualité", dont on a vu les souterraines ramifications lors de l’affaire des "lasagnes à la viande de cheval". Puis, dans un effet collatéral, provoquant la disparition progressive des entreprises familiales incapables de lutter contre les groupes européens de l’agro-industrie employant une main d’œuvre, venant de pays "émergents", dans un contexte proche du servage moyenâgeux.

L’éco-taxe pénalise les éleveurs, mais aussi les producteurs de primeurs qui vont voir leurs produits plus taxés à 300 km de Rungis que ceux parcourant des milliers de kilomètres, arrivant par avion à Roissy, ou par bateau transitant via les ports d’Anvers, Rotterdam ou Amsterdam et les réseaux autoroutiers européens.

En effet, sous la pression des lobbies, l’écotaxe ne sera pas payée sur les portions d’autoroutes privatisées. Encore mieux, et suprême raffinement : la taxe n’est pas proportionnelle au kilométrage parcouru, pénalisant ainsi les petits trajets. Astuces servant sur un plateau d’argent des "bonus" mirobolants aux transports à longue distance et, en conséquence, aux grandes sociétés du transport international…

Mais aussi, tout aussi habilement, aux sociétés d’autoroute. Comme le reconnaît "naïvement", ou avec un cynique fatalisme, le Sénat dans son rapport (4) :

« [Cette taxe] entraînera un report de trafic vers le réseau concédé (autoroutes) générant une augmentation des recettes des péages comprises entre 250 et 400 millions d’euros.[…] Lors de son audition par la commission du développement durable et en réponse à une question de votre rapporteur, Frédéric Cuvilier, ministre délégué chargé des transports, a indiqué que "les concessionnaires d’autoroutes bénéficieront, je le crains, d’un effet d’aubaine"… ».

On comprend mieux pourquoi le chef de file du consortium (70% des parts) d’Ecomouv’, gestionnaire désigné de l’éco-taxe, soit le géant européen des autoroutes, de nationalité italienne : "Autostrade per l’Italia"… (5)

Ah !… Cette tendresse infinie de nos parlementaires pour les lobbies et multinationales…

 

Suite

Politique française… Bonnet rouge et bonnet d’âne 2

 

Source : Resistance71 Blog | Résistance solidaire au Nouvel Ordre Mondial

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 13:17

 

 

 

Éco taxe bonnet rouge et bonnet d’âne (2éme partie)

 

iii) Abandon de souveraineté 

Ces concessions répétées, multiformes, dépouillent l’Etat, autrement dit notre "Bien Collectif", de sa souveraineté et de ses ressources. Gravissime régression, avec l’éco-taxe réapparaît le vieux système féodal de la « ferme des impôts ». (6) Comme sous l’Ancien Régime, où les impôts étaient levés par des particuliers, des « fermiers généraux » (Fouquet en reste l’archétype), cette taxe sera collectée par un consortium privé : Ecomouv’. 

« L’Etat aurait pu faire le choix de recourir à un partenaire privé pour la conception et la maintenance du dispositif de collecte. La particularité du contrat "éco-taxe" réside dans le fait qu’Ecomouv’ assure également l’exploitation, c’est-à-dire qu’il a un rôle central dans la collecte de la taxe. »

C’est en ces termes (7) que le Sénat entérine l’abandon de souveraineté de la France en matière d’impôts, ouvrant la voie à des démantèlements ultérieurs qui vont probablement s’accélérer avec le temps…

Certains commentateurs, plus ou moins bien intentionnés, rétorquent que la TVA est actuellement collectée par les entreprises. Dans ces conditions, pourquoi ne pas confier l’éco-taxe à un consortium privé ?…

C’est oublier, ou occulter le fait, que les entreprises collectant la TVA ne retiennent pas 23% de rémunération, pharaonique commission, sur les encaissements reçus, comme s’apprête à le faire Ecomouv’… (8)

iv) Pillage de la collectivité

Dans ce même rapport, le Sénat admet que l’éco-taxe, sur une base annuelle, est (9) :
« … incontestablement coûteuse à recouvrer puisqu’à peu près 280 millions d’euros sur un total de 1 200 millions, soit environ 23%, sont consacrés à la rémunération du prestataire privé. »
.
Paradoxe, alors que la propagande ultralibérale ne cesse de prêcher la disparition des fonctions de gestion de la Collectivité qu’assure l’Etat dans la braderie des privatisations, sous prétexte que "Le Privé" gère mieux que lui, le Sénat rappelle :
« A titre de comparaison, ce pourcentage [des coûts de recouvrement] ne dépasse pas 1,2 % pour l’impôt sur le revenu. »

Qui représente, avec un niveau de complexité vu le nombre de contribuables concernés autrement plus élevé, un montant de 71 903 millions d’euros au titre du Budget 2013

On l’oublie, mais l’Etat se montre, bien souvent, largement plus compétitif que Le Privé, lorsqu’on veut bien quitter les fumées de "l’idéologie" pour scruter les "faits"…

Comment justifier pareilles aberrations ?… Nos parlementaires, loin de s’en offusquer, se portent au secours du prestataire (10)… Tout juste s’ils ne nous feraient pas pleurer sur son misérable sort :

« Au titre de l’investissement, il a dû engager près de 550 millions d’euros . »

Et, argument ultime, dans une cascade de formules rhétoriques aussi creuses que stupides :
« Au total, votre rapporteur estime que, au regard des exigences exposées par l’Etat et par les règles communautaires et des contraintes technologique du système, le coût global du contrat de partenariat, ne semble pas surestimé. »

Ainsi le Sénat, froidement, délivrant sa bénédiction, couvre les pires atteintes aux intérêts de l’Etat, et de ses citoyens. Dans le contentement de soi, tel un paon déployant son plumage d’incompétence et de crétinisme…

Les Bretons ont raison, il convient de remettre à plat cette usine à gaz…

Tout simplement, parce qu’il s’agit d’une « arnaque ».

Le rendement de cette taxe est quasiment nul par rapport à son coût direct. Et indirect, par ses ravages, comme les Bretons ont le courage de le rappeler. Il ne représente avec une recette de seulement 1200 millions d’euros annuels que le bénéfice d’une seule de nos banques que les contribuables renflouent à intervalles réguliers. Exemple : le Crédit Agricole affiche un bénéfice de 750 millions pour les 3 premiers trimestres 2013…

« Arnaque », en premier lieu, au détriment de l’Etat en le spoliant. En second, du citoyen, qui va devoir acquitter une taxe en tant que consommateur. Puisque le citoyen est ravalé, dans notre modèle social actuel, au niveau de simple consommateur sur lequel les prédateurs tondent la laine à longueur d’année…

Oui. Une « arnaque ». Connaissez-vous un projet d’investissement dans une activité industrielle, agricole ou de services, dont l’investissement est récupéré en moins de deux ans ?

Le Sénat nous dit que le consortium a investi près de 550 millions d’euros. Et, qu’il va encaisser 280 millions de recettes par an. En deux ans, il aura donc engrangé 560 millions d’euros. Déjà un bonus de 10 millions d’euros au bout de deux ans, après avoir ramassé toutes ses billes. Qui dit mieux ?

Personne. Parce que cela n’existe que dans la sphère de la spéculation.

De plus, le contrat signé entre l’Etat et le consortium est fixé pour une durée de 159 mois, soit 13 ans et 3 mois. Ce qui veut dire, qu’après deux ans de récupération de l’investissement initial, le reste va être uniquement du "bénéfice", mis à part de faibles coûts de maintenance et de salaire des employés, la plupart détachés du consortium, "pour une poignée de pois chiches" (200 à Metz et 100 à Paris). Que du "gras" le restant du contrat, pour reprendre le jargon du milieu. Qui dit mieux ?

Personne. Parce que cela n’existe que dans la sphère de la spéculation.

Quant au prétexte de l’harmonisation fiscale avec les autres pays de l’Union Européenne… De quoi rire, quand on sait qu’à ce jour aucune normalisation fiscale n’a vu l’esquisse d’une perspective, que ce soit dans le domaine de l’impôt sur les sociétés, sur le revenu, sur les successions, etc.

Il y aurait, à présent, formation d’une commission d’enquête devant le scandale de pareilles combines au plus haut niveau de l’appareil politique…

Mais, comme l’objectait un "présentateur-prêcheur" du Capitalisme Sauvage ("A bas l’Etat !", s’égosille-t-il tous les matins avec ses compères) sur une chaîne TV "spécialisée dans l’économie" :
"Pourquoi enquêter sur la passation de ce marché entre l’Etat et le consortium privé, alors que le Sénat l’a bien spécifié : R.A.S. ?…"

v) Trahison des “dignitaires écologistes”

Tout aussi affligeant est de constater la complicité des "dignitaires écologistes", toutes tendances réunies. Habituellement dispersés, atomisés, en une multitude de chapelles, défendant avec acharnement le territoire de leurs paroisses les uns à l’encontre des autres. Egos en cartouchière, englués dans des guérillas personnelles. Les voilà, subitement, participant en chœur à la farce de l’éco-taxe…

Alors qu’ils bénéficient d’accès à des informations, à des moyens d’investigation, que les militants de base de la cause écologique n’ont pas, comment ont-ils pu prêter la main à pareilles manipulations, gabegies et autres embrouilles, au seul bénéfice de multinationales ?…

Par cette véritable trahison, "dignitaires" et "dirigeants" amplifient deux phénomènes pervers pour la cause de l’écologie et l’avenir de notre pays :

=> C’est instaurer, développer, une perte de crédibilité dans l’opinion. Rien d’étonnant à leurs microscopiques résultats lors d’élections municipales ou nationales. Infligeant un recul de la cause, de la prise de conscience, car trop focalisés sur des mesures de pénalisation. L’écologie doit se développer, avant tout, par des mesures d’incitation, d’aide, d’encouragement, et non pas par des mesures fiscales discriminatoires et pénalisantes, surtout pour l’outil de travail des plus précaires.

Est alors brandi l’éternel slogan : « pollueur = payeur » !… Evidemment, les entreprises aux comportements irresponsables sont à sanctionner ; celles qui font travailler leur personnel dans des conditions dangereuses, polluent rivages, rivières, nappes phréatiques, et autre dégâts.

Encore faut-il être cohérent.

Avant d’en arriver à l’éco-taxe pour diminuer le gaz carbonique et protéger nos poumons, qu’en est-il des 60.000 français qui meurent chaque année de tabagisme, non compris les multiples pathologies cancéreuses liées son fléau ?… Le tout à la charge de la collectivité, notamment de la Sécurité Sociale ?… La peau d’un français vaut-elle moins que celle d’un bébé phoque ou d’un gorille, ou l’essieu d’un camion ?…

- Quelles actions sont engagés par les "dignitaires écologistes" pour forcer les cigarettiers à retirer des cigarettes les produits chimiques destinés à entretenir l’addiction, par exemple ?…

- Quelles actions sont engagées par les dignitaires écologistes pour faire payer le « polluer-tueur » (600.000 personnes tous les 10 ans), en l’occurrence : un taux d’imposition de 75 % des bénéfices reversés à la Sécurité Sociale, autre exemple ?…

Mais, hypocrite silence face à cette colossale calamité …

=> Tout aussi pervers, par cette complicité, les privilégiés de l’évasion ou de l’exemption fiscale (multinationales, sociétés du CAC 40 [les recettes de l’impôt sur les sociétés représentent environ le 1/3 de celles de la TVA, et seulement 2/3 de celui sur les revenus], grandes fortunes) qui ne paient pas les impôts qu’ils devraient, exultent, en profitent. Ce sont des milliards, chaque année, qui échappent aux recettes de l’Etat, spoliant notre pays, notre collectivité.

S’abritant derrière ce "ras le bol fiscal" des catégories sociales accablées d’impôts et de charges, auxquels s’ajoutent des taux bancaires usuraires (PME-PMI, artisans commerçants, petits producteurs agricoles, professions libérales, auto-employeurs, etc.), les grands profiteurs des "niches" et de l’ingénierie fiscales manipulent ce mécontentement, dans l’impudence, pour réclamer une "pause fiscale". Eux, qui ne paient pas d’impôts en rapport avec leurs revenus et leurs richesses !…

Par l’application stupide de l’éco-taxe, les "dignitaires écologistes", une fois encore, se rendent solidaires de la cupidité et de la voracité des prédateurs.

Des recettes fiscales dans un pays aussi riche que la France, au 5° rang dans le monde par son PIB, peuvent se trouver ailleurs que dans la pénalisation des plus précaires et des consommateurs pris en otage. Comme en témoigne la progression de la richesse personnelle des 500 plus grandes "fortunes professionnelles" (non compris le patrimoine personnel) en 2012 : + 25 %…

 

« Le montant total de la fortune professionnelle des 500 plus riches s’élève à 330 milliards d’euros, une hausse de + 25 % par rapport à 2012. Ce groupe, qui représente un cent-millième de la population française, détient environ 10 % du patrimoine financier total du pays. Mais les inégalités sont fortes entre les super riches : les 10 premiers concentrent 40 % de la fortune des 500 plus richesVisiblement, ni la crise ni la politique fiscale n’entament la progression des grandes fortunes. » (11)

Ces "dignitaires écologistes", sont-ils crétins ou malhonnêtes ?… Ou, les deux à la fois ?…

Pathétique théâtre de marionnettes…

Pour m’oxygéner, je vais de ce pas m’acheter un bonnet rouge.

1. "Talleyrand", Jean Orieux, Flammarion, 1970, p. 734.
2. Rapport du Sénat, au nom de la Commission des Finances, n° 334, enregistré à la présidence du Sénat le 5 février 2013, présenté par Mme Marie-Hélène Des Egaulx – Sénateur, téléchargeable : http://www.senat.fr/rap/a12-334/a12-3341.pdf, p. 11.
3. Jacques Sapir, "Bonnets rouges et papier timbré", RussEurope, 27 octobre 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1643
4. Rapport du Sénat, n° 334, Op. Cit., p. 28.

5. Rapport du Sénat, n° 334, Op. Cit., p. 20.

6. Jacques Sapir, "Quelle réforme pour l’écotaxe ? ", RussEurope, 2 novembre 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1656
7. Rapport du Sénat, n° 334, Op. Cit., p. 22.

8. Rapport du Sénat, n° 334, Op. Cit., p. 29.

9. Rapport du Sénat, n° 334, Op. Cit., p. 29.

10. Rapport du Sénat, n° 334, Op. Cit., p. 30.

11. Les 10 plus grandes fortunes de France, Observatoire des inégalités, 11 juillet 2013, http://www.inegalites.fr/spip.php?article269

Source : Resistance71 Blog | Résistance solidaire au Nouvel Ordre Mondial

Notes de lecture. Encore une fois, il est intéressant de commencer par les absents, autrement dit, ce qui n’est pas évoqué dans ce contexte : le fait que la lutte réelle contre les effets polluants des transports routiers ne se mènent pas en punissant une pollution qui ne disparaîtra pas pour autant, mais bien tout d’abords en favorisant la mise en place des conditions de la Souveraineté Alimentaire en encourageant une agriculture locale de qualité. Nous voyons bien que les coûts en pollution irréversible et affectants les prix des produits d’importation sont scandaleux, quand bien même pour ne pas apparaître directement sur les étiquettes des produits, ils sont prélevés par l’intermédiaire de taxes iniques qui bénéficient essentiellement au secteur privé.

Quand au principe d’une éco-taxe, il ne se justifie que dans la mesure où la taxe ainsi collectée aurait pour but de favoriser la mise en place d’un réseau de transport maritime et ferroviaire nationaux, en coopération avec l’ensemble des pays européens concernés, mais bon, il n’est pas nécessaire d’être extra-lucide pour voir que les politiques de transports tant destinés aux personnes qu’aux marchandises sont de puissants incitant à l’usage de l’automobile pour les personnes, rendu quasi obligatoire par les démantèlement des transport en commun. Quand aux transports des marchandises, rien n’a réellement été fait pour mettre en place un réseau de transports collectif concurrentiel des transports privés par camions. Là est la question essentielle, s’il est important de démonter les mécanismes pour désigner les vrais bénéficiaires de sa collecte, il est tout aussi essentiel de s’interroger sur l’usage qui en est fait et au service de quel modèle de société. Aucune taxe qui punit la pollution existante n’apporte de solution au problème urgent qui est d’y mettre fin !

Ensuite nous voyons ici à œuvre une des applications multiples, de ce principe universel qui sévi dans le monde entier : l’abdication des états d’une part toujours plus grande de leur souveraineté aux bénéfices d’entreprises privées. Le réseau autoroutier privé, par exemple, est de fait une partie de territoire soustraite au territoire national. Un système de taxe qui va renvoyer une partie du trafic vers ce réseau devenu plus « concurrentiel » est l’antithèse d’un réseau national de transport collectif géré par l’état. S’y ajoute la dimension d’éradication des petites entreprises locales aux produits de qualités qui vont se faire phagocyter par des entreprises industrielles, celle de production organisées d’une bouffe mortifère par exemple…

Attention tout de même tous ceux qui se révolte contre l’éco-taxe, ne le font pas pour les mêmes raisons et certainement pas en vertu d’un projet de monde commun, un intéressant complément d’information (et un autre son de cloche), deux analyses fort bien documentées de super-no

Anne W

Tous les Bretons ne portent pas de bonnet rouge | Le blog de SuperNo

Les bonnets rouges et les sans-couilles | Le blog de SuperNo

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 14:59

 

Hongrie : Les sans-abri sont désormais considérés comme des criminels

©-Petair-Fotolia.com_.jpg[1]
Un spectre hante l’Europe, celui des boucs émissaires, celui de la peur entretenue de glisser dans la catégorie stigmatisée parce que le chômage, la misère sont là et qu’il est tellement plus facile de s’acharner sur plus misérable que soi…

Stupeur pour les organisations de défense des Droits de l’Homme. Les parlementaires du gouvernement hongrois de Victor Orban ont voté lundi une loi permettant la criminalisation des sans-abri.

La loi qui autorise les municipalités à poursuivre les sans-abri qui vivent sur l’espace public ou fouillent les poubelles a été acceptée par 245 voix pour et 45 contre ce lundi 30 septembre. Le gouvernement a prétexté un maintien de l’ordre public, de la sécurité, de la santé et des valeurs culturelles en faisant adopter cette loi.

« Ils veulent cacher les SDF, en pensant que cela va améliorer l’image de la ville. C’est très problématique, parce que cela va à l’encontre de droits humains tels que la liberté de mouvement » a dénoncé Rita Bence, responsable de TASZ, l’Union hongroise pour les libertés civiles.Pour l’ONG Human Rights Watch, cette décision est insupportable. Les sans-abri qui sont déjà souvent victimes de leur situation pourront être condamnés à des travaux d’intérêt général, voir même à de la prison s’ils récidivent. Il y a quelques mois déjà, la municipalité de Budapest avait fait voter un décret permettant d’emprisonner les SDF qui ne paieraient pas leur amende de 180 € pour avoir occupé l’espace public.Pourtant, la cour constitutionnelle hongroise avait rejeté une loi similaire en 2012, estimant qu’elle serait une violation de la dignité humaine.

« Plutôt que de respecter la décision de la cour, le gouvernement, grâce à sa majorité absolue au Parlement, a répondu en faisant inclure au mois de mars une disposition dans la Constitution permettant la criminalisation des sans-abri » dénonce Human Rights Watch.Pour les 30 000 sans-abri hongrois, l’arrestation est maintenant un risque de tous les jours.Source : Human Rights Watch – See more at: http://citizenpost.fr/hongrie-les-abri-desormais-consideres-criminels/#sthash.cP4cUyoB.dpuf

 

Source : histoireetsociete | dieu me pardonne c'est son métier…

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 11:21

 

Crise: En 2012, un record, 120 000 portugais ont quitté leur pays !


Crise : Le Portugal se vide de sa population

 

 

 

brain20drain.jpgUn record dont il se serait passé: en 2012, le Portugal a perdu 10.000 personnes par mois selon l’Institut national des statistiques. De quoi plomber un pays, à peine sorti de la récession.

 

L’exode portugais se prolonge. Pire, il progresse. Le Portugal vient de battre son triste record des années 1960. 121.418 personnes se sont expatriées en 2012 contre 120.239 en 1966, sous la dictature d’Antonio d’ Oliveira Salazar.

 

D’après le quotidien Diário de Notícias, les Portugais privilégient les destinations européennes, dans l’espoir de trouver un travail. La France, le Luxembourg, la Suisse et le Royaume-Uni sont les plus concernés. Les chômeurs portugais sont même prêts à renouer avec l’Angola. L’ancienne colonie jouit d’un véritable boom économique ces dernières années.

 

La nouvelle marque le début d’une catastrophe pour le pays. Avec son faible taux de natalité, un solde migratoire négatif et l’augmentation constante du nombre de morts (plus de 100.000 personnes tous les ans) le pays traverse une crise démographique importante. Depuis 1982, le seuil de renouvellement de la population est dans le rouge.

 

Depuis 2011, le pays perd 55 000 Portugais par an. De quoi alarmer des économistes comme Carole Pereira Da Silva, qui déclare dans Diário de Notícias:

 

Il ne peut y avoir de reprise économique stable si toute la population, âgée de 15 à 64 ans, fuit le pays […] La crise que nous traversons est plus grave que celle des années 60. A l’époque, les migrants étaient majoritairement des ouvriers non qualifiés. Ils envoyaient l’argent qu’ils gagnaient au Portugal. Maintenant, nous perdons essentiellement des jeunes diplômés qui partent travailler et faire leur vie dans d’autres pays européens. Ces pays n’ont pas dépensé un centime pour leur éducation et aujourd’hui ils en récoltent tous les fruits. »

 


http://fr.myeurop.info/2013/10/31/chiffre-du-jour-le-portugal-se-vide-de-sa-population-12507

 

Via Crise: En 2012, un record, 120 000 portugais ont quitté leur pays ! - WikiStrike.com

Ps : Mais pourquoi, pourquoi faut-il toujours que les choses soient évaluées dans les termes d'une économie dont il s'agit avant tout de se débarrasser pour la remplacer par une autre plus humaine et rationnelle ?

N'oublions pas non plus la quantité de jeunes diplômés qui désertent le Portugal à destination du Brésil et l'Espagne pour l'Argentine et d'autres destinations d'une Amérique Latine plus prospère que la vieille Europe.

Anne W



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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 12:21

 

Quiconque qui, de manière intentionnelle viole les sanctions ou les mesures restrictives instituées à l'encontre des États ou des entités ou des organismes ou des personnes physiques ou morales, par les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies ou par celles des réglementations de l'UE, ceci est passible d'emprisonnement d'au moins six mois, la peine maximale étant deux ans d’emprisonnement, sauf si, une autre disposition prévoit une peine plus lourde. Les dispositions de l'alinéa précédent s'appliquent de même, que lorsque ces actes ne sont pas répréhensibles en vertu des lois du pays où ces faits sont perpétrés”.

 

L'article 458A et le sang

 


Sous le régime de la Troïka les jours se suivent et elles ressemblent fort à des nuits. Manolis Kapelonis 22 ans et Yorgos Foundoulis 26 ans sont les deux membres de l’Aube dorée assassinés ce soir à Néo Héraklion, quartier situé au nord d’Athènes. Des inconnus (au matin du 2 novembre) ont alors ouvert le feu devant les locaux du parti néonazi abattant de plein sang froid le deux jeunes. Un autre blessé est hospitalisé dans un état très critique. D’après les premiers reportages, les assassins auraient même porté le coup de grâce en vidant leurs chargeurs sur les victimes. Le vent athénien est fort mauvais en ce moment.

Athènes, 2013


Les membres de l’Aube dorée rencontrés sur place par les journalistes ont alors promis “une vengeance impitoyable car le cercle du sang a été inauguré ce soir”, et pour ce qui reste de l’esprit libre dans ce pays (fort heureusement il en reste suffisamment après trois ans de guerre économique, sociale et psychologique initiée par la Troïka, faisant de notre pays... un simulateur de camp de concentration de type II car grandeur nature), on admettra sans même hésiter un seul instant que ce n’est pas en assassinant les néonazis que la démocratie triomphera.

D’ailleurs c’est plutôt le contraire, déjà et ne l’oublions pas, le premier danger qui menace la démocratie en Grèce n’est pas celui de l’Aube dorée mais la politique de la Troïka ainsi que la méta-démocratie... réellement appliquée par nos dirigeants lesquels après le double assassinat du 1er novembre (avec ou sans revendication de cet acte) tenteront à réactiver leur sinistre “théorie des deux extrêmes”.

L’Aube dorée, authentiquement néonazie devient autant ce piège commode pour certains et fort dangereux pour tout un peuple à la mémoire assez longue... allant jusqu’à la guerre civile. Comme par hasard, et comme au même moment où certains néonazis et aubedoriens avaient assassiné Pavlos Fyssas, le pseudo-gouvernement d’Athènes faisait face à une vague de protestation populaire dans les rues, autant qu’à une attitude abominable d’une Troïka intraitable. On sait pourtant ne plus s’y tromper. Dans son édition électronique datée du 2 novembre c’est par la force d’un dessin que notre hebdomadaire satirique et politique “To Pontiki” souligne ainsi l’évidence: “En Grèce, toutes les balles sont fabriquées par la Troïka”.

En Grèce toutes les balles sont fabriquées par la Troïka


On sait aussi comment le chaos peut être orchestré ou attisé dans certains pays pour ensuite “légitimer” ces opération de maintient de l’ordre (parfois... plus nouveau que jamais) qui de fait, ne feront que pérenniser les catastrophes humanitaires et surtout la mainmise sur de vastes territoires. Et la Grèce, s’apparente déjà à un territoire administré depuis l’étranger, telle est du moins l’opinion la mieux partagée par l’immense majorité des Grecs en ce moment.

Au soir du 1er novembre les photos des victimes “relevées” depuis leurs profils à travers les réseaux dits “sociaux” de manière abusive et trompeuse, circulent aisément sur internet. Et ce blog, humaniste si possible contre vents et marées, et déjà si rodé en nécrologies ne fera pas l’impasse sur celle du moment, même si les victimes seraient bien familiers des idées incarnées et pratiquées par l’assassin de Pavlos Fyssas.

Sur ces photos, on y voit alors un Yorgos Foundoulis habitué des salles de musculation et “membre du personnel d'accueil” dans une boîte de nuit du quartier, d’après son profil facebook. J’ai remarqué après recherche que cette boîte de nuit incarne alors convenablement le pire “lifestyle” de la dernière décennie, propagé comme de la poudre... aux yeux de toute une population ainsi acculturée. Ce fut déjà une catastrophe inaugurale et ainsi culturellement et socialement “constituante”, préparant celle de la Troïka, de la fin du travail et de la démocratie, et de ce fait... du grand appareillage de l’Aube dorée dans les eaux saumâtres de la “gouvernance” hors Constitution.

Le profil de Yorgos Foundoulis


Le mobilier de l’appartement de Yorgos Foundoulis prouve alors ses origines sociales modestes, comme on dit parfois pour designer ceux qui n’habitent pas forcement du côté des banques. C’est alors ainsi que cette guerre contre la société passe autant par une certaine guerre entre pauvres et pauvres d’esprit, c’est aussi connu. Voilà donc pour ces derniers instantanés de leurs existences numériques ainsi exposés avant l’oubli ou sinon l’usage de cette mémoire, c’est selon. Entre-temps, des graffitis - “lieux de mémoire” de l’ère de l’après Pavlos Fyssas font leur apparition un peu partout dans l’agglomération d’Athènes. D’ailleurs, nous ignorons encore à présent leur véritable portée sur le moyen ou plus long terme.

En mémoire de Pavlos Fyssas. Athènes, novembre 2013


Car sur le terrain social la guerre fait toujours rage. Notre voisin Christos, chômeur et souffrant en ce moment mobilise ses bons amis ainsi que toutes ses forces restantes pour enfin trouver un médecin solidaire, et qui puisse le prendre en charge gratuitement. Au soir du 1er novembre il apparaissait bien accablé, tel un être décomposé ; et il n’a pas dit un seul mot à propos des événements du jour.

En Grèce, rappelons-le, trois millions de personnes se retrouvent désormais sans aucune couverture sociale, dont le voisin Christos. Le mémorandum, c’est alors la continuation de la guerre par une... autre économie et encore, par un régime politique autoritaire décidément inédit. C’est ainsi préoccupé par sa survie que Christos ne remarque plus grand-chose des derniers épisodes de notre saga méta-démocratique, ou sinon, il ne veut plus en parler.

Pourtant et depuis quelques jours, une mutation supplémentaire “tombée d’en haut” accentue désormais notre mutation dramatique dans l’hétéronomie politique à l’échelle de la dite construction européenne, voire... planétaire. C’est durant la dernière semaine d’octobre 2013, que d’après les reportages en cours, le “parlement” grec a adopté une loi, plus précisément il s’agit d’un amendement qui ajoute au code pénal grec l’article 458A (les décrets n’ont pas été publiés pour l’instant).

D’après ses dispositions: “Quiconque qui, de manière intentionnelle viole les sanctions ou les mesures restrictives instituées à l'encontre des États ou des entités ou des organismes ou des personnes physiques ou morales, par les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies ou par celles des réglementations de l'UE, ceci est passible d'emprisonnement d'au moins six mois, la peine maximale étant deux ans d’emprisonnement, sauf si, une autre disposition prévoit une peine plus lourde. Les dispositions de l'alinéa précédent s'appliquent de même, que lorsque ces actes ne sont pas répréhensibles en vertu des lois du pays où ces faits sont perpétrés”.

Devant les journaux. Athènes, le 30 octobre


Peu de journaux, peu de médias et alors si peu de journalistes ont remarqué cette nouvelle législation, d’abord en Grèce, et évidemment autant ailleurs. Mais il y a des exceptions car chez nous, certains masques sont déjà tombés et que de ce fait, nous devenons enfin si bien attentifs à tout. Dans sa tribune publiée dans le quotidien de centre-gauche “Elefterotypia” daté du 29 octobre 2013, sous le titre “Totalitarisme Européen”, Yannis Triandis note alors ceci: “Qui aurait pensé que l'Europe irait jusqu'à criminaliser les protestations, les objections, la dissidence et l'opposition à certaines de ses décisions ? Et pourtant c'est fait. Il a été révélé récemment qu'une telle législation vient d'être introduite et même adoptée par parlement grec, incorporant ainsi au droit pénal du pays, une Directive et autant un ordre de l'Union Européenne... Et qui aurait pu imaginer en plus que Syriza, le grand parti de l'opposition ainsi confronté à cette terrible empreinte du totalitarisme en cours, aurait réagi par une légèreté et en même temps par une indifférence alors ahurissantes, se limitant à la contre-argumentation dans le cadre du contrôle parlementaire, au lieu et place d’une grande campagne publique, pour ainsi dénoncer ce défi fasciste ?

En langage clair et pour mieux illustrer la nouvelle situation on peut considérer cet exemple: supposons que cette disposition aurait été appliquée lors de l'intervention armée des bandits internationaux en Serbie de 1999. Alors toutes les personnes (par exemple, les joueurs des équipes de football qui avaient à l’époque manifesté leur solidarité en organisant des rencontres avec les équipes de Belgrade), seraient ainsi confrontés au contrôle pénal pour finir en prison.

Cette terre a été libérée par EAM-ELAS”. Affiche des jeunesses communistes rappelant la résistance. Athènes, octobre 2013


Le ministre de la Justice affirme que la directive européenne est obligatoire pour ainsi justifier l'introduction de cette loi, et il a ainsi essayé de dissiper les impressions très négatives et le malaise générés, en assurant qu'il ne s'agit pas de persécuter les opinions, ni les protestations ou la liberté d’expression. Toutefois, le texte de cette loi est clair. Car cette évidence de la compatibilité d’une telle loi avec les règles en vigueur dans une société libre ne s’exprime nulle part. En explicitant par exemple que cette disposition ne concerne que le comportement des États, (et) en agissant par exemple en violation d’un embargo alors imposé à un pays tiers par l'Union européenne. Au contraire, cette ambiguïté délibérée pourtant si bien claire... peut être lue et interprétée de manière à criminaliser les opinions, la protestation ou l’opposition.

Car cette triste Europe connait un mauvais précédent. L'opinion et ses expressions (quant aux événements historiques) sont et depuis longtemps criminalisées. Ainsi, certains écrivains ont été emprisonnés et leurs livres ont été interdits (loi Gayssot en France). Et puisque certains pays ne se sont pas jusqu'à présent alignés sur cette logique Hitlérienne (sic), l'Union européenne exerce sur eux, une pression alors insupportable, afin qu’ils introduisent dans leur législation de telles dispositions, prenant prétexte de la lutte institutionnalisée contre le racisme et contre la... menace fasciste !”. On peut certes ne pas être d’accord avec Yannis Triandis sur les “modalités” de la guerre de 1999 contre la Serbie, ou encore approuver en partie ses arguments, comme on peut parfois emmètre des arguments en faveur de la loi Gayssot en France. Sauf que pour ce qui est de l’essentiel me semble-t-il, la criminalisation potentielle et désormais (très) possible des opinions contraires aux décisions de l’UE ou du Conseil de Sécurité de l’ONU constituent un pas... remarquable vers la déchéance planifiée (et autant... culturellement désormais admissible) des régimes politiques en Occident, appelés parfois jadis “Démocraties bourgeoises” (avant l’euro) !

L’économiste Alberto Bagnai.“Comment sortir de l'euro”. Colloque à Pescara, octobre 2013


C’est en ce sens décidément que le mémorandum a pour tout dire parfaitement rempli son rôle: abolir toute législation antérieure liée au travail et à ses droits, abolir le travail lui-même, instaurer un régime politique basé sur la peur, sur les suicides ou les assassinats, sur les relations interpersonnelles “anthropophagiques” et pour finir, progressivement criminaliser toute opposition pratique et même idéologique. Je note encore que les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU (et non pas celles issues des séances plénières de l’ONU), résultent d’une certaine géopolitique des rapports de force et d’une géostratégie alors certaines, de même que le processus décisionnel en vigueur au sein de l’UE, très éloigné des principes démocratiques (pour ainsi l’exprimer... gentiment) !

C’est autant en encore en ce sens ici en Grèce (et bien au-delà) que nous tous (ou du moins certains “passéistes”), luttons pour notre survie matérielle et autant pour ainsi rétablir et régénérer un régime démocratique déjà conforme à l’esprit et à la lettre des textes constitutionnels encore en vigueur en Europe occidentale de l’après-guerre, car les apparences sont pour l’instant sauves.

Imaginaire italien. Pescara, octobre 2013


De ce fait, nous sommes déjà considérés comme étant potentiellement des “extrémistes”, alors que l’extrémisme de la financiarisation des liens et des échanges érigé en régime sinon totalitaire, du moins autoritaire à bas voltage, ne fait guère de doute. Tout comme “notre” type anthropologique nouveau, issu de la misère de la pensée économique qui lui est si conforme et autant de la misère sociale érigée en vertu expiatoire par les élites européistes.

J’y ajouterais que lorsque “la terre brûle” ainsi sous le contrat social, la démocratie (déjà si problématique car structurellement incomplète) est déjà réduite en cendres... le sang en plus.

Animal adespote en Italie. Pescara, octobre 2013

 




* Photo de couverture: “Deux membres de l'Aube dorée assassinés”. “Quotidien des Rédacteurs” du 2 novembre
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:46

 

Quand on vous le dit que pour les marchands d’armes tout est prétexte à s’enrichir à prix de mortelles déchirures pour les peuples de la Terre. C'est cela "la crise", l'argent et donc l'énergie des peuples confisqué pour faire couler le sang d'autres peuples et enrichir quelques sadiques qui se rient de vous et de moi... et d'eux !

 

Union Européenne : accueillir les demandeurs d’asile avec des drones !

La militarisation des politiques d'immigration en UE

 

 

 

 

UE drone

 

 Il y a cinq ans, j’ai eu l’honneur douteux d’une entrevue avec un représentant du parti flamand d’extrême-droite, Vlaams Belang. Après avoir écouté cette femme éructer ses bêtises paranoïaques à propos de la police qui aurait « peur » d’entrer dans certains quartiers de Bruxelles, « où commandent les musulmans », j’ai demandé si elle avait quelque chose contre moi. Comme ressortissant irlandais, je suis un étranger en Belgique, expliquai-je. Ce n’était pas un problème, répondit-elle, parce que « vous êtes probablement de la même religion que nous ». La catastrophe au large de Lampedusa me rappelait cette conversation bizarre et inquiétante. Au milieu du XIXe siècle, mes ancêtres ont fui la faim et la misère dans des « bateaux cercueils », mourant souvent à bord. L’émigration massive hante l’Irlande de nouveau aujourd’hui. Pourtant, contrairement aux Africains qui ont péri avant d’avoir pu atteindre le rivage italien, nous pouvons en général voyager en toute sécurité. JPEG - 51.7 ko Un groupe de survivants du bateau naufragé près des côtes de Lampedusa, la semaine dernière, où des centaines de passagers sont morts noyés – Photo : EPA/Ettore Ferrari L’adaptation à une nouvelle vie à l’étranger n’est jamais facile. Mais, au moins , les démagogues voudront bien de nous parce que nous sommes de la même « race » – ou, comme ils préfèrent dire : de la même religion. Parfois, cependant, je ne suis pas si sûr que l’écart entre les partis extrémistes comme le Vlaams Belang ou l’Aube dorée et les partis politiques « dominants » soit si éloigné que cela. Nick Griffin, un truant britannique du Parti national et maintenant installé comme élu au Parlement européen, a une fois provoqué un tollé général en affirmant que les bateaux transportant des migrants devraient être pris pour cibles par l’armée. Si Griffin avait été juste un tant soit peu nuancé dans ses propos, sa proposition aurait été peu différente finalement de la politique officielle de l’UE. La réponse immédiate de Cecilia Malmström, commissaire aux affaires intérieures de l’UE, à la catastrophe Lampedusa, était pour vanter un nouveau système de surveillance des frontières appelé Eurosur. Selon Malmström , après sa mise en service en décembre, le système aidera les autorités à sauver les bateaux qui rencontrent des difficultés. Contrairement à ce que Malmström a affirmé, Eurosur n’est pas une initiative humanitaire. Au contraire, son objectif principal concerne ce que la Commission européenne appelle « l’immigration clandestine » – un terme péjoratif alors que de voyager d’un pays à l’autre en quête d’une vie meilleure est tout sauf un crime. Eurosur est en partie le fruit d’un projet de 15 millions d’Euros investis dans la recherche scientifique et lancé en 2010. Bien que principalement financé par l’UE, le projet voit une importante participation de gros fabricants d’armes comme l’entreprise BAE de Grande-Bretagne BAE , EADS franco-allemande, et Indra en Espagne. Eurosur s’inscrit donc dans la longue liste des projets financés par l’Union Européenne en matière de sécurité maritime. L’OPARUS est un autre projet qui réunit BAE, EADS et les sociétés françaises Thales et Dassault. Sa mission est d’examiner comment les drones peuvent aider à intercepter les Africains ou les Asiatiques qui tentent d’entrer en Europe. L’Israélien des Industrie Aérospatiales (Israel Aerospace Industries – IAI), fabriquant des drones utilisés dans le bombardement des civils gazaouis, est également dans le coup. Au cours de ma discussion avec Malmström, je l’ai à deux reprises contestée en cherchant à savoir pourquoi voulait-elle que des avions de guerre prennent pour cible une poignée de personnes appartenant à la catégorie la plus misérable de la planète. Mon interlocutrice a tenté de se débarrasser de moi en prétendant que l’utilisation des drones à des fins de violence n’est que pure coïncidence. Il ne fait guère de doute que l’Union Européenne est en train d’adopter une approche de plus en plus militarisée envers les questions de l’immigration et des demandes d’asile. Par ailleurs, l’agence européenne de gestion des frontières, Frontex, jouera un rôle très significatif dans la supervision d’Eurosur. L’agence est dirigée par Ilkka Laitenen, un général de brigade finlandais. Il siège au comité consultatif pour l’Agenda de la Défense et de la Sécurité Ce dernier est un groupe de réflexion tributaire du financement de l’industrie de l’armement. Laitenen et son staff entretiennent également des contacts réguliers avec l’Agence Européenne de Défense, un organe mis en place afin d’attirer et de développer des affaires pour les fabricants d’armes du continent. A l’instar d’Eurosur, Frontex s’est mis à chercher à se procurer les drones jugés appropriés pour repérer et poursuivre les immigrés. L’agence est également connue pour avoir invité des fabricants de drones américains et israéliens à faire une présentation de leurs marchandises meurtrières devant son staff. Dans le même contexte, le Ministère Américain du Commerce a recommandé aux producteurs d’armes du pays de garder un œil sur le Frontex, car il pourrait offrir des « opportunités d’exportation » pour les États-Unis. Par ailleurs, Cecilia Malmström a critiqué à juste titre les autorités Grecques pour avoir approuvé un nombre très réduit de demandes d’asile, tout en refusant systématiquement l’asile aux réfugiés syriens ayant fui la guerre civile dans leur pays. Il ne faut pas oublier que Malmström supervise le travail de Frontex, la même agence qui n’a pas empêché les abus de la Grèce au sujet du droit d’asile. En janvier 2011, la Cour Européenne des Droit de l’Homme qui siège à Strasbourg, a jugé que les centres de détention des demandeurs d’asile en Grèce étaient dans un tel état de délabrement que le fait d’y placer des gens équivalait à des actes de torture. Frontex a, pour rappel, fourni des bus pour transporter les demandeurs d’asiles vers ces centres. Par conséquent, il est reproché à l’agence d’être un sous-traitant pour la torture. Je ne peux cependant pas m’empêcher d’observer que l’une des principales vantardises du Parti Conservateur Britannique lors de sa récente conférence annuelle était le fait d’avoir réduit l’immigration. Cet orgueil et cette fierté doivent être placés dans le contexte d’une guerre idéologique plus vaste menée contre les pauvres d’Europe et de contrées encore plus lointaines. Et comme dans chaque guerre, les principaux bénéficiaires sont ceux qui construisent les instruments qui alimentent ces guerres. David Cronin Article original en anglais : The Militarization of Immigration Policy. Greeting Asylum-Seekers With Drones, CounterPunch, 8 octobre 2013 Traduction : Info-Palestine.eu - CZ & Niha JPEG - 3.6 ko David Cronin est le correspondant de l’agence de presse Inter Press Service. Né à Dublin en 1971, il a écrit pour diverses publications irlandaises avant de commencer à travailler à Bruxelles en 1995. Son dernier livre, ” Corporate Europe : How Big Business Sets Policies on Food, Climate and War ” est publié en août chez Pluto Press www.plutobooks.com.

 

via
Union Européenne : accueillir les demandeurs d’asile avec des drones ! | Mondialisation

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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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