31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 09:59
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Voilà comment on s’endort saine d’esprit pour se réveiller folle. Ce n’est pas que vous ayez changé non, c’est la société qui est devenue encore un peu plus répressive et a étendu son contrôle. Pour les uns la prison, pour les autres les cachetons,

FINIES LES DÉVIATIONS !

 

 


Créativité et non-conformisme désormais une maladie mentale

(Source : Ready Chimp – Traduction État du Monde, État d’Être)

 

Qu’arrive-t-il à une société lorsque « pensée à l’extérieur du cadre établi » ou être (avec raison) enragé contre votre gouvernement – allant visiblement dans la mauvaise direction – devient une raison pour être médicamenté et « rééduqué »?

L’Union Soviétique utilisait de nouvelles maladies mentales pour les répressions politiques.

Les gens qui n’acceptaient pas les croyances du Parti communiste développaient donc une nouvelle forme de schizophrénie.

Ils souffraient d’une forme de désillusionnement croyant que le communisme n’était pas une bonne chose. Ils ont été isolés, médicamentés de force et ont subi une thérapie répressive pour les ramener à la raison.

Maintenant, nous devons remercier les polices de la pensée étatsuniennes, l’American Psychiatric Association, pour les derniers ajouts au DSM-IV (Manuel de diagnostic et statistiques des troubles mentaux) qui mettent en place des diagnostics arbitraires pour n’importe quel « dissident ». 

Listé comme une nouvelle maladie mentale : une créativité et un cynisme au-dessus de la moyenne. Le manuel identifie cette maladie mentale comme « ODD », « désordre oppositionnel défiant » [Ndt : « oppositional defiant disorder »].

Défini comme « un comportement soutenu d’hostilité et de désobéissance », les symptômes incluent la remise en question de l’autorité, la négativité, la défiance, l’argumentaire et le fait d’être aisément irrité.

Un article du Washington Post observe que si Mozart était né aujourd’hui il serait diagnostiqué comme ayant un syndrome de déficit de l’attention et serait médicamenté jusqu’à ce qu’il redevienne « normal ». Ce que nous appelions des traits de personnalité sont dorénavant des maladies mentales. Et bien sûr, un traitement existe.

Lorsque la dernière édition du DSM-IV a été publiée, elle identifiait des symptômes de diverses maladies mentales chez les enfants et le résultat fut une augmentation significative de la médication de ces derniers. Certains états américains ont même des lois qui permettent aux agences de santé d’obliger une médicamentation sous peine d’amende ou d’emprisonnement.

Faites attention aux gens qui ont une forte individualité! Bien que les auteurs dudit manuel disent ne pas avoir d’agenda caché, étiqueter la liberté de pensée et la non-conformité en tant que maladie mentale est une bombe à retardement d’abus en tout genre. En tant qu’arme dans l’arsenal d’une société répressive, la réalité sociale semble se métamorphoser en un conte de fées pour autocrates tiré tout droit d’un roman de Phillip K. Dick.


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Source :
Créativité et non-conformisme désormais une maladie mentale « État du Monde, État d'Être

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 14:36

 

 

http://www.vertice102.com.mx/sitio/images/stories/airlines%20malasia.jpg

 

Les faits suivants seraient rapportés par d’autres que Percy Alvarado Godoy ou quelque autre de sa trempe, je n’y prêterais sans doute pas attention. Mais venant de cet ancien rompu aux stratégies de la guerre secrète, et dont j’ai toujours pu confronter le caractère fiable des informations qu’il relate, j’ai décidé de vous transmettre le contenu du dernier article qu’il a publié concernant le vol HM370 de la Malaysian Airlines, le pourquoi et le comment de sa disparition, même si c’est tellement gros que cela semble incroyable.

J'ai choisi de le faire parce que si c'est réellement ce qui c'est passé, cela confirmerait le fait que Washington est en train de franchir un seuil d'intensification de sa guerre pour l'hégémonie globale, ce qui aurait pour conséquence de nous mettre tous (ceux qui s'y opposent) en danger à court terme. Et comme les signes avant coureurs se multiplient de l'Ukraine au Venezuela, en passant par l'Espagne et la Grèce, je pense qu'il est important de redoubler de vigilance.


L’ensemble du récit repose sur des sources russes qui ne sont pas identifiée dans le texte :


Après que les services secrets russes aient été avertis anticipativement que ce vol représenterait un sérieux danger pour leur pays et la Chine parce qu’il était probablement porteur d’une charge de matériel radioactif ou d’armes biologiques, ils menèrent leur enquête.

Selon l’enquête préliminaire du GRU et de la FSB, la charge suspecte dont était porteur le HM370 fut transférée des EU via la République des Seychelles dans un bateau sous bannière étasunienne nommé MV Maersk Alabama. De là elle fut envoyée en Malaisie, en quelques heures, sous la protection de deux agents des renseignements de la Navy, Marco Daniel Kennedy de 43 ans et Jeffrey Keith Reynolds de 44 ans, qui après furent assassinés de manière suspecte.

Tous les deux étaient des spécialistes des transports d’arsenaux biochimiques et nucléaires, et étaient employés sous une couverture connue comme groupe Trident, fondé par le Pentagone et dont le siège se trouve à Virginia Beach, Virginie, pour servir de couverture aux Opérations Spéciales exécutées par les SEAL et à d’autres opérations secrètes réalisées par des groupes spéciaux à terre, parmi ces missions : les transports de matériel atomique et biologique dans le monde entier, ainsi des opérations noires, en particulier la réalisation d’opérations sous fausses bannières.


Quand le GRU s’est rendu compte que la charge avait été déposée dans le vol HM130 ayant pour destination la Chine, il avisa immédiatement le Ministère de la Sécurité de l’Etat Chinois (MSS) de la possibilité d’une dangereuse menace. La Chine, quant à elle, activa tous ses systèmes de défense et mobilisa ses systèmes permettant de récolter l’information en temps réel. La mesure principale adoptée par le MSS fut de dévier l’ avion vers une autre destination, non plus Bejing, mais un aéroport, Haikou Meilan International Airport (HaK), situé sur l’île de Hainan.

Dès lors tout avait été préparé par la Chine pour recevoir ce vol dangereux, mais il semble que des informations ont filtré qui ont mis les USA en état d’alerte, et qu’ils décidèrent de dévier le Boeing 777 – qui s’approchait à ce moment de la mer de Chine Méridionale, à proximité des Iles Spratly – vers Diego Garcia, distant de quelques 3 447 kilomètres.

Comment réussirent-ils à faire passer inaperçue cette manœuvre de détournement ?

Pour commencer (les USA) réussirent à mettre temporairement hors service l’activité de China Mobile en particulier les centres situés dans les Isles Spratly. Ensuite ils utilisèrent les moyens technologiques les plus sophistiqués à leur disposition pour faire « disparaître »l’avion. Pour réussir cet escamotage sous la vigilance des radars et satellites chinois, russes et d’autres nations, ils employèrent l’équipement dont disposait le Boeing 777-200ER, ils manipulèrent Fly-by-Wire (FBW)*, parvenant grâce à une interface électronique à le convertir en un énorme drone. Et l’avion se mit à voler tellement bas qu’il échappa aux radars. L’essentiel était de hacker également ses systèmes de communication, ce qui aurait été exécuté par un des passagers encore non identifié pour le moment.

Le reste était relativement facile parce que les satellites nord-américains couvrent cette zone en détail et disposaient d’information sur la déviation provoquée de l’avion jusqu’à l’Atoll de Diego Garcia, qui est un atoll de corail, considéré comme territoire du Royaume Unis mais utilisé par les EU qui la leur louent. Il est considéré comme une des bases les plus secrètes parmi les près de mille bases utilisées par le Pentagone et la CIA. Il a été employé de manière réitérée comme base d’espionnage dans l’Océan Indien et comme prisons pour ceux que le gouvernement étasunien voulait faire « disparaître ». Ce fut également un plateforme pour développer les guerres contre l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie et l’Iran.

On ne peut pas nier que cette trame d’espionnage, dans le style insolite des films de James Bond, a laissé les services de renseignement face à de multiples inconnues. Ce qui est certain c’est que la charge était une menace contre la Chine, de cela il n’y a aucun doute. Le matériel biologique, a été transféré avec la complicité de plusieurs nations et il avait pour objectif une attaque contre le pays asiatique, la Corée du Nord ou le Vietnam.

Des sources anonymes russes ont proposé au quotidien Komsomólskaya Pravda quelques hypothèses qui ont été utilisées par le GRU et le FSB de même que par le MSS. L’une d’elles se rapporte à la composition des passagers de l’avion. Sans certitude et de manière spéculative, le journal russe suggère ce qui suit : « On reste avec la sensation que l’ensemble des personnes qui voyageaient à bord de l’avion avait quelque chose d’étrange, le pilote faisait partie de l’opposition malaise, il y avait deux iraniens munis de faux passeports, trop de passagers chinois ayant le même patronyme, et un passager australien avant d’embarquer confia à sa femme son alliance et sa montre, et lui demanda de les remettre au premier de ses fils qui se marierait, comme s’il savait qu’il ne reviendrait pas ».

Ce qui est certain, c’est que parmi les passagers se trouvaient près d’une vingtaine d’employés étasuniens de l’entreprise Freescale Semi Conductor, dont le siège est à Austin, Texas, et qui appartient à la multinationale Blackstone, propriété du fameux multimillionnaire Jacob Rothschild,  une entreprise qui se consacre à mettre au point un avion invisible pour les moyens actuels de détection, ce qui a une remarquable importance militaire. D’après certaines sources, parmi ce groupe, il y avait 4 espions chinois qui transportaient de sensibles informations secrètes qui affecteraient les USA et qui devaient être éliminés avant qu’ils aient pu transmettre ces secrets.

Il est évident que cette large conspiration a été préparée de manière à cacher la vérité, manipuler l’opinion publique mondiale, avec l’appui des grands médias, qui produisent toutes sortes d’experts, élaborent des hypothèses et remplissant d’interrogations jusqu’aux services de renseignement de toute la planète eux-mêmes.

Une dizaine d’hypothèses ont ainsi été écartées en relation avec de possibles suicides, des actes de terrorisme, même une intervention extra-terrestre, la complicité des pilotes, détournement vers des pays comme l’Afghanistan et le Pakistan, il semble que ce qui a été occulté ne sera jamais révélée au public. Les enjeux sont de taille.

D’un autre côté existe des soupçons de ce que cette opération ai échappé aux mains du gouvernement des USA et qu’elle ait été filtrée par le Mossad, la FSB et d’autres services de renseignements. Il n’y a pas de doute, le sort des 239 passagers est et restera incertain, ainsi que les indemnisations dérisoires seront une faible compensation pour les proches des victimes.

Le gouvernement malais mis sous pression par les USA garde jalousement toute information en relation avec cette affaire et montre un intérêt marqués pour clore le pénible événement. Les pressions et promesses exercées sur lui ont du être fortes. Les près de 26 pays impliqués dans la recherche estiment que les dépenses s’élèveront à près de 400 millions de dollars, alors que certains continuent les recherches de vestiges qui indiqueraient sa localisation.

La Russie et la Chine malgré qu’elles aient reçu l’information en temps réel se voient frustrées de leur intention de doubler la CIA et le Pentagone en capturant la dangereuse charge qui arrivait dans le Boeing 777-200. Ils ont néanmoins obtenu une importante victoire en empêchant que le vol parvienne à sa destination initiale.

La question que nous nous posons tous concerne le fait de savoir si le Président Obama avait connaissance de cette opération noire réalisée par les services de renseignement de son pays, laquelle pourrait avoir eu 239 victimes pour conséquence. Ce serait une preuve de plus que son Prix Nobel de la Paix n’est pas mérité.

Un de ces jours, que nous espérons proche, les informations concernant ce triste épisode dans lequel sont mêlées l’indolence, l’impunité et l’abus de pouvoir sortiront à la lumière. Pour le moment la grande perdante c’est l’Humanité.

 

Percy Francisco Alvarado Godoy

 

Percy Francisco Alvarado Godoy.
Percy Francisco Alvarado Godoy.
Percy Francisco Alvarado Godoy.

* Système mis au point suite au détournement des avions de passagers qui ont mené l’attaque du 11 septembre et qui permet de manœuvrer un avion localisé en n’importe quel lieu depuis la terre pour rediriger son vol,. C’est pour cette raison que le Boeing 777-200 avait un Fly by Wire conçu pour réaliser cette opération en cas d’urgence et reprendre le contrôle de l’avion, y compris sans l’intervention du pilote, pour le diriger jusqu’à un lieu prédéterminé à terre. 

 

Article original en espagnol Conspiración negra contra vuelo #HM370  

 

Traduction Anne Wolff

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:52

par  Umar Farooq

 

 

Pakistan. Les activistes contre les drones qui incluent des gens qui ont perdu leurs grands-mères, frères et enfants dans des attaques à contrôle à distance des avions sans pilotes, voient clairement que le gouvernement pakistanais condamne publiquement les attaques étasuniennes mais qu’en privé, il les facilite, c’est pourquoi ils ont entrepris une série d’activités judiciaires et d’actions directes pour exiger qu’il y soit mis fin.

Un des critiques les plus virulent du programme de drones étasunien au Pakistan a été arrêté, torturé et interrogé par les agences d’intelligences du pays pendant 9 jours au mois de février. Il n’y a eu ni confirmation officielle ni explication concernant la détention de Kareem Khan, mais ce ne fut pas nécessaire.

Khan a irrité les agences de renseignement, tant pakistanaises qu’étasuniennes, avec un recours judiciaire. Le Gouvernement du Pakistan dénonce officiellement les attaques aériennes, mais en privé ses agences militaires et de renseignement facilitent le travail de la CIA. Plus de 3 000 personnes ont été assassinées dans ce pays par des avions sans pilotes depuis 2004.

Les attaques ont lieu dans les Zones Tribales sous Administration Fédérale (FATA), une région frontalière avec l’Afghanistan, qui fait partie du Pakistan mais n’est pas régie par sa constitution. La région est régie par le Règlement sur les Délits Frontaliers, une loi qui date de l’époque coloniale britannique et qui permet les châtiments collectifs, comme les incendies de hameaux entiers ou l’expulsion de tribus dont les membres agissent à l’encontre du gouvernement fédéral. Un fonctionnaire désigné par le gouvernement fédéral coordonne les activités avec les tribus et est l’unique autorité qui peut agir comme juge dans les cas pénaux. 

Ce précaire système légal rend difficile de faire mettre en jugement les autorités responsables des morts, que ce soit celles attribuées à des militaires - il y a plus de cent mille soldats étasuniens stationnés à FATA – ou dues à des attaques par avions sans pilote étasuniens.

Mais cela pourrait changer, à mesure que de plus en pus de personnes portent plainte, tant contre les autorités pakistanaises que contre les étasuniennes, pour la mort de leurs êtres chers morts dans les attaques de drones.

Il était 9h30 du soir le 31 décembre 2009,  quand la maison de Khan (au Waziristân du Nord, FATA, près de la frontière avec l’Afghanistan) fut attaquée par une série de missiles Hellfire depuis un avion sans pilote étasunien. Le fils de Khan, âgé de 18 ans, Zahinuallah, et son frère Asif Iqbal, de 35 ans, furent assassinés. Khaliq Dat, un maçon qui travaillait à la construction d’une mosquée locale et qui séjournait dans la Hujra, une habitation adjacente mourut lui aussi cette nuit là.

Khan présenta des charges d’homicide contre John Rizzo, ex directeur de la CIA, et Jonathan Banks, chef de l’Agence au Pakistan en tant que responsables du programme de drones. Le chef de la CIA au Pakistan est l’officiel le plus haut placé dans le pays et son identité est un secret bien gardé, ce qui fait que lorsque son nom apparut sur des documents judiciaires, il fut rapidement rappelé hors du pays. 

L’attaque aérienne qui a tué les proches de Khan, semblerait avoir également causé la mort de Hajji Omar, un ex haut commandant des talibans. Les rapports annonçant la mort de Hajji Omar étaient surprenants – il avait été rapporté qu’il était mort dans une autre attaque plus d’un an auparavant. Jusqu’à ce que Khan se présente avec sa version de l’histoire, les informations d’actualités citèrent des fonctionnaires Pakistanais et Étasuniens anonymes qui prétendaient qu’aucun civil n’était mort dans l’attaque. Pour les activistes anti-drones comme Khan, c’est cela le problème avec les avions sans pilotes. Les États-Unis insistent sur le fait que cette technologie permet un meilleur respect de la vie que la guerre conventionnelle, puisqu’ils peuvent faire la discrimination entre les militants et les civils. 

Les drones peuvent tourner au-dessus d’un lieu pendant plusieurs jours, espionnant les personnes pendant qu’elles effectuent leurs activités quotidiennes, en attendant l’opportunité claire pour tuer une personne sans dommages collatéraux. Mais même ainsi, les attaques assassinent des civils. Le fil de Khan, par exemple, travaillait comme gardien dans une école où son frère était professeur.

« Eux, (les étasuniens) ils tuent, tout simplement et peu leur importe qui », accuse Khan. « C’est seulement après qu’ils attribuent aux morts le statut de terroristes ».

 


Nabeela

Dans l’après-midi du 24 octobre 2012, Nabeela, de 8 ans était en train de récolter l‘okra dans les champs familiaux en compagnie de ses deux frères et de sa grand-mère, Mamana Bibi, de 68 ans. A ce moment, un drone, qui volait en cercle depuis des heures, lança deux missiles. « L’explosion eut lieu très près de nous. Elle fut tellement forte qu’elle me projeta en l’air avant de me plaquer contre le sol », raconte Nabeela aux enquêteurs d’Amnesty International. Quand elle est revenue à elle, Naabela a trouvé sa grand-mère, morte. « Nous avons rencontré son corps mutilé peu après. A cause de l’explosion il était fort loin. Nous avons ramassé les différentes parties du corps et nous les avons enveloppées dans un foulard ». 

Quand les frères de Nabeela accoururent sur les lieus pour porter secours, le drone lâcha contre eux une autre salve de missiles.

L’attaque s’est déroulée dans une zone rurale, non loin de la maison de Mamana Bibi, et à plus de 3 mille mètres de la route la plus proche, c’est pourquoi il est difficile de comprendre pourquoi l’opérateur de drones qui observait la grand-mère depuis des heures prit soudain la décision de l’attaquer.

A ce moment les actualités citèrent des fonctionnaires pakistanais anonymes qui déclarèrent que trois militants avaient été tués dans cette opération.

“Avant même que nous soyons nés, ils nous ont déjà catalogués comme terroristes” avertit Khan.

L’attaque qui a tué la grand-mère de Nabeela a entraîné d’autres plaintes devant les tribunaux pakistanais contre le personnel étasunien et en 2023 Nabeela s’est rendue à Washington pour témoigner devant le Congrès au sujet des drones.

 


En mai 2013, un tribunal supérieur du Pakistan émit un jugement historique, qui déclare que le gouvernement fédéral était complice et de voulait pas arrêter les attaques. La cours ordonna au Gouvernement de porter la question devant l’Organisation des Nations Unies (ONU) et, si le programme continuait, de prendre des mesures plus fortes, comme le gel du budget de ‘OTAN ou d’abattre les drones. Mais le gouvernement pakistanais n’accomplit pas la sentence. 

Les drones décollent de bases afghanes et sont contrôlé par des pilotes qui sont dans des sièges aux E.U.. Des caméras sophistiquées recueillent d’énormes quantités de données qui incluent les conversations sur téléphone cellulaire qui sont utilisés dans la zone - et qui sont transmises à travers les réseaux vers les pays européens. Il faut plus d’une centaine de personnes pour coordonner le vol d’un seul drone, incluant des experts du renseignement qui analysent les prises de vue depuis les drones, en direct, et les mettent en relation avec les contenus des conversations téléphoniques interceptées. Beaucoup d’entre aux travaillent en étroite collaboration avec des agences d’intelligences d’Europe, c’est pourquoi les victimes ont également déposé des plaintes contre les pays européens.

Noor Khan (sans relation avec Kareem Khan) dont le père a été assassiné dans une attaque au Waziristân du Nord en 2011, présenta son cas au Royaume Uni. Il demanda des explications aux agences de renseignement de ce pays pour son appui logistique au programme de drones des E.U. Autour de 10h45 du matin, le 17 mars 2011, des avions sans pilotes commencèrent à tirer contre une réunion de plus d’une centaine d’ancien des tribus qui réglaient une querelle au sujet d’une mine locale de chromite.

Les journalistes du Bureau de Journalisme d’Investigation, qui a son siège au Royaume Uni, rapportent que 42 civiles moururent ce jour-là, mais les fonctionnaires étasuniens continuent à d’affirmer que tous les morts étaient des Talibans.  « Ces personnes n’étaient pas réunies pour une vente de gâteaux », allègue un fonctionnaire étasunien au New York Times en 2011. « C’étaient des terroristes ».

Vu que les cas judiciaires contre des attaques avec des avions sans pilote s’amplifient, d’autres activistes se mettent à utiliser d’autres manières de faire pression sur les États-Unis.

A trente kilomètres à l’Est de la frontière avec l‘Afghanistan dans un kiosque d’une autoroute, les volontaires comme Nazzar Muhammad, de 55 ans, font une tournante pour vérifier les conteneurs de charges destinés à l’Afghanistan. Des centaines de camions passent par le kiosque tous les jours en route vers le passage de la frontière à Torkham. Les manifestants occupent le kiosque depuis décembre 2013, dans une tentative de couper la route de l’approvisionnement crucial entre la cité portuaire du Sud de Karachi et les troupes de l’OTAN en Afghanistan. 

L’Afghanistan ne dispose pas de sortie vers la mer, ce qui fait que tout ce qui est nécessaire aux troupes étasuniennes et de ‘OTAN doit passer par voie des airs ou dans des camions. Pendant la dernière décennie, la majorité des approvisionnements utilisés par les troupes étasuniennes en Afghanistan – depuis la nourriture jusqu’aux Humvees blindés – est arrivé par la route qui est bloquée par les manifestants près de Torkham ou par une autre route au sud-ouest de là, vers un autre passage de la frontière à Chaman.



 

“Nous n’abandonnerons pas tant que les drones ne cesseront pas” explique Mohamed. Il se tient debout au côté d’un flux constant de camions abondamment décorés et d’autobus pleins qui se dirigent vers la frontière, beaucoup actionnent leurs klaxons ou crient des slogans de soutient aux manifestants.

Avec le blocage de la route d’approvisionnement, les États-Unis doivent dépenser plus d’argent pour trouver des solutions de rechange, plus de cent millions de dollars par mois, selon les fonctionnaires étasuniens. A mesure que s’achèvera la guerre d’Afghanistan en 2014 et que les troupes et équipement devront être transportés, les routes d’approvisionnement seront toujours plus importantes.

« Je ne suis pas certains que les attaques de drones vont s’arrêter » fait valoir Kareem Khan. « Mais même si elles ne s’arrêtent pas nous continuerons à faire ce que nous pouvons ».

2 mars 2014

 

 

 

 

Traduction espagnole  Clayton Conn  pour

Pakistán, los ciudadanos contra los drones « Desinformémonos

Traduction française Anne Wolff

 

 


 

Kareem Khan source : Un conocido activista pakistaní anti-drones denuncia que fue secuestrado y torturado – RT

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 22:58

 

Histoire de surenchérir un bon coup sur  Les enfants soldats des Etats-Unis et aussi de poser la question : les enfants pauvres de demain seront-ils considérés comme  tout juste bon à servir de chair à canon dans les guerres multiples et sans fin de l’empire corporatiste, de donneurs d’organes (OMS : toutes les heures 3 personnes sont mutilées au assassinées pour prélever leurs organes) pour des privilégiés ou servir d’esclaves des travaux forcés des prisonniers de la tolérance zéro ?

Et question subsidiaires : Quel avenir pour ces enfants de la pauvreté qui se voient toujours plus nombreux à être arrachés à leurs parents ? L’armée ? La prison ? La mort sans trace au fond d’une fosse sans nom ?

 


[Jobat et la RTBF vous proposent un job : mercenaire]

Mercenaire en Afghanistan ou en Irak, "cela rapporte (plus de) 40.000 euros par an mais c’est pas évident comme job" ! Ou quand la RTBF et d'autres sites de médias nationaux promeuvent le mercenariat.

Sur le site de la RTBF un "publi-reportage" -aussi disponible sur d'autres médias nationaux- de l'agence d'emploi jobat suggère aux lecteurs de s'intéresser à "5 jobs bien payés mais pas évidents"…

Entre le comptable-senior, le pilote d'avion pulvérisateur et roughneck sur une plate-forme pétrolière, l'agence jobat soucieuse d'ouvrir de nouvelles perspectives aux chômeurs belges leur suggère aussi les secteurs prometteurs de la sécurité, de la guerre et du mercenariat!
L'agenda étant à la privatisation et aux milices quoi de plus pertinent en ces temps de crise, n'est-il pas?

En effet le deuxième paragraphe proposant le job "bien payé mais pas évident" de soldat en Irak ou en Afghanistan, s'ouvre très poétiquement sur:
"Aller se battre dans un trou perdu reste pour beaucoup un rêve d’enfant. Que vous gagnez un salaire bien copieux comme soldat ne surprendra personne."
Et fait ensuite judicieusement remarquer que "les soldats du privé vont un pas plus loin encore ; ils sont affranchis de l’armée et doivent se charger des missions les plus dangereuses. En tant que bouclier humain, vous gagnez environ 7.500 euros par mois."

Voilà de quoi faire saliver certains chômeurs, 7.500 euros par mois pour être armé mais "affranchi de l'armée", bref pour pouvoir tuer légalement des mécréants!

Notons aussi cette nouvelle définition du mercenariat, vous pensiez que les mercenaires étaient des brutes pour basses besognes, des assassins privés et légaux ? Comme vous aviez tort ! Ce sont de dévoués "boucliers humains" ou à la rigueur des "soldats du privé" voilà tout.

Les mercenaires de "Xe service" et les militants pacifistes ou non-violents s'interposant bénévolement et au péril de leur vie entre l'empire et ses victimes, en Palestine et ailleurs, sont heureux de se découvrir une si belle convergence, merci jobat!


   

Si les articles ne devaient plus êtres disponibles, voici les photos d'écrans ci-dessus et ci-dessous les url originales.

http://www.rtbf.be/partenaires/jobat/emploi/article?artid=61
http://content.jobat.be/fr/articles/cela-rapporte-40000-euros-par-an-mais-cest-pas-evident-comme-job/

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 22:30

 

 

 

Ann Jones 

Tom Dispatch

Le Congrès pensait certainement agir correctement quand à l’automne 2008, il approuva la Loi de Prévention des Enfants Soldats (CSPA, sigle en Anglais). La Loi avait pour objet de protéger les enfants du monde entier d’une participation à la guerre des Grands. Dès lors, il était admis que tout pays qui ferait pression sur des enfants pour qu’ils se convertissent en soldats perdrait toute aide militaire des EU.


Cela tourna court, le Congrès – dans une des rares occasions où il s'était soucié de la prochaine génération – s’était lourdement trompé. Dans sa grande sapience, la Maison Blanche considère que des pays comme le Tchad et le Yémen sont d’une importance tellement vitale pour l’intérêt national des EU qu’elle préfère fermer les yeux sur ce qui arrive aux enfants de ces régions. 


Comme l’exige la CSPA, cette année le Département d’État a dressé la liste des dix pays qui utilisent des enfants soldats : Birmanie (Myanmar), République Centrafricaine, Tchad, République Démocratique du Congo, Rwanda, Somalie, Soudan du Sud, Syrie et Yémen. Sept d’entre eux devaient recevoir des centaines de millions de dollars en aide militaire étasunienne ainsi que ce qui est qualifié de « Financement Militaire Étranger des EU ». Il s’agit d’un stratagème destiné a soutenir les fabricants d’armes étasuniens en accordant des millions d’argent public à des « alliés » les plus douteux, qui doivent utiliser cet argent pour acheter des « services » du Pentagone ou du « matériel » des traditionnels marchands de mort. Nous les connaissons bien : Lockheed Martin, Mc Donnell Douglas, Northrop Grumman, etc.


Ce serait l’occasion pour Washington d’apprendre à un ensemble de pays à protéger leurs enfants, à ne pas les conduire au sacrifice. Mais en octobre, comme elle l’a fait chaque année depuis que la CSPA a été promulguée, la Maison Blanche a de nouveau concédé des « dispenses » totales ou partielles à cinq pays repris sur la liste de ceux qui «ne doivent pas être aidés du Département d’État : Tchad, Soudan du Sud, Yémen, République Démocratique du Congo et Somalie.


Pas de chance pour les jeunes – et l’avenir - de ces pays. Mais il faut l’envisager de ce point de vue : pourquoi Washington devrait-elle aider enfants du Soudan ou du Yémen à échapper à la guerre si cela entraîne de devoir  faire pression sur nos propres enfants étasuniens impressionnables, idéalistes, ambitieux pour qu’ils incorporent le « service » militaire ?

Cela ne devrait être un secret pour personne que les EU ont le plus grand système, organisé avec la plus grande efficience au monde pour recruter des enfants soldats. Avec une modestie peu habituelle, cependant, le Pentagone, ne s’en vante pas en ces termes. Sa terminologie est « programme de développement de la jeunesse »


Promu par de nombreuses firmes de relations publiques et de publicité de grande influence, grassement rémunérées, contractées par le Département de la Défense, le programme semble tout bonnement magnifique. Sa principale façade publique est  le Corps d’Entraînement d’Officiers de Réserve Mineurs ( Junior Reserve Officers Training Corps, JROTC) 


Ce qui rend ce programme de recrutement d’enfants soldats tellement remarquable, c’est que le Pentagone le réalise en pleine vue dans des centaines et des centaines d’instituts d’enseignement secondaire, privés, militaires et publics dans tous les EU.


A la différence des seigneurs de la guerre de l’Afrique de l’Ouest Foday Sankoh et Charles Taylor ( qui ont tous deux comparu devant les tribunaux internationaux pour crimes de guerre), le Pentagone ne kidnappe pas vraiment les enfants ni ne les mène physiquement au combat. A la place, il essaye de convertir les jeunes « cadets » en ce que John Stuart Mill a qualifié d’« esclaves volontaires », tellement embrigadés par le scénario du maître qu’ils acceptent leur rôle avec un plaisir qui passe pour un choix personnel. A cette fin JROTC influence leurs esprits pas encore complétement développés, leur inculquant ce que les livres de textes du programme qualifie de « patriotisme » et « leadership », ainsi que des réponses réflexes aux injonctions autoritaires.


Le schéma est beaucoup plus sophistiqué – tellement plus “civilisé” – que n’importe lequel de ceux imaginés au Libéria ou en Sierra Leone, et il fonctionne. Le résultat est pourtant le même : des enfants sont élevés pour servir de soldats, un métier qu’ils ne seront pas libres d’abandonner, et dans l’exécution duquel ils seront obligés de commettre des atrocités qui brisent l’esprit. Quand ils commencent à craquer ou à ne plus supporter la pression, aux EU comme en Afrique Occidentale, les drogues font leur apparition.


Le Programme JROTC, qui s’étend à des instituts d’enseignement secondaire de tout le pays, coûte aux contribuables des EU des centaines de millions de dollars par an. A un nombre indéterminé de contribuables, il a coûté leur enfant.


Les brigades d’acné et d’appareils dentaires.

Je suis tombée sur des enfants du JROTC, pou la première fois, il y a quelques années, à Boston, lors d’un défilé du Jour des Vétérans. Avant qu’il ne commence je me suis baladée au milieu de groupes en uniformes qui s’installaient le long de Boston Common. Il y avait quelques vieillards qui brandissaient les étendards de leurs groupes de l’American Legion, quelques rares bannières des écoles d’enseignement moyen, et quelques beaux jeunes gens dans d’élégants uniformes de gala : les recruteurs militaires du Grand Boston.


Les enfants se trouvaient plus loin.. Les brigades d’acné et d’appareils dentaires, de 14 ou 15 ans, en uniformes militaires, portant des fusils sur l’épaule. Certains groupes de filles portaient d’élégants gants blancs.


Trop de groupes similaires, avec trop d’enfants impubères, massés tout au long de Boston Common. S’y retrouvaient toutes les branches des forces armées et de nombreuses communautés locales différentes, bien que tous soient bruns ou noirs de teint : afro-étasuniens, latinos, enfants d’immigrants du Vietnam et d’autres régions du Sud. Le mois précédent, dans la ville de New York, j’avais vu de pareils escadrons de JROTC aux couleurs-code, marchant le long de la Cinquième Avenue, le Jour des Vétérans, Ce que n’est pas JROTC, c’est une coalition arc-en-ciel.


A Boston, je demandai à un garçon de 14 ans pourquoi il avait adhéré au JROTC. Il portait l’uniforme des juniors de l’Armée et trimbalait un fusil qui était presqu’aussi grand que lui. Il dit « Mon papa nous a abandonnés, et ma maman est obligée de prendre deux boulots, et quand elle rentre à la maison, et bien, elle n’est pas trop en forme. Et à l’école ils nous ont dit qu’il fallait une bonne structure si on voulait arriver à quelque chose. Si bien que je dirais que j’ai adhéré à cause de cela ».


Un groupe de filles, me dirent qu’elles allaient en classe avec les garçons mais avait leur propre équipe d’entraînement (entièrement noire) qui était en compétition avec d’autres, de lieux aussi éloignés que le New Jersey. Elles me montrèrent leurs médailles et m’invitèrent à venir voir leur trophée dans leur école. Elles avaient également 14 ou 15 ans. Pendant que nous parlions, elles sautillaient avec l’enthousiasme des adolescentes qu’elles étaient. L’une dit : « Avant, jamais je n’avais eu de prix ».


Son excitation me ramena dans le passé. Quand j’avais son âge, grandissant dans le Moyen Ouest, je me levais avant l’aube pour me rendre jusqu’à un terrain de football et pratiquer des manœuvres en formation dans la nuit avant que ne commence la journée d’école. Rien ne m’aurait fait renoncer à cette «structure », cet ‘entraînement », cette « équipe », mais j’étais dans une fanfare et l’arme que je portais étais une clarinette. JROTC s’est emparé de cette éternelle anxiété des jeunes de faire partie de quelque chose de plus grand et plus important que sa propre personne, pitoyable, négligée, remplie d’acné. JROTC capture l’idéalisme et l’ambition de la jeunesse, la retourne, l’entraîne, l’arme et la met sur le chemin de la guerre.


Un peu d’histoire 

Le Corps d’Entraînement de Réserve des Officiers Mineurs de l’Armée des États-Unis, a été conçu comme partie de la Loi de Défense Nationale de 1916 au milieu de la Première Guerre Mondiale. Dans le sillage de la guerre, cependant,  il n’existait que 6 instituts d’enseignement secondaire qui acceptèrent l’offre des militaires en équipements et instructeurs. Une version plus adulte du Corps d’Entraînement pour Officiers de Réserve (ROTC) fut rendue obligatoire dans de nombreux collèges et universités de l’état, malgré la question très controversée, à savoir : dans quelle mesure le gouvernement peut-il obliger des étudiants à pratiquer un entraînement militaire.

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En 1961, ROTC est devenu un programme à option, populaire dans certaines écoles, mais mal reçu dans d’autres. Rapidement il disparu complétement des campus de nombreux collèges d’élite et d’universités d’état progressistes, poussé dehors par des protestations contre la Guerre au Vietnam, et tiré dehors par le Pentagone qui insistait pour maintenir des programmes discriminatoires (spécialement en matière de préférence sexuelle et de genre) exclus des codes de conduites universitaires.. Quand il renonça à « Don’t Ask, Don’t Tell » en 2011 et offrit un programme de substantielles subventions de recherche pour de telles institutions, des universités d’élite comme Harvard et Yale accueillirent les militaires avec une avec une déférence inconvenante.


Pendant l’exil du ROTC de ces institutions, cependant, il s’implanta dans des campus de collèges dans des États qui ne se formalisaient pas pour les discriminations, pendant que le Pentagone étendait son programme de recrutement dans les écoles d’enseignement secondaire. Presqu’un demi siècle après la création du JROTC de l’Armée, la Loi de Revitalisation des Corps d’Entraînement d’Officiers de Réserve de 1964 (Reserve Officers Training Corps Vitalization Act of 1964) ouvrit l’entraînement des jeunes à toutes les branches des forces armées. De plus, la quantité d’unités de JROTC, limitées antérieurement à 1200 augmenta rapidement dans tout le pays jusqu’à 2001, quand disparu l’idée même d’imposer des limites au programme.


Le motif était flagrant. En 1973, l’administration Nixon écarta le service militaire obligatoire en faveur d’une armée professionnelle permanente formée “entièrement de volontaires”. Mais où trouverait-on ces professionnels ? Et comment allait-on procéder pour les persuader de devenir “volontaires” ? Depuis la Seconde Guerre Mondiale, les programmes de ROTC dans les institutions d’enseignement supérieur avaient fourni près de 60% des officiers habilités. Mais l’armée avait besoin de soldats d’infanterie ?


Officiellement, le Pentagone affirme que le JROTC n’est pas un programme de recrutement. En privé, il ne le considère jamais autrement. Le JROTC se décrit lui-même comme « le développement d’une source d’enrôlement de recrues et de candidats officiers à travers un programme citoyen dédié à l’éducation morale, physique et la formation de la jeunesse étasunienne ». Auparavant le secrétaire de la Défense, William Cohen, témoignant devant le Comité du Service Armé de la Chambre en 200O, qualifia le JROTC d’ « un des meilleurs instruments de recrutement que nous ayons jamais eu ».


Avec cette mission inavouée en main, le Pentagone fit pression pour un objectif planté pour la première fois en 1991 par Colin Powell qui était alors chef de l’État Major Conjoint : l’établissement de 3500 unités du JTROC pour « élever » des étudiants dans les écoles d’enseignement secondaire de tout le pays. Le plan serait de les étendre vers « les zones en déficit économique et d’éducation ». Les écoles de mauvaise qualité des centres urbains, les ceintures industrielles, le Sud profond et le Texas se transformeraient en riche terrain de chasse. Au début de l’année 2013, l’Armée à elle seule avait recyclé 4 000 mille officiers en retraite pour conduire ces programmes dans 1731 écoles d’enseignement secondaire. Au total, les unités de JROTC de l’Armée, la Force Aérienne, la Navy et les Marines ont atteint le nombre de 3402 écoles dans tous le pays – 65% d’entre elles situées dans le Sud – avec un enrôlement total de 557 129 enfants.


Comment fonctionne le programme

Le programme fonctionne comme suit. Le Département de la Défense dépense plusieurs centaines de millions de dollars – 365 millions en 2013 – pour fournir les uniformes, les livres de textes approuvés par le Pentagone et des équipements du JTROC, ainsi qu’une partie des salaires des instructeurs. Ces instructeurs, désignés par les militaires (pas par les écoles) sont des officiers à la retraite. Ils continuent à percevoir leur pension fédérale, alors que les écoles doivent leur payer des salaires équivalents à ceux qu’ils toucheraient en service actif. Les militaires par la suite rembourseront à l’école près de la moitié de leur considérable rémunération, mais malgré cela ils coûtent fort cher aux écoles.


Il y a 10 ans, le American Friends Service Committee (AFSC en anglais) établit que le véritable coût des programmes de JROTC pour les districts scolaires locaux était au moins aussi élevés – et dans certains cas plus du double – du coût mentionné par le Département de la Défense ». En 2004, les districts scolaires locaux dépensaient 222 millions de dollars rien qu’en frais de personnel ».


Plusieurs directeurs d’écoles qui m’ont parlé de cette question, firent l’éloge du Pentagone qui subventionne le budget de l’école, mais ils ne prenaient manifestement pas en compte les dépenses propres aux écoles. Le fait est que les écoles publiques qui offrent les programmes de JROTC subventionnent actuellement la campagne de recrutement du Pentagone. De fait une classe de JTROC coûte aux écoles (et aux contribuables) significativement plus de ce que coûterait un cours normal d’éducation physique ou d’histoire des EU – mais elle est souvent considérée comme un bon substitut des deux.


Les écoles locales n’ont aucun contrôle sur les programmes scolaires du JROTC qui sont déterminés par le Pentagone, et sont de manière intrinsèque orientés vers le militarisme. Beaucoup de systèmes scolaires adoptent simplement les programmes du JROTC, sans même jeter un regard sur ce qui sera enseigné aux étudiants. L’American Friends Service Committee, les Vétérans pour la Paix et d’autres associations civiles ont démontré que ces classes non seulement sont plus coûteuses que les classes régulières, mais également d’une qualité inférieure.


Que pourrait-on espérer d’autre qu’une qualité inférieure de livres de textes ad hoc   écrits par les branches de compétence des forces armées et utilisés par des militaires en retraites qui n’ont ni qualifications ni expérience pédagogique ? En premier lieu, ni les textes, ni les instructeurs n’enseignent le genre de pensée critique qui est actuellement au centre des meilleurs programmes scolaires. A la place, ils apprennent l’obéissance à l’autorité, comment inspirer la peur aux « ennemis » et postulent la primauté de la force militaire dans la politique extérieure des EU.

 

Des associations civiles ont présenté une autre série d’objection au JROTC, qui vont depuis des pratiques discriminatoires – contre les gays, les immigrants et les musulmans par exemple – jusqu’à d’autres dangers, comme celui de porter des armes à l’école (en tous lieux). Certaines des unités ont même établi des polygones de tir où sont utilisés des fusils automatiques tirant à balles réelles. JROTC embellit la dangereuse mystique de telles armes, les convertissant en objet qui faut convoiter, chérir et il faut sauter sur l’occasion de les utiliser.


Dans sa propre défense, le programme fait la publicité d’un avantage amplement accepté dans tous les EU : ’il donne une « structure » et évite que les enfants abandonnent l’école et se convertissent de garçons (et à présent filles) aux antécédents “problématiques” en ”hommes” qui sans JROTC pour les sauver (et le reste d’entre nous d’eux) se convertiraient en drogués ou en criminels ou pire. Colin Powell, le premier gradué du ROTC qui soit arrivé un poste le plus élevé des forces armées, véhicule justement ce point de vue dans ses mémoires My American Journey. « Les enfants des centres urbains pauvres » écrit-il « nombre d’entre eux provenant de foyers détruits [trouvent] une stabilité et un modèle à imiter dans le JROTC.


Il n’existe aucune preuve à l’appui de ces affirmations, à part des témoignages d’étudiants comme celui que m’a apporté le garçon de 14 ans qui s’est incorporé en quête de « structure ». Ces enfants (et leurs parents) qui se laissent convaincre par cet argument de vente donne la mesure des limitations de leurs propres choix. La grande majorité des étudiants trouvent meilleur, plus constructif des structure d’affirmation de soi des cursus académiques, sportifs, des chorales, groupes musicaux, clubs de science ou de langue, des stages  – et autres – dans des écoles où existent de telles opportunités. Ce sont précisément  des écoles avec de tels programmes, où les administrateurs, les professeurs, les parents et les enfants travaillent ensemble, qui ont le plus tendance à maintenir JROTC dehors. Les systèmes scolaires « socialement et économiquement déficitaires » qui sont l’objectif du Pentagone ouvrent à la possibilité d’éliminer de tels « détails » et de dépenser les budgets dans un colonel ou deux qui peuvent offrir aux étudiants en quête de « stabilité et de modèle » un avenir prometteur, quoique souvent fort court, de soldats.


Jours d’école

Dans une de ces écoles du quartier marginalisé du centre de Boston à prédominance noire, je suis allée dans les classes de JROTC dans lesquels les élèves regardaient d’interminables films avec des soldats qui paradent, et ensuite ils devaient en faire autant dans le gymnase de l’école, fusil en main. (Je dois reconnaître qu’ils sont capables de marcher beaucoup mieux que les escadrons de l’Armée Nationale Afghane, que j’ai également observés, mais y a-t-il de quoi être si fier ?) Déjà que ces classes paraissent souvent destinées à passer le temps, en plus les étudiants ont beaucoup de temps pour discuter avec le recruteur de l’Armée dont le bureau est opportunément situé  dans la salle de classe du JROTC.

Ils ont également discuté avec moi. Une jeune afro-étasunienne de 16 ans qui était la première de sa classe et qui s’était déjà enrôlée dans l’armée me dit qu’elle voulait faire carrière dans les forces armées. Son instructeur – un colonel blanc qu’elle considérait comme le père qu’elle n’avait jamais eu à la maison – avait amené la classe à croire que « notre guerre » va continuer pendant très longtemps, disait-il, « jusqu’à ce que nous ayons tué jusqu’au dernier Musulman de la Terre ». Elle voulait aider à sauver les EU en dédiant sa vie à « la grande mission qui nous attend ».

Surprise, je m’exclamai, ”Et que penses-tu de Malcom X ?” Malcom X est né à Boston, non loin de l’école, une rue porte son nom en son honneur. « Il n’était pas musulman ? » demandai-je

« Ô non Ma’ame », dit-elle, « Malcom X était étasunien ».


Un garçon plus âgé qui s’était également enrôlé dans l’armée, voulait échapper à la violence des rues de la ville. Il s’était enrôlé peu après qu’un de ses meilleurs amis, se soit trouvé pris dans un tir croisé et soit tué dans un magasin tout près de l’école. Il me dit « Ici je n’ai pas avenir. Je pourrais aussi bien être en Afghanistan ». Il pensait que ces probabilités de survie seraient meilleures là-bas, mais il était préoccupé par le fait qu’il devait terminer l’école secondaire avant d’intégrer l’armée pour accomplir son “devoir”. Il dit « J’espère seulement que je pourrai tenir jusqu’à la guerre ».


Quel sorte de système scolaire offre à des garçons et des filles de telles “alternatives”

Quelle sorte de pays ?

Que se passe-t-il dans les écoles de votre ville ? N’est-il pas temps de s’en enquérir ?

 

 


La collaboratrice régulière de TomDispatch Ann Jones est l’auteure du nouveau livre They Were Soldiers: How the Wounded Return from America’s Wars -- the Untold Story, un projet de Dispatch Books en coopération avec Haymarket Books. Jones qui informe depuis l’Afghanistan depuis 2002, elle est également auteure du livre sur l’impact de la guerre civile : Kabul in Winter y War Is Not Over When It’s Over. Son site Web est annjonesonline.com.

Copyright 2013 Ann Jones

© 2013 TomDispatch. All rights reserved.


Traduction Anne Wolff

Source en anglais

http://www.tomdispatch.com/post/175784/tomgram%3A_ann_jones%2C_suffer_the_children/#more

 Source en espagnol : Rebelion. Los niños soldados de EE.UU.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 09:58

 

Petit à petit se réduisent sur les mappemondes, les zones de non-guerre, de non-conflits, de non-insurrection et aussi le nombre des pays qui, à un titre ou un autre sont impliqués dans une guerre, une répression violente d’insurrection populaire sur leur territoire ou ailleurs, parfois au bout du monde dans un conflit qui ne les concernent pas et auxquels ils participent à titre d’allié ou de vassal des puissances belliqueuses.

Ceux qui suivent ce blog savent à présent que l’Amérique Latine est impliquée dans une guerre permanente et polymorphe qui voit chaque jour s’allonger le nombre des victimes. Ils auront compris aussi que le pouvoir international réel de contrainte des états et des habitants s’est déplacé depuis l’ONU - qui n’est plus qu’une sorte d’arbitre partial qui énonce des sentences prononcées par d’autres - vers les instances internationale de gestion du commerce mondial comme l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale, les conflits entre états et Entreprises Transnationales étant gérés par le pouvoir coercitif du Centre International de Règlement des Différents Relatifs aux Investissement (CIADI).

Peu à peu, il est apparut toujours plus clairement que les guerres déclarées partout dans le monde au nom des « intérêts et de la sécurité des États-Unis » gendarmes et dirigeants auto-proclamés du monde, ne le sont ni au nom de la sécurité, ni au nom du bien être des habitants de ce pays pour qui elles impliquent également une misère croissante et des politiques de contrôle et répressions toujours plus négatrices de droits humains qui leur sont également appliqués dans le pays qui compte, de loin, le plus grand nombre de prisonniers au monde et quelques centaine de milliers d’enfants-soldats.

Peu à peu nous avons vu émerger un nouvel ordre mondial marchand, concrètement, pénétrant toujours plus profondément jusque dans les sphères les plus intimes de nos quotidiens et visant à régir, au-delà de nos comportements, nos manières de penser. Peu à peu, l’implantation mondiale de quelques corporations soutenues par les « lois internationales du commerce » et le principe lui-même pervers de « concurrence libre et non faussée » n’ont plus laissé place au doute, le but est bien la marchandisation du monde de telle manière que jusqu’au dernier brin d’herbe oisif de la planète soit lui aussi mis à profit, marchandise, dont les bénéfices sont appropriés par les propriétaires des quelques méga-corporations qui se partagent Le Marché, et dans un processus d'accumulation de capital par expropriation deviennent de véritables Propriétaires de Planète (et de ses habitants).

Peu à peu aussi nous avons pu constater que les progrès de la mécanique et de la robotisation, rendant l’humain toujours plus inutile dans des circuits de productions automatisés, l’humain non producteur de profit a été déclaré inutile, à charge, néfaste pour la communauté. Et petit à petit nous nous sommes habitués à ce qu’il soit normal que chaque jour des personnes meurent de guerre, de faim, de soif, de désespoir pour la simple raison qu’il ne cadrent pas avec le programme de Grand Marché Unique devenu synonyme de « Planète Terre ».

Pourtant tout cela n’est pas inéluctable, c’est le résultat d’un choix de modèle de monde, de projet de monde, parmi beaucoup d’autres possibles, choix qui a été opéré par quelques-uns, en leur propre nom et dans l’indifférence totale aux (et parfois des) autres, les peuples de la Terre qui pour eux ne comptent pas, n’ont aucun droit ni à la parole, ni au choix de leurs destins. Il est temps que nous cessions d’être seulement acteurs dans une pièce que nous ne comprenant pas très bien le sens, pour redevenir collectivement co-auteurs du scénario du devenir du monde et mettions fin une fois pour toute à ce scénario de guerre totale et diffuse qui sert les intérêts des 1/100 000 pour imaginer d'autres possibles dans un monde qui contient plusieurs monde, monde dans lequel la diversité est une richesse et le bien vivre une raison d'être.

Pour cela, la première et la plus urgente des actions à mener consiste à se réapproprier et redéfinir la notion de RICHESSE.

Par exemple :Qu'est-ce qui est le plus important, la vie d'un enfant ou notre pouvoir d'acheter les poisons et gadgets que nous offre le Supermarché ? Les deux font partie de la même équation (Ressources disposnibles définies en fonction des modes de vie et du nombre d'habitants) et sont inversément proportionnels.

La conséquence du "Pouvoir d'achat" de nos consciences est cette agressivité destructrice :

 

Conférence de Munich sur la sécurité : L’Allemagne et les États-Unis poussent à des politiques agressives

Cette fin de semaine, 400 politiciens et militaires de haut niveau, ainsi que des représentants d’entreprises du secteur militaire, des banques et d’autres grands groupes se sont rassemblés à la Conférence de Munich sur la sécurité (CMS) pour discuter de la situation militaire et sécuritaire mondiale. John Kerry et Chuck Hagel y étaient tous deux présents et c’est la première fois que les ministres américains de la Défense et des Affaires étrangères participaient conjointement à cette conférence.

Durant la CMS il y a eu plusieurs discours de hauts responsables allemands qui ont annoncé une politique militaire agressive, revenant de fait sur les limitations traditionnelles imposées au militarisme allemand après la fin du régime nazi et de la Deuxième Guerre mondiale. Le ton belligérant de la conférence a été donné par l’ex-pasteur né en Allemagne de l’Est et actuel président de l’Allemagne, Joachim Gauck.

Déclarant que l’Allemagne doit cesser de se servir de son passé, c’est à dire son rôle dans le déclenchement de deux guerres mondiales au 20e siècle, comme d’un « bouclier, » Gauck a demandé que les forces armées du pays soient utilisées plus fréquemment et de manière plus décisive. « L’Allemagne ne peut pas continuer comme avant, » a argumenté Gauck. Il a dit qu’il était nécessaire de dépasser l’indifférence allemande et le nombrilisme européen, face aux nouvelles menaces « rapides » et « dramatiques » qui pèsent sur « l’ordre mondial ouvert. »

C’est le signe que l’impérialisme allemand entend intervenir, militairement si nécessaire, dans les grands conflits du monde, c’est à dire les guerres du Moyen-Orient, notamment la guerre par procuration des États-Unis en Syrie ; le conflit de Berlin avec Moscou pour l’Ukraine ; et l’Asie orientale, où les États-Unis mènent un « pivot vers l’Asie » contre la Chine.

Gauck a clairement fait comprendre que les intérêts de l’impérialisme allemand s’étendent sur le monde entier et a soulevé un certain nombre de questions : « Faisons-nous ce que nous pouvons pour stabiliser nos voisins, à l’Est comme en Afrique ? Faisons-nous ce que nous devons pour contrer la menace terroriste ? Et, dans les cas où nous avons trouvé des raisons convaincantes de rejoindre nos alliés pour mener des actions militaires, sommes-nous déterminés à prendre notre part de risques ? »

« Quand le dernier recours, à savoir envoyer la Bundeswehr [l'armée], vient à être discuté, l’Allemagne ne devrait pas dire non par principe, » a-t-il conclu.

L’appel mondial aux armes de Gauck a été réitéré à la conférence dans les contributions séparées de la nouvelle ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen (Union chrétienne-démocrate), et du ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (Parti social-démocrate).

Von der Leyen a dit : « Cet auditoire n’a pas à regarder le programme de cette conférence pour prendre conscience des crises actuelles et des conflits auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui : la guerre tragique en Syrie, la situation sinistre en Libye, la situation qui se dégrade dans certaines parties de notre continent voisin, l’Afrique… On ne peut pas rester assis à ne rien faire. Si nous avons des moyens, nous avons des capacités, nous avons l’obligation et nous avons la responsabilité de nous engager. »

Steinmeier a demandé à l’Allemagne d’être « prête à s’engager sur les questions de politique étrangère et de sécurité plus rapidement, plus décisivement, et plus fortement. » Il a appelé à l’élaboration d’une politique de sécurité commune pour l’Europe en collaboration étroite avec les États-Unis, et demandé également des négociations avec la Russie pour protéger les intérêts occidentaux en Ukraine et en Iran.

Steinmeier fut l’un des premiers à accueillir Kerry à sa descente d’avion en Allemagne pour la conférence, les deux hommes ont insisté sur leur relations étroite et amicale.

Le principal opposant, auquel s’adressent tous ces partisans d’un nouveau rôle pour le militarisme allemand, est la population allemande. Un sondage récent du « Morgenmagazin » de la chaîne ARD concluait que 61 pour cent de la population sont opposés à une intervention plus forte de l’armée allemande en Afrique. Un autre sondage publié vendredi dernier révélait que 45 pour cent pensent que la Bundeswehr en fait déjà « trop » à l’étranger.

Des divisions sérieuses ont émergé à la conférence sur l’Ukraine, où l’Allemagne et les États-Unis ont pris les devants pour soutenir des manifestations de l’opposition pro-Union européenne, qui est politiquement dirigée par des éléments d’extrême-droite, dont le parti fasciste Svoboda(liberté). Les responsables russes et ukrainiens ont critiqué la politique occidentale.

Tandis que le ministre ukrainien des Affaires étrangères Leonid Kozhara se plaignait que l’opposition n’était pas de bonne foi dans ses négociations avec le régime ukrainien, le dirigeant de l’opposition ukrainienne Vitali Klitschko accusait le régime d’utiliser la « terreur et la violence » contre ses partisans.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a également critiqué les prétentions des États-Unis et de l’UE à promouvoir la démocratie en soutenant l’opposition. « Qu’est-ce que l’incitation à des manifestations violentes dans les rues a à voir avec la promotion de la démocratie ? Pourquoi est-ce que l’on n’entend pas de condamnation de ceux qui s’emparent des bâtiments du gouvernement et attaquent la police, qui utilisent des slogans racistes, antisémites et nazis ? »

Les responsables occidentaux ont abruptement écarté ces commentaires. Kerry a affirmé que la lutte pour un avenir européen démocratique n’était nulle part plus apparente qu’en Ukraine. Dans ses remarques sur l’Ukraine, Kerry a rejeté le rôle important joué par les voyous néo-fascistes dans les manifestations récentes de Kiev, voyous qu’il a qualifiés d’ « éléments déplaisants » que l’on trouve « dans les rues dans toutes les situations chaotiques. »

Le discours de Kerry à la conférence était parsemé de distorsions et de dérobades. À un moment, il s’est vanté de l’accumulation des richesses en Amérique, affirmant qu’en s’appuyant sur les principes « du marché », « dans les années 1990 […] chacune de nos cinq tranches de revenus a vu ses revenus augmenter […] Nous avons créé la plus grande richesse que le monde ait vue durant les années 1990, plus grande encore en Amérique qu’à l’époque des Pierpont, des Morgan, et des Rockfeller, Carnegie, Mellon, bien plus grande. »

À un autre moment de son discours, Kerry a justifié les activités d’espionnage de la National Security Agency, qui ont rencontré des critiques massives à l’étranger, en particulier parmi de larges couches de la population allemande. Déclarant que la démocratie en Amérique a « toujours été un travail en cours, » Kerry a défendu l’extension de la surveillance mondiale par la NSA sous le gouvernement Obama et a applaudi le récent plan du gouvernement pour une « révision de nos pratiques en matière de renseignement sur les communications. »

Ignorant la croissance énorme de l’inégalité sociale en Amérique et les attaques contre les droits démocratiques menées par son propre gouvernement, Kerry a annoncé : « Nous avons détecté une tendance troublante. Dans plusieurs endroits d’Europe de l’Est et des Balkans, les aspirations des citoyens sont écrasés par des intérêts oligarchiques corrompus, des intérêts qui utilisent l’argent pour étouffer l’opposition et le mécontentement politiques, pour acheter des politiciens et des médias. »

L’hypocrisie des remarques de Kerry est stupéfiante. Les modèles suivis par les oligarques en Europe de l’Est se trouvent à Wall Street, ce sont les milliardaires de la finance et ceux qui démembrent les actifs des entreprises qu’ils rachètent. Au cours des 25 dernières années, les oligarques en Russie, en Ukraine et ailleurs ont fait leur fortune grâce à ces mêmes principes « du marché » que Kerry a défendus dans son discours.

Dans ses remarques, Kerry a surtout demandé que la Russie accepte de permettre à l’Ukraine d’être incorporée dans la sphère d’influence de l’impérialisme allemand, sous la supervision de l’Union européenne soutenue par les États-Unis.

A la conférence, le ministre américain de la Défense, Hagel, a souligné que « les défis pressants sur la sécurité, lancés contre l’Europe et les États-Unis sont mondiaux, » y compris « l’instabilité politique et l’extrémisme violent du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, des acteurs non-gouvernementaux dangereux, des Etats-voyous comme la Corée du Nord, de la guerre électronique, des changements démographiques, de la disparité économique, de la pauvreté, et de la faim. »

Hagel a conclu en défendant le « tournant pacifique » du gouvernement Obama, identifiant la Chine et la Russie comme les principales menaces pesant sur l’alliance transatlantique. Il a déclaré que « pendant que nous réagissons à ces menaces, les nations comme la Chine et la Russie modernisent rapidement leur armée et les industries de défense mondiale, ce qui remet en question notre avantage technologique dans les partenariats de défense sur toute la planète. »

Dans la discussion qui a fait suite à leurs déclaration, Kerry et Hagel ont tous deux rejeté les affirmations selon lesquelles l’Amérique se retirait de l’arène mondiale et ont déclaré leur intention de s’en prendre agressivement à la Syrie et à l’Iran.

Répondant à la question d’un journaliste, Hagel a déclaré : « Je n’ai jamais vu d’ inventaire exhaustif reprenant exactement ce que nous faisons partout, mais je me risquerai à dire que les États-Unis sont plus présents et en font plus aujourd’hui et dans davantage d’endroits que peut-être jamais auparavant. »

 Stefan Steinberg

Article original, WSWS, paru le 3 février 2014

Source
Conférence de Munich sur la sécurité : L’Allemagne et les États-Unis poussent à des politiques agressives | Mondialisation

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 22:44

 

Cet article fait suite à ceux du même auteur

Les opération spéciales "us" mènent guerre secrète dans 120 pays

La nouvelle doctrine d’obama : un plan en 6 points pour une guerre globale. 

 

et se voit parfaitement complété par l'analyse de Rina Bertaccini

Militarisation impérialiste : nouveaux masques pour de vieux projets

qui nous décrit JV 2020, plan global du Pentagone pour 2020, dans lequel s'inscrit SOCOM 2020

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La croissance des Opérations Spéciales

 

Nick Turse 

TomDispatch.com

Ils agissent dans la splendeur verte de la vision nocturne dans le Sud-ouest Asiatique et guettent dans les jungles d’Amérique du Sud. Arrachent[i] des hommes de leur foyer au Maghreb et tirent[ii] contre des militants fortement armés dans la Corne de l’Afrique. Ils sentent l’écume salée quand ils volent au ras des vagues dans le turquoise des Caraïbe et le bleu intense du Pacifique ; Ils mènent à bien des missions dans la chaleur étouffante des déserts du Moyen Orient et dans la Scandinavie glaciale[iii]. L’administration Obama a entrepris une guerre secrète sur toute la planète[iv] dont l’amplitude n’a jusqu’ici jamais été complétement révélée.

A partir du 11 septembre 2001, les Forces d’Opérations Spéciales des USA ont grandi de façon inimaginable tant en effectifs qu’en budget. Le plus révélateur a été, cependant l’augmentation des déploiements des opérations spéciales au niveau global. Cette présence – en ce moment dans presque 70% des nations du monde – fournit de nouvelles preuves de la taille et de l’étendue d’une guerre secrète qui se livre depuis l’Amérique Latine jusqu’aux terres les plus reculées d’Afghanistan, des missions d’entraînement avec leurs alliés Africains jusqu’aux opérations d’espionnage lancées dans le cyberespace.

Comme on l’a constaté, dans les derniers jours de la présidence Bush, les forces d’Opérations Spéciales se déployaient[v] dans 60 pays au total dans le monde. En 2010, ce chiffre s'élevait à 75, selon[vi] Karen DeYoung et Greg Jaffe du Washington Post. En 2011, le porte-parole du Commandement des Opérations Spéciales (SOCOM pour son sigle en anglais), le colonel Tim Nye dit[vii] à TomDispatch que le chiffre total atteindrait 120. Actuellement, ce chiffre est encore plus élevé. En 2013, les forces d’élite des USA se sont déployées dans 134 pays de la planète, selon le commandant Matthew Robert Bockholt, des Relations Publiques de la SOCOM. 

Cette augmentation de 123% pendant les années Obama démontre comment, en plus des guerres conventionnelles et de la campagne d’avions sans pilote de la CIA[viii], de la diplomatie publique et de l’espionnage extensif électronique[ix], les USA se sont engagés dans une autre importante et croissante forme de projection de pouvoir au-delà de leurs frontières. En grande mesure, menée dans l’ombre par les troupes d’élite des USA, l’immense majorité de ses missions se déroule loin des regards indiscrets, de ceux scrutateurs des medias et de quelque type de supervision externe, augmentant le possibilité de représailles imprévues et de conséquences catastrophiques.

 

Une industrie en expansion  

Créé formellement en 1987, le Commandement des Opérations Spéciales a grandi rapidement dans l’étape postérieure au 11/S. Nous avons été informés que le SOCOM est en voie d’atteindre 72 000 effectifs en 2014, depuis les 33 000 qu’ils étaient en 2001. Le financement pour le monde a lui aussi augmenté en proportions géométriques au point que le budget de référence pour 2001, 2 300 millions de dollars, atteignait 6 900 millions en 2013 (10 400 millions de dollars si on ajoute le financement supplémentaire). Les déploiements d’effectifs à l’étranger ont explosé eux aussi passant de 4 900 hommes par an en 2011 à 11 500 en 2013.

Lors d’une récente enquête[x], TomDispatch, en consultant des documents du gouvernement d’accès libre et des communiqués de presse, ainsi que des informations de presse, a trouvé les preuves que les forces d’Opérations Spéciales des USA se sont déployées ou se sont impliquées avec des armées de 106 nations du monde entier en 2012-2O13. 

De plus, pendant la période de plus d’un mois qu’a duré la préparation de cet article[xi] le SOCOM nous a communiqué des statistiques exactes concernant le nombre total de pays dans lesquels ils avaient déployés des effectifs spéciaux : Bérets Verts et Rangers, SEAL de la Marine ou commandos de la Force Delta. « Nous ne les avons pas sous la main », explique Bockholt de SOCOM, dans une entrevue téléphonique alors que l’article était presque terminé. « Nous devons chercher parmi beaucoup d’autres choses. Et cela demande beaucoup de temps » Quelques heures plus tard, juste avant la publication, il répondait à une question qui lui avait été faite en novembre de l’année précédente. « Les Forces d’Opérations Spéciales se sont déployées dans 134 pays », pendant l’année fiscale de 2013, explique Bockholt dans un email.

Opérations Spéciales Globalisées.

L’année passée, le chef du Commandement des Opérations Spéciales, l’Amiral William McRaven a expliqué sa vision concernant la globalisation des opérations spéciales. Dans une déclaration devant le Comité des Services Armés du Congrès, il dit : 

“USSOCOM est en train d’améliorer son réseau global de Forces d’Opérations Spéciales afin d’appuyer nos relations interinstitutionnelles et nos associés internationaux de façon à pouvoir disposer d’une vaste connaissance des menaces et opportunités émergentes. Le réseau rend possible une présence limitée et persistante en des lieux cruciaux et facilite les possibilités d’actuation où c’est nécessaire ou opportun ». 

Bien que cette “présence” puisse être limitée, l’étendue et l’influence de ces forces d’Opérations Spéciales est une autre question. Le saut de 12% dans les déploiements – de 120 à 134 – durant le mandat de McRaven reflète son désir de mettre ses bottes sur le terrain de la planète entière. Le SOCOM ne cite pas les nations concernées, alléguant la sensibilité des nations hôtesses et la sécurité des effectifs étasuniens, mais les déploiements que nous connaissons jettent au moins un peu de lumière sur l’étendue totale des missions que l’armée secrète des USA mène dans le monde. 

Par exemple, en avril passé et en mai, le personnel des Opérations Spéciales prit part à des exercices d’entraînements à Djibouti, Malawi et dans les Iles Seychelles, dans l’Océan Indien. En juin, les SEAL de la Marine étasunienne se joignirent aux forces irakiennes, jordaniennes, libanaises et autres alliés du Moyen Orient pour réaliser des simulations guerrières asymétriques à Aqaba, Jordanie.

Le mois suivant, les Bérets Vert se rendirent à Trinidad et Tobago pour mettre en marche des petites unités d’armées tactiques avec les forces locales. En Août, les Bérets Verts ont entraînés les marins du Honduras[xii] en techniques d’explosif. En septembre, selon les nouvelles de la presse[xiii] les forces d’Opérations Spéciales des USA se joignirent aux troupes d’élites des 10 pays membres de l’Association des Nations du Sud-Est Asiatique – Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Vietnam, Laos, Myanmar (Birmanie) et Cambodge ainsi qu’avec leurs homologues d’Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Corée du Sud, Chine, Inde et Russie pour pratiquer des exercices antiterroristes, financés conjointement, qui se sont déroulés dans un centre d’entraînement à Sentul,  à l’Ouest de Java.

En octobre, les troupes d’élites des USA ont mené des incursions[xiv] avec des commandos en Lybie et Somalie, séquestrant[xv] un suspect de terrorisme dans la première nation citée alors que les SEAL tuaient au moins un militant dans la seconde avant que la réaction armée ne les expulse[xvi].

En novembre, les troupes d’Opérations Spéciales menèrent à bien des opérations humanitaires aux Philippines pour aider les survivants du typhon Hayan. Le mois suivant, des membres du 352° Groupe d’Opérations Spéciales réalisèrent [xvii] un exercice d’entraînement auquel participèrent 130 pilotes et 6 avions dans une base aérienne en Angleterre, et plusieurs SEAL de la Marine furent blessés alors qu’ils participaient[xviii] à une mission d’évacuation au Soudan du Sud. Les Bérets Verts ont entamé le 1er janvier de cette année une mission de combat conjointe avec des troupes d’élite Afghanes dans le village de Balhozi, province de Kandahar.

Pourtant, ce déploiement dans 134 pays ne paraît pas suffire pour le SOCOM. En novembre 2013, le commandement annonça qu’il cherchait à ’identifier des associés industriels qui pourraient, dans le cadre de l’Initiative du Web Transrégional du SOCOM, « développer potentiellement de nouveaux sites sur Internet adaptés à des publics étrangers ». Cela s’adjoindrait à un réseau global de dix sites, déjà existant sur Internet, dédiés à la propagande dirigée par différents commandements combattants et configurés pour ressembler à des organes de presse légitimes incluant CentralAsiaOnline.com, Sabahi, qui cible  la Corne de l’Afrique, un effort dirigé vers le Moyen Orient connu comme Al-Shorfa-com ainsi qu’un un autre pour l’Amérique Latine qui a reçu le nom de Infosurhoy.com

L’essor du SOCOM dans le cyberespace se reflète dans l’effort concerté du commandement pour être toujours plus profondément « dans le circuit ». « J’ai des correspondants dans toutes les agences ici à Washington DC, depuis la CIA, le FBI, à l’Agence de Sécurité Nationale, à l’Agence Géo-spatiale Nationale, à l’« Agence  de Renseignement de la Défense », dit l’amiral en chef du SOCOM McRaven pendant une table ronde dans le Centre Wilson de Washington, l’année passée. Quand il s’exprima, à la Bibliothèque Ronald Reagan, en novembre, il signala que le nombre de départements et agences dans lesquels le SOCOM à un ancrage[xix] est de 38.

134 possibilités de représailles.

Bien qu’élu en 2008 par nombre de ceux qui voyaient en lui un candidat anti-guerre[xx], le Président Obama, a démontré qu’il était un commandant en chef résolument belliciste, dont les politiques ont produit de notables exemples de ce que dans le jargon de la CIA on appelle depuis longtemps déjà « retour de flamme » (Blowback)[xxi]. Quoique l’administration Obama ait supervisé le retrait des troupes d’Iraq (négocié[xxii] par son prédécesseur), ainsi qu’une réduction[xxiii] des troupes étasuniennes en Afghanistan (après une importante augmentation de présence militaire[xxiv] dans ce pays), le président a pris la tête d’une augmentation de la présence militaire étasunienne en Afrique[xxv], une redynamisation[xxvi] des efforts[xxvii] en Amérique Latine et a prononcé un discours musclé sur un rééquilibrage, ou pivot en Asie[xxviii] (quoique jusqu’ici peu ait été fait  en ce sens)

 
La Maison Blanche a également supervisé une croissance exponentielle de la guerre des drones des USA. Alors que le président Bush avait lancé 51 attaques de ce type, le président Obama en a ordonné environ 330[xxix], selon une enquête réalisée par le Bureau de Journalisme d’Investigation qui a son siège à Londres. Rien que l’année passée, on en dénombre en Afghanistan, Lybie[xxx], au Pakistan[xxxi], en Somalie[xxxii], et au Yémen[xxxiii]. Les récentes révélations d’Edward Snowden[xxxiv] concernant l’Agence Nationale de Sécurité ont démontré la terrible amplitude et la portée mondiale de la surveillance électronique étasunienne pendant les années Obama. Et au plus profond de l’ombre, les forces d’Opérations Spéciales sont à présent annuellement déployées dans plus du double de nations qu’à la fin du mandat de Bush.

Cependant, au cours des dernières années, les conséquences imprévues des opérations militaires des USA ont aidé à semer le mécontentement et l’indignation, incendiant des régions entières. Plus de 10 ans après le moment « mission accomplie »[xxxv] des USA, sept ans après s’être targué de l’augmentation[xxxvi] des troupes déployées, l’Iraq que les USA abandonnent est en flammes[xxxvii]. Un pays dans lequel il n’y avait aucune présence d’Al Qaeda avant l’invasion étasunienne[xxxviii] et dont le gouvernement s’était opposé[xxxix] aux ennemis des USA à Téhéran, voit à présent son gouvernement central aligné[xl] sur l’Iran et deux de ses villes[xli] battant pavillon d’Al Qaeda.  

Une intervention des USA plus récente, pour précipiter le renversement du dictateur libyen Mouammar Kadhafi aida à pousser le Mali voisin, rempart soutenu par les USA contre le terrorisme régional, jusqu’à une spirale descendante, lorsqu’un officier entraîné par les USA effectua un coup d’état qui finalement produit une sanglante attaque terroriste contre une usine de gaz algérienne, déchaînant une espèce de diaspora de terreur[xlii] dans la région.

 En ce moment, le Soudan du Sud – une nation qui naquit couvée par les USA, qui l’appuient économiquement[xliii] et militairement[xliv] (malgré qu’elle utilise des enfants soldats[xlv]) et qui a été utilisée comme base secrète[xlvi] des Opérations Spéciales s’est vue ‘déchirée par la violence et glisse vers la guerre civile[xlvii].

La Présidence d’Obama a vu les forces tactiques d’élite de l’armée étasunienne de plus en plus utilisées pour atteindre des objectifs stratégiques. Mais avec les missions des forces d’Opérations Spéciales maintenues sous strict secret, les étasuniens ‘n’ont qu’une faible connaissance d’où sont déployées leurs troupes, de ce qu’elles font exactement et des conséquences que cela pourrait entraîner.
Comme le Colonel retraité Andrew Bacevish, professeur d’histoire et de relations internationales à l’Université de Boston, a signalé : l’utilisation de forces d’Opérations Spéciales pendant les années Obama a entraîné une diminution de la responsabilité militaire, a renforcé une “présidence impériale” et a préparé le terrain pour une guerre sans fin. « En résumé », écrivit-il à TomDispatch[xlviii] « remettre la guerre aux mains d’effectifs spéciaux rompt le fil ténu entre guerre et politique, la guerre s’est convertie en guerre pour la guerre ».
Les opérations secrètes, menées par des forces secrètes ont une désagréable tendance à produire des conséquences non désirées, imprévues et complétement désastreuses. Les new-yorkais se souviennent[xlix] bien du résultat final[l] de l’appui clandestin[li][lii] des USA aux militants islamiques, contre l’Union Soviétique en Afghanistan pendant la décennie des 80 : le 11/S. Mais pour étrange que cela paraisse, ceux qui ce jour-là se trouvaient au lieu de la principale attaque, le Pentagone[liii], ne paraissent pas avoir tiré une claire leçon de ce retour de flamme mortel. Jusqu’ici, en Afghanistan et au Pakistan, plus de 12 ans après que les USA ont envahi le premier et près de 10 ans[liv] après qu’ils aient entrepris des attaques secrètes[lv] dans le second, les USA sont toujours aux prises avec les effets collatéraux de la Guerre Froide : par exemple quand les drones de la CIA, lancent des attaques avec des missiles[lvi] contre une organisation (le réseau Haqqani[lvii]) à laquelle dans les années 80, l’Agence fournissait des missiles.[lviii]

Sans une idée claire d’où agissent actuellement les forces clandestines de l’armée et de ce qu’elles y font, les étasuniens ne peuvent  anticiper les conséquences et les représailles de nos guerres secrète en expansion alors qu’elles submergent le monde. Mais si l‘histoire nous apprend quelque chose, ces conséquences vont se faire sentir depuis le Sud-Ouest asiatique jusqu’au Maghreb, depuis le Moyen-Orient jusqu’à l’Afrique Centrale et à la fin, il est possible qu’elles se fassent aussi sentir aussi aux USA.

Dans son plan d’action pour le futur, el SOCOM 2020, l’amiral McRaven a essayé de vendre la globalisation des opérations spéciale des USA comme un « moyen de projeter du pouvoir, promouvoir la stabilité et empêcher les conflits » Il est possible que l’année passée le SOCOM se soit dédié à faire tout le contraire dans 134 lieux.


 

Traducido del inglés para Rebelión por Sinfo Fernández

Traduit de l’espagnol par Anne Wolff depuis

http://www.contrainjerencia.com/index.php/?p=81996

 

Nick Turse est Rédacteur en chef de Tomdispatch.com et enquêteur pour The Nation Institute. Il est auteur de The Complex: How the Military Invades Our Everyday Lives  et d’une histoire des crimes de guerre des USA au Vietnam Kill Anything That Moves: The Real American War in Vietnam  (les deux livres publiés chez Metropolitant).

 

 

 



[xxiii] http://www.washingtonpost.com/world/national-security/in-afghanistan-drawdown-us-forced-to-take-costly-option-in-transporting-military-gear-out/2013/09/12/6a5e260a-1bde-11e3-b4fb-944b778463f5_story.htmlhttp:/www.washingtonpost.com/world/national-security/

[xli]http://www.pbs.org/newshour/bb/world/jan-june14/newswrap_01-07.html

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 13:48

 

Ukraine : Les premiers morts sont tombés

 

Flag_of_Ukraine

Comme c’était prévisible, la mobilisation (et tentative de coup d’état) “pro-européenne” encouragée par l’UE et les EU débouche sur des violences meurtrières. Après deux mois de tolérance et d’impuissance du pouvoir, celui-ci s’est enfin décidé à des mesures répressives et à passer à l’action. Quelque huit mille membres des forces de l’ordre seraient mobilisés pour “nettoyer” Maïdan et le centre de Kiev occupés depuis deux mois par les manifestants réclament le départ du président, du gouvernement et du parlement. Des coups de feu ont été tirés, on ne sait par qui.

Trois morts ? Deux par balles ? L’émotion est grande et la colère des manifestants, voire de la population de Kiev, grandit à l’égard du pouvoir.

Le gouvernement affirme que les policiers n’avaient pas d’armes à feu. Il peut s’agit d’une provocation quelconque. Les commandos de SVOBODA sont également à pied d’oeuvre et leur chef Oleh Tiahnibok a déclaré que “le pouvoir populaire” devait s’installer. Le gouvernement a cependant autorisé l’usage de canons à eau et de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, et de petits blindés de type BTR auraient pour tâche de détruire les barricades érigées ça et là.

La Mairie est toujours occupée par SVOBODA qui en a fait son état-major insurrectionnel. Le parti néofasciste sera-t-il délogé ? On le sait prêt à combattre, ses milices paramilitaires seraient arrivées à Kiev. On sait qu’elles disposent d’armes et cultivent l’esprit d’une guerre civile.

L’ambassade des Etats-Unis, en étroite liaison avec les manifestants, a commencé la politique de sanctions: refus de visas…

Le président Ianoukovitch a lancé un nouvel appel à la négociation. Il accepte de rencontrer les leaders de l’opposition ce mercredi 22 après-midi, ce qui est une première, à la fois de sa part et de celle des opposants qui exigent son départ, reste à voir s’ils accepteront d’en revenir à des exigences moins radicales, bref de “négocier” et non de lancer des ultimatums. Et si le président acceptera de faire de sérieuses concessions, même s’il elles devaient entamer sa propre “légalité”.

Intéressant, les dernières nouvelles reçues via Yahoo.

http://fr.news.yahoo.com/nouveaux-heurts-à-kiev-les-manifestants-annoncent-un-073630662.html

Les journalistes n’ont pas remarqué le symbole peint en noir sur le mur à droite sur la photo.

C’est l’ancien semblant de swastika du parti national-sovialiste devenu SVOBODA, et toujours actuel emblème d’autres groupes néonazis. Il est inspiré de l’insigne de Division SS Das Reich.

La menace de GUERRE CIVILE se précise. Et aussi d’éclatement du pays.

Le Parlement de Crimée (majorité russe) a déclaré que la Crimée ne vivrait pas dans un régime “bandériste” (partisan de Bandera, le chef historique des nationaux-fascistes de Galicie) Premier signe qu’en cas de coup d’état pro-occidental, la Crimée pourrait réclamer son rattachement à la Russie, dont elle faisait partie jusqu’en 1954, avant que Krouchtchev n’en fasse cadeau à l’Ukraine. La Russie n’hésiterait pas à “récupérer” ce territoire qui, en cas de basculement de l’Ukraine vers l’OTAN, deviendrait une base américaine.

Jean-Marie Chauvier

Source : Ukraine : Les premiers morts sont tombés | Mondialisation
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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 19:24

 

 

 

Les rebelles syriens préparent des kamikazes pour attaquer l’Europe et les USA
 
MOSCOU, 21 janvier - RIA Novosti

Les organisations islamistes radicales qui combattent le régime de Bachar al-Assad en Syrie préparent des kamikazes pour perpétrer des attentats en Union européenne et aux Etats-Unis, selon un déserteur de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) associé à Al-Qaïda", écrit mardi le quotidien Kommersant.

Le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls tire également la sonnette d'alarme. D'après lui les "combattants du jihad" européens qui s’entraînent en Syrie représentent la plus grave menace à la sécurité. Les craintes de Valls sont confirmées par le témoignage d’un déserteur de l'EIIL qui a pu être interviewé par un journaliste de la revue britannique The Telegraph en Turquie. Ce Syrien d'Alep qui se fait appeler Mourad a combattu pendant deux ans au sein de l'EIIL et a déserté quand les leaders du mouvement lui ont ordonné d'engager les combats contre d'autres troupes d'opposition.

Mourad affirme que, dans les rangs de l'EIIL, il était en contact permanent avec de jeunes moujahids ressortissants du Royaume-Uni, de la France, des USA et d'autres pays occidentaux. D'après le déserteur, tous ces gens haïssent la société occidentale et comptent organiser des attentats retentissants à leur retour.

"Les moujahids britanniques, français et américains étaient fiers des attentats du 11 septembre 2001 aux USA et des explosions à Londres en juillet 2007, explique Mourad. Ils aimaient parler des endroits où ils organiseront leurs attentats. Chacun parlait de la cible choisie. Un Américain évoquait par exemple la Maison blanche."

Les chefs de l'EIIL n'ont pas utilisé trop activement les « moujahids occidentaux » dans leurs affrontements contre les troupes gouvernementales, préférant les préparer pour de futurs attentats en Europe et aux Etats-Unis. Comme l’affirme Mourad, tous les combattants de l’organisation se sont parfaitement familiarisés avec les techniques permettant de piéger les voitures ou pour se faire exploser des ceintures d’explosifs sur le corps.

Selon les services de renseignement britanniques, près de 500 citoyens du pays combattent aujourd'hui dans les rangs de l'opposition syrienne – principalement des personnes originaires des pays musulmans, mais on retrouve également des Britanniques convertis à l'islam.

Richard Walton, chef du service antiterroriste de Scotland Yard, avertit que selon certaines informations les islamistes britanniques auraient reçu pour mission d'organiser des attentats au Royaume-Uni après leur retour de Syrie.

Les autorités françaises expriment les mêmes craintes. Manuel Valls estime que les "jihadistes européens" combattant en Syrie sont la plus grave menace de ces prochaines années. Au moins 700 Français combattent aujourd’hui aux côtés de l'opposition syrienne.

Les informations sur la détermination des "guerriers du jihad" européens permettent de voir sous un autre angle les récents communiqués sur les contacts secrets des services de renseignement avec le gouvernement syrien. Cette information, officiellement confirmée par les autorités syriennes, a indigné les leaders de l'opposition qui accusent l'Occident de "comploter avec le dictateur". Selon les experts, les pourparlers avec les représentants des structures de force syriennes portaient précisément sur la neutralisation des radicaux associés à Al-Qaïda qui préparent des attentats en Europe et aux Etats-Unis. Comparé à eux Bachar al-Assad est indéniablement un moindre mal. En tout cas, il ne prépare pas des kamikazes qui rêvent de faire exploser la Maison blanche à Washington ou l'abbaye de Westminster à Londres.

Source 

Les rebelles syriens préparent des kamikazes pour attaquer l’Europe et les USA | Presse russe | RIA Novosti

 

 

Kommersant

 

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 22:07

 

C'est en éliminant les meilleurs qu'ils ont permis qu'advienne ce monde du pire que nous affrontons aujourd'hui.

Anne Wolff

 

 

 
 

Le département d’État a publié un nouveau volume de son Histoire diplomatique, Foreign Relations of the United States (FRUS), Volume XXII, Congo, 1960-1968 (Affaires étrangères des États-Unis, Volume XXII, Congo, 1960-68), comprenant de nombreux documents sur ses opérations secrètes.

Washington reconnaît ainsi, 50 ans plus tard, son implication dans le renversement et l’assassinat de Patrice Lumumba. Cet ouvrage modifie profondément la vision de la crise donnée, en 1994, par Foreign Relations of the United States, 1961–1963, Volume XX, Congo Crisis qui éludait l’ensemble de l’action secrète.

 

 

Documents joints
 

 

 

Source : Le département d'État reconnaît son implication dans le renversement de Patrice Lumumba

 

Le tueur aux ordres

Il s'appelle Gérard Soete, il est belge, ex commissaire de police, il a dissout Lumumba dans l'acide et lors d'interviews, il exhibe fièrement la dent en or qu'il a conservée, ainsi qu'un doigt.

"J'ai découpé et dissout dans l'acide le corps de Lumumba. En pleine nuit africaine nous avons commencé par nous saouler pour nous donner du courage. On a écartelé les corps, le plus dur fut des les découper en morceaux à la tronçonnneuse, avant d'y verser de l'acide. Il n'en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l'Odeur ! Je me suis lavé 3 fois et je me sentais toujours sale comme un barbare."

(...)Selon l'auteur de but de l'élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la shère d'influence occidentale.

(...) L'ordre lui fut donné par le Ministre del'intérieur Katangais Godefroi Munongo

Mais dit-il "Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m'ont pas dit de ne rien faire."

Lire le tout ici : J'ai découpé et dissous dans l'acide le corps de Lumumba" - Le blog de Anne Wolff

 

Lumumba, l’heure du grand déballage. La publication de preuves de la culpabilité de la Belgique dans l’assassinat, en janvier 1961, de Patrice Lumumba, provoque une onde de choc dans le petit royaume européen. Le roi lui-même vient de décider de confier les archives du Palais.

Les documents inédits sur l’assassinat de Patrice Lumumba affluent à un rythme accéléré, en Belgique, depuis la parution en novembre 1999 du livre de Ludo de Witte. Ce sociologue a établi l’implication directe du gouvernement belge de l’époque dans les faits. Depuis, une commission d’enquête parlementaire a été créée à Bruxelles, déliant bien des langues parmi les survivants. Lundi encore, le roi Albert II a décidé de mettre à disposition des députés les archives dont disposait le Palais ; et ce, bien que le délai de secret de cinquante ans ne soit pas encore échu.

Lire la suite Lumumba : le grand déballage a commencé en Belgique - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

 

La Chronique de Neega Mass : L'Afrique toujours en deuil contre l'assassinat de Patrice Lumumba : 17 Janvier 1961 - 17 Janvier 2012
Thiesvision.com - Au moment de l'indépendance en 1960, Lumumba fut assassiné par un consortium Américano-Belge (CIA et services secrets Belges) avec le soutien français pour être remplacé par un dictateur « made in Occident » plus favorable aux intérêts occidentaux.


Des terroristes Américains, Français ont organisé l’assassinat de Patrice Emery Lumumba au katanga le 17 janvier 1961, avec la complicité de leurs nègres de service Moïse Tshombe, Godefroy Munongo. Il fut livré par le commandant en chef de l'armée de l’époque Joseph Desire Mobutu en complicité avec les services secrets Belges ainsi que la CIA.
Son corps fut dissout dans l’acide pour éviter que sa tombe devienne un lieu de pèlerinage pour ses partisans. De ce fait, ce grand héros national du Congo n’a malheureusement pas de tombeau gravé à sa mémoire.
L’un des drames les plus douloureux des indépendances, ce crime ignoble restera l'une des crimes les plus dégueulasses que retiendront les Africains.
Le criminel belge Gérard Soete qui a participé aux séances de torture et à l’exécution publique des prisonniers, se réjouit d’exhiber tel un macabre trophée, ce qu'il présente comme une dent arrachée au cadavre de Lumumba. Les États- Unis, la Belgique, la France, l’ONU, la classe politique congolaise y compris Joseph Kasavubu...portent une lourde responsabilité dans la planification et l'exécution de ce crime abominable.
Lumumba, qui a arraché l'indépendance mais qui n'est resté que deux mois et demi à la tête du Congo, est devenu un grand révolutionnaire, le héros national du peuple congolais,il restera le symbole tragique de la nouvelle Afrique.
Les panafricains dignes réserveront la date du 17 Janvier, un hommage à la mémoire de ce grand personnage.

Source : La Chronique de Neega Mass : L'Afrique toujours en deuil contre l'assassinat de Patrice Lumumba : 17 Janvier 1961 - 17 Janvier 2012

 

http://4.bp.blogspot.com/_U9VdNI6cmZI/SvdLHwibZyI/AAAAAAAABsM/n7Lo-wtMawI/s400/Image2.jpg

  L'oeuvre civilisatrice de l'Occident Chrétien

 

Lumumba discours de l'indépendance

 

 

lumumba-parlant

 

Congolais et Congolaises,

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,

Je vous salue au nom du gouvernement congolais.


A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

 

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte  qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

   
 



Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.


Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?

 

 

 


Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.

Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu’n Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ?

 

 

 

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.


Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l’Homme.

Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.

 

 

 

 

Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses,  mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis .

 


Ainsi, tant à  l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

 



Je demande à la minorité parlementaire d’aider mo n gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

 




Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.

J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

 

 


Hommage aux combattants de la liberté nationale !

Vive l’indépendance et l’Unité africaine !

Vive le Congo indépendant et souverain !

 

Patrice Lumumba

 

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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