28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 23:46

 

 

 


Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. Les obus pleuvent et s'écrasent dans un bruit assourdissant, fauchant des vies sans demander l'âge ni l'identité de leurs victimes.

Devant le drame de Homs, on ne peut qu'éprouver rage et colère à l'encontre du président syrien, de son parti et de son armée.

Mais ce camp aujourd'hui en pleine offensive après avoir été totalement débordé par la violence terroriste (1), est-il le seul à blâmer ? L'Armée syrienne libre (ASL) qui, depuis des mois, tient des quartiers entiers en otage, entraînant une partie de la population dans une aventure militaire incertaine n'est-elle pas autant responsable de cette tragédie ? Début novembre, le régime de Damas avait promis une amnistie à tous les insurgés qui rendraient leurs armes pour autant qu'ils n’aient pas de sang sur les mains. Si l'on peut légitimement douter de la bonne foi du régime, rappelons-nous tout de même que ce type d'engagement gouvernemental a été respecté et même validé par les observateurs de la Ligue arabe (2). Au lendemain de cette promesse d'amnistie, la porte-parole du Département d’Etat américain Victoria Nuland avait appelé les insurgés à ne pas rendre les armes. Par leur soutien affirmé au terrorisme et au chaos, les États-Unis n’ont-ils pas mis de l’huile sur le feu ? Quant à la stratégie de ces rebelles fanatiques qui espéraient, comme en Libye, un appui aérien de l'OTAN pour poursuivre leur avancée vers la capitale et entraîner la chute du régime à tout prix n'est-elle pas insensée sinon criminelle vis-à-vis des millions de victimes potentielles ? Que dire aussi des actes terroristes commis par ces mêmes rebelles ? A Homs, ils ont procédé à une véritable épuration ethnique, chassant et liquidant chrétiens, alaouites ou sunnites pro-régime des quartiers qu'ils contrôlent. N’allez pas croire que notre grande presse va émettre un soupçon de reproches aux terroristes sectaires qui se servent de boucliers humains. Que nenni, quand il s'agit de défendre Israël et d'affaiblir l'Iran, l’ASL et ses bataillons salafistes parrainés par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Courant du futur des Hariri et Al Qaida, sont les meilleurs alliés donc forcément de gentils militants pro-démocratie.

Le 28 janvier, nous avons tous été bouleversés par les images du massacre d'une famille sunnite à Nasihine, femme, enfants et bébés inclus. Dans ce quartier de Homs, ce jour-là, douze innocents, douze membres de la famille Bahader, ont été froidement assassinés. Sans la moindre preuve, le reporter photo du journal Le Monde répondant du pseudonyme de Mani avait mis ce crime horrible sur le compte des milices loyalistes recrutées, dit-on, parmi les alaouites. Le lendemain, on apprit que cette famille sunnite était en fait devenue la cible des rebelles parce qu'elle « collaborait avec le régime ». En fait, Abdel Ghani, le père de famille était un fonctionnaire du gouvernorat de Homs. Un homme sans histoires. Lui et son frère Ghazouan qui est un chauffeur attaché au même gouvernorat, avaient reçu de nombreuses menaces de mort de la part des rebelles. Abdel Ghani souhaitait déménager pour éviter toutes représailles de la part de l'ASL qui voulait l'enrôler de force. Mais la barbarie terroriste l'attendit au tournant, lui et sa famille.

Le 23 février, un groupe armé commit un nouveau massacre d'innocents. Quartier visé : al-Arman al-Janoubi à Homs. Les victimes : un couple et leurs quatre enfants. Les terroristes ont d'abord ligoté Mohamed Ryad Darwich, sa femme et ses enfants avant de les torturer à coups de poignards. Les victimes ont été mutilées méthodiquement par des tortionnaires qui ont poussé le vice jusqu'à écrire des mots sur leurs corps à l'aide de leurs poignards. Ils ont ensuite mis le feu à la maison de cette famille. Entre le massacre des familles Bahader et Darwich, on ne compte plus les exécutions sommaires perpétrées par les terroristes. Des centaines de civils et de militaires pro-régime ont subi le même sort. Ces événements et bien d'autres encore témoignent de ce que l'horreur ne se trouve pas dans un seul et même camp.

Tout ça pour ça ?

Peu d'analystes s'interrogent sur les réelles motivations des rebelles. Se rebeller, c'est bien. Encore faut-il avoir une raison valable, une réelle alternative démocratique et utiliser les moyens adéquats pour y parvenir. Nous savons toutes et tous que les rebelles veulent renverser le régime. Ce programme aurait été légitime s'il eut obtenu la confiance de la majorité des Syriens. Or, des millions de citoyens aspirent à une démocratisation dans le cadre du régime actuel. Ils l'ont maintes fois exprimé lors de manifestations monstre ou du référendum constitutionnel du 26 février 2012. En effet, 89,4 % de votants soit près de 7,5 millions des 14.589.954 inscrits sur les listes électorales ont approuvé la nouvelle Constitution syrienne qui abolit la suprématie du parti Baas « sur l’Etat et la société ». Malgré cette réalité, l’intransigeance des insurgés est totale. Ils excluent ainsi tout compromis, toute négociation, toute réforme et tout règlement politique. Seule une élimination radicale du régime baassiste qui revendique pourtant près de deux millions de membres pourra les satisfaire. Aux insurgés djihadistes, il faut tout, tout de suite. Qu’importe pour eux que la majorité des Chrétiens, des Druzes, des Alaouites, des Arméniens, des Sunnites kurdes ou arabes ne les suivent pas. Devant leur empressement, je ne peux m'empêcher de penser aux rebelles colombiens qui résistent depuis près de 50 ans envers et contre tout. Ces insurgés là n'ont droit à aucune compassion de la part de « nos » armées philanthropiques. Le sol de leurs jungles et de leurs montagnes regorgent pourtant de cadavres, celui de dizaines de milliers de syndicalistes, de paysans, de femmes et d'enfants assassinés par les escadrons de la mort agissant pour le compte de « nos » gouvernements. D'autres mouvements de libération résistent à la tyrannie, seuls dans leur maquis. Depuis des lunes. Comme les Tigres de l'Eelam Tamoul. Leur encerclement et leur anéantissement par l’armée sri-lankaise en 2009 n’a pas suscité l’indignation internationale que nous connaissons depuis des mois en faveur de l'ASL. Nos rebelles syriens, eux, veulent la victoire illico. Servie sur un plateau d'argent. De préférence avec show laser dans le ciel nocturne de Damas et d'Alep. « Déroulez-nous le tapis de bombes » martèlent-ils à leurs amis atlantistes et wahhabites.

Et pour faire quoi messieurs ? Une fois installés au pouvoir, le Conseil national syrien (CNS) alias « Conseil d'Istanbul » et l'Armée syrienne libre (ASL) prendront la courageuse décision de rompre le lien Damas-Téhéran. Ils souhaiteraient également couper les ponts avec les patriotes libanais rassemblés autour du Hezbollah. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le président du CNS Burhan Ghalioun, a affirmé vouloir négocier avec Israël, notamment au sujet de la restitution du Golan « en misant sur nos relations spéciales avec les puissances européennes et occidentales (sic) ». (3)  

En d'autres termes, Ghalioun rêve d'une Syrie apprivoisée et docile. Une Syrie asservie aux puissances coloniales. Une Syrie dénaturée, défigurée, dépersonnalisée. Le triste jeu des insurgés de Homs en vaut-il vraiment la chandelle ?

Comment aurait réagi un Etat occidental dans pareille situation ?

On l'a vu à l'œuvre maintes fois : lorsqu'il se sent ou se trouve réellement attaqué, le régime syrien peut s'avérer être excessivement brutal et sanguinaire. Ce mécanisme d'autodéfense est toutefois loin d’être exceptionnel. En effet, dictature ou pas, tout système politique qui se veut responsable à l’égard de ses citoyens ou qui désire juste sauver sa peau, aurait tendance à montrer ses dents dans une situation de violence extrême.

C’est d’autant plus vrai pour une nation dont les ennemis extérieurs n’ont ni le profil, ni l’armement ni l’appétit expansionniste des îles Kiribati, d’Andorre ou du Liechtenstein. C’est une nation qui, de surcroît, s'est aliénée une partie de sa population pour de multiples raisons parmi lesquels le massacre de Hama commis en 1982. L’impunité que s’offre le régime syrien depuis la boucherie de Hama couplée à l’esprit revanchard des djihadistes et à l’incompatibilité existentielle entre les principes laïcs du pouvoir et la charia entretiennent un climat de guerre larvée qui peut à tout moment dégénérer en conflit ouvert.

En Europe de l’ouest, depuis la seconde guerre mondiale, nous n’avons certes pas de situation équivalente à celle de Homs. Non pas que nos élites et leurs armées sont plus pacifistes mais parce que l’exploitation des pays du Sud notamment par le mécanisme de l’endettement, ont permis aux bourgeoisies européennes de s’offrir une relative paix sociale, de nous concéder quelques droits moyennant notre démobilisation, ce que l'on appelle en turc « la part du silence ». Nos élites ont, pour ainsi dire, construit et renforcé leur stabilité sur le malheur des plus faibles. Cela n’a pas empêché les pays occidentaux d’être régulièrement confrontés à des troubles sociaux et des crimes relevant davantage du droit commun à l’instar des Fort Chabrol ou des prises d’otages. Dans bien des cas, les forces d’intervention policières d’Europe ou des USA ne font pas dans la dentelle. Si les forcenés n'obtempèrent pas, ils sont froidement abattus. Et cela, au nom de la sécurité des citoyens.

Or, à Homs, certains Fort Chabrol durent depuis des mois et s’étendent sur des quartiers entiers. De plus, leurs auteurs tirent sur tout ce qui bouge, plongeant des populations entières dans un climat de terreur permanent qui fait bien souvent regretter l’environnement sécuritaire imposé par le régime syrien.

En tant que garante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale de la Syrie, l'armée gouvernementale était tenue d'intervenir dans les quartiers de Homs tombés en dissidence. Cette même armée avait d'ailleurs été vivement critiquée pour son laxisme par les habitants des secteurs soumis aux tirs provenant des quartiers insurgés.

A ceux qui l'ignorent, il convient de rappeler que depuis l’après-guerre, les pompiers pyromanes de l'OTAN ont maintes fois tiré « sur leurs propres citoyens » pour bien moins que ça. Le 13 mai 1985, une paisible communauté africaine baba cool de Philadelphie appelée Move fut arrosée de napalm pour avoir voulu vivre en autarcie. Onze personnes dont dix enfants périrent dans les flammes occasionnées par la bombe larguée depuis un hélicoptère de la police. Les habitants de l'immeuble ne menaçaient pourtant personne. Il y eut par ailleurs l'écrasement de la mutinerie de la prison d'Attica dans l’Etat de New York en 1971, le siège de Waco au Texas en 1993 contre la communauté des Davidiens (86 morts), le Bloody Sunday en Irlande, le massacre de Polytechnique en Grèce, les opérations militaires dans les prisons turques de Diyarbakir, Ümraniye, Ulucanlar, Bayrampasa ou dans les villes kurdes de Lice et de Cukurca en Turquie... Sans parler des guerres secrètes de l'OTAN : tueries du Brabant, attentats de la gare de Bologne, de la Piazza Fontana à Milan, de la place Taksim, de la place Beyazit et du quartier de Gazi à Istanbul, ou encore des pogromes de Maras, Corum et de Sivas... Personne n'a évoqué pour autant l'option d'une intervention humanitaire armée à Washington, Londres, Rome ou Ankara. Je vous passe des assassinats de masse et des génocides commis par les forces atlantistes dans les pays du Sud. Et puis, attendez voir ce que nous réserve l’Europe « démocratique » le jour où les mouvements d'indignés constitueront une véritable menace pour les élites politiques et financières... Les Murs des fédérés ressurgiront hélas à chaque coin de rue.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison. Autrement dit, les crimes commis par les troupes atlantistes ne justifient nullement ceux commis par l’armée syrienne. Et la vie d'un enfant syrien qu'il soit du côté rebelle ou du côté loyaliste, n'est pas moins précieuse que celle d'un enfant français, américain ou scandinave.

Finalement, les mots sont si vains devant la tragédie de Homs. Seule compte la vie des innocents de cette ville pris entre deux feux. Si on veut les sauver, il faudrait peut-être commencer par abandonner la logique de confrontation et dialoguer avec le gouvernement syrien. Au lieu de gesticuler, d’insulter ou de tenter de convaincre la Russie et la Chine, il serait peut-être plus sage de descendre de ses grands chevaux et de rejoindre le bloc sino-russe dans son appui à une solution de transition démocratique syrienne sans paternalisme et sans interférence. Nous serions ainsi bien plus en phase avec la Charte des Nations Unies. Et si, pour les enfants de Homs et pour la survie de la Syrie, on osait la paix ?

Notes

(1) Durant les semaines qui ont précédé l’assaut sur Homs, il mourait en moyenne une vingtaine de soldats gouvernementaux par jour. Sans compter les innombrables victimes civiles tombées sous les balles des groupes insurgés.

(2) Le rapport de la mission des observateurs arabes en Syrie : http://tunisitri.wordpress.com/2012...

(3) The Wall Street Journal, 2 décembre 2011

Source : Siège de Homs : à qui la faute ?

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 19:53

 

Les gangs armés par des puissances étrangères tuent des civils
Mes yeux ne voient plus que larmes et funérailles dans toute la Syrie

On voit les dépouilles de nos martyrs sortir des maisons et des hôpitaux. On leur jette des fleurs et du riz. On voit des cortèges les accompagner vers leurs villes et villages pour y être enterrés.
16 février 2012

On voit des paysans et des villageois dont beaucoup sont très pauvres les entourer. On voit le long de villages verdoyants et d’autres montagneux, le cortège des dépouilles tracer son chemin dans les herbes du printemps précoce et des pins.

Hier nous avons assisté aux funérailles de deux sœurs druzes à Jaramana, [banlieue de Damas]. J’ignore les circonstances de leur assassinat. Lors des condoléances les visiteuses portaient un voile blanc [traditionnel chez les druzes]. Les femmes pleuraient et répétaient : «  Pour la Syrie ». On voyait des hommes endoloris et d’autres en colère ; tous répétaient : «  Pour la Syrie ». C’était leur réponse à cette guerre déclarée à un pays dont le nouvel occupant veut modifier la position géopolitique sans se soucier des déchirements et des bouleversements pour la vie de ses habitants.

Les plus imposantes funérailles ont eu lieu à Alep, avec la participation de religieux chrétiens et musulmans. Dans toutes les places de Syrie des jeunes, des femmes, des hommes, des enfants, portaient des bougies, pour honorer les martyrs d’Alep. A l’église Maryamiyye, les religieux musulmans et chrétiens ont prié ensemble. J’ai vu des filles voilées allumer des cierges. Expression raffinée de l’unité d’un peuple cultivé, doté d’une conscience politique aigue. N’importe qu’elle personne croisée dans la rue développe la même analyse politique quant à la collusion occidentalo-sioniste et ses alliés Arabes, qui frappe la Syrie.

A cette noble expression d’union nationale, le chef d’Al-Qaïda, Ayman al Zawahiri, répond, lui, en appelant ses hommes à venir en Syrie combattre l’armée gouvernementale syrienne ; la seule armée arabe dont la foi est basée sur l’inimitié avec l’occupant israélien. Des combattants d’Al-Qaïda sont déjà présents en Syrie. Ils font partie des gangs qui tuent des civils…

Ce vendredi, 10 février, la Ligue arabe a appelé les États à rompre les relations politiques avec la Syrie, à la soumettre à un embargo économique, à «  aider l’opposition » financièrement et politiquement. Elle a supprimé la mission des observateurs (dont le rapport qu’ils ont établi, souligne les actes de ces gangs qui tuent des civils en Syrie), et a demandé une mission arabo-internationale !

Le Qatar a félicité Tunis d’accueillir le Congrès de prétendus « amis de la Syrie » qui de fait sont associés aux conspirateurs internationaux contre le peuple syrien. Le Qatar et l’Arabie en assurent évidemment les frais.

Ces chevaliers de la Ligue arabe n’ont bien sûr pas entendu qu’Israel a interdit l’accès en ce jour de prière a la mosquée Al-Aqsa. Ils n’ont pas entendu l’appel du Likoud à l’envahir. Ils n’ont pas entendu que la Syrie a demandé, dans un message officiel, aux organismes internationaux d’assumer leurs responsabilités quant au danger qu’encourt la mosquée Al-Aqsa.

Ce vendredi, le général de brigade et médecin Issa Al-Khouli, directeur de l’hôpital Ahmad Hamish, a été assassiné devant sa maison à Damas alors qu’il se rendait à son travail. Ces assassinats à «  l’irakienne » qui se multiplient, nous le craignons fort, vont saigner le pays de ses cadres, des ses éléments patriotiques, de ses officiers. Cette situation est très grave…

Fayrouz H
Damas, le 11 février 2011.
Traduit de l’arabe pour silviacattori.net

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:30

 


Des soldats US, servant en Afghanistan, prennent la pose devant un drapeau nazi. La photo date de septembre 2010. La voici.

A l’heure du choc des civilisations, le débat progresse et permet de voir où sont les barbares. Il permet aussi de comprendre ce qui légitime la résistance.

Cette photo s’est retrouvée dès mai 2011 sur le site d'une société d'armement, la Knight’s Armament Compagny. La liberté du commerce, ça, c’est sérieux. Et vendre ses produits avec des soldats en uniforme sous le signe nazi, c’est vendeur, coco. Il y a du métier.

Mais les services secrets étaient aux aguets, et ils ont découverts cette belle publicité … en novembre 2011. Et là, la sanction a été impitoyable pour cette apologie du nazisme : retrait de la photo. Impressionnant.

L’armée a elle-même été exemplaire : les soldats ont été sanctionnés par… un avertissement.

C’est une association US, la Military Religious Freedom Foundation, qui a révélé l’affaire ces jours-ci, et l’armée s’est fendue d’un communiqué tout à la gloire du pays des valeurs.

« L'incident n'était pas volontaire. Ces hommes n'ont pas mesuré la signification historique de ce double S. Ils ignoraient qu'ils s'associaient à un symbole raciste et fasciste», a justifié un porte-parole de la base californienne où était basée l'unité. Pour eux ‘SS’ était un clin d'œil à leur métier ‘scout sniper'(sniper éclaireur). Ils ont reconnu que le symbole pouvait être mal interprété et n'était pas conforme aux valeurs des Marines. Le commandant a considéré qu'aucune action disciplinaire n'était nécessaire. Mais il a été rappelé à tous les Marines de l'unité qu'un tel comportement ne serait pas toléré et que toute récidive serait punie ».  

Alors, là, si la récidive est punie, on est sauvé !

Vous avez noté au passage l’argumentaire frelaté : ils ne savaient pas que SS était nazi (Comment mieux se foutre du monde ?), mais ils reconnaissent que ce n’est pas conforme aux valeurs.

Tous, les soldats, les responsables militaires et politiques, sont vraiment des sales gus qui commettent des faits trop graves. L’Afghanistan a ratifié le traité de la Cour Pénale Internationale le 10 février 2003, et je me demande bien ce que le procureur Ocampo attend pour ouvrir une enquête. Car son devoir est d’agir contre l’impunité.

 

Un monde prend fin, miné par ses maladies

 

publié par reineroro (Démineuse De Tapettes à Gruyère et Pourfendeuse De Cornichons.) Aujourd'hui 11H26

Auteur : Gilles Devers - Source : Actualités du droit

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 04:33

Nadia Khost dénonce le cynisme de l’Occident





L’intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l’auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s’emploient aujourd’hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori


Se préparant à envahir l’Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd’hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N’est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n’est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d’avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l’ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l’État Syrien qu’il veut fabriquer :
1) Il n’a pas exigé des élections qui révéleraient l’État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu’ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu’à l’ouverture des urnes.
2) Il ne s’est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l’ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c’est la réponse des Syriens au projet de l’Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d’Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d’artistes et d’intellectuels et la délégation des opposants syriens de l’intérieur, à l’entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l’ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l’ONU, les partisans de ce Conseil d’Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s’y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D’où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n’a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l’intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l’économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l’économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l’Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l’intérieur, avions également rappelé l’œuvre de Khaled ALAZEM, l’économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d’un système public puissant, avec l’aide de l’Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l’expropriation des maisons privées.

Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l’eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu’aujourd’hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu’ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l’explosif à Idleb. Ou le sort de l’ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N’importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu’ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n’a jamais connu un tel mépris de l’être humain ! Et l’Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d’une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani – Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas – Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d’armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n’avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas – Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s’opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n’ont-ils pas été tués parce qu’ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l’Occident.

Voici par exemple le cas d’un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d’armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d’ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une «  armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d’électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d’Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l’Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu’une armée arabe patriotique puisse être équipée d’armes fabriquées par l’État d’Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d’une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?

Radwan Zyiadé, membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l’article 7 [de la Charte des Nations Unies –Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l’ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d’un million d’Irakiens, et qui garantissent l’impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n’est pas un printemps, c’est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d’horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l’information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s’affrontant. Nous avons su nous mettre d’accord sur la loi qui garantit le droit à l’information, l’interdiction d’emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l’interdiction d’autorisation à n’importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d’accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l’information, mais d’un «  Conseil national de l’information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l’objectif de protéger la liberté d’expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l’ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu’ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d’une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l’ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d’une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J’y ai participé en tant qu’écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d’ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d’éducation nationale et d’aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d’indépendance nationale et patriotique… en feignant aussi d’ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire !

N’importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd’hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu’a connu l’Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l’épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s’applique aussi aux autres partis.

Et c’est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l’ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J’ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l’ingérence étrangère a instrumentalisée. J’ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J’ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l’ancien gouverneur de Homs, et la mise à l’écart du président de l’Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J’ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l’expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d’un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l’infiltration sioniste par des prix attribués à l’élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi – et pas seulement le parti Baath – mettent en avant la loyauté au parti.

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu’on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s’importe pas.

Qu’amène aujourd’hui le projet « démocratique » de l’Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n’écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l’ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L’opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, d’être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l’ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l’occupant occidental, avec l’argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n’arrive presque pas à croire qu’un intellectuel comme le chef du Conseil national d’Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu’il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l’embargo contre l’Irak, mais n’a pas libéré le Liban, et n’a pas utilisé l’article 7 pour empêcher l’État d’Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu’il ne sache pas que les «  négociations » n’ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n’aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n’est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d’un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s’il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s’il est obtenu par la voix des urnes.

L’attaque contre les ambassades syriennes n’est pas une action politique ; c’est l’œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j’ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l’être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n’est pas l’amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l’occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n’est qu’un papier d’emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.

La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari, de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l’occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l’infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l’une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu’une élite d’intellectuels et d’hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l’indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l’insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l’occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n’y a pas de Syriens de la génération de l’Indépendance qui n’aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l’orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m’a raconté qu’avec deux de ses amis, il s’est engagé pour lutter contre l’occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n’est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu’il nouerait des contacts avec l’État d’Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d’Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d’images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu’Israël, en plus d’être un État raciste, est une base militaire d’occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l’ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l’expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C’est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu’on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l’âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n’est pas seulement l’enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d’amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n’est pas portée par la colère ». Sa colère s’adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C’est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l’ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n’avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l’homme de l’indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l’ont porté jusqu’à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l’ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu’au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l’âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu’il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l’arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu’en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l’ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n’ont pas bougé pour la terre volée et l’honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».

Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l’argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d’imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d’histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d’intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L’utilisation de l’ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n’est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l’ont brandi n’ont pas remarqué que c’est le drapeau de la résistance contre l’occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l’Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l’Etat d’Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l’ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l’argent du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, n’ayant touché aucun pot de vin occidental, n’ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d’Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu’à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu’un homme corrompu, comme l’ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d’un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l’ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c’est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l’opposition de l’intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d’Istanbul serait présent ». C’est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu’il fasse en Syrie ce qu’il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n’est pas qu’une question politique, c’est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c’est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d’être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d’occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l’Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd’hui que l’armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l’on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d’États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la «  démocratie occidentale » : SARKOZY n’a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d’OBAMA n’a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n’ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l’Occident colonialiste qu’il n’avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.

Dr Nadia KHOST
6 février 2012.

Traduit de l’arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l’opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.



Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.

 

Source ;

Mondialisation.ca, Le 10 février 2012


 Articles de Nadia Khost publiés par Mondialisation.ca

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 22:13

 

par Bill Van Auken
Le veto sino-russe à la résolution de l'ONU ouvrant la voie à une intervention en Syrie a provoqué une réaction furieuse des États-Unis et de leurs alliés impérialistes.
Susan Rice, ambassadrice américaine auprès des Nations Unies et représentante influente des va-t-en-guerre des « droits de l'homme » qui exigent l'acceptation universelle des manigances de l'impérialisme américain, a qualifié la décision des émissaires du veto de « honteuse et écoeurante » et dite d'un ton menaçant que c'était « une décision qu'ils [la Russie et la Chine] viendront à regretter ».
La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a qualifié le vote de « farce » qui a « castré » l'ONU.
La France, ne voulant pas être en reste dans la poursuite d'objectifs impérialistes dans un pays sur lequel elle a exercé une tutelle coloniale pendant un quart de siècle, a réagi avec la même attitude belligérante. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré que le double veto était une « sorte de tache morale » sur les Nations unies et le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a décrit la Russie et la Chine comme des pays qui « méritent des coups de pied au cul. »
On n'avait entendu aucune inquiétude de ce genre sur une « neutralisation » de l'ONU ou des « taches morales » lorsque la délégation américaine avait à maintes reprises émis des vetos aux résolutions dénonçant l'agression par son principal allié dans la région, Israël, au moment où celui-ci menait des guerres contre des populations sans défense au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, coûtant la vie à des milliers de civils.
La moralité et les droits de l'homme n'ont rien à voir avec cela. L'indignation émanant de Washington et des capitales de l'Europe de l'Ouest porte sur le fait que Moscou et Beijing refusent de s'aligner derrière la stratégie de l'impérialisme américain visant à réorganiser le monde selon ses propres intérêts et ceux de l'élite financière.
Les soi-disant « principes » sous-jacents à l'initiative américaine — à savoir que les principales puissances impérialistes ont le droit d'intervenir et de renverser les gouvernements des anciens pays coloniaux qu'ils jugent coupables de violer les droits de l'homme - sont en contradiction totale avec le droit international. Comme pour tout le reste, l'aristocratie financière américaine établit les règles du jeu au fur et à mesure qu'elle avance.
Le raisonnement des gouvernements russe et chinois est assez clair. Ils voient les États-Unis se présenter une fois de plus en champions de la démocratie et des droits de l'homme alors qu'ils mènent une campagne d'agression incessante visant à transformer l'Iran et la Syrie, tous deux des partenaires commerciaux et stratégiques clé de Moscou et de Beijing, en États coloniaux fantoches de l'impérialisme américain.
L'enjeu pour la Russie est la perte de l'unique allié qui lui reste dans le monde arabe, ainsi que des contrats d'armement s'élevant à plusieurs milliards de dollars, l'accès de sa marine à son unique port sur la Méditerranée et des dizaines d'autres milliards de dollars en investissement. La Chine a des intérêts similaires, bien que moindre, en Syrie. Les deux pays reconnaissent toutefois que la Syrie a été ciblée pour un changement de régime dans le cadre d'une campagne plus large visant à renverser le gouvernement d'Iran, fournisseur clé d'énergie de la Chine, et à placer sous hégémonie américaine la totalité de la région riche en pétrole et stratégiquement cruciale qui s'étend du golfe Persique à la mer Caspienne.
Le modus operandi de la poursuite de ces objectifs impérialistes n'est désormais que par trop familier. Un régime ciblé est dénoncé à l'aide d'allégations hypocrites de violation des droits de l'homme, puis les États-Unis et leurs alliés promeuvent la guerre civile dans le pays pour ensuite utiliser l'inévitable répression comme prétexte à une intervention.
Ce fut la recette utilisée avec succès en Libye, soi-disant pour protéger la population civile, après l'abstention de la Russie et de la Chine qui n'avaient pas exercé leur droit de veto à une résolution autorisant la mise en place d'une « zone d'exclusion aérienne ». Cette résolution avait ensuite servi de caution pseudo-juridique à une guerre d'agression coloniale des États-Unis et de l'OTAN, impliquant le bombardement incessant de la Libye. Des forces spéciales et des agents secrets avaient mené les prétendus rebelles au renversement et finalement à l'assassinat de Mouammar Kadhafi.
Les sentiments de défense des « droits de l'homme » exprimés par Obama, Clinton, Rice et les autres ont la même sincérité que la réaction d'indignation d'Adolf Hitler face aux prétendus crimes commis par la Tchécoslovaquie à l'égard des Allemands des Sudètes.
Et pourtant, ces sentiments assument une fonction politique cruciale. La croisade en faveur des droits de l'homme est le moyen par lequel toute une couche sociale de membres jadis de gauche et libéraux des sections les plus aisées de la classe moyenne, une base clé du Parti démocrate, a abandonné l'attitude anti-guerre qu'elle avait adoptée sous le gouvernement Bush et s'est largement intégrée dans la course à la guerre impérialiste sous Obama.

L'animatrice du magazine d'information de la chaîne MSNBC, Rachel Maddow, est caractéristique de cette couche. On l'a vue mardi matin dans l'émission de télévision « Today » diffusée sur NBC où elle a déclaré que « le monde entier » s'est rangé contre l'Iran et que « tout le monde s'attend à ce qu'Israël prenne l'initiative » de l'attaque contre le programme nucléaire du pays.
Le « monde entier » est, pour Maddow et ses pairs, représenté par les gouvernements capitalistes des États-Unis et de l'Europe occidentale et exclut sans doute la Russie, la Chine et l'Inde, qui englobent près de la moitié de la population de la planète, sans mentionner les centaines de millions de travailleurs de par le monde qui sont opposés à une nouvelle guerre encore plus meurtrière au Moyen-Orient.
De plus en plus, tant le langage que la pratique de la politique internationale, employés par les États-Unis et leurs alliés, reprennent les méthodes qui ont caractérisé les périodes précédentes 1914 et 1939. Dans la situation d'une crise capitaliste mondiale qui dure, l'humanité une fois de plus est confrontée à la menace d'une guerre mondiale.
Article original, WSWS, paru le 8 février 2012
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 00:20

 

 

http://blog.syti.net/Images/SoldatsChinois8.jpg

 

Lire l'article et voir la vidéo : Vers une 3è guerre mondiale avec la Chine ?

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 10:15

 

Des troupes spéciales déployées partout sur la planète


    

Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.

 

L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.

 

Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.

 

Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».

 

Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.

 

Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ».

 

Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)

 

Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?

 

Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».

 

AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.

 

Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.

 

AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration ».

 

Jule Lévesque a collaboré à ce reportage.

 Source : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:50

 

 

Les médias passent sous silence les morts dont les Etats-Unis sont responsables
(Socialist Worker)
Danny LUCIA


Plus d’un million d’Irakiens sont morts dans la guerre américaine.

Cette phrase est un test décisif. La réaction immédiate de certaines personnes est de dire "Ce n’est pas possible" parce que les Etats-Unis ne pourraient pas faire une chose pareille. Ou parce que des crimes d’une telle envergure ne se produisent plus. Ou parce qu’ils se produisent mais seulement dans des endroits épouvantables que les Etats-Unis n’ont pas encore libérés.

Un million de morts c’est un chiffre qui vous fait dire "Grand-papa, pourquoi n’as-tu rien fait pour empêcher ça ?". C’est un chiffre qui place indéniablement les Etats-Unis au rang des méchants de l’histoire. Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas accepter cela ne peuvent pas non plus admettre qu’un million d’Irakiens soit mort. Leur cerveau rejette cette éventualité comme s’il s’agissait d’un virus étranger.

Noam Chomsky a écrit un jour que "le signe d’une culture vraiment totalitaire est que des vérités importantes ont tout simplement perdu tout sens pour les gens et sont assimilées à des provocations du niveau de ’Va te faire foutre !’ et ne peuvent générer en réponse qu’une torrent parfaitement prévisible d’injures."

C’est en effet à peu près la manière dont les médias ont réagi au chiffre de un million quand il a été annoncé en 2007 par la firme de sondages britannique, Opinion Research Business (ORB) (En fait la firme estimait que 1 220 580 Irakiens étaient morts, ce qui confirmait en la mettant à jour une étude réalisée l’année précédente par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins et publiée dans le journal médical The Lancet).

Prenons par exemple Kevin O’Brien, le rédacteur en chef du Cleveland Plain Dealer. Quand il a reçu le mail qui l’informait des résultats des recherches de ORB qui a parmi ses clients le Parti Conservateur Britannique et Morgan Stanley, il a répondu : "Enlevez-moi de votre mailing list et épargnez-moi votre propagande cousue de fil blanc".

* * * *

"Nous ne tenons pas le compte des cadavres" est la célèbre réponse que le Général Tommy Franks a faite à un reporter qui l’interrogeait sur les pertes civiles. Il n’est pas le seul dans son cas.

Dans les commentaires moroses du mois dernier sur la fin de la guerre en Irak, on a rarement trouvé un chiffre correspondant au nombre d’Irakiens morts. Les reporters ont répété que les chiffres des pertes irakiennes "n’étaient pas connus", ce qui montre que les médias ont à peu près le même intérêt pour le nombre de morts en Irak que pour le nombre d’écureuil morts dans un feu de forêt.

Ce que Mary Milliken de Reuters a écrit est typique : "Aujourd’hui nous avons commémoré la mort dans cette guerre d’un nombre inconnu d’Irakiens et celle de presque 4 500 Etasuniens."

Combien d’Etasuniens sont morts, Mary ? - Presque 4 500. Et combien d’Irakiens ? - Oh, vous savez, beaucoup. Un grand nombre.

"Un nombre inconnu" signifie qu’il n’y a pas d’estimation disponible du nombre exact de morts irakiens. En fait, il y en a deux : une organisation intitulée Iraq Body Count (IBC) a estimé à environ 110 000 le nombre d’Irakiens morts, sur la base des rapports des médias et des statistiques du ministère de la Santé. IBC admet que ce total est sûrement inférieur à la réalité parce que les armées d’occupation et les combattants de guerres civiles sectaires n’ont pas l’habitude de bien tenir leurs livres de comptes, mais il n’est pas d’accord avec le chiffre plus élevé de ORB et Johns Hopkins indiqué plus haut.

Sans vouloir entrer dans un débat méthodologique, il y a des chiffres disponibles qui permettraient de se faire une bonne idée des pertes civiles en Irak. Mais les reporters comme Kevin O’Brien et Mary Milliken ne les font pas "connaître".

Le silence qui entoure les chiffres n’est pas tant une conspiration que l’évidence que certains chiffres sont absolument incompatibles avec la mentalité impériale étasunienne.

Prenons un autre chiffre funeste d’une décennie antérieure : selon le Fond pour les Enfants de l’ONU, 500 000 enfants irakiens sont morts dans les années 1990 à cause des sanction imposées par l’ONU (sous la pression des Etats-Unis) qui empêchaient les médicaments et autres produits de première nécessité d’entrer dans le pays.

En 2000, le coordinateur des l’aide humanitaire de l’ONU a donné sa démission pour protester contre les sanctions, deux ans après que son prédécesseur ait fait la même chose. Ces deux diplomatiques expérimentés ont plus tard utilisé le mot "génocide" pour décrire la politique étasunienne.

Si vous ignorez ces faits ou les avez oubliés, vous n’êtes pas le seul. Il en est de même pour ceux qui ont décidé d’attaquer l’Irak. Il n’y a pas d’autre explication au fait que la stratégie de guerre et d’occupation étasunienne reposait sur la présomption que leur soldats seraient accueillis en libérateurs par les parents de ces 500 000 enfants. (Les sanctions d’ailleurs n’avaient pas été imposées au nord kurde, la seule partie d’Irak qui n’a pas offert de résistance massive à l’occupation étasunienne).

Ce n’est pas par hasard que la plupart des militants pacifistes les plus engagés sont des révolutionnaires d’une couleur ou d’une autre. Nous sommes capables d’appréhender l’atrocité du crime commis contre l’Irak parce que nous sommes radicaux. Et vice-versa.

Nous, les révolutionnaires, nous sommes confrontés ironiquement à la sagesse conventionnelle qui nous accuse d’être des adeptes fanatiques de "la fin justifie les moyens" sans aucun souci du sang versé, parce que nous voulons transformer la société.

Mais c’est Madeleine Albright, la Secrétaire d’Etat de l’époque, qui a dit en parlant de la mort des 500 000 enfants irakiens que "c’était le prix à payer". Et c’est Leon Panetta, le secrétaire de la Défense actuel qui a utilisé exactement la même expression à propos de la seconde invasion et occupation de l’Irak.

Ces paroles sont l’expression d’une ordre fanatique auquel nous devrions tous nous opposer de toutes nos forces.

Danny Lucia

Pour consulter l’original : http://socialistworker.org/2012/01/30/one-million-dead

Traduction : Dominique Muselet

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http://www.legrandsoir.info/un-million-de-morts-en-irak-socialist-worker.html
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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 09:39

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CIA et mafia marseillaise

Les socialistes, les Guerini et la CIA

 


Si les alliances nouées pendant la guerre par la pègre corse devaient avoir d’importantes conséquences après la Libération pour le trafic de l’héroïne et si elles avaient jeté les fondations de la future dynastie criminelle de Marseille, la fin de l’occupation allemande allait en générai faire connaître au milieu marseillais des temps difficiles. Pendant plus de vingt ans en effet, Carbone et Spirito avaient domine la pègre, inaugurant de nouvelles formes d’activité criminelle, organisant le commandement et la discipline et établissant surtout des alliances politiques. Ils n’étaient plus la désormais, et aucun des patrons survivants ne jouissait encore du pouvoir ni de la prérogative de ramasser leur sceptre.

 

Pour aggraver les choses, les ennemis traditionnels du milieu, c’est-à-dire les partis communiste et socialiste, restèrent fermement unis jusqu’au milieu de 1946, retirant ainsi à une alliance entre les conservateurs et la pègre toute chance d’obtenir le pouvoir politique. Lors des premières élections municipales d’avril 1945, une coalition de gauche porta le chef du Parti socialiste Gaston Defferre à la mairie. Rompant avec les socialistes en 1946, le Parti communiste mena avec succès une campagne indépendante et élit son propre candidat a la mairie en novembre (23).

 

En outre, une nouvelle unité de la police, les CRS (Compagnies républicaines de sécurité), était devenue le fléau de la pègre marseillaise. Formées pendant les combats de la Libération d’août 1944, lorsque la majorité des policiers municipaux (qui avaient été des collaborateurs notoires) disparurent (24), les CRS se virent assigner la tache de rétablir l’ordre public, de rechercher les collaborateurs, de restreindre la contrebande et de réprimer le trafic du marché noir. Un pourcentage élevé de leurs officiers avaient été recrutés parmi les résistants communistes et ils remplirent leur devoir bien trop efficacement pour la tranquillité du milieu (25).

 

Mais le milieu ne tarda pas a entamer son ascension vers le pouvoir. En automne 1947, un mois de sanglantes batailles de rue, des revers électoraux et l’intervention secrète de la CIA privèrent le Parti communiste du pouvoir et entraînèrent une redistribution définitive des cartes politiques a Marseille. Lorsque les grèves et les émeutes prirent fin, les socialistes avaient rompu tout contact avec les communistes, une alliance entre les socialistes et la pègre contrôlait la vie politique de Marseille et les frères Guerini étaient devenus les « juges de paix » incontestés du milieu marseillais. Pendant vingt ans leurs décisions allaient avoir force de loi au sein de la pègre de Marseille.

 
L'affrontement commença très innocemment par les élections municipales des 19 et 26 octobre 1947. A l’échelon national, le nouveau parti anticommuniste du général de Gaulle (le RPR Rassemblement du peuple français) remporta un confortable succès électoral dans toute la France. A Marseille, les conservateurs requinqués enlevèrent suffisamment de sièges au conseil municipal pour écarter le maire communiste et élire une municipalité conservatrice. L’un des premiers actes officiels de la nouvelle administration consista à augmenter le tarif des tramways municipaux : décision apparemment inattaquable puisqu’elle était parfaitement justifiée par l’aggravation du déficit financier. Pourtant cette mesure allait avoir des conséquences imprévues.
23. Agulhon et Barrat, CRS Li Marseille, p. 144.
24. nlion, Les FTB pp. 292-93.
25. Agulhon et Barrat, CRS d Marseille, p. 46-47, 75-77.

Plus de deux ans après la fin de la guerre, Marseille se dégageait encore difficilement des ruines laissées par les bombardements alliés. Le taux du chômage était élevé, les salaires étaient bas; le marché noir régnait et une grave pénurie des denrées les plus indispensables donnait un air désespéré aux acheteurs matinaux (26). Les tramways présentaient une importance vitale pour la ville, et l’augmentation des tarifs avait pour effet d’aplatir les porte-monnaie et de provoquer la colère. Le syndicat ouvrier socialo-communiste (CGT, Confédération générale du travail) répliqua par le boycottage actif des tramways. Le conducteur qui osait faire rouler un tramway était bloqué par des barricades et des volées de pierres lancées par la population furieuse (27).
La classe ouvrière de Marseille n’était pas seule dans son malheur. Dans la France entière les ouvriers souffraient du fait des difficultés entraînées par un redémarrage économique douloureux. Les ouvriers accomplissaient de longues journées pour relancer la production et ils étaient mal payés de leurs efforts.
Poussés par leurs conseillers américains, les gouvernements français successifs bloquaient les salaires afin d’accélérer le renouveau économique. En 1947 la production industrielle avait pratiquement atteint son niveau d’avant-guerre, mais l’ouvrier spécialisé moyen de Paris ne gagnait que 65 % de ce qu’il touchait au plus fort de la dépression 28. Il était de plus littéralement affamé : le prix de la nourriture était monté en flèche, et l’ouvrier moyen mangeait 18 % de moins qu’en 1938. Et quoique leurs salaires pussent a peine couvrir leurs frais de nourriture, les ouvriers étaient contraints de supporter la plus lourde part des impôts. Le système fiscal était si injuste que le prestigieux quotidien Le Monde l’avait déclaré « plus inique que celui qui avait provoqué la Révolution française (29) ».
A Marseille, durant tout le début du mois de novembre, de regrettables incidents aggravèrent les tensions politiques à la suite du boycottage des tramways, pour culminer avec le déchaînement de violence du 12 novembre. Ce jour fatal commença le matin par une manifestation d’ouvriers en colère, se poursuivit l'après-midi par le tabassage des conseillers communistes lors de la réunion du conseil municipal et finit par un meurtre en début de soirée (30). Tôt ce matin-là plusieurs milliers d’ouvriers s’étaient rassemblés en face du Palais de justice pour exiger la libération de quatre jeunes ouvriers métallurgistes qui avaient été arrêtés pour avoir attaqué un tramway. Alors que la police conduisait deux d’entre eux vers le tribunal, la foule bouscula les policiers et les deux hommes s’échappèrent. Enhardie par ce premier succès, la foule chercha pendant plusieurs heures à forcer les cordons de police,en exigeant que les accusations portées contre les ouvriers soient abandonnées. Devant la détermination de la foule, la cour se réunit hâtivement et vers quatre heures de l’après-midi l’accusation était réduite a un délit mineur. Les manifestants se préparaient a se disperser lorsqu’un ouvrier non identifié arriva en criant : «Tous a la mairie. Ils tabassent nos camarades (31) »
Cette agression avait eu lieu au cours d’une réunion ordinaire du conseil municipal, au moment ou les conseillers communistes avaient soulevé la question du tarif des tramways.
26. Castellari, La Belle Mstoire. . ., pp. 218-19.
27. Agulhon et Barrat, CRS ri Marseille, p. 145.
28. Ioyce Kolko et Gabriel Kolko, The Limits ofPower [N ew York, Harper
& Row, 1972), p. 157.
29. md., p. 440.
30. Agulhon et Barrat, CRS d Marseille, pp. 145-146.
31. Ibid., p. 147.

La discussion s`était envenimée et quelques-uns des partisans musclés du maire (tous membres de la bande Guerini) étaient intervenus pour administrer une correction aux conseillers communistes (32). La nouvelle du tabassage se répandit rapidement dans Marseille et en une heure quarante mille manifestants s’étaient rassemblés devant l’hôtel de ville (33). La poignée de policiers présents sur les lieux ne réussit à maîtriser la situation que lorsque l’ancien maire communiste Jean Cristofol eut calmé la foule. En une demi-heure celle-ci s’était dispersée, et à 18h30 tout était tranquille.
Alors que la plupart des manifestants rentraient chez eux, un groupe de jeunes ouvriers reflua sur les quais et investit les petites rues situées aux abords de l’opéra. Peuplé de boites de nuit et de bordels, ce secteur passait généralement pour être le quartier général de la pègre. ll était de notoriété que ces établissements contrôlaient le marché noir et ils constituaient une cible légitime pour la colère de la classe ouvrière.
Alors que la foule se répandait dans les rues en brisant les vitres, Antoine et Barthélemy Guerini tirèrent des coups de feu dans sa direction, blessant plusieurs manifestants. Dans la soirée un jeune ouvrier métallurgiste mourut de ses blessures (34).
Le lendemain matin le journal communiste La Marseillaise affirmait que « Carlini et de Vernejoul rétablissent les méthodes de Sabiani à la mairie de Marseille ».
Le journal disait qu’une enquête avait révélé que l’attaque dont avaient été victimes les conseillers municipaux était due aux hommes des Guerini (35). Cette accusation ne fut pas réfutée d’une manière convaincante par le journal socialiste Le Provençal ni par Le Méridional gaulliste. Au cours de l’audience du tribunal du 16 novembre, deux policiers témoignèrent avoir vu les Guerini tirer dans la foule. Lors de la même audience, l’un des plus jeunes frères Guerini reconnut qu’Antoine et Banhélemy se trouvaient dans les parages au moment de la fusillade. Mais quatre jours plus tard les policiers se rétractèrent mystérieusement, et le 10 décembre toutes les accusations portées contre les Guerini étaient abandonnées (36). Le matin du 13 novembre, lendemain de la fusillade, la confédération locale des travailleurs appela à une grève générale, et la ville fut entièrement paralysée. Les travailleurs de Marseille avaient atteint le point de rupture a peu près en même temps que leurs camarades du reste du pays. Des grèves sauvages éclatèrent partout, dans les usines, dans les mines et les chemins de fer (37). Puisque les militants ouvriers descendaient dans la rue pour manifester en faveur de salaires honnêtes et de la baisse des prix, la direction du Parti communiste fut obligée, contre son gré, d’entreprendre une action.
Le 14 novembre, le lendemain du jour ou les syndicats de Marseille avaient appelé a la grève, la confédération de gauche des travailleurs, la CGT, appela a une grève générale dans tout le pays.
Contrairement a ce qu’on serait tenté de croire, les dirigeants communistes français de l’époque étaient loin d’être de farouches révolutionnaires.
C’étaient pour la plupart des hommes d’un certain âge, de tendance conservatrice, qui avaient bien servi la patrie dans les rangs de la Résistance et qui aspiraient maintenant par-dessus tout à prendre part au gouvernement de leur pays.
 32. Ibfd., p. 148.
33.1bfd., p. 171.
34.1bid., pp. 149-150.
35. La Marseillaise (Marseille), 13 novembre 1947.
36. La Marseillaise, 17 et 21 novembre et 10 décembre 1947.
37. Kolko et Kolko, The Limits of Power, p. 396.

L’habileté dont ils avaient fait preuve dans la direction de la Résistance leur avait valu le respect de la classe ouvrière et, grâce à leurs efforts, les travailleurs français syndiqués avaient accepté des bas salaires après la guerre et s’étaient abstenus de faire grève en 1945 et 1946.
Cependant, leur soutien renouvelé à la politique d’austérité draconienne du gouvernement commençait à leur coûter des voix aux élections syndicales, et au milieu de 1946 un observateur du département d’Etat américain déclarait que les dirigeants communistes « ne pouvaient plus contenir le mécontentement de la base (38) ». Lorsque des grèves sauvages et des manifestations éclatèrent à la mi-novembre 1947, le Parti communiste se vit obligé de les soutenir pour ne pas perdre la direction de la classe ouvrière. ll le fit toutefois sans enthousiasme. Cependant, à la fin de novembre, 3 millions de travailleurs étaient en grève et l’économie française se trouvait pratiquement paralysée.
Dédaignant l’avis de leurs propres experts, les responsables de la politique étrangère américaine interprétèrent la grève de 1947 comme une manoeuvre politique du Parti communiste et « craignirent » qu'elle ne fut le prélude d’une « mainmise sur le gouvernement ». La raison de cet aveuglement était simple : dès le milieu de 1947 la guerre froide avait « gelé » et tous les événements politiques se voyaient considérés sous l’angle du « conflit idéologique mondial opposant le communisme de l’Est a la démocratie occidentale (39) ».
Inquiète des progrès soviétiques en Méditerranée orientale et de la croissance des partis communistes en Europe occidentale, l’administration Truman mit sur pied en mai un plan de redressement européen (appelé couramment le plan Marshall) dont le budget se montait à plusieurs milliards de dollars et créa en septembre la CIA (40). Décidée à sauver la France d’un coup d’Etat communiste imminent, la CIA intervint pour aider à briser la grève, en choisissant le Parti socialiste pour gourdin.
Après des décennies d’enquête, les acteurs de ces opérations clandestines sortirent du secret officiel qui les avait longtemps dissimulés. Lorsque, au début de l’année 1947, le Congrès vota un budget de 400 millions de dollars pour combattre le communisme, le président Harry Truman «employa cet argent ouvertement en Grèce et en Turquie, mais clandestinement en France et en Italie, par l’intermédiaire de la CIA, en vue d’apporter un soutien aux partis politiques démocratiques (41) ». Cet été-la, dans le chaos bureaucratique qui suivit la création de l’Agence, les fonctions de renseignements furent dispersées entre le Département de la Défense, le Département d’Etat et la branche exécutive sous la direction assez lâche du nouveau directeur de la CIA. Dans l’urgence de se doter d’une force de renseignements, le National Security Council créa l‘0ffice of Policy Coordination (OPC) en juin 1948 en vue de développer « une capacité d’action politique secrète », mission assez large qui le chargeait d’opérations clandestines telles que l’infiltration des syndicats.
Financé par la CIA mais hébergé par le Département d’Etat et celui de la Défense, l’OPC se développa dans cette situation anormale - hors de tout contrôle bureaucratique et bien plus généreusement financé que la CIA elle-même (42).
38. Ibid., p. 157.
39. Walter Lafeber, America, Russia and the Cold Mr (New York, Iohn Wiley and Sons, 1967), p. 47.
40. lbid., pp. 48, 56.
41. John Ranelagh, The Agency : The Rise and Decline ofthe CIA (New York : Simon & Schuster), p. 131.
42. Commission sénatoriale sur les activités du gouvernement, « History of the Central Intelligence Agency », Supplementary Detailed Staff Report on Foreign an lwlitary (Government Printing Ofice, Rapport du Sénat
n° 94-755), pp. 25-37.

Le fondateur de l’OPC était Frank Wisner, ancien agent de l’OSS qui avait passé les années d’après-guerre en Europe à recruter d’anciens nazis, dont de nombreux criminels de guerre de premier plan, en vue de les envoyer derrière les lignes soviétiques.
Sous sa direction brillante et originale, l’OPC attira rapidement de talentueux vétérans de l’OSS comme Thomas Braden et Wllliam Colby qui partageaient l’opinion selon laquelle tout ennemi du communisme, qu’il soit officier de la Gestapo ou gangster corse, pouvait devenir un allié de l’Amérique (43). Ainsi que l’expliquait Colby, futur directeur de la CIA, l’OPC de Wisner « agissait comme un ordre des Templiers, voué à sauver la liberté de l’Occident des ténèbres communistes (44) ».
Des le début de la Guerre froide, la CIA et l’OPC décidèrent que les syndicats étaient la clé du combat pour l’Europe occidentale. Par l’intermédiaire de l’American Federation of Labor (AFL), qui organisait déjà ses propres réseaux clandestins en Europe, l’Agence entreprit de faire parvenir quelque deux millions de dollars par an aux dirigeants syndicaux Anticommunistes (45). « ]e crois que l’intérêt manifesté par l’AFL/CIO pour la protection du port de Marseille et d’autres choses de cet ordre avait commencé avant la création de l’Agence », déclarait Braden, responsable de l’OPC pour ces opérations. « ]’ai l’impression qu'elles étaient effectuées par l’OSS, ou bien par l’armée, ou bien encore par le Département d’Etat (46). » ll est de fait qu’au début de l’année 1947, l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Iefferson Caffery, avait déjà prévenu Washington que « le pouvoir du Kremlin s’étendait de plus en plus... par l’intermédiaire... du Parti communiste français et de sa forteresse, la CGT (47) ». En un tacite appel de fonds, l’ambassadeur regrettait que « les dirigeants syndicaux qui s’opposent à l'emprise des communistes sur la CGT n’aient pas été en mesure (principalement par manque d’argent) d’organiser des groupes d’opposition eficaces (48) ». Lorsqu’en 1947, les communistes appelèrent à des grèves contre le plan Marshall, la CIA, au cours de l’une de ses premières opérations, lança une contre-attaque secrète. Par l’intermédiaire de l’AFL, elle organisa la première scission d’un syndicat européen en faisant parvenir des fonds
a Léon Jouhaux, dirigeant socialiste, qui fit sortir son syndicat Force Ouvrière d’une CGT dominée par les communistes (49).
Sans pour autant en reconnaître l’origine, le président de l’AFL, George Meany, devait se vanter plus tard d’avoir « financé la scission du syndicat français sous contrôle communiste - nous l'avons payé, nous leur avons fait parvenir de l’argent des syndicats américains, nous avons organise leurs bureaux et envoyé du matériel (50) ».
43. ]ohn Loftus, The Belarus Secret (New York : Knopf, 1982), pp. 105-29; Vfllian Colby, Honorable Men :My Life in the CIA (New York : Simon& Schuster, 1978), p. 75.
44. Colby, Honorable Men, p. 73.
45. Ronald L. Filippelli, American Labor and Postwar Italy, 1943-1953 (Stanford : Standford University Press, 1989), pp. 112-113.
46. Tom Braden a fait ces remarques en novembre 1983. Cf Ranelagh, The Agency pp. 247-48.
47. Peter Weiler, «The United States, International Labor, and the cold War : The Breakup of the World Federation of Trade Unions », Dqolomatic History  5 n° 1 (1981), p. 12.
48. Trevor Barnes, « Le secret de la guerre froide : la CIA et la politique étrangère américaine en Europe, 1946-56 », 1er partie, Historical Journal 24, n° 2 (1981), pp. 411-12.
49. Filippelli, American Labor; pp. 112-13. Quelques mois avant de « provoquer » la scission entre les fractions communiste et socialiste de la CGT, le dirigeant ouvrier socialiste Léon Jouhaux s'était rendu à (...) Washington pour y rencontrer les membres de l’administration Truman. Le Monde (Paris), 12 mai 1957.

A première vue, il peut sembler déplacé de voir la CIA soutenir un organisme situé aussi à gauche qu’un Parti socialiste. Or il n’existait en France que trois partis politiques importants : les partis socialiste, communiste et gaulliste, et, par simple élimination, la CIA se retrouva dans les bras des socialistes. Si le général de Gaulle se montrait bien trop indépendant au goût des Américains, les dirigeants socialistes, qui perdaient rapidement du terrain sur les communistes, n’étaient, eux, que trop disposés a collaborer avec la CIA.
Dans un article du Saturday Evening Post paru en 1967, l’ancien directeur du département des affaires internationales de la CIA, Thomas W. Braden, expliquait la stratégie de l’Agence qui consistait à se servir de la gauche pour combattre la gauche : Elle fut l’oeuvre de Jay Lovestone, adjoint de David Dubinsky au Syndicat international des travailleurs de la couture. Ayant été le chef du Parti communiste des Etats-Unis, Lovestone possédait une parfaite connaissance des opérations d’infiltration à l’étranger.
En 1947 la Confédération générale du travail, communiste, déclencha à Paris une grève qui faillit paralyser l’économie française. On craignait une prise de pouvoir.
C’est dans cette conjoncture qu’intervinrent Lovestone et son adjoint Irving Brown. A l’aide de fonds fournis par le syndicat de Dubinsky, ils créèrent Force Ouvrière,
un syndicat non communiste. Lorsqu’ils furent à court d’argent, ils firent appel à la CIA. C’est ainsi que commenca le financement secret des syndicats libres, qui bientôt se répandit en Italie.
Sans ce financement, l’histoire de l’après-guerre eut peut-être été très différentes (51).
Les versements de la CIA, de l'ordre de un million de dollars par an, assurèrent au Parti socialiste une solide base électorale au sein du mouvement ouvrier (52), et donnèrent à ses dirigeants la puissance politique nécessaire pour affronter les travailleurs en grève.
Tandis que le leader socialiste de Marseille, Gaston Defferre, prêchait une croisade anticommuniste du haut de la tribune de l’Assemblée nationale et dans les colonnes du Provençal (53), le ministre socialiste de l’intérieur, Jules Moch, ordonnait à la police d’intervenir brutalement contre les travailleurs en grève (54). 
50. Filippelli, American Labor; p. 113.
51. Thomas Braden, « Je suis heureux que la CIA soit “immorale” », Saturday Evening Post 20 mai 1967, p. 14.
52. Ibid. Ce n’était pas la première fois que les services de renseignements américains employaient ce mode de financement secret pour créer des dissensions dans les rangs du mouvement ouvrier français. Durant la Seconde Guerre mondiale, la branche travail de l’0SS, dirigée par Arthur Goldberg, procura des fonds à la «direction socialiste» de la CGT clandestine, mais refusa catégoriquement d’en accorder aux éléments communistes de la même organisation. Ce parti pris occasionna un regrettable incident qui envenima les relations existant entre (...) les parties concernées.
(R. Hams smith, OSS : The Secret History Umvelslty of American’s First Central Intelligence Agency (Berkeley, University of California Press1972. p 182)
53. Le Provençal (Marseille), 8-9 et 14 novembre 1947.
54. « C’est à cette occasion que les dirigeants de la fraction Force Ouvrière se séparèrent définitivement de la CGT et fondèrent, avec l’aide des organisations syndicales américaines (C’est nous qui soulignons),   l’organisation qui porte toujours ce nom».
Jacques Julliard, la IV République, Paris, Calmann-Lévy 1968, p. 124.

Sur les conseils et avec l’aide de l’attaché militaire américain à Paris, Moch demanda le rappel de 80000 réservistes et mobilisa 200 000 soldats pour lutter contre les grévistes. Face à ce déploiement de force, la CGT suspendit la grève le 9 décembre, après moins d’un mois d’arrêt de travail (55) ".
Les plus sanglants affrontements survenus durant cette grève n’eurent pas lieu à Paris, comme le dit Braden, mais à Marseille. Pour plusieurs raisons, il était capital pour la politique étrangère américaine de  remporter la victoire à Marseille qui, étant un des plus grands ports internationaux de France, constituait une tête de pont vitale pour les exportations du plan Marshall vers l’Europe. Une influence durable des communistes sur l’administration du port aurait fait peser une menace sur le succès du plan Marshall et de tout autre programme d’assistance ultérieur. Marseille étant par ailleurs la seconde ville de France, une emprise durable des communistes sur l’électorat marseillais augmenterait les chances du Parti communiste de recueillir suffisamment de voix pour former le gouvernement (le Parti communiste représentait déjà 28 % de l’électorat et il était le premier parti de France).
L’élargissement du fossé creusé entre les Partis communiste et socialiste de Marseille et l’attitude anticommuniste de Defferre s’étaient déjà manifestés au cours des débats de l’Assemblée nationale portant sur les sanglants incidents du 12 novembre à Marseille.
Alors que les porte-parole locaux du Parti communiste avaient imputé aux Guerini les violences subies par les conseillers municipaux et l’assassinat d’un ouvrier métallurgiste, le leader socialiste Gaston Defferre préféra attaquer les communistes Les drapeaux américain et britannique qui flottaient sur l'hôtel de ville ont été arrachés par les hordes communistes.... Nous savons maintenant de quoi les communistes sont capables : je ne doute pas que le gouvernement n’en tire les conséquences. Le Parti socialiste déplore ces incidents, et ne tolérera pas que ceux qui se disent députés soient à même de défier la loi (56).
Quelques jours après, le député communiste Jean Cristofol réfuta les allégations de Defferre, accusant à son tour les truands aux ordres des Guerini d’être à la solde des Partis gaulliste et socialiste de Marseille.
Lorsque Defferre s’éleva pour nier qu’il put même connaître M. Guerini, un autre député communiste lui rappela qu’un cousin de Guerini était rédacteur en chef de son journal Le Provençal. Puis il prit la parole pour révéler quelques signes inquiétants de la renaissance du milieu marseillais : les collaborateurs étaient libérés de prison sur parole et les fonctionnaires autorisaient la réouverture des boites de nuit du milieu, au nombre desquelles figurait le Club Parakeet des Guerini. Ces établissements avaient été fermés en juin 1947 sur ordre de Cristofol lui-même, alors maire de la ville (57).
55. Kolko et Kolko, The Limits of Power, p. 370. Cette alliance entre la CIA et les socialistes fut apparemment précédée de négociations complexes. Au cours d'une visite effectuée à Washington en mai 1949, le chef du Parti socialiste Léon Blum déclara a un Journaliste français d'une agence de presse :
« De nombreux diplomates américains avec (...) qui j 'ai parlé sont persuadés que le socialisme peut devenir le meilleur rempart contre le communisme en Europe. » La presse américaine rapporta plus tard que le secrétaire au Trésor du président Truman avait exhorté Blum à rassembler les partis non communistes et a expulser les communistes du gouvernement. (Le Monde, Paris, 12 mai 1967).
56. Le Provençal, 14 novembre 1947.
57. La Marseillaise, 14 novembre 1947.

La première mesure prise par les socialistes pour briser la grève de Marseille consista à éliminer des rangs des CRS les partisans supposés des communistes. Cette tache une fois accomplie, il deviendrait possible sans difficulté de donner a ces unités l’ordre d’employer des méthodes violentes contre les grévistes.
A cette fin, et quoique les rapports officiels n’aient pas été avares d’éloges à l’égard de la conscience professionnelle de ces policiers (58), le maire socialiste Gaston Defferre leur reprocha d’avoir pris le parti des manifestants au cours de l’émeute du 12 novembre (59). Après que les responsables socialistes eurent dressé la liste des hommes suspectés de communisme, Defferre la transmit au ministre socialiste Jules Moch, qui ordonna la mise à pied des accusés (60). Cette initiative des socialistes fut certainement du goût des organisations corses aux abois. A la différence de la police régulière les CRS s’étaient attaqués sérieusement à la contrebande et au marché noir auxquels se livrait le milieu (61).
Une fois l’épuration menée à bien, les CRS se lancèrent à l’attaque des piquets de grève avec une violence sans frein (62).
Mais il fallait davantage qu’une simple épuration policière pour briser la détermination des quatre-vingt mille grévistes de Marseille. Si les Américains tenaient à remporter la victoire à Marseille, il allait devoir se battre. C’est d’ailleurs exactement ce que fit la CIA.
Grâce à ses relations avec le Parti socialiste, la CIA avait envoyé à Marseille des agents et une équipe de spécialistes de la guerre psychologique qui traitèrent directement avec les chefs des organisations corses par l’entremise des frères Guerini.
Les agents de la CIA fournirent des armes et de l’argent aux gangs corses pour leur permettre d’attaquer les piquets de grève communistes et de harceler les principaux responsables syndicaux. Au cours de ce mois de grèves, les gangsters de la CIA et les CRS épurées malmenèrent les piquets de grève et assassinèrent plusieurs gréviste.
Pour finir les spécialistes de la guerre psychologique de la CIA diffusèrent des tracts, des émissions de radio et des affiches visant à dissuader les travailleurs de poursuivre la grève (63). Certaines initiatives des spécialistes de la guerre « psy » furent assez brillantes : à un moment donné le gouvernement américain menaça de rapatrier aux Etats-Unis une cargaison de soixante-cinq mille sacs de farine destinés à la ville affamée si les dockers ne la déchargeaient pas immédiatement (64).
La violence et la faim se faisaient si durement sentir que le 9 décembre les travailleurs de Marseille abandonnèrent la grève en même temps que leurs camarades du reste de la France. La conclusion de cet épisode ne manqua pas d’ironie.
58. Agulhon et Barrat, CRS à Marseille, pp. 156-173.
59. Le Provençal, 14 novembre 1947.
60. Agulhon et Barrat, CRS à Marseille, pp. 204, 215.
61. Ibid., pp. 76, 128.
62. Ibid., p. 196.
63. Entretien avec le lieutenant-colonel Lucien Conein, McLean, Virginie, 18 juin 1971. (Lucien Conein servit d’officier de liaison de 1’OSS auprès de la Résistance française au cours de la Seconde Guerre mondiale, et devint ensuite un agent de la CIA).
64. Castellari, La Belle Histoire de Marseille, p. 22 1.

La veille de Noël 1947, quatre-vingt-sept wagons arrivèrent en gare de Marseille, chargés de farine, de lait, de sucre et de fruits, « dons du peuple américain », qu’acclamaient des centaines d’écoliers agitant des petits drapeaux américains (65).
Les Guerini retirèrent assez de pouvoir et de notoriété du rôle qu’ils avaient joué dans l’écrasement de la grève de 1947 pour s’affirmer comme les nouveaux chefs de la pègre corse. Mais quoique la CIA eut contribué à rétablir le politique de la pègre corse, ce n’est qu'à 1’occasion de la grève des dockers de 1950 que les Guerini acquirent suffisamment de puissance pour prendre le contrôle des quais de Marseille.
Influence politique et mainmise sur les quais créaient de parfaites conditions pour le développement des laboratoires d’héroine de Marseille - au moment même où le patron de la Mafia Lucky Luciano, recherchait de nouveaux fournisseurs.
L’austérité économique qui avait provoqué la grève de 1947 fut aussi à l’ori gine de celle de 1950 . La condition des travailleurs loin de s’améliorer durant cet intervalle de trois ans, avait au contraire  empiré. Marseille avec sa tradition de radicalisme ouvrier, avait encore davantage de raisons de se mettre en grève. Marseille était la « Porte de l’Orient » de la France, par laquelle passait 1e matériel (notamment les munitions et les vivres américains) destiné au corps expéditionnaire français combattant en Indochine. La guerre d’Indochine était à peu près aussi impopulaire en France que la guerre du Viêt-nam allait l’être en Amérique.
En outre, Ho Chi Minh avait participé à la création du Parti communiste français et était considéré en France comme un héros par les membres progressistes de la classe ouvrière, surtout à Marseille où résidaient beaucoup d’Indochinois (66).
En janvier, les dockers de Marseille entreprirent le boycottage sélectif des navires transportant des marchandises vers la zone des combats. Et le 3 février la CGT réunit une assemblée des dockers marseillais à l’issue de laquelle fut publiée une déclaration exigeant « le retour du corps expéditionnaire d’Indochine pour mettre fin à la guerre du Vietnam » et exhortant « tous les syndicats à entreprendre les actions les plus efficaces possible contre la guerre du Vietnam ».
La circulation des cargaisons d’armes à destination de l’Indochine fut « paralysée » (67).
Quoique les ports de l’Atlantique se soient joints à l’embargo au début de février, leur action n’eut ni la même efficacité ni la même importance que la grève de Marseille (68).
A la mi-février la grève s’était étendue à l’industrie métallurgique (69), aux mines et aux chemins de fer.
65.1bid., p. 222.
66. Les relations étroites existant entre la communauté vietnamienne de Marseille et la gauche française jouèrentt également un rôle dans l’histoire de la deuxième guerre d’Indochine. Aussitôt après la Libération, le commissaire de Marseille, Raymond Aubrac, dont les sympathies allaient à la gauche, découvrit les conditions misérables prévalant dans les campements des travailleurs indochinois installés dans la banlieue de la ville et fit tout son possible pour les assainir. Ses efforts lui valurent le respect des organisations nationalistes vietnamiennes et, par leur intermédiaire, il fut présenté a Ho Chi Minh, qui était venu en France pour négocier en 1946. Quand la commission Pugwash élabora en 1967 une proposition de désescalade destinée à mettre fin à la guerre du Vietnam, Aubrac fut choisi pour la transmettre à Ho Chi Minh à Hanoi (Agulhon et Barrat, CRS à Marseille, p. 43).
67. Combat (Paris), 4 février 1950.
68. New York Times, 18 février 1950, p. 5.
69. New York Times, 24 février 1950, p. 12.

Mais la plupart de ces grèves étaient entreprises à contrecoeur.
Le 18 février le journal parisien Combat écrivait que Marseille se trouvait une nouvelle fois à la pointe du combat : 70 % des travailleurs marseillais soutenaient la grève contre seulement 2 % à Bordeaux, 20 % à Toulouse et 20 % à Nice (70).
Le radicalisme de la classe ouvrière de Marseille nécessitait une fois de plus des méthodes spéciales et Thomas Braden, de la CIA, a raconté plus tard de quelle manière il résolut le problème : Devant moi, sur le bureau où ces lignes,  est posée une feuille de papier jaune, froissée et décolorée. Elle porte la mention suivante écrite au crayon : « Reçu de Warren G. Haskins la somme de 150000 dollars (signé) Norris A. Grambo ». J’ai recherché ce papier le jour où les journaux révélèrent le « scandale » des relations existant entre l’Agence centrale de renseignements et les étudiants et dirigeants syndicaux. Ce fut une recherche mélancolique et, lorsqu’elle prit fin, je me sentais triste. Car Waren G. Haskins, c’était moi. Norris A. Grambo était Irving Brown de l’Arnerican Federation of Labor (AFL). Les 15 000 dollars provenaient des coffres de la CIA, et ce papier jaunie est le dernier souvenir que je possède d’une vaste opération secrète... C’est moi qui ai eu l’idée de donner 15 000 dollars à Irving Brown. Il en avait besoin pour payer ses escouades de gras bras des ports de Ia Méditerranée (c’est nous qui soulignons), afin que les cargaisons américaines puissent être déchargées en dépit de l’opposition des dockers communistes (71).
Grâce à deux millions de dollars fournis par la CIA, le dirigeant de l’AFL Irwin Brown fit venir d’Italie des travailleurs « jaunes » qu’il mit à la disposition de son allié, Pierre Ferri-Pisani (72). Décrit par le magazine Time comme un « Corse rude et impétueux », Pierre Ferri-Pisani fit travailler ces « jaunes » ainsi qu’une escouade de criminels corses sur les quais ou ils déchargèrent les armes en provenance d’Amérique et parvinrent ainsi à briser la grève.
Entouré de ses mercenaires, Ferri-Pisani faisait irruption dans les cellules locales du Parti communiste et menaçait de faire « payer personnellement » les dirigeants du Parti si le boycottage continuait.
Et, comme le rapportait avec satisfaction le magazine Time, « le premier communiste qui essaya de virer les hommes de Ferri-Pisani fut flanqué à l’eau (73) ».
En outre les hommes de Guerini furent charges de tomber à bras raccourcis sur les piquets de grève communistes pour permettre à la troupe et aux jaunes de parvenir jusqu’aux docks ou ils pourraient commencer à décharger les munitions et les vivres.
Le 13 mars les représentants du gouvernement étaient en mesure d’annoncer que, en dépit d’un boycottage persistant de la part des travailleurs communistes, 900 dockers renforcés par la troupe avaient rétabli le service normal du port de Marseille (74) ».
70. Combat, 18-19 février 1950.
71. Braden, « Je suis heureux que la CIA soit “immorale” », p. 10.
72. Filippelli, American Labor,  p. 181; Ronald radosh, American Labor and United States Foreign Policy (New York : Random House, 1969), pp. 323-24.
73. Time, 17 mars 1952. P. 23.
74. New York Times, 14 mars 1950, p. 5.

Bien que des boycottages sporadiques aient eu lieu jusqu’à la mi-avril, Marseille était désormais soumise et la grève était pratiquement terminée (75).
Mais ces « victoires » enregistrées dans la guerre froide eurent des conséquences imprévues.
En fournissant aux organisations corses de l’argent et un appui, la CIA avait levé le dernier obstacle qui entravait les opérations de contrebande des Corses à Marseille.
Quand le milieu eut ajouté la prise de contrôle des quais à l’influence politique qu’il avait acquise avec l’aide de la CIA en 1947, les conditions se trouvèrent réunies pour que Marseille devienne le laboratoire d’héroïne de 1'Amérique. La police française déclara plus tard que les premiers laboratoires de Marseille furent ouverts en 1951, quelques mois seulement après que le milieu eut pris le contrôle des quais.
Gaston Defferre et le Parti socialiste sortirent également victorieux des grèves de 1947 et 1950 qui affaiblirent le Parti communiste local. De 1953 jusqu’à sa mort, en 1986, Defferre et les socialistes ont régné sans discontinuer sur la municipalité de Marseille.
Les Guerini semblent avoir maintenu leurs relations avec les socialistes de la ville.
Des membres du clan Guerini ont servi de gardes du corps et de colleurs d’affiches aux candidats socialistes locaux jusqu’à la chute de la famille en 1967.
75. New York Times, 16 avril 1950, 4em section. P. 4.

Extraits de "Marseille sur Héroïne, la French Connection (1945-1975)"
de Alfred McCoy

Source : CIA et mafia marseillaise - Chien Guevara

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 12:09

  Prenez en de la graine. Cela ne vous concerne pas... pourquoi parce que c'est l'Irak et que c'est loin ? Oui, je sais pour la plupart c'est comme cela qu'ils voient les choses... ils ne font pas le lien entre leur vie quotidienne et la situation de l'Irak. Ils veulent le retour d'un état-providence même si pour cela il faut que quelques "métèques" se tuent à la tâche ou aue leurs enfants crèvent de faim. On est trop sur terre pour que chacun puisse vivre comme le font les bourgeaois d'ici alors un petit métèque, un moricaud, un bougnoule excusez moi, mais je manque de vocabulaire dans ce domaine, qui crève...finalement on est de trop pour que tous puissent surconsommer, mieux vaut donc que quelques uns fassent place à nos vetres repus. Clair que 500 000 mômes morts de faim en Irak pour que vous puissiez continuer à conduire votre bagnole, cela ne vous travaille pas la conscience. Et la destruction de patrimoinene, tant que cela ne vous empêche pas de regarder le match de foot et d'emmener vos gamins à Disneyland...

Certains d'entre-vous commencent tout de même à dresser l'oreille avec comme dans l'idée que ce qui ce passe en Irak aujourd'hui ressemble tout de même un peu au monde qu'on nous prépare ici. Mais il y a ceux qui s'en fichent parce qu'il n'ont rien à se repprocher et que quand on viendra chercher le voisin suffira de monter la radio et après vous ne serez plus dérangez par sa musique de sauvages (ah oui, j'oubliais les sauvages). Mais j'oubliais aussi que ceux qui pensent comme cela ne passent sur ce blog que par hasard et ne s'arrêtent pas à ce genre d'articles... mais pourtant... êtes-vous certain(e)s de ne jamais avoir détourner les yeux devant l'injustice en disant qu'elle ne vous concerne pas ? Où simplement que cela ne servirait à rien de vous interposer parce que vous ne pouveiez rien faire ? Moi cela m'est arrivé et je n'en suis pas fière... des petites épines dans la conscience... la lâcheté de l'impuissace, pas très gratifiant comme sentiment.

Aux USA vient de s'installer "constitutionnellement" un état militaire, ici la constitution auropéenne ouvre la porte à une Union répresive manifestée par des états policiers... la politique et les gouvernements élus, c'est déjà de l'histoire ancienne. La révolution par les urnes dans le cadre de l'Europe fiancière et industrielle Unie contre les populations,c'est de l'illusion, du mirage, du leurre voir de la tromperie tout simplement. Voyez ce que cela a donné avec Obama le Fourbe. Alors vous qui lirez ce qui suit, ne perdez pas de vue que c'est ce qui nous guette et peu à peu sort de l'ombre dans laquelle fut tissée la trame de la dictature. Les choses changeront quand chacu refusera l'ignominieuse étiquette de citoyen lambda et dacidera d'assumer ses responsabilités au quotidien. La démocratie ce n'est pas un machin qui se délègue, cela ne peut marcher que quand chacun y met du sien et alors plus de cratie, seulement un peuple à l'oeuvre pour construire le monde son monde.

Partout sur la planète des personnes en sont conscientes et désirent combattre la dixtature... encore faudra-t-il que nous soyos capables de nous reconaître et de nous allier en balançant les étiquettes au profit  d'une humanité pacifique qui est notre projet commun et qui est notre seule chance de survie.

Irak : un Etat policier qui pratique la torture, accuse Human Rights Watch
24 janvier 2012

Le nouveau rapport 2012 de Human Rights Watch dénonce la répression en Irak, les graves atteintes aux libertés d’expression et de réunion, et les intimidations, violences et détentions dont sont victimes les militants, les manifestants et les journalistes.


Communiqué Human Rights Watch, 22 janvier 2012 - extraits

En Février 2011, Human Rights Watch a découvert un centre de détention secret contrôlé par les forces de sécurité d’élite dépendant du Premier ministre Nouri al-Maliki. A Bagdad, ces unités contrôlent également « Honor Camp », une autre installation où des détenus ont été torturés en toute impunité.

« L’Irak retombe rapidement dans l’autoritarisme, avec des forces de sécurité qui maltraitent les manifestants, harcèlent les journalistes et torturent les détenus », déclare Sarah Leah Whitson, responsable de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient. « Malgré les assurances du gouvernement américain, affirmant qu’il avait aidé à la création une démocratie stable, en réalité, il laisse derrière lui un État policier naissant. »

Dans les semaines précédant le dernier convoi de troupes américaines quittant le pays, le 18 décembre, les forces de sécurité irakiennes ont arrêté des centaines d’Irakiens accusés d’être des anciens membres du parti Baas, dont la plupart restent maintenus en détention sans inculpation.

En février 2011, lors des manifestations qui se sont déroulées dans tout le pays en protestation contre la corruption généralisée et qui demandaient plus de droits individuels et politiques, les forces de sécurité ont violemment dispersé les manifestants, tuant le 25 février au moins 12 personnes, et en blessant plus de 100 autres. A Bagdad, ce même jour, les forces de sécurité ont perpétré des violences contre des journalistes et des manifestants sans armes brisant les caméras et confisquant les cartes mémoire.

En Juin, à l’occasion de l’un des pires incidents recensés, des nervis soutenus par le gouvernement, armés de planches de bois, de couteaux et de barres de fer, ont battu et poignardé des manifestants pacifiques et agressé sexuellement des manifestantes, alors que les forces de sécurité se tenaient à proximité et observaient la scène, riant parfois du sort des victimes.

En mai, le Conseil des ministres a approuvé une loi sur la liberté d’expression d’opinion, de réunion et de manifestation pacifique, qui autorise les responsables à restreindre la liberté de réunion afin de protéger « l’intérêt public » et dans l’intérêt de « l’ordre général ou de la moralité publique ». Cette loi attend toujours l’approbation du parlement.

La liberté d’expression ne se porte guère mieux, avec des forces de sécurité qui maltraitent régulièrement les journalistes couvrant les manifestations, à coup de menaces, d’arrestations arbitraires, de violences, de harcèlements, et de confiscations ou de destructions de leur matériel. Le 8 Septembre, un assaillant non identifié a abattu à son domicile de Bagdad Hadi al-Mahdi, un journaliste de radio célèbre, qui avait souvent critiqué la corruption du gouvernement et l’inégalité sociale. Peu avant sa mort, M. Al-Mahdi avait reçu des menaces téléphoniques et plusieurs messages SMS l’avertissant de ne pas retourner sur la place Tahrir de Bagdad, lieu de manifestations hebdomadaires. Auparavant, après qu’il ait assisté à la manifestation de masse du « Jour de colère », le 25 février, les forces de sécurité l’avaient arrêté, lui avaient bandé les yeux, et l’avaient ensuite sévèrement battu, ainsi que trois autres journalistes, lors de l’interrogatoire qui a suivi.

En Janvier 2012, Human Rights Watch constate que les autorités irakiennes sont parvenues à réduire les manifestations anti-gouvernementales de la place Tahrir en submergeant ces protestations hebdomadaires de partisans du gouvernement et d’agents de sécurité en civil. Les militants dissidents et les journalistes indépendants, ont pour la plupart déclaré qu’ils ne se sentaient plus en sécurité en participant à ces manifestations.

« Après plus de six ans de régime démocratique, les Irakiens qui expriment publiquement leurs points de vue le font encore en prenant de grands risques, » ajoute Mme Whitson. « Le meurtre de M. Al-Mahdi souligne que la profession de journaliste continue de faire courir un risque mortel en Irak. »

La brutalité dans les prisons, et la torture dans les centres de détention, sont restées un problème majeur tout au long de l’année. En Février, Human Rights Watch a découvert, dans la base militaire « Camp Justice » de Bagdad, un centre de détention secret contrôlé par les forces de sécurité d’élite qui dépendent des services de M. Al-Maliki. Depuis la fin 2010, les autorités irakiennes ont transféré plus de 280 détenus dans cette base, qui était contrôlée par la 56ème brigade de l’Armée et le Service de lutte contre le terrorisme.

Ces mêmes divisions d’élite contrôlaient « Camp Honor », une autre base située à Bagdad où des détenus ont été torturés avec impunité. Plus d’une douzaine d’anciens détenus de Camp Honor ont déclaré à Human Rights Watch que les détenus ont été gardés au secret et dans des conditions inhumaines, plusieurs mois d’affilée. Ces détenus ont déclaré que leurs interrogateurs les avaient battu ; pendu par les pieds pendant des heures ; leur avaient administré des chocs électriques sur différentes parties du corps, y compris les organes génitaux, et à plusieurs reprises leur avaient mis des sacs en plastique sur la tête jusqu’à ce qu’ils perdent connaissance par asphyxie.

« Les forces de sécurité en Irak, en particulier dans les centres de détention, violent la loi en toute impunité, et le gouvernement semble trop souvent vouloir détourner son regard », a ajouté Mme Whitson. « Le gouvernement doit s’assurer qu’il y aura de véritables enquêtes et des poursuites pénales à l’encontre des personnes responsables de tortures ou autres mauvais traitements. »


Publication HRW, traduction Contre Info

 

Source ; ContreInfo :: Irak : un Etat policier qui pratique la torture, accuse Human Rights Watch   

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Iran : réfléchir avant d’agir, par Leslie H. Gelb Vietnam, Irak, Afghanistan. Leslie H. Gelb, figure respectée des cercles diplomatiques de Washington rappelle les leçons chèrement apprises durant les dernières guerres américaines : « en dehors de ceux qui bénissent le son du canon où qu’il résonne, tout le monde entrevoyait rapidement la terrible vérité : les responsables gouvernementaux n’avaient que bien peu d’idées - voire aucune - sur ce qu’ils étaient en train de faire, sur ce qu’était réellement le pays envahi, ce qui pouvait ou non être accompli, et à quel coût. »

Document : La haine des soldats afghans contre l’OTAN Une étude de l’armée américaine met en évidence que la méfiance mutuelle, le mépris, confinant parfois à la haine, qui règnent en Afghanistan entre les forces locales et étrangères, sont l’une des principales raisons pour lesquelles les troupes afghanes retournent de plus en plus souvent leurs armes contre les soldats de l’OTAN.

Nucléaire iranien : les options militaires des USA, par Konstantin Bogdanov « Nous sommes face à une situation curieuse. L’opération terrestre contre l’Iran est improbable, et l’occupation du pays relève de la science-fiction. Les frappes aériennes massives seraient capables de saboter le potentiel industriel de la puissance perse, mais elles pourraient être insuffisantes pour régler définitivement la question nucléaire, » écrit l’expert Russe Konstantin Bogdanov, qui souligne par ailleurs les conséquences potentiellement catastrophiques d’une attaque américaine.

Iran-USA : une dangereuse absence de dialogue, par Trita Parsi « Lorsque la force d’un Etat diminue, son désespoir augmente. Ses prises de positions deviennent plus agressives et la peur - plus que le calcul - guide ses actions. De nombreux signes indiquent que la République islamique est aujourd’hui dans cette situation. » Outre la désorientation d’un régime déstabilisé par les printemps arabes, Trita Parsi, président du National Iranian American Council, souligne la dangerosité de l’absence de canaux de discussions entre Téhéran et Washington, et de l’incompréhension mutuelle des deux protagonistes - qui inquiète également le Chef d’Etat-major US.

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