31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 18:34

 

 

 

Poupée radioactive. Tchernobyl. Allégorie atomique

Poupée radioactive. Tchernobyl. Allégorie atomique

 

 

Les gros mensonges sont la règle dans la communication politique, volonté concertée de désinformation ou irresponsabilité de ceux qui se font les échos indéfinis de ces mensonges sans confronter les faits avec la réalité.

Atomisation est très certainement actuellement un maître mot. Il concerne tant l’exhibition de potentiel militaire en particulier nucléaire de différentes puissances, que les divisions idéologiques à toutes échelles, sur toute la planète, entre puissances comme entre voisins.

Alors bien sûr, la plupart souhaitent que l’atomisation radioactive n’ait pas lieu, mais dans un tel climat de tension surarmée, un petit événement local, pourrait tout aussi bien faire détonner cette puissance de feu potentiellement capable de détruire la planète.

 


Au Venezuela, les luttes populaires pour la défense de droits fondamentaux se multiplient.

Lutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survieLutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survieLutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survie

Lutte pour un salaire couvrant le panier de base des ménages, grève de la faim des travailleurs pétroliers qui attendent des arriérés de salaires ou personnel hospitalier qui exige les moyens de faire leur travail, etc, etc, etc... le peuple réclame chaque jour les moyens de la survie

pendant que les militaires défilent... Future chair à canon ?pendant que les militaires défilent... Future chair à canon ?

pendant que les militaires défilent... Future chair à canon ?

Encore une fois le Venezuela peut servir de référence pour exemplifier le phénomène de la polarisation. Mais si je regarde les résultats des dernières élections européennes et pour la Belgique, parlementaires et régionales, nous constatons une multiplications des partis qui se présentent et certains sont toujours plus atypiques, plus difficiles à catégoriser dans les traditionnelles gauches et droites. Le 21ème siècle est bien celui des hybrides, jusqu’au plus improbables et de la confusion qui en résulte.

Au Venezuela il y a un peu plus de 20 partis dits d’opposition qui se divisent en trois grandes tendances, alors que de l’autre côté on en retrouve aussi une vingtaine qui soutiennent ou non Maduro. Alors que le pays est enjeu d'un partage entre empires.

Trump. Une histoire de fou ?

Trump. Une histoire de fou ?

Mais comme on le verra par la suite, alors que les grands empires s’affrontent dans un partage du monde, Marché et zones d’influence, les USA montrent un visage du pouvoir toujours plus grimaçant, toujours plus fissuré, alors que des contradictions se multiplient entre Trump et ses proches conseillers. Les USA lancent des processus de menaces et agressions dont ils ne contrôlent pas le déroulement et réagissent dans l'improvisation.

Quand à la Chine, sa paix social interne repose sur la capacité du  gouvernement-parti de poursuivre la croissance économique, assurant la neutralisation des masses par un progrès constant de leur niveau (pas synonyme de qualité) de vie. Pour cela elle a grand besoin de ressources d’autres territoires, tant de terres agricoles que de ressources naturelles comme le pétrole. Un des buts des accords signés en septembre dernier par Maduro et Xi était de faire passer en un an la production de pétrole destinée à la Chine (en grande partie en remboursement de la dette) de 300 000 à 1 million de barils quotidiens. C’est un aspect qui n’est pas souvent évoqué, mais la stabilité intérieure de la Chine dépend en partie du pétrole et autres ressources extérieures dont celles  du Venezuela représente une part importante. Alors que ce pays est sinon son principal, du moins avec les USA, un de ses principaux débiteurs, des prêts en garantie desquels sont mises en gage les ressources du pays. La Chine reste assez discrète en ce qui concerne sa position dans le conflit vénézuélien. Elle a fait savoir auparavant que le régime lui importait peu du moment que le pays remplissait ses obligations et garantissait la sécurité de ses intérêts. D’autre part, comme la Russie, elle fait ami-ami avec l’Arabie Saoudite, s’apprête à prendre place sur le Marché Libyen en concertation avec les USA, dispose de sources de pétrole africain, etc. plus on avance, plus on découvre la complexité du problème, plus on se rend compte que sinon la guerre nucléaire, du moins une instabilité cause probable de pénuries menace le monde dans son ensemble (pour les privilégiés qui ne sont pas encore soumis à l’austérité). Et de mon point de vue, le risque de manquer de pétrole est de loin bien moins grave que celui de manquer d’eau potable, et blablabla l'ONU et ses programmes qui se transforment en pieux souhaits ou même en enfer pavé de « bonnes » intentions.

Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.
Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.

Suite à la panne généralisée d'électricité, le Venezuela est privé d'eau courante et souvent d'eau potable. Des approvisionnements douteux d'eau contaminée provoquent des intoxications.

Plus de 25 % de la planète est obligée de boire de l’eau insalubre, 60 % n’ont pas accès à un service de purification adéquat, et comme en matière d’éradication de la pauvreté, ONU et ONG associées, causent, cela produisent de somptueux rapports (que souvent personne ne lit) avec des prévisions rassurantes, alors que, en réalité, la situation ne cesse de s’aggraver. Mais 10 ans d'associatif au 21ème siècle m'ont appris que l'art de produire de beaux rapports pour récolter de substantiels subsides est bien plus important qu'obtenir des résultats concrets qui ne viennent jamais. Dans ce domaine, l'ONU ne fait pas exception.

En plus les crises du pétrole et du gaz qui résultent de l’affrontement de la transition géopolitique internationale pourraient amener des pénuries d’énergie en Europe qui sont une menace à prendre au sérieux.

Ajoutons le développement d’armes « micro-nucléaires » la nouvelle tendance de l’armement atomique, comme si les radiations pouvaient être géographiquement circonscrites. Sacré délire que tout cela, l’avenir devient toujours plus imprévisible, les ressources toujours plus limitées, et cela sera de pire en pire, si les parasites qui s’approprient la plus grande partie des ressources au détriment de l’immense majorité des habitants de la planète ne sont pas neutralisés, mis hors d’état de nuire. Mais cela ne suffit pas, l’heure est à l’écosophie, la recherche de sagesse dans nos manières d’habiter la planète, et c’est bien sûr une question d’équité et de coopération, d’intelligence collective à échelle mondiale, pour qu’enfin advienne l’humanité. Ce n’est pas gagné, mais puisque nul ne peut nous empêcher de rêver… et que les rêves sont des sources d’inspiration…

Je rêve au fil de l'onde

Je rêve au fil de l'onde

Et s’il est question d’inspiration, retour au Venezuela, qui a mis en échec jusqu’ici la nième tentative de coup d’état fomentée par les USA, un pays dont les habitants pourraient nous surprendre par leur capacité d’inventer des solutions inédites au double problème de la polarisation politique et de la multi-ingérence étrangère.

Une première tendance parmi la vingtaine de partis d'opposition reprend les partis qui soutiennent le dialogue avec le gouvernement de Maduro, ils sont près à envisager de nouvelles élections sous certaines conditions (légitimation de partis exclus par des subterfuges de l’actuel collège électoral, libération de prisonniers politiques, et révision complète du système électoral depuis ceux qui le dirigent, jusqu’aux machines en passant par le choix des observateurs nationaux et internationaux de ces nouveaux scrutins...). Ces partis semblent vouloir se diriger vers la formation de gouvernements de coalition qui intègrent les différents courants politiques du pays.

La seconde tendance, ce sont les purs et durs - ni dialogue ni élections, intervention (euphémiquement rebaptisée coopération) militaire des USA et alliés régionaux, c’est à cette tendance qu’appartenait Guaido à l’origine. Cette tendance à pignon sur rue à Miami, des contacts étroits avec le gouvernement US, et des moyens médiatiques qui lui permettent d’influencer « la communauté internationale ».

La troisième tendance serait favorable à des élections selon les modalités exigées par la première, mais ajoute une condition qui serait que Maduro ne puisse pas se présenter.

Comment qualifier l’autre côté (non opposition ?), difficile puisqu’on y retrouve les Maduristes, les chavistes qui ne reconnaissent pas Maduro, d’autres courants classiques de gauche comme des mouvements anarchistes qui ne soutiennent ni les premiers, ni les seconds, alors qu’une autre tendance est résolument communaliste, anticolonialiste et comme telle refuse d’intégrer à son programme politique les concepts occidentaux de gauche ou droite, de socialistes, capitalistes, etc. visant l’établissement de la souveraineté populaire qui se fonde dans la Commune, prenant pour modèle les communes indigènes.

Comme je l’ai déjà fait remarquer, on constate aussi des contradictions internes tant du chavisme de Chavez qui cherchait à concilier socialisme et commune, alors que la commune issue de la contingence se dénature quand elle doit se soumettre à la nécessité du socialisme sous prétexte que ce dernier serait une sorte d’eschatologie dans l’histoire de l’humanité, son devenir inéluctable et obligé.

Quand à Maduro, il complique encore l’histoire. Il a juré sur l’épée de Bolivar « Comuna o nada », il se prétend leader maximo du chavisme actuel, mais dit également qu’il adhère inconditionnellement au national-socialisme de Xi Jinping, dans tous ces concepts… Je ne vais pas développer ici, mais clairement Maduro met en place un système de crédit social à la chinoise qui favorise économiquement « les bons comportements » autrement dit la soumission totale à la ligne du Parti et des politiques de plus ou moins discrètes nettoyages sociaux, quand les forces de l’ordre tirent et tuent les gamins des quartiers pauvres et vérifient après si elles avaient vraiment de bonnes raisons de le faire. Aussi, 69 morts officiellement dans l’incendie d’une prison improvisée l’année passée à policarabobo, 29  lors d’une mutinerie en Aragua la semaine passée, ce sont ceux qui on fait le plus grand nombre de victimes, mais de tels événements dans lesquels meurent des prisonniers sont courant au Venezuela. Alors que des équipes du Parti sont chargées d’opérer un repérage des « ennemis historiques » dans chaque quartier, dans chaque rue, dans chaque foyer, comme sur les lieux de travail, ce qui aura des conséquences sur la possibilité d’accéder au bien-être en fonction du comportement conforme ou non de chacun. Par exemple...

 

Et pour compliquer le tout, de nouvelles plateformes se créent vers lesquelles convergent des courants de « reconstruction nationale » dont les membres, personnes ou parti sont issus des 2 côtés, ou ni-ni, ceux qui pensent que sortir le pays de la tragédie économique, il faut le faire sans ingérence et que toutes les bonnes volontés sont bienvenues pour mettre en pratique ce projet de reconstruction.


 

Guaido surf sur les vagues porteuses et caméléonne à qui mieux mieux.

Guaido surf sur les vagues porteuses et caméléonne à qui mieux mieux.

Quand à Guaido ses positions varient en fonctions des contingences, en ce qui concerne le dialogue gouvernement–opposition mené à Oslo, ses déclarations se contredisent, il n’y a pas participé, mais d’autre part il parle d’échec du en partie à la fermeté de ces représentants. A ses débuts il appelait ouvertement à l’intervention militaire étasunienne, mais devant l’échec de ses premières tentatives de provoquer un soulèvement civico-militaire, alors qu’il perdait toujours plus de crédibilité y compris auprès de ses maîtres US pas très chauds pour intervenir dans un pays qui n’aurait pas été livré auparavant au chaos d’une guerre civile, il a battu en retraite, il n’est pas question d’intervention US, mais si peut-être bien de coopération militaire, alors qu’est réactualisé un traité de soutien mutuel entre différents pays latino, qui lui permettrait d’appeler ses voisins pour chasser l’usurpateur, le dictateur Maduro.

Il y a deux jours il proclamait devant l'Assemblée Nationale que les pénuries menaçaient 7 millions de Vénézuéliens de mort, mais il continue à encourager les sanctions qui sont une cause principale de ces pénuries... comme il l'avait dit précédemment : "Pour nous les morts ne sont pas des coûts, ils sont  un investissement pour l'avenir"... le sien, celui de ses potes et les intérêts de ces maîtres étasuniens, bien sûr.  C'est un beau salaud derrière ses airs de Sainte Nitouche.

Parmi toutes ces tendances, celle qui me parle, c’est celle qui appelle au dialogue, non entre les partis ou les puissances concernée par l’enjeu Venezuela, mais bien entre voisins qui aimeraient bien habiter ce pays en paix, en travaillant ensemble au bien être de tous, on y retrouve aussi des notables de l’opposition ou d’ancien(ne)s ministres de Chavez et même de Maduro, mais aussi et surtout beaucoup de « petites gens » qui refusent de renoncer à cette promesse du Chavisme : que chacun puisse se considérer comme sujet politique, co-auteur et co-responsable du devenir du pays. Un sacré défi qui demande la participation de personnes sincères et honnêtes dans un pays où la corruption et autres prévarication, la violence en « bandes » organisées de toutes parts, gangrène l’ensemble du pays, dans toute l’étendue de son territoire, dans toutes les strates de la hiérarchie sociale toutes tendances confondues. Après, c’est difficile à rendre visible, mais l’observation quotidienne montre, malgré tout, une multiplication des appels et actions, une avancée en ce sens, une somme grandissante de petits faits de concorde anti-autoritaire, qui constituent les noyaux de nouveaux possibles .

 

Rien de plus semblable à un jeunes néonazi mexicain qu'un jeune néonazi malaisienRien de plus semblable à un jeunes néonazi mexicain qu'un jeune néonazi malaisien

Rien de plus semblable à un jeunes néonazi mexicain qu'un jeune néonazi malaisien

De jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocentDe jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocent
De jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocent

De jeunes chinois adoptent le nazichic pour leurs mariages, les thaïlandais dégustent du Hitler fried chiken, la mode du nazichic permet aux enfants de se familiariser avec la sympathique figure d'Hitler, dès le plus jeune âge... ce n'est pas innocent

J'apprends de l'expérience de ce peuple qui a prouvé par le passé sa capacité d'auto-organisation, et pourrait bien le faire, encore, à l'avenir. En Belgique, toujours plus radicalement divisée entre des francophones majoritairement de gauche et/ou écologistes et insensible aux sirènes de l’extrême-droite (ou presque) et des flamands toujours plus acquis à l’extrême-droite, nous aussi nous nous posons la question : comment allons nous faire pour coexister. Et dans un pays où la majorité flamande domine les institutions fédérales : comment allons-nous faire pour défendre nos valeurs différentes, pris en sandwich entre la France des Le Pen et la Flandre du Vlaams Belang ? Quand même je m’en voudrais de passer sous silence tous ces flamands géniaux, ouverts, débordant d’humour, et à sensibilité de gauche qui restent nombreux et sont eux en première ligne. Des amis, des voisins le disent : ils ont peur.

Après on peut étendre la question à l’Europe (où le père du militant vénézuélien d'extrême-droite Leopoldo Lopez, naturalisé espagnol a été élu député européen sur les listes du PP… pour vous montrer encore une fois que toute cette mouvance forme une internationale) la montée de l’extrême-droite agite comme un spectre l’horizon de possibles guerres civiles, sur fond de tendance belliqueuse mondiale. Comment faire pour que cet horizon s’éloigne et que la conciliation ramène la concorde entre voisins. Autour de moi, j’ai constaté une réelle inquiétude au vu du résultat des élections.  La recherche de la CONCORDE est à l’ordre du jour, en Belgique comme au Venezuela.

 


 

Trump et son ombre. John (sur)veille Trump comme son maître Cheney le faisait avec le petit George W. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe
Trump et son ombre. John (sur)veille Trump comme son maître Cheney le faisait avec le petit George W. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe

Trump et son ombre. John (sur)veille Trump comme son maître Cheney le faisait avec le petit George W. Les relations ne sont pas toujours au beau fixe

 

Si on va se balader du côté des USA, là aussi : rien n’est clair. Les déclarations se succèdent, se contredisent, entre différents porte-parole du pouvoir, dans le temps. Tant en ce qui concerne l’Iran que le Venezuela, les deux foyers de guerres potentielles du régime Trump, alors qu’aux USA, plus que n’importe où ailleurs, après quelques mois d’un premier mandat où le nouvel élu essaye plus ou moins bien de gouverner le pays, on voit très vite, chacune de ses décisions, de ses actions jaugées en termes de « porteuses ou non pour une future réélection »…

Grâce à un travail amusant (si tout cela n’était pas aussi dramatique) de Detras de la Razon nous avons droit non seulement à une édifiante galerie de portraits du très expressif Donald l’agité du caisson, mais aussi a une compilation de ses contradictions et celles qu’il entretient avec des proches comme Bolton, en ce qui concerne l’Iran.

Bolton (avant l’Ère Trump) :« La politique déclarée des USA devra être le renversement du régime des ayatollahs en Iran »

Trump : « Aujourd’hui, j’ai été obligé d’autoriser de nouvelles sanctions contre les industries du fer, de l’aluminium et du cuivre en Iran, parce que j’espère pouvoir à un moment, peut-être que cela n’arrivera pas, sans doute que non, pouvoir m’asseoir et élaboré un juste accord [nucléaire]. Nous ne voulons nuire à personne, nous voulons un accord juste. Simplement nous ne voulons pas qu’ils aient des armes nucléaires, c’est tout ce que nous désirons. »

Trump (version menaçante) : « Si l’Iran fait quelque chose [something], nous les recevrons avec une grande force. »

« Nous avons une grande quantité de nouveaux avions, de nouveaux bateaux et de nouvelles armes en tous genres, lesquelles nous sont nécessaires puisque plus forts nous serons, moins nous aurons à les utiliser » On l’espère mais rien ne le prouve.

Trump (version conciliante) : « L’Iran a l’opportunité de devenir un très grand pays avec les mêmes leaders. Nous ne voulons pas un changement de régime. Et nous espérons parvenir à un accord. Nous croyons que l’Iran a un immense potentiel économique»

Quant aux Iraniens, ce jeu de girouette des USA ne leur convient pas, négocier dans des conditions, c’est du poisson.Un gouvernement négocie un Traité que l’Iran respecte, mais au mépris de tout principe de droit, le gouvernement suivant annule ce traité de manière unilatérale. A quoi bon négocier dans ces conditions ? Et cela va bien plus loin, puisque les dirigeants de l’Iran ne se sentent plus tenus de respecter les conditions de non usage militaire du nucléaire.

Mais Bolton n’a pas renoncé à sa volonté de renversement du régime iranien. Dans un article publié par le Nex York Times en 2015, Bolton appelait à bombarder l’Iran. John Bolton avait déjà été à l’origine de l’invasion de l’Irak, un des auteurs de la farce des armes de destruction massive, et il semble qu’il veulent rejouer une partie similaire en Iran, en promouvant l’idée que l’Iran ne respecte pas le Traité, malgré l’avis contraire des experts de l’Agence de l’Energie Atomique. Et en fabriquant éventuellement des raisons d’entrer en guerre sous forme d’agression sous fausse bannière. La réponse de l’Iran, c’est de renforcer ses liens avec l’Irak, la Syrie, s’ouvrant au dialogue diplomatique avec les pays voisins.

Ces fous nous mettent tous en danger

Ces fous nous mettent tous en danger

Un point notable, c’est que Bolton est un fanatique religieux, qui croit à l’Armageddon, à la « fin du monde », à la grande bataille finale entre le bien et le mal. Bref, un haut degré d’irrationalité qui fait de John Bolton, dans la position qu’il occupe actuellement, un danger pour l’humanité. J’assume totalement cette prise de position personnelle : toute forme de fanatisme religieux est une preuve d’irrationalité et un obstacle à la concorde sans laquelle l’humanité ne peut advenir, mais risque bien plutôt de disparaître. Dans la montée de tensions à haut potentiel explosif qui se profile, les fanatismes risquent d’amener à une annihilation globale.

On peut aussi évoquer Pompéo, qui dans le rôle de diplomate que lui a confié récemment Donald T. a tout de l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Et qui comme Bolton, Mike Pence et quelques autres sont également partisans d’une action de force tant en Iran qu’au Venezuela. Est-ce que les USA ont les moyens de ce bellicisme - Iran ? Venezuela ? deux pays avec un haut potentiel de résistance -  et le risque de provoquer un affrontement avec la Russie et la Chine ? Et un chaos mondial.

Après, il faudrait développer, introduire les autres participants du conflits, mais ce que je veux montrer ici, c’est que les seuls enjeux de sécurité ou économiques ne suffisent pas pour expliquer la situation actuelle, que l’intégrisme idéologique et/ou religieux joue un rôle bien plus fondamental, de même que la mégalomanie où les tendances psychopathes de certains « dirigeants ».

Comme ceux qui appartiennent à la secte NXIVM (nexioume), cette secte d’Amérique du Nord (Canada, Mexique USA), réservée aux très riches, qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment au Mexique, parce que son principal représentant dans le pays était Emilio Salinas, fil de l’ex-président Salinas,qui prétend aujourd’hui qu’il avait pris des distances, quand il avait compris qu’au-delà d’être un programme de formation et bien-être pour « élites », cette sectes pratiquait des abus sexuel, constituant des harems de femmes soumises et est soupçonnée de séquestration et trafic d’enfants.

On parle d’elle parce qu’elle a pénétré les milieux d'influence et prétendait fournir le président du pays, parce qu’elle est liée au Clinton et aux Rothschild, etc., alors qu’elle développe des pratiques de lavage de cerveau et d’esclavage sexuel, de pédophilie et sans doute pire… Comment apprendre à dominer sans complexe, ni tabous, ni limitations morales, c'est le programme. Et Sade aurait pu y être coach. Et donc au Mexique on s’interroge sur  la volonté d'influence politique d’une telle organisation sectaire. Comme on peut s’interroger sur le rôle des évangélistes sionistes qui ont porté Bolsonaro au pouvoir au Brésil.

Alors que Maduro et ses proches insistent toujours d’avantage sur le caractère profondément chrétien de la révolution bolivarienne du Venezuela version maduriste. Maduro le dit et le répète, Dieu est de son côté.  Conviction profonde ou marketing politique ? Je lisais sur un site dont je ne donnerai pas le nom un article qui prétendait que la laïcité socialiste de Maduro heurtait les intérêts de l’église. Mais pas du tout, le christianisme est la religion officielle, affirmée, du socialisme vénézuélien.

Et Israël, c’est encore au nom de Dieu, que les sionistes réclament la « Terre Promise ». Poutine est orthodoxe, aux Chinois le parti leur suffit, dans la mesure où finalement il joue le même rôle de rassemblement des fidèles et contraintes des consciences qu’une religion.

Nous nous retrouvons avec des fanatiques en tous genre qui pensent qu’ils peuvent risquer la guerre, parce que Dieu qui est de leur côté les sauvera, et tant pis pour les autres, nous par exemple. Bienvenue au 21ème siècle… Obscurantisme sur toute la ligne.

Les USA sont-ils prêts a sacrifier une nouvelle génération comme ils l'ont fait au Vietnam ?

Les USA sont-ils prêts a sacrifier une nouvelle génération comme ils l'ont fait au Vietnam ?

Pourquoi je trouve cela irrationnel : comment un Dieu Créateur Parfait a-t-il pu créer des êtres dont il a une telle haine qu’il confie à des « élus » la mission de les exterminer ? Un Dieu Parfait ne peut qu’être le Dieu de toutes les créatures qu’il aime dans une commune mesure. C’est une question de logique. Et un petit clin d’œil à Descartes.

Où cela nous mène tout cela, je suis certaine d’une chose, c’est que je ne croirai personne qui prétendrait pouvoir prédire l’avenir du monde, pas même le proche avenir.

Si même ma minuscule Belgique est d’ores et déjà considérée comme ingouvernable pour cause de polarisation, aller savoir pour le monde.

Belgique, Venezuela, même combat, même défi : trouver le chemin de la Concorde dans une situation de grande polarisation… et nous ne sommes pas les seuls, loin de là.

Trop d’informations essentielles occultées, trop de médias mensonges matraqués, l’apparition d’hybrides politiques improbables et autres sources de confusions, il est possible de formuler des hypothèses, mais spéculer sur l’avenir me semble bien présomptueux.

 

Anne W

Je préfère réver d'un monde simple et heureux avec les zapatistes des Chiapas

Je préfère réver d'un monde simple et heureux avec les zapatistes des Chiapas

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 19:29

Hier Juan Guaido, représentant des intérêts de Washington au Venezuela - dont le chef direct Eliott Abrams n'arrive toujours pas à expliquer si finalement où non il est « président par intérim » du Vezuela » - mettait en scène la répétition générale de ce nouvel épisode de l' « Opération Liberté ». En plus de 300 lieux du pays étaient prévues des manifestations locales, massives, placées sous la direction de «Comités de Liberté et Aide   », chargés d'organiser sous leur commandement des cellules locales et de tisser entre elles des réseaux de communication et assistance logistique.

Ce qui est au programme : faire monter la tension, rallier les militaires à la cause de Guaido et marcher sur le Palais Présidentiel, parce que le pauvre ? - on ne sait pas trop quel en fait sont réel statut - à besoin d'un bureau d'où diriger ses sales petites affaires de livraison du pays aux USA... le bureau présidentiel.

Selon Abrams, tant que Maduro n'aura pas dégagé, la période de 30 jours à l'issue de laquelle la Constitution impose au président par intérim d'organiser des élections, ne prendra pas cours. Bref on nage en pleine embrouille.

Si les USA, face à la désapprobation généralisée de la communauté internationale, de la grande majorité des pays d'Amérique Latine et du peuple du Venezuela ne peuvent se permettre en ce moment une intervention militaire dans le pays, rien ne les empêchent de fournir conseil, formation, armes, logistique et autant d'agents sous couverture qu'il faudra. Cela fait longtemps qu'ils sont actifs dans l'organisation de la déstabilisation du Venezuela. Et cette fois parmi leur affirmations récurrentes et indéfiniment réitérée domine le « Cette fois nous irons jusqu’au bout ».

Plusieurs dirigeants de différents partis d'opposition ont exprimé au cours des derniers jours leur rejet des stratégies de Guaido. Ils s’indignent de le voir appeler ouvertement une intervention militaire étasunienne dans le pays. Ils considèrent que c'est totalement irresponsable et ne pourrait qu'aggraver la situation. Ils s'indignent aussi de voir cette marionnette de Washington se réjouir à chaque durcissement de tension des sanctions prises par les USA qui sont cause directe de mort, de souffrances, d'une dégradation générale irréversible d’infrastructures vitales (comme le reconnaît l'ONU) qui affectent la population du Venezuela dans son ensemble. Et ils font la relation avec cette scandaleuse déclaration de Guaido, pour qui les morts ne sont pas des coûts, mais des investissements pour son avenir. Il n'a pas même pris le temps d'adresser des condoléances aux familles des morts de son premier Jour J, ni de demander à ses supporters un moment de recueillement pour ceux qui avaient payés de leur vie cette première offensive. Mais bon, la majorité faisaient partie de la population indigène Pémon, qui avaient été envoyés se battre en première ligne, car un indigène comme tout le monde sait, cela ne vaut pas grand-chose, moins en tout cas qu’un blanc riche et instruit, c’est de la bonne logique économique, pour le néo libéralisme. La mort de quelques indigène un faible coût (une pierre deux coups plutôt) pour les grands dessins de Juanjo, cela ne vaut même pas la peine qu'on en parle, ni de les remercier de leur sacrifice. Quelques membres de ces populations gênantes éliminés, pour les projets de ces maîtres, finalement c'est tout bénéfice.

En ce qui concerne le ralliement des militaires à Guaido, une chose est leur loyauté à Maduro, autre chose est d'être traîtres à leur matrie. C'est un terme apparu en Amérique Latine qui me plaît beaucoup et qui permet de faire une démarcation entre les « Traître à la Patrie » que Maduro fabrique en masse : tous ceux au Venezuela qui ne sont pas inconditionnellement d'accord avec lui, en font potentiellement partie et d’autres qui aime leur terre et ses habitants, pas Maduro.

Mettez-vous à leur place... soit Maduro et son royaume ubuesque, soit Guaido, ce qui revient pour eux à se placer sous la direction deu Commandement Sud de l'Armée des USA... je n'appelle pas cela un choix ! Eux non plus je pense.

En plus les quelques militaires qui ont désertés pour rejoindre le jeune leader de l'avenir du Venezuela, ce « petit con » les a laissé en plan, à Cucuta. Petit con, parce que cela me semble une grossière erreur pour qui veut s’attirer les faveur de l’armée et occuper fut-ce temporairement le poste de Commandant en Chef de ces Forces. Je n'ai pas suivi les nouveaux développements. Mais au moment où cet autre scandale était médiatisé dans le monde, Guaido était parti faire une tournée des mandataires amis de la régions alors que ses partisans avait quitter la ville en laissant le chaos derrière eux. Les quelques 300 militaires abandonnés étaient priés de quitter le camp où ils avaient été accueillis provisoirement. Pour refaire leur vie dans un pays où la plupart n'ont pas de connaissances, ils ont été dotés d'un matelas, de draps et de l'équivalent de 100 euros. Sans moyens de vivre, ni de subvenir aux besoins de leurs famille. Nous espérons que la CIA aura profité de l’opportunité pour leur offrir un boulot bien rémunéré comme putschistes… Non, bien sûr que non… mais on se demande où Eliott avait la tête, pourquoi laisser passer une telle opportunité de former des groupes d’intervention ? Cela montre un certain degré d’improvisation malheureuse dans toute cette histoire.

Et donc, ben oui, quand même, je ne sais pas si les USA n'avaient pas mieux sous la main, s'ils estimaient qu'il était temps de rentabiliser l'investissement Guaido, des années de formation, ce qui est certain, c'est que ce dernier manque de pratique et que dans son grand enthousiasme, il met un peu trop de cartes sur la table, celle sur laquelle sont aussi posées « toutes les options »... montrant clairement ce que veux dire cette formule « toutes les options son sur la table », qui signifie en fait : l'option militaire est le but, mais elle viendra en son temps.

La phase actuelle est la préparation de ces conditions de possibilité, par une déstabilisation généralisée du pays. Et cette déstabilisation du pays, si nous regardons les interventions des USA dans le monde nous voyons qu'elle est à la fois Moyen et fin de ces interventions. Réduire toute capacité de résistance des populations envahies fait partie du programme. Jamais les USA ne pourraient se sentir à l'aise au Venezuela sans avant avoir au préalable mis à genou le peuple patriote, en particulier chaviste qui doit disparaître en temps que courant de pensée et formes d'organisation. Ce peuple est autant que Maduro, une cible en soi de cette guerre. Et comme les USA ne s’embarrassent pas d'états d'âme, peu leur importent si dans la foulée doivent disparaître des dizaines (centaines?) de milliers de personnes qui leurs sont favorables dans ce pays. On le sait bien que c'est comme ça que ça marche. Et c'est bien ce qui suscite le rejet de Guaido. Le suivent les anciens privilégiés d'avant Chavez qui rêvent de retrouver la direction du pays autant que leur position incontestée de classes hautes, prolongeant par d'autres moyens la mise en esclavage du petit peuple. Il y a toujours les mêmes hystériques à bijoux, qui se plaignent de mourir de faim, sans qu'il n'en paraissent rien, en tout cas, elles n’en sont pas encore à vendre leurs bagues, bracelets, colliers, boucles d’oreilles pour s’acheter un morceau de fromage. Il y a les mêmes gamins élitistes, rejetons de ces mêmes classes hautes, pour qui les USA après une intervention ciblée qui ne ferait tomber que la tête du régime, une guerre éclaire et ultra-sélective (Ils le disent, le répète, s’en persuadent, je l'ai lu, entendu des centaines de fois), viendront installer sur les côtes du Venezuela une version locale ce Miami Beach.

Malgré tout cette fois (par rapport à des tentatives précédentes) Guaido a rallié d'autres parties de la population, c'est clair. Combien ? C'est difficile de le dire. Par exemple les manifestations d'hier étaient des protestations contre le gouvernement, pour les coupures d'électricité (apagon) qui ont affecté le pays, entraînant un manque d'approvisionnement en eau généralisé... le pire.

Deux théories se confrontent... coupures dues à des attaques terroristes de la droite fasciste sous les ordres du Ku Klux Klan de Washington, dit le gouvernement de Maduro. Pour l'opposition la culpabilité est à attribuer aux chavistes qui depuis leurs débuts n'ont jamais pris soin d'entretenir ce qui était le meilleur système électrique de la région, et les fonds qui devaient être consacrés à un minimum d'entretien ont disparus dans le gouffre sans fond de la corruption sans limites qui sévit dans le pays.

Mais manifester contre l'incompétence, la corruption et la superbe indifférence des dirigeants du Parti au Pouvoir, ne veut pas dire pour autant que l'on soutien Guaido, loin de là Je pense justement qu'un des buts de la répétition générale d'hier étaient de repérer et organiser le groupes noyautables au sein de ces protestations.

Parmi tous les arguments donné par les uns et par les autres : une chose est certaine, c'est que les coupures de courant sont récurrentes au Venezuela, dans tout le pays, depuis des années, avant le Grand Apagon du mois passé. Certaines régions n'ont plus d'électricité que de manière rationnée. Par exemple, l’articuliste d'Aporrea Oscar Heck qui vivait dans une région frontalière avec la Colombie où l’électricité se faisait de plus en plus rare, a du déménager pour installer son atelier dans une région où il pourrait disposer de l'approvisionnement en électricité indispensable à son travail. Quand à ce qui concerne l'eau, potable et courante, il ne se passe pas de jour au Venezuela sans que des quartiers, des villages, des régions ne manifestent pour être privés d'eau par fois depuis des mois.

D'autre part, face à l'ensemble des arguments qui plaident en faveur du terrorisme, ma conclusion personnelle, c'est que Washington par l'intermédiaire de ces agents locaux a donné un coup de pouce pour généraliser la situation en agissant sur des points clés d’un réseau que sa dégradation rend particulièrement vulnérable. Ce qui a achevé de me convaincre, ce sont les affirmations réitérées de Guaido : il suffirait qu'il arrive au Pouvoir, pour que les coupures immédiatement s'arrêtent...à bon entendeur… il en joue comme d’une menace, comme d’un chantage...

Or les rapports les plus optimistes prévoient qu'il faudra des années pour réparer le système. Les plus pessimistes qui viennent justement de l'opposition vont jusqu'à parler d'une période de 10 ans...

D'autres sources parlent d'un autre but, qui était de paralyser les installations militaires fournies par les russes, une partie des militaires russes entrés dans le pays dernièrement sont les experts chargés de remettre le réseau de commandes en communication de ce système en état.

Depuis 2011 le Venezuela a investi énormément d’argent qu’il n’avait pas dans l’achat d’armement Russe. La dette impayée avait été renégociée à l’automne dernier. Le Venezuela devait payer 100 millions de dollars, qui sont seulement des intérêts de la dette, pour la fin mars. Ils ne l’ont pas fait, un nouveau délai court jusqu’à la fin de ce mois… que se passera-t-il si le pays ne peut toujours pas faire face à cette échéance à un moment où cet armement en bon état de fonctionnement est vital pour sa survie ? Quelle ressource non renouvelable du pays Maduro est-il prêt à livrer aux Russes cette fois ? Dans quel mesure la protection des intérêts de la Russie au Venezuela dans la situation de crise lui importe plus, dans l’immédiat, que ce payement d’intérêts ?

Car la Russie, comme la Chine sont des parties de ce conflit qui est un des champ de confrontation du partage du monde entre grandes puissances. Or nous vivons une intensification des tensions dans cet affrontement, sur divers front, alors que les armes en présence si elles étaient utilisées pourraient tout aussi bien détruire la planète. Cela je pense que chacune de ces « Grandes Puissances » en est consciente. Ce n'est pas la répétition des mêmes jeux que nous avons pu voir au préalable. Les interventions en Irak et Libye, la Russie regrette amèrement de ne pas être intervenue, elle y a perdu de précieux marchés (Poutine, discours de politique étrangère 2012). Une erreur qu'elle ne répétera pas en Syrie, alors qu'un autre conflit ouvert en Ukraine fait de ce pays un champ de bataille Russie – Occident. Et depuis la Chine et son armée sont devenues partie prenante de ce jeu des 3 Empires qui implique d'exhibition « dissuasive » des forces nucléaires de chacun.

Je suis sceptique, soupçonneuse quand il s'agit des « hautes sphères » de la géopolitique internationale, je pense que les vrais débats, discussions, partages se font lors de négociations secrètes et que ce que nous en savons est la mise en scène décidée plus ou moins de commun accord par les participants. Et une question me vient naturellement à l'esprit : quel scénario pour l'Europe, rien moins qu'une grande puissance, dans ce jeu qui mélange poker-monopoly, échecs et go. Mais cela c'est une autre histoire.

Je suis également sceptique quand au mode d'évaluation des puissances des différentes armées. Admettons que la Guerre Mondiale éclate, mais que nul ne soit assez fou quand même pour en faire une guerre nucléaire... quelle forme prendrait-elle alors. Dans quelle mesure par exemple, les innombrables soldats chinois, bien entraînés, sans état d'âme, disposant des routes de la Soie pour ses projections de forces pourraient faire la différence ? Dans quelle mesure Xi est-il prêt à user des enfants de la Chine comme chair à canon ? Je ne suis pas spécialiste en matière militaire, ... mais bon, les USA la guerre, ils n'ont jamais cessé de la mener depuis des décennies, en tous lieux de la planète sous différentes formes. Sans rencontrer d'opposition majeure depuis la chute de l'URSS. Mais à présent ils sont en conflit ouvert direct avec la Russie en Ukraine et en Syrie, et le Venezuela me semble vivre les préludes de ce qui en ferait un nouveau champ de bataille, sauf que cette fois, la Chine est partie prenante du conflit. Non seulement le Venezuela lui doit plus de 50 milliards de dollars, mais aussi surtout, la garantie de ce prêt ce sont les ressources naturelles du Venezuela. Des ressources indispensable à la Chine pour la poursuite de son « développement » accéléré et de sa quête d'hégémonie mondiale.

Les USA ont interdit au Mexique de commercer avec la Chine et lui a lancé des menaces pour son refus d’intervenir dans le conflit politique du Venezuela... or le Mexique est aussi un facteur à prendre en compte dans cette équation. Le Mexique est en Reconquista de son indépendance, de sa dignité, de ses capacités d'auto-détermination, et son succès est dans la balance de l'indépendance de l'Amérique Latine.C’est un autre sujet, complexe et remplis de défis et difficultés. Jusqu’où Andres Manuel Lopez Obrador cédera-t-il aux pressions de Washington et Miami ?

Maduro a lancé un appel au groupe de Montevideo (Mexique, Uruguay, Bolivie et quelques autres pays d'Amérique Latine plus la diplomatie européenne) pour qu’il réunisse d'urgence la commission technique que ces pays ont formés afin qu’elle poursuive le travail qu’elle mène mène au Venezuela pour trouver la forme et mettre en œuvre les moyens d’une solution pacifique du conflit. Besoin de temporiser ou réelle volonté de Maduro de chercher une solution ?

 

Que nous soyons en train de voir et de vivre les étapes d'un partage du monde entre « Grande Puissances » cela ne fait aucun doute. Que ces 3 puissances sont trois grandes puissances nationalistes, cela aussi c'est assez évident. Or jusque-là, les USA étaient les inventeurs et dirigeants de la Globalisation. Mais l'arrivée de Trump met un terme à ce processus. Qu'est-ce que cela implique pour les formes de cette réorganisation du monde ? Où veulent-ils en venir ? Et verrons-nous à l'avenir, depuis le Venezuela, se multiplier les champs de bataille où les grandes puissances se feront la guerre par procuration, armant les parties dont ils se servent sans se manifester ouvertement ? Une manière de transformer le monde excepté leurs pays respectifs en champs de bataille tout en évitant l’affrontement direct et la guerre nucléaire qui ne profiterait à personne, même pas ces auteurs.

Les réponses, l'avenir nous les donnera…

 

Prochain mouvement de l'Opération Liberté, les manifestations convoquées par Guaido, pour mercredi prochain...

 

Tant pour ce qui concerne le Venezuela que le monde, les décisions essentielles du grand mouvement tectonique géopolitique mondial, sont prises en toute opacité par les « Maîtres du Jeu ». Sans que les populations concernées ne soient ni consultées, ni informées. Ce que nous pouvons en connaître, c'est que nous en apprenons par l'observation des déplacements des « facteurs de terrain ». C’est que nous pouvons décrire et interpréter, tout en faisant la part des inconnues. Les inconnues nous pouvons les mettre en évidence et en déterminer la nature, mais pas prévoir leur évolution de manière certaine. Un des effets de la globalisation a été une augmentation sans précédent des relations d'interdépendance dans le monde, ce qui augmente aussi le risque de voir un événement local produire des conséquences planétaire. Je peux illustrer par l'exemple du grand Apagon du Venezuela : si le Venezuela avait organisé son système de production d'électricité avec des centres de productions locaux, avec des sources multiples et indépendantes (hydrauliques, éoliennes, solaires), il aurait été beaucoup plus compliqué, voir impossible de le paralyser dans son ensemble. Or cette ultra-centralisation des centres de pouvoirs vitaux est une règle à présent dans l’ensemble du monde « Qui dominera la 5G, dominera le monde » dit-on...

 

Je ne vais pas enchaîner là-dessus maintenant, ni sur la question de l'imprévoyance de Chavez et par la suite de Maduro, qui ne sont pas de la même nature, mais participent ensemble à la responsabilité du désastre vénézuélien actuel. Ce sont des questions importantes pour ceux qui cherchent là, maintenant des issues pacifiques et viables au Venezuela, avec le Venezuela. Ils sont nombreux... j'espère qu'ils vont trouver. Et je m'en vais lire ce qu'ils racontent...

 

Anne W

 

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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 21:49
Mexique, une intégration énergétique totale… sans mexicains !

 

 

 

Entretien du 30 mai 2016, remis en avant récemment pour son grand intérêt informatif quand il est question de comprendre les défis que doit relever Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), actuel président du Mexique qui a d’immenses défis à relever pour rendre au pays son indépendance, sa dignité et aux habitants le bien être et la paix.

 

 

Ce débat fait partie d’une série intitulé : L’intégration de l’Amérique du Nord dans un monde complexe et ce chapitre nous parle d’Energie, Sécurité et Souveraineté. Nous y voyons comment les précédent chefs d’états ont livré le Mexique aux USA à travers l’Initiative Merida (pseudo outil de lutte contre la drogue et le crime organisé, équivalent du Plan Colombia qui a fait exploser criminalité et le narcotrafic en Colombie) et du TLC, Traité de Libre Échange d’Amérique du Nord entre USA, Canada et Mexique et de son Programme d’Intégration Energétique.

Les invités sont reçu par Rosío Vargas Suárez, Chercheuse de l’Université Autonome du Mexique (UNAM), qui est docteur en Ingénierie de l’Énergie, Maître en Économie et Politique Internationale entre autres qualifications. Les invités sont 3 encyclopédies vivantes de l’histoire contemporaine du Mexique. Le docteur John Saxe-Fernandez (1944), diplômé des Universités Washington du Missouri, Brandeis du Massachusetts et de l’Unam est un vieux routier d’ études latino-américaine ;le ex-sénateur Manuel Bartlett diplômé en Droit de l’UNAM et de l’Université de Strasbourg, auteur d’une thèse intitulée « De l’obligation de l’état de réparer les dommages qu’il cause », après une longue carrière politique est aujourd’hui Directeur Général de la Commission Fédérale d’Electricité ; Quand au docteur Alfredo Jalife-Rahme (1948) lui aussi a un parcours remarquable après des études de médecine et une spécialisation en endocrinologie, il étudiera la psychologie avant de se réorienter vers la géopolitique. Si je devais vous cité tous les grades, titres, récompenses obtenus, toutes les recherches d’importances et travaux menés par ces 4 là, je n’en finira pas. Les écouter est vraiment passionnant. Je vous propose un compte rendu presque exhaustif, de cette discussion entre Sages Anciens.


 

 

 

Question de RVS : Comment définir l’intégration de l’industrie pétrolière mexicaine dans le cadre du projet géostratégique des USA : « intégration énergétique » de l’Amérique du Nord.

Docteur Saxe :Il s’agit premièrement d’une relation asymétrique : Le Mexique est un pays sous-développé, qui dispose de pétrole dont les USA sont les plus grands consommateurs.

Il faut tout d’abord considérer les antécédents historiques du Traité de Libre Commerce au moment de sa dicussion. Le moment où le Traité est discuté, puis envoyé et finalement adopté par le Congrès des USA. Ce qui ne va pas se faire sans rencontrer une opposition au Congrès. Le Vice-Président y répond

« Comment pouvez-vous vous opposer à ce traité qui est aussi important pour les USA que le furent l’achat de la Louisiane et l’achat de l’Alaska ».

Pour vaincre les réticences, il présente ce Traité comme ce qu’il est réellement:une opération de l’expansionnisme territoriale étasunien similaire à l’annexion de la Louisiane et de l’Alaska.1903, Jefferson pour la Louisiane et 1877 ? pour l’Alaska. Et donc il s’agit de mettre la main sur le territoire mexicain et ses ressources. Une intégration très asymétrique.

Comme le montre aussi la production de gaz à effet de serre pas personne dans chacun de ces trois pays. Pour les USA elle s’élève à 19 tonnes annuelles. Pour le Canada : 17. Alors que le Mexique à une émission de 3,4 tonnes par personne et par an.

Ce sont les même vers qui vont les consommations de cuivre, les consommations de ressources naturelles en général. Il s’agit d’une asymétrie abyssale en matière énergétique entre ces pays.

Mais avant tout, il faut replacer cela dans le cadre de la réunion de Chapultépec de 1945 quand les USA viennent annoncer au monde que le Mexique et l’Amérique Latine devront se spécialiser dans l’exportation de matières premières vers les pays capitalistes centraux qui vont les transformer.

Et le Mexique, à l’époque a joué le rôle du « mauvais du film ». La gauche mexicaine, voulait opérer la transformation de nos ressources Toute une structure pour la transformation du pétrole a été mise en place. Et ce que fait le TLC justement, c’est désactiver ou récupérer les processus d’industrialisation dans le pays, et cela débouche sur la mort de Pemex (Petroleos Mexicanos) ; et donc sur le suicide du Mexique. Nous allons voir le démantèlement de la capacité de transformation d’une ressource naturelle. Ce point de vue historique est un élément important de la problématique.

 

RVS adresse une question au docteur Jalife .: A cette question historique et structurelle,il faut ajouter l’introduction d’un élément conjoncturel, les replacer dans le contexte financier. C’est un facteur qui a eu des répercussion dans l’actuelle situation de Pemex surtout par le biais des rentrées financières pétrolières ? Comment se meut le Marché international sous influence de ces groupes financiers qui utilisent la géopolitique, ou qui produisent des événements qui ont des répercutions géopolitiques dans le prix international du pétrole. La répercussion de la chute des prix pétrolier a profondément affecté l’industrie pétrolière mexicaine.

Jalife : Le Centre Financier, le lieu où sont fixés les prix du pétrole, c’est la City de Londres. Il existe un rapport émis par un économiste, Phil Velegger qui montre que Wall Street est la place où ces prix sont vérifiés. C’est une domaine où il y a beaucoup de désinformation, et certaines données sont impossibles à vérifier. Mais admettons l’explication qui veut qu’il y ait eu à un moment donné une production de deux millions de baril en excès, cela n’explique ni ne justifie la chute des prix depuis un pic 150$, suivit d’une descente à une moyenne de 110$ le baril avant une chute jusqu’à 20$, cela n’a pas de sens. Et si nous allons voir du côté de la géométrie financiériste, qui va m’expliquer que dans les deux mois qui précèdent, le prix est remonté de 20 à 50$. Il n’y a plus les 2 millions de barils excédentaires ? Il est vrai que la production de certains pays a diminué alors que la Chine achète beaucoup parce que le pétrole est bon marché. Mais ce n’est pas une explication suffisante.

Où je veux en venir, et là je rejoins le propos du Docteur SAX. Après Chapultépec, Brezinski, dans les années 70 a réitéré cette division du travail imposée. Il a affirmé : « Nous ne voulons pas d’un Japon à notre Frontière » Un sujet qui touche aussi le Sénateur Bartlett, qui a vécu cet événement et qui devrait déclasser ses archives sur Brezinski. .

Il y a eu une division du travail, et nous n’avons même plus de Banque Nationale  et encore moins transnationales Le problème, c’est que nous sommes un pays intégré dans le projet Amérique du Nord des USA en fonction de leurs besoins à eux.. et c’est pareil pour le Canada.

Nous continuons notre intégration à ce projet dont la matrice opérative est à Washington. Nous ne manions même plus de pétrole. Le prix du pétrole augmente alors que le peso se dévalue, c’est parce que nous n’avons déjà plus de pétrole pour le soutenir. C’est fini, et là nous allons aller chercher les ressources en eau profondes, et nous savons par avance que les 4 grandes pétrolières US vont débarquer, parce que nous n’avons pas les moyens de cette exploitation.

Cela dit quels sont les données du problèmes ? Nous assistons à une balkanisation du pays, une double balkanisation économique et éducative.Nous avons le Nord, les régions de la Maquila (des fabriques) ont une croissance de l’ordre de 10 % par an alors que Campeche qui avait les meilleures ressources pétrolière subit une « croissance négative » de – 7 %, Ciudad del Carmel y est devenue une ville fantôme. Les Chiapas sont à – 6,5 %,Tabasco – 6 %;...

C’est totalement limpide, les pays de Maquila, une distribution du travail imposée par les USA, sont en pleine croissance. On peut voir cela par exemple dans l’incroyable augmentation des prix du terrain, 1m carré en dans les meilleures zones vaut 3000$.Alors que les zones de richesse pétrolière, ils sont en train de la annihiler littéralement. Balkanisation. Ce n’est pas pour rien que les 6 états du Sud du pays sont en ce moment dans une situation de balkanisation éducative.

 

RVS ?. : Cette question de la spécialisation, à présent nous sommes en train de la redéfinir dans le cadre de la réforme énergétique, et ce n’est clair en rien. Sinon en ce que nous sommes devenus économiquement dépendants de produits pétrolier de meilleur valeur ajoutée que nous devons importer, et c’est que nous sommes en train de remettre en question. Je voudrais poser une question au sénateur  Bartlett , elle concerne toute une série de lois qui avaient été approuvées par le Sénat et qui sont en lien avec tout ce processus de trans-nationalisation, en particulier en matière d’énergie. Et il y a là des questions délicates, comme celle des militaires, mis à disposition du Ministère Public et qui participent à des tâches de renseignement avec avec la possibilité d’opérer des fouilles de domiciles privés. Ou les lois qui concernent la privatisation des ports. Il y a toute une série de lois, comme ça, certaines fort récentes, il y a 3 jours, vient dêtre finalisée la loi du commandement unique comme commandement mixte. Comment peut-on contextualiser tous ces processus de trans-nationalisation dans ce cadre juridique ?

 

Manuel Bartlett : Je vais compléter les analyses qui précèdent en m’attaquant à la politique interne : il s’agit de livrer la présidence du Mexique à Washington. Et ce n’est pas une pression énorme qui a conduit à cette situation, mais bien une connivence de nos présidents de la République avec ce projet étranger. Depuis Salinas, ils ont tous facilité cette détermination des USA d’utiliser le Mexique à leur convenance. Et donc il y a un grave problème, les présidents PAN et PRI ont livré le pays. Ils ont accepté toute une série d’instruments et de mesures qui nous ont mené à nous retrouver en situation de colonie sous hégémonie totale des USA . La question est celle du pétrole, de l’électricité, de l’énergie. Les réformes ont été faites de manière opportune pour favoriser les intérêts des USA, pour que leurs transnationales puissent investir quand elles le veulent, où elles le veulent. Parmi les mesures véritablement inconcevables de la part de ces présidents qui n’ont aucunes capacité réelle, qui sont titeres (présidents mis en place par les USA), nous devons considérer celles qui concernent l’exploitation du pétrole par ces entreprises étrangères ou celles qui favorisent l’énorme main mise sur la distribution de l’électricité pour que ces entreprises qui débarquent puissent gagner de l’argent. Il est réellement question d’une occupation du territoire national.

Le système électrique mexicain, toutes les installations, les réseaux de distribution qui couvrent tout le territoire national ont coûté des milliards. Parmi toutes les informations qui nous parviennent de là-bas, il y a ce personnage, Carlos Pascual, qui avait été ambassadeur des USA pour les questions d’énergie en Irak, et qui a été envoyé au Mexique pour s’occuper de tout ce qui relève du domaine énergétique. Lui a expliqué devant le Congrès US ce qu’est la Réforme Énergétique à leurs yeux, il n’est pas seulement question de venir et de repartir avec le pétrole, non ils restent ici, et le Congrès n’en savait rien, parce que les principaux traîtres sont les Présidents et ceux qui manipulent l’information. Et cela personne ne s’en rend compte. « La Manœuvre » a dit Pascual devant le Congrès, « c’est de réorganiser les réseaux électriques de manière à ce que, dans les ports mexicains, puissent s’installer les transnationales US et que ces ports deviennent les plateformes d’exportation de leurs produits. Et donc toute ces structures extraordinaires sont conçue dans l’intérêt des transnationales, pour qu’elles utilisent les ports mexicains pour leurs exportations.

En plus, il y avait une série d’exigences qui sont de terreur :l’état devait leur offrir des garanties sous forme d’un Régime Pénal Spécial en matière d’énergie. Avec toute l’hypocrisie utilisée par le Président et ses sénateurs, ils ont sorti des transformations aux lois régissant l’industrie pétrolière, pour augmenter les peines. Cette loi punitive en est venue à établir que toute atteinte aux installations pétrolières relève du terrorisme de manière à paralyser toute tentative d’action à leur encontre de la part de la population. Et cela concerne tout le dispositif, les oléoducs, les plateformes, les bureaux, pour lesquels ont été établies des pénalités fort supérieures à celles qui existaient.

 

RVS ?« Comment opère en réalité ce régime de sécurité en Amérique du Nord ? Comment le vivons-nous ?

Sax: Il s’agit d’un concept d’intervention et de regroupements de pays, elle à un nom, et elle a aussi un budget : »Elle s’appelle « Initiative Merida». Elle avait un budget total prévu entre 2,5 et 3 milliards, et j’ai revu les chiffres hier, jusqu’ici elle a dépensé à peu près 1 565 millions de dollars. Un grande quantité en équipements militaires et le reste pour une quantité de choses dont il n’y avait de comptes à rendre à personne de l’usage qui était fait de cet argent. Aux USA, il y a eu une série de Commissions du Congrès, mais ici l’ex-secrétaire des relations extérieures de Calderon, Espinoza Villarreal, quand on lui a demandé de montrer les documents relatifs à l’Initiative Merida a répondu « Mais il n’y a aucun documents signés . Ce n’est régi ni par le droit international, ce n’est pas régi non plus par la loi  interinstitutionnelle des Traités », c’est la réponse qu’elle a donné à des députés qui l’ont enregistrée. Carlos Facio, un journaliste qui publie comme moi dans la Jornada a sorti cette info. Il faut rappeler au public qu’il existe des règles de fait. Pourquoi de fait ? Mais parce qu’elle sont en rupture avec les lois constitutionnelles aux USA et elles sont en rupture avec l’appareil constitutionnel au Mexique. Par exemple, il est interdit d’utiliser des militaires pour des actions relevant du Ministère Public, mais aux USA aussi il existe une telle loi de 1878, le Posse Comitatus Act qui est une loi du Congrès des États-Unis signée le 18 juin 1878 par le président Rutherford B.. Cependant Bush a approuvé une telle violation de la légalité par le biais d’un décret du Commandement Nord, et Obama a poursuivit avec d’autres décrets pour soutenir cette force militaire qui agit à l’intérieur des USA, au Canada et au Mexique.

Ce qui est important, c’est l’aspect territorial, c’est aspect d’occupation territoriale qui présidait au Traité de Libre Commerce, et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. L’United States Department of Homeland Security, DHS, est un département du gouvernement fédéral des États-Unis officiellement créé le 27 novembre 2002 par le Homeland Security Act (en français, « Loi sur la sécurité intérieure ») Cette création devrait concerner la sécurité intérieure des USA, homeland : c’est un concept territorialisé, cela veut dire sécurité du territoire de la patrie, cela évoque les années 30 en Allemagne, mais c’est comme cela que cela s’appelle et on le traduit mal. Pourtant le DHS va étendre son aire d’action, son périmètre de sécurité au Canada et au Mexique. Et en plus, et cela est importantissime, quant le sénateur  (Bartlett) dit que c’est un concept d’ordre colonial, c’est effectivement un concept d’ordre colonial par lequel, une nation comme le Mexique subit une intervention autant en ce qui concerne sa frontière Nord avec les USA, que sa frontière Sud avec le Guatemala. Il met en œuvre des programmes appelés « programmes de frontières intelligentes », des programmes spécifiques. LEmpire Britannique avait fait pareil avec les principautés de l’Inde : « Vous pouvez faire tout ce que vous voulez chez vous, sauf mener une politique internationale, sauf mener une politique de défense et sauf mener une politique économique, de cela nous nous en chargeons ». Et ce que nous vivons ici, cela ressemble beaucoup à cela !

Le sénateur : Le HDS, il est ici, il opère ici. Le HDS est un département fasciste que Bush a imposé après l’incident (traduction personnelle et relativiste. NdT) des Tours Jumelles, et le personnage mis à sa direction, Jeh Johnson est un personnage sinistre. C’est un avocat qui a justifié les assassinats sélectifs qui sont une violation de tous droits. C’est ce qui permet au président des USA de décider que l’on va tuer untel avec un drone et qu’on va pouvoir tuer n’importe qui. Et le HDS à les mains libres pour agir au Mexique en tant que partie de l’Amérique du Nord et ils disent :  « La sécurité de l’Amérique du Nord doit être garantie par l’Amérique du Nord ». Johnson est venu ici et Peña Nieto (ex-président) l’a reçu avec les drapeaux, alors qu’à l’époque il n’était encore que secrétaire et violait tous les respects de hiérarchie. Et nous voyons ainsi comment s’est imposé ce régime pénal spécial qui s’applique à ceux qui vont toucher une installation pétrolière ou électrique, alors que ces transnationales vont s’installer sur toutes les propriétés des paysans, sur les territoires indigènes. Et s’ils protestent, s’il osent toucher la moindre de ces installation étasunienne, ils seront accusés de terrorisme. Parce que, en plus, ces lois prévoient un Droit d’Occupation Temporaire des Terres par ces Corporations, en fonction des besoins pour leur installations, et donc ce sont elles qui décident.

Or jusque-là ceux qui défendaient ce territoire national, c’étaient les polices municipales, ce sont elles qui protégeaient de la destruction, par les minières et les pétrolières qui viennent s’installer, ce qui est aussi leur propres lieux de viet. La structure politique du Mexique fondée dans la notion de « municipalités libres », ce qui fait des polices municipales une institution fondamentale structurelle. Mais ils vont prétendre qu’elles sont « contaminées » et qu’il faut les faire disparaître et les remplacer par un commandement unique. Ce commandement unique va regrouper la Police Fédérale, l’armée et la marine du Mexique. Ainsi va être instauré le commandement unique faisant disparaître toute possibilité de reprise du territoire national. Et in fine l’armée devient la force dominante des forces de contrôle social.

Et cela ne s’arrête pas là : l’armée, elle, est placé sous la domination du Commandement Nord des USA. Tout cela est anticonstitutionnel, et ils prennent alors une autre décision inconstitutionnelle qui est de faire participer l’armée mexicaine à des Opérations Internationales de « Paix » des Casques Bleus. Ce qui est interdit par la constitution s’il n’y a pas d’autorisation du Sénat, pourtant ils envoient des militaires, participer à différentes missions. Peña Nieto, dans ces « farces » qu’il fait à la télévision, a félicité la secrétaire des relations extérieures pour la participation antérieures (à sa présidence) des militaires à des missions au Liban, etc.. Ils s’en fichent de l’autorisation constitutionnellement nécessaire du Sénat pour décider de telles missions.

 

Jalife : John Kerry déclare alors : « Nous avons 72 pays qui sont en guerre contre les Jihadistes ». Beaucoup disent que ce n’est pas possible que le Mexique se voit impliqué dans la « guerre contre le terrorisme », mais nous le sommes déjà, par Ordre de Kerry, sans que ni le Président, ni le Sénat n’en soient informés, n’en aient conscience.

 

SénateurJe vais terminer. Lors du changement de direction du Commandement Nord, e secrétaire de la défense, Ashton Carter a pris la parole et il dit « Je veux remercier le Secrétaire Mexicain de la Défense et le Commandant de la Marine, je veux dire qu’ils sont d’ores et déjà en train d’aider à la sécurité du monde entier, participant à toutes classes d’activités ». C’est ce que dit le Secrétaire de la Défense US, cela ne pourrait pas être plus publiquement, plus clairement : nous sommes au service du Commandement Nord des USA, sur tous les théâtres de guerres du monde, sans qu’ici en été dit une seule parole.

 

Sax ajoute : Nous vivons aussi une tragédie humanitaire, si nous faisons le compte des morts de la période Fox, (Vicente Fox Quesada, né le 2 juillet 1942 à Mexico, est un homme d'État mexicain, président de la République du 1ᵉʳ décembre 2000 au 30 novembre 2006) ce sont 300 000 morts et entre 27 et 36 000 disparitions forcées.

Ce massacre va continuer ? Roberta Jacobson, la nouvelle ambassadrice (juin 2016 – mai 2018) des USA au Mexique l’a dit : « Je viens ici pour relancer l’initiative Merida », autrement dit le programme d’intervention et d’occupation. Le point central auquel je veux en venir, la transformation, le tournant, ce n’est pas seulement une guerre irrégulière du Pentagone, qui aurait pour cible le crime organisé et le narcotrafic – alors qu’on sait très bien que personne ici ne combat ni le narcotrafic, ni le crime organisé et que l’armée est utilisée dans des tâches de répressions - mais en plus le changement légal qui a été mentionné, ils étendent cela à la guerre contre le terrorisme qui suppose une hyper défense des installations des Corporations Transnationales. Avec tous les dangers que cela présente. Comme l’anticipation d’un scénario électoral tragique pour 2018, parce que le terrorisme et l’antiterrorisme se prêtent à toutes formes de persécutions politiques. Et donc le pays est en période de risque majeur pour la Nation à présent que le lien est fait entre guerre contre le narcotrafic et guerre antiterroriste. Et le Mexique propose sa jeunesse comme chair à canon. Et la Secrétaire aux Relations Extérieures a annoncé que le principe de non intervention a été aboli comme élément de la politique extérieure, précisément pour adapter le Mexique à ce contexte.

Les 3 : On assiste donc à la pure et simple négation de principes constitutionnels historique. L’armée, sous direction du Commandement Nord, a été transformée en outils de l’occupation du territoire.

 

RVS ? J’ai une dernière question pour le Docteur Jalife qui concerne justement cette intégration Nord Américaine avec hégémonie des USA en tant que puissance énergétique. Nous voyons qu’il y a réellement tout un projet géopolitique dans lequel il y a des choses innovatrices. Est-ce que nous en sommes réellement arrivé à un renversement des structures de pouvoir international en faveur des pays consommateurs, en faveur du Marché, et sous le contrôle des USA, à partir justement de l’énergie, du pouvoir que leur donne le fracking et la révolution énergétique.

 

Jalife à le dernier mot : C’est assez clair la direction que prend le monde, le monde prend un chemin de dé-globalisation - Le FMI, déjà, vitupérait contre l’Ordre Néo-libéral Global – le monde se dirige vers une régionalisation qui inclut le régionalisme énergétique. Lle Mexique dispose de la troisième réserve de gaz de schiste, de shale gaz et shale oil, mais ces réserves se trouvent dans des lieux qui ne disposent pas de l’immense quantité d’eau nécessaire pour leur extraction. Pas grave, qu’est-ce qu’ils font faire ? Il vont détourner des rivières, comme ils l’ont fait pour le Rio Panuco… et que meurent les vilains paysans qui sont la troisième partie de la population du pays.Quelle importance ! Moins il y a de Mexicains, mieux c’est ! Et c’est là que vient la partie intéressante. Cette intégration est pire que l’intégration coloniale à l’époque de la Nouvelle Espagne qui tolérait – encore - la présence des habitants. Ici, il s’agit d’un intégration de franchise, une intégration du Mexique, dans le cadre d’une intégration totale, mais… sans mexicains !

 

Traduction, mise en forme Anne Wolff

 

Lecture complémentaire sur les mêmes sujets, Opération Merida et application du TLC :

Par Dawn Paley Première partie Narco Capitalisme.

Narco Capitalisme. Partie 4 : La face cachée du modèle colombien et son application au Mexique

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 11:56

 

Selon diverses enquêtes, 95 à 98% de la population pense que le pays va mal, voir très mal. Des enquêtes précédentes, au cours des ans ont montré que le peuple du Venezuela polarisé est d'accord sur une chose au moins : le refus de toute intervention militaire étrangère, de toute ingérence US dans le pays. La « communauté internationale » divisée quand à savoir si Maduro doit dégager ou non, est, elle aussi, d'accord dans son ensemble, à quelques rares exceptions près : les problèmes du Venezuela doivent se régler pacifiquement, et toute intervention militaire US ou proxy est exclue.

Pourtant le bulldozer de l'intervention militaire US avance inexorablement, et rien ne semble pouvoir la détenir.

Trump s'est entouré, pour « résoudre » le problème de l'Amérique Latine,  d'une clique d'assassins patentés, dont certains (Abrams, Cruz) ont acquit leur expérience de soumission des peuples à la domination US pendant la période des dictatures;. Experts en meurtres sélectifs, en torture, en disparitions forcées et escadrons de la Mort, experts en Terreur qui brise les Peuples, ils exercent aujourd'hui leurs talents contre le peuple rebelle (ou non) du Venezuela.

Que la gestion de Maduro soit une catastrophe, je n'ai aucun doute à ce sujet. Que les réseaux d'approvisionnement en électricité, en eau sont dans un état déplorable, chaque jour, ces dernières années, le confirme des dizaines de protestations de voisins de tout le pays qui vivent ces coupures d'électricité récurrentes, qui parfois pendant des mois n'ont pas d'accès à l'eau potable, c'est un fait. Mais le grand Apagón (coupure d'électricité qui affecte également la distribution de l'eau) soit une recette assassine made in USA, me semble plus que plausible : la recette annoncée pour la suite des événements par Bolton et autres Abrams consiste à créer les conditions d'une révolte du peuple contre Maduro en produisant pour ce peuple les conditions d'une lente agonie. Capables du fait, qui en doute ? Logique dans le programme de déstabilisation en cours. Et cela c'est insupportable.

Maduro a été réélu président avec 30% de soutien. Quelques 6 millions de voix d'un corps électoral de 20 millions d'inscrits. Guaido est membre de Volontad Populaire, un parti minoritaire de l'extrême droite dont la population a déjà rejeté les méthodes de déstabilisations violentes qui l'affecte dans son ensemble, sans distinction d'opinion. Il se vante d'avoir 90% du peuple derrière lui, alors que si 20% le suivent, c'est beaucoup En moins de 2 mois, il a réussi à perdre son potentiel de popularité. Il n'est que trop évident qu'il est un pion des USA et que sa mission est de créer le condition d'une" intervention humanitaire" ou de "devoir de protéger" dans le pays.

Et comme il est complètement stupide, il annonce clairement la couleur : « Les morts (de son coup d'état) ne sont pas un coût pour nous, ils sont un investissement dans le futur. » Aller dire cela aux familles des investis... si possible des indigènes ou des gamins «des quartiers les plus pauvres, où l'ont retrouve cette terrible déliquescence des jeunes qui sévit dans une grande partie de l'Amérique (USA compris). Des enfants sont armés souvent dès l'âge de 12 ans, parfois d'armes lourdes, le seul apprentissage qui leur est offert est celui de la mort. Las Pandillas et autres Maras, sont aussi au départ un phénomène promu depuis les USA pour déstabiliser l'Amérique Latine afin de mieux pouvoir la piller. Ces gamins l'opposition les arment en ce moment, (selon différentes sources avec des armes de guerre) en vue d'une intensification des processus de déstabilisation. Maduro et cie arment eux aussi des civiles. Les conditions d'un carnage se mettent en place.

« Avant d'écouter ce que les gens disent, regardez ce qu'ils font »... la protection humanitaire des USA assure souvent à ses protégés la plus grande des stabilités : la mort. Plonger des peuples dans une lente agonie, ils sont experts, ils ont au cours du temps et de multiples interventions de déstabilisations dans le monde perfectionné la méthode avec un sadisme consommé. S'il y a bien un métier à création d'emplois permanente aux USA, c'est celui de tortionnaire aux Ordres du Pouvoir des Corporations dont la sécurité des Biens et Intérêts motivet les guerres US, militaires, armées privées, paramilitaires ou cartels, en fonction de la stratégie du moment alors que pour les jeunes psychologues qui voudraient faire une belle carrière, la voie est tracée, devenir Maître en « Art d'infliger la souffrance » est un créneau prometteur. Souffrance individuelle, souffrance collective pour les peuples chez qui il faut détruire toute capacité de rébellion ultérieure. Avec le Venezuela, ils ont affaire à forte partie, nulle doute que leurs méthodes seront à la hauteur du défi.

C'est insupportable !

La guerre économique est une réalité qui affecte la vie de la population, l'incompétence du gouvernement aggrave les choses. Pour tous ceux qui s’obstinent à ne vouloir voir qu'un responsable de la tragique situation actuelle : torts partagés.

Maduro a bien donné un coup de timon. Mais il l'a fait en trahissant son serment « Comuna ou nada », « la Commune ou rien ». Au lieu de développer les conditions du pouvoir populaire, il l'a confisqué et à mis en place un régime de centralisme-démocratique, dans la plus pure tradition Mao-Stal. Les informations circulent du bas vers le haut de la hiérarchie du Parti, les ordres viennent d'en-haut. Nous savons qu'au cours de son histoire à géométrie variable, la démocratie s'est appliquée à des catégories plus ou moins restreintes de citoyens, les habitants d'un territoire qui disposent du « Droit de Cité ». Pour Maduro comme dans la Chine de Mao, les citoyens sont ceux qui lui rendent un culte de personnalité, qui adhèrent inconditionnellement à la « Vérité du Parti », les autres au mieux des inutiles gênants; au pire, une catégorie qui ne cesse de trouver de nouvelles victimes de la vindicte du pouvoir : des Traîtres à la Patrie.

Comme Xi Jinping a qui il a fait officiellement allégeance, il est un héritier de Mao, seulement voilà, il est beaucoup moins intelligent que Xi et perdu dans les contradictions de sa duplicité : construire un régime totalitaire tout en tenant un discours de « pouvoir populaire »... socialisme est un concept dont l'Histoire nous a appris qu'il pouvait être accommodé de bien des manières, y compris les plus objectivement fascistes d'entre elles, comme le nazisme ou l'actuel modèle chinois. « Pour le peuple des droits économiques, pas de droits politiques » dit Xi.

« Si o Si » fascisme de l'ultradroite ou fascisme de l'ultragauche, pour le peuple le résultat est le même, une intolérable souffrance.

Mao dansait à Shangaï alors que 20 à 50 millions de chinois mourraient des conséquences de ses choix erronés, la Grande Famine fut le résultat du Grand Bond en avant, qui a échoué également à industrialiser le pays. Lui aussi niait la réalité de l'agonie de millions de paysans. Maduro danse à Caracas, pendant que le peuple s'entre-déchire aux frontières. Au moment même où son Ministre Bernal nous dit que de vieilles dames de la milice populaire ce sont vaillamment battues aux côtés de l'armée, sous le feu croisé des balles contre un ennemi dix foix supérieur en nombre ! Lui aussi nie la réalité de la crise humanitaire bien réelle qui affecte le pays. Mais danser pendant que le peuple s'entre-déchire pour lui conserver le Pouvoir ?

Le Venezuela est un terrain fertile pour qui voudrait analyser les contradictions de gauche qui ont conduit à son atomisation, suivie d'une dissolution dont elle ne s'est jamais remise, un processus bien connu en Europe. En quelques années, en observant ce qui se produisait au Venezuela depuis la mort de Chavez, j'ai revécu la crise des années 7O, quand la gauche européenne, qui malgré ces divergences, formait une grande famille capable de s'unir contre un ennemi commun est devenue le champ des zizanies internes qui l'ont rendu inefficiente.

Le mois dernier, à Miami, Trump a lancé sa grande croisade contre le Socialo-communisme international. Un climat de chasse au sorcière, alimentée par une intense diffusion de propagande rallie les adeptes de l'éradication de la gauche, requalifiée de peste, dans le monde. Xi Jinping sa propre croisade, son rêve pour le monde, un Nouvel Ordre Mondial, sous hégémonie chinoise. Tout un programme de « rééducation » des consciences et de maîtrise des ressources de la planète dont les chinois seraient les bénéficiaires privilégiés. Encore une fois, un sujet bien mieux documenté en espagnol qu'en français. En tout cas en ce qui concerne la meilleure des sources, les déclarations de Xi en personne.

Le problème auquel je dois faire face, comment - au milieu des experts qui débattent du Venezuela en s'apprêtant à compter les morts des deux camps comme autant de victoires, d'investissement de part et d'autre pour des projets de monde que refusent la majorité des habitants de la planète – faire entendre les voix multiples du peuple du Venezuela qui ne soutient ni Guaido, ni Maduro et qui est le grand oublié des débats qui se tiennent à son sujet ? C'est un problème récurrent. On peut observer le même phénomène partout dans le monde, des options politiciennes désavouées par les peuples s'imposent alors qu'inexorablement TINA « There is no alternative » au Nouvel Ordre Mondial avance contre la volonté de la majorité des habitants de la planète.

Poutine, comme Xi, l'a affirmé dans ses discours de politique étrangère. Il souscrit totalement au principe de l'établissement d'un Nouvel Ordre Mondial, mais il souhaite que sa mise en œuvre soit plus « raisonnable » que celle appliquée par les USA. Je pense que contrairement à Xi, il n'a pas les moyens de se porter candidat à l'hégémonie. Son combat est celui d'un partage équitable des marchés entre Corporations Russes, Chinoises et US. Pour chacune de ces versions de l'Ordre, les peuples sont des réservoirs de main d’œuvre et des créateurs de richesses, qui ne leurs sont destinées que dans la mesure où cela favorise la Paix Sociale et la Productivité. Des miettes. Chacun de ces projets aussi implique la création d'une catégorie de citoyens privilégiés qui reçoivent de belles miettes du gâteau terre, alors que le reste de la population est réduite à un statut d'infra-humanité. C'est un raccourci, mais on peut le voir aux USA par exemple, avec les dizaines de milliers de fois où se reproduit cette scène horrible, des personnes agonisent dans les affres du manque crée par de nouvelle drogues pharmaceutiques, héroïne X 10, au milieu des tentes et autres abris de fortune qui sont devenus le mode de vie de la population sans cesse croissante des sans abris, parmi laquelle on retrouve plus de 50 000 vétérans.

Si le socialisme réel a été un échec, le capitalisme ne vaut pas mieux. Un des travail de sape de la conscience populaire menée par la CIA et agences apparentées dans le monde a été de créer une polarisation des peuples qui conduit à la guerre entre voisins, à la guerre entre frères, pendant que les Maîtres accaparent les ressources du pays. Il fallait aussi rendre toute existence d'une Europe forte et unie impossible, l'Europe comme annexe des lobbyistes de Washington, chargée d'ouvrir de nouveaux marchés pour les Transnationales US. Pourtant face à la crise du Venezuela l'Europe ébauche une position indépendante et rebelle : pas d'intervention militaire; Pour le Venezuela il faut une solution pacifique. Ce qui lui a valu d'être déclarée par Trump, ennemie des USA. Va-t-on changer de maîtres, de satellite des USA à subordonnés de la Russie ou vassaux de la Chine ? Notre sort est intimement liés à celui de l'Amérique Latine, dont le potentiel et la pratique de Résistance et l'intelligence collective sont à présent bien plus vitaux, énergiques que les nôtres.

C'est cela aussi, le Nouvel Ordre Mondial, une interdépendance accrue entre chaque point du globe, une interdépendance centralisée dont le programme 5G représente le modèle le plus aboutit, antennes, relais et caméras intelligente partout, C'est la Chine qui domine ce Marché qui a pour enjeu le contrôle du monde. On attendait Big Brother, c'est Big Sister qui se pointe encore bien plus redoutable, issue d'un pays où le lavage de cerveau est une pratique de masse, fruit d'une déjà longue expérience.

Le Venezuela pourrait devenir un modèle de résistance. Pas de quoi se réjouir cependant, parce qu'il le paye très cher en terme de souffrance, infligée volontairement par tout ceux qui veulent le réduire à une masse soumise, Maduro, Guaido, les USA ou la Chine - qui en a déjà accaparé les ressources, l'usure chinoise bénéficie de l'expérience du Plan Marshall et autres USAID : Comment s'approprier un pays en l'amenant à s'endetter au-delà de ses capacités de remboursement, tout en jouant les gentils bienveillants. Tous sont d'ores et déjà les bourreaux du Venezuela.

Voilà pourquoi, bien que je suive attentivement le déroulement des événements, j'ai du mal à les rapporter. Cela n'a rien de réjouissant. Je ne veux pas compter les points, personnes sacrifiées pour l'intérêt d'autrui. La question aujourd'hui est au Venezuela comme ailleurs : Comment unir les populations qui sont les victimes d'intérêts impérialistes de toutes parts ? Comment construire leur (notre) statut de sujet politique (souveraineté populaire) à part entière ?

La réponse au Venezuela, je la trouve dans les Communes. Pas celles socialistes placées sous la domination du Parti, mais dans toutes ces expériences communales spontanées, vivantes et pleines d'espoir, quand des voisins s'organisent pour se donner ensemble les moyens de vivre au mieux, de résister ensemble aux effets de la crise. C'est le premier sourire depuis le début de ce texte, je vois les voisins de barrios de Caracas qui organisent la distribution de l'eau, les familles paysannes qui reprennent les terres oisives de l'état et leurs installations vandalisées, des projets initiés au temps de Chavez que Maduro a littéralement saboté, destruction de l'agriculture paysanne au profit d'une agro-industrie qui comme tout ce qu'il a initié est résolument improductive. Là oui, je vois de belles personnes, pleines de détermination, sourire aux lèvres et manches retroussées œuvrer ensemble pour le Bien Commun. Et elles, me donnent envie de continuer malgré la tentation du désespoir, a relayer à la mesure de mes petits moyens le combat du peuple du Venezuela pour son droit à l'autodétermination. Cela ne se joue pas qu'avec des armes, cela se joue dans l'efficacité d'un quartier d'une commune où les voisins organisent la distributions de l'eau, source première de la vie. Un problème auquel nous risquons d'avoir à faire face au cours des décennies qui viennent. L'ONU met en garde, d'ici à 2030, ce sont 60 à 90% de la population mondiale qui sont menacés de manque d'eau potable.

Dans le dilemme priorité à l'Agriculture Paysanne ou Industrialisation, pays en état de Souveraineté Alimentaire ou Grande Puissance affamée,  on retrouve également un parallèle avec l'histoire maoïste de la Chine, réforme et contre-réforme agraire, jusqu'à la stérilisation des campagnes.

Quand même, avant de vouloir construire une grande puissance, établir les conditions de la Souveraineté Alimentaire est une priorité. Tout était en place pour y parvenir au Venezuela quand Chavez est mort. Tout a été détruit ou abandonné, par les choix de Maduro. Un peuple qui se donne les moyens de bien manger, ne dépend plus d'une aide de l'état qui le rend docile. Souveraineté alimentaire et souveraineté populaire vont de paire. La première chose que les USA se sont attaché à détruire en Europe, c'est l'agriculture paysanne nous livrant au bon vouloir des multinationales et de leur Super Marché. Qui détient la nourriture détient le pouvoir...

Le Venezuela est le point focal d'enjeux planétaires, Nouvel Ordre Mondial à toutes les sauces ou Souveraineté Populaire. Que va faire la Chine, dont les "investissements" au Venezuela sont menacés par la reprise en main US, ce qui ferait reculer irrémédiablement leur avancée triomphale, vitesse TGV, vers l'hégémonie mondiale ?  Des enjeux qui nous concernent.

 

Anne W

 

 

 

 

 

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 16:20

Les coulisses de l'Histoire | Mao, le père indigne de la Chine moderne | ARTE

Après Le monde selon Xi Jinping, un rappel de la Chine de Mao dont Xi est, aussi, l’héritier. Les USA sont en pleine décadence, et du coup, toujours plus imprévisibles et ravageurs, dans leur volonté à présent absurde, de s’accrocher à l’hégémonie mondiale. La Chine est la puissance montante. Celle qui affiche ouvertement sa volonté de prendre la tête de l’hégémonie mondiale et de diriger le destin de l’humanité. Elle conquiert du terrain sur le goban-planète, à grande vitesse, dans toutes les directions et utilise une propagande (soft power) faite sur mesure pour conquérir les cœurs et les esprits. Et beaucoup, étrangement s’y laissent prendre. Pourtant chaque jour des échos des pratiques chinoises démentent les beaux discours.

Pour comprendre la Chine de Xi, son rêve pour le monde, il faut revisiter la Chine de Mao, la démythifier.

Pour Xi « le développement économique doit d’abord passer par le totalitarisme et la stabilité, les progrès sociaux et les progrès politiques doivent venir plus tard. » Il est fier d’avoir produit une version revue et corrigée, bien plus efficiente, du projet de Nouvel Ordre Mondial version occidentale. C’est facile, il ne doit pas, lui, sauver les apparences de la démocratie, son système n’a que faire de ce concept. Et nous ?

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 15:12

Il y a des bugs parfois dans les vidéos, ici devrait être: Moscou milliardaires et SDF (https://youtu.be/Ozjkk4rYZWc ) //youtu.be/Ozjkk4rYZWc

Que savons-nous vraiment de la Russie sous Poutine ?

 

S’il n’y a plus aucun doute, les USA sont dirigés par quelques Corporations, dans leur propre intérêt ; que savons-nous de ces nouveaux riches russes, qui voient eux aussi le monde comme Marché à conquérir, les peuples comme main d’œuvre a exploiter ou les habitants des terres aux riches ressources qu’ils s’approprient, comme une gène, un problème dont il faut se débarrasser.

 

Que savons-nous des alliances souterraines entre les mouvements fascistes que dirigent les Corporations aux USA comme en Russie ?

 

S’il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est que les dirigeants des Corporations, Russes ou US, sont bien plus proches entre eux qu’ils ne le sont des peuples qu’ils asservissent. Il y a de plus ou moins bons maîtres ? Ils partagent des mêmes valeurs, des mêmes ambitions, la même futilité. Quand ils se bagarrent, c’est pour des parts du gâteau Terre, et quand éclatent leurs guerres, ils sont bien à l’abri. Les morts autant de sacrifices sur l’autel du Profit. Autant d’investissements jamais trop coûteux à leurs yeux. La vérité, c’est que les morts, les blessés, les souffrances des peuples, ils s’en fichent.

 

Et si toute cette agitation de la menace nucléaire n’était qu’un jeu sadique pour nous rendre dociles, prêts à tous les compromis pour mettre un terme à la menace atomique ? Pendant que les tordus des sommets se partagent le monde, sans que nous n’en sachions rien.

 

Un rapprochement de l’Europe avec la Russie dans la décennie à venir est dans l’ordre du possible. Mais cette Europe, si différente, si éloignée des peuples qu’elle dirige, ne ferait que changer de maître.

 

Anne

 

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 14:08
L'aide humanitaire de l'USAID pour le Venezuela débarque à Cucuta

L'aide humanitaire de l'USAID pour le Venezuela débarque à Cucuta


 

Les camions de charité de l'USAID destinés au Venezuela stationnent encore à la frontière avec la Colombie, pendant que Donald Trump, l'homme qui personnifie la solidarité, menace le pays Sud-Américain d'une attaque militaire : il veut que les milliers de vénézuéliens qui mourront sous l'impact des bombes et des balles, meurent le ventre plein des galettes qu'il n'a pu vendre sur le marché des pays développés, peut-être à cause de l'utilisation de semences génétiquement modifiées, où parce qu'elles avaient atteint les limites de péremption.

L'Agence des USA pour le Développement International (USAID) a été créée en 1961 dans le but d’élargir le « Plan Marshal » aux pays d’importance stratégique dans le monde, en canalisant leurs politiques pour :

1) empêcher que les forces communistes – qui s'étaient renforcées en mettant en déroute le fascisme pendant la Seconde Guerre Mondiale – prennent le pouvoir

2) ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises des USA.


 

Le lien entre USAID et l'Office de Sécurité Publique, alors dirigé par un agent de la CIA, Byron Engel, ont été reconduits année après année : en 2015 Barack Obama nomma à la directrice du Conseil de Sécurité National de la Maison Blanche Gayle Smithi comme directrice de l'Agence.

D'après WikiLeaks, entre 2004 et 2006, l'USAID a réalisé différentes actions au Venezuela et une donation de 15 millions de dollars à des dizaines d'organisations civiles, afin de mettre en œuvre la stratégie de l'ex-ambassadeur de Washington au Venezuela, William Browfield, qui consistait à provoquer une fracture du chavisme et à organiser les secteurs que mécontentaient les réformes du Parti Socialiste Unifié du Venezuela.ii


 

Les fonctions de l'USAID

1.Choisir le pays adéquat pour le projet élaboré par le Secrétariat d’état, et clairement, ce ne sont pas toujours ceux qui ont le plus besoin « d’aide au développement ». Ensuite, l'agence doit décider quels secteurs elle va impliquer, bien que ses préférences aillent à l’énergie, l'éducation, la santé, la sécurité et l'agriculture. Dans ce dernier domaine, elle a pour habitude de substituer à la production de culture alimentaire locale, des produits commerciaux. Ensuite, elle installe ses effectifs aux postes clés pour subvertir les économies locales. Et quand elle engage des personnes natives, c’est pour réduire celles qui seraient devenues militantes dans les partis politiques promouvant un changement fondamental, les réduisant à être au mieux, des gestionnaires de charité. En Irak colonisé, USAID a injecté l'économie néolibérale, imposé des privatisations massives, incluant une partie de l'industrie pétrolière, et obligé la théocratie fantoche a acheter les semences génétiquement modifiées de Monsanto. Au Pérou, l'Agence a donné 35 millions de dollars dans les années 1990 pour la campagne de Alberto Fujimori, dont les mesures économiques ont noyé le pays dans la misère. La solution du protégé de USAID ne fut pas de réduire la pauvreté, mais bien plutôt les pauvres : Fujimori a [avec la complicité de l’USAID] soumis à la stérilisation forcée 300 000 femmes indigènes.iii

2.Affaiblir voir éliminer les institutions du pays récepteur, en créant des réseaux et entités parallèles, promouvant la dénationalisation de secteurs fondamentaux en faveur de la gestion d'« entrepreneurs ». Il est clair que l'intérêt de la bourgeoisie des USA n'était pas dans l'autosuffisance des pays, que bien du contraire. iv


 

3.Faciliter pour la CIA, « l'implantation de ses hommes dans les pays d’importance stratégique  dans le monde entier », affirme l'ex correspondant du New York Times AJ Langguth. De fait, le budget de l'USAID fait partie du financement occulte des agences de renseignements des USA.v
4.Renforcer la domination des USA sur les finances mondiales.vi En Inde, pays otage de la Chine selon Washington, l'USAID en coordination avec le gouvernement d'ultradroite de Narendra Modi a implanté la « digitalisation de l'économie », obligeant des dizaines de millions de personnes des classes les plus défavorisées du pays à abandonner les payements en effectif en faveur du digital, en leur laissant seulement un mois – novembre 2016 – pour rapporter leurs plus gros billets à la banque, alors que la majorité n'avaient même pas de compte en banque.
Qu'a réussit USAID ?
a)Servir les intérêts des Technologies de l’information (Ti), des prestataires de services de paiement et des compagnies de cartes de crédit MasterCard, Visa ainsi que la Fondation Bill Gates qui promit de donner en échange un généreux chèque de l’ONU.
b)Appauvrir les Indiens, en liquidant les économies de beaucoup de petits commerçants et producteurs, qui n'ont pas pu apporter leur argent à temps.
c)S’emparer des données des usagers
d)Réduire l'usage de la monnaie effective au niveau mondial, ce qui permis aux USA de renforcer le dollar usant de la prédominance de ses entreprises sur les finances internationales.
e)Surveiller le commerce global : de cette manière, Washington peut sanctionner par exemple, les compagnies qui travaillent avec l'Iran comme la chinoise Huawei.


5.Former les forces de répression d'un état, en les préparant pour démanteler la résistance de la population. L'homme de l'USAID en Uruguayvii, Dan Mitrione, donnait des cours dans les années 70 sur « l’art complexe de l'interrogatoire » et sur la façon de torturer les détenus en utilisant « en direct », comme cobayes humains, des hommes et des femmes sans abri. USAID, en collaboration avec les Bérets Verts et la CIA, est impliquée dans la torture, l'assassinat et la disparition de milliers d'hommes et de femmes progressistes au Guatemala, entraînant pour cette mission 30 000 policiers et groupes paramilitaires. Au Brésil, l'Office d'Initiatives de Transition (OTI), une entreprise sous contrat avec USAID s'est dédiée à déstabiliser les gouvernements non alliés, opérant de la même manière. Une de ses victimes était Dilma Roussef, détenue et torturée en tant qu'étudiante marxiste.

 

6.Créer des milliers de postes de travail dans les ONG étasuniennes et les doter d'énormes fonds publics et privés, au service des intérêts de donateurs comme Rockefeller, Soros, Gates, Ford y Omidyar, alors que les marchés s'ouvrent aux Corporations des USA. L'USAID, elle-même affirma qu’elle ramenait près de 80% des fonds investis dans cette organisation dans son pays.

Une fois que Bush et ses alliés eurent converti l'Irak en décombres à coups de mensonges en 2003, un des contractants de l'USAID « Creative Associates International Inc (CAII » s'adjugea un contrat pour une valeur de 157 millions de dollars destinés à acheter des tableaux et des craies pour les écoles qui avaient été détruites auparavant par les missiles étasuniens. Mais aussi, International Relief and Development (IRD) reçu 2,4 milliards de dollars dans le même but, de même que Halliburton et Betchel, entre autres.

En Afghanistan, débarqua le principal destinataire des aides des USA, des centaines d’ONGs occidentales « expertes en genre » pour « sauver les femmes ». USAID destina 216 millions de dollars en 2018 pour soutenir l’autonomisation de 75 000 femmes : selon l’inspecteur Général Spécial pour la Reconstruction de l’Afghanistan, ils furent utilisés pour une cinquantaine de femmes seulement, et l’argent des contributeurs partit en fumée. Il s'est passé quelque chose de similaire avec quelques autres 89,7 millions de dollars. L’inspecteur Arnold Fields, fut forcé à démissionner par le Congrès. La « Démocratisation de l’Afghanistan » dirigée par Bush-Cheney et 300 000 soldats de l'OTAN, plus les dizaines de milliers de la sous-traitante « Jihadiste » du Pentagone, en plus d'en finir avec la vie de près d'un millions d'Afghans et de provoquer la fuite de millions de familles loin de leurs foyers, a provoqué l'effacement de la mémoire historique de cette nation jusque dans les livres scolaires. Rares sont ceux qui rappellent que la République Démocratique d’Afghanistan (1978-1992), dirigée par les communistes, élimina l'usure, la culture de l'opium, légalisa les syndicats, établit une loi de salaire minimum, les conventions collectives, l'égalité entre l'homme et la femme. Ce qui permit que pour la première fois 40% des médecins soient des femmes, de même que 60% de professeures de l'Université de Kaboul. Le gouvernement déclara l'éducation gratuite et universelle, de même que la santé, doublant les lits des hôpitaux. Selon la Mission d'Assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA), le nombres des civiles morts ou blessés dans les attaques de l'OTAN en 2017 à augmenté de 50% par rapport à 2016, un tiers d'entre eux étaient des femmes, des petites filles, des petits garçons. Aujourd'hui, dans les écoles de l'USAID on n'apprend pas les valeurs de la collectivité, mais bien l'individualisme le plus pervers du « sauve qui peut »


 

7.Saper la résistance à l'Impérialisme et à ses dictatures alliées, dans les pays sous tension. En palliant à la faim de manière ponctuelle, et dans des moments spécifiques, avec une aumône, pour empêcher que la population s'organise pour exiger la justice sociale. En Égypte, tant pendant la période du régime de Mubarak, comme aujourd'hui sous le despotisme du général Al Sisi, Washington a obligé le Caire à lui acheter des armes alors que des milliers de personnes vivent dans les cimetières, pour ensuite envoyer l'USAID distribuer du pain dans les quartiers qui se sont levés lors du « Printemps » séquestré" de 2011, sapant la résistance. Ils ont fait pareil en Haïti : dans les quartiers où les travailleurs ont organisés des « soupes populaires» pour demander justice, l’USAID réparti des misérables sacs de nourriture, forgeant des loyautés : « tous baisent la main qui leur donne à manger », pense-t-elle.

8.Provoquer des protestations populaires contre les gouvernements qu’elle répudie , sous la bannière de la « Promotion de la Démocratie ». «USAID a été expulsée de Russie, des pays de l'ALBA (Bolivie, Équateur, Dominique, Nicaragua et Venezuela) et du Burkina Faso. Dans ce pays, le Président Thomas Sankara, le Che Guevara du Burkina Faso, fut mis en déroute par un coup d'état patronné par la France et assassiné en 1987 en châtiment de ses grandes mesures dirigées vers l'autosuffisance de la Nation. La Libye, qui était un des pays africains les plus développés, aujourd'hui est le meilleur exemple de ce type de « libération ».
 

9.Créer ses propres moyens de communication, apparemment dépolitisés (sportifs, musicaux, etc.) tout en envoyant des messages subliminaux au profit de l'économie de marché, du consumérisme, la non-solidarité, etc. Usaid, à travers de la OTI, introduisit à Cuba en 2010 un système de messagerie similaire à Twitter appelé ZunZuneo. Pendant qu'il compilait les données personnelle de centaines de milliers d'usager à travers leur mobile, il prétendait organiser la dissidence en réseau ainsi que dans la rue. Creative Associates International Inc. (CAII), un des autres sous-traitants de USAID patronna quelques jeunes rappeurs pour attraper la jeunesse.

10.Recevoir des subventions pour des destructions majeures pour cause de guerre : en mars 2017, les USA ont bombardé « par erreur » un édifice à Mossoul tuant 105 civiles irakiens : deux jours plus tôt l'USAID avait fait une demande de nouveaux subsides pour la reconstruction de l'Irak : « marchands de « guerre-reconstruction » ? « Pompiers pyromanes » ? Toute ressemblance avec « The Kid »,  le film dans lequel Charlie Chaplin vitrier incite son fils à rompre les fenêtres du voisinage pour en tirer profit en les leur remplaçant. est une pure coïncidence !


 

Si la guerre et la pauvreté n'étaient pas aussi rentables elles seraient interdites par la loi.

SourcePublico

Traduction Anne Wolff


 

J‘ai gardé les liens originaux du texte en espagnol et ajouté quelques références et notes de bas de page en français.

Un milliard de dollars investis chaque année dans des opérations d’ingérence USAID/CIA. Jean Guy Allard (2012)

L’USAID dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Par:José STEINSLEGER (2012)

 

i Gayle Smith, commence sa carrière au Service de la CIA au début des années 70. En 1991, Gayle Smith abandonna sa carrière de « journaliste » dans la Corne de l’Afrique et accéda rapidement (moins de 3 ans) au poste de chef de l’United States Agency for International Development (USAID). Décideuse effective de cette « agence d’aide» de l’administration US, qui brasse des milliards, elle a été responsable - entre autres scélératesses - de la nomination de plusieurs agents de la CIA qui utilisent l’USAID comme couverture pour diverses activités criminelles dans le reste du monde. De la guérilla au Bureau ovale : la vie criminelle de Gayle Smith

ii [Pour USAID]. Les lignes de séparations entre les programmes « d’assistance pour le développement » et « d’assistance militaire » se sont faites toujours plus diffuses. L’histoire « innocente » de l’USAID

iii - Les stérilisations forcées en Amérique latine

- « Au Pérou, les campagnes de stérilisation sont permises par un organisme nord-américain : l'US-AID (Agence Internationale de Développement). L'US-AID a aidé le gouvernement à planifier les campagnes, et a fourni une aide technique, avec le gouvernement anglais et l'UNFPA (organisme de l'ONU consacré à la population mondiale). Les campagnes de stérilisations forcées au Pérou

iv En Europe aussi nous avons bénéficié, nous bénéficions des démocratisations « Made in USA ». :Au début de l’année 1947, le Congrès vota un budget de 400 millions de dollars pour combattre le communisme, le président Harry Truman «employa cet argent ouvertement en Grèce et en Turquie, mais clandestinement en France et en Italie, par l’intermédiaire de la CIA, en vue d’apporter un soutien aux partis politiques démocratiques. […] Décidée à sauver la France d’un coup d’Etat communiste imminent, la CIA intervint pour aider à briser la grève, en choisissant le Parti socialiste pour gourdin. CIA et ingérence en France : briser le peuple en lutte

v Comme par exemple, Juan Guaido au Venezuela, un pur produit d’une société civile fabriquée par USAID. Ou au Paraguay, en 2012, avant le coup d’état Parlementaire qui va destituer arbitrairement le président Lugo :  « Tant parquet ou le Ministère Public que le pouvoir judiciaire et la Police Nationale, ainsi que divers autres organes de l’Etat du Paraguay sont contrôlés par le moyen des conventions de coopération de USAID, l’agence de coopération des Etats-Unis. » Paraguay : Monsanto, USAID et le renversement du gouvernement

 

vi««Les assassins financiers sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Ils dirigent d’argent de la Banque mondiale, de l’Agence américaine du développement international (US Agency for International Development – USAID) et d’autres organisations ‹humanitaires› vers les coffres de grandes compagnies et vers les poches de quelques familles richissimes qui contrôlent les ressources naturelles de la planète.» La haute finance, une nouvelle forme d’impérialisme

 

vii« Dans les années 1960, Washington a initié un programme d’entraînement sur dix ans pour la police de l’Uruguay, aidant à la faire passer d’une force faible et sous-financée à un instrument de répression efficace. » […] six mois après le début de ce programme, les responsables de USAID à Montevideo expliquèrent que « l’Uruguay avait bénéficié d’un état de sécurité relativement pacifique pendant de nombreuses années », et que « aucune menace active d’insurrection n’existe ». Dans la version 2012 de cette histoire, Panetta présente les trafiquants de drogue et les insurgés comme les deux dangers jumeaux qui nécessitent la réorganisation des escadrons de la police. Mais si le passé peut servir de guide, ces affirmations devraient rencontrer le plus grand scepticisme. «  Le nouveau plan du Pentagone pour affronter la marée rose en Amérique Latine

 

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 23:58

En cas de bug https://youtu.be/Kp6Y5rMhuVQ

 

Le reportage d’envoyé spécial (février 2019) nous emmène dans un monde de perdition. C’était donc cela le « Rêve américain » ?

Suicide collectif ? Assassinat en masse ?  Les drogues légales ou non transforment les USA en un grand mouroir. Le manque rend fou, sème d’incommensurables souffrances, provoque des violences quand plus rien d’autre ne compte que de trouver sa dose.

L’Europe est-elle menacée de suivre les USA dans cette chute libre en enfer ?

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 16:41
Pas de "liberté" CIA made in USA pour le Venezuela

Pas de "liberté" CIA made in USA pour le Venezuela

 

Après Eliott Abrams, un autre ingrédient de cette recette aux relents de terreur et de sang.

Juan Cruz a été nommé, en mai 2017, directeur pour les Affaires de l’Hémisphère Occidental (Amérique Latine en l’occurrence) du Conseil de Sécurité Nationale des États-Unis d’Amérique du Nord. Un travail qui consiste par exemple à coordonner les actions des différentes agences qui contribuent aux processus de déstabilisation au Venezuela. Après de longues années de travail sous couverture, pour l’agence, il avait été nommé directeur de la CIA pour l’Amérique Latine.

D’origine Portoricaine, il parle parfaitement l’espagnol et selon ses paires c’est un professionnel efficace, pragmatique qui a une grande pratique du terrain (AL) et quantité de contacts utiles.

 

Juan Cruz est un sinistre personnage, il a été longtemps un agent de l’ombre de la CIA en Amérique Latine. Il y a donc peu d’informations qui concernent son action précise. Mais nous savons à quoi il a participé. Et quand il on parle de la CIA, la question se pose immédiatement : Que va-t-on raconter, la version officielle ou la réalité qui de ce qui s’est déroulé, occulté par cette narration fictive ?

Par exemple : Juan Cruz a lutté contre le narcotrafic et l’insurrection de gauche en Colombie. Beaucoup le savent, il serait plus juste de dire que ce monsieur a participé à des opérations menées par les USA pour contrôler le narcotrafic en Colombie. Quand aux « insurrections de gauche » - quoiqu’on en pense par ailleurs, l’action de la CIA ne vise pas qu’elles. Ce prétexte a permis de brûler des villages entiers, de mettre sur les routes 8 millions de paysans déplacés pour faciliter la pénétration des corporations dans le pays. Le travail de la CIA en Colombie a contribué à faire du gouvernement ce pays, dévasté par plus d’un demi siècle de guerre et de terreur, un vassal docile des USA. Cruz était de la partie.

 

Pour comprendre le rôle joué par la CIA en Amérique Latine, on peut rappeler deux de ses mauvaises actions  : l’assassinat, en 1948, de Jorge Eliecer Gaitán Ayala, candidat à la présidence en Colombie et, le renversement de Juan Jacobo Árbenz Guzmán président du Guatemala en 1954.

Je connais mieux l’histoire de Árbenz. Ce n’était pas un communiste, loin de la, son projet, libéral, consistait entre autre, à développer dans le pays un capitalisme national, ce qui impliquait de reprendre le contrôle des ressources du pays investies par des intérêts colonialistes.

C’est exemple est éclairant : ce que visent les actions de la CIA en Amérique Latine, au-delà même de l’éviction de toutes les idéologies socialo-communistes, c’est toute velléité d’autodétermination nationale ou régionale, des projets qui ne peuvent se réaliser sans reprendre les ressources du pays, de la région,  des mains des corporations US qui se les sont appropriées. Dans le Guatemala d’Arbenz, c’est la culture des bananes qui était enjeu. La puissante United Fruit (devenue Chiquita depuis, pour cause de mauvaise réputation) ne voulait pas perdre cette source de profit. Elle ne voulait pas non plus d'un mauvais exemple qui risquait de faire des émules. La CIA est intervenue pour renverser Arbenz.

 

1948, 1954,… … … la CIA a une très longue histoire d’actions criminelles, d’actions déstabilisatrices en Amérique Latine, et en 2019, elle est toujours là, avec des actions de même sens et de même nature Leurs motivations n’ont pas changé, le but est que les Corporations US puissent recommencer ou continuer à se comporter en Propriétaires et Maîtres de la Région au détriment des populations locales. Pour le dire en clair :au prix de leur soumission, par la mort, le sang, la douleur. Encore aujourd’hui elles offrent souvent des conditions de travail similaires à celle de l’esclavage, et pour les dizaines de millions de « laissés pour compte » du capitalisme, l’errance des peuples déplacés de leurs terres, la mort ou une misère souvent pire que la mort. Qui a dit « crime de lèse-humanité » ? 

Pourtant en écoutant ce qui s’est dit à la Conférence du Groupe de Lima, lundi, à Bogota, j’ai remarqué deux tendances présentes à des degrés divers dans ce groupe de gouvernements ennemis de Maduro. De la plus pure vassalité (l’uribiste Duque de Colombie, Guaido lui-même) envers les USA jusqu’à une tendance libérale nationaliste qui refuse de se retrouver (entièrement) sous la coupe des USA. Ces deux tendances s’affrontent actuellement au sein du gouvernement brésilien, par exemple. Dans ce cas et lors du show humanitaire du 23F, c’est la tendance souveraineté nationale dont font partie le vice-président Mourão , général à la retraite et les militaires qui a gagné, contre le Président Bolsonaro dont la campagne s’ornait de portraits de Trump.

Il y a eu, à Bogota, un refus quasi unanime du viol de la souveraineté territoriale du Venezuela. Autrement dit le refus de l’intervention militaire du pays par une nation étrangère, la même posture que celle adoptée par l’Europe, qui avait mis Trump dans une telle colère qu’il avait illico déclaré l’Europe « ennemie des USA ». Un acte de rébellion ? Aux yeux de Trump, Mike Pence, Bolton,  certainement

 

On l’a vu avec Eliott Abrams et les Documents de Santa Fe, les gouvernements d’Amérique Latine se doivent d’être les antennes et les relais des USA dans leurs pays respectifs. Evo Morales, lors de sa première élection, a été très étonné de découvrir une porte dérobée dans le bureau présidentiel. Une porte qui menait droit dans les bureaux des conseillers étasuniens de la Présidence de Bolivie.

 

Ceci vous donne un peu la mesure du genre de travail que va devoir poursuivre, Juan Cruz au Venezuela et dans la région, pour convaincre (de gré ou de force) tout ce beau monde de plus en plus rétif quand il s’agit de se placer sous la domination des EU.

 

Exemple du travail de Cruz depuis son entrée dans ses hautes fonctions. Dans un article daté du 19 juillet 2017

« Juan Cruz a été un des personnages clé pour les sanction du gouvernement de Donald Trup contre le Venezuela. […] Parmi elles [celles qui consistent] à congeler des fonds pour qu’ils ne puissent être utilisés que par un nouveau gouvernement de transition au Venezuela. »

 

Et donc si Guaido a des airs de lapin sorti par surprise du chapeau magique de l’Oncle Sam, le rôle était écrit de longue date. Il fallait encore mettre au point une marionnette qui puisse l’interpréter.

Pas très bon en impro, Guaido accumule les gaffes dont celle scandaleuse qui a fait le tour des réseaux sociaux, son incroyable déclaration :

« Les morts ne sont pas un coût pour nous, ils sont un investissement dans le futur »

Voyons Juan ! ce sont des choses que l’on sait entre « nous », dont on parle éventuellement librement dans le cercle des initiés, mais qu’on ne dit pas à haute voix avec les caméras braquées et les micros qui transmettent vos paroles dans le monde entier.

La devinette du jour : c’est qui « nous » ?

 

Il semble que Juan Guaido « ya no sirve para nada » (ne sert déjà plus à rien). On voit l’étape suivante se profiler à l’horizon, ses petits camarades – avec leurs gros sabots - clament pour qui veut l’entendre que “La vie de Guaido est en danger et que Maduro est rendu par avance responsable de quoi que ce soit de mal qui pourrait lui arriver” et les plus audacieux d’ajouter, guillerets, que cela serait un motif tout trouvé pour une intervention étrangère musclée au Venezuela.

Et plus ils le disent, et plus cela pourrait leur rapporter gros, et moins Maduro a intérêt à ce qu’il arrive quoi que ce soit à Guaido. Mais c’est aussi la responsabilité de chacun de ne pas se faire avoir par d’aussi sordides et transparentes manipulations.

 

Selon Atilio Boron, Juan Cruz aurait été un des francs-tireurs de la CIA en AL. Il a donc également une précieuse connaissance de terrain de ce genre de pratique ainsi que des gens susceptibles de réaliser un assassinat sous faux drapeau. Abrams, Cruz et Pompeo et Gina Hespel… tous des experts en mauvais coups estampillés CIA.

Guaido annonce qu’il rentrera au Venezuela cette semaine, si j’étais Maduro, je lui offrirais un service de sécurité en béton armé.

 

C’était donc Juan Cruz, un autre des ingrédients de la recette de Trump pour l’Amérique Latine. Cela ne promet rien de bon.

Parce que pour les gens au cœur sensible, chaque mort de ces guerre injustes faites aux peuples qui luttent pour avoir le droit de s’autodéterminer, est une douleur qui s’ajoute à tant de douleurs déjà d’un deuil qui n’en finit plus.

 

Je regarde la vidéo un peu nunuche des enfants du Venezuela qui souhaitent un joyeux Noël au monde entier, je regarde ces petits choux, maladroits, touchants, de bonne volonté. Et je souhaite que rien de mauvais ne leur arrive.

 

Cela sert à quoi la politique, si ce n’est pas pour défendre leur droit au sourire, au rire de bon cœur, à l’insouciance de l’enfance.

 

 

Anne W

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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 16:19
L'aide humanitaire selon Eliott Abrams

L'aide humanitaire selon Eliott Abrams


 

Une donnée essentielle, manquante pour comprendre le comportement du gouvernement (Maduro) vénézuélien dans la conjoncture actuelle, c’est ce qui s’est dit lors des deux réunions (au moins) qui se sont tenues à New-York quand Jorge Arreaza, le Ministre des Affaires Étrangères de Maduro a rencontré Eliott Abrams, conseiller de Trump sur la question du Venezuela, ce même Abrams qui était présent à la fin de la semaine dernière, à Cucuta, où  il avait pris le commandement de l’opération de provocation et d’agression (aide humanitaire) organisée par Juan Guaido et ses disciples.

Il avait jusqu’ici sévit sous les présidence de Ronald Reagan et G.W. Bush, dont il sera « conseiller pour la sécurité nationale dans les stratégies de démocratie globale, il s’agit de « faire avancer la démocratie à l’étranger (comme la seconde guerre d’Irak, l’Opération Liberté irakienne qui devait amener la démocratie dans ce pays). Il a participé à l’élaboration du Projet pour Nouveau Siècle Américain et est administrateur de la NED.

Plus récemment il a été accusé d’organiser des opérations sous-couverture de déstabilisation, en complicité avec l’Arabie Saoudite, en Iran, au Liban et en Syrie.


 

Après avoir été condamné pour les crimes contre l’humanité qu’il avait commis en Amérique Centrale, en partie sous les ordre de G. H. Bush, en tant que directeur de la CIA, après avoir été amnistié par le même, après avoir sévit sous George W.il s’était retiré dans l’ombre, où Donald Trump est allé le chercher pour le remettre sur le devant de la scène de la déstabilisation de l’Amérique Latine.

Voici un résumé de son CV, la liste de ses mauvaises actions est trop longues pour en citer l’exhaustivité … Rappelez-vous, on choisit ses ingrédients en fonction de la recette qu’on se propose de préparer. Qu’Abrams soit l’ingrédient principal de la recette de Trump pour le Venezuela en dit long. Voici un aperçu de son amer saveur.

Il a sévit en tant que Sous-Secrétaire d’État aux pires moments des dictatures militaires, aux Honduras, Guatemala, Chili, Argentine, Paraguay alors que s’y commettaient les plus terribles crimes que la régions ait connu, des crimes commis sous égide des USA. Ensuite il fut le conseiller de sécurité de G. W. Bush pour les guerres d’Afghanistan et et d’Irak.

Il compte parmi les idéologues (avec la CIA, le colonel Oliver North, Roger Noriega, John Negroponte y John Bolton) qui ont rédigé les Documents de Santa Fe I et II (1980, 1986), dont le but était de freiner l’expansion du « communisme » en Amérique Latine, voici les points essentiels de ce programme :

- Installer des gouvernements proches des USA ayant des faibles capacité de gestion et dépendant des conseillers que les USA leur envoient.

- Promouvoir des Réformes économique néolibérales qui facilitent les investissements US et Européens en AL, ainsi que d’affaiblir les économies et entreprises locales, c’est le « consensus de Washington »

- Affaiblir la position des intellectuels de gauche ou critiques des USA et ouvrir des tribunes aux penseurs et politiques proches des USA, une position connue comme « populisme de droite »

- Se servir du narcotrafic pour intensifier la présence militaire US en AL et financer des groupes paramilitaires.

- Affaiblir les enracinements de la culture traditionnelle et des mouvements populaires de gauche

Ce programme prévoit aussi une introduction massive de la « culture » et des coutumes étasuniennes ainsi que le soutien de la propension des Évangéliques Fondamentalistes Étasuniens un mouvement qui travaille main dans la mains avec les sionistes Israéliens. (Aujourd’hui, à titre d’exemple : Bolsonaro et trente millions de Brésiliens sont évangéliques, Trump a été élu grâce à leur soutien. Bolsonaro a été baptisé en Israël, dans le Jourdain) en subsidiant leurs implantations afin de canaliser le militantisme du peuple vers l’activisme religieux. Entre 200 et 300 millions de dollars auraient été investis par les USA en AL à la fin des années 8O pour favoriser ce projet. Les courants évangéliques sont multiples, le mouvement évangélique fondamentaliste est le vecteur d’un nouveau fascisme, il est dangereusement sous estimée en Europe et pourtant ils sont là, et ils gagnent du terrain.

Un des candidat de la dernière élection présidentielle contestée au Venezuela est un évangélique. Et Maduro leur fait de la lèche (une vidéo absolument ridicule en témoigne) parce qu’ils représentent une partie significative de l’électorat au Venezuela et dans toute l’Amérique Latine.

A Bruxelles leurs Centres se multiplient…

De nouveaux documents de Santa Fe seront publiés au début de ce siècle pour adapter le programme et mettre un terme à la question Chavez .

Une petite remarque, ils n’ont pas fait autre chose en Europe. Sauf en ce qui concerne le narcotrafic et le fait qu’ici ce sont nos entreprises qu’ils ont affaiblies pour imposer leur Transnationales.

Eliott A. est un spécialiste des opérations sous couverture et un des organisateurs de l’opération dite Iran-Contras dirigé contre le gouvernement sandiniste et autre mouvements de gauches de l’Amérique Centrale au début des années 80. Le Colonel Oliver North négocia avec le chef du Cartel de Medellin, Pablo Escobar l’achat de plusieurs tonnes de cocaïne, dont la vente (principalement aux USA, et on se demande pourquoi la population étasunienne est décimée par les overdoses aujourd’hui, la racine du mal est ici) a servi à financer les Opérations Contre Révolutionnaires en Amérique Centrale en permettant d’engager une armée de mercenaires, de créer des escadrons de la mort, de former des tortionnaires , équipes de choc qui ont martyrisé la Résistance Latino de l’époque et entraîner un mouvement de diaspora de la gauche latino.

Il faut savoir aussi qu’un des coups de maître de cette opération armes contre drogue a été de démobilisé une partie des Luttes pour les Droits Civiques aux USA en arrosant de drogue les quartiers chauds. Et j’ai pu constater le même phénomène en Europe, nous étions une génération militante, la suivante cherchait à soulager les affres du manque sans plus s’occuper de politique. Il n’y a pas que cela qui a signifié la fin de la gauche européenne, mais cela a joué un grand rôle en démobilisant une grande partie de la jeunesse traditionnellement militante.

On peut retrouver ce parcours de la drogue de Colombie vers les USA, dans les documents relatif au procès de Eliott Abrams (commission Kerry), un procès dans lequel il a reconnu sa culpabilité, sans avoir cependant à en souffrir les conséquences. On remarquera que lors du premier coup d’état réussi des USA au Honduras en 2009 (administration Obama), on retrouve un autre compère de la même joyeuse équipe, John Negroponte. Ceux qui poussent des grands cris et crient au Conspirationnisme dès qu’on leur fait remarquer que certaines continuité de l’histoire ressemble à un programme qui se poursuit depuis des décennies, feraient bien de se pencher de plus près sur l’histoire de l’Amérique Latine et la présence récurrente des mêmes acteurs, dans tous les coups pourris, dans toutes les guerre sales, indépendamment de l’alternance des gouvernements.

Un autre acteur récurrent de cette sale histoire est le vétéran de la CIA, Juan Cruz, un autre assassin de l’Amérique Latine, déjà valorisé par l’administration Obama, dont je vous en parlerai une autre fois.

Je pense qu’on peut se référer aux document de Santa Fe pour avoir les grandes lignes du plan de Trump pour l’Amérique Latine, sauf que le « Cette fois nous irons jusqu’au bout » martelé et repris en chœur par son équipe sonne comme l’annonce d’une Solution Finale. La fin de la question de la gauche et de la question indigène par l’éradication des militants et des peuples originaires. Les partisans de cette équipe fasciste le répète à longueur de commentaires sur les sites où ils crachent leur venin. « On va tous les tuer, les communistes et les Indios », quand aux afro-descendants, il est question soit d’en tuer un maximum ou de les renvoyer chez eux, en Afrique.

Mais je leur dit...ce n’est pas gagné, loin de là…

Et j’ajoute pour terminer, que leur histoire est faite de toutes les défaites qu’ils ont subies pour avoir sous estimé les ennemis qu’ils se fabriquent, les considérant systématiquement comme des sous-hommes, voir des pas-tout-à-fait-humains. Alors qu’en vérité l’humanité c’est nous, et que tous ces salauds se sont, par leur idéologie, leurs choix leurs actions, mis à l’écart du genre humain : déshumanisés. Ils croyaient rencontrer dans « le Russe » l’ivrogne d’Eltsine et sa vodka, ils se sont retrouvés face à Poutine et ne s’en remettent pas…. Cela arrive tout le temps.


 

Anne W

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