6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 20:55

 

Total envahit les écoles avec la bénédiction du ministère de l’Education
Camille Martin
Une compagnie pétrolière promouvant les gaz de schiste et pratiquant l’évasion fiscale est autorisée par les autorités éducatives à venir faire cours dans les écoles : une pratique courante, comme le révèle Reporterre.
Le lobbying ne se déroule pas que dans les couloirs des ministères, de l’Assemblée nationale, de la Commission de Bruxelles, voire au sein de l’Elysée. C’est aussi dans les écoles que les grandes entreprises parviennent à s’insinuer, proposant aux enseignants des "outils pédagogiques" pour les aider à remplir le programme éducatif. Mais elles reçoivent l’appui des autorités du ministère de l’Education, comme le prouve le document que nous publions et que nous a envoyé une lectrice scandalisée - elle-même enseignante - à l’adresse planete (at) reporterre.net.
Il s’agit d’une lettre envoyée à en-tête de la République française par le Directeur académique de l’Académie de Bordeaux aux chefs d’établissement du second degré et écoles primaires de son ressort. Il les invite à réserver un bon accueil à l’entreprise Total, dont les "collaborateurs" pourront intervenir dans les classes pour des cours d’1h30.
"Tout comme les années précédentes" écrit-il, "dans le cadre du programme ’Planète Energies’ mis en place par le groupe Total en 2005, des collaborateurs de l’entreprise pourront intervenir dans les classes de CM1 à la Seconde, à la demande des enseignants, afin d’aborder la problématique énergétique."
Le directeur joint une présentation du programme Planète Energies, qui "propose des clés de compréhension sur toutes les énergies et leurs défis. Cette démarche pédagogique consiste à intervenir gratuitement dans des classes du CM1 à la 2e pour une durée d’1h30 environ afin de traiter de sujets en cohérence avec les programmes scolaires en vigueur :
- les énergies, renouvelables et fossiles
- la nécessité de limiter la consommation des énergies fossiles
- le développement des énergies renouvelables
- la découverte de l’entreprise TOTAL et de ses métiers pour les classes de 3e et de 2nde.
Nous fournissons aux professeurs et aux élèves de la documentation gratuite et adaptée au niveau de chaque classe. Nos animateurs (collaborateurs TOTAL) participent sur la base du volontariat et disposent du matériel informatique nécessaire." Kit pédagogique de Total
Il va de soi que l’information délivrée par une entreprise qui pratique l’évasion fiscale pour ne pas payer d’impôts en France, qui promeut le gaz de schiste et qui exploite les sables bitumineux en Alberta (Canada) a une vision neutre et désintéressée des questions d’énergie.
L’agro-industrie se pose en professeur d’agriculture
Total n’est pas seul à venir faire de la propagande (pardon, de l’enseignement "gratuit") dans les écoles de la République.
La chaîne de distribution E. Leclerc s’insinue elle aussi dans les écoles pour y faire de la publicité sous couvert de mener "des actions environnementales".
Les grandes cultures agro-industrielles viennent de leur côté meubler l’esprit des chères têtes blondes sous le sigle de "L’école des céréales", dont le site internet propose un "partenariat pédagogique" aux enseignants :
"Madame, Monsieur,
Rendre les élèves curieux des nouvelles applications de la biomasse agricole, des incroyables évolutions du monde rural depuis la fin de la seconde guerre mondiale, faire découvrir avec simplicité le fonctionnement de la Politique Agricole Commune, le rôle des céréales dans notre alimentation, réaliser des expériences scientifiques avec de l’amidon, écouter des témoignages des différents acteurs de la filière… sont autant de sujets sur lesquelles la filière céréalière peut vous faire bénéficier de ses connaissances, dans le cadre d’un partenariat pédagogique."
Là encore, on peut être assuré de la neutralité parfaite des supports pédagogiques, puisque “Passion Céréales remercie l’ensemble des acteurs de la filière, les agriculteurs, qui ont contribué à la réalisation de ces outils, notamment l’AGPB, l’AGPM, Alliance 7, l’ANMF, ARVALIS-Institut du Végétal, les Brasseurs de France, le CFSI-SIFPAF, Coop de France-métiers du Grains, Coop de France-Nutrition Animale, la FNA, France Export Céréales, les Malteurs de France, le SNIA, l’USIPA et l’USM" : autant d’acteurs puissants d’une agriculture industrielle et focalisée sur l’exportation.

Illustrations :
- kit pédagogique de Total : Planète energies


Lire aussi : Pourquoi l’éducation est-elle fondamentale pour changer le monde ?.

Reporterre
Via Humeurs de Marissé
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 12:46

 

 

Je reprends ce texte qui est malheureusement plus que jamais d'une brûlante actualité.

De Nick Turse également et complémentaire

 La nouvelle doctrine d’Obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. Ou comment mettre la planète à feu et à sang.

 

 

 

 

Une guerre secrète dans 120 pays

Nick Turse traduit de l’anglais en espagnol  pour Rebelion

 

En chaque endroit de cette planète, un commando étasunien est en train de mener à bien en ce moment une mission. Même si nous répétons cela 70 fois… cela n’aura pas suffi pour aujourd’hui. Sans que le peuple américain n’en sache rien, une force secrète à l’intérieur de l’armée des EU a entrepris toute une série d’opération dans une majorité des pays du monde. Cette nouvelle élite du pouvoir dans le Pentagone se livre à une guerre globale dont la taille et l’étendue n’ont encore jamais été révélées jusqu’ici.

Depuis qu’une SEAL (Sea, Air, Land, groupes conjoints dont l’emblème est le phoque. NdT) de la Marine US eut mis une balle dans la poitrine et une autre dans la tête de Osama Bin Laden, après avoir donné assaut au refuge dans lequel il était caché au Pakistan, une des plus secrètes parmi les unités d’opération sous couverture de l’armée US s’est convertie en centre de l’attention générale. Voilà qui est peu commun. Malgré que l’on sache que les Forces d’Opérations Spéciales des EU sont déployées dans les zones de guerre d’Afghanistan et d’Irak ; et qu’il soit toujours plus évident que ces unités interviennent dans des zones conflictuelles difficiles, comme le Yémen ou la Somalie ; l’extension totale de ces guerres, d’une ampleur mondiale est restée profondément enfouie dans l’ombre.

L’année passée, Karen De Young et Greg Jaffe, du Washington Post, donnèrent l’information : les forces Spéciales des EU étaient déployées dans 75 pays.  A la fin de la présidence de Georges W. Bush, ces forces se retrouvaient dans 60 pays. Le porte-parole du commandement des dites Opérations Spéciales Tim Nye, me dit que pour la fin de cette année (2011) ce chiffre atteindra probablement 120. « Nous n’arrêtons pas de nous déplacer, il ne s’agit pas seulement de l’Afghanistan et de l’Irak. » dit-il récemment. Cette présence globale ‘dans près de 60 % des nations du monde et beaucoup plus étendue qu’elle ne l’était reconnue antérieurement  – elle donne une nouvelle et surprenante preuve de l’existence et de la montée en pouvoir d’une élite clandestine à l’intérieur du Pentagone qui est en train d’entreprendre une guerre secrète dans tous les coins de la planète.

L’apparition d’une ”armée secrète” au sein de l’armée.

Apparu depuis l’échec de l’assaut de 1980 qui tentait de sauver les otages étasuniens en Iran, dans lequel 8 soldats étasuniens perdirent la vie, le Commandement des Opérations Spéciales étasuniennes (SOCOM) fut créé en 1987. Une fois que l’armée régulière surmonta la perte de confiance et la manque  de fonds des années post-Vietnam, les Forces d’Opérations Spéciales de rencontrèrent soudain unifiées, dotées un budget stable et d’un commandant 4 étoiles comme défenseur.

Depuis lors, SOCOM a grandi en proportion alarmantes en tant que force combinée. Elle est composée d’unités issues de toutes les branches de l’armée, incluant les « Bérets Verts » et les Rangers, les SEAL de la Marine, les Commandos des Forces Aériennes et les Equipes d’Opérations Spéciales du Corps des Marines, en plus d’équipages spécialisés d’hélicoptères, équipages de bateaux, personnel des affaires civiles, corps de secours paramilitaires jusqu’à des contrôleurs du trafic aérien de batailles et météorologues des opérations spéciales ; les SOCOM mènent les missions les plus secrètes et les plus spécialisées des EU.

Ces missions incluent les assassinats, attaques contre-terroristes, missions de reconnaissance de longue portée; analyse de renseignements, entraînement des troupes étrangères et opération de contre-prolifération d’armes de destruction massive.

Un de ses éléments clé est le Commandement des Opérations Spéciales Conjointes ou JSOC, un sous commandement clandestin qui a pour missions principales la poursuite et l’assassinat de terroristes supposés. Le JSOC présente ses rapports au président et agit sous son autorité, il maintient une liste noire globale qui inclut des citoyens des EU. Il développe une campagne de « chasse et capture » extra-légale que John Nagl, un ancien conseiller en contre-insurrection du général 4 étoiles et prochain directeur de la CIA David Petraeus,  appelle une machine a tuer des terroriste à dimension industrielle.

Ce programme de meurtres est accompli par des unités de commandos comme les SEAL de la Marine et les Forces Delta de l’Armée, tout aussi bien que par l’intermédiaire d’avions sans pilotes, qui font partie des guerres secrètes dans lesquelles la CIA est impliquée dans des pays comme la Somalie, le Pakistan, et le Yémen. En plus le commando dirige et contrôle un réseau de prison secrètes, sans doute jusqu’à 20 sites noires, rien qu’en Afghanistan, qui sont utilisée pour des interrogatoires.

Industrie en croissance

D’une forcé de quelques 36 000 membres au début de la décennie des 90, le personnel du commandement des opérations spéciales a augmenté pour atteindre 60 000 hommes, parmi lesquels un tiers son membres permanents de SOCOM ; les autres ont d’autres spécialités occupationnelles militaires et opèrent une tournante dans le monde entier.

La croissance des budgets de base de la SOCOM a été exponentielle depuis le 11 septembre, depuis 2001, ils ont presque triplé passant de 2300 millions de dollar à 6 300 millions. Et si on y ajoute le financement pour  les guerres d’Irak et d’Afghanistan, il a plus que quadruplé atteignant 9 800 millions de dollars au cours de ces années. Il n’est donc pas surprenant que le nombre de personnel déployé à l’étranger ait quadruplé lui aussi. Des nouvelles augmentations et des opérations plus larges se pointent aussi à l’horizon.

Le  général en fonction Denis Hejlik, qui auparavant était chef de Commandement des Opérations Spéciales des Forces du Corps des Marines –la dernière des branches de l’armée à incorporer la SOCOM en 2006 -  annonce qu’il prévoit de doubler son unité qui est composée de 2600 effectifs. « Je les vois comme une force qui disposera de 5 000 membres, l’équivalent du chiffre de SEAL qui est sur le champ de bataille. Entre 5000 et 6000 » dit-il lors d’un déjeuner célébré au moins de juin avec un journaliste du domaine de la défense de Washington. Les plans à longue échéance exigent que la force augmente déjà de 1 000 unités effectives.

Durant sa récente audition de confirmation au Sénat, le Vice-amiral de la Marine William Mac Raven, chef entrant de SOCOM et ancien chef de JSOC (celui qui commandait lors de l’attaque de Bin Laden) obtint un rapide taux d’augmentation de 3 % à 5 % par année, cependant il luttait pour obtenir d’avantage de ressources, incluant plus d’avions téléguidés et la construction de nouvelles installations pour les opérations spéciales.

Un ex SEAL qui  en certaines occasions accompagne encore les troupes sur le champ de bataille, Mac Raven, affirme que comme les forces conventionnelles sont en diminution en Afghanistan, les troupes des opérations spéciales devraient y tenir un rôle toujours croissant. En Irak, ajoute-t-il, ce serait tout bénéfice si les forces étasuniennes continuaient à travailler là une fois passée la limite de décembre 2011 pour un retrait total des troupes étasuniennes. Il assura aussi au Comité de Service Armé du Sénat que « comme ancien commandant de la JSOC, il peut affirmer qu’ils ont travaillé fort dur au Yémen et en Somalie »

Pendant un discours au Symposium Annuel des Conflits de Basse Intensité et des Opérations spéciales de l’Association Industrielle de la Défense Nationale célébré le premier de l’an, l’Amiral de la Marine Eric Olson, le chef sortant du commandement des Opérations Spéciales, signala une image de satellite obtenue de nuit. Avant le 11-s, on pouvait considérer comme zones clés les portions illuminées de la planète – dans leur majorité des nations industrialisées du Nord global – « Mais le monde a beaucoup changé au cours de la dernière décennie » dit-il. « « Notre point de vue a changé en grande mesure concernant le Sud… assurément à l’intérieur de la communauté des opérations spéciales, nous abordons les menaces émergentes depuis les zones qui ne sont pas illuminées ».

A cette fin, Olson lança le “Projet Lawrence », un effort pour augmenter les habilitations culturelles – comme les formations avancées en langues et une meilleure connaissance de l’histoire et des coutumes – pour les opérations à l’étranger. Le programme s’appelle ainsi à cause de l’officier britannique, Thomas Edward Lawrence (plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie) ; qui s’unit aux combattants arabes pour entreprendre une guerre de guérilla au Moyen-Orient durant la première guerre mondiale. Mentionnant l’Afghanistan, le Pakistan, le Mali et l’Indonésie, Olson a ajouté que le SOCOM nécessite à présent « Lawrence de toutes parts’.

Quoique Olson n’ai fait référence qu’à 51 pays qui constitueraient un objet de préoccupation pour SOCOM , Nye me dit un jour que les forces d’opérations spéciales étaient déployées dans plus ou moins 70 nations de tout le monde. Dans chacune d’elles, s’empresse-t-il d’ajouter, à la demande des gouvernements hôtes.

Selon le témoignage d’Olson au début de l’année devant  le Comité des Services des Armées du Congrès, environs 85% des troupes des Opérations Spéciales déployées à l’étranger se rencontre dans 20 pays de la zone d’opération de CENTCOM dans le Grand Moyen Orient : Afghanistan, Bahreïn, Egypte, Iran, Irak, Jordanie, Kazakhstan,  Koweït, Kirghizstan, Liban, Oman, Pakistan, Qatar, Arabie Saoudite, Syrie, Tadjikistan, Turkménistan, Emirats Arabes Unis, Ouzbékistan et le Yémen. Le reste étant dispersé dans le monde entier, depuis l’Amérique du Sud, au Sud Est Asiatique, quelques-unes en petit nombre, d’autres en grands contingents

Le Commando des Opération spéciale ne veut pas révéler dans quel pays ces forces sont localisées. « Il est clairement avantageux pour nous de ne pas révéler certains des lieux où nous sommes installés » dit Nye. « Toutes les nations hôtes ne désirent pas le savoir, quelles que soient les raisons, qu’elles soient internes ou régionales »

Mais ce n’est pas un secret, (ou alors bien mal gardé) que les troupes d’opérations spéciales noires, comme les SEAL et la forcé Delta, mènent des mission de capture et de meurtres  en Afghanistan,  en Irak, au Pakistan et au Yémen, pendant que les forces blanches comme les “Bérets vert” et les Rangers entraînent des forces indigènes pour faire face à une guerre secrète mondiale contre Al Qaeda et d’autres groupes militants.

Aux Philippines par exemple, les EU ont dépensé 50 millions de dollars par an dans un contingent de 600 effectifs des Forces d’Opérations Spéciales  de l’armée, les SEAL de la Marine, des opérateurs spéciaux de la Force Aérienne et d’autres qui mènent des opérations de contre-terrorisme avec des alliés philippins contre des groupes d’insurgés comme la Yemaah Islamiyah et Abu Sayaf.

L’année passée, comme le révèle une analyse de documents de SOCOM, de documents de sources ouvertes du Pentagone et de bases de données des missions des Opérations Spéciales compilées par la journaliste d’investigation Tara McKelvey (pour l’Initiative de Journalisme de Sécurité Nationale de la Faculté Medill de Journalisme), la majorité des troupes d’élite étasuniennes ont réalisé des exercices d’entraînement conjoint à Belize, au Brésil, en Bulgarie, au Burkina Faso, en Allemagne, en Indonésie, au Mali, à Noriega, à Panama et en Pologne.

Dans ce que nous faisons cette année, il y a eu des  missions d’entraînement semblables en République Dominicaine, en Jordanie, en Roumanie, au Sénégal, en Corée du Sud et en Thaïlande, et dans d’autres pays. En réalité me dit Nye, en ce moment, les travaux d’entraînement se poursuivent dans presque tous les pays dans lesquels les Forces Spéciales sont déployés. « Dans les 120 pays que nous aurons visité en fin d’année, je dirais que dans l’immense majorité il y a des exercices d’entraînement d’une manière ou d’une autre. Nous pourrions classifier cela comme des exercices d’entraînement »

L’élite au pouvoir au Pentagone.

En d’autres temps, pupilles abandonnées de l’establishment militaire, les Forces Spéciales ont grandi exponentiellement non seulement en taille et en budget mais aussi en pouvoir d’influence. Depuis 2002, SOCOM a été autorisé à créer ses propres Détachements Spéciaux Conjoints aux Philippines, une prérogative normalement réservée aux commandos combattants plus grands, comme le CENTCOM. Cette année, sans en faire de publicité, SOCOM a créé son propre Détachement Spécial des Acquisitions Conjointes, un groupe de concepteurs d’équipement et de spécialistes en acquisition.

Avec ce contrôle sur le budget, les formations et l’équipement de ses forces, des pouvoirs normalement réservés aux départements (comme le département de l’Armée ou le Département de la Marine) de ceux à qui se prodiguent des dollars à chaque budget du Département de la Défense et qui a d’influents défenseurs au Congrès, actuellement SOCOM est un acteur doté d’un pouvoir exceptionnel au sein du Pentagone.

Il est capable avec un poids réel de gagner des batailles bureaucratiques, d’acheter du matériel de technologie de pointe, de se dédier à des enquêtes marginales notamment concernant les transmissions de messages électroniques de personnalités influentes ou de développer dans l’ombre des technologies secrètes pour les troupes de terre. Depuis 2001, les contrats importants concédés aux petites entreprises – celles qui produisent généralement des équipements spécialisés et des armes – ce sont multipliés par 6.

Avec ces quartiers à la base de la Force Aérienne Macdill en Floride, mais opérant à l’extérieur de cette scéne, les commandos se répandent sur toute la planète, y compris Hawaï, l’Allemagne et la Corée du Sud, ils sont actifs dans une majorité de pays, le Commandement des Opérations Spéciales est actuellement une force en soi.

Comme chef sortant de SOCOM, Olson signala au début de l’année : SOCOM “est un microcosme du Département de la Défense, avec des composantes terrestres, maritimes et aériennes, une présence globale et une autorités et des responsabilités à l’image des départements militaires, des services de l’armée et des agences de la Défense. »

Chargé de coordonner tous les plans du Pentagone contre les réseaux globaux du terrorisme et, en conséquence, en étroite connections avec d’autres agences gouvernementales, des armées étrangères et des services de renseignement ; armé avec une immense panoplie d’hélicoptère espions, d’avions de pointe avec équipages et d’autres télécommandés super armés, avec des bateaux rapides dotés des technologies les plus perfectionnées. Humvees spécialisés et véhicules adaptés à tous terrains résistants aux mines et embuscades, ou MRAPs ainsi que d’équipements d’avant-garde (et d’autres sont en préparation), SOCOM représente quelque chose de nouveau au sein de l’armée.

Quoique que le défunt spécialiste du militarisme Chalmers Johson se soit référé à la CIA comme armée privée du Président , aujourd’hui le JSOC assume ce rôle., agissant comme chef exécutif des escadrons privés d’assassins et son parent SOCOM fonctionne comme une nouvelle élite de pouvoir au Pentagone, une armée secrète au sein de l’armée qui détient le pouvoir local d’une portée globale.

Dans 120 pays de toute la planète, les troupes du Commando des Opérations Spéciales mènent des guerres secrètes d’assassinats ciblés et de base intensité, des opérations de captures et de séquestrations, des attaques nocturnes de type « coup dans la porte », des opérations conjointes avec des forces étrangères et des missions d’entraînement avec des associés locaux, étant parties d’un conflit de l’ombre, de ceux aux sujet desquels les étasuniens ne sont pas informés. En d’autres temps « spéciales » s’entendait comme petites, peu consistantes, des équipe qui agissent loin, aujourd’hui elles sont spéciales par leur pouvoir, leurs accès, leur influence, leur rayonnement.

Ce rayonnement bénéficie à présent d’une campagne de relation publique bien orchestrée qui les aide à projeter une image surhumaine à l’intérieur et à l’extérieur, malgré qu’une grande partie de ses activités actuelles s’effectuent toujours plus dans l’ombre. La vision typique qu’ils essayent de diffuser peut se résumer dans la déclaration de l’Amiral Olson : « Je suis convaincu de ce que les forces … sont les associés les plus multiculturels, les chasseurs d’assassins les plus mortels et les conseillers, formateurs, solutionneurs de problèmes et guerriers les plus responsables, agiles, innovateurs et efficaces qu’aucune nation puisse offrir »

Récemment au Forum de Sécurité de l’Institut Aspen, Olson donna quelques commentaires aussi édulcorés mais aussi quelques informations mensongères en affirmant que les Forces d’Opérations Spéciales des EU étaient en train d’opérer dans 65 pays et impliquées dans des combats dans seulement 2 d’entre eux. Quand il fut interrogé au sujet des avions sans équipages au Pakistan, selon les informations, il répondit « Etes-vous en train de parler d’explosions non attribuées ? »

Cependant quelque chose lui échappa. Il signala par exemple que des opérations noires, comme la mission Bin Laden, avec des commandos aéroportés réalisaient des attaques nocturnes, et que c’était devenu quelque chose de très banal. Chaque nuit s’en mènent à bien une douzaine, dit-il. Cependant le commentaire qu’il fit concernant la taille du SOCOM est encore plus éclairant. En ce moment, souligna-t-il, les Forces des Opérations Spéciales des EU sont presque aussi grandes que toute l’armée du Canada en service actif. En réalité cette force est beaucoup plus grande que les armées en service actif de beaucoup de nations dans lesquels les troupes d’élite opèrent chaque année et il a été décidé qu’elles continueraient d’augmenter

Les étasuniens doivent être conscients de ce que cela signifie d’avoir des forces « spéciales » aussi immenses, aussi actives et aussi secrètes et il est fort probables qu’ils commenceront à l’être quand ils disposeront d’une meilleure information. Or cette information, ce ne sera ni Olson, ni ses troupes qui vont la dispenser. « Notre capacité d’accès [à des pays étranger] dépend de notre capacité de ne pas en parler » dit-il en réponse a une question au sujet de ce culte du secret de SOCOM. Quand les missions deviennent objet d’attention comme ce fut le cas avec Bin Laden, les troupes d’élites se sentent molestées. « L’armée secrète » de l’armée veut retourner dans l’ombre et faire ce qu’elle a à faire. »

 

A partir de la traduction espagnole réalisée pour Rebelión par Sinfo Fernández.

Nick Turse est historien, essayiste et journaliste d’investigation. Il est éditeur associé de TomDispatch.com y nouveau rédacteur de Alternet.org, Son dernier livre : The Case for Withdrawal from Afghanistan (Verso Books).

Este artículo es una colaboración entre Alternet.org y TomDispatch.com

Source espagnole : Diario La Izquierda: Una guerra secreta en 120 países (Nick Turse)

Traduction française Anne Wolff

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 22:08

 

 

 

Ingérence délibérée sous prétexte douteux !
Général Dominique Delawarde                 
Alors que certains journalistes, puis le gouvernement français, mettent en cause la loyauté nationale des Français mettant en doute les accusations formulées par les services de Renseignement français, le général Dominique Delawarde met les pieds dans le plat. Pour lui, les preuves indubitables produites par le pouvoir politique ne sont absolument pas crédibles d’un point de vue militaire.
Cet article a pour but de donner les raisons précises de mes doutes quant à l’opportunité d’une intervention en répondant à quelques questions simples. Il s’agit aussi de donner matière à réfléchir à ceux qui veulent vraiment étudier le problème sans se contenter des logorrhées verbales bien pensantes et des affirmations péremptoires des hommes politiques de tous bords
Ancien chef du bureau "Situation-Renseignement-Guerre électronique" de l’État Major Interarmées de Planification Opérationnelle en région parisienne, ayant servi près de deux années au Proche Orient, dont 14 mois en qualité de chef du bureau renseignement de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, ayant fait une bonne douzaine de séjours au Moyen Orient (Qatar, Emirats, Koweit), ayant enfin servi trois années aux États Unis en qualité d’officier de liaison auprès de l’Enseignement militaire supérieur américain, je crois connaître mieux que le citoyen moyen, voire que certains experts autoproclamés, les problèmes du Proche et du Moyen Orient. Je me suis toujours tenu informé sur ce qui s’y passait et, par conséquent sur le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui : une éventuelle intervention militaire en Syrie.

1 - Les preuves indubitables présentées par le premier ministre aux députés sont-elles convaincantes et crédibles ?
Quelles que soient ces preuves, ma réponse est non.
Les preuves peuvent évidemment être indubitables puisque personne n’a d’éléments concrets pour les mettre en doute. Mais elles peuvent être fausses. Je n’ai pas la mémoire courte et me souviens du général américain Colin Powell présentant aux Nations Unies, avec un aplomb incroyable, ses "fausses preuves indubitables" établie par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. Je sais qu’en France, phare de l’humanité, on ne ment jamais, mais tout de même...
Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas et je vais tenter d’en convaincre le lecteur.

2 - À qui profite ce "massacre" au gaz ?
Certainement pas à Bachar El Assad qui n’aurait jamais pris le risque de franchir cette ligne rouge posée depuis longtemps par les américains et les franco-anglais. Il savait qu’une intervention occidentale suivrait toute utilisation de gaz et signifierait sa chute à courte échéance. Il savait que les Nations Unies étaient mandatées pour étudier l’utilisation des gaz en Syrie. Il possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque, à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangère ? Cette affirmation absurde ne tient pas la route.
Ce "massacre", dont nul ne connaît l’ampleur réelle, profite donc aux deux autres parties en cause dans cette affaire.
D’abord aux opposants de Bachar El Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie.
Ensuite aux américains et aux franco-anglais qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire) en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar El Assad.

2 - Y a-t-il eu d’autres précédents dans ce genre de manipulation ?
La réponse est oui.
Il y a eu TIMISOARA (décembre 1989) où les médias du monde entier ont repris pendant près de six semaines la fausse information d’un "massacre" de 4 600 personnes pour aider à faire tomber Ceaușescu. En fait les opposants avaient déterré quelques cadavres des cimetières de la ville, les avaient entourés de fils de fer barbelés et avaient tourné des images horribles visant à faire pleurer les téléspectateurs occidentaux. Ils ont ensuite, sur la foi de ces images manipulées, avancé le chiffre énorme de 4 632 victimes qui n’existaient pas mais que personne n’a osé mettre en doute. Leur coup était joué et gagné puisqu’il a entraîné la chute de Ceaușescu.
Après coup, les médias et les politiques occidentaux ont eu le bon goût de s’excuser pour leur erreur et ont avoué qu’ils avaient été manipulés... mais l’objectif était atteint.
Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants.

3- Comment une telle manipulation avec utilisation de gaz aurait-elle pu être réalisée par l’opposition ?
C’est assez simple à réaliser…
L’opposition prend quelques familles entières (hommes, femmes, enfants, vieillards) soupçonnées d’être pro-Bachar et capturées lors des combats. Elle utilise du gaz prélevé sur les stocks de l’Armée Syrienne par du personnel déserteur. Elle gaze et filme les derniers instants horribles, puis en appelle à l’ONU et aux américains. Le tour est joué. Pour faire bonne mesure, vous rajoutez quelques témoins de votre camp pour raconter l’horreur, vous avancez le chiffre de 1 700 morts, chiffre invérifiable (comme celui de TIMISOARA) et vous envoyez les images les plus horribles.
La manipulation est servie...
Le renseignement français prétend que les rebelles n’ont pas les savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz. C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires.

4- Pourquoi les Allemands, les Canadiens et même les député britanniques doutent-ils du bien-fondé de l’intervention militaire.
Ces trois pays se doutent bien qu’il y a très probablement une manipulation. Ils ont eux aussi des services de renseignement et un minimum de bon sens. Ils ne veulent pas engager la vie de leurs soldats sur des preuves qui pourraient bien s’avérer "bidon", analysent les conséquences d’une telle intervention. Ils préfèrent s’occuper du rétablissement de leur économie en crise et de la sécurité à l’intérieur de leur frontière avant d’aller jouer, à crédit comme le fait la France, les justiciers dans le reste du monde.
Par ailleurs, il ne peut échapper à personne que les gaz sont volatils et que l’utilisation de Gaz dans une zone urbanisée comme Damas très majoritairement et densément peuplée par les partisans de Bachar El Assad pourrait se retourner contre ses auteurs au moindre coup de vent...
Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que "plus c’est énorme, plus ça passe", mais là, la ficelle est un peu grosse...

5- Quelles conséquences régionales et internationales en cas d’intervention militaire ?
Pour la Syrie même, une seule certitude. La chute de Bachar El Assad, chef d’état laïque, entraînera la débâcle et l’exil pour les populations chrétiennes et Alaouites dont la majorité aura soutenu Bachar El Assad pendant de très nombreuses années, voire pour de nombreux sunnites... donc, de nouveaux massacres et de nouvelles masses de réfugiés... Est-ce le but recherché ?
Pour les Israéliens, une Égypte et une Syrie affaiblies, divisées et dont les économies auront été ramenées 50 ans en arrière, ne représentent plus une menace sérieuse pour très longtemps. Une intervention américaine et franco-anglaise n’est pas une mauvaise affaire pour eux, au point de se demander si nous ne "travaillons" pas un peu à leur profit...
L’Iran étant la prochaine cible, connue de tous, il est probable que le prix du pétrole explosera assez vite à la suite de l’intervention entraînant de nouvelles difficultés pour nos économies déjà fragiles.
L’intervention aura un coût pour un pays déjà surendetté comme le nôtre. Ce coût sera évidemment supporté directement ou indirectement par le contribuable. À moins que le gouvernement ne réalise l’opération à budget de défense constant ce qui conduira à échelonner les dépenses d’équipement et à retarder, une fois de plus, la modernisation de nos forces.

6- Une telle participation française à une intervention relève-t-elle de l’ingérence humanitaire et/où du respect des conventions de Genève ?
Si tel était le cas, pourquoi la France n’a-t-elle pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en Janvier 2009 (1300 morts, bien réels ceux là, dont 900 civils et 300 enfants) ? L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève...
Y aurait-il deux poids deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés, et des massacres interdits ?

7- Autres éléments troublants en vrac
Le 6 Mai dernier, Madame Carla Del Ponte, ancienne procureur au tribunal pénal international, membre de la commission indépendante mandatée par l’ONU pour enquêter sur l’utilisation de gaz en Syrie déclare que les rebelles (et non les forces du régime) ont utilisé du gaz sarin.
Toute vérité n’étant pas bonne à dire dans un monde onusien largement financé par les USA, la commission indépendante (peut être moins qu’on ne le croit) déclarera dès le lendemain que les preuves sont insuffisantes pour accuser formellement la rébellion d’utilisation de gaz...
Par ailleurs la mission d’observateurs de la Ligue arabe envoyée au début du conflit a publié un rapport très équilibré sur les violences en Syrie dès Janvier 2012. J’ai noté dans ce rapport :
28 – La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies montrent que ces rapports ne sont pas crédibles.
29 – La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il y a des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements et des manifestations qui ont eu lieu dans certaines villes.
Cet excellent rapport établi par une commission majoritairement sunnite (donc plutôt anti-Bachar) n’était sans doute pas suffisamment anti-Bachar pour être évoqué par les médias occidentaux. Il mérite pourtant une lecture attentive. À ceux qui souhaitent s’informer au delà du prêt-à-penser politique Français, il suffit de taper sur Google : "rapport du chef de la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie" et on obtient ce rapport dans sa version française.
En conclusion, vous aurez compris que je ne crois pas un instant que les "preuves indubitables" françaises, quelles qu’elles soient, puissent justifier, à ce jour, une intervention militaire de quelque niveau que ce soit. Je sais évidemment qu’une grande partie des forces rebelles est composée de mercenaires financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite (sunnites) dans leur croisade contre les Alaouites et les chiites. Cette force rebelle soutenue par les américains et les franco-anglais n’est donc pas vraiment d’une Force Syrienne Libre.
Les Nations Unies rendront leur rapport dans quelques semaines tout au plus. Sera-t-il impartial ? Je l’espère. Mais je sais que les financements US sont vitaux pour l’ONU et qu’il lui est parfois difficile d’être vraiment indépendante.
Je voudrais terminer en disant que je ne suis pas un partisan de Bachar El Assad, loin s’en faut. Mais il est très probablement moins pire que celui qui pourrait prendre sa suite. La justification et les conséquences de nos actes doivent donc être examinées beaucoup plus sérieusement qu’elles ne le sont aujourd’hui.
Je constate enfin que la "communauté internationale", terme utilisée indûment par nos hommes politiques et repris par nos journalistes à longueur de journée, ne semble compter aujourd’hui que trois pays : les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui représentent à eux trois moins de 8% de la population mondiale.

Les positions de la Chine, de l’Inde, de la Russie, du Brésil, du Japon, de l’Allemagne sont presque totalement occultées des débats internationaux, y compris sur la Syrie, alors qu’ils constituent près de 60% de la population mondiale. Font-ils partie ou non de la communauté internationale ? Il y a, là aussi, matière à réflexion...

Général (2S) Dominique Delawarde, le 5 Septembre 2013

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 20:32

 

 

Le narcissisme du clan qui veut bombarder la Syrie est terrifiant.
Brendan O’Neill, The Spiked.
 
Autrefois la guerre était la poursuite de la politique par d'autres moyens. Aujourd'hui, si l'on en croit les déclarations des politiciens et observateurs occidentaux qui veulent bombarder la Syrie, il s'agit d'une thérapie par d'autres moyens. Ce qui est le plus étonnant et troublant dans la clameur qui s'élève de certains milieux Occidentaux en faveur d'une violente punition éclair du régime d'Assad, c'est qu'elle est de nature purement narcissique. Plus question de realpolitik ni de géostratégie, plus question même des belles paroles - du respect des droits de l'homme au combat contre le terrorisme - qui ont servi à donner un vernis de substance aux précédentes interventions désastreuses de l'Occident, il ne reste plus que l'essence brute de l'interventionnisme occidental moderne: le désir de cacher la déroute morale intérieure au pays en mettant en mettant en scène une pompeuse épreuve de force morale éclair contre le "Mal" à l'autre bout du monde.  
 
Il est clair que la chose la plus remarquable en ce qui concerne le bombardement de la Syrie en réponse à l'utilisation supposée d'armes chimiques contre des civils par Assad, est l'absence de toute considération géopolitique et de quelque réflexion plus ou moins sérieuse que ce soit sur les conséquences régionales et internationales d'un bombardement de ce qui est déjà une zone de guerre infernale. A la place, on ne parle que de poser un rapide acte, moral à nos yeux, en larguant quelques missiles sur le Mal. Pour citer une membre démocrate du Comité des Affaires Etrangères Etatsunien, il y a peut-être "des problèmes très complexes" en Syrie mais "nous, en tant qu'Etatsuniens; nous avons l'obligation morale d'intervenir sans délai".
 
Pourquoi attacher encore de l'importance à la complexité d'une situation quand on a l'opportunité de faire étalage de sa moralité? Toutes les discussions se sont concentrées jusqu'ici, non pas sur les conséquences morales potentielles d'un bombardement de la Syrie, mais sur les exigences morales de ceux qui se proposent de larguer les bombes. Le secrétaire d'état étatsunien, John Kerry, dit que ne pas intervenir en Syrie, ferait douter de la "ligne de conduite éthique" de l'Occident. D'autres disent que la Syrie est un "test pour l'Europe", comme si le pays en ruines n'était qu'un décor où mettre en scène nos valeurs. Le narcissisme du clan déterminé à bombarder la Syrie est tel qu'un de ses membres décrit le massacre causé par les armes chimiques comme "un point d'interrogation peint en rouge, destiné à la communauté internationale". Ils sont si vaniteux qu'ils croient que la guerre des autres s'adresse à eux. Un commentateur pro-bombardement a dit que la situation en Syrie "tend un miroir à l'Angleterre" ajoutant "quel sorte de pays sommes-nous?". Tout comme Narcisse, les batteurs de tambour de guerre contre Assad ne pensent qu'à leur propre image et à la question de savoir s'ils pourront se regarder dans le miroir s'ils renoncent à Faire Quelque Chose.
 
Il est frappant de constater que ce n'est pas seulement que ceux qui veulent bombarder la Syrie n'accordent pas un attention assez sérieuse aux questions géopolitiques, c'est qu'en fait ils écartent délibérément ces empoisonnantes questions compliquées, obsédés qu'ils sont par l'impact éthique instantané d'une bombe larguée sur le Mal. Un observateur reconnaît bien sûr qu'une action militaire en Syrie n'est pas "certaine de réussir", mais qu'elle permettra néanmoins aux Britanniques de faire montre de leur détermination morale et de leurs principes éthiques. Philip Collins, qui écrivait autrefois les discours de Tony Blair, a ouvertement reconnu que "l'intervention... engendrerait le chaos". "Mais c'est déjà le chaos" a-t-il ajouté et au moins le chaos que nous causerons exprimera notre "révulsion" devant les crimes d'Assad, une "révulsion trop profonde pour être considérée comme irréaliste ou immature". "Il est important de donner du poids à notre pulsion morale", a écrit Collins.
 
Réfléchissez bien à ce qui vient d'être dit: que ça n'a pas d'importance si notre attaque de la Syrie ne réussit pas (à faire ce qu'elle est supposée faire et que personne n'a expliqué clairement) ni si ça augmente l'effusion de sang et le chaos dans cette nation damnée. Tout ce qui compte, c'est que nous, en Occident, nous donnions de la consistance -sous forme de bombes- à nos "pulsions morales". Un tel barbarisme blasé a trouvé sa conclusion logique avec Norman Geras, le co-auteur du Manifeste Euston en faveur de la guerre, qui écrit: "Comme il est urgent que nous répondions d'une manière quelconque par solidarité au titre de notre 'héritage commun' avec les victimes, il faut agir même si c'est pour ajouter le chaos au chaos et même si (par déduction) le chaos que nous causons est supérieur au chaos auquel nous essayons de mettre fin." (C'est moi qui souligne)
                                                                                                                                 
C'est tout à fait extraordinaire. Voilà qui nous révèle le moteur de l'interventionnisme occidental moderne: le désir de faire étalage quoi qu'il en coûte, de notre "pulsion morale" et de ce qui reste du sens occidental "d' héritage humain commun ", sans souci des conséquences sur le terrain ni dans le monde. L'intervention occidentale, dans nos pays, est de plus en plus souhaitée et mise en oeuvre, non pas comme une opération spécifique ciblée destinée à changer le cours d'un conflit ou à faire avancer les intérêts géopolitiques de pays occidentaux, mais comme une sorte d'amplificateur dégoulinant de sang de la probité présumée de la classe politique occidentale. Au moment précis où la moralité et la politique est chez nous dans un état de déliquescence profonde, où il y a si peu de choses qui unissent les élites ou les populations occidentales et où on voit les gens se tourner en désespoir de cause vers l'étranger à la recherche d'une vision claire du bien et du mal et d'un sens du devoir que nos dirigeants ont perdu. C'est pourquoi John Kerry dit que s'opposer au Mal en Syrie est une "conviction partagée par des pays qui ne sont pas d'accord sur grand-chose d'autre". Larguer quelques rockets sur la Syrie stimulerait de manière aussi excitante qu'éphémère les "pulsions morales" d'une élite occidentale en plein confusion. Et si cela ne fait qu'empirer les choses? Tant pis. C'est comme ça. Au moins nous aurons exprimé notre révulsion collective. 
 
Ce que nous avons aujourd'hui, c'est une sorte de guerre purement moraliste, consciemment détachée de questions aussi concrètes que la géopolitique, l'intérêt national et la stabilité régionale. Une telle démonstration ostentatoire d'interventionnisme est plus aléatoire au plan des pertes humaines que celles qui avaient cours aux époques impérialistes ou coloniales. Au moins ces bellicistes étaient-ils guidés par de clairs objectifs politiques ou territoriaux, ce qui signifie que leurs interventions avaient une forme de logique et une fin probable en vue. Aujourd'hui, quand le narcissisme plutôt que la politique préside à la guerre et que le but de la guerre est la satisfaction émotionnelle plutôt que des gains territoriaux, il n'y a plus de limites naturelles ni de règles qui puissent modérer les va-t-en guerre.
 
Dans un rare moment de lucidité, dans les années 1990, le politicien et penseur canadien, Michael Ignatieff, s'est demandé tout haut, si sa propre demande et celles des autres Occidentaux, de bombarder les Serbes de Bosnie n'était pas "conduite par le narcissisme". Nous sommes intervenus, non pour sauver d'autres personnes mais pour nous sauver nous-mêmes ou plutôt une image de nous-mêmes comme défenseurs de la moralité universelle", a-t-il dit. Et il en est toujours ainsi aujourd'hui avec des gens qui réclament une attaque occidentale de la Syrie non pas pour sauver les Syriens ni pour renverser le régime d'Assad mais simplement pour que les tenants de la décence morale à la sauce occidentale se sentent mieux quand ils se regardent dans le miroir. Dans le cadre de cette terrifiante vision narcissique du monde, la Syrie n'est pas un pays déchiré par la guerre, c'est une scène où les moralistes occidentaux viennent se faire mousser, et sa population n'est pas considérée comme des êtres humains avec des besoins et de désirs, mais comme de simples figurants dans une pantomime libérale occidentale qui met en scène des bons contre des méchants. Quand Philip Collins dit qu'une telle envie d'attaquer le Mal à l'étranger ne peut pas être "considérée comme immature", il a on ne peut plus tort - entreprendre quelque chose sans en évaluer les conséquences est, sans conteste, le signe d'une immaturité imbécile. 
 
 
Brendan O’Neill est rédacteur en chef du site The Spiked.
 
Note:
Philippe Grasset commente cet article sur son site: http://www.dedefensa.org/article-leur_guerre_sans_fin_signe_de_leur_pathologie_incurable_11_09_2013.html
 
Pour consulter l'original: http://www.spiked-online.com/newsite/article/syria9/13960#.Uh36ERtJNPYf
 
Traduction: Dominique Muselet
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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 20:54

 

 

Obama a décidé que c’est plus sûr d’acheter le Congrès que de faire cavalier seul
Paul Craig Roberts                  
Alors qu’il réclamait encore des pouvoirs dictatoriaux pour déclencher une guerre de sa propre autorité, Obama a mis son attaque unilatérale contre la Syrie en attente quand il a reçu une lettre de plus de 160 membres de la Chambre des représentants lui rappelant que mener le pays à la guerre sans l’approbation du Congrès est une faute pouvant entrainer la destitution, et quand il a vu qu’aucun des pays qui auraient pu servir de couverture pour un crime de guerre, pas même le gouvernement de la marionnette britannique et les Etats fantoches de l’OTAN, ne soutiendrait  l’agression militaire américaine annoncée contre la Syrie.
Obama s’en est tiré avec l’attaque de la Libye sans le feu du Congrès, parce qu’il a utilisé des marionnettes de l’OTAN, et non les forces militaires américaines. Ce stratagème a permis à Obama de dire  que les Etats-Unis n’étaient pas directement impliqués.
Maintenant que le manque de couverture et le défi du Congrès ont poussé l’apprenti-tyran Obama à suspendre son attaque contre la Syrie, que pouvons-nous attendre ?
Si Obama était intelligent, et clairement, quelqu’un qui peut nommer Susan Rice comme son conseiller à la sécurité nationale n’est pas intelligent, il laisserait tout simplement l’attaque contre la Syrie se fondre en arrière-plan et mourir, tandis que le Congrès retournerait le 9 Septembre faire face aux problèmes insolubles du déficit budgétaire et du plafond de la dette.
Une administration compétente se rendrait compte qu’un gouvernement qui est incapable de payer ses factures sans usage intensif de la planche à billets est en bien trop grande difficulté pour se préoccuper de ce qui se passe en Syrie. Aucune administration compétente ne risquerait une frappe militaire qui pourrait entraîner un embrasement du Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole, aggravant ainsi la situation économique à laquelle Washington fait face.
Mais Obama et sa bande d’incompétents ont démontré qu’ils n’ont aucune compétence. Le régime est aussi corrompu, et tout l’édifice ne repose que sur des mensonges.
Maintenant que la Maison Blanche se rend compte qu’Obama ne peut pas commettre un crime de guerre, sans couverture, voici ce que nous pouvons probablement attendre. L’argumentation va se déplacer ; ce ne sera plus Assad a-t-il ou non utilisé des armes chimiques mais plutôt que le Congrès ne doit pas saper le prestige et la crédibilité américaine en ne soutenant pas le président Obama, le dernier homme de paille pour les guerres américaines d’agression.
La Maison Blanche va soudoyer, cajoler, et intimider le Congrès. L’argument du régime sera celui du prestige et de la crédibilité de l’Amérique, le Congrès doit soutenir le président. Le Président et le Secrétaire d’Etat ont fait des déclarations sans équivoque sur la culpabilité de M. Assad et leur détermination à punir Assad. Compte tenu de la folie de Washington, la façon dont il veut punir Assad, pour (prétendument) avoir tué des syriens avec des armes chimiques, c’est de tuer plus de Syriens avec des missiles de croisière.
Si cela n’a pas de sens pour vous, vous ne faites pas partie du gouvernement d’Obama ou des médias américains, et vous ne pourrez jamais être un néoconservateur.
La Maison Blanche fera valoir que Obama a cherché un compromis avec le Congrès en le laissant voter sur la décision, et que la part du Congrès du compromis est d’apporter son soutien. Rencontrons-nous à mi-chemin, dira la Maison Blanche.
Le lobby pro-israélien, Susan Rice, les néo-conservateurs et les va-t’en-guerre ( comme les sénateurs John McCain et Lindsey Graham ) diront que le manque de soutien de l’attaque d’Obama contre la Syrie nuit à la crédibilité de l’Amérique, aide les "terroristes" et "laisse l’Amérique sans défense." C’est déjà assez, diront-ils, que Barack Obama ait montré de l’indécision en attendant l’approbation du Congrès et de l’irrésolution en substituant une frappe limitée au plan original de changement de régime.
Face aux menaces d’une coupure des dons de campagne du lobby pro-israélien et le complexe militaro-sécuritaire, la Chambre et le Sénat peuvent être poussés à "soutenir le pays", alors que celui-ci commet un autre crime de guerre. La combinaison de la corruption, l’intimidation et les appels patriotiques pour soutenir le prestige de l’Amérique peut faire basculer le Congrès. Personne ne sait vraiment si les quelque 160 membres de la Chambre sont sincères en mettant Obama en demeure, ou s’ils veulent simplement quelque chose. Peut-être veulent-ils seulement monnayer leur approbation à Obama.
Si le Congrès apporte son soutien à un autre crime de guerre américain, le Premier ministre britannique David Cameron peut revenir au Parlement et leur dire que Obama "a maintenant rallié le Congrès, offrant ainsi la couverture, et si le Parlement ne suit pas, l’argent va nous être coupé".
Peu de politiciens britanniques, autres que George Galloway, sont à l’aise avec une coupure des fonds.
Si Cameron arrive à convaincre le Parlement, les autres pays de l’OTAN pourraient décider de s’accrocher au wagon des paiements. La règle primordiale de la civilisation occidentale, c’est que plus d’argent est mieux que pas d’argent.
Washington et ses marionnettes européennes de l’OTAN critiquent la Russie et la Chine pour l’utilisation de leur droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher l’ONU d’apporter la justice, la liberté et la démocratie en Syrie. Ces faux arguments seront utilisés par les médias occidentaux presstitués pour minimiser l’importance de l’opposition du Conseil de sécurité de l’ONU à l’attaque de Washington contre la Syrie. Pourquoi Washington devrait-il être dissuadé par les membres du Conseil de sécurité qui soutiennent l’utilisation d’armes chimiques par Assad ? se demandent les putes médias américains. Les prostituées qui composent les médias américains feront tout ce qu’ils pourront pour veiller à ce que Washington tue encore plus de Syriens. Tuer est la marque de fabrique de l’Amérique.
Comme l’histoire de l’humanité le prouve, les gens feront n’importe quoi pour de l’argent. Les exceptions notables sont Edward Snowden, Bradley Manning et Julian Assange. Si une seule de ces personnes avait été à Washington et avait dit : "achetez-moi", en échange de son silence Washington aurait fourni des fortunes avec lesquelles il pourrait vivre une vie de confort.
Vu comment le gouvernement américain est corrompu et comment Washington est déterminé à poursuivre son plan, les inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU sont à risque. Il est peu probable qu’ils aient un accident comme les SEAL Team Six (NDT : ceux qui sont censés avoir tué Ben Laden). Mais, à moins qu’ils ne soient  séquestrés comme un jury, ils sont des cibles pour la corruption. Si le rapport de l’ONU ne soutient pas la position de la Maison Blanche, le Secrétaire général va subir des pressions pour rendre le rapport peu concluant. Après tout, c’est Washington qui signe les chèques grâce auxquels l’ONU fonctionne.
Personne ne devrait s’attendre à ce que le Congrès américain vote sur la base de la preuve. Par ailleurs, le Congrès n’a jusqu’ici toujours pas compris que, indépendamment de savoir si Assad a utilisé des armes chimiques, c’est un crime de guerre pour les Etats-Unis de commettre une agression manifeste contre la Syrie, un pays qui n’a pas attaqué les États-Unis. Ça ne regarde en rien Washington comment le gouvernement syrien réprime l’effort des extrémistes al-Nusra pour le renverser.
L’argument d’Obama qu’il est OK pour tuer des gens avec du phosphore blanc et de l’uranium appauvri, comme font les Etats-Unis et Israël, mais pas avec du gaz sarin, n’a aucune logique. http://www.washingtonsblog.com/2013/08/the-u-s-and-israel-have-used-chemical-weapons-within-the-last-8-years.html
Washington lui-même a des plans d’urgence pour utiliser des bombes anti-bunkers nucléaire contre les installations nucléaires souterraines de l’Iran. Si Washington croit que les armes de destruction massive sont inadmissibles, pourquoi en a-t-il autant, et pourquoi des plans d’urgence pour les utiliser ? Washington a-t-il des regrets d’avoir lâché deux bombes atomiques sur des villes japonaises civiles au moment même où le gouvernement japonais faisait tout ce qui était en son pouvoir pour rendre ?
Depuis la fin de la dangereuse guerre froide, la guerre chaude a été le pilier de la politique étrangère américaine. George HW Bush a attaqué l’Irak après que son ambassadeur ait donné à Saddam Hussein le feu vert pour attaquer le Koweït. Clinton a attaqué la Serbie sous de faux prétextes et sans aucune autorité constitutionnelle ou légale. George W. Bush a attaqué l’Afghanistan et l’Irak sur la base de mensonges. Obama repart à l’attaque sur l’Afghanistan et a attaqué aussi le Yémen, le Pakistan et la Somalie. Obama a envoyé ses marionnettes de l’OTAN pour attaquer la Libye, a envoyé des mercenaires en Syrie, et a maintenant l’intention d’empêcher la défaite de ses mercenaires en attaquant la Syrie.
Washington construit une chaîne de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ces bases sont extrêmement provocatrices et prédisent une guerre nucléaire.
Les États-Unis, un pays avec un vaste arsenal d’armes nucléaires, dont les dirigeants politiques sont à la fois corrompus et fous, est un grand danger pour la vie sur terre. Que Washington soit le danger numéro un au monde est désormais universellement reconnu, sauf par les Américains qui portent leur patriotisme sur leur manche. Ces dupes crédules sont les catalyseurs de la disparition de l’humanité par la guerre.
Jusqu’à ce que l’économie américaine s’effondre, Washington aura toujours de l’argent imprimé, et il pourra acheter l’acquiescement pour ses crimes. Il peut compter sur le soutien des presstitués pour raconter ses mensonges comme si c’était des faits. Le monde ne sera pas sûr jusqu’à ce que le château de cartes américain s’effondre.
Ça me désole de voir tous ces Américains mal informés qui pensent qu’ils vivent dans le meilleur pays au monde. Trop peu d’Américains se soucient que leur gouvernement ait détruit d’innombrables vies de l’Amérique centrale et le Vietnam au Moyen-Orient et l’Afrique. L’armée américaine a systématiquement assassiné des civils en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, et est responsable de pas moins de 1.000.000 morts irakiens et 4.000.000 Irakiens déplacés. La définition américaine de «meilleur pays au monde» c’est le pays qui peut assassiner les personnes les plus innocentes, des gens qui n’ont jamais attaqué l’Amérique, des gens qui regardaient autrefois l’Amérique comme l’espoir du monde et maintenant la voient comme une menace mortelle.
Trop d’Américains n’ont aucune idée qu’un cinquième de leurs concitoyens dépendent de l’appui du gouvernement, ou s’ils le savent, ils accusent les malheureux d’être des sangsues sur la bourse des contribuables. Aux Etats-Unis, les salaires et les opportunités d’emploi sont en baisse. Il n’existe aucun obstacle au pillage des citoyens par les institutions financières. Il n’y a aucune contrainte sur l’illégalité et la brutalité de la police, et aucune limite aux mensonges qui maintiennent la population américaine piégée dans la matrice de l’ignorance de la réalité.
Essayer d’imaginer comment un tel peuple peut conserver la liberté ou retenir un gouvernement dédié à la guerre donnerait des migraines.
Ces républicains qui s’inquiètent du fardeau de la dette pour nos enfants et nos petits-enfants sont inquiets au sujet d’un avenir qui pourrait ne jamais arriver. L’hubris de Washington pousse le monde vers une guerre nucléaire.
"Le meilleur pays du monde" est la force maléfique qui détruit la vie et les perspectives des différents peuples et pourrait encore détruire toute vie sur terre.
Traduction : Avic
Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livre, The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/
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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 19:24

 

 

 

 

 

 

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Source l'article UMP, PS même combat : une guerre par an ! - Rouge Midi

Des petits clous à enfoncer :

Les USA sont mal placés pour faire la leçon à quiconque en matière d’armes de destruction massive. Quelques exemples à l’appui ci-dessous. Voir aussi la catégorie uranium appauvri et guerre sale

Un autre point litigieux : comment se fait-il qu’alors que les premiers éléments ne permettaient pas de déterminer lequel des deux camps était coupable d’utilisation d’ADM, jamais les « punitions » qui seraient infligé aux rebelles s’ils s’avéraient qu’ils étaient responsables n’aient été envisagées ? Auraient-ils droit eux à quelque présomption d’innocence dont ne bénéficierait pas le gouvernement Syrien ? On est plus dans le droit mais bien dans l’arbitraire d’un coupable désigné a priori. Avec un refus manifeste d’écouter les inspecteurs de l’ONU qui infirmeraient la version désignant le régime comme coupable.

Mais aussi : Que des parlementaires votent la résolution autorisant leur nation à intervenir en Syrie, ne feraient qu’aggraver le cas de ces pays dont les mandataires auront voté une résolution illégale au regard du droit international, sachant qu’elle l’était, de tels pays devraient être punis de manière exemplaire, et interdit de siège au Conseil de Sécurité. Ce serait logique.

Il serait logique aussi que les populations entraînées dans une guerre pour laquelle elles ont manifesté majoritairement leur désaccord, déchoient les parlementaires qui votant pour l’intervention auraient, en plus d’avoir piétiné le Droit International, outrepassé leur mandat de représentants du peuple.

Nous ne sommes pas dans cette logique là, pas encore… les gendarmes auto-proclamés du monde rencontrent de la résistance.

Nous sommes ici dans une guerre de principes. Et dans cette guerre un certain nombre de pays renient des règles qu’elles avaient contribué à définir et se placent en dessous du seuil de civilité, autrement dit certaines nations renient les règles qui faisaient d’elles des nations civilisées. Alors que d’autres les reprennent et s’en posent en défenseurs « sans peur et sans reproches ». Par exemple à ce sujet :
Syrie 3ème guerre mondiale: Aucun droit a l’agression de la Syrie hors du CS de l’ONU (Poutine) | Resistance71 Blog

Cela pose questions, beaucoup de questions.

 

Dix attaques aux armes chimiques dont Washington ne veut pas que vous parliez

 

Wesley Wessamore

 

5 Septembre 2013

 

url de l’article:

http://www.infowars.com/10-chemical-weapons-attacks-washington-doesnt-want-you-to-talk-about/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Cela manque d’autorité morale. Nous parlons d’un gouvernement ayant un historique d’utilisation d’armes chimiques contre des innocents de manière bien plus prolifique et mortelle que les quelques accusations concernant les forces du régime d’Assad, provenant d’un complexe militaro-industriel occidental à la gâchette facile et bien décidé à torpiller toute enquête supplémentaire avant de frapper. Voici une liste de 10 attaques chimiques perpétrés par le gouvernement américain ou ses proches alliés contre des populations civiles…

1. L’armée américaine a largué 80 millions de litres de produits chimiques sur le Vietnam entre 1962 et 1971

Pendant la guerre du Vietnam, l’armée arméricaine a épandu 80 millions de litres de produits chimiques, incluant l’agent orange (défoliant) très toxique, sur les forêts et les zones rurales vietnamiennes et des pays voisins, détruisant de manière délibérée les cultures vivrières, l’écologie de la jungle, ravageant les vies de centaines de milliers de civils innocents. Le Vietnam estime que le résultat de ces dix années d’attaques chimiques quelques 400 000 personnes furent tuées ou handicapées, 500 000 bébés sont nés avec des déformités et plus de 2 millions de personnes ont souffert de cancers et autres maladies induites par le contact avec les substances chimiques. En 2012, la Croix Rouge Internationale a estimé qu’un million de personnes au Vietnam ont des infirmités ou des problèmes de santé directement liés à leur exposition à l’agent orange.

2. Israël a attaqué les civils palestineins avec du phosphore blanc en 2008-2009

Le phosphore blanc est une horrible arme chimique incendiaire qui brûle la chair humaine jusqu’à l’os. En 2009, de multiples groupes humanitaires incluant Human right Watch, Amnesty International et la Croix Rouge Internationale ont rapporté que le gouvernement israélien attaquait les civils de leur propre pays avec des armes chimiques. Une équipe d’Amnesty International a déclare avoir trouvé des preuves indiscutables de l’utilisation étendue du phosphore blanc dans des zones de population civile très denses. L’armée israélienne a commencé par nier les accusations, puis a reconnu que cela était vrai.

Après cette cohorte d’accusations faites par ces ONG, l’armée israélienne attaqua même le QG de l’ONU à Gaza avec une arme chimique. Comment voyez-vous toutes ces preuves et faits avérés contre le cas de la Syrie ? Pourquoi Obama n’a t’il pas essayé de bombarder Israël ?

3. Washington a attaqué des civils irakiens avec du phospore blanc en 2004

En 2004, des journalistes intégrés avec l’armée américaine en Irak ont commencé à rapporter l’utilisation de phosphore blanc à Fallujah contre les insurgents irakiens. D’abord l’armée a menti en disant qu’elle n’utilisait le phosphore blanc que pour créer des écrans de fumée ou éclairer des cibles. Puis elle a admis utiliser des armes chimiques volatiles et des armes incendiaires. A cette époque, la RAI italienne diffusa un documentaire titré: “Falujah, le massacre caché”, incluant des vidéos atroces et des photos horribles ainsi que des entretiens avec des témoins oculaires de la ville de Fallujah et des soldats américains révélant comment le gouvernement américain arrosa de manière indiscriminée le feu blanc chimique sur la ville irakienne et fit fondre femmes et enfants.

4. La CIA a aidé Saddam Hussein à massacrer des Iraniens et des Kurdes avec des armes chimiques en 1988

Les archives de la CIA prouvent maintenant que Washington savaient que Saddam Hussein utilisait des armes chimiques (incluant le neurotoxique sarin et le gaz moutarde ypérite) dans la guerre Irak-Iran et continua à abreuver l’armée irakienne de renseignements sur les mouvements de troupes iraniens sachant pertinemment que ces informations seraient utilisées pour l’utilisation d’armes chimiques. A un moment en 1988, Washington avertit Hussein d’un mouvement de troupes iraniennes qui aurait pu mettre un terme à la guerre en la défaveur des Irakiens. En Mars, un Saddam Hussein tout pimpant de ses nouvelles alliances avec Washington attaqua un village kurde tuant 5000 personnes et en blessant 10 000 autres, la vaste majorité étant des civils. Des milliers moururent les annés suivantes des complications, de maladies et de difformités de naissance.

5. L’armée américaine a testé des produits chimiques sur les résidents de banlieues pauvres de la ville de St Louis dans les années 1950

Au début des années 50, l’armée mit en place des diffuseurs motorisés au sommet de hauts bâtiments des banlieues à bas revenus de la ville de St Louis, essentiellement les banlieues pauvres noires et ce incluant des zones urbaines où 70% de la population étaient des enfants de moins de 12 ans. Le gouvernement expliqua alors qu’il expérimentait avec des diffuseurs d’écrans de fumée pour tromper les Russes dans leurs attaques, mais en fait cela diffusait de l’air contaminé avec des centaines de kilos de zinc dadmium sulfide. Le gouvernement admet qu’il y avait un second ingrédient dans le mélange chimique en poudre, mais que ce second ingrédient fut radioactif demeure une information classée secret défense. Bien sûr qu’il l’était. Depuis ce test, un nombre alarmant de personnes de cette zone a développé des cancers. En 1955, Doris Spate naquît dans un de ces bâtiments utilisés par l’armée pour emplir l’air avec des produits chimiques de 1953-4. Son père est mort de manière inexplicable cette même année, elle a vu quatre des ses frères et sœurs mourir de cancers et Doris elle-même survit à un cancer du cervix.

6. La police tire des gaz lacrymogènes sur les manifestants du mouvement Occupy Wall Street en 2011

La violence inouïe de la police contre les manifestants du mouvement Occupy en 2011 fut très bien documentée et inclut l’emploi massif de gaz lacrymogène et autres produits chimiques irritants. Le gaz lacrymogène est interdit à l’utilisation contre un ennemi militaire dans une bataille par la convention sur les armes chimiques. Pourquoi la police de Portland (ou d’ailleurs) n’a t’elle pas la même courtoisie et protection que requiert la loi envers des soldats ennemis sur le champ de bataille ?

7. Le FBI a attaqué hommes, femmes et enfants avec des armes chimiques lors du siège de Waco en 1993

Durant le tristement célèbre siège de Waco au Texas d’une communauté pacifiste religieuse adventiste, le FBI a massivement utilisé des gaz lacrymogènes dans les bâtiments sachant pertinemment que des femmes, des enfants et des nourissons s’y trouvaient. Ce gaz était hautement inflammable et le feu s’y mis, embrasant les bâtiments et brûlant vifs 49 femmes et hommes et 27 enfants, incluant des bébés. Rappelez-vous: attaquer des soldats ennemis avec des gaz lacrymogènes est un crime de guerre. Quel genre de crime est-ce que d’attaquer des bébés avec des lacrymos ?

8. L’armée américaine a couvert l’Irak avec de l’uranium appauvri toxique en 2003

En Irak, l’armée américaine a rempli l’environnement avec des milliers de tonnes de munitions à l’uranium appauvri, un déchet de la production nucléaire toxique et radioactif. Ainsi cela a eu pour résultat de voir la moitié des naissances de bébés a Fallujah avec de graves anormalités. Certains de ces défauts n’avaient été vus que dans des photos de livres publiés sur les effets des tests nucléaires dans les îles du Pacifique. Les cancers et la mortalité infantile ont dramatiquement augmenté dans tout l’Irak. D’après Christopher Busby, le secrétaire européen du comité des risques nucléaires, “ces armes ont totalement détruit l’intégrité génétique de la population irakienne.” Après avoir autorisé deux des quatre rapports publiés en 2012 sur la crise de la santé publique en Irak, Busby a décrit Fallujah comme ayant “le plus haut taux de dommages génétiques de toutes les populations sur lesquelles j’ai enquêté et que j’ai étudiées.”

9. L’armée américaine a tué des centaines de milliers de civils japonais avec du napalm entre 1944 et 1945

Le napalm est un gel collant et hautement inflammable qui a été utilisé comme une arme de terreur par les Etats-Unis. En 1980, les Nations-Unies ont déclaré que l’utilisation de napalm sur les populations civiles était un crime de guerre. C’est exactement  ce que l’armée américaine a fait durant la seconde guerre mondiale, larguant sufissamment de napalm dans un bombardement sur Tokyo pour que 100 000 personnes fussent brûlées vives, en blessant plus d’un million et laissant des millions sans abris dans le bombardement le plus meurtrier de la seconde guerre mondiale.

10. Le gouvernement américain a largué deux bombres nucléaires sur deux villes japonaises en 1945

Bien que les bombes nucléaires ne soient pas réellement des armes chimiques, je pense que nous pouvons ici être d’accord sur le fait que cela fait partie de la même catégorie. Ces armes très certainement dispersent une quantité énorme de produits chimiques radioactifs mortels, qui sont d’horribles armes chimiques si ce n’est pire et par leur nature même, ne sont bonnes qu’à une chose: éradiquer une ville remplie de ses habitants civils. Il est quand même bizarre de constater que le seul régime qui ait jamais utilisé une de ces armes de terreur sur d’autres êtres humains soit celui qui s’active le plus avec la prétention de rendre le monde plus sûr des armes de destruction massive en les enlevant des mains de gouvernements jugés dangereux.

 

Source : A propos d’armes chimiques… | Resistance71 Blog

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 10:48

 

 

"Une impasse prolongée est la seule issue qui ne serait pas préjudiciable aux intérêts américains"

Quels Intérêts ??? de quels "américains???

 

Petit texte d'un cynisme révélateur. No comment

 

Syrie : l'impasse, meilleure stratégie pour les Etats-Unis
Par la rédaction le 26/08/2013

Pour Edwark N. Luttwak, économiste et historien américain, spécialiste en stratégie et en géopolitique, les Etats-Unis ne doivent surtout pas intervenir en Syrie. Dans une tribune publiée le 24 août dans le New York Times, il explique que, mieux qu'une intervention militaire, l'impasse doit être privilégiée par l'administration Obama.

Intervenir ou ne pas intervenir ? La question ne s'est peut-être jamais autant posée depuis l'usage présumé d'armes chimiques par l'armée syrienne dans la banlieue de Damas, mercredi 21 août, qui aurait fait plus de 1300 victimes selon l'opposition. Alors que la flotte américaine s'est renforcée ces derniers jours au large de la Syrie et que des inspecteurs de l'ONU sont en ce moment-même sur le sol syrien pour enquêter sur l'attaque chimique de la semaine dernière, le New York Times publie une tribune détonante. Elle est signée Edward Luttwak, économiste et historien américain. Pour lui, les Etats-Unis n'ont pas le choix : s'ils veulent préserver leurs intérêts, ils ne doivent surtout pas intervenir dans le conflit Syrien.

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"Actuellement, une impasse prolongée est la seule issue qui ne serait pas préjudiciable aux intérêts américains", écrit-il dans l'édition du 24 août.

L'administration Obama selon lui, ne peut favoriser la victoire de l'un ou de l'autre camp. Dans un cas comme dans l'autre, les Etats-Unis en sortiraient perdants. "Évidemment, cela serait désastreux si le régime du président Al-Assad l'emportait après s'être débarrassé de la rébellion et avoir réaffirmé son pouvoir sur l'intégralité du pays. Mais une victoire des rebelles serait également très dangereuse pour les États-Unis et pour beaucoup de ses alliées en Europe et dans le Moyen-Orient. Des groupes extrémistes, dont certains appartenant à Al Qaida, sont devenus la force de frappe la plus efficace en Syrie", note l'auteur de Strategy: The Logic of War and Peace.

Luttwak va même plus loin: "Le maintien d'une impasse devrait être l'objectif de l'Amérique. Il n'y a qu'une seule solution pour atteindre cet objectif : armer les rebelles quand il semble que les forces de Bashar Al-Assad reprennent le dessus et, au contraire, cesser de les approvisionner lorsqu'ils sont en train de gagner".

Une autre option existe bien. Elle conduirait l'armée à envahir la Syrie pour vaincre à la fois le régime présidentiel et l'opposition. Mais Luttwak semble penser que le peuple américain n'est pas prêt à s'engager dans une nouvelle et très coûteuse aventure militaire au Moyen-Orient après l'épisode irakien.

Par Robin Andraca

 

Source :
Syrie : l'impasse, meilleure stratégie pour les Etats-Unis - Arrêt sur images

 

Qui croit encore qu'il est question de venir en aide au peuple syrien ?

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 08:29

 

 

Informations intéressantes pour ceux que le "calcul de conséquences" d'une probable intervention US et alliés en Syrie intéressent.

 

 

Quelle sera la riposte du Hezbollah à une attaque américaine sur la Syrie ?

mardi 3 septembre 2013 - 

Al-Monitor


Il y a trois mois, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah prit la décision d’envoyer ses unités militaires d’élite en Syrie pour soutenir le régime du président Bachar al-Assad et l’aider à faire face aux forces de l’opposition.

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Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, mouvement de la résistance libanaise

Le Vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a rapporté que Nasrallah lui aurait dit, lors de leur rencontre du 27 avril lors d’une visite au Liban : « nous sommes intervenus en Syrie pour sauver le régime, qui était sur le point de s’effondrer. »

La participation du Hezbollah dans la bataille de Qusair - qui, selon les sources, ici à Beyrouth, comprenait environ 3000 combattants - a conduit à un changement en faveur du régime dans l’équilibre du conflit militaire en Syrie.

Selon une source du Hezbollah s’exprimant devant Al -Monitor sous couvert de l’anonymat, on a ensuite supposé que, selon le plan en cours d’application, le régime poursuivrait sa coopération avec le Hezbollah pour prendre le contrôle de la banlieue de Damas en menant des combats à l’est et à l’ouest de Ghouta, et pour lancer une autre bataille dans la région de Qalamou. Cette région fait face à la partie occidentale de la vallée Bekaa à la frontière libanaise, et elle se caractérise par un relief accidenté. On imagine aussi que ces deux batailles seraient suivies d’une bataille pour Alep, cette dernière bataille devant dans une large mesure décider du sort du conflit syrien. Toutefois, ce plan, grâce auquel l’armée syrienne - avec un fort soutien militaire opérationnelle du Hezbollah - devrait prendre les commandes de la confrontation militaire, s’est arrêté le lendemain du jour où les États-Unis ont déclaré qu’ils étaient prêts à lancer une attaque militaire contre le régime, suite aux accusations occidentales d’une utilisation d’armes chimiques dans la campagne de Damas.

A l’intérieur du Hezbollah, ce développement est considérée comme un tournant très dangereux qui touche tous les aspects de la crise syrienne, depuis son déclenchement jusqu’à présent. La même source a indiqué que la dimension internationale de la crise syrienne est entrée dans une nouvelle phase. Le rôle occidental se transforme en une intervention directe dans la marche des évènements , alors que précédemment l’implication était indirecte et consistait à fournir des armes et des renseignements à l’opposition syrienne. Mais cette même source a indiqué que les bombardements occidentaux attendus entraîneront toute la région dans le conflit et se traduiront par la disparition de toutes les lignes rouges. Le président américain Barack Obama n’est pas le seul dans la région a avoir fixé des lignes rouges. Le Guide suprême de la révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a également ses lignes rouges, qui sont avant tout d’empêcher la chute du régime en Syrie et de protéger la résistance islamique au Liban.

Cette source du Hezbollah estime que, en ce moment, la région se dirige vers un conflit entre deux lignes rouges : celle d’Obama et celle de Khamenei. Il convient de rappeler ici qu’un responsable des Gardiens [iraniens] de la révolution, une institution caractérisée comme la plus forte et la plus idéologique en Iran, a menacé que si l’Occident attaquait la Syrie, le feu pourrait s’étendre à Israël.

Trois scénarios

Des sources proches du Hezbollah ont précisé à Al -Monitor que le parti, dans l’éventualité d’une attaque américaine, agirait probablement selon un des scénarios suivants :

1. Au minimum, le Hezbollah aiderait à protéger les villes dans les zones revenues sous le contrôle du régime, afin de prévenir toute tentative de l’ opposition de profiter des résultats des frappes américaines pour réaliser des avancées sur le terrain en Syrie.

2. La seconde option pour le Hezbollah serait d’envoyer un message fort à Washington, en lançant des opérations spéciales touchant à la sécurité. La nature de ces opérations ne peut être prédite à l’avance, celles-ci devant avoir valeur de surprise. Le parti, cependant , ne ferait que recourir à cette option lorsque le Hezbollah, et ​​en premier lieu l’Iran, seront certains que les frappes américaines ne seront pas limitées dans le temps et ont comme objectif de fournir une couverture militaire aux mouvements de l’opposition sur le terrain.

3 . Enfin, scénario le plus extrême, le Hezbollah bombardera Israël s’il devient évident pour Téhéran que Washington s’engage dans une bataille pour faire tomber le régime syrien.

Une large alliance

On peut prédire avec une quasi certitude que le régime syrien ne se retrouvera pas seul face à des bombardements de l’Occident, ou même une invasion américaine, dans le cas où les choses évolueraient au plus mal. Au cours de la dernière année du conflit en Syrie, les forces de défense du régime ne se sont pas limitées à l’armée arabe syrienne, mais à ses côtés - et parfois même aux avant-postes - se trouvaient des dizaines de milliers de combattants du Hezbollah libanais, du Hezbollah irakien et des Gardiens iraniens de la Révolution. Si le conflit évolue d’une bataille à l’intérieur de la Syrie vers une guerre entre l’Amérique et l’Iran, ces [groupes étrangers] auront la possibilité de démontrer que leur cause est juste, et que les accusations selon lesquelles ils se battent aux côtés du régime contre la volonté du peuple syrien sont infondées. Cette bataille va souligner qu’ils se battent sur ​​le front qui est juste, légitime et conforme à leur doctrine qui est de s’opposer à l’Amérique et à Israël et à leurs ambitions pour le contrôle de la région.

Aucun observateur ne peut imaginer que le début d’une guerre américaine contre la Syrie n’aura pas de répercussions sur les pays voisins, en particulier le Liban et Israël. Le Hezbollah est aujourd’hui un parti qui est affecté par l’évolution des événements en Syrie. Suite à son annonce qu’il était impliqué dans les combats, il en est devenu une partie prenante, et il a pris la responsabilité de la gestion du conflit en Syrie au même niveau que le régime d’Assad lui-même.

Selon certaines informations, le parti, au cours des dernières heures, a relevé son niveau d’ alerte et de mobilisation entre toutes les unités, que ce soit celles en Syrie ou au Liban. Le Hezbollah se préparerait donc à se battre sur deux fronts à la fois, en Syrie et au Liban.

Au cœur de cette lutte, qui devrait exploser dans les prochains jours, le rôle de premier plan dépendra de la possession de roquettes. Ce sera la façon de concrétiser la menace iranienne, selon quoi toute frappe occidentale sur la Syrie conduirait à allumer le feu en Israël. Dans une déclaration faite le 27 août, le ministre iranien de la Défense, Hussein Dehghan, a déclaré : « Une frappe sur la Syrie menacerait la sécurité et la stabilité de la région. » Par ailleurs, le ministère iranien des Affaires étrangères a averti que l’utilisation de moyens militaires contre la Syrie aurait des répercussions graves sur l’ensemble de la région.

Au vu des circonstances actuelles, le Hezbollah est dans une situation très complexe. D’une part, il est confronté à une crise interne depuis que de nombreuses forces politiques libanaises accusent le parti d’être la cause des répercussions de la crise syrienne à l’intérieur du Liban. D’autre part, il fait face à une offensive politique et médiatique intense au niveau régional venant des États arabes du Golfe, qui l’accusent de travailler pour l’Iran, contre les intérêts du peuple libanais et contre la volonté du peuple syrien qui souhaiterait renverser le régime d’Assad. Sous un autre angle -fondamental, celui-là - le Hezbollah peut aujourd’hui s’estimer dans l’obligation de se battre sur deux fronts à la fois : contre une large coalition militaire des pays de l’OTAN - dirigée par les États-Unis - et aussi contre Israël. L’arène d’un tel conflit s’étendrait de la Syrie au Liban, à partir de la frontière syro- turque jusqu’à la frontière du Liban avec Israël.

Cela signifie que le parti doit répartir ses forces - qui comprennent plus de cent mille combattants soutenus par des systèmes de missiles, dont des missiles sol-sol, sol-mer et peut-être sol-air, en utilisant ceux qui peuvent être portés à l’épaule - à travers toute cette région qui pourrait s’enflammer suite à une attaque de l’Occident sur la Syrie .

Certains experts militaires au Liban s’attendent à ce que, dans le cas où une telle guerre commencerait, le Hezbollah démontre des capacités militaires surprenantes, comme celles mises en évidence dans la guerre de 2006. En particulier, des missiles sol-mer du type de celui que le Hezbollah a envoyé pour couler un navire de guerre israélien qui bombardait Beyrouth au large de la côte libanaise. Le Hezbollah avait aussi utilisé des missiles antichars russes Kornet pour arrêter les attaques de chars israéliens dans al-Khayyam, infligeant à son ennemi de lourdes pertes.

des sources du Hezbollah ont révélé à al-Monitor que le parti préfère, à la suite des développements stratégiques dont est témoin le Proche -Orient, être un partenaire dans une guerre régionale et internationale, au lieu de devoir supporter seul une confrontation militaire avec Israël. Dans ce dernier cas, il serait obligé de se battre avec seulement un faible appui logistique de la Syrie, compte tenu des soucis de Damas avec ses propres problèmes internes. Alors que dans le cas d’une guerre régionale, Le Hezbollah serait partie intégrante d’un large front avec la Syrie, et bénéficierait de la part de l’Iran et de la Russie du même soutien que le régime d’Assad.

Ces mêmes sources ont révélé que le Hezbollah est maintenant certain que sa décision de se battre en Syrie était correcte. S’il avait poursuivi une politique dissociée de ce qui se passe en Syrie, cela aurait conduit à une catastrophe le jour où les États-Unis auraient annoncé qu’ils intervenaient dans la région avec leurs alliés pour frapper le partenaire stratégique du Hezbollah . Ces sources ont conclu en disant que la chose la plus dangereuse qui pouvait arriver, aurait été de permettre à l’Amérique d’isoler les composantes de l’axe iranien au Proche-Orient. Mais à présent, cet axe se tient uni. Une réponse à « l’agression américaine » ne se fera pas uniquement sur ​​le territoire de la Syrie mais sur un front qui s’étendra tout le long de la frontière de la Syrie avec la Turquie jusqu’à la frontière du Liban avec Israël.

3& août 2013 - al-Monitor - Vous pouvez consulter cette article à :
http://www.al-monitor.com/pulse/ori...
Traduction : Info-Palestine.eu - al-Mukhtar

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 08:25

 

Gilles Devers

 

Alors que Barack et François s’apprêtent à mettre leur treillis pour punir Bachar, Ban Ki-moon a rencontré la presse au siège de l’ONU pour dire que cette « punition » serait une grave violation du droit international. Un rappel de base, mais les bandits internationaux se croient les plus forts… Or, si les armes gagnent les batailles, aucune victoire n’est durable sans le droit. Toute l’histoire le prouve.
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1/ L’ONU est le gardien du droit international
Si on parle de droit international, il n’est pas de meilleure source que le droit de l’ONU, et le respect du droit s’apprécie de manière simple : par le respect des textes.
Les Etats-Unis (Amérique du Nord) peuvent-ils se revendiquer du droit international ? Non, et pour une bonne raison : ils n’acceptent aucun traité contraignant. Ils refusent de ratifier le protocole du Pacte de 1966 sur les droits civils et politiques qui permet aux personnes contestant leur jugement de saisi le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, le statut de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme, et le statut de la Cour Pénale Internationale.
Sur le plan technique, c’est ce refus de la confrontation aux principes du droit international qui est la cause de la galère des détenus de Guantanamo : ils n’ont de recours que devant le juge national, la Cour suprême (bien blanche), qui cautionne la violation des droits et réinvente les principes du droit pour un usage domestique. Un peu comme si on supprimait la CEDH, cette très efficace cour à laquelle se soumet la Russie.
Aussi, désolé si ça fait déprimer les fins penseurs du Monde (Occidental), mais la Russie se place sous le contrôle du droit international, et peut donc en parler, alors que les Etats-Unis refusent ce contrôle, qui conduirait à des cascades de procès pour les exactions commises.
Obama parle d’un « pays leader », qui aurait donc plus de droit que les autres, et qui pourrait notamment agresser la Syrie pour la « punir ». Sur cette affaire, Obama peut d’autant moins se revendiquer du monde du droit qu’il n’a pas les cuisses propres : on peut lui rappeler des ravages de l’agent orange au Vietnam. Les victimes attendent toujours une indemnisation.


2/ Le seul processus valable, par l’ONU
Refus de la « punition »
Hier, Ban Ki-moon a demandé à Obama de se calmer… en termes diplomatiques. Ban ne veut protéger personne. Il explique juste que l’utilisation massive d’armes chimique est particulièrement grave, et qu’il faut une enquête du plus haut niveau.  
Avant de partir pour Saint-Pétersbourg, au Sommet du G20, il lancé un appel aux membres du Conseil de sécurité, pour « réfléchir à une réponse appropriée en cas de vérification des allégations d'utilisation d'armes chimiques ». Réponse appropriée, ce n’est pas que les bombes…
Ecoutons la diplomatique leçon : « Je prends note de l'argument en faveur d'une action pour prévenir de nouvelles attaques à l'arme chimique. En même temps, nous devons prendre en considération l'impact que pourrait avoir toute mesure punitive sur les efforts en cours pour empêcher de nouvelles effusions de sang et faciliter la résolution politique du conflit. » Et il a rappelé que toute décision doit être prise dans le cadre prévu par la Charte des Nations Unies : « L'usage de la force est seulement légal en situation de légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte et après approbation du Conseil de sécurité ».
Respecter le travail, très complexe, des enquêteurs
Ban n’est pas impressionné par les preuves « certaines » que nous vendent les marchands de mensonges que sont les services secrets, et il demande que soit respecté le travail des experts, dirigé par le scientifique Åke Sellström. Depuis samedi, l’équipe a préparé les matériaux collectés en Syrie, et les échantillons biomédicaux et environnementaux seront transmis aux laboratoires d'analyse demain.
Ban a demandé qu’on laisse le temps à l'équipe de l'ONU de s'acquitter de son mandat, notant qu'elle « est dans une position unique pour établir de manière objective et impartiale les faits et conduire ses travaux dans le respect le plus strict des normes internationales pertinentes ».
Et attention : « Le mandat de cette équipe est de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées ou non. Il ne s'agit pas d'établir qui les a utilisées contre qui. Nous n'avons pas ce type de mandat à ce moment précis ».
Une fois les analyses des échantillons terminées, un rapport sera communiqué aux 193 États Membres des Nations Unies et aux 15 membres du Conseil de sécurité.
Si l’usage des armes chimiques est avéré, il y aura alors une enquête, et la Haute Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Angela Kane, cherchera le meilleur cadre pour faire toute la lumière et le proposera aux Etats, qui décideront.
On est loin de l’abrupte « punition ». Abrupte ? Non, criminelle.


3/ La « punition » est une agression, soit une violation grave du droit international
Ban n'invente rien : il rappelle les bases du droit.
La justice tribale étatsunienne se satisfait des exécutions sommaires. Quand l’armée US est allée en terre étrangère assassiner Ben-Laden dans son sommeil, avant de le jeter en mer, Obama a déclaré « Justice has been done », et aucune enquête n’a été ouverte sur ce crime revendiqué. On remplace le droit et la justice par les armes, et on tue. C’est la « punition » en mode mafia.
On retrouve exactement cette conception avec l’idée « il faut punir Assad », à savoir : Les Etats-Unis et le laquais François vont lancer une opération de guerre sur un Etat souverain, sans mandat de l’ONU et hors du contexte de la légitime défense. Simplifions : un Etat en attaque un autre.
Ce fait est bien connu, et il est d’une gravité exceptionnelle : il s’agit du premier crime de droit international. Selon les termes du Tribunal de Nuremberg, « l’inculpation selon laquelle les accusés auraient préparé et poursuivi des guerres d’agression (article 6 a) du statut)est capitale. La guerre est un mal dont les conséquences ne se limitent pas aux seuls Etats belligérants, mais affectent le monde tout entier. Déclencher une guerre d’agression n’est donc pas seulement un crime international : c’est le crime international suprême, ne différant des autres crimes de guerre que du fait qu’il les contient tous » (Jugement, p. 197).
Le crime de guerre ou le crime contre l’humanité concernent les méthodes de la guerre. Là, c’est le principe de l’agression qui est en cause. En 1945, on parlait de « crime contre la paix » dont on s’accorde à dire qu’il correspond de nos jours au crime d’agression.
Dans le cadre du procès de Nuremberg, 11 personnes ont été condamnées pour ce crime contre la paix, avec sept condamnations à mort, trois peines d’emprisonnement à vie et une peine de 15 ans. Le Tribunal Militaire de Tokyo prononcera 24 condamnations pour ce crime.
Depuis, le droit a précisé la notion.


4/ L’agression reconnue comme un crime
Les Etats, sous l’égide de l’ONU, ont poursuivi leurs efforts pour parvenir à faire connaitre cette violation du droit comme un crime, et cela s’est fait en deux temps.
1974 : la résolution 3314 (XXIX)
Cette résolution du 14 décembre 1974, ponctuant d’importants travaux, a adopté le premier vrai régime de l'agression demandant ( § 3) « à tous les Etats de s'abstenir de tous actes d'agression et autres emplois de la force contraires à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats conformément à la Charte des Nations Unies ».
Rappelant que seul le Conseil de sécurité, après avoir constaté une menace contre la paix, peut autoriser le recours à la force armée, la résolution souligne que l'agression est la forme la plus grave et la plus dangereuse de l'emploi illicite de la force car elle renferme, étant donné l'existence de tous les types d'armes de destruction massive, le risque d’extension des conflits.
La résolution est claire : « le territoire d'un Etat est inviolable » et ne peut être l'objet « même temporairement » de mesures de force prises par un autre Etat.
Vient la définition : « L'agression est l'emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un autre Etat, ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations Unies »,
L’article 3 liste une série actes qualifié d’agression, dont au § b) « le bombardement, par les forces années d'un Etat, du territoire d'un autre Etat, ou l'emploi de toutes armes par un Etat contre le territoire d'un autre Etat ».
L’article 5 conclut avec le caractère impératif de ces règles :
« 1. Aucune considération de quelque nature que ce soit, politique, économique, militaire ou autre, ne saurait justifier une agression.
« 2. Une guerre d'agression est un crime contre la paix internationale. L'agression donne lieu à responsabilité internationale ».
T’as pigé, Obama ?
2010 : un crime de droit international, selon le statut de la CPI
Le statut de la CPI, signé à Rome en 1998, prévoyait sa compétence pour juger le crime d’agression, mais en l’absence de consensus, la question est restée en attente. Un accord a été trouvé lors de la Conférence de Kampala en 2010, avec un article 8 bis qui définit le crime d’agression, par référence à la résolution 3314 (XXIX).
On entend par crime d’agression « la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies ».
Parmi les actes qualifiés, on retrouve au b) « le bombardement par les forces armées d’un État du territoire d’un autre État, ou l’utilisation d’une arme quelconque par un État contre le territoire d’un autre État ».
Un défi pour le Parlement français
Je vous rassure : le texte n’est pas immédiatement applicable, et François Hollande, le chef des armées, ne risque pas un mandat d’arrêt pour rejoindre Gbagbo à la Haye, car ce texte ne sera applicable, au mieux, qu’en 2017.
Mais le problème est bien différent, et ce devrait être un défi pour le Parlement français s’il se mettait à réfléchir, ce qui est une hypothèse d’école.
La France est un Etat qui a beaucoup fait pour l’instauration de la CPI, et s’est tout à son honneur. La qualité du droit en France doit beaucoup à la vigueur des garanties internationales : CEDH, Comité des Droits de l’Homme de l’ONU et CPI. Bravo.
Vient la question, simple et redoutable.
Bientôt, le Parlement français sera amené à se prononcer sur la ratification de l’amendement issu de la conférence de Kampala, introduisant le crime d’agression dans le statut de la CPI. La France, état fondateur de la CPI, pourrait-elle refuser de ratifier le texte sur l’agression, qualifiée par le Tribunal de Nuremberg de « crime international suprême »? Difficile, assurément, car ce serait sortir du club des Etats respectueux du droit. Elle devra ratifier, ou ce ne serait plus la France.
Mais alors, comment est-il possible de commettre aujourd’hui ce qui sera reconnu demain comme un crime ?

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 08:23

 

 

Lecture attentive du discours du Premier ministre : La France se perd...

 

 

Il n’y a pas de décisions plus importantes que celles qui conduisent au choix des armes, et j’ai voulu relire en détail le discours du Premier ministre devant l’Assemblée pour l’affaire de Syrie. C’est long, mais il faut prendre le temps, pour mesurer le dérèglement des esprits qui voit la France rompre avec le système de l’ONU pour suspendre sa décision au vote de la chambre de représentants des Etats Unis, et commettre un acte d’agression militaire. C’est grave, et le vieux militant de Gauche que je suis, même s’il n’y croyait plus trop, voit toute une culture politique s’effondrer. Définitivement orphelin de la Gauche…
Face à un crime possible, l'ONU avec ses meilleures équipes, enquête: pourquoi ne pas attendre le résultat de l'enquête ?

La France, membre permanent, du Conseil de sécurité, affirme que pour une intervention militaire contre un Etat souverain, un mandat de l'ONU est souhaitable : non, il est obligatoire, et par cette violation flagrante du droit, la France perdra sa place au Conseil de Sécurité alors que d'autres grandes puissances - Brésil, Inde, Afrique du Sud - , qui respectent le droit, doivent y siéger.

La France veut attaquer... pour permettre le dialogue politique ! Or, ce dialogue (Genève 2) est refusé par la Coalition Nationale Syrienne (CNS) et pas par El-Assad. Et l'attaque n'appellera pas le dialogue, mais un riposte. Pas un mot sur le risque d'engrenage militaire...

 
Et des flagrants mensonges... Le Premier ministre prend pour preuve des 1 500 morts le rapport de Médecins Sans Frontières, alors que MSF a publié un communiqué pour dire qu'elle avait compté 350 morts, et que ces constatations ne permettaient pas d'établir la réalité d'un crime
Avec de discours devant l'Assemblée,
la France se perd, et on le doit au gouvernement de la Gauche. Il faut en prendre acte, et réfléchir à toutes les implications.  


Le PM

« Monsieur le président, « Mesdames et Messieurs les députés,
« Aux premières heures du 21 août, à quelques kilomètres du centre de Damas, près de mille cinq cents civils dont des centaines d’enfants sont morts asphyxiés dans leur sommeil. Assassinés par le régime syrien, dans ce qui constitue, en ce début de siècle, le plus massif et le plus terrifiant usage de l’arme chimique ».

Commentaire :
Personne ne connait le nombre de victimes. Les faits datent du 21 aout, et le PM prend la parole le 4 septembre. La réalité d’une attaque au gaz parait bien établie, mais aucune liste nominative des victimes n’a été publiée. Le PM ne peut en aucun cas accréditer le chiffre de 1 500 victimes.
Le PM

« Ces faits, chacun d’entre nous a pu les découvrir presque immédiatement après ce drame, sur des dizaines de vidéos. Des vidéos tournées par des médecins, des voisins, des parents à la fois terrifiés et conscients du devoir d’informer le monde sur l’horreur de ce qui venait de se passer. Chacun d’entre nous a pu voir les images abominables de l’agonie des victimes, de ces cadavres d’enfants alignés. Sur ces cadavres, pas une goutte de sang, pas une blessure. Juste la mort silencieuse par l’emploi des gaz dont plus personne ne nie qu’ils aient été utilisés cette nuit-là ».

Commentaire :
Le PM nous donne sa preuve centrale, à savoir des vidéos amateurs. C’est nul. Il n’a donc aucune des seules preuves valables, à savoir les examens médicaux légaux. Pourtant 1.500 morts, ça permet de faire un grand nombre d’autopsie. Les « vidéos » du PM montrent bon nombre de survivants, et nous attendons les éléments médicaux. Depuis le 21 août rien.

On a très très peu d’information, et cela ne veut pas dire que rien n’a été fait. Mais une enquête criminelle telle que celle-là, sur plusieurs sites et temps de guerre, est d’une immense difficulté, et j’imagine bien volontiers que les médecins ayant fait des constations les ont réservés au seul processus valable, celui des experts de l’ONU, et non aux petits requins, sous-traitant des services secrets monnayant les « preuves » contre des artiches.  Monsieur le PM, merci de ne pas nous prendre pour des béotiens.

Le PM

« Au-delà de ces images terrifiantes, de quoi sommes-nous certains ? C’est pour en informer la représentation nationale que j’ai réuni ce lundi, avec les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et des Relations avec le Parlement, les présidents des deux chambres, des commissions compétentes et des groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le gouvernement en est convaincu, la gravité du moment exige transparence et dialogue républicain ».
Commentaire 
La transparence ? La gravité du moment exige transparence et dialogue républicain… Non, bonhomme, on s’en tape de ta transparence. Vu qu’on parle de crime, on a besoin de preuves documentées, comme il est de rigueur pour les enquêtes internationales. Il y a des grands pros qui passent leur vie à travailler sur la recherche des preuves, lors des grands conflits. Donc, parle-nous de preuves de niveau criminel, et garde ta transparence pour l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.
Le dialogue républicain ? Arrête de nous saouler avec cette République à laquelle tu ne comprends rien. Toutes les démocraties votent, pas la France. Tu es ridicule à soulever des principes qui te dépassent.

Le PM

« Nous sommes certains de l’ampleur du bilan qui pourrait atteindre jusqu’à mille cinq cents victimes. Des évaluations indépendantes comme celle de MÉDECINS SANS FRONTIÈRES le confirment ».

Commentaire
Flagrant délit de mensonge !

Voici le communiqué de MSF du 28 aout 2013 (qui évoque le chiffre de 355 morts).
Syrie
- Les déclarations de MSF ne peuvent pas cautionner une action militaire »
« Ces deux derniers jours, le gouvernement américain et des responsables d’autres pays ont fait référence à des rapports émanant de différents organismes, dont Médecins Sans Frontières (MSF), tout en indiquant que l’utilisation d’armes chimiques en Syrie était « indéniable » et pour désigner les auteurs de l’attaque.

MSF souligne aujourd’hui que ses informations médicales ne peuvent être utilisées comme preuve pour attester l’origine précise de l’exposition à un agent neurotoxique ni pour attribuer une responsabilité.
Le 24 août, MSF a déclaré que trois hôpitaux soutenus par l’ONG dans la région de Damas en Syrie ont indiqué avoir reçu 3 600 patients souffrant de symptômes neurotoxiques, dont 355 seraient morts.
Bien que nos informations fassent état d’une exposition de masse à un agent neurotoxique,
MSF a clairement déclaré qu’une confirmation scientifique de la nature de l’agent toxique était nécessaire et qu’une enquête indépendante était par conséquent nécessaire pour faire la lumière sur ce qui constituerait, en cas de confirmation, une violation grossière et inacceptable du droit humanitaire international. MSF a également précisé qu’en tant qu’organisation humanitaire médicale, elle n’était pas en mesure d’établir la responsabilité de cet événement.
Alors qu’une enquête est maintenant menée par des inspecteurs des Nations-Unies,
MSF refuse que ses déclarations soient utilisées comme un substitut à l’enquête ou comme une justification à une action militaire. MSF qui est une organisation humanitaire médicale indépendante a pour unique mission de sauver des vies, d’alléger les souffrances des populations plongées dans le conflit syrien et de témoigner face à des événements très importants, dans le strict respect des principes de neutralité et d’impartialité. Cet afflux massif de patients présentant des symptômes neurotoxiques dans la région de Damas vient s’ajouter à une situation humanitaire déjà catastrophique à laquelle est confrontée la population syrienne. Cette situation est caractérisée par une violence extrême, des déplacements de populations, la destruction de structures médicales et de sévères entraves à l’action humanitaire, voire même (sic) son blocage. »
Evidemment que le PM connait ce communiqué de MSF. C’est un faussaire.

 

Lire la suite :

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