4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 09:01

 

Comando Sur

Les Etats-Unis préparent des armées régionalisées

 

ROBERTO M. YEPE PAPASTAMATIN – Le 19 octobre dernier, le quotidien le New York Times publiait un reportage qui devrait préoccuper sérieusement tous les gouvernements, et les forces politiques et sociales qui défendent la souveraineté de leurs pays respectifs et qui luttent pour un monde plus équilibré. Sous le titre suggestif de « Les Etats-Unis préparent une stratégie pour l’Afrique, au Kansas », le travail du journaliste Eric Schmitt impressionne par la clarté avec laquelle il révèle la stratégie du Pentagone pour surmonter les fiascos d’Afghanistan et d’Irak et maintenir la suprématie hégémonique des E.U. au niveau mondial, avec cette fois avec une utilisation plus efficace du pouvoir militaire. 

Selon le reportage, des milliers d’effectifs militaires qui étaient auparavant déployés en Afghanistan se sont préparés à Ford Riley, Kansas, pour développer des missions en Afrique, c’est une partie de la nouvelle stratégie du Pentagone que d’entraîner et de conseiller les forces autochtones pour l’affrontement de « menaces terroristes » et « autres risques de sécurité », de manière que les forces étasunienne n’aient pas à le faire directement. Dans l’étape initiale de ce programme, une brigade de 3 500 effectifs de la Première Division d’Infanterie de l’Armée, connue comme la Big Red One, sera utilisée pour opérer plus de 100 missions en Afrique au cours de l’année à venir. 

Ces missions engloberont depuis des équipes de deux francs-tireurs au Burundi jusqu’à des armées aérotransportées et humanitaires en Afrique du Sud avec des groupes de 350 soldats. Des équipes de la brigade qui se préparent au Kansas ont déjà entraîné des forces au Kenya et en Tanzanie qui en ce moment affrontent le mouvement Al-Shabab en Somalie. Selon le lieutenant-colonel Robert E. Lee Magee, dont le bataillon a envoyé des troupes au Burundi, au Niger et en Afrique du Sud au cours des derniers mois, et dont l’unité se déploiera à Djibouti au mois de décembre prochain, « notre objectif est d’aider les africains a résoudre les problèmes africains, sans qu’une grande présence étasunienne soit nécessaire »

Toujours selon le reportage du quotidien newyorkais, “le Commandement militaire des Etats-Unis pour l’Afrique est un ballon d’essai pour ce nouveau programme de l’Armée, qui a pour finalité de créer des brigades alignées régionalement et qui éventuellement s’étendra l’année prochaine à tous les commandements du Pentagone qui s’occupent des différentes zones géographiques du monde, incluant l’Europe et l’Amérique Latine ». Pour le général Ray Odierno, Chef d’Etat Major de l’Armée, l’objectif est de préparer une armée qui puisse être utilisée régionalement dans tous les commandos combatifs, « avec la finalité de soutenir et exécuter notre stratégie de sécurité nationale »

Pour n’importe quel lecteur bien informé, la signification de l’utilisation du concept de la « sécurité nationale étasunienne » paraîtra évidente. En temps de crise fiscale, et dans une situation de détérioration morale sans précédent de l’impérialisme nord-américain, les stratèges politiques et militaires des Etats-Unis sont à la recherche d’une façon de maintenir leur suprématie globale de la manière la plus économique possible, et de minimiser leur présence et la perte d’effectifs militaires propres. Et pour cela, ils cherchent à potentialiser la préparation et la mobilisation des forces militaires d’autres pays en fonction des intérêts étasuniens dans chaque scénario régional.

Dans le cas de l’Amérique latine, ce nouveau dessein stratégique a été exposé de manière transparente il y a un an dans le document du Pentagone intitulé “La politique de défense pour l’hémisphère Occidental », dans lequel il est signifié sans aucune pudeur ; “Nous poursuivrons l’identification des opportunités de collaboration pour dérouler des actions qui transcendent l’hémisphère. Ce projet non seulement renforce les associations des Etats-Unis dans l’hémisphère, mais aussi il renforce l’importance qu’elles revêtent pour soutenir les priorités globales des Etats-Unis, incluant la réorientation jusqu’en Asie et au Pacifique ». Cela veut dire que ce qu’ils prétendent obtenir, c’est la mobilisation subordonnée des forces militaires latino-américaine et caraïbes en fonction des intérêts étasuniens au niveau global et particulièrement de leurs objectif stratégique de maintenir une position dominante en Asie et de contenir l’émergence d’une nouvelle superpuissance dans la région.

La nouvelle stratégie globale des Etats-Unis appelle une réponse de l’Amérique Latine et des Caraïbes, et cette réponse devrait également être régionale. Sans doute est-ce un thème particulièrement pertinent de débat pour l’Alba-TCP, le Conseil de Défense de l’UNASUR et la CELAC. Il ne s’agit pas de prévisions d’opinions de militants radicaux de gauche ou d’anti nord-américains. Les documents mêmes du gouvernement des E.U et la presse de ce pays nous avertissent de ce qui vient. Dans le nouvel équilibre mondial qui se constitue, il est urgent de défendre l’autonomie stratégique de l’Amérique Latine et des Caraïbes non seulement dans sa dimension politique, mais aussi militaire.

ROBERTO M. YEPE PAPASTAMATIN est Professeur à l’Institut Supérieur de Relations Internationales “Raúl Roa García”, La Havane. 

Publié par Con Nuestra América

Traduction française Anne Wolff

Source originale en espagnol :

OJO: Los Estados Unidos preparan ejércitos regionalizados | CONTRAINJERENCIA

 

 

 

Note de la traductrice

Un petit mot au sujet de ce texte. Depuis un moment je m’intéresse au processus de militarisation de la planète dont nous sommes témoins ainsi qu’à d’autres aspects de la guerre globale, guerre, économique, cybernétique. Je constate que les lecteurs francophones ont fort peu accès à des données pourtant fondamentales, indispensable pour comprendre les différents modes et aspects qu’adopte cette guerre globale qui pourtant affectent nos quotidiens. De nombreux auteurs latino-américains traitent par contre de ce « problème » en profondeur et en extension, nous donnant des éléments qui nous permettent de comprendre des processus qui sont également à l’œuvre dans nos régions, l’application du programme écrit par et pour le Pentagone qui se déroule actuellement et jusqu’à 2020. Le principe fondateur énoncé par ce programme est « l’obtention de la domination du spectre complet » censément au service « de la défense des intérêts et de la sécurité des Etats-Unis ». Comme le dit l’auteur ci-dessus, nul lecteur « bien informé » ne peut ignorer que ce concept recouvre une réalité toute différente de celle qu’il énonce. Non seulement, il ne s’agit plus de défense mais bien d’une guerre de conquête des ressources de la planète, mais il n’est plus non plus question des « Etats-Unis » au sens où ce terme est censé évoquer les habitants de ce pays. Il s’agit par contre clairement de défendre les intérêts d’une oligarchie transnationale, oligarchie qui a pris le contrôle non seulement du gouvernement étasunien mais aussi de son armée et qui se comporte toujours d’avantage en « propriétaire de planète »,propriétaires non seulement des terres et ressources, ais aussi des destins des habitants, exerçant un droit de contrôle sur leur comportement jusque dans l’intimité, jusqu’à nos pensées qui sont de plus en plus contraintes de se conformer au cadre normatif imposé, sous peine de criminalisation, sous peine de psychiatrisation, alors que s’opère une dangereuse dérive qui se traduit par « sous peine de mort, sans procès, ni jugement ». Cette dernière dérive se traduit dans le droit qui s’étend, que s’arrogent le président des Etats-Unis, armées, paramilitaires, police, DEA, et qui à présent s’inscrit creuse son chemin pour prendre toujours d’avantage le caractère d’une pseudo-légalité de tirer à vue sur ceux qui seront qualifiés de terroristes ou de narcotrafiquants et dont nous constatons dans les faits qu’ils sont bien plus souvent des résistants, des dissidents, voir les « dommages collatéraux ». Ne nous trompons pas sur ce qu’incarnent ces dommages collatéraux. Ils ne sont pas les victimes de tragiques erreurs, mais bien des éléments importants nécessaires pour instaurer cet état de terreur permanent qui paralyse les peuples et les réduits à l’impuissance. Pour ceux qui l’ignorent, sachez que le droit de tirer à balle dans la foule en cas d’émeutes est inscrit dans la Constitution Européenne.

Le nouveau décret grec qui applique une directive de l’Union Européenne, qui s’étendra donc à l’Ensemble des pays de la Zone concrétise ce qui n’est plus « une dérive de la démocratie » ais bien la claire instauration du totalitarisme, en voici le contenu

Quiconque qui, de manière intentionnelle viole les sanctions ou les mesures restrictives instituées à l'encontre des États ou des entités ou des organismes ou des personnes physiques ou morales, par les décisions du Conseil de sécurité des Nations Unies ou par celles des réglementations de l'UE, ceci est passible d'emprisonnement d'au moins six mois, la peine maximale étant deux ans d’emprisonnement, sauf si, une autre disposition prévoit une peine plus lourde. Les dispositions de l'alinéa précédent s'appliquent de même, que lorsque ces actes ne sont pas répréhensibles en vertu des lois du pays où ces faits sont perpétrés”. 

Ironiquement, je pourrais dire que même au Honduras, ils n’ont pas osé aller aussi loin dans la légalisation de l’inique et de l’illégitime.

Nous devons affronter aujourd’hui une redoutable tendance, une bande de crétins – désolée, je ne vois pas d’autre mot - manipulés qui se prennent pour les Nouveaux Inquisiteurs ou leurs valets, font aujourd’hui la chasse aux sorcières de service, les daltoniens incultes, chasseurs de « rouge-bruns », ont tout d’un nouveau clergé fanatisé.  Je comprends qu’on puisse être lassés du fanatisme avec lequel d’autre part certains ressassent inlassablement les mêmes arguments pour prouver que les attentats de 11 septembre 2001 ont été menés sous fausse bannière, contribuant à faire une publicité imméritée à cet incident mineur d’une longue guerre. 3OOO morts, deux tours pas très belles, les Afghans, les Irakiens, les Libyens, les Syriens, pour ne citer qu’eux, seraient certainement « soulagés » de n’avoir eu à souffrir qu’un incident aussi minime plutôt que les guerres sans quartiers qui y ont assassiné, torturé les peuples, détruits les infrastructures et semé la destruction irréversible de l’uranium appauvri et j’en passe. De même un complot ne se poursuit pas de génération en génération sans qu’il soit supporté par une idéologie forte et contraignante pour ceux qu’elle formate. Le problème fondamental est donc cette idéologie et non ceux qui vont l’incarner qui ne sont que les rouages d’une machination qui les précède et dont nous espérons qu’elle ne leur survivra pas.

L’urgence est donc de se concentrer sur cette idéologie, nous reconstituer les boîtes à outils conceptuelles, sans se laisser impressionner par les Inquisiteurs de service, pour en comprendre la nature, les implications, d’en repérer les applications, les modes de fonctionnement, les champs d’action. De la démonter comme on démonte une mécanique pour en identifier les rouages. Une clé pour comprendre ces processus est le principe du programme du Pentagone Joint Venture 2020 « obtention de la domination du spectre complet », un programme qui comporte une militarisation de l’ensemble de la société, sa mise au service des Intérêts et de la Sécurité des Transnationales qui sont les Eléments Dominant d’un Monde-Marché-Unique, dans lequel tout est marchandise, objet de commerce, susceptible de produire du Profit dont on ne sait plus trop bien à qui il bénéficie finalement, les aspirants Propriétaires du Monde feraient plutôt pitié qu’envie et si nous avons à nous préoccuper d’eux, c’est qu’ils sont néfastes pur l’ensemble des habitants de la planète qu’il entendent dominer et contraindre, surveiller et punir !

 

Anne Wolff


Quelques traductions inédites sur ces thèmes

En ce qui concerne ce programme J.V. 2020, une description et analyse ici

Militarisation impérialiste : nouveaux masques pour de vieux projets

En ce qui concerne son application deux textes clés de Nick Turse , initialement publié sur TomDispatch qui les résume fort bien

La nouvelle doctrine d’obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. Ou comment mettre la planète à feu et à sang…

Les opération spéciales "us" mènent guerre secrète dans 120 pays

Et, parmi bien d’autres, dont les premiers cités, nous permettent d’établir les liens entre eux, qui décrivent application et ramifications

"culture stratégique" : le commandement sud et la militarisation des universités

Décrit la mise au service du projet global des universités mais aussi de la société civile et qui fonctionne déjà en France sous le nom de clubs « société défense », par exemple à Lille, alors que le projet militaire conjoint de lutte contre-insurrectionnel y a pour nom « Opération Scorpion »

Un exemple d’application de cette « culture stratégique »

L’avant-garde yanqui en Amérique Centrale : peuples indigènes en grand danger !

Un des visages de la doctrine dite d’Obama, la fusion des armées officielles et privées, ainsi que des entreprises et services de renseignement dont le rôle de garde-chiourme et assassins au service des transnationale est très, très, très clairement démontrés en Amérique Latine :

Les entreprises militaires privées pénètrent l’Amérique Latine

Ceci n’est qu’un tout petit aperçu du travail accompli par ces nombreux chercheurs (et dont de nombreuses traductions inédites figurent sur ce blog) qui recomposent les toiles entrecroisées des processus qui conduisent à la « domination globale », et malheureusement à de rares exceptions près, les chercheurs européens ont tendance à briller par leur absence. Forcément, les chasseurs de sorcières leur ont confisqué les outils qui nous permettraient de comprendre et d’expliquer la réalité de la globalisation et qui se passe très bien du 11 septembre 2001 pour prouver que ce projet s’installe de manière occulte ou discrète, utilisant les guerres sous faux prétexte,  la manipulation, la corruption, le conditionnement psychologique des « élites » et des peuples, l’infiltration-subversion, les assassinats sélectifs, etc.,… pour s’imposer comme ultime et unique idéologie à l’exclusion de toute autre.

 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 19:13

 

Ce sont partout les mêmes schémas, une éviction planétaire de la petite paysannerie, expulsée de ses terres, mise en errance indéfinie, mise en quasi esclavage sur ses propres terres au service de multinationales, répression, assassinat des meneurs de la résistance, famille réduite à la plus noire misère.

Sumatra : comment l’huile de palme a chassé des centaines de paysans de leurs terres

par Patrick Piro 21 octobre 2013

 

Alors qu’en France, un projet de surtaxe de l’huile de palme fait toujours débat, que se passe-t-il chez le premier producteur mondial de palme, l’Indonésie ? Expropriation de communautés locales, soumissions contraintes des petits agriculteurs aux grandes firmes contrôlées par l’Etat… La culture d’huile de palme n’y est pas vraiment « responsable ». A Sumatra, des centaines de familles se sont lancées dans une « guérilla » agricole pour se réinstaller sur les plantations dont ils ont été chassés. Reportage.

Rustan, Sultan et Masri-Zainal baissent la voix. Ils nous expliquent qu’ils vont envahir « leur » terre afin d’en reprendre possession. Environ 1 500 hectares que leur communauté occupait il y a près de trois décennies, à la suite de leurs ancêtres, et dont ils ont été chassés dans les années 1980 par l’armée. Dans une campagne reculée de la commune de Jorong, dans l’Ouest de Sumatra [1], l’opération de nettoyage avait pour but d’installer une plantation de palmiers à huile, exploitée par une entreprise gouvernementale, la PTPN 6 [2].

Les trois paysans, de la tribu des Minang Sikumbang, se sont rendus à Jakarta en juin dernier, à l’occasion d’une grande rencontre internationale du réseau la Via Campesina (lire notre reportage), venus mettre au point l’opération avec les conseils de leur syndicat SPI, principal regroupement paysans d’Indonésie – l’équivalent de la Confédération paysanne en France.

L’éviction a eu lieu à l’époque du dictateur Sukarno, mais sa chute en l’an 2000 n’a rien changé pour la communauté. « Le gouvernement ne nous a prêté aucune attention. Il a même expliqué qu’il était en droit de récupérer ces terres, au prétexte qu’elles auraient été exploitées auparavant par les Pays-Bas (l’ancienne puissance coloniale, ndlr). » L’argument retors est régulièrement servi pour contester le droit coutumier des populations locales — non écrit et non enregistré —, et qui entrave les grands projets. Justification : l’État agirait dans une continuité de gestion, les Indonésiens ayant pris la suite du colonisateur à l’indépendance… « La spoliation n’est donc pas reconnue », explique Masri-Zainal, un des meneurs de la contestation.

Sous la tente précaire qui leur sert de quartier général, Mastum, meneur des paysans floués par la PTPN 7, explique qu'ils sont prêt à tout pour retrouver de la terre à cultiver.

Le moratoire [3] sur la déforestation en vigueur depuis 2011 en Indonésie n’a en rien affecté la croissance de la production. Les anciennes concessions ne sont pas concernées et l’agro-industrie contourne le moratoire en exploitant des terres occupées par d’autres cultures. La production indonésienne qui représente 54 % de l’huile de palme mondiale, a récemment rattrapé, puis largement dépassé celle de son grand concurrent malaisien (33 % du total mondial) [4]. Le pays entend bien poursuivre son expansion pour accompagner l’explosion de la demande mondiale dans l’agroalimentaire et les agrocarburants. Les surface couvertes en palmeraies — près de 9 millions d’hectares aujourd’hui, l’équivalent du Portugal —, pourraient croître de 40 % d’ici à 2020 [5].

« Association » ou servage ?

Le syndicat SPI a recensé des centaines de conflits similaires dans toutes les grandes îles de l’archipel. Dans le but de les prévenir, les autorités proposent depuis des années aux déplacées des solutions de compromis épargnant les intérêts agro-industriels : l’installation sur des lopins en périphérie de la plantation, ou plus loin, en échange d’un abandon de toute revendication concernant l’accaparement de leurs anciennes terres. Une procédure dénommée inti-plasma.

L’entreprise a ainsi obligation de proposer aux paysans de s’associer à son projet. La terre reste attribuée à la plantation industrielle, mais les multiples lopins (en général deux hectares) sont « offerts » en compensation aux familles expropriées. Celles-ci doivent cultiver la palme, avec obligation d’en vendre la cueillette à l’entreprise. Cette dernière est tenue d’accompagner les paysans jusqu’à la maturité de leurs palmiers (environ trois ans après plantation), en échange de la récolte pendant cette période. Elle promet aussi en général de construire des écoles, des routes, ou des centres de santé.

Engagements non respectés

Mais les bénéfices potentiels de cette « association » n’apparaissent souvent que sur le papier. Ce système, d’inspiration très libérale, piège trop souvent les paysans dans un statut d’auto-entrepreneur sous contrat, très éloigné de leur culture ancestrale. Le cadre inti-plasma prévoit certes que le projet doit être négocié avec les représentants des communautés. Mais ces dernières contestent cette délégation forcée, qui réduit leur capacité de peser collectivement. « Les villageois sont toujours en position de faiblesse », constate Polong, directeur de l’antenne de l’association écologiste Walhi dans la province de Sud Sumatra. L’entreprise a la main sur toutes les données comptables, et c’est elle qui fixe le prix d’achat des récoltes des terres. Les plaintes des paysans sont fréquentes car les malversations sont aisées ! », commente Polong.

À Lais, une centaine de famille de paysans s'est mobilisée pour réclamer de la terre auprès de la compagnie PTPN 7.

L’une des plus communes : la firme apprend au paysan qu’il est en dette à son égard. La spirale de la ruine s’amorce. « À court de solutions, il ne reste aux familles qu’à vendre leur lopin… à l’entreprise, déplore Rahman, responsable Sumatra Sud du SPI. Les conflits se multiplient aujourd’hui parce qu’elles constatent aussi, dix ans plus tard, que les équipements promis ne sont jamais venus. Alors qu’il était généralement admis, dans la perception commune, que l’Indonésie disposait de terres en suffisance, les paysans floués s’aperçoivent que ce n’est pas le cas. »

Amorce d’une révolte

Dans cette province, des centaines de paysans de la commune de Lais ont aussi connu l’éviction de leur terre pour laisser place à des milliers de rangées de palmiers filant vers l’horizon. Mastum explique que l’entreprise PTPN 7, autre firme agro-industrielle, n’a jamais été claire avec eux. Plus d’une centaine de familles auraient été exclues de l’accord inti-plasma initial, et survivent sur de maigres bandes de terre en bordure de la plantation. Au début des années 2000, avec la chute du dictateur, ils sont revenus à la charge pour réclamer à bénéficier… de l’inti-plasma.

« Nous avons connaissance des inconvénients, mais n’avons pas d’autre issue, il nous faut de la terre », avoue Mastum. Disposant même d’une lettre d’accord signée de la main du directeur régional de la firme, les paysans se sont lassés d’être menés en bateau. Ils ont installé il y a quelques mois une sorte de campement de bataille précaire quelques mètres à l’intérieur de la palmeraie. L’atmosphère est électrique, des jeunes font le guet pour repérer les vigiles en civil qui circulent à moto. En mai dernier, les paysans avaient brûlé du matériel appartenant à la PTPN 7, promettant de tenir bon jusqu’à obtenir satisfaction.

Guérilla agricole

À Jorong, dans l’Ouest de Sumatra, plusieurs tribus ont accepté de jouer le jeu de l’inti-plasma quand les guichets se sont ouverts, en 2001. Mais quelque 450 familles ont refusé l’offre et se sont tout bonnement retrouvées sans terre. « Nous voulons revenir où nous vivions, justifie Sultan, autre meneur de la résistance. Un site boisé à flanc de colline où tout poussait à petite échelle, riz, fruits, légumes… Nous avions là notre cimetière, des sites dédiés à nos traditions. La firme a tout effacé, délibérément. »

Une majorité de ces paysans sans-terre se sont dispersés pour tenter de retrouver des moyens de subsistance. Restent sur place 180 familles très mobilisées et appuyées par le SPI. Quelques-unes, dont celles de Rustan, Sultan et Masri-Zainal, mènent une « guérilla » agricole, cultivant de petites bandes entre les rangées de palmiers et ont même creusé des mares pour élever des poissons.

En 2004, le dirigeant régional de la PTPN 7 avait promis par écrit que la compagnie attribuerait des terres aux paysans de Lais. Ils attendent toujours.

L’espoir avec la fin des concessions

Les paysans entretiennent cependant un espoir sérieux. À force de pressions, d’occupation de terres et de manifestations, le SPI de la province a obtenu en 2012 une belle victoire : le vote d’une résolution stipulant que les terres, dont les autorités locales ont revendiqué la propriété au détriment des communautés paysannes, reviendraient à ces dernières à l’échéance des concessions accordées aux firmes qui les exploitent. Pour les Minang Sikumbang, la date butoir est 2017. « Cependant, nous nous sommes refusés à patienter encore quatre années, défend Masri-Zainal. Nous connaissons la versatilité des gouvernements, et nous pouvons redouter un renversement de situation après 2015, quand le gouverneur local qui a porté cette loi arrivera en fin de mandat. »

Surtout, les familles rebelles ont trouvé le moyen d’exercer une pression efficace sur l’entreprise. D’ici peu, elle va devoir rajeunir sa plantation, processus périodique destiné à remplacer les vieux arbres devenus moins productifs. « C’est le moment où jamais de nous réinstaller sur le bord de la rivière, d’y construire un petit barrage pour démarrer des cultures irriguées et des mares à poissons, confie le paysan. C’est une manière de convaincre de notre détermination. Car notre but n’est pas de revendiquer l’illégalité mais d’ouvrir les yeux aux autorités sur la réalité de notre situation, de faire réfléchir sur le statut de la terre, puis d’obtenir la reconnaissance officielle de notre droit sur cette terre. »

La firme a tendance à faire profil bas dans la perspective d’échapper à la date couperet de 2017, constate le paysan, qui estime que l’invasion pourrait se dérouler sans violence. « Enfin, je suppose. La police va sûrement intervenir. En général, il n’y a pas de morts… » Tout cela n’a pas empêché la « Table ronde pour l’huile de palme responsable » (Roundtable on Sustainable Palm Oil) de conclure des partenariats avec des grosses exploitations indonésiennes [6].

Texte et photos : Patrick Piro
Plantation de palmiers à huile de la compagnie PTPN 7 dans la commune de Lais, Sumatra Sud.Légendes :
- Photo Une : plantation de palmiers à huile de la compagnie PTPN 7 dans la commune de Lais, Sumatra Sud. La noria des camions qui évacuent les fruits vers l’usine d’extraction d’huile.
- Sous la tente précaire qui leur sert de quartier général, Mastum, meneur des paysans floués par la PTPN 7, explique qu’ils sont prêt à tout pour retrouver de la terre à cultiver.
- À Lais, une centaine de famille de paysans s’est mobilisée pour réclamer de la terre auprès de la compagnie PTPN 7.
- En 2004, le dirigeant régional de la PTPN 7 avait promis par écrit que la compagnie attribuerait des terres aux paysans de Lais. Ils attendent toujours.
- Plantation de palmiers à huile de la compagnie PTPN 7 dans la commune de Lais, Sumatra Sud.

P.-S.

Lire aussi : Crime environnemental : sur la piste de l’huile de palme

Notes

[1Sumatra est la plus ancienne et la plus importante zone de culture de palme.

[2Quinze firmes sont détenues par l’État, numérotées de I à XIV, plus une autre. Elles sont dédiées à la culture en grandes plantations de matières premières (palmiers à huile, cacao, sucre, thé, café, hévéa...).

[3Ce moratoire a été mis en place sous la pression internationale de la Norvège, chef de file des financeurs de la protection des forêts.

[4Sur 2012-2013, l’Indonésie a ainsi exporté 20,3 millions de tonnes d’huile de palme, contre 17 millions de tonnes pour la Malaisie.

[5Source : USDA-FAS

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 17:44

 

 

Vacy Vlazna


Le documentaire de Yotam Feldman intitulé « HaMaabada » (Le Laboratoire), sorti en août dernier, est une des plus importantes révélations sur les raisons et la mise en œuvre obscènes des très lucratives industries israéliennes que sont l’armement et la sécurité, à travers la voix de certains de ses principaux ex-opérateurs militaires : Amos Golan, Shimon Naveh, Leo Gleser, et Yoav Galant.

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Ahmed Abu Dagah, âgé de 12 ans, a été assassiné par des tireurs israéliens en novembre 2012, alors qu’il jouait au football à l’extérieur de Kahn Younès - Photo : Reuters/Mohammed Salem

Attention ! « Le Labo »  contient du porno guerrier et du mal pur et dur : à voir et à pleurer.

Le mastodonte de l’armement israélien a un chiffre d’affaires de plus de 7 milliards de $ et comme le révèle Feldman, ce succès phénoménal est dû à l’expérience, acquise en testant l’armement sur la population palestinienne dans les laboratoires militaires israéliens que sont Gaza et la Cisjordanie.

« Je pense que le principal produit que vendent les Israéliens, en particulier au cours de la dernière décennie, c’est l’expérience … le fait que les produits ont été testés, l’expérience : c’est la chose essentielle qu’ils [les clients] viennent acheter.Ils veulent le missile qui a été tiré dans la dernière opération à Gaza, ou le fusil utilisé lors du dernier raid en Cisjordanie ».

Sans broncher, Benjamin Ben Eliezer, ministre de l’Industrie, avance fièrement l a raison de la phénoménale demande d’armes et de technologie israéliennes. « Quand Israël vend des armes, elles ont été testées, essayées. Nous pouvons dire : nous avons utilisé ceci pendant 10 ans, 15 ans ».

Testées par des tueurs israéliens sur les 1398 enfants palestiniens tués depuis 2000 et sur les centaines de milliers d’enfants qui se débattent avec des traumatismes de guerre, des états de stress post-traumatiques et des terreurs perpétuelles.

 Le Labo  explique pourquoi le processus de paix - passé, présent et potentiel - est une imposture absolue. L’économie d’Israël est inextricablement dépendante de la guerre et de la souffrance des Palestiniens.

« Et par ailleurs il y a le fait qu’aujourd’hui l’économie israélienne est tellement dépendante de ces opérations. C’est 20 % des exportations. Ce sont 150 000 familles – pas personnes – en Israël qui dépendent en fait de cette industrie. Et si un jour ça s’arrêtait, s’il n’y avait pas de prochaine opération à Gaza, alors Israël aurait quelques problèmes économiques ».

« L’industrie de l’armement n’appartient pas à quelques marchands, elle est propriété de tout un pays »

Quelle meilleure justification du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui cible des entreprises publiques et privées ainsi que toutes les universités israéliennes, à travers leurs programmes de recherche et développement militaires, qui « changent le sang en argent »

Quel fusil a fait monter le shekel quand les sœurs Amal (2 ans) et Suad Abed-Rabo (9 ans), qui agitait un drapeau blanc, furent abattus par l’équipage d’un tank à Gaza ?

La dégradation de l’esprit et de la société d’Israël via la normalisation perverse d’une agression cruelle et d’une criminalité violente, sanctionnées par l’État, se manifeste tout au long du film dans l’arrogance vaniteuse des seigneurs de guerre, politiciens et marchands d’armes israéliens, qui oublient qu’aux yeux des gens civilisés ils apparaissent comme des psychopathes :

Général (retr.) Amiran Levin : « Je voudrais mentionner un point, parlant de Gaza, parlant du Liban et d’autres endroits que nous occuperons dans le futur. Puisque nous voulons maintenir l’équilibre, comme un pays développé, le châtiment comme stratégie devrait être l’élément majeur … C’est la chose la plus importante, la quantité est plus importante que la qualité. La faute que l’armée commet, c’est de juger chaque cas individuellement, que la personne mérite de mourir ou non. La plupart de ces gens sont nés pour mourir, nous avons juste à les aider ».

Lt.Co.(retr.) Shimon Naveh, un philosophe militaire, oui vous avez bien lu, un philosophe militaire qui parle comme s’il avait ingurgité un kilo d’amphétamines ; il se balade dans un simulacre de village arabe criblé de balles, servant à des exercices militaires, et se lamente : « Comme vous pouvez le voir, ceci n’est pas un village arabe. C’est un endroit mort. Peut-être que dans nos rêves les plus roses c’est à cela qu’un village palestinien ressemblerait, mais ce n’en est pas un ».

Le général Yoav Galant, le « créateur » de l’Opération Plomb Durci en 2008-2009 : « En ce qui me concerne, l’ennemi a 3 options, soit il est tué, soit il se rend, soit il fuit ». Galant omet de dire que 1,6 million d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards de Gaza (et en l’occurrence tous les Palestiniens) n’ont nul lieu où fuir, parce qu’Israël contrôle fermement la terre, la mer et l’espace aérien de Palestine.

Nous comprenons donc que les Israéliens ont une stratégie identique de guerre de faible intensité ou de asymétrique à celle des États-Unis : ils n’attaquent que des nations qui sont à genoux, usant de sièges, de sanctions et d’armements hors-normes.

Dans une interview au Small Wars Journal, Naveh reconnaît : « Quand vous menez une guerre contre un rival qui est de toute façon inférieur à vous, vous pouvez perdre un gars ici ou là, mais vous contrôlez absolument tout. C’est agréable. Vous pouvez prétendre que vous faites la guerre et pourtant ce n’est pas une guerre vraiment dangereuse ».

Hormis les combattants pour la liberté du mouvement Hamas, armés de kalashnikovs et « d’un modeste stock d’armes », la Palestine n’a ni armée, ni marine, ni force aérienne pour défendre son peuple. Bien sûr, il y a les forces de sécurité du Président Abbas armées et entraînées par les États-Unis, mais elles font avec brutalité la police contre leur propre peuple au profit d’Israël.

Feldman montre comment les plus grosses entreprises d’armement israéliennes rendent la vente d’armes séduisante. Lors d’un salon de l’armement à Paris, une jeune VRP guillerette démontre sur écran le potentiel de précision des produits de l’industrie israélienne de l’armement, et à la base militaire de Shivta, les officiers étrangers venus assister à une démonstration de missile sont répartis en groupes menés par de « charmantes » soldates israéliennes.

Des gouvernements étrangers comme l’Australie contribuent généreusement à multiplier les bénéfices des marchands de mort israéliens tout en apaisant les craintes de leurs électorats. Galant s’en plaint : « Il y a beaucoup d’hypocrisie, ils vous condamnent politiquement, tout en vous demandant quelle est votre recette, à vous Israéliens, pour transformer le sang en argent ».

N’empêche que les profits pour Israël, tels qu’il les précise, sont les suivants :

« Tout d’abord il gagne sécurité, d’autre part les nations et les armées du monde veulent être amis avec le fort, en être proches, et être du côté des vainqueurs. »

Fort, oui, JUSTE ? Pas selon les parents de la petite Ahmed As-Sinwar âgée de 3 ans qui a été retrouvée sous un tas de gravats et de pierres avec un trou dans sa tête, et certainement pas selon les parents des 352 autres enfants tués, plus des 860 enfants blessés et mutilés qu’a laissés l’Opération Plomb Durci, l’offensive israélienne par missiles air-sol, tirs d’artillerie, bombes au phosphore, obus avec fléchettes, balles, et par les munitions non explosées.

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Il est tout à fait macabre et au-delà de toute compréhension décente que les ventes de drones aient été stimulées par les meurtres délibérés de 116 enfants par ces avions sans pilote, pendant la même Opération Plomb Durci..

Le plus haut échelon du gouvernement israélien a le contrôle total de l’industrie de la mort. Toutes les exportations d’armes et de services de sécurité sont validées par SIBAT , l’agence d’exportation du ministère israélien de la Défense.

Amos Golan, un marchand d’armes qui a commencé « avec un rêve », se considère lui-même comme un « bon gars », et pas quelqu’un qui tue des gens innocents dans ses temps libres. C’est un ancien commandant de l’unité des forces spéciales Duvdevan, qui a pour spécialité de mener des opérations d’infiltration avec des agents déguisés en arabes, et qui est l’inventeur du fusil d’assaut Cornershot, - invention très rentable - le fusil de sniper qui permet au tireur de voir dans les coins.

Son service clé-en main Silver Shadow Security Systems Advanced ( Ssass ), soutenu à l’exportation par le SIBAT, a fourni des solutions de sécurité et de la formation pour les dictatures de la République du Congo, du Nigeria et de l’Ouganda, où l’escadron de la mort Black Mamba formé par le Ssass est accusé de violations des droits de l’homme.

Leo Gleser, un brave père et grand-père, affirme que depuis le 11/9 « toutes les solutions de la défense sont maintenant fournies par Israël par le biais de sociétés israéliennes. » Qui aurait pensé que le 11/9 bénéficierait tant à Israël ? Sa propre entreprise, la International Security and Defense Systems (ISDS), affiliée au SIBAT, qui a été « créé en 1982 par des officiers expérimentés, d’anciens agents de l’ISA, l’agence de sécurité israélienne, le Mossad et les Forces de défense » » compte parmi ses références les Jeux Olympiques d’Athènes, de Barcelone, de Pékin et de Rio, et la coupe du monde de football de 2014. Des coentreprises ont été mises en place pour la formation en matière de sécurité avec la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Espagne et États-Unis.

La même société sert également l’Organisation des Nations Unies, qui semble avoir oublié que la compagnie de Gleser a formé, dans les années 80, le violent Bataillon du Honduras 3-16 du Honduras, soutenu par la la CIA et impliqué dans la disparition de 191 personnes. ( Ceci a été documenté dans le livre de Andrew et Leslie Cockburn : Dangerous Liaison - The Inside Story of the US-Israeli Covert Relationship).

Le criminel de guerre et tueur d’enfants, Noav Galant, alors qu’il était pressenti pour devenir le prochain chef d’état-major général, a pris sa retraite en raison d’allégations selon lesquelles il s’appropriait des terres publiques près de chez lui pour son usage privé, ce qui est ironique par excellence étant donné qu’il participe à la direction de HaChadash HaShomer qui aide « les agriculteurs et les éleveurs israéliens dans le Néguev et la Galilée qui administrent de vastes étendues de terres appartenant à l’État, à faire face à la menace d’une saisie illégale de leurs terres », c’est-à- dire à empêcher « l’empiètement continu de les Bédouins sur des terres appartenant à l’Etat », lesquelles nous le savons tous, sont des terres bédouines ancestrales volées par Israël. Comme nous le constatons, Galant est passé maître en hypocrisie.

L’exposition par Le laboratoire des profits réalisés par Israël pour son expertise et le trafic d’armes n’a rien de nouveau et a déjà été bien documenté comme dans l’ouvrage de Jane Haapiseva-Hunter sur La politique étrangère israélienne : l’Afrique du Sud et l’Amérique centrale. L’impact du documentaire réside dans le fait d’entendre et de voir directement nous-mêmes les psychopathes israéliens admettre gaiement faire beaucoup d’argent grâce aux nettoyage ethnique et aux génocide.

Feldman termine Le laboratoire par un sommet d’ironie cruelle : lors d’une conférence, ces gros asticots israéliens nourris de cadavres, hochent la tête et sourient en écoutant la belle et inspirée chanson de John Lennon, « Imagine ».

« Imaginez tous les peuples du monde,
Vivant en paix ... »

* Vacy Vlazna militante australienne, est actuellement coordinatrice de Justice pour les Affaires palestiniennes. Elle a travaillé dans les négociations de paix d’Aceh et du Timor-Est.

De la même auteure :

- Les Anne Franck de Palestine - 10 juillet 2013

16 octobre 2013 - Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestinechronicle.com/i...
Traduction : Info-Palestine.eu->/spip?article14103 - Marie Meert et Claude Zurbach

Via [Info-Palestine] -  Comment Israël fait de l’argent avec du sang <script> identifiant_article = 14103; </script>

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 09:47

 

 

par Carlos Ayala Ramírez

 

Selon l’organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO pour son sigle en anglais), une enfant sur quatre de moins de 5 ans dans le monde souffre de retard de croissance. Cela signifie que 165 millions d’enfants sont tellement mal nourris que jamais ils n’atteindront le plein développement de leur potentiel physique et cognitif.

Approximativement 2 mille millions de personnes dans le monde manquent de vitamines et de minéraux essentiels pour jouir d’une bonne santé. Quelques 1 400 millions de personnes sont en surpoids, parmi celle-là environ un tiers sont obèses et courent le risque de souffrir de cardiopathie, diabète et autres problèmes de santé. Les femmes soufrant de malnutrition ont une plus grande probabilité de donner le jour à des enfants de faible poids, une entrée dans la vie avec un risque majeur de souffrir de carences physiques et/ou cognitives. Selon la FAO, la malnutrition des mères est une des principales voie de transmission de la pauvreté de génération en génération.

La faim et la malnutrition tuent donc progressivement plus de personnes, chaque année, que le sida, la malaria et la tuberculose réunis. Les données mondiales continuent à être dramatiques : 870 millions de personnes souffrent de la faim ; les femmes, qui constituent un peu plus de la moitié de la population mondiale, représentent plus de 60% des personnes touchées par la faim, la dénutrition aiguë tue chaque jour 10 mille enfants. Cette dernière donnée, est à elle seule scandaleuse et serait un argument suffisant pour transformer depuis sa base l’actuel système alimentaire, dont l’iniquité génère plus de morts que n’importe laquelle des guerres actuelles. Où peut-être sommes-nous face à une autre forme de guerre, silencieuse cette fois.

Dans le cas du Salvador et de ses 262 municipalités, 188 sont dans le groupe de population ayant une dénutrition moyenne ; 28, une grande et 7 souffrent d’une très grande dénutrition. Le reste apparaît dans les groupes de faible à très faible. Si nous nous en tenons à ces données, nous ne pouvons parler de famine dans le pays, mais cela ne permet pas l’ignorance de la réalité de milliers de familles qui continuent à souffrir l’angoisse et l’incertitude de l’insécurité alimentaire.

Eduardo Galeano dans son livre “Los Hijos de los dias” parle des guerres silencieuses. Il dénonce le fait que la pauvreté avec toutes ces séquelles, n’éclate pas comme les bombes, ni ne résonne comme les tirs, mais provoque aussi la mort. Et dans sa critique aiguisée, il signale que « des pauvres, nous savons tout ; dans quoi ils ne travaillent pas, ce qu’ils ne mangent pas, combien ils ne pèsent pas, ce qu’ils ne mesurent pas, ce qu’ils n’ont pas, ce qu’ils ne pensent pas, ce qu’ils ne votent pas, en quoi ils ne croient pas. Il nous reste seulement à savoir pourquoi les pauvres sont pauvres. Serait-ce parce que leur nudité nous vêt et leur faim nous donne à manger ? » Le 16 octobre est célébrée la Journée Mondiale de l’Alimentation avec le but de faire connaître et d’exposer les problèmes en relation avec la faim. Cette année, le thème central est ‘Systèmes alimentaires soutenables pour la sécurité alimentaire et la nutrition ». Les messages centraux envoyés au monde et aux preneurs de décisions politiques et économiques, sont au nombre de trois.

Premièrement, une bonne nutrition dépend d’une diète saine ; deuxièmement, ces diètes exigent des systèmes alimentaires qui rendent possible l’accès à une alimentation variée et nutritive ; troisièmement les systèmes alimentaires sains ne sont possibles qu’avec des politiques et des incitations concrètes et cohérentes. Pour la FAO, les politiques gouvernementales doivent affronter directement les causes de la malnutrition parmi lesquelles figure l’insuffisante disponibilité d’aliments sains, variés et nutritifs, et leur accès limité ; le manque d’accès à l’eau potable, son assainissement et l’attention sanitaire ; et les formes inadéquates d’alimentation infantile et des diètes des adultes.

C’est pourquoi, cette année l’accent est mis d’avantage sur la malnutrition que sur la faim, ce qui suppose que l’ont ait quelque chose à manger bien que ce ne soit pas le plus nutritif. On suppose, en plus, que l’augmentation de la production d’aliments, en soi, ne garantit une nutrition adéquate. Bon, sans minimiser la valeur de cette approche, il faut garder à l’esprit, si on aspire à une solution structurelle, que le plus grand obstacle pour l’éradication la faim et la malnutrition dans le monde est l’absence de progrès dans la réalisation d’un développement équitable et de milieux de vies soutenables, non seulement pour les groupes les plus vulnérables, sinon pour l’ensemble de la société. Et cela passe nécessairement par la réduction des énormes disparités dans le monde et dans chaque pays.

En Amérique latine par exemple, le fossé entre riches et pauvres a augmenté. Les 20% de la population la plus riche ont en moyenne un revenu par tête quasi 20 fois supérieur au revenu des 20% les plus pauvres. Le fait que 47 millions de personnes souffrent de la faim dans la région s’explique dans une grande mesure par cette concentration de richesse à la fois inéquitable et injuste. D’autre part, on affirme que pour sauver ceux qui souffrent de la faim dans le monde il faudrait 30 mille millions de dollars par an.

Un petit montant si on le compare aux dépenses militaires des États-Unis en 2012 : 682 000 millions de dollars. Il est clair que dans le monde, la sécurité militaire passe avant la sécurité alimentaire, les dépenses pour la guerre avant les dépenses pour la vie. Un autre chiffre scandaleux désigne les 1 300 millions de tonnes de nourritures qui chaque année sont jetées aux ordures plutôt que d’être affectées à la réduction de la faim et de la malnutrition.

Ces données sur la faim, la malnutrition, les dépenses militaires, la concentration de richesses et les gaspillages alimentaires renvoient vers la mort, directement ou indirectement. Dans ce contexte, les paroles de Jésus de Nazareth sont prophétiques et porteuses d’espérance ; « Heureux ceux qui ont faim maintenant parce qu’ils seront rassasiés… Mais… attention ! à vous qui êtes rassasiés parce vous aurez faim » Il y a ici une ouverture pour prendre en charge la réalité de ceux qui souffrent de la faim et de la malnutrition ; il a entendu leur clameur et il les a sorti de leur inexistence rendant centrale leur situation ; condition nécessaire pour se décider à travailler pour la justice et mettre fin aux guerres silencieuses du présent.

Carlos Ayala Ramírez pour Alai-Amlatina

Alai-Amlatina. Equateur, le 15 octobre 2013.

Traduit de l’espagnol pour el correo par : Anne Wolff

  • Carlos Ayala Ramírez est directeur de Radio YSUCA.
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 12:04

 

Rien de très  réjouissant, les rumeurs qui s’accumulent qui rapportent la montée des tensions entre USA et Chine.

Tant en ce qui concerne les renforcements conjoint US avec le Japon et l’Australie, des dispositifs militaires visant la Chine. Et les provocations qui l’accompagnent.

Tant les remontrances de la Chine, plus grande détentrice de la dette US, quand à la nécessité que ce derniers pays remplisse ces obligations vis-à-vis de ses créditeurs.

Et cette guerre à foyer multiples qui se déroule en Afrique entre les deux puissances avides de s’approprier les matières premières de ce continent….

Ajoutons une offensive de la Chine pour évincer le rôle dominant du dollar comme monnaie de référence du système économique mondial, ce que nous le savons ne peuvent en aucun cas admettre les banquiers qui dirigent les USA.

Certains analystes annoncent l’explosion du conflit armé direct Chine-USA pour la décennie à venir, je pense que nous sommes beaucoup de communs des mortels à avoir les sentiment de vivre sur la poudrière d’une terre toujours d’avantage surarmée avec cette crainte latente qu’à n’importe quel moment puissent surgir ‘étincelle qui mette le feu aux poudres.

Nous sommes beaucoup trop sur Terre… pour nous faire la guerre.

Anne

 

Nouvelle obsession, nouvel ennemi : la Chine

Traduit par Avic

Les pays sont des "pièces d'un échiquier sur lequel se joue un grand jeu pour la domination du monde"
, écrivait Lord Curzon, vice-roi des Indes, en 1898, rien n'a changé. Le massacre du centre commercial de Nairobi était une façade derrière laquelle une sanglante invasion en bonne et due forme de l'Afrique et une guerre en Asie sont le grand enjeu.

Les tueurs du centre commercial du groupe Al-Shabaab sont venus de Somalie. Si un pays est une métaphore impériale, c'est la Somalie. Partageant une langue et une religion commune, les Somaliens ont été divisés entre les Britanniques, les Français, les Italiens et les Ethiopiens. Des dizaines de milliers de personnes ont été ballotées d'un pouvoir à l'autre. «Quand on les fait se haïr les uns les autres», écrit un fonctionnaire colonial britannique, la «bonne gouvernance est assurée."

Aujourd'hui, la Somalie est un parc à thème de divisions artificielles, brutales, appauvrie durablement par la Banque mondiale et le programme "d'ajustement structurel" du FMI, saturée d'armes modernes, notamment l'arme personnelle favorite du président Obama, le drone. Le seul gouvernement somalien stable, les tribunaux islamiques, a été "bien accueilli par les gens dans les zones sous son contrôle", a rapporté le service de recherche du Congrès américain, «[mais] a reçu une couverture médiatique négative, en particulier en Occident." Obama l'a écrasé; et en Janvier, Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, a présenté son homme au monde. "La Somalie reste reconnaissant de l'appui indéfectible du gouvernement des Etats-Unis," avait déclaré avec effusion le président Hassan Mohamud, «merci, l'Amérique."

Depuis que l'OTAN a réduit la Libye moderne à un état ​​de Hobbes en 2011, les derniers obstacles vers l'Afrique sont tombés. "Les conflits pour l'énergie, les minéraux et les terres fertiles sont susceptibles de se produire avec une intensité croissante», rapportent les planificateurs du ministère de la Défense. Ils prédisent "un nombre élevé de victimes civiles", donc que "la perception de légitimité morale sera importante pour aboutir à un succès". Sensible au problème de relations publiques relatif à l'invasion d'un continent, le mammouth de l'armement, BAE Systems, avec Barclay Capital et BP, conseillent au «gouvernement de définir sa mission internationale comme une gestion des risques au nom des citoyens britanniques». Le cynisme est mortel. Les gouvernements britanniques ont eu, à plusieurs reprises, des mises en garde, notamment de la part de la Commission parlementaire de renseignement et de Sécurité, que les aventures à l'étranger attireraient des représailles chez nous.

Avec un intérêt des médias réduit au minimum, le Commandement africain américain (Africom) a déployé des troupes dans 35 pays africains, établissant un réseau familier de larbins autoritaires avides de pots de vin et d'armements. Dans les jeux de guerre, la doctrine « de soldat à soldat » s'applique à tous les officiers américains à tous les niveaux de commandement, du général au grade de sous-lieutenant. Les britanniques ont fait de même en Inde. C'est comme si la fière histoire de libération de l'Afrique, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, était reléguée aux oubliettes par une nouvelle élite coloniale de nouveaux maîtres noirs dont la "mission historique", avait averti Frantz Fanon il y a un demi-siècle, est l'assujettissement de leur propre peuple dans la cause d'un "capitalisme sauvage bien camouflé". La référence est aussi valable pour le Fils de l'Afrique de la Maison Blanche.

Pour Obama, il y a une cause plus urgente - la Chine. L'Afrique est la réussite de la Chine. Là où les américains apportent des drones, les chinois construisent des routes, des ponts et des barrages. Ce que les Chinois veulent ce sont les ressources, notamment les énergies fossiles. Le bombardement de la Libye par l'OTAN a chassé 30.000 travailleurs de l'industrie pétrolière chinoise. Plus que le djihadisme ou l'Iran, la Chine est désormais l'obsession de Washington en Afrique et au-delà. C'est la «politique» connue sous le nom de «pivot vers l'Asie", dont la menace pour une guerre mondiale est aussi grande que jamais dans l'ère moderne.

La réunion de cette semaine à Tokyo du secrétaire d'Etat américain John Kerry et du secrétaire à la Défense Chuck Hagel avec leurs homologues japonais a accéléré la perspective d'une guerre avec le nouveau rival impérial. Soixante pour cent des forces américaines et navales doivent être basées en Asie en 2020, visant la Chine. Le Japon se réarme rapidement avec le gouvernement de droite du Premier ministre Shinzo Abe, qui est arrivé au pouvoir en Décembre avec un engagement à construire une "nouvelle et forte armée» et à contourner la "constitution de paix". Un système de missiles antibalistiques nippo-américain près de Kyoto vise la Chine. En utilisant des drones à long rayon d'action, les Global Hawk, les Etats-Unis ont fortement augmenté leurs provocations dans l'Est de la Chine et la mer de Chine méridionale, où le Japon et la Chine se disputent la propriété des îles Senkaku / Diaoyu. Des appareils avancés à décollage vertical sont maintenant déployés au Japon; leur but est la blitzkrieg.

Sur l'île du Pacifique de Guam, à partir de laquelle les B-52s attaquaient le Vietnam, le plus grand déploiement militaire depuis les guerres d'Indochine regroupe 9.000 Marines américains. En Australie, cette semaine, une prise d'armes militaire qui a diverti les habitants de Sydney, correspond à une campagne de propagande du gouvernement pour justifier un accroissement sans précédent du potentiel militaire américain de Perth à Darwin, visant à la Chine. La grande base américaine de Pine Gap près d'Alice Springs est, comme Edward Snowden l'a divulgué, une plaque tournante de l'espionnage américain dans la région et au-delà ; c'est aussi un élément essentiel pour les assassinats par drone d'Obama à travers le monde.

Un ancien secrétaire d'Etat adjoint américain, McGeorge Bundy, avait dit un jour : «Nous devons informer les Britanniques pour les garder de notre côté. Vous en Australie, êtes avec nous, quoi qu'il arrive ». Les forces australiennes ont longtemps joué un rôle de mercenaire pour Washington. Cependant, il y a un problème. La Chine est le plus grand partenaire commercial de l'Australie et en grande partie responsable de sa sortie de la récession de 2008. Sans la Chine, il n'y aurait pas de boom pour les mines du pays ; pas de retour minier hebdomadaire de près d'un milliard de dollars.

Les dangers que cela représente sont rarement débattus publiquement en Australie, où le patron du premier ministre Tony Abbott, Rupert Murdoch, contrôle 70 pour cent de la presse. Occasionnellement, l'anxiété s'exprime sur le «choix» des USA sur ce que l'Australie aura à faire. Un rapport de l'Institut australien de politique stratégique avertit que tout plan américain pour attaquer la Chine impliquerait "l'aveuglement" du système de surveillance chinois, de renseignement et de commandement. Cela "augmentera, par conséquent, les chances de préemption du nucléaire Chinois... et une série d'erreurs de calcul des deux côtés si Pékin perçoit les attaques conventionnelles sur son sol comme une tentative de désarmer sa capacité nucléaire".

Dans son discours à la nation le mois dernier, Obama a dit: «Ce qui rend l'Amérique différente, ce qui nous rend exceptionnel, c'est que nous sommes déterminés à agir."
Source : Nouvelle obsession, nouvel ennemi : la Chine -- Les Maîtres du Monde -- Sott.net
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 14:31

 

C’est vrai, cela commence à bien faire, non, tous ces « bons larrons » qui pleurent et gémissent et se lamentent… « Des emplois, nous voulons des emplois !  ». Les mêmes qui regardent de haut avec mépris et avec haine parfois, le joyeux luron qui leur dit :

 « Faut en finir avec toute cette connerie, la vie est trop belle pour la perdre à payer à d’autres leurs fanfreluches au prix de notre sueur, à prix de peine. Ya Basta ! Larguons toute les sangsues autoproclamées « patrons », foin de la concurrence, cette guerre des peuples contre les peuples, ensemble, voyons nos besoins, organisons nous pour produire ce qui est nécessaire au bien de chacun et de tous, mesurons nos rentabilités en terme de bonheur et de tranquillité.

Arrêtons de travailler pour payer leurs guerres, menant l’humanité à s’entredéchirer pendant que du haut de leurs palais de pacotille, les marchands d’armes contemplent le spectacle avec jubilation… chaque bombe, chaque chair meurtrie et déchirée leur parle de Profit. Ya basta !

Si nous sommes trop sur Terre, c’est que leurs guerres coûtent cher, elles drainent le sang de l’humanité pour alimenter la machine à dollars qui font de quelques-uns des propriétaires de planète. Ya Basta ! Faut arrêter les mecs ! Arrêtons la machine, laissons s’écrouler le système… Posons les bases d’une autre logique économique, une autre manière d’habiter la planète, écosophie, avec sagesse, avec amour en prenant soin de son prochain et que la fête soit de la partie »

Travailler c’est se constituer prisonnier

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« Un édifice basé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs »
Pierre Kropotkine.

 

Nous sommes tous à un moment ou un autre de notre vie des prisonniers, car travailler c’est se constituer prisonnier. Pourtant le travail tue bien plus que la prison, c’est même le plus grand meurtrier de masse de l’histoire. Il l’a toujours été, certes, mais le mode de production capitaliste et son organisation du travail ont largement participé à intensifier violemment les rapports d’exploitation au sein des entreprises, dans les usines et les commerces. Concrètement, il faut produire toujours plus, toujours plus vite, faire du chiffre, donner de sa personne. Mais toute cette machinerie ne pourrait pas tourner sans l’idéologie qui accompagne le Travail, et qui est souvent forcée d’employer la menace et la contrainte pour s’imposer.

Un peu partout, des individus sont aux prises avec des conditions de vie plus que merdiques et inacceptables, la pauvreté gagne du terrain parmi toujours plus de gens, et même chez ceux qui se croyaient à l’abri. Cette misère qui s’impose de guerre lasse est aujourd’hui l’une des raisons qui poussent beaucoup d’employeurs, des grands patrons qui jonglent avec les millions aux petits commerçants de quartier, à serrer drastiquement la vis sur les diverses latitudes de l’exploitation de leurs salariés. Dans ce serrage de vis général, certains abusent plus que d’autres et certains, même, se permettent de dépasser les cadres légaux et le code du travail. Parfois au JT, certains sont épinglés sur des cibles de jeu de fléchettes pour que la foule puisse se défouler, et oublier par ailleurs ce qui constitue le vrai problème : que le travail et l’exploitation sont en eux-mêmes des abus, que notre dignité ne sera pas retrouvée tant que nous n’en aurons pas fini avec l’économie, le capitalisme et la marchandisation.

Du grand patron de la finance qui a gratté des milliards sur le dos de pauvres endettés et expulsés de leurs logements au petit gérant de supérette, de restaurant ou du bâtiment qui a licencié à tour de bras, qui s’est rendu responsable d’humiliations et de traitements dégueulasses sur ses employés, qui a employé des sans-papiers en les payant moins qu’il ne payerait un âne, tous peuvent du jour au lendemain se retrouver sous les feux de la rampe. On les appelle, de façon bien commode, les « patrons voyous », et les racailles politiciennes des partis et organisations de gauche et d’extrême-gauche comme de droite et d’extrême-droite font leur beurre électoral dessus tandis que les charognards médiatiques en font leur quatre-heure dans leurs pages « sociales ». On peut maintenant tous se défouler sur quelques salauds désignés par la vindicte populaire et oublier tous nos problèmes.

Cependant, la notion de « patron voyou » nous semble bien superficielle. Certes, certains patrons outrepassent leurs droits, en cela, ils sont des voyous vis-à-vis de la loi, mais cela ne nous intéresse pas. Notre problème est plus épineux, c’est qu’il existe encore des patrons et des employés, des maitres et des esclaves, des riches et des pauvres, la hiérarchie et l’argent. Il faut refuser d’accepter la catégorie des « patrons voyous », parce que celle-ci créé une autre catégorie, celle des « bons patrons », des « bons gérants ». Cela est inacceptable, parce qu’endosser les habits du patron, c’est accepter les règles d’un jeu qui n’a d’autres conséquences que l’avilissement de l’humain par l’humain. Le « bon patron » aura beau éclairer le monde de sa beauté intérieure, il reste celui qui donne des ordres. De plus, la notion de « patron voyou » impliquerait que l’exploitation ne serait que le fait d’un petit nombre de patrons abusifs dans un monde qui respire la joie au travail, alors que non, nous vivons dans une société de merde qui est elle-même le produit du travail, et qui en est profondément malade.

C’est aussi le mensonge qui affirme que la souffrance du travail n’est imputable qu’à quelques individus facilement isolables et pas à un mode d’organisation de la vie, qui la soumet à des impératifs de production et qui transforme tout ce qui est, vivant ou non, en marchandise. Et même si demain une bande de justiciers avant-gardistes exécutait chaque patron voyou d’une balle dans la tête en pleine rue, le problème resterait là, dans les marques laissées sur nos corps par des années de turbin, dans l’état de léthargie dans lequel se trouve le travailleur après une journée de travail.

Aussi vrai qu’un édifice basé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs, le travail ne sera pas détruit par la simple critique de l’exploitation.

Pour la destruction totale du travail.

Extrait de Lucioles N°2, Bulletin anarchiste du Nord-Est de Paris, lisible sur le site du bulletin.

 

Via LA VIDURE | Naître dans une explosion et finir en implosion!

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 20:11

 

MOSCOU, 11 octobre - RIA Novosti

Le père d'Edward Snowden est arrivé à Moscou. Cet événement coïncide avec la reprise des débats à Londres au sujet des révélations de son fils, ex-analyste de la CIA, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le chef du service de renseignement  MI5 a donné le ton des discussions en accusant Snowden et le Guardian d'avoir fait un cadeau aux terroristes par leurs révélations. Pour lui, la principale menace vient aujourd'hui des rebelles syriens détenant des passeports britanniques qui vont revenir dans le pays. Le rédacteur en chef du Guardian, Alan Rusbridger, a rétorqué en disant que la surveillance des citoyens avait atteint une ampleur que même l'auteur du roman 1984, George Orwell, n'avait pas imaginé. Contrairement à Londres, Washington s'est dit prêt à examiner l'envergure de l'ingérence de l'Etat dans la vie privée de la population.

Si quelqu'un s'inquiétait pour la santé et la sécurité de Snowden en Russie, il peut pousser un soupir de soulagement. L'avocat Anatoli Koutcherena, qui a accueilli son père à l'aéroport, a confié aux journalistes qu'Edward était placé sous protection - il reste pourchassé par les USA, la plus grande puissance du monde – mais que ses économies étaient épuisées. Il est toutefois susceptible de décrocher un travail bien rémunéré. A en juger par les déclarations de son père, Edward Snowden devrait rester longtemps en Russie.

Cette nouvelle ne réjouira certainement pas les anciens employeurs de Snowden mais le président américain Barack Obama a reconnu que l'ampleur de la surveillance préoccupait la population et qu'il convenait d'organiser un débat à ce sujet. Suite à cette déclaration les chefs de la NSA et d'autres services américains sont devenus plus prudents dans leurs sorties publiques.

Au Royaume-Uni le ton est différent : les renseignements sont l'une des vaches sacrées du pays. Le nouveau chef du MI5 Andrew Parker a ainsi mis en garde les Britanniques contre les conséquences des révélations de Snowden, qui selon lui ont causé un immense préjudice aux renseignements et ont "profité aux terroristes".

Dans son discours devant le personnel du brain trust (groupe de conseillers proches du pouvoir) en charge de la défense et de la sécurité, Parker a qualifié "d'inepties" les affirmations selon lesquelles le GCHQ, centre britannique d'interception des télécommunications, "écoute tout le monde et lit tous les messages".

Selon lui la surveillance est soumise à un contrôle très strict : "Loin de fouiller dans tous les recoins de la vie privée de nos citoyens, nous limitons étroitement notre travail à ceux qui présentent une menace".

Les technologies aident les gouvernements à devancer les terroristes, affirme Parker. Et la révélation des méthodes du renseignement par le Guardian permet aujourd'hui aux fanatiques d'échapper au piège. En ce alors que des milliers d'extrémistes islamiques vivent dans le pays et veulent l'attaquer. Surtout les citoyens britanniques qui combattent dans les rangs des rebelles syriens : de retour à la maison ils pourraient commettre des attentats.

Le Kremlin avait également pointé cette menace émanant des rebelles syriens mais Londres s'est empressé de prendre ses distances quant à une éventuelle coopération avec Moscou dans la lutte antiterroriste. Succédant à Parker à la tribune, Malcolm Rifkind, président du Comité parlementaire sur le renseignement et la sécurité (ISC), a déclaré qu'il ne fallait pas comparer les renseignements britanniques aux services russes ou chinois : "Dans ces pays, les renseignements sont des instruments politiques de répression en l'absence d'un organisme de surveillance".

Slon lui, le public devrait faire confiance aux espions britanniques. Après tout, les pouvoirs de l'organisme dirigé par Rifkind ont été élargis. Le MI5 et le MI6 - qui s'occupe du renseignement extérieur - ne tiennent évidemment pas le comité informé de leurs opérations. Mais il a une vision générale de leur travail.

Le rédacteur en chef du Guardian Alan Rusbridger rejette toutes ces accusations. "Les données de Snowden ont montré que la NSA américaine et son partenaire britannique GCHQ disposaient de capacités techniques dépassant largement tout ce qu'a décrit Orwell dans 1984.  Ces derniers mois, ces organisations analysaient, entre autres, les conversations téléphoniques et les correspondances électroniques des journalistes pour identifier leurs sources. Le comité parlementaire chargé de la surveillance ne sait certainement pas de quoi il retourne", conclut Rusbridger.

 

Source
Menaces terroristes: le Royaume-Uni en état d'alerte | Presse russe | RIA Novosti

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 17:15

 

 

L’histoire oubliée de Mor­dechai Vanunu, lanceur d’alerte israélien kid­nappé par le Mossad
Paola Schneider - Rue89 -          


Libéré sur parole en 2004, Mor­dechai Vanunu a croupi seize ans dans une cellule de confi­nement israé­lienne. En 1986, quand ce tech­nicien nucléaire israélien révèle au monde l’existence d’un pro­gramme d’armement nucléaire tenu secret par l’Etat hébreu, le terme « lanceur d’alerte » n’existait pas.
Ses révé­la­tions fra­cas­santes n’ont pourtant pas eu l’écho de celles d’un Edward Snowden. Un docu­men­taire diffusé sur la radio bri­tan­nique BBC World le 3 octobre nous a rappelé comment la presse indé­pen­dante et la raison d’Etat pou­vaient s’entrechoquer, déjà, dans les années 80.
Vanunu l’affirme, Israël détient secrè­tement entre 100 et 200 armes nucléaires, ce qui en fait la sixième puis­sance mon­diale en la matière. Des révé­la­tions publiées le 4 octobre 1986 dans le Sunday Times par le jour­na­liste Peter Hounam.
Pas une usine textile, une centrale nucléaire
Née au Maroc de parents juifs, Vanunu émigre en Israël avec sa famille dès l’enfance. Il étudie la phi­lo­sophie, sert dans l’armée et finit par tra­vailler dans le com­plexe de Dimona, à 200 kilo­mètres au sud de Jéru­salem, en plein désert. Sous couvert de fabriquer du textile, on y produit du plu­tonium. Dimona n’est autre qu’une cen­trale nucléaire qui fabrique secrè­tement des armes et emploie plu­sieurs mil­liers de per­sonnes contraintes au silence.
Vanunu y tra­vaille neuf ans comme tech­nicien nucléaire et marque peu à peu son désaccord avec la poli­tique du pays. Il désap­prouve le trai­tement réservé au peuple pales­tinien et le secret qui entoure la cen­trale. Ses diver­gences d’opinion se font sentir, il est mis en garde puis renvoyé.
Mais Vanunu a pris les devants et a ras­semblé des preuves dans l’espoir qu’une média­ti­sation inter­na­tionale puisse imposer à Israël de déman­teler son armement.
Le Sunday Times travaille plusieurs semaines
Mis sur la piste par des rumeurs, un jour­na­liste du Sunday Times, Peter Houman, retrouve la piste de Vanunu. Il le ren­contre pour la pre­mière fois en Aus­tralie, où le tech­nicien s’est exilé et converti au chris­tia­nisme. Dans le docu­men­taire diffusé sur BBC World, il raconte :
« Quand j’ai vu Vanunu qui se tenait là, un peu dégarni, pas très confiant, habillé très sim­plement, il ne res­sem­blait cer­tai­nement pas à un scien­ti­fique nucléaire. »
Les deux hommes sont méfiants, explique Peter Houman. Mais le jour­na­liste montre patte blanche et Vanunu se livre. Houman épluche la docu­men­tation qu’il trouve en biblio­thèque pour vérifier les infor­ma­tions fournies par son inter­lo­cuteur. Après deux ou trois jours, il en est certain : les pro­cédés de fabri­cation des armes décrits par Vanunu sont plus que plausibles.
« Il m’a raconté comment il avait introduit un appareil photo à l’intérieur, puis plus tard une pel­licule cachée dans sa chaus­sette, et avait com­mencé à prendre des clichés tard le soir ou tôt le matin. »
Mor­dechai Vanunu est inquiet mais accepte de suivre Houman en Angle­terre. Il vit caché dans un hôtel de cam­pagne pendant que le Sunday Times vérifie ses décla­ra­tions. Un travail de plu­sieurs semaines. Vanunu s’ennuie et la rédaction finit par l’installer dans un hôtel du centre londonien.
Dupé par une touriste américaine… du Mossad
L’histoire est sur le point d’être publiée. Caché dans le coffre d’une voiture, Vanunu est introduit dans la rédaction du Sunday Times. Il annonce alors à Peter Houman qu’il en pince pour une tou­riste amé­ri­caine ren­contrée par hasard. Le jour­na­liste se méfie et met Vanunu en garde. Il lui propose de dîner avec eux le soir même en vue d’écarter tout soupçon. Mor­dechai Vanunu accepte puis, fina­lement, annule. Convaincu qu’il sera plus en sécurité ailleurs, il s’envole pour Rome en com­pagnie de l’Américaine.
Dès son arrivée, il est kid­nappé, drogué et expédié vers Israël par bateau. La femme n’était autre qu’un agent du Mossad, le service de ren­sei­gnement israélien.
Traître et renégat du judaïsme
Sans nou­velle de sa source, le Sunday Times publie l’article. Vanunu n’apparaîtra pas à la télé­vision comme prévu et les révé­la­tions n’ont pas l’impact escompté. Un mois plus tard, l’Etat hébreu admet détenir Vanunu mais nie tout enlè­vement. Accusé de tra­hison, il doit com­pa­raître devant la justice.
Le jour du procès, alors qu’il est escorté en voiture vers le palais de justice, Vanunu dérobe un stylo. Dans la paume de sa main plaquée contre la vitre, il adresse un message à la presse agglu­tinée autour du convoi : « Détourné à Rome le 30 octobre 1986 ».
Le tech­nicien est condamné à dix-​​huit ans de prison pour tra­hison et espionnage. Son sort n’émeut pas outre mesure une popu­lation qui condamne son rejet du judaïsme. Vanunu est déclaré mort par ses parents et tombe rapi­dement dans l’oubli.
À l’origine de l’enlèvement et ins­ti­gateur du pro­gramme nucléaire, le premier ministre israélien Shimon Peres à réussi son coup.
Libération sous conditions
Fer­vents oppo­sants au nucléaire, les Amé­ri­cains Nick et Mary Eoloff adoptent Mor­dechai Vanunu en 1997 et lui rendent visite en prison. L’année sui­vante, il quitte enfin la cellule d’isolement où il a été confiné depuis son incar­cé­ration. Vanunu y passera quatre mois de plus pour des infrac­tions mineures avant d’être libéré sur parole en 2004. Le condamné promet de ne plus dire un mot à la presse et de ne pas quitter le ter­ri­toire. Mais en 2010, Vanunu outre­passe ces condi­tions et écope à nouveau d’une peine de trois mois de prison.
Aujourd’hui libre, Mor­dechai Vanunu est le premier Israélien à avoir demandé à béné­ficier de la nou­velle loi dite de « révo­cation de la citoyenneté israé­lienne ». Elle permet à la Cour suprême d’Israël de des­tituer de leur natio­nalité les Israé­liens condamnés pour traî­trise ou espionnage. En 2012, invo­quant un vice de pro­cédure, la Cour suprême a refusé d’accéder à sa demande.
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 13:43

Bon, pas évident de comprendre vers quel nouvel équilibre ou grand chaos nous conduisent les mouvements des plaques de la géotectonique mondiale.

Que localement au raz des pissenlits, nous allions vers une détérioration généralisée des qualités de vie, cela ne fait aucun doute. Mais par quels chemins ?

Le blocage du gouvernement des USA est une catastrophe pour les plus pauvres de ce pays? Comme risque de l’être aussi l’OBAMACARE. En recoupant ce que j’ai lu à ce sujet, c’est bien plus complexe qu’un affrontement entre vilain Tea Party d’extrême-droite et un gouvernement prétendument « socialisant ».

Ceci dit la mégamanifestation de camionneurs et de motards qui doit se rendre depuis l’ensemble du pays vers Washington, le 11 octobre afin de paralyser la circulation sur les routes et cette ville jusqu’au 13, elle est très clairement imprégnée d’idéologie d’extrême-droite et prend le pays en otage, puisque nul ne pourra circuler où elle se déroule sans un écusson de solidarité. Son amplitude nous donnera la mesure de l’étendue du mouvement et de la sympathie qu’il rencontre. Et les réactions des forces de l’ordre seront aussi révélatrices.

Ceci dit l’obligation de couverture sociale est surtout tous bénéfices pour les assurances privées. Et ceux qui ne pourront pas se la payer seront en plus poursuivis et mis à l’amende. Et je ne parle même pas du puçage individuel qui accompagne ce projet. Comme les couvertures devront être payées par les patrons pour les employés qui travaillent pour eux à partir de 30 heures par semaine, les analystes s’attendent à des vagues de licenciements pour un « partage » du travail qui épargnerait les cotisations aux patrons. Et il y a comme cela toute une série de mesures clairement contreproductives si le but de l’Obamacare est de contribuer au mieux-être du petit peuple.  A approfondir un peu la question, il est clair qu’il s’agit à terme plus d’une mesure de contrôle social aggravé que de sollicitude pour les habitants les plus pauvres. Et un gros bingo pour les assurance.

Donc oui, l’extrême-droite libertarienne est résolument contre, mais pas seulement elle et pas que pour des mauvaises raisons. Le grand Mythe étasunien est tenace et beaucoup veulent sortir du cauchemar pour en revenir à un rêve qui n’a jamais été rien d’autre qu’un leurre. Et parmi ceux-là, comme un peu partout en Occident on trouve autant des gens d’extrême-droite que ceux animés par de plus nobles  idéaux qui se fondent dans le respect, la solidarité, le sens des responsabilités entre tous les habitants de la Terre.

Pour introduire le texte qui suit : un crash financier des Etats-Unis mettrait la Chine en très mauvaise posture en tant que détentrice principale des obligations de la dette de ‘état fédéral Etasunien.

En recoupant toujours, on s’aperçoit que si des tas de gamins n’ont plus de garderies, que si de nombreux autres hors services atteignent l’ensemble de la population et de manière particulièrement aigüe les plus démunis, les budgets du Pentagone (ainsi que d’autres secteurs de la Machine de Guerre) ne sont globalement pas affectés, et que la majorité de ses employés sont en service avec promesse de payement rétroactif.

Tout une série de facteurs et d’indices qui convergent, indiquent que les faucons de Washington, qui s’enrichissent avec les guerres, orchestrent une fuite en avant vers toujours plus de sang et de larmes pour toujours plus de régions du monde. A se demander si leur blocage n’est pas la punition du régime Obama pour ne leur avoir pas bien orchestré leur punition à la Syrie.

 

Anne W


Les pourparlers américano-japonais intensifient les préparatifs de guerre contre la Chine

Chine dans le monde

La réunion dite « 2+2 » qui s’est tenue cette semaine à Tokyo entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et leurs homologues japonais a marqué une escalade significative du renforcement militaire américain contre la Chine. La longue déclaration conjointe a annoncé des déploiements de grande envergure d’armes américaines de haute technologie au Japon et le feu vert donné à la militarisation du Japon dans le cadre d’une « alliance plus robuste. »

Les pourparlers de jeudi se sont tenus suite à la décision du gouvernement Obama de reporter le mois dernier une attaque imminente contre la Syrie par suite d’une opposition populaire de masse tant aux Etats-Unis que dans le monde entier. Les réunions « 2+2 » montrent clairement qu’en dépit du report de la guerre contre la Syrie, les projets d’escalade militaire de Washington se poursuivent à un rythme accéléré.

La décision de Washington de faire marche arrière a provoqué la consternation parmi les alliés des Etats-Unis non seulement au Moyen-Orient, mais en Asie où le « pivot » d’Obama a encouragé le Japon et d’autres pays à adopter une attitude plus agressive envers la Chine.

La crainte que les alliés américains puissent être laissés pour compte a été soulignée cette semaine lorsque Obama a annulé sa tournée très en vue en Asie du sud-est, dans le contexte d’une crise à Washington, générée par le blocage (« shutdown ») du gouvernement. Alors que le gouvernement Obama a, à maintes reprises, déclaré que le « rééquilibrage » des forces militaires américaines dans la région Inde-Pacifique serait tenu à l’écart des mesures d’austérité, ces promesses sont remises en question par l’agitation politique provoquée par le budget.

La réunion « 2+2 » de jeudi a envoyé un message clair disant que les Etats-Unis poursuivent leur renforcement militaire en Asie et qui comprend le stationnement de 60 pour cent des forces maritimes et aériennes américaines dans la région d’ici 2020. Les déploiements américains annoncés dans le communiqué conjoint sont tous destinés à renforcer l’armée américano-japonaise contre la Chine. Ceux-ci incluent :

* Le stationnement d’un deuxième radar bande X de détection précoce au Japon près de Kyoto dans le cadre de systèmes anti-missile balistique conjoints. Bien qu’officiellement dirigées contre les capacités nucléaires primitives de la Corée du nord, ces armes font partie des préparatifs du Pentagone en vue d’une guerre nucléaire contre la Chine et la Russie.

* Le stationnement d’avions de surveillance P-8 et d’avions anti sous-marin à partir de décembre 2013 et de drones Global Hawk capables d’assurer des missions de très grande portée à partir de l’année prochaine. L’intensification de la surveillance maritime dans les mers de Chine orientale et du sud où le « pivot » américain a exacerbé des conflits maritimes tendus avec la Chine, y compris avec le Japon au sujet des îles Senkaku/Diaoyu, est tout particulièrement provocatrice.

* Deux escadrons d’appareils de transport aérien hybride MV-22 Osprey viendront renforcer la capacité de l’armée japonaise à déployer rapidement des troupes en cas de conflit au sujet des îles Senkakus. Le Pentagone projette aussi de déployer d’ici 2017 des avions à décollage vertical F-35B, un tel déploiement hors des Etats-Unis est une première, augmentant ainsi sa capacité à mener à bien sa stratégie de bataille air-mer dans une guerre éclair contre des cibles militaires situées à l’intérieur de la Chine.

Le « pivot vers l’Asie » du gouvernement Obama, qui a débuté au milieu de l’année 2009 et qui a été publiquement annoncé en novembre 2011, a enflammé le nationalisme et le militarisme dans toute la région. Ceci apparaît le plus clairement au Japon, où le gouvernement droitier du premier ministre Shinzo Abe, qui a pris ses fonctions en décembre dernier, a accru les dépenses militaires, durci son attitude à l’égard des Senkakus et pris des mesures pour affranchir l’armée des contraintes imposées par la constitution japonaise interdisant formellement une agression militaire externe.

Dans la déclaration conjointe de « 2+2 », les Etats-Unis ont « salué l’intention [du Japon] de contribuer de façon plus volontariste pour faire face aux défis auxquels est confrontée la communauté internationale » ; sa décision de mettre en place un Conseil de sécurité nationale ; l’augmentation de son budget militaire ; son réexamen du fondement juridique de la « légitime défense collective » ; et des « contributions régionales, dont l’effet du renforcement des capacités à l’égard des pays d’Asie du sud-est. »

Abe donne suite à sa promesse électorale de construire un « Japon fort » et « une armée forte ». Son gouvernement cherche soit à contourner soit à amender la constitution afin de permettre une « légitime défense collective , c’est à dire la capacité de l’impérialisme japonais à mener une guerre aux côtés des Etats-Unis, y compris des frappes militaires « préventives ». Le Japon a déjà promis de renforcer la garde côtière aux Philippines, ancienne colonie américaine et premier partenaire d’Asie du sud-est dans la confrontation avec la Chine.

Le communiqué du « 2×2 » a aussi fixé une collaboration militaire plus étroite entre les Etats-Unis et le Japon dans le partage en matière de renseignement, de guerre cybernétique et de « connaissance de la situation maritime à partir de l’espace », c’est-à-dire par le recours à des satellites espions pour surveiller le Pacifique occidental. Le Japon et les Etats-Unis ont aussi réaffirmé leur accord relatif aux bases militaires américaines à Okinawa qui ont suscité une forte opposition populaire. Tokyo a accepté de payer 3,1 milliards de dollars pour le transfert à Guam de 9.000 marines américains, ce qui fait partie d’une restructuration plus générale par le Pentagone des forces américaines dans la région, y compris vers l’Australie et les Philippines.

C’est la première fois qu’à l’occasion de la réunion ministérielle de cette semaine des entretiens à un si haut niveau ont eu lieu à Tokyo au lieu de Washington, traduisant ainsi la reconnaissance des « plus grandes responsabilités » du Japon. Le gouvernement Obama considère manifestement le gouvernement Abe comme étant un partenaire crucial dans ses efforts visant à contenir et à préparer une guerre contre la Chine. La révision prévue des « Directives de coopération américano-japonaises en matière de défense » officialisera de nouveaux arrangements militaires « robustes. »

L’intensification des déploiements militaires américains vers l’Asie orientale et l’encouragement des Etats-Unis pour que le militarisme japonais assiste le Pentagone témoigne de la témérité de la politique étrangère américaine. Secoué par une crise capitaliste insoluble aux Etats-Unis et de par le monde, l’impérialisme américain est en train d’intensifier, par le biais de l’intimidation militaire et par la guerre, sa quête d’hégémonie mondiale.

Sur fond d’opposition populaire à la guerre, le rythme de l’agression militaire américaine s’est accéléré depuis le déclenchement de la crise économique mondiale en 2008, au risque de déclencher une bien plus grande conflagration. Après avoir provisoirement renoncé à une attaque contre la Syrie, guerre qui risquait de dégénérer en une confrontation avec l’Iran, la Russie et la Chine, les Etats-Unis ont intensifié leurs préparatifs précisément pour un tel conflit.

 

 Peter Symonds

Article original, WSWS, paru le 5 octobre 2013

 

Source :
Les pourparlers américano-japonais intensifient les préparatifs de guerre contre la Chine | Mondialisation

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 09:47

 

 

 

 

 

 

« Des membres de la communauté internationale viennent ici en visite »,  « Ils mangent des sandwiches en pleurant, mais ils ne reviennent pas pour aider.(...)"

 

Ce qui suit est insoutenable. Ames sensibles, préparez-vous ! Ce que vous ressentirez n’est que bien peu de choses à côté de ce qu’éprouvent ceux qui subissent l’horreur. L’humanité en nous ne peut pas détourner le regard. Nous sommes responsables.

Voilà l’odieuse réalité des « interventions humanitaires » ! Celles qui ne se font pas nous en disent encore beaucoup plus long sur celles qui existent que tous les arguments à charge. Un même dessein qui conduit au même destin de morts et de souffrances des millions de personnes. Le laissez-faire et l’intervention humanitaire militaire, deux aspects du génocide planétaire ! Que faire !

Pourquoi le silence des médias sur ce génocide ! Dites-moi ?

Paix sur la Terre aux humains de Bonne Volonté., ne nous parle plus aujourd'hui que de cette guerre contre La Guerre, contre toutes les guerres qui se multiplient en tous lieux de la planète. C'est la doctrine dite d'Obama.

 

GUERRE A LA GUERRE !

 

LA RDC N'EST PAS LA CAPITALE MONDIALE DU VIOL.
Article de FREMONSA

Dans la grande République Démocratique du Congo (RDC) les femmes Kongolaises ne sont pas violées. C’est une très grave désinformation que d’affirmer le contraire ainsi que de confirmer que la RDC est devenu la capitale mondiale du viol. Le fait d’affirmer haut et fort que dans toute la partie Est de cette république des démocrates les Kongolaises sont violées, est un mensonge intelligent et en même temps cynique : La réalité n’est pas toujours la Vérité. En confirmant cette réalité du terrain qui n’est pas la Vérité, ce mensonge déguisé qui sort des laboratoires des ennemis des Kongolais, le commun des mortels transforme les Kongolais en violeurs. Et par ricochet, la tragédie Kongolaise se transforme en un problème Kongolo-Kongolais. Ainsi Paul Kagame, Museveni et consorts seraient blanchis.
Loin de la cher Lecteur !
Ce qui se passe en RDC est beaucoup plus macabres, beaucoup plus barbares et plus tragique que des simples viols de Kongolaises. Tout simplement parce que ceux qui commettent ces actes monstrueux sur les Kongolaises ne le font pas dans le but d’assouvir leur pulsion sexuelle. Ils n’ont pas non plus des déviations sexuelles telles que la biastophilie, l’agoraphilie ou l’agrexophilie. Nous savons aussi qu’ils ne le font pas pour satisfaire les malades tels que des pictophiles, les pédophiles, les sadiques, les scopophiles et autres, par des productions pornographiques qui alimenteraient le réseau underground en Europe, en Asie et aux Amériques.
Ce qui se passe en RDC devrait avoir une autre qualification que le viol.
Nous voulons préciser une chose : selon l’éminent docteur Mukwege Denis, que l'on ne présente plus, la quasi totalité des ses patientes (jusqu’au moment ou nous écrivons ces quelques lignes) sont victimes des RWANDOPHONES en arme. Par Rwandophones en armes il s’agit :
  • Des miliciens « Tutsis » connu sous le nom de « banyamulenge » et « banyabwisha »,
  • Des miliciens « hutus » qui exploitent les minerais et autres richesses du sol et du sous-sol de la RDC,
  • De l’opposition armée au régime en place à Kigali composé principalement de Hutus installé dans les forets et les montagnes de l’est de la RDC,
  • De l’opposition armée au régime en place a Bujumbura composée principalement de Hutus installés dans les forets et les montagnes de la RDC,
  • De l’armée régulière de la république du Rwanda et quelque fois du Burundi. Les Ugandais n’y participeraient plus depuis des années,
  • Des faux Mai Mai, qui sont en réalités des Hutus manipulés par le régime en place à Kigali,
  • Des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo issus des brassages, intégrations, mixages, infiltrations et introductions des Rwandophones Banyamulenge anciens du RCD, puis du CNDP, puis du M23 aussi. Ces derniers n’acceptent pas d’être envoyés dans les autres régions militaires. Des qu’ils reçoivent l’ordre d’aller en dehors du Nord et Sud Kivu, ils créent une rébellion.
Nous disions donc qu’en RDC, les Kongolaises ne sont pas violees parce que la VERITE est 1000 fois plus monstrueuse.
 
Des hommes Rwandophones en armes envahissent un village (souvent un gisement minier se trouve sous le village ou à proximité). Toujours en publique et toujours en présence des proches (grands-parents, parents, époux, frères et sœurs, oncles, tantes, voisins, neveux, etc.…) les Kongolaises sont abusées sexuellement par plusieurs hommes. Des qu’ils ont tous fini leur sale besogne (ils n’éjaculent pas tous, car ce n’est pas le but), ils mutilent les Kongolaises en détruisant leurs appareil génital avec un poignard, un sabre, une branche d’arbre ou autres Object tranchants. Il y en a qui vont même jusqu'à tirer un coup de feu dans le vagin des Kongolaises.

Dans certains cas, Le calvaire des Kongolaises ne s’arrêtent pas la. Ensuite, ils suspendent en l’air les Kongolaises en les attachant aux poignets, pendant des heures. Lorsqu’elles sont relâchées, elles ne pourront plus jamais utiliser leurs mains parce que le sang n’y a pas circulé pendant plusieurs heures.
Dans autres cas, avant de mutiler les Kongolaises, ces montres obligent un membre ou des membres de la famille males à avoir un rapport sexuel avec celles qu’ils ont déjà abusées  a plusieurs. Aux moindres signes de contestation ou de défense de la Kongolaise, le Kongolais est abattu froidement sans sommation et toujours en présence des siens. Puis le corps de ce Kongolais est découpe a la machette dans le but terroriser les autres pour qu’ils s’exécutent.
Ces hommes  en armes font subir la même chose aux Kongolaises qu’ils rencontrent sur les chemins d’entre deux villages ou sur les chemins menant aux champs. Ils attendent patiemment dans la brousse et des qu’ils aperçoivent un groupe de paysans, un groupe d’enfants qui vont ou reviennent de l’école, ils surgissent sur le chemin. Et la suite c’est une barbarie sur les Kongolaises que même les animaux les plus sauvages sont incapables de faire.

Lorsque la pseudo « rébellion » RCD-Goma gérée une grande partie de l’Est de la RDC, des centaines de Kongolaises dans plusieurs villages du Nord Kivu, du Sud Kivu, de l’Ituni, d’une partie du Haut-Uélé, d’une partie de la Tshopo, d’une partie du Sankuru, de la Tanganyika et du Maniema ont été enterrées vivantes  dans des fosses communes.
Les hommes qui résistent ou qui tentent de défendre les femmes subissent le sort de la viande chez le boucher. C'est-à-dire, après avoir été crible de balles aux jambes, ils sont achevés avec un coup de marteau à la tête, puis découpés en petits morceau à la machette.  Comme d’habitudes, ces monstres humains obligent les proches à assister à cette scène. Les gisements miniers ne sont jamais loin.
 
Depuis 2009, Refugee Law Project s, une ONG Britannique installée en Uganda s’est spécialisée dans l’aide aux hommes violés dans l’Est de la RDC car 100% d'hommes violés ont besoin d’une assistance médicale particulière et bien appropriée. Selon cette ONG, un peu plus de 25% des hommes  Kongolais installé dans les camps de refugie en Uganda ont été victime d’abus sexuels de part des Rwandophones en armes. 
 
Il y a des centaines de milliers de Kongolaises qui ont leurs entrailles déchirées, profanées et qui vivent un traumatisme qui n’a pas de nom parce qu’elles savent que leur bourreaux rodent toujours. A n’importe quel moment, à n’importe quels carrefours elles peuvent croiser ces montres humains qui sont capable de recommencer leurs sales besognes de groupes.
Voici ce que raconte Eve Esnler en 2010, après avoir passe un séjour en RDC au cote de ces Kongolaises a l’hôpital de Panzi :
(...)Il ne serait jamais venu à l’esprit du Dr Mukwege d’abandonner son peuple au moment où il en avait le plus besoin. Il prit conscience pour la première fois de l’épidémie de viols en 1996.

 « Je voyais des femmes qui avaient été violées d’une façon incroyablement barbare », se rappelle-t-il. « D’abord, les femmes étaient violées devant leurs enfants, leur mari et leurs voisins. Ensuite, les viols étaient commis par plusieurs hommes en même temps. Et puis, non seulement les femmes étaient violées, mais on mutilait leur vagin avec des fusils et des bâtons. Ces cas nous montrent que le sexe était utilisé comme une arme bon marché. « Lorsqu’un viol est commis devant votre famille », poursuit-il, « cela détruit tout le monde. J’ai vu des hommes souffrir car ils avaient vu leur femme se faire violer ; ils n’ont plus aucune stabilité mentale. La situation des enfants est encore pire. La plupart du temps, lorsqu’une femme subit autant de violences, elle n’est plus capable d’enfanter. Il est clair que ces viols ne sont pas commis pour satisfaire une quelconque pulsion sexuelle mais pour détruire les âmes. La famille et la communauté entières sont détruites. »

(…)Lorsque débute la conversation, Nadine semble totalement dissociée de son environnement – absente. « J’ai 29 ans », commence-t-elle. « Je viens du village de Nindja. Habituellement, la région n’était pas sûre. Nous passions de nombreuses nuits à nous cacher dans le bush. Les soldats nous y ont trouvés. Ils ont tué notre chef de village et ses enfants. Nous étions 50 femmes. J’étais avec mes 3 enfants et mon frère aîné ; ils lui ont ordonné d’avoir des relations avec moi. Il a refusé, alors ils l’ont tué en le décapitant. » Le corps de Nadine tremble. J’ai peine à croire que ces paroles viennent d’une femme qui est encore en vie, qui respire. Elle me dit qu’un des soldats l’a forcée à boire son urine et à manger ses excréments, que les soldats ont tué 10 de ses amis et ont ensuite massacré ses enfants : ses 2 garçons de 4 et 2 ans et sa fille d’1 an. « Ils ont jeté le corps de mon bébé sur le sol comme un vulgaire détritus », raconte Nadine. « L’un après l’autre, ils m’ont violée. Mon vagin et mon anus ont été déchirés. » Nadine se cramponne à ma main comme si elle se noyait dans un tsunami de souvenirs. Même si elle est anéantie, il est clair qu’elle a besoin de raconter cette histoire, elle a besoin que j’écoute ce qu’elle a à dire. Elle ferme les yeux et dit quelque chose que j’ai peine à entendre. « Un des soldats a ouvert une femme enceinte », raconte-t-elle. « C’était un bébé à terme et  ils l’ont tué. Ils l’ont fait cuire et nous ont forcées à le manger. »

(…)Le Dr. Mukwege me dit : « Je n’ai jamais vu autant de dévastation. Elle n’avait tout simplement plus de colon, ni de vessie, ni de vagin, ni de rectum. Elle avait perdu l’esprit. J’étais persuadé qu’elle ne s’en sortirait pas. J’ai reconstruit sa vessie. Parfois, vous ne savez même pas où vous allez. Il n’y a pas de boussole. Je l’ai opérée 6 fois, puis je l’ai fait transférer en Éthiopie pour qu’ils guérissent son problème d’incontinence, ce qu’ils ont fait. »

 

(…)J’interroge le docteur à propos du dirigeant congolais Joseph Kabila, qui, pour la première fois en 46 ans, est devenu en novembre 2006 le premier président du Congo élu démocratiquement et qui a promis d’être « l’artisan de la paix ». Les choses se sont-elles améliorées ?
Le Dr. Mukwege soupire. « Kabila », me dit-il, « n’a rien fait. Ici, à l’Est, les combats n’ont pas cessé. En 2004, j’ai reçu des menaces de mort ; je recevais des appels téléphoniques me demandant d’arrêter mon travail, sans quoi je mourrai. Les appels ont cessé, mais la situation est toujours très dangereuse. « Des membres de la communauté internationale viennent ici en visite », poursuit-il. « Ils mangent des sandwiches en pleurant, mais ils ne reviennent pas pour aider. Même le président Kabila n’a jamais mis les pieds ici. Sa femme est venue. Elle a pleuré, mais n’a rien fait. »

(...) « Je les remets sur pied et les renvoie chez elles », dit-il, « mais il n’y a aucune garantie qu’elles ne subissent pas un nouveau viol. Dans plusieurs cas, des femmes sont revenues ici une deuxième fois, dans un état encore pire que la première. »

Plus haut, nous avons eu a citer les faux Mai Mai. Pourquoi faux ? Parce que les Mai Mai Kongolais (les vrais) ne peuvent pas violer ou  abuser sexuellement, ni voler les biens d’autrui. Le Mai Mai prend un breuvage ou s'en asperger. Selon leur croyances spirituelle, le résultat est l'invulnérabilité aux balles et aux armes blanches. Les balles coulent le long du corps comme de l'eau car Mai c’est l’eau en Swahili, d'où le nom. Mais pour que cela marches il y a une condition sine qua non, celle de ne pas coucher avec une femme et pire encore une femme d’autrui. Comme dans toutes les pratiques mystique-spirituelles propres aux Bantous, la réussite est conditionnée par l’abstinence et pas de contact physique avec une femme qui a ses menstruations. Les consequences du non respect de ses interdits sont horribles pour celui qui ne les observe pas.

En conclusions, nous pouvons affirmer qu’au vu de ces atrocités  et le fait que les gisements miniers soient toujours à  proximités, ces actes de barbaries sont effectivement une arme de guerre.  Nous sommes en présence d’un génocide, d’un holocauste avec utilisation des techniques rustiques d’extermination et de nettoyage des peuples d’une nation dans le but d’avoir la main mise sur les richesses du sous-sol et du sol des terres de cette nation.
Honte a la Communaute Internationale, la vrai, car elle assiste en silence a ce Genocide. 
Nous voulons juste vous rappeler une derniere chose: a chaque fois que vous utilisez votre cellphone-GSM, a chaque fois que vous allumez votre ordinateur, a chaque fois que vos enfants s'amusent avec leur jeux video, a chaque fois que vous portez vos bijoux en or ou en diamant, a chaque fois que vous prenez l'avion, a chaque fois que vous allumez votre ecran plat geant,..., et que vous ne posez jamais un acte pour mettre fin a cette tragedie, et bien vous etes COMPLICE.


http://manuscritdepot.com/a.freddy-monanga.1.htm
En guise de réponse à l'ensemble des commentaires (21/10/13)

Au moment de relayer cet article, j’ai hésité à enlever la photo, scandaleuse et polémique qui a entraîné quelques centaines de milliers de passage sur mon blog, qui n’en demandait pas tant. Sauf que…

Puis je me suis fiée à ce que je ressentais moi de la compassion pour une femme, comme moi. Après tout pour les voyeurs, et tordus en tout genre, j’ai cru comprendre qu’il y avait sur internet pour combler leur perversion. Une femme avec un visage. Vous pouvez parcourir l’ensemble du blog, il y a très peu d’images « sensationnelles », quelques unes pour montrer les effets concrets des substances mutagènes qu’utilisent les guerres coloniales, comme celle du Vietnam avec l’agent Orange, et ceux encore plus terribles de l’uranium appauvri dont l’usage devient banal, sans que la « communauté internationale » remue le petit doigt pour exiger l’arrêt immédiat de l’usage de ces armes qui contaminent des territoires pour des centaines d’années, et donc continueront à produire les effets de la guerre pendant cette incommensurable durée. Une autre photo dure, est celle de cette jeune femme assassinée conjointement par les forces armées de son pays le Honduras et la DEA des USA. Une jeune femme de « couleur ». Je répondrai donc à ceux qui font la remarque qu’on ne montre pas de telle photos de femmes blanches, que c’est pour la simple raison que les femmes blanches ne sont pas en général victimes des atrocités des guerres contemporaines, et que ce n’est pas « innocent »… que cela aussi pose question. Une grave question.

Sinon vous trouverez ici de très belles photos de très belles personnes de toutes origines, mais surtout dans les débuts du blog, parce que depuis je n’ai plus la possibilité d’illustrer. Vous trouverez des photos qui vous disent qu’il y a des êtres magnifiques, des enfants au beau sourire et aux yeux qui pétillent au quatre coins du monde et que tous méritent notre protection pour que ne meurent pas leur sourire, pour que ne s’éteigne pas leur regard.

Le texte n’est pas de moi. Mais oui si j’ai d’autres mots pour le dire, si j’ai fait, et me suis tenue depuis plus de trente ans, un choix de frugalité, c’’st parce que depuis ce moment, j’ai pris conscience des inégalités et de la profonde injustice, iniquité des échanges Nord-Sud. J’ai pris conscience aussi que les manipulations économiques et politiques de l’Occident dans ses stratégies néocoloniales, les assassinats de ses espoirs comme ceux de Patrice Lumumba ou de Thomas Sankara pour ne citer qu’eux, incitation au déchaînement de la guerre au Rwanda, dont les conséquences se traduisent dans le texte ci-dessus, sont des amputations permanente de l’espoir de l’Afrique d’être souveraine et prospère. Qu’en Amérique Latine une génération a été sacrifiée sur l’autel de la barbarie par laquelle c’est traduite la « lutte contre le communisme » qui n’a de pire que les pseudo-guerres au narcotrafic menées actuellement dans cette région et celle soi-disant contre le terrorisme menée dans d’autre. Le nouveau concept de guerre est la guerre diffuse aux multiples foyers de diverses intensités, la « projection de force rapide » planifiée avec l’aide des « anthropologues » de la « culture stratégique » qui liquide en silence, un village par ici, quelques leaders de mouvements paysans, indigènes, syndicaux, par là… et les journalistes trop curieux, les militants de droits de l’homme etc…

De la guerre au Kongo, je ne savais que ce que des amis originaires de ce pays m‘avaient raconté. Je n’aime pas m’avancer sur un terrain que je ne connais pas. Depuis longtemps je m’en voulais de ne pas relayer leurs témoignages et puis j’ai trouvé ce texte qui les reflétait parfaitement bien. Je l’ai donc relayé.

En ce qui concerne la photo polémique, je l’ai enlevé. Elle a joué son rôle. Je ne suis pas sur facebook, pour bien des raisons et une d’elle est que je constate que c’est aussi le lieu où naissent des « modes médiatiques » sans profondeur, ni réel répercutions allant plus loin que l’émotion du moment. Je sais aussi que sans elle, jamais ce témoignage n’aurait eu un tel impact.

J’espère que cet impact aura rendu visible une guerre qui jusqu’ici ne faisait pas échos, au Nord, et j’espère qu’au-delà de la curiosité morbide de quelques-uns, pour d’autres cette prise conscience leur donnera le désir d’agir contre ces guerres qui toutes, de multiples manières détruisent des êtres humains mais aussi un peu de l’humanité de chacun d’entre nous.

Et je termine par un extrait d’un communiqué des femmes de l’Aguan au Honduras, un témoignage parmi ceux que pourraient donner des millions d’autres de femmes, d’enfants et d’hommes pris dans les horreurs des guerres pour la main mise sur les ressources naturelles de la planète. Et oui, cela nous concerne tous.

 

Anne Wolff

 

 Le Forum des Femmes de la Region du Bas Aguan, rapporte  devant la Communauté Nationale et Internationale

 

 

Comuniqué 

 

Le Forum des Femmes de la région de l’Aguan, à la Communauté Nationale et Internationale, aux Organisations de défense des Droits de la Femme et des Peuples, aux Organisations de Droits Humains.

 

 NOUS DENONÇONS la répression permanente contre les COMUNAUTÉS ET LES ÉTABLISSEMENTS PAYSANS DU BAS AGUAN ET D’AUTRES RÉGIONS DU PAYS  et l’impact qui se traduit par les terribles dommages soufferts par les femmes d’Aguan et du Honduras. 

 

Depuis avril 2010, quand a commencé la Militarisation de l’Aguan, les familles Paysannes et en particulier les femmes NOUS NE VIVONS PLUS EN PAIX à cause des interventions militaires permanentes, car nous les femmes, nous partageons les plus grandes inquiétudes pour la sécurité de nos enfants et de nos hommes et aussi pour le peu de biens patrimoniaux que la vie nous a donné.

 La répression dans l’Aguan n’opère pas de discrimination entre sexes, ou genre, ou âges, dans certains cas des petits garçons, des petites filles sont harcelés par la police pour donner des informations sur leurs parents ou leurs voisins ou sur l’Entreprise Paysanne à laquelle ils appartiennent.

Il y a des Femmes qui ont perdu la vie assassinées par des paramilitaires, des Femmes qui ont été violées par les gardes des Grands Propriétaires, il y a des Femmes qui sont persécutées par la justice parce qu’elles se battent pour le Droit à la terre, plus de 100 femmes ont perdu leur mari parce que les sicaires, la police ou l’armée Nationale, les ont assassinés, il y a plus de 4OO enfants qui ont perdu leur père et qui subissent une crise alimentaire, il y a des femmes qui ont vécu l’expérience terrible de la séquestration par les gardes des Grands Propriétaires Terriens, il y a des femmes qui ont subi des attentats pour en finir avec leur vie, il y a des femmes qui ont avorté en conséquence des coups, des gaz ou parce qu’elles ont du courir, dormir dans la montagne ou traverser des rivières pour sauver leur vie. 

 

La répression, le harcèlement militaire permanent des femmes et des enfants provoquent de terribles traumatises psychologiques qui nous marquent durement dans la vie quotidienne. Il y a des petits garçons et des petites filles dont le corps se met à trembler ou qui fondent en larmes ou qui courent se cacher en présence des militaires ou de policiers, nous les femmes nous faisons de terribles cauchemars et le moindre bruit altère notre système nerveux. En vertu du droit à jouir des bénéfices d’une vie en paix et dans la dignité, cette réunion de femmes de la région de l’Aguan EXIGE d’en terminer avec l’intervention militaire dans les Etablissements Paysans et le retrait de la Force de d’Opération Conjointe XATRUCH III que dirige le Colonel German Alfaro qui jusqu’ici mène des actions qui ne bénéficient qu’aux seuls Grands Propriétaires Miguel Facusse, Reynaldo Canales et Rene Morales 

 

Halte aux persécutions judiciaires !

Halte à la violation des Droits Humains en Aguan !

Ni balles, ni coups contre les femmes  ,les petites filles et les petits garçons paysans du Honduras ! 

 

Colon, 16 juillet 2013 

Source en espagnol

 Foro de Mujeres de la Región del Aguán, ante la comunidad Nacional e Internacional Informa. 

Traduction française

Communiqué des Femmes d'Aguan : NOUS NE VIVONS PLUS EN PAIX

 

 

 

 

 

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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

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